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GooqIc
o
1JX. ti.
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GENERALE
DE
Avec des Notes & les Pièces juftificatives :
Compofée fur les Auteurs & les Titres originaux, 2c enrichie 3e
de divers Monumens.
Par deux Religieux Benediftins de la Congélation de *51 Maur*
T O M E S E C O N D
»
i-
i
A PARIS,
Chez J A C QU ES VINCENT, Imprimeur des Etats Generaux de la Province
de Languedoc, rue & vis-à-vis l’Eglife de S. Sevcrin , à l’Ange,
l
«
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M. D C C, X X X III.
AVEC AP PROBAT ION BT PRIVILEGE DV ROr.
«. .. & * £-Sr$*2 WÏ? ^41^*^ **&*$.,
_ JE cfe cbcEcE £b*éfc ç£; çf ’> :fc œcfccfec*-. A : ~ïct ;fo.*; :fe:£ c*;
& jr-.^-'V-*- $Vv£*?:* f" '■' .*■ ■ Tv. *•* ^ .-. •••.'■'•*.>". -v..*-?^- •■ ,*$•. y-;:;. ;i;v3':" “• *N' -;^
AVERTISSEMENT-
E volume comprend l’hifloire de près de crois fiécles : il
commenceaurégne de Louis le Begue , époque principale
de l’hérédité des fiefs de dignité dans les maifons des grands
vaflaux, qui ufurperent bien-tôc après les droits régaliens:
il finit au commencement des troubles , que l’héréfie des
Albigeois caufa dans la province , ou à la condamnation de ces héréti¬
ques , dans le concile tenu en 116;. à Lombers dans le diocèfe d’Albi»
Nous n’entrerons pas dans le détail des faits qui font la matière de
chacun des huit livres dont ce volume cft compofé : on peut avoir re¬
cours à l’ouvrage même. Nous nous contenterons de dire en general ,
que dans un tems auffi obfcur pour notre hilfoire , & pour celle de
France, que les X. XI. & XII. ficelés, nous avons cru ne devoir rien
négliger. C’tft ce qui nous a portez à employer certains faits qu’on
regardera peut-être comme peu importuns , & que nous aurions obmis
dans d’autres circonftances. Nous nous iommes attachez principale¬
ment, foit dans l’hiftoire , foie dans les notes, à faire connoître ,
autant qu’il nous a été poflible, l’origine , la fucceflion ; la généalogie
& les aéïions des comtes , des vicomtes & des autres grands vaflaux de
la province ; fur tout de ceux qui ont joui des droits régaliens : ma¬
tière, dont la plus grande partie étoit enveloppée d’épaifles tenebres,
que nous avons tâché de difliper par les monumens du tems.
La méthode que nous avons fuivic dans cette recherche , où nous n’a¬
vons admis que ce que nous avons trouvé appuyé fur les titres , &t
furies auteurs anciens, nous a engagez à rapporter la plupart des
pièces juftificatives fur lefquelles nous nous fondons. Nous donnons
aufli plufieurs autres aétes que nous avons jugez intereflans^ en parti¬
culier ceux qui peuvent fervir à découvrir l’origine & la généalogie de
l’ancienne noblcfle du pays; ce qui a gro(Ti cette partie du volume. Nous
fçavons que les gens de lettres eftiment ce s fortes de recueils qui ont
plufieurs utilitez. Ceux qui cherchent à s’inflruire du nobiliaire de Lan¬
guedoc ne nous dc'faprouvefont pas -, & nous pouvons avancer, qu’il y a
peu d’anciennes maifons originaires du pays & du voifinage , qui ne
trouvent dans les preuves de ce volume leurs premiers ancêtres. Il ne
nous a pas été poflible de faire mention dans le corps de l’ouvrage de
l’origine de la plupart de ces maifons ; cela nous auroit menez trop loin %
& eut été d’une difeuflion trop difficile : nos tables y fuppléeront en
quelque maniéré ; nous y avons rangé par ordre alphabétique les noms
des anciennes familles , & mis à côté les chiffres des pages , où il en eft
parlé.
Nous ayons tâché d’éclaircir dans ce volume , comme dans le pré-
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AVERTISSEMENT.
cèdent , les faits douteux ou obfcurs , foit dans le corps de l’ouvrage ,
Jorfque l'examen n’étoit pas trop long, foit dans les notes , quand le
fujet demandoit de plus amples réflexions. Nous nous fommes peut-être
un peu trop étendus lut la première croifade : mais comme Raymond
de S. Gilles comte de Touloufe fut un des principaux chefs de cette
célébré expédition , & que la principale noblelfe de la province y prit
beaucoup de part , nous avons cru ne devoir rien palier de ce qui re¬
garde leurs perfonnes & leurs exploits-, d'autant plus que tous nos hifto-
riens modernes en ont parlé fort luccinélement.
On nous a fait remarquer quelques fautes qui nous ont échappé dans
le premier volume , & nous en avons obfervé nous-mêmes quelques
autres. On en trouvera auflï fans doute dans celui-ci & dans les liiivansj
çar nous n’avons garde de prétendre donner un ouvrage parfait. On
fçait allez combien il efl: ailé de fe tromper en matière de faits , & les
plus grands hiftoriens ne font pas exempts de ce défaut. Nous corrige¬
rons toutes ces fautes dans le dernier volume , où nous mettrons des
additions & des corre&ions pour tout l’ouvrage. L’hiftoirc critique de
la Gaule Narbonnoife , que M. de Mandajors a donnée depuis peu, &
qui mérite avec juftice l’éloge des fçavans , nous donnera aulîi occafion
de réformer quelques articles de nos deux premiers livres , ik d’ajouter
quelques obfervations. Nous ne cherchons que la vérité : c’eft dans
cette vue que nous avons relevé avec liberté les fautes de ceux qui nous
ont précédez, fans préjudice de l’eftime qui eft due à leurs ouvrages.
Nous devons joindre à ceux à qui nous fommes redevables , M. le
tnarquis de Maillane-Porcelets, feigneur diftingué par la
politelfe & fon goût pour l’hiftoire &: les belles lettres. Il a recueilli
divers mémoires dans les archives de S. Gilles , de Beaucaire & des
environs , qu'il a eu la bonté de nous communiquer.
SOMMAIRE
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/ '
xy xy
S O M M A I R
DES NOTES-
Note I. P'Ür l‘u fur pat ion du royau -
l) me de Provence par B ofon>
fi la fouverainetè de nos rois fur le
Rhône , page 5 2 1
II. Sur les conciles de Port & d’Urgel ,
afemblesg fous S. T beodard archevêque
de Narbonne. 326
III. Sut la tranfiation des reliques de faint
Antonin de Pamiers. 528
IV. Epoque delà paix eritre les rois Eudes
fi Charles le Simple. ibid.
V. Sur Louis l’Aveugle , roi de Provence
& empereur. ibid.
VI. Epoque du règne de Charles le Simple
dans la Septimanie. 533
VII. Epoque fi eirconfances de l'union du
marquifat de Gothie au domaine des
comtes de Touloufe. 534
VIII. Suite des comtes de Touloufe pen¬
dant les IX. & X. fée le s. 53 6
Genealogie des comtes de T oulotife. 338
IX. Epoque de 1‘ èpifeopat de quelques évê¬
ques d' A Ibi. 347
X. Sur les premiers vicomtes de Polignac.
348
XI. Sur les anciens vicomtes de Narbonne.
549
Généalogie des premiers vicomtes de
Narbonne. 530
XII. Sur Hugues roi d' Italie , & la ccfiioii
qu'il fit de la Provence aux roisde Bour-
gozne. 531
XIII. Sut quelques évêques de Carcaffon-
ne. 3 3 1
XIV. Epoque de l'union du marquifat de
Provence au domaine des comtes de T ou-
loufe. Etendue de ce marquifat. Suite de S
comtes héréditaires de Provence jufqu'au
commencement du XÎI. fièclc. 3 3 3
Généalogie des comtes héréditaires de
Provence de la première race. 333
XV. Sur le partage de la Provence fait
en nts. entre A Ifonfe-Jourdain comte de
Touloufe , & Raymond- Ber enger III.
tomte de Barcelone. 36 3
XVI. Si Raymond-Pons fucced.t à Al fred
neveu de Guillaume le Pieux , dans le
duché d Aquitaine & le comté d' Auver¬
gne , fi fur l époque de fa mort. 363
XVII. Sur les comtes de Hélai & d'Au¬
vergne. 368
Tome II,
XVIII. Sur quelques évêques de Nif
mes. Epoque du commencement du régne
de quelques-uns de nos rois de la fécondé,
race dam la province >, de la mort de
Hugues Cap et , fi du commencement du
régne de Robert fon fils. 5 ^ i .
XIX. Suite des évêques de T ouloufe depuis
la fin du IX. fiécle , jufqu'au commen¬
cement du XII. 374
XX. Sur les anciens vicomtes de Béziers
& d'Agde i fi l’époque de l'union de cei
deux vicomtez^dans la même mai fon. 377
XXL Sur I origine des Trencavels, vicom¬
tes et A Ibi , de Ni fines } (fie. 37S
Leur généalogie ■. 579
XXII. Suite & origine des comtes hérédi¬
taires de Carcafionnc (fi de R a fez. de la
fécondé rate, fi des comtes héréditaires dé
Comminges,de Conférant fideEoix. 581
Leur généalogie. 383
XXIII. Sur l'époque fi les circonfiances de
la fondation des abbayes de Lezat , fi
de faint Pierre de lu Court ou du Mas-
gamier. 390
XXIV. Quel ctoit le fiege êpifcopal de
Gcraud, qui donna le lieu de S. Satur¬
nin , aujourd'hui le Pont-faint-EJprit ,
à l’abbaye de Cluni. 591
XXV. Sur les comtes fi vicomtes de Lo-
deve. 392
XXVI. Sur les anciens comtes fi vicomtes
de Gevaudan. 394
XXVII. Sur Oliba Cabre ta comte de lie,
fa lu , de Cerdagnc , de F cnouillcdes, fie.
fi fes fucccjcurs. 5 9 ?
Généalogie des comtes de Befaltt , de
Cerdagne fi de F cnouilledcs. 399
XX VI II. Sur quelques évêques du Puy.
606
XXIX. Si Confiance femme de Robert roi
de F rance , étoit fille de Guillaume T a il -
lefer comte de Touloufe 3 ou de Guillau¬
me I. comte d’ Arles. 601
XXX. Epoque du rètabliffemcnt de la
ville fi dti fiege êpifcopal de Magtic-
lonne , fi de la dédicace de la nouvelle
cathédrale de ci t te ville. 606
XXXI. Epoque du concile de Tulujcs , où
on établit la paix fi la trêve de Dieu.
6c 7
XXXII. Sur Pons Conite de Touloufe ■ fi lj
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SOMMAIRE
de Gui Baume T aille fer , (fi fur Alrfiodis
fa femme. 608
XXXIII. Sur les vicomtes de T ouloufe fi
de Bruniquel. 6 1 o
XXXIV. Epoque du concile de faint Gilles
tenu au milieu du JC I. fiée le, & de quel¬
ques autres conciles tenus h Narbonne
vers le meme tems. 6 1 1
XXXV. Epoque de la plainte de Ber en-*
ger vicomte de Narbonne , Contre Gui-
fred archevêque de cette ville. 611
XXXVI. Sur les comtes héréditaires de
Subfiantion ou de Melgueil. 6 1 3
Leur généalogie ; 6 1 y
XXXVII. Suite des feigneurs de Mont-
peüier. ibid.
Leur généalogie. 6 1 7
XXXV î II. Sur l'origine de laviüe de
Beaucaire . 618
XXXIX. Si Frotard évêque d’ Albi ,au
JCI. fiecle , fut excommunié fi dépofé
pour caufe de fimonie . 6 1 9
XL. Sur B époque de la mort de Guiüaume
IV. comte de T ouloufe , & le droit que
Raymond de S. Gilles fon frere avoit d
fa fucceffion. 6 1 1
XLI. Si Bertrand fils de Raymond de
S. Giües étoit bâtard ou légitimé s fi fur
les differentes femmes de ce dernier . 61 3
XLII. En quel tems les comtes de T ou¬
loufe ont aliéné les comtcxjie Cahors &
de Rode^ 6 1 y
XLIII. Sur quelques circonflanccs qui re¬
gardent l’expedition de Raymond de
S. Giües en Orient. 618
XLIV. Sur B époque & le lieu de la naif-
fance de Guiüaume JC. comte de Poitiers
DES NOTES.
fi duc d' A quitaine. 6 3 g
XLV. Si le Languedoc a jamais été ap ,
peÜi la Province de S. Giües. ibid.
XLVI. Epoque de la prifeffe Carcaffonne
par Raymond-Berenger III. comte de
Barcelone furie vicomte Bemard-Aton j
& de la reprife de cette viüe par le der¬
nier. 631
XLVIL Epoque du départ de Bertrand,
comte de T ouloufe pour la T erre-fainte ,
de la prife de T ripoli , fi de fies autres
expéditions jufqu'k fa mort. ibid.
XLVI II. Sur faint Raymond évêque de
Balbajlro. 633
XLIX. Suri' époque duconcile tenu à T ou¬
loufe par le pape Caüixte II. £34
L. Sur Alfonfe-Jourdain comte de Tou¬
lon fe. 635
LI. Sur le concile tenu k Narbonne , fous
Bépifopat d' Arnaud de Levezon. 640
LII. Sur les anciens feigneurs d'Vfez^ibid.
Leur généalogie fi ceüe des feigneurs de
Pofquieres. 641
LIII. Epoque du voyage du roi Louis le
Jeune dans la province y k fon retour de
faint Jacques en Galice. 641
LI V. Sur B époque du fiege de T ouloufe par
Henri II. roi d'Angleterre , (fi fur
quelques ctrconfiances de fon expédition.
643
Lv. Sur GaucelincBAzfüan > maître des
Hojpitalicrs de Jcrufalem , (fi fur quel¬
ques autres grands-maîtres de cet ordre*
6 44
LVI. Apologie de Raymond II. dernier
comte de T ripoli de la maifon de T ou¬
loufe. 646
Explication des fujets des lettres grifes de ce 'volume .
LA lettre grife du XI. Livre , repréfente la prife de Bernard II. marquis de
Gothie.
; du XII. la foûmiiHon d’Ermengaud fie Raymond, princes de Gothie , au roi
Raoul.
Celle du XIII. le roi Robert qui prie dans l’églife de S. Sernin deTouloufe , où
il étoit allé en pèlerinage.
Celle du XIV. Arnoul abbé d’Aurillac , qui reçoit la charte de fondation de
l’abbaye de S. Pons de Tomieres, des mains de Raymond-Pons comte de
Touloufe.
Celle du XV. les ambadâdeurs de Raymond de S. Gilles, qui , dans le concile
de Clermont, reçoivent la croix au nom de ce prince, des mains du pape
Urbain IL
Celle du XVI. l’empereur Alexis Comnene qui donne audience à Bertrand
comte de Touloufe.
Celle du XVII. les rois de Caftille fie de Navarre qui font la paix par l’entre-
rnife d’Alfonlè comte de Touloufe.
Celle du X VIII. l’entrée du pape Alexandre III. à Montpellier.
Celle des Preuves, l’alTaffinat commis fur la perfonne de Raymond I. marquis
de Gothie ôc comte de Rouergue.
HISTOIRE
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Te h. : *
- - - J+4S---1-- '
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GENERALE
I
D E
LANGUEDOC
LIVRE ONZIÈME .
Ouïs le Begue apprît en Artois la mort de l’empe- t
reur Charles le Chauve Ton pere, qui avant fon dé- An. 877.
part pour l’Italie , lui avoir laide le gouvernement du 1.
| royaume. Comme la conjuration que venoient de
former quelques - uns des principaux lêigneurs , en- quitaine , fuc-
tr’autres Bernard marquis de Gothie , &. Bernard
comte d’Auvergne , lui faifoit appréhender de n’être pcrc.^rcon-
pas generalement reconnu pour Ion fuccêdeur ,& qu’il «vêts
ivouloit s’attacher ceux qui étoient demeurés fideles ,
il difpofa en leur faveur de divers fiefs & de plu- & les autres
fieurs dignités vacantes. Cette conduite fut une nouvelle fource de mécon-
tentement pour les conjurez , qui fe plaignirent hautement de cette difpofition un.t. »$».
faite au préjudice des heritiers de ceux qui les avoient occupées auparavant.
Ils prétendirent que ce prince avoit manifeftement contrevenu en cela aux arti¬
cles queCharles leChauve avoit folemnellement promis d’obferver dans l’adem-
hlée de Kierfî peu de tems avant fon départ pour l’Italie , & ils refuferent fous
ce prétexte de reconnoîcre le roi fon fus , ôc de lui obéir.
T me //. A
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A N. 877.
a K Mab. ad
-4w1.878.rt.xo.
b Hincmar
•aptr. to x. />•
17J>- &fil-
c Ditcb. to,
2. p. 475. d*
fil •
d F/W. /. j ,
r. 14.
c Annal. Ber-
tin p. xj 8.
f Annal Juld.
P • Î7J.
I I.
Bernard II.
marquis de]
Gothie conti¬
nue dans (à ré¬
volte, & s'em¬
pare de la ville
de Bourges,
g. V. to. 1.
JV. L XXX VIL
T» - 1$.
ih ^rt«tf/. Brr-
/irt.p. 12^. d*
Aï-
i NOTE ibid.
n. 14.
Je Annal. Ber-
tin. p. 150.
1 Annal. Ber -
Jirt.’p. 143-
1M. 141.
i HISTOIRE GENERALE
Louis fut informé de ce refus à Compiegne a où il s’étoic rendu 5 il apprit
en mêmetems que l’imperatrice Richilde la belle mere, &fceur du duc Bo-
zon, étoic d’intelligence avec les conjurez qui s’étoient avancés jufqu’à Ave-
nai en Champagne , après avoir ravagé diverfes provinces dans leur mar¬
che. Dans cette extrémité , il écrivit b à Hincmar , archevêque de Reims, pour
lui demander confeil. Ce prélat c lui répondit par une longue lettre , dans la¬
quelle il lui confeille d’envoyer inceflamment des députez au duc Bozon, à
Bernard comte d’Auvergne , à Bernard marquis de Gothie & aux autres
conjurez , pour leur propofer de choifir un lieu commode pour une diete gene¬
rale , où on tâcherait de les fatisfaire lùr leurs griefs , 8c où l’on prendrait des
moyens convenables pour pacifier le royaume , 8c faire obferver exactement
les articles qui avoient été arrêtez dans l’aflèmblée de Kierfi.
Hincmar écrivit den même tems à l’abbé Goflin chancelier de France;
l’un des chefs de la révolte & oncle de Bernard marquis de Gothie, pour
l’exhorter à fe reconnoître, 8c à faire rentrer ce feigneur dans fon devoir,
aufli-bien que Gosfrid comte du Maine fon frere , qui étoit aufli du nombre
des conjurez: mais tous Jes foins qu’il fè donna auprès de Goflin furent e inu¬
tiles. Il paraît qu’il fut plus heureux à l’égard d’une partie des rebelles , qui
s’étant aflèmblez en un lieu appellé Mont deVitmar, envoyèrent faire des
propofitions de paix à Louis. Ce prince les écouta volontiers , 8c après quel¬
ques négociations , la plupart prirent le parti de fe rendre à Compiegne avec
l’imperatrice Richilde , qui remit au roi les ornemens royaux avec l’ade par
lequel l’empereur Charles le Chauve fon pere avoir dilpofé avant fa mort
de tous fês états en fa faveur. Louis ayant promis enfuite folemnellement à
tous les grands du royaume tant ecclefiaftîqucs que feculicrs , de les mainte¬
nir dans leurs honneurs, dignités, & privilèges, fut couronné dans le même
palais de Compiegne le 8. du mois de Décembre de l’an 877. par Hincmar
archevêque de Reims. Ce prince devint par-là paifible poflèflèur de tout le
royaume , & fit en même tems la paix f avec Louis roi de Germanie fon cou-
fin , auprès duquel il tâcha d’excufèr la conduite que l’empereur Charles le
Chauve avoir tenue à fon égard.
Bernard comte d’Auvergne fut du nombre des conjurez qui fe réconciliè¬
rent avec le roi Louis le Begue : il obtint non. leulement le pardon de ce
prince, mais il eut encore dans la fuite beaucoup de part dans fa faveur.
Quant à Bernard IL marquis de Gothie il perfifta dans fa révolte avec quelques
autres feigneurs , ce qui caufa fa ruine : il s’empara au commencement de
l’année fuivante de Bourges ; voici , à ce qu’il nous paraît , fous quel pretexte.
On a obfervé ailleurs g que fous l’empire de Louis le Débonnaire , la ville
8c le diocèfe de Bourges étoient gouvernez par un comte nommé W'ifred ,
nom qui paroît être le même que ceux d’Egfrid 8c d’Humfrid. Ce comté
pafîâ dans la fuite fur la tête d’un feigneur appellé Gérard , *» qui en étoit pai¬
fible poflêfîèur » en 867. quand Egfrid abbé Ieculier.de faint Hilaire de Poi¬
tiers, qui vraisemblablement defeendoit du même Wifred dont nous venons
de parler , l’obtint de Charles le Chauve à force de prefens , fans qu’il paroiflè
que Gérard eut rien fait qui méritât d’en être depoflèdé. L’année fuivante k
Egfrid voulant prendre poffeffion de ce comté , s’avança dans le pays : mais
Gérard qui n’étoit pas d’humeur de le lui ceder , fe mit en campagne , l’obligea
de fe renfermer dans un château où il J’affiegeaj 8c dans l’impoffibilité de le
forcer à fe rendre , il prit le parti de mettre le feu au château , ce qui obli¬
gea Egfrid S l’abandonner. Les gens de Gérard s’étant alors faifis de fa per¬
sonne , lui coupèrent la tête qu’ils jerterent dans le feu avec le tronc. Charles
le Chauve informé de cet attentat , parut vouloir en tirer vengeance , 8c il
alla pour cela dans le Berri 5 mais il revint bientôt fans avoir puni Gérard ,
qui demeura 1 paifible poflêfîèur du comté de Bourges jufqu’à l’an 871. que
ce prince en difpofa en faveur du duc Bozon fon beau-frere , foit que Gérard
fut déjà décédé , ou que plus vraifêmblablement il foit le même que le duc
de Provence de ce nom , qui l'année précédente avoit été dépouillé des di¬
gnités dont il étoit revêtu.
Comme les comtez étoient alors déjà héréditaires , Bernard marquis de
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DE LANGUED OC. Liv. XI. 3
Gothicavoit des prétentions fur celui de Bourges par la raifon qu’il étoit, “à ^“N g g "
ce qu’il parole , de la famille d’Egfrid que les gens de Gérard avoient fait g t‘
mourir. Mais fesliaifons avec Bozon l’un des conjurés contre Charles le zxxxn*
Chauve, l’empêcherent fans doute de faire valoir fes droits fur ce comté,
jufqu’à ce qu’enfin ce dernier ayant fait fa paix avec Louis le Begue, il ne
carda plus de ménagement avec lui. Il eft certain en effet que Bernard fe
faille de Bourges , peu de cems après la paix de Bozon 8c d’une partie des re- e y um f
belles, & que pour groflir fon parti il b engagea dans fa révolte Emenon fon note AU. ».
frere, Gosfrid comte du Maine fon oncle maternel, c 8c les fils de ce comte, ss¬
ii défendit11 l’entrée de la ville de Bourges àFrotaire, qui enétoic alors ar-
chevêque , après l’avoip été e fucceflivement de Bourdeaux , 8c évêque de Poi- <$.' ,l0. t«. i.
tiers. Il ufurpa les biens de l’églife de Bourges, exigea de fes vafiaux un fer-
ment de fidelité contraire à celui qu’il devoir lui- meme à fon roi, commit *r
divers ravages dans le Berri , 8c entraîna enfin dans fà révolte la Septimanie , e v mTK
où il paroît qu’on c ne reconnoifToit pas encore Louis le Begue la féconde an- xvui ». i.
née du régné de ce prince.
Du Berri, Bernard pafTa g en Bourgogne accompagné de l’abbé Goflin jByl^ni„
fon oncle, & ils arrivèrent à Saifli-les-Bois dans le diocèfe d’Auxerre, f Saint reliques de S.
Romule abbé de S. Baufile de Nifmes, qui gouvernoit une communauté de Baufiicà Nif-
« ... >'• r*'i i . ° . * r « • • mes. Bertrand
80. religieux setoit rerugie dans cet endroit avec une partie de les religieux , v;comte ac
au commencement du VIII. fiecle , ou même à ce qu’il paroît dans un «eue ville,
tems beaucoup plus reculé, pour éviter les courfes des barbares qui rava- ( pr.p.i.&
geoient la Septimanie , &il y avoit fondé un monaftere. Trutgaud abbé de/'?-
Sailli fon fuccelîèur , venoit d’en faire réparer & aggrandir l’églife , lorfque B v^lv£pXr'
Bernard prince de Gothie 8c l’abbé Goflin y arrivèrent. Il pria inftamment àu.
avec fes religieux le premier , de vouloir leur accorder une partie des re¬
liques de faint Baufile leur patron, qu’on confervoit à Nifmes, lieu de fon
martyre. Bernard charmé de pouvoir leur fafce ce plaifir , qui ne lui coûtoit
pas beaucoup , le leur promit ■> 8c étant parti peu de tems après pour la
Gothie , deux religieux députés par l’abbé 8c la communauté de Sailli le
fuivirent dans cette province.
Bernard à fon arrivée à Narbonne , qui en étoit la capitale , préfenta à l’ar¬
chevêque Sigebode les deux religieux de Sailli , 8c lui communiqua le fujet de
leur voyage. Ce prélat également recommandable par fa pieté , fon zele , 8c
fon autorité , les accueillit très - bien , 8c promit de les favorilèr en tout.
Il refolut dans ce deflein d’aller à Nifmes j mais une maladie qui lui furvint
l’en ayant empêché, il y envoya à fa place Theodard fon archidiacre qui fut
enfuice fon fuccelîèur , & qu’il fit accompagner par les deux religieux , après
leur avoir donné des reliques de faint Paul, premier évêque de Narbonne, 8c
de faint Amand évêque. Bernard y envoya de fon côté 6c en fon nom , un
feigneur ou prince appellé Urfus. A leur arrivée , ils trouvèrent la ville de
Nifmes dans le trouble 8c l’agitation: le bruit quis’étoit déjà répandu parmi
les habitans du diocèfe , qu’on venoit pour enlever le corps de leur faint pa¬
tron, les avoit obligés à s’armer, réfolus de s’y oppofer de toutes leurs forces.
Cela n’empêcha pas que Gilbert évêque de Nifmes , Wifred évêque d’U-
fez, plufieurs autres évêques Ôc un grand nombre d’abbés delà province qui
s’étoient alfemblez dans cette ville par ordre de Sigebode , ne filTent fouiller
pour deterrer ces reliques. On les trouva enfin renfermées dans un cercueil
de plomb, que l’abbé S. Romule avoit fait enfouir dans la terre , fous une
des murailles de l’églife , lorfqu’il avoit été obligé d’abandonner le pays. Les
évêques qui étoient préfens , charmés d’avoir trouvé un fi précieux tréfor
qui depuis avoit toujours demeuré caché , entonnèrent alors le Te Deum , le¬
quel fut chanté par cinq cent ecclefiaftiques qui étoient accourus de toutes
parts. C’eft ainfi que les precieufes reliques de faint Baufile , martyr de N if-
mes, furent découvertes le 14. d’ Avril de l’an 878. Nous tenons cette re¬
lation d’un auteur contemporain , quij’avoit apprife des ecclefiaftiques mêmes
qui y avoient aflifté : aufli n’y trouve-t-on rien qui ne s’accorde parfaitement
avec les monumens du tems. Cet auteur ajoûte , que les évêques qui fe trou-’
vetent alors à Nifmes , donnèrent une partie confiderable de ces reliques
Terne II. A ij
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An. 878.
a VOTE
OC VIII. n. a.
* Ut rcx ibat.
bjoh.in. VIII,
ep. i}.
c Annal.Bsr-
tin. p. 154.
V. Cour in A:m.
I. j. c. 3 6.
1 v.
M iron comte
de Rouliiilon,
6c Lhicloin vi-
coimc deNar-
bonne rava¬
gent la Septi-
maaic.
d Job an,
VüL ep. loi.
V.
Louis le Bègue
marche contre
Einenon 6c
Gosfrid connc
du MaincJ'un
frère & l'autre
oncle du mar-
quisdcGoihic.
e Annal, Ber«
tin. p. 1} 4.
f V. tom. 1.
K Lxxxru.
»• y 7. &to-
VL
Arrivée du
papeJcanVIlI.
à Arles-, d ci-
fiond’undiltc-
rend qui ctoit
entre levè-
cjuc deNifmcs
&l‘abbc de S.
Gilles.
g Mob. ad
ami. 878. n. 1.
Annal Ber-
lin. ibid.
Job. vi. vrn.
<p. ui f
4 HISTOIRE GENERALE
aux deux religieux de Sailli qui avoienc donné occalîon à leur invention.
Le prince Urlus nommé par le marquis de Gothie pour affilier en Ton nom
à cette ceremonie, étoit peut-être vicomte de NiTmes : li cela cil, il dévoie
avoir fuccedé à Bertrand qui * polTedoie cette vicomté depuis neuf mois, U
première année que Charles le chauve fut reconnu empereur, c’cll-à-dire en 876.
ë: qui tint alors un plaid dans le château des Arenes où il fut affidé de deux
vicaires ou viguiers,Gifalfred & Gautier , & de plulîeurs autres juges: on re¬
mit dans ce plaid Gilbert évêque de Nifmes en pollëffion du lieu de Bifac
dans la Vaunage qu’on avoir ufurpé furfon églife.
L’auteur anonyme de l’hidoire de la tranflation des reliques de S. Baufile ,
Tcmarque que cette découverte fut avantageufe à la Gothie alors menacée
de très-grands maux -, qu’outre les miracles que Dieu opéra au tombeau
du faint martyr, on recueillit une abondante moillon dans la province j que
Les peuples furent plus dévots & plus religieux -, & qu’enfin le prince Bernard en
u fa à leur égard avec plus de clemcncc & de modération : termes qui joints à un
autre endroit où il dit que ce marquis marchait comme un roi * dans ion gou¬
vernement , font allez entendre & l’indépendance qu’il affecloit, êe la révolte
dans laquelle prefquc toute fa famille étoit entrée. En effet Emenon fon frere
s’étant joint b à Hugues fils naturel du feu roi Lothaire, ils coururent enlèm-
ble le pays qu’on appelloit alors le royaume de Lothaire , & y commirent une
infinité d’excès. Emenon le laifit c quelque tems après delà ville d’Evrcux
dont il ravagea les environs , & s’empara des biens ecclclîalliqucs en diverfes
provinces.
La Gothie ouSeptimanie dont Bernard étoit gouverneur, fut^expofée
d’un autre côté aux brigandages de Miron comte de Rouffillon , ëcd’Hum-
frid fon frere qui abandonna le cloître où il avoit embraffé la profeifion mo-
nallique & reçu le diaconat. Ces deux feigneurs s’emparèrent , foit par adrefle ,
foit par force, de toutes les pfcices fortes: ils en chailèrcnt la plupart des
minillres des autels, leur fubllituerent des perfonnes indignes , Sc dilpoferenc
à leur gré de tous les bénéfices ecclefiadiques. Lindoin vicomte de Narbonne
quis’étoit aflôcié avec eux, ne caufa gueres moins de maux dans le diocèfe
de cette ville: il bannit les curez & les prêtres de leurs églilès ; éc u/ànt d’un
pouvoir defpotique, il donna leurs bénéfices aux créatures de Miron. Pour
comble de malheur, les officiers de Bernard marquis de Gothie, fous pré¬
texte des’oppofer aux entreprifes de ce comte &: de fes complices , achevercnc
d’un autre coté de ruiner le pays j en forte que la province fut réduite dans
la derniere défolation.
Tous ces maux étoient les trilles fuites de la foiblcffe du gouvernement 8c
del’ambition des grands duroyaume, qui ne cherchaient qu’à le rendre abfo-
lus dans leurs gouvernemens , & qui s’emparoient fans fcrupulc des biens con-
facrés aux autels par la pieté des fidèles. Le roi Louis le Begtie e naturellement
pacifique, le trouvoit d’ailleurs peu en état de réprimer ces défordres au com¬
mencement d’un régné agité encore des divers troubles qui avoient précédé.
Il tâcha cependant d’y apporter quelque remede, fe mit en campagne auffi-
tôt après Pâques, & paffa la Seine tant pour s’oppofer aux nouvelles cour-
fes des Normands, que pour arrêter les entreprises d’Emcnon, de Gosfrid
comte du Maine & des fils de ce dernier , tous f proches parens & prin¬
cipaux -affociés de Bernard II. marquis de Gothie. Mais il tomba malade à
fon arrivée à Tours: il trouva cependant moyen de foûmcttre Gosfrid &:
fes fils , en les laiffimt paifibles poflèffeurs des biens qu’ils avoient ufurpez fur
la fucceffion du feu comte Odon.
Louis apprit à Tours l’arrivée du pape Jean VIII. en France, où il venoit
chercher un azile contre la fureur de plufieurs tyrans, qui depuis la mort de
Charles le Chauve, défoloicnt l’Italie. Ce pontife arriva par mer à Arles le
onzième du mois de May de l’an 878. jour de la Pentecôte : il donna avis de
fon arrivée à Bozon duc de Provenceiqui commandoit dans lepavs. Ce duc
l’alla joindre auffi-tôt avec la duchellè Ermcngarde fon époufe, tk. lui fit tous
les honneurs dûs d fa dignité : divers prélats des provinces voifines allèrent
auffi joindre le pape à Arles durant le fejour qu’il fit dans cette ville , entr’autres
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DE LANGUEDOC. Liv. XI.
Leon 1 abbé de faine Gilles. Cec abbé lui porta fes plaintes contre Gilbert An. 878.
évêque de Nifrnes, qui fans aucun égard pour les privilèges de fon mona- al uiun.Mif-
ftere fournis immédiatement au S. fiege, s’en étoit rendu maître, & avoit
furpris des lettres du roi 6c du pape Nicolas I. pour fe maintenir dans fon aj cat»iog.
ufurpation. Leon produilit les titres qui éxemtoient l’abbaye de laine po tfp*rt.i.
Gilles delà jurifdiction des évêques de Nifrnes, 6c Jean VIII. pour juger cette I4°‘
affaire avec maturité , aflèmbla les évêques qui étoient à fa fuite ôc ceux du
voifmage , entr’autres I&erius évêque de Viviers, avec les jurifconfultes du
pays. Cette allèmblée ayant oui les défenfes de Gilbert , 6c examiné fes pré¬
tentions, décida que lemonaftere de faint Gilles étoit foûmis au pape, qui
y envoya Deufdet du£ de Ravenne pour en prendre poffefïïon en fon nom.
L’évêque de Nifrnes parut acquiefcer à cette décifion 5 mais le pape fut i
peine iorti de France , qu’il envahit de nouveau l’abbaye de Saint Gilles,
en challà les moines., 6c fe faifit de leurs biens. Jean VIIL averti de cette
entreprife, entémoigna de l’indignation , 6cécrivitb furcelaau moisdejuin b ■jeban.vui.
de l’année fuivante à Roftaing archevêque d’Arles , à Sigebode archevêque **' ' '
de Narbonne, 8c à Robert archevêque d’Aix. Il leur ordonna d’aflèmbler
un concile pour obliger Gilbert à remettre les choies dans leur premier état,
& à laillèr les moines de S. Gilles dans la pailîble polléllion de leur rnona-
(tere* 8c en cas de refus de fa part, de le dépofer de fon fiege, 8c même de
l’excommunier. Nous ignorons les fuites de cette affaire: ilparoît cependant
que Gilbert évêque de Nifrnes reftitua lesbiens ufurpez, & qu’il laiffa jouir
en paix l’abbaye de S. Gilles de fes anciens privilèges. Ce prélat avoit c fuc- c kotexvw.
cédé à Ifnard qui vivoit fous le pontificat de Nicolas I. 6c qui obtint de ce u
pape, à ce qu’on d prétend , la confirmation de la charte par laquelle Tenu a Pr.p.io.
percur Louis le * Débonnaire avoit foûmis l’abbaye de S. Gilles, avec celle c v.rr.to.i.p.
deTornac, à l’églife de Nifrnes. On ( ajoute que le roi Carloman donna à *3-
Gilbert celle de Pfalmodi. .JdPr- f- I0-
Un moderne g prétend qu’Abbon, évêque de Maguclonne, alla joindre le ’g banei.fer .
pape Jean VIII. à Arles, & le pria de venir à Montpellier pour y confacrer l’é- !rtf- M*s- 1-
glife de Notre-Dame des Tables -, mais ce fait eft avancé fans preuve, 8c il 8?' l' c '
n’y en a aucune que cette ville, 8c encore moins i’églife de Notre-Dame,
fubfîftafTent dans ce tems-ld.
Ce fut fans doute durant le féjour que le pape Jean VIII. fit d Arles, Lettre dupa-
qu’informé des violences que Miron comte de Roufiîllon , Humfrid fon frere pc à Miiou
& Lindoin vicomte de Narbonne excrqoient dans la Scptimanie^ il écrivit R^Jniion a
une lettre h qui nous refte , dans laquelle il menace le premier de l’excommunier aHumùu ion
s’il ne répare incefiamment les maux qu’il avoit caufés , 6c lui ordonne de fe !“
rendre à Lyon pour fe prefenter enfuite au concile general qu’il avoit defïcin avoient exer-
-de tenir, 6c y rendre compte de fa conduite. Quant à Humfrid, il lui en- ««dans la
joint de rentrer au plutôt dans fon monaftere pour y expier par la pénitence ^cpt™a™c-
fes fautes paffées , à moins que fur de fon innocence , il ne voulût le trouver f^o T. 'ib,!!'
au concile pour s’y purger des crimes dont il étoit accufé. Il lui déclare en¬
fin qu’en cas de délobéiilance, il ne pouvoir s’empêcher de l’excommunier.
Le pape fe rendit quelque temps après à Lyon» où. il écrivit au roi Louis viii.
le Bcgue encore malade à Tours, pour le prier de luiafligner une ville où
ils pulîcnt conférer enfemble. Le roi le fit prier de fe rendre à Troyes où il ficurs cvt^cs
efperoit l’aller joindre dans peu. Alors Jean VIII. convoqua dans cette ville , la province
pour le premier d’Août , un concile national de tout le Royaume. Il y in-
vita les rois de Germanie , dans le deffein d’obtenir leur protection avec celle
de Louis le Begue contre les factieux d’Italie, 6c déporter ces princes à con¬
clure entre eux une bonne paix qui pût les mettre en état de remédier à un
grand nombre d’autres maux qui affligeoient l’églife , 6c en particulier celle
de France.
Dans fa route depuis Lyon jufqu’à Troyes , le pape invita au concile les VLV'
divers évêques des Gaules. Les lettres1' qu’il écrivit fur ce fujet à Sigebode mé- 4’ ' ...
tropolitain de la province de Narbonne, font dattées de Langres du 2. de mai^pu^os'
Juin. Cet archevêque fe rendit à Troyes accompagné de quatre évêques de MarU >
^ province, Ravoir deWalefrid d’Ufez, Alaric * de Béziers, Abbon de Mague- duI>'
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6 HISTOIRE GENERALE
A n. 878. lonne, dans la Seprimanie, Sc Frodoin de Barcelonne dans la Marche d’Ef-
i x. pagne. Ce dernier obtint durant ce concile du roi Louis le Begue , un diplo-
rnard ir. me » qui le confirme dans la poflèflion des biens de Ton églife , entr’autres de
ms de ja troiiiéme partie des droits domaniaux du comté de Barcelonne , dont Ber-
nard II. marquis de Çothie lui avoit procuré une autre confirmation du roi
Charles le Chauve. Louis accorda aufli alors b à Sigebode archevêque de Nar¬
bonne , l’union de quelques bénéfices à fon églife réduite à une extrême pau¬
vreté , fans doute par les vexations du' comte Miron 8c de les complices.
Jean VIII. appella aufli au concile de Troyes , par une lettre c du 1 o. de
^/•Juin, Frotaire archevêque de Bourges & les évêques de fa province : Frotaire
b Btluz. dans fa réponfe , lui porta fes plaintes contre les violences que Bernard mar¬
ri/. sarb. *pp. quis de Gothie exerçoit fur Ion églife, Sc de ce qull l’empêchoit d’entrer
{■ dans fa ville métropolitaine. Le pape écrivit une fécondé lettre d à ce pré-
't?°99*n' Vm' ^at dans ^a4ue^e après ^ avoir témoigné combien il défaprouvoit la conduite
Atp.i 04. du marquis, il l’exhorte à fe rendre inceflamment à Troyes. Il écrivit «en
même tems une lettre paternelle à Bernard pour l’engager à réparer les maux
qu’il avoit faits à Frotaire 8c à l’églife de Bourges , dont il déclare qu’il ne
peut fe dilpenfer de prendre là défeniè.
Ce marquis tâcha d’exeufer fa conduite , 8c répondit f au pape qu’il ne
s’étoit emparé de la ville de Bourges , que pour prévenir le deflein qu’avoit
Frotaire de la livrer aux ennemis du roi: mais cen’étoit qu’un vain prétexte
Sc le pape perfuadé de l’innocence de l’archevêque qui offrit de lejuftifier là-
deflus , écrivit une féconde fois à Bernard , pour le fommer de fe rendre au
concile de Troyes avec Gérard fon vicomte Sc fes autres complices, Scyêtre
jugé tant par l’autorité des canons Scdesloix civiles, que par celle du roi qui
devoit s’y rendre inceflamment.
La maladie g de ce prince l’empêcha de fe trouver à Troyes à l’ouverture
du concile qui fe fit le 1 x . du mois d’Aout ; il n’y arriva h que le premier de
Septembre accompagné de Frotaire archevêque de Bourges. Après fon arri¬
vée on agita ‘ l’aflàire du marquis de Gothie , qui refuiâ de comparoître ,
quoique cité deux fois par le pape , Sc une fois par le roi. k On prononça 1
I x.
” Bernard
marquis
'Gothiecitc au
cojurile de
Tro)cs , ex¬
communie Sc
dépouillé de
les dignités.
a Capital,
app. to.
If 02
c if. IOJ.
f tp. Il yibid.
g Coneil. ta.
5. f- $°7-
>i Annal. Ber»
tin. p. 2Ç4.
;i To. 1 .NOTE
ZXXXVll. n.
k j.h. vm. contre lui une fentence d’excommunication , comme atteint Sc convaincu d’a-
tfiji. no. vojr ufurpé les biens de diverfes églifes , Sc en particulier de celle de Bour-
1 ibid.tf. m. gCS ^ <pen avoir chafle l’archevêque Frotaire , Sc d’être rebelle au roi. Son frere
m tfifi. iij. Emenon , m Sc Hugues fils naturel du feu roi Lothaire furent menacés du même
anathème , fl dans l’efpace de trente jours ils ne difeontinuoient leurs bri¬
gandages , Sc ne fe foûmettoient au roi.
s Il y a lieu de croire que Miron comte de Rouflïllon , Humfrid fon frere,
JeMironcom- & Lindoin vicomte de Narbonne , firent des réfléxions falutaircs fur la lettre
te de Rouiiii- qu’ils avoient reçue du pape , Sc qu’ils tinrent une conduite plus /âge : car il
doin ^vicomté ne Par°îc pas qu’ils ayent été ni excommuniez ni même menacez d’excom-
de Narbonne, munication parle concile. Nous voyons au contraire que Miron confervan
n v. Marc, encore long-tems après le comté de Rouflillon , 8c qu’il accorda fa protection
aïo l i*°&c ^’ann^e fldvante aux religieux d’Exalade dans le même pays , qui furent obligés
de fe transférer à Cuxa où ils s’établirent , à caufe d’une inondation extraordi¬
naire qui avoit renverfé leur monaftere. Au relie Lindoin efl: le plus ancien
xi. vicomte de Narbonne que nous connoiflions.
Le concile de C’eft apparament à l’occafîon des ufurpations des biens eeelefiaftiques de
au'code'des" la Septimanie , foitpar ce vicomte , foit par le comte Miron Sc fes affociés , que
îoix des vifi- le concile de Troyes fit un décret 0 contre ces fortes d’ufurpateurs , Sc en
fomreTcs &! particulier contre ceux de cette province. Comme elle étoit alors p habitée
aiJeges. par un grand nombre de Gots naturels } que dans le code des loix de cette
nation il n’y avoit aucune peine ftatuée contre les raviflèurs des biens de
o Concil. to.
b 3®«
vn-
l’églife 5 & qu’enfin îl écoic défendu aux juges par une loi du même code, de
rien décider qui ne fut autorifé par les loix , il arrivoit que les facrileges jouif.
■F ' -F-iU- f0jenc impunément du fruit de leur crime. Sigebode archevêque de Nar¬
bonne touché des fuites funeftes d’une telle impunité , s’adrefla au pape avec
les évêques delà province 5 8c ayant prefenté au concile le code des loix Vi-
Jigothiques, il demanda qu’on décernât quelque peine contre les ufurpateurs
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DE LANGUEDOC. Liv. XI.
des biens ecclefiaftiques , &: que le decret que le concile feroit LLdeflus futin-
- - 1 - -7 - 1” * - A*.* WW *«-v*w**vw *~v***~ . O Q
feré dans le même code. L’aflemblée compofee , à ce qu’il paroît des deux A ‘ '
xii.
Diffcrcnd de
dcsVifigc
en vigueur. Cette loi fut prife de celle du droit Romain qui condamne les
facriléges à cinq livres pelant d’or d’amende : mais on n’en fuivit pas toute
la rigueur , & on la modéra , conformément à une conftitution de l’empereur
Charlemagne , qui réduit cette amende à trente livres pefant d’argent fin ,
vingt fols d’argent faifant une livre , en forte que dix fols d’argent pelbient
alors un marc. Le concile fit ajouter enmêmetems au code des loix Vifigo-
thiques ce décret, qui fut adrelfé par le pape « aux évêques , aux comtes , «
aux vicomtes, aux centeniers , ôc à tous les juges des deux provinces d’ E/pagne «
& de Gothie. La première de ces deux provinces comprenoit la Marche d’Ef-
pagne ou Catalogne au-delà des Pyrénées , 6c l’autre la Septimanie ou pro¬
vince ecdefiaftique de Narbonne en-deqa de ces montagnes , ce qui prouve
qu’elles faifoient alors deux gouvernemens fcparcs , quoiqu’elles fulfcnt corr-
priles toutes les deux en general dans ce qu’on appclloit le royaume d’Efpa-
gne, de Septimanie oudeGothie, comme nous le verrons bientôt.
Willafred évêque • d’Ufez porta fes plaintes au concile deTroyes contre
Rotfrid évêque d’Avignon, qui prétendoit étendre fajurildi&ion fur quelques wiüafiTd é-
lieux de fon diocèfe j mais l’abfence du dernier fut caufe que le pape renvoya <*'V [ci
le jugement de cette affaire au concile des deux provinces d’Arles & de Nar- *vOqjcd Avi-
bonne, qu’il ordonna de tenir fur cefujet. Pour abréger le travail des évê- gnon,
ques de ces deux provinces , il leur envoya les autorités des peres 6c des con- a job. vus.
ci les qui dévoient fervir à ladécifion de ce différend. ' “•
Le 7 . de Septembre Jean VIII. b fit la ceremonie de couronner à Troyes x UI
le roi Louis le Begue. Trois jours apres, c’eft-à-dire le jour de la clôture du Bernard com-
concile; le roi fut vifiter le pape , 6:1c lendemain ce prince célébra chez le j'^deTucr-
duc Bozon les noces de Carloman fon fils avec la fille que ce duc avoir eue nard 1 1. dans
d’un premier lit. e Alors Louis le Begue difpofa, de l’avis des principaux
ieigneurs de fa cour , des charges ÔC dignités que Bernard II. marquis de Go- •
thie excommunié par le concile , lailfoit vacantes par fa rébellion. Il les par-
tagea d entre Thierri grand chambellan , Bernard comte d’Auvergne , 6: c v NOXE
quelques autres feigneurs qui lesavoient briguées fecretemcnt, ôc pour lefquelles z «s-
ils lui prêtèrent ferment de fidelité. d Annal, b^.
Bernard comte d’Auvergne eute pour fa part le marquifat de Gothie, 6: tin.ibid.
fut le troifiéme de fon nom qui le poflèda. Il rentra par là dans le patri-
moine de fes ancêtres * car il étoit fils du fameux Bernard duc de Septima- n. si.&fin-
nie, que le roi Charles le Chauve fit mourir en 844. Bernard III. étoitné à
Ufezàlafin de l’an 840. ôcavoit par confequent 38. anslorfqu’il fut pourvû f
du marquifat de Gothie. Il le garda le refte de fes jours avec le comté d’Au¬
vergne, & les tranfmit à Guillaume le Pieux duc d’Aquitaine fon fils. Quant
aux autres dignités de Bernard 1 1. marquis de Gothie , comme nous trou¬
vons que Thierri grand chambellan f poflèdoit le comté d’Autun l’année f Annal Ba-
fuivante, cela nous donne lieu de croire qu’il eut cette dignité des dépouilles ***•
de Bernard II. car nous verrons que ce dernier qui perfifta dans fa révolté,
avoit quelque autorité fur cette ville j qu’il fe jetta dedans, & tâcha de s’y
maintenir après fa profeription. Il paroît d’ailleurs que Bernard 1 1. & Ber¬
nard III. marquis de Gothie étoient delà meme g maifon -, que ce dernier g v.tom. 1.
avoir polfedé autrefois le comté d’Autun, & qu’il s’en étoit démis en faveur
de l’autre lorfqu’il fut promû lui-mê me vers l’an 869. au comté d’Auvergne, n. xoj.
Ainfi quoique les defeendans en ligne direde de S. Guillaume de Gellonne
ayeul de Bernard III. eufTent été dépouillés du duché de Septimanie ou
marquifat de Gothie , ce gouvernement étoit demeuré cependant dans fa fa¬
mille en la perfonne des fucceflèurs de Bernard I. duc de Septimanie fes parens
collateraux.
Enfin Bernard II. marquis de Gothie fut dépouillé aufli fans doute en jh^dvn N°T?
même tems du duché d’Aquitaine 6c du comté de Poitiers qu’il poflèdoit b ,à sj. 8l'°>
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An. 878.
XVI.
Union du
comté d'Albi-
gcois au do¬
maine des
comrcs de
Touloufe.
V. B a lui.
MvjêU, p.6.
■b V. NQTE
VU1. n. 16.
cpr. to. i.p.
* 5 y &M-
XV
Accord du roi
Louis le Qegue
avec le roi de
Germanie: le
premier de¬
meure maître
du Vivarais,
du dioccfc
d'Ufez , & des
deux cotez du
Rhône,
d Aunul. Ber-
tin. p. 15*. <$.
8 HISTOIRE GENERALE
ce qu’il paroît, depuis la mort de Rainulfe I. Ton coufin arrivée en 867.
mais nous ignorons en faveur de qui le roi Louis le Begue en difpofa. Il y en
a qui prétendent que Bozon frere de Richilde veuve de Charles le Chauve
-fut duc d’Aquitaine. Si cela étoit bien prouvé , nous croirions volontiers qu’il
eut , des dépouilles de Bernard II. marquis de Gothie, cette dignité avec le
comté de Poitiers. Ce qu’il y a de vrai, c’eft que Rainulfe II. fils de ce dernier ,
& tige des ducs héréditaires d’Aquitaine , poflèdoit ce duché avec le comté de
Poitiers en 887. ce qui fait voir que s’il ne fucceda pas immédiatement dans
l’un & dans l’autre à Bernard 1 1. marquis de Gothie fon pere , à quoi il y a
Beaucoup d’apparence, il les obtint peut-être vers l’an 880. des rois Louis &
Carloman fils de Louis le Begue, après que le duc Bozon qui les poflèdoit,.
fe fut révolté contre ces princes , & eut ufurpé le royaume de Provence.
Au reftç, le duché d’Aquitaine donc les comtes de Poitiers furent pour-
vûs ne comprenoit qu’une partie de cette ancienne province : l’autre dépen-
doit du duché de Toukmfe , poflèdé alors par Eudes qui augmenta confide-
rablement fon autorité dans le pays, en unifiant vers le même tems à fon do¬
maine le comté particulier d’Albigeois. Nous n’avons pas à la vérité de preuve
certaine & de l’époque , & des circonftances de cette union : mais nous ne
doutons pas que Garfinde , femme du même Eudes comte de Toulouiè , ne fuc
fille & heritiere d’Ermengaud comte d’Albi quivivoit en 864. & que le pre¬
mier n’ait acquis l’Albigeois par ce mariage , loit à caufe des droits de Gar-
fînde fa femme , car nous voyons que les filles fuccedoient » déjà à leurs peres
dans les comtés dès la fin du I X. fiecle -, foit plutôt par la difpofition de nos
rois , qui faute de defcendans mâles d’Ermengaud comte d’Albi , auront don¬
né ce comté à Eudes ou à Raymond fon fils. Voici fur quoi nous fondons
nos conjedures là-defîus : 1 Il eft certain que l’Albigeois appartenoit à la
maifon des comtes de Touloufe, du moins dès le commencement duX. fiecle,
& qu’il étoit alors poflèdé par Raymond du vivant d’Eudes comte de Tou-
loule fon pere, comme nous le prouverons ailleurs, z*. On voit en 878. un
Raymond comte d’Albi, & rien ne nous oblige de le diftinguer du fils d’Eu-
dçs, puifque felui-ci pouvoir avoir alors environ 18. à 10. ans, & être en
état de polîèdèr un comté particulier. 30. Enfin nous b voyons qu’Eudes comte
de Touloufe eut un fils appellé Ermengaud comme le comte d’Albi quivivoic
en 864. Ainfi Garfinde femme d’Eudes aura été fille de ce dernier. Quoi¬
qu'il en foit -nous trouvons un Raymond comte d’Albi, qui tint un plaid «au
mois d’Aout de l’an 878. dans cette ville, ôcyjujgea un différend que Carif-
fime abbeflè de S. Saturnin de Rodez, &une de les religieufes appellée Fulc-
rade, avoient au fujet d’une fuccelfion qu’elles dévoient recueillir de leurs
parens &: dont les biens étoient fituez dans l’Albigeois , ce qui prouve que la
profeflion religieufe ri’empêchoit pas alors de fucceder.
Après le concile deTroyes, le roi Louis le Begue fe rendit le premier de
Novembre à Foron d près de Maftrick, où il eut une conférence avec Louis
roi de Germanie fon coufin. Ces deux princes convinrent de s’en tenir par
rapport au royaume de Lothaire , au partage que leurs peres en avoient déjà
fait j en forte quefuivant cet accord, les deux cotez du Rhône depuis Lyon
jufqu’à la mer, & par confisquent le Vivarais &lediocèlè d’Ufez, demeurè¬
rent au premier: mais comme la partie du même royaume e quiavoit appar¬
tenu à Louis II. empereur & roi d’Italie, n’avoit pas été partagée entre
Charles le Chauve & le roi de Germanie fon frere , à caufe des différends qui
étoient furvenus entre eux , il fut conclu entre les deux rois , que chacun
demeureroit poflèflèur de ce qu’il tenoit a&uellement de cette portion , jus¬
qu’au fixiéme du mois de Février fuivant , qu’ils convinrent de s’aflèmbler
avec les deux autres princes de Germanie , pour convenir tous quatre d’une
paix folide & durable, & procéder au partage du royaume d’Italie, qu’avoic
poflèdé le même empereur Louis II. Les deux rois de France èc de Ger¬
manie fe féparerent enfuite , après s’être donnés des marques d’une amitié très-
étroite. L’union entre les deux rois fubfifta après leur entrevue 5 ce qui paroît
■entr’autres par la lettre que le roi de Germanie écrivit à celui de France , à
qui il donne le titre de reides Gaules, d'aquitaine & d'E [pagne. Ce dernier
royaume
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DE L ANGUEDOC. Liv. XI. 9
royaume efi: le même qu’on nommoic plus communément Royaume de Septima- g_g~
nie , dont on a déjà parlé. • . /
Si l’aflcmblée projettée entre les trois princes de Germanie 6 c le roi Louis le x v i.
Begue eut pu fe tenir , ils feroient fans doute convenus d’une paix folide dont le Bcrnaid n-
royaume avoir alors un extreme beloin , lur tout pour appailer les troubles do- «mS de Go-
meftiques qui n’étoient pas encore entièrement afloupis. Bernard ‘ ancien 'h'= Pe,rfifte
marquis de Gothie , apres avoir e te excommunie & prolcnt a Troyes , s etoit tc.MüVtauroi
cantonné dans le comté d’Autun, d’où il mettoit tout le pays à contribution. Louis le Bc-
Louis le Bcgue réfolu de le réduire , partit du palais de Pontion au com- f
menecment du mois de Février de l’an 879. mais fa mauvaife fanté l’obligea de Gothictu-
de s’arrêter à Troyes. Pour ne pas lai (Ter cependant la révolte de Bernard im- j_c0u'jsdïnro1
punie , il fit marcher contre lui toute fon armée fous les ordres de Louis fon xAmd Bfr_
fils aîné , de Bernard comte d’Auvergne 8c nouveau marquis de Gothie , d’Hu- tin. f. t5g. &
gués l’abbé duc ou marquis d’Outre-Seine , de Bozon duc de Provence , fie de fin-* ^ ^
Thierri grand chambellan à qui il avoir donné le comté d’Autun. Le roi don- f
na dans cette occafion une marque de l’eftime qu’il faifoit de Bernard comte _ _
d’Auvergne en lui confiant le gouvernement fie la tutelle de Louis fon fils aîné y *>79.
il prit en fuite la route de Compiegne , où fon mal ayant empiré , fie fe voyant
près de fa fin , il envoya les ornemens royaux à ce jeune prince , avec ordre
aux generaux de l’armée de Bourgogne de le faire couronner , dès qu’ils au¬
raient appris la nouvelle de fa mort, qui arriva le vendredî-faint dixiéme du mois
XVII.
Bernard II.
ancien mar-
par fon ordre. Il le maria enfuite à Adelaide, qui dans le tems de fa mort étoit
enceinte d’un prince qui fut nommé Charles fie furnommé le Simple.
L’armée de Bourgogne étoit occupée à remettre le comté d’Autun fous
l’obéiffance du roi Louis le Be^ue, lorfqu’on apprit la nouvelle de fa mort.
Les generaux s etoient alors déjà rendus maîtres, a ce quil paraît, de cette ^dc Gothie
ville , fie en avoient chaffé Bernard. Il s’éleva auffi-tôt b au fujet de ce chaiîe d Au-
comté, un différend entre le duc Bozon fie Thierri grand chambellan. Leur 'nucnmen°de0n'
querelle fut enfin terminée par l’entremife de l’abbé Hugues, qui adjugea le Louis & Car-
comtc d'Autun à Bozon , lequel en échange donna à Thierri les abbayes du
pays dont il s’étoit emparé. Bcgue.
Les grands du royaume qui étoient dans l’armée avec le jeune Louis , in- b^iW.Ber-
diquerent aufii-tôt une dicte à Meaux pour le couronnement de ce prince , 6c t,n' lb,d'
Icprefferent d’autant plus de la tenir, que l’abbé Goûin oncle de Bernard II.
ancien marquis de Gothie, fie quelques autres mécontens ou rebelles, exci-
toient de nouveaux troubles. Ces derniers, après avoir tenu une autre affem-
blée à Creil , où ils offrirent la couronne à Louis roi de Germanie , appelè¬
rent ce prince qui pafTa bicn-tôt après le Khin , 6c entra dans le royaume à la
tête d’une puiflântc armée. Les feigneurs attachez aux fils de Louis le Begue ,
dont Bernard III. marquis de Gothie fie comte d’Auvergne étoit le princi¬
pal , fe virent alors forcez, pour éloigner ce roi, de lui faire despropofitions
de paix , 6c de lui ceder la partie c du royaume de Lothaire fituée le long de
l’Efcaut fie de la Meufe , qui étoit échue à Charles le Chauve par le parta¬
ge qu’il avoit fait de ce royaume avec le roi de Germanie fon frere. A ces con¬
ditions , le jeune roi de Germanie repaffa le Khin , laiffa tout le refte du royau¬
me aux enfans de Louis le Bègue , fie abandonna les fadieux. Louis fie Carlo-
man fon frere s’étant délivrez par-là d’un ennemi dangereux à des conditions
dcfavantageulês à la vérité , mais néccffaires , fe firent couronner enfuite
dans l’abbaye de Ferrieres.
C V. NOTE I.
n. xo.
x vm.
Le ducBoion
fc fa\t couron¬
ne! ioxdeBio-
Il paraît que Bozon duc de Provence , fie beau-pere du roi Carloman venceScxe^nc
fe trouva à cette cérémonie. Il fe montra du moins fort attaché d aux inte-
rets de ce prince fie du roi Louis fon frere , fie il fut un de ceux qui contri-
buerent le plus à engager le roi de Germanie à fortir du royaume , fie à faire à -AW. B«r-
fa paix avec eux. Mais il fe laiffa bien-tôt féduire par Ermengarde fa femme , ^gin.'thran.
unique de l’empereur Louis II. qu’il avoit enlevée pour l’époufer , aptes «a«nn. 879.
ir fait périr c par le poifon la première. p.^7i?l,EwW'
T orne II. B
fille
avoir
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An. 879.
a Annal. Ber-
im.ibul.
b Regin. ibid.
c Annal . Ber -
ibid.
Concil. to. 9.
{■W-& fol¬
io HISTOIRE GENERALE
Cette princcflè egalement fiere & ambitieufe, fe voyant réduite par cé
mariage au Ample titre deduchefl'e, elle quiétoitr fille d’un empereur d’Oc-
cident, 8c avoit été promife autrefois à celui d’Orient , * réfolut à quelque
prix que ce fût de devenir reine. Dans cette vue , elle perfuada à Bozon Ion
époux de s’emparer de l’autorité fouveraine , 8c de fe faire reconnoître roi de
Provence , pays dont il tenoit le gouvernement au nom des deux rois Louis
& Carloman : Bozon entra d’autant plus volontiers dans ce projet , qu’il fe
flatta de le faire réulfir aifément. Il étoit afluré de l’aflfedion des peuples du
pays, qu’il avoit fçû gagner par la fagefle de fa conduite , & la douceur defon
gouvernement. Le royaume étoit agité au-dedans de divers troubles , caufez
par les fadions des mécontens , 8c expofé au dehors aux courfes des Nor-
mans. La jeunefle des deux rois Louis 8c Carloman , mettoit ces princes peu
en état de fe faire craindre. Il comptoit fur le crédit de l’imperatrice fa belle
mere , veuve de l’empereur Louis II. 8c fut celui de l’imperatrice fa fœur ,
veuve de l’empereur Charles le Chauve : enfin il avoit mis le pape Jean VIII.
dans fes interets. Bozon animé par toutes ces circonftances qui lui parurent
extrêmement favorables , réfolut de s’ériger en fouverain b dans toute la partie
méridionale de l’ancien royaume de Lothaire. Il fit d’abord courir des bruits
défavantageux c aux deux rois , 8c rendit leur naiflance fufpede , fous prétexte
que Louis le Begue qui avoit époufé leur mere contre le gré de Charles le
Chauve fon pere, avoit été obligé de la répudier. Il tâcha enfuite de gagner
foit parcareflès, foit par promeflês , les évêques &les feigneurs du pays, &
intimida par des menaces ceux quiétoient en état de lui jéïifter. S’étant ainfi
afluré des fufffages , il convoqua une aflemblécà Mantaillc , lieu fitué à demi-
lieue du bord oriental du Rhône, entre Vienne 8c Valence, 8c s’y fit élire
8c couronner roi de Provence le 1 j. du mois d’Odobre de l’an 879. Les évê¬
ques prirent pour prétexte de cette éledion, qu’ils n’avoient perfonne pour
les gouverner ou pour défendre le pays , depuis la mort de Louis le Begue.
Ils étoient au nombre de 13. entre lelquels il y avoit cinq métropolitains.
Ætherius de Viviers, ScWalefrid d’LJfez, dont les diocèfes faifoient partie
du duché de Provence , 8c de l’ancien royaume de Lothaire , furent de ce nom¬
bre. Il y en a qui prétendent fur l’autorité des fouferiptions des évêques à
Pacte de l’élection de Bozon, que Richard évêque d’Agde le trouva à cette
aflemblée , ce qui prouverait que Bozon étendit fa domination bien avant
dans le Languedoc : mais il elt évident d que c’cft une faute de copifte , 8c que
Richard étoit évêque d’Apt en Provence , 8c non pas d’Agde en Languedoc.
Suivant ces fouferiptions , Bozon fut reconnu pour roi dans tous les pays «
fitués entre le Rhône 8c les Alpes , depuis Lyon jufqu’à la mer , c’eft-à-dire ,
dans la Provence propre , le Dauphiné , 8c la Savoye -, 8c de plus dans le Lyon-
nois 8c la Franche-Comté qui appartenoient à la haute Bourgogne Cisjuranc,
&c dans les diocèfes de Mâcon 8c de Chàlons fur Saône , qui dépendoient de
la baflèj dans quelques diocèfes delà Bourgogne Transjurane, 8c enfin dans
toute la partie orientale du Languedoc, fçavoir dans les diocèfes de Viviers
8c d’Ufcz, &dans la partie de ceux de Vienne, de Valence , d’Avignon 8c
d’Arles, qui ellen-deça du Rhône.
Ce nouveau roi fut à peine couronné , qu’il fe montra dans les diverles
provinces qui venoient de fe foûmettre à Ion empire, 8c y exerça divers
ades de fouveraincté. Il f accorda diverfes grâces aux églifes de fon royau¬
me , 8c confirma entr’autres e en faveur de Roftagn archevêque d’Arles , les
chartes par iefquelles l’empereur Lothaire , 8c le roi Lothaire fon fils , fes
frèdecefeurs , avoient fournis à fon églife l’abbaye de Cruas , fituée au-
hcoiumb.r,- près du Rhône , dans le comté de Viviers. On croit h que les religieux de
v*T-t- 201. ce monaftere , pour fe foûtenir contre les entreprifes des évêques du pays ,
avoient demandé eux-mêmes à ces princes de leur donner les archevê¬
ques d’Arles pour protedeurs. Roftagn ou Roftaign fut promu à Par-
î caii. ebr. vêché » de cette ville en 87 1 . U avoit été auparavant religieux , 8c enfuite abbé
Tïv'&fi' d’Aniane au diocèfe de Maguelonne. Il confèrva néanmoins long - rems
tr.f. 4l. après, cette abbaye avec le prieuré de Goudargues au diocèfe d’Ufez qui
en dépendoit. Le pape Jean VIII. l’établit fon vicaire dans les Gaules ,
r.N OTEI.
«XI.
c ibid.
t V. Mab.ad
snn. 8 79. n.zz.
g Fr. MJ.
&fo-
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DE LANGUEDOC. Liv. XI. n
2cle chargea de diverfes commiflions importances: il mourut, à ce qu’on pre- _ _
tend, eu 913. _ • An. 879.
Tous les princes François également irritez de l’ufurpation de Bozon , ré- x 1 x.
folurent d’un commun accord de lui faire la guerre. Les deux freres Louis 6c
Carloman s’abouchèrent » d’abord fur la fin de l’année à Orbe dans la Bour- g°c™"c
gogne Transjurane avec Charles le Gras roi d’Italie , qui leur céda alors , à ce me. Le Lm-
qu’il paroît, b fes droits fur le royaume de Lothaire, en échange despréten- f^ddc°rcn“tho1'
fions qu’ils avoienc fur la Lombardie. Louis roi de Germanie , appellé de nou- a Jnnai b«.-
veau par les mécontens de France, s’avança defon côté au commencement *<”• «W*
de l’année fuivante jufqu’à Kibemont fur la riviere d’Oyfe , dans l’efperance b KNorE7‘
de pouvoir envahir le royaume : mais défefperant du fuccès de fon entre- * **'
prile , il fit bientôt après fa paix avec les rois de France fes coufins , 6c convint gg0t
avec eux d’avoir le mois de Juin fuivant au palais de Gondreville , une en¬
trevue où Charles le Gras le trouveroit , tant pour traiter plus amplement
des articles de la paix , que pour fe liguer contre leurs ennemis.
Après laconclufion de cette paix, Louis ôc Carloman s’appliquèrent à re¬
médier aux défordres du royaume , 6c à réprimer les courles des Normans.
Ils fe rendirent à Amiens e au mois de Mars , 6c là ils convinrent du partage CAnn^i.Bt^
de la monarchie , par l’avis de leurs principaux vafifaux. Tout ce qui dépen- **».
doit de l’ancien royaume d’Auftrafie ou de France en deçà de la Meufe échût à
Louis, avec le royaume de Neuftrie ôc fes marches. Carloman eut pour fa Duch.to. j.p.
part les royaumes de Bourgogne 6c d’Aquitaine , avec les marches qui dépen- 55î*
doientde ce dernier , fçavoir le marquifat deTouloufe , la Septimanie ôc la
Marche d’Efpagne , 6c enfin toute la partie du royaume de Lothaire dont le duc
Bozon s’étoit emparé , 8c dont ils ré folurent de le depofleder.
Les deux rois ayant reçû en confequence de ce partage le ferment de fide- x x.
lité des feigneurs qui étoient prefens , 8c qui devenoient par là leurs vaflaux Louis &car-
fe rendirent à Compiegne , où ils celebrerent la fête de Pâques -, ils prirent en
fuite la route de Reims 8c de Çhâlons fur Marne , 8c fe rendirent à Gondre- à Boyon -.b«-
villepour la conférence dont ils étoient convenus avec le roi de Germanie. nard u:a"cien
r, F . , r ... . . , marouis de
Ce dernier ne pouvant s y trouver, y envoya les plénipotentiaires , qui de Gothie fait
concert avec Charles le Gras qui y afiifta , convinrent fans doute des articles F^nlcr *
d’une paix durable: nous en ignorons les conditions. Un hiftorien moderne d en ^aiiui hïp
rapportequelques-unes.Mais on fçait feulementqu’ils réfolurent Rejoindre leurs 1 p!Vs. *
armes contre leurs ennemis communs , fçavoir contre Hugues fils naturel du c^miaLB^r-
feu roi Lothaire qui vouloit s’emparer fur le roi de Germanie de la partie ,in- ih,i'
fuperieure du royaume de Lothaire , 8c contre Bozon , qui en avoit envahi
l’inferieure fur Louis 8c Carloman. Charles le Gras ayant été obligé cependant
de partir pour l’Italie , il n’y eut que ces deux derniers princes qui le mirent
à la tête de l’armée f du roi de Germanie qui étoit prête à marcher 8c [ jnnai, Ber.
avec laquelle ils attaquèrent 8c défirent Hugues le Bâtard. Ayant enfuite ,ht P
affemblé leurs propres troupes , qu’ils joignirent à celles de Germanie , ils fe pf™£' F“U*
rendirent à Troyes au mois de Juillet , 8c y attendirent le retour de Char¬
les le Gras qui avoit promis de venir les trouver pour agir tousenfemble con¬
tre Bozon.
La première place qu’ils attaquèrent fur cet ufurpateur , fut celle de Mâ¬
con , défendue par un feigneur nommé Bernard. Il par oit que ce detnier
eft le même que Bernard II. marquis de Gothie , qui après avoir été chaffé
d’Autun l’année précédente , fe joignit félon toutes les apparences avec
Bozon , favorifa fa révolte , 8c obtint de lui le comté de Mâcon dépen¬
dant du nouveau royaume de Provence. Louis 8c Carloman ayant enfin
forcé cette ville à fe rendre à compofition , y arrêtèrent prilonnier le comte
Bernard , 8c punirent fans doute fa révolte parle dernier fupplice. Un’ eft: plus
parlé, du moins depuis ce tems-là , de Bernard II. ancien marquis de Gothie.
Ce prince g laiflà plufieurs fils , eutr’autres Rainulfe II. qui dans la fuite fut duc zv-t0 1 no-
d’Aquitaine 8c comte de Poitiers. Après la prife de Mâcon , les deux rois dif-
poferent du comté de cette ville en faveur d’un autre comte nommé Ber¬
nard 6c fur nommé Plantevclue , que quelques auteurs confondent mal-à-propos J» n- 6«-
4 avec Bernard III. marquis de Gothie ôc comte d’Auvergne. - ■''**
Tome II. B ij
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An. 8 8 o .
XXL
Siège de Vien¬
ne.
a Aimai. Ber-
tin. à* Fuld.
ibtd .
b Annal.Met .
88 1.
* Ÿ. Mab. dd
ann. 880. n.
3 ç. ad ann.
«81. n. Î7-
XXII.
Diplômes de
Cailoman en
faveur de di-
verfes églifes
de la province,
tiuiflrimirc
comte de Car-
cartonne,
d Pr. p. 17.
c SpiciL to . 8.
JP- Jïf-
f Pr. ibid*
g r. Mab. ad
dnn.%%i.ibid.
k Pr. />. 1 8.
iMai.itid.
U HISTOIRE GENERALE
Charles le a Gras , fidelle à fa parole , arriva d’Italie & joignit les deux
' rois fes coufins dans le tems qu’ils venoient de foûmettre la ville de Mâcon,
Ils marchèrent enfuite tous trois enfemble contre Bozon , qui ayant déjà
pafle le Rhône faifoic mine de vouloir leur tenir tête } mais à leur appro¬
che il repafla bien -tôt ce fleuve , 6c alla fe jetter dans Vienne. Ne fê
croyant pas encore en fureté dans cette ville , dont les princes François me.
naçoient de faire le fiege , il fe retira dans les montagnes 6c abandonna la dé-
fenfe de la place à la princefle Ermengarde fa femme , avec la meilleure
partie de fes troupes. Les princes François s’étant cependant approchez de
Vienne en formèrent auiîi tôt le flege , 6c le continuèrent allez long- tems
jufqu’à ce que Charles le Gras voyant qu’il traînoit en longueur , tant par
la vigoureule défenfe des alfiegés , que parce que la place étoit très-bien
Sourvue , il en laifla la continuation aux deux freres , 6c repafla en Italie où
fe fit couronner empereur par le pape Jean VIII. le jour de Nocl de la
même année. Avant fon départ il fit un traité avec Louis êc Carloman dont
nous ignorons les circonftances. On a lieu cependant de conje&urer qu’il
leur céda de nouveau lès prétentions fur le royaume de Lothaire pour celles
qu’ils avoient fur celui d’Italie ■> ce qu’on peut appuyer fur ce que ce prince
demeura depuis paifible pofleflèur b de ce dernier royaume , du confentement
des deux rois de France ; 6c fur la promefle qu’il leur fit avec ferment de
leur rendre , après la mort du roi de Germanie fon frere , la partie fuperieure
du royaume de Lothaire que le roi Louis le Begue avoit été obligé de lui
ceder.
Louis 6c Carloman pourfui virent le fiege de Vienne après le départ de
Charles , pendant le refte de l’année , 6c travaillèrent en même tems à fou-
mettre les rebelles de Provence. Louis fut obligé de le quitter au commen,
cernent de l’année fuivante pour aller repouflèr les Normans qui fjàifoient de
nouvelles courfes dans fes états. Carloman le continua pendant quelque
tems 5 mais il fut obligé , à ce qu’il paroît , d’en laifler le foin à fes generaux
pour aller en France au lècours du roi fon frere contre les Normans. On voie
en effet par divers diplômes' que ce prince n’étoitplus devant Vienne depuis
le mois de Mai jufqu’à celui d’Août de la III. année de fon régné , ou de
l’an 881.
Par l’un de ces diplômes , ce prince de l’avis de fon confeil , confirma en
faveur d’Attale abbé de faint Polycarpe dans le Razez 6c le diocéfè de
Narbonne d , les privilèges accordés à cette abbaye par Charles le Chauve ,
avec toutes les donations que le comte Auftrimire avoit faites à ce mona¬
ftere , foit dans le Roulîillon , foit dans le comté de Carcaffonne. Ce comte
eft fans doute le même que celui qu’un autre Charte • appelle Guiftrimire ,
ce qui nous porte à croire qu’il avoit été comte de Carcaflonne ou de Rouf-
fillon 5 mais nous ignorons en quel tems. Carloman ordonna f que les hom¬
mes libres qui demeuroient dans les limites du monaftere de S. Polycarpe,
fixées auparavant par le comte Bernard 6c un autre commiflàire , 6c qui y
pofledoient des terres que le fife leur avoit données à défricher , ne fuflènt
fujets qu’aux fervices des hommes libres , de crainte , dit la charte , que leur li¬
berté ou leur noblejfe ne fut avilie. Il voulut de plus qu’il leur fût permis de
difpofèr librement des biens qu’ils tenoient du file , foit en faveur de quel¬
qu’un d’entr’eux , foit en faveur du monaftere de S. Polycarpe. Ce prince
accorda enfin aux religieux de cette maifon la liberté d’élire leur abbé con¬
formément à la réglé de S. Benoît. La charte eft datée de Pierrefite , lieu s
dont on met la fituation aux environs de Paris, le 1 8. du mois de Mai, la III.
année de fon régné.
Carloman étoit le 4. du mois de Juin fuivant d Pauliac h , qui eft peut-
être le même que le lieu de ‘ Pouillé au diocéfe d’Auxerre , ou celui de Pau¬
liac dans le Berri j il y accorda à la follicitation de l’abbé Hugues un au¬
tre diplôme en faveur de Sigebode archevêque de Narbonne & d* Rafez, qui
étoit à fa fuite , 6c confirma à cette eglife diverfes grâces qu’elle avoit obte¬
nues de Louis le Begue. Elle étoit alors réduite à une extrême indigence,
foit par les ravages que Miron comte de Rouflillon 6c Lindoin vicomte de
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XXIII.
Rainard vi¬
comte de Be-
DE LANGUEDOC. Liv. XL i$
Narbonne avoient caufés dans le pays , foie par l’ofurpation d’une grande par- - —
tie de fes biens. Sigebode avoir eu recours à la protection du roi Louis le An. 88 i
Begue , qui pendant le concile tenu à Troyes l’an 878. avoit donné quel¬
ques bénéfices ou fiefs dfonéglilé, pour la relever. Carloman confirma cette
donation , 8c unit aux égliles des SS. Juft &. Pafleur , & de S. Paul de Nar¬
bonne également foumiiès à l'archevêque , l’abbaye de S. Laurent fituée
fur la riviere de Nielle , * à condition que les archevêques de Narbonne *Nigdia.
y entretiendroient une communauté de religieux 8c pourvoiroient à leurs be¬
soins : ainfi ces * fortes d’unions üe faifoient alors par la lêule autorité royale, KBalufifi0^
8c ne donnoienc proprement aux évêques que l’adminiflration des biens tem- * ^Zb.p. 10.
porcls des abbayes unies à leurs égli/es , en forte que la communauté gou- H-
vernée par un abbé fubfiftoit toujours dans les monafleres unis. Carloman
donna auifi à l’églife de Narbonne , ou plutôt il la confirma dans la poflef-
fion de la moitié des fillincs , du Telonce , des naufrages , 8c autres droits
domaniaux des comtcz de Narbonne 8c de Raièz , à quoi il ajouta plufieurs
villages , entr’autres celui de Limoux qui eft devenu depuis la capitale du
Razez , 8c une des plus confiderables de la province. Enfin ce prince donna
à l’églife de Narbonne tout ce que le fife avoit droit d’exiger des Efpagnols
réfugiez qui demeuroient dans les lieux de la dépendance de cette égliie ,
8c confirma à celle de S. Paul les biens qu’elle avoit eus autrefois dans le
comté de Beziers , 8c dont le comte s’étoit emparé.
On apprend par quelques autres diplômes de Carloman qu’il étoit le 1 8. du
mois de Juillet de la même année à Choifi , * lieu qu’on b dit fitué au voi-
finage de Compiegne , 8c le 19. du mois d’Oétobre Suivant dans un endroit zlCrs.
appelle la Colle. Il fit expédier une charte dans ce dernier palais , c à la ,>Cauciacum.
recommandation de Wlfard abbé de Flavigni fon chancelier , en faveur d’un b Mai. ad
de les valfaux nommé Raynard qui fervoit alors dans fes armées , 8c à qui *”"• 880-
il donna en propriété les villages d’Afpiran 8c d’Alignan dans le diocéfe de e'pr.p. i9.
Beziers , avec plufieurs autres domaines , en récompenfe de lès lêrvices. Ce &M-
Raynard defeendoit fans doute d’Ilderic 8c de ces autres E/pagnols réfu¬
giez dans la Septimanie , à qui Charles le Chauve d avoit confirmé lapro- d v-t0- i-Pr.
f»rieté des mêmes terres que Charlemagne avoit données à défricher • à 84‘
eurs ancêtres. Nous trouvons en 897. un vicomte de Beziers appelle Ray- epr.p.ji.
nard, 8c nous ne doutons pas qu’il ne foit le même que celui dont il elt parlé
dans la charte de Carloman.
Le lieu de la Colle d’où elle cil datée ell peutêtre un village de ce nom
au diocéfe de Vienne , 8c en deçà du Rhône , ce qui pourroit faire croire
que le roi Carloman ne fit pas le voyage de France , qu’il ne s’éloigna
pas beaucoup de cette ville , 8c qu’il fe contenta de parcourir les provinces
voifines , foit pour foùmettre les pays que Bozon avoit ufurpez , loit pour
régler les affaires de la Septimanie & de la Marche d’Elpagne. Nous trou¬
vons en effet dans ces provinces les lieux de Pierrefire , Cauffî , Pauliac
&c. qui font peut-être les mêmes d’où il a daté les diplômes dont nous
venons de parler.
Quoi qu’il en foit , il ell certain que ce prince avoit déjà repris Je fiege xxrv.
de Vienne dès le mois d’Août de l’an 882. & qu’il le pouffoit vivement ncs^1
lorfqu’il reçut la nouvelle de la mort du roi Louis III. fon frere , qui après carloman
avoir remporté dans le Vimeu une infigne victoire fur les Normans , & ^ mi is^ii 1 u/01
fignalé fa valeur f dans cette occafion , mourut le 4. d’Aoiit de la même f[Ue.
année d’une rupture caufée par les efforts extraordinaires qu’il avoit faits du- — : - —
rant l’action. Sa mort avoit été précédée au commencement de l’année, de
celle de Louis roi de Germanie fon coufin 5 ce qui auroit pu lui faciliter >•
la conquête de toute la partie du royaume de Lothaire qu’il lui avoit ce- ad
dée pour un tems , 8c comme en elpece d’engagement , ^ s’il avoit voulu l’en-
treprendre , car les peuples du pays s’offroient alors de le reconnoître pour ‘
• leur fouverain. Mais comme par le traité que lui 8c Carloman fon frere * Ad loct-
avoient conclu devant la ville devienne avec Charles le Gras , ce dernier riuni- *
s’étoit folemnellement engagé de leur remettre après la mort du roi de
Germanie fon frere , cette partie du royaume de Lothaire 5 Louis n’avoit
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14 HISTOIRE GENERALE
'~r~ ~~ pas cru devoir acauiefcer à la demande des Lorrains fans la participation de
-An. «Sx. Charles, dans l’elpe rance que ce prince exécuteroit fes promefles. Ainfi il
fe contenta de donner fa protection à ces peuples contre les incurfions des
"Normans.
xxv. Carloman n’eut pas plutôt appris la mort a du roi Louis fon frere qu’il partit
Tiifc dtVien- devienne pour aller recueillir la fucceflion 8c fe mettre en état de tenir tête
a Aimai Ber- ^ ces pirates qui continuoient leurs courfes. Il chargea le duc Richard frere
*rm. 8 Si. n.
e Annal. Ber
lin. ibid ,
un. ibid. deBozondu loin de continuer le fiege s 8c étant arrivé en France il 1e fit
b v. M»b. couronner b de nouveau à Kierfi le 5. de Septembre. Il marcha enfuite con-
m. «si. n. tre jes ^ {\ £zo\t a&uellement occupé à les repouflèr lorfqu’il
apprit enfin que la ville de Vienne , après une dcfenlè opiniâtre de près
de deux ans , s’étoit enfin rendue dans le meme mois de Septembre au 'Duc
Richard. Ce dernier emmena prifonnieres dans fon comté d’Autun , la
princefle Ermengarde fa belle feeur qui avoit défendu la place avec une va¬
leur au deflus de fon fexe , 8c une fille qu’elle avoit eue de Bozon.
Carloman fut obligé d’interrompre les conquêtes contre cet ufurpatcur,
foitpar la guerre qu’il avoit à foutenir contre les Normans , foit de crainte
tAnmi.sir. que l’empereur e Charles le Gras ne formât quelque entreprife fur les états,
«in. ibid, y eut en effet du refroidilTement entre ces deux princes , 8c le dernier
ayant repafle les monts pour fe mettre en polfelfion de la fucceflion du roi de
Germanie fon frere, tint une diete à Wormes le premier de Novembre , durant
laquelle Hugues l’abbé , fuivi de plufieurs autres feigneurs , vint le fommer
de la part de Carloman , de lui rendre , conformément à fes promefles , la
partie du royaume de Lothaire qui avoit été cedée au feu roi de Germa¬
nie fon frere. Mais Charles qui n’étoit nullement difpofé à faire cette ref-
titution , évita de donner une réponfe pofitive aux ambaflàdeurs François.
11 paroit même qu’il exerçoit alors quelque autorité dans le royaume : il
eft du moins certain qu’en ce tems-là , on y datoit quelquefois les actes
i v. CjcjUkI par les années de fon régné , comme nous le verrons bien tôt , ou feulement J
«».».?. 1515. depuis la mort de Louis le Begue ^ ce qui pourroit donner lieu de douter
fi Carloman fut généralement reconnu. Il eft cependant plus vraifemblable
qu’on ne datoit ainfi en France les chartes, du régné de l’empereur Char¬
les le Gras, qu’à caufe de fa qualité de premier prince de la famille royale,
t Hinem.epift. 8c parce qu’on le regardoit comme tuteur e ou protedeur du jeune roi Car-
loman. Parmi ces chartes on en voit une f de Bernard comte far la grâce de
f p r. f. u. Dieu & d’Ermengarde fa femme * datée de la VII. année de Charles roi des
4 ftq. François & des Lombards t ainfi elle doit être de l’an 883. Bernard 8c Er-
■ TT mengardc donnent par cet ade à l’abbaye de Conques , fituce fur les fron-
tieres du Rouergue 8c de l’Auvergne , le village de Bautonc dépendant de
la viguerie de Severac en Rouergue , qu’il tenoit héréditairement de fes an-
xxvj cêcres. Ce comte eft fans doute le même que Bernard III. marquis de Go-
ïiaid tenu » tbie êc comte d’Auvergne qui vivoit alors 8c dont la femme s’appclloit Er-
Caicaffonne. mengarde -, nous fçavons d’ailleurs que S. Guillaume fondateur de Gellone
^que*&sic- fonaYeul > & Bernard duc de Septimanie fon pere , poflèdoicnt diverfes terres
fted »icomte en propriété dans l’Aquitaine 8c la Septimanie.
4e cette ville. Enfin nous avons g un plaid tenu à Carcaflonne au mois de Février la
x0‘ UI- année de l'empire de Charles , c’eft-à-dire en 883. en prefence de Wiile-
- - - ran evêque de cette ville , du comte Acfred , du vicomte Sicfred , de
883. deux abbez 8c de plufieurs autres juges. On y caffa, du confentement des
h v. x. n. parties, un échange qui avoit été fait quelque tems auparavant entre Ca-
,5°' ftellan abbé de S. Hilaire 8c fes religieux d’un côté , 8c un feigneur du pays
Acfted'Sen- appelle Ermenards , de l’autre ; Recamond étoit alors abbé de S. Hi-
oon comtes laire. On doit mettre Sicfred au nombre des vicomtes de Carcaflonne ; 8c
te &'dc Ra' il devoit avoir fuccedé dans cette vicomté à Fredarius qui la poflèdoit vers
fci. C * l’an 873. h
» r.to.'.No- Quant à Acfred , nous fçavons qu’il étoit comte de Carcaflonne 8c frere
T£ uxxni. (poïlba II- avec lequel il poflèdoit par indivis ‘ ce comté de meme que
" 'k°v! celui de Rafez , 8cà ce qu’il paroît dès l’an 873. On croit k qu’il defeendoit
Auv. u. 1. (r, de Wiüed ou Acfred comte de Bourges qui vivoit fous l’empire de Louis le
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DE LANGUEDOC. Lrv. XL ip
Débonnaire. On peut » auffi conjecturer qu’il croit de la meme famille que v
S. Guillaume duc de Touloufe 8c fondateur de l’abbaye de Gellone, 8c 1 > 3*
qu’il écoit par conlcqucnt parent , quoique dans un degré éloigné , de a r. f>. i.
Bernard III. marquis de Gothie 8c comte d’Auvergne dont il cp ou/à une Ao7£^'
fille nommee Adetinde. On ajoute qu’il fut comte de Bourges, b 8c quel- ib:d J/
ques modernes ont cru qu’il fut comte d’Auvergne 8c même duc d’Aqui- f j
taine : mais tout cela effc avance fans aucun fondement. Il croit fans doute r*
puîné d’OIiba fon frere , puilqu’il n’eft plus fait mention de ce dernier
apres l’an 877. & que nous fçavons qu’Acfred vécût jufques vers l’an yod.
Il paroît qu’Oliba c Jailli deux fils dont l’aîné appellé Bencion lui fucceda
dans fa portion des comtés de Carcallonnc 8c de Râlez. Nous en parlerons
ailleurs, de même que des enfans d’Acfred. Comme ces deux comtés dé-
pendoient du marquilat de Touloufe, Acfred devoit être fournis à la fu-
zerainetc d’Eudes ou Odon alors comte de Touloule. xxvur.
Il cftfait mention de ce dernier dans une donation d que fit à l’abbaye de Va-
bres en Rouergue , la comteflé Bercheou Bertheiz là mere veuve deRaymond <r u*, cxn-
comte de Touloule fondateur de» ce monaftere , au mois d’ Avril de L’an 885.
la première année de la monarchie de Carloman , qu’on doit compter depuis rai,!U}Cdc
la mort du roi Louis III. Ion frere. Bertheiz donne à l’abbaye de Vabres V;i!>rcf. oar-
plufieurs biens fituez dans les vicairies de Camarez 8c de Brufque en dctVcon'te.
Rouergue , 8c il paroît par-là qu’elle en étoit originaire. Elle fie cette do- drr.to.i.p.
nation pour le repos de Remi Ion pere 8c d’Arfinde fa mere , deRaymond
fon epoux & de Bernard Ion fils qui étoient alors décédé 8c pour diminuer c pr.to.i.p.
les pechez^d’Odon & de Benoit [es autres fils. Elle en avoir un e quatrième nom- ‘
me Fulguald , ôcc’cft peut-être le même que Fulguald qu’on trouve fonf-
crit au bas de cette charte avec plufieurs perfonnes de conlicleration ; en-
tr 'autres Bcrnon évêque de Touloufe qui ne paroît pas different de Bernard
eveque de la même ville dont nous parlerons bicn-tot. Airbert ou Arbert
qui avait été nommé Benoit , 8c dont on voit au/fi la foufeription , étoit fils
de Raymond 8c de Bertheiz j il avoir pris fans doute ce dernier nom quand
fon pere l’offrit encore fort jeune à l’abbaye de Vabres pour y être religieux.
Il elt encore fait mention dumême Arbert dans une donation queFroraircf f /t.r.Pr.p,
archevêque de Bourges fit vers l'an huit cens foixante 8c Ici ze à l’abbaye de
Beaulieu dans le bas Limoufin du lieu d’Orbcfiac dans le même pays , qu’il avoit
acquis du comte Odon ou Eudes. Ce prélat fait cette donation pour l’ame de
Raymond & de fes fils Bernard , Eudes & Airbcrt , dont il y a lieu de croire
qu’il étoit parent , 8c qui ne font pas g differens de Raymond comte de g v. 10. r;
Touloufe, & de lés fils Bernard & Eudes le/quclspoflcdercnt fucccllivcmcnc KorJs XC!X
le comté de Touloufe, avec celui h de Qiicrci , 8c étendirent par-là leur do- h NO TE
mination jufques dans le bas Limoufin où l’abbaye de Beaulieu efl fituce. Au xcix.mu.
reflc le même Eudes prend le titre de comte par la grâce de Dieu dans l’ade
de vente qu’il ‘ avoir faite peu de tems auparavant, du même lieu d’Or- iPr.to.i.p.
belîae conjointement avec fa femme Garlîndc, 8c avec le confentement de fon 119 ’ & fi¬
fre re Aribert, à l’archevêque Froraire. L’acle cil: lou (crit par deux comtes ,
Gardas 8c Guillaume qui croient peut être parens de cette comrefîê.
On vient de dire qu’Acfrcd comte de Carcallbnnc l’croit k au/fi du R a- xxix.
fez , c’eft ce qui paroît entr’autres par une charte du roi Carloman datée Conucdc Ra¬
de Compiegnc au commencement de l’an S 84. 1 fuivant laquelle ce prince, fezàccuide
de ? avis & en prefence du comte Alfred, donne à Sigcbode archevêque de Nar- cfcf!oiir>*-
bonne 8c à fon églife, quelques fiefs du comté de Ralèz , en particulier le
lieu de Trapes que le roi Charles Je Chauve avoit donné autrefois à un _
de fes valTaux nommé Hilderic , fur lequel ils avoient été confifqucz dans la SS 4.
fuite &: unis au domaine. Charles le Chauve avoit difpofe en faveur de ce J Pr.p.n.^c.
dernier en 843. m de divers domaines du Minervois. Nous ignorons la rai fon m Pr.t.i.p.7g.
pour laquelle il en fut dépoflcdé, à moins qu’il n’ait cté enragé dans la ré- „ XXY- ..
1 , . 1 ,, , Tr r - , ’ ~ - • 1 a ° Carloman fait
volte de Bernard II. marquis de Gothie. UI1 voyage à
Ce fut peut-être pour punir ceux qui avoient pris part à cette révolte Narbonne.
r r , -.r . 1 . 1, • 1 1 . . Mort de ce
que Larloman ne un voyage a Narbonne : mais J ancienne chronique n qui p[ll)CC,
fait mention de cet événement n’en dit ni l’époque ni les circonftances. nPr.p.,0.
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ÀN. 884,
TkV.Mab.ad
*un.884.n.84.
■T> Capital. to.
1 5 3 *•
XXXI.
S. Theodard
fttchcvêcjacdc
Narbonne.
Eveques de la
province.
885.
c Vit.S.Tleod.
Catsl. meTn.p.
750.
Bollaad. 1.
Mr.ïi. p. 141.
& Mr
Baluz.. Marc.
Jer
à NO TE II.
c Bolland.
ib:d.p.i6%.&
/'? ,
Bal uk.. ibid.
BailUt. 1.
Mai. p. 19.
f V. Bolland.
ibid.
^ HISTOIRE GENERALE
Tout ce que nous fçavons , c’eft que les continuelles entreprîtes des Nor-
nians l’obligerent de pafter les dernieres années de fon régné du côté de
France , & qu’il fut enfin contraint d’acheter la paix de ces pirates à prix
•d’argent. Sans cet obftacle ce prince, qui ne manquoit ni de capacité ni de
talens , auroit achevé fans doute de reprendre le royaume de Provence fur
Bozon -, mais à peine eut-il fait la paix avec les Normans qu’ayant été dan-
gereufement blefTé à la chafle en pourfuivant un fanglier , il mourut de fa
BlefTure le 1 6. du mois de Décembre de l’an 884. lans laiflèr aucune po_
fterité. Charles fon frere né du fécond lit , 8c qui n’avoit pas encore quatre
ans accomplis , devoir naturellement lui fucceder. Mais le befoin extrême
où étoit alors le royaume d’un prince capable de s’oppoter aux entreprifes
continuelles des Normans, & qui peut gouverner par lui-même, le fit exclure du
thrônepour un tems. Les grands jetterent la vue fur l’empereur Charles le Gras ,
comme étant le feul de la maifon royale qui fût d’un âge avancé 5 & ils le
prefterent tant de venir prendre la couronne de France , qu’il accepta leurs
offres, 6c fut reconnu dans toute la monarchie. Par là fa" domination fe trou¬
va prefqu’auffi étendue que l’avoit été cq^le de Charlemagne. Il paroît ce¬
pendant qu’il ne fut pas d’abord reconnu dans la Gothie , 6c on voit une
charte de l’abbaye d’Arles en Rouflilion , datée de la maniéré fuivante.
Cette vente a b été faite le 22. de Mai , la féconde année depuis la mort du roi
Çarloman , J. C. régnant , dans l’attente d’un roi.
L’éle&ion de ce prince n’çmpêcha pas les Normans d’entreprendre de
nouvelles courfes 5 8c les Sarrafins , qui jufqu’alors avoient été , à ce qu’il
paroît , aftez tranquilles , réfolurent d’attaquer de leur côté les frontières
du royaume du côté d’Efpagne. Il eft fait mention du defîèin de ces infidelles
dans la vie de S. Theodard archevêque de Narbonne, élu après la mort de Sige-
bode fon prédecefleur , au mois d’Aoûtûel’an 8 8 j. c II eft vrai que l’auteur de
Ja vie paroît allez moderne , d 6c qu’il a inféré dans fà narration plufieurs
faits apocriphes ou du moins très-douteux : il devoit avoir vû cependant
une ancienne vie de ce prélat , car il rapporte quelques traits conformes aux
monumens du tems , ainfi nous le fuivrons , à l’exemple des plus habiles
critiques qui ont parlé de S. Theodard, en tout ce quie n’a rien de con¬
traire à la vérité.
Theodard , qu’on nomme Audard dans le langage du pays , naquit vers
le milieu du IX. fiecle dans l’ancien diocéfe de Touloufe, qui étoit alors
compris dans l’Aquitaine. Ses parens diftinguez par leur noblcfîè , faifoient
leur demeure dans une terre fituée vers les frontières du Querci , dans
l’endroit où l’on a bâti depuis la ville de Montauban. Il répondit par¬
faitement par la pureté de fes mœurs au foin qu’ils prirent de fon édu¬
cation. L’auteur de fa vie rapporte que les Juifs s’étant prefentez au roi
Çarloman pour le fupplier de les mettre à l’abri de quelques avanies que
leur faifoit tous les ans l’evêque de Touloufe nomnté Bernard , avec le
clergé 6c le peuple de cette ville , ce prince ordonna à Sigebode archevê¬
que de Narbonne d’aflèmbler fur ce fujet un concile à Touloufe, pour
y écouter leurs plaintes 6c leur rendre juftice. Jl ajoute que Theodard s’étant
{>refenté à l’aflemblée juftifia pleinement les Touloufains , 6c confondit
es Juifs fur tous leurs prétendus griefs. Mais cette hiftoire qui eft rap¬
portée plus au long par le même auteur , paroît f faite à plaifir , elle eft du
moins fabuleufe dans la plupart des circonftances. L’auteur ajoute que
Sigebode retournant dans fon diocéfe après le concile , amena avec lui
Theodard , qui s’attira l’amitié du prélat 6c l’eftime des habitans de Nar¬
bonne par la fainteté de fa vie 6c la fageflè de fa conduite 5 en forte qu’a-
près avoir reçû le diaconat 8c la prêtrife on fongeoit à l’élever fur le pre¬
mier fiege épifcopal qui viendroit à vaquer dans la province , lorfqu’il fut élû
archevêque de Narbonne de la maniéré qui fuit.
Sigebode étant mort , Willerand éveque de Carcaflonne 8c Agilbert
évêque de Beziers qui faifoit en même tems les fondions de commiflaire du
roi, fe rendirent à Narbonne comme les plus voifins, foit pour prendre foin
de cette églife vacance , foit pour préfidex à l’éleétion du nouvel archevê¬
que.
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DE LANGUEDOC. Liv. XI. 17
que. Etant arrivez dans la cathédrale pour cette ceremonie, Theodard lut
aufli-tot elù par le fufffage unanime du clergé 2c du peuple , qui fe réunirent
à lui donner cette marque de leur eflime. Les évêques de Carcaflbnne &
de Beziers confentirent en même tems à ce choix, tant en leur nom qu’en
celui du clergé 2c du peuple de leurs diocéfès. Ils foufcrivirent à fade qui
en fut drellc* 2c qui fut auffi foufcrit par quatre archidiacres 2c cinq abbez.
Les deux évêques écrivirent enfuice à leurs comprovinciaux pour leur faire
part de l’cleétion de » Theodard , 2c les inviter à la ceremonie de fonfacre.
Tous les évêques de la province applaudirent au choix qu’on venoit de fai¬
re : mais il n’y eut que le feul Aulinde d’Elne , qui s’étant rendu à Narbon¬
ne, facra le nouvel archevêque avec XtfTllerand de Carcaflbnne 2c Agil-
bert de Beziers , ce qui fut fait un Dimanche is. du mois d'Aoüt de l'an 88 s.
eu de l'cre 92}. indichon III.
Macaire de Lodeve , Afaël d’Ufez , Ingobert d’Urgel 2c Theotarius de
Gironne , S%xcujcrent de fe trouver à cette ceremonie , parce qu’ils étoient
actuellement malades y 'Frodoin de Barcelonne ne voulut pas abandonner
fa ville epifcopale à caufe que les Sarrafins fe difpofoient alors à faire une
irruption dans le pays 5 Bozon d’Agde ne peut d’un autre côté le rendre
à Narbonne , parceque divers brigands ou mauvais garnemens cou-
roient fon diocéiè , 2c Bernard de Touloufe étoit abfent de fon églife.
Enfin celle de Nifmes vaquoit alors fi nous en croyons l’auteur de la vie
de S. Theodard } mais il paroît qu’il fe trompe, car nous b voyons que Gilbert
en étoit évêque avant 2c après l’an 885. à moins qu’il n’y ait eu deux
évêques de Nifmes de ce nom à la fin du IX. fiécle , de quoi il n’y a au¬
cune preuve. Le même auteur ne dit rien de l’évêque de Maguelonne , ce
qui fait préfumer à quelques critiques « que cette églife étoit alors vacante :
mais outre qu’il manque quelque chofe dans cet endroit de la vie de S. Theo¬
dard, nous apprenons d’ailleurs d qu’Abbon évêque de Maguelonne fiegeoit
en 878. & en * 887. On peut voir par ce que nous venons de rapporter que
la province eccléfiaftique de Narbonne étoit alors compofée de douze villes
épilcopales outré la métropole , 2c que de ce nombre ,il y en avoir trois dans
la Marche d’Efpagne , fqavoir celles de Barcelonne , de Gironne 2c d’Urgel,
les autres appartenoient à la Septimanie ou marquifat de Gothie.
Il y avoit un quatrième diocefe dans la Marche d’Efpagne , c’étoit celui
d’Aulonne, qui ayant été ravagé par les Sarrafins lorfqu’ils s’emparèrent de
l’Efpagne au commencement du VIII. fiécle, f étoit demeuré depuis fans
évêque & fournis à l’autorité immédiate des archevêques de Narbonne. Les
Infidèles ayant été chaflèz de la Marche d’Efpagne par les armes de I^epin
& de Charlemagne , on fit une tentative pour rétablir cet évêché , vers la
fin du même fiecle -, mais les circonftances n’étant pas favorables, 2c les
Sarrafins ayant envahi de nouveau le diocéfe d’Aufonne dans le tems de la
révolte d’Aïzon , ce pays demeura toûjours fans évêque 2c fous la domina¬
tion des Infidèles , jufqu’à ce que Wifred le Velu comte de Barcelonne 2c
marquis ou gouverneur general de la Marche d’Efpagne , 2c fes freres Miron
comte de Roulfillon 2cRodulphe ou Raoul comte de Confiant , les en chaf-
ferent entièrement. Le premier , de qui le diocéfe ou comté d’Aufonne dé-
pendoit pour le temporel , le repeupla alors de Chrétiens , 2c fongea à ré¬
tablir le fiége épifcopal. En attendant qu’il pût exécuter ce deflein il pria
Sigebode, archevêque de Narbonne, de continuer de gouverner ce diocéfe
conjointement avec les évêcflies voifins. Enfin ce comte après avoir pour¬
vu à la fureté de la frontière , 2c mis la Marche d’Efpagne à couvert des
entreprifes des Infidèles qui méditoient d’y faire une nouvelle irruption dans
le tems de l’éledion de l’archevêque Theodard , s’adrefla l’année Fuivante
i ce prélat 2c le pria, du confentement du clergé 2c du peuple d’Aufonne,
de leur donner un évêque.Ce dernier lui accorda volontiers la demandedl lacra
Godemar pour nouvel évêque d’Aufonne , 2c le chargea cependant 2c fes
fuccefTeurs , pour marque de l’ancienne dépendance de fon églife de celle
, de Narbonne, de payer tous les ans à celle-ci une livre d’argent de rede-
• vaace.
Tome II. C
An. 88 j.
a Vit. S Tbctd,
n . 24*
Boll.p. 148.
b V. NOTE
XVIII . n. 1. <>
Im- -
c Boll. ilid.
d V.ci-dejfut
n. viii.
c Baluz con -
cil. Narb.p. 4.
V. NOTE II.
xxxir.
Rctabliire-
nicnt de Yà\ù-
ch:; d’Aufonne
dans la Marche
d’Efpagne.
f Marc Hifp.
570
Baluz. Mif-
cell.to. 7.p. 51.
à-f'jq.
886.
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_ i8 HISTOIRE GENERALE
An. 886. Les courtes continuelles des Normans ne permirent pas à l'empereur Char-
xxxiii. les le Gras de marcher en perfonne contre Bozon roi de Provence pour
Monde Ber- tacher de le dépouiller des provinces de la monarchie qu'il avoit ufurpées:
quif dé Gotüie ^ paroît qu’il donna cette commiffionà Bernard III. marquis deGothie
&comte d’Au- 8c comte d’Auvergne, qui mourut en effet en faifant la guerre à ce prin-
Ja'imideKeàx cC ’ au nom & P** !es ordres de Charles. C’eft ce que nous inférons des pa-
fonfiisiui lue- rôles fuivances d'une charte * de ce dernier datée du palais d’Attigniie i8.du
mo*s d’Aout de Pan 886. Charles dit dans cette charte , que faifant attention
Jipl.p. SS4.& a*x marques de valeur & de fidelité que feu Bernard comte & marquis avoit don-
»n.8S6.n.y. njes ) fon fervice en s'oppofant aux ennemis de l'état , & en particulier a» tyran Bo-
b»Ux.. auv. zpn & à fes partifans , & en expofant fa vie dans un combat contre ces rebelles ,
**■*■?■ 4- oà il avoit été tué , il accorde i la recommandation de Guillaume comte & marquis
fVtÿ6%-/eg! fih même Bernard, qui étoit alors à fa cour , que l’abbaye de Paint Pierre
d’Ifeurc dans le comté d’Autun , 8c le prieuré de faint Keverien dans celui de
Nevers , fuflent à l’avenir fous la dépendance de l’évêque de Nevers & de fes
fucceflèurs.
On voit par là i°. que Charles le Gras continua la guerre que Carloman
\> no te i. avoit entreprife contre Bozon, & on a lieu de croire b qu’il reprit fur lui une
"c partie du royaume de Provence $ car nous voyons « qu’il régna à Lyon', 8c
tt. i. p. i jo. dansées pays lituez le long du Rhône , en qualité de fuccefleur du roi Louis le
Begue au royaume deLothaire. i“. Que Guillaume furnommé le Pieux fuc-
ceda immédiatement à Bernard fon pere dans le comté d’Auvergne 8c le mar-
<1 v. iom. *. quifat de Gothie 5 car il eft qualifié comte & marquis d comme lui dans la charte
n. lxxxvu. Je Charles le Gras,8c il eft certain qu’ils poflèderent l’un 8c l’autre ce marquifat.
n. Enfin, que Bernard III. marquis de Gothie étoit déjà mort au mois
d’Août de l’an 8 86. Il paroît qu’il vivoit encore au mois de Mai de l’année
précédente , car nous ne doutons pas qu’il ne foit le même que le très-illu-
<Baiux..Mi/c. fire marquis Bernard , à la priere duquel Charles le Gras confirma' alors les
tb,d‘ privilèges de l'Eglife de Lyon , 8c on vient de voir en effet qu’il faifoit
la guerre à Bozon du côté jlu Rhône vers le même tems. Bernard III. mar¬
quis de Gothie mourut donc âgé de 4 j. ans, étant né à Ufez vers la fin de
f bJui.am- l’an 840. comme on l’a remarqué ailleurs. On allure f qu’il avoit époufé Lieu-
6%°'' Regarde en premières nôces , 8c qu’Ermengarde ne fut que fa fécondé fem-
grW.t.NOTE me j mais g on le confond avec un autre Bernard comte d’Auvergne , mari de
lxxxvu. n. ]a première. On ajoûte h que la même Ermengarde étoit fille de W'arin ou
h B*iux..ibu. Guarin comte d’Auvergne. Il paroît * plus vrai-femblable qu’elle n’étoit que
î note au. fa léeur. Il eutplufieurs fils de cette comtelîe qui fonda l’Abbaye de Bleue k
"kv-M^I-ad en Auvergne , entre autres Warin ou Guarin , qu’on prétend avoir été com*
»nn. tio. n. te * d’Auvergne , du vivant ou après la mort de fon pere : mais il eft certain
6[noTE ibid. qu’on l’a confondu avec le comte Warin dont on vient dç parler,
n. 64. Bernard III. eut à la vérité un. fils dé ce nom qui mourut fort jeune
iong-tems avant lui , mais qui 11e pofîèda jamais le comté d’Auvergne. Il pa-
m ibid. roît “ qu’il eut un fécond fils appellé Guillaume qui mourut aufli dans fâ jeu-
nelîè 5 il en eut enfin un troifiéme , nommé Guillaume , 8c furnommé le
7o.&f'iq. Pieux. Ce dernier lui fucceda dans le marquifat de Gothie 8c le comté d’Auver-
ab V'ss^ord gnei n1a*s non Pas dans ^es comtez de Bourges Je de Mâcon , 8c le marquifat
s. Btn. fie. 4! de Nevers , comme on l’a avancé: car il n'y a» aucune preuve que ni l’un
ftrt.i.p.yi. nj l’autre ayent jamais poflèdé ces dignités. Enfin Bernard III. marquis de
xxxiv. Gothie eut deux filles, dont l’une nommée Ave® fut abbeflè après avoir été
JuïeépTf- mar»ée ; 8c c’eft la même qui donna à Guillaume le Pieux fon trere le lieu de
copai de veiay Cluni, où il fonda dans la fuite la célébré abbaye de ce nom : l’autre qui s’ap-
pr^OiHne Pe^l°it Adelinde , époufa Acfred comte de Carcaffonne.
de» vicomtes On donne quelques autres frères à Guillaume le Pieux, entr 'autres Nor.
dePoiigMc. bert évêque de Velay , qui fut élu, dit-on r , vers l’an 880. mais onn’ap.
gai. *clnji. porte aucune preuve de l’extraclion de ce prélat. Il paroît du moins certain
wv. ti. u.x. qU’il q transfera au Puy ou à Anis , le fiege épifcopal de Velay qui avoifi
qÿ,k ta. 1. été jufqu’akws dans la ville de S. Pauthan , la même que l’ancien Ruejîum ou
no7î lxxx. Civitas Vetula, capitale du pays. Voici le fujet de cette cran flation. Après la
Gaiïcfr.M. m°rt r de Gui L évêque de Velay , le clergé de cette églife fe partagea- fiuf
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DE LANGUEDOC. Liv. XI.
*9
le choix de fon fuccellèur } une partie donna fon lùfïrageà Norbert, & l’a u- 286,
tre à Viral abbé & frere du vicomte de Polignac* chacun des contendans fît
valoir Ton droit : mais comme le dernier étoit loûtenu de l'autorité que le vi¬
comte fon frere avoir dans le pays , l’autre , quoique mieux fondé , prie le
parti d’en venir à un accommodement. Norbert céda donc au vicomte la ville
épifcopale appellée alors Vetula , & depuis faint Paulhanj& étant parla demeu¬
ré paifible podèflèur de l’évêché , il transfera là réfidence à la ville d’Anis ou
duPuy, ou le fiege épilcopal du Velay a toujours été depuis , bc qui devint
ainfila capitale du pays. Norbert y transfera auffi les reliques de faint George
premier évêque de Velay , & celles de faint Marcellin fes prédece/ïèurs. Quant
à la ville de laint Paulhan , les vicomtes de Polignac l'unirent dès-lors à leur
domaine.
Ce que nous venons de rapporter eft fondé fur d'anciens * monumens: flrvo7X»W.
ainfi il ne faut pas chercher avant le neuvième fiecle la fondation de l’égli/ê
cathédrale du Puy , devenue fi célébré dans les fiecles fuivans. Cela prouve
aufli que les vicomtes de Velay Ce qualifïoient dans ce tems-là vicomtes de
Polignac, à caufè que ce château étoit le chef-lieu de leur domaine , ÔC qu’ils
y failoient leur réfidence ordinaire. On voit b cependant que les fuccelïèurs du bjraix x
frere de Vital , ou les vicomtes de Velay, ne prirent que le /impie titre de vi¬
comtes, comme ceux des autres provinces, jufques vers la fin du XL fiecle,
que la plupart d’entr’eux fixèrent leur dénomination par celle du chef-lieu de
leur domaine.
Au relie le vicomte de Polignac dont nous venons de parler, 6c dont nous
ignorons le nom , paroît être le même qu'Armand vicomte dans le Velay , qui
fuivant une ancienne chronique e eut un fils de même nom, lequel donna dif- cF aUo.chron,
ferens biens vers l’an 900. à l’abbaye deTournus en Bourgogne, entr’autres
tèyjife de faint Georges de'Ja cité vieille * , ou de lâint Paulhan * ce qui confirme . vCruiaccivi-
la ceflion dont nous venons de parler , laquelle qui donna lieu à la tranllarion tatis.
du fiege épifcopal au Puy. Etienne fuccelleur des deux vicomtes Armand I. &
Armand II. & Belefinde la femme, confirmèrent cette donation vers l’an
9 jo. Et comme les vicomtes de Polignac, qui vivoient dans le onzième fie¬
cle, portoient les nom s d’Armand 6c d’Etienne , c’ell une preuve, ce femble, de
leur defcendance commune. Cette vicomté fubfifte encore aujourd’hui dansla
province , & c’elt un des plus anciens fiefs de dignité qui s’y foit confervé. Celui
qui en eft revêtu tient le fécond rang parmi les barons qui affilient aux états ge¬
neraux de la province de Languedoc.
Theodard archevêque de Narbonne c étant allé à Rome peu de cems après
fon facre pour y recevoir le Pallium des mains du pape Etienne VI. le bruit le
répandit pendant fon abfence , qu’Ingobert évêque d’Urgel fon lùfFragant , pa! d’u/gXsi:
qui devoir être aulfi abfent du pays êc qui l’avoit peut-être accompagné , étoit J’autoritc mé-
mort. Ces circonftances parurent favorables à l’ambition d’un clerc appellé SkMarche
Selva, defcendantdecesEfpagnolsquifousle régné de Charlemagne s’étoient d'Efpagne fur
établis dans la SeptimanieSc la Marche d’Efpagne. Cet ecclefialtique foûtenu j^Narbonnc
du crédit & de l’autorité de Suniarius comte d’Urgel , forma le delléin de s’em- c mjs.Thto/.
parer de ce fiege , de s’ériger en métropolitain de toute la Marche d’Elpagne, £o//l-
qui depuis l’entrée des Sarrafins dépendoit de la métropole de Narbonne , 6c
de faire revivre en fa perfonne les anciens droits de l’égli le de Tarra-
gone : défefperant toutesfois de trouver dans la province des évêques
qui vouluflent entrer dans fesveües, il partit en diligence pour la Novem-
populanie ou Gafcogne, &s’y fit làcrer évêque d’Urgel par deux évêques de
cette province. Il apprit peu de tems après qu’Ingobert vivoit encore *
cette nouvelle le furprit , mais elle ne le rebuta pas , & réfolu de foutenir là
démarche, il le challa de fon églife avec' le fccours du comte Suniarius* &après
s’être intrus dans fon fiege , il prétendit exercer les fondions de métropo¬
litain de la Marche d’Efpagne.
La mort f de Theotarius évêque de Gironne arrivée f après le premier de
Novembre de l’an 886. & vers le commencement de l’année fuivante, lui en fiq.
fournit l’occafion. Le clergé & le peuple ayant élû canoniquement Servus Dei,
qui fut facré par Theodard archevêque de Narbonne & métropolitain d^ la. note u. n'
Tome II. C ij
d FaIco. ib'uU
>• *î-
XXXV.
Sel va ui urpe
le fiege épifeo-
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1
10
HISTOIRE GENERALE
A n. 887. Marche d’Efpagne, Selva entreprit de fon côté de donner de fa propre autorité
un autre évêque à Gironne. Il trouva moyen de gagner Frodoin évêque de
Barcelone & Godemar nouvel évêque d’Aufonne ou de Vie , & facra avec eux
a Marc. m/p. un certain * Hermenmire. Theodard juftement offenfé d’une pareille enrreprife,
? en porta Tes plaintes au pape Etienne , 6c le fupplia de vouloir l’aider à la ré¬
primer.
xxx vi. Quoique la réponfe que nous avons de ce pape b foit generalement recon-
*riïCZ nue pour une P>ece fuppofée , il paroît cependant qu’elle a été fabriquée fur
dans la'scpü- une lettre véritable 5 6c on a lieu de préfumer , par ce que nous fçavons de la
*bS7W -uit ^ce cetce a^re > qu’Etienne manda à Theodard d’aflèmbler le concile
itù.p^T des évêques de fa province, & des autres les plus voifines, pour dépolèr les
C'nài. to.9. deux intrus, & punir les évêques de Barcelonne 6c de Gironne qui avoient or-’
fTabi!bibill. donné Hermenmire. Quoi qu’il en foit de la réponfe du pape, il paroît du
to.i.p. 101.& moins queTheodard alTembla un concile le x 7-deN ovembre de l’an 8 8 7.càPort,
lieu fitué fur les frontieresdes diocèfes deMaguclonne 6c deNifines.il eft vrai que
«13.0 les actes 1
/'??■ ment
c V.NOTE U.
d rit.s.ibicd. ment
ibu. p . i4I. noms <je cous les évêques qui affifterent à ce Concile de Port , & qui fie-
geoient véritablement alors , ce qu’il n’auroit pu deviner. Ces prélats étoienc
P-)** Theodard archevêque de Narbonne, 6c onze évêques de fa^province., fç a:
voir.
Gilbert de Nifimes , Willeran de Carcaflonnc, Amclius d’Ulcz , Abbon
de Magudonne , Bozon d’Agde , Agilbert de Beziers, Riculphe d’EIne, Ber¬
nard de Touloufe&Macaire de Lodeve dans la Septimanie ; Ingobert d’Urgel
dont Selva avoir ufurpé le fiege, 6c Servus-Dei nouvel évêque de Gironne
dans la Marche d’Efpagne. Godemar d’Aufonne l’un des confecrateurs d’Her-
menmire s’y trouva aufh , avec plufieurs autres évêques des provinces voifines,
entr’autres les archevêques d’Arles , d’Aix , & d’Embrun, 6c Eloi évêque
d’Albi, de la province de Bourges ou première Aquitaine.
Les mêmes actes ajoutent que Selva, Hermenmire & Frodoin de Barcelon¬
ne furent citez au concile , mais qu’ils refuferent de comparoître , 6c qu’après
ce refus Ingobert d’Urgel & Servus Dei de Gironne portèrent leurs plaintes
contre les deux premiers pour avoir ufurpé leurs fieges 5 que Godemar
d’Aufonne avoua publiquement la faute qu’il avoit faite de confiicrer Elcr-
menmire , qu’il en demanda pardon au concile , 6c qu’il s’exeufa fur ce que
Suniarius comte d’Urgel l’avoit forcé de la commettre ; que le concile
lui pardonna , à condition qu’il ne communiqueroit plus avec les intrus $ 6c
qu’on déclara ceux-ci excommuniez , s’ils ne rentroient dans leur devoir
, avant le Carême fui vant , 6c s’ils ne faifoient avant ce tems-là une facisfaction
convenable à l’archevêque Theodard. Enfin il eft dit dans ces aétes , que ce
dernier, par ménagement pour le comte Suniarius , ne voulut pas permettre
qu’il fut compris dans la fèntence d’excommunication , comme il le méri-
toit } 6c qu’on fe contenta de lui envoyer Godemar évêque d’Aufonne , pour
l’informer des égards qu’avoit eu pour lui le concile , dans l’efperance qu’il
rentrerait en lui-même, qu’il réparerait le fcandale qu’il avoit caufé, 6c qu’il
reconnoîtroit l’autorité de l’églife métropolitaine de Narbonne.
Suniarius répondit très-bien à la condefcendance êeaux égards que le con¬
cile eut pour lui , & ayant confulté les feigneurs 6c les peuples de fon comté,
il reconnut fa faute, 6c demanda une conférence à Theodard. Ce prélat ac¬
compagné de plufieurs autres évêques , fe rendit à Urgel. Au/Iî-tôt après leur
arrivée, le comte obligea les deux intrus , Selva 6c Hermenmire, 6c Frodoin
de Barcelonne de comparoître devant les prélats , qui s’étant afièmblés dans
l’Eglife de Notre-Dame d’Urgel, firent apporter , en prefence des plus nota¬
bles du pays ., les canons & les decrets des conciles qui ordonnoient la dé-
pofition des évêques qui recevoient l’ordination fans le confentement de leurs
métropolitains: on en fit la le£fcure,& on déchira enfuite les habits pontificaux
dont Selva 6c Hermenmire étoient revêtus : on caflà leurs croflès fur leurs tê-
e v Marc Ies ’ ^ on *eur arracfia l’anneau paftoral des doigts , conformément à l’ufage
» /pm«7.<£ de J.’églifé Romaine B, 6c enfin on les priva ignominieufement de la clericature.
/'??•
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DE L A N G ü E D O C. Liv. XI. .zi
Quant à Frodoin de Barcclonne, il demanda pardon de fa faute à genoux , en 7 7~*
chemife fie nuds pieds, ce qui fit qu’on le lui accorda. N*
Tels furent les deux conciles de Port fie d’Urgel , qui durent fe tenir à peu
de diftance * l’un de l’autre, fie dont les aétes parodient à la vérité fuppolez, *v-kotbju
mais pris cependant fur d’autres plus anciens , au fentiment d’un habile b cri- b B*lut
tique, qui en rapporte le précis a peu près de la meme manière : nous avons ^ " .
feulement redreilè quelques faits, tant fur des monumens plus autentiques fie
plus certains , que fur ce qui nous a parti de plus vrai-lèmblable. Au refte le lieu
de Port où l’on tint le premier , étoit alors, à ce qu’on prétend' , une ville ccali.chrift.
confiderable du diocèfe de Nifmes, compofée de deux parodies dépendantes t0-i-f-77^
de l’abbaye de Pfalmodi,l’une fous l’invocation de la Vierge, ôc l’autre fous celle
de S. Pierre.Cc lieu étoit fitué fur la côte de l’étang de Mauguio ou de Melgueil,
vers l’embouchure du Yidourle dans cet 'étang , qui communique avec la
mer: il tiroit Ion nom d’un port qu’on y avoir pratiqué. Il n’en refte aujour¬
d’hui d’autre veftige que l’églifè de Notre-Dame d'Nfpor, lîtuée dans le même
endroit fiir les frontières des diocèfes de Montpellier fie de Nifmes , fie à deux
milles au midi de Lunel vers la mer, fie dans le tarritoire de cette ville. L’é-
glifede faint Pierre eft comprifc à prefent dans le territoire de Malîîllargues
au diocèfe de Nifmes.
Si l’on en croit les actes de la tranflation des reliques de S. Antonin martyr , xxxvii.
dans une nouvelle églilé de l’abbaye de Fredelas ou Pamiers,Theodard arche- <j.^£flues
vêque de Narbonne, ôc plufieurs évêques de fa province, fe trouvèrent à cette
ceremonie, quife fit, dit-on , au mois de Juin de l’an 887. mais comme ces
actes parodient d entièrement fabuleux , nous ne nous y arrêterons pas davan- d, noix ra¬
tage. Nous nous contenterons de remarquer qu’on met au nombre des évê¬
ques qui fe trouvèrent à cette tranflation Folcrad d’Albi , ce qui ne peut être, e M*biU- **
puilqu on vient de voir qu Eloi occupoit cet evcche dans le meme rems. D au- o«u. cbnft.
tresc mettent alors fur ce fiege Adolcnus , qui fouferivit, dit-on, en 887. à nov- ed-t0-1-
une charte { de Frotaire archevêque de Bourges, en faveur de l’abbaye de y £*«.1^.130.
Beaulieu en Limoufin. Cette charte g eft ^e l’an 876. d’où il s’enfuit feule, g v- “>■ *•
mentqu’Adolenus etoit évêque d’Albi cette dernière année } on doit le diftin- CKOte
gucrh par conféquent d’un autre évêque d’Albi de même nom qui vivoiten rx.
891. Ce dernier eut pour fucceilèur Godolric , qui reçût * en 9 10. une dona- ^f0TE ;X
tion confiderable en faveur de fà cathédrale. i Pr.p, ^ &
Bozon roi de Provence profitant cependant des troubles que les Normans -^xxvu
caufoient dans le royaume, reprit enfin la ville de Vienne, fie la partie de fes Mon dcBo-
états que Carloman lui avoir enlevée. Il jouifloit actuellement de tous les pays r°i de
qu’il avoir ufurpés , lorfqu’il mourut au commencement de l’an k 887. à Vien- ^£'“071 1.
ne, où il fut inhumé. Ermcngarde là femme l’avoit rejoint alors , foit qu’elle ». ij. &fm-
fe hit échappée des mains de Richard duc de Bourgogne, qui l’avoit emmené
prifonniere après la prife de Vienne , foit que ce duc l’eût remife de lui-même
à Bozon fon frere. Quelques modernes 1 ont avancé fans preuves, que Char- 1 note nu.
les le Gras le reconnut de fon vivant pour roi de Provence, fie reçut de lui n-
l’hommage de ce royaume -, mais il paroît au contraire , par le témoignage
d’un biftorien contemporain m, « que non-feulement Louis Se Carloman firent « mReginxhron.
la guerre à Bozon pendant toute leur vie, fie qu’ils employèrent contre lui « .^5*.
leurs meilleurs generaux , entr’autres l’abbé Flugues l’un des capitaines de «
fon fiecle le plus expérimenté 5 mais encore que leurs fucccffcurs fur le thrône «
de France le regarderont toujours comme un ufurpateur, fie lè pourfuivirent «
comme tel pendant tout le tems qu’il vécut : » ce qui doit s’entendre principa¬
lement de l’empereur Charles le Gras. D’ailleurs f uivant l’épitaphe de Bozon,
qu’on voit, dit-on n, dans l’églife cathédrale de faint Maurice de Vienne, où n Cafirucci
il fut inhumé , il fit la guerre pendant toute fa vie contre plufieurs rois: enfin
.l’hiftorien que nous venons de citer, ajoûte que Bozon étoit Ti habile fie fi u.l‘ ’ 1
rufé , que les princes fês ennemis tentèrent toûjours inuhlement , ou de fe fai-
-firde fa perfonne, ou de le faire tomber dans quelque piege j fie que les fei-
gneurs qui l’avoient fuivi dans fa révolte lui furent toûjours fi conftamment at.
tachez , que.malgré leur profeription , fie la confifcation de leurs biens dont ils
Furent punis, ils n ’aban d 01111e rp nt jamais fon parti, non plus que fes foldats.
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An. 887.
XXXIX.
Louis fils de
Bozon obticfic
le duché de
Provence.
Mort de Char¬
les le Gras.
a V. MabUl.
Ma. SS. Btntd.
81.
b Baluz.Au-
nwgJ9.up.it.
c Annal. Ber-
Xin.p.116.
d V. Ange hift .
£cn.to.l.f.6o.
tAmal.FuU.
J-Î77.
Herm.'Cohtr.
<hron. ad Ann.
887.
f* y.NOTE 1.
n* I9>&feq.
g Chifflet
Tournas. p.i$ 9
h Ibid. p.CVl.
i ïlid.p.Cy.
le Annal. FuU.
&Hcrm. Cont.
ibid.
XL.
Eudes élû roi
far une partie
des François.
888.
i* HISTOIRE GENERALE
Bozon en mourant laifla d’Ermengarde fa fécondé femme , fille de l’empereur
Louis II. un fils nommé Louis , & une fille appellée Ingelberge quiépoufa »
dans lafuiteGuillaumefurnommélePieux, duc d’Aquitaine, marquis de Go.
thie & comte d’Auvergne. Quelques auteurs b prétendent que cette princef-
fe eft la même que la fille de Bozon qui fut accordée en mariage en 878.
au roi Carloman 5 que ce mariage n’eut pas fon effet à caufe delà révolte de
Bozon ,& qu’elle n’époufa qu’après l’an 8 86. Guillaume le Pieux. Ainfi In-
felbcrge auroit été fille de la première femme de Bozon , que ce prince
t mourir pour épôufer Ermengarde en 876. mais il paroît au contraire,
qu’elle étoit fille ae cette derniere -, car outre qu’il n’y a aucune preuve
qu’elle foit la même que la fille de Bozon qui ne fut pas fimplement promife en
mariage]à Carloman en 8 7 8. mais qui l’époulà 1 véritablement alors 5 nous fra¬
yons que la mere d’Ermengarde s’appelloit jlngelberge'1 , nom qui aura pafTé
à fa petite fille, femme de Guillaume le Pieux.
Louis , qui par fa mere defeendoit de l’Empereur Charlemagne , & qui par
conféquent étoit parent de Charles le Gras , alla après la mort de Bozon foh
pere trouver ce dernier prince au palais de Kircheim fur leRhin en Alface, où il
étoit alors , dans l’efperance d’en être reçu favorablement , & d’obtenir fa
prote&ion. Son attente ne fut pas tout-à-fait vaine , Charles c lui fit un ac¬
cueil gracieux , & alla même à fa rencontre 3 il le reconnut enfuite pour fon
fils adoptif & four fon vajfal , c’eft-à-dire qu’il l’inveftit fans doute 1 du du¬
ché de Provence , pour le tenir fous l’hommage de la couronne & l’obéif-
iance légitimé , ainfi que Bozon fon pere l’avoit polfedé avant fon ufurpa-
rion, Louis ne fut en effet élu roi de Provence que trois ans après, & Char¬
les le Gras fe regarda tout le tems de fâ vie comme le véritable fouverain
de ce royaume, dont les pays d’Ulèz & de Vivarais faifoient partie. C’eft ce
qui paroît entr’autres par un diplôme de ce prince daté du même palais de
Kircheim, & donné vers le même tems pour l’union du monajlere de Donzere g
défendant de fon domaine , & fitué fur le Rb’one dans le royaume de Provence &
le comté de faint Paul-trois-Chàteau# , à l’abbaye de T oumus au diocèfe de Mâ¬
con. Depuis ce tems-là h le monaftere de Donzere, qui avoir été uni aupara¬
vant à l’églifè de Viviers , devint un fimple prieuré fournis à l’abbaye de Tout-
nus. II fubfifta dans cet étatjufqu’en 1374. qu’il fut réuni* à l’évêché de Vi¬
viers. Au refte il eft faux que le lieu de Donzere ait jamais dépendu pour le
fpirituel de ce dernier diocèfe , comme un moderne k paroît l’avoir crû.
La plupart des feigneurs & des peuples de Germanie mécontens du gou¬
vernement de Charles le Gras, & de fa nonchalance à repouflèr les courfês
des Normans , cabalerent fecretement contre lui. Enfin dans le tems que ce
prince tenoit unediete au palais de Tribur au-delà du Rhin, le jour de fâint
Martin , onzième de Novembre de l’an 887. Arnoul fon neveu , & fils naturel
de Carloman roi de Bavière ,r fe mit à la tête des conjurez , 6c agit avec tant
de bonheur, qu’il fè fit élire roi de Germanie à fa place. Charles le Gras fe don¬
na quelques mouvemens pour fe maintenir fur le thrône , mais il fe vit bientôt
après gencralement abandonné de tous fes fujets , & il furvêcut peu de tepis
à fon malheur. C’eft ainfi que finit le regne de ce prince , qui avoit réuni en
fa perfonne toute la monarchie Françoife. Noshiftoriens modernes n’ont pas
daigné le compter parmi nos rois du nom de Charles, quoi-qu’il ait été vé¬
ritablement roi de France.
Dans le tems que les peuples de Germanie mécontens de la conduite de
Charles le Gras , élurent un nouveau roi à fa place 5 les François qui ne l’é-
toient pas moins, fongerent à s’en donner un plus capable de les gouverner.
Us fe confirmèrent dans cette réfolution lorfqu’ils eyrent appris la mort de ce
prince, qui arriva au commencement de Janvier de l’année fuivante. Us
auroient dû naturellement jetter les yeux fur Charles , fils pofthume & feul
defeendant de Louis le Begue 3 mais la foiblefïe de fon âge d’un côté , & de
l’autre le befoin extrême où étoit alors la France d’un capitaine qui fut en état
de la défendre contre l’invafion des Normans qui y faifoient tous les jours
de nouveaux progrez , déterminèrent les principaux feigneurs 6c les peuples
des trois royaumes de France ou d’Auftrafie , de Neuftrie , 6c de Bourgogne
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J
An. 888.
DE LANGUEDOC, Liv.XÎ. v *3
i prendre an étranger , & leur firent oublier en cette occâfion • ce qu’ils de- - - - '
voient au fartg de Charlemagne. Ils s’aflèmblerent donc*8c ils élurent pour An‘ 888‘
leur roi à l’exclulîoû * du jeune Charles , Eudes comte de Paris * fils du fa- * v-*a&' ai
meux Robert le Fort, qui avoit fignalé depuis peu fa valeur à la défehfede J},®88'”’5'
cette ville contre les Normans. Quelques Hiltoriens ajoutent que ce prince b Hug.FUvm.
. i. . miA rVi'ilcrrv» lui lo rnnmiinp d « Àr. to.i.bibl.Ldbb
archevêque de Sens. _ ^ ^ Ahho iMU
Suivant d’aucres hiftoriens, dont les plus anciens * font du onzième fie- p„rij j,b.z.p\
cle, Eudes ne fut élu pour régner en France qu’au nom du jeune Charles, »»<>.
i qui , dic-qp * Louis le Begue l’avoic donné pour tuteur 5 mais le régné de amjK^p. *4.
Louis & de Carloman qui fuccederent immédiatement du même Louis le Armai, a ut.p.
Begue leur pere, 8e enfui te celui de Charles le Gras, à l’exclufion de Charles F„w„
le Simple , eufift le iîlence des hiftorfens contemporains * fur une circon- p. î7s.
fiancé aufli remarquable, prouvent allez qu’Eudes fut élu pour regner par lui. Re*°f *'*•
même , & non d comme tuteur de ce dernier 5 ce que la fuite confirme d’une a r.p^uW-
maniéré à ne foufFrir aucune difficulté.
Tous lesFrançois ne réunirent pas cependant leuts fuffrages en Faveur d’Eù- xli.
des * plufieurs d’entr’eux fe déclarèrent pour d’autres feigheurs qui ejevinrent
fes concurréns , & fê mirent en état de lui diiputer la couronne. e Un des prin- ^n^ciù roi
cipaux* fut Gui. duc de Spolete , qui defeendoit par femmes de l’empereur d' Aquitaine.
Charlemagne, & qui fè fit couronner roi de France à Rome dès qu’il eut ap-
pris la mort 4e Charles le Gras. Ce prince avoit un puilEânt parti dans le ‘ uirm. contr.
royaume, à la fête duquel étoit Foulques archevêque de Reims. D’un autre tp.^cantf.ediu
côté Rodolphe ou Raoul , fils de Conrard comte de Paris , s’empara de la, '"i^chron.
Bourgogne Transjurane, 8c s’en fit couronner roi par quelques évoques qu’il
aiTemblaà fàint Maurice en Wallais. Enfin Eudes eut un troificme compéti¬
teur en la perfonne de Rainulfc II. comte de Poitiers, ôc duc d’Aquitaine,
qui étoit, à ce qu’il paroît f , de la race de Charlemagne ; fie fils de Bernard fv.ToqXKo*
II. marquis de Gothie. Ce Duc s voyant qu’Eudes n’avoit été elû roi que par '
les peuples d’-une partie de la monarchie , 8c qu’il n’étendoit encore fa domina- g <w.
tion que jufqu’à la Loire , réfolut d’envahir l’autre partie fituée entre ce fieu- ei,ntr-'l/,d-
ve 8t les Pyrénées , c’eft-à-dire toute l’Aquitaine , la Septimanie , fie la Marche
d’Efpagne j fie il fè fit proclamer en effet roi d’Aquitaine.
Eudes n’en fut pas plutôt informé qu’il vint dans le pays -, fie s’étant affûté xlii.
de la h ville de Poitiers . il en 'donna le comté à Robert fon frere. Adhe- •Eu<,«ia|t:*
de la h ville de Poitiers , il en 'donna le comté à Robert fon frere. Adhe- ,Eu<t«iait;a
mar » ou Aymar , fils d’Emenon autrefois comte de Poitiers, qui en nulle. ...
avoit été dépouillé par l’empereur Louis le Débonnaire , difputa alors h Abbdtbeii.
... .AI. .fÀ À D nklll— l—l- Ja.i.b am'C.i^ba l'utrivl. i Vj 1 > ^ ^ b'
ivcuiiuuc, oc iju cimu* iuu pcic i «.voit puucuc. ivciuiu uc îuuic- n. 86 -ô-feqq.
nir fes droits , il le mit en campagne 5 8c s’étant approché pendant la nuit de k v.notk
l’armée d’Eude#, il l’attaqua 6c la mit en défordre -, mais celui-ci eut le Icn- ,b,d-n9U
demain là revanche. Il paroît cependant qu’Eudes fut obligé de lailTer Ad-
hemar paifible poflèfleur 1 du comté de Poitiers , 6c qu’après avoir fournis feu- i ,hii
lement une partie de l’Aquitaind, ilrepafla bientôt la Loire pour retourner
en France, où fes affaires l’appelloient.
, Aux approches de ce prince, Rainulfe s’étoit retiré fans doute en Auvet- xliiï.
gne, auprès 3e Guillaume le Pieux comte de ce pays fie marquis de Gothie, Ea
ion proche parent , qui , à ce qu’il paroît , favonfafes démarches ambkieu- a r/pa; »e rc-
fes. Eudes ne fut pas en effet fitôt reconnu dans cette partie de l’Aquitaine, furent' «te re-
non plus que dans la Gothie ou Septimanie, Scia Marche d’Efpagne. C’eft a« po^roi*"
ce qui paroît à l’égard de cette derniere province, dans -une donation * que mPr.,». x'p.
Wilfred le Velu , comte ou marquis de Barcelone, ôc les comtes Sunifred , w-à'f'i* .
Rodulfe, & Miron , firent à Sunifred abbé , fie au monaftere de la Graffe du
lieu de Prades dans le comté de Confiant , pour Famé de leur pere Sunifred , &
de leur mtre EmeJ/tnde au mois de Idai.F année de la mort de l’empereur Charles ,dans
f * tinte d'un nouveau roi. * Eudes n’étoit donc pas encore reconnu alors dans la ftaucFcxpt
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*4
HISTOIRE GENERALE
An. 888. Marche d’Efpagne. Au refte cette charte fert beaucoup » à éclaircir l’origine
a vu». i. no- des comtes hereditaires.de Barcelonne -, car elle nous apprend que Rodulfe
LX^7eL ou ^aou^ & Miron , l’un comte de Confiant 8c l’autre de Rouffillon , étoienc
44. /*?• freres \^ifred le Velu comte de Barcelonne, & fils ,tous les trois, de Suni-
fred.
On pourroit, cependant rapporter la date dont on vient de parler au mois
de Mai de l’an 878. dans le tems de la révolte de Bernard II. marquis de
T> K noi1 Gothie 5 car outre que nous apprenons b d’ailleurs que Louis le Begue n’étoic
xvw.&fa. pas encore ajors reconnu dans cette province , il femble que Wifred le Velu
comte de Barcelonne étoit déjà fournis à l’autorité d’Eudes au mois d’Avril
de l’an 8 88. puifque l’ade de fondation qu’il fit alors de concert avec Gu-
dinilde fa femme , de l’abbaye de fainte Marie de Riupoll dans le diocèfe
f M-j'n *1^' d’Aufonne c, eft daté de la première année du régné du roi Eudes. Quoi qu’il en foit,
nous ne pouvons pas douter par d’autres monumens , que du moins une partie
des feigneurs 8c des peuples de la Marche d’Efpagne 6c d£ la Septimanie ,
n’aycnt d’abord fait difficulté de fe foûmettre à ce prince. C’eft ce qu’on
AU. 377. voit entr’autres dans l’ade de vente que fit Servus-Dei évêque de Gironne,
*10' d’un village du diocèfe d’Agde , qu’il tenoit héréditairement d’Agilbert fon
pere , 6c d’Adeltrude fa mere , à Agilbert évêque de Beziers le ij. Décembre
de l'an 888. fous le régné de C. & en attendant que par fa grâce il donne un roi. On
■dttü.j.811. peut ajoutera cela i’ade d de la dédicace de l’églifè du monaftere de faint
Etienne de Bagnols dans le comté de Befalu , dont le même évêque de
Gironne fit la ceremonie , 8c qui eft daté du premier de Mars de la fécondé
année après la mort de l'empereur Charles, notre Seigneur J. C. régnant, en at¬
tendant un roi de fa main liberale . Il paroît donc que Guillaume comte d’Au¬
vergne 6 c marquis de Gothie ou de Septimanie , refufa d’abord de reconnoître
-le roi Eudes pour roi, 8c qu’il s’attacha au parti de Rainulfe II. duc d’Aqui-
-taine fon parent, & compétiteur de ce prince. Nous verrons dans la fuite
qu’Eudes fut obligé quelque tems après de marcher contre Guillaume, 8c de
lui faire la guerre.
xLïv. Nous apprenons toutefois que les diocèfes de CarcafTonne6c de Narbonne
Chanesduroi étoient déjà fournis à Eudes dès le mois de Juin de l’an 8 8 8. Car 1 “.ce prince e
vcur'de "c H- ®Cant dans l’abbaye de fàint Ma'ximin ou Mefmin de Micy dans l’Orleannois,
fe de Narbon- au commencement de ce mois, y confirma alors les privilèges du monaftere
b' ’ V'fdon Montolieu dans le diocèfe de CarcafTonnc , en faveur d’Ugobert qui en
ioiieu.C étoit alors abbé. 2°. Theodard archevêque de Narbonne étant à Orléans le
e Append.c*- de Juin de la même année à la cour d’Eudes, ce prince confirma 1 à fa prie-
fi re^e rétabliflèmcnt de l’évêché d’Aufonne ou de Vie , dans la Marche d’Ef-
f Marc. Hifp. pagne foumife à fa métropole , avec la donation que le comte du pays avoir
faite ^ cec évêché , des droits royaux de la ville de Manrefè. Eudes fixa en
même tems les limites du nouveau diocèfe d’Aufonne , 8c donna à Godcmar
qui en étoit évêque , 8c à fes fuccefleurs , la troifiéme pàrtie des droits de fon
domaine dans l’étendue de cet évêché 5 ce qu’il fit fans doute à l’exemple de
Pépin 8c de Charlemagne , qui ayant délivré les églifès de la Septimanie 8c
de la Marche d’Efpagne de la tyrannie des Sarafîns , leur donnèrent, pour les
rétablir, le tiers des droits domaniaux des comtezoù elles étoient fi tuées , 8c
■ la .moitié à la métropolitaine 5 enfin le roi Eudes étoit reconnu dans le do¬
maine d’Eudes comte de Touloufè , dès le mois de Mai de la première an-
gprf.iî.é- née de fon régné , comme on voit par une donation g faite alors à l’abbaye de
Jfi ■ Vabres en Rouergue.
Nous remarquerons ici par occafion que les de\ix chartes du roi Eudes dont
h v.ApperU. nous venons de parler , 8c quelques autres fèmblables b , font datées de la
cpimi.n. ni. fécondé année de fon régné , quoi.qu’il paroifTe qu’elles font certainement
^'an 888* ce qui pourroit donner lieu de croire qu’il avoit déjà été élû
' au commencement de l’année précédente , quelques mois après que Charles
le Gras ayant fait un traité honteux â la nation avec les N ormans , pour les
obliger à lever le fiege de Paris , s’en alla du côté du Rhin pour ne revenir
plus en France. Eudes aura daté d’abord les chartes de cette époque , juf-
qu’à ce qu’ayant été enfin reconnu par Arnoul roi de Germanie , il aura
compté
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de LANGUEDOC. Liv. XI. i;
compte les années de Ton régné depuis la more de Charles le Gras.a On pour- — — - —
roit appuyer cette conjcdure fur l’autoricé d’un ancien auteur, qui prétend
ou’Eudes fe fit reconnoître pour roi en Aquitaine & couronner à Limoges * f£im' c“*‘
plus d’un an avant la mort de Charles le Gras, & fon éledion par les François } F'
qu’il fit frapper alors dans cette ville de la monnoye à fon coin , après avoir fait
effacer l’empreinte de Charles, & que dans le même tems il partagea le LL
moufin en plufieurs vicomtcz. Enfin on pourroit ajouter qu’Eudes dut être
couronné en France l’an 887. car il eft marqué dans un chronique b du tems b”?h u'
aueWautier archevêque de Sens le làcra la même année qu’il fut élu. Orl’é- spidUg. te. 1.
wimn de ce prélat tombe au mois «= d’Avril de l’an 887. Il eft vrai que l’on
icuiuii r _ • - 1 1 — /' — ^ 00. q w »: 1 c Mab. ai
on ne feauroit dire que la charte qu'hudes donna a Urieans le 14. Juin, loit
de l’an 889. puifqu’il eft confiant6 qu’il étoit le même jour de cette année à ^ £
Montfaucon où il défit les Normans. m°uv. deBm.
Quoi qu’il en foit , Eudes fut obligé d’interrompre fon expédition en Aqui- ^LV
taine foit pour marcher contre ces peuples qui taifoient le fiege de Meaux Eudes rccon-
dont ils fe rendirent enfin les maîtres, foit pour fe mettre en état de réfifter à “JJ**?
Gui duc f de Spolete , qui ayant palTé les Alpes , s’avança jufqu’àMetz î me. Charte de
après avoir envahi une grande partie de l’ancien royaume de Lothaire. Ce fonce «*
duc étoit fur le point d’entrer dans ce qu’on appelloit alors France Romai- ^'“TfiSnc’
ne dans le deffein de s’emparer du throne > mais ayant aliéné les cœurs des Poiycarpc.
Fràncoispar fa mauvaife conduite , & voyant d’ailleurs en la perfonne d’Eudes t**?*'-
un dangereux concurrent , il prit le parti d’abandonner les Gaules & de re- g amm1.fhU.
tourner en Italie , dont il difputa la couronne à Bcrengcr duc de Frioul. *£m Contr
Eudes eut un adverfaire plus g redoutable en la pcrlonne d Arnoul roi de ibu
Germanie, qui, quoique bâtard, avoit fur lui l’avantage de defeendre par ^ *
mâles de Charlemagne. Ce prince ayant été informe du choix que lesFran- ^Duchgp%\
cois avoient fait du comte Eudes pour leur roi , partit de Ratifbonne , &
s’avança jufques fur la frontière du royaume , dans la réfolution d y entrer
& de le foùmettre. Il s’arrêta quelque tems à formes , où il tint une
diece, à laquelle il fit citer Eudes, qui s’y rendit en effet, & qui fit tant par
fesfodmiffions, que ce prince confentit enfin à le laiffer paifibie poffelfeur du
royaume de France. Arnoul & Eudes s’étant léparez bons amis , le premier
marcha vers l’Alface contre Rodolphe roi de la Bourgogne Transjurane qui
fe foûmit & le reconnut pour fon fouverain à l’exemple d’Eudes Cclui-a
de fon côté étant de retour en France , alla fe camper pendant l’automne
fous les murs de Paris , pour empêcher les Normans de tenter de nouveau
le fiege de cette ville comme ils menaçoient de le faire.
Eudes fe rendit enfuite dans le Chartrain & l’Orleanois pour les mettre
à couvert h des incurfions de ces pirates. Il étoit encore dans le dernier pays
Annal. Met.
faint & Rfzin-
comte Soniarius le prièrent i de prendre fous la protection îaoDaye cie laint o> -
Polycarpe dans', le Rafez , dont Arnulphe étoit abbé. Ce prince leur accorda ... -
Hur demande & mit fous fa fauvegarde les biens qui dependoient de ce 889.
monaftere, tant dans les comtez de Rafez , de Carcaffonne & d’Elne , & le ^ &
pays de Pierre-pertule en décades Pyrcnees, que dans le comte dEnipunas,
«c le pays de Pierre-late au-delà de ces montagnes, avec les domaines que
cette abbaye tenoit delà libéralité du comte Gaftrimire. L’évêque Ermen-
mire 8t le comte Soniarius qui folliciterent ce diplôme paroinent les memes,
l’un que le faux évêque qui avoit ufurpé le fiege épifcopal d’Aufonne ou de «;Vi. ^
Vie & l’autre que Soniarius comte d Urgel protecteur de Sel va , prétendu les Normans
évêque de cette dérniere ville , qui avoit ordonné Ermenmire. _ ZTtfZl*
Les Normans malgré toutes les précautions d Eudes^ entreprirent de nou- kAbbof^zi.
veau le fiege de Paris , ce qui engagea ce prince à raffembler toutes fes for- m».
ces pour aller les combattre , &les obliger à fe retirer. Dans ce deffein k, Pchrtn.Norm,
ayant été joint par les milices de France, de Bourgogne & d’Aquitaine, 1U 1 .D*cb.t.
attaqua ces brigans, &les défit entièrement à Montfaucon le jour de faint
Jean-Baptifte de l’an 889.1 Dix-neuf mille d’entr’eux refterent fur la place 4M.
Tome II. D
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HISTOIRE GENERALE
- — - - à cctcc journée , ce qui n’empêcha pas leurs compatriotes de Te répandre
^ "9- encore dans le royaume. 11 parole qu’ils firent vers ce tems-là une nouvelle
a Adtmc.tb- irruption dans l’Aquitaine, ôc qu’Eudcs pour fe mettre en état deleurréfi-
p-iû?. v. t.*- fter , appella à fon fecours Rodolfe roi de la Bourgogne Transjurane, qui,
Vivant un ancien a hiflorien , les battit dans le Limoufin. Malgré tant de
bcÂrin.Kerw. pertes, les Normans s’établirent b alors dans une partie de la Neuftrie, où
o ^Adtm.cab. jjs fixcrcnc icur principale demeure , ôc qui prit enfuite leur nom.
xlvii Les évêques ôc les feigneursde la province ne fe contentèrent pas de fe fou-
Plaid tenu à mettre à Eudes : plufieurs d’entr’eux s’empreflcrent de lui aller faire leur
monT'coime cour > & eurent recours à fon autorité dans leurs affaires particulières. C’efl
& Aiiiduitc vi- ce que fit entr’autres Gilbert évêque c de Nifmcs , qui alla trouver ce prin-
vil™tcdNou* ce tannée fuivante , lorfqu’il étoità lachaftèdans la forêt deCuiflè, ôcluî
veaux dinio- porta fes plaintes contre unfeigneur appellé Genefius ,qui fans aucune forme
crt'Vaveurdcs Proccz » s’étoit emparé du domaine de fon églife. Le roi écouta le pré-
'giifa'de la lat , ôc fe tournant vers Raimond comte de Nifmes qui étoit prefent, il lui
Scptimauie. demanda devant plufieurs évêques ôc feigneurs , pourquoi il avoit fouf-
^P’.p.ié. e» perc cecce ufurpation „ Genefius ma remis vos ordres, répondit le comte,
— n - » pour lui donner l’inveftiture de cette terre mais les courtifans firent dif-
' ' ficulté de l’en croire , ce qui porta le roi à ordonner par un diplôme à Rai¬
mond, de fe rendre incefiammcnt à Nifmes pour s’informer de la vérité du
fait, ôc rendre juftice à qui il appartiendroit. Le comte obéit, Ôcà fon arri¬
vée dans le pays, l’évêque lui ayant remis fes titres de propriété, il fit citer
Genefius devant fon tribunal } ôc fur le refus que ce dernier, fous divers
prétextes, fit decomparoitre, il commanda à Allidulfc fon vicomte defe trans¬
porter fur les lieux , ôc d’y rendre juftice à l’évêque, conformement aux or¬
dres du roi. Allidulfc fè rendit aufli-tôt dans Lavaunage , où étoit le donui-
> ne ufurpé fur l’églife de Nifmes ; Ôc là ayant convoqué les principaux du
pays, tant ecclcliaftiqucs que féculicrs au nombre de plus de deux cens, il
les fomma de lui dire ce qu’ils fçavoient fur cette affaire. Les flus nobles
furent interrogez les premiers ,ôc enfuite les autres ; ôc tous portèrent témoi¬
gnage en faveur de l’églife de Nifmes. Quatorze d’entr’eux ayant été nom¬
mez enfuite pour fe rendre dans la cathédrale de cette ville, y furent inter¬
rogez de nouveau par le vicomte ; ôc fur leur dépofition uniforme, qu’ils con¬
firmèrent par ferment , il remit l’évêque Gilbert en poflèffion du domaine
qu’on avoit ufurpé fur fon églifê. L’acte qui enfutd.relfé eft daté d’un Jeudi
du mois d’Avril de la troifiéme année du régné du roi Eudes.
Nous fournies entrez d’autant plus volontiers dans le détail de cet acte ,
’VaiiisAna- {lu>^ nous apprend quelle étoit alors la forme de procéder ,ôc avec quelle fim-
giz. plicité on agifloit dans les affaires. Au refte Lavaunage * dont il eft fait men¬
tion dans le même monument, compofe un petit pays du diocèfc de Nifmes,
ôc comprend une allez longue vallée arrofee par le ruilfcau de Rhoni qui fe
jette dans le Viftre. Quant à Raymond comte de Nifmes, nous le croyons
le meme que Raimond IL fils d’Eudes comte de Touloufè; il eft vrai qu’il
ne fuccedaque long-tems après à fon pere dans ce dernier comté , mais rien
n 'empêche qu’il n’ait joui de celui de Nifmes de fon vivant, ôc qu’il ne l’ait ac#
quis ou de la libéralité du roi Eudes , ou par fucccffion. Nous voyons d’ailleurs
«Uv.ffj. dix-huit ans d après un Raymond comte de Nifmes -, ôcque ce comté ctoit dans
la maifon des comtes de Touloufe avant la milieu du X.fiecle. Enfin Allidulfe
vicomte de Nifmes , avoit fuccedé à Bertrand qui occupoit cette vicom¬
té en 876.
Le roi Eudes fit expedier la même année trois autres diplômes en faveur
éjiq* M ^ ^CS églifês de la province; il accorde par le premier c du 30. Janvier , à Suni-
( Pr p 17 fred abbé de la Grade, la confirmation des privilèges de Ion abbaye qu’il
A?- met fous faprote&ion ; par le fecondfdaté d’Orléans le 26. de Juin fui-
* vant,il confirme à la follicitation d’Askericus évêque deParis , iTheod.nd
archevêque de la première Narbonnoife & de l'éqlife de Rafez^, qui fe trouvoic
alors à fa cour , une charte du roi Carloman donnée en faveur de cette égli¬
se .*f- fe , 8c en particulier le droit de jouir de la moitié des droits domaniaux dans
£«4f.7ïï* ies comtez de Narbonne, ôc de Razcs : enfin le troifiéme eft date s de Scnlis
&h-
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DE L A N G U E D O G. Liv. XL
^'7
le n.Nôvembre. Eudes maintient par ce dernier Andegarius abbé de Jon- An. £90.
cels, audiocèfe de Beziers, dans la jouifîance des privilèges de l'on abbaye,
& confirme les religieux dans la liberté d’elire leurs abbez.
Les courfes que les N ormans portoient quelquefois jufques dans les extrêmi- XLVm
tczde la France, fervirent de pretexte aux évêques & aux leigneurs du royaume Louis hi# de
de Provence pour fe donner un nouveau roi. On a déjà vu qu’après la mort
de Bozon roi de Provence , Louis fon fils étoit allé trouvé l’empereur Char¬
les le Gras qui l’avoit adopté pour fon fils , & reconnu pour fon vaflàl , en
lui donnant, à ce qu’il paroît , l’inveftiture du duché de Provence. a La reine ac<m«J. v*-
Ermengarde, mere de Louis , qui gouvernoit fous fon nom à caufe de l^u,-9- Con;
fa jeunefle , peu contente de cette dignité , réfolut de le mettre fur \e f,q f'
thrône : dans ce deflein elle envoya Bernoin archevêque de Vienne à Rome , -Annal. f*U.
fiour s’aflurer de la protection du pape Etienne , tandis qu’au mois de Mai de
’an 890. elle fit un voyage à la Cour d’Arnoul roi de Germanie, à qui elle t«. 1 p. 111.&
fit des prefens magnifiques , pour l’engager à confentir à l’execution de fes ss B,n
projets.Ce prince n’y fut pas infenfible 3 & après avoir fait un très-bon accueil ju.v.p. 71.
à Ermengarde , il fit accompagner cette princeflè à fon retour par un évê¬
que & un comte, qu’il nomma lins doute pour autorifer en fon nom l’élection
de Louis.
Elle fe fit peu de tems après dans une affemblée qui fut Compofée des
évêques & des principaux leigneurs, 6c qu’on tint à Valence finale Rhô¬
ne, en 890. avant b le mois de Juillet. Aurelicn archevêque de Lyon ,
qui avoir été précepteur c du jeune prince, y prefida 3 & les métropolitains cH/id.p. ïj».
d’Arles , d’Embrun & de Vienne y allîflcrent. Ce dernier y fit le rapport
de fon ambaflade à Rome : il dit qu’il avoir reprefenté au pape Etienne
Jes maux que fouffroit la Provence , qui étoit fans roi 6c lans prince depuis la
mort de Charles le Gras , &. où il n’y avoir perfonne en état d’appailbr les
divifions & les troubles qui s’y élevoient tous les jours , & de protéger les
peuples contre les incurfions , loit des Normans qui menacoicnt le pays d’une
irruption , foit des Sarrafins qui y étoient deja entrez, 6c qui le ravageoientj
que le pontife touché de la trille fituation de la province , avoit écrit à tous
les évêques pour les exhorter à élire unanimement pour leur roi le jeune
Louis , fils de Bozon , & petit-fils par là mere de l’empereur Louis II. Après
le rapport de l’archevêque de Vienne, les prélats de l’allèmbléc, gagnez fans
doute par les intrigues de la reine Ermengarde, confentirent tous à i’ele&ion
de Louis, & ne firent aucune attention à la jeunefTe , qui ne permettoit pas
d’attendre de lui les fcrviccs dont ils fe flattoient. Ils tâchèrent de s’exeufer
fur cet article , en déclarant qu’ils fe déterminoient à l’élever fur le thrô¬
ne, tant par les cfperanccs que fon éducation &c fon bon naturel leur fai-
foient concevoir de fon gouvernement , que parce qu’ils comptoient que les
principaux feigneurs du pays , mais fur tout le duc Richard fon oncle d & Av
Ion tuteur , 6c la reine Ermengarde fa mere , l’aideroient de leurs confeils. JW.’ chron.
C’eft ainli que ce jeune prince fut élu à Valence, ôc couronné roi de Pro-
vence.
Comme nous n’avons plus les fouferiptions des évêques qui alfiflerent i
cette alïèmblée , nous ignorons li ceux de Viviers êc d’Ufcz , dont les dio-
cèfes faifoient partie du royaume de Provence dans le tems que Bozon s’en
empara, fouferivirent à l’éleélion de Louis. Il paroît au moins que ce prin¬
ce regnoit quelques années après fur les pays fituez des deux cotez e du ePr?!041
Rhône 5 mais il n’efl pas bien certain fi toute la partie de ce royaume, fi-
tuée à la droite de ce fleuve dans le Languedoc , lui fut d’abord entièrement f Pr.iiU-p.19.
foumife 5 car fuivant une donation ( faite deux ans après à Rollaign évêque
de Viviers, & à fon églife , le roi Eudes étoic alors reconnu dans ce diocèle:
ce qu’on peut confirmer par d’autres monumens g , & en particulier par l’au-
torité de Godefroi de Viterbe1», qui rapporte que le roi Eudes auffi-tôt après ku'fdtfr.n-
fon élection déclara la guerre à Bozon, qui lui céda le Vivarais&le Lyon- '°h
nois.* Il efl vrai que ce dernier prince étoit déjà mort avant l’élection de l’au- * °rp Ui'
tre : mais l’hiflorien peut s’être trompé , &c avoir pris Bozon , pour Louis
fon fils. On pourroit donc croire qu’Eudes étendit d’abord fa domination
T ome II » D ij
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#92.
i8 HISTOIRE GENERALE
An. 890" fur le Vivarais, & les autres pays du royaume de Provence fituez à la droi¬
te du Rhône , & que Louis les fournit depuis à fon empire à la faveur des
troubles qui s’élevèrent après le couronnement de Charles le Simple. Quoi
a v.Mjb. ai qu’il en foie , nous fçavons que Louis , à l’exemple du roi Bozon fon pere ,
TprJ. jo4<£ établit àaVienne le hege de fon royaume , & qu’il étoit maître b du Vivarais
41. & du diocèfe d’Ufêz lorfqu’ii reçut la couronne impériale en 90 r .
xlïx. La crainte qu’avoienc les' Provençaux d’une irruption de la part des
Normàns $ fur Normans , n’écoit pas tout-à-fait .fans fondement $ car on allure e qu’ils
les côtes de k étendirent leurs courfes l’année fuivante, jufques fur les côtes de la Medi.
Mcduerraucc. terran^e ^ & remontèrent le long du Rhône, ce qui expofa la Septimanieà
891- - de nouveaux ravages de la part de ces pirates : ilsavoicnt déjà fait une autre
*rruPt‘on dans cette province en 859. durant laquelle ils a voient pille a les
‘73£l vdles d’Arles & de Nifmes. Eudes touche de tous ces délbrdres , également
e chron. s. préjudiciables au royaume & à la difeipline ecclefiaftique, ordonna epour le
ïX'ïi™ réwblilîèment de la derniere la tenue d’un concile à. Meun fur Loire , où le
KcoJi.IJ.t trouvèrent Theodard archevêque de Narbonne, avec Agilbert de Beziers,
& Servus-Dei deGironne fes comprovinciaux , & Adolenus évêque d’Albi de
la province ecclefîafh'que de Bourges.
Eudes n’étoitpas encore alors fîaficrmi fur le thrône , qu’il n’eût beaucoup i
* craindre de la part de divers lêigncurs, ou mccontens de fon gouvernement, ou
attachez à la race deCharlemagne. Il fc forma entr’aucres en 891. une conjura
tion qui donna occafion au jeune Charles , fils de Louis le Begue , de recou¬
vrer du moins une portion du patrimoine de fes ancêtres. Comme Guillau¬
me Je Pieux , marquis de Gothie ,eut avec fa famille beaucoup de part à cette
révolution, nous entrerons là-defliis dans quelque détail,
t. Rainulfe duc d’Aquitaine fe voyant dépouillé du comté de Poitiers par le
JaEUgucrrc°”n r0’ Eudes , qui en avoir 1 aille la pofîèflîon à Aymar ou Ademar , réfolut f de
Aquitaine con- s’en emparer par la force, & d’en dépofîèder ce dernier. Il fe ligua pour cela
le Pioifc "m' avec Guillaume le Pieux ion parent & fon proredeur , & implora le fecours
ce d’Auvergne des Normans. On prétend g que pour l’obtenir plus fûrement il époufâ une fille
Gothar<,u's Ÿ R°h°n l’un de leurs principaux capitaines. Ademar, pour fe maintenir
qu'es 'amicf" dans la poûè/fion du comté de Poitiers , s’unit de fon côté avec les comtes
icigneurs. d’Angoulême ôc dePerig ueux. Il avoir un frere appelle Adalelme ,quis’étoit
Cai diflingué h avec lui à la defenfe de Paris contre les Normans , & qui avoir un
ch, on. M.-Ait- fils nommé Waltharius, qualifié alors du titre de comte. Celui-ci, foit qu’il
r°it. e“c ^ gag°é par Rainulfe II. i foit qu’il fe fut lié avec plufieurs prélats ôc fei-
p.199. gneurs, quimécontens du gouvernement du roi Eudes, avoient déjà fccrete-
TE^LXxxm. ment f°rir,é un parti contre ce prince en faveur du jeune Charles , fe revol-
n.9i. ’ ta le premier au mois de Juillet de l’an 892. & fe faifit de la ville de Laon.
Eudes n’en fut pas plutôt informé , qu’il marcha vers cette ville , la remit fous
nnnifi.t.fs! f°n obéiffànce, & fit trancher la tête à Waltharius , qui étoit fon petit k ne-
k note veu , ou du moins fon proche parent } mais la révolte avoir déjapade en Aqui-
i>,d‘ raine, où les principaux fêigneurs s’étoient mis en armes.
Le duc Rainulfe, Gauzbert fon frere, & l’abbé Ebles étoientà la tête des
inote ibid. rebelles de cette province. Le dernier étoit J à ce qu’il paroîr , oncle paternel
des deux autres , & s’etoit fignalé auffi à la defenfe de Paris contre les Nor¬
mans. Comme c’etoit un feig neur également recommandable par fa naif-
lance , £c par fon propre mérite , le roi Eudes à fon avenement à la couron¬
ne, fit tout fon poffible pour fè l’attacher. Il le maintint dans la poflèffion des
abbayes de faine Hilaire de Poitiers, de faint Denys , ôc de faint Germain
des Prez , Ôc le nom ma chancelier de France : mais les interets de fa propre
famille, l’emportèrent fans doute auprès de lui , fur la fidelité qu’il avoitpro-
*."/%**& * ce prince. Abbon m auteur contemporain , met encore au nombre des
/su. ' feigneurs Aquitains , qui dans cette occafion fe fouleverent contre Eudes ,
Guillaume comte d’A vergne , & marquis de Gothie qui fut fuivi fans doute
de plufieurs autres , puisque félon le même hiflorien , il paroît queprefque
toute l’Aquitaine fe révolta alors.
Eudes a voit déjà repris la ville de Laon fur le comte Waltharîus lorf-
u Mboibid. qu’i J apprit cette révolution. Il partit incontinent, ôc s’étant avancé B vers
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à P. f. /.NOTE
LXXXVU. r..
73-
b JÜrb.ibid*
DE LANGUE D O C. Liv.XI. a9
le Poitou , il fè joignit £ Ademar comte de ce pays , ôc ennemi de Rainulfe. Il 7 — r — '
fie d’abord le dégât dans les terres des rebelles fans vouloir entreprendre le N>
fiege d’aucune place forte. Il paflà de là dans le Limoufin , ôc enfuite en Au¬
vergne, où il le campa auprès des conjurez, à la tête defquels étoit Guil¬
laume comte d’Auvergne ôc marquis de Gothie. Les deux armées qui n’étoient
féparées que par une riviere -, demeurèrent en prefcnce , ôc Eudes n’ofa tenter
le paüàge. Il fe contenta de déclarer criminel de leze-majefté le comte Guil¬
laume , & de le dépouiller de fes dignitez , entr’autres du comté d’Auver¬
gne, dont il difpofâ en faveur d’Hugues, qui avoit été auparavant comte
de Bourges. *
Celui-ci voulant fe mettre en poffefïïon de l’Auvergne , s'avança dans le
pays accompagné de deux vaillans capitaines , le comte Roger ion neveu ,
te Eftienne. Guillaume de fon côté connoilîànt fon deflein marcha à fa ren¬
contre , ôc leurs troupes en vinrent bien-tôt aux mains. Le combat fut d’a¬
bord tres-vif : Roger ôc Etienne jettoient la terreur dans le camp de Guil¬
laume qui avoit déjà perdu cent de fes meilleurs foldats , lorfque ce prince
ayant rencontré Hugues , qui avoit fait à peu près une égalé perte , ils en
vinrent tous les deux £ un combat fingulier. Guillaume porta un fi rude coup
de lance £ l’autre qu’il le défarçonna & le fit tomber à terre. Hugues le
voyant fans relfourcc eut recours à la clcmence de fon vainqueur. Guillaume
fè laiflànt emporter £ l’ardeur du combat , écouta moins alors fon inclina¬
tion naturelle, que fon reflèntiment particulier. Il répondit £ Hugues que
c’étoit trop tard qu’il demandoit quartier , lui enfonça en même ceins la
lance dans la poitrine & le laiflà mort fur la place. Cette a&ion fit plier auffi.
tôt le refte des ennemis de Guillaume, ôc lui aflura la vi&oire, donc le prin¬
cipal fruit fut la paifible poflèffion de les dignitez. Mais revenu depuis £
lui-même, ôc honteux d’avoir porté trop loin fon reilèntiment contre Hugues,
il témoigna du regret de n’avoir pas accordé la vie £ ce feigneur , quoi-que
fon ennemi.
Eudes étoit occupé de cette guerre , ÔC faifoit tous lès efforts pour re¬
mettre e l’Aquitaine fous fon obeifiànce , quand il apprit la conjuration de .
plufieurs feigneurs François. Foulques archevêque de Reims, qui étoit £ leur nuroidefran-
tête d , entretenoit desliaifons très-étroites avec les fils de Gosfred, l’un des ce.Eudesquir-
principaux rebelles Aquitains 5 ôc avec le comte Egfrid ou Acfred , qui &J*Xecon-
paroîc le même que le comte de Carcaflonne de ce nom, beau-frere de ueiui.
Guillaume le Pieux. Le deffein des conjurez étoit de détrôner Eudes , ôc de c Ahb ü,'i-
mettre a la place le jeune Charles, qui étant alors âge d environ quatorze Am.Mtt.j,
ans , fè trouvoit en état de gouverner par lui-même avec le confèil des grands y.
du royaume ^ enforte que par 1£ comboic entièrement le fpecieux prétexte dont RemJA'
LT.
Charles le
X.X, J.
4-J.
C Mai. ad
n. 3 $.
7S •
Eudes s’étoitfervipour exclure ce prince de la fucceflîon i la couronne.
Ces mouvemens donnèrent de l’inquietude au premier, qui s’allarma
bien plus quand il fut informé que l’archevêque Foulques avoit couronné
l’autre £ Reims fur la fin de Janvier e de l’an 8 9 3. Eudes réfolut auffi-tôt de aZt sZZZi
paffer en France, ôc fe prefla d’appaifèr les troubles d’Aquitaine, foitpar la &8^-n-
voye des armes, foit par celle de la négociation. Il écrivit en même tenis à ”
Arnoul roi deGermanie , qu’il avoit eu Ta précaution de mettre dans fes in-
terêcs , pour fe plaindre de la conduite de l’archevêque de Reims , ôc des au¬
tres conjurez de France, qui à fon préjudice venoient d’élever le jeune Charles
fur le thrône. Cette lettre eut l'effet qu’il en attendoit. Arnoul écrivit auffi-tôt
à ce prélat , pour lui témoigner le mécontentement qu’il avoir de fâ démarche.
Foulques répondicfi ce prince, ôcfitfbn apologie. Il infifte principalement
fur l’abus qu’Eudcs faifoit de fon autorité ,6c fur l’injuftice qu’on avoit faite à
Charles de l’exclure de la Couronne de France dont il devoir heriter par fa
naiflânee , comme Arnoul avoit hérité lui-même par un droit femblable de
celle de Germanie. II l’exhorte enfuite vivement a prendre ladéfenfè de ce
jeune prince fon parent , s’il vouloit aflurer la fucceffion de fon royaume d fes
enfans, ôc ôter à des étrangers le prétexte de l’envahir. %Aiem Cjh.
Eudes après avoir engagé Arnoul à fè déclarer en fa faveur , fè hâta de P-^j
terminer les affaires d’Aquitaine. Il fc rendit à Poitiers g, où il fit , £ ce uZe’l
f Tlod. ib ïd. c .
S-
Chron.Mj-
10.
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_ _ f> HISTOIRE GENERALE
An. 893. PaT°ît, un traité avec Rainulfe II. l’abbé Ebles, & le comte Guil-i
laume. On voit du moins par la fuite que Rainulfe fut rétabli dans le comté
de Poitiers, Ebles dans fes dignitez ,6c que Guillaume demeura pailîble pof*
tRegin. ciron. feflèur du marquifat de Gothie & du comté d’Auvergne. Eudes *
Uid’m*lMet' du comte Robert fon frere , prit enfuite la route de France, &
Mo ibid. rencontre du roi Charles, qui s’étoit mis en armes à la tête de fon parti ; mais
ce jeune prince fe voyant trop foible pour réfifter à fon compétiteur, fe retira
dans la Germanie auprès du roi Arnoul fon coufin , qu’il alla trouver à Wor-
mes, où ce dernier tenoit une diete au mois de Juillet. Charles implora fon
fècours 6c fa prote&ion contre Eudes , & il fit tant , foit par fes prelèns , foie
par fa foumiffion , qu’enfin Arnoul lui promit l’un & l’autre, & ordonna aux
évêques & aux comtes des pays fituez le long de la Meufe , de fe mettre en
armes , 6c de s’aifembler en corps d'armée. Il en donna le commandement à
Zuentibold fon fils naturel , avec ordre de marcher contre Eudes. Ces trou¬
pes le mirent auffi-tôt en mouvement, 6c s’avancèrent jufqu’à la riviere d’Aif-
ne j mais fur la nouvelle de l’approche d’Eudes , elles fe débandèrent , 6c
abandonnèrent le roi Charles à la merci de fon concurrent $ ce qui obligea
ce jeune prince, pour ne pas tomber entre les mains de fes ennemis , à cher¬
cher fon làlut dans la fuite. Il fe retira en Bourgogne , èc il n’y fut long-
tems fans reprendre les armes. Il rentra en France , & fit la guerre aux
partifans du roi Eudes , qui fe tenoit du côté de Paris pour mettre cette ville
à couvert des entreprifes des Normans. Ainfi le royaume étoit alors également
défolé & par les courfes de ces pirates , &par la guerre civile.
lit. Il paroît que cette guerre continuoit toujours dans l’Aquitaine ,&que tous.
tro^biesUn* ^es belles du pays n’avoient pas encore mis les armes bas. L’abbé Ebles qui
Aquitaine, nffiegeoit entr’autres un château, qu’on prétend b être celui de Brillacen Poi-
Soumiffion'Je tou, y fut tué d’un coup de pierre c le 10. jour d’Octobre de l’an 893.
deU^Scptîma- Nous ignorons fi cet abbé, meilleur foldat ,que bon ecclefiaftique, avoit en-
nic au toi trepris ce fiege ou pour ou contre le refte des rebelles d’Aquitaine. Il paroît.
Eb cependant allez vrai-femblable qu’il avoit pris les armes pour remettre le duc
jtruAi.p. ) î6. Rainulfe II. fon neveu, dans la polfeiîion du comté de Poitou dans lequel
£udes f avoit rétabli , 6c que le comte Ademar faifoit difficulté de lui rcmet-
jzs. tre. Quoi-qu’il en foit, le même Rainulfe ne furvêcut pas long-tems à fon
oncle. Le roi Eudes lorfqu’il eut fait fa paix avec lui avant fon départ d’Aqui¬
taine , fe doutant apparemment de la fincerité de fa réconciliation , 6c voulant
s’alfurer de là perfonne, lui perfuada de le fuivre , 6c le fitempoifonner quel-
d Aicm.cub. que tems après. d Rainulfe avant que d’expirer fit appeller le comte Gérard
f l-clron.Mat- Parent & fon ami , qui fe trouvoit alors à la cour , 6c lui recommanda le
Une.}. xoi. jeune Ebles fon fils , qu’il avoit eu d’une concubine. Sa mort arriva en c
f r°“' 893. après le 1 y. du mois d’Oclobre.
e Krô.r.No- Eudes après s’être défait de ce duc , fit venir Ademar &Iui donna le comté
T£ lxxxvu. de Poitiers. D’un autre côté le comte Gérard fidele à fa promellè , emmena
”'S!' fecretement le jeune Ebles en Aquitaine , auprès de Guillaume comte d’Au¬
vergne, 6c marquis de Gothie, leur parent commun, qui prit foin de fon
éducation. Il paroît qu’Eudes difpofa quelque tems après en faveur du même
Guillaume du duché d’Aquitaine, dont Rainulfe avoit été revêtu , foit pour le
gagner à fon parti, foit pour l’empêcher de tirer vengeance de la mort de ce der¬
nier. On pourroit croire auffi que Guillaume qui etoit de la même race que
Rainulfe , s’empara de ce duché après fa mort comme d’un bien héréditai¬
re , êt qu’Eudes n’ofant blâmer fon entreprife , lui en confirma la polîèffion :
car i°.c’eft feulement depuis cetems-làquc Guillaume le Pieux comte d’Au¬
vergne prit le titre de duc d’Aquitaine, i®. Il fut depuis en bonne intelli-
f y. SmIuz.. gence avec le roi Eudes, qu’il appelle { fon feigneur , long-tems après la mort
Auvirg. to.i. de ce prince, 6c du vivant de Charles le Simple. 3 °. Enfin nous voyons que le
?• u &fa. roj £U£jes régna toujours depuis paifiblement fur toute l’Aquitaine , la Septi-
manie , 6c la Marche d’Efpagne , 6c que ce ne fut qu’après fa mort que Charles
le Simple fut reconnu dans ces provinces. Nous inférons de tout cela, qu’Eu,
Lm des confirma le comte Guillaume dans la poffelfion de fes dignitez.
Mor: de s. Au milieu des troubles que caufoit dans le royaume la guerre civile, la Sep»
accompagné
marcha à la
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DE LANGUEDOC. Liv. XI. , 31
t-imanie eut le malheur de perdre l’un de les principaux ornemens en la per- — -
fonne de Théo dard archevêque de Narbonne. L’amour que ce faint prélat a Thco(jafd9^‘
avoir pour l’églilè & pour l'on troupeau , le rendit également attentif à pro- chev^ue a*c"
curer l’avantage de l’un ùt de l’autre. Son zele pour la beauté de la maifon du Narbonne.
Seigneur , parut fur-tout par le foin qu’il prit d’élever dans fa cathédrale f*bbaycndede
un autel de marbre blanc , foûtenu de colomnes de la même matière, à Monuurioi,
la place d’un autre que les Sarafins avoient détruit dans le tems qu’ils s’é-
toient rendus maîtres de Narbonne. Après y avoir fait travailler depuis fon » irn.s. rfc.o-
élévation à l’épifcopat, il en fit la dédicace le }.du mois d’Octobre de l’an Sço. la dffl'iiBp1' ^ j'0<
cinquième année de fon è pif copat, d* la troifiéme du régné d’Eudes , indiïtion VJ II. é-pl-
Il fit élever auprès unthrône épifcopal de marbre.
Theodard ne fe rendit pas moins recommandable par fa charité , dont il
donna des marques éclatantes en deux occafions 5 la première , lorfque les
Sarafins d’Efpagne qui faifoient de fréquentes incurfions fur les côtes de la
Septimanie , eurent emmené en captivité un grand nombre de les diocefains -,
& l’autre dans le tems que le pays fouffroit une cruelle famine depuis trois
ans. Après avoir employé d’abord tous les revenus de fon évêché , & les biens
de fon propre patrimoine, il vendit jufqu’aux vafes facrez de fon églife,tant
pour racheter les captifs , que pour foulager une infinité de miferables qui
mouroient Je faim. Il dédommagea dans la fuite fon églife, à laquelle il fit
divers prefens , &. qu’il enrichit de précieux reliquaires.
Ce faint *> prélat fut attaqué au milieu de fes travaux apoftoliques, d’une fié- bibij.paji,
vre qui le mina inlenfiblcment pendant les trois dernières années de fa vie, &M-
jufqu’à ce qu’enfin voulant éprouver fi l’air natal ne pourroit pas contribuer à
rétablir fa ianté , il fe fittranfporter à Montauriol , où lès ancêtres avoient fait
bâtir un monaftere fous l’invocation de faint Martin, évêque de Tours.
Il fut à peine arrivé dans ce lieu, firué fur les frontières du Touloufain & du
Querci , à l’endroit où le ruillèau deTefcou quifépare ces deux pays fe jette
dans le Tarn , que fentant fon mal augmenter, & qu’il approchoit de fon
terme , il fe fit adminiftrer les derniers iacremens par l’abbé éc les religieux ,
& mourut enfin au milieu d’eux le premier de Mai de l’an 893. Il fut inhumé
dans le même lieu , àc le concours extraordinaire de peuple qui accourut au
bruit de fa mort, pourafiifter à les funérailles, fut une marque bien fenfible
de la réputation de fainteté qu’il s’étoit acquife. Son corps lut d’abord dépofé
dans un cercueil de pierre près de l’autel, d’où il fut tiré dans la hiitecpour
être mis dans une challè d’argent, êeexpofé à la vénération des fidèles. Les
miracles continuels que Dieu opéra à Ion tombeau , ne contribuèrent pas peu à fuiv-
accélérer fa canonifation, & il étoit déjà reconnu pour faint au milieu d du &tr.p.u>9,
dixiéme fiecle. Le monaftere de faint .Martin où il étoit inhumé avoit déjà
pris alors fon nom , ou celui de faint Audard , qui cft le même. Il prit dans la
fuite celui de Montauban, après qu’Alfonfe Jourdain comte deTouloufe eût
fondé cette ville en 1144. auprès de laquelle il étoit fi tué. Le pape Jean
XXII. l’erigea en cathédrale au commencement du XIV. fiecle, &: il fut dé¬
truit au XVI. par les Calviniftcs qui pillèrent la ch aile du faint, &: difper-
ferent fes ofiemens. On prétend c qu’un pieux ccclcfiaftique trouva moyen eLeBret.au,
d’en recueillir une partie, qu’on conlerve encore dans i’églile de Montauban.
Celle de Narbonne en poflede une petite portion.
Au refte, l’hiftorien de l’églifc ( de Montauban fe trompe vifiblement , lorf- fieBret.au,
qu’il avance que l’abbaye de faint Martin ou de faint Theodard fut fondée
au VIII. fiecle fous le régné de Pépin le Bref , par des religieux de celle
delà Chaife-Dieu en Auvergne, puifque cette derniere ne commença que vers
la fin du XI. Nous n’avons donc rien de certain touchant l’origine de l’abbaye
de Montauban, que quelques traditions fabulcufes rapportées par le même
auteur, & qui ne méritent aucune créance. 'Ce qu’il y a de vrai , c’eft
que cette abbaye fubfiftoit déjà à la fin du IX. fiecle, & qu’elle fut foumifè
dans la fuite à celle de la Chaife-Dieu qui la réforma.Cette dépendance a duré
jufqu’à l’éreclion en cathédrale du monaftere de Montauban, qui fut enfin fé-
cularifé en 1 jïé. trV
On aflùre que vers la fin de l’épifcopat de faint Theodard , & fous celui Tranfiatioo
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f‘1- , _
V. Mab. atl.
SS. Belle dficul.
4. part. 1. p .
$90&feq-
b Pr. ibid.
c Pr .
U 5 8.
8?j.
3t HISTOIRE GENERALE
*r - “ — d’Agilberc évêque de Beziers, deux religieux de l’abbaye de Villemagne dans
dcs^eli u«dc ce dernier diocèle , allèrent, fous prétexte de dévotion a , dans un lieu de l’an-
S.Majanài ab- cien Touloufain, fitué près de la ville de Lombez , à la gauche de la Garon-
ba c de ville- ne î où l’on confervoit les reliques de fa-int Majan confèlleur 5 qu’après avoir
n'atrCf. 4. & fait quelque féjour en ce lieu , ils enlevèrent fecretement ces reliques ,
8c les tranfporterent dans leur abbaye , qui à ce qu’ajoute l’hiftorien de cette
tranflation b , changea alors fon nom de Cogne en celui de Villemagne,
qu’il fait dériver de Villa Maiani 5 mais cet auteur fe trompe en cela ,
puifqu’il eft certain que ce monaftere fubfiftoit déjà fous le nom de ViL
lemagne , dès le commencement du neuvième llecle , comme on peut voir par
le catalogue des monafteres dreffé au concile d’Aix-la-Chapelle l’an 817. Il
eft vrai cependant que l’abbaye de Villemagne s’appelloitc anciennement Co¬
gne. On l’a nomma Villemagne 1 ' Arzentiere , parce qu’il y avoit autrefois des
a v. mines d’argent dans les montagnes du voifinage. Saint Majan fut fon prin-
iT.i ‘p.foït* c^Pa^ patron depuis cette d tranflation.
lv. Charles à qui la pofterité a donné le furnom de Simple , à caufe de fon peu de
EudcsX&ch"rC caPac*té pour le gouvernement , continuoit cependant de difputer la couron-
les le simple, ne de France à Eudes * mais ne fe lèntant pas allez fort pour l’emporter fur
Panagc du^ ce dangereux concurrent , il étoit enfin réfolu d’appeller les Normans à fon
tre ac« C deux fecours , 8c de fe liguer avec eux , quand Foulques archevêque de Reims, fon
piiuccs. Sort principal partifan , averti de ce delTein e , fit tous fes efforts pour l’en dé-
t°urner. Charles étoit réduit à cette extrémité , parce qu’il ne pouvoir plus
jumU.p.60». compter fur Arnoul roi de Germanie, qu’Eudes avoit trouvé moyen de re¬
mettre dans fes intérêts. Ce dernier ayant été obligé d’aller en Aquitaine pour
achever de pacifier le pays , l’archevêque de Reims négocia fi heureufement
pendant fon abfence , auprès de Zuentibold roi de Lorraine , 8c fils naturel
d’Arnoul , qu'il le gagna au parti de Charles , fie l’engagea de s’armer en fa¬
veur de ce prince. Zuentibold entreprit le fiege de Laon. Eudes n’en fut pas
plutôt informé, qu’ayant repaffé la Loire il vint au fecours de la place , 8c
. . obligea le roi de Lorraine à le retirer. A la faveur de ces troubles les Nor-
mans coururent toute f 1 Aquitaine fie la mirent au pillage.
i ,hjd II n’y avoit que la paix entre les deux prétendans au thrône , qui pût faire
i.+JTr s'?s- e*Perer la fin de ces malheurs. Charles 8c Eudes s’accordèrent g enfin par l’cn-
&M- tremife de l’archevêque de Reims , 8c firent un traité , fuivant lequel ils par-
®"6ch' u' 5‘ tagerent entr’eux la monarchie. Les pays fituez entre la Seine , l’Océan , les
Pyrénées, l’Efpagne , Scia Mediterranée, écheurent au dernier , qui en étoit
déjà le maître, 8c qui en demeura parla paifible pollèflèur, à condition nean¬
moins de tenir de Charles cette portion du royaume , 8c de le reconnoître
pour fon feiyicur. Celui-ci eut pour fa part les pays fituez entre la Seine 8c le
Rhin , ce qui fait voir qu’il prétendoit que le royaume de Lothaire devoit lui
appartenir , quoique Zuentibold l’occuppât alors. Cette paix entre les
h xo te iV' deux rois fut conclue vers le milieu de l’an h 896. Eudes continua ainfi de
régner fur l’Aquitaine , la Septimanie , 8c la Marche d’Elpagne jufqu’à fa mort.
On a en effet une médaillé ‘ que la ville de Touloufe ht frapper en fon hon¬
neur.
Ce prince exécuta fidellement l’article de ce traité , fuivant lequel il dévoie
reconnoître Charles le Simple pour fon feigneur ; c’eft ce qui paroît entr’au-
tres par un de fes diplômes k , fuivant lequel il maintint pour le bien de fort
ame , & au nom du roi Charles fon feigneur* le monaftere de Montredon dans la
Septimanie, dans la poflèlfionde fes biens fituez dans les pays deGironne, de
Rafez , 8c de Carcaflonne , 8c confirma les chartes que les rois fes prédecef-
lêurs avoient accordées en fa faveur. Ce diplôme qui eft fans date , eft donc
pofterieur à la paix conclue entre les deux rois. Teneric étoit alors abbé de
Montredon , 8c il avoit fait un voyage exprès à la cour , pour reprefenter à
Eudes la pauvreté 8c le mauvais état de ce monaftere , dont on ignore la vé¬
ritable fituation * il étoit vrai- fcmblablement dans le diocèfe de Narbonne,
où l’on voit un lieu de ce nom.
Durant la divifion qui régna entre Eudes fie Charles le Simple, Louis roi
de Provence étendit fa domination fur la partie de ce royaume fituée à la
droite
Mi
t ■ 374-
896.
i V.Van.hifl.
de Fr. p. 861.
LVI.
Abbaye de
Montredon
dans la Scpti-
nianic.
k Mabill.An-
nal.to.i.p.^oi.
n.69+.
* lnclcmofy-
nam domni &
fenioris noftri
Caroli.
LVil.
Diplôme de
Louis roi de
Provence en
faveur de l’c-
^lifcd’Ulci.
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*
a Prf.) o.<$»
fit-
DE. LANGUEDOC. Liv. XL 55
droite duRhône , fi tant eft qu’il ne l’eut déjà fait aufll-tôt après fon couronne- ^ N
ment. Il eft du moins certain qu’il étoit maître de ce pâys à la fin de l’an 896. ' y
puifqu’Amelius évêque d’Ufez le regardoit alors comme fon fouverain. Ce pré¬
lat ‘fut le trouver en effet à Orange, pour le prier de faire reftituer à fon
églife plufieurs biens qu’on avoir ufurpez , & de la confirmer dans la poffeflion
de ceux donc elle jouilToit a&uellement. Louis lui accorda toutes fes deman¬
des^ lui donna de plus, en confideration de fa fidelité & de fes feruices , de mê¬
me qu’à fes fucceflèurs , & à fa cathédrale de faint Theodorite martyr, l’églife
de faint Baufile fituée au voifinage d’Ufez vers le feptentrion , que faint Fir-
min évêque de cette ville avoit fait conftruire , & dans laquelle il avoir été ,
inhumé 5 celle des laints Julien martyr , André apôtre , 6c Bafililfe vierge ,
bâtie au milieu de la ville par les foins du même prélat ; celle des apôtres
faint Pierre & faint Paul, que S. Ferreol aulïï évêque d’Ufez avoit fait édifier
près de cette ville du côté du feptentrion, 6c dans laquelle il avoit fon tombeau;
& quelques autres églifes ou domaines. Il paroît par un diplôme bdu roi Louis bPr gn.usd
le Jeune , que ces trois églifes appartenoient à autant de monafteres , ainfi ce¬
lui que faint Ferreol avoit fait bâtir à Ufez au milieu du fixiéme fiecle , fub-
fiftoit encore au milieu du douzième.
Arnufte archevêque de Narbonne, obtînt de fon côté en 898. une bulle lviIL
du pape Etienne, lucceflèur deFormofe, pour la confirmation des privilèges Arnufte ^ar*
de Ion églilè. Ce prélat avoit fuccedé immédiatement, à ce qu’il paroîtc, à Narbonne.6
lâint Theodard , quoique les preuves les plus anciennes, que nous ayons de fon Comté ae Mi-
épifcôpat, ne foient que de cette année 5 car il eft faux d qu’il ait tenu un con- nctv0is'
cile à Jonquieres en 894. dans le diocefe de Maguelonne , comme l’ont cru Note xcii.‘
quelques auteurs. La bulle du pape Etienne dont on vient de parler, &: qu’on d vBMiux.net.
peut voir en differentes collections « , eft datée de Rome le 20. du mois à’ Août,
indiftion xiv. la première année après le couronnement d' Arnoul empereur , ce qui Ccatd.mtrrt.
revient à l’an 896. Le pape confirme en faveur d’ Arnufte, qu’il qualifie ar~ P-w- c
thevèque du premier fieçe de la fainte églife de Narbonne , les privilèges de cette tom r p,
églife, de celle de faint Paul de la même ville , 6c du monaftere de faint tMb.m u>.
Laurent qui dépendoit de la première , 6c leur accode la poflèfliôn des biens ^côleutom
qu’elles tenoient de la libéralité des empereurs 6c des rois dans les comtez de j.476 &/‘M.
Narbonne, de Rafez, de Minervois, d’Aufonne, de Beziers,& de Nifmes.Le pape
ajoute que lorfque le fiege de Narbonne viendroit à vacquer, les fucceflèurs
d’ Arnufte feroient tirez du clergé de cette églife , s’il s’y trouvoit quelqu’un di¬
gne d’être élûj & que dans la vacance des autres églifes de la province , l’arche¬
vêque de Narbonne, qui préfideroit à l'élection des nouveaux évêques, pour-
roit propofer quelqu’un de fon clergé , en cas que dans celle qui vacqueroic
il ne fe trouvât aucun fujet capable de remplir le fiege épifcopal.
Nous trouvons ici le titre de comté donné au Minervois ,pays compris alors
dans lediocèfe de Narbonne, & aujourd’hui pour la plus grande partie dans
celui de S. Pons. On pourroit conclure de là que ce même pays étoit gou¬
verné au neuvième fiecle par un comte particulier , & qu’il avoit été détaché
de l’ancien comté de Narbonne , en même tems que ceux de Rafez 6c de Fe-
nouilledes, quifaifoient partie du diocèfe de cette ville. Nous ne connoif-
fons cependant aucun comte de Minervois , mais feulement des vicomtes
de ce pays , dont nous parlerons dans la fuite.
L’année fuivante, le 1 9. d’Avril , Arnufte archevêque de Narbonne çonvo- Seconf’con-
qua un concile à Port f, fur les frontières des diocèfes de Nifmesôc de Ma- ciiedcPon.
guelonne. Sept évêques de fa province y aflifterent ; fçavoir, Willeran de — 7. - *
Carcaflonne, Agilbert de Beziers, Amelius d’Ufez , Bozon d’Agde , Agelard
deNifmes, Servus-Dei de Gironne , 6c Abbon de Maguelonne , avec deux
abbez, Froïa de feint Laurent de Vernozoubre, & Wittard de feint Julien, p‘.i.& fi™ "
& l’envoyé de Durand abbé de feinte Marie. Ce dernier monaftere n’eft pas Cencil- t0f -9>
different* de l’abbaye de Notre-Dame de la Gradé. Le premier, qu’on con-
fond *> mal-à-propos avec celui de faint Laurent fur la nviere de Nielle au *nn*97- »
diocèfe de Narbonne , étoit fitué au voifinage ‘ de celui de faint Chignan , M'
avec lequel il fut uni peu de tems après : enfin le fecond paroît le même que ^sàiux..u,u.
celui de faint Julien d’Ufez dont on a déjà parlé. nïxau,
Tome JJ. E
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r». XXIII.
34 HISTOIRE GENERALE
g ~ Outre ces prélats, un grand nombre d’ecclefiaftiques du fécond ordre, fie
'' ' plusieurs feigneurs de la province fe trouvèrent au concile de Port -y enforte
qu’onpeut le regarder comme une aflèmblée mixte compofée des principaux
membres des deux ordres , pour traiter également des matières ecclefiaftiques
& politiques. Ce concile adjugea à un prêtre nommé Adelbert , l’cglifë de
faint Jean-Baptifte de Cocone au diocèfe de Maguelonne , dont Abbon fon
évêque l’avoit dépouillé. Il eft fait mention dans ce jugement, d’un évêque
nommé Maldomar qui félon toutes les apparences étoit leprédeceflèur d’Ab-
bon. Celui-ci foufcrivit le premier à cette décifïon , à laquelle il confentit, &
apres lui Arnufte de Narbonne , Servus-Dei de Gironne,Truciarius de Beziers,
« v not.Labb. &c- ^a foufcription de ce dernier fait naître une * difficulté , fur ce que fui-
«mai. to.ÿ.f. vant les actes du concile, Agilbert évêque de Beziers y affifta en perfonne -
4B4^t nou\ ma‘s comme il eft confiant d’ailleurs que Trudarius occupoit déjà le fïege
au. épifcopal de cette ville dès le mois dejuillet de la même année , il faut qu’Agiî-
bert fon prédeceffeur foit mort 8c qu’il lui ait fuccedé , ou du moins qu’il
ait été élû, durant la tenue du concile.
lx. Trudarius , que d’autres appellent Fruduarius, évêque de Beziers , fit en effet
Unioa des un échange * avec Rainard ou Reginald , vicomte du comté de Beziers, 8c Dide fa.
Bcîiïïs'&d'Aè- ^efnme > le [amedi r6. Juillet de Pan 897, indittion xv. Ce Rainard n’eft pas dif-
«le- ferent du leigneur de ce nom qui fervit au fiege de Vienne l’an 8 8 1. b fous
feq le roi Carloman ,& à qui ce prince confirma alors la poflèflion des terres d’Af.
b vd-dtjfun P*ran & d’Alignan dans le diocefe de Beziers , qu’il tenoit des Efpagnols
n. xmii. réfugiez dans la Septimanie , fes ancêtres. Comme ces terres étoient à.
la bienféance de l’eglife de Beziers , le vicomte Rainard fie Dide la femme
les donnèrent en échange à l’évêque Trudarius , à l’exception d’une partie
dont ils avoient déjà dilpofé en faveur d’un certain Walcheron, fie qui fut
cVütl.chrifî. nommée pour cela la terre dcWalcheron. On prétend c quec’eft aujourd’hui le
Mw.i.f.4». lieu de Ville-nouvelle. L’évêque de Beziers donna à Rainard en contr’échan-
• ge, du confentement de fes chanoines , 8c au nom de fon églife, le village de
, Tavcls en deçà du Rhône avec la fomme de deux cens fols.
Cet acte eft fouferit après le vicomte 8c Dide fon époufe , par Arfinde
fie par Bozon. Ce dernier fe qualifie vicomte de Beziers & d‘ Jl^dc dans un’ titre
d rr. f. 5i. a p0fter jeur de fix mois , ce qui fait voir que Rainard décéda dans l’inter*
v Andoq. valle de ces deuxades. Il paroît «qu’il n’eut qu’une fille nommée Adélaïde,
Bj1.if.45. qui hérita de lui de la vicomté de Beziers -, qu’elle époufa le même Bozon
c v. note vicomte d’Agde , qui unit par là ces deux vicomtez à fon domaine, fie qu’en-
Xf pr.au. celui-ci étoit fils d’ Arfinde , qui foufcrivit avant lui à l’échange donc on
vient de parler. L’ade où Bozon f eft qualifié vicomte de Beziers fie d’Agde
eft une enquête qui fut faite le 14. Décembre de l’an 897. au fujet d’un
différend que l’évêque Trudarius , fie un certain Amalric avoient à l’occafion
^ArchivUe de cet échange. Bozon poffedoit « la vicomté de Beziers les années X.
** Bf X*' 8e XXII. du régné de Charles le Simple depuis U mort d’ Eudes -, c’eft-à-
dire qu’il en jouit du moins jufqu’en 910. Quant à Trudarius, ilmourutfans
h Andoq au. doute peu de tems après fon échange j car Matfred h lui avoir déjà fuccedé au
M*- mois d’Odobre de l’année fuivante. 11 eft à remarquer que cet acte , quoi
que daté du 16. de Juillet de l’an 897. n’eft cependant que de la IX. année
du regne du roi Eudes , ce qui confirme ce que nous avons dit ailleurs , que
ce prince ne fut pas generalement reconnu dans la Septimanie aulfi-tôt après
fon éledion y caron auroit dû compter alors la dixiéme année de fon regne ,
Mort dû toi ^ut ^a derniere de fa vie.
tuAcs. Charles Ce prince mourut ‘ en effet au commencement du mois de Janvier de l’an
f' ^ I’on en croit un auteur k qui a écrit dans le commencement du
uncfouiondù XI. fiecle , il laiffa un fils nommé Arnoul , qui lui fucccda dans la partie
royaume. de la France que Charles lui avoir cedée , fit qui mourut peu de tems après.
f.^9*1 U“ Cn 1 donne aufliàEudes une fille appellée Oda, laquelle époufa Zuentibold
k Abm.cA. roi de Lorraine , & dont les genealogiftes de la maifon de France ont omis
* u ^a're metMaon- A-ü refte un célébré critique ^ fe trompe , lorfqu’il dit
qu’Hugues le Grand, perc d’Hugues Capet, étoit fils du roi Eudes. Hugues
mp.tgi ^ Qraûd étoit certainement fils de Robert frere du roi Eudes.
n. l.
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DE LANGUEDOC. LrV. XI. ys
Après la more de ce dernier, les principaux Ièigneurs du royaume s’étant An. 898*
aflèmblez à Reims , reconnurent de nouveau Charles le Simple pour leur
roi, &'Foulques archevêque de certe ville l’y couronna pour la fécondé
fois. Cet événement qui rendit ce prince maître de près des deux tiers du
royaume , c’eft-à-dire de toutes les provinces lîtuees à la gauche de la Loire,
où il n’avoit pas encore régné , fut fi mémorable pour lui , qu’il en data la
plupart des chartes qu’il donna dans la fuite. C’eltaulfi à la a même époque,
ou a la mort d Ludes , quil faut rapporter la date de tous les actes dei Aqui- note xvui.
taine , delà Septimanie, & de. la Marche d’Elpagne dans lelquels le regne
de Charles le Simple eft marqué."
Ce prince ne fut pas même généralement reconnu dans ces provinces d’a- G^ikumc le
bord après la mort d’Eudes j car nous avons un titre b de l’abbaye de Monto- pieux marquis
lieu , au dioccfe de Carcaflonne, daté du 22. de Février , la première amiée ^^oifchar-
après la. mort du roi Eudes , 7- C. régnant, & dans l' attente d’un roi idc Guillau- ic> Je simple.
me le Pieux , duc d’Acquitaine , marquis de Gothie & comte d’Auvergne, bpr.p.33.
date6 une de fes chartes, du mois de Mai de l’année de la mort d’Eudes roi des Au-
. , , . . . wrt.tomp.iO»
François & des Aquitains.
Guillaume prend dans cet acte les titres de duc , de comte , & de marquis , ce
2ui prouve qu’il poiîêdoit alors le Duché d’Aquitaine, dont il étoitpar con-
■quent redevable au roi Eudes, qu’il appelle au/li fonfe ignettr dans plu/ieurs
autres d chartes poftericures. II étoit en même tems abbé leculier de lâint iibüp.9.&
Julien de Brioude, comme il paroîtpar divers monumense ; abus alors allez ^Iijd
commun qui s’étoit introduit fous le regne de Charles le Chauve, & qui con- J. 1U
tinuadans le lîecle fuivant, où les abbayes les plus confîdcrables du royau¬
me furent occupées par des ièigneurs iéculicrs , ce qui aftbiblit extrêmement
la difeipline reguliere. Nous apprenons cependantpar une charte ( de Guil- ubu.p-.io.
laume le Pieux, datée du mois d’ Août , la première année du règne de Charles
roi des François & des Aquitains , qu’il reconnut bientôt après ce prin¬
ce, & nous fçavons d’ailleurs que s’etant rendu l’année fuivante à là cour, Char¬
les accorda alors à fa recommandation g un diplôme en faveur de l’abbaye
d’Aurillac.
Si Charles ne fut pas lî-tôc reconnu dans une partie de la Septimanie, le A[)bLax^s>
relie le fournit du moins à l on autorité dès la mort du roi Eudes. C’clt ce Mamnde uz
qui paroît entr’autres par une donation h faite au mois de h^irs, la première
annee du regne du premier , c’eft-à-dire deux mois après ia’mort de l’autre, h Pr ? }J‘
au monaftere de laint Martin dans le pays de Fenouilledes , &: à Ba file fon
abbé. C’eft le plus ancien monument que nous connoilîîons de cette ab¬
baye, qu’on appelloit faint Martin de Lez^* , & qui fubliftoit fans doute long- * DcLenfc.
tems auparavant : elle étoit fituée ‘ dans la partie de l’ancien diocè/è de Nar-
bonne, quicompofe aujourd’hui celui d’Alet, près de la rivicre d’Aude, dans f ^
un vallon nommé Valcarne , à une demie-lieue deQiiillan. Elle fut Horiilànte
pendant le IX. lîecle, & dans les fuivans; mais enfin , les Ièigneurs féculiers
ayant envahi fes biens , elle tomba peu à peu par là dans le relâche¬
ment. Bernard comte de Befalu de de Fenouilledes , la donna k en 1070. à tpt.p.i(9.
celle de faint Pons de Tomieres pour la réformer], & elle n’eut plus depuis que
le titre de prieuré conventuel : on y voyoit encore des religieux au XVI.
lîecle avant les guerres des Religionnaires , qui la ruinèrent de fond en com¬
ble. Les anciens 1 monumens mettent au nombre de fes abbez, Arnaud qui l}ar^c/^‘v- dt
avoit fuccedé à Baille la XXX. année du regne de Charles le Simple ; Se^ ûZbmée.
guier qui la gouvernoit la IV. du roi Lothairc , Ôc Raoul qui vivoit la VIII.
du regne de ce dernier prince.
Charles le Simple après fon nouveau couronnement à Reims , réfolut de chLXIV- d
conquérir® le royaume de Lothaire, dont fes deux freres Louis & Carloman charie"6'^*
avoient été injuftement dépouillez. Dans ce dcllèin il déclara ,1a guerre à simple en fâ-
Zuentibold qui le pofledoit , & qui fe mit en état de défenlè. Les deux ar- r^dc'h pri¬
mées étant en prelènce , n’attendoient plus que le lignai pour en venir aux vince.
mains , quand enfin les deux rois convinrent d’un traité de paix dont nous
ignorons les articles. p. ))f.
On auroit fujec de croire que Charles tourna enfuite fes armes contre Louis
Tome II. E ij
g V. Mab. MÀ
Mnn.
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6 tr. 'tüÂ.
dM4 rc. Hijp.
p
}s HISTOIRE GENERALE
- - roi de Provence , s’il étoit confiant que deux diplômes * qui nous relient du
An. 898 . premjer ^ & qui fonc datez de Vienne le premier de Novembre de l’an 898.
Man ml eu^*ent: dté donnez à Vienne en Dauphiné , plutôt que dans quclcjue palais
r°yal °u mailon de campagne de meme nom. b Par l’un de ces diplômes «,
bv.vaUf.Mt. Charles confirme en faveur d’Arnufte , archevêque de Narbonne, l’églifède
£ 08 cette ville dans la jouiflànce de fes privilèges , ôc des domaines qu’elle avoit
reçus des rois fes prédeccfîèurs } il lui donne l’abbaye de Cubieres dans le
comté deRafez, le fief de Juvignac dans le comté de Subjlantion , &un village
ficac dans le territoire du château de Sauve dans le comté de Nifmcs,pour
en employer les revenus à la réparation de l’églife cathédrale , 8c des autres
çgüfes de Narbonne qui tomboienc en ruine. Cette charte nous donne lieu de
remarquer i°. que le comté de Maguelonne avoit pris alors le nom dcSub-
ftancion, lieu où les évêques 8c les comtes du pays avoient établi leur de¬
meure depuis la ruine delà ville de Maguelonne. Les premiers confervercnt
cependant toujours leur ancien titre : les autres Ce qualifièrent indifféremment
comtes de Subftancion , & de Melgueil ou Mauguio : ils prirent ce dernier
nom d’un château qui étoit le chef-lieu de leur domaine. i°. Que c’eft
ici le plus ancien monument de notre connoiflance , où il foitfait mention
de la petite ville de Sauve dans les Cevennes , autrefois de l’ancien diocèfê
de Nifmes, 8c aujourd’hui de celui d’Alais. Au relie il paroît qu’il y a quel¬
que chofe à corriger dans la date de ce diplôme, qui cft du premier de Novem¬
bre indiHion I. la VI. année du régné de Charles, & la JJ. depuis qu’il avoit fucccdé i
Eudes j car l’indiclion 8c l’année du régné prouvent qu’il appartient à l’an 898.
Or Charles n’étoit alors que dans la première année de Ion règne depuis la
mort d’Eudes.
L’autre charte datée de Vienne, regarde d l’églife d’Elne ou de Roufjillon , 8c
Riculfe fon évêque , à qui Charles donna , à la priere de la reine Adélaïde
famere, pour la réparation de la cathédrale de cette ville, & des autres
églifes du diocèfê, quelques bénéfices ecclclialtiques , ôcla moitié des droits
domaniaux du comté de Rouflillon. Ces deux diplômes font datez de
l’indi&ion première , ce qui prouve que nos rois n’employoicnt pas toujours
l’indi&ion Grecque au IX. fiecle.
Ces aétes prouvent auflî que Charles le Simple regnoit alors fur la Scpti-
manie 6c la Marche d’Efpagne } ce qu’on voit encore par une donation « faite à
l’abbaye de Cuîta , dans le diocèfê d’Elne , la première année du regne de ce
firince , de plusieurs terres 6c églifes ficuées dans la vallée de Confiant , par
a comteffe Ermcflînde , les comtes Rodulfe 6c Miron , 6c la comtefîè Qui-
fr.w.i No- xilo, qui y fouferivirent avec le comte Wifred. Ce dernier cft f le mC‘me que
tb l xxx vu. \>7ifred le Velu , comte de Barcelonne frere de Rodulfe comte de Confiant,
6c de Miron comte de Rouflillon. Ils étoient tous trois fils d’Ermcflinde, qui efl
peut-être la même qui fit cette donation. Quant à la comtefîè Quixilo , elle
étoit femme fans doute de l’un de ces deux derniers.
l_xv. On voit enfin que le roi Charles le Simple étoit reconnu dans le Langue-
Difftrcnddu doc au mois de Décembre de l’an 898. par un plaid g qui fut tenu alors i
veT 'l'abbaye Alfonne dans le diocefe de CarcafTonne , fur les frontières de l’ancien Tou-
loufain, 6c qui eft daté de la première année du regne de ce prince. Rai-
nulfe abbé du château de Mallaft ou de Montolieu , fe plaignit devant l’af-
lèmbléc , de ce que Aton viguier ou vicomte d’Eudes comte & marquis de
T ouloufe , avoit envahi fur fon monaftere les terres d’un village appelle Ma-
gnanac. Aton qui prétendoit que ces terres dépendoient d’un lieu voilïn
nommé Ramelinde , qui étoit de fon domaine , oonvint d’envoyer Oliba
fon viguier fur les lieux , pour faire des informations -y après lefquelles
l’abbe ayant prouvé en prelènce de plus de vingt juges aflemblez fur ce
fujet , que les mêmes terres appartenoient à fon monaftere , fuivant les
chartes des rois Pépin 6c Charles, un jugement rendu par le comte Frede-
lon, & une enquête faite auparavant devant Rodegille viguier , l’abbaye de
K Mabil ai Montolieu fut maintenue dans la pofleffion de ce domaine*. Un célébré h auteur
ann. 840.’ ». qui fait mention de ce jugement, le rapporte aux premières années de Char¬
les le Chauve j mais il s’eft trompé , car il eft confiant qu’Eudes comte de
c M*rc ttifi
vicomte
tvcc l’abbay
de Montolieu.
gPr-?*3f-
*6.
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DE LANGUEDOC. Liv. XI.
57
Touloufe qui vivoic alors, ne pofleda ce comté que iong-tems après iecom- A n. 898.
mencement du régné de ce prince. Il paroîc qu’Aton 'vicaire du comte
Eudes , étoit fils d’un autre lèigneurde meme nom a, vicomte dans le Toulou- a v ’■ hôtes
fain en 8675 que ce dernier, outre Aton II. dont nous venons de parler , x£x#i. ^
lequel fut probablement la tige des comtes héréditaires de Touloufè, de
Milhaud en Rouexgue , & de Gevaudan , eut un autre fils nommé Bernard ,
qui a donné l’origine aux vicomtes d’Albi , de Nifmes , & de Laurrec.
Charles le Simple &.le roi Zuentibold confirmèrent b l’année fuivante Je trai- lxvi.
té qu’ils avoient déjà conclu. Charles étoit alors aux environs de Reims dans d; ^evscaudc
le palais de Tumus ou T orn , que quelques-uns ont pris pour T urin en Piémont, Charies/cSim-
mais dont la véritable fituation étoit fur la riviere c d’Aiine ,à l’endroit qu’on
appelle aujourd’hui la Tour, ou du moins fiir la d Sare. Ce prince donna dans dcdîvcrs ’icî-
ce palais divers diplômes en faveur des egliies 8c des particuliers de la Se- gneurs de Scp-
ptimanie & de la Marche d’Efpagne , depuis le 2 p. de Mai, jufqu’au 14. Juin, ainanle' _ _
Indicé ton IJ. la VJ J. anncc de fon régné 3 & la IJ. depuis fa fuccejjion aux états du 8 pp.
roi Eudes * ce qui convient parfaitement à l’an 8pp. b ^ nnai Met.
Servus-Dei évêque deGironne*, y obtint la confirmation des privilèges c
de fon églife , 8c Durand f abbé de Notre-Dame d’Orbieu ou de la Gra lie , qui
fe trouvoit alors à la cour, cejlc de tous les domaines que fon abbaye poil S9?M
fedoit dans les pays de Carcaflonne , Narbonne, Confiant & Raièz , & dans *.*7"* ^
les autres provinces. Il cft fait mention, entre ces domaines, de l’égliiè deiaint -e Jb}J p
Pierre 8c fàint Paul dans Pille de Lac, au territoire de Narbonne, que le le-w.
comte Wifred avoit échangée avec Fredol archevêque de cette ville, 8c de r/Pr'p
deux autres églifcs fituées dans le Rafcz &; le pays de Pierrc-Pertuiê , que J‘q'
U comte Ohba de Donne mémoire , avoit données à fa même abbaye.
Arnufte archevêque de Narbonne & de Rafcz^, qui le trouvoit alors à la cour
de Charles le Simple , obtint de ce prince deux diplômes g datez du même pa- g Pr ,7e$.
lais le 6. de Juin. L’un qui eft adrcllë à tous les marquis , comtes, ducs, vi-Aî-
guiers, juges, &c. regarde les immunitez des ecclefiaftiques de la province
de Narbonne, fur lelquelsccs officiers failoicnt diveriès exactions, 8c qu’ils
contraignoient de férvir de caution, de comparaître aux tribunaux feculicrs,
d’affifter aux plaids , 8cc. Le roi défend de vexer ces ecclefialtiques , 8c or¬
donne que déformais leurs affaires /croient jugées par les évêques , con¬
formément aux canons. L’autre charteh cft particulière à l’égli/e de Narbon-
ne, que Charles lur les reprelentations du même Arnufte, 8cà la prière deyf '
la reine Adélaïde la mere , confirma dans fes anciens domaines, 8c dans ceux
que l’archevêque Sigebode avoit obtenus des rois Louis Ion pere, &Cario-
man fon frere , fes predcccllèurs. Ces derniers domaines confiftoient entr’.
autres dans l’abbaye de faine Laurent fur la riviere de Nielle , que Carlo-
man «avoit unie à l’églife de Narbonne. Charles confirma k cette union , à 1 KPr’/’1®'
la charge que l’archevêque entretiendroit une communauté de religieux dans^Pr'^'}8 <^
ce monaftere , & fournirait i leur fûbfiftance. Il unir aulfi à la même églife
l’abbaye de Cubieres dans le comté de Rafez , 8c celle de Bagnols dans ce¬
lui de Befalu , 8c lui donna « toutes les terres , maifons , vignes , 8c autres «
biens fonds que -les Juifs pofledoient dans le comte de Narbonne, & donr on «
avoit accoutumé de payer la dixmc , de quelque maniéré qu’ilsen eufïènt «
fait l’acquifition : » ce qui noi^f donne lieu de remarquer que les Juifs de la
Septimanie ne jouiffoient plus alors , comme fous le règne de Louis le Dé¬
bonnaire , du privilège de pouvoir poffèder des immeubles. Au refte oh voit
par ce diplôme, que Péglife de Narbonne étoit toujours réduite à une gran¬
de pauvreté 5 que la cathédrale 8c les autres égli/es de la ville menaçoient
une prochaine ruine , 8c que le comte de Beziers polîèdoit les biens qu’il
avoit ufurpez fur Péglife de faint Paul , de même que fous le régné de Louis le
Begue 8c de Carloman qui en avoient ordonné la reftitution , & uni divers
bénéfices d Péglife de Narbonne, pour la réparation de la cathédrale & des
autres eglifès : preuve de la foiblefiè du gouvernement } & que nonobftant
tous les bienfaits que les églifes recevoient alors de nos rois, elles n’en étoient
pas plus richesse qui provenoit fans doute , de l’autorité que les grands vafiâux’
qui avoient ufurpe les biens ecclefiaftiques , s'étoient arrogée.
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Aft. 899.
a Marc.HiJp .
>•8 y.&feq.
* Rofllüonen-
4a.
b Spicil. torn.
ÏJ. p. 1 tff. <$•
/'?•
V Màb.adann.
*97 *.i$.
t Marten.
Anecd. to # i,/#
5*.
LXVtl.
Guillaume le
Pieux marquis
tic Gothie fait
un voyage à la
cour.
d Mob. ad
ann. S99. &
*ci.SS.Ben. to.
f-M- .
e V to. 1 NO¬
TE LXXXVII.
n.yy&fcq.
( S Odo vit. S.
Gerald p. 67.
&/“}■
g Ibid. lie.
&feq. V. not,
Cbefn ,
h Ibid.l. 1. p.
200.
i Ibid.
Adem. Cab.p.
38 HISTOIRE GENERALE
Charles accorda le même jour un troilléme diplôme à a la recommanda¬
tion d’Arnufte archevêque de Narbonne , en faveur de l’églife de RouffiL
Ion * , dédiée fous l’invocation de fainte Eulaiie. Ce prince permet à
Riculfe fon évêque de faire des acquifitions dans tout fon royaume de Go --
■thie ou d‘ Efpagne , & donne la moitié des droits domaniaux dans toute l’é¬
tendue des pays de Rouflillon & de Confiant qui formoient le diocèfe de ce
prélat, Sc enfin tout ce que le fife étoit en droit d’exiger des Elpagnols réfu¬
giez, appeliez Hoftolenfes , qui habiroient fur les terres de cette églife. On
voit par là que la Septimanie ou Gothie portoit encore alors le titre de royau¬
me , Sc que la ville d’Elne s’appelloit RouJJillon comme le pays , dont elle étoit
capitale.il eftfait mention dans cette charte des terres que le comte Miron avoit
données à la même églife.
Charles en donna une quatrième le 6. dejuin b dans le même palais deTom ,
pour confirmer dansfes privilèges l’abbaye deS.Agnan confeffcur,&:deS.Laurenc
martyr, fituéedans le lieu d ’Olocian, au diocèlè de Narbonne, & dont Bera
étoit abbé. Cette abbaye n’eft pas differente de celle de faint Chignan ,
qui appartient aujourd’hui au diocèfe de faint Pons , Sc à laquelle on avoit
uni depuis peu çelle de faint Laurent de Vernozoubre, lîtuée dans le voi-
finage.
Enfin Charles étoit encore au palais deTom le 14. dejuin. Il y donna alors
un diplôme «par l’entremife de la reine Adélaïde fa mere, & à la demande
d’Arnufte archevêque de Narbonne , pour confirmer un de les vaflaux nom¬
mé Etienne, Sc Anne la femme , dans la pofleflion d’un grand nombre de
terres, Sc de plufieurs églifes fituées dans les pays & comtez de Narbonne,
■de Rouflillon , d’Empurias & de Minervois , avec le privilège de les pofleder
héréditairement en alleu Sc en toute liberté. Etienne defeendoit fans doute de
quelqu’un de ces Efpagnols réfugiez dans la Septimanie , en faveur defquels
Charlemagne & Louis le Débonnaire accordèrent en hérédité diverfes terres
incultes du domaine de cette province.
Guillaume le Pieux comte d’Auvergne , marquis de Gothie , Sc duc d’A¬
quitaine , follicita d en même tems auprès de Charles un diplôme en faveur
de l’abbaye d’Aurillac , fondée quelques années auparavant par faint Ge-
raud , qui, à ce qu’il paroît e , étoit fon parent, & avec lequel il avoit du
moins des liaifons très-étroites. Geraud étoit d’une { naiffance très-illuftre ;
Sc avoit été élevé dans fajeunefle fous les yeux de Bernard comte D’Auver¬
gne , qui dans le tems de fà mort lui recommanda le même Guillaume fon
fils alors encore jeune. Geraud vécut toujours dans une grande union avec
ce dernier , qu’il regardoit comme fon fils ; il y eut cependant une occa-
fion où ils faillirent à fe brouiller : la voici.
Suivant l’ufage établi à la fin du IX. fiecleg, les ducs Sc les comtes, qui
à la faveur des troubles du royaume, s’étoient érigez en fouverains des pays
dont auparavant ils n’étoient que fimples gouverneurs , tâchoient par toutes
fortes de moyens de s’aflujettir les vaffaux immédiats du roi , 8c les obli-
geoient à fe foumettre à leur propre fuzeraineté. Guillaume fe conformant
à cet ufage , n’omit rien pour engager Geraud qui étoic feigneur ou comte
d’Aurillac à fe déclarer fon vafTal ; mais celui-ci , quelque dévoué qu’il fût à
ce duc , n’y voulut jamais confèntir , ce qui^aufa quelque refroid iftèment
entr’eux. Tout ce que Guillaume put obtenir, fut que Geraud confêntit
que Rainald fon neveu , Sc un grand nombre de gentilshommes qui rele-
voient de lui, reconnuflènt ce prince pour leur feigneur. Rainald étoit fils
d’Avigernc , fœur de Geraud h , 8c frere de Benoît vicomte de Touloufe donc
nous parlerons ailleurs.
Saint Geraud 8c le duc Guillaume vécurent depuis en très-bonne intelli¬
gence , Sc le premier fervit fous les enfeignes de l’autre , qui pour marque de
la confideration qu’il faifoit de fa perfonne , lui offrit ‘ fa fœur en mariage.
Ermengarde, mere de Guillaume, iouhaitoit extrêmement cette alliance;
mais l’amour que Geraud avoit pour le célibat la lui fit refufer , Sc il
s’adonna entièrement aux œuvres de pieté. L’attachement qu’il avoit pour les
intérêts de Guillaume le Pieux, Sc du jeune Ebles fils de Rainulfe II. comte
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DE LANGUEDOC. Ltv. XI.
39
de Poitiers l’obligea cependant de prendre les armes * contre Ademar, à An. 899.
qui le roi Eudes avoit donné ce comté y ' 8c qui foutenu d’Adalelme fon a rn.s.Gtr*u-
frere, lui déclara la guerre. Geraud la foutint avec fuccès par une prote- fv^jtchèjn.
cfion toute vifible du ciel j mais il fe vit à peine délivré de fes ennemis, j>.
que fou unique foin fut de s’exercer dans la pratique des vertus, 8c d’affer¬
mir la fondation du monaflere d’Aurillac qu’il avoit bâti dans fon pro¬
pre fonds. Il y naU des religieux tirez de l’abbaye de Vabres en Rouergue,
& Guillaume le Pieux obtint en & faveur du roi Charles le Simple , le
diplôme qui a donné lieu à cette digreffion.
Ce duc alla peut-être à la cour pour folliciter du fècours contre les Sara- LXVInîje,
fins, qui au rapport d’un ancien hiftorien b , firent en 899. une irruption
dans les Gaules, & qui durent par conféquent pénétrer dans la Gothie dont roideProven-
Guillaumc poflèdoit le roarquifat , à moins que cet auteur ait voulu parler feu- «ft
lemcnc de quelques çourfes des infidelles qui s’étoienC cantonnez dans les couronné cm-
montagnes de Provence , 8c qui pendant l’abfence de^Louis roi de e Pro- Pcreur-
vence, peuvent avoir fait de nouvelles entreprifes entre le Rhône & les Al-
pes. Ce prince paflàen effet en Italie vers le printems de l’an 899. après mi. lM. f.
la mort de l’empereur Lambert, qui difputoit le royaume de Lombardie à II*-
Berengei. 11 y fut appelle par les ennemis du dernier, dont le principal c LuUpr.h-
étoit Adelbert marquis d’Y vrée fon propre gendre. Louis accepta d’autant 'aZm.nZftn.
plus volontiers l’offre qu’on lui fit de la couronne de Lombardie , qu’il pré- «-O?-
tendoit y avoir droit par fa mere, fille de l’empereur Louis II. mais il eut ^kqtzv.'
à peine palfé les Alpes, que Berenger ayant marché à là rencontre à la tête
d’une année fuperieure à la Tienne , il n’olà l’attaquer , 6c s’eftima heureux
d’obtenir, par un traité qu’ils conclurent enfemble, la liberté de retourner
en Provence, après s*ètre engagé par ferment à ne plus remettre le pied dans
l’Italie, & avoir renoncé pour toujours au thrône de Lombardie.
Cet événement ne rendit pas les ennemis de Berenger plus fournis. Ils fonge-
rent alors à offrir le royaume de Lombardie à Arnoul empereur 6c roi de
Germanie } mais celui-ci étant mort e à la fin de l’an 899. 6c Louis fon fils c Annal- Met-
& fon fucceflèur âgé feulement de fept ans , fe trouvant hors d’état de ;X/.r«w.
les foutenir, ils i appelèrent de nouveau Louis roi de Provence. Adelbert P-f5*4. ,
marquis de Tofcanc , l’un des plus puilîàns princes d’Italie , étoit alors ReginMU.' ^
mécontent de Berenger, ce qui fit qu’il promit à Louis de l’aider de toutes
fes forces. Sur cette promefîe, ce dernier malgré fon ferment , repaffà les
monts au printems e de l’an 900. fuivi d’une armée bien plus nombreufe que 8 K0TE v-
celle qu’il avoit amenée dans fa première expédition. Ses armes furent aufïï
plus heureufes : d’abord il fe rendit maître d’une partie de la Lombardie , 6c
rorqa enfin Berenger à abandonner Pavie qui en étoit la capitale. Il fit
enfuite un voyage à Rome , où il fut couronné empereur au mois de Février
de l’année h luivante par le pape Benoît IV.
Louis apres fon couronnement retourna à Pavie , 6c continua la guerre
contre Berenger , qu’il obligea à fe retirer en Bavière vers la fin de l’autom¬
ne de l’an 901. L’année fuivante au mois de Juillet, ce dernier ayant appris
que l’autre étoit alors brouillé avec Adelbert marquis de Tofcane, repaffà
les Alpes, s’avanqa fecretemenc à la faveur de la nuit vers la ville de Véro¬
ne où Louis étoit alors , 6c ayant gagné les fentinelles , il fe faifit de fa per-
fonne. Il lui accorda cependant la vie avec la liberté, mais il lui fit crever
les yeux, ôc le renvoya enfuite en Provence. Louis , forcé d’abandonner la
Lombardie , après un régné de trois ans , ôc d’en laiffer la couronne à fon
.concurrent , vint établir là réfidence à Vienne fur le Rhône. Il conferva le
titre d’empereur avec le royaume de Provence lerefte de fa vie , qui fut beau¬
coup plus longue ‘ que divers modernes ne l’ont cru. Il paroît même qu’il i au.
fut reconnu empereur dans Rome jufqu’en 9 16. que Berenger trouva moyen
de s’y faire donner la couronne impériale par le pape. Louis de retour de
fes états en deqa des Alpes , gouverna par les miniftres le royaume de Pro¬
vence, qui comprenoit, comme on l’a déjà remarqué , la partie orientale du
Languedoc, c’eft-à-dire les diocèfes de Viviers k 6c d’Ufez, avec la partie de k au.
ceux de Vienne , de Valence , d’Avignon ôc d’Arles, fituée en deqa du Rhône.
901.
h NOTE itid-
901.
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An. 901,
Lxm.
Concile dJA-
fïllanaudiocd-
ïc de Narbon¬
ne.
a Pr.f. 41.
* Examen ju-
dicii.
y
b Marc.Hifp-
V. NOTE J V.
LXX.
Comtes de
Rouflillon.
c Marc. Hifp.
f- 835-
c Marc. Hifp ,
MJ 9-&M-
40 HISTOIRE GENERALE
Les entreprifes continuelles des Normans dans les provinces fituées au
nord du royaume, ne permirent pas fans doute à Charles le Simple de faire
valoir fes droits fur cette ancienne partie de la monarchie , ni d’inquieter
Louis.
Quoique la Provence & la Septimânie fufïènt fous la domination de diffè-
rens princes, ces provinces ne laifloient pas neanmoins de communiquer cn-
tr’elles. C’eft ce qu’on voit en particulier dans le concile qui fut tenu dans *
l’églifè de faint Etienne d’Attilian au diocèfe de Narbonne le 15. de Juin
de l'an 902 . la jy. année du régné de Charles après la mort d'Eudes , & auquel
R oftaign archevêque d’Arles , gelés autres évêques de Provence aflifterent. Le
lieu d’Attilian, où ce concile fut tenu , n’eft pas fans doute different de la
petite ville d’Azille ou Azillan , fituée fur les frontières des diocèfes de
Narbonne & de faint Pons. Arnufte archevêque de Narbonne préfida au
concile , auquel les évêques de Gothie & d'EJpagne fes comprovinciaux Ce
trouvèrent , ce qui confirme ce que nous avons remarqué ailleurs , fqavoir
que depuis la féparation de la Septimânie d’avec la Marche d’Efpagne , le
nom de Gothie, commun à ces deux provinces lorfqu’elles ne fdrmoient
qu’un même gouvernement , fut reftraint à la première.
Le concile d’Attilian jugea un différend qui étoit entre Tetbaldus prêtre
titré , c’eft-à-dire curé de fainte Marie de Vie , autrement de Quarante au
diocèfe de Narbonne , & un diacre appelle Theodoric qui vouloir afTujettir
cette églifè pour les dixmes, les prémices & les oblations , à celle de fainte
Eulalie de Cruzi. Tetbaldus pour prouver l’indépendance de l’églifè de Qua¬
rante, envoya un homme à la cathédrale de Narbonne pour' y fubiren fon
nom, ce qu’on appelloit alors C examen * du jugement , qui fe faifoit par l’é¬
preuve du feu*ou de l’eau froide. Arnufte archevêque de Narbonne, à qui,
lùivant les aftes , appartenoit l’infpeétion fur les égliles de fon diocèfe , & qui
avoit la principale autorité dans le concile pj ayant rendu témoignage qud cet hom¬
me étoit forti fain & fauf de cette épreuve , les évêques décidèrent en faveur
de Tetbaldus, & déclarèrent l’églifè de Notre-Dame de Quarante indépen¬
dante de celle de Cruzi. Celle-ci eft aujourd’hui du diocefe de faint Pons.
L’autre qui appartient à celui de Narbonne, fut érigee depuis en abbaye,
& habitée par des chanoines réguliers.
De tous les évêques qui aflifterent au concile d’Attilian , nous n’avons que
les fouferiptions d’Arnufte archevêque de Narbonne, & de quatre évêques
qui ne marquent pas leurs fieges j fçavoir , Servus-Dei , Riculfe , Nantigife , &
Agambertj mais excepté l’éveché de ce dernier, les trois autres nous font con¬
nus d’ailleurs. Nantigife étoit évêque d’Urgel , Servus-Dei de Gironne, & Ri¬
culfe d’Elne ou de Roulfillon. Ce dernier avoit fait un voyage à Rome b au
mois d’Ocfobre de l’an 897. ôc avoit obtenu de Romain , qui flegeoit alors fur
la chaire de faint Pierre , la confirmation des donations faites à fon églife ,
entr’autres par Miron comte de Rouflillon.
Ce comte vivoit encore au mois de Juillet de la IV. année de Charles le
Simple, ou de l’an 901. & rendit c alors un jugement en faveur de l’abbaye
de Cuxa. Comme il n’eft plus parlé de lui dans la fuite , il y a lieu de croire
qu’il mourut peu de tems après. Quoi-qu’il paroifle que les comtes de Rouf-
fillon fes fucccfTeurs fufïènt de fa famille , qui étoit la même que celle des
comtes de Barcelonne , nous ne connoiflons pas bien cependant leur defeen-
dance. Nous trouvons d’abord un comte nommé Radulphe ou Raoul, qui
de * concert avec Ralinde fon époufe, donna la VI. année du régné de
Charles le Simple, ou l’an 904. à l’abbaye de la Graflè, le lieu de Padil-''
landans le Rouflillon. Nous ne doutons pas qu’il ne file comte de ce pays,
& peut-être eft-il le même que Raoul comte de Confiant qui aura fuccedé
à fon frere Miron , dans le comté de Rouflillon. On voit par la même
donation du comte Raoul, qu’il avoit alors un fils nommé Oliba. Nous igno¬
rons fi celui-ci lui fucceda dans fes dignitez.. On trouve « enfuite Bencion &
Gausfred, freres dAlmerade évêque d’Elne, qui poflèdoient le Rouflillon par
indivis en 916. Le premier mourut vers le même tems , &, à ce qu’il paroît,
fans pofterité } car Gausfred fon frere , qui lui furvêcut long-tems , jouir
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DE LANGUEDOC. Liv. XI.
4*
du comté de Rouflillon en entier. On*conje<fture qu’ils étoient fils du comre An. 902.
Suniarius, 6c d’£rmengarde donc le même Gaufbert fait mention dans une g
charte b de l’an 9 3 o. On peut encore conjecturer qu’ils écoient proches parens * ' 5
des comtes de Carcaffonne ôc de Rafez qui vivoient alors , 6c parmi lefquels on
trouve les noms d’Oliba 8c deBencion.
L’alliance que Guillaume le Pieux duc d’Aquitaine , marquis de Gothie
& comte d’Auvergne , avoir contractée avec l’empereur Louis l’Aveugle , donc
il avoir époufé la foeur nommée Ingelberge , contribua fans doute beaucoup Louis l'Avcu-
" . ' ‘ ’ " ' ;Jc avecGuil-
umcIcPicux.
b P. 8 4<-
c V. tcm. x.
N. LXXXVU.
n. 109. &feq •
LX XI.
Alliance de
l'cmpcrcur
d Matil. gd
e BaIuz.Auv.
xo.
h Pr.p. 43.
903.
i Pr.p.43.
LXXIf.
Royaume de
à affermir le dernier fur le thrône de Provence) 8c à maintenir l’autre dans
l’autorité qu’il s’étoit acquife par fes dignitez, fur une grande partie du royau¬
me. L’union qui écoi tenir 'eux parole en particulier par un diplôme que Louis
étant d à Vienne fur le Rhône au mois de Novembre de l’an 902. peu de amJcZn. îÿ
tems après Ion retour d’Italie , accorda à la priere de Guillaume duc & mar~
qui s , en faveur de Bernard 6c Teutberc fes valîaux, à qui il donna l’abbaye
d’Ambierle dans le Forez , à la droite du Rhône. Le royaume de Provence
s’étendoit donc alors jufques dans ce pays. Quant à l’époque du mariage de Guil
laume le Pieux avec Ingelberge foeur de Louis, on « convient qu’il ne fe fît tc.j.p.u.
qu’après l’an 8 8 6. 6c fans doute même plufieurs années après , puifqu’il paroît
certain f que cette princefîè étoit fille d’Ermengarde fécondé femme de Bozon nf
roi de Provence , que ce prince n’époufa qu’en 876. Auffi n’avons-nous s aucun
monument qui prouve que Guillaume le Pieux & Ingelberge ayentété mariez l-
avant l’an 898.
Louis , frere de cette princefle , fit un voyage à h Lyon au mois de Septem¬
bre de l’an 903. 8c y donna, à la recommandation du comte Teutberc, dont
on vient déparier, à Amelius évêque d’LJfez [on vafîaf le lieu de Fretus , 6c
J’églife de faint Remi dans le comté d’Avignon: nouvelle preuve que Louis
l’Aveugle étendoit fa domination à la droite du Rhône. Il paroît d’ailleurs »
que ce prince étoit maître du Vivarais. O11 voit par là que ce pays, 8c celui
d’Ufez étoient alors frontières du royaume de Septimanie.
Il eft fait mention de ce dernier royaume dans une charte du roi Charles k le
Simple du 23. de Juin de l’an 904. par laquelle ce prince , à la recommanda- ;
tion de Robert, frere du roi Eudes, donne en propriété à un de fesvaffaux
nommé Theodofc, tant pour lui que pour fa pofterité, plufieurs terres qui f
appartenoient au fife dans le pays de Narbonne , 8c dans les comtez de Rouf. ^ 0 4.
fillon 8c de Bezalu,avec la liberté défaire des acquifitions dans tout fon royau¬
me de Gothie ou de Septimanie ., fans être ajfujctti à aucun fervice. Charles fou-
mec en meme tems tous ceux qui failoient leur demeure dans ces terres ,aux
mêmes corvées 8c obligations à l’égard deTheodofè 5c de fes fucceflèurs , aux¬
quelles les Efpagnols réfugiez, ou autres valîaux , étoient affujettis envers les
comtes du pays. Un privilège fi fingulier 1 prouve que ce feigneur, dont on
ne connoîc pas l’origine , étoit un perfonnage de confideration.
Cette charte prouve auffi que le royaume de Gothie , ou de Septimanie dont
il eft parlé dans divers autres monumens m du X. fiecle, s’étendoit en deçà 6c ïw*.
en delà des Pyrénées, 6c qu’il comprenoit non-feulement la Septimanie pro¬
pre, ou partie du Languedoc avec le Rouffillon , mais encore la Marche DBa/ut_
d’Efpagne ou Catalogne , contre le lèntimenc d’un moderne n qui paroît fou- com.i d Jd.’p,
tenir que le feul diocèfe d’Urgel , dans la Marche d’Efpagne , étoit compris 6-&Mq-
dans ce royaume. Au refte la charte donjon vient de parler eft datée devien¬
ne, ce qui pourroit peut-être faire croire que Charles le Simple s’étoit avancé
alors du côté du Rhône pour faire la guerre à Louis roi de Provence. Mais
outre que nous trouvons en Champagne un° palais appellé Vienne où Charles lxxiii
aura été plus vrailèmblablement , les entreprifes continuelles que les Normans Rérabiifle-
faifoient en ce tems-là dans l’interieur du royaume , ne permettoient gueres à bàyed^'orc^
ce prince de s’engager dans une pareille expédition. P Mab.adann.
On croit que ces pirates detruifirent vers le même tems le monaftere de 8*°' ”• &
fainte Marie de Soreze dans leTouloufain. On fçaitp du moins que l’églife de g aii.chafl.
ce monaftere avant été confumée par le feu, Walefride qui en étoit abbé , no,v ■ td- •, l-
6c les religieux , vendirent pour la reparer, la cinquième annee du régné ^.mpr.p.i 70.
de Charles le Simple en Aquitaine, ou vers l’an 903. le lieu 6c prieuré de ©’M-
T ome IJ. F
1 V. Marc.
Mft-Ï 377-
o V. Valef% not .
Gall.
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A N. 905.
* CcIIa Mc.
LXXIV.
Mort d’Acfrcd
comte de Car-
calîonne & de
Rafez. Scsluc-
cciîcurs dans
ces comtez.
*Pr.p. 43 &
te-
906.
b V.to. 1. NO¬
TE L XXX VU.
n. 108.
c Labbe Mef-
Ung.p.i 10.
Baluz .. 4uv.
tom.L.p.n.
d V. to. x .NO¬
TE LXXXVII.
n. IOf. &fcq.
cPr.p.i9.
LXXY.
Conciles de
Bareelonne &
cS.Tibcri.
fPr-?-47-©>
f'1-
g ÜU.p. 44.
& Mi-
41 HISTOIRE GENERALE
Saramon * fur la Gimone au diocèfe d’Auch , avec fes dépendances , fituées
tant dansie même diocèfe, que dans le pays de Savez, portion de l’ancien
Touloufain. Ils aliénèrent ce prieuré, qui avoit été fournis à leur abbaye fous
le régné de l’empereur Louis le Débonnaire, pour le prix de mille fols, en fa¬
veur de Garfias comte Sc marquis de Gafcognc , à qui ils en cederent feule¬
ment la jouilfance pendant fa vie , à condition qu’a'près fa mort il leur revien-
droic. Ils s’y déterminèrent .d’autant plus volontiers, qu’ils étoient troublez dans
la poflêflion de ce monaftere Sc de fon domaine par les feigneursdu voilinage qui
avoient envahi fes biens , Sc qui en maltfaitoient les religieux. Cet ade de
vente eft fouferit par Armand évêque , le même fans doute que l’évêque de
Touloufe de ce nom qui vivoit alors , Sc dansie diocefe duquel étoit fituée
l’abbaye de Soreze.
Les fuccelîèurs du comte Garcias fe mirent peu en peine de reftituer à l’ab¬
baye de Soreze le lieu de Saramon , comme ils y étoient obligez : ils le
gardèrent jufques vers le commencement du neuvième iiecle , qü’Odon fils
& fuccefleur d’Arnaud comte d’Aftarac , & de la comteflè Atalafe , y fonda
un monaftere fous l’invocation de faint Pierre. Raymond abbé de Sore¬
ze & fes religieux , renouvellerent alors leurs plaintes au fujet de cette ufur-
pation, ce qui engagea enfin Sanche comte d’Aftarac, fa femme. Scieurs fils
Guillaume & Arnaud, à le leur reftituer. Depuis ce tems. là le monaftere de Sa¬
ramon fut fournis à celui de Soreze , dont l’abbé fut tiré indifféremment de
l’un ou de l’autre.
Acfred I. comte de Carcaffonne Se de Rafez, Se beau-frere de Guillaume le
Pieux comte d’Auvergne, marquis de Gothie Se duc d’Aquitaine, mourut ,
vers la fin de l’an 905. ou au commencement de l’année fuivante. C’eft ce
qui paroît* parla délivrance que firent le 19. Février de l’an 906. Adclinde
fa veuve, Se fœur du même Guillaume, Aldebrand abbé, Se les autres exé¬
cuteurs teftamentaircs de ce comte , à Rainulfe abbé du château de Mallaft ,
ou de Montolieu au diocèfe de Carcaffonne , du lieu ôc de l’églife de faint Mar¬
tin , fttuez près de la montagne de Baflcra dans le comté de Rafez , Se de quel¬
ques autres domaines qu’Acfred avoit leguez à ce monaftere par fa derniere
difpofition.
L’ade eft fouferit par Acfred fils de ce comte , qui avoit deux autres fils
d’Adclinde fâ femme, Bernard Sc Guillaume. Il paroît b qu’aucun d’eux ne lui
fucceda dans les comtez de Carcaffonne Sc de Rafez, qu’ils les abandonnèrent
entièrement aux fils d’Oliba II. leur oncle paternel , qui avoit polfedé autrefois
ces deux comtez par indivis avec Acfred leur pere , Sc qu’ils fe retirèrent au¬
près de Guillaume le Pieux leur oncle maternel. Guillaume Sc Acfred fucce-
derent l’un après l’autre dans la fuite à ce dernier 5 d’où l’on doit inferer que
Bernard leur frere, qui eft d’ailleurs nommé le premier des trois dans les an¬
ciens monumens c étoit l’aîné , Sc qu’il mourut avant Acfred fon pere , ou du
moins avant Guillaume le Pieux fon oncle 5 car fes deux freres fuccederent
immédiatement l’un après l’autre à celui-ci , fans qu’il foit fait aucune men¬
tion de lui. Les comtés de Carcaffonne Sc de Rafez demeurèrent donc entière¬
ment après la mort d’Acfred I. mari d’Adclinde , à fes neveux Bencion Sc Ac¬
fred , qui avoient déjà fuccedé d dans une portion de ces deux comtez , à Oliba
ILleur pere, frere du même Acfred I. Ce dernier laiflâ e auffi par fon teftament à
l’abbaye de la GrafTedifferens biens Ætuez dans le Rafez.
Rainulfe abbé de Montolieu , ou Bozonf fon fuccefleur immédiat , fe trou¬
vèrent fans doute au concile delà province de Narbonne g qui fut tenu en
906. dans l’églife cathédrale de fainte Croix de Bareelonne 5 puifque fuivant
les a&es , les abbez de la province affifterent à ce concile , auquel Arnufte
métropolitain de la Septimanie Sc de la Marche d’Efpagne préfida. Les évê¬
ques qui s’y trouvèrent avec lui furent Servus-Dei de Gironne , Nantigifè
d’Urgel, Idalcharius d’Aufonne , Sc Theudericus ou Thierri de Bareelonne,
dans le marquifat d’Efpagne, Raimond de Cavafllon dans la Viennoifè , Sc
Aquin dont on ignore le fiege. Un grand nombre d’ecclefiaftiques du fécond
ordre tant féculiers que réguliers s’y rendirent , avec les laïques les plus qua¬
lifiez du pays , entr’autres Wifred IL comte de Bareelonne , Sc marquis
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DE LANGUEDOC. Liv. XL 45 _
d’Efpagne , que les ades qualifient Prince , St qui avoic fuccedé » depuis peu à a n. 90 6.
Witred I. ion pere dit le Velu. iV.Tom r .NO-
Ce concile fut ^ tenu principalement pour regler la discipline ecclefiafti- TE LXXfffIL
que. Idalcharius evêque d'Aulonne , dont l’évêché avoir été rétabli depuis n‘ 45 ^îî-
quelques années par l’archevêque Theodard , à la charge de payer tous les
ans une livre d’argent à l’églife de Narbonne , s’en plaignit , prétendant que
cela étoit également contraire à l’efprit de l’évangile St aux faints canons,
qui n’éxigent des évêques à l’égard de leur métropolitain , qu’une fimple fou-
mi/fion ou obéiflànce canonique , St demanda d’être déchargé de cette fu-
jettion féodale. Les peres du concile commençoient à délibérer fur la demande
de ce prélat , quand Arnufte fon métropolitain ayant pris la parole , con¬
vint de bonne foi qu’il avoic raifon de ie plaindre * il déclara pour fe jufti-
fier, qu’il n’avoit fait que fuivre , mais imprudemment , ce que fon pré-
décodeur avoit établi 5 il demanda cependant qu’on différât la décifion
de cette affaire, jufqu’au prochain concile plenier de la province , où il y eût le
nombre parfait de douze évêques , qui ftatueroient alors Ik-deffus ce qui feroit le plus
convenable fuivant P infpiration divine : on lui accorda fa demande.
Il ne nous relie plus rien autre chofe de ce concile , que la requête
qu’Hemme abbefle de S. Jean-Baptifte au diocèfe d’Aufonne fieprefenter aux
évêques par fes députez , pour demander la confirmation de Ion monaftere
dans la poflèlfion de fes biens. Si l’on peut ajouter foi à l’épitaphe b de Ser- bMare.mjp.
vus-Dei évêque de Gironne, ce prélat mourut le 18. d’Aout de l’an 906. { i7S‘
ainlice concile auquel il afiifta , dut fe tenir quelques mois auparavant.
En conféquence de ce qui avoit e été arrêté pour la décifion de l’affaire c pr. au.
d’Idalcharius évêque d’Aufonne, tous les évêques de la province de Narbon-
ne, au nombre de quatorze , s’affemblerent l’année fuivante dans l’églife du ' '
monaftere de faint Tiberi au diocèfe d’Agde. Ils déchargèrent entièrement
l’églife d’Aufonne de la redevance dont on a déjà parlé. Arnufte leur mé¬
tropolitain qui préfida à ce nouveau concile , y confencit , &. renonça publi¬
quement , tant pour lui que pour fes fucceflcurs , à fes prétentions fur cette
églife , à peine d’encourir l’anathême qui fut prononcé par les évêques.
Comme ce concile étoit plus nombreux ôc plus folemnel que n’avoit été celui
deBarcelonne, Hemmeabbeffe de faint Jean, au diocèfe d’Aufonne, y fit folli-
citer de nouveau la confirmation qu’elle avoit demandée dans le précèdent:
elle l’obtint par un aéte autentique qui fut fouferit par les quatre évêques
de la Marche d’Efpagne.
Nous apprenons par ces ades les noms de tous les évêques qui compofoient lxxvt.
alors la province ecclefiaftique de Narbonne. Sept d’entr’eux avoient leurs pfovv^'sdc!a
diocèfes dans l’étendue du marquifat de Gothie ou de Septimanie , fçavoir , rovmcc-
Arnufte métropolitain de la province , qualifié dans les ades ivèque de la cité
delà première Narbonnoife -, Aglard ou Agclard de Nifmes , qui avoit fuccedé d d no te
dumoins depuis l’an 8 97. à Gilbert , Riculfe d’Elne , Rainaldou Reginald de XVJÜ-n‘i-
Beziers, Gontarius de Maguelonne , Autgarius de Lodeve , & Gérard d’Agde.
11 y en avoit un huitième qui dépendoit pour le temporel du royaume de Pro¬
vence , c’étoit Amelius d’Ufez alors le plus ancien de la province 5 & deux autres,
Armand de Touloufe , & Gimera de Carcaffonne , dont les diocèfes for-
moient, avec le comté de Rafez , le marquifat de Touloufe e. Gimera dont un c !?01ïm
auteur moderne a fait quatre évêques de Carcaflonne , avoit fuccedé
depuis l’an 901. à Willeran fon prédeceffeur. Enfin Theudericus de Barcelon-
»e, Nantigife d’Urgcl , Idalcharius d’Aufonne , & Servus-Dei, ou bien Gui-
gucs de Gironne, avoient leurs diocèfes au-dela des Pyrénées dans la Mar¬
che d’Efpagne, province foumife à la domination Françoife.
Guigues évêque de Gironne, dont on voit la foufeription à la fin des aétes de
ce concile, ne la donna , à ce qu’il paroît , que quelque tems après } car outre
qu’il eft fait mention de Servus-Dei dans les ades mêmes , il ne fut inthro-
niféfque le 10. de Novembre de l’an 908. Arnufte archevêque de Narbon- fPr-p-fo.&
ne fon métropolitain , afïïfté des évêques de Barcelonne ôc d’Urgel , fit cette ^L___
ceremonie en prefence de Wifred, qui eft qualifié très-grand prince dans 908.
Pacte de l’éledion de ce prélat , à laquelle il eut beaucoup de part : preuve que
Tome II. F ij
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4*
HISTOIRE GENERALE
A n. 908. Nlf^ifred jouifloit alors des droits régaliens. Auffi voit-on qu’il donna trois
w_ Hirl ans » après par Ton teftamentà l’églife d’Aufonne la troifiéme partie de la mon-
_ _ j' 1 _ _ • j _ 1.1:1 _ 1:. ' j.. _ :
f*19-
LXXVX-L
Comtes de
noyé , qu’il déclare pourtant tenir de la libéralité du roi.
* In valle
Aquitaniæ.
ni.
LXXVIII.
Concile de
Jonqucrcs.
9° 9-
ÎOtfJ
f Pr.p. 51. d*
ftqq.
. > qu
Il eft marqué dans le même a&e que les évêques de la Cothie avoient élu
Carcaffonnesc Guigues />^r ordre du roi Charles le Simple, qui continua d’accorder fa pro-
dcRafcz. tedion aux églifes de la province. Ce prince donna en effet une charte b le
b pr,j..48.<j. 3. de Novembre de l’an [908. en faveur de l’abbaye de la Grade, & de
Witiza fon abbé , qui fe trouvoit alors à la cour. Charles confirma ce mona-
ftere dans toutes fes anciennes poflèflions , & dans les nouvelles acquifirions
faites depuis un autre diplôme qu’il avoir donné en fa faveur neuf ans au¬
paravant. Entre ces domaines il eft fait mention de l’églife de fâint Etien¬
ne dans le Val deDagne* , au pays de CarcafTonne , donnée à l’abbaye delà
Grade par le comte Bencion de bonne mémoire , pour en jouir de la même maniéré
<iue l'avoit poffedèe le comte Oliba : d’où il s’enfuit i°. que Bencion avoit fucce-
dé dans le comté de Carcaflonne à Oliba II. dont nous fuppofons , avec beau-
te ixxxra couP vra^-^mblance , qu’il étoit fils c, êcàqui le roi Charles le Chauve
n.ios.&feq. ' avoit donné d en 870. la même églife de fâint Etienne. i°. Que Bencion étoic
dv.tom.i.fr. déjà décédé en 908. Acfred II. qui étoit certainement fils d’Oliba ,
fucceda au même Bencion dans les comtez de Carcaflonne & de Rafez,
comme nous le verrons ailleurs.
La plupart des évêques de la province fè trouvèrent le 3. de Mai de l'an¬
née fuivante à un nouveau concile, qu’Arnufte archevêque de Narbonne,
leur métropolitain , aflembla dans l’églife de fâint Vincent de Jonquieres ,
fituée dans le diocèfe de Maguelonne, & le royaume de Septimanie ; & c’eft fans
e GM.chr. doute le même concile que quelques auteurs e prétendent, fans fondement,
” I ? Î7,U avoir été aflèmbléla même année à Beziers. Huit f évêques de la province
s’y trouvèrent avec leur métropolitain , fçavoir Amelius d’Ufêz, Gimera de
CarcafTonne, Reginald de Beziers , Autgarius de Lodcve , Gérard d’Agde ,
Gontarius de Maguelonne , Cunibert de Nifmes,& Nantigifè d’Urgel. Benoît
de Fréjus, & Reginald de Cavaillon s’y trouvèrent aufli , & comme nous
voyons qu’ils affifterent à divers autres conciles tenus dans la Septimanie ,
nous inférons de là qu’ils étoient originaires de cette province. Il eft aflèz
vrai-femblable que le dernier étoit parent de Reginald ou Raynald vicomte
de Beziers , qui poflèdoit des terres du côté d’Avignon. Quant à Cunibert
deNifmes, il n’eftpas différent g d’Hugbert qui fut évêque de cette ville de¬
puis l’an 909.jufqu’en 917.
, , Le concile de Jonquieres leva l’excommunication h que le comte Suniarius ,
j, j. les autres comtes fes fils 3 leurs femmes & leurs vaffaux avoient encourue. Nous
ignorons également le fujet de cette cenfure , & celui de cette abfolution ;
il paroît feulement que Suniarius & fes fils avoient été excommuniez depuis
quelques tems par les évêques de la province de Narbonne. On conje&u-
îb aiuz. net. re 1 que Suniarius eft le comte d’Urgel de ce nom, qui plus de vingt ans
'l'r&'fin-' auParavanc avoir favorifé l’intrufîon deSelva dans le fiege épifcopal de cette
<n io. ville; mais bien loin que le comte d’Urgel ait été alors excommunié, nous
'i? f voYons <lue ^econc^e de Port qui fut aflemblé à l’occafion de cette intrufion,
' • le ménagea extrêmement, & que les évêques ne voulant pas l’excommunier ,
l’engagerent par des voyes de douceur à abandonner le parti de l’intrus. On
k BaiuL.not. ajoute k que le comte Suniarius qui fut abfous par le concile de Jonquieres,
i,d^v étoit fils de Wifred le Velu comte de Barcclonne , & qu’il fut le premier
comte héréditaire d’Urgel ; ce qui prouve encore qu’il n’eft pas le même
qu’on prétend avoir été excommunié au concile de Port tenu vers l’an 887.
ivcAnMMc. Puifque Suniarius fils de 'Wifred le Velu , ne fut 1 comte d’Urgel qu’après la
Hifif. 540. mort de fon pere , arrivée après l’an 901. Il n’y a donc aucune preuve que
le comte Suniarius dont il eft parlé dans le concile de Jonquieres , ait étc
tn v. Mure. cornte d’Urgel , &. il pourroit bien être le même que Suniarius comre de
H#.p. 38). 6 Rouflillon dont on a déjà parlé , & à qui fes deux m fils Bencion & Gatifbcrt
’lxxix avo*ent déjà fuccedé dans ce comté dès Tan 9 1 5.
Nouvelles II eft fait mention d’un comte Raymond dans une charte que le roi
«ourles Sa- Charles le Simple accorda à fâ recommandation le j. de Juin de Tan 909.
K NOTE
XI III. n. 4.
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DE LANGUEDOC. Lrv. XI. 4;
en » faveur de Ragembald abbé de Pfalmodiau diocèfe de Nifmes ,&de fon ^ -
monallere, que ce prince confirma dans fès privilèges , entr’autres dans la 9°9‘
polTeflion de l’abbaye de Joncels au diocèfe de Beziers qui en dépendoit alors. ra ms' Dl
rcns entre
Il paroîc par ce diplôme que les Sarafins avoient fait depuis peu une def- Raymond fils
cente fur les cotes de la province , qu’ils avoient détruit l’abbaye de Pfal- ^To^lWi6.
modi, & que les religieux s’etant réfugiez au lieu de Corneillan , y avoient & Benoît vi-’
bâti des chapelles , & quelques cellules que ces infidelles avoient ruinées “™“incdc
dans une féconde defeente ; c’eft là , ce fcmble , le véritable fens de ce a
monument, qu’un célébré auteur b a interprété différemment , fuppofant que/*?,
ce fiic le monaftere de joncels qui avoit été détruit par les Sarafins. Quant
au comte Raymond , a la recommandation duquel le roi Charles le Simple
accorda ce diplôme, nous avons obfèrvé ailleurs qu’il paroît.le.même que le
comte Raymond fils d’Eudes comte de T ouloufe , dont il eft parlé dans la vie
de faint Geraud comte d’ Aurillac , fondateur de l’abbaye de ce nom j voici .
à quelle occafion.
Le comte Raymond ayant eu quelque différend dont on ne marque pas c'vu.s.GiraU .
lefujet, avec Benoît c vicomte de Touloufe neveu de faint Geraud par fa me- *8’ ^
rc Avigerne, il le furprit par artifice* , s’affdra de fa perfonne , &Ie retint en * DoIo>
prilon. Reginald ou Rainald frère de Benoît voulant le retirer des mains
de ce prince, alla s’offrir à lui en otage, &: obtint enfin au prix de fa pro¬
pre liberté celle de fon frere. Le comte Geraud leur oncle , informé de la
generofité de Reginald fon neveu , n’omit rien auprès de Raymond pour
obtenir fâ délivrance , & il lui envoya l’abbé Rodulfe pour la négocier 3 mais
la négociation traînant en longueur , & Geraud voyant qu’après fept mois de
délai, le comte differoit fous divers prétextes, de lui accorder fa demande, &
qu’il s’efforçoit même defefaifir de nouveau de la perfonne de Benoît 3 ennuyé
enfin de l’inutilité de fes démarchés ,il prit le parti , avec Avigerne fa feeur , de
recourir à Dieu qui écouta leur priere. Raymond crut une nuit le voir en fonge,
lui annoncer divers malheurs s’il ne délivroit incefîamment fon neveu 3 &. il
fut tellement frappé de cette vifion , qu’il envoya incontinent rappeller l’abbé
Rodulfe qui s’étoit déjà mis en chemin pour s’en retourner, lui remit le pri-
fonnier, & le pria de lui obtenir le pardon èc les bonnes grâces de Geraud.
S. Odonabbé de Cluni , qui rapporte toutes ces circonltances dans la vie
de ce dernier , ne dit pas le nom du comté poffedé par Raymond 3 mais
il le faitaflez entendre en difant que, ce comte ètoit fils d’Eudes-, car celui-ci
n’eft pas differenc du comte de Touloufe de ce nom qui vivoic alors.. Dail-
leurs lâint Odon marque expreflèment que Benoît, que le comte Raymond
fit prifonnier, étoic vicomte de la même ville 3 &; il ajoute11 enfin que faint drW.ftoo;
Geraud , apres fa réconciliation avec le comte Raymond , étant convenu
d’une entrevue avec lui, paffàdans ce dellcin la rivière d’Aveiron, qui fépare
le Rouergue de l’Albigeois. Leur conférence fe tint donc dans ces pays, ou
dans quclqu’autre du domaine d’Eudes comte de Touloufe , &. Raymond dont
nous venons de parler ,étoitfils par conféquentde ce dernier. Cet événement
nous donne lieu de faire encore ici quelques autres obfcrvations. i°. Le diffé-
rend du comte Raymond avec Benoît vicomte de Touloufe, dont faint Odon
ne marque pasl’epoque, doit être pofterieur à l’an 894. & anterieur à l’an
909. par la rai l’on que le monaftere d’ Aurillac qui fubfiftoit alors, ne fut fon¬
dé qu’en 894. & que faint Geraud décéda le 1 j. d’Octobre de l’an 909. i°.
Comme il eft certain qu’Eudes comte de Touloufe vivoit encore e en 918. cPr./-.^.
Raymond fon fils étant qualifié comte avant l’an 909. devoit par conféquent
être pourvu de quelque comté particulier long-tems avant fa mort 3 ainfi le
même Raymond , qui pouvoir être né vers l’an 860. ne doit pas être différent
de Raymond comte d’AIbi en 8 7 S. & de Raymond comte de Nifmes en 890.
& 909. puifque ces deux comtez étoient certainement dans fa maifon avant
le milieu du X. fiecle. 3 Benoît eft le premier vicomte de Touloufe dont nous
ayons une connoifiance certaine. Il eft vrai qu’on trouve auparavant quelques
vicomtes qui paroiflènt avoir exercé la même fonction dans le comté de Tou.
loufe,mais nous ne voyons pas cependant qu’ils fe foient qualifiez vicomtes
de cette ville. 40. Nous ne connoifTons pas bien l’origine & la pofterité de
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>4«
Benoît
HISTOIRE GENERALE
& nous n’avons que des conjeûures a à donner là-delTus. Tout ce
An. 909
a v. note: <j«’on fçait, c’eft qu’il devôit être d’une famille diftinguée, puifque fa merc
Xxi.& xxm. etoit fceur de faintGeraud, dont la naifiànce étoit des plus illuftres. Nous
parlerons en Ion lieu des autres vicomtes de Touloufe fes fuccelîèurs. j“. En¬
fin ce vicomte étoit lâns douce décédé en 909. car faint Geraud fon oncle n’ert
t> v.Duch/fni fût aucune mention dans fon teftament b daté du mois de Septembre laxvn.
not.m vit. s. année de l'empire de Charles , & il ne parle que de Rainald Ion autre neveu ,
G/rMp.)4.$ pa;c fon Eeticier conjointement avec le monaftere d’Aurillac.
l xxx. U y a lieu de croire qu’Eudes comte de Touloufe , qui vivoic en 909. eft
Guillaume le Je même que le comte de ce nom qui foufcrivit c à la charte de fondation de
rabbïyfdc' l’abbaye de Cluni faite par Guillaume le Pieux duc d’Aquitaine & marquis
ciuni. de Gothie le 3. de Septembre de l’an 910. Nous prouverons d en effet dans
la fuite qu’il devoit y avoir une grande liaifon entre ces deux princes.
J Buiui.. auv. Le duc Guillaume fonda ce célébré monaftere , de concert avec fa femme
tlAdtm^cab Engel berge, dans une terre qu’il avoir acquifè d'Ave là fceur. Il partit pour
Rome peu de tems après, le mit Jbus l’autorité immédiate du laint Siégé,
Ordtr. vital, offrit pour ccl a douze^écus d’or au pape, & ordonna que l’abbaye de Cluni
^ v.^note payeroit une redevance annuelle de la même fomme à l’églife Romaine. Il
ni. voulut enfin que les religieux qui dévoient habiter ce monaftere fullènt fou-
mis à la difcipline de l’abbé Bernon , qui gouvernoit alors celui de Baume au
vliv i de Be/ànçon , & qu’ils fuiviftènt la réforme. C’étoit la même * que
n. 97. V' * iàint Benoît d’Aniane avoit introduite autrefois dans cette derniere abbaye -,
Mab.ad am ce qui prouve que celle de Cluni fut redevable de fon obfêrvance régulière qui
909.n. ji. aCqüjc une fi gran(Je réputation , 8c qui s’étendit dans toute l’Europe, à ce
faint abbé & au monaftere d’Aniane. Guillaume fe qualifie dans cet aéte de
f A8.ss.ibid. fondation comte & duc par la grâce de Dieu , & dans d’autres, comte f , confulpa-
latin dr marquis.
Maicui* ri- On prétend que B Raculfe comte de Mâcon, contemporain de Guillaume
comte de Nar- le Pieux étoit fon frere ; mais cela n’eft fondé que fur une fauftè h fuppofition ,
fonWslmt lçavoir que Bernard Plante -Velue comte de cette ville, eft le même que Ber-
deMâcoD0miC nard comte d’Auvergne pere de Guillaume. Ce qu’il y a de vrai , c’eft que
g Balai. au- Aaculfe n’eut qu’une 1 fille nommée Ecolane ou Attalane, qui hérita du comté
de Mâcon, ôc qui épou/à Alberic fils de Maieul vicomte de Narbonne.
1, v.to.i. no- U eft fait mention de ce dernier dans une donation qu’Arnufte archevêque de
nE6gXXXyU Narbonne fitk le x y.dejuin de l’an 9 1 1. à l’églife de S. Paul fondée dans le lieu
î Baluz.. ibid. appelle Albolas proche de la ville , & au-delà du pont 3 de deux églifes fituées i
4 ^ifan , qu’il avoit acquifes de Walcharitts & du vicomte Alberic [on frere , fils
k Pr.pH, du vicomte Maieul & de Raymonde fa femme. Nous inférons de là 1 °. que Maieul
vicomte de Narbonne étoit alors déjà décédé : il avoir fans doute fuccedé
immédiatement dans cette vicomté à Lindoin, qui vivoit en 878. 20. Qu’il
eut du moins deux fils de fa femme Raymonde. 3°. Que Walcharius étoit
l’aîné: il paroît que c’eft de celui-ci que deicendent les vicomtes de Narbon¬
ne dont nous parlerons ailleurs. 40. Qu’Alberic partagea alors cette vicomte
avec fon frere , mais qu'il renonça à fa portion après fon mariage avec la
comteffè de Mâcon , puifqu’il s’établit alors dans cette ville , & que nous ne
voyons pas que lui ou fa pofterité ayent rien pofledé dans la fuite dans le
Narbonnois. f°. Que ce mariage eft pofterieur à l’an 9x1. qu’Alberic
étoit encore à Narbonne. Il dut cependant époulcr Ecolane bientôt après ;
1 Balat, u.i. car on voit dans un aéte 1 de l’an 930. où il fe qualifie comte de Maçon , qu’il
d>‘d. . avoit alors deux fils, Leotald ôc Humbert, dont le premier prenoit aulfi la
qualité de comte. 6°. Enfin que les vicomtez étoient déjà héréditaires aucom-
m Balai. ibid. mencement du IX. fiecle. Alberic comte de Mâcon vivoit encore m en 937.
Leotald fon fils qui lui avoit déjà fuccedé dans ce comté dès l’an 942. avoit
alors époufé Berthe en fécondes noces après la mort d’Ermengarde fa pre¬
mière femme, ôcil eut un fils nommé Alberic. Celui-ci prenoit le titre de vicom¬
te en 9yx. du vivant de Leotald fon pere, & d’Humbert Ion oncle, & il
mourut fans doute avant eux. Nous fçavons du moins qu’après la mort du
premier le comté de Mâcon paflà dans une autre famille. C’eft: ainfi que finit
cette branche des vicomtes de Narbonne.
9x1.
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D E L A N G U E D O C. Liv. XI. 47 _
Aù-réfte la charte d’Arnufte, archevêque de cette ville , eft datée de l'an çn. An. 911.
dr de la XII- annte du régné de Charles le Simple , ce qui confirme ce que nous
avons* déjà dit, que ce prince ne fut pas d’abord generalement reconnu a r. ci-dtffus.
dans l’Aquitaine êc la Septimanie après la mort du roi Eudes, pui/qu’on n’y LXL
comptoir fouvent les années de fon régné que depuis l’an 900. ce qu’on peut VI
prouver b par d’autres exemples. , p*g> *<L «nn.
lieues de cette derniere. Huit évêques fes fuffragans s’y trouvèrent , (ça voir,
peux d’Urgel , de Carcaffonne, de Touloufe, dé Barcelonne , de Gironne ;
&d’Agde, les mêmes qui quatre ans auparavant avoientafïifté au concile de
faintTiberi; &C de plus Theodoric de Lodeve , qui dans l’intervalle des deux
conciles avoit fuccedé â Autgariuj ,- & Adulfe ou Agilulfe de Pailhas. Benoît
évêque de Fréjus s’y trouva auflicavec Aikard envoyé d’Idalcharius évêque
d’Aulonne ou de Vie , & Savaric abbé de faint Paul de Narbonne. Le prin¬
cipal fujet de cette aflemblée fut un différend qui s’étoit élevé encre l’évêque
d’Urgel U celui de Pailhas. Ce dernier s’étoit fait ordonner depuis vingt-trois
ans evêque pour tout le comté de Pailhas, dépendant auparavant du dio-
cèfe d’Urgel. Nantigife évêque de cette derniere ville demanda au concile
de rentrer dans la pofleffion de cette portion de fon diocèfê, & l’affemblée
lui accorda là demande , à condition cependant que cette réunion n’auroic
lieu qu’après la mort ou la démiflion volontaire d’ Adulfe ,à qui on permit
par grâce de jouir pendant fa vie de l’évêché de Pailhas.
L’époque de l’épifcopat de ce dernier marquée dans les actes , nous fait con¬
jecturer que le fïege épifcopal de Pailhas avoit été érigé par Selva ce faux
évêque d’Urgel , qui fc prétendant métropolitain de la Taragonoi/ê vers
l’an 886. aura entrepris pour multiplier fc s fuffragans, de rétablir les anciens
fieges de cette province qui avoient été détruits par les Sarafins, ou d’en éri¬
ger de nouveaux , & aura ainfî démembré une partie de fon dioccfe. Il pa-
roît cependant que l’évêché de Pailhas ne fut pas fupprimé après la mort
d’Adulfè, car il fubfiftoit encore au milieu du X. ficelé. Savane abbé défaille
Paul de Narbonne fouferivit au concile de Fontcouverte au nom d’Arman
évêque de Touloufe qui étoit preient, ce qui donne lieu de croire d que ce der- d Marea mjp.
nier etoir ou aveugle, ou malade dans le tems de la dorure du concile. On y ,iid‘
voit auffi la foufeription de Bernard évêque de Beziers , mais elle doit être
polterieure.
Arnufte, archevêque de Narbonne, ayant entrepris quelque tems a prèsun Lxxa^JaIcL
voyage au-delà des Pyrénées, fut cruellement alîà/finé en chemin } ce qui d'Amuiic^ar-
arriva avant le mois de Juin de J’année fûivante. Nous apprenons les cir- fj]£V*<?uc de
confiances de cet aflaffinat par une lettre que les évêques de la province de Troublera u
Narbonne écrivirent * au pape Anaftafe III. tant pour lui en porter leurs fujet de l’c/c-
plaintes, quepour lui donner avis de l’élcclion du fucceffeur d’Arnufte. Sui-
vant cette lettre ce prélat étoit en route pour fe rendre au concile de fa pro- — - — - — *
vince qui devoir fe tenir dans la Marche d’Efpagne, & apparemment à Bar- P12-
celonne, quand fes ennemis qui le guerroient, l’ayant rencontré, fe jette- v.i'otevi.
rent fur lui , lui crevcrent les yeux, lui arrachèrent la langue & ce que la fcuimem.
pudeur défend dénommer, & l’aflômmerent enfin à coups de bâton. Régi- A 77+.
nald évêque de Beziers, & Nantigife d’Urgel qui palfcrcnt enfuite au même
endroit pour aller au concile , l’ayant trouvé dans cette trifte fituation ,
tâchèrent inutilement de lui donner du fêcours: Arnufle mourut entre leurs
mains.
Le clergé & le peuple de Narbonne avertis de la mort tragique de ce
prélat, s’alfemblerent auffi-tôt pour pourfuivre la punition des coupables, Sc
procéder à l’élection d’un nouvel archevêque. Ils y invitèrent par une let-
tre circulaire les évêques de la province, avec Roftaign archevêque d’Arles,
& fcs fuffragans,. fuivant un ancien ufage g qu’une étroite liaifon avoit établi g v.
enrre les évêques des deux provinces, lefquels s’appelloient mutuellement , a"uQ°rd L
& fur tout les métropolitains , dans toutes ies affaires importantes. Roftaign
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ÀN.'ÿl I.
914.
* fr-t- 5f.
1) Vr.ibid.
c * Andoque
Brziers, p.49.
d Concil. to.9.
tM9-
9* 5-
c Csitel. comt.
f V NOTE
VU. ».f.
jp. H ISTOUE GENERALE
le mit en chemin pour fe rendre à Narbonne -, mais étant arrivé à Agde> il
s’y arrêta avec Amelius évêque d’Ulez , l’un & l’autre fujets de Louis l’Aveu¬
gle roi de Provence j & là ces deux prélats, fans vouloir palier outre , ni
lè joindre aux évêques de la province , nommèrent de leur autorité
Gérard , neveu du dernier , pour archevêque de Narbonne. Les autres évê¬
ques vivement offènfêz d’un entreprilè fi peu conforme aux canons ,
s’alfemblerent de leur côté à Narbonne , 8c élurent dans toutes les
formes canoniques Agius ou Agio abbé de Vabres en Rouergue , re¬
ligieux d’un mérite diftingué, 8c d’une probité reconnue. Gérard n’omit rien
pour foûtenir fon élection , quoique nulle de plein droit -y & comme il avoit
du crédit, il fit tous fes efforts pour s’emparer du fiege de Narbonne 8c s’af-
furer du temporel. Les évêques de la province s’oppoferent avec force de
leur t ôté à fon ufurpation , t 8c eurent recours à l’autorité du pape Analtafe
III. Ils le prient par leur lettre de caffer i’éledion de l’intrus , 8c d’envoyer
le pallium à Agio qui avoit été canoniquement élû,& qui ne pouvoit aller
à Rome pour le recevoir lui-même, à caufê des dangers des chemins, 8c des
courfes ordinaires des Normans & des Sarafins.
C es prélats envoyèrent leur lettre par des députez , qui fur l’avis qu’ils eu¬
rent de la mort d’Anaftafe , arrivée vers la mi-O&obre de l’an 913. retour¬
nèrent fur leurs pas pour attendre l’éle&ion d’un nouveau pape. Jean X.ayant été
élu vers la fin du mois d’Avril de l’an 9 1 4. Gérard a dans le deflèin de le
prévenir en la faveur, fe rendit à Rome au commencement de fon pontificat,
lui expolà, comme il jugea à propos , les circonftances de fon éleâion , 8c
lui demanda le pallium. Ce pontife n’eut garde de le lui accorder , quoi¬
qu’il ignorât fon intrufion, & lui dit d’attendre jufqu’à ce qu’il fut pleine¬
ment inftruit de ce qui s’étoit pafle. Gérard croyant avec raifon que cet
examen ne lui lèroit pas favorable, prit le parti de retourner dans fa pro¬
vince , & voulant perlùader le public que fon élection avoit été confirmée à
'Rome , il fabriqua de faillies lettres apoftoliques, 8e s’empara fous ce prétexte,
à main armée , du fiege épifcopal de Narbonne. Agio, archevêque légitimé,
obligé de ceder aux violences de cet intrus , fe mit alors en chemin pour
aller à Rome , 8c y faire connoître au pape la canonicité de fon élection. Gé¬
rard n’en fut pas plutôt averti qu’il fit courir après lui , le fit arrêter, 8c le
renferma dans une étroite prifon.
Les évêques de la province indignez d’un tel procédé , en portèrent auffi-
tôt leurs plaintes à Jean X. par b une lettre commune écrite au nom de onze
d’entr’eux , fçavoir de Reginald de Bcziers , Armand de Touloufe , Riculfe
d’Elne, Gimera de Carcaflonne, Gérard d’Agde , Teuderic de Lodeve , 8c
Hubert de Nifmes dans la Scptimanie ; de Gui de Gironne , Teuderic de Bar-
celonne, George d’Aufonne, 8c Rodolfe. d’Urgel dans la Marche d’Efpagne.
Il n’eft fait aucune mention dans cette lettre , ni d’Amelius d’Ufez , ni de
Gontarius de Maguelonne : le premier avoit pris le parti de Gérard , & l’au¬
tre s’étoit peut-être déclaré auffi en fa faveur , ou étoit déjà mort.
Jean X. ayant reçu la lettre de ces prélats , leur répondit par un archevêque
nommé Eiminus qui leur remit en même tems des lettres apoftoliques , par
lefquelles le pape reconnoît Gérard pour un fauflaire & un intrus , déclaré
fon élection nulle , approuve celle d’Agio , 8c accorde à ce dernier le pal¬
lium que le même Eiminus lui apporta de fa part. Agio demeura ainfipaifible
pofTefleur de l’archevêché de Narbonne , 8c l’occupa pendant plufieurs an¬
nées , quoi-qu’en dife un moderne e, qui fans aucun fondement , ne le fait fieger
que trois mois. Il afllfta en effet en 91 5. au concile ded Châlons-fur-Saône,
avec Eiminus archevêque de Befânçon , qui eft fans doute le même que le
pape Jean X. chargea de fa réponfe aux onze évêques de la province. Nous
fçavons « d’ailleurs qu’Agio fut archevêque de Narbonne jufques vers l’an
9 17. qu’il mourut -, du refte nous apprenons d’une f autre lettre que Jean X.
écrivit à ce prélat , à Aufterius archevêque de Lyon , & aux évêques leurs
de Narbonne.
C’eft
feffragans , de la Septimanie.de
excommunia Gérard , qui malg
l’Efpagne , & de la Bourgogne , que ce jjape
ré i’anatheme continua de fe dire archevêque
1
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DE LANGUEDOC. L iv. Xî.
49
C’eft avec rai l'on que les évêques de la province fe plaignent dans leur An. 91 5.
lettre au pape Analtafe III. des incurfions des Saraiins ôc des Nor- LX>XIV
mans , mais lur-tout des premiers * qui s’etoient cantonnez duns les monta- Courtes dès
gnes de Provence,6c qui faifoient tous les jours de grands ravages dans les pays ?ara:!ns& dcS
voifins. Les autres ayant pris de nouvelles rorces depuis la mort du roi Eudes !es frontières
continuoicnc de porter la terreur dans prefque tout le royaume fous la con-
duite d’un de leurs chefs appelle Rollon. Ils remontèrent dans le même tems |es )e Sjmp!ê
par l’embouchure des principales rivières, 6c en particulier de la Seine , de la avcc i« d“-
Loirc, de la Garonne , de la Dordogne dont ils delolerent les environs. Ceux ^ ?
qui entrèrent parla Garonne s’avancèrent jufqu’à Caflcncüil ancien palais f-a6.à> fa.
de nos rois fitué fur les frontières de l’Agenois , du Querci 8c du Touloufain ,
6c le ruinèrent entièrement. Ils pallcrent enfuite en Auvergne où ils pillèrent
la ville de Clermont. Ils étendirent fans doute leurs courfes jufques vers la
Septimanie ôcla Provence, puilque les évêques de ces provinces n’ofoientpas
fe mettre en chemin de crainte de tomber entre leurs mains. Enfin ces pirates
caulèrent une fi grande défolation dans toute la France, que le roi Charles
le Simple fe vit obligé, pour faire céder leurs incurfions, de ceder en fief
en 911. au même Rollon, une partie de la Neuftrie , qui prit depuis
le nom de Normandie, de celui de ces peuples. Rollon ayant embrade l’an¬
née fuivante la religion chrétienne, les Normans devinrent depuis plus pai-
fibles , 6c les différentes côtes du royaume ne furent plus fi expofées à leurs
excurfions 6c à leurs ravages.
Cette paix donna à Charles le tems de refpircr, 6c de le inertre en état de
faire valoir les droits fur l’ancien royaume de Lothaire, qui lui étoit d’ail¬
leurs dévolu par la mort du jeune Louis roi de Germanie, le dernier de la
race de Charlemagne au-delà du Rhin , décédé làns poftericé l’an 911. Char¬
les devoir lui fuccedcr par droit de lang dans tous fes états , mais les peuples
de Germanie appellerent un étranger , 6c reconnurent pour leur roi Conrad
duc de Franconie. Les Lorrains plus équitables fe fournirent à Charles, ce
qui lui donna occafion de prendre poflèllion de cette ancienne partie de la
monarchie Françoi/ê , 6c de dater fes chartes de cet événement.
Le royaume de Provence, comme membre de l’ancien royaume de Lothaire, txvxv.
devoit aulli naturellement appartenir à Charles, 6c ce prince aurait fans doute fou“iA,v.e“*
fait valoir fes druirs fur ce - - f ------ -----
rent
dans i/ttmuiv. £'\sj.iwiiiwji uv.j ucu,\ cote/, uu jviionc ^ v/ii juieju a £UCS <lüC de
l’emboucnurc de ce fleuve dans la mer. On voit en effet par une charte b de Pro-.ence. u-
ce dernier donnée en 91Z. en fivcur de Fulchcrius évêque d’Avignon, qu’il £°"s Ÿao%-
regnoit alors fur la partie du diocèfc de cette ville qui dépend du Langue- nc.de c™as&
doc. Louis donna cette charte à la prière d’Hugues dur & comte, de Bozon
fon frere, & de Manalfcs archevêque, ce qui prouve que le premier exerçoit 0
alors l’autorité ducale dans le royaume de Provence, c’eit-d-dirc, qu’il en
avoir le gouvernement general lô us Louis, qui le qualifie ailleurs c fott parent, m/ir.p n$.‘
[on duc , 6c [on marquis. n ' ,*°TS K
Hugues étoit fils de Thibaud d qu’on prétend avoir été comte d’Arles, nccliumt vo¬
ix. de Bcrthe fille naturelle du roi Lothaire ; ainfi il étoit parent de Louis ht
l’Aveugle petit neveu de ce dernier par fa mere Ermen garde. Il eut toute ^ vd[ °p ^
la confiance de Louis, qui fe repofa entièrement fur lui du gouvernement to.i p.n6
de Provence , dont on prétend « qu’il lui dona le duché lors qu’il pallaen [[[[ th0f'f[[
Italie ; mais ce fait eff avancé fans preuve. Louis appelle [on parent le comte frfa.
Bozon frere d’Hugues en diverfes 1 chartes, de même que Manalfcs arche- e Bouch"t,d-
vêque d’Arles, qui étoit leur neveu , non pas par un frere, comme quelques- f K Pagiaj
uns b l’ont crû } mais par une four h nommée Tcutbergeou Tiberge , ainli •n„.9oo n.16.
que Luitprand ‘ auteur contemporain le fait allez entendre. ManalTes eut au/ïï " 6' 916 '
beaucoup de part à la confiance de Louis l’Aveugle, qui lui donna ou con- gGall.chrifl.
firma k le port 6c la monnoye d’Arles, les abbayes d’Aniane, de fainte Marie
de Goudamies 6c de Cruas, 6c divers autres domaines que le roi Bozon i iuà/r. t. 4.
fonpere avoit accordez à Roftaign prédccelTeur de ce prélat. ManalTes & ‘[ GM chf
fes lucceflèurs jouirent pendant long-tems des deux dernieres abbayes fituées au. >njif.p.9[.
Tome II. G
'aloir lès droits fur ce pays, làns les nouvelles brouilleries qui s’élève- po/teiicur du
dans le royaume, à la faveur dcfquclles Louis l’Aveugle le maintint
la paifible poflellion des deux cotez du Rhône, depuis Lyon jufqu’à gllCs duc de
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5o HISTOIRE GENERALE
Ân. 91 j. dans les dioccfes de Viviers & d’Ufez, qui dépendoient alors du royaume
de Provence. Il n’en fur pas de meme de celle d’Aniane , qui n’étoit point
a v. note v. foumile à la domination de Louis , &. dont ce prince ne difpofa a fans doute
n‘s% en faveur de l’églife d’Arles , que parce que Roftaign prédecefl'eur de Ma.
nafl'es l’avoit poflèdée auparavant avec fon archevêché. La charte eff: datée de
Vienne le r. de Février 3 la JF JC. année de Louis empereur , ce qui peut également
le rapporter à l’an 9 1 o. & à l’an 910. fuivant la differente maniéré de compter
le commencement du régné de ce prince, ou depuis l’an 890. qu’il fut élii
roi 'de Provence, ou de l’an 901. qu’il fut couronné empereur ; car
T K0TE Manafles fegeoit b à Arles dans ces deux années.
’cv.GaU.chr, On cite quelques c monumens, fuivant lefquels Florent évêque d’Avignon,
nov.edu. to.i. obtint un diplôme du roi Charles le Simple en faveur de fon églile , & eut
r' °6’ recours en 921. à la protection de ce prince contre les entreprîtes du comte
d'Vfe qui avoit conftruit une forterelle , d’où il caufoit des dommages
confiderables au temporel de la même églite -, ce qui prouveroit que Louis
l’Aveugle reconnoiffoit Charles pour fon luzerain , & que ce dernier exerça
fon autorité fur le royaume de Provence * mais il faut avouer que ces monu¬
mens font très-fufpeds : il eft faux d’ailleurs que Florent d ait occupé le fiege
} Av-SOTE v epifcopal d’Avignon fous le régné de Charles le Simple.
’,u‘ On voit l’union qui étoit entre Guillaume le Pieux duc d’Aquitaine &
lxxxvi. marquis de Gothie , & Louis l’Aveugle fon beau-frere , dans l’ade e de fon-
PÊTSÏ dation que fit le premier du prieuré de Mainlac en Auvergne au mois de Mai
divers mona- de l’an 91 3 .pour le feu roi Eudes fon feigneur , l’empereur Louis 3 & Engelberge
‘^TUcia ss fon *P0Ufe fæur de ce dernier prince. Guillaume fonda f aufli avec Engelbcrge
Bmed. jtc. 4’ fa femme au mois de Novembre de la XIX. année du régné de Charles roi
des François & des Aquitains , ou de l’an 916. le monaftere de Soucillanges en
Mnii.9u.n, 77. Auvergne, pour le repos de Bernard fon pere, d’Ermengarde fa mere, du
(Dipi.n.m. roi Eudes fon feigneur, de fes freres , d’Adclinde fa fæur , & des enfans de
f j celle-ci , qui font /ans doute les mêmes que Guillaume & Acfred qui fouferi-
p .503. virent à cette fondation. Guillaume le Pieux dans tous ces ades prend la qua¬
lité de comte , de prince , ou de marquis par la grâce de Dieu.
C’eft de lui dont il eff: fait mention dans une charte g par laquelle le roi
Charles le Simple accorda i, vers l’an 916. à la recommandation de Roger
- — archevêque de Treves & de Guillaume fon grand marquis , à l’évêque Erifons
9I(>- fon vaflal habitant de Narbonne, & à quelques ecclefiaftiques qui deffcr-
fPrt- is-& voient avec lui l’églife de faint Quintin de cette ville, divers domaines qui
u note nu. auparavant avoient appartenu aux Juifs. Erifons dont il eff: parlé dans cette
». »o. charte étoit ‘ évêque de Vindafquc ou de Carpentras dans la Vicnnoite, & non
p pas archevêque de Narbonne, comme quelques-uns l’ont crû. On ignore le
’ motif qui l’avoit porté à quitter fon fiege pour s’établir dans cette ville , qui
y ij. étoit vrai-femblablement la patrie. Il étoit encore dans le pays en 917. & il
k Marc Hifp alors à la k dédicace de l’églife cathédrale de fainte Eulalie d’Elne ,
nid. avec les évêques Guimera de Carcaflonne , &; Gui de Gironne.
-o-vn-c Almerade Evêque d’Elne qui avoit invité ces prélats à cette ceremonie, avoir
Rou/iiiion. fuccedé depuis le premier Septembre 1 de l’an 916. à Riculfe fon prédecef-
* b^J1' ^ur Tu* ^on teftament m à la fin du mois de Décembre de l’an 915. Alme-
ptud.^Rcginf" rade étoit frere de Bencion & de Gaulbcrt comtes de Rouffillon. Le pre-
p.6u 6 >je,. mier fit une donation à l’églife d’Elne le 4. du mois de Mars «> de l’an 9 1 7. Sc
/l+i avoit époufé Godlane.il ne furvêquit pas long-tems à cette donation, puifqu’il
op. 340 m. étoit déjà décédé dans le tems de la dédicace0 dont on vient de parler, &
vi ilidl'°TE c*onC l’a&e daté du premier de Septembre la JCVlIt. année du regne du très-
glorieux Charles roi des François & des Gots. Cette date p ne prend le com-
lxxxviii. mencement du regne de Charles le Simple dans la Gothie ou Septimanie que
Plaid tenu depuis l’an 900. nouvelle preuve que ce prince ne fut generalement reconnu
Diffcrcns'peu- dans la province que depuis cette époque. Gaufbert recueillit la fuccelfion
pies de lapro- de fon frere , & tranfmit le comté de Rouffillon à fes defeendans.
dilFercnttr" Nous avons déjà dit qu’Eudes comte de Touloute vivoit encore en 918.
Loix. c’eft ce qui paroît par un plaid q tenu le 1 6. de Juin de cette année à Alfon-
<\ Pr.p.fc.6> ne dans le diocèfe de Carcaflonne , par Armand évêque de Touloufç , aflîfté
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DE LANGUED OC. LiviXI. Si _
de vcnerable homme Bernard envoyé & avocat de Raymond comte & marquis de An. 918.
U ville de T ouloufe , du confentement du comte Eudes fon perc, 8c de plufieurs
abbez , prêtres, juges, échevins & officiers", tant Gots que Romains > & Sa- *Rcgimbur-
liens ou François. Les noms de cous ces juges font rapportez dans l’aéte : il y 8°*-
en avoir huit Romains , dont trois étoient religieux , quatre Gots , 8c huit
Saliens ou François, ce qui formoit en tout le nombre de vingt aflèlleurs,
outre dix-fepc autres notables appeliez Bons-hommes *, qui fe trouvèrent à * Bonihomi-
l’aflèmblée fuivant l’ufage ; 8c enfin un Sajon , terme ufité chez les Vifigots, ne»,
pour lignifier un appariteur ou huiffier. Tous ces juges prirent feance un Sa¬
medi au château d’Allonne pour le mall public ou l’audience. Bernard vicaire
du comte de Touloufe y demanda par Ion avocat, que le lieu de Villefedolè,^»-
trement dit Alfau , ficué dans le territoire d’Alfonne , & polledé par le mona¬
ftere du château de Mallaft ou de Montolieu au diocèfe de Carcaflonne, fût
déclaré un bénéfice fujet aux fêrvices que les Elpagnols réfugiez , & établis
dans la Sepci manie , étoient tenus de rendre pour leurs aprifions , 8c non pas,
ainfi que le prétendoit Alphonfè abbé de ce monaftere, un alleu exempt de
toutes charges. Les parties ayant été ouies , on ordonna que l’abbé , qui ,
quoique prefent , parloir par le miniftere de fon avocat , prouveroit que fon
monaftere pofledoit cette terre en toute liberté , & fans être alTujetti à aucun
fervice, ce qu’il fit quelques jours après. Il produifit l’ade d’acquifition avec
le jugement rendu en conséquence à Carcaftonne par le comte Oliba , le
vicomte F redarius, 6c divers autres juges ; deux chartes données par le roi Char¬
les en faveur* des abbés Ugbert 8c Arnoul les prédeceiièurs. Sur cespreu- a V.Otfitulor.
ves , Bernard viguier & député de Raymond comte de Touloufe fut dé- 1,1517 ^
bouté de fa demande par un jugement folemnel , prononcé par Armand J
évêque de Touloufe préfident de cette allèmblée, le même jour 16. de
Juin la JC JCI. année du rcyie de Charles.
Ce monument très-important pour notre hiftoire, prouve i°. Qu’Eudes
comte de Touloufe fè démit de ce comté avant fa mort en faveur de Ray¬
mond Ion fils, puifque ce dernier eft qualifié de fon vivant comte de Touloufe
& marquis. 2°.Que les ducs Sc les comtes non contens de regarder leurs digni¬
tés comme un bien héréditaire , avoient extrêmement étendu leur autorité
fous le règne de Charles le Simple , jufqu’à s’attribuer le domaine du prince;
car c’eft au nom du même Raymond comte de Touloufe , que Bernard fon
vicaire prétendoit que le lieu d’Alfau dépendoit du domaine de ce comte, parce
qu’il avoit été un bénéfice royal. 3 °.Que les comtes de Touloufe avoient la fu-
zeraineté fur les comtez de Carcaflonne 6c de Rafcz , comme mouvans du
marquifat de Touloufe, ainfi que nous l’avons remarqué b ailleurs. On voit Note'xcik
ici ,en effet un évêque de Touloufe , êe le vicaire du comte de cette ville n. n.
préfider à un plaid tenu dans le diocèfe de Carcaflonne par l’autorité du
même comte, tandis que ce diocèfe étoit gouverné par un comte particu¬
lier. Raymond II. devoir être donc fuzerain de ce dernier en qualité de
marquis de Touloufe, titre qu’il fe donne -, car il n’herita du marquifat de
Gothie que par la mort de Guillaume le Pieux qui vivoit encore alors. 40.
Que fous le régné de Charles le Simple , la province étoit encore habitée
f>ar differens peuples diftinguez entr’eux, fçavoir les Romains, les Gots 8c
es François -, que chacun d’eux avoit confcrvé les loix 8c fes propres juges;
& que dans les aflemblées generales les Romains tenoient le premier rang ,
fans doute parce que la loi Romaine étoit la plus noble 8c la plus an¬
cienne dans le pays , 8c à caufe des anciens habitans qu’on appelloit Romains
8c qui faifoientle plus grand nombre. 5*. Enfin que la forme des plaids 8c la
maniéré de rendre la juftices, établie en France depuis le commencement de la
fécondé race par l’autorité des capitulaires, étoient encore régulièrement obfer-
vécs dans la province en 9 1 8. malgré les troubles du royaume , qui y avoient Mond-E^dei
occafionné plufieurs changemens. cjmtedcTou-
Eudes comte de Touloufe devoir être alors fort âgé , puifqu’il avoit fuc- &R^r‘.
cédé à Bernard fon frere dès l’an 875. 6c que dès ce tems-là il étoit marié m«ngaud l'es
avec la comteflè c Garfinde. Ce fut fans doute ce qui le porta à fe démettre Iuccc'
avant fa mort du comté de Touloufe en faveur de Raymond II. fon fils, cv.t».j.?r.
Tome II. G ij
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HIST. GENERALE DE LANGUEDOC.
An. 893.
a V. NOTE
VUl.n. 14, é»
fil-
premier
b V. NOTE
Vll.n g.
xc.
Mort de Guil¬
laume c Pieux
due d* Aquitai¬
ne, marquis de
Gothic ^com¬
te d'Auvergne,
c V Mabii. ad
ann pi 7 ,n.n
dLabb.Mi/cell.
P fil
eEiccmofînarii
Ad SS. Bened.
fit* -P- 81 •
V.Mab.adann .
9i8.n.i8.
f V. NOTE VU.
n.7.
g V. NOTES
XVU.&XXVI.
h Ad.SS.ibid.
f- 77- %i-90.
Labb. ibid.
513. & «-
bliotb.ibid.
i V Balut.
Auver£, to. 1.
P n&fj.
k ibid .
J Annal Maf~
clac. bibl.Lab .
to.ip.71h
m K. to./.iV.
LXXXKi/.
«.7j.
n K. X<3. SS.
Labb. mifcell.
P • 5"-
o Af^i.
p ibid.
t] f'. to.I.NOTE
LXXXlIn.71.
r ^«3. SS. 85.
ibid.p 89.
Capital, Ap-
fend. p . 1511.
M*7.
XCI.
Union du
marquifat de
Gothic au do¬
maine des
comtes de
Tou oufe.
s NOTE Vil ,
mais nous ignorons b s’ils lui fuccederent immédiatement dans ce marqui¬
fat, & s’il n’échût pas auparavant à Eudes leur pere , qui peut avoir furvêcu
à ce prince , & lui avoir fuccedé par conféquent dans cette dignité.
Guillaume vivoit encore au mois de Septembre de l’an 9 17. comme il paroît
par « fa foufeription à la fondation de l’abbaye de Bourg-Dieu en Berri , & par
une donation»1 qu’il fit à ce monaftere. Comme Engelberge fa femme Ibufcri-
vit aulîi à cette donation , qui eft fans date , il faut qu’elle foit anterieure à
l’a&e de fondation de l’abbaye de Bourg-Dieu ,donconpourroitavoit com¬
mencé la conftru&ion quelque tems auparavant ; car il paroît que cette prin-
cefle étoit déjà décedée au mois de Janvier 9 1 7. fuivant un acte par lequel
Guillaume le Pieux fon mari, le comte Roger, & fes autres exécuteurs tejlamen-.
taires e délivrèrent alors à l’abbaye de Cluni le lieu de Romans dans le Lyon-
nois , qu’elle avoit donné auparavant à ce monaftere , pour le Jalut du comte GuiL
laume fon époux , &de l’empereur Louis fonfrere.
Guillaume le Pieux nefurvêcutpaslong-tems à Engelberge fa femme , &il
mourut 1 Je 6. de Juillet de l’an 9 1 8. ou au plus tard de l’année fuivante. On
lui donne un fils nommé Bozon décédé avant lui. Il eft certain du moins que
Guillaume mourut fans pofterité , & que fa fucceflion pafla pour la plus gran¬
de partie à fes deux neveux, Guillaume & Acfred, fils de la foeur Adelinde
& d’Acfred comte de Carcalfonne. Le premier étoit , ce lêmble g , alors comte
de Vêlai, & l’autre comte deGevaudan. Guillaume fut furnommé le Jeune ,
pour le diftinguer h de fon oncle , ce qui n’a pas empêché plusieurs modernes
de les confondre. Il prenoit 1 la qualité de comte du vivant de Guillaume le
Pieux à qui il fucceda après fa mort dans le duché d’Aquitaine & le comté
d’Auvergne, & à qui il avoit fuccedé k auparavant dans la dignité d’abbé fé-
culier deBrioude. Il s’empara 1 peu de tems après de Bourges j ce qui a fans
douce donné lieu à quelques auteurs de croire qu’il fucceda aufli à Guil,
laume le Pieux dans le comté particulier de cette ville j mais il n’y a aucune
preuve m certaine que ce dernier ait jamais été comte de Bourges , & qu’il ait
eu dans le Berri d’autre autorité que celle que lui donnoit fa dignité de duc
d’une partie de l’Aquitaine , fuivant laquelle il étoit fupericur à tous les
comtes du pays “, qui le regardoient comme leur feigneur. Guillaume le
Pieux exerça cette même autorité fur le Limoufin -, car il eft fans dou¬
te le même que le comte Guillaume , à la priere duquel le roi Charles ° le
Simple donnaen 905. à l’abbaye de laine Denys le lieu de Patri, fitué non pas
dans le pays de Limoux en Languedoc , comme le prétend un hiftorien p mo¬
derne , mais dans celui de Limoufin , ainfi qu’il eft évident par la charte q mê¬
me. Au refte Guillaume le Pieux fit pendant fa vie fon lé jour çrdinaire en
Auvergne r dont il étoit comte particulier , à caufe de fa fituation au milieu du
duché d’Aquitaine &. du marquifat de Gothie , provinces qui lui étoient
également loumifes.
Quant à ce marqui/at dont Guillaume avoit hérité de Bernard fon pere,il pallà
apres ‘ fa mort dans la maifon des comtes de Touloufe , ainfi qu’on l’a déjà re¬
marqué j mais nous ignorons fi ce fut ou par droit de fang , car il eft certain que
les dignitez étoient alors héréditaires, i ou bien par la difpofition de Charles
le Simple -, au parti duquel ces comtes demeurèrent toujours inviolable-
ment attachez. Ce qu’il y a de vrai, c’eft que depuis le decez de Guillaume le
Pieux , le marquifat de Gothie appartint à la maifon des comtes de Touloule,
qui parla augmenta confiderablement fon autorité dans la province -t enforte
qu’à la fin du régné de Charles le Simple il n’y avoit aucun des grands vaflaux
de la couronne qui ne lui cédât, foit pour la dignité, foit pour l’étendue du
domaine.
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GENERALE
D E
LANGUEDOC
«*SS«lSS«SS«««SS*SS*.,MS«H*«Sj„s,ssisSjS,4MSSSjÎSMJSSJJJJt#1MJsjs4jjjjjijijj^
LIVRE D O V Z I Ê M E.
rS' ’%-A!
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MW
E marquiût de Gothie comprenait , dans le tems qu’il _
pafla dans la maifon des comtes de Touloufe la plus An. 9 1 8.
grande partie du diocèfe de Narbonne , ceux'd’Eme 1.
deBeziers, Agde , Lodeve, Maguelonne & Nifmes* Etatdc,aPr°-
La partie du diocèfe de Narbonne qui en dépendoit m".™!
renternoïc deux comrez & deux vicomtez fçavoir le X- ficdc- D°-
comté de Narbonne attache au marquifat de Gothie , “
& celu de Fenouil ledespoflede par la maifon de Barce Touloufe.
lonne Les deux vicomtez étoienteeux de Narbonne
& de Minerbe. Le diocèfe d’Elne étoit partagé entre les
^ « _ ^ oioceie a Line etoit partaeé entre lec
ctfrij5 de RoTHfîTlon, de Confiant , & de Valefpir , & quelques vicomtes en
r autres celui de Caftelnau. Les autres cinq diocèfes de la Gothie né formaient
acun qu un feul comte. Celui de Maguelonne avoir fes comtes qui fe qUali
noient alors comtes de Subftancion ou de Melgueil. Le comté de NÎTmeû
appartenoit à la maifon de Touloufe dès le commencement du X fiecle Noue
:®re?'ifiks.dr,ifedeBeziers’ d'Asde & de
comcesjU paroit leulement que Jes comtez de ce nom furent réunis bientôt après
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. 9 1 8»
54 HISTOIRE GENERALE
au marquifat de Gothie: chacun des crois avoir fes vicomtes particuliers.
La ville de Touloufe avoir titre de comté‘8c de marquifat : fes comtes en
qualité de marquis , avoient la fuzeraineté fur les comtez de Carcallonne 8c
deRafcz,qui appartenoient alors à une même famille. Le premier comprenoic
tout le diocèle de Carcaflbnne, 8c l’autre une partie de celui de Narbonne. La
ville de Touloufe avoit outre cela lès vicomtes, de même que celle de Car-
caflonne 8c le pays de Râlez. Enfin les comtes de T ouloulè pofïèdoient en Aqui¬
taine les comtez d’ Albigeois , de Rouergue 8c de Querci , qui renfermoient plu-
fieurs vicomtez. L’Albigeois, comprenoic celles d’Albi 8c de Lautrec.
II eft aifé de conclure par ce que nous venons de rapporter , que la maifon
deTouloufe dominoit au commencement du X. fiecle, ou mediatement, ou
immédiatement fur tout le Languedoc , à la réferve du Vêlai, du Gevaudan,
du Vivarais , 8c du diocèfe d’Ufcz , pays qu’elle acquit dans la fuite. On a déjà
dit qu’il paroît que le comté de Vêlai appartenoit alors à Guillaume II. duc
d’Aquitaine 2c comte d’Auvergne, 8c celui de GeVaudan à Acfred fon frere. Ces
deux diocèfes avoient chacun fes vicomtes. Ceux du Vêlai fe qualifièrent vi¬
comtes de Polignac : le château de Grezes étoit le chef-lieu du domaine de ceux
de Gevaudan.Quant au Vivarais 8c à l’Uzege, qui faifoient partie du royaume de
Provence, ils étoient gouvernez , ce femble, par des comtes particuliers fub-
ordonnez à Hugues duc ou gouverneur general de ce royaume.
Telle étoit la grandeur de la maifon deTouloufe , quand après la mort du
comte Eudes, fes deux fils Raymond II. comte de Touloufe, 8c Ermengaud
■comte de Rouergue, fc partagèrent fon domaine , ou plutôt lepoflèderent
parindivis^ fi l’on en excepte ces deux comtez. Us fe qualifieront en effet égale-
a v. note nient l’un 8c l’autre princes ou marquis de Gothe , 8c leurs defeendans a continue¬
rai. rent de pofleder ainfi ce marquifat , 8c la plupart des autres domaines de leur
maifon jufques vers la fin du X. fiecle , que les deux branches convinrent, à ce
qu’il paroît , d’un partage limité.
U. L’éloignement où la province étoit de la cour, joint à la foiblelTe dugou.
Les Saiafms vernement , 8c aux divers troubles qui s’élevèrent en France fous le régné de
Uon^u'aux Charles le Simple, mit Raymond 8c Ermengaud dans une indépendance encore
portes de Tou- plus grande, que ne l’afFectoient alors les grands vaflaux de la couronne , qui ne
loutc. mettant point des bornes à leur ambition, s’érigèrent prefque en fouverains ,
8c s’arrogèrent un pouvoir excefïïf au préjudice de l’autorité royale. Les en-
treprifes de ces feigneurs furent la principale caufe des chagrins que Charles
le Simple eut à eflùyer vers la fin de fon régné j 8c le royaume étant ajnfi livré
à la tyrannie des particuliers , continua d’être expofé aux courfes des Nor-
mans 8c des Sarafins d’Efpagne.
Ces derniers , non contens de s’être fortifiez dans les montagnes de
Provence, d’où ils commettoient une infinité de défordres , 8c interrom-
b MtmNiv. poient le commerce avec l’Italie, entreprirent b en 910. une nouvelle irru-
v.p«si«d< m». pdon en deçà des Pyrénées fous la conduite de leur roi Abderame IV. Ce
ÿio n. 6. ann. prince infidèle après avoir défait Ordonius roi de Leon , 8c Garcias roi de
9l9,n Navarre, qui avoient voulu s’oppofer à fes courfes , palfa ces montagnes,
910. ravagea toute la Gafcogne , 8c s’avança jufqu’aux portes de Touloufe fans
trouver la moindre réfiftance.
lu. Charles le Simple étoit alors occupé à difiper une puilfante conjuration
qu’ avoient formée à la droite de la Loire, pluficurs des principaux du royaume
pnneefie Go- pour le détrôner, fous prétexte c de la trop grande confiance qu’il avoit donnée
à Haganon fon miniftre, qu’ils haïlïbient fouverânement.Ces feigneurs s’afièm-
simP c pen- blercnt àSoi(fons,où ils réfolurent de refufer dbbeïr à Charles , 8c même de le
reconnoître pour leur roi. Hervé, archevêque de Reims, détourna leur conjura¬
nt. don -, mais ce prélat s’étant laide gagner dans la fuite par Robert duc de
conue de Ma- France , frere du feu roi Eudes , qui fe fit élire roi en 9 1 1. par les factieux , il
dT Mc\ÿtc\\U le couronna enfin à Reims le 30. de Juin de la même année. Raymond 8c
c FroZcfcron. Ermengaud marquis de Gothie , 8 c la plupart des autres grands vaflaux des pro-
/<. ,9£ inji v!nces méridionales demeurèrent attachez au roi Charles , 8c ne prirent aucune
icm.u.c.M. part ni à la conjuration formée contre ce prince, ni à l’élection de Robert.
dc.itfi.mtm. On en voit la preuve entr’ autres dans une donation d faite à Etienne évêf
î 967. *
DE LANGUEDOC. Liv. XII. SS
que d’Agde 8c à fon églife le rp. du mois d’ yloiit , l’année que Robert régna frau-
duleufcnent. ' ’ ^ 2
On peut rapporter à peu près au même teins le ceftamcnt a de G trille. a Pr*-6u
mette com telle de Melgueil , daté du 26. Janvier fous le régné de Charles. Pat
cet ade elle ordonne au comte Bernard fon fils, de diftribucr pour l’expiation
de fes pechez fes biens meubles 6c immeubles aux églifès , aux prêtres , 8c
aux pauvres. Elle choifit fa fépulture dans l’eglife de S. Pierre de MagueJonne
à laquelle elle fait divers legs , 8c laillè le refte de les domaines au même
Bernard fon fils , qui eft le premier des comtes héréditaires de MagueJonne
que nous connoilFons. Ils prirent indifféremment la qualité de comtes de
Subftancion ou de Melgueil , tant à caufe de la tran/lation du fïege épifcopal
dans le premier de ces deux endroits, depuis la deftruétion de l’ancienne ville
deMaguelonne, que parce qu’ils avoient établi leurréhdence dans l’autre. On
voit par ceteftament que la cathédrale de Maguelonne avoir été confervée, 8c
quelle fubfiftoit au X. fiecle. Et en effet , l’évéquc 8c les chanoines, s’étant
retirez à Subftancion après la ruine de Maguelonne b , Iaiflèrenc quelques eccle- b vtrdal. àe
fiaftiques dans cette églife pour la defîèrvir, ce qui dura jufques au rétabliflb-
ment de la ville 8c du hege épifcopal de Maguelonne au XL fiecle.
Outre les feigneurs des royaumes d’Aquitaine 8c de Sepdmanie, qui demeurè¬
rent fidelles à Charles , ce prince fut encore fbiîtcnu parles grands du royau- j
medeLothaire qui n’eurent aucune part à l'élection de Robert , & chez lef-
quelsilfe retira après que ce compétiteur l’eut mis enfuitc. S’il fauteependant
ajouter foi à un auteur c du XI. fiecle , Charles fc rendit en Aquitaine auiîi-tot c Adcm.cab.
après cette élection , s’avança jufqu’à Limoges, où il rafîembla un corps con-
fiderable de troupes , marcha contre Robert, lui livra bataille, 8c le tua
dans l’action. Mais outre que ce récit eft accompagné de diverfès circonftan-
ces fabuleufes , il eft d’ailleurs contraire au témoignage de Frodoardd , au- dFrcd./t/d,
teur contemporain, qui afture que ce prince demeura toujours dans le royau¬
me de Lothaire depuis l’élection de Robert, jufqu’à ce que ayant livré bataii-
â ce dernier, il le défit 8c le tua. Enfin nousavons plufîeurs chartes qui prou¬
vent que Charles fit fon féjour aux environs de la Sare pendant cet inter¬
valle.
Telle eft celle c qu’il accorda le 7. Juin de l’an 922. en faveur d’yligon de
ttrckevèque de Narbonne & de Rafcg, 8c de fon églife. Ce prélat informé du cré- char/es/c sim-
dit que Guigues évêque de Gironnc, fon fuffragant, avoit far l’efprit de ce P'f ™ faveur
roi, à la cour duquel il avoit été élevé avant fon élévation à l’épi feopat , 8c ^rhomw &
qu’il avoir été joindre, le chargea de lui demander une charte pour le con- dc Gironnc.
fïrmer dans la pollèflion des biens de fon églife. Le diplôme que Charles don- c Pr'f6o‘
ne en conféqucncc eft conforme à un autre qu’il avoit donné vingt-trois ans
auparavant en faveur d’Arnufte archevêque de Narbonne, 8c il eft daté d’un
palaisappellé f Seticus , fitué au voilinage de Torn 8c delà rivière de Sare. Ce fv Mar(a
prince par deux autres diplômes du même jour donna S à l’évêque dc Gironnc Hnp.p. S7S. &
difFerens domaines en confideration de fa grande fidelité , 8c confirma fon
églife dans la pofîèlîîon du tiers des droits domaniaux des pays ou comtez jfi 41‘
deGironne, deBefalu, de Pierre- Lace 8c d’Ampurias, qui compofuient fon
diocèfe.
Il paraît par la charte qui fut expédiée en faveur d’Agio archevêque de f,n Vdc RâV.
Narbonne, que fon églife étoit toujours réduite à une extrême pauvreté, mondu.comtc
Cela venoit fans doute de ce que les feigneurs féculicrs lui dérenoient fes biens. f.ca^ljulc
Nous trouvons en effet qu’un feigneur nommé Raymond, qui eft fans doute p0üs ibn fi's
le même que Raymond II. comte de Touloufc 8c marquis de Gothic , avoit ,UI focale,
envahi vers ce tems-là diverfes terres fur les eglifes dc la province de Nar¬
bonne. C’eft ce que nous apprend une lettre11 du pape Jean X. au même hCAtd.comt.
Agio, à Aufterius archevêque de Lyon 8c à leurs fuffragans qui font P-8*-
es la Seftimanie , l’Efpagnc & la Bourgogne , dans laquelle il leur marque, que
conformément à leurs prières décrit à Raymond pour l’engager à reftituer à
1 eglife les biens dont il s’étoit fâifi, avec menace de l’excommunier & tous
fes fem b labiés en cas de refus. Cette lettre, qui eft fans date, doit être » i note vu.
poûericure à l’an 9 1 y 8c anterieure à l’an 921. ainf ayant écé écrite vers l’a 9 "*•
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56
HISTOIRE GENERALE
9 1 3-
A N. 9 2 2. 910. il n’y a pas lieu de douter qu’elle ne regarde Raymond II. comte de
Touloufe , qui poffedoit alors le marquifat deGothie , 6c le comté particulier
a Fiod chron depuis la fin du IX. fiecle.
p. 591!' ron' Raymond a II. fignala fa valeur contre lesNormans , qui non contens de la
v. cateicomt. cefiion que Charles le Simple leur avoit faite d’une grande partie de la Neu-
au-v. ^rie , cherchoient encore à s’étendre dans les autres provinces du royaume ,
*».i. p.10. à la faveur de divers renforts qu’ils recevoient fréquemment de leurs com¬
patriotes du Nord. Ils firent une entreprife fur l’Aquitaine en 923. 6c après-
avoir ravagé une grande partie de cette province , ils pénétrèrent jufqu’en
Auvergne. Guillaume II. duc d’Aquitaine , 6c comte particulier de ce pays ,
ne fe croyant pas allez fort pour leur réfifter , appella alors Raymond
comte de Touloufe à fon fecours. Après leur jonétion ils attaquèrent ces peu¬
ples , les battirent , 6c en lailferent douze mille fur le champ de bataille.
Raymond II. mourut peu de tems après cette glorieufe expédition, ou peut-
être dans l’adion même. Il eft certain du moins que Raymond-Pons fon fils
h v. note lui avoit déjà fuccedéb dès l’année fuivante. Raymond II. avoit environ 63.
\u.n.6. ans dans ie cems Je fa mort. Il avoit époufé , ce femble, une dame nom¬
mée Gudinilde qui lui furvêcut.
vi. Raymond-Pons fon fils lui fucceda dans le comté de Touloufe , mais il pof.
p^nlm&ndÉr- feda c comme lui, par indivis, le marquifat deGothie, 6c la plupart des autres
mengaud ie- domaines de fa maifon avec Ermengaud comte de Rouergue fon oncle. Il eft
îesàchatfes'e Par^ de ces deux princes de la maifon de Touloufe dans une lettre a
simple «près qu’Agio archevêque de Narbonne écrivit à deux évêques de là province,
roÎRaoui du nomrnez Agambert 6c Alfonfe qui dévoient partir pour la cour. «Nous
c note vu. ” avons appris , dit-il dans cette lettre , votre prochain départ , ce qui
”ld r^6 ”nous rengagé à aller trouver nos comtes Ermengaud & Raymond. , pour les
Pr ?'61, « prier de vous charger de foiliciter pour nous auprès du roi un diplôme , à
«quoi nous vous fupplions de vous employer. « Agio ne marque pasleficge
«NOTEitid. de ces deux prélats , mais fa lettre qui eft pofterieure c à l’an 9 1 8. 6c ante¬
rieure à l’an 927. prouve manifeftement qu’Ermengaud comte de Rouergue,
6c Raymond comte de Touloufe fon neveu, polTederent le marquifat de G o-
'• thie en commun. Nous en avons d’ailleurs d’autres preuves.
Raymond-Pons étoit à la fleur de fon âge lorlqu’il fucceda à Raymond
fon pere. A fon exemple il demeura toujours très-attaché au roi Charles le
Simple qu’il reconnut pour fon fouverain , même après que ce prince eut été
détrôné , ce qui arriva de la maniéré fuivante. Charles forcé par Robert fon
compétiteur d’aller chercher un azile dans le royaume deLothaire,y raffembla
un corps d’armée , 8c s’avança le 1 5 . de Juin de l’an 923 .jufqu’à Soilfons , où il
rencontra fon ennemi. Il l’attaqua aufli-tôt avec beaucoup de bravoure , fit
main-baffe fur une partie de fon armée -, 6c l’ayant joint, il lui porta un coup
de lance dont il l’abbattit , enforte que Robert refta mort fur la place. Cet
avantage dévoie, ce femble, luiaffurer la victoire, mais il en arriva tout au¬
trement. Hugues fils de Robert, foutenu d’Herbert comte de Vermandois ,
ranima le courage des foldats à la vue de la mort de fon pere jêc refoludela
venger , il pouffa fi vivement le roi Charles , qu’il l’obligea enfin à prendre la
fuite après avoir perdu fept mille hommes. La perte des partifans de Robert
fut neanmoins plus confiderable , 6c ils eurent ‘ douze mille hommes de tuez
dans cette bataille. Us délibérèrent auffi-tôt fur le choix d’un nouveau
roi ^ l’élection tomba fur Raoul ou Rodolphe duc de Bourgogne, gendre de
Robert, 8c fils de Richard, auffi duc de Bourgogne. La ceremonie de fon
couronnement fe fit à faint Medard de Soiflons le 13. du mois de Juillet
fuivant.
Charles nonobftant le puiffant parti dont ce nouveau compétiteur étoit
appuyé auroit fans doute rétabli fes affaires , tant avec le fecours des fei-
gneurs des provinces méridionales qui lui demeurèrent fidelles , qu’avec celui
1 desNormans qu’il manda, s’il n’ avoit eu le malheur de fe fier à un traître.
Ce fut au comte de Vermandois, de même fimg que lui, qui au lieu de le
foùtenir fur le thrônç , le livra lâchement à fon concurrent , ou qui plutôt
pour fe rendre neceffaire , le retint prifonnier à faint (Quentin, d’où il le fit
transférer
î Md «un.
3M-n. SV
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/
DE LANGÜEDOCLiv. XII. 57
transférer à Peronne malgré la foi des promeiTes folemnelles que lès ambafli-
deurs lui avoient faites de fa part. Cet événement eft une des principales épo- y
ques du pouvoir fuprême que s’attribuèrent nos comtes de Touloufe , qui ne
voulurent * jamais reconnoître Raoul pour roi du vivant de Charles le Simple , * Pr.to.i.p.io.
ni même long-tems après fa mort. Ainfl ce dernier ayant vécu pluiîeurs an¬
nées après la bataille de SoilTons , 6c ayant été prefque toujours renfermé
dans une étroite prifon , ces comtes durant cet intervalle gouvernèrent leur
domaine avec une autorité fouveraine * ils ne furent gueres moins ab/oius
après qu’ils eurent enfin reconnu Raoul , 6c fous le régné de les fucceflèurs.
Les autres provinces fituées à la gauche de la Loire refufêrent également vïr.
de fe foumettre à Raoul : Guillaume II. duc d’Aquitaine & comte d’Au-
vergne fe déclara entr’autres contre lui. Le premier b réfolu de fe faire recon- ne (c ioumec a
noître dans cette partie de la monarchie,s’avanqa vers la Loire au commence-
ment de l’année üuivante. Guillaume averti de fon dclîèin , fe prefenta à 1* au-. jTveia!! ^
tre bord du fleuve vers l’extrémité du diocèfe d’Autun pour lui en di/puter le b riod.chron.
paflàge. Raoul voyant la difiïculté qu’il y avoir à le tenter , prit alors le parti _
de la négociation. Il envoya des amballadeurs à ce duc qui écouta lès pro- 5)14.
poiitions. Enfin après avoir employé toute la journée à négocier, ils convin¬
rent fur le foir d’avoir une conférence. Guillaume pafla la Loire , entra dans
le camp de Raoul &defcendit de cheval dès qu’il apperçut ce prince, pour le
faluer. Le roi qui étoit aulfi à cheval l’embraflà , mais fans defeend re 5 SC
après avoir renvoyé la conclufion de leur traité au lendemain, ils fe fép are-
rent. Le duc fe rendit au camp au tems marqué , 6c demanda huit jours pour
délibérer fur le parti qu’il avoit à prendre , ce qui lui fut accordé. Le délai
étant expiré il alla rejoindre le nouveau roi , 6c fe fournit à -fon obéi/ïince.
Nous ignorons les conditions de leur traité , nous fçavons feulement que
Raoul rendit à Guillaume le comté de Berri dont il s’étoit emparé fur lui
avant fon élévation au thrône. R^oul termina à la founiiffion de ce duc l’expe-
dition qu’il méditoit de faire dans l’Aquitaine & la Septimanie, pour les ré¬
duire entièrement à fon obéiflance. Les entreprifes des Normans qui avoient
pris les armes en faveur de Charles le Simple , l 'obligèrent à décamper bien¬
tôt après des bords de la Loir e&cà revenir fur les pas ; enlôrte qu’à laréferve
dei’Auvergne, du Berri, du Vêlai, 6c de quelques autres pays qui ccoienc fous
la domination de Guillaume, le relie de la partie méridionale de la monar-
chierefufa toujours de le reconnoître.
Il paroît cependant que la Provence fe fournie à Raoul , car Hugues de MoJdJiouii
Vienne e qui avoit été joindre ce prince , 6c qui l’avoir déjà reconnu fans douce l'Aveugle roi
pour fon luzerain, fe trouva à la conférence dont nous venons de parler. Or „ ;p,ovcncc-
Hugues etoit alors martre de toute cette province , ce qu il faut reprendre de pare de fa
plus haut. verne’ fouTlo
Louis IV. dit l’Aveugle , empereur 8c roi de' Provence , après avoir eu le titre 'de °duc.°
malheur de perdre les yeux avec le royaume de Lombardie , s’étoic reciré & eeconaoie
dans fes états en deçà des Alpes * & ne pouvant agir par lui -même il crldibii. \
fe déchargea de l’adminiftration de toutes les affaires fur Hugues , à
qui il donna toute fa confiance. Ce fêigneur prit les rênes du gouverne¬
ment de Provence fous les titres de duc , de marquis Sc de coince qu’il
fe donnoit indifféremment , ou féparément , ou conjointement , comme il pa- dv Pai ti
roît par diverles chartes11, entr’autres par l’acfc de fondation ou rétabli f *nn >00. n.\6.
fanent qu’il fit e du monaftere de lâint Pierre de Vienne. Avec une celle 911^.6.916.
autorité il lui fut aifé de gagner les peuples , 6c de former un puiffanc parti * jw*, pr*v.
pour les deireins ambitieux qu’il (e propofoit d’executer après la more de t0-i-f-7)s.
Louis.
Nos modernes ne f font pas d’accord fur l’époque de cette mort : mais' t v.notek
il eft certain que Louis vivoit encore, en 923. & qu’ilmourut ou dans la "■‘i-b’/'fï-
même année , ou au plus tard au commencement de la fuiv ante. Il laillà un
fils nommé Charles- Conftantin, qui ne lui fucceda pas dans le royaume de
Provence, Sc qui ne pofîèda que long-tems après le duché ou comté de Viem
ne qui en faifoit parrie. Hugues au ffi-tôt après la mort de Louis , s’empara
de toute la partie de ce royaume fituée à la gauche du Rhône, fur laquelle
Tome II. H
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n.i.
58 HISTOIRE GENERALE
\ - - - il régna véritablement fans prendre cependant a le titre de roi. II fe ligua avec
A n. 9 14. j^aouj qU>jj reconmit b p0Ur iouverain du roiaume de Provence ; ce qui fie
^ans doute qu’il s’abftint de ce titre. Le befoin qu’avoient ces deux ulurpa-
cûf'p. ft. teurs l’un de l’autre, fut, à ce qu’il paroît, le principal motif de leur ligucj
b note xii. car j^aouj étant coufin germain de Charles-Conftantin , fils de Louis l’Aveu¬
gle, il dévoie naturellement le préférer à Hugues, ôc le favorifer dans les
prétentions à la couronne de Provence.
Ermcnçaud Hugues n’étendit fa domination qu’à la gauche du Rhône, ainfi qu’on l’a
& Raimond- déjà remarqué. Tout ce qui dépendoit du royaume de Provence à la droite de
ic°viva"a!s ce fleuve , paflà. en d’autres c mains aulîi-tôt après la more de Louis l’Aveugle }
de rincée i 6c il paroît certain qu’Ermengaud ôc Raymond-Pons fon neveu , marquis de
,l"r k°note Gothie, s’afiùrerent alors du Vivarais 6c du diocèfe d’Ufez, c’eft-à- dire de
xjy.tt.ji. la partie orientale du Languedoc qui dépendoit de ce même royaume 3 ce qu’ils
firent, ou au nom de Charles le Simple qu’ils rcconnoilloient toujours pour
feul roi légitimé , ou à caufe que ces pays étant à leur bicnféance , ils fe
crurent être autant en droit que des étrangers de fcles approprier & de les unir
à leur domaine. C’cft ainfi que l’Uzege fut réuni au marquait de Gothie,
dont il avoit toujours fait partie avant le démembrement qu’en firent les fils
de Louis le Débonnaire pour l’unir au royaume de Lothaire , Sc que ces
deux pays furent féparez après la mort de Louis l’Aveugle du royaume de
Provence dont ils ne dépendirent plus ,6c dont le bord oriental du Rhône
fit la feparation dans la fuite. Il eft vrai que les évêques de Viviers recon-
noiflbientau XII. fiecle les empereurs d’Allemagne pour leurs fuzerains,
en qualité de rois de Provence 6c de fuccefieurs d’Hugues , mais ce fut
pour des raifôns particulières que nous expliquerons ailleurs. Quant au dio-
cèfe d’Ufez , il fut gouverné par des comtes particuliers dont nous parle-
d note üiJ. rons dans la fuite, jufques vers le milieu du X. fiecle. II fut réuni d bientôt
après au domaine de la maifon de Touloufê , ce qui n’empêche pas que les
princes de cette maifon en qualité de marquis de Gothie , n’ayent dominé
avant la mort de Louis l’Aveugle fur ce diocefe , comme ils dominoient fur les
autres pays de cette province qui avoient des comtes particuliers.
Raoul 6c Guillaume II. duc d’Aquitaine, après leur entrevue fe rendirent c
Raoul en fa- à Autun le premier de Mars de l’an 914. 6c de là à Chàlons-fur-Saône au
d*”1 'l’uv * Mo»' commenccment d’Avril. C’eft ce qui paroît par diverfes chartes de Raoul,
no.c'dc ccùe qui étant dans la dernière ville donna » à Adalard ( évêque d’Anis ou de
vi«’4 lann ” Vêlai, du confentement du même comte Guillaume fon vallâl, & pour le
r^'i.67. wfoulagcment de l’ame de Guillaume oncle de ce dernier , ôc de tous lès pa-
t pr.p.6 1.(4 » rens , le bourg contigu à l’églife duPuy , avec tout ce qui dans cet endroit
fà' « appartenoit au domaine du comte & dépendoit de fon pouvoir , Ravoir les
* Tcioncum. ” droits de marché, de douane*, de monnoye, de redore , 6cc. Cette charte
dont on a diverfes copies eft datée du 8. d’Avril de l’an 915. indiction X.
la I. année du régné de Raoul ; mais il y a faute 6c. dans l’indiction 6c
s» v. lM. dans l’année de l’incarnation ; on doit lire l’an g 914. indiclion XII. cor-
M^Mab'ibid. reêtion qu’on peut juftifier par d’autres h chartes de Raoul données alors à
Châlons-fur-Saône , comme celle dont nous parlons.
Cette derniere nous donne lieu de remarquer 1 9. Que Guillaume II. ou III,.
du nom, duc d’Aquitaine, 6c neveu de Guillaume le Pieux , pofledoit ]e
comté particulier de Vêlai, 6c qu’il avoit le domaine de la ville du Puy,
puifqu’il confêntit à la donation de Raoul. i‘\ Que c’cft le titre primordial
des évêques pour leur feigneurie fur cette ville , 6c fur le païs de Vêlai. 30.
Que le Puy, n’étoit alors qu’un bourg-, aulîî le fiege épifcopal n’y avoit- il été
i v.to.i.KO- transféré de faint Paulhan, ancienne capitale du pais, qu’à la fin du fiecle ‘
precedent. 4*. Que c’eft le plus ancien monument où il foit parlé de la célébré
eglife de Notre-Dame du Puy , qui par conféqucnt étoit déjà bâtie dans ce
tems-là. y0. Que par le droit de monnoye que Raoul accorda à Adalard évê¬
que de Vêlai , il lui donna fans doute celui d’en faire battre à fon profit : or
comme ce prince déclare en même teins que ce droit appartenait auparavant
au domaine du comte , (ÿ- qu'il étoit en fon pouvoir , c’cft une preuve que les
comtes étoient alors en ufage de faire battre monnoye 3 privilège qu’ils
x.
Diplôme de
TE LXXX.
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DE LANGUEDOC. Liv. XII.
5 9
avoient ufurpé , ou que nos rois leur avoient accordé depuis la mort de Char- An. 914
les le Chauve : car encore fur la fin du régné de ce prince* la monnoyeétoic a Capj[uUit‘
un droit royal , 6c il n’y avoit que le roi fèul qui put en faire fabriquer dans
j i.r.i».
b V. NOTt
XVII.
c V.<gstt.Chr.
nov. edit.to. i»
tout le royaume. On appella Podienfcs , les fols ou la monnoye que les éve-
quesdu Puÿ firent battre dans la fuite , 6c dont les vicomtes de Polignac
partagèrent le droit. 6°. Enfin que Guillaume II. duc d’Aquitaine avoit fuc-
cedé vrai-femblablement à Guillaume le Pieux fon oncle dans le comté par¬
ticulier de Vêlai , puifque la donation dont nous venons de parler fut faite
pour le foulagement de l’ame de ce dernier. On prétend b qu’Hector , petit-
fils de Berlion vicomte d’Arles s fucceda e immédiatement à Adalard évêque
du Puy.
Il s’enfuit de ce que nous venons de l'apporter , que Raoul étoit reconnu
dans le Vêlai en 924. ce qui paroît encore par une autre charte de ce prince
datée de Châlons-fur-Saône le 9. d’Avril delà même année , pour d confirmer d cbiffltt
l’abbaye de Tournus dans lapoffcffion de tous fes biens , entr’autres du prieuré v^ub'tlmn.
de Godet en Vêlai. Ce fut le feul des pays qui compofent aujourd’hui le 91.4n.67.
Languedoc , qui fe fournit alors à ce nouveau roi.
Cette province fe vit inondée vers le même tems d’une multitude de jrruxti^I1 deg
barbares qui y portèrent la défolation. Berenger « empereur êc roi de Hongroisdan*
Lombardie ayant fait, par fa mauvaife conduite, un grand nombre de mécon-
tens , les principaux feigneurs de fes états réfolus de le détrôner , offrirent parRaymoml-
fa couronne à Rodolphe II. roi de la Bourgogne Transjurane , qu’ils appel- Pons,
lerent à leur fecours. Ce prince ayant accepté leurs offres, pafîa les Alpes
en 923. livra bataille à Berenger, le défit entièrement, fe fit couronner à ' pod. chron.
Pavie, 8c repaflà les monts bientôt après. D’un autre côté ce dernier pour t-m.&M-
fe foûtenir fur le thrône fe ligua avec les Hongrois.
Ces peuples f originaires de la Scythie, s’etoient déjà rendus formidables fLuittr. i.t :
dans une partie de l’Europe. La férocité de leurs mœurs , la difformité de c%.i.x. e.t.&
leurs vifages, 8c leur maniéré de combattre, infpiroicnt également la tcrreur.Les ^nna[ Mtu
enfans étoient à peine forris du fein de leurs meres , qu’elles leur déchique- f.)t
toient le vifage pour les accoutumer de bonne heure à fouffrir , ce qui les
rendoit extrêmement hideux, 8c plus terribles d leurs ennemis. Us cou poient
leurs cheveux jufqu’au fommet de la tête, fe nourriflôient ordinairement de
chair crue 6c buvoient le fang des animaux* ils étoient en un mot cruels, vains,
perfides , fans foi 6c fins religion. Les femmes , également féroces , faifbient
comme leurs maris leur principal métier de la guerre 6c du brigandage. Ces
barbares étoient moins propres d former desfîeges, qu’à courir 6c d ravager
les campagnes, 6c cherchoient plutôt d fe battre de loin que de près, parce
qu’ils n’étoient pas fi adroits d manier l’épée, qu’à décocher des dards * ce
qu’ils faifoient avec tant de juflcfîc , qu’ils ne manquoient jamais leur coup ,
même en fuyant devant leurs ennemis. Ils combattoient toujours d cheval,
qu’ils poufibient avec une extrême vîtefle * & quand au premier choc ils
trouvoient de la réfiftance, iis feignoient alors de prendre la fuite ; mais
faifant auffi-tôt volte-face , ils revenoientà la charge avec plus de fureur.
Tel eft le portrait que les anciens hiftoriens nous ontlaifie de ces peuples,
qui fous l’empire de Charles le Gras s’emparèrent de la Pannonie d laquelle
ils donnèrent leur nom , après en avoir chafïe les Huns leurs anciens com¬
patriotes. De ld ils étendirent leurs courics dans les provinces voifines , 6c
apres avoir ravagé la Germanie , ils paflerent dans l’Italie en 900. 6c y établi¬
rent leur demeure. Berenger qui regnoit alors dans la Lombardie , auroit piî
traverfer leur établifiement dans ce royaume , 6c les chafler de fes états ;
mais dans le defîcin g de s’en férvir , foit contre ceux qui lui difputoient la gLmtpr.l i.c.
couronne , foit contre fes fujets , dont la fitlelité «lui étoit fufpeche , il jugea
à propos de les ménager , 6c eut recours d leur proteâion pour fe foûtenir
fur le thrône. Il eut cependant le malheur de tomber enfin dans les embû¬
ches d’un traître qui l’allalfina vers le commencement de Mars de l’an 924.
dans le tems qu’il alloit le matin faire fes prières à l’églife.
Les Hongrois qui avoient toujours été attachez d ce prince , réfolurent de
venger fa mort. Ils prirent les armes fous la conduite de Saler leur roi ou
Tome II. H ij
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6o
HISTOIRE GENERALE
Ah.
914.
a Flod.chron.
ibid.
Duc b, to. 3,
/•Mo.
tr.f. io.
P 5«0- &M-
77*&M-
* V.ti’.I. NO¬
TE XLU. fi. 8.
if agi ad arm,
931.11.4.
leur general , afïïegerent Pavie , capitale du royaume de Lombardie ; & s’en
étant rendus maîtres , ils livrèrent cette ville au feu de au pillage. Ils coururent
enfuitc toute l’Italie , & tournant du côté des Alpes », ils paltèrent ces mon¬
tagnes & entrèrent dans les Gaules, dans le deflèin fans doute d’attaquer les
états de Rodolphe , ennemi & concurrent de Berenger. Ce prince averti
de leur marche , courut en diligence au devant d’eux pour s’oppofer à leur
palTage, & s’étant joint à Hugues comte de Vienne ou duc de Provence,
auifi interefle que lui à les repoulîer , ils les obligèrent enfin de s’en retour¬
ner fur leurs pas. Ces barbares réfolus cependant de pénétrer dans les Gau¬
les , cherchèrent alors un autre pallàge , & ayant fait un détour ils defeen-
dirent enfin dans les plaines de Provence & s’avancèrent vers le Rhône. Ro¬
dolphe de Hugues en ayant été informez , le mirent aulîi-tôt en marche
pour leur courir fus , mais ils arrivèrent trop tard : les barbares avoient déjà
pafle ce fleuve de écoient entrés dans la Gothie où ces princes ne jugèrent pas
à propos de les pourfuivre. Ils fe contentèrent de faire main-balîé lur ceux de
leur arriere-garde qui étoient demeurez derrière.
Les Hongrois eurent à peine palTé le Rhône , qu’ils s’étendirent à leur gré
dans toute la Gothie, y portèrent le fer de le feu , de s 'avancerai t jufqucs
dans le Touloufain. Leur irruption jetta l’allarme dans tous les cfprits , de
ceux qui furent allez heureux pour éviter leur glaive , prirent le parti de la
fuite , ce qui rendit la province prefque déferte. Par bonheur une maladie
épidémique fe mit quelque tems après parmi les barbares dont elle fit
périr un grand nombre. Elle confiftoit dans une enflure extraordinaire de la
tête, jointe à la dyflënterie. Raymond-Pons comte de Toulou/èSe marquis
de Gothie profita de ce moment favorable pour achever d’exterminer le relie
des Hongrois, ou du moins pour les expulfer de lès états. II ramaUa tout ce qu’il
put de troupes ; de s’étant mis à leur pourfuite , il fit palier les uns par le fil
de l’épée , & obligea les autres à fortir du pais.
Il ell fait mention de ce célébré événement dans une lettre b que les évê¬
ques de la province de Narbonne écrivirent quelque tems après au pape
Jean X. Ils lui marquent que le pays avoit été fi cruellement ravage par les
Hongrois , que quoique très-fertile de très-abondant par lui-même , il fe
trouvoit réduit dans la derniere mifere , de que ces barbares avoient fait périr
la plupart de fes habitans jenforte que la province où on voioit auparavant un
grand nombre d’illuftres perfonnages , fur-tout dans l’ordre eccleliaftiquc,en
etoit alors entièrement dépourvue. Ils ajoutent qu’enfin par la qrace de Dieu &
le fcconrs du jeune prince le marquis Pons , ces barbares avoient etc entière¬
ment chalfcz du pays. Il ell ailé de juger par cette lettre jufqu’à quel exccz
les Hongrois portèrent leur fureur de leur barbarie dans tout le Langue¬
doc. Auifi peut-on dire que fi leur irruption fut la derniere que cette pro¬
vince éprouva en differens tems de la part de divers peuples barbares , elle fut
peut-être la plus funefte. Ces peuples renouvellerent leurs courfes en deçà
des Alpes , êcdéfolerent l’Aquitaine les années fuivantes ; mais il paroît qu’ils
ne mirent plus le pied dans la Gothie. Ce fut e durant quelqu’une de ces
irruptions qu’ils détruifirent la ville de Javoux , ancienne capitale du Gevau-
dan, dont la ruine donna occafionà la tranflation du fiege epifcopal dupais
dans la ville de Mende.
Suivant un critique 4 moderne , la lettre des évêques de la province de
Narbonne au pape Jean X. dont on vient de parler, de qui ell fans date , doit
re à l’an ou. par la raifon que Pons ne fu
être pollerieure
fut pas comte de Tou-
loufe de marquis de Gothie avant cette année. Cet auteur fuppofe donc que
cette lettre fut écrite au pape Jean XI. ce qui prouveroit que Raymond-
Pons nechalïales Hongrois de la Gothie ou Septimanie qu’après l’an 931.
& qu’ainfi ces barbares qui entrèrent certainement dans la province en 9 14.
y firent un long féjour. Mais outre que Flodoard, auteur contemporain, fait
entendre allez clairement que les Hongrois périrent ou abandonnèrent tout-
à-fait la Gothie en 914. rien ne nous oblige à renvoyer cette lettre jufqu’en
9 3 i.puifque Raymond-Pons étoit véritablement marquis de Gothie des l’an
914.
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DE LANGUEDOC. Liv. XII:
61
Nous en avons la preuve dans un acte* par lequel « Odon ou Eudes vi- et A n. 914.
comte par la grâce de Dieu, & Richilde fa femme , donnent le 17. de De- « xn
cembre de la XXVII. .année de Charles le Simple en Aquitaine, ou l’an « Eudes fucce^c
914. à l’abbaye de Montolieu , & à Alfonfe qui en étoic abbé, un alleu « àe^andc°" <0[™
aux environs de Salleles dans le comté de Narbonne , du contentement « vicomté de *
d’Aigon archevêque , &c du comte Tons fon feigneur , qui dans fa foufeription et Narbonne,
lé qualifie comte & marquis . Le vicomte Eudes déclare qu’il avoit hérité de « ^ 6%1
cet alleu de fon pere F rançon , à qui Charles le Simple l’avoit donné , & «
d’Erfindc famere qui étoient alors dccedez.il fait cette donation tant pour «
lui , que pour le foulagement de fes freres. Il ajoute enfin que fi quel- «
qu’un- venoit à s’emparer de ce domaine, l’ufurpateur, après quels vicomte «
de Narbonne en auroit été averti une ou deux fois , feroit condamné, «
par le prince de Narbonne qui feroit alors, aune amende de vingt livres d’or, «
& à la reftitution du double. » L’acte eft daté de I’ére Efpagnole, & fouf.
crit par le vicomte , par le comte Pons , qui conientit à la donation 8c la
confirma, par Erifons & Aigon évêques , Aimeric archevêque , Raynald évê¬
que , &c. fur quoi on peut faire les refiexions fuivantes.
i®. Le prince de Narbonne, dont il eft parlé dans l’acte, ne peut être different
de Raymond-Pons marquis de Gothie qui le fouferivit. Les marquis de Go.
thie étoient donc alors comtes particuliers de Narbonne, 20. Eudes qui fit
cette donation étoic b certainement vicomte de la même ville , de comme b v. notb
nous fij-avons d’ailleurs que F rançon fon pere avoit été aulfi vicomte, de que
les dignitez étoient alors héréditaires , ce dernier dévoie avoir pollèdé cette
vicomté. Il eft vrai-femblable que Francon de/cendoit d’un vidante ou vicomte
de Narbonne de ce nom qui vivoit en 8 y 1 . de qu’il avoit par conféquent une
defcendance commune avec Maicul vicomte de cette ville au commence¬
ment du X. fiecle. Richilde femme d’Eudes vicomte de Narbonne , fe dit dans
un acte « de l’an 93 6. fille du comte 13orrcl de delà comte/fe Garfinde : nous c Marc, afp:
ne doutons pas que ce Borrel ne foit le même que Borrcl fils de Wifred Je Velu £ ^
comte de Barcelonne, qui eut fans doute en partage quelque comté de la
Marche d’Efpagne. 3*. Dans la donation du vicomte Eudes, l’évêque Erifons
fouferit avant Aigon archevêque de Narbonne, ce qui nous donne lieu de
conjecturer qu’il croit parent du vicomte Eudes de de la même famille: con¬
jecture qu’on peut appuyer fur ce qu'Erifons après s’être démis de l’évêché
de Vindafque ou de Carpentras , s’étois retiré à Narbonne où il de/îèrvoir
l’églifede faint Quentin d , ce qui fèmble fuppofêr qu’il étoit natif de cette d vci-Jefus,
ville. 40. La foufeription d’Aigon eft fuivie de celle d’Aimeric archevêque de lfa-n-
Narbonne fon fuccellèur, d’où l’on pourroit conclure que celui-ci avoit dès-
lors été clù fon coadjuteur -, mais il eft plus vrai/êmblable qu ’ Aimeric fig na
cette charte, pour la confirmer, quelque rems apres fa date, 8e depuis la mort
d’Aigon, qui décéda vers la fin de l’année 916. ou au commencement delà e v.MabMpl.
fuivante. Onapluficurs exemples* de pareilles figna tu res. Enfin l’évêque ite- l.i.cio.
ginald ou Raynald qui fouferivit au/fi, étoit évêque deBcziers. 9**g,n
Le vicomte Wlverade donna l’année fuivante { à l’églifc de faint Paul de mil
Narbonn e,&aux clercs qui la dellèrvoienr , un alleu qu’il po flèdoit dans le Wheradcfret
comte de cette ville, On voit la loulcriprion du meme vicomte a une do- comccdcNu-
nation b faite le 2 8. Septembre de l’an 92 6. de plufeurs terres fi tuées i Sejan bo',ne
dans le diocèle de Narbonne en faveur de la cathédrale de cette ville, donc —
Agio étoit alors archevêque fuivant le même acte. Il eft donc hors de doute 9 2
que Wlverade étoit vicomte de Narbonne en 925. 8c 916. mais comme il ZIbU-
eft confiant b d’un autre côté qu’Eudes poffedoic cette vicomté dans le même h v.note xi,
tems, nous conjecturons qu’ils étoient freres , & qu’ils la poffedoient par indivis ,M'
ou en commun. On peut appuyer cette conjeâure fur ce qu’il paroic ‘ que i v. kotexi.
Wlverade eft le même que Wadalde élu évêque d’Elne , vers l’an p}0. j^Prf67^
lequel conjointement avec Gaufbert comte de RoufEUon, Ht une donation *
en 9 3 1 . à la cathédrale « tant pour le repos de l’aine du comte Soniarius , «
de fa femme Ermengarde , du comte Bencion & d’ Almerade èvèqut , que pour «
celui de Francon vicomte , de fon époufe Arfinde , & du vicomte Eudes. » Or com- j Mirc
nie il eft certain1 que Gaufbert comte de RoufEUon étoit frere de Bçnciw uy&fin-
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Gi
HISTOIRE GENERALE
An. 916 . comte du même pais , & d’Almerade évêque d’EIne, & qu’il eft très-pro.
aibid.p w. bable a qu’ils croient fils du comte Suniarius & d’Ermengarde , quoique cela
br,.\oTE x/. ne (oit pas marqué dans l’ade, on peut dire b qu’il ne l’eft pas moins que
n- s- V^adalde évêque d’Elne étoit fils du vicomte Francon , 6c d’Arlînde Ton cpou-
fc , 6c par conléquent frere d’Eudes vicomte de. Narbonne. .
xiv- La charte de l’an 916. eft foufcrite aufli par la comteflè Gudinilde 6c la
archcvfque^dc vicomtefle Rïchilde. Celle ci n’eft pas différente de la femme du vicomte
Narbonne. Ay- Eudes dont on a déjà parlé. L’autre étoit peut-être veuve de Raymond IL
mène lui lue- comte de T ouloufe 6c marquis de Gothie 6c mere de Raymond-Pons fon
fucceffeur , à moins qu’elle ne (oit la même que Widinilde , veuve de Wifred
c v.sote xi. le Velu comte de Barcelonne, 6c vraifemblablement ayeule de * Richilde
vicomtefle de Narbonne. Quoi qu’il en foit cette charte prouve qu’Agio
archevêque de cette ville vivoit encore au mois dejfSeptembre de l’an 91 6 ,
iGuli.chr. & que le prétendu Anno qu’on d place fur le fiege de cette métropole en
^',7Î' 914. encre cet archevêque 6c Aymeric, n’eft pas diffèrent du premier dont
le nom a été altéré par les copiftes.
Agio mourut peu de tems après ; ôc en effet , outre qu’il n’eft plus fait
mention de lui dans aucun ancien monument, Aymeric fon fucceffeur immédiat
c Ctttlmm. écrivit e, conjointement avec Hugues de Touloufe, Reginald de Beziers, &
f. s iso. <*•/«?. jes autres évêques fes comprovinciaux , au pape Jean X. qui étoit déjà dé-
comutp?, g8. pofé à la fin f de Juin de l’an 918. Ils demandoient par leur lettre le Pallium
v. note vn. en faveur du même Aymeric élu archevêque de Narbonne après la mort
n'f'y Paiiai d’Agio , ôeexeufoient ce prélat , de ce que , fuivant l’ancienne coutume , il
*nn. sni.n. i. n’avoit pû aller le recevoir lui-même à Rome , ni y envoyer fes députez j
foit parce que , pour fatisfaire à fon devoir , il n’avoit pù abandonner le
pays que les Hongrois avoient entièrement ravagé les années précédentes ,
foie parce que les chemins de Narbonne en Italie n’étoient pas encore libres,
à caufe que les Sarafins occupoient toujours les paflages des Alpes, 6c qu’en-
fin la route d’Allemagne l’auroit obligé à un trop grand détour. Le pape
dans fa réponfe, après avoir témoigné à ces prélats la parc qu’il prenoit
aux maux qui affligeoient leur province, confent qu’Aymcric ufe du Pal¬
lium en certaines Feftivitez de l’année , telles que Pâques , Noël, (aine
Jean.Baptifte, l’Aflbmption de la Vierge, la Dédicacé de fon églife , & à la
confecration d’un évêque. Hugues évêque de Touloufe avoit fuccedé a
Z vm*m. *4 Armand après l’ang9*i.
4,Ul x v"'1*' ^ remar(ïuakle que tous les ades de la province, pendant laprifonde
Mou dcGuii- Charles le Simple, font datez des années du régné de ce prince : preuve
îaume n. duc certaine que les peuples de Languedoc lui demeurèrent fidelles après que
d'Acfted^fon Raoul fe fut emparé de toute l’autorité. Les Aquitains étoient également
frcrc & fou portez en fa faveur -, & fi Guillaume 1 1. leur duc & comte d’Auvergne
(e fournit à ce dernier, ce fut par force plutôt que par inclination. Audi
ne demeura-t-il que fort peu dans le parti de Raoul ; & il ne le vit pas plu¬
tôt occupé en France, tant contre lesNormans, que contre les Lorrains,
qui refuioient également de le reconnoître pour roi , qu’il fecoua le joug de
ion obéiflince 6c fe mit en liberté.
Raoul dans le deffein de punir l’infidelité h de ce duc , affembla une puif-
fante armée compofée de François 6c de Bourguignons , 6c s’avança vers la
Loire. Il commença par le fiege de Nevers, où le trere de Guillaume s’étoit
jetté , 6e l’ayant forcé à fe rendre 6e à lui donner des otages , il pafla en
Aquitaine 6e marcha contre ce duc , qui n’ofant lui réfifter prit la fuite.
Heureufement pour Guillaume les Hongrois ayant fait cette même année
une nouvelle irruption en deçà du Rhin , obligèrent Raoul de décamper
pour aller s’oppoier à leurs entreprifes. Le duc d’Aquitaine délivré par là des
armes de ce prince , continua jufqu’à fa mort , qui arriva entre les mois
fucceffeur.
k Flod, chron.
M97-
.9*7- . . . .
vM°uunn Avril ôc d’O&obre de 1 l'année fuivante , de foûtenir le parti de Charles
si7.ij.84. ann le Simple. Guillaume II. par fon teftament k donna diverles terres à l’ab-
vjo.i.sotb baye de faint Julien de Brioude dont il étoit abbé féculier. Godefcalc eve-
que du Puy , qui fut fon principal exécuteur teftamentaire , s’étant rendu
k b«Ihx..ahv. quelque tems après dans le château de Polignac avec fes autres collègues ,
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An.
9*7-
DE LANGUEDOC. Liv. XII. 63
ordonna la délivrance des legs faits par ce duc à la nie me abbaye , par un
acte daté duregnc de R joui, ce qui prouve que ce prince croit toujours reconnu
dans le Vêlai.
Guillaume II. ou III. du nom, duc d’Aquitaine mourut fans enfans. Acfred
fon frere lui fucceda dans ce duché , 6c à ce qu’il parole dansfes autres digni-
tez, fçavoir * dans les corntez d’Auvergne 6c de Vêlai. Il prenoit la qualité
de comte avant la mort de fon frere , 6c nous avons lieu de croire qu’il
étoit pourvu des corntez de Brioude 6c de Talandes, qui faifoient' partie
de l’Auvergne , 6c du comté deGevaudan b. Nous gavons du moins qu’il
pofledoit e de grands biens dans ce dernier pais. Ce fut lui fans doute qui
défendit Ncvers contre Raoul * 6c en effet il ne voulut jamais le recon-
noître pour roi , comme il paroît d entr’autres par la date de fon teftament,
6c d’une donation qu’il fit à l’abbaye de Souciilanges en Auvergne , car ces ^
deux actes font datez du JT J. à' Octobre , lu cinquième année depuis que les Iran- * ' ni'
çois avaient dégradé * leur roi Charles , & élu contre le droit , Raoul pour leur roi.
Acfred qui dans fes chartes fe qualifie duc d’Aquitaine par la grâce de Dieu ,
le fert des mêmes termes e par rapport â Raoul , dans la date d’une autre
charte , qu’il donna lors qu’il n’etoit , que comte. On n’a aucune preuve
qu’il fut encore en. vie après l’an 917. ainfi il furvccut peu de tems au duc
Guillaume fon frere. Comme il mourut fans pofterité , il difpofa par fon
teftament f de la plupart de fes biens en faveur des églifes ,6c donna entr’au¬
tres l’alleu de Chamaîicres en Vêlai à celle de 'Notre-Dame d’Anis , ou du Puy.
Quant au duché d’Aquitaine 6c aux comtés d’Auvergne 6c de Vêlai, il g pa¬
roît que Charles le Simple en dilpola apres la mort d’Acfred en faveur
d’Ebles comte de Poitiers. '
Herbert comte de Vermandois, picqué du refus que Raoul lui avoit fait
du comté de Laon pour fon fils Eudes , avoit alors tiré Charles de la pri-
fon pour le remettre fur h le thronc * mais ne lui ayant rendu ce fervice im¬
portant que dans la vue de fe lervir de lui pour l’execution de fes delleins ,
& s’étant racommodé bien-tôt après avec Raoul , il s’affura de nouveau de
la perfonne de ce prince , 6c le fit garder à vue comme auparavant.
Raoul 6c Herbert après leur réconciliation prirent la route de Bourgogne
pour aller conférer avec Hugues roi d’Italie qui paffa exprès les Alpes pour
cette entrevue.
Cet Hugues eft le même que le duc de Provence de ce nom dont on a
déjà parle. Les Italiens l’avoient » appelle chez eux depuis deux ans pour le
placer fur le thronc, après en avoir fait defeendre Rodolphe roi de la Bour-
gogneTransjurane dont ilsétoient mécontcns.Hugucs dont les anciens auteurs
parlent avec eloge , flatté de l’dpoir d’une couronne , avoit équipé une flotte,
s’étoit embarque en un port de Provence, 6c à fon arrivée à Pile il y avoit trouvé
le pape Jean X. 6c la principale noblcffe d’Italie qui l’avoient conduit à.
Pavie où il avoit été couronné. La crainte d’un concurrent aufli puiffant que
Rodolphe l’engagea fans doute avenir en France conférer avec Raoul pour
s’affurcr de Ion fecours contre fon compétiteur. Il paroit en effet qu’ils for¬
mèrent alors enfemble une ligue pour fe foutenir mutuellement fur le thrô-
ne j ce qu’on peut appuyer i°. Sur le témoignage de Luitprand k , fuivant
lequel Hugues n’eut pas plutôt reçu la couronne des Lombards , qu’il
chercha de tous cotez à fe faire des alliez , 6c à mettre les rois 6c les prin¬
ces dans fes intérêts. i°. Sur ce que1 dans la même conférence il fe démit \?lod.ibï<i.
du comté de Vienne en faveur d’Eudes , fils du comte de Vermandois qui
avoit toute la confiance de Raoul. 30. Sur ce qu’il donna en mariage Berthe
là nièce à Bozon qualifié comte m d’Arles : ce feigneur, dont l’origine n’eft
pas bien connue, pourroit bien être le même que Bozon -frere du roi Raoul,
qui mourut en 9 3 5. car nous fçavons que quelques années après la même
Berthe étoit veuve* ainfi Hugues pour obtenir l'alliance 6c la protection de
Raoul 6c du comte de Vermandois , leur aura cédé la Provence qu’il poffedoit
auparavant en fief de la couronne , 8c ces deux princes l’auront partagée ,
en forte que la partie méridionale fous le titre de comté d’Arles , fera de¬
meurée par ce traité à Bozon frere du roi Raoul , 6c la feptentrionale fous
a NOTES m
b V.to.l NOTE
LXXXVIl. ib.
O-io.ll NOTE
XXVI. n. 7.
c BalwL.Awv.
to. 1 p. 10. &
P 503.
d Baluz.ibid.
* Inhoncftave-
runt.
c Ibid.
f Ibid .
g note xn9
n y&M-
XVI.
Hugucsducdo
Provence elû
roi dcLombar-
dic. il le ligue
avec le 10L
Raoul.
h Tiod. ibid .
P-S97.
Rem L4rX.ii.
918.
i LuitprJ. 3*
c 3 &f<qq.
Blod. chron*
ibid.
k Luitpr. I. ÿ
M*
m Ï.Mitfr.l.5.
C.14*
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é4 HISTOIRE GENERALE
celui de comté devienne à Eudes , fils du comte » de Vermandois. Nous
nt lii i *i v°i°ns enfin que le roi Raoul avoit deux freres du nom de Bozon,
IL ‘r^.’n.î. dont l’un vivoit encore en 939. ainfi Bozon premier du nom , comte de
Provence ou d’Arles, aura été vraifemblablement l’un des deux. Au refte
la conférence donc on vient de parler dut fe tenir à la fin de l’an 918. car
ispuiiio.it. Hugues étoit b à Vienne au mois de Novembre de la même année , &nous
PcFiôd. chrcn. fçavons d’ailleurs c qu’il repafla en Italie aulfi-tôt après cette entrevue. Raoul
P-wi- fe rendit de fon côté à Reims , où pour s’affermir fur le trône , il fit enfin
*iïid. avec Charles le Simple un traité dont nos hiftoriens * ne rapportent que
ce qui fuit : Raoul fit la faix avec Charles , lui rendit le falais d’ Attigni ,
& lui fit divers frefens. Il fut aifé au premier , qui étoit maître de la per-
fonne de l’autre de lui impofer telles conditions qu’il voulut ,& il l’obligea
fans doute à lui ccdcr la couronne.
X 'de char Charles ne furvêcut pas long-tems à ce traité. Il mourut le 7. d’Octobre
Us°'ie simple' de l’année fuivante d, dans la prifon où le comte de Vermandois l’avoir détenu
interrègne jufqu’alors. Il laiffa un fils nommé Louis âgé de neuf ans , d’Odgive fa femme
vince!* pr°" c]u’effe avoit emmené en Angleterre auprès du roi Aldeftan fon frere , où elle
- - alla chercher un azile , après que Charles fon mari eut été détrôné. Quoique
919. Raoul parût devoir regner fur tout le royaume par la mort de ce roi ôcl’ab-
àcbron.s.pet. fenCe de f0n fils , les provinces méridionales qui jufqu’alors lui avoient refufe
l,v' l’obéiflhnce , ne lui furent pas pour cela plus foûmiles -, enforte qu’elles de¬
meurèrent depuis dans une efpece d’anarchie , & que ‘s’obftinant à ne vou-
cv.Mtz.nti. loir pas le reconnaître pour» roi , on data communément les chartes e en
,n capuui.to.i. Aquitaine , dans la Gothie & la Marche d’Efpagne , de fuis la monde Charles
* M»rc. afp. dans l’attente d’un roi.
f-w- Il fcmble cependant par un { acte pafle en Rouergue le n. du mois d’Avril
ÿii.n.io.ina‘ da première année de la mort du roi Charles , lorfque Raoul commença à regner ,
Pr.pao.6 g. que ce dernier étoit reconnu en ce pays en 930. mais cela marque feulement
i Fr'f 67 • qu’il regnoit en France depuis la mort de Charles. Nous verrons en effet
930. plus bas qu’Ermengaud comte de Rouergue & marquis de Gothie ne fe fournit
S u*h- à ce prince que deux ans après. D’autres monumens g du diocèfe de Narbon¬
ne, donnent lieu de croire qu’aufli-tôt après la mort de Charles le Simple,
on y reconnut le jeune Louis ion fils, quoiqu’il fût abfent du royaume. En
un mot , chaque notaire fepreferivit fa formule de dater durant cet efpece
d’interregne , quoiqu’on fe lèrvît plus communément de la fuivante : Régnant
Notrc-Sc:gneur , & en attendant un roi 5 mais toujours fans aucune marque de
foumillîon pour Raoul.
Ceprinceréfoludeibûmettre cette partie de la monarchie à fa domination,
\irhd.chron. s’avança h vcrs 1a Loire au commencement de l’an 930. fous prétexte d’aller
t,vS' combattre les Normans qui ravageoient l’Aquitaine , & qui s’étoient éten¬
dus dans leLimouiïn. Il les rencontra dans ce pais &les défit entièrement.
Ccrte victoire lui acquit beaucoup de gloire 6c de réputation , 6c difpofà les
Aquitains à fe fbûmetere, ce qu’ils firent enfin. Raoul n’alla pas plus loin dans
cette province : les nouveaux différends furvenus entre Hugues le Grand ,
fils du feu roi Robert , & le comte de Vermandois , ôc les guerres que fe
faifoient entr’eux divers feigneurs, le rappellerent bientôt en France j ainfi la
partie méridionale du royaume fe maintint toujours dans l’indépendance.
xviii. Hugues roi d’Italie abandonna alors les interets de Raoul fon allié, pour
d'ha'IÜ^câJu s’accommode r avec Rodolphe fon compétiteur , dont le parti Vétoit ranime
Provence à en Italie' , & à qui il céda, par un traité , tout ce qu’il poffêdoit en deçà des
!L°BourtoJr°e. Alpes- Rodolphe céda çlc fon côté à Hugues toutes fes prétentions fur le
iLuitfr. 1. 3. royaume de Lombardie , dont ce dernier demeura par là paifible poflefleur.
C’cll tout ce que nous fçavons de ce traité , en conféquence ducfuel Rodol¬
phe Sc les rois delà Bourgogne Transjurane fes fuccefleurs étendirent leu r do¬
mination jufqu’â la mer Mediterranée , Sc unirent à leurs états le royaume de
Provence que Bozon avoit ufùrpé , à l’exception cependant du Vivarais &c
del’Ufege, c’eft-à-dire de prelque toute la partie orientale du Languedoc
qui en ' dependoit auparavant, ôc qui demeura foûmifê à l’empire François.
k. y.xoTx 1. Comme ce traité fut conclu au préjudice de nos rois k , légitimés fouverains
* de
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DE LANGUEDOC. Liv. Xlî. tj
de la Provence , & qu’Hugues n’avoit aucun droit de transférer le royaume An. 930*
à Rodolphe } on doit regarder toutes les entrepri/ës de celui-ci &c de fe$
fuccefleurs comme une véritable ufurpation; Auffi Raoul3, 6c les rois deFran- 4 vnote i
ce qui regnerent après lui , exercerent-ils leur autorité fouveraine fur la Pro.
vence , ôc firent tout ce que la foibleflè où étoit alors le gouvernement leur
permit , pour réunir à la couronne cette ancienne partie de la monarchie;
Quelques modernes rapportent diverfes circonftances de ce traité. Ils pré¬
tendait entr’autres qu’Hugues fe réferva fa vie durant le comté d’Arles ,
qui s’étendoit depuis l’Ifere jufqu’à la mer , mais tout cela eft avancé fans
preuvé , ôc il paroît au contraire par b divers monumens , que Rodolphe & b N02* xa-
Conrard le Pacifique fon fucceffeur , regnerent fur toute la Provence du
vivant. d’Hugues. Ce dernier céda par conféquent à l'autre l’autorité qu’il
avoir fur ce royaume : il le réferva feulement quelques terres ou alleus dil
pays , & des provinces voifines , dont il difpola dans la fuite en faveur des
églifes , ou de Berthe fa niece.
Hugues pour affuret à fa pofterité le royaume d’Italie c, s’aflocia alors
Lothaire fon fils , ÔC àppella de Provence plufieurs de fes proches , qu’il 9ià .n.j.
combla de biens 6c d’honneurs. L’un des principaux fut Manafles archevê- d LKitfr / ^
que d'Arles fon neveu du côté de fa focur, qui abandonna d le foin de fon f.3.
églife pour palier en Italie , ôc ne fit pas fcrupule de garder cet archevêché*
avec plufieurs évêchez du royaume de Lombardie dont il le fit pourvoir.
Hilduin autre évêque, après avoir été chafle de fon églife, fut aulfi trouver
en Italie e le roi Hugues fon allié, êe il obtint de ce prince 1 évêché de
Vérone , 6c enfuite l’archevêché de Milan. Quelques auteurs 1 prétendent îpUnt*v.Loi.
<}ue ce prélat, lors qu’il pafla en îtalie , avoit ctê expulfé du ficge épifco-
pal de Lodeve , mais ces auteurs fe trompent , ôc ils ont pris*Lodeve pour p.67x.
Liege. Il eft certain en effet qu’Hilduin, qui alla joindre le roi Hugues fon * 11
allié, n’eft pas différent d’Hilduin , qui après avoir envahi l’évêché de Leôdillnjl0'11
Liege ou de Tongres , fe voiant oblige de l’abandonner ,. amena avec lui en «tons Luit- .
Italie g Ratherius moine de Lobbes qui lui fucceda dans l’évêché de Ve-
ro'ne. °& *ubU.
Hugues après avoir cédé la Provence à Rodolphe , établit faréfidence au-
delà des Alpes , Ôc ne fe mêla plus des affaires de France. Comme il avoit
Fait cette celfion au préjudice de Raoul qu’il avoit reconnu pour fon fouve-
rain, ôc qui en qualité de roi de France avoit un droit légitimé fiirla'Pro-
vence , ce dernier fe mit en état de foumettre ce royaume à fon obéiffahce,
& marcha dans ce déflein h vers le Rhône au commencement de l’an 9 3 1 ;
A fon arrivée à Vienne Charles-Conftantin, fils de Louis l’Aveugle , alors
maître de cette ville , lui en donna l’entrée , ôc lui prêta ferment de fidelité.
Si l’on en croit les hiftoriens Provençaux, Hugues ayant envahi le royau¬
me de Provence auffi-tôt après la mort de Louis , donna dans le même
tems le comté de Vienne à Charles-Conftantin, pour le dédommager en
quelque maniéré de la fuccelïion de fon pere .dont il le privoit -, mais
ce fait eft démenti par Flodoard auteur contemporain , qui donne à Hugues
le titre de comte de Vienne en 9 14. peu de tems après la mort de Louis V A-
Veugle. Il eft d’ailleurs confiant qu’Hugues céda le même comté en 9 1 8 . à
Eudes fils du comte de Vermandois. Charles-Conftantin ne le poffedoit donc
pas encore alors , Ôc bien loin de croire qu’Hugues le lui ait cédé , il eft
au contraire très vrai-fcmblable qu’il le dépouilla de toute la fucceflion aux
états çte Provence. Il paroît que Charles-Conftantin profitant de l’abfence
de ce prince lorfqu”il pafla en Italie en 918. où peut-être feulement lorfqu’ii
eut traité avec Rodophe en 9*3o.fe feraemparé du comté de Vienne -, ôc que
pourfe maintenir dans la paifible poffeffion de ce pays , il fe fera enfuite fou¬
rnis à Raoul roi de France : en effet ce dernier , depuis la mort de Charles le
Simple , ne ménagea plus tant le comte de V ermahdois , dont le fils avoit
reçu d’Hugues l’inveftiture du même comté , ôc qui fe brouilla même vers le
meme tems avec lui. Ce qu’il y a de certain , c’eft que Charles-Conftantin.
poffeda ce comté depui^ l’an 931. fous l’autorité de nos rois. Raeul domina
aufii fur le refte du royaume de Provence i ou le comté d’Arles , s’il eft vrai,
T ome II . I
h F loi, chroii^
f-199.
■ ■
931.
- *
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U
HÏSTOÏRfe GENERALE
n. 931. comme nous conjecturons, que Bozon comte d’Arles 8e mari de Berthe
eft le même que Bozon frere de ce roi.
4 rrip.6t. On peut appuyer cette conjecture fur une charte de 1 de l’an 932. fuivanc
laquelle un feigneur nommé Humbert, donna un mardi premier jour d’ Août,
fous le régné de Raoul , au monaftere de Notre-Dame de Cafeneuve ou de
Goudargues dans le diocèfe d’Ufcz, une terre qu’il avoir dans celui de Die*
d’où il s’enfuit que Raoul étoit alors reconnu dans ces deux diocèfès. Il eft
vrai qu’on peut également rapporter cette date à Rodolphe ou Raoul *oi de
b v. note Bourgogne -, mais comme nous fqavons d’ailleurs b que Raoul roi de France
iüv.n.jr. fut reconnu dans l’Uzege , cela prouve que c’eft de Ion regne qu’on a voulu
dater cette charte, 8c qu’ainft il fut reconnu aufîi dans la Provence,
xix. Les différens troubles qui agitèrent les provinces feptentrionales duroyau-
Sunente dans me 1 ^es Premieres années du regne' de ce prince depuis la mort de Charles le
{"province*"5 Simple , ne lui permirent pas d’aller foumettre celles du midi qui con-
Concile de tinuerent toujours à lui refuler l’obéiflance. C’eft ce que prouvent manifefte-
bvÊqu«'de menc iu. Une donation c faite paf Wadalde évêque, 8eGaufbert comte de
CarcaiTonne. Roufiillon , à la cathédrale de fainte Eulalie d’Elne, le 10. d' Avril de la fe-
c Pr j>.6* é' Conde année après la mort de Charles , fils du roi Louis , J. C. régnant , (fi- en atten-
d iiid 6 & àantunroi. 18. Une autre donation d qu’un feigneur nommé Raymond fit à
l’abbaye de faint Hilaire au diocèfe de Carcafionne , de divers alleus fituez
dans le comté de Rafez , le 25. de Juillet la fécondé année depuis la mort du
roi Charles }fils de Louis. Enfin il n’eft fait aucune mention du regne de Raoul
±ibid.p.6(.o> dans la date d’un échange e fait en 931. entre Guimera évêque de Carcafi.
fonne, du confentement des clercs de fa cathédrale , 8c Al fonfe abbé 8c les reli¬
gieux du château de Mallaft ou de Montolieu , de diverfes terres fituées
dans le royaume de Septimanie & l? comté de Carcafionne.
11 eft marqué à la fin de cet acte que Guimera le fit ratifier dans un concile </V-
vèques , qui fut tenu , fans doute ,dans la province, mais dont nous p’avons pas
te* d’autre connoilfance. Ce prélat avoir fait un autre échange f fix ans aupara¬
vant, Ravoir le 18.de Juin de la X XV 1 1 1 . année du regne de Charles , depuis
la mort du roi Eudes , avec le même Alfonfe abbé de Montolieu. Il avoir
été élu vers l’an 902. 8c il occupa le fiege de Carcafionne jufques vers l’an
932. qu’Abbon lui fucceda. On a faitg de Guimera taois évêques de Car-
cafionne de ce nom, 8c deux autres de Gifande qui fucceda à Abbon entre
le 12. d’ Avril 8c le 24. de Mai de l’an 934.
Raoul n’ étoit donc pas encore reconnu dans le Languedoc en 9 3 1 . Il vint
trmenoaud b en Aquitaine à la fin de cette année pour concilier quelques feigneurs du
& Raymond- pa_yS qUj fe faifoient la guerre • mais de femblables diilenfions entre les fei-
gneurs de France l’ayant obligé de repafTer bientôt la Loire -, il remit à
îoumettent à l’année fuivante l’execution du projet qu’il avoir formé, de réduire fousfon
dHpokcMcut obéifTance le refte des provinces méridionales du royaume qui refufoient de
Faveur du du- la lui rendre. Dans ce deffein il revint1 en Aquitaine en 932. ÔC s’étant
nc^dcscom- avancé dans le pays , Raymond fi- Ermengaud princes de Gothie allèrent â fa
tex d'Auvet- rencontre ,fe fournirent enfin à fon autorité , 8c lui prêtèrent ferment defide-
fm&dcveU* ^aou^ étendit par là fa domination fur toute la Septimanie , le comté
h Fred.tbron. fie marquifat de Touloufe, 8c la partie de l’Aquitaine qui dépendoit du do-
ma'ne de ces deux princes -, car on a déjà remarqué que Raymond poflèdoit
cijron. afud le comté de Touloufe, 8c Ermengaud fon oncle celui de Rouergue, 8c qu’ils
bûche/, to. v jouiffoient par indivis tant du marquifat de Gothie , que des comtez
d’ Albigeois 8c de Querci. Loup-Aznar comte ou duc de Gafcogne fe trouva à
la même entrevue , 8c fe fournit auffi à Raoul. Flodoard remarque à cette
occafion que ce dernier montoit un cheval qu’on prétendoit avoir plus de
cent ans , 8c qui neanmoins étoit encore très-vigoureux.
Cet hiftorien ne nous apprend pas le lieu de cette entrevûe : nous verrons
bientôt qu’il paroit que ce fut dans la Septimanie , ou du moins fur les fron¬
tières de l’Aquitaine. U ne marque pas non plus à quelles conditions Ray¬
mond fie Ermengaud fe fournirent enfin .à l’obéifTance du roi Raoul j
kxoîEm mais d n’y a pas beu de douter k que ce roi, à qdi il importoit extreme-
ara.o-xxn. ment de gagner les deux princes de Gothie , n’ait difpofé alors en leur faveur
Bejfe N«r b.
p.446.
g NOTE XIII.
XX.
p.5+0.
932.
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DE LANGUEDOC. Liv. XI î. é7 _ _
«du duché d’Aquitaine qu’ils poflèderent depuis par indivis, & qu’il n’ait pour- An. 931.
vu Ermengaud du comté de Gevaudan , 6c Raymond de ceux d’Auvergne
& de Vêlai. Il paroît à la vérité que Charles le Simple, dans le tems de Ton
élargiflèment, avoit déjà dilpofé de ces dignitez , vacantes par la mort d’Ac-
fred duc d’Aquitaine , en laveur d’Ebles comte de Poitiers , mais Raoul ^ y
n’eut a aucun égard à cette difpofition. . '
Depuis l’entrevue donc on vient de parler , Raoul fut generalement reconnu
pour roi dans tout le Languedoc 6c la Gafcogne , provinces qui avoient tou¬
jours été fidèles au roi Charles le Simple jufqu’à là mort, 6c même long-tems
après , comme on vient de le voir. On y data dans la fuite les actes des
années du régné de Raoul, en ne les comptant b cependant que depuis la bcP^T. exw!
mort de Charles le Simple , 6c dans quelques-uns c que depuis la foumilfion d’Er- ». 5.
mengaud 6c de Raymond. C’eftparlà que finit cette elpece d’interregne d à*'-*-1?-10-
qm dura neuf ans de fuite dans la province ; fçavoir depuis l’emprifonnement
de Charles. Les comtes de Touloufe profitèrent de cette conjoncture pour
augmenter leur autorité 6c leur indépendance. Audi prenoient-ils alors la
qualité de Princes , comme l’on voit dans plufieurs chartes -, 6c dans les hifto- cPr.p. 71 &
riens f du tems, qui ne font pas difficulté de la leur donner, 6c même celle ^FiU&Duth.
de Princes très-puiffans. Md.
Il ne reftoic plus à Raoul que la Marche d’Efpagne à fbumettre , pour
être generalement reconnu dans toute la monarchie j mais la plupart des
comtes de cette province continuèrent g jufqu’à là mort à lui refufer l’obéif- ^Jcapitulto.i:
lance, 6c i dater les actes depuis la mort de Charles le Simple. Lafituation
de ce pays à l’extrémité du royaume , 6c la neceffité où le trouva Raoul „
de retourner en France, ou Ion autorité netoit pas encore bien affermie,
ne lui permirent pas fans doute d’entreprendre cette expédition.
Nous avons dit qu’il paroît que ce prince s’avança jufques dans laGothie Epoqucde!â
pour y recevoir les foumiffions de Raymond 6c d’Ermengaud. C’efl ce que foumiflion du
nous inférons de la date d’une de fes chartes *» donnée au palais d’Anfê dans le ^""“'charte
Lyonnois,le 20. du mois de Mai de l’an 932. en faveur d’Alfonfc abbé du deceprinceen
château de Mallaft ou de Montolieu , qu’il confirma a la priere de Dalmace feveurdetab-
J, 'onvajfal *, dans la pofleffion de différons biens qui avoient été donnez à ce ,oi!cu.C
monaftere dans les comtez de Carcaflonne, de Rafez 6c de Narbonne. Raoul h Pr-f- ,6*-
vint donc vers le midi du royaume la meme année qu’il fut reconftu par
les deux princes de Gothie : or comme leur foumiffion doit être anterieure à
cette charte , puifque les comtes de Touloufe avoient la fuzeraineté fur le
comté de Carcaflonne, où l’abbaye de Montolieu eft fituée, c’eft une preuve
que la paix entre les princes Raymond 6c Ermengaud , 6c le roi Raoul , fè fit
vers le commencement de l’an 932 , 6c que ce dernier , qui à fon retour prit
la route de Lyon , s’étoit approché du pays. On peut fixer encore plus pré-
cifément l’époque de cette foumiffion, par une autre charte», fuivant la- i Md. {.et,
quelle Frotard vicomte de Cahors , avec fa femme Adalberge , 6c du confeil
du comte Raymond leur feigneur , donna differentes terres dans le Querci à
l’abbaye de Beaulieu fituée fur les frontières de ce pays , 6c du bas Limoufin,
pour l’ame d’Odolric fon pere 6c de Beletrude fà mere , au mois de Mars de
l'an Ç32. indiUion V.fous le reçue de Raoul. Il eft certain que le comte Raymond
dont il eft parlé dans cet aéle , eft le même que Raymond-Pons comte de
Touloufe 6c marquis de Gothie qui dominoit fur le Querci , comme nous
l’apprenons d’ailleurs : d’où l’on doit conclure que ce prince étoit déjà fou¬
rnis à Raoul dès le mois de Mars de l’an 932. 6c que leur entrevue fe fit
vers le commencement de la même année. xxII
Raoul parcourut la Bourgogne en 93 2. il s’avança l’année fuivante jufqu’à pr;fc devienne
Vienne, affiegea cette ville 6c la prit**, ce qui nous donne lieu de croire parRaouiÆvê-
que Rodolfe roi de Bourgogne , pour faire valoir la ceffion qu’Hugues lui Be^ers"
avoir faite du royaume de Provence , s’étoit emparé de la même ville fur - -
Charles- Conftantin vaflàl de Raoul, qui rétablit ainfi fon autorité a la 2 \ 1'6qq.
gauche du Rhône. 1
Il affermit de plus en plus celle qu’il avoit établie l’année précédente à
la droite de ce fleuve , ce qu’on voit en particulier par un • a&e pafle au
Tome II. I ij
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An. 933.
a Pr.p.70. 0»
'*•
b V. NOTE XX.
n.l'é'X.
c Pr.
aiSjB. Cj;r.
>3.1.;. 4i i-
c V.Pr.p.77.
t Eftien. antiq.
Bfned. Occit.
*?• x*;-ïo4.6
Jeg.
xxm.
Plaid tenu
à Narbonne.
Raymond-
Pons comte
Recette ville.
H
tl HISTOIRE GENERALE
nom1 des exécuteurs teftamentaires de Reginald évêque de Beziers le 19.de
Mars, la IV. année du régné de Raoul depuis la mort de Charles. Entre ces exé¬
cuteurs ctoient les vicomtes Teudon & Odon : le dernier eft le même que le
vicomte de Narbonne de ce nom dont on a déjà parlé., 8c qui félon les ap¬
parences, étoit parent ou allié de Reginald évêque de Beziers. Quant à Teu¬
don, comme il étoit certainement vicomte de Beziers 8c d’Agdc, il étoit
fils, félon toutes les apparences, de Bozon b vicomte de ces deux villes,
mort vers l’an 91*.
Reginald évêque de Beziers, defçendoit vraifemblablemcnt de Reginald
ou Raynald vicomte de cette ville à la fin du fiecle précèdent. Il légua'- dif_
ferens biens à fa cathédrale , entr’autres le lieu de faint Pierre d’Appoull.
On prétend d qu’il vécut jufqu'en 937 .8c qu’il reçut alors une donation de
Pons comte deTouloufe * mais outre que la charte' qu’on cite là-deffus ne
fait point mention de lui , on voit par l’execution de fon teftament faite
en 933. qu’il étoit alors déjà décédé. Rodoalde qui lui avoir déjà fuc-
cédé dès l’an 937. étoit f auparavant abbé de faint Tiberi dans le diocèfe
d’Agde , 8c poflèdoit cette abbaye la XXVII. année du régné de Charles
le Simple.
Nous avons un plaid daté g auffi du mois de Mars la IV. année du régné
de Raoul depuis la mort de Charles. Ce plaid fut tenu à Narbonne , 8c
Aymeri archevêque de cette ville , Pons comte & marquis y préfiderent.
Dix huit juges , tant Goths , que Romains & Salions , ou François, y aflïfterent
avec eux, Içavoir trois juges 8c un Salon ou huilîier de la nation 8c de la
loi des Goths , onze de celles des Romains , & trois de la nation & de la
loi Saliquc ou Françoife. Il y avoir plus de juges Romains que des autres
nations ; fans doute parce que les anciens peuples de la province qu’on ap.
pelloit Romains, faiioient le plus grand nombre des habitans, & que la loi
Romaine y étoit par conféquent la plus luivie. Plufieurs perfonnes de con-
fideration , du pais défignez dans l’acte fous le nom general de Bons hom¬
mes , ou à.' Auditeurs , fe trouvèrent auffi à cette aflèmbléc. On y jugea un diffé¬
rend que Donadeus abbé du château de Mallaft ou de Montolicu , 8c fon
monafïerc avoient avec le comte Pons l’un des préfidens de l’aflèmblée ,
dont les gens avoient éxigé certains droits fur les alleus que cette abbaye
poffedoit dans le comté de Narbonne. Le procureur du monaftere après avoir
formé fa plainte , reprefenta les titres fur lefqucls il fondoit l’exemption de
ces alleus. Les juges & les auditeurs demandèrent alors au comte quelle étoit fa loi?
Pons pour toute réponfe exeufa fa conduite , 8c ayant avoué franchement
qu’il avoit ignoré que ces fonds fulTcnt libres , l’aflèinblée lui ordonna d’en
maintenir la liberté à l’avenir, & l’obligea à donner caution , fuivant ce qui
efi marqué dans la loi Salique : ce qu’il fit volontiers.
Ce monument très-intéreflant pour notre hifloire, nous donne occafion
d’ajouter ici quelques réfléxions. Il nous apprend i°. Que Raymond-Pons
comte de Touloufe, le même que le comte Pons qui préfida à cette affem-
blée, étoit dans ce tems-là non- feulement marquis de Gothic, mais auffi comte
particulier de Narbonne , puifque fes gens levoient certains droits fur les
terres de ce comté. i°. Que ce prince, qui fut jugé fuivant la loi Salique ,
étoit par conféquent d’origine Françoife : 8c en effet , fuivant cet acte , 8c
quelques autres femblables ,les différens juges pris d’entfe les trois peuples qui
habitoient le païs n’affiftoient aux plaids qui y étoient tenus, que pour juger cha¬
que partie conformémentà la loi de fa nation. 3 ".Que ces trois peuples n’etoient
pas encore confondus dans la province vers le milieu du X. fiecle. 40. Que
quoique les grands vaffaux du royaume euflènt déjà commencé à s’emparer
alors des droits régaliens, 8c qu’on voye ici que le comte de Narbonne levoic
certaines redevances fur les terres que nos rois avoient exemptées de toutes
charges, ils n’étoientpas encore parvenus cependant à ce point d’autorité &de
pouvoir arbitraire donc ils uferent dans la fuite , puifqu’ils défendoient
leur propre caufe , comme des particuliers dans les affemblées provincia¬
les, 8c fie foumettoient à leurs jugemens. j°. Enfin on trouve ici un mo¬
nument de lar modération 8c de l’équité de Raymond-Pons comte de Tou-
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DE LANGUEDOC. Liv. XII;
*9
loufe : nous en rapporterons bientôt de fa pieté 8c de fa religion. An. 9 3 3.
Donadeus abbé de Montolicu défendit non-fèulcment les anciens droits Xxiv
de fon monaftere , il en augmenta encore les domaines , 8c reçut 1 l’année Acfrcd 1 r.
fuivante la donation que fit à cette abbaye le comte Acfrcd , ioit de plu-
fleurs alleus fituez dans le comté de Carcaflonne , cjue le comte Oliba fon Rafcz.
fere avoit poflèdez par la libéralité de nos rois , foit de quelques aurres a *r-p. 71-
biens qui lui appartenoient en propre. Acfrcd II. étoit donc fils 8c fucceffeur 934^
d’Oliba II. comte de Carcaflonne * mais il paroît b qu’il ne lui fucceda pas bqio.i.Nora
immédiatement , du moins dans tout ce comté -, 8c que l’ayant pofledé a’a-
bord par indivis , de meme que celui de Râlez, avec Bencion fon frere , il
recueillit enfin la fuccclflon de ce dernier vers la fin du IX. fiecle. C’eft par
ce feul monument qu’Acfred II. nous eft connu. Il vivoit en 934. car fa
donation à l’abbaye de Montolicu eft datée du 24. de Mai , la V. année du
déjà vü. Nous n'avons aucune preuve qu'
8c il eft; fort vraifemblable qu’il fut le dernier comte de Carcaflonne de fa
race. Arnaud, qui paroît c d’une famille différente, lui avoit fuccedé dès l’an c v. mrt>
944. dans ce comté , 8c dans celui de Rafez , 8c avoit époufé lacomteflè feXlLn-
Arfinde , qui étoit peut-être fille 8c heriticre du même Acfred.
Ermengaud comte de Roucrgue 8c marquis de Gothic demeura jufqu’à Mq^v\
fa mort fidelleà Raoul. Cela paroît par divers monumens, entr’autres par Vé- mengaudeo^'.
changeJ qu’il fit au mois de Janvier delà V. année du régné de ce prince, ou l’an tc & Rouet-
934. conjointement avec Raymond fon fils, & Raymond vicomte & vicaire dans le dcGothic rU'S
Rouergue , de plufieurs biens fituez dans ce pais , contre Eredelon abbé de mondi.f0nfiis
Vabres. Ermengaud prend dans cet aefte la qualité de comte , de prince , 8c de
vy * * ^ 4 ü a
■ prince magnifique : fes fils Raymond 8c Hugues y fouferivirent après lui. j,q.
L’année fuivante ce comte , 8c la comteflè Adélaïde fa femme , donnèrent e
à la même abbaye l’alleu 8c l’eglife de Scgonzac en Rouergue , dont ils fe
referverent l’ufufruit. Ermengaud parle de fes fils , dont il ne dit pas le nom,
dans cette donation, fouferite par le vicomte Bernard , duquel les vicomtes f v- note vin.
héréditaires de Milhau 8c de Gevaudan tirent leur origine. Ileftenfins parlé nfi°'v mTB
du même comte dans une autre donation que fit à l’abbaye de Vabres une xxi.
religieufe appellée Idc, tant pour le falut de fon ame , & pour le comte Ermen- Z^atel.comt,
gaud , Adélaïde fa femme , leurs enfans , que pour le comte Pons -, d’où un de
nos hiftoriens h infère avec raifon que les comtes Ermengaud 8cPons,dont h lb,d ‘
il eft parlé ici , étoient proches parens 8c de la même maifon -, 8c qu’ainft
le premier était prince de la maifon de Touloufe. Cet acte eft daté de la VII.
année du régné de Raoul , qu’on doit compter depuis le 1 9. d’Odobre de l’an
919. ou depuis la mort de Charles le Simple : or comme d’un autre côté il
eft anterieur à celle de Raoul arrivée le 18.de Janvier de l’an 936. il doit
appartenir par confequent à la fin de l’année précédente : ce que nous avons
crû devoir remarquer pour fixer l’epoque de la vie du comte Ermengaud.
Nous ne trouvons plus depuis aucun monument où il foit fait mention de
ce comte, ce qui nous fait croire qu’il ne vécut pas long-tems après l’an
93 Il eft du moins certain que Raymond fon fils aîné lui- avoit déjà fuc¬
cedé dès l’an 943. Celui-ci * eut en partage le comté de Rouergue , avec ‘No^vra,
une partie du duché ou principauté d Aquitaine , du marquiiat de Gothie ,
8c des comtcz particuliers de Nifmes , Lodeve , Albigeois, Querci, 8c des
autres domaines delà maifon de Touloyfe qu’il poffeda par indivis , comme
fon pere , avec Raymond-Pons comte de Touloufe. Hugues fils puîné d’Er-
mengaud prit la qualité de comte , mais nous ignorons le nom du comté qui
lui échut en partage. Il paroît k feulement qu’il poffeda une partie du do- kibidn.i}.&
maine du Querci , 8c que fa femme s’appelloit Gudinilde. Il en eut deux '‘il-
fils, Raymond 8c Hugues. Le premier fe qualifia comte, 8c lui fucceda dans
une portion du Querci. Nous ne connoiffons pas fa pofterité. Quant à
Hugues , il donna vraifemblablement l’origine aux vicomtes de Comborn
dans le bas Limoufin 8c le Querci. Il paroît enfin qu’Ermengaud comte de
Rouergue iaiffa un troifiéme fils nommé Etienne 1 , qui fut comte de Ge- inotexxvt.
"h&Hi-
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_ 76 HÏSÏOIII-E GENERALE
An. 93 j. vaudah , & qui eue des enfans , dont nous parlerons ailleurs.
xxvi. Après la mort du roi Raoul , qui arriva, ainfi que nous venons de le dire,
■ft neV« Un- *e *4- Janvier de *’an 93<>. Y eut une efpece d’interregne en France qui
«ucdoc*11 après dura jufqu’à ce que les principaux feigneurs du royaume eurent rappelle
la mou durai d’Angleterre Louis fils de Charles le Simple , à qui Ton lëjour dans ce païs,
«l'Outremer U1S °ù d s’étoit réfugié avec la reine fa mere en 9 2 3 . fit donner le furnom d’Ou-
gencraicment tremer. Ce prince étant arrivé en France, fut couronné à Laon le iq. de
“rot"! Vn de la même année 936
«e. vicomtes Pendant cet intervalle on data les actes en Languedoc depuis la mort de
deNârbormc. jiagu/_ On en a la preuve dans une donation 1 faite à Gifande ou Wilande
936. évêque de CarcafTonne, le 4. de Mars , la première année de la mort du roi
t Fr.f.ji. Raoul, J. C. régnant, & dans l'attente d’un roi. Il paroît meme que Louis ne
fut pas reconnu pour roi dans la province aufli-tôt après fon couronnement,
b Mxrc.Hifr. par un acbe de vente b que fit Richilde vicomtefle de Narbonne le rp.d’Oclo.
Pmî- ire , la I. année de la mort du roi Raoul, J. C. régnant , fr dans P attente d’un
^v.notexl çet a£e fouferit immédiatement après Richilde par Matfred &Fran-
xv.NOTEitid. con, fils de c cette vicomteflè, & d’Odon ou Eudes vicomte de Narbonne
fon mari , qui devoir être alors décédé. Le premier fucceda à la meme vicom¬
té 5 mais comme il étoit alors fort jeune , Richilde fa mere en conferva
d Marc.Mj}’. long-temsaprès la principale adminiftration. Cette dame d fe dit dans le même
aâe , fille du comte Borrel , & delà comte fe Garfinde , ÔC les biens qu’elle vendit
* NOTEibu. écoient fituez dans le Roulfillon ; ce qui nous fait e conje&urer 1®. Que le
' comte Borrel , pere de Richilde, n’eft pas différent de Borrel fils de V^ifred
le Velu comte de Barcelonne. i°. Que Garfinde femme de Raymond-Pons
comte deTouloufe, étoit fille de la même Richilde, & petite-fille de Gar¬
finde femme du comte Borrel , qui lui aura donné fon nom.
xxvtr. Raymond-Pons jouit paifiblement après la mort du roi Raoul du duché
jtymon-Pons d’Aquitaine, & du comté particulier d’Auvergne dont ce prince avoir dif-
ïourejouitpai- pôle en la faveur en 932. celt ce qui paroît par lacté de * fondation du
duché dvi 11 n)onaftcre ée Chanteuge , daté du 28. d’Aoùt , la J. année du régné de Louis
comté d'Au- Çe monafiere fut fondé en Auvergne fur l’Ailier , vers les frontières du
72a/. 74. Velay -, ce qui a peut-être fait croire g à un auteur célébré , que le lieu de
g y. note Chanteuse dépendoit alors de ce dernier païs , Sc qu’il étoit fournis à l’au-
Ypniti'i toricé fpirituelle des évêques du Puy: mais il s’eft trompé en cela. Un fei-
M»b. *m*i. gneur nommé Claude h avoir légué ce lieu d Cunibert fon petit-fils , prévôt
fai*'707'** de l’abbaye de Brio ude, & après fon décez , à cette abbaye. Cunibert, ÔC
J Baluz. Auv. les Chanoines de Brioude fès confrères, voulant faire un faint ufiigc de cette
u ip.zt. donation , établirent des moines d Chanteuge du confentement de Raymond prince
des Aquitains , du vicomte Dalmace leur abbé , d’Arnaud leur évêque, ouf
l’écoic par con/è'quent de Clermont en Auvergne, St non pas du Puy } St des
principaux feigneurs du pays. Ils déclarent. qu’ils font cette fondation poûr
leur communauté , pour le roi , pour leurs feigneurs _ ou princes déjà nommez^,
& enfin pour l’ame du duc Guillaume , & de fes deux neveux Guillaume St
Acfred. L’aâe fut paffé dans l’eglife de faint Julien de Brioude devant l’autel
de faint Etienne , ôcfoufcrit après les fondateurs par Raymond prince des Aqui¬
tains , qui par la grâce de Dieu , porte aufit le nom de Pons , &enfuirepar Go-
tefcalc évêque du Puy , le vicomte Dalmace , St plufieurs autres feigneurs du
païs.
Raymond-Pons comte de Toulouse étendoit donc alors fa domination fur
i v.[mTE l’Auvergne , & devoir avoir j fuccedé par conféquentà Guillaume le Pieux,
xvi. ici fes deux neveux, tant dans le comté particulier de ce païs, que dans
le duché d’Aquitaine : auiïï le roi Louis d’Outremer lui donne-t-il la qua-
k Tr.p.sf.6 j;re- prince (yes Aquitains , dans la charte k par laquelle il confirma cinq ans
ibaU.chrifi. après la fondation du monaflere de Chanteuge , qui n’eft aujourd'hui* qu’un
nrvedit. to i. prieuré conventuel du diocèfe de Saint-Flour , dépendant de l’abbaye de la
437&/ff • Chaife-Dieu. Enfin on ne fçauroit douter que Raymond-Pons comte deTou-
v.note loufe ne le fut
m
aid.n.7. vers l’an 9 3 7.
t aufil d’Auvergne , puifqu’Arnaud évêque de Clermont déclare m
. qu’il avoir rétabli l’abbaye de laine Allire dans fa ville épifeo-
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V
ÎQCIX.
Dcdicacc
DE LANGUEDOC. Liv.XlI. yt
pale , à la prière & avec le fccours du comte Raymond , qui n’eft pas different
de Raymond-Pons comte de Touloufe. 9 3 6*
Ce prince non content d’avoir contribué à la fondation ou au rétablifle- xxvili.
ment de ces deux monafteres fituez dans le comté d’Auvergne, en fonda un jabbaye d" s!
autre en 936. dans celui de Narbonne. Il choifitpour cela dans fon patrimoi- p'onsde Tho-
ne un lieu nommé THomieres , fitué dans les montagnes de l’ancien diocèfe miercs*
de cette ville , vers les frontières de l’Albigeois. Sa dévotion envers faint
Pons martyr de Nice, qui l’avoit engagé, comme il le déclare a lui-mê- a Pr.f.rs&!
me, à ajouter fon nom à celui de Raymond , le porta aufli à fonder cette /'W*
nouvelle abbaye fous l’invocation de ce faint. II la fit bâtir dans un vallon
arrofé de la petite riviere de Jaur, 8c pria Arnoul abbé de faint Geraud
d’Aurillac , monaftere qui étoit alors dans une grande régularité , de lui
donner de les religieux pour y établir la réglé de faint Benoît» Cet abbé
voulant féconder les pieufes intentions du duc, lui accorda fa demande , &£.
nomma pour premier abbé de Saint-Pons de Thomieres, undefes difciples
nommé Oger , qui fut béni par plufieurs évêques de la province affemblez
à cette occafion. Raymond 8c Garfinde fa femme dotèrent alors richement
le nouveau monaftere. Leur charte eft b datée du mois de Novembre de l’an pjô. la b
/. année du roi Louis. Lecomte déclare qu’il fait cette fondation pour le falut
de Raymond fonpcre> de fa mere, de les parens, 8c de fes vaflaux , 8c donne
en même teins à l’abbaye de faint Pons plufieurs terres 8c églifes dont la
f'iupart étoient fituées dans le diocèfe de Narbonne , 8c quelques autres dans
'Albigeois aux environs de Vieilmur.
Après que l’églife de ce monaftere eut été achevée , le duc pria l’année Xi*1 x-
fuivante Aymeric archevêque de Narbonne c , 8c les évêques Wifande ou régula” s.
Gifande de Carcaffonne , Rodoalde de Beziers, 8c Thierri de Lodeve de la P°ns. Concile
dédier, ce qu’ils firent le 15. du mois d d’Août. Ces prélats déclare, fa^ro^ncede
rent c alors excommuniez tous ceux qui oferoient attenter quelque chofe Narbonne,
contre le monaftere de faint 'Pons , que Raymond-Pons fournira l’églil e £^T-t-77.&
Romaine 8c au pape Leon VIL qui la gouvernoit alors , avec promeffe _ - ,
que ce monaftere leur payeroit tous les cinq ans une redevance de dix 9 37- .
lois en ligne de reconnoiliance. Raymond déclare' enfin par cet a&e l’ab- tv
baye de faint Pons libre 8c exempte -, « enforte que ni le roi , ni aucun prin-« des.Pomp* 1.’
ce , ni aucun évêque , ni aucun de fa parenté , ne puiffe exercer aucune domi- « ePr- ***•
nation tant fur elle, que fur fes dépendances. cC • '
Les quatre évêques qui firent la dédicace de l’églife de faint Pons
tinrent f peu de tems après un concile à Aufede * avec quatre de leurs fPr.ibid.
comprovinciaux ; fqavoir, Raynald, Dagbert ou Dagobert , Pons 8c Wa- *Aur'dlncnfo
dalde dont les fieges ne font pas marquez. Dans ce concile dont on a omis
de faire mention dans les differentes collections , ces prélats firent un decret
par lequel après avoir confirmé la fondation de l’abbaye de faint Pons, ils
renouvel lerent l’anathemc contre tous ceux qui violeroient fes privilèges.
On croit g que le lieu d’ Aufede où ce concile fut aflèmblé, n’eft pas diffé- g Chrm.iMi
rent d’un hameau du même nom , fitué aune lieue ou environ de laintPons, 1‘
où on a découvert des veftiges d’un ancien château. Raymond -Pons fit
drefler un acte h de ce decret , 8c l’accompagna de diverfes imprécations cott- b Pr.Uid, '
tre ceux qui ne s’y foumettroient pas. Il y fouferivit le premier avec la
qualité de très-excellent. On voit enfuite les fouferiptions de Garfinde fa
femme, d’Aymeric archevêque de Narbonne , des évêques Rodoalde, Dag¬
bert, Hugues, Pons, Raynald, Thierri, WadaldeSc'Wifade, 8c desabbez
Dorbcrt ou Darbcrt , Eudes , Arnoul , Suniarius , Robert èc Gui. Il eft marqué
en general dans l’acte , que les principaux du pays le confirmèrent , 8c on
affure ‘ que les vicomtes y fouferivirent , mais on ne rapporte pas leurs noms. lCtiren-i
Cela prouve du moins que le concile d’ Aufede fut une affèmblée mixte. t %'
On prétend k que le comte Raymond-Pons , peu de tems après la fonda* k
tion du monaftere de Thomieres, y fit apporter de Nice en Provence une
partie confidcrablc des offèmens de faint Pons martyr \ 8c eh -effet , on V
célébré tous les ans cette tranflation le 15. de juin. Ces rélicpies furent dif-
fipées avec plufieurs autres qu’on confcrvoit dans l’églife de famtPons , lorf;
h Ptïbid t
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7>
Histoire generale
-An. 937. qa’eti'i -)6 j. elle fut pillée par les Calviniftes. Telle eft l’origine de ce célébré
monaftere, qui fut érigé en cathédrale au commencement du XIV. fieclepar
le pape Jean XXII. & dont le chapitre demeura régulier jufqu’au commen¬
cement du XVII. qu’il fut fécularilé.
xxx. De neuf évêques qui affifterenc au concile d’Aufede , il n’y en a que quatre)
Jtr^uodel* fçavoir , Aymeric. de. Narbonne , Wifade de Carcaftonne, Rodoalde de
province. Beziers , &Thierri de Lodeve dont le fiege elt marqué dans les aétes. Nous
•rUnuv.ici. avons déjà parlé des trois premiers : on loue fort a la pieté du quatrième;
f+y&fei- Nous connoifTons d’ailleurs le fiege des cinq autres. Raynald b étoit évêque
\>notexv, 1. deNifmes, & avoit fuccedé à Hugbert depuis l’an 919. Le pape Jean XI. lui
donna l’églife de c Valfrancifque dans les Cevenes. Bernard I. lui fucceda <*
c Ctii. cbr. vers l’an 94x.&Begon à celui-ci en 944. Dagbert ou Dagobert étoit évê-
ftj' f que f d’Agde : il avoit fuccedé à Etienne qui occupoit ce fiege en 911. Wa-
d note Md. balde ou Wadaldef occupoit celui d’Elne , & c’eft fans fondement qu’on
prétend g qu’il étoic évêque de Maguelonne. Ce dernier fiege étoit alors rem-
f utrc.wp. pli par Pons qui affifta au même cpncile d’Aufede , & dont il eft fait men-
7.’// 8+ 8J * tl0n h ^ans un a*^e ^'a11 947- Enfin Hugues étoit évêque de Touloufe « de-
g Gm-.ftrfrtf. puis environ l’an 917. ou à la fin du pontificat du pape Jean X. Il avoit fuc-
Mtg. f ji. ». cedé immédiatement à Arnaud, quoi qu’en difènt quelques auteurs , quimet-
£ CsjtotiMti. Çent entre eux un certain Ifolus ou Iflo. L’évêque d’Ulez fut donc le feul
i note xix. des évêques de la partie de la province de Narbonne fituée en deçà des Pyre-
y. nées qui ne fe trouva pas au concile d’Aufede t le fiege épifcopal de cette
ville étoic peut-être vacant.
kv.ifob. u Les abbez qui affifterenc à ce même concile furent pacbert k de Sôreze ,
rtnjtj.n.îT1. Arnoul d’Aurillac, Suniarius delà Grafîê, & Robert de Caunes. On ignore
le nom des abbayes d’Eudes Sc de Gui. Il parole cependant que le premier
n’eft pas différent de faint Eudes abbé de Cluni 5 car l’obfervance de l’ab-
baye d’Aurillac qui fut introduite à faint Pons, étoit la meme que celle de
Cluni, Sc Arnoul abbé delà première , qui fe trouva à ce concile, & qui
1 v.M»b.4HH. avoir conduit à faint Pons une colonie de les religieux * agit 1 toujours conjoin-
tn .*57.».ï/.7 cernent avec faint Eudes pour la propagation de leur réforme.
La province ecclefiaftique de Narbonne ) outre les dix diocèfes dont elle
çtoitcompofée en deçà des Pyrénées, en comprenoit encore quatre autres au
deli de c es montagnes dans la Marche d’Efpagne , fçavcir ceux de Barce-
ionne, de Gironne, d’Urgel de d’Aufonne, fans compter celui dePailhas ou
de Ribagorç a, qui dépendoit en quelque maniéré de celui d’Urgel. Le pre-
tnif*rc.HUp. mier de ces quatre fîeges étoic alors™ rempli par Willeran , le fécond par
kj oAMéinm Godemar, le troifiéme par Vi^iiade , 6c le quatrième par Wadamir. Le pape
ffg.n.ft. Leon VII. écrivit l’année fuivante à ces quatre évêques , à Aymeric archevê¬
que de Narbonne leur métropolitain ,à l’évêque d’Elne , &à plufieurs autres
1 rélats des Gaules , pour les exhorter à introduire, dans les monafteres de
éurs diocèfes la réforme qui s’obfervoit dans celui de Riupoll au diocèfe
d’Aufonne , Sc à réprimer les vexations des feigneurs qui ufurpoient impuné¬
ment les biens des églifes 4
Les autres évêché z de la province éroient alors ceux d’Albi , du Puy , de
Éviqaesd'Al- Mende Sc de Viviers fournis à d’autres métropoles. Le premier étoit occupé
s'&MaTdc Par Angelvin B fucceffeur de Paterne , lequel fîegeoit en 921. Nous trouvons
5. ïugene de fous l’épifcopat du premier un Deodat abbé de faint Salvi, à qui GaufberC
Vn OUg»U chr avol*c fuccedé du tems de Miron évêque d’Albi , qui fîegeoit; la VI. année dit
tu*.edit.to.i\ régné de Louis d’Outremer. Ce font là les plus anciens monumens que nous
A9&M- ayons de l’abbaye de faint Salvi d’Albi, qui fut peut-être fondée vers la fin du
/fîig'f'4 VI. fiecle , après que fon faint patron y eût été inhumé. Elle étoit deflervie
’ au milieu
rernée
£
XXXI.
lilieu du X. par des clercs qui vivoient en commun , & elle fut gou-
fe depuis ce tems-là par des abbez fous l’ autorité des évêques d’Albi*
liers dont le nombre fut réduit i quinze en 1493. &qi
I y z}. La chafle qui renferme les reliques de faint Salvi, Sc qu’on confèrvè
encore aujourd’hui avec foin dans cette églife t eft un monument de la pieté
d’UA
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DE LANGUEDOC. Liv. XII.
73
d’un comte de Touloufe nommé Raymond , mais on ignore quel eft le comte An. 937.
de ce nom qui fit ce prefent.
L’ancien monaftere de faint Eugcne de Vioux, audiocèfe d’Albi , étoit aufli
habité par une communauté de clercs ou de chanoines au milieu du X.
fiecle, fous l’autorité d’un abbé nommé Adalard , comme il paroît 1 par un »o»W. chr.
acte daté de la VI. année du régné de Louis d’Outremer. Adalard étoit déjà P
abbé de Vioux la IL année du roi Raoul. Cetteabbaye ayant étéréunieen
986. à la cathédrale d'Albi , le titre abbatial fut fupprimé depuis.
On voit par là que les moines dediverfes abbayes s’étoie nt transformez en é^bWaycVcS.
chanoines au milieu du X. fiecle. Une des principales caufes de cette déca- chaffre eu ve-
dence delà difeipline régulière, fut l’ufurpation des biens des monafteres par 1^éfcuI^™'j
les feigneurs féculiers. L’abbaye de S. Chaffre dans le Vêlai étoit tombée alors ££ Mende,
par cette raifon dans un grand relâchement. Gotefcalc b évêcpie du Puy , bPrf. 79.
qui avant que d’être élevé fur le fiege épifcopal , avoit été religieux de ce
monaftere , que nos rois avoient donné en bénéfice à fey prédecefteurs , tou- edi.chr.iuv.
ché de fon état, réfolut de le réformer. Dans cette vue il pria Arnoulabbé Jt^*^**4*
de S. Geraud d’Aurillac d’y rétablir l’obfervance de la réglé de faint Benoît,
ce que celui-ci fit la IL année du règne de Louis d’Outremer, ou l’an 937.
& il y mit pour abbé Dalmace Ion difciple. Gotefcalc en fit dreffer un
a&e autentique , dans lequel il déclare qu’il avoit établi cette réforme du
confentement du marquis Geilin , & de plufieurs évèques.Cc Geilin c étoit marquis
ou comte de Valentinois, pays qui s’étend en deçà du Rhône , iufques fur
les frontières du Velay. Il avoit pris la protc&ion de l’abbaye de iaint Chaf¬
fre à laquelle il fit beaucoup de bien , de même que les autres comtes de
Valentinois fes fucceflèurs.
Gotefcalc ordonna par le même a&e qu’à l’avenir le monaftere feroit gou¬
verné par un abbé régulier , dont l’élection fe feroit de fon confentement -,
& pour engager par Ion exemple les ufurpateurs à rendre les biens qu’ils
avoient envahis, il commença lui-même par lui reftituer ceux qu’il poffedoit
en qualité d’abbé bénéficiaire. L’abbaye de faint Chaffre rentra par là entr’-
autres dans la poflèlfion du lieu de Chamalieres dans le Velay, ou on établit
depuis un prieuré conventuel qui fubfifte encore fous fa dépendance. Geronce
archevêque de Bourges, métropolitain de la province, BegonêcGui, fuccef-
fivement évêques duPuy, confirmèrent la réforme de cette abbaye,qui devint de¬
puis très-floriffante , & à laquelle on fit diverfes donations, tant aux environs
du Rhône dans le Valentinois Se le Diois , que dans le Vêlai. On lui donna
dans ce dernier pays le lieu de Vaurey * près de la Loire , où on fonda dans
la fuite un prieuré pour des religieufes , qui font foumifes aujourd’hui à l’ab-
beffe de Chafes , monaftere fitué dans le diocefe de faint Flour, fur les
cNOlî xw.
•Vallis rcgïa«
frontières du Velay Se du Gcvaudan.
Au refte Gotefcalc qui étoit déjà évêque du Puy en 936. fe réferva la
principale autorité fur l’abbaye de S. Chaffre , Se il l’exerçoiç encore en 9 5 j.
comme il paroît par une donation d qui fut faite alors à ce monaftere de
divers biens fituez dans la viguerie d’Iffarles en Vivarais. Il entreprit L en 9 50. ^f '***™'
un pèlerinage à faint Jacques en Galice , Se paffant à fon retour par un mona- Gdi.chr.HUy
ftere fitué fur les frontières de la Navarre, il y trouva le traité de faint 5,4 '
Ildefonfe fur la virginité de la Mere de Dieu -, il en prit une copie qu’il apporta
en France , 6c dont il fit prefent à fon eglife.
Nous n’avons aucun monument fur les évêques de Viviers depuis la fin du
IX. fiecle jufqu’à la fin du fuivant. Quant à ceux de Mende , nous trouvons
un Etienne qui occupoit ce fiege fous le regne de Louis d’Outremer. Onf fcdi.chr.nov.
allure qu’il avoit fuccedé à Guillaume , qu’on prétend avoir été prefent en "xxxin.
908. à la fondation du monaftere de faint Pierre du Puy ^ mais outre que Donation de
cette fondation eft de l’an 993. on ne voit pas qu’aucun évêque de Mende y fo^at-Tou-
ait fouferit. On doit donc rayer ce Guillaume du catalogue de ces évêques, loufe.cn faveur
On a déjà vu que Ravmond-Pons comte de Touloufe reconnut Louis dc la cathedra-
vJutremer pour roi avant la hn de 1 an 936. Nous avons cependant une vicomtes de
donation g de ce comte à la cathédrale de Beziers du 17. Janvier, la. I. année &
depuis la mort du roi Raoul. Or comme ce roi mourut le 14. du meme g ^,77.
T ome II. K
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74
H ISTOIRE GENERALE
ijCVJU’ÜD.
<1 l'.p.
/•*>'
Arifcnû-
An. 937. mo*s 1 de l’an 936.il n’eft pas vrai icmblable qu’on aie pû apprendre fa mort
» v. mai, eU cn Cr0‘s jours en Languedoc , d’où l’on pourroit inferer que la donation dont
•>‘»-wn.6f. on vient de parler cft de l’an 9 3 7.6 c que par conféquent ou Raymond-Pons ne
reconnoifToit pas encore alors le roi Louis d’Outremer , ou du moins il
avoit celle de le reconnoître. Quoi qu’il en foie , Pons qui fe qualifie comte
& marquis dans cet a&e , & Garfinde la femme , donnèrent les lieux de Boujan
6c Tamponian , dans le diocèfe de Beziers, aux chanoines de la cathédrale
de cette ville. La charte elt fouferite par deux vicomtes Jonus ou Jonas, 6c
b NOTExx. Aton. Le premier étoit b vrailemblablement vicomte de, Beziers 6c d’Agde,
& fils ou tfere de Teudo qui pofiedoit ces deux vicomtez en 91 6. 6c 933.
c note xxi. Nous trouvons e vers le même tems dans la province deux vicomtes du nom
xote'xxui. d’Aron qui paroiflènt avoir été de la même famille , l’un etoit vicomte de
Touloufe , ôc l’autre d’Albi , 6c c’eft fans doute l’un des deux qui fouferivit i
la donation du comte Raymond-Pons.
xx xiv. Il paroît encore d que le roi Louis d’Outremer n’étoit pas reconnu dans
yi-orm de** k R-ouergue > pays du domaine de la maifon de Touloufe, à la fin de l’an
Miîînu^&de 937. par un échange'1 que firent le vicomte Bernard 6c fes fils Berenger ÔC
^ . Bernard, avec Rainulfe abbé de Vabres, de plufieurs terres lïtuées dans ce
pays , un famedi du mois de Décembre , la II. année après la mort de Raoul,
Dieu régnant, & dans l’attente d’un roi. On peut ajouter à cette date celle
d’une donation c faite à l’abbaye de faint Guillem duDefert, d’un alleu fitué
dans le comté de N if me s , & lu viguer.e d’ H ter le * , Dieu régnant , & le roi
louis.
Ces a&es prouvent que Louis d’Outremer ne fut pas d’abord bien affermi
fur lethrône , 8c qu’on eut quelque peine à fe-foumettre à fon autorité dans
les provinces méridionales du royaume. Au refte il paroît que les deux fils
f v. note du vicomte ( Bernard , dont nous venons de parler , lui fuccederent } le premier
xxyin.n.é’ dans la vicomté de Milhaud , qui comprcnoit une partie du Rouerguc, ÔC
J';[ l’autre dans celle de Gcvaudan; 6c qu’ils les tranfmirent à leurs defeendans.
Louisd-oùtrc Louis d’Ourrcmer fut généralement reconnu dans la fuite en Languedoc,
mer confirme* ôc dans les provinces voifines. C’eft ce qu’on voit par divers diplômes g de ce
rJbb'/cde f Pnncc > entr’autres dans deux de l’an 938. l’un en faveur de l’abbaye de Cuxa
Pons.J>C C en Rou/fiJJon ; ôc l’autre, qui cft daté d’auprès de Brifac fur le Rhin, pour
g u'rcaii[p. ce]je de Riupoll dans le diocèfe d’Aufonne. On prétend h que le comte Se-
PMi.&jtjj. nj0fredj qui envoya fon frere Guifred en cour pour folliciter la première de
' I ces deux chartes , étoit comte de Roufiillon , mais il n’eft pas différent de
h b?!„{ m»c Scniofred alors comte de Barcelonne.Ce dernier avoit un ' frere nommé Vi^ifrcd
Ui(p p.\\6. ’ ou Guifred , 6c il fit des biens confidcrables à la même abbaye de Cuxa.
kihti,h ^ ^ ^onna entr’autres la k terre d’Arian dans le Roufiillon d’où on fait
j itiu.p.ïiù fa famille originaire. Louis d’Ourrcmer dans l’autre 1 diplôme marque les
divers comtez où l’abbaye de Riupoll pofiedoit des terres , fqavoir ceux de
Barcelonne , d’Ampurias, de Pierre-Late , Gironne, Bezalu , Aufonrie,
m ihilp. /»7. Urgcl , Cerdagne , Berga , Roufiillon 6c Confiant -, d’où l’on conclut m que la
Marche d’Efpagne étoit alors divifee en tous ces comtez : il paroît que
cette province en comprenoit un plus grand nombre 5 il n’eft rien die en
effet de ceux de Manre/ë 6c de Pailhas.
Le roi accorda l’année fuivanre un troifiéme diplôme n pour confirmer la
^dation de la nouvelle abbaye de S. Pons de Thomieres, ce qu’il fit à la
f«j. prière du comte Raymond-Pons qui l’a voit fondée, 6c qui dans ce deflèin lui
envoya des ambafiàdeurs, avec quelques religieux du monaftere. Louis accor¬
da non-feulement la demande du comte , 6c prit l’abbaye fous fa proteéiion }
mais il lui donna encore en la perfonne d’ Eudes abbé , qui en avoit le gou¬
vernement , une terre fituée dans le comté de Beziers : preuve que les ducs
6c les comtes n’avoient pas encore entièrement ufurpé alors le domaine de
nos rois dans les provinces. L’abbé Eudes dont il cft: parlé dans ce diplôme
o p. si. ^a’eft pas diffèrent de faint Eudes abbé de Cl uni qui avoit une infpection
f'î- generale fur tous les monafteres de fa réforme établie à faint Pons : ôc nous
abuldtT.pfns f °Yons en effet qu’Augier qui en fut fait abbé particulier en 936. l’ctoit en-
p.i.d.&/eq. cote ven 940 ôc 942. contre le fendaient d’un moderne p quiplace fa mort cn
959
n fr.
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940.
c Ibid.
DE LANGUEDOC. Liv. XII. yS
940.& lui donne S. Eudes abbé deCluni pour fuccellèur.Louis d’Outremer date A n. 9 1 7
ce diplôme de Lyon le 2. d' Août y la JV. année de fon régné , ce qui prouveroit
que ce prince s’avança vers le Rhône en 939. mais on prétend3 que la charte «
eft: datée de Laon , de non pas de Lyon dont le nom latin eft: le même, &
qu’il faut lire Laudunum ou Lugdunum Clavatum , au lieu de Lugdunum.
A l’exemple du roi & du comte de T ouloufo , divers prélats &. foigneurs de xx x y r;
la province s’empreflêrent à l’envi de faire du bien à l’abbaye de faint Pons. Provfnec de *
Aymeric archevêque de Narbonne, de concert avec fon chapitre , lui donna b Narbonne,
plufieurs églifes & chapelles de fon diocèfe, par un a&e daté du mois d’Aoùt ^
de tannée dccccxl. la III. du régné de Louis , ce qui femble füppofèr qu'on ne
comptoit en Languedoc le commencement du régné de ce prince que depuis
l’an 937. mais il paroît qu’il faut rectifier cette date par celle d’une autre
donation c que fit avec fon chapitre Rodoalde évêque de Beziers à la même
abbaye, au mj:s d' Août de l'an dccccxl. la IV. année du régné de Louis * car
il ne faut pas douter que ces deux actes n’ayent été faits en même tems ,
puifqu’ils (ont d’ailleurs fouferits des mêmes témoins.
De ce nombre font prefque tous les évêques de la province avec fix abbez.
Nous inférons de là qu’Aymçric & Rodoalde firent ces donations dans un
concile provincial tenu en 940. non pas à Fontcouverte , comme le prétend
un hiftorien Elpagnol4*, car ce dernier concile fut afièmblé long-tems aupa- diUrîMa,i.t^
ravant, mais dans quelqu’autre endroit de la Septimanie. Les évêques qui
fouferivirent à ces donations1-" après Aymcric de Narbonne, & Rodoalde de ctr-Hid.
Beziers, font Gifade de Carcafionne , Theodoric ou Thierri de Lodeve,
Pons de Maguelonne , Raynald de Nîmes, Dacbcrt d’Agde, Hugues de
Touloufe, VPadalde d’Elnc, &Wiiàde d’Urgel. Les fieges des fix derniers
ne font pas marquez dans les fouferiptions , mais ils nous font connus d’ail¬
leurs. Quant aux abbez, ce font les mêmes qui allifterent au concile d’Au-
fede,& ( dont on a déjà parlé. Les fouferiptions des évêques &. des abbez font
fuivics de celles de Pons comte de Touloufe & duc des Aquitains , de Garfinde fa
femme , du comte Hugues , des vicomtes Arnaud & Sicard de d’un feigneur
nommé Aton , qui fe trouvèrent fans doute àcette aftèmblée ou concile. Ce
comte Hugues paroît être le même que le fils puîné d’Ermengaud comte de
Rouergue, & il étoit par conféquent f coufin germain de Raymond-Pons. t'0TR
Nous conje&urons qu’Arnaud étoit vicomte de Carcafionne , & Sicard de
Lautrec, ou delà partie méridionale de l’Albigeois, & que ce dernier étoit g zv. noté
frere d’Aton I. du* nom , vicomte d’Albi ou d’Ambialct dans le haut Albi- xxi-n-i-
geo is.
Aton vicomte de Touloufe qui avoit fuccedé alors à Benoît fon pere dans xxxyn.
• ' • • \ Ail A r Ml , A 1 • fondation des
cette vicomte > étoit ace qui! paroît de la meme famille quAton vicomte abbayes de Le*
d’Albi. On lui attribue la fondation h de l’abbaye de Lezat, & à Amelie
fa femme, celle du Mas-Garnier, fituées l’une & l’autre dans l’ancien diocèfe Com°«deToii-
de Touloufe. La première dépend aujourd’hui de celui «de Rieux. On pré- i°ufc.
tend » que Benoît vicomte de Touloufe ayant entrepris la guerre contre fes xxm°TE
parens & fes voifins qu’il vouloir aflùjettir à fon autorité , fut tué dans un fan- i mj.
glant combat 5 qu’Aton fon fils de fon fuccefiëur ayant vaincu fes ennemis avec
le fccours du comte de Touloufe, devint par cette victoire paifible poflêlfeur
de fon domaine y que ce feigneur & fa femme Amelie fe voyant fans pofte-
rité , fondèrent les deux abbayes dont nous venons de parler , & qu’enfin
Aton céda le patronage de celle de Lezat au comte de Carcafionne fon on¬
cle. On ajoute plufieurs autres circonftances .k , qui quoique tirées d’un mo-
nument peu autentique par lui -même , paroiflent pourtant appuyées pour le
fonds fur des actes certains. Ainfi Aton vicomte de Touloufe aura rétabli l’ab¬
baye de Lezat , car il paroît qu’elle avoit été déjà fondée un fiecle aupara¬
vant par Antoine vicomte de Beziers , ce qui a fans doute donné lieu de
confondre ces deux feigneurs & ces deux époques. Il eft: certain qu’elle
fubfiftoit déjà dès la V. année du régné de Louis d’Outremer , ou l’an 940.
Elle fut foumife à l’autorité de faint Eudes abbé de Cluni qûi y établit la
réforme , & en donna l’adminiftration à l’abbé Adazius Ion collègue dans le
gouvernement des monafteres de fa congrégation. L’abbaye de Lezat avoit
Tome II. K ij
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76
HISTOIRE GENERALE
941.
t TrüJ.ibtd.
J*-
An. 940. outre cela un abbé particulier qui la gouvernoit fous la dépendance de laint
Eudes & d’Adazius. Quant à celle du Mas-Garnier, la perte de fes anciens
titres , qui furent brûlez ou diiîipez par les Calviniftes lorlqu’ils la ruinerenc
au XVI. ficelé, nous met hors d’état de connoître fa véritable origine, &
il n’en efl fait mention dans les monumens qui nous relient qu’à la fin du
dixiéme. Elle a été rebâtie dans le dernier fur une élévation à la gauche de
la Garonne, au confluent d’un petit ruiffèau appelle le Lambon.
xxxvri Ees ^une^es divifions qui continuoient de. régner en France armèrent les
Vojjgf àe principaux vaflaux du roi Louis d’Outremer contre ce prince , qui après
Louis d’butre. avoir été défait auprès de Laon en 941. le retira en Bourgogne dont les
ttine.e° A<Jm' peuples lui demeurèrent fidelles. Il le rendit à Tournus a lur la Saône au
- - mois de Novembre, & s’avança enl'uire jufqu’à Vienne b où il fut reçu par
94r* Charles- Conftantin fon vaflal , qui en poflèdoit le comté. Les principaux
iftn’u*''”' &>gneurs Aquitains s’y rendirent, ou y envoyèrent leurs députez, tant pour
b tiod'chron. PaRurer de leur fidelité, que pour lui offrir leur fecours. Nous ne doutons
Pas que Raymond-Pons comte de Touloulc ne fût du nombre j car Louis
confirma c alors à la prière d’Henri évêque de Langrcs, &de Gotefcalc évê-
cïr.n.&jej' que d’unis ou du Puy la fondation du monaltere de Chanteuge , faite du
confentement de Raymond prince des Aquitains, qui ell le meme que Ray¬
mond-Pons comte de Touloulc*.
De Vienne le roi pafla en Aquitaine & le rendit à Poitiers } où il confir-
,1 Brjiyftit. ma d Je du mois de Janvier de l’année fuivante, l’abbaye de faint Hilaire
fMi&j'i' (je cetce vjjje ^ ja prjerc de Guillaume comte & marquis , & d’Ebles fon frere ,
dans la poflèlfion de les terres, dont quelques-unes étoient fituées dans le
Touloufain &Ie Carcaflèz. Louis après s’être alTuréedela fidelité des Aqui¬
tains , reprit la route de France, où par la foumilfion des chefs des rebelles,
, on vit enfin celïèr les troubles qui agitoient depuis long -teins cette partie' du
royaume. Guillaume Tète-d’étoupes , comte de Poitiers, dont il s’agit dans la
charte de laine Hilaire, n’a voit donc alors que la fimple qualité de comte
( kotexvi. & de marquis : & en effet, il n’obtint f celle de duc d’Aquitaine qu’après la mort
de Raymond-Pons comte de Touloulc.
xxxix Ce dernier échangea g vers le même teins le lieu de faint Sauveur de Broulle
yiconulid’Ai ^ans Ie diocèfc d’AIbi, & la viguerie de Lautrec , contre diflèrens biens
bi, de Ni fuies" que le vicomte Aton pollèdoit dans la paroiffe de faint Maurice en Rouergue,
& de Launcc. & dans la viguerie de Camarez. Aton qui dans cet aéle prend la qualité de
g ?rf, S4. c viComte par ia grâce de Dieu , & fe dit fils de Bernard , donna à l’abbaye de laint
Pons de Thomieres le même lieu de Broulle qu’il avoit reçu par cet échange,
& un alleu qu’il avoir conlèrvé dans la paroiffe de faint Maurice en Rouergue.
Sa donation ell datée du mois d' Avril de l'an 942. la VII. année du régné de Louis ,
dont on ne compte ici par conféquent le commencement du régné que depuis
la. mort de Raoul. On voit dans cet acte les.foufcriptions de Irotuirc évêque,
&d’ Hugues comte. Çelui-ci , ainfi qu’on l’a déjà remarqué, ctoit coufin ger-
h ko te xxi. main du comte de Touloufe : l’autre étoit h vrailèmblablement évêque d’AIbi ,
0 ù Sc frere d’Aton vicomte de la même ville qui fit la donation dont on vient de
parler, & qui félon les apparences avoit luccedé dans cette vicomté à Ber-
; ibiln. 1. à- nard fôn pere , que nous ne croions pas diffèrent 1 de Bernard vicaire ou
vicomte d’Eudes comte de Touloulèen 918.
C’eff de ce même Aton que delccndent les vicomtes héréditaires d’AIbi qui
prenoient au/fi Ja qualité de vicomtes d’Ambialec, château lltué furie Tarn
à trois lieues au -deffùs de la ville , parce que c’étoit le chef-lieu de leur do¬
maine. 11 y avoit donc dans l’Albigeois au milieu du X. fiecle deux vicomtez ,
/çavoir celle d’AIbi ou d’Ambialet , qui s’étendoit dans la partie lèptentrionale
dudiocèfe , & celle de Lautrec qui comprenoit la méridionale: ainli Bernard
vicomte d’Albigeois au commencement du même fiecle «. aura eu vraifem-
vicomté d’AIbi ou
H'
tut.
- - - — ***. V. J. W y Ml
Elément deux fils , l’un appelle Aton qui eut en partage la vit
d’Ambialec, & l’autre Sicard qui fut vicomte de Lautrec.
Le premier époulâ Diafronific k , qui fonda , ou du moins fit des biens con-
fiderabics à J’églifè'ou monaltere de Beaumont en Rouergue -, & comme nous
/çavons d’ailleurs qu’Aton fon mari pollèdoit des terres dans ce pays , que le
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DE LANGUEDOC. Liv. XIL
77
perc de ce vicomte s’appelloit Bernard , 6c que fes defcendansfîrentplufieurs A n. 941.
donations à cette églife , dont ils fo regardoient comme les fondateurs i nous
conjecturons de là qu’Aton I. vicomte d’Albi étoit proche parent de Bernafd,
qui fut vers le même tems vicomte de la partie méridionale du Rouergue,
& de qui defeendent les vicomtes héréditaires de Milhaud 6c de Gevaudan.
Aton I. eut deux fils, Bernard &: Frotaire j celui-ci fut évêque de Cahors,
l’autre fucceda à fon pere dans la vicomté d’Albi , & poflèda celle de Nifmes
qu’il acquit fans doute par fon mariage avec Gauze ou Gaufiane. Il tranfmic
ces deux vicomtez à fos defoendans , qui prirent long-tems après le furnom
de Trincavel , & devinrent encore plus puifîans vers la fin du XI. fiecle,
lorfqu’ils eurent fuccedé i tous les domaines de la branche aînée des com¬
tes de Carcaflonne 6c de Rafez de la fécondé race.
Ceux-ci tiroient» , cefemble, leur origine d’Afnarius comte de Comin- Arin*L^m(e
ges 6c deConferans qui vivoit au commencement du X. fiecle ,6c qui eut deux carillonne
fils, Arnaud 6c Roger, dont le premier lui fucceda dans une partie du Corn- & de Rifcz.
minges , 6c l’autre dans le refte de ce comté. Arnaud augmenta confiderable- aNoxc'xx//.
ment fon domaine par les comtez de Carcaflonne 6c de Rafez, qu’il poflèda
certainement , êc qui lui échurent à ce que nous croions , par Ion mariage
avec Arfinde , probablement fille 6c heritiere d’Acfred II. comte de Car-
caflonne 6c de Rafez de la première race, lequel vivoit encore en 934.
Arnaud poflèda encore de grands domaines d^ns le Narbonnois 6c le Tou-
loufain, entr’autres toute la partie méridionale de ce dernier pays vers les Py¬
rénées, fous l’autorité des comtes de Touloufe, que lui & lès fucceflèurs
reconnurent pour leurs fuzerains.
Arnaud , Arfinde fa femme , leurs fils & leurs filles , donnèrent b au mois 944.
d’ Avril de l’an 944. à l’abbaye de Lezat , 6c à l’abbé Adafius , l’églife 6c la bPr. p. se.
terre de faint Ybar dans le pays de Foix , d’où l’on doit conclure qu’Ar-
naud étoit alors , 6c même quelques années auparavant , comte de Carcaf-
fonne 6c de Rafez , puifque le pays de Foix dépendoit alors de ces comtez.
Unc moderne ajoute qu’Arnaud étoit fils d’un prétendu comte de Carcaflôn- c Df v,cCt,.
ne appellé Roger -} qu’en 941. il fit un voyage en Provence ou dans le royau- m/T/m ;.
me d’Arles pour y prêter ferment de fidelité au roi Louis d’Outremer con¬
jointement avec les comtes de Touloufe 6c de Gafcogne , &lcs envoyez du
comte d’Auvergne y mais tout cela d eft avancé lans preuves : nous ne j v N0TB
connoiflons aucun comte de Carcaflonne avant la fin duX. fiecle du nom de xx.ii.ibn.
Roger, 6c il eft certain que Louis d’Outremer n’alla point en Provence en 941.
Adafius gouvernoit encore l’abbaye de Lezat au mois de Juillet de l’an Mo*j,^ton
948 . comme il paroît par une donation e faite alors à ce monafterc , de l’églife vicomte de
de faint Gcrmier de Muret au diocèfe de Touloufe , ce qui donna lieu à la Joutoufe-
fondation d’un prieuré conventuel dans cet endroit, fous la dépendance de la fu'cce(ie, ui
même abbaye. Un feigneur nommé Radveus qui donna cette églife, l’avoit * rrp.9o.&
acqdife d’un autre appellé Aton , qui paroît le même que le vicomte de ,.T
Touloufe de ce nom dont on a déjà parlé, 6c qui vraifemblablement étoit alors s40.fi.13.
déjà décédé. Ademar f lui fucceda dans la vicomté de Touloufe , 6c il étoit fans f Vr.p no.
doute de fès parens , puifque les dignitez étoient alors héréditaires , mais
non pas fon fils , car le même Aton mourut fans enfans.
L’abbé Adafius g n’avoit que l’adminiftration generale de l’abbaye de Lezat z v. sots
fous l’autorité de faint Eudes abbé de Cluni qui l’a^oit choifi pour fon xxiu.n.}.
coadjuteur dans le gouvernement des monafteres de fa réforme, comme on
l’a déjà remarqué. Nous trouvons en effet que Daniel, étoit abbé particu¬
lier de Lezat la IX. année du régné de Louis d’Outremer, ou l’an 945. \
Une dame appellée Garfinde donna1» alors à ce monaftere l’alleu de Fuftignac hpr.^.s».
dansleTouloufain, 6c le territoire de Bouconne, & aujourd’hui dans le diocèfe
de Lombez , fur les frontières, du Comminges. Cette dame eft peut-être la
même que Garfinde femme de Raymond-Pons comte de Touloufe.
Ce dernier alla en 944. à la rencontre du roi Louis d’Outremer , qui vint m«a»ec Ray-
en Aquitaine avec la reine Gerberge fon époufe c’eft ce que nous apprend mon<1
un hutonen 1 du tems qui allure que Louis eut alors une conférence avec Ray- ioufc.
tnoni prince des Gaths , & les autres feïyiturs d'Aquitaine. Nous ignorons le ^
X L II.
Entrevue de
Louis d’Outre-
. chron .
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7* • HISTOIRE GENERALE
■*“ ' 1 — motif 8c les circonftances de cette entrevue. Un hiftoricn moderne * prétend
io'an^Ui °lue Couis entreprit ce voyage pour recevoir l’hommage de ces fcigneurs •
mais il convient b en même tems qu’alors les hommages des vaflaux de la
wj. partie méridionale du royaume n’etoient qu’une pure ceremonie , à caufe
‘ *'***' qu’ils s’étoient mis dans l’indépendance, dont nos rois les laifloienr jouir tran¬
quillement. Louis avoit d’ailleurs reçu auparavant l’hommage du comte de
Toulouic ,8c des fcigneurs Aquitains. Il faut donc quefon voyage ait eu quel-
qu’autre motif plus important : nous croyons que les entreprifes continuelles
d’Hugues le Grand, 8c des autres principaux vaflaux de France , joint à un
xtreliM. commencement de brouilleriec prêt à éclater entre lui 8c Othon roi de Ger¬
manie, l’engagerent à paflèr la Loire, tant pour s’aflùrcr du fecours de Ray¬
mond-Pons, 8c des autres fcigneurs du pays contre les rebelles de France,
AiMf.ao. que pour faire diverfion contre le roi de Germanie , qui avoit des liaifons
très-étroites avec Conrad le Pacifique roi de la Bourgogne Transjurane 8c
de Provence, dont les états confinoient avec la Gothie. Louis après cette
conférence retourna en Francê, où la guerre que fes vaflaux continuèrent
contre lui , faillit à le renverfer du throne. Comme Raymond I. comte de
Rouergue partageoit alors le marquifat de Gothie avec Raymond-Pons
comte deTouIoufe fon coufin, nous ignorons lequel des deux s’aboucha avec
ce prince. Il paroît cependant que ce fut le dernier , qui outre qu’il étoic
chef de fa famille , pofledoit ie duché d’Aquitaine , avec le comté particulier
d’Auvergne.
xl iii. Conrad le Pacifique avoit fuccedé en 937. étant encore fort jeune, au roi
cifiqûeVuccedê Rodolphe IL fon pere, dans les royaumes de la Bourgogne Transjurane &
à Rodolphe h. de Provence. Othon le Grand roi de Germanie fon tuteur , l’appella alors
royjume a-‘c'C ® ^ courj °ù il le retint plufieurs années , mais non pas autant que quelques
Provence. ~ modernes l’ont prétendu. Conrad étoit e en effet de retour en Provence en
e Bibi Stbuf. & jj tjnc un plaid dans le Viennois au moisde Juin de la même année,
v.MÀb.td »nn. la fixième de fon rogne.
st On voit par là que ce prince étoit alors maître du Viennois , 8c par d’au¬
tres monumens, qu’il l’étoir auifi du Valentinois à la gauche du Rhône, SC
même du Lyonnois 5c du Forez en deçà de ce fleuve : or comme Charles
(Snd.tbrm. Conftantin comte de Vienne avoit reconnu f la fouveraineté de Louis d’Ou-
r ° ' trerner , nous ne doutons pas que le principal motif du voyage que ce der¬
nier entreprit en Aquitaine en 944. n’ait été auifi pour engager Raymond-
Pons comte deTouIoufe , 8c le comte de Rouergue fon coufin , tous les deux
marquis de Gothie, 8c dont les états confinoient avec le roiaume de Pro¬
vence, à le fecourir , pour remettre le Viennois 8c le relie de ce royaume
finis fon obéiflànce. Ce fut fans doute alors que les marquis de Gothie éten¬
dirent leur domaine jufqu’au Rhône, 8c qu’ils fournirent à leur autorité le
Vivarais 8c l’Ufcge qui faifoient anciennement partie du même royaume ,
s’ils ne Favoient déjà fait aulïï-tôt après la mort de l’empereur Louis l’A¬
veugle.
Outre le royaume de Provence fitué à la gauche du Rhône que Conrad pof-
ÿrxoTETii. feda en entier, du vivant g même d’Hugues roi d’Italie qui le lui avoit cédé, lui
Si fes fucceflèurs regnerent fur la Bourgogne Transjurane, Sc une partie de
la Souabe , ce qui fit que pour marquer l’étendue de leur domination , ils
hvRuffijijf. fequalifioienth rois tks Allcmans & des Provcnces * , ou feulement rois des Pro-
fuj. Vences. Les auteurs contemporains leur donnent auifi le titre de rois de la
rum fe» Pio- Gaule1 Cilalpine. On doit remarquer cependant que par le terme <u\r Pro -
Jl°ii ^Tclnn vences dont Conrad fe difoit roi , il ne faut pas entendre la feule Provence
p-vo" 'C rlH proprement dite , comme le prétend k un critique , qui fuppofe que cette
k ?*gi*d»nn. province étoit alors divifée en comté de Forcalquier à la droite de la Du-
9i7,nu rance, 8c en comté de Provence depuis cette riviere jufqu’à la mer j car cette
l y.NOTEXiv, diVifion eft fort pofterieure 1 au X. fiecle: mais plutôt l’ancien royaume de
Provence poffedé d’abord par Bozon, 8c enfuice par Louis l’Aveugle fon fils,
divifé en deux duchez ou gouvernemens generaux 5 l’un du Lyonnois 5c du
Viennois au nord de l’Ifere , 8c l’autre de Provence entre cette derniere riviere
& la mer.
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DE LANGUEDOC. Liv. XII. 79
Le Vivarais 6c PUfege ne dépendoient donc plus du royaume de Provence ^44.
fous le régné de Conrad le Pacifique. Nous avons en effet une donation* faite
• - - * - • - X L 1 V.
par unprccre nomme Licerius, U XV 1. année du régné de Louis d’Outremer Comtcsg<ti.
c V. Vr. *nn.
milieu du X. fiecle le dioccfe d LS fez étoit gouverné par un comte ôc un \Aa'':s'eTi’s‘
vicomte. Nous ne trouvons depuis aucun monument qui nous ralie connoitre Jl0.
leurs luccellèurs , mais nous ne doutons pas qu’après la mort de Bermond
comte d’Ulez , qui vraifemblablement étoit fils d’Amalric ôc d’Ermengarde,
& fucceflèur immédiat du premier , ce comté n’ait etc uni b au domaine de br.NoirxiK
Raymond I. comte de Rouergue 6c marquis de Gothie qui le poffedoitàce °}U
qu’il paroît vers l’an 961. dans le tems de fa mort , 6c qui le tranfmit à Ray¬
mond de Paint Gilles 6c aux autres comtes de Touloufe les fuccelfeurs ,lefquels
furent certainement e comtes particuliers d’Ufez. Le même Raymond de faint
Gilles , ou quelqu’un de fes predecefleurs inféoderont fans doute le domaine
qu’ils avoient à Ûfez aux anciens feigneurs de cette ville dont nous parlerons
dans la fuite, ôc dont nous ne pouvons faire remonter d l’origine que vers la fin av-notelii.
du XI. fiecle.
On voit encore que le diocèfe d’Ufez compofoit un comté particulier au e
milieu du X. fiecle, dans une donation* qu’un archevêque nommé Geraud, 7
dans le deffein de fe retirer à Cluni pour y vivre fous la difeiplinc de Paint v- note
Aymar abbé, fit en 945. à cette célébré abbaye, des biens qu’il tenoit de '
fon perc , dans le comté d'JJfei^ & la viyicrie de Caijfon * , 6c dont il avoit fait 945.
un échange avec fon frere. Geraud donna entr’autres l’églife de faint Satur- «Caxiwcnfe.
nin fituée à la droite du Rhône, .où Pacte fut paffe -, il fc qualifie feule¬
ment eveque dans fa foufeription , de même que Roftaign qui figna apres
lui , 6c ils ne marquent ni l’un ni l’autre le nom de leur fiege : mais il paroît
certain f que le premier étoit archevêque d’Aix, 6c l’autre évêque d’Ufez. (noteîM.
C’cft donc ce Geraud archevêque d’Aix, natif de la ville ou du dioccfe
d’Ulez , qui ayant renoncé à fa dignité pour cmbraflcr la vie religieufe
dans le monaftere de Cluni , donna lieu par cette donation à la fondation
du prieuré de faint Saturnin du Port, dont la ville du Pont-faint-Efprit,
bâtie depuis au même endroit, tire fon origine. Il cit en effet hors de doute
que l’églife de faint Saturnin donnée par ce prélat à l’abbaye de Cluni , cft
la même que celle du prieuré du faint-Efprit qui en dépend aujourd’hui , ÔC
qui cft voifine de faint Paulet de Caiffon , de la vigueric duquel elle dépen-
doit au X. fiecle. On fait d’ailleurs g que le prieuré ou monaftere de faint ^fJjsï,oryS'
Saturnin furie Rhône fubfiftoit déjà en 959. Quant au nom de Saint-Efprit,
ce n’eft que depuis la fin du XIII. fiecle que cette ville l’a pris , du célébré
pont qui y fût bâti alors fur le Rhône.
Manaflés archevêque d’Arles dut une conduite bien oppofée à celle de xlv.
Geraud archevêque d’Aix. Il ne ccffa de feandalifer l’églife par fon ambi-
tionôc fa fimonie. Non content de l’archevêché d’Arles qu’il avoit obtenu né. itfe ligue
par le crédit d’Hugues fon oncle , alors fimplc duc de Provence , 6c depuis jVCCt^"' X'1
roi d’Italie f il le fuivit au-delà des Alpes , 6c envahit fucceffivcmcnt les ROUCigue &
évêchez de Trente, de Verone 6c de Mantoue qu’il pofleda conjointement maquis de
avec cet archevêché. Enfin il porta fes vues fur celui de Milan , 6c pour fc°'oD%i°Cui
l’obtenir il fit perdre au roi Hugues la couronne d’Italie , malgré tous les le tiuûne.
efforts de ce prince pour fc foutenir fur le thrône par le fêcours de Raymond
comte de Rouergue 6c prince de Gothie * ce qui nous engage à parler ici
& de l’origine 6c des fuites de cette révolution.
Hugues ,on n’en peut difeonvenir, avoit de grandes qualitez h, niais il avoit
aufiî de grands défauts: dur 6c impérieux dans le gouvernement , 8c déréglé
dans fes rmcUrs, il fe rendit extrêmement odieux aux principaux feigneurs de
les états. Bercnger marquis d’Yvrée , l’un des plus confiderables , forma d’a¬
bord le defleîn de le détrôner-, mais fes intrigués furent découvertes , ce qui
l’obligea de fe réfugier en Allemagne. Il revint ‘ en Italie peu de tems après,
6c trouva moyen de gagner l’archevêque Manaflés fous la promeffe de lui
j lbid.c.\x-&
M-
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A n. 94j.
c hron.
p.Sio.
V Agi ad *nn,
}41.» i.
b mTLXU.
c Luitpr ibid.
r.14.
àV.HOTEVllI.
e V PhiUndr.
inVuruv.
* Nos omnes
cacbinuo affe-
cic. Luitprabtd,
f Frai tJfovif.
f*lO.
946.
g £*0 Ojienf,
l 4 * *4.
V 4g J 4t/ 4/lfl.
54J.4.U
XL VI.
Mariage de
Raymond I.
coir.cc Je Rou-
erguc , avec
Bcuhenicccdu
loi Hugues.
h LuuprJj.
c.14.
Pr /UOI.I13.
&M-
80 HISTOIRE GENERALE
donner l’archevêché de Milan. Il engagea ainfi ce prélac à lui livrer une
fortereffe donc il étoic le maîcrc , 8c à crahir le roi Hugues fon parenc 8c Ton
bienfaiteur. Manalîës n’omic rien pour grolfir le parci du marquis , 8c prit 11
bien fes mefures qu’il fie encrer dans la révolte la plupart des villes 8c des
grands de la Lombardie. Dans cette extrémité Hugues lé rendit P a vie
capitale de fes états, d’où il envoya Lothaire fon fils à Berenger 8c aux
autres conjurez qui étoienc aflèmblez à Milan , pour les fupplier de déférer
la couronne à ce jeune prince , puifqu’ils le jugeoient lui-même indigne de
la porter. Après cette humiliante démarche Hugues forcit de Pavie avec
tous les tréfors qu’il put emporter , dans le delîcin de fe retirer auprès de
Conrad roi de Bourgogne. Il n’cxecuta pas toutefois fa réfolution ,fur l’affu-
rance que les conjurez lui firent donner, qu’ayant élû 8c 'couronné à Milan le
roi Lothaire fon fils , il pouvoic relier en Italie 8c continuer même à y regner
avec lui.
Hugues ne fit pas beaucoup de fonds fur les promellcs des faélieux : il vit
bien que la crainte qu’ils avoient qu’en fe retirant d’Italie avec toutes les
richeffes qu’il avoit ramalfées , il ne s’en fervît pourfe procurer- le lecours
des Bourguignons , & des autres peuples des Gaules, & qu’il ne vîntenfuice
avec eux leur faire la guerre, les avoit uniquement engagez à le prier de
demeurer en Italie ; aulîi réfolut-il de prendre les lùretés. Il feignit cepen¬
dant de fe rendre à leur demande , 8c ayant recommandé à Berenger , fon
fils Lothaire qu’il laiilà en Italie , il pafla en deçà des Alpes vers la fin 3 de
l’an 94 j. 8c arriva avec fes tréfors en Provence où b il avoit encore diverfes
terres , mais dont il n’étoit alors ni duc , ni fouverain, quoi qu’en dilënc quelques
modernes.
Raymond I. du nom, comte de Rouergue 8c marquis de Gothie , que c
Luitprand qualifie prince des Aquitains , 8c que divers d auteurs confondent
mal-à-propos avec Raymond-Pons comte de Touloufe fon coufin , eut à
Îieine été informé de l’arrivée de ce prince au voifinage du Rhône , qu’il fut
e trouver pour lui offrir de le conduire en Italie à .la tête d’une armée 8c
d’y combattre Berenger. Le roi Hugues accepta volontiers la propor¬
tion de Raymond, 8c fit avec lui un traité que ce dernier jura d’obferver
fidellement moyennant la fomme de mille mines que l’autre lui compta , 8c
qui montoit à celle de 1 5 60. marcs d’argent, chaque - mine pefant une livre
Romaine 8c quatre drachmes.
L’hiftorien contemporain qui parle de ce traité , fait comprendre qu’il y fut
firefent. Il ajoute que les promellcs de Raymond apprêtèrent à rire* aux Ita-
iens qui étoient à la fuite du roi Hugues , à caule du peu de cas qu’ils fai-
foient de la parole des Aquitains. Il convient cependant qu’ils étoient en
état de fecourir ce prince, de la mort duquel il parle auiïï -tôt , fans marquer
s’il rentra en Italie , ni nous inftruirc des fuites du traité qu’il avoit conclu
avec Raymond ^ mais nous apprenons d’un autre auteur* du tems, que Hu¬
gues repaffa en Italie l’année luivantc , 8c qu’il y fut de nouveau reconnu pouf
roi j d’où nous inférons que Raymond paffa les monts avec lui, 8c qu’il l’aida
à remonter fur le thrône. Le nouveau régné de ce prince ne fut pas long?, il
fut obligé bientôt après de fe retirer encore en deçà des Alpes , 8c il
mourut la même année dans le monafterede faint Pierre de Vienne fur le Rhô¬
ne, qu’il avoit fondé avant fon avenement à la couronne d’Italie, 6c où
il prit l’habit monaftique quelque tems avant fa mort. On y voit encore fon
épitaphe.
Hugues légua par faderniere difpofition, toutes les richelles h qu’il avoit ap¬
portées avec lui d’Italie , 8c plu fieurs terres conlulerables qui lui relloicnt tant
en Provence, que dans la Gothie ou Septimanie, à Berthefa nièce ,princclïe
d’une rare beauté, fille de Bozon fon frere confanguin marquis de T ofeane ,8c de
Wille la femme. Elle etoit alors veuve de Bozon I. du nom comte d’Arles, 8c elle
fe remaria peu de tems avant ou après la mort du roi Hugues fon oncle ,
avec Raymond prince des Aquitains , dont Luitprand parle avec beaucoup de
mépris, 8c avec lequel ce roi avoit fait le traité donc on a deja parlé. Nouvelle
preuve que Raymond fuivic ou conduilit Hugues en Italie pour le rétablir
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E> E I. A NCUP.BO C. Li v. XtL *i _ _
fwrle thrône. Ainfi ce dernier lui aura donné fa nièce en mariage, ou par
un article de ce traicé , ou en récompenfe de (es fcrvices. x l v 1 1
Le même Raymond, qui,, comme nous l’avons déjà fait remarquer * étoit vl. concile
comte deRouergue, Sc poffedoit par indivis avec Raymond-Pons comte de dcNaibouue.
Touloule Ion coufin germain le marquifat de Gothie, fut fans doute un des
grands de la province qui allifterent au concile tenu dans l’églife cathédrale _
des faints Juft fie Palleur de Narbonne, le 17.de Mars de l’an 94}. car fui- 94.7.
vaut les actes 1 qui nous relient de ce concile , les principaux feigneurs du pays 1Cap.1ut.11.»'
y délibéreront avec les évêques fur les moyens de rétablir la difeipline ecclefiaftique
dans la province. Aymeric archevêque de Narbonne ^ & les évêques Rodoalde p.i90(^j,q.
de Beziers , Gifande de Carcalfonne, Dacbert d’Agde, fie Pons de Mag u-
lonne le trouvèrent à cette atremblée avec un abbé nommé Alexandre, fie. confir¬
mèrent l’eleélion que le clergé fie le peuple d’Elne venoient de faire de Ri-
culfe pour leur évêque, à la place de Wadalde mort depuis peu. On pré- bConciiào'ï.
tend b que les évêques de la province tinrent un concile même année à p'('cMa,c.H.ip
Fontaines dans le diocèlè d’Elne, mais c’cft un fait c certainement lup - f.jss.éyV *
poié. Le dernier éditeur des conciles qui a adopté les fautes de les pré- ,
decclleurs , auroit pu s en appcrcevoir, fie faire mention de celui de Narbonne ctnc.n &.fao».
dont il ne dit pas un mot. xlviii.
Bozon I. comte de Provence fie premier mari de Berthe, laquelle époufâ en c^°aaBI0Ijlo^cI'
fécondés noces Raymond I. comte de Rouergue , mourut fans doute fans po- dans le cbmi
Hérité. Nous fçavons du moins qu’un autre leigneur de fon nom, qui fe dit rfe Province,
fils e de Rotbold , lui fucccda dans ce comté , fie qu’il en étoit déjà poffef- Xly-
feur au mois d' Octobre de la H II. année de Conrad roi des Allemans & de Pro- .
vence , c’eft-i-dire l’an 948, comme il paroît par un acte f d’échange que fit 948.
alors Manaffés archevêque d’Arles. Quelques auteurs prétendent que Rot-
bold pere de Bozon II. fut aulTi comte de Provence , mais on n’en voit gau- ‘ ‘[i fiât, 1° A
cune preuve. D’autres veulent que ce dernier ait pris le .titre de roi, fie. qu’il ».u.
ait régné en Provence depuis l’an 915. ce qu’ils n’appuyent que lur des gNor£,4‘^
monumens fuppofez , d’où ils tirent auiiî l’épifcooat de Rangefridus évêque
d’Avignon , qu’on dit avoir été auparavant moine fie abbé de S. Gilles
au diocèfè de Nilmcs. Un moderne 11 a enfin avancé que le roi Hugues à fon 1, r /-.*i
retour d’Italie, vers la fin de l’an 945. donna à Bozon II. le duché ou comté à-Mï
de Provence à titre bénéficiaire, ou comme il s’explique , vie & fous l'hom¬
mage, fie que ce prince étant décédé, Gonrad le Pacifique confirma le même
Bozon dans le gouvernement de Provence 5 mais cet auteur le fonde uni¬
quement lur la fuppofition que le roi Hugues dans la ccllion qu’il fit du royau¬
me de Provence à Rodolphe II. roi de Bourgogne, feréferva jufqu’à fa mort
la louveraineté fur la Provence proprement dite , ou comté de Provence , ce
qui efl abfolument faux. Tout ce qui paroît de plus vraiiemblable, c’eft qu’Hu-
gues après avoir été duc ou comte de Provence du vivant de Louis l’Aveu¬
gle, 6c s’ccre emparé de l’autorité depuis la mort, donna à fon avenement
à la couronne d’Italie en 916. le comté ou gouvernement de Provence à
Bozon I. qui probablement ctoit le même que Bozon frere de Raoul roi de
France 5 qu’il lui donna enfuitc Berthe fa niece en mariage * fie qu’après avoir
cédé en 930. tout le royaume de Provence à Rodolphe II. roi deBourgogne*
ce dernier confirma le même Bozon dans ce comté ou gouvernement -, fie
qu’enfin celui-ci ctanc deccdé fans pollerité , Conrad le Pacifique fils de
Rodolphe II. donna à Bozon II. le comté de Provence. Du relie foit que
.Bozon II. tînt cette dignité des rois de Bourgogne à titre bénéficiaire ou non ,
il eH certain que le comté de Provence devint héréditaire dans fa famille, 6c
que fes defeendans ‘ en jouirent de la même maniéré que les grands valfaux îr.NOTEin'.
du royaume poflèdoicnt leurs fiefs , c’eft-à-dire avec une autorité prefqu’ab-
folue j en reconnoilfant cependant la fuzeraincté des rois de Bourgogne, fie
enfuite des empereurs d’Allemagne leurs fuccelîeurs. En effet ,les fils de Bozon
II. partagèrent le domaine de ce comté , qui s’étendoit entre l’Ifere , les
Alpes, la Mer, fie le Rhône, fie le tranfmirent à leur pofterité. Comme les
comtes deTouloufe héritèrent dans la fuite de la moitié du même comté par
le mariage de Guillaume Taillefer avec Emme petite fille de Bozon II. nous
Tome II. L
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7* HISTOIRE GENERALE
An. 93j. vaudah , & qui eut des enfans , dont nous parlerons ailleurs.
xxvi. Après la mort du roi Raoul, qui arriva, ainfi que nous venons de le dire,
•« w’eliian" *e H- De Janvier De fan 936- D y eut une efpece d’interregne en France qui
«ucdoc<D apTès dura jufqu’à ce que les principaux feigneurs du royaume eurent rappellé
** mort du roi d’Angleterre Louis fils de Charles le Simple, à qui fon léjour dans ce païs,
»)'Outrcmc°tU'S °ù D s’étoit réfugié avec la reine fa mere en 91 3. fit donner le furnom d’Ou-
generaicment tremer. Ce prince étant arrivé en France, fut couronné à Laon le 10. de
“rot"-5 Juî" De la même année 936.
«e. vicomtes Pendant cet intervalle on data les actes en Languedoc depuis la mort de
de Narbonne. jiaauf Qn en a ja preuve dans une donation a faite à Gifande ouWifànde
936. évêque de Carcaflonne, le 4. de Mars, la première année de la mort du roi
t Pr./-74- Raoul , J. C. régnant, & dans l’attente d’un roi. Il paroît même que Louis ne
fut pas reconnu pour roi dans la province aufli-tôt après fon couronnement,
b Mtrc.mft. par un acte de vente b que fit Richilde vicomtclfe de Narbonne le rç.d'Ocio-
^ Ire , la I. année de la mort du roi Raoul , J. C. régnant , (j? dans l attente d'un
nV6N0TE ' roi. Cet aéte eft fouferit immédiatement après Richilde par Matfred & Fran-
t vnoteiM. con, fils de c cette vicomteflè, & d’Odon ou Eudes vicomte de Narbonne
fon mari, qui devoit être alors décédé. Le premier fucceda à la même vicom¬
té j mais comme il étoit alors fort jeune , Richilde fa mere en conferva
d Marcjfij}. long- tems après la principale adminiftration. Cette dame d fe dit dans le même
uu. a été , fille du comte Borrel , & delà comteffe Garfinde , &c les biens qu’elle vendit
c NQTEibid. croient fituez dans le Roulfillon ; ce qui nous fait e conjecturer x°. Que le
N comte Borrel , pere de Richilde , n’eft pas différent de Borrel fils de \5Pifred
le Velu comte de Barcelonne. i°. Que Garfinde femme de Raymond-Pons
comte de Touloufe, étoit fille de la même Richilde, & petite-fille de Gar¬
finde femme du comte Borrel , qui lui aura donné fon nom.
xx vir. Raymond-Pons jouit paifiblement après la mort du roi Raoul du duché
wmtedcTou- d’Aquitaine, &C du comté particulier d’Auvergne dont ce prince avoit dif-
loufe jouit pai- pofé en fa faveur en 93 1. c’eft ce qui paroît par l’acte de { fondation du
duché AA tî n’lonaftcre De Chanteuge , daté du 28. d'Aoüt , la J. année du régné de Louis
taineC& du d’Ourremer.
comté d Au- Ce mon a/lere fut fondé en Auvergne fur l’Ailier , vers les frontières du
7^.74. Velay } ce qui a peut-être fait croire B à un auteur célébré , que le lieu de
g V.NOTB
XVI.n.ii.
il Pr. ibid. _ . a t ^
M*b. Mnmti. gneur nommé Claude h avoit légué ce lieu 4 Cunibert fon petit-fils , prevôc
fai*'707’** de l’abbaye de Brioude, & après ion décez , â cette abbaye. Cunibert, &c
Bniux. Auv. les Chanoines de Brioude fes confrères, voulant faire un faint ufage de cette
" *t :e- donation , établirent des moines à Chanteuge du confentement de Raymond prince
des Aquitains , du vicomte Dalinacc leur abbé , d’Arnaud leur évêque, qui
i’éroit par conféquent de Clermont en Auvergne, & non pas du Puy } &c des
principaux feigneurs du pays. Us déclarent. qu’ils font cette fondation poûr
leur communauté , pour le roi , pour leurs feigneurs _ ou princes déjà nommer
& enfin pour Lame du duc Guillaume , & de les deux neveux Guillaume 8c
Acfred. L’aâefut paffé dans l’églife de faint Julien de Brioude devant l’autel
de faint Etienne , ôc fouferit après les fondateurs par Raymond prince des Aqui¬
tains , qui par la grâce de Dieu , porte aujjî le nom de Pons , & enfuite par Go-
tefcalc évêque du Puy, le vicomte Dalmace , & plufieurs autres feigneurs du
pais.
Raymond-Pons comte de Toulouse étendoic donc alors fa domination fur
i v.\note l’Auvergne, Sc devoit avoir» fuccedé par confequent à Guillaume le Pieux,
xvi. Sci fes deux neveux, tant dans le comté particulier de ce païs, que dans
le duché d’Aquitaine : auffi le roi Louis d’Outremer lui donne-t-il la qua-
k er.p. %).& licé tfe prince des Aquitains , dans la charte k par laquelle il confirma cinq ans
J ibaU.chrift. après la fondation du monaftere de Chanteuge , qui n’eft aujourd’hui1 qu’un
nrv edu. «,i. prieuré conventuel du dioccfe de Saint-Flour , dépendant de l’abbaye de la
f-W&ftl- Chaife-Dieu. Enfin on ne fçauroit douter que Raymond-Pons comte deTou-
m v.note loufe ne le fut aufïï d’Auvergne , puifqu’Arnaud évêque de Clermont déclare m
üid.n.7. vers l'an 937. qu’il a voit rétabli l’abbaye de loin c Allire dans fa ville épifeo-
J VV Ui st ItUl U D A UH O.UIV.U1 1U1UU y V-j UL il 11V.U V.LV»
Chanteuge dépendoit alors de ce dernier païs , & qu’il étoit fournis à l’au¬
torité fpirituelle des évêques du Puy: mais il s’eft trompé en cela. Un fèi-
*
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DE LANGUEDOC. Liv. XII.
pale , a la priere & avec le fccours du comte Raymond , qui n’eft pas différent — — —-**
de Raymond-Pons comte de Touloufe. 9 3 6*
Ce prince non content d’avoir contribué à la fondation ou au rétablifTe- xxvm.
ment de ces deux monafteres fituez dans le comté d’Auvergne , en fonda un ^baye ' d" s.
autre en 936. dans celui de Narbonne. II choifîtpour cela dans fon patrimoi- Ponsde Tho-
ne un lieu nommé Thomieres , fitué dans les montagnes de l’ancien diocèfe h**"®*
de cette ville , vers les frontières de l’Albigeois. Sa dévotion envers faint
Pons martyr de Nice, qui I’avoit engagé, comme il le déclare a lui-mê- arr.p. 71&!
me, à ajouter fon nom à celui de Raymond , le porta aulli à fonder cette /'?*•
nouvelle abbaye fous l’invocation de ce faint. Il la fit bâtir dans un vallon
arrofé de la petite riviere de Jaur , fie pria Arnoul abbé de faint Geraud
d’Aurillac , monaftere qui ctoic alors dans une grande régularité , de lui
donner de fès religieux pour y établir la réglé de faint Benoît. Cet abbé
voulant féconder les pieules intentions du duc , lui accorda fa demande , fi£
nomma pour premier abbé de Saint-Pons de Thomieres, undefes difciples
nommé Oger , qui fut béni par plufieurs évêques de la province aflèmblez
à cette occafion. Raymond 6c Garfinde fa femme dotèrent alors richement
le nouveau monaftere. Leur charte eft b datée du mois de Novembre de l'an $36. la bn.i tUi
1. année du roi Louis. Lecomte déclare qu’il fait cette fondation pour le falut
de Raymond fon pere , de fa mere , de (es parens , fie de les vafîaux , fie donne
en même tems à l'abbaye de faint Pons plufieurs terres fie êglifes dont la
plupart étoient fituées dans le diocèfe de Narbonne , fie quelques autres dans
l’Albigeois aux environs de Vieilmur.
Après que l’églifè de ce monaftere eut été achevée , le duc pria l’année Xj*1 X.
fuivante Aymeric archevêque de Narbonne c , 6c les évêques V/ifande ou î-éoufe^dc' s*
Gifande de Carcaftonne , Rodoalde de Bcziers, fie Thierri de Lodeve de la Pons. Concile
dédier, ce qu’ils firent le 1 j. du mois d d’Aoiît. Ces prélats déclare- f,A“
1 . 1 4 3 . r 1 1 . r iaPr°v*ncede
renc c alors excommunier tous ceux qui oleroient attenter quelque choie Narbonne.
contre le monaftere de faint Tons , que Raymond-Pons fournit à l’cglife j^Pr't77‘ ^
Romaine fie au pape Leon VII. qui la gouvernoit alors , avec promeffe — 1 - .
que ce monaftere leur payeroit tous les cinq ans une redevance de dix 9 37- .
fols en ligne de reconnoiflance. Raymond déclare 'enfin par cet a<fte l’ab- d.e>
baye de faint Pons libre fie exempte ; « cnlorte que ni le roi , ni aucun pnn- « de
ce , ni aucun évêque , ni aucun de fa parenté , ne puifle exercer aucune domi- « cPr- ’*''*•
nation tant fur elle , que fur fes dépendances, te • ' ’
Les quatre évêques qui firent la dédicace de l’églife de faint Pons
tinrent ( peu de tems après un concile à Aufede * avec quatre de leurs f rrjbn.
comprovinciaux j fçavoir, Raynald , Dagbert ou Dagobert , Pons fie Wa- *Aufuiincnfe<
dalde dont les fieges ne font pas marquez. Dans ce concile dont on a omis
de faire mention dans les différentes collections , ces prélats firent un decret
par lequel ,. après avoir confirmé la fondation de l’abbaye de faint Pons , ils
renouvel lerent l’anathemc contre tous ceux qui violeroient fes privilèges.
On croit g que le lieu d’Aufede où ce concile fut affemblé , n’eft pas diffé- g cbron.ib>ii
rent d’un hameau du même nom , fitué à une lîcueou environ de faintPons, 1'
où on a découvert des veftiges d’un ancien château. Raymond -Pons fit
drefler un acte h de ce decret , fie l’accompagna dediverfes imprécations coli- h prjbid.
tre ceux qui ne s’y foumettroient pas. Il y fouferivit le premier avec la
qualité de très-excellent. On voit enfuite les fouferiptions de Garfinde fa
femme, d’ Aymeric archevêque de Narbonne , des évêques Rodoalde, Dag¬
bert, Hugues, Pons, Raynald, Thierri, Wadaldefie Wifade , 6c des abbez
Dorbcrt ou Darbert , Eudes , Arnoul , Suniarius , Robert èt Gui. Il eft marqué
en general dans l’acte , que les principaux du pays le confirmèrent , 8c on
allure* que le s vicomtes y fouferivirent , maïs on ne rapporte pas leurs noms.
Cela prouve du moins que le concile d’Aufede fut une affemblée mixte.
On prétend * que le comte Raymond-Pons , peu de tems après la fonda* k îbidj.m
tion du monaftere de Thomieres, y fit apporter de Nice en Provence une
partie confidcrablc des offemens de faint Pons martyr » 8c eh effet , on y
célébré tous les ans cette tranflation le 15. de Juin. Ces reliques furent dii-
fipées avec plufieurs autres qu’on confervoit dans l’églife de faintPons , lorf;
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1% .HISTOIRE GENERALE
. ' motif 8c les circonftances de cette entrevue. Un hiftorien moderne a prétend
iO*ntoM$ clue Eouis entreprit ce voyage pour recevoir l'hommage de ces feigneurs j
mais il convient b en même tems qu’alors les hommages des vaflaux de la
94i- partie méridionale du royaume n’étoient qu’une pure ceremonie , à caufe
b qu’jisj’étoienc mis dans l’indépendance, dont nos rois les laifloient jouir tran¬
quillement. Louis avoit d’ailleurs reçu auparavant l’hommage du comte de
Touloufe , 8c des feigneurs Aquitains. Il faut donc que fon voyage ait eu quel-
qu’autre motif plus important : nous croyons que les entrepnfes continuelles
d’Hugues le Grand, 8c des autres principaux vaflaux de France , joint à un
xi frtUbid. commencement de brouillerie c prêt à éclater entre lui 8c Othon roi de Ger¬
manie, l’engagèrent à paflfer la Loire, tant pour s’aflùrer du fecours de Ray¬
mond-Pons, & des autres feigneurs du pays contre les rebelles de France ,
iiMp.no. que pour faire diverfion contre le roi de Germanie , qui avoit des liaifons a
très-étroites avec Conrad le Pacifique roi de la Bourgogne Tçansjurane &
de Provence, dont les états confinoient avec la Gothie. Louis après cette
conférence retourna en Francê , où la guerre que fes vaflaux continuèrent
contre lui , faillit à le renverfer du thronc. Comme Raymond I. comte de
Rouergue partageoit alors le marquifat de Gothie avec Raymond-Pons
comte de Touloufe fon coufln, nous ignorons lequel des deux s’aboucha avec
ce prince. Il paraît cependant que ce fut le dernier , qui outre qu’il étoir
chef de fa famille , pofledoit le duché d’Aquitaine , avec le comté particulier
d’Auvergne.
xl ni. Conrad le Pacifique avoit fucccdé en 9 37. étant encore fort jeune, au roi
c^qu”fuccede Rodolphe II. fon pere, dans les royaumes de la Bourgogne Transjurane 8C
à Rodolphe 1 1. de Provence. Othon le Grand roi de Germanie fon tuteur , l’appclla alors
foQpercJiDsie ^ pa cour^ 0ù [[ [e rctjnc plufieurs années , mais non pas autant que quelques
_ ' _ 1 _ i> - _..J J- o _ 1 „ - /T*_- J . _ _
Provence.
'rovcnce en
modernes l’ont prétendu. Conrad étoit c en effet de retour en
cBibi.sttu/. . . ^ jj t]-nc un piaj^ <jans jc viennois au mois de juin de la même année.
A-J9.1 f9- yyr ■ 1 j r * J
v.M‘l>.adann. idjixier/if ae J on régné.
On voit par là que ce prince étoit alors maître du Viennois , 8c par d’au¬
tres monumens , qu’il l’etoit aufli du Valcntinois à la gauche du Rhône, 8C
même du Lyonnois 8c du Forez en deçà de ce fleuve : or comme Charles
(Srolchrm. Conftantin comte de Vienne avoit reconnu f la fouveraineté de Louis d’Ou-
f' 0 ' tremer , nous ne doutons pas que le principal motif du voyage que ce der¬
nier entreprit en Aquitaine en 944. n’ait été aufli pour engager Raymond-
Pons comte de Touloufe , 8c le comte de Rouergue fon coufln , tous les deux
marquis de Gothie , 8c dont les états confinoient avec le roiaume de Pro¬
vence , à le fecourir, pour remettre le Viennois 8c le refte de ce royaume
fous fon obéiflance. Ce fut fans doute alors que les marquis de Gothie éten¬
dirent leur domaine jufqu’au Rhône, 8c qu’ils fournirent à leur autorité le
Vivarais 8c l’üfcge qui faifoient anciennement partie du même royaume ,
s’ils ne l’avoient déjà fait aufli-tôt après la mort de l’empereur Louis l’A¬
veugle.
Outre le royaume de Provence fitué à la gauche du Rhône que Conrad pof-
gy note xi/, fedaenenticr , du vivant g même d’Hugues roi d’Italie qui le lui avoit cédé, lui
8c fes fucceflèurs regnerent fur la Bourgogne Transjurane, 8c une partie de
la Souabe , ce qui lit que pour marquer l’étendue de leur domination , ils
hvnu$jif fe qualifîoient h rois <ks Allcmans & des Provcnccs * , ou feulement rois des Pro-
f.io.&fiq. Vences. Les auteurs contemporains leur donnent aufli le titre de rois de la
Alemanno» . . r . . _ . . 1 . .
mm feu Pio- Gaule1 Cilalpine. On doit remarquer cependant que par le termes Pro -
▼ipciarum. vences dont Conrad fe difoit roi , il ne faut pas entendre la feule Provence
proprement dite , comme le prétend * un critique , qui luppolc que cette
k f»%i ad »nn. province étoit alors divifée en comté de Forcalquier à la droite de la Du-
rance, 8c en comté de Provence depuis cette riviere jufqu’à la mer 5 car cette
ly.NOTEXiv. diVifion eft fort pofterieure 1 au X. fiecle: mais plutôt l’ancien royaume de
Provence poflèdé d’abord par Bozon, 8c enfuite par Louis l’Aveugle fon fils,
divifé en deux duchez ou gouvernemens generaux $ l’un du Lyonnois 8c du
Viennois au nord de i’Ifere , 8c l’autre de Provence entre cette dernière riviere
& la mer.
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DE LANGUEDOC. Liv. XII.
79
944.
Le V'ivarais 6c l’Ulège ne dépendoient donc plus du royaume de Provence
fous le régné de Conrad le Pacifique. Nous avons en effet une donation* faite ^
par un prêtre nomme Licerius, la V I. année du reçue de Louis d’Outremer Comtts & T;.
_ c _ _ j „ r'i : j.. ..:u- * il _ _ ^ _ _ j-ur.
milieu du X. fiecle le diocèfe d’Ufez étoit gouverné par un comte 6c un Bn ^c>v.T,
vicomte. Nous ne trouvons depuis aucun monument qui nous faiîe connoîtrc jl0\
leurs lucceilèurs , mais nous ne doutons pas qu’après la mort de Bermond
comte d'Ufez , qui vraifemblablement étoit fils d’Amalric ôc d’Ermengarde ,
& fucceffeur immédiat du premier , ce comté n’ait été uni b au domaine de by.uoTEXiy
Raymond I. comte de Rouergue 6c marquis de Gothie qui le pofledoitàce J1‘
qu’il paroît vers l’an 96 1. dans le tems de là mort , 6c qui le tranfînit à Ray.
mond de laine Gilles 6c aux autres comtes de Touloulê les fucceffeurs ,lefquels
furent certainement 'comtes particuliers d’Ufez. Le même Raymond de laine I0C
Gilles , ou quelqu’un de fes predccelîêurs inféodèrent fans doute le domaine IO? ' 7t*
qu’ils avoient à Ufez aux anciens feigneurs de cette ville dont nous parlerons
dans la fuite, 6c dont nous ne pouvons faire remonter d l’origine que vers la fin Av.notelu.
du XI. fiecle.
On voit encore que le diocèle d’Ufez compofoit un comté particulier au ^ ^
milieu du X. fiecle, dans une donation* qu’un archevêque nommé Geraud, fa. * 7
dans le delîein de le retirer à Cluni pour y vivre fous la difciplinc de làint v- N0T£
Aymar abbé, fit en 945. à cette célébré abbaye, des biens qu’il tenoit de '
fon pere , dans le comté d' Vfei^ & la viyierie de Caifon * , 6c dont il avoit fait 94.
un échange avec fon frere. Geraud donna entr’autres l’églife de faint Satur- «caxwoeafe.
nin fituée à la droite du Rhône, où l'acte fut paffé -, il fe qualifie feule¬
ment évêque dans fa foufeription, de même que Roffaign qui ligna après
lui , 6c ils ne marquent ni l’un ni l’autre le nom de leur fiege : mais il paroît
certain f que le premier étoit archevêque d’Aix, 6c l’autre évêque d’Ulez. f note Md,
C’cft donc ce Geraud archevêque d’Aix, natif de la ville ou du diocèfe
d’Uièz , qui ayant renoncé à fa dignité pour embrafler la vie religieufe
dans le monaftere de Cluni , donna lieu par cette donation à la fondation
du prieuré de faint Saturnin du Port , dont la ville du Pont-faint-Efprit,
bâtie depuis au même endroit, tire fon origine. Il eft en effet hors de doute
que l’églife de faint Saturnin donnée par ce prélat à l’abbaye de Cluni , eft
la même que celle du prieuré du faint-Efprit qui en dépend aujourd’hui , 6c
qui eft voifine de faint Paulet de Caiffon , de la vigucric duquel elle dépen-
doit au X. fiecle. On fait d’ailleurs g que le prieuré ou monaftere de faint ^^js^ryS'
Saturnin furie Rhône fubfiftoit déjà en 959. Quant au nom de Saint-Elprit, p.?6 4.
cen’eft que depuis la fin du XIII. fiecle que cette ville l’a pris, du célébré
pont qui y fut bâti alors fur le Rhône.
Manalîés archevêque d’Arles tiut une conduite bien oppofée à celle de xlv.
Geraud archevêque d’Aix. Il ne ccffa de feandalifer l’églife par fon ambi- “.„ô!
rionêc fa fimonie. Non content de l’archevêché d’Arles qu’il avoit obtenu né. 11 fe ligue
par le crédit d’Hugues fon oncle, alors fimple duc de Provence, ôc depuis *vec
roi d’Italie * il le fuivit au-delà des Alpes , 6c envahit fucceffivcmcnt les R0UC,gUe &
évêchez de Trente , de Verone 6c de Mantoue qu’il pollcda conjointement «iarq.uls de
avec cet archevêché. Enfin il porta fes vues fur celui de Milan , 6c pour
l’obtenir il fit perdre au roi Hugues la couronne d’Italie , malgré tous les le thtône.
efforts de ce prince pour fe foutenir fur le thrône par le fecours de Raymond
comte de Rouergue 6c prince de Gothie j ce qui nous engage à parler ici
6c de l’origine 6c des fuites de cette révolution.
Hugues , on n’en peut difeonvenir, avoit de grandes qualitez ^mais il avoit h Lmtpr.li.
auflî de grands défauts : dur 6c impérieux dans le gouvernement, ôc déréglé
dans fes moeurs, il le rendit extrêmement odieux aux principaux lëigneursde
fes états. Bcrcnger marquis d’Yvrée , l’un des plus confiderabks , forma d’a¬
bord le defiein de le détrôner 5 mais lès intrigues furent découvertes , ce qui
l’obligea de lë réfugier en Allemagne. Il revint » en Italie peu de tems après, > ibid.cM&
6c trouva moyen de gagner l’archevêque Manaffés fous la promefië de lui
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An. 945.
Troi. chron .
p.Sio.
Vagi ad ann%
1.
bmttxiL
c Lttitpr ibid.
r.14.
à y. NOTE FUI.
e V.PhiUndr •
in Fitruv.
* Nos omnes
cackinoo affe-
cic. Luitfrabid.
f Froi chron .
^.610.
946.
g Léo Ojhenf,
l*t* 4.
V 4£ I 4»».
XL VI.
Maiijgc de
Raymond I.
comte Je Rou¬
er guc , avec
Betthe nièce du
loi Hugues,
h Lmtpr.l, 5.
*.14.
Pr/U Oi.UJ.
&M-
80 HISTOIRE GENERALE
donner l'archevêché de Milan. Il engagea ainfi ce prélat à lui livrer une
fortereffe dont il étoit le maître, 8c à trahir le roi Hugues Ton parent Scion
bienfaiteur. Manafles n’omit rien pour grolfir le parti du marquis , Sc prit li
bien les mefures qu’il fit entrer dans la révolte la plupart des villes & des
grands de la Lombardie. Dans cette extrémité Hugues lé rendit à/ P a vie
capitale de fes états, d’où il envoya Lothaire fon fils à Berenger & aux
autres conjurez qui étoient aflemblez à Milan , pour les fupplierde déférer
la couronne à ce jeune prince , puifqu’ils le jugeoient lui-même indigne de
la porter. Après cette humiliante démarche Hugues fortit de Pavie avec
tous les tréfors qu’il put emporter , dans le deflein de fe retirer auprès de
Conrad roi de Bourgogne. Il n’cxecura pas toutefois là réfolution , fur l’aflîi-
rance que les conjurez lui firent donner, qii’ayant élu Sc 'couronné à Milan le
roi Lothaire fon fils, il pouvoir relier en Italie Sc continuer même à y regner
avec lui.
Hugues ne fit pas beaucoup de fonds fur les promeffes des fa&ieux : il vie
bien que la crainte qu’ils avoient qu’en fe retirant d’Italie avec toutes les
richeffes qu’il avoit ramaffées , il ne s’en fervît pourfe procurer' le lecours
des Bourguignons, Sc des autres peuples des Gaules, Sc qu’il ne vîntenfuite
avec eux leur faire la guerre, les avoit uniquement engagez à le prier de
demeurer en Italie ; aufiî réfolut-il de prendre fes luretés. Il feignit cepen¬
dant de fe rendre à leur demande , Sc ayant recommandé à Berenger , fon
fils Lothaire qu’il lailfa en Italie , il pafla en deçà des Alpes vers la fin 3 de
l’an 945. Sc arriva avec fes tréfors en Provence où b il avoit encore diverles
terres ,mais dont il n’étoit alors ni duc ,nifouverain, quoi qu’en difent quelques
modernes.
Raymond I. du nom , comte de Rouergue Sc marquis de Gothie , que c
Luitprand qualifie prince des Aquitains , Sc que divers d auteurs confondent
mal-à-propos avec Raymond-Pons comte de Touloufe fon coufin , eut à
Îieine été informé de l’arrivée de ce prince au voifinage du Rhône, qu’il fut
e trouver pour lui offrir de le conduire en Italie à .la tête d’une armée 8c
d’y combattre Berenger. Le roi Hugues accepta volontiers la propor¬
tion de Raymond, ê c fit avec lui un traité que ce dernier jura d’obferver
fidellement moyennant la fomme de mille mines que l’autre lui compta , Sc
qui montoit à celle de 1 5 60. marcs d’argent, chaque - mine pefant une livre
Romaine Sc quatre drachmes.
L’hiftoricn contemporain qui parle de ce traité , fait comprendre qu’il y fut
firefent. Il ajoute que les promeffes de Raymond apprêtèrent à rire ‘aux Ira-
iens qui étoient à la fuite du roi Hugues , à caule du peu de cas qu’ils fai-
foient de la parole des Aquitains. Il convient cependant qu’ils étoient en
état de fecourir ce prince, de la mort duquel il parle aufli-tot , fans marquer
s’il rentra en Italie , ni nous inftruirc des fuites du traité qu’il avoit conclu
avec Raymond; mais nous apprenons d’un autre auteur 1 du rems, que Hu¬
gues repaffa en Italie l’année mivantc , Sc qu’il y fut de nouveau reconnu pour
roi ; d’où nous inférons que Raymond palla les monts avec lui , 8c qu’il l’aida
à remonter fur le thrône. Le nouveau régné de ce prince ne fut pas long ? , il
fut obligé bientôt après de fe retirer encore en deçà des Alpes , Sc il
mourut Ta même année dans le monafterede faint Pierre de Vienne fur le Rhô¬
ne, qu’il avoit fondé avant fon avenement à la couronne d’Italie, 8c où
il prit l’habit monafti que quelque tems avant fa mort. On y voit encore fon
épitaphe.
Hugues légua par fadernicre difpofition, toutes les richcffes h qu’il avoit ap¬
portées avec lui d’Italie , Sc plu fieurs terres conliderables qui lui reftoient tant
en Provence , que dans la Gothie ou Septimanie, à Berthefa niece ,princcfle
d’une rare beauté, fille de Bozon fon frere confanguin marquis de T ofeane ,8c de
Wille (afemme.Elleetoitalors veuve de Bozon I.du nom comte d’Arles, 8c elle
fe remaria peu de tems avant ou après la more du roi Hugues fon oncle ,
avec Raymond prince des Aquitains , dont Luitprand parle avec beaucoup de
mépris, Sc avec lequel ce roi avoit fait le traité dont on a déjà parlé. Nouvelle
preuve que Raymond fuivit ou conduifit Hugues en Italie pour le rétablir
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Ï)E UNtSÜEDOC; Liv. xit. il
furie thrône. Ain fi ce dernier lui aura donné fa nièce en mariage, ou par
un article de ce traité , ou en rccompenfe de les fcrvices*
Le même Raymond, qui, comme nous l’avons déjà fait remarquer , étoit
comte de Rouergue , &pofledoit par indivis avec Raymond-Pons comte de
Touloufe Ion coufin germain le marquifat de Gothie, fut fans doute un des
grands de la province qui allifterent au concile tenu dans l’cglilè cathédrale
des faints Juft & Pafleur de Narbonne, le 17.de Mars de l’an 94^. car fui-
vant les actes qui nous r citent de ce concile , les principaux feiyieurs du pays
y délivrèrent avec les évêques fur Iss moyens de rétablir la difcipline ecclejiafhquc
dans la province. Aymeric archevêque de Narbonne, & les évêques Rodoalde
de Bcziers , Gifande de Carcalfonne, Dacbert d’Agde, 8c Pons de Mag u-
lonne le trouvèrent à cette allemblée avec un abbé nommé Alexandre, & confir¬
mèrent l’élection que le clergé &le peuple d’Elne venoient de faire de Ri-
culfe pour leur évêque, à la place de Wadalde mort depuis peu. On pré¬
tend b que les évêques de la province tinrent un concile lü même aqnec à
Fontaines dans le diocèlè d’Elne, mais c’eft un fait c certainement fup-
polè. Le dernier éditeur il des conciles qui a adopté les fautes de les pré-
decclleurs , auroit pû s’en appercevoir , 8c faire mention de celui de Narbonne
dont il ne dit pas un mot.
Bozon I. comte de Provence & premier mari de Berthe, laquelle époufit en
fécondés noces Raymond I. comte de Rouergue , mourut fans doute fins po-
Iteritéi Nous fçavons du moins qu’un autre ieigneur de fon nom, qui fe dit
fils e de Rotbold , lui fucceda dans ce comté , 8c qu’il en étoit déjà polfef-
feur au mois d’Oîlobre de la JC 1 1. année de Conrad roi des Allemans & de Pro¬
vence , c’elt-à-dire l’an 948, comme il paroît par un acte 1 d’échange que fit
alors Manalîes archevêque d’Arles. Quelques auteurs prétendent que Rot¬
bold pere de Bozon II. fut aulïï comte de Provence, mais on n’en voit g au¬
cune preuve. D’autres veulent que ce dernier ait pris le. titre de roi, 8c qu’il
ait régné en Provence depuis l’an 917. ce qu’ils n’appuyent que fur des
nionumens fuppofez , d’où ils tirent auliî l’épilcopat de Rangefridus évêque
d’Avignon , qu’on dit avoir été auparavant moine 8c abbé de S. Gilles
au diocèfe de Nilmcs. Un moderne ha enfin avancé que le roi Hugues à fon
retour d’Italie, vers la fin de l’an 94 j. donna à Bozon II. le duché ou comté
de Provence à titre bénéficiaire, ou comme il s’explique , <1 vie & fous l’hom-
maye , 8c que ce prince étant décédé, Conrad le Pacifique confirma le même
Bozon dans le gouvernement de Provence , mais cet auteur le fonde uni¬
quement lur la fuppofition que le roi Hugues dans la cclîion qu’il fit du royau¬
me de Provence à Rodolphe II. roi de Bourgogne, fc rélerva jufqu’à fa mort
la fouveraineté fur la Provence proprement dite , ou comté de Provence , ce
qui eft abfolument faux. Tout ce qui paroît de plus vraiicmblable, c’eft qu’Hu-
gues après avoir été duc ou comte de Provence du vivant de Louis l’Aveu¬
gle, 8c s’être emparé de l’autorité depuis fa mort, donna à fon avenemenc
à la couronne d’Italie en 9 16. le comté ou gouvernement de Provence à
Bozon I. qui probablement etoit le même que Bozon frere de Raoul roi de
France, qu’il lui donna enfuite Berthe fa niece en mariage , 8c qu’aprèsavoir
cédé en 930. tout le royaume de Provence à Rodolphe II. roi de Bourgogne,
ce dernier confirma le meme Bozon dans ce comté ou gouvernement , 8c
qu’enfin celui-ci étant décédé fans pofterité , Conrad le Pacifique fils de
Rodolphe II. donna à Bozon II. le comté de Provence. Du relie foit que
.Bozon II. tînt cette dignité des rois de Bourgogne à titre bénéficiaire ou non,
il eft certain que le comté de Provence devint héréditaire dans fa famille, 8c
que fes defeendans * en jouirent de la même maniéré que les grands vallaux
du royaume poflèdoicnt leurs fiefs, c’eft-à-dire avec une autorité prefqu’ab-
folue , en reconnoiilant cependant la fuzeraincré des rois de Bourgogne, 8c
enfuite des empereurs d’Allemagne leurs fuccefteurs. En effet, les fils de Bozon
II. partagèrent le domaine de ce comté , qui s’étendoit entre l’Ifere , les
Alpes, la Mer, êelcRhône, 8c le tran finirent à leur pofterité. Comme les
comtes de Touloufe heriterent dans la fuite de la moitié du même comté par
le mariage de Guillaume Taillefer avec Emme petite fille de Bozon II. nous
Tome II. L
A N. 946:
XLVII
VI. Concile
de Naibouuc.
947-
a Capitul.to.% «
V,M*rc.Hifrk
P-190&M'
b ContU, to
c Mgrc.HifP .
P i *9- &<ecj.
V. HQTR II.
d H at à, cûiUcI.
concjt. 6.p.6 0*.
XLVII!.
Bozon H.Ifuo
ccdeàBozon I.
dans le cbm:é
de Provence.
e NOTE XlV.
n.io.&feq.
948.
(GalL.Chr.noi),
edit.to.î.pio}.
V. Mobill. ait
4Q.9 4*V||, J 1.
g SOTE tbid.
h R uffJipp.d
&j‘n-
i r.NOTEi ry.
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I
HISTOIRE GENERALE
* V. Mtb. m4
dlV^.ioS.
L.
A n 94.8 avo'-15 cfu <5u’il n’étoit pas inutile défaire connoître l’origine de ce dernier ,
' " & de fes droits fur la Provence.
DôajtioB , Nous avons remarqué ailleurs que Raymond !. du nom , comte de
^'Arnaud Rouergue & marquis de Gothie avoit un frere nommé Hugues quiprenoit le
«Xune'enfa- ^Cre comcc- 11 en eft fait mention, ce femble, dans la donation » qu’Ar.
«ur de l'ab- naud comte de Carcaflonne , Arfînde fa femme, & leurs fils Roger 8e Odon
ta>* M°n- firent à l’abbaye deMontolieu, fie à Trefmire qui en étoit abbe , de l’alleu
vicomte m de* * de fainte Eulalie fitué dans le diocèfe de Carcaflonne 8e le territoire d’AL
'Carcaflonne. fonne, par un acte daté du mois d’ Avril la JTIIJ. année du régné de Louis
■ar,.p.9i.crf‘ï d’Outremer, ou du Pan 94 9.8c fouferit par Hugues évêque de Touloufe.
949. Arnaud déclare que Roger Ion frere qui avoit acquis cet alleu du comte Hu¬
gues , le lui avoit donné. C’eft de ce même Roger que defeendoient vraifem-
hsoTExxn. diablement b les comtes héréditaires de Comminges qui vivoient au XII.
•■"■Mi- ficelé.
Trefmire abbé^de Montolieu fit bâtir Péglife de ce monaftere, ou du moins
la chapelle de faint Michel , fuivant une ancienne infeription gravée fur une
pierre d’autel, 8c trouvée eau commencement de ce ficelé dans une chapelle.
Le nom d'Amelius vicomte far la grâce de Dieu y eft gravé 5 nous conje¬
cturons de là que ce feigneur contribua à la dépcnle du bâtiment. Amelius
étoit donc vicomte de Carcaflonne au milieu du X.fiecle,ce qui eft confirmé par
un autre monument d du même fiecle.
Le diocèfe ou comté de Lodeve avoit aufli alors, lès vicomtes e , qui eu-
5. Fulcrand ^ renc la principale part à l’élection de faint Fulcrand évêque de cette ville.
<réquc ce Lo- Suivant la vie de ce faint prélat, compofceau XIV. fiecle par f bernard Gui-
e note xxv ^onls l’un de les fucceflèurs , il étoit fils d’un leigneur des plus qualifiez du
f vu s. fuicr. pays. On prétend que fa mere, à qui les uns donnent le nom d’Euftorge, fie
les autres celui de Biligarde , étoit fille d’un comte de Subftancion ou de Ma-
fpuBiàvJe'hùn. guelonne : dans ce cas elle devoir être fille ou fœur du comte Bernard I. du nom
tptfc. L»J.p. 4!. dont nous avons déjà parlé. Fulcrand fait mention lui-même dans Ion ? tefta-
ment de Pons fie d’Aranfred fes freres, d’André chanoine de Lodeve fon
neveu, fied’Eme fa pioche parente. On lui donne encore deux foeurs qu’on
allure avoir été dames de Montpellier , fie avoir donné l’origine à cette
ville. Enfin ce Saint difpofc par fon teftament d’une partie du château de
Roqucfeuil , ce qui peut faire croire qu’il appartenoit à la famille des fei-
gneurs de ce château , fitué dans la partie de l’ancien diocèfe de Nifmes qui
forme aujourd’hui celui d’Alais, Se confine avec le Gevaudan, le Rouergue,
8e le diocèfe de Lodeve.
La mere de Fulcrand prit un foin particulier de fon éducation , Se le mit
d’abord fous la dilcipline de Thierri évêque de Lodeve qui vivoit dans une
grande réputation de fainteté. Sous un fi excellent maître , on le vit bientôt
faire un égal progrès dans la vertu & dans la fcience. II s'appliqua fur tout à
l’étude des faintes lettres -, fie après avoir pafle par tous les degrez ecclefia-
ftiques , il parvint enfin à la dignité d’archidiacre de Maguelonne. Il en exer-
«joit les fonctions avec beaucoup d’édification, quand l’évêché de Lodeve vint
à vaquer parle décès de Thierri le y.Janvier del’an 949. le clergé fit lepeuple
s’étant aflcmblcz par l’autorité' d'Eudes & d'Heldin f rinces du peuple , pour
l’élection d’un nouvel évêque , ils ne délibérèrent pas long-tems fur le choix }
la pureté des mœurs de Fulcrand, fa vie penitente, fa douceur, fa naiflance
fit les talens lui gagnèrent bientôt tous les fuffrages. Il fut le feul qui ne vou¬
lut pas confentirà fon élection, Se le miniftere dans lequel on vouloir l’enga¬
ger, lui parut fi redoutable , qu’il prit la fuite 8t alla fe cacher. Ayant été
cependant découvert, il fut enfin forcé de fe rendre , 6t Aymeric archevêque
de Narbonne, fon métropolitain, fit la cérémonie de fon facrele 4. Février
de la même année dans l’églife de faint Paul de Narbonne.
Un des principaux foins de Fulcrand après fon élévation à l’épifcopat, fut
de faire aggrandir fie exaucer fa cathédrale dédiée fous l’invocation de laint
Geniz ou Gcniez martyr, fie d’y faire conftruire un clocher. Heldin vicomte
de Lodeve qui en fut informé , croiant que fon autorité étoit bleflee dans cette
«ntreprife , fie défendre d’élever le bâtiment au delà d’une certaine hait*
&Jm-
g Bolljbid.
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DE LANGUEDOC. Lrv. Xll. _ _
teùr. L’évéque de fon côte jaloux de l'autorité 6c de la jurifdidion temporelle Ani 94^
qu’il prétendoit avoir dans Lodevc , ne fît aucun cas de la défenfe du vicom¬
te , 6c fit bâtir un clocher 6c plus grand 6c plus haut qu’il ne l’avoit rcfolit.
Hildin en fut extrêmement irrité , 6c pour le venger de Fulcrand, il vint en
fureur à Lodeve, 6c chargea les habitans de divers impôts exorbitans. Le laine
évêque le pria d’abord avec beaucoup de douceur de taire ceffer ces vexations}
mais n’ayant pu rien gagner par cette conduite, il en prit une toute oppofée :
il fit arrêter le vicomte 6c ,1e retint dans une étroite prifon jufqu’à ce qu’il
eut reftitué ce que lui 6c fes prédccefîèurs avoient injuftement ufurpé fur l’églifè
de Lodeve. Enfin il élargit Hildin , après lui avoir fait promettre de ne
plus retomber dans de pareils excès : il tâcha cependant de le gagner dans
la fuite, (oit par fes maniérés , foit par fes difeours.
On voit par ce que nous venons de rapporter de la vie de faint Fulcrand, . Lt
que la ville 6c le diocèfe de Lodeve étoient gouvernez de fon tems par des 1
vicomtes héréditaires, qui abufant de leur autorité, exerqoient les droits
régaliens. Ils le pouvoient faire d’autant plus librement, qu’il n’y avoit alors
aucun comte particulier qui rélïdàt dans le pavs , dont le comté 1 étoit réuni a v. noté
au domaine de la maifon des comtes deTouloufe, Du moins efl-il certain xxy-
que ces derniers polfedoient le comté de Lodeve dans le XL fiecle , 6c que
les vicomtes de cette ville étoient leurs vaffaux. Quant à la jurifdidion ou
autorité temporelle que les évêques prétendoient avoir , ils la dévoient en
tout ou en partie à la pieté de nos rois , comme l’infinuc l’auteur de la vie
du faint prélat.
Hildin vicomte de Lodeve qui vivoit alors , nous eft connu pair d’autres
monumens. Saint Fulcrand en fait mention dans fon teftament b à l’occafion bnoilibid.
d’un alleu qu’il avoit acquis de lui , 6c dont il difpofa en faveur de l’abbaye
dejoncels. Ce vicomte vivoit en 961. comme il paraît par la donation qu’il
fit cette c année à l’abbaye de faint Guillem du Déféré dans le diocèfe de cPr.p.jot,
Lodeve, 6c à Gausfred qui en étoit abbé , de plufieurs biens fituez dans le ^f'3*
comté de Subflancion , de concert avec Garibcrqe df A don , ou Odon vicomte,
tant pour leurs âmes , que pour celle d’ Au tyir 'i us 3 ce qui nous fiait conjecturer
que les mêmes Hildin 6c Odon vicomtes de Lodeve en 949. 6c 961. étoient
fils de ce dernier , 6c de Garibcrgc , qu’ils hcritcrent de lui de cette vicomté,
êc qu’ils la poflederent par indivis.
Hildin ou Heldin vicomte de Lodeve , n’efl pas différait du vicomte Ildi-
non, dont il ell fait mention dans un acte d de l’abbaye d’Aniane de l’an 968. APr.p.m,
6c qui conjointement avec Archimberte fa femme, 6c leurs filsErmengaud ,
Adilulphe 6c Odon, fit un K échange en 981. d’une terre qu’il avoit dans le ePrp.ise *
comté de Maguclonne 6c le territoire de Subflancion , contre Quinabert abbé
de faint Guillem du Défert , 6c fon monaftere. Nous inférons qu’il devoit
être déjà décédé en 984. de ce qu’il n’cft pas nommé dans une donation
que la vicomteffe Archimberte fon époufe, fes fils Adilulphe 6c Odon, 6c
Trudgarde veuve de fon fils Ermengaud , firent alors à l’abbaye d’Aniane ,
d’une terre fituée dans le comté de Beziers. Il eft du moins certain qu’Hil-
din étoit déjà mort en 986. par une f autre donation que la même Archim- f ibUp.no-
berte fit cette année à Rainald abbé d’Aniane, 6c à les religieux , de divers
biens fituez à Cauncs dans le diocèfe de Beziers pour fes farers qui ctoicnt
déjà décède*^, [avoir fon pere , fa mere , fon fils , fes filles , & fon mari Ildinon.
L’acle eft fouferit par Odon, le feul , à ce qu’il paraît, des fils d’Hildin qui
recueillit fa fuccclTion. Cet Odon fut en effet vicomte de Lodeve , comme
on le voit dans un acle fans s date * par lequel il donne à l’abbaye de faine g
Guillem du Défert , du confentement de Chimberge fa femme, un alleu
dans le comté de Lodeve que fon pere Hildin 6c lui avoient acquis d’un nommé
Ardemand.
Telle eft la fucceflîon des vicomtes de Lodeve depuis le milieu du X. fie¬
cle jufqu’à la-fin. Nous ne connoiffons pas leurs fuccefleurs ; mais il y a lieu *» de
conjedurer que leur famille tomba en quenouille } que Nobilie , femme de h v.Xon
Gilbert vicomte de Carlat fur les frontières de l’Auvergne qui vivoit vers xxv"
le milieu du XI. étoit fille unique Ôc heritiere du vicomte Odon dont on
Tome II, L ij
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«4
HISTOIRE GENERALE
A n. 94$)' vient de parler, & de Chimberge fa femme-, & qu’enfin la vicomté de Lo-
deve paflà par ce moyen avec celle de Carlac , dans la maifon des vicomtes
de Milhaud , qui poflederent certainement l’une Se l’autrev
ni. Les differentes donations que nous venons de rapporter, font des preuves
Dooationsde de la pieté des vicomtes de Lodeve. Plufieurs feigneurs de la Marche d’Ef-
■ou”!gneufs€S Pagne fignalerent la -leur envers l’abbaye de la Graffc fous le gouvernement
ic n Marche de Soniarius a qui en fut abbé depuis l’an 915. jufqu’en 952. Maycul vicomte
donna b en 946- un aEcu dans le comté d’Urgel te pour foname, & celles
«Mile. «de Ranilonne fa femme, Sc d’Efther qu’il avoir époufee en premières nô-
UGràn m^' os* ces> ” Ermengarde abbeflè de Burgal dans le comté de Pailhas & le diocèfe
bPr!p.toT d’Urgel , fit don e de fon moîiaftere à la même abbaye la XV. année du
c ib/u. f. 91. régné de Louis d’Outremer, ou l’an 9 50. cette abbelfe fait mention dans l’atfte
:<i' du comte G uillaume f’on frere.Elle étoit fille d’Ifarn comte & marquis de Pailhasi
qui avoit d fondé le monallere de Burgal, dont Aton èvèque fon oncle pa-
àibid.f.i*. ternel l’avoit mile en poflèfTion.
&Je9- Ce dernier étoit certainement évêque de Pailhas , d’où l’on doit inférer
ou que cet évêché ne fut pas fupprimé , comme il avoit été ordonné pat
un decret du concile de Foncouverte de l’an 91 1 , ou du moins qu’il fut
rétabli bientôt après. Quant au monaftere de Burgal, nous apprenons qu’il
n>y avo;c e pius de religieufes au commencement du XI. fîecle, d’un a&e de
l’an 1007. par lequel «Soniarius comte de Pailhas, &. fes freres les comtes
» Raymond & Guillaume confirment la donation que le comte Raymond
« leur aycul, Ifarn , & Aton évêque , leurs oncles paternels, enavoient faite à
«l’abbaye de la Grafle. « Depuis ce tems-là ce monaftere ne fut plus deflervi
f Archivent* que par des religieux dépendans de cette abbaye. Artaud f comte de Pailhas,
Orwfr' d‘ U femme Guillemetre , y donnèrent differens biens en 1 170. & un autre
r comte de ce pays nommé Bernard & fa femme Guillcmette en 1196. Enfin
la convcntualite y a ceffé après l’introdudion des commandes , & il n’eft plus
deflervi que par trois prêtres féculiers depuis l’an 1458.
Soniarius abbé de la Grade fit un échange g en 9 j 1. avec Sunifred comte
de Barcelonne, qui lui donna un alleu dans le comté de Carcaflônne, en
prefence de 'VP'ifade évêque de cette ville. Il étoit peut-être parent du comte
Soniarius qui fit donation h en 9 5 3. à Witiza fon fucceflèur de plufieurs cgli-
fes fituées en divers comtcz de la Marche d’Efpagne -, entr’autres de celle
de Notre Dame de Riodezar, où il y jeut depuis un prieuré dépendant de
l’abbaye de la Grade, lequel eft uni aujourd’hui à celle de Campredon dans
le diocèfe deGironne.
R'_biV Ees différentes guerres qui avoient agité le royaume , mais furtout l’in-
du'^moiuTuie vafion des biens ecclefiaftiques par les féculiers, caufcrcnt la ruine ou la dé-
de îaintc Eui cadence de plufieurs égliles ou monaftercs au milieu du X. fiecle. Celui de
Gcvaudau.k ^nce Enimie dans le Gevaudan entr’autres fe trouvoit alors , dans une ex-
Comtcs & vi- trême » défolation. Etienne évêque de Mende réfolu de le relever , «s’adreflà
comtes de ce „ ^ Dalmace abbé de faint Chaffre en Vêlai, & le pria du confentemenc
liPr.p.9).& «de fon chapitre, des principaux feigneurs du pays, & en particulier dte
Aï- « vicomte Bernard , de prendre ce monaftere fous fa conduite , & d’y envoyer
« de fes religieux pour y rétablir l’obfcrvance régulière. Dalmace s’exeufa
« d’abord , mais il y confentit enfin , à condition que lui & fes fucceffeurs
« y auroient une pleine autorité. Etienne prit ià-deflus l’avis de fon clergé
» Sc de fon peuple , & accepta la condition, du confcntcment du marquis Ray-
amondj avec lequel peu de téms après il fit un voyage de dévotion à Ro¬
sine, fuivi de plufieurs de fes ecclefiaftiques, & de l’abbé Dalmace. Ils
» eurent recours enfemble au pape Agapet, qui confirma le rétablifl’ement du
«monaftere de fainte Enimie en prefence du fénateur Alberic. «Ce dernier
s’étoit alors emparé de toute l’autoritc dans Rome. Les circonftances de ce
rétabliflèment clu monaftere de fainte Enimie font marquées dans un aéte
qui fut dreffé en 9 5 1 . & qui eft fouferit parGotcfcalc évêque du Pui. Il y eft
dit qu’on appelloit anciennement ce lieu Burlatis , & qu’on y confervoit en¬
core les reliques de la fainte. Ce monaftere a todjours été fournis depuis à
l’abbaye de faint Chaffre , & a donné fon nom à une petite ville du Ge-*
g Mâre.tilfr
9 y1*
hPrp.9S>
V.Mab.Ad Mun*
9JOJI.3*.
LUI.
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ï>£ LANGÜEbÔC. Liv. XÜ. _
vaudan, fituée fur la rive droite du Tarn, vers les frontières du diocèfe An. 951-.
d’Alais.
Par ce que nous venons de dire , nous apprenons qu’il y avoir alors un
comte Sc un vicomte de Gevaudan. Le dernier paroît être le même 2 que aîî0*E xxn.
Bernard , fils puîné d’un autre Bernard vicomte de Milhaud en Rouergue en
937- Q“anc au comce ou marquis Raymond , nous avons b lieu de croire
qu’il n’eft pas différent de Raymond I. du nom comte de Rouergue , Sc
coufin germain de Raimond-Pons comte deTouloufè. Il dominoit dans de
Gevaudan en qualité de fuzerain d’Etienne comte de ce pays, qui probable¬
ment étoit fon frere ^ Sc fils puîné d’Ermengaud comte de Rouergue , Sc mar¬
quis de Gothie. Etienne avoit époufé alors , ou du moins il époufa bientôt après
Adélaïde d’Anjou dont nous parlerons ailleurs.
On pourroit croire aufiî qu’il s’agit dans cette charte de Raymond-Pons LiV. .
comte de Touloufe,qui en qualité de duc d’Aquitaine étendoit fon auto- J^poqs* "
rite fur le Gevaudan , s'il ne paroiffoit que ce prince étoit déjà dece- comtedcTou-
dé en 9 5 1 . En effet , nous ne doutons pas que fa mort n’ait été un des prin-
cipaux motifs du voyage que le roi Louis d’Outremer entreprit cette fon fils lui lue-
année en Aquitaine, Sc dont un hiftorien £ du tems parle en ces termes: <c^fJ chrow_
Louis s’étant mis à la tête de fes troupes, s’avança vers les frontières « p, cu.fr fa.
de cette province au commencement de l’année. Charles Conftantin prince «
de Vienne, & Etienne évêque d’Auvergne ou de Clermont , informez de a
fa marche furent au devant de lui , Sc lui prêterenc ferment de fidelité, a
auquel le dernier ajouta des prefens confiderables. Guillaume comte «
de Poitiers fut aufli à la rencontre de ce prince 3 qui étant fur le point «
d’entrer en Aquitaine tomba dangereufement malade. Leotald comte dans a
la Bourgogne , prit un foin particulier de lui pendant fa maladie } Sc Louis «
ayant recouvré fes forces , reprit le chemin de France. « Nous tirons de ce
récit les conféquences fuivantes.
i°. Louis dut prendre la route de Mâcon pour entrer en Aquitaine, Sc
tomber nïalade dans cette ville ; car Leotald , que Flodoard qualifie comte de
JJoujgoone, Sc qui afiîfta ce prince dans fa maladie , n’eft pas différent de
Leotald comte de Mâcon qui vivoit alors , Sc qui defeendoit d par mâles de d v- Ulu*~
Mayeul vicomte de Narbonne dont il étoit petit-fils. i°. La marche du roi frfa".'1’*'**
vers l’Aquitaine à la tête d’une armée , dt une preuve que les peuples de M»>>.
cette province s’étoient révoltez contre lui, Se refufoient de lui obéir. H
eft marqué en effet qu’Etienne évêque de Clermont alla à fa rencontre , & le
reconnut pour fon feigneur 3 d’où il paroît que l’Auvergne étoit alors révolté.
Voici ce qui peut avoir donné occafion à cette révolte.
Nous avons fait voir c ailleurs que le roi Raoul lorfqu’il reçut en 93 1 . la cknoie xn;
foumiffion de Raymond-Pons comte deTouloufe, difpolâ cri faveur de ce prin¬
ce du duché d’Aquitaine Sc des comtez d’Auvergne Sc de Vêlai. On a prouvé
âuffi que le roi Louis d’Outremer le maintint dans fes dignitez. Nous lavons
enfin f que ce roi qui mourut en 954. les donna à Guillaume Tête-d’Etoupes iAdtm.c»b.
comte de Poitiers. Or comme on n’a aucune preuve que ce dernier ait pris
la qualité de duc d’Aquitaine avant l’an 950. Sc du vivant de Raymond-
Pons, nous concluons de tout cela i®. Que celui-ci mourut vers l’an 950;
i°. Qu’après fa mort Louis d’Outremer difpofa du duché d’Aquitaine Sc des
comtez d’Auvergne Sc de Vêlai en faveur de Guillaume Tête-d’Etoupes. 3°.
Que les Aquitains , Sc furtout les Auvergnats, attachez à la mailon de
Touloufe, refuférent de reconnoître GuillaumeTête-d’Etoupes pour leur duc
ou comte, Sc fe déclarèrent en faveur du fils de Raymond-Pons, que le roi
avoit dépouillé de fës dignitez , Sc qui étant en bas âge étoit hors d’état de
faire valoir fes droits. 4®. Enfin que ce fut autant pour les y obliger, que pour
remettre fous fon obéiffance le comté de Vienne, & le reftedu royaume de
Provence, fournis alors à Conrad le Pacifique, que Louis s’avança en 951. g Aa.ss.tA.
vers ces provinces à la tête d’une armée. s. Btntd.fie.fi.
On peut confirmer ce que .nous venons de rapporter par lé refus confiant y?B*iut.AMV.
que firent g les principaux feigneurs d’Auvergne, & en tr’
que de Clermont qui étoit de la maifon des vicomtes de
autres Etienne évê-
* ...'II., .J- c, xotexvi.
de cette ville, de fi? 4,4
\
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86
HISTOIRE GENERALE
Au\ 951. foumettre à Guillaume comte de Poitiers jufcju’à la première année du régné
de Lothaire, ou à l’an 955. qu’ils firent un accord avec ce comte, luivant
lequel ils le reconnurent pour leur -jeiytcur.
Raymond-Pons comte de Touloule mourut donc vers l’an 950. aufii n’a-
•k'no TErtu. vons-nous * aucune preuve qu’il ait vécu au-delà de cette année. 11 laitï'a du
b NOTEviu.moms crois fils de Garfinde fa femme qui lui fiurvêcut. Guillaume b l’aîné ,
** qui étoit alors fort jeune, lui l'ucceda dans le comté de Touloule 6c la plupart
de fes autres domaines lous la tutelle 6c le gouvernement de Garfinde la
mere.-On le furnomma T aille fer, 6c il fut le troiliéme comte de Touîouic de fon
nom. Les deux autres s'appelaient Pons 6e Raymond -, le premier eut
dans la fuite le comté d’Aibigeois pour Ion partage. Raymond-Pons eut
aulfi , à ce qu’il paroît , une fille appellée Raymonde , qui époula Aton
cfr.p.iti. vicomte de c Soûle en Gafcogne. On devroit enfin mettre Leogarde , fem¬
me de Borrel comte de Barcelonnc au nombre de fes enfans , fi on pou-
tl Baïuz-AUm. vojc s’appuyer fur l’autorité d d’un moderne qui la croit originaire d’Auver-
Btjf.401. gne, 8c fille de Raymond comte de ce pays, au commencement du reyie de Lotbarc^
car nous ne connoifions d’autre Raymond comte d’Auvergne au X. ficelé,
que Raymond-Pons comte de Touloule.
Ce dernier polïèdoit dans le tems de là mort le comté particulier de Tou-
loufe qui étoit très-étendu, avec le marquilat de cette ville qui lui donnoit
la fuzeraineté fur les coincez de CarcalTonne 6c de Ralèz. Il jouiflùit de
plus en commun , avec Raymond premier du nom comte de Rouergue fon
coufin , du marquilat de Gothie, 6c des comtez de Narbonne, Nifmes, Lo-
deve, Beziers 6c Agde dans cette province -, de ceux d’Aibigeois 6c de Querci
en Aquitaine, 6c du Vivarais 6c de i’Uzcge, anciens membres du royaume de
Provence : tous ces domaines pallerent à les luccefièurs. Quant au du-
e v. hôte ché d’Aquitaine 6c aux coincez d’Auvergne 6c de Vêlai e, dont il avoir été
pourvu feulement depuis la mort des neveux de Guillaume le Pieux ,6c dont
le roi Louis d’Outremcr difpofa après la fienne en faveur de Guillaume Tête-
f y. hôtes d’Etoupcs comte de Poitiers , il paroît que Guillaume Taillcfcr f , après
xw.çrxvu. jes avoir dilputez à ce dernier , ne le pouvant maintenir dans leur pollefiîon ,
donna dans la fuite en fief ces deux comtez à la famille des vicomtes d’Au¬
vergne ou de Clermont, qui prirent depuis le titre de comtes , 6c le recon¬
nurent , de même que les autres comtes de Touloule fes luccefièurs, pour leurs
fuzerains.
C’eft tout ce que nous avons pù recueillir de plus certain fur le tems de
la mort de Raymond-Pons comte de Touloule, duc d’Aquitaine 6c marquis
de Gothie, prince également recommandable par fa pieté, fia valeur, 6c
l’étendue de Ion domaine, dont il porta les bornes depuis la Loire jufqu’aux
Pyrénées, la mer Mediterranée 6c le Rhône. Parmi les modernes qui ont
parlé de fia mort, les uns l’ont placée en 955. d’autres vers l’an 961. 6c
gr. hôtes d’autres enfin beaucoup plus tard : mais ils fie trompent s tous également.
T111.&XVI1. Q,ja vjent de ce qu’ils l’ont confondu , à caufe de la reflemblance de leurs
noms, avec Raymond 1. 6c IL comtes de Rouergue fes coufins -, ce qui eft d’au¬
tant plus aifé , que ces deux branches de la maifon de Touloule pofféde-
rent long-tems par indivis la plupart de leurs domaines. Au refte Raymond-
hP'.f. 117 & pons fut inhumé h dans l’abbaye de S. Pons deThomieres qu’il avoit fondée
v.hoteviu. 6c enrichie par fes liberaiitez.
Louis après fon retour en France fe rendit au commencement de l’an
ComJé&com- 9 51- à Reims, où il confirma * l'abbaye de laine Michel de Cuxa en Rouî¬
tes de Fenouil- fillon dans la poflèflion des biens qu’elle avoit dans les pays de Ccrdagne,
•fi**' _ de Fenbuilledes , de Berga , de Roulfillon , 6c de Valefpir. Nous concluons de-là
_95z- que le Fenouilledes , portion de l’ancien diocèfe de Narbonne, 6c aujourd’hui
fxe"C'H®' de celui d’Alet, formoit alors, comme ces autres pays, un comté particu-
v.M*b.*da«n. lier. Il eft en effet qualifié comté dans deux Bulles k du pape Agapet , l’une
1 mItc Hî/b l’an 95°- & l’autre de I’cliî 954. 6c dans divers autres monumens du X.
‘ fiecle. La dernicre de ces Bulles confirme Segarius abbé de faint Martin
de Lez , dans la poflèflion des biens que fon monaftere avoit dans le
comté de fenouilledes 6c dans ceux de Râlez 6c de Roulfillon , à la charge
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£> E L A N G Ù È ï> b ë. "t.v, Xii, h
de payer une redevance annuelle àl'églifê Romaine. Le comté de Fenouil-* A n* 9 jn
iedes appartenoic alors à Sunifred comce de Barcelonne qui le tenait de fes
ancêtres. Voici, à ce qu’il nous .paraît, l’origine de ce comté. ,
Ileft certain que le païs de Capcir * ,, fitué au Sud-Queft de celui de Fenouil-, f M'*
ledes , failoit partie eu S ■7 3-, du comté de Rafez, pofTedé alors en commun* ^ ■' ’ .
par Wïfred le Velu comte de Barcelonne, & Miron comte de Rouifillon
Ion frere, & par les deux frères Oliba II. 6c Acfred I. comtes de Carcaf-
fonne. Celui de FenouiJledes qui çft encre le Capcir 6c le Rafez , dépendoic
aufli par contèquent.ep même tems de ce dernier comté , êc ne formait qu’ma
même domaine * quoiqu’il compofàt un païs diftingué ou «ne viguerje fé-
parée dès l’an b 84.1. On a remarqué ailleurs6 que les comtes de Barcelon- b lin. Pr.f.ijr i
ne, & ceux de CarcalTonne de la I. race qui vivoienr à la fin du IX.fiecle,éroicnt
de la même famille , ce qui fit fans doute que les uns U les autres jouirent lxxxvu.
alors par indivis du comce deRafez.Sur ces principes nous croyons i». qu’il y ”■ ^i c- }*&
eut un partage de ce comté entre les deux branches après l’an 87 $. ,& ayant
le commencement du Xi fiecle j t'bqu’Oliba II. & Acfred I. fon frere comte*
de CarcalTonne demeurèrent en pofielfion du païs qui retint je nom de comté
de Raie?. , & qui compofe ce qu’on appelle aujourd’hui l’officialité de Limousj
& que Wifred le Velu comte de ôarcelonne & les frétés eurent pour leur
parc le païs de Fcnouilledes , qui depuis ce tems eut titre de comté , avec
lespaïsddePierre.pertufe,de.Capcir,de Saule, & dç Donazan, lefquel s dépen- & pr.p.
doient anciennement du comté de Ralêz , & faifoient ' certainement par-
tie du domaine des defeertdans deWifred le Velu aux X. & XI. fiecles. Il >7 x-*c.
paroi t par ce que nous venons de dire que le comté de FenouiJledes après la £°^XXI'ir’
paroit par ce que nous venons dedire que le comte de Fenomjledes apres la ^
mort de ce prince arrivée vers i’an 901. pafla à Wifred II. fon fils £c fon
fuccelïèué, & enfuice à Miron fon autre fils hericier de ce dernier ,& que le
même Miron le rr. infinie à Sunifred comte de Barcelonne fon fils. Le païs
de Fcnouilledes eut auifi des vicomtes dont nous parlerons ailleurs.
Nous avons la preuve que Sunifred comte de Barcelonne dominait fur ce
païs. i°. dans un jugement* qu’il rendit fa huitième année du règne de Lo- cAnhiyn'i
thaire , ou l’an 962. en faveur de Raoul abbé de fâint Martin de Lez , &c de
fou monaliere fitué dans le Fcnouilledes. i°. dans Ion teftamcnt^del’an 9 6 y. ft-urc.nn}:
fuivant lequel il dilpofa du domainede ce païs en faveur d’Oüba fon frere „
qui après la mort S de Miron comte de Barcelonne leur pere arrivée en 928. %v. note
avoir eu pour fon partage les comtez de Ccrdagne &de Berga dans le dio- x-xyn-‘b“L
cèle d’Urgel. On donna à Oliba le furnom ou fobriquet de Cabrcta , ou Ca-
brete, parce que h lorfqu’il croit en cplere il grattoir la ferre du pie connue hMarc.Hj}.
unechevre. t-n'-o-j'ij.
Ces deux princes avoient deux autres » frères , dont l’un nommé Mircil i
eut le comté de Gironnepour fon partage, & fut évêque de cette ville , &c
l’autre appelle Wifred, fut comte de Bdalu. Les comtez de Confiant & de
Valefpir k fituezen deçà desPvrenées, appar.tenoient auifi au milieu du X; k N'orE
& liu donna des biens confiderables avec le comte Oliba fôn frere, Ave
leux mere , & Bernard vicotnre deCerdagrie.
La plupart des comtez de la Marche d’Efpagne, & quelques-uns de la
Septâmanie appartenoient donc en ce rems-là à Ja maifon de Barcelonne.
Celui d'Ur^el croit auifi alors dans cette maifon, & Soniarius oncle paternel du _
même Sunifred, qui l’avoir eu pour fon parcage, étant déjà mort en 954. .954.
Richilde fa veuve confirma m la donation qu’il avoir faite à i’abbay.e de la Grade mib,d.f.i9 si
•de diverfes terres fituées dans les comtez deBezalu &d’Aufonne. Sooiariuseuc
trois fils de cette comteflc, Ermengaud , Borrel & Miron. Le/econd lui fucceda -t-v-r.
dans le comté d’Urgel , & dans la fuite à Sunifred fon couda dans .celui de W-wgf,
Barcelonne , qu’il .cran finit à fes defeendans. comtc^c Nat-
Matfred vicomte de Narbonne après avoir vécu allez long-teras fous la bot,(^'c^°eth,j
tutelle ou Tadmiftiflration de la vicomtefiè Ricbd.d.e h mere, a-y.oit déjà .pois rojLou7sd'Ou*
par lui-même le gouvernement de fon domaine avant la mont .de Raimond- mmer fou
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n HÏSÏOtRË GENERALE
‘ ‘ " “-* Pons comte de Touloufe , comme il paroîc par un échange qu’il fit avec cê
An. 9 J4- prince , de qui il reçut- la terre de Montlaurez^dans la Liyine au dioccfe de
xCMtLmm. jsjarbonne. Il avoir époufé Adélaïde lorlqu’il acquit b au mois de Novembre
f de la XVII. année du régné de Louis d’Outremer, ou l’an 951. le lieu de
/'f- Creiflc ou de Creilîàn dans le comté de Narbonne, qu’il vendit c de concert
cPrf.ioo. ayec elie iîxans ans après, à Aymeiic archevêque de cette ville.
L’a&e de cette vente eft daté du 27. Avril de l’an çs»- la IV. année du régné
de Lothaire j ce qui nous fait comprendre que la Gothie ou Scptimanie ne fe
fournit pas à ce prince aufii-tôt après la mort du roi Louis d’Outremer fou
f.s, Pere> arrivée d le 10. de Septembre de l’an 954. Lothaire ne fut en effet
v-Mù.adMH. reconnu & couronné en France que le 11. de Novembre fuivant, malgré
9H-1-70. précaution que Louis avoit prile de l’affocicr au trône de fon vivant. La
ceremonie de ce couronnement le fit à faint Rend de Reims, où Lothairé
fut falué des principaux prélats &feigneurs François, Bourguignons & Aquitains.
Ce prince fut proprement redevable de la couronne aux foins que le don¬
na Hugues le Grand de lui gagner les fuffrages 5 auifi par reconnoilîànce
difpola-t-il en la faveur des duchcz de Bourgogne Sc d’Aquitaine.
Guillaume Tête-d’Etoupes , comte de Poitiers , pourvu de ce dernier duché
Cuerreaù fuj.t depuis la mort de Raymond-Pons comte dcTouloufe,n’étoic nullement dilpofé
du duché d’A à lecederà Hugues, qui de fon côté réfolut d’employer la force pour l’en dépof.
feder. Celui-ci en attendant accompagna Lothaire à Laon où nos rois faifoient
me les privile- alors leur principale réfidence , & qui étoit prefque la feule ville qui leur reliât
fui\!c. 1 égli!e de Ieur d°maine-
u Gotefcalc évêque du Puy s’y rendit au commencement de l’année Lavante*
9 5 J- & s’étant adreffé à Hedvige femme du même Hugues duc des François , Sc
irr-MS-&Itq- tante du ro' Lothaire, il obtint par fon crédit le 8. de Mars un diplôme*
par lequel le roi confirme la donation que Raoul Ion prédcceflcur avoit
faite autrefois en faveur des évêques du Puy , du bourg de ce nom , & de
divers droits domaniaux. Cette charte eft la derniere de celles qui nous
relient, Se que nos rois delà féconde race accordèrent en faveur des églifes
ou des particuliers de la province. Le pouvoir de ces princes &L des premiers
rois de la troilicme race leurs luccelTeurs , fut depuis fi peu confiderable dans le
pais, que nous ne fçaurions prouver par aucun monument qu’ils y ayent
exercé quelque autorité jufqu’au régné de Louis le Jeune. On ne trouve dans
cet intervalle d’autres marques de leur fouverainete fur la province , que la
date de leur regne marquée dans les acles , encore eft elle omife dans un très-
grand nombre. On peut juger par là jufqu’à quel point les grands valliux
portèrent leur indépendance dans cette partie du royaume.
Hugues le Grand rélolu d’obliger Guillaume Tête-d’Etoupes à lui céder
f rbiiiid. le duché d’Aquitaine, alTembla { des troupes * & pour donner à fes armes
quelque couleur de jullice, il engagea le roi Lothaire à fe mettre à la tête
de fon armée. Le roi Se le duc fe joignirent à Paris à la fête de Pâques , qui
tomboit cette année le 1 5. du mois d’Avril. Ils pafferent enfuite la Loire-, Se
s’avancèrent vers la ville de Poitiers qu’ils affiegerent , Se que Guillaume avoit
abandonnée fur le bruit de leur marche. Ils ne purent cependant s’en rendre
maîtres, Se ils furent obligez de fe retirer après deux mois de fiege. Guil¬
laume fe mit alors en campagne , Se harcela Lothaire Se Hugues dans leur
retraite : mais ceux-ci s’étant mis en bataille , tombèrent fi rudement fur lui,
qu’ils le défirent entièrement Se taillèrent preique toute fon armée en pièces.
Nonobftant une û grande perte Guillaume fe maintint dans la poffeilion de
g tiiit. Auv. fon duché, Se s’étant rendu en Auvergne au mois de Juin de la même g an-
tf.ip.:. nce, il s’accommoda avec les principaux dupais qui le reconnurent enfin
hFW. chnm. p0ur ieur fi»|gneur La mort d’Hugues le Grandh fon concurrent , qui arriva
.. l’année fuivante , lui fut très-favorable. Le roi Lothaire donna à la vérité
9 alors le comté de Poitiers à Hugues Capet fils de ce prince * mais il ne paraît
pas que ce dernier en ait jamais joui , non plus que du duché d’Aquitaine.
Il fit peut-être un accord là-dcfiùs avec Guillaume, qui étant rentré dans les
bonnes grâces du roi , demeura paiiible poffelfeur de ces digmtez , Se les tranf-
mit à fes defeendans.
On
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DE LA K G ÜE DD 0. Liv. X1L
On a déjà remarqué que ie roi Lothaire fut reconnu plus tard datte ia pro* An. pf&î
vince que dans le relie du royaume* cc qui nous donne lieu de rapporter lvui.
au commencement de ion régné un aéte pafl'é dans le Touloufain , Ce daté a *mi*dcCat-
teyuint notre Seigneur C. Cet acte cft un deguerpiûemenc fait en faveur de cartonne, &c.
Daniel abbé de Lczat-, en preience du comte sfrnamd , par un /ë/gneur nom- * leS
me AmeliuSj de plufieurs terres qu’il avoir uiiirpées fur Ce monaüere. Ce fc* e““c
comte n’eft pas different d’Arnaud comte de Carcaflbnne dont les domaines * rrp.9*.
s’etendoient aux environs et qui, étoic déjà décédé au mois de Novem-.
bre de l’an 9 57. - loi /que la femme Arfinde , & le comte Roger ion fils ven- ^notu
dirent d Gilabert refaire , un alleu qu’ils avoient à Cheiram Ce lieu étoic x xn.tr.).
fitué dans la vigueric de Queille, portion du TouJoulâin , qui comprenoit tout
ce qui compoie aujourd’hui la partie méridionale du diocè/ê de Mirepoix ,
6c appartenoit à Ja mailbn des comtes de CarcaÛbnne^ Le château de
Quciiie qui donnoit ion nomi la viguerie de fon nom, fubûftoit encore au
XI V'. iîecle j mais il n’en relie plus aucun velhige. Quant à Giiabert, il
cil ians doute le même qu’un viraire ou c viguier de Saifiàc dans le diocèfe c pr.p. 1 00.
de Cuxcaflonne de ce nom , lequel préfida à un plaid renü du mois d‘ Avril
de l’an 9581 dans l’églifè de laine Martin fi tuée au voifinage.
Arnaud poflèda u avec le comté de Carcaflonne, ceux de Ralei, de Conu isoisxxit
minges & de Con/êrans. Il laiilâ entr’autres trois dis d’Arlinde fa femme y
fçavoir Roger , Eudes ou Odon , & Raymdnd. Le premier lui fuccedà
dans les comrez de Carcafïbnne & de Con/èrans , & dans une partie de ceux
de Comminges Si de Râlez 3 & il eut outre cela en partage plufieurs domai¬
nes dans le Narbonnois & le Toulousain. Le iëcorid fut comte de Ralêz, 6c
lecroifiéme de Comminges. Il paroîr par divers c monumens qufc ces Trois e/ty ph&
comtes demeurèrent quelque tems depuis la mort d’Arnaud leur pere, iôus
la tutelle & le gouvernement d Arfinde leur mere.
Si la date d’une donation •' que fitAymeric archevêque de Narboritie * à j)Je*'Dtet
l’églife Sc aux chanoines de laine Paul , a* mois d’Oclobre de l’année çsS. la époques™ ré-
//, du régné de Zothaire , eit exaéte , c’clt une nouvelle preuve que ce prince gacdcLochwe
fut reconnu pour roi un peu tard dans les provinces méridionales du royau- ^“uLCjc"
me. Mais il paroîc d’un autre côté que lediocèlê de Narbonne lui étoic fou - Wcomrczd'AJ.
mis dès l’an 955. car on a un plaid g tenu dans cette ville par le même
archevêque, 6c la vicomtefTe Richilde au mois de Mai de fan d.cccclv. la g Pr.p.pj.&
première année que Lothaire commença à regner. Nous aVons enfin divers autres A?*
monumens qui ne permettent pas de douter que ce prince n’ait été reconnu
peu de tems après fon couronnement dahs une grande partie du Langue¬
doc. Tel elt i9. une donation h faite au mois de Septembre de Ja /èconde
année du régné de Lothaire à l’abbave de la Grade , fondée , dit-on dahs cet 9S'-nSl-
aéte, dans le territoire de Carcaffortne & le Val de Dagne *. 1 Un échange * où *Ia ™UcAqbi-
il elt marqué qu’on payeroit cil conféquence un certain droite* vicomte Ber- Trrp.yS. &
nard & a la vicomteffe Gau te. leT
Cette dame étoit femme k du même Bernard qui de fon chef étoit vicomté k note xxi.
d’AIbi, ôcavoit fuccedé alors dans cette vicomté à Atort I. fon pere. Nous
ne doutons pas que la vicointelïe Gauzeou Gauciane né fdt heritiere de celle
de Nifmcs. Ainfi fon mari qui fut le fécond vicomte d’Albi de fon nom,
aura uni par fon mariage ces deux vicomrez à fon domaine. IJ eft certain
du moins qu’il les tranlmit à lès defeendatts qui prirent le furnom deTrinca-
vel, & dont le pouvoir 3c l’autorité augmenteront fi conûderablement dans
la fuite , que leur mailbn devint la plus confiderable de toute la pro¬
vince après celle des comtes de Toulôulê. Bernard II. vicomte d’Albi avoit
alors un frere appelle Frotaire qui étoit évêque de Cahots1, &qui poftèdoit 9Î7-
encore cet évêché en 9 6 1 . Une dame nommée Sertegoilde donna ® en alleu à Réra^ment
ces deux frétés l’an 9 y 7. la moitié du château de la Tour en Rouergue, de l'érêdé "e
Le roi Lothaire ne fut reconnu dans la Marche d’Elpagne que depuis l’an ^ksdansia
95J. fuivant l’acte d’érection dé l’évêché de Rota, daté n du premier de De- fli'iamm™
timbre de l’an çsj. la troifième année du régné de ce prince. Voici ce qui donna lieu p°,e *
d cette érection. hTu»c.H4.
Raymond comte de Pailhas • &de Ribagorça , & la comce/Iè Ermelïïnde
». «
î iiid.n.4.
ni Pr.p.çy,
Tome 11.
M
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ka. 957,
* b *7t.
'e JUlmz* tbid.
t tr.p, 1
f M*rc.H'IP>
p.AQU
* Roda*
g lbilp.tft-
fa >-4*7* £
i 440. &
104 V.
k^.477.
LXl.
koger (.comte
Carcaflbnne
fbos l'autorité
iTArlindc fa
inere*
J Jv.ior.
» JW ;
,6 Hlsî&tM Î5ENÏHÀLË
fa femme , ayant fait bâtir -une cgiilé à Rota, réfolurent d’établir un évê¬
ché dans cette ville qui dépendoic de leur domainc.Ils eurent pour cela recours
-à l’autorité d’Aymeric archevêque de Narbonne , métropolitain de la Marche
d’Efpagne qui féconda leurs delirs. Ce prélat le rendit fur les lieux avec le*
évêques de fa province , &L confacra pour évêque de Rota , en prefènee d’une
foule de peuple qui étoit accouru à cette ceremonie , Odillèndus qu’on dit
fils * du comte fie de la comtellè de Pailhas. Il dédia en même tems fous l’invo¬
cation de fàint Vincent martyr , la nouvelle cathédrale que Raymond fie
Ermeflînde dotèrent richement.
Comme il eft dit dans l’ade u qui fut dreflc là-deffus, qu'il y avoit tu autre*
fais un évêché d Rota , cela fait . croire à un moderne - que cet évêché eft le mê¬
me que celui de Pailhas , qui étendoit fa jurifdi&ion fur le comté de ce nom,
& fur celui de Ribagcrça-, qu’il étoit établi à Rota lorfque le concile de Fon-
couverte en ordonna la fupprcllion en 9 1 1 . fie qu’enfin ayant été aboli en
conféqucnce de ce decret, il fut rétabli dans la même ville en 957. mais il'
y a lieu de douter fi le decret du concile de Foncouvertc pour la fûppreffion
de l’évêché de Pailhas fut exécuté, puifqu’il 1 paroît qu’Aton frere d’Ifàrn
comte de Pailhas le poflcdoit vers l’an 945. ainfi que nous l’avons remar¬
qué ailleurs. Nous croyons donc que l’évêché de Rota eft un de ces anciens
évêchez d’Efpagne qui furent fupprimez après l’invafion des Sarafîns au com¬
mencement du VIII. fiecle } que Selva faux évêque d’Urgel,qui avoit ufurpé
l’autorité métropolitaine à la fin du IX. démembra , du confcntement du
comte d’Urgel fon protedeur, une partie de fon diocèfe., fçavoirles comtez
de Pailhas & de Ribagorça , pour y eriger un évêché qui prît le nom de Pail¬
has j que’cet évêché fubfifta pendant le X. fiecle malgré le decret du con¬
cile de Foncouverte qui en ordonnoit la fûppreffion j fie qu’enfin Raymond
comte de Pailhas fi e de Ribagorça ayant fait rebâtir la ville de Rota y éta¬
blit le fiege de ce même évêché, du confcntement d’Aymeric archevêque de
Narbonne , fie des évêques de la province, 8c en fit ordonner évêque. Odif.
fendus fon fils, après la mort d’Aton évêque de Pailhas.
Il paroît que ce dernier étoit frere d’Odillèndus fie fils du même Ray¬
mond comte de Pailhas. C’eft ce que nous inférons d’un aétee de l’an 1007»
par lequel Suniarius comte fie marquis confirme la donation faite par .Raya
mond fon ayeul, & Jfarn & s4ton évêques fes oncles paternels , du monaftere
de Burgal dans le comté de Pailhas en faveur de l’abbaye de la G rafle.
Suniarius étoit donc comte de Pailhas fie de Rigaborça , fie petit-fils du comte
Raimond , qui en 957. rétablit l’évéché de Rota. La mort de ce dernier f
arriva en 970. fie Wifrcd fon fils , perc fans doute de Suniarius, lui fucceda
dans ces deux comtcz. Au refte if ne faut pas confondre la ville de Rota où le
fiege épifcopal de Pailhas fut établi, avec celle de Rôles * dont le nom latin eft
prelque le même , fie qui eft fituée vers la côte de la Mediterranée dans le dio-
cèfe de Gironne,Ôe le comté de Pierre-late5il y avoit dans la derniere un ancien
monaftere dédié fous l’invocation de la fainte Vierge fie de faint Pierre. La ville
épifcopale de Rota , étoit fituée dans le comté de Ribagorça vers les fron¬
tières d’Aragon. Son diocèfe s’étendoit entre g les deux rivières de Noguera
Ribagorçana, 8 c de Noguera Pailharefa, fie comprcnoit les comtez de Pail¬
has fie de Ribagorça h , dont les évêques prirent indifféremment le titre
dans la fuite. Comme ce pays avoit fait anciennement partie du diocèfe
d’Urgel, les évêques de cette derniere ville fe réferverent une efpece d’au¬
torité fur ceux de Pailhas , fie préfiderent à leur éle&ion le fiege vacant. Les
Surafins s’étant emparez de la ville de Rota dans le XI. fiecle, l’évêché fut
fupprimé » fie réuni à celui d’Urgel en 1040. il fut rétabli vingt ans après,
8c le pape Pafchal II. le transfera à Balbaftro à la requifition de Pierre
roi d’Aragon , après que cê prince eut pris k en 1 1 o 1 .cette ville fur les Maures.
Nôus avons dit qu’Arnaud comte de Carcaflonne laiflà l’adminiftration de
fés domaines à la comtefTe Arfinde fa femme. C’eft ce qui parole i°. par
une donation1 faite en 9 5. 9 , en faveur de l’abbaye de Montolieu,ficautorifée par
cette comtellè, fie Roger comte de Carcalfonnelôn fils. x°. Par un engagement m
qu’elle fit à des Juifs avec fes fils les comtes Eudes & Raimond pour le prix de
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XXII.
Le loi îor fuite
& E L Â N G U Ë b Ô 6. btï. xiï. }ï _
mille fols, des lieux de Magrian Se de Cuxac dans le Narbonnois j & An. 9 $9.
qu’un particulier racheta depuis du conlèntement de ces deux comtes,
qui lui donnèrent la baillic ou administration de cous les allcas qu’ils pol le-
doient dans le comté de Narbonne. Le même Raymond , qui eut a pour a xoYÈxx'ïf
fon partage la plus grande partie du comté de Comminges * donna dans la &M-
fuite par Ion teftament b là portion deMagrian & de Cuxa craquelle conjîfloit dans b Prae;j.
un troifième , à Ermengaud archevêque de Narbonne , Se ce prélat en difpofu.
quelque tems après en faveur de Ion églilê. Nous concluons de là que les
comtes Roger & Eudes freres de Raymond, poflcdoient avec lui par indivis
les deux autres tiers de ces domaines. Auflï voyons-nous que les delcendans de
Roger I. comte de Carcallonne furent Seigneurs c d’une partie de Magrian dans c Prp.iid.
le diocèfe de Narbonne. Enfin cet ade peut fervirà fixer, à peu près l’époque
de la mort de Raymond I. comte de Comminges , puifqu’Ermengaud , qui lui
Survécut, fut archevêque de Narbonne depuis l’an pyy.juiques vers l’an 1013.
Le roi Lothairq s’affermit peu à peu fur le throne , êeiî étendit fon auto- ^ I-XII.
rite fur les païs fituez en deçà du Rhône qui étoient anciennement de la «'ônîiîidJiisW
dépendance du royaume de Provence. On a en effet deux donations ! datées orientale
du régné de ce prince , en faveur de l’abbaye de Saint Chaffre en Velay ,
l’une de l’églife de S. Andeol d’Efcolenc dans la viguerie de Pradelles en Viva- Chaffre. Eve.
rais, & l’aurre qui eft de l’an 96t. de l’églife de faint Sauveur de Mâche-
ville, fituéedans cette partie du diocèfe de Valence qui eil en deçà du Rhô- l0c. r’f'l01‘
ne, & qui dépend du Languedoc. Geilin comte de Valence qui fît cette
derniere donation avec fa femme Raymote, reconnoifîbit par confe quent
alors la fouveraineté de Lothaire i du moins pour la partie de fon comté
Située en deçà de ce fleuve; Il eft marqué dans cet acte que Machevilie dépen¬
dit auparavant du Lyonnois , dn qu'il étoit alors, du diocèfe de Valence , ce qui
femble confirmer que toute la partie de l’ancien royaume de Provence qui
eft en deçà du Rhône 4 étoit foumifè dans ce teins - là à l’empire Fran-
çois.
\^lfald abbé de faint Chaffré reçût ces donations. lia voit déjà Succédé
i Dalmace dès l’an 9 j 6. fuivant une donation e faite à ce monaftere par Achi- e M*b. adanri.
deus évêque de Die, la XX. année du régné de Conrad le Pacifique. Ce
prince confirma par une charte f l’.iobaye de fiint Chaffre, du confèn rement fiM.
du comte Geilin de de l’évêque Aymon, dans la pollèlîïon des terres que le fr’
même Achideus évêque de Die, Se les comtes Odilon Se Geilin lui a voient
données, tant dans le païs de Die , que dans celui de Valence. Le dernier de pi-
ces deux comtes l’étoit du Valcntinois 5 l’autre l’étoit probablement de Die.
Quantà Aymonil étoitévêquede Valence Sc chancelier de Conrad.\\^lfald g, % G*u- thr.
étant abbe de faint Chaffre, fit conftruire une nouvelle églifë où il transféra y^*'7**' ^
le corps de ce faint , Se celui de faint Eudes premiers abbez de ce mona¬
ftere. 11 parvint àl’évêché de Die vers l’an 974.de garda neanmoins fon abbaye
qu’il fit gouverner par des doyens.
C’cft ainfi que Bernard évêque de Beziers poflèdoit en même tems l’abbaye 960.
d’Aniane, le premier de Maih delà VI. année du régné de Lothaire, ou de *» *rchiv. i*
l’an 960.ee qui prouve que l’union de ce monaftere à l’archevêché d'Arles,
faite par l’autorité des rois de Provence , & dont on a parlé ailleurs ne fub- p fi&M.
fifta pas long-tems. Ce prélat' avoit fucccdé à Rodoalde dans l’évêché de
Bczier s dès la III. année du régné du même prince.
Le régné de Lothaire eft encore marqué dans une charte qui regarde au-
tant la Provence que le Languedoc. C’eft une donation que Berthe, niece de Raymond*
d’Hugues roi d’Italie, & femme de Raymond I. comte de Rouergue&mar- L c0,*tc de.
quis de Gothie, fit le 26. de Février delà VI. k année du régné de ce prince , ou de jj^edetab-
l’an 96o.àl’abbaye de Montmajour auprès d’Arles,qui étoit fondée depuispeu : baye de Moue-
elle lui donna divers alleus fituez, partie dans le royaume de Gothie , Se dans le ^erpioi <j>
comté de Subftancion, partie dans le royaume de Provence , Scies comrezde &[eq.
Fréjus , de Riez, Gap, Vaifon, Apt, Orange, fâint Paul Trois-châteaux Se
Pie, dont elle avoit hérité fuivant les loix , du roi Hugues fon oncle. Elle Et Ritf difp.t
cette donation pour fon ame , pour Raymond fon fcigncur , c’eft-à-dire fon
mari, & pour Raymond fon fils.
Tome II. AI ij
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_ _ HISTOIRE GENERALE
An. 960. Nous apprenons d’ailleurs que Raymond comte de Rouerguc mari de
l x 1 v. cette princelfe, vivoit encore en 960., car il n’eft pas a différent du comte
^'c^oci^par Raymond qui le 13. de Juillet de cette année tint un plaid dans l’églife de
«c comte. faint Sernin en Querci, pais qu’il poifedoit par indivis avec Guillaume Tail-
viu »! Nr)TE ^cr comte de Touloufe ion coufin. Suivant cet aéfe b deux feigneurs ne pou-
bèrf.il 3. vant s’accorder fur la polfeffion d’une églife, & de quelques autres biens, eu¬
rent recours au tribunal du comte Raymond qui tcnoit alors fes afîifes , &c
qui leur permit de vuider leur querelle par un combat fingulier , afin que
JDieu fift connaître de quel coté ètoit le bon droit. Chacun ayant choifi fbn tenant ,
6c les deux champions étant entrez en lice d la deuxième heure du jour , ils
combattirent jufqu’au foleil couché , fans que l’un ou l’autre eut l’avan¬
tage. Le comte du confentement des parties adjugea alors le domaine concerté
à l’abbaye de Beaulieu dans le bas Limoufin, à laquelle il avoir appartenu
auparavant.
t Note ilid. eft parlé du meme comte Raymond' , 6c du comte Hugues, qui à ce
qu’il paroît étoit fon frere , dans l’aétc de fondation d faite à peu près vers
fa. ’ ce tems-là du monaftere de Fons en Querci, dont ces deux comtes pollc-
doient le domaine , du moins en partie , luivant le même acte.
LXV. Enfin c’eft de Raymond 1. du nom comte de Rouergue , dont il s’agit c dans
Tournent teftament f que fit Hugues évêque de Touloufe vers l’an 960. 8c dans
d'Hugues eve- . , ® , Ai r • •
que de Tou- lequel il le nomme , avec Hugues fils de ce prince , pour les principaux exe-
îoufe. cuteurs teftamentaires. Ce prélat qui étoit d’une nailfance très-diltinguée ,
' £0TE X,X' poifedoit des biens confiderables dont il dilpofa en partie en faveur de fon
fPr.p.104.61 èglife cathédrale, des monaftercs de faint Sernin, de la Daurade & de Lezat
f‘,î' dans fondiocèfe, 6c des pauvres. Il donna le château de Sailfac dans celui de
Carcalfonne à Roger comte de cette ville , 6c à Arfinde fa mere , ôc fit d’au¬
tres legs au premier. Comme la plupart de fes terres étoient fituées dans la
partie méridionale du diocèfe de Touloufe, qui dépendoit alors du domaine
des comtes de Carcaflonne , cela nous donne lieu de croire qu’il étoit parent
du même Roger. 11 donna entr’autres à fa cathédrale le lieu de faintesPuel-
les dans le Lauraguais 5 au comte Raymond celui de Mazeres , aujourd’hui
une des principales villes du comté de Foix -, à Bernard évêque , que nous
gGiii.chr.nov. croyons être le même que Bernard évêque de Conferans qui vivoit alors?,
avec lequel il étoit fort lié, l’alleu de faint Marcel qu’il fubftitue à l’églife
de fainte Marie F abricata , ou de la Daurade.
Hugues évêque de Touloufe poifedoit aulfi les lieux de fainte Gabelle 8c de
Merenx, qui lont aujourd’hui deux petites villes, dont la dernière eft chef
d’une châtellenie du comté de Foix -, 8: l’autre, fituée dans lcdioccfe de Mire-
poix fur la riviere d’Ariege vers les frontières du même comté, dépend du
Lauragais, 6c a pris fon nom d’une fainte dont on y conferve les reliques,
mais lur laquelle on n’a rien de certain. Il eft fait mention de cette lainte
hc«ieLi mm. dans un adch fans date, par lequel le même Hugues évêque de Touloufe
7* donne à un de fes clercs appellé Loup , l’églife de fainte Marie , où le corps
iiW.p.8 de fainte Gabelle ètoit inhumé , avec quelques autres égliles voifines fituées
dm» ^ans leTouloufain , & h minifieri.it ou diftrid de fainte Gabelle. Loup ne
,7i*n*9*" ’ devoit jouir de ces églifes que pendant fa vie, 6c Hugues les fubfticua
tr.p . us. apr'cs fa mort à la cathédrale de Touloufe. Ce prélat fit bâtir un château
le note xix. ^ fajnte Gabelle, qUi a donné l’origine à la petite ville de ce nom ; quant
LXVl. à Loup , il fut d’abord ‘archidiacre , 6e enfuite Primicier , ou prévôt de la
cathédrale de Touloufe , 6c fit des biens confidcrables à l’abbaye de faint
1! comte de Michel de Cuxa dans le Roulfdlon. Hugues évêque de Touloufe , avec
l’agrément duquel il fit cette donation , occupa k fon fiege depuis l’an 917.
GoAie! Eten- juiqu’en 971. 8c furvècut à Raymond I. comte de Rouergue êc marquis de
duc de Coodo. Gothie, qu’il avoit nommé pour l’un de fes principaux exécuteurs teftamentaires.
TV. note Nous avons un teftament ou codicille que ce prince fit 1 vers le commen-
vw. n.\o.& cernent de l’an 961. 6c qui eft un égal monument 6c de fa pieté 6c de les
^ richeffes. Selon cet afte m , qui donne un grand jour à notre hiftoire , très-
9^ 1 • obfcure dans ce fiecle , il n’y eut aucune églife un peu confidcrable , foit dans
rn^rp.io7,cr ^ çr0vince , foit dans les pais voifins, à laquelle Raymond n’ait donné
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DE LANGUEDOC. L i v. X 1 1. $5
des marques de fa libéralité ^ ou pour mieux dire de fa magnificence. Il légua An. 961;
entr’aucres pluficurs alleus 6c châteaux à chacune de dix-huit cathédrales ,
prefque toutes foumifes à fa domination médiate ou immédiate , ou à celle
de fa maifon , 6c dans les diocèlès defquelles il poiledoit un grand nom¬
bre de terres. Il nomme celle de fainte Marie de Rodez la première *
6c lui fait de plus grands dons, parce que le Rouergue étoit fon principal
domaine. Il fait eni'uite des donations à celles de faint Privât de Mende *
fainte Marie du Puy, faint Etienne d’Agen , lainte Cecile d’Albi, 6c làint
Etienne de Cahors dans l’Aquitaine dont il le difoit prince ; à celles des
faints Juif 6c Paltcur de Narbonne , d’Ufez , de Viviers, de N finies , de
Lodeve , de faint Pierre de Maguelonne, Agde, Beziers 6c Elne dans la Septi-
manie ou Gothie dont il poiledoit le marquilàt ou principauté avec le comte
de Touloufe fon coufin , 6c enfin à celles de faint Etienne de Touloule,de
faint Nazaire de CarcalTonnc, 6c de faint Félix de Gironne.
Raymond légua aulfi divers domaines à plus de cinquante autres eglifes i
mais furtout à celles de Rouergue 6c de Querci qu’il nomme les premières}
lavoir aux abbayes ou mon altères de Conques, faint Amand de Rodez,
faint Sauveur de Vabres, faint Antonin , N ant , 6c làint Saturnin auprès de
Rodez en Rouergue } de Figcac , laine Pierre de Marlillac , làint Audard ,
aujourd’hui Montauban, faint Pierre de Moilïàc, 6c fainte Marie de Souillac
dans le Qucrci } de faint Pierre de Beaulieu dans le bas Limoufin 5 de
faint Pierre ôc faint Gcraud d’Aurillac, ôc de faint Julien de Brioude en Au¬
vergne •, de laint Baufile , de faint Gilles , 6c de laint Julien de Pfalmodi
dans Je diocèfe de Nifmes 5 de faint Sauveur d’Aniane dans celui de Mague¬
lonne} de faint Tiberi dans celui d’Agde } de Joncelsau diocèfe de Beziers 3
de faint Chignan, de faint Pons de Tomieres , laint Pierre de Caunes , 6c de
laint Paul dans celui de Narbonne } de faint Pierre de Rofes dans celui de
Gironne, de fainte Marie de la Grade, ôc de faint Jean de Vallcguier , au¬
jourd’hui Montolicu , dans le diocèfe de Carcallonne } de faint Benoît ôc
làint Vincent de Callres , de faint Michel de Gaillac , faint Eugcne de Vioux,
6c faint Salvi d’Albi en Albigeois } de faint Scrnin , de làinte Marie Fabri-
cata , aujourd’hui la Daurade dans la ville de Touloufe } de Notre-Dame
de Soreze, faint Voluficn de Foix, faint Antonin de Fredelas aujourd’hui
Pamiers , 6c de faint Pierre de Lezat dans le Touloufain } de faint Pierre
de Condom -, d’Eiilès 6c de faint Capraife d’Agen en Agenois } 6c enfin de faint
Orens d’Auch. Il fit des legs outre cela à divcrfcségliles,entr’autrcsà celles de
Quarante dans le diocélc de Narbonne , de fainte Martiane d’Albi , de
laint Pierre ôc faint Gcraud de Cairag en Qucrci , ôcc. mais nous ignorons
fi ces dernières avoient alors titre d’abbaye, ou fi elles étoient des monafteres
comme les précédentes.
Nous avons parlé ailleurs de l’origine de la plupart de ces abbayes qui font LXVII.
fituées dans la province 5 nous remarquerons ici feulement qu’il paroît que i-^^de s!
celle de S. Antonin de Fredelas, aujourd’hui Pamiers , étoit alors fondée depuis Antonio de *
peu , & qu’elle fut redevable de la fondation ou à Arnaud, ou à Roger I. pa‘j^ou<i*
îbn fils comtes de Carcallonne, dans le domaine defquels elle étoit fituée : mc
c’eft du moins le plus ancien monument que nous en ayons. Elle a donné la
nailTance à la ville de Pamiers , 6c fut érigée en évêché fur la fin du
XIII. fiecle par le pape Boniface VIII. qui démembra ce nouveau diocèfe de
celui deTouloulc.
Raymond exerça aufîî fa libéralité envers fes proches. Il légua à Ber- Lxvtir.
the3 la femme un grand nombre de châteaux, 6c d' alleus ou de fiefs qu’il fubfli- Parcns de
tue pour la plupart après la mort de cette princelfe à diverfes églifes. Il lui dornTfai**
donne entr’autres les alleus qu’il avoit dans le diocèfe de Nifmes , 6c qu’il mention dan»
fubllitue après fon décès à la cathédrale de cette ville , 6c aux abbayes de r°n tclla™cnc'
faint Baufile 6c de faint Gilles } nous ferons bientôt ufage de cette remar- vm. ». 10. &
que. Il fait mention de cette princeflè dans fejpt ï huit autres endroits de /'??•
mnteftament, dans lefquels il lui donne diverles terres ; en particulier cel¬
les deLoupian 6c de Balaruc dans le Languedoc , pour en jouir , foit elle
feule, foit conjointement avec Raymond leur fils. Il donne de plus d ce der»
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_ _ <n HISTOIRE GENERALE
A n. 9-<5i nier Lcpc châteaux , dû nombre *defquds font Graulhec & Moneftier èh
Albigeois , qu’il fubftitue à lès plus proches , en cas que le meme Raymond
fon fils tînt à déceder ab intefiat. Il donne encore à ce dernier , & à Hu^
gués fon autre fils -, le château de Braflàc en Albigeois s deux autres châteaux*
& plufieurs alleus dont il leur lailTe la jouiflànce en commun pendant leur
vie * il légué en particulier à Hugues deux alleus en Querci , le château de
Parifot en Albigeois » & divers autres biens * pour en jouir conjointement
avec Ton frere Ermengaud 5 ce qui prouve que Raymond I. comte de Rouer¬
gue eut trois fils de la princeffe Berthe là femme , Raymond , Hugues &
Ermengaud, Il fait auffi mention en general de quelques fils naturels qu’il
avoiteus de la fille d’Odoin ; illeur légué le château d’Albin en Rouerge, avec
cinq alleus dans ce pais, qu’il fubftitue après leur mort à fa fille naturelle
leur fœur,
Raymond fait mention dans fon teflament de fàsfreres, d'Hugues fim neveu,
à qui il légué yoo fols & plufieurs alleus * & de Raymond frere dece dernier:
ces deux neveux du comte Raymond étoient fils, fans doute , du comte Hugues
fon frere. Il dit un mot par occafion du comte Guillaume [on coufin , duquel
il avoit acquis divers alleus dans le Rouergue , dont il difpofa en faveur
de la cathédrale de Rodez , & des monafteres de fàint Amand & de faint
a V. NotE
Püln.ii.
LXIX.
Suite du tc(U-
hient de Ray-
mond. Ademar
vicomte de
Youloufc fon
exécuteur tc-
(lamcntairc.
b NOTEibid.
».U.
c Spicil.tOJ-
Saturnin de la même ville. On prétend -1 que ce comte Guillaume eft le
même que Guillaume II. duc d’Aquitaine, & neveu de Guillaume le Pieux*
mort en 9 2 6. mais les teins ne fijauroient convenir. Le comte Raymond
mari de Berthe qui fit le teftament dont nous parlons , étoit encore très^
jeune en 926. &c il ne fucceda que dix ans après à Ermengaud fon pere;
On n’a d’ailleurs aucune preuve que Guillaume II. duc d’Aquitaine ait rien
polîèdé en Rouergue. C’eft donc de Guillaume Taillefer comte deTouloufè
dont il s’agit ici , & ce prince étoit en effet coufin de Raymond I. comte de
Rouergue. Il eft vrai qu’il devoit être alors allez jeune , mais comme il avoit
fuccedé depuis plus de dix ans aux états de Raymond-Pons fon pere, fous l’ad-
miniftration de Garfindc , famere , il pouvoir avoir aliéné quelques terres du
Rouergue, ancien patrimoine de fa famille.
Le comte Raymond fit plufieurs autres legs , en particulier à Deufdit évêque
de Rodez b, à Bernard évêque d’Albi, & à Frotaire évêque de Cahors 3 à
Pons abbé de faint Amand de Rodez , à Gaulberc abbé de Moilîàc, & à
Ermengaud abbé de Caftres , avec fubftitution après leur mort en faveur de
leurs monafteres. Le dernier abbé avoit fuccedé à Durand c qui vivoit .en
9 y j. Celui-ci avoit réfuté un heretique nommé Wlfald, qui enièignoit que
l’ame perifibit avec le corps. Quant à l’abbaye de fàint Amand de Rodez ,
ce n’eft plus aujourd’hui qu’un prieuré conventuel dépendant de fàint Vi&or
de Marfeillc.
* Fidclcs. Entre les vaffaux * du comte Raymond , & divers feigneurs à qui il fit
des legs, on peut remarquer Guillaume-Garcias , le même, à ce que croit un
A sut. dipi. habile critique11, que le comte de Fezenfac de ce nom qui vivoit dans ce
ficelé 3 conjecture d’autant plus vraifemblablc que le comte Raymond fub¬
ftitue les deux alleus qu’il donne à Guillaume-Garcias , aux monafteres de
faint Pierre de Condoni, & de faint Orens d’Auch. Il légué auffi quelques
domaines à Roger fils d’Arnaud comte de Carcaffonne, & non pas de Foix ,
tuifUbid. comme c on l’a cru, car il n’y avoit pas encore alors de comtes de Foix: ce
fiais étoit cependant du domaine du même Roger, à qui Raymond donna
'alleu de Carlat * , aujourd’hui petite ville du diocèfc de Pamiers, pour en
jouir pendant fa vie , avec fubftitution après fa mort , en faveur de l’abbaye
de fàint Antoninde Fredelas.
Raymond fait mention de trois vicomtes, fçavoir de Raynaud vicomte de
Beziers qui teno.t de lui un allen en fief ; d’ Arnelius vicomte de Carcaffonne , qui,
à ce qu’il paroît, étoit alors déjà décédé, & dc«qui il déclare avoir acquis
divers alleus dans le Narbonnois & le Carcafl'ez 3 & d' Ademar vicomte de
Touloufe. Il donne à ce dernier quatre alleus avec leurs églifes , & le nom¬
me, pour être l’un de fes exécuteurs teftamentaires. De ces quatre alleus il
en fubftitue un au premier enfant mâle qu’auroit ce vicomte , qui par con-
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b È L À N G Ü E I) 0 fc. Liv. xik. ^ -- — —
féquent n’en avoir alors aucun j deux au monaftere de laine Antonin en An. 961.
Rouergue , 8c non pas de Pamiers , comme l’a crû le pere Mabillon3* 8c à a viftjHd-
l’abbaye de laine Audard , qui eft aujourd’hui la cathédrale de Montauban ;
il fubfticue le quatrième à l’eglilè de Cairag en Querci. il paroît par
là que ces terres étoient fituées dans ce pais , 8c par conféquent à la bien-
féance d’Ademar. Aufli ce leigneur , & les autres vicomtes de Touloulè Tes , . .
fucceflèurs , avoient-ils leur principal domaine b dans ce pats j ce qui leur fit
(ans doute prendre dans la fuite le titre de vicomtes de Bruniquel 8c de Mon.,
clar, châteaux du Querci fituez vers les frontières de l’Albigeois 8c du Tou«
louiàin. On a déjà remarqué ailleurs <|u’Ademar ou Aymar avoir fuccedé
dans la vicomté deTouloufe à Aton qui vivoit en 940.
C’cft peut-être de ce dernier dont le comte Raymond veut parler dans
l’endroit de Ion teftament % où il legue aux égliles de Gironne 8c d’Elne* cPrp.ica.
8c à l’abbaye de laine Pierre de Rôles , C alleu de Perpignan qu'il avoit acquis
d’ Aton ) car c’eft fins aucun fondement qu’on prétend "que celui-ci croit d
comte de Roufiillon : on n’en trouve aucun de ce nom dans le X. fiecle ^ p.n%.
leur fuccellion eft d’ailleurs allez connue. On pourroit croire aulli qu'il
s’agit dans cet endroit d’Aton vicomte d’Albi8cde Nifmes, dont on a déjà
parle. Quoiqu’il en foit , il s’enfuit de li que la ville de Perpignan , aujour¬
d’hui la capitale du Roulfillon , appartenoit à Raymond ï. comte de Rouer¬
gue 8c marquis de Gothie. C’eft un des plus anciens monumens où il foit
parlé de cette ville , - connue à ce que l’on croit e du tems des Romains , fous
le nom d e Flavius Piufus , 8c fous celui de Perpignan feulement depuis le X.
fiecle.
c K Mmtc.U Ifr.
f .**.
Nous ne pourrions donner que des conjectures fort incertaines fur les au¬
tres vaflaux du comte Raymond , 8c divers feigneurs à qui il fait des legs
dans fon teftament. Nous nous contenterons d’obferver qu’il donne la part
qu’il avoit au château de Gourdon dans le Gourdonnois en Querci, à Aymeric,à
Ion fils Geraud, 8c aux fils de celui-ci , à condition que le dernier lurvivanc
d’entr’eux donneroit 500 fols à Hugues fon neveu, fi Raymond de qui ils
dévoient tenir ce domaine en fief, 8c qui eft fans doute le même que fon
fils aîné , venoit à déceder. On voit ici l’origine des anciens feigneurs de
Gourdon en Querci , terre confidcrable qui a aujourd’hui titre de marquait.
Le comte Raymond nomme pour lès autres exécuteurs teftamentaires Ber¬
nard 8c Raymond fils d’Humbert, avec leur mere, 8c il leur donne divers
biens , ce qui femble marquer qu’ils ctoient fes parens. Le premier eft fans
doute le même que Bernard mari d’Adelaïde, dont le comte fait plus d’une
fois mention dans fon teftament , à qui il legue ou fubftitue plufieurs terres
dans l’Albigeois , le Querci 8c le Rouergue, 8c qui n’avoit pas alors d’enfans.
Enfin ce comte ordonne à fes exécuteurs teftamentaires de diftribuer tous fes
biens meubles aux pauvres 8c aux égliles. Telles furent les dernieres difpofi.
tions de Raymond I. du nom , comte de Rouergue, prince d’Aquitaine 8c
hiarquis de Gothie , qu’on a jufqu’à prefent 1 confondu avec Raymond-Pons f v. Nois
comte deTouloufe fon coufin ) faute dans laquelle on eft tombé d'autant VÜL
plus aifément , qu’outre que les monumens de ce fiecle font également rares
8c obfcurs, ces deux princes polfedoient par indivis le marquifat de Gothie,
& la plupart des autres domaines de leur maifon. Au refte quoique nous
ayons donné le nom de teftament à l’acte dont nous venons de faire le dé¬
taille n’eft toutefois proprement qu’un codicile j car le comte Raymond
h’y fait gueres que des legs pieux , 8c ne dit rien de fes comtcz 8c de fes au¬
tres biens patrimoniaux qu’il tranfmic certainement à fes defeendans, donc
il ne parle dans cet acte qu’en paftant 8c par occafion : ainfiil aura fait fans lxj.
doute un teftament anterieur qui nous manque. Mort dc Ra},;
Ce prince étoit déjà décédé le 7. de Septembre de l’an 961. C’eft ce qui pa- dl Roucrg°™£
roît par Une donations que la comtejTe Berthe & le comte Raymond fon fils firent l"arSu's deGo-
le même jour à l’églife cathédrale de Nifmes, des lieux d’Aymargues 8c de Raymin0?!!.1*
Tillan dans le comté de cette ville vers la côte de la mer , dont ellefe réferva
l’ufufruit: or on a déjà remarqué que le comte Raymond L fon mari > dif-
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À'N. 96I.
bï.NOTEVni
Clbii.
Lxxi.
La comieflc
Bcrthc & le
comte Ray¬
mond Ton fils
bienfaiteurs de
la cathédrale
de Nifmes.
* Inclitus co¬
rnes.
dPr .Ub&
fil -«f;. r
** Ad iplam
fotiflMiem de
Nemaufo.
eVtüutânii
tfif ,
iïr.pAiy&
H
LXXII.
Prifede la ville
de Vienne par
Conrad le Pa¬
cifique fur le
roi Lothairc.
g Trodubron .
f. tfxi.
963.
b Mab. sdurm.
HISTOIRE GENERALE
pofa en fa faveur, 8c de leur fils Raymond, des alleus du diocèle de Nifmes, pour
en jouir leur vie durant , avec fubftitutionen faveur de la cathédrale de cetté
ville. La donation de Berthe eft donc une execution du teftament de fon
toiari , qui par conféquent devoir être alors déjà décédé , aufii n’en parle-
t-elle pas dans fa donation. Quant aux circonftances de la mort , nous ap*
prenons d’un ancien auteur a , qu’il fut allàlïïné fur le chemin de faint Jac¬
ques en Galice où il avoir entrepris un pellerinage. Le peu de monumens
qui nous relient de ce prince , ne nous permettent pas de décider ici , fi là
perfonne 6c fes mœurs furent aufiî méprifables que Luitprand le veut faire
entendre. Ce qu’il y a de certain c’eft qu’il donna diverfes marques de pieté
& de religion , foit dans fa derniere dilpofition , foit dans les voyages > de
dévotion qu’il entreprit à Rome 6c à faint Jacques en Galice. Nous avons
déjà parlé de fes enfans légitimés 6c naturels.
Raymond Il.fonfiis aîné, du nombre des premiers, lui fucceda à l’âge d’enviroü
douze à treize ans, fous l’autorité de Berthe la mere, dans le comté de
Rouergue, 6c dans une moitié du marquilàt de Gothieôc descomtez d’Albi-
Î;eois 6c de Querci qu’il pofleda comme ion pere , conjointement avec GuiL
aume Taillefer comte de Touloulè fon coufin j enforte qu’on vit alors deux
princellès gouverner au nom de leurs fils, tous les états de la maifon de
Touloufe , fçavoir Garfinde mere de ce dernier , 8c Berthe mere de Ray¬
mond II. comte de Rouergue. La qualité de comte que prend Hugues frere
de ce dernier , nous fait comprendre > qu’il eut quelque comté en partage.
On ignore fi Ermcngaud leur frere prit aulïi la même qualité : il paroît
que ces princes c eurent un quatrième frere nomme Pons.
Berthe furvêcut long-tems au comte fon mari. Elle le qualifie en divers
aftes , Berthe d’un nom illujire humble comtejfe par la grâce de Dieu > 8c fon
fils Raymond comte illujire * dans la donation qu’ils firent le 7. Septem¬
bre la y 1 II. année de Lothaire , ou l’an 961. à la cathédrale de Nifmes. Elle
ordonne par cet acte, fuppofé que fes proches vinflent à dépouiller l’cglilè
de Nifmes. des biens qu’elle lui donne, que ces domaines appartiendront
dès-lors au podejlat** de cette ville. Il s’enfuit ce femble de ces termes,
que Nifmes jouilfoit alors de fon ancienne liberté, 6c que cette ville étoit
gouvernée par des magiftrats municipaux , car le mot potejlas lignifie ici ap-
parement la même choie que celui de podejlat e donc on s’eft lervi dans la
îuite pour défigner les principaux magiftrats municipaux des villes de Pro¬
vence, d’Italie 6c de Languedoc. Quoiqu’il en foit, Berthe 6c Raymond IL
fon fils confirmèrent ( quatre ans après cette donation , par un acte dans le¬
quel cette princellè ajoute qu’après la mort , un prêtre , qu’elle nomme , auroic
la regie des biens qu’elle avoir donnez à la cathédrale de Nifmes, fous les
ordres 6c au nom du chapitre , à qui il feroit comptable ; 6c qu’enfin fi quel¬
qu’un venoic à s’emparer de ces mêmes biens, ils reviendroient à Raymond
fon fils , s’il avoitdes enfans \ linon ils feroient unis au domaine du vicomte
de Nifmes. Raymond II. comte de Rouergue n’étoit donc pas marié , ou
du moins il n’avoit pas d’enfans en 965. aulfi paroît-il par cette donation
qu’il étoit encore alors fous la tutelle de Berthe fa mere.
Les differentes guerres que le roi Lothaire eut à foutenir du côté de France
ne lui permirent pas de continuer la conquête du royaume de Provence que
fonpere avoir commencée, 6c donnèrent à Conrad le Pacifique roi de Bour¬
gogne, le tems de reprendre fur lui les places qu’il avoit perdues , 6c de
s’en affurer la pollèlïïon. Ce dernier s’empara entr’autres de la ville de Vien.
ne, que Char les- Conftantin, qui en poflèdoit le comté , avoit foumife au
roi Louis d’Outremer en 951. Peut-être que Lothaire avoit deflèin de la
remettre fous fon obéïlîànce , lorfqu’il fit en 9 6 1 . un voyage en g Bourgo¬
gne, durant lequel les principaux prélats 6c feigneurs d’Aquitaine allèrent
a là rencontre. Conrad demeura cependant le maître de Vienne, 6c il étoit
dans cette ville au mois de Décembre de l’an 963. fuivant un diplôme par
lequel il confirma alors l’abbaye de Montmajour dans la pollclfion des biens
que Bozgn comte £ Arles lui avoit reftituez.
On
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DE LANGUEDOC. Lrv. XII. 97 _ _
On a déjà remarqué que fuivant le tcftamentde Sunifred comte de Barce- ^63,
ïonne, ce prince pofledoit le comte de Fenouilledes en deçà des Pyrénées. LXX ,L
Ce prince par cet acte a,qui eftun monument de fa pieté & qui eft daté dû oliba abt,t4
premier d’ Octobre de la XII. année du règne de Lothairc , ou de l’an 965.
donna divers domaines à la plupart des églifes de la Marche d’Efpagne & B^JomieVoa
de la Septimanie, entr’autres aux cathédrales de faint Juft de Narbonne, uerc d.ms le
de faint Nazairc de CarcafTonne , & de fainte Eulalie d’Elne * aux mona-
fteres de fainte Marie d’Arles , de faint Germain de Cuxa, 6c de faint André abbaye de s,
de Sureda dans le Roufîîllon * à l’églife 6c aux chanoines de faint Paul de
Narbonne * à l’abbaye de Notre-Dame d’Orbieu ou de la GrafTe au dio-
cèfe de CarcafTonne , & enfin aux monafteres de faint Martin de Lez 6c de faint p-** \
Paul dans le comté de Fenouilledes. g ,
Cette derniere abbaye dont nous ne connoifïbns pas bien l’origine , étoit
fîtuée dans un lieu appcllé b anciennement Momfdten, au confluant des deux b
ruilfcaux l’Agly êc la Bouffonne. Elle dépendoit autrefois de celle de Cuxa
dans le Rouilillon , 6c fut depuis fécularifée êc érigée en collegiale î elle
adonné la naiftance à une petite ville, qui eft l’une des principales du pais de
Pcnouilledes compris aujourd’hui dans le diocèfe d’Alct.
Sunifred comte de Barcelonne difpofâ par Ton teftament du comté de
fenouilledes en faveur d’Oliba Cabreta comte de Cerdagne fon frere, 6c
mourut deux ans après1 fans enfans. Oliba auroit dû lui fucceder auffi dans cmatc.Ki^z
le comté de Barcelonne comme fon plus proche heritier -, mais ce dernier
comté pafïà après fâ mort, on ne fçait comment, fur la tète de Borrel
comte d’Urgcl leur coufin germain , qui le tranfmit à fes defeendans
avec la plupart des autres domaines de la rnaifon de Barcelonne. Oliba
hérita d cependant de Sunifred fon frere des comtez de Confiant êc » f *
de Valefpir dans le diocèfe d’Elne , 6c de celui de Befalu c dont ce tiiid.p.pu
dernier avoir hérité lui-même de Wifred leur frere, mort fans enfans
vers l’an 954. Nous aurons encore occafion de parler ailleurs d’Oliba Ca¬
breta, qui étendit par là fa domination fur une partie de la province: il entre¬
prit f un voyage à Rome en 968. pour mettre l’abbaye d’Arles dans le Va. f p.4oo.«j*j
îefpir fous la protection du faint Siège. '***'
Matfred vicomte de Narbonne fit auffi le voyage oü pcllerinage de Rome, £
Il fut prefent à une donation g que Jean êc Ode la femme firent en 969. à <!e N-uboune.
l’archevêque Aymcric du lieu de Fontjoncoufe dans le comté de Narbonne , de
trois églifes qui en dépendoient * êc de la portion qu’ils avoient à Sigean Jt<{'
pour en jouir après leur mort. Ce Jean defeendoit h d’un autre feigneur de hrro.i.Pr*
même nom , l’un de ces Efpagnols qui fe retirèrent dans la Septimanie fous ££4'4** 8J*
le regne de Charlemagne , êc à qui ce prince donna la terre de Fontjon-
coule à défricher , ou en aprifion ; terme dont nous avons donné ailleurs
l’explication. Il paroît que Jean , qui fit cette donation à l’archevêque de
Narbonne, mourut fans pofterité.
Le vicomte Matfred 6c fa femme Adélaïde ayant réfolu de faire par dé.
votion le voyage de Rome , firent leur teflament le jour même de leur * i Pr.p.ut.&
départ , qui fut le 10. du mois d’Aodt de la XII. année du regne de Lo- ^
thaire , ou de l’an 966. Us donnèrent differens biens, dont ils fe réferve- 9 66,
rent la jouilTance pendant leur vie , à diverfes églifes ou monafteres ; fç a.
voir à la cathédrale de fainte Cccile , ôc à l’églife de faint Salvi d’Albi 5 au
monaftere de fâint Michel de Gaillac dans ce dernier diocèfe ; à la cathé¬
drale de Narbonne,' êc aux chanoines de faint Paul de la même ville 5 aux
abbayes de faint Pons deTomicres êc de Villemagne : ils legucrent enfin à
celle de la Grade un alleu pofledé auparavant par la vicomtefîe Richilde,
mere de Matfred , laquelle, par confequent étoit alors décedée.
Ce vicomte êc fia femme difpoferent enfuite de leurs domaines en faveur
d’Ermengaud êc de Raymond leurs fils. Us donnèrent au premier , qui avoit
deja em brade la clericature , les alleus fituez entre les rivières de Biaur 6c
de Seron, dans la partie feptentrionale du diocèfe d’Albi , d’où la vicomteflè
Adélaïde étoit vrailemblablement originaire : car nous ne doutons pas qu’elle
n’ait eu ces alleus pour fa dot , ayec diffcrens autres biens qu’elle 6c foa
T ome II. N
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An. 966.
lxxv.
Gatfmdc veuve
de Raymood-
Pons coiiue de
Toulon le gou¬
verne les états
de Guillaume
Taillcfer fou
fils.
a Pr. />. 118.
&H'
969.
98 HISTOIRE GENERALE
mari pofledoient en Albigeois, fuivant leur teflamcnt.Ainfi on peut croire avec
fondement qu’elle étoit tille d’Aron premier, vicomte d’Albi. Ermengaud eut
encore pour la part les alleus de Florenfac 8c de Ncbian , à condition que s’il
venait à être clevé à l’épifeopat , Raymond fon frere lui donnerait deux mille
fols, 8c poflederoit la derniere de ces terres fituée à une lieue 8c demie
de Narbonne vers le couchant. Quant au lieu de Florenfac , il elt fur la
riviere d’Eraut 8c dans le diocèfè d’Agde, 8c c’efl à prefent l’une des prin¬
cipales baronies de la province.
Matfred 8c Adélaïde difpofêrent en faveur de Raymond leur fils puîné ,
de tous les biens qu’ils avoient , [oit en Aquitaine, [oit dans la Sept! manie ,
8c donnèrent deux alleus à Trudgarde leur tille. Le vicomte laiffa de plus
à Adélaïde la femme la jouilîance de tous fes domaines durant fa vie , à
condition qu’elle ne fe remarierait pas. Ils fublHtuercnt enfin leurs fis l’un à
l’autre 5 enlorte que Raymond devoit fucceder à Ermengaud , fi ce dernier
venoit à décoder fans être parvenu d l’épifeopat. Il paraît par là que le vicomte
Matfred comptoir que fon fils deviendrait évêque ; 8c il eft allez vrailêmblable
qu’il avoir déjà pris des mefures, fuivant l’ufage du liecle, pour l’élever à
cette fupréme dignité , quoiqu’il fut encore fort jeune. Nous fçavons du
moins qu’Ermengaud fucceda quelques années après à Aymeric dans l’arche¬
vêché de Narbonne. Le vicomte 8c la vicomteïlè nomment ce dernier pour
leur exécuteur teftamentaire , avec Bernard évêque, 8c trois leigneurs lecu-
liers. L’un de ces trois nommé Ermengaud , prenoit le furnom de Vatfadcllus, 8c
un autre appelle Matfred , celui de Scniorellus , d’où l’on pourroit inférer que
les noms de famille commençoient d’être alors en ufage 5 mais il paraît que ce
ne font proprement que des lobriquets ou noms de d ig n i t é . Va fade lin s ne lignifie
en effet autre choie qu’un petit vaflàl, 8c Scniorellus un petit feigneur. Il elt vrai
qu’on employa alTez louvent les fobriquets dans le X. fieele pour diltinguer
les leigneurs entr’eux , parce qu’ils ne portoient alors que le fimple nom de
baptême : mais quoique ces fobriquets ayent contribué d’abord à donner
l’origine aux noms des familles , c es derniers ne furent pas cependant fi-tôc
communs.
On a lieu de conjecturer que le vicomte Matfred mourut ou durant fon
voyage de Rome, ou peu de tems apres fon retour. Il elt certain du moins
que la femme Adélaïde étoit déjà veuve trois ans après , 8c qu’elle admini-
Itroit alors la vicomté de Narbonne au nom de Raymond fon fils , confor¬
mément au teftament dont on vient de parler. C’clf ce qui paraît par un
acte a de l’an 969. fuivant lequel Gausfrcd abbé de faint Pons , s’étant rendu
à un fynode qu’Aymcric archevêque de Narbonne avoir convoqué , fit un
accord avec ce prélat de l’av s de la comteffe Garfindc , de la vicomtejfe Adé¬
laïde , & de tous les fciqncurs de Narbonne. Il s’agilfoit du droit de fynode
qu’Aymeric éxigeoit de l’abbaye de fiint Pons, 8c pourlequcl l’abbé Gaus-
fred lui céda, 8c à fes chanoines une vigne que le feu comte Pons avoir donnée à
ce monalteredans Pille de Lee, avec quelques falines. Moyennant cette cellion
l’abbaye de faint Pons fut déclarée exempte de toute autre fujerion 8c fervice,
excepté la confécration de l’églife, les ordinations ,8c la charge d’ames des
paroifles qui dépendoient du monaltcre. L’acte eft fouferit par l’abbé de
faint Pons 8c vingt-neuf de les religieux , 8c elt daté de l’an 96$. indiction JTII.
la JPN. année du reine de Lothaire.
Cet acte prouve évidemment i°. que Raymond Ponscomte de Touloufe,
& fondateur de l’abbaye de faine Pons de Tomieres, étoit alors déjà dé¬
cédé. i°. Que la comteffe Garfinde fa veuve gouverna après fa mort ce comté
au nom de fon fils Guillaume Taillefer , 8c qu’elle avoir encorê ce gouver¬
nement en 969. 30. Qu’elle étendoit fa domination fur le comté de Nar¬
bonne , 8c par confequent fur le marquifat de Gothie j or comme Raymond
II. comte de Rouergue exerçoit en même tems la fienne fur ce marquilac,
fous l’autorité de la comtelîè Berthe fa mere, c’elt une preuve que ces deux
princes le polïèdoient en commun, de même que la plupart des autres domai¬
nes de la maifon de Touloufe. Nous' en apporterons bientôt de nouvelles
preuves.
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t>E LANGUEDOC Liv.XIL 99
L'cvêque Bernard que Macfred vicomte de Narbonne nomme par /on te/la. - — «
inent a pour être l’un de fcs aumôniers , c’eft-à-dire de /es exécuteurs re/la- ^N' 9° 9*
mentaires , eft fins doute le même qu’un évêque de Beziers de ce nom qui Vjc^,'t«de
vivoit alors , êc qui fut aulîî l’un des aumôniers ou exécuteurs refta mentaires Bezien&d-Ag-
de b Raynald II. du nom vicomte de Beziers fie d’Agdc. Ce dernier quipof* *'■ ^3/seie
fedoit ces deux vicomtez en p6i.c droit déjà deccde avant le 20. d’Oélobre BwieScw»/
de l’an 969. que fcs exécuteurs teftamentaires délivrèrent à la cathédrale /tr,,,3l'on de J*
de faint Nazaire de Beziers, ôc à l’eglife de/àint Jacques de la même ville «ue'v/ifc? *
où il avoit été inhumé, les legs qu’il leur avoit faits , & qui confiftoient en i7.
deux villages h tuez dans le Royaume de Septimante & le comte de Beziers. \ymizxx ■
Raynard nomma aulîî pour éxecuter lès dernieres volontcz la vicomreflè
Garlînde qui lans doute étoit là femme.il paroît aulîî que le vicomte Guillaume
qui lui fucceda dans les vicomtez de Beziers fie d’A gde fie qui donna
Ion confentement à cet acte, étoit fon fils, mais d’un autre lit. Ce der,
nier avoit déjà époufé Ermentrude le 24. Août de la XXIII. année
du régné deLothaire, ou de l’an 977. il donna 4 alors avec elle à la ca- J rr.p. fjij
thedralcde faint Nazaire de Beziers le lieu de Lignan fïtué dans le comté de
cette ville, qu’ils avoient acquis de l’ évêque Bernard. Ils firent cette donation
pour aider à la conflruétion de cette cathédrale , qui fut par con/ëquent bâtie
dans le X. liecle. Il paroît que Bernard evêque de Beziers étoit alors déjà
décédé 5 un moderne prétend cependant qu’il vivoit encore en 982. mais eXm/*j.è*x>
il n’en donne d’autre preuve que la donation dont nous venons de parler , fit Pu-
que d’autres f rapportent , avec aulîî peu de fondement , à l’an 979. Matlred f Gatl- cte
îucceda à Bernard dans l’évêché de Beziers. «.»/ -m.
lucceda à Bernard dans l’évêché de Beziers.
Quant à l’abbé Bernard , troilîéme exécuteur teftamentaire de Raynard txxvir.
II. vicomte de Beziers Ôc d’Agde, il gouvernoit làns doutel’abbaye de S.Jacques dc( rtîiquêsda
de Beziers où ce vicomte tut inhumé. C’cft le plus ancien monument que s- Hii-mct-vè.
nous connoilhons de cette abbaye dont le même vicomte fut peut-être le ^ ounef^"
fondateur. Elle fublîfte encore aujourd’hui , fit eft dclîervie par les chanoines
réguliers de la congrégation de fàinte Geneviève.
L’acte pour l’execution du teftament du vicomte Raynard , eft fouferit par
un fèigncur nommé Roger, different fans doute du comte de Carcalfonne de ce
nom qui vivoit alors, fit qui par dévotion envers faint Hilaire évêque de
cette ville , fit deterrer /es reliques pour les expofer à la vénération des
fidcles.
Le corps de ce faint prélat après avoir été inhumé dans g l’églife de l’ab-
baye de laint Saturnin ,qui avoitauffi pris fon nom , fit qui étoit lîtuéeà deux l't'
lieues de Carcalfonne , étoit demeure jufqu’alors fous une tombe derrière
l’autel qu’il avoit confacré lui-même de Ion vivant , affilié des évêques fes
comprovinciaux. Le comte Roger ayant formé le defl’ein de transférer
ces reliques pour leur Faire rendre un culte public , conféra avec Francon
évêque diocefain , fit divers évêques fie abbez du voilînage qui applaudirent à
fon pieux deflein. Le jour marqué , le comte , fa femme Adélaïde , Francon
évêque de CarcalTonne, Warin ou Guarin abbé de Cuxa en Rouffillon , fie ^-jQt *
plufieurs autres perfonnes de confideration , tant ecclefiaftiqucs que féculieres,
le rendirent à l’abbaye , gouvernée alors fous l’autorité de ce dernier par
l'abbe Benoît qui ctoit prefent.
L’abbé Warin s’étoit déjà rendu recommandable par la fainteté de fa vie :
après avoir établi une réforme très- aufterc dans fon monaftere , il l’avoit intro¬
duite dans celui de faint Saturnin ou de faint Hilaire, fie dans plufieurs autres
de la province , dont les abbez particuliers lui étoient fournis , fie le regar-
doient comme leur fuperieur general , ainfi qu’il fe pratiquoit alors dans
celle de Cluni. Cet abbé prenant donc un intérêt particulier à tout ce qui
regardoit l’abbaye de faint Hilaire , amena avec lui de celle de Cuxa un
habile maçon , qui après bien de recherches , découvrit enfin le corps de ce
faint. Francon évêque de CarcalTonne l’apporta auffi-tôt fur le grand autel
où il célébra pontificalement la meflè en action de grâces , en prefence d’un
nombre infini de peuple qui étoit accouru de toutes parts , fie qui fut témoin de
plufieurs merveilles que Dieu opéra dans cette occafion par l’interceffion de faine
Terne II, N ij
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to©
HISTOIRE GENERALE
» NOTE XXU.
»4.
b Pr.iM.
970. Hilaire donc on enferma enfuite les précieufes reliques dans un cercueil de pierre
qu’on expola fur un petit autel drelte derrière le grand, Ôc on mit des deux cotez
celles de Benoît 8c de Celle fes difciples. Cette cérémonie fe fit le n. * de
Février de l’an 970. 8c non le premier de Mars de l’an 978. comme quelques
modernes l’ont avancé.
Le comte Roger en mémoire b de cet événement accorda plufieurs privilèges à
l’abbaye de faint Hilairek II promit d’abord folemncllement devant le tom¬
beau du Saint, de ne jamais exiger de fonmonafterc les fubfides aufquels lui 8c
fes prédeceffeurs l’avoient affujetti auparavant y & quand les facrez oflemens
furent expofez fur l’autel, il prit, avec Adélaïde fa femme, la réglé de faint
Benoît des mains de l’évêque 6c des abbez , 6c dit publiquement : ce lieu fera
exempté l' avenir de tout cens & de toute forte de redevance , & après la mort de
P abbé , les religieux éliront fon fucceffeur conformément à cette réglé . Il promit enfin
de faire expecüer une charte où cette exemption feroit énoncée , 6c de fournir
de quoi vêtir tous les ans douze religieux. On drefTa un procez verbal de tout ce
qui venoit de fe palfer , 6c on l’enferma dans la châfle avec les reliques de faint
Hilaire. C’eft de cet a£te même que nous avons tiré l’hiftoire de cette tranf.
lation,
tx'xviïi. Le comte Roger fidele à fes promefles protégea jufqu’à la fin de fes jours l’ab-
dc°oica(ronnc baye de faint Hilaire , la combla de biens , 6c eut une vénération finguliere en-
bkofiiaeut de vers ce faint. Il implora fon fecours dans difïèrens périls où il fe rencontra , 6c
HiUu^" de S XemPorta entr’ autres par fon interceflion une victoire fignalée fur le comte de
Cerdaigne , comme nous le verrons en fon lieu.
Au refte il paroît évidemment que ce comte étendoit fa domination fur le
cPr.p,m>6> pays de Foix, car lui 6c Adélaïde fa femme échangèrent c au mois d’ Avril de
to la même année 970. plufieurs alleus avec leurs églilès qu’ils poffedoient dans l'e
miniperiat de Lordat dans leTouloufain, contre le lieu 8c l’églil’e de Saurat t or le
, lieu de Lordat fitué vers les frontières d’Efpagne , eft chef d’une châtellenie du
comté deFoix, ôcceluide Saurat eftauflidans le même comté, ôcdépend de
la châtellenie de Quier. Quant à Francon évêque de Carcaflonne dont on vient
4jd*KXiiMï. de parlerai poffedoit cet évêché dès 1^965. fuivantun ade d’acquifition
♦.4 faite alors par Segariusabbé de la GrafTe.
L x xix. Nous avons remarqué5 ailleurs que les archevêques d’Arles avoient obtenu
uédicïccdc des rois de Provence l’abbaye de Cruas dans le Vivarais , mais ils n’y avoient
ouMeuviva- ProPrement que le droit de vifite 6c de protedion , 8c ce monaftere continua
«« toujours d’être gouverné f fous leur autorité par des abbez particuliers. C’c&
ce qu’on voit
ira.
zV.to. î.l.io,
».S*.
î ibid.vr.?> vêque d'Arles
it en particulier par i’a&e s de vifite qu’y fit en 970. Icterius arche-
les , lequel examina, avec Abraham qui en ètoit abbè fi l’obier vance
ÎOÎ
y etoit en vigueur
J70.B.4*- 1
Une dame du pays appellée Gotolinde qui avoit fait rebâtir
’églife de Cruas , vint alors prier ce prélat de vouloir la confacrcr fous l’invo¬
cation de faint Michel, lderius confentit à fa demande, k condition qu elle dote-
roit cette èglife fuivantles canons. Gotolinde donna enconléquence plufieurs biens
•ïacxui; fituez dans le comté de Viviers ,entr’autres àBays *, 6c l’archevêque fit la céré¬
monie de la confécration. L’ade eft daté de Cruas le 27.de Septembre, la XXXI.
année du régné de Conrad , ce qui pourroit donner lieu de croire que ce prince
étoit alors reconnu en deçà du Rhône , 6c dans la partie orientale du Langue-
bGiiii.cfcr.wv. doc qui avoit dépendu anciennement du royaume de Provence : mais cette
«it.w.if. 150. charte n’eft fans doute ainfi datée , que parce que l’archevêque lderius, au nom
lx x x, <luqüe^ eHe expédiée , ètoit fujet de Conrad : 6c en effet nous avons prouvé
imtepnfcs ailleurs que le roi Lothaire fut reconnu dans le V ivarais. Ce prélat 6c fon chapi-
Wsèritfcsdei» tre poffederent b diverfes terres dans le pays 6c comté d’Ufez , qu’ils donnèrent
Manche d’Ef- en fief la XXV III. année du régné de Conrad.
liWiftion^cs L’ufage de doter les églifes à la cérémonie de leur confécration étoit reli-
«ctievêques gieufement obfervédans ce fiecle : on trouve la-deifus , entr’autres, un détail
de Narbonne très-curieux dans plufieurs chartes * du Rouffillon 6c de la Marche d’Elpagne;
fljt’bjtq. monumens mémorables de la pieté des comtes du pays , 6c en particulier de
*s«. & Mi- Borrel comte de Barcelonne.Comme ce prince, dont le domaine étoit très-eten-
’DuxGothicJc. 1 & qul ft qualifioit duc de la Gothique * , porta fon autorité beaucoup plus
iM.p. loin.qu’ aucun de fes prédeceffeurs -, il fouffroit avec peine l’alfujectillèment des
pqp.901. ‘ 1
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DE ï. A hï fe ÜHDÔfe Llv. Xlï.
iot
dt BatuI. 1. 1,
: indépendant
qu’il paroît par l’évêque d’Aufonne , & déjà porté de lui-même à établir un * ^
archevêché dans fes états , réfolut de ré tablirj’ancienne métropole de Tarra- r.M*rc.u,fc
gone qui avoir été détruite par les Sarafîns. Un voyage de dévotion qu’il fit i t*0*^**'
Rome fur la fin de l’an 970. lui donna lieu depropofër ce deflêin au pape Jean
XIII. à qui il reprefenta que la ville de Tarragone étant détruite & fans évê-
3ue, 6c que n’y ayant aucun efperance de pouvoir reprendre le pays fur les infi-
elles, il conviendrait d’en unir l’archevêché à l’évêché d’Aufonne ou de Vic.Le
pape fur ce feul expofé, ôefans appeller l’archevêque de Narbonne qui avoic
un très-grand intérêt dans cette affaire , accorda au comte de Barcelônne ce —■ . —
qu’il demandoit. Il fit expedier une bulle au mois de Janvier, indiction XIV. 9?1*
c’eft-à-dire l’an 971. l’adreflà aux évêques des Gaules , & ordonna que tous les
anciens évêchez qui avoient été fournis autrefois à la métropole de Tarra-
gone, le feroient à l’avenir à A ton évêque d’Aufonne, comme à leur métro¬
politain. Jean XIII. par une fécondé bulle commit l’execution de la première
aux évêques Wifaded’Urgel, Pierre de Barcelônne , êe Suniarius d’Elne. Ce
projet denleilra cependant fans execution $ par l’oppo/xtion fans doute d’Ay-
imeric archevêque de Narbonne, qui dans une affaire fi importante pour les
droits de fon églife, n’avoit été ni appellé ni oui .* 6c en effet les évêques de la
Marche d'Ef'pagne continuèrent de reconnoître fa jurifdiétion 6c celle de fës
fuccefîèursjufqu’au pontificat d’Urbain II. qui rétablit l’ancien archevêché de
Tarragone.
Cefaire abbé de fainte Cecile de Morttferrat ne fut pas plus heureux dans les
démarches qu’il fit vers le même tems, pour s’ériger auflien métropolitain de
la Tarragonoife. b Cet abbé entreprit en 971. un voyage à Compoftelle où il fê bMuz.Aitrà
trouva à un concile tenu par les évêques de la Galice,qui à fa demande l’ordon- . .
aerent archevêque de Tarragone ; mais à fon retour dans le pays tous les evê-
ques de la Marche d’Efpagne refuferent de le reconnoître pour tel,ÔC s’oppofe-
rent i fes prétentions : ces prélats étoient Pierre de Barcelônne , Arnoul de 9°°'n' '
Gironne, Aton d’Aufonne 6c 'Wifade d’Urgel. Ils furent appuyez d’Aymeric
archevêque de Narbonne qui foudntfès droits avec beaucoup de zele. Cefaire
fe fondoit principalement fur ce qu’il avoit été ordonné devant le corps de
faint Jacques apôtre de l’Efpagne. Ces prélats lui nièrent hautement que’ le
faintApbtre eût jamais prêché la foy dans ce royaume , & qu'il y eût paru autrement
au’uprèsfamort , c’eft-à-dire qu’apres qu’on y eut apporté fes reliques de Jerufa-
rcm. C’étoit en effet l’opinion commune en Efpagne dans c le X. fiecle. Enfin c u*rc. m/p.
cet abbé ne pouvant reuffir à fc faire reconnoître pour archevêque de Tarra- Wl/i
gone, écrivit au pape, lui expofa fes prétentions, 6c implora fon autorité; cei.nîd.f.6. 1 '
mais foit qu’on doive regarder cette lettre comme d fuppofée,ou du moins inter- j M „c.afpi
polée, fuivant les uns , foit qu’on doive la tenir pour c véritable félon les M0*-,
autres, il cft certain que les chofes demeurèrent fur l’ancien pied. -
Il paroît que Raymond IL comte de Rouergue 6c marquis de Gothie gou- lxxxi.
vernoit alors lui-même les états que Raymond I. fon pere lui avoit lailfez. N?^‘cds
C’eft ce que nous avons lieu d’inferer d’un plaid tenu f à Nifmes le Vendre dy 7 .de qUfS d'Agde «
Juillet laXV III. année du régné de Zo/tairr, c’eft-à-dire de l’an 9 7 1 .par Raymond
comte & marquis ^ qui ne peut être different de notre comte de Rouergue mar- y. note rat
quis de Gothie. Ce prince avoit acquis d’une dame nommée Ermeogarde
l’églife de faint Martin 6c plufieurs villages voifins dans le comté d'Agde. Un
éveque nommé Amelius lui en difputoitla pofleffion,6c prétendoit qu’ils appar-
tenoient à fon églife. Sur cette dilpute le comte 6c l’évêque allèrent d’abord
dans la cathédrale de Nifmes pour tâcher de s’accorder ; mais n’ayant
pû convenir y ils fe rendirent dans la facriftie de l’églife de faint Bau-
fde, & y plaidèrent leur caufe devant Bernard évêque de Nifmes, Fulcrand
évêque de Lodeve , le vicomte Seguin , Bernard fon frere , & plufieurs autres
feigneurs qui décidèrent en faveur d’ Amelius. Le comte Raymond acquiefqa à
la fentence , avoua qu’il avoit eu tort , ôc fit en faveur d’Arrtelius un abandon
des biens concertez , dont' il l'invertit par un fétu de vigne.
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102,
H I S T-O IRE GENERALE
i fap, I»J.
J‘1 • ■
971-
An. 971. Amelius dont nous venons de parler étoit certainement évêque d’Agde.
a Cm/j. chr. On prétend 1 que Salomon occupnit cet évêché La JCVIII. année du
/Mi ms. régné de Lothaire , ainfi il fut l'on fuccellèur oufonprédeceflèur immédiat. Quant
b v. Non à Seguin, il'» étoit vicomte , ou dans une partie du diocèle de Nifmes, ou du
moins dans le voilînage -y Bernard fon frere eft peut-être le même que Bernard
qui a donné l’origine à la maifon d’Andufe : dans ce cas là ils peuvent avoir
été neveux de Bernard qui fut évêque de Nifmes depuis l’an 949. & qu’on
c v. noie dit c frere d’un fcigncur d’Andufe.
xw/r n.6. On peut encore prouver que Raymond II. comte de Rouergue & marquis de
Dota^ion^cic Gothiegouvernoit alors fes états par lui-même, par l’acte de la conlécration <*
Vabbaye de d’un autel que fit en 971. dans l’abbaye de faint Michel de Gaillac , Frotaire
Gadiac. ^ évêque d’Albi. Ce prélat donna àcetteoccafion à cette abbaye, en prefenec
de Fulcrand évêque de Lodeve , du comte Raymond fon feiytcur y& de la comtejfe
Garjînde fa dame , plufieurs terres ou villages dans l’Albigeois, avec leurs égli-
fes, entr’autres celles deBerens, Montans, Falgairolles , Donazat, S. Pierre
de Gaillac, &cc. Le comte Raymond confirma cette donation, & l’accom¬
pagna de divers biensfaits à la priere du même Frotaire. Il déclara déplus
qu’il vouloir que ce monaftere fût habité à perpétuité par des religieux de
faint Benoît , aufquels il donna ou confirma la ville de Gaillac, le château de
Lorm fituéfur une hauteur voifine qui domine le Tarn ,1e domaine fur cette
riviere depuis V illecourtez jufques à Montans , &c plufieurs autres droits ou
domaines.
Il eft évident que le comte Raymond qui fit cette donation,dominoit fur le païs
d‘ Albigeois -, & il ne l’eft pas moins qu’il s’agit ici de Raymond Il.du nom comte
de Rouergue , 6c non pas de Raymond-Pons comte de Touloufe , comme plu-
^icurs auceurs qui ont confondu ces deux comtes l’ont cru , car le dernier étoic
10 alors décédé depuis long-tems. On a cru auffi que la comtefîe Garfinde
qui confentit à la donation de l’évêque Frotaire , & que ce prélat appelle fet
dame , étoit femme du même comte Raymond , mais on fe trompe également f:
fihd, elle étoit alors veuve de Raymond-Pons comte de Touloufe , 6c avoir l’admi-
niftration de fes domaines au nom de Guillaume Taillefer fon fils, qui polie-
dôit par indivis avec Raymond II. comte de Rouergue le marquifat de Gothie,
Scies comtez d’ Albigeois Sc de Querci. Quant à Frotaire évêque d’Albi, il étoit
xlTn r* frere 5 d’Atonll. vicomte de cette ville Scde Nifmes.
b M*ii.adMnn. On prétend h que Robert étoit abbé de Gaillac dans le tems de cette confécra»'
9g»u cl' tlonA qu’il fut prefent quand Raymond comte de T ouloufe accorda des lettres
tùut.i.pîu d’immunité au même monaftere , la XX I. année du régné de Louis roi de Frar/cey
£cà une donation que ce comte fit en 9 8 7. à l’abbaye de Vioux 5mais iln’eft fait
aucune mention de lui dans ces deux a&es. D’ailleurs le premier eft cer¬
tainement du regne de Louis le Jeune , puifqu’il eft ' de Raymond comte de Tou -
i Câtii.comt. loufe fils d’ Alfonfe. On n’a donc aucune preuve qu’il y ait eu dans le X. fiecle
*101, un abbé de Gaillac appellé Robert , 6c on l’aura fans doute confondu avec
un autre abbé de ce nom qui vivoit au XII.
g™* Bernard évêque de Conferans fit une autre dédicace au mois k de Janvier de
Tcgiiic au la même année à la priere d’Hugues évêque de Touloufe. Ce fut celle de
Pnc(uti lkT,cs l’églife de fainte Marie de Tremefaigues * , que Loup primicier & archidiacre
?e\u<xèfc de de Touloufe avoit fondée depuis, 8c qu’il avoit donnée à Guarin abbé de
Touiouù.Evê- (2uxa en Rouflillon qui alïïfta à cette cérémonie. On fonda depuis dans ce lieu
tMc. C ”UC ‘ vin prieuré conventuel ou monaftere fous la dépendance de cette abbaye.
kMib.iipi.p. fl étoit fvtué dans le diocèfe de Touloufe , entre les rivières de Lers Sc
d’Ariege , à un mille de fainte Gabelle. Il fut détruit dans la fuite , & l’ab-
v. note baye deBolbonne de l’ordre de Cîteaux, fondée anciennement dans fon voi-
Xlaà" ss. tri fmage , après avoir été ruinée par les Calviniftes , y fut transférée dansleder-
s.Btntj.ftc.vi. nier fiecle.
Hugues évêque de Touloufe mourut cette même année, puifqu’Aton 1 lui
aquas.1 m' *S avoit déjà fuccedé au a mois de Février de l’année fuivante. Celui-ci confirma
inotexix. aiors ^ ayec Aton fon neveu comte de Ribagorça, 6c fils de Loup Afinarius
*'m iu. vicomte de Soûle, les donations faites parleurs prédecelfeurs en faveur de
ÿÿfT l’abbaye d’Alaon au diocèfe d’Urgel, Ce prélat qui fut le premier évêque de
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a
DE LANGUEDOC. Lrv. XI 1. io}
Touloufe defbn nom, ne jouit pas long- rems de /a dignité. I/ôIus ou I/lus* n. 974.
occupoic cct évêché à la fin du mois de Septembre de l’an 974. 3c il a/fifta 2 sure. h-j.
alors à la cérémonie de la dédicace delà nouvelle cghïc de l’abbaye de Cuxa,
avec les évêques Suniarius d’^Ine, Frugia ou Froia dvAuiônne , Wi&de d’Ur-
gel , Bernard de Confèrans , 3c F rançon de Carcalîbnnc. t xxxlY
Fulçrand évêque de Lodeve après avoir Fait rebâtir ou entièrement reparer dWkc de
/on églifê cathédrale, en fit aulîi la dédicace b avec beaucoup dcfiolemniré. Il l’tgiiicdc Lo-
fut aîlifté dans cette cérémonie , qui 11* fit au mois d’Octobre de l’an 975.' par d\^v,,.s.F»icr.
Aymeric archevêque de Narbonne Ton métropolitain , Ricuin évêque de Ma. bjü./o.i. Fetr.
guelonne , 3c Deu/dcdir évêque de Rodez qu’il y avoit invitez. Il donna alors, tZil—ÉL,
Lion l’ulage , à cette eglife, divers domaines de Fon patrimoine , & régla de- 975'
puis par Fon teftament la part que dévoient avoir à cette donarionles chanoi¬
nes & les prêtres qui dcllerviroient les autels oui Furent confierez en cette
occafion.
Suivant Arnaud de Verdale évêque de Maguclonne , qui a écrie au milieu
duXIV.fieclc cl’hiftoire de fès prcdcccflcurs,dcux firurs de Fulçrand eurent en ville & <10 hï-
partage les lieuxde Montpellier 3c dcMontpelÜerct.qu’elles donnèrent d l’églifè Snc"rs ,,',c
de Maguclonne en Ja perionne de Ricuin qui en etoit eveque. Cet auteur ajoute c .mu-s de
que peu de tems après Ricuin donna Montpellier en fief à un /cigneur du pays SjWUncion &
appelle Gui , qui étoit alors en guerre avec le comte de Melgueil ou de Mau- cLafb'mU.
guio au Fijct de Fcs terres. Quoique cet écrivain ne rapporte ni la donation des 7**-
Fœurs de faint Fulçrand , ni l’inFeodation Faite par Ricuin , il paroît cependant '
u’il en avoit vu les actes. Nous trouvons donc ici l’origine de Montpellier 3£
es F'igneurs de cette ville , aujourd’hui la féconde delà province ,& l’une des
plus confiderables du royaume 5 3c en effet , nous verrons dans la Fuite que ces
feigneors latcnoicnten fief des évêques de Maguclonne.
Selon le même hiltorien, les fœurs de Faint Fulçrand pofîed oient auparavant
en alleu les lieux de Montpellier 3c de Montpellicret : elles les avoienteus Fans
doute delà Fucceflion de leur mere , qu’on prétend être fille d’un comte de Sub¬
ftancion ou de Melgueil, auquel ppr conféqucnt ces lieux avoient appartenu
originairement. C’elt ce qui paroît d’ailleurs par un acte d de l’an 985. Fuivant d Tr.f. tjy,
lequel Bernard comte de Melgueil ou de Subftancion , 3c Scnegonde la femme,
donnent d un Icigneur nomme Guillaume deux habitations* ou métairies de leur * Manfos.
propre alleu dans le dioccfe de Maguclonne, 3c le diftrict du château de Subftancion,
l’un dans le territoire du village de Candillargues , 3c l’autre dans celui de
Montpellier h preuve que vers la fin du X. ficclc cette ville n’étoit encore qu’un
village. Cet acte eft le plus ancien monument que nous ayons où il en foit fait
mention ; 3c ceux qui Font remonter plus haut Fon origine , n’en apportent
aucune preuve folide j au refie ce village s’accrut bientôt à caufe de fon heu-
reufe fituation , enforte qu’au XII. ficelé , c’étoit une ville des plus florif-
lantes de l’Europe.
Ce lieu eft appelle Monfpiflclltrius dans l’acte dont on vient de parler, de
même que dans les fuivans, jufques vers la fin du XI. fiecle : onl’appellâ in¬
différemment depuis Monfpcffulanus ou M on'pcffnllus. Ceci fait voir combien
Font vaines les conjectures de quelques modernes qui ont voulu donner l’éty¬
mologie du nom de Montpellier , mais furtout de ceux qui le Font dériver du
mot Puclla, comme qui diroit Mons Pucllarum , par allufion aux deux Fœurs
de faint Fulçrand , qu’un de ces auteurs e prétend avoir confacré leur virginité e CnrUl.ftr'.
dans l’abbaye de faint Geniez au dioccfe de Maguelonne, dont il fait les m»-
comtes de Subftancion ou de Melgueil les fondateurs. Mais tout cela eft avancé ©./j* [i.Jdii"
fans preuves , 3c l’abbaye de faint Geniez ne fut fondée que l’an f 1019. tems f ^
auquel les deux fœurs de faint Fulçrand dévoient être ou déjà décédées, ou 1‘
du moins dans un âge extrêmement avancé , puifque faint Fulçrand leur frere
fut ordonné évêque de Lodeve en 949. d’ailleurs cette abbaye ne doit pas
fa fondation aux comtes de Subftancion.
Quant à Gui en faveur duquel Ricuin évêque de Maguelonne inféoda Mont¬
pellier, il paroît g qu’ Arnaud de Verdale s’eft trompé fur fon nom , 3c que ce % v-
feigneur n’eft pas different de Guillaume à qui Bernard comte de Subftancion
donna en 9 8 y. les deux métairies dont on a déjà parlé. Cela eft d’autant plus
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_ _ W4 HISTOIRE GENERALE
An. 97 j. probable que tous les fuccefTeurs de ce premier feigneur de Montpellier pri-
» k note rent Ie nom 1 de Guillaume. Si donc celui qui reçut l’infeodation de Ricuin
Xxxni, étoit alors en guerre contre le comte de Subftancion , il fit fans doute la paix
bientôt après avec lui , puifqu’en 985. le comte Bernard fit une donation à
Guillaume , à caufe des fervices qu'il en avait reçus , de la bienveillance qu'il
avoit four lui.
Ce comte étoit fils de Berenger comte de Subftancion ou de Melgueil ,qui
buUibi.iiij. félon le môme Vcrdale b, rendit à Ricuin évêque de Maguelonne , four l’ame
de Guijle [a femme, & de Bernard fon fils , le château de Gigean que ce prélat
lui avoit donné auparavant. Berenger reconnut en même tems tenir en fief de
Ricuin le château de la Verune * ce qui peut fervir à fixera peu près le tems
où vivoit ce comtc*car Bernard fon fils lui avoit déjafuccedé en 98 5. Or corn-,
me ce dernier mourut quelques années après dans un âge avancé , il faut que
Berenger fon pere fut comte de Subftancion dès le milieu du X. fiecle -, ainfi
il cft fort vraifemblablc qu’il étoit fils de Bernard I. du nom comte de Ma-
« r.tr.p.d. guelonne , de Subftancion ou de Melgueil , qui vivoit e fous le régné de Char¬
les le Simple.
On peut encore fixer le tems où Berenger & Bernard fon fils étoient comtes
de Subftancion , par l’époque de l’épifeopat de Ricuin ,à qui le comte Bernard
1 donna, au rapport de 4 Verdale, les villages de P runet dans le diocèfe de Beziers,
d’Arboras dans celui de Lodeve, ôc plufieurs autres terres , qu’il reprit en-
fuite en fief de l’églife de Maguelonne. Or Ricuin n’a rempli cet évêché
qu’après l’an 947. puifque Pons fon prédccefleur l’occupoit alors : 'Pierre lui
avoit déjà fuccedé en 98 5. comme nous le verrons ailleurs -, nous n’avons
enfin aucune preuve qu’il ait été évêque de Maguelonne avant l’an 955. II
s’enfuit de là que Berenger aura fuccedé à Bernard I. dans le comté de Sub¬
ftancion vers l’an 9 50. 6c Bernard II. à Berenger fon pere vers l’an 970. Au
refte il paroît que ces comtes étoient François d’origine , car le comte Bernard
II. marque exprelTément dans fa donation en faveur de Guillaume , qu’il la
tPr.^.13». faifoitc conformement à la loy Sali que qui ( toit la fienne. Nous verrons cepen-
« Y.fr.p.St.
tPr.p.ip.
faifoit e conformément à la loy Salique qui { toit la fit
dant ailleurs que les comtes de Melgueil ou de Subfl
dant ailleurs que les comtes de Melgueil ou de Subftancion du XII. fiecle , def-
cendans du même Bernard II. prétendoient venir en droite ligne du pere de
faint Benoît d’Aniane qui fut comte de Maguelonne ou de Subftancion au
IX. 6c qui étoit certainement de race Gothique ; mais peut-être n’en defeen-
doicnt-ils que par femmes.
Telle eftla fuccclfion des comtes de Melgueil ou de Subftancion pendant le
{V:N0T s X. fiecle; elle cft fondée f fur divers monumens autentiques , 6c bien diffé-
' n ‘'0‘ rente de ce qu’en rapporte un modernes , qui fans preuves nous donnedurant
gtsxrieiniitde ce tems-là un Adolphe, un Erneft&un Evrard pour comtes fucceffifs de Mel-
gueil ou de Subftancion. Cet auteur ajoute que le dernier étoit frere de Sene-
gonde , 6c qu’il fut pere du comte Bernard, qu’il appelle Bernard I. d’ Adé¬
laïde, de Confiance 6c de Guillemette. Ileft vrai que nous trouvons un Ber-
h v. note nard b comte de Subftancion 6c fes trois foeurs de même nom fur la fin du
xxxnihd. x. fiecle 6c au commencement du XI. mais outre que ce Bernard fut le III. de
fon nom ; il n’y a aucune preuve que le prétendu Evrard ait été fon pere , 8c
nous verrons plus bas que Senegonde devoit être fon ayeule 6c non pas fa
tante.
Lxxxvr. Pour revenir à Saint Fulcrand évêque de Lodeve, les comtes deTouIoufe
licSFdcu"'1' & de Rouergue lui donnèrent occafion l’un ôc l’autre d’exercer le zele épifeo-
La piovîncc ' Pa' qui l’animoit. Le premier* , dont on ne marque pas le nom , mais qui
affligée Jc la ne peut être different k de Guillaume Taillefer , avoit quitté fa femme legi-
Ttf's.rwer. t:>me Pour en Prendre une autre qui étoit aduellement mariée. Le faint
Mitt. a. Tebr. prélat, quoique plein derefped pour l’autorité de ce prince , l’ayant rencon-
Vr note tr^ un j°ur Su s’empreffoit de venir l’embraffer , refufa non feulement fon
vi lu. n. falut, mais lui reprocha publiquement fa vie ■ fcandaleufe ; aimant mieux
courir le rifque de fa vie, 6c s’attirer fon indignation , que de manquer dans
cette occafion à fon devoir.
Fulcrand ufa d’une égale fermeté envers Raymond comte de Rouergue ,
dans le tems qu’une cruelle famine défoloit la province , 6c en particulier le
diocèfe
Lxxxvr.
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DE LANGUEDOC. Liv. XII. iôj _ _
diocèfede Lodeve. La charité univcrfellement reconnue de ce faint évêque p7î*
lui attira un nombre infini de pauvres, qui dans l’efperance d’en reflentir
les effets fe retirèrent dans fa ville épifcopale. Leur attente ne fut pas vaine i
il leur diftribua d’abord toutes les provisions fans fe rien réferver , tant il
comptoit fur les reflources de la providence. Il vendit enfuite fes meublesj
leur en donna le prix, & voyant que tout cela ne fuffifoit pas , il parcourut
fon diocèlè, ralîembla tout le bétail qu’il put rencontrer, SC le leur par-
tagea. Ayant appris enfin qu’il pourroit tirer des grains du Rouergue , il fit
une fomme d’argent, & partit pour ce païs dans le deflein d’en acheter. Ray¬
mond comte de Rouergue informé de fon voyage , conçût aufli-tôt le détefla*
ble deflein de lui drefler des embûches , 6e de le détrouflèr à fon palTagc. Fui-
crand en fut averti , ce qui ne l’empêcha pas de continuer fa marche j il tomba
peu de tems apres dans l’cmbufcade, mais le comte Raymond fut fi frappé de la
prefence , qu’il dit aufli-tôt à fes gens : Retirons-nous , celui que nous pourfuivons eft
un [ervitcur de Dieu des plus pacifiques. Ce prince fe retira enfuite , & il ne
fut pas plutôt de retour chez lui , que l’horreur qu’il eut de Ion crime lui
caula la fièvre. Le faint prélat continua cependant. fa route, & acheta fuffi-
laminent de grains pour fubvenir aux befoins des pauvres jufqu’à la récolte
fuivante qui fut très-abondante.
On voit par ce récit tiré d’un auteur, qui quoique du commencement du LXXXVlt.
XlV.fiecle, femble l’avoir pris d’une ancienne vie de faint Fulcrand, que Guillaume
... — f ^ , - * • i âiiicrrr coin*
Guillaume Tanlerer comte de Touloule etoit déjà marie vers l an 975. Ce tedcTouioufe
prince devoit avoir époufé en effet vers ce tems-là Arfinde en premières noces. cupk’
Un hiltorien J du tems parle de cette comteffe , à l’occafîon d’un pèlerinage Arhnde d An-
qu’elle fit à l’abbaye de Conques en Rouergue , où on confervoit les reli- )°u qui |u»
ques de fainte Foy martyre , qui étoit en grande vénération dans tous
les païs voifins. Arfinde , femme de Guillaume comte dcTouloufc , dit cet auteur, « » fo,n*ri.
n’ayant point d’enfans , réfolut d’en aller demander à Dieu par l’intercelfion« î'Jfsnu bîbî.
de lainteFoy. A fon arrivée à Conques, elle lui offritdes brallelets d’or artifte-«
ment travaillés, & enrichis de pierreries, dont elle avoir coutume defeparer.« yjJ- N°2/'
Ses prières furent exaucées , &: après Ion retour elle accoucha fucce(five-« fa. <£' nots
ment de deux fils , dont l’un fut nommé Raymond , & l’autre Henri.« Au relie XXJX-
nous avons lieu de croire b que cette princeflc étoit fille de Geoffroy Gri- b note
uentmece
XXIX., b, j.
fegonelle , Scfœurdc Foulques Nera comtes d’Anjou , &par conféq
d’Adelaide comtefle de Gevaudan , &c de Gui qui fut c éld évêque du Puy xxvui°T*
vers l’an 9 7 f. # Lxxxvm
Cette eglile étoit encore gouvernée en 961. par Gotefcalc > qui permit «* EvcH.K-s dù
alors à Truan doyen de fa cathédrale de bâtir une chapelle en l’honneur de Puy- *’°ns &
S.Michel fur la cime d’un rocher efearpé, taillé en forme de pyramide, voifin de «Vd^Gevlu”
la ville du Puy,& nommé l’Aiguille, qu’un auteur e du XIII. fiecle amis au rang ban¬
des merveilles du monde. On donna le nom de Seguret à cette chapelle , qui a „fv GfJa chr‘
fervi autrefois de titre à une des dignitez de la cathédrale. Gotefcalc étant
mort en 961. Begon lui fucceda. On croit f que c’ell fous l’épifeopae de ce J*
dernier que faint Maicul abbé de Cluni fit à l’eglife de Notre Dame du Puy y son, bu.
le pèlerinage dont il cil parlé dans fa vie g. Le clergé & le peuple allèrent e Gw;. tu-
avec empreflèment au devant de lui , & furent témoins des merveilles que Dieu m"*M-
opéra par fon miniflcrc , ce qui a engagé l’églife du Puy à le mettre au nom- f zw.tyu»
bre de fes patrons.
Après la mort de Begon le clergé &: le peuple de Vêlai élurent pour fon
fuccelTeurGui, fils puîné de Foulques le Bon comte d’Anjou , qui h avoit pris Z’-?06-
dès fa jeuneffe l’habit monaftique dans l’abbaye de Cormeri en Tourraine ,
dont il fut élû abbé. Gui avoit aufii obtenu les abbayes de faint Aubin d’An- *»» 97). ».,7.
peu réglée } & il avoit déjà acquis une grande réputation de probité lors
qu’il fut élû évêque de Vêlai. Le crédit qu’avoit dans le pays Adélaïde fa
fœur , veuve d’Etienne comte de Gevaudan , & non pas de » Guillaume comte
de Provence, comme l’ont avancé quelques modernes, ne contribua pas peu
Tome II. O
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loi
HISTOIRE GENERALE
An. 97 5. à lôn éledion. Guillaume Taillefer comte de Touioufe , qui, comme on l’a,
déjà remarqué, avoit époufé une de l'es nièces, &. qui étendoic l'on autorité
fur le Vêlai, la favorila aulfi fans doute. Enfin le roi Lothaire l’approuva ,
& obligea Gui, quifaifoit difficulté d’y confentir, à fe foumettre. Ce dernier fe
mit donc en chemin accompagné de quelques-uns de fes confrères , & des
députez de l’églife du Puy qui étoient venus lui annoncer fon élection. Ses
deux neveux Pons & Bertrand, qu’un ancien monument qualifie confuls dy Aqui¬
taine, & qui avoient fuccedé d Etienne leurpere dans le comté deGevaudan,
allèrent au devant de lui avec Adélaïde leur mere , Si l’accompagnerent le
jour qu’il fit fon entrée dans fa ville épifcopale.
ixxxix. Gui » eut à peine pris polTelfion de Ion fiege , que fon premier foin fut
ïa^iix'Tfo dfi-reme£iïer aux maux qui troubloient la paix du Vêlai, La licence des
dbcckin* ” mœurs , & l’abus de l’autorité avoient fait alors des progrès étonnans.Chaque
a Gtii.chrifi. feigneur , & même chaque particulier qui fe trouvoit un peu puilfent , s’eri-
geoit en tyran j & fans reconnoître d’autre loy que celle du plus fort , enva-
hifioit impunément les biens de fes voifins , fans épargner ceux des églilès &
des pauvres. Le nouvel évêque du Puy touché de ces defordres , &. rciolude
les abolir , ordonnai tous les nobles êc aux perfonnes les plus confidcrables
du pais de s’aflembler, pour convenir enlemble des moyens de rétablir la paix
& la tranquillité publique dans le pais. Prévoyant cependant que fes défi
feins pourroient être traverfez, il pria fes neveux les comtes Pons Si Bertrand
de vouloir le foutenir de leur autorité , de ralfemblcr un corps de troupes
vers Brioude , & de marcher à fon fecours en cas de befoin. Cela fait il
alfembla les principaux de fes diocèfains dans la plaine de laine Germain
à une lieue du Puy, & leur propofa de reftituer les biens qu’ils avoient ufur-
pez, de réparer les dommages qu’ils avoient caulèz aux pauvres, & de pro¬
mettre avec ferment de garder inviolablement la paix entr’eux. Cette propo¬
rtion, toute raifonnable qu’elle étoit, ne fut pas du goût d’une grande partie
de ceux qui compofoient l’affemblée. Gui avertit alors fes neveux , qui mar¬
chèrent pendant toute la nuit , & qui étant arrivez le lendemain à la pointe
du jour, firent mine de vouloir donner fur les mutins , ce qui les fit rentrer en
eux-mêmes. L’alîemblée accepta enfuitc unanimement les articles de paix qui
avoient été propofez, & que tous ceux qui étoient prefens firent lerment
d’obferver avec fidelité, après avoir donné des otages pour grge de leur
parole. Cette paix ne fut pourtant pas fi folide que les lucccUèurs de Gui ,
& les évêques des diocèfes voifins , n’ayent eu befoin de la renouveiler bientôt
après , ainfi que nous le verrons en fon lieu.
Gui après avoir pacifié fon diocèfe, s’appliqua à le bien gouverner. Il a/figna
une partie des revenus de fon églife à fon chapitre qui devoir en jouir en com¬
mun, &fe réfervale relie ; preuve que la léparation des manfes entre les évê¬
ques & leurs chapitres étoit déjà en ufegedans le X. ficelé. Il dédia en l’r.on-
neur de feint Michel la chapelle queTruan doyen de fa cathédrale avoir faic
conllruire fur le haut du rocher de l’Aiguille,
xc. Il eft incertain fi Arfinde, femme de Guillaume Taillefer comte de Tou-
lefcrcômte^e ^ou^e » ce^c (lu’^ abandonna, fuivant la vie de feint Fulcrand, & s’il
Touioufe gou- n’en avoit pas époufé une autre auparavant , car nous avons peu de mémoires
«me les états pur vie de ce prince jüfques vers la fin du X. fiecle. Il paroît cependant
quil gouvernoit par lui-meme vers lan 975. les états dont il avoit hente
de Raymond-Pons fon pere , & que la comteflc Garfinde la mere qui en
avoit eu l’adminillration pendant fa jeuneffe , étoit alors décedée. La mort
bsovEvm. de cette princeffe arriva b en effet entre l’an 971. & l’an 975. ce que nous
inférons de deux ades qu’on doit rapporter aux dernieres années de fa vie.
Par le premier c, Garfinde, qui fe qualifie veuve de Pons comte de Touioufe ,
donne à l’abbaye de feint Pons de Tomicres , pour la remilfion de fespechez,
Si le repos de l’ame du comte fon mari, le château de Ccffenon avec plu.
fieurs églifes, Si differens domaines fituez dans les diocèfes de Narbonne,
de Beziers , &. d’Albi ; elle réferve en même tems la jouilfence du château
de Cellenon & de les dépendances en faveur à' Adélaïde & <^e fcs ft5 Ermen-
ytui & Raymond i qui elle la donne pendant leur vie. Cette Adélaïde n’cll
M-
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DE LANGUEDOC. Liv. XII. 107 _ _
pas differente de la vicomtefle de Narbonne de ce nom , qui eut l’admini- An. 97 J.
Il ration de cette vicomté au nom de fes deux fils Ermengaud & Raymond ,
après le décès de Matfred fon mari , ainfi qu’on l’a remarqué ailleurs. Quant
au château de Ceflcnon , c’eft aujourd’hui une petite ville fituée fur la riviere
d’Orb dans le diocèfe de faint Pons vers les frontières de celui de Beziers*
avec titre de comté. La donation de Garfinde eft datée Amplement du mois
de Juillet fous le régné du roi Lothaire , fie fouferite par F rot aire évêque , qui
eft fans doute le même que l’évêque d’Albi de ce nom qui vivoit alors , par
Hugues abbé 6c plufieurs autres. Ce dernier étoit abbé de faint Pons , &
avoir fuccedé à Arnoul qui pofledoit encore cette abbaye au mois de Janvier
de l’an 971.
Le fécond a<fte de la comteflè Garfinde eft un teftament1, ou plutôt un ^
codicille dans lequel elle fait plufieurs legs pieux , tant pour l’ame de Pons Garfinde'com-
fon mari , que pour la fienne , ôc de tous les parens. Elle lailfe divers alleus telle de Tou-
aux églilès cathédrales de limite Marie de Rodés , de fainte Cecile d’Albi , 6c [«J-aXIS
de faint Etienne de Cahors en Aquitaine , de faint Juft de Narbonne , de Lautrcc.
faint Nazaire de Beziers, & de faint Geniez dcLodevedans la Septimanie t
aux monafteres de faint Amand , fie de faint Saturnin de Rodez , de faint
Antonin 6c de Vabres en Rouergue j d’Aurillac en Auvergne , de Figeac en
Querci , de faint Salvi d’Albi , de Caftres , de Vioux , de faint Michel de Gail-
lac , fie de fainte Sigolenc en Albigeois 5 de faint Paul de Narbonne, de faint
Pons de Tomieres , fie de faint Aman de Vernofoubre aujourd'hui faint Chi-
gnan,dans'le diocèfe de Narbonne, de faint Aphrodife 6c de Villemagne
dans le diocèfe de Beziers $ fie à plufieurs eglifes , en particulier à celles de
faint Afrique en Rouergue ■> de faint Pierre , de fainte Martiane, fie de faint
Afrique d’Albi , de faint Pierre de Burlats , fie de faint Benoît des Avallats
dans le diocèfe d’Albi. Parmi ces difterens legs , l’un des plus remarquables
eft celui que fit cette comteflè à l’abbaye de faint Pons où le comte fon époux
étoit inhumé fie à celle de faint Vincent de Caftres, auxquelles elle donna l’eglife
de faint Sauveur de Salai.
Elle fait mention de plufieurs de les parens, entr’autres du comte Hugues
fon neveu , qu’elle nomme , ce femble , fon exécuteur teftamentaire , 6c à qui
elle légué l’eglife de faint Symphorien fie l’alleu de Cabannes pour en jouir
pendant fa*vie,fic qu’elle fubftitue après fa mort à la cathédrale de Rodez, fie aux
abbayes de faint Amand fie de faint Saturnin de cette ville. Nous conje&urons
de là que ces biens étoient fituez en Rouergue j qu’Hugues polfedoit le do¬
maine d’une partie de ee pays , 6c qu’il étoit le même b qu’Hugues fils puîné bv.îJOTEniu
de Raymond I. comte de Rouergue. Garfinde pouvoit l’appeTlcryô» neveu ,
puifqu’il l’étoit de Raymond-Pons comte deTouloufc , Ion mari , à la mode
de Bretagne. Elle parle aulfi d’ Amelius 6c de Raymond fes neveux , fie donne
au premier le village de Brutia , qui eft ou Brufques en Rouergue , fur les
frontières de l’Albigeois , ou Broufles dans ce dernier pais aujourd’hui du dio¬
cèfe de Caftres. Cet Amelius neparoît cpas different de l’évêque d’Albi de c ihj,
ce nom qui vivoit au commencement du XI. fiecle. Quant à Raymond
autre neveu de Garfinde, qu’elle dit fils de Gundinilde , 6c à qui elle donna
deux alleus, lefquels après fa mort dévoient être partagez entre les cathédrales
de Beziers fie de Narbonne, fie l’eglife de faint Paul de cette derniere ville,
il y a lieu de croire d qu’il eft le même que Raymond neveu de Raymond I. d
comte de Rouergue , lequel avoit un frere nommé Hugues. Garfinde parle
encore du comte Raymond , de qui elle avoit acquis un alleu qu’elle donna à la
cathédrale de Cahors , 6c à l’abbaye de Figeac. C’eft fans doute du même
Raymond I. ou de Raymond II. fon fils , comtes de Rouergue , dont il
s’agit ici.
Cette princefTe donne enfuite à la vicomteffe Adélaïde ù fes fils Ermengaud
& Raymond l’alleu & le château de Ceffenon , avec les églifes qui en dépendolent,
qu’elle légué après leur mort à l’abbaye de faint Pons de Tomieres, avec
l’églife de Geminian : preuve évidente que Garfinde qui fit ce codicille , eft
la même que la comteflè de ce nom veuve de Pons comte de T ouloufe qui fit à
l’abbaye de faint Pons la donation dont on vient de parler. On a remarqué
Tome JJ. O ij
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An.
975
108 HISTOIRE GENERALE
ailleurs qu’elle croie vraifemblablement fœur de Matfred vicomte de Nar¬
bonne, 6c c’eft ce qui l’engagea fans douce à laiffer à Ermengaud Ôc à Ray¬
mond fils de ce vicomte, ôc à Adélaïde leur mere, des domaines fi confi-
derables.
Outre ces legs, elle en fit d’autres en faveur de divers feigneurs du païs, de lès
vaflaux ôc de les domeftiques: elle donna differens alleus à Frotaire évêque
d’Albi, à Deufdet évêque de Rodez, à Amblard abbé, à Gaulbcrt prévôt
» v. note de faint Salvi d’Albi , 6c aux deux vicomtes Bernard 6c Ifarn. Le premier a
xxi.*io. efl. je mgme que gernard alors vicomte deNifmesôc d’Albi, 6c pere de Fro¬
taire évêque de cette dernière ville. L’aucre étoit vicomte de Lautrec. Elle
donne à celui-ci l’églile de fainte Marie de Bar , fituée dans La partie mé¬
ridionale du diocèfe d’Albi , 6c le fief qu’il poflèdoit, pour en jouir pendant
fa vie, avec fubflitution après fa mort à l’abbaye de faine Pons. Enfin Gar-
finde donne la liberté à tous fes ferfs par le dernier article de fon codicille.
Nous nommons ainfi cet a&e , foit parce qu’il cfl intitulé de même , foit
parce qu’il ne contient que des legs , 6c que la comteflè n’y dit rien de fon
neritier, qui fut fans doute Guillaume Taillefer comte de Touloufe fon fils.
Du refie on peut juger par ce monument du grand nombre de terres que
pofledoit cette princefle dans les differens comtez dépendans de la maifon de
Touloufe , furtout dans l’Albigeois, où le comte Pons fon époux lui avoir
afligné apparemment fon douaire.
xcir. Quand Guillaume Taillefer prit par lui-même le gouvernement de fes
Partage domaines , il avoir jufqu’alors poffedé par indivis , avec Raymond fécond
maltoa^Tou- nom comte de Rouergue fon coufin , le marquifat de Gothie , 6c la
louie entre le* plupart des differens comtez qui en dépendoient , de même que ceux
deux branches Querci & d’Albigeois en Aquitaine. Ces deux princes en vinrent b alors
fou. a un partage de tous ces domaines, luivant lequel les comtez de Touloufe,
d’Albigeois 6c de Querci échurent en entier à Guillaume, 6c le marquifat de
Gothie, avec les comtez particuliers de Narbonne , Beziers , Agde, 6c peut-
être auili ceux d’Ufez 6c de Viviers à Raymond , outre le comté de Rouer¬
gue qu’il poffedoit déjà. Il parole qu’ils partagèrent en même tems le comté
ou diocèfe deNifmes; que la partie fuperieure échut au dernier avec la capi¬
tale fous le nom de comcé de Nifmes, 6c la partie inferieure avec la ville de
fàint Gilles i l’aucre , fous le titre de comté de faint Gilles , 6c que ce partage
a donné l’origine à ce dernier comté , poffedé par les comtes de Touloufe
fiiccefleurs de Guillaume Taillefer , qui eut auffi vraifemblablement le comté
deLodevepar le même partage, 6c qui conferva de .plus la fuzeraineté que
fes ancêtres avoient acquife fur les comtez de Carcaflonne 6c de Rafez. Outre
c notes xvi ce*a Guillaume en qualité d’heritier c de Raymond-Pons fon pere, avoir des
&xwi. droits fur les comtez d’Auvergne ôc de Velay ; mais foit que les comtes de
Poitiers les lui difputaffent , foit pour d’autres raifons que nous ignorons , il
les donna en fief vers l’an 980. à Gui qui ne prenoit encore que le titre de
A ■in..ss.Btn. vicomte d de Clermont la XXVI. année de Lothaire, ou l’an 979. ôc qui
Vito te avant la mort de ce prince fe qualifioit comte d’Auvergne 5 comté qu’il tranfmic
xvujt.j. à fes defeendans.
On peut confirmer les circonflances 8c l’époque de ce partage, i°. Sur ce
«v. tr+ 1«3. que dans les aéles e qui nous relient de Guillaume Taillefer depuis l’an 975.
jufqu’àfa mort, il fe qualifie feulement comte de Toulouse , d' Albigeois & de
Querci. 20. Sur ce que nous n’avons aucune preuve que les comtes de Rouer¬
gue ayent eu depuis ce tems-là aucun domaine dans ces trois comtez. 3®.
Enfin fur ce que ces derniers princes eurent fêuls la principale autorité dans
U', note vin. ja Qotgje comté particulier de Narbonne à la fin du X. fiecle, ôcpen-
xciii. dant une grande partie dufuivant, jufques à la réunion de tous leurs domai-
fm^oùla- ncs (*ans la branche de Touloufe. Au relie après ce partage Guillaume Tail-
ncmenc & les lefer donna f le comté d’Albigeoif à Pons ion frere pour fon appanage, ÔC
mœurs ,!cs ]e r^un{c £ fon domaine après lç decez de ce dernier qui mourut fans
peuples la r, . , A *
province au X. pOltCritC.
r.ccie. Aiicus , Quoique nous ayons eu foin cTobferver dans les occafions les differens chan-
gocurlaux! (C1 gemens que caufa au X. fiecle dans le gouvernement, l’ufurpation des droits
b V NOTE
Vlll.n. i6.j7.
à'/n-
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DELANGÜED O C. Liv. XII. 109 _ _
régaliens par les grands vaflàux de la couronne , nous ne croyons pas hors de ^ N pjq,
propos d’ajourer ici quelques reflexions fur cette matière.
Depuis que les ducs & les comtes eurent rendu leurs dignitez héréditaires
fous le régné de Charles le Chauve, leur principale attention fut d’étendre
leur autorité & d’aggrandir leur domaine : ils s’empreflèrent furrour de
s’aflujettir les feigneurs de leur voillnage , & de les foumercre à leur fuzerai-
neté , & de fe faire ainfl divers vaflàux. Cet ufage étoit déjà établi à la fin »
du IX. fiecle, comme le remarque l’auteur de la vie de fàint Geraud , à
l’occafion de Guillaume le Pieux duc d’Aquitaine Sc marquis de Gothie, qui
vouloit engager ce faint à le reconnoître pour fon foigneur.
Les grands vaflàux étendirent aufli alors beaucoup leur domaine , en s’ap¬
propriant les terres qu’ils tenoient auparavant en bénéfice , ou à vie , de la
libéralité du prince, & qu’ils donnèrent en fief à certaines conditions, dont
la principale fut de les fuivre à & guerre. Par là nos rois fe virent peu à peu
dépouillez de leur domaine t Sc de b toutes les maifôns royales qu’ils poiîè- b v.rt»i.chr»n*
doient auparavant dans les diverfos provinces du royaume , il ne leur
en reftoit prefque plus aucune en 948. fous le régné du roy Louis
d’Outremer. Les grands feigneurs pour grollir le nombre de leurs vaflàux,
donnèrent encore en fief une partie de leur patrimoine , & les diflerens droits
ou redevances qu’ils exigèrent , foit dans les villes, foit dans les campagnes
des pals qui leur croient fournis, & jufqu’à la juftice même. Ils engagèrent
enfin pluueurs de ceux qui tenoient des terres en franc-alleu à les reconnoî¬
tre pour leurs feigneurs. De là, divers domaines qui jufqu’alors voient été
libres, changèrent de nature, fàns perdre neanmoins leur ancienne déno¬
mination 5 car on confondoit au X. fiecle les fiefs avec les véritables alleus ,
& on employoit dans les chartes le terme d 'alleu pris en general , pour ligni¬
fier toute forte de poflefllon. C’cft ce qu’on voit en particulier dans le tefta-
ment de c Raymond I. comte de Rouergue & marquis de Gothie de l’an tVrp.iot.
96 1. où il eft fait mention des alleus qui ètoient tenus en fief.
On voit par ce teftament, & par divers autres aiftes , que le terme de fief
étoit '• en ufage dans la province au milieu du X. 'fiecle, de même que diffé- d ibtJ.é-
rentes fortes de redevances ou droits foigneuriaux qui en font une fuite, & C*“L mtm'
que les vaflàux s’engagèrent d’acquitter envers leurs feigneurs par les a des f‘ ! *
primordiaux d’infeodation. Il eft fait mention de ces divers droits dans la
donation que fit en 93 6.c Raymond-Pons comte de Touloufo à l’abbaye de trr.p.7(.
faint Pons de Tomieres de pluficurs terres , & de leur domain: , avec les que fies,
allcmies , tailles , leudes , &c. Ces droits font encore énoncez dans une donation
que ht en 942. f le vicomte Aton à la même abbaye. Nous voyons de plus f> ïj.
qu’en 956. g les vicomtes de Nifmes éxigeoient des droits de lors fur plufieurs g p.tf-
terres des environs de cette ville. Il eft certain enfin que le droit d'acapteh,8c
tous les autres droits feigneuriaux étoient déjà en ufage dans la province long- ' ' '
teins avant le régné de Hugues Capet. Le droit féodal y commença donc , de
même que dans la plupart des autres provinces du royaume, vers la fin du
IX. fiecle, &au commencement du fuivant, à peu près veA le tems que les
grands vaflàux s’emparèrent des droits régaliens.
Lesprincipaux feigneurs cherchèrent auiii às’aggrandir aux dépens des biens ufUn«i!wde*
de l’eglife , qu’ils envahirent fous prétexte du droit de patronat qu’ils préten - bicus tics ér.li-
doient fur elles. Plufieurs s’érigèrent ‘ en abbez laïques de divers monafteres, f”jsApj"0la*'
où l’on voyoit en même temsk deux fortes d’abbez , l’un foculier ,& l’autre Xi"'* é»ôchcz
régulier. D’ailleurs il n’étoit prefque pas de feigneur au X. fiecle qui ne pof- & les abbayes,
fedàt plufieurs églifes ou paroifles, avec les dixmes, les prémices, les obla- STTo*rfcr/.
lions, & meme le droit de fépulture dont ils difpofoient comme de leur «/>//*. « 7.
patrimoine. Plufieurs de ces feigneurs reftituerent à la vérité, en differens 4^9'6A7U„\*d
tems aux cathédrales & aux abbayes quelques-unes de ces églifes dont ils les
avoient dépouillées , mais leurs fucceflèurs noncontens de conferver les autres
reprirent bientôt après les premières, fans être arrêtés ni parles decrets
des conciles , ni par les anathèmes des papes & des évêques pour les
engagera les rendre. Les ducs, les comtes & les vicomtes s’ingercrent de
plus de l'élection des évêques & des abbez dans l’étendue de leur domaine,
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HO
HISTOIRE GENERALE
An. 975. 8c firent tomber ordinairement le choix fur leurs proches , ou vendirent
ces dignitez au plus offrant. Ils s’attribuèrent en même tems la dépouille
des évêques lorlque ceux-ci venoient à déceder: en un mot ils regardoient
« vs». s. Mi, les évêchez comme des fiefs 1 mouvans de leur domaine , ôc ne fe faifoient
B*ww. 'iu. vi. aucun fcrupule de trafiquer publiquement les dignitez ecclefiaftiques 5 défor-
dre qui dura jufques vers la fin du XI. fiecle. Le relâchement dans la difci-
pline ecclefiaflique ôc régulière., ôc l’ignorance du clergé, en furent une fuite,
xcv. Les grands Vafl'aux tranchoient déjà du fouverain dans la province dès le
grand* vaflau” commencement du X. fiecle, 6c ne reconnoifloient la fuperiorité de nos rois
Seigneurs ec- que pour recevoir d’eux l’invefticure de leurs fiefs : encore ne fe fournirent^
eicfiaftjques. ils dans la fuite à l’autorité de quelques-uns , que quand ils le jugeoient con¬
venable à leurs propres interets. Iis fe déclarèrent depuis la guerre les uns
contre les autres, levèrent des troupes , formèrent des ligues, 6c conclurent
des traitez de paix fans la participation du fouverain, 6c gouvernèrent enfin leur
domaine avec un pouvoir abfolu.
Quelques évêques 6c abbez, foit pour le fouftraire à la tyrannie des ducs ôc
1 des comces » Par des yûes d’ambition , commencèrent b d’un autre côté à
s’ériger en feigneurs temporels. , 6c à s’arroger les droits régaliens après le
régné de Charles le Chauve , furtout dans les villes où les grands vafiàux ne
failoient pas leur réfidence ordinaire : d’autres obtinrent de nos rois le
domaine de leur ville épifcopale , 6c ces princes le leur accordèrent d’autant
plus volontiers, que n’en jouifiant pas eux -mêmes, cette libéralité ne leur
étoit point à charge. C’eftainfi que l’évêque du Puy, du confcntemcnt du comte
du pats , obtint c du roi Raoul, 6c depuis du roi Lothaire, le domaine de fa
ville épifcopale, avec les droits feigneuriaux qui auparavant appartenoient
• au meme comte , entr’autres celui de faire battre monnoye. Ces prélats , à
l’exemple des feigneurs féculiers , cherchant à fe faire un grand nombre de
àv.cuei.mim. vaflairx , inféodèrent une partie des terres de leurs églifes , ôc fournirent même
Mjj. à leur valfelage les dixmes , les bénéfices, 6c les dignitez de leurs cathédrales.
tGaïubr.u.i. Nous en avons un exemple dans Matfrcd évêque de Beziers , qui à la fin du X,
Bez.
fiecle donna c# fief clérical c l’archidiaconé de fonéglife.
On voit , par ce que nous venons de rapporter, qu’avant le milieu du X. fiecle
f-4".
'Andoq%
ModuoT ^CS Srânds va^aux jouifibient du droit régalien de faire battre monnoye. Les
%°cD"tsyc “ comtes de la Marche d’Efpagneen étoient en effet f en pofleffion dès l’an 9 34.
ôcWifred II. comte de Barcelonne déclare dans fon teflament de l'an 91 1.
*4<‘ que le roi lui avoit donne la monnoye de Vie ou d’Aufonne : on voit d’ailleurs qu’en
96 5. il y avok des deniers & de la monnoye de cette ville , 6c de celles de Bar¬
celonne 6c de Gironnc. C’efl donc au régné de Charles le Simple qu’on doit
■rapporter l’origine des monnoyes des leigneurs car encore fur la fin de
celui de Charles le Chauve le droit de faire battre monnoye étoit réfervé au
f°uvera*n- E vrai qu’on prétend g que l’empereur Charles le Gras
hch.ffl,, Tourn l accorda à l’abbefle de Zurich , 6c fuivant deux diplômes b qui nous relient,
/.»7 o.bfcq. Ie foi Eudes donna à l’abbaye deTournusle privilège d’avoir une monnoye,
ce que le roi Cftarles le Simple confirma * mais fuivant ces concédions , les
i ilü.f. t7j. e/peces dévoient être frappées ‘ au coin du roi.
La monnoye feigneuriale qui fut plus en ufage dans la province , fut la Mel-
gorienne, ainfi appellée des comtes de Melgueil ou de Mauguio ,qui la fai-
loient battre dans un château de ce nom où ils avoient fixé leur principale
demeure. II ell fait mention des fols Melyoriens dans deuxaéles du X. fiecle ,
f.u”d°q' Beu' ^un du 1 2- du mois de Mai la XIII. année du régné de Louis d’Outremer, ou
1 m.oc.h\$. de l’an 949. 6c l’autre de l’an 1 963. Les comtes de Melgueil jouifibient donc
Mg,. dès-lors de ce droit. Il ell fait mention aufli fur la fin du même fiecle des de -
45. niersm Narbonnois. Nous parlerons ailleurs de la monnoye des comtes de Tou-
loulè , ôc des autres monnoyes des feigneurs de la province.
Quant à la fucceflion des ducs ôc des comtes depuis l’heredité des fiefs , il
paroît qu’on fuivit d’abord l’ufàge ordinaire établi dans la famille royale ,
fuivant lequel les fils de nos rois partagèrent entr’eux le royaume jufques vers
la fin de la fécondé race , 6c au régné de Lothaire, qui fucceda feul au roi Louis
d’Oucremer à l’exclufion de fes freres. Les fils des ducs 6c des comtes parta-
xcvii.
Succcflîoo Sc
partage des
comtcz & au¬
tres diguiccz*
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DE LANGUEDOC. Liv. XII. ni
gerent auffi le domaine tic leurs peres , ou plutôt ils le poflèderent en/êmble
par indivis. C'eftainfi que Raymond II. 8c Ermengaud ion frere , fils d’Eudes
comte de Touloufc jouirent en commun de fa. fucceiïion après fà mort arrivée
vers l’an 918. 8c qu’au milieu de ce fiecle les deux fils de Bozon II. comte
de Provence, 8c ceux d’Arnaud comte de Carcaflonne en firent de même.
Cet ufàgc fe conferva même dans quelques familles long-tems après que la
couronne de France fut dévolue au fils aîné de nos rois , ou à leur plus
proche heritier du coté de mâles j mais il paroît que les comtes de Tou-
loule fuivirent l’exemple de la famille royale avant le régné de Hugues
Capct, 8c que les cadets n’eurent qu’un fimple appanage avec cependant le
titre de comte. Enfin la fucceiïion héréditaire étoit fi bien établie dans les
An. 975.
grands fiefs dès le régné de Charles le Simple , que depuis ce tems-là les
filles des ducs, des comtes, 8c des vicomtes iucccdcrcnt à leurs proches au
défaut de mâles , & transférèrent leur domaine dans la maiion de leurs maris j .
ce qui contribua beaucoup à l’aggrandiilement dediveriés maifbns qui uni¬
rent ainfi pluiieurs comtez ou vicomtez à leurs domaines.
Nos comtes1 tinrent differens plaids dans la province au X. fiée le , & ren- xcvnr.
dirent par conféquent la juftice par eux-mêmes. Ils fe b déchargèrent auifi ]uitioe,mids.
quelquefois de ce foin fur leurs vicomtes ou lieutenans, avant que ceux-ci ^s&difièren-
euflènt ufurpé les droits régaliens dans l’étendue de leur vicomté. Les vicom- tcsioix<ians J*
tes rendirent alors la juftice de leur chef, & préfiderent aux plaids dans leur
domaine. Enfin les uns &: les autres confieront l’exercice de leur juftice à leurs Romain.
vicaires ou viguiers , à qui ils l’infeoderent , enfbrrc que la plupart de ces >l rf •'<>>&
vigucries devinrent par là héréditaires 8c de véritables fiefs. Les évêques c b/«^. s.&s6-
rendirent aufll quelquefois la juftice au X. ficelé , 8c tinrent des plaids en qua- cPrf.^9.97.
lité de feigneurs temporels. On trouve même dans ce tems-là <! des com reliés Viv'.j».>7. ij».
& des vicomtcfTcs qui préfidoient aux plaids 8c tenoient des aïïîflés } ce qu’elles M»t. h$.
faifoient fur tout lorfqu’aprcs la mort des comtes ou des vicomtes leurs
maris, elles avoient l’adminiftration& le gouvernement de leur domainepen-
dant la minorité de leurs en fans , ou même après leur majorité ; car il arri-
voit ordinairement que les comtes 8c les vicomtes lailîbient à leurs femmes
cette administration pendant toute leur vie, 8c tant qu’elles demeuroient veuves.
La province étoit encore habitée dans ce lieclcpar difFércns peuples diftinguez
entr’eux , fçavoir les Romains, les Gots, 8c les François, 8c chacun de ces
peuples fui voit c la loi qui lui croit propre ; c’elt ce qu’on voit dans divers c Pr.tae.g9.
plaids tenus dans le pais ou aux environs en 9 r 8.93 y8c 968. & oùa/Iiftercnt des R" $ d‘dtrt-
juges de la loi Romaine , de la Gothique , g!~ de la Salique ou Françoifè. Ces aétes , F'""
& quelques autres * prouvent que la loi Romaine fut en ufiige dans le Langue- f v. Pr.p.ss.
doc pendant tout ce ficelé , du moins pour les anciens habitans du païs qui
fe conformoient au code Theodoficn g , comme il eft marqué exprcfîement s.iujn'ur.
dans une charte 11 de Louis l’Aveugle roi de Provence de l’an 894. Quanta
la loi Gothique , il y a des preuves ' qu’elle étoit encore en vigueur dans la
province à la fin du X. ficelé, ou au commencement du fuivant. Delà vient fno.
fans doute qu’on y confcrvoit encore alors l’ufige de dater k quelquefois
les chartes fuivant l’ére efpagnole. i r>-.p.u9.
Les Romains , les Gots 8c les François d’origine qui habitoient la province , £
y furent donc encore diftinguez entr’eux pendant la féconde race de nos rois ;
mais il paroît que depuis le commencement de la troifiéme ces trois peuples
fê mêlèrent 8c fe confondirent pour n’en faire qu’un feul , qui ne fui vit que
la feule loi romaine , à quelques ufâges particuliers 1 près , qui s’introduifirent 1 v.vaur.iin
dans chaque canton, ou qu’on retint des loix barbares. Tel fut, par exemple,
celui du duel permis m alors par les loix aux parties, au défaut de preuves.
Les ducs 8c les comtes s’étant arrogez une autorité dcfpotique, n’épargne- 'Txcix°i’
rent guercs les privilèges des anciennes villes municipales delà province qui villes mum'ei-
leur etoien: foumifes. Il paroît cependant que la plupart des habitans de ces pa,ut"
villes & des autres du païs confèrvercnt leur liberté 5 au lieu que les
gens de la campagne étoient alors n prefque tous ferfs ou efclaves de quel- vrrf}l^
que feigneur ccclefiaftiquc ou féculier : ilfèmble même que la ville dcNifmes &/
avoit des magiftrats municipaux au milieu du X. fiecle, comme nous l’avons
remarqué ailleurs.
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U
t 77S-
t Adtm. CmL
f.171.
C L»bb.btbliot.
n% HIST. GENERALE DE LANGUEDOC.
A n 07'ç Quant aux études , à la politique 8t au commerce, nous avons peu de mo-
*c_ } ’ numens qui puiflent nous en inftruirc en particulier : on fçait feulement en
Etudes, aflcm. general que la province fe reflèntit , ainfi que toutes les autres du royaume,
•biées.&c. ia barbarie qui régna au X. fiecle , durant lequel on négligea prefque entiè¬
rement les belles lettres. Durefteon y vit quelques évêques édifier l’églifè,
foit par la fainteté de leur vie , foit par leur zele pour l’obfervation des canons.
• GtpituUr. Il y eut même des feigneurs * féculiers qui s’intereflèrent pour procurer la
^tarme des a^,us qui s’étoient gliflez dans le clergé * 8c quoique la plupart
' “ ne fe fiflent pas fcrupule de pofleder ou d’envahir les biens des églilcs , ils
leur faifoient quelquefois des liberalitez fi grandes , qu’elles tenoient de la
profufion. Plufieurs d’entr’eux entreprirent divers pèlerinages qui étoient
alors fort b à la mode, furtout^ceux de Jerufalem, de faint Jacques en
Galice, 8c de faint Pierre de Rome. On appelloit alors c Romeus ceux qui alloienc
ainfi par dévotion dans cette derniere ville , 8c c’eft de làqu’eft dérivé le mot
Romieu , dont on fe fert encore dans le païs pouf défigner toute forte dé pèle¬
rins. Les feigneurs prenoient fouvent occafion des ceremonies publiques , com¬
me de la dédicace des églifes pour s’aff-mbler avec les évêques. Ils alfiflerent
auflï ordinairement avec les prélats aux divers conciles qui furent tenus dans le
Îiaïs , 8c dont les decrets émanèrent par conféquent de l’autorité des deux puif.
ances. Nous voyons enfin dans la province une troifiéme efpece d’afiemblée
au X. fiecle , dans les plaids generaux qu’on y tenoit quelquefois , 8c aufquels
fe trouvèrent les évêques, les abbez , les comtes, les vicomtes , 8cc.
A la fin de la fécondé race de nos rois , 8c au commencement de la troifiéme,
la France , ou cette partie de la monarchie , qui après la mort de Louis le
La Septimanie Débonnaire échût à Charles le Chauve & à les fuccclîeurs, 8c qui en compre-
£5^“ noit toute la partie occidentale , étoit • partagée en trois royaumes, fçavoir de
me. Langue Neuftrie ou de France, de Bourgogne 8c d’Aquitaine. La Septimanie ou Gothie,
romame. la Marche d’Efpagne 8c la Galcogne, étoient cenféesfairc partie de celui
f»r.i. i./Mto. d Aquitaine ; mais on donnoit louvent aulfi le titre de royaume a la première
à‘1‘1- ^ ^ qui renfermoit la Marche d’Efpagne, ainfi qu’on l’a vu ailleurs. Le refte de la
»jlmn. s54.W monarchie comprenoit l’ancien royaume de Lothaire ou d’Auftrafie , 8c ceux
de la Bourgogne Transjurane & de Provence, que des princes étrangers enva-
çàrm'/ijl'b*. dirent fur nos rois. On divifoit f aulfi à la fin du IX. fiecle la monarchie en France
f.tti^crjeq. Latine êc France Tudefque , par rapport aux différentes langues qu’on y par-
iuïAdann' > en^ort:e qu’on le lervoit de la Romaine ou d’un latin corrompu dans la
g ro'V.su. première qui renfermoit le Languedoc* 8c de l’Allemande dans l’autre. Il parole
Noiîkiiê li- <îuenos rois partaient encore cette derniere au g milieu du X. fiecle.
buté. Îcivim- On ne diftinguoit pas encore en France la nobleffe de l’ingénuité h à la fin du X.
df- p ' fiecle, 8c au commencement du fuivant. En effet , Adalberon * évêque de
i Aifibn' Laon dans fon poeme adrelfè au roi Robert , n’admet que deux conditions
en France, celle des nobles ou ingénus , parmi lefquels les uns , dont les armes
failoient le principal exercice , étoient plus qualifiez que les autres * 8C
Jm celle desferfs dans laquelle il comprend les marchands 8clesartifans.Ce prélac
t compcoitpar U trois ordres dans le royaume avec le clergé.
aÀ ênn . I04j*
^ Pr.p. ii|.
CT.
Difilioode la
Monarchie*
HISTOIRE
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HISTOIRE
GENERALE
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LANGUEDOC
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LIVRE TREIZIÈME.
I l’on trouve de l’obfcurité & de la fécherelïè dans - -
riiilboire de la province depuis le commencement du An. ?7îJ
X. ficelé, jufques vers la fin du fiiivant, on n’en trouve
guercs moins dans celle du relie du royaume par
le défaut d’hiltoriens * & ce n’efi: prefque que
par le fecours des chartes qu’on peut tirer quelque
connoifiânce de la plupart des évenemens arrivez
en France durant ce long intervalle. A cela on doit
ajouter que plufieursde ces chartes ne font pas datées,
& que les noms des familles n’étoient pas ou en ufage
ou bien établis pendant ce tems-Ià : ainfionne doit pas être furpris fi l’on a (i
fouvent recours aux conjectures. Nous avons cru cette ob/êrvation riecellàire
avant que de reprendre la fuite des faits depuis le partage que les deux bran¬
ches de la maifon de Touloufe firent vers la fin de l’an 975. de leur domaine,
qui comprenoit ou mediatement ou immédiatement prefque tout le Langue¬
doc , avec plufieurs pais de l’ Aquitaine*
tome II. P
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An. 977.
1.
ErmcngauJ
fils de M.uti. d
vicomte de
Naiboonc.luc
ccde aAymeri:
archcvéq c de
Cette v ile,
a?,*.» 30.6
J‘b
b M*rc.HîJp
114 HISTOIRE GENERALE
Le comté particulier de Narbonne endépendoit, comme il paroît entr’au-
trcs.par le teftament a d’Aymeric archevêque de cette ville qui mourut en
977. ôi. qui légua quelques domaines aux chanoines de la cathédrale , tant
pour le loulagenient de Ton ame , que de cilles du feu comte Pons, de Matfred
vicomte , dOdon vicomte , & de Richildc vicon-tefe , à condition qu’ils en em-
ployeroient le revenue commun pendant l’avent ôc le carême. Adélaïde vi-
comtellede Narbonne , & fes deux fils Ermengaud archevcque fuccejjcur d‘ Ay-
?neric,èc le vicomte Raymond, qui furent les exécuteurs teftamentaires de ce
prélat avec Udalgerius prince fon firere , Bernard furnommé Grummuticus , &
Geiro qualifié prince , fes neveux , Waltherius abbé de faintc Marie , ( qui eft -
fans doute l’abbaye de Notre-Dame de la Grallé,) Ermengaud furnom-
mc Vaffadellus , ôc deux autres feigneurs , délivreront le legs qu’il avoir
fait à la cathédrale de Narbonne par un acte daté du treizième Juin de
la même année. On doit conclure de ce que nous venons de dire, 1 ‘•'.que les
chanoines de cette cathédrale vivoient alors eh commun. 1“. Que l’ar¬
chevêque Aymcric mourut avant cette délivrance. 3°. Qu’il étoit d’une
naiflance diftinguée , puifquelbn frereêc fon neveu prenoient la qualité de
fr.nces. 40. Enfin qu’Ermengaud de Narbonne lui fucceda immédiatement ôc
qu’ainfi la foufeription de Guifred archevêque de cette ville qu’on voit b
dans deux actes, l’un de l’an 977. ôc l’autre de l’an 979. cil pollcrieure de
plufieurs années. Francon évêque de Carcailonne foukiivit celui des exécu¬
teurs relia montai rcs de l’archevêque Aymcric. Bernard neveu de ce dernier
qualifié ürammaticus dans le corps de l’acte, prend dans la loufcription la qua.
Eté de Filoqramus , ce qui nous fait comprendre qu’il etoit ecolatre de l’eglile
Narbonne. Au relie , comme on a déjà vù, que Matfed vicomte de cette
ville dcllinoic fon fils Ermengaud à l\pi (copat dés l’an 966 il cil allez vrai-
fcmblable qu’il avoic pris dés lors des mefures pour lui procurer l’archevêché
de Narbonne apres la mort d’Aymeric. Et en effet, outre que les grands
vaflâux s’etoient déjà emparez dans ce fiecle de la nomination aux évechez ,
nous verrons ailleurs que les vicomces de Narbonne avoient la meilleure
part à l’élection des archevêques de cette ville au commencement du lui-
vant.
I». Adélaïde vicomrcfiè de Narbonne, veuve de Matfred, fit un tcllumcnc
P'emicr tcha- c Jc a Octobre de la même année. Elle nomme fept exécuteurs tcllamen-
tnnitü Adclni- . . -, . . or» , 1
de viconmiic taires. cntr autres Ermengaud archevcque, oc Raymond vicomte de cette
de Naii-onne^ villê les ifils. j clic donne au premier les alleus qu elle pojedoit entre les rivières
de B iaur & dt S eron en Albigeois, ce qui cil conforme au tcltament qu’elle
dV. 117. Scie vicomte Matfred fon mari avoient fait 011966. Elle lui lailîc de plus fes
coupes d’or avec la moitié des fruits des terres de Florcnfac Ôc de Nebian ,
êcc. Elle difpofe en faveur de l’autre du village de Colombier dans le diocèle
de Béziers, d’un bailïn 2c de deux chandeliers d’argent , de la moitié des reve¬
nus de Narbonne , êcc. Elle rélerve l’autre moitié , avec plufieurs domaines
pour la dotation d’un monaftere dont elle avoit fait commencer le bâtiment
au delTous de cette ville , fous le nom de faint Sauveur, de auquel elle de-
ftinoit pour abbeflè fa fille , dont elle ne marque pas le nom -, nous appre-
c Srf.117. nons d’ailleurs qu’elle s’appclloit Trudgardc c . La vicomrelle Adélaïde
recommande enluice à les lœurs Arfindc , Ermclïinde ôc Garfinde ,6c à lacom-
teffe Arfindc , d’achever de conllruire le monaftere de faint Sauveur. Elle
donne aux trois premières les terres qu’elle polledoit à Vcdillan, Tolminn,
ôc Armifian dans le Narbonnois, pour en jouir pendant leur vie, avec fubfti-
tution apres leur mort en faveur du même monaftere de faint Sauveur fi le
bâtiment étoit achevé * finon elle fubftitue ces terres à divcrlcs égliies.
Il y a lieu de croire que le deflein qu’avoit la vicomtelî'e Adélaïde de fonder
l’abbaye de faint Sauveur auprès de Narbonne n’eut pas fon execution ; car
i®. Elle ne dit pas un mot de ce monaftere dans un autre teftament qu’elle
(?r. p. M7. £c f j j _ ans après. i°. Suivant un acle s daté du mois d’Oclobre de la 1*1.
fn-rhivJtU année du régné de Hugues Capct, ou de l’an 989.» Ermclfinde furnommée
cathMe di „ panne , donne à la cathédrale de Narbonne la troificmc partie du village
» de Yedillan dans le comté de Narbonne , <ÿ* la troifeme partie de l'é^Ufe , des
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DE LANGUEDOC. Liv. XIÎT. ixj _ 4
dixmes , des prémices ^ & de tout L'honneur ecclejî.tfiique , avec defenfe à cout« A N. 377.
évêque , vicomte , &c. de s’en emparer , & permillion dans ce cas là au comte «
Roger & x fes deux fils de les revendiquer moyennant cent iols qu’ils don- u
ncroient aux chanoines. » Or comme la vicomcefle Adélaïde donne à la
cathédrale de Narbonne le lieu de Vedillan apres la mort de les fœurs, en
cas que le monaftere de faint Sauveur ne fut pas achevé ; il s’eniuit qu’Ermelfin-
defafœur n’eft pas differente de celle qui donna le lieu deVedillan au cha¬
pitre de Narbonne en 989. & qu’ainfi le bâtiment du monaftere de faine Sau¬
veur demeura imparfait.
Adélaïde fit plufieurs legs3 en faveur des chanoines de la cathédrale de i».
faint Juft,& de ceux de l’abbaye de faint Paul de Narbonne , & de differentes &***•
églifês ou monafteres de la province , fçavoir des abbayes de iaint Pons , de
faint Anian ou faint Chignan , de Caunes,de faint Laurent, & de Notre-
Dame de Quarante dans le dioccfe de N arbonne , des cathédrales de Car*
caiTonne & de Bcziers, des abbayes de la Grade, de Joncels,de faint Tiberi,
d’Aniane& de Vabres. Elle légué à la cathédrale d’Albi , à l’églife de laine
Salvi , fie à l’abbaye de faint Michel de Gaillac les fruits ou revenus des lieux
de Pouzols, d’Ourban, & de Corras , trois terres fituées dans l’Albigeois.
Elle donne enfin la liberté à quelques-uns de les fèrfs de l’un & de l’autre
fexe , & fait un legs à Ermengaud & Raymond iès fils &c les exécuteurs tefta-
mentaircs, à condition qu’ils donneroient un grand fei tin.
La comteffe Arfinde à qui la vicomteïlè de Narbonne recommande la con-
ftruch’on du monaftere de faint Sauveur , eft fans doute la même qu’ Ar¬
finde première femme de Guillaume Taillcfcr comte de Toulouie ,
laquelle devoir être par conféquent en vie en 977. Nous avons aulH
dans ce fiecle une autre comtefle de même nom, veuve en 9 5 9. d’Arnaud
comte de CarcaiTonne , mais il n’y a aucune preuve qu’elle ait vécu jufqu’en
977. & il n’en eft fait aucune mention apres l’an 960.
On trouve encore alors une troifiéme comtefle nommée Arfinde 5 c’eft la III.
première femme de Guillaume I. comte de Provence , lequel vers l’an 9 6 8 . fuc- p
céda dans ce comté avec Ion frère Rotbold , à Bozon II. leur pere. hxoTXxiy.
Guillaume I. & Arfinde fa femme firent donation • delà ville de Pertuisdans H-
le diocèfe d’Aix, à l’abbaye de Montmajour au mois de Juin de la XLII. c l‘r'h 1 i *'
année du régné de Conrad le Pacifique, c’eft-à-dire de l’an 979. Ce comte 979.
époufa Adélaïde en fécondés noces , dont il eut Guillaume II. qui confirma d KonML
cette donation, & y fouferivit dans la fuite avec fa mere.
Un moderne * paroît confondre cette dernicre avec la comtefle Adélaïde , 1 v-,
que Roger I. comte de CarcaiTonne avoir déjà époufée en 979. comme RoX^c^m^e
nous l’apprenons d’une donation f qu’ils firent alors avec Raymond leur fils, -'eCirc.iibone
du lieu de Corneillan à l’abbaye de faint Hilaire dans le diocèfe de Car-
cafTonne, dont Benoît étoit abbé. Parmi les fouferiptions de cet a&e on o/d.gaeT *
trouve celles d’un comte Arnaud fils d’ Adélaïde , &. de Pierre évêque 8c comte, Comtcs Je
qui félon les apparences étoient parens de Roger, & de la même maifon. w
Nous croyons g que le premier étoit comte de Comminges en partie , & fils
de Roger frere d’Arnaud comte de Carcaffonne* que c’eft de lui que def- gloir'xxn
cendent les comtes héréditaires de Comminges qui vivoient au XII. fiecle , Ls-c y;e?î. '
& que Pierre étoic' fon frere &. évêque de Conferans. Le refte du Commin¬
ges ctoic alors pofledé , partie par le même Roger I. comte de CarcaiTonne,
partie par Raymond fon frere , donc il eft fait mention en ditferens h actes du h Vr.p r54.
païs. Ce dernier eut un fils nommé Bernard , lequel lui fucceda dans la por- v Nor£'*'*
tion du Comminges qui lui étoit tombée en partage.
Roger I. comte de CarcafTonne fit deux ans après une nouvelle donation à - —
l’abbaye de faint Hilaire, en reconnoifTance du fecours qu’il reçut de ce faint 9&1-
dans un extrême péril où il fe trouva. Oliba Cabreta fils puîné de Miron
& petit-fils de V^ifred le Velu comtes de Barcelonne, prince naturellement
inquiet ôc querelleux , & maître 4 d’un grand domaine qui comprenoic les i aefinmir.
comcez de Befalu , de Berga , & de Cerdaigne au delà des Pyrénées , &
ceux de Fenouilledes , de Confiant & de Valefpirendeça de ces montagnes, p. "‘ii.
s’étoit rendu extrêmement redoutable à fes voiiins. Il eut entr’autres un diffé- yMJf-^s7>
Tome II. P ij
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HISTOIRE GENERALE
ÀN» 5>8i-. rend avec le comte Roger. On ignore le fujetde leur querelle, maisilparoît
que ce fut à l’occafion du comte de Rafez que leurs prédecelTeurs avoient
a v. e’-Mejjia poflèdé a anciennement en commun 6c qu’ils avoient partagé vers la fin du
4:xu.ms j. IX. fiecle. Peut-être qu’Oliba qui defcendoic en ligne droite des anciens
comtes de ce pais , difputa fa portion a Roger qui étoit d’une famille diffé-
rence. Qu0i qu'j] en f0ic ^ ie premier ayant déclaré b la guerre à l’autre *
jj s’avança^aans le païs à la tête d’une armée, & y fit le dégât. Roger de fon
5®1, côté s’étant mis en défenfe , marcha à la rencontre d’Oliba , qui l’attaqua le
premier avec autant de fierté que de valeur. Lecomte de Carcaflonne ne pou¬
vant foutenir le choc , 6c fe voyant fans relTource, eut recours alors à Dieu
& lui demanda la victoire par l’intercellion de faint Hilaire , en qui il avoit
une très-grande confiance. Il eut à peine achevé fa priere que ranimant fon
courage , & faifant un dernier effort pour repouflcr les ennemis , il les mit
en fuite, ôcles pourfuivit vivement. Il ramena enfuite fes troupes fur le champ
de bataille, 6c vit avec étonnement que parmi le grand nombre de morts
& de bleflèz qui étoient reftez fur la place * il n’y en avoit aucun des fiensv
On lui rapporta en même tems qu’on avoit apperçû faint Hilaire marcher
à la tête de fes troupes , & combattre en fa faveur : pénétré d’une vive recom-
ïioiflànce envers fon faint libérateur, il donna bientôt après à l'abbaye de
faint Hilaire plufieurs alleus fituez dans le Carcalfez , conjointement avec
Adélaïde fon époufe , Ôc Raymond ôc Bernard leurs fils , dont le dernier
n’étoit pas encore baptifé, ainfi qu’il eft marqué dans l’a&e daté du mois
d’Aoùt la XXVII. année de Lothaire. Roger y expofe le motif de fa dona¬
tion de la maniéré que nous venons de le rapporter * ôc anathematife enfuite*
fuivant le ftile & i’ufage du fiecle, tous ceux* /oit rois , [oit comtes , (oit évêques
ou abbez^t &c. qui ufurperoient les biens qu’il donnoit à ce monaftere. Il fit
cPr.f. Ui. quelque tems après un voyage de dévotion à Rome c avec Adélaïde fa femme*
& à ce qu’il paroît , Raymond fon fils * & s’étant adreffé au pape Benoît
VII. il obtint une bulle qui confirme cette donation.
V. Nous voïons que Roger eut auffi quelque démêlé avec Guillaume Taillefer
1-, comt^de “comte de Touloufe, ôc qu’il le vainquit d par l’interceffion de- faint Hilaire dans
touioufe&de une guerre qu’ils eurent enfemble * ce qui l’engagea à faire de nouvelles libera-
lirez au monaftere de ce faint évêque -. mais nous ignorons l’époque ôc
les circonftances de cet événement. Le comte de Touloufe s’etoit peut-être
ligué avec celui de Cerdàigne contre Roger , 6c celui-ci les aura attaquez &C
vaincus dans la même occafiom
Un habile e hiftorien eft perfuadé que Roger ÔC Oliba firent enfuite la paix*
êcque par leur traite le premier céda à l’autre le Capcir , qui faifoit alors
partie du comté de Rafez* ôc qui en dépendoit du moins à la fin du IX.
fïeclé. Il ajoute, ce qui eft fondé fur les anciens monumens, que le Capcir
fut depuis uni au comté de Cerdagne , ôc poflèdé par Oliba ôc fes fuccelïeurs.
On pourroit dire aufiî que Roger céda parie même traité à Oliba les païs de
Saut , de Donazan ôc de Pierre-Pertufe , qui anciennement éroient compris
F v cMJJm auffi dans le comté de Rafez * s’il ne paroilfoit 1 plus vraifcmblable que tous
Lxu. >.». ces domaines étoient déjà entrez dans la maifon de Barcelonne vers la fin du
IX. fiecle avec le comté de Fenouilledes ■> 6c que cette maifon , qui poflè-
doit auparavant par indivis , avec les comtes de Carcaflonne, l’ancien comté
de Rafez dont ces païs dépendoient alors, le partagea avec eux. Ce qu’il y a de
certain, c’eft qu’Onba qui avoit hérité du comté de Fenouilledes des comtes
gMM’c.Hif/’. de Barcelonne fes parens, tranfmit % avec ce comté, le Capcir, leDonazan,
f's°picii a. t. ôc les païs de Saut 6c de Pierre-pertufe à fes defeendans.
f. 41*- Au refte tous ces différons païs ont toujours fait partie du diocèfe deNar,
fr-b V*- tonne jufqu’au commencement du XIV. fiecle , que le comté de Fenouil¬
ledes , le Capcir , le Saut ôc le Donazan en furent féparez , pour compofèr
le nouveau diocèfe d’Alet dont ils dépendent encore aujourd’hui. Le
Capcir, ôc le Donazan font fituez fur les frontières d’Efpagne , ou du diocèfe
d’Urgcl * ôc font fournis aujourd’hui pour le temporel à l’intendance de
‘ Rouffillon.On parle le langage Catalan dans le premier qui a environ quatre
lieues d’étendue du Midy au Norc, ôc autant du Levant au Couchant, ôc
'Carcaflonne.
Le dernier fait
fa paix avec
Oliba Cabrera.
Atr.p.n t.
c V. Mûre, hifco
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DE LANGUEDOC. Liv. SclU
renferme «ne douzaine de Paroiffes. Le Donazaneft au Nord du Capcir, ôc -r-
a trois lieues d’étendue de chaque côte 5 il comprend neuf bourgs ou villa- 9 ° l*
ges. Le pais de Pierre-pertufe fituc fur les frontières de celui de Fenouille-
des , dépend encore aujourd’hui du diocèfe de Narbonne. Quant au pais de
Saut , il eft au Couchant de celui deFenouilledes, &au Nord du Capcir Ôc du
Donazan ; il a fix lieues du Couchant au Levant ,& deux du Midy au Nord,
■& comprend i 8. paroilîes. II fait partie du Languedoc», de même que celui de
Pierre-pertufe, Sc a eu autrefois des vicomtes.
Oliba Cabreta répara quelques années après d’une maniéré bien édifiante oliba Cabré»
•le fcandale qu’il avoit donné tant par les défordres de fa vie, que par l’abus prend rhabic
de fon autorité. L'abbaye-1 de Cuxa fituée dans le comté de Confiant , por-
tion du diocèfe d’Elne , qui étoit du domaine de ce prince , avoit acquis Partage defc*
alors une fi grande réputation de régularité fous le gouvernement de l’abbé ^°'^‘acsai[X*
Guarin,dont on a déjà parlé ailleurs , que plufieurs illuftres perfonnages \p,'tr.Dam.
Létoient venus d’Italie le ranger fous fa difeipline. Les principaux furent vit. s.Komuti.
célébré faint Romuald , qui fonda dans la fuite l’ordre des Camaldules , ‘x.^br.^loi.
le B. Pierre Urfeole duc deVcnife, Marin & Jean Gradcnigo, lefquels vécu- &j‘i .
rent pendant quelques années auprès de Guarin , dans la retraite &la pra. sltmfjkTr.
tique de toutes les vertus chrétiennes Bc religieufes. Le comte Oliba touché ». %7 fa.
de leur exemple, fut un jour vifiter faint Romuald dans fa cellule, Bc lui
raconta en particulier, & comme en confeffion, toute les actions de fa vie.
Le faint incapable de flatter les pécheurs dans leurs crimes , lui dit nette¬
ment, qu’il n’y avoit de falut à efperer pour lui qu’en abandonnant le
monde, &en le retirant dans un cloître pour y faire penitence. Lecomte
furpris d’une décifion qui lui parut trop fevére , répliqua que jamais fes con-
•fefleurs ne lui avoient parlé de cecte manière ; Bc ayant fait entrer dans la
cellule quelques évêques Bc abbez qui l’avoient accompagné , il leur propofa
l'avis que faint Romuald venoit de lui donner 5 ils l’approuvèrent tous d'un
•commun accord, 5c avouèrent que la crainte feule les avoit empêchez de
luiparlcraveclamcmcliberté. Oliba après les avoir Fait retirer, convint avec
le faint qu’il iroit au Mont-Calfin fous prétexte de pèlerinage , 5c qu’il s’y con-
lâcreroit à Dieu par la profcflîon monaftique.
Saint Romuald ayant été obligé bientôt après de repaffer en Italie pour
ïoutenir la converfion de fon pere, qui après avoir abandonné le ficelé t
étoit prêt à s’y rengager, confia la conduite du comte de Cerdaigne à l’abbé
'Guarin , à Marin -, Bc à Jean Gradenigo qui accompagnèrent ce prince au delà
des Alpes. Pierre Urfeole étoit alors déjà mort à Cuxa en odeur de fainteté.
Oliba ayant mis ordre à fes affaires , Bc cédé fes biens Bc fes dignitez à fes
fils, fe mit en chemin en 988. b fuivi de quinze mulets chargez de ce qu’il
avoit. de plus précieux. A fon arrivée au Mont-Caffin il congédia tous fes
gens Bc embrafla l’état monaftique dans ce célébré monaftere, où il mourut
en c 990. Il laifla quatre fils d’Ermengarde fa femme, qui après fa retraite
eut l’adminiftration de fes domaines. Berenger 4 qui paroît avoir été l’aîné,
fucceda vers l’an 990. à Suniarius dans l’évêché d’Elne , Bc mourut au corn- & '%oTB ibid
mencement du XI. fiecic. Bernard « le fécond fit la branche des comtes de <m-
Befalu , Bc eut en partage le comté de ce nom fitué dans le diocèfe de Gi- M
Tonne, celui de Valefpir dans le diocèfe d’Elne, Bc enfin celui deFenouille¬
des avec les pais de Saut, Bc de Pierre-pertufe dans le diocèfe de Narbonne.
Oliba qui étoit le troifiéme prit d’abord la qualité de comte , Si fi nous en
croyons un moderne f, il fucceda à fon pere dans les comtez de Termes (Btije.c*rc»jf.
Bc deFenouilledes *, mais outre qu’il eft certain que ce dernier comté fut dù t-ü'&M’
domaine de Bernard fon frere , ort n’a aucune preuve que le Termenois ait
jamais eu titre de comté , Bc qu’il ait appartenu à Oliba Cabreta , ou à fa
pofterité. D’ailleurs tout ce que cet auteur rapporte eft fi embrouillé, fi rem¬
pli de fables, d’anachronifmes Bc de conjectures hazardées, qu’on n*y peut
faire aucun fonds. Ce qu’il y a de vrai, c’cft qu’Olibag, fils d’Oliba Ca-
bretta, prit l’habit monaftique dans l’abbaye de Riupoll , Bc qu’en 1009.
il fut élû abbé de ce monaftere qui étoit alors fort célébré. On y pofledoit
entr’autres reliques celles de S. Audalde martyr , qui y avoient été transferées J
b NOTE
xxvu.
c G e fl. c omit.
g Mdre. Hiff.
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ïlS
HISTOIRE GENERALE
An. 981. dudiocéfè de Touloufe fous le régné du roi Lochaire. Oliba fut auffiélûla
* v.NQT&iiu. même année abbé de Cuxa , & en 1019. évêque* d’Aulonnc ou de Vie
dans la Marche d’Efpagne. Il conferva cet évêché avec ces deux abbayes
donc il fut véritablement le pere , jul'qu’à là mort arrivée en io47.Guifred
b Sfiicii.tt.g. ou v^ifred le dernier des fils d’Oliba j Cabreta, a donné l’origine aux comtes
Mi*- /'?• Cerdaigne : il eut en partage le comté de ce nom , dans le diocèfe
d’Urgel, avec leCapcir ôc le Donazan en deçà des Pyrénées. Il eut outre
cela le comté de Berga , qui dépendoit du diocèle d’Aufonne , & le
comté de Cônflant dans celui d’Elne. Ermengarde mere de ces princes , avoit
encore fans doute en 994. l’adminiftration de tous leurs domaines ; car elle
eMért.Hifp. préfida alors à un plaid tenuc dans le Valefpir , avec Berengerêvêque d’Elne
fon ■> Tote fa bru femme de Bernard comte de Belalu , le vicomte
9. Oliba, & les autres feigneurs du pa is fes vajfaux. Enfin la même Ermengarde
& le comte Bernard ion fils, firent une donation la VI. année du régné du
roy Hugues Capet en faveur de l’abbaye de faint Martin de Lez dans le païs
de Fenouillcdes. Nous avons crû devoir entrer dans ce détail pour faire
connoître les defeendans d’Oliba Cabreta, qui outre qu’ils étendirent leur
domaine dans la province , eurent part dans la fuite à divers évenemens de
noftre hiftoire.
vlt. Le roi Lothaire fit un voyage en Auvergne en 981. ayec la reine Emme
le roi Lotfeai- fa femme, comme il paroît par la date de deux diplômes 1 qu’il accorda
Auveièjne^ " âl°rs e0 faVeur des abbayes de faint Pierre de Rofes & de Riupoll dans la
Troubles de ce Marche d’Efpagne. Le mariage du jeune Louis fon fils , qu’il avoit affocié
PÜ1 _ au thrône trois ans auparavant , & qui époufa e vers ce tems-là Blanche
98*. fille d’un feigneur ou comte d’Aquitaine, fut peut-être le motif principal de
àMw-t+tp. ce voyage. Lothaire peut aufli y avoir été engagé par quelques troubles
4>e aVmxlî. qui s’eleverent alors , à ce qu’il paroît, en Auvergne. Nous apprenons en effet
f.K,7. d’une f lettre du fameux Gerbert écrite vers ce tems-là à Gcraud abbé d’Au,
i GnLrupip. rillac, qu’un feigneur nommé Hugues Raymundt , ou fils de Raymond , avoit
5j. 1 fait quelque encreprife fur ce pais.
Cet Hugues pourroit bien n’ètre pas différent d’Hugues fils de Raymond
comte de Rouergue de la maifon de Touloufe , qui depuis la mort de
Raymond Pons avoit été dépouillée du comté d’Auvergne. Or comme ce
xwi>. N0TE comCc entra g vers ce tems-là dans la maifon des vicomtes de Clermont ,
il paroît aflez vraifemblable queles Auvergnats fecouerent le joug des comtes
de Poitiers, aufquels Louis d’Outremer les avoit aflujcttis, & qu’ils recon¬
nurent alors de nouveau les princes de la maifon de Touloufe pour leurs fei¬
gneurs, jufqu’à ce qu’enfin ceux-ci donnèrent en fief le comté d’Auvergne
aux vicomtes de Clermont, du confentement de Lothaire , qui fe fera rendu
ainfi dans le païs pour le pacifier.
Raymond I. comte de Rouergue h eut un fils , un frere & un neveu nom-
comte dc Tou. mez Hugues. Nous conjecturons que les vicomtes de Comborn dans le Li¬
fo1*1'' s’empare moufin tirent leur origine du dernier , & que c’efl: de lui qu’a voulu parler
Bealbeu^oam un hiftorien * contemporain , quand il a dit qp’ Hugues , l'un des principaux
le Limonfin & feigneurs d' Aquitaine acquit par le droit de la guerre L’abbaye de Beaulieu dans
ficf!°‘,De CB le bas Limoufin, dont Guillaume Taillefer comte de Touloufe s’étoit em-
bf'.NOTE vm paré , fuivant les actes k du concile de Limoges de l’an 1031.
w.+o. -v ffq. On a déjà remarqué que dans le X. fiecle les grands vaflàux, fous prétexte
aibton.Ac7.ss. de patronat, fe rendirent maîtres delà nomination aux evechez & aux abbayes,
*ri s. Ben. [te qu’ils regard oient comme des fiefs mouvans de leur domaine qu’ils exer-
VkcomiUt!s. cerent fur les monafteres une autorité defpotique en qualité d’abbez laïques.
M»s- Guillaume Taillefer comte de Touloufe ne fut pas plus religieux en cela que
les autres princes de fontenis ; &foit qu’il prétendît quelque droic fur l’ab¬
baye de Beaulieu fituée vers les frontières duQuercidontil poflèdoit le comté,
& à laquelle fes ancêtres avoient fait du bien , loit pour quelqu’autre raifon
que nous ignorons, il s’en faifit à main-armée, & la donna en bénéfice au
comte de Périgord, qui la donna lui-même à Hugues vicomte de Comborn;
«nforte que ce dernier la tint en arriere-fief du comte de Touloufe.
1 Aim.ibid. Ce vicomte eut un fils 1 appellé Bernard , qui après avoir pris l’habic
vm.
Guillaume
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DE LANGUEDOC. Lrr. XIII.
119
l
a V Mab. ad
/vw kS > .rj.j ('
y. NOTE i«id%
IX.
Evcqucs de
GarCJilùuûc.
9S4.
X.
Raymond II.
coince de
Roucrgue &
monaftîque dans l’abbaye de Solignac en Limoufin , alla dans celle de Fleuri An. 981
far Loire pour y étudier les belles lettres fous la difeipline du célébré Abbon
ui en fut depuis abbé. Le vicomte Hugues rappelia quelque teins après
on fils Bernard, lui procura l’abbaye de Solignac, Sc enfin vers l’an 983.
celle de Beaulieu a , qu’il avoir obtenue du comte de Périgord } ce qui
nous donne à peu près l’époque de I’ufurpation de cette derniere par Guil¬
laume Taillefer.
Roger I. comte de Carcafionne traita plus favorablement celle de /aine
Hilaire, à laquelle il lailHi une entière liberté pour l’élection de les abbez,
& qu’il combla de biens. Il lui donna entr’autres le lieu de Corneille, où il
fit bâtir une églilc qu’Aymeric évêque de Carcallonnc confiera à fa prière,
de fa femme Adélaïde, Sc de les fils Raymond & Bernard, le premier de No¬
vembre de ü l'an ç S 4 . la fécondé année de fon ordination. Ce prélat fuccedadonc hf ,Tt‘
au plùtard en 983.3 Francon évêque de Carcalîbnne fon prédecelfcur. ff' —
Il paroît que le même Roger , Sc les autres fugueurs de la province mar¬
chèrent vers ce tcms-là au lècours de Borrel comte de Barcelonne, occupé
alors à fourenir la guerre contre les Sarafins, qui le défirent dans une bataille
rangée, affiegerent fa capitale, Sc la prirent ■ en 985. Nous fçavons a du marquis Je
moins que Raymond IL comte de Roucrgue Sc marquis de Gothie porta les fettcB
armes contre ces inhdelles , qu il les battit dans une occahon , Sc qu en trcjc> salins,
mémoire de fa victoire il fit prefent des riches dépouilles qu’il remporta Louis v. fiicce-
alors fur eux , à l’abbaye de Conques. Cette guerre engagea peut- tiuficibnpere.
être le roi Lothaire à venir la même année en Aquitaine, Sc à s’avan- d-urcaup.
cerc jufqu’à Limoges ; car il cft allez vrailêmblable que Borrel lui demanda M" &'*i.
du fecours. On pourroit croire aulîi que Lothaire paila alors la Loire dans 9^5.
le deflein de ramener fon fils ’. La reine Blanche, femme de ce jeune prince, <1 Prp.t.
laquelle ne l’aimoit pas, lui avoir perluadé d’aller avec elle voir fes parens,
Sc elle l’avoit enfuite abandonné pour le retirer chez eux. Quoi qu’il en de m. s. sur.
foit , le roi Lothaire peu de tems après fon retour en France mourut le “flfVf
1. de Mars de l’an 9 S 6. Ce prince digne d’un meilleur ficelé auroit fait hon- — Lé ’Jllf
neur au throne, fi la France eue été moins divilee par les factions Sc l’am- 986.
bition des grands. Il ne tint pas à lui qu’il ne réunît à la couronne toutes
les differentes parties de la monarchie qui en avoient été féparées , Se que la
foibleilè du gouvernement avoit laillé ufurper lous les régnes précédons. Il
m’omit rien entr’autres pour remettre fous fon obciffance l’ancien royaume
de Lothaire, mais g il lé vit obligé de le céder en bénéfice , ou en fief, aux g Uucb.to.u
rois de Germanie. p.a*.&{ttj.
Ce prince eut pour fiicceffeur Louis fon fils , qu’il avoit affocié authrône . xi-
depuis fept ans , Sc à qui quelques-uns de nos hilloriens' ont donné le fur- f0*j" dr.\le dé
1 ^ • r • . _ rr* i _ t_ . • _ _ i i ~ i' _ \ ... .
qu’on lui a donné un fcmblable furnom. On voit d’ailleurs qu’il fe mit en h c',mu,mc cn
état démarchera la tête d’une armée au lecours de Borrel comte de Barce- en Un^u-doc.
lonne dans la guerre que ce dernier foutenoit contre les Sarafins. Ses nouvelles
brouilleries avec la reine Blanche fon époufe, qu’il reprit, ne contribueront 71‘
pas peu à abréger fes jours, & on prétend » qu’elle l’empoilbnna. Il mourut i Ajcw, Cab.
fans enfans le 11. de May de l’an 987. âgé d’environ vingt ans. p-u. 7.
Sa mort caufa une grande révolution dans le royaume. Charles duc de la - - é"""‘
balle Lorraine fon oncle paternel , qui dévoie naturellement lui luccedcr , 9b7*
tâcha de s’alfurcr la couronne : mais Hugues Capet duc de France, Se petit
neveu d’Eudes, qui un fiecle auparavant avoit été élu roi de France , la lui
difputa, Sc fut allez heureux pour gagner à fonparti la plupart des feigneurs
des provinces fituées à la droite de la Loire, qui l’élurent roi de France à
Noyon , Sc le firent couronner à Reims le 3. de Juillet de l’an 987. Il ne
paroît pas qu’aucun des prélats 6c des grands vallaux des provinces méridio¬
nales ait concouru à fon élection -, 6c c’eft fans fondement qu’on allure k k Toeod.hijU*
que Gui évêque du Puy y affifta. Nous voyons au contraire que tous ces
feigneurs furent d’abord favorables à Charles fon compétiteur , ou qu’ils de¬
meurèrent du moins dans la neutralité.
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An. 988
« Ad/m. Cri,
*bid%
b V.TrocLchron.
f.bi?.
cVir.S.Genulph.
Duch, to% 3.. p»
46S*
d Btjîy, Voit.p.
ttl.&W-
cBxluz. hifi.
Tdtti.p.tfi.
* Spcraorc Ca-
rolo rc^c.
f Dan. hifi. dt
Jr.to.l.p.y? ÿ.
ftMri.xd ann.
947.tf.94.
Xlf.
Vous comte
d' Albigeois
frère dt Guil¬
laume Taille»
fîr comte de
Touloufe.
h NOTB VllU
nn.
i Yr.p. 141.
S Pr.p.uu
V.SOTE ibii.
* Vicorum
K-.cojjin.
1 Prp. 15?.
m LribMl.
to.1.9 fit j,
* Piiviguus.
ntr.fMh
,*> HISTOIRE GENERALE
. 'Guillaume IV. comte de Poitiers ôc duc d‘ Aquitaine, furnommé Fier i
bras , fut un des principaux qui refuferent de fe foumettre à Hugues Capet.
Un ancien hiftorien a prétend que le* dernier aüfli-tôt après fon éle&ion ,
déclara la guerre à ce duc , ôc vint alfieger Poitiers j que le fiege traînant
en longueur il le leva 3 que s’étant mis en chemin pour retourner en France,
Guillaume fe mit à fa pourfuite d à. la tête des Aquitains 3 & qu’enfin les deux
armées s’étant rencontrées vers les bords de la Loire , le duc fut entièrement
défait ôc obligé de demander la paix à Hugues : mais il a confondu cette
expédition avec une femblable qu’Hugues le Grand , pere de Hugues Capet,
entreprit ben 955. contre Guillaume Tête-d’Etoupes comte de Poitiers.
Quoi qu’il en foit , il eft certain c que Guillaume Fier à bras , refufa d’abord
l’obéiilance à Hugues Capet 5 que celui-ci entra dans le Poitou à la tête
d’une armée pour l’obliger à fe foumettre, 6c que ce duc le reconnut enfin d
ôclui étoit déjà fournis en 989. ou 990.
La date de quelques chartes du Limoufin dont Guillaume poflèdoit le
comté particulier , pourroit cependant nous faire croire qu’il ne fe fournit
pas fitôt à Hugues. L’une de ces chartes eft datée e du mois de Septembre
régnant le roi Hugues , & dans 1‘ attente de Charles. Une autre e[l du mois de
Mars la fécondé année de Charles ; 6c une troifiéme du mois de Janvier la V.
année qu'on efperoit d'avoir Charles four roi * 3 mais comme ces actes regar¬
dent quelques vaflàux d’Archambaud I. du nom vicomte de Comborn , ils
prouvent feulement que ce feigneur ne reconnoifloit pas Hugues : ainfi c’eft
làns le moindre fondement qu’un hiftorien f moderne a avancé , • « qu’on
»ne voit pas qu’après la foumiflion de Guillaume Fiera bras à Hugues Capet
aucun feigneur au delà de la Loire ait pris le parti de Charles. « Il eft d’aiL
leurs certain g qu’en 1009. on reconnoiftoit encore dans le Limoufin les fils
de ce dernier prince.
Guillaume Taillefer comte de Touloufe & Raymond IL comte de Rouer-
gue fon coufin , qui dominoient prefque fur tout le Languedoc , ne fe pref.
lerent pas aufïï de fe foumettre à Hugues Capet 3 6c il paroît, comme
nous le verrons plus bas , que le premier fe iéclara en faveur de Charles
compétiteur de ce prince.
Pons à qui le même Taillefer fon frere puîné avoit h cédé le comté d’ Al¬
bigeois, ne reconnut pas non plus Hugues Capet les premières années du
régné de ce prince , comme l’on voit par une ‘ lettre de franchife ou de fau-
vegarde qu’il accorda à l’évêque ôc au chapitre d’Albi , au mois de Septem¬
bre , le T4. jouf de la Lune , le roi Lothaire étant mort , la IJ. année que Louis
fen fils commença de régner : ce qui fait voir qu’au mois de Septembre de l’an
987.cn continuoif de dater en Albigeois par les années du régné de Louis
V. quoique ce prince fut mort depuis quatre mois , ôc que Hugues Capet
eût été déjà élu en fa place.
Pons prend la k qualité de comte d’Albi dans une autre donation qu’il fit
vers le commencement de la même année en faveur d’Amelius évêque de
cette ville 6c des chanoines de fa cathédrale , du village 6c de l’églife
des SS. Amarand 6c Eugène de Vioux. Cette églife étoit alors deflèrvic par
un abbé nommé Benoît , un prévôt ôc des chanoines , qui étoient fournis à
ce même évêque ôc à fon chapitre. Le comte Pons fit donation aux derniers
par cet acte de differentes terres 3 6c par les lettres de fauvegarde dont on
a déjà parlé, il leur donna , de l'avis du vicomte Ifam & de fes autres vaffdux*t
la juftice du même lieu de Vioux dont il avoir fait marquer les limites par
des croix.
Pons frere de Guillaume Taillefer comte de Touloufe , poffedoit donc le
comté d’Albigeois en 987. 6c il devoir l’occuper depuis quelques années 3 car
ce pais étoit déjà gouverné par 1 un comte particulier fous le régné de Lo-
thaire. Nous apprenons d’ailleurs que Pons fut marié111, ôc qu’Artaud fon *
beau-fils , que fa femme avoit eu d’un premier mariage , le furprit ôc l’aflàflina.
Ce prince mourut apparemment fans pofterité , puiique Guillaume Taillefer
fon frere fe qualifioit comte d’Albi au “ commencement du XI. fiecle. Ainfi
celui-ci aura réuni l’Albigeois à fon domaine après cet événement tragique.
- Quant
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DE L A N G U E D O C. Liv.XIM. *1
Quant au vicomte Ifarn par le con/èil duquel le comte Pons accorda des ^ N 987.
lettres de fàuvegarde au lieu de Vioux en Albigeois, nous ne doutons pas qu’il Xl 1.
ne le fut de Lautrec, & le même que le vicomte de ce nom dont Garfinde vicom'ts fi
comtellè * de Touloufe fait mention dans le tcftament qu’elle fît vers l’an
974. car r°. il n’y avoir alors dans l’Albigeois que cette vicomte , & celle icvèchc j'Aibj
d’Albi ou d’Ambialet : or cette derniere appartenoit dans le même tems à ^Ul de Nu*
*>AtonII. Ifarn dévoie donc occuper l’autre. 1 9. Nous verrons dans la fuite 4 tr.p.ns.
le nom d’Ifarn fe perpétuer fuivant l’ufige de ces fieclcs dans la maifon des^K NoTi
vicomtes de Lautrec. j°. Nous avons un acte c fans date par lequel Frotaire cprp.i)9.&
évêque , fils d’Ermentrude, fait ferment à Ifarn fils de Rancarde , au lujetA*
du château de Lautrec qu’ils poflèdoicnt en commun , avec promefiè de n’y
nommer aucun châtelain fans le confentement l’un de l’autre , preuve qu’ils
étoient de la même famille. Auffi avoient-ils fait un accord, fuivant le même
acte, de fè fucceder en cas deprédecès, taht dans le château de la Bruguiere,
3ue dans divers autres domaines. Ce Frotaire évêque ne paroîc d pas différent i v. non
c l’évêque de Cahors de ce nom v décédé c en 990. Ce prélat , & le vicomte xf'f‘c7li
Ifarn étoient fans douce fils de Sicard vicomte de Lautrec qui vivoiten 940. fAU.
mais de différens lits , à moins que Frotaire n’ait été neveu d’Ifarn , ce qui
efl beaucoup plus probable. Ce dernier fut vraifemblablement perc du vicomte
Sicard , qui ledit fils d’Avierne , 6c qui fit un pareil ferment au même Fro¬
taire évêque fils d’Ermentrude , pour le château ou vicomté de Lautrec,
dont chacun poffêdoit une partie, par un aéte fqui n’eft pas daté, & qui m3-£
doit être anterieur à l’an 990. dans la fuppofition que Frotaire évêque de;‘î'
Cahors, eft le même que l’évèque de ce nom fils d’Ermentrude dont on vient de
évêque d’Albi avoir fuccedéen 987. à un autre Frotaire fils de Gau-
ciane , après que ce dernier eut été transféré g à l’cvêchc deNifmes, dont
Bernard II. occupoit encore le fiege au mois de Mars de l’an 986. Frotaire ;[î. *'7’ '
étoit déjà évêque de cette derniere ville au mois de Mars de l’annee fliivante,
fuivanc une charte datée régnant Notre Seigneur J. C. ou de la première an¬
née du régné de Hugues Capet. Il fut d’autant plus aifé à ce prélat de fe
procurer l’évêché de Nifines, qu’il étoit frere d’Aton II. vicomte de cette
ville , & que les comtes êc les vicomtes avoient alors la meilleure part dans
l’élection des évêques. Nous conjecturons qu’Amelius fon fuccefièur dans
l’évêché d’Albi , eft le même qu’Amelius neveu de Garfinde comtellè de
Touloufe dont on a parlé ailleurs.
Le pais d’ Albigeois ne fut pas le feul du Languedoc qui fit difficulté de recon- x 1 v.
noître Hugues Capet après fon élection ôc fon couronnement : les autres dio-
cèfes de la province qui étoient fous la domination de différons princes de la f„ur l oixif-
maifon de Touloufe lui refuferent également l’obeilfance. L’auteur b d’üne finctaH'Sucs
chronique abrégée des rois de France écrite dans le pais au XI. fiecle, s’ex- h Pr.'rf.i.fao.
prime en ces termes au fujet de ce roi , ôc de Robert fon fils: Louis V. étant
mort , Hugues Capet , qui auparavant avoit été duc , s'empara du gouvernement ,
(fi régna en France pendant dix ans. A près fa mort Robert fon fils régna , (fi fit
mettre en prifon Charles (fi [es fils qui étoient de la race de nos rois. Il paroît par¬
ia que ce chronographe regardoit Hugues Capet comme un ufurpateur. Mais
pour entrer dans un plus grand détail fur ce qui fe palfa après cette gran¬
de révolution , tant dans les pais fournis à la domination de la maifon des
comtes de Touloufe , que dans le refte de la province , nous commencerons
par le l^ouergue , que Raymond II. occupoit alors avec le marquifat de
Gochie.
Il y a lieu de croire qu’Hugues Capet n’étoit pas encore reconnu pour
roi dans le diocèfc de Rodez , ni dans celui de Lodeve au mois de Mai de
l’an 988. par la date de deux donations. L’une * qui elt du 1 1 . de ce mois , _ __
Dieu régnant , dans l’attente d’un roi , regarde l’ abbaye de Vabres, dans le . 9^*
premier diocèfe , ôc Bernard fon abbé * l’autre qui elt du u. du même mois,
Dieu régnant , (fi dans l’efperance d'un roi , fut faite k en faveur de l’abbaye de faint m*-
Guillem du Défère dans le dioccfe de Lodeve. Un feigneur de Roue r<mc fit
cette derniere donation en action de grâces de ce qu étant allé le jour des
T ome II.
parler.
Amclius
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112.
HISTOIRE GENERALE
An. 988. Rameaux dans l’églife de faint Guiilcm, pour demander à Dieu la grâce de
vaincre fon adverlaire dans un combat lingulier , il avoir été exaucé. Nous
avons encore deux autres actes qui prouvent qu’Hugues n’étoit pas reconnu
dans le diocèfe de Lodeve entre la fin de l’an 987. 8c le commencement de
itr.f.iso. l’année fuivante. Lepremier quieftune donation4 de S. Fulcrand évêque de
Lodeve, en faveur de la même abbaye de faint Guillem , eft daté du 1 j.
bBell.i».t.Tdr. de Novembre , Dieu régnant , & dans l‘attcnte d'un roi : 8c l’autre bell le tefta-
f&»rŸh‘v'di menc de ce prélat du 4. Février ,fous le gouvernement de J. C.& dans l'attente
ï igi.de Loievt. d'un roi.
xv. Ce dernier a&e, qui eft un monument de la pieté de Fulcrand , nous apprend
^Tcftamenrde pufage qu’il fit de l'on domaine , 8c qu’il le conlacra prelque entièrement à de
ivcqucdeTo. bonnes œuvres. Il legue plufieurs égliiês 8c pluficurs allcus dans le comté
dc»c. de Lodeve à l’abbaye de faint Sauveur qu’il avoit fondée dans cette ville ,
& qu’il mit fous la protection de Matfred évêque de Béziers , 8c des cha¬
noines de la cathédrale. Il veut que les moines jouillcnt en commun de tous
ces biens, 8c défend de les donner en fief à aucun feigneur. Il legue enfuite
des biens confiderables à fa cathédrale de faint Geniez, 8c à fes differens au¬
tels 5 c’cft-à-dire qu’il y fonda autant de chapelles. Il laillè entr’autres à cette
églile le château de Gibrct avec tout ce qu’il pofl'edoit à Vinadobre dans
la viguerie de Gignac , 8c pluficurs églil'es dont il le réferva l’adminiftration
pendant fa vie, 8c qu’il donna enfuite à Matfred evêque 8c à fon cha¬
pitre. Il fait des legs aux archidiacres , à divers chanoines 8c autres cccle-
fiaftiques de fon égïife , à condition pour quelques-uns, de donner U réfection
aux freres chanoines , certaines feftivitez de l’annee , le jour de Ion lacre 8c celui
de fa mort, 8c%de fournir alors le luminaire. 11 dèfignc à cet effet plufieurs
alleus, de l’adminiftration delqucls il charge l’evêquc Matfred 8c les chanoi¬
nes, avec défenfe à ce prélat, ou à quelque comte ou autre puillance que ce
foit, de donner ces biens en fief ou en alleu , voulant qu’après la mort du même
Matfred, tous ces allcus reviennent au profit commun des chanoines , à
condition qu’ils fatisferoient aux charitez dont il les charge.
Saint Fulcrand donne diverfes terres qu’il poffedoit dans le Rouergue à
l’abbaye de Joncels dans le diocèfe de Béziers , entr’autres un village qu’il
avoit acquis du vicomte Eledon ouEldenon,8c dont il laillè l’ulufruit à l’abbé
Etienne, avec défenfe de prêter ferment de fidelité à perfonne , c’eft-à-
dire de le prendre en fief d’aucun feigneur. Il charge cet abbé de célé¬
brer tous les ans fon anniverlâire, 8c de faire quelques charitez. Il legue en¬
fin divers autres biens qui lui appartenoient dans le pais de Nilmes , en¬
tr’autres la partie du château de Roquefeuil dont il avoit hérité de Bernard
fon coujîn , à l’abbaye de faint Pierre de Nant fituée fur les confins du Rouer¬
gue 8c du diocèfe de Lodeve. Il nomme pour les exécuteurs tcftamcntaircs
l’evêque Matfred , deux archidiacres de Ion églile, deux abbez , l’un nom¬
mé Angclmar, 8c l’autre Etienne , un chanoine & tous les autres freres qui
vivotent fous la réglé canoniale dans l'églife de Lodeve: preuve que la vie com¬
mune étoit dès lors en ufage dans cette cathédrale. Saint Fulcrand l’y avoit
fans doute introduite. Ce faint prélat donne pouvoir à lès exécuteurs tefta-
mentaires de diftribuer, à leur gré, aux évêques, aux chanoines , aux moi¬
nes, 8cc. fes meubles, fon argenterie, les ornemens, 8c tout l’argent mon-
noyé qu’on trouveroit chez lui le jour de fon décès. Ce teftament fut écrit
par l’abbé Etienne , 8c fouferit par Angclmar abbé , par le prévôt , un archi¬
diacre 8c onze chanoines de la cathédrale. Le premier étoit abbé/de Jon¬
cels, 8c l’autre de faint Sauveur de Lodeve.
xvi. . Quant à l’evêque Matfred dont laint Fulcrand fait mention fi fouvent
q uc de Bc zi ers* dans f°n teftament , cet acte nous fait comprendre qu’il avoit été dès
oefigne fucccf- lors élu pour fucceder à ce faint prélat dans l’évêché de Lodeve , qu’il poff
ïuicund k|Qt cn effct depuis ta mort de ce dernier, arrivée dix-huit ans après, con¬
jointement avec l’évêché de Beziers dont il étoit pourvu depuis Iong-tems.
Cela nous fait conjecturer qu’il étoit fils de quelque comte ou vicomte du
pais, lefquels félon l’ufage du fiecle, fe faifoient peu de fcrupule de s’em¬
parer des évêchcz, ÔC d’en faire pourvoir leurs fils ou leurs plus proches ,
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DE LANGUEDOC. Liv. XIII.
peut-être étoit-il de la maifon de Narbonne dans laquelle on trouve un vîcomce An. 9 8 8*
de ce nom au milieu du X. fiecle. Il fucceda dans l’évêché de Béziers à Bernard
qui vi voit encore en 981. là ce qu’on prétend4, mais c’eft fur l’autorité d’un a Ando^Bt».
acte b dont la date ne peut convenir qu’à l’an 977. Matfred pouvoir donc u
remplir le fiege épifcopal de Beziers dès l’an 980. car c’cft fans preuve
qu’on a avancé0 qu’il n’avoit été élu qu’en 991. & nous venons de voir en cAndoq.iM*
effet qu’il devoit l’être en 988. dans le tems du teftament de faint Fulcrand,
qui témoigne pour lui beaucoup de confédération , ce qui eft a fiez furpre-
nant- à moins que le faint prélat ne fut perfuadé qu’après fa mort Matfred
opteroit l’un des deux cvêchez , de Beziers ou de Lodeve , ce qu’il ne fit
pas. Audi l’illuftre prélat d qui a compofé l’hiftoire des évêques de Lodeve, àrUntav.u*
fes prcdeceflèurs , le traite- t-il d’ufurpateur 8c d’intrus. '’7Î*
On doit inferer de ce teftament que l’abbaye de faint Sauveur de Lodeve XVIÏ* ,
'j a',11 . , r . Fondation de
ctoic déjà fondée en 9 8 S. on prétend c meme qu elle avoir déjà un abbe en Abbaye de s.
98o. mais on n’en donne aucune preuve. L’auteur f de la vie de faint Sauveur de Lo-
Fulcrand rapporte que ce prélat la transfera dans une églife , qui étoit
voifine de la cathédrale , & qui fubfiftoit depuis long- tems fous le titre de joneds.
de fainte Croix * que Thierri évêque de Lodeve , prédeceflèur de ce ^lb,<L*if,nL
faint , avoir confacré cette églife en l’honneur de faint Sauveur j que ituii. u. ».
ce dernier après l’avoir réparée, & richement dotée, lui donna pour abbé M'-t- 7»J*
Agclmar homme fage & éclairé, qu’il aimoit beaucoup , 8c qui après avoir
été chanoine de Lodeve embralïà l’état monaftique , 8c qu’enfîn il acheva
la conftrudion du monaftere en 996. Il femble donc que faint Fulcrand n’en
fut que le reftaurateur , puifqu’il ne fît que le transférer d’un lieu à un autre ;
mais il pourroit l’avoir d’abord fondé ailleurs. Quoi qu’il en foit , il en eft
regardé avec raifon comme le principal fondateur , par les biens confide-
rables qu’il lui lailîa. On g ajoute que le faint ordonna que cette abbaye ne g PUnuv.îbU,
feroit foumife à l’avenir à d’autre puifîàncequ’à celle des évêques de Lodeve, f'6x'
qui en feroient les protecteurs 8c les avouez , 8c auroient feuls l’autorité fur
l’abbé & fur les moines, ce qu’on ne trouve marqué ni dans la vie, ni dans
le teftament du faint prélat. Il eft vrai cependant que dans une difpute qui
s’éleva en 1109. entre l’évêque de Lodeve 8c les religieux de faint Sauveur au
fujet de l’élection de l’abbé, il fut h décidé que le premier étoit patron 8c
tuteur de cette abbaye ; qu’en conféquence les religieux ne pouvoient procé¬
der à l’élection fans fon confentement , 8c qu’enfîn Pabbé éld devoit prendre
de lui fa confirmation. Cette abbaye fubfifte encore aujourd’hui fous la réglé
de faint Benoît.
Celle de Joncels fut également * redevable à la générofité & à la pieté
de Fulcrand. Divers feigneurs du voifinage qui en avoient envahi les biens ,
l’avoient réduite à une pauvreté extrême , lorfque faint Fulcrand touché de
la voir dans un état fi déplorable , trouva moyen de l'acquérir de leurs mains,
la rétablit , la réforma , la combla de bienfaits , & y établit pour abbé
Etienne , homme recommandable par fi pieté , en qui il avoit une entière
confiance.
On fit d’abord autant de difficulté de fe foûmettre au roi Hugues Capet
dans les diocèfes de Beziers 8c de Maguelonnc , que dans celui de Lodeve.
C’cft ce que nous inférons d’une donation t faite par un feigneur nommé UOe partie du
Aida , & furnommé Baruncello , c’eft-à dire petit baron , le 9. de Janvier, 1 an","',w-
régnant Notre-SeigncurJ. C. d’un alleu fîtué dans le comté de Beziers, à l’ab¬
baye d’Aniane dans le diocèfede Maguelonnc. Nous avons une autredona-
tion de ce feigneur à la même abbaye , le rj. de Juin , la première année du
regne du roi Hugues , d’un autre alleu fîtué dans le même comté ; ainfî on
voit par ces deux monumens , x°. Qu’Hugues ne fucpas reconnu dans cetre
partie de la province avant le mois de Février de l’an 988. 2 Qu’il i’étoic
dans ce pais au mois de Juin fuivant. 30. Que durant cette efpece d’inter-
regne on fe fervit de la formule régnante chriflo.
Cette derniere remarque peut fervir à fixer à peu près l’époque d’une
donation1 de Senegonde comcellède Subftancion ou de Maguelonne, darée jeMdgueii. _
en general du 10.de Février régnant Notre-Seigneur J. C. Elle donne par cet i Pri-l+l-&
T orne II. ‘ Qjj
h f. 10 y «
i Bûll-ibid4
Xvni.
Languedoc.
Pr.p,i)o.(j»
fit-
XIX.
Coin f cs de
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ÀN. 988.
* Ncpoccs.
zTr.f.iii.
é
b Mnb.dd ann.
97*. n.?S * **
c V. NOTE
fXIk
XX.
Comtes deCar-
callbooe, de
Râlez & de
Gommioges»
d Pr.p.i 4 1»
c />. 151.,
i p. u».
1 M»7*
h Archiv.it
t Mrch.de Nar -
bonne»
XXI.
fondation de
l'abbayc de S.
Sauveur de
Nifmes.
i Pr.p> 151.
IF. NOTE
XW//.U.8.
1 Mm b. Md arm.
9>o.».Ç3,
ir.p. si.
114 HISTOIRE GENERALE
aéle , avec Pierre évêque fon fils , le comte Bernard ôc Pierre fes petits-fils *,
Adélaïde, Confiance 6c Guillemette fes petites-filles , à l’abbaye deGellone
pu de faint Guillem du Défert , ôc à Ton abbé Gausfred , l’églife de fainte
Reparate , 6c plufieurs terres fituées dans le pays de Maguelonne , dans la
difritl du château de Subfiancion , êc le territoire d’un village appellé Sellatis.
Senegonde étoit donc veuve dans le tems de cette donation , dont il eltaifé
de fi$er la date : 1 elle doit être poflerieure à l’an 985. car Bernard
comte de Subfiancion ou de Melgueil , mari de cette comteflê 1 vivoit
encore alors. i°. Elle doit être rapportée aux premières années du rogne
d’Hugues Capet, par lesraifons que nous avons déjà dites, ÔC non à l’an 978.011
à l’an 1045. comme l’a fuppofe un hiflorien moderne. Nous trouvons en effet
fur la fin du X. fiecle, ôc au commencement du fuivant un Pierre évêque
de Maguelonne , qui ne peut être différent de l’évêque Pierre , fils de la
la même Senegonde fainü il aura fuccedé dès l’an 988. à Ricuin évêque
de Maguelonne fon prédeceffeur. Par là nous connoilfons « la généalogie
des comtes de Subfiancion ou de Melgueil à la fin du X. fiecle. Le
comte Bernard II. mort après l’an 985. 6c avant l’an 988. aura eu au
moins deux fils de Senegonde fa femme 5 l’un dont nous ignorons le nom,
qui mourut peut-être avant lui , 6c qui fur pere de Bernard III. lecjuel
pofTedoit le comté de Subfiancion vers l’an 988. fous la tutelle ôcl’admini-
flration de la même Senegonde fon ayeule * 6c Pierre évêque de Ma¬
guelonne.
Il paroît pat une donation d que fit Roger I. du nom comte de Carcaf-
fonne avec Adélaïde fa femme, en faveur de l’abbaye de Lezat , au mois
de Décembre régnant Notre-Scigneur J. C. que ce comte ne reconnoilfoit pas
non plus Hugues Capet au commencement de fon régné. On pourroit cepen¬
dant inférer de deux actes datez de la II. 6c III. années du régné d’Hugues,
que Roger étoit fournis à ce prince - dès l’an 988. Le premier cil une vente
en faveur de Benoît abbé de Montolieu ; ôc l’autre une reflitution faite à
l’abbaye de faint Hilaire dans le diocèfè de Carcafionne,d’un alleu fitué dans le
comté de Rouffillon par Raymond comte de Comminges en partie, 6c fils
d’Arnaud comte de Carcaflonne. Ce qu’il y a de certain , c’efl que Roger I.
comte de cette ville reconnoilToit Hugues Capet pour roi au mois de No¬
vembre de la VII. année du régné de ce prince, ou l’an 994. fuivant un
aéte d’échange { qu’Udalgarius abbé de Caunes fit avec lui 6c la com telle
Adélaïde fa femme, d’un alleu que cet abbé avoir à Aiguefvives dans la
vicomté de Carcajjonne , & dont il avoit hérité de fes parens. Udalgarius étoit
fans doute abbé de Caunes en 983. lors qu’un feigneur du pais g donna aux
SS. martyrs Alexandre, Amand , Luce ôc Audaldc , donc on confervoit les
reliques dans ce monaflere , une terre dans le Minerbois. Enfin Eudes
comte de Rafez , 6c frere de Roger comte de Carcaifonne , étoit fournis à
Hugues Capet dès la VII. année du regne de ce prince , ou l’an 99 y. fui¬
vant une donation h qu’il fit alors avec Altrude là femme 6c Arnaud leur
fils en faveur de l’abbaye de faint Martin de Lez , au diocèfè de Narbonne,
ôcàTruélerand fon abbé.
On a lieu de croire qu’Aton II. vicomte d’Albi 6c de Nifmes refufoit en¬
core d’obéïr à Hugues en 993. d’une donation ' qu’il fit avec Gerbergcfa
femme, Bernard 6c Frotaire leurs fils, de deux terres ou métairies fituées
dans le pais d’Albi à l’abbaye de faint Guillem du Defcrc , un Jamedi 18. de
Mars , Dieu régnant & dans l’attente d’un roi : car fuivant la lettre domini¬
cale , cet aéle qui ne peut avoir été pafTé que fous le regne de ce prince ,
doit être de l’an 993. Il efl certain k d’ailleurs qu’au commencement du re¬
gne d’Hugues Capet on ne datoit les chartes du diocèfè de Nifmes que
depuis la mort de Louis , & du regne de J. C. Le titre le plus ancien de ce
diocèfè où il foit fait mention d’Hugues Capet , efl du mois de Janvier
la IV. année de fon regne * c’efl-à-dire de l’an 991. fous l’épifeopat de Fro¬
taire.
Ce prélat fonda 1 cette même année l’abbaye de filles de faint Sauveur,
dite de la Font dans fà ville épifcopaie , près de l’ancien temple de Diane.
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DE LANGUEDOC. Liv. XIII. uj _
Ce monaftcre fuc fournis jufques vers l’an 1 140. à celui de faint Bâufîle de An. 9 8
Nifmes , fous l’autoritc de l’abbé de la Chaife-Dieu. Il fuc entièrement ruiné
par les Calvirriftes au XVI. fiecle , & les religieufès qui l’habitoient fe reti¬
rèrent à Beaucaire , où elles- fe lont établies.
Le Velay eft un des pais du Languedoc qui différa plus long-tcmsà recon- xxn.
noîcre Hugues Capec. C’eft ce qu’on voit entr’autres par une donation faite
en faveur de faint Mayeul abbé de Cluni & de fon abbaye par un chanoine icVchy.
* du Pui , au mois d’ Août l’année que le roi Louis mourut dans fon adolef- *- f s‘ ®'W1
tente. On a de plus diverfes donations b faites à l’abbaye de faint Chaffre"' *b fr.f.iu-
dans le Vêlai , &L datées du tems qu’il n’y avait point de roi , fi C. régnant , ou
bien, J.C. régnant , & dans l’abfence d'un roi fur la terre , & enfin l’an ççr. de
P incarnation de Notre-Seigneur , fi C. régnant , & Hugues qui avoit uftrpè le
royaume contre le droit , étant roi des François. Ce prince fut enfin cependant
reconnu avant fa mort dans le Vêlai. On voie même quelques chartes du
pais c datées de la III. année de fon régné, entr’autres la fondation du c IM.
prieuré conventuel de Cofolens au voifinage de la Loire dans la viguerie
de Bas , fous l’autorité de l’abbé de faint Chaffre. Ce lieu quoique du dio-*.
cèfe du Puy dépend aujourd’hui de la province d’Auvergne.
Les différens monumens dont on vient de parler font autant de preuve»
qu’Hugues Capet ne fut pas reconnu dans le Languedoc , du moins pen¬
dant la premîcre année de fon régné. Audi lorfque ce prince afTocia au
trône Robert fon fils , qu’il fit couronner d Orléans le premier de Jan¬
vier de l’an 988. n’y eut-il , fuivant les hiftoriens 1 du teins , que les fèigneurs j <?/„*./.,
des royaumes de France 6c de Bourgogne qui afîifterent à cette ceremonie } r.v»intu.in
& ces auteurs ne font aucune mention de ceux d’Aquitaine, de des autres
provinces méridionales de France.
La Marche d’Efpagne fuc une des premières entre ces provinces qui reconnut
Hugues Capet , comme le prouvent plufieurs accès - , de en particulier une è Marc.
donation faite par Borrcl f comte de Barcelonne , en faveur du vicomte
Guillaume, de de Sancia fa femme, de plufieurs ailcus fituez dans Je comté *’
d’Urgel de la vallée de Caftelbon le S. d’Oclobre de la III. année du régné
d’Hugues legrand y roi ou duc des François. C’eft de ce Guillaume vicomte de 99°'
Caftelbon que defeendoit Efclarmonde heriticre de cette vicomté , qui com-
prenoit une partie du diocéfé d’Urgel : elle l’apporta au commencement
du XIII. fiecle dans la mai fon de Roger-Bernard comte de Foix fon mari.
Le befoin où le trou voit le comte de Barcelonne d’un prompt fecours f
contre les Sarafins, l’engagea fans doute à fè foùmerrre des premiers i
Hugues , à la protection duquel il eut en effet rccourspour fe foutenir con¬
tre ces infidclles, fur lefqucls il reprit enfin fa capitale. Il nons refte une g gGtrkyi/h
lettre d’Hugues à Borrel , dans laquelle il lui promet de fe mettre bientôt m*
en marche pour aller à fon fecours. Il lui mande en même rems de venir
au devant de lui dès qu’il auroit appris fon arrivée en Aquitaine à la tête
de fon armée, tant pour lui donner des aïïùrances de fa fidélité, que pour
fervir de guide à lès troupes j nous ignorons fi le roi Hugues entreprit
cette expédition.
Ce prince étoit aufli reconnu dans le diocèfè de Narbonne la III. année
de fon régné , fuivant la date du fécond h ceftamcnt que fit alors Adélaïde mcmTa<îcto
viconitefle de cette ville, qui nomme pour les exécuteurs teftamenraires * rkomidie
Ermçngaud archevêque , de Raymond vicomte de Narbonne fes fils , avec n^doc/*
trois feigneurs lès vaftaux. La cathédrale de Narbonne, l'abbaye de faint Otigioe
Paul delà même ville, celles de faint Pons , de la Grade , de faint Chignan
& de Villemagne , eurent part à fes pieufes liberalircz. Elle donna entr’au-
très à la dermere un alleu qu’elle avoit acheté à Salatian de ^archevêque M’
Anoon, qui eft le même qu’Annon archevêque d’Arles. Cela peut faire
conjedurer que ce prélat étoit originaire de La province, car le lieu de Sala¬
tian paroît n’être pas different deSalazac dans le diocèfè d’Ufc z, &Ja vigue-
liede Bagnols.-ce qu’on peut confirmer par le don que fie • le même archevêque iGtllchr‘>tr»
vers l’an 985. en faveur de Bernard évêque de N Urnes, d’un alleu fîtuc dans
le comté d’Ufez.
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An. 990.
a krjbtd.
b •ftvf.toS.
n« HISTOIRE GENERALE
Adélaïde donna * un autre alleu qu’elle avoit acquis à Oveillan de l*évS;
que Arnaud , & des chanoines de faint Félix de Gironne , à l’églifc de fainte
Marie de Quarante , à condition que les chanoines qui la deflèrvoient en
jouiroient en commun fous l’adminift ration d’un prêtre nomme Aigulfe. Il y
avoit donc alors des chanoines à Quarante, & même à ce qu’il paroîtlong-
tems auparavant j car il eft fait mention de cette églife dans le teftament
de Raymond I. b comte de Rouergue de l’an 9 6 1 . & dans d’autres aétes du X.
fiecle. Ces chanoines embraflerent la réglé de faint Auguftin au onzième,
&ils étoient gouvernez par un abbé en 1037. fuivant un teftament qui eft
aux archives de cette abbaye , par lequel un nommé Guillaume Aribert s’y
» donne pour chanoine entre les mains de Riquin abbé , fait heritier Pierre
>» Aribert fon fils , & donne dix fols de Bezfers à Marie fa filleule. Cette ab¬
baye qui fubfifte encore aujourd’hui , eft fituée dans le diocèfe de Narbonne,
à trois lieues de cette ville vers le nord , 6c elle eft deflèrvie par les chanoines
réguliers de la congrégation de fainte Geneviève.
Adélaïde vicomteftè de Narbonne fit plufieurs autres legs pieux pour fon pere
,&fa mere, pour Matfred fon mari , fes fils, fes fœurs, fes parens & fês-vaf-
faux. Elle donne*# vicomte Raymond fon fils la vicomté de Narbonne ou de Nar-
tonnois , avec fes dépendances &Jes fiefs 5 ôt à Ricarde fa belle-fille, femme du
même vicomte fon fils , plufieurs alleus qu’elle fubftitue à leur fils Ermengaud:
preuve certaine qu’il arrivoit du moins quelquefois dans la province que les
femmes des comtes êt des vicomtes confervoient après la mort de leurs maris
l’adminiftration des comtez ou vicomtez qu’ils avoient poiTedez , & cela long-
tems après la majorité de leurs fils } car on a déjà vu que Matfred vicomte
de Narbonne, &mari d’Adelaïde, mourut vers l’an 966. ainfi Raymond fon
fils qui lui fucceda , étoit déjà avancé en âge en 990. d’ailleurs Érmengaud
frere de ce dernier , futélii archevêque de Narbonne en 977. On a lieu de
croire que la vicomtcflë Adélaïde qui devoir être déjà fort âgée dans le tems
de ce dernier teftament, n’y furvêcur pas long-tems.
L’archevêque Ermengaud, dont nous venons de parler, tint uil concile de fil
NaibonTe!' de Pr°vince vers l’an 990. Catel c qui en avoir vu les a&es , le contente d’en
cC4 uiMtm. donner l’extrait fuivant. » Ermengaud, dit-il, tint un concile provincial à
K'cômiho "Narbonne, auquel outre les prélats, furent prefens Raymond comte de
f.741. 7 » Rouergue, Roger comte de Carcaflonne & fon fils Raymond , Raymond
«vicomte de Narbonne frere d’Ermengaud archevêque, Guillaume vicomte
»» de Beziers , & plufieurs autres perfonnes nobles. Ce concile avoit été
» aflëmblé principalement contre la noblefle qui le faififloit non feulement
» de tous les biens de l’églile, mais encore offenfoit grièvement les cccle-
» fiaftiques. « L’alfiftance de tous ces feigneurs , fait voir que ce fut une
allèmblée compofée du clergé 6c de la noblefle de la province. Raymond II.
comte de Rouergue eft nommé le premier entre les féculiers , à caufe de
l’autorité principale que lui donnoit dans le païs fa dignité de marquis de
Gothie j honneur qu’il n’auroit pû prétendre fans cela , n’ayant aucun droit
d’alfifter à ce concile comme comte de Rouergue, puifquece dernier païs dé-
pendoit de l’Aquitaine 6c de la mécropole de Bourges,
xxv. Ce fut fansdouteen execution des decrets du même concile que Guillaume
v*comce de Beziers & d’Agde reftitua d à l’abbaye 'de faint Tiberi plufieurs
li’cTs&d-Ag'e, églifes 6c autres biens qu’il avoit ufurpez fur elle. Sa reftitution précéda de
fût r°n rcfta peu un voyage de dévotion qu’il fit à Rome avec Arfinde fa féconde femme,
d'cmrcp^Hre fuivant l'afte qu’il fit dreflèr à ce fujet en prefence de Berenger abbé , 6c des
le pderinage religieux de ce monaftere, 6c qui eft daté du dernier de Février indiétion 1 1 r.
*Romc. r> - j i» 1
d pr. p. 144 & & Par confequent c de 1 an 990.
H- Guillaume avant que d’entreprendre ce voyage fit fon teftament f, dont il
xx .m N0TE ne nous refte fluun fragment g confiderable. Il nomme pour fès exécuteurs
f teftamentaires les éveques Matfred 6c Etienne , la vicomteflè Arfinde
ff fâ femme , 6c trois feigneurs. Matfred étoit évêque de Beziers , 8c Etîen-
ne d’Agde. Ce dernier avoit fuccedé après l’an 982.3 Arnaud , qui préfida
a^ors a un avec le même vicomte Guillaume. Etienne étoit encore
*001 oi.is.41"' évêque d’Agde la V. année ‘du régné de Robert, ou l’an 1001. qu’il vendit
xxiv.
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DE LANGUED O C.Liv. XIII. n7 _
à Raynald abbé d’Ailiane, 6c à Tes religieux, quelques biens qu’il poflèdoic AN.990;
dans le pais de Beziers.
Guillaume dans fonceftament a fie divers legs pieux en faveur des cathedra- apr.<-.nj £
les de Beziers 6c d’Agde. Il donna entr’autres d la derniere le bourg ou village /'??•
de laine André d’Agde , où il y avoir eu anciennement un célébré monaftere,
donc l’églilè lublifloic encore. Il légua un alleu d cerce derniere , ôc un autre
alleu à celle de laine Pierre de la même ville. Il difpofa de pluiîeurs églil'es
ou alleus en faveur des abbayes de laine Tibcri, de l'aine Aphrodifc de Be¬
ziers, d’Anianeêcde Gellonc ou de laine Guillem duDelert,6claiilà diverl'es
autres égliles d lès heritiers. Il fait mention de celle de faîne Sauveur iltuee
dans le château de Bezfers , où il fonda une chapelle , ce qui marque qu’il
faifoic fa rélidencc dans ce château. Nous pallôns fous lîlcnce plu (leurs au¬
tres legs pieux de Guillaume qui donna d l’églilc de laine Jacques 6c de faine
Michel , la même fans doute que l’abbaye de fainr Jacques de Beziers , les
vignes qu’il avoic dans le territoire de Boïan , 6c que Pons de The fin tenait en
fief. Les leigneurs commençoient donc d prendre le nom de leurs terres ou de
leurs fiefs fur la fin du X. fiecle.
Guillaume n’avoit que deux filles, Garfinde 6c Senegonde , qu’il avoic eues,
à ce qu’il parole , d’Ermencrude la première femme. Il donna d la première
la ville de Beziers, avec fon évêché , c’efl-à-dire ce qu’il poflèdoic dans le
diocèfe, & peut-être aulfi le droit qu’il pouvoir avoir ulurpé comme les au¬
tres grands valîaux , de cirer de l’eleclion des évêques un certain tribut ou
redevance. Il lui donna de plus les villes de Pezcnas , de Meze , 6cdcVairac
dans le diocèfe d’Agde , le lieu de Mercoirol dans celui de Beziers, ôcc. Il
ne légua d Senegonde que le lieu de Pomeirols , avec la moitié de celui de
Palais dans le diocèfe d’Agde , 6c celui de Treflàn dans le diocèfe de Beziers.
Il lui fubilicua l’autre moitié de Palais, dont il difpofà en faveur d’Arfînde
fa féconde femme. Il donna aulfi d celle-ci, pour en jouir pendant fa vie,
avec fublditution en faveur de fa fille aînée Garfinde 6c de fe.s en ta ns , la vide
d’Aude & fin évêché , le village de Florenfac qu’il paroît fubflicuer d l’abbaye
de faine Tiberi, celui de faine Pons de Maucfiiens dans le diocèfe d’Atrdc,
l'honneur du won.iflere de faint Tibcri , c’efKa-dire fan s douce le pacronuc ou
avouerie fur cette abbaye, le lieu de Paulian, 6cc.
Il fe prefente ici une difficulté , car fuivanc le ccflament de Matfred
vicomte de Narbonne de l’an 966. il paroît que le lieu de Florenfac luiap-
partenoic : mais ce vicomte ne fait proprement mention que des alleus b qu’il b tr-p.uft
poflèdoic dans le territoire de Florenfac : d’ailleurs Ermengaud fon fils , en
faveur duquel il difpofà de ces alleus, peut les avoir donnez dans la fuite d
Guillaume vicomte de Beziers , ou les avoir échangez avec lui. En effet , Guil¬
laume charge c fa fille Garfinde de payer trois cens fols des deniers de Narbonne d ç
l'évêque Ermenyiud j aulfi nous conjecturons qu’Adel.ùde vicomteflè de Nar¬
bonne, 6c mere de ce prélat , étoic feeur de Guillaume vicomte de Beziers 6c
d’Agde.
Un échange A que le même Guillaume 6c Arfinde fa femme firent au mois XXVI-
d’Aoûc de la VII. année du régné du roi Hugues, ou de l’an 993. nous faic
connoîrre que ce vicomte furvêcut quelques années à fon relia mène } 6c à fon Jcû/îi.'c&ibn
voyage de Rome. Il n’cll plus fait mention ni de l’un ni de l’autre dans aucun i^rf,yfoeJd0'1'
monument pofterieur, 6c ils moururent tous les deux fans doute bientôt après. fiK.»ncdc/<o-
Garlinde fille aînée, 6c heritiere de Guillaume , époufàcn premières noces ^.re-ifonnc de
Raymond fils aîné de Roger I.comrîTfle Carcaflonnc,6c porta dans fa maifon les d tfp.
deux vicomtez de Beziers 6c d’Agde. Elle fe remaria en fécondés noces avec elf NorE
Bernard feigneur d’Andufe. Quanta Senegonde la cadette, elle époufà R [.
chard I. du nom vicomte de Milhaud en Rouergue. Au relie quoiqu’il paroilfe . -
parle teftament du vicomte Guillaume, qu’il étoic maître de prcfque tout lé
domaine des dîocèfès de Beziers 6c d’Agde , il e/l certain toutefois que les xx'vu.
comtes de Touloufe y confervcrent la principale autorité , foit en qualité de con^(“'^u^u
marquis de Gothie , foie comme comtes f particuliers de ces deux villes. Joule ea Ire en
Comme le vicomte Guillaume poflèdoic un très-grand nombre d’eglifes, f“'ll'frcp0!Jf
c’efi une preuve qu’il augmenta coniiderablemcnc fon domaine- aux dépens dcCiho^' *
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1
Ah. 990.
a Mtrc.H'p.
t
bAim.vit.S.
Abb. a£1. SS
S. Btn.fu VI.
ÏArit
V. NOTE
VIII. ». 40.6
/'*?•
c V.N0TEXX1,
•*17»
u« HISTOIRE GENERALE
des biens ecclefiaftiques que lui ou Tes ancêtres avoient ufurpez. Ce défordre
alors fort commun dans toute la France , engagea 1 Salla évêque d’Urgel ,
quelques autres prélats , 8c plufieurs ecclefiaftiques de la Marche d’Efpagne
quis’étoient affemblez pour en arrêter le cours, à excommunier Ermengarde
veuve d’Oliba Cabrera comte deCerdaigne, & les comtes fêsfils qui avoient
envahi les biens de l’êglife dans les'évèchcz^ ou cornez^ de Cerdaigne ôc de
Berga.
Un autre abus qui regnoit alors dansl’églife, c’étoit l’ufage où les comtes,
& les autres grands feigneurs s’étoient mis de difpofer non feulement des evê-
chezôt des abbayes de leur domaine , mais même de les trafiquer publique¬
ment, ôc de les vendre au plus offrant. Guillaume Taillefer comte de Tou-
loufe fut un des moins fcrupuleux fur cet article. L’évêché de Cahors étant
venu à vaquer b en 990. par le décès de Frotaire, que nous croyons de la
maifon de Lautrec, il l’offrit en qualité de comte deQuerci, conjointe¬
ment avec l’archevêque de Bourges métropolitain de la province, moyen¬
nant une fomme confiderable, à Bernard abbé deSolignac &de Beaulieu. Cet
abbé étoit fils d’Hugues vicomte de Comborn,& , à ce qu’il paroît c, parent de
Guillaume.Comme il avoit été élevé dans l’abbaye de Fleuri-fur-Loire fous la
difeipline de S. Abbon , il crut devoir confulter ce dernier avant que d’accepter
l’offre du comte. Abbon alors abbé de ce monaftere n’eut garde d’approuver une
promotion fi contraire aux faints canons 5 &c ayant fait réponfe à Bernard ,
il l’exhorte à Ce rappeller fa profeflîon , 8c à n’ambitionner d’autres dignitez
dans l’églife que celles qu’il pouvoir ie procurer fans offenfer Dieu. Il ajoute
enfuite ces paroles remarquables au fujet de ceux qui faifoient un indigne
commerce des dons du faint Efprit. » Ces fortes de perfonnes , dit-il , cher-
» chent à exeufer leur conduite fur ce qu’ils n’achetent pas la confécration ,
«mais feulement les biens temporels des églifes. Mais à qui les biens ecclefia-
»>ftiques appartiennent, ils qu’à Dieu feul , & l’églife reconnoît-elle d’autre
» feigneur que lui ? « Enfin ce faint abbé s’élève avec beaucoup de force con¬
tre la fimonie qui faifoit alors de grands ravages dans l’églife, 8c termine
fa lettre à Bernard par le détourner abfolument d’accepter l’évêché de
Cahors.
Ce dernier s’en tint à la décifion de fon ancien maître, 8c par fon confèil il
èntreprlt divers voyages de dévotion. Sur fon refus Gaufbert homme de
condition fut élâ à cet évêché; L’acte de fon élection deft daté du y. de Jan¬
vier de l’an 990. régnant le roi Charles. Il y a lieu de croire que Guillaume
comte de Touloufe , 8c Dagbert archevêque de Bourges, ne perdirent rien
dans ce choix. Le dernier fitfacrer Gaufbert par trois évêques de fa province,
fijavoir Begon de Clermont , Ingelbin d’Albi , 8c Frotaire de Perigueux , dtt
confentement & de la volonté de Guillaume vicomte e de Cahors , 6c de fa mere
Acilicine. Ce vicomte qui après le comte de Touloufe avoit la principale
autorité dans la ville de Cahors, partageoit donc alors avec lui le droit de nom¬
mer à l’évêché de cette ville. Le même Bernard en fut pourvu enfin vers le
commencement du XI. fiecle après la mort de Gaufbert, 8c fa promotion Ce
fit fans doute alors d’une maniéré canonique. Nous voions cependant qu’il
retint avec cet évêché les abbayes de Solignac 8c de Beaulieu dont il étoit
pourvu depuis long-tems.
Il paroît par la date dé l’éle&ion de Gaufbert évêque de Cahors , que Char¬
les duc de Lorraine étoit reconnu en 990. pour roi de France dans le Quercij
ce qui peut donner lieu de croire que Guillaume Taillefer comte de Touloufe
qui dominoit fur ce pais s’étoit déclaré en fa faveur contre Hugues Caper.
Charles ayant eu le malheur de tomber le i.d’Avril de l’année fuivante avec
Louis & Charles fes fils, entre les mains d’Hugues qui les fit renfermer à
Orléans dans une étroite prifon , le parti qu’ils avoient en France diminua
enfuite extrêmement, 8c Hugues Capet fut enfin generalement reconnu dans
tout le royaume.
Guillaume Taillefer étoit alors marié en fécondés noces avec Emme fille
de R.otbold comte d’une partie de la Provence, 8c d’Ermengarde fa femme.
ir.xoTExir, Guillaume depuis ce mariage, qui porta { dans fa maifon ce qu’on appella dans
la
i Sficil.tc.S.
/•Ht*
tV. NO 71
vnubu.
xxvui.
Guillaume
eomicdc Tou-
lot ifcépou le en
fécondes noces
Emme de Pro-
vrne .
991.
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DE LANGUEDOC. Liv. XllL tij
la fuite le marquifàc de Provence * établie fon principal fejour dans cette ~
province. Il croit en effet à Arles en * 991- quand Guillaume I. comte de 25^ls
Provence , frere aîné de Rotbold reftitua aux religicu/ês de faint Cefaire 1
diffèrens biens que leur fàint fondateur leur avoit Jaiffèz. L’acte eft foufcric
après le meme Guillaume I. Adélaïde fa femme* 6c Guillaume IL leur fils,
par le comte Rotbold, le comte Guillaume fbn fils , Lucie femme de ce der¬
nier , GuilLtume comte de T ouloufe * & E»<me fon èpoufe * ôcc.
Guillaume I. comte de Provence étant tombé dangereufêment malade la ^
même année à Avignon , fit prier fàint Maieul b abbé de Cluni, en qui il P[OVJdcc.
avoit beaucoup de confiance, de venir le confoler dans cette extrémité. Ce b
faint fe rendit à fa priere , l’exhorta à la mort , & le revêtit de l’habit mo- 'Jfi.fi.
naftique qu’il avoit demandé avec beaucoup d’empreflèment. Ce prince étant />. *o«.
mort peu de tems après, fon corps fut porté a Sarrian dans le p aïs Venaifîïn, où
il fut inhumé dans un prieuré de l’ordre de Cluni qu’il avoit fondé.
Saint Maieul étoit fans doute dans le monaffere de fàint Saturnin du Port ,
aujourd’hui le Pont-Saint-£fprit , où il demeuroit c fouvent , lorfqu’iJ fut
appelle par le comte de Provence. Ce monaffere étoit recommandable dans
ce tems-là par le féjour du bienheureux Guillaume d qui y vécut quelque Asâ*b.,d*nm
tems fous la dil'cipline de ce faint, 6c qui ayant été élû depuis abbé de faint
Benigne de Dijon, réforma fur la fin du X. fiecle, & au commencement du
fuivant , la plupart des monafteres de France.
Les auteurs contemporains qualifient indifféremment Guillaume I. comte
de Provence , prince des Provençaux* ou duc d’Arles*: un autre g lui donne le c AS.ssMi.
glorieux titre de pere de la patrie , 6c celui de prince très-Chrétien qu’il mé- , M-
ritoit véritablement , de même que les éloges que font de lui les hiftoriens g , a. ,m.
modernes b. Il eut entr’autres la gloire de chafiër entièrement les Sara-
fins des montagnes de Provence où ils s’étoient fortifiez depuis long-rems. r..0 fij.fi'
Ôn prétend » que le roi Conrad le Pacifique lui donna , 6c à Rotbold fon i
frere le comté de Provence à titre bénéficiaire , & que leurs fucceficurs en de - &Jcq'
vinrent infenfiblement proprétaire s j mais la qualité de princes & de ducs
que les auteurs contemporains donnent à ces deux freres, fait aff z compren¬
dre qu’ils poflèderent héréditairement la Provence ’ 6c qu’ils y exercèrent la
même autorité ? dont jouiflbient alors les grands vafîaux d’Allemagne 6c de
France: aulïï Guillaume 6c Rotbold avoient-ils fuccede k à Bozon II. leur pere, k f.notb
dans ce même comté qu’ils tranfmirent à leurs defeendans , 6c même à leurs x/y-
filles. Il eft vrai qu’il paroît que le roi Conrad donna à ces deux comtes la
partie de la Provence qu’ils délivrèrent delà tyrannie des Sarafins ,6c qu’ils
donnèrent1 enfuite eux-mêmes en fief à divers fêigneurs5maisfi Conrad lesinvc- iRuffiilU.
ftit de cette partie du pais, ce fut fans doute pour la poflêdcr héréditairement
comme l’autre, 6c avec le même pouvoir : ils y avoient d’autant plus de droit,
que fuivant m fàint Odilon abbe de Cluni, Guillaume I. chafia les infidèles m ^ "
de la Provence par fa propre valeur , conquit fur eux un grand terrain , 6c fV9'
l’unit à fon domaine. Nous avons crû ce détail neceflaire; parce que Guil¬
laume Taillefer comte de Touloufe, ou plutôt les fils qu’il eut d’Èmme fa
femme , fille de Rotbold , entrèrent n dans tous les droits de ce dernier fur n kote.I/J.
la moicié du comté ou duché de Provence, renfermé alors entre l’ libre, les
Alpes, le Rhône 6c la mer Mediterranée. Guillaume II. fucceda à Guillau¬
me I. fon pere dans l’autre moicié de ce comté, fous la tutele ou l’admini-
ftration ° d’Adelaïde fà mere,&la poflèdapar indivis comme fon pere, avec onotewc
le comte Rotbold fon oncle qui vécut encore long-tems après. r xxx.
Quelques modernes confondent P cette derniere avec Adélaïde d’Anjoil monl«trc ' de
comtcfTedeGevaudan, qui vécut toujours dans une union très-ètroite avec Gui s htuoM-ui.
évêque du Puy fon frere. Ce prélat fonda en effet de fon avis en 9 9 3 .le monaffere
de S. Pierre dans fa ville épifcopale, » pour l’expiation de lès pechcz,pour les c< rcsdcPolignac.
évêques du Puy fes prédecefleurs 6c les fucceficurs , 6c enfin pour Etienne fbn « 993!
beau-frere *, Adélaïde fa fœur, & leurs fils Pons 6c Bertrand fes neveux. « PL*bMui.ti
Gui dédia enfuite l’églife de ce monaffere, auquel il donna diverfès ter res ,
ou de fa manfe epifcopale , ou qui lui appartenoient en propre dans le Vi s.mm.pc. k
varais, le Vêlai, & l’Auvergne } entr’autres une églife que les mêmes Pons •
Tome II. R
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G°°glj£
i
_ ,5o HISTOIRE GENERALE
An. 993. & Bertrand lui avaient donnée en fatisfaftion de ce qu’ils avoient emmené par force
d Mende , Gui prevbt de la cathédrale du Pvy , apres l’avoir fait pnfonnier dans
cette églife. Il donna de plus au monaftere de laine Pierre le dixiéme des obla¬
tions qu’on feroit â Ton églife, 8c une des quarante prébendes canoniales.
Il fit cette donation avec Ton chapitre , du confentement de Gui qui en
étoit prévôt ôc évêque de Valence, de Truan doyen , de Pierre abbé de
faint Pierre & évêque de Viviers, 8c de tous les autres chanoines qui y fou£
a r. nozx crivirentavec la comtelTe Adélaïde 1 , Pons & Bertrand Tes fils , Agnus vicomte
10.».*. dePolignac, 8cc. Le monaftere de faint Pierre duPuy fublîfte encore aujour¬
d’hui fous la dépendance de l’abbaye de faint Chaffre , 8c la réforme de
l'ordre de Cluni; 8c c’eft la principale paroifle de la ville.
Il paroît parce que nous venons de dire que Pons 8c Bertrand pofledoient
encore en commun en 993. le comté de Gevaudan fous l’autorité de leur
mere Adélaïde. Quant à Agnus ou Annon , vicomte de Polignac , il avoir fuc-
cec^ dans cette VJCOinc^ à Heracle qui étoit vraifemblablement fon pere, 8c
Efi'iiH. Ântiq. qui en 9 8 y. fit une donation au prieuré de Chamalieres en Velay. Agnus
ditt. Amc.mjj. v;vo£c encore vers l'an 1 000 , fous le régné du roi Robert , & il fit ü alors un
r'li ' accord avec Gui abbé de faint Chaffre 8c évêque de Glandcve.
x XXI\ Celui-ci c confèrva cette abbaye après fon élévation à l’épi feopat , à l’exem-
Chjtfie.'com- pie de Wlfald fon prédecefîèur , qui de religieux 8c d’abbé de faint Chaffre
tes de Vilemi- parvint à l’évêché de Die. On voit cependant que Gui la fît gouverner fous
fon autorité par un religieux , qui prenoit d aufli la qualité d’abbé. Il la pof-
pq. fedoit encore en 1001, la VIII. année du règne de Rodolphe J IJ. roi de B ourgo-
v-Md.Uum. comme ji paroît par une donation c qu’un feigneur nommé Léotard fît
* d v.GÔi.chr. alors à ce monaftere de quatre métairies fituées à Cornas , dans la viguerie de
l' Soyon 5 preuve que Rodolphe 111. qui fucccda en 99 3. à Conrad le Pacifique
f'7cîbid. fon pere dans le royaume de Bourgogne 8c de Provence , fut reconnu dans
la partie du Valentinois qui eft en deçà du Rhône , 8c qui dépend aujourd’hui
du Vivarais.
Ce prince, qui fut furnommé le Fainéant , régna ' aufiî fur la partie du Vien-
fv. M»h.»d nois fituée en deçà de ce fleuve , qui fait également partie du Vivarais. Il
■nn.9 fic } à ce qu’il paroît , fâ principale réfidence à Vienne. Il étoit du moins aux
gsub. «.4. environs de cette ville la XXIII. année de fon régné, lorfqu’il favorifa g
i>union du monaftere deMoirans fur l’Ifere dans le diocèfe de Grenoble, à
h G»iLchriji. l’abbaye de Cruas en Vivarais, en faveur de Roftaing qui en étoit abbé.
iMcoiumb va- Lambert évêque de Valence, fit une donation coniiderable h l’an 101 1. i
l’abbaye de faint Chaffre du confentement d’Ademar comte de Valentinois,
ad ann. fuccelleur de Geilin. Gui II. qui avoit été moine 8c apocrifiaire ‘ de ce mona-
’i Diptp.ito. ftete, en étoit alors abbé , 8c avoit fuccedéà Gui évêque de Glandéve. Sous
fon gouvernement cette abbaye eut des Avouez^ qui ufurperent ies biens, 8c
* M*b.adann. ja vexèrent jufqu’à ce que Silvius , fils 8c fucccllèur de Rcdcmptus dans
'¥*' l5‘ cette fonftion , touché de repentir , répara eu 1016. les maux qu’ils avoienc
caufez.
xxxii. On voioit alors dans divers autres monafteres de France deux abbez régu-
^ers » dont ^un avo^ Ie gouvernement particulier , 8c l’autre étoit comme
nifttrcs de la le fuperieur general de plufieurs abbayes qui avoient embrafle la même réfor-
piovwcc. me C’eft ain(i qU’i la fin du X. fiecle celles de faint Pierre de Lezat, 8c de
faint Pierre du Mas-Garnier dans le dioccfe deTouloufe, de faint Hilaire
dans celui de Carcaflonne, de Notre-Dame d’Alet dans le Rafez , 8c de faint
Michel de Cuxa dans la vallée de Confiant en Rouffillon , étoient foumifes
à l’abbé Guarin dont on a parlé ailleurs. Il eft fait mention de cette fou-
1 Mare. Hiff. mifflon dans une bulle du pape Jean XV. qui en 993. confirma 1 cet abbé
fV*soTE dans Ie gouvernement general de ces cinq monafteres , 8c les abbez Hugues
xxvu.n.7. dans l’adminiftration particulière du fécond, Wdfred du dernier , 8c Benoît
des trois autres , du confentement du même abbé Guarin. Jean XV. en parlant
de ces cinq abbayes fe fert du terme de nôtres 5 ce qui prouve que dans le
tems de leur fondation elles avoient été mifes fous l’autorité immédiate du
faint Siégé : auffi ce pape maintient-il leurs religieux dans la pofleflion de
leurs biens, 8c dans la liberté d’élire leur? abbez , qui devoient être bénis
v. NOTE
xxm.n.7.
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tninfre*.
a Pr p.i6f.
DË LANGUÈD O C. Liv. XI U ïjt _ _
y^aj r/V» donner j avec permiiïïon aux nouveaux abbez de fe faire bénir An. 993.
par le pape , en cas que les évêques exigeai lent d’eux quelque choie. Il
défend enfin aux derniers d’exercer aucune autorité fur ces cinq monafte-
res, qu’il déclare être uniquement fournis à la fienne 6c à celle de les fuc-
ceflêurs. Il paroît que fon delîein étoit que ces abbayes fufiênt toujours gou¬
vernées par un abbé general , mais nous ne voïons pas que cela ait eu lieu après
la mort de l’abbé Guarin.
Hugues étoit encore abbé du Mas-Garnier fous le régné dit roi Robert ,* XXxu'i.
fuivant une donation que le vicomte Forton-Guiliaume fit à ce mona/fere * •
de quelques terres fituees aux environs, 6c bornées par leruiiièau deL ambori ner. fonun
&les chemins publics qui conduifènt à Grundfelve 6c à Dieupantale. Nous in- ^
ferons de là que Forton-Guiliaume étoit vicomte de Gimoez , pais qui prend moez. Ainchut
fon nom de la riviere de Gimone qui le traverfe, de qui eil une portion ^^!cJ^oltx
de l’ancien diocè/è de Touloufè , aujourd’hui de celui de Montauban.
Cecce vicomté s’étendûit en effet jufqu’auprès de l’abbaye du Mas Garnier. » rrp.isf.
Forton-Guiliaume fera donc le premier vicomte de Gimoez dont nous ayons
connoiffance. Sa donation eft foulcrice avant les témoins, par une dame nom¬
mée Rixende , qui étoit vraisemblablement fa femme.
Benoît ' étoit déjà abbé deLezat, au mois de Janvier de la IV. année du b uab.aJsnn.
régné du roi Hugues, ou de l’an 991. Hugues, qui eft peut-être le même
que l’abbé du Mas-Garnier dont nous venons déparier, lui avoir faccedé
lous celui du roi Robert, comme il paroît par une donation 1 faite vers l'an c Pr-pli~à‘
1001. à l’abbaye de Lezat par Roger comte de Carcafionne, & Adélaïde fa "t'
femme. Cet acte eft fouferit par Raymond, Bernard, & Pierre leurs fils, qui
fouferivirent aufii à une autre donation J que Roger leur pere fit quelque tems
après à la même abbaye avec leur mere Adélaïde, d’un alleu fitué dans le 4.
comté de Touloufè. Sous le gouvernement d’Hugues abbé de Lezat ‘, & le ^ “
régné de Robert, on donnai cette abbaye l’églifê de faint Beat fur la Ga¬
ronne, avec celle de fàint Vincent ficuée de l’autre coté de ce fleuve. Il y eut
depuis dans cette églilè un prieuré dépendant de l’abbaye deLezat ; ce que
nous remarquons , parce que nous trouvons ici l’origine de la petite ville
de faint Beat, fituee dans la partie du Comminges qui eft dans l’étendue
du Languedoc. Quanta Guarin, fa nlort arriva vers l’an 99 S. puilqu’il étoit
déjatdécedé l’an 1000. 6c qu’il vécut jufqu’au régné de Robert, fuivant (wv N',TË
une donation g que lui fie, 6c à l’abbaye de Lezat foumife à fon autorité, un Xp ‘p'.".7',,,
feigneur nommé Amelius Simplicius 6c Guillaume fon fils , hommes tri) s -pu: [fins. h y- xols
Nous conjecturons h que le premier étoit un des fils d’Arnaud comtede Carcaf- XXUnî7-
fonne & de Comminges i il pofîedoic en effet une partie de ce dernier comté
avec plufieurs alleus du Touloufain. Nous parlerons ailleurs de fa po.
fterité.
On prétend 'que Gui d’Anjou, évêque du Puy, profitant du crédit1 qu’il x’cxiv.
avoir auprès du roi Hugues Capct, fit élire de fon vivant vers l’an 994.
Drogon fon frere pour remplir fon fiege après fà mort. Si ce fait eft vrai , q„eXp;1
Drogon mourut bientôt après: car il eft certain 1 que Gui quelque tems avant cl,oilil ,lc '‘,Q
C. _ _ _ _ /• * _ o I- _ fl _ _ i 1 . . , , vivmr Eticnue
par un canon mdu concile de Rome de l’an 998. qu’il le fit facrer de fon .0 ■n.fu.v,
vivant par Dacbert archevêque de Bourges 6c Roclenus évêque de Ncvcrs. p^*6n aU "r"!‘
Un autre canon du même concile femble dire cependant qu’Êdenne ne fut k note
facré qu’après la mort de Gui fon oncle. Quoi qu’il en foit , ce dernier mou-
rut avant la tenue de ce concile. Il fut inhumé , à ce qu’on allure, dans le 99$-
monaftere “ de faint Pierre du Puy qu’il avoir fondé. On ajoilte qu’il obtint f
du roi en 991. des armoiries pour la ville du Puy * mais la contradiction qui m ib,i.
fe trouve entre les deux auteurs qui font mention de cette prétendue con-
ceffion, dont ils n’ont eu garde de produire l’acte , fuffit pour en démontrer TwdMfU*
la fauffeté. Selon le premier 0 ce fut Geofroy Grifegonelle comte d’Anjou ,
qui, avec Gui fon frere, obtint du roi Lothaireces armoiries qui étoicnr, ° J‘ ‘ '
dit-il , un aigle d’argent armé de gueules au champ d’azur femé de fleurs de
Tome II. Rij
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Goofflf
An. 998.
a Tntod. tbid .
XXXV.
Rol.cit lucccJc
au roi Hugues
Capcc.il epou*
le en leçon .tes
noces Conltan-
cc Hile cieGuil-
humcTaiHcfcr
comte de Tou-
louic.
b V. Mâb.dd
*nn.<))6.n.i4.
c V . NOTE
XylILn.y.
c C«ncihto.$.
r 771-
{ Y. NOTE
XXIX.
g GUI. lyç.u
b Aim.de mi¬
rât. 5. Ben. i 3.
r.3.
iKOTZibiâ.
x Tr.p.xzo.fjr
H-
1 CUU+c.).
m lbid.c. 9.
n Ibid.e.x,
o r-uch.to .4.
>.Sf.
p Glab.l.l.C'X.
131 HISTOIRE GENERALE
lys d’or. L’autre prétend a au contraire que ce fut à la demande de Foul¬
ques comte d’Anjou, ôc neveu de Gui évêque du Puy , que le roi Hugues
Capet donna pour armes à la ville du Puy un aigle éployé d’argent fur l’écu
plein de France alors femé de fleurs de lys fans nombre * mais c’efl trop
s’arrêter fur des fables. Après la mort de Gui, évêque du Puy, l’elecbion
d’Etienne fon neveu fut calTée dans le concile de Rome , dont on a déjà
parlé.
Le mariage du roi Robert avec Bcrthe fut déclaré nul dans le même con¬
cile. Ce prince avoir fuccedé alors au roi Hugues Capec fon pere , fur l’épo¬
que de la mort duquel nos hifloriens ne font pas d’accord. Ils conviennent
tous b cependant qu’il décéda le 13. ou le 14. d’Octobre , mais ils varient
fur l’année , que les uns mettent en 996. les autres en 997. ou enfin
en 998. Nous avons divers monumens dans la province qui confirment le
fentiment des premiers , ôc il cfl appuyé fur des preuves fi folides , qu’il doit
palier, ce femble , pour indubitable.
Robert avoir époufé en 995. Berthe veuve d’Eudes comte de Blois, ÔC
fœur de Rodolphe III. roi de la Bourgogne Transjuranc. Le pape Grégoire
V. défapprouva fort ce mariage à caule de la parenté ôc de l’aflinicé lpirü
tuelle qui fe trouvoit entr’eux ; il réfolut de le diflbudre,8caflèmbla dans ce
deflèin un concile à Rome qui fut tenu au d commencement du mois de Mai de
l’an 998. Le mariage fut e déclaré nul parle premier canon ,enforte que Ro¬
bert fut obligé enfin de fe léparer de Berthe. Ce prince cpoulà la même
année Confiance, qui fuivant la plupart de nos modernes étoit fille de Guil¬
laume I. du nom comte de Provence , ôc d’Adelaïde d’Anjou fa femme : mais
fi l’on doit s’en rapporter aux anciens f , dont l’autorité eft fans doute préfé¬
rable , elle étoit fille de Guillaume Taillefer comte de Touloufe , ôc
d’Arfinde fa première femme, que nous croyons fille de Geofroy Grifègo-
nelle, comte d’Anjou; & en effet Robert avoit déjà époufé Confiance avant
la fin de l’an 998. ôc Confiance fille de Guillaume I. comte de Provence , ôc
d’Adelaïde fa féconde femme , n’etoit pas encore mariée trois ans après. II
efl enfin certain que Confiance femme du roi Robert étoit mece g de Foul¬
ques Nera comte d’Anjou : or Adélaïde femme de Guillaume I. comte de
Provence, étoit à ce qu’on allure , tante du même Foulques, ôc feeur de
Geofroy Grifegoncllc pere de ce comte 5 ainfi elle ne peut avoir été mere
de la reine Confiance.
Robert fit de grands h préparatifs pour la célébration de ce mariage -, il Ce
mita la tête de les troupes v s'avança vers l’Aquitaine, pafla la Loire, ÔC
alla au devant de fa nouvelle époufé qui venoit du côté d’Arles Guillau¬
me Taillefer comte de Touloufe , pere de cette reine , faifoit alors
fa principale réfidence aux environs de cette ville, tant à caufe de plufieurs
terres qu’il avoit en Provence , ôc qu’Emme fa fécondé femme lui avoit ap-
fjortees, que parce qu’il poflèdoit le comté de faint Gilles, qui comprenoic
a parrie du diocèfe de Nifmes fituée auprès du Rhône ôc voifine d’Arles.
Un hiflorien contemporain 1 allure que le mariage du roi Robert avec
Confiance contribua beaucoup à corrompre les mœurs des peuples de France
& de Bourgogne , par le grand nombre d’Auvergnats ÔC d’Aquitains qu’il
attira à la cour de ce prince , 8c qu’il reprefente comme des gens diflblus ,
vains, légers, ôc également méprifables, foit par leurs maniérés, foit par
leur façon de s’habiller. Ils avoient, dit-il , la barbe ôc la moitié delà
tête rafes, a la façon des baladins , leurs habits étoient courts, ils portoient
une efpece de bottines , êcc. C’efl donc une preuve que la reine Confiance
amena avec elle en France plufieurs perfonnes de la cour du comte fon pere,
ôc que fon élévation y en attira un grand nombre d’autres. Le même hiflo¬
rien parle m très-avantageufement de cette princeflè 0 , il l’accufe cependant
dans un endroit d’avarice ôc de maîtrifer le roi fon époux. D’autres anciens®
qui lui donnent le furnom de Blanche , louent fon habileté , fa fermeté ôc
fon courage. Il y eut d’abord P quelque méfintelligence entre elle ôc le roi,
caufée par les intrigues d’un feigneur nommé Hugues , qui fit tout fon pof-
fible pour la mettre mal dans l’efpric de ce prince. Foulques comte d’Anjou
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DE L A N G U £ D O C. L i v. X 1 1 1.
oncle de la reine , réfolu de la venger , envoya alors douze foldats décernai- r - —7“
nez, qui ayant recontré Hugues dans le tems qu’il étoit à la chaflè avec Je ' 9?*'
roi, l’aflàlEnerent à Tes pieds. Robert témoigna d’abord beaucoup de chagrin
de cet attentat , mais il fc réconcilia enfin avec la reine , vécut depuis avec
elle de fort bonne intelligence , & en eut quatre fils de deux Hiles. Il ell
ai fc de juger par ce récit tiré d’un auteur du tems , fur quel fondement un , „
moderne » qui traite la reine Confiance d impcrieufc jufiqu à ïtnfolcnce , a pu
avancer que ce fut elle-même qui fie aftà/Iîner Hugues fous les yeux du roi.
Après la difîolution du mariage de Robert avec Berthe , on traita dans
le concile Romain de l’an 998. une affaire qui intcreffbit l’autorité métro- Nutonoc*
politaine des archevêques de Narbonne fur la Marche d’Efpagne. Un cer- maintenu r.™»
tain Guadaldus b, homme ambitieux , ayant formé le dellèin d’envahir mciropotiuLa
l’cvcché d’Aufonne, de d’en dépoflèder Froia qui l’occupoit légitimement, fur h Marci.e
fe fit ordonner évêque de cette ville par Odon archevêque de la province des d(f jw**
Gaules , métropolitain étranger , qu’on croit c être Eudes alors archevêque jcf.
d’Auch. Froia furpris de cette entreprife eut recours au pape Jean XV. qui c Marc-HiF'
excommunia l’intrus dans un concile. Celui-ci pour fc maintenir dans la e
poflèffion de l’évêché excita une fédition à Aufonne , durant laquelle il fit
alïàfïïncr l’évêque. Après la mort de ce prélat, Raymond comte de Barce-
lonne de Ermengaud comte d’CJrgel fon frere, avec lequel il par tageoit le
domaine du comté d’Aufonne , firent élire un nouvel évêque. Lechoix tomba
fur Arnoul qui fut facré par l’archevêque de Narbonne fon métropolitain.
Guadaldus lui difputa neanmoins l’évêché , de ofa porter cette affaire à Rome
devant le pape Grégoire V. qui le fit dépoler ignominieufement par le con¬
cile en prefcnce du même comte Ermengaud , que Je s actes appellent fils dt
Jiorrcl très-noble marquis des Aquitains & des Goihi , de qui s’y etoit rendu par
ordre du comte Raymond fon frere. Les mêmes actes qualifient ce dernier
marquis de cette province. Il avoit fuccedé depuis l’an 993. dans le comte de
Barcclonne à Borrel fon pere , l’un des principaux d bienfaiteurs de Vab. Av-M,re Iii!p»
baye de la GrafTe. _ *."£/£ **
Le concile de Rome r fit divers canons au fujet de l’intrufion d’Etienne de xxxvn.
Gevaudan qu’il interdit de toute fonction fàcerdotale » pour avoir été élu «
évêque du Puy fans le confentcment du clergé de du peuple, du vivant de et du Puj dépoté.
Gui fon oncle, de pour avoir été ordonné après fa mort par deux évêques « 2r,Pwe,. àe
qui netoienc pas de la province. » Dacbert archevêque de Bourges qui etoit ,’ccccte érjîïc
l’un des deux, en étoit toutefois le métropolitain ; l’autre étoit Roclenus a°rjimS'^- 4’
évêque de Ncvers. Ils furent fufpendus tous les deux de la communion, juf-
2u’à ce qu’ils fuffènt venus faire fâtisfaclion de leur faute devant le fiege apo-
olique. Le concile permit en même tems au clergé de au peuple du Vcîay
d’élire un nouvel évêque qui feroit facré par le pape. Enfin on fit un decret par
lequel on pria le roi Robert de ne donner aucune protection à Etienne, & de
favorifer la nouvelle élection qui feroit faite, fauf la foumijfion qui lui étoit
dite.
En conféquenccle clergé le peuple du Velay ayant élit pour leur évê- foify h-p tu
que Theotard moine d’Aurillac, le pape Silveftre IL fuccefîèur de Grégoire V. f r-lbl-&
confirma cette élection par une bulle du14.de Novembre de la première année j‘g 11.ch.nov.
de fon pontificat , ou de l’an 999. Le pape déclare dans cette bulle qu’il avoit
ordonné lui-même ce prélat, de défend à tout autre évêque d’entreprendre
de l’excommunier -, précaution qu’il prit fans doute pour le mettre à couvert
des entreprifes de Dacbert archevêque de Bourges qui avoir facré fon con¬
current. Ce fut pour la même raifon que le concile ordonna que le nouvel
évêque du Puy feroit facré par le pape.
C’eft à cette intrufion que les évêques du Puy doivent le privilège fingu- gGifyhifUu
lier d’êtreexempts de la jurifdiétion des archevêques de Bourges leur ancien &
métropolitain, de d’être fournis immédiatement au pape ; car il ne faut pas J Theoj.i,
chercher ailleurs l’origine de l’immediation de cet évêché au iâint fiege , ;V>/’ 7-‘
laquelle fubfifte encore de nos jours. On g ne doute pas que cette prérogative
ne fut expreflèment marquée dans la bulle du pape Silveftre dont il 11e refte w:>.
qu’une partie qui foit lifible. Leon IX. ajouta h au milieu du XI. fiecle , aupf'fiK*,rJ1''
Ulî.
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 N. 998.
XXX VIII.
fondation du
mouaikcrc de
Langogne.
\Jmon de la
vicomté de Gc-
\aulan avec
celle de Mil*
haud cnRoucr-
6',c*
!'îî-
999-
b NOTE XX.
W.VI1I.
V. NOTE
XXVI. n. 10. &
Hï-
XXXIX.
Origine &rc-
tablidl-mcncde
l’abbaye de S.
Au ire d’Avi¬
gnon. Les com¬
tes dcTouloulc
dominent le
longduRhône.
c Mab.âd Ann.
£99 »-9l-
GAll.chr. nov.
td to.i p.% oj-&
fe
dPr.
h*
t Tt. p. J14,
&M- 471-
*34 HISTOIRE GENERALE
privilège accordé par Tes prédecefTcurs aux évêques du Puy , de n’être ordon¬
nez que par le pontife Romain, qu’il confirma, celui de fe fêrvir du Pallium
les fêtes folemnelles , tant pour honorer, dit-il, la fainte Vierge patrone de
■cette églife , que pour favorifer la dévotion particulière des peuples du pais
envers la mere de pieu. Enfin les papes Pafchal II.ÔcEugene III. confirme,
rent i’immediation des évêques du Puy à leur fiege.
Il paroît par l’a&e de la fondation du prieuré de Langogne que l’éleétion
de Theotard à l’évêché du Puy fe fit fous le pontificat de Gregoife V. quoi
que ce prélat n’ait été ïaeré que par Silveftre II. Etienne 1 vicomte de Ge¬
vaudan, 6c Angelmode ou Almodis fa femme, perfûadez que Dieu vouloit
qu’ils fiflent bâtir une églife en l’honneur des faints Gervais 6c Protais , parti*
rent pour Rome le fixiéme de Septembre, 6c y arrivèrent vers la mi-Octobrc.
Ils furent d’abord faire leur priere dans la bafilique de faint Pierre, où ils fe
confirmèrent dans leur réfolution , 6c s’adrefTerent au pape qui l’approuva beau¬
coup. A leur retour en France ils fondèrent cette églife dans le lieu de Lan¬
gogne fitué furies bords de l’Ailier, qui fepare le Gevaudan du Velay , 6c
y joignirent un monaftere qu’ils mirent fous là dépendance de l’abbaye de
laint Chaffré , 6c qu’ils fournirent fpecialement à l’eglife Romaine. Ils le dotè¬
rent de diverfes terres fituées dans les comtez de Gevaudan 8c de Vivarais,
ce qu’ils firent du confeil de Matfred évêque de Mende 6c de fon clergé ,
de Theotard évè que du Puy , de Pierre évêque de Viviers, de Rigaud frere du
fondateur, du comte Pons 8c de Bertrand fon frere, de leurs propres vafiaux,
& avec la confirmation du pape Grégoire. Le vicomte Etienne 8c fa femme
firent un fécond voyage à Rome fous le pontificat de Silveftre II. pour offrir
fur le tombeau de faint Pierre la fondation qu’ils venoient de faire. Ce pon¬
tife leur fit prefent de quelques reliques , 6c fit expedier une bulle par laquelle
il mit le monaftere de Langogne fous fa protc&ion fpeciale. Pierre roi d’Ara¬
gon , fuccefieur d’Etienne dans la vicomté de Gevaudan, confirma cette fon¬
dation en 1 10 y.
Etienne étoit vraifemblablement fils 8c fucceflèur de Bernard vicomte de
Gevaudan qui vivoit au milieu du X. fiecle. Il furvêcut long-tems à cette fon¬
dation, 8c mourut b fans pofterité. Richard II. vicomte de Milhaud lui lucce-
da , 8c unit à fon domaine la vicomté de Gevaudan, ce qui nous fait conje¬
cturer que Rigaud frere d’Etienne décéda aulfi fans enfans -, car il paroît que
Richard hérita d’Etienne par droit de fang , 6c qu’ils defeendoient l’un 8C
l’autre de Bernard vicomte de Rouergue qui vivoit au commencement du mê¬
me fiecle. Nous avons déjà parlé ailleurs de Pons comte de Gevaudan 6c de
Bertrand fon frere. Quant au monaftere ou prieuré de Langogne , il dépend
encore aujourd’hui de l’abbaye de faint Chaffre , 6c adonné l’origine à une
petite ville du Gevaudan.
L’abbaye de faint André d’Avignon fut rétablie vers le même tems. Son
origine c ne nous eft pas bien connue 5 on fçait feulement qu’elle fubfiftoit
dans les fiecles précedens fur le haut d’une montagne appellée Andaon ,
fltuée vis-à-vis d’Avignon fur la rive occidentale du Rhône h 8c qu’ayant été
détruite parles Sarafins, elle demeura enfevelie fousfes ruines jufqu’à l’épif-
copat de VTarnerius évêque d’Avignon , fous lequel elle fut rebâtie vers l’an
980. On y voioit alors trois églifes d, l’une fous l’invocation de faint André,
la fécondé de faint Michel , 8c la troifiéme de faint Martin. Celle-ci , de même
que la première , fubfiftent encore 6c n’en forment qu’une , ou plutôt deux
nefs parallèles qui communiquent par une arcade. Le pape Grégoire V. con¬
firma au mois de Janvier de l’an 99 9. Martin abbé de faint André , êc fes fuc-
ceflêurs, dans la poflcllton de ces trois églifes, 8c du domaine delà montagne
d’Andaon fur laquelle elles étoient fituées. Comme nous feavons d’ailleurs que
Raimond de S. Gilles 8c Alfonfe 1 fon fils comtes deT ouloufe confirmèrent à cet¬
te abbaye la pofTefïîon de cette montagne, <7/77/ que leurs pré deceffcurs l'avoientdon -
»<f?,c’eft une preuve que les comtes deTouloufe furent les reftaurateurs de l’ab-
baïedeS.Andréjôcqu’ilsdominerentparconféquent lelongduRhônedanslapar-
tieorientaleduLanguedocquiavoitfaitpartieduroyaumedeProvence,Iong-tcms
avant qu’ils ne fufTent en poflèflîon dumarquifat de ce nom.il eft marqué eu effet
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DE LANGUEDOC Liy. XIII.
dans l’ancien necrologe de ce monaftere que les comtes de Touloufe en font An. 999
les fondateurs.
L’abbaye de làint André devînt bientôt considérable après fon rétabliffe-
ment par les diverfes » donations qu’on y Ht. Hildebert évêque d’Avignon,
fes chanoines , & quelques Seigneurs du pais lui donnèrent b entr’autres l’an g.iIi.cU.mv.
1006. l’églife de Paint Pierre de Lirqn Située dans la partie du comté d’ Avignon *'•*$• *•
qui eft en deçà du Rhône. La charte eft foufcritepar un comte nommé Pons, b ifUii. <*.7,
C’eft le même fans doute que Pons fils de Guillaume Taillefer comte de Tou- r l9 vtofo-
loufe, ôcd’Emme de Provence Sa fécondé femme, qui pouvoir avoir alors huit
à dix ansjmais peut-être ne foufcrivit-il à cette charte quelong-tems après pour
la confirmer, de quoi nous avons divers exemples. Il avoit droit au comté
d’Avignon au nom d'Emme famere, qui poflèdac des biens dans cette ville J*'
du vivant de Rotbold fon pere ôc de Guillaume fon frere dont elle ou fesfils y- note xir.
heriterent entièrement après leur mort. ",l8.
Nos rois après avoir réuni le Languedoc à la couronne ^acquirent une
partie du domaine de la montagne d’Andaon,par le parcage dont les abbez
de faint André convinrent avec eux.Ces princes ceignirent alors de murs le haut
de la montagne ôc y construisirent une fortereSTe, à caufe de l’importance de
ce pofte Situé fur les limites de leurs états. L’abbaye a donné l’origine à la
petite ville de Villeneuve qui eft au bas : l’une ôc l’autre quoique du dio-
cèfe d’Avignon , ôc en quelque maniéré dans les- fauxbourgs de cette ville,
dépendent cependant du Languedoc ôc du diocèfe d’Ufcz pour le temporel ,
parce qu’elles font en deçà du Rhône qui fépare les deux provinces. x L
L’abbaye de faint Paul fituée en un lieu appelle anciennement Monifatem , Union de l'ab-
dans la province d de Gotbie , le comté de Fenouilledes & le diocèfe de Narbonne , >«ycdcS. P*ul
étoit alors foumife pour le temporel à Bernard comte de Befalu ôc de Fe- à'ccîiedeCux”
nouilledes , prince qui a lailfé divers « monumens de fa pieté , Ôc qui touché vicomtes de
de voir ce monaftere dans le relâchement , réfolut de le réformer. 11 l’unit
dans ce deSTein à l’abbaye de faint Michel de Cuxa dont Guifred étoit abbé, >.sj4 ,&jeq. '
dans l’efperance qu’il y reroit obfcrver dans toute la rigueur la réglé de faint «
Benoît, fuivant la difeipline que Warin de venerable mémoire fon prédeccjjeur , — f~ —
avoit établie. Berenger évêque d’Elne , ôc les comtes Guifred ôc Olibâ, freres 1 ~ . .
du comte Bernard furent prefens à l’ade , qui eft daté du 1 5. de Mars de l’an
1000. ôcfoufcrit par les vicomtes Pierre ôc Arnaud. Le premier étoit vrai-
femblablement le même que Pierre I. vicomte de Fenouilledes qui vivoit f en
1017.
L’autre ne paroît pas différent d’Arnaud alors vicomte de Carcaffonne , qui
avoir fuccedé depuis peu dans cette vicomté à Radulfe fon pere , ôc qui étoit Catcaffonne.
fans doute petit-fils d’Amclius vicomte de la même ville en 961. Le vicomte ^om*«de«ue
Arnaud g s’étant laiffé perfuader par j quelques flatteurs que les biens que v.iu.
Roger I. comte de Carcaffonne avoit donnez à l’abbaye de faint Hilaire en &
981. en adion de grâces de la vidoire qu’il avoit remportée fur le comte
Oliba Cabrera , appartenaient d U vicomté de Carcaffonne , s’en faifit fans
autre formalité. Gausfred abbé de ce monaftere ôc fes religieux en portèrent
leurs plaintes au comte de qui ils les avoient reçûs , ôc citèrent le vicomte i
fon tribunal au mois de Septembre de la VI. année du roi Robert , c’eft-i-dire de
l’an 1 00 1. Roger qui étoit fur fon départ pour un nouveau voyage de Rome
écouta favorablement leur demande, ôc ordonna qu’on leur rendit juftice.
En conféquence Adalbert évêque de Carcaffonne , trois de fes archidiacres,
la comteuè Adélaïde femme du même Roger , leur fils Raymond , une dou¬
zaine de feizneurs * du païs , ÔC plufleurs autres perfonnes de diftindion s’affem- * Semom.
blerent à Carcaffonne après (on départ , ôc condamnèrent Arnaud à reftituer
les biens qu’il avoit ufurpez conformément à la loi des Viflgots dont on rap¬
porte le texte. Nous inférons delà que ce vicomte, qui fe fournit debonne
grâce à ce jugement , étoit d’origine Gothique. C’eft du moins une preuve
que le code des loix des Viflgots n’ étoit pas encore entièrement abrogé dans
ÎCO9.
XL1.
IMaid terni à
IOOI.
la province au commencement du Xl.ftecle. Il ne paroît pas qu’ Arnaud ait
laiiïé aucune pofterité , ôc il y a lieu de croire qu’ après fa mort Va vicomté de
Carcaffonne fut unie au comté de cette ville.
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An.xoo 1.
X LU.
Teftament de
Roçer I.aJmtc
«kCarcaflonnc.
Ermcflinde fa
flic comtcflc
de Barcelonne.
a V. NOTE
XXJi.». 7.
Vr'MS9'&
/'*•
C r. NOTE
xxiin. 18.6*
>?•
d Di*g etnd.dê
thrcfl.l.i.c.lj'
&Hi’
Marc* Be/trn
f. 701.^708.
^4Tf. if/^.
f.IOlg*
/r./J7C.
eMarc.Hi#.
ru 07.
SOI). SI07.
If.UOi.&ftq.
h De Vu Cmt-
H-p.it.
Badliam.
HISTOIRE GENERALE
Letomte Roger fit fans douce avant ce fécond voyage à Rome le tefta-
ment que nous avons de lui } car la date que quelques auteurs donnent à
cet a&e eft » abfolument faufle. Suivant ce teftament b Roger partagea (es do.
maines aux trois fils qu’il aVoit alors d’Adelaïde fa femme , Raymond , Ber¬
nards Pierre, Il donna au premier la ville & le comté de Carcallonne , la
part qu’il avoir au comté & château de Rafez , le droit qui lui écoic acquis
tant (ur le refte de ce dernier comté , que fur les pais de Queirecourbe
& de Queille , en vertu d’un accord qu’il avoit conclu avec Eudes fon frere,
& Arnaud fils de ce dernier } le château de Seifiàc avec fa châtellenie, les vi-
gueries & les alleus qui en dépendoient4^tf la maniéré qu Arnaud fon pere les avoit
pofièdez ; les alleus du comté de Touloufe qui avoient appartenu à Bernard
le Roux , S que le vicomte Raymond tenoit de lui en fief -, le château de fainte
Gabelle avec fes dépendances j la moitié dupais de Volveftre j la troifiéme
partie du comté de Comminges -y la part qu’il avoit au château de Minerbe
& à fes dépendances , que le vicomte Raynard lui avoit donnée en mourant }
les alleus qu’il pofledoit dans le Narbonnois y S enfin les abbayes de Caunes
& de Vernafone. Il paroît que cette derniere eft la même que celle de Ver-
nofoubre ou de faint Chignan.
Roger donna â la comteile Adélaïde (a femme la jouiflànce de lâ viguerie
de Savartez qu’il fubftitua à Bernard leur fécond fils * à condition que celui-
ci la laiflèroit jouir paifiblement de cette viguerie. Il donna de plus à ce der¬
nier le droit qu’il avoit fur le même pais de Savartez S fur le château de
Caftelpendent , conformément à l’accord qu’il avoit fait avec Eudes fort
frere , & Arnaud fils de ce dernier, pour en jouir après leur mort j le comté
de Conférant avec l’évêché y l’autre moitié du pais de Volveftre 5 ceux deDâl-
mazan , de Podagues^ & d.’ Agamayie^ avec la moitié du bois de Bolbonne
ftué entre les rivières de Lers & d’Ancge y & les alleus qu’il avoit dans tous ces
pais , à la réferve des lieux d’EfcoulIè 6c d’Avefac qu’il donne i Adélaïde fa
femme, à laquelle il légué , 6c à Bernard leur fils , le château & la terre de
Foix.
Pierre troifiéme fils du comte Roger eut pour fon partage les abbayes du
comté de Carcafionne, la part que le même Roger avoit à celles du comté
de Rafez , de la viguerie de Sailfac , du comté de Conferans , 6c du pais de
Foix ; enforte que fuivant cette difpoficion Pierre ne devoir avoir pour fa part
Sue des biens ecclefiaftiques : il parole aulfi qu’on l'avoir deftiné à l’églile, 6c
parvint e en effet en 1 o 1 o. à l’évêché de Gironne.
Roger avoit une fille nommée Ermellïnde dont il ne fait aucune mention
dans ce teftament , fans doute parce qu’il l’avoit déjà dotée. Elle avoit
’ époufé4avant l’an 1001, Raymond comte de Barcelonne, qui lui aflïgna «
pour fon douaire le comté & l’évêché d’Aufonne ou de Vie , avec le comté de
, Manrefe. Nous aurons occafion de parler dans la fuite de cette princelîe ,
qui fe rendit également recommandable par (à pieté , (a fageflè & fon habi¬
leté dans le gouvernement , lorfqu’après la mort du comte de Barcelonne
fon mari , elle eut l’adminiftration 1 de fes états , qui confiftoient ë dans les
comtez & évêchez de Barcelonne, Gironne, Aufonne 6c Manrele. Un mo¬
derne b donne à Roger I. comte de Carcaflonne une fécondé fille appellée
Etiennette , qui époufa , dit-il , Garfias roi de Navarre ; mais il fe trompe f
cette reine étoit petite-fille 6c non pas fille de Roger , comme nous le verrons
ailleurs.
• Ce comte marque dans fon teftament qu’il avoit déjà difpofé en faveur
de diverfes églifes de plufieurs alleus fituez dans le Râlez , le Narbonnois ,
6c une partie du Touloufain. Il confie à Adelaide fa femme y pour tout le tems
qu’elle voudroity l’adminiftration 6c la régie v de tous fes domaines , 6c veut que
celui de fes fils qui furvivroit aux autres fût chargé de la même adminiftra-
tion durant la minorité des enfans de celui qui leroit décédé : il leur défend
de vendre ou d’aliener, finon entr’eux , les domaines qu’il leur donne en par¬
tage) enfin il fubftitue au dernier fur vivant les biens de celui qui mourroit
(ans enfans légitimés , 6c fe réferve la liberté de changer dans ce teftament cd
qu’il jugeroit à propos.
Quoi qu’il
Diçjitized by LjOoq le
i)E LANGUEDOC. Ltv. XIÎL ïjf
Quoiqu’il paroiilè que Roger aie u Cède cecte liberté, & qu’il ait fait dans An.iooj;
ia fuite quelques changcmens au partagé de lès domaines, on ne lailïè pas xliu.
de cirer de grandes lumières de cet a&e, Toit, pour la genealogie de la fa-
mille, foie pour l’hiftoire de la province. On voie d'abord quelle étoitréten- dc!ar-
due de la domination, ôc qu’il poiîèdoit les comtez de Carcalïonne ôc de c?(?OQnc » *
Conferarls en entier , une partie de ceux de Râlez Ôc de Comminges , le
château ôc la vigueric de Saiflàc dans le Carcailèz , une portion du Miner- fore; origine
bois , avec les abbayes de Caunes & de faine Chignan lîcuées dans le même poix!vfo>Crme*
frais, compris dans le comté de Narbonne, le château & le païs de Foix j de Mmetbe »
es pais de Volveftre, de Dalmazan, de Podaguez ôc d’Agarnaguez , avec &c-
une partie de la viguerie de Savartez, dans le Touloufain } ôc enfin L’ évêché
de Confèrans, & les abbayes de tous ces domaines , avec diverlès églilêsj
ce qui demande quelques éclaircilïèmens.
i°. Roger avoir hérité d’Arnaud fon pere des comtez de CarcalTonne &
de Conferarts , ôc d’une partie de celui de Comminges. Nous inférons de
là qu’il avoir une defcendancc J commune avec les autres comtes de Com- a v. note
minges qui vivoient alors. ' xxii>
i°. Il avoir auifi hérité du même Arnaud fon pere, d’une partie du comté
de Rafez : l’autre étoic au pouvoir d’Odon ou Eudes fon frere , qui avoit
un fils appellé Arnaud. Roger avoit fait un accord avec eux pour leur
fucceder, lui & fa pofterité, s’ils mouroient fans enfans, tant dans cette
portion du Rafez , que dans une partie de la viguerie de Savartez , ôc les
châteaux ôc pais de Quierecoiirbe ou Chercorb , ôc de Queille dans le Toulou-
fain. On voit par là quel avoir été le partage du comte Eudes frere de
Roger.
3W. L’accord entre lés deux freres dont on vient de parler , étoit une
efpece de fubftitution pour fe fucceder l’un à l’autre au défaut de defeen-
dans mâles. L’ufage de ces conventions réciproques étoit alors commun dans
les grandes maifons, afin d’y conferver leurs domaines. C’eft aulfi lans doute
dans cette vue que Roger défendit h dans fon teftament à fes fils d’ aliéner leurs btr.p. uo.
liens en faveur des étrangers. Cette remarque eft importante pour l’intelligence
de ce que nous dirons dans la fuite au fujet de l’acquifirion que firent les
comtes de Barcelone d’une partie du domaine de la maifon de Carcaf*
fonne.
4°. Le païs ou viguerie de Savartez qui appartenoit à Roger & à fon frere,
s’étendoit dans la partie de l’ancien Touloufain, qui confine avec le diocèfe
d’Urgel ou le comté de Cerdagne : il fuc depuis compris dans celui de Foix.
Ceux de Quierecourbe & de Queille ou Cueille faifoient aufîi alors partie du
Touloufain , ôc tiroient leur dénomination de deux châteaux. Ces deux païs
formoient chacun une viguerie particulière. Le dernier comprenoit c la partie c vr.to.
occidentale & la plus voifine des Pyrénées du diocéfe moderne de Mirepoix à ,,é7* *
la gauche duLers , l’autre étoit compoféd d’une quinzaine de bourgs ou vil- d iH<U
lages dont celui de Chalabre étoit un des plus confiderables } il s’étendoit
dans la partie orientale du même diocèfe de Mirepoix à la droite du Lers:
ainfi le comte Eudes avoit eu dans fon partage toute la partie méridionale
de ce diocèlè compris alors dans celui de Touloufe.
y°. On voit d’un autre côté que Roger poiîèdoit dans le Touloufain les
païs ou vigueries de Volveftre , de Dalmazan, d’Agarnaguez , ôc de Podaguez,
avec le château ôc le païs de Foix, Ôc le bois de Bolbonne. Le premier de
ces païs fîtué à la droite de la Garonne, aujourd’hui dans le diocèfe de
Rieux , tire fon nom cîe la petite riviere de Voip, qui le fépare du Conle.»
rans : il s’étend depuis cette civiere jufqu’à celle de l’Ariege , ôc dépend du
Languedoc. Le Dalmazan, ainfiappellé d’un château de ce nom , eft arrofé
par Ta Rife au midi du Volveftre, ôc renferme la châtellenie de Camarade
dans le comté de Foix. L’Agarnaguez c étoic fitué entre le Lers ôc l’Ariege, ePr t- ns.
& le Podaguez £entre cette derniere riviere ôc la Leze. Enfin le château & { p-m-
la terre de Foix , de même que le bois de Bolbonne fontaflèz connus. Nous
remarquerons feulement que c’eft ici le plus ancien monument que nous aions
ou il’ doit fait mention de ce château , dont le territoire particulier comprenoit
Tome iit S
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b NO TE XXII
r.x*.
cv. NOTRiM.
_ i*8 HISTOIRE GÉNÉRALE
ÀS.iooî. fms doute âlot-s ce qui à formé depuis fa châtellenie , compofée d’une ving¬
taine de bourgs ou villages.
6 \ L’uniott de ces divers païs, dont Roger I. comte de Carcaflbnne dif-
pofa en faveilr de Bernard fon fils puîné , 6c qui firent le principal domaine
de ce dernier, donna l’origine au comté de Foix : origine qu’il taut prendre,
non pas de çe que ce domaine avoir le titre de comté par lui-meme, ou
de ce que les comtes de Touloufe qui en avoient la fuzeraineté l’érige-
rent en comté , comme quelques auteurs fe le font fauflement perfùadez ;
mais de ce que le château de Foi* en étoit le chef-lieu, 6c de ce que Bernard,
Ou fes defcendans , qui y fixèrent leur principale demeure , & qui jouiflbicnt
d’ailleurs dé la dignité comtale , s’en qualifièrent comtes, pour fediftinguer des
comtes dé Garcalfohhe leurs aînez.
» UirctBean. Un célébré hiftorien », qui a^traité de l’origine du comté de Poix, l’explique
/.* .eb.fi6.fij. ùn peu différemment. 11 prétend que Bernard , fils puîné de Roger 1. comte
de Carcaflbnne , ayant eu le comté de Conferans en partage, a ne partie de
et cointé , entr autres fa vtllt capitale, furent évincées de fes mains par fon aine le
comte de Canajjonne , ôc qu’ainfi il fe qualifia depuis comte de Foix , parce
que le château , & le territoire de ce nom , avec les autres terres qui lui
demeurèrent , faifoient partie du comté 6c du diocèfe de Conferans. Mais
b note xxn cét auteur fe trompeben cela -, la ville 6c prefque tout le païs de Foix n’ont
*-t<- , jamais été compris dans le Conlèrans,ni pour le c temporel, ni pour le fpirituel,
iV.H3TE.tbil J. .. r. . , _ rr. . c ’,.r , ,,, \ ,, . *
& us ont toujours fait partie du Touloulain julqu a 1 érection de 1 eveche de
Pâmiers. De plus , on n’a aucune preuve bien certaine que Bernard ait pris
la qualité de comte de Foix, 6c il paroît que Roger fon fils qui lui fucceda
versl’an 1036. fut le premier qui fe la donna * ce qui n’cmpêchc pas qu’on
fie doive regarder Bernard comme le premier comte de Foix , parce qu’il
eft en effet latige des comtes de cé nom.
d Mve* nid. Le même hiftorien d fe trompe aufiî fur deux autres faits : il dit i°. » Que
t.io.a.i. païs je Conferans , qui auparavant étoit comté, fut réduit au titre de
A vicomté , par la tranfaclion qu’Ermengarde de Carcaflbnne palfa en 1068.
»avec Raymond-Bcrenger comte de Barcelone : mais il n’cft rien dit dans
t 161.6- Paéle c de ce changement. Il eft vrai que cette vicomtefiè vendit f en
171. *070. au comte de Barcelone les droits qù’ellc avoit furie comté de Rafcz^
de Conferans , de Comminves , de Carcaffonne , &c. mais il s’agit ici plutôt du comté
que de la vicomté de Conferans. z°. Cet auteur reprend Catel d’avoir écrit
que le comté de Foix relcvoit entièrement des comtes de Touloufe depuis
Raymond de faint Gilles,ôc prétend au contraire que la partie du meme comté
fituée au défiais du Pas de la Barre , c’eft- à-dire le haut Foix , qu’il mec
fans fondement dans l’ancien diocèfe de Conferans , n’a jamais relevé des
gvtrcMibit. comtes de Touloufe. Il fe fonde g pour cela fur quelques hommages rendus
J'i' à ces derniers au XIII. fiecle par les comtes de Foix, dans lefquels ceux-ci né
reconnoifTent tenir des comtes de Touloufe, que ce qui eft en deçà du Pas
de la Barre : mais cela ne décide rien pour les ficelés précédons , 6c fans
entrer ici dans la raifon de cette diftin&ion que nous développerons ailleurs,
h k note j] eft certain h du moins quejufqucs à Pan 1068. tout ce que les comtes de
xxii.9. i}. Carcaflbnne 6c de Foix pofTedoient dans le Touloufain, 6c par confequcnt
tout le païs de Foix en deçà 6c en delà du Pas de la Barre , relcvoit des
comtes de Touloufe à qui ils en faifoient hommage. Reprenons la fuite de
nos obfervations fur le teftament de Roger I. comte de CarcafiTonne.
70. Ce comte difpofa par cet ade de la châtellenie 6c de la viguerie de
Saiflàc, 6c des alleus que poflTedoit Arnaud fon pere à caufe du château de ce
H37w;d’ûù l’on doit inférer qu’Arnaud comte de Carcaffonne, pere de Ro¬
ger avoit pofiedé cette viguerie. Nous voyons cependant qu’Hugues évêque
i iv.p.'o'. de Touloufèdonna vers Pan 960. par fon teftament* le château de Saifiac
k ibu.p. 100. à ce dernier 6c à la comtefle Arfinde fa mere , 8c qu’en k 9y8.il y avoit un
vicaire ou viguier dans ce château 5 mais celui-ci tenoit fans doute cette vi¬
guerie en fier , ou d’Arnaud, oude Roger fon fils. A l’égard d’Hugues évê¬
que de Touloufe, cela nous donne lieu de croire qu’il étoit de la maifon des
Comtes de Carcaflbnne : il ne poffeda d’ailleurs qu’une partie du château
d Mi rcAibïL
C.lOJt.l,
C Fr.p.x 6l.fr
t ^r.^.171.
gMtre* ibiJ.
m-j*;**.
h K NOTE
•XXU.9.X}.
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DE LANGUEDOC. Ltv. Xîîî. 1)9 _ ^
de SaifTac, qu’il laiflà à Roger, dont il étoic vraifemblablement oncle pa^ Aî^iooi»
ternel.
8 e. Ce comte difpofa auffi de plufieurs alleus qu’il tenoit dans le Nar-
bonnois de la fucceffion de Ton pere , & de la part qu’il avoit au château
de Minerbe , 6c dans Tes dépendances, & que le vicomte Raynald lui avoit
donnee. Ce dernier étoit donc vicomte du Minerbois , pais qui s’étend dans
la partie feptentrionale de l’ancien diocèfe de Narbonne , 6c qui com¬
prend aujourd’hui prefque tout celui de faint Pons. Raynald eft le plus an¬
cien vicomte de Minerbe dont nous ayons quelque connoifïance. Il paroît
cependant que le vicomte Béraud qui préfida à un plaid tenu * dans le £££"£ *
château de Minerbe à la fin du régné de Charles le Chauve -, étoit un des c»mus.
prédcceflcurs de Raynald , qui delcendoit peut- être d’un vicomte de Beziers
de .même nom, lequel vivoit au milieu du X. fiecle. Quoiqu’il en foit, il
y a apparence que les abbayes de Caunes 6c de Vernafone ou de faint Chignan
dont Roger difpofa en faveur de Raymond fon fils, venoient du même vi¬
comte de Minerbois, car elles font fituées dans ce pais* Nous conjecturons
aulfi de cette donation , qu’Adelaïde femme de Roger , étoit ou fœur , ou
fille du même Raynald 5 n’etant pas naturel que celui-ci, qui laifla des fuc-
eefïeurs dans fa vicomté , eût donne à Roger une portion de fon domaine ,
s*il n’eût été fon allié ou fon proche parent. Ce dernier fait encore mention
d’un vicomte Raymond qui tenoit de lui divers alleus dans le Touloufainj
nous ne fçavons pas le nom de la vicomté de ce dernier.
• 9e, Roger lailTa à Adélaïde fa femme la baillie ou adminiftration des
biens de les fils pour tout le tems qu’elle voudroit j preuve qu’elle pouvoir
la garder jufqu’aprés leur majorité : 6c en effet , on a déjà vu dans la pro.
vince d’autres exemples d’une pareille adminiftration. Il s’enfuit de là que
Cette claufe ne fi^auroit fervir à fixer l’époque du teftament de Roger , ni à
prouver que fes fils fulfent alors en bas âge, comme un célébré hiftorien ba bf.7os>m'
voulu Pinferer.Cet auteur conclut aulfi, de ce que ce comte déclaré que fi fes fils
venoient à avoir des enfans d’un légitimé mariage , ils auroient l’adminiftra*
tion de leurs biens j que pas un d’eux n’étoit alors marié : on peut feule*-
ment inferer de là qu’ils n’avoient pas encore d’enfans. Il paroît en effet que
Raymond qui étoit l’aîné avoit époufé dès-lors, ou qu’il époufa bientôt après c,
Garfinde fille aînée 6c heriticre de Guillaume vicomte de Beziers ôc d’Agde, *’10"
io°. Enfin on ne doit pas croire que Roger en difpofant par fon tefta¬
ment en faveur de fes fils , des évêchés & des abbayes de fon domaine, ait
prétendu leur donner le titre épifcopal ou abbatial , mais feulement l’avouerie
ou le patronat laïque. Nous avons en effet la fuite des évêques de CarcafTonne
6c des abbez des monafteres dépendans du même domaine , pendant la vie
des fils de Roger. Cette remarque peut fèrvir également pour l’intelligence
de femblables termes qu’on trouve dans divers monumens de ce fiecle 6<
du précédent.
Roger furvêcut plufieurs années à fon teftament , 6c il fut peut-être du
nombre des feigneurs de la province qui affifterent à une célébré alfemblée pour ic rcW
tenue d vers l’an 1004. par les foins du Gui évêque du Puy. Ce prélat que
nos modernes ont confondu c avec Gui d’Anjou fon prédeceflèur , 6c qui fut P*o»ioce.Jm *
le troifiéme évêque du Puy de fon nom , avoit fuccedé à Theotard depuis en. —
viron l’an 1001. que celui-ci décéda , à ce qu’il f paroît. Gui III. touché g de d NoVh
voir la licence des mœurs regner par tout impunément , 6c les défordres xxmin.i (y,
affreux qu’occafionnoient de fon tems la tyrannie des feigneurs feculiers, 6c ^J'NOTE ,h,d
leurs guerres particulières, réfolut d’apporter quelque remede à ces maux, qui f
troubloient la paix de fon diocèfe. «ooi.».tf.
Dans ce deffein, il engagea plufieurs évêques, entr’autres Pierre de Vi -
viers, Guide Valence, Begon de Clermont, Raymond de Touloufe , Deuf- Gau.chr.r,cv.
det de Rodez , Fredelon d’Elne, Fulcrand de Lodcve , 6c Gui de Glandeve,
qui étoit en même tems abbé de faint Chaffre , à s’aflembler avec plufieurs
feigneurs 6c notables perfonnages dont on ne marque pas le nom , pour
chercher les moyens de rétablir la paix 6c la fûreté publique. L’aflèmblée
ccouta favorablement fa propofition , 6c on drefla divers reglemens , par
Tome II . S ij
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An.IOq^.
XLV.
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h /V.^. 160.
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i K NOTE
XX
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1 MJ.
t4o HISTOIRE GENERALE
lefquel* on défendit encr’autres aux clercs de porteries armes, & aux laïques
d’ufurper les droits fie les biens ecclefiaftiques , Ôc de troubler les gens de la
campagne dans la culture des terres. On défendit aulîi aux prêtres de
rien éxiger pour le baptême , ôc l’on déclara enfin excommuniez tous ceux
qui violeroient ces decrets , que Dacbert archevêque de Bourges, ôc T ni-
baut archevêque de Vienne approuvèrent dans la fuite.
Fredelon évêque d’Elne qui allifta à cette aflèmblée , avoit fuccedé 1 de¬
puis peu à Berenger I. du nom. Ermengaud archevêque de Narbonne, frere
de Raymond vicomte de cette ville , donna b le 30. à’ Octobre de la y II. année
du requit du roi Robert , ou de l’an 1 003. à l’abbaye de Cuxa en Roulfillon l’alleu
de Cauchenne, dépendant de celle de faine Laurent fur la Nielle, du confen-
te nent de ce prélat, d’Adalberc évêque de Carcaflonne, ôede la vicomtefls
Ermeffinde furnommée Bonne , à la charge d’y faire conftruire une maifon dont
la moitié appartiendroit à la première , fie l’autre à la fécondé de ces deux ab-
bayes, avec défenfe de l’aliener qu’en faveur de l’archevêque de Narbonne
fie de l’abbé de faine Laurent. Nous concluons de là, 1 que quoique cette
derniere abbaye fût unie à l’archevêché de Narbonne, elle écoit cependant
gouvernée par un abbé. i° Qu 'Ermengaud archevêque de cette ville, Frede-
lon évêque d’Elne , Adalbert de Carcallbnne, ôc la vicomceffc Ermelfindequi
çoncoururent également à cette donation , dévoient être parens ou alliez.
Plufieurs prélats fie feigneurs d? Languedoc ôc de Provence tinrent en 1004,
une autre c aflemblee à Plâlmodi dans le diocèfe de Nifmes , à l’occafion du
rétabliftèment de cette abbaye , alors prefqu’entierement ruinée. Ils char¬
gèrent de ce foin Wamarius qu’ils y nommèrent pour abbé. L’acte, dont il
ne refte qu’un fragment, eft fouferit par cinq évêques , deuxabbez , 6 c pin*
fieurs comtes ou feigneurs feculiers. Les premiers étoient Frotaire, HeribaL
dus, Dolon, Fulcrand fie Pierre : on ne marque pas leur fiegej mais nous,
fçavonspir d’autres monumens que le premier étoit évêque de Nifmes , le
fécond d’Ufez,le quatrième de Lodeve , fie le cinquième de Maguelonne.
Les deux abbez étoient Wamarius dont on vient de parler, ôc Gérard de
faint Gilles. Entre les feigneurs feculiers Adélaïde comteffedc Provence, mere
ôc tutrice du comre Guillaume II. foulcrivit la première, ôcaprcs elle Guil¬
laume comte deTouloufe, le comte Pons [on fils , un feigneur nommé Iclerius,
le même Guillaume II. le comte Rotbold oncle de ce dernier fie beau-pere
de Guillaume comte de Touloufe , le comte Hugues, ôc Pons fon frere.
L’abbaye de Pfalmodi reçut diverfes donations depuis fon rétablillement.
Guillaume II. comte de Provence , fa femme Adélaïde ’,le comte Rotbold fon
oncle, fie Guillaume fon frere, lui donnèrent encr’autres le lieu de Mudaifons
dans le diocèfe de Maguelonne, ôc celui de Bergen dans le comté d’Aix. Guil¬
laume comte de Touloufe, ôcEmme de Provence fa femme lui avoienc refti-
tué e quelques années auparavant, vers l’an 997. ôc à Wittardfon abbé, le
prieuré de faint Julien de Corneillan. Nous conjecturons ( que le comte Hugues.
q ai fe trouva à cette aflemblée, n’eft pas different d’Hugues frere puîné de
Raymond II. comte de Rouergue ôc marquis de Gochie.
Ce dernier etoit alors déjà deccdé, ou décéda du moins peu de tems après.
II eft certain .<en effet que fa mort arriva après l’an 1000. ôc avant l’an 1 010.
Il donna b peu de tems auparavant l’alleu de Palais dans le diocèfe d’Agde
à l’abbaye de S Sauveur de Conque^ en Rouergue , pour en jouir après
fa mort , fie lui vendit quelques autres domaines. Suivant la charte
cet alleu confinoit avec les terres de Garnier de Loupian, deMatfred évê¬
que de Beziers, & de Bernard fis d‘ ;4lmerade. Celui-ci pourroit bien être le
même ‘ que Bernard feigneur d’Andufe donc nous aurons lieu de parler ail¬
leurs, ce qui nous donneroit fa filiation.
Pour revenir à Raymond II. comte de Rouergue , un auteur contemporain
rapporte k qu’il entreprit le voyage de la Terre-faintc ou de Jerufàlem , ôc
qu’il mourut en chemin : ainfi fon fort fut à peu près femblable à celui de
Raymond l.fonpere, qui décéda dans le cours d’un pèlerinage qu’il fit à S. J ac¬
ques en Galice, avec cette différence cependant que ce dernier fut aflaflné.
Raymond IL donna 1 çncoxe avant fon, départ, à. l’abbaye de Conques , les
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DE LANGUEDOC. Liv. XIII. t4i ^ _
filines voifines du lieu de Palais qui s'écendoient le long des côtés de la mer } An. 1004.
il fit aulîi pre/ènt à cette abbaye d’une vingtaine de valès de vermeil trèsi
bien travaillez, , & d’une lelle magnifique du prix de cent livres ,dont le travail
iurpalToit de beaucoup la matière , & dont il avoir coutume de fe fervir aux
jours de ceremonie. Il l’avoit remportée avec plufieurs autres dépouilles luf
les Sarafins dans une occafion où il les avoit battus.
Ce priuce avoit époufé vers l’an1 985. une dame nommée Ricârde, dont * m^E vm>
le nom peut donner lieu de conjecturer qu’elle étoit de la famille de Richard '* ‘
vicomte de Milhaud en Rouergue qui vivoit alors. Il en eut un fils appellé
Hugues qui lui fucceda bdans le marquifat de Gothie, le comté de Rouera bIb,d-n-l4i-
gue, 8c fes autres domaines , fous la tutelle ôc l’adminiftration de la même
RicarJe qui étoit encore jeune à la mort du comte Raimond il.fion mari. C’eft
ce que nous apprend le même auteur c contemporain qui fait mention de f‘ *
cette comtefle , 8c de fa dévotion envers fainte Foy dont on confervoit leS
reliques dans l’abbaye de Conques , à laquelle elle fit prefent d’un de fes
plus précieux bijoux.
La princefle Berthe furvêcut aufli à Raymond II. comte de Rouergue fori xivir.
fils. Elle vivoit en effet encore fous l’épifeopat d’Arnaud évêque de Muu , dc '
Xivir.
Mmt de la
couucik Ber*
Rodez, qui ne lucceda au plutôt quen 1005. a Deufdet, 6c cjui convoqua ,he mcrc du
à un fynode auquel elle fe trouva. C’eft fans doute de la même Berthe qu’un
autre auteur* a voulu parler fous le nom de lacomteffe de Narbonne , qui vers "TùU. ui.
la fin du X. fieclc , fit prefent d’un calice de criftal enrichi de pierres pré-
cieufes i l’abbaye d’Aurillac en Auvergne * car il eft certain que Rayirlond I. xxi-ii?™
6c Raymond Il.fon fils , comtes de Rouergue , pollêderent le comté particu- c
lier de Narbonne avec le marquilat de Gothie.
Nous avons déjà remarqué que Guillaume Taillefer comte deTouloufe ^ux.
leur coufin fit fon fejour ordinaire en Provence depuis Ion mariage avecEm. COma il Tou¬
rne, fille de Rotboldcomce en partie de cette province. Gela parole entr’au- loufeuitùic-
tres par unefcharte de Pons évêque de Marfeille, de la maifon des vicomtes ta'iT'copî’o-
decetre ville, fuivant laquelle ce prélat confirma en 1005. les donations »«.n.c.
que lui 6c fes pareils avoient faites en faveur de l’abbaye de faint Vi&or. f ^a£h'‘° *'
L’acte eft fouferit 6c autorifé par Rotbold , qui fe qualifie comte p ar la ’zrace
de dieu y par la comtefle Adélaïde 6c Guillaume comte de Provence fon fils,
par Guillaume comte de Touloufe , 8c par Ermengarde femme du comte Roc- f Z. — Z —
bold. On y voit auflî les foulcriptions de divers évêques , abbez , 6c feigneurs 1005.
féculiers, en particulier celle de Warnarius abbé de Pfalmodi.
Il eft encore fait mention de Guillaume comte deTouloufe dans le tefta- l.
ment que fit g vers le même tenus Ermengaud archevêque de Narbonne. Ce T'fu"en',
prélat nomme dans cet acte h , qm elt lans date, pour les exécuteurs tefta- de N»iVonne
mentaires, i°. le comte Bernard, le même fans doute que le comte de Befalu 6c dc
de Fenouilledes de ce nom, qui vivoit alors, 6c qui avoit déjà donné , ou donna 'V k Zotx
du moins peu de tems après en mariage Garfinde fa fille, à Berengerfils de Ray- xxvn *.6.
mond vicomte de Narbonne , neveu d’Ermengaud ^ z°.la vicomtefle Ricarde ^ Pr-?-l6t &
fabelle-fœur , 30. Deufdet abbé de faint Paul deNarbonne, F rançon prévôt
de la cathédrale , écc. Il légué differentes terres tant à fon églife qu’à celle
de faint Paul, 6c aux chanoines de fainte Marie de Quarante , aufqucls il
laille de plus deux coupes d’argent. Il légué aufli quelque argenterie aux
abbayes de Villemagne,de faint Pons, de Caunes 6c de la G rafle -, il donne
deux coupes d’or avec une felle precieufe à Raymond vicomte de Narbonne
fonfrere,6cà Bcrengerfon neveu fils de ce dernier ^ à Guillaume fon autre
neveu , l’alleu qu’il avoir acquis dans le Minerbois -, à Raymond comte de
Barcelonne fa mule -y à Guillaume comte de T ouloufc fes faucons -, à Deufdet
abbé de faint Paul deux coupes d’argent, 6c les taffes qui avoient appartenu
à Aymeric fon prédecefleur , à la charge de les remettre à celui qui après
fon dccez feroit archevêque de Narbonne , pour s’en fervir de même que fes
fiiccefleurs. Il laille aufli de l’argenterie à Fredelon, Etienne, Matfred, 8c
Adalbert évêques, dont il ne dit pas le fiege : nous apprêtions d’ailleurs que
le premier étoit évêque d’Elne , le fécond de Beziers , le troiftéme d’Agde,
& le quatrième de Carcadbnne. Il fit enfin divers- autres legs à plufieurs per-*
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An. i oo j «
Lî.
III. Concile
lîc Touloufe.
a &
/•i
V. CéUtl mm.
f.Ui.
t> C/Uel comté
t-m*
t CuteLmem,
/' S fi. &jeq.
X6l.
V.XOTkXlX.
». i .
tïL
Mort de faint
Fulcrand évo¬
que de Lodevc.
d Vtt.S.Fulcr.
Boll.to,i. Te Or.
14L HISTOIRE GÉNÉRALE
fonnes , à quelques ecclefiaftiques , & à fes domeftiques , & donna à chacuii
de fes exécuteurs teftamentaires dix fols, une jument &. une vache, & à la
vicomtefle Ricarde fa belle-foeur cinq jumens avec un alleu qu’il fubfticua à
l’abbaye de la G rafle. Nous avons crû que ce détail ne feroit pas inutile pouf
faire remarquer les ufages du fiecle. Ce prélat furvêcut encore dix à onze ans
à fon teftament.
Il affifta vers l’an 1005. â un concile que Raymond évêque de Touloufe ,
& Guillaume comte de cette ville y convoquèrent *. Les anciens feigneurs de
Caramaing ou Garaman, lieu lltué à quatre lieues de Touloufe vers le fud-eft,
avoient obtenu de nos rois le privilège de faire tenir un marché les trois
derniers jours de la fèmaine en tel endroit de leur domaine qu’ils jugeroient
à propos , depuis le lieu de Stap, jufqu’aux murs de Touloufe j êë d’y faire
lever certains droits. Ces feigneurs abufant de leur autorité , étendirent fi
fort ce privilège par l’établiflêment de divers péages , &c. que leurs vexations
interrompoient entièrement le commerce. Donat l’un de leurs defeendans ré-
folu de le rétablir , renonça publiquement à ces mauvais ufages entre les
mains de l’évêque & du comte d» Touloufe, & déclara qu’il s’en tenoit aux
droits portez par les chartes de nos rois * mais dans la crainte que fes fuc-
cefTeurs ne renouvellailènt les mêmes vexations , l’évêque Raymond & le
comte Guillaume convoquèrent le concile de Touloufe dont on a parlé. L’ar¬
chevêque de Narbonne, les évêques de CarcafTonne, de Beziers & de Mague-
lonne fes fuffragans , l’archevêque d’Auch , & trois évêques de fa province
dont les noms ne font pas marquez, s’y trouvèrent avec plufîeurs abbez,
& y dirent anathème à tous ceux qui rétabliroient ces mauvais ufages. L’aéte
eft fans date, mais il doit être du commencement du XI. fiecle. Guillaume y
eft qualifié comte des peuples de l'Albigeois , du Qj/erci & du T ouloufain.
Le même Donat de Caraman fignala fa pieté envers l’églife de faint Semin
de Touloufe , par une donation b qu’il lui fît avec Rixende fa femme , du
marché de Bafiege dans le Lauragais. L’acte eft du tems du comte Guillaume
& de Raymond évêque de Touloufe. Ce dernier obtint en 1007. du pape
Jean XVIII. une bullec qui maintient dans la poflèfTion de leurs biens la cathé¬
drale de faint Etienne, & les monafteres de faint Sernin & de Notre-Dame
de la Daurade de Touloufe, avec défenfe à tous les évêques de faire, fans la
permiflîon de ce prélat , aucune ordination dans fon diocéfè.
Saint Fulcrand évêque, de Lodeve étoiten 1005, dans un âge fort avancé,
mais quoique courbé fous le poids des années d , on ne le vit jamais fe relâ¬
cher en rien de fa première ferveur & de fa vie penitente. Les défordres que
caufoient alors dans tout le royaume la licence des mœurs , & la tyrannie des
feigneurs féculiers , l’obligerent d’ufer quelquefois de rigueur pour rétablir
la paix & la tranquillité. Il eut entr’autres recours aux armes pour re¬
prendre le château de Gibret dans le domaine de fon évêché , dont une
troupe de brigands s’étoient emparez, ôc qu’il fournit, à ce qu'on prétend ,
par miracle. Il pouflà un jour fi loin fon zele pour la religion , que ne pou*
vant entendre fans indignation le récit de l’apoftafie d’un évêque du voifî-
nage , qui avoit abandonné la foy pour embraffer le judaifme, il s’échappa
de dire publiquement que ce prélat méritoit d’être brûlé vif , ce qui arriva
bientôt après, par la fureur du peuple animé contre cet apoftat. La crainte
d’avoir donné heu par la vehemence de fon difeours à cette violence caufa
un grand fcrupule à Fulcrand. Il en fut fî couché , que foit pour expier
la faute dont il fe croyoit coupable , foit pour fatisfaire à celle du peu¬
ple qui avoit fait mourir cet évêque , il entreprit trois divers pèlerinages
a Rome au tombeau des faints Apôtres , où il fît une penitence publique.
A fon premier voyage il quitta fes habits aux approches de Rome, fe cou¬
vrit d’épines , & fe fit conduire publiquement , en fe faifant fuftiger , dans
Féglife de faint Pierre où il demeura long-tems dans les veilles , la priere &
le jeûne, avant que de recevoir fon abfolucion. Au troifiéme voyage il pafia
tout le carême dans un exercice continuel de penitence , & défraya tous les
cardinaux jufqu’au jour de Pâques. A fon départ de Rome le pape lui fît
prefenc de quelques reliques de faint Sebaftien , & Dieu , pour marquer qu’il
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DE LANGUEDOC. Lir. XII I. i4j _
lui avoit pardonné , continua d'operer depuis divers miracles par Ton mi- An. x 006.
niftere.
Ce prélat * Te voyant à la fin de la carrière, fit appeller autour de Ton lit Ib'^
les chanoines de fa cathédrale , les abbez de fou diocèlê , & Matfred évê-
que de [,/] Bcziers qui lui étoic très-cher 5 il fc fit lire en leur prèfence le
teftament qu’il avoit déjà fait depuis long-tems , & qu’il confirma dans cous
fes points. Il fe fit tranfporter enfuite le 4. de Février de l’an 1006. dans
fa cathédrale , où il bénit le tombeau qu’il s’y étoic fait préparer par avance,
fe fit rapporter fur fon grabat, reçut les derniers fa cremens des mains de l’évê¬
que dcJIeziers, 8c s’étant fait mettre à terre fur la cendre & le cilice, il y
expira^ mercredi ij.de Février de la même année, après un épi/copat de
57. ans & quelques jours. Il fut honoré d’un culte public environ cent ans
après. On leva alors fon corps de terre pour l’enfermer dans une chalïè qui
fut placée avec les autres reliques de la cathédrale j mais ce précieux trélor
fut brûlé ou diflîpé par les Calviniftes , Ior/qu’ils s’emparèrent en 1373. de
la ville de Lodeve , 8c on ne pdt fauver qu’une main , 8c quelques autres o/Ië-
mens.
On prétend c que Raymond comte de Touloufe donna A faint Fulcrand 8c à cPiw*w.u<L
fon églife quelques villages du comté d’Agde } mais comme nous ne trou- ?'7°'
vons aucun Raymond qui ait été comte de Touiou/è fous fon épi/copat, on
doit attribuer cette donation à Raymond I.ou A Raymond II. /on fils, com¬
tes de Rouergue & marquis deGothiede la maifon de Toulou/e. On croit J UM+js-
que Matfred évêque de Beziers, qui fucceda à ce faint prélat dans l’évêché
de Lodeve, & qui po/Teda en même teins c ces deux évêchez jufqu’à fi eIM-
mort , étoit natif du dernier : peut-être étoit-il i/Tu de la famille des
vicomtes du païs , ce qui lui aura donné lieu , fuivant l’u/âge de ce fiecie,
d’envahir l’évêché. Il paroît du moins qu’il étoic parent d’Ermengaud
archevêque de Narbonne , ainfi que nous l’avonsdéja remarqué.
Ce dernier tint f un plaid dans le village de S. George , autrement dit Ravi-
jl 'un , dans It comté de Narbonne , au mois de Mars de l’année 1007. la ATI. du je diocèti Je
régné du roi Robert , avec Raymond vicomte de Narbonne fon frere, Dcufdec Njrbonne.
aboé de faint Paul , Bernard chevalier * , Aton Valladelius viguier, & plu-
lîeurs autres perfonnes tant ecclefiaftiques que féculieres . il cil fait mention -
dans l'acte des fols & des deniers de Narbonne. Le même Deufdetgabbé de fiinc
Paul de Narbonne, &fes chanoines, reçurent en échange le ro. du mois d' A - gibu.'
vnl de l'année rooB. la JC. du régné du roi Robert , un alleu ou bénéfice fitué i Bages
dans le comté de Narbonne, dont la vicomte/le Adélaïde, 8c fes filsErmen-
gaud archevêque de cette ville , & Raymond vicomte, avoient fait dona¬
tion au pere de celui qui le donna en échange. La date de ces actes prouve
d’une maniéré très-précife l’époque du régné du roi Robert , & de la mort
du roi Hugues fon pere.
L’archevêque Ermengaud aflî/ta le 18. de Novembre de l’an 1010. à une liv.
grande aflemblée tenue à Urgel pour l’établi/Ièment de la vie canoniale
parmi les chanoines de la h cathédrale de cette ville , fuivant l'infitution que à u,gd. tico-
l'empereur Louis le Débonnaire en avoit faite à Aix la-Chapelle. » Raymond «
comte & marquis de Barcelone , Ermelîïnde fa femme, la veuve d’Ermen- « itique de Nu-
gaud comte d’Urgel , fon fils Ermengaud encore enfant , Guifred comte « bon‘iC-
de Cerdagne & la femme Guifle, Soniarius comte de Pailhas 8c fes fils,« JoiQ
Ermengaud autre comte de Pailhas, Ermengaud archevêque de Narbonne, « h Mare, h, p
les mitocefains & [ujfragans de ce prélat , fçavoir Adalbert de CarcalJonne , «
Matfred de Beziers , Pierre de Maguelonne , Frotaire de Nifmes , Etienne «
d’Agde, Eriballus d’Ufcz, & Raymond de Touloufe -, & enfin fes fuffragans «
îfpagnols , Pierre de Gironne , Borrel d’Aufonne, Oliba d’Elne dont l’evè- «
thé eji en deçà * des Pyrénées, Deufdec de Barcelone , & Aymeric de a •Gi.
Ribagorce , » le trouvèrent à cette aflemblée , & confirmèrent la dona¬
tion qu’Ermengaud évêque d’Urgel fie dans cette occafion A fes chanoines.
f4]H y a de Rodtz dans l’édition que Bollandus a donnée de h vie de S. Fulcrand ; mais il finit lire
^ Revert, avec le MÆ de S.Guillcm duDéfcrr, 8c l'edi don de Planuvit.
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b Mar un.
jinecd. to.4.
f.7*-
I44. HISTOIRE GENERALE
ÀN.t 010. Gec a&énous donne lieu de remarquer 1®. Que la province ecclefiaftique de
Narbonne conlprenoit alors feize diocèfes , tant en deçà qu’en delà des Py¬
rénées, avec celui de la métropole. Il n’eft pas fait mention de l’évêque de
Lodeve , parce que Matfred occupoit alors cet évêché conjointement avec
celui de Beziers. z°. Que le diocèfe d’Elne étoit alors compris dans l’Efpa-
gne , quoiqu’il appartînt naturellement à la Gaule & à la Septimanie j par
la railon qu’il dépendoit pour le temporel de divers comtes de la Mar¬
che d’Efpagne , fournis cependant à la iouveraineté de nos rois. Ce diocèfe
renfermoit en effet les trois comtez de Roulfillon , de Confiant , 8c de Va-
a ùMrt.Mft, lefpir 4 dont le pîemier étoit pofledé * par Guillabert qui avoit fuccedé à
M«*. Wifred ou Guifred fon pere. Celui-ci eut un frere appellé GausfrA , au¬
quel les comtez d’Empurias & de Pierrelatte , portion du diocèfe de Gironne,
cchûrent en partage , 8c à qui fon fils Hugues avoit fuccedé alors. Bernard
comte de Bclalu étoit maître du comté de Valefpir , 8c Guifred fon frere
Comte de Cerdagne de celui de Confiant. Au refte l’endrcit de cet acte où il
eft marqué que le diocèfe d’Elne eft fitué en deçà des Pyrénées par rapport à
Urgel eft certainement fautif, 6c il faut lire en delà.
On a parlé ailleurs de la plûpart des évêques de la province qui affifterent
à l’aflèmblée d’Urgel. On ajoutera feulement qu’Eriballus étoit déjab évêque
d’UfeZ dès l’an 994. qu’il fe trouva au concile d’Anfe dans le Lyonnois ; 8c
que fous l’épifcopat de Pierre évêque de Maguelortne, Bernard comte de
Subftancion c donna en 1005. à l’abbaye de laint Michel de la Clufe en
f. /si. Piémont, l’èglife de fainte Croix auprès de Melgueil. Ce dernier prélat fit,
à ce qu’il paroît, un voyage à Rome en 1013. puifqu’il fouferivit alors à une
H‘‘f bulle du Pa£e Benoît Vlll. en faveur de l’églife d’Urgel. d
lv. Pierre troificme fils 3 de Roger comte de Carcaflonne, étoit donc évêque de
oiTôüDc'yf" Gironne dès le mois de Novembre de l’an 10 10. Il avoit füccedé depuis peu,
évé^ue ûc Gi- fans doute par le crédit fie l’autorité d’Ermcffinde cojntefie de Barcelone fa
ioqdc. fofcur , à Otton qubavoit été tué durant la guerre que les Sarafins d’Ef.
« v. note pagne,foùtenus des Chrétiens du païs,fe faifoient alors. Ces infidelles ‘ s’étoient
X']m*c.'h,£. partagez entre Almahade ôcZuleiman, deux de leurs princes qui fe difpu-
d-i+i. toient la couronne. Le dernier eut recours à la proteéhon de Sanche comte
de Caftille, qui le plaça en quelque maniéré fur le trône, après avoir gagné
f en 1008. une célébré bataille fur Almahade. Celui-ci pour fe foutemr im¬
plora le fecours de Raymond comte de Barcelone , qui l’alla joindre avec
divers feigneurs 6c prélats de la Marche d’Efpagne. De ce nombre furent
Ermengaud comte d’Urgel fon frere , les évêques Ætius de Barcelone,
Otton de Gironne, ôc Arnaud d’Aufonne qui furent tuez le premier de
Septembre de l’an 1010. dans une fécondé bataille qu’Almahadeeut le mal¬
heur de perdre du côté de Cordoue. Ermengaud comte d’Urgel , qui fut
furnonimé de Cordoue , à caufe qu’il mourut dans cette occafion , avoit fait
fon teftament deux ans auparavant, le 2S. de Juillet J la JP J I. année de Robert.
g Murc.uiff.f. 11 avoit légué entr’autres b fon épée 6c fon baudrier garni d’or à l’églife de
/'f- fainte Marie du Puy , deux taffes d’argent à celle de faine Vincent de
Caftres, fes échecs à l’abbaye de faint Gilles, ôcc.
L vi. Ce qu’un auteur h contemporain rapporte des avantures ôc des exploits de
; E mon? Cci Raymond feigneur du Boufquet dans le diocèfe de Touloufe , nous fait
gawduBouf- conje&urer que ce dernier fervoit dans l’armée des Sarafins dans le tems que
quetaudioccfe Sanche comte de Caftille remporta en 1008. fur Almahade la victoire dont
hlnn'fchoujj. on vient de parler. Ce feigneur également confiderable par fa naiffance 6c
Ut mir»c.s.TiJ. par fes grands biens , forma , fuivant le goût de fon fiecle , le défi ein de faire
f.'u e pèlerinage de Jerufalem. Il fe mit en chemin, 6c étant arrivé à Lune fur
r v.érp.6? la côte de Tofcane s il s’embarqua. Il fut à peine en mer qu’il s’éleva une
tempête fi furieufe que le vaifleau fe brifa contre des écueils 5 enforteque Ray¬
mond fie un de fes domeftiques furent prefque les feuls qui échappèrent du
naufrage. Ce domeftique s’étant faifi d’une planche fut jetté fur les côtes
A d’Italie , 6c croyant que fon maître avoit péri , il retourna au Boufquet, où il
annonça le malheur qui venoit d’arriver. La femme de Raymond perfuadée
de la mort de fon mari, s’empara aufiLtôt du château, fe remaria, 6c mit
tout
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DE LANGUEDOC. Liv. XIIÎ. Uf. ......
tout eil œuvre pour déshériter fes filles du premier lit i mais un feigneur A N. 10:0*.
duvoifinage nommé Hugues Efcafred , bon ami de leur pere , prie foin de leurs
interets , 8c les donna en mariage à fes fils.
Cependant Raymond s’étant fàifï d’urte planche * & aïanr imploré le
fecours de fainte Foy , fut jetté fur les côtes d’Afrique } où il demeura
pendant trois jours errant fur la plage. Il rencontra enfin une troupe de pira¬
tes qui venoient dupais de T urlande , qui le prirent & l’emmenerent en efcla-
vage. Il cacha d’abord fa condition } mais comme on l’obligea de travailler
à la terre, à quoi il n’étoit pas accoutumé , il le vit malgré lui forcé d’avouer
qu’il n’avoit jamais fait d’autre métier que celui des armes. Ses maîtres char¬
mez de trouver en fa perfonne un homme de guerre , l’employerene dans
toutes leurs expéditions c il ne fut pas long-tems fans donner des preuves
de fa capacité &c de fa valeur qui lui meriterent de grands éloges , 8c un
rang diftingué parmi eux. Ces pirates étoient aéluellement en guerre contre
les Barbarins , peuples d’Afrique , qui leur ayant livré bataille , les défirent
entièrement, & firent Raymond prilonnier. Ces derniers informez de ion
expérience dans l’art militaire fe fervirent utilement de lui dans la guerre
qu’ils faifoient alors aux Sarafins de Cordoue qui le firent prilonnier
à leur toûr fur les Barbarins, & lui donnèrent de l’employ dans leurs armees.
Le feigneurdu Boufqyec après s’étre fignalé parmi eux par divers exploits 4
tomba peu de tems après au pouvoir des Alabites, dans une bataille que
les* mêmes Sarafins, leurs ennemis, gagnèrent fur eux. Ses nouveaux
maîtres l’amenerent contre Sanche comte de Caâille qui ieur faifoic la
guerre, & qui les ayant défaits dans une occafionfcdemeura maître de la per-
fbnnede Raymond, & d'une infinité de Chrétiens qui avoient combattu pour
ces infidelles. Lecomte inftruit de la religion, de la naiflance 8c des mal-*
heurs de ce feigneur , lui accorda non-feulement la liberté comme a tous
les autres chrétiens , mais il le combla de bienfaits. Raymond fe voyant
libre fe retira chez lui, après fine abfence de trois ans , recouvra le château
du Boufquet par le fecours de fes amis, 8c en chaflâ celui que fa femme
avoit époufé. Tel elt le récit en abrégé des avantures de ce feigneur que
nous a îaifle plus au long un auteur qui écrivoit versJ’an xoxo. c’efl-d-di re
deux ans après le retour de Raymond dans fa patrie. Comme nous appre¬
nons d’ailleurs a que les Barbarins étoient en guerre avec les Sarafins de
Cordoue en 1007. èc que Sanche comte de Caltille défit l’année iûivante ceux ]0 o/.& fij.
de ces infidelles qui avoient pris le parti d’Almahade, dans une fameufe
bataille où il refta trente-fix mille des leurs fur la place 5 c’eft une preuve que
Raymond entreprit vers l’an 1005. fon voyage de Jeruiàlem. Enfin le nié- *Qi"’
me hiftorien témoigne que ce feigneur vivoit encore dans le tems qu’il écri. BouLTm^a.
voit *. Aurefte nous ne doutons pas que le château du Boufquet dont il avoit «ici vci«nr in
le domaine, ne foit le meme que celui de ce nom fitué auprès de Lantadans
lediocèfe deTouloule , à trois lieues de cette ville, vers lefud-eft. ,b,u.
Bernard comte de Bezalu 8c de Fenouilledes fut fans doute de l’expedicion Fo^JJ‘ Ju
de Cordoue avec les autres feigneurs de la Marche d’Efpagne. Nous /ça* ins,u «e de
vons du moins qu’il fe rendit b recommandable par les exploits , qui lui s- p,lf:eJcfe*
acquirent le furnom de Taillefer *¥. Il ne fe diftingua pas moins par fa pieté} “5
& outre les libéralités c qu’il exerça envers les anciens monalteres de fon •.
domaine, il en fonda de nouveaux. De ce nombre fut celui de faine Pierre 4 , fet**^c,nJenS
qu’il établit dans fon comté de Fenouilledes fuivant f inftitution canonique , c/W./.y/i.é*
c’eft-à-dire , qu’il y mit des chanoines, aufquels il donna Xi^adallus pour ^
abbé. Le pape Serge IV. confirma à là priere, au mois de Novembre de '
l’an 1 0 1 1 . la fondation de ce monaflere qui ne fu b fille plus aujourd’hui. e ,t, . s.
Guifred comte de Cerdagne frere de ce comte , obtint une pareille bulle &m-
lamême année pour le monaftere de Canigou qu’il avoit fondé l’an 1001.
dans fon comté de Confiant, & où il fit ( transférer du Touloufain quelques l vui.
années après les reliques de laint Gauderic confèïïèur. poos comu de
ms comte de Gevaudan,qui vivoit encore au commencement de 1 an j ou, de fo.cz. Ami¬
donna e alors â l’abbaye de S. Julien de Brioude l’églifé de Langeac en Au- foa de Mcr'
vergne, celle de Favairoles dans le comté de Gevaudan, avec les difmes, CUgpfi.rge.
Tome II. T
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- - i4« HISTOIRE GENERALE
An. ioii. les oblations, lesfépultures,&c. & un village de la viguerie de Brîoude , pour
les âmes d'Etienne J on pere , d’ A delai de, fa mere , de T beoiberyt fa femme , de fes
; fih Etienne fi Pons , de fes freres Bertrand fi Guillaume , fi d' Etienne , Bertrand ,
& Guillaume fes neveux. On prétend-1 que ces derniers étoient fils de Philippe
b notzx/.a fa lœur , femme de Guillaume V. comte d’Auvergne. lUpouvoienc être1»
”*• également ou fils d’un de Tes freres, ou fes petits-fils. Il ne dit rien d’Etien¬
ne fon frere , élu pour fucceder à Gui d’Anjou évêque du Puy leur oncle
maternel, du vivant de ce dernier, peut-être àcauiequ’il avoit été dépofé.
L’acte eft daté du mois de Février à la fin de l’an m. x. indillon ix. preuve
certaine qu’on comptoir alors , du moins quelquefois , le commencement de
l’année depuis Pâques. Pons prend dans le même acte la qualité de comte de
cBtim.ibid. Gevaudan fi de Forez^ On croie c qu’il avoit acquis ce dernier comté par fon
y no i i mariage avec Theotbcrge ou Tiberge , qu’on allure avoir été fille 8c heritiere
xx w.B.4. d’Artaud II. comte de Lyonnois 8c de Forez, 8c de Thetberge fa femme.
Enfin cette donation eft loufcrice par le vicomte Etienne , qui y donna fon con -
fentement fi la ratifia, 8c qui eft fans doute le même que le vicomte de Gevau-
A v. note dan d de ce nom qui vivoit alors ; par le vicomte Robert 8c fon frere Guil-
ibtin. 10. laume , Béraud prévôt de l’églilé du Puy , &c.
cv.b Ce dernier étoit frere e de laint Odilonabbé de Cluni, qu’on fait f abbé
ïaliLCnwov. de faint Vofi , dignité de la mêmeéglile, avant qu’il eùtembraflc la vie
td.it- nionaftique. Ils t etoient fils de Béraud feigneur de Mercueur ou Mercœur,
g ts»a,MbU. cij^ceau (ituc en Auvergne vers les frontières duGevaudan. Saint Odiloneut
h Aa.ss.od. pour fon partage quelques maifons h au Puy qu’il échangea en 1004. avec
p'Jt'Vf'f*'. 1. es cfian°ines de cette églife. Il eutplulieurs freres, &. une fœur ,entr’autres,
[i M*b.td.*nn. qui époufa le feigneur de Solignac en Vêlai , 8c qui fut mere ‘ de Guillaume
ion.B.71. élu abbé de faint ChafFrc en 1036. Entre les freres de laint Odilon, Guil-
i o laume fut pere d’Etienne , qui fucceda dans la prévôté de l’églife du Puy à
Béraud k Ion oncle. Ce dernier fut inhumé dans le monaftere de S. Pierre
du Puy, & eut un autre neveu nommé Hildegaire, lequel fut chanoine du
lad «BB.1015. Puy, 8c fonda.1 avec fes freres le monaftere de la Voulte fur l’Ailier en Au.
°'71‘ vergne. Tel étoit vers le commencement du XI. fiecle l’état de l’ancienne
u Baïut.ibid. mailôn de Mercueur, l’une des plus illuftres d’Auvergne, dont on fait®
remonter l’origine jufqu’au commencement du X. Elle appartient cependant
en quelque maniéré à la province. La baronie de Mercueur , érigée depuis
en duché, eft comprifc en effet parmi celles du Gevaudan qui ont droit d’en¬
trer par tour aux Etats de Languedoc , parce qu’à la réferve du chef-lieu ,
la plupart de fes autres domaines font fituez en Gevaudan.
Pons comte de ce pais 8c de Forez , qui a donné lieu à cette digreffion ,
»jta.ss.itiJ. eft fans doute le même que le comte Pons , qui fit une donation n au commen¬
cement du XI. fiecle à l’abbaye de Cluni, par un acte daté de Thorene.
Nous trouvons en effet un château de ce nom dans la partie du diocèiè de
Vienne qui eft en deçà du Rhône fur les confins du Forez 8c du Vêlai. Quoi
qu’il enloit, nous n’avons rien de certain dans la fuite de Pons comte de
o note Gevaudan, auquel Etienne fon fils 0 , ou fon petit-fils fucceda , à ce qu’il pa-
xx/.. ». 4.0- j. oît , dans ce comté.
Celui de CarcafTonne pafla vers le même tems aux fils du comte Roger I.
Monde Rogtr qui vivoit encore au mois d’ Avril de la XV. année du roi Robert , ou de l’an
1. comte de ioii.êc qui donna p alors avec Adélaïde fa femme à l’abbaye de S. Hilaire
ddeommin-’ un a^eu fitué au voifinage de Limoux dans le comté de Rafcz , avec la
ges, &c. part qu’y avoit eue le comte Eudes fon frere. Roger fit cette donation tant
pour lui que pour la même Adélaïde fa femme , fon frere le comte Eudes , & le comte
Raymond fon fils , afin de mériter les uns (files autres d’avoir part au royaume de
J. C. Bernard 8c Pierre fes deux autres fils fouferivirent à l’ade avec la qua¬
lité de comte, 6c y donnèrent leur confentement. Nous inférons de là i°.Que
<\v.ci-dt{fn j, Pierre qui étoit évêque de Gironne depuisl la fin de l’année précédente,
H-Ly- outre les abbayes que fon pere lui avoit léguées par fon teftament , dont on
a parlé ailleurs , eut encore en partage une partie de fon domaine : aufiî ver¬
rons-nous dans la fuite qu’il pofieda la moitié du comté de CarcafTonne. i°.
Que Roger I. changea par conféqucnt la difpofition de fon teftament con-
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Ï)É LANGUEDOC. Liv.XIII.
forcément à la liberté qu’il s’y étoit refervée. 3°, Enfin que Raymond fon An.ioih
fils aîné étoit probablement mort dans le tems de cette donation , puifqu’oft
n’y voit pas là foufcription avec celle de Tes freres.
On allure a que Roger I. comte de Carcaflônnej & Adélaïde fafémnle, outré a Cxitlmmy
la donation de divers villages du pais de Foix qu’ils a voient faite en 988. à M19-
l’abbaye de S. Volufien de Foix, lui en firent une nouvelle en ion. du lieu de 1012.
Berme dans le même païs ; ils vécurent donc jufqu’à cette derniere année.
Comme on ne trouve plus depuis aucun monument où il foie parlé ni de l’un
ni de l’autre , 8c que Roger étoit déjà grand b en 949. c’eft une preuve qu’il b Fr.f.n\
mourut bientôt après cette derniere donation. On croit qu’il fut inhumé
avec Adélaïde fa femme dans l’abbaye de faint Hilaire , envers lequel il avoit
toujours eu une dévotion fingüliere , fondée fur la protection que ce faint lui
avoit accordée en differentes occafions de fa vie. • :
Eudes comte deRafcz, furvêcut, à ce qu’il paroît , à Roger I. comté de
LX.
ComtcS
dd
CarcafTonne fon frere aîné ; nous voyons en effet qu’il vivoit. encore le j. de Raf„.
Mat de la AT JT J. année du régné du roi Robert , ou de l’an 1017. Il donna c cPrt- 17°&
alors pour la rémifiion de fes pechei , de fon fils Arnaud 3 8c de tous fes pa- ^ '
rens, aux chanoines de faint Paul de Narbonne, un alleu qu’il avoit à Ve-
deillan dans le diocèfè de cette ville, avec l’cglüe , les dixmes, lesprcmices^
lecmetiere , & tout P honneur ecclefiafiique , dont il fe réferva l’ufufruit. Arnaud
fon fils lui fucceda dans le comté de Rafei.
Raymond fils aîné du Roger I. comte de CarcafTonne avoit déjà eu cé Mo^J'Rly.
comté en partage $ mais il n’en jouit pas long-tems, puifqu’il mourut quel- mondi. comte
que tems avant fon pere,ou du moins qu’il lui furvêcut fort peu , ainfi qu’on
vient de le dire. Illaifla d deux fils en bas âge , Guillaume 8c Pierre * dé Gar-
finde fa femme, vicomtefle de Bcziers 8c d’AgdeJaquelle fe remaria bientôt après
avec Bernard feigneur d’Andufe , veuf lui-même d’Ermengarde. Les deux fils
de Raymond comte de CarcafTonne demeurèrent par là, ce femble , confor¬
mément au teftament de Roger I. leur ayeul, fous la tutelle de leurs oncles,
Je comte Bernard 8c Pierre évêque de Gironne.
La même Garfinde avoit déjà époufé en fécondés nôces Bernard d’Andufe - — — *
dès l’an 1013. Elle difputoit alors à Senegonde fa feeur puînée le village de ^
Palais dans le diocèfe d’Agde, 8c s’en étoit même empàrée , fous prétexte ej. ’ 7"
que Guillaume vicomte de Beziers 8c d’Agde, leur pere* le lui avoit donné/
Nous avons vtï cependant que ce vicomte en avoit difpofe par fon teftament f
en faveur de Senegonde. Aufiî cette dernière, accompagnée de Richard I.du
nom vicomte de Milhaud fon mari * fe rendit-elle à Beziers pour y foutenit
fon droit dans une affemblée qui fe tint le 28. de Juillet de l'année 1013. la
XVIII. du régné du roi Robert , dans l’églife cathédrale de cette ville 3 8c à
laquelle fe trouvèrent, outre plufieurs feigneurs féculiers, Etienne 8c Gual-
caron abbez , dont le premier étoit fans doute abbé de fainte Aphrodife , 8c
l’autre de faint Jacques de Beziers. Bernard marquis s’y rendit aufft avec la
comteffe Garfinde fa femme , feeur de Senegonde. Le vicomte Richard demanda
d’abord au nom de cette derniere , d’être rétabli dans la poffeffion du village
de Palais. Garfinde produifit de fon côté des témoins qui atteftoient que
le vicomte Guillaume fon perele lui avoit donné. Les Juges demandèrent au
vicomte s’il n’avoit pas quelque charte à produire pour appuyer fes préten¬
tions : il répondit qu’il n’en avoit d’autre que l’acte de partage que le vi-
comteGuiilaume avoit fait eti faveur de la même Senegonde fa femme , dans
le tems qu’il entreprit le voyage de Rome. Les raifons des parties étant à peu
près égales , les Juges leur propoferent un accommodement , qui fut ac¬
cepté de part 8c d’autre. Garfinde compta la fomme de deux cens fols à Sene¬
gonde fa fœur, ôc demeura ainfi dans la paifible pofTeflion du lieu de Palais.
La première , 8c Bernard fon mari , ayant fait enfuite rebâtir l’églife de ce
village, la firent dédier g le zi.d’Aoùt de l’an 1014. par Etienne évêque gpr-pv&.
d’Asde. Cette églife vint depuis au pouvoir de labbaye de Conques en
Rouergue, qui poffedoit déjà quelques domaines à Palais , par la donation h
que Raymond IL comte de Rouergue 8c marquis de Gothie lui en avoit faite.
b p,\6u
Raymond
T ome II.
T
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M
HISTOIRE GENERALE
An.ioi 3, Le même Richard I. vicomte de Milhaud, fut auffi un des bienfai&eurs » dé
*ibid. cette abbaye-.
Bernard lecond mari de Garfinde de Beziers étoit feigneur d’Andufe & de
Sauve , châteaux H tuez dans le diocèfe de Ni fines, fur les frontières ou marches
de celui de Maguelonne, ce qui fit fans doute qu’il prit la qualité de marquis*
En efîèt , outre que fes defcendans ne furent que de fimples feigneurs , & que
l’un d’eux b fe qualifie marquis du château d’Andufe , ce qui détermine la ligni¬
fication du titre de marquis que prenoit Bernard } nous ne voyons pas que ce
dernier ait poffedé aucun comté ou vicomté « il eft vrai qu’on lui donne la
qualité de prince d’ Andufe dans un ancien monument c,& que Pierre dfon petit*
fils prend celle de Satrape de Sauve * mais cela prouve tout au plus qu'ils ne
reconnoifloient d’autre fuperieur dans leur domaine, que le roi. Il eft vrai aulli
9ue Garfinde de Beziers le qualifia toujours comteffe depuis fon fécond maria-
*»'&*• ge avec Bernard d’Andufe , mais ce fut parce qu’elle avoit été femme d’un
comte en premières noces ; car fuîvant l’ulâge de ces fiecles,une dame qui fit
remarioit avec un feigneur d’un rang inférieur à celui de fon premier époux,
confervoit fa première qualité comme la plus honorable. C’eft ainfi que les
reines veuves ou répudiées, qui époufoient alors en fécondes noces des com¬
tes ou de fimples feigneurs , gardèrent le titre de reines après leur fécond
mariage.
b frf*? S.
x rlU+. \7é.
! N07EXXI.
1T43-
% Pr.p, T 7 J.
note x.
••xi»
10’
XXI .
LXIf.
ïfcjoli Gc*
10 16,
vicomtes •
• ■ - 1 - ; ■ B o""" 11
qu’il a donné l’origine à une des pli
province. Il avoit eu trois fils d’Ermcngardc la première femme g }
fçavoir Fredol , Gerald ou Geraud, ôc Almerade. Il en eut deux autres de
Garfinde de Beziers, Raymond ôc Bermond. Almerade le troifiéme du pre¬
mier lit fe maria, ôc eut un fils qui hérita de fon domaine. Raymond l’aînc
du fécond lit , mourut fans enfans,& Bermond Ion frere continua lapofte-
rité. C’eft de celui-ci que la maifon d’Andufe a pris le furnom de Bermond.
Quanta Fredol ôc à Geraud, ils furent élus évêques, le premier du Puy , ôc
l’autre de Nifmes.
Fredol avoit déjà fuccedé dès l’an 101 6. à Gui évêque dil Puy. Le clergé
^ PcuP^e Vêlai, l’élurent par un luffrage unanime , ôc eurent moins
ésXyitZ d’égard à fon illuftre naillànce, qu’à fes excellentes qualitez. A peine eut-il
°h ^ Nllmes* P™ polfelfion de fon églife, qu’il la combla de biens, aulli- bien que le monaftere
v. note Pierre du Puy, fondé par Gui d’Anjou l’un de fes prédecelleurs. Il fie
xxwn. une donation en faveur de ce monaftere l’an 1016. elle elt fouferite entr’au-
très par le comte Pons , le même peut-être que le comte deGevaudan de ce
nom dont on a déjà parlé 5 à moins que Guillaume Taillcfer comte deTou-
loufe n’ait donné de l'on vivant à Pons fon fils aîné , le titre de comte d’Au¬
vergne ôc de Vêlai , à raîfon de la fuzeraincté qu’il s’étoit réfervée, à ce qu’il
xvii NorE Par°îci > fur ces deux pais. Quoi qu’il en foit , Fredol * étoit encore évêque
k er./>. i7J. “u Puy en ioio. On ignore l’époque de fa mort: on fçait feulement qu’il
1 tbui.p.-). décéda le i.du mois* d’Octobre. Il donna ou reftitua quelques terres dansle
100 uns*”*' co,Tlc^ deSubftancion à l’abbaye d’Aniane. Salvatius m alors abbé de ce mo¬
naftere , avoit fuccedé à Raynald. Ce dernier acquit , avec fes religieux, d’E¬
tienne évêque d’Agde , deux villages du diocqfe de Beziers, la V. année du roi
Robert, ou l’an 1001.
n k no ti Quant à Geraud, fécond fils de Bernard d’Andufe, il parvint à l’évêché ■
xym.n. ,0. Nifmes prefque dans le même tems que Fredol fon frere à celui du Puy,
ôc il le polïedoic déjà en iory. Il fucceda à Frotaire frere d’Aton vicomte
lx m. d’Albi ôc deNifmes, qui occupoit encore *ce fiege en 1014. ôc qu’on a pré-
Ardi^cqiies tendu fans aucun fondement" , avoir été fils aîné du même Bernard d’An-
de Nurbonoe. i r
Evcqucs de Be- # .
ziers & de Lo- Matfred évêque de Beziers & de Lodeve conferva ces deux évéchez jufl
o'itd.n.v. (îu^ mort- Il vivoic encore au mois d’Octobre de l’an 1010. qu’il fe trouva
p Mare. Hi'p. P avec Ermengaud archevêque de Narbonne, à l'élection deBorrel évêque
p -&!“}■ d’Aufonne. Urbain fon fucceffeur dans l’évêché de Beziers , confacra en -
1016, par ordre du même archevêque, la chapelle de S. Martin dansl’églife
V NOTE ibii.
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a V. Aguîrr.
Conc. Htjp tc.f.
f Pr.ibtd.
g V. Xott
XXXl'.n.U
DE LANGUEDOC. Liv. XIII. i4P
ée Quarante, fuivant les mémoires tirez de cette abbaye. On prétend » cepen- A.n.ïoi6.
dant qu’Etienne étoit évêque de Beziers cette même année c mais on l’a con- »
fondu avec un évêque de ce nom qui vivoit beaucoup plus tard. On donne t>
pour fucceflèur à Matfred dans l’évêché de Lodeve un certain Olimbellus.
Bernard dont on a « fait deux évêques , avoit déjà fuccedé à ce dernier dès
l’an 1031. Il mourut en 104 y.
Ermengaud étoit donc encore atchevêqùede Narbonne * en ÏO16. mais il
ne furvêcutpas long-tems. Après fa mort l’archevêché de cette ville qui étoit
alors un des plus riches de la chrétienté, excita la cupidité6 de divers prétcndans. ‘ c ér.p. i$t.&
Adalger abbé de Conques en Rouergue fe mit lur les rangs , 8c non content Je£,iLchrM0V.
d’avoir acheté cette abbaye à beaux deniers comptans avec celle deFigeac, édita. 1^.141,
il en vendit les biens pour marchander l’archevêché de Narbonne. Guiffred
comte de Cerdagne le donna de fon côté f de grands mouvemens pour
procurer ce bénéfice à Guiffred fon fils puîné , qui n’avoit alors que dix
ans. Le fuccez de fês démarches lui parut d’autant plus alluré , qu’outre la
grandeur de fa naiflance & de fes domaines , il étoit allié de Raymond vicomte
de Narbonne , qui fuivant l’ufage de ce fiecle, devoit difpofer en quelque ma¬
niéré de l’archevêché de cette ville. Berenger fils aîné de ce vicomte avoit
cpoufé.g en effet dès-16rs Garfinde fille de Bernard comte de Befalu &
niece du comte de Cerdagne fon frere. Celui-ci h comptant fur cet appui , fe reiv h
dit d’abord à Narbonne , 8c agit avec ardeur auprès du vicomte Raymond,
de Ricarde fa femme , 8c de Berenger leur fils fon allié , pour les engager
dans fes intérêts. Il promit au premier cent mille fols à partager entre Luy &
le comte de Rouergue , qui en qualité de marquis de Gothieôc de comte parti¬
culier de Narbonne avoit aulfi , part à l’élcclionde l’archevêque. Le vicomte 8c
fa femme firent d’abord difficulté d’accepter ces offres ; mais Berenger leur
fils, moins fcrupuleux , foutint avec tant de fermeté la demande du comte,
que le vicomte fon perc pour ne pas le chagriner , y confcntit enfin. Le jeune
Guifred fut donc élu après que le comte de Cerdagne fon pere eut compté
pour l’ évêché la. fomme promifè , que le comte de Rouerque , (ÿ- le vicomte de Nar¬
bonne partagèrent. Le nouvel archevêque fit ferment en même tems à ce der¬
nier , & à Berenger fon fils , de ne leur porter aucun préjudice , 8c quoi qu’il
fut encore fort jeune , il fut facré neanmoins bientôt après , enforte qu’il
faifoit les fondions > épifcopales à l’àge de quinze ou dix-huit ans tout au i Vr.p.^i
plus. Ce défordre doit paroître d’autant moins furprenant , qu’il étoit alors f*‘0Ar‘é
prefque general dans l’églife. Celle de Rome n’en fut pas exempte , 8c on vit „B’noi
quelques années après un pape* âgé feulement de douze ans.
Bernard comte de Befalu , 8c oncle du jeune archevêque de Narbonne, fie
Un voyage à Rome avec fes fils Guillaume 8c Guifred , à la fin de l’an 1016.
peut-être pour demander au pape Benoît VIII. qui occupoit alors le fiege l'évcciicdc Bc-
apoftolique, la confirmation de l'élection de fon neveu. Nous fqavons du
moins qu’il y follicita k , tant en fon nom qu’en celui de Guifred comte de dcNaibonuc.
Cerdagne fon frere , l’ére&ion d’un fiege épifcopal pour leur domaine , qui ^ MArcM‘‘f'
dépendoit pour le fpirituel des dioccfes voifins, 8c qui comprenoit les coin»
tez de Befalu, de Valefpir 8c de Fcnouilledcs pofledez par le premier, 8c ceux
de Cerdagne , de Berga 8c de Confiant avec une partie du Rafez par l’autre.
Bernard pour obtenir plus facilement du pape la grâce qu’il demandoit , fit
beaucoup valoir auprès de lui les dernieres difpofitions du comte Oliba fon
pere, qui en mourant l’avoit laiifé avec fes freres, fous la protection , 8c en
quelque forte fous la tutelle du faint fiege. Il propofa trois monalteres , fqa-
voir Notre-Dame de Riupoll , faint Paul de Fenouilledcs , 8c faint Geniez de
Befalu pour y placer le fiege épifcopal dont il demandoit l’creétion, 8c qu’il
offrit de doter de fon propre fonds. Enfin il pria le pape de vouloir facrer
mi-même pour ce nouvel évêché Guifred fon fils qu’il avoit amené avec lui.
Benoit écouta favorablement la demande du comte , 8c fit expedier en con¬
séquence une bulle le 16. de Janvier , indiïtion ry. ou l’an 1017. par laquelle
il lui permet d’établir un évêché dans l’un des trois monafteres qu’il avoit
defignez. Il fe réferva en même tems , & à fes fuccefleurs , la confécration
des évêques , qui feroient tenus de payer chacun une livre d’or à l’églifè
• H,Jt'
' Benoit IX.
LXIV.
Eicdion &
fupprcllion de
.100 7'Cje(lV
IOI7.
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ÏOiy.
U Marc. Uip.
b lbid,p> 4»^.
LXV.
Sicgc de Nar¬
bonne par les
Sarafins. Leur
défaite,
c V. Ferrer.nnn.
lo i 7,
àAdtm.Câb.
e ilid.
i Cttll.Chr.nov .
ti.tO.X.pA\6l.
^ Ma b. ad ttnn.
lOlr.ff.6*.
101 8.
LXV/.
Mort de Ray¬
mond vicomte
de Narbonne.
Bérenger l'on
fils lui iuccede.
h
H-
i
i5 b HISTOIRE GENERALE
Romaine , «on , dit le pape , pour cette confécration , mais pour màr*
y ue de foumijfion & d'obeiffdnce. Il défend à ces prélats de porter les armes
•contre les chrétiens , & à toutes fortes de perfonnes de les y contraindre.
Le comte de Befalu fut à peine de retour dans fes états, qu’il choifit l’ab-
<baye de faint Geniet, de Belalu pour y fixer le fiege épifcopal. Il le dota de
plufieurs églifes & domaines fituez dans les fix comtez de fon domaine & de
celui de fon frere , dont on a déjà parlé, fie qui devoiertt former le nouveau
diocèfe de Befalu. 11 défend par fa charte à toutes les puiflànces, au pape
même , & au concile general , de rien changer à cette difpofition * & en cas que
cela arrivât, il ordonne que tous les biens qu’il donnoitpour cela , luirevien-
droient , ou à la pofterité. L’ade eft daté du mois de Février de L’année roi 7.
La JT JT I. du régné de Robert -, fie fouferit après lui par la comteflè Tote fa fem¬
me , Guillaume fon fils , qui voulut contribuer de moitié à cette fondation , Dal-
mace vicomte de Befalu, Guillaume vicomte de Valefpir, Pierre vicomte de
Fenouilledes , Segarius du château de P ierrepertufe , fie plufieurs autres teigneurs
fes vaflaux ou du comte de Cerdagne fon frere.
Bernard légua en iozO. par fon teftament a l’évêché de Befalu à Henri fon
fécond fils, à condition que celui-ci le tiendront en fief de Guillaume fon frere
aîné , après la mort de Guifred leur autre frere qifi en avoit été pourvu j
mais malgré toutes les précautions du comte pour empêcher la fupprelfion de
cet évêché , Se le perpétuer dans fa famille , il fut fupprimé bientôt après.
L’archevêque de Narbonne b , & les évêques d’Elne , de Gironne , d’Urgel fie
d’Aufonne, s’oppoferent fi forcement à fon éredion , faite fans leur conlente-
ment , Se aux dépens d’une partie de leur diocèfe, qu’ils la firent échouer.
Tandis que le comte de Befalu étoit en Italie, les Sarafins de Saragofie éten¬
dirent c en 1017. leurs courfes jufqu’à Barcelone , foüs la conduite de Mundic
leur gouverneur, Il y a lieu de croire que Raymond comte de cette derniere
ville voulant s’oppofer à leurs "entreprifes , fut tué dans cette occafion : car
nous fçavons qu’il mourut la même année. Après fa mort les infidelles con¬
tinuèrent la guerre contre Ermeffinde de Carcaflbnne fa veuve , tutrice du
jeune comte Berenger leur fils. D’un autre côté les Sarafins de Cordoue Se
d’Andaloufie s’étant mis d en mer , allèrent débarquer de nuit fur Tes côtes de
la Septimanie , dans l’endroit le plus voifin de Narbonne. Ils comptoient de
furprendre cette ville , fur l’aflurance que leurs devins leur avoient donnée
qu’ils s’en rendroient facilement les maîtres : ils l’inveftirenc de grand ma¬
tin 5 mais ils furent bien trompez dans leur attente. Les habitans fe voyant
afliegez, eurent recours à la priere, fie ayant fait une communion generale,
fis firent une fortie fi vigoureufe fur les alfiegeans , qu’ils paflèrent les uns au
fil de l’épée, emmenerentles autres prifonniers ,fie fe làifirent de tout leur ba¬
gage. Ayant enfuite partagé le butin Se les prifonniers, ils expoferent ces der¬
niers en vente, à la réferve d’une vingtaine qui étoient d’une taille très-avan-
tageulê, & dont ils firent prêtent à Josfred abbé de faint Martial de Limo¬
ges , lequel en retint deux à fon fervice , Se donna les autres à plufieurs prin¬
ces étrangers qui fe trouvoient alors en cette ville. Nous apprenons toutes
ces circonftances d’unhiftorien contemporain e, qui remarque que ces captifs
ne parloient pas la langue propre des Sarafins , mais une efpcce de Iparragouin,
8c qu’en parlant ils jappoient comme de petits chiens. Cet auteur fait mention
de cet événement , dont il ne marque pas l’époque précife, après avoir parlé
de l’éleéHon d’Ifambert à l’évêché de Poitiers. Comme ce prélat nefuccedaf
à Gifiabert fon prédeceflèur , qu 'après le mois de Mars de l’an 101 B. Se que
Josfred abbé de laine Martial de Limoges mourut g fur la fin de l’an 1019.il
s’enfuit de là que les Sarafins firent leur tentative fur Narbonne ou vers la fin
de Pan 1 01 8. ou au commencement de l’année fui vante.
Raymond vicomte de cette ville périt peut-être alors -, car c’eft à peu près
l’époque de fa mort. Il eft du moins certain qu’il ne furvêcut pas long-tcms à
l’archevêque Ermengaud fon frere , fie que Berenger fon fils lui avoit déjà
fuccedé h en 1013. Raymond eut deux autres fils de Ricarde fa femme,
nommez Ermengaud 8t Guillaume. II eft parlé du premier dans le teftament
de la vicomtelfe Adélaïde fon ayeule de l’an 990. > fie comme il étoit l’aîné,
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DE LANGUED OC. Liv. XI1Ï.
15*
àtequ’ilparoîc, il mourut fans doute avant Ton pere. Ennengaud archevêque AN.ioig,
de Narbonne fait mention de l’autre dans fon teftament* , liûvant lequel il tPr.p.u Jt
b Ibid.
CpW&f'î-
V.Cattl jutm.
a te
de
femble qu’on le deftinoic à la clericature. Nous ignorons s’il furvêcut à Ray¬
mond fon pere , qujeut encore une fille appellée Ermengarde , laquelle avoit
déjaépoufé en 1005. b Loup-Aton fils puîné d’Aton vicomte de Soûle.
Berenger après avoir fuccedé à la vicomté de Narbonne , reçut, avec fa fem¬
me Garfinde , l’hommage ou ferment c de fidelité de fes valïaux , entr’autres
de Guillaume Hibrini fils d’ Adélaïde , pour les châteaux de Durban & de faint f^0,
Martin; de Pierre Amelius de Pierre-Pertufe pour la ville de Narbonne 6c
fes dépendances , où il poflèdoit fans doute quelques fiefs 5 de Pierre fils de
Blimode, & de Bcrmond fils de Garfinde pour le château d ’Vgerno , aujour¬
d’hui d Beaucaire fur le Rhône. Ce Pierre promet e , après la mort du vicom- d
te, la même fidelité envers fon fils, fuppofè que celui-ci, ajoute-t-il, me frète Pxxxtni°
ferment pour ce château , ou par lui-meme , ou par quelqu'un de mes pairs. Enfin cPmW.
on met f au rang des vaflaux de Berenger vicomte de Narbonne, lu? comte Hugues ;fs cfu
fis de Richarde , qui lui fit hommage, à ce qu’on prétend, pour un terroir ap- F B<jje u*rb. p.
pelle de Fonte PeUgina ; mais on n’a pas fait attention que c’eft d’Hugues comte H1*
de Rouergue & de Narbonne , & marquis de Gothie , fuzerain de Berenger
dont il s’agit ici. On a donc pris pour un hommage le ferment que les feigneurs
dominans faifoient fréquemment dans ce fiecle & le fuivant à leurs valfaux ,
ou à leurs inferieurs , de les lailïèr jouir paifiblcment de leurs fiefs ou de leurs
domaines. Au refte Richarde mere de Berenger vicomte de Narbonne , vivoit
encore en 1031. 8c elle foufcrivit - alors à une donation que le même vicomte
fon fils fit à la cathédrale de Narbonne pour fon ame, pour celle de Raymond
fon pere, & de l’archevêque Ermengaud fon oncle. Garfinde femme de Be¬
renger & Raymond leur fils y foufcrivirent. Il eft encore fait mention
de ce vicomte & de fa femme dans un aéle h de l’an 103 y.
L’hiftorien qui rapporte l’entreprife des Sarafins fur la ville de Narbonne ,
fait mention quelques lignes auparavant d’un fait fingulier qui arriva vers le
même tems à Touloufe.il raconte" » qu’Aymeric vicomte de Rochechouardu
ayant fait un voyage dans cette ville, accompagné d’Hugues fon chapelain, «
celui-ci fut chargé de faire la ceremonie de donner un foufflet â un Juif a Un
fete de Pâques , comme il avoit toujours été d'ufage. Il ajoute que le coup fut a
fi violent , qu’il fit tomber par terre la cervelle &Ies yeux du Juif, quiexpira«
fur le champ , &: que la fynaytyte de T ouloufe enleva de la cathédrale de faint «
Etienne pour l’inhumer dans fon cimetiere. »> Ce fiit, qui prouve qu’il y avoit
alors un grand nombre de Juifs àTouIoufe, femble confirmer celui qui eft rap¬
porté par k l’auteur de la vie de S. Theodard archevêque de Narbonne, fçavoir Caui.mim .
que l’empereur Charlemagne avoit condamné de fon tems les Juifs de Tou-
loufe à être fouffletez les trois principales fèces de l’année devant la porte
de la cathédrale, pour avoir autrefois livré la ville aux Sarafins ; mais outre
que cette vie eft remplie de fables & d’anachronifines 1 , il eft faux d’ailleurs
que les Sarafins fe foient jamais rendus maîtres de Touloufe. L’ufage établi
dans cette ville au commencement du XI. fiecle de donner un foufflet tous
lesans à un Juif le jour de Pâques , a donc quelqu’autre origine que nous
ignorons. Cette peine étoit déjà commuée01 au commencement du XII. .fie¬
cle en une leu de ou peage que les Juifs étoient obligez de payer dans le faux-
bourg de Touloufe, au profit des chanoines de faint Saturnin , depuis la fête
de tous les Saints, jufqu’à celle de ce faint martyr, qui tombe â la fin de
Novembre. Les Juifs de Touloufe payoient aufii , fans doute parla même
raifon,fur la fin de ce fiecle , & au commencement du XIV. une redevance
g Pr.f. i«;
b p.\$6.
LX Vif.
Juifs de Tou
loufe.
i Adem. Cab
H77-
I Ilid.fj.fiu
&f<M.
m Ibidp.jio*
lxv:îî.
Pierre éveque
de quarante-quatre livres de cire à la cathédrale de faint Etienne, qu’elle de Toulüulc
employoit pour le cierge pafe hal.
La comcellè n de Barcelone , pour foutenir la guerre contre les Sarafins ,
fit alliance avec un prince Normand nommé Roger, à qui elle donna fa fille s/”
en mariage. Ce prince , que quelques auteurs 0 confondent mal-à-propos avec ^ kote
Richard alors duc de Normandie, ayant équippé auffi-tôt une flotte, def-
cenditfur les côtes de la Marche d’Efpagne, fit une guerre implacable aiix p^r & l>q-
imcnEfpanne
contre les $ j ra-
lins.
n A dem. Cab.
wfideles ,
en tua un grand nombre , leur enleva divers châteaux , & obligea
V. iagt. ad
40/7.(01*. 0.4.
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Att.ioi 8.
. txix.
Aflcmblcc de
Giroanc. Nou*
vellc dédicace
de l’églifc de
formigacra
dans le Capcir.
‘a Mdre. Hifp.
f. ioi6.fr j'ej.
IOI9.
b kâphultû. i.
c ann.
101
d r.Pr*.j8$.
c VrfA71.fr
fi*
LXX. ^
ïondaiion’de
J’abbaye de S.
Gêniez dans le
riiocèfe de Ma-
puelonnc.
f Pr.p. 17 h fr
fi,.
jfX HISTOIRE GENERALE
enfin leur roi à demander la paix à la comtefle qui la lui accorda , à condi¬
tion qu’il lui payerok un tribut annuel. Pierre évêque deTouloufe alla join"
drc-le, prince Normand dans cette expédition , ôc prit part à les victoires-
Après que la paix eut été conclue avec les Sarafins voifins de Barcelone ,
ce prélat s’embarqua avec Roger , ÔC l’accompagna jufqü’à l’extrémité de
l’Elpagne. Ils y firent un jour une defeente à la tête feulement de quarante
hommes, avec lefquels ils attaquèrent cinq cens Maures qui s’éteient mis
en embufeade, les enfoncèrent par trois fois, en tuerent plus de cent , ôc
remontèrent enfuite fur leurs vaifleaux. C’eftainfi que Roger qui perdit dans
cette occafion un frere naturel qui l’avoit fuivi, retourna victorieux en Nor¬
mandie.
La comtefle de Barcelone délivrée de la guerre des Sarafins par le fecours
; de ce prince , s’appilqua enfuite fansobllacle au gouvernement de fes états,
: qu’elle adminiftra avec beaucoup de fagefle. Elle ôc Berenger fon fils , comte
& marquis , alfillerent * à une aflèmblee nombreufe que Pierre évêque de
. Gironne fon frere convoqua dans fa ville épifcopale le 2. de Novembre de
'•l’an 1019. pour établir la vie commune parmi les chanoines de la cathé¬
drale. Les évêques Deufdet de Barcelone , Ermengaud d’Urgel , Berenger
d’Elne, Adalbert de Carcaflonne, ôc Aton de Confêrans , fe trouvèrent à
cette aflèmblée, avec Bernard abbé delà Grafle , ôc plufieurs autres abbez
ôc ecclefiaftiques. Le pape Benoît VIII. Amelius d’Albi, Hugues d’LJfcz ,
Etienned’Apt, 6c divers autres évêques, fouferivirent quelque tems après i
l’acte de cet établiflement. Adalbert évêque de Carcaflonne avoir affilié
b deux ans auparavant avec les évêques Ermengaud d’Urgel , Ôc Pierre de
Comminges à l’élection d’Aymeric évêque de Rode ou de Ribagorce, qu’ils
avoient confacré. Quant à Bernard abbé de la Graflè , il avoit fuccedc à Etien¬
ne, qui poflèdoit c encore cette abbaye en 101 j. ce qui montre que quoi
qu’elle fut du nombre de celles dont Roger I. comte de Carcaflonne avoit
aifpofé par fon teflament en faveur de Pierre fon fils alors évêque de Gi¬
ronne , 6c que ce prélat en ait joui jufqu’à fa mort d * il lafaifoit cependant
gouverner par un abbé régulier , 6c n’en avoit proprement que le patronat ÔC
i’avouerie.
Guifred archevêque de Narbonne affilia c de fon côté , le 6. Octobre de la
même année à une autre aflemblce qui fut tenue à Formiguera dans le*Ca-
pcir, où il confacra la nouvelle églife de Notre-Dame , qu’Aribcrt abbé de
laint Jacques de jocoudans le Rafez dont elle dépendoit , ôc Salomon qui en
étoit prévôt ou prieur, avoient fait réparer ou aggrandir depuis peu. Guifred
comte de Cerdagne, pere de l’archevêque de Narbonne donna fon confcn-
tement pour la dédicace de cette églife , 6c la dota fuivant l’ufage , avec
Bernard comte de Befalu fon frere. Le même prclat confacra aufli vers le
même tems , à la priere du prévôt de Formigucra,l’cgli/c de S. Martin de Ricu-
tortque le comte Guifred fon pere dota auili : ce qui prouve 19. Que Gui¬
fred archevêque de Narbonne faifoit les fondions épifcopales à l’àge de qua¬
torze à quinze ans. 2 Que le Capcir, qui pour lefpirituel dependoit dudiocèfe
de Narbonne, faifoit alors partie pour le temporel, du comté de Cerdagne. *
Il fe tint encore une aflemblée dans la Septimanie, à l’occafion de la
fondation d’une abbaye de filles, qu’un feigneur f nommé Godran, 6c fes
deux fils, Eleazar ôc Berenger, firent conflruire dans un endroit du diocèlè
de Maguelonne appellé Marcanicus , ou autrement Carus-locus , fous l’invo-
, cation de faint Gêniez martyr. Godran qui auparavant avoit donné en
dot ce domaine à fa fille Judith , mit ce nouveau monaflere fous l’autorité
de l’abbé de Pfalmodi au diocèfe de Nifmes, par un acle daté du 18. de
Juillet de l’an 1019.6c fouferit par Pierre évêque de Maguelonne, Bernard
comte de Subflancion , Geraud évêque de Nifmes, Warnariusabbé de Pfal¬
modi , 6c plufieurs feigneurs féculiers , entr’autres Bernard. & fes fils , Gaucclin.
é- [es fils. Le premier efl fans doute le même que Bernard feigneur d’Andufe
dont on a déjà parlé. L’autre étoit vrai-fcmblablemcnt feigneur de Lunel
au diocèfe de Maguelonne 5 car fon nom fut comme afFeété aux icigneurs
de cette ville , qui elt un ancien titre de baronie.
Les
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toi. &
t f. is*.
DE LANGUEDOC. Lïv. XIIÎ.
Les feigneurs ne foulcrivirent à cet acte que par leur (impie nom de ^N IOI »'
baptême } mais plufieurs d’entr’eux prennent le (urnom de leurs terres dans 1 ‘
la foufcription d’un autre, dreiîé lix ans après* pour l’élection d’une abbelle * tr-pw*
de S. Geniez, qui fe fit dans une nouvelle aüemblée tenue à ce fujet, Judith fille
du.fondateur du monaltere,y fut élue abbelle du contentement de Warna-
rius abbé de Plalmodi , de Pierre évêque de Maguelonne , de Bernard comte
de Subftancion , du clergé 6c du peuple, 6c de treize reiigicufès qui coih-
pofoient la communauté. L’acte elt da té du 20. Novembre de L’an 1023. de L’ Ere
Tfpnjnole 1063. l.t JC AT JT. année du re^ne du roi Robert. Trois abbez du voifina-
ge, içavoir Gérard de faint Gilles, Salvat d’Aniane, & Gaufred deGellone,
ou de faint Guillem du Défère y foufèrivirent avec Pons prévôt delà cathe-
dralede faint Pierre de Maguelonne, 6c divers fèigncurs iéculiers du voifi-
nage. Alimburge fuccedaben 1042. à Judith abbellè de S. Gêniez fa parente. &>•
Ce monaftere fubfifte encore, 6c efl ficué à crois quarts de lieues de la ba-
ronie de Caftries vers le nord, &Ies frontieresdu diocèlè de Nilines 5 celui
deGallargues dans le voifinage, fondé en <027, c pour des religieufes , par Ro-
ftaing feigneur de ce lieu 6c les fils, lequel elt aujourd’hui ruiné, en dependoic
autrefois.
Gérard abbé de S. Gilles fouferivic d auflî Le Jeudi 20. d'Ocfobre de l'an lxxi.
1020. à une donation que Bernard feigneur d’Andulê,/és fils Fredol évêque
du Puy , Geraud évêque de Nifmes , Raimond 6c Bermond , 6c la com- a U.cz & de
tefie Garfinde là femme, mere des deux derniers, firent à la cathédrale de v'l'"c'<:' - -
Nifmes, de quelques terres fituées aux environs des châteaux d’Andufè 6c I02°*
de Sauve dans le comté de Nifmes , en prefcnce de Siguin abbé de Cendras. d
Cette derniere abbaye fubfiitoit par conféquenc alors , 6c c’clt le plus ancien xvu\.».u.
monument que nous connoillions où il en foirparlé. Elle elt ficuée fur le Gar¬
don, à une lieue ou environ d’Alais vers le nord, dans le nouveau diocc/è
de ce nom. •
Il elt fait mention du même Fredol évêque du Puy dans une lettre c que le e Conciin.p.
pape Benoît VIII. adreflà vers le même tems, f en faveur de l’abbaye de
Cluni, à plufieurs évêques de Bourgogne , d’ Aquitaine & de Provence. Du nom- xxrut.n.f.
bre de ces prélats font Hermand ou Herimand de Viviers, 6c. Heribald dVfcz.
Celui-ci afiîila au concile d’Anfè g tenu l’an iozy.ee qui prouve queiafoufl
cription d’Hugues fon fuccelleur , à l’acte de l’établillèment fuie en* 1019. fSS9‘
de la vie commune parmi les chanoines de l’églilc de Gironne , elt polie-
rieure de plufieurs années. Quant d Hermand, on prétend qu’il éroit bévê- h cohmb.ii.
que de Viviers de* l’an 101 y. 6c qu’il alfilta aux états que le-npercur Conrad cl'/ ‘\lnjt
convoqua en 1032. kLyon. Geraud I. lui avoit fuccedé en 1 03 y.D’autres «met- /<>.:. put 1.
tent un Gaucerand evêque à Viviers en 10 24. mais ce dernier 11’elt pas diffe- «
rent k de Gaucerand évêque de cette ville en 1124. k yxilfcbr.
La partie delà province limitrophe de l’Elpagne, fit une perte confidera^ ”oveJ- "•*•/’-
ble l’an 1020. en la perfonne de Bernard comte de Belalu , de Fenouille- ?Slxxîi.
des &de Valefpir , à qui fes excellentes qualirez méritèrent le glorieux titre Mort de
de prince &de pere de la patrie. Il avoit 1 entrepris un voyage en Provence pour
y négocier le mariage de Guillaume fon fils , lors qu’à fon retour, ayant Fenouil ia*.
voulu tenter le 26.de Septembre de cette année, de palier le Rhône à la lcs
nage fur fon cheval , il lut malheurculèment entraîné par la rapidité des Guiibumcroa
flots qui le fubmergerent. On le retira cependant du fleuve , 6c on tranf.
porta fon corps à l’abbaye de Riupoll en Catalogne , où il fut inhumé. rcz" c com*
Quelques jours après Oliba évêque d’Aufonne, 6c GuifFred comte deCer- 1 H'iP'
dagne fes freres, la comtcfle Totc furnommée ra Adélaïde fa veuve, & plufieurs
des principaux du pais, tant ecclefiafliques que féculiers , firent procéder à fai-
l’ouverture de fon tcllament,dans lequel il avoit difpofé de la maniéré fuivante m f,9Si'
des domaines qu’il polfedoit en deçà 6c en delà des Pyrénées. Il fait d’abord des
legs confiderables à la plupart des églifes de la Marche d’E/pagne , à l’ab¬
baye de faint Martin de Lez dans Ion comté de Fcnouilledes , 6c à celle de
la Grade. Il difpofe enfuite de l’évêché de Befala en faveur d’Henri fon fils
pour le polfeder après la mort de Guifred fon autre fils qui l’occupoic alors,
à condition que lorfque le premier auroit atteint l’âge de 2 y. ans , 6c env
Tome II, , V
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An «1020*
• V.Prf.
1**Pr.f.7S.
b CAtil.mtm.
t- J
C Pr.f. 104.
d À/*rr. Hifr,
Hh-
LXXIIÎ.
S Ytarnabbé
de S.Viâor de
Marleill. natif
duTouloufain.
c jf£. SS. #ri.
S.Btruti.fâc.VI.
fârt. \.f. 60 7.
,y4 HISTOIRE GENERALE
brade la clericature, il recevroic cet évêché en fief de Guillaume Ton frere
aîné, ainfi qu’on l’a remarqué ailleurs. Il donne en partage à fon fils Hu¬
gues divers alleus 8c villages du meme comté de Fenouilledes , 8c les fubfti-
tue à celui de Tes fils qui feroit comte de Befalu. Il ne légué auflî que quel¬
ques alleus pour tout héritage à un autre de les fils nommé Berenger qui
étoit alors en bas âge. II donne un autre alleu du comté de Fenouillcdes,
avec Adélaïde fa. fille, au monaltere de faint Paul fitué dans la vallée d’An-
foli, & quelques autres biens à Confiance Ton autre fille, alors fort jeune.
Il laiflè à Tote fa femme la jouiflânee du comté de Valefpir , dont il difl
pofe après la mort de cette comtefle en faveur <de Guillaume fon fils aîné,
ou de celui des fils de ce dernier qui feroit comte de Befalu. Il donne au
même Guillaume ce dernier comté , difFerens domaines de la Marche
d’Efpagne qui en dépendoient , 6c enfin le château & le cosntè de Fenouille-
des , avec fes dépendances j f^avoir , le château & le païs de Pierrc-pcrtufc , l’ab¬
baye de fàinte Marie de Cubieres , le château de Tantavcl , 8c plufieurs au¬
tres châteaux ou villages qui autrefois avoient fait * partie du comté de Ra-
fezj les terres qu’il avoir acquifes de l’évêque Pierre fur les frontières du
Narbonnois 6c du Rouflilion, jufqu’au Puy d’Aguilar } celles qu’il polledoir
dans ce dernier païs , entr’autres l’abbaye de faint Etienne près de la
riviere de Ter , ôcc. Il fubftitue fes autres fils Hugues , Berenger 8c Henri , à
Guillaume leur aîné, 6c à leur défaut il appelle a fa fubllitution celui de fes
neveux qui fè trouveroit comte de Cerdagne. Il laide fa femme 8c fes en-
fans en la garde 6c fous la protection de fes frères , 6c fes fils cadets fous la
tutelle de Guillaume leur aîné. Il donne de plus à Tote fa femme la jouif.
fance de tous les biens qu’il avoit leguez à fes fils Hugues 6c Berenger , ÔC
toutes les femmes de condition ferve de là maifon : il donne la liberté aux
hommes de la même condition , ainfi qu’à plufieurs autres ferfs qui fer-
voient au dehors, entr’autres à yldalbert de Cafés , qu’il charge de donner en
reconnoiflànce à l’abbaye de Cubieres , cinq onces d’or pour faire une croix.
Bernard ne fait aucune mention dans ce teflament de Garfinde fa fille qu’il
avoit mariée quelque tems auparavant avec Berenger vicomte de Narbon¬
ne, fans doute parce qu’il l’avoic déjà dotée. Il lui avoit donné vraifem-
blablement le domaine utile des châteaux de Pierre-pertufc 6c de Qucribus 3
car fusant un ferment b de fidelité prêté par le même Berenger à Guil¬
laume comte de Befalu , fils de la comtcffe Tote , pour cés deux châteaux
fituez fur la frontière de Rouïïillon, il s’oblige de les garder exactement , 8c
d’en faire hommage aux fuccefieurs de ce comte. •
Guillaume fucceda donc le mois de Septembre de l’an 1020. dans les com-
tez de Bezalu 6c de Fcnouilledes à Bernard fon pere , qui en avoit même
difpofé,àce qu’il paroît, en fa faveur dès l’an 1014. puifqu’en 1038. c on
comptoit la XXIV. année du gouvernement de Guillaume dans le comté
de Fenouillcdes. Quoi qu’il en foit , ce dernier fut furnommé d le Gras , 6c il
époufa Adélaïde , que fon pere , ainfi qu’on l’a déjà vu, alla chercher en
Provence * ce qui nous donne lieu de croire qu’elle étoit fille de Guillaume I.
ou de Guillaume II. comtes de ce païs 5 à moins qu’elle ne l’ait été de Guil¬
laume Taillefer comte de Touloufe,qui en ce tems-Ià fai foit fa principale ré-
fidence au delà du Rhône. 1
Cette province étoit alors illuflrée par S. Yfarn abbé de faint ViCtor de
Marfeille, natif du village de Fredelas -, aujourd’hui Pamiers dans l’ancien
Touloufain , où il y avoir une abbaye de chanoines qui vivoient en com¬
mun. Ceux-ci , fuivant l’auteur contemporain de la vie de ce faint , fe char¬
gèrent du foin de fon éducation pendant les premières années de fon âge. Il
étoit à peine forti de l’enfance , que touché des difeours d’un pieux abbé
nommé Gaucelin, qui pafîapar hazard à Fredelas, il réfolut de le fuivre.
Il fe mit fous fa conduite 6c l’accompagna jufqu’à Agde , où Etienne évêque
de cette ville lui donna l’habic monallique. L’abbé Gaucelin étant enfuite
allé voir fes parens à Marfeille, Ylarn l’y luivit, 6c pendant Ion féjour dans
cette ville, ilvifita fouvent l’abbaye de (aintVi&or que l’abbé Guifred venoit
<ie rétablir. Il fut fi charmé de la régularité de cette maifon , qu’il demanda d’y
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DE LANGUEDOC. Liv. Xllt.
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être aggregé , ce qui lui fut accordé. Sa vertu le fît élever bientôt , malgré Ak
fon humilité , à la dignité de prieur du monaftere * & enfuite à celle d’abbé
après la mort de Guirred, arrivée au mois de Décembre de l’an ion: Il
fut lié, d’une amitié très- étroite avec faint Odilon abbé de Cluni , qui fai-
foit un cas fîngulier de Ion mérite : en un mot , il acquit une fi grande
réputation de iàinteté , qu’en la confîderation les lèigneurs & les prélats de
Provence, & des pais voifîns , comblèrent de biens l’abbaye de làinc Viétor,
& fondèrent divers monafteres Ibus là dépendance.
Yfjirn étoit encore abbé de ce monaltere en 104-7. tjnand les Sarafîlis
d’Efpagne ayant fait une delcente fur les côtes de Provence, pillèrent la
célébré abbaye de Lerins , & emmenerent captifs plufieurs religieux. Ceux
qui échappèrent à la fureur de ces infidèles , allèrent auïïi-tôt prier le la inc
abbé de leur donner quelques-uns des liens pour aller folJiciter avec eux
en Efpagne le rachapc de leurs confrères , à caule que l’abbaye de laine
Victor qui avoit plufieurs dépendances en ce royaume, y étoit fort en crédit.
Yfarn quoique d’un âge avancé, & d’une fanté très-languifîànte j ne vou¬
lut pas ceder cet a&c de charité à un autre , & s’eri étant chargé lui-mê¬
me, il fe mit en chemin, & arriva dans un monaftere du diocèfe de Bar¬
celone loumis à fon autorité , où il tomba malade de fatigue & de ialïïtude.
Raymond-Berenger comte de cette ville, & là femme Elizabeth l’y vifite-
rent , lui accordèrent leur prote&ion, & envoyèrent des ambalîàdeur s aux
rois Maures de Dénia &c de Tortofe qui avoient en leur pouvoir les reli¬
gieux de Lerins , pour les prier de les rendre , avec menace, en cas de refus ±
de leur déclarer la guerre. Ces princes infidèles rendirent aufiï-tôt leurs
prifonniers aux amballadeurs du comte de Barcelone, qui les remit enluite
lui-même à Yfarn, lequel les conduifit à Marleille comme en triomphe. Il
mourut dans cette ville de la mort desjuftes le 24. de Septembre de l’an-:
née fuivante, & fut inhumé à iàinc Viéfor dans un tombeau de marbre. Les
frequens miracles que Dieu y opéra engagèrent dans la fuite les reli¬
gieux de cette abbaye de lui rendre un culte public, & l’on célébré fa -fête
dans tour Marfeille le jour de fa mort. Saint Ylàrn reçut à la profe/ïïon mo-
naftique pendant fon gouvernement, plufieurs perfonnages illultres qui furent
élevez à l’épifeopat, entr’autres Pons archevêque d’Afles , &c Haimbaud fon
fuccefieur.
Saint Etienne évêque d’Apt , qui vivoic alors en Provence, doit au/fi fa lxxiv.
nailfance au Languedoc $ ce qui fait fans doute qu’on trouve là foufeription S.Etkaaehf-
dans la plupart des conciles qui furent tenus fous fon epUcopat dans la pro-
vince eccleliaftique de bfarbonne. Il 3 naquit à Agde vers l’an 975. fut clû. AG*n.ch,.»ov.
évêque d’Apt en 1020. & fit depuis deux voïages à Jerulàlem. Etant tombé
très-dangereufemént malade durant le dernier , il fit vœu de faire rebâtir là
cathédrale détruite depuis les incurfions des barbares , ce qu’il executaaprès
le rétablilïèment de fa fanté , St fon retour dans le pais. Il mourut le 6. de
Novembre de l’an 1046. âge de 71. an, & fut inhumé dans fon églife
dédiée fous l’invocation de la /ainte Vierge, où il e/t honoré d’un culte pu¬
blic : c’eftMe lecond Languedocien évêque d’Apt reconnu pour faint. v».
L’églifede France avoit alors peu de femblablespafteurs. Livrée i la fitno. ^/x'xv
nie & à la licence des mœurs, elle eut encore le malheur d’être infedee vers Miukhcens
le même tems par l’herefie des Manichéens , qu’une c femme venue d’Italie, *Tou-
porta d’abord à Orléans , où elle féduifit plufieurs perfonnes, tant ecclefia- cauh.ij.c.t.
ftiques que léculieres. Elle répandit enfuite fon venin en diverfes provinces $***/?•*•/•
de France, fur-tout en Aquitaine dedans le Touloufain d , où fes diiciples qui
mêloient aux erreurs de Manez, les abominations des Gnoftiques , firent un
grand nombre de profelytes. Quelques modernes e ajoutent » qu’on vir« Dnch.it. +
alors aux environs de Touloufe un païfan qui portoit fur foi une poudre « Marc. bu,».
faite d’offemens d’enfans morts au berceau, avec quoi il faifoit tomber» Ms 9-
dans cette herefie tous ceux à qui il trouvoit moyen d’en faire avaler. «
Ces auteurs fe fondent pour cette circonftance fur l’autorité d’Aymar de ms-
Chabannois hiftorien contemporain } mais on ne trouve rien de (emblable
dans fa chronique 1 : ce qu’il y a de certain , c’efi: que le roi Robert donna
T ome II. V ij
;ioir:
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ÀN.1021.
tXXVI.
Eotrcptifcsdc
'Guillaume
comte de Befa-
lu &dcFcnouil-
lcdcs.
a Archiva de
l'arch. de Nar.
tonne .
b Matc. Htft.
#■•>0 }*■&!•*
1015.
c titre. Üifc
tmi.&fa
d ibidf.ioxt.
rj« HISTOIRE GENERALE
dans cette occafion des marques de Ton zele pour la pureté 8 C le foutien de
la religion. Il fit aflembler en 1011. un concile à Orléans , dans lequel
treize de ces feclaires ayant été convaincus de leurs infâmes erreurs , furent
brûlez vifs. On fit foufrnr la même peine à ceux qui étoient paflez dans le
Touloufain, 8c les autres provinces. Quelques années après Guillaume comte
de Poitiers 8c duc d’Aquitaine aflémbîa à Charroux lur le même fujet un
concile , auquel outre les évêques 8c les abbez , fe trouvèrent tous les prin¬
ces d’Aquitaine. Cependant malgré l’extrême lévérité dont on ufa envers
ces heretiques , 8c le foin qu’on prit de les exterminer , on ne pût étquffer
entièrement en France les femences de leurs erreurs. Elles fe renouvelèrent
dans le fiecle fuivant , 8c donnèrent l’origine à l’herefie des Albigeois qui
caufa tant de troubles dans la province.
Guillaume comte de Bezalu 8c de Fenouilledes , moins religieux que fon
pere , ne fe contenta pas de difpofer d’une maniéré fimoniaque des abbayes de
Ion domaine , entr’autres de celle de faint Martin de Lez , dans le dernier
comté, qu’il donna * à Wifred évêque de Carcaflonne y il ufurpa auffi les
biens ecclefiaftiques , fans fe mettre en peine de l’excommunication qu’il en¬
courut à cette occafion.
L’abbaye de Rofes b dans le comté d’Empurias éroit une des plus vexées,
foie par ce comte , 6c quelques autres du pais , foit par leurs vafïàux , qui
avoient envahi prefque tous fes domaines. Pierre qui en étoit abbé , 8c les
religieux, pour faire ceflèr ces entreprifes, & obtenir la reftitution de leurs
biens, implorèrent la protection du pape Benoît VIII. qui ordonna aux ufur-
pateurs de les rendre fous peine d’excommunication. Ceux-ci ne firent aucun
cas des menaces du pape , 8c déclarèrent même publiquement qu’ils ne lui
obéiroient pas. Les évêques de la province , à qui Benoît ordonna en même
tems de tenir un concile , pour obliger ces feigneurs à reftituer à l’abbaye
de Rofes les biens qu’ils lui détenoient , n’executerent gueres mieux fes or¬
dres , 8c de quatorze qu’ils -étoient , il n’y eut que Guifred de Narbonne
qualifié évêque du premier fiege , Oliba d’Aulonne , Etienne d’Agde , 8c Etienne
d’Apt , évêque étranger, qui s’étant rendus dans ce monaftere au mois d’Octo-
bre de la même année , pour la dédicace de I’églife qui fut faite par le pre¬
mier au nom de Pierfe de Gironne évêque diocéfain , déclarèrent excom¬
muniez les ufurpateurs. Il eft remarquable que les comtes Hugues , Guifred
& Guillaume , qui étoient les principaux , le trouvèrent à cette ceremo¬
nie, 8c approuvèrent avec Ermelîinde comtefle de Barcelone , qui y affifta
auffi , cette fentence d’excommunication que Deufdet évêque de Barcelone
ratifia enfuite : mais ces comtes continuèrent toûjours leur ufurpation j
enforte que les religieux de Rofes le voïant réduits à la derniere indigence,
la plûpart furent obligez de fe difperfer pour fubfifter. L’année fuivante les
autres étoient fur le point d’abandonner entièrement le monaftere , lorfqu’ils
écrivirent au pape une lettre dans laquelle ils lui font tout ce détail , 8c
le prient inftamment d’engager par fon autorité le comte Guillaume, fur-
nommé le F ou , à rendre les biens qu’il avoir ul'urpez,8c qu’il avoir déclaré
que la crainte de l’excommunication ne lui feroit pas reftituer. Ils lui
demandent grâce en même tems pour le comte Hugues , qui avoir déjà don¬
né des marques de repentir , 8c ils prient le pape de fe contenter de l’ex¬
horter à continuer de bien faire. Enfin ils le fupplient d’ordonner à tous
les évêques de la province , fous peine d’excommunication 8c de fuf.
penle , de chercher dans un concile les moyens de remedier à de fi grands
maux.
Le nom des comtez d’Hugues , de Guifred 8c de Guillaume n’eft pas mar¬
qué dans cette lettre : mais on fixait d’ailleurs c que le premier de ces comtes
l’étoit d’Empurias, le fécond de Cerdagne , 8c le troifiéme de Bezalu 8c de Fc-
nouilledes. Ces princes ne vécurent c pas toûjours en bonne intelligence j 8c
s’étant brouillez dans une occafion , Oliba évêque d’Aufonne leur parent fe
rendit arbitre de leur querelle qu’il termina par un accord , ainfi qu’il pa-
roît par une lettre que ce prélat écrivit aux religieux de Riupoll donc il
ctoit abbé.
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DE L A N G U E D O C. Liv. XIIÏ. ts7
Suivant cette lettre Oliba étoit alors à Narbonne, où il s’etoie rendu pour An.ioxu
accorder l’archevêque Guifred Ton neveu , avec le vicomte Berenger mari LXxvh.
^ r 1 _ C- * _ - ■ I . _ . ' _ <T* _ J r. . • • n. » ^ ce . ’
marque qu'il n'attcncioit plus que l'arrivée <&■ La comtejje de Rouerque pour
miner cette affaire. Cette lettre , qui eft fans date , fut écrite vers l’an ^b°D“ £ *£
10x3. ce qui montre clairement qu’au commencement du XI. fiecleles corn- médutiou de
tes de Rouergue dominoient dans Narbonne 5 8c en effet il paroït d’ailleurs |^,^uc d Att'
qu’ils poflèdoicnt le marquifat de Gothic , avec le comté particulier de cette °nD
ville. La comteffe de Rouergue dont nous venons de parler étoit donc la mê¬
me que Ricarde veuve de Raymond II. comte de Rouergue , laquelle avoit
encore alors l’adminiflration des états d’Hugues l'on fils.
C’eft fans doute à l’époque de cette réconciliation entre l’archevêque 8c
le vicomte de Narbonne , qu’on doit rapporter un a&e fans date , dont un des
hiftoriens » de la province , qui l’avoit vù, fait mention , en ces termes:
» Berenger vicomte de Narbonne ayant fait fa paix avec l’archevêque Gui- »/’* ' ’
fred , 8c avec le pere 8c les frères de ce prélat , fit ferment, à Raymond frere«
aîné du même archevêque , 8c fils de Guifred comte de Ccrdagne, d’être «
fon fidele ami, 8c de ne rien attenter contre fa perfonne, ni contre Ies«
domaines poflèdez par le comte fon pere , excepté pour caufè de forfaitu- «
re, 8c en ce cas il s’oblige de ne pas violer fon ferment, à moins que«
le même Raymond ne lui fit pas fatisfa&ion dans l’efpacc de foixante jours «
depuis qu’il l’en auroit averti y il déclare que pour lors il fe regarderoit <«
comme dégagé de fon ferment. Le vicomte fit ferment en même tems «
à l’archevêque de lui garder la paix , 8c de faire la guerre à tous ceux qui «
la rom pr oient. «
Oliba évêque d’Aufonne contribua auffi peut-être à l’accord que fiç h Er- b tim.tiiff.
meffinde comteffe de Barcelone, avec le comte Berenger fon fils au mois
d’Oclobre de l’an 10x3. Cette pnncelle voyant que l’udminiftration qu’elle
avoit la liberté de conférvcr pendant toute fa vie , de tous les domaines de la
maifon (de Barcelone gênoit extrêmement le prince fon fils , alors déjà
marié avec Sancia , fille de Sanche comte de Caftille , lui céda à certaines
conditions, trente des principales places de fes états, avec leurs dépendan¬
ces, entr’autres la ville de Barcelone. O11 c conjecture qu’un évêque nom-
mé Pierre , qui fut le principal médiateur de ce traité, eft le même qu’un évê¬
que de Touloufe de ce nom qui vivoit alors : mais il eft bien plus vraifem-
blable que c’étoit Pierre de Garcalfonne évêque de Gironnc , ôc frere de la
même comteflê de Barcelone.
L’archevêque 8c le vicomte de Narbonne étoient déjà réconciliez au mois lxxviu.
de Mars de l’an 10 1 3 . 8c ils tinrent d alors enfemble dans cette ville un plaid N|’tlb^jlu‘'“u *
où nous trouvons quelques circonftances remarquables au fujet du duel qui d Pr.p.i7+&
étoit alors en ufage. Auger abbé de faint Paul de Narbonne, 8c fes cha-f'*’
noines avoient un différend avec un feigneur du pais pour quelque domaine}
mais ne pouvant convenir des faits , ils réfolurent de terminer leur querel¬
le par le duel, 8c remirent, pour gage de bataille, entre les mains du vi¬
comte Berenger, la femme de cinq cens fols. Le jour marqué pour le combat
étant arrivé, le champion de l’abbaye de faint Paul , après avoir reçu la com¬
munion , étoit prêt d*entrer en lice, quand l’archevêque Guifred , le vicomte
Berenger, un autre vicomte nommé Richard , Bernard abbé 8c tous les no¬
bles du pais qui tenoient les affifes , confeillcrent aux parties de s’accommo¬
der par le partage du domaine qui faifoit le fujet de la conteftation : elles
y confentirent d’abord 5 l’une voulut enfuite en venir au duel, mais enfin les
juges les engageront à accepter l’accord projette, ce qui termina le différend. Le
vicomte Richard qui affilia à ce plaid eft fans doute le même que Richard
I. vicomte de Milhaud , qui avoit quelque alliance avec le vicomte de Nar¬
bonne par Senegonde de Beziers fa femme. Quant à l’abbé Bernard, qui y affifta
auffi , il ne paroît pas different de Bernard alors abbé de la Graflè. Auger étoit
encore abbé do faint Paul huit ans après, qu’il fit une donation1 en faveur « Ank.de S,
de Pierre foudiacre 8c écolâtre de l’églifè de Narbonne. ItüLf*
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r5a HISTOIRE GENERALE
An.i( Guillaume Taillefer comte de Touloufe faifoit toujours fa principale réfi-
lxxix. dence en provence, ce qui paroît par la donation a qu’il fit en 1024. avec
Bme femme Eme fa femme * d’une terre qu’ils avoient à Manofque dans le comté de
TiiMe^rcom' Sifteron , à l’abbaye de faint Vi&or de Marfeille. La cômtefle de Touloufe
tede Touloufe donna *> la même année , avec fon fils Pons , à celle de faiht André du
Mont-Andaon, une maifori dans Avignon, à l’occafion de la ceremonie qu’on
Provence! 1 fit alors de la dédicace de l’églife de faint Martin dans cette abbaye. Ber-
* trand fon autre fils fouferivit à l’acte.
**% m. Ces monumens font autant de preuves qu’Eme hérita c d’une partie de là
c v. won Provence après le decez du comte Rotbold fon pere , dont nous ne trou-
xw.». v- & vofts p^us rjen depuis l’an 1008. Nous en avons une nouvelle preuve dans une
a Pr.p. 16t. donation <* que fit la même comteflè au mois d’ Avril de l’an 1015. de l’églifè
de faint Pons fituée dans le territoire du château de Favars àu comté
de Fréjus , qui lui étoit échue far une hérédité légitimé , en faveur du
monaftere de Correns en Provence. Comme il eft certain d’un autre
côté que Guillaume III. comte de ce pais vivoit encore après l’an 1024.
on doit inferer de là qu’Eme la fœur partagea avec lui la fuccefliort du comte
Rotbold leur pere , laquelle comprenoit la moitié du comté dé Provence
fitué entre l’Ilcrc , les Alpes, la mer , Scie Rhône i à moins qu’une por-
t note ibii. tionde ece pais ne lui ait été donnée pour fa dot cjuahd elle époufa le comte
de Touloule. Elle acquit encore un nouveau droit fur cette moitié de la
Provence par la mort du même Guillaume III. fon frere qui décéda fans
enfans, 8c dont elle fut heritiere. Aurefte ce dernier pofTeda tout ce pais par
indivis avec Guillaume II. fon coufinmorten 101 8. & enfuite avec Geofroy
8c Bertrand fils 8c fucceffeurs de celui-ci, lcfquels étant alors fort jeu¬
nes , furent d’abord fous la tutelle de Gerberge leur mere , 8c d’Adelaïde
f leurayeule. Cette derniere décéda en 1026. fuivant une chronique * du
*w..©i4 »*• tems, écrite par Arnoul religieux de l’abbaye de faint André d’Avignon ,
»*• auteur de plulieuts ouvrages.
lxxX. Il paroît que Guillaume Taillefer étoit encore abfent de fort comté de
nue'à^Fuili*" Touloufe en 102 6. & il n’eft rien dit de lui dans un plaid g qui fut tenu
enac <ia ns le dans le même comté au mois de Mars de cette anéée , la JT AT JT. du régné
Coinces^1 de de Robert. Aymeric abbé de Lezat dans le Touloufain, avoir un différend
ComiiMBges. avec Eudes abbé de Simorre dans le diocéfe d’Auch , au fujet du monaftere
Lombcz dc PeYriflas dans Comminges , que chacun d’eux prétendoit devoir dé-
'i'o^7 pendre de fon abbaye. Ces deux abbez s'étant rendus à Touloufe , convin-
g Mii.Amni. renc de s’en rapporter au jugement de divers abbez 8c religieux. Les abbeZ
'<>*3^. 7««. Etienne de la Graflc, Oliba de faint Hilaire , Seniorellus de Soreze, 8c Ri¬
chard de faint Lizier en Bigorre, fe rendirent pour cela, avec plufieurs de
leurs religieux, 8t les feigneurs du pais, dans le village de Fuftignac , fitué
dans le Tcjuloufain vers les frontières du Comminges. L’abbé de Lezat
ayant prouvé devant l’afïemblée , à laquelle préfidoit le comte Roger , qu’un
nommé Afnariusavoit donné le lieu de Peyriflas à fon abbaye, dont celui-ci
avoit été religieux 8c enfuite abbé, il fut maintenu dans fâ poiTeffion.
Aymeric abbé deLezat reçut vers le même tems au nom de fon monaftere
mm?uuu. unc donation h de l’églife S. Michel fituée au lieu de Sanzan , dans le territoire de
v.Mib.*i*nn. T ouloufe & le minifleriat de Savez^ Aton abbé de fainte Marie de Lombez y fouf-
100j.1s.44. crivic, ce qui prouve que cette derniere abbaye, aujourd’hui évêché, fituée
dans le même pais de Savez , fubfiftoit dès-lors. C’eft un des plus anciens
monumens où il en foit fait mention.
Quant au comte Roger qui préfida à l’aflcmblée de Fuftignac, c’eft le
iNoTExxn. même* que Roger II. comte en partie de Comminges , lequel étoit vrai*
femblablement fils d’Arnaud II. comte de ce pais en 979. 8c de la race d’Ar¬
naud I.comce de CarcafTonne & de Comminges. Nous voyons en effet que les
defeendans de ce dernier poffederent unepartie du même comté de Commin¬
ges. Roger II. époufa Aldane , 8c il pofledoit déjà en 1021. une portion de
ce comté.
On peut mettre aufli au nombre des defeendans d’Arnaud I. comte de Car-
caflbnne 8c de Comminges , Guillaume qualifié- marquis t qui vivoit fous le
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DE LANGUEDOC. L t v. X I I I. tj* _ _
régné du roi Robert. Il avoir hérité a d’Amelius Simplicius fon pere du An.ioi6i
château cfe Mirabel dansleTouloufain ,lorfqu‘il reftitua à l’abbaye de Lezat a rr.pu*
plufieurs églifes & alleus qu’il avoit ufurpez fur elle dans le même pais , en- ^om an
tr’autres la moitié de l’alleu de Blanfac , dont il réferva la jouiflànce à fes „.X7.
fils Bernard ôt Raymond. Ce dernier1» le qualifia marquis comme fon pere» bfr*.nj.
qualité qu’ils le donnèrent (ans doute , parce qu’ils poflèdoient la partie du
comté de Comminges limitrophe du Touloufàin.
Il eft fait mention du même Raymond-Guillaume marquis très -faisant , dans
un a&e c fuivant lequel Aton abbé du Mas d’Afil &: de Lezat, &les religieux
de ce dernier monaftere , voïant que les feigneurs féculiers s’emparoient im-
punément de leurs biens, eurent recours à fa protection, & firent un traité
avec lui par lequel ^ ils lui cederent la jouiflànce de la moitié de toutes les
terres qu’il leur fieroit reftituer, de celles qu’on leur donneroit , 8c des biens
qu’Aymeric leur abbé leur avoit fait donner. Ce même marquis prélîda
quelques années après d 8c fous le régné du roi Henri , à un plaid dans le- dfrfup
quel Bernard évêque de Conferans, 8c abbé de Lezat, noyant pas des
preuves littérales daine donation qui avoit été faite à ce monaftere , de¬
manda le droit jugement & la manifejlation de Dieu 5 ainfi on ordonna le duel
entre deux champions qui ri eurent jamais combattu. Ce prélat étoit frere e, à ce fxK NOrE
qu’il paroît d’Arnaud II. 8c fils de Roger II. comtes en partie de Commin- l * i*'
ges. Pierre évêque , probablement de ce pais, & plufieurs feigneurs fécu¬
liers, entr’autresGuillabcrt de Laurag, afliflerent â ce plaid. Il ne paroît pas que
le marquis Raymond-Guillaume ait laifle de pofterité ; & fon domaine, qui
s’étendoit fur les frontières des comtez de Foix & de Comminges, fut fans
doute réuni à celui des comtes de ces païs fes parens.
Pierre évêque de Gironne, qui étoit de la meme maifon , pofledoit déjà n-LXX?r;
en 1017. la moitié du comte de Carcaflonne $ ceft cequon voit par divers de Gironoc *
monumens , entr’autres par un acte de la fin decetce année, fuivant lequel d* Car*
ce prélat, pour fttisfaire 1 aux ordres du comte Roger fon pere , & de la comtejfe partie. Ev£quc$
Adélaïde fa mere , donna à l’abbaye de Mallaft ou de Montolieu, 8c àE tien- d'Aibi.
he qui en étoit abbé, l'alleu de Ventenac dans le comté de Carcaflonne, 1017.
dont il fe réferva l’ufufruit. Il fe chargea en même tems de traiter tous les ( l>r p.i*o.&
ans la communauté le jour de fàint Jean-Baptifte , patron de l’abbaye.
L’année fuivante le même prélat le rendit en Aquitaine, où il affifta g le - -r —
ij. du mois de Novembre à la dédicace de l’églife de faint Martial de Li- 101 '
moges , avec dix autres évêques, du nombré def quels étoient Amelius d’Al-
bi , Foulques de Carcaflonne, Arnaud de Rodez, & Deufdcdit de Cahors. uib.p.xg}.
Les ducs d’Aquitaine 8c dcGafcogrie, & plufieurs feigneurs des deux pro¬
vinces fe trouvèrent à cette ceremonie, à l’occafion de laquelle on leva de terre
le corps de faint Martial pour l’expofer d la vénération des fidcllés. Amelius
évêque d’Albi avoit fuccedé àAmblard qui occupoit ce fiege hen 5)98. il e(l hGai/.chn
qualifié prélat refpeclablc par fes mœurs & par fon âge , dans les actes > du con. mv- ei- »•
« 1 » d r jim/mxi/' nn ■ a « r Tl « /-v /T7l U » » » r /l* A • n . n ^ _
Jean XIX. de racheter à fes dépens trente captifs des mains des Sarafins , s’il P
vouloir lui donner la permiflîon d’ufer du Pallium douze fêtes de l’année. Ce Hugues comrfi
pontife qui avoir fort à cœur la délivrance des chrétiens efclaves , lui accorda l£°rucurj’ujc
volontiers à cette condition ce privilège perfonnel. Co.hk'gou-'*
Hugues comte de Rouergue & marquis de Gothîe, gouvernoit* déjà fès ¥crDCPar|“*-
ctats par lui- même fous i’épifeopat d’Arnaud évêque de Rodez, & du tems ZNaibUZaï?
d’Qdalric abbé de fàint Martial de Limoges * c’eft-à-dire après l’an 1010.
que celui-ci ® fut élû, & avant l’an 1030. que l’autre étoit déjà décédé °. Cet
abbé fonda en effet °fous l’épifcopat du même Arnaud, l’églife de Riou-/s.<s.
peyroux au diocèfê de Rodez , avec un monaftere & un hôpital , en pre-
fence d'Hugues comte de Rouergue , de l’abbé de faint Amand de Rodez , 8c Remrf’i. fe.gj
des nobles du païs. Il eft auiïï fait mention de ce même comte dans une,p^7^J"‘
ancienne chronique P , dont l’auteur rapporte » que l’Europe érant défolée « ,»* ‘ f%
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An.ioiS.
1 lliif.'lyfr
Pu- L J
V.Mâb.adann.
1060. ».74*
bPrj.ilC.fr
fit*
cr. NOTE
VltLn.xi.
àBilujL Auv.
te. 1. ^.48» 6*
/'f-
LXXXIII.
XJaiondu com¬
te deGevaud.in
à celui de
Kouergue.
e V. NOTE
XXVI. n.yfr
fin-
Lxxxrv.
Mort de Ber¬
nard d’Andufe.
Origine dedi-
verfes tnaifons
de la province.
IOI^.
f Pr. ^181 fr
Pu- . ,
* De ipfo
callro.
g Prj-ioi,
h p,iî). é*
Xéo HISTOIRE GENERALE
«en 1018. par une cruelle famine, Richard abbé de faint Vanne^deVer-
»dun engagea au comte de Rouergue , pour une fomme confiderable qu’il di~
«ftribua aux pauvres, l’abbaye de faine Amand de Rodez qui dépendoit de
« fon monaftere , ce qui fervit de prétexte à ce comte pour s’emparer des
» biens de cette abbaye dont il jouit -, enforce qu’étant décédé avant que de
« s’être payé fur les revenus , de la fomme qu’il avoit prêtée , fes fucceffeurs
«continuèrent d’en jouir après lui. « Audi voit-on que Robert* comte de
Rouergue &fuccefleur d’Hugues, polïèdoit encore en 1060. l’abbaye de faint
Amand de Rodez , & les dépendances.
Nous avons une preuve bien claire que le même Hugues comte de Rouer¬
gue dominoit fur la Septimanie ou Gothie , & le comté particulier de Nar¬
bonne, dans la donation b qu’il fit le 13. de Mars de la première année du
régné du roi Henri, ou de l’an 1031. à la communauté des chanoines de
faint Paul de Narbonne, d’un fief qu’il avoit au deflus du bourgade S. Paul de-
cette ville , & qui étoit de fon propre droit & alleu -, car ce prince qui fe qua¬
lifie comte par la grâce de Dieu , ordonne que fi quelqu’un venoit à ufurper
ce domaine, le comte de Narbonne qui feroit alors , ait foin de le faire refti-
tuer. L’acle eft fouferit après Bernard-Raymond abbé de S. Paul , & divers
feigneurs , par la comtefle Ricarde meredu comte Hugues , & par une dame ap-
fiellée Foy. Cette derniere étoit femme de ce prince , ainfi que nous
'apprenons d’ailleurs c. Il y a lieu de conjecturer A qu’elle étoit fille de Gui-
fred comte de Cerdagne. Au refte cet acte eft une preuve que l’abbaye de
S. Paul anciennement fituée hors des murs de Narbonne, etoit renfermée
alors dans ce qu’on appelloit le bourg , qui eft contigu à la cite ou ancienne
ville , dont il eft feparé par l’Aude.
Hugues comte de Rouergue & marquis de Gothie augmenta confidera-
blement fon domaine dans la fuite ; car il hérita c d’Etienne comte de Ge-
vaudan mort fans enfans après l’an 1033. Ce dernier étoit fils , ou petit-fils
de Pons comte du même païs, dont on a parlé ailleurs. Hugues lui fucceda
fans doute par droit de fa ng, car ils avoient, à ce qu’il paroît, une deicen-
dance commune.
Bernard feigneur d’Anduie & de Sauve au diocèfe de Nifmes, étoit déjà
décédé à la fin de l’an ioz^. lorfque Garfinde fa veuve fonda' le monaftere
de faint Pierre de Sauve, avec Bernard fon fils , & Almerade frere de ce der¬
nier , pour la rcmiffion des pechezjle Bernard leur pere. Guillaume comte de Tou-
loufe , le vicomte Aton, Berenger de Sauve * , Eleazar fon frere, Bermond
de Sommieres , Emenon de Sabran , Etienne de Gaian , Pierre d’Andufe , Ber-
nardabbé, Pierre de Claret, Framald de Leques, êtplufieurs autres feigneurs
ou nobles du païs furent prclèns à cette fondation 3 fur quoi nous remarque¬
rons i°. qu’on voit ici l’origine de plufieurs anciennes familles de la provin¬
ce , entr’autres de celle de Sabran , château fitué dans le diocèfe d’Uièz.
i°. Que quoique Bernard & fes fils fuflênt feigneurs d’Andufe , d’autres pre-
noient cependant le même furnom. On voit g en effet en 1037. un Bernard
d’Andufe dont nous ignorons la genealogie. Tous ces differens feigneurs qui
prenoient le furnom d’Andufe & de Sauve , étoient peut-être de la même
race , & partageoiententr’eux le domaine de ce château 3 mais il eft plus vrai-
femblable qu’ils n’y poifedoient que quelques fiefs , ce qui leur aura donné
occafion d’en prendre le furnom. C’eft ainfi que plufieurs familles nobles de
la province, dans ce fiecle &les fuivans, fe furnommerent de Touloufe,de
Narbonne , de Beziers , de Carcalîonne , &c. parce qu’elles pofledoient des
fiefs dans ces villes, ce qu’il eft neceffaire d’obferver pour ne pas confondre
ces maifons , avec celles des comtes & des vicomtes des mêmes villes , leurs fu-
zerains. 3 v.Que les furnoms dont l’ufage avoit déjà commencé dans la province
à la fin du fiecle précèdent , y étoient déjà communs au commencement du
fuivant. Il eft vrai que plufieurs ieigneurs continuèrent encore de ne pren¬
dre que leur fimple nom de baptême.
Garfinde,Bernard & Almerade mirent h le monaftere de faint Pierre de Sauve
fous la dépendance de l’abbaye de Gellone ou de faint Guillem du Dé-
fert , & de Gauibertion abbé , à condition que les fils des nobles ou des pauvres
qui
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DE LANGUEDOC. Lit. XIIÎ. ïèt
qaifc prefenteroient pour être religieux dans le premier , prendraient F habit rfiona *■ Â^ToTâi
{tique dans l’autre. Le monaftere de Sauve fut fondé dans le château de ce ' ”
nom : il fut fournis dans la fuite à l’abbaye de faine Victor de Marfeille dont il
dépend encore. Il eft à prefent du diocèfe d’Alais.
La maifon d’Andufe avoir alors l’avouerie fit le 5 patronage fur les abbayes 4
d’Anianefit de faine Guillem du Défert , ce qui fit fans doute b que Pons b t- l8«-#
abbé de la première, ôc Gausfred abbé de l’autre , étant convenus de con- Jt*'
ftruire un pont fur l’Eraut , qui fubfifte encore aujourd’hui à une égale
diftance des deux abbayes , ajoutèrent que ce feroit du confentement de
ï évêque Fredol , lequel étoit évêque du Puy 8c fils de Bernard d’Andufe.
Au refte Siguin de Roquefeuil donna c en 1031. plufieurs terres qu’il avoit «iy* tM*
dans lescomtez de Lodeve & de Rouergue à l’abbaye de faint Guillem,
fie Rigaud d de Solage en Rouergue , vajfal du comte Hugues , & du vicomte d ^ ^
Richard , ayant quitté fa femme & fes enfans , y prit l’habit monaftique quel- ,
ques années après.
La pieté dont le roi Robert faifoit profeffion , fie quil’avoit e engagé en lxxxv.
ioio.à entreprendre le pèlerinage de Rome , le porta auffi quelques an- ir«*‘»R°bert
nees avant fa mort avihter les lieux de dévotion les plus célébrés du royaume. dJDS n *>.0-
Ce prince, qui dans cette occalîon parcourut la province d’une extrémité à «nfr.Samort.
1 autre le rendit a Bourges* au commencement du careme 5 fie apres avoir t0t x_ Dlt(h,
vifuc la cathédrale de cette ville , il alla à Savignien Auvergne, lieu fameux
par le decez de faint Maieul abbé de Cluni , d’où il fut à faint Julien de
Brioude , 8c à ïéglifc de fainte Marie , qui ne paroît pas differente de la io3i.n.?j.
cathédrale du Puy. S’étant enfuite approché du Rhône , il fc rendit à l’ab¬
baye de faint Gilles, fie vint à Touloufe vifiter l’eglife de faint Saturnin: à
fon retour il vifita celles de faint Vincent de Caftres en Albigeois, de
faint Antonin , fie de fainte Foy de Conques en Rouergue, fie de faint Geraud
d’Aurillac en Auvergne. Etant enfin retourné à Bourges , où il arriva lé
jour des Rameaux , il alla enfuite célébrer la fête de Pâques à Orléans, après
avoir donné partout des marques de fa pieté envers Dieu , fie de fa libéralité
envers les pauvres. Ce prince dont la vie fut prefque toûjours occupée de
pareils exercices , mourut le 10. de Juillet de l’an 1031. fie laiffa la cou- 1031.
ronne à Henri fon fils , qu’il avoit déjà allocié au thrône , Se qui étoit de¬
venu l’aîné depuis la mort d’Hugues qu’il avoit auffi afTocié , fie qui mourut
le 17. de Septembre de l’an 1026. Une donation g faite par Berenger vi- gfr.f. u7;
comte de Narbonne , à la cathédrale de cette ville le 7. de Juin de l’an to}2 .
la fécondé année du roi Henri , paroît fuppofer que ce prince fut reconnu dans
le pais quelque tems avant la mort du roi fon pere.
S’il en faut croire un h auteur du XV. fiecle » le roi Robert, ou le roi à
Henri ( car il ne marque pas le nom) fit tenir un parlement à Touloufe en « Pr'
1031. où affifterent l’archevêque de Bourges, le comte Eudes, Amclius«
évêque d’Albi , Guifred évêque de Carcalfonne, deux abbez , deux cheva- «
liers, deuxjurifconfultes,8cun fenbe ou greffier, dont il rapporte lesnoms5«
lefquels après avoir fait ferment fur les lâints Evangiles , rendirent divers «
arrêts, fie ftatuerent entr’autres , i°. Que quand les vicomtes fie les «
viguiers ordonneraient le gage du duel. Se que la partie condamnée à l’acce- «c
pter en appelleroir au comte, elle auroit la liberté après le jugement de ce «
dernier, d’en appeller au roi ou à fon parlement, â raifon de l’hommage. «
2*. Que le comte de Touloufe qui prétendoit ladixmefur celle que levoit «
l’évêque de cette ville , fourniroit des preuves de fon droit au prochain «
parlement. 30. Que les officiaux ecclefiaftiques feroient fournis aux ordon-t*
nances des gens du parlement. 40. Que la guerre qu’avoient; fait naître «
les différends qui étoient entre Berenger vicomte , fie GuifFred archevêque de te
Narbonne, feroit fufpendue. j°. Qu’on payeroit les anciens péages , fie que «
les vicaires ou viguiers fupprimeroient les nouveaux.
Comme tous les prélats dont il eft fait mention dans l’aéte de ce parle¬
ment vivoient en 1031. fie que vers le même tems Berenger vicomte dé
Narbonne étoit en différend avec Guifred archevêque de cette ville , cela
pourrait donner quelque poids au témoignage de cet auteur , qui déclare à
Tome II. X
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l6t HISTOIRE GENERALE
- - la tête de Ton ouvrage , qu’il avoir puifé dans les anciens monumens } mais
AN.i03r. nous ayons des raübns qui nous perluadent que tout ce qu’il dit de ce pré-
tendu parlement tenu en 1031. n’eft qu’une fable : & en effet, le ternie de
parlement dont il fe fêrt pour lignifier une cour de juftice, celui d'arrêt , &
plufieurs autres qu’il employé , n’étoient point encore alors enufage , & ne le
turent que long-tems après. Il fe contredit d’ailleurs: car ilfuppofeque dans
ce parlement, où. affifta Guifred évêque de CarcalTonne, qui effedivemenc
vïvoit alors on y agita une affaire qu’avoit Hilaire évêque de cettt
• - • J " •/r - du dio-
cet au¬
teur , c en qu eu * « j » • **• — * > — n - - ------ — » - 1- —
res à Touloufe pour y tenir en Ion nom les affiles , & y rendre la juftice j
& que les prélats & les feigneurs, dont il rapporte les noms , furent chargez
de cette commiffion.
xxvi Quoi qu’il enfoit, Amelius évêque d’Albi affifta au mois de* Novembre
Coudic de Li- de la même année à deux conciles de fa province , dont l’un fut tenu à
C
XXY1II
d
Aid.
cPr.p. «
t V% NOIE
X»- 4.
g rr.llîd.
tcHoaiexcoin- s’y trouvèrent tous. De ce nomore rurenc , outre cemi a au», etienne n.
muuié, peut du nom du Velay ou du Puy , & Raymond de Mende. On prétend b que ce
ÆL“d?fi dernier transfera en 1036. de Javoux ancienne capitale du pais , à Mende,
prcmiac fem* ies reliques de faint Privât. A l’égard d’Etienne eveque du Puy, il etoit de
T'W», la maifon c de Mercœur en Auvergne, & avoit fucccdé depuis peu à Fredol
d’Andufe. Il obtint en 1051. du pape Leon IX. tant pour lui que pour fes
b G»iuhr.n,v. ^ucce(peurs 5 le privilège de fe fervir du pallium , & * donna une églife de fon
"'c'note patrimoine Vitue^e près du château de la Fare dans le Vivarais , au monaftere
xxruin. 7. pajnt pierre du Puy. Armand f III. du nom , vicomte de Polignac , fou£
aiSfiS crivit à cette donation , ainfi qu’i une autre que fit â ce monaftere Helde.
garius prévôt de la cathédrale du Puy , fous i’épifeopat du même prélat ,
qu’on ne doit pas confondre avec un autre Etienne de Mercœur, qui après
avoir été prévôt de l’églife du Puy , devint évêque de Clermont en icji.
Ils étoient fils de deux freres de S. Odilon abbé de Cluni.
La queftion de l’apoftolat de faint Martial fut agitée avec beaucoup de
.hcmi!.w. chaleur dans le concile tenu à Limoges. Elle en fit le fujet principal, &In-
?• <*•/>*?• gclric» chanoine du Puy y difputa vivement entr’autres en faveur de ce faine,
i f çet eccleliaftiquc avoit unfrere nomméTheotard,qui fut auffi chanoine du Puy,
W comme il paroît par le traité fur cet apoftolat, qu’Ademar de Chabannois
leur avoit dédié , & à plufieurs autres , trois ans auparavant *. Cet auteur
*.^71 7- O- donne à Engelric le titre de grammairien , ce qui fignifie homme de lettres
/*w- dans le langage de ce fiecle.
Le fécond jour du concile , les religieux de l’abbaye de Beaulieu , dans le
bas Limoufin , reprefenterent par leurs députez , que le comte de Touloufe
s’étant emparé de leur monaftere , l’avoit donné en bénéfice au comte de Péri¬
gord , qui l’avoit enfuite donné lui-même au vicomte de Comborn ; &c que
ce dernier en avoit difpofé en faveur d’un fèculier qu’il y avoit établi pour
Ktionvm. abbé fous prétexte que Bernard fon oncle l , moine de Solignac & cn-
ffiiee évêque de Cahors', l’avoit été auparavant. Ils demandèrent en confe-
quence qu’on leur donnât un abbé régulier , & qu’on chaflat le féculicr qui
avoit été mis malgré eux. Sur cette demande les pères du concile firent citer
le clerc feculier qui poffedoit l’abbaye de Beaulieu , & qui fuivant les ades ,
étoit auffi diftingué par fes excellentes qualitez , que par fa naillance. Cet
abbé qui fenommoit Hugues de Comborn , étoit fans doute frere du vicomte
m V M-t.nd dont on vient de parler , puifqu’il étoit fils « d’un frere du même Bernard
- évêque de Cahors. II fe prefenta à l’affembléc , & s’étant mis à genoux ,
pour être jugé fuivant les canons , il s’avoua coupable , & donna volontiers fa
démiffion. Le concile ordonna qu’on éliroit à fa place un abbé régulier ,
dont lcsPeres, & Guillaume duc d’Aquitaine, renvoyèrent labenedidion i
l’évêque de Limoges. On conferva cependant à Hugues la charge de dé.
fenfeur ou d’avoué de l’abbaye.
ln
JM*
ênn. io, 1 ».
4/
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DE LANGUEDOC, L i v. XII f. -iS? .
On -examina enfuite Ja conduite de quelques feigneurs d’Aquitaine à qui An. 1031-.
■après avoir été excommuniez par leurs évêques , avoient été à Rome pour
fe faire abfoudre par le pape. Engelric chanoine du Puy expo/à entr’autres ^
.Que Pons comte d‘ Auvergne , avoir été excommunié quelques années aupara-ix.
vant , par Etienne évêque de Clermont , parce qu’il avoir abandonne là «
femme légitimé pour en prendre une autre 5 que ce prélat ayant refu/ë de«
lever l’anathéme , à moins que Pons ne réparât fa faute, ce comte avoir «
été demandera Rome Ion abfolurion au pape, qui lur fon féal expofé la«
lui avoit accordée } que l’évêque s’en étant plaint au pape , ce dernier «
s’étoit exeufé fur ce que ce prélat ne lui avoit rien mande du fiijet de l’ex- a
communication du comte , & avoit déclaré en même tems que cette ab!o-«
lution étoit nulle & fubreptice. Sur cet expolë le concile la regarda «
de même. » Nous nous fommes arrêtez fur ces circonftances , parce qu’il nous
Î>aroît 3 queceP«w comte d’ si uverghc -, n’cftr pas diffèrent de Pons fils de Gu il- 3 v- mots
aume Taillefer comte de Touloufe. Il pouvoit prendre alors la qualité de ' *’ 6‘ ***
comte d’Auvergne , pour fe diftinguer de fon pere qui vivoit encore , Sc
qui s’étoit réfervé la fuzeraineté fur les comrez d’Auvergne Sc de Velay , dans
le tems qu’il les avoit cedez aux vicomtes de Clermont, ain/i que nous l’avons
expliqué ailleurs. Nous voyons en effet que Pons, fils du même Guillaume
Taillefer , prenoit déjà la qualité de comte dès le commencement du XI.
fiecle j Sc comme il ctoit ne vers l’an 990. il peut fort bien s’être marie vers
l’an 1010. Sc avoir abandonné quelque tems après la première femme pour
en prendre une autre j ce qui aura donné lieu à Ion excommunication, que*>
l’évêque de Clermont aura lancée vers l’an 102 On doit ajouter à cela
que Pons comte de Touloufe, fils de Guillaume Taillefer , ne fut pas ferupu-
leux fur l’article du mariage : nous avons du moins des preuves certaines
qu’il répudia Almodis de la Marche fa derniere femme.
On drelfa enfin dans le concile b de Limoges divers canonscontre la ü mo- b CintiïMï.
nie Sc le concubinage des prêtres , contre les feigneurs qui ufürpoient les ps°b&s n-
biens ecclefîaftiques , tyrannifoient les peuples , Sc fe faifoienc entr’eux
une guerre cruelle * on rcfolut de mettre tout le païs en interdit, jufqu’à ce
que la paix , la juftice, Sc la fureté publique y euilènt été rétablies. Les évê¬
ques c des autres provinces tâcheront aullî dans divers conciles de remedier à
ce delordre qui regnoit egalement par tout , mais le mal avoir jette de fi K M„i,_ »d
profondes racines , que tous leurs foins furent inutiles. 1 ou-n.
Quelques évêques delà province s’aflemblerent d au mois de Janvier de l’an lxxxvii.
103 2. pour la dédicacé del’églife de Notre-Dame de Rinpoll , qu’OJiba évêque Entreprit de
d’Aufonne , qui en étoit abbé , avoit fait bâtir de nouveau. Les évêques ^uriTnula
Wifred ou Guifred de Carcallônne , Anielius d’Albi , Bérenger d’Elne IL jmiùiicfhon de
du nom,Sc Guadald de Barcelone, affifterent à cette ceremonie, à laquelle ,tc,ul dc. NT
trouvèrent aufiî pluiieurs leigneurs du pais , entr autres Guifred comte Mar.-hc d'tf-
deCerdagne, Sc Guillaume comte deBcfalu. L’acte qui en fut dre/Té fut l'ouC p;g"f-
crit dans la fuite par divers évêques abfens , Sc par d’autres qui- ne furent A 0so'&j‘i- '
élus que quelque tems après. Guifred de Narbonne , Bernard de Conférons,
Sc Pierre de Gironne furent du nombre des premiers. O11 voit le nom d’Ar- — —
naud évêque de Touloufe parmi les autres. j
Guadald avoit été elû, à ce qu’on prétend ", évêque de Barcelone en rojp. du e hiftM
confcntement d’Oton archevêque d’ Auch ; mais il y a lieu de douter , linon des
circonftances , du moins de l’époque de cette élection .- car Guadald étoit déjà }}.
évêque de Barcelone en 1027. qu’il > afiîfta à un concile tenu à Aufonne. (MarC.tfj}i
Ce qu’il y a de vrai , c’cft que fl ce prélat s’adrcflà à l’archevcque d’Auch p • *}*■
pour confirmer fon éledion , il falloit qu’il doutât de fa canonicité, ptiif.
qu’il declinoit la jurifdidion de l’archevêque de Narbonne fon métropoli¬
tain. Auffi remarque-t-on s que que quand les évêques de la Marche d’Éfpa- g p^iadatmi
gne étoient elûs contre les réglés, ou qu’ils vouloient s’arroger une autorité
indépendante de l’archevêque de Narbonne , ils avoient recours pour fe faire
ordonner, aux archevêques d’Auch , métropolitains de la Navarre Sc de
l’Aragon depuis l’invafion des Sarafins. On en a déjà vu quelques exem-
■ ples*
T ome IL X ij
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_ _ i64 HISTOIRE GENERALE
An. 1032. La partie orientale delà province le rell'entit fans doute des troubles qui agite-
lx.Xmii rcntiuProvcncé après la mort de Rodolphe le Fainéant^ roi de Bourgogne, Sc
1 “ ;r; de- Provence, qui mourut fans enfansle 6. de Septembre de l’an 1 o 3 2. Il avoir
dc Kovu.cc dilpole auparavant de tous les états en laveur de 1 empereur Gonrad le S alu
paiic «« tu» ihn beau-frere , ou plutôt d’Henri fils de ce prince fon neveu. Depuis
nu-nc. coM>cccce donation, les empereurs d Allemagne prétendirent la iouvcrainete lur
noVs' H .' i' ^CS P31s ^cuez entre les Alpes 6c le Rhône, mais leur autorité n’y fut jamais
io.S>:c fr.iiicc bien confi Jerable, 6c Conrad eut beaucoup de peine à s’y faire reconnoître. Il
fuite de lès prétentions , Conrad fie couronner roi de bourgogne Henri Ion
fils en 1038.
b Mal. *</ 4it». rite. Nous voyons en cher que 1 acte 0 d union qui tut taire alors en faveur
«Je Gautier abbé de laint Gilles, du monafterc de faint Eufebe d’Aptà cette
abbaye, fituée dans le comté de Ni [ne s & la vallée Flavicnne , eft daté du mois
e ai »nn. de Mars , Dieu remuant , & dans /’ attente d'un roi. Il paroît d’ailleurs que l’em-
». 5-»-6. pereur Conrad nsétoit pas encore reconnu dans cette province en 1035.
Il l’étoic déjà en 1037. dans le diocèfeôc comté de Valence, félon la date
A ai 4»B.!oj7. d’une donation * que fit alors Ademar comte de Valentinois à l’abbaye de
# Cluni, avec fa femme Rotilde 8c les fils Pons évêque de Valence, Hugues,
'Lambert , ôcc. pour l’ame du comte Lambert fon pere j mais il paroît d’un
ePr.^.toj. autre côte 6 , que la partie du Valentinois qui eft en deçà du Rhône, étoit
foumife dans cetcms-là avec le Vivarais , à Henri I. roi de France. C’eft ce
re, dans le territoire de Pradellcs, à l’abbaye de laint Guillem du Dclcrt:
par l’autre Gcilin comte de Valentinois 6c fuccellcur d’Adcmar , fes fils Odon
evêque , Arbert, Roftaing, Hugues, 6c Conon , 6c Ave fa femme , donnent à
l’abbaye de laint Chaftrc l’cglile de laint Barthelemi fituée dans la partie du
dioccfe de Valence qui elt en deçà du Rhône. Il eft vrai qu’on peut rapporter
egalement cette date au règne d’Henri roi de Bourgogne^ mais comme ces actes
font poltcricurs à l’an 1039. f]ue ce .prince fucceda dans l’empire à Conrad
le Salique loti pcrc , on n’auroit pas manqué de lui donner la qualité d’em¬
pereur.
lxxxix. Aton II. vicomte d’Albi 8c de Nifmes mourut de mort violente les premie-
rCS annt-;cs ro* Henri. Il périt, d ce qu’il paroît, B par les mains d’un leigneur
d ai... & de nomme Geraud , de fes frères , 8c de leurs fils , qui , pour reparution de fa
Nl j"h V mort ’ ^onncrcnc cn alleu la portion qu’ils avoientaux châteaux de Cahufac
üi'iuiiuâcde. terens en Albigeois , 8c divers autres domaines à Frotaire évêque, 6c à
ç,prp.iji.y lès frères Bernard êcSegarius, fils de ce vicomte, 6c leur cn firent h hom-
Nort mage« Aton II. avoir hérité , ‘ comme on l’a remarqué ailleurs , de Bernard
xxii.’,. ». II. ion pere 8c de Gauciane fa mere des vicomtez d’Albi 8c de Nifmes. Il
^v.noif. P°ff-‘d°it aufli plufieurs terres 8c alleus dans le Touloufain , entr’autres le
ibii. ». ,i.& château de Dourgne , aujourd’hui du diocèfe de Lavaur , donc les feigneurs
17. Prom'renc k fidelité, 8c à Frotaire fon fils. Il acquit 1 en 1028. une fixié-
1 p. fa», ô me partie du château d’Auriac , qui eft un ancien titre de baronie dans le Lau-
/'?• raguais. Ce vicomte eft fans doute le même qu’Aton à qui Ermengaud comte
m F d’Urgcl donna™ un alleu la XXXl.année duregnedu roi Robert, ou l’an 1027.
en échange d’un autre qu’Aton avoir donné à Guillaume viccmte de.Ca-
ftelbon.
Aton II. vicomte d’Albi, 8c de Nifmes laiflfa donc trois fils, Frotaire, Ber¬
nard 8c Segarius , de Gerberge fa femme. Le premier, qui à ce qu’il paroît
étoit l’aîné , fut élu de fon vivant éveque de Nifmes, ôc il avoir déjà fuc-
n f. 1S0. cédé n dès l’an 1027. dans cet évêché à Geraud' d’Andufe. Il pofleda par
indivis avec le vicomte Bernard III. fon frere, les vicomtez d’Albi 8c de
N ilmes , 6c les autres domaines de leur maiion , 8c reçût avec lui les homma-
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DE LANGUEDOC Liv. XIII. Uy _ .
ges*pour les châteaux de Vintron en Albigeois, deDourgne, deViilemur , An. 103 z4
de Lavaur, de làint Félix dans le Toulouiain, Scc. Leur pouvoir commun 5
fur le domaine qui avoir appartenu à leur pere paroît encore par un acte °
fuivant lequel Ameiius évêque d’Albi , le meme Frotuire évcque de Nifmcs ,
Bernard Aton [on frcre proconjul de Nifmes & prince d’Albi , firent con/lruire
un pont dans cette derniere ville, fur la riviere de Tarn, de l’avis de Ge-»
raud évêque de Rodez , de Bernard évêque de Cahors , des feigncars du
pais , & des citoyens & bourgeois d’Albi. Le terrain fur lequel ce pont fut
bâti appartenoit à Anfelme abbé de faint Salvi & à fes chanoines , à qui
ces feigneurs donnèrent les émolumens du nouveau pont. On verra encore
ailleurs d’autres preuves de l’autorité commune de ces deux freres fur les
domaines de leur maifon. Frotaire eut de plus l’avouerie des abbayes de
Caftres , de Soreze , de faint Salvi. d’Albi, &c.
Arnaud comte de Rafez décéda aulfi les premières années du régné du roi xc-
Henri j car Raymond fon lùcceflsur , qui paroît êtrefon fils , donna le 28. com^ deRa-
d’Août, la IV. année du régné de ce prince, un alleu de ce pais à l’abbaye Mort de
de faint Hilaire , & à Oliba Ion abbé , pour fon ame , 6c celle de la femme Be- tBecrjcudcoufe-
liarde -, 6c en rcconnoilfance de la viétoire qu’il avoit remportée au château de uns & d.toix.
Rafez, par l’intercellion de ce faint, fur un feigneur nommé Arnaud-Gibert ^"ufact
qui lui faifoic la guerre pour venger la mort de ion fils , que le même Ray- tre les fils.
mond avoit peut-être tué. 1034
On doit rapporter é à peu près au même tems la mort du comte Ber- c Pr.,.,s”g.
nard, fils puîné de Roger I. comte de CarcalTonne, qui avoit eu pour fon v- K0TE
parcage c le comté 6cl‘èveché de Conferans, avec le pais deFoix, 8c plufieurs
autres domaines duTouloufain , aufquels il avoit ajouté le comté de Bigorre xxu.n.,?
par fon mariage avec f Garfinde , fille ou loeur êcheritiere de Garfias- Arnaud 15 ’’
comte de ce païs. Bernard eut de cette dame trois fils 8c deux filles. II parta- f note ,bii.
gea fes domaines à ceux-là , nommez Bernard , Roger, & Pierre. Lepre- n
mier, qui paroît avoir été l’aîné, lui fucceda s dans le comté de Bigorre év?-*
qu’il tranfinit à les defeendans. Le lècond h eut en partage le château de h iv.iSy.eJ.
Foix, de Caftelpendent , de Roquemaure, ,dc Lordad , & plufieurs autres Pi-
terres dans la partie méridionale du Touloufain , enlorce qu’il hérita du
pais de Foix , dont il fut le premier comte de fon nom. Le dernier prit { Pr f
aulfi le titre de comte’, & le fut peut-être de Conferans : il eft du moins F
certain qu’il eut «pour fa part plufieurs domaines dans le Touloufain , encr’au- K
très la partie méridionale du diocèfe de Mircpoix. V r‘P. y*.
Les deux filles de Bernard comte de Conferans 8c de Foix fe nonimoient v; hill-
Garfinde, & Stéphanie ou Etiennctte. La première * qui étoit d’une rare
beauté époufa au mois d’Aoûc de l’an 1036. Ramire roi d’Aragon , qui lui Marc*Bmrn.
alfigna pour fon douaire le château d’Athercz : l’autre époufa la même an- ^o°rixx//.
nee à Barcelone, où elle demeuroit alors auprès d’Ermeilînde fa tance coin. «. 1 .
telfe douairière de cette ville, Garcias roi de Navarre, 8c frere de Ramire ,ô ,;F<rrer•*',*
roi d’Aragon. T Elle mourut en 1058. xct.
Roger I. comte deFoix, après la mort du comte Bernard Ion pere , fit un
accord m avec Pierre évêque de Gironne fon oncle paternel, pour le fucce- To\xi™T?kt.
der l’un à l’autre en cas de prédccez: ils convinrent que les enfans que Roger £ évésucdc
auroit d’un légitimé mariage , lui fuccederoient , 8c que Pierre, qui feroit leur eu. 0nck- ^1^!.
teur,auroiti’adminiftracion de leurs biens. Ils partagèrent leurs domaines en Eicn.iuc de
deux lots : la ville 8c le comté de CarcalTonne, avec les alleus du comté , le k,n y°!
château 8c le païs de Qucille , plufieurs autres terres ou alleus du Toulou- /«?.
fain , la moitié du bois de Bolbonne , 8c le château de Saifiàc dans le
Carcalfez, compoferent le premier, dont il paroît que Pierre étoit déjà en
polfelfion. Ce prélat excepta de ce lot, 8c fe réferva l’èvcchè de Carcajfonne ,
& l’honneur de l’ipifeopat 5 les abbayes du Carcalïêz avec leurs honneurs 5 la
maifon ou château qu’il avoir dans CarcalTonne avec fes dépendances ^ l’églife
de faint Marcel , qui fervoit , ce femble , de chapelle au même château -, fes
officiers , fçavoir fon chambellan , fon intendant * , fon fénéchal , 8c fon * Difpenraior.
bouteider ou échanfon , avec leurs biens , c’eft-à-dire les fiefs attachez à leurs
chargesj l'abbaye dcCamon fituée dans le païs deQueille,8c le château deDun dans
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An .io3 4.
* Fr. f. 190,
éj'ii-
t Pr.p . rfy*
é> /«?î-
Ï65 HISTOIRE GENERALE
le Touloufain* 8c enfin l’honneur de lé évêché de Touloufe , Se celui des abbayes de
ce pais. Roger' devoir lui fucceder dans tour le relie, en cas qu’il lui fur-
vécut, 8c le poflèder de la même maniéré que Bernard [on pere le lui avoit donné
tn partage-
On mit dans le fécond lot i°. les châteaux dcFoix , de Caftelpendent , de
Roquemaure 8c de Lordat , fituez dans la partie méridionale du T ouloufain
vers les frontières d’Efpagne 5 1*. l’autre moitié du bois de Bolbonneavec les
vigueries & les honneurs de comte que Pierre 8c Roger pofl'edoient dans ce pais,
donc on preferit les limites ; fçavoir depuis la montagne appellée Puy-Maurin,
qui fépare la Cerdagne ou l’Elpagne , du comté de Foix 8c de la Gaule , 8c
depuis Saurad fur les frontières du Conferans d’un côté ^ jufques à Bolbon-
ne en deçà de l’Ariege de l’autre. Pierre fe réferva dans ce lot, ainfi qu’il
avoit fait dans l’autre , les abbayes du pais , entr’autres celles de Foix , de Fre-
delas ou Pamiers , 8c du Mas-d’Afd avec leurs honneurs 8c dépendances , 8c
quelques terres ôcalleus.
Nous avons deux aétes a relatifs à ce partage : par l’un « le comte Roger
33 prête ferment à Pierre évtque [on oncle , & promet de lui être fidelle comme
y>un vaffal à fon feigneur , pour la part que ce prélat avoit à la ville de Carcaf.
»fonne, à fes forterefles , 8c aux châteaux de Foix 8c de Queille 5 avec pro-
>3 mefle de le laifler jouir paifiblemenc de l’ évêché de Carcaflonne , 8c des
3s terres qui en dépendoient , des abbayes de [tint Jean de Valjiger , ou de
3> Moncolieu, deVernafone, ou de faint Chignan, de faint Etienne de Cabar-
»3 dès , de faint Pierre de Caunes , de fainte Marie de la G rafle , de faint
33 Hilaire, de faint Antonin de Fredelas , 8c de faint Volufien de Foix , de
33 leurs dépendances , 8c enfin de toutes les villes, terres 8c châteaux qu’il
ispofledoit. « Par l’autre il lui prête feulement ferment de fidelité pour les
châteaux de Foix, Caftelpendent, Dun , Chercorb, Bareilles , la ville de
Carcaflonne , 6c fes forterefles , le château de Saiflac , 8c pour le relte de fon
domaine. Comme ces differens actes qui font crcs,intereflans pour notre
hiftoire n’ont point de date , & qu’ils font allez obfcurs par eux-mêmes,
nous croyons devoir les éclaircir par les réflexions fuivantes.
i°. On a vu ailleurs b que Roger I. comte de Carcaflonne difpofa par fon
teftament de tout ce comté en faveur de Raymond fon fils aîné , qui laifla
des enfans : nous trouvons cependant ici que Pierre fon troilîémc fils , au¬
quel il n’avoit donné que les abbayes de l'on domaine , poflèda outre cela
une partie du même comté : il faut donc ou que Roger I. ait fait quelque chan¬
gement dans ce teftament , ou que par ur.c autre difpolition il ait lailfé à Ber¬
nard & à Pierre fes fils puînez, une partie du comté de Carcaflonne jà moins que
ceux-ci ne s’en foient emparez fur leurs neveux dans le temsde leur minorité.
z®. Il femble que la portion de la ville 8c du comté de Carcaflonne qui
fut mife dans le partage dont on vient de parler , 8c qui en comprenoit la
moitié, comme nous le verrons ailleurs, étoit d’abord échue à Bernard,
puifqu’il eft marqué que ce comte l’ avoit leguée pour fa part à Roger fonfils-y
ainfi le même Bernard aura été comte en partie de Carcaflonne. Il paroît
cependant que Pierre évêque de Gironne , fon frere , pofledoit de fon chef
une portion du même comté , outre celle dont il étoit actuellement en
pofleflion dans le tems qu’il fit ce partage avec le comte Roger fon ne¬
veu , 8c dont il jouiflbit à caufe fans doute que ce dernier étoit fous fa
tutelle.
30. On peut encore prouver que Roger I. comte de Carcaflonne changea
la difpoficion de fon teftament , en ce qu’il donna par cet acle à Raymond
Ion fils aîné le droit qu’il avoit (ur les païs de Queille 8c de Chercorb en
vertu de l’accord qu’il avoit fait avec Eudes comte de Rafez fon frere j car
l’évêque Pierre , 8c le comte Roger fon neveu pofl'edoient ces deux pais c ,
fuivant le même acte de parcage , 8c les fermens que ce dernier fit en con-
fequence. On pourroitmême conclure delà qu’ Arnaud fils d’Eudes comte de
Rafez étoit mort fans pofterité dans le tems de ce partage, puifqu’une par¬
tie de fes domaines étoient occupez alors par fes confins : mais peut- être y
eut-il quelque nouvel accord entr’eux , félon lequel Arnaud , ou fon fils
Raymond, cédèrent ces deux pais aux autres.
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DE LANGUEDOC. Liv. XIH. 167 _ _
4*. Comme Roger, qui prie» le titre de comte de Feix , furvêcut à Pierre An. 1034*
évêque de Gironne fon oncle, c’eft une preuve qu’il lui fucceda dans cous a Prp.-.u
les domaines énoncez dans leur partage , conformément à cet a&e, fie ^°ril xxu‘
par conféquent dans une partie du comté de Carcaflonne. Quant,aux au¬
tres domaines que ce prélat Ce réferva , & qui ne furent pas compris dans
1 heriterent fans doute après fa mort avec le
1
Pierre étoit évêque de Catcaffbnne dafts lé
tems de ce parcage, de ce qu’il s’y réferve F évêché de cette ville avec l'honneur
de Fépifcopat -, mais outre qu’il eft certain que ce prélat b occupa le lïege épif h r. non
copal de Gironne depuis l’an 1010. jufqu’en 1050. qu’il mourut $ nous avons xxx»*> j-
d’ailleurs la fucceffion des évêques de Carcaflonne pendant cet intervalle.
L’on doit donc entendre par F évêché de Carcaflonne , gf F honneur de F épis¬
copat que Pierre Ce réferva , le droit de patronat fur cette églife,&de fuzerai-
neté lur les domaines qui en dépendoient. C’eft ainfi que le comte Roger I.pere
de ce prélat, difpofàpar fon teftamenc c de F évêché de Conferans en faveur c fr.p. no.
d’Adelaïde fa femme, & que le même Pierre fe réferva F honneur de Fève -
, ché de Touloufe , c’eft-à-dire le droit d’avouerie & de fuzeraineté fur les ter¬
res donc l’églife de cette ville jouiflbic dans le comté deFoix, & fur les au¬
tres domaines de la maifon de Carcaflonne fituez dans ce diocèfe.
On doit en dire de même des diverfès abbayes que Pierre poflèdoit, &que
le comte fon pere lui avoit léguées j car nous avons également la fuite de
leurs abbez pendant fa vie : on a déjà vd en effet qu’Etienne étoit abbé de
la G rafle , ôcOliba de faint Hilaire en 1026. Il cft encore fait mention de ce
dernier dans un aéte de déguerpiflèment donné en faveur de fon monaftere
dans un plaid tenu en Roulfillon le mardi 16. de Mars de Fan 10)4. (ou de irr.f.xjy,
l’an 1035. fuivant notre maniéré de compter le commencement de l’année,)
la IV. année du roi Henri. Etienne étoit encore abbé de Montolieu vers
l’an 1036. fuivant un aéle de reftitution e qui fut faite alors à fon mona- « Vr.p.\9%.
ftere , dans un plaid tenu à Touloufe par un chevalier * nommé Bernard Odal- * M,les-
rie en prejence des bons hommes , tant nobles que païfans * *. **RuIheoiunu
6°. Aux huit abbayes énoncées dans le premier hommage rendu par Roger xcir.
à l’évêque Pierre fon oncle , on doit en ajouter deux autres que ce dernier C^^,e^c‘je
fe réferva expreflcmenc par le partage , fçavoir celles de Camon & du Mas- s.*Eticnne d«
d’Afil. La première fituée au voifinage de la rivière de Lers , dans la partie
meridionale du diocèfe de Mirepoix, n’eft plus aujourd’hui qu’un prieuré
Conventuel fous la dépendance de l’abbaye de la Graflè. Parmi les autres ,
nous ne connoiflons que par ces feuls monumens celle de faine Etien¬
ne de Cabardez } elle dévoie appartenir au diocèfe de Carcaflonne ,puifque
le pais de Cabardez , lîtué vers les frontières du Touloufain , en fait partie.
7®. Enfin il n’eft rien dit dans l’acte de partage entre l’évêque Pierre & le
comte Roger fon neveu , du comté & de F évêché de Conferans , que Roger I.
comte de Carcaflonne avoit leguez par fon teftament f à Bernard fon fils , f pr.p. ij
pere de Roger comte de Foix. Nous conjeéturons de là que le meme Bernard & /*?•
difpofa du comté de Conferans en faveur de Pierre fon autre fils, qui ,
comme nous l’avons remarqué, prie le titre de comte, s II eft vrai qu’il u?!*
paroît que les defeendans de Raymond comte de Carcaflonne , frereaîné de ’ "'10'
Bernard, avoient quelques prétentions en 1 070. h furie pais de Conferans, h er4.i71.17n
& qu’ils les cederent alors à Raymond - Berenger comte de Barcelone,
avec les autres domaines de leur maifon } ce qui a donné lieu fa. ns doute à
quelques auteurs ‘ d’avancer, que le comté de Conferans fut été par Raymond i
comte de Carcaffonne à fon frere Bernard , & qu'il pajja ainfî aux rois d‘ Ara- D*jCr,pt!hip.&
%on comtes de Barcelone. Mais i°. les droits que les defeendans de Raymond geler.* i*Fr.
comte de Carcaflonne, cederent au comte de Barcelone en 1070. & que Ll-r-tou
nous expliquerons ailleurs plus en détail, comprenoient * non-feulement ce ktr.iM.
qui avoit appartenu à Raymond, mais encore tout ce qui avoit été du par¬
tage de fes freres, c’eft-à-dire tout le domaine de Roger I. comte de Car-
caflonne leur pere , ce qui ne prouve nullement que Raymond ait ôté le
comté de Conferans à Bernard, puifque celui-ci, ôc fes fucceflêurs , avoient
le partage , les autres neveux e
même Roger I. comte de Foix.
<°. On pourroit inférer que
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•ÀN. io.34*
% V.Mârc.H'ifp.
T* 144-1. frj*']-
'fil-
XC1II.
Comtes de
Comminges.
c NOTL XXII.
»• lt.fr feq.
d Pr. />. 1 9 6.
* NOTE XIX.
». 9.
f Pr.p. H7.
V. NOTE
"XXI I.n.) 4.
g NOTE
Uti. n . ii.fr
feT .
xciv.
' Partage entre
Guillaume &
Pierre fils de
Raymond I.
eomre de Car-
eallonne aptes
la mort de
GarfinJc leur
mere.
h Pr. p.l^S.
feq.
' V. NOIE
ibid.n. io.
{NOTEibid .
tK.fr.M47.
i«* HISTOIRE GENERALE
joui du comté deFoix , 6c des autres pais du Touloufain compris dans la
même ceflion. D’ailleurs le Conferans pouvoir avoir appartenu à Raymond*
foit par une nouvelle difpofition de Roger I. comte de Carcaflonne Ion pere,
l'oit par quelque accord fait entre Tes defcendans , & ceux de Bernard Ton
•frere. z*. Nous ne voyons pas-, malgré la ceflion faite aux comtes de Barce¬
lone , que ceux-ci ayent jamais eu des prétentions furie Conferans , êc il n’eft
rien dit de ce pais dans la fameufe tranfa&ion a paflee en 1158. entre Jac¬
ques I. roi d’Aragon 6c le roi laint Louis , par laquelle le premier cede â
■l'autre tous les anciens domaines de la maifon de Carcaflonne que fes pré-
deceflèurs avoient acquis, 6c dont il fait une longue énumeration.Il paroît u au
contraire que les comtes de Foix dominoient en 1115. furie Conferans.
Nous croïons donc plus vraifemblablement que Pierre , frere de Roger I.
comte de Foix , eut le comté de Conferans en partage , 6c que Roger II. fon
fils. 6c fon heritier, qui fucceda à Roger I. dans le comté de Foix , com¬
prit ces deux comtez fous le titre de comte de Foix qu’il fe donna 5 ce qui
fitdifparoître celui de comte de Conferans. Ce qu’il y a de certain , c’eft que
les comtes deFoix fuccefleurs de Roger II. poflederent une partie du Confe¬
rans , 6c que le refte , qui en faifoit la plus grande partie , fut uni au do¬
maine des comtes de Comminges , lefquels étoient de la même maifon , 6c
dont une branche pofleda le Conferans au douzième fiecle fous le titre de
vicomté.
Il faut diftinguer c Roger I. comte de Foix , d’avec ün autre comte de ce
hom qui vivoit vers le même teins, êcqui étant tombé malade d au château
de Cafelas dans le Comminges, fit une donation à l’abbaye de faint Pierre
deLezat, 6c à l’abbé Guiraud, pour fon ame 6c celle d’Eudes fon frere. La
charte ,qui eft fans date, eft foulcritepar Arnaud fon fils , 6c Bernard évêque
deTouloufe qui vivoit c en iojy. Ce Roger pofledoit une partie du comté
de Comminges avec quelques alleus dans le Touloufain, êcl’avouerie ou pa¬
tronat fur l’abbaye de Lezat. Il fut le fécond comte de Comminges de Ion
nom, 6c outre Arnaud fon f fils qui lui fucceda, il en eut un autre nommé
Bernard qui étoit déjà évêque de Conferans 6 c abbé de Lezat en 1048. Quant
à Eudes fon frere, qui paroît avoir été fon aîné ; il pofleda aufli une partie
du comté de Comminges , 6c le tranfmit à fes defcendans g qui réunirent
enfin tout ce comté à leur domaine vers le commencement du XII. fiecle.
L’autre partie du comté de Carcaflonne appartenoit vers l’an 1034. à Guil¬
laume 6c à Pierre , fils de Raymond I. comte de cette ville , 6c de Garfinde de
Beziers , laquelle fait mention de l’un 6c de l’autre dans une donation h qu’elle
fit à l’abbaye de Conques en Rouerguc au mois d’ Août fous le régné du roi
Henri . Cette comtefle qui ctoit alors veuve en fécondés noces de Bernard
d’Andufe , donne avec fes fils Pierre , Guillaume & Bermond , à cette abbaye,
l’églife 6c le village de Vairac dans le pais d’Agde , dont elle avoit hérité de fes
parens , tant pour fon ame , 6c pour celles de fon 'pere Guillaume , de Bernard fon
yf/g«<rar,(c’eft-à-dire fon mari) & de Raymond fon fils , que pour Guillaume , Pierre
Bernard fes fils i fur quoi il faut remarquer i9. qu’elle diftingue ici les trois
derniers qui vivoient alors, 6 c qui fouferivirent à la charte dans le même
ordre, des autres qui étoient déjà décédez. Qu’elle avoit eu Raymond
6c Bermond 1 de Bernard d’Andufe fon fécond mari , ôc Guillaume 6c Pierre
de Raymond I. comte de Carcaflonne qu’elle avoit époufé en premières noces.
Cette princeflè mourut fans doute bientôt après. Nous n’avons plus du
moins aucun monument qui en fafle mention. Après fa mort fes deux fils du
premier lit partagèrent entr’eux fa fucceffion 6c celle du comte Raymond leur
pere:ils heriterent entr’autres des vicomtez de Beziers 6c d’Agde, qui leur
avoient été fubftituées k , à ce qu’il paroît, parle teftament du vicomte Guil¬
laume leur ayeul maternel , 6c pere de Garfinde leur mere j enforte que
Bermond leur frere utérin , fils de Bernard d’Andufe n’y eut aucune part. Ces
deux vicomtez échurent à Pierre qui prit la qualité de comte , loic parce
qu’il étoit de race comtale , foit parce qu’il pofleda une partie du comte de
Carcaflonne. Guillaume fon frere eut pour fa part une autre portion du
comté de Carcaflonne, 6c quelques domaines dans les pais voifins.
Les
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DE LANGUEDOC. Liv. XIIÎ. «<?* .
Les deuxfreres convinrent de ce partage à l’amiable, comme on voit par AN.1034,
le ferment a que Guillaume fit à Pierre fan frere , de le laiflèr jouir pailL
blement , fait avec forfait , foie fans forfait , des villes 8c des èvèchez^ de Bcziers
& d’Agde , de leurs droits & de leurs dépendances } des châteaux de Mer*
coirol, Roquebrune, Pezenas, Florenfac, Mefe & Omelasj du château 8c
de l’abbaye de faint Tiberi, 8cc. Il lui promet de plus de le fccourir en cas
qu’il vînt à être attaqué, ou qu’on lui difputât la poflèflion de tous ces do¬
maines , excepté contre fes propres feigneurs & fes va faux. Guillaume s’engage
en particulier d’aider Pierre , lorfqu’il en leroit requis, contre Bernard lelety
fils de Blitgarde% avec lequel ce dernier étoit peut-être en guerre. Nous croyons
trouver ici l’origine de l’illuftre maifon de Pelet , l’une des plus anciennes de
la province, que quelques auteurs font defeendre des vicomtes de Narbon¬
ne. Le même comte Pierre , reçût aulli vers 3 ce tems-là le ferment de Pons
fils de Frodille pour le château de Paulhian au diocèfe de Beziers*
Les feigneurs que Guillaume excepte dans fon ferment, étoient fans doute SuK*fn^dcs
les comtes de Touloufe 8c de Rouergue, qui en qualité de marquis de Go- comtesde rou¬
tine, ou de comtes de Touloufe , avoient la fuzeraineté fur le domaine de ^'tfued^ut
la maifon des comtes de CarcafTonne 5 ce qui paroît entr’autres par le fer- ugocÜk &ie
ment que le même comte Guillaume , fils de Garfinde (& non pas de Ricar- comté de car¬
de, comme un auteur c l’a fuppofé par méprife ) fit vers le même tems à Be-
renger vicomte de Narbonne, à qui il promet d de le lailfer pailîble poflèfi p •
feur de cette ville 8c de fes dépendances, des châteaux qu’il occupoit, 8c
de ceux qu’il pourroit acquérir dans la fuite avec fon confeil , pourvu que ce1"1'
vicomte ne commit aucun forfait contre lui $ 8c en cas que cela arrivât , il s’engage
de ne pas l’inquieter jufqu’à ce qu’il eût réparé le dommage dans l’elpace
de quarante jours après l’en avoir requis. Guillaume promet enfuite à Be-
renger de l’aider contre tous , excepté contre Hugues comte de Rouergue , GuiU
laume comte de Touloufe , Pierre-Roger Pons , fils du comte Guillaume , Bernard.
Comte de Subfiantion & fes propres vajfaux. Le comte Hugues eft nommé le
premier, à caufe fans doute qu’il avoit la principale autorité dans la Gothie
ou Septimanie, où il poffedoit d’ailleurs le comté particulier de Narbonne j
puis Guillaume comte de Touloufe 8c Pons fon fils , parce qu’ils avoient,
comme marquis de Touloufe , la fuzeraineté fur le comté de Carcalïonne,
enfuite Pierre- Roger ( c’efl-à-dire fils de Roger) qui n’eft pas different de
Pierre évêque de Gironne, fils de Roger I. comte de Carcaffonne , 8c oncle
paternel du comte Guillaume.Ce dernier excepte enfin le comte de Subfiantion,
a caufe apparemment de quelques fiefs qu’il poffedoit dans ce comté. Au rcfle
cet ade pourroit faire croire que le vicomte de Narbonne s’étoit rendu vafe
fâl du comte Guillaume , fi l’on ne fçavoit l’ufage où étoient alors les fei-
gneurs de fe faire l’un l’autre de pareils fermens pour fe conferver leurs
domaines , 8c s’entr’aider contre tous ceux qui les actaqueroient. Ils ex-
ceptoient ordinairement dans ces a&es , dont nous avons divers autres
exemples, leurs feigneurs fuzerains , leurs parerts , leurs alliez, Scieurs vaf-
faux.
Bermond, frere utérin de Guillaume comte de Carcaïïbnne, partagea avec xcvl.
Almerade fon frere du premier lit, la fucceïïion de Bernard d’Andufe leur Seigneurs
pere. Il prit le furnom de Sauve , 8c Almerade celui d’Andufe, ainfi qu’on le sju"dUltlS<c,e
voit par un ade^ de l’an 1041. fuivant lequel ils donnèrent à l’abbaye de ePrfioi.$
faint Guillem du Dcfert, laparoifle de faint Pierre de Merveys, fituée dans A?-
l’ancien diocèfe de Nifmes, 6c aujourd’hui dans celui d’Alais. Almerade fe
dit fils d' Ermengarde , 8c Bermond fils de Garfinde, dans cette donation qu’ils
firent pour l’ame de leur pert Bernard, & de leurs meres. Bermond avoit déjà
donné un an f auparavant la. même églife à cette abbaye , du confeil d’ Aime- f Mi.
rade fon frere , qui époufa une dame appellée Enaurs , donc il n’avoit pas
encore d’enfans en 1049. il en eut ddns la fuite un qui fut nommé
Pierre. Parmi les feigneurs qui furens prefens à cette donation , on voit un
Bermond de Sommieres , dont la mailon fondit dans celle de Bermond de
Sauve.
Tome II. Y
{ ib,i.
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_ _ 170 HISTOIRE GENERALE
An. 1034. Ce dernier eut quelque différend, au fujet de leur domaine, avec Pierre vi-
x c v 11. comte de Beziers èc d’Agde fon autre frere utérin, qui ainfi qu’on l’a remarqué.
Accord Preno'c titre de comte. Ils terminèrent leur querelle par un accord » qu’ils
foie entre Pier* firent 3 dans une affemblée à laquelle Etienne évêque de Beziers préfida. Di¬
te comte ou vers feigneurs du pais s’y trouvèrent au nombre de vingt- deux, parmi lef.
tévd'ie', & Ber- quels les uns prennent leur furnom , de leurs châteaux ou de leurs fiefs les
moud de Sauve autres ne fe ront connoître que par leur nom de baptême. On voit entre
rio! UK les premiers Gaucelin du château de Lunel , Amblard de Villeneuve, Pierre-
*pr.p.i9s-& Aton de Corneillan, Eracle de Loupian , &c. Bermond s’engagea par lèr-
Af* ment de fe déclarer vaflal du comte Pierre fon frere , auquel il donna cinq fei¬
gneurs pour ètazes , entr’autres Frotard de Combret , Raymond de Sauve ,
& Pons-Bernard de Sommieres , qui cautionnèrent chacun pour la fornme de
mille fols. En conféquence Bermond céda les abbayes d’Aniane & de S. Guil.
lem du Défère à Pierre fon frere, qui les lui donna enfuite en fief en feréfêrvant
toutefois l'élection de l’abbé d’Aniane , &. quelques autres domaines qui dé-
pendoient de ce monaltere -, ce qui nous fait comprendre que I’avouerie ou
patronat fur les deux abbayes faifoient le fujet de leur différend , & que
Pierre prétendoit que Bermond , qui vraifemblablement en avoir hérité de
Bernard d’Andufe fon pere , devoir les tenir de lui comme étant fon aîné.
On peut voir par cet exemple la trille fkuation où étoient alors les bénéfices
& autres biens ecclefiaftiques , que les feigneurs féculiers avoient érigez en
fiefs mouvans de leur domaine , fans autre raifon que celle du plus fort,
xcviii. On prétend b qu’Etienne évêque de Beziers qui préfida à raffcmblée dont
Coocilc on vient de parler, poffedoit encore cet évêché en 1036. mais il y a de la
fin'nn CD °U " difficulté } car on trouve un Bernard évêque de cette ville qui fouferivit - le
l0^ , “ 13. de Juin de l’an 1035.au concile que Guifred archevêque de Narbonne
b Andoq.Bez. tint alors dans l’abbaye de Cuxa en Rouffillon , & auquel affifterent les évê-
c d~ *îues Bernard de Touloufe A , Pierre de Gironne , Arnaud de Comminges ,
Aun*i[ Arnaud de Maguelonne, Oliba d’Aufonne , Bernard de Conferans, Be_
to.4.f,.r,o.& renger d’Elne , &c un évêque nommé Bernard , dont le nom du fiege eft
dans les actes. On croit e que ce dernier eft le même que Bernard
r. M^e. wrp. évêque de Beziers dont le nom paroît dans les fouferiptions y mais il peut
atoteaxx^* av°ir ffiuictit dans la fuite avec plufieurs autres évêques ou qui étoient ab-
»l note xix. fens, ou qui n’étoient pas encore élus, tels que Guillabert de Barcelone,
" e M„c Hifi ^C*enne d’Agde , Amelius d’Albi , & Guillaume de Comminges , dont on voit
au. ,rc' les noms dans les fouferiptions. Quoi qu’il en foit , les évêques qui affifterent
au concile de Cuxa confirmèrent cette abbaye dans la pofTeffion de l’églife
de Notre-Dame de Tremefaigues , fituée entre le Lers & l’Ariege dans le
diocèfe de Touloufe, qui lui avoit été donnée auparavant. Ils en preferi-
virent les limites &. en firent un lieu d’immunité êc de fauvegarde. Au
refle il eft certain que Bernard étoit évêque de Beziers en 1043. f : il
f Marc. m/}. faut donc reculer g l’épifeopat de Berenger fon fuccefleur , qu’on fait
p’ g "note en ce cems_là évêque de la même ville , mais qui ne l’étoit certainement qu’en
xxx. iojo.
RétfbHiibmcnt Arnaud évêque de Maguelonne avoit fuccedé depuis quelques années à
dciiviiie & du Pierre de Melgueilou de Subftantion fon prédecefTeur immédiat, qui étoit déjà
deSMaPueioDl ^cedé en lo30' H fut ' a peine èlû. qu’il forma le defTein de rebâtir Pan¬
ne. "guc 0B’ cienne ville de Maguelonne, laquelle à la réferve de la cathédrale qui s’y étoit
h NOTE /aftroa ür f/i t C\i r »• «\ a •• nnûl ^nnr <- h a ^<.1 . J • _ 1 ' -
r ri TaLh r J - D » 1 - vvv cwjjiva v* «■
fa. Subftantion, lieu dont il ne refte aujourd’hui què les veftiges , à une lieue ou
/-la AA Anfnol lir*»* t?n**c 1 r* Ma T m m Lin ~ A. cl 'J.1 _ . *. I . 1 _
grande partie, ne tut pas capable de 1 arrête*. /Il ht un yoyage à Rome x ou
ayant expofé fon dcflein & fes béfoins au pape Jean XIX. il obtint; une
bulle par laquelle ce pontife exhorte les - fidelles de féconder les bonnes
intentions d’Arnaud , avec ordre à tous les evêques qui en feroient priez par
ce prélat, de confirmer la même bulle * ce qu’ils firent au nombi’e de quatorze,
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DEEVS EQNES TOLOSANVS
l?/£ ^4 . Torrzlt&xit ^ .
FILIlé WJMI EOMITIS TOLOSCÊ
EtEQESEATIH’AEE AO EH J
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DE ÏÀN GUE DO C; Li v. Xlt t. _ ,
flitr’àutiW Raymond de Mendè Sc Deodat de Cahors : ainfi cettëbûllé eft ft.1i.SO3
intérieure à i’aii 105 3. que Jeah XIX. décéda , & poftetieure à l’an 1028-.
que Deodat commença de fieger à Cahors; ’
Arnaud de retour dans Ton dioéèfe, &foutertU du fecours de plufieürs péri
fonnes de pieté , fit conftruire des maifons dans l’ifle de Maguelonne, les
ceignit de murs 8c de tours , 8C fonda une nouVèlle ville qu’il alla habiter
avec fes chanoines trois ans après la défi ru et ion de P ancienne , 8c par coilfé-
quent en 1037. Pour mettre l’ifle d couvert des iniültes des Sarallns qui
infeltoicnt fouvent la côte , il fit combler un petit port, à la faveur duquel
ilspouvôiént y aborder * & il en fie ouvrir un autre du côté de la terre ferme*
où il fit conftruire un pont de communication. Il tràvaillà enfuite à réparef
h cathédrale , dont il fit faire la dédicace avec beaucoup de folemnité
quelques années après. Ce prélat doit dortc êcre regardé comme le reftau-
rateur, ou le fécond fondateur de la ville de Maguelonne , qui fubfifta
jufques en 1 330. que l’évêché ayant été transféré à Montpellier * elle s’eft
depuis entièrement détruite ; enforte qu’il n’ÿj-efte plus qu’une ferme , avec
l’ancienne cathédrale de faint Pierre qui eft encore enfon entier, 8e où un cha¬
pelain va celebrer la mefle les dimanches & les fêtes*
Un moderne prétend » qu’Arnaud en faifant creufer les fondemens pouf le a 64 ritliUl
rétabliflement de cette églife , trouva entr’autres deux inferiptions , l’une
grecque êd’autre latine qu’il rapporte } mais Arnaud de Verdale, évêquede
Maguelonne, quia écrit dans le XIV. fiecle l’hiftoire de fes prédeceflèürs , ne
dit rien de cette circonftartce ; & il n’eft pas difficile de s’appercevoir que ce»
deux inferiptions ont été fabriquées à plaifir , de même que plufieurs autres,
dont cet auteur , amateur des fables , a farci fôn ouvrage.
- Arnaud évêque de Maguelonne affifta b le 21. de Septembre de l’an 1038* C.
avecGuifred archevêque de Narbonne, Raimbaud archevêque d’Arles, & comté
les évêques Oliba d’Aufortne , Heribald d’Urgel , Bernard de Conferans* dcu’arcdouc.
Guillabert de Barcelone , Berenger d’Elne , & Guifred de Carcaflbnne , à la £
dédicace de l’églife cathédrale de Gironne, qu’Ermeffinde de Carcaflonne d’Aulonnc.
comteflè de Barcelone , le comte Raymond ton petit-fils, 8c Pierre évêque b U,TC,-H:!p-
de Gironne fon frere avoient fait bâtir de nouveau , qu'ils doterenc riche-*
ment, & où ils établirent la vie commune parmi les Chanoines. Cette prin-4
ceflè avoit repris le gouvernement du comcé de Barcelone depuis la mort
de fon fils Berenger, furnommé le Courbé , tué c en 103 y. dans un combat
donné en Cerd^gne , où il avoit pevtt-être entrepris la guerre contre Gui.
fred comte de ce pais. Berenger laiflà deux fils de Sancia fa première fem¬
me , fçavoir Raymond qui lui fucceda dans le comté de Barcelone , 8c
fes autres domaines , fous la tutelle d’Ermeffinde fort ayeule, & Sanche moine
de faint Pons de Tomiercs dans le diocèfe de Narbonne. Ce dernier devint
enfuite prieur de faint Benoît de Bages, monaftere fitué près de Manrefe *
lequel ciépendoit alors de cette abbaye. Berenger comte de Barcelone , eut en¬
core de Guifie fa fécondé époufe, un autre fils nommé Guillaume qui fut
comte de Manrefe. On voit par ce que nous venons de rapporter, que f’eglife
de Gironne eft redevable de fa fondation à la libéralité de la maifon de Car-
caffonne. La comteflè Ermelfinde y donna a alors entr’autres trois cens onces d’or <1 îu.p.iod.
four conftrüire une table.
Nous remarquerons ici par occafiort qu’il eft marqué dans les aâes de
cette dédicacé , qui fut faite par Guifred archevêque de Narbonne, que ce
prélat étoit de la race royale 5 termes qu’un auteur « moderne applique à Oliba e b*i«x..îUJU
évêque d’Aufonne, oncle paternel du même Guifred * ce qui revient au mê-
me , & confirme ce que nous avons dit ailleurs f de la defcendance commune f 7*. 1. noté
des comtes de Barcelone, de la famille defquels etoientees deux prélats, lxxxvii.
avec faint Guillaume duc de Touloufe , 8c fondateur de l’abbaye de Gello^
ne, qui étoit certainement de la race de Charlemagne. Au fefte les évêques
qui affifterent à la dédicace de l’églife de Gironde, s’étoient trouvez g peu g CcHciiM.î,
de tenus auparavant à celle de l’églife d’Aufonne , qui fe fit le premier de *0)ii
Septembre de la même année.
T me JJ, . - Y i j
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Irjié
histoire generale
A n. 103.6-. . La mort de Berenger comte de Barcelone, tué durant la guerre qu’il avoit
Comcâ de ^aQS comt® de Çerdagne , fut peui-être un des moti ts qui engagèrent,
Cetd°agoe. Guifred comte de ce dernier pais à le retirer du monde. Nous fçavons du»
moins qu’il embraüà la vie monaftique en *03 6. dans le monaftere de Cani-
*uiu-u'fctî. gou, qu’il avoit, fondé dans la vallee ou comte de Confiant ». Ce prince;
u. t.f. »oj. (uiviceQ cela l’exemple d’Oliba Cabrera fon pere, pofledoit aufli les comtez.
de Confiant $c de Berga , avec divers domaines en deçà des Pyrénées , qui
b k Aure. anciennement avoient fait partie du comté de Rafez. II avoit époufé eu,
sfr. premjeres nôces Guiflç dont il eut plufieurs b enfans , 8c qui mourut vers l’an
c r ioio.& 1018. Guifred fe remaria avec Elifabeth, qui vivoit £ encore au mois de
g. Novembre de l’an 1033. lorfqu’il fit fon teftament. Il donna par cet ade®.
f.wd'/w le comté de Çerdagne, avec le château de Son & la terre de Rafe qui en
r. u»rt. wjf. d^pendoient , & qui comprenoient le Donazan 8c le Capcir dans le diocèfe
* 4,,' 4e Narbonne -y le comté de Confiant , 8c ce qu’il poflèdoit dans le RouffiL.
Ioo , â Raimond fon fils aîné du premier lit. Il dilpofa en faveur de Ber¬
nard l’aîné du fécond, du comté de Berga, de fa marche ,8e des châteaux de fou
domaine jufqu’à la Segre. Il lui fubftitua Berenger fon autre fils du fécond lit,
& à tous les deux Raymond leur aîné, qu’il leur donna pour tuteur pendant
douze ans , â compter depuis la derniere fête de Pâques. Il légua à Guifred
archevêque de Narbonne, fon autre fils du premier lit , un alleu dans le comté
da Confiant , avec fon églife , 8c une autre églife dans le comté de Ccrdagne.
ij donne feulement quelques châteaux, églifes ou fiefs à Ardouin & Guillaume
i es fils du premier lit , 8c légué à Foy fa fille divers domaines , outre ceux
qu’il lui avoit donnez pour fon héritage -y ce qui prouve qu’elle étoit alors ma¬
riée. Il eft allez vraifemblable que c’eft la même que Foy alors femme d’Hu¬
gues comte de Rouergue , 8c marquis de Gothie. Le comte de Çerdagne or¬
donne de plus par fon teftament , que Bernard du château de Son , & après lui
le fils ou le neveu de ce dernier , qui auroient ce château , tiendroient l’églifê
dç Molig en fief de Berenger fon fils, auquel il donne le pais des montagnes,
avec les villages de Crucem & de Richi fîtuez^lc long de la riviere d’Aude , 8c leurs
dépendances $ c’eft-à-dire une partie du pais du Donazan où eft fitué le châ¬
teau de Son , duquel une ancienne mailon a tiré Ion nom. Il donne enfin
à là fécondé femme , qu’il établit aulfi tutrice de leurs deux fils Bernard
8c Berenger , la jouiflance des biens qu’il avoit leguez à ce dernier, 8c le do¬
maine du château de Livia, à condition qu’elle demeureroit en viduité.
pratique
lüii.p.W. ifloi$ de Juillet de l’an 10 jo. 8c non de l’an iozy. comme l’a marqué g un
auteur du XIII. fiecle. Après fa mort les religieux du monaftere le recom--
mandèrent aux prières des fidelles , par une lettre circulaire dans laquelle ils
font un grand éloge de faperfonne. Ils difententr’autresque fon mérite étoit
connu en Italie , dans la Gaule, 8c en Efpagne } qu’il s’ecoit diftingué dans
la milice, 8c avoit tenu dans le monde un rang très-confiderablc j 8c qu’en-
fin aïant renoncé à fes richeiïès 8c à fes dignitez , il avoit abandonné gene-
reufement fa femme 8c fes enfans pour fe confacrer à Dieu dans leur abbaye,
qu’il avoit fondée. Ce prince meriteroit encore de plus grandes louanges, fi
par un commerce fimoniaque, qui pour être commun dans fon fiecle, n’é-
toit pas moins blâmable, il n’eut acheté à beaux deniers comptans l’arche-
Mariage
Pons fils de
Pons fils aîné de Guillaume Taillefer comte de Touloufe contraûa un nou-
GuiiUume veau mariage d au mois de Septembre de l’an 1037. avec Majore, que nous
wdeToab^ croyons de la maifon des comtes de CarcafTonne ou de Foix. Il lui affigna
>vec M'iorc. pçyr douaire l’évêché 8c la ville d’Albi , avec la monnoye 8c le marché j
1 0 j 7* plufieurs églifes 8c châteaux du pais , entr’autres celui de Couffoulens * la moi-
i ». 100. & tl-£ de r évêché de Nifmes * le droit qu’il avoit fur Milhau dans le Rouergue $
«oie vrn. la moitié de l’abbaye defaiat Gilles, le château de Porte-Efpagne, celui de
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1J3E L A N G U E D O C. Ci*. XI If. ty _ _
Tarafcon, Se. la terre d’Argence fur leRhône, L’a&e eft foufcrit par GuiL An. 1037,
laume prrr de Pons , par Bertrand , qui ne paroît pas different de Bertrand
fils puîné du même Guillaume , & par divers feigneurs.
Guillaume Xaillefêr comte de Touloufe étoit donc encore en vie au mois de cnr.
Septembre de l’an 1037. il mourut bientôt après 5 car outre que nous Mon de Goil*
n avons plus aucun monument ou il fbit parle du lui, il devoir ctre a alors fc[ comtc dc
âgé d’enviroa 90. ans. C*eft tout ce que nous gavons de la mort decetmn- Touioak.Dtf-
ce, qui fut inhumé i faint Sernin de -Touloufe, où étoit alors la fépulrure 3?ombcL,
des comtes decette ville. Son tombeau, qu’on y voit encore, eft placé dans une qui eft ^ns
efpece de chapelle qu’on a pratiquée a l’extrémité du bras droit de la croifce
de l’églife, 6c qui eft ado lice contre le mur extérieur entre deux piiliers bou- ioaic.
tans. Les murailles de cette chapelle font ornées en dedans d’une ancienne » note rai.
peinture à frefque. On voit fur le mur qui eft en face, l’image de la Vierge ”’3î‘ Je1,‘
avec celle de faint Jacques à la droite , & celle de faint Sernin premier évê¬
que de Touloufe à la gauche. Au deflbus de ces deux faints , on voïoit il y a bcotticmt;
cent ans, fuivant le témoignage de Catel b, deux comtes à genoux en cottes , f.uo.
hvec ïècuffon de U croix pommette. L’infcriptioii fuivance étoit pofée au delTus
des images:
HIC REQUÏESCIT GUILLELMÜS TAILLAFER ET
P ON CI US CO MES T OL O SAM US.
Cette infeription , de même que les figures des deux comtes, fbneàpre-
fent prefqu’enrierement effacées , enforre qu’il n’en refte gueres d’autre vefti-
gc, que celui d’an guidon ou bannière aux armes de Touloufe que chacun
de ces comtes tenoit dans fa main , &, dont les bouts paroifTenc encore très-
diftindement, comme l’on peut voir dans le deflêin que nous avons fait gra¬
ver , & que nous joignons ici. Sur le mur intérieur des deux cotez de la cha¬
pelle, font repreicncez deux autres faints. On croit que celui delà droite eft
faint Exupere évêque de Touloufe, & l'autre , qui eft à gauche , faint Gilles
abbé. Les raifons qu’on donne par rapport à ce dernier , c’cft r •. Parce qu’il
a la cuillè gauche percée d’une flèche, conformément à fa legende , fuivanc
laquelle il fut atteint dans le même endroit par un dard , qu’un roi avoit dé¬
coché contre une biche qui s’écoit réfugiée dans fagrote. z°. Par la dévo¬
tion particulière des comtes de Touloufe , & fur-tout de Raymond furnommé
de faint Gilles envers ce faint abbé. On voit deux comtes à genoux devant
chacun de ces deux faints , tenant dans la main une pareille bandcrolle. Ces
deux demieres figures le font un peu mieux confervées que celles des deux
autres comtes.
Dans le fond de la chapelle s’élève un tombeau de marbre blanc marqué
dans le defTein paf le nç. i. Il eft appuyé dans fa longueur contre le mur,
& foutenu au dehors fur trois piiliers ou colomnes dont les chapiteaux font
chargez d’un écuffon aux armes de Touloufe. On a fculpé fur le devant du
tombeau , qui eft fans infeription , deux rangs de bas reliefs : la fculpture en
eft aflèz grofliere, & le tems en a effacé ou détruit divers endroits. Audef.
fous de ce tombeau il en paroît un autre plus petit marqué par le chiffre 4.
Ce dernier a quatre pieds & dix pouces de longueur par le haut , & quatre
pieds deux pouces feulement parle bas 5 d’où il eft ai fé de juger à peu près des
dimenfions des trois autres , qui ont environ chacun cinq pieds cinq pouces
de longueur. Selon l’infcription gravée en deux lignes fur ce quatrième
tombeau , Pons & fonfrert , fils de Guillaume comte de Touloufe , y font inhumez^
Le fécond & le troifiéme tombeau font élevez fur deux colomnes. Le fé¬
cond qui eft à la droite n’a point d’infeription : on y voit feulement une efpece
de chiffre fur le devant. Son couvercle , ainfi que ceux de nos plus anciens
tombeaux , eft taillé en écailles. On lit fur le couvercle du troifiéme qui eft à la
gauche , une infeription fuivant laquelle Pons comte de Touloufe y eft enfermé.
On voit enfin fur le gros mur de l’églife au dehors de la chapelle, à l’endroit que
nous avons marqué par la lettre A , l’infcription fuivance gravée fur une pierre
qui fert à ce bâtiment , & qui a deux pieds de largeur , iur un pied de hau¬
teur : Hic requiefeit WMtlmus cornes T 0 lof te nomine T aliafer , atque Raimundus
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An. 1037-5
2 V. ta Ta ille
annal- de Toul.
to. l.p-77-
b Pr.p. 117.
NOIE VUL
n. 9.
c V. NOTE
îM. ».$9*
dGtf*/ w«/.
V.110*
c ta Taille y
ihd .
a F. NOTE
Fi//, ibid.n. $7.
*74 H 1 S . T:Q |R E;Ç £.N E:RtA1> £
Syrtrandi. Cette, infçripcj$ntregarde le premier & le Tecond. tarhbèavi qui fan?
dans la chapelle , comme nous l’expliquerons bientôt* ■ "
Tel eft l’état prefent de ces anciens monumçns , qui font certainement de nôâ
comtes de Touloufe ou dp leur famille; Ils ont été fort négligez pour en
lever le plan,, il a fallu. creufer& ôter. les décombres qui cachbient prefquè
ju /qu’aux chapiteaux des çoJ.omnes qui les foutiennent. Nous lommes redeva¬
bles à M. Mariotte , greffier 8£ fccretaire des états generaux de la province* des
foins qu’il s’eft donnez de faire déterrer ces tombeaux, 2c de nous' eh envoyer le
defïèin, qu’il a accompagné de tous les oclaircilîèmerts qui peuvent fervir à en
donner une coftnoiflance exaéte. Lachapelle où ils font placez a cté fermée qn>
1 64 8. par l’ordre des capitouls qui étoienc alors en charge,8e dont qû voit le non*
8c les armes, avec celles de la ville de Touloufe,. à l’endroit marqué par la.'
lettre C. dans le plan extérieur. Ils ont fait graver au deffùs fur une pierre-
marquée par {a lettre B. cinq vers latins * pour ccmfprver la mémoire du ré-
tabjilfement de cette chapelle. Au deffoiis de. ces vers ils ont fait mettre une
infeription latine dans laquelle on niarqu c qfie trois comtes de Touloufe , feavoir
Pons II. fils de Raymond III. Guilldume III. Taillefer , fils de Pons II. P on!
III. fils de Guillaume III. Le frere de Pons III. dont on ignore le nom , (fi Ray¬
mond-Bertrand de la famille des comtes , repofent dans fette chapelle. G’eft ce
qu’il s’agit maintenant d’examiner.
Il n’y a pas lieu d’abord de douter que le ronibeau qui eft marqué par
le chiffre 3. ne renferme * le corps de Pons comte de Touloufe , puifque i’inf-
feription gravée fur le couvercle, le porte expreffement. Ce Pons ne peut
être Raymond- Pons comte de Touloufe, puifque celui-ci fut inhumé b dans
l’abbaye de faintPons de Tomieres qu’il avoit fondée: il faut donc que ce
foit Pons comte de Touloufe décédé en 1061. lequel étoit fils de Guillaume
Taillefer j car nous ne connoiflons c pas d’autre Pons comte de. Touloufe.'
Quant aux autres trois tombeaux , Catel d prétend que Pons fils du comte
Guillaume inhumé dans le quatrième avec fon frere, n’eft pas diffèrent de
]Pons comte de Touloufe dont nous venons de parler : il ajoute que Pons
comte de cette ville qui eft dans le troifiéme tombeau ,eftle prétendu Pons
II. qu’il dit être pere de Guillaume Taillefer. Cette conjedure ne fatisfaic
pas la Faille c, qui avoue qu'au comte Pons, fils de Guillaume Taillefer près ,
il efl difficile de marquer dèterminèment quels font les autres dont les corps repofent
dans ces tombeaux-, (fi quaprès s’ être fort tourmente pour trouver l' éclairci ffement de
ce que Catel (fi Bouche ont écrit fur ce fujet , il y a rencontré tant de difficulté ^
qu'il ri a pu les furmonter. En effet, nous faifons voir ailleurs a que Pons II.
que Cacel met parmi les comtes de T ouloufe , n’a jamais exifté.
Pour découvrir donc qui font ce Pons 8c ion frere inhumei dans le qua¬
trième tombeau, il faut remarquer i°. que fi ce Pons eut^été véritablement
comte de Touloufe, on lui auroit donné cette qualité dans l’infeription,
comme on l’a donnée dans les autres, à Guillaume Taillefer, 8c à l’autre
Pons. i°. Que dans ces inferiptions on joint toujours au nom du comte
Guillaume , pere du comte Pons , le furnom de Taillefer : fi donc Pons 8c
fon frere qui font cnfemble dans le quatrième tombeau eullènt été fils de ce
Guillaume, on auroit dit : Hic jacet Pondus filius Guillelmi Taillafcr , au
lieu qu’on met Amplement filius Guillelmi comitisTolofa;. 30. Il paroît certain,
par l’infeription qu’on lifoit autrefois fur le mur de face de la chapelle , 8c
qui elt rapportée par Catel , qu’il n’y avoit dans ces tombeaux que deux
comtes de Touloulè d’inhumez , fçavoir Guillaume Taillefer 8c Pons } ce font
en effet les feulsqui dans les autres inferiptions font qualifiez comtes .- or il y
a certainement un Pons comte de T ouloufe inhumé dans le troifiéme 5 ainfi Pons
qui eft dans le quatrième n’a pas été comte de cette ville. 40. Enfin le qua¬
trième tombeau n’ayant par le bas que quatre pieds deux pouces , ne peutren-
* Calcatos comitum cweres convulfac/Hc clauflra ,
- ' ' ■ Et cjH& [onga dies tumulis vtolarat p.pcrtts ,
- Ottovtrûm tnjlaurat ptetas , mehuQjue repomt :
Falices operis, cjnod vulnera vmdica <tvi ,
Et funttu prohiba, prohiba qnc noçcre fcpulcris.
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DE LAN G U E D O C. L iv. XIII.
>75
fermer que les corps de deux jeunes princes au deflous de l’âge viril ; cous les au- AN.1037.
très tombeaux ayant d’ailleurs cinq pieds &c cinq pouces de longueur. De toutes
ces remarques il réfulte que Pons <y fon frere , fils de Guillaume comte de T ouloufe ,
renfermez dans le quatrième tombeau, n’ont été ni comtes de cette ville, ni
fils de Guillaume Taillefer, mais de Guillaume IV. fils de Pons. Aulfi avons-
nous des preuves certaines que le même Guillaume IV. eut * du moins un fils aP'- M'¬
appelle Pons , & comme il ne laiflà qu’une fille lorfqu’il mourut vers l’an
1094. il faut que fes fils foienc décedez avant lui, &dans un âge peu avan¬
cé. Il ne refte donc plus aucune difficulté touchant les deux freres qui font in¬
humez dans le quatrième tombeau.
Des autres deux tombeaux, l’un doit être celui de Guillaume Ill.dit Taillefer
comte de Touloufe , fuivanc l’infeription qu’on lifoic autrefois lur le mur de
face de la chapelle , & celle qu’on voit encore fur la muraille du dehors à l’en¬
droit marqué par la lettre A. c’eft infailliblement celui qui eft foutenu
fur trois colonnes, & marqué parle chiffre r. comme le plus orné. Enfin
celui qui eft marqué par le chiffre z. doit être celui de Raymond-Ber¬
trand de la maifon des comtes de Touloufe, dont il eft parlé dans la même
infeription de Guillaume Taillefer. Ce Raymond- Bertrand ,qui étoit à ce qu’il
paroît , petit fils de ce dernier par Bertrand fon filspuîné b , & dont nous par- b v. kote
lerons ailleurs , étoit déjà mort en 1 o jo. xir.n. 10,
On voit par ce que nous venons de dire, que ces quatre tombeaux furent
élevez dans l’églife de faint Sernin avant la fin du XI. fiecle. Et en effet,
Guillaume IV. transfera vers l’an 109 3. avec la permiffion du pape c Urbain II. c tr-t-'M.
la fépulture de fa famille dans le cimetière de la Daurade : nouvelle preuve
que les deux fils de ce comte inhumez dans le quatrième tombeau, moururenc
jeunes , & avant lui. Au refte il y a lieu de croire que la chapelle où font au¬
jourd’hui ces tombeaux ne fut pas d’abord deftineepour les renfermer tous j
que les deux fils de Guillaume IV. y furent d’abord inhumez vers l’an 1090.
éc que plufieurs années après on y transferales trois autres tombeaux. Voici
ce qui nous le perfuade.
Il eft certain que l’églife de faint Sernin de Touloufe fut rebâtie vers la fin
du XI. fiecle , & que le nouveau bâtiment étant déjà fort avancé en 1 096. le
pape Urbain II. la dédia alors folemnellement. Il s’enfuit de là que Guillaume
Taillefer, le comte Pons fon fils , & Raymond- Bertrand y avoient été déjà in¬
humez avant la Conftrudion du réduit ou chapelle où l’on voit aujourd’hui
leurs tombeaux. Or comme le bâtiment de l’cglife devoir être avancé vers
l’an 1090. dans le tems du decez des deux fils de Guillaume IV. il paroît
allez probable que ceux-ci aïant été placez dans ce réduit, firue à l’extrémité
du bras droit de la croifée de l’eglife , cela aura donné lieu d’y trans¬
férer dans la fuite les trois autres tombeaux i qui étoient ou difperfez aupa¬
ravant dans le cimetière , ou placez près du mur extérieur de l’ancienne
églife : car on a remarqué ailleurs que l’ufage s’y eft toujours confervé de
n’enterrer perfonne dans fon enceinte. On doit cependant obferver que les
deux tombeaux de Guillaume Taillefer fk de Raymond- Bertrand durent être
placez d’abord dans un même endroit , puifqu’il n’y a qu’une feule infeription
pour tous les deux.
Les armes de Touloufe qu’on voit gravées fur les chapiteaux des colomnes •
qui foutiennent le tombeau de GuillaumeTaillefer , confirment ce que nous
venons de dire ; car tous les critiques conviennent que l’ufage des armoiries
étoit inconnu en France avant la première croifade. Nous inférons de là que
ces colomnes furenc élevées dans le tems qu’on raflèmbla c es quatre tombeaux
dans le même endroit , long-tems après l’entiere conftrudion de l’églife 5 car
le bâtiment n’étoit pas encore d fini en 11x9. lorfque le pape Caïixte II. y* j cauhme.
confiera un autel 5 ainfi la peinture à frefque qui eft fur la muraille doit être M77-
pofterieure.
Les quatre comtes de Touloufe qu’on y a voulu reprefenter au deffous des
quatre faints, font, Guillaume Taillefer aux pieds de faint Saturnin, & Pons
fon fils aux pieds de faint Jacques , que ce comte avoit choifi peut-être pour
un de fes patrons , à caufe que fuivant la dévotion qui étoit alors en ufage , mê-
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176 HIST. GENERALEDE LANGUEDOC.Liv.XIII.
An. 1037. me parmi les plus grands princes, il avoir entrepris b un pèlerinage au torrt-
bc Miel ibid. beau de ce laine apôtre , à Compoftelle en Galice. Les deux autres comtes donc
f,,i‘ on voïoit l'image aux deux cotez delà chapelle, croient vraifemblablement
l’un Guillaume IV. aux pieds de faint Exupere , l’un des plus célébrés évê¬
ques de Touloufe, dont on conferve les reliques dans l’églife de faint Ser-
nin j ôc l’autre Raymond de faint Gilles auprès de ce faint, fon patron.
On peut ajouter enfin, pour prouver que ces quatre tombeaux ont été raf-
femblez dans un même endroit long-tems après l’an 1090. i°. Qu’on ne
voit les armes de Touloufe gravées fur aucun, ce qui prouve que les co-
lomnes fur lefquelles ils font élevez font pofterieures. z®. Que la pierre où
eftl’infcriptionqui fervoit aux tombeaux de Guillaume Taillefer ôc de Ray¬
mond-Bertrand a été déplacée , puifqu’elle eft employée au bâtiment de
l’églife. 30. Qu’il y a deux tombeaux l’un fur l’autre.
Pour revenir à Guillaume III. comte de Touloufe , qui a donné lieu à
cette digreifion , nous ne figurions donner ici une idee bien jufte de fes
mœurs ôc de fon cara&ere par le défaut de monumens ; tout ce qu’on peut
conjecturer , c’eft que le furnom de Taillefer qu’on lui donna , marque qu’il
avoit du courage ôc de la valeur. Il paroît en effet qu’il fut attentif à
réprimer les vexations de fes vaftaux par la conduite qu’il tint à l’égard de
«C4 tiicoim. Dc>nat de Caraman. Il donna c à l’eglifè de faint Sernin de Touloufe,
l7S' celle de faint George au territoire de Villelongue , & on a encore de lui
quelques autres donations faites aux églifes de Provence : mais on fçait
d’ailleurs qu’il faifoit peu de fcrupule d’ufurper les biens ecclefiaftiques,
& d’exercer un commerce fimoniaque. On a vu qu’il envahit l’abbaye de
Beaulieu dans le bas Limoufin , ôc qu’il vendit à prix d’argent l’évêcné de
Çahors. On voit auffi par le contrat de mariage de Pons fon fils avec Ma¬
jore , que celui-ci poflèdoi t l’évêché d’Albi, ôc une partie de celui de Nif-
d Pr.p.144. mes, comme des fiefs de fon domaine. Enfin nous apprenons n d’un ancien
V s*”' m[oi monument que Guillaume Taillefer vendit pour trente mille fols le droit
f' buIhi. )»jï. d'avouerie ou de patronat fur l’abbaye de üyloiflàc en Querci , dont les com-
tuul.p. su ces de Touloufe fes prédeceflcurs avoient joui depuis le régné de Charlemagne^
à un feigneur nommé Gauibert , qui prit depuis le titre d’abbé laïque ou
féculier de ce monaftere.
On pourroit croire que Guillaume Taillefer, eft le même que le comte
Guillaume, à qui « le pape Jean XIX. écrivit pour l’engager à porter Ber-
nard-Odon vicomte de Gafcogne , c’eft-à-dire de Lomagne, fon vafial , à
reftituer à l’abbaye de Moiflàc les égliles de Riols ôc de Flamarens qu’il
détenoit injuftement , fi nous ne trouvions en même tems des comtes de
Fezenfàc ôc d’Aftarac du nom de Guillaume : ainfi la lettre de ce pape regarde
plus vraifemblablement quelqu’un de ceux-ci.
On a déjà remarqué que Guillaume Taillefer fut marié deux fois, & qu’il
eut de fa première femme Arfinde d’Anjou , deux fils Raymond ôc Henri qui
moururent avant lui fans pofterité , ôc deux filles j Confiance qui époufa
f v.Bthi.Au- Robert roi de France, ôc Ermengarde f femme de Robert I. comte d'Auver-
vng.t.i.p. if. gne u eut deux fils d’Émmc de Provence qu’il époufa en fécondés noces vers
l’an 990. Ravoir Pons qui lui fucceda dans le comté de Touloufe ôc fesan-
vrn.n, n. fr ciens domaines, ôc Bertrand qui eut en partage une portion de la Pro-
~î' vcnce , ainfi que nous le verrons ailleurs. Guillaume Taillefer eut une
autre fille du premier ou du fécond lit , qui époufa Aton-Raymond feigneur
de rifle-Jourdain dans le diocèfe de Touloufe, ôc non en Bifcaye , comme
^>a cr^ unm°derneg. On ignore le nom de cette fille de Guillaume Taille-
nnnA . 1. p. ^ ce n>e^ ^ue par conjec-^ure qu’un genealogille h lui donne celui d’Emme ;
h H ft. gtntui. ce qui prouveroit qu’elle étoit du fécond lit. D’autres veulent ' que ce prince
a*c époufé Sancia fille de Ramire roi d’Aragon , fur l’autorité de quelques
7?? hiftoriens Efpagnols récens , qui n’apportent aucune preuve de ce mariage $
p!io t&H* & en e^ec Ramire étoit à peine marié dans le tems de la mort de Guil-
ubb. tfbi. laume T aillefer. ,
ptntnl.p. 4)4.
c Pr.p. i»j.
H I S T O I RE
\
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HISTOIRE
GENERALE
D E
LANGUEDOC
W*****************************^*************************
LIVRE ÇJV AT O R Z I Ê M E.
O NS avoir environ quârante^inq ans dans le teins
de la mort de Guillaume Taillefer Ion pere , qui
à caulè de fon grand âge , s’ctoit peut-être démis
auparavant en la faveur du .comté de Touloufe.
Nous fçavons du moins que Pons fe qualifioit comte
dès l’an \ 004. »&ona déjà vû qu’il poflèdoic par
lui-même, la plus grande partie du domaine de la
branche du vivant de Ion pere , puilque dans fort
| contrat de mariage avec Majore b, il lui alîigne en
fon nom pour douaire, l’évêché & la ville d’Albi , la
moine 'aêTêvêcÏÏc dë Nifmes, &c. qui dépendoient certainement de l’ancien
domaine de la maifon de Touloufe. A l’égard du château de Tarafcon
fitué au-delà du Rhône dans le diocèfe d’Avignort , & de la terre d’Argence
qui comprend la partie de celui d’Arles qui eft en deçà de ce fleuve , il pa-
roît que Pons , qui les alflgna aulii pour le douaire de Majore fa femme ,
les tenoit ou d’Emme la mere, ou plutôt de Guillaume III. comte de Pro¬
vence frere de cette princellè, dont il hérita avec Bertrand fon frere.
Tome II. Z
An. 1037.
1.
Uüion du
marquif.it de
Provence au
domaine de la
maifon de
Touloufe.
a Mob. ad ann*
1004. tt.f*.
b Pr. p.ioo &
H-
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I78 histoire generale
An. 1037.
a i\OTE A IV.
Comme nous ne trouvons * plus aucun monument après l’an 1014. où il
foit fait mention d’Emme de Provence comtefle de Touloufe , cela nous
"• .1. ©.y/j. donne lieu de croire qu'elle mourut avant Guillaume III. Ton frere, qui vivoic
no texu encorc en 1036. Ce dernier qui avoic fuccedé après l’an iootf. à Rotbold
Ion pere , polTeda d’abord par indivis le comte de Provence avec Guillau¬
me IL fon confin germain, ôc enfuite avec Geoffroy ôc Bertrand fils de ce
comte. Il décéda fans enfans j & s’il eft vrai , comme il le paroît , que Pons
fon neveu , fils de Guillaume Taillefer comte de Touloufe , eût hérité de lui
du château de Tarafcon ôc de la terre d’Argence dès le mois de Septembre
de l’an 1037. c’eft une preuve qu’il étoit alors déjà mort, & que le comte
Guillaume Taillefer fon beau-frere lui furvêcut. Ce qu’il y a de certain, c’eft
que Pons 6c Bertrand fes neveux , fils de ce prince , heriterent de lui , & de la
comteflè Emme leur mere de la moitié du comté de Provence qu’ils tranfmi-
rent à leurs defeendans, ôc que c’eft de là que les comtes de Touloufe tiroienc
leur droit fur cette province. Il paroîc également certain que Pons n’euc
pour fa part dececte fucceffion que le château de Tarafcon 6c la terre d’Ar-
gence , 6c que Bertrand fon frere fucceda dans tout le refte , foit qu’il le lui
ait cédé pour fon partage, foit qu’Emmeleur mere , ôcle comte Guillaume
III. leur oncle, ayent inftitué ce dernier leur heritier.
I ittid. On prétend1» que Bertrand frere de Pons comte de Touloufe , fe qualifia
depuis comte de Venaiffin 5 ce fut fans doute pour fe diftinguer des deux frères
les comtes Geoffroy ôc Bertrand , qui prirent la qualité de comtes de Provence *
ôî avec lefquels il pofTeda cette province par indivis , ainfi qu’avoienc fuie
leurs ancêtres. Il eft cependant quelquefois aflèz difficile de diftinguer ces
deux Bertrand , qui dominoienc en même tems fur le même pais , parce
qu’ils ne prennent en divers actes que la qualité de comtes , 6c qu’ils exer-
«joient une égale autorité tant fur la haute, que fur la bafTe Provence , où ils
poflèdoient en particulier divers 'domaines. Quelques modernes ont avancé
que Bertrand fils de Guillaume Taillefer comte de Touloufe» 6c d’Emme de
Provence, a donné l’origine au comté de Forcalquier , ôc que c’eft de lui
e v. note que defeendoient les anciens comtes de cCpaïs : mais ce fentiment c n’eft fondé
x K».io. fur aucune preuve folide. Nous parlerons ailleurs de lapofterité de ce prin¬
ce , 6c nous expliquerons de quelle maniéré fà portion de la Provence, à la¬
quelle on donna dans la fuite le titre de marquifat , fut unie au domaine des
comtes de Touloufe defeendus du comte Pons fon frere.
1 1 Ce dernier afligna pour le douaire de Majore fon époufè, le droit * qu'il avait
Comtcdcfaiot rur Milbaud en Rouergue. Nous ignorons quel étoit ce droit t car la ville
Gilles. V • .1 ® . f1- _ /TL . _ j-
A Vr.p.-.oo. de Milhaud avoic alors fes vicomtes, qui étoient vaflàux*des comtes de
cPr.f.iÿC. Rouergue : peut-être que ceux-ci avoient appellé les comtes de Touloufe, leurs
proches parens , à leur fucceffion , en cas que leur branche vînt à manquer.
Quant à la moitié de tévcçhé de Nifrues que Pons affigna pour le douaire
de Majore, ce tcrmc^d’évêcbé peut s’entendre ou de la fuzeraineté 6c du do¬
maine que ce prince àvoit fur la moitié du diocèfe de cette ville , ou du droit
de nommer à l’évêché , fuivant l’ufage donc les grands vaffaux étoient alors
en poflêffion , ce qui fuppofe également l’un êc l’autre. Ainfi il demeure con¬
fiant par cet afie , que du moins la moitié du comté de Nifmes appartenoic
alors au comte de Touloufe. Il eft très-probable qu’Hugucs comte de
f v. vote Rouergue f dominoit fur le refte, ôc que lorfque le comte Raymond II. fon
vit . n.j.4.45- perç, 6c Guillaume Taillefer comte de Touloufe, pere de Pons , partage-
"l' rent vers l’an 975. les domaines de leur maifon, chacun fe réferva la moi-
g Pr.f. 100. g du comté de Nifmes dont leurs defeendans heriterent: ce qu’on peut
confirmer en ce que Pons affigna encore à Majore pour fon douaire , la
moitié de l'abbaye de faint Gilles fituée fur le Rhône dans la partie orientale du
diocèfe.
Le partage du comté de Nifmes entre ces deux branches de la maifon
de Touloulc, aura donc donné l’origine au comté de faint Gilles pofledé
par Pons & fes fucceflèurs , qui auront défigné fous ce titre la partie du dio¬
cèfe de Nifmes qui leur étoit échue, candis que les comtes de Rouergue qui
polfedoient l’autre , fe difoient comtes de cette ville. Il paroîc même, fuivant
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de Languedoc, liv. xiv.
i'7 4
A Car cl tnt ut »
1 1 l*
m.
Origine dntii
tre de comic
\è témoignage d’un auteur » qu’on pretend avoir écrit dans le XII. fiecle, An.io}^
que Pons Ce qualifia comte de faint Gilles, foit avant , foie après la more
du comte Guillaume fon pere > car cet auteuf rapporte que Pons comte dcp'
faint Gilles, accompagné de [on frère , entreprit avec une fuite de deux cens
perfonnes, le pèlerinage de faint Jacques en Galice, ce qui ne peut convenir
qu’à Pons fils de Guillaume Taiilefer comte de Touloufe. Nous n’avons ce¬
pendant aucun monument qui prouve qu’il ait jamais pris cette qualité , 8c
l’auteur, dont nous venons de parler, la lui aura donnée fins doute , parce
que les comtes de Touloufe la prenoient quelquefois de fon tems. Il eft du
moins certain que Raymond fils puîné du même Pons, eft le premier que
nous trouvonaqui le foit qualifie comte de S. Gilles dans les actes , à caufe quil
eut d’abord cette portion du diocèfe de Nifmes dans ion partage j 8c loic
par la dévotion qu’il avoit ènvers ce faint , foit par affection pour fon pre¬
mier patrimoine, il ne prit fouvent que ce fimple titre , après même qu’il
eut fuccedé au comté de Touloufe , 8c à tous les autres domaines de là mai-
■fonj ce qui lui a fait donner le furnom de Raymond de faint Gilles. '
Pons , outre les comtez de Touloufe , d’Albigeois 8c de Querci , hérita donc
encore de Guillaume Taiilefer fon pere, du comté de faint Gilles 5 8c d’Hm- t
me fa mere d’une portion de la Provence. Il nous refte fort peu de monumens p7i«1n 'ijvc
des premières années de fa domination dans le comté de Touloufe. Le
plus ancien que nous connoiffions dont la date foit certaine , c’eft l’acte par T^ùioufe/
lequel il confirma en 1045. unc donation qui avoir été faite à l’abbaye dé
MoilTac, 8c où b il eft dit à la fin , que ce prince , qui y eft qualifié très- b cfuL“,mr-
noble & très-puijfant , four marque de fa conccjjion , cr pour fervir de mémoire à
la pojlerité , fe coupa l’oncle du pouce enforte que le fitig en (ortit.
Pons fe qualifie comte palatin dans quelques actes - ,8c nous trouvons que cVf*"Jr c°trn>'
Guillaume IV. fon fils, & fon fucccllèur, de même que les autres comtes J‘i3
de Touloufe qui vinrent enfuite, prirent aufft quelquefois la même qualité. Pr-P-
TT 1 I • , 1 1 \ • 1 # 1 1 1 . f > . . d C* Ul
Un de nos hiltoriens d apres avoir rapporte quelques autorité?: lur 1 origine
■8c les fonctions des anciens comtes palatins , donne fes conjectures fur le
droit qu’avoient les comtes de Touloufe de s’attribuer ce titre. Il croit qu’ils le
prenoient ou en qualité de pairs de France , ce qui leur donnoit l’enrree au con-
feil du roi, ou comme valliux immédiats de la couronne -y mais il s’enfui-
vroit de cette derniere raifon,que tous les autres comtes 8c vafîaux immé¬
diats , auroient pu fe qualifier Palatins , ce qu’ils n’ont pourtant pas fait. A
l’egard de l’autre , il eft vrai que les auteurs poftcricurs - ont donné la qualité c v Dü
de comtes palatins , aux comtes qui en France croient du nombre de fix pairs fhiftMSMuir.
laïques, tels que ceux de Champagne 8c de Flandres, 8c aux comtes de Poi¬
tiers ducs d’Aquitaine : mais il ne parole pas que les deux derniers le foient
Jamais donnez eux-mêmes ce titre dans les ades , comme les comtes deTou-
oufe 8c de Champagne. D’ailleurs cela prouveroit ou que le nombre des pairs
laïques étoit déjà fixé fous le régné de Henri I. 8c qu’ils avoienr feuls le
droit de fe qualifier comtes palatins , ou que tous les comtes du royaume
qui étoient pairs en dignité , 8c qui en cette qualité avoient droit d’afiîfter au
confèil du roi , prenoient Je titre de comte palatin : ce qui parole égale¬
ment faux.’ Ce n’cft donc que par un privilège fingulier que les comtes de
Touloufe 8c de Champagne le font qualifiez comtes palatins , entre tous les
autres comtes du royaume , 8c il ne fera pas hors de propos de faire ici
quelque recherche fur l’origine de ce titre , par rapport aux premiers.
La charge de comte du palais étoit une des plus confiderables de la cou¬
ronne f fous la féconde race de nos rois. La principale fondion de celui qui ( <’• D"
en étoit revêtu confiftoit à rendre la juftice : il jugeoit fouverainement , ,b,d'
foit en première inftance , foie par appel , les affaires civiles 8c criminelles donc
la connoiflànce lui étoit refervée, 8c celles qui intcrelfoient le prince, dont
il étoit proprement le chef du confcil. Nos rois envoy oient aullî quelquefois
le comte palatin dans les provinces pour y adminiftrer la juftice * 8c ils ho¬
norèrent enfuite de cette fonction les principaux comccs provinciaux auxquels
ils accordèrent le pouvoir de juger ditfinicivemenc dans l’etendue de leur
domaine , 8c avec la même autorité que le comte du palais. C’eft ainfi que?
Tome II. Z ij
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An. io3 y*
\t Att.SS ord.
S. Ut ntd. fie. IV*
fMrt.i.p.76.
IV.
-Marijgc de
ïons coiiu. de
Touloufc avec
AlmoJisdc la
Marche,
c V. NOIR
xxxn.
d Cbrûn.iAil-
l:ac. p.iio. /#>
i.Uibl.Ub.
Guill.Tjr.Lio*
t.io-
V Mare. Hifr.
p ■*)*■&/“!
c V. NOTE
JCXX1I.
1Î0 HISTOIRE GENERALE
les comtes de Champagne parvinrent à la dignité de comtes palatins dans le
royaume de France: dignité qu’ils rendirent héréditaire dans leur maifon.
Nous ne doutons pas que les comtes de Touloufe ne foient parvenus
de leur côté à la charge de comtes palatins du royaume d’Aquitaine. Outre
qu’ils étoient des plus diftinguez entre tous les grands vaflaux de ce royaume,
on voit d’ailleurs que les rois d’Aquitaine de la race de Charlemagne ,
qui avoient leur palais à Touloufe, eurent leurs comtes du palais, St que
faint Guillaume comte de cette ville , eft qualifie comte palatin b, tant par
l’auteur de fa vie, que dans l’ancien martyrologe de l’abbaye de Gellone
qu’il fonda. Les comtes de Touloufe fes fuccefleurs lui auront donc fuccedé
aulïï dans cette dignité, dont ils auront exercé d’abord les fondions dans
les palais des rois d’Aquitaine, qui avoient choifl cette ville pour leur capi¬
tale : ils auront rendu ainfi cette dignité héréditaire dans leur maifon, &elle
aura été attachée à celle de comte de Touloufe. Que fi on ne trouve aucun
de ces comtes qui fêfoit qualifié comte palatin depuis faint Guillaume juf.
ques à Pons , & à fês fuccefleurs , c’eft fans doute parce qu’ils prirent le
titre de duc, fuperieur à celui de comte. Aufîi voyons-nous que Guillaume
IV. qui reprit la qualité de duc , que Pons fon pere, St Guillaume III. fon
ayeul parodient avoir difeontinué de fe donner, l’ayant tranfmife à fes fuc-
ceflèurs , ceux .ci fe qualifièrent plus rarement comtes palatins.
Il paroît ou que Majore mourut peu de tems après Ion mariage avec Pons
comte de Touloulè, ou que ce prince la répudia, puilqu’il fe remaria avec Almo-
dis entre c l’an 1040. St, l’an 1045. Cette derniere étoit fille à de Bernard
comte de la Marche en Limoufin , St d’Amelie fon époufe. Le comte Au-
debert fon frere l’avoit donnée d’abord en mariage à Hugues le Pieux , fbi-
gneur de Luzignan. Celui-ci en eutunfils de fon nom, la répudia bientôt
après pour caufe de parenté, & la renvoya au comte de la Marche fon frere.
Quelques hiftoriens prétendent qu’Almodis avant fon mariage avec le comte
de Touloufe , avoitauffi époufé Guillaume comte d’Arles; mais ils fe trom¬
pent' certainement. Elle avoir deux fœurs, dont l’une nommée Rangarde
époufa Pierre-Raymond comte en partie de Carcaflbnne , St vicomte de Be-
ziers St d’Agdé. L’autre appellée Luce fe maria avec Artaud comte de Pailhas
dans la Marche d’Efpagne. Il eft vraifemblable que Pons affignapour le douaire
d’Almodis fa nouvelle époufe les mêmes domaines qu’il avoir conftituez pour
celui de Majore, entr’autres l’évêché d’Albi.
v. Nous apprenons le droit que Pons avoir fur cet évêché , d’une con-
vkonuedTObî vent^on fque Bernard vicomte d’Albi, St Frotaire fon frere évêque de Nif-
& de Nifmes mes , firent vers l’an 1 040. avec un feigneur nommé Bernard-Aimard, &. Guil-
Frouirclon laume f°n fils* Par cet a<fte les ^eux premiers promettent de donner, ouplû-
ftcrc vendent tôt de vendre au dernier l’évêché d’Albi, après la mort de l'évêque Ame-
lévcchcdAibi. lius , pour le pofTeder pendant fa vie, J oit qu'il fe fit facrer , ou qu’il fit facrer
1040. un autre en fa place ; à condition que le même Guillaume recevroit cet évêché
(Pr.p.iou en engagement pour la moitié du domaine qui en dépendoit, à la réferve
des ordinations , des meffes , des pénitences , St de quelques oblations , redevances
St fiefs que ceux qui les pofTedoient dévoient tenir de lui. Le vicomte Ber-
. nard St l’évêque Frotaire fon frere firent cet engagement en faveur de Guil¬
laume pour le prix de cinq mille fols , St d’une pareille fomme pour le comte
Pons , payables en difïèrens termes après fon Caere. On ajouta qu’en
cas que ce futur évêque vînt à deceder auparavant , fes droits feroient refer-
vez à Pierre fon frere.
Cet ade , quoique défedueux St obfcur en quelques endroits , eft une preuve
bien manifefte de l’ufage fimoniaque où on étoit alors de regarder les évê-
chez comme des fiefs , & de les donner au plus offrant St dernier encherif-
feur. Il nous apprend aulïï que quoique Pons eût alïïgné l’évêché d’Albi en
entier pour le douaire de Majore fon époufe, le vicomte de cette ville par-
tageoit cependant avec lui le droit St les émolumens de l’éledion. Cet
accord fcandaleux eut fon execution , St Guillaume fucceda en effet dans
le fiege épifcopal d’Albi à Amelius qui vivoit encore en 1040. mais qui mou-
g/> tu. & rut peu de tems après. C’eft ce qui paroît par une nouvelle convention s que
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DE LANGUEDOC tiv. XIV.
183
Frotaire évêque de Nifmes fit avec le même Guillaume, qui étant parvenu An. 1040,
à l’évêché d’Albi , promit à l’autre de ne pas le dépoifeder des biens de
l’évêché qu'il avoit pris dt 1 lui en engagement, 6c d’obferver la paix & l* treve du
feigne ur de la même maniéré que /’ évêque Amelius l’ avoit gardée. Il efl fait mem
tion dans ceta&e d’un ferment réciproque que Frotaire 6c Guillaume avoient
fait touchant Févêché d’Albi 6c les abbayes du diocèfè, Le premier avoit
donc auiîï fournis ces dernières à fa domination,
Frotaire évêque de Nifmes exerça en effet fon autorité fur celle de S. Salvi
d’Albi, ce qui paroît entr’autres par Fade de vente a qu’il fit avec le pro - mcn/dcia »TC
conful ou vicomte Bernard fon frere, 6c Guillaume évêque d’Albi, de /’ bon- çommnucdans
peur, (c’efl-à-dire des biens ,)dela prévôté, &de divers autres domaines de sJé|vl‘lt'JtlJ'uc
cette églifè dont ils s’étoient emparez , aux chanoines qui la defièrvoient , » GM.chr.nov.
pour en jouir en commun. Cet acte nous apprend que les chanoines de
laint Salvi poilèdoient chacun en particulier les biens de leurs prébendes ,
put par obédience , [oit en fief ou en commende -, que leur nombre étoit fixé à
Vingt ; que pas un n’étoic admis parmi eux fans donner quelques biens meu*
blés ou immeubles j 6c qu 'enfin l’évêque Frotaire, le vicomte fon frere, &
Guillaume évêque d’Albi rétablirent alors parmi eux la vie canoniale, ou du
moins la poffelfion commune de leurs biens.
On voit aulli par là que Frotaire évêque de Nifmes, 6c Bernard vicomte de
cette ville 6c d’Albi , fon frere, jouiifoient en commun des domaines de leur
famille. C’efl ce qui paroît b encore par l’achat qu’ils firent pour le prix bPr.p. to;.
de trois cens fols, du château de Montaigut fitué dans le diocèfè d’AIbi, à
une lieue ou environ du Tarn, &à la droite de cette riviere. Ponscomtede
Touloufe , en qualité de comte d’Albigeois, 6c de feigneur dominant dupais,
confentit à cette acquifition , 6c promit au vicomte de Fen laillcr paifible
pbfTeilcur. Il fe dit fils d'Emme dans l’acle , 6c le vicomte Bernard fils de Ger-
berqe.
On a déjà remarqué ailleurs que le diocèfè d’Albi étoit alors partagé en .v,r-
deux vicointez, fçavoir d’Albi ou d’Ambialet, 6c de Lautrec. La première LauHc™oîÎ!
poflèdcepar ces deux freres, s’étendoit dans la partie feptentrionale du pais gine de rat»,
a la droite du Tarn : l’autre fituée à la gauche de cette riviere vers le midi , ^
appartenoit alors à deux vicomtes , Ifarn 6c Frotard , que nous conjecturons g cois,
être freres, êcqui fournirent l’abbaye de Vieilmur , fondée par leurs ancê¬
tres, avec toutes les dépendances , à l’églife de Notre-Dame du Puy. L’ade
efl daté c en gen.-ral du régné du roi Henri, & fouferit après le vicomte cPr.p.u,i,&
Ifarn 6c Frotard, parla vicomtcfle Guifle , qui étoit fansdoute la femme du
premier, par Amelius évêque d’Albi , 6c Guifle abbefTe de Vieilmur. Cette
derniere etoit fans doute de la maifon de ces vicomtes , & fille d’Ifàrn & de
Guiflcjcar outre qu’elle portoitle nom de cette vicomtefle, nous voyons que les
feigneurs d qui dans ces fiecles fondèrent des abbayes de filles , s’y réfèr- dr.pr.p.i!}.
verent la nomination des abbeflès , qu’ils prenoient dans leur maifon : or 177.
parmi les abbefîès deVieilmur,la plupart furent prifès anciennement de la mai- tc»u.chr.nn<
fon de Lautrec. C’cfl-là le plus ancien monument qui nous refte de ce mo- *£'*•
naftere, qui fubfifte encore fous la règle de fàint Benoît. Il efl fitué dans le
diocèfè de Caflres , à deux lieues de cette ville, vers le couchant, & à la
droite de la riviere d’Agout , qui fepare l’Albigeois , du diocèfè de Lavaur
pu du Touloufàin.
Il paroît qu’l farn vicomte de Lautrec , dont nous venons de parler, étoit
fils du vicomte Sicard qui vivoit vers la fin du X. fiecle } 6c que Frotard fon
frere ou fon fils, efl le même que Févêquc d’Albi de ce nom qui fiegeoit vers
l’an 1060. Ifarn fut vraifèmblablement per edes vicomtes Sicard ( & Frotard , qui hua injir.
en 1073. fouferivirent à Fade deréformarion de l’églifè d’Albi} car r ".ceux-ci
étoient vicomtes dans le païs d’Albigeois , & par conféquent de Lautrec.
a*.On vient de voir que le pere d’Ifarn s’appelloit Sicard : or fuivant Fufâge du
fiecle le nom de Fayeul paffoit ordinairement au petit-fils.
La dépendance où étoit la Marche d’Efpagneau XI. fiecle delà métropole 1/^1*
de Narbonne , faifoit que les prélats 6c les feigneurs du pais , 6c ceux de la nue à Urgci,
Septimanie ou Gothie, entretenoient entr’eux une étroite liaifon, 6c qu’ils 50rmc? de
* 1 7 A COiUIDiOgCS.
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d?
V. N
». i6
_ 1S1 HISTOIRE GENERÂL Ë
Àï).io4o. Te trouvoient également aux conciles ôc aux affemblées tenues dans les deux
a Marc.H'fp. provinces. C’eft ainfi que Guifred » archevêque da premier fiege de la Narbon-
t-\o69'&/ei. noijg ^ ^ jes évêques Heribal d’Urgel , Berenger d’Elne, Guifred de Car-
caffonne 8c Arrtoul de Rota , fe trouvèrent le premier de Novembre de l’art
1040. avec les princes du pais , à la dédicace de Péglife dsUrgel , où l’on ré¬
tablit alors la vie commune ou canoniale parmi les chanoines.
Bernard évêque de Conferans fe trouva aufli à cette afiemblée : il étoit en
b Pr. p.ios. même tems abbé de Lezat, dont il fit rebâtir b l’églife , aveç le (ecours de
plufieurs feigneurs 4 & autres perfonnes de pieté du voi finage. Le nom dé
> wnTT.vyif, Bemardus Raymundi qu’il prend dans l’a&e , eft une preuve c que fon pere
■»> î4- s’appelloit Raymond i 8c nous ne doutons pas qu’il ne fût de la maifon
des comtes de Comminges 8c de Carcaffonne , qui étoit ia même , 8c dans
laquelle les noms de Bernard 8c de Raymond furent fort commurts. Il eft
d’ailleurs certain que ces comtes avoient Pavouerie de Pàbbaye de Lezat,
Ce Bernard eft donc différent d’un autre évêque de Conferans de ce nom,
qui vivoit vers Pan 1060. 8c qui étoit frere d’Arnaud lll, du nom comte
en partie de Comminges } car celui-ci étoit fils de Roger IL comte du même
oreiM Paï*. Pepi° \ defeendant de Raymond III. fils de Roger I. comte de Carcaf.
. &fcq. fonne , poflêdoit l’autre partie du comté de Comminges , lorfqu’il embraflà
en 1039. la vie monaftique dans Pabbaye d’Alaon au diocèfe d’Urgel. Ge-
lindefa fille avoit époufé alors Afnarius Aton feigneur de Tene dans le mê¬
me diocèfe. Bernard fils de Pépin lui fucceda , 8c mourut à ce qu'il paroîc
fans pofterité. Nous voyons du moins que fon domaine fut réuni depuis à celui
de l’autre branche des comtes de Comminges qui defeendoient de Roger,
oncle de Roger L comte de Carcaffonne.
Les évêques Scies grands feigneurs de la Scptimanie, &c de la Marche d’Ef.
Pagne s'aflemblerent à Tulujes en Rouffillon , pour remedier au défordreôé
Tuiujes en à la confufion qui regnoient alors également 8c dans Péglife 8c dans Pétât*
Eubh'l-mcnt ma^ veno*c principalement de la tyrannie des feigneurs qui vexoient im~
a l'u p*ix& punément le clergé 8c le peuple -,8c qui s’étant arrogez le droit de venger1
u t'iia * leurs querelles par les armes , fe- faifoient une guerre implacable 5 enforte
vie» ans a q(j’on ne trouvoic nulle part ni fureté , ni afyle , que le commerce étoit ge->
neralement interrompu , Sc qu’on ne parloir dans tout le royaume que de
meurtres , d’incendies , de' rapines, ôede pillages. Plufieurs évêques touchez de
l’excez de ces maux , tâchèrent d’y apporter quelque remede. Le concile de
Limoges de Pan 1031. dreilà e entr’autres des canons pour rétablir la paix
’f & ^a tranquillité publique , & on fit de nouveaux efforts ( en divers con-
v.Pxpai Mn. tiles tenus en 1034. Mais comme ces prélats n’a voient que des armes fpiri-
iojv »• àr tuelies à oppofer à des abus fi communs 8c fi autorifez ,gc qu’ils n’étoient pas
appuyez de l’autorité temporelle, la licence des mœurs continua toujours à
faire de nouveaux progrez , jufqu’à ce qu’enfin quelques feigneurs plus relL
gieux , voulurent bien concourir au rétabliflementde la paix. Ceux de la pro¬
vince ecclefiaftique de Narbonne , furent des premiers à donner l’exemple , 8c
g Pr.p.^o<^.é• les comtes Us vüomtes du pais tinrent pour cela une affemblée h en 1 041 .avec
i‘qvM»rc con- ^es évêques & les abbe^ dans les prairies de Tulujes , à trois milles de Per-
corded. 1704. pign3.fl.
Nous ignorons en particulier les noms delà plupart de ceux qui alfifte-
xxxi. rent à ce concile. Nousfçavons feulement que Guitred archevêque de Nar*
bonne y préfida , &. qu’entre les feigneurs fcculiers Gausfred comte de Rouf¬
fillon , Guillaume fon fils, Pons comte d’Empürias , Guillaume comte de
Bezalu , Raymond comte de Cerdagne , & Gaufbert vicomte de Caftelnau
s’y trouvèrent. On y fit divers reglemcns pour interdire , finon pour tou¬
jours, du moins pour certains tems de l’année, 8c certains jours de la fèmai-
ne,les guerres particulières ,6c tout aéte d’hoftilité. On défendit i°. Deconi-
^ mettre aucune violence dans leséglifes, où on n’avoit pas élevé des châteaux
ou des forteçelfes, dans les cimetières 8c les autres lieux facrez, & à trente
pas à la ronde, à peine d’être puni comme facrilege. 20. D’attaquer les
clercs qui marchoient fans armes , les religieux , les religion fes, & les veuves.
De faifir les jumens , 8c les poulains qui ctoient au deffous de fix mois *
IX.
province de
Naibonnc.
IO4I.
c Concil.to ,9,
p • 903
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DE LANGUEDOC. Liv. XIV.
1h vaches, les ânes, &c. 4°,De brûler les maifons des païfans & des clercs An. 1041.
qui porcoient les armes. jw. On ordonna que celui qui dans le rernte de
_ Im.M» Mil i-an/l ••afnfr si n 1 <-» /-T 11 Z' 1» 11 k /•r.MPr/ÎMirflrtilMP
évêque ou du comte qui
on cubllc U trive de Dieu , pour être dbfervée par tous Us Chrétiens ,
i°. Depuis le coucher du fbieil du Mercredi, jufqd’à Ton lever du Lundi de
chaque femaine de l’année. i°. Depuis le premier jour de l’Avent jufqu’à
l’o&ave de l’Epiphanie. 3 *. Depuis le Lundi avâht le Carême-prenant, ju£
qu’au Lundi d’après l’odtave dé la Pentecôte , & enfin pendant certaines
«tes de l’année , les Qaatre-Tefns , &c. foos peine à ceux qui violeroient la
trêve de réparer aa doable le dommage , ou de fe juflifier dans la cathé¬
drale par t épreuve de l’eau froide . Quant à celui qui tueroit quelqu’un pen¬
dant la trêve, il devoir être condamné k un exil perpétuel. On fit vers le
meme rems de pareils reglemens * dans uneaffêmblée tenue en Aquitaine, ^ rî.
fit enfui te dans divers conciles aflèmblez dans les autres provinces èc les Hug.tUv. chr.
royaumes voifins. Telle fat l’origine de la trive do Dieà , ainfi appellée, foit “’/j ^
parce que les jours de la femaine marquez pour Pobferver , étoient confa-
crez aux myfteres de la paffion & de la refurreétion de J. C. foie parce qu’on
prétendit que Dieu l’approuva par des punitions exemplaires qu’il exerça fur
ceux qui l’avoient violée. Comme le mot do trêve b dérive de l’Elpagnol tregua , b D"C*»Se
cela confirme qu’on eft redevable de fort premier établiiïëment au concile llfàgi »d »nn.
de Tulujes tenu fur les frontières d’Efpagne. u>\\.n.c.
Les évêques 0 & tes chapitres furent chargez par ce concile d’en faire ]^fe'en><tr4‘
obfervcrles canons, avec pouvoir déjuger les violateurs delà paix, &de la
trêve de Dieu , & de les excommunier ; mais le mal avoit jetté de fi profon¬
des racines , qu’on trouva beaucoup de difficulté à faire exécuter ce decret,
ce qui engagea les évêques à tenir dans la fuite des aflèmblées diocéfaines,
foit pour confirmer la trêve , loit pour ajouter aux decrets qui l’établifToient. De
là vient la différence que nous trouvons en diverfes copies qui nous relient d d
des ades de l’affèmblée ou concile de Tukijes, tirées des archives des églifes
de Narbonne, d’Elne, d’Aufonne ôc de Gironne. Il paroît même qu’on fut 106 ■&
obligé d’abreger le tems de la treve , &; de la réduire par femaine dans ‘ n ’
le diocèfe d’Elne, depuis le Samedi au foir jufqu’au Lundi matin , fuivant zComBrd
les actes d’une affemblée tenue cdans ce diocèfe en 1047. à laquelle Oliba 4j,
évêque d’Aufonne prefida à ftl place de Bérenger évêque d’Elne, qui étant ^ note
allé en pèlerinage à la Terre- fainte , lui avoit confié le gouvernement de *
fon diocèfe pendant fon abfence. On ftatua f de nouvelles peines contre les conm
infracteurs dans divers conciles generaux ou particuliers qui furent tenus ràgi ad
dans ce fiecle , ou dans les fui vans. Toutes les peines canoniques n’étant pas Io3*-»>»-io4i.
fuffifantes pour faire obferver la paix & procurer la tranquillité publique ,
on fe vit enfin obligé dans la fuite d’employer la voye des armes. On leva
des troupes, & on établit des impofirions pour les entretenir: ce qui donna
l’origine à l’érablilîèment de la* Pelade dans nos provinces , dont nous parle.
ronsdans lafiiite. v. ou c*nj!'
Les decrets du concile de Tulujes touchant la paix &c la trêve de Dieu iloÏÏ- x
furent confirmez dans un g autre tenu h à faint Gilles le 4. du mois de Se> CondicHeS.
ptembre de l’année fuivante. R.aimbaud archevêque d’Arles, & Leger arche- Gilles. e»ô-
vêque devienne s’y trouvèrent enperfonne , .& Guifred archevêque de la pre- <fucs,leVl',|crt»
niere Narbonnoife , feulement par les députez qui fiegerent au deffiis de tous 1041.
les évêques. Ceux-ci alfillerent à ce concile aartombre de 1 9-entr’autres Frotaire g
de Nifmes, Hugues d’Ufez , & Bernard de Lodeve de la province de Nar. F' h No r£
bonne, Guillaume d'Albi de celle de Bourges , Sc Geraud de Viviers de celle xxxir.
de Vienne. Les autres étoient des provinces d’Arles , d’Aix êc d’Embrun.
Il nous refte^ trois canons dé ce concile , dont le premier défend d’envahir
les biens eccléfialliques , le fécond d’attaquer les églifes & d’exercer aucun
aûe d'hoftilité- i- trente pa-s à la ronde , excepté celles où on avoit élevé des
fortereûes ; eff qui1 étant conforme aux defcrets d'u concile de Tulujes, nous
porte à croire que les- évêques de la- province qui n’y avoienc pas affilié
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_ _ 1^4 HISTOIRE GENERALE
An. 1041. fe trouvèrent à célui de faint Gilles avec ceux de Provence , pour étâ.'
blir la trêve de Dieu dans leurs diocèfes, Le troifiéme canon défend à tous
* Militibus- les chevaliers % grands ou petits , déporter les armes jufqu’à la fête fuivante
de faint Jean- Baptifte.
Gérard évêque de Viviers qui fe trouva au concile de faint Gilles, occupa
n Cohiml. Vi- ce fage moins depuis * l’an 1037. jufqu’en 1055. On prétend qu’il mourut
" ïub. l’année fuivante. Gebonard lui avoir déjà fuccedé fous le pontificat d’Ale-
1 ojs-n-ss»- xandre IL
xi. Guifred archevêque de Narbonne après avoir préfidé au concile de Tu-
luJes 1 futun des premiers 0 qui en viola les decrets * fie il ne fit aucun feru-
que & le yi- pule d’avoir recours aux armes, fie d’employer la force durant les différends
bonne dc Nit" eut pendant tout fon épifeopat avec Berenger vicomte de Narbonne.
bu.f.zH. L’envie de dominer fut la principale fource de leur querelle, 8c fit naître entr’eux
une longue guerre qui fut très funefte au pais. Les vicomtes de Narbonne ,
à l’exemple des autres grands vaflaux du royaume, s’étant arrogez depuis
long-tems le droit de nommer à l’archevêché, prétendoient exercer la prin¬
cipale autorité fur cette ville après les comtes de Rouergue, marquis de Go-
thie, qui en pofTedoïent le comté particulier. Pour mieux affermir leurs pré¬
tendons , 8c n’être pas troublez par les archevêques qui auroient pû les leur
difputer, ils avoient foin, quand le fiege épifcopal venoit à vaquer , de ne
faire tomber l'élection que fur quelqu’un de leur maifon , ou du moins fur
. des perfonnes dont ils etoient bien allurez. On a déjà vu que lorfque le
vicomte Raymond , 8c Berenger fon fils , firent élire le jeune Guifred leur
t tr.j,. allié, ils eurent c la précaution d’éxiger de lui un ferment, par lequel il leur
/*?• promit de leur confcrver leur droit: mais dès que ce prélat fut parvenu à un
a im. àge plus avancé J , foit par efprit de dominacion, loit par zele pour les in¬
térêts 8c la liberté de fon édile , il fe mit peu en peine d’executer fes pro-
mefîcs , 8c chercha à fe foultraire de la fujettion où les vicomtes avoient ré¬
duit fes prédeceffeurs. Berenger de fon coté réfolut de ne pas coder, 8c
chacun fe mit en armes pour foutenir fes droits. Guifred leva des crou¬
pes , aliéna une partie des terres de fon églife pour les foudoyer , 8c en donna
une autre partie à divers capitaines qu’il engagea à fon fervice , 8c qui les
pofîêderent dans la fuite comme leurs propres alleus. Ce ne fut pas le feul
dommage que ce prélat caufa à fon égîife. Après la mort d’Eribald évêque
tMve.iïrp. d’Urgel , arrivée avant le mois d’Aoùt- de l’an 1041. il n’omit rien f pour
*'Vvr^Und’ ^re P^ace Guillaume fon frere -, 8c voyant qu’il ne pouvoir reufîir
qu’à force d’argent, il promit de donner cent mille fols. Pour faire cette
fomme, il remit les croix, les reliquaires , les vafes facréz 8c l’argenterie
de l’églife de Narbonne à des orfèvres Juifs , qui allèrent les trafiquer en
Efpagne. Il vendit enfuitc les livres de cette églifè , les ornemens des autels,
fie réduifit enfin fes ecclefiaftiques à la mendicité. Non content de ces démar¬
ches fimoniaques, le defir de réullîr dans fes projets, 8c de s’attirer la pro¬
tection delacomteffe d’Urgel qui avoit alors l’adminiftration de ce comté pen-
» cominenda- Jant la minorité de fon fils, le porta jufqu'à fe rendre fon vaflàl * tdémar-
ad comi'niiam c^e S11* actlra Ie mépris 8c la haine de toute la noblefle. Un g célébré
Utgeiii .\M. critique qui n’a pas bien compris les termes employez dans l’ancien rnonu.
g vnyutwr,. mcnc 0ù on rapporte cette circonftance , prétend que Guifred entretenoit
un mauvais commerce avec cette comtellc : mais c eft fans fondement,
xn. Quelque tems après l’archevêque Guifred parut fe repentir d’une conduite
Coü-Ucs Vdè fi peu épifcopale. Il convoqua un concile à Narbonne, fie là en prefènee
Naiboune. de Raimbaud archevêque d’Arles , de divers prélats, du vicomte de Narbon¬
ne , 8c de plufieurs feigneurs du pais, il quitta l’habit militaire dont il s’étoit
revêtu, 8c déclara anathème tant contre lui-même s’il venoit à le reprendre,
que contre les autres évêques de la province qui fuivroient les armes :
mais peu fidele à fa promcfic , il reprit bientôt après le métier auquel il avoit
renoncé, fie recommença la guerre contre le vicomte. Nous tirons tous ces
h v. note faits d’une plainte que ce dernier porta contre lui quelques années après h j Sc
xxxk quoiqu’il foit afTez vraiiemblable que l’animofité qui regnoit entr’eux , ait en¬
gagé le vicomte à les exagerer , poux rendre odieux Ion adverfàire , on ne
fçauroic
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DE LANGÜEDOC Lit: XIV.
>8
C lbi(L
fijàuroit cependant dilconvenir que l’archevêque -ne fut coupable fur plu- An. 1043»
heurs chefs a , & nous verrons dans la fuite qu’il fut excommunié comme a kb«/»x »«/.
fimoniaque par deux papes & divers conciles.
Ce prélat tint deux conciles à Narbonne en 1043. l’un , qui fut le VII. de h9'
cette ville, le 17. du mois de Mars b 5& l’autre, qui fut le VIII. le premier J‘neci^Af‘elif
d’Août. Comme Raimbaud archevêque d’Arles alfifta à celui-ci, & non pas
à l’autre, c’eft une preuve que ce fut dans le VIII. concile de Narbonne
que Guifred dépofa les armes , ainfi que nous venons de le rapporter. Sept
évêques fes comprovinciaux , outre Bernard de Conferans, fe trouvèrent
avec lui au VII. Ravoir Pierre de Gironne, Oliba d’Aufonne, Guifred de
ÇarcalTonne , Berenger d’Elne, Guiflabert de Barcelone, & Guillaume d’Ur-
gel. Ces prélats fur les plaintes d’Oliba évêque d’Aufonne , &. des religieux
de Cuxa , dont il étoit abbé , lancèrent l’excommunication contre les ufur-
pateurs des biens de ce monaftere fituez dans les comtez de Fenouilledes
&. de Roufïillon. Ils exceptèrent cependant de l’anathême Guillaume comte de
Bezalu Ôcde Fenouilledes, Raymond comte de Cerdagne, leurs fils, & les freres
du dernier, quoiqu’ils fuflènt au/Ii coupables que les autres, dans la vue de
les engager j>ar ce ménagement à fe déclarer les protedeurs de l’abbaye. Ils
prient en meme tems leurs confrères abfèns & les comtes du pays , de vouloir
confirmer les actes du concile; ce qui fit qu’Arnaud de Maguelonne, Hugues d’U^
fèz, Frotard de Nifmes , Hugues deTouloufe, Bernard de Lodeve, Etienne
d’Apt, Pierre de Cavaillon , Raimbaud d’Arles, & quatre autres évêques
dontlefiege n’eflpas marqué, Ravoir, Pierre , Bernard, Arnaud, & Guillaume,
y fouferivirent peu de tems après.Lc dernier eft fans doute le mêmequeGuil-
laume évêque d’Agde qui allifta au VIII. concile de Narbonne.
Celui-ci fut c compofé de dix-fept évêques , partie de la province dé
Narbonne , & partie de celle d’Arles, dont la plupart avoient aififté au pre¬
cedent. Ils prononcèrent anathème contre tous ceux qui ufurperoient les biens
de l’églife d’Edre dans le diocèfe de ÇarcalTonne , qu’un leigneur nommé
Raymond Hugonis ,bc Senegonde fa femme avoient fait rebâtir dans le defiein
d’y établir des chanoines ou des moines , & qu’ils avoient enfuite fait con-
facrer par Pierre évêque de Gironne, Guifred de Carca donne, ôc Bernard
de Conferans.
Pendant la paix qui avoir été conclue au VIII. concile de Narbonne en-
tre l’archevêque ôc le vicomte de cette ville, Pierre Raymond comte en par- ^ Cjrca/,oonc
tie de Carcallonne , &c vicomte de Bcziers& d Agde, entreprit Icpcierinage „es.
de faint Jacques en Galice , comme il paroîc par la donation d qu’il fit Je obt,cm u
29. de Septembre de l’an 1043. peu de tems avant fon départ, à la cache- Z plu, c dettes
drale de Beziers, d’un domaine fitué auprès des murs de cette ville, qui domaine*,
avoit etc vendu du confcntement de la comteffe Garfinde fa mere. Il étoit de l°*'
retour dans le pais au mois de Mars de l’an 104 6. » lorfqu’une dame nom- e ' P'1 {'
mée Garfinde le défaifit en fa faveur de tous les allcus (files fiefs qui avoient «
appartenu d Guillaume vicomte de Beziers & d’Agde, &c à Garfinde fa fille ,« f
tnere de ce comte, à la referve du château de Mefe, de la rroifiéme partie de «
ceux de Florenfac, de Rovignac, de fâint Pons de Mauchiens, de Vairac,«
& de quelques autres lieux du diocèle d’Agde. «Nous ne connoilfons pas bien
la dame qui fit ce délaillèmcnt , à moins qu’elle ne foie la même que Garfinde {
femme de Raynald II. vicomte de Beziers & d’Agde, qui fera par con/equenc ’ s'
parvenue à une extrême vieilleflè, puifqu’elle étoit déjà R veuve en 9 69. Elle gpr.p.'uti
peut avoir confervé la jouiflânee de ces domaines ,' foit pour fon douaire,
loit depuis la mort de Garfinde petite fille de Raynald II. êcmcre du comte
Pierre Raymond.
On a déjà remarqué que ce dernier avoit un frere nommé Guillaume qui xiv,
avoit partagé avec lui une partie du comté de Carcallonne, Nous ignorons dCGu1n?umc9
l’époque de la mort de celui-ci : nous fçavons feulement qu’il lailîà b trois fils , comte de Cu-
Raymond , Pierre Sc Bernard , lefquels lui fuccederent dans fa portion du
même comté. Le premier donna ‘ en fief au comte Pierre fon oncle le village „. u.
de Magrian dans le Rafez, pour en jouir pendant (a vie, à la rélerve cepen- x*r*'
dant delà moitié du droit que le comte devoir lever lu r les batailles jurées. Ce
Tome II. À a
XI il.
Pierre comte
KlMf
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1
HISTOIRE GENERALÊ
An. 1043. drcnt, qui eft uns marque de haut domaine, apparccnoic en effet aux grands
vd»c»»f vaffaux dans les duels1 qui fe faifoient fuivant les formes prekrites par les
'(T- w». loix. Raymond ftipula dans l’acte qu’après la mort de Ion oncle'
M-
DucUum , Ba¬
tailla.
b NOTRibii.
le village de
condition
c P r. f. 164.
Raymond ftipula dans l'acte qu'aprés
Magnan lui reviendroic ou à fes enfant il paroît b que cette condition n'eut
pas lieu, 8c. qu’il mourut fans poflerité. Ses deux freres Pierre ôc Bernard qui
vendirent en 1068. la portion qu’ils av oient fur le comté de Carca/Idnne,
n’en font du moins aucune mention dans cette c vente,
xv. Guifred archevêque , Ôc Berenger vicomte de Narbonne, s’appliquèrent,
n«'r dAn* les aPr^s av°ir fait la paix , l’un au gouvernement de fon domaine , 6c
l'autre à celui de fon diocèfe. Le dernier d fonda au mois de Mars de l’an
1044. avec Garfinde fa femme, 6c leurs fils Raymond , Pierre 6c Bernard ^
le prieuré de Montlaurez, lituc dans le terroir de la Liyirie aux environs de
abbayes de Le*
& d’Arlc*.
i°44.
SSi.
tMtrc.Wjf.
1 °45 •
£ Pr.ÿ«it i*ÿ
feq.
fA 79,‘&n[l’n' Narbonne, fous la dépendance de l’abbaye de Clufe en Piémont. Guifred de
««• fon côté fit un voyage dans la Marche d’Efpagne e au mois de Juillet de l’an
1045. 8c fe rcncÜc à faint Michel fur la riviere de Fluviadans le comté d’Em-
purias 8c le diocèfe de Gironne , dont il confacra l’églife avec Oliba évêque
d’Aufonne. Ces deux prélats accordèrent alors à cette églife divers privilè¬
ges, que les évêques Pierre de Gironne, Arnaud de Maguelonne , Frotaire
deNilmes, Gaufbert comte de Roulîillon, 8cc. 6c divers autres prélats ôe
feigneurs confirmèrent.
L’archevêque de Narbonne pria f la même année Guifred évêque de Car-
caffonne , de confacrer en fon nom l’églife du monaftere de faint Martin ,
dépendante de fon diocèfe , 6c fondée au comté de Fcnouillcdcs dans un vallon
nommé anciennement V alcarne , ou autrement Lezf^fur la riviere d’Aude. L’évêque
de Carcaffonne fit cette ceremonie en prefence d’un grand concours de peu¬
ple , marqua les limites de l’abbaye , 8c y établit un aille -, ce qui fut con¬
firmé par Guifred archevêque du premier fiere de la N arbonnoife , avec ordre aux
autres évêques de fa province de le confirmer aufli. Oliba d’Aufonne , Ber¬
nard de Beziers , Pierre de Gironne , Arnaud de Touloufe , 6c Berenger d’Elne
fouferivirent en conféquence à l’aéle de cette confécration , avec Bernard de
Conferans.
L’année fuivante g au mois de Novembre, l’archevêque de Narbonne fe
Lcois.
1046. rendit à Arles dans le Rouflillon pour la dédicace de l’eglife de cette abbaye,
gUjn.H^. i l’occafion de laquelle on y tint une afTemblée , où les évêques Berenger
d’Elne , Wifred de Carcaffonne 8c Pierre de Gironne fe trouvèrent avec
plufieurs abbez , Guillaume comte de Bezalu , Gaufbert comte de Rouflillon,
Raymond comte de Cerdagne, les comtefles leurs femmes ,6c un grand nom,
bre de feigneurs du pais.
Raymond comte de Cerdagne affilia en 104.7. à une autre aflèmblée,
piaii tenu à dont -.les a&es b font voir manifeftement que le comté de Touloufe s’éten-
Lmuccwiu ^01C al°rs jufqu’aux frontières d’Efpagne , 8c du comté de Cerdagne. »Ce
dcTü'i- « prince s’etant rendu en effet au château de Corneillan affilié de fes princi-
: du C0li » paux vaffaux , entr’autres de Bernard Oliba du château de Son ; ÔC s’étant
«plaint devant les juges de ce que Bernard vicomte de Cerdagne vouloir por-
1047. «ter jufques dans ce comté les limites de la terre de Merenx que fes pa-
xr
comte <
loufe
d'iilpag-K.
\\ibUf.109x. „ rens avoient acquife dans le comté de Touloufe , on ordonna que ce vicomte
» fe renfermeroit dans les bornes de cette terre. Bernard abandonna alors
«tout ce qu’il prétendoit poffeder en Efpagne au-delà de la montagne de
« Puimorent, qui féparoit les comtez de Touloufe ôc de Cerdagne, >5 ou les dio-
cèfes de Touloufe 6c d’Urgel. Le lieu de Merenx ell fitué dans le pais de
Foix , vers les fources de la riviere d’Ariege 8c les frontières d’Efpagne , ce
qui prouve clairement que tout ce qui compofe aujourd’hui ce pais , faifoic an,
» v, note ciennement partie du diocèfe de Touloufe ,8c que les comtes» de Foix rele-
ZXU.ii.it. • 1 r 1 , 1 ,
voient de ceux de cette ville pour tout leur comte.
xv 11. L’archevêque 8c le vicomte de Narbonne étoient encore alors en bonne in-
fkccord tnue telligence. Nousavons un a&e du deuxième d’ Avril de l’an 1048. par lequel
\" viconwc ce Guifred,qui fe qualifie archevêque du faint & premier fieqede Narbonne , Be-
Natbonne. renger vicomte de cette ville , Garfinde femme de ce dernier , 8c leurs fils
6*/^. f 114 Raymond » Pierre 2c Berpard , donnent k conjointement aux chanoines de la
en
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DE LA ÎSTGÜ ED OC. Li v. XIV.
1S7
Cathédrale 6c à ceux de fâint Paul, pour les mettre en état de mieux faire le An. 104 8*
Service divin, la dixme du poiffon qu’on prendroit aux .environs de Nar->
bonne, avec celle du Tel de certaines làhnes, à la rélêrve de celui qu’on
tiroit de t allen des '.Juifs , &c. "L’archevêque donna aulfi à fl cathédrale le
dixiéme de ce qu’il retîroit de ceux qu’il nommoit aux abbayes de faint Paul, «
de Quarante, & de laint Laurent, aux archidiaconel, & à la facriffie de «
Ton eglilê , & enfin lorfqu’il dilpofoit des fiefs que pollcdoient les chanoi-«
nés, êcc.» Guifred pour le dédommager des Ibmmes qu’il avoir données pour
l’archevêché de Narbonne, mettoit donc à prix les bénéfices de Ion cgli/è;
Il paroît par ce que nous venons de dire que l’abbaye de fâint Laurent,
unie à l’églile de Narbonne, & fituée fur la petite rivière de Nielle, droit gou¬
vernée en ce tems-là par un abbé. Nous apprenons d’ailleurs 1 qu’en 1060. a M»l.udK»n.
elle en avoir un nommé Raymond-Ebrinus , qui donna alors en fief une ^ar- J060,K'7'*
tie du domaine que Ton monallere poffedoit à Elpalais dans le diocèfe de
Narbonne, pour une once d’or, 6c un cens annuel de trente trois deniers Mel-
goriens. Cette abbaye fut unie bientôt après à celle de la Griffe.
, Au relie Pierre fils de Berenger vicomte de Narbonne prend b h qualité xvrrr.
de clerc en foulcrivant à la donation que Ion pere , 6c l’archevêque Gui- ^f^iberi ^
fred firent en 1048. à la cathédrale de cette ville. Il fut promu bientôt bj •/■p.nr.
après à l’évêché de Rodez , qu’il pofièdoit déjà en rojr. & qu’il obtint c B‘ Auv‘
peut-être par le créait d’Hugues comte de Rouergue , qui à ce qu’il paroît , °G*fuh?.nov.
étoit fon allié. II y a du moins lieu de croire qu’il fuc élu d’une maniéré peu
canonique , puifqu’il fut dépofé dans la fuite comme fimoniaque , ainfi que •/4?'
nous le verrons ailleurs. On prétend qu’il étoit moine de l’abbaye de Con¬
ques en Rouergue dans le teins 5 de fon élévation à l’epifcop xt. i
Guifred archevêque de Narbonne prefida à un nouveau concile dela pro- royo.
vince , qui fut tenu d dans l’abbaye de làint Tiberi au diocèle d’Agde le 1 3 . de d M»rten:
Juillet de l’an royo. Les évêques Hugues d’U/èz, Arnaud de Maguelonne, t. 4.
Berenger de Beziers , Bernard de Lodeve , Gonthier d’Agde 6c Berenger d’EL P'Î77‘
ne s’y rendirent en perfonne. Ses autres fufïragans le contentèrent d’y
envoyer des députez y en particulier Guiflaberc de Barcelone, ôc Wi-
fred de Carcafionne , qui y fouferivirent quelque tems après. Les abbez^de
differens ordres de la Gothie & de l’Efpagne s’y trouvèrent au/fi avec plufieurs per-
fonnes de confideration de tun & de l’autre fexe } ce qui montre i°. Que ce
fut proprement une aflèmblée provinciale. z°. Qu’on don noie encore alors
le nom de Gothie i la partie de la province ecclefialtique de Narbonne qui croit
en deçà des Pyrénées , 6c qui comprenoit la Septimanie , 6c celui d’Efpagne à
l’autre , c’eft-à-dire à la Catalogne ou Marche d’E/pagne fituée en delà f
de ces montagnes. Il ne nous relie de ce concile que l’anathême que les
peres prononcèrent , fur les plaintes des religieux de l’abbaye d’Arles en fc^j^'omK
Roulfillon, contre les ufurpateurs des biens ecclefia/liques. <icfo‘x, ï°«c-
Il n’ellfaic aucune mention de Pierre de Carcalfonne évêque de Gironne ^ dms i",e
dans les aclesdu concile deS. Tiberi, d’où l’on doit inférer que ce prélat étoit Circâ”:
alors décédé. Nous fçavons en effet que Berenger lui avoir déjà fuccedé e knne » Pierre
dans cet évêché la même année 5 ainfi Roger I. du nom , comte deFoix, fon founéTono^'"
neveu , recueillit fa fuccelfion , fuivant les conventions 1 qu’ils avoient faites de.
enfemble , 6c entra dès-lors en poflèlïïon d’une partie du comté de Car- f c^"c'
caflonne. Pierre évêque de Gironne fut tué peut-être durant la guerre que ftr.p.i90.
Raymond-Berenger comte de Barcelone avoir entrepri/è alors contre les Sara- xx.
fins fes voilïns, car dans ces fiecles-lcs évêques fe faifoient un devoir de fervi r co^c“8"«-
contre les infidelles. bonne marche
Raymond-Berenger comte de Barcelone, qu’on furnomme le Vieux . pour le au lcco“rs
anbnguer de Ion fils de meme nommerait un prince g aulli recommandable par la «lonc contre
valeur, que par fa’ probité. Il fut fi heureux dans cette expédition , qu’après ^•■rj/ms, te
avoir fait diverfes conquêtes fur douze rois Maures , il les obligea enfin à £ ”om,/e(]Jul ,
fe rendre fes tributaires. Il leur enleva entr’autres, avec Berenger vicomtéde Tarragone.
Narbonne , qu’il avoit appelle à fon fccours , l’ancienne b ville 6c le comté de
Tarragone , que lui , 6c fa femme Elifabeth , après en avoir preferit les limites, h Dugnui,,
donnèrent en reconnoiffance à ce vicomte aux conditions fuivances. i°. Que c°nifeB"“l-
Tome II. A a ij
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l&l
HISTOIRE GENERALE
.1050, ^ancien fcge archiepifcopa! de cette ville feroit rétabli, & que l’éleélîon de
’ l'archevêque appartiendroit conjointement au comte de Barcelone , 8c au vi¬
comte de Narbonne. i°.C^u’ils partageroient également les revenus du comté
fqavoir les droits qui feroient levez tant fur mer que fur terre , la monnoye,
le marché , 6cc. 6c les dixmes même , jufqu’à ce qu’il y eût un évêque à qui
elles appartiendroient alors , avec le tiers des autres droits. 30. Que le vi¬
comte feroit hommage du comté de Tarragone au comte de Barcelone.
40. Que le premier feroit obligé de faire une guerre continuelle aux Maures
d’Efpagne, fans pouvoir conciurre la paix avec eux que du confentement de
l’autre. 50. Que le vicomte ou fa femme, ou du moins un de leurs fils
réfideroit àTaragone pendant dix ans co nie cuti fs , êc à leur défaut Richard
vicomte de Milhaud , qui fans doute avoit eu part à l’expedition. Ce traité
qu’on conferve dans les archives de Barcelone n’eft point daté , mais il eft
aifé de juger qu’il eft anterieur à l’an 1053. puifijue Raymond-Berenger
- époufa alors Almodis en fécondés noces , 6c que Richard vicomte de Mil-
haud étoit déjà décédé en ioji. c’eft donc avec fondement qu’on en rap-
»iW. porte l’époque* à l’an 1050. Il eft d’ailleurs certain ^ que Raymond-Be-
1 Mtrt.Hifp. renger étoit déjà maître de Tarragone en 1058.
Ml,t* On prétend11 que cette donation n’eut pas lieu. On fe fonde fur ce que le
b ni «g.a-w. comte de Barcelone donna en 10 Go.lavicomtè de Tarragone à Bernard-Améde
Norton. Clermont ; mais le comté 8c la vicomté de cette ville font deux dignitez dif-
’ " * ferentes. Il paroît cependant que Berenger, ôc les vicomtes de Narbonne fes
fuccefleurs , ne jouirent pas long-tems du comté de Tarragone , puifqu’en
11 17. Raymond comte de Barcelone 8c de Provence donna c cette ville à
Oldegarius qui en ctoit évêque , 6c à fes fuccefleurs.
xxï D’autres 4 , on ne fqait fur quelle autorité, rapportent la donation du
vicomtés de comté de Tarragone par Raymond-Berenger en faveur du vicomte Beren-
MAtuud , de ger^ à l’an 1049. Ils ajoutent qüe le vicomte Richard fouferivit à cet ade, 8c
de Ludtvc. * sue Rixinde fa femme étoit fille de ce dernier , 8c de la vicomtelTeGarlinde.
AnV. bift. cela eft ainfi , c’eft fans doute à caufe de cette alliance , que par le traité
». pur, dont on vient de parler , Richard devoit réfider à Tarragone en l’ablèncedu
1 ervuc.it.i. vicomte Narbonne ion bcau-pere. Enfin on fait ce Richard vicomte de
Rodez, ^ -, mais on fe trompe , il ne l’étoit que de Milhaud en Rouergue ,
vicomté dont il hérita de Richard I. fon pere , 8c dont il fut le fécond
« v. notes vicomte de fon nom. Il unit à fon domaine e la vicomté de Gevaudan, 8c mourut
avant le mols de Janvier de l>an I°5I* I1 laifla plufieurs fils de Rixinde fa
femme , quivivoit f encore en 1070.8c 1079. Berenger II. qui étoit l’aîné lui
g v. note fucceda dans les vicomtez de Milhaud 8c de Gevaudan , 8c époufa g Adele,
xxr.o. j. & fille 8c heritiere de Gilbert II. vicomte de Carlat, 8c de Nobilie. Il paroît
** certain que celle-ci étoit fille d’Odon ou Eudes vicomte de Lodeve qui vivoit
vers l’an 1000. qu’elle lui fucceda dans cette vicomté , 6c qu’elle la tranfmic
h rr.f.us. à fa fille Adele. Nous avons en effet d’un côté une donation h faite en 1048.
à l’abbaye de faint Guillem du Défert dans le diocèfe de Lodeve , par le mê¬
me vicomte Gilbert , Nobilie fa femme , 8c Bernard leur fils ; 8c nous voyons
iNOTEi M. i de l’autre que les defeendans de Berenger II. vicomte de Milhaud 8c d’A-
dele fqn époufe , poffederent la vicomté de Lodeve. Ce dernier réunit donc
• en fa perfonne ces quatre vicomtez , qui paflerent à fa pofterité.
Les autres fils de Richard II. furent Bernard 8c Richard , qui dans la fuite
k Tr.f. jov embrafferent la vie religieufe dans l’abbaye de faint Viftor de Marfeille, donc
V xx a* ils furcnc élus fucceflivement abbez * Hugues 8c Raymond qui eurent quelque
Mo» d'Ha- portion du domaine de leur pere , 8c dont le premier prit k la qualité de
Kucscoratede vicomte, 8c vivoit encore vers l’an B' — c- n — • •
f. 117.
cMarc.Hift*
f.U47*
A
V* '
dê
b
vers l’an 1079. 8c enfin Roger qui fe dit fils du
donation l qu’il fit en io f 8. en faveur de la même
j 8. en faveur de la même
Rucs<
Koucrgue & , , .
tom^uis d« vicomte Richard , dans une
roc «U Robcit Berenger IL vicomte de Milhaud fut prelent le 23. de Février de Tan
«Sïfuc' une donation qu’Hugues comte de Rouergue 8c la comcefTe Ricarde
«de. _ fe rare firent ® alors à l’abbaye de Conques pour le falut de leurs âmes ,
ioji. & de celle du comte Raymond , mari de cette princeffe. Hugues fait men-
rn tion de fes enfans en general dans cet afte , qui eft foufcric p°ar la comcelfe
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'• rr±&
DE LANGUEDOC. Liv. XIV. 18»
Foy, & la comrcflc Berthe. Cette derniere 4 étoit fille 2c heritieré pré- An.ioj*!
Ibmptive de ce prince, qui n'avoic pasd’enfans mâles. Elle avoit époulë le angora w/i.
comte Robert nls de Guillaume V. comte d'Auvergne, qui foufcri vit avant
elle au même a&e. L’autre étoit mere de Berthe , 2c femme du comte toi.
Hugues. ^ f'*‘
Ce prince , qui outre le comté de Rouergue , poflèda aiiffi celui de Ge- - -
vaudan avec le marquifat de Gachie , le comté particulier de Narbonne , &c. 3'
vivoit b encore en 1053. Nous n’avons plus depuis aucuh monument bPr./>.xi 4;
où il Toit fait mention de lui. Après fa mort Berthe fa fille lui fuc-
ceda dans tous fes domaines , ce qui ht c que Robert mari de cette princeflè, c van^t.
fe qualifia dans la fuite comte de Rouergue 2c de Gevaudan. On prétend* dWwJfcA
qu’eile étoit fille unique j mais Outre qu’on vient de voir que le comte Hü-
gucs fon pere avoit plufîeurs enfans , c'cft-à-dire plufieurs filles en 1051.8c
qu’il fuffit qu’elle ait été l’aînée pour recueillir fa fucceffion , nous avons
d'ailleurs quelque fondement de croire que Foy , femme de Bernard fils de
Berertger vicomte de Narbohne , étoit fille du même comte Hugues , 8c de
la comteflè Foy. Ce qu’il y a de vrai , c'eft que cette derniere , 2c la com-
tdfe Ricarde fa belle-mere , furvêcurent à ce prince, 2c qu’elles eurent parc
à radminiftration c des comtes de Rouergue 8c de Gevaudan , 8c des autres e v.
domaines de cette branche de la maifon de Touloufe. Comme Robert fe
qualifioit f comte de Rouergue dès l’an 1059, 2c que Guillaume V. comte uw.
d'Auvergne 8 fon pere 2c fon prédeceflèur dans ce dernier comté, ne mourut giind.u.U
que long-tems après, nous inférons de là Qu'Hugues comte de Rouer- M‘*
gue Ion beau-pere étoit certainement décédé en 10 5^ Que Robert fe
qualifia comte de Rouergue depuis la mort de ce dernier , julqu’à celle du
comte d'Auvergne fon pere , pour fe diftinguer de celui-ci.
Pons comte de Touloufe dominoit fur le Vêlai du vivant d’Hugues comte
de Rouergue fon coufin. C’eft ce qui paroît par ce qui fc palfa au fujet de louiouîe Go*
l'élection d’un évêque du Puy après la mort d’Etienne de Mercueur. iu« le
Ce dernier qui fe qualifiait évêque de Vêlai ,afiifta le 4. de Janvier de l'an ^'l“^vc^ue*
1053. h avec Guillaûme d’Albi, Hildebert de Gevaudan , Pierré de Rodez, h
& les autres évêques delà province de Bourges , à l’election d’iéterius évê-
que de Limoges, à laquelle il ne furvêcut pas long tems , car nous verrons bien¬
tôt qu’il étoit déjà décédé au mois de Marsfuivant *. 11 fut inhumé dans i note
l’églife dumonafterede la Voulte fur l’Ailier en Auvergne qu’il avoit fondé XVl L
aveefaint Odilon abbé de Cluni fort oncle paternel. Sous Ion cpifcopatk deux *
chanoines de fa cathédrale, Arbcrt 8cRoftaing ccdcrcrtt en 1043. ledéfert *
de la Chaifc-Dieu lîtuéen Auvergne , fur les frontières du Vêlai , à S. Robert
qui y jetta les fondemens de la célébré abbaye de ce nom , dans lequel le
premier prit enfuite l'habit monaftique.
Après la mort ‘d’Etienne , le clergé &c le peuple du Vêlai jetterent les lPnMto-#
yeux fur Pierre de Mcrcueur fon rieveu, prévôt de la cathédrale , homme f‘î'
refpcctable par fa pieté , 2c ils l’chirent dans les formes canoniques pour fon
fuccelfeur. Pons comte de Touloufe, à l’infttgation de fa femme, s oppofa à
cette ele&ion , 2c norrtma de fon autorité .pour évêque du Puy , Bertrand
archidiacre de Mende de qui il avoit reqù une fomme confiderable. Les
deux contendans s’étant rendus enfuite à la cour pour avoir l’agrément du
roi Henri, ce prince, gagné, à ce qu’on prétend par argent, fe déclara en
faveur de l’archidiacre de Mende. Les députez du clergé êc du peuple du
Vêlai qui avoient accompagné Pierre de Mercueur pour faire valoir fes
droits, crurent ne devoir pas ceder en cette occafion à l’autorité temporelle.
Ils confnlterent Leger , archevêque devienne, qui dans fa jeunefle avoit été
élevé parmi le clergé de l’eglife du Puy , dont il étoit chanoine dans le tems
de fon élévation à l’epifeopat j & par fon avis ils eurent recours au pape Leon
IX. qu’ils allèrent trouver à Ravertne où ils*arriverent le 13. de Mars de
l’an 10 y 3. Ils rencontrèrent à la cour du pape, Hugues archevêque de Be-
fanqon , Aymard évêque de Sion, 2c Arnaud évêque de Grenoble, qui em.
£loyerent leurs bons offices 'en faveur de Pierre de Mercueur enforte que
eon confirma fon éle&ion , le fit ordonner prêtre par Humbert cardinal
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190
HISTOIRE GENERALE
An.ioj3. du titre de fainte Rufinc , & le fiera, enfuite lui-même évêque,
xxiv. Ce prélat demeura paiiible poffellèur de l’évêché du Puy. Il eut cependant
vicomtes^dc des démêlez * confiderables tant avec les habitans de cette ville , qu’avec
b&$eùia Ies lêigneursdu voifinage, furtout avec le vicomte de Polignac , cequicaufa
Ckitfic. entr’eux une longue guerre. Armand III. b pollèdoit alors cette vicomté.
Gau'fhrMv. U a voit fuccedé au vicomte Agnus qui étoit vraiièmblablement Ton pere. Il
4dit.tt.if.699- eut plufieurs fils , fçavoir Etienne furnommé Taillefèr , Guillaume, Pons&
xn'4.°2t Armand. Le premier fut éliî évêque de Clermont après l’an 1051. & avant
Tt.ibtd. l’an c /o j6. & conlérva avec cette dignité la prévôté de l’églife du Puy
c GM.tbr.ntv. pofiédoit auparavant ; Armand embrallàversle même tems l’état mo.
nainque dans J abbaye d de Tournus.
jerjrj. injir. p. Nous ignorons Jes circonftances de la guerre que Pierre de Mercueur evê-
*d KOTEiHd. que du Puy eut à /butenir contre le vicomte de Polignac , 8c les autres lèi-
ePr.p.s.ac. gneurs du Vêlai. Nous apprenons feulement qu’il vint c 4 bouc de fes enne-
i“>.f-69S- n)fs ( qU’q entreprit enfuite Je pèlerinage de Jerulalem, & qu’à fon retour
il mourut à Genes. Son corps fut apporté au Puy , & depuis au monaftere
de la Voulte en Auvergne, où il fut inhumé avec fes ancêtres. Ce prélat
étoit coufingermain de Guillaume élii abbé de faine Chaffre vers l’an 1036.
( M*b. nd lequel f croie fils du feigneur de Solignac en Vêlai, & d’une fœur de faint
Mttn.ioit.it. odilon abbé de Cluni. Lecomte Humbert & fes fils Amedée & Odondon-
7üa//.cbr.Md. nerent en 1041. au monaftere de lâint Chaffre , fous le gouvernement du
f-76S-&/‘i- même Guillaume, l’églife de Notre-Dame des Echelles dans le diocéfe de
Grenoble.
xxv. Le fiege deBeziers vaqua aulîî en 1053. comme il paroît par le différend
qui s’dleva alors entre les chanoines de la cathédrale de cettè ville d’un côté,
jens plaids te- 8c un lèigneur du diocéfe nommé Odon Bernard, & fes freres , de l’autre,
diZcfc&Hws au fyec de l’églife de faine André de Betignan que les premiersprétendoient
cchi je Nar- le ur appartenir, 5c dont les autres s’étoient emparez. Cette affaire fut g agi-
b°pUC 11& dedans deux plaids, durant la vie 8c en prelênee de Berenger évêque de
feq.' f 111 & Beziers. Ermengaud de Cafouls, Marfred fon fils abbé de faint Jacques de
* Scoiores. Beziers , 8c Matfred de Murviel, qualifiez feigneur s * , prefiderent au premier,
Sc ordonnèrent au défaut de preuves la bataille, ou le duel, qui fe feroit avec
le bâton. Berenger vicomce de Narbonne préfida au fécond tenu à faint Hi-
polyte auprès de cette ville. Il n’y eut rien de décidé ni dans J’un ni dans
l’autre , parce que les juges voyant que Berenger évêque de Beziers , gagné
par une /ômme d’argent , foutenoit faulîèment que les feigneurs qui poffe-
doient l’eglife de Betignan la tenoient de lui en fief, fufpendirent le juge¬
ment. Ce prélat étant venu à déceder peu de tems après, & Bernard, fur-
nommé Arnaud, qui fut élu à fa place, ayant pris les interets de fon chapitre
dans un troifié me plaid tenu à Lignan dans le diocéfe de Beziers, les parties
s’accommodèrent par l’entremife du même Berenger vicomce de Narbonne.
Les polîèûèurs de l’églife de Betignan l’abandonnèrent aux chanoines
. moyennant 300. fols , 8c leur en donnèrent |J’inveftiture avec l’anneau dont
l'eveque s’ étoit fervi le jour de fon facre. L’acte cft • daté du palais epifeo-
pal de Beziers le Vendredi îo. d’Août de l’an 1033.
Il y a lieu de croire que Bernard évêque de Beziers étoit originaire ' du
hrr.f’.uf.& païs je Foix, puifqu’il y avoir fon domaine. Il donna b en effet le 13. de
Juillet de l’an 1 o 54. avec fes freres Amelius _ Raymond , & Guillaume , un
alleu fitué dans le comté de Touloufe , & le territoire du château de Foix , à
l’abbaye de Rôles dans la Marche d’Elpagne. Il eft fait mention dans cet
aéte du comte Roger qui pollèdoit une vigne au village de Loar , conjointe¬
ment avec le même Amelius-Raymond. Ce comte eft le même que Roger I.
du nom , comte de Foix dont on a déjà parlé,
xxvi Si Pons comte de Touloufe fe rendit coupable de ftmonie pour avoir dilpofé
Tons comte Je à prix d’argent de l’évêché du Puy, il tâcha du moins de réparer cette faute
jouiouic.tua- par fa libéralité envers les églifes , & fon zele pour le récabliffèment de
du vigin^au l’obfervance régulière dans les monafteres. Il donna en particulier à celui de
jioccfc de faint Victor de Marfeille , le lieu du Vigan* dans l’ancien dioccfe deNifmes,
ip™/>S.itc.& avec tout ce qu’il y pollèdoit, ou que fçs vaffaux y tenoient de lui. C’eft le
/'/•
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DE LANGUEDOC. Liv. XIV. 191. _
plus ancien monument que nous ayons -touchant la ville du Vigari, fîtuee An.iojj.
auprès de la montagne de Lclperour dans lesCevennes. Il y eut depuis un
prieuré conventuel dépendant de l’abbaye de laint Victor dans cette ville,
qui eh chef d’une vi guerie royale, & Tune de celles du diocèlè d’Alais qui
entrent par tour à l’aflèmblée des Etats generaux de Languedoc.
Nous apprenons par cet acte que Pons étendoit la domination fur ledio-
cèlc de Nifmes ; ce qu’on peut confirmer par un autre , félon lequel un
comte dont le nom n’eft marqué que par la lettre a initiale P. & qui ne peut » Pr. &'<*■
être autre que notre Pons comte de Touloufe , cede à la même abbaye de
faint Victor de Marfeille , & à Pierre fon abbé , la putjjance , l’ élection & la
domination dont il avoit joui jufqu alors fur le monaftere de faint Pierre de Pfal-
modi. Il confirme en même tems l’abbaye de faint Victor dans la poflêlfion
de tous les biens qu’elle avoit déjà acquis , ou qu’elle pourroit acquérir à
l'avenir au nom de ce monaftere , ioit de l’cvêque de Nifmes , foit du comte
de faint Gilles, foit enfin des autres feigneurs du païs. Cet aéte eft fans date,
mais il doit être anterieur à l’an 1060. par la raifon que Pierre abbé de
faint Viétor de Marfeille depuis l’an 1048. étoit alors décédé b ; il prouve b cailch.mv.
que l’abbaye de Pfalmodi étoit encore foumifc dans ce tems-là à celle de
laint Viétor, & que Pons en qualité de comte de faint Gilles , dominoitfur
cette partie du diocèfe de Nifmes.
Ce prince concourut d’un autre côté à la réforme de l’abbaye de MôifTac. xxvn.
Lecomte Guillaume Taillefer fon pere avoit aliéné l’avouerie de ce mona-
ftere en faveur de Gaufbert, fur laquelle il s’étoic feulement réfervé la hize- Uc a l’ordic de
raineté. Pierre alors abbé de Moillac, & fes religieux , firent d’abord quel- CIuD1,
que difficulté de fe foumettre à cet avoué ; mais enfin ils s’accommodèrent c v N0TE
avec lui, & le reconnurent en 1041. pour leur abbé chevalier ou féculter. Ils XXbJux,” hit.
lui cederent en même tems un droit appellé Captennium ' , tant fur une Ti iti.p. -*•&
partie de la ville de Moillac, que furdiverles dépendances de l’abbaye, pour J‘fvDuC„lt
lequel il s’obligea de leur faire hommage , enforte qu’il étoit vaflal des comtes
de Touloufe pour l’avouerie, & de l’abbé régulier èc des religieux de Moif-
fac, pour les biens qu’ils lui cederent afin d’obtenir fa protection. II la leur
accorda dans la fuite, &. fe démit de fon avouerie en faveur de Pons comte e Pr p. 144. &
de Touloufe , & de Guillaume fon fils , fes feigneurs , pour en jouir après fa mort; 1*1-
à condition qu’ils ne poufroient jamais la vendre ni l’engager à aucun clerc ou
laïque -, qu’eux & leurs fucceflèurs auroient toujours la protection du mo¬
naftere ; &: qu’ils le feroient gouverner par un abbé régulier fous l’autorité de
l’abbc de Cluni, ce que Pons & fon fils promirent folemnellement.
Gaulbert dans le tems de cette cefiion avoir déjà commencé d’établir la
réforme à Moillac. Saine Odilonabbé de Cluni ayant fait un voyage f en ! Aym. i, r,y.
Qucrci en 1047. ce feigneur joint à l’évêque de Cahors , & aux principaux
du pais , le prelTerent extrêmement de fe charger du foin de ce monaftere
où il ne reftoit prefque plus de régularité. Le faint abbé leur refufa
d’abord leur demande * mais il fe rendit enfin ,& lailfeen partant , à Moilfec,
quelques-uns de fes religieux , entr’autres Durand de Dôme, Auvergnat de
naiilance qu’il leur donna pour fuperieur ou abbé, avec l’agrément de Pons
comte de Touloufe , & des feigneurs du voifmâge.
Pons après avoir acquis , par la cefiion de Gaulbert , une autorité immé¬
diate fur cette abbaye , voulut exécuter fes promeiïes. il fe rendit donc dans
le monaftere , &là du confentement d’ Almodis fa femme , & des princes d’Aqui¬
taine fs fujets , entr’autres de Bernard évêque de Cahors, & du meme Gauf-
lertaèbé, il fitdrelTer un a&e * folemnel , fuivant lequel il déclare qu’il « gPr.f.»u.<5*
foumetà l’abbaye de Cluni, en prefence de faint Hugues qui en étoit abbé,
le monaftere de Moilfec , que lui & les comtes de Touloufe fes prédecef- «
feurs, avoient tenu en fief des rois de France, ou fuivant une autre leçon, «
des abbez réguliers quilegouvernoient. Pons défend à fesparens & à fes fuc-«
cefleurs de rien changer à cette difpofition , foit après fa mort , foit après «
celle du prince Gausbert, qui après lui étoit le défenfeur du monaftere de M oiffac , «
dm il était appellé abbé j & en cas qu’on y apportât quelque changement , «
il veut que le pape 8t le roi de France chargez aufli de la défenfe de cette «
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1*92/
HISTOIRE GENERALE
^poulc le 4com
te de Barce¬
lone.
À n. 105 5. „ abbaye , en prennent connoiffance. « L’ade^eft date de l’an 105 5. le Mardi
a v. note jour * de la lete de faint Pierre patron des deux abbayes de Cluni Se de
xxxu. >1.4. ^oiffac.
xxviii. Cettç date prouve que Pons, comte de Touloufe, vivoit encore alors en
ÏZiït bonne intelligence avec Almodis fa femme. Ils b le féparérent bientôt
femme qui après , & elle époufa vers la fin de la même année Raymond-Berenger I.
du nom , comte de Barcelone , qui étoit déjà veuf d’Elifabeth. Nous
trouvons l’époque de ce nouveau mariage d’Almodis , dans l’acte c par lequel
b oi*s.ctaJ.dt ]e comte de Barcelone l'on époux lui alligne pour douaire le 4. de Novembre
b de la XXVI. année du régné du roi Henri, ou de l’an 1056. la trot fié me année
de leur mariage , la ville & l' évêché de Gironne, avec toutes les abbayes qui
fe,l. uote cn dépendoient, Se tout ce que la comtefle Ermefiinde fon ayeule avoic tenu
xxx u. dans les comtez d’Aufonnc Sc de Barcelone. Raymond-Berenger difpofe en
même tems de tous ces domaines en faveur des fils qu’il auroit d’Almodis , Se
en cas qu’il n’en eût qu’une fille, il veut que fon fils du premier lit , ou celui
de [es proches qui feroit comte de Barcelone , donne cinquante mille fols , c’elt-
à-dire mille onces d’or, à cette fille: preuve que les mâles de la maifon de
Barcelone, même des branches collaterales, avoient droit de fucceder à ce com¬
té, à l’exclufion des filles.Ce prince différa tout ce tems à affigner ce douaire, tant
d ibiJ.p.iiou à caufe que fuivant d les loix des Vifigots,enufagedans la Catalogne, les maris
que la com_
de tous fes
ne pouvoient le faire qu’un an après leur mariage , que parce
telfe Ermeïïinde fon ayeule , avoit auparavant l’adminiftration
g HOTE ibid.
biens.
Deux anciens hiftoriens font mention de ce mariage d’Almodis , mais ils
« (juin. Mal- ne font pas tout-à-fait d’accord fur les circonftances. L’un c des deux , qui
la dépeint comme une femme déréglée, fait entendre qu’après avoir aban¬
donné fon premier mari pour époufer le comte de Touloule, elle fe fépara
(chron. Mai- elle - même de ce dernier pour fe marier au comte de Barcelone. L’autre *
u»c-p. ip. dont le témoignage paroît plus fur , prétend que Pons la donna lui-même
à celui-ci , ce qui marque une répudiation de fa part. Ce qu’il y a de vrai g,
c’eft que cette princefle époufa non-feulement le comte de Barcelone du
vivant de Pons comte de Touloufe fon fécond mari ,quoi qu’en difent quel¬
ques genealogiftcs modernes, qui ont avancé le contraire j mais aufîi du vivant
d’Hugues feigneur de Luzignan qu’elle avoic époufé en premières noces. Ce
h chron. Mail, dernier ne mourut h en effet que le 8. Octobre de l’an 1060. qu’il fut
tué dans fon château de Luzignan , où Gosfred duc d’Aquitaine l’avoit
allïegé . Son fils , de même nom , qu’il avoit eu d’Almodis , lui fucceda.
Cette dame eut des enfans du comte de Touloufe, qui , à ce qu’il paroît,
ne prit point d’autre femme après l’avoir répudiée. Elle en eut aufîi du comte
de Barcelone fon troifiéme mari.
On a dit ailleurs que cette comteffe avoit deux fccurs , Rangarde & Lucie,’
£sjcde dont la première époufa Pierre-Raymond comte de Carcaflbnne , & vi¬
cies. comte de Beziers S c d’Asrde. L’autre le maria dans la Marche d’Efpagne peu de
ibid.
XXIX.
Comtes «te
Bcz.iKi &
Fcuouill
tems après le nouveau mariage de fa fœur avec le comte de Barcelone. On
y, .ti.conJ.it prétend que ce comte & Almodis fa femme engagèrent ‘ Guillaume IL
' l'c' comte de Bezalu à promettre de l’époufer j mais ce mariage n’eut pas lieu ,
puifqu’il eft certain d’un côté que la même Lucie fe maria quelque tems
après avec Artald ou Artaud comte de Pailhas 5 & que de l’autre la femme de
k v. h ote Guillaume Il.comtede Bezalu s’appelloitk Stéphanie.
Ce<lernier étoit fils 1 de Guillaume I. furnommé le Gros comte de Bezalu ,
de Valefpir &de Fenouilledes , lequel eut d’Adelaïde fa femme un autre fils
nommé Bernard , & fut inhumé dans l’abbaye de Riupoll , dans le tombeau
de fes ancêtres. .Guillaume II. & Bernard fon frere avoient déjà fuccedé dès
l’an 105z.au domaine de leur pere qu’ils poflèdcrent en commun. Le pre¬
mier fuc furnommé T runnus , à caufe qu’il avoit un nez poftiche , èc c’cft
m Pr.nj.é- fans doute le même que le comte Guillaume fils £ Adélaïde , qui par un a&e m
fa- folemnel promit à Guifred archevêque de Narbonne de l’aider contre tous
ceux qui le troubleroient dans la poffeffion du domaine de fon eglife , 2c
en particulier des forterejfies voiflnes de fa cathédrale > ce qui prouve que ce
prélat
XXVlI.n.".
1 Marc. lit [fi
U4,
tfor£ ibid.
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DE LANGUEDOC. Liv-XlV. ij>}
prélat s’aflùra dufècoursde ce prince , fon proche parent , contre le vicomte
de Narbonne.
Guillaume IL comte de Bezalu fe rendit extrêmement odieux à fês fujets
par fes violences 6c fes emportemens : il eut1 fur-tout de grands démêlez a turc, ttfa
avec Berenger évêque de Gironne, à qui il pardonna au mois d’Août de^,lo*‘
l’an 1035. tous les griefs’ qu’il avoit contre lui , en l’honneur du faint fè-
fulchre de Notre-Se&neur J. C. qu'il avoit deffein d’aller vifitcr 5 nous igno¬
rons s’il exécuta ce deffein. Un ancien hiftorien b rapporte qu’étant devenu bMJ.p. J44.
en exécration pour fes déportemens , & s’étant attiré diverfès affaires , il fut
aflàiliné du confentement de Bernard fon frere puîné , & de quelques-uns de fes
vaflàux. Il décéda avant ■= l’an 1070. car Bernard II. fon frere avoit alors c N0Tt^'
lui feul l’adminiftration de tous les domaines de là maifon. Le même auteur
parle très-avantageufement de ce dernier, qui , ajoûte-t-il, fit le bonheur
de fes fujets , 6c étoit aulïï humain 6c modéré , que fon aîné étoit colere
6c emporté. Guillaume II. laiflà de Stéphanie, ou Etiennette fa femme , un
fils nommé Bernard , qui fut le troifiéme comte de Bezalu Sc de Fenouille-
dcsdecenom , êc qui vécut d’abord fous la tutelle de Bernard II. fon oncle
paternel. Ces deux princes jouirent par indivis des domaines de leur maifon ,
qui comprennent les trois comtez dont on a déjà parlé. t
Arnaud évêque de Maguelonne, après avoir fait entièrement réparer là
cathédrale, rélolut1 de la dédier. Pour rendre plus folemnelle cette cérémo- fégiiiê de Ma-
nie qui fe fit e au commencement de l’an 1 o 34. il y invita un grand nom- ^
bre d’évêques des provinces voifines. Les archevêques G uifred de Narbon - ,pi(c.M*gau>n.
ne, Leger de Vienne, Raymbaud d’Arles, Gineminarius d’Embrun, ôc /•; 9 -•<$’/'?•
Auftinde d’Auch s’y trouvèrent avec dix évêques, fçavoir Frotaire de N if. csotexxx.
mes, Bernard de Beziers, Gonthier d’Agde, Roftaing de Lodeve , Hugues “1054.
d’Ufez, Alphonle ou Elefant d’Apt ,Gillebert de Barcelone , Arnaud d’Elne,
Pierre, ou plutôt Wifred de Carcaffonne, 6c Arnaud de Maguelortne. Ce
deifiier travailla enfuice à reformer fon clergé 6c à regler les mœurs de fes
ecclefialtiques , dont la plupart avoient ou des femmes ou des concubines. Il
commença par fon chapitre compofé de douze chanoines 6c de douze pré-
bendiers , qu’il voulut engager à vivre en communauté , ôc à fuivre la réglé
de faint Auguftin. Il leur ailigna pour cela certains revenus , entr’autres
l’étang de Maguelonne qu’il acheta de la comtelle de Melgueil , 6c fur le¬
quel il fe réferva la dixme êc le domaine j mais il trouva tant d’obftacles
à l’execution de ce deffein , qu’il mourut fans l’avoir accompli -, êc ce ne fut
que fous le pontificat d’Urbain IL f 6c l’épifcopat de Godefroi que la régu- f venUUbu.
laritc fut entièrement établie dans l’églHe de Maguelonne , où elle a lubfiftc/»- 799. 0 *01.
julques vers le milieu du XVI. fiecle. L’évêque Arnaud entreprit par dévo¬
tion quelque tems après le voyage de la Terre-Sainte , 6c du faint Sepulchre
de Jerulàlem , 6c mourut vers l’an 1 060. à fon retour dans fon diocèfe, après £ g». fer.
trente ans d’épifeopat. Un moderne g ajoute qu’il fçavoit plufieurs langues, p£fuf,[
& fur-tout l’Arabe , mais cet auteur n’en apporte aucune preuve. ».«<.
La comtelle de Melgueil ou de Subftantion, de qui ce prélat acheta l’étang r„ <je
de Maguelonne, s’appelloit Adele , comme on voit par la donation qu’elle subibntionou
fit vers l’an 10 y y. avec Raymond fon fils, 6c Beatrix fa bru , femme de ce jc
dernier , d’une partie du même étang en faveur du chapitre de Maguelonne. MompcUicr.de
Adele étoit alors veuve ‘ de Bernard III. comte de Subftantion ou de Mau-
gio quipoffedoit ce comté en 1 o î y . 6c qui vécut jufques vers l’an 1040. Il f \
a lieu de croire qu’il luy avoit laifle par fon teftament l’adminiftration de fon j*q-
domaine pendant tout fon veuvage. xxxnn.™
Lacomtefle Adele excepta de cette donation le fiefs des fils deGaücelin. Elle
entend parler de Raymond 6c Pierre feigneurs de Lunelau diocèfe de Mague¬
lonne, qui avoient fuccedé à Gaucelin leur pere, Se qui étoient mariez dès
l’an 1034. comme il paroît par la reftitution de certains biens qu’ils firent k *?•
alors à l’abbaye de Pfalmodi. Pierre fils d’ Almerade d’ Andufcx parle du der¬
nier dans une autre refticution qu’il fit vers l’an ic6o. à l’abbaye de Gel-
lone ou de faint Guillem du Défcrt, d’un alleu que Guillaume de MontoeL
lier , Pierre fils de Gaucelin de Lunef 5c un troifiéme feigneur , tenoient en fief.
Tome II. B b
us.
1 P- *J9-
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*94
HISTOIRE GENERALE
AN.1054. Ce Guillaume fut le III. feigneur de Montpellier de Ton nom, & le pre-
a v. soif, mier que nous trouvons avoir pris le furnom de Montpellier. Il étoit fils» de
xxxvu. »-<■ Guillaume IL qui vivoit encore en 101 5. &c de Beliarde. Il reçut b en 1059.
|e {,,rraent fidelité des feigneurs du Pouget & de faint Pons.
Nous apprenons de divers autres monumens l’état où étoit alors la mai-
fon d’Andufe , & l’étendue de fon domaine. Almerade donc on vient de par¬
ez- 119.& fa- 1er , difpofa en i o j z. par un aéte c qu’on peut regarder comme Ton teftament,
de ce qu’il poflëdoit aux châteaux d’Andufe , de Peiremales & de Barre , en
faveur de Pierre fon fils , qu’il établit en même tems défenfêur du mo¬
naftere de faint Pierre de Sauve dans le comté de Nifmes. Il lui donna
l’églife de faint Pierre de Portes dans le comté d'Vfe 2^, dont il avoit hérité de
fes parens. Pierre confirma cette donation d’ Almerade fon pere , en faveur
de Pierre abbé du monaftere de Gellone , duquel celui de Sauve dépen-
doit : il donna 4 de plus au premier la parc qu’il avoit à l’églife de Merueys
dans le comté de Nilmes.
Bermond de Sauve frere d’Almerade d’Andufe mourut vers l’an 1054. i
4 p. XJJ.
* p. ïx4-
fa-
& Rome,
femme Auftorc
où il avoit fait un voyage de dévotion. Il chargea en mourant fa
Luftorge qui l’avoit accompagné , de donner, conjointement avec leur
fa-
f f. i?». ^
fils Pierre, au monaftere de Sauve, Ta portion qu’il avoit de l’églife & du vil¬
lage de Portes , dans le comté & l’ évêché d’Vfe 2^ Pierre de Sauve exécuta la
meme année la volonté de fon pere de l’avis d’Auftorge fa mere , & de fes
vaff aux nobles dont les noms font rapportez dans l'acte. On voit par ces
divers monumens qu’ Almerade , fils aîné de Bernard feigneur d’Andufe prit
fon furnom de ce château , & que Bermond fon frere puîné d’un fécond lit,
prit celui de Sauve, château dont ils poftederent chacun la moitié, de mê¬
me que de ceux de Barre dans les Cevenes , & de Peiremales dans le
diocèfe d’Ufez. Quant au lieu de Portes qu’ils donnèrent au monaftere de
Sauve , c’eft une ancienne baronie du diocèfe d’Ufez qui a aujourd’hui titre
de marquifat. •
Pierre d’Andufe , fils aîné d’Almerade, vécut jufqu’en 1077. f& mourut,
à ce qu’il paroît , fans pofterité. Pierre & Bernard de Sauve fes coufins par¬
tagèrent en effet fa fucceffion. Comme ces deux feigneurs ajoutèrent à leur
nom celui de Bermond leur pere , fuivanc l’ufage du fiecle , ce nom leur
fervit de furnom & paffe à leur pofterité. Pierre-Bermond forma la branche
de Sauve , & poffeda outre ce château, une partie de celui de Merueys, an¬
cienne baronie fîtuée autrefois dans le diocèfe de Nifmes , & aujourd’hui
dans celui d’Alais. Bernard-Bermond fit la branche d’Andufe , ôefut feigneur
de cette ville, de même que des châteaux de Barre , de Peiremales , de Por¬
tes ,& d’une partie de Merueys , dont il fit hommage à Pierre fon frere aîné.
Plufieurs d’entre les évêques quiavoient affilié à la dédicace de l’églifede
iX.Coôdîcde Maguelonne, fe trouvèrent g le 1 5. du mois d’Aoùt de la même anneeà un
conc^e S116 Guifred archevêque de Narbonne convoqua dans cette ville ,
& qui en fut le IX. Outre ce prélat les évêques Bernard de Beziers, Gon-
thier d’Agde, Roftaing de todeve, Arnaud de Maguelonne, Frotaire de
Nifmes , Berenger de Gironne , Gillabert de Barcelone , & Guillaumed’Albi
s’y rendirent en perfonne. Guillaume d’Urgelêc Hugues d’Ufez y envoyèrent
des députez. Pierre Raymond comte en partie de Carcaflonne , ôc vicomte de
Beziers & d’Agde, eut beaucoup de part à la convocation de ce concile, &
s’y trouva avec Berenger vicomte de Narbonne, divers abbez & un grand
nombre de clercs, de nobles, & autres perfonnes notables du pais.
Le principal objet de cette affemblce fut de confirmer la paix & la trêve
de Dieu , ôc de réparer les infractions qui v avoient été faites depuis leur
établiflèment.Ces infractions avoient été caulées fans doute pour la plus grande
partie , par les différends qui regnoient entre l’archevêque & le vicomte de
Narbonne, lefquelsfe réconcilièrent alors, à ce qu’il paroît, parla médiation
des évêques du concile. Nous fçavons en effet d’ailleurs h que la guerre
pi- «s’étant renouvellée entre ce prélat &le vicomte, ils en vinrent à un accom-
» modement par l’entremife de plufieurs évêques, qui leur firent promettre
» d’obferver hdelement la trêve de Dieu , & de punir féverement les infra-
xxxii.
y. Mure. Con¬
dor. nov. edit.
MJ X.&fa.
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DE LANGUEDOC. Liv. XIV.
a Concth &
Mare . rbtd.
b Tleuri hifti
eccL l.6o,n*i6k
c Mare.
ûeufs j & qu’ils convinrent en même tems départager les amendes qui pro-« AN.ioj.ft
viendroient de ces infractions. Le vicomte céda alors fa moitié au profit de«
l’cglilè de Narbonne. «
Le IX. concile de cette ville drefla vingt-neuf canons a , dont il ordonna
l’obfervation dans les corntez 6c les diocclès delà province , fous peine d’ex¬
communication , 6c de quarante fols d’amende en faveur du fêigneur du pais
où l’infraétion fèroic faite. On condamna à une double amende ceux qui dans
le terme de quarante jours ne repareroient pas le dommage qu’ils auroient
caufé , 6c qui ne feroient pas une entière fatisfaétion. Les dix premiers canons
regardent la trêve de Dieu , 6c les autres la paix. Les uns 6c les autres font à peu
près les mêmes que ceux du concile de Tulujes, au/quels on ajouta la dc~
fenfe de couper les oliviers par lioftilitc , 6c d’en enlever les fruits , à
caufè que l’eglife s’en fervoit pour la compofirion du fâinc Crème , &
pour le luminaire. On accorda en vertu de la trêve de Dieu , une entière
fureté pour les brebis 6c leurs paflcurs. On défendit aux feculiers d’ufiirptr les
revenus fynodaux fans le confentement des évêques 6c des clercs, ni de quel¬
que manière que ce fut , les prémices , les oblations, le droit de fepulture, 6c
autres droits purement ecclefiaftiques,non plus que les biens deséglifês. On dé-,
fendit enfin de piller les marchands 8c les pèlerins. Un célébré b hiltoricn de nos
jours remarque avec railon qu’on joignit dans ces canons les peines tempo¬
relles aux fpirituelles , parce que les deux putffances y concoururent également i
enforte que ce fut proprement une aflemblce des notables de la province,
ainfi que plufieurs autres conciles qui furent tenus avant 6c après. Guifred
archevêque de Narbonne fouferivit c le 20. de Novembre fuivant, avec
Raymbaud archevêque d’Arles , 6c quelques évêques de la Marche d’Efpa- p lco}'
gne, au privilège que Raymond prince des Barcelonois , & la comtcflè Almo-
dis la femme accordèrent alors aux chanoines de la cathédrale de cette
ville.
La guerre fe ralluma entre Guifred archevêque , 6c Berenger vicomte
de Narbonne peu de tems après le concile dont on vient de parler. Le
premier pour fe foutenir 'chercha à fe faire des protecteurs , 6c eut re- gverre entre
cours entr’autres à Pierre-Raymond comte de Carcaflônne 6c vicomte de Be- •’jf<-hcv£liuc
ziers& d Agde, qui! engagea a prendre les interers moyennant d une loni- kNarbonac.
me confiderabie qu’il lui compta, 6c divers domaines de fon églifê qu’il lui dPr-f- !7°-
céda en fief, & qui paflèrentaux fuccellêurs de ce comte. Guifred e gagna tibu.p.x 34.
d’un autre côté plufieurs gentilshommes qu’il s’attacha , en leur donnant
plus de dix mille fols de rente , fiif les biens qu’il étoit convenu avec le vicomte
d’abandonner à Ion chapitre , fournie qui montoit f à celle de zoo. onces f Marc. rnjpi
d’or. Ce prélat viola enfuite % la trêve de Dieu qu’il venoit de faire ferment
d’obferver j & fes troupes s’étant mifesen campagne, attaquèrent celles du
vicomte, 6c tuèrent un de les foldats l’un des jours marquez pour l’obferva-
tion de la trêve. Berenger fe plaignit hautement de cette infraction : mais
l’archevcque loin d’en faire juftice, prit les coupables fous fa prorection. Le
comte Pierre-Raymond allié de ce prélat enfreignit de fon côté la- trêve
de Dieu vers le même tems, enleva de Péglifè de Notre - Dame d’Alet
deux chevaliers qui n’avoient commis aucun crime, & fit pendre l’un d’entre
eux, qui étoit proche parent du vicomte, comme s’il eût été un fee-
lerat , & un voleur de grand chemin. Guifred fe déclara encore le
protecteur de cet attentat , refufa d’écouter là-defîùs les plaintes du vicomte,
& fe mocqua des promeflcs qu’il lui avoir faites folemneilement fur le fâinc
autel.
Nous ne trouvons plus rien dans la fuite du comte Pierre- Raymond, xxxrv.
qui fans doute ne furvêcut pas long-tcms, & qui mourut certainement avant MorrdcPkr-
l’an 1 où 1 . Il vendit au mois de Mars de l’an 1 0 54. avec h Rangarde fa fem- ’
me, Roger leur fils , 6c leurs filles Carfinde, Ermengarde & Adélaïde , l’ab- tic de Carcaf-
baye de S. Geniez fituée au voifinage de la mer , aux chanoines de la cathédrale j°°fc2™°£K
de Beziers, pour la fournie de fix cens fols T ouloufuins , 6c aucan t pour Deufdedic d’Agde. Roger
qui la tenoit en fief. Cette abbaye nous eft d’ailleurs inconnue. cacJde fîJs ,u<
, Roger fucceda au comte Pierre-Raymond fon pere dans fa portion du
Tome JJ. B b ij
xxxnr.
RcuouvcJie-
de la
nunt
Digitized by
A N. ; 054.
a Pr. p. i)t4
XXXV.
Monde Ray-
moiuUl.com*.
te de Rafez»
Réunion de ce
comté à celui
deCa rca fibrine.
bNQTEXXU.
»> X4*
XXXVI.
X. Concile de
Naibonnc.
~ 1 0 5 î~
< Mure. Hifp .
Ms1 ■&/'?■
xxxvn.
III. Concile de
Toulou:e.
Eveques de
cette ville.
10 j 6.
d Cône tl.ro 9.
/>• loS*. & je j.
e KOTE
MXX. n.,.
( Mâr'tan.ltb.
9. CAf. (.
i<* HISTOIRE GENERALE
comté de Carcaffonne dont il fut le troifîéme comte de fon nom , & dans les
vicomtez de Beziers & d’Agde. Quant à Garfinde , Ermengarde 8c Adélaïde
filles du comte Pierre-Raymond, la première époufa Raymond fils aîné de
Berenger vicomte de Narbonne * la fécondé Raymond -Bernard vicomte
d’Albi & deNifmes > 8c la derniere Guillaume comte de Cerdaigne , ainfi
que nous le ferons voir dans la fuite.
Comme Roger III. étoit fort jeune dans le tems de la mort du comte
Pierre- Raymond fon pere , il fut d’abord fous la tutelle 8c Tadminiftration
de Rangarde fa mere : nous en avons diverles preuves -, entr’autres une 4 pro-
meflè que le comte Raymond fils de Beliarde fit à cette comtefle , de l'aider
contre tous à conferver les villes & les évcches^ de Beziers , d’Agde , ôc de
CarcalTonne , le château de Pezenas , 8cc. à condition que de fon coté elle
lui feroit fidele pour ces mêmes villes 8c châteaux.
Cette derniere claufe eft une preuve qu’il y avoir une convention entre le
comte Raymond d’un côté , 8c la comtefle Rangarde , ou plutôt fon mari
& fon fils de l’autre , pour fefucceder réciproquement au défaut de defeen-
dans mâles. Il paroît d’ailleurs que ce Raymond dominoit b fur le Rafez,
& qu’il defeendoit de Raymond I. & d’Eudes comtes du même j>aïs : or
comme celui-ci & Roger I. comte de Carcaffonne fon frere avoient fait
une femblable Convention, 8c que Roger III. comte de CarcalTonne poflêdoit
le comté de Rafez avant fa mort , il eft fort vraifemblable que ce dernier
recueillit en vertu de cet accord la fucceflion du même Raymond II. comte
de Rafez , qui mourut ainfi fans pofterité mafeuline.
Guifred archevêque de Narbonne tint le premier d’Oétobre de l’an 1055.
un nouveau c concile dans cette ville , auquel il ne fe trouva avec lui que fix
évêques de fa province , fçavoir Guillaume d’Urgel , Guillaume d’Auionne,
Berenger de Gironne , Bernard de Beziers, Roftaing de Lodeve 8c Gon-
thier d’Agde. Ces prélats déclarèrent excommuniez les ufurpateurs des biens
de l’églife d’Aufonne.
Ce concile fut fuivi d’un autre bien plus nombreux à tenu àTouloufele 13.
de Septembre de l’an 1056. par ordre du pape Viétor II .fous le venerable
Pons comte de Touloufe. Raymbaud archevêque d’Arles , 6c Pons archevêque
d’Aix y préfiderent en qualité de vicaires ou légats du faint fiege, avec Gui¬
fred archevêque de Narbonne. Parmi les évêques qui s’y rendirent, il y
en eut au moins fix de la province } fçavoir, Arnaud de Touloufe, Bernard
de Beziers , Gonthier d’Agde , Arnaud de Maguelonne , Frotaire de Nifmes,
£c Roftaing de Lodeve. On prétend qu’un autre évêque nommé Arnaud,
qui y foulcrivit, 8c dont le nom du fiege eft en blanc, étoit évêque de
CarcalTonne * mais il eft certain * que c’étoit Guifred ou Wifred qui occu-
poit encore alors cet évêché. Les autres prélats qui alfifterent à ce concile
étoient des provinces voifines.
On y drefla 1 3. canons, tant pour abolir la fimonie qui regnoitdans toute
Tcglife , que pour ordonner le célibat aux ecclefiaftiques qui le mettoient
alors peu en peine de le garder 5 pour empêcher l’ufur.pation des biens des
églifes , 8c remédier à divers autres abus. On y défendit aux cpmtes , 8c à
toute forte de puiflànces devendre les évêchez 6c les abbayes } 8c il fut arrête
que les évêques 6c les abbez ne pourroient être élus qu’à l’âge de 30. ans.
On ordonna enfin que ces canons feroient également obfervez dans la Gaule
& l'Efpagne. On doit entendre par ce dernier terme la Marche d’Efpagne ou
Catalogne alors foumife à nos rois pour le temporel , 8c aux archevêques
de Narbonne pour le fpirituel.
C’eft au tems de ce concile de Touloufe , 8c fans doute dans le concile
même , que les légats du pape Victor II. auroient jugé le différend qui étoit
alors , à ce que dilènt Mariana f , 6c quelques autres Efpagnols modernes ,
entre Ferdinand roi de Caftille, 6c l’empereur Henri, fi Ton pouvoir s’en
rapporter au témoignage de ces auteurs. Ils ont avancé que ce dernier prince
prétendant que l’Efpagne relevoit de l’Empire, le roi Ferdinand pour fou-
tenir l’indépendance de fa couronne , leva une armée de dix mille hommes,
qui , fous la conduite du fameux Cid , s’avança jufqu’à Touloufe où. elle
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DË LANGUE DOC. L.v.XlV. i*? _
s'arrêta ; que Ferdinand l’ayant jointe bientôt après dans cette ville , en- Atf.iojé»
voya prier le pape Vi&orll. de fe rendre médiateur entre lui 5c l’empe¬
reur ; que Vidor chargea de cette commilfion Robert cardinal de fainte
Sabine qui fe rendit à Touloufe, accompagné des ambaflàdeurs del’empe-
reur5 & qu'enfin ce légat y termina le différend des deux princes à la fatisfadion
du roi de CalHlle. Mais le filence {profond que gardent les anciens fur toutes
ces circonftances , nous donne lieu de les regarder comme entièrement fabu-
leufes.
On prétend * encore que Berenger vicomte de Narbonne, expofa devant Y
les peres du même concile de T ouloufe , 5c les légats du pape qui y préfiderent,
les griefs qù’il avoit contre Guifred fon archevêque j mais il eft certain
que ce fut dans un concile pofterieur. Du refte les évêques qui affifterent à
celui de Touloufe y confirmèrent b l’union de l’abbaye de Moiffac à celle de
Cluni , 8c firent un decret contre les ufurpateurs de fes biens. Suivant la f. ,0.
chronique c manufcrite d’Aymeric de Peyrat abbé de Moiffac, qui rap- c ujf.JiCcHeri
porte ce decret, il fut rendu au nom de 1 8. évêques du concile: ces prélats **”•
en donnèrent d un femblable en faveur des religieux de l’abbaye de Riupoll d umtMfii
qui y avoient envoyé leurs députez. ’ D’¬
Arnaud évêque de Touloufe mourut fans doute bientôt après ce concile.
Pierre- Roger fon füccefleur immédiat vivoit en effet fous le régné du roi
Henri , fie Durand abbé de MoifTac avoit déjà fuccedé à ce dernier • dès le * M‘b-
mois de Juin de l’an 1059. Pierre-Roger n’occupa donc pas le fiege épifeo-
pal de Touloufe, jufqu’au mois de Septembre de l’an 1060. comme on le
prétend {. Dans un voyage qu’il fit à Cluni , il fut fi édifie de la g régularité
de ce monaftere , qu’il fonda fous fa dépendance un prieure à laints Co ss
iombe, alors dans le diocèfc de Touloufe , ôc à prefent dans celui de Mi-
repoix. P- & r-
11 pafoît que le concile de Touloufe prit cotmoifTance d'un différend qui
s’étoit élevé alors entre Ermeflinde de Carcaffonne , comteffe douairière de f,mie de c«-
Barcelone, fie le comte Raymond-Berenger fon petit-fils. Pour l'intelligence cllfonQ' com»
de ce fait , il faut fe rappeller que le comte Raymond- Borrel , mari de cette ic!'/ Guifred
princelïe, lui ayant laide par fon teftament l’adminiftration de tous fes do- archevêque de
maines pendant tout le tems qu’elle vivroit en viduité , elle en jouit fa depuis ^'muniê.'*"
•la mort de ce comte arrivée en 1017. jufqu’en 1013. qu’elle les céda à Be- hMvc.Hîfr
tenger fon fils fous certaines conditions. Celui-ci étant décédé en 103 5. elle M°*7*
reprit l’adminiftration du comté de Barcelone , 5c des domaines qui en dé-
pendoient , qu’elle garda toujours , ce qui chagrina beaucoup Raymond fon
petic-fils , fie Almodis femme de ce prince , qui n’ayant prefque que le vain
titre de comte de Barcelone , n’oublia rien pour engager fon ayeule à lui
ceder cette adminiftration. Le refus qu’elle en fit irrita extrêmement Ray¬
mond , fie ce prince porta fi loin fon reffentiment , qu’il la maltraita , peut-
être à l'inftigation d’ Almodis fa femme. Ermeflinde indignée du procédé de
fon petit-fils à fon égard, s'en plaignit au pape Victor 11. ôt implora fa pro¬
tection \ Ce pape la lui accorda volontiers , 5c commit en conféquence * ®**i-«*M*
Raymbaud archevêque d’Arles, fie Guifred archevêque de Narbonne pour
examiner cette affaire dans le concile de Touloufe , avec ordre d'excommu¬
nier le comte de Barcelone 5c Almodis fa femme , ce qui fut exécuté. Viétor
confirma la fêntence, 5c frappa du même anathème Guifred archevêque de
Narbonne, qui, à ce qu’il paraît, avoit embraffé les intérêts du comte de
Barcelone. Ermeffmde s’accommoda cependant enfin avec ce prince fon
petit-fils, 5c Almodis fa femme , & leur ceda^ tous fes droits fur lescomtex^& * MMrt.mfp:
les évèihé 2^ de Gîronne, de Barcelone, Aufonneou Vie Sc Manrefe, moyen- p‘ llo<‘
fiant la fomme de mille onces d*or qu’ils lui payèrent. L’a&e eft daté du 4.
de Juin, la JtJCVI. année du régné de Henri , Ôcpar conféquent de Van 1057.
& non pas de l’an 1056. ainfi1 que l‘a avancé un hiftorien 1 Catalan. Il eft \ dû»j ily.
d’ailleurs certain par ce que nous venons de rapporter , que cet accord eft
pofterieur au concile de Touloufe. Ermeffmde fe dit fille d’ Adélaïde dans
l’acte qui eft fouferit par Guillaume Miron, Ôc Roger P,ons de Narbonne.
La comteflè douairière de Barcelone , après cette ceftion , prêta ferment
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An.iojj
a Diag.ibid.
b Pr.p. iif.&
i*q-
c F. NOTE
XXXV.
d Concilié, y.
^1087.
xxxix.
AHcmblÉcs ou
conciles tenus
à ‘Barcelone &
Elue. Comtes
de Rouflîllon
& d’fimpurias.
c Marc.HiJp.
f.UU&J'l'
ioy 8.
£ ibi.i-p.lU7 .
£ Mtrc.Nifl»
l'.All.&lOÏf.
h f>. 4*4.
ro^o.cJ* 1053.
i Vr.p.lW-
&j‘i-
K Marc.HiJp.
f • il*y-
1 £. 458.
• m p.1164.
.n^. 1 17 r . C^-
/*?•
.198 HISTOIRE GENERALE
de fidelité à Ton petit-fils , 6c à Almodis femme de ce prince, 6c s’engagea, au¬
tant qu’il feroit en elle , de faire lever l’excommunication que le concile
de Touloulè 6c le pape Viclor avoient lancée contre eux, 6c celle dont le meme
pape av oit frappé Guifrcd archevêque de Narbonne. Elle fe retira * enl'uite dans
le château de faint Quirice dans le comté d’Aufonne , où elle forma bien,
tôt après le deflein d’aller en pèlerinage à faint Jacques en Galice 6c à
faint Pierre de Rome. Pour s’y difpofcr elle fit fon tellament le 2 y. de Se¬
ptembre, de laXXVlI. année du régné du roi Henri, ou de l’an 105 S. 6c
elle le confirma par un codicille du 26. de Février fuivant 4 ce qui prouve
qu’elle n’executa pas ce deflein , puifqu’elle mourut le premier de Mars de
l’an 10J9. dans le même château.
Nous apprenons d’ailleurs b que le pape Victor II. excommunia Guifrcd
archevêque de Narbonne pour crime de fimonie dans un concile de 1 20.
évêques. Comme on vient de voir que ce prélat étoit déjà excommunié au
mois de Juin de l’an 1057. c’eft une preuve c que le pape Viclor le frappa
d’anathême dans le concile qu’il tint à Rome d dans la bafilique de Con-
ftantin le 18. d’Avril delà même année. Viclor leva fans doute fon excom,
munication quelque tems après } nous fçavons du moins que Guifrcd exer-
çoic les fondions de fon minilbere fur la fin du pontificat de ce pape.
Cet archevêque fit en effet le 18. de Novembre de l’an 1058. la confé-
cration e de l’églife cathédrale de Barcelone. Raymond prince de cette ville ,
comte de Gironne , & marquis d’Aufonne , qui avoit fait réédifier cette églife ,
pria Guifred , du confentement d' Almodis fa femme , de faire cette ceremonie.
Il y invita aufli Raymbaud archevêque d’Arles , 6c les évêques de la
Marche d’Efpagne qui s’y trouvèrent tous, entr’autres Paterne de Tortofe, ville
que Raymond-Berenger avoit par conféquent enlevée dcs-lors aux Sarafins ,
& où on avoit rétabli le fiege épifcopal.
L’archevêque G uifred préfidaHe 10. de Décembre de la même année à
une autre aflèmblée ou concile qui fut tenuàElne, 6c auquel fe trouvèrent, avec
les notables de fon diocèfe, les évêques Bercnger d’Elne, Bercnger de Gi¬
ronne 6c Guifred de Carcaflonne $ Gausfred comte de Rouflîllon , Raymond
comte de Cerdagne , 8c plufieurs abbez 6c feigneurs. Enfin l’archevêque de
Narbonne fouferivit le 2 6. de Décembre fuivant avec Raymbaud archevê¬
que d’Arles, Arnaud évêque de Maguelonnc, Frotaire de Nifmes, 6c Guil¬
laume d’CJrgel , à un a&e par lequel Hali duc Mahometan ou Sarafin de
Dénia 6 c des iflcs Baléares , fournit à l’églife de Barcelone toutes les egliies
de fes états.
Gausfred comte de Rouflîllon dont on vient de parler , avoit tenu un
plaid g en 1044. avec Pons comte d’Empurias. Il efl marqué dans l’acle
qu’un autre Gausfred comte de Rouflîllon , lequel vivoitben 102 y. étoit leur
ayeul, 6c que celui-ci étoit fils de Gaufbert. Ils avoient donc une defeen-
dance commune : aulli eux 6c leurs fucceflèurs poflederent-ils par indivis leur
domaine , qui comprenoit les trois comtcz de Rouflîllon , a’Empurias , 8C
de Pierre-late. Pons comte d’Empurias avoit fuccedé au comte Hugues
fon pere, qui avec fa femme Guifle, 6c le même Pons 6c Raymond fes fils,
rellitua* en 103 6. à l’abbaye de la Grafle un domaine que Suniarius évêque
d’Elne avoit acquis de Gausfred comte de Rouflîllon fon pere , 6c d’Ave fa
mere, 6c dont il avoit difpofé en faveur de ce monaftere, moyennant cinq
onces d’or que Rodolphe qui en étoit abbé , 6c fes religieux lui avoient
données. Guifle veuve d’Hugues comte d’Empurias vivoit encore en 1060. k
qu’elle donna à l’églife de Gironne, un alleu quelle tenoit de fes parens dans
le comté de Beziers , d’où elle étoit fans doute originaire.
Gausfred II. comte de Rouflîllon mourut après l’an 1 1069. Il eut fins doute
d’ Adélaïde fa femme, Guillabert qui lui avoit fuccedé m en 107 y .Hugues comte
d’Empurias, promit n à ce dernier en 108 y. de lui conlerver ce comté avec
ceux de Rouflîllon 8c de Pierrelate : preuve que ces deux branches pofledoient
encore alors leur domaine en commun. Nous aurons occafion de parler ail¬
leurs de Guillabert comte de Rouflîllon, qui vécut jufqu’au commencement
du Xll.fiecle.
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DE LANGUEDOC. Liv. XIV. 199 _
Les différends qu s’etoient élevez entre l’archevêque Guifred & Berenger An'.iojS.
vicomte de Narbonne continuoient toujours. Ils furent cependant fur le Tr^'lrioB
point d’être alToupis à l’occafion fuivante. Le clergé » 6c le peuple de cette des reliques
ville fouhaitoient avec ardeur depuis très-long- tems d’enrichir leur cathe-
drale des précieufes reliques des faints Juft ôc Pafteur fes patrons, qui avoient * Cithdraie
foufFert le martyre à Complute ou Alcala de Henarés en Efpagne, fous les de Narbonne,
empereurs payens. Ils fçavoient que Charlemagne , durant fon expédition je^'emre''
au-delà des Pyrénées , avoit heureufement recouvré ces reliques , donc il l'archevêque &
avoit dellèin de faire prefent à l’églife de Narbonne, S c qu’à fon retour il de
avoit été obligé de les laiifer en Elpagne. L’archevêque Guifred informé du a rr.p. tu.
lieu où ce prince les avoit laiflées , fe donna tant de foins pour procurer à r- C*“L
fon églife un aufli riche tréfor , qu’enfin l’ayant obtenu, il alla au devant^7*01
pour le recevoir, & le plaça en 1058. dans fa cathédrale. Cette a&ion lui
acquit la bienveillance du vicomte -Berenger , de fa famille , ôc de tous les
citoyens de Narbonne ; 6c il paroiffoit qu’elle devoit être le gage de la
réconciliation avec le premier , lorfqu’elle caufa parmi eux de nouvelles
brouilleries. Il s’éleva d’abord quelque difpute au iujet des offrandes qu’on
faifoit pour honorer ces reliques, entre Guifred ÔC fon archidiacre } ce qui fit
prendre à ce prélat la réfolution de les enlever de la cathédrale St de les tranf-
ferer ailleurs. Le vicomte 6c fa femme avertis de ce delfein , prièrent Gui¬
fred de ne pas l’executer , ôc lui offrirent pour la fureté de fes prétentions ,
de lui donner des otages qui cautionneroient jufqu’à la fomme de dix mille
fols. L’archidiacre offrit de fon coté de s’en rapporter au jugement de l’ar¬
chevêque d’Arles : mais Guifred peu touché de ces offres , enleva fecrete-
ment les reliques des faints Juft 5c Pafteur , ôc les tranfporta dans une fimple
paroiffè de fon diocèfe, où il transfera en même tems fon ficge ôc fon cha¬
pitre, avec l’argenterie, les vafes lacrez , 6c les ornemens de la cathédrale ,
qu’il priva par la des offrandes que les nobles , le peuple , & les penitens , avoient
coutume d’y faire , 6c dont il difpofa en faveur de fes foldats. Le vicomte
très-mécontent de cette conduite , s’en plaignit à Guifred , 6c le follicita fl
vivement de retourner à Narbonne avec les reliques, que ce prélat promit
enfin d’entrer en accommodement là-deflus. L’archevêque retira bientôt
après fa parole } ce qui engagea la vicomtefTe Garfinde fa coufine germaine
qui en fut piquée , à l’aller trouver pour le fommer de la tenir , ôc le porter
à terminer fes différends avec fon mari. Guifred ne répondit aux inftances
de cette dame que par des menaces accompagnées de ferment , d’emporter
les reliques des faints Juft 6c Pafteur dans un pais étranger d’où elles ne
la cathédrale. Elle rejoignit enfuite le prélat, 6c le fupplia à genoux de
rendre juftice à fon mari $ mais elle ne put rien obtenir , ôc Guifred demeura
toûjours infléxible. Le vicomte Berenger efperant encore de gagner ce pré¬
lat, l’alla trouver , lui propofa la médiation du concile de la province , 6c
de l’archevêque d’Arles fur leurs différends, avec promeffe de donner caution
jufqu’à la fomme de dix mille fols pour gage de la parole qu’il donnoit de
s’en tenir à leur décifion. L’archevêque rejetta bien loin cette propofttion.
Le vicomte lui offrit enfuite de s’en raporter au jugement du légat du faint
fegCi&du concile c^u'il devoit tenir . Guifred refufa également cette offre.
Enfin le vicomte lui propofa d’aller à Rome , pour remettre leurs différends
à la décifion du pape , ce que l’archevêque refufa encore * 6c pour marquer xl\.
fon refTentiment contre le vicomte , il l’excommunia avec toute fa famille , ôc
jetta l’interdit fur tout fon domaine -, enforte qu’on cefta d’y adminiftrer les comte de Nai-
facremens , ôc que les morts furent privez de la fepulture eccleftaftique. \S«fca“c.C
Berenger ne pouvant engager l’archevêque Guifred à lui rendre juftice , Ce prélat eft
eut recours aux légats du pape , aux évêques , 6c aux abbex affemblez à
Arles en 1059. Il leur expola fes griefs contre ce prélat b par un mémoire Vîv^y-vcr
dans lequel il déclaré » que fi la crainte de Dieu ne V avoit retenu , il n’au- «
roit fait aucun cas de l’excommunication que Guifred avoit lancée contre « xxxv.
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_ _ z*o HISTOIRE GENERALE
An. 1059. «lui, parce que c’écoic un fcelerat déjà excommunié comme fimoniaque par
» le pape Victor. Il a vendu , ajoûte-t-il , tous les ordres 5 8c pour ne parler
« que des évêques qu’il a facrez fur mes terres , il les a tous rançonnez juf-
« qu’au dernier fol. Si vous doutez de la vérité de ces faits , continue Be-
» renger , vous n’avez qu’à interroger les évêques de Lodeve 8c d’Elne qu’il
« a ordonnez , 8c qui pourront vous en rendre témoignage. Il n’a pas voulu
» bénir les églifes de mon domaine qu’à prix d’argent , 8c en dernier lieu il a
» fait arrêter St mettre en prifon deux de mes chevaliers qui revenoient de
» la fête qu’on célébré à l’abbaye d’Aniane le jour de l’Epiphanie. Le vi¬
comte de Narbonne déclare enfin que fi le concile ne lui rend pas juftice ,
H s’embarraflera peu de l’excommunication de fon archevêque , qu’il ne
gardera aucune trêve dans les domaines, & qu’il n’aura plus recours au jugement
du faint fiege. Il s’y adrcfia toutefois bientôt après * St fur le refus que fit
le concile de recevoir fa plainte il l’envoya au pape , « en le priant inftam-
» ment de l’abfoudre de l’excommunication , St de lui faire juftice contre l’ar-
» chevêque. Je fuis prêt, dit-il, d’aller pourfuivre mon affaire à Rome,
•» au lieu que ce prélat n’y ira jamais , à moins qu’on ne l’y amené garroté.
C’eft ainfi que finit le mémoire de Berenger vicomte de Narbonne, contre
Guifred archevêque de cette ville. Ona lieu de croire que le pape y répondit
txoTEibtJ. favorablement j car il paroît 1 certain que Nicolas II. qui occupoic alors le
faint fiege , excommunia de nouveau ce prélat.
xlii. Durant ces différends qui cauferent tant de troubles St de fcandale dans
couronne- ja province , le roi Henri aflocia fon fils Philippe au thrône , St le fit cou-
ri'üi'rpc!'& ion Tonner à Reims le jour de la Pentecôte de l’an 1059. dans une nombreufe
aiib iuion au affemblée des principaux prélats St feigneurs du royaume. Leurs b noms
thione par le onc pa{fé jufqu'à nous : mais on n’y trouve ni le comte de Touloufê, ni au¬
pere cun eveque ou leigneur de Languedoc. Il paroît cependant que Philippe
b Du'h. to.^. püt reconnu fans aucune difficulté dans cette province après la mort du roi
— |-Qn pere, arrivée, fuivant l’opinion commune, le 4. d’Août de l’année fui-
1060. vante, ou peut-être un peu plys tard } car félon diverfes chartes Philippe
ne comptoit le commencement de fon régné que depuis l’an 1061.
xl in. Quelques actes du Gevaudan des années 1060.Sc 1061. datez fimplement,
moMikrc dè rognant Notre-Seigneur C . pourroient faire croire que le roi Philippe I.
h Cunourgue. ne fut pas d’abord reconnu dans ce pais. Telle eft l’union c que fit Alde-
biciie 'du Ce kert !• nom > évêque de Mende , de l’églife de faint Martin de la Canour-
v au Jan. Origh gue , à l’abbaye de faint Victor de Marfeille. Cette églife fituée dans la vi-
d' Mmr oùls" Suer*e BanafTac , avoit été autrefois fort célébré -y mais les défordresque
ccSm h1 fimonie caufoit alors dans toute la chrétienté , l’avoient réduite dans un
idu.t. 1. injir. état déplorable: fès biens étoient ou aliénez ou livrez à l’avidité des fécu-
t jj£rs ^ pes tjtres égarez 5 8c quoiqu’il fût confiant qu’il y avoit eu anciennement
une communauté, on ignorait fi elle avoit cté ou de moines , ou de chanoines.
Nous n’avons en effet aucun monument certain de l’origine de cette églife.
d louvreixii On prétend que les évêques du Gevaudan y avoient transféré leur fiege
1» "ville 'dè‘r après la ruine de l’ancienne ville de Javoux ; qu’ils y réfiderent jufqu’au régné
Mende p. jy. de Louis le Débonnaire , 8c qu’ils s’établirent alors à Mende. On fe fonde
& H- i°. Sur ce que l’églife de faint Martin de la Canourgue poffedoit ancienne¬
ment les reliques des faints Firrnin St Fredold , évêques du païs. i°. Sur le
•Cauonica. nom delà * Canourgue , qui marque, dit- on, que les chanoines de la cathé¬
drale y avoient réfidé avec leur évêque : mais ces raifons paroiflènt peu foli-
des. i°. Quelques-uns des premiers évêques du Gevaudan peuvent avoir
été inhumez à la Canourgue fans pour cela y avoir établi leur fiege : il fuffi-
foit qu’il y eût alors un monaftere pour qu'ils en euffent fait le lieu de
leur fépulture,ou qu’on y eût transféré leurs reliques dans la fuite. i°. Il
c v.ïo.i NOTE n’eft pas certain que l’ancienne ville de Javoux ne fubfiftât pas e encore
au jx. fiecle , ou du moins après la mort des faints Firrnin 8c Fredold j
il eft d’ailleurs fort vraifemblable que le fiege épifcopal fut immédiatement
transféré de cette ville à celle de Mende. Quant au nom de la Canourgue ,
les anciens moines de ce monaftere peuvent s’être relâchez 8c s’être trans¬
formez en chanoines dans le X. fiecle , comme plufieurs autres 5 ou bien on y
établie
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An.io6o.
a G ali» cbrtfi .
ibid*
DE LANGUEDOCLiv. XIV. 101
y établit d’abord des chanoines , ce qui lui aura fait donner fon nom.
Quoiqu’il en foit a la fimonie y avoir fait des progrez li étonnans , que
les feigneurs feculiers du voilinage s’etoient emparez des dignitez & des
canonicats , &c les avoient unis à leur domaine. Le prévôt & le doyen en.
tr’autres étoient deux gentilshommes mariez qui trafiquoient publiquement
les droits de cette églile. Aldebert de Peyre évêque de Mende , idu d’une
des plus anciennes familles du pais vivement pénétré de ces défordres ,
tâcha d’y remédier, & il fut heureufement fécondé par Bercnger. Richard
vicomte de Gevaudan. Ils firent conlentir Deuldet doyen de faint Martin
de la Canourgue , Aftrebald qui en étoit prévôt , fies fils , & les autres
chanoines au nombre de huit, d’unir cette eglife à l’abbaye de faint Victor
de Marfeiile que fa régularité rendoit alors très-celebre. II eft marqué dans
l’aéte d’union , i°. Que l’abbé de faint Victor envoyeroit de fes religieux
avec un abbé pour deflervir le monaftere delà Canourgue qui feroic à l’avenir
fous la dépendance de cette abbaye. z°. Que l’abbé de la Canourgue ne
feroit pas natif du pais fitué entre le Tarn & l’Ailier , c’eft-à-dire du Ge¬
vaudan. L’ade eft daté du 4. de Juillet de l’an 1060. Dieu notre Seigneur
régnant dans le ficelé des ficelés.
On voit par ce que nous venons de rapporter que le monaftere de la Ca¬
nourgue avoit alors titre d’abbaye : il n’a depuis long-tems que celui de prieuré |
conventuel qui fubfifte encore fous la dépendance de l’abbaye de faint Viétor.
Il y a douze places monachales.
Cette union fut confirmée en même temspar trois feigneurs du Gevaudan,
Hugues, Roger & Foulques, qui étoient frères, fie qui prenoient le furnom de
Bonnefoy. Ils avoient donne deux 'ans auparavant à l’abbaye de faint Vidor bPr.;. ns.rÇ
deux égiifes & quelques biens fituez dans la vtguerie de Banajfac & le comté J‘3'
de Gevaudan , du confentement de Belifende &de fes fils Deuiclet , Gaucclin,
Pierre St Bernard qui tenoient d’eux ces égiifes en fief. Ces derniers pre¬
noient le furnom de Canillac c , fuivant une autre donation qu’ils firent de c lliJ»
l’églife de fainte Marie de la Canourgue à la même abbaye, avec la liberté
aux religieux d’acquérir les fiefs de leurs vaffaux. Cetadeeft date d’Arles régnant
notre Seigneur J. C.
Divers autres feigneurs du Gevaudan s’empreflèrent de faire , vers le même
tems, de pareilles donations à l’abbaye de faint Vidor de Marfeiile. L’un
d’entr’eux lui donna une partie de Maruejols, monument le plus ancien que
nous connoiffions de cette ville, à prefent la fécondé du Gevaudan. Elle eft
fituec fur la petice rivière de Coulange vers les frontières du Rouergue £c
de l’Auvergne.
Roger èc Bernard fon frere, fils du vicomte Richard, exercèrent d aufil iAii-
en 10 j 8. leur libéralité envers l’abbaye de faint Victor de Marteille. Le
dernier, qui y prit l’habit monaftique en 1061. & qui fe dit - fils de feu Ri-
chard vicomte d- Milhau i , £/• de la vicomtejje Rixinde , lui donna alors 40. ^V^'anCo
métairies* qui lui étoient échues par le partage qu’il avoit fait avec fes frères
Bercnger, Hugues , Raimond & Richard , lelquels confondrait à ce don. Il
donna aulfi à l’abbaye de faint Victor 60. autres métairies qui dévoient lui
revenir en cas qu’Hugues fon frere mourût fans pofterité , êc qu’il lui avoit
cedées à cette condition. Tous ces biens étoient fituez dans le Rouergue:
Bernard en avoit d’autres dans le Gevaudan , dont la vicomté étoit dans
fa maiion. L’acte eft fouferit par ces cinq freres ôt leur mere Rixinde.
Richard , à l’exemple de fon frere Bernard , embrafla f bientôt après
l’état religieux à laint Victor de Marfeiile , dont ils furent fuccefîivement
abbés. Nous aurons occafion de parler encore de ces deux freres qui parvin¬
rent dans la fuite aux plus éminentes dignitez de l’églife.
Aldebert évêque de Mende témoigna de fon côte le cas qu’il faifoit de
la régularité qui floriffbit alors dans l’abbaye de faint Victor, par la fon- la ville & .ta
dation 8 qu’il fit, conjointement avec Auftorçe de Peyre fon frere, du mona-
ftere de Chirac en Gevaudan , dédié fous l’invocation du Sauveur du mon- can
de. Il le mit fous la dépendance de cette abbaye, à condition que fi le mo- c^"
P altéré de Chirac devenoit plus confiderable dans la fuite, l’abbé de faint
T ome II. C c
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, _ 101 HISTOIRE GENERALE
An. 1061. Victor le feroit gouverner par un abbé. Nous ignorons fi le cas arriva. ÎI
parole cependant que le monaftere de Chirac n’a jamais été qu’un prieuré
conventuel. Il n’y a plus de religieux depuis Ton union au college des Je-
fuites de Rodez qui le poflèdent aujourd’hui. Aldebert fils d’Auftorge de
Peyre, Guillaume fon frere, & plufieurs autres de leurs parens * fouferivrent
à cette fondation. Le premier fucceda dans la fuite à Aldebert I. fon oncle,
dans l’évêché de Mende. Au refte le pape Urbain V. de la maifon de Grifàc
âvoit embraflé la vie monaftique dans ce monaftere , qui a donné l’origine
à une petite ville du Gevaudan , fituée fur la riviere de Coulange , à une
lieùe au deffousde Maruejols vers les frontières du Rouergue.
xi v. L’ancien * monaftere de Troclar , ou de fainte Sigoléne en Albigeois, fut
Vaurienne ab- un* au® vers même tems à la congrégation de laint Vitftor de Marfeille.
baye de Tr». Ses domaines étoient alors polTedez par un feigneur féculier nommé Geraud-
taimesTotcnc Araelius, &c par Vidian-Ermengaud,archidiacre de la cathédrale d*Albi,qui s’en
«n Albigcc
v!ao?de*,nl iltlcnt prévôt. 11 elt marqué dans l'acte d'union daté de l'an 1061.» que ces
Marieilie. » deux perfonnages touchez du decret du concile de T ouloufe , auquel Hugues
«légat du pape Nicolas avoit prèfidè , & qui ordonnoit aux féculiers dé refti-
• » tuer les biens de l’églife qu’ils polTedoient injuftement , réfolurent de remettre
ce monaftere dans fon ancien état ^ que dans ce delTein ils firent donation à
» l’abbaye de S. Victor de deux églifes fondées dans le comté d’Albi en un lieu
» appelle la Grave -, que dans l’une de ces églifes, dediée fousle nom de fainte
fcr.xv.iJ.vn. ^vierges : amU cet acte nous donne la véritable lituation 0 de i ancien monaltere
.*72* de Troclar en Albigeois, ignorée jufqu’à nos jours. Il paroît qu’il s’y étoit
confervé une efpece de régularité -, car Geraud êc Vidian déclarent qu’ils
font cette donation à l’abbaye de faint Viûor , du confentement des clercs
& des autres religieux qui deflervoient les deux églifes. Pafchal II. confirma
cette union dans la fuite. Les religieux de faint Viétor de Marfeille entretin¬
rent depuis une communauté de religieux à Troclar, ou à fainte Sigoléne
de la Grave, laquelle y a fubfifté jufqu’au temps du pape Urbain V. qui
unit ce prieuré au college de faint Germain de Montpellier , qu’il fonda pouf
des religieux de l’abbaye de faint Victor.
xlvi. On vient de voir que fous le pontificat de Nicolas II. qui fiegea depuis le
\v. Concile commencement de l’an x o 5 9 . jufqu’au milieu de l’an 1061. on affembla un
« tou ou t. concqe ^ q* ouloufe , dans lequel on drefïa des canons contre les ufurpateurs
des biens ecclefiaftiques. Ce concile qui fut tenu vers l’an 1060. 6c qui fuc
le quatrième de cette ville , ne peut donc être le même, comme le croit
c MviinCoU. un moderne c, que celui qui y fut afiemblé en 1056. puifque ce dernier fut
•mfi.jf. 1». i. teml fous papg y;&or il. Au refte Hugues qui y préfida au nom , ôc en
45 ‘ qualité de légat de Nicolas II. ne paroît pas different du faint abbé de Cluni de
ce nom , que ce pontife nomma en effet fon légat dans une partie des Gaules;
à y. p agi d & qui en cette qualité préfida en 1060. à un autre concile affemblé 4
m. io4o. 11.40. Avignon.
xTvii. Pons comte de Touloufe vivoit encore dans le tems de la tenue du IV;
ïiu de pods concile de cette ville. C’eft ce qui paroît entr’autres par un acte <= daté du
C01TUC de Tou* _ » • nL il:*— n— I. — * J n* _
iou£ Sci*°U* re^ne du Toi Philippe ^ Pons étant comte palatin des T ou lou fa ins. Suivant ceta&O
cucuts de Lii- quelques chevaliers qui poffedoient le domaine d’un lieu où Ton voyoit les
rulnes l*égUfe de faint Lizier dans le pais de Save ^ portion du Toulotu.
Commises, fain fitué à la gauche de la Garonne , donnent cette églife , dans ledeffein
&ePr rfV rétablir , i l’abbaye du Mas-Garnier.
r,V f lî5 Aton-Raymond , ôc. Guillaume -Bernard de la llle , ou de Lille-Jourdain
4 1 j _ v. 1 î v.f. i . ...i _ _ _ r _ i _ _ _ i _ • _ r\- .
ç v. note gneurs de Lille-Jourdain. Celui-ci eft fans doute le même g que Raymond-
’k'wr'iw Aton * iec\uel donna , quelque tems 11 après avec fon fils , à l’abbaye de Lezat,
. r’ ôci Bernard évêque fonabbé ,1’églifede S. Paul dans le territoire de fîoucone,
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DE LANGUEDO C. Liv. XIV. _
Ce dernier ade eft foufcrit par le comte Arnaud, Roger fon fils, Ber- « An.io6o*
nard évêque êc frere du comte Arnaud , le comte Bernard Odon , «
Raymond comte de faint Gilles , 6c Durand évêque de Touloufe. » Le*
deux comtes Arnaud a 6c Bernard-Odon étoient de la même maifon , 6e a no teîM*
chacun d’eux poffedoit une partie du Comminges, avec diverfes terres fituées
aux environs de l’abbaye de Lezat. Quanta Bernard évêque , ôc frere du pre*
mier, il étoit abbé, de ce monaftere , 6c vraifemblablement le même que
l’évêque de Conferans de ce nom qui vivoit alors. Ce comte Arnaud, par un
autre acte, prit b l’abbaye de Lezat fous fa protection, en prefencede Ber- bPr./>.»?o.'
nard évêque , 6c d’un autre Bernard èifcque fon frere . Comme on trouve
dans ce tems-làun Bernard * évêque de Comminges , c’eft fans doute le mê- c g*//, chr.
me que le premier des deux prélats dont on vient de parler. Enfin il eft fait <e u
mention des mêmes comtes Arnaud & Bernard-Odon , dans une dona¬
tion d que Raymond- Aton de Spel ou d’Afpel dans le Comminges, fit àPr.did.
vers le meme tems à l’abbaye de Lezat, 6c à Bernard évêque qui en étoit
abbé.
Bernard-Odon comte de Cofnminges voulant e venger la mort du comte t Pr.f. itt
fon pere, que le comte d’Aftarac avoit tué , fit bâtir le château deBenque fitué &^’NOté
vers les frontières du Touloufain. Il mourut vers l’an 1075. 6c fut inhumé «*.9.31.6'/'?*
dans le monaftere de Peyriflàs , fitué au voifinage de ce château, 6c dépen¬
dant de l’abbaye de Lezat. 11 laifîa cinq fils , Raymond , Bernard , Guil¬
laume, Fortanier & Roger. Les quatre premiers prirent la qualité de com¬
tes , 8c pofTederent fans doute par indivis la portion du Comminges qui çtoic
échue à leur pere. Bernard , le fécond , eut deux fils Raymond 8c Bernard.
Celui-ci recueillit , à ce qu’il paroît , la fucceffion du comte fon pere , de
fes oncles , 8c de tous les autres comtes de Comminges. Il eft du moins cer¬
tain que c’eft de lui que defeendent les comtes de ce pais qui vivoient au
milieu du XII. fiecle. Quant à Roger cinquième fils du comte Bernard-Odon,
il étoit encore jeune lorfque fori pere l’offrit pour être religieux dans le mo¬
naftere de Peyriffas dont il fut enfuite abbé.
Durand évêque de Touloufe, dont on vient de parler , avoit été élû f en f GAii.chr.mv.
‘10J9. Il étoit auparavant abbé régulier de Moiflac, abbaye qu’il conferva “‘■“'■‘■P-1*1-
avec l’évêché de Touloufe pendant toute fà vie, 6c à laquelle il fit des
biens confiderables.. Il lui fit reftituer g entr’àutres, peu de tems après fon S f'f- ^?*
élévation à l’épifcopat , differens biens fituez aux environs de Bioule en
Querci > ce qui fut fait par un adepaffé dans le veftibule de l’églile de faint
Sernin de Touloufe, en prefence de Pons .trcs-exctllent comte , 8c d’Ademar
vicomte de Touloufe , 8tc. Il eft marqué à la fin de cet acte que quelques vaf. :
faux de Raymond vicomte de Cauffa de en' Querci , donnèrent vers le même
tems divers domaines à l’abbaye de Moiflac.
Il eft donc certain que Pons comte de Touloufe vivoit encore au com¬
mencement du régné du roi Philippe L 8c comme nous fçavons d’ailleurs que h note
fonfils Guillaume lui avoit déjaluccedé en 1061. nous apprenons par là à xxx"-
peu près l’époque de fâ mort. Ce prince qui étoit âgé alors d’environ 70. 1061.
ans, fut inhumé dans l’églifë de faint Sernin de Touloufe, dansun tombeau
de marbre blanc, placé aujourd’hui auprès de celui de Guillaume Taillefer
fon pere, ainfi qu’on l’a dit ailleurs k. L’un des plus grands reproches qu’011 k
puifiè faire à ce prince, c’eft d’avoir été peu fcrupuleux fur le mariage - l- xu,n.- 1°4^
car on a déjà vù qu’il prit 6c répudia diverfes femmes avec une égale faci¬
lité : mais on doit attribuer cette conduite aux mœurs corrompues de fon < .•
fiecle, où les répudiations étoient fort en ufage parmi les princes , 8cfem-
bloientmême autorifées.' Il paroît du refte que Pons avoit delà religion : le
concile de Touloufe de l’an ioyé. parle de lui en termes honorables. Un
ancien auteur 1 Anglois qui a ignoré fon véritable nom, ^prétend que ce fuc 1 Gu;n.suim. \
un prince extrêmement vif 6c àgillant , qu’il rendit fa patrie recommandable 1‘ c~ x‘
par fes adions, 6c qu’il la tira de l’obfcurité où la parefie de fes prédecef-
feurs l’avoient laiflee jufqu’alors.- Nous avons parlé ailleurs de l’étendue de - r.
fon domaine. 1
T orne TL C c ij
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ÀN.IOÔI.
XL VI il.
En fans de Pons
comte de Tou
toute. GtirlUu
me IV. lue» fils
aine lui fuccc-
6c dans ce
comté. Ray¬
mond de laine
G'. îles le puîné
époulc l’hcii*
ticre du mar-
quilat de Pro¬
vence.
a GtilL
M*mK ibiiL
b Dtjer dt U
Tr. part, u
C Pr.p.iH-
&fo
d Aft. S.ord,
$. B nid. fât*V.
f>*rt. i.f>. iff.
C Pr.p.\ 4f.
f NO TE
xxxn n. 4.
g NOTE
XX il. n.ÿ.
b ïr.p. 140.^»
H-
i NOTE XIV.
MO. NOTE
XLl. ». 6. &
k Chrin.bd*l-
it Mcp.no.
1 GâufritL M fi¬
lât err. hift. Sic.
l.f c il.
* l’iovincia-
BUS.
m NOTEihid.
V. Lin. XIU.
». 104,
XL IX.
Ray mon J-
Bernnd (uccc-
dc à Bernard -
Aron Iiï. vi¬
comte d'Albi
& de Nifmcs
fonpere, &
époufe Ermen.
garde heriticre
de Carcatlon.
De. Origine de
la ville & des
feigneurs de
Mirepoix Evê¬
ques d'Albi ,
&c.
n Pr.p. 140.
o V. NOTE
XXll.n* o.
io+ HISTOIRE GENERALE
Pons laifla en mourant trois fils ôc une fille d’Almodis de la Marche Cz
dernière femme. L’aîné appelle Guillaume , lui fucceda dans le comte de
Touloufe, dont il fut le quatrième comte de fon nom , & dans ceux d’Ai-
bigeois ôc de Querci. L’ancien auteur que nous venons de citer , prétend
que ce dernier comte échût en partage à Raymond fécond fils de Pons , 8C
quelques modernes ^ l’ont avancé après lui : mais il eft certain que Raymond
ne polTeda le Querci qu’après la mort de Guillaume IV. comte de Touloufe
fon frere. Il paroîc feulement qu’il eut le comté de faint Gilles en partage •
car outre qu’il en prit le nom , nous verrons bientôt qu’il étendoit Ion auto¬
rité de ce côté-là en io6j. Cependant comme Pons avoit aflîgné c , à cô
qu’il paroît , le même comté de faint Gilles pour le douaire d’Almodis là
femme, il eft fort vrailemblable que Raymond n’en jouit que depuis la mort
de cette princeflë } ce qu’011 peut appuyer fur le témoignage d’un auteur 4
du XII. fiecle , qui allure que ce prince n’eut d’abord aucune part à la fuc-
celfion de fon pere.
Le troifiéme fils de Pons comte de Touloufe, fut nommé Hugues. Il fur-
vêcutà fon pere, 8c vivoit - encore en 1063. Il n’eft plus enfuite fait mention
de lui, & il y a lieu de croire qu’il mourut jeune 8c fans pofterité. Quant à la
fille de Pons, elle s’appelloit Almodis comme fa mere , Scelle époma f quel¬
ques années après Pierre comte de Melgueil ou de Subftantion. Plufieurs
modernes g prétendent que Pons eut deux autres filles , mais ils n’en donnent
aucune preuve , 6c il eft certain qu’ils fe font trompez.
Guillaume ôc Raymond fils aînez de ce prince avoient 18. à 10. ans dans
le tems de fa mort. Le premier fe qualifie comte de Touloufe dans une dona¬
tion11 qu’il fit en 1061. du confeil de Foulques évêque de Câhors , à l’ab¬
baye de Moiflfac , de l’églile de Cos en Querci fituée fur l’Aveiron : preuve
qu’il domina fur ce pais aulfi-tôt après la mort de fon pere. L’autre époula 1
quelque tems après fa coufine germaine , fille 6c heritiere de Bertrand comte
de Provence fon oncle paternel , laquelle lui apporta fes droits fur la moitié
de cette province. De là vient fans doute que les anciens hiftoriens donnent
à Raymond la qualité de comte de Provence du vivant du comte Guillaume IV.
fon frere. L’un d’entr’eux k rapporte » que les deux fils de Pons comte de’
» Touloufe furent nommez , l’un Raymond de faint Gilles , 6c l’autre Guillau-
» me de Touloufe j que le premier fut comte de cette ville , 6c le fécond de Pro-
» vence. « Un autre hiftorien 1 du tems donne à Raymond la qualité de comte
de Provence * en 1080. long-tems avant la mort de Guillaume fon frere.
Nous ignorons l’époque de celle de Bertrand oncle paternel de Ray¬
mond de faint Gilles , 6c pere de fa première femme. Il paroît feule¬
ment® qu’il eut un fils nommé Raymond , qui mourut avant lui fans pofte¬
rité , ou du moins peu de tems après, 6c qui fut inhumé dans l’églile de faint
Sernin de Touloufe où l’on voit encore Ion tombeau. Au refte Guillaume
comte de Touloufe 8c Raymond de faint Gilles fon frere furent en bonne
intelligence avec Almodis comteffè de Barcelone leur mere pendant tout le
refte de la vie de cette princellè.
On a déjà remarqué que la comtefle Almodis avoir une feeur nommée
Rangarde , qui avoit époufé Pierre-Raymond comte en partie de Carcaflonne,
6c vicomte de Beziers ôc d’Agde. Celle-ci étoit déjà veuve au commence¬
ment de l’an 1061. comme il paroît par une donation " qu’elle fit alors,
« avec Raymond fon gendre 6c fes deux filles, Ermengarde femme de ce der-
» nier, ôc Adélaïde ,‘à l’abbaye de faint Pons de Tomieres, 6c à Frotard fon
»abbé j de l’alleu de Tonnens fur la riviere d’Orb , auprès de Villeneuve,
« dans le pais de Beziers , 6c de tout ce qu’y avoient pofledé juftement ou
«injuftement Guillaume vicomte de Beziers , Raymond- Roqerii ( ou fils de
» Roger I. comte de Carcaflonne ) la vicomteffe Garfinde (fa femme) 8c fes fils,
« Pierre ( mari de la même Rangarde ) 6c Guillaume.» Erotaire évêque de
Nifmcs , oncle paternel de Raymond gendre -de Rangarde, 6c Guillaume
abbé de Caunes furent prefens à cette donation , qui confirme ce que nous
avons rapporté u ailleurs des defeendans de Raymond fils de Roger I. comte
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DE LA NGUEDOC. Liv.XIV. 105 _
de Carciffonne , & de Ton mariage avec Garfinde fille ôc hericiere de Guillaume An. 106 1 .
vicomte de Beziers & d’Agde.
La comtellè Rangarde ne fait aucune mention dans cet aâe du comte Ro¬
ger fon fils , quoique ce comte vécut encore alors. Nous avons en effet
un aâe 4 fuivant lequel Roger & Raymond-Bataille fon frere , donnent * tr-f- 14r*
en allen le U- de Janvier de la fécondé année du régné de Philippe , ou de l’an _
io6z. la moitié du château de Prouille, & les deux tiers de celui de Mi- io6z.
repoix, k la comtejfe Rangarde fille d’Amclie, & au comte Roger fon fils , k caufe
du mal qu’ils leur avaient fait. Ces deux feigneurs confentent en même cems
que cette comtellè & le comte fon fils , obligent Pierre Roger leur frere à
leur ceder le refte de ces deux châteaux dont ils lui firent hommage , &
qu’ils ne tenoient fans doute auparavant de perfonne. Ces deux châteaux
étoient alors fituez dans le diocèfe de Touloufe * le premier dépend aujour¬
d’hui de celui de faint Papoul , &on y fonda depuis un célébré couvent pour
des religieufes de l’ordre de faint Dominique * l’autre a donné l’origine à la
ville de Mirepoix, devenue épifcopale depuis le pontificat de Jean XXII.
C’eft le monument le plus ancien que nous ayons &c de cette ville , & de fes
feigneurs.
Raymond qui avoit époufé dès l’an 1061. Ermengarde , fille du comte
Pierre- Raymond , U de Rangarde de la Marche fa femme , avoit iuccedé
alors, à ce qu’il paroît h , à Bernard-Aton III. du nom, fon pere, dans les b v. note
vicomcez d’Aibi & de Nifmes. Il eft du moins certain que ce dernier étoit xxl ■ ”• *f-
déjà décédé dans le mois de Novembre de l’an ioéz. comme nous le prouve¬
rons bientôt. Cela peut fervir à fixer l’époque de l’éle&ion de Frotard évê¬
que d’Aibi, qui obtint cet évêché c moyennant quinze chevaux de grand prix cMuz.Mif-
qu’il donna à Frotaire évêque de Nifmes , a Bernard fon frere , qui avaient c,u-,“-6P'-'iu
coutume de recevoir une fomme confederahle pour l' intronifation des évêques d’Aibi j
en for te que ferfonne ne pouvoit obtenir cet évêché qu’en le recevant de leurs mains.
L’evêque Frotaire &: le vicomte Bernard- Acon fon frere, avoient donc érigé
l’évêché d’Aibi en fief mouvant de leur domaine : nous en avons donné
ailleurs d’autres preuves. On voit par là que Frotard , que nous croyons de
la niaifon de Lautrec , parvint à cet évêché avant la fin de l’an 1 06 1. Il fuc-
ceda à Guillaume qui avoit été élû par une voye également contraire aux
canons, & qui fiegeoit encore en 1054. Audi Frotard fut-il traduit dans la
fuite comme fimoniaque devant le pape Grégoire VII. & dépofé comme tel ,
ainfique nous le verrons ailleurs.
Le vicomte Bernard-Aton III. du nom , ne paroît pas différent du vicomte
Bernard. Aton qui fouferivit A à une donation de Raymond comte de Pailhas Asurc.H,^
en faveur de Valence fa femme. Ce vicomte laiffa de Rangarde fon époufe ?■ ,ooi-
deux fils e , Raymond- Bernard & Frotaire. Le premier prit le furnom de e note,, tu.
Trencavel, qui paroît n’avoir été d’abord qu’un fobriquet, mais qui paiîà
cependant à la pofterité , & devint un nom propre en la perfonne de quel¬
ques-uns de fes defeendans. Il fucceda à fon pere dans les vicomtez d’Aibi
& de Nifmes qu’il poffeda comme lui en commun avec Frotaire évêque de
Nifmes fon oncle paternel. Il augmenta confiderablent fon domaine par fon
mariage avec Ermengarde , qui hérita bientôt après d’une partie du comté
de Carcaflbnne, des vicomtez de Beziers Sc d’Agde, & des autres biens de la
branche aînée delà maifon de Carcaffonne. Nous ignorons quel fut le par¬
tage de Frotaire fils puîné de Bernard-Aton III. Les anciens feigneurs de Ca-
ftelvieil , château fitué joignant les murs de la ville d’Aibi , dont il forme
comme un fauxbourg , defeendoient peut-être de lui ; car ils prenoient ordi¬
nairement le nom de Frotaire au Frotier , qui leur fervoit de furnom.
Frotaire évêque de Nifmes, &le vicomte Raymond fon neveu , jouiffoient
déjà par indivis au mois de Novembre de l’an io6z. du domaine de leur
maifon : preuve certaine que Bernard-Aton pere du dernier , étoit alors
décédé. Nous avons en effet un a&e f fuivant lequel » les deux premiers « fPr./».r4t.o>.
craignant d’encourir l’excommunication dont le pape Nicolas II. avoit «f'2-
frappé les fimoniaques , &c fe fentant coupables d’avoir ou vendu , ou injufte- «
nient poffedé jufqu’alors diverfes abbayes Sc autres biens ecclefiaftiques , ils «
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x t>6
H l S T O ï R £ GENERALE
An.io6z. » réîolurent de rétablir la régularité dans celle de Soreze foumifè à leur
»> autorité. Ils la donnèrent dans cette vue à Durand abbé de faint Vi&or
» de Marfeille , & à fes fucceffeurs, à condition qu’il y envoyeroic un abbé
» digne de gouverner , & formé fur l’inftitut & L'ordre de faint Victor. » Deux
feigneurs du pais lefquels occupoient fans doute une partie des biens de l'ab¬
baye de Soreze, ou les tenôient en fief de l’évêque Frotaire & de fon neveu,
confentirent à cette donation, 8c reftituerent les biens ufurpez. Frotaire Ce
réferva cependant une efpecc de prééminence fur ce monaftcre , car il auto.
a»4 lui.Mif- rifa neuf ans* après l’éle&ion d’un abbé. Il fie paroîtpas cependant par ce
ixiLtt.i-f.i46, dernier ade que l’abbaye de Soreze fut alors fous la dépendance de celle de
faint Vidor, ce qui nous donne lieu de croire que leur union ne dura pas
long-tems ; fl ne nous refte là-deffus en effet d’autre monument que l’ade
du mois de Novembre de l’an 1062. dont on vient de parler ,8c qui fans doute
n’eut pas fon execution.
Nous avons encore d’autres monumens qui prouvent que Frotaire évêque
de N vîmes jouit conjointement avec Raymond fon neveu du domaine de leur
b Pr*.»4j, ér maifon : tels font divers hommages 0 rendus à l’un 8c à l’autre pour les châ-
teaux de Roquefort fur lariviere de Sor dans le Touloufain, de Berens, Ca-
hufàc, Montagut, 8c Curvale en Albigeois, &c.‘ Les feigneurs de Cadalen
leur donnèrent auflî dans le dernier pais leur château en alleu , & fans doute
le reprirent enfuite en fief.
L. L’abbaye de MoifTac en Querci étoit alors foumife, comme celle de Soreze,
Auronrc des £ l’autorité d’un feigneur féculier. Gaufbertcqui s’en qualifioit abbé laïque ,
Touiouie fut conhrmaau mois de Juin de lan 1063, entre les mains de Guillaume comte
l'abbaye fle de Touloufe, fils 8c fucceffeur de Pons , l’union qui en avoit ccé faite à
celle de Cluni. » Il déclare dans l’acte que fi ce prince venoit à déceder
»fans enfans légitimés, fes freres Raymond & Hugues fils de Pons, 8c les fils
» que ces derniers auroient d’un légitimé mariage , lui fuccederoient l’un après
» l’autre dans l’exercice de l’autorité qu’il leur accordoit fur cette abbaye >
» pour y maintenir l’obfèrvance régulière ; 8c que fi la pofterité de ces comtes
» palatins venoit à manquer, leurs fucceffeurs dans le comté de Touloufe,
» jouiroient du même pouvoir , fans préjudice de celui des abbez de Cluni.
Gaufbert , fuppofoit , ce femble , par cette claufe , qu’il y avoit une fubftitu-
tion dans la maifon de Touloufe en faveur des mâles , àl’exclufion des filles.
Nous ferons ailleurs ufagedecette remarque.
Il y avoit donc alors quatre abbez à Moiflâc , deux réguliers , 8c deux fécu.
liers. Les deux réguliers étoient Durand évêque de Touloufe , qui en avoit le
gouvernement immédiat, 8c S.Hugues abbé de Cluni qui en étoit comme le
luperieur general: les deux féculiers étoient Gaufbert qui prenoit la qualité
d’abbé laïque de ce monaftere , 8c qui eut des fucceffeurs dans cette dignité ;
& Guillaume comte de Touloufe qui y exerçoit la principale autorité en qualité
Moi ffcc.
cPr.,.144
de comte de Querci 8c de feigneur fuzerain. Ce prince fé trouva fans doute à la
icateimtm. dédicace de l’eglife de cette abbaye, qui fe fit fur la fin a de la même an-
clu.chr.nov. née, Par Durand évêque de Touloufe fon abbé, qui l’a voit fait rebâtir , 8c
tdiut.up.ir. 1. qui fut aflifté dans cette ceremonie par Auftinde archevêque d’Auch , 8c fix
autres évêques d’Aquitaine ou deGafcogne.
li. Roger I. comte de Foix exerçoit fur les monafteres de fon domaine une
UmtdeRo- fcmblable autorité ; mais il ne s’en fervit que pour y établir la réforme.
dcFo’ix'iTa'int II écrivit entr’autres , avec la comteflè Arnica fa femme , à faint Hugues abbé
«a-bbé de Cluni une lettre6 pleine de religion pour lui donner, du confentement vo-
« er. f. ij8. lontaire du comte de Touloufe , le lieu de faint Antonin , appelle communément Fre-
delas , afin qu'il y établit l’ordre monafiique. On ne voit pas que les pieux
defîèins de ce comte ayent été exécutez , 8c que faint Hugues ait mis
la réforme dans l’abbaye de Fredelas aujourd’hui Pamiers : fes domaines
f;W./.j7S.é> étoient encore en effet au commencement du fiecle fuivant* au pouvoir des
fà' comtes de Foix. •
Outre le comté de ce nom, Roger I. pofledoit une portion de celui de Car-
g v. soie ca/îbnne, dont g il fut le fécond comte de fon nom. L’autre partie du Car-
xxu.p.it. CSL([ez appartenoit à Roger III. fon neveu à la mode de Bretagne, 8c fils du
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<v
DE LÀ NGÜED Ôc.Liv. XIV. _
eomte Pierre-Raymond. Ceû cç qu’on, voir par una&e, fiiivant; lequçUe 9 An.io6jv
comte Roger ^ fils d* Rangarde , pu Roger III. promet ** comte Rogeru
fis de la comtefie Garfinde , ou à Roger II. de ne pas lui ôter la ville de«/*fî>
CarcaRuüne ÔC fes dépendances, les château* de Saiflàc, de Campçndud,«
d’Ariens > dAlayraç, Rufliques, VillaJier, 64 Coufoulens, ceux du Puy«
de Cabaret , &ç> leveche du comté de Carcaffonn, t; , les abbayes fituées dans «
fon etendue avec leurs honneurs j 8c enfin les autrçs çvêche^ , abbayes, vil- «
les , châteaux ^allçus , nefs 8ç droits que çe dernier ppûèdoit ou, qu’il açquer- «
roit dans h fuite avec fin confeil Roger III,. promet 4e pLus au comte Ro- «
ger fils de Garfinde , de le laiRer pailibje poljèffeur de la moitié de U frfic* «
du comte de Carcajjonne •, dé Iç fecoutir envers 6c contre tous , exceptç çontre «
Guillaume comte de Touloufç , Raymond frere de ce prince, Pierre Ber-u
nard onclf du meme Roger III. Rangarde l à mere, 6c lès propres vailàux • «
de ne pas attenter ni à fa vie , ni à fes membres , 6c de fe declarçr enfin en- «
nenu de ceux qui rartaquçroient.„Cetade, qui eft très-interelTant , prouve la
fuzerametç des comtçs de Touloufefur le comté de CarcaRonne ôc nous fait
comprendre que quoique Roger I. comte de CarcaRonne eût difpofé par fon
teftament'' de tout ce comté en favçur de Raymond fon fils aîné, ayeul de
Roger III. il changea neanmoins quelque choie à cette di'fpofition5 à moins
que Bernard fon fils puîné , 6c pere de Roger I. comte de Foi* , ne fe foie
emparé d’unç partie du môme comté pendant la minorité de fes neveux
fils du comte Raymond Ion frçre. Quanç à Fép^que de cet acte qui n’eftpas
daté, on peut la fixer à peu près fur ce que d’un côté il eft polterieur à 1*
mort d? Poris comte dç Touloqfe arrivée en 1061. 6c que de l’autre Roger
III. étoit déjà déccdé en 1067. ainlï çomme ce dernier étoic déjà majeur
dès le mois d Avril de 1 an 1064. 6c qu’il gouvernoit alors lès domaines par TofiâT*
lui-même , il fit fans doute vers çe mçme tçms ce traité avec Roger I. comte
de Foix fon parent. °
Nous avons la preuve que Roger III. comte eu partie de CarcaRonne, 8c
Vicomte dç Beziers 6c d’Agde adminiftroit lui-même fes états au mois d’Avril
de l’aU * 064. dans un ' acte , luivant lequel >» Gonthier évêque d’Agde 6c « c
Pons abbé, furent trouver alors ce comte, ôc lui reprélenterent que lemo-»^’
mfteré de faiqt André fitué près des murs de cetre ville qu’il leur avoit «
donnée étoit prefqu’enticrement défère s que de tous les anciens biens qu*il «
poffedoit Autrefois 8c qui fuffifoient pour l’entretien de trois cens religieux «
il rçftoit a ppine dequoi en nourrir un feul 5 6c que dans la vue d’y réta’«
blir l’ordre monaftiquç > ^ ils avoient engagé Durand abbé de S. Vicdor de «
Marfcille & fa congrégation,* s’en chargeai caufe de l’étroite amitié qui étoit«
çnrr’eu*, Sur cela le comte Roger permit non feulement à l’évêque Gonthier
& i l’abbe Pons de faire cette union * mais il i’autorifa de la manière la plus «
aurenrique, du confentemcnt des principaux feigneurs 6c du peuple du païs «
de Rangarde fa mere, 6c de Sibylle fa femme. « Roger Ilï.comte de CarcaRonne
étoit donc marié en ce tems-là » ce qui prouve encore qu’il avoit pris l’ad-
miniftratioï) de fes domaines, après avoir été quelques années auparavant fous la
tutelle de la comteRe Rangarde fa mere, ainh qu’on l’a déjà vu. Au relie l’abbé
Pons qui foljiçita l’union de l’abbaye de faine André d’Agde à celle de S. Vider
de Marfeille , étoit fans douteabbé de Ja première, que le comte Roger III,
lui avoit donnée vraisemblablement en fief °
Il y a lieu de croire quç ce prince hérita ou prétendit heriter quplquetems tir
apres de l’autre moitié du comté de CarcaRonne poRedée par Roger I. comte Mort <*c ao-
deFoix, qui mourut fans enfans <*, avant l’an 1067. Peut-être étoient-ils *",-c"mte<le
convenus par quelque traité de fe fucceder l’un à l’autre , au défaut de def.
cendans miles, dans la partie dp comté de CarcaRonne que chacun d’eux f“ccede en P“*
occupoir i ce qu’il y de vrai « , c’eft que d’un côté Roger III. 6c fes heritiers Tsotlsxit.
prétendirent qu’après la mort de Roger I. comte de Foix * tout le comté *•
dé CarcaRonne leur appartenojt, ôç que de l’autre Pierre frere de ce dernier fi}!*****
Ç» du moins Rogçr fon neveu ,1m luccederent dans le comté de Foix le’ eô , m
Tt ?aÛ"a * pofterité. Ce comte Pierre , qui prend le furnom f de Bernard * H- "
teRi-dire fil? de Bernard, 6c qui avoit eu , à ce qu’il paroît , lç de
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An. 1064
lui.
Vccu de Ber¬
nard corme de
Bigorre à No-
ne Dame du
Buy.
a MircuBtarn.
p. 8 10.
Gall.chr. nov.
tdto. i. tnjlr.p.
zi6.
b V Marc.ibid.
C G:fley bi/Uu
Puy i.ed.p
40
d Murc.tbid.
fiZo9.
cPr-p.t9o.
f Btluz.Mi'c.
to.6.p.*7%- &
H-
V. Mab. Md Ann .
l06+n-61-
g Mart/t Béarn*
p. 8 o)-&M-
V NOTE
XX U. n. U.
* Pr.fi.i77-
h K NOTE
XXII. n.ix.&
i(îï'
L1 V.
Monde Roger
1 II. comte de
Gircadonne.
F.rmen 'aide fa
fosurlui luccc-
dedans lapins
grande pat rie
de les domai¬
nes.
j Pr.p. 148.
106 j.
k lbid.p.io 9.
1 Pr.p.171.
LV.
Mort de Berthe
comte (le de
Rouergue ,
nurquife de
Goth'c, Sec.
m V, Baluz.
Jluv. ro.i pST.
0 Ch on.Hn/
fi*v ton. bibl.
Ldb.p.x 93.
Ibid. p* 183.
108 HISTOIRE GENERALE
Confèrans en partage , eft le même que Pierre-Bernard que Roger III. ap¬
pelle Ton oncle dans un acte dont on a déjà parlé : il l’etoic en effet à la
mode de Bretagne.
Bernard comte de Bigorre , qui étoit frere , à ce qu’il paroît, de Roger I.
comte deFoix, mourut à peu près vers le même tems. Il entreprit en 1062.
avec Clemence fa femme a , un pèlerinage à l’églife de Notre-Dame du Puy,
où il convoqua à fon arrivée l’évêque 6c les chanoines , fc recommanda à
leurs prières, & par un efprit de piete 6c de religion, fc voua , avec fon
comté à cette églife , & s’engagea de lui payer tous les ans, pour marque de
fon dévouement, tant pour lui que pour fes fucceflèurs, la fomme de foi-
xantefols Morlanois, comme une efpece de cens. C’cft là la véritable originel»
de la prétendue mouvance du comte de Bigorre de l’églilè de Notre-Dame
du Puy , fur quoi quelques auteurs c ont débité bien des fables. On croit
d que Bernard Tumapaler comte d’Armagnac , fournit vers ce tems-là fon
comté à la même églife , 6c qu’à l’exemple du comte de Bigorre , il s’enga.
fea envers elle à lui payer une redevance annuelle. Artaud comte de PaiL
as edans la Marche d’Efpagne, 6c fes fils Artaud, Guillaume 6c Eudes,
firent auffi quelques années après , une donation à l’églilè du Puy. Tous ces
actes prouvent que cette églile étoit alors fort célébré , 6c qu’on y avoit une
grande dévotion.
Bernard 1 comte de Bigorre unit au mois de Novembre de l’an 1064. le
monaftere des faines Félix 6c Lizier à l’abbaye de Cluni , en prelence de
Durand évêque de Touloufe, 6c de plufieurs autres évêques. On ne trouve
plus depuis aucun monument de ce comte , qui gouverna fon domaine avec
beaucoup de prudence ôc defageffe, 6c qui décéda làns doute bientôt après. Il
lailla g un fils nommé Raymond, de Clemence fa première femme, 6c une fille ap-
pellée Beatrix d’Etiennete, qu’il époufa en 1 * noces après l’an 106 2. Raymond
fon fils lui fucceda dans le comté de Bigorre, 6c mourut fans enfans. Il paroît *
qu’il eut quelque différend avec Arnaud III. comte de Comminges , qu’il rava.
gea fon domaine , 6c qu’il en fit enfuite réparation.! Suivant cet ade le même
Arnaud avoit h un frere nommé Roger alors moine de Lezat. Beatrix fille de
Bernard vicomte de Bigorre époufa en 1078. Centulle vicomte deBearn, 6c
hérita de ce comté apres la mort de fon frere arrivée avant le mois d’Avril de
l’an 1080. C’eft ainli que finit cette branche de la mailonde Carcaffonne.
Roger III. qui en étoit le chef en qualité de defcendantde Raymond fils
aîné k du comte Roger I. confirmaau mois dejuin de l’an 106 5. en faveur de la
cathédrale de Beziers, la donation > que le comte Pierre-Raymond fon pere
avoit faite à cette égliiè en 1043. Il ne furvêcut pas long-tems, 6c nous ver¬
rons bientôt qu’il étoit décédé en 1067. k Comme il n’avoit pas d’enfansde
Sibylle fa femme , il fit Ermengarde là focur fa principale heritiere 1 , 6c elle
lui fucceda en effet dans la plupart de fes domaines, qui comprenoient en.
tr’autres les comtez de Carcallonne 6c de Rafez , 6c les vicomtez de Beziers
6c d’Agde qu’elle apporta dans la maifon de Raymond-Bernard fon mari,
vicomte d’Albi 6c de Nifmes. Cette mailon devint ainli la plus puilîànte de
la province, après celle des comtes de Touloufe, qui vers le même tems
réunit à fon domaine les biens de la branche de Rouergue , par la mort de
Berthe comteffe de ce pais , 6c marquife de Gothie, ce qu’il faut reprendre
déplus haut.
On a déjà remarqué que cette princeffe, qui avoit époufé dès l’an 1051.R0-.
bert fils aîné de Guillaume V. comte d’Auvergne, hérita dès l’an 1059. de
tous les domaines qui avoient appartenus au comte Hugues fon pere, 6c que le
premier fe qualifioit “alors comte de Rouergue. Nous apprenons de plus par
une lettre que le pape Nicolas II. écrivit “ à Robert , que ce comte dominoit
fur le Rouergue au nom de fa femme, à la fin de la même année, ou au
commencement de la fuivante.Ce pape l’exhorte par cette lettre à reftituer au
monaftere de laint Amand de Rodez les biens que Richard abbé de faine
Vannes de Verdun, auquel ce monaftere étoit fournis, avoit engagés 0 en
1028.au comte Hugues pere de Berthe. VTalleran abbé de fai nt Vannes,
parent de Robert , qui avoir follicicé cette lettre , & qui s’en étoit chargé ,
mourut
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DE LANGUEDOC L i v. XI V. 109
tfiourut 1 à fon retour de Rome, avant que de l’avoir rendue , le 16. de Juin An. 106J»
de l’an 1060. Elle nous apprend que ce comte dans un voyage qu’il avoit »M»t .»***■+>
fait peu de tems auparavant à Rome s’étoit ouvert au pape Nicolas IL ,<MO-*74‘
du delTein qu’il avoit formé d’abandonner le lîecle : deffêin qu’il n’executa pas,
Robert polîèda donc dès l’an 1059, au nom de Berthe fa femme , le
marquifatde Gothie , les comtez de Rouergue, de Narbonne, de Gevaudan,
& les autres domaines qui avoient appartenu à Hugues pere de cette prin-
celle, qui fut fon heritiere. Nous avons en effet divers nionumens qui nous
apprennent que Robert Se Berthe fa femme dominèrent conjointement fur ces
differens pais, depuis cette année jufqu’en 1065.
Tel eft le contentement qu’ils donnèrent b en 1060. ou io6z. avec Pierre b •&**&,
évêque de Rodez, au retabliffemcnt du monaftere de faint Pierre de '° *“ 'll>‘
Clairvaux en Rouergue , litué entre les châteaux de Panat & de C a [fa ignés.
Nous trouvons encore que Deufdet , abbé laïque ou féculicr de Vabres , unie c c ov/wlr
cett? abbaye à la congrégation de faint Victor de Marlêillc , duconjcntcment ed.to. i./.j?.
de fon maître & de fon figneur Robert comte de Rouergue & d’ Auvergne , de fa & H-
femme Berthe , & de la comteffe picarde ayeule de celle-ci. L’acte elt daté du
bourg ou village de faint Gilles , un Mardi 12. de Juin de l’an 1062. JndictioH
XIV. E pacte XXVI. le XIX. de la lune. L’indidion , la lettre Domini¬
cale , l’épade &; le jour de la Lune , qui conviennent parfaitement cnfemble,
font voir qu’il y a faute dans l’année de l’Incarnation, &. qu’il faut lire
io6i.au lieu de io6z.
On doit dire la même chofe d’un autre monument daté du mois de No- àchnn./ym
vembre de l’an 1061. Indiction XIV. fuivant lequel le meme Deufdet
s’étant rendu à l’abbaye de faint Martial de Limoges , où faint Hugues « t». i.p.j» '
abbé de Cluni préfidoit à une allemblée capitulaire, donna à cet abbé,«
& à fes fuccefleurs l’abbaye de V abres , avec l’agrément de Robert comte d’ Au- «
vergne , de Picrre-Bcrcngcr évêque de Rodez^, S' des comtcffcs Ricarde & Ber- «
the , pour la faire gouverner régulièrement fous fon autorité par Durand «
moine de Cluni, abbé de Moiliùc , & évêque deTouloufe , fuivant les«
ulâges de Cluni. » Deufdet déclare qu’il fait cette donation tant pour la
rémiflion de les péchez , que de ceux de fes parens , qui par des traitergfmo-
maques avoient auparavant acheté l'abbaye de Vabres , dont ils avoient été abbez^
L’union de ce monaftere à la congrégation (je Cluni n’eut pas lieu , & il fut
aggregé à celle de faint Viclor de Marfeille, fuivant le premier projet. C’eft
• ce que nous apprenons d’une lettre e que Durand abbé de faint Viclor écrivit e "d,
étant malade , au comte Robert, pour l’informer que conformément à fa *rn^'t01‘
demande, il envoyoit quelques-uns de fes religieux à Vabres afin de procéder à
l'élection d’un abbé ; avec promclTe , s’il revenoit en fanté , d’aller , félon
fes ordres, le joindre à Narbonne au mois de Septembre fuivant. Durand
abbé de faint Victor mourut bientôt après au mois de Novembre de l’an 1064.
On doit inférer de là 1 Que cette union fut confommée vers le milieu de la
même année. z°.Que Robert dominoit alors à Narbonne, au nom de Berthe
marquife de Gothie fa femme. Du refte l’union de l’abbaye de Vabres à
la congrégation de faint Victor de Marfeille fubfifta f jufqu’au commence-
ment du XIV. fieele que ce monaftere fut érigé en évêché. r. *9
Enfin le comte Robert & Berthe fa femme Z , fille d'Hugues comte de Rouergue &
voulant rétablir l’obfcrvance monaltique dans l’abbaye de faint Amand de
Rodez où elle étoit entièrement déchue, fournirent ce monaftere à la mê-,
me abbaye de faint Victor & le donnèrent à Bernard qui en étoit abbé,
C’eft ce que nous apprenons d’un ancien monument, où il eft marqué que
cette union ne fut executée que pluficurs années après, à caufe des guerres
qui s’élevèrent dans le Rouergue. Il eft aifé de conclure de là:que Berthe
vivoit encore en 1065. puifque Bernard ne fut élu habbé de faint Victor de h c.*!Uhr,w*,
Marfeille qu’au mois de May de cette année : & comme il eft certain que 1 t-6**'
cette comteilé étoit déjà décedée au mois de Décembre de l’an 1066. ainfi
qu’on le verra bientôt, cela nous donne à peu près l’époque de fa mort. Cette
mort arriva, félon les apparences , apres celle de la comteflc^Ricarde fon ayeule,
de laquelle nous n’avons plus rien après l’an 1 06 1 .
Tome II. D d
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HISTOIRE GENERALE
XXXV..*.
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t V . NOTE
V ut.
An. 1065. Robert comte d’Auvergne fe remaria bientôt apres, 6c il avoit déjà époufé
Robm "11 en ^econ(^es noces 1 dès l’an 1069. Judith, fille u de Raymond I. comte de
rornte d'Au*’ Subftantion ou de Melgueil , & de Beatrix , & non pas de Pierre comte de
en ëiccoQdcsfe Melgucil i & d’Almodis , comme le prétend un hiftorien moderne *. Judith
nôecsjuduh de devint veuve en 1095. du comte d’Auvergne, auquel elle furvêcut long-
M.iduai. 11 tems , comme il paroît par une donation c qu’elle fit en laveur de l’abbaye
comîede Tou- de Cluni, & de Pons fon neveu qui en 'était abbé , 6c qui ne lut élu qu’après
ioui'e&»iuy- l’an 1109. Elle d pritenfuite l’habit religieux dans le monaftere de faint Pierre
Gdiwion luit Cornillon au diocèle de Grenoble , où l'on croie qu’elle lut inhumée,
la lucctflîoadc 6e où fon anniverfairc cil marqué au dernier jour d’ Avril,
Bcith'eminee* ®ert^ie comteffe de Roucrguc 6c marquife de Gothie décéda fa fis pofterité,
Th.iiuz.An'v. Un de nos genealogiftcs e prétend que iè voyant (ans enfans elle donna le
u.i p. 50. (j. comté de Rouergue vers l’an 1064. à Guillaume IV. comte deTouloulè fon
coufin, ce qui fit , ajoute-t-il , que Raymond frere de ce dernier , prit en-
fuite le titre de comte de Rouergue -, mais on n’a aucune preuve de*cette
VtHsbrZv. dilpofition , 6c il eft plus vrailèmblable que Berthe mourut ab intejlat , 6c que
'.«>.+ />• iM. ces deux lreres,qui recueillirent enfin toute fa fucccllion , fondèrent leur
droit fur la proximité du fang, 6c peut-être encore lur quelque lubllicution
réciproque faite entre leurs ancêtres. Berthe defeendoit en effet en ligne
droirc d’Ermengaud f comte de Rouergue 6c marquis de Gothie, fils puîné
yntM^LÏ.' d’Eudes comte de Touloufe * ainli elle ctoit parente au quatrième degrc
de Guillaume IV. comte de cette ville, 6c de Raymond de S. Gilles fon frere.
Il paroît cependant que ces deux princes ne furent pas d’abord paifibles
pôflelîcurs de tous les domaines qui avoient appartenu à Berthe -, que Ro¬
bert comte d’Auvergne mari de cette princeffe leur difputa fa fucccllion , 6c
tâcha de fe maintenir, du moins dans la pollcffion du Rouergue 6c du Ge-
vaudan ; 6c que c’eft ce qui caufa les guerres qui s’élevèrent dans le pre¬
mier de ces pais auffi-tôt après la mort de cette princeffe , & qui ne
g Pr.f. 5 o j. finirent b que vers l’an 1079. Il eft vrai que nous ne voyons pas depuis cette
mort que Robert fe foit qualifié comte de Rouergue comme auparavant ,
6c qu’il ait exercé quelque autorité fur ce pais j mais il eft certain qu’il prie
depuis le titre de comte de Gevaudan : or comme ce dernier comté ctoit du
domaine h de Berthe, 6c que Raymond de faint Gilles le pollèda dans la
fuite en qualité d’heritier de cctse princeffe j nous ne doutons pas que le comte
d’Auvergne ne le lui ait difputé avec les autres pais qui avoient appar¬
tenu à la femme, 6c que cela n’ait occafionné une guerre entr’eux , dont le
Rouergue fut le principal théâtre.
Au relie il y a lieu de croire que Raymond de faint Gilles foutint feul
cette guerre contre le comte d’Auvergne. Nous voyons du moins qu’il re-
fucccdc aux cueillit prefque toute la fucccllion deberchc , que Guillaume IV. comte de
Touloulè fon frere lui céda fans doute par quelque traité particulier. Raymond
fe qualifia en effet depuis l’an 1066. comte de Rouergue, de Narbonne,
de Nifmes, 6cc. comtcz do*nt cette princeffe avoit hérité de fon pere. Ray¬
mond de S. Gilles fit par lâ revivre en fa perlonne le titre de comte de Rouer¬
gue affecté à la branche cadette de fa maifon , 6c il le prit ordinairement
dans la fuite jufqu’à fon avenement au comté de Touloufe. Ce n’clfc donc
pas par ufurpation , comme quelques auteurs ont voulu le faire entendre ,
que ce prince fe rendit maître du Rouergue , 6c des autres domaines qui
avoient appartenu à la comteflè Berthe, mais par un droit légitime qu’il avqit
à fa fucccllion.
C’eft peut-être en qualité d’heritier de cette princeffe que Raymond étendoic
i Pr.f-nf. au mois d’Août de l’an 1 06 y. Ion autorité fur l’Ulcge. Ce prince étant alors1,
dans le monaftere de faint Saturnin fur le Rhône, aujourd’hui le Pont-Saint-
Efprit , donna à faint Hugues abbé de Cluni l’abbaye de Goudargues fîtuée
dans ce pais, laquelle avoit été foumiie anciennement â celle d’Aniane. Ray¬
mond fit cette donation pour le bien de fon ame , de lès prédecclïêurs , de
fon pere 6c de fa mere , de fon frere & de fa fœur,&c. 6 c céda en même tems à
l’abbaye de Cluni toutes Les coutumes juf es ou tnjujles dont fes prédecefjcurs , ou lui-
même , avoient joui jufqiï alors fur le monajiere de Goudargues.
h NO TE
XAn» n.'ô ,
L VII.
doivuincs de
U braockc de
PvOjcr^uc.
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DE LANGUEDOC. Liv. XIV.
zii
1
Raymond de feint Gilles avoir déjà fuccedé dès le mois de Novembre de An.io 66.
l’an 1066. dans la plupart des domaines qui avoient appartenu à la com-
telîè Bertke la coufine -, preuve que cette princeflè étoit alors déjà décedée.
C’eft ce qui paroît par un * acte lui vaut lequel Almodis comtcfjc par la grâce « Pr.p.in-&
de Dieu , & Raymond [on fils 3 très -noble comte de Roucrgue , de Nifirnes & de Nar- Af*
bonne y donnent pour le [oulagement du comte Pons 3 pour la rémi/fion de leurs
pechez ,& le falut de leurs valTaux , l’abbaye de fàint Gilles à faine Hugues
abbé de Cluni & à les luccellèurs. Almodis 6c Ton fils Raymond le re/èr-
vent en même tems les ufàges 8c les coutumes qu’ils avoient fur le domaine de
cetee abbaye, avec promeflè de ne plus vexer dans la fuite, ni l’abbé, ni
les religieux , dont ils laiilènt la conduite 6c Je gouvernement aux abbez de
Cluni, qui, ajoùtcnt-il», auront autorité fur eux, conformément à la réglé
de faint Benoît. Ils déclarent enfin que l’abbaye de faint Gilles cfi un alleu
de faint Pierre qu'ils tenoient de la libéralité du pape de Rome , & qu’ils donnent
à l’abbé Hugues, faufila fidelité à l’évlife Romaine & au pape , 6c à condition
de payer à cette églile un cens annuel de dix fols. Cet aèle fut palfc dans
l’églile de làint Baufile près de Nifines, en prelênee de Raymbaud archevê¬
que d’Arles & vicaire de l’églile Romaine, des évêques Durand de Toulou/è,
Hugues d’Ufez , Roftaing d’Avignon , 8c Bertrand de Maguelonnc -, des
abbez Bernard de faint Victor de Marfcille, Frorard de faine Pons de To-
mieres, & Bernard de Vabres j de Pons-Gerard vicomte de Gironne , de
Guillaume de Sabran , 8c d’Emenon fon frere , de Roftaing de Pofquieres,
de plufieurs autres feîgneurs féculiers , 6c en dernier lieu d' Adele comteffie de
Subflantion qui y donna fon approbation & fon confentement *. On voit par là i°.
que l’union de l’abbaye de làint Gilles à la congrégation ou ordre de Cluni
fut faite dans une alTcmblée provinciale tenue dans le mon altéré de faine
Baufile de Nifmes. 2 e. Que Bertrand évêque de Maguelonne avoit fuccedé
dès-lors à Arnaud Ion predecellèur immédiat, èc qu’ainfi le dernier n’a pas
occupé ce fiege jufqu’en 1078. comme on le prétend. 30. Que Raymond
comte de Subflantion ou de Mclgucil étoit alors décédé , 6c que Pierre b b y. kote
fon fils & de Beatrix fa femme , lui avoit fuccedé fous la tutelle ou admi- xx.xr/.*.}.
niflration de la comtclle Adèle là mere. 4'
Ce dernier époufa c vers le même tems Almodis Hile de Pons comte de lviii.j
Touloufc, & d’Almodis de la Marthe fa femme , 6c fôeur de Guillaume jfsl"n.wtk>a
IV. comte de cette ville, 6c de Raymond de faint Gilles. Il ell fort vrai- epoufe -i.no-
femblable qu’Almodis comtelfe de Barcelone , mere de ccs deux princes, ^i<k'To"lüU'
«qui- jouillbit alors , ainfi qu’on vient de le voir, du domaine de faint G il- c itJ.
les, en donna une partie à Almodis fa fille en la mariant au jeune comte de
Subftantiun, & quec’ell pour cette raifon qu’Adele ayfule de ce comte con-
fenrft à l’union de l’abbaye de faine Gilles à l’ordre de Cluni : il ne paroît pas
d’ailleurs que cette abbaye ait jamais été loumile à l’autorité des comtes de Sub-
ftantion. Du relie comme Almodis mere de Raymond de làint Gilles pof-
fedoit alors conjointement avec lui le domaine de faint Gilles , nonobltanc
le mariage qu’elle avoit contracté avec le comte de Barcelone, du vivant
de Pons comte de Touloufe fon mari , c’ell une preuve que ce dernier lui
avoit afîîgné ce même domaine pour Ion douaire.
Le mariage d’Almodis de Touloulè avec Pierre comte de Subflantion, fut
fans doute un des principaux motifs qui engagèrent la comrefîè de Barce- tc/fc de lurcc-
lone, mere de cette princellè , à faire un vovace en deçà des Pyrénées. Elle ,0"c fait_ un
, r , \ . r 1 p .. > r , ' ~ voyage aTou-
rendit peu de tems apres a Touloulè , ou elle confirma d, avec GuiJ- |OUic. Cniiiiu-
laume comre de cette ville fon fils , l’abbaye de Moiflàc& Durand Ion abbé,
dans la poïïelïïon du lieu ou village de làint Pierre de Cuilînes , que le comte ou^tb'ide
Pons fon mari avoit donné auparavant à ce monallere. Onalfure * que cette en premières
confirmation cil de l’an 1067. elle ell donc du commencement de l’an,
née, puifqu’Almodis avoit rejoint { le comte de Barcelone fon mari dès eCaàcomt.
le mois de Mars de la même année. £
On établit depuis un prieuré conventuel ou monallere dépendant de l’ab- f pr.p.uo.
bayedeMoillac au village de S. Pierre de Cuilînes, qui le trouvoit firuégalors
T orne JJ. , D d ij
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An.jo66.
» Pr.p. isj.
11X HISTOIRE GENERALE
hors des murs de Touloufs , 6c qui eft renfermé depuis long-tems dans
fon enceinte. Les comtes de Touloule avoient coutume d’allembler dans l’églilê
de ce prieuré , qui eft paroilfiale, les habitans de la ville quand ils avoienc
quelque affaire à leur propofer. Ce prieuré eft uni depuis l’an 1607. à la
Chartrcufe de Touloulc qui en eft voilinc.
Guillaume IV. comte de Touloule confirma3 de nouveau cette donation
en faveur d’Hun, tud abbé de Meillac , de qui il reçut pour cela foixante
fols. L’acte , qui fut pallécn prefence de Geraud évêque de Cahors , eft fouf.
cric par la comtellè Mathilde femme de ce prince. L’on conclut de là b
<i y. ir.p 179-
c Catclibid.
LX.
Accord entre
071 . un n'a donc pas de preuve a que
thilde avant cette derniere année. Il eft aulft fait mention e de cette com-
telfe, dont on ignore la mailon , dans une donation que Guillaume fon
époux fit avec elle Se Ifarn évêque de Touloufe en faveur de l’hôpital de
faint Raymond.
On voit par ce que nous avons dit, que Raymond de faint Gilles avoir
R^ymon/d'r Uéja pris polîèlïïon du comté de Narbonne dès la fin de l’an 1066. en qua.
ïamt Gilles & lfté d’heritier de Berthe comcelle de Rouergue facoufine. Cela parole d’ail-
île^Naii'oiine leurs Par un accord f qu>»l fit vers le même tems avec Guifred archevêque
f Pr.p.Lfi. & de cette ville, fuivant lequel ce prince, qui fè qualifie comte de Rouergue ,
A?- » promet d’aider ce prélat contre les évêques de la province qui s’étoient
» fait , ou qui fe feroient facrcr dans la luire fans la participation 3 de lui
» rendre les murs, les tours 6c les forterefles de Narbonne , depuis la tour
»> quarrée près la porte Royale , jufqu’à la porte Maurelque 3 d’obliger Ray-
» mond-Berenger 6c fes fils , de même que Garfinde , Bernard 6c l’évêque
»> Pierre fes fils, à les lui rendre, 6c à le laiiler jouir de la moitié des péages,
» des lods 8cc. hors de la ville , lefquels appartenoient à l’archevêque fuivant les
«diplômes de nos rois 3 de le faire jouir paifiblement tant du liege archiepif-
» copal des lai nts Jult 8c Pafteur , fitué dans l’enceinte de Narbonne, que de
«tout ce qui appartenoit à l’archevêque au dehors de cette ville 3 de lui
*Pet Dtuda- „ donner en fret par amitié *, la 3e partie de cequ’il acqucrroit parles plaids **
^' pcrpiaci- M dans l’etendue du comté de Narbonne -, 8c enfin de faire ratifier cet
tum. » accord par la comtejfe fa femme. « Par un autre aéte Raymond promit avec
ferment à Guifred , de le laiiler paifible polîellèur de tout le domaine de fon
archevêché, & de l’aider contre tous ceux qui s’y oppoferoient. Il paroît
certain que le traité que ce prélat , 8c les fils de Berenger vicomte de Nar¬
bonne conclurent au mois d’Octobre de l’an 1066. 6c dont nous parlerons
bientôt , fut une fifite de ces actes qui ne font pas datez 3 ce qui nous
g c»tti tmt. fait connoître à peu près leur époque. On a encore une femblable f? pronielle
?'17' fans date de Raymond de laint Gilles à Guifred, fuivant laquelle il s’en¬
gage d’obliger le vicomte Berenger 3 Garfinde fa femme & fes enfitns , à laiiler
ce prélat paifible polîellèur du domaine de l’archevêché de Narbonne.
Il y a lieu d’inîèrcr’ de ces divers monumens que Berenger vicomte de
Narbonne partageoit alors fon autorité avec fes fils lur cette ville : il paroît
d’ailleurs qu’il fe démit avant fa mort de là vicomté en leur faveur 3 ce qu’il
faut reprendre de plus haut.
Lxr. Ce vicomte 6c fa femme Garfinde furent prefens, lorfqu’au mois de Mai h de
«omccde'Nar" ^an 10f°- ^cs exécuteurs teftamenraires d’un nomme Raymond Udalgarii
boune diipofe engagèrent aux chanoines de faint Paul de Narbonne pour 140. fols de de-
niers de Narbonne, le bourg qu’il avoit pojjcdè dans le bourg de cette ville. Le
fes c même vicomte 6c Garfinde là femme , donnèrent « quelques domaines
s’accotduiten. en 1064. & 1065. au monaftere de laint Michel de Montlaurez fitué dans
frcd^arclievêl Ie diocèfe de Narbonne 3 6c au mois d’Avril de l’an 1066. conjointement
que de mie avec Raymond- Berenger leur fils , un droit de pefche aux chanoines de faint
hommagc.f°nt Paul , en prelcnce de Matfrcd qui en etoit abbe. Berenger ordonna en "’êmp
h / r.p.zftf lf* rlnmu'r nup (i nn^lnn’nn vpnmr pmMKîr rc» A *-/NÎr /mp IVr
H-
en meme
• wii*iaiu£i, / 1 _ , * j t C* '1*1
hi'-p.isx& tems par le dernier acte, que fi quelqu’un venoit à envahir ce droit furl’eglile de
> Pr i o & ^a*nt Eaul , un de fes proches , prince de Narbonne , eut à le reprendre , moyen-
jlq nanc douze deniers qu’il donneroit à cette églilc.
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D E LANGUEDOC. Liv.-XIV. uj _ _ _
Comme ce vicomte, qui avoir déjà époulë Garfinde de Bezalu des l’an An. 1066.
ioi6.éroit fort âge au mois d’Avril de l’an 1066. cela le détermina fans
doute à fe démettre bientôt après de la vicomté en faveur de fes fils. Il efl
certain en effet d’un coté qu’il vivoit encore au mois de Février de l’an
1067. 6c que de l’autre Bernard Ion fils prenoit la qualité de vicomte de N ar~
bonne , êc exerqoit Ion autorité dans cette ville au mois d’Ockobre de l’année
précédent?. Nous avons la preuve de ce dernier fait dans l’accord - que le }
même Bernard fit alors avec Guifrcd archevêque de cette ville, au lujet ycmeimm.
de leurs différends , par l’entremile de Raymond comte de faine Gilles, deM'*-
Raymond comte de Bczalu, (ou plutôt de Cerdagne ) desevêques Durand
deTouloufc, Raymond d’Elnc, 6c Berenger de Gironne, 6c enfin de Ber¬
nard de Minerbe, 6c de quatre autres feigneurs. L’archevêque 1e plaignoic
de ce que le vicomte lui detenoit fon fiege archiepifcopal avec la moitié de
la ville du côté du nord, ôc les autres domaines de fonéglilè. Les arbitres
adjugèrent au premier cette moitié de Narbonne qui s’étendoit depuis la
porte Royale, jufqu’à la porte Acaire*, avec les murs & le Capitole litué du *A1u:lria-
même coté , où on permit à l’archevêque de faire ccfnftruire une porte,
qu’on croit 0 être celle qu’on nomma depuis La porte Bubale ou epiicopale. b cmIAU.
Ils accordèrent de plus à ce prélat la moitié de la leude ou péage tant parterre
que par eau , avec pluficurs autres droits , moyennant une lomme qu’il paya
au vicomte Bernard- Berenger , lequel lui prêta en conféquence ferment de
fidelité contre tous, excepté nommément contre Raymond comte de faint Gilles
fon feigneur , 6c Ermengaud de Cafouls. Ce dernier , comme nous l’apprenons
d’ailleurs ,étoit feigneur delà Tour Maurelquc de Narbonne. cFr- ijj.
Un auteur d, qui prétend que cet accord fut fait entre Bocnger vicomte de Nar- dBtifrHarb.
bonne, & Guitred archevêque de cette ville, reprend Catel d’avoir dit que
ce fut entre le vicomte Bernard 6c ce. prélat ^ mais il cft certain que Catel
qui avoit vu l’acte, n’a rien avance que de conforme à la vérité : or coin- e
me il cft confiant , ainfi que le premier de ces deux auteurs en con¬
vient, que le vicomte Berenger vivoit encore après la date de cet acte 5 il
s’enfuit qu’il fe démit de la vicomté de Narbonne en faveur de fes fils Ray¬
mond 6c Bernard quelque tems avant fa mort. On a d’ailleurs f un pareil {Calelccimt-
accord réglé par les mêmes arbitres , entre Raymond-Berengcr vicomte de Nar-
bonne , 6c G uifred archevêque de cette ville, auquel le même Raymond prêta
ferment de fidelité , avi^: promelle réciproque de fe fecourir contre leurs
ennemis , excepté contre Raymond de faint Gilles , & Ermengaud de Cafouls.
Cette exception , 6c la part que Raymond de faint Gilles prit aux différends
qui éroient entre l’archevêque 6c les vicomtes de Narbonne , ont donné lieu
à un de nos hiltoricns g de conjecturer que le prélat appella le comte en g c»ttliUJ>
pareage pour la ville de Narbonne : conjecture abfolument frivole ; car il
eft confiant que Raymond de faint Gilles tiroit fon droit fur le comté de
cette ville, de même que furie marquilat de Gothie , de celui qu’il avoit
à la fuccelîion de Berthe comtclîe de Rouergue fà couiine , ce que cet au¬
teur a ignoré. Il cft vrai toutesfois que Guitrcd archevêque de Narbonne,
6c Raymond de faint Gilles furent toujours très-unis, 6c que c’cft propre¬
ment à la protection du dernier, que l’autre fut redevable de ce que les vi¬
comtes de Narbonne reconnurent enfin fa luzeraincté , pour ce qu’ils poffè-
doient dans cette moitié de la ville de Narbonne dont nos rois avoient
donné le domaine aux prédeceffèurs de ce prélat. Au refte il paroît que Berenger
lui-même fit hommage à l’archevêque Guifred pour cette moitié de Narbonne,
ainfi que fes deux fils Raymond 6c Bernard.
On a en effet un acte h , fuivant lequel Raymond vicomte , fils de Ricarde , bP'-Mf j.
fait hommage à Guifred archevêque de Narbonne comme a fon feigneur pour la
moitié de cette ville, depuis la porte Royale, jufqu’à la porte Maurefque ,
êcc. Sur quoi il cft bon de remarquer que dans cet acte , qui cft fans date, les
copiftes ont fait vifiblement une faute fur le nom du vicomte de Narbonne,
car on n’en trouve aucun du nom de Raymond , qui ait.été fils de R carde.
U faut donc lire ou Berenger fils de Ricarde , ou Raymond fils de Garfinde ;
feç hommage aura donc été rendu à Guifred archevêque de Narbonne, en
cpr.f.ifi.
f Catel comt.
b Pc./', tj j.
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As.\o66.
a Ibid.
Lxn.
WokC JcBercn*
gc t vicomte de
Nii bonne.
Do naine tem¬
porel des ar¬
chevêques de
ccrte ville.
1067.
b Pr. p.ii*.
c Caul mtm.
• fSo.
Voyt*.cy-aprh
p- 1 lo.
.* * De porta
xc;u.
tV.fr.p'téu
î ConciUo.9.
f. U $4*
g Ibid.
h Jbid.p.îUt*
V. Pay *d ann .
1061. n. il .
io6y.».iy«
i BeffeNarb.
p.iii & ;«îj.
t4'- & H-
1 W'&J'II-
114 HISTOIRE GENERALE
conféquence de l’accord de l’an ic66. Nous en trouvons a un fêmblable
rendu vers le même cems à ce prélat par Pierre troifieme fils de Berenger &
de Garfinde , qui aura eu par conséquent pour fon partage une portion de la
vicomté de Narbonne , & qui s’en qualifia en effet vicomte dans la fuite.
On a cru devoir entrer dans ce détail ,tant pour l’importance de la matière,
que pour la tirer de l’obfcurité où elle a été jufqu’ici.
Nous avons dit que Berenger vicomte de Narbonne vivoit encore au mois
de Février de l’an 1067. c’eft ce qu’on voit par un aéteb , iùivant lequel
nie vicomte Berenger , (&non pas Bernard, comme le fuppofè un auteur c)
n & fa femme Garfinde , donnent en engagement à Raymond- B erenger leur fei-
» gneur par la grâce de Dieu comte & marquis de Barcelone , &â la com telle fa
» femme, un nef appellé Ozor qu’ils tenoient de lui, avec le château de
» Solterre, pour la fo mme de cent cinquante onces de maneufes * d’or de Barce-
n loue du poids de Narbonne , que ce comte 6c cette comteflè leur avoiene
>3 prêtée, n Cet acte efl date du lundi /. de Février la VI II. année du régné du
roi Philippe -, ce qui convient parfaitement , en comptant le commencement
du régné de ce prirtee depuis fon allociation au tronc en 1059. il eft fouf
» crit par Raymond-Berenger, Pierre- Berenger , & Bernard-Berengcr , fils
33 du vicomte & delà vicomteilè, Matfred abbé de fàintPaul, Guillaume de
33 Montpellier , Pierre Amelius de la Porte-Royale ** , &c. 33 Ce dernier a voit
pris ce lurnom d’une porte de Narbonne ainfi appclléc, fur laquelle il y avoit une
tour ou château qu’il tenoit lins doute en fief de l’archevêque ou du vicomte
de cette ville.
Il paroît que Berenger vicomte de Narbonne vivoit encore au mois de
Mars de l’an c 1067. Il n’cft plus enfuite fait mention de lui, 6c il mou¬
rut fans doute bientôt après dans un âge extrêmement avancé , après avoir
pollèdé plus de cinquante ans cette vicomté, dont il avoit hérité de Ray¬
mond I. fon pere.
Quelques années avant fa mort, le pape Alexandre II. lui écrivit fune lettre,
dans laquelle il le loue beaucoup d’avoir protégé les Juifs qui demeuroient
fur fes terres , 8c d’avoir empêché qu’on ne leur ôtat la vie. Ce pontife
écrivit, à ce qu’il paroît g, dans les mêmes termes à Guifred archevêque de
Narbonne. Ce fut à l’occafion h d’une croifadc qui fe forma en France vers l’an
106 5. contre les Maures d’Efpagne, 6c durant laquelle les croifez firent mourir
fans mifericorde tous les Juifs qu’ils rencontrèrent £ir leur route. Alexandre
qui defapprouva extrêmement cette conduite, marque dans fa lettre au vicomte
de Narbonne la différence qu’il falloir mettre entre les Juifs qui vivoient tran¬
quillement difperfcz en diflferens pais, 6c les Sarafins ou Mahometans qui
perfécutoient les Chrétiens. Nous apprenons par là que cette armée de croi¬
fez entra en Efpagne du côté de Narbonne.
Comme Berenger vicomte de cette ville Ce qualifioit quelquefois proconful. ,
cela a donné lieu à un moderne ', qui n’a pas compris que ce terme lignifie
vicomte dans les chartes des XI. 6c XII. fiecles, de s’imaginer que Berenger
avoit exercé l’autorité proconfulaire des anciens gouverneurs de la Narbon-
noife du tems des Romains ; qu’il avoit ufurpé la feigneurie de Narbonne,
ou l’autorité comtale , 8c même la ducale -, 6c en un mot qu’il tranchait du
fouverain. Cet auteur fe contredit cependant jcar il convient que du vivant
du même vicomte , Hugues comte de Roucrgue, 8c après lui Raymond de
faint Gilles furent comtes particuliers de Narbonne. Toute la preuve qu’il
donne de la prétendue ufurpation de l’autorité fouveraine par le vicomte de
Narbonne , fe réduit à quelques fermens que lui firent divers comtes 6c
vicomtes de la province , 8c des pais voifins , 6c qu’il qualifie hommages * mais
ces fermens alors fort en ufage entre les differens feigneurs ne font que de
fimples promelfcs de s’entr’aider en cas de guerre, ou de fe confervcr réci¬
proquement leurs domaines j ce qui n’emporte aucun vaflelage. Nous trou¬
vons en effet de pareils fermens faits par les fuzerains à leurs vaflàux. Be¬
renger n’eut donç dans Narbonne d’autre autorité que celle que les vi¬
comtes fes prcdeccfTeurs y avoient exercée. Ils s’y étoient emparez à la
vérité d’une partie des droits régaliens , de même que les autres principaux fei-
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grtcurs du royaume -, mais ils reconnurent toujours la fuzeraineté des com- ï'^’^gTv
tes de Touloulè ou de Rouergue qui pofiedoient le marquifat de Gothieêc ‘ 'l
le comté particulier de Narbonne * & nous n’avons aucune preuve que les
vicomtes de cette ville ayent jamais prétendu ufèr d’un pouvoir ablolu ôc
indépendant. _
Il peut fe faire aulfi que Berenger ait empiété fur les droits de l’archevê¬
que Guifred, 6c qu’il ait non feulement refufe de reconnoître ceprélat pour fon
luzerain, pour ce qu’il poffedoit dans le domaine de l’églife de Narbonne,
mais qu’il ait encore voulu dominer fur lui -, 6c ce fut en effet, à ce qu’il
paroît, la principale fource des longs différends qu’ils eurent cnlèmblc: mais
enfin le vicomte & fes fils furent obligez de fe fo umettre à l’archevêque,
de lui prêter ferment de fidelité , 6c de le reconnoître pour leur feigneur.
C’eft ainfi que l’archevêque Guifred 6c Raymond de faint Gilles partagè¬
rent la fuzeraineté fur la ville 6c le comte de Narbonne donc chacun pof-
fêda une partie : le premier en vertu de la donation que Pépin le Bref*
& les rois de France fes fucceffeurs avoient faite à fon églife de la moitié
des droits domaniaux de ce comté * 6c l’autre en qualité de comte particu¬
lier de Narbonne , 6c de fucceflèur des anciens ducs de Septimanie , ou mar¬
quis de Gothie. Il faut remarquer cependant que quoique Guifred fondât
fa fuzeraineté fur cette donation de nos rois, il paroît qu’il hic le premier
archevêque qui en jouit * car nous ne trouvons pas que les vicomtes ayent
jamais rendu aucun hommage à fes prédeceffeurs : mais depuis Berenger la
plupart des fucceffeurs de ce vicomte fe reconnurent vaffiux des archevêques
pour ce qu’ils tenoient dans le domaine de l’eglilê de Narbonne , nonob-
ftant les nouveaux différends qui s’élevèrent entr eux, 6c dont nous parlerons
dans la fuite.
Berenger laiffa à fa mort, de Garfinde de Bezalu fa femme , trois fils, ixrir.
Raymond , Bernard , 6c Pierre. Le dernier étoit évêque de Rodez depuis
environ l’an ioyi. Les deux autres qui étoient mariez depuis long-tems, 6c Bernard fi:» de
avoient des enfans , confirmèrent le partage que leur pere leuravoit fait de “c
fon vivanc , ou convinrent du moins d’un nouveau après fa mort. L’acte 1 bounc. E«n-
qui en futdrcfléeft au nom de Bernard *( quoique le puîné, ) lequel céda» duc.‘!e lcutri0‘
à Raymond fon frere, 6c à Raymond Pelet fils de celui-ci, iu. la moitié « T cù,i.mtrm
de la ville de Narbonne, des places, châteaux , tours 6c murailles, a vec » M*u
les ufjges , cenfivcs , 6c autres droits feigneuriaux qui en dépendoient * la»
moitié des Juifs 6c du bourg, 6c en un mot la moitié de tout ce que Ray-»
mond leuraycul, 6c fi femme Ricarde, Berenger leur pere, 6c Garfinde «
leur mere avoient polledé à Narbonne , ou d’autres pour eux. 2®. La moi- »
lié de tous les ufages , rentes , 6c autres droits qui avoient appartenu â «
leurs ancêtres , tant fur la mer , que fur les étangs , entr’autres le droit «
de naufrage. 30. La moitié du droit qu’ils avoient dans l’élection des arche- «
vêquesde Narbonne. 4e. La moitié de tous les fiefs, rentes, 6c feigneu-»
ries que leu fs prédeceffeurs avoient pofiedez ou par eux-mêmes, ou par»
d’autres dans le comté de Narbonne, à la referve du château-neuf, 6c «
de fes appartenances. y°. La moitié de tout ce qui avoir été au pouvoir»
de Raymond leur ayeul , de fa femme Ricarde, de Berenger leur pere,«
ôcdeleurmere Garfinde, dans les comrez de Bcziers, Lodeve , A 1 bi , 6c»
Nifmes •, dans les lieux de Beaucaire & d" Arycnce , dans les comtez de «
Rouffillon , de Gironne, 6c de Rafez, dans la châtellenie de Pierre- per tufè, «
dans les comtez de Carcaffonnc 6c de Gevaudan & en 1‘ évêché du pais , 6c »
enfin dans le comté de Rouergue. A la fin de l’a été Bernard déclare,»
qu’en cas que Bernard Pelct vînt à décéder fans enfans , il difpofe de tout »
ce qu’il lui avoit donné , en faveur de Raymond fon frere , ou des autres «
enfans de ce dernier.
Ce partage qui nous fait connoître l’étendue du domaine de Berenger lxiv.
vicomte de" Narbonne , eft le plus ancien monument que nous trou- v°£ejnc ,k^
vons où il foit parlé de Beaucaire , ville confiderable, fituée à l’extrémité de ^4. *
fa province fur la rive occidentale du Rhône dans le diocèfè d’Arles , 6c
dépendante pour le temporel de celui de Nifmes. On peut aifément prou-
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A N. 1067.
a NOTE
XX'XVlll.
b Pr.f>. 174.
«M4*
dtr.f. 177-
cF. NOTE
ibU. n » f.
* Pr.ibid.
f F. NOTE
XL!.
S K. NOTE
X / K 0.14. &
h'
LX V,
Raymond II»
vicomte de
Narbonne &
Tes en fans,
h Pr.p.x6yfr
M'
ii« HISTOIRE. GENERALE.!'!
ver * par là que cette ville n’eft pas différente de l’ancien château d’Uger-
num , que le même Berenger vicomte de Narbonne pollèdoit certainement.-
11 eft fort vraifemblable que Pons comte deTouloufe, après avoir afRgné “
vers l’an 1037. pour le douaire de Majore fon époufe, la terre d’Argence,
qui comprenoit la ville de Beaucaire, 6c qui , à ce qu’il paroît, faifoit partie du
comté de faint Gilles , la donna enfuice en fief à Berenger vicomte de Nar¬
bonne. Les c fuccefTeurs de celui-ci l’infeoderent eux-mêmes aux feigneurs
d’Andufe.
Les comtes de Touloufe tenoient ce pais des archevêques d’Arles, comme l’on
voit par divers monumens,entr’autres par un accord d que Raymond de S. Gilles
fit vers l’an 1070. avec l’archevêque Aycard, fuivant lequel il reftitua à ce
prélat l’eglifê de faintc Pafque avec fes dépendances , à la réferve de ce
qu’il avoir donné pour réparer l’enceinte du château de Beaucaire-. Raymond
reftitua * auffi par cet a&e à la cathédrale d’Arles toutes les terres qu’elle
avoit à Aryence , telles que Raymbaud archevêque de cette ville les avoit
pofTedées autrefois f -, la troifiéme partie du château de Fourques , 6c la
moitié de celui d’Albaron, quand il en feroit le maître ; il promit enfin de
rendre à l’archevêque Aycard la moitié de la leude ou peage qu’on exigeoit
fur les bateaux qui mont oient ou defeendoient le Rhône , s'il venoit
d le recouvrer â Arles fur Bertrand comte de cette ville qui en jouiffoit. Nous
concluons de ces dernieres paroles i°. Que Raymond de faint Gilles do-
minoit , ou prétendoit dominer, du vivant de Guillaume comte de Tou.
loufe fon frere , fur la moitié de la Provence, qui par conféquent lui étoit
échue pour fon partage , ou pour mieux dire qu’il avoit eue par fon maria¬
ge avec fa première femme. z°. Qu’il avoit alors quelque démêlé avec le
comte Bertrand , qui fous le titre de comte d’Arles , pollèdoit l’autre moi¬
tié de cette province , dont il avoit hérité 5 de Geoffroy fonpere. 30. Qu’cnfin
que Raymond avoit cies droits fur la balfe Provence, 6c qu’ainfi tout ce pais
étoit encore alors poftèdé par indivis , tant par ce prince , que par les défi
cendans de Guillaume I. comte de Provence.
Pour revenir au partage que firent entr’eux les deux fils de Berenger vi¬
comte de Narbonne, la plupart des domaines que ce dernier avoit pofTedez
dans les differens comtez énoncez dans cet acle , provenoient fans doute des
dots que lui 6c fes ancêtres avoient reçûs de leurs femmes. Les anciens
vicomtes de Narbonne fe feront alliez par conféquent avec les comtes de
Rouergue, de Barcelone, de Gironne, de] Bezalu , 6c de Carcalfonne, les
vicomtes de Beziers, d’Albi ,deGevaudan ,de Milliaud , êcc.
Raymond fils aîné de Berenger vicomte de Narbonne , avoir trois enfans
dans le tenis de la mort de fon pere.Nous avons en effet un acte h fuivant lequel
«Raymond- Berenger avec fes fils Berenger clerc , 6e Bernard Pelet, 6c fa fille Ri-
« carde, donne à Raymond-Bernard vicomte (d’Albi ou de Nifmes, ) à fa femme
«Ermengarde 6c à fes enfans, le château de Mefe avec fes dépendances, ce qu’il
«avoit à Florenlac, le village de Veirac, le château de S. Pons de Mauchiens, 6c
«enfin toutes les autres terres qu’il pollèdoit, ou qui dévoient lui revenir dans
« le diocèfe & comté d’Agde , avec la liberté d’en difpofer à leur gré , fup-
«pofé que lui ou fes defeendans vinflènt à acquérir une portion de la ville de
«Narbonne. Il ajoute que fi lui ou fes enfans renomjoicnt à leur droit fur
«cette ville en faveur, de Bernard-Berenger (fon frere) ou de fes enfans, il
«donneroit alors au vicomte Raymond- Bernard , à fa femme, ou d fes en-
« fans deux cens onces d’or pur , 6c reprendroit les biens qu’il leur avoit
«donnez dans le comté d’Agde: il s’oblige en même tems de ne pas vendre
» ou engager ces biens qu’en faveur du même Raymond- Bernard ou de
« fes proches 5 6c qu’en cas que lui ou fes enfans vinflènt à recouvrer dans
» la fuite une partie de Narbonne, ils reftitueroient alors les mêmes terres
« du comté d’Agde â Raymond-Bernard , à Ermengarde fa femme, à leurs
«enfans , ou à leurs plus proches, lefquels lui donneroient , ou à fes heri-
» tiers, deux cens onces d’or. « L’adc eftfoufcrit par divers feigneurs du
païs , 6c paroît avoir été drefTé à Nifmes. Il eft marqué à la fin « que fi le
w vicomte Raymond-Bernard venoit à mourir, celui qui épouferoit Ermen-
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DE LANGUEDOC.Liv.XIV.
117
garde la veuve , & poffederoit la ville de Beziers, feroit obligé de donner »> An. 1067.
du lecours à Raymond- Berenger 8c à lès enfans ■> 8c que li Raymond- «
Bernard 8c Ermengarde l'a femme décedoienc làns heritiers , tous ces do- «
maines retourneroient aux enfans de Raymond-Berenger. «
Ce fut fans doute par une iuite de cet accord » que le même Ray- «
jnond-Berengeryf/j de Garfinde , promit a par lèrment au vicomte Raymond « a Pr.f.i6s.&
fils de Rangarde , & à la vicomtellè Ermengarde là femme, de les lèrvir«;*î‘
contre tous , excepté contre Raymond comte de Rouergue , Guillaume «
fon frere comte de Touloulè, l’archevêque Guifred, le comte de Barce-«
lone, le comte de Carcaffonne , Frotaire evêque deJNifmes, Pierre de Mi-«
nerve, &fes propres vallàux , avec promelïe de leur faire juftice de ceux-ci.*
Ces deux actes font làns date , mais il paroît qu’ils furent paflèz peu de
tems avant ou après la mort de Berenger vicomte de Narbonne pere de
Raymond. Ils nous donnent lieu de conje&urer 1°. Que ce dernier avoit
époufé Garfinde b lueur aînée d’Ermengarde de Carcalfonne , 8c fille du b F.
comte Pierre- Raymond , 8c de Rangarde de la Marche fa femme -, 8c que
la même Garfinde étoit alors décedée , puifqu’il n’eneft rien dit dansl’a&e.
lleft certain en effet que les châteaux de Meze, de Florenfac, de Vairac,
de laint Pons de Maucliiens, &c. avoient été c du domaine de Pierre- Ray- cAid+ut>
mond comte de Carcaffonne 8c vicomte de Beziers 8c d’Agde , pere d’Er¬
mengarde ; ainlî il les aura donnez à Raymond-Berenger de Narbonne pour la
dot de fa femme, i°. Que Berenger vicomte de Narbonne difpofa de
fon vivant de cette vicomté eu faveur de Bernard fon fils puîné , à l’exclu-
lion de Raymond fon aîné , ou que s’il la leur partagea également durant là
vie, comme il eft plus vraifèmblablc , Bernard s’en empara entièrement
après fa mort. Raymond aura pris de là occalîon d’avoir recours à la pro¬
tection de Raymond-Bernard vicomte d’Albi 8c de Nifincs fon beau-frere,
& d’Ermengarde femme de ce dernier , pour rentrer dans la pollellion de la
moitié de cette vicomté , que Bernard fon frere lui aura cedée enfin par le
traité de partage dont on a déjà parlé. Au refte on voit par la fuite que le
vicomte Raymond- Bernard demeura * paifiblepollèllèur du château de Meze, d v. Sfirtitt*.
& des autres domaines que Raymond-Berenger deNarbonne lui avoir don-^1^,^^
nez,& qu’il les tranfmit à fes defeendans : preuve que ce dernier jouit pai-/,?.
liblemcnt de fon côté de la moitié de la vicomté deNarbonne. c v. i‘rf.199.
Le comie de Carcaffonne que Raymond-Berenger excepte dans la promeffe lxvi.
qu’il fit au vicomte Raymond-Bernard , n’efi: pas diffèrent de Raymond- , Ermcnsarde
■ü r\ I I T» T » r _ 1 n de Carcallonac
Berenger, nl^ de Raymond-Berenger I. du nom comte de Barcelone , & VCQj a Ray.
d’Almodis là féconde femme. Ceux-ci avoient acquis alors depuis peu ce mood-Hereu-
comté, avec celui de Ralèz, & la plus grande partie des domaines de la mai- Barccionc'rcs'
fon de Carcaffonne : acquifition fur laquelle les comtes de Barcelone fon- droits tut les
derent dans la fuite leurs prétentions fur une partie de la province. affame'* de
Pour mieux entendre ce fait important de notre hiftoire , que divers au- tufez.
teurs tant Efpagnols que François , ont enveloppé de beaucoup de fa¬
bles, faute d’avoir eu connoillànce des actes originaux, il faut remarquer
que les defeendans de Roger I. comte de Carcaffonne étoient partagez * en * v. note
trois branches en 1066. Le comte Roger III. arriere-petit.fils de ce prince *Xl1-
par fon pere le comte Pierre- Raymond , étoit chef de la branche aînée,
&po(Iedoit la plus grande partie du comté de Carcaffonne , celui de Ralèz,
& les vicomtez de Beziers 8c d’Agde. Pierre 8c Bernard les coufins, fils de
Guillaume fon oncle paternel, failoient la fécondé branche, 8c avoient fuc-
cedéà leur pere dans une portion du même comté de Carcaffonne. Enfin
la troifiéme branche étoit celle des comtes de Foix , defeendans de Bernard
fils puîné de Roger I. Roger III. étant décédé fans enfans vers la fin de la
même année, Ermengarde là fœur , femme de Raymond-Bernard vicomte
d’Albi & de Nifincs , qu’il avoit faite f là principale heritiere, Adélaïde fon
autre fœur, 8c R angarde de la Marche fa mere prétendirent recueillir toute
fa fuccelîion. Il n’y avoit aucune difficulté pour les vicomtez de Beziers 8c
d’Agde dont Roger III. avoit hérité de Garfinde de Beziers fon aycule mater¬
nelle ; mais il y en avoit beaucoup g pour les comtcz de Carcalfonne 8c de s:1E
T orne IJ. E e
f r’r p i9 1.
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_ _ n8 HISTOIRE GENERALE
An. 1067. Rafez, 2c les autres domaines quiavoienc appartenu à Roger I. Outre que ce
dernier paroiffoit les avoir fubftituez aux mâles de là mailon, parla defenfe
•Pr.p.tgo. qU’il avoit faite » àfes filsdeneles aliéner qu’en faveur l’un de l’autre ; ceux*
bM*9’&fen. çi, ou leurs defcendans b avoient fait diffèrens accords pour fe fucceder les
uns aux autres au défaut d’hoirs mâles j ainfi il étoit fort à craindre que le
comte de Foix ne difputât à Ermengarde ces deux comtez , fur lefquels il
avoit d’ailleurs c de grandes prétentions , dont nous aurons occafion de parler
dans la fuite.
Dans ces circonftances Ermengarde 2c Adélaïde fa fœur prirent la réfolu-
tion d’aliener ces comtez en faveur de quelque prince aflez puiffant pour les
protéger contre les entreprifes de leurs coufins. Elles choifirent pour cela
Raymond-Berenger I. du nom , comte de Barcelone , leur parent 2c leur
allié. Ce prince étoit en effet petit-fils d’Ermeffinde de Carcallonne , fœur
du comte Raymond , ayeul paternel d’Ermengarde &d’Adclaïde , 2c il avoit
époufé Almodis fœur de la comtelTe Rangarde leur mere. Il paroît par la
fuite qu’Almodis , princefle fort ambitieufe , voyant que le comte de
Barcelone fon mari avoit un fils du premier lit qui devoir lui fucceder dans
ce comté, porta ce prince à faire cette acquifition en faveur du fils aîné
qu’elle avoit de lui.
Ermengarde qui fe portoit pour principale heritiere de Roger III. fon
frere, & Raymond-Bernard fon mari qui l’appuya dans toutes fes démarches,
eurent une entrevue avec le comte 2c lacomtellè de Barcelone, 2c paflcrentun
J ïrp.tfj.fr accord avec eux le z. de Mars del’an 1067. * Suivant cet acte ils leur vcn~
i,q' dirent pour la fomme de onze cens onces d’or de monnoye de Barcelone,
* Burgos. la ville de Carcaflonne avec fes fauxbourgs *, les droits deleude, de mon¬
noye, de juftice, de marché, de dixmes 2c de prémices -} la vicomté de cette
ville , l’évêché , la cathédrale 2c leurs dépendances ^ l’abbaye de fainte
Marie fituée dans un des fauxbourgs , 2c toutes celles qui étoient dans les
autres ; le château de Couffoulens , le village de Cafillac , les abbayes de la
Grafle êc de laint Hilaire * tous les fiefs que le comte de CarcaJJonnc tenoit
de quelque maniéré que ce fut du comte de T ouloufe dans le comté de Carcafi-
fonne ; tous ceux que le comte Pierre-Raymond avoit tenus du comte de T ouloufe
dans le C area fie zjfi le T ouloufain J & enfin tout le domaine que Roger comte de
Foix j ou fes vafiaux , avoient pofiedé du vivant du comte Pierre-Raymond & de
Roger fon fils. Ce qui prouve i0.Que les comtes de Touloufe avoient en¬
core la fuzeraineté fur le comté de Carcaflonne, 2c que le comte de Barce¬
lone par l’achat qu’il en faifoit , devenoit vaflal de ces princes. iv. Qu’Er-
mengarde vendit non-feulement la portion du même comté qu’avoit pofle-
dée le comte Roger III. fon frere, mais encore celle qui avoit appartenu
à Roger I. comte de Foix , lequel avoit laiffe des heritiers légitimés en la
perfonne de Pierre fon frere 2c des fils de ce dernier.
Le même jour le vicomte Raymond-Bernard 2c Ermengarde fa femme ,
eüid.p. 158. vendirent « au comte & à la comtefîe de Barcelone, par un acte different,
» le comté de Rafez avec fes dépéndances, les deux châteaux de Rafez^, tous
» les autres châteaux de ce comté , les abbayes qui en dépendoient , avec
» leurs alleus , dixmes, prémices , oblations des fideles, &c. 2c enfin tous
« les droits feigneuriaux &le domaine du comté & de la vicomté de Rafc^ bor-
» nez fuivant l’acte par le comté 'de Narbonne au levant * ceux de Rouf-
«fillon, de Confiant 2c de Cerdagne au midi 5 celui de Touloufe au cou-
» chant -, 2c enfin celui de Carcallonne au nord. Raymond-Bernard 2c Er¬
mengarde fa femme vendirent ce comté en alleu au comte & à la comtefîe
de Barcelone , à qui ils donnèrent pouvoir d’en difpofer à leur gré , ce qui
femble fuppofer que les comtes de Touloufe ne jouiffbient plus alors de leur
ancienne fuzeraineté fur ce païs. Pour la fureté de cette vente , le vicomte 2c la
(iïiip.17 3. vicomteffe donnèrent en otage deux f de leurs principaux vaflaux qui fe
rendirent prifonniers à Gironne.
lfr.p.if?.fr Par un troifiéme acte g le comte de Barcelone & Almodis fa femme,
H • «donnèrent le même jour au vicomte Raymond-Bernard, à Ermengarde fa
«femme, 2c à leurs enfans, cous les domaines que le comte Pierre-Ray-
1 V.ibid.
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DE LANGUEDOCLiv. XIV, 119 _ _
mond , Ton fils Roger, 6c leurs vaïlàux avoient poflèdez (fi tenus des comtes « An. 1067.
de Touloufe dans les comtez^de Carcaffonne (fi de T ou loti fe , à la ré/èrve de la a
ville de Carcaffonne , de les fauxbourgs 6c de les égliles ; des terres , qui de, «
voient à ces dernieres des dixmes Sc des prémices * 6c enfin de l'évêché de«
Carcallonne. Ils convinrent cependant que l’évêque de cette ville feroitu
vaffal de Raymond- Bernard 6c lui prêteroit ferment de fidelité, fins préju- «
dice de celui qu’il prêteroit auffi au comte & à la comteffè de Barcelone, «
(fi d Raymond leurs fils : » ainfi ce prélat devoir tenir à l’avenir Ion évêché
en arriéré- fief du comte de Barcelone 6c de Raymond fon fils * 6c ce der¬
nier devoir fucceder par conléquent à fon perc dans le comté de Carcaf
fonne. Il eft marqué de plus dans cet acte , « que fuppolé que le nommé «
à l'évêché de Carcallonne donnât une fournie pour l’obtenir. Je vicomte «
Raymond-Bernard, fa femme 6c fes enfans ne pourroient en aucune ma-tc
niere prétendre la moitié de cette fomme : >1 preuve fcnlible du progrez
étonnant qu’avoit fait alors la fimonie , puifqu’on ne rougillbit pas d’inlerer
de pareilles claulès dans les actes publics. Le comte 6c la comrellè exce¬
ptent encore de cette donation « les abbayes delaGraffè& de iaint Hilaire, et
&la vicomté de Carcaflbnne. Ils ajoutent, qu’en cas qu’eux , leur fils Ray-«
mond , & leurs defeendans , vaillent à établir un vicomte dans cette ville, «
ce dernier deviendroit alors vaffâl du vicomte Raymond & de là femme, «
6c leur prêteroit ferment de fidelité , outre celui qu’il devoir prêter «
au comte & à la comtefie , (£• à Raymond leurs fils 3 enlorte que le vicomte «
de Carcaffonne tiendroit l.t moitié de cette vicomté du vicomte Raymond- «
Bernard , 6c d’Ermengarde fa femme, ou de leurs delcendans , la ns y corn. «
prendre toutes-fois la ville ni les lâuxbourgs de Carcaffonne, que le comte «
& la comtefie le réferverent. «
Ces derniers 6c leur fils Raymond u codèrent en même tems au vicomte «
Raymond-Bernard , à la vicomtelle fa femme , 6c à leurs delcendans , «
l’abbaye de fuint Jean de V alfcyacr , ou de Montolieu, l’élection de l’abbé, «
les fiefs 6c les dépendances de ce monalterc,à la réferve du fcrvicc auquel «
le vicomte 6c la vicomtelle croient tenus en vers eux } c’ell-à-dire que cette «
abbaye leur fut donnée en fief. Us leur donnèrent auffi la moitié de lace
juftice, du peage, 6c des autres droits qu’on levoit dans le comté de Car- «
caffbnne, excepté dans la ville &: fes lâuxbourgs, 6c fur les habitans qui«
y étoient domiciliez j à condition cependant que la juftice feroit rendue au «
nom du comte de Carcaffonne. Le comte 5c la comtefie de Barcelone promettent «
enfin que fi eux , ou leur fils qui dcvoit hériter du comté de Carcaffonne , ve- «
noient d acheter l'abbaye de Caunes du comte de Roucrytic , ils la donneraient «
au vicomte Raymond-Bernard j à la femme, 6c à leur pofteriré , de même«
que l’élection de l’abbé , 6c le droit d’albergue , avec claulb exprclie que «
le vicomte & la vicomtelle n’empêchcroient pas le comte de Rouergue«
de donner cette abbaye au comte 6c à la comtefie de Barcelone , ou à«
celui de leurs fils qui l’eroit comte de Carcaffonne. » Nous verrons bientôt
que Raymond de laine Gilles, qui étoit le comte de Rouerqut , dont il cft
fait mention dans cet acte , vendit ou coda peu de tems après l’abbaye de L ,LCo,ntdâ
Caunes au comte de Barcelone , puifque le vicomte Raymond-Bernard & K mgardc j;c
fa femme la prirent en fief en 1070. de ce dernier. Tels font les premiers
titres de l’acquifition que firent des comtez de Carcaffonne 6c de Ralêz Ray- »<.-« d'Ad"ia*'
mond-Bcren^er I. comee de Barcelone, 6c Almodis fa femme : titres qui furent deiafiiic,& de
luivis de plulieurs autres. comte dcCcr-
11 ne paraît pas que la comtcffc Rangarde mere d’Ermengarde, ait en dague fon *-n-
d’abord aucune part à cette alienation ; il femble au contraire qu’elle y vcu.iem càiuf-
ctoic oppofée , puifqu’onze jours après’ elle donna au comte Guillaume fon te avec leurs
gendre , à fa fille Adélaïde , femme de ce dernier , 6c à leurs enfans , le comté lc
de Rafez avec tous les châteaux qui en dépendoient. Rangarde fe réferva
CarcaÜODnc
en même tems l’ufufruit de ce comté pendant fa vie avec le droit de réver- au comte de
fion , en cas que Guillaume n’eùt point d’enfans d’Adclaïde. L’aâre fut paffé coim^de
au village d’Avejan dans leTermenois 6c le diocèfe de Narbonne , le 13. de Ccrdap,c.
Mars de l’an 1067. en prefencc deGuifrcd archevêque de cette ville , oncle l60'
T orne IJ. E e ij
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Àn>io67-
b V. Disg.t*nÀ
Ue BârctL L x.
€. S*.
c Marc.Hifp.
M4 U
ilMp.C 187.
* P- 471-477-
LXVIII.
Nouvel ac¬
cord entre le
comte de Bar¬
celone & la vi-
comeefle Er-
meogardc fur
le domaine de
la mailon de
Carcalîonnc.
fPr. p.i6i.
&H-
1068.
H-
zio HISTOIRE GENERALE
du meme Guillaume -, des vicomtes Udalgarius 6c Berenger, (le premier
étoit fans doute vicomte de Fenouilledcs, fie l’autre de Narbonne -, ) d’Udal-
garius vicomte de Caftelnau , d’Henri fils de Raymond comte de Cerdagne,
6c de plufieurs autres feigneurs.
Dans le même ade, Guillaume promet à la comtefle Rangarde fa. belle-
mere de ne pas aliéner fans fa participation le comté de Râlez ; mais c’eft de
quoi il paroît qu’il lé mit peu en peine: il n’eft du moins rien dit du con-
lentement de Rangarde dans l’acte de vente qu’il fit » de ce comté , 6c de
lès autres droits fur le domaine de la maifon de Carcaflonne, le 27. de Se¬
ptembre fuivant, à Raymond-Berenger comte de Barcelone , 6c à la comtefle
Almodis fa femme. Guillaume, qui fe dit fils d' A de le comtefle de Cerdagne ,
déclare dans cette vente » qu’il avoit époufé Adélaïde fille de Pierre-Raymond
« comte de Bergers , & de la comteffe Rangarde , laquelle , en confideration de
»ce mariage, lui avoit cédé tous fes droits fur la ville, le comté 6c l’évê-
>» ché de Carcaflonne , 6c fur tout le comté de Rafez , avec ceux que la mê-
«me Adélaïde avoit fur ces comtez c f èvèchex, ^ 6c fur les abbayes qui en
» dépendoient. Il vendit tous ces droits de concert avec cette derniere , au
comte 6c à la comtefle de Barcelone , pour quatre mille maneufes de Barce¬
lone , efpece de monnoye d’or dont les fept b pefoient une once j de force que
le comte Guillaume 6c fa femme Adélaïde , vendirent leurs droits fur le
domaine de la maifon de Carcaflonne pour environ 571. onces d’or.
Il paroît par ce que nous venons de dire, que Guillaume ar’cpoufà Adé¬
laïde de Carcaflonne qu’en 1067. Il avoit fuccedé dès-lors à Raymond
comte de Cerdagne fon pere , puifqu’il prend la qualité de comte dans la cef-
fion que la comtefle jRangarde la belle-mere lui fit du comté de Rafez.
On prétend c cependant que Raymond comte de Cerdagne 11e mourut qu’en
1068. mais il pouvoit avoir cédé quelque tems auparavant à fon fils Guillaume
ce comté, qui comprenoic le Capcir 6c leDonazanen deçà des Pyrénées..
Raymond eut J d’Adele fa femme un autre fils nommé Henri , qui prit ela
qualité de vicomte de Cerdagne, 6c fe rendit également recommandable par
fa probité 6c par fa valeur. Il eut deux filles dont on ignore le nom :
L’aînée époufa le comte de Pailhas , 6c l’autre le vicomte de Londres.
Le comte ôc la comtefle de Barcelone firent un nouvel accord le premier
de Mars de l’an 1068. avec le vicomte Raymond-Bernard 6c Ermengarde
fa femme , touchant les domaines de la maifon de Carcaflonne. Suivant
cet a&e les premiers cederent aux autres 6c à leurs enfans ,»tous f les villa-
» ges , châteaux ôcalleus que le comte Pierre- Raymond , Roger fon fils, 8c
«leurs vaflaux avoient poflèdez dans les comtez de Carcaflonne 6c de Rafez,
» dans ceux de Toulouie 6c de Narbonne , ôc dans le Minervois. « Pierre,
Raymond 6c Berenger fils du comte de Barcelone fouferivirent à cet a&e ÔC
le confirmèrent. Les deux derniers étoient fils d’Almodis féconde femme de
ce comte, qui avoir eu l’autre d’un premier lit. Guifred archevêque de Nar¬
bonne, les évêques Frotaire de Nifmes, Durand de Touloufe , ôc Eléphant
d’Apt, Guillaume feigneur de Montpellier, Matfred abbé de fiint Paul de Nar¬
bonne, 6c quelques autres feigneurs furent aufli prefens à cette nouvelle cef-
fion, en vertu de laquelle , 6c de la précédente, Ermengarde, ôc le vicomte
Raymond- Bernard fon mari, rentrèrent dans la poflèmon de tout le domai¬
ne utile de la maifon de Carcaflonne qu’ils avoient aliéné en faveur du comte
de Barcelone : ainfi il ne refta proprement à ce dernier que la Ample fuze-
raineté fur ce domaine.
Le comte ,1a comtefle de Barcelone 6c leurs enfans convinrent par un autre
a&e g , avec le vicomte Raymond-Bernard , la vicomteflè Ermengarde fâ
femme, ôc leurs enfans , i°. Que fi ces derniers venoient à déceder fans
pofterité , les domaines du Rafez, 0 du Carcajfe du Narbonois , du Minervois
(b" du Touloufain qui avoient appartenu au comte Pierre-Raymond , & a fon fils
Roger , leur reviendroient , 6 c à leurs defeendans i°. Que fi au contraire le
comte de Barcelone ou fes enfans mouraient fans pofterité légitimé , ces mê¬
mes domaines reviendroient alors en entier au vicomte ôc à la vicomteflè, ôcà
leurs defeendans. 30. Ils convinrent enfin de ne rien vendre ni engager de part
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An.IO<>8
LXtX.
Concile C?c
la province <t
Narbonne rc.
ouaGiroune»
a Concil.to.Xl
edit, Hard.p ,
1671.0*/*^
DE LANGUEDOC. L 1 v. XlV. ut
& d'autre de ces biens, St de ne pas racheter ce qui avoir été déjà aliéné en
faveur de leurs vallàux. Guifred archevêque de Narbonne, Matfred abbé de
faint Paul, Guillaume de Montpellier, Berenger-Miron évêque, Bertrand-
Roftaing de Pofquieres , Pierre - Guillaume de Montpellier , St plufieurs
autres lêigneurs , , foufcrivirent à cet accord , qui n’elt point daté j mais
comme la plupart d’entr’eux furent prefens à la nouvelle ceffion que fit le
comte de Barcelone à Ermengarde , c’eft une preuve que ces deux a&es font i
peu près du même tems.
L’évêquc Berenger-Miron dont on vient de parler , n’eft peut-être pas
différent de Berenger évêque cUAgde , qui fe trouva au concile a que le
cardinal Hugues le Blanc légat du pape Alexandre IL tint à Gironne la
même année 1068. êc dont Raymond-Berenger comte de Barcelone, &
Almodis fa femme furent les principaux promoteurs. Les archevêques Gui¬
fred de Narbonne St Guillaume d’Auch , les évêques Berenger de Giron¬
ne, Guillaume d’Urgel , Guillaume d’Aufonne, Berenger d’Agde, Salomon
de Rode St Guillaume de Comminges y affifterent en perfonne , avec Se¬
guin moine St prêtre, député de Durand évêque de Touloufè , Guibert
clerc, envoyé par l’évêque d’Ufez , St fept abbez , du nombre defquels
étoient Frotard de faint Pons de Tomieres , Dalmace delà Graflè , St Taffio
de faint Laurent au diocèfe de Narbonne. On d relia quatorze canons dans
ce concile contre ceux qui avoient répudié leurs femmes pour en époufer
d’autres, défordre alors fort commun* contre la ûmonie , les mariages in-
ceftueux , le concubinage ou mariage des ecclefiaftîques * contre les clercs
qui portoient les armes , qui exerqoient l’ufure , ou qui ne s’occupoient que
de la chaffe * St enfin contre les ulurpateurs des biens des églilès.
La légation qu’exerçoit le cardinal Hugues le Blanc s’etendoit fur les
provinces méridionales du royaume. Ce cardinal tint en effet la même année
deux autres conciles en qualité de légat , l’un à Touloufè , St l’autre à
Auch. On croit b que le premier fur allemblé au commencement de l’an¬
née: mais il eft certain que le fécond le précéda, puifqu’il fut tenu c fous
l’épifcopat de faine Auftinde archevêque d’Auch , St que Guillaume fuccef.
feur de ce prélat alîifta à ceux de Touloufè St de Gironne. Or comme faint
Auftinde ane mourut que le 35.de Septembre de l’an 1068. il s’enfuit que
les conciles de Touloulè St de Gironne furent tenus vers la fin de cette
année.
Durand évêque de Touloufè fut le feul de la province qui fe trouva au
concile de cette ville. Les archevêques Guillaume d’Auch , St Aimoin
de Bourges y affifterent avec huit évêques d’Aquitaine ou de Gafcogne,
& plufieurs abbez * entr’autres laint Hugues de Cluni , Bernard de laine
Gilles, Bernard de faint Vidor de Marfèille, Raymond de faint Papoul, St
Frotard de S. Pons. Il ne nous refte de ce concile que le decret qu’on y dreffa 7
pour le rétabliflèment de l’églife de Laitoure qui étoit détruite depuis long-
tems. Il paroît par cet ade qu’on y fit divers canons qui nous manquent ,
& qui fans doute furent lèmblables à ceux du concile de Gironne contre la
fimonie , le concubinage des prêtres St des clercs, Stc.
Le concile de Gironne de l’an 1068. eft le plus ancien monument que nous Ro^,Xi*ComM
ayons où il foit fait mention de Dalmace abbé de la Grade , qui dans la de foi* fucce-
fuite parvint à l’archevêché de Narbonne. Cette époque péutfervir à fixer à dc * IJle“e fo"
peu près celle d’un ade fans date , fuivanc lequel f » le comte Pierre- Bernard, «1 ?(yr.p. 1
du confentement du comte Roger fon fils, abandonne à Dalmace abbé de«
la Graffe , St à la prévôté de Canton foumife à ce monaftere , différens «
droits qu’il éxigeoit dans le village de Calfan, moyennant une mule&dix «
fols monnoye de Touloufè , qu’Arnaud prévôt de Camon St fes religieux lui»*
donnèrent.^
Le prieuré de Camon eft fitué dans la partie méridionale du diocèfe de
Mirepoix, St le lieu de Calfan dans celui dePamiers: ainfi ils dépendoientg gVr.p.is9\
l’un St l’autre du domaine des anciens comtes de Foix* &le comte Pierre-
Bernard qui fit ce délaiffement doit entrer dans la genealogie h de ces comtes, h v. nots
~ - . f. XXU.H.IQ&
le /'?■
LXX.
VsCoucilc dé
Touloufc.
b M*b. Md
*nn . iotf8.0.
19.
çConcil.tê .9*
p.iivf.
dGnll.Cbr.nov,
9 dit, t, 1 .f.joSé
: Cêttcil. ibidt
Or comme nous apprenons d’ailleurs que Roger I L fils de Pierre
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An. ioô8.
a Pr.p»i?9.
b V. NOTE
ébid.
cPr.f.378.
<\Pr.p.))7. &
/'?•
tf.lt f’&fij’
f NOTE ilid.
ZPr.f.uÿ.ô.
H-
LXXil.
Nouvelles ac-
cjuifitious «u
comie de Bar¬
celone en deçà
des Pyrcnccs.
h / r.p. i8ÿ.(y
Jecj.
Ml¬
le. Pr.}.i67,&
J'j* _
IO69.
IO7O.
1 Martin, eoll.
&JW-
xn
Ibid.
ut HISTOIRE GENERALE
qualifioit* comte de Voix en 1071. c’eft une preuve que le dernier mourut
encre l’an 1068. 8c cetce année. On a remarqué ailleurs b que ce comte Pierre
étoit fils puîné de Bernard comte de Conferans 8c de Foix, 8c en partie de
Carcaflonne 5 que le comté de Conferans lui étoit échû vrailèmblablemenc
en partage j 8c qu’après la mort de Roger I. comte de Foix fon frere, dé¬
cédé fans enfans , il lui fucceda dans le dernier comté. Il époufa une dame
nommée Ledgarde dont il eut Roger II. qui de fon vivant prenoit la qualité de
comte, comme on vient de le voir : d’où l’on pourroit peut-être inférer que
Roger I. comte de Foix, 8c comte en partie de Carcaflonne , avoir fait ce dernier
heritipr de fes domaines. Il paroîtcen effet que Roger II. fucceda immédia¬
tement dans le comté de Foix à Roger I. fon oncle paternel. Quoi qu’il en
foit Roger II. époufa une dame nommée Sicarde, 8c fucceda auflî, ce fem_
ble , au comté de Conléransd. Nous voyons du moins qu’il poffeda divers
comtez ; car fuivant une donation e qu’il fit vers l’an 1074. avec Ledgarde
fa mere , à l’abbaye de faint Pons de Tomieres, il accorde aux religieux
de ce monaftere la liberté d’acquérir des biens fonds , 8c même les fiefs qui
dépendoient de fa mouvance , 8c de les poffeder en alleu , dans les éveebe
les comtes & les terres qu’il pofledoit actuellement , ou qu’il acquerroit dans la
fuite.
Au refteilparoît f que le comte Pierre qui en 1084. donnas à l’abbaye de
Clufe en Piémont, un alleu fitué dans le Touloufain , conjointement avec
fes deux fils Roger 8c Raymond, étoit frere puîné de Roger II. comte
de Foix.
Nous ignorons fi ce dernier, ou le comte fon pere s'oppoferent à l’alie¬
nation qu’Ermengarde leur coufine fit à leur préjudice des comtez de Car-
caffonne 8c de Rafez en faveur du comte de Barcelone 5 8c s’ils fe mirent en
état de faire valoir leurs droits contre ce prince : on fçait feulement que
Roger II. heritier de Roger I. comte de Foix, fon oncle paternel, qui avoir
poiîèdé la moitié h du comté de Carcaflonne , prétendit que ce comté lui
appartenoit 5 qu’il intenta là-deflùs une action contre Ermengarde fa cou -
fine 5 8c qu’il céda * enfin en 1095.3 cette dcrnicre tous lès droits par une tran-
faction dont nous parlerons ailleurs.
Le comte de Barcelone n’omit rien de fon côté pour s’aflùrer la poflef-
fion des comtez de Carcaflonne 8c de Rafez -, 8c c’eft fans doute dans cette
vue qu’il acquit en 1068. avec fa femme Almodis les droits qu’avoient Pierre
8c Bernard coufins d’Ermcngarde fur les mêmes comtez , en qualité de fils
du comte Guillaume oncle paternel de cette vicomteffe. Ces deux freres
vendirent alors au comte 8c à la comteflè de Barcelone la part qu ils
avoient , & qui devoit leur revenir par droit héréditaire , dans les comtez de
Carcaflonne 8c de Rafez, 8c dans le Narbonnois, pour cinq cens maneufes,
monnoye de Barcelone , tant en or qu'en arzent , ce qui ne faifoit qu’environ
7 1 . onces d’or. L’on peut juger par là quelle étoit la part qu’ils avoient dans
ces domaines.
Le comte 8c la comteflc de Barcelone acquirent k encore au mois de Se¬
ptembre de la X. année du régné du roi Philippe le château du Boume dans
le comte de Rafe pour le prix de cinq cens maneufes d’or fin , monnoye
de Barcelone , 8c cent fols de deniers de Carcaffonne , ce qui faic voir le deffein
qu’ils avoient de s’aggrandir en deçà des Pyrénées , 8c d’y former un domaine
confiderable en faveur de Raymond-Berenger leur fils.
Le comte de Barcelone étoit déjà en pollèflion en 1070. du comté de Car¬
caffonne , comme il paroît par une lettre 1 que Bernard comte de Bezalu écri¬
vit à Bernard abbé de faint Viffor de Marfèille, pour le prier de prendre fous
fon gouvernement l’abbaye de fàinte Marie de Riupoll fituée dans fon comté
de Bezalu, laquelle étoit alors en proye à l’avidité des fimoniaques. Il y eft mar¬
qué en effet que le comte de Barcelone avoit fournis depuis peu l’abbaye de
la Graffe dans le diocéfe de Carcaffonne, à celle de faint Victor. Cette lettre
eft fans date, mais 011 peut en fixer l’époque par celle de l’union m de
l’abbaye de Riupoll à la congrégation de faint Victor, qui eft du 2S. de Dé¬
cembre de l’année 1070. la X. année du rczrie du roi Philippe. Nous apprenons
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DE LANGUEDOC. I^iv. XIV. i»
de cecce même lettre que Guifred archevêque de Narbonne, & les évêques An. 1070,
de Gironne 6c d’Aufonne les freres aidèrent le comte de Bezalu à chaflèr
l’abbé fimoniaque qui s’étoit emparé du monaftere de Riupoll. Du refte il
ne paroît pas que l’union de l’abbaye de la Grafïè à celle de faint Vidor ait
duré long-tems. Deux religieux a entr’autres fe rendirent célébrés vers lemê- a aij.M7r
me temsdansla derniere } l’un nommé Jean de Touloufe qui y mourut en
odeur de fainteté , 6c l’autre Berenger de Minerve , qui etoit fans doute
de la maifon des vicomtes de ce nom dans le diocèfe de Narbonne.
Le comte de Barcelone dominoit donc en 1070. fur le comté de Car- Lxxtn.
caflonne b, dont il ne fit proprement l’acquifition que cette année 5 ce qui d^°c“^1t(Jzchj]
peut donner lieu de croire qu’il doutoit de la validité des actes précédons, carcaüonne &
Le vicomte Raymond-Bernard , furnommè Trencavel , ôc la vicomteflè Ermen-
garde fa femme, vendirent le vingt-fixiéme de Juin delà même annee, cdonc.
à ce comte, à Almodis fa femme, ôc à leur fils Raymond Berenger, pour «
le prix de deux mille onces d’or cuit * de Barcelone, tous les droits qu’eux « Coflum.
Ôc leur valïàux pouvoienc prétendre fur le comté de Rafèz , le Confèrans , «
le Comminges , le Carcaflèz , le Narbonnois Ôc le Touloufain, de la«
même manière qu’avoient pollèdé ces domaines Roger le vieux comte de «
CarcafTonne, Eudes fon frere comte de Rafez * Bernard-Roger , Raymond- «
Roger, ÔC Pierre Roger évêque , fils tous les trois de Roger le Vieux , «
le comte Pierre-Raymond, Roger fon fils, la comtefîe Rangarde 6c leurs «
vafTaux 5 foit villes, comtcz , évèchez , vicomtez & autres dignité^ foit châ-«
teaux , forterefTes , églilès, paroilles, villages, maifons, cens, rentes , mar-c»
chez, ôcc. à l’exception cependant des deux abbayes de faint Jean de Val- «
feguier,(ou de Montolieu) 6c de faint Pierre de Caunes que les vendeurs «
fe réferverent pour les tenir en fief du comte & delà comtefTede Barcelone a
& de leur fils. » Le vicomte Raymond-Bernard déclare dans l’ade « que«
tous ces biens lui étoient échus par fa femme Ermengarde; 6c celle-ci allure a
de fon côté, qu’ils lui appartenoient, tant par la fuccelfion de fes parens , «
que par le don que lui en avoit fait Roger fon frere. « L’un 6c l’autre rati¬
fient en même tems en faveur du comte & de la comtefîe de Barcelone la
vente qu’ils leur avoient faite auparavant de ces mêmes droits , 6c ajoutent
qu’ils comprenoient dans cette vente le château d’Ornefons dans le diocèfe
de Narbonne, 6c celui de Peyriac dans le Minervois, avec leurs dépendan¬
ces. Ils fe refervent enfin les alleus que Guillaume vicomte de Be^iers, ayeul de
Pierre-Raymond pere d’Ermengardc , poflèdoic dans le comté de Narbonne
6c le Minervois , avec les fiefs que le même Pierre-Raymond tenoit dans ces
païs, de l’archevêque de Narbonne. Cet ade eft fouferit après le vicomte
Raymond-Bernard, 6cla vicomteffe Ermengarde fa femme , par Guillemete
leur fille qui le confirma, par Guifred archevêque de Narbonne, Guillaume
évêque de Gironne, la comtefîe Rangarde 6c Adélaïde fa fille.
Le lendemain ij. de Juin le vicomte Raymond-Bernard 6c fa femme s’en¬
gagèrent par un ade c particulier de ne vendre ni aliéner en faveur de qui que c rr.^.i7 t.
ce tut , les deux abbayes de Montolieu ôc de Caunes , qu’ils tenoient en fief du ^-fa-
comte 6c de la comtefîe de Barcelone 6c de leur fils 5 excepté neanmoins en
faveur du même comte 6c de fa femme , de leurs fils 6c de leurs filles, ou du
religieux quon envoycroit dans ces monafieres pour y faire le fervice divin. Ilscon-
firment en même tems les aliénations qui avoient été déjà faites des dépen¬
dances de ces abbayes dans le tems que Raymond-Etienne de Servian 6c Ar¬
naud-Guillaume de Sauvian s’étoient rendus à Gironne pour fervir d’otages
au comte 6c d la comtefîe. Il eft marqué de plus dans cet ade que fi le
vicomte 6c fa femme venoient à décéder fans enfans mâles , ces deux abbayes
reviendroient au pouvoir du comte 6c de la comtefTe , ôc de leurs enfans -, à
la réferve du fief qui avoit appartenu à Aton le Vieux vicomte d.' Ambialet ou
d’Albi d. Le vicomte 6c la vicomteflè ratifient enfuite la vente qu’ils avoient j v
faite le jour précédent de leurs droits fur le Rafez, le Carcaflèz , êcc. en*xi.
faveur du comte 6c de la comtefîe de Barcelone , aufquels ils donnent en
otage fept de leurs vafTaux qui dévoient s’aller remettre à CarcafTonne , à
Saiflac , à Laurac , à Rafez , ou dans tel autre château que le comte , la com-
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070,
a Pr.p.i7+.fr
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b Pr. p.i7S.fr
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* Dccimum.
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fam hxic.iita-
tcir..
* * Rcccaimcn-
tum.
LXXIV.
ftc.icxions fur
ccccc acquifi-
cioa.
c V. NOTE
XX//.
d KOTF.ibiJ.
n. ly.Cr *tq.
e P'f.U 7»
*>•171.174.
*7*.
«4 HISTOIRE GENERALE
teflè & leurs fils leur indiqueraient } avec ordre à ces otages , » en cas que
« le comte 6c la comtefle euffent quelque grief au fujet de cette vente , 6c
ï> que le vicomte £c la vicomtefle ne voulurent pas y fatisfaire , d’ordonner
»le duel dans le comté de Carcaflonne, 6c de fournir pour cela un cham.
« pion à cheval qui n’eût jamais combattu dans une pareille occafion , & qui
«fè battroit armé d’un bouclier 6c d’un bâton, en prefence de quatre juges
>* qu’on choifiroit de part ôc d’autre.
Le z. du mois d’Août fuivant Adélaïde fœur d’Ermengarde fit de fon côté
une donation a entre- vifs au comte 6c à la comtefle de Barcelone , & a leur
fils Raymond-Berenger , de tous les droits qu’elle avoir fur le comté de Rafez,
le Conferans, ôc les autres pais marquez dans l’a&e du 16. de Juin précé¬
dent j » droits , dit-elle dans l’ade , qui me font échus par la fucceflion
» du comte Pierre- Raymond mon pere , de Roger mon frere , 6c de lacom-
» teflè Rangarde ma mere.
Enfin la même Rangarde par un ade b dans lequel elle fe dit fille de U
comtejfic Amélie , vendit le iz.d’Avril de l’année fuivante , «pour le prix de
«400. onces d’or pur, à Raymond comte de Barcelone, à la comtefle Al-
« modis fa fœur , femme de ce comte , ôc à Raymond-Berenger leur fils ,
» tous les droits qu’elle avoir ou devoir avoir fur le comté de Rafez , le Con-
«fèrans, ôc les autres païs dont il eft parlé dans les adcs précédens , ôc qui
« lui étoient échus , foitparacquifltion, foit par donation, loit par le tefta-
» ment du comte Pierre Raymond fon mari, loit pour fon dixiéme*(o\i douaire)
« foit far la fucccfjion du comte Roger fon fils * , loit enfin de quelqu’autre
«maniéré que ce fut. « La comtefle Rangarde déclare en même tems qu’elle
comprend dans cette vente les châteaux deCoufFoulens , de Rafez, Venta-
gion , Campendut , Peyriac 6c Auriac avec leurs domaines , monnoyes,
juftices, 6c le droit de reprife** , ou autres qu’elle y avoir : ce qui nous fait
comprendre que ces fept châteaux lui avoient été aflîgnez pour fon douaire.
Le dernier étoit fitué dans le Touloufain , celui de Peyriac dans le Miner-
vois 6c le diocèfe de Narbonne, 6c les autres dans les comtez de Carcaf-
fonne Ôc de Rafez.
C’eft le dernier acte de l’acquilîtion que fit le comte de Barcelone de ces
deux comtez , 6c du refte du domaine de la branche aînée de la maifon de
Carcaflonne -, fur quoi il eft à propos d’ajouter ici quelques reflexions, tant pour
l’intelligence de ces divers aétes , que pour celle de plufieurs faits importans
de notre hiftoire dont nous aurons occafion de parler dans la fuite.
i°. Ermengarde 6c Adélaïde fa fœur, qui n’avoient vendu en 1067.au
comte de Barcelone que leurs droits fur les deux comtez de Carcaflonne 6c
de Rafez, 6c fur ce que leur pere 6c leur frere avoient poffedé dans le Tou¬
loufain , lui vendirent ou donnèrent de nouveau en 1070. non-feulement
ces mêmes domaines , mais encore tous ceux qu’avoit pofl'edé autrefois Ro¬
ger I. comte de Carcaflonne leur bilayeul c , furnommé le Vieux , 6c qu’il
avoit partagez à fes trois fils. Or comme Roger I. d comte de Foix»,
petit-fils de ce comte par Bernard fon pere , laillà un frere 6c un neveu
qui lui fuccederent, 6c qui par conféquent avoient droit fur une portion de
l’heredité du même Roger I .comte de Carcaflonne, entr’autres fur le comté de
Conferans ; c’eft une preuve qu’Ermengarde, Adélaïde fa fœur, Ôc la comtefle
Rangarde leur mere , difpoferent par cette vente de ce qui ne leur appar-
tenoit pas. Il eft marqué en effet dans l’ade de l’an 1067. qu’elles vendent
au comte de Barcelone tous les domaines c que Roger comte de Foix avoit
poffedeg^du vivant du comte Pierre-Raymond de Roger fon fils ; 6c dans celle
de l’an 1070. qu’elles lui cedent ( tous ceux qui avoient appartenu à Raymond , à
Bernard & à Pierre fils de Roger /- comte de Carcafjonne. On peut confirmer
par là ce que nous avons déjà infinué , fçavoir que la fucceflion de Roger III.
comte de Carcaflonne, décédé fans enfans, devoit appartenir, à l’exclufion
de fes fœurs, aux mâles de la branche de Foix , foit en vertu d’une fubftitu-
tion de la part de Roger I. comte de Carcaflonne , foit en conféquence de
quelqu’autre convention } qu’Ermengarde ôc Adélaïde fa fœur ne s’empref-
lérent d’aliener les biens que le même Roger III. leur frere avoit eus de
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DE LANGUEDOC, Liv* XJ V, %tf
la fucceFion de Roger I. comte de CarcaFonne, que dans la crainte d'enôtre An. 1070»
dépoFedées par le comte de Foix , lequel y avoit un droit légitimé -,que dans
cette vue elles en firent en 1067. une vente fimulée au comte de Barcelo¬
ne ; 8c qu’enfin défeiperant de pouvoir fe maintenir dans la poffeFion de ces
domaines après les avoir repris en fief du même comte , elles les lui vendi¬
rent en 1070.
i°, Il ne paroît pas d’ailleurs que la comteFe Rangarde foît intervenue
dans la vente de l’an 1067. ou qu’elle l’ait autoriféé dans la fuite. On voit
au contraire par celle qu’elle fit trois ans après au comte de Barcelone ,
qu’elle avoit joui jufqii’alors de fes droits fur les comtez de CarcaFonne 8i
de Rafez, 8c fur divers châteaux que fes filles avoient déjà vendus à ce
prince. Si donc celles-ci ne firent pas difficulté de faire cette vente fans la
Îiarticipation, & au préjudice de leur mere , on peut croire aifément qu’el-
es ne ménagèrent pas davantage les droits qu’avoient les comtes de Foix
fur ces domaines.
3Ü. Roger III. comte de Carcalïonne , avoir poffedé en qualité d’heritier de
Garfinde de Beziersfon ayeule , mere du comte Pierre-Raymond fon pere,
les deuxvicomtez de Beîiers &d’Agde , fur lefquelles les comtes de Foix ne
pouvoient fonder aucune prétention : or Ermengarde à qui ces deux vicom-
tez étoient échues , en qualité de principale heritiere du même Roger III.
excepta » nommément dans la vente qu’elle fit en 1070. au comte de Bar- a ÎV.M71*
celone des domaines de la maifon de Carcaffonne , les alleus qui avoient
appartenu dans le comté de Narbonne & k Minervois , à Guillaume vicomte de
Bergers , ayeul de Pierre* Raymond : preuve certaine qu’elle ne fe réferva ces
alleus avec les vicomtez de Beziers &d’Agde,que parce qu’elle ne craignoit
Îias d’en être dépoFedée ; 8c qu’au contraire elle 8c fa fœur n’alienerent tous
es autres domaines dépendans de l’heredité de leur frere , que dans la
crainte de n’en pouvoir jouir paifiblement à caufe des prétentions des comtes
de Foix, 8c dans la vue defruftrer ces derniers de leurs droits. Nous verrons
en effet dans la fuite que Roger II. comte de ce pais intenta un procès àErmen-
garde facoufine fur cela. Il cil donc certain que cette derniere ,8c Adélaïde fa
lœur , par l’alienation qu’elles firent en faveur du comte de Barcelone des
divers domaines de la maifon de Carcaffonne , cederent à ce prince ce qui
ne leur appartenoir pas ,du moins pour la plus grande partie, 8c qu’elles alié¬
nèrent ces domaines au préjudice des comtes dcFoix.
4°. Mais quand même elles auroient eu fur tous ces domaines un droit
inconteftable , il s’en faut bien que la vente qu’elles en firent aux comtes
de Barcelone , ait pû fervir de fondement à ceux-ci ; pour appuyer
leurs prétentions fur les differens pais du royaume , dont il eft fait men¬
tion * dans la tranfaclion paFee en x 1 j 8 . entre le roi faint Louis , 8c Jacques
I. roi d’Aragon ; car il n’eft parlé dans les actes de cette vente que des droics
qu’Ermengarde , Adélaïde la lœur , & Rangarde leur mere, avoient fur le comté
de Rafale Conférant , le Commingcs , le Carca/fcf, le N arbonnois & le T oulou-
fain : or ces droics fe réduifoienc aux feuls •- comtez de CarcaFonne 8c de
Rafez, dont elles ne pouvoient même prétendre qu’une partie; 8c à quel¬
ques terres ou châteaux du Narbonnois 8c du Touloufain. Quant au Confe-
rans 8c au Comminges , elles ne pouvoient avoir aucunes prétentions fur le
premier, puifque Roger I. comte de Carcaffonne en avoit difpofe en faveur
de Bernard fon fils puiné , dont il relfcoit encore des defeendans , 8c qu’il ne
{•aroît pas que Roger III. comte de CarcaFmne, de qui elles tiroient tout
eur droit , eut jamais rien poffedé dans ce païs , non plus que dans le Com-
minge , quoique le même Roger I. eût donné la troifiéme partie de ce dernier
pais à Raymond fon fils aîné , pere de Pierre-Raymond &2yeul de Roger III,
frere d’Ermengarde.
Il réfulte de tout ce que nous venons de rapporter , que ce fut par achat,
&non comme l’ont cru jufqu’â prefent la plupart des hiftoriens Efpagnols ,
par fucccflîon légitime , que les comtes de Barcelone acquirent quelque droit
fur les comtez de Carcaffonne 8c de Rafez , 8c fur divers villages 8c châ¬
teaux du Touloufain 8c du Narbonnois. Mais ce ne fut proprement qu’un
Tome II. Ff
b Mare. Hifp.
t . i-m-cW*?*
c K B* lux.,
Marc. Hifp.
P- 4J9. &i'l'
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LXXV.
Guillaume IV.
comte de Tou -
loule donne le
Lauraguais en
fief au comte
<le Barcelone.
Plaid tenu à
Carcaflonne.
a Pr.p.i 79.&
fil-
b V, KO TE
XL, n. i.
t Y NOTE
Ibii,
à ïr.p. îrj.
c NOTE XXII ,
n. u.
f Pr,p. iSi.
LXXVÎ.
Légation du
cardinal Hu¬
gues le Blanc.
Princes & ici-
gneurs de Sa¬
vez & de Ver¬
dun dans le
Toulouûin.
Evoques de
Touloufe.
g Bxluz..Mif“
cell.to,\.p-A^-
* Milites*
ii.6 HISTOIRE GENERALE
droit de fuzeraineté y car nous verrons dans la fuite que les defeendans d’Er-
mengarde jouirent de tout le domaine utile de ces deux comtez , dont ils fe
qualifièrent vicomtes: enforte que par cette vente ils devinrent les arriere-
vaflaux des comtes de Touloufe, 8c les comtes de Barcelone les vaffaux
immédiats de ceux-ci , par rapport à ces comtez , villages 8c châteaux.
Ermengarde 8c fa foeur ne peuvent avoir aliéné ces domaines au préjudice de
ces derniers princes , qui étoient fuzerains de tous ces domaines , foit en
qualité de comtes êé de marquis de Touloufe, foit comme ducs d^ Narbonne
8c marquis de Gothie.
Cette mouvance paroît entr’autres dans un accord» que fit Guillaume IV.
comte de Touloufe, avec Raymond comte de Barcelone & de Carcajfonne , &
Ray rtiondfon fils , peu de tems0 après les derniers actes de l’acquifition que
ceux-ci aVoient faite ,du domaine de la maifon de Carcaflonne. Le comte
de Touloufe demanda aufli-tôt à ces princes l’hommage , & le ’ ferment
de fidelité pour le païs de Lauraguais compris dans cette acquifition. Le
comte de Barcelone 8c fon fils firent d’abord quelque difficulté , fous pré¬
texte qu’on ne trouvoit alors perfonne qui eût vu rendre cet hommage au
pere ou à l’ayeul du comte de Touloufe 5 mais ils s’accordèrent enfin de
Il maniéré fuivante : i°. Guillaume céda à Raymond , à fon fils, à leur po¬
fterité , à celui qui auroitle comté de Carcajjonne , tout ce qu’il poflèdoit de
fon chef, 8c tout ce qu’il avoir acquis dans le château de Laurac , & dans
fes -dépendances , moyennant la fournie c de dix mille maneufes , monnoye de
Barcelone ,.qui mon toient environ à 1431. onces d’or, autre une autre fomme
que le comte de Barcelone donna à La comte/le de Touloufe femme du comte
Guillaume. i°. Le comte de Barcelone s’engagea, tant pour lui que pour fa
pofterité, de tenir en fief le château de Laurac 6c fes dépendances du comte de
Touloufe 8c de fes defeendans. L’acte fut pafTé le 7. de Septembre de l’an
1071. 6c non en 1090. comme il elt marqué dans une copie qui en a déjà paru,
en prefence de Raymond comte de Rouergue , frere du comte de Touloufe, de
l’évêque de Cahors, de Roger comte de F oix , Frotard abbé de faint Pons ,
Pierre vicomte de Minerve , Humbert élu évêque de Barcelone , 8c de plufieurs
feigneurs des deux cours de Touloufe 8c de Barcelone, parmi lefquels il yen
a qui prennent le furnom de Beziers 8c de Carcaflonne.
Cet accord eft une preuve que le Lauraguais , dont le château de Laurac,
qui lui a donné fon nom , étoit alors le chef-lieu , avoit auparavant appartenu
à la maifon des comtes de Carcaflonne , & que ceux-ci en faifoient hommage
aux comtes de Touloufe. En effet, outre que le comte de Barcelone tenoic
d ce château des heritiers de Roger III. comte de Carcaflonne, Guillaume
comte de Touloufe déclare dans l’acte dont on vient de parler, qu’il avoir
acquis une partie de ce païs de Raymond-Guillaume , & de Bernard fon frere :
or ceux-ci ne font pas c différens de Raymond & de Bernard fils de Guil¬
laume comte en partie de Carcaflonne , 8c oncle paternel de Roger III. Ie6
quels moururent, à ce qu’il paroît, fans pofterité.
Le lieu où les comtes de Touloufe ôc de Barcelone s’abouchèrent pour cette
tranfaction n’efl pas marqué, mais il y a lieu de croire que ce fut à Carcaflonne.
Nous voyons du moins que le dernier prince fe trouvoit ( dans cette ville
en 1071. 8c qu’il y aflifla alors avec Aymeric vicomte de Narbonne, 8C
plufieurs autres feigneurs , à un plaid qu’on y tint , 8c dans lequel Dalmace
abbé delà Graffe jugea un différend qui s’étoit élevé entre quelques-uns de
fês vaflaux au lu jet de la viguerie de Malvers.
Le cardinal Hugues le Blanc étoit en ce tems-là légat du pape Alexan¬
dre II. dans la province. C’efl ce qu’on voit par un acte % , fuivant lequel
» les religieux de l’abbaye de Soreze , qui vaquoit depuis dix ans , ayant
>• obtenu de Frotaire évêque de Nifmes la permiflïon d’élire un abbé, s’af-
»femblerent à Touloufe dans l’églife de Notre-Dame de la Daurade, 8c
» élurent Raymond, de l’avis du pape Alexandre & du cardinal Hugues le
» Blanc fon légat, 8c du confcntement de Durand évêque de Touloufe,
» qui en qualité de diocéfain confirma l’abbaye dans la poflèflion de tous
» les biens que les chevaliers * 8c les laïques avoient ufurpez fur elle , avec
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DE LANGUED OC. Liv.XIV. u;
ordre i ceux-ci de les rcftituer. *> L’a&e eft foufcric par Frotaire évêque de
Nifmes, avoué 6c protecteur de l’abbaye de Soreze fituée dans le domaine
de fa famille , par Raymond abbé de faine Papoul , 6c Ifarn prévôt de faint
Sernin.
Ce dernier eft: peut-être le même qu’Ifarn qui avoit déjà fuccedé à Du¬
rand dans l’évêché deTouloufe, avant le 6. de Décembre de l’an 1071.
fuivant une donation 1 faite alors à l’abbaye du Mas-Garnier , par un Ici-
gneur nommé Raymond - Arnaud , êc fon fils Arnaud , en prefence de
Raymond évêque de Laitoure, 6c de Guillaume-Bernard prince de Saveg. Cette
donation eft datée en effet Guillaume étant comte de T ouloufe , l’année qu Ifarn
fut élu évêque de cette ville.
Arnaud dont on vient de parler, n’eft pas fans doute différent d'Arnaud-Ray.
mond prince de Verdun , qui en 1089. reftitua b au même monaftere la quatrième
partie de la feigneurie de cette ville , fituée fiir la rive gauche de la Garon¬
ne, dans la partie du diocèfc de Touloufè qui dépend aujourd’hui de la
Guyenne. Quant à Guillaume-Bernard prince de Savez , il étoit vraifem-
blablement vicomte de ce pais , qui s’étend dans la partie occidentale de
l’ancien diocèfe deTouloufe, le long de la riviere de Save, dont il a pris
fon nom.
Ifarn évêque de Touloufè étoit de la maifon des anciens feigneurs-de La-
vaur , ville aujourd’hui épifcopale. Nous en trouvons la preuve dans deux actes
de ce fiede. Le premier eft une donation c de l’églifè de faint Chriftophle
d’Afr gnio ou de Lavaur dans le Touloufain , faite vers l’an 1065.cn faveur
de l’abbaye de Conques en Rouergue , par Guillaume , Pierre fon frere , 6c
leurs fils Raymond, Ifarn , Guillabert, Bernard, Pierre, & Hugues, de
l’avis de Guillaume comte de Touloufè , de Durand évêque de cette ville,
6c de leurs propres valliux *. Le fécond eft une autre donation d faite en
1098. à l’abbaye de faint Pons de Tomieres , par Ifarn alors évêque de
Touloufè, fe s frere s Bernard- Guillaume & Pierre-GuiUaume ,6c fes neveux, de
l’églife de faint Elan dans le Touloufain , fituée auprès de la riviere d’ A goût &
du château de Lavaur. Ifarn évêque de Touloufè 6c fes freres Bernard 6c Pierre,
étoient donc fils de Guillaume confeigneur du château de Lavaur en
zo6j.
On voit par ces deux donations qu’il y avoit alors à Lavaur deux égli-
fes paroilliales : l’une de faint Chriftophle fîtuce dans le château , 6c l’autre
de faint Elan , au dehors , auprès de la riviere d’Agout où elle fubfifte en¬
core aujourd’hui. Les feigneurs de Lavaur promirent c aux religieux de
Conques d’etablir une fiuvcgarde* dans la première 5 6c leurs vaffaux * * s’enga¬
gèrent de s’y faire enterrer, eux 6c leur pofteritc. La dernicre de ces deux égli-
fes étoit détruite en 1098. lorfque l’évêque Ifarn 6c fes parens la donnè¬
rent f aux religieux de faint Pons , à la charge de la faire rebâtir , 6c
d’y conftruire un village f , ce que ceux-ci exécuteront j ainfi la ville
de Lavaur doit en quelque forte fon origine à l’abbaye de faint Pons , qui
y établit un prieuré conventuel dans l’égîifc de faint Elan, lequel fut érigé
en chapitre féculier 6c en évêché par le pape Jean XXII. Ce font là les
plus anciens monumens autentiques que nous connoiiîions touchant la ville
de Lavaur, 6c fon origine. Elle n’eft pas fort confiderable , mais elle eft
des plus agréables 6c des mieux fituéesde la province. L’églife cathédrale de
S. Elan ou Alan fe trouve aujourd’hui dans l’enceinte de la ville.
On prétend g que Durand abbé de Moiffac, 6c prédeceflèur d’ Ifarn dans
l’évêché de Touloufè, appuyé du crédit qu’il avoit auprès de Guillaume IV.
comte de cette ville , unit à l’ordre ou congrégation de Cluni , l’églife de
Notre-Dame de la Daurade , malgré fon chapitre, à qui elle étoit alors
fonmife ; ce que la chronique manuferite d’Aymeric de Peyrat abbé de
Moillac femble confirmer. Mais nous verrons bientôt que ce fut Ifarn lui-
même qui fit cette union en 1076. du confcntcmcnt de fes chanoines. Ce qu’il
y a de vrai , c’eft que Durand fe rendit recommandable par fes moeurs 6c
par fa conduite L’auteur h contemporain de la vie de faint Hugues abbé de
Cluni, lui reproche cependant quelques légers defauts, ce qui n’a pas em-
T orne II. F f ij
AN.io7t,
aPr.^.tSov (Jk
A*
V. NOTS
XIX . ». io.
b IV.
LXXVll.
Origine de U
ville de La-
v.iur. Aî’btz
de Moiflùc.&cï
c
&M-
* Militum.
d Caiel mem%
f-w- à,J‘ï
c Vr. ibid.
* Salvccatcir.4
* * Milites.
f Catelilid.
t Villa.
g Catel wem*
r-** 4*
h Mnb.ad ann.
1060. /l.6*-çr
fit*
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An. 1071.
a Chron. Sym.
4* i'tyritf L
t î 6 vtrj, mfj.
Colb.
b CmicI mem.
MArcA Béarn.
Mab.aJ nnn.
lOyf.n.Xx .
GaU. chrifi.
nov . ei. to. t .
P* 1 *x.&.fq. &
•nftr. f. y,. &
J‘1-
LXXV1II.
Réforme de
l'cglifc d’Albi,
& de 'divers
monafteres de
la province.
<G*lLihr.nev.
êd. tê. i . injir.
F • » ■&!•*
IOJ1.
é V. SOTE
XXI. n. ij.
e fr.p. 181.3»
ieV_ _
i°73-
f Mab. Ai
AH». 1071.».
i>8 HISTOIRE GENERALE
pêche les religieux de Moiiîac , dont il avoir été abbé avant & pendant fon
épiicopat , de l’honorer comme faint. Il fournit 1 plufieurs monafteres du
pais ou des provinces voifines à fon abbaye , ou à la réforme de Cluni.
Après fa mort , les religieux de Moiiîac élûrent en 1071. pour leur abbé,
Hunald ou Hunaud fils b de Roger & d’Adelaïde , 8c frere de Centulle vi¬
comte de Bearn. Hunaud poilèdoit la vicomté de Brulhois , qu’il avoit eue
pour fon partage. Il étoit doué de toutes les qualitez propres à fe faire
diftinguer dans le monde , ôc étoit fur tout fort confidere pour la probité ,
là fagelTe , ÔC fon éloquence. Il facrifia tous ces avantages temporels pour
fe conlàcrer au feigneur dans l’abbaye de Moiiîac où il prit l’habit mo-
naftique en 1061. Sous fon gouvernement ce monaftere prit une nouvelle
forme. Non content de l’avoir enrichi de fes propres biens , il fit reftituer
une grande partie de ceux que les feigneurs du voiiinage avoient envahis , fie
étendit la réforme de Cluni dans pluiieurs monafteres.
La plupart de ceux du royaume étoient alors dans une extrême défola-
tion , de même que les cathédrales. Les chanoines c de celle d’ Albi entr’au-
très vivoient en véritables fécuüers , ÔC s’oçcupoient bien moins du fervice
divin , que du plailir & de la débauche. Frotard leur évêque , touché de
l’excez de ces défordres, convoqua les principaux du pais ; ôc ayant pris leur
avis , il exhorta fes chanoines à iè réformer. Les deux facriftains , le cabif-
col , le tréfôrier Ôc le doyen fe rendirent à fes remontrances, ôc reftitucrenc
à l’églife d’Albi les biens de leurs bénéfices qu’ils s’étoient appropriez , ou
qu’ils avoient fait palier à leurs enfans. L’évêque Frotard qui , à l’exemple de
lès prédeceflèurs , avoit dilfipé les biens de fon églifeen faveur des fécuüers,
rècha de fon côté de réparer le mal qu’il avoit fait. Il fe défaifit del’archi-
diaconé qui s’étendoit à la droite du Tarn, & l’unit à la manfe des chanoi¬
nes , à condition qu’ils vivroient déformais en communauté. Il fit cette re¬
forme par le conleil du cardinal Guiraud évêque d’Qftie 6c légat en France ,
de Richard archevêque de Bourges , de Frotaire évêque de Nifmes, & de
l’évêque de Poitiers : ce qui peut faire croire fort vraifemblablement que ce
légat tint alors un concile à Albi. Le vicomte Raymond , & les vicomtes Sicard
& Frotard autoriferent aulfi cette réforme. Le premier étoit vicomte d’Albi
6c de Nifmes, 6c les deux autres deLautrec. On a remarqué ailleurs qu’il
paroît que ces deux derniers etoient frères, 6c que Frotard évêque d’Albi
étoit de leur maifon. L’acte qui eft daté de la XII. année du pontificat d’Ale¬
xandre II. 6c de la XIII. du regne de Philippe I. Guillaume étant comte de
Touloufe , doit être rapporté ii par conféquent à l’an 1071.
L’abbaye de Lezat dans le diocèfe de Touloufc étoit alors dans un état
aulfi déplorable que celui de l’églife d’Albi. 0 Le peu de religieux qui y reftoient
ayant trouvé moyen de fe concilier la bienveillance de Roger 11. comte de
Foix , de Raymond-Guillaume 6c Berenger d’Hauterive, 6c de Bernard de Mar.
quefave , qui étoient maîtres de l’élection de l’abbé , ils écrivirent de con¬
cert à faint Hugues abbé de Cluni , pour le prier d’établir fa réforme dans
ce monaftere. Le faint fit d’abord difficulté de fe rendre à leur demande,
6c il n’y acquiefça enfin qu’à condition que lui 6c fes luccelleurs auroient là
nomination de l’abbe , de crainte que fans cela fes foins pour réformer le
monaftere de Lezat ne devinflènt inutiles. Le comte de Foix ôc les autres
feigneurs ayant confenti à cette nomination , l’abbaye de Lezat fut foûmilê à
celle de Cluni dont elle dépend encore aujourd’hui. L’acte d’union auquel
Guillaume archevêque d’Auch , 6c Hunaud abbé de Moillàc furent prefens, eft
du 5. de Novembre de l’an 1073.
Les lieux d’Hauterive 6c de Marquefave, dont les feigneurs contribuèrent
à cette réforme , font aujourd’hui deux petites villes lltuées au voifinage de
l’abbaye de Lezat. La première en eft éloignée de deux lieues vers le levant,
8c dépend encore du diocèfe de Touloule. L’autre qui fait partie de celui
de Rieux eft fituée à une égale diftance de Lezat vers le couchant. Bercn-
t ger-Raymond f d’Hauterive ôc Raymond-Guillaume fon neveu , donnèrent
vers le même tems à l’abbaye de la Graffe l’églife de lainte Marie ôc de
s
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DELANGUEDOCLiv. XIV.
feint Paul d’Hauterive , où il y eut depuis un prieuré conventuel.
An. 1073.
L’abbaye de faintt Marie de la vallée de Cubieres * fituée dans le diocèfe de »Pr.p.i
Narbonne vers les frontières de Rouflillon , fut unieauffien 1073. à l’ordre ^
de Cluni. Il ne reftoit prefque plus alors aucune trace de régularité dans ce
monaftere, qui avoir été autrefois très-floriflant. Pierre feigneur de Pierre-
pertufe , château /itué dans le voifinagc , qui le pofïèdoit far droit héré¬
ditaire , touché de fon état , entreprit de le réformer : dans ce deflèin il le
donna de concert avec Berenger fonfrere, leurs femmes &. leurs fils, à Hunaud
abbé de Moiflac , & à faint Hugues abbé de Cluni 5 cette union fut au-
torifée par Bernard comte de Bezalu leur feigneur , qui dominoit dans le
pais en qualité de comte de Fenouilledes , &. par Guifred archevêque de
Narbonne. Pierre reftitua en même tems à l’abbaye de Cubieres tous les
biens qui lui avoient appartenu & dont il étoit en poflèfîion. Cette abbaye
ne fubfifte plus depuis long-tems.
Bernard comte de Bezalu & de Fenouilledes donna des marques de fa
pieté en plufieurs autres occafions. Il rétablit b en particulier en 1 070. la b Pr-t^(9-&
régularité dans l’abbaye de faint Martin de Lez fituée dans le dernier comté.
Pour maintenir la réforme dans ce monaftere , il le fournit à l’autorité de
Frocard abbé de faint Pons , déclara qu’il n’y fouffriroit d’autre abbé,
que celui qui y feroit envoyé de cette dernière abbaye , & défendit à fes
fuccefl’eurs d’y exercer aucune domination. Vdatger de Fenouilledes , qui fe
trouve fouferit à cet acte etoit fans doute vicomte de ce païs. Le mona¬
ftere de laint Martin de Lez perdit dans la fuite le titre d’abbaye, ôc ne
fut plus qu’un prieuré conventuel dépendant de l’abbaye de faint Pons. Le
comte Bernard reforma c aulfi en 1071. les abbayes de faint Pierre de Bezalu cM*rc.nfp.
& de faint Etienne de Bagnols fituées dans fon domaine , 6c les unit à laf,460,^Il4}'
congrégation de faint Vidor de Marfêille. Il donna l’année fwvantc four l'âme
de Guillaume fon fere , & de Guillaume fon frere , à l’églifê de fiu’nre Marie de
Bezalu, la dixme de la monnoye tant d'or que d'argent qu’on fabriquent à
Bezalu.
Un des plus grands biens qu’Hunaud abbé de Moiflac fit à fon abbaye
fut de la délivrer de la tyrannie des abbez féculicrs, qui malgré la démifî
fion que Gaufbert avoit faite de cette dignité , s’y étoient perpétuez. Nous
trouvons11 en effet, qu’après la mort de ce dernier, Raymond -fon parent àPr.p. ii}.&
ayant racheté l’avouerie de la meme abbaye de Guillaume IV. comte de^?t
Touloufe,il s’en empara à force ouverte, pour en revêtir Bertrand fon
frere , qui prit depuis la qualité d'abbé de Moiffac , quoique Guillaume leur
pere, &. Foulques leur oncle euflcnt folemnellement renoncé entre les mains
de Durand évêque deTouloufe & abbé régulier de ce monaftere , aux droits
qu’ils prétendoient y avoir. Bertrand eut cependant fcrupule de cette ufur-
pation : il fit une nouvelle démifîion de fes droits le zo. de Décembre de
l’an 1073. entre les mains de l’abbé Hunaud qu’il qualifie fon feigneur, 8c
confirma en même tems le délaillèmcnt qu’avoient déjà fait de cette avoue¬
nt Pons comte de Toufoufe , Almodisfa femme, Guillaume leur fils & Ber¬
nard évêque de Cahors.
Entre les donations que reçût l’abbaye de Moiflac fous le gouvernement vf**!*’ <je
d’Hunaod de Bearn fon abbé , l’une des plus remarquables eft celle - que Touiouic&de
lui firent en 1074. les vicomtes Artman & Ademar , & Pons leur frere , de Blunl<jucl-
l’églife de feint Saturnin de Suirac en Querci fur la riviere d’Aveiron , qu'ils 1074.
fojfedoient far droit héréditaire. L’aéte eft fouferit par Raymond-Ademar frere e
des donateurs , & Guillaume fils du vicomte Ademar. Comme celui-ci pre-
noic f indifféremment la qualité de vicomte deTouloufe, & de Bruniquel,
château du Querci, fitué vers les frontières du Touloufein& de l’Albigeois, xxxut
nous nedoutons pas qu’il ne defeendît d’un autre Ademar vicomte de Tou-
loufè, lequel g vivoit en 961. Il fut donc le troifiéme vicomte de cette ville
de fon nom , car il étoit h fils d’un autre vicomte appelle Ademar mort vers
l’an lo 50. Il paroît que le vicomte Artman fon frere croie fon aîné. Ces
deux vicomtes qui podederent leur domaine par indivis , fondèrent * con¬
jointement en X0S5. un prieuré auprès de leur château- de Bruniquel, entre ^.pTs».
KO TE
g Vr.p.uo.
h KOTBiliJ.
i G*U. chr.
nov. edtt. to.i .
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HISTOIRE GENERALE
a lb </./>. '8i.
V. NOTE
ibJ.n. 8.
d N'iTZib’U.
e NOTE ibij.
An. 1074. les rivières de Verc& d'Avciron fous la dépendance de l’abbaye de Moiflâc,
& permirent en même tems à leurs vailàux de difpofer de leurs fiefs en
faveur des religieux de ce prieuré.
Le vicomte Ademar III. &: fon fils Guillaume fe qualifient * princes de
la province de Cahors dans la fondation qu’ils firent en 1090. par le confeil
de Guillaume comte de Touloufe , du prieure de faint Gilles de NegrepelilTe en
Querci, uni aujourd’hui à l’abbaye de faint Marcel fondée par les defeen-
dans de ce vicomte. Il eut plufieurs fils de fa femme dont on ignore le nom..
Noiïiw*4' kUe vivoit encore en 1093. lorfqu’il s’accorda b avec Anfquetil abbé de.
„.4. ' Moiflâc, au fujet de la même églilè de Siurac. Ademar III. prend la qua-
c Pr.f.ns.& Jité de vicomte de Touloufe , dans un acte c par lequel il fit à l'article de la
l'vK note morc une reftitution vers l’an 1098. à l’abbaye de Moifiac.
Guillaume fon fils lui fucceda fans doute dans la vicomté de Touloufe
quoiqu’il ne prît , ccfemble, que la qualité de vicomte de Monclar, châ-,
teau lîtué fur les frontières du Querci à deux lieues de Bruniquel vers le midi.
Il eut un fils de fon nom qui lui lucccda dans la vicomté de Monclar , &
prit le furnom de Touloule. Celui-ci fut pere de Pons de Touloufe ,
fur lequel Raymond V. comte de cette ville confifqua la vicomté de Mon¬
clar, qu’il donna en fief à Armand de Montpcfat qui avoicépoulé une feeur
du même Pons.
Pierre-Aton, qui epoufacen 1069. Guillemete fille de Raymond-Bernard
vicomte d’Albi Ht de Nifmes , étoit , à ce qu’il paroît , de la maifon des
vicomtes de Touloufe Ht de Bruniquel. Il pofièda en effet une portion de
(Pr.p.i6s& cetce derniere vicomté qu’il tranfmit à fes defeendans. Suivant fon contrat f
de mariage , le vicomte Raymond- Bernard Ht Ermengarde de Carcaflônne là
femme , donnèrent en dot à Guillemete leur fille le château de Brufques
fitué dans le comté de Rouergue vers les frontières de l’Albigeois , pour le
pofleder de la maniéré que le poffedoient ce vicomte & /’ évêque F ro taire 5 le
château de Caflelnau , celui de la Liviniere dans le Minervois, la moitié
de ceux de Julien, de Roquebrune Ht de Couffoulens:avecclaufe exprcllèque
fi le vicomte Raymond Ht fa femme venoient à recouvrer le domaine de Car-
cajfonne & de Minervois qui avoit appartenu d Pierre-Raymond , Guillelmete
leur fille, & fon mari Pierre-Aton jouiroient , alors de ce qu’ils lui don-
noient dans ces pais 5 Ht qu’en cas que le vicomte Raymond vînt à déceder
fins enfans mâles , Guillemete Ht fon mari auroient pendant leur vie la
jouiflince de l’abbaye de Cadres , de fes dépendances, Ht du château de
Boifbeiïon.
5 note Guillemete eut g de Pierre-Aton deux fils , Aton , ou Pierre Aton, Ht
”'7' Frotard. Le premier fucceda à Ion pere dans la vicomté de Bruniquel qu’il
pollcdoiten 1139. L’autre fut vicomte d’Eillène en Rouergue, Ht mourut ,
à ce qu’il paroît, fans pofterité. Quant à Pierre-Aton mari de Guille-
1» l’r.p. iSj. mctc, il étoit déjà décédé des l’an 1090. puil'qu’cllc s’étoit h remariée alors
avec Hugues de la Roque.
t.x.\x. L’abbaye de Cadres que le vicomte Raymond-Bernard regardoit comme
moud' Bcrnjid partie de fon domaine, ctoit alors fort déchue de fon ancienne fplen-
vicomte à'Al- deur. La régularité s’y foûtenoit encore vers l’an 1030. du tems de l’éle-
nîes& soo^'is <^ün de Tabbé Arnaud qui mourut 1 en odeur de fainteté ; mais l’abfence
Bernard Aton de Gerebrard fon fuccefleur qui alla en pèlerinage à la terre fainte, Ht
rv.iiii (uccciie. jes entreprifes des (eigneurs feculiers, contribuèrent bientôt après au rela¬
ies! dt chement. Le même vicomte touché de fon état , réfoiut d’y rétablir l’ob-
i spiàl. to 7. fervance , Ht dans ce deficin il la donnai au mois de Janvier de l’an 1073..
f i(iaii.chriji. ou de l’an 1074. fuivant notre maniéré de compter , à Bernard abbé de
nov.ed.to.i. faint Victor de Marfeille , Ht l’unit à là congrégation. Raymond-Bernard fit
tnfir.f. i f, cccte un;on conjointement avec Frotaire fon oncle évêque de Nifmes, lequel
jouifioit encore alors par indivis avec lui des domaines de leur maifon, ainfï
qu’il eft marqué dans l’acte.
Nous ne trouvons plus rien dans la fuite de Raymond-Bernard vicomte
d’Albi & de Nifmes, Ht vicomte de Beziers Ht d’Agdc par Ermengarde de
Carcaflônne fa femme * ce qui nous donne lieu de croire qu’il mourut bientôt
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DE LANGUEDOC. Liv. XIV. iji _
âpres. Il paroît a du moins qu’il étoit déjà décédé en 1078. Outre Guil- An. 1074.
lemete , donc nous venons de parler, il eut de la même Ermengarde un fils a note
nommé Bernard- A ton qui fut le quatrième de fon nom, 6c qui lui fucceda XXI' lf"
dans tous fcs domaines fous la tutelle ou adminiftration de la mere.
On précend b que Bernard évêque d’Agde au commencement du XII. ^^•ehrJ,'u
fiecle étoit frere de Bernard comte de Beziers -, ce qui fuppoferoit qu’il étoit
frere puîné du même Bernard- Aton : mais c’eft de quoi nous n’avons aucune
preuve. On marque d’ailleurs que ce prélat étoit fils d’un vicomte nommé
Bernard : or il eft certain que Bernard-Aton vicomte de Beziers , d’Agde,
&c. qui vivoitau commencement du XII. fiecle, étoit fils de Raymond,
& non pas de Bernard.
Ermengarde de CarcalTonne furvêcut long-tems au vicomte Raymond-
Bernard Ion mari : elle eut pendant toute fa vie l’adminiftration des vi-
comtez de Beziers , d’Agde, 6c des autres dobtaines qu’elle lui avoir appor¬
tez en mariage en qualité d’heritiere des maifons de CarcalTonne 6c de Be¬
ziers. Quant aux vicomtez d’Albi êc de Nifmes, il paroît que le jeune
Bernard-Aton les pofleda d’abord fous l’autorité de Frotaire évêque de
Nifmes fon grand oncle , 6c que ce prélat continua d’en jouir en commun
avec lui , comme il avoit lait avec le vicomte Raymond-Bernard fon
neveu.
Le pape Grégoire VII. c écrivit le 11. de Mars de l’an 1074. à ce prélat, c ang.viu.u
pour fe plaindre des vexations qu’il exerqoit envers l’abbaye de faint Gilles ef-iS'
fituéedans fon diocèfe, qu’il avoir excommuniée , 6c fur laquelle il préten-
doit avoir jurifdi&ion , au préjudice des privilèges qui la loumettoient im¬
médiatement à l’cglife Romaine. Ce *pape reproche entr’autres à Frotaire
d’avoir fait emprifonner l’abbc de laint Gilles à fon retour de Rome, où
il avoit été béni par le pape Alexandre 1 1. fon predeceflèur. Frotaire
évêque de Nifmes étoit alors fort âgé : il fe démit d vers le même tems d y. note
de fon évêché en faveur d’Elcfant, ou le prit pour coadjuteur ; car il eft *vu *■”■*$&
qualifié ancien évêque de Nifmes dans une donation c que fit la vicom- ’ Pr
telle Ermengarde fa niece à la cathédrale de cette ville, 6c nous avons un
autre ade 1 daté, Frotaire & E le faut étant évêques de Nifmes. Frotaire décéda (noteîHJ.'
vers l’an 1077. après avoir pofledé cet évêché environ yo. ans. Elefant ne
lui furvêcut pas long-tems, car Pierre -Ermengaud étoit déjà évêque deNiP
mes en 1080.
Après le décès de Frotaire la vicomtefle Ermengarde adminiftra égale¬
ment, au nom du jeune Bernard-Aton fon fils, les vicomtez d’Albi 6c de
Nifmes qui avoient appartenu à Ion mari , 6c celles de Beziers 6c d’Agde ,
avec les autres domaines qu’elle poftedoit de fon chef. C’eft ce qui paroît
par les hommages g qui lui furent rendus , i°. Par un feigneur nommé Gau- g Pr.f.w.
celin , fils d’Ermentrude , qui promit de ne pas lui enlever la ville de Be-
ziers, ni fes fortereftes. z°. Par un autre qui s’engage de ne pas s’emparer
du château de Caiftargues dans le diocèfe de Nifmes. 3 e1. Par deux feir
gneurs qui lui prêtèrent ferment de fidelité , 6 c à Bernard fon fils pour le
château de Roque-Cediere. 40. Enfin par les feigneurs de Mirepoix , fçavoir,
Udalger fils d’Ermeffinde , Roger fils de Belilènde , 6c Raymond fils de
Rangarde, pour le château de ce nom.
On a déjà remarqué que le vicomte Raymond-Bernard prit le furnom
oufobriquet de Trencavel qui pafla à fes defeendans. Il en eft fait mention h Pr ^
dans une donation h que la vicomtefte Ermengarde fa veuve, ôc fon fils
Bernard-Aton firent de l’églife de la Caune en Albigeois à Guillaume évêque
d’Albi , 6c à fa cathédrale. (
Raymond de faint Gilles fit un voyage à Rome fur la fin du pontificat lxxxi.
du pape Alexandre II. C’eft ce que nous apprenons d’une lettre * que Gre- Lc p-’p Gré¬
goire VII. fucceflèur de ce pontife écrivit le 2. de Février de l’an 1074. pdicRaymoud
à Guillaume comte de Bourgogne, dans laquelle il prie inftamment ce prince de ?c.la|n[ Gilles
marcher au plutôt à la tête d’une armée au fecours de l’églife Romaine op_ V<>#F°ui.
priméeparles Normans établis en Italie. Gregoirelomme lecomte de Bourgo-
gnedans cette lettre d’executer la promefle lolemnelle qu’il avoit faite devant
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An. i 07 4.
aG il l.c hr.nov.
lUtt. to. urnjlr.
b Ai tb.nd Ann.
I076.ff.it $ .
V.BmUjsJI.
Tnt'!.?. 413.
La XX U.
Etienne de
PolignJC eve-
que de Ckr--
mont s’empare
de 1 évêché du
Ptiy. Abî'iz de
Eliot Cbalhé*
cGn^VlLLu
ef. iS.
d ibiJ.ycp.S»
H u % FUv.
ebron . p. i>7-
& 10 1-
Gail.chr.ibid.
t0.hp.7OO.
f 4»?*.
Ga// chr.il/id.
f.7é6.
f Alab.ad ann
107-11.4.
g iéid.
i}t HISTOIRE GENERALE
les corps des faints Apôtres fous le pontificat d’Alexandre II. Ton prédecef*
leur, de fécourir Téglilc Romaine, &. de prendre la défenfe de faint Pierre
toutes les fois qu’il en feroit requis. .11 le charge en même tems d’avertir
le comte de famt Gilles, & quelques autres princes qu’il fiavoit avoir fait un
fcmblable ferment de fidélité à famt Pierre en levant Ici mains au ciel , de mar¬
cher aufli à fon fecours. Grégoire ajoute que fon defîèin, en faifànt raflem-
bler un fi grand nombre de troupes , n’etoit pas de répandre le fang des
Chrétiens, mais dejetter la terreur parmi les Normans fes ennemis , pour les
obliger par là à faire la paix 5 & qu’il pourroit peut-être pafier enfuiteà
Conftantinople au fccours des Chrétiens Grecs contre les Saraiins. Nous ne
voyons pas que le comte de Bourgogne , Raymond de faint Gilles , & les au¬
tres princes dont ce pape imploroit l’affiftance , ayent pallé les Alpes en
1074. à la tête de leurs troupes : il paroît au contraire que le fécond de¬
meura toute cette année en deçà des monts , &. nous fçavons qu’il concou¬
rut a au mois d’Octobre de l’an 1074. avec Guillaume comte deTouloufè
fon frere , à l’union de l’abbaye de Figêac en Querci à l’ordre de Cluni.
Ce dernier prince unit b deux ans après au même ordre celle de Beaulieu
dans le basLimoufin, fur laquelle il avoit la principale autorité. Il fit cette
union de concert avec Hugues de Caftelnau abbé féculier de Beaulieu , qui
tenoit cette abbaye de la luccciTion de ’ fes purens -, êc du çonfentement de
Gui évêque de Limoges , des vicomtes Archambaud, Ebles 8c. Bozon, & de
divers autres feigneurs du païs.
Grégoire VII. écrivit Clc i^d’Avril de l’an 1074. aux habitans du Puy:
voici le fujet de fa lettre. d Pierre de Mercueur evêque de cette ville , étant
décédé le 13. de Juillet précédent, *cet évêché excita la cupidité de plu-
fieurs prétendans. Etienne de Polignac évêque de Clermont, qui poffedoit
en] même tems la prévôté de l’églife du Puy, 8c dont la famille avoit beau¬
coup de crédit dans le pais , voyant que ce bénéfice étoit meilleur que le
fien , 8c plus à fa bienfeance , fe mit fur les rangs , 8c trouva moyen de fe
faire elire. Il rencontra toutes-fois un dangereux concurrent en la perfonne
d’un nommé Etienne , qui ayant gagné à force d’argent une partie des éle¬
cteurs, s’empara du fiege. Etienne de Polignac chafla bientôt après cetintrusj
&. comme il n’ignoroit pas que fon élection n’étoit gucres pluscanonique , il
prit le parti d’aller à Rome pour la faire confirmer par le pape , qu’il trouva
extrêmement prévenu contre lui. Il ne négligea rien pour juftifier fa con¬
duite auprès du pontife y mais Grégoire ennemi déclaré des fimoniaques ,
éxigea qu’il lift un ferment folemnel fur le corps de faint Pierre d’exccuter
fidèlement fes ordres, de fe démettre de l’évêché du Puy, 8c de ne pas s’op-
pofer à l’élection d’un autre évêque, quand fon légat le jugeroit à propos.
C’eft ce qui donna occafion à ce pape d’écrire aux habitans du Puy la
lettre dont on vient de parler, dans laquelle il leur donne avis qu’il avoit
rendu fes bonnes grâces à Etienne de Polignac , 8c qu’il lui avoit remis
le gouvernement du diocèfe , à condition neanmoins qu’il n’excrceroit aucune
des fonctions épifcopales, 8c qu’il les feroit exercer par un autre évêque en fon
nom , jufqu’à ce qu’il fût retourné à Rome ; ce qui ne devoit pas, ajoutc-t.il, les
empêcher de lui rendre l’honneur 8c le refpect dûs à fon caractère. Il les exhorte
enfin de travailler efficacement à abolir la fimonie qui regnoit dans leur
églife , 8c de mériter par là que Dieu leur accordât un digne 8c légitimé
pafteur.
Etienne de Polignac exécuta d’abord fidellemcnt fa promefiê. 8c n’exerça
aucune fonction épifcopale. Nous trouvons en effet que Gui abbé de faint
Chaffré% s’étant démis de cette abbaye €1^1074. ce fut Hugues évêque
de Die, 8c légat du faint fiege, qui fit la ceremonie de bénir Guillaume III.
du nom qui fut élû abbé à fa place, & qui étoit auparavant doyen ou prieur
de fainte Ënimic. Celui-ci établit la réforme dans ce monaftere , fit revenir fes
biens ufurpez ou aliénez . 8c en fit rebâtir l’églifè. Sous fon gouvernement,
. Geilin f comte de Valcntinois , 8c non pas de Vienne , comme un auteur l’a
avancé g , confirma la donation que fes prédecellcurs avoient faite à l’abbaye
de faint Chaffré de l’eglife de faint Victor de Valence.
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DE LANGUEDOC. Liv. XIV.
*î$
Le pape Grégoire VII. dans le defTein de rétablir entièrement la An. 1074.
difcipline ecclefiaftique 8c régulière , 8c d’extirper la fimonie , envoya dès le L,^xu^‘?0
commencement de Ion pontificat divers légats dans tous les royaumes de la îc^n^gat de
chrétienté. Il nomma entr’autres a pour remplir cette fon&ion dans la Gaule Grégoire vu.
Narbonnoife , la Gafcogne 8c l’Efpagne , Amé évêque d’Oleron, qui exerça «usibbczV<!c'
fa légation dans ces provinces pendant quelques années , 8c confacra b le 1 3 . s. Gm.icm &
d’Aoùt de l’an 1076. l’autel de faint Guillaume conftffeur dans l’églife de Gel-
lone ou de faint Guillem du Défert. ic, de Sauve,
Cette abbaye , à la faveur de la fimonie , s’étoit alors fouftraitc delà jurif-
didion de celle d’Aniane à laquelle elle avoit été foûmife dès fon, origine. p.+iT.&'i'i-
En vain Emenon c abbé de la derniere s’oppofa-t-il de toutes les forces à e^f,chr'nfv'
l’éle&ion que les religieux de faint Guillem avoient faite d’un abbé fans fa b/LZiîu»».
participation-, 8c les papes Nicolas II. 8c Alexandre II. à qui il en porta fes io7«.».i34-
plaintes déclarerent-ils excommuniez , tant les abbez de faint Guillem qui
avoient été élus de cette maniéré, que les évêques qui avoient confirmé leur •»». 1074.».
élection, jufqu’à ce que l’abbaye d’Aniane fût rentrée dans la poflèffion de 6S'
fes droits fur celle de faint Guillem : tous fes efforts furent inutiles, 8c le mo-
naftere de Gellone fe maintint depuis dans l’indépendance.
Pierre en étoit abbé d en 1074. lorfque Pierre fils de Bermond de Sauve j
& £ AJlor^e confirma en faveur de cette abbaye la donation du monaftere
de faint Pierre de Sauve. Ce feigneur , qui fe qualifie fatrape de Sauve , &
petit-fils du marquis Bernard , fa femme Elifabech , Bernard marquis du châ¬
teau d’Andufe fon frere , Adélaïde femme de ce dernier , 8c Raymond leur
fils, donnèrent en 1077.4 la même abbaye , 8c à Berenger qui en étoit
abbé , leur portion de l’églife de faint Pierre de Merueys dans le comté de
Nifmes. L’a&e eft fouferit par Pierre- Almerade leur coufin , 8c plufieurs fèi-
gneurs du païs , dont quelques-uns prennent le furnom de Sauve. Il paroît
que Beliflcnde « qui en 1081. donna avec fes fils, à l’abbaye de Gellone, cp.197.
l’églife de faint Pierre de Meriieys , étoit feeur de Pierre de Sauve , 8c de
Bernard d’Andufe. Adélaïde que ce dernier avoit époufée f dès l’an 1071. f>i8o.
croit de la maifon de Mandagout, fuivant un acte g par lequel Raymond
fon fils confirma à l’abbaye de Gellone , 8c à Berenger fon abbé , la dona¬
tion de l’églifè de Merueys , en prefence & de la volonté de Pierre-Bermond
marquis , qui étoit ou fon oncle , ou fon coufin. Plufieurs autres fêigneurs ,
entr’autres ceux •» de R.oquefcuil 8c de Deux -vierges firent des donations .vers f*
le même tems en faveur de cette abbaye.
Celle d’Aniane acquit en 1075. différens biens en Gevaudan en un lieu 1075.
appelle Entraigues « , fitué au confluent de la petite riviere de Jointe & du i
Tarn, où divers feigneurs du païs fondèrent le prieuré de Rofiers. Il eft parlé ^
dans cette fondation de Deufdet de Canillac 8c de fes freres , de Raymond
de Moftuejouls , de Bernard de Pierreleve , 8cc.
D’un autre côté Roger II. comte de Foix fignala fa libéralité envers dif- ^xxiv.^
ferens monaftercs. Il donna au commencement de l’an 1075. à l’abbaye Rogcrn.com!
dcCluni, àla follicitation 8c par le confeil d’ifarn évêque de Touloufê, lechâ- >c >ie Foix en-
teau de Lordad, 8c divers autres domaines du voifinage , fituez dans le comté b!yCS dcCluni
de Touloufê & la vallée de Savanes^. L’année fuivante il ht donation à la même &dcS.pons.
abbaye, en prefence d’ifarn évêque de Touloufê , 8c de Raymond-Ebon évê-
que de Laitoure , d’une églifê qu’il avoit fait conftruire dans fon domaine. 4*107 e.n.nf.
Roger donna • encore vers le même tems à l’abbaye de faint Pons deTo- 1076.
mieres la paroiflè de laint Pierre d’Efcouflc, dans laquelle le B.Afnerius iPr.p.i g5.^.
abbé étoit inhumé. Il eft marqué dans la charte » que cette paroifle étoit fituée /*?• NQ
dans le Touloufain , le territoire de Foix , 8c le minifteriat de Podaguez, « Xxn.
& qu’il y avoit eu anciennement une abbaye , dont le nom lui -étoit de- ce
meuré , à caufe qu’on y trouvoit des corps morts revêtus d’habits monalti- «
ques. Sicarde femme de ce comte concourut avec lui à ces diverfès dona¬
tions, dont la derniere fut faite en prefence d’ifarn évêque de Touloufê ,
de Bernard évêque de Carcaflonne , de Guillaume comte de Touloufê , 8ç de
Raymond comte de Rouergue fon frere.
Tome II. • G g
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M4
HISTOIRE G EN ER ALE
AN.1076. Ce dernier fut excommunié dans le troifiéme concile Romain a tenu fous
Rayrronj^iie Ie pontificat du pape Grégoire VII. duranc le carême de l’an 1075. ou de
s Gilles"» & l’an 1076. fuivant notre maniéré décompter. Les actes qui nous relient de ce
Ssde n cone^e difent en deux mots que ce prince fut excommunié k caufe de fa cou-
vince excora- fine *. Ces térmes &ceux qu’on lit dans le l'ommaire du cinquième b cha-
muniez par pitre du cinquième concile Romain , tenu au mois de Décembre de l’an
iCôiaLo. 10. Joy8. fous le pontificat du même pape, où il cfl ordonné que le comte de
• p. ««. faint Gilles feroit excommulué à caufe de fa femme , nous donnent lieu de com-
prendre , i°. Que ce prince avoic époufe fa coufînc germaine, fille c & he-
b/W.”rr. ritiere de Bertrand comte de Provence fon oncle paternel. i°. Qu’il ne
i,ef fit aucun cas de cette excommunication , & qu’il refufa de fe féparerde cette
XU,». 6. O* . /T* * A
juqq. pnnceile.
d cwiUtAo. Plufieurs prélats de France & des autres royaumes furent aufli anathema-
f-H6- eifez dans le troifiéme concile Romain , entr’autres Berenger évêque d’Agde,
Etienne évêque du Puy , & l’abbé de faint Gilles : le premier, parce qu’il
avoit communiqué avec Guifred archevêque de Narbonne déjà excommu¬
nié , & qu’il avoit fait pour lui les fonctions épifcopalcs. Le fécond , pour
caufe d’homicide & de fimonie , pour avoir refufé d’obcïr aux légats du
pape fuivant fa promeflè, & s’être maintenu fur le fiege du Puy par la force
& par la violence. Quant à l’abbé de faint Gilles , on ne marque pas fon
crime.
Lxxxvr. Nous ignorons l’époque de la more d’Almodis de la Marche, mere de
nmnT'w' Guillaume comte de Touloufé 6c de Raymond de faint Gilles. Si nous en
gcri. comte croyons l’auteur c qui a écrit à la fin du XIII. fiecle les geftes des comtes
& d^Cwnf ®arce^one> cecce princcfTè décéda avant le comte de cette ville fon troi-
lonnc, & d‘%. fiéme mari , qui mourut ( le 17. de May de l’an 1076. 6c fut inhumé dans
mojis fi fem- In cathédrale de Barcelone. Cet auteur ajoute qu’Almodis fut aflàfîinée par
ks domlfnci' Pierre , fils de ce prince , & d’Ifàbcau fa première femme, lequel mourut
eurre tes fils, fans poflerité en Efpagne dans l’exercice de la pénitence en expiation de
p.uî'.C' eec homicide. Un hiltorien g de Catalogne beaucoup plus récent , prétend
hbtd.pAg 1. au contraire que cet auteur s’eff trompe 5 qu’Almodis fùrvêcutà Raymond-
Berenger fon mari } que Pierre fils de ce comte du premier lit mourut avant
f.a. ' ’** elle, & qu’Almodis le fie périr. Les raifôns de ce dernier paroiflènt folides,
quoiqu'il ne rapporte d’autre preuve que cette princefieaic furvêcuau comte
de Barcelone fon mari, que le tcflament par lequel ce dernier peu de tems
avant fa mort, légua quatre mille maneufes k la comtcfje fa femme qui
vivait alors , fins dire fon nom. Nous n’avons d’ailleurs aucun acte où
il foie fait mention d’Almodis après l’an 1071. Ce qu’il y a de vrai , c’eft
qu’elle décéda avant l’an 1079. comirie nous le prouverons bientôt. Il
paraît qu’elieétoitdéjamorte au commencement de l’an 107 8. car Guillaume
h Pr.f.}oo. comte de Touloufé fon fis fie une donation h à l’abbaye de Moillac le 14.
du mois de Mars de l’an 1077. ou de l’an 1078. fuivant notre maniéré de
compter, pour l' anniver faire de fon pere dr de fa mere. Almodis fut inhumée
dans la cathédrale de Barcelone , à côté du comte Raymond-Berengcr fon
i Citti cemt. mari , 6c on y voit encore leurs épitaphes rapportées par Catcl ». Il s’efl glifle-
^•"7* une faute dans celle du comte, où on doit lirequ’il mourut en 1076. &non'
KV.Mort.mff- en 1086. On trouve une erreur à peu près femblable dans un k manufcric
f.osi. cje Colbert, où on a marqué la mort de ce prince à l’an 1078. au lieu de l’an
icj6.
iDiog.itij. On fait1 un grand éloge de Raymond- Berenger I. comte de Barcelone.
1 prince fe rendit fur - tout recommandable par fa valeur. Il lailîà deux fils
d’Almodis fa féconde époufe, Raymond- Berenger II. du nom , furnommé
Tète-d’étouppes , 6c Berenger-Raymond $ il les inflitua fes heritiers par fon
m Marc-li'd’- tcfbament. Le premier avoic ™ déjà époufe du vivant de fon pere, Mahalde
ou Mathilde Hile de Robert Guifcard prince Normand, duc de Pouille 6c
n Grr ni Calabre. Ces deux freres eurent d’abord “ quelque démêlé pour la fuc-
• ° epref«. cefUon de leur pere -, mais ils s’accordèrent 0 enfin par l’entremife des prin-
oîag.ibiJ. cipaux fèignears du pais , 6c confirmèrent leur accord au mois de Décembre
de Tan 1080. Suivant cet acte ils partagèrent non-feulement le comté de
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DE LANGUEDOC. Liv. XIV. ijj
Barcelone , donc ils prirent également le titre de comte , & les autres do¬
maines de leur maifon lîcuez au-delà des Pyrénées ; mais encore la ville 8c
le comté de Carcaffonne , dont il paroic que leur pere avoit difpofé entiè¬
rement en faveur de l’aîné, quoi qu’un hiftorien1 Cacalan allure le contraire.
Ce fut là peut-être la principale lource de leur divilion.
Nous avons en effet un a&e “par lequel Guillaume comte de Touloufe,
fils d’ Almodis , fit ferment à Raymond-Berenger comte de Carcafjonne fon frere ,
. fils de la même Almodis , de l’aider contre tous ceux qui voudroient le trou¬
bler dans la poflèifion de les villes, comcez, évêchez, 8c du relie de fon do¬
maine. Le premier commence là promelle en ces termes : Moy Guillaume
comte de Touloufe qui fui s* fils d’ Almodis j d’où l’on doit inférer que cecte
princefle vivoit encore alors, 8c que le comte de Touloufe fit ce ferment à
Raymond-Berenger II. peu de tems après la mort du pere de ce prince.
Par la même raifon cette comtellè dévoie être décedée , lorfque Raymond
de faint Gilles , frere de Guillaume , fit une nouvelle promelle c à Guifred
archevêque de Narbonne , en ces termes :r Moy Raymond comte qui ai été
fils** d’ Almodis &c. Raymond promit alors a Guifred » de ne pas lc«
troubler dans la poflèifion de fon fiege 8c de fes domaines, 8c d’ooliger«
Raymond-Berenger 8c les fils, Garfinde, Bernard 8c Pierre les fils, de lui «
faire hommage pour la moitié delà ville de Narbonne , 8c le domaine de «
fon archevêché. Le comte donne en même tems en fief à l’archevêque ,«
par amitié *** , la troifiéme parcie de toutes les acquificions qu’il feroit dans «
le comté de Narbonne. » Raymond-Berenger vicomte de cette ville promet
à la fin de l’acte d’executcr fidellement l’engagement que le comte Raymond
venoit de prendre par rapport à lui ; & ce fut làns doute en conféquence que
Pierre d évêque de Rodez , frere du même vicomte , prêta ferment de
fidelité à l’archevêque Guifred pour 1e domaine de l’archevêché de Nar¬
bonne.
Raymond de faint Gilles prit aufïï la défenfe de Guillaume V. feigneur
de Montpellier, qui étoit encore jeune , à ce qu’il parole c , lorfqu’il
perdit Guillaume III. Ion pere. Ce dernier qui vivoit encore en 1067. 8c en
1068. avoir époufé Ermengarde , laquelle le remaria après fa mort avec Ray¬
mond d’Andulè , fils de Bernard 8c d’Adelaïde de Mandagout. Ce fut là ns
doute la raifon pour laquelle Beliarde ayeule de Guillaume V. prit fa tucelle
/ avec trois Ligueurs qui eurent recours ( à la protection de Raymond comte
de faint Gilles , lequel leur promit de maintenir Guillaume de Montpellier*- ,
& fon ayeule , dans la poflèifion de leurs domaines, 8c de les aider toutes les
fois qu’il en feroit requis. Ce prince nomma en même tems pour la fùrecé
de fa promelle cinq de fes vaflàux , qui dévoient fe mettre en otage , lorfqu’il
feroit neceflàire, à Montpellier, à Pezenas , à Servian, ou à Beziers, au
choix des cuteurs du jeune Guillaume de Montpellier.
Nous donnons le nom de Guillaume V. g à ce leigneur , parce qu’il paroît
différent d’un autre Guillaume qui eut h de grands démêlez avec Pierre
comte de Melgueil ou de Subftantion. Celui-ci prétendoit avoir la jultice
fur la ville de Montpellier , le profit fur la monnoye d'or qu’on y battoit , 8c
divers autres droits feigneuriaux -y mais il céda enfin par un accord « à Guil-«
laume , à les vaflàux , entr’autres à Guillaume Aimoin, qui paroît avoir «
été parent de ce dernier , 8c à tous les habitans de Montpellier , leur do- et
maine & leurs droits, comme les parens du même Guillaume lesavoient pof- «
ledez.» 11 le confirma déplus dans la poflèifion du château deMauguio ou
de Melgueil , que fon pere Bernard-Guillaume avoit acheté , 8c lui donna enfin
fa fille en mariage. Guillaume de Montpellier , 8c Guillaume Aimoin don¬
nèrent en même tems au comte une fournie confiderable. L’aéle qui ellfans
date futpafléen prefcncedeMatfred évêque de Beziers , Frotard abbé de faint
Pons, Pons prévôt de Maguelonne, &c. ce qui prouve qu’on doit le rapporter*
versl’an 10S0. Comme cet acte ne peut regarder k Guillaume V. il doit s’enten¬
dre d’un de les coufins que nous appelions Guillaume IV. 8c qui partagea avec
lui la feigneurie de Montpellier. Nous croyons que Bernard-Guillaume, pere
de ce Guillaume IV. étoic frere puîné de Guilaume II. ayeul de Guillaume V.
T orne IJ. G g ij
I
AN.IO75.
a DiMg. ibid0
b AiMrc.Hifp •
p. ilo*.
V. NOTE
xxx vi 11.
* Filins qui
Jum Almodis.
Lxxxvir#
Raymond de
(aine Gilles
continue de
proroger Gui-
ired archevê¬
que de Nar¬
bonne. Sei¬
gneurs de
Montpellier,
c ïr.p. 198*
& A?; #
* 4 Filius qui
fui Almodis.
***Per druda-
riam.
d /’r. p 19?.
&M-
c Fr. p . i$6:
& 164-
V. NO TE
XXXVIi. a.u
&J*q.
f Pr.p. 19 T.
* De Monte*
pille lUr 10.
£ NOTE ibidm
h Pr. p.)ll.&
fit
i NOTEibid*
K Ibid.
1
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[077*
MS HISTOIRE GENERALE
2 T} Du refte nous conjecturons que Guillaume IV. époufa en fécondés noces la
n.i°7 • fijie de pierre comte de Melgueil , 6c d’Almodis de Touloufe*, Sa qu’il avoir
H*t'V’S0TE eu déjà d’une première femme, Raymond-Guillaume qui étoit évêque de
Nifmes en 1 1 o 3 . & Bernard-Guillaume feigneur en partie de Montpellier , en
qui finit cette branche.
ixxxvllî. Guillaume IV. comte de Touloufe fut un prince pacifique , qui s’appliqua
«ioiUaume iv. principalement à faire fleurir la religion dans fes états , Sa féconda le zele
Sï d’Ifarn évêque de Touloulè pour la réforme des églifes de fon dioccfe,
««U religion entr’autres de celle de Notre-Dame de la Daurade. Cette églife fituée au
b GrJ.av.S. milieu de Touloufe , étoit déjà célébré >> dès le VI. fiecle. On y avoir joint
‘ un monaftere dès «le commencement du IX. fous les régnés de Louis le Dé-
bonnaire Sa de Charles le Chauve. Mais les défordresd caufez par la fimonic
dcétei mm. avoient réduit l’un Sa l’autre dans un état fi déplorable qu’à peine y faifoit-
t-m&ftq. on le fervice divin. L’évêque Ifarn touché de la décadence de cette an¬
cienne églife , pour la remettre dans fon ancien lu (Ire, l’unit en 1077. ^
l’ordre de Cluni ; ce qu’il fit entre les mains de faint Hugues abbé de ce cé¬
lébré monaftere, & du confentement de Guillaume comte de Touloulè fort
feigneur, & de fes chanoines. Ce prélat fait un grand éloge de Guillaume
dans cet a&e, où il déclare que ce prince avoir délivré , autant qu'il lui avoit
été fo.Jihle , ï églife de Touloufe des mains de fes ennemis , c’eft-à-dire des fimo.
niaques. Ifarn fit cette union à condition que l’églilè de la Daurade
feroit toujours deflèrvie par des moines. Après fa foufeription on voir cel¬
les de Raymond évêque de Laicoure , &: prévôt de la cathédrale de Tou¬
loufe, &des principaux chanoines de cette églife. Depuis ce tems-là le mo-
naftere de la Daurade fut fournis à la congrégation de Cluni fous la dépen¬
dance de 1 abbaye de Moiffac,jufqu’à ce qu’il a été uni dans le dernier fiecle à
celle de faint Maur , qui le poflede encore aujourd’hui.
Le comte de Touloufe concourut vers le même tems avec Ifarn évêque
de cette ville pour établir la régularité dans la cathédrale de faint Etienne.
Les bàtimens « de cette églife menaçoient ruine, fes biens étoient la plu¬
part aliénez , Sc le fervice divin y étoit entièrement négligé. Ifarn qui en
rejettoit la faute fur fes prcdccefleurs , appuyé de l’autorité de Guillaume comte
de Touloufe, de Raymond comte de Rouergue fon frere, &: du confcil de faint
Hugues abbé de Cluni, d’Hunaud abbé de Moiflac , Sa des principaux vaf-
faux du comté de Touloufe, repara non-feulement cette cathédrale & l’en,
richit de divers ornemens dont elle étoit entièrement dépourvue , mais il y
rétablit la vie commune parmi les chanoines , qui embraflèrent en même
tems la réglé de faint Auguftin. Il eft ordonne dans l’acte de cette réforme,
qui fut drefle en prefence de Guillaume archevêque d’Auch , Sa de Raymond
évêque de Laitoure , que tous les clercs qui à l’avenir feroient aggregez au
corps de cette églife embraflèroient la vie régulière des chanoines , &
n'auroient plus rien en propre. Pour leur ôcer tout prétexte de violer la réglé ,
Ifarn leur affigna certains revenus , entr’autres ceux que poflèdoient alors en
particulier le prévôt, le doyen, les archidiacres, l’écolàtre Sc le facriftain,
dont l’éle&ion devoir être faite à l’avenir par le chapitre. Ce prélat permet
en même tems aux chanoines d’acquérir librement les biens que les clercs &
les laïques tenoient en fief de lui ou de fes prédecefleurs. Il leur abondonne
pour leur manfe , i°. les émolumens que les évêques de Touloufe reti-
roient des jugemens où on ordonnoit l'épreuve de l'eau froide. i°. L’archidiaconé
d’Agarnez en Agarnaguez, qui comprenoit une partie du comté de Foix,
Sa qui étoit pofledé alors par Pierre Amelii prieur de la cathédrale. 3°.Un
autre archidiaconé qui s’étendoit depuis la porte Narbonnoife , jufqu’aux
confins du diocèfe de CarcalTonne , Sa renfermoit le Lauraguais. 40. Tous
les autres archidiaconez de ceux qui voudroient profefîer la vie canoniale,
enforte qu’après la mort des archidiacres l’évêque éliroit leur fuccefleurdu
confeil de fon clergé. j°. Enfin la moitié du fel qu’il avoit droit de retirer
du bourg faint Saturnin : preuve que ce bourg , qui n’eft pas different de ce
qu’on appella dans la fuite le bourg de Touloufe, &qui fut gouverné par
des magiftrats municipaux particuliers , fubfiftoit alors. Le chapitre de la
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DELANGUEDOC. Liv. XIV.
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cathédrale de Touloufe fut régulier depuis ce rems-là, jufqu’au commence- An. 1077.
ment du XVI. fiecle qu’il fut fécularifé.
Guillaume comte de Touloufe, pour favorifer le nouvel établiflèment des
chanoines réguliers dans cette cathédrale , renonça folemnellement en leur
faveur au droi x. que fes prèdecejfenrs avoient ufurpè de nommer à l’cvêché, &c
s’engagea d’agréer dans la mite celui qui feroit élu par le chapitre. Il fe
conforma en cela au decret du concile Romain tenu en 1075. par lequel * a r.r*p*d
il fut défendu expreflement aux évêques & aux abbez de recevoir les évê- "
chez & les abbayes des mains des princes fcculiers, & à ceux-ci d'en donner
l’inveftiture comme ils avoient fait auparavant , par un abus qui s’étoit tourné
en coutume.
Lorfqu’Ifarn réforma fon églife, la plupart des arcliidiaconez étoient b au b Caulmm.
pouvoir des laïques. Un chevalier nommé Gaufbert Ifarn poflèdoit entr’au. t' S7t*
très celui qu’on appelloit veteris Morefïi , &. l’avoit reçu de ce prélat * mais
faifant fcrupulc de le garder, il le lui remit, après avoir cependant donné en fief
à un autre chevalier , appelle Pierre-Bertrand , un archiprêtré qui en dé-
pendoit.
Les deux légats , Hugues évêque de Die, & Amé évéque d’01eron,que lxxxiX.
le pape Grégoire VII. avoit evoyez en France pour extirper la fimonie, con-
tribuerent beaucoup par leurs loins au rétabliifement de la difcipline eccle- Poiignac£»«-
fiaftique. Ils agifioient féparément en diverfes provinces, & le premier ^uedul>l'y'
aflèmbla un concile à Clermont en Auvergne à la fin de l’an 1076. ou au
commencement de l’année fui vante, dans lequel il cita c Etienne de Polignac c nùg.tUv,
évêque du Puy , qui, comme on l’a déjà vu , avoit été excommunié pour 7&
caule de fimonie , 6c qui malgré fon excommunication fe maintenoit tou- 1
jours dans fon fiege. Ce prélat craignant cependant d’en être enfin chafTé,
drefia d’abord des embûches au légat pour cacher de le furprendre j mais
n’ayant pu réuffir , 6c voyant qu’il ne pouvoic éviter le jugement , il convo¬
qua un jour fes chanoines dans la cathédrale , & promit lolemneüement de¬
vant l’autel de la Vierge, de quitter fon fiege, Ôc d’obéir entièrement au
légat, quinze jours après que celui-ci l’en auroit requis. Son clergé promit
en même tems d’abandonner fe? interets s’il n’cxecucoit la promelle. Le con¬
cile de Clermont s’étant tenu enluite , Etienne y fut dépofé comme fimo-
niaque, avec Guillaume auparavant doyen ou prieur de Chamalieres, qui après
la promotion d’Etienne à l’évcché du Puy , s’etoic emparé de l’évêché de
Clermont fans aucune forme canonique.
Après le concile le légat partie pour Lyon, d’où il fe rendit au Puy avant
que les quinze jours qu’il avoit donnez à Etienne pour quitter fon fiege, ’
fuiîènc expirez -, mais il trouva que ce prélat avoit déjà pris la fuite. Le \
légat célébra alors la méfié pontificalemenc, & fe tournant du côté du clergé
& du peuple après l’évangile , leur expofa les conventions qu’il avoit faites
avec Etienne , & auxquelles celui-ci avoit manque } leur défendit de lui
obéir dans la fuite 5 & le déclara excommunié s’il s’ingeroit à l’avenir dans
le gouvernement de l’églife du Puy. Grégoire VII. d confirma ce jugement ioreg. vu.
par deux lettres datées du 23. de Mars de i’indiction 15. ou de l’an 1077.
Par Tune adrcficc aux chanoines du Puy, il leur défend de continuer derecon-
noître Etienne pour leur évêque , leur ordonne de le fuir comme un excom¬
munié , &: leur enjoint, après s’être fait relever par l’évêque de Die fon
légat, de l’excommunication qu’ils avoient encourue, de procéder à l’éle-
ûion d’un autre évêque. Par l’autre lettre adrcficc à tous les évêques des
Gaules , Grégoire fe plaint de ce qu’Etienne continuoit de s’immifeer dans
le gouvernement de l’églife du Puy , malgré l’excommunication que l’évê¬
que de Die fon légat avoit lancée contre lui $ il leur défend de .lui donner
aucun fecours , à peine d’anarhême , &c à tous les peuples d’apporter aucune
offrande à l’églife du Puy, jufqu’à ce qu’elle fut délivrée de l’oppreiïion où
Etienne la tenoit, parce, dit-il, que les offrandes ne fervoient qu’à l’en¬
tretenir dans fa défobéïfiànce. Enfin il ordonne à ces prélats de confir¬
mer cette excommunication Sc de la publier dans leurs diocèfes.
Cette derniere lettre eft une preuve qu’Etienne continua de fe maintenir
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i}8
HISTOIRE GENERALE
b NOTE
XXVLU.n.'j.
e V. NOTE
ibtd.n.io.
dGâit.chr.nov.
td. ta. u(.?Ql.
xc.
Vicomtes de
Polignac.
e NOTE X.
IM.
Aw.1067. dans le ficge épifcopal du Puy, malgré fa dépofition au concile deCier,
». mont 5 & en effet le pape par une autre lettre3 datée du n. de May fuivant,
ordonne entr’autresà Hugues évêque de Die fon légat, de terminer l’affaire
de l’églife du Puy conjointement avec faint Hugues abbé de Cluni. Ilparoît
d’ailleurs par une donation b faite à i’églife de faint Andeol de Polignac,
par Etienne évêque du Puy , après la mort du vicomte Armand fon pere , que ce
prélat occupa le ficge épifcopal de cette ville jufqu’en 10*81. ou du moins
jufqu’en 1078. enfin nous n’avons rien d’Ademar ou Aymar fon fucceflèur
immédiat avant l’an 1087.
On prétend e que ce dernier étoit fils d’un comte de Valcntinois : ce qu’il
y a de certain*1 c’eft que fon frere prenoit lefurnom de Monteil , petite ville
firuée fur le Rhône dans le diocèfè de Valence, & qu’on appelle aujour¬
d’hui Montelimar par corruption de Monteil- Adhemar * loit que notre
Adhemar de Monteil évêque du Puy lui ait donné fon nom, comme on le
prétend, foit qu’elle l’ait ciré plus vraifcmblablement de quelqu’aucre feigneur
de fa maifon.
Armand pere d’Etienne évêque du Puy fut c le troifiéme vicomte de Po¬
lignac de fon nom. Suivant l’acte dont nous venons de parler , il avoit fait
une donation à l’églife ou prieuré de faint Andeol de Polignac , tant pour
lui, que pour fa femme Adélaïde , fes fils, 5c fes filles. Etienne évêque du
iGiiicbrMd. Puy * fon fils y ajouta diftérens biens , du confentement du vicomte Pons fon
infrrf. 119. neVcu, d’Heracle, frere de ce dernier, 5c de leur mere. Celle-ci s’appelloit
g rr.f, 303. Auxiliende, comme il parole par une donation S qu’elle fit vers l’an 1080 avec
le vicomte Pons , 5c Heracle les fils , à l’abbaye de faint Chaffré de l’eglife
Iv.mTitbid. de faint Vincent de Solignac. Nous ignorons b fi Pons vicomte de Polignac,
6c He racle fon frere, écoienc fils de Guillaume ou de Pons freres d’Etienne
évêque du Puy, 5c fi le même Pons, neveu de ce prélat, fucceda immedia-
cemcnta Armand III. fon aycul. On prétend* qu'Heracle frere de Pons
finde.liw" continua la pofterité, 5c qu’il fut pere d’un autre Pons vicomte de Polignac
<i.4. j. 6. qui vivoit en 1105. 5c qu’on appelle Pons II. mais on n’en donne aucune
preuve. Il nous parole au contraire que ce dernier n’eftpas different de Pons
frere d’Heracle ; que celui-ci mourut fans pofterité , 5c que l’autre la continua,
xc r. Tandis qu’Hugucs évêque de Die exerçoit fa légation en diverfes provinces
d/s Ponfié- France> Ame évêque d’Oleron remplilfoit les fonctions de la fienne dans
gitdaS. (kçc. la Narbonnoife I.la Gafcognc ôcl’Efpagne, 6c tenoit divers conciles dans ces
^'n'edcNit- Prov'nces contre les fimoniaques. Grégoire VII. recommanda k ce dernier
boule excom- aux rois 5c aux princes d’Efpagnc, par une lettre datée du 1 8. de Juin de l’an
lt'U'îauconcüê 10 77- & ^fiocia Frotard abbé de faint Pons de Tomieres dont il fait un
S" grand éloge , 5c qu’il appelle un homme vénérable, également recomman-
xGrn.yn.L4. dable par la pureté defafoy, 5c celle de fes mœurs. Améaïant paffe au delà
f f Diag.eo»d.dt ^es Pyrences, affembla 1 un concile à Gironne, où pluficurs évêques 5c abbez
îiarcei i i.c.jt, fe rendirent. Guifred archevêque de Narbonne qui s’y rendit au fil , 5c qui
^ l^ntoit coupable de fimonie, craignant d’être dépofe, fit beaucoup de
rJaL>. 1077?” bruit, 5c obligea enfin le légat de fortir delà ville, 6c de fe réfugier dans le
château de Bezalu , où Bernard, qui en étoit comte , le reçut , 6c lui donna
toute la liberté d’exercer fa légation. Une telle conduite attira à Bernard
l’inimitié de la plupart des évêques , des abbez 5c des comtes qui fe plai¬
gnirent du procédé du légat , ce qui n’empêcha pas celui-ci de transférer
dans ce château le concile, qui s’y raflembla le 6. de Décembre de l’an
1077. Il n’y eut que trois évêques qui s’y rendirent , fçavoir Berenger d’Agdc,
Raymond d’Elne, 5c Pierre de Carcaffonne -, le premier étoit par confequent
alors relevé de l’excommunication qui avoit été lancée contre lui au concile
Romain de l’année précédente , 5c il devoit avoir abandonné les intérêts de
fon métropolitain. Quant à Pierre évêque de Carcaflônne, auquel on "donne
le furnom d ' Artaldus , il avoit fucccdé à Bernard qui occupoit encore ce fiege
1071. Il le remplit jufqu’en 1099. 5c c’cfl fans aucun fondementque l’au-
r 0 qui a écrit l’hifloire de cette églife en a fait deux évêques de même
nu
n De Vie
CarCajfp.60.
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P DiMg.ibid. Pluficurs p abbez alïiflerent aufïï au concile de Bezalu. Frotard de faint
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DE LANGUEDOC Liv. XI V.
*39
Pons collègue de l’évêque d’Oleron dans la légation d'Efpagne , fut fans AN.1077.
douce du nombre. On y dreflà divers canons contre les fimomaques & Gui*
fred archevêque de Narbonne y fut excommunie , pour avoir caule du trou¬
ble dans l’aflèmblée , & apparemment aufli comme fimonuque. Quelques
auteurs* ont crû que ce prélat avoir embraffe les erreurs de Berenger fur ^
î’Euchariftie , & qu? ce fût là le fujet de fon excommunication : mais onn a
aucune preuve de ce fait , & il eft certain qu’il n etoit coupable que de fimo-
nie Ce fut b aufli pour ce crime qu’on depofa dans le meme concile les abbez .
de fix monafteres fituez dans les états de Bernard comte de Bezalu , de
Fenouilledes & de Valefpir , lequel appuya les decrets de toute fon auto,
rite fe rendit vafTal de l’eglife Romaine , & s engagea de lui payer cous
les ans , tant en fon nom , qu’en celui de Ion fils & de fes fucccifcurs , une
certaine* Comme comme une clpece de redevance. r xcir*
De Bezalu l’évêque d’Oleron fe rendit a Urgcl , ou Ermengaud , fur- Contilc dt
nommé de Gerp , comte de cette ville, & fa femme Lucie ** ^PTJlo
bien & rengagèrent de travailler à la reforme des monafteres de leur - àGuonnc.
. ’ rv léair rinr c Tannée fuivante un nouveau concile a Gironne, ouiix c ccnai. ed>
X.ïîîliTÆ- fe trouvèrent , Ravoir Berenger de
Gironne, Berenger d'Aufonne, Raymond d'Elne , Raymond de Rota ou Ro- r
de Pierre de CarcaiTonne, 6c Humbert de Barcelone, outre Foulques ar- 7
chidiacre d’üreel au nom de l'évêque de cette vrIJe , 6c Guillaume eveque
de Comminget. S. Bertrand de la maifon de Lille-Jourdam dans le Tou.
loufain ne fucceda donc pas à ce dernier en 1073. comme on le prétend.
On lit treize canons dans ce concile contre la f.mome & le concubinage des
clercs contre leurs fils , auxquels on interdit l'exercice des armes , contre les
mariais inceftueux, 6cc. Le ... canon ordonne que les egl.lçs qui auro.ent
été confacrées par des fimoniaques , ou à prix d argent , ferment confacrees
de nouveau , 6c que les clercs qui avoient reçu 1 ordination en donnant une
fomme' ou des mains d'un évêque fimon.aque, ferment reordonnez par trn
iviaue catholique. IP ordination nef fatriitemfar rapport d m tiens , ajoute
le canon , nu, s la confier. -Mon ofi demie , pane q«, non n avott précédé qu,
oit être approuvé. Tel étoic alors le fenament commun. Enfin il elt marque
dans le dernier canon que comme on ne pouvoir ocer entièrement les cgl.-
fes aux laïques il ne leur étoit pas permis du moins de recevoir les obla¬
tions des meffes 6c des autels, 6c les prémices , & on fait defenfe de rien
donner pour le droit de lépulture & debateme. . — , . . . r
Le comte de Bezalu ne fe contenta pas d avoir chaflc Jes abbez fimonia-
ques de fês états, & d’en avoir fait élire de légitimés j il tr^va^ d«e
réforme de leurs monafteres. Dans cette vue il donna en 1078. «J* de
Campredon dans le diocèfe de Gironne , d’Arles dans le Valefpir & k 1 dio-
cèfe d’Elne 6c de faine Pons furnomme V allô fa , dans le Fenouilledes, 6c
le diocèfe de Narbonne, à faint Hugues abbé de Clum pour les Jggregrcr
à là congrégation h ce qu’il fit entre les mains d Hunaud abbe de MoilTac fon
ouf, * Le comte déclare dans Parte qu’il avoir racheté le fécond l de ces
monafteres pour deux cens onces d’or , de Guifred archevêque ■ de
ne, & d’un ieigneur féculier qui le tenoient de lui en fief. Il a voit racheté
aufli le dernier Tour cent onces d’or des mains de Pierre vicomte de Fenouil,
ledes qui l’avoir acquis en & auquel il relâcha un village des dépendan¬
ces de ce monaftere1 pour en jouir pendant fa vie. Il fupprmia en meme tems
tous les mauvais ufages que lui ou fes prédeceffeurs avoient établis date ces
trois monafteres II rétablit « au mois de Mars de a meme année , de
conceTt avec Ta comtefTe Ermengarde fa femme , celui de faint Etienne de
R , * 'r !r Trné dans fon comté de Bezalu au dioccfe de Gironne, & Div«sPiai*
étoftprcfquè abandonné. L’acte eft fouferit par Amé évêque d’Oleron légat £
du fxSgc â par Frorard abbé de faint Pons de Tomieres , fon collègue
dGeStiabbŸrepaffa la même année en deçà des Pyrénées fcfe un
Sq-poObdoit dans ce diocèle ui/lieù
t Ibid.
XC1II.
«a»i07 7.0.1 9,
g Pr.p.} 00.
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»
An;io78.
i°79.
a Gall.chr.tû.
xp.ii.
bAndo^Bezi.
M»-
c Ibid.
i Pr.f.io j.
ç'BonM kifl.
mjf.des comtes
de Rodez Li c.
xo.
V.Boll.to.6. Mm
?-7ih&f‘ï
[ TrjUd.
140 HISTOIRE GENERALE
nommé Palais , fur lequel Bermond , fvrnommé d’Aude , feigneur du voifi.
nage , éxigeoit divers droits qu’il avoit ufurpez. Etienne abbe de Conques
ayant porté fes plaintes de cette ufurpation devant Raymond comte de Rouer,
gue , ÔC Ermengarde vicomtefTe de Beziers , feigneurs dominais du païs ;
ceux-ci tinrent differens plaids pour terminer cette affaire 5 mais les parties
n’ayant pu s’accorder , elles s’en rapportèrent à la décifion de Matfred
évêque de Beziers, de Frotard abbé de faint Pons, Ôc de plufîeurs feigneurs
du païs qui rendirent leur jugement. Sur le refus que fit Bermond de l’executer,
le comte Raymond, pour l’y obliger , ravagea les domaines , ruina fes mai-
fons , ôc le dépouilla des biens qu’il pofTedoit auprès de Palais , dont il donna
la pofTeflion à l’abbé de Conques : enfin Bermond étant décédé peu de tems
après , Pierre fon fils reconnoifTant l’injuftice de fon pere , ôc craignant de
perdre tous fes domaines , s’accommoda avec l’abbaye de Conques , par le
confeil du comte ôc de la vicomteffe , ôc abandonna entièrement à ce mona-
ftere tous les droits que fon pere avoit exigez injuftement à Palais ôc dans
fes dépendances, moyennant cinq cens Jols de Beziers, que l’abbé lui donna,
avec U viguerie du même lieu, qu’il reçut en fief , ôc qui confiftoit dans la
moitié des droits feigneuriaux fur certains biens. L’accord fut paffé le Jeudi
27. de Juin, ce qui prouve que ce fut en 1079.
Matfred évêque de Beziers dont il eft fait mention dans cet a&e , fut le
troifiéme de fon nom. Il avoit fuccedc 1 dès le mois de Janvier de l’an
1077. à Berenger , après b avoir été auparavant chanoine delà cathédrale j &
enfuite abbé de faint Aphrodife. Quant à Bermond ou à Pierre fon fils, il
paroît qu’ils étoient de la maifon d’Andufe , mais nous ne fçaurions mar¬
quer pi*écifément leur defcendance : peut-être que le premier étoit fils "'puî¬
né d’Almerade , fils aîné de Bernard fèigneur ou marquis d’Andufe qui vivoit
au commencement du XI. ficelé.
On voit par ce que nous venons de rapporter que Raymond comte de
faint Gilles ôc de Rouergue jouiffoit en 1079. en qualité de marquis de Go-
thie , de la fuzeraineté fur les vicomtez de Beziers ôc d’Agde -, ôc que la
vicomreflè Ermengarde veuve de Raymond-Bernard vicomte d’Albi ôc de
Nifmes , les poflêdoit fous fon autorité. Ce prince étoit donc alors pai-
fible poflèflêur des domaines qui avoient appartenu à Berthe comtefle de
Rouergue fa coufine ; ôc Robert 1 1. comte d’Auvergne s’étoit défifté par
conféquent de fes prétentions fur la fuccefïïon de cette princefle fâ pre¬
mière femme. Nous apprenons en effet d’ailleurs d que la guerre ôc les
troubles qui agitoient le Rouergue depuis la mort de Berthe etoient entiè¬
rement appaifez en 1079. lorfque Pons évêque de Rodez unit l’abbaye
de faint Amand de cette ville à la congrégation de faint Vidor de Mar-
feille. Il eft encore fait mention e de ces troubles dans la vie manu/crite
de faint Gaufbert , qui après avoir embraffé la vie heremitique dans le
Velay, fonda fous le pontificat du pape Grégoire VII. pour des chanoines
réguliers, le monaftere de Montfalvi dont il fut le premier abbé , Ôc qui n’eft
aujourd’hui qu’une prévôté fituée dans le diocèfe de faint Flour fur les con¬
fins du l’Auvergne ôc du Rouergue. Il eft rapporté dans cette vie « que la
« XX. année du régné du roi Philippe, ou l’an 1079. Robert étant comte
» d’Auvergne , ôc Raymond comte de Rouergue , une grande émeute s’étant
«élevée à Rodez, faint Gaufbert fe rendit dans cette ville pour appaifer
« le tumulte -, que le comte Raymond lui donna en reconnoiflànce l’abbaye
« de faint Amand de Rodez, pour y établir des chanoines réguliers de fon
« inftitut : mais que n’ayant pû réuflîr , Hugues évêque de Die ôc légat du
« faint fiege , donna cette abbaye aux religieux de faint Vidor de Mar [cille.
Ce qui convient très- bien avec la date { de cette derniere donation , qui
fut faite à la fin de la même année.
Guillaume comte de Touloufe ôc Raymond de faint Gilles fon frere do¬
minèrent paifiblement depuis fur prefque toute la province : époque remar¬
quable de l’aggrandiflèment de leur maifon. Nous finirons ce livre par
cette époque, après avoir ajouté quelques remarques fur les moeurs ôc le
gouvernement des peuples du païs durant le XI. fiecle.
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DE LANGUEDOC. Liv. XIV.
141
Les grands vaiïaux du royaume qui étoicnr dcja parvenus à une autorité An. 1079.
prefquc fouveraine à la fin du X. ficelé» lorlque le roi Hugues Capet monta
iur le thrône , s’y maintinrent pendant tout le fiecle Suivant ; & le pou- mcn°&niœuu
voir Suprême qu’ils s’arrogèrent contribua également au renverfèment de des peuples de
la discipline ecclefiaftique , & aux défordres de l’état : ce qui caufa un ^Texw.fa-
changement total dans le gouvernement. La plupart d’entr’eux s’érigèrent en de. Autorité
tyrans; &: ne rcconnoilîànt prefquc d’autres loix que celles que leur ambi-
tion & leur avance leur dictaient , ils n’épargnerent ni le facre , ni le pro- ci«gé.
phane. L’églifè Surtout Souffrit beaucoup de leurs vexations; Sous prétexte
de patronat, ils Soumirent a les évèchez, les abbayes , & les autres benfc-
fices ecclefiaftiques à leur domaine , s’emparèrent de leurs biens , & s’étant jtqq.
rendu maîtres des élections , ils ne promurent aux principales dignitez de l’égli-
Se que leurs proches b, ou des perfonnes riches dont ils exigeoient des fom- t \>v. eut*
mes confiderables , Sans Se mettre en peine fi les élus avoient la capacité Sc
lcsqualitez requiSes par les canons.Delà cette Simonie prefquc univerfèlle qui n°- 1*4- &<■
fit tant de ravages en France durant ces deux fiecles , & dont on rougiffoit
fi peu,' que les comtes trafiquoient publiquement les évèchez &. les ab¬
bayes de leur domaine , &. en difpofoient par tcllament comme de leur patri¬
moine. Ce défordre dura dans la province dedans lercftedu royaume jufqu’au
pontificat de Grégoire VII. qui rétablit enfin la plupart des églifes dans
leur ancienne liberté en procurant celle des élections.
Apres de fi grands abus, on ne doit pas être Surpris fi l’ignorance & la
corruption des moeurs rognèrent alors dans l’un &c l’autre clergé , & fi les
ecclefialtiques devenus prcSque entièrement Séculiers , s’occupèrent moins à
remplir leurs fondions , qu’à vivre dans le plaiiîr , le luxe Sc la débau¬
che. La régularité le confcrva neanmoins dans quelques monafteres , qui
étant immédiatement fournis au Saint fiege , furent par là à l’abri des
entreprises des puilîànces Séculières , & Servirent dans la Suite à réformer
les autres. Tels furent ceux de Cluni, de Saint Victor de MarSeille, ôc de
Saint Pons de Tomieres, donc les congrégations s’étendirent dans la pro¬
vince Sous l’autorite de divers Seigneurs, qui plus religieux que les autres,
consentirent à cette réforme , Se démirent du droit de nommer les abbez ,
& reftituerent les biens ufurpez.
D’un autre côté la plupart des chanoines des cathédrales, & de plufieurs
anciennes abbayes de la province , qui s’etoient lecularilcz , Se réformèrent
vers le milieu du XI. fiecle, & embraflèrcnt la vie commune ou l’inftituc des
Chanoines Réguliers , qui commença c alors. Ces chanoines ne furent d’abord c v- PaZ‘
gouvernez que par des prévôts, tant dans les abbayes ou ils furent niera-
duits , que dans les cathédrales ; enforte que quand le pape d Urbain II. leur div./gji.
donna en 1093. l’abbaye de Saint Paul de Narbonne, auparavant Séculière
& gouvernée par un abbé Séculier , il marque exprcflément dans Sa bulle
que l’abbé leur tiendrait lieu de prévôt. Ce ne fut en effet qu’à la fin
du XI. fiecle c qu’on commença à voir des abbez parmi les Chanoines *r- Rui”4 vi'-
Réguliers. 4 * ^
Quelques-unes de ces réformes ne durèrent qu’autant que le voulurent
permettre les Seigneurs qui les avoient procurées , & qui après avoir rendu
aux églifes leur ancienne liberté, les tyranniferent de nouveau dans la Suite,
& s’emparèrent des biens qu’ils leur avoient reftituez. De là vient que pour
affurer davantage ces reftitutions, ou les donations qu’on faifoit aux égli¬
fes, on employoic fi fréquemment alors une foule d’imprécations contre les
ufurpateurs. Enfin les Seigneurs ne Se firent aucun Scrupule de pofleder les
dîmes , les oblations, ôc jufqucs aux droits purement Spirituels des -Amples
églifes ou paroilîes, de les tranSmectre à leurs defeendans , & de les donner
en fief à des Séculiers. Toute la dévotion confilfoit prefque dans ce tems- Do*^.
là à entreprendre des pèlerinages dans les pais les plus éloignez ; les rois, gr.mds^vlf- 8
les princes , les nobles , èc le commun du peuple, s’en faifoientun devoir de ‘?ux- ,Fkfs &
A titres de -figoi-
religion. _ _ . ~ Droits Ici*
Tout le domaine direcl ou utile de la province fut pofledé durant le XI, gieurwux.
fiecle par les grands vaffaux ou leurs feudataires ; 2c fi le régné de nos rois raai*
T orne JI. H h
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*4*
HIS ToIRE GENERALE
An. 1079. n’étoit pas marqué dans la date des chartes , à peine fçauroic-on qu'ils con.
ferverenr toujours leur fouveraineté fur ce païs. On peut comprendre de-là
jufqu’à quel point les ducs , les comtes , 6c les vicomtes portèrent alors leur
autorité.
Nous mettons ces derniers au nombre des grands vaflaux , qui dans ce fiecle
mfa.Jtsfitfi, partagèrent le domaine de la province, malgré le fentimcnt d’un moderne »,
qui prétend que dans le royaume, les vicomtez ne furent miles au rangées
J'iï fiefs de dignité que vers le milieu du XIV. Il eft certain en effet que dès
" le X. les vicomtes dç Narbonne, d’Albi, Nifmes, Beziers, Agde , Poli-
gnac , &c. jouifloicnt des droits régaliens dans leur domaine , ainli que les
comtes , quoiqu’ils fuflent fubordonnez à ces derniers. Audi voyons-nous que
les vicomtes lont nommez immédiatement apres les comtes dans plufieurs
chartes de nos rois , 6c dans diverfes bulles des papes de la fin duX. fiecle 2c
du commencement du XI. Scque dans un grand nombre de monumens b de
£££. la province, -ou des pais voifins,‘les vicomtes font nommez, ou fouferivenc
v. Marc.Hifp. d’abord après les comtes , 6c avant tous les autres feigneurs. Au refte il
Par°ît que la plupart des vicomtes de la province s’arrogèrent eux-mêmes
io4é.<^. Une autorité prefqu’abfolue dans leur domaine ; que les comtes ne le leur
lofeoderent pas ; & que ceux-ci tachèrent feulement d’établir leur fuzerai-
c v.vr'.p. i gf. neté fur eux, 6c de les rendre leurs vaflaux c.
Parm^ ies feigneurs , quelques-uns fe d qualifioient comtor * au XI. fiecle.
pm . i6oï Ce titre, qui fubfiftc encore aujourd’hui à l’égard de quelques fiefs du
1096.1x64. Rouergueôc du Gevaudan, fignifioitun vaflal immédiat du comte , inferieur
Cjmitorcs. au vicomte , mais luperieur a tous les autres lcigncurs * eniorte qu on doit
mettre le comtoratau rang des fiefs de dignité. Pour le terme de baron , on
,r ne le trouve employé dans aucune charte de la province durant le XI.
p\o‘oï HjF‘ On le voit à la vérité dans un titre e du Rouflillon de l’an iozj.
mais c’efl: pour fignifier en general les principaux du pais qu’on appelloit
» Boni homl- aufli Bons-hommes *. Quantaux Amples feigneurs , on ne trouve pas que dans
tout ce fiecle, ni dans le précédent , ils le foienr donnez dans la province
la qualité de dominus pour celle dç leigneur : on fe contentoit de les quali-
f P.167.&C. fier en general f feniorcs , qui lignifie la même chofe 5 2c ils ne prenoient eux-
mêmes communément que le limple lurnom du château ou du fief dont ils
avoient le domaine. Il faut en excepter les feigneurs d’Andufc 2c de Sauve
frpr.^i9«.cÿ qui dans ce fiecle fe qualifioient g quelquefois princes, marquis, fatrapes,
f?ii fr p iL9. &c. Les feigneurs de Montpellier furent des premiers h qui prirent la qualité
j«i. de dominus , ce qu’ils firent à la fin du même fiecle.
On ne voit pas non plus que les évêques, les abbez , 6e les communautés
ecclefiaftiques ayent pris dans ce tems-là le titre de feigneurs des lieux dont
ils avoient le domaine j on peut remarquer feulement que les prélats , après
s’être enfin délivrez fous le pontificat de Grégoire VII. de l’oppreflion où
les comtes 2c les vicomtes les tenoient , poflederent depuis leur domaine en
alleu.
Les filles fuccederent non feulement aux fiefs ordinaires durant le XI.
fiecle , 2c le fuivant , mais encore à ceux de dignité : la province en fournie
divers exemples , entr’autres ceux de Berthe comtefle de Rouergue 2c maiv
quife de Gochie, de Garfinde de Beziers, 2c d’Ermengarde de Carcaflonne.
Les grands vaflaux ufant alors d’un pouvoir defpotique, exigèrent par la
force divers droits fur les peuples. Ils le maintinrent dans l’ufage de lever des
troupes , de venger leurs querelles par les armes , de pourfuivre leurs enne¬
mis , 2c de porter le fer 2c le feu dans les terres de leurs voifins de qui ils
avoient reçu quelque infulte. Le droic que s’attribuèrent les particuliers
de fe faire raifon eux-mêmes par des voyes de fait ,6c qu’on appelloit faide,
occaûonnaune infinité de guerres particulières qui delolercnttout le païs.De-
iy.Mare.con- ^ ce grand nombre de châteaux 6c dé forterefles que les feigneurs conftrui-
‘"vagjtjYnn. firent à l’envi dans leurs domaines pour fe mettre à l’abri des entreprifes les
10(4. ». 3. uns des autres ; 6c les fermens réciproques qu’ils fe firent de ne pasattenter ni
iruu».«.é> ^ jeurs perfonnes ^ ni à leurs biens , mais qu’ils fe mettoienc peu en peine d’en-
c oncii.to. 9. fraindre à la première occafion. Enfin ces défordres 1 étoient montez à un tel
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DE LANGUEDOC. Lxv. XIV. a4î
cxcezun peu avant le milieu du XI. ficelé, que le commerce étoit générale¬
ment interrompu , & qu’il n’y avoit plus de fureté pour les voyageurs. La
grandeur du mal obligea alors les deux puiflànces à fe réunir pour tacher
d’y remedier par l’éta bliffement de la treve de Dieu dont on a parlé ail¬
leurs, & qui fut très-mal obfervée.
Un des principaux droits dont jouirent les grands feigneursde la province
dans ce ficelé , fut celui de faire battre monnoye 5 droit dont la plupart
jouifloient déjà dès le précédent. Pour commencer par les comtes deTou-
loufe , il eft fait mention de la monnoye de cette ville, 8c des fols Touloufains
en divers titres * , de même que des fols de faint Gilles. Le plus ancien
monument b que nous ayons où il foit parlé de ces derniers , eft de l’an 1095.
ainfi on doit fans doute en rapporter l'origine j au fameux Raymond de faint
Gilles qui domina' fur cette ville. Un célébré d critique attribue au même
Raymond une petite monnoye d’argent d’un pouce de diamètre dont il a
donné l’empreinte, fur laquelle on voit d’un coté la croix de Touloufe avec
ces mots : R., comes palatii , & de l’autre un croiflant furmonté d’une
étoile avec les motsfuivans: dux Maachio rv. mais il nous paroît que cette
monnoye n’eft pas de Raymond de faint Gilles. Elle doit avoir été frappée en
effet avant le départ de ce prince pour la Terre fainte , puifqu’il fe démit
alors de fes dignitez en faveur de Bertrand fon fils , & qu’il ne revint plus
en Europe : or il n’y a aucune preuve c que les comtes de Touloufe ayent
eu des armoiries 8c la croix pour fymbole avant cette époque. Cette monnoye
eft donc vraifcmblablemcnt de Raymond V. comte de Touloufe, 8c petit-fils
de Raymond de faint Gilles.
Les comtes de Roucrgue, marquis de Gothie, puînez des comtes de Tou¬
loufe, avoient ( aufiileur monnoye dans le XI. fiecle * 8c c’cft fans doute aux
Raymond 8c aux Hugues comtes de Roucrgue qu’on doit attribuer la fabri¬
cation des fols Raymondcns & Hugoncns, qui en ce fiecle, 8c dans le fuivant,
avoient cours dans la province, 8c dont il eft fait mention en divers actes g.
Comme ces princes, 8c les comtes de Touloufe leurs fuccefieurs polfederent
le comté particulier de N af bonne , c’eft à eux peut-être qu’on doit rapporter
les fols & les deniers de Narbonne qu’on voyoic h en 1 007. en 1060. & 1090.
ou bien conjointement aux archevêques Seaux vicomtes de cette ville, qui en
partageoient le domaine avec ces comtes. Il paroît en effet par divers actes • du
commencement du XII. fiecle, que les vicomtes de Narbonne avoient droit de
faire battre monnoye. Nous apprenons à peu près la valeur de celle de Nar¬
bonne d’un a&e de la fin du XI. fuivant lequel k dix fols Narbonnois fai-
foient alors le prix d’une vache. Il eft dit de plus dans un acte1 d’engagement
faitle9.de Juin del’an 1097. par Guillaume-Arnaud de Béziers, aux chanoi¬
nes delà cathédrale de cette ville, pour la femme de 800. fols Melgoriens, que
fi cette monnoye venoit à être affoiblic , les chanoines feroient obligez à lui
rendre 34 fols par livre en bonne monnoye de Melgueil , ou en monnoye de Bergers ou
de Narbonne qui feroit oclenc * , ou enfin en argent fin.
La monnoye de Melgueil dont nous venons de parler , étoit celle qui avoit
le plus de cours dans la province 8c les païs voillns. On a déjà remarqué
ailleurs qu’elle étoit ainfi nommée, des comtes de Mauguio ou de Melgueil ,
qui la faifoient fabriquer. Quant i celle de Beziers, il en eft fait mention
dans divers autres actes m du même fiecle. Les vicomtes de cette ville avoient
fans doute le droit de la faire battre , de même que les comtes ou vicomtes de
Carcafionne, celle de cette dcrnicre ville, qui avoit cours n dès l’an 1069.
Enfin les évêques du Puy fe maintinrent dans le même droit durant le
XI. fiecle , 8c il eft fait mention des fols du Puy dans des monumens0 de
l’an io76.&del’an 10S7.
On diftinguoit p en Languedoc les nobles de 'ceux qui ne l’étoient pas dès le
commencement du XI. fiecle. Il parole que par le titre de nobles onentendoit
alors non-feulement les feigneurs & ceux qui polledoient des fiefs, mais en¬
core les gens 1 riches 8c puifiàns , 8c les principaux citoyens des villes. On ap-
pella auffi * dès-lors milites , ceux qui faifoient profeflion des armes, 8c les
principaux vaflaux des comtes ôedes vicomtes obligez par leurs, fiefs au fervice
Tome J I. H h ij
An. 1079.
xcvii.
Monnoye des
fcigncuis.
2Pr.1i6.i69.
jl *.]&•&**
b p.
c Pr.p. $ +
Aï-
A Du Canpe
differt. 14. Jur
t in'LdiS.Umi
c VJiv.fiiivAnt
n. LX1.
f Pr.p. 118.
g Vr.ibid.
p. t9*. $57*
hp.i6f.ztf*
Ba. HZ.Coneil .
AW
i Catel mer».
MX.
K BaluzMd.
1 Car t hl . de U
rat ht <lrale de
Beziers.
* Quæ oflena
Cflct, «HU pliU
bon j & fina.ai
computum
libram pcrfoli*
dos 54.
m Pr.p. 101 »
31 !•&*•
d Prp.167.
Qp.î-& 9«
XCVil.
Noblellc.
Cac valcric.
Ticrs-Hcat.
Sots.
p \ r. p. 18 J.
198. 10.iKl»
(J Fr.p. : 08.
t Catel comt.
p. U6.
Pr.p. ijo.
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*44
HISTOIRE GENERALE
An. 1079. militaire. Il eft rare cependant de voir dans ce tems.là les feigncurs du païs
fe donner eux-mêmes la qualité de miles 5 qualité qui dans la fuite marqua toû.
a kd ttCa«gt ;ours |a noblelîe , parce que les nobles1 eurent feuls le droit de faire la guerre
achevai, &de s armer de calques , de cuiralles , oc de cortes-d armes > (c
qu’on ne qualifioitwi/;Vw que ceux qui combattoient à cheval. De.là vient
qu’on appclla toujours chevaliers en langue vulgaire , ceux qu’on nommoic
milites en latin, fie qu’à la fin du même liecle , pour défigner un homme de
* Ex equeftri race noble, on difoic qu’il étoit de l'ordre de chevalerie *. On diftinguoit auffi
a^ors ^es n°bles qui fervoient dans une armée , d’avec ceux qui ne l’étoient
pas, en nommant b les premiers limplement milites , 6c les autres petites :
ceux'c^ combattoient à pied armez de Héches. On diftingue enfin dans leçon.
muj.iJ.i'o. 1.” cile de Limogescde l’an 1031. les principaux feigneurs , qu’on appelle les
CMcti)' fremiers princes , ou les puijfances majeures , d’avec les chevaliers particuliers , on
S.9os-&jij. princes moins confiderables. On entendoit par les premiers, les comtes Scies au.
très grands vaffaux qui pofiedoient des fiefs de dignité , ou jouiffoient des.
droits régaliens. On trouve cette même diftinefion dans les aftes du concile
übUpiosi. de faintGilles, tenu d vers l’an 1041. dans lequel il eft parlé des grands Sc des
v. note petits chevaliers: milites majores & minores .
Quelque diftinétion qu’il y eût en general dans le XI. fiecle entre les nobles
& ceux qui ne l’étoient pas , on a cependant de la peine à diftinguer en parti,
culier les uns des autres dans les ades Se les foulcriptions de chartes où on
trouve leurs noms -, parce qu’à la réferve des comtes ôc des vicomtes ils n’y
prennent ordinairement aucune qualité. Ce n’eft donc que par le rang qu’ils
occupent , ou par quelque autre circonftance qu’on peut juger de leur no-
blefle : d’ailleurs les noms propres dont l’ufage avoit commencé dans la pro¬
vince depuis quelque tems , n’y devinrent un peu communs que vers le milieu
de ce fiecle. Il eft vrai que comme les gentilshommes prirent le furnom de
leurs terres, & de leurschâteaux , il femble que quand on trouve diverfes per¬
sonnes qui ont le même furnom , on foit afTùré par là de leur defcendance
commune : mais outre que les noms propres ne furent pas d’abord bien fixes
dans les familles , on voit que les roturiers prirent fouvent leur furnom des
villes 8c des châteaux où ils avoient pris naiflànce.
Onreconnoiffoit trois ordres de perfonnes libres en Languedoc dans le XI.
fiecle^ fijavoir les ecclefiaftiques,lcs nobles, fie les bourgeois des villes ou princi-
e fr.p. 30g. paux habitans du pais. Cette - diftin&ioneft expreflement marquée dans les ades
&fei- d’une affcmbléetenue àNarbonne en 1080. Toutes les perfonnes libres étaient
diftinguées en general desfêrfs, occupez ordinairement à la culture des terres
ou aux fervices domeftiques. Lorfque les maîtres donnoient la liberté à ceux.
1086. J ci , c’étoit f dans les églifes en prefènee des clercs ou des religieux.
xcviii. Le droit féodal qui avoit commencé dès le X. fiecle, prit de nouveaux ac»
D'oral, croiflemens 8c fut entièrement établi dans le XI. Nous n’entrerons pas ici dans
hcds a o- jjvers ufiiges que chaque feigneur établit dans les terres qu’il
donna en fief: nous nous contenterons de remarquer que le principal devoir
de la part des vaffaux étoit la fidelité 6c le fervice militaire, êctrés-fouvent
l’obligation de loger 6c de défrayer le feigneur fuzerain avec un certain nombre
de gens de fa fuite , ce qu’on appella Alheryses. Il s’en faut bien cependant
que tous les biens de la province ayent jamais étc tenus généralement en fief.
Outre les feigneurs qui ne reconnoifloient pas de fuzerain , 6c qui poflèdoient
leurs terres en alleu, ou d’autres biens allodiaux, nous voyons que les particuliers
6c les bourgeois des villes continuèrent depofleder leurs domaines en alleu j ce
qui étoft fondé fur le droit Romain obfervé dans la province , fuivant lequel
toutes les terres font cenfées libres , à moins qu’on ne prouve la fervitude.
On a diverfes preuves que ce droit g fut fuivi en Languedoc durant le XL
[erv'ei’^ cn fiecle, 6c que le codeTheodofien y avoit force de loi. il eft fait mention de
la loi Romaine 6c de la Salique dans un a<fte b qui eft du commencement du
même fiecle 5 ôc de ces deux loix ôc de la Gothique dans un autre > qui eft envi¬
ron de l’an 1037. Cette derniere étoit k donc encore alors en ufage dans le pais.
Nous voyons en effet qu’elle étoit cn vigueur dans le diocèfe de Carcaffonne
l’an iooz. Rangardje, veuve de Pierre- Raymond comte de Carcaffonne, dans
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uftade3 de l’an 1071, fait mention^ fort dixième , qui étoit un droit b que les
loix des Viiigots donnoienc aux veuves iur les biens de leurs maris. On ne
trouve plus dans la province aucun veftige de la loi Gothique après cette an¬
née ; 8c il eft certain que la loi Romaine, qui y avoir été la plus commune, y
prévalut avant la fin du XI. fiecle. C’eft ainfique Pierre comte de Subftantion ,
dans la donation c qu’il fit de fon comté en 108 5. à l’églife Romaine , voulut
que celui qui y contre vicndroit , fut fournis à l’amende ordonnée far la fainte
loi Romaine publiée far les empereurs T heodofe , Arcade & Honorius } 8c que
Bertrand fils de Raymond de laine Gilles , lorfqu’il époufa en 1095. Helene
de Bourgogne , lui fit une donation conformément À la loi Romaine qui étoit la
penne. Le mélange des differens peuples qui habitoient la province , & qui
après avoir été dutinguez jufques vers la fin du X. fiecle, n’en formèrent plus
enfin qu’un feul dans le fuivant, contribua beaucoup à y rendre la jurifpru-
dence uniforme , 8c à y faire prévaloir la loi Romaine * enforte qu’à la ré-*
ferve des Juifs , dont le nombre étoit allez confiderable dans la plupart des
villes du pais , le relie des habitans ne forma plus qu’un feul peuple 8c une
même nation.
-D’un autre côté comme les Vifigots d’origine, qui fe confondirent avec les
anciens peuples d’Elpagne , failoient le plus grand nombre dans ce royaume ,
la loi Viligocique y prévalut fur la Romaine. C’ctoit 8 la feule qui y fut en
vigueur en 1069. lorfqu’Alfonfe roi de Callille, après avoir epoufé Ma¬
thilde fille de Guy Geoffroy duc d’Aquitaine , province où la loi Romaine
étoit obfervée , fit une tentative pour fubllituer celle-ci à l’autre dans lès
états. Nous voyons aulfi que Raymond- Berenger comte de Barcelone, dans
les fors ou ufages qu’il établit dans fes états en 1068. fuivit f la difpofition
delà loi Vifigo tique , à caufe que la plupart de fes fujets étoient Vifigots
d’origine.
Les comtes & les vicomtes de la province rendirent fouvent la juftice g par
eux-mêmes dans ce fiecle : on vit même quelquefois les comtelles 8c les
vicomteffes préfider aux plaids. Les évêques & les abbez y affifterent aulfi, foit
en qualité d’arbitres , foit comme feigneurs temporels. Les grands vaflaux
commencèrent cependant alors à fe repofer de l’adminiftration de la jullice
fur leurs officiers , qu’on appelloit viguiers ou vicaires , parce qu’ils ju-
geoienten leur place. On trouve dès l’an h 1071. un Raymond- Aton viguier
de Touloufe , 8c des viguiers de Bczicrs 8c de Carcalïbnne en 1091. 8c 109a.
A la fin du même fiecle les comtes de Roulfillon » n’avoient qu’un feul juge pour
tout leur domaine. Les comtes 8c les vicomtes , 8c les autres principaux fei¬
gneurs infeoderent k les vigueries , ce qui les rendit héréditaires.
La jurifdidion temporelle des feigneurs ecclefiaftiques commença propre¬
ment en ce fiecle. Comme les évêques avoient été en quelque maniéré alfu-
jettisaux comtes &aux vicomtes , depuis que ceux-ci avoient ufurpé les droits
régaliens dans les diverfes provinces du royaume, jufques au pontificat du
pape Grégoire VII. ils ne fe furent pas plutôt tirés de cette fujetion, qu’ils pré¬
tendirent exercer une pleine jurifdidion fur les valfaux de leurs églifes , comme
ils l’avoient déjà fur tous les clercs du dioccfe *. Ils ne parvinrent pas d’a¬
bord à ce degré d’autorité fans contradiction de la part des princes 8c des
feig neurs qui les avoient voulu afiujettir auparavant y mais ils le maintinrent
enfin dans leur jurifdidion malgré tous lesobftacles qu’ils rencontrèrent. C’eft
ainfi que les évêques de Maguelonne obligèrent en 1 090.1 les feigneurs deMont-
pellier à les laifïer jouir paifiblement de la juftice furies clercs & de leur jurif.
didion temporelle, avec la liberté de la faire exercer par leurs propres officiers.
Les archevêques de Narbonne , par une tranfadion m qu’ils paflèrent quel¬
ques années après avec les vicomtes', conferverent de même la juftice fur tous
les clercs du diocèfe , 8c fur tous les laïques qui demeuroient dans l’étendue
du domaine de l’archevêché.
Ondiftinguoit au XI. fiecle “ les grands d'avec les petits plaids. Les pre¬
miers étoient fans doute ceux qui étoient compofez de plufieurs prélats ,
comtes , -vicomtes , & feigneurs, 8c d’un plus grand nombre de juges, tels
que ceux qui furent tenus à Narbonne 9 en 1033. 8c en 1080. enforte qu’on
An. 1079.
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df. 539.
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HISTOIRE GENERALE
bPr.f.ijf.
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An. 1079. Peuc comparer ces derniers aux afTemblées provinc%dcs qu’on tenoit dans la
Narbonnoi/èdu tems desRomains.Les principaux du pais s’alTembloient encore
/ouvenc à l’occafion désinflations des reliques , de la dédicace des églifes,
&c. Les fêigneurs lêculiers fe trouvèrent aulfi ordinairement aux conciles de
la^rovince , qui dans ce lîecle y furent allez fréquens 5 & ils concoururent avec
les cvêques & les abbez aux divers reglemens de difcipline & de police qui
y furent d reliez.
• profit. Les grands vaûâux, & les autres /èigneurs a au nom defquels on rendoit
mmc. afi. lajuftice, en retir oient les profits & les émolumens , de même que ceux des
/ê/gneurs ecclefialtiques qui avoient droit de la faire exercer dans l’étendue
de leur domaine. Il eft inutile que nous remarquions ici que le duel ou com¬
bat lingulier fut encore en ufage au XL lîecle au défaut de preuves, & qu’il
étoit autorifé bpar les loix. Nous en avons rapporté divers exemples pour la
province.
Lingue Ro- On Parloit en Languedoc , au moins depuis la fin du X. lîecle , le même
«naine ou Pro- langage qu’on y parie aujourd’hui. C’eft ce qui paroît par divers termes c em-
jySoS, ployez dans les hommages & lêrmens de fidelité :Nous en avons und du mi-
compris' tous lieu du XI. lîecle , entièrement en langage du pais. On a de femblables e ailes
je nom general ^'prouvent que la langue des peuples- de la Catalogne, 6c des autres pais
Origine d’Elpagne fournis à la domination Françoifc étoit la même. On f l’appel-
pocuc ptoi-cd- J0it langue Romaine vers la fin du même lîecle , de même que celle qu’on
^cPr-p. r,o.& Parl°J't 5ans les autres provinces de France, pour la diftinguer de la Latine
ofj. 14)- & donc on fe fervoic dans les actes publics, mais qui ctoit fort éloignée de fa
Purec^- G’eft de là i- que vient le nom de Romans qu’on a donné aux hifkoires
cMan. H'jpp- rabuleufes, foitenprofe, loiten vers depuis le X. lîecle, parce que ces ouvra-
io-, 7 loif.mu gCS furcnc écrits en langue Romaine ou vulgaire. Cette langue étoit donc
pj ?î“i0Cr commune à tous les peuples de France au XI. lîecle j mais il eft certain qu’il
fcuiicmt. y euc de la différence dans le luivant , entre le langage vulgaire qu’on par.
* *Aluftr .Rer. loitdans les provinces méridionales du royaume, & qu’on appella langue Pro-
j/juii. 1. 10. c. ventile , & celui donc on fe fervoic dans les pais fituezà la droite de la Loire,
liV tout ni- &9u’on nomma langue Françoife. » Le langage Romain, dit un célébré au-
gint lin Km. >} teur* , fuc appelle la langue Provençale , non-lèulement parce qu’il reçut
fdSi7^,n’ ” /no,ns d’alceracion dans la Provence que dans les autres cantons delà Fran-
htour iiij. »ce, mais encore parce que les Provençaux s’en fervoient ordinairement
■ „dans leurs comportions , ou même parce que la Provence étant toujours
» regardée comme la province de s Romains, on ne faifoic point de diftinction
» entre le langage Provençal , & le Romain.
Nous examinerons bicncôc fi c’eft la Provence proprement dite , qui a
donné feule fon nom à ce qu’on appelloit langue Provençale : mais il paroît
toujours par ce témoignage, & par divers monumens , que la langue qu’on
parloit avant le XII. lîecle dans le Languedoc Sx la Provence, & qu’on appel-
îoit langue Romaine , eft la même que celle qu’on parle encore aujourd’hui
dans ces provinces , & qui a moins reçu d’alteration que dans les autres cantons de
la France : par conféquenc le Provençal eft plus ancien* que le François, &
celui-ci n’a été formé qu’après le XI. lîecle.
Quant au nom de Provençale , qu’on donna à la langue dont on fe fer¬
voic dans les provinces méridionales de France, apres que les peuples des païs
feptencrionaux eurent adopté un idiome different , il eft certain qu’elle ne
fut pas ainfi nommée parce qu’elle fuc d’abord particulière aux peuples de
la Provence proprement dite , mais à caulè qu’on comprenoit alors fous le
nom de Provençaux k, tous les peuples delà partie méridionale de la Fran¬
ce. Les divers auteurs qui ont écrit à la Un du XI. lîecle l’hiftoire de la pre¬
mière croifade nous en fournilfent des preuves. On nommoit Provençaux , dit un
de ces hifloriens1 , les peuples de Bourgogne , d’ Auvergne , de G af cogne , de Go-
thie dr de Provence } les autres s'appelaient François , mais les ennemis donnoient
m R‘t- hp. le nom de Francs aux uns dr aux autres. Les Aquitains m écoient aulfi compris
/. 7. t- fous ]e nom je Provençaux. Suivant le témoignage d’un autre auteur n du tems,
a Gfft- la différence qu’on mettait entre les peuples qui habitoient le nord de la
France, & qu’on appelloit François % Sx ceux des provinces méridionales qu’on
iV.Cfifen. erig.
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to. 1 Je cette
bt[l.p. s ii. &
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X Ca 'en ibid \
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fioninioic Provençaux , croit fondée liir celle de leur langage: Enfin une preuve An. 1079
certaine qu’on defignoit encore au XII. fieele , &dans une partie du Vivant,
fous le nom general de Provençaux , cous les peuples des provinces méri¬
dionales du royaume , c’eft le titre de poëtes Provençaux qu’on donnoit alors
à tous ceux qui le mêloient de compolcr des chanlons & autres poëmes en
langue vulgaire -, car ce nom fut commun non-Ièulemenc aux poëtes natifs ou
habitans de la Provence proprement dite , mais encore du Languedoc, du
Dauphiné , de l’Aquitaine , &c. 11 elt certain enfin que dans ces fiecles la
poëfie provençale fut plus cultivée a dans ces provinces , que dans la Pro- *v.c*nimtm.
vence propre, comme il eft aifé de s’en convaincre fur l’autorite de deux anciens f'c^enJnf.des
manulcrits k de la bibliothèque du Roi qui contiennent la vie & les ouvrages z'** /*-• /•
de ces poëtes. De cenudix d’entr’eux ou environ , dont il eft parlé dans
ce recueil , à peine en trouve-t-on huit à dix natifs de la Provence proprement 7«,*.
dite, tandis qu’on en compte deux ou trois fois autant du Languedoc.
Le plus ancien des Poëtes provençaux, dont il foit fait mention dans ce
recueil, eft Guillaume IX. comte de Poitiers & duc d’Aquitaine né en 1071.
& mort en 1116. Il y eft qualifié Bon Troubadour ,8c on y rapporte de lui une
chanfon écrite en langage Provençal. On trouve encore ailleurs c quelques
autres pièces de ce prince dans la même langue * ce qui nous fait connoître cAAlJ‘/e['*"'c
fon talent pour la poëfie. «Comme il étoit fort gai &fort jovial, dit un « Aqu"' ta'e>
ancien hiftorien d , îlchanta après fon retour de la Terre-fainte les malheurs «
qui lui étoient arrivez durant ce voyage, 8c il fit des vers rimezjur ce fujet.Guil-«
laume revint de ce pèlerinage en 1102. ainfi c’cft au plus tard au XI. fieele*
qu’on doit rapporter l’origine de la poëfie Provençale, ainfi nommée, non
de ce qu’elle a cté inventée 8c mi le en ufage parles leuls Provençaux propre¬
ment dits -, mais par tous ceux qu’on appclloit alors de ce nom , 8c qui par¬
vient la même langue , c’cft-à-dire par les peuples de Languedoc, Auvergne ,
Guienne , Gafcogne , &c.
Un illuftre François { fait remonter l’origine de cette poëfie jufques vers la
fin du X. fieele , contre le fentiment d’un célébré Italien g, qui prétend au
contraire que Guillaume IX. duc d’Aquitaine eft le premier vcrfificateur W.de' u vol-
en langue Provençale , 8c que ce prince a donné l’origine à la poëfie vul- \
gaire. Il faut avouer que nous n’en connoilfons pas de plus ancien. Quoi
qu’il en foit, ces deux fameux auteurs conviennent *> que la poëfie Provcn- £
çalea donne lanaifiance à laFrançoilè 8c à l’Italienne. On ne fçauroit donc 1 Crejcimbini
gueres faire remonter au défiais du XII. fieele les anciens romans que nous ib,i'
avons en vers François.
Le nom de Provençaux donné dès la fin du XI. fieele & dans le XII. aux
peuples des provinces méridionales de France, de même que leur langage,
tirent leur origine , à ce qu’il nousparoît, du fameux Raymond de faint Gil¬
les qui dominoit fur une grande partie de la Provence, de même que fur le
Languedoc , & fur divers pais de l’Aquitaine 5 car comme il eft certain que
les auteurs du tems ont fouvent voulu défigner l'étendue de fa domination,
en la qualifiant fimplement comte Provincial ou Provençal , ou bien comte de
Provence 5 ils ‘auront voulu aulli défigner tous fes fujets fous le nom de Pro- i v. sofi
vençaux. Ce n’eft en effet que depuis ce prince qu’on a donné ce dernier nom XLfr-
en general aux peuples du voifinage de la Provence proprement dite , 8c c’eft
fans doute pour la même raifon qu’on a appellé depuis langue Provençale le
langage de tous ces peuples.
On prétend k que depuis le tems du même prince, laGothieou Septimanie
porta communément le nom de province de faint Gilles , 8c que cette déno¬
mination dura pendant tout le XII. fieele. Il eft vrai que quelques auteurs
qui ont vécu dans ce fieele ont donné le nom de province de faint Gil¬
les à la Narbonnoife I. mais ce font des étrangers qui ne font d’aucune au¬
torité, 8c qui voyant que les comtes de Touloufe prenoient aflez fouvent le
titre de comte de faint Gilles tout feul, ont crû fauflement que cette dernieré
ville étoit la capitale de leur domaine , 8C qu’elle donnoit fon nom à toute la
province : /nais nous n’avons pas un feul monument domeftique qui prouve
qu’on ait jamais donné à la Septimanie ou au Languedoc le nom de province
de faint Gilles.
f Huet ibid.fi
>5 9-& 104.
g Crefcimberr.
k lbidi
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t4s HIST. GEN. DE L A NGUE DOC. Li v. XIV.
c. il.
c Pr.p. Ijc.jîf,
tK
A y.io-jc). Unancien hiftoricn , 3 qui vers la fin duXl. ficelé décrit les mœurs des Pro-
,.cu\ vantaux , c’eft-à. dire des lujets de Raymond de faint Gilles, reprefente ces
d„l^ peuples moins belliqueux que les François, mais plus laborieux &: plus œco-
i'ous.mdiircs. nomes. Il ajoute qu’ils négligeoient l’ornement extérieur du corps 5 & pre.
e:.uTuncrti JJ0;enc un f0jn particulier de leurs chevaux de leurs équipages.
Lufiige étoit déjà reçu en Languedoc avant la fin du XI. fieclede ne com¬
mencer l’année qu’à Piques: mais cet ufage n’étoit pas fi general qu’on ne
trouve plufieurs exemples du contraire ; enforte qu’on compta indifférem¬
ment le commencement de l’année pendant tout ce ficelé & le fui vaut, ou
depuis la nativité de J. C, & le premier de Janvier , ou depuis l’Incarnation Sc
le jour de Piques. On fera peut-être furpris de la diverfité de cet ufage du¬
rant un fi long intervalle : mais outre les preuves inconteftablcs que nous
en avons dans les chartes du pais , & que nous ne manquons pas de faire
oblêrver dans l’occafion , on voit par le témoignage d’un hiftoricn >> qui
vivoit vers la fin du XII. ficelé , qu’il y avoit alors une grande variété pour
marquer le commencement de Z’ année , qu'il n’y avoit rien de JLiblc là-dcffus ,
& quun chacun le comptait comme il le juyeoit à propos , foit depuis la
Nativité t foit depuis Pâques. De là vient que les Hiftoricns ôc les Au¬
teurs des chroniques , qui ont écrit dans ces ficelés , ne (ont pas unifor¬
mes pour la chronologie j que les uns fuivent la première maniéré de coml
prer, ôc les autres la leçon de. Il faut convenir cependant que l’ufage de corn,
menccr l’année à l’Incarnation ou à la fête de Piques devint peu à peu plus
commun 5 & qu’enfin il étoit generalement obfervé dans la province au XIII.
ficclc. On y con 1er voir encore dans le Xl.celui de dater quelquefois les chartes
de l’ére E/jiagnole.
Les diver/es villes de la province avoient c différons poids & differentes
me/uresdans ccfiecle&au commencement dufuivant -, on peut rapporter l’ori¬
gine de cette variété aux diverfes dominations qui s’établirent dans le royau.
me à la fin de la leconderace.
b G:rvas.
J)orol/ern.
Coron, al an.
1 170.
HISTOIRE
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HISTOIRE
GENERALE
D E
LANGUEDOC
UitmstiüUtiiiMtitttittitittiStttititiitttmtttiMSmsttminitiittiiiitttttititmt
LIVRE QUINZIÈME.
io79.
I.
«lu
L paroîc que Guillaume IV. comte de Touloufe , &
Raymond de faint Gilles fon frere, partagèrent en-
tr’eux les domaines de leur maifon , après être enfin Etendue
parvenus vers Lan 1079. à la jouiflànce paifible de ^JiihumeiV.
tous les pais qui avoient appartenu à la branche de comte c'e Tou*
Rouergue. Nous voyons en efïct par diverfes chartes1
pofterieures àcette année , que le premier fe qualifie fjmGiV-Aoa
comte & duc du T ouloufaïn , de 1‘ Albigeois , dit Qu erc /, frcrc' ,s
du Lodevois , du Périgord , du Carcajfez^, de L' Aymois ^ fa, r'^'ÎC4'
_ . - ' & de l’ A fi ara c ■, 8c l’autre b comte de Rouerytc , de
G ev a u dan , de Ni fine s , d’Aude, de Beÿers , de Narbonne , & d’un feptiéme
pais dont le nom effc à moitié effacé dans la charte , mais qui paroît être
celui d’Ufez. Ainfi tous les domaines qu’Eudes comte de Touloufe leur qua¬
trième ayeul avoir poffedez, &. dont une partie avoir été donnée en par-
tage à Ermengaud comte de Rouergue fon fils puîné , furent réunis dans
la branche de ces princes , qui defeendoient de Raymond II. frere aîné du
même Ermengaud.
T ome II. I i
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a V
XLl.
_ 150 HISTOIRE GENERALE,
An. 1079 Outre les eomtez dont nous venons de parler, Raymond poflèdoit de fbn
chef le comte ou marquifat de Provence, qui lui étoitéchû, comme il y a
no tu lieu a de le croire, par l’on mariage avec la fille unique & heritiere du comte
Bertrand fon oncle paternel. Quant au comté de faine Gilles qu’il avoir
aulfi , gc qu’il ne nomme pas dans cet ade , il le comprenoit fans doute dans ce¬
lui de Nilrnes dont il avoir été feparé , 6c qu’il avoit réuni à fon domaine. C’eft
ainfi qu’il renfermoit la qualité de marquis de Gothie fous celle de comte de
Roueryic , qu’il prit fort fouvent toute feule depuis qu’il eut recueilli la fuccelfion
de la comtefTe Berthe fa coufine.
Ce détail nous fait voir que la plus grande partie du domaine utile du mar¬
quifat de Gothie étoit échu à Raymond de S.Gilles , 6c que de tous lescom.
tez particuliers qui le compofoient il n’y eut que celui de Lodeve qui fut
fous la domination immédiate de Guillaume IV. comte de Touloufe. Ce der¬
nier prince fe réferva cependant , à ce qu’il paroît , l’autorité médiate 6c
fuzeraine fur la Gothie pour en jouir par indivis avec Raymond fon frere.
Guillaume n’a voit aulfi qu’une autorité médiate fur quelques pais dont
il prenoit le titre de comte * 6c à proprement parler , il ne dominoit immédia¬
tement , que fur le Touloufain , l’Albigeois, le Querci, 6c le diocèfe de Lodeve.
Il avoir feulement la fuzeraineté en qualité de marquis de Touloufe fur le
comté de CarcalTonne , poflèdé alors par le comte de Barcelone. Quant au
Périgord ,à l’Agenois, 6c à l’Aflarac dont il fe qualifie comte , il faut ou que
les comtes particuliers de ces pais i’eulTent reconnu pour leur fuzerain , ou , ce
qûi paroît plus vraifcmbiable , qu’il ait prétendu exercer une autorité fupc-
rieure fur ces eomtez en qualité du fucceffeur de Raymond-Pons comte de
Touloufe 6c dwc d’Aquitaine fon bifayeul. Nous voyons en effet que Guii-
b Pr.p.) 04. laume , dans plufieurs actes b, prit le titre de duc , non pas de Narbonne,
comme un moderne c l’a avancé , mais du Touloufain , de l’Albigeois, du
F.dtFr.to.i. Querci, 6c de divers autres païs qui avoient fait partie de rAquitaane.il efl donc
f .6ï4. allez natUTei Je croire qu’en fe donnant la qualité de duc , Guillaume aura
voulu faire revivre en fa perfonne , non-feulement le droit des anciens comtes
pr* ^ de Touloufe fes prédecefleurs , qui d avoient pris la même qualité à caufe
& note qu’ils avoient une autorité fuzeraine fur une grande partie de l’Aquitaine,
Lxxxm. mais encore le droit particulier qu’il droit de Raymond-Pons fon bilàyeul.
Celui-ci en avoir pofledé en effet le duché, dow le roi Louis d’Outremer avoit
difpofé après fa mort , au préjudice de fès defeendans „ -en faveur des comtes
de Poitiers.
Quoi qu’il en foit, on voit par l’énumeration despaïs 6c des diocèfêsdonc
Guillaume comte de Touloufe 6c Raymond de faint Gilles fes freres fè qua-
lifioient comtes , que prefque tout le Languedoc étoit fujet à leur domination
médiate ou immédiate 3 *enforte que le premier occupoit la partie occidentale,
6c l’autre la partie orientale >de cette province , 6c qu’il .ne relie que les eomtez
d’Ufez, Viviers , Maguelonne , Vêlai, Rafez, 6c Fenouilledes , quipuiflènt
fouffrir de la difficulté, fur quoi nous ferons quelques réflexions. i“. Ou¬
tre qu’il paroît certain que l’Uzege eft le fèptiéme païs dont Raymond
prend le titre de comte dans l’ade dont on a déjà parlé, on ne fçauroit
■tTr.p.w- douter d’ailleurs qu’il ne dominât fur ce diocèfe ‘-en 1005.6c 1096. x°.Ileft
3V’pr p 33* également certain qu’il étoit feigneur du Vivarais , puifque Bertrand f fon fils
aifignaen 1 09 5. la ville, le comté 6c l’évêché de Viviers, pour le douaire d’E-
g v. notes lede fon époufe. 30. On a remarqué gailleurs que Guillaume Taillefer comte
xvi.& xvji. de Touloufe fe réferva la fuzeraineté fur les eomtez d’Auvergne 6c de Vêlai,
en les donnant en fief aux vicomtes de Clermont 3 on ne fçauroit du moins
h Pr.p.i4}-& douter que Raymond de faint Gilles fon petit-fils n’ait dominé1» fur le Vêlai.,
^'note ibu 4°- Le même Raymond prit ‘ la protedion de Guillaume V. feigneur de
i Montpellier , qui, à ce qu’il paroît k , le reconnut pour fon fuzerain. Il do-
% p.i 3». minoit donc médiatement fur le comté de Maguelonne ou de Subflantion,où
iv.n.t.L.x. la feigneurie de Montpellier étoit fituée. 5°. Le Rafez ctoit certainement 1
V-107- une ancienne dépendance du marquifat de Touloufe ,de meme que le Car-
caflez : or on a déjà vu que Guillaume IV. comte de Touloufe jouifloit de la
fuzeraineté fur ce dernier pais, avec lequel le Rafez étoit alors uni. H avoit donc
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D E X A N G U E D O C. Liv. X V. . ijt _
également droit de la prétendre fur celui-ci, 8c il aura compris ces deux païs An. 1079
fous le feul titre de comte de Carcaflonne. 6 Y. Nous n’avons aucune preuve
particulière que les comtes de Touloufè ayent eu la fuzeraineté fur le païs
ou comté de FenouiiIed.es Sc fur le RoufîiÜon , qui faifoient parcie derancjen
nurquifat de Gothie. Comme ces comtez appartenoient alors à la maifon de
Barcelone , & que cette maifon alloit de pair pour l’autorité avec celle des
comtes de Touloufè , ce fut peut-être la raifon pour laquelle Guillaume ne
fit pas valoir fes droits de lùzeraineté fur ces deux païs.
Pour achever de donner ici une idée du gouvernement de la province en Prjn. Vjije
1079. nous ferons une énumération des principaux fèigneurs qui après le gneurs de la
comte de Touloufè, Sc Raymond de faint Gilles fon frere, en partageoienc I,roYlncc-
alors le domaine. Les comtez de Carcalfonne Sc de Rafèz appartenoient à
Raymond & à Berenger comtes de Barcelone , leurs freres utérins , qui poflè-
doient aufli le Lauragais , avec divers autres domaines qu’ils avoient ac¬
quis de la branche aînée des comtes de Carcalldnnc. Bernard comte de Bezalu
pofledoit le comté de Fenouilledes 3 & le comte de Cerdagnc fon coqfîn le
Capcir, le Donazan, Sc une partie du Rafez. Le comte de Subftantion ou
de Maugio, qui étendoit fon autorité fur le diocèfè deMaguelonne, s’appelloic
Pierre , Sc avoit époufe la fœur du comte de Touloufè. Le comté particulier
du Vêlai étoit , à ce qu’il paroît , dans Iarfiaifon des comtes d’Auvergne. En¬
fin Roger II. comte de Foix occupoit une partie du Touloulain /bus la iüzerai-
neté des comtes de Touloufè. Nous ne parlons pas des comtes de Vienne &
de Valence qui écendoient leur domination fur cette partie du Vi va rais qui
dépendencore aujourd’hui des diocèfes de ces deux villes, non plus que des
comtes de Comminges. Après ces comtes il y avoir plufieurs vicomtes dans
la province, parmi lefquels Bernard- Aton étoit celui dont le domaine étoit
le plus étendu : il pofledoit en effet les vicomtez d’Albi, deNifines, Beziers,
Agde, Carcalfonne 8c Rafez, fous i’adminiflration d’Ermengarde fà niere.
Berenger II. vicomte de Milhaud 8c de Carlad , jouilloit des vicomtez de
Gevaudan &deLodeve. Venoient enfuitc les vicomtes de Touloufè, Nar¬
bonne, Polignac, Lautrec, Fenouilledes, Minervois, Gimocz, Sec. Parmi
les fimples feigneurs les plus distinguez étoient ceux de Montpellier, Ufe z,
Andufe , Sauve, Lille-Jourdain, Pierre-pertufc, Termes, Sec. Enfin les évê¬
ques Seabbez, Scies autres feigncursecclefiafliquesavoienc chacun un domaine
particulier plus ou moins étendu : quelques-uns, entr’autres l’archevêque de
Narbonne, poflèdoient en tout ou en partie celui de leur ville cpifcopale.
Peut-être que la qualité de duc que prit Guillaume comte de Touloufè, cuml'eau'
occafionna quelque différend entre lui Sc Gui-Geoffroy, dit Guillaume VIII. Guillaume iv.
comte de Poitiers Sc duc d’Aquitaine, Sc que la guerre qui s’éleva entr’euxen fomtcdcTou.
tut une fuite. Nous Iqavons du moins quele premier 1 porta les armes jufqu a Geoffroy dut
Bourdeaux , qu’il attaqua l’autre Sc lui tua cent chevaliers des plus diflinguez d'Mulu'uc-
de fon armée. L’hiftorien qui rapporte ce fait ajoute que le comte de Touloufè ptCJ Toulon
attaqua celui de Poitiers par trahifon , Sc que ce dernier en fut fî irrité, qu’il vint te.
jufqu’à Touloufè à la tête de tous fes vaflàux pour en tirer vengeance ; qu’il
ravagea les environs de cette ville ; qu’il la prit , Sc qu’il la rendic bientôt '
après. Cet auteur ne marque pas l’époque Sc les autres circonflances de cet
événement dont il parle fous l’an 1059. ce qui a donné lieu fans doute à
quelques modernes b d’avancer que Gui-Geoffroy netoit encore que comte b */*!*»>•
de Bourdeaux dans le tems de cette expédition , Sc qu’ainfî elle efl ante- jt,
heure à l’ân 10 j8. mais ils n’ont pas pris garde que l’ancien hiftoricn fait en- fr.to. 1.
tendre qu’elle arriva long-tcms après l’an 1059. puifquïl donne le titre de
à Gui-Geoffroy, 8c celui de comte de Touloufè à Guillaume. Cet événement efl
dônepofterieur à l’an 1 06 1. que celui-ci fucceda à Pons fonpere dans le comté 1 v.
de Touloufè. «.SStou-
La fuzeraineté du même Guillaume fur le Périgord , l’Agenois Sc l’Afla - toute fait un
rac eft marquée exprelTcment dans une charte qu'il donna c en faveur de
l’abbaye de faint Pons de Tomieres , Sc dans laquelle il fè qualifie par la grâce reiêdéLtiut'
de Dieu duc & comte de Touloufè , Albi , Cahors , Lodeve & Carcaffonne. Ce prince f'J[pbbve de
quirevenoit alors de Rome où il avoit fait un voyage, ayant logé en pafünt T/v.^jo*.
Tome II. li ij
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,io7*.
iSi HISTOIRE GENERALE
dans ce monaftere , fut fi édifié de la régularité des religieux qui l’habi-
toient, qu’il confirma en leur faveur la donation que Roger II. comte de
Foix leur avoit faite quelque tems auparavant de l’églife de faint Pierre
d’Efcouffe. Guillaume permit en même tems aux religieux de feint Pons,
monaftere fondé , dit-il, anciennement & fournis d l’églife Romaine , par Pons duc
& comte des Aquitains , de faire des acquifirions dans les évêchez, comtez
8c terres de fa domination , a in fi que dans le Périgord , l' Agenois & 1‘ A ftaracy
8c promit d’être à l’avenir leur défenfeur. On voit par là qu’il fe regardoit
flan-feulement comme fuzerain de ces domaines , mais encore de tout le comté
de Foix. La copie que nous avons de ce titre n’eft pas datée , mais il eft à peu
Çrès, de l’an 1079. Ce comte fit cette promeflè à la porte de l’églife de faint
ons en prefence d’Ermengarde vicomtejfe de Bergers. Il s’offrit enfuite lui-
même devant l’autel dédié en l’honneur du Sauveur, de la Vierge , de faint
Pons , ôtdes autres martyrs ôc confeiïeurs dont on confervoit les reliques dans
ce monaftere , 8c recommanda enfin fon fils Pons aux prières de la commu¬
nauté.
Raymond & Berenger, qui prenoient la qualité de comtes de Barcelone par la
race de Dieu , fignalerent a aufïï leur pieté envers l’abbaye de S. Pons, en lui don-
v 1.
Cjuifrcd arche-
V.
Raymond 8c
Bercn^cr co ra- g race i ^
Wdfc fécon- nanl^e concert le 20. de 'Juin de la ATI AT. année du régné du roi Philippe , ou de
ciiicnt & par- l’an 1079. la moitié du château de Peyriac dans le Minervois. Nous com-
Carcaf'" Prenons Par cette donation que ces deux freres , qui étoient encore brouillez
founc. aIW *u commencement de la même année , à l’occafion du partage de la fuccef.
iPr.f.pi. fion de leur pere , s’étoient alors réconciliez, 8c qu’ils étoient convenus de ce
partage , fuivant lequel ils eurent chacun la moitié du comté de Carcaffonne,
8c des autres domaines que leur pere avoit acquis en deçà des Pyrénées. Leur
b Grti.viiU. querelle b n’étoit pas appaifée en effet le z. de Janvier de l’an 1079. lorfque
k pape Grégoire VIL écrivit à Berenger évêque de Gironne poyr l’engager,
conjointement avec les abbez de faint Pons de T omieres, de Riupoll 8c de laint
Cucufat, aies mettre d’accord : ainfi il eft très-vraifemblable que les deux
comtes firent cette donation à l’abbaye de faint Pons ,en confideration des
foins que Frotard, qui enétoit abbé, s’étoit donnez pour les réconcilier.
Le pape dans la même lettre exhorte l’évêque de Gironne à s’employer
VcUt|uc'dc*N»t- avec encore plus d’ardeur qu’auparavant à ramener dans le bon chemin
bonne & Ray- l’archevêque de Narbonne fon frere germain. Il le charge de lui reprefenter
Gibet excora- que fe trouvant déjà dans un âge fort avancé , il étoit fur le point de paroître
muniex de au tribunal dufouverainjuge, 8c d’y recevoir la punition desexcezdefa vie
nouveau. paffée : il le prie enfin de ne rien négliger pour porter ce prélat à pré¬
venir par une falutaire penitence , un châtiment éternel. Guifred archevê¬
que de Narbonne infenfible à l’anathême dont il avoit été déjà frappé
diverfes fois, fe mettoit donc peu en peine de le faire lever , 8c il fe main-
tenoit toujours dans fon fiege malgré l’excommunication que Grégoire VII.
avoit renouvellée c contre lui , en confirmant celle de [es prèdecefieurs aucon-
cile affemblè à Rome au mois de Mars de l’an 1 078. Ce pape qui l’a'voit dé-
pofé en même tems de l’épifeopat fans aucune efperance de retour , confirma
iibiif.W. cette fentence dans le concile fuivant <• tenu au mois de Novembre de la
même année. Il excommunia aufii de nouveau alors le comte de faint Gilles i
caufe de fa femme , ainfi qu’on l’a remarqué ailleurs.
VIL Guifred archevêque de Narbonne fut encore excommunié e au concile Ro-
ircà'dcCcidi- mam Cenu au mo's ^V”er l’an I079- avec ^es clercs 8c les jaïques qui
çL aicbïvfr tenoient fon parti-, d’où l’on doit conclure que Berenger évêque de Gironne fon
que de Nm- frere ne put rien gagner fur lui, 8c qu’il mourut dans fon péché. Sa mort { arriva
^Narbonne fe même année. Il étoit alors âgé d’environ 73. ans, 8c avoit occupé le fiege
évêque de Ro- de Narbonne pendant 63. puifqu’il n’en avoit que 10. vers l’an 1016. lorfque
le comte de Cerdagne fon pere acheta cet archevêché pour lui par une fom-
e ifcîij. me confiderable. Pierre évêque de Rodez, fils de feu Berenger vicomte de
fc«r«i mm. îqarbonne, n’eut pas plutôt appris la mort de Guifred, qu’ufant du crédit
7 '* qu’il avoit dans cette ville , foit par lui-même, foit par Raymond de faint Gil¬
les , qui, à ce qu’il paroît, fe déclara fon protecteur , il s’en fit élire archevêque ,
ou plutôt s’empara du fiege.
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DELANGUEDOC. Liv. XV.
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r. SOTE
XXXIX.
b Cattimtm.
o.
c Gr</. m
/•7.r/.!ÿ.
Pons lui fucceda dans l’évêché de Rodez 8c fut fàcré *< la même année AN.1079.
dans un concile tenu à Touloufe , auquel Hugues évêque de Die légat du Concile
faintfiege préfida. Il elt parlé de ceconcile i°. Dans une lettre15 dupapeGre- de Toulode.
goire VIL qui menace le vicomte 8c les liabitans de Narbonne de confirmer J
lafentence d’excommnnication que fes lézats avaient prononcée au concile de T ou- pfi
loufe contre ceux qui délobéiroienc au feint fiege. z*. Dans un a&e* de l’an *
1081. où il eft dit qu’on y ordonna aux féculiers , fous peine d’anathême,
de reftitucr les biens qu’ils avoient ufurpez fur l’églife. C’eft tout ce que ^ ^
nous avons pu recueillir de ce concile qui fut le VI. de Touloufe, 8c qui fe f 4,t
tint vers la fin de l’an 1079. dans la fuppofition , qui paroît allez vraifem-
blable, que Bertrand évêqüe de Maguclonne y ait été dépofé comme lîmonia-
que : il paroît du moins certain * * que Frotard évêque d’Albi y fuc condamné ** noibîM.
à cette peine pour le même crime. Le pape Grégoire VII. avoit fans doute
en vue indirectement ces prélats, 8c quelques autres des provinces voifines,
dans l’adrefte d’une lettre c qu’il écrivit au commencement de Mars de l’an¬
née fuivance aux évêques des provinces de Bourges, de Narbonne 8c de
Bourdeaux , à l’exception de ceux qui avoient ètè excommunie ç.
Bertrand évêque de Maguelonne étoit encore paifible polîèllèur de cet Diin£';ts de
évêché au milieu de l’an 1079. comme il paroît par deux aétes d de Pierre pierre comte
comte de Subftantion ou de Melgueil , fils du comte Raymond & de Beatrix , du
z3.de Juillec8cdu 9.d’Aoûc de cette année. Par le premier, ce comte, 8c Al- gucli eDVfrs
modis là femme, engagent pour une certaine fomme à l’églile de Mague- lc^nçCMa*
lonne,8caux chanoines qui la delfervoicnt La part qu'il avoit fur les vaiffieaux edCj>°™
qui navioeotent fur la mer , & qui ètoient dans le port , c’cll-à-dire , comme la /<■?•
fuite de l’acte le fait allez comprendre , le droit qu’il avoit fur les batimens .
qui abordoient tant au port de Maguelonne , que fur la côte dans l’éten¬
due de fon comté. Il s’oblige en même tems, avec fon fils & fes filles , âne
pas aliéner ce droit, qu’en faveur des chanoines de Maguelonne, auxquels
ils en font donation , luppofé qu’ils vinflent à décoder fans enfans légitimés.
Par le fécond a&e ce comte, 8c fa femme Almodis , font une remilëablolue,
en faveur de l’églife de Maguelonne , du droit qu’ils avoient fur les navires
qui abordoient auprès de l’i!le de ce nom. Bertrand évêque de Maguelonne , le
prévôt , divers chanoines de la cathédrale , 8c plulîeurs feigneurs du pais
furent prefens à ces donations e. Le même Pierre dans un acte daté du ePr.f.ji}.
mois de Janvier de l’an 1083. fe qualifie comte de Subftantion j & comte
de Melyteil, dans une donation f qu’il fie au mois de Février fuivant à
l’abbaye de faint Pons de Tomieres , de l’églife de laine Martin de Cafello
qu on appelle B alaruc. Ce lieu fitué dans le diocèlê de Montpellier , fur l’é¬
tang qui régné le long de la côte , eft célébré par fes eaux chaudes 8C mine-
raies. Outre ces marques de pieté , le comte Pierre 8c fa femme Almodis en
donnèrent g de leur attention au bien public , en remettant vers le même tems g M4.
en faveur du peuple une leude ou péage, que le pere & ïayeule de ce comte avoient
établi dans les lieux de Caftelnau 8c de Subftantion.
Bertrand fut donc évêque de Maguelonne depuis environ l’an ro^r. qu’il x
s’étoit emparé de cet évêché jufqu’au mois d’Aoiît de l’an 1079. Il en fat
dépouillé peu de tems après pour caulède fimonie, 8c Godefroy fut élu en ionn e.’épôië
fa place dans les formes canoniques. Ce dernier étoit déjà élu en b 10S0. Il ne
fut cependant facré que long-tems après, puifque ce fut «Dalmace archevêque jehat viâot
de Narbonne , fon métropolitain , élu feulement en 1081. qui fit cette cere.
monie. On prétend k qu’il fut nommé par Raymond comte de Subftantion y mais ip_
on ne donne aucune preuve de ce fait : d’ailleurs c’étoit Pierre, 8c non pas &Pq-
Raymond qui étoit alors comte de Subftantion. mm ’
Pons nouvel évêque de Rodez unit * à la fin de l’an 1079. l’abbaye de lâint * G*r„is,r.
Amand de Rodez à celle de faint Victor de Marlêille , 8c la donna à Richard
abbé de cette derniere , qui avoit fuccedé alors depuis peu à Bernard fon frere. ’i pr p.}o}.
On a remarqué ailleurs que ces deux abbez écoient fils de Richard IL
vicomte de Milhaud 8c de Gevaudan , 8c que l’un 8c l’autre s’étoienr con/âcrez
à Dieu par la profelüon monaftique dans l’abbaye de iàint Victor. Bernard
qui en fut élû abbé en 106;. fe rendit recommandable par là pieté, fa
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*54
HISTOIRE GENERALE
1-7-^.7‘ü' *■
1080.
bt. 9 '{■ 6-
V. Mab. ad
a»n. lOSO.
An. 1079. prudence 8c fa capacité qui lui méritèrent la dignité de cardinal, avec di-
verfes légations tant en Allemagne 8c en Efpagne , qu’en France : il s’en ac-
*Mabad*wh quitta avec honneur * fous le pontificat de Grégoire VII. qui enfaifoit beau-
joyç.a.jo.dr COUp cas I5crnar(i étant mort le 10. de Juin de l’an 1079. ce pontife
a Gre?. vu. écrivit 4 au commencement du mois de Novembre fuivant , une lettre aux
religieux de faint Victor, dans laquelle il approuve le choix qu’ils avoientfait
de lUchard, frere de Bernard, pour lui fucceder dans la dignité abbatiale.
Richard, quoique jeune, croit deja connu par fon mérite ,qui avoit engagé
Grégoire à l’élever au cardinalat , 8c à l’envoyer légat en Efpagne où il etoit
alors. Le pape continua de l’employer en diverfes affaires importantes, 8c le
chargeable i 8. d’ Avril de l’an 1080. de travailler à la réforme des abbayes
de Montmajour 8c de la Gradé , 8c de faire reftituer leurs biens ufurpez.
" ,0 !U At*iï. Econfirrnai; le même jour en fa faveur les privilèges de fon abbaye, entr’au-
M*”p!uu.«r tri^s la polfeflion d’une églife que Pierre évêque de Nifmes lui avoir donnée
fat- dans fon diocefe , enprefence des èveques & des cardin.fi x de l'cghfe Romaine :
preuve que Pierre Ermengaud avoit deja fucccdé des lors à Frotaire évêque
Rivitn. de Nilmes, lequel avoit été peut-être du nombre des évêques de la province
qui furent excommuniez ou depofez pour caufe de fimonie.
xt. Dés que Grégoire V II. qui faifoit une guerre implacable aux prélats accufez
yierre arebe- oU coupables de ce crime, eut appris que Pierre ci-devant évêque de Rodez,
s’étoit fait élire archevêque de Narbonne d’une maniéré peu canonique , il le
ai ïiourjcvc- dépola d 8c l’excommunia dans le concile qu’il tint à Rome au commencc.
«mmunki'ac mciît de Mars de l’an 1080. Ce pape approuva c le 17. de Mars fuivant en
<ic't'o-.cz. faveur de Seguin abbé de la Chaiie-Dieu , l’union qui avoit été faite à cette
d cmcii. m.io. aBBaye l'année precedente , des monalleres de faint Michel de Gaillac 8c de
càJùhr.nov. faint Martin de Montauban , dont les abbez s’étoient fournis volontairement
à ceux de la Chaife-Dieu , du confentement de Guillaume évêque d’Albi &
- <ppticnne évêque de Cahors , leurs diocèfains. Le pape Pafchal II. confir-
f M»b. »d ma f l’union de ces deux abbayes à la congrégation de la Chaife-Dieu.
ann. uoi.ii. On voic par là que Guillaume avoit fuccedé à Frotard dans l’évêché d’Albi
4 2 v. noie dés l’an 1 079. 11 paroît g que ce dernier avant fa depofition avoit fait un voya-
^ v,v gc d Rome pour tacher de lé jutlificr du crime de fnnonie auprès de Gre.
foire VII. 5c que n’ayant pù réulTir , il fe maintint dans fon évêché malgré
'anathème j qu’il fe déclara en faveur de l’antipape Clcment III. élû le 16.
de Juin de l’an 1 080. 8c qu’il mourut vers l’an 1084. apres avoir enfin reconnu
fon crime , 8c s’être demis volontairement de l’cvêché. Ce prélat unit l’an¬
cien monafterede Vioux dans fon diocèfe à l’abbaye d’Aurillac en Auvergne.
. Grégoire VII. dans la lettre qu’il écrivit1» le n.d’ Avril de l’an 108c. aux
évêques catholiques des provinces de Bourges, de Narbonne, 8c de Bour-
deaux confirma cette union , qui avoit été laite , dit-il , de l'autorité des princes
du pais , & du confentement de /’ év'cque (f- de fon clergé.
xii. Le pape fe plaint dans cette lettre de Berenger vicomte de Carlad en Auver-
GcvjudTn sic gne > qni refufoit de rendre l’hommage qu’il devoir à l’abbaye d’Aurillac. Ce
LoVvc. Lcgi- leigneur, qui étoit frere de Richard abbé de faint Vi&or , 8c qui polfedoit aulli
tion du «ldi- ics vicomtez de Milhaud , de Gevaudan , 8c de Lodeve, vivoit donc encore
Mowfttic de" au mois d’ Avril de l’an 1080. Nous apprenons d’ailleurs * qu’il contribua en
MoUiic. 1079. à l’union de l’abbaye de faint Amand de Rodez à celle de faint Victor
& fa. ? 4°7' de Marfeille. On alfure k qu’il fonda le monaftere de Montfalvi fur les fron-
% h ijt.yn.its tieres de l’Auvergne 8c du Rouergue, ou du moins qu’il en confirma la fon-
É0tF,,5lf’ dation avant l’an 1071. avec fes trois fils, Richard, Gilbert 8c Raymond. II
les avoit eusd’Adele fa femme hcritiere des vicomtez de Carlad 8c de Lo-
XXXJX.
\\Gre^U l
69C-
\ v N07F.S deve. Apres fa mort 1 , dont on ignore l’époque prccife , les deux premiers
xxr.ijxx • $ partagerent fes domaines. Richard qui fut le III. de fon nom , eut pour fa
part la vicomté de Lodeve, 8c la meilleure partie de celle de Carlad, 8c les
tranfmit à fes defeendans avec le comté de Rodez qu’il acquit dans la fuite.
Gilbert le puîné hérita des vicomtez de Milhaud 8c de Gevaudan , 8c d’une
partie de celle deCarlad , entr’autres du château de ce nom.
U paroît que le cardinal Framaldus faifoit en 1080. les fondions de légat
dans la province. Nous apprenons d’abord d’un ancien monument que Ira-
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DE LANGUEDOC. Liv. XiV. %55
tnaldus prêtre du fîege apofiolique , reçut » vers ce tcms-là au nom du faint fiege , a~n 1080
la donation qui tut faite à l’eglife Romaine de celle de faint Pierre de Vale- a mhl.m,}.
riis lîtuée dans le diocèfc de Beziers ou aux environs. Nous voyons b enfuite
qu’un feigneur nomme Guillaumc-Alcherii , donna en 1080. en prefcnce de
Jrramaldus cardinal de l églife Romaine , l’églife &. l’alleu de fainte Marie dp
Caflan au diocèle de Beziers , aux chanoines qui la deffervoient. Les termes de
l’acte peuvent, faire croire que ce cardinal étoit prévôt de la cathédrale de
Beziers.
C’eft ici le plus ancien titre que nous connoiflions pour le monaftere ou prieuré
de Caflan , occupé aujourd’hui par les chanoines réguliers de la congrégation
de/ainte Geneviève. Il eft fitué dans les montagnes, à quatre lieues au nord
de Beziers, vers la fourcc de la petite riviere de T ongue.Ce monaftere qui a étp
autrefois fort célébré , étoit gouverné trois ans après par un prieur c. Les yi- c jy. ,4.
comtes de Beziers, qui en font regardez comme les principaux fopdateqrs, y àrfa
firent de grandes liberaljtez,&.plulieurs d’entr’eux y choiflrent leur fépulture. •
Pierre de Narbonne, quoique dépofé de l’archevêché de cefte vjlle, fie xm*
excommunié par le concile Romain , fe maintint cependant toujours dans ce
fiege. Il fe qualifie Pierre élu archevêque , patron de l’églife de Narbonne , & bonne, vicom-
vicomte de cette ville , dans les actes J d’une aflemblée qui fut tenue dans la cathe- Je cette
drale le 7. de May de l’an 1080. ôc à laquelle alfifterent avec lui » Matfred « jrrp.jos.ô-
évêque de Beziers, Berenger évêque d’Agdp, un grand nombre d’abbcz,« &/> rj.
de chanoines & d’ecclefialtiques -, Ermengaud comte d’Urgcl furnommé ce
deGerb, Aymeri neveu de l’archevêque Pierre, Raymond Amelii , Alfa- «
rius de faint Nazaire ôc les freres , Raymond Tetmar de la Redorte, 6c «
Raymond Ion frere , Guillaume Pons de Courlan avec fes freres, Pierre- «
Ferrand deCafouls, Berenger-Pierre de Pierre-Pcrtufe , Adcmar de Dur-c<
ban, Bernard- Raymond de Sejan, (fi plufieurs autres centurions , hommes illu. «
(très & nobles h ôc enfin tous les citoyens de Narbonne, (fi un grand nombre «
d'autres citoyens & chevaliers de la province , donc on rapporte les noms des«
principaux, avec un nombre infini de peuple.» On voit par là que cette
aflemblée fut compofée des trois ordres ouétats, diftinguezentr’eux , ôc c’cft
peut-être le plus ancien monument où on trouve cette diftin&i on.« L’arche- «
vêque Pierre, fie fes neveux Aymeri, Hugues, fie Berenger donnèrent «
alors, du conlèntement fie à l^pricre des feigneur s * fi des citoyens de Nar-« * sCnioram.
bonne, fie en prefence de toute l’aflemklée, aux chanoines delà ca-«
.thedrale de cette ville qui vivoient en commun , la dîme du fel de tou- «
teslesfalines qui étoient fur la côte jufqu’à Sigean ôc à la mer, avec celle de et
tout le poilfon qu’on pêcheroit dans la aner , les étangs ôc l’Aude , de- cc
puis Courfan fie Perignan jufqu’à Leucate ; excepté .ce qui étoic de l’alleu «
de l’eglife de faint Paul. » L’acte eft fouferit par Pierre fie fes .neveux, par
les principaux de l’aflèmblée , 6e de plus par Pierre Artallus évêque de ,Car-
calfonne.
Le 3 1 . du même mois r , Pierre, qui prend toujours le titre A’ élu du premier e
fiege de Narbonne , ÔC Aymeri , Hugues 6e Berenger freres , fes neveux , donne-
aent aux chanoines de faint Paul la dîme du lel fie du poiffon dans . toutes les
terres fie alleus de cette églife, fituez dans le cpmtc de Narbonne. Ils confirmè¬
rent cette donation le lendemain jour de la Pentecôte, durant la grapdlmeflè de
la cathédrale , du confentement 6e en ptefence de Matfred évêque, de Beziers,
de Pierre Artallus évêque de Carcaffonne , des chanoines de Ja cathédrale de
.Narbonne , fi des nobles fi non nobles de la ville & du pais , dont il e fi fait mentioip
dans la charte precedente -, preuve que l’alfcmblée de Narbonne dura du moins
depuis le 7. de May jufqu’à la fin du mois , ôc que les év.êques çie Beziers,
d’Agde ôc de Carcaffonne communiquoient avec l’archevêque élu de Nar¬
bonne , quoique ce dernier fut actuellement excommunié. Ce prélat pren<£
d la fin de l’acte le titre d‘ archevêque élu de Narbonne , .fi d’abbé de l' églife de
faint Paul, depuis .la mort de Guifred de bonne mémoire , ÔC donne aux chanoines
de cette églife une paire de bœufs qu’on entretiendroit ôc qu’on çenpuvelleroic
toujours aux dépens du revenu de cette partie de l’autel de faint Paul que l'abbé
avoit coutume de retenir par droit héréditaire. . ■
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156 HISTOIRE GENERALE
An.ioSo. Il paroît par cesmonumens que Bernard vicomte de Narbonne, frère dé
l’archevêque Pierre étoit décédé dès l’an 10B0. 6c qu’il avoit laill'e à ce pré.
lac la tutelle de les enfans, ou du moins l’adminiftration de leurs biens. On
peut inférer d’ailleurs que Bernard étoit déjà mort en 1 077.6c quelavicom-
telTe Foy fa veuve fe retira après fon decez en Rouergue, auprès du même Pierre
■ tr. alors évêque de Rodez fon beau-frere , d’une donation a que Foy vicomtcjfe
de Narbonne fit la même année à faint Hugues abbé de Cluni, 6c à Hunaud abbé
de Moiiîac, de l’églilè de Sermur fur la riviere du Biaur , 8c de plufieurs autres
domaines fituez dans le diocèfe de Rodez , du confentemcnt (fi de la volonté de
Pierre évêque de cette ville. On voit par là que cette vicomtcfle poiT'cdoit diffé.
rens biens dans le Rouergue, cequijoint à fon nom , nous donnelieu de con¬
jecturer qu’elle étoit fille puînée d’Hugues comte de ce pais 6c marquis de
Gothie, 8c delà comtellè Foy fa femme. Aux trois fils Aymeri , Hugues
ôc Bercnger , qu’elle eut de Bernard vicomte de Narbonne fon mari, &
dont on a déjà parlé, on peut ajouter vraifemblablement une fille nommée
b Tr.p. 3«s>. Foy , qui avoit époufé b Pierre-Aton vicomte de Bruniquel au commencement
y. NOTE j. Vit/' i r
xxxu/. n. 7, du XII. liecle.
Outre l’adminiftration que l’archevêque Pierre eut des domaines de fes ne¬
veux , fils de fon frere Bernard , pendant leur minorité , il pollèda de fon
chef une portion de la vicomté de Narbonne. On a déjà vu en effet qu’il
prenoit le titre de vicomte de cette ville , 6c il étoit regardé comme tel iorf-
<Pr.p. if(. que Raymond de faint Gilles fit une promeflè folemnclle à Ermengarde c vi-
comceilêde Beziers ôcd’Agde, 6c à fon fils Bernard- Aton , de les aider contre
P ierre-Berenger , Aymeri fon neveu , (fi tous les vicomtes de Narbonne. Raymond
pour l’aflurance de là promeflè, donna à cette vicomcellfe neuf de fes principaux
vaflâux en otage , parmi lefquels étoit Guillaume de Sabran. Nous ignorons le
motif qui porta ce prince à prendre un pareil engagement : peut-être qu’Er-
mengarde avoit pris alors les intérêts des enfans de Raymond II. vicomte de
Narbonne, fes neveux, contre l’archevêque Pierre leur oncle , 6c les fils de
Bernard leurs coufins ; 6c que ceux-ci leur difputoient la fucceflion de leur
perc alors déjà décédé. Ce qu’il y a de certain , c’eft qu’Aymcri fils de Ber¬
nard pollèda lcul dans la fuite toute la vicomté de Narbonne, 8c la tranf-
mit à lès defeendans, à l’exclufion de fes frères 6c de les coufins.
Nous ignorons également fi ces derniers lui furvêcurent, 6c s’ils laiflerent
ACuttimcm. pofterité. Un de nos hiftoriens d prétend à la vérité que Bernard Pelet fils
t-iU'&H. de Raymond II. vicomte en partie de Narbonne a donné l’origine à la mai.
fon de Pelet qui fublifte encore en Languedoc : ce qui prouveroit que
l’archevêque Pierre, oncle du même Bernard Pelet 6c Aymeri I. fon cou.
fin germain l’exclurent de la portion de la vicomté de Narbonne qui étoic
échue à Raymond II. fon pere. Mais on n’apporte aucune preuve de cette
defcendance , 6c ii y a lieu de préfumer qu’on n’en a d’autre que le furnom de
Pelet, qui au XI. fiecle n’étoit qu’un fobriquet, que Bernard petit-fils de Beren-
ger vicomte de Narbonne aura pris fans doute pour fe diftinguer de Bernard
Ion oncle. Nous avons vu en effet que Bernard d’Andufeprit c le furnom ou
fobriquet de Pelitus , ou de Pelet , au commencement de ce fiecle. On a fait men¬
tion ( d’un feigneur nommé Bernard Pelet fils de Blilgardc qui vivoit vers l’an
1036. On trouve enfin un feigneur nommé Bernard Pclctc[m prcfida&en ro8o.
à un plaid tenu au diocèfe de Narbonne, 6c dans lequel on reftitua à l’abbaye
deCaunes, 6c à Guillaume fon abbé, un alleu qu’Udalgcrius prcdcceflèur de
ce dernier avoit aliéné. Ce Bernard Pelet pourroit bien être le même que le fils
de Raymond II. vicomte de Narbonne 3 d’où il s’enluivroit qu’il vivoit encore
en 1680. Quoi qu’il en -Toit , 6c duquel de ces Bernard Pelet que defeende
romtedcToa- l>anc*enne ma^on de Pc'ec 1 cela n’ote rien de fon ancienneté 6c de fon luftre:
loufe envtts nous en rapporterons diverfes preuves dans la fuite de cette hiftoire.
PoT ‘n Guillaume LV. comte de Touloule 6c Raymond de S. Gilles fon frere s’étant
cpou°(cSen fc- rendus à l’abbaye de faint Pons de Tomieres, le premier y fit expedier deux
condts DÔres chartes h le 16. de Juin de l’an 1080. Par l’une, ce prince , qui s’y qualifie
mme <. or ^ comte ÿ. duc du f oulonfain , de l' Albigeois (fi du Qu^erci 3 du Lodevois , du Pcri-
tPr.p. 173.
fp. 19 9.
it-i »•
XIV.
Nouvc.lux
bienfaits de
taing.
hPr.p 304.6 » gord , du Carcaffcz de /’ Agenois , & <^e /’ Aftarac , confirme avec fa femme
fi* Emtne,
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kr r-
DE LANGUEDOC. Liv. XV. x/7 _
Emme , la fondation de ce monaftere faite autrefois par fon bifayeul Pons , duc«. A n.icSIo.
& grand prince d,' Aquitaine , qui l’avoit fournis à faint Pierre ae Rome & à fes «
fucceflèurs. II donne en même tcms aux religieux, àFrotard leur abbé , &«
à leurs fucceflèurs , tout ce qu’ils avoient acquis ou qu’ils acquerroient à «
l’avenir, dans les évêchez, les comtez , & les terres qui dépendoient «
a&uellement de fon domaine, ou qui y foroient unis dans la fuite, même et
les fiefs qu’ils avoient acquis ou qu’ils acquerroient de fes vaflàux , avec pou. «
voir de les polTeder en alleu. Il leur donne de plus le bois d’Orzual firué «
dans lé comté de Touloufo , &c le territoire de Venerque , & leur promet «
que lui , [es fils , ou la pofterité n 'aliéneront jamais rien de ce territoirequ’en «
faveur de l’abbaye de faint Pons, & qu’il ne le donnera àperfonne, ex- «
cepté d fon fils ou à fa fille : enfin lui &. fa femme le déclarent les prote-«
éteurs & les défenfeurs de cette abbaye. « L’acle eft fouforit après eux par
le comte Raymond frere de ce prince, & le comte Bertrand fon neveu fils de ce
dernier qui y donnèrent leur confontement ; par le vicomte Ademar , qui eft
fans doute le meme qu’Ademar vicomte de Touloufe dont on a déjà parié;
par divers autres feigneurs , &en dernier lieu par Gaucelin, chapelain , c’eft-
à-dire , apparemment aumônier du comte Guillaume.
Ce prince, par l’autre aétea, dans lequel il ne prend que le titre deGuillau-
me par la grâce de Dieu comte & duc du T ouloufain , du Carcajfez^& de l’ Albigeois ,
donne avec Emme fon époufe, à l’abbaye de laint Pons, diverfos paroiflês
lituées en Albigeois , tant pour fon ame & celle de fa femme, que pour cel¬
les du comte Pons fon pere & d’Almodis fa mere. Le comte Raymond- , frere
du fufdit comte Guillaume , le comte Bertrand neveu de ce dernier, & les té¬
moins qui avoient étéprelens à la donation precedente, foulcrivirent à celle-ci.
On voit évidemment par ces actes que Guillaume IV. comte de Touloulê
avoir plufieursfils & une fille en 1080. de on fçait d’ailleurs bque l’aîné de les t p. ,04.
fils s’appelloit Pons. Il les avoir eus de Mahaud ou Mathilde fa première cft°fdcMont'
femme. Emme qu’il avoit époufé dès-lors en fécondés noces , éroic troi- *nn'
fiéme fille c de Robert comte de Mortaing en Normandie , frere utérin de v.Hp pn.dts
Guillaume le Conquérant , & de Mathilde de Montgommeri. Un de nos au- 1'%*' *'
teurs prétend faullèment que ce comte de Mortaing iubjugua l’Angle- dURiij ]u,
terre: il a voulu parler fans doute de Guillaume duc de Normandie fon frere z<w.
utenn. F 7/9
X y
Bertraad fils de Raymond de faint Gilles qui fouferivit à ces aétes , de- Ra)-mond</c
voit être alors un peu âge, puifqu’ii y eft qualifié comte. Raymond l’avoit jerj
eu de fa première femme, facoufinee germaine , ou du moins la parente,
qu’il avoit épouféef en premières noces dès l’an 1066. ainfi Bertrand avoit po aieMuhiuê
au moin: iz.ans en 1080. Comme le pape Grégoire VU. excommunia Ray- d?s!c,Ic CD*.
mond enro76. & 1078. pour l’obliger à fe féparer de cette dame , ainfi qu’on e cw./„.,0.
l’a déjà vi , de là vient que quelques anciens fuivis de plufieurs modernes, Mf*-& 37 >■
ont regadé Bertrand comme bâtard ou fils naturel: mais il paroît g cer- xu.N°7E'
tain h qi’il nâquit fous la foi du mariage , & qu’on le tint pour légitimé dans r.
Ùl famille On doit le regarder en effet comme tel à n’examiner que l’ufàge au- f Noizft^
torifé dais ce fiecle parmi les grands & les princes , &: même parmi les fini..
pies gentlshommes , d’époulèr leurs parentes, fans que cela ait empêché les
enfans rez de pareils ‘ mariages de fucceder au domaine de leurs per es , à l’ex- iüid.
clufion æ ceux qui étoient nez d’un mariage polterieur & conforme aux canons.
Cet ufiçe fubfifta jufques au pontificat de Grégoire Vil. qui fe donna tant
de foin* pour rétablir l’ancienne difeipline au fujec de ces mariages ince-
ftueux .qu’enfin il réulîit à les abolir. Au refte il nous paroît hors de doute
que cete première femme de Raymond de S. Gilles, k dont on ignore le nom, r iuj. &
étoit fié Scheritiere de Bertrand comte de Provence fon oncle paternel ; N0Th XI1'
qu’elle ui apporta fes droits fur la moitié de cette province ; & que c’eft prin- ,i#
cipalenent à caufe de cette fuccefiion qu’il refufa de s’en féparer , & fouffric
plutôt leux fois l’anathême.
11 fat cependant que Raymond eut enfin quitté cette princefiè , fi elle
n etoidéja morte , ce qui paroît beaucoup plus vrailèmbiab le , lorfqu’il
époufaen fécondés noces en 1080. Mathilde fille de Roger comte de Sicile
Tome II. ' Kk
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lî*
HISTOIRE GENERALE
An.ioSo. prince Normand, frere du fameux Robert Guifcard , 6c de fa première fem¬
me Eremberge fille de Guillaume comte de Mortain ou Morton. Un hifto-
MaUurTLi'i- rien1 contemporain, qui qualifie Raymond comte de Provence très -célébré , rap-
sic.u. Murat, porte les circonftanccs fuivantes de ce mariage. » Ce prince , dit cet hiftoricn,
lKL+ï.f. 11‘ ” inftruit de la réputation que le comte Roger s’étoit acquife par fes exploits,
>3 lui envoya une ambafl'ade folemnelle pour lui demander en mariage Ma-
»3thilde fa fille , princeflè d’une rare beauté. Roger acquiefça volontiers à la
33 demande de Raymond , dont lesambafladeurs apres avoir ligné le traité &
»3 pris jour pour la célébration des nôces, s’en retournèrent chargez de prefens,
»3 6c lui annoncèrent le fuccez de leur négociation. Le comte de lâint Gilles fit
>3 voile peu de tems après pour la Sicile , où le comte Roger le reçût avec
» toute forte de démonftrations de joie 6c d’amitié. On rédigea le contrat
33 de mariage , dans lequel on fixa la dot de Mathilde , 6c Raymond l’époufa
>3enfuite en prefence des évoques , 6c de tous les ordres du païs. Après les
3s noces , qui furent célébrées avec beaucoup de pompe , Roger retint quel-
>3 que tems fon beau-fils dans fon ifle , lui permit enfin de partir , 6c lui fit
>3 des prefens magnifiques. Il en fit de fcmblables à cous ceux de fa fuite ,
’3 6c renvoya ce prince avec fon époufe fur une -flotte qu’il avoit fait équiper
» exprès.
xv i._ Raymond de S. Gilles fe réconcilia fans doute alors avec Grégoire VII. b Ce
chcvé^uc'cic' PaPe Écrivit du moins à la fin de l’an 1081. dans des termes qui fontaffez
N.irbonnc ex- comprendre qu’ils étoient parfaitement unis. Ce fut au fuj et de Pierre , aupa-
& ravant évêque de Rodez, 6c alors archevêque clù de Narbonne , quifemain-
vciti. Diimacc tenoit toujours fur ce dernier fiege , malgré les divers anathèmes lancez con-
l u fucccdc. cre lui.
h^7:y,U'S' Ce pape non content de l’avoir excommunié au concile Romain tenu au
- 1081. mois de Mars de l’an ioSo. confirma c dans un autre concile tenu à Rome au
e Omcii. rs.io. commencement de l’année fuivante la [entence de dépofttion & d’excom?nunication
?• J?»* que [es légats av oient publiée contre les archevêques d’Arles & de Narbonne. Com¬
me il eft certain J que l’archevêque d’Arles, nommé Aycard, fut dépofe 6c ex¬
communié comme ufurpateur de Ion fiege , dans le concile qu’Hugues évê-
que de Die, 6c légat du pape tint à Avignon en ioSo. c’eft une preuve que
Pierre archevêque de Narbonne y fut auili dépofé 6c excommunié avec lui.
Toute la différence qu’il y eut dans la condamnation de ces deux archevê¬
ques , c’eft que le légat en fit élire un autre à la place d’ Aycard , 6c qu’on ne
fit pas encore d’election à Narbonne.
Grégoire voyant que tous les anathèmes ne pouvoient obliger Piereà quit¬
ter l’archevêché de Narbonne , à caufe qu’il avoit toute l’autoiité dans
cette ville , fit enfin procéder à une nouvelle élection. Elle fut fate en la
perfonne de Dalmaceabbé régulier de la Grallè au diocèfe de Cacaflonnc,
■ ec*tii mem. qui fut élu ou nommé au commencement de Septembre de l’an 1 08 i . d’auteur e
F‘7um. 7%i. qui rapporte des preuves certaines de l’époque de cette élection , prétend f
cependant que Dalmace fut élu incontinent après le dcccz^ de Guifredarrivè en
107g. mais il fe contredit, 6c il eft certain qu’il y eut entre la mort <e l’un 6c
l’élection de l’autre près de deux ans d’intervalle, pendant lequel Perre évê¬
que de Rodez jouit de l’archevêché de Narbonne.'
.. Comme ce prélat fe maintenoit par fon propre crédit , 6c celui d’zymeri I.
dunom vicomte de cette ville fon neveu, la difficulté étoit de faie intro-
nifer Dalmace 6c de le faire jouir des revenus de l’archevêché. Grejnirc qui
l<S'tg.vn.i.%. avoit cette affaire à cœur, écrivit g là-delTus le 13. de Décembre fivant i
deux comtes , dont les noms ne font marquez que par leur lettre initile R. &
B. On convient que le premier eft le même que Raymond de faintGilles,
qui étant comte particulier de Narbonne, avoit beaucoup d’autorié dans
h Ciuhbid. cette ville 5 mais on prétend h que l’autre eft Berengcr vicomte de la même
ville, ce qui a donné lieu à un moderne* de croire que l’élection dtPierre
Conriî. n«X'” à l’archevêché de Narbonne avoir été favori! tz par Bercn^er fon frere picomte
f.is.&feq. de cette ville. Mais 1». Pierre étoit fils 6c non pas frere de Berengcr. l'-'Celuî-
ci étoit déjà décédé depuis long-tems en x 08 1 . ôc on a déjà vu que la vcomté
Narbonne étoit poüedée en 1080. par le même * Pierre 6c les Eveux.
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DEr LANGUEDOC. Liv. X V. i,s
3°. Il s’agit dans la lettre du pape d’un comte , & non pas d’un vicomte. E^Ie
ne peut donc regarder que Bernard comte de Bezalu , qui en qualité de comte
de Fenouilledes étendoit fon domaine fur une partie du diocèfe de Narbonne.
Grégoire VII. à qui il importoit extrêmement que ces deux princes, qui par-
tageoient entr’eux la principale autorité dans ce dioccfe , fulfent favorables à
Dalmace , les loue beaucoup fur l’attachement que leur maifo’n avoir tou-
jours eu au faint fiege. Il leur marque que cet attachement leur avoit mérité
la victoire fur leurs ennemis , & une grâce fingulierc. » C’eft pourquoi , ajoute-»
t.il , nous vous prions & nous vous ordonnons de la part de faint Pierre de «
venir au fecours de l’églife de Narbonne, qui cil depuis long-temscn proye»
aux membres du démon , & de favorifer de tout votre pouvoir notre frerg«
Dalmace,, qui a été enfin élu & canoniquement ordonné archevêque. Quant «
à l’ufurpateur qui n’eft pas entré par la porte comme un pafteur, mais par«
ailleurs comme un larron , qui perd & facrifie les brebis de J. C. pour les don-»
ner au démon 5 refiftez-lui de toutes vos forces , II vous voulez méricer «
d’obtenir la grâce du Dieu tout-puidant : tâchez de vous rendre faint «
Pierre propice & votre débiteur 5 car il peut vous donner & vous ôter le «
falut , de même que les biens de la vie prefente &: de la future. Il ne fçait ce «
que c’eft que d’abandonner ceux qui lui font attachez. Il réfifte aux lupcr- «
bes ôcéleve les humbles.» On voit par là que le pape , fuivant les faux principes
qu’on s’étoit faits alors , menace les deux comtes de les dépouiller de leurs do¬
maines , s’ils ne lui obéidbient.
Dalmace , félon le témoignage a des papes Grégoire VII. & Urbain II.
étoit également recommandable par fa pieté , la pureté de les moeurs , &
fon talent pour la prédication. Il avoit déjà luccedé dès l’an 1068. à Rai-
nulfe babbé delà Grade comme on l’a vu ailleurs. Il conferva cette abbaye
après fon élection à l’archevcché. Un célébré 'auteur prétend c qu’il polfedoit
aufli celle du Mas d’Afil en 1075. avec l’archevêché de Narbonne, mais
il a été trompé par la faulle date d’un acte J , fuivant lequel» Dalmace arche - «
v è que de Narbonne , & Ifam évêque de T ouloufe , s'étant rendus au chapitre de «
l'abbaye du Mas d' A fil , le premier pria l’autre de confirmer ce monafiere dans la »
poffcffion des églifes qui lui appartenaient dans fon dioccfe , ce qu’ilàrn fit en pre-«
lêncedu même archevêque & abbé , de Pons prieur, &c. Ainfi cet acte , qui
doit être de l’an 1085. & non de l’an ioyy.puifque Dalmace ne fut élu arche¬
vêque qu’en 108 1 . prouve feulement que ce prélat prenoit alors le titre d’ar¬
chevêque & d’abbé : mais c’étoit à caufe qu’il conferva l’abbaye de la Grade
après fon élection 5 d’ailleurs le monaftere du Mas d’Afil fut gouverné dans
ce même tems par des abbez particuliers. Pierre l’ëtoit en c 1067 lorlque
Bernard de Durban, château lltué dans le comté de Foix, fit un abandon
des mauvais ufages qu’il avoit établis fur cette abbaye. Au mois de Mai de l’an
1081. peu de tems avant l’élection de Dalmace à l’archevêché de Narbonne,
Pons avoit fuccedé à Pierre dans l’abbaye du Mas d’Afil , comme il paroît par
un aéte , fuivant lequel Guillaume- Raymond de Marquefave , & plufieursc/zr-
valicrs fes valfaux , craignant l’excommunication des conciles de Rome & de T ou¬
loufe, reftituerent alors à ce monaftere l’églife de S.Chriftophle.Enfin on ne voit
pas que Dalmace fùc abbé du Mas d’Afil, lorfque deux ans s après quelques no¬
bles du voifinage rendirent à cette abbaye l’églife de faint Pierre de Thefac ,
moyennant deux cens fols de bonne monnoye de T ouloufe-, ce qu’ils firent, » à caule »
que le pape avoit ordonné fous peine d’anathême, à tous les féculiers, de»
rendre les églifes qu’ils avoient ufurpées fur les.monafteres j & parce qu’ils «
croyoient d’être damnez en les retenant. «
Dalmace garda l’abbaye de la Gradé depuis fon élection jufqu’au mois de
Mai 1 086. que Robert lui fucceda. De là vient qu’il prend dans divers aétes *>
de ce monaftere , le titre d’abbé & d’archevêque. Comme Pierre de Nar¬
bonne Ion compétiteur , fe maintint durant cet intervalle malgré fon excom¬
munication &: la dépofitîon , dans le temporel de l’archevêché dont il s’étoit
ûifi, cela engagea fans doute Dalmace, pour avoir de quoi fubfifter , à gar¬
der cette abbaye , dont il fe démit enfin dès qu’il fut paifible podeffeur de
Archevêché. Il ne fut en effet reconnu archevêque dans Narbonne que long-
Tome II. K k ij
An.ioSo-
a CMtil mm -
P* 7 S*.
b Mab-adann.
107i.fi.94>
c Ibid. ad anru
107S-B-1O6.
d Capitul . to. 1.
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c Pr.f. i$c.
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C ab.dtlaGraJJi»
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HISTOIRE GENERALE
Aymeri K vi
comte de Nar¬
bonne.
1082.
An. 108 1. tems après fon élection , comme on voie entr’autres par une lettre que Gre.
a c»t'imcm. goire V II. 3 écrivit au vicomte A ymeri , êc à tout le peuple de cette ville, 8c
f.781 dans laquelle il leur marque , «qu’il leur envoyeroit volontiers fa benediétion
” apoftolique , s’ils n’avoient pas encouru l’excommunication 5 mais qu’il la
« leur envoyeroit dès qu’il auroit appris leur repentir 6c leur obéiflance à Dal-
« mace leur achevêque. Il ajoute qu’il leur avoit donné ce pafteur légitimé
«pour gouverner leur églife , qui depuis fi long<tems êtoità la merci des
« fimoniaques ; 6cque Dalmace, qu’il avoit confirmé, 6c auquel il avoit donné
» fa benediétion , pourroit par fon exemple 8c par fes bonnes mœurs , réparer
« les maux que les palpeurs mercenaires avoient caufé parmi eux. Il les exhorte
«rfmfin à reconnoître celui que /’ èolrfe Romaine leur avoit donné , 6c à lui rendre
« l’obéilîance qu’ils lui dévoient : linon , il les menace de confirmer la lentence
«d’excommunication prononcée par fes légats dans le concile de Touloufe.
On peut conclure de ce que nous venons de rapporter, i°. Que Pierre s’étoit
déjà emparé de l’archevêché de Narbonne avant le concile de Touloufe,
tenu en 1079. 19. Qu’Hugues évêque de Die 6c légat du fàint fiege, qui
y préfida, défendit au peuple de Narbonne de le reconnoître fous peine d’a-
nathême. 3®. Que Pierre fe maintint dans l’archevêché de cette ville long-
cems après fa dépofition.
xvir. Cette lettre, qui n’eft pas datée, fut écrite vers la fin de l’an 1082. ou
MottdcRiy- même un peu plus tard 5 car Aymeri , neveu de Pierre , y eft qualifié
gtr Dj î- comte vicomte de Narbonne , 6c il eft fort vraifemblable qu’il ne prit cette qualité
dcUarceione* qu’après fon mariage avec Mahaud ou Mathilde fille de Robert Guifcard duc
nc.^thiidcfa P°uffe & de Calabre : or ce mariage ne fut célébré au plutôt qu’en
veuve époufe 1083. ôcnonen 10 54. comme un auteur b T’a avancé.
Cette princelTe avoit épouféen premières noces Raymond-Berenger II. du
nom , comte de Barcelone , qui mourutau mois de Décembre de l’an 1082.
L’ancien auteur c des geftes des comtes de Barcelone , a laifTe les circonftan-
b c»uL mem. ces fuivantes de fa mort : « Berenger, dit cet hiftorien , jaloux de la réputa-
ligrc.Mff » «on que Raymond fon frere s’etoit acquife par fes excellentes qualitez,.
M* i-& jtj. «mais fur tout de ce qu’étant l’aîné, leur pere ne l’avoir pas avantagé plus
«que fon frere, en conçût un fi vif reffentiment , qu’un jour qu’ils voya-
« geoient enfemble , il l’aflalTma auprès de Gironne. Tous les grands , ajoute-
» t-il , ôc les nobles de Catalogne , eurent horreur d’un pareil attentat , &
«refuferent non-feulement de reconnoître ce prince ; mais ils le chaflerenc
«du pais : enforte qu’étant devenu muet , 6c l’opprobre du genre humain, il
« mourut à Jerufalem où il étoit allé en pèlerinage dans un elprit de peni-
« tence. « Quelques hiftoriens A modernes regardent avec raifon la plupart
à d tics circonftances de ce récit comme fabuleules. Us prouvent que Berenger ,
UiccruUeBar. qUi étoit le cadet, & non pas l’aîné , prit la tutelle de fon neveu , fils de fon
aU.i.c.67- & frerCi aufli-tôt après la mort de celui-ci j qu’il la garda pendant onze ans ,
' 6c que pendant tout cet intervalle il continua déporter, comme auparavant,
le titre de comte de Barcelone. Il eft vrai que les deux freres avoient eu
quelque différend au fujet du partage des comtez de Barcelone & de Carcaf-
ionne , mais ce différend étoit appaifé depuis long-tems lorfque Raymond-
Berenger II. mourut. Tout ce qu’il y a donc de certain de la mort de ce
prince , c’eft qu’il fut allallîné * par une troupe de feelerats le 6. de Décembre
de l’an 1082. entre Gironne 6c laint Saloni. On fait un très -grand éloge de
ce comte de Barcelone qu’on furnomma Tete-d’ètoupes , parce qu’il avoit la
chevelure fort épaiffe, félon quelques-uns , ou félon les autres, parce qu’il
avoit reçu diverfes blclTùres à la tête. Il laifta de Mathilde de Sicile fa femme
un fils unique nommé Raymond, né le 1 1. de Novembre, 2 5. jours avant la
mort. Berenger I. prit la tutelle de cet enfant , à l’cxclufion de Mathilde , 6c
adminiftra, tant en fon nom qu’en celui de fon neveu, tous les domaines de
f p.Diag.ibid. la maifon de Barcelone, qui comprenoient entr’autres en deçà des Pyrénées
t.7?. les comtez de Carcalîonne 6c de Rafez.
g ctsiimtm. Mathilde ou Maliaut fe remaria f avec Aymeri vicomte de Narbonne, qui
/>.j 83- après l’avoir époufée , lui allîgna en 1087. g pour fon douaire la ville de
Narbonne, le cens des Juifs, divers autres droits qui dépendoient du domaire
Marc. Hifp .
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DE LANGUEDOC. Liv. XV.
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Troubles dans
decctce ville , tout ce qui avait appartenu au vicomte Berenger fonayeul , & enfin An. 1081
les châteaux de Magaüs , Neyran, Châteauneuf, laine Martin & Durban.
Aymeri fut le premier vicomte de Narbonne de fôn nom j.car on a deja
fait voir ailleurs - que c’efi: lâns aucun fondement que quelques-uns mettent
le prétendu Aymeri perc de faint Guillaume de Geilone , à la tête des vicom- i0.
tes de cette ville- .
Il eftaifé de comprendre, par ce que nous venons de rapporter, qu’Ayme-
ri I. polJ'eda toute la vicomté de Narbonne : ce qu’on peut confirmer par la
promefiè que Bernard II I. du nom , comte de Bez^ilu, fils de feu Stéphanie , fit au bJ*'fofE
nom de Raymond comte de Rouergue, fils de la feue comte fe Almodis , d Aymeri xxvii ■ n. 9.
vicomte de Narbonne , fils de fcüe F oy , de le maintenir dans la pofleffion des biens,
dont Berenger vicomte de Narbonne fon ayeul avoir joui. Nous inférons de
ceta&e que Raymond de faint Gilles avoir fait quelque traicé avec Aymeri,
& que pour la fureté de fa promefiè il lui avoir donné le comte de Bezalu,
& divers autres feigneurs pour lui fervir de caution. Enfin nous avons un -fer¬
ment de fidelité c prêté au même Aymeri par un nommé Roger , fils de
Guide , qui lui promit de l’aider contre tous , excepté contre fès propres
vallaux, lavicomteflè de Beziers &; fon fils, Bernard Xadmar delaRedorte,
& Pierre-Olivier de Termes. Ce dernier , l’un des principaux feigneurs du
diocèfe de Narbonne, dominoit fur un petit païs appellé le Termenois, qui
cft fitué vers les frontières du comté de Fenouilledes , & qui a pris fon nom
du château de Termes. Nous aurons occafion de parler dans la fuite des
fucceffeurs de Pierre-Olivier dont quelques-uns fe rendirent célébrés.
La more de Berenger II. comte de Barcelone fut fuiviede divers troubles qui
s’élevèrent dans les états tant en deçà qu’en delà des Pyrénées durant d la mi- ic^^mt^dc
norité de fon fils. Les chevaliers ¥ des environs de CarcafTonne alfiegerent en-: Carcaifoone &
tr 'autres cette ville dans le deflcin de s’en emparer , peu de tems après la fccvfComtcB°et-
mort de ce prince. Ils incommodèrent tellement les habitans par le ravage nard-.uoo fe
qu’ils firent de leurs terres, &:par d’autres lioftilitez , qu’enfin ces derniers tend lc
étoient fur le point de fe rendre, lorfque le vicomte Bernard-Aton ré- '108 j.-
folut de profiter de cette occafion pour réunir cette ville à fon domaine.
Il fit dire aux aflîegez que s’ils vouloient le recevoir dans leur ville , il s’en-
gageoit de les défendre contre tous leurs ennemis , avec promefiè folemnelle
de rendre la ville &: le comté de Carcafionne au jeune Raymond-Berenger III.
dès qu’il feroit parvenu à Page de majorité, & auroït été fait chevalier. Ber¬
nard-Aton ayant été introduit dans Carcafionne à ces conditions, fit lever le
fiege , & prit enfuite le gouvernement de la ville comme s’il en eût été le feul
& véritable maître.
C’eft ainfi que les Catalans rapportent la maniéré dont ce vicomte s’affiira
la pofleffion dé Carcafionne, ce qui pourroit donner lieu de croire que les
troupes qui en commencèrent le fiege, agifloienten fon nom , ôc qu’il ufa de ce
ftratagême pour s’en emparer. Il cft du moins certain que Bernard-Aton, &:
Ermengarde fa mere s’aflurerent vers le même rems , non-feulement de cette
ville & de fon comté , mais encore du Rafez , du Lauraguais , &c des autres
domaines que cette derniere avoir aliénez enfaveur(de Raymond-Berenger I.
comte de Barcelone 3 &c qu’ils reçurent - le ferment de fidelité des principaux cPr.f.}t9-&
feigneurs de ces pais, comme s’ils en euflent été les fèuls feigneurs,foit qu’il y ait hei-
eu quelque nouvelle convention entr’eux & les comtes de Barcelone , ou
qu’ils ayent profité des troubles qui fui virent la mort de Raymond-Be¬
renger IL
Nous voyons en effet qu’Ermengarde & Bernard-Aton fon fils jouiffoient xix.
au mois de May de l’an 108 5. du domaine de Carcafionne & de fon comté , fé^ife^Tcar-
par la donation qu’ils firent f alors à la cathédrale , des dîmes qu’ils pofiè- cailbnnc. Ab-
doient dans le domaine de cette ville, & des châteaux de Couffoulens , Prei- Mmeae^Cai-
xan, Arfens, Grezes, Villalier , Campendu , Fontiez,Cafiïllac, &c. domaines caflbouc.
qu’elle avoit vendus en 1067. 8 & 1070. au comte de Barcelone. Ermen- ( D‘ vic
garde fit cette donation h pour l’ame du comte Pierre- Raymond fon pere, &: gvl.p. 1^7.
de Rangarde fa mere, à condition que les chanoines réguliers vivroient riqulie- ....
rement dans le cloître de cette eglife , pavant les préceptes de jaintjerome & de faint
d Pr.p. ix.
Y Dt*g. /. &
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HISTOIRE GENERALE
An. 1083. yîuguflin , 8c que s’ils venaient à quitter l’ordre canonique , les dîmes qu’elle
leur donnoit reviendroient au domaine des vicomtes de Carcaffonne. Ermengarde
8c Bernard fon fils fe regardoient donc alors comme vicomtes de cette ville:
*Pr.f,.}rt. gc en effet en I0^0. a ce dernier prenoit le titre de vicomte de Carcaffonne &dc
Rafez^, que les fucceffeurs prirent auffi , quoique par les aétes de 1067. &•
1070. Ermengarde eût vendu b tes vicomtez^sax comte de Barcelone,
v* üv. Pierre évêque de CarcafTonne, qui fut prefenc à cette donation, avoit établi
les chanoines réguliers dans la cathédrale de cette ville , 8c' dans les églifes
de fainte Marie & de faint Etienne fituées dans les fauxbourgs. Le pape Ur¬
bain II. e confirma au mois de Mai de l’an 1088. à la demande de ce prélat,
Finftitution des chanoines réguliers dans ces trois églifes, dont la fécondé por-
toit alors le furnom de abbatia , parce que c’étoit d une ancienne abbaye. Elle
*LT£‘,n/r*gm' é«toit gouvernée en 1083. par un abbé nommé Pons , fuivantune donation*
v Rnin-vit. ftue vicomteiïè Ermengarde fit alors en fa faveur , du contentement de
Vrt.11.tt.1et. l’évêque Pierre , 8c du vicomte Bernard fon fils. L’églife de fainte Marie de
Garcaflonne devint enfuite paroiffiale , 8c fut détruite durant la guerre des
Albigeois. Le terrain où elle étoic bâtie eft aujourd’hui occupé parle couvent
des Capucins. Celle de faint Etienne eft preientement détruite 8c unie à la
cathédrale.
Le vicomte Bernard-Aton époufafen 1083. Cecile , fille du comte Bertrand ,
qui lui donna en dot cinq mille fols , fçavoir deux mille en argent com.
CD tVicibii.
d Pr.p. tj7.
XX.
Mariage du
vicomte Ber-
avec Ccciîc de Ptant ■> en bœufs & en vaches , & deux mille en chevaux & mulets , avec fept
Piovence. de fes principaux vaflàux , pour fervir de cautions , parmi lefquels étoic
Guillaume Pourcelet. Bertrand promit d’en donner dix autres à la vicom.
Comtes de
Provence.
iPr.f. n 6.
cefTe Ermengarde mere du vicomte le jour de la célébration des noces , pour
l’aflurance de la promeffe qu’il lui fit de la biffer jouir de fes domaines.
Le nom des feigneurs qui cautionnèrent pour le comte Bertrand , ne nous
permet pas de douter qu’il ne fut comte de Provence. Il y avoit alors en
x/£ n°7fa e^ec ^ans ce Pais deux comtes de ce nom ^ l’un, « appellé Amplement Ber*
trand, étoit comte d’Arles ou de la baffe Provence, 8c avoit fùccedé vers
l’an 1060. à Geoffroy I. fon pere. Il polTeda d’abord fon domaine par indivis
avec fes deux coufins germains , Bertrand , ou Guillaume Bertrand II. du
nom, 8c Geoffroy IL tous les deux fils de Guillaume Bertrand I. fon oncle
paternel décédé vers l’an 10 34. Bertrand leur céda quelque tems après pour
leur partage cette portion de la haute Provence qu’on appella dans la fuite
comté de Forcalquier , 8c que Guillaume-Bertrand II 8c Geoffroy IL fon frere
poffederent en commun. Il paroît cependant que ceux-ci fe diftinguerent en-
tr’eux par des titres différens, 8c que le premier prit celui de comté de Nice.
Geoffroy IL étant décédé fans enfans après l’an 1094. fa portion échut aux
heritiers de Guillaume-Bertrand II. fon frere. Celui-ci eut de fa femme Adé¬
laïde une fille qui porta le nom de fa mere, 8c qu’Ermengaud IV. du nom,
furnommé de Gerb comte d’Urgel mort en 1092. epoufa en fécondes noces $
h note ilil ce paffer le comté de Forcalquier dans la maifon h de ce dernier. D’un
autre côté Bertrand comte d’Arles ou de la baffe Provence , qui fournit » en
1081. cous fes domaines à l’églife Romaine , n’eut point d’enfans de Mathilde
fon êpoufe j enforte que Gerberge fa fccur , femme de Gilbert vicomte de
Milhaud 8c de Gevaudan , hérita de tous fes états.
11 femble,par ce que nous venons de dire, queCecile , fille du comte Ber¬
trand , laquelle époufa en 1083. Bernard-Aton vicomte d’Albi, de Nifmes,
Beziers, Agde , CarcafTonne ScRafez, étoic fille de Guillaume-Bertrand II.
comte de Provence, 8c fccur puînée d’ Adélaïde femme d’Ermengaud comte
d’Urgel : mais il nous paroît plus vraifemblable qu’elle étoic fille naturelle
de Bertrand comte d’Arles ou de la baffe Provence -, ce qu’on peut fonder. i°.
Sur ce que ce dernier ne mourut que vers l’an ‘ 1090. au lieu qu’il n’eft pas cer¬
tain que Guillaume-Bertrand IL vécut encore en 1083. 2 Sur ce que la
Pr- M5 4. mere de Cecile vicomteffe de Beziers s’appelloit Alemburge h. 3°. Enfin fur la
modicité de la doc de Cecile. Au refte tous ces differens comtes de Provence
n’avoient droit que fur la moitié du païs en qualité de defeendans du comte
Guillaume I. du nom , qui parcagea cecte province avec Rotbold fon frere,
n. 19.
i Pr.f. J, J
i Rujf dlJJ.
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DE LANGUEDOC. Liv. XV. igj _ _
dont Raymond de faint Gilles 6c Guillaume IV. comte de Touloufè fort frere, An.io8 3»
qui a'voienc droit fiir l’autre moitié, defcendoient par Emme leur ayeule.
Le zele de ce dernier prince pour la réformation de l’églife de faint Sernin Guijfai^e
deTouloufc lui lufcita une affaire avec le pape Grégoire VII. Les clercs ou conucdeToif
chanoines après avoir pris depuis long-tems la place des moines qui delTer- îouieicbiouii-
voient autrefois cette églife, fituée au fauxbourg de la ville, voulant fe i“oaaiioa1ic
réformer , embrafTerent fous le pontificat du meme pape la vie corn- tégiiie de s.
mune ou canoniale , avec la réglé tirée de faint Auguftin êc des autres SciQ1Q-
peres , telle qu’elle avoit été introduite en ce fiecle 1 en diverfes cathédrales
& abbayes du royaume. Nous ignorons l’année précife que cette réforme fut an„AOS}.n\u
établie à faint Sernin : nous apprenons feulement que cette églife étoit deffer-
vie par des chanoines réguliers dès l’an 1076. par la donation0 que leur fit b er.p.t9o.&
alors le prévôt de lacathedrale dePerigueux, de l’églife de faint Cyprien ,feî‘
four y vivre rcgulicrement félon les injhtutions de faint Auquftin , de faint Grégoire ,
de faint Jerome , & des autres peres . Cet acte qui elt daté fimplemcnt du
Lundi jour de /’ Affomption //. d' Août , fous le pontificat du pape Grégoire , & le
régné du roi Philippe , fut confirmé le Samedy , dernier jour de Décembre futvant ,
par Guillaume évêque de Perigueux ; ce qui prouve manifeftement qu’il eftde
l’an 1076. Geraud évêque de Cahorsc donnaauffi vers le même tems» aux ^ y
clercs de faint Sernin de Touloufè l’églifê du Vigan dans fon diocèfe , pour « cK< *' 1 ‘
y vivre fuivant les decrets des peres, fqavoir de laine Auguftin , de faint «
Jerome 6c des autres } 6c les clercs du Vigan firent alors profe/fion dans leur«
églife devant l’autel de Notre-Dame, entre les mains du prévôt de faint «
Sernin auquel ils promirent obéifîance. «
Les clercs ou les chanoines de faint Saturnin après leur réformation eurent
quelques démêlezdavec Ifarn évêque de Touloufè 6c fon chapitre, qui pré- d Câltimem
tendoient exercer une entière jurifdi&ion , 6c avoir des droits particuliers fur p. s«7.
leur églife. Les premiers s’adreflèrent alors à l’infçu d’Ifarn 6c de fon cha- Grtg.vu.h9>
pitre , au pape Grégoire VII. lequel fur les reprefèntations qu'ils lui firent
que leur églife étoit foumife immédiatement au faint fiege , 6c fur l’offre de
payer cous les ans dix fols de redevance d l’églife Romaine , les mit fous
là protection, 6c leur accorda un privilège que les chanoines de la cathédrale
trouvèrent moyen de leur enlever. Ceux de S. Sernin s’en plaignirent au pape
& lui portèrent en même tems leurs plaintes contre les religieux de Moiffac,
qui fous l’autorité de Guillaume comte de Touloufè s’étoient emparez d’une
eglife qui leur étoit foûmife, 6c qu’Amc évêque d’Oleron leur avoit adju¬
gée en prefence des autres évêques , c’eft -à-dire, fans doute dans le concile de
Touloufè de l’an 1079. Sur ces plaintes le pape écrivit au cardinal Richard
abbé de faint Victor de Marfeille , 6c lui manda que l’églife de faint Sernin
auprès de Touloufè étant foumife à fon autorité immédiate, 6c les chanoines qui
la defTervoient , & qui avoient embrajfê nouvellement la vie canoniale , vivant ré¬
gulièrement, il obligeât le chapitre de la cathédrale, les religieux de Moif¬
fac, & le comte de Touloufè à leur rendre juftice , 6c l'évêque à ne pas les
inquiéter , mais plutôt à protéger leur communauté. * * Canonüm.
Ifarn voyant c que la tentative qu’il avoir faite pour foumettre l’égiife de 1 c Ca,el ihiu‘
faint Sernin à fon autorité ne lui avoit pas réufïï , chercha un autre expédient.
Comme il fçavoit que faint Hugues abbé de Cluni avoit beaucoup de crédit
fur l’efprit de Grégoire VII. 6c que ce pape qui avoit été tiré du cloître
étoit très-affedionné à l’ordre monaftique , il pafîa un concordat avec Hu-
naud abbé de Moiflac , par lequel il céda à cet abbé , 6c à celui de Cluni ,
l’églife de faint Sernin pour y établir des moines. Il fè réferva cependant fur
cette églife, tant en fon nom qu’en celui de fon chapitre, la quatrième partie
des offrandes, la clef du fépulcre du faint martyr, celle de l’autel de faint
Afcifcle, le domaine fur les revenus de l’œuvre, jufqu’à ce que le bâtiment
de l’églife de faine Sernin fût achevé , la liberté d’inhumer dans le cime¬
tière de la cathédrale tous ceux qui y choifiroient leur fépulture , 6c plu-
fieurs autres chefs. L’abbé Hunaud confentit à toutes ces réferves, 6c Guil¬
laume comte de Touloufè, qu’ Ifarn avoit eu foin de mettre dans fes intérêts ,
autorifa non- feulement le traicé, mais il s’engagea encore, en confideration
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164 HISTOIRE GENERALE f
de ce qu’Ifarn avoit donné l’églife de faine Scrnin à l’ordre monaflique qu’il
affeélionnoit beaucoup , de ne le jamais inquiéter dans la pofTellion des do¬
maines de fon églife, quand même le pape ou fon légat a [croient d’ excommunia
cation pour Vj obliger. Il s’engagea auffi de ne pas exercer fa jurifdi&ion fur
aucun des clercs de la ville 6c du fauxbourg , dès qu’ils auroient reçu la cou¬
ronne cléricale , non plus que fur les officiers 6c les fergens de l’évêque qui
demeuroient dans la ville 6c dans le fauxbourg 5 6c pour gage de fa promelïe
il donna un baifer aux chanoines de la cathédrale. On convint enfin qu’il n’y au.
roit jamais d’abbé à faint Sernin, mais que la communauté feroit gouvernée
par un prévôt fous l’autorité de l’abbé de Cluni. Arnaud abbé de faint
Audard , aujourd’hui Montauban , fut prefent à cet acte, quin’eft: pas daté ,
mais qui doit être rapporté à la fin de l’an 1081. ou au commencement de
l’année fuivante , comme nous le verrons bientôt.
Le comte deTouloufe prit fi fort à cœur l’introdu&ion * des moines de
Cluni dans l’églife de faint Sernin, que fur le refus que firent les chanoines
de ceder la place, il chalîales autres de fa propre autorité, 6c leur fub-
ftitua ceux-ci. Cette affaire fit beaucoup de bruit , 6c le pape à qui les
-chanoines expulfez fe plaignirent de la conduite du comte, fit là-deffus à
celui-ci une réprimande trèji-vive. Le cardinal Richard 6c Hugues archevê¬
que de Lyon, légats du faintfiege, Dalmace archevêque de Narbonne, &
laine Hugues abbé de Cluni, tous quatre moines Bénédictins , de même que
le pape, les évêques 6c les principaux du pais défapprouverent également le
procédé de Guillaume, qui fe vit enfin obligé de reftituer l’églife de laint
Sernin aux chanoines. Il fit donc dreffer un acte par lequel il témoigne fon
repentir d’avoir chaffé de cette églife les chanoines qui vivoient regulierementi
6c il en rejette la faute fur l’abbé de MoifTac qui le lui avoit confeille. Il manda
Geraud évêque de Cahors ; 6c ce prélat ayant ramené les chanoines qui
avoient été expulfez, 6c qu’il avoit fans doute retirez dans fon diocèfe, ce
comte les remit dans la pollèffion de leur églife, en prefence 6c par l’avis du
même prélat, de Pierre évêque de Carcaffonne , 6c de Frotard abbé de faint
Pons de Tomieres. Il s’engagea par ferment de laiffer ces chanoines paifi-
blcs poffeHeurs de cette églife tant qu'ils vivroient canoniquement , leur afliira
la liberté de leur cloître , 6c promit que ni lui, ni fa femme, ni aucun de [es
fils , n’y feroient plus à l’avenir aucune entreprife. Il les maintint dans la
poffeffion de leurs biens , 6c pardonna à tous ceux qui lui avoient réfiflé dans
le tems de leur cxpulfion , 6c dont il avoit réfolu de tirer vengeance. Il révo¬
qua enfin l’a&e précédent qu’il avoit paffé avec l’évêque Ifarn 6c l’abbé Hil-
naud , 6c le déclara faux. Le comte de Touloufe fit ce retablilïèment le 1 5. de
Juillet de l’an 1083. fa femme Emrae y fouferivit après lui, 6c enfuite les
évêques de Cahors 6c de Carcaffonne , l’abbé de faint Pons , Jfarn vicomte de
faint A ntonin ,F rotard fon frere, Sanche vicomte de la Barthe , Guillaume
de Biron , 6c pluficurs autres feigneurs.
Nous remarquerons par occafion qu’on trouve ici pour la première fois des
vicomtes de faint Antonin , petite ville fituée à l’extrémité du Rouergue fur
la riviere d’Aveiron , 6c fur les frontières du Querci 6c de l’Albigeois. Les noms
d’ifarn êc de Frotard attachez à leur maifon,de même qu’à celle des vicomtes
de Lautrec en Albigeois , peuvent donner lieu de conjecturer qu’ils étoient
de la même race, ou du moins que les premiers s’écoient alliez avec les
autres.
Les chanoines réguliers demeurèrent depuis paifibles poffeffeurs de l’cglife
de faint Sernin , 6c continuèrent d’être gouvernez par Vin prévôt julques
vers l’an ni 9. qu’ils avoient un abbé b régulier, lequel fut fécularifé avec
eux en 1 516. Il y a lieu de croire que le titre abbatial de cet ancien mona-
ftere n’a voit été éteint dans le XI. fiecle que parce que les comtes de Tou¬
loufe s’en étoient emparez , à l’exemple des autres grands vaffaux du royaume
qui s’érigèrent en abbez fcculiers des principaux monafteres de leur domaine.
Quant à l’évêque Ifarn, on allure c qu’il prit une nouvelle voye pour faire valoir
les droits qu’il prétendoit fur l’églife de faint Sernin 5 qu’il fit un voyage à
Rome 3 6c que fur les plaintes qu’il fit au pape Grégoire VII. du privilège.
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DE LANGUEDOC Liv. X V.
165
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qu’il avoit accordé aux chanoines de cetteéglifeà Ton infçû ôc fans fa partici- An.ioSj.
pation , ce pontife le révoqua en prefence de Dalmace archevêque de Nar¬
bonne , de l’archevêque d’Auch , des evêques de Porto fie d’Albano , de faint
Hugues abbé de Cluni , d’Hunaud abbé de Moiflâc , 6c de plufieurs autres per-
fonnages de la cour Romaine.
Les chanoines de faint Sernin vécurent avec édification après leur réforme, s ^”oud
fie on honore à Touloufe d’un culte public feint Raymond l’un des premiers chanoine de
qui l’em brada. Nous avons * fe vie écrite par un auteur pofterieur , dont la
narration eft fi peu exacte , qu’il ne marque ni le tems de la nai dance , ni celui a mi. h. r.
delà mort du feint. Voici ce qu’il rapporte de plus interedant. « Raymond « 9“l- ?■ w-à-
plus recommandable par fes vertus que par fe nailîance , naquit à T ouloufe, «
fie fut mis parlés parens dans l’églife de feint Sernin, où il fit l’office de«
chantre ou de chorifte. Il quitta quelque tems après l’état ecclefiaftique et
pour fe marier ; ôc ayant perdu fe femme, il s’adonna entièrement aux ceu- «
vres de charité fie de mifericordc qu’il exerça même envers les Juifs. Il «
fonda entr’autres un hôpital pour l’entretien de trente pauvres, fit conftruire «
un pont pour la commodité publique vers l’embouchure du Lers dans la«
Garonne , fie employa la meilleure partie de fes revenus pendant plufieurs «
années à la conftruclion de l’églilè de feint Sernin. » On peut connoître par
là à peu près le tems où ce feint vivoit , puifqu’on commença le bâtiment de
cette églile vers l’an 1060. fie qu’il étoit prefque achevé en 1096. Le légen¬
daire remarque que Raymond commença d’y contribuer lorfque le chœur de
l’eglife étoit déjà fini, & qu'il conduift le rejle du bâtiment depuis les fonde-
mens, jufqu’au défiés des fenêtres. Il ajoute que faint Raymond touché
du defir de la perfection , fie voulant imiter les feints pères , prit l'habit résulter
dans l’eglife de feint Sernin , 6c qu’à fon exemple plufieurs autres embrafle-
rent le même genre de vie : ainfile relâchement , continue-t-il , cejfa entièrement
dans cette églife, & la vie canoniale y fut établie. Ces termes font comprendre
que faint Raymond embrafià la réforme des clercs de feint Sernin lorf.
qu’elley fut introduite -, ce qui arriva, comme on l’a déjà vû , fous le pontificat
de Grégoire VII. entre l’an 1073.6c l’an 1076.
Suivant le même auteur, Raymond fe voyant dans un âge avancé 6c près
de fa fin, demanda d’être inhumé dans la mai fan collegiale qu’il avoit fondée
pour des pauvres clercs , fie où il avoit fait préparer fon fepulcre. Leprieur
de faint Sernin exécuta fa volonté après fe mort, qui arriva le 3. de Juillet.
Raymond mourut , continue l’auteur de fa Vie, fans avoir fait teflament en fa¬
veur de fes parens , parce qu’il inftitua J. C. fon heritier-, d’où l’on pourroit, ce
femble conclure que lorfque la réforme fut établie parmi les chanoines de
faint Sernin , la défeppropriation n’y étoit pas encore en ufege ; mais cela p‘ nf'
peut fignifier auffi que Raymond ayant difpofé de tous fes biens en faveur
des pauvres avant fe profeifion religieufe, les parens n’eurent aucune parti
fa fuccefiton. Quoi qu’il en foit , comme le légendaire appelle maifon collegiale
l’hôpital fondé par faint Raymond , ôc qu’il efi: certain que cet hôpital fut
changé c dans la fuite en un college pour des pauvres clercs , il s’enfuit c K ******
que cet auteur n’a écrit qu’après le milieu du XIII. fiecle ; puifque l’uni ver- f'6 74‘
fité de Touloufe, dont ce college étoit membre , fut feulement fondée vers ce
tems- là. Après la mort de Raymond Dieu fit éclater fa feinteté par divers mi¬
racles, fie on lui rendit * à Touloufe un culte public dès milieu le XII. fiecle. * y. Bell J HJ,
Ce culte diminua beaucoup dans la fuite, jufqu’à ce que les Touloulains
le rétablirent en 16 jz. après avoir éprouvé la puifiante intercefiion du faint
durant la pefte qui défoloit alors le païs; ce qui donna lieu de transférer en
même tems fes reliques , du college de fon nom où elles avoient toujours de¬
meuré depuis fa mort, dans l’églife de feint Sernin. xxm.
Dans le tems que Raymond fe fanctifioit à Touloufe , Pons abbé du mont f ’ a n"ré
Andaon, ou de feint André d’Avignon , s’élevoit dà une éminente feintete Rto0 1 **
parla pratique de toutes les vertus religieufes. Son pere dégoûté du monde, f^-ss.erj.
voulant fe confecrer à Dieu l’avoit amené dans cette abbaye, où il avoit p»*'
1 embrafle l’état monaftique avec lui , 6c un autre de fes fils. Après la mort Af*
de Roland abbé de faint André arrivée en 106 3 . le mérite de Pons fie qu’on
T ome II. L 1
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C Ibid.
d ;.Î40.
cp. îfi.
{ Spicil.to.io.
V.Prf.)6S*
XXV.
_ »«« HISTOIRE GENERALE
An. 1083. balança pas fur le choix du fuccefleur de cet abbé. Il fut mis à fa place,
& il conferva cette abbaye jufqu’au z6. de Mars de l’an 1087. qu’il décéda.
Les merveilles que Dieu opéra par fon miniftere durant fa vie ôc après fa
mort , firent qu’on lui rendit bientôt après un culte public. Sa vie a été
écrite par Raymond religieux du monaftere , auteur contemporain.
XXiv. Nous avons lieu de croire que Raymond vicomte de Minerve, profita des
^crS de croubles qui agitèrent les états- de Raymond-Berenger II. comte de Barce¬
lone après la mort de ce prince, ôc qu’il s’empara fur fes fils du château de
apr.f.)t6.& Peyriac. C’eft ce que nous inférons d’une donation »que fit ce vicomte au
- - mois de Février de l’an 1083. ou 1084. fuivant notre maniéré de compter,
1084. ^ l’abbaye de faint Pons de Tomieres, ôc à Frotard fon abbé, de l’alleu que
Pierre Raymond comte de Bergers , & les comtes de Barcelone , Raymond-Berenger ,
b y. Pr.p. 17 9. & fes fils Raymond dr Bérenger , avoient eu au château de b Pcyriac dans le Mi-
nervois , & qu’ils avoient donné à cette abbaye. Matfred évêque de Beziers,
les abbez Ifarn deCaunes , Guillaume de Rofes , ôc Pierre de Montolicu , &
plufieurs feigneurs du pais furent prefens à cette donation.
Raymond vicomte de Minerve étoit probablement fils de Pierre vicomte
du même pais, qui vivoitc en 1071.6c pere de Pons qui pofièdoit ‘cette vi¬
comté au mois de Mayd de l’an 1093. fuivant une reftitution qui fut faite à
l’églife defainte Marie fondée dans le château de Minerve. Nous «trouvons
d’un autre côté en 1066. u \\ Bernard de Minerve : mais nous ne fçavons pas
fi c’eft le même que Bernard vicomte de Minerve , lequel offrit f au mois
d’Aout de l’an 1103. fon fils Raymond à l’abbaye de fliint Pons de To¬
mieres pour y être religieux. Cette oblation eft fouferite par Pierre fon
fils qui lui fucceda. Il paroît par-là que la vicomté de Minerve qui s’éten-
doit dans la partie fcptentrionale du dioccfé de Narbonne, ôc quieftcom-
prife aujourd’hui dans celui de faint Pons , étoit partagée à la fin du XI.
fiecle entre deux branches de la même maifon.
Matfred évêque de Béziers affranchit en 1084. fon églife d’une fervitude
Raymond de très-onereufe , à laquelle fes prédeceflèurs avoient été aflujettis pendant fort
Su*dé*3t l°ng-tems.Les grands vaffaux non contens de s’être emparez de la nomination
le des évéqjcs aux évêchez ôc aux abbayes de leur domaine, prétendoient encore que toute la
ccdeT**1* d£ dépouille des évêques décedez leur appartenoit. Les comtes de Rouergue
s’etoient arrogez ce droit en qualité de marquis de Gothie dans les diocc-
pPr.p. 317. fes de la Narbonnoife I. C’eft ce qu’on voit en particulier par un acte g fui-
à'M' vant lequel « Raymond comte de Rouergue ou de faint Gillcs,cede en faveur de la
« cathédrale de Beziers , de Matfred évêque de cette ville , 6c des fucceflèurs
«de ce prélat, le droit qu’il poffedoit juficment ou injufiement , d’unir à fon
« domaine toute la fucceffion des évêques décedez. Ce prince étant fur les
«dégrez de la grande porte de l’églife , en prefence des principaux du païs ,
v jura en même tems folemnellcmcnt fur le miflel , que ni lui , ni aucun comte
» de Rouergue fon fucceffcur , ne s’empareroient plus des biens des évêques
«après leur mort * avec promeflè, fi ces prélats en difpofoient par teftament,
«que leur volonté feroit fidèlement executée, fînon que les chanoines de la
« cathédrale leur fuccederoient en commun. « L’évêque Matfred en recon-
noiffance d’un tel bienfait donna au comte un cheval du prix de zoo. fols
h Andcj.Bex.. Melgoriens. L’hiftorien >> de l’églifè de Beziers prétend que Roger- B emardTrin-
cavel vicomte de Bezjers , fit la même année un femblable delaiflèment: mais
il fe trompe , c’étoit Bernard-Aton , ou plûtôt Ermengarde fa mere qui pof¬
fedoit alors cette vicomté 5 ce qui n’empêche pas que ce dernier n’ait pu
abandonner de fon côté, en même tems que Raymond de faint Gilles, la
{«art que fes prédeceflèurs , en qualité de vicomtes , pouvoient avoir eue avec
es'comtes , à la dépouille des évêques défunts , ôc avoir par-là re*du une en¬
tière liberté à l’églife de Beziers. Matfred en profita pour rétablir la vie com¬
mune parmi fes chanoines , qui y avoir été autrefois obfervée ; ôcpourl’af-
i c»nu’. tU ferniir d’une maniéré plus folide, il unit 1 à fon chapitre par un acte du Mardi
BtJrn. i o. Février de l’an 1091. la prévôté ôc la facriftie, 6c fit donation aux cha¬
noines de plufieurs autres domaines , en prefence de Pierre abbé de faint
Aphrodife, d’Arbert abbé de Villemagne, des prieurs de faint Jacques de Be¬
ziers ôc de Caflàn , êcc.
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DE L A N G U E D O C. Liv. XIV. z6r
La celfion que Raymond de faine Gilles fit à l’églife de Bezièrs prouve évi¬
demment qu’il pofledoit le comté particulier de cette ville, 6c qu’il le tenoit
des comtes de Rouergue fes prédecelleurs. Il avoir une égalé autorité
fur le comté de Nifmes , comme il paroît par l’union qu’il fit du monaftere.-
de' faine Baufile de cette ville à la congrégation de laChaife-Dieu.
Ce monaftere fitoé autrefois hors la ville au voifinage de la Tour-jnagne,
dans une vallée environnée de collines , avoir été - donné vers l’an 860.
par le pape Nicolas 1. à l’églife de Nifmes, 8c à Ifnard fon évêque -, ce que
le pape Serge III. avoit confirmé vers l’an 909. en faveur d Hubert luccef-
feur d’ifnard. Comme il avoit beaucoup perdu de fon ancienne fplendeur, le
comte Raymond 8c Ermengarde vicomtefle de Nifmes voulant le relever ,
prièrent de concert Pierre Ermengaud évêque de cette ville , 8c fes chanoines,
dans une aflèmblce qui y fut tenue le z8. de Décembre de l’an 1084. de le
donner à Seguin abbé de la Chaife-Dieu , 8c à fes fuccelfeurs , pour y réta¬
blir le fervice divin ; à quoi ce prélat 6c fon chapitre confentirent volontiers.
Bernard-Aton vicomte de Nifmes 8c fils d’Ermengarde , qui étoit abfent ,
confirma cette donation dans la fuite. Depuis ce tems-là l’ancienne abbaye
de faint Baufile de Nifmes ne fut plus qu’un prieuré conventuel fournis à
celle de laChaife-Dieu dont il dépend encore aujourd’hui. Pierre Roger moi¬
ne de cette abbaye , qui parvint au cardinalat , 8c enfin à la papauté lous
le nom de Clement VI. avoit été prieur du monaftere de faint Baufile,
lequel ayant été entièrement ruiné durant les guerres des Calviniftes , a
été transféré dans la ville, où les religieux occupent l’ancien palais épif.
copal.
Raymond de faint Gilles confirma l’année fui vante c, en faveur de l’ab¬
baye de faint Pons de Tomiercs , » toutes le* donations qu’elle avoit reçues «
de Pons grand duc & prince d' Aquitaine fon bifiyeul , qui î’avoit fondée, 6c «
la maintint dans toutes les acquifitions que les religieux avoient faites. depuis,
ou qu’ils feroient dans la fuite , dans les évêchez 8c les terres qui étoient «
de fon domaine , ou qui en dépendaient à l’avenir , avec pouvoir de poflê- «
deren alleu les fiefs qu’ils avoient acquis. « Il fe déclaré en même tems le
defenfeur du monaftere, de la même maniéré que le comte de Touloufe fon
frerel’avoit fait cinq ans auparavant. Dans cet a&e Raymond prend le titre
de comte de Rouergue , Gevaudan, Nifmes , Agde , Beziers, Narbonne , 6c
d’un feptiéme comté qui paroît être celui d’U fez. ri t
Ce prince fut porté peut-être à faire ces actes de religion à la follicitation
du pape Grégoire VII. qui fe donnoit toujours beaucoup de foins pour réta¬
blir les églilês dans leur ancienne liberté. Perfonne n’ignore le zelede ce laint
pape fur ce fujet, 6c aucun pontificat n’égaleroit le lien s’il ne s’étoit imaginé,
fur de faux principes, qu’il devoit dominer fur toutes les puillànces de la
terre } ce qui l’engagea dans des démarches également prejudiciables au
repos de 1 ’églifc 6c de l’état. Il prétendit •* entr’autres que chaque maifon
devoit payer en France un denier de cens à l’églife Romaine , fondé fur ce
que Charlemagne recueilloit tous les ans 1 zoo. livres pour le fervice de cette
églife dans celles d’Aix-la-Chapelle, du Puy en Velay , 6c de faint Gilles.
Mais onne trouve dans toute l’antiquité c aucun veftige d’un pareil droit éta¬
bli en France. Ce fut par le même principe que Grégoire tenta par toutes
fortes de voyes de multiplier les vaflâux de l’églife Romaine, 6c de lui pro¬
curer un plus grand nombre de feudataires. C’eft ainfi que Pierre comte
de Subljantion ou de Melgueil , par un aéte * folemnel du 27. d’Avril de
l’an 108 y. étant devant l’autel de la cathédrale de Maguelonne , » fe donna lui-
mème, ( à la follicitation de ce pontife) fa femme, & fon fis, à l’églife Romaine, «
au pape Grégoire VII. 6c à fes fuccellèurs , avec tous fes biens , fon comté «
de Subftantion , l’évêché de Maguelonne 6c fes dépendances , pour être pof- «
fedez à l’avenir en alleu par l’églife Romaine , de laquelle lui 8c fes fuccefleurs «
tiendroient le même comté en fief fous la redevance annuelle d’une once d’or.«
Le comte Pierre ajoute par rapport à l’évêché de Maguelonne , que les«
papes y pourvoiroient à l’avenir, conformement aux conflitutions & aux de-«
crets des faint s peres. Il défend enfuite à fes fuccefleurs de rien changer à <«
Tome II. L 1 i j
An. 1084.
XXVI.
A Hem bl ce ïc-
n c à Nilincs.
Bieuraits de •
Raymond en¬
vers l'abbaye
de S. Pons,
a bjhenot. an-
tiifHit. Btr.id.
Occit . fflff-
b Pr./.jl?.
I085.
c Pr.p. 3 xi. O
xxvir.
Pierre comre
de Subfhntion
ou rie MJgucil
loumct Ion
comté à Gré¬
goire VII. &
a l'cgl i le Ro¬
maine. Ray¬
mond fou dis
lui fucccilc.
d Grcg.Vil.l.%.
ep. i y
c V. Fleuri hijl.
ecelef. I. 63. n.
II.
f Pr.p, jii.
&M-
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irt
HISTOIRE GENERALE
Atf.ioSj. » eetftf dïfpolîcïcm , à peine de payer [amende portée far les Uix des empereurs
>» Tbeodfffe , Arcade & Honoré. Il donne enfin par fon anneau , au nom de fiûnt
Pierre &c dû pape, l’inveftiture du comté &c de l’évêché à Pierre évêque
»d’Albano légat du faint fiege , à Godefroy évêque de Maguelonne à
» Frotard abbé de faint Pons qui étoient prefens. L’acte eft fouferit par la
a Vtrdaiftr. eofrttefle Alniodis fa femme , &. le comte Kaymond leur fils. Le comte a Pierre
i'.îoo &Jtj.' reçut en même teins le comté de Subftantion en fief de l’églife Romaine > fous
la redevance marquée, par les mains du légat du pape êc de l’évêque de Ma,
guelonne.
On voit par cet aéte que le comte de Subftantion prétendoit pofleder fes
domaines en alleu ,- c‘eft~à-dire fans les tenir, d’aucun ieigneur : mais fi lui ou
lès prédeceflèurs s’étoient dégagez de la fuzeraineté des marquis de Gothie ,
qui avoient eu autrefois une autorité fuperieure fur toute cette province , dont
le diocéfe deMagüelonne faifoit partie, on né fçauroit difeonvenir du moins que
ce comte flefûtloumisàla fouveraineté de nos rois -, & qu’ainfi il ne pouvoit,
fans leur contentement, fe fouftraircà leur fidelité &. à leur valtelage pour recon¬
naître une puiflance étrangère. Le comte Pierre donna donc à l’églife Romai.
lie ce qui ne lui appartenoit pas • aulli verrons-nous dans la fuite que fes fuc-
cefleurs ne firent pas beaucoup de cas de fa donation.
Comme Grégoire VIL mourut le z^.de May fuivant , il n’eut pas letems
de ratifier cet afte. Il laififa ce foinau pape Urbain II. fon fuccefl'eur, qui par
b CMri,ifer. une bulle b datée du 14. de Décembre de l’an 1088. « confirma Godefroy
pgf.M*gf.\xo. „ évêque deMagüelonne dans lapofl'eifion de fon églife, que les comtes de Sub-
njlantion avoient réduite auparavant dans la fervitude. Mais , ajoûte-t-il, 1$
» comte Pierre de bonne mémoire , a rendu cet évêché à faint Pierre & à fes vi.
» Caires , & il leur a laiflc de plus par fon teftament fon comté qui était de
•Quifuijutiï n fon droit*, avec promette que les heritiers feroient vaflaux du pontife Ro¬
umain } &que fi leur pofteritc venoit à manquer , le comté feroit alors à la
u difpofition du pape fous le gouvernement de l’évêque de Maguelonne. II
uditenfuite, adrelïant la parole à ce prélat : Nous recevons donc par l’an-
nneau, des mains de votre fraternité, l’inveftiture de l’évcchè de Maguelon.
» ne, &du comté de Subftancion, au nom de ce comte : nous confirmons la
« donation qu’il en a faite , & nous prenons l’évêché ôc le comté fous lapro-
11 teebion du faint fiege , fauf l’autorité de l’ archevêque de Narbonne , pourvû.
» qu’il foit ordonné légitimement. Il commet enfin le foin du comté deSub.
uftantion à l’évêque Godefroy & à fes fuccefiëurs , avec celui de retirer tous
» les ans le cens d’une once d’or -, &en reconnoiiTance de ce privilège qu’il ac-
» corde aux évêques de Maguelonne, il les aftujettit à payer tous les ans
crtrid.ïbiii. » eux-mêmes un pareil cens à l’égliiè Romaine.» On prétend c trouver daus
cette bulle que le pape Urbain céda le comté de Subftmcion aux évêques de
Maguelonne , ce qui ne paroît pas. On ajoute que ce pape , par la même bulle,
preua Godefroy d’achever d’établir la régularité parmi les chanoines de la
cathédrale , que lôn prédeceflcur avoir commencé d’introduire } mais ce fut pat
Une autre bulle dont on parlera ailleurs.
On doit inferer , ce femble, des termes dont Urbain II. fe tert dans celle
dont nous venons de parler , au fujet de Pierre comte de Subftantion qu’il
appelle de bonne mémoire . i8. Que ce comte confirma par fon teftament la dona,
tion qu’il avoit faite de fon comté à l’eglife Romaine, z®. Qu’il croit alors de,
cédé : ainfi il mourut vers l’an 1086. il fut inhumé d dans la cathédrale de
Maguelonne. Son fils aîné Raymond , qui éroit alors en bas e âge lui fucceda
dans le comté de Subftantion ou de Mauguio, fous la tutelle d’Almodis de
Touloufe fa mere , qui furvêcut fort long-tems au comte Pierre fon mari 5 car
«rat.
io8<>.
d tr.f. 35 t.
e Vr.p. 4)7.
V. N OTE
2 f^Nor/i ^lle vivoit encore { en 1 1 34. Pierre laiflà de cette princelTe un autre fils ap-
ilu & note pellé Ptfns, qui fut d’abord religieux de faint Pons de Tomieres, & deux
xxxvu.n.4. fines . pune, dont on ignore le nom , époufavers l’an 1080. Guillaume IV.
un
feigneur en partie de Montpellier : l’autre appellée Adde , fut mariée à
feignéut nommé Pierre du Puy. Quant à Godefroy évêque de Maguelon-
g «e, il fit un voyage 8 en Italie la même année io86^cafiiftaaumoisde May aux
1086-8-j. obfeques de faint Anfelme évêque de Luques.
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DE UNGUEDOC. LivXV ,
à l’abbaye de làint Victor de MarfeiMe a, d £">* ie cette année xxvu.
de làinre Ma* de Narbonne fo"/%* * «S"6 «2*SC
lifts, Sc qui était lîtuéc dans un fu.vhtC "j ce avec fit fiffragms catht. i* PLksvJ-
qualifie Jw,*r + ft ,“î V & ^ Si.
cette donation dans le deflèin d’établir defnT- j & declare quil fait rw &.
avoitéte long. tenu poffedéé Jr T, des niomes dans cette églife, qui
d’avoir en j/perfonne des religieux q uU’hfte/rXt flS‘ 7’ & ** 23^
fouferit pat ^ ^ <*
laurae abbé de Pfabnodi r, j ZITa ' 4 “ "l| 3bbc de Cadres , Guil-
raace confirma» cette union au mois Dai'
tentent du clergé de là cathédrale en mvi "Are de an I0,J8- du confen. > u,i.p.ii.&
fonne, & de Bertrand ^le dè Bafcelonf n rie
fainte Marie, qui ed la tXémc p3™t de NaTbTnne 71 dc
une communauté de moines Tous r;rr„ a» -W .nne » ^ E deflervie par
qu'on donna à cette églife le LnÔm de ^onvenntel ; de là vienc
Lov.irr dans le langage du païs c'èd ' & celui de 1 ’ A-
i la congrégation de8 |im MauV ni f ’ “ cfl uni d Prefe>lc
fida b au mois de Septembre de lç£ T !-,de Narfaoil"e Fd-
fc tint alors à l'abbaye de Paint Epienne de Baon" fT** f* affemblbt
aalu 8e le diocèfe de Gironne , pour la dédiewf de I ’éTf a de„Be- &J"1'
Les évêques Berertger de Gitmtne Pierre S n“ mgbfe de cen'°”dlere.
fonne. dodefroy d! Magne lonne ’ & B rtrlnd de ’ B?“g“d'Au-
à cette ceremonie, avec un grand Nombre a» T • • Blrcelo"e fe «ouverent
comte de Bezalu L’acte ed Ibufcrir e elgneuts» entr ancres Bernard
& Gibellin archevêque d’ides ^ ^ Matfred ***** Beziers.
ïS3âE£F*^MS=r:
î:Sà:.«.£&
laume abbede fakPaîTffi 1 °9^ T C?nfeil deGui1-'
monaftere de l’AmourguL de <0“ au ’
?£irmeî^e^fio^?fo\fs 1 Dfi' ’ qU>iI tci'uk * de ^nfacrer' Armudévêqüê <» Mfp,
gnoit que ce ièrment ne nrot-prlîr a„ i ^ n S °e 1oiî. eëi“e’ & (ÎU]1 crai- V>Uij,.A.
qu’ürbln H. eûtcS^te tefeTr*^00^'-
ïrSw^S-S
«tierement purgPé. mformations fur les fieux. Arnaud fe L
Vilfe^u 7 NarV°e tompetiteur de Dalmace dans l’archevêché de cette
tta'du ? Mars r lt‘! 'oI°7ire7“- Nous avons du moins un aâe a » r,,.
à'hiave 1 7 f d j- Îo89; .dans lecluel P^rre ne prend que le titre & ^
aupXam YfondI e„“ efe a,' * N~b‘™ ^
é?l t pr^B^nger^
a ,e> 11 ne depuis la rcfidcnce ordmaire à Narbonne où il ivair^K^
de cette vifiae";
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i^o
HISTOIRE GENERALE
il fonda * enrr’autres dans le diocèfe de Rodez ,
An. 1086. de la pieté : il fonda * cntr’autres dans le diocèfe de Rodez , qu‘il gou.
a ùU.&wjtr. verna pendant vingt-fixans, lemonaftere du faint Sepulchre de Villeneuve.
, ,C>xxix. On vient de voir que Raymond de laine Gilles étoic à Narbonne au mois
itnymond de d’Avril de l’an 1086. Il partit bientôt après de cette ville pour faint Gil-
S Ciill s marie
lœur avec le
comte cie Cler¬
mont eu Au-
b G 4M fri J.
Bmme de s - ^cs > ^ a^a recevo*r Emme fa belle-fœur , fille de Roger comte de Sicile,
eik ia Le le- Un auteur b dutems rapporte les circonftances fuivantes du voyage de cette
princelle : » Le roi Philippe I. dit cet auteur , ayant formé ledelfein de ré¬
pudier la reine Berthe la femme , envoya des ambaffadeurs au comte de
» Sicile pour lui demander en mariage Emme fa fille , qu’il avoit eue de fa
Miuufc'.t. ” première femme. Le comte qui ignoroit les vues du roi , équippa une flot-
» te , fit partir fa fille avec une dot 6c des prefens confiderables , 6t l’envoya
»àlaint Gilles au comte Raymond fon gendre, en qui il avoit une entière
«confiance, 6c qu’il chargea de remettre cette princefie au roi , lequel
» devoit Palier recevoir dans ce lieu. Raymond informé que le véritable
« delfein de Philippe ctoit de fe faifir des tréfors que la princelle de Sicile
«apportoit avec elle pour fa dot, 6e non pas de l’époufer, fongea à fes pro-
» près interets. Il reçût Emme avec honneur j mais lous prétexte de vou.
» loir la marier avec quelque grand feigneur au défaut du roi , il envoya
«demander aux capitaines des vaiflèaux de la part de la princefie , qu’on lui
» remît l’argent qu’elle avoit apporté, 6e dont il vouloit s’emparer. Les gens
» que le comte Roger avoit donnez à fa fille pour l’accompagner, fe dou-
» tant de quelque fupcrcherie , levèrent l’ancre aulfi-tôt, laillèrent la prin-
» celle entre les mains de Raymond , 6e arrivèrent ainfi en Sicile avec tous
« lestrélors. Raymond , quoique trompé dans fon attente , en agit cependant
« très-bien à l’egard
de fa belle-fœur , 6e la maria avec le comte de Cler-
ubac.
» mont.
Tel eft le récit que nous a lailîe de cet événement Geoffroy Malaterre qui
écrivant vers ce tcms-là en Sicile pouvoir en être informé. Quelques moder-
e v. b alux.. nes c y trouvent cependant de grandes obfcuritez , 6e des dilficultez qui pa-
4tmirg.nA. roiirent infurmontables ; ce font leurs termes. « La principale , di(ent-ils , eft
t-H'&fii’ «l’ignorance où étoit, fuivant -l’ancien hillorien , le comte de Sicile , lorfque
» le roi Philippe lui demanda Ci fille en mariage , que ce prince eût répudié la
«reine Berthe, 6e epoufé la comtcife d’Anjou j affaire qui fit un fi grand éclat
«dans le monde, 6e qui n’arriva d’ailleurs que plufieurs années après, lous
«le pontificat d’Urbain II. Enfin, ajoùtent-ils , Philippe étoit fi amoureux
« de Bertrade dans les commcncemens de fon divorce , qu’il n’y a pas lieu
«de préfumer qu’il ait pù en ce tcms-là porter fes penfées ailleurs. Mais Geof¬
froy ne dit pas que Philippe eut répudie Berthe lorfqu’il demanda la princelle
d d an.hiflj, de Sicile en mariage , comme ces auteurs d , qui rapportent cet événement
Fr»» ■. P 1077. ^ pan 1092. le fuppofent 5 mais feulement quil vouloit * la répudier. Et en
pelleté.*1.11 ten- effec, Geoffroy parle de ce voyage d’Emme de Sicile en France fous l’an
10S6. Rien n’émpêche donc que le roi de France dégoûté de Berthe , ait
réfolu en 1086. de la répudier , comme il fit dans la fuite , fous prétexte de
parenté , 6c que le comte de Sicile comptant fur cette répudiation, lui ait
accordé fa fille. D’un autre côté Raymond de faint Gilles 6c les Siciliens
voyant que ce prince ne rompoit pas fon mariage , 6c ne venoit pas au devant
d’Emme, comme il l’avoit promis, peuvent l’avoir fupçonne de n’en vouloir
qu’à fa dot. Tout cela n’a rien de contraire au récit de Geoffroy, 6c .n’im¬
plique aucune contradiction.
Au refte nous ne doutons pas que le comte de Clermont , que la princefie de
Sicile époufa , ne foit le même que le comte de Clermont en Auvergne, 6c
non le comte de Clermont en Sicile , comme le fuppofe un auteur moderne,
fous prétexte que Robert II. comte d’Auvergne etoit alors marié avec Judith
de Melgueil qui lui furvêcut. Mais Emme de Sicile peut avoir époufé en
1086. ou 1087. Guillaume VI. fils du même Robert II. âge en ce tems-làde
19. à 20. ans: car, 1 ". On ne connoît pas dans quelle mailon le même Guil¬
laume VI. s’allia, & on ignore le nom de fa femme. z°. Il eft certain , fuivant
Geoffroy Malaterre , que Raymond de faint Gilles maria Emme fa belle-
fœur en deçà de la mer 6c en France , 6c non en Sicile. D’ailleurs cette pria».
: B»Iuz.ilid.
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1087.
Pr.p. $15.
Mab.ad anrtk
1077. n. 4. ad
ann.10%6 .n.7 .
DE LANGUEDOC. Liv. XV. *7i
eefTe n’avoit aucun befoin de ce comte pour fe marier en Sicile. 30. Guillau- An.io86~.
me VI. qui fuccedaenfuice au comté d’Auvergne , fut fort lié d’amitié avec
Raymond de faine Gilles , qu’il fuivic » à la guerre fainte. 40. Enfin il paroît %m.f.
certain que le même Guillaume portoit en 1 086. le titre de comte de Cler¬
mont , pour fe diflinguer du comte d’Auvergne fon pere : en effet il eft parlé b Aliène, ebr .
de lui tous le nom de comte de Clermont , en 1096. b lorfqu’il partit pour la ^
Croifade. En r *03. il prcnoicc la qualité de comte £ Auvergne ; d’où l’on doit pV'ff* ‘
conclure que Robert II. fon pere mourut durant cet intervalle.
Raymond de faint Gilles alfifta fans doute aux noces du comte de Cler- G***en,re
mont & d’Emme fa belle-focur. Nousfqavonsdu moins qu’il fit un voyage du Adcmar m-
côté d’Auvergne quelque tems après l’arrivée de cette princefïe, èc qu’il étoit 8“c ^mtc»
au Puy d le premier d’Avril de l’an 1087. lorfqu’Ademar , ou Aymar évêque de police,
de cette ville, du confentemcnt de fes chanoines , donna l’églife d’Uflon dans laint
fon diocèfe, à l’abbaye de la Chaife-Dieu. Raymond fut le premier des laï- - '
ques qui fouferivit à cette donation , dans laquelle il fe qualifie comte de Rouer- A
yue. L’évêque Adcmar1-' ctoit alors de retour d’un pèlerinage qu’il avoitentre- e
pris l’année précédente à la Terre fainte.
Durant fon abfence Guillaume III. abbé de faint Chaffre étant venu à dé¬
céder , les religieux élurent à fa place Guillaume IV. que faint Hugues évê¬
que de Grenoble, avec lequel ce nouvel abbé avoir contracté des liaifons très-
étroites, benitauPuy en 1087. Guillaume IV. étoit fils de Geilin comte de
Valentinois , bienfaiteur de l’abbaye de faint Chaffre. 11 fit lui-même des biens
infinis à ce monaflere , Sc le rétablit prefque entièrement. Il fit tranferire
toutes les chartes dans un cartulaire par un de fes religieux , qui y inféra en
même tems la chronique du monaflere. Il fonda pour des filles celui de faint
Pierre de Fraiffinet , fitué au voifinage de faint Chaffre, dont il dépend en¬
core aujourd’hui. Il obtint d’Ademar évêque de Rodez l’eglifè de S. Sauveur
de Scverac , fituée fur les frontières du Rouergue &. du Gevaudan ,& y éta¬
blit une communauté de fes religieux : enfin ayant fait un voyage à Rome
en 1090. 1 lepapeürbain II. lui accorda un privilège pour fon abbaye.
Cet abbé eft le même , quoiqu’on ait avancé é le contraire, que Guillaume
■auparavant moine , enfuite abbé de S. Chaffre , qui vivoit encore en 1 1 34. & fv. td. 10. %
dontle B.Guigues prieur delà grande Chartreufc fait mention, dans la vie qu’il l66‘
écrivit alors de faint Hugues évêque de Grenoble. En effet, fuivantle témoi¬
gnage du même auteur1', cet abbé Guillaume , delà pieté duquel il fait un
sort grand éloge , étoit en ce tcms-là extrêmement âgé , & avoir été difciple
de laintHugues , avec lequel il avoir vécu plus de vingtans dans le défert de
la Chartreule, lorfque faint Bruno, leur ami commun, jetta les fondemens
de ce monaflere vers l’an 1 oS 3. Guillaume IV. fut donc abbé de faint Chaffre
depuis l’an 1087. jufqu’cn 1 1 3 5. qu’il décéda.
Ademar évêque du Puy après fon retour de la Terre fainte fit tout fon
poffible pour retirer des mains des laïques les biens ecclcfiafliques dont ils
s’étoient emparez dans fon diocèfe. Les deux vicomtes1 de Polignac , Pons & ipr.p.8,
Heracle , avoientufurpé entr’autres par violence la troifiéme partie du revenu
-de fon églife. Ce prélat pour faire ceflcr leurs vexations , & défendre les droits
de fon clergé > eut recours à la force , leva des troupes , êc déclara la guerre
aux deux vicomtes qui croient freres , & qu’il obligea enfin , après divers com¬
bats, de venir à compofition. Ils fe defiflerenr , moyennant la lbmmcde vingt-
cinq mille fols , monnoye du Puy , qu’Ademar leur compta , de toutes leurs
Ê rétentions fur l’églife de cette ville , qui recouvra par-là fon ancienne x xj
berté. A leur exemple les autres feigneurs du pais abandonnèrent la dîme Raymond da
•de diverfes éelifes , fur lefqucllcs ce prélat impofa un cens pour l’entretien s- Gilles bien*
de fes chanoines. t ba>c de i«»c
Les grands domaines que Raymond de faint Gilles pofledoit aux environs Andrc d'Avi-
du Rhône, l’engageoient à faire fa principale réfidence dans ces cantons. Il /ufc*
étoit en 108 8. à l’abbaye de faint André furie bord occidcntal-de ce fleuve & de l’oiquic-
à j»a„: - lorfqu’il fit deux donations k confidérables à ce mona- — _
' * . ‘ 1088.
f Ruirt. vit.
Urb. II. n. 71»
g G.iff. chn
h Boll. to. i.
‘dpril.pl6.49o
6*4$.
vis-a-vis d’Avignon ,
-ftere, dont Pierre étoit abbé. Par la première il lui donne le Puy ou montagne IO°®.
d’Andaon où il ctoit confirme , avec le village voifîn , celui d’Angles , &c.
Tome II.
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Àn.io88.
a K. GalUhr.
nov. ed. to. i.
/• *ÎJ-
b NOTE LU.
XXXII.
Guillaume IV.
difpofe du
comte deTou-
loufe & de Tes
autres domai¬
nes en faveur
de Raymond
fon ftcrc.
e Pr. p. 304.
d V.Liv.TLW.
H. IOJ.
cPr. p. j*i.
f Gaufrid. Vof.
chron . p. 304.
F. Ftrrtras
g NOTE XL.
»• A'&Mï-
XXXIII.
Duché de
Kaibonnc.
171 Histoire generale
ü'* /rf même maniéré que fer prèdeceffeurs les lui avoient donnez^, avec permiflîoil
à Tes vaflaux de difpoièr des fiefs qu’ils pofledoient dans fon comte , en faveur de
cette abbaye, à laquelle il donna par le fécond a&e le mont T odon dans le dio^
cèle de Cavaillon », avec divers autres domaines. La première de ces deux do¬
nations eft fouferite parpluficurs fcigncursdu païs , entr’autres par Guillaume
de Sabran , Elzear d’Ufcz , Roftaing de Pofquicrcs , Gibcllin de Sabran, &
Ripert de Caderoullc de la part du comte ; par Albert évêque d’Avignon,
Roftaing prieur de faint André , 2c les autres religieux de ce monaftere de la
part de l’abbé.
Elzear eft le plus ancien feigneur d’Ufcz dont nolis ayons Connoifiance. Il
vivoit encore b en 1 1 1 3. & fut pcrc, à ce qu’il paraît, de Raymond-Decan,
& de Rainier ou Rainon fon frere , qui partageront la fèigneurie d’Ufcz , & la
tranfmirent à leurs defeendans. Le premier, qui décéda en 113S. poflèda
aulfi la feigneurie de Pofquicrcs dans le dioccfc de Nifmes , 2c fc qualifia com¬
munément Raymond-Decan, ou Dccan de Polquicres. Nous conjecturons
de-là que Roftaing de Pofquicrcs, dont nous venons de parler , & qui vivoit
dès l’an 1065. n’eut qu’une fille qui fut fon héritière, & qu’elle porta la baronie
de Pofquicrcs dans la maifon d’Ufez , par fon mariage avec le même Raymond,
Dccan. Nous parlerons ailleurs de la pofterité de ce dernier 6e de celle de
Rainon fon frere.
Raymond de faint Gilles fe qualifie comte de Touloufe, duc de Narbonne &
marquis de Provence dans les deux donations qu’il fie en 1 0S8. à l’abbaye dè
faint André-, ce qui prouve i°. Qu’il prenoit le titre de comte de Touloufe
du vivant de Guillaume IV. comte de cette ville fon frere i auquel il fuccedà
quelques années après. i°. Qu’il fèregardeit par conféquent dès-lors comme
Ion héritier préfomptif , quoique Guillaume eut une fille qui lui furvccut ; mais
pour mieux développer ce point important de notre hiftoirc , il faut reprend
dre les choies de plus haut.
On a déjà vii que Guillaume IV. comte de Touloufe fut marié deux fois;
i°. Avec Mahaut qu’il avoir epoufee avant l’an 1067. z°. Avec Emme de
Mortaing. Il eut de ces deux femmesau moins deux fils, auxquels il furvêcut.
L’aîné «nommé Pons vivoit vers l’an 1080.6: mourut fort jeune. Il fut inhume
avec fon frere, donc 011 ne marque pas le nom , 2c qui décéda aulfi dans l’en¬
fance , en un même tombeau qu’011 voit encore hors de l’cglife de S. Sernin de
Touloufe , comme nous l’avons marqué d ailleurs. Guillaume eut une fille nom¬
mée Philippe e, d’Emme de Mortaing fa fécondé femme. U la maria ( vers l’an
1086. à Sanche roi d’Aragon 6e de Navarre , qui avoit époufé en premiè¬
res noces Felicie , laquelle mourut le 14. d’Avril de l’an 10S5. Philippe dè
Touloufe furvccut au comte Guillaume Ion pere, 2c fe remaria dans la fuite
avec Guillaume IX. comte de Poitiers 6: duc d’Aquitaine. Elle prenoit quel¬
quefois le nom de Mahaud.
Guillaume IV. comte de Touloufe g, quelque tems apres avoir perdu fes
deux fils, fc voyant fans cfpérance de laifler des enfans mâles , appella i
fa fuccelfion Raymond Ion frere , 2c lui céda ou vendit de fon vivant le
comté de Touloufe 2c tous fes autres domaines , auxquels il paroît d’ail¬
leurs que Raymond ctoit lubftitué. Ce dernier fc qualifia comte de Tou¬
loufe auffi-tôc après cette ceffion ou cette vente , 2c on vient de voir qu’il
prenoit cette qualité en 1088.
Quant au titre de duc de Narbonne que Raymond fe donnoi t en meme tems,
2c qu’il tranfmit à fes defeendans , il n’eft pas différent de celui de marquis de
Gothie ou de Septimanie 5 dignité qui avoit pafl'é dans fa maifon après la
mort de Guillaume le Pieux duc d’Aquitaine , 6: qui ayant cté poffedée de¬
puis pendant long-tems par la branche de Rouergue , avoit été réunie à la
fienne en fa perfonne 2c en celle de fon frere. Par-là Raymond fit revivre
l’ancien titre de duc de Septimanie que fes prédecelîeurs avoient porté autre¬
fois , 6c il ne fit que changer le nom de Septimanie ou de Gothie en celui de
Narbonne, ville métropolitaine de cette province. Il en poffèdoit d’ailleurs la
plupart descomtez particuliers, dont lui 2c fes fucceffèurs réunirent la déno¬
mination fous celle de duc de Narbonne, comme ils comprirent celle de comte
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DE LANGUEDOC.Liv.XV. *7J _
Querci, de Rouergue &: d’Albigeois , fous le titre de comte de Touloufe. Au An. 108 8.
relie comme il paroît que Guillaume IV. fe qualifioit duc d’ailleurs , & qu’il
partageoit avec Raymond l'on frere l’autorité lür la Gothie ou Septimanie,
1 J r i i* tii • 1 > x a F. hOJE
ce dernier ne prie lans douce le titre a de duc de cette province , qu apres nll
s’être alluré la polTelIion entière de tout le pais , par la ceiüondont on vient
de parler.
On a explique ailleurs les droits de Raymond de faint Gilles fur la moitié ^«quîtsirde
deb la Provence, dont il prit fans doute le titre de marquis , pour fe diftin- pt0vcoce.
guer des defcendansdeGuillaume I. partagez en deux branches, qui s’en di-
loient comtes, &: avoient droit à l’autre moitié. Il dominoit avec eux par in¬
divis fur toute cette province qui s’étendoit depuis l’Ifere julqu’à la mer ^de¬
puis les Alpes jufqu’au Rhône : ainfi le marquifat de Provence n’avoit pas
encore de limites réglées. Il eft certain en effet que Raymond de faint Gilles
ctendit également fon autorité pendant fa vie fur la haute & la baffe Provence.
La première échut dans la fuite à Alfonfe fon fils , & compofa le marquifat
de Provence l’autre, qu’on nomma comté d’Arles ou de Provence, au comte
de Barcelone , par le partage de cette province dont ces deux princes convin¬
rent enfin en 1 1 1 j. _ .
On voit manifeftement que Raymond de faint Gilles dominoit en 1089. fur 1089.
la baffe Provence , par le récit du différend c qui s’éleva alors entre Aldebert c G*n.ebr.r*v.
abbé de Lerins, &c le cardinal Richard abbé de S. Viétor de Marfeille. Ces * £rfej’
deux abbez s’en étoient d’abord rapportez à la décifion de certains arbitres: k
mais le dernier n’ayant pas voulu fèloùmettre à la fcntence arbitrale , eut re- l0i9'n ’ lx'
cours au comte Raymond afin qu’il là caffat de fon autorité. Les parties convinrent
cependant , du confentemcnt de ce comte , de nouveaux arbitres , qui rendirent
leur jugement , enptefence & avec C approbation du même Raymond comte de faint
Giüeu . . xxxv.
Si la Gothie ou Narbonnoife I. reprit fon ancien luftre par rapport au tem- EmrCprifc de
porel fous l’autorité de ce prince , elle en perdit une partie vers le même Bcrc^ct évi-
tems pour le fpirituel , par le rétablillement de la métropole de Tar- ?u"c u^uriîa!-
ragone ; ce qui dépouilla les archevêques de Narbonne de la jurifdidion ftioo métro,
dont ils avoientjoui paifiblement depuis le VIII. fiecle jufqu’alors , fur tou-
te la Marche d’Efpagne ou Catalogne. Les comtes de Barcelone, de quelques dcNaitoone.
évêques du pais, avoient à la vérité fait quelques tentatives durant cet in¬
tervalle d pour fouftraire cette province à l’autorité métropolitaine des arche- d v- liv’xi-
vêques de Narbonne 5 mais tous leurs efforts avoient été inutiles. En dernier ”‘}7'
lieu Raymond comte de Barcelone avoit eu deflèin <•* en 1017. à ce qu’il pa- e Mm.uîff.
roît , lorl'que la mort le furprit , de rétablir l’archevêché de Tarragone j &
Raymond-Berenger I. fon lucceffeur s’étant emparé des ruines de cette ville
furies Sarafins en 1050. projetta de la réparer fie d’y remettre l’archevêché.
Ces projets étant demeurez fans execution , les évêques de la Marche
d’Efpagne continuèrent de reconnoître la métropole de Narbonne jufqu’en
vêché de cette ville , & il y réufiïc enfin.
Ce prélat f s’étant rendu à Rome,fous prétexte d’aller vifiter les tombeaux f JW. f.nt*.
des faints Apôtres, s’adreffiau pape Urbain II. ôc lui ayant fait entendre ce
qu’il voulut , il l’engagea à écrire le premier de Juin de l’an 1 08 9. une lettre
commune à Berenger comte & marquis de Barcelone , à Ermengaud comte d’Ur-
gel , &à Bernard comte de Bezalu jà tous les évêques de laprovincedc Tarra¬
gone & de Barcelone-, aux vicomtes, & enfin aux autres feigneursecclefiaftiques
& laïques du pais. Le pape leur marque que Berenger évêque d’Aufonne,dont il
fait un grand éloge, lui ayant reprefenté les privilèges que fon églile , qui
étoit celle de Tarragone , avoit obtenus autrefois du faint fiege , il avoit réfolu
d’en relever la dignité. Dans cette vue , il les exhorte à rebâtir auparavant
cette ville , pour la mettre en état d’avoir un fiege èpifcopal , & les charge de ce
foin en compenfâtion de la penitence qu’ils dévoient faire pour la rémif.
fion de leurs pechez. Ilperfuade enfuite à ceux qui voudroient entreprendre
T orne II. M m
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V
An.io8j>.
i Marc. Hifp.
m°j- &fa-
b V. ibid. /».
4*8- & «70.
Rmn.vif. Urb.
Jl n.+9-*f-&
fa-
XXXVI.
' V L i . Concile
Je Touloufc.
c Bertol. ebron.
ConciLto. 10.
f* 479-&fa-
Roder. lolet-l .
6,c.i6-
105)0.
i Balaz. Mife .
go.
fa-
c Marte ».
Anecd. to. 4.
uo.
174 HISTOIRE GENERALE
le pèlerinage de Jerufalem , ou rout autre, d’employer au rétabliflèment de Pé*
glife de Tarragone les dépenfes qu’ils feroient obligez de faire dans cesvoya-
ges, afin, dit-il, que cette ville puiflè fèrvir de boulevard contre les Sara*
lins. Il leur accorde la mime indulgence qu’ils gagneroient en faifant ces divers
pèlerinages , 6c promet de rendre après ce rétabliflèment à l’évêque d’Au-
fonne , 6c à l’églife de Tarragone leur ancienne dignité. » Sauf cependant ,
Majoûte-t-il , la juftice qui elt due à l’églife de Narbonne. Mais fi l’arche-
» vêque de cette ville ne peut pas prouver que la province de Tarragone eft
» foumife à fon autorité en vertu d’un privilège du faint fiege , nous remettrons
m alors celle de Tarragone dans fes droits, 6c nous accorderons le Pallium i
3s 1’cvêque Berenger.33 11 leur enjoint enfin d’aider ce prélat de tout leur pou*
Voir pour le rétabliflèment de Téglife de Tarragone.
On voit par cette lettre i*. Que l’évêque d’Aufonne fit entendre i Ur¬
bain que l’ancien archevêché de Tarragone avoit été uni à fon églile. Ea
effet, Aton fon prédeccflèur avoit obtenu cette union en 971. du pape Jean
XIII. mais il n’eut garde de lui faire remarquer que la bulle n’avoitpas = eu
fon execution , par l’oppofition de l’archevêque de Narbonne , 6c des évê*
ques de la Marche d’Efpagne qui avoient refufé de recevoir 6c de reconnoî-
tre ce privilège fübreptice. 20. Que le defTein du pape b étoit de foumettre
1’évcché de Tarragone après fon rétabliflèment à î’autorité des archevêques
de Narbonne, comme à celle de fon métropolitain naturel : mais la claufe
qu’il inféra dans la lettre , 6c que l’évêque d’Aufonne, qui avoit fes vues, lui
infpira fans doute, en empêcha l’effet ; car lorfque les églifes de la Marche
d’Efpagne furent incorporées dans la province de Narbonne, ce n’étoit point
l’ufage qu’on s’adreffat au pape, foit pour l’ére&ion ou tranflation des évêchez,
foit pour leur union à quelqu’autre province. L’autorité des conciles natio¬
naux ou provinciaux , 6c celle des princes temporels avec le confenrement
des peuples fuffifoit pour cela. Ainfi l’archevêque de Narbonne n’étoit pas en
état de produire le privilège du faint fiege qu’on lui demandoit , pour prou¬
ver fon autorité fur la Marche d’Efpagne. Il n’avoit à oppofer qu’une jouif,
fance non interrompue de près de quatre fiecles : Jouiflance qui fembloit mé¬
riter quelque attention j la demande du rétabliflèment de l’archevêché de
Tarragone n’étant faite fur-tout , ni par le roi de France fouverain dupais,
ni par les évêques de la province , ni parles peuples.
La bulle d’Urbain n’eut pas été plutôt rendue publique en deçà des Alpes,
que Dalmace archevêque de Narbonne réfolut de faire un voyage à Rome
pour en obtenir la révocation , & y foûtenir les droits de fon égli/c. Il ailîfta
auparavant à un concile qui fut tenu à Touloufèc au printems de l’an 1090.
6c auquel fe trouvèrent avec les évêques de la Gaule Gothique ,ceux dédiver-
fes provinces. Le pape avoit ordonné à fes légats de le convoquer pour la
correction des mœurs & pour la difeipline. Ifarn évêque deTouloule y futaccu-
fé de divers crimes^mais il fe juftifia fi bien, qu’il fut pleinement abfous. Bernard
archevêque de Tolede fe trouva à ce concile : il revenoit alors de Rome où
le pape lui avoit accordé la primatie fur l’Efpagne. Alfonfe VI. roi de LeonSc
de Caftille y envoya de fon côté des ambafladeurs , & demanda des légats
apoftoliques pour rétablir le chriftianifme dans la ville de Tolede qu’il avoit
enlevée depuis peu aux Infidèles. Raymond de faint Gilles s’y trouva auflt:
car nous fçavons qu’il abandonna à l’abbaye de ce nom en prefence des pré¬
lats aflèmblez dans le concile , la part des offrandes qu’on faifoit à l’autel de
ce faint , 6c dont fes prédeceflèurs s’étoient emparez. C’efl: tout ce que nous
fçavons de ce concile deTouloufe,qui fut le VII. de cette ville dont nous ayons
quelque connoiflance.
Nous ne doutons pas cependant que ce ne fut aux évêques qui le com-
jofoient que s’adreflèrent c les chanoines de l’églife de Beziers , pour fe
daindre de quelques feigneurs du diocèfe qui s’étoient emparez de leurs
>iens. En effet i’anathême qui fut prononcé en conférence de cette
plainte contre les ufurpateurs, elt au nom de Richard 6c d’Amé vicaires de
l’églife Romaine , de Dalmace métropolitain de Narbonne, 6c des évêques
Matfred de Beziers , Godefroy de Maguelonne , Pierre de Nifines, Pierre
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DELANGUEDOC. L i v. X V. 47; _ -
de Carcaflonne , Bernard de Lodeve, Berenger d’Agde, 6c Guillaume d’Albi. AN.1090.
L’cpoque de leur épifeopat convient très-bien d’ailleurs avec la date de ce
concile. Le cardinal Richard abbé de faine Viéfcor de Marfeille 6c Amé arche¬
vêque de Bourdeaux. y auront d,onc préfidé en qualité de légats , 6c non
pas le cardinal Ray nier , comme on le prétend», fans aucune preuve. /«?•'
L’églife de Maguelonne n’étoit pas moins vexée alors par les puiflances xXXJii.^
féculieres que celle deBcziers. Guillaume V. feigneur bdè Montpellier refufoic ,.év£j°rc cd°fe
non-feulement de fe reconnoître vaflalde l’évêque, mais il avoit encore -Migueioanc st
ufurpé l’églife de Notre-Dame de Montpellier , 5c divers fiefs qui étoient
'du domaine de l’évêché , entr’autres celui de Montpeilleret. Godefroy évê- Montpellier
que de Maguelonne foûtint de fon côté avec tant de, vigueur les droits de ^mma^e.Ag-
ion églife, qu'enfin il obligea Guillaume à remettre leur différend à l’arbitrage g:3naiiianenc
de Pierre archevêque d’Aix , d’Hugues évêque de Grenoble , de Didier d5 ““y£et"
évêque de Cavaillon, ôc de quelques autres ectlefiaftiques 6c féculiers, qui l'Cpr.p'ii7.&
jugèrent que Guillaume par fes uiurpations , 6c le refus qu’il faifoit de recon- ftqj.
noître l’évêque pour fon feigneur , devoit perdre fon bénéfice , c’eft-à~dire les
domaines qu’il avoit reçus en fief de l’églife de Maguelonne. Ces arbitres
portèrent en même tems lps parties à s’accommoder. Suivant l’accord dont
elles convinrent, ôc qui eft daté du 20. de Décembre de l’an c 1090.6c non de
l’an 1093. comme l’a avancé un moderne d, Guillaume laifla à la difpofi-
tion de l’évêque l’églife de Notre-Dame de Montpellier avec fes clercs , ôc à G»ritijtr.
la troifiéme partie des dîmes 5 les autres églifes , les clercs , ÔC la juftice des pfrl/^MtJed.
clercs, pour en difpofer félon les canons 3 ôc enfin les deux tiers du fief que
tenoic Pierre de Liecas : il acheta de ce prélat l’autre tiers de ce que le mê¬
me Pierre de Liecas avoit dans Montpellier pour la fomme de 1300. fols
Melgoriens , 6c promit par ferment de laiffer jouir paifiblement le même
prélat de tous les domaines de fon églifej, Ôc de ceux qu’il acquerroit dans
la fuite avec fon confeil , ainfi que les chanoines de faint Pierre de ce qu’ils
tenoient en commun. Il chargea fes heritiers qui poffederoient fon domaine de
faire un femblable ferment aux fuccefleurs de Godefroy, ôcàla communauté * * Communia»
de chanoines. Quant au lieu de Montpeilleret, dont Guillaume s’étoit em¬
paré, l’évêque en retint deux tiers , dont il en donna un en fief à quelques
lèigneursavec le confeil de Guillaume. Celui-ci garda le troifiéme qu’il reçût en
fiel ,i condition qu’il ne s’oppoferoit pas à l’aggrandiflèment de ce lieu : enforte
que Godefroy ne retint dans fa main que le tiers de Montpeilleret , avec le
pouvoir d’y mettre un vicaire ou viguier.
En conféquence de cet accord Guillaume prêta ferment de fidelité à Go¬
defroy & à fon chapitre. 11 demanda enfuite à ce prélat de lui donner le fief
de faint Pierre que lui & fes prédeceffeurs avoient tenu, parce qu’il avoit mérité d’en
être dépouillé par fa conduite, fuivant le jugement des arbitres. Godefroy lui
dit alors , ne reconnoijfez^vous pas que vous tenezjflùt’ot ce bénéfice de faint Pierre
& de moi , que de tout autre feigneur * , & qu'il vous eft bien plus avantageux d’être * Senior.
mon vajfal & de faint Pierre , que d'un autre ? Guillaume répondit qu’il le re-
connoifloit. L(évéque ajouta, » N’abandonnez-vous pas à Dieu , i faint Pierre «
&à moi , l’églife de Notre-Dame de Montpellier , fes cimetières, fon«
alleu , 6c fes dépendances , la troifiéme partie de la dîme , tous les clercs «
de la ville, 6c les deux tiers du fief de Pierre de Liecas fituez au dehors ? «
Guillaume ayant répondu oui , Godefroy lui donna tout le fief que les pré-
dece/Teurs de ce feigneur avoient eu de faint Pierre , excepté l’églife de
Notre-Dame- de Montpellier, celle de Montpeilleret, les autres églilès, les
dîmes , tous les clercs à" la juftice des clercs. Il lui donna aulfi le tiers du
fief que Pierre de Liecas pofledoit hors la ville , entr’autres à Montpeilleret,
avec la troifiéme partie des édifices qu’on y avoit conftruits ou qu’on y con-
ftruiroit dans la fuite, à la réferve de l’églife, & de ce que l’évêque Arnaud
fon prédecelîèur avoit polfedé dans le domaine de ce lieu avant qu’il plai¬
dât avec le même Guillaume. Enfin Godefroy pardonna à ce dernier tous les
griefs qu’il avoit contre lui , à condition qu’il ne lui manquerait plus de fidelité
comme il avoit déjà fait -, qu’il le ferviroit, ainfi qu’il y étoit obligé, 6c que luiôc
fes fuccelfeurs feroient fidelles à l’églife de Maguelonne. Guillaume exécuta
T ome II. M m i j
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An.
109a.
a JV./.ijr.
XXXVIII.
Vains e fforts,
de Dalmacc
archevêque
de N '.rboune
pour empêcher
le rctublitfê-
meuc de la mé¬
tropole JeTar-
ragonc.
bConcil.to.io.
1840.
V.Aitrc.Hfp.
P- 4,70
Ruin.vit.Urb.
C Conctl. ibiU.
t.+ it-è'jef'
z7* HISTOIRE GENERALE
de bonne foi cet accord, 8c rendit entièrement à l’évêque le 14. d’Avril de
l’an 1093. toutes les églifès 6c les dîmes qu’il poffedoit en propre, ou que
d’autres tenoient de lui. Il prêta un nouveau ferment de fidelité vers l’an
1 1 10. à Gautier fucceffeur de Godefroy , 8c à l’églife de Maguelonne j 8t fes
fuccefleurs ne firent pas difficulté d’en faire de même dans la mite.
Nous nous fournies un peu étendus fur cet événement, parce qu’il nous
apprend l’état où étbit la ville de Montpellier à la fin du onzième fîe-
cle. Nous ajouterons ici quelques remarques à ce fujet. i". On diftinguoit
alors la ville de Montpellier du lieu de Montpellieret, fitué au voifinage,.
dans lequel on élevoit tous les jours de nouveaux bâtimens. C’eft donc là
proprement l’époque de l’aggrandiflement de Montpellier, qui devint dans
peu une ville des plus confiderables de France. Le lieu de Montpellieret qui eft
depuis long-tems dans fon enceinte , s’étendoit depuis la porte du Pilé faint
Gilles, jufqu’à celle de Lates. i®. Il paroît que Guillaume V. feigneur de
Montpellier avoit refufé jufqu’alors de fe reconnoître vaffal de l’évêque de
Maguelonne 3 8c comme il eft marqué dans l’aéfce , qu’il s’étoit fournis à
d'autres feigneurs , cela peut faire croire qu’il avoit fait hommage de fon do*
maine à Raymond de faint Gilles , qui en qualité .de .marquis de Gothie , ou
de duc de Narbonne, étendoitfafuzeraineté fur toute la province. On peut
appuyer cette conjedure fur ce que le même Guillaume s’étoit mis » dans fa
jeunefle fous la prote&ion de ce prince , qui s’étoit engagé de lui conferver
fes domaines, 6c avec lequel il fut toûjours lié très-étroitement. 30. C’eft là
le plus ancien hommage que nous ayons des feigneurs de Montpellier aux
évêques de Maguelonne 3 ainfi il eft allez vrailemblable que les prédecef-
feurs de Guillaume V.s’étoient tenus dans l’indépendance de ces prélats durant
le XI. fiecle. 4®. Nous trouvons ici l’origine des differentes juftices de Mont¬
pellier , qu’on diftinguoit anciennement en trois , fqavoir en re&orie ou part
antique , en feigneurie ou baillie , 8c en baronie. La première qui apparte¬
nez à l’évêque s’étendoit fur les deux parties de Montpellieret , que l’évêque
Godefroy fe réferva par l’accord dont nous venons de parler, 8c dans lef-
quelles il fit adminiftrer la juftice par un viguier , qui dans la fuite prit le
nom de recteur j ce qui fit donner à cette partie le nom de rettorie : elle eut celui
te part antique , parce que ce fut la première qui fut réunie à la couronne. La
fécondé donc les feigneurs dé Montpellier étoient les maîtres , comprenoit
toute cette ancienne ville , 8c le tiers de Montpellieret, & s’appelloit la hailliey
à caufe que le chef de la juftice des feigneurs de Montpellier prenoit le titre
de bailli. Enfin la juftice de la bàronie s’étendoic fut tout le refte du domaine
de ces feigneurs fitué hors la ville. Nous expliquerons ailleurs de quelle ma¬
niéré ces differentes portions ont été enfin réunies au domaine de nos rois.
Reprenons l’affaire de la métropole deTarragone.
Peu de tems b après le concile de Touloufe, Dalmace archevêque de
Narbonne s’étant rendu à Rome, reprefenra vivement au pape Urbain II. le
tort qu’il feroit à fon églife s’il retiroic les évêques delà Tarragonoifè defa
jurifdi&ion métropolitaine. Il fe plaignit auffi de la primatie qu’il avoit ac¬
cordée fur cette province à l’archevêque deTolede au préjudice de la fienne.
Mais toutes fes remontrances furent affez inutiles : les inftances du roi de
Caftille & du comte de Barcelone , avoient entièrement prévenu le pape en
faveur de l’archevêque de Tolede 8c de l’évêque d’Aufonne. Berenger comte
de Barcelone, pour gagner de plus en plus les bonnes grâces d’Urbain , avoic
fait donation c depuis peu à l’églife Romaine, entre les mains du légat Raynier,
de tous les domaines qu’il avoit heritez de fon pere y& qu'il avoit partagezjivec
Raymond-Berenger fon frere , 8c en particulier de la ville de Tarragone 5 avec
promefle, tant pour lui que pour les fuccefleurs , de tenir le tout en fief du
lâint fiege, fous le cens annuel de 1 j. livres d’argent. Il s’étoit engagé encore
de favorifer de tout fon pouvoir le promt rétabliflement de Tarragone , 8c de
f>ermectre à tous ceux: qui y contribueroient, de poflèder en alleu & en aprijion
es biens q j’ils avoient aux environs. L’aéte eft fouferit par Berenger archevê¬
que de Tarragone , Berenger évêque de Gironne , 8c plufieurs feigneurs fécu-
liers. 3 ce qui fait voir que quoique le pape n’eût pas encore prononcé défini-
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DE L AN G Ü E D O G Liv. £ V. 177 _ _
tîvement , l’évêque d’Aufonne, fur de réuffir, fe regardoic déjà comme An. 1090.
archevêque de Tarragone.
Quelque favorable que fût le pontife à ce prélat , il n’ofa cependant con¬
damner fi-tôt l’archevêque de Narbonne -, ôc pour garder au dehors quelque
forme de juftice, il écrivit a au cardinal Raynier fon légat en Efpagne &dans
la Gaule Narbonnoife , & le chargea «d’ordonner aux évêques delaTarra-u ‘
b Ruin ibid.
*•& 66«
la Gaule Narbonnoife, 6e le chargea» d’ordonner aux évêques delaTarra-u
gonoife d’obéir à Dalmace , comme à leur métropolitain , jufqu’à ce que «
réglife de Tarragone fut rétablie ; mais qu’ils eufîènt en même tems à re- «
connoître l’arche v êque de T olede pour leur primat , j ufqu’à ce que le même «
archevêque de Narbonne eût fait voir par des titres qu’il avoit laprimatie«
fur eux : car , ajoûte-t-il , vous fqavez que lorfquc nous avons accordé la «
primatie à l’archevêque deToiede, nous l’avons fait fans préjudice des pré-«
vilegesdes autres métropolitains. Enfin , continue-t-il , l’archevêque de Nar-«
bonne m’ayant afluré que fon églife avoit pour cette primatie des privilèges «
que fon predeceiîèur avoit égarez , mais qu’il efperoit retrouver , je vous «
charge d’examiner cette affaire , &de m’en faire votre rapport , pourpor- «
ter enfuite moi-même un jugement définitif. Que fi on ne peut trouver «
ces privilèges , vous n’avez qu’à travailler toujours avec les principaux du«
pais au rétabliflcment de Tarragone, dont les évêques feront tenus , en«
attendant , d’obéïr à l’archevêque de Narbonne comme à leur métropolitain.ct
Suivant un autre article de cette lettre , Dalmace s’étoit plaint au pape xxxix.
contre Frotard abbé de faint Pons de Tomieres, qui appuyé des puiflances ,Pclsal“^bsec2°“"e
dufiecle, envahilfoit les églifes de fon diocèfe , admettoità la communion s.Pons&dcU
ceux qu’il avoit excommuniez , avant que d’avoir reqû leur abfolution , & Gtair',f
avoit fait facrerun évêque à Jacca fans fa participation , &c. Urbain renvoyé
à Raynier fon légat, la décifion de ces différends, Sclui mande d’ordonner
à l’abbé de faint Pons, homme, ajoûte-t-il, qui eft dans une grande répu¬
tation de fainteté , de faire fatisfaclion à l’archevêque , de ne plus ufer fans
fa permiflion du droit épifcopal , en un mot de lerefpeéter comme fon évê-
qué, 8c d’encretenir la paix avec lui. On croit bque cet abbé avoit abufé b Ruj" iiid-
d’un privilège qu’il avoit obtenu du pape le premier de Juillet de l’annee pré- 66‘
cedente , 8c pour lequel il avoit fait un voyage à Rome. Urbain par cette
bulle avoit exempté le monaftere de faint Pons de la jurifdi&ion épifcopale,
& lui avoit accordé diverfes autres prérogatives.
Bertrand évêque de Barcelone forma aufli quelques plaintes c contre le même c conciliât.
abbé de faint Pons, qu’il accufa d’avoir 'hafTé de l’abbaye de faint Cucufat , P*s‘à'r,1-
dépendante "de fon églife , un abbé qi y avoit établi. Le pape renvoya
encore la difeuffion de cette affaire , que Frotard lui avoit expofée tout au¬
trement, au cardinal Raynier, auquel il ordonna par une lettre particu¬
lière, déporter là-deffus un jugement équitable ôc définitif , de même que
fur celle de l’églife de faint Sylveftre , que les religieux de Pfalmodi avoient
ufurpée, difoit-on, fur ceux de faint Ruf. Il écrivit aufli à l’abbé Frotard,
pour lui faire part des plaintes que l’archevêque de Narbonne, & l’évêque
de Barcelone formoienc contre lui : il lui marque qu’il avoit renvoyé la dé-
cifion de ces affaires à fon légat, auquel il lui ordonne d’obéïr fans appeller
de nouveau au faint fiege. Il l’exhorte à la fin de rendre à l’archevêque de
Narbonne le refpeéfc qui lui étoit dû , ôcd’honorer ce prélat comme fon évê-^
que & fon pere fpirituel.
Dalmace avoit encore avec l’évêque d’Elne 6c les religieux de la Grafle ,
quelque démêlé d dont il demanda juftice au pape , qui en renvoya la décifion 41 v.
fur les lieux à fon légat. Ce pontife pour confoler en quelque maniéré DaL
rtacede-ne lui avoir pas accordé les principaux chefs de fes demandes, écrivit
en fa faveur cà Raymond comte de 'Narbonne , au vicomte Aymeri , au clergé , tiiid.p. 4jj
& au peuplé dé cette ville , pour les exhorter à lui obéir , lui rendre le ref-
ped 8c la foumiffion qui lui étoient dûs , lui payer les dîmes , ôc reftituer à
fon églife les biens ufurpez fur elle. Peut-être que Pierre de Narbonne , an¬
cien compétiteur de Dalmace à l’archevêché de cette ville vivoit encore alors,
& que celui-ci voulut fe prémunir contre fes entreprifes par cette lettre , dans
laquelle le pape fait unfort grand éloge de fa perfonne.
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_ *7* HISTOIRE GENERALE
•An. 109-1. L’archevêque Dalmace de retour de fon voyage de Rome , préfidale 10.
xk Concile de Mars de l’an 1091. à un concile de fa province qui fut tenu dans fa
de Naii’oonc. cathédrale , 6c qui fut le XI.de Narbonne. Les aétes1 font datez à la vérité
Gi'aîic. "k U l’an >°9°- mais on Y ^uic l’ancienne maniéré de compter fuivant laquelle
on ne commençoit l’année qu’à Pâques , à quoi les éditeurs b des conciles, &
fs’jt **'*' f (îuelques autres auteurs n’ont pas fait attention. Il eft certain en effet que
mr.Uilf. ij. Dalmace alfifta au concile deTouloufe tenu furement vers la Pentecôte de
^'an I09°-& 11 n’eft nullement vraifemblable qu’on ait aflemblé deux con-
lm.io. 10. edes dans la même province dansl’efpace de deux mois.
c«»«/*;479- Les évêques c Ifarn de Touloufe , Pierre de Carcaffonne , Artaud d’Elne,
Matfred de Beziers, Godefroy de Maguelonne, & Bertrand de Barcelone,
ctnciip. i«9i. affilièrent à ce concile de Narbonne avec leur métropolitain. Raymondabbé
de Quarante , quelques autres abbez , les chanoines de l’églife de Narbon.
’c b»i«z..& ne, & placeurs d'entre les nobles du pais s’y trouvèrent aulfi : preuve qu’encore
Ctntil.ibid. dans ce focie jes concîies Soient des affemblées mixtes.
Robert abbé de la Graffe s’y rendit aulfi , avec une partie de fes reli.
gieux , & y porta des plaintes contre l’archevêque Dalmace à qui il avoit
<sn!tî^i,U l"ucce£l® d dans cette abbbaye dès le 5. de May de l’an 1086. Il fe plaignit i°.
"* •/■*'}■ ce ^ue ce pr^jât je troubioic dans la poffelfion de l’ancienne abbaye de
faint Laurent lur la rivierede Nielle, alors réduiteen prieuré, 6c unie à fon
monaftere à la charge de payer à l’églife de Narbonne, à rai fon du fefnn cens
annuel, ou de dix fols de Narbonne monnoye de cours , ou d’une vache. iü. De ce
que Dalmace avoit mis en interdit , contre les privilèges qu’il avoit du faint
fiege, le prieuré de faint Martin autrefois abbaye, les églilês paroifliales,
les prieurez, les chapelles, les clercs ôc les dépendances de fon monaftere,
qui ne devoit à ce prélat pour tous droits .épilcopaux ou diocélains , qu’un
* Sîxtaiium. fetier * d’huile tous les ans. 30. Enfin il prétendoit que l’abbaye de faint Poly-
carpe dans le diocèfe de Narbonne devoit être foûmife à l’abbaye de la Gralle.
L’affaire ayant été agitée dans le concile , l’abbé fe reconnut coupable pour
avoir violé l’interdit , & il en fit fatisfaélion en pleine affemblée. Il recon¬
nut en même teins qu’il n’avoit pas un droit bien certain fur les abbayes de
faint Laurent 2c de faint Polycarpe , dont la première appartenoit à l’églife
de Narbonne par la donation de nos rois 6c de l’églife Romaine. Il les remit
i l’archevêque, qui lui rendit enfuite la première pour la rétablir ôc la gou¬
verner lui 2c fes fucceflèurs , fous la réferve de fon propre droit , ôc du cens
dû à fon églifb. Dalmace lui donna aulfi la fécondé , avec le contentement
de fon clergé, pour la poffeder à perpétuité -, avec claufe expreffe, que lorfque
le teins le permeteroit, on éliroit un abbé dans chacune, fous l’autorité de
l’archevêque de Narbonne , à laquelle les prieurs qui les adminftreroient
feroient fournis. Nous ne fçavons pas^fi dans la fuite on élût en effet un abbé
dans le monaftere de faint Laurent fur le Nielle : mais il eft confiant que de¬
puis très-long-tems ce n’eftplus qu’un fimple prieuré. Quant à l’abbaye de
tpr.p}i6. fai’nt Polycarpe, qui n’étoit encore gouvernée en 1090. ^ que par un prieur,
fous l’autorité de l’abbé de la Graffe, elle eut bientôt après des abbez, 2c
elle eft aujourd’hui indépendante. Au relie comme le pape Urbain II. avoit
renvoyé la décifion des différends qui étoient entre l’abbaye de la Graflè
2c l’archevêque Dalmace, au cardinal Raynier fon légat, il y a lieu de croire
•que celui-ci fe trouva au concile de Narbonne.
L’abbaye de la Graffe augmenta confiderablement fon domaine ou fes dé -
tpr.p. jrj. pendances fous le gouvernement de l’abbé Robert. Adalgarde f vicom telle
dans la Marche d’Elpagne , avec fes fils Pierre, Guillaume, Olivier £c Adal-
bert donnèrent en 1086. une métairie au monaftere de Burgal qui dépendoit
g Archiv. it de cette abbaye.- Guillaume g abbé 6c vicomte de Caftelnau dans le Roulfil-
tMapt it u jon } & le vicomte Guillaume fon neveu, renoncèrent en faveur de la même
G,*»e’ abbaye à tous les mauvais ufages qu’eux ou d’autres avoient établis dans
les villages de Pedillan 6c de Corneillan5 ce qu’ils firent en prefence de Bernard-
Guillaume comte de Bezalu , par un acte daté du mardi p. Janvier de l’an 10SS.
h Pr.p.i}i-& Enfin l’abbé Robert obtinthcn 1093. ^e Bertrand fils de Foulques feigneur
//j. du château de Durfort dans le diocèfe de Narbonne , la reftitution de l’abbaye
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DE'LANGÜEDOC. Liv. X V. _ _ _
tie laine Martin duPuy, dont ce feigneur retint cependant une partie des AnuojJîi
biens pour en jouir pendant là vie. Bertrand de Durrort lit cette reftitution
avec les freres & les cou fins dont les noms iont marquez dans Pacte, en pre.
fénee de Pierre Olivier , feigneur* du château qu’on appelle Termes. L’abbaye de * Scnioris»
fâinc Martin du Puy étoit lïtuée au voillnage dit château de Durfort. Ce n’elt
plus depuis crès-iong-tems qu’un prieuré iîmple dépendant de la Gradé.
Le pape Urbain II. termina enfin l’affaire de l’archevêché de Tarragone par R^^^rtiCn»
une bulle - datée du premier de Juillet de l’an 1091. On a déjadit queDal- dctarchevCché
mace archevêque de Narbonne, pour obtenir du moins la primatie fur la de Tarragone
Tarragonoile, avoir avance qui! avoïc un privilège du licge apoltolique , rjrchcvcquc
mais loit qu’il n’eût pu le produire , parce qu’effectivement il n’en avoit de Narbonne,
aucun , foit qu’il eût produit, ainfi qu’on le prétend'1, une faillie lettre du f.f
lettre du
M r-’.&to-
pape Etienne , dans laquelle il cd dit que quand même l’archevêché de Tar- bMarc.Hi/p,
ragone feroit rétabli , il feroit cependant fournis à la métropole de Nar •p'tl°Ruin vit.
bonne} il eft certain que le pape n’eut aucun égard à lés droits, ni à les Urt.ti.u- .ÿ«.
moyens de défenlé. Urbain IL rétablie donc l’églile de Tarragone dans fon
ancienne autorité métropolitaine, & en commit le loin à Bcrengcr évêque
d’Aufonne , principal promoteur de cette affaire, de à lés fuccclîeurs , lous .
prétexte que fon églile avoit été unie autrefois avec celle de Tarragone, juf-
qu’à ce qu’on pût rétablir entièrement celle-ci. Urbain accorda ce privi¬
lège c , avec l’ufage du Pallium ,à Bcrengcr, à condition qu’il travailJcroft /ans ' ^P-ulnAtd*
relâche à la récdification de la ville de Tarragone. Les diocèlès de laTarago-
noife qui jufqu’alors avoient été fournis à la métropole de Narbonne , collè¬
rent depuis d’être de là dépendance, on ne voit pas que Dalmace ni lés
fuccelfeurs ayent fait aucune tentative pour recouvrer leur ancienne auto¬
rité fur cette partie de l’Efpagne, qui étoic redevable en partie dclaconlér-
vation de la foy aux prédecclleurs de ce prélat. On croit d lêulementque Ber-
trand évêque de Barcelone fit d’abord quelque difficulté de fc fo omettre au a url>.f.ti,
nouvel archevêque de Tarragone, & qu’il continua de reconnoître pour fon
métropolitain celui de Narbonne. Depuis cette bulle, la province ecclefialli-
que de Narbonne, la plus étendue & la plus nombrculè en évcchcz qui fût
alors dans toute la monarchie Françoile, lut réduire à les anciennes limites)
enforte queDahnacc ôc fes fuccclîeurs n’excrcercnt plus leur jurifdiction que fur
dix dioccfes , y compris le leur j fçavoir EIne, Touloufe, Carcallonne, Bé¬
ziers , Agdc , Lodcve , Maguclonne, Nifines de U fez. Ceux de Barcelone, Ga¬
ronne , Urgel, Aufonne de Rota ou Ribagorça, qui en dépendaient aupara¬
vant, firent déformais partie de la nouvelle province de Tarragone.
Le pape eut plus d’égard aux droits de Dalmace dans la bulle e qu’il donna chromes té
le 19. de Mars de l’an 1093. en faveur des chanoines réguliers nouvellement guiien de iï,„t
établis dans l’églilé de fia inc Paul lïtuée auprès des murs de Narbonne : car ^“nrdc Njr'
1 9. il confirma cet é ta b 1 illé m e n t fauf les privilèges & le droit canonique de l’arche - ihciou.u- n '
vcque. i°. Il ordonna que l’élection de l’abbé, qui dévoie être pris parmi les Culture des
chanoines & leur tenir lieu de prévôt , fc feroit avec le confeil du même arche- Totdouicdms
vêque. L’abbé de fiaint Paul s’appclloic alors Guillaume. C’elt ainli que cet k cimetière de
ancien monaftere apres avoir etc occupé par des chanoines fcculiers depuis ldcD/ra!f!.e' u
environ le milieu du X.fiecle, tomba entre les mains des chanoines réguliers, & rrn. ' ’3,t>
qui dans la fiuite fie font féculariléz à leur tour, ôc qu iont toujours eu depuis iogj.
pour chef un abbé électif.
Urbain II. écrivic f vers le même tems une lettre à Guillaume IV. comte de (fffn 33 f
Touloufe, qu’il loue extrêmement tant' pour là charité & fes aumônes, VtaiZu+f
que pour fon amour pour la jult ice, qu’il avoit fait éclater, entr’autres, en ne
fouffrant pas qu’on chaffivt injultemenr les abbez de Moiilacôcde Lezacpour
en fubftituer d’autres en leur place. Le premier de ces abbez s’appelloic
Anfcjuilin : il avoit déjà fuccedcg à Hunaud de Bcarn fon prédecclfeur , mais gGaU.cbr.aov.
il étoit troublé dans lapolléllîon de fon abbaye par un autre Hunaud, qu'on "‘'fff 1 6:'
a confondu h,à ce qu’il paroîc,avec Je même Hunaud de Bcarn. Urbain • ie/iM
qui avoir béni depuis peu l’abbé Anfquilin , avoir ordonné en même tems de
challer l’ufurpatcur , & écrit là-delîus àl’évcqucde Cahors. Il prie le comte de
Touloufe de favorifer l’execution de ce decret, Se lui accorde à la Un de là
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An. 1093.
0 Corel comt.
p.lK.&feq.
XLIII.
Monde Guil¬
laume I V.
comte deTou-
loufc. Ray¬
mond de laint
Gilles foo fre-
re lui fucccdc.
b Pr.p. 335-
&M'
r. NOIE XL»
n. 1 & (etf.
<1 Goufnd. Voj.
opudLobi.Bibl.
to.i.p.i o*.
c G mi II. M*l-
mort.l i-c.l.
( V. Corel comt.
p. ni.
g Ibid p.lll»
Aymtr. de Pey -
rot chron. mjj.
p.i67.
h Spicil to.ç •
f.id -&JW
*.80
HISTOIRE GENERALE
lettre la permiffion de faire conftruire un cimetiere à Touloufe, près i’églife
de Notre-Dame de la Daurade, pour lui & pour fa pofterité -, avec ordre à
l’évêque de cette ville défaire la cérémonie de le bénir. Le comte qui aimoit
extrêmement cette églife avoit demandé cette permiffion , & le pape pour
condefcendre à fa dévotion, lui accorda une indulgence pleniere, de même qu’à
ceux qui comme lui le feroient inhumer dans cet endroit. Ce cimetiere
fitué entre les murs du monaftere & la Garonne, fub fille encore aujourd’hui.
La fépulture des comtes de Touloufe étoit auparavant à faint Sernin, ainfi
qu’on l’a déjà vu , & qu’il paroît par un accord a paffé en 1093. entre les cha¬
noines de faint Etienne & ceux de faint Sernin, par la médiation d’Ifarn
évêque de Touloufe, de Simon évêque d’Agen , & de Pierre évêque de Car.
cartonne. Ces prélats par leur jugement maintinrent les chanoines de faint
Sernin dans l’ufage où ils étoient d’enterrer dans le cimetiere de leur
églife , l’évêque , le comte , & tous les nobles de la ville -} ufage fondé, fans
doute, fur la pieté des peuples envers le faint fondateur de l’églife de Tou¬
loufe. De là vient que le cimetiere de faint Sernin s’appelle encore à prefent
le cimetiere des nobles. 11 fut feulement permis par cet accord aux chanoi¬
nes de la cathédrale d’inhumer dans le leur les habitans de Touloufe qui
demeuroient dans la paroirte de cette églife , avec la famille d’un feul noble
ou chevalier qui y avoit fon habitation : d’où il s’enfuit que la permiffion que
donna le pape à Guillaume comte de Touloufe de fe faire inhumer avec toute
fa pofterité, dans le cimetiere de la Daurade, doit être pofterieure à cet
accord , & que ce comte vivoit encore par conféquent en 1093. Au refie
les comtes de Touloufe fucceffeurs de Guillaume uferent de cette permiffion,
& depuis la bulle d’Urbain qui fut confirmée en 1103. par Pafchal II. fon
fucceflèur, ils établirent leur fépulture dans le cimetiere de la Daurade, où
tous ceux de leur famille qui décederent à Touloufe furent inhumez.
Nous avons une nouvelle preuve que Guillaume IV. comte de Touloufe
vivoit encore en 1093. dans une reftitution b faite la même année à Pierre
abbé de Soreze& à fon monaftere, par Geraud de Rochefort & Aymeric fon
frere, des dîmes de l’eglife de faint Sernin de Druille. Nous n’avons enfuite
aucun monument c qui prouve que Guillaume ait vécu au-delà de cette an¬
née , & nous ne doutons pas qu’il ne foit décédé bientôt après. Un ancien
auteur d nous apprend qu’il mourut à Jerufalem , où il étoit allé fans doute
en pèlerinage ; dévotion fort à la mode dans fon fiecle. Il paroît certain en
effet qu’il mourut hors de Touloufe, car on n’y trouve aucun vertige de fon
tombeau.
Si nous en croyons un hiftorien Anglois e prefque contemporain , Guillau¬
me IV. comte de Touloufe étoit d’un efpric lent & tardif * & ce fut pour
cette raifon que fon perc lui laifla le comté de Touloufe , comptant que les
peuples du pais accoutumez depuis long-tems au gouvernement de fes ancê¬
tres , n’entreprendroient rien contre lui 5 mais on ne peut gueres compter
fur le témoignage de cet auteur étranger , & d’ailleurs allez peu inftruit
de l’hiftoire de nos comtes de Touloufe. Il donne en effet le nom de Guil¬
laume au pere de Guillaume IV. tandis qu’il eft certain que ce dernier étoit
fils de Pons. Quoi qu’il en foit , on ne fqauroit difeonvenir que Guillaume IV.
n’eût un grand fonds de pieté & de juftice. Ses liberalitez envers les églifes,
les pauvres , êc les hôpitaux f , le zele qu’il fit paroître dans toutes les occa-
fions pour la réforme du clergé de fes états , l’abandon qu’il fit aux églifes
des droits que fes prcdeceflèurs s’étoient attribuez fur elles , entr’autres la
nomination aux évêchez , ôc enfin fes autres vertus , mais fur tout fa pieté,
lui méritèrent le titre de trcs-chrctien , que quelques anciens auteurs lui don¬
nent g. Aux foins qu’il prit de rétablir lefervice divin dans les églifes de Tou¬
loufe, on doit ajouter celui qu’il eut de favorifer l’établiflement des cha¬
noines réguliers dans la cathédrale de Cahors ville capitale de fon comté de
Querci, comme il paroît par le teftament h de Geraud évêque de cette ville,
daté du 14. de Mars de l’an 1 090. & auquel ce comte fouferivit avec Ifarn
de Touloufe, Guillaume d’Albi, & plufieurs autres évêques. Geraud pour
affermir cet établiffèment aifigna plufieurs domaines aux chanoines de fa
cathédrale,
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DE LANGUEDOC. Liv. XV. i8‘
cathédrale , du confentement du même comte , entr’autres la dîme des profits y&r An. 109 1
4* monnoye qu'il faifoit battre. On doit conclure de là que. ce prélat domi-
noit alors dans fa ville épifcopale , donc fes fucceflèurs prirent le titre de
comtes , & dont ils pollêderent a le domaine fous l’autorité &c l’hommage des a v. note
comtes de Touloufe feigneurs dominans de tout leQuerci. Ainfi ileft allez *• ^
vraifemblable que Guillaume IV. donnai l’évêque Geraud la ville de Ca-
hors , dans laquelle il fe referva , avec le haut domaine , tant pour lui , que
pour fes fucceflèurs , les tours, les murailles , les foflèz , &c.
On a parlé ailleurs des difïerens mariages de ce prince , & de fes enfans.
Il ne lui reftoit plus alors qu’une fille nommée Philippe , mariée , comme on
l’a déjà dit , à Sanche roi d’Aragon b ; mais elle ne devoir pas lui fucceder dans b G*ufrU.v>f,
fes états, & toute fa fuccelîion regardoit Raymond de faint Gilles fon frere pour ,iui •
les raifons que nous avons déduites ailleurs c. Il paroît cependant que les fj- NorE
Touloufains firent d’abord difficulté de reconnoître ce dernier après la mort
de Guillaume, foie par les intrigues ou les prétentions de Philippe &du roi
d’Aragon fon mari , foit pour quelqu’autre motif que nous ignorons. Un au¬
teur d qui a écrit au milieu du XII. fiecle , rapporte en effet que » Raymond, « d Aa
nommé auparavant comte delàint Gilles , le voyant privé de toute hérédité « s. b.-» /*'•«•
paternelle , le rendic accompagné d’un feul domeftiquç à l’abbaye de la Chaife-« l
Dieu , pour y prier au tombeau de faint Robert , dont la gloire &Ia fain- «
teté éclatoient de toutes parts. Ce comte étant entré dans l’églifê, & s’é- «
tant mis en priere devant le tombeau du faint, ajoûte cet auteur, il lui «
expofa fa fituation , & lui parla avec la même confiance qu’à fon prote&eur , «
& à fon puiflànt avocat. Ayant enfui te fait celebrer une mefle de grand matin , et
il fit hommage à faint Robert, prit fon épée de deffus l’autel, ôc protefta«
qu’il ne tienaroit lé comté de Touloufe que de ce faint, fi Dieu lui faifoit lace
grâce de l’obtenir par fon interceflîon. Les defirs de Raymond eurent bien- et
tôt après leur accomplilîèment, continue l’hiftorien: à peine fut-il parti de «
la Chaife-Dieu, & arrivé fur les confins du domaine de fon pere , que tous les«
feigneursdu païs lui firent hommage fans aucune difficulté, & il fut reconnu «
unanimement à T ouloufe , & dans toutes IA provinces dont il devoit heriter en et
vertu de fon droit paternel 5 ce qui engagea ce comte à conferver toujours dans et
la fuite une vénération finguliere envers faint Robert, & à lui en témoigner fa «
reconnoiflance. «
Ileft évident que cet événement eft pofterieur à l’an 1060. ou 1061. épo¬
que de la mort de Pons pere de Raymond de faint Gilles , puifque faint Ro¬
bert abbé de la Chaifè-Dieu ne décéda qu’en 1067. Nous fçavons d’ailleurs
que le même Raymond vécut toujours en bonne intelligence avec le comte
de Touloufe fon frere , & qu’il le Jailli pendant fa vie paifible poffeffeur de
tous fes domaines. Il faut donc qu’il s’agilîe dans ce récit , delà iucceffion au
comté de Touloufe que Raymond de faint Gilles prétendit lui appartenir
après la mort de Guillaume IV. fon frere. Or cet auteur établit le droit hérédi¬
taire de Raymond à cette fucceifion , & fait allez entendre que ce prince en
étant exclus , il ètoit privé de toute hérédité paternelle. En effet , Pons comte de
Touloufe n’avoit eu d’autres domaines que ceux que Guillaume IV. fon fils
polfedoit à fa mort, & dont Raymond tenoit fort peu de chofe. Ileft vrai
que celui-ci polledoit alors le duché de Narbonne, le marquifat de Pro¬
vence , le comté de Rouergue, & plufieurs autres grands patrimoines ; mais
il les tenoit de fon chef, & nullement de l’heredité de fon pere, ainfi qu’on l’a
déjà remarqué. Si l’on ajoute à ce témoignage les autres droits que Ray¬
mond pouvoir avoir fur le comté de Touloufe, tant par la vente que fon
frere lui en avoit déjà faite , que par la fubfti.tution dont on a parlé ailleurs ,
il paroît inconteftable que cette fucceifion luiétoit dévolue, à l’exclufion de
Philippe la niece. Cette princefle l’en laiffa en effet paifible pofleffeur, après la
mort du comte Ion pere ; fans qu’il paroifle qu’elle ait fait la moindre démar¬
che pour faire valoir fes prétentions, jufqu’à ce que Raymond étant abfent,
& occupé aux guerres d’Outremer , elle, ou le comte de Poitiers fon fécond
mari , firent une tentative fur le comté de Touloufe dont nous parlerons
dans la fuite.
T ome II. N n
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An. 1093.
xliv.
Mort de Bé¬
renger comte
de Bareeloueôc
en partie de
Catcaiïonne.
Ramire fils
deSinche roi
d'Aragon reli¬
gieux de faint
Pons.
zMarc Hi'p.
Diag.\eond. de
BdrteiJ.i. t.
*4-
b Ceutl comt.
b*ï-érl'W
Mab.ad ann.
xo 9j.11.71.
t*i HISTOIRE GENERALE
Il y a lieu de croire que Berenger comte de Barcelone entreprit avec Guil¬
laume comte de Touloufe Ton frere utérin , le pèlerinage de la Terre-
fainte , car nous fçavons qu’il mourut* à Jerufalem en 1093, Berenger
fe rendit recommandable par fes conquêtes fur les Maures ou Sarafins les
voifins ,8c décéda fans enfans. Par là Raymond fon neveu 8c fon pupille , âgé
alors de onze ans, lui fucceda dans fa portion du comté de Barcelone, Sc
réunit en fa perlonne tous les domaines de fa maifon , tant en deçà qu’en
delà des Pyrénées : mais il ne rentra pas fitôt dans la poffelfion des premiers,
qui comprenoient les comtez de Carcaffonne 8c de Rafez , dont le vicomte
Bcrnard-Aton demeura toujours le maître pendant fa minorité.
tV.Tr.p. 19 t.
&c.
XLV.
S. Berenger
moine de iaint
Papoul.
d Atl.Sî.ord.S*
Ben. J ac. VI .
pdrt.i
Cri'*
Boll.to. 6. Maii
f- 447- &fi»
XLVi
Thilippc de
Touloulc é-
poulc en fé¬
condes nôces
Guillaume IX.
duc d’Aquitai¬
ne. _
1094-
c terrer, an.
1094-
f Chron.Mal-
leac.pt tj.
Gaufrid.Vof.
p. *04.
g R b Je Mont,
ehron.ad ann.
IIÏ9-P-778.
h V.hijhgen.
desV.de Fr./o •
I./M09.
i Mab. ad
gnn. 10 $6. n.
4°*
K Yr.py 40.
&J‘t
XLVIÏ.
Raymond de
S Gilles épou-
fc Fl vire de
Caftillc en
troificmcs uô-
ces.
1 ^.3^.*
Pi-
de fa femme Philippe fur ce comté , après la mort du comte Guillaume pere
de cette reine. Ce qu’il y a de certain b , c’eft que le roi d’Aragon fe ren¬
dit alors dans cette abbaye , tant pour rendre grâces à Dieu de la profperité
de fes armes , 8c de fes frequentes victoires fur les Sarafins , que pour lui de¬
mander la continuation de fon fecours durant la guerre qu’il ne celToir de
faire à ces infidèles. Il offrit en même tems Ramire fon troifiéme fils , 8c
de Felicie fa première femme , pour être moine dans ce monaftere , fous la
conduite de l’abbé Frotard , 8c donna à cette occafion à la même abbaye
des domaines très-confiderables , fuivant l’ufage pratiqué dans ce tems-là ,
non- feulement parmi les princes , mais même parmi les fimples feigneurs c.
C’eft ce même Ramire prince d’Aragon, qui après avoir profelTé à faint Pons
pendant plus de quarante ans la vie monaftique, fortit du cloître, fe maria,
8c monta fur le trône de fes ancêtres , comme nous le verrons ailleurs.
La pieté floriffoit auffi également alors dans l’abbaye de S.Papoul, fituée à dix
lieues de celle de faint Pons. Berenger né J d’une famille noble dansleTou-
loufain, s’y fan&ifia entr’autres dans ce fiecle, 8c mérita après fa mort, qui
arriva le 16. de May de l’an 1091. d’être honoré d’un culte public. On
conferve fes précieules reliques dan# l’églife de l’ancien monaftere de faint Pa¬
poul, érigée en cathédrale au commencement du XIV. fiecle.
Sanche roi d’Aragon , après avoir offert fon fils Ramire dans l’abbaye de
faint Pons , ne fut pas plutôt de retour dans fes états , qu’il continua la
guerre contre les Sarafins j mais il eut le malheur d’être taé c au commence¬
ment de Juin de l’an 1094 au fiege de Huefca qu’il avoit entrepris. Pierre
fon fils aîné du premier lit lui fucceda : il ne paroît pas, qu’il ait laiffé des
enfans de Philippe deTouloufe fa fécondé femme. Celle-ci fe remariala même
année f , après la mort de Guillaume g comte de T ouloufe fon pere , avec Guil¬
laume IX. comte de Poitiers 8c duc d’Aquitaine. Ce prince, âgé alors de
13. ans, étoit h fils du duc Gui-Geoffroy , ou Guillaume VIII. auquel il avoic
fuccedé en 1086. 8c d’Aldearde fa troifiéme femme. Il avoit déjà époufé en
premières nôces Ermengarde d’Anjou qu’il avoit répudiée depuis quelques an¬
nées. On a remarqué ailleurs que Philippe de Touloufe prenoit quelquefois
le nom de Mahaud ou Mathilde à caufe, fans doute, de fa mere , qui por-
toit ce nom. Nous en avons la preuve dans deux donations, l’une du iy.de
Mars , 8c l’autre du 11. de May de l’an 1096. La première fut « faite à
l’abbaye de fainte Croix de Bourdeaux par Guillaume duc d’Aquitaine, en
prefencc des principaux de la province affemblcz pour recevoir dans cette
ville le pape Urbain IL 8c on y voit la foufeription de Mathilde femme de Guil¬
laume duc d‘ Aquitaine & comte de Gafcoyie. L’autre eft k en faveur de l’églife de
S. Hilaire d’ Entre - églife à Poitiers : elle eft fouferite après le même Guillaume
duc d’Aquitaine , 8c la comtefle Aldearde fa mere , par la comteffe Philippe fa
femme.
Raymond de faint Gilles après avoir pris poffeffion du comté de Touloufe,
continua cependant de faire la réfidence ordinaire vers le Rhône, à caufe des
grands domaines qu’il pofledoit de ce côté-là. C’eft ce qui paroît par divers
monumens , 8c en particulier par une exemption 1 qu’il accorda le 28. de
juillet de l’an 1094. à l’abbaye de faint Viàor de Marfeille, de payer les
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D E LANGUEDOC. Liv. X V.
z3j
ufâges & autres droits qu’on levoit fur les vaiflëaux marchands qui navi; An. 1094.
geoientfurla Durance & le Rhône. La comtejfc Elvire fon époufe fouferivit^
cet acte , & le confirma ; ainfi Mahaud fa féconde femme étoit dès-lors décedée.
Elvire ou Gelvire, que Raymond époufa en troifiémes noces', étoit fille» r,ARod' To!’
naturelle d’Alfonfe VI. roi de Leon 8c de Caftille , Sc d’une de fes maîtrefTes
appelle Ximene de Mugnos, dont ce prince eut une autre fille nommée The-
rele, laquelle époufa le comte Henri de Bourgogne. On prétend b que ces 10.
deux princelfes furent élevées dans le palais du roi leur pere, comme fi elles
avoient été légitimés * il y en a d’autres qui ajoutent c qu’elles naquirent fous cv.Ang.hifi.
la foi du mariage d’Alfonfc avec Ximene, lequel fut rompu pour caufe de
parenté. Quelques auteurs modernes °£fpagnols fie François prétendent en- d imem.
core qu’Alfonfe donna Elvire fa fille en mariage à Raymond, en rcconnoif.
fance des fervices qu’il en avoir reçus durant fes guerres. contre les Maures : Ann»u> -mi.
niais ils font partagez fur l’époque de ces fervices , Sc par conféquent du M^'SeViW
mariage de Raymond avec la princelfe de Caftille. Les uns « difent que ce der- t0 î.p.tîf.
nier aida Alfonfe à la conquête qu’il fît de Tolcde fur les Maures en 108 y. «
Mariana f veut d’un autre côté que Raymond de S. Gilles ait marché au fe- ( turiJî.ho.
cours de ce roi , lorfque les comtes Raymond Sc Henri de Bourgogne lui ame. *•
nerent un renfort confiderable de France pour le foùtenir contre les Infidèles,
qui le prefToient vivement. Cet hiftorien rapporte cet événement à l’an 1091.
mais d’autres g le placent plus vraifemblablemenc à l’an 1087. Il ajoû- gv-tirrirM-
te, que le comte de S. Gilles joignit les deux princes Bourguignons lorfqu’ils '°*7’
paflèrent pour aller en Efpagne > qu’ils emmenerent tous trois au-delà des Pyré¬
nées un nombre confiderable de leurs vaflaux , Sc des troupes d’élite $ Sc qu’en-
fin Alfonfe pour fe rendre plus formidable aux Sarafins , Sc s’afiürer du fccours
de ces trois princes durant fes guerres , s’allia alors avec eux , en leur don¬
nant à chacun une de les filles en mariage : ainfi ce feroit à cette époque
qu’il faudroit rapporter celui de Raymond de feint Gilles avec Elvire. Cet
hiftorien allure enfin que Raymond Sc Henri de Bourgogne ayant reçu pour
la dot de leurs époufes , l’un le Portugal , Sc l’autre la Galice, le comte de
S. Gilles qui vouloir retourner dans fes états, ne voulut prendre pour la doc
delà fienne que de l’argent comptant, des bijoux , des meubles , des habits
fuperbes , Scc. Le filence profond que les anciens hiftoriens gardent fur toutes
ces circonftances du mariage de Raymond avec Elvire , rend fort fufpect le
témoignage de ces auteurs modernes , Sc Mariana auroit dû, fens doute, citer
fes garands. Il eft vrai qu’un auteur h qui a écrit au commencement du XII. h v.Vucb. te a,
fiecle , fait mention de trois differentes expéditions entrepriies en Efpagne par M8-^ H-
les François contre les Maures vers la fin du XI. fiecle : mais il ne dit pas un
mot de Raymond de S. Gilles , quoique ces expéditions , dont il ne marque
pas la date précife , &donc on rapporte la première à l’an 106 y. Sc la der¬
nière à l’an 1087. fefoientpafTéesdu vivant de ce comte. On doit encore re-
marquer que cet ancien auteur nomme les autres princes François qui paflerent •
danscette occafion au-delà des Pyrénées. Il n’eft: pas cependant hors de
vraifcmblançe que les rois d’Efpagne ayent appellé Raymond de S. Gilles à
leurs fecours dans leurs guerres contre les Infidèles j ce qu’on peut appuyer 1
Sur ce qu’ils eurent fouvenc recours aux François durant ces guerres. i°. Sur
ce que les états de Raymond étoient limitrophes de l’Efpagne. 30. Sur la
réputation de valeur que ce prince s’étoit déjà acquife en 109 5. mais ce n’eft
après tout qu’une conjecture , &il faut avouer que nous n’avons rien de cer¬
tain là-deflus.
Mariana croit que le roi Alfonfe donna aufîi à Elvire fa fille pour fa dot
la fouveraineté qu’il prétendoit avoir fur Touloufe en qualité de fucceflèur
des anciens rois Gots , qui avoient été autrefois maîtres de cette ville -, mais
cette donation eft auftî chimérique que la prétendue fouveraineté d’Alfonfe fur
Touloufe , ainfi que l’a remarqué le traducteur François 1 de cet hiftorien. i Charente
Enfin fuivant un ancien auteur Angloisfc, Raymond par fon alliance avec le
roi de Caftille, procura la paix à fes provinces frontières de l’Efpagne 5 ce qui p.^'î^"’1'
pourroit faire croire que le premier avoir eu auparavant quelque différend , K
ou même quelque guerre avec les rois d’Efpagne 5 à moins qu’il ne veuille
T orne II. Nn ij
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An. iog4-
XLVIII.
Gilbert vicom¬
te de Milbaud
& dcGevaudan
<pou(c l’b.ri-
ticrc de P u>’
vence.
a Pr.p. 1 3î.
& M-
b KHuffiùlfcrt.
e-ii.&te'
c RuffliiU.
iP'-r- Îf4.
C AUrc.Hip.
XLTX.
Coucdlion de
Raymond de
S -Gilles cq fa-
veur des ab¬
bayes de Pûl-
modi & de
S. Gilles.
I09 5-
iPr.p. }}(.
8p r-h 54°-
r
h BmIuz. Mifm
tell to.6.p.) 81.
&Jeïî'
* Nummos.
L.
Réforme de
l’ég.dcMague-
Joaoc ,& de di-
v«rlès abbayes
delà province.
I Gtr./er -prâf,
i5* &
t«4 HISTOIRE GENERALE
dire que ce comte par fon mariage avec El vire de Caftille , fe ménagea le
fècours du roi fon beau-pere, 8c empêcha le roi d’Aragon de remuer , & de
faire valoir les prétentions de Philippe de Touloufe fa femme lur le comté de
cette ville. Le même hiftorien fe trompe cependant , lorfqu’il nous repre-
fente Raymond dans un âge fort avancé quand il epoufa Elvire } car il eft
certain que ce prince avoir alors tout au plus cinquante-cinq ans : il ne fe
trompe pas moins quand il allure qu’Elvire étoit fille du roi de la Tarra-
gonoife.
Douce comtefle de Provence exempta 1 , conjointement avec Raymond
de S. Gilles , l’abbaye de faint Victor de Marfeille , de payer les differens
droits que les comtes & les comte fies fes prédecelTeurs avoient coûtume de lever
fur les bateaux qui navigeoient fur la Durance 8c fur le Rhône. Cette corn-
telle , qui eft la même b qu’Etiennette , mere de Bertrand comte d’Arles ou
de Provence, gouvernoit ce comté depuis la mort du même prince fon fils, dé.
cédé fansenfans peu de ceins apres l’an 1090. 8c le tranfmit après fa mort
à Gilberge fa fille , femme de Gilbert vicomte de Milhaud 8c de Gevaudan.
Comme on ignore fi ce dernier furvêcuc à la comtefle Ecicnnecte ou Douce
fa belle-mere, qui vivoit encorec au mois de Septembre de l’an 1095. on ne
fçait pas s’il jouit jamais du comté d’Arles ou de Provence. Ce qu’il y a de
certain, c’eft qu’il réfidoit en Rouergue en 1100. qu’il ne prenoit encore
alors que le titre de vicomte d , 8c qu’il eft qualifié comte dans des titres e po-
ftericurs. Le comté d’Arles pafla dans la fuice , avec les propres domaines de
Gilbert , à Douce fa fille aînée 8c fon heritiere , 8c de Gilberge fa femme, qui
époufa plufieurs années après le comte de Barcelone.
Raymond de S. Gilles étoit encore aux environs du Rhône au commence-
ment de l’anic>9j. Ce prince , la comtefle fôn époufe, 8c fon fils Bertrand,
fè rendirent f alors dans l'abbaye de Pfalmodi au diocèfe de Niftnes j &là
étant devant le principal autel , dédié à faint Pierre, ils promirent à l’abbé
Arnaud , 8c à fes religieux , de ne rien éxiger du monaftere comme ils fai-
foient auparavant. Us le réfervererit feulement lajuftice pour les crimes d’adul.
tere 8t d’homicide en cas que l’abbé refufat de la rendre, 8c une albergueen
foin 8cen avoine pour cinquante chevaliers. Raymond reçût pour cette con.
ce/lion , de l’abbé & des religieux , la fomme de deux mille fols en monnaye de
faint Gilles. L’acte eft fouferit par Raymond Gaucelin de Lunel , 8c quelques
autres feigneurs du voifinage. Il eft daté du mois de Mars de l’an 1094. mais
on doit le rapporter fans doute à l’an 109^. car l’ufage de ne compter le
commencement de l’année qu’à Pâques étoit alors commun dans la provin¬
ce , comme il paroît entre plufieurs exemples , par un accord g pâlie à Ma-
guelonne entre Godefroy évêque de, cette ville, 8c Dalmace feigneur de Ca-
ftries dans le même diocèfe , le "jeudi ro. d' Avril de l’an M. JTCV. de l'In¬
carnation , indiclion IV .concurrent II. epacle JC JC IV. le 1 3. jour de la Lune , l’Ire
1134. ce qui convient parfaitement avec le Jeudi-Saint de l’an 1 096. qui tomba
alors le 1 o. d’Avril.
Les exhortations h du pape Urbain II. 8c les priyres de diverfes perfonnes de
pieté contribuèrent beaucoup à porter Raymond de faint Gilles à rendre aux
églifes les domaines qui leur appartenoient 8c dont il étoit en pofïèffion. Ce
même motif l’engagea à reftituer à l’abbaye de S. Gilles la part qu’il avoicaux
offrandes qu’on failoit à l’autel de ce faint , 8c dont fes parens s’étoient em¬
parez anciennement. Il fit d’abord cette reftitution dans le concile tenu à
Touloufe en 1090. ainfi qu’on l’a remarqué ailleurs. Il larenouvella à S. Gilles
même devant l’autel du faint, le jour de fa fête, premier de Septembre de
l’an 1094. avec fa femme Elvire 8c fon fils Bertrand > 8C pour marque de l’a¬
bandon qu’il faifoit de tous fes droits , il mit fur l’autel deux ’ecus * monnaye
de S. Gilles. Le pape Urbain II. confirma ces aéles étant à Cremone, le 1 8. aé
Février de l’an 1095. 8c enfuite dans le concile de Plaifance tenu à lami-Ca-
rême de la même année.
Godefroy évêque de Maguelonne , 8c Frotard abbé de S. Pons affifterent
à ce concile. Le premier obtint alors une bulle le u. de Mars de cette
année , par laquelle le pape confirma i’établiflèment des chanoines * réguliers de
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DE LANGUEDOC. Liv, XV.
l8j
S. Aagujlin dans la cathédrale de Maguelonne^ & les donations que ce pré- An. 109 5»
lat leuravoit faites pour leur manfe. On prétend a que les archevêques de
Narbonne & d’Arles, & l’évêque de Nifmes affifterent auffi au concile de
Plailance, fur ce qu’Urbain II. leur renvoya , êcafévêque de Maguelonne,
la décifion des différends qui étoient entre l’abbaye de faine Vidor deMar-
fcille 6c celle de Pfalmodi , ôc que ces prélats rendirent là-deffus une lên-
tence en 1096. Mais nous ferons voir que ce jugement n’eft au plutôt que
de la fin de l’an 1097. Ce qu’il y a de vrai, c’ eft que Dalmace archevêque
de Narbonne fe trouva ben 1094. au concile tenu à Brioude , auquel Hu- b cmeit. ion<h
gués archevêque de Lyon , & légat du faint fiege préfida. • P- +■'*•
Urbain confirma c auffi à Plailance le zi.d’Avril, en faveur du cardinal cAnhJitM.
Richard, l’autorité fuperieure qu’il avoit, en qualité d’abbé régulier de faint
Vidor de Marfeille , fur une douzaine d’abbayes , & divers prieurez convenu,
tucls dépendans de fon monaftere. Du nombre de ces abbayes étoient cel¬
les de Cadres, Soreze, la Grade &. Pfalmodi, fituées dans la province. Elles
ne dépendoient plus de S. Vi&or en 1 114. lorfque le pape Pafchal II. con¬
firma^ cette abbaye dans la polfelfion des monaffcrcs fournis à fon autorité. d'G*!i.ehnvov.
Ce pape fait mention feulement des prieurez de Notre-Dame de l’Amour-
guier de Narbonne, de faint André d’Agde , de fainte Sigolene delà Grave au f'lis
diocéfe d’Albi , de la Canourgue , de Chirac en Gevaudan , &c.
Raymond de S. Gilles maria au mois de Juin de l’an 1095. Bertrand fon fils l i.
aîné , qu’il avoit eu , ainfi qu’on l’a déjà remarqué , de là première femme,
Bertrand , âgé alors d’environ i y. à 30. ans, afligna c lui-même pour le de s. Gilles
douaire d’Elede fa future epoufê , Us villes ,comteg^& évèchcz^ de Rodez , Vi- éPoufc Hclcne
viérs, Avignon & Digne: & outre cela, fuivant une ancienne copie ducon- Cn fcoLdcf1'
tratde mariage, la ville, comté & évêché de Cahors , ce qu’il fit conformé- nôces.
ment i la loi Romaine qui étoit la Jîenne. Il eft marqué enfuite que Bertrand 5c
fon époufe jouiroient pendant leur vie de ces domaines , lefquels après leur
mort appartiendroient à leurs enfans ; & qu’au défaut de ceux-ci, Ele&e pour-
roit en difpofer à fon gré. Après la foulcription de Raymond comte de Tou-
loufe, duc de Narbonne & marquis de Provence , fere du même Bertrand , on voit
celle de divers feigneurs. Eleéteou Helene étoit fille f d’Eudes I. duc de Bour- ^°Tlleric-viltl'
gogne , & de Mathilde fille de Guillaume T cte-hardie , comte palatin de Bour-
gogne. Nous tirons de là une nouvelle preuve que Bertrand étoit cenfé légi¬
timé , quoi qu’en dilent quelques modernes g qui le font pafTer pour bâtard. En g v- n o t e
effet, eft .il vraifemblable qu’il eûtcontra&é une alliance fi illuftre, &que Ray- XLL
mond fon pere , marié aduellellement à une jeune princefTe qui lui donna
divers enfans , eût difpofé en fa faveur de tous les grands domaines qu’il
alfigna pour le douaire d’Elede , s’il n’eût pas été légitimé ?
On de nos genealogiftes b croit que Bertrand avoit été déjà marié ou feulement hta bb. tall.
accordé avec Mahaud niece de Marafe , laquelle étoit née en Lombardie , lorfqu'il
époufa Eleîle. Il fe fonde fur l’autorité de Guillaume de Malmefbury , hiftorien
Anglois prefque contemporain , qui dit ‘ à la vérité que Raymond de faint * AUU
Gilles maria fon fils Bertrand À une niece de la marquife Mathilde , mais non m '
pas à. Mahaudniece de Marufe. Cet hiftorien ajoute que Raymond fit cette
alliance dans le deffein de mettre en fureté les frontières de fes états 5 ce
qui ne permet pas de douter que la marquife Mathilde, dont il eft parlé ici,
ne foit la même que la fameufe comccflè Mathilde fi célébré dans l’hiftoire
d’Italie du XI. fiecle, & dont les états confinoient du côté de la Lombardie
& des Alpes, avec le comté ou marquifat de Provence pofledé par Raymond
de S. Gilles. Nous ignorons l’époque de ce mariage ^ 6c fuppofé qu’il foit vrai, il
dut être anterieur à celui de Bertrand avecElecle, piufque celle-ci, que ce
prince ne répudia jamais , lui furvêcut k. Bertrand époufa donc vers l’an 1088.
la niece de la marquife Mathilde dont il ne paroît pas qu’il ait eu des enfans,
& fe remaria après fa mort en 1095. en fécondés nôces avec Helene
île Bourgogne. D’autres prétendent que Bertrand époufa en premières nôces
uriê prétendue Adélaïde , fille du vicomte Raymond-Bernard Trencavel & 1 v> nom
d’Ermengarde de CarcafTonne , mais c’eft fans aucun1 fondement. XU n' “•
: Ordtr.Vitnlt
♦
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_ iZ6 HISTOIRE GENERALE
AN.109 5 • Outre les grandes alliances que fie Raymond de faipt Gilles , foit par Tes di-
Comtès de vers mariages , foit par ceux de Ton fils , il entretint une union très-étroite
ceigne , de avec Guillaume -Raymond comte de Cerdagne 8c de Confiant, qui avoit
ïenouîikdei. Çpoufé a Adélaïde de Carcaflonne, fa cou fine germaine. Cette union paroît
i noie entr’autres dans le teftament b que ce dernier , fiir le point d’entreprendre un '
long pèlerinage, fit le 7. d’Ocfobre de la XXXV. année du roi Philippe,
ou de l’an 1094. & dans lequel il nomme pour les principaux exécuteurs
teftamentaires Henri Ton frere & Artaud évêque d’Elne. Ce comte laiflè par
cet aéte à Guillaume-Jourdain fon fils aîné, les comtez de Cerdagne & de
Confiant , d’où dépendoient le Capcir , le Donazan 8c le château de Son ,
portion du diocèfe de Narbonne * & toutes fes comtez 8c principautez , qu’il
(ùbftitue à Bernard fon fils puîné. Il veut que fi le comte de T ouloufe donne
un domaine à celui-ci , il en jouifTe 5 finon il lui legue le comté de Berga,
à condition de le tenir en fier de fon frere aîné. 11 laiflè l’un 8c l’autre de
fes deux fils fous la tutelle de Bernard, comte de Bezalu fon feigneur , 8c veut
enfin que fon frere Henri tienne le domaine qu’il pofTedoit , de Guillaume-
Jourdain fon fils, de la même maniéré qu’il l’avoit tenu de lui. Le comte de
Cerdagne fitplufieurs legs pieux dans ce teftament , & mourut 0 l’annce fili¬
al vante. Il donna pendant fa vie diverfes marques de pieté, 8c expia d entr’autres
p. u, s en IOy j par unepenitence canonique, qu’il demanda à Raymond évêque d’El¬
ne, un facrilége commis par fès gens dans l’abbaye de Cuxa dont il étoit
prince , en la perfonne de Guillabert comte de Rouliillon , qu’ils avoient fort
maltraité dans i’églife, 8c forcé d’en fortir.
Ce comte dans Ton teftament ne fait aucune mention d’Adelaïde de Car-
tmTEihJ. caflonne fa femme qu’il avoit époufée en 1067. mais il eft certain e qu’elle
^NOTEiW fürvëcut,Sc qu’elle vivoit encore en G 101. Elle prenoit g quelquefois le
8 ‘ nom de Sancitt , comme l’on voit par dilFerens aétes. Quant à Bernard II,
comte de Bezalu St de Fenouilledes que le comte de Cerdagne appelle fon fei¬
gne ur , 8c qui étoit fon proche parent, il mourut fans doute peu de tems
après ce prince , car nous n’avons rien de lui depuis- le mois d’Aoûc h de l’an
p!u9T< H^' I0?5- Bernard III. fon neveu qui poflèdoic avec lui par indivis tous lesdo-
i v. note maines deieurmaifon , recueillit fà fucceffion* ,St domina feul depuis furies
xxt'ij.m y. trois comtez de Bezalu, de Fenouilledes & de Valefpir.
Guillaume-Jourdain après avoir fuccedé à Guillaume-Raymond fon pere
dans les comtez de Cerdagne 8c de Confiant , fe diftingua par fès exploits
durant la première Croifade dans laTerre-fainte , où il alla joindre le comte
Raymond de S. Gilles fon oncle à la mode de Bretagne: expédition mémora¬
ble qui acquit à l’un 8c à l’autre une gloire immortelle ; mais fur-tout à ce der¬
nier, qui fut en quelque maniéré le chef de cette célébré entreprifè,dont ou
forma le projet en 109 j. La part qu’y prirent Raymond & la principale no-
blefle delà province, nous engage à entrer dans quelque détail: nous nous
bornerons cependant , autant qu’il nous fera polîîble , dans un fujet fi vafte,
à ce qui regarde la perfonne de ce prince , 8c celle des divers feigneurs qui
l’accompagnerent 8c fervirent fous fes enfeignes.
Urb111 11 dévotion d’aller à Jerufalem 8c dans laTerre-fainte, pour y vifiter le faint
•ricm en France fépulcre 8c les autres lieux fanctifiez par la vie , la paillon Sc la mort de J. C.
pour y publier étoit déjà en ufage depuis très-long. tems , lorfqu’un hermite nommé Pierre,
h Ctoi£»de. entreprit ce pèlerinage vers la fin du XI. fiecle , touché de voir ces faints
lieux au pouvoir des Mahometans , 8c les Chrétiens du païs gémir fous la ty¬
rannie des Infidèles, réfolut de travailler de toutes fes forces à les en déli¬
vrer. Dans ce deffein il alla trouver Simeon patriarche de Jerufalem , 8C dans
une conférence qu’ils eurent enfcmble , ils projetterez d’engager les Chré¬
tiens d’Occident dans cette entreprife. Ce patriarche écrivit fur ce fujet au
pape 8c aux princes de l’Europe diverfes lettres, que l’Hermite rendit à fon
retour. Urbain II. reçût en 1094. celle qui lui étoit adreflee, 8c il fe déter¬
mina d’autant plus volontiers à folliciter cette expédition , qu’Alexis Com-
nene empereur de Conftantinople le preffoit de lui procurer du fecours contre
les Infidèles , qui faifoient tous les jours de nouveaux progrez dans fon empire.
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DE UNfiÜEDQ C. Liv. XV. <-8? -
Le pape réfolut donc devenir en France 6c d’y prendre dans nn concile de An. 10951
juftes mefurespour l’execution de ce projet, tandis que Pierre l’Hermite par¬
courait differentes cours, ôc tâchoit d’engager les princes à prendre les armes,
Un ancien hiftorien1 allure que l’évêque de Caliors informe du deflcin ^
d’Urbain , periûada à Raymond de S. Gilles comte de Touloufe, qui l’hono- me A'c l"
roit de là confiance , de confacrer le refte de fes jours à une fi fàinte entre-
prife 5 que le comte & l’évêque écrivirent au pape pour le prier avec inftance
de venir en France eenir un concile à Clermont, 6c. y confommer cette
grande affaire* 6c que ce fût à leur follicitation que ce pontife fe mit en che¬
min pour palier les Alpes. Mais cet hiftoricn rend cette circonftance fort
douteufe , en ce qu’il ajoute que l’évêque de Cahors dont il ne dit pas le
nom , étant mort avant la célébration du concile , Aymar évêque du Puy fol-
licita à fa place l’expedition de la Terre-fàinte. Il eft certain en effet que bcj.jkws,
Geraud b qui étoit déjà évêque de Cahors en 1083. pofléda cet cvêché juf-
qu’en irrz. H ne peut donc être décédé en 1095. Quoi qu’il en foit, il eft xxxtx.»
du moins certain qu’avanc le départ d’Urbain pour venir en France, plulieurs
princes ou grands feigneurs , par un mouvement de pieté , réfolurent de
s’engager dans l’expedicion que ce pape médirait. Roger II. comte de Foix
fut de ce nombre * ce qui occafionna fa réconciliation avec la vicomtclle
Ermengarde fa coufine, '
On a remarqué ailleurs que l’un êc l’autre ctoient de la même maifon * RoecrJf
qu’Ermengarde heritiere de la branche aînée avoir vendu au comte de Bar- comicdc k>ix
celone , au préjudice de celle de Foix qui étoit la puînée , les comte! de Car- savee
calfonne, ôc de Rafez , 6c divers autres domaines , dont Raymond-Aton fon u vicomtciic
fils s’étoic remis en poilcllîon depuis la mort de Berenger II. comte de Bar- ^"1"'^'^;
celone. On prétend c que le comte de Foix réfolu de faire valoir fes droits engage une
forces domaines, leva un grand nombre de troupes d’infanterie 6c de ca- Pit“edc(tS
valerie , & qu’il fe faille du comté de Carcafî on ne malgré Ermengarde 6c fon a[|™àhPrer-
fils, qui de leur cote lui oppoférent une armée. Ce qu’il y a de certain , re-fabre.
c’eft que Roger II. ayant formé le deflcin de faire le voyage de la Terre- f^l“l mtn%
faince, & fe voyant d’ailleurs fans enfans d, prit le parti de s’accommoder a noté
avec Ermengarde ôc le vicomte Bernard-Aron fon fils. Il leur remit par le , tl*
traité c qu’ils firent enfemble le z 1 . d’Avril de l’an 109 j. » tous les griefs « eeï.p. jys*
qu’il avoit contr’eux , 6c leur abandonna entièrement fes droits fur la ville « & Mi¬
di. le comté de Carcaflbnne, 6c leurs dépendances, à la réferve des lieux & vil- «
lages d’Arfens, Alayrac, PreixanÔc Foncian , qu’il leur donna en engage- «
ment pour la fomme de cinq mille fols Touloufains , 6c huit cent folsHu- «
gonens. Il leur céda auffi tous fes droits fur le château 6c le comté de Rafez, «
de même que fur les pais de Queille 6c de Chercorb , portion de l’ancien «
Touloufain qui compofe aujourd'hui la partie méridionale du diocèfe de«
Mirepoix , ôc fe défifta enfin de toutes fes prétentions fur tous ces païs.«
Le lendemain, zz. d’Avril, Roger s’obligea de ne vendre, donner ni en. «
gager à perfonne, excepte en faveur de la même vicomteffe, 6c de fon«
nls Bernard- Aton, aucun des domaines qu’il poffedoit dans les cowtcz^de Tou- «
loufe , de Comminyts de Confcrans , c’eft- à- dire fon comté de Foix , ôedans «
la portion du Carcaffcz qu’il leur avoit engagée 5 à condition neanmoins que «
s’il ven oit à avoir des enfans légitimés, ils lui fuccederoiertt dans tous ces«
domaines , avec la même obligation envers Ermengarde 6c fon fils -, 6c que«
s’il décedoit fans pofteritc , cette vicomteffe , fon fils , 6c fes enfans lui fuc- «
céderaient, ôc jouiraient paifîblement des lieux ôc châteaux de Foix, Fre-«
dtlas ( aujourd’hui Pamiers ) , Lordad, Caftclpendent , Dun 6c Mire- «
poix, ôc de tous les autres châteaux, villages Ôc domaines qu’il avoit dans les «
mêmes comtez.»On connoîtparlà quelles étoient alors les principales places
du comté de Foix. Enfin Roger déclare le deflcin qu’il avoit formé d’aller à la
Terre- fainte, dans un nouvel engagement qu’il fit le même jour , z 1. d’Avril,
à la vicomteffe Ermengarde ôc à ion fils Bernard-Aton , de deux villages Ôc
du château de Dun dans le Touloufain, pour la fomme de deux mille fols
Hugonens -, à condition que s’il ne rachctoit pas ces domaines un an
après fon retour de Jeruf tient, il ne pourroit le faire que de martror en martror.
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iU
HISTOIRE GENERALE
&M-
A n. 109 5. c’eft-à-dire * d’une fête de Tous les Saints à une autre. Depuis cet accord ,
zkduCaw Roger II. 8c Tes fuccelTeurs vécurent en très-bonne intelligence avec la vicom-
g ofi.nov.éj. te^e £rinengar(je ^ flernard-Aton Ton fils , fie la pofterité de ce vicomte 5 fie
les defeendans des uns fie des autres renouvelleront dans la fuite la promefle
de fe fucceder mutuellement dans leurs domaines au défaut d’entans legi.
times.
Ce fut fans doute en conféquence de cet accord , qu’Ermengarde 8c le
bPr.f.jj,,- vicomte Ion fils, reçurent le ferment de fidelité b de celui qui avoir la garde
du château de Foix , lequel promit de le leur remettre après la mort de Roger,
fi ce comte dècedoit fans enfans. Comme Ermengarde n’avoit vendu les comtez de
CarcafTonne 8c de Rafez au comte de Barcelone, que dans la crainte d’en être
dépofledèe par les comtes de Foix,fie qu’elle n’avoit plus rien à appréhender de
leur part, elle fie fon fils tâchèrent de fe maintenir dans la pofTeflion de ces deux
comtez dont ils s’étoient aflùrez la pofTeflion depuis la mort de Raymond-
Berenger II. comte de Barcelone. Il eft vrai qu’eux ôe leurs fucceflcurs fe con¬
tentèrent de s’en qualifier vicomtes : mais ils ne jouirent pas moins de tout
le domaine utile * ainfi il ne refta plus aux comtes de Barcelone qu’une
prétendue fuzeraineté fur ces pais. On voit en effet qu’Ermengarde y dominoic
vers ce tems.là , par un ferment c qu’un feigneur fit à un autre , touchant
l’cglife d’Efperafa dans le Rafez , avec promefle de l’aider contre Bernard
d’Aniort fie tous autres, excepté contre la vicomtelje de CarcaJJonne , Bernard- Aton
fin fils , 8c Bernard-Berenger de Pierre- Pertule.
l v. Ürbain II. ayant pafle d les Alpes au mois de Juillet de l’an 109 y. arriva
bimT djlns au commenccmcnc du mo‘s d’Août fuivant à Valence fur le Rhône. Il fe
h provincf!"5 rendit enfuite au Puy en Velay où il célébra la fête de l’AfTomption de la
Concile de Vierge. Il avoit d’abord réfolu d’afTembler le concile dans cette derniere
mat" évêque5, * v‘^e > ma*s ne trouvant pas encore les chofes difpofées , il l’indiqua à Cler-
du i’uy déclaré mont en Auvergne pour le 18. de Novembre de la même année. En atten-
fjdc.JclaCl01* dant parcourut diverfes provinces de France , fie alla d’abord à l’abbaye
>\ Ruin. vit • de la Chaife-Dieu dont il dédia l’cglife. Il prit enfuite fa route par le Gc-
Urb.n.n.m. vaudan , 8c pafla e à Chirac , monaftere fitué vers les frontières de ce pais
efrp.'i M.fr & du Rouergue. Il en fit confacrcr l’églife en fa prefence par les archevê-
^B-rutu b u <?lies ^v^cIlies croient à fa fuite, fie du nombre defqucls étoit Aldebert
•uxarch. des. évêque de Mende. Il accorda alors un privilège à ce monaftere à la priere du
viüor dtM»rf. cardinal Richard abbé de S. Victor , à l’autorité duquel il étoit fournis.
f R:iin. ibid. Le pape f arriva à Nifmes à la fin du mois d’Aoùt , 8c célébra le premier
»-i9+ àrhi- de Septembre la fête de faint Gilles dans l’abbaye de ce nom, où il s’arrêta
S MtUtann. du moins jufqu’au 7. de ce mois. Durant fon fejour g il réconcilia l’évêque
!ojs.n.ii. fle Nifmes avec Odilon abbé de ce monaftere fié fes religieux. Il pafla en-
hA urten.coi. flûte \q Rhône, 8c fe rendit àTarafcon, où il con(acrah l’églife d’un mona-
tt l' flere dépendant de l’abbaye de S. Victor de Marfcille , à la piicre de la com-
v. Ruin.iliJ. tejfe Stéphanie furnommée Douce , qui l’avoit fondé pour l’ame du comte Ber-
”i Lk/W. trand fon fils. Urbain * continua la route par Avignon , où il accordale iz.
de Septembre une bulle en faveur de l’abbaye de S. Gilles. Il remonta le
long du Rhône, pafla à Cluni , parcourut une partie de la Bourgogne, SC
s’étant rendu à Clermont le 14. de Novembre, il y fit l’ouverture du con¬
cile au jour marqué. Un grand nombre d’évêques fie d’abbez de prefque
toute l’Europe y alfillerent, 8c en particulier Dalmace archevêque de Nar¬
bonne , avec Godefroy de Maguelonne ,fic Bertrand de Nifmes fes fuffragans,
k plant av. to J. On prétend k que Bernard de Lodeve fie Matfred de Beziers s’y trouvèrent
p 7 9.&jn- aufli. Entre les autres évêques de la province Aymar ou Adcmar du Puy y
.nndopüeu. brina beaucoup. Pierre abbé d’Aniane y eut rang parmi les abbez : il étoit
l Rum.ibii. de la maifôn 1 de Sauve, 8e avoic fuccedé àEmenon. L’évêque de Maguelon-
an», ne fe plaignit contre lui au concile , de ce que m, fous prétexte des privilèges
Tslïlf. de fon abbaye , il ne lui rendoit pas l’obéilfance qui lui ctoit due. Lesperes
crH.to.--p. 7. ordonnèrent à cet abbé de faire latisfadion à l’évêque, 8c de lui promettre
l’obéiflance , fauf les privilèges de fon monaftere, qu’Urbain II. confirma “ en
n.iu.&fcqj. fa faveur peu dejours avant la mort.
oPr.p.y.ï& Il s’éleva aufli une grande difpute 0 dans le concile de Clermont, entre
/*«• & r • Seguin
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DE LANGUEDOC. Liv. XV.
2.89
Seguin abbé de Lezatôc Bertrand abbé de S. Pierre delà Court ou du Mas- An. 109 5,
Garnier dans le diocèfe deTouloufe. Le premier porta fes plaintes au pape
6c aux évêques, de ce que l’autre, contre les privilèges de Ton monaftere, refit-
foitdefè foùmettreà fon autorité. Urbain nomma Bernard archevêque de To¬
lède fon légat pour terminer ce différend } & ceprclat étoit fur le point de con¬
damner l’abbé de la Cour t fon parent , lorfque celui-ci quitta brufquement
le concile pour éviter là condamnation.
On drella divers canons dans le concile de Clermont ; mais ce qui s’y pafia de
plus remarquable fut la publication de la Croifide- Vers la fin du concile , le
pape fe rendit dans une grande place $ 6c làenprefcnce d’un nombre infini de
peuple, qui étoit accouru de toutes parcs, il parla d’une manière fi vive &
fi touchante fur la délivrance du fiiinc Sépulchre, & des autres lieux fiints
de la Paleftine occupez par les Infidèles , que tous les affifians s’écrièrent
comme de concert. Dieu le veut , Dieu le veut. Urbain croyant ces paroles
iufpirées par le S. Elprit, les alfigna pour le cri de guerre de ceux qui dévoient
avoir parc à cette entreprife , 6c qui fê prefenterent en foule. Ce pontife les
prit fous la protection du fàint fiege , 6c leur remit en échange de leur engage¬
ment , les pénitences canoniques aufquellcs ils pouvoient êcre afiujettis pour
leurs pechez. Il leur ordonna en même teins de porter fur leurs habits la figure
de la croix } ce qu’ils firent en coulant fur l’épaule droice deux morceaux
de drap rouge l’un fur l’autre. Cela leur fit donner le nom de croiCe z , 6c à
leur expédition celui de croifade } nom qu’on donna dans la fuite à routes
les entreprifes femblables.
Le pape allèmbla le lendemain les évêques pour donner un chef à ceux qui
avoienc déjà pris la croix -, 6c comme il n’y avoir encore parmi eux aucun
feigneur de diltinction , le choix tomba fur Aymar de Monteil évêque du Puy,
qui pallbit pour un homme fige , fçavant 6c expérimenté. U avoir d’ailleurs
porté a les armes avec honneur avant que d’embrafièr l’état ecclefiaffique, ^ ^ f'S' ^
Sc avoir déjà fait le voyage de Jerufiilem. Ceprclat fit d’abord quelque di/fi- ifu.chr.mv.
culte d’accepter cette commillion : mais il le rcndic enfin aux inltances du
}>apc, qui l’établit fon légat ou vicaire , 6c lui donna la bénédiction apofto- y*,;.}. jt! *
ique. Pluficurs autres évêques fe croiferenr à fon exemple , encr’autres GuiL
laume d’Orange, que le pape nomma pourièrvir de collègue à Aymar dans fa c, Gilolt
légation. Omajoute Bernard 1 eveque de Lodeve , quia ce qu on prerend, iui.f.
mourut à la Terre-fainte trois ans après fon arrivée. Ce prélat croit de la mai- M-
fon de Prevenchiercs en Rouergue, comme il paroît par une donation «qu’il
fie au mois d’Oclobre de l’an 1 09 y avec Aftorge fon frère en faveur de l’ab- »/•»*•
baye de faiut Victor de Marfeille. Il édifia fon diocèfe par fa conduite Sc la
fagellède fes réglemens. Il défendit entr’autres , fous peine d’excommunica¬
tion, les mariages des Chrétiens avec les Juifs qui croient en grand nombre
dans le pais.
Peu de jours f après la publication de la Croifide, les ambafladears de R^‘nl(,e
Raymond de S. Gilles comte de Touloufê arrivèrent au concile, pour dé - s.g/iL pKa j
clarer au nom de ce prince, que lui 6c un grand nombre de chevaliers '! l,çnx 3VCC
îesvailaux avoicnt deja pris la croix. Il ejl prêt , ajourerenr.ils , de faire f«
fart de fes richcjfes à ceux qui n’ont pas de bien , & il ne refufera ni fon fecours fff? IC,0C
ni fon confcil â aucun de ceux qui voudront s’engager dans cette expédition. Ces Ce^voJn°s!°‘
ambafladeurs furent reçus avec joie : ainfi, dit un témoin oculaire ë , les f b Ur<c. m/i.
Chrétiens qui s’étoient déjà dévouez à la délivrance de la Terre-fainte,curent
alors deux chefs , l’un ecclefiafiiquc, 6c l’autre féculier, Raymond fur en effet roa.Li.fu,
le premier des princes qui prit la croix , 6c fon exemple entraîna bien rot apres 0rler-
plufieurs autres , avec un grand nombre de Ibigneurs. Si nous en croyons un ff ulil'.M.
ancien h hiftorien , ce fut Aymar évêque du Puy qui lui perfuada de fe con- how/.,uw-
facrer à cette entreprife. Il elt certain du moins qu’il s’y engagea ‘ par un '"f'afff
efpric de religion ; 6c ce qui Je diftingue de tous les autres princes qui y in.c.i.
prirent part , c’cft le vœu qu’il ht de ne plus retourner dans fa patrie , 6c
d’employer le relte de fes jours à combattre contre les infidèles en expia. mcfb‘" '
tionde les pechez: vœu qu’il ob/èrva trcs-rcligieu/èment.
Les anciens auteurs qui ont écrit l'hifloire des croifades , font mention
Tome II, O o
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ZÇO
HISTOIRE GENERALE
AN.109j.de plufieurs comtes ôc feigneurs de Languedoc , ôc des provinces voifines qui
fcmirent fous les enfèignes de Raymond de faint Gilles, ôc le fuivirent à
la Terre-fainte, ôc qui par conféqucnt prirent la croix dans le même tems
que lui. Nous apprenons aufli de divers monumens le nom de plufieurs gentils¬
hommes de la province qui furent de cette expédition.
L’exemple d’Aymar évêque du Puy entraîna fans doute un grand nombre de
nobleffe du Velay. Parmi ceux que nous connoifions , le principal fut Heracle,
frere puîné de Pons, avec lequel il polTedoit par indivis la vicomté de Poli.
• Fr.j-.j4 gnac. Pierre ôc Pons de Fay ou de Fayn le croifercnt aufli a, ôc vendirent
/*?• une partie de leur patrimoine pour fournir aux frais du voyage 5 mais il n’y
eut que le premier qui l’entreprit , l’autre décéda auparavant. Ils firent cette
vente en 1097. de b’avis de Pons vicomte de Pohgnac , de fes fils , & de leurs
femmes. Ils étoient neveux de ce vicomte, car Pons leur pere avoir époufe
b v. note une fille du vicomte Armand III. b pere de Pons.
x.M- Pons de Balazun, chevalier du diocèfe de Viviers , fut un des premiers qui
prirent la croix ; ôc non content de fè dillinguer dans cette expédition par
« Rym. Je divers faits d’armes , il écrivit l’hiftoire c du voyage de Raymond de S. Gilles,
Agit. f.iiycr conjointement avec Raymond d’Agiles chapelain de ce comte, ôc chanoine
J'qÀ *r.p.}4t. du Puy qui fut aufli du voyage. Le Vivarais fournit encore d Gerenton
feigneur de Biage , vers les frontières du Velay , lequel vendit fes domaines
pour cette entreprife , au mois de Juillet de l’an \ o^G. fous le resne du roi Phi¬
lippe j fur quoi nous remarquerons en palïànt , que ce roi étoit alors par con.
féquent reconnu pour fouverain dans le Vivarais.
e Mm. de Si l’on ajoute foi à un ancien acte rapporté cpar un moderne, ôc daté du
litnr.to.6.(»rt. 21. Septembre de l'an io$ç. la JP J. année du pontificat d'Urbain 1 1 . & la XV. du
regne de l’empereur Henri IV. Lambert- Adhcmar de Monteil baron des baronies
d' Aulps , Roquemaure , Pays & Privas dans le diocèfe de Viviers , fervit
dans la première croifade , ôc fut tué au fiege de Jerufalem le Vendredi- faint de
la même année. Mais cet acte efl très-fufpcâ: ; car outre que ce terme , baron
des baronies étoit alors inufité , ôc que les croifez ne commencèrent le fiege dé
Jerufalem que le 7. de Juin de l’an 1099. la date ne fqauroit fc foûtenir. En
effet Urbain II. décéda le 29. de Juillet de l’an 1099. ôc il auroit été le 21.
de Septembre de cette année dans la XII. ôc non dans la XI. année de fon
r Raym. de pontificat. Ce qu’il y a de vrai, c’efl que Guillaume-Hugues • de Monteil* ,
Agil.bijt.qnof. prere d’Aynur évêque du Puv, fut du nombre des croifez qui accompagnè¬
rent Raymond de S. Gilles à la Terre-fainte.
Guillaume de Sabran fut un des principaux feigneurs du diocèfe d’Ufêz,
ôc Decan de Pofquieres de celui de Nifmes, qui fuivirent ce comte. L’hiftorien
g Gtr.ftr.frif de l’églife de Maguelonne g prétend que plufieurs gentilshommes de ce dio-
MataLp* 118.
3
cèfe, ôc de celui d’Agde accompagnèrent Guillaume V. feigneur de Mont¬
pellier dans cette même expédition , ôc prirent la croix avec lui ; entr’autres
Guillaume-Raymond , fils de Raymond-Gaucelin, Pons ôc Bernard de Mont-
laur , Guillaume de Fabregues, Éleazar de Montredon , Pierre-Bernard de
Montagnac , Guillaume Arnaud , Otlion de Cornon , Guillaume- Bertrand,
& Eleazar de Caftries. Cet auteur ajoute que Guillaume-Raymond fe mariai
Antioche 5 mais il fê contente de citer en general les archives de l’églife de
Maguelonne :ainfi on ne fçauroic faire beaucoup de fonds fur fon témoignage.
Tout ce que l’on fçait de certain , c’eft que Guillaume de Montpellier fe
h ibilf.no. diftingua beaucoup dans cette guerre , ôc qu’avant fon départ h il fit donation
de tous fes domaines à l’églife de Maguelonne, en cas qu’il vînt à déceder fans
heritiers légitimes.
Berenger-Pierre de Gignac , ville du diocèfe de Beziers , fituée fur les fron-
; Tr.f.m.& tieres de celui de Lodeve , fut aufli de l’expedition 5 car étant « vers ce tems-là
h • fur fon départ pour le voyage du faint Scpulchre , il donna la part qu’il avoit à
l’églife de faint Martin d’Àddiflan dans le diocèfe de Lodeve , à l’abbaye de
faint Guillem du Défert. Pierre-Raymond de Montpcyroux donna l’autre
partie en 1097. Le premier étoit vrailemblablement proche parent de Pierre ÔC
k ibid. deGervais de Gignac freres, qui fondèrent k en 1096. dans l’églifede S. Sau¬
veur de cette ville , un prieuré conventuel fous la dépendance de l’abbaye
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DE L A N G U E D O C. Liv.XV.-
2-9»
d’Aniane, à condition qu’eux ôc leurs defcendans feraient reçus , quand ils An. 109 y.
voudraient , à l’habit monaftique. Bernard-Raymond fut encore un des che¬
valiers du diocèfe de Beziers qui eurent part à la première croifade.
Raymond de faint Gilles engagea fans doute un grand nombre de fes vaf-
fmx de la ville & du comté de Touloufe à fuivre Ion exemple. Nous ne
connoiffons cependant certainement de cette partie de la province , que les
feuls Raymond- Bertrand de Lille , êc Pierre-Raymond de Hautpoul qui ayent
marché à fa fuite. Le château dont ce dernier portoit le nom lublîfte encore :
il eft lîtué dans le diocèlë de Lavaur , vers les frontières de ceux de Nar¬
bonne & de Carcaflonne. Nous trouvons alors un autre Pierre-Raymond de
Hautpoul, qui avec Bernard-Raymond fon frere, reftitua»en 1098. àl’ab- uPr.îM.
baye de Caunes l’églife de faint Amans de Valtoret en Albigeois , f tuée fur
la riviere de Tore Scies frontières duTouloufain. Quant à Raymond-Bertrand
de Lille , il étoit allié de Raymond de S. Gilles St leigneur de Lille-Jourdain,
petite ville fituéefur la Save , dans cette partie du diocèfe de Touloufe qui
s’étend à la gauche de la Garonne, St qui dépend aujourd’hui delà Guyenne.
Nous trouvons aulîi un feigneur nommé Galon de Calmont qui prit la croix,
& fe mit à la fuite de Raymond j 6c comme on voit une baronie de ce
nom dans le Lauragais & le diocèfe de Mirepoix , il eft allez vraifemblable
qu’il en étoit feigneur. Il paraît déplus que Roger de Mirepoix fervit durant
cette expédition : nous fçavons du moins qu’il mourut b à Jerulàlem au com- b Pr.pyo.
mencement du XII. fîecle. On a déjà parlé de Roger II. comte de Foix qui
vendit une partie de fon patrimoine pour s’engager dans cette entreprife. Les
anciens qui nous en ont faille l’hiftoire ne dilènt cependant rien de lui , St
c’eft fans aucun garant qu’un moderne c eft entré dans un fort grand detail hi'.ïi’&îxï
des exploits de ce comte dans la Terre-fainte y mais cet auteur ne rapporte
que des fables. 1 _
Raymond Pelet fut un des feigneurs qui fe diftinguerent le plus dans la mê¬
me expédition. On ne fçait fur quel fondement un auteur >■ étranger le fait
patrice de la ville d’Aft en Lombardie , n’y ayant aucun lieu de douter qu’il ^ l'at./acr.
ne fût natif de Languedoc: il paraît qu’il etoit feigneur d’Alais. Nous parle-
rons dans la fuite de quelques autres gentilshommes de la province qui fer-
virent dans cette première croifade , ÔC dont nous ne connoiflons pas le dio¬
cèfe où ils avoient pris nailîance.
Ifarn comte de Die, Raymbaud comte d’Orange, Guillaume comte de
Forez, Guillaume comte de Clermont , fils de Robert comte d’Auvergne ,
Guinart ou Gérard fils de Guillabert comte de Roulîillon , Gallon vicomte de
Bearn ôcCentullefon fils , Guillaume Amanjeu d’Albret , Raymond I. vicomte
de Turenne , Ôc Raymond vicomte de Caftillon furent les principaux des pro.
vinces voifines qui prirent la croix , 6c qui fe rangèrent fous les enlèignes de
Raymond de S. Gilles. Au relie , c’eft mal-à-propos qu’un hiftorien c mo-
derne donne le furnom de Foix à Gallon vicomte de Bearn. Ces deux mai-
fons étoient alors très-difFerentes , êc celle de Bearn ne fondit dans celle de
Foix que fort long-tems après.
Urbain II. avant la clôture du concile de Clermont, chargea les évêques
de prêcher la croifade aux peuples à leur retour dans leurs diocèfes , 6c le
concile mit fous fa fauve-garde les biens de tous ceux qui s’engageraient
dans cette entreprife. On ne fçauroit comprendre quel fut l’effet lubit de la>
publication qui en fut faite,. & combien fut grand le nombre de ceux qui fa-i
crilierent leur repos ôc leur vie pour marcher à la délivrance des lieux laines.
L’empreflement fut tel , que plulîeurs dames voulurent fuivre leurs maris dans
cette expédition. El vire comtefle de T ouloufe fut de ce nombre ôc la plus diftin-
guée de toutes. Il y eut’ même plulîeurs religiculês qui par une dévotion mal
entendue quittèrent leurs cloîtres , 6c s’expoferent à tous les dangers d’un
fi long voyage. Telle fut à ce qu’il paraît , une certaine Emerieue Al tejas, fpr.f.w.
qui ayant pris la croix fur /’ épaule droite pour aller À Jerufalem , fut recevoir
la benedidion d’ Ifarn évêque de Toulôufe. Ce prélat qui faifoit alors la
vilite de fon diocèfe , 6c fe trouvoit à la paroiffè de S. Jean, loua d’abord la dé- \
votion d’Emerie , mais il lui fit comprendre qu’elle ferait beaucoup mieux de
T ome II. O o ij
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HlSTOUE GE NEE ALE
An.i »? f . court raite une maifon pour y recevoir Ici pauvres , 8c elle fe rendit à fCJ rf,
montrantes. Quelques l'cipneur* du voifinagc lui donnèrent <je p
(Vcm nui rfni* t cHn n ,4iKi qiir\r..» .... _ ° v
l — ' i » - - " - “b **** uwiiuviwui ltjlllic de ioirr
Orcns qui croit abandonnée t clic édifia auprès un hôpital avec un ir.oaalb
T,ircn ' X l'lbblY' dc V-rilmor en Albigeois. U^naW
l s. ô™ fai.Gft.iic iw, ütoSSiïïÏÏr
^ .k dis “n“. - “«* ^ qu-ù
V , 1 w - - - * u piroit Qu’il r
• n.j.hi. croit fuite cnn* le ilunctc de Touloufe Yen les frostkres de cci ai deCom
nun?ei.
w.\. à V'W"* 11 aln5' lc CWK‘lc Jc Cîem^nx cci £-Jt le •?. de Novembre
t. • • w P -mu de cette ville au commencemcnc ca r xs ri-rivaat, ^ rendi[ . , ■■ »
\i\\ IJ'HU-, moiuftctc dépendant de ribui^e^. fc âpuLfc-gc en évêché
«• ■ > >» •■■>* cn conîaera * l cjuie ie ■». Dectr-ert i- i= - z^Lezn eveoues entr’au
4f: ,rc' a'Gu-1;pr't,i^ y--~
•i ** \ .« Coinc i À . v, c . ^rt v_e ^ ^ £ tl vXT2 cn-Si cvcrfcsprovincw
* * <*c r rance , 8*. ce 'rira .1 ::u ü N c L partir pour le Poitou
- * — *« c.rr--.r-r-c « . l- -V^mr . rriT-^ llzy.i & le Maine, &
‘ ,to* ?-r 1 ^ ~ ‘ r’b -1 -':c^ par Vendôme, &
1 .
■ •.>.»
a*v.«a :: c rrc-.- — i » . urs eu „ t~a un nouveau concile.
1 '. rr: Trr.i r- - - a ? • :c~ a— i — -i :cce uu ? i; :î; a Suintes , paüà i
P '•u'irrrr .1 ÿr 1 >.»-!. •». aTi'ii-c.e. L Tc::::d<ja arrive le 7.
i : V.:.- , r — ~ : t * — r-_r r*--e r: . u airs ; , en faveur de l’ab-
r: - u *. i--.lL i l^rz n;ne deTc*ulc-cié, &. aux évê-
- 7- r u r— ~ r. ' ± Lixicrt. Curtu r-uule ai darce ù 7.4e Mit
: • -, ’ “ ; - — -- ;.x_rTu.-jir. I..U ictirrice: cercr.danc al’an 1096.
^ r . -j . — — zz . . i-ÂTfcA- «r*i. — a*. - a - w — - wvA.-v.Am “*um vyo.
... rur . u-r: x. » n ua.-x erreur dans la
- -- ~ ue i. LuuxdL-r: , iJrlrent* dansplu-
— ;_-r — - 1..U ace irrite: cercruaiu
. _x * u:c a :
: rp:oir le commen¬
ter. On a un grand
— - »
rur r x. r.xi x.-uur^s l n’ont pas
' _r-uv-T nu j J • •"■■r :>u I mûâ quelques jours.
^ - - j,..t . j. L l-uunuin ‘ilycon--
**r r„-.a-_.u;rt-: raeiric ,aâîilcdefeiie
x-uu-r-u : ~ <ie Tolède , & de
^r.cr.t .’uJxl rrneipal en l’hon-
^ -a. l_i • S-Gulesqui fut
r' 2c ..exurr zr*z le p^pe, l’églife
_ _ _ ur .j-. ; -.nri-qoe au droit
-"Liu-Tic-ii. SLs comtes k de
! ai
DE LANGÜEOOC. Lrr. X Vj i9y _
blez pdur fa conftruclion, déjà commencée depuis long-tems. Le lendemain An. 109 6.
Vendredy il alla célébré* la méfié dans l’abbaye de faince Marie, où il prê¬
cha , fit dont il bénie le cimetiere.
De Carcafiônne Urbain fè rendit à Pa6baye d’AIet , aujourd’hui évêché, où il
avoit ajourné les ■* chanoines de la cathédrale de Touloufè. Ceux-ci s’écoient ac*tei mtm.
plaints devant lui de ce que les moines de l’abbaye de Clulé en Piémont leur
détenoient l’églifede firinre Gabelle qui leur avoit été donnée auX. fiecle paxj
Hugues leur evêque, fit Loup leur prevof. Les nobles ou chevaliers de ce lieu
apré’s l’avoir envahie dans la luire, l’avoienr donnée à la même abbaye au pré¬
judice de ces chanoines qui en demandoient la reftitution. Perlonne n’ayanç
comparu à Alet de la part des religieux de Clulê , le pape , de l’avis de Berr
nard archevêque de Tolede Ion légat, fit en prefence d’Ilârn évêque de Tou-
loule, les condamna à payer à ce dernier, fit à Tes chanoines, un cens annuel
de vingt fols monnoye cte Toulou/è. Après le dépare du pape les religieux
refuferent d’executer la fèncence , ce qui caufà beaucoup de trouble, 8c
obligea l’évêque Ifarn à jetter l’interdit fur Pégli/c de lâinre Gabelle, mais
ils ns le gardèrent pas. Les chanoines de Toulouiè eurent alors recours
à la force, fit ayant mis quatre mille hommes fur pied, ils allèrent ravager le
lieu de Crince Gabelle : enfin le défcnlèur ou avoué des religieux s’engagea
en leur nom de payer le cens annuel auquel ils avoient été condamnez. ,
Urbain IL continua fa route dans u la province, fit célébra la fête de faine b ruù. ü,j.
Jean-Baptifte dans l’églilè de S. Pons de Tomieres, où il donna une bulle en
faveur de l’églife de Pampelune en Efpagne , dont Pierre de Rodez , aupa¬
ravant religieux de la même abbaye ecoit alors évêque. Le pape le rendit
enfuitec à Maguelonneà lapriere de Godefroy qui en ctoit évêque, St il y c ibü.mst.
arriva le 28. de Juin. Le lendemain Dimanche, jour de lâint Pierre patron de Ve,ltal- J'tr- ■
la cathédrale , il y prêcha en prelènce de tout le clergé du diocèlè , fit d’un
nombre infini de peuple qui s’y écoit raflèmblé. Il bénit enfuite folemnel-
lement l’ille de Maguelonnc , aflifté des archevêques de Pile fit de T arra-
gone, St des évêques d’Albano, Segni, Nifines fit Maguelonnc. Le comte
de Subftantion , Guillaume lèigneur de Montpellier , fit les principaux du
pais furent prelèns à cette ceremonie. Il accorda en même tems une indul¬
gence à tous ceux qui écoient inhumez dans Pille , ou qui s’y feroient inhu¬
mer dans la fuite, St divers privilèges à la cathédrale : mais nous ne fçaurions
croire qu’il aie accordé aux evêques de Maguelonne le fécond rang après lui iVnda[ .y
dans toute l’églilè, comme 011 le prétend13. En mémoire d’un événement lï aZ./n. fit-,
célébré , l’évêque Godefroy inftitua une proceiïïon annuelle aucour de Pille. Maz-p-
Le pape apres avoir demeuré cinq jours dans Pille de Maguelonne , alla lvjii.
à Montpellier*, où à la priere de Philippe roi de France , il examina Pèle- Lcpapcncnt
âion de Guillaume à Pévêchc de Paris, fie renvoya k jugement définitif de N^mes^'idc-
cette affaire à Yves évêque de Chartres qui éroit venu le joindre. Il fe die lac«iic-
rendit enfuite à Ni fines où il arriva le y. de Juillet,& y afiembla le concile ^*c <Zv.KU*
qu’il’ avoir indique ài Arles. Le lendemain il dédia la cathédrale f de Nifines <ie BczicrsT**
en prefence de Raymond de S. Gilles qui étoie allé dans cette ville pour c Run- •ilJ>
l’y recevoir, comme if Pavoit reçu à Touloufë, St qui dota alors cette cache.
drale après l’avoir èpoafce : cérémonie dont il fit drefler un aéle autentique.
On croitg que le concilede Nifines commença le mêmejouré. de JurlJec. g Rnin.ua.
Il s'y trouva dix archevêques , fit 86. tant évêques qa’abbez de difFerens
royaumes on provinces , outre cinq cardinaux qui n’étoient pas évêques,. If
y a lieu de croire que la plupart des évêques de la province y afiifterenc: ü
eft du moins certain que Godefroy de Maguelonne, Bertrand' de Nifines,
Arnaud d’Elne,. fit Ifàrn de Touloufë furent de cd nombre. Oh précend h que hAnJ^Betf.
Matfred de Beziers s’y trouva aulft r de même qu’à un prétendu concile de n8&j'q.
Montpellier qu’on fait tenir au pape Urbain Ii. vers le même cems fans au¬
cun fondement. O qufily a de vrai,, c’eft que Matfred' évêque- de Beziers
fiegeoit encore en 109 6. fit qu’il eut alors un différent * avec Ennengarde i un,
vicomceflè de cette ville , au fiajet des droits féodaux du bourg de S-. Nazaire
qu’il prétendoit lui appartenir ■> fie de la redevance que les Juifs payoient à l’évê¬
que le jour de N02L A rnaud dé Le vezorx avoir déjà fuccedc à ce prélat dès le p. u *
de Juin k del’année fui vante. StZZi! '' *
»
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_ i9t HISTOIRE GENERALE
An. 109 y. conftruîre une maifon pour y recevoir les pauvres , fie elle fe rendit à Tes re.
montrances. Quelques feigneurs du voifinage lui donnèrent l’églife de faint
Orens qui étoit abandonnée : elle édifia auprès un hôpital avec un monaftere
thr- Qui en 1 1 40. 1 furent unis à l’abbaye de Vieilmur en Albigeois. Le monaftere
,”2/ «e S. Orens fubfiftoit encore en 1157. fous la dépendance de cette abbaye,
comme l’on voit par un a&e b de cette année , fiuvant lequel il paroît qu’il
» Pr.w f. étoit ficué dans le diocèfe de Touloufe vers les frontières de celui de Com-
»
mingeî.
VùiiJ'n i Urbain II. après le concile de Clermont qui finit le a 8. de Novembre,
Tonioufc. 11 partit de cette ville au commencement du mois fuivant, fie fe rendit à faint
H°urj monaftere dépendant de l’abbaye de Cluni, fit depuiscrigc en évêchc.
fc renj cnfuicc !1 en confacra c l’églife le 7. Décembre affifté de plufieurs évêques , entr’au.
à Nii mes. rres Guillaume évêque de Mende qui avoit fuccedc depuis lemoisd’Août
h précèdent à Aldebert de Peyre. Le pape d parcourut enfuite diverfes provinces
Vrkn.H.ifi. de France, & célébra la fête de Noël à Limoges. Il partit pour le Poitou
— - au commencement de l’année fuivante , traverfa l’Anjou fit le Maipe, fie
l0*6- prêcha par tout la croifade. Du Maine il prit fa route par Vendôme, fie
arriva au commencement de Mars à Tours où il tint un nouveau concile.
11 retourna enfuite à Poitiers , alla célébrer la fête de Pâques à Saintes , paflà i
Ôourdeaux fur la fin d’Avril, fie vint à Touloufe. Il y étoit déjà arrivé le 7.
ttUur?" de May > comme on voit par une bulle qu’il donna alors e , en faveur de l’ab-
&Mï.N9U baye deMoifiàc , fi e qu’il adreflà i Ifarn évêque de Touloufe, fie aux evê-
'GMuh'Mi. qucS d’Agen, de Cahors, Se de Laitoure. Cette bulle eft datée du 7. de Map
’ km2Ttni.n. Indiïlion IV. tan 1077. de t Incarnation. Elle appartient cependant à l’an 1096.
&fw- fuivant notre maniéré de compter , fans qu’il y ait aucune erreur dans la
lv. Ruia.it,, d. date i carr Urbain II. fie quelques-uns de fes fucceflèurs , fuivirentf dansplu-
rlgiadmn. heurs de leurs bulles le calcul Pifan , fuivant lequel on comptoit le comrnen.
1 o9i.n.4.& cernent de l’année depuis Pâques en anticipant d’une année. On a un grand
»°>« * *.*". nombre d’exemples de ce calcul , que quelques modernes g n’ont pas com-
g Saluz. Msrr. pris.
b,it-p w-&t- De Touloufe le pape alla à l’abbaye de Moiflàc où il paflà quelques jours,
h Cstel comt. Il étoit de retour dans cette ville le 1 3. de May , fie le lendemain b il y con-
fâcra fôfemneliemént l’églifê de S. Sernin nouvellement rebâtie , aflifté defèize
archevêques ou évêques ,entr’autres de Bernard archevêque de Tolede,êcde
&m- Gautier évêque d’Aloi. Le pape confacra lui-même l’autel principal en l’hon-
neur faint, fie y mit une partie de fon chef. Raymond de S. Gilles qui fut
ihd. J prefènç à la ceremonie , déclara publiquement, de concert avec le pape, l’églife
tt'iutiT “e fâ,nc Sernin entièrement Libre , fie renonça par un a&e « autentique au droit
kcanictmt. qu’il avoit fur une partie de la cire qu’on y offroit, fie dont lui, fie les comtes k de
I’ 'H- Touloufe fes prédeceflêursavoienc joui jufqu 'alors.
Dans le nouveau bâtiment de cette eglife ron laiflà le corps de faint Ser-
nin dans le même tombeau de marbre où faint Exupcre évêque de Touloufe
l’avoit inhumé au commencement du V. ficelé , lorfqu’il le transféra de l’ora¬
toire duTaur, dans l’ancienne églifê dédiée fous fon invocation qu’il avoic
I c» ni etmt. fait achever. Ce corps demeura 1 ainfi fous terre dans le chevet de l’églife
devant le chœur des chanoines, avec plufieurs autres corps fiunts , jufqu’en.
rzy8. qu’on le transféra avec le tombeau où il étoit renfermé , dans une
chapelle voârée fie ifolée qu’on avoir fait conftruire en forme de maufolée
derrière le grand autel fur un plan hexagone. On mit ce tombeau au
milieu de la chapelle , fie on en tira en 1 2 84. les fàcrez oflemens du fàinc.
pour les enfermer dans une chatte d’argent qu’on plaça audeflus , ainfi qu’ow
peut le voir dans le dettein qu’on Trouvera ci-joint. On monte à ce maufolée
pat deux degrez de chaque côté des collateraux qui font autour du choeur:
ws Rx cotez font fermez en dehors par une grille de fer , fie ils ont chacun.
une toife de longueur. La chafle reprefènee en relief l’exterieur fie le clocher
de Tcglife de faint Sernin.
tn Ruh itin. Urbain en partant de Touloufe m prit la route de Carcaübnne où il arriva le
».x67. ' Mercredy rx.de Juin, fie où il fejourna dnq jours. Il y officia pontificale-
ment le 1 2. dans la cathédrale > fie y bénie ies matériaux qu’on avoit raÆèm-
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DE LANGUEDOC.irr.XVi
blez pdur fa conftruction, déjà commencée depuis long-tems. Le lendemain An. 1096.
Vendredy il alla célébré* la méfié dans l’abbaye de fâinte Marie, où il prê¬
cha , &dont il bénie le cimetière.
De CarcaiÜônnc Urbain fe rendit à l’abbaye d’Alec , aujourd’hui évêché, où il
avoir ajourné les •* chanoines de la cathédrale de Touloufè. Ceux-ci s’écoient a cutei mrm.
plaints devant lui de ce que les moines de l’abbaye de Clulè en Piémont leur p&s-à-fiî-
détenoient l’églifede fainte Gabelle qui leur avoir été donnée au X. fieclepaç
Hugues leur evêque, Se Loup leur prévôt. Les nobles ou chevaliers de ce lieu
apres l’a voir envahie dans la lüite, l’avoicnc donnée à la même abbaye au pré¬
judice de ces chanoines qui en demandoient la reftitution. Perfonne n’ayanç
comparu à Alet de la part des religieux de Clulè , le pape , de l’avis de Berr
nard archevêque de Tolede Ion légat* & en prcfence d’Uârn évêque de Toy-
loulè, les condamna à payer à ce dernier, Sc à Tes chanoines , un cens annuel
de vingt fols monnoye dte Touloufe. Après le départ du pape les religieux
refuferent d’executer la fèntence , ce qui caufà beaucoup , de trouble , Sc
obligea l’évêque Uàrn à jetter l’interdit fur l’églilè de lâinte Gabelle, mais
ils ns le gardèrent pas. Les chanoines de Touloufè eurent alors recours •
à la force, Sc ayant mis quatre mille hommes fur pied, ils allèrent ravager le
lieu de feinte Gabelle : enfin le défenfèur ou avoué des religieux s’engagea
en leur nom de payer le cens annuel auquel ils avoient été condamnez. 1
Urbain II. continua la route dans 0 la province, Sc célébra la fête de laine bRum.mj.
Jean-Baptifte dans l’églilè de S. Pons de Tomieres , où il donna une bulle en
faveur de l’églifc de Pampelune en Efpagne , dont Pierre de Rodez , aupa¬
ravant religieux de la même abbaye ecoic alors évêque. Le pape fe rendit
enfuitec à Maguelonne à la priere de Godefroy qui en étoic évêque, Sc il y c HU.me %.
arriva le 28. de Juin. Le lendemain Dimanche, jour de lâint Pierre patron de jw*
la cathédrale , il y prêcha en prelènce de tout le clergé du diocclè, & d’un
nombre infini de peuple qui s’y étoic raflèmblé. Il bénit enfuite folemnel-
lement l’ille de Maguelonne , affilié des archevêques de Pile & de T arra-
gone, & des évêques d’Albano, Segni, Nifmes Sc Maguelonne. Le comte
de Subftantron , Guillaume feigneur de Montpellier , Sc les principaux du
pais furent prelèns à cette ceremonie. Il accorda en même tems une indul¬
gence à cous ceux qui écoient inhumez dans l’ille , ou qui s’y feroient inhu¬
mer dans la lûite, & divers privilèges à la cathédrale : mais nous ne fçaurions
croire qu’il ait accordé aux évêques de Maguelonne le lêcond rang après lui .
dans toute 1 eglile , comme on le prétend d. En mémoire d un evenement fi Gtr.fir.fr*;.
célébré , l’évêque Godefroy inftitua une proceffion annuelle autour de l’ille. «t«. ‘
Le pape apres avoir demeuré cinq jours dans l’ille de Maguelonne , alla lvui.
à Montpellier», où à la priere de Philippe roi d'e France , il- examina l’éle- Lepapct/enc
âion de Guillaume à l’évêché de Paris, & renvoya k jugement définitif de JvîimM.'udc-
cette affaire à Yves évêque de Chartres qui étoic venu le joindre. Il fe die h catl.e-
tendit enfuite à Nifmes où il arriva k y. de Juillet, & y aïïembla le concile ^ d*Je“*
qu’il avoic indiqué à Arles. Le lendemain il dédia la cathédrale f de Nifmes dé Brzicn.^*
en prefencc de Raymond de S. Gilles qui étoic allé dans cette ville pour c Run ,b,J‘
l’y recevoir , comme if Pavoit reçu à Touloufè, & qui dota alors cette cache-
drale après l’avoir èpoafce •. cérémonie dont il fit drefler un aéle autentique.
• On croit g que le concile de Nilmes commença le même jour 6. de Juillet, g Rnh.au.
Il s'y trouva dix archevêques , Si 86-. tant évêques qn’abbez de differens
royaumes ou provinces , outre cinq cardinaux qui n’étoientpas évêques. If
J a lieu de croire que la- plupart des évêques de la province y affilièrent : il
eft dot moins certain que Godefroy de Maguelonne, Bertrand de Nilmes,
Arnaud d’Elne,. Sc I-làrn de Touloufè furent de cé nombre. Oh prétend11 que h A»do3.B,xj.
Matfred de Beziers s’y trouva auffi , dé même qu’à un prétendu concile de
Montpellier qu'on fait tenir au pape Urbain II. vers le mêmecems fans au¬
cun fondement. Ce qufily a de vrai,, c’eft que Matfred' evêque' de Beziers
fiegeoit encore en 109 <». & qu’il eut alors un différent «avec Ermengarde \m.
vicomtelîè de cette ville , au fiajer dEs droits féodaux du bourg de S-. Nazaire
qu’il prétendoic lui appartenir 5 Sc de la redevance que les Juifs payoient à l’évê¬
que le iour de Noël, A rnaud de Lcvezon. avoir déjà fuecedc à ce prélat dès le g.. , * cftul- •
t : v j # r • y l* ctthtdu <
de Juin * del année lui vante.
Bcrncn.
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cc 'l.to. fi.p. J y 1
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6.0.
HISTOIRE GENERALE
An. 1096- Le 8. de juillet le concile •* de Nifmes décida le différend qui étoit entre
4 Ifarn évêque de Touloufe ôc les chanoines de S. Sernin touchant les oblations
faites à cette églife , dont le premier prétendoit la quatrième partie. Cette
affaire fut long-tems agitée 8x excita de grandes altercations. Ifarn appuyé
de Guy alors archevêque de Vienne, & enfuite pape fous le nom de Calixte
II. 8c de quelques autres prélats, foûtint fes droits avec beaucoup de cha¬
leur , enforte que le pape n’ofa le condamner * mais après la féancc l’ayant
appelle en particulier dans fa chambre , il l’obligea , de concert avec le comte
deTouloulc qui fe trouva prefent , à le defiftcr de fes prétentions. Le concile
décida enluite en faveur des chanoines de S. Sernin , dont Urbain 8c le comte
Raymond confirmèrent en pleine allemblée les privilèges 8c les droits qu’ils
avoient accordez à leur éghfe dans le temsde fa confecration : ce qui prouve
que Raymond de S. Gilles alfifta aux féances du concile.
Le lendemain 9. juillet13 on agita le différend qui étoit entre les abbayes
de Figeac 8cde Conques, lefqueîles n’étoient gouvernées que par un feul abbé.
« Il fut déclaré que chacune auroit lefien. Le 1 1. on confirma c les privilèges
ctiLto. 7.f>.7i. pabbaye de Riupoll contre les entreprifes de Bcrengcr évêque d’Aufonne
d Ri.ii». ibid. & archevêque de Tarragone. Le ii. Raymond*1 de S. Gilles déclara devant
& Ie PaPe à tout le concile, qu’il cedoit en faveur de l’abbaye de S. Gilles,
tous les droits 8c ufages dont lui 8t fes prédecelfeurs avoient joui jufiement 0 0
tnjufiement , tant fur la vallée Flavienne où cette abbaye étoit fituée, que fur
fes autres domaines. L’aéte eft daté du concile de Nifmes le Samedy 12. de
\ juillet de tan 1096. indillion IV. ce qui s’accorde parfaitement ; Ôc c’eft mal-
e Cc/jan. ta. à-propos qu’un de nos critiques e prétend que le 1 x. de juillet de l'an 109 6. étoit
10. canal. f. un jeucb & non un Samedy. Cinq cardinaux y foufenvirent avec plufieurs ar¬
chevêques 8c évêques -, 8c enfuite Raymond par la permijjïon de Dieu , dit comte
des Touloufains & des Roueryits , duc de Narbonne & marquis de Provence ,
Pierre Bermondi , Guillaume de Montpellier, 8c plufieurs autres feigneurs
féculiersdu pais qui fe trouvèrent au concile de Nifmes, ôc qui vrailembla-
blement avoient pris la croix.
On décida dans cette aflêmblée plufieurs autres affaires qui ne font pas de
notre fujet , 8c on y drefla 16. canons, dont la plupart font les mêmesque
ceux qu’on avoitdéja drell'ez au concile de Clermont. Quelques hiftoriens ajou¬
ta xn.hiflJa tent { que le pape ayant affemblé celui de Nifmes à la follicitation de Phi-
ir.NM.p.iosj. bpppe I. roi de France , ce prince qui avoir donné quelque marque de repen.
tir , s’y rendit en perfonne , promit de fe feparer de Bertrade, 8c y fut abfous
gR.iin.iW. defon excommunication : mais on ne convient B pas qu’il aie fait ce voya¬
ge, ni qu’il ait recju Ion abfolution au concile de Nifmes 5 on veut au con¬
traire, 8c il paroît que c’efi avec raifon , que Philippe ne fut abfous de fon
excommunication qu’au commencement de l’année luivante.
t/x. On croit h que ce concile finit le quarorze de juillet j en effet le pape
fe rendit le même jour , ou du moins le lendemain à l’abbaye de S. Gilles où
îi.dms la pio- il demeura jufqu’au 10. 8c où il confacra 1 pendant fon féjour l’autel de la
'"'hiw nouvelle églife. Il alla enfuite à l’abbaye de faint André fur le Rhône
iPr.p.341. vis-à-vis d’Avignon , où il confirma k par une bulle du 11. de Juillet ce qui
avoit été arrêté en faveur des chanoines de S. Sernin de Touloufe au concile
«ii.ro!-; p!y»i. de Nifmes. 11 accorda en même tems divers privilèges à leur églife , encon-
fédération de ce qu’il t avoit conficrée de fes propres mains , avec défenfe de chan¬
ger l’état régulier des chanoines , 8c à ceux-ci de rien poffeder en propre.
\ Pr îtij. E leur accorda entr’autres la liberté d’élire leur prévôt régulier. Le
Rvîn. ms. a. même jour le pape confirma1 l’a&e que le comte Raymond avoit fait en
/ireh. i, ^aveur c'e l’ibbaye de S. Gilles , dont ce prince , lors quil étoit fur fon départ
talb.itS.An- pour l’expédition de Jcrufalcm , avoit juré Hobfervation entre fes mains au concile
^ e Nifmes. Le lendemain 13. Juillet il confirma m par une bulle les privile-
feq' ges de l’abbaye S.- André , 8c ayant pafle enfuite le Rhône il alla à Cavail-
LX- , , Ion n , où il étoit encore le 30. du même mois. Il partit pour l’Italie bientôt
ymonddc .. . „ > . . .... • > r , ^ ‘
».17Î
LX
Raymond
S.Giùcs ic pré après, 8c il étoit déjà arrivé dans le Milanoi s le 14. de Septembre,
pâte à fon dé- Cependant tout fe préparoit pour le départ des croilez, fixé par Urbain au
15. d’Août. Une troupe conduite par un chevalier nommé Gautier Sans -
part pour -ta
Tusc-laimc.
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'DE L A N G UE D O C. L i v. X V.
*9 S
dvoir , & par Pierre l’Hermite, avoir déjà pris les devants. Tous les autres croi. An. 1096.
fez de France,, au nombre de trois cens milles, fe partagèrent en trois corps
fous trois divers chefs. Godefroy de Bouillon duc de la balle Lorraine, fuivi
de fon frere Baudouin , fe mit à la tête du premier, partit le 1 5.d’Août,&
fe rendit à Conftantinople par l’Allemagne fie la Hongrie. Le fécond fous la
conduite de Robert comte de Flandres , d’Hugues comte de Vermandois,
frere du roi Philippe , 6c de Robert duc de Normandie , prit la route d’Italie
(c de la Calabre au mois de Septembre. Enfin le troifiéme fuivit Raymond
de S. Gilles , qui accompagné d’Aymar de Monteil évêque du Puy & légat 3 KW0TB
du faint liege , ne fe mit en marche » que vers la fin du mois d’ Octobre.
XLIII.n.i.fr
toi*
Raymond J étoit le plus âgé de tous les princes croifez , 6c ne cedoit à guH. hifi.
aucun ni en valeur ni en magnificence * enforte que fi on eût eu à choifir
un generalifiime , il n’eft pas douteux qu’on ne lui eût déféré cet honneur.
On prétend c que pour fournir à la grande dépenfe dans laquelle cette en- c v. noir
treprife l’engagea, il aliéna peu de tems avant fon départ une partie de fon XLl1'
domaine , entr’autres les comtez de Cahors 6c de Rodez , Se qu’il vendit le
premier aux évêques de Cahors , 6c l’autre à Richard vicomte de Carlad.
Il paroît en effet , quelque riche que fût Raymond, qu’il lui eût été dif¬
ficile de foûtenir des dépenfes fi confiderables fans aliéner quelques portions
de fes domaines. Un ancien hiftorien d affilre même que ce prince, qui étoit, ajoû- <1 R»t. hîft,
te-t’il, trés-puiflànt, vendit tous fes biens , Iorqu’il fe mit en marche pour la deli-
vrance du faint fépulchre 5 mais il eft certain que tous les principaux domai¬
nes qu’il pofledoit avant la croifade pafTercnt à fes fuccelleurs. Quant aux
comtez de Cahors & de Rodez , nous voyons' i^.Que les évêques de Ca- cnoie MJ.
hors jouifloient auparavant du domaine de cette ville fous l’autorité des
comtes de Touloufe donc ils étoient vaflaux , 6c qu’ils continuèrent d’en jouir
dans la fuite : mais ils ne prirent pas le citre de comte de Cahors avant le XI II.
fiecle. On ne fçauroit donc attribuer à Raymond de S. Gilles l’alienation
de ce comté. i°. Ce prince ne peut pas non plus avoir aliéné avant fondé-
part pour la Terre-fainre , le comté de Rodez, qui comprenoit environ le
tiers du Rouergue, puifque Richard vicomte de Carlad, qui en fit l’acquifi-
tion,ne fe qualifioit* encore que vicomte au commencement de l’an i097.lorf.
que Raymond de S. Gilles étoit déjà parti. Il paroît g cependantque le dernier
engagea ce comté au même Richard durant le cours de fon expédition, 6c
au’Alfonfe Jourdain fon fils 6c fon fuccefieur, l’aliéna enfuite entièrement en
faveur de ce vicomte 6c de fon fils Hugues , à la charge de lui en faire hom¬
mage.
Raymond de S. Gilles fe prépara à fon voyage par divers aétes b de pieté 6c
tPr.p.m;
g NOlEibid,
h y1Sl.SS.otdi
de religion. Il alla peu de tems avant fon départ d l’abbaye de la Chaife-
Dieu en Auvergne pour implorer le fècours dç S. Robert fon proteéleur. La &[•!■
dévotion finguliere qu’il avoit envers ce faint, le porta à demander lataflè
dont il s’étoit fèrvi pendant fa vie * 6c après l’avoir obtenue, il la porta toû-
jours depuis avec lui, ainfi que plufieurs autres reliques qu’il confervoit dans
fa chapelle. Il perfuada' enfin d un religieux de ce monafîerc nommé Arbert, « Aa.ss.Hi4
prieur dePrivazac en Rouergue de leluivre à la Terre-fainte.
Ce fut alors peut-être que Raymond donna à cette abbaye les églifes de
S. Pafque , de la Vierge , & de S. Nazaire de Beaucaire. Nous avons du
moins un ade k fans date , par lequel Raymond fit cette donation du confeil
de Bertrand fon fils, de Guillaume de Sabran, 6c de quelques autres fei- /'?•
gneurs, 6c y ajoûta divers droits , tant dans le lieu même que dans la terre
d’Argence, pour en jouir pendant fa vie 6c celle de fa femme, de fes fils &
de leurs fœurs. Gibelin archevêque d’Arles confirma 1 la donation de ces égli- l Rtch.furi»
fes fituées dans fon diocèfe , 6c l’abbaye de la Chaife-Dieu établit depuis
un prieuré conventuel à Beaucaire , dont les religieux furent fécularifez, 6c F ?
leur églife changée en collegiale en 1597.
Raymond ™ alla au Puy vers le même tems, & s’étant rendu dans la mpr.M,
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AN.1096.
ir.NOTH
XlV.n. 19.
lxi.
Départ tic
Raymond. Son
voyage -ufqu'à
Conltantiuo-
plc. Atmoiiics
des comtes de
Touloufe.
b Frf.
H-
c V. KOTE
XUU.».).
d üeft.Fraft.
•*m- 1er }•
Tulcb . Carnot,
hijltyrof. /. x.
r. 1.
Ütlol.t.&c.
. c R«ym. de
Agiipny
i Cutl.Tyr .
fetj.
g V Marc*
Béarn l.j.c.6 •
h GuM.MaI •
mtf.L+.ci.
i9tf HISTOIRE GENERALE
res 6c Fabrejargues , à condition qu’on celebreroic cous les ans la fête de ce
faine , tant dans cette eglife , que dans toutes les autres du diocèfe ; qu’on
feroit brûler continuellement un cierge dans la cathédrale du Puy devant
l’image delà Vierge y qu’après /à mort on y celebreroic tous les ans Ion an-
nivcrïàire, de même que dans toutes les autres églifes qui en dépendoient;
6c qu’on y réciteroit tous les jours une orailon pour lui durant fa vie& après
fa mort. Le comte confirma peu de tems après cette fondation, du confen-
t enent de Bertrand fon fils , & de fa femme fille du roi Alfonfc , ÔC déclara que lî
quelqu’un y donnoic atteinte, il encourroic l’anathême lancé dans le con¬
cile de Clermont far le pape Urbain , les évêques & les abbez, 0 contre quiconque
s’oppoferoit aux donations faites par ceux qui marchoient h la délivrance du faint
Sépulchre -y ce qui nous fait comprendre que Raymond fit cette donation, qui
11’cft pas datée, peu de tems avant fon départ pour la Terre, faintc. Ce prince
délivra enfuice à U fez, en prcfence de Raymond évêque de cetce ville, les
biens qu’il avoit donnez pour cette fondation, le lendemain qu'il eut pris U for-
terejfc de S. Maxim in.
Quelques auteurs3 veulent que cette forterelTe ne foit pas differente de la
ville de faint Maximin en Provence, 6c prétendent prouver par là que Ray¬
mond envahit cette province fans aucun titre légitimé : mais il n’y a pas
lieu de douter que la forterelTe de faint Maximin dont il s’agit, ne foit la
même que le château de ce nom fitué à demi-lieue d’Ufez vers lefud-eft,
dont le feigneur etoit peut-être rebelle à ce comte: car i°. Raymond do-
minoit fur le diocèfe d’Ulèz. i°. Les lieux qu’il donna à' l’eglife du Puy
pour la fondation dont nous venons de parler , font fituez dans le même
diocèfe au voifinage du château de S. Maximin. Au refie on inféré avec fon¬
dement de cette donation , que ce prince dominoit auffi fur le Vclay.
Ce prince , que les divers auteurs contemporains qui ont écrit l’hilboire de
la guerre fainte appellent indifféremment tantôt comte de Touloufe, 6c tan¬
tôt comte de faint Gilles ou de Provence, ayant dilpofé toutes c h ofes pour
fon départ, fe rendit à l’abbaye de faint Gilles 6c. là il confirma dans le
chapitre, en prcfence de toute la communauté , l’abandon qu’il avoit déjà
fait plusieurs fois des droits qu’il prétendoit fur la ville 6c fur l’abbaye
de ce nom. Il alla enfuire fe mettre à la tête des croifcz qui s’étoient
rafîèniblez au nombre d’environ cent e mille hommes , tant de fes vafiàax
Gothsd , Provençaux & Aquitains , que des peuples de Gafcogne 6c des pro¬
vinces voifincs. Aymar évêque du Puy légat du faint fiege le joignit 6c ne
le quitta jamais , non plus que Guillaume evêque d’Orange lieutenant dece
prélat , ou vice-lcgat. L’évêque d’Apt fut aulli du voyage. Les principaux
des feigneurs feculiers qui partirent avec lui , furent, félon les mêmes hiflo-
riens f,Raymbaud comte d’prange , Gafton vicomte de Bearn, dont la
plupart de ces auteurs ont défigure g le nom fous celui dcGafius de Behers 0 s
de Bedcrs , Centulle fils de ce vicomte, Girard ou Guinard fils deGuillabert
comte de Rouflîllon , Guillaume feigneur de Montpellier, Guillaume comte
de Forez, Raymond Peler 6c Guillaume Amanjeu d’Albret , outre plufieurs
autres dont on a déjà fait mention , 6c dont nous aurons occafion de parler
dans la fuite. Raymond de S. Gilles commanda donc tous ceux qui avoient pris
la croix dans les provinces méridionales du royaum efiepuis les Pyrénées jufquaux
Alpes** , 6c que quelques-uns des mêmes hifloriens fe contentent de délî-
gner fous le nom generale Provençaux. La principale force de cette armée,
de même que des autres qui partirent pour la croifade, confiftoit en cavalerie
pefamment armée , 6c compofee feulement de nobles ou gentilshommes ,
qui ne combattoicnt alors qu’à cheval, armez de cafques , de cuiraflès ,
d’épées , de boucliers , 6c de lances : le relie confilloit en infanterie qui fe fer-
voie d’arcs 6c de flèches.
Tous les meilleurs critiques rapportent à cette expédition l’origine des
armoiries. Ils prétendent que les chevaliers raflemblcz de prefque toutcsles
province de l’Europe, ne pouvant fe reconnoître entr’eux , parce que les
cafques cachoient leur vifage , ils mirent pour fe diflinguer certains lignes ou
figures fur leurs cottes d’armes , leurs drapeaux , leurs boucliers , 6c fur
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0 >n Ue/uuuzsirit-.
To.fi.
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DE LANGUEDOC. Liv. XV.
*97
les caparaçons de leurs chevaux. Un auteur a contemporain rapporte en effet AN.1096T
que les drapeaux des feigneurs croifez étoient de diverfes couleurs , de même A 3utnrlbl'i^
que leurs boucliers } que les uns étoient couleur d’or, les autres verds , rou- ye0jJ c.
ges,êcc. Ilparoît donc qu’on doit rapporter à cetce époque l’origine desarmoi- a-& Aî¬
nés des comtes de Touloufe , qui étoient une croix clechée , vuidée 8c po-
metée -, 6c que Raymond de faint Gilles, l’un des premiers chefs de la croilà-
de, prit ce fymbole facré comme une marque de la part qu’il avoit à cette
expédition. Outre que nous fçavons que ce comte avoit b alors un fceau,on
peutfe fonder d’ailleurs fur le témoignage d’un célébré critique , c qui prouve evucangt
que la croix que les comtes de Touloufe portoient dans leurs armes , «
eft femblable à celle que le grand Conftantin eleva dans le marché de Con- « uhhF. 15t.
ftantinople , 8c à celle qu’il avoir vue au ciel , lorfqu’il combattit Maxence, «
qui étoit garnie de petites pommes aux extrêmitez. « Raymond de S Gilles
qui fut le principal ae tous les princes qui fe croiferenc en 1095. Pour a^er
combattre pour les interets de J. C. aura donc pris pour fes armes le même
fymbole qui rendit cet empereur victorieux des ennemis de la foy.
Il y a lieu de croire que les feigneurs de Lille- Jourdain , 8c quelques au¬
tres <1 vaflaux des comtes de T ouloufe qui portoient les mêmes armes que ces à v.
derniers , les prirent dans cette occafion , parce qu’ils marchoient à la fuite,
8c fous les bannières de Raymond de S. Gilles. On Içait en effet que Raymond-
Bertrand de Lille-Jourdain fut de cette première croilàde. On peut former
la même conjedure fur les armes des anciens comtes de Forcalquier , fembla-
bles à celles de Touloufe : ainli Guillaume puîné de la mailon d’Urgel, qui
poiïedoit alors le comté de Forcalquier, ôc qui le tranfmic à fes delcendans,
luivit vraifemblablement Raymond de S. Gilles dans cette expédition. Il eft
vrai qu’un hiftorien c Provençal prétend que les comtes de Touloufe ont pris c Rufflhijl.u*
leurs armes des comtes de Provence, ôc qu’ils les ont portées depuis le ma-
riage de Guillaume comte de Touloufe avec Emme fille de Rotbold comte ‘ ' *'
de Forcalquier f 5 mais il feroit à fouhaiter qu’il eut donné quelque preuve f r- k°tb
d’un fait fi important. X1K ”-10'
Raymond de S.Gilles g avant fon départ, lai fia à Bertrand fon fils du pre- g Gui^ hi^
mier lit, l’adminiftracion de tous fes états, ou plutôt il s’en démit entière- 9iraJ- • ti¬
ntent en fa faveur : car outre qu’il fit vœu de finir lès jours à la Terre-feinte, e u-
nous voyons par divers aétes b que depuis fon départ, ôc avant fa mort, h pr.p. is^.
Bertrand prit le titre de comte de Touloufe , deRoueryie & d’ Albigeois , & qu’il & Af¬
fût reconnu pour tel par les peuples de ces pais. Elvire' de Caftille femme ;i cuib.^Rod.
de Raymond , qui, comme on a déjà dit, lejfuivic dans cette expédition , 6c 2ol-,b,d'
voulut partager courageufement avec lui les périls d’une fi. grande entre-
prife , emmena avec elle un fils qu’elle en avoit eu , ÔC dont on ignore le
nom. Ce jeune prince mourut fans doute durant le voyage , car il n’eft plus
parlé de lui.Enfin Raymond s’étant mis à la tête des croifez partit k pour Con- K note
itantinople vers la fin d’O&obre de l’an 1096. paflà les Alpes, 6c entra dans XLW- "• *•&
la Lombardie. ^ ‘
Ce comte après avoir traverfé 1 l’Italie, prit fa route du côté du Frioul, mvm.
paflà auprès d’Aquilée, entra dans l’Iftrie, Ôt arriva fur les frontières de la Dal- ?«•«/•
macie. Cette province , fituée entre la mer Adriatique 6c la Hongrie, faifoit
alors partie du royaume d’Efclavonie , 6c étoit habitée par des peuples à *.>7-
demi barbares, quoique chrétiens, lefquels s’occupoient bien plus volontiers t °'der-vit*’-
du vol, 6c du brigandage , que de la culture des terres. Raymond n’eut pas GejiaTMçudi,
pliltôt pénétré dans leur pais , qu’il rencontra de plus grandes difficultez qu’il c-'
n’avoit crû, tant par la faifon de l'hyvcr où on était alors , 6c par un brouillard
continuel qui dura pendant toute fa marche dans cette province , que par la
nature du pais entrecoupé de montagnes, de forêts , 6c de rivières , ôc par le
défaut de vivres. A fon approche les peuples faifis d’effroy , avoient abandon¬
né leurs habitations pour le retirer dans les montagnes ou en des lieux inaccef-
fibles , 8c avoient emmené avec eux leurs troupeaux qui faifoient toutes
leurs richeflès -, enforte que les troupes fouffrirent une grande difette pendant
quelques jours. Pour comble de malheur les Dalmates forçant de leurs re¬
traites , donnoient fur les traîneurs , 6c ne faifoient quartier à aucun , fans
T ome IJ. P p
. IL.
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_ z9î HISTOIRE GENERALE
As.io$6. qu’il fût poffiblc aux’croifcz de les pourfuivre dans un pais dont ils ne con..
noîfloient pas les routes. Toute la précaution que put prendre Raymond fut
de marchera l’arriere-gardc , Ôc de camper toujours le dernier pour couvrir
l’armée. Il fut attaqué neanmoins un foir dans un défilé par une troupe d’Ef.
clavons qui l’enveloppcrent -, mais il lé défendit II bien , qu’il les obligea à
prendre la fuite, après s’ètre faill de fix de ces brigands, à qui il fit arracher les
yeux, couper les pieds, le nez ôc les mains pour jeteer la terreur parmi les autres.
' Enfin au bout de quarante jours d’une marche très- pénible ôc très- fatiguante,
1097- l’armée l'ortir heureufement de la Dalmatie, ôc arriva à Scutari , ville alors
capitale du royaume d’Elclavonie, ôc aujourd’hui de l’Albanie, fituce vers
les frontières de la Macedoine d vingt. cinq milles delà mer. Raymond alla
aulîî-tôt trouver Bodin roi du pais, qui y failoit fa rcfidcnce , ôc obtint de
lui , à force de prefens , la liberté d’acheter les proviiions neceflaires pour
l’armée. Il fe rendit enfuice d Duras fur la mer Adriatique , ville foumife à
Alexis Comnene empereur de Conilantinople;
La part que ce prince paroiilbit prendre à la croifade qu’il avoit follicitée,
fit croire à Raymond qu’il ne lui relloit plus rien à craindre, ôc qu’étant arri¬
vé dans les provinces de l’empire d’Oricnt , il n’avoit que de bons traitemens à
efperer } mais il fut trompé dans fon attente. Alexis qui etoit un prince rufé
& défiant , voyant que l’armée du duc Godefroy ÔC des autres croilez qui
croient déjà arrivez auprès de fa capitale dès la fin de Décembre , y vivoient
à difcrécion comme dans un païs ennemi , après avoir commis mille défordres
dans fes provinces , appréhenda qu’ils n’en voulullent à fa couronne, & qu’ils
ne tournafTent leurs armes contre lui. L’armèc de Raymond augmenta d’au¬
tant plus (es allarmes , qu’il fçavoit que c’ctoic un prince fage ôc magnanime,
adoré de l’armce qu’il conduiloit, ôc en état de tout entreprendre avec elle.
Il réfolut donc de donner au dehors à ce comte toute forte de marques de bien¬
veillance, ôc de ne rien négliger en fecret pour faire périr fes troupes. Il lui
envoya des ambalfadeurs pour le féliciter fur fon arrivée dans l’empire , lui
offrir fes lervices , ôc lui remettre une lettre qu’il lui écrivoit en ces termes :
« Il y a long-tems , mon très-cher comte , que la réputation de votre
» prudence Ôc de votre probité efl parvenue jufqu’à nous j ôc votre mérite nous
« engage à vous donner des marques particulières de notre amitié. Nous
« vous attendons avec impatience dans le defir où nous fommes de conférer
«avec vous fur les affaires de notre empire. Nous vous exhortons donc de
«venir au plutôt , Ôc vous devez être alluré que nous vous ferons un accueil
«des plus favorables. Nous vous prions de conduire votre armée fur nos
«terres fans defordre ôc fans tumulte. Nous avons ordonné à ceux qui vous
«remettront cette lettre de vous faciliter lepallage, Ôc de vous procurer à
« bon marché tous les vivres dont vous aurez beloin.
Raymond ne demeura pas long-tems à s’appercevoir que toutes ces demon-
ftrations d’amitié de la part d’Alexis n’etoient pas finceres. A peine fut-il
entré dans les provinces de l’empire , qu’il le vit harcelé de toutes parts par
les gens du païs, qui tuoient tous ceux qui s’écartoient de fon camp , ou
tâchoient de le voler pendant la nuit. Pons-Rainard , un des chevaliers des
plus diftinguez de l’armée, fut tué dans une de ces occafions, ôc Pierre fon
frere blellé à mort. Le comte ayant neanmoins continué fa route ôc traverfé
l’Epire, il entra dans la vallée de Pelagonie en Macedoine, où il fe vit atta.
que de nouveau par les peuples du païs qui s’étoient raflemblez. Un foir en*
tx’autres l’évêque du Puy s’étant écarté du camp pour fe loger plus commo¬
dément, fut arreté par une rro.ipe de Bulgares qui l’obligerent de defeendre
de deffus fa mule , le dépouillèrent ôc le blelfercnt dangereufement à la tête. II
fut cependant heureufement délivre ; car tandis que ces brigands empêchoient
qu’on ne le tuât, afin de l’obligera leur déclarer où il avoit mis fon or, on
apprit fa détention au camp , ôcon envoya aufîl.tot un détachement qui le
ramena.
L’armée étant arrivée à un château appelle Bucinat , le comte de Tou-
loufe apprit que les montagnards lui avoient dreffé des embûches dans le dé¬
filé d’une montagne par où il devoit palier. Il alla à leur rencontre , les
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DE LANGUEDOC Liv. XV. 199 _ _ _
furprit , les défit entièrement , ôcrenditparlà le partage libre. A fonarrivée à AN.1097.
Theflalonique , l’évêque du Puy y tomba malade , Ôc tut obligé de s’y arrêter
avec une elcorte. L’armée ayant continué fa marche s’avança jufqu’à Rorto,
dont les habitans la reçurent très-mal 5 ce qui fit que les croiiez fe voyant
tous les jours expolez à de nouvelles infultes , le déterminèrent à aflieger
cette ville. Ils la prirent de force , la mirent au pillage , & y arborèrent les
enfeignes de Raymond de S. Gilles , en criant Toulou/e , qui étoit leur cri de
guerre : ils reprirent enfuite leur route.
L’armée s’etant avancée jufqu’à Rodofto , ville fituée lur l’Hellefpont , à LX11'
quatre journées de Conftantinople, elle y rencontra un corps de troupes im-
periales qui l’attaqua lous prétexte ô’ufer de reprefailles. Les croifez lbutin- teconciliaiiôn
rent le choc avec beaucoup de valeur , repourterent les Impériaux , leur tue-
rent beaucoup de monde, & firent quelque butin. Les ambafladeurs que le Alexis/' CU
comte de Touloufe avoit envoyez à l’empereur le rejoignirent dans cette
ville , avec les nouveaux que ce dernier lui envoyoit. Ils l’aflurerent tous de la
bienveillance de ce prince , ôc le prerterent , l'oit de la part , foit de celle des
chefs de la croifade qui l’a voient devancé , de hâter fa marche , ôc de fe rendre
inceflamment à Conftantinople pour délibérer enfemble fur les préparatifs de
la campagne } ajoutant que l’empereur ne vouloit rien conclure fans la parti¬
cipation. Raymond fur leurs inftances laiffà là fon armée , prit les devants ,
ôc fe rendit avec peu de fuite & fans armes dans cette capitale. L’empereur
le reçût avec de grands témoignages de joie ôc d’amitié , & lui fit des hon¬
neurs infinis } mais il demanda bientôt après qu’il lui rendît hommage , &
qu’il lui prêtât ferment* de fidelité , à l’exemple des autres princes croiiez. Le
comte répondit » qu’il étoit venu pour fervir, & reconnoître uniquement «
pour fon leigneur celui pour la gloire duquel il avoit abandonné la patrie «
ôc fes états -, qu’au refte fi l’empereur vouloit le mettre à la tête des croi-«
fez , il ferviroit volontiers fous lès enfeignes avec toutes fes troupes, u
Alexis peu content de cette réponfe , s’exeufa de fe mettre en campagne ,
fous prétexte qu’il avoit quelque irruption à craindre de la part des Allemans,
des Hongrois , ôc des autres peuples barbares j ôc pour mettre le comte dans
la neceflité de faire l’hommage ôc le ferment qu’il demandoit , il ordonna fe-
cretementà fes troupes d’aller attaquer le camp de ce prince,: bien alluré
qu’il ne pourroit recevoir aucun fecours des autres croifez , aufquels il avoit eu
loin de taire palier le détroit à mefure qu’ils étoient arrivez. Les Impériaux
fur les ordres de leur maître , s’approchèrent du camp de Rodofto , atta¬
quèrent les troupes de Raymond , ôc les mirent d’abord en défordre , parce
qu’elles ne s’attendoient pas à une .femblable perfidie , & que la plupart des
foldats étoient endormis, ôc avoient négligé de pourvoir à leur fureté. Plufieurs
d’entr’eux furent tuez , ôc le? autres mis en fuite * mais enfin leurs chefs les
ayant ralliez , ranimèrent leur courage , ôc obligèrent les Grecs à fe retirer avec
perte. Toutes ces traverfes découragèrent beaucoup les croifez qui avoienE
fuivi le comte Raymond , ôc comme ils en prévoyoient de nouvelles , plu¬
fieurs étoient réfolus d’abandonner le camp ôc de retourner en France * mais
les évêques ôc le clergé de l’armée les empêchèrent par leurs exhortations de
commettre cette lâcheté.
Le comte de fon côté ayant appris à Conftantinople ce qui venoit de fe
paffer dans fon camp , en fut fi irrité , que rien [n’eût été capable de l’empê¬
cher d’en tirer vengeance fur le champ , s’il en avoit eu le pouvoir : car , ajoûte
un ancien hiftorien * , il paflbit pour un prince qui abondoit en fon fens , qui a Quill T
pardonnoit difficilement les injures, ôc qui n’en perdoit jamais le fouvenir. Il fit Md. 1
d’abord porter fes plaintes par quelques feigneurs de fa fuite à l’empereur , qui
tâcha’de s’exeufer fur les ravages que l’armée chrétienne avoit faits dans fes
états. Le comte de Touloufe peu fatisfait de cette exeufe, dépêcha auflï-tôtau
duc Godefroy , au comte de Flandres, à Boemond , ôc aux autres princes
qui étoient campez à la tête de leurs troupes de l’autre côté du détroit, ôc
les pria de venir incertamment l’aider à fe venger de la trahi/on de l’empe¬
reur. Boemond étoit un prince Normand , qui après avoir reçû Hugues le
Grand, le comte de Flandres ôc le duc de Normandie dans la Pouille ôc la
Tome II. P p ij
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ÀN.X0p7»
a Chron,
Marte»,
collet}, ampliff,
to . 69»
b Altxiêi.
/.io. f. jo) *6*
M-
300 HISTOIRE GENERALE
Calabre où il dominoic , 5c où ces princes avoient pafle I’hyver , s'étoit Croifé
à leur exemple. Après avoir raflemblé un corps d'armée, il s’étoit embarqué
à Brindes fuivi de Tancrcde Ion neveu , fils de fa focur , 6c de plufieurs autres
feigneurs pour fe rendre à Coriftantinoplc ,oùilétoit arrivé, de mêmequ’Hu*
gués le Grand 8c le comte de Flandres , lefquels avoienc devancé le duc de
Normandie qui ne partit pas fitôt d’Italie.
Alexis voyant que le comte deTonloufe .avoir de jufles fujets de feplain.
dre , tourna cette affaire en négociation : il fit appeller à là cour le duc
Godefroy, le comte de Flandres 8c Boemond , 2c les chargea de l'appaifer 2c de
faire fa paix avec lui. Ces trois princes ne négligèrent rien pour réuflir dans leur
commilTÏon,8c dans une conférence qu’ils curent avec Raymond, ils commencè¬
rent par lui déclarer que l’injure qu’il avoit reçue de l’empereur leur étant
commune, ils n’avoient garde de l’approuver: mais ils lui firent entendre
qu’il feroit beaucoup plus fagement de la dilîimuler 5 6c que s’il s’obftinoit à
vouloir en tirer vengeance, il falloic abandonner leur principal defTein. Enfin
ils agirent fi adroitement auprès de lui , qu’ils le firent confentir à recevoir la
fatisfaclion que l’empereur lui offroit, 6c dont il les avoit rendus les arbitres.
Les princes ayant fait parta Alexis de leur négociation , celui-ci dit publi¬
quement au comte , devant toute fa cour , qu’il étoit très-fâché de ce qui
s’étoit pa/fë , que cela s’eroit fait fans fa participation , 6c qu’il offroit de ré¬
parer tout le dommage quoiqu’il ne fût pas coupable. Le comte , quoique
perfuadé de fa fourberie , de même que tous les autres generaux , fe contenta
de cette réparation , 6c le réconcilia avec lui.
Alexis continuoit cependant de demandera Raymond l’hommage 6c le fer¬
ment de fidelité ; 6c pour l’y engager il lui faifoit les offres les plus flatteufes.
Ne pouvant le déterminer , il eut recours à Boemond, qu’il gagna à force de
prefens 6c de careflcs, 6c qui lui promit de porter le comte à faire l’un 8c l’autre,
avec parole en cas de refus de la part de ce dernier , de fe tourner contre lui.
Boemond , qui de même que les autres princes, avoit été forcé comme
malgré lui à faire cette démarche , jaloux peut-être de la fermeté de Ray¬
mond, laquelle étoit un reproche tacite de fa condcfcendance , féconda par¬
faitement les intentions d’Alexis, 6c il fit tant par fes menées , qu’enfîn le
comte deTouloufe fit ferment à ce prince de lui conferver la vie & ["honneur,
& de ne pas fouffrir que perfonne les lui btàt. L’empereur après avoir gagne cet
article fit encore une nouvelle tentative pour emporter le fécond , 2c engager
Raymond à lui rendre hommage * mais le comte "'répondit fierement qu'on ne
l'y obligerait jamais , & qu'on lui coupcroit plutôt la tete : ainfi Alexis fe vit obligé
de fe contenter du ferment de Raymond, dont ce comte fut toujours depuis
religieux obfervateur -, au lieu que les autres princes qui de plus lui avoienc
rendu hommage, fe mirent peu en peine de tous leurs engagemens.
Après cette ceremonie l’empereur combla Raymond de prefens 6c de ca¬
reflcs , 6c eut depuis en lui une entière confiance , fondée fur l’eftime que ce
comte s’étoit acquife par fon mérite 6c par fes vertus. Il promit enfuite i
tous les princes de les favorifer de tout fon pouvoir dans leur entreprife , fie
ün traité avec eux» le premier de May 5 6c pour gage de fa promefle, il leur
donna fon neveu 6c fon gendre en otage. Raymond manda alors à fon armée
de s’approcher de Conftantinople , 6c lui fit paflèr le détroit. L’évêque du
Puy après avoir rétabli fa fànté à Theflalonique, l’avoit déjà rejointe, de mê¬
me que le frere de ce prélat , qui étant tombé malade à Duras avoit été obligé
d’y fèjourner. Les princes repafTerent au/Ti le détroit , 6c allèrent fe mettre à la
tête des troupes qu’ils y avoient laiflées , 6c marchèrent vers Nicée, dans le
deflèin d’aflieger cette capitale delaBithynie, célébré par le concile qui y fut
tenu efi 3 1 y.
Raymond demeura cependant encore quelques jours à Conflantinoplc, tant
pour fes propres affaires , que pour celles de toute l’armée. Alexis le retint feul
à fàcour, dit Anne Comnene b, fille de cet empereur, qui écoit prefente ,
« à caufe qu’il l’aimoit plus que tous les autres princes , tant pour fa rare pru-
.» dence 6c la pureté de fes mœurs , que pour fà candeur 6c fa fincerité, rien
.«n’étant capable de le faire ufêr de difîimulation ou de menfonge. Cesexcel-
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DE LANGUEDOC. Liy. XV,
Sût
lentes qualitez que le comte de S. Gilles pollèdoic par delîus cous les au-« AN.1097.
très princes, & qui, Suivant l’expreffion du meme auteur, le fat [oient briller «
far mi eux comme le foleil parmi les étoiles , lui attirèrent l’amitié intime d’Ale- «
xis , qui lui confia tous les fecrcts, ôc lui ouvrit Ton cœur dans plulicursu
conférences familières qu’il eut avec lui. Il lui fit entr’autres part de tout «
ce qu’il croyoic devoir arriver aux croilez, ôc lui donna de très-bons avis : il «
le pria fur tout de veiller fur la conduite de Boemond dont il avoit fujet «
de le défier. Il le chargea de lui en donner des nouvelles, ôede l’empêcherti
de tout lôn pouvoir de rien entreprendre qui put être prejudiciable à l’em- «
pire. » Le comte de S. Gilles à qui la duplicité 6c l’ambition du prince Nor¬
mand croient parfaitement connues , promit à l’empereur de faire ce qui’l
demandait de lui : il le fôllicita en même tems de nouveau de venir le mettre
à la tête des croifez : mais Alexis s’exeufa , ôc Raymond ne put rien gagner fur
cet article.
Ce comte après 1 avoir terminé fa négociation ôc pris congé d’Alexis , pafîà Lxfin
le décroît ôc alla joindre une partie de fes troupes qui l’accendoit de l’autre
côté. Il fc mit à leur tête 5 ôc ayant pris la route de Nicomedie, il s’achemina iou atmcc au
vers Nicee. L’autre partie avoit déjà pris les devants fous la conduite de Guil-
laume comte de Forez, Raymond Pelet, Gallon de Bearn, Galon de Cal- beaucoup à la
mont , Guillaume de Montpellier , Gérard de Rouffillon , & Raymbaud comte ^ta,rc „‘ics ,
d Orange, ôc avoit luivi la grande armee qui arriva devant cette ville le 6. priic de ca.-c
de May de l’an b 1097. ôc en commença le lïege le 14. jour del’Afcenfion. ville-ii d
Chacun des princes croifez prit fon quartier aux environs de Nicée, ville ‘
des plus confiderables ôc des plus fortes entre celles que les Turcs a voient axxuu.i.x r.
enlevées aux empereurs de Conllantinople. Le fultan Soliman qui cnétoit le
maître ôc des provinces voifines , n'avoic rien négligé pour la mettre en état de /. ».<■. n. &
faire une longue défenfe , ôc s’étoit campé à dix milles dans les montagnes , ^alJrj[ , ,
avec une armée formidable pour être en état de la fecourir. Ce prince infi- Roi.hiji. \enf
dele, réfolu d’attaquer les croifez , envoya le 1 5. deux exprès auxaflîcgezpout 1 *•
les avertir qu’il feroic une irruption le lendemain dans le camp des Chré¬
tiens, ôc qu’ils euflent à la favorifer par une fortie. Ces deux envoyez fu¬
rent. pris, ôc l’armée chrétienne avertie des delïeins de Soliman fe tint furies
gardes. Les chefs dépêcheront aulîî-tot au comte de Touloulè Se à l’évêque
du Puy pour les prcllèr de le rendre incellàmment au camp avec leurs trou¬
pes. Le comte S c le prélat firent tant de diligence, qu’après avoir marché
toute la nuit , ils arriveront de grand matin devant Nicee le famedi après
TAfcenlion 1 6. de May , ôc prirent le quartier du midy qui leur avoit été de-
{tiné. Ils avoient à peine achevé de décharger leur bagage & placer leurs ten¬
tes, que Soliman s’étant misa la tête de cinquante à loixante mille hommes
de cavalerie , l’élite de fon armée , s’avança vers la porte du midy , par où
il croyoit pouvoir aifément pénétrer dans le camp. Il détacha d’aboal à
neuf heures du matin fon avantgarde compolee de dix mille archers pour atta¬
quer ce polie , tandis qu’il envoya un autre corps donner fur le quartier '
de Godefroy où il prétendoic faire une faulfe attaque. Les croupes du comte
deTouloufe n’eurent pas plutôt apperçd les lignes militaires des Turcs, que
charmées de trouver une occalîon de combattre , elles lè mirent en bataille , ôi
s'avancèrent hardiment contre les infidclles. Soliman s’avança de fon côté
avec le relie de fon armée • enforte que le combat s’engagea bientôt ôc devint
opiniâtre ôc fanglant $ mais Boemond ôc tous les autres princes étant furve-
nus à propos au fecours de Raymond, les Turcs furent obligez de plier ôc
de prendre la. fuite. Les croifez les pourfuivirent jufqu’à la nuit, ôcles menè¬
rent battant julqu’au pied des montagnes.
Cet échec ne déconcerta pas Soliman qui étendit le lendemain fon armée
dans la plaine , Ôc s’avança jufqu’aux fauxbourgs de Nicée : mais les croi¬
fez fe battirent contre lui avec tant de force , qu’ils l’obligerent de nouveau c\f<
à fe retirer avec une grande perte , après un combat qui dura tout le jour,
ôcqui leur coûta c troismille hommes. Soliman n’ofad rien entreprendre de- e a note
puis ce tems.Ji , enforte que les princes continuèrent le ftege ôc battirent6 la XL,!I‘n'J‘ 4t
place avec toute forte de machines. Leurs travaux n’avançoient pas beau-
TuÀelod. /. 1.
b V NOTS
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H I S T O I R E GENERALE
AN.1097. COUp toucesfois , tant à caufe de la force de la place , que de la vigoureufe dc-
fenledes affiegez , qui firent périr plufieurs leigneurs démarqué , entr’autres
Guillaume comte de Forez de l’armée du comte Raymond. Le fiege de Nicée
étoit dans cet état lorfque le duc de Normandie , qui s’ctoit embarqué en Ca¬
labre le j.d’Avdl avec le comte de Blois Ôc de Chartres & plufieurs autres
\v*ich.c* mot. feigneurs , fie rendit enfin au camp au commencement de Juin». Toute l’armée
détienne étant alors raffemblée, fie trouva forte de cent mille hommes de
cavalerie, ôede fix cens mille hommes de pied, y compris les femmes, les
prêtres, les religieux-, les enfans ôcles valets.
Malgré toutes ces troupes le fiege duroit depuis plus d’un mois, fans que Pat-
-epais , Sc apres l'avoir mile nors a atteinte , 11 la nt avancer pour
tâcher d’écarter les aflïegeans par le moyen de deux mangonneaux qu’il fit
jouer contre une des plus groflès tours de la ville, qu’on fappoit enmêmetems
par les fondement Enfin il avança fi fort le travail , qu’il vint à bout d’abat¬
tre cette grofle tour. Il fit enfiuite combler le folié ; ôc rien ne l’empêchant de
monter à l’aflaut , les alfiegez qui n’avoient aucun fecours à attendre perdi¬
rent courage, demandèrent à capituler, ôc fie rendirent le 10. de Juin, après
J note Mi. avoir fôutenu un fiege d de cinq lemaines.
lxiv. La ville de Nicée le rendit à l’empereur Alexis', qui s’en faifitôc y mitune
*Z7Â?r nombTeu^ garnifon. Les mêmes raifons de politique qui avoient engagé « ce
rnood & des prince à refufer de fe mettre à la tête des croilcz , l’avoient obligé après le
départ des princes de Conftantinople , de s’embarquer avec fies troupes , & de
c AUxuûiMi. venir dans uneille voifine de Nicée appellée Pelecan , fous prétexte de porter
r.pift.stifh. fecours aux alfiegeans, pour y attendre l'évenement du fiege, ôc en pro-
fiter fuivant l’occurrence. Il aida en effet les croifez par les barques qu’il leur
fournit , ôc avec lefquelles ils fermèrent le paffage d’un lac par lequel les alfie¬
gez avoient une libre communication avec le Sultan.
Après la prife de Nicée tous les pinces croifez, à la réferve des comtes
de Touloufe ôc de Blois qui demeurèrent pour la garde de la ville & du camp,
allèrent trouver l’empereur pour le congratuler fur l’importante conquête
3u’ils venoient de faire en fion nom. Alexis les reçût avec de grandes
émonftrations d’amitié , leur fit divers prefens , ôc fit diftribuer à leurs fol-
dats les dépouilles de Nicée.
Les princes après leur retour dans cette ville, en décampèrent, Ôc fe mirent
fa »ym. Je en marche vers la Syrie avec toute l’armée le 19. f de Juin. Raymond de faint
Gilles comme le plus âgé , le plus expérimenté , ôc le plus propre pour le con-
&cMd. ? feil , ( ce font les termes d’un auteur contemporain 8 J marcha à l’arriere-
nft.B'U.ftcr. garde avec les Provençaux. Boemond ôc le duc de Normandie qui étoient à
l’a^ant-garde prirent fur la gauche , ôc s’étant féparez par hazard du corps
aUx.hu. de l’armée, ils furent attaquez le 1. de Juillet dans la campagne de Dorylée
g umt.t.yc .}. par fu}tan Soliman , qui vint fondre fur eux à la tête d’une armée de cent
cinquante mille hommes de cavalerie. Le choc fut extrênfement rude , ôc les
deux princes Chrétiens eurent d’abord deux mille hommes taillez en piè¬
ces. Le(refte de leurs troupes auroit eu infailliblement le même fort , fi les
autres chefs qui étoient campez à deux milles , avertis de l’attaque , n’euf-
fent marché promptement au fecours. Leur arrivée obligea Soliman- de fè
retirer fur la montagne. Les croifez réfolus de l’attaquer à leur tour fie ran¬
gèrent en bataille. Boemond, le duc de Normandie ôc le comte de Touloufe
occupèrent la droite} le duc Godefroy, Hugues le Grand , ôc le comte de
Flandres fe mirent à la gauche 5 l’évêque du Puy eut le commandement
d’un corps avec lequel il devoit faire le tour de la montagne , ôc prendre les
infidelles en queue. Toutes ces troupes s’étant mifes en mouvement, elles fon¬
dirent fur les ennemis , ôc combattirent avec une ardeur incroyable depuis
hcefl.TMtuJ. neuf heures du matin jufqu’à midi. Hugues hcommençoit cependant à plier
*•**• lorfque le comte de Touloufe ayant marché en diligence à fon fecours avec
toutes fies forces, fit pencher la victoire du côté des Chrétiens , qui redou¬
blant leurs efforts , mirent les Infidelles en fuite , ôc s’emparèrent de leur camp.
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DE t- A N G U E D O C. : hiv. X V- PS _ _
tes croîfcz rencontrèrent* quelque tems après ,une armée de 8ô. millç {0^yt
Turcs commandée par le fukan Taril'que, campée à Hebraïcavers Iconium t juxi+slf»
ou Cogni : ils l’attaquerent, 6c la défirent entièrement malgré la réfillance qui j*#-
fut très-opiniàtre.L’cvêque du Puyb 6c les autres prélats de l’armée qui s’écoient
avancez dans la, mêlée, contribuèrent beaucoup à.ccrte nouvelle vicloirepar Agd.étMi.
leurs exhortations. Gallon de Bearn fut un de ceux qui fe diftinguerent le plus.
Les croiièz rélblusdqne plus le féparcr, s’étant mis en marche vers Antio¬
che , rencontrèrent encore un autre corps d’inlîdelles à Agruftopolis c 6c le c AUxiadMh
taillèrent en pièces. Depuis ce jour perlonne n’ofà plus paroître devanc eux.
Leur marche fut d cependant un peu retardée par une maladie qui furvint ap d *»ym. </*
comte de Touloufe lorfqu’ils eurent çraverlc la Bithy nie Scia Pifidie. Ceprincp As“-&c-,i“i-
fe fît porter en litiere pendant quelques jours : mais Ton mal augmenta li fort
qu’on le crut mort , 6c que l’évêque d’Onmge récita fur lui les prières des . ,
défunts. Il revint peu de tems après à lui-même, 6c s’étant rétabli, il
fut en état de continuer fa marche avec l’armée , qui dans là route fournit
quelques places , encr’autres Coxan pù elle s’arrêta trois jours. On vint e ctm.i. »;
avertir alors Raymond que les Turcs avoient abandonné Antioche. Ce prince
fur cet avis, qu’il crût vrai , aflcmbla fon conlcil, 6c détacha Pierre vicomte
de Callillon, Guillaume de Montpellier, Heracle vicomte de Polignac, Pierre
de Roafe, & Pierre-Raymond de Hautpoul , tous chevaliers de réputation ,'
à la tête de cinq cens chevaux , avec ordre de prendre pofleflion en ion nom
de cette ville -f mais ce détachement étant arrivé dans une vallée voifîne
d’Antioche, apprit que les infidellcs bien loin d’avoir abandonné cette ville,
fe préparaient au contraire à une vigoureufe défenlè. Pierre de Roafe fe fépara
alors de la troupe dont il prit un détachement, & s’étant coulé le long des
remparts à la faveur de 11 nuit , il pénétra dans la vallée de Rugia , où il
furprit êc tailla en pièces un grand nombre de Turcs 6c de Sarafîns, il lit outre
cela divers prifonniers à qui il fit couper le nez 6c les lèvres qu’il larda dans
un javelot, & qu’il envoya au comte Raymond, Il s'avança enfuite , fournit
divers châteaux , $c jetta la terreur dans tout le pais. L’armée s’étant avan¬
cée cependant vers Antioche , trouva à deux lieues de cette ville un pont ...
fur l’Oronte, par où il falloir neceflài renient palier , occupé par les infidelles.
Le duc de Normandie ayant cté détaché pour les en chaffer , ce prince
fécondé par l’évêque du Puy, obligea les Turcs à fe retirer, 6c à laillèr le
paflàge libre. Les croifez arrivèrent ainfî heureufement devant cette capitale
de la Syrie le. mercredi 11. d’Octobre de l’an 1097. Après leur arrivée les
generaux aflèmblerent le confeil de guerre pour délibérer s’ils en entrepren-
droient le flege. Les avis furent partagez : la plupart voyant les approches
de l’hyver , 6c l’armée réduite à 300. mille hommes, tant par les déta-
chemens qu’il avoit fallu faire pour les garnifons des places conquifes, que
parla difette & les chaleurs exceffives qu’on avoit foufFertes , vouloient le
différer jufqu’au printems, dans l’attente du fecours que l’empereur leur fai-
foit efperer, & de celui qui devoir leur venir d’Europe: mais les autres, dp
nombre defquels étojt le comte de Touloufe furent du fentiment contraire,
qui l’emporta , ainfî on commença à diltribuer les quartiers. Celui du comte
de Touloufe ( Sz de l’évêque du Puy , avec un corps d’armée compofé des ^
Provençaux , des Gafcons 6c des Bourguignons , fut aflîgnc depuis la porte 4
appellée du Chien , jufqu’à la porte fuivante , qu’on appella depuis la porte du
Duc. On verra la part qu’eut ce prince à ce fameux fiege , après que nous b.Tjr.i.Ai
aurons fait mention de quelques evenemens arrivez dans fes états pendant "-l3-
fon abfence.
Dalmace archevêque de Narbonne mourut g à Rieux dans fon diocèfe , à LXV,.
quatre lieues de cette ville , le 17. de Janvier de l’art 1096. ou de l’an 1097. fui- &^comtcTde
vant notre manière de compter, après 16. ans , 3. mois & 16. jours d’épi feopat. Narbonne.
La vie exemplaire qu’il avoir menée fie qu’on le regarda comme faine après
fa mort , 6c il efl qualifié bienheureux dans un martyrologe de fon églife. 11 F calichr. to.u
avoit ordonné , fuivant le même martyrologe , Jîx évêques catholiques , expref- H? t •*•/*?;
fion dont on fe 1ère pour les diftinguer des hmoniaques ^ fçavoir Godefroy de VrUi.n. joi,*
Maguelonne , ceux de Pampclune , d’Orçnlè , 6c de Barcelone en Efpagne , de
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3°4
HISTOIRE GENE R'ALE
b Mmtcm dt
prim*t.fr dijf.
tut Mfptnd.
Mm*. ibid.
An. 1097. Bexiers 8c d’Agde. Le cardinal Richard abbé de S. Victor deMarfeille, les
évêques de Beziers ôc de Carcaffonne, lesabbez de la G rafle, Alet, Bagnols,
Caftres, S. Savin & Quarante , ôc un grand nombre d’ecclefiaftiques Ôc de reli¬
gieux , allèrent prendre fon corps le i z.de Mars fuivant au château de Rieux,
où il étoit refté depuis fa mort revêtu de fes habits pontificaux à la garde des
habitans , ôc l’accompagnèrent dans la cathédrale où il fut inhumé. Les évê-
*Prj.}99.& Ques de la province » s’étant enfuite aflemblez dans cette églife pour élire
Af* ion fuccefleur , le choix tomba fur Bertrand évêque de Nilmes , qui fut
élu du confentement du clergé & du peuple. Le pape Urbain II. qui l'avoit con¬
sacré depuis peu évêque de Nifines , approuva fa tranflation à Narbonne d
■caufe de l'urgente necejjitè : mais il déclara qu’il n’en permettroit plus de pareille à
l’avenir. Il accorda à ce prélat 6c à fon églile , la primatie fur la métropole
d’Aix, parune bullebdu 6. de Novembre de l’an 1097. 6c confirma cette
primatie par deux autres , l’une adreffée à l’archevêque d’Aix , fie l’autre à
Hugues archevêque de Lyon , fie légat du faint fiege.
Après la mort de Dalmace , Aimeri I. du nom vicomte de Narbonne, &
Mahaud là femme fe faifirent non feulement des dépouilles de ce prélat,
mais encore de tout le domaine de l’archevêché qu’ils refuferent de rendre
à Bertrand. C’eft dequoi fe plaint le cardinal Richard archevêque de Nar¬
bonne fon fùcceffeur immédiat , dans un mémoire qu’il drefla c contre les
entreprifes des vicomtes de cette ville. Richard ajoute que le droit que les
vicomtes s’étoient arrogez, & qui avait été établi par une mauvaife coutume du
fais, ne leur appartenait f as , mais au comte : termes qui nous font comprendre
-qu’Aimeri L profitante l’abfence de Raymond de S. Gilles comte particu¬
lier de Narbonne fie marquis de Gothie, s’empara de toute l’autorité dans
cette ville, fie qu’il prétendit y dominer feul àl’exclufion de l’archevêque qu’il
avoit dépouillé de fes domaines. On voit en effet que ce vicomte affilié des
principaux du païs , préfida à un plaid d qui y fut tenu en 1097.
Afl mbiéeau d’époque certaine de la mort de Dalmace archevêque de Narbonne , fie de
CayUr dans l’élection de Bertrand fon fuccefleur, nous donne celle d’un accord fait entre
le dioccfede Richard abbé de S. Victor de Marfeille, 6 c Foulques abbé de Pfalmodi au
17. diocèle de Nifoies : accord e qui ell fauffement daté de l’an 1094. fit qu’on
Rmn.vit. rapporte f mai-à-propos àl’an 1006. Foulques abbé de Pfalmodi ôc fes reli-
«j Pr- ibid.
d Pr.p.) 4*.
LXVI.
-propos
é-i'fplula §‘eux> ne Pouvant fouftrir que leur monaftere fut fournis à l’abbaye de S. Victor,
fr./yt.&fcqq lous prétexte qu’il étoit immédiat au faint fiege, demandèrent au pape Urbain
iibd. IL d’être rétablis dans leur ancienne liberté. Le cardinal Richard abbé de faint
Victor offenfé de cette démarche ufa de voyes défait, ôc chaffa de fon autorité
l’abbé ôc les religieux du monaftere de Plalmodi : mais Bertrand archevêque dt
Narbonne , Gibelin archevêque d’Arles , Godefroy évêque de Maguclonne, &
Raymond évêque de Nifmes que le pape avoir nommez pour arbitres de ce
différend, avec ordre de le juger furies lieux, l’obligerent à le leur reftituer.
Ces quatre prélats s’aflèmblerent enfuite au château du Caylar dans le dio-
cèfe de Nifmes, 6c difeuterent les prétentions des abbez ôedes religieux de
ces deux abbayes qui étoient prefens. Ceux de Pfalmodi le fondoient fur les
chartes de nos rois ôcles bulles des papes qui établifldient leur liberté. Le cardinal
Richard fe défendoit de Ion côté fur ce que Bernard ion frere ôc fon prédecef-
feur dans l’abbaye de S. Victor , à la prière du comte Raymond , & du confeildcs
* suorumyro- vaffaux de ce comte * , avoit réformé le monaftere de Plalmodi où il ne reftoit
.cctum- alors aucune régularité. Il ajoutoit que Ion frere ôc lui avoient toujours en¬
voyé depuis des abbez ôc des prieurs pour le gouverner. Enfin les arbitres
au milieu defquels fiegeoit le cardinal ôc abbé Richard , d caufe de fa dignité
• de légat , déclarèrent l’abbaye de Pfalmodi indépendante de celle deS.Victor,
ôc Richard fouferivit avec les religieux au jugement , qui fut rendu en pre-
fence d’EbrardabbédeS. Tiberi ,ôc de plufieurs feigneurs du païs j entr'autres
de Raymond-Decan , Ôc Raynier ou Raynon fon frere, de Pons Gaucelin,
ôc de Gaucelin fon frere, de Pons-Bermond de Sommieres fie Bermond fon
frere. Le premier de ces feigneurs l’étoic de Pofquieres , ôc le troifiéme
de Lunel. L’acte eft daté du 1 6. de Septembre -, fie ce qui fait voir qu’il doit
être rapporté à l’an 109 7. c’eft que l’épade ôc le concurrent qui y font mar¬
quez
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DE LANGUEDOC. Liv. XV. 30; _ _
quez conviennent très-bien avec cette année. Le cardinal Richard le ratifia An. 1097.
huit jours après à Montpellier , enprefence de l’archevêque d'e Narbonne,
de l’evêque deMaguelonne, deGaucelin de Lunel , Ôcc. Le pape Urbain II.
le confirma de fon coté le premier de May de l’an 1099.
On vient de voir que Raymond évêque de Nifmesavoit fuccedé emo97. à Lxvir.
Bertrand, mais il nefutfacré qu’en 1098. Iletoit de Montpellier, 6c à ce qu’il
paroît b , d’une branche cadette des feigneurs de cette ville, il s’accorda1 le 6. Niiraes&nb-
de Janvier de l’an x 1 00. avec Pons abbe de la Chaile-Dieu , au fujet du mona-
fteredeS. Baufile de Nifmes dépendant de cette abbaye, par l’entremile de chant le mo-
Godefroy évêque de Maguelonne , d’Arbert évêque d’Avignon , Foulques
abbé de Pfalmodi , 6c Letbert abbé de S. Ruf qu’ils avoient choifis pour a tr'p.u.
arbitres. Pons céda par cet ade à Raymond 6c à fon clergé, diverfès égliies ou b note
chapelles delà ville de Nifmes, entr’autres celles de S. Martin & de S. Pierre, '”’7‘
dans le château qu’on appelle des Arènes., celle de S.Etienne fituée auprès du Capitole , « tr-T J!1*
& celle de S. V incent que la vicomtefle Ermengarde êc le vicomte Bernard fon
fils avoient donnée au monaftere de S. Baufile. Moyennant cette ccllion , Ray¬
mond & fon clergé confirmèrent l’abbaye de la Chaife-Dieu dans la poilèllion
de ce monaftere, de celui de S. Sauveur fondé pour des filles fous les murailles
de Nifmes , & de leurs dépendances. L’evêque 6c l’abbé s’accordèrent
aufli touchant la fépulture des habitans de Nilmes , à qui ils permirent de
la choifir indifféremment ou dans la cathédrale , ou dans l’eglilè de S. Bau¬
file. L’acte fut pâlie en prefence de Robert abbé de la Gralle , 6c de Bernard
Pontii chevalier des Arenes: preuve que l’ancien amphiteatre de Nilmes étoit
alors habicé comme il l’eft aujourd’hui. Il paroît d'ailleurs qu’il lervoit alors
de forterefTe, par un ferment que plufieurs perfonnesqui paroillent être nobles
ou chevaliers , firent ^ vers le même tems au vicomte Bernard-Aton , 6c à dr^.553.
Cecile fa femme, de leur confcrver Le château des Arenes ,&lesforterelfcs qui y
èteient , 8c à celui de leurs fils en faveur duquel ils en difpoleroient.
Un des plus mémorables évenemens qui arriveront dans les états de Ray- lxvih.
mond de S. Gilles pendant fon abfence , fut l’invallon que fit du comté de Tou-
loufe Guillaume comte de Poitiers ôc duc d’Aquitaine , qui fous prétexte des um &duc
droits de Philippe fa femme, s’empara de ce comté peu de tems après ledépart
de Raymond pour l’Orient. Guillaume étoit en poflèlîion de la ville de Tou- <om!i deTou¬
loufe au mois de Juillet de l’an 1098. comme il paroît par un acte ^ luivant
lequel » ce comte, 6c fa femme Philippe maintiennent l’églilè de S.Sernin fituée « 0ud de
dans lefauxbourg deTouloufe, dans la même liberté que le papcUrbain ll.« h-*1,1'1-'-
lui avoir accordée lorfqu’il l’avoit confacrée. Et parce que , ajoutent-ils , des« 1098.
médians 6c des perfécuteurs l’ont détruite de nos jours, nous lui donnons « cP"-.p.i+7
de nos biens pour la rétablir 5 (çavoir le village de S. Pierre de Blagnac fur w Ie1'
la Garonne , fon églife 6c fes dépendances, avec tout ce que le comte * Guil- « ‘Conful.
laume y a pofledé. De plus nous la quittons des cierges qu’elle devoir donner «
avant nous aux comtes f, ainfi que le comte Raymond notre prèdcccjfeur l’en av oit « t CoufuVibus.
quittée : ôepour punir ceux qui fie font élevez de toute la province pour la dé- «
truire, nous leur ôtons leurs penfions, 6c nous les donnons aux clercs de»
cette églifè * enforte qu’à l’avenir les chanoines de S. Sernin auront unepoi-u
gnéc fur chaque feptier de grain que les habitans de la ville 6c des fauxbourgs «
mettront en vente. » Enfin le comte de Poitiers 6c lacomteffe fa femme confir¬
ment toutes les donations que leurs prèdeccjfeurs avoient faites à cette églife,
moyennant quatre livres 6c demie d’or , 6c 800. folsTouloufains que les chanoi¬
nes leur donnèrent du tréfor de S. Sernin. Guillaume dans fa loulcription prend
la qualité de comte de Poitiers & de Touloufe , 6c l’acte eft figné après lui par
Bernard vicomte de Beziers , 6c Ademar vicomte deTouloufe, qui par con-
fequent s’étoient déclarez en fa faveur contre Bertrand fils 6c fuccefleur de Ray¬
mond de S. Gilles. Les privilèges que le comte 6c la comteflè de Poitiers
accordèrent en cette occafion à l’églife de S. Sernin , font fpccifiez dans un
acte particulier f fouferit par Robert d’ A r briffe l fondateur de l’ordre deEon- fPrM 49*
tevraud, qui étendit par conféquent jufqu’à Touloufe la millions qu’il av oit g v- Fie“ri
reçue du pape Urbain II. .U*.
Nous avons encore d’autres aétes qui nous font connoltre ce qui donna
Tome IJ. Qjl
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506
HISTOIRE GENERALE
b Câtêltomt .
MO*
C Pr/.}47.
d Pr. ibiJ.
An. 1098. occafion au duc d’Aquitainede s’emparer de Touloufe fur le comte Bertrand.
*trhist' Celui-ci par u'n titre - pofterieur promet » de ne jamais violer l’immunité dei’é-
» glife de S. Sernin, de ne pas détruire fes bâtimens , de n’en pas chafler les cha-
« noines pour y introduire des moines à leur place, ôc de n’y plus établir à l’ave-
»nir aucune mauvaile coutume. Il paroît b d’ailleurs que ce prince ufurpa pur
tyrannie & par violence les biens de cette églije. Tous ces divers monumens prou¬
vent que Bertrand, peu de tems après le départ de Raymond de S. Gilles
fonperepour la Terre-fainte , voulut rentrer dans les droits dont ce dernier
s’étoit démis en faveur de l’églife de S. Sernin * que les chanoines s’y oppoferentj
que pour les foûmettre il entreprit de les ch aller à force ouverte, fie d’y mettre
des moines en leur place 5 qu’il détruifit une partie de leurs bâtimens , fie qu’en-
fin les. chanoines 6c ceux de leur parti appellerent à leur fecours le duc d’A¬
quitaine, qui à la faveur de ces divifions s’empara de Touloufe Sc en chaflà
ce prince.
Il eft rapporté dans un autre titre c que le comte de Poitiers non content de
s' être fai fi par violence de la ville de T ouloufc fai foit auffi tout fon pojjible pour fertile
dre maître des autres domaines du comte Raymond , occupé alors par ordre du pape
'Urbain , & d'un grand nombre de prélats , à délivrer la ville de Jerufalem & le faint
fépulcre des mains des Inf déliés : mais les efforts de Guillaume n’eurent pas tout
le fuccez qu’il efperoit.Geraud évêque de Cahors d & fon clergé demeurèrent
entr’autres fidelles à Raymond de S. Gilles j 6c pour s’aflurer du fecoursde
divers chevaliers dont ils avoient befoin pour empêcher que le comte de Poi¬
tiers ne s’emparât du pais , ils leur cederent une partie des biens de leur égiife.
! ^uc c D’Aquitaine, aPrès s’être alluré de la ville de Touloufe, alla du*
pq. 7 ^ rant l’automne de l’an 1098. joindre le roi d’Angleterre avec lequel il rava¬
gea la Normandie. Il revint bientôt après dans cette ville, où il avoitlaiflc
la comtclTe fon époulè , comme nous le verrons ailleurs.
lxix. Il s’éleva la même année un grand différend entre Frotard abbé de S. Pons,
fie l’évêque de Jacca, au fujet de cette ville , que les rois d’Aragon, aprèsl’avoir
Pons & légat ' enlevée ‘aux Sarafms, fie y avoir rétabli le fiege épifcopal , avoient donnée à
ai£c cette abba)e- Pierre ro‘ d’Aragon , Pierre évêque d’Huefca , l’archevêque
«bb.^Liv. deTarragone, fie quelques autres prélats fe mêlèrent d’accommoder l’évê-
dts.pjm />.*. que & l’abbé , ôc leur firent palier un accord le premier de Décembre de l’an
1098. fuivant lequel il fut convenu que le premier transfereroit ailleurs fon
lîege comme il le fouhaitoit. L’évêque d’Huefca donna alors dans fa ville
épifcopale, à l’abbaye de S. Pons, l’églife de S. Pierre le Vieil dans laquelle
Frotard établit une communauté de les religieux. Cet abbé décéda le îo.
d’Aout de l’année fuivante dans une grande réputation de fainteté , après
s’être diftingué par fes vertus fie fes talens qu’il lit paroître , foit dans la lé¬
gation d’Efpagne dont le pape Grégoire Vil. l’avoit^ honoré , foit dans divers
conciles où il alTifta , fie en diverlès négociations où il fut employé. 11 fut
inhumé dans l’églife de fon abbaye , où on lui érigea une ftatue fur un tom¬
beau de marbre blanc , qu’on voit encore à côté gauche du maître autel par¬
mi les ruines du grand chœur de cette égiife , qui fut détruite par les Calvi-
g Pr.f.j«4» niftes en 1 567. Pierre lui avoit déjà fuccedé dèsg le 11. d’Août del’an 1 103.
Revenons à Raymond de S. Gilles que nous avons faille au fiege d’Antioche.
La force de cette place h , fie la nombreufe garnilon qui la défendoit fous
les ordres del’emir Dacien ou Acxien , arrêtèrent les croifez plus ifcng-tems
qu’ils ne l’avoient crû. Le comte de Touloufe n’épargna cependant ni loins ni
dépenlé pour avancer les travaux du fiege -, fie pour empêcher les frequentes
ic o une pjiuc r» 1 , • r -r •' 1 ° iA • r <1»
de ccctc ville, lorties que les ennemis raiioient par la porte du* pont , ainli nommée d un pont
aye-BocmoudS P'errc *ur l’Oronte qui étoit voifin de fon quartier , fie dont ils étoient les
h Raym. Je maîtres, il fit jetter un pont de bateaux fur ce fleuve, fie élever des retranchemens
143. cr autour de fon camp. U rellerra ainfi la garnifon dont il foutint diverfes atta-
^Gcji Tamred ques, qu’il repouiïa toujours avec avantage. Ses troupes prirent alors ‘ que-
'<t- relie avec celles de Boemond , ce qui fut la fource de la divifion qui régna
XVnt*' Depuis entr’eux, fie qui retarda beaucoup le fuccès de leurs entreprîtes. Comme
i uiji.TAncrtd. la famine commençoit à fe mettre dans le camp, ces deux princes firent chacun
f" un détachement pour aller chercher des vivres. Les deux troupes , quoique de
LXX.
Sicgc &: prife
d’ Antioche.
Raymond de
S Gilles s’allu-
ic d’une partie
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D E LANGUEDOC. L i v. X V.-
differentes nations , agirent d'abord de concert j mais elles n’eurent pas oliitôt An mai
trouve des provisions qu’elles difputerent entr’elles qui les enle veroit • koSereUe
s échauffa on en vint aux mains, plufieurs furent tuez ou bleffez départ &
d’autre 6c ce ne fut qu’à la pointe de l’epeeque chacun emporta ion
? T/ rCr tjT îfief- - f CS dCUX Princes *vertis de <%«« de leurs
Soldats loin de cherchera les pacifier , les animèrent encore davantage - &
contens de leur défendre de rien entreprendre danslec#mp,ils leur ordonne
rentde e venger a la première occafion qu’ils trouveroient au dehors : ainfî
toutes les fois que les Provençaux & les Apuhens , fe rencontrèrent dans la Suite
f“ CS: MnJS parde fe battrCi & les uns * les autres eurenc tantôt
Ie, r’fï r deffousA’ fuivanc qu>lls étoient ou plus forts , ou plus foi.
blés. Cette divifion entraîna celle de prefque toute l’armee , 6c chaque nation
fe déclara en faveur de celle dont le langage approchoit le plus du fien : en-
forte, dit 1 ancien hiftonen, » que les Narbonnois, les Auvergnats, lesGaf-«
c!ns: desPtov.nces vo, fines, foûtenoient les ProvencLx ,’que tous«
ceux du relie des Gaules, furtout les Normans, prirent le parti de ceux de la«
Pouille ) ôc que les Bretons, les Sueves , les Huns 6c les Ruilès furent les feuls «
qui demeurèrent neutres. » ; * “
Cette querelle , & la «Situation du quartier du comte deTouloufe , plus a ^
ffK? Ce nrinre^ aUX f°mCS desraffie£ez >lui cauferenC des pertes confiée-
râbles. Ce prince voyant que tous fes efforts pour abbattrele pont qui abou- ...
entmVdePTour\pen ‘“T »*?« v & conftruire une gLdeVhine S&t4.
^ ayanC ,plaCee Vls4'vis du Ponc . n empêcha pendant
quelques temsles forries: mais les afliegez trouvèrent le moyen de mettre le feu
a cette mâchme maigre la refiftance de ceux qui en avoient la garde. Le comte
tacha d y remedier par une grande quantité de pierres* & de poùtrcs qu’il tic
entallèr devant la porte du Chien , & dont il forma comme une efpcce de
rempart qui bouchoit le paffage. N onobftant ces travaux le fiege n’avancoic
pas beaucoup, & les croifez s’affoibliffoient tous les jours, {‘oit par la dilette
ioit par la defertion 5 tellement que trois mois après, le commencement du fiege*
a peine reftoit-il deux mille chevaux dans le camp, d’environ foixante-üix
mille qui y etoient d’abord.
Boemond Sc ie comte de Flandres furent détachez vers ce tems-là pour aller
chercher des vivres.Le comte deTouloufe & l’evêque du Puy demeurèrent feuls
avec le relte del armee à la garde du camp iCar le duc de Normandie etoit ab.
lent, Ce le duc Godefroy etoit fort malade. Les afliegez profitant de cette diver¬
sion, tirent une for ne Ôc attaquèrent le quartier du comte Ray mond,qui le defen-
ditavec toute la valeur poflîble , 6c les repouffajufques dans la ville. Durant le
combat quelques cavaliers chrétiens pouriuivirent un cheval des infidelles pour
s en /ai/îr,ce qui ayant fait croire aux croifez que toute leur cavalerie prenoit la
tune,1 épouvanté fe mit parmi eux,6c ils fe débandèrent. Les afliegez à la faveur
e ce delordre , revinrent à la charge , ôc donnèrent (ur les fuyards , dont ils
tuerent plufieurs , entr’autres le porte -enfciyie * de l’évêque du Puy dont on . VexUlife.
e marque pas le nom , & que d’autres b appellent (on fènèchal. Les infidelles v,w us ki
ui enlevèrent fon drapeau où on voyoit l'imaze de la Vie rie .- un jeune chevalier
e Beziers nommé Bernard-Raymond perdit aufli la vie dans cette occafion.
Boemond & le comte de Flandres de retour au camp le ravitaillèrent pour
quelques jours : mais la famine recommença bientôt après , ôc elle fut luivie
e lapefte, ce qui caufa une nouvelle déflation. Les Provençaux ^ nom cGe/i.x
us lequel on comprenoit ‘ alors les peuples des provinces méridionales du f’6 •
royaume trouvèrent une efpece de reffource à ce malheur par la vie frugale à **
«quelle ils ctoient accoutumez ; 6c contents de manger des racines qu’ils
a oient chercher dans les entrailles de la terre , ils conferverent leur vie
comme ils purent. Le fiege d’Antioche continua cependant avec différons
lucces de parc fie d’autre.
.„I'e 7* de Février <■ les princes ayant eu avis que trente mille infidelles des
villes vmfines s’etoient rallèmblez à Harenc, à quatre milles d’Antioche , pour
... ritier,au fçcours de la place, réfolurent de les furprendre. llslaiflcrent -
untantene à^la garde du camp, & allèrent à leur rencontre avec toute la
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An.io«)8.
a Râym, it
AgtL ïbti.
b Râym. it
Api. é* Guill
Tfr. tbid.
Muf. hâl.htjl.
hell.jMcr.e
t TmUbotLibid .•
âGt/l.TsncreJ.
m Histoire generale
cavalerie , compofée alors de 700 chevaux. Les ennemis qui ne s'attendoïent
à rien moins qu’à fe voir attaquez , furent furpris en effet. Le comte de
Touloufe ne les eût pas plutôt apperçûs , qu’ayant mis fa lance en arrêt,
ÔC ferré fon bouclier lur là poitrine , il donna fur eux, fuivi du chic Godefroy,
avec tant d’intrépidité, qu’il les mit en fuite, après leur avoir tué deux mille
hommes. L’évêque du Puy qui étoit prefent contribua beaucoup à cette dé¬
faite par fes vives exhtfr tâtions.
Le mois de Mars fuivant, une flotte Genoife chargée de munitions étant
arrivée au port de S. Simeon, fltué à dix milles d’Antioche, le comte de Tou-
Joule 8c Boemond fe détachèrent avec une partie de leurs troupes pour aller
efcorter le convoi & le conduire au camp. Le premier commandoit l’avant-
garde , 8c l’autre l’arriere-garde. Ils furent attaquez 8c battus à leur retour
par quatre mille hommes de la garnifon: mais ils eurent bientôt leur revan¬
che j car Godefroy ayant marché incontinent à leur fecours avec les autres
princes 8c toute l’armée , le détachement des infidelles fut entièrement dé¬
fait. Jfnard a chevalier de Gaya , qui commandoit 1 50. hommes de pied, fe
diltingua beaucoup dans cette adion. L’auteur contemporain l’appelle an très-
noble Provençal, ce qui dans le langage du tems , lignifie également un Langue¬
docien, ainli qu’on l’a déjà remarqué. Nous trouvons en effet trois lieux ap¬
peliez Gaye ou Gaiac dans le Languedoc , f^avoir dans le Rafez , le Laura-
guais 8c le diocéle d’UfcZ.
Le comte Raymond b fur le refus de tous les autres princes , le chargea
quelque tems après de faire garder par fes troupes une elpece de fort que les
croifez avoient fait conftruire à la tête du pont de pierre par lequel les affie-
gez faifoient de fréquentes forties. Un hiftorien0 du -tems remarque à cette
occafion que la maladie dont ce prince avoit été affligé depuis l’été précè¬
dent jufqu’à la fin de l’hyver, l’avoit empêché de prendre toute la part qu’il
auroit voulu aux travaux du fiege ; mais qu’en fe chargeant de la garde de
cette forterellè , il rendit de plus grands fervices qu’aucun autre prince : aulïï
ajoute-t-il que Raymond étoit plus en état que tout autre de fournir à la dé-
penfe, qu’il avoit fous fes ordres un plus grand nombre de chevaliers, 8c qu’il ne
s’épargna en rien. Ce prince remit la fumme de 500. marcs d’argent fin entre les
mains de l’évêque du Puy , 8c de quelques feigneurs , pour fervir à remonter
ceux de fes chevaliers qui perdroient leurs chevaux dans le combat -, ce qui
rendit les croifez plus hardis à s’expofer , lui acquit une grande réputation,
ôC le fit regarder comme le pere & le confervateur de l'armée. Il choifit joo.
hommes des plus vaillans de fes troupes 8c les mit à la garde de ce fort : les
principaux furent Pierre vicomte de Caftillon , Raymond vicomte de Turenne,
Guillaume de Montpellier , Geoffroy, Pierre-Raymond de Hautpoul , Guil¬
laume de Sabran , Geraud de Malefaide , 8cGoufier de las Tours. Il prit plu-
fieurs autres chevaliers à fon fervice , tant pour renforcer fon armée, que pour
fervir à la garde du fort , 8c les foudoya à fes dépens. Il donna cent marcs
d’argent à Tancrede pour l’aider à la conftruétion d’un autre fort au-delà de
la rivière dont ce prince avoit été chargé , mais qu’il s’exeufoit d’entrepren¬
dre , fous prétexte qu’il n’étoit pas aflez riche. Enfin Raymond paya beaucoup
de fa perfonne durant ce fiege, 8c il fe pafla peu de jours où il, n’eût à com¬
battre. Sept mille Sarafins entr’autres étant fortis de la place, attaquèrent le
fort dont on lui avoir confié la garde, 8c qui n’étoit alors défendu que par
foixante chevaliers. Ceux-ci malgré les efforts des infidelles foûtinrent l’atta¬
que, jufqu’à ce qu’ayant reçû du fecours de l’armée, les ennemis furent obli¬
gez d’abandonner l’entreprife 8c de fe retirer. Le comte perdic dans cette
occafion Bernard de Pardilio 8c plufieurs autres de fes chevaliers.
Les croifez après environ feptmois de fiege n’étoientgueres cependant plus
avancez que le premier jour , lorfque Boemond ayant ménagé une intelli¬
gence fecrete avec un des principaux de la ville, qui s’offrit de la lui livrer,
réfoluttie prendre auparavant fes furetez pour s’en approprier le domaine.
Il mit d’abord l’évêque du Puy dans fes intérêts 8c lui confia fon fecret.d Ce
prélat ayant aflèmblé tous les generaux leur fit part du projet de Boemond,
8c leur déclara que ce prince fe chargeoitde l’execution, à condition qu’il
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DE L A N, G U E D O C. Liv. XV. _
dêmeureroit feu I maître de la place. Les princes conlêntirenc enfin , quoi Atf.topSv
qu’avec peine , à cet article .* il n’y eut que le comte de Touloufe qui déclara
nettement a qu-’il ne cedoità perfonne la part qu’il avoit droit de prétendre à 'a Gmtixtyi
la conquête d’Antioche. Cette déclaration retarda l’executiort du projet de
Boemond , jiifqu’à ce que fur la nouvelle qui vint au camp , qu’une armée ;
formidable s’avançoit ait fccours de la place i ce prince feprelîâ de profiter
de l’intelligence qu’il avoit pratiquée , laquelle ayant heureulèmeric réu/fi , *
les chrétiens entrèrent enfin dans la ville le Jeudy 3. de Juin de l’an 1098.
Un chevalier b trcs^noble nommé Guillaume, compagnon d'armes , & compatriote b Al.Ajlt\
<k comte Raymond , fit prifonniers dans cette occafion la mere & les fils de Da- f-14,
den gouverneur de la place , après les avoir furprisde grand matin dans leur
lit: ce feigneür , que nous croyons le même que Guillaume de Sabran, en'
tira "dans la fuite une rançon de trois mille belàns d’or. Le comte Ray¬
mond s’afiura de fon côté du palais de cet émir , de la porte du ponc , & des'
tours voifines fituées vers le porc de S. Simeon, & y inities troupes en gar-
nifon , avec ordre de garder ces polies en fon nom.
La prife d’Antioche - n’avança pas beaucoup les affaires de la croi/âde: les Lxxr:
Turcs demeurèrent maîtres du château, qui croit très-fort , 8c qui était lîtué
au Nord delà ville ; 8c il arriva d’ailleurs trois jours après devant la' place une Antioche, in»
armée innombrable de Mahometans commandée parle general Corbaghan, n.s*
que le foudan de Perlé envoyoit au fecours des habitans } ainfi les chrétiens que le comte
le virent bientôt eux-mêmes affiegez fans efpcrance d’aucun fecours. Pour R^n“n^fa
comble de malheur ils manquoient de vivres, 5c la difette devint fi extrême, "lupdîe.
qu’on fut obligé d’avoir recours aux plus vils alimens, ce qui fit que plufieursj c Jf
même des principaux, ayant trouve le moyen de fortir de la ville, prirent
lâchement la fuite. Les croifez les mieux intentionnez voyant cette défertion, •smit.TyrM*
chargèrent Boemond du foin de l’empêcher , & toute l’armée fit ferment de
lui obcïr comme à fon chef jufqu’à quinze jours après leur délivrance. Il fut
choifipour cette fonction préférablement au comte de Touloufe, parce que
celui-ci étoit actuellement malade, de même que l’évêque du Puy. La dcler-
tion continua cependant maigre tous les foins de ce prince j & la plupart des
croifez réduits au défeipoir , croient déjà refolus d’abandonner la ville, 5c de i
fe retirer où ils pourroicnt., fi l’évêque du Puy 5c le duc Godefroy ne fe
fuflènt oppofez à leur deflein. Dans cette extrémité il arriva un événement
qui ranima le courage des troupes , 5c contribua beaucoup à les fauver.
Comme le comte de Touloufe y eut beaucoup de part , 5c que fes ennemis
s’en fervirent pour noircir fa réputation, nous croyons devoir le rapporter avec
quelque étendue.
Un prêtre Provençal nommé Pierre Barthclemi , d homme fimple 5c groffier, A R d»
domeftique d’un feigneür nommé Guillaume Pétri , vint trouver le comte
Raymond, l’évêque du Puy, 8e Pierre-Raymond de Hautpoul , 8c les affura^2’
qu’il avoit reçu ordre par révélation de les affembler tous trois, 5c de les
Avertir que le fer de la lance qui avoit percé le côté de Notre-Scigneur étoit
enfoui dans un endroit de l’églife de fiaint Pierre d’Antioche, qu’il indiqua.
L’evêque du Puy fit d’abord difficulté de croire cet homme fur fa parole :
mais le comte ne jugeant pas la chofe impoffible, le mit, pour l’examiner
déplus près, fous la garde de Raymond d’Agilcs fon chapelain, qui nous a
faille un détail fort circonftancié de cet événement 5c de fes fuites. Le len¬
demain 14. de Juin un autre prêtre Provençal nommé Etienne ,aflurac encore tGuiiutjr.
le comte 8c l’évêque qu’il avoit eu la nuit précédente une femblable révéla-
don. Sur le bruit que cette découverte fit parmi les croifez , les chefs s’affem-
blerent , 8c il fut réfolu qu’on feroit fouiller dans l’endroit marqué : on mie
aulfi-tôt la main à l’œuvre, 8c on choifit pour être prelèns douze perfon-
nes, dunombre defquelles étoient le comte de Touloufe, l’évcque d’Oran-
ge, Raymond d’Agiles chapelain du premier , Pons de Balazun 8c Earalà de
Thoart ouThouars. On travailla depuis le matin jufqu’au foirfans rien trou¬
ver. Le comte s’étant retiré alors pour fe rendre à fon pofte , Pierre Barthe-
lemi entra dans la folle , y trouva le fer de la lance , 8c le montra aux alïiftans-,
qui caufa une joïe univcrfelle parmi les croifez, lesquels d’un commun accord
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JIO
HISTOIRE GENERALE
An. 109 8, remirent cette relique entre les mains ducomtedeTouloufequi la plaça dans fa.
chapelle. On lui en confia la garde avec le foin de la porter dans les com-
tAU xiUl.}. bats, préférablement à tous les autres princes, dit un auteur 1 contemporain,
parce qu’il étoit celui d’entr’eux qui avoit des mœurs plus pures. C’eft aintt
que Raymond d’Agiles chapelain du comte deTouloufe, fit témoin oculaire,
rapporte l’hiftoïre de l’invention de cette relique , & cet auteur ne néglige
jrien pour en attefter la vérité dont il étoit perluadé. La plupart des autres
^iftoriens b du tems la certifient également ) mais quelques-uns femblent en
a >jt.T»mrnL douter, fit. l’un d’entr’eux prétend c que ce ne fut qu’une impofture dans la¬
quelle ü accufe le comte de Touloufe d’avoir trempe. Il eft vrai, fitlesloix
de l’hiftoire ne nous permettent pas de le diflimuler, qu’il paroît que ce ne
fut qu’une fupercherie de la part de ceux qui prétendoient avoir eu les ré¬
vélations , fit que les ennemis du comte Raymond s’en prévalurent pour atta¬
quer fa réputation , fous prétexte qu’il en avoit été l’auteur 5 mais II ce prince
fut coupable en cela , ce ne fut que par un excès de crédulité. Ce qu’il y a de
certain, c’eft que l’invention de cette relique vraye ou fauflè,futen quelque ma¬
niéré le falut des croifez , qui ranimez dpar un événement qu’ils crurent venir
du ciel , firent tous ferment de ne pas fe l'éparer qu’après avoir délivré le faint
Sépulcre des mains des infidelles. Une nouvelle révélation que l’inventeur du
fer de la lance afiura avoir eu la nuit fiiivante,les confirma dans cette réfolution;
cet ecclefiaftique débita que S. André lui étant apparu de nouveau, lui avoit dit
ces paroles : Voici que Dieu a donné au comte Ray rond ce qu’il n‘ a voulu encore
‘Vexillifcrum. accorder k aucun autre , & il l'a établi LE i*or.TE-ENSEIGNE ’ de l'armée ifuppoje
qu’il perfévere dans fon amour.
lxxit. LCs croifez fe voyant faqs rcfiource , réfolurent de faire une fortie furies
eroife* üw ici infidelles , fit de périr ou de vaincre. Ils fe mirent en armes le 1 8. de Juin 3 fie
infidelles «le- après avoir tous communié , ils fe rangèrent en bataille, fie ne laiflèrent dans
HeTide'vi"-''* Antioche que 100. hommes fous le commandement du comte de Touloufe
comte de Poli- qui étoit malade. Les troupes fe partagèrent en fix corps , dont chacun fut
*mor'ftWdK *ubdivifécn deux autres , l’un de cavalerie, fit l’autre d’infanterie qui la fuivoic
c v„d. pour la foùtcnir , ce qui formoit fix efeadrons fit autant de bataillons.Hugues-
; 1 j. frere du roi Philippe fe mit à la tête du premier.L’evêque du Puy armé d’une
Rit. hift.
firtJoU.j.c.S).
iRtjm. il
Agit. ibtd. if
G uill. Tyr. I. 6 .
&ty
hi^‘ cuiraffe fie d’un calque , fie fuivi de Raymond d’Agiles chapelain du comte de
Touloufe qui portoit en fes mains le fer de la lance, commandoit le quatrième
compofé des Gafcons Se des Provençaux , fie d’une partie des autres troupes du
comte de Touloufe. Raymbaud comte d’Orange , fie Lambert fils du comte de
Montaigu étoient à la tête du cinquième. Gafton de Bearn âvec fes gens fie
ceux du comte de Poitiers , fuivoit Tancrede qui conduifoit le huitième,'
Yfnard comte de Die, Raymond Pelet , Ginard ou Gérard de Rouffillon,
Guillaume de Montpellier , fie Guillaume Amanjeu d’Abret,commandoicnt le
onzième. Enfin le dernier, fous les ordres de Boemond, formoit l’arricre-garde.
Toutes ces troupes étant fortics d’Antioche à fix heures du matin , l’évêque
du Puy leur fit faire alte, fie les exhorta au combat. Elles fe mirent enfuite
en mouvement fie attaquèrent l’armée de Corbaghan avec tant de furie , qu’a¬
près en avoir fait un grand carnage, elles obligèrent les infidelles à prendre
f R*jm. 4i 1 a fuite , fie s’emparèrent de leur camp. On remarqua durant l’a&ion ( que
AgU.yiu- quoique les troupes commandées par l’évêque du Puy euflent plus d’ennemis
^ur les bras que les autres, pas un foldat ne fut cependant blefie 3 ce que
lign.i.T.c.1. l’hiftorien du comte de Touloufe qui portoit dans fes mains le fer de la lance,
SuueXd«dif- attribue à la vertu de cette relique. Il ajoute que fi le vicomte Heracle porte-
fcrcndsdcBoe- enfeigne de l’évêque fut blefie , c’eft qu’il avoit donné fon drapeau à un au-
R™i!ondVC Le cre 1 ^ ^ll ^ ^toit demeuré derrière. Ce feigneur fut atteint en effet d’une
dernier réfute, flèche au vifage dans la mêlée où il s’engagea, 8 c où il fit des prodiges de valeur.
1-mm u"ear- ^ étoit frere puîné de Pons vicomte de Polignac, ainfi qu’on l’a déjà remar-
tiVd Antioclic que : il mourut de fa bleflûre le 9. dejuilletfuivant, félon g un ancien calen-
dom il étoit le drier de fa maifon.
îvAymnrévê-" Après une victoire auffi fignalée , les croifez rentrèrent dans Antioche char*
que du Puy. gez des dépouilles de leurs ennemis. Le gouverneur du château voyant alors
^'^T*ncred' qu’il ne pouvoit plus tenir , réfolut de fe rendre. 11 avoit h dans fa garnifon
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DE LANGUEDOC. Liv. X V > ju _
quelques foldats du .comte Raymond, qui pre/Iêz par la famine s’y étoient An. top 8^
réfugiez, fie avoient eu le malheur d’embrailèr le Mahometifme. Il leur deman¬
da, avec les principaux de là garni/on, quel étoic celui d’entre les princes croi/èz
à qui ils pouvoienc le plus le lier : ces apoltats répondirent que c’croic fans con¬
tredit le comte Raymond , le plus diftingué de tous , tant par fa probité , que
par le nombre de les troupes. Sur cette reponfe a le gouverneur fît demander
Ion drapeau à ce prince , lequel Je lui ayant envoyé , il le fit arborer fur ' ‘ '
le donjon de la forterelîè : mais Boemond jaloux de cet honneur l’obligea de
i’ôrer pour y fubftituer le lien , s’empara de force des principales b tours du b Rym, Jt
château, & en chaüà les troupes du comte de Touloule<0&; celles du duc Go.
defroy 6c du comte de Flandres qui en avoient pris pofleifion. Il prit pour
prétexte le ferment qu’il avoit fait au Turc qui lui avoir livré la ville , de n’en
ceder le domaine à aucun autre. Les princes dillîmulerent ce coup d’autorité de
Boemond, ce qui l’enhardit à demander au comte de Touloufe , au duc Gode¬
froy, &c i l’évêque du Puy de lui remettre les tours 6c les portes d'Antio¬
che qu’ils avoient toujours gardées depuis la prife de cette ville. Les deux
derniers, 6c les autres princes lui remirent enfin ces polies * mais le comte de
Touloufe quoique fort malade, rcfula abfoiumcnc d’en faire autant. Boe -
mondeut alors recours aux prières & aux promeflès, & même aux menaces
pour l’y obliger: Raymond fut inflexible, 6c il garda toujours la porte du
pont, avecles tours voifines j ce qui augmenta de plus en plus la divili on qui
regnoit deja entre ces deux princes , 6c influa beaucoup fur raffbiblilfcment de
la dilcipline militaire parmi les croilèz.
Quelques jours apres la défaite du general Corbaghan, Boemond fils de Robert,
Raymond comte de S. Gilles , le duc Godefroy 6c Hugues le Grand écrivi¬
rent c une lettre à tous les fidelles d’Occidcnt, pour leur apprendre le fuccez cMatun. coû.
de leur expédition, 6c leur demander le fecours de leurs prières -, attendu 4r,:R- 1 ■ P-
qu’ils étoient encore menacez d’être attaquez vers la Toullàints par le fultan J6S,iTlc^‘
de Perfe en perfonne. Ils marquent que l’expedition d’Antioche leur avoit
coûté dix mille hommes J mais que la perte des infidelles montoit jufqu’à 69.
mille des leurs. Boemond, Raymond, Godefroy, Robert duc de Normandie,
Robert comte de Flandres , 6c Euftache comte de Bologne écrivirent auüi
d’Antioche le r 1. de Septembre une lettre ^ commune au pape Urbain II. pour d Cat.
lui faire part de leur victoire , le prier de venir Ce mettre à leur tête avec un
renfort, & l’informer de la mort d’Aymar évêque du Puy , que la pelle, qui
s’etoit mife dans Antioche , avoit enlevé le premier d’Aout.
Ce prélat e fut généralement regretté de tous les croifez, dont il étoic e u*ym. <h
égalynent aimé dcrefpeclé. Sa perte leur fut d’autant plus lènfible^ qu’il au- cw/rr/.’7
roir pu , tant par l’autoritc. que fa vertu lui avoit acquife , que par la Rd.ifi.jfi/,
làgellè de lès confeils, concilier les chefs qui étoient la plupart divilèz en-
tr’eux,&les porter à profiter de leur victoire. Il les fit aflèmbler peu de tems
avant que de mourir, 6c les exhorta à l’union. Il recommanda la famille au ann"oi.f.
comte de Touloufe ,6c à Boemond, Bernard fon chapelain , homme de lettres,
Provençal1, natif de Valence fur le Rbb ne & G oth d’origine, que ce prince fit élire fà'M-Tyr.u.
dans la fuite patriarche d’Antioche. Toute l’armée allilta à fes obfeques qui 'order.vit.ibij.
fe firent dans la cathédrale de S. Pierre où il fut inhumé. Tous les auteurs
qui ont écrit de la croilade font un très-grand éloge d’Aymar qu’on fait au¬
teur g de l’antienne Salve regina . On prétend h que pour honorer là mémoire, g niberit chron
les évêques du Puy lès fucceffeurs ont mis dans leurs armes l’épée d’un coté
& le bâton paftoral de l’autrej& que les chanoines de fa cathedraleportent dans
le tems palchal une piece de fourrure en forme de cuirallè. Pierre- Raymond “
de Hautpoul * mourut aulfi vers le même tems à Antioche , 6c fut inhumé de- Gx,i
vant la porte de l’églifc de S. Pierre: outre les marques de valeur qu’il avoit
données durant le fiege de cette ville, il avoit arrêté prifonnier dans une
forcie un des principaux émirs de la garnifon. é i«t-
Peu de jours k après la défaite du general Corbahgan les princes s’allèmble- fxx,v-
renc pour délibérer fur la fuite de leurs operations. Il fut reTolu d’un coin-
mun accord qu’on differeroit de marcher vers Jcrufalcm jufqucs au premier )cr-
de Novembre fuivant, en quoi ils firent une faute confidcrable -, car leur
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An. 1098.
a Tuiebod.L^.
p. 90r.
Guib.l f.r.i 1.
Gil.de expert.
Ijerofbl.
Rob.hift. fyrof.
b GkîbMd,
LXXV.
Expcdition de
Raymond de
S - Gilles aux
environs d’An-
tioche.Suite de
fes différends
avec Boemond
te Tancrcdc.
c R iym. dt
Agd.p.v, 7. &
fav
Gui II. Tyr.
1.7 -c+fr faq.
Grto . I S.
liobert.ibid.
Muf.lt *1. ht fl.
bell.jMcr.l. 90.
7 udeM.l.f,
3U HISTOIRE GENERALE
victoire avoic jeccé une fi grande' terreur parmi les intidclles , qu’il eût été
ailé aux croifez de fe rendre maîtres fans coup férir de tout le pais- jufqu’à
Jerufalem. On convint J cependant , pour ne pas demeurer tout à-fait dans
i’ina&ion, d’envoyer des partis de côté &: d’autre tenter diverfes entreprifes.
Raymond furnommé Pelet ou Pelitus , homme vaillant & de bonne mine,
propofa entr’autresà une troupe de croifez de le fuivre ce qu’ils firent d’au¬
tant plus volontiers qu’ils failoient un cas fingulier de fa perlonne , tant à
caufe de fa libéralité, que de fon expérience dans l’art militaire } » car,ajoûte un
» hiftorien b du tems , ce feigneur qui étoit de race de chevaliers , s’étoit rendu
» fort célébré par lès faits d’armes , êt il étoit un des premiers entre ceux qui
» s’étoient mis à la fuite du comte defaint Gilles. Raymond Pelet ayant donc
compofe une petite armée de plufieurs volontaires , tant cavaliers que fantaf-
fins, s’avança à leur tête .à deux journées d’Antioche, où les Syriens lui
remirent le château de Talamania dont ils étoient les maîtres. Raymond
après y avoir paflé huit jours alla attaquer un château voifin défendu par
une nombreufe gamilon de Sarafins qu’il força à fe rendre. Il accorda la vie
à tous ceux qui voulurent recevoir le baptême , & fit palier tous les autres
parle fil de l’épée. 11 revint à Talamania, en fortit trois jours après, &
s’avança vers Marra. Il rencontra aux environs de cette ville un corps d’in-
fidelles qui s’y étoient rafïèmblez, & avec lefquels il fut obligé de combattre.
Il les mit d’abord en fuite malgré l’inégalité du nombre } mais les ennemis
après s’être ralliez , étant revenus à la charge^ivec toutes leurs forces , il fe
battit en retraite & fe défendit jufqu’au foir. Sa troupe accablée par la mul¬
titude, par la foif & par la lailîtude, prit alors le parti de ceder, & gagna
avec lui, après une perte allez confiderable , le château de Talamania, d’où
il ne celfa cependant de faire des courfes fur les terres des infidelles, jufqu’au
premier d’Odobre qu’il rejoignit l’armée à Antioche.
Raymond de S. Gilles ayant 'enfin recouvré fa fanté , voulut aufli ne pas
demeurer oïfif. Il alla d’abord joindre le duc Godefroy vers le commence¬
ment du mois d’Août avec Boemond , & ayant marché tous trois à la tête de
trente mille hommes au fecours du feigneur ou gouverneur du château
d’Hafart , affiegé par Rodoan prince d’Alep , ils tombèrent fur un corps de
lès troupes compofé de dix mille hommes, le défirent entièrement , & obli¬
gèrent ce prince à lever le fiege. Le comte deTouloulè revint enluite à An¬
tioche, & en partit bientôt après pour une autre expédition qu’il entrcpric
avec fes propres troupes , tant pour les occuper , que pour leur procurer de
quoi fubfifter 5 car la difètte étoit fort grande dans la ville. Il s’avança à
deux journées dans la province d’Apamée , prit Rugia& affiegea Albara, ville
très-forte, dont il fe rendit maître par efcalade. Plufieurs milliers de Sara¬
fins y furent mallàcrez ou faits prilonniers 5 le comte donna la liberté à ceux
qui s’étoient rendus volontairement durant le fiege , emmena à Antioche une
partie des prifonniers qu’il vendit , & fit mourir tous ceux d’entre les autres qui
refulèrent d’embrafler le chriftianifme. Après avoir fournis cette ville, & tous
les environs , qu’il unit à fon domaine , il afiembla les chapelains & les prin¬
cipaux de fon confeil , & nomma de leur avis un évêque Latin à Albara. Il
choifit pour cela un ecclefiallique de fon armée nommé Pierre , natif de Nar¬
bonne, qui fe fit facrer à Antioche. Raymond lui donna la moitié du do¬
maine d’Albara Sc de fon territoire : le patriarche Latin d’Antioche érigea dans
la fuite cette ville en archevêché. Ce Pierre évêque d’Albara occupa pendant
quelque tems dans l’armée la place du feu évêque du Puy.
Le comte laifla enfuite fes troupes à Albara , & fc rendit en diligence à An¬
tioche, pour y affifter , avec tous les autres princes qui s’y raflëmblerent , à
un confeil qui fut tenu le 1. de Novembre dans la cathédrale de S. Pierre, &
dans lequel on délibéra fur leur prochain départ pour Jerufalem , car c’etoit-
là le terme dont ils étoient convenus. Il y eut là deffus de grands débats dans
l’aflemblée. Boemond demanda avant toutes chofes que le comte deTouloufe
lui remît la partie d’Antioche dont il s’étoit alluré la poflèlïïon. Ce der¬
nier s’en exeufa fur le ferment qu’il avoit prêté à l’empereur Alexis ,
de l’avis même de Boemond, &; que tous les autres princes lui avoient fait égale¬
ment
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DE LANGUE DOC. Liv. X V. jij
ment de lui remettre toutes les places qu’ils prendroient fur les infidelles ,
lefquelles avoicnt été auparavant du domaine de l’empire , &. de n’en gar¬
der aucune fans fon confentement. Il ajouta qu’Alcxis leur faifoit efperer de
venir bientôt à leur fecours & de fe mettre à leur tête, & qu’à fon arrivée
il s’en tiendrait à fa décifion. La difpute s’échauffa extrêmement entre
Boemond 8c Raymond , ôc ils étoicnt fur le point de décider leur querelle par
les armes , lorlque les autres princes s’entremirent pour les mettre d’ac¬
cord. Le comte de Touloufè leur fit alors la propofition fuivance : Si Boe¬
mond , leur dit-il , veut marcher avec nous four la délivrance du faint fépulcre ,
j'offre volontiers , fauf la fidelité que je dois à l'empereur , de me foumettre à F ar¬
bitrage de nos pairs •ifçavoir du duc Godefroy , du comte de Flandres y & du duc
de Normandie , d celui des évêques & des autres feigneurs. Boemond acquiefça,
ou fit femblant d’acquiefcer à la propofition y ainfi Raymond 8c lui jurè¬
rent entre les mains des évêques d’obferver fidèlement cette convention, 8c
de ne pas abandonner l’expédition du faint fépulcre. Boemond pourvue ce¬
pendant à la défenfe de la citadelle d’Antioche , pour fe mettre à l’abri de
toute furprife de la part de Raymond, & celui-ci munit de fon côté le palais
deDacien, & la tour du pont dont il étoit le maître.
Les croifez confternez de cette divifion, & voyant avec douleur que de¬
puis un an qu’on étoit à Antioche , on avoit déjà perdu plus de deux cens
mille hommes à cette feule expédition, murmuraient hautement de la con¬
duite des princes qui ne cherchoient que leurs propres intérêts : tantôt ils
étoient relolus de {e choifir eux-mêmes un chef pour les conduire à Jerufalem,
& tantôt ils vouloient détruire les fortifications d’Antioche afind’ôter tout
prétexte d’ambition 8c de difpute. Le comte de Touloufè pour éviter leurs
plaintes , 8c fe fouftraire à la vengeance de Boemond , partit de cette ville le
i. de Novembre b 8c alla à Albara rejoindre fes troupes. Le duc de Nor¬
mandie, le comte de Flandres, le duc Godefroy 8c Tancrede le fuivirent,
& ils entreprirent tous enfcmble le fiege de Marra ville très-forte & bien
munie, fituée à huit milles d’Albara. Ils arrivèrent devant la place le 4. de
Novembre , 8c en commencèrent aufli-tôt l’attaque.
Si nous en croyons l’hiftorien de Tancrede - , il s’éleva un différend durant
le fiege de Marra , entre les foldats de ce prince , 8c ceux du comte de,Toulou-
fe, ce qui mit la divifion parmi les deux chefs.» Tancrede, ajoute cet auteur, «
étoit fur le point de tourner fes armes contre les Provençaux, lorfqu’il ré- «
folutde fe vanger d’une autre maniéré. Il part de Marra 8c fe rend à An~«
tioche, où ayant choifi un certain nombre de foldats, il leur fait prendre «
des capots fous lefquels il leur ordonne de cacher leurs armes. Il fe met en-«
fuite à leur tète & s’approche du château de la ville qui étoit au pouvoir «
du comte de Touloufè. Il heurte à la porte , 8c les foldats de la garnifon «
quinefe doutoienc de rien lui ayant ouvert, lui & fes troupes jettent leurs «
capots , mettent l’épée à la main , 8c les chaflent ignominieufement de ce «
polie. Tancrede livra enfuite cette fortereffe à Boemond qui fouhaitoit de- «
puis long-tems de s’en faifir , 8c par reconnoiffance reconduifit ce prince au «
liege de Marra, pour empêcher le comte de Touloufè de cirer vengeance «
de cette trahifon.» Mais ce récit à tout l’air d’une fable -t car comme on l’a
déjà vu, le château d’Antioche etoit au pouvoir de Boemond long-tems avant
que Raymond entreprît le fiege de Marra à moins que ce dernier ne s’en
fûtemparé fur lui depuis la conférence du premier Novembre, ce qui n’eft
pas marqué , 8c ne paraît nullement vraifemblable. Que fi par ce château on
veut entendre la tour du pont 8c les autres portes que Raymond occupoit
à Antioche, il eft certain que ce comte les poffedoit encore après d la prifè
de Marra. Quoiqu’il en foit , Boemond alla joindre lescroifez occupez au fiege
de cette place.
La nombreufe garnifon qui la défendoit arrêta plus long-tems qu’on n 'avoir
cru l’armée chrétienne , qui fe trouva d’ailleurs réduite aux dernieres extré-
mitez par la famine qui fe mit dans le camp. Le comte Raymond n’omit rien
cependant pour fe rendre maître de Marra. Il fit conftruire dans ce deflcin
une grande tour de charpente à trois étages, qui dominoit les murailles de
T ome II. R r
An.ioc)3‘
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idit. Bongarfi
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Tyr . tbid.
TuJebod. l.f .
G 1. 1. f.
B.ildric , /. 3*
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_ ji4 HISTOIRE GENERALE
A n. 105 8. la ville & y mit une troupe de chevaliers d’élite fous la conduite de Guillaume
de Montpellier qui commandoit au premier étage. Cent foldats furent em¬
ployez pour faire approcher cette machine des murailles à la faveur de qua¬
tre roues qui la foutenoient , tandis qu’un des veneurs du comte qui etoic
dedans , lonnoit du cor pour animer les troupes , 8c que d’autres qui étoienc
à fes cotez faifoient voltiger les drapeaux de ce prince. Dès que cette tour
fut à portée des murailles , Guillaume de Montpellier fit tirer une prodi-
gieufe quantité de pierres pour écarter les aflîegez , 6c fe comporta avec toute
la bravoure ôc l’intrépidité poflïbles, malgré les efforts de ces derniers , qui
de leur côté firent pleuvoir une grêle de pierres 6c de flèches , 6c jetterent du
feu grégeois peur embrafer la tour de bois : ni les uns ni les autres ne pu¬
rent cependant rien avancer de tout ce jour-là. Le lendemain les afliegeans
furent plus heureux } car ayant fait encore jouer la machine, 8c Guillaume
de Montpellier ayant enfin écarté les aflîegez , on trouva moyen de planter
une échelle. GoufHer de la Tour, ou de las Tours, d’une ancienne noblcfle de
Limoufin , monta le premier : plufieurs autres le fui virent j mais l’échelle
ayant rompu fous eux, il demeura leul fur la muraille pendant quelque tems
5c fe défendit à grands coups de lance contre les infidelles qui l’environnoient,
jufqu’à ce que les croilez ayant attaché une autre échelle , vinrent enfin à fon
fecours. Quelques-uns ne pouvant foûtenir les efforts des alliegcz fe jetterent du
haut de la muraille en bas : les autres firent ferme jêc les infidelles voyant que les
chrétiens avoient déjà fappé la muraille , abandonnèrent ce pofte : ainfi la
ville fut prife d’aflaut le Samcdy onzième de Décembre vers le coucher du
foleil. L’évêque d’Orange 6c l’cvcque d’Apt prirent part à cette expédition,
6c le premier y perdit la vie.
Après la prife de Marra il s’éleva un nouveau différend entre le comte Ray¬
mond 6c Boemond. Le premier qui avoir fait proprement la conquête de cette
ville vouloit en donner le domaine à Pierre éveque d’Albaca -f mais l’autre
s’y oppofa, 6c déclara qu’il garderoit la partie de Marra dont il s’étoic aflurév
à moins que Raymond ne lui cédât de fon côté la portion d’Antioche dont il
étoit toujours en pofleflion. Les croifcz fcandalilèz de ces difputes fè plai-
gnoient hautement de ce qu’elles retardoient de plus en plus leur départ pour
Jcrufalem. Ils convenoient » cependant , quoi-qu’un hifforicn b moderne ait
avancé le contraire, que la juftice étoit entièrement du côté du comte Ray¬
mond , 6c que l’ambirion ou la pafiïon n’avoient aucune part à fes démar¬
ches. Leurs plaintes n’empêchcrcnt pas Boemond de déclarer publiquement,
qu’il falloir différer le voyage de Jcrufalem jufqu’après Pâques. Quelques-uns
des principaux chevaliers, luivis d’une foule dépeuplé-, allarmez de ce retar¬
dement, 8c ayant l’évêque d’Albara à leur tête , furent trouver alors le comte
Raymond, 6c s’étant profternez à fes pieds, ils le fupplierent avec larmes de
les conduire à cette expédition. Ce prince ne demandoit pas mieux , mais la
plupart des autres chefs étant abfens , il n’ofoit entreprendre de fe mettre en
chemin, de crainte qu’ils ne vouluffent pas le fuivre. Enfin touché des fuppli-
cations des croifez il réfolut de partir , 6c ordonna qu’on fe tînt prêt à
marcher à quinze jours de-là. Boemond pour le contrecarrer fit publier de fon
côté qu’on partiroit pour Jcrufalem dans cinq à fix jours , 6c s’en retourna
promptement à Antioche dans le deiïèin de s’approprier entièrement cette
ville, 6c de chaffér les troupes du comte des poftes qu’elles y occupoient en¬
core. Quelques auteurs d afférent qu’il le fit fur le champ , mais nous allons
voir que ce ne fut pas fi-tôt.
Raymond après le départ e de Boemond difpofa librement du domaine
de Marra en faveur de l’évêque d’Albara $ 6c pour s’affurer la poflèflion de
cette ville , il la fit fortifier 6c réfolut d’y laitier une nombreufe garnifon.
Cependant comme il avoit pris jour pour le voyage de Jerufalem , il voulut
avant fon départ faire une tentative auprès des autres princes , afin de les en¬
gager à le fuivre. Il les fit prier de fe rendre à Roja ou Rugia , ville fituée
a moitié chemin entre Marra 6c Antioche, pour conférer là-deffus. L’aflèm-
blée fetint, mais les avis furent partagez, 6c la plupart des princes s’exeuferent
de fe mettre en marche. Raymond pour les y déterminer offrit dix mille fols
ft Rob, hifl»
yjrof.t.i.P'M.
t. 7.f>.70.&
f,q.
b M*imb. hift.
des Croif. /. 1.
/ 17J.
c R*ym. de
i. p. ico.fr
l'IV
d Guill. Tir.
J.7-*. Il-
c Rjym. de
ApL ibid.
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DE LANGUEDOC.Liv.XV. jij -
au duc Godefroy , autant au duc de Normandie , fix mille au comte de Flan- An. 109 8.
dres , cinq mille à Tancrede , 6c à chacun des autres à proportion -, mais Boë- T JeMl
mond a s’oppoû toujours au départ , jufqu’à ce que, le comte lui eût remis le jef‘
palais de Dacien , avec la porte & la tour du pont d’Antioche. Raymond mh(: hai.bifi.
refufâ d'accepter cette condition , fous prétexte du ferment qu’il avoir fait à j*
l’empereur, & envoya un détachement fous la conduite de Guillaume Ermen-
gaucf pour renforcer la garnifon de ces portes.
Les princes s'étant féparez b fans rien conclure, Raymond vint rejoindre fc
fes troupes à Marra. En arrivant il fut extrêmement furpris de voir que pcn- met à la t«e
dant fon abfence elles en avoient abbatu les murailles , 6c détruit les forti-
Ecations. Les croifez avoient pris ce parti, malgré l’oppofition de l’évêque £i.m. üoc-
d’Albara, 6c des domeftiques du comte, dans la crainte que ce prince ayant m““fd1*jtdTpDae‘
fait fortifier cette ville, il ne voulût s’y arrêter, &que cela ne retardât leur '0^00 d'An-
départ pour Jerufalem. Raymond témoigna d’abord beaucoup de chagrin de tioche.^ ^ ^
cette entreprife : il n’en eut pas moins d’apprendre peu de tems après que “ta.fr p.
Boemond après fon retour à Antioche , avoit charte fes troupes des polfces i7o.
qu’elles y occupoient , 6c s’étoit entièrement rendu maître de cette ville } ^^111%'.
mais .croyant devoir préférer l’utilité publique à fes propres intérêts , il fe ita.e.p^-
rendit enfin aux vœux des croifez , 6c réfolut de partir incertàmmcnt. Dans
ce deflèin il fit achever de rafer les murs de Marra } 6c apres avoir attendu
inutilement pendant quelques jours la jonftion des autres princes, il partagea
fes troupes qui foufFroient extrêmement par le défaut de vivres , s’avança
dans le pais pour en chercher , à la tête d’une partie de fon armée , 6c lailta
l’autre à Marra à la garde des équipages. Ce partage de l’armée fit de la
peine à quelques-uns de fes domertiques qui l’acculèrent de legereté.» A peine a
refte-t.il, diloient-ils , trois cens chevaliers , 6c le nombre des autres combat- «
tansn’eft pas grand ; ceux qui demeureront ici dans cette ville fans défenfe, «
feront doneexpofez à la merci des ennemis?» Dieu bénit cependant les (oins
de Raymond : il s’empara de divers châteaux , fît un riche butin , 6c ravi¬
tailla ion armée fans autre perte que celle de fix à fept hommes.
Ce prince après avoir lairte tout le butin à Capharda , château rttué à
quatre lieues de Marra , rejoignit le rerte de fon armée dans cette ville -, 6c
après y avoir fait mettre le feu , il quitta fa chauflure 6c fe mit en marche
le jour marqué 1 3. de Janvier de l’an 1099. fans attendre les autfcs princes. -
Il fit tout le chemin de Marra jufqu’à Capharda, pieds nuds, fuivi del’évê- I099*
qued’Albara 6c de fes clercs ou chapelains , qui marchoient enproccflîon pour
implorer le fecours du ciel au commencement de ce voyage. Comme il avoic
peu de cavalerie, il avoit prié ce prélat de le fuivre, avec une partie de la
garnifon de fa ville épifcopale , dont il confia la garde à un chevalier nommé
Guillaumc-Z^m de Cumliac ou Ciniliac, qui avoic fous fes ordres fept autres
chevaliers & trente fantalîins.
Raymond c ayant raflemblé toute fon armée à Capharda, elle fe trouva Lxxvrr.
compofée feulement de dix mille hommes , dont il n’y en avoic que la moi- dc&
dé qui fuflènt armez , & parmi lefquels on ne comptoir que 3 50. chevaliers. Tancrede fe
Il fut joint bientôt après par le duc de Normandie 6c Tancrede qui lui ame- •j°i?DC'QCJ»
nerent 40. chevaliers 6c un corps d’infanterie. Les croifez ayant continué Gge j'Ar-
. leur marche après cette jonction , les princes &: les peuples des villes qui fe cb“s-
rencontrèrent fur leur partage leur envoyèrent des prefens 6c des vivres, re- ^ffr^J^
cherchèrent leur amitié , 6c fe rendirent volontairement leurs tributaires , juf. »W.
qu’à Cefarée , dont le gouverneur fit avertir les peuples des environs de pren- cufn^JfLx‘
dre la fuite & de rertèrrer leurs troupeaux : mais l’un des couriers qu’il avoit * ©'/«/.**’
envoyez, ayant été prispar Raymond de Lille & par fa troupe, on apprit fa
mauvaife volonté , qu’il changea enfuite en politelfes. Il vendit entr’autres ' '
aux croifez jufqu’à mille chevaux , donc ils fe feryirent pour remonter leur
cavalerie. L’armée chrétienne fe trouvant enfuite harcelée par les Arabes , le
comte Raymond pour la couvrir marcha toujours depuis à l’arriere-garde ,
& battit dans une occafion ces brigands qui lui avoient drefle une embufeade,
ce qui fit qu'ils n’oferent plus reparoître.
Les croifez furent encore retardez dans leur marche par une armée de
Tome JJ. R r ij
Lxxvrr.
Le duc de
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_ *■* * HISTOIRE GENERALE
An. 1099. Sarafins qui s’étoient rafl'emblez au nombre de trente mille , auprès d’un châ¬
teau fitué fur la pente d’une montagne à vingt ftades de la mer , entre Tortofe
& Tripoli. Ces infidelles coururent d’abora fur tous ceux qui s’écartoient
pour chercher des vivres, & en tuèrent plufieurs. Raymond réfolu de punir leur
témérité les attaqua avec toutes les troupes julques fur la montagne où
ctoit le château dont on a parlé & les obligea de s’y retirer. Tandis qu’il com.
batroit à la tête de quelques-uns de fes chevaliers , les foldats s’étant faifis d’un
grand nombre de beftiaux qu’ils rencontrèrent dans cet endroit , s’en retour,
nerent avec leur butin & l’emmenerent au camp fitué à dix milles de là en-
forte que le comte fe trouva prefquefeul. Les infidelles s’en étant apperçùs,fe
rallient aulfi-tôt , de viennent l’attaquer. Ce prince étoit alors engagé dans le
fentier de la montagne, où il ne pouvoit pafTer qu’un cavalier l’un après
l’autre. Il fut pourtant aflèz heureux pour fe battre en retraite de fe fauver
avec fa troupe. Il avoua qu’il ne s’étoit jamais trouvé dans un fi grand péril.
A fon arrivée au camp il fit de fanglans reproches à fes foldats de l’avoir aban¬
donné. Les troupes honteufes de leur faute , promirent d’aller alfieger ce châ¬
teau , & de ne pas le quitter qu’elles ne l’eufient renverfé de fond en com¬
ble 5 mais les infidelles ne leur en donnèrent pas la peine : la crainte s’em¬
para de leurs efprits, ils l’abandonnèrent pendant la nuit, &. fe difperfèrent.
Raymond s’en faifit le lendemain , de en remporta de riches dépouilles.
La prife de ce château qui palToit pour imprenable , jetta une fi grande
terreur dans tous les environs, que les peuples & les princes, entr’autres
l’émir ou le gouverneur de Tripoli envoyèrent à l’envi des députez 'au
comte , pour le prier de mettre leurs villes de leurs châteaux fous fa protection,
de de leur envoyer fes fiyies & fes fceaux pour leur fureté. Un ancien hiftorien *
ajoute à cette occafion, que c’etoit l’ufage dans l’armée chrétienne, qu’aucun
4 croifé n’ofoit attaquer une place dès que le figne,ou le drapeau de quelqu’un des
François y ctoit arboré j & que le nom du comte Raymond étoit d’ailleurs fi cé¬
lébré qu’il étoit plus relpe&é qu’aucun autre. La loumilfion de l’émir de Tri¬
poli n’empêcha pas cependant ce comte d’entreprendre le fiege du château
d’Archos, place très forte & bien munie, qu’on pouvoit comparer à une ville
confiderable. Il étoit fitué fur une élévation , dans la province de Phenicie au
pied du mont Liban, à un mille de la mer, de à huit de Tripoli , fous le gou-,
vernemene de l’émir de cette ville. Voici ce qui l’engagea dans cette entre-»
prifè.
Il y avoir dans Tripoli un grand nombre d’cfclavcs chrétiens qui avoient
été pris par les Turcs durant le fiege d’Antioche : ces captifs, dans l’efpe-
rance d’obtenir leur liberté , firent Içavoir à Raymond que s’il vouloit ailie-
ger le château d’Archos , l’émir de Tripoli luienvoyeroit auffi tôt des prefens
confiderables ôc les délivreroit de lelclavage , pour l’obliger à décamper.
Raymond, foit par compafiion pour ces chrétiens, foit pour donner le tems
aux princes qui ecoient demeurez à Antioche de venir le joindre avec leurs
troupes , entreprit ce fiege , qu’il crut pouvoir finir en peu de jours , &
le commença le Lundi 1 1. de Février 5 mais il eut lieu de s’en repentir,
tantpar le grand nombre de braves chevaliers qu’il y perdit, que parlalon-
gueur de cette expédition , à laquelle il s’opiniâtra mal-à-propos. Pons de
Balazun du diocèfe de Viviers, dont on a parlé ailleurs , y fut tué entr’au¬
tres d’un coup de pierre La difêtte s’étant mife bientôt après dans le camp,
Raymond fit divers detachemens pour .aller chercher des vivres dans le pais,
de envoya vers Tripoli Raymond vicomte de Turenne , Pierre vicomte de Ca.
ftillon , Amanjeu d’Albret, Sicard & Begon de la Rivière, Guillaume Bonus
a Mfl.hll. ou deLoubens b , & quelques autres chevaliers au nombre de 14. Cette tréupe
/ »cr.c.}6 . s’étant mife en marche en rencontra une autre defoixante Turcs ou Arabes
qui emmenoient quelques-uns de nos prifonniers de 500. pièces de bétail.
Malgré l'inégalité du nombre } les chrétiens attaquèrent les infidelles, en
tuèrent fix, prirent autant de chevaux, & leur enlevèrent leur butin qu’ils ame¬
nèrent au camp. Un autre jour Raymond Pelet de le vicomte de Turenne
ayant été détachez avec cent cavaliers , & deux cens hommes de pied , s’a¬
vancèrent jufqu’à Antarados ou Tortofe , ville fituée fur la côte de la Medi-
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DE LAN G UE D O G. L iv.XV. ,17 _ _
terranée , à vingt milles d’Archos , & l’affiegerent. Les habitansfe défendirent An. 1099*
d’abord avec beaucoup de valeur } mais la craince les ayant faifis durant la
nuit, ils abandonnèrent la place donc Raymond Pelet s’empara le lende¬
main : il y trouva beaucoup de vivres qui fervirent à ravitailler l'armée.
Cependant le duc Godefroy •» , le comte de Flandres , 8c les autres princes ^Lkcs
qui écoient demeurez à Antioche, prellèz par les croilèz qui étoient avec princes ;ûi-
eux, fe mirent enfin en chemin le premier de Mars. Boemond lesaccom-
pagnajufqu’à Laodicée, 8c s’exeufa d’aller plus loin, fous prétexte que fà pre- d'Archos. r.iù-
ience écoit neceflàire à Antioche, dont la conlèrvation lui tenoit plus à cœur, crc C.tâ:hc de
que la prife de Jerufalem. Les princes étant partis de Laodicée à la tète de c j,
25000. mille croifez qui s’y étoient rall’.mblez , s’arrêtèrent devant Giblet, Avt.&GuMi
ville fttuée fur la côce, entre Antioche 8c Archos, à deux journées de l’une
8c de l’autre, 8c entreprirent le fiege de cette place. Celui qui en avoir le Aib.Aq.i-t>
gouvernement pour le (ou’dan d’Egypte, à qui elle appartenoit , fit offrir fix
mille écus d’or à Godefroy s’il vouloit lever le fiege, mais ce duc refulage-
nereulèment cette offre. On prétend que le même gouverneur envoya fecre-^
tement alors à Raymond pour lui en taire une femblable, s’il vouloic enga¬
ger les croifez à le retirer. On ajoute que ce comte fè laiflà tenter t la vue
de cette fomme * qu’il dépêcha auffi. tôt l’évêque d’Albara au duc de Lor¬
raine , 8c au comte de Flandres pour les prier de marcher incefîàmment à
fon fecours, à caufe qu’il étoit menacé d’une armée formidable de Perfans
prêts à fondre fur lui -, 8c que les princes ayant donné dans ce panneau, aban¬
donnèrent le fiege de Giblet pour l’aller joindre. Mais on ne fonde cette ,
accufation que fur un bruit incertain * * voici ce qui vraifemblablement TyrA.7,
peut y avoir donné occafion., ' <.17.
Nous apprenons de l’hiftorien c de Raymond, témoin oculaire , & de celui du *
duc Godefroy d , qui n’eft pas fufpecl , que ce comte avoit donné cinq mille àAi'b.AqMd.
fols & deux chevaux Arabes à Tancrede , pour l’engager à fon lcrvice
julqu’i Jerufalem • que ce dernier , qui étoit neveu de Boemond ennemi juré
de Raymond, 8c qui avoit eu déjà quelques démêlez avec lui, le quitta au
fiege d’Archos, fous prétexte qu’il ne le payoit pas allez à proportion de fes
fervices, 8c du monde qu’il avoit avec lui 5 qu’il alla au devant du duc Go¬
defroy, lui promit fidelité , le prévint contre le comte de Touloufe, qu’il
accufa d’avoir reçu la fomme dont on a parlé du gouverneur de Giblet, afin
d’engager les croilèz à lever le fiege* & quil fit* depuis totale mal qu il put à ce c
frime ,a fes domefiiques , k fes troupes , pour fie venger de lui. Tancrede que le
premier hiftorien traite de brouillon, aura donc formé de lui-même cette
accufation -, 8c comme les princes ne virent pas paroître l’armée de Perfe donc
Raymond fe difoit menacé, cela aura fuffi pour le rendre criminel aux yeux
de les ennemis, 8c de quelques hiftoriens poftericurs qui n’ont pas allez examiné
cefait. Nous ne voudrions pas nier cependant que Raymond voyant la lon¬
gueur du fiege d’Archos , 8c fouhaitant de le terminer au plutôt pour conti¬
nuer enfuite le voyage de Jerufalem , n’ait fait courir le bruit .d’une prochaine
irruption des infidelles , dans le deffein d’engager par là les autres princes à
marcher inceffamment à fon fecours : ou plutôt on doit attribuer , avec
l’hiftorien f du comte de Touloufe , le bruit qui courut de cette prochaine {pxym. j,
irruption , à la garnifon d’Archos , 8c aux Sarafins du voifinage qui l’inven- j.
terent exprès , pour obliger les croifez à fe retirer. Il eft certain d’ailleurs
que le duc Godefroy 8c le comte de Flandres avant que de fe retirer de de¬
vant Giblet , firent un traité g très-avantageux avec le gouverneur de cette otmi .
place, qui leur donna une greffe fomme 8c leur fit divers prefens pour les obliger />• «og. ’ ‘f‘
à lever le fiege. * Rob.u.&c.
Les princes, que Tancrede avoit extrêmement h prévenus contre le comte bGum.iyr.é'
de Touloufe, étant arrivez à Archos, refuferent de prendre part aux travaux du Aib.Aq.ibu.
fiege, ne voulurent avoir aucune communication avec ce comte, & camperont
en particulier à deux milles de fon camp. Raymond furpris de leur con¬
duite, employa toute forte de moyens pour les ramener, 8c fit tant par'fes
difeours, les careffes & fes prefens , qu’enfin il leur fit entendre raifon , 8c fe
réconcilia avec eux , excepté avec Tancrede. Ses richcUès , 8c les dépouilles
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ân.1099-
a . ojm. Ut
Agit. tbiU,
XXXIX.
«Pierre Barcke-
mi s’cxpol'c à
l’épreuve du
feu pour fouie-
nir la vérité de
l'invention de
la lance dcN.S,
bGeft.Tancrtd'
•c. ftq.
t Order.Vttal.
Md ann. 1099*
d Fuie h. Cor¬
nât. htft.fyroj.
L 1. c. 10.
LXXX.
Raymond levé
le liege d’Ar¬
chos malgré
lui,& part avec
les autres prin¬
ces pour Jeru*
ialem.
c Raym. de
Agit.fu i;o. &
feq.
Guill.Tyr.l.y.
e.ll.&Jeq.
Ail 1. .-tq /.Ç.
C.tf &jeqq.
Guib. b/jt.
fyrofoU.?,
318 HISTOIRE GENERALE
que lui St fes croupes avoienc remportées fur les infidelles , leur * don¬
nèrent cependant quelque jaloufie , ôc animez par Tancrede , qui ne cef-
foit de brouiller & de femer la difeorde , ils relblurenc de s’enrichir à leur
tour. Dans ce deflèin ils envoyèrent des lettres dans toutes les villes voifines
occupées parles infidelles, ôc chacun fe difant maître de t armée chrétienne ,
ils extorquèrent diverfes contributions , ôc menacèrent le gouverneur de
Giblec d’aller reprendre le fiege de cette place j ce qui engagea cet émir à leur
envoyer encore cinq mille écus d’or ÔC diversprefens , pour les détourner de
cette entreprife.
Il s'éleva quelque tems après une difpute qui caufa une nouvelle divifion
parmi les croifez. Arnoul chapelain du duc de Normandie, homme de let¬
tres, mais de mauvaifes mœurs, publioit partout que la lance qu’on préten-
doit avoir trouvée à Antioche , n’étoic rien moins que celle qui avoit'percé
le coté de Notre-Seigneur 5 que ce n’étoit qu’une Supercherie du comte de
Touloufe, qui cherchoit à s’enrichir par les offrandes que les peuples faifoient
en l’honneur de cette relique. Pierre Barthélémy qui l’avoit trouvée, appuyé
des chapelains du comte , offrit alors pour en foutenir la vérité , de s’expofer
à l’éprauve du feu. Il jeûna pendant trois jours , ôc les é,vêques ayant béni le
Vendredy-Saint 8.d’Avrildel’an lo^.un grand bûcher qu’on avoir préparé au
milieu du camp d’Archos , ils y mirent le feu. Barthélémy pafifa enluite au
travers des brafiers, n’ayant que la chemife furie corps ôc la lance dans fes
mains, en prefence de toute l’armée attentive i ce fpc&acle. Au fortir de
cette épreuve tout le peuple fe jetta fur lui par dévotion , ôc il fallut que
Raymond Pelet fe mît à la tête de plufieurs chevaliers pour écjrter la foule,
ôc empêcher qu’on ne l’étouffât } tant on avoit d’empreffement à lui témoi-
gner fà vénération. Comme cetecclefiaflique mourut douze jours après, les uns
attribuèrent fa mort à l’adion du feu , ôc les autres aux diverfes «neur-
trifTures que lui avoit faites la grande foule du peuple qui s’étoit jetté fur
lui , après fon épreuve : ainfi un chacun perfilla dans fon fentiment , ôc
les efprits demeurèrent toujours partagez fur la vérité de cette relique. Un
auteur1», partifan de BoemondÔc de Tancrede, ennemis du comte de Tou¬
loufe, ajoute que celui-ci, ôcles Provençaux , indignez contre le prêtre Ar¬
noul , qui par les difeours avoit donné occafion à cette épreuve, cherchèrent
à venger fur lui la mort de Pierre Barthélémy, ôc qu’ils le pourfuivirent juf-
quedans la tente du duc de Normandie qui le mit àcouvert de leur fureunmais
cet auteur donne alTez à entendre que le véritable motif qui engagea Arnoul â
s’élever contre la vérité de la lance , fut la jaloufie qu’il conçût, de ce qu’elle
procuroit diverfes offrandes à la chapelle du comte de Touloufe j car il ajoute
que pour les détourner en fa faveur , ce prêtre fit fabriquer une image d’or de
Notre-Seigneur qu’il expofa à la dévotion des croifez. Raymond conferva
précieufement depuis cette lance 5 il la porta toûjours avec lui , ôc le com¬
mun des croifez , de même^ue l’empereur Alexis - , eurent toûjours pour
elle un très-grand refpeét. Au refie un ancien auteur ■ impartial attelle que
Raymond employoit en aumônes les offrandes qu’on faifoit par dévotion à
cette relique , ôc qu’il la perdit enfin , on ne fçait par quel accident.
L’empereur Alexis envoya vers Pâques desambafladeurs aux princes occupez
au fiege c d’Archos , pour fe plaindre de ce qu’à fon préjudice ils avoient cédé
la ville d’Antioche à Boemond , contre la teneur du ferment qu’ils lui avoient
prêté , ôc du traité qu’ils avoient conclu avec lui. 11 les prioit en même tems
de l’attendre avant que de marcher vers Jerufalem , leur promettant de les
aller joindre à la faint Jean. Les princes s’étant aflemblez pour délibérer là-
defTus , les avis furent partagez. La plûpart voyant qu’on fe confumoit inu¬
tilement depuis trois mois au fiege d’Archos, déclarèrent qu’il falloir le lever,
ôc partir incefTamment pour Jerufalem. Le comte de Touloufe, foûtenu de
quelques autres, pour s’épargner la honte d’abandonner cette entreprife qu’il
étoit de fon honneur de terminer, vouloir au contraire qu’on attendît l’empe¬
reur , ôc il fit tout au monde pour engager les autres princes à continuer le
fiege. Us fe rendirent à ’fa demande pour quelque tems j mais enfin le duc
Godefroy, le comte deFlandres ôc Tancrede, las d’attendre, mirent le feu à leur
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DE LANGUEDOC. Liv. XV. j.» _
camp , & partirent fuivis de leurs troupes, d’une partie de celles de Ray^ An. 109 9»
jnond, & des propres domeftiques de ce prince , ennuyez de la longueur du
fiege. Le comte le voyant par là hors d’etat de le pourfuivre , fut obligé de
décamper lui-même, &de fe joindre au relie de l’armée.
Les croifez prirent le chemin de la mer , 8c paflèrent auprès de Tripoli.
A leur arrivée dans le voifinage , Raymond tâcha , foit par prefens , foie
par carefles, de porter les princes à entreprendre le fiege de cette ville j mais
pas un ne voulut l’écouter, ce qui le mit de fort mauvaife humeur , 8c le
rendit incommode à tous les domeftiques. Les princes aimèrent mieux com¬
poser avec le gouverneur , qui pour les engager à le laiflèr en paix , leur compta
quinze mille belans d'or , leur fît divers prelens , accorda la liberté à trois
cens enclaves chrétiens qu’il avoit dans là ville ,• 8c pourvût abondamment
1 armée de vivres durant trois jours qu’elle campa devant la place.
L’armée chrétienne a arriva devant Jerufalem le 7. de Juin de l’an 1099. ixxxrx.
Elle étoit compofce d’environ quarante mille perfonnes tant hommes que s.. jç & pnfe
femmes, parmi lefquelsil n’y avoit qu’environ quinze cens chevaliers, 6c vingt 'h"
mille fantalfins. Tout le relie étoit une populace lans armes. Lagarnilon étoit David i"c r<n.t
pour le moins aulfi forte. On ne put faire la circonvallation que de la moitié l.f'YiTprcui!
des murailles , dont on partagea l’attaque. Le comte Raymond prit d’abord (>oiiLiiîon.
fon quartier vers le couchant, depuis la tour angulaire, jufqu’à la porte oc- 7>r'
cidentale : il en changea bientôt après, 6c fe polla vers le midi '■lur la mon- R,'m. de sgih
tagne, entre la ville 8c l’églile de Sion. Il choifit préférablement ce polie,/’ 7/&M-
tant parce <jue l’attaque du coté du couchant etoit plus difficile, que par un
efpritde religion, pour mettre cette égliib à couvert des infultes des ennemis. o«.4. /. 7.
Pluficurs des principaux officiers de Ion armée qui défapprouvoient ce chan-
gement, refulerent de le fuivre êc demeurèrent dans le premier quartier * bmTtxuit,
eniorte qu il fut obligé de prendre quelques troupes à fa folde pour fortifier ”• 4*
fon camp. Raymond Pelet , le vicomte de Turenne, 6c quelques autres chc-
valiérs quil détacha le troifiéme jour du fiege pour aller battre la campa¬
gne rencontrèrent 300. Arabes les défirent , 6c leur enlevèrent 30. chevaux.
Le comte de Touloufe vouloit qu’on brulquâtl’allaut dès le commencement
du liege, 6c il engagea les autres princes à l’entreprendre. Dans ce defiein on
travailla toute la nuit, 6c le lendemain 1 1. de Juin , les foldats ayant fait la
tortue avec leurs boucliers, on tenta l’efcalade. On avoit déjà gagné l'avant-
mur , 6c pluficurs croient déjà montez fur la muraille intérieure à 9. heures
du matin, malgré la détenfe des alliegez , lorfqu’on manqua d’échelles 5 ce
qui fit abandonner l’entreprifè, 6c rélbudre les princes à faire conftruire des
machines pour abattre les murailles. Toute l’armée s’employa avec beaucoup
d ardeur à ce travail. Comme la depenfe en étoit fort grande, le comte dq
Touloufe qui étoit le plus riche de tous les croifez , y employa volontiers fes
tréfors;6c au lieu que les autres princes faifoient des collectes fur le peuple pour
payer leurs ouvriers , il fournit non feulement au falaire des fiens de fon propre
fonds, mais il foudoya encore un grand nombre de chevaliers qui etoient
dans 1 indigence , 6c n’épargna rien pour avancer les travaux.
Neuf vailfeaux Génois étant arrivez au port de Joppe pour venir au fccours
des croifez , eurent befoin d’un détachement de l’armée pour favorifer leur
débarquement. Raymond fit partir aufïï-tôt , à la priere desprinces , Gal-
demar Campinelle avec 30. cavaliers 6c autant de fantalfins, 6c le fit fuivre
par Raymond Pelet , Guillaume de Sabran , 6c Raymond vicomte de Tu¬
renne, à la tête de 50. autres cavaliers. Ces derniers s’étant avancez , trouvè¬
rent que Galdemar étoit aux prifes avec un corps de 6. à 700. infidelles qui
lavoient attaqué du côté de Rama, lui avoient déjà tué Richard de Mont-
merle jeune chevalier de réputation , trois autres' chevaliers, 6c la plus grande
partie de fon infanterie. Le relie fe défendoit cependant encore avec beau¬
coup de bravoure 8c vendoit chèrement fa vie , %lorfque Raymond Pelet 6c
Guillaume de Sabran donnèrent fur les ennemis avec tant de fureur qu’ils
en lailîerent deux cens fur la place, pourfuivirent les autres pendant quatre
milles, Scieur prirent cent chevaux qu’ils envoyèrent au camp. Guillaume
de Treve chevalier , eut auffi le malheur de périr dans cette action, Le
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jio HISTOIRE GENERALE
détachement joignit enfuite {ans obltacle les Génois au port de Joppe.
Ceux-ci ayant négligé de veiller à leur fureté , furent attaquez pendant la
nuit par une flotte d’Egypte qui s’étoit cachée au port d’Alcalon , ôc obligez
d’abandonner leurs vaiilêaux : ils eurent cependant le tems d’en retirer les
voiles , les cordages , les agrets , ôc divers inftrumens de fer dont ils avoient
fait provifion pour le fiege. Ils apportèrent le tout au camp -, ce qui joint à
un grand nombre d’ouvriers ôc de charpentiers qui fe trouvoit parmi eux ,
fut d’un grand fecours pour avancer les travaux du comte de Touloufc , le¬
quel prit tous les Génois à (a folde. Gafton de Bearn , qu’un hiftorien con¬
temporain 1 qualifie prince très-noble , fut choilï par les ducs de Lorraine & de
Normandie & le comte de Flandres , pour préhder à la conftruction des ma¬
chines de leur attaque , à caufe de fon habileté , de fa probité , ôc de la lupe-
riorité de fon genie. Le comte Raymond donna de fon côté l’intendance
des fiennes à l’evêque d’Albara ôc à Guillaume Richau , qui employèrent di¬
vers efclaves Sarafins au tranfport du bois neceflaire.
Enfin après un travail de près d’un mois / toutes les machines étant dif-
pofes on prit jour pour l’allàut. Comme il regnoit cependant encore
beaucoup d’animofiré entre le comte de Touloufc ôc Tancrede , ôc entre quel¬
ques autres des principaux , les évêques, les princes, Ôc tout le peuple, vou¬
lurent auparavant que chacun fe reconciliât avecfcs ennemis. Un prêtre alla
trouver alors Guillaume-Hugues de Monteil , frere du feu évêque du Puy,
Ifnard comte de Die fon feigncur^&c quelques-uns des clercs, pour leur annon¬
cer que ce prélat lui étant apparu, ordonnoit à toute l’armée de jeûner ,Sc
de faire en proccflion, nuds pieds, le tour de Jerufalem , avec promefce qu’on
prendroit la ville au bout de neuf jours. Sur cet avis les princes s’aflemblent ÔC
indiquent une proccflion folemnelle pour le Vendredy fuivant. Le jour ar¬
rivé , les troupes quittent leurs chauflures , fe mettent en prières , ôc vont
précédez du clergé à la montagne des Oliviers , où après une exhortation dé
Pierre l’Hermire, ÔC d’Arnoul chapelain du duc de Normandie , tous les
princes fe réconcilièrent Ôc s’embraflerent. La proccflion, qui le termina à leglife
de Sion, finie, tout le monde fie fcpara.
Le Jeudy 14. de juillet les princes ayant fait approcher les machines des
murailles de Jerufalem , donnèrent l’aflaut en trois endroits diffèrens. Le
comte Raymond qui commandoit l’attaque du midy fit agir lafienne. Il avoir
heureufement fait combler en trois jours ôc deux nuits un grand folle qui fe
trouvoit entre le camp ôc la ville j ôc pour accélérer le travail , il avoir donné
un denier , fomme alors allez confiderable , à tous ceux qui chaque fois y jec-
toient trois pierres. La machine que ce comte avoit fait conftruire , conflit oit,
4ainfi que celles des autres chefs , en une grande tour quarrée de bois ôc de
charpente , au haut de laquelle on avoit placé un pont levis qu’on pouvoir
abattre aifément fur la muraille. L’attaque ôc la defenfc furent également
vives, ôc durèrent depuis le matin jufqu’à la nuit qui fcpara les combattans.
Le lendemain Vendredy 1 5. de Juillet l’aflaut recommença de grand matin,
ôc futpoufle avec une égale fureur jufques vers une heure après midi , que
les efforts des afliegeans commencèrent à fe ralentir. Ils étoient rcfolus de
retirer leurs machines déjà entièrement délabrées , lorfque le duc Godefroy
qui commandoit l’attaque du feptentrion ranima le courage des fiens, en les
aflurant qu’il avoit vü un cavalier armé tout refplendiflant de lumière fur
le mont Oliver , lequel lui faifoit figne de continuer l’attaque. Le comte
de Touloufc ayant déclaré dans le même tems à fies troupes qu’il avoit vu la
mêmechofc, les croifez reprennent une nouvelle ardeur ; ôc après une heure
de combat , Godefroy ayant franchi le foflé , Ôc abbatu la muraille extérieure,
applique fa machine au mur intérieur , ôc fait abbattre le pont-levis -, il
écarte les ennemis , ôc entre dans Jerufalem à trois heures après midi , luivi
du comte de Flandres, du duc de Normandie, de Tancrede, Gafton de Bearn,
Gérard de Rouflillon , Raymbaud d’Orange , ôcc. Godefroy dépêcha aufli-
tôt trois couriers confécutifs au comte de Touloufc , pour lui apprendre le
fuctès de fon entreprife. Celui-ci les voyant venir à bride abbatue par le
montOlivet , ôc fe doutant d’ailleurs de ce qui fe pafloit dans la ville par les
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DE LANGUEDOC Liv. X V. 3zi _ _
cris qu’il en tend oit , dit alors à fcs foldats : Qu' attendons-nous , voilà, déjà An.jojj).
les François dans "jerufalem / A ccs paroles les troupes ne pouvant fe fervir de
leur machine, dont la partie l'uperieure avoit été brûlée ou briléepar les in-
fidellcs , prennent des echelles , 5c les attachent à la muraille qu’ils elcaladent
l’épée à la main. Raymond monte des premiers , fuivi d’Ylnard comte de
Die, de Raymond Pelet , de Guillaume de Sabran , de l’évêque d’Albara , 5c
remplie d’horreur & de carnage, ôc mile au pillage.
Le tumulte étant ceiré, les princes donnèrent ordre à la garde de la ville,
& après s’être lavez du làng dont ils étoient couverts , & avoir changé d’ha¬
bits, ils allèrent nuds pieds, fui vis de toute l’armée, vifiter le faint Sépulcre,
Ôc les autres lieux faints , où ils rendirent grâces à Dieu de leur victoire. L’c-
mirGuinimond qui commandoit dans la tour de David, où fon neveu 5c les
principaux de la ville s’étoient réfugiez , fe voyant hors d’étac de refifter, de¬
manda aulîî-tôc à capituler , 5c remit le château , qui fêrvoit de citadelle
à la ville, au comte deTouloufe, à condition que ce prince feroit conduire
furemenc tous ceux qui étoient dedans, avec tous leurs effets jufqu’à Afca-
lon , ce qu’il exécuta fidèlement. L’hiltoricn a de Godefroy prétend qtie *
Raymond poulie par un efpric d’avarice , reçût pour cela une grollè fomme, Ôc
qu’il s’appropria les dépouilles du château : mais tous les autres auteurs du rems
qui ont écrit l’hiftoire lainte, nedi/ènt rien de cette circonflance, 5c font en¬
tendre le contraire. D’un autre cote un grand nombre d’infidelles , tant
hommes que femmes 5c enfans, s’étant réfugiez dans le temple de Salomon,
Tancrede ôc Gafton de Béarn , leur envoyèrent leurs drapeaux, pour marque
qu’ils les mettoient fous leur fàuvcgarde ; mais Je premier les fit égorger Je
lendemain, après s’être enrichi des dépouillés du temple, dont il céda cepen¬
dant enfuitela meilleure partie au duc Godefroy.
Huit jours L’ après, les princes s’allèmblerent pour élire un d’entr’eux roi de lxxxii.
Jerufalem. Les fervices importans que Raymond comte de Touloufè ôc de Rxymood.de
S. Gilles avoit déjà rendus, 5c les grandes dépenfes qu’il avoir faites durant Je s- Gl,,cs u,lllc
cours de 1 expédition , firent que la plupart lui offrirent la couronne de Jerula- j«u< .,um. n
lem avec la garde du faint Sépulcre: mais il déclara qu’il étoit très-éloi</né de ett ob,lP.É fe
prendre le titre de Roi dam cette ville , & que (1 quelqu autre vouloit ly accepter , il le tout de David
lui cederoit volontiers. » Il rcfufa genereufèment cet honneur , non pas tant, et aCoMroyqui
ajoute un auteur c contemporain , parce qu’il étoit déjà dans l’âge, 5c qu’il « 1 i tuym'.d*
avoitperdu un oeil, que par modeftie; car il étoit très-capable de remplira
les fonctions de la royauté , s’étant rendu très-recommandable par fes ex- «
ploies ôc pat fes vertus. „ Les princes fur fon refus ne le prellèrenr pas davaiu
tage5 ce qu’on attribue à quelques uns de fes domcftfqucs 5c de les vallàux
qui fouhaitant de revoir leur patrie, 5c craignant qu’il ne s’établît pour toû- orlùr.vîu'.
jours en Orient, firent courir le bruit, contre leur propre conlcicnce, qu’il l'*ulj7 /
avoit réfolu de repaflèr la mer , 5c lui fuppoferent divers défauts pour le faire
exclure de la couronne -, mais l’évenemcnt fit bien voir, ajoute un autre ancien c
hiftorien*1, qu’il n’avoitpasle dc/Tein qu’on lui prêtoit j car il demeura dans A<MLTjr.
la Terre-fainte jufqu’à la fin de fes jours, 5c préfera une vie pauvre 5c errance ,b,d‘
dans une terre étrangère , aux commoditcz 5c à l’abondance dont il auroir pd
jouir dans fes états.
Godefroy duc de la balle Lorraine fut élu roi de Jerufalem au refus de
Raymond : mais par un lënriment d’humilité dont fcs fuccclîéurs crurent pou -
voirfe difpenfer, il s’abflint c d’en prendre le titre. Il demanda au/ïï-tot à er.Du'aup
Raymond qu’il lui remît la tour de David , ce que celui-ci rcfufa , fous pré- n>l-,afll.cx'f“L
texte qu’il vouloic demeurer à Jerufalem jufq u 'après Pâques, 5c qu’ilétoit bien
aife d’y être d’une maniéré convenable à fon rang 5c à les fervices. Gode¬
froy répliqua qu’il renonceroit plutôt au royaume 5c s’en retourneroit en
Occident, que de le lailTer maître de ce château. Le duc de Normandie Scie
comte de Flandres fe déclarèrent ouvertement en faveûr de Godefroy, ôc
plufieurs même d’encre les officiers de l’armée de Raymond qui efpcroient de
Tome II, Sf
' HO-tTj'iq-
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An. 1099.
a Raym. dt
Agi!. ibU.
Lxxxnr.
Voyage de
Raymond au
Jourdain. Scs
exploits à la
bataille d’Af-
calon.
b Alb. Aq. ibid .
'• 4*.
e V. Marttn.
jinecd. to. 1.
b***
d Order.Vital .
ibid.
c M Art en. ibid.
LXXXIV.
Godefroy refu-
{c'cie céder la
ville d’Alcaloo
à Riymond.
Brouillcrie en*
tre ces deux
princes à cette
occafion : leur
réconciliation.
t Raym. dt
Agit* ibid.
312. HISTOIRE GENERALE
repaflèrla mer avec lui auffi-tôt qu’il auroic remis la cour de David 5 enforte
die un témoin a oculaire, que les Provençaux plus touchez^de leurs propres inte¬
rets , que de la gloire de leur feigneur , fe déclarèrent en cette occafion contre lui.
Raymond Te voyant abandonné de fes amis 6c de fes vaflaux , offrit de fè
foumettre à un jugement folemnel. En attendant il mit en fequeftre la garde
de la tour qu’il donna à l’évêque d’Albara j mais ce prélat fans attendre le
jugement, la remit auffi-tôt à Godefroy , ce qui donna lieu de le foupçon,
ner de trahifon : il s’exeufa fur ce qu’il y avoir été forcé par ce dernier.
Le comte de Touloufe indigné de ce procédé , s’en plaignit hautement,
6c accufa d’ingratitude & fes propres vaflaux & les princes, qu’il avoit égale¬
ment comblez de bienfaits. Enfin croyant ne pouvoir plus demeurer avec
honneur à Jerufalem , il prit le parti d’aller à Jéricho , & de là au Jourdain ,
où conformément aune prétendue révélation que Pierre Barthelemi qui avoit
découvert la lance de Notre-Seigneur , lui avoit autrefois communiquée , il
fe mk fur un radeau, quitta fes habits, 6c fe plongea dans l’eau ; & après
que fes gens eurent exhorté publiquement tout le peuple qui étoit prelenc,
à prier pour la confervadon de fa vie , 6c de celle des aurres princes , il
prit une chemife 6c des brayes neuves. 11 revint enfuite à Jerufalem } mais ne
pouvant furmonter le chagrin d’avoir été obligé malgré lui de rendre la tour
de David, il fè difpofa à quitter inceflâmment cette ville, & à fe retirer avec
toutes fes troupes.
Sur ces entrefaites on vint avertir le roi que le foudan d’Egypte fur qui
les croifez avoient pris Jerufalem, faifoit marcher une armée formidable,
dans le deflèin de reprendre cette ville , 6c les autres conquêtes des chré¬
tiens, &que cette armée étoit déjà arrivée à Afcalonà une journée & demie
de Jerufalem. Godefroy fuivi du comte de Flandres monta auffi-tôt à che¬
val 6c s’avança jufqu’à Rama, où s’étant affuré par lui-même de la vérité
du fait, il en donna avis aux princes qui étoiènt reliez à Jerufalem, & les
pria de venir fans tarder à fon fecours. Le comte de Touloule 6c le duc de
Normandie s’imaginant que c’étoit une feinte de la part de ce prince, firent
d’abord difficulté de marcher j 6c fi nous en croyons l’hiftorien b de Gode,
froy , le premier ne le refufa que pour fe venger : mais il eft certain que
Raymond fe mit en marche avec le duc de Normandie dès qu’ils furent
certains par des exprès qu’ils dcpccherent , que les infidelles étoienten effet
à Afcalon. Tous les princes ayant donc accouru à la tête de leurs troupes,
joignirent Godefroy à Ibelin , dans la plaine des Philillins. On nefaitmon-
ter communément leur armée qu’à 1100. chevaux, 6c 9000. fantallins.
D’autres c prétendent qu’elleétoit compolée de j 000. hommes de cavalerie,
6c de 1 jooo. d’infanterie. Quoiqu’il en foit, elle fè rangea fur trois lignes,
dont chacune étoit fubdivifee en trois corps. Godefroy commandoit la gau¬
che , & le comte de Touloufe la droite qui s’étendoit vers la mer 6c les
jardins d’Afcalon. Le duc de Normandie , le comte de Flandres , Tancrede &
Gallon de Bearn occupoient le centre : l’infanterie foutenue par la cavalerie
marchoit la première. L’armée s’avança en cet ordre le Vendredy 1 i.d’Août,
jufqu’à un mille d’Afcalon où les ennemis étoient campez, & on en vint auffi-
tôt aux mains. Les chrétiens firent une horrible boucherie des infidelles , qui
ne pouvant foutenir le choc prirent enfin la fuite. Le comte de Touloufe fit
fur tout des d prodiges de valeur dans cette occafion : il pouflà les ennemis
jufqu’au bord de la mer , où plus de trois mille fe précipitèrent pour éviter
fa fureur. Il mena les autres jufqu’auprès d’Afcalon, dont les habitans fer¬
mèrent les portes pour ne pas recevoir chez eux en même tems 6c leurs amis &
leurs ennemis. Il fe mit enfuite à la pourfuitc des fuyards, 6c fit main-baflè
fur tous ceux qu’il put rencontrer. Les croifez demeureront ainfi les maî¬
tres du champ de bataille 6c du camp des infidelles , où ils firent un butin
immenfe. On fait monter 1 la perte de ces derniers à cent mille hommes.
Après une fi mémorable vidoire, Raymond envoya à Afcalon ( un Turc
qui s’étoit fait baptifer fous le nom de Boemond , fous prétexté de faire des
propofitions d’amitié au general des infidelles, mais en effet pour examiner fa
contenance , & fçavoir s’il étoit dans le deflein d’en venir à un nouveau
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DE L A N G U E D O C. Liv. X V. 3Ȕ* _
combat. L’hiftorien * de Godefroy donne un autre motif à cette députa- •
tion. Il précend quê ce roi ayant alficgé Afcalon aufli-tôt après la défaite des ’
infidelles, la ville étoit déjà fur le point de lé rendre, lorfque le comte'Ray-
mondpar un efprit de jaloufie 2c de vengeance , envoya lecretement la nuit
exhorcer les habitans d tenir ferme , 2c les avertir que Godefroy n’étoit pas
en état de les forcer , attendu que les autres princes ayant accompli leur vécu,
dévoient retourner incellamment dans leur patrie. Il ajoute que lur cet
avis les Afcalonices le défendirent avec beaucoup de vigueur , 2c que les
princes s’etant retirez à la perfualîon du comte de Touloufe, Godefroy
hors d’état de prendre la ville avec 700. chevaux qui lui reftoient , fut
obligé de décamper 2c de lever le fiege. Mais cet auteur ne rapporte pas
hdeilcmenc toutes les circonftances de cette affaire : les voici telles que nous
les apprend un hiftoricn Normand, grave, dclinterelTé & contemporain.
Les Alcalonites, dit cet auteur l’, voyant la fureur avec laquelle le comte» b OrAtr.vitai
Raymond combattoit fous les murs de leur ville le jour de la bataille, 2c»
craignant de fubir le fort des autres villes que les chrétiens avoient lini-u
miles , lui envoyèrent demander fon étendarc pour l’arborer lur leurs mu- «
railles ; avec promellè de lé rendre à lui , tant parce qu’il étoit plus à portée »
que les autres princes, 2c qu’il paroillbit le plus formidable, que parce »
qu’ils fçavoient la droiture avec laquelle il en avoir agi envers le gouver- »
neur de la garnifon de la tour de David qu’il avoir lauvé. Sur leur de- «
mande Raymond leur envoya fon porte-enleigne -, 2c après avoir tué ou»
mis en fuite tous ceux qui étoient hors d’Afcalon , il alfcmbla fes compairs* « ‘Compares,
qui étoient de retour du combat , & leur dit: Voici , y aces à Dieu une vi- «
cloirc complecte , dr les Afcalonitcs extrêmement prcjfcz^dans leur ville , nous en »
ouvrent pour ainfi dire les portes ils ont envoyé demander mon drapeau , d" «
ils fe fourr.cttent a moi , fi vous voulcz^btcn y confentir. Godefroy répondit, à »
Dieu ne plaife que f accorde le domaine d' Afcalon d perfonne 5 mais je vais »
laffiegcr mot-meme , & le foitmettre à ma domination : il cftvoifin de fcrufalem , «
Ct il convient qu'il dépende de celui qui commande dans cette ville. Le duc de te
Normandie, le comte de Flandres, 6c les autres princes dirent alors à Go- «
defroy : Aucun d’entre nous n'ignore que le comte de S. Gilles a abandonne »
volontairement pour l'amour de Dieu de très-grands fy très-riches domaines, »
S’il a donc réfolu de continuer avec pcrfeverance l' expédition qu’il a commencée , «
& de défendre la fainte cité qu'il a attaquée avec tant de valeur , pour la gagnera
à Dieu, vous dcvcz^lui offrir avec plaifir une ville dont vous n’etes pas encore le «
maître , (jy qu’il demande : car comme nous allons nous retirer , il vous fera «
fans doute d'un y and fccours , [oit par fon confetl , foit par la force de fon bras. «
En prenant poffcfiîon de cette ville , il a ajez^ de gencrofitc pour la* fuit mettre inmc- «
me tems à votre majcjlè , (fy il vous fera infiniment avantageux d'en recevoir «
‘l hommage d’un héros , qui fera toujours prêt à combattre pour vous. Cedilcours ne 14
fit aucune imprcllïon fur Godefroy ; 2c Raymond voyant fon obftination à «
refuler la demande des princes , lè retira en colcre, 2c fit dire aux Afcalo-»
nites de fe défendre. Godefroy afliegea leur ville , mais tous les generaux «
indignez de fon procédé , 2c d’ailleurs extrêmement fatiguez de la cam- »
pagne, decamperent , ce qui l’obligea à lever le fiege. Mais, ô honte»
éternelle ! s’ecrie cet hiftoricn , ni Godefroy , ni fes fucceffeurs n’ont pù en-«
core fubjuguer cette métropole des Philiftins 3 2c les rois de Jerufalem ont c»
perdu plus de cent mille hommes dans cette entrepriib, fins compter une»
infinité d’autres pertes. C’eft ainfi qu’eft recompenlée une ambition in fa- «
fiable: Si le roi Godefroy eut eu une véritable charité , 2c qu’il eût aimé»
fon prochain comme lui-même , fuivant la loi de Dieu, il auroit pu obte- »
nircejour-là même fans coup férir une importante place qui ouvroit le»
palTagc aux chrétiens jufqu’à Babylone. Je loue beaucoup ce prince , mais,«
ainfi que le dit S. Paul aux Corinthiens, je ne le loue pas en cela. » Telle
fut la véritable ilfue de cette affaire, 2c la contradiction que Raymond eut
à effuyer de la part de Godefroy. Il femble que tous les chefs delà croifade
affectèrent de fufeiter à ce comte , les uns apres les autres , des fujets de que¬
relle ou de mortification 3 mais fa vertu luperieure aux évenemens foûtinc
Tome II, Sf ij
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_ “514 HISTOIRE GENERALE
AN.1099. avec fermeté toutes ces traverfes , fans fe décourager ni perdre de vûel’en-
treprife i laquelle il s’étoit conlacré.Que fi on l’accufe d’ambition 8c d’avoir
fait fes efforts pour fe faire un domaine en Orient, on peut répondre qu’il
avoit pour le moins autant de droit à la conquête que Boemond , Tancrede,
Godefroy Ôc Baudouin, qui ne négligèrent aucune occafion , foit d’établir
leur domination dans le pais , foit de l’étendre : d’ailleurs Raymond s’étoic
obligé par vœu de ne plus rcpaffer en Europe , ôc d’employer le relie de fes
jours à faire la guerre aux infidelles, ce que les autres n’avoient pas- fait 5 i
quoi fi on ajoute les droits que lui donnoient fa nailî’ance , fon âge 6c l'es
exploits, les foins qu’il s’étoit donnez pour la croilade dans laquelle il s’etoit
engagé le premier , 8c enfin les dépeniès immenfes qu’il avoit faites pour la
réulfite de cette entreprife, on conviendra que ce n’étoit pas trop pour lui que
de demander pour fa fureté le domaine d’une fimple ville , après avoir aban,
donné pour J. C.des provinces entières.
Un autre hiltorien 4 du teins raconte un peu différemment les circonllan-
ces ^ l’affaire d’Afcalon.» Leshabitansde cette ville ne le déterminèrent, dit.
«il, à fe rendre à Raymond , préférablement à tous les autres chefs , que parce
» qu’ayant eu foin de s’informer auparavant des marchands de Montpellier
« qui trafiquoient dans leur port , des mœurs 8c des qualiccz de chacun des
«princes qui étoient à la tête des croifez, ces négocians avoient élevé juC
«quesaux cieux le mérite ôc la bonne foy du comte, 6c fait un très-grand
« éloge de fa perfonne. Les Afcaloniccs , continue-t-il , éxigerent de Ray-
« mond un ferment par lequel il s’engagea de ne pas livrer cette ville aux
« chrétiens , fuppofé qu’il ne voulût ou ne pût la conferver. Cette condition
« fit murmurer les chefs , qui demandoient qu’Afcalon fut uni au domaine
« du roi Godefroy , parce que fans cela les états de ce prince auroient étc
» réduits à fort peu de choie , ôc que cette ville pouvoit lui nuire ou lui
« fervir beaucoup pourfe maintenir furie trône. Raymond de fon côté fou-
«tint fes droits avec beaucoup de douceur j 8c comme les princes infifloient
«là-deffus avec feu , il détruific aifément leurs railons, 6c répondit entr’autres
» que tes uns alloicnt retourner dans leurs états d’Occident après avoir ac-
«compli leur vœu, 6c que les autres avoient déjà acquis des domaines con.
» fiderables en Orient } que lui lèul après avoir renoncé par vœu à fa patrie
« n’y pouvoit plus retourner j qu’ayant cédé jufqu’alors de bonne grâce fes
«prétentions fur les conquêtes qui avoient été faites , il croyoit qu’on pou-
« voit bien lui biffer la ville d’Afcalon pour la tenir fous la foy du faint fépul-
«cre } £cqu’enfin il avoit promis de ne pas la remettre à d’autres. Lesprin-
« ces ne répliquèrent au comte que par des exclamations : ils le traitèrent
«d’ambitieux ôc’de perfide, 6c peu s’en fallut qu’ils n’en vinffenc aux mains
«avec lui. Raymond fenfible à ces reproches, s’écarta alors des réglés de la
«jufticc 6c de l’équité, 6c rendit les clefs d’Afcalon aux habitans ; enfortef
• « que la crainte qu’il eut de faire un parjure , a été caufe de l’effufion du fang
« des chrétiens dans les differens fieges qu’ils ont entrepris depuis pour le
« rendre maîtres de cette ville * en quoi ils n’ont pu encore réulfir malgré tous
« leurs efforts. « C’ell ainfi que parle un ancien hiltorien Anglois. Mais outre
qu’on peut attribuer plus légitimement à l’opiniâtreté de Godefroy l’effufion
du fang chrétien qui fut répandu depuis devant Afcalon , 6c que la religion
du ferment exeufe affez le comte de Touloufe, il paroît d’ailleurs qu’on doit
bien mieux s’en rapporter à l’hillorien Normand dont on a déjà parlé, 6c qui
avoit appris très-vraifemblablement toutes les circonllances de cette affaire
du duc de Normandie , après le retour de ce prince dans fes états : ainfi il
n’y a pas lieu de douter que ce duc 6c le comte de Flandres ne fe foient dé¬
clarez dans cette occafion pour Raymond contre Godefroy. Il eft certain en
effet que ces deux princes fe retirèrent aulfi-tôt après la bataille d’Afcalon,
ôc qu’ils réfutèrent de donner aucun fecours à Godefroy pour le fiege de cette
b Muf.hti. ville. Un ancieo auteur b anonyme prétend enfin que tous les princes 6c Go-
hifl. firofol. defroy lui-même, confentirent de laillèr Afcalon à Raymond, i condition
qu’il en feroit hommage à ce roi, pour ne paslaiffer établir deux fouverai-
netez fivoifines l’une de l’autre. Raymond rejetta, ajodte-t-il , cette condi-
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DE LANGUEDOC. Liv. XV. _
tîon, 6c aima mieux rendre la ville aux Afcalonices : mais cette circonftanee An.ioq*.
eft démentie par tous les autres hiftoriens.
Les princes 1 après avoir laide Godefroy au camp d’Afcalon, prirent le ^
long de la côte, & arrivèrent devant Allur ou Antipatride , ville fituée à
quarante milles dejerufalem vers le couchant. Le comte de Touloufècom- *»«•
ptant.que les habitans de cette ville effrayez de la nouvelle défaite des in-
fîdelles fe rendroient aifément , les alliega pendant un jour 8c une nuit, Ôc
employa les menaces ôc les careffes pour les engager à le recevoir & à le
foumettre à lui ; mais ayant appris que Godefroy après avoir levé le liege
d’Afcalon, venoit du même coté , il iê retira , 5c exhorta en partant , à ce
qu’on prétend, les habitans d’Allur de fe défendre contre ce prince , s’il les
afliegeoit, 8c de ne pas lui livrer leur ville 5 n’ayant aucun fecours à efpcrer
des autres princes qui étoient rélolus de le lai refufer. Il hâta enfuite fa
marche & alla joindre le duc de Normandie , le comte de Flandres, 8c les
autres chefs campez auprès d’une rivicre entre Ccfarée 8c la ville de Caïphe.
Godefroy arriva peu de tems après devant Allur ,-8c l’alliegca pendant un jour
& une nuit $ mais les habitans s’étant défendus avec beaucoup de valeur , il
leva le liege. Il attribua leur réfiftance aux avis que le comte Raymond leur
avoir donnez , 6c réfoluc de s’en venger. Dans cette vue il marcha enlèigncs
déployées, 8c ayant joint le camp des croilèz , il fe difpofoit à attaquer le
comte deTouloufe, qui de fon côté averti de fes delfeins , s’étoit mis en
état de défenfe, lorfque le comte de Flandres 8c les autres princes s’étant
mis entre les deux armées les empêchèrent d’en venir aux mains , 6c firent
tant auprès de ces deux princes qu’ils les obligèrent à fe reconcilier. Après
leur réconciliation qui fe fit de bonne grâce de part 8c d’autre, le comte de
Flandres, le duc de Normandie & le comte de Touloule déclarèrent à Go¬
defroy qu’ils étoient réfolus de lè retirer , à quoi celui-ci conlentit enfin
avec peine. Ils retournèrent avec lui à Jerulalem pour y prendre le refte de
leur bagage 8c les malades qu’ils y avoient lai liez. Ils prirent bientôt après
congé de ce prince : ils l’embrallerent ccndrement , 8c lui de fon côté leur
témoigna beaucoup d’amitie. Ils partirent enfuite avec toutes leurs troupes
au nombre d’environ vingt mille hommes, qui portoient des palmes dans leurs
mains pour marque de leur victoire.
Les trois princes prirent leur route par les mêmes villes où ils avoient pafle
en allant à Jerulalem , c’cft-i-dire par Pcolcmaïde, Tyr, Sidon ôc Tripoli, monddè'jaû.
Etant arrivez devant Giblct où ils s’arrêtèrent deux jours, ils apprirent que
Boemond prince d’Antioche par un motif d’avarice &. d’ambition , avoir *fc reconcdic
alîîegé Laodicée fur l’empereur Alexis, ôc qu’il la prclToit vivement. Cette 3vecBocmonJ.
ville iicuéc à fix milles d’Antioche , étoit venue au pouvoir de l’cmporcur de la paVncdis'îoi-
manière fuivante. Durant 9 le liege de cette dernière ville par les chrétiens , f« eu Ocd-
une flotte de pirates , auxquels plufieurs chrétiens Flamansêc Friions s’étoient b
joints, débarqua dans U terre de S. Gilles , qui étoit du domaine du comte
Raymond , ôc s’aiïocia avec un grand nombre de Provençaux fujets de ce
prince. Ces troupes ayant abordé au port de Laodicée fous la conduite d’un
fameux capitaine nommé Winemand de Bologne, attaquèrent cette ville, s’en
empirèrent , après avoir fait parier tous les infidcllcs qui étoient dedans au
fil de l’épée, ôc la remirent au même Raymond après la prife d’Antioche:
nuis ce prince , fidelle obfervateur du ferment qu’il avoir fait à l’empereur ,
la lui céda auflï-tôt , ôc ce dernier l’avoic toujours confervce depuis. La dé¬
marche de Boemond étant donc également injurieufe à l’un 5c à l’autre, les
princes lui envoyèrent des ambariadeurs pour le fommer de lever le fiege de
Laodicée , ôc de laiflcr en paix les Grecs maîtres de cette ville. Boemond
reçut très-mal ces envoyez: il leur déclara fièrement qu’il ne décamperoit
qu’après la prife de la ville -, ce qui fit refoudre les princes à employer la
force pour l’y obliger. Ils n’eurent pas befoin d’y avoir recours. Dagbcrt
archevêque de Pife que le pape Pafcal II. venoit de nommer fon légat dans
k Terre- fainte à la place du feu évêque duPuy , fe trouvoit alors par ha-
zard au camp de Boemond : ce prélat avoir débarqué depuis peu au port de
Laodicée avec une flotte de Pifansôc de Génois que Boemond avoir engagez
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An.IOJJJ).
a Alb.Aj.lf.
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Ordcr. Vital.
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f Or ier. Vital.
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g G mil. Malm-
L 4-f. t.
b Marte».
Anrcd . /a. 1.
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HISTOIRE GENERALE
tous un faux prétexte, à l’aider dans le fiege de cette place. Le légat n’eut
pas plutôt appris l’arrivée des princes auprès de üiblet , qu’il -alla en dili.
gence à leur rencontre pour les embraffer 5 6e ceux-ci lu» ayant fait corn,
prendre l'injuflice du procédé de Boemond , il engagea aulfi-tôt les Pifans
6e les Génois à l’abandonner. Ce prince fe trouvant par là trop foible pour
continuer le fiege , fut obligé de le lever maigre lui, 6e il décampa pendant
la nuit.
Les princes qui ignoroient fa démarche , s’avancèrent cependant vers fon
camp en ordre de bataille , dans le dellein de le combattre , 6e de le faire
repentir de fon refus. Ils apprirent à leur arrivée à Laodicée qu’il s’étoit
retiré , 6e qu’il étoitallé camper à un mille. Ils furent reçus avec joie parles
habitans qui leur ouvrirent les portes de la ville où ils prirent leur logement.
Le comte deTouloufe mit aulîi-tôt joo. hommes de lès troupes à la garde
de la fortereiïè , 6e fit arborer fon drapeau, qui et oit très-connu , fur le plus
haut de la tour. Il diltribua les Gafcons dans les autres tours de la ville, 6e
le relie des croifez fut logé dans l’cnteintc. Les princes demeurèrent quinze
jours à Laodicée pour fe délalïèr de leurs fatigues. Pendant leur fejour ils
envoyèrent des députez à Boemond , tant pour lui faire des plaintes de la
conduite, que pour lui offrir leur amitié. Ce prince touche de cette am-
balTade partit d’Antioche , s’avança vers Laodicée , 8c s’aboucha avec les
autres chefs qui l’allcrent joindre. Il fe réconcilia avec eux ; mais fur-tout
avec le comte de Touloufe , à qui il fit beaucoup de careifes. Enfin après
s’ètre donnez réciproquement des marque^ d’une véritable amitié , 6t avoir
paffé troisjours enfemble , Boemond retourna à Antioche.
Robert comte deFlandres1, Robert duc de Normandie, Gallon de Bearn,
Conon de Montaigu & tous les autres compairs , s’embarquèrent quelques
jours après , (c’etoitàla fin de Septembre,) au port de Laodicée , firent voile
vers Conftantinople, qù l'empereur leur fit un accueil très-gracieux, 6c re¬
tournèrent enfin dans leurs états. Un célébré auteur b qui a écrit depuis peu
l’hiltoire de l’ordre de Malthe, prétend cependant, on ne fçait fur quelle
autorité , que Gallon de Bearn , (dont le nom efl corrompu c dans les manuf-
crits fous celui de Gu/lus de Bcrdcis) 6c Conon de Montaigu s’arrêtèrent à
Jerufalem après la prife de cette ville $ 6c qu’ayant renoncé pour toujours à
leur patrie , ils prirent l’habit d’Holpitaliers dans la maifon de S. Jean , éc
s’y confacrcrcnt au fervice des pauvres 6c des pèlerins : mais il ell certain ,
par le témoignage des hiiloriens du tems , qu’ils retournèrent d l’un 6c l’autre
en Europe.
Quant au comte de Touloufe, comme il avoit fait vœu de ne plus reve¬
nir dans fa patrie, il demeura en Orient , 6c s’arrêta à Laodicée avec une'
partie de fes troupes : le relie ou s’embarqua alots dans le même endroit
pour rcpalfer en France , ou avoit déjà pris parti avec Godefroy. Guillaume
de Montpellier fut -du nombre des derniers , 6c il fervit dans les diverfes
expéditions que ce roi entreprit tant pour affermir fa domination , que
pour l’étendre. Il fe trouva entr’autres au fiege d’Affur , que Godefroy fit quel¬
que tems après le départ des princes , 6c nous n’avons pas de preuve qu’il
foit revenu en France avant l’art 1103.
Un ancien hiftorien ‘ donne à entendre que le comte Raymond s’embar¬
qua avec le duc de Normandie 6c le comte de Flandres , 6c alla avec eux
à Conftantinople. Il raconte différemment la maniéré dont Laodicée étoit
tombée au pouvoir de l’empereur Alexis ,lorlque les princes obligèrent Boe¬
mond à lever le fiege de cette ville, 6c il prétend qu’elle avoit appartenu aupa¬
ravant au duc de Normandie. Quoi qu’il en foit, il convient que Raymond
s’en alfura à fon retour de Jerufalem , 6c il ell certain qu’il y fit alors un allez
long féjour. Il y reçût g au mois de Novembre de la même année Baudouin
prince d’EdeiTe , qui alloit voir à Jerufalem le roi Godefroy fon frère. Ray¬
mond l’accompagna dans cette ville , ou du moins il s’y rendit quelque tems
après 5 car il écrivit alors de Jerufalem une lettre h , conjointement avec
Dagbert archevêque dcPife , 6c légat du faint fiege, 6c le roi Godefroy, au
pape Palcal II. pour lui apprendre le fuccès de la croilàdc.
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DE L A N G U E D O C. Liv. XV.
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Gérard de Rouffillon repaflà auffi la mer ôc revint en France après la priiê de An. 109 9.
Jerufalem. Il étoic en effet de retour dans le pais au mois de Septembre de comtc^de
l'an xi 00. que Guillabert comte de Rouffillon fon pere, 6c lui 1 tr an fige- Rou/filioa.
rent avec Ermengaud nouvellement élu évêque d’Elne. Le comte Guillabert a&
vivoit encore b en 1 ioz. maisilparoît que fon fils Guinard ou Gérard, qu’il
avoit eu d’Etiennette fa femme, lui fucceda bientôt après. Ce dernier étoit t-'w-b l'i>
alors c marié avec Agnès. Il retourna enfuite dans la Terre-fainte, comme nous biUJf.n6.
le verrons ailleurs. c . cPr.p.n»7.
Quelques-uns d’entre les croifez qui fervoient fous le comte de Touloufe,
furent affez lâches pour quitter l’armée 6c abandonner la Terre-fainte par
unefprit de crainte. Pour excufer leur fuite, ils exagérèrent à leur retour
les maux qu’ils avoient eus à fouffrir. C’dtce qui paroît entr’autres par une
lettre J que Raymond d’Agiles chanoine du Puy , 6c chapelain du comte de
Touloule adrelfa en 1099. àl’cvèque de Viviers, avec la relation qu’il avoit
écrice de ce qui s’étoit pâlie jufqu’après la prife de Jerufalem. Cet auteur ne e&w.w».
dit pas le nom de l’évèque , mais il paroît d’ailleurs que c’étoit Leger qui redl°J'.f
occupa le fiege épifcopal de Viviers depuis l’an 1096. c jufau'en 1119. 6c ' GÆcbr.nro.
qui fut légat du faint fiege. Ce prélat donna f vers l’an 1 ioz.l’églifcde laint v- 4 jf*
Andeol furie Rhône dans le lieu de Burgias, aujourd’hui le bourg S. An- p
deol, aux chanoines réguliers de S. Ruf , qui y établirent depuis un prieuré
conventuel de leur congrégation.
Le bruit? du fuccès de la croilade fit naître en France une noble émulation lxxxvil
.1 . n , r . . , , . v r riuhupc de
parmi les princes ôc les leigneurs qui ne setoient pas trouvez a cette ra- Touiouictcm-
meufe expédition. Plufieurs d’entr’eux réfolurent défaire le voyage d’Orient, du due
foit pour aller prendre part aux exploits des autres , foit pour fatisfaire leur aaouche de
dévotion envers le faint Sépulcre. Guillaume IX. comte de Poitiers 6c duc Jeux fils d. ms
d’Aquitaine fut de.ee nombre. ^
Ce prince étoit encore alors maître de Touloufe 5 car c’eft fans aucun fonde- donne à Bcr-
ment qu’un moderne h a avancé que Bertrand fils de Raymond de S. Gilles
avoit déjà repris cette ville, 6c qu’il en étoit paifible polTeffeur en 1098. & feaoifc.
Guillaume y faifoiten effet fon féjour l’année-fuivante avec la comtefTe Phi- S °rd,T- v,ul‘
lippe fa femme , 6c cette princeflè y accoucha » fucccffivement de deux fils. hJngîl^tn.
L’ainé , qui naquit vers le commencement de l’an 1 099. fut appelle Guillau-
me comme fon pere 6c lui fucceda dans la fuite. L’autre nommé Ray-
mond naquit environ dix mois après, lis rendirent l’un 6c l’autre leur nom v. note
fort célébré , 6c nous aurons occafion de parler dans la fuite de ces deux prin- XLlv-
ces, Touloufains de naiffance. 1 100.
Le duc d’Aquitaine abandonna cependant Touloufe vers l’an 1100. Quel- * KobJt Mont-
ques anciens * prétendent que ce prince le ht volontairement , Ôc qu êtant ll59.p.7y#
dans la réfolution d’aller dans la Terre-fainte, il engagea le comté de cette Gwii. n tutng.
ville à Raymond de S. Gilles pour avoir dequoi fournir aux frais du voyage. Duch ?'
Mais il paroît que ces auteurs , partifans des rois d’Angleterre , fuppolcnt 1 iV. note
ce prétendu engagement pour jultifier la guerre que ces rois firent aux def- XL
cendans de Raymond, fous prétexte des droits qu’ils avoient au comté de
Touloufe en qualicé d’heritiers de Philippe femme du même duc d’Aqui- -
taine ; droits qui n’avoient aucun fondement légitimé , ainfi que nous l’avons
déjà fait voir. Nous croyons donc que lorfque Guillaume IX. après avoir
envahi 6c pofledé le comté de Touloufe pendant près de trois ans, l’aban¬
donna vers l’an 1100. ce fut ou parce que le comte Bertrand, fur lequel
il s’en étoit emparé , le forqa à fe retirer ^ ou parce que reconnoifTant enfin
l’injuftice de fes prétentions , il fe crut obligé en confidence Ae remettre
ce comté à fon ancien maître , avant que d’entreprendre le voyage de
la Terre-fainte. line pouvoit en effet en le gardant , quand même il y auroit
eu des droits .bien fondez, éviter d’encourir l’excommunication lancée par
le concile de Clermont contre ceux qui fe faifiroient , fous quelque prétexte
que ce fût des biens des croifez,, que le pape 6c le concile avoient mis fous
leur protection. Nous ne voudrions pas cependant nier que Guillaume, an
nom de Philippe fa femme , n’ait reqû alors quelque Comme de Raymond de
faint Gilles ,>ou plutôt de Bertrand fon fils , pour fes prétentions fur le comté
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_ ji8 HISTOIRE GENERALE
An.i ioo. de Touloufe 5 ce qui aura fervi de fondement à certains hiftoriens pour avan¬
cer que le premier le donna alors en engagement au comte Raymond. Ce
qu’il y a de certain, c’eftque le duc d’Aquitaine après avoir quitté Touloufe
P"c cn 1 ioo. croix à Limoges1 avec un grand nombre de les vaffaux,
b ôc que Bertrand étoit reconnu pour comte au mois de Juin de la même an-
Jtj. née dans le Touloufainêc dans u leRouergue.
Il paroît que Guillaume-Jourdain comte de Cerdagne , contribua beau¬
coup au rétablilTement de Bertrand fon coufin dans le comté de Touloule.
e*r+.jS4'& C’elt ce que nousavons lieu d’inferer de deux chartes c, que ce dernier, qui lé
f"*’ qualifie comte de Touloufe , de Rouergue & d' Albigeois dans l’une, ôc fimplement
comte de Touloufe & fils de -Raymond dans l’autre , donna en faveur del’eglifede
S. Sernin, tant pour la prendre fous fa protection, que pour confirmer les
donations qu’elle avoit reçues de Philippe fille du comte Guillaume , ôc la main¬
tenir dans la même liberté que le pape Urbain , avec fes évêques, & le
comte Raymond fon pere lui avoient accordée dans le tems de fa confé-
cration. Bertrand promet enfuite folemnellement dans ces actes , i°,« De ne
« jamais violer l’immunité du cloître de S. Sernin , ôc d’obliger ceux qui y
» donneroient atteinte de réparer le dommage, ainfl qu’il avoit été fait par
«le paffé. i'.Dc rendre cette églife à l’évêque ifarn, à Munion prieur, 6c
«à Hugues doyen, entièrement Tibre & ingenue , avec toutes fes dépendan-
« ces. 3W. De n’en plus rien détruire à l’avenir , tant que les mêmes prieur &
« doyen la ciendroient , fiuf la fidelité à l’ évêque & au comte. 49. De ne pas
«prendre la defenfe d’aucun chanoine régul.er de S. Sernin, ou des clercs 8c
» laïques contre la volonté de l’évêque, mais de les obliger à faire fatis-
« faction, y9. Ce prince s’engagea enfin de ne plus chafTer dans la fuite les
«chanoines de cette églife, 6c de n’y plus introduire les moines } d’être le
« défenfeur des premiers, 6c de leurs biens , fur lefquels jl promet de n’im-
« pofer ni retenir aucune mauvaife coutume. « La première de ces deux char¬
tes que le comte Bertrand offrit fur l'autel de S. Sernin ,cfl fouferitepar Bertrand
archevêque de Narbonne , 6c par Guillaume-Jourdain comte de Cerdagne
•ridejufTor. qui fouferivit aulîî à la féconde , 6c s’en rendic caution *.
On voit par ces chartes que Bertrand archevêque de Narbonne, 6c Guil¬
laume-Jourdain comte $le Cerdagne , favoriferent le parti du comte Bertrand,
contre Guillaume IX. duc d’Aquitaine, 6c Philippe fa femme 5 que le comte
Bertrand pour s’alTurer la poffelfion deTouloufé, changea de conduite envers
l’églife de S. Sernin 6c fes chanoines ; 6c que comme la violence qu’il avoic
exercée à leur égard l’avoit fait chafTer de cette ville, ce ne fut qu’en répa¬
rant le dommage qu’il leur avoit caufé qu’il trouva moyen de la reprendre
fur le duc d’Aquitaine. Cette époque fut fi célébré qu’on s’en fervit dans la
d Carel.comt, date des a&es -, ÔC nous en avons un d d'un Jeudi du mois de Février l'année que
f’lU’ le comte Bertrand recouvra Touloufe. Quant au tems précis de cet événement,
les deux chartes du comte Bertrand qui pourroient le fixer, font datées
feulement du mois de Décembre : mais il eft certain qu’elles font pofterieures
à la donation que la comtefle Philippe fit en 1098. à l’eglife de S. Sernin, 6c
M4T11M & même à l’an 1099. que cette princeilè étoit encore maîtrelle de Touloufe,
5c anterieures à l’an 1 101. que Guillaume e comte de Cerdagne partit pour
ex' Terre-fainte , d’où il ne revint plus en Europe. Bertrand reprit donc
pcdiiions Je la ville de Touloufe fur le duc d’Aquitaine à la fin de l’an 1099. ou au com-
Raymond de mencement de l’année fuivante. On a vû du moins qu’il étoit déjà maître de
n'syue.ii'fon- cette ville au mois de Juin de l’an 1 100.
de le château Raymond de S. Gilles occupé à fon expédition de la Terre-fainte , conti-'
nuoit f de faire fon fejour à Laodicée , 6c il y reçût au commencement de l’an
ville de Tri- i ioo. Baudouin prince d’Edcffe à fon retour de ? Jerufalem. Il prit vers le
TauxuiII h même tems deux villes voifines , Maraclée 6c Valenia , dont la première
f.w&fai- étoit fituée auprès d’Antarados ou Tortofè vers le nord, 6c l’autre entre
KDuCMg'*£ cette derniere 6c Giblet. Il reçût quelque tems après une lettre de l’empe-
rcur Alexis, avec lequel il vivoit toujours en bonne intelligence. Ce
g Hi/l.ftrtfti. prince lui marquoit de remettre la ville de Laodicée à un de fès capitaines
irL.f.'le" nommé Andronic Tzintziluca , êc les deux autres aux troupes d’Eumathe
duc
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DE LANGUEDOC. Liv. X V. 319 _ _
<foc ou gouverneur de rifle de Chypre 5 6c le prioic avec beaucoup d’inftance de An.u 00.
continuer fes conquêtes. Raymond qui y ecoit déjà affez porté de lui-mê¬
me > Te remit aulîî-tôt en campagne 6c s’approcha d’Antarados ou Tortofe
qu’il fournit fans coup férir. Atapacas gouverneur de Damas , informé de •
la pri/e de cette ville > s’avança peu de tems après à la tête d’une nombreuie
armée, dans le dellèin de la reprendre. Le comte qui n’avoit que quatre
cens chevaliers», dont la plupart même n’étoient pas montez , fe voyant
hors d’état de lui réfiller, s’avifa d’un ftratagême. Comme les habitans de £”1"'
Tortofe lui témoignoient beaucoup d’amitié, il crut pouvoir fe fier deux. Us
convinrent enfêmble qu’il fe cacheroit avec fes troupes dans un endroit du
château, & qu’ils diroient au general des infidelles, que la crainte l’avoit obligé
de prendre la fuite. Atapacas étant arrivé, fur l’aflurance que les habitans de
Tortofe lui donnerenc que Raymond s’étoit retiré , campa aux environs
dans un lieu commode , tant pour fe dclaffer des fatigues de fa marche ,
que pour fe mettre à l’abri de la chaleur exceffive du jour. Il fit en même
tems débrider les chevaux pour leur donner la liberté de paître tout à l’en¬
tour. Raymond profitant de cette conjon&ure , fort du château fur le midi ,
dans le tems que le foleil dardoit fes rayons perpendiculairement, fe met à
la tête de fi troupe , 6c les portes de la ville lui ayant été ouvertes , il fond
fur le camp des Turcs. Quelques-uns de ces infidelles fè mirent en état de
défenfe ; mais ils furent bientôt défaits. Tous les autres prirent la fuite, &
fe trouvant dans une rafe campagne fans pouvoir trouver aucune retraite, ils
furent pourfuivis 6c taillez en pièces , à la réferve de quelques-uns que le
comte emmena en efclavage.
Après cette victoire Raymond s’approcha de Tripoli dont il réfolut d’en¬
treprendre le fîege. Dans ce deifein il fe retrancha fur une hauteur qui fai-
foit partie du mont Liban, 6c qui dominoit fur la ville, dont elle étoit di-
ftante de deux milles. Il crut qu’il lui importoit»d’autantplus de s’afl'urer de
ce pofte avantageux , que Tripoli en droit toute fon eau par le moyen d’un
aqueduc. Le comte fit part aulîi-tôt de fon projet à l’empereur Alexis , 6c
leprefla de lui envoyer un renfort pour l’aider à conftruirc une fortereflè en
ce lieu, afin de fe prémunir contre les infidelles duCorazan, qui faifbient
mine de venir bientôt au fecours des habitans de Tripoli. Alexis ordonna
fur le champ au duc de Chypre de raflembler tous les matériaux 6c les
ouvriers neceflaires pour la conftruclion d’un fort , de les embarquer 6c les
conduire à Raymond , 6c d’obeïr en tout à ce prince , à qui il laiflà la dire-
dion de tout l’ouvrage. C’efi: ainfi que ce comte fonda en cet endroit un
château b , ou pour mieux dire une ville /à laquelle il donna le nom de b
Montpelerin ou Mont des pèlerins , parce qu’elle fut édifice par les pèlerins , ^p.Tamnd.
6c deftinée à leur fervir de retraite. Il ne ccfla depuis de harceler la garnifon Hid.
de Tripoli, 6c n’omit rien pour obliger cette ville à fe foûmettre. Comme il
comptoir que cela arriveroit bientôt, il y * nomma dès-lors pour évêque c au. ss.crd.
Latin, Arbert moine de la Chaife-Dieu & prieur de Privezac en Rouergue
qu’il avoir amené avec lui , 6c qui fiegea en attendant au Montpelerin Gw!i. Malm,
Tandis que Raymond J étoit occupé à cette expédition , Boemond au
défefpoir de ce que ce comte avoit remis Laodicée aux impériaux, envoya d aux. Gain.
un corps d’armée fous le commandement de fon neveu Tancrede pour affieger
cette ville. Raymond indigné de ce procédé fe rend auffi-tôt au camp de
Tancrede , 6c fait tous fes efforts pour lui perfuader d’abandonner cette
entreprifê, 6c de laiflèr l’empereur paifible poflèlfeur de Laodicée. Ne pou¬
vant rien gagner fur fon efprit, il le met en état de l’y obliger par la force,
& l’attaque enfin avec toutes lès troupes ; mais comme leur nombre étoit
fort inferieur à celles du prince Normand, il fut repoufTé 6c contraint de
fe retirer avec perte. Raymond revint alors au Montpelerin , . où il reprit
l’attaque de Tripoli. Tancrede de fon côté continua le fiege de Laodicée,
que le ducTzintziluca, qui y commandoit au nom de l’empereur, foûtint auffi eGcjiT»ncud
long-tems qu’ilput-, mais cnfinn’ayant plus dequoi fubfifter,il fe rendit en 1 1 oi. c.iTf. ^ ’
après un an 6c demi de fisse L', Sc avoir attendu inutilement du fecours de l’ifle K
* O ' not. in Alt*, «J
de Chypre.
Tome II,
not. in Alix: ad,
H7S-
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An.iioo.
LXXX1X.
Raymond rc-
fulc de cou
•veau la coyron.
ne de Jerufa-
km, & paît
pour CoulUc*
tinople.
a G* uill. Tyr .
l.ç.c.t .
Alb. Aq.l. 7.
b Altxiad.ibid.
c S uill. Tyr l .7.
c.i*.
fulch.Carnot .
I. }. c. 19.
r. NOTE
XLW.n. le
düefl.Tancred .
ibtd.
t Ibid.Alexiâd.
(jpAib.Aq.ibtd,
Cuill. Tyr. I.9.
#,13.
Ordtr. Vit. Ad
ânn. 1099.
f Gwi/J. 7)»*.
Aior.i.
r Alcxiad.ibid .
xc.
Ray moud fc
met à U tctc
d’uuc nouvelle
armée de croi-
ftz qui a le
hnlhuir de
périr.
I IOI.
hAlb.Aq.l.$'
i.i &{*q.
AltxitdMd .
Cmi//. 7yr. /.?.
550 HISTOIRE GENERALE
Cependant Raymond harceloit lagarnifon de Tripoli * ôcil ne fe païToitpas
de jour qu’il ne fût aux prifes avec elle. Les Tripolitains pour avoir leur re¬
vanche attaquoient fouvent à leur tour le château Pelerin , & ils y donnèrent
divers alTauts , mais toujours fans fuccès. Sur ces entrefaites Godefroy roi de
Jerufalem étant mort le i 8.* du mois de Juillet de l’an 1 100. jl fe forma un
complot entre le patriarche de cette ville ôc Tancrede pour fa're tomber la
couronne, à l’exclu (ion des freres de Godefroy, fur la tete de Boemond. Ils
lui dépêchèrent un exprès pour le preilèrdefe rendre incclfamment à Jeru¬
falem ; mais le comte Raymond ayant arrêté par hazard le meflager , leur
■deflèin fut découvert •, ôc Boemond ayant été fait prifonnier par les Turcs
au mois d’Août fuivant , le trône demeura vacant.
Les principaux b des croifez qui étoient à Jerufalem jetterent alors les
yeux fur Raymond ôc. l’envoyerent prier de venir dans cette ville, où on
avoit defTein de l’élire pour roi. Le comte reçût la proportion avec afTez
d’indifFerence , foit par éloignement pour une couronne qu’il avoit déjà re-
fufée, foit par juftice, 8c pour n’en pas priver les heritiers légitimés de Go¬
defroy j ôc au lieu de faire le voyage de Jerufalem, il s’embarqua & alla ï
Conftantinople à la cour de l’empereur. Quelques anciens c difent qu’il laifli
à fon départ la comtefle fa femme à Laodicée avec une partie de fa famille j
ce qui prouveroit que cette princeffe fut alTiegée par Tancrede : mais 1 hifto-
rien d de ce dernier prince fait entendre que Raymond laifTa en partant la
comtefTefa femme au Mont-Pelerin.
Quoi qu’il en foit , un des principaux motifs du voyage du comte à la cour
de l’empereur, étoit - pour lui demander du fecours afin de continuer la guerre
contre les infidelles $ car les différons combats qu’il avoit eus à foûtenir contre
la garnifon de Tripoli avoient déjà fort affoibli fa petite armée. Alexis com¬
bla Raymond de careflès 8c d’honneurs. Iln’ignoroit pas que ce prince, fidele
obfervateur de fon ferment , avoit pris fes intérêts avec chaleur dans tou¬
tes les occafions, 8c qu’il s’étoit fortement oppofé aux entreprifes de Boe¬
mond & de Tancrede j ce qui joint à fa droiture , 6c à fes autres grandes qua-
litez , augmenta de plus en plus la confiance d’Alexis pour la perfonne.
Les feigneurs de Jerufalem las cependant de ne recevoir de la part de
Raymond aucune reponfe pofitive , choifirent enfin pour regner fur eux
Baudouin prince d’Edeffe, trois mois1 après la mort du roi Godefroy fon fre-
re, c’eft-à-dire vers le 18. d’Octobre de l’an iioo. La nouvelle de cette
élection fut bientôt apportée à Conftantinople, & l’empereur voyant par lâ
le comte dans une entière liberté , l’engagea à demeurer à fa cour g , & fe
l’attacha encore plus étroitement , en lui donnant la première place dans fon
confèil.
Durant le féjour de Raymond à Conftantinople , 8c le carême de l’an
i ioi. on vit arriver dans cette capitale une nouvelle armée de croifez au
nombre d’environ trente mille h, fous la conduite de l’archevêque de Milan4
ÔC de divers feigneurs Lombards de marque. Cette armée qui étoit partie
d’Italie au mois de Septembre précédent , campa le long de la côte où elle
attendit la jonction de plufieurs autres croifez qui venoient de France &
d’Allemagne. Elle avoit commis de grands défordres d fon paflâge dans la
Hongrie 6c dans la Bulgarie 5 6c après fon arrivée à Conftantinople , elle
n’oblerva pas une difeipline plus exaéte : enfin les foldats portèrent fi loin
leurs excez , que l’empereur irrité de leur conduite , défendit à fes peuples
de leur fournir des vivres. Cette défenfe mit les nouveaux croifez en fu¬
reur , 6c pour s’en venger ils affiegerent le palais impérial. Leurs chefs mé¬
nagèrent cependant la paix avec Alexis , ôc le comte Raymond qui prit avec
chaleur leurs intérêts , y contribua beaucoup par le crédit qu’il avoir fur
l’efprit de ce prince. Ces troupes pafferent enfuite le détroit après Pâques, &
allèrent camper à Nicomèdie , où elles furent jointes quelque tems apres
par un corps d’Allemans, commandé par Conrad connétable d’Henri empe¬
reur d’Occident , 6c vers la Pentecôce par une partie des croifez de France ,
conduits par les comtes de Blois 6c de Bourgogne. Le premier honteux de
fa fuice durant le fiege d’Antioche trois ans auparavant , retournoit dansia
Terre- feinte pour réparer fon honneur.
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DE LANGUEDOC. Liv. XV. w _ __
L’empereur accueillit fort bien tous ces princes, St leur confeilla d’aller à An.iioi.
Jerufalem , en prenant du côté de la mer, c’eft-à-dire , par la même route
que ceux qui les avoient précédez avoient tenue. Mais dans le deflein de
s’ouvrir une nouvelle carrière , ils déclarèrent à ce prince qu’ils étoienc
réfolus de pouffer leurs conquêtes vers le levant , de pénétrer dans le Co-
razan , d’en affieger la capitale , St de délivrer Boemond qui y étoit détenu
prifennier. On prétend a qu’Alexis fit tout au monde pour les détourner de a AUxUUbid
ce projet , parce qu’il étoit extrêmement périlleux , mais qu’il ne put. jamais
vaincre leur obftination.
- Toutes ces troupes raflèmblées compofoient une armée de cinquante
mille chevaux , de cent mille fantaffins , St d’ùn nombre prefque aufîi grand
de femmes ; d’enfans , de ferviteurs , Sc autres gens qui n’étoient pas armez.
Comme les generaux ignoroient abfolumentle chemin qu’ils avoient réfolude
fuivre , ils députèrent à l’empereur pour le prier de leur donner un chef qui
pût les conduire , St de préférer à tout autre le comte Raymond en qui
ils avoient une entière confiance , à caufe de fa fageflè St de fon expérience.
Alexis en fit la propofitipn à ce prince. Celui-ci s’excufa d’abord fur fon
âge St fur fes infirmiez 5 mais il fe rendit enfin aux inftances réitérées de
l’empereur St des croifez. Il prit donc congé d’Alexis, qui lui donna de nou¬
velles marques de fa bienveillance, St fe. rendit enfuite à Nicomedie , où il
fut reçu avec une joie univerfelle des troupes , qui le regardèrent comme
leur gcneralilfime. L’empereur lui affociaun de fes capitaines nommé Tzita,
avec cinq cens chevaux d’elite.
Raymond s’étant mis en marche à la tête de cette nombreufe armée , la
conduifit par Nicée , où il aflèmbla le confeil de guerre , pour tâcher d’en¬
gager les chefs à changer de deflein , St à prendre le chemin de Jerufalem que
les premiers croifez avoient déjà fuivi , comme le plus alluré. Eitienne comte
de Blois fê joignit à lui, mais ils ne purent rien gagner, St tous les autres,
fur-tout les Lombards , perfifterent à vouloir marcher fur la gauche vers
la Galatie, St entrer enfuite dans le Corazan , ou l’ancien pais des Parthes.
Raymond fut donc obligé de les conduire malgré lui par cette route. Les
croifez étant arrivez à Ancyre la veille de S. Jean-Baptifte, ils affiegerent St
prirent d’affaut cette capitale de la Galatie. Ils paflerent enfuite le fleuve
Halys , dans le deflein de s’emparer auifi de Gangres , ville fituée fur les
bords de ce fleuve , St habitée par des chrétiens Grecs. Ceux-ci avertis de
leur approche , allèrent au devant d’eux pour les recevoir, précédez de leurs
miniftres, qui portoient l’évangile St la croix * maison affure b que les croifez b AUxUliUd;
fejetterent lur eux St les maffacrerent. Cette inhumanité fut caufe que le refte
des habitans fe défendirent comme des défefperez , St on ne put jamais les
forcer à fe rendre.
L’armée chrétienne depuis environ trois femaines qu’elle étoit partie de
Nicomedie, avoit trouvé dequoi fubfifter commodément : mais elle n’eut
pas plûtôt paffé le fleuve Halys , St pris la route d’Amafée , qu’elle com¬
mença à manquer de vivres. Les Turcs qui s’étoient raflemblez avoient fait
un dégât univerfel dans toute la campagne , St ils ne ccflerent de harceler
les croilèz , dès qu’ils virent qu’ils s’étoient engagez dans les défilez des monta¬
gnes de la Paphlagonie St de la Cappadoce ; enforte qu’un grand nombre
d’entr’eux périrent , foit par le fer , foit par la famine. Pour empêcher les
foldats de tomber dans les embûches des infidelles , on fit marcher 700.
cavaliers François à la tête de l’armée, St autant de Lombards à la queue.
Nonobftant cette précaution, les Turcs attaquèrent les derniers ; St après
les avoir diffipez , ils donnèrent fur le refte de l’arriere garde dont ils tuerent
mille fantaffins. Les croifez au défefpoir de cette perte St de la lâcheté des
Lombards , réfolurent alors de faire foùtenir l’arriere-garde par un autre
corps j mais aucun des princes ne voulut fe charger de cette commiffion. Le
comte de Bourgogne l’accepta cependant à la fin , St s’étant mis à la queue
de l’armée, à la tête de 500. cavaliers pefamment armez , ils empêcha ce
jour-là les infidelles de rien entreprendre. Le lendemain le comte Raymond
ayant pris la place de ce prince , fut attaqué fur les trois heures après midi
Tome II. T t i j
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_ 35° HISTOIRE GENERALE
An.uop. Cependant Raymond harceloit lagarnifon de Tripoli, 6c il ne Te pafloitpa*
LAÀA1A' * • • •'* - ■ — — .... ■ •
Raymond ré- jour qu’il ne fut aux prifes avec elle. Les Tripolitains pour avoir leur ré¬
fute de nou vanche attaquoient fouvent à leur tour le château Pelerin , ôc ils y donnèrent
nc^c* jerufa- ^vers affiuts , mais toujours fans fuccès. Sur ces entrefaites Godefroy roi de
km, & paît Jerufalem étant mort le x 8. * du mois de Juillet de l’an 1 1 oo. il fe forma un
iiuopk°Ulbn compl°c entre le patriarche de cette ville 6c Tancrede pour faire tomber la
a üuiii.Tjr- couronne, à l’exclufion des freres de Godefroy, fur la tête de Boemond. Ils
t lui dépêchèrent un exprès pour le prctlèrdefc rendre incdTamment à Jeru-
. . «*?. • 7- fa]em . majs }e coni|;e Raymond ayant arrêté par hazard le meffager , leur
delfein fut découvert •, fie Boemond ayant été fait prifonnier par les Turcs
au mois d’Août fuivant , le trône demeura vacant.
Les principaux b des croifez qui étoient à Jerufalem jetteront alors les
yeux fur Raymond fie l’envoycrent prier de venir dans cette ville, où on
avoit deflèin de l’élire pour roi. Le comte reçût la proposition avec affez
d’indifference , foit par éloignement pour une couronne qu’il avoit déjà re-
fufée, foit par iuflice, ôc pour n’en pas priver les heritiers légitimés de Go-
b Altxiad.ibid.
j.e. i9. cc qui prouveroit que cette princefïè fut afliegée par
XLWn°™ r*en d ce dernier prince tait entendre que Raymond laifla en partant la
àC'fi.T*ncrtd. comteffe fa femme au Mont-Pelerin.
•bd. Quoi qu'il en foit , un des principaux motifs du voyage du comte à la coût
c nu.Al,xi*i. de l’empereur, étoit- pour lui demander du fecours afin de continuer la guerre
Gwîf rr contre les infidelles * car les différons combats qu’il avoit eus à foûtenir contre
'la garnifonde Tripoli avoient déjà fort affoibli fa petite armée. Alexis com-
O'der. vit. »d bla Raymond de carefïès 6c d’honneurs. Il n’ignoroit pasque ce prince, fidcle
Mn.1099. obfervateur de fon ferment , avoit pris fes intérêts avec chaleur dans tou¬
tes les occafions, ôc qu’il s’étoit fortement oppofé aux entreprîtes de Boe¬
mond 6c de Tancrede j ce qui joint à fa droiture , ôc à fes autres grandes qua-
litez , augmenta de plus en plus la confiance d’Alexis pour fa perfonne.
Les feigneurs de Jerufalem las cependant de ne recevoir de la part de
Raymond aucune reponfe pofitive , choifirent enfin pour regner fur eux
J— * Baudouin prince d’Edeffc, trois mois* apres la mort du roi Godefroy fon fre-
re, c’eft-à-dirc vers le 18. d’Oclobre de l’an ixoo. La nouvelle de cette
élection fut bientôt apportée à Conflantinople , ôc l’empereur voyant par là
g .iiexUd.ibid. Ie comte dans une entière liberté , l’engagea à demeurer à fa cour g , ôc fe
l’attacha encore plus étroitement , en lui donnant la première place dans fon
confèil.
xc. Durant le fejour de Raymond à Conflantinople, fie le carême de l’an
Raymond fe i ioi. on vit arriver dans cette capitale une nouvelle armée de croifez au
2-udAiouvcYic nombre d’environ trente mille h, fous la conduite de l’archevêque de Milan,
armeede cioi- gc de divers feigneurs Lombards de marque. Cette armée qui étoit partie
tnaiiKu/dè' D’Italie au mois de Septembre précédent , campa le long de la côte où elle
attendit la jonction de plufieurs autres croifez qui venoient de France ôt
d’Allemagne. Elle avoit commis de grands defordres à fon paffage dans la
Hongrie ôc dans la Bulgarie 5 ôc après fon arrivée à Conflantinople , elle
n’obferva pas une difeipline plus exaéte : enfin les foldats portèrent fi loin
leurs excez , que l’empereur irrité de leur conduite , défendit à fes peuples
de leur fournir des vivres. Cette défenfe mit les nouveaux croifez en fu¬
reur , ôc pour s’en venger ils afliegercnt le palais impérial. Leurs chefs mé¬
nagèrent cependant la paix avec Alexis, ôc le comte Raymond qui prit avec
chaleur leurs intérêts , y contribua beaucoup par le crédit qu’il avoir fur
J’efprit de ce prince. Ces troupes pafferent enfuite le détroit après Pâques, ôc
allèrent camper à Nicomèdie , où elles furent jointes quelque tems après
par un corps d’Allemans, commande par Conrad connétable d’Henri empe¬
reur d’Occident , ôc vers la Pentecôte par une partie des croifez de France ,
conduits par les comtes de Blois ôc de Bourgogne. Le premier honteux de
fa fuite durant le fiege d’Antioche trois ans auparavant , retournait dans la
Tcrre-fàinte pour réparer fon honneur.
penr.
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DE LANGUEDOC. Liv. X V. _ __
L’empereur accueillit fort bien tous ces princes, 6c leur confeilla d’aller à An.iioi.
Jerulàlem,en prenant du côté de la mer, c’eft-à-dire , par la même route
que ceux qui les avoient précédez avoient tenue. Mais dans le delleinde
s’ouvrir une nouvelle carrière , ils déclarèrent à ce prince qu’ils étoient
réfolus de poulîèr leurs conquêtes vers le levant , de pénétrer dans le Co-
razan , d’en alfieger la capitale, 6c de délivrer Boemond qui yétoit détenu
prifennier. On prétend 1 qu’Alexis fit tout au monde pour les détourner de a AlexialiUd
ce projet , parce qu’il étoit extrêmement périlleux , mais qu’il ne put jamais
vaincre leur obftination.
Toutes ces troupes rallèmblées compofoient une armée de cinquante
mille chevaux, de cent mille fantaflins , 6c d’un nombre prcfque aulli grand
de femmes ,• d’enfans , de ferviteurs , 8c autres gens qui n’étoient pas armez.
Comme les generaux ignoroient abfolumentle chemin qu’ils avoienc réfolude
fuivre , ils députèrent à l’empereur pour le prier de leur donner un chef qui
pût les conduire , & de préférer à tout autre le comte Raymond en qui
ils avoient une entière confiance , à caufe de fa fageflë ôc de ton expérience.
Alexis en fit la propofition à ce prince. Celui-ci s’exeufa d’abord fur fon
âge 6c fur lès infirmitez ; mais il le rendit enfin aux inftances réitérées de
l’empereur 8c des croilèz. Il prit donc congé d’Alexis, qui lui donna denou-
velles marques de fa bienveillance, 6c fe. rendit enluite à Nicomedie , où il
fut reçu avec une joie univerfelle des troupes , qui le regardèrent comme
leur gcneralilîime. L’empereur lui aflociaun de les capitaines nommé Tzita,
avec cinq cens chevaux d’elite.
Raymond s’étant mis en marche à la tête de cette nombreufe armée , la
conduifit par Nicée,où il aflèmbla le confeil de guerre, pour tâcher d’en¬
gager les chefs à changer de delTein , 8c à prendre le chemin de Jerufalem que
les premiers croifcz avoient déjà fuivi , comme le plus alluré. Eltienne comte
de Blois fe joignit à lui, mais ils ne purent rien gagner, 6c tous les autres,
fur-tout les Lombards , perfifterent à vouloir marcher fur la gauche vers
la Galatic, & entrer enfuite dans le Corazan , ou l’ancien pais des Parthes.
Raymond fut donc obligé de les conduire malgré lui par cette route. Les
croifez étant arrivez à Ancyre la veille de S. Jean-Baptifte, ils afliegerent 6c
prirent d’aflàuc cette capitale de la Galatie. Ils paflerent enfuite le fleuve
Halys , dans le deftein de s’emparer aulli de Gangres , ville fituée fur les
bords de ce fleuve, 8c habitée par des chrétiens Grecs. Ceux-ci avertis de
leur approche , allèrent au devant d’eux pour les recevoir , précédez de leurs
miniftres, qui portoient l’évangile 6c la croix; maison allure b que les croilèz bdkxùMUi
fe jetterent fur eux 6c les maflacrerent. Cette inhumanité fut caufe que le refte
des habitans fe défendirent comme des défelperez , 6c on ne put jamais les
forcer à fe rendre.
L’armée chrétienne depuis environ trois femaines qu’elle étoit partie de
Nicomedie, avoit trouvé dequoi fubfifter commodément : mais elle n’eut
pas plutôt palfé le fleuve Halys , 6c pris la route d’Amafée , qu’elle com¬
mença à manquer de vivres. Les Turcs qui s’étoient raflemblez avoient fait
un dégât univerlel dans toute la campagne , 6c ils ne ccllerent de harceler
les croifez , dès qu’ils virent qu’ils s’étoient engagez dans les défilez des monta¬
gnes de la Paphlagonie 6c de la Cappadoce ; enforte qu’un grand nombre
d’entr’eux périrent , foit par le fer , foit par la famine. Pour empêcher les
foldats de tomber dans les embûches des infidclles , on fit marcher 700.
cavaliers François à la tête de l’armée, 6c autant de Lombards à la queue.
Nonobftant cette précaution, les Turcs attaquèrent les derniers ; 6c après
les avoir diflipez , ils donnèrent fur le refte de l’arriere garde donc ils tuerent
mille fantaflins. Les croifez au délefpoir de cette perte 6c de la lâcheté des
Lombards , réfolurent alors de faire foùtenir l’arriere-garde par un autre
corps ; mais aucun des princes ne voulut fe charger de cette commiffion. Le
comte de Bourgogne l’accepta cependant à la fin , 6c s’étant mis à la queue
de l’armée , à la tête de y 00. cavaliers pefamment armez , ils empêcha ce
jour-là les infidelles de rien entreprendre. Le lendemain le comte Raymond
ayant pris la place de ce prince, fut attaqué fur les trois heures après midi
Tome II. T c ij
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_ 33i HISTOIRE GENERALE
An.i ioi. par 700. Tares qui le furprirent dans un défilé. Quoique le terrain fiktrès-
defavantageux , ôc que le nombre des infidellcs augmentât à chaque mo¬
ment , ce comte fe défendit cependant avec beaucoup de valeur * St ayant
dépêché quelques cavaliers à l’armée qui l’avoit déjà précédé de fept milles,
il tint ferme jufqu’à ce qu’un corps de dix mille hommes ayant marché à
fon fecours , les ennemis furent obligez de fe retirer. Dans ce combat Ray¬
mond n’eut que trois hommes de tuez St quelques blelfez. Depuis ce jeur-
là l’armée chrétienne marcha toujours en ordre de bataille St aucun foldat n’ofa
plus s’écarter.
Les croifez fe voyant expofez à une extrême difette , depuis quinze
jours de marche par des délerts St des montagnes afFreules, Raymond en¬
voya un corps de fes Provençaux pour battre la campagne St chercher de quoi
vivre : mais ce détachement fut bientôt attaqué St défait par les infidellcs.
Enfin l’armée après avoir pafle les montagnes delà Paphlagonie, entra dans
une plaine .où elle fe vit aufiî tôt afiaillie par vingt mille Turcs. Les Chré¬
tiens repoulîèrent cependant les infidellcs , 6c les obligèrent à fe retirer, après
leur avoir tué environ 700. hommes. Le lendemain les croifez fe faifirenc
d’un château qu’ils rencontreront fur leur route , St entrèrent enluite dans de
nouveaux défilez, où les Turcs qui y avoient drefTe une embufeade , furpri-
rent St tuèrent 700. hommes de l’armée chrétienne,
a Alt ■ iad.ilij. Le troifléme jour * , qui étoit un Lundi de la fin de Juillet b , ou du
jub. a<] c.i}. commencement d’Aout , -les infidellcs étant campez au voilinage des chré.
note tiens , St ceux-ci ne pouvant éviter le combat, l’archevêque de Milan fie
XLiu.n.g. une exhortation aux troupes, 6c les bénit avec une relique de S. Ambroife
qu’il apportoit avec lui, ôc la lance de N. S. que Raymond confcrvoit toujours
très-precieufement. L’armée chrétienne fe mit enluite en bataille : les Lom¬
bards furent placez au centre de la première ligne * le relie des troupes
fut partagé en quatre corps qui furent mis fur les aîles. Le comte de Bour¬
gogne 6c les liens formoient le premier -, le comte Raymond à la tête des
Impériaux 6c des Provençaux commandoit l’autrejles Allcmans s’etoient rangez
dans letroifiéme fous les ordres du connétable Conradjôcle relie des François
conduits par le comte de Blois 6e l’évêque de Laon compoloient le qua¬
trième. Les croifez s’étant avancez, les Turcs s’ebranlcrent aufli-tôt , &
c Gnill.lyr. 1.
10 Ml.
Or ier. Vtal.p
791.
à /llO.Aq.ibid.
l'action s’engagea. Les Lombards le battirent d’abord avec beaucoup de bra¬
voure j mais ayant enfin été pouffez jufqucs vers leurs tentes , ils fe déban¬
dèrent. Les Allemans fe défendirent comme des lions, depuis lix heures
du matin jufqu’à midi qu’ils furent obligez de plier. Les Bourguignons dis¬
putèrent plus long-tems le terrain, 6c le firent hacher en pièces. Le comte
de Blois combattit jufqu’au foir , 6c ne pouvant plus rclîller il 1e retira alors
dans le camp. Enfin le comte de Touloule fe rendit avec fes troupes dans
tous les polies qui avoient befoin de fecours, 6c fit périr un grand nombre
de Turcs mais ayant perdu lui-même beaucoup de monde , 6c les ennemis
faifant de nouveaux efforts , les Impériaux lâchèrent le pied , 6c le laillerenc
avec les leuls Provençaux , qui demeurèrent la plupart lur le champ de ba¬
taille. Ce prince foùtint toutefois le combat julqu’à ce que fe voyant extrê¬
mement prelîc par les infidellcs , dont il étoit environné, il trouva moyen
de gagner le haut d’un rocher efearpé , où il fe défendit vigoureufement,
lui onzième , contre un grand nombre de Turcs qui l'avoient pourluivi. Ce¬
pendant le comte de Blois s’étant informé dans le camp du fort de tous les
chefs , apprit que Raymond combattoit encore dans cet endroit, 6c qu’il étoic
dans un péril évident. Il rallia audi-tot deux cens cuiraiîiers , 6c le connéta¬
ble Conrad s’étant joint à lui, ils volèrent au fecours du comte, écartè¬
rent les infidellcs qui étoient aux prifes avec lui , 6c le délivrèrent de leurs
mains. On fait monter la perte des derniers à trois mille : celle des chrétiens
fut infiniment plus grande : 6c ils c eurent quarante à cinquante mille hommes
de tuez. Les auteurs ne marquent pas le nom du lieu où le donna cette fiu
nefte bataille.
Les deux armées s’étant retirées 11 chacune dans fon campa la diftancede
deux milles , une terreur panique s’empara durant la nuit du comte deTou-
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DELANGUEDOC. Liv. XV.
3iï
loufe, qui ordonna aux troupes Impériales 2c aux Tiennes de feller leurs An. not.
chevaux, prit aulîï-tot la Tuite avec elles, ôc abandonna ainfi l’armée chré¬
tienne. Ce prince après avoir erre d’un coté 2c d autre, fc réfugia enfin au
château de Polveral qui appartenoit à l’empereur. On prétend * que Ton » Ord.yii.itid.
écuyer pénétrant Ton dellein , 2c touché de compalfion pour les croifez , ren-
verlâ Ta tente, afin de leur donnera connoître qu’il lé retiroit. Quoi qu’il
en Toit, cette fuite précipitée a donné lieu à quelques liiftoriens d’accufer
ce comte d’avoir , d’intelligence avec l’empereur Alexis , conduit exprès l’ar*
mee chrétienne par les deièrts pour la faire périr , 2c d’avoir voulu par là
venger ce prince des divers Tujets de mécontentement qu’il avoic reçus des
croilèz, dont il craignoit d’ailleurs lesentrepriles fur l’empire. Mais outre que
les b principaux de ces auteurs conviennent que le fait ejt incertain^ leur temoi- bv.Otitr.Vit.
gnage doit ceder Tans doute à celui - de l’hiftorien de Godefroy , que nous
n’avons fait que copier , 2c qui eft d'autant moins fufped , qu’il eft peu favo¬
rable à Raymond en plufieurs autres occafions : or cet auteur contemporain,
juftifie * pleinement ce prince là-dcfius. « Il Te répandit un bruit , dit-il , « à Md. m e.
parmi le peuple catholique, que le comte Raymond 2c les Impériaux agillant «
par les confeils fècrets 2c perfides d’Alexis , conduifirent l’armée dans les «
déferts de la Paphlagonie pour la livrer à la merci des Turcs , lorf-«
qu’elle étoit déjà épuifée par la faim 2c par la fuit' : mais comme on l’a «
appris de perfonnes véridiques 2c de gens nobles , c’eft à tort qu’on accufe«
ce comte d’une perfidie II noire * car il avertie plufieurs fois l’armée des «
dangers où elle s’cxpolbit en prenant cette route, 2c lui fit voir qu’il n’y«
avoit aucune fureté à la tenir. « Cet hiitorien reproche cependant au comte e îlid.c.^
Raymond d’avoir reçu de l’argent 2c des vivres de quelques gouverneurs de
place pour détourner l’armée de pafler dans leur voifinage ; mais quand ce
reproche, que le même auteur n’avance que fur le bruit public , 2c qu’il
réfuté dans la fuice, fèroit fondé, il prouveroit tout au plus que Raymond
fè rendit en cette occafion coupable d’avarice , 2c non pas de trahifon. En
effet , quelque amitié qu’eût ce prince pour Alexis, il n’eft. nullement vrai-
femblablc qu’il eût voulu s’expoièr lui. meme à la faim 2c aux plus grands
dangers } facrifier toutes fès troupes 2c les meilleurs amis, 2c combattre
jufqu’à l’extrémité au péril de là vie , pour faire périr les ennemis de cet
empereur. Enfin Guillaume archevêque de Tyr f , auteur très -refpe&able, fauiii.Tjr.i.i».
ne die rien qui puilïe faire foupçonner le comte de Touloufe d’une fi mauvaife (•'}■
action : cet hiftorien attribue uniquement le malheur des croilèz dans cette
occafion, à la mauvailèfoi d’Alexis, qui , après leur déport , fit avertir fecre-
tement les Turcs de leur marche } à leur défunion , 2c à une punition du ciel
pour la vie débordée qu’ils menoient. On ne peut difeonvenir cependant que
Raymond n’ait fait une faute d’abandonner ainfi les Chrétiens à la merci
des Turcs 5 mais c’eft une une de ces tâches dont la vie des plus grands hom¬
mes n’eft pas quelquefois exempte. Le combat qu’il avoit foutenu avec feu
pendant toute la journée, 2c le péril extrême où il s’éroit trouvé à la fin,
firent peut-être une fi forte imprcllton fur lui pendant le fommeil , que croyant
fe voir talonné par les Turcs, il fe leva 2c décampa foudainement.
. Au refte quand nous cherchons à exeufer la fuite noéhirne 2c précipitée
de ce prince , nous fuppofons la vérité du fait , dont Aime! Comnene fille çAkxUU.t u
de l’empereur Alexis, qui pouvoir en être très-bien informée , ne dit rien : .
elle paroîtmêmeaflurer le contraire. » Après la langlante bataille , dit cette «
princeflè, qui fut donnée le Lundi, 2c dans laquelle les chrétiens furent « .
défaits par les Turcs, les uns 2c les autres en vinrent encore aux mains le et
lendemain. Les infidelles tenant les croifez renfermez dans leur camp, & ci .•
leur ayant coupé les vivres, ces derniers au défefpoir , 2c refolus de périr ou et
de vaincre , attaquèrent vivement les autres le Mercredi fuivant. Cenou-ct
veau combat fut vif ôc opiniâtre $ mais les chrétiens furent battus 2c obligez et
de fe retirer, très, mortifiez de n’avoir pas fuivi le confeil d’Alexis , quice
avoit fait fon pofiible pour les détourner de prendre la route qu’ils avoient «
tenue. Us s’adreflerenr alors au comte de faint Gilles 2c au general Tzitaù
que cec empereur leur avoit donnez pour les conduire , 2c s’informèrent «
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A N.
MOI.
a  lb,A<i* ibld «
354 HISTOIRE GENERALE
»> s’il n’y avoir pas dans le voifinage quelque pais fournis à l’empire où Us
» puflent fe réfugier. Ceux qui avoient des chevaux abandonnèrent auffi-tot
»» leurs tentes , leurs équipages , 8c toute l’infanterie , 6c s’enfuirent avec
Munevîtelfe incroyable vers la côte de l’ Arménie. Les Turcs s’emparèrent
»> enfuite aifément du camp qu’ils mirent au pillage , firent main- balle fur
» tous ceux qu’ils y trouvèrent, à la rélerve de quelques-uns qu’ils emrne-
» nerenten elclavage dans le Corafan , 6c pourfuivirent vivement les fuyards.
» C’eft: ainfi que fut diflipée cette nom breufe armée. A l’égard du comte de
*> S. Gilles 8c du general Tzita, ils arrivèrent quelque tems après à Con-
ftantinople avec le peu de chevaliers qui avoient pii échapper , que l’empereur
traita avec toute l’humanité 6c la politeffe polfibles , 6c auxquels il fit
>s diftribuer des fommes confiderables.
L’hiftorien a Latin , que nous avons déjà cité , rapporte à peu près les
mêmes circonftances de l’ilfue de cette bataille. « On n’eut pas plutôt appris,
« dit-il , dans le camp la fuite du comte de Touloufe , que la crainte ayant
» faili tous les efprits ,ôc chacun croyant voir les ennemis à fes trouflès, aban-
y> donne femme , enfans, tente 6c bagage , prend la fuite , 6c cherche à gagner
« Sinope ville foûmife à l’empereur. Les Turcs informez de cette fuite s'em.
» parent du camp des chrétiens , y font un carnage horrible , le pillent , &
» emmenent en captivité un grand nombre de femmes. Ils fe mettent en.
« fuite à la pourluite des fuyards , 6c font une infinité de prifonniers }
»enforte que les croifez perdirent cent foixante mille hommes , tant dans
« cette déroute, que dans la bataille qui la précéda. Ceux qui purent fe fauver à
» Sinope , ville htuée fur le Pont-Euxin , trouvèrent que le comte Raymond
>j qui y étoit arrivé avant eux , s’étoit déjà embarqué pour Conftantinople.
33 Les comtes de Blois 6c de Bourgogne, l’archevêque de Milan , 6c les autres
31 principaux chefs le fuivirent bientôt dans cette capitale , où ils furent tous
« également bien reçus de l’empereur. Ce prince parut cependant fort irrité de
» ce que Raymond les avoit abandonnez , 6c de ce qu’il etoit parti de Sinope
« fans les attendre.Le comte s’exeufa fur ce qu’ayant été des premiers à décam-
« ppravec les Impériaux , il avoit appréhendé que les generaux ne le foupçon-
>i naffent de n’avoir pas agi de bonne foi , 8c d’avoir pris la fuite par fon confeil ;
» ôc qu’ils ne lui jouaflent un mauvais tour. Alexis reçut les exeufes de. ce
» prince , fit de grandes carelfes à tous les croifez , les retint à fa cour pen-
ii dant le relie de l’été , de mqme que pendant l’automne ôc l’hyver fui-
« vans , 8c tâcha par fes bons traitemens de leur faire oublier entièrement
« leurs difgr aces palTées.
xcl_ Huit jours après la défaite de l’armée chrétienne , Guillaume comte de
vuuwuutt* Nevers éprouva un femblable malheur. Après s’être embarqué à Brindes dans
ï/^uiuinek Calabre à la tête de 1 5000. mille hommes , 8c avoir abordé à Thcflalo-
de plulicuts nique , il fe rendit à Conftantinople , où l’empereur , qui lui fit un accueil
très-gracieux , le fit palier de l’autre côté du détroit vers la S. Jean-Baptifte.
11 avoit d’abord réfolu de fuivre les autres croifez j mais s’etunt détourné
bp«ji ad*nn. à droite, il fut attaqué en chemin par une armee de Turcs qui le défirent,
"c o"jtV v,t*i ^ cont'nuant de fuivre 8c de harceler le débris de fes troupes , les ré-
t.n duiûrent à 700. hommes , avec lefquels il eut toutes les peines du monde à
éfo fe fauver prcfque nud à Antioche.
e^yr ' lU Guillaume comte de Poitiers 6c duc d’Aquitaine n’eut pas un meilleur
d (.iofr.J. vind. fort. Ce prince après avoir affilié au concile de Poitiers tenu au mois de
Lv^ti[ir'rer. Novembre de l’an 1 100. fe prépara à partir pour la Terre-fainte. On pré¬
cuit. (.10. tendc que pour fournir aux frais de ce voyage il engagea fon duché d’Aqui-
Aq 18. tame Pour une f°mme confiderable au roi d’Angleterre. Ce qu’il y a de vrai,
«• n &far ' c’eft qu’avant fon départ il confia l’adminiftration de fes érats pendant fon
abfence d à Philippe de Touloufe fa femme. 11 alla enfuite fe mettre à la
tête de Ion armée qui l’attendoit dans le Limoufin, 6c qui étoit compofée de
;.7-c 1. 50000 . combattans , tant Aquitains que Galcons , fans compter le peuple , 8c
un nombre de femmes. Hugues de Lufignan frere utérin de Raymond
t. 4*. de S. Gilles, l’un des principaux vaffaux de Guillaume , fe rangea fous les
enleignes. Ce duc prit en chemin Hugues comte de Yermandois, frere du
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DH LANGUEDOC.Liv.XV, 5); _ _
roi Philippe , palli le Rhin, & fe joignit en Allemagne avec Welphe duc An.iïoi
de Bavière , 6c lde niarquilè d’Autriche qui s’otoient croifez. Après cette jon-
dion leur armée , où on comptoir cent foixante mille perfonnes de l’un 6c
■& de l’autre fexe, traverfa la Hongrie & la Bulgarie, & arriva à Conftanti.
nople, d’où après un féjour de cinq femaincs , l’empereur ayant reçu le
ferment de fidelité de tous les chefs qui la commandoient , lui fit traverfer
le détroit dans le tems de la moilîbn. Les Turcs pour l’empécher de fubfiller
mirent le feu dans les champs , 6c bouchèrent les puits 6c les fontaines par
tout où elle devoir paflèr. Parla les croifezn’allerent pas bien loin làns fe
voirexpofez à ce que la faim 6c la foifont de plus cruel * 6c après avoir paffé
4 Nicomedie , ils furent à peine arrivez à Stancona, qu’ils commencèrent à
manquer des choies les plus necellaires à la vie. Ils prirent cependant quel¬
ques places fur les infidelles j mais ceux-ci les ayant furpris huit jours
après la défaite du comte de Nevers , en firent un carnage horrible 5 enlbrte
que la plupart des Allemans, des François & des Gafcons perdirent la vie,
& que tout le relie fut dilperfé. Le prince Hugues y reçut une blerture dont
il mourut peu de tems après à Tharfeen Cilicie. Hugues de Lufîgnan fe réfu¬
gia auffi dans cette ville. Le duc XS^elphe 6c l’évêque de Clermont furent allez
heureux pour trouver leur falut dans la fuite ; mais lamarquife lde fut emme¬
née prifonniere. Quant au duc Guillaume , il perdit tous fes gens 6c tous les
équipages, & gagna à pied, non fans beaucoup de difficulté , accompagné
d’un feul écuyer , d’autres b difent de fix perfonnes , le château de Longi- 7f*
nachprèsde Tharfe, où un chevalier nommé Bernard l'Etranger , qui ctoit
gouverneur de cette ville pour les croifèz , le reçût avec amitié. Tancrede
n’eut pas plutôt appris Ion malheur qu’il l’envoya prier de fe rendre à Antio¬
che, où il lui fit tout l’accueil poffiblc,& où il l’arrêta pendant tout l’hyver. XCIJ
Tous ces malheurs n’empêcherent pas plufieurs autres feigneurs François u vicom»
d’entreprendre le voyage delà Terre -faintc. De ce nombre furent Bernard- BcrDirJ'A,on
Aton vicomte d’Albi , deNifmes, deBeziers, Agde, CarcaiTonne 6c Râlez,
ralfal du comte Raymond, 6c Guillaume-Jourdain comte de Cerdagne , ne- « icCer4ague
veux b de ce prince à la mode de Bretagne. Le premier étant fur (on départ voùt ‘jmuHrc
four le faint Sépulcre , donna c le 1 1. de Juin de l’an uoi. avec Ermengarde le comte de
la mere, vuomtcfe de Bergers & de Carcaffonnc , à l’abbaye de la Grade le vil- Oricii^Mou
lage de Cafillac dans le comté de Carcalfonne. L’aclc cil fouferit par Gui/- d’HrmcngjrJc
laume neveu de la même Ermengarde. Celui. ci n’cll pas different du comte de mcrcJ<: cc vi‘
Cerdagne dont on vient de parler , 6c dont la mere nommée Adélaïde , Kote
fœur puînée de la viconuclïc de Carcalîonne, confirma •' cette donation au xxvn.». i0.
commencement de l’an 1103. Le vicomte Bernard- Aton étant en chemin pour £ ifS'
Jerufilem , prit fa route par l’abbaye de S. Guillem du Délèrt où il pafiaau mois
d’Août de l’an 1 1 o 1 . il donna * alors à cette abbaye l’églife de S. Pons dans le *p. }(s.
dioccfe d’Agde , ce qu’il fit devant la croix de J. C. & le corps du très-glorieux con¬
fiseur Guillaume.
Nous jnferons de ces deux donations, i°. Que le vicomte Bernard-
Aton jouilToit encore alors, fous l’autorité de la vicomtefle Ermengarde
fa mere & fous le titre de vicomte , du domaine de Carcalîonne , quoi¬
que Raymond-Berenger III. du nom comte de Barcelone , à qui il avoir
promis de le rendre à là majorité, fût majeur depuis quelques années. Auffi
eft-ce fans aucune preuve que quelques auteurs e Efpagnols ont avancé que c Di te,, amd.it
ce comte ayant allcmblé une armée , affiegea Carcalîonne en 1097. & en
chalîàle vicomte. i°. Qu’Ermengarde adminiftra jufqu’àfa mort tant fes pro- iû^J.. u'
près domaines , que ceux du feu vicomte Raymond fon mari , après même
que Bernard- Aton leur fils eut atteint l’âge competant pour les gouverner par
lui-même. C.’eft rp nui naroît d’ailleurs oar d’autres monument f anterieur,;
avoit alors environ 2 5. ans qu’elle gouvernoit les domaines de fa maifon de¬
puis la mort du vicomte fon mari. Elle donna durant fa vie diverfes g mar- grr.p.^g.^,
ques de pieté. Bernard-Aton fon fils hérita d’elle des vicomtez de Beziers ,W-
Agde, CarcaiTonne &Rafez', & les unit avec les vicomtez d’Albi 6c deNilmes'^
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An. ii02.
a Mère. Hifp.
b ltidf.S4S*
XCi II.
Retour de
Raymond de
Codilantîno-
53 « HISTOIRE GENERALE
qu’il cenoic de la fucceffion de Ton pere. Ce vicomte devint par là leplus grand
Seigneur de la .province après le comte de Touloufe.
Guillaume-Jourdain comte de Cerdagne Te prépara de fon côté au voyage de
la Terre-faune, parun teftament 1 qu’il fit le i 3. d’ Avril de l’an 1 101. Suivant
cet a&e il dilpofa des comtez de Cerdagne , de Berga , ôede Confiant , & de fes
autres domaines en faveur de Bernard-Guillaume Ion frere , auquel ilfubftitua
fucceflivement Henri fon oncle , Bernard comte de Bezalu , ôc Raymond-Be-
renger comte de Barcelone fes plus proches. Il partit peu de tems après , de
foûtint très-bien en Orient la grande réputation de valeur qu’il s’étoit acqui-
fe b en Occident.
Cependant l’empereur Alexis ayant gardé à fa cour c pendant l’hyver les
comtes de Bourgogne 6c de Blois , & les autres princes qui après leur défaite
par les Turcs, s’étoient réfugiez auprès de lui, leur offrit de les faire con*
T^uacdc ^u*re Par touC voudroient. Sur ce qu’ils témoignèrent fouhaïter d’aller à
lête pnion- Jerufaiem , il fit équipper une flotte qui les débarqua au port d’Antioche au
"'"ctoiïcïob- mo's Mars de Lan 11 01* Le comte Raymond ayant demandé en meme
tknoTm'fidc- tems la permiflîondc retourner en Syrie, Alexis lui donna fes galeres, de le
liftaocc&prcu- combla avant fon départ de nouveaux bienfaits : mais il ne fut pas plutôt en
TMiofcîous mer , qu’une furieufe tempête qui s’éleva, l’obligea malgré lui de relâcher à
fa conduite, il Tharfe en Cilicie, ville qui étoit alors au pouvoir de Tancrede fon ennemi
gede Tripoli! capital. Bernard l' Etranger , dont on a déjà parlé, 6c qui en avoitle^ouverne-
cAhxuU.i.’i. ment au nom de ce prince , lui donna au(fi-tôt avis de l’arrivée du comte,
tiAibA 1 s s’aflura en attendant de fa perfonne , 6c fe fai fit de tous les effets. Tancrede
t.M.iritw. qui commandoit à Antioche pendant la prifon de Boemond fon oncle , fc
1.9 e t- &(“]<?■ fit amener Raymond dans cette ville, où après s’être emparé de tous fes
t xfûg.^'ru/. tréfors , il le fit enfermer dans une étroite prilon , fous prétexte que ce prince
e. étoit caufe de la défaite des croifez. Les comtes de Blois 6c de Bourgogne ,
^es ducs d’Aquitaine ôc de Bavière, Conrad connétable de l’empereur Henri,
iuich.carnot. l’évêque de Barcelone , 6c pluficurs autres princes 6c prélats qui fe trouvoienc
^"g«(î T4ncr»d a^ors a Antioche , indignez du procédé de Tancrede lui en firent des plaintes..
f.iV. ” tres-vives , 6c l’engagerent enfin à mettre le comte Raymond en liberté }
chron.Mjütac. ce qU»q ne neanmoins qu’après avoir éxigé de lui un ferment , par lequel
?'117' ce dernier promettoit de ne pas étendre fes conquêtes du côté d’Acre ou de
À Tulch. C MM-
ibid.
promettoit
Ptolcmaïde.
Raymond apres avoir obtenu fa délivrance, fe mit en marche à la tête de tous
ces princes, qui l’élùrent pour leur chef, 6c qui allèrent alfieger fous fes
ordres la ville d’Antarados ou Tortofe’, fur la côte de la mer , que lesinfi-
délies avoient reprife. Les princes après avoir ioumis cette place , en parta¬
gèrent les dépouilles Scia cédèrent à Raymond , comme au plus expérimenté
d’entre eux , 8c le plus capable de la défendre. La plupart louhaitoient qu’il
les conduisit jufqu’à Jerufaiem , 6c ils n’omirent rien pour le porter à leur
donner cette fatisfa&ion -, mais le defir qu’il avoit de reprendre inceflamment
le fiege de Tripoli , ne lui permit pas de la leur accorder, ce qui fit d que quel¬
ques-uns piquez de ce refus l’accuferent de trahifon. Ils fe féparerent cepen¬
dant bons amis. Les princes continuèrent leur route , 6c Baudouin roi de Je-
xufalem étant venu au devant d’eux, les introduifit dans cette ville, où
ils célébrèrent enfemble la fête de Pâques. Raymond de fon côté fit for¬
tifier Tortofe , pourvut à la fùreté de cette place , 6c fe rendit au Mont-Pele-
rin , où il trouva la comteffe fa femme. Il harcela enfuitc tellement la gar-
nifon de Tripoli, qu’il mit enfin cette ville 6c tous les environs à contri¬
bution.
Après la fête de Pâques, Guillaume duc d’Aquitaine, 6c quelques-uns des
princes qui étoient allez à jerufaiem , s’embarquèrent à Juppé pour retour¬
ner en Europe. Les autres iuivirent le roi Baudouin dans fes expéditions , 8c
eurent le malheur de périr la plupart dans une langlante bataille que le roi de
Babylone , qui s’étoit avancé jufques dans la plaine de Rama , livra à ce prince
le 17. de May. De ce nombre furent les comtes de Blois, de Bourgogne 6c de
Vendôme, Hugues de Lufignan frere utérin du comte Raymond, êeplufieurs
autres. Baudouin heureufement échappé de cette défaite implora le fecours
de
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DE LA NGUEDOC. Liv. XV. «7. _
de Raymond , de Tancrede , & de tous les autres princes qui étoient dans la An.i iox.
Terrc-làinte , & qui le difpofoient à l’aller lecourir , lorlque fans attendre
leur arrivée il attaqua les infidelles qui avoient alfiegé Jaffa , leur tua trois
mille hommes , èc les diilipa entièrement. Sur ces entrefaites le duc d’Aqui¬
taine ayant été iùrpris en mer d’une violente tempête, fe vit force de fe retirer à
Antioche, d’où il revint à Jerulàlem avec Tancrede, au mois de Septembre
fuivant, pour aider Baudouin à faire le lîege d’Afcalon, que ce prince en¬
treprit , mais qu’il fut obligé de lever. Ce duc fe rembarqua alors de nou¬
veau , 8c arriva enfin dans fes états.
Le vicomte Bernard-Aton , & tous les autres leigneurs de la province ou xcîv.
des environs qui s’etoient nouvellement croifez , avoient déjà joint le comce s cXTcoml-
Raymond au Mont -‘Pèlerin dès le mois de Janvier de l’an no3.C’eft ce nue htiege de
qui paroît par une donation * que fit alors ce dernier de la moitié de la Tripoli. Naif-
ville deGibiet, fituée entre Tripoli ScBcryte, en faveur de l’abbaye de làint £“0,,^!, “*
Victor de Marfeille, 8c du cardinal Richard qui en étoît abbé , & dans laquelle ion fils.
il fe qualifie Raymond par la grâce de Dieu , comte de S. Gilles , marquis de Pro- x 103.
vence, & prince de la milice chrétienne qui efi fur le chemin dejerufalem. Raymond
déclare qu’il fait cette donation tant pour la rcmifjîon de fes péchez^ que de la , 'i'
petite chrétienté qui étoit avec lui 3 & qui l' avait élit pour chef & pour prince -, en
reconnoiflànce des fervicesque ce cardinal ne ce/Toit de lui rendre, & par lecon-
fcil&le confentement de Guillaume comte d’Auvergne, de Bernard vicomte de
Beziers, d’Aicard de Marfeille , 8c de Berenger de Narbonne, compagnons
d’armes* , qui fouferivirent après lui avec Pierre évêque de Glandeve , 8c plu- *Commilifo-
fieurs autres leigneurs. L’acte eft daté du château qu’on appelle le Mont-Pcle~ num' •
rin , fitui devant la porte de Tripoli. Berenger de Narbonne dont on vient de
parler, étoit frere b d’Aimeri I. vicomte de cette ville. Nous ignorons s’il bPr.p.jio.
accompagna Raymond dans la première croifade , ou s’il fut feulement join¬
dre ce prince en x 1 o 1 . avec le vicomte Bernard-Aton.
On apprend par cette charte que Raymond continuoit le fiege , ou plutôt
le blocus de Tripoli au commencement de l’an r 103. avec le renfort qui lui
étoit venu de France. La même année c Elvire de Caftille là femme, princeiîë c CMl
aulü diftinguée par fa fageflè que par là pieté1, accoucha dans lé même cha- Ua.c f^'
teau d’un fils qui fut nommé Alfonfe } du nom du roi de Caftille fon ayeul , Sc fur- R°d- To!d-s-
nommé Jourdain , parce quil fut baptifé dans le fleuve de ce nom , où il avoit r'V. note
été apporté quelque tems après fa naiflànce. xmin. lo
Lorfque Raymond de S. Gilles donna la moitié de Giblet à l’abbaye de xcv
S. Victor de Marfeille, il n’étoic pas encore maître de cette ville, mais lèu- Raymond <jc
lement dans le delTein de la conquérir à la première occalion favorable , ^efjl”cvS|1^0je
qui fe prefenta bientôt. Une flotte d de 70. voiles que les Pifans 8c les Ge- Gibier. Suite 6
nois envoyoient au fecours de la Terrc-làinte, ayant abordé vers la fin de *f««xi*di-
l’année fur les côtes de Laodicée, où elle pallà l’hyver , Raymond perfuada fJ'ii. /.
aifément aux capitaines qui la commandoient de l’aider dans cette entre- C l6-
prife. Ils prirent cnfemble toutes les mefures convenables .- ce prince rafîèm-
bla toutes fes troupes à Tortofe au mois de Mars de l’an 1 104. alfiegea Gi- ' 1 lQ — '
blet par terre, tandis que la flotte Genoilè l’attaqua par mer , 8c poullà le *
fiege avec tant de vigueur, qu’enfin il obligea la place à fe rendre. Après
l’avoir unie à l’on domaine, il reprit le fiege" de Tripoli, & fit de nouveaux e/w.ft
efforts pour foumettre cette ville : mais comme les pertes qu’il avoit déjà j°-
faites avoient beaucoup diminué fon armée, il conclut une trêve de lëpt ans M*lm’
avec les habitans. Il la rompit bientôt après, ayant furpris dans le châ- aUxi*d.l.iu
teau du Monc-Pelerin un homme de Tripoli qui portoit fous lès habits
un poignard empoifonné dans la réfolution de l’aflâffiner. Il recommença
dès-lors les hoftilitez contre cette ville ; 8c foûtenu d’un nouveau renfort
qu’il reçut, il en pourfuivic l’attaque. Toutes ces tentatives devinrent cepen¬
dant, inutiles , parce que la ville avoit une communication libre avec la mer,
& qu’elle recevoit par là tous les fecours dont elle avoit befoin pour là défenfe. Mj^rjcas
Les fatigues du fiege , 8c les travaux que Raymond avoir effùyez dans ,,rm«. te *«-
tout le cours de la guerre fainte , altérèrent extrêmement fa lànté , de il DKICS <,,|poû-
tomba dangereufement malade au commencement de l’an 1105. Se voyant éloge?"
Tome II. V u
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An. 1 105.
a Aid. .
GuilLTÿr.l. 1 !•
<-t.
Fulcb. Carnet,
l.l.c. 19.
Gf/h Francor.
txfug. tyru;.
M.
b G«i//. Tÿr.
A lu f.9.
cft’-f-joj.é'
H-
538 HISTOIRE GENERALE
dans ccc état il donna ordre aux affaires de fa confciencc , de fa famille , &
de l’expedition dans laquelle il s’étoit engagé. 11 fie a venir Guillaume-Jour¬
dain fon neveu à la mode de Bretagne , le déclara general de toutes les trou¬
pes qui étoient fous fes ordres, lui donna le gouvernement ôc l’adminiflra-
tion de toutes les places qu’il avoir conquifes,ouqu’ilavoitentrepris delôu-
mettre, & en difpofa en là faveur comme d’un bien héréditaire. Ces places
étoient au nombre b de quatre , Ravoir Archos, Giblet , Tortofe ôc Tripoli,
outre le Mont-Pelerin qu’il avoir conftruit.
Nous avons un codicille de c Raymond daté du Mont-Pelerin en Syrie le
dernier de Janvier de l’an i xoy. dans lequel il ne prend que la qualité de
comte de S. Gilles. Il déclare qu’il fait cet a&e à l’article de la mort, pour
réparer le tort que lui’ôc fes predeceflèurs avoient fait 1 l’églife d’Arles, tou¬
chant la terre ou pais d’Argcnce fitué le long du Rhône , dont il avoit di/l
fofl en faveur de fes fils. Il ordonne à ceux-ci dercftituercedomaineà cette
églife , à laquelle il rendit lui-même le village de Fourques qui en dépen-
doit. Il donne de plus à la même églife , 6c à Gibelin qui en étoit archevê¬
que, le quart des châteaux d’Albaron ôc de Fos dans le diocèfc d’Arles , que
fes devanciers avoient pofledé injuftfcment , avec la quatrième partie des pâ¬
turages 6c de la leude ou peag ede la ville d'Arles. 11 charge Bertrand & fes
fucccjfeurs , de même que fes vaflaux 6c fes amis, d’executer lur cela fa volonté,
en mémoire des bienfaits qu’ils avoient reçus de lui. L’acte eft fouferit par
Aymar évêque de Toulon, Raymond de Baux , Dccan de Pofquieres , Ber¬
trand Porcelet, 6c quelques autres feigneurs Provençaux ou Languedociens*
Ôc en dernier lieu par la comtcfle Gervilc ou Elvire fa femme, 6c Alfonfe
leur fils.
i as ss or J. Raymond de S. Gilles vécut encore un mois. Il ordonna d avant fa morti
pm.iJTû. ‘ Arbert, moine de la Chaifè-Dieu, qu’il avoir nommé à l’évêché de Tripoli, de
rapporter dans cette abbaye, à laquelle il fit desprefens magnifiques, la tafle
de S. Robert qu’il y avoit prife à fdn départ pour la Terre-fainte , 6c qu’il
avoit toujours portée avec lui par dévotion envers ce faint } ce que ce
prélat exécuta fidèlement , quelques années après , lorfqu’il repaifà la
eü«;tf.2)r./.u. mer. Enfin Raymond dccedae plein de jours 6c de mérites le dernier de Fé-
^GiH.Tranror. vrier de l’an noy. dans le château du Mont-Pelerin où il fut inhumé {. Un
moderne g prétend que fon corps fut apporté dans la fuite en France par Guil-
*i *Aib.Aq.i.9. laume de Montpellier, mais il n’y a nulle preuve de ce fait; il paroît h au
c. 31. contraire que le corps de Raymond demeura toujours inhumé dans ce même
château.
7' Tous les hiftoriens ' du tems font un grand éloge de ce prince , ôc rien n’eft
h AibAj,i.9. pius glorieux pour lui, que ce qu’en dit Guillaume de Tyr, l’un des plus
Tr'caîb.!. i.e. refpedables d’entr’eux. « L’an i iof. le dernier de Février, dit k cet hiftorien,
n.&c. «mourut Raymond comte de Touloufede bonne mémoire, véritable confcf-
iiïd. Qu,ll'Tjr' «feur de J. C. dans la ville* qu’il avoit fondée devant Tripoli , ôc qu’on ap-
* Oppidum, «pelloit Mont-Pelerin. C’étoit un homme religieux , craignant Dieu, ôc
« recommandable en tout 5 dont les actions admirables , 6c la vie remplie de
«vertus demanderoient un traité particulier. Sa confiance mérite fur-touc
« d’être admirée j car après avoir entrepris le faint pèlerinage pour l’amour de
«J. C. il ne dédaigna pas de le continuer avec patience juf qu’à fon dernier,
» foupir. Etant très-illuftre ôc très-puilïànt , il auroit pu vivre dans l’abon-
» dance au milieu de fa patrie : mais il préfera d’être petit au fervice du Sci-
« gneur , 6c de vivre éloigné de fon pais ôc de fa famille. Les autres princes
«qui s’étoient engagez dans la même entreprife, après avoir accompli leur
« vœu par la prife de Jerufalem , s’en retournèrent chez eux : dès que celui-ci
« eut pris une fois la croix , il ne voulut plus la quitter , ôc il réfifta à fes amis 6c
« à fes domeftiques, qui le preffoient, après cette expédition, de retourner dans
« fon pais où il étoit extrêmement déliré. Il aima mieux s’offrir en holocaufte
« au Seigneur , que de reprendre la vie du fiecle -, ôc imiter en cela notre
« Maître, qui ayant confômmé fa pafiîon , voulut plutôt être ôté de la croix
« par des mains étrangères , que d’en defeendre lui-même , ainfi qu’on le pref-
«fôit de le faire, pour accomfdr entièrement l’ouvrage de notre làlut. « Tel
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DE LANGUEDOC. Liv. XV.
H*
eft l’éloge que fait de Raymond, Guillaume archevêque de Tyr, (gavant & AN.itoJk
illuftre prélat.
On peut ajouter ce que rapporte de ce prince à l’occafion du fiege de Ni-
cée, l’hiftorien deTancrede, auteur qui n’eft pas certainement lulpcct.» Ray¬
mond de S. Gilles 3 , dit cet hiftorien, arriva le dernier au lîege : je dis le der- « iGtji.T.ncrU.
nier , par rapport au tems , mais non pas eu égard aux richeflès , à la puil- « c% 'J H;/? M[.
fance, à la capacité, & au grand nombre de troupes dont il etoirfuivi * car «/*».««/. u*i.
il fut des premiers en toutes choies, 6e lorfque les autres eurent confuiné« «•7 -f-nt-
leurs biens , il répandit les liens avec profulion. Cette nation , continue-t-il, «
parlant des fujets de Raymond , mene une vie frugale , 6e eft plus actentive «
à épargner, qu’à vivre avec oftentation. Elle apprit à être ménagère par «
l’exempte d’autrui j ainlî ces peuples prévoyant ce qui arriva en effet, conièr- «
verent leurs biens , tandis que les François prodiguèrent les leurs : ils fe«
trouvèrent par là en état de ne pas laiffer dans l’indigence leur comte, prince «
amateur de l’équité , vengeur de l’injuftice , agneau avec les humbles , &. lion «
avec les fuperbes.»
Guillaume b de Malmelbury, hiltorien Anglois,qui écrivoit peu de tems après b Guüt.Mxim.
la mort de Raymond de S. Gilles , lui donne auifi beaucoup de louanges j
on doit s’appuyer d’autant plus fur le témoignage de cet auteur , qu’on lçait
qu’il panche plutôt vers la médifance que vers la flaterie. Il loue ce comte
lur fa valeur , fa pieté , fon a&ivité , fa vigilance , fon courage 6e là fermeté à
refuferà l’empereur Alexis l’hommage que ce prince éxigeoit de lui. Il exalte
fa patience ôc fes travaux durant la guerre fainte } 6c ajoute qu’il fut toujours le
premier au travail, ôcle dernier au repos: il loue encore fon défintereiîèment
& la bonne foi , fur ce qu’ayant occupé le premier la ville d’Antioche , 6e la
tour deDavidàJerufaicm, il céda la première à Boemond, & l’autre à Go¬
defroy. Il prétend cependant que Raymond s’écarta de ce definterellêment
dans l’affaire d’Afcalon , 6c il l’accule d’incontinence. «L’amour de la guère, «
dit-il^ Lui fit négliger de prendre une femme légitimé, 6c il n’eut que. des « .
maîtreflès, jufqu’à ce qu’il époufa fur fes vieux ans El vire de Caftille, « On a
déjà juftifie Raymond fur le premier article , qui elt l’affaire d’Alcalon -,6c il
eft certain que cet hiftorien le trompe fur le fécond : car outre que Raymond
avoir époufé fuccelîivement deux femmes c légitimés avant que de lé marier cxotexü.
avec Elvire, Anne° Comnene, qui avoir eu occalion de connoîtreà fond ce à *kx:Aa.io.
prince durant le long féjour qu’il lit à la cour de l’empereur Alexis fon pere,
le loue beaucoup fur la pureté de fes mœurs, 6e lur l’amour qu’il avoir pour la
chafletè j làns parler de fa candeur , de fa lincerité, de là prudence, 6c de fes
autres vertus civiles êe militaires dont elle fait un grand éloge. Mais ce qui
mérite une attention linguliere, 6e dont les divers auteurs qui ont parlé de ce
comte n’ont pas fait mention , c’eft qu’ayant un compétiteur dangereux au
comté deTouloufe en la perfonne du duc d’Aquitaine, mari de Philippe fa
niece,il s’expofa, en quittant fes états pour aller à laTerre- fainte, à les perdre en¬
tièrement , foit pour lui , foitpour fapofferité -, car ce duc les envahit pendant
lonabfence, ce qu’il n’eût olé entreprendre , fi Raymond eût demeuré dans
le païs, & s’il n’eût préféré une expédition qui l’engagea dans des dépenfes im-
menfesêc durant laquelle il foutint des travaux infinis, à tous les domaines de la
terre , fans aucune elperance de récompcnfe en ce monde. Il donna fur-tout des
preuves de ce détachement par le refus qu’il fit par deux fois de la couronne
dejerufalem.
Nous achèverons l’éloge de Raymond par le portrait qu’a fait de lui un
célébré hiftorien du dernier fiecle , lequel a raffemblc fous un feul point de
vue ce que les anciens en ont dit de plus avantageux , 6c n’a pas dilfimulé fes
défauts.» C’étoit un prince , dît cet auteur % d’une grande majefté, êc dans et e hift.
qui fon âge, déjà fort avancé , qui le rendoit plus venerable par fes cheveux « de[^’L i/u
blancs, éc plus éclairé par l’experience que la vieilleflè apporte, avoita^*1* J‘V
augmenté les forces de l’efprit , fans rien diminuer de celles du corps qu’il «
avoittrcs.robufte , êc très capable des fatigues de la guerre. Il yavoit acquis «
une très-grande réputation , principalement en Efpagne,encombactanc con-«
tre les Maures , pour Alfonfe le Grand roi de Caftille , qui lui donna fa «
Tome II. y u ij
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An.i 105.
a GuibJ. t.r.lg.
b Non
XXXII n.^
c GniU. Malm.
I.4. c.t.
* In quodam
ducllo.
J Fr. f. 34J.
340 HIST. GEN. DE LANGUEDOC. Liv. XV.
» fille Elvire en mariage , pour récojnpcnfer fa valeur, donc il porta de glo-
«rieufes marques fur Ton vifage , ayant perdu un œil d’un coup de flèche ,ce
« qui rehaufloit encore l’éclat de fa bonne mine devant les foldats , qui l’a,
» voient en finguliere vénération. Il polfedoit au refte dans le fond de l’ame
»> toutes les bonnes qualitez qu’on pouvoir fouhaicer pour en faire un grand
« prince fie un honnête homme, aimant fur toutes choies l’honneur , la ju_
»ftice fie la bonne foi, gardant inViolablement la parole , vigilant , fage,
» prévoyant à tout , magnifique, prudent dans lesconfeils, ferme fie inébran-
» labié dans les réfolutions : mais il faut avouer que malgré fon âge fie toute fa
»> prudence , il rctenoit encore beaucoup du genie fie du feu de fon climat j
» qu’il étoit fort opiniâtre, fie n’aimoit point du tout qu’on l’ofFenfàc impunc-
»ment,niqu’ons’oppolatà fes fentimensfie à fes volontez. » Il n’y a que deux
remarques à faire fur ce portrait. 1 9.On nous reprelènte Raymond, après quel¬
ques anciens , comme déjà fort vieux , lorfqu’il partit pour la Terre-fainte:
mais quoi qu’il fût le plus âgé 3 de tous les princes qui s’engagèrent dans cette
entreprile, il n’étoit alors rien moins qu’un vieillard , fie on ne fçauroic
prouver qu’il fût néavant l’an 1041. ou 1042. En effet Almodis fa mereavoic
été déjà mariée fie avoit eu des enfans avant que d’epoufer en fécondés noces
Pons comte de Touloulê fon pere* fie cette princelfe ayant paire1' à de troiliémes
avec le comte de Barcelone en 1054. elle eutcncore depuis plufieurs enfans de
ce dernier. Raymond de S. Gilles avoit donc tout au plus jy.ans lorfqu’il
partit pour la Terre-fainte, fie environ 64. lorfqu’il mourut. Il n’y a aucune
preuve que ce prince eût perdu un œil en combattant contre les Maures d’EL
pagne , comme l’hiftorien dont nous venons de parler femble le faire entendre.
Un ancien c auteur prétend que ce fut dans un combat fmgulierj * il ajoûte
que ce prince faifoit gloire de cette blelfurc.
On a parlé ailleurs des trois femmes que Raymond de S.Gilles époula fuccelfi-
vement, fie dont il eutd plufieurs fils fi e plufieurs filles. On ignore leur nom,
excepté de Bertrand fils aîné du premier lit, fie d’Alfonfe fils de la troifiéme
femmè de ce prince , auquel ils furvêcurent l’un fie l’autre. Raymond avant Ion
départpour laTerre-lainte avoit difpofécn faveur du premier de tous les états,
qui s’étendoient depuis la Garonne fie les Pyrénées , jufqu’aux Alpes , fie dont
il ne pofledoit prelque rien à la mort du comte Pons fon pere. Il avoir trouvé
moyen de réunir fuccefiîvement tous ces grands domaines en fa perfonne par
droit de fucceflion , fie il éleva par làfamaifonauplushaut degré depuifiance
où elle eût jamais été , fie dans lequel elle fe maintint dans la Tuite. Quelques
auteurs ont tfaité à la vérité Raymond d’ufurpateur , fie l’ont accufe d’avoir
envahi la plûpart des pais qui compofoient fon domaine : mais c’eft pour
n’avoir pas allez compris les droits légitimés qu’il y avoit, fie que nous avons
tâché de développer ailleurs. Bertrand fucceda donc à fon pere dans le comté
de Touloufe , le duché de Narbonne fie le marquifat de Provence , fie en divers
comtez particuliers de l’Aquitaine , du Languedoc fie de la Provence qui
étoient compris fous ces titres , entr’autres dans les comtez de Rouergue, d’Al-
bigeois fie de Querci.
Quant à Alfonfe-Jourdain , fils puîné de Raymond de S. Gilles , nous
ignorons quel fut d’abord le partage de ce prince, qui à peine avoit alors
atteint l’âge de deux ans. Il paroît feulement qu’il demeura encore quelque tems
au château du Mont-Pelerin avec Elvire de Caftille fa mere , fous la protection
de Guillaume-Jourdain comte de Cerdagne foncoufin , à qui Raymond avoit
laiffé, comme on l’a déjà dit, fes conquêtes de la Terre-fainte, comme à celui
de fes proches qui fe trouvant fur les lieux étoit plus en état de les défendre fie
de les continuer.
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HISTOIRE
GENERALE
D E
LANGUEDOC
LIVRE SEIZIÈME.
E R. t r a n d fils aîné & fucceflèur de Raymond de An.i toj.
S. Gilles , après avoir recouvré le comté de T ouloule fi[
que Guillaume IX. duc d’Aquitaine avoir envahi lur
lui, jouit depuis tranquillement de ce comté & de Raymond de
tous les autres domaines que le comte fon pere avoit î^riwïan.
poflèdez,& que ce prince lui avoit laiflèzen partant Upodcffionde
pour la croifade. Nous voyons* en effet qu’ille quali- ^
fioit vers l’an 1 1 o i . comte de T ouloufe , de Roucrgue & /«*.
d' Albigeois , & nous apprenons d’ailleurs qu’il domi-
noit l’année fuivante le long du Rhône.
C’eft ce qui paroît par l’union b qui fut faite le 19. de Mars de l’an nor.de b^.3j8.
l’ancienne abbaye de S. Romain d 'Aculcia, fituée fur ce fleuve dans le voifinage
de Beaucaire, à celle de Pfalmodi , & qu’il autorifa. Le premier de ces
deux monafteres ne fut plus depuis qu’un prieuré conventuel , qui fut fécula.
rifé en 1538. avec l’autre, dont il dépendoit. Les religieux de Pfalmodi
devenus chanoines , cederent enfuite le prieuré de S. Romain à un leigneur
féculier , dont les fuccefleurs en ont fait un château.
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_ 34* HISTOIRE GENERALE
An.iioj. Bertrand comte deTouloufeautorifaaufli aen 1 104. une vente en faveur de
a frf j <!■,. l’abbaye de Moiflàc : preuve que ce prince éccndoit la domination lur le Querci.
bp.j66.&/ej. Enfin nous avons une donation faite en 1 ioj. b à l’abbaye de Lezat , Ber¬
trand étant comte de la ville de T ouloufe , du lieu appelle alors la Salvetac de
S. Jacques , & anciennement Quincian , par Hugues cardinal chapelain de
ïéÿife de Compoftelle, à la charge que la même abkaye payeroit tous les ans
à cette églife quinze fols monnoye de Tours. Hugues fit cette donation en¬
tre les mains d’Ifarn évêque de T ouloufe , fie par ordre de l’évêque de Coin-
poftellc nommé Didace , prélat fort affectionné à l’ordre de Cluni d’où dé*
pendoit l’abbaye de Lezat , lequel quelque tems auparavant avoit pâlie â
c>. Mab.ad Toulon le en allant cà Rome pour y recevoir le pallium des mains du pape
A"d v°no7£ IL Ifarn évêque de Touloufe n’étoit donc pas décédé d en 1100.
xix. n. 11. comme quelques auteurs l’ont avancé j fie Amelius ne lui lucceda par confé-
quent au plutôt qu’en 1105.
n. Le vicomte Bcrnard-Aton revint de la Terre-faintc peu de tems après la
Mathci'i'iTlîUc niort de Raymond de faint Gilles. Il maria en effet le 19. de Décembre de
aiDcc aii’vi. l’an 1 ioj. e Matheline fa fille aînée , avec un des principaux fèigneurs du
=B—>- diocèfè de Bcziers nommé Arnaud , fils de Guillaume Alfaric fit d’Engclrade,
e rr.p.'i67.& lcfqücis lui donnerenc en faveur de ce mariage, le château de S. Nazaire dans
fai- le comté de Narbonne, celui de Sauvian dans le comté de Beziers , & outre
cela par préciput après leur mort, celui de Porcian, ce qu’ils poflèdoientaux
environs de la riviere d’Eraut vers l’Orient, le château de Tcfan , les fiefs
qu’ils tenoient du vicomte de Beziers & le village de S. Marcel dans le
comté de Narbonne. L’aéte eft fouferit par Agnès de Sauvian, mere d’Engel-
rade , fie par divers feigneurs du pais. La même Agnes, Engclrade fa fille, ôc
Guillaume Alfaric mari de la dernicre, avoient vendu le 17. de Novembre
précèdent au vicomte Bernard- Aton , Se à fa femme Cecile , le fauxbourg de
Beziers qui avoit appartenu à Gaucelin-Arnaud.
frl.Pr,, m ^ Ce dernier f avoit eu d’Engelrade fa femme , Guillaume-Arnaud de Beziers,
ctriulAn'abb. mort fans pofterité ", Se Agnès donc on vient de parler. Celle-ci hérita du
d'Amane. fauxbourg vicomtal de Beziers, fie époufa le lèigneur de Sauvian dans ce dio¬
cèfè. Elle eut de ce mariage un fils nommé Guillaume mort fans enfans,
fie Engclrade de Sauvian , femme de Guillaume Alfaric , laquelle s’etoit rema¬
riée en. fécondes noces en 1 1 n.fie 1 113 .avec Elcazar de Cajlnes fils dAujiheXjï
même Engclrade eut aufii une fille nommée Agnès qui epoufâ Gaucelin de
Clarct.
Il paroît que Guillaume-Arnaud , mari de Matheline , fille du vicomte
Bernard-Aron étoit déjà mort fans entans en 1 1 11. Nous trouvons en n j8.
un Guillaume-Arnaud de Beziers , fie en 1 1 90. fie 1 109. Eleazar fie Bernard de
Beziers , fils d’Elcazar fie d’Adclaïdc de Cognas, fie Mathieu de Beziers ,en qua¬
lité de baile de Roltaing de Pofquieres , qui font hommage du château de Sau¬
vian à l’abbaye d’Anianc.
ni. Aymcri I. du nom vicomte de Narbonne mourut dans la Terre-fâinte peu
Vopec J'Ay- tenls avant ou apres Raymond de S. Gilles. Nous ignorons l’époque pré-
«"c^rbon-'cilè du départ de ce vicomte pour l’Orient. Nous apprenons feulement qu’il
ne à n Terre étoit encore dans la province en 1 103. par deux ades de Bertrand archevêque
SonfiUA^mai de Narbonne. Par le premier g ce prélat donna au mois de Janvier de cette
ii.im fucccde. année, à l’abbaye de faint Pons de Tomieres, » plufieurs églifes de fon
gPr./>.) $6 & «diocèfè du confentement de fes chanoines, à la priere de Berenger moine
Aî- » de ce monaftere , Se pour l’amour d’Aymeri vicomte de Narbonne fon pere,
«de Mahaud femme de ce dernier, fie de leurs fils Aymeri , Guifcard fie Ber-
« nard.« Par l’autre h Bertrand fie fes chanoines voulant rétablir la régularité
dans l’abbaye de S. Chignan , où elle étoit fort déchue , l’unillènt le 19. de
Mars fuivantà celle de S. Pons, en prefence des évêques Pierre de Carcalfon-
ne, Ifarn de Touloufè, fie Godefroy de Maguelonne : d’ Aymeri vicomte de
i j»«b.ad *nn. Narbonne , de Bernard de Narbonne , Sec. Ermengaud ‘ moine de S. Pons fut
1 loi.n.iâ. élu alors abbé de S Chignan.
Il paroît par ce que nous venons de rapporter, que Berenger fils puîné
d’Aymeri I. vicomte de Narbonne étoit déia moine de S. Pons dès le mois
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DE LANGUEDOC. Liv, XVI. 34; _ _
de Janvier de l’an 1 103. Son pere ne l’offrie1 cependant folemnellement dans An.i 105,
ce monaftereque quelques mois apres. Aymeri donna à cette occafion le 19 aP>-r-s*yO'
d’Avril de la même annee» à l’abbaye de S.Pons fondée par Pons comte de Tou- « 3'
loufe^yrand duc ou primat d’ Aquita. ne , tout ce que les religieux pourroient ac-«
quérir dans fon domaine , 6c les fiefs même qui relevoient de lui , pour poflë-«
derle tout en alleu -, 6c enfin la paroille de S. Saturnin de Bilan. Il fit cette «
donation avec fa femme Mahaud, 6c fes fils Aymeri, Guifcard & Bernard- «
Raymond , pour la rémilfion de fes pechez , pour les ames de fon pere Ber- «
nard, de fon ayeul Berenger, 6c de Pierre- Berenger fon éncle, 6c fpecia-«
lementpour l’amour de Berenger fon fils, que lui 6c fa femme Mahaud «
offrent dans ce monaftere pour y être religieux. » Bertrand archevêque de
Marbonne , Bernard vicomte de Minerve 6c Pierre fon fils , Raymond-
Etienne de Narbonne, & plufieurs autres des principaux du diocèfe fouferi-
virent à cette donation. Bernard vicomte de Minerve' offrit u aufîi la même
annee fon fécond fils nommé Raymond à l’abbaye de S. Pons , en prefence f' *6i' 2
de Pierre fon fils, d’Engelbert d’OIargues, Bernard de Durban, A y rie de
Minerve , ÔCc.
Ces differens aétes font voir qu’Aymeri I. vicomte, 6c Bertrand archevê-
3ue de Narbonne vivoient en bonne intelligence en 1103. 6c peuvent nous
onner lieu de conjecturer que le premier, qui s’étoit faifi du domaine de
l’archevêché après la mort de l’archevêque Dalmacc , l’avoit alors reftitué
à Bertrand fuccefleur de ce prélat. Il parole cependant qu’Aymeri étoit tou¬
jours maître de ce domaine lorfqu’il partit pour la Tcrre-fainte ; ainfi qu’on
peut l’inferer d’une lettre que Pierre c évêque d’Albara , 6c clii archevêque c cmti mm,
d'Alep, écrivit peu de tems après la mort de ce vicomte, à la comteffe Ma-f,l!i7*
haud fa veuve , 6c à leur fils Aymeri. » Le feigneurôc Amiral Aymeri , dit c*
ce prélat , ayant été atteint dans cet évêché de la maladie dont il efl mort, «
nous l’avons été trouver pour l’exhorter à fon falut. Il nous a confeflé les «
pechcz j 6c touché de componclion , il a remis d notre dilcretion d’ordon- «
11er pour la décharge de la confcience , la répararion des torts 6c domina- «
ges qu’il avoit caulèz depuis long-tems à Bertrand archevêque de Nar- «
bonne qu’il avoit fort maltraité , 6c dont il a témoigné un grand repentir. «
Nous vous prions donc au nom de Dieu, & pour l’amour que vous devez «
Importer, de réparer ces dommages -, linon lâchez qu’il en fera quitte, &«
que vous demeurerez en votre propre péché. «
Quoique cette lettre ne foit pas datee , elle peut fervir d fixer d peu près
l’époque de la mort d’Aymcri, puifqu’elle efl anterieure d la dépofition de
Bertrand archevêque de Narbonne , arrivée en 1 106. comme -nous le ver¬
rons bientôt. Il paroît d’ailleurs que ce vicomte n’étoit plus en France au
mois de Juillet de l’an 1 1 04. car « la comteffe Mahaud , 6c Aymeri de Nar. «
bonne fon fils , donnèrent d alors pour le prix de cent fols, d Jean de la « àc*uiibid.
Monnoye, toute la monnoye de Narbonne , fans l’aflujettir à aucun autre « £ f $7. J'*‘
devoir leigneurial , qu’à celui de rcconnoître leur autorité , avec le pouvoir «
de fabriquer une livre de monnoye d’argent par femaine d perpétuité , 6c »
permiifion d’aliener ce droit de leur conlentement. » Cet aéle qui eft foulcrit
par Guillaume- Raymond delà Rcdorte, Berenger-Raymond de Narbonne,
& Raymond fils de ce dernier , prouve évidemment que Mahaud eut la
tutelle de lès enfans pendant l’abfence ou après la mort d’Aymeri I. du nom,
vicomte de Narbonne fon mari : ce qu’on voit 'encore par la confirmation e Tr.p. 509.
qu’elle, fon fils Aymeri , 6c tous les citoyens de Narbonne firent en faveur
de la cathédrale de cette ville , de la donation de la dixme du fel 6c du poif-
fon. Enfin « Aymeri de Narbonne , & la comteffe Mahaud fa mere , ( confir-« iCauliiu,
merent au mois d’ Avril de l’an un. en faveur du même Jean delà Mon-u
noye , d’Ermengarde fa femme , 6c de leurs enfans , le bail de la mon- «
noyé de Narbonne , aux conditions dont on a déjà parlé , pour le prix de «
fix cens fols Melgoricns , 6c de cent fols de Narbonup.
Ces divers monumens nous font comprendre i°. Qu’Aymeri I. vicomte
de Narbonne, qui étoit encore dans le pais P au mois d’Avril de l’an 1103. g Prp.xt},
n’y étoit plus au mois de Juillet de l’an 1104. qu’il étoit dès-lors parti
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54*
HISTOIRE GENERALE
An.iio6. çOUr \x ‘ferre-fainte, 8c peut-être même déjà décédé , 8c qu’il mourut du
moins au plus tard en x 106. z°. Qu’ Aymé ri IL lui fucceda feul dans la vicomté
de Narbontxeàl’exclufion de fesfreres, fous la tutelle ou adminiftration de
Mahaud fa mere. 30. Que cette tutelle ou adminiftration avoit fini en 1 r 1 r.
puifque dans l’a&e de cette année Aymeri 1 1. eft nommé avant Mahaud >
au lieu que dans les précedens il eft nommé apres elle. 40. Enfin que cette
dame qui étoit foeur de Boemond prince d’Antioche , 8c veuve en premiè¬
res noces de Raymond-Berenger II. comte de Barcelone, ne le retira pas
en Catalogne , immédiatement après la mort du vicomte de Narbonne fou
a mai.coni.i* fécond mari, comme quelques auteurs1 l’ont avancé. Au refteellc fe qua-
comtejj-g dans tous ces ades, parce qu’elle avoit épouféun comte en premiè¬
res noces , dignité dont elle conferva le titre après fon fécond mariage, comme
bc,«Kj P^us honorable > fuivant l’ufage du fiecle. Quant à celui d’ Admirai que
l’cvêque d’Albara donne à Aymeri I. vicomte de Narbonne , on croit ^ que
le roi de jerufalem avoit honoré ce dernier de cette dignité dans fon royau¬
me. On pourroit croire plus vraifemblablcment que Boemond prince d’An¬
tioche fon bcau-frere , la lui avoit conférée dans l’étendue de fa princi¬
pauté. On peut conjecturer auffi que l’évêque d’Albara n’a voulu lui donner
que la qualité d ’cmir ^ qui étoit en ufage en Orient , 8c qui fignifie feigneur:
mais pour mieux juger de la fignification de ce terme , il faudroit avoir le
texte latin de la lettre de ce prélat , dont il ne nous refte qu’une tradu&ion
françoife. On a déjà vû qu’ Aymeri 1. laiffa quatre fils de Mahaud fa fem¬
me , fçavoir Aymeri II. qui lui fucceda, Guifcard, Bernard- Raymond , &
Bcrenger. Celui-ci après avoir pris l’habit monaftique dans l’abbaye de
S. Pons, fut élu dans la fuite abbé de la Graffe , 8c parvint enfin à l’arche¬
vêché de Narbonne. Quant à Guifcard 8c à Bernard-Raymond , nous igno¬
rons leur fort.
iv. Mahaud 8c Aymeri II. vicomte de Narbonne fon fils , n’eurent aucun
Bcruïn'(\°at-de ^garé a la lCCCre de l’évêque d’Albarâ , fie ils continuèrent c de retenir le
chevéquc de domaine de l’archevêché de Narbonne jufqu’au mois de Novembre de l’an
«i^URiLe ll0<** ffue l’archevêque Bertrand fut dépofe de fon fiege. Nous connoiffons
tW abbé de l’époque précife de cette dépofition , par celle de l’clection du cardinal
MatHUe lui Richard ahbé ée S. Victor de Marfcille Ion fucceflèur immédiat, qui étant
fuccciic. décédé d le is.de Février , après avoir pofjedè l'archevêché de Narbonne 14. ans ,
cPr.74oo. 3. mois & ïo. jours , doit avoir été élu par conféquent le 5. de Novembre.
AfG^'.chrttU Gr comme Richard étoit déjà certainement archevêque de cette ville au
v.Mnb.tdum. mois de juillet c de l’an 1107. il fut donc élu le 5. de Novembre de l’an
i x 06. 8c non en 1 107. ou 1x08. comme on l’a prétendu.
Nous ignorons le motif pour lequel Bertrand fut dépofé -, peut-être Tac-
eufa-t’on de fimonie, 8c que la comteffe Mahaud fon ennemie, employa
le crédit de Boemond prince d’Antioche fon frère, afin d’engager le pape Pafcal
II. à envoyer un légat dans la province, pour taire le prucex à ce prclat.
iv.MMi.id Nous fçavonsf en effet que Boemond alla à Rome en 1 ic6, qu’il vint la
m^me année en Prance accompagné du cardinal Brunon évêque de Segni ,
no,. imo. légat du faint fiege , 8c que ce dernier fe rendit vers le même tems à Tou-
Md «»». nos. \oufeg ^ où il exerça fa légation, fie décida un différend qui étoit entre les
” S religieux de Moiffac 8c ceux du Mas-Garnier.
é'/'îî- Richard , lorfqu’il fut élu archevêque de Narbonne, étoit actuellement
légat en Efpagne, où le pape Grégoire Vil. qui l’ avoit élevé au cardinalat,
l’avoit envoyé.. On a dit ailleurs qu’il étoit fils de Richard II. vicomte de
Milhaud 8c de Gevaudan, 8c qu’il avoit fuccedé en 1079. à Bernard fon
frere dans' l’abbaye de S. Victor de Marfeille , où ils avoient pris l’un Sc l’au¬
tre l’habit monaftique. Richard rend lui-même témoignage11 que le papePaf
IT Axiv irrpnv rln rlnrrrr» R/ A n A a mn 1 ,r* 1 il _
no^».69.
cCone l.tê.i o.
p.iJO.frftq.
b^. liO o.
V.
Le pipePaC- cal II. l’accorda aux vœux du clergé 8c du peuple de Narbonne, qui l’élû-
iànV u’pt” rent unanimement pour leur archevêque , après la dépofition de Bertrand.
mce&coofir- Au refte il eft remarquable que ce prclat depuis fa promotion à cet archevêché
n'cV“PvTwe ne prit plus le titre de cardinal, comme nous le prouverons dans la fuite.
Pafcal II. confirma cette élection peu de tems avant fon arrivée en France,
où il vint à la fin de l’an 1106. Ce pape étoit en chemin pour s’y rendre,
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S.
lorfqu’il confirma * à Parme le 1. de Novembre de la mçme année Hugues AN.iiod,
abbede S. Gilles dans la vallée Flavienne, dans l’autorité qu’il avoir lur le *Bak*-My-
monaftere de S. Gilles de Semichcn en Hongrie , fondé four des François vers valait &nn.
l’an 1078. par le roi Ladiilas qui y avoir été inhumé. Pafcal approuva en io?s.".4s.
même teins tous les privilèges que ce prince avoir accordez en faveur de cette
derniere abbaye , qui fuivoit fans doute U réforme de Cl uni , puifque celle
de S. Gilles fur le Rhône, dont elle dépendoit, l’avoir embraflée b. n’*7*
Hugues c abbé de S. Gilles vivoit encore en iti6. Pierre-Guillaume qui en c tub.ada™.
croit religieux êc bibliothécaire, lui dédia alors un traité qu’il avoir corn-
pofé fur les miracles de ce fainr. L’auteur marque dans cet ouvrage qu’on
jetta la même année les fondemens d’une nouvelle églilè , parce que l’an¬
cienne n’étoir pas affez grande pour contenir l’affluence des pèlerins qui ve-
noient de toutes parts à ce monaftere. Outre cette églile dédiée fous l’in¬
cation de S. Gilles , il y en avoir deux autres, fqavoir celle de S. Pierre de-
ftinée pour les religieux, donc le chœur contenoi^So. ftalles , & celle de la
Vierge. Les fondemens de la nouvelle églife furent jettez le lundi dansl’oélave
de Pâques de l’an 1 1 1 6. fuivant une inicription qu’on lit encore fur la mu¬
raille. C’étoit une des plus belles de toute l’Europe j mais les Calviniftes
en détruifirent la meilleure partie en 1 j 61.ÔC r 6 1 1 . Reprenons le voyage de
Paical IL en France.
Ce pape célébra d à Clttni la fête de Noël de l’an no6.&y féjourna juf.
qu’au mois de Février. Il parcourut enfuice diverfes villes de Bourgogne , &
tint au mois de Mai fuivant un concile àTroyes , où il donna une bulle le ».t*.
15. de Juin en faveur de l’abbaye de S. Pons de Tomieres. Il partit bientôt
après de cette ville , traverfa le Bourbonnois , paffa à Soucillanges lur les f. lo.
confins de l’Auvergne , arriva dans le Vêlai lur la fin decemois,& ferendità -
Privas dans le Vivarais. Il y confirma f le 1 }. de Juillet de l’an 1107. Ri- iio7*
chard archevêque de Narbonne , & les fucceflèurs de ce prélat, dans la f
poflèlîion des biens de cette églife lituez dans les comtez de Narbonne , de ffî*
Beziers, Rafez, Subftancion & Nilmes , entr’autres de l’eglife de S. Paul,
de la moitié du comté de Narbonne , êc des droits que le comte y éxigeoit. Pafcal
ordonna en même teins que les évèchez de Beziers , Carca(Ibnnê,Touloufe}
Elne, Agde,Lodeve, Maguelonnc, Nifmes ôc Ufez , feroient toujours fou-
misà la métropole de Narbonne, qu’il confirma dans fa primatic fur la fécon¬
dé Narbonnoije , ou métropole d'yiix , ainfi qu'il avoit été ordonné par Jes fré-
deceffeurs.
Le pape ayant pafie le Rhône à Valence quelques jours après , termina 1 ',M*b*Unn.
un différend g qui étoit entre les abbez de la Chaife-Dicu & d’Aniane , au
fujet du monaftere de Notre-Dame de Goudargues au diocèfe d’Ufez, que in4 J.m.&
chacun prétendoit devoir lui être fournis. Il donna gain decaufe à la der- Mi¬
nière de ces abbayes , fur le rapport que lui firent de cette affaire le car-, ** J‘* ’
dinal Richard évêque d’Albano, quatre autres évêques , parmi lefquels étoit
Gautier de Maguelonne , & fix cardinaux , donc trois éeoient prêtres , &
trois diacres, auxquels il en avoir renvoyé l’examen. Il fit encore quelque fé-
jour aux environs du Rhône , & fe trouvoit à Aiguebelle dans le diocèfe de
S.Pons-Trois-Châceaux à deux lieues de Viviers le 3 . d’Août 3 mais il repaffa
bientôt après les Alpes , & retourna à Rome.
Gautier évêque de Maguelonne avoit donc fuccedé à Godefroy fon pré-
deceffeur dès l’an 1107. Sc non pas feulement en 1108. ou mo. comme de MÎguciol?
quelques auteurs h l’ont avancé. Nous fq avons d’ailleurs* qu’il étoit le o.de £ant,ct
Mai de l’an nzy. dans la XXII. année de fon épifeopat 3 il fut donc élû ccdcrnuT.^
au plus tard au commencement de Mai de l’an 1 104. & il peut être parvenu h, verdat.fi,.
à cet évêché dès l’an 1103. ce qui rend très-incertain ce qu’on rapporte du %‘^'oû
voyage de Godefroy fon prédecefleur en Syrie , où on prétend qu’il mourut - Ga,.jnt,ij.
car il étoit encore dans le pais k en 1 103. ’ f*//
Godefroy avoir eu quelques années auparavant un différend confiderable
avec Raymond comte de Subftancion ou de Melgueil. Celui-ci 1 fe mettant peu p 9frr rj
en peine du délaiffement que le comte Pierre fon pere avoit fait en faveur y.vnlj.’au.
Tome JJ. X x f- i0°-
VI.
Différend en-
tic- Raj mond
conuc de Sab-
ft.inrion &Go-
iioy éveqm
; Maguclon-
rc. C.auticc
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An. 1 1 07.
a Btrtold. Md
MfW. OyJ.
b Pr.ibid .
• Verdâl.ibid,
b 797'
’Verfisvici-
bus»
A-jM-f-tor.
c AnAicâ. toA.
•&[*!•
VJ*y *d ***•
noz.af*
f C jAi.xbii.f •
94-
G/UUcbr.to.î.
g Mfde U btll.
UuAot, n. 416.
h Gmt Md. ,
04*
VII.
)iffcrcmi cn-
- l’iirchcvô*
ic & le vi-
mtc‘lc Njf-
>onc. XII.
3ncilc de
etc ville.
Vrf.)99>&
i C Art mi. de
irch.de Narb.
Pr. ib'td.
i Conciito. 10.
670.&f*q.
Chronol. des
\b de S. PonSf
10.
n Pr.ibid.
* Bajuli*
HISTOIRE GENERALE
de l’églife de Maguelonne, de divers droits dont fes prédecelîeurs avoîent
joui lur le domaine de cette églile , continuoit de les lever. L’évêque pour
obliger le comte à fe défifter de Tes prétentions, l’excommunia, 6c partit
aulli-côt pour Rome , où il affilia a la troifiéme femaine d’après Pâques
de l’an 1099. à un concile qui s’y tint alors. Raymond fouffrant impatiem¬
ment de fe voir excommunié , fuivit b bientôt après Godefroy , accompagne
de la principale noblellè du pais. A fon arrivée à Rome il le prefenta de¬
vant le pape Urbain 11. 8c lui demanda l’ablolution de fon excommunica.
tion. L’evêque de fon côté plaida la caufe , 8c le comte ayant été convaincu
d’avoir viole le ccftament de ion pere , s’avoua coupable , fit hommage au
pape de fon comté en prelènce de toute la cour Romaine , promit de payer
tous les ans au faint fiege une once d’or de redevance, conformément à ce te-
ftament,8c renonça à tous les droits qu’il avoir exigez jufqu’alors fur l’églilè
de Maguelonne. Raymond confirma toutes ces choies au mois de Septembre
de- la même année aprè^fon -retour en France , 8c étant peu de tems après
fur fon départ pour le pèlerinage de S. Jacques en Galice , il renouvclla fes
promettes , choifit là fcpulture dans l’églife de Maguelonne, à l’exemple de
fort pere , 8c abandonna aux chanoines l’cglife de S. Cofme , au fujec de la¬
quelle ceux-ci avoient un différend avec l’abbaye d’Aniane.
On loue beaucoup Godefroy évêque de Maguelonne d’avoir c réformé
fa cathédrale, où il établit les chanoines réguliers, 8c d’avoir rendu l’ancien¬
ne liberté à fon églifé , fbit en ôtant aux feigneurs féculiers les biens dont
ils s’étoient emparez lùr elle , foie en obligeant les comtes de Subftancion i
fc foûmettre k leur tour * aux evéques : preuve qu’avant fon épilcopat les
comtes regardoient cès prélats comme leurs feudataires.
Gautier fucceffeur de Godefroy a voit été auparavant1^# èleve , c’eft-à-dire
qu’il avoit été fans doute chanoine de Maguelonne. Il étoir né e à Lille en
Flandres, 8c il n’ett pas diffèrent de Walterus , à qui on attribue une colle-
dion fur les pfeaumes, ôc que certains auteurs * font évêque d’une préten¬
due ville de Maguelonne dans les pais bas , laquelle n’a jamais fubfifté. Gau¬
tier n’eft pas l’auteur de cet ouvrage intitulé les fleurs des Pfeaumes : ce fut
Letbert chanoine de Lille , 8c enftiite abbé de S. Ruf d’Avignon qui le
compofa, comme il eft marqué dans une préface que Gautier lui-même y ajoû-
ta, 8c qu’il adreffa à Robert prévôt du chapitre de Lille fon parent: ainfî
c’eft mal-à-propos qu’on le lui donne dans quelques manuferits g. Gautier
étoit cependant très-capable d’un* tel ouvrage , car il joignoit à beaucoup de
piete 8c d’érudition , une grande application à l’étude de l’écriture fainte ,
comme il paroît par la lettre que lui écrivit b le cardinal Brunon évêque
de Segni qu’il avoit connu à Rome , 8c avec lequel il étoit fort lié d’amitié.
Le temporel de l’églife de Narbonne étoit dans un très-grand défordré,
lorfque Richard de Milhaud fut promu à l’archevêché de cette ville. Les
vicomtes* en détenoient toujours la plus grande partie , 8c les châtelains 8c
les viguiers k prépofez à l’adminiftration des châteaux 8c des villages qui en
dépendoient , fe les étoient appropriez. Richard n’eut pas été plutôt élû ,
qu’il fe mit 1 en état de fe faire reftituer tous ces domaines , Sc ayant trouvé
de la réfiftance il eut recours aux armes fpirituelles. C’eft ce que nous avons
lieu d’inferer de la plainte m qu’il porta en r 107. au pape Pafcal II. de ce
que Pierre abbé de S. Pons , 8c Raymond abbé d’Alet , communiquoient
avec ceux qu’il avoit excommuniez ou interdits. Le pape écrivit là-deffus
aux deux abbez , 8c leur ordonna de fe conformer aux decrets du concile
deTroyes qu’il venoit de tenir.
Richard n s’accorda dans la fuite avec le vicomte Aymeri II. qui s’étant
rendu avec la comteffe Mahaud fa mere, fes officiers*, 8c plufieurs barons du
pais , dans un concile de la province que ce prélat avoit affemblé , lui fit
hommage pour les biens qu’il tenoit de l’églife de Narbonne. Richard donna
alors à Aymeri les mêmes fiefs que Guifred fon prédeceffeur avoit donnez à
Berenger bifayeul de ce vicomte 5 mais leur réconciliatioh ne dura pas long-
tems , 8c ils le brouillèrent de nouveau à l’occafion du dénombrement de
ces fiefs.
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DE LANGUED O C. Liv. XVI.
54 7
Richard eutau/ïï un dcmclé a au commencement de fon épifcopat avec Ber- An. s jo 7.
nard-Aton vicomte de Beziers 6c de Carcafîbnne.Ce fut au fujetde i’homma- Hommage
ge que le dernier devoir à ce prélat pour divers domaines dépendans de Pégliiè de Béraud-
de Narbonne', qu’il poilêdoic en qualité d’heritier du comte Pierre- Raymond jY’LzieYi
fon ayeul maternel, à qui l’archevêque Guifred les avoir donnez autrefois pour i-archevéque
obtenir fon iêcours contre le vicomte Berenger. Bernard-Aton offfoit de rendre d‘
cet hommage à Richard, mais il vouloir y comprendre le lieu de Capeftan , J *'
aujourd’hui petite ville du diocèfe de Narbonne , ce que l’archevêque ne
vouloit pas lui permettre. Ils s’accordèrent enfin par i’enrremi/e d’Ame-
lius évêque deTouloufe, de Raymond évêque de Carcafionne, & de quel¬
ques autres arbitres. Le vicomte fe défifta de iâ demande * & l’archevêque,
étoit parent & fon ancien ami , lui donna une plus groiîè Pomme d’argent
que fes prédeceftèurs n’avoient donnée à ceux du vicomte & i fon ayeul. En
conféquence Bernard-Aton fit hommage àRichard,&: lui prêta lèr ment de fide¬
lité contre tous , excepté contre le comte de T ouloufe , contre Alfonfe fis appelle
de Raymond , Richard & Gilbert & fes propres vafjaux.
Cette claufe peut fêrvir à fixer l’époque de l’aéte qui n ’eft pas daté : car il efl
pofterieur à l’élection de Richard à l’archevêché de Narbonne , arrivée à la fin
de l’an 1106. 6c anterieur à l’an 1 1 x z. car Gilbert, qui y efl excepté avec /on
frere Richard, droit alors déjà décédé. Ces deux freres étoient neveux de
l’archevêque Richard , 6c c’elt fans doute la railbn pour laquelle le vicomte
Bernard-Aton ne les comprend pas dans fon ferment. Quanta» comte de Tou-
loufe , dont il ne dit pas le nom , & qu’il excepte, avec Alfonfe fils du comte
Raymond , à caufe qu’il étoit fournis à leur fuzeraineté, c’eft une preuve que
le premier eft le même que Bertrand fils de Raymond de S. Gilles , 6c que
le fécond étoit alors venu de Syrie en France.
Nous apprenons l’époque de cet événement d’un ancien hiftorien b , qui iX.
affure » que Guillaume de Montpellier , gr- les autres capitaines de Provence , « de'**
ayant appris la mort de Raymond de S. Gilles, emmenerent dans fa patrie a MonpJuia
Alfonfe fils de ce prince, âgé alors d’environ quatre ans. » Le jeune Alfonfe am«c cnFran-
qui étoit né en 1103. pafia donc en Europe vers l’an 1107. Cet auteur ajoure ùiJcjcjcma
que cela fe fit fans la participation du comte Bertrand qui n’en fut pas cepen- AMônfc-jour. -
dant fâché, dans l’efperance qu’Alfonlê fon frere foutiendroit la gloire de fes ^fjondde
ancêtres. • s. Gilles.
Nous comprenons par là que Guillaume V. feigneur de Montpellier entre- f> Gu,u.M»im.
prit vers l’an noy. un nouveau voyage à la Terre-iâinte. Il eft certain en L%ffOTEL,
effet que ce feigneur étoit de retour en France après la première cro ifade , ». ,.
dès le mois de Janvier de l’an r 103. puifqu’il pafia alors à Montpellier un
accord c avec Rayniond-Guillaumeévêque de Niftnes , & Bernard-Guillaume c Bruflti nf»g.
frere de ce prélat , , touchant vigne rie & la baidie de Montpellier, qu'il leur J“ fl "y ‘ *
donna en fief, & aux defeendans du dernier à certaines conditions. On voit
parles a&es qui furent dreflèz à cette occafion , en quoi confdoient les droits /<??•
attachez à cette viguerie , 6c que le viguier avoic la principale autorité à
Montpellier après le feigneur, dans l’adminiftration de la juftice. Guillaume
fe réferva en même tems la juftice des chevaliers 4 , 6c la part que la femme *Milhum.
avoit aux plaids lorfque la fomme dont il s’agi/Ibit excedoit celle de quinze
fols. Ce feigneur donna outre cela en fief à l’évêque de Nifmes , & à fon
frere, le château fitué à la porte de S. Nicolas de Montpellier , avec plu -
fleurs maifons, 5c quelques droits, entr’autres fur les fours qui^avoient été
conftruirs dans cette ville durant la vie de Guillaume fon ayeul. Godefroy évê¬
que de Maguelonne donna d de fon côté en fief à Bernard-Guillaume, frere de d Gtr.ftr.puJ.
l’évêque de Nifmes , la viguerie de Montpeilleret. Ces deux freres étoient , à M‘i: *°-
ce qu’il paroît e, de la race des feigneurs de Montpellier , d’une branche puî- Yk note
née , qui avoic reçûen fief de l’aînée la viguerie de cette ville & de fes dé. xxxrn«.j.
pendances.
Guillaume V. feigneur de Montpellier s’accorda f vers le même tems avec f Pr/.}C).
Raymond comte de Subftancion ou de Melgueil , au fujec des leudes ou péa¬
ges que ce dernier éxigeoit fur les chemins de Montpellier. Raymond promit de
ne plus les lever ni fur les Juifs , ni fur les Chrétiens , 6c les donna en fief à Guil-
T orne II. X x ij
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X.
Le comté de
Xouergue é*
choit en parta¬
ge a Alto oie-
Jourdain.
a Pr.f. 370.
Crje^
XL
La v ile de
Gircallbn ie fc
loumcc au
comte Je Bar¬
celone. Le vi-
ci> nrcBcrnard-
Aton la re-
pren L
b NO 7 r. X L VI.
çLiv. X ‘.n.ig.
<1 Pr.p. 13.
• Pr.p.i7l.
Î4S HISTOIRE GENERALE
1 au aie , avec promeiTe, tant envers ce feigneur, qu’envers Raymond-Guil¬
laume eveque deNifmes, 6c Bernard-Guillaume frere de ce prélat, d’ac¬
corder une entière fureté aux habitans de Montpellier qui viendroient à Ion
château de Melgueil.
Aurcftc nous ignorons fi Guillaume V. alla rejoindre Raymond de S. Gilles
du vivant de ce prince, ou s’il entreprit feulefricnt après fa mort le voyage
de la Terre-lainte pour en ramener Alfonfc. Ce qu’il y a de certain , c’eft
qu’il donna en cela un témoignage d’amitié 6c d’attachement à la mémoire
du pere de ce jeune prince , auquel il avoit toujours été lié très-etroite-
ment. Quant à Elvire de Caftille veuve de Raymond , nous ne fçavons pas
fi elle ctoit alors déccdée , ou fi elle repafla en Europe : car il n’elt plus taie
mention de cette princcfie depuis la mort du comte l'on époux.
11 paroît qu’après le retour d’Alfonfe-Jourdain de la Terre-fainte , Bertrand
comte deTouloufe fon frere lui céda le comté de Rouergue, fi Raymond
de S. Gilles leur pere n’en avoit déjà dilpolé avant la mort, en faveur de
ce jeune prince. C’eft ce que nous inférons d’un aéte J par lequel « Aymeri II.
» vicomte de Narbonne promet au vicomte Bernard-Aton de ne pas lui ôter
» les villes de Béziers, de Carcailbnne , Agde , Nifmes, Rafez 6c Albi, &
53 fes autres domaines ; 6c de l’aider contre tous, excepté contre i’archevê-
»j que de Narbonne, le comte deTouloufe, le comte de Rodez, le comte de
33 Bczalu , 6c les deux frères Gilbert 6c Richard. 3> Cet acte n’eft pas daté : mais
il cil anterieur à la mort de Bernard dernier comte de Bezalu arrivée en nu.
ainfi il eft à peu près de l’an 1107. Il cft évident que le comte de Rodez, ou
plutôt de Rouergue , dont il y cft fait mention , doit être different du vicomte
Richard qui acquit le comté de cette ville des comtes de Touloufe, puifque
celui-ci y eft nommé feparément. Il faut donc que le vicomte de Narbonne
ait voulu defigner par ce titre le jeune Alfonfe- Jourdain, à qui Je comté de
Rouergue fera échu, comme au puîné , conformément aux partages prece-
dens faits entre les princes de la maifon deTouloufe.
Bertrand comte de cette ville marcha b vers le meme tems au fecours du
vicomte Bernard-Aton fon vallul ; voici à quelle occafion.
Nous avons remarque ailleurs c que ce vicomte avoit promis avec ferment
à Raymond- Berenger III. comte de Barcelone, de lui reftituer la ville & le
comté de Carcallonne, lorfque ce prince feroit fait chevalicr,c’cfc-à-dire quand
il feroit parvenu à fa majorité. Raymond-Bcrcoger ayant atteint l’dge de 14.
ans à la fin de l’an 1096. demanda d alors cette reftitution : mais le vicomte
ne fit aucun cas de fa demande. Le comte qui n’étoit pas en état de fe ven¬
ger de ce refus, dilîimula pendant quelques années : il pratiqua enfin une
intelligence dans Carcallonne, dont la plupart des hp.bitans qui lui étoient
entièrement dévouez , fe fournirent à fon obéillince , 6c fecouerent le
joug du vicomte. Ce dernier fe voyant chalîe de cette ville , rélolut de la
reprendre : il implora la protection de Bertrand comte de Touloufe fon fuze-
rain, à qui il renouvella l’hommage pour le comté de Carcaflcnne, 6c qui
l’aida de toutes fes forces. Bernard-Aton mit auflî-tôt le liege devant la place}
6c comme les aliiegez n’avoient aucun fecours à attendre du comte de Bar¬
celone , à caufe que ce prince avoit la guerre à foutenir contre les Sarafins ,
ils capitulèrent enfin 6c fe rendirent au vicomte } à condition qu’ils ne fouf-
friroient aucun dommage, ni dans leurs pe.Vonnes, ni dans leurs biens } ce
que Bernard-Aton leur promit par ferment. En conféquence les chevaliers , lei
bourgeois •- , 61 les autres habitans de Carcafiônnc , jurèrent fidelité à ce vicom¬
te, a fa femme , & à fes fils } mais Roger k fon fils aîné viola bientôt après fes
promefies. Ce feigneur âgé alors d’environ 18. à 20. ans, n’eut pas plûtôc
appris que la ville s’étoit foûmifcà fon pere, qu’il y accourut , fit enipri-
fonner de fon autorité les principaux habitans } 6c après leur avoir fait arracher
les yeux 6c le nez, 6c les avoir fait eunuques , il les chaflà honteufement du
païs. Ces malheureux fe réfugièrent auprès du comte de Barcelone , qui tâ¬
cha de les confoler dans leurs malheurs. Ce prince extrêmement irrité de
cet attentat , rélolut aufiî-tôt d’en tirer vengeance : mais il fut obligé de la
différer , parce que les Arabes ou Mahomctans menaçoient fes états d’une
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xir.
Retour Je R°m
gn J /. comte
pour le </c Foix Je U
Terre /.mue.
*X X o M .
a Pr. />. ? < g.
DE LANGUEDOC. Ei v. X VJ. _
prochaine irruption 3 ainfî Bernard - A ton demeura paifïBle poflefleur des An.iio?.
comtez de Carca/Ionne St de Rafez, donciJ ne prie cependant toujours que Je
titre de vicomte. _ .
Roger II. comte de Foix revint peut-être de là Terre- fainte avec le jeune
Alfonfë-Jourdain. Nous n’avons du moins aucune preuve qu’il ait été en Oc¬
cident depuis l’ail 1095. qu’il vendit ■* une partie de fon domaine
voyage de Jerufalem , jufqu’en 1108. qu’il rcflitua uvec fin fils Roger ,
moyennant 80. fols monnoye de Touloufe , au monartere de Notre-Dame
d’Alet , les droits injuftes qu’il éxigeoic dans un village de fon domaine qui ixfjyyi.'&jlf
avoit été donné à cette abbaye par Roger comte de Carcujonne. On voit par là
que Roger II. qui en 109 y. n’avoit pas d’enfans b de Sicarde fa première *> y- note
femme, avoit en 1108. un fils de Stéphanie ou E rien net te qu’il a voit époulée XXIL *’*'
en fécondés noces. L’aéle de cette reiticuricm cfirdatc fimplement de tan noS.
fous le régné 'du roi Philippe 3 ce qui prouve qu’il cft anterieur au 3. d’Août delà
la même année , jour de la mort de ce prince.
Louis VI. du nom fon fils, lurnommé leGros , qu’il avoir afiocié à là royauté xilh
quelques années auparavant, lui fucceda : mais il fut à peine fur le throne,
que la plupart des grands d vallàux du royaume, entr’autres le roi d’ Angle- ie oHpolcà loii
terre comme duc de Normandie , 8c les ducs d’Aquitaine 8c de Bourgogne
refuferent de lui rendre hommage. Il n’eft point dit que Bertrand comte de k. Raymond
Touloufe ait été de ce nombre. Le dc/îêin qu’a voit ce dernier de pafler Cü"!f‘
bientôt en Orient l’obligeant à lai dé r fes états en paix, le porta fins doit ce fî'JZ piépiTi
à fe foumettre des premiers. Le comte de Barcelone envoya de fon cote des ltfi»vrc-
ambaflàdeurs à Louis le Gros au commencement de l’année faivante, tanr
pour reconnoître fa fouveraineté , que pour implorer (a protection contre f
une nuée d’infideles qui étoient venus d’Afrique en E/pagne, s 'et oient anpro- f !'fj "f
chez à deux ou trois journées de fa capitale, 8c défoloienr Je pais. Quoique F
le roi fut en guerre avec divers leigneurs de France, il promit de marcher
au fecours de ce prince, en reconnoillàncc de fa fidelité 5 ôc pour fe difpofer
à cetre expédition, il fit la paix avec quelques uns des grands va, faux du
royaume qui lui étoient rebelles, & qui enfin lui rendirent hommage. Il con¬
clut une trêve avec les autres, 8c leur accorda un delai pour s’acquitter de
ce devoir : il ne paroît pas cependant qu’il air pafîc au-delà des Pyrénées.
Bertrand comte de Touloufe , dans le defîèin d’aller, à l’exemple de fon pere,
confacrer le refie de fès jours à faire la guerre aux infidclles dans lfi Terre-
fainte , difpofa toutes chofes pour fon départ. Afin d’éviter les périls que ce
dernier avoit courus en prenant là route par terre, il réfoluc d défaire le
voyage par mer, 8c fit équiper une Ilote à S. Gilles fur le Rhône, où il
donna rendez-vous à la noblcflè de fes états , qui voulut bien le luivre. Nous
ignorons les noms des feigneurs de la province 8c des pais voilins qui s’en¬
gagèrent dans cette nouvelle croifàde : mais il y a lieu de croire que Ray¬
mond comte de Melgueil ou de Subfiancion, coufin germain de ce prince ,
fut du nombre. Nous avons cen effet un tefiament qu’il fit vers le même p.,f
tems , étant fur le point de partir pour Jerufalem. Raymond donne par cet acte à '"'“'A
uop.
JAlb. Aq.l.lu
’• 3‘
c S fie U. to.y»
l*.pnfê
&
l’églife de Maguelonne, en cas qu’il vînt à décéder dans le voyage, 8c que
fon fils mourût fans enfans légitimés , les droits qu’il avoit fur les lalines 8c \o0.:,Utiunf
fur leport le long de la mer. 11 laiflë après fa mort l’adminifiracion des biens . { note
de fon fils, à fà femme, à condition qu’elle vivroit en viduité ; linon il lui ,\iv. ‘
donne dix mille fols Melgoricns outre fon douaire *. Il met fon fils fous la tu- Pons ll>bé <h
telle de (a mere , c’eft-à-dire del ’ayeule de ce jeune fè/gneur. Enfin il fait di-
vers legs à plufieurs de fes vallàux, fur la monnoye de Melgueil qu’il avoit ^Md^ual.
engagée pour la fomme de treize mille fols. Raymond ne marque dans
cet acte ni le nom de fà mere, ni ceux de fà femme 8c de fon fils , qiie/>.t,io.&/f
nous connoifTons d’ailleurs. La première appel lée Almodis éroit fœur f de L v"f‘
Raymond de S.Gilles 5 la fécondé s’appelloit Marie : mais nous ne fçavons pas '
fon extraction. Quant à fon fils , il fe nommoit Bernard. Enfin Raymond thri>n-
fait mention dans fon tefiament de fa fœur Adcle femme de Pierre du Ptty. t». "Ami!
Pons g , qui fut élu abbé de Cluni, quelques jours après la mort de faine su"-
Hugues fon prédeceflèur arrivée le zy. d 'Avril de l’an 1109. croie freré c, afffri4' uf"
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An.i 109.
a V. NOTE
xxxvi.n.+.
&J'i'
b CUufrid.Vef.
•to.XybibL Lab.
t O'der. Vital .
adano.in^
ibitL
3 Bibl. Clun.
ibid
V.Mab.ad ann.
1109 n-7 « ..
Gail.chr.nov .
tii.to 4/UI34
&M-
c Bibl . C/m».
d?c.tbid.
Concil.to. 10.
#
g Arnica,
r. M?r£
ibid.
h V. KOTTÎ
ibid. n. j.
iBibl . C/m».
f-578-
kPf.MH-
1 Bibl.Cluo.
ibid*
mCcncil t. 10.
f.6Ü6.&/eq.
3fO HISTOIRE GENERALE
du même comte de Melgueil. On lui donna au baptême le nom de Pons, qui
étoit celui du comte deTouloufe fon ayeul maternel - : fes parens l’offrirent,
étant encore enfant, à l’abbaye de S. Pons de Tomiercs,où il prit l’habit mona-
ftique. Il avoit atteint à peine l’àge d’adolefcence qu’il fut élu évêque 5 mais
le pape Pafcal II. qui étoit (on parain , s’oppofa à fa promotion à l’épifco-
pat, 6c le mit entre les mains de S. Hugues abbé deCluni , qui le fit élever
fous fes yeux dans ce célébré monaftere, où Pons fit une nouvelle profeffion.
Ce pape appelle auparavant Raynicr , l’avoit tenu fur les fonds, lorfqu’é-
tant cardinal ôc légat du pape Grégoire VII. en Efpagne , 8c dans la Nar-
bonnoife , il en exerçoit les fondions dans cette derniere province. On pré.
tendb que Pons fut prieur de l’abbaye de S. Martial de Limoges, dépendante
alors de celle de Cluni. Ce qu’il y a devrai, c’eft que l’elperance que les
religieux de la derniere conçurent de fon bon naturel , 6c de fon éducation,
les porta, quoiqu’il fut encore fort jeune , à l’élire pour leur abbé. Le por¬
trait que fait de lui un auteur contemporain c effc en effet des plus avan¬
tageux. « Pons fils du comte de Melgueil, dit cet auteur, 6c filleul du pape
» Pafcal , par l’ordre duquel il avoit été élevé à Cluni , étoit encore jeune
» lorfqu’il en fut élu abbé. Il étoit d’une taille médiocre , d’un naturel
» docile, gai 6c affable , mais formé à la vertu. Il avoit le teint blanc 6c
» un très-beau vifage , 6c il n’étoit pas moins recommandable par fa naif-
» fance , que par fes mœurs , car il appartenoit par le fang aux rois 6c aux
» empereurs : enfin il étoit très- bien inftruit dans la pieté 6c dans les lettres. «
Pons nous fait connoître lui-même l’ancienneté de fa noblcfle , quand il mar¬
que dans les lettres de la focieté d de prières qu’il établit entre entre fon ab¬
baye de Cluni ôc celle d’Aniane, qu'il étoit parent des fondateurs de la der¬
niere. Il étoit donc de la race de S. Benoît d’Aniane , fils d’un comte de
Maguelonne ou de Melgueil * ce qui remonte jufqu’au régné de Pépin le
Bref, ôc au tems même des rois Viiigots qui avoient régné dans la Septi-
manie.
Pons e fut béni abbé de Cluni le 9. de May de l’an 1 109. par Gui arche¬
vêque de Vienne, qui fut enfuitepape fous le nom deCallixtelI. Il reçut la
même année deux donations faites à fon monaftere , l’une par Judith fa
tante g , veuve de Robert, ôcmere de Guillaume comtes d’Auvergne, la¬
quelle lui donna entr’autres une fomme pour acheter une vigne dont on put
recueillir de bon vin pour le facrifice de la meffe 5 ôc l’autre par Hugues de
Lufignan , fon coufîn icrmain h , 6c fes deux fils Hugues 6c Roger. Amelius
évêque de Touloufe donna1 de fon côté en 1 1 10. à l’abbaye de Cluni , du
conlentement de fon chapitre, l’églife de fainte Colombe, Jituèedans leTou-
loufun & Le pais deChercorb auprès de La riviere de Lers. Pierre-Raymond frere
de ce prélat, 6c fa femme Adele , fœur du même Pons abbé de Cluni, ren¬
dirent alors à cette abbaye tous les biens de l’églife de fainte Colombe donc
ils étoient en pofTelfion , 6c y offrirent leur fils Guillaume , encore enfant,
pour y être religieux. L’acte cft daté de fainte Eulalieprès de Carcaflonne,
ôcfouferit par Raymond archevêque d’Auch, Ifarn prieur de Fredelas ,êc le
vicomte Bernard- Aton , qui reftitua en même tems à cette églilè tous les
biens qu’il avoit ufurpez fur elle. Nous apprenons par laque Pierre du Puy ,
mari d’Adele de Melgueil, avoit fes domaines dans la partie méridionale du
Touloufain vers le comté de Foix. Ainfi il eft fort vraifemblable qu’Amelius
évêque de Touloufe fon frere, eft le même qu’Amelius auparavant abbé k de
Foix , 6c prieur de Fredelas ou Pamiers. Ce prélat confentic 1 , avec fon chapi¬
tre, à la donation que Gérard commandeur de l’hôpital de Notre-Dame de
la Daurade de Touloufe , fit à l’abbaye de Cluni, de l’églife de Notre-Dame
de la Dalbade dans la même ville.
Pons de Melgueil fe comporta avec beaucoup de fagefîe 6c de modeftie
durant les premières années de fon gouvernement , 6c le diftingua dans dif¬
ferentes négociations importantes. 11 s’employa entr’autres pour rétablir la
paix entre le facerdoce 6c l’empire , 6c faire celïer les difputesque les préten.
tions réciproques des papes 6c des empereurs avoient fait naître. Pafcal IL
lui écrivit œ diverfesfois , 6c lui donna des marques d’une amitié finguliere.
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DE LANGÜÊDOCU. XVI. »5t
L’empereur Henri V. l’envoya à Rome en i ; 16. pour y être ion principal ain- An. 1 1 oÿ>
baflàdeur a auprès de ce pape: Pons qui fe difoic parent de ce dernier aftîfta
alors au concile de Latran. Callixte II. l’honora faen nij. ain/ï quel’evêque de t. v.cif'/.ctr*
Chiions fur Marne, d’un pareil employ auprès de ce prince, durant le Mv ed- m *■
concile de Reims : Pons y fitparoître c /on éloquence, & dé fendit avec fer- fl'o^ùeT.v,ul
meté les interets- de fon monaftere. Ce pape qui a voit étééliî dans l’abbaye
de Cluni , où Gelaiê II. fon pré deceftèur étoit décédé , accorda en xno. à
Pons, & aux abbez de Cluni fes liiccellèurs, le privilège1^ de faire par tout la dfyihcinn*
fonction de cardinal de l’églilê Romaine, & il l’inveftit en particulier de cette fIC
dignité par l’anneau : enfin cet abbé fut en relation avec les perlonnages les
plus célébrés de fon fiecle -, en particulier avec le fameux Yves de Chartres Sc
Geoffroy de Vendôme. Hildcoert évêque du Mans lui dédia la vie de faine
Hugues abbé de Cluni.
Pons ne fçût fè contenir long-tems dans les bornes de Jamodeftie: il vécut
en grand feigneur , & eut la vanité de fe qualifier abbé des abbez. , & d’afpirer , ’crj*. vit.
à ce qu’on prétend f, à la papauté. Ses grandes dépenfes l’obligerent à en- y'^f7^
detrer confiderablement fon monaftere ; ce qui fit murmurer fes religieux ,
qui s’en plaignireht au pape Calixte II. Sur leurs plaintes Pons fe rendit à Rome f o*HfnU> rtf.
au moisd’Avril de l’an m z. & déclara au pape qu’il étoit ré folu de lé demet- ,M ’
tre de fon abbaye. Le pontife tâcha de le détourner de ce deffein : mais
Pons perfiftant dans fa réfolution , il ordonna aux religieux de Cluni d’elire
un autre abbé. Le choix tomba fur Hugues II. natif de Be/ànçon , ôc aupa¬
ravant religieux de S. Pons de Tomieres. Pons partit eafuite pour l’Orienc ,
& arriva en 1 1 2 3 . à Jerulàlem g où il Ht vœu de finir fes jours. Il demeura en J
effet quelque tems dans la Terre-fiiin te , & s’y acquit une grande réputation < }
de pieté. On prétend qu’il étoit dans l’armée chrétienne, & qu’il yportoit
la lance *» de Nôtre-Seigneur qui avoir été trouvée à Antioche, lorfque les b ct!i'
chrétiens remportèrent une victoire fignalée fur les infidclles la 18 . année t'.'ul-’ *
après la prilê de Jerulàlem : mais il cft certain que Pons étoit encore alors
en Occident. Cct«bbé « après deux ans de fejour dans la Terre- fainte , chan-
fea de réfolution, revint en Italie, s’arrêta dans le diocèfe de Trevife où
bâtit un petit monaftere. Il retourna bientôt après à Cluni durant l’abfence
de S. Pierre le Venerable qui en avoir été élu abbé après la mort d’Hugues II.
& qui faifoitaékuellement la vifitc des monafteres de fa congrégation dans
la lecoüde Aquitaine. L’arrivée de Pons partagea les religieux du monaftere,
dont les uns le déclarèrent en là faveur, & les autres refulcrenr de le rece¬
voir. La noblelîe, & les gens dupais dont il avoir gagné l’afïèéh’on, prirent
hautement fon parti , l’aiderent à s’emparer de l’abbaye , y entrèrent à main
armée, la mirent au pillage, & y firent un grand carnage. Pons demeura
ainli par violence poftèllèur de Cluni depuis Je Carême , jufqu’au premier
d’Oftobre, ce qui caula un grand fchilme dans l’ordre. Pierre le Venerable
fe rendit aulfi-tôt à Rome pour implorer la proteélion du pape Honoré IL
qui liegeoit alors, & qui ordonna au cardinal Pierre fon légat à latere en
France, & àHumbaud archevêque de Lyon, d’excommunier Pons, & de le
cirer à Rome. Ce dernier ayant comparu à cette citation , le pape le dé-
{>ofa de toute dignité ecclefiaftique, comme un ufurpateur & un lacrilége,&
e fît enfermer dans une étroite prifon , où il mourut de chagrin trois mois
après, le 18. de Décembre de l’an iriy. Le pape le fit enterrer cependant
avec honneur dans le monaftere de faint André de Rome, d’où on tranfera
fon corps dans la fuite à l’abbaye de Cluni. On y voit fon tombeau, où il eft
reprefenté les pieds liez k, i caufe, dir-on, qu’il étoit décédé excommunié.
Un auteur contemporain 1 allure neanmoins que les miracles qui s’operoienc
tous les jours à fon tombeau , étaient une preuve évidente de fa faintetc ; & en
-rr__ 1 » _ 1 * 1 . i . i. r.*.- »t.. i ^ . • i . ,, _
: Jtibhçluih
que pour avoir voulu corriger les défauts de quelques-uns d’enrr’eux, fl Mont, a,
ajoute que Pons mourut dans l’abbaye de Cave, où le pape l’avoit fans doute m7‘ .
fait enfermer.
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_ HISTOIRE GENERALE
An .1109. On remarque1 qu’Aldebcrt de Peyre II. du nom , évêque de Mende, or.
£y*v. d donna dans fon églife , de même que Pons dans l’abbaye deCluni, qu’on
Men,Je.UAbb« employeroit d e bon vin pour le facrifice de la mefle. Ce prélat ,J qui avoic
dc UGraifc. luccedé après l’an 1098. à Robert , étoit neveu d’Aldebert de Peyre I. du
ville 'de PuyU noni » predeceflèur de ce dernier. Il fonda au mois de May de l’an 1109.
LaurtDs. dans fa cathédrale un anniverfaire pour Auflorge fon pere , 6c fes autres pa-
rens, 6c fit beaucoup de bien au monaftere de Chirac lîtué dans Ion diocèfe.
bPr.p. Il mourut bientôt après, puifque Guillaume III. lui avoit déjà fuccedé la mê-
^üMchmtv meann^e 1109. Ce dernier engagea en 1 113. les chanoines de fa cathédrale
à embraflèr la vie canoniale avec la réglé de faint Auguftin.
J'?- Guinard ou Gérard comte de Roulîillon retourna à la Terre-fainte , où il
accompagna , à ce qu’il paroît, Bertrand comte de Touloufe. Nousfçavons
c Mau.Hifp. en effet L qu’il étoit déjà parti le 27. de Septembre de l’an 1109. lorfque la
*,WJ4‘ comtelTe Agnès fa femme unit l’abbaye de S. André de Sureda , à celle de la
"Grafïè , avec claufe expreffe que fi Gérard, fon mari revenou du fiant Sépulcre , il
confirmerait cette union. Leon étoit alors abbé de la GrafTe, 6c avoit fuccedé
à Robert depuis l’année précédente. Il étoit fils de Pierre- Bernard feigneur
àv.Mdb.ui d’Hauterive d dans le .diocéfe deTouloufe. Il reçut durant fon gouvernement
pju(jeurs enfans de qualité de la province, à la profeffion monaftique, en-
cr’autres Roger d’Aurignac , 6c Arnaud de Pui-Laurens. C’eft le plus ancien
monument que nous connoiffions, où il foit parlé de ce dernier lieu, qui cft
aujourd’hui la principale ville du diocèfe de Lavaur après la capitale.
Phd ténu à Nous avons lieu de conjecturer que Pierre-Berenger de Fougères , dans le
Montpellier, diocéfe de Beziers, fe mit fous les enfeignes de Bertrand comte de Touloufe,
ePr;.4ia{j- & qu’il paffa la mer avec lui ; car nous apprenons e qu’etant dans le deflein
/»îî- vers ie même tems de faire le voyage de Jerufalem , où il alla effective¬
ment ,6c où il mourut , il fit une donation en faveur de l’abbaye de faine
Guillcm du Défert. Bernard-Raymond de Caftelnau fon parent fit quelque tems
après le même voyage. La donation du premier donnât occafion à divers
plaids , dont le dernier , auquel Bertrand d’Andufe préfixa , fut tenu à Mont¬
pellier en 1119.
xvll Bertrand comte de Touloufe f après avoir difpofé toutes chofès pour
PcpattdcBcr. fon 'départ, fe rendit à faint Gilles , où il fe mit à la tête de fon armée com-
-tZîc P°&e de quatre mille chevaliers pefamment armez. II laifla fans doute en
pour 1» Tctrc- partant le gouvernement de fes états au jeune Alfonfe fon frere, ouplùtôtà
(2Ta 1 1 un con^-‘il qu’il établit pour les adminiftrer au nom de ce jeune prince ■, car
c- }■&/•%■ ' il paroît qu’il lui céda tous fes domaines d’Occidcnt, 6c qu’à l’exemple de
Raymond de S. Gilles , fon pere , il prit la réfolution de s’établir en Orient,
6c d’employer le relie de fes jours à combattre contre les infidelles. Il emmena
en effet avec lui Pons fon fils unique âgé de dix à douze ans , ôc fans doute
Helene de Bourgogne fa femme. Bertrand fit embarquer fes troupes fur 40.
galeres ou vailleaux qu’il avoit fait équiper ,6c mit cent chevaliers armez dans
chacun , fans compter les mariniers. Il fit voile enfuite vers le commence¬
ment g de Mars de l’an 1 109. 6c fe rendit à Pife fur les côtes d’Italie , où
une flote de Génois 6c de Pifans compofée de 70. grands vaifTcaux ou gale¬
res , 6c de 2 o. autres moindres , l’attendoit pour le même deflein. Cette flote
^ h Ch'il TJr- étoit commandée par deux nobles Génois h , Anfaldus 6c Hugues -Ebrinus , qui
9 fè mirent volontiers fous la conduite de Bertrand , après lui avoir donné des
alfurances de leur fidelité , 6c en avoir reçu de fa protection. L’armée navale
i AW.Aq.ihd. partjt enfuite1, 6c débarqua à Amiroth , ville deGrece, fituée dans les états
XVIII d’Alexis empereur de Conflantinople, 6c peu éloignée de cette capitale.
11 va a Coq- Les habitans du païs refuferent d’abord de fournir des vivres au comte
(hnnoopic, de Touloufe êc à fes troupes : ce qui obligea ce prince d’avoir recours à la
«Efforcé pour s’en faire donner. L’empereur informé de fon arrivée, l’envoya
xis , atnvc au auflî-tôt prier , par une ambaflàde folemnelle, de fe rendre à fa cour pour y
conférer enfemble, avec promefie de le traiter favorablement, d’avoir pour
le ivccTao- lui les mêmes égards qu’il avoit eus pour le comte Raymond fon pere , 6c de
c,cdc- lui donner le pallage libre fur fes terres. Bertrand fe rendit aifément à la de¬
mande
R NOTE
Xi.yil..n. I.
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DE LANGUEDOC. Liv. XVI.
3/J
mande d’Alexis } & étant dcfcendu le long du détroit de Conftantinople , ou An.i 109.
du bras S. Georges, avec quelques perfonnes choifies de la fuite, il fe rendit
au palais de ce prince , qui lui fit un accueil très-gracieux , lui donna des
marques fingulieres de fon amitié $'& après avoir reçu de fa part le ferment de
fidelité , lui fie ,en le renvoyant, desprelens magnifiques.
Bertrand rejoignit enfuite la flote , fit voile vers Antioche , où Tancrede
commandoieenl’abfencedeBoemond, & aborda au port dcS.Simeon éloigné
de deux milles de cette ville. Il fut à peine débarqué qu’ilenvoya quelques-uns
des principaux de fon conlèil au premier , pour lui donner avis de Ion arri¬
vée , le laluer de fa part , & le prier de lui marquer une heure pour fe
voir. Tancrede reçût très-bien les envoyez de Bertrand 5 mais craignant
quelque furprilë de fa part , il fe fit accompagner de toutes lês'troupes & fe
rendit aulfi tôt au porc de S. Simeon. Son entrevue avec le comte de Tou*
loufe le palfa d’abord avec beaucoup de politefiè départ & d’autre :ilss’em-
bralîèrent tendrement, demeurèrent toute la nuit enfemble , & fe donnèrent
réciproquement des marques d’une amitié fîneere. Le lendemain Tancrede
ayant demandé à Bertrand le fujet de fon voyage, celui-ci le lui expolaavec
francliife, fie le pria en meme tems de lui remettre cette portion d’Antioche
dont fon pere s’étoit artîiré le premier , lorfque cette ville avoit été prilç par les
croifez. Tancrede acquiefça , ou fit fcmblant d’acquiefcer à la demande de '
Bertrand } mais il éxigea de lui qu’il l’aidât auparavant de toutes fes forces
à reprendre la ville de Mamiftra en Cilicie , que les Arméniens avoient livrée
depuis peu à l’empereur Alexis. Le comte s’exeufa fur le ferment qu’il venoic
de faire à ce prince -, il offrit cependant d’aller artieger Giblct fur les Sara-
fins. Tancrede peu content de cette offre , perfifta à demander à Bertrand fon
fècours pour le fiege de Mamiftra , & celui-ci à le lui refufer pour cette entre-
prilè ; ce qui irrita tellement le premier, qu’il ordonna à l’autre avec menaces
de le retirer au plutôt de les terres , 6c défendit qu’on lui fournie des vivres.
Bertrand obligé de fe remettre en mer , fit voile avec toute fa flotte vers
Tortofe , ville dont Raymond de S. Gilles fon pere s’étoit autrefois rendu maî¬
tre, ficquiétoit alors au pouvoir de Guillaume-Jourdain comte de Cerdagne.
Celui-ci faifoit fa principale rélîdence 1 au château du Mont-Pelerin : il avoit XI-X.
continué depuis la mort de Raymond de S.Gilles Ion oncle, & conformément
aux dernieres volontez de ce prince, le fiege ou blocus de Tripoli } ce qui ne Guiiiaumc-
l’empêchoit pas d’entreprendre quelquefois d’autres expéditions aux environs *
foit pour conferver les places dont le même Raymond lui avoit confié la garde lut u fuctci-
en mourant, fie qu’on appelloit le païs de CamolLa ou Camolta , foit pour ^ j
étendre fes conquêtes. Il avoit fignalé fa valeur entr’autres depuis peu con- ouïes cn o-
tre Hèrtoldin roi ou gouverneur de Damas pour les infidèles , qui l’etoit venu &
harceler aux environs du Mont-Pelerin. Guillaume ayant fait une fortie avec «TdVrrîpoh'
mille chevaliers pefamment armez , qui compofoient toute fon armée , avoit p« ic premier,
entièrement défait ce prince infidelle , fie remporté fur lui de riches dépouil- t
les. Ce comte avoit été enfuite mettre le fiege devant Archos , que Raymond & /*?.
de faint Gjlles fie Godefroy de Bouillon n’avoient pii prendre dans la pre- **lC''c"20t'
miere croifade } fie comme il avoit coutume tous les ans de faire le dégât ’ g^.bÎmw*.
aux environs de cette place , la conquête lui en fut plus aifée : car la gar-
nifon manquant de vivres , 6 c fe voyant d’ailleurs extrêmement preflée , avoit ‘cuiu.Tjr.Lii.
pris la fuite , après avoir foutenu le fiege pendant trois femaines. Le comte «• w- 6'/*??.
deCerdagne s’étoit faifi enfuite de cette ville, qui paffoitpour imprenable, 6c
avoit étendu de là fes courfcs jufqu’à Damas , fie porté la délolation dans
tout le païs.
La ville de Tortofe ouvrit fes portes au comte Bertrand, qui y trouva
tous les rafraîchirt'emens dont fon armée avoit befoin. Le lendemain il en¬
voya au Mont-Pelerin fommer le comte de Cerdagne de lui remettre le païs
de Camolta , que fon pere , dont il ctoit légitimé fuccejjeur & heritier , avoit con¬
quis avant fon voyage de Jerufalem , éc. dont il avoit difpofé en fa faveur.
Guillaume-Jourdain répondue aux envoyez de Bertrand, que c’étoit mal-à-pro¬
pos qu’il ]ui demandoit la reftitution de ce païs ^ que Raymond de S. Gilles fon
oncle le lui avoit donné avant fa mort 5 6c qu’il n’avoit celle depuis de le
Tome II, Y y
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_ 354 HISTOIRE GENERALE
AN.1109, défendre fendant quatre ans au péril de fa vie, ce qui l’avoir engagé dans de
grandes dépenfes. Prévoyant cependant que cette réponfe ne plairoit pas à
Bertrand, il aflembla fon confèil , 8c de l’avis de ceux qui le compofoient,
il envoya demander du fecours à Tancrede y avec promeflè de le rendre
fonvaflàl, 8c de tenir de lui tous fes domaines. Tancrede qui craignoît lui-
même que Bertrand ne fît quelque entreprife fur fes états , écouta fa vorable¬
ment les propofitions de Guillaume, &ils convinrent d’aller à Tortofeavec
• toutes leurs forces pour en châtier ce prince. Celui-ci informé de leur delfein
* fe rembarqua , 8c arriva le troifiéme jour devant T ripoli , dont il forma le fiege
par mer 8c par terre. Il envoya en même tems desambafladeursà Baudouin I.
roi de Jerulalem pour lui offrir fes fervices , 8c le prier de lui accorder la prote¬
ction contre Tancrede & le comte de Cerdagne , lefquels après avoir refufé
de lui rendre le domaine de fon pere qu’ils avoient envahi, s’étoient liguez
contre lui , 8c avoient réfolu de lui faire la guerre. Baudouin reçût fort bien
Pambâflade de Bertrand, prit fes intérêts avec chaleur, & promit de l’aller
joindre incelTamment. En attendant il envoya faire la déclaration fuivante à
Tancrede & à Guillaume-Jourdain : >3 Bertrand mon confrère , & chrétien comme
>3 moi , fils du comte Raymond , m’ayant demandé du fecours pour tirer raifon
33 du refus que vous faites de lui rendre les pais 8c les villes qui avoient appar-
33 tenu à fon pere ; je vais le joindre à Tripoli, de l’avis de toute l’églife de Je-
3s rufalem. Hâtez-vous donc de lui reftituer au plûtôt , de même qu’à Baù.
ssdouin du Bourg prince d’Edefle , êtàGaucelin de Turbayfèl, les places que
33 vous leur détenez injuftement , 8c prenez jour pour vous accorder avec eux,
33 afin d’établir entre vous une paix durable , fans quoi vous ne fçauriez vous
33 foûtenir contre les infidelles.
a Guiü.Tjr. 1. Bertrand en attendant » le fecours du roi de Jerulalem , fans lequel il ne
tl'e’h pouvoit efperer de forcer la ville de Tripoli à fe rendre , allaafîieger Giblet,
ville maritime de la Phenicie , qui avoir ,cté autrefois au pouvoir du comte
Raymond fon pere, & que les infidelles avoient reprife. Il fe mira latêtede
fes propres troupes ,8c attaqua cette place par terre, tandis que les Génois
8c les Pifans avec leur flotte l’afïïegeoient par mer. Les habitans fe trouvant
hors d’état de réfifter , demandèrent bientôt à capituler -, 8c après avoirobtenu
la permiffion de fe retirer où ils voudroient avec leurs femmes 8c leurs en-
fans, ils livrèrent la place aux Génois, ou plûtôt à Bertrand , qui la céda à
ces peuples, comme nous le verrons plus bas.
Ce prince revint enfuite reprendre le fiege de Tripoli. Il prefToit vivement
l’attaque de cette ville depuis trois femaines , lorfque le roi de Jerufalem l’alla
bsih.Aj.i. joindre à la tête de 500. chevaux, & d’un pareil nombre de fantaffins. b Ces
e-ll-&j‘i1 • deux princes fê donnèrent réciproquement de grandes marques d’amitié, &le
comte , conformément à fa promelie, prêta ferment de fidelité au roi, & fe dé¬
clara fon vaflal. Tancrede & le comte de Cerdagne informez de leur jon&ion,
prirent alors le parti d’obcïr aux ordres du dernier , 8c fè rendirent bientôt
après au camp devant Tripoli , de même que Baudouin du Bourg 8c Turbay-
fel. Tous ces princes fe réconcilièrent enfemble par l’entremife du roi Baudouin.
Tancrede refticua à Baudouin du Bourg les places qu’il luidétenoit, & les
comtes de Touloufe 8c de Cerdagne convinrent de l’accommodement fui-
. tAib.Jq.è" vantc. La fortereffe d’Archos que celui-ci avoir prife lui demeura, avec la
timiuiyrabiÀ. yfljg -portofe ^ ieurs dépendances , 8c toutes lesautres conquêtes qu’il avoit
faites: le château du Mont-Pelerin , les villes de Tripoli & de Giblet, & leurs
•dépendances, & en un mot tous les pais qui avoient été fournis par Raymond
de S. Gilles , furent adjugez à Bertrand , avec claufeexpreiïe que fi l’un d’en¬
tre eux venoit à mourir fans enfans , l’autre lui fuccederoit. Bertrand
prit enfuite du roi de Jerufalem l’inveftiture de tous les domaines qui lui
•croient échus bar jee partage , 8c en fit hommage à ce prince. Le comte de
■Cerdagne dé fon côté fe reconnut vaflàl de Tancrede pour les fiens.
Là bonne intelligence ayant été ainfi rétablie parmi tous les princes, ils
■joignirent leurs armes contre la ville de Tripoli , qui fe rendit enfin au roi
4 note Baudouin 8c au comte Bertrand le 10.de Juin d de l’an 1109. Suivant lacapi-
tulation, les habitans obtinrent la liberté de fe retirer ,& d’emporter une
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DE LANGUEDOC. Liv. XVI.
515
c Pr.ibU*
XX!.
Mortducomw
partie de leurs effets. Quelques-uns aimèrent mieux refter dans la ville en An.iio?.
payant un cens annuel au comte. C’eft ainfi que cette forte place , après
feptans de fiege , ou de blocus , à compter depuis qu’elle avoit été invertie par
Raymond de S.Gilles, tomba enfin au pouvoir de Ion fils Bertrand. Celui-ci en
fit hommage 1 lige au roi de Jerufalem, & prit depuis le titre de comte de Tripoli iFuUh.c*wt.
qu’il tranlmit à fes defcendans. ’
Ce prince par reconnoiffance pouf les Génois qui l’avoient aidé à faire une Bcrtr^'donnt
fi importante conquête , donna b le 1 6. du même mois, à la cathédrale de dcsmarqucsde
S. Laurent de Genes , en la perfonne de Guillaume Embriac, & des autres prin-
cipaux commandansde la flotte , la ville deGiblet, & la troifiéme partie de [^Génois-
Tripoli, en prelence du roi de Jerufalem. Il accorda outre cela à ces peuples b Pr/\j 74*
divqrs privilèges, en particulier une exemption de toute forte de tributs dans
fes terres depuis Nice jufqu’au port de Venus , de même qu’aux Lombards qui fe-
roient aflbciez avec eux : concefiion qui occafionna dans la fuite l’établiflè^
ment d’un grand nombre de commcrçans de ces deux nations dans la province. *
Du refte nous avons ici une preuve que Bertrand dominoit fur toute la côte
de Provence, de Languedoc St de Rouflillon 5 St quoi qu’à l’exemple de fon
pere, il ne prenne dans cette donation que le fimple titre de comte de S. Gilles ,
nous fçavons d’ailleurs qu’il fut toujours reconnu pour comte dcTouloufe après
fon départ, comme il paroît entr’autres , par un acte du mois de Juillet de
l’an * 1109.
Guillaume-Jourdain comte de Cerdagne décéda peu de jours après la prife de
Tripoli. On raconte diverfement les circonftances de fa mort. Un auteur con- drêcda'gnë!
temporain d allure qu’ayant pris querelle ,pour un vil intérêt, avec fon écuyer, Bertrand lui
il le maltraita ; St que celui-ci pour fe venger lui tendit des embûches, ôc lui f^p'uëct'qu’il
décocha une flèche dont il lui perça le cœur. Un autre hiftorien e très-celebre, occupoit en
mais pofterieur , prétend d’un autre côté , qu’il s’éleva un grand différend pour L Ir,
un fujet très-leger , entre les écuyers de ce prince , St ceux du comte Ber- ou.
trand } St que le premier étant monté à cheval pour aller les mettre d’ac- eGwii.Tyr.l.u.
cord , il fut atteint d’un coup de flèche dont il mourut. Cet auteur ajoute y‘
que quelques-uns fbupçonnerent le comte Bertrand de l’avoir fait périr j mais
quejufqu’à fon tems on n’avoit pû encore éclaircir la vérité de ce foupçon,
ni découvrir l’auteur de la mort du comte de Cerdagne. Ce qu’il y a de
certain , c’eft que ce prince étant décédé fans pofterité , Bertrand lui fuc-
ceda dans tous les domaines qu’il poflèdoit en Orient, conformément à l’ac¬
cord dont on a déjà parlé. Son frere Bernard-Guillaume lui lucceda d’un
autre côté dans ceux d’Occident , qui comprenoient les comtez de Cerdagne,
de Confiant ,St deBerga au-delà des Pyrénées , St le Capcir avec une partie du
Rafez en deçà de ces montagnes, luivanr le teftamentfque Guillaume-Jour- f .vf<w.
dain avoit fait en 1 101. avant fon départ pour laTerre-lainte.
La flotte Genoifc e paffa l’hyver dans lès ports d’Orient, St aida le roi xxu.
Baudouin à faire le fiege de Beryte, ville importante de la Phenicie, fituée ^"^coms
fur la mer entre Giblet St Sidon. Ce prince l’alfiegea par terre avec toutes fes du toi de jetu-
forces, tandis que le comte Bertrand, qui lui avoit confeillé cette entreprife,
l’attaqua par mer avec la flotte. Ce fiege qui commença au mois de Février de fcs expedi- ‘
l’an 11 10. dura environ deux mois ôc demi, & la place le "rendit enfin au roi de tm”s£A t r
Jerufalem vers le 1 5. de Mai de la même année. On accorda aux habitans ?.
la liberté de fe retirer où ils voudroient : plufieurs d’entr’eux en profite- FuUh.c»mct.
rent ; mais on prétend que le comte Bertrand, Se les Pifans égorgèrent G»,7u>r.i.u.
tous les autres au nombre de vingt-un mille, contre la foi de la capitula- ?•
tion. Le roi Baudouin partit bientôt après pour Jerufalem , où il alla celebrer
la fête de la Pentecôte, Se où le comte le fuivit à la tête de fes troupes. Ces
deux princes reçurent alors un Courier de Baudouin du Bourg , qu’une armée
de Turcs avoit afliegé dans Edeflè , à la follicitation de Tancrede fon ennemi,
& qui demandoit un prompt fecours. Le roi propofa cette expédition à Ber¬
trand qui y confcntit avec joie , donna fes ordres pour la fureté de fes places,
& partit de Jerufalem avec lui au commencement de Juin. Ils employèrent
un mois entier dans leur marche. 8t raffemblerent en chemin plufieurs Fran¬
çois St Arméniens -, ce qui renforça leur armée , laquelle à fon arrivée aux
Tome II. Y y ij
nio.
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An.i i 10.
5CXIII.
VIII. Concile
deTouloufe.
ïChron.S.Pet,
viv.p.761.
V-Conctl . to. 10.
f- 766.
b ltiUf*c.nov%
td.to i.j.ifi.
c Pr.p.fiù.fr
fit-
d V. Mob. al
ann . k 10 4. ».
8v
c Cj/#/ mtm»
*•*7»
XXIV.
Le vicomte
Bernard Aton
marie fa fille
avec le fils du
comte dcRoul-
fiilon. Comtes
de ce pais.
f SpuiL /#.?.
H37-
gMarcMi/p.
h f. 48s.
J>. 45S.
j5<î HISTOIRE GENERALE
bords de l’Euphrate , fe trouva forte de quinze mille hommes. Le bruit de fa
marche jetta une fi grande terreur parmi les Turcs, que fans attendre les .
Chrétiens , ils levèrent auffi-tôt le fiege d’Edefle.
Le roi Baudouin & Bertrand ayant repris la route de Jerufalem , apprirent
au mois d’Août , qu’un corps d’infidelles a voit ailiege la ville de Ptolemaïdc.
Ils hâtèrent leur marche , fie le roi détacha une partie de fon armée pour
marcher au fecours de cette place , tandis qu’il alla avec le relie au devant
de Magnus , frere du roi de Norwege, qui avoit débarqué à Jaffa à la tête de
dix mille combattans. Il conduifità Jerufalem ce prince du Nord , qui après
y avoir fait fes dévotions , lui offrit les fervices. Baudouin les accepta , fie
s’étant rendu devant Sidon, ils formèrent enfemble le fiege de cette place que
Magnus attaqua par mer fie Te roi , avec Bertrand par terre , fie qu’ils objige-
rent de fe rendre au mois de Décembre après fix femaines de fiege. Le roi
retourna enfuite à Jerufalem , où il arriva le z 1. du même mois , fie le comte
Bertrand alla faire fa réfidence à Tripoli.
Durant le cours de ces expéditions , le cardinal Richard évêque d’Albano,
légat du faint fiege, tint a un concile à Touloufepeu de tems après la Pente¬
côte de l’an 1110. Ce prélat , que quelques auteurs b confondent mal-à-propos
avec le cardinal Richard abbé de S. Viclor de Marfeille, fie enfuite arche¬
vêque de Narbonne, prit connoillânce entr’autres c dans ce concile , des nou¬
veaux différends qui étoient furvenus entre l’abbaye de Moillac 6c celle du Mas-
Garnier dans le diocèfè de Touloufê. L’abbé de la derniere fut cité pour s’être
fouflrait à l’obéïflànce de l’autre, fie condamné à s’y foumettre. Sur le refus
qu’il fit d’obéir , le légat écrivit après le concile à Amelius évêque de Tou-
loufe qui y avoit affilié, pour lui ordonner de mettre l'abbaye du Mas-Gar¬
nier en interdit, jufqu’à ce que l’abbé 6c les religieux eufiènt donné des mar¬
ques de leur foumiffion . Ceux-ci foûtenus par l’abbé de la Clufe en Piémont,
dont ils fè prêtendoient dépendans , appelèrent de l’interdit au pape Paf-
cal IL L’abbé de Cluni prit alors la defenfe de l’abbé ôc des religieux de
Moilîâc qui lui étoient fournis, 6c envoya un mémoire à ce pape pour foùtenir
les droits de cette abbaye , à laquelle Pafcal donna d enfin gain de caufe.
Uefl encore fait mention de ce concile de Touloufê, dans une lettre efàns
date que le cardinal Richard évêque d’Albano, qui y avoir préfidé , écrivit
au même évêque deTouloufe , 6 c dans laquelle il lui marque que le concile
ayant adopté les decrets que le pape Pafcal II. avoit fait drefler dans celui de
Troyes touchant les dixmes, les oblations , fie les autres biens ecclefiafliques
pofiedez parles laïques, pour les obligera ies reflitucr à peine d’excommu¬
nication, il eût à faire exécuter ces canons à la rigueur dans fon diocèfè,
contre les ufurpateurs des biens de la cathédrale. C’eil tout ce que nous avons
pu recueillir de ce concile, qui fut le VIII. deTouloufe.
Le vicomte Bernard- Aton , ficCecile fa femme , marièrent f leur fille Er-
mengarde au mois de Mai de l’an mo. avec Gausfred ou Gaufbert, fils de
Guinard ou Gérard comte de Rouflîllon occupé alors à l’expedition delà
Tcrre-fainte, fie lui donnèrent en dot divers fiefs, outre le château d’Abcil-
lan dans le diocèfè de Beziers , fie celui de Mcze dans le diocèfè d’Agde,
dont elle devoir jouir après leur mort. Le vicomte déclare outre cela que s’il
venoit à déceder fans enfans mâles, Gausfred fie Ermengardc, outelleaurre
de fes filles que celui-ci épouferoit , au défaut d’Ermcngarde , lui fuccederoic
dans tout ce qu’il pofledoit dans les diocèfesde Beziers fie d’Agde , c’cft-à-dire
dans les deux vicomtcz de ce nom , fie dans tous fes autres biens. Cette claufè
fait voir que ce n’écoic qu’une (impie promeflè de mariage } fie on verra par
ce que nous dirons dans la fuite, que Gausfred ficErmcngarde étoient alors
encore jeunes , fie que leur mariage ne s’accomplit que dans la fuite.
Gausfred fuccedaen 1x13. à Guinard fon pere, qui fut tue' g cette année
à fon retour de la Terre-fatnte. Nous trouvons cependant en 1116. h un Ar-
naud-Gausfred comte de Rouffillon ; mais ce dernier étoit, à ce qu’il paroît,
fils de Gausfred comte du même « pais qui vivoit en 1069. fie par conféquent
oncle paternel de l’autre Gausfred qui fut le III. comte de Rouffillon
de fon nom , fie dont Arnaud fut apparemment le tuteur pendant (à minorité.
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DH LANGUEDOC. Liv. XVI.
317
Aa refte Ermengarde prie ordinairement le nom de TrencaveiJe depuis fon An.xxio.
mariage avec Gausfred.
Le vicomte Bernard-Aton a acquit ver/ l’anriio. différons domaines dans xxdV'.[0„
l’Albigeois , entr’autres le château de Penne , finie' fiir les frontières du Querci,
qu’Adelgarius evêque d’Albi , fon frere Raymond, & quelques autres fei- doawines. n
gneurs lui donnèrent en a lieu , & qu’ils reprirent cnfiiice de lui en fief. Nous f“a{^n™|*e
apprenons par là qu’Aldegarius évêque d’Albi au commencement du XII. Cuik pour
fiecle , étoit de la famille des lêigneurs de Penne. Ce prélat, dont on
fait mal-à-prdpos deux évêques d’Albi de même nom1', avoit fiiccedé fous le bi.
régné de Philippe I. c’eft-à-dire au moins depuis l’an 1x08. à Arnaud qui }‘
étoit de la mailon c des lêigneurs de Ceilênon au diocèlè de Narbonne, £c b v.kotzix.
qui avoit été auparavant chanoine de Béziers. Le pape l’avoit nommé à ”’4'
l’évêché d’Albi. Aldegarius fon liiccefieur donna à l’abbaye de S. Pons de
Tomieres l’cglifê de S. Remi de Lautrec , où on érigea depuis un prieuré yt?.
conventuel qui a été féculariféêc changé en collegiale.
Le vicomte Bernard-Aton reçût d vers le même tems les hommages ou fer- dPr.p.}t7.&
mens de fidelité des feigneurs des châteaux de Caiflargues dans le diocèlê A?-
de Nifines , d’Arifat dans l’Albigeois, de Villcmur 6c de Mircpoix , dans le
Touloufain, d’Aniort dans le diocèfe de Narbonne, aujourd’hui d’Alet, 6cc.
Ce vicomte poffêdoit outre cela divers fiefs dans le domaine de l’abbaye de
la Grade. C’eft ce qui paroît en premier lieu par un engagement « qu’il fit en
1108. à Robert abbé de ce monaftere 6c à fes religieux, de l’albcrgue qu’il Jra^‘ ‘ 4
exigeoit fur divers villages de leur dépendance , moyennant trente livres d' ar¬
gent pur du poids de Carcnffonne j êc en iecond lieu par l’hommage 1 qu’il ren- fPr.p.^p.fy-
dit c à l’abbé Leon, fucccflêurdc Robert, à la fête de l’Alfomption de l’an !eii-
1 1 1 o. qu’il avoit été célébrer dans cette abbaye , avec les deux fils Roger ôc
Trencavel,fuivi de plusieurs nobles. Il prend le titre de vicomte dcCarcaffonne dans
ce dernier acte , 6c reconnoît en cette qualité tenir de l’abbaye de la Grade
divers châteaux , villages & fiefs du Carcafiêz, du Narbonnois, du Minervois,
&duRafez. Il ajoute que lui 6c les vicomtes de Carcalïonne les fuccefléurs ,
croient obligez de le trouver à la GralTê pour y rendre le même hommage à
chaque nouvel abbé , auquel ils dévoient tenir l’étrier lorlqu’il montoit à
cheval pour faire fa première entrée dans Carcalïonne , 6c le défrayer alors,
avec deux cens chevaliers de fa fuite, dans le fauxbourg de laint Michel de
cette ville. Le meme vicomte fe trouva avec plufiettrs autres barons , 6c divers
prélats, entr’autres Richard archevêque de Narbonne, Amclius évêque de
Touloufe, 5c Raymond évêque de Carcalïonne, à une alïémblée * ou plaid tenu
le dernier de Mars de l’an ii îo. dans lequel on condamna les deuxfreres,
Bernard 6c Remi de Canet , à reconnoître l’archevêque de Narbonne pour
leur feigneur.
Bernard-Aton avoit eu vers ce tems-là quelque différend * avec Roger II.
comte de Foix. Ce comte lui donna un certain nombre de les vaffaux pour otages
de la paix qu’il conclut enfuite avec lui. Depuis ce tems-là Roger 6c Bernard-
Aton vécurent en bonne intelligence. Le dernier 6c fes fils , par un acte h du BT
mois de Mars de l’an un. appcücrent l’autre 6c fes enfans, en cas qu’ils mou- "aù.ncmeiu6'
ruflènt fans pofterité , à la fuccefiïon de tout ce qu’ils poffedoient dans le dc r.»t>bayC de
Raie z. , le Carcaflèz , 6c le Touloufain • c’eff-à-dire des domaines qu’ils
tenoient de l’heredité des anciens comtes de Carcaflonne. relises de ce
Roger II. comte de Foix * poffêdoit encore alors une grande partie des — _ ' . _
biens ecclefiaftiques de fon domaine , dont Roger fon oncle 6c lui s’etoient 1 1 1 *•
mi
XKVT»
Roger U.com*
te de Foix , np-
peilc a la fuc-
emparez, malgrc l'excommunication que les papes Urbain IL 6c Pafcal IL £ £ *
&le cardinal Gautier évêque d’Albano , légat du faint fiege , avoientlancée h vr.
contre lui pour l’obliger à lesreftituer. Nous comprenons par là que ce comte &f‘r
vécut excommunié pendant plus de feize ans, puifque le cardinal Gautier
exerçoit fa légation 1 en France en 1095. Roger , touché de repentir d’une 1 . .
conduite fi peu chrétienne , reftitua en 1 1 08. à l’abbaye d’Alet une partie de *"»• 'oSJ.ii.u
fes domaines , ainfi qu’on l’a déjà vu , 6c rétablit trois ans après celle de 6'/'î'
faint Volufien de Foix dans la polïênïon de les biens.
Cette dernière , qui dépendoit m au IX. fiecle de celle de faint Tiberi au
•57 J.
CrJ'q-
Pr.p. j7 ?.
V.Mab. Md
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A N. mi.
a Tr-f.iêç.
c p* m.
ÙVitdeS.Yoluf.
in i x.Vmogti
l;n.
x Ib id.
Medc'.Voluf.
ihdf>H$*
XXViL
Le comte cîc
Foix rdtiiue à
l’abbaye de
Fredelas Tes
biens uturpez.
Origine de la
Tè'.lc de Pa¬
miers.
g Pr. p. j;8.
&J*W
h V.to.1 NOTE
XXXI J.
558 HISTOIRE GENERALE
diocèfe d’Agde, avoit été bâtie à Poccafion des reliques, qu’on y confervoît, de
S. Volufien évêque de Tours , niartyrilé dans le pais par les Vifigots- Ariens
fous le régné d’Alaric II. Elle portoit anciennement le nom de S. Nazaire, de
celui de I’eglife où S. Volufien avoit été inhumé -, mais on l’appella plus
communément du nom de ce dernier Paint. Elle reçût au X.fiecle divers » bien¬
faits tant de la part des comtes deTouloufe, qui polTcdoient le haut domaine
du pais , que de ceux de Carcaflonne qui en avoient le dired $ mais les comtes
de Foix defeendans de ces derniers , s’étant emparez dans la fuite de la plu¬
part de fes biens , le relâchement s’y introduifit , 6c les moines fe tranf.
formèrent en chanoines au XI. fiecle. Il paroît qu’Amelius du Puy qui en
étoit abbé b vers Pan 1101. conferva cette dignité apres fon éledionà l’évêché
deTouloufe j car en 1108. elle n’étoit gouvernée c que par un prieur. Il ert:
du moins certain qu’elle ne fut pas fondée en un. comme quelques d auteurs
le prétendent, mais c’eft à cette année qu’il faut rapporter l'on rétabliflement par
Roger II. comte de Foix.
Suivant un mémoire c drelfé en 1458. ce comte voyant que Péglife de
faint Nazaire, où on confervoit les reliques de S. Volufien, menaçoit ruine,
refolut d’en faire conftruire une nouvelle. Dans ce deflein il convoqua plu-
/leurs évêques , entr’autres Amelius deTouloufe diocefain , & Raymond de
Balbaftro , outre un grand nombre defeigneurs féculiers du païs 6c du voifi-
nage , 6c transfera les reliques du faint martyr le Mercredi 18.de Janvier de
l’an mi. dans la chapelle de Notre-Dame de Montgauzi auprès de Foix,
où on les laïlla en dépôt jufqu’à ce que la nouvelle églife ayant été conftrui-
te , on les y rapporta * nous ignorons l’époque de cette derniere tranfla-
tion. Elle étoit déjà faite en 112 car on a une donation f de cette année
en laveur de ïcqltfe & du monafiere de S. Nazaire, où ctoit le corps de S. Volu¬
fien. Les chanoines qui Phabitoicnt avoient embraflè dès-lors, ou du moins ils
embraflèrent peu de tems après la réglé de S. A uguftin, laquelle y a toujours été
depuis obfervée , fur tout depuis le milieu du dernier fiecle, que cette at>baye a
paîré aux chanoines réguliers de fainte Geneviève qui la polledent encore de
nos jours. Roger II. comte de Foix, 6c fes fucce/Teurs l’enrichirent par leurs
liberalicez.
Ce comte non content d’expier fes fautes paflees par ce rétabliflement ,
tâcha encore au mois de Juin de Pan mi. de réparer g le mal qu’il avoit faità
l’abbaye de faint Antonin de Fredelas,dont il avoit jufqu’alors détenu injufte-
ment les domaines , que le comte Roger fon oncle paternel , & lui , avoient ufur"
pez^, & que les comtes de Foix & de Carcaffonne , leurs prèdcceficurs ri avoient jamais
pojfedc U rendit donc à ce monaftere , à fes abbczjuturs , à Ifarn qui en étoit
prieur , 6c aux chanoines qui l’habitoient , le village de Fredelas , le château de
Pamiers , & l’abbaye de S. Antonin, 6c fedéfifta de tous les u figes injuftes qu’il
exigeoit dans ces lieux. Il fait le dénombrement des droits qui avoient appartenu
anciennement à l’abbé de Fredelas, 6c s’engage de faire une redevance an¬
nuelle en pain, vin, ôcc. à cette abbaye, le jour de la fête de faint Antonin.
Le prieur Ifarn , & fes clercs , du confentement d’Amelius évêque de Touloufe ,
ôc de Raymond evêque de Balbaftro , fils de l’cgltfe de S. Antonin , donnèrent en
même tems au comte par reconnoillànce , la. garde du châceau de Pamiers,
avec l’avouerie de l’abbaye, 6c lui accordèrent pour cela la moitié de la ju-
ftice , excepté celle des clercs, 6c divers autres droits. Roger jura fur le corps
de S. Antonin, d’obferver tous ces articles, en prefence des mêmes prélats, 6c
de plufieurs de fes principaux vaflaux.
C’eft là le plus ancien monument que nous ayons où il foit parlé de Pa¬
miers , qui ne fut d’abord qu’un fimple château fitué auprès de l’abbaye de
Fredelas. Nous croyons b que Roger II. l’avoir fait bâtir dans le fonds de ce
monaftere depuis fon retour de Ta Terre-feinte , 8c qu’il lui donna le nom
d’Apamea ou Apamia, en mémoire de la ville d’Apamée en Syrie , d’où il
apporta des reliques, 6e peut-être celles de S. Antonin , martyr de cette ville j
ce qui aura fait confondre ce feint avec S. Antonin martyr en Aquitaine, 6c
ancien patron de l’abbaye de Fredelas. Quoi qu’il en foit , il paroît du moins
par cet acte qu’on confervoit en un. dans l’abbaye de ce nom le corps d’un
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DE LANGUEDOC. Liv.XVL
W
HOTE
S.Antonin martyr , /oie que ce fût celui d’Apamée en Syrie , ou celui des An.hu.
Gaules. L’abbaye de Fredelas prit depuis le nom de Pamiers , du château
fitué au voifinage j 8c c’eft aujourd’hui une ville con/Iderable dont les fuc-
cellèurs de Roger II. pollederent la moitié du domaine en pareage avec les
abbez, 8c enfùite avec les évêques leurs fucccilèurs , après l’eredion de cette
abbaye en évêché à la fin du XIII. fiecle.
Raymond évêque J de Balbaftro dont on vient de parler, étoit né au château xxviiî.
de Durban ,baronie du comte de Foix , fîtuée fur les confins des diocèd-s de
Touloufè 8c de Confèrans. Suivant l’auteur contemporain de là vie, il étoit b^on/tif du
d’une naillance illuftre , 8c appartenoit par le lang aux rois & aux comtes. To^^‘n-
D’où nous inférons qu’il defeendoit des anciens comtes de Carcaflbnne, de 7,/. hi.,&
Foix 8c de Comminges. Ses parens l’cleyerent d’abord pour les armes : mais fin-
ils l’offrirent bientôt après dans l’abbaye de S. Antonin de Fredelas , où il XLn*
apprit les lettres humaines , 8c embrafla la vie canoniale. Ses vertus 8c fes
talens, 8c fur tout le don de la parole, lui acquirent dans peu une fi grande
réputation , que les chanoines réguliers de S. Scrnin de Touloufè l’elùrenc
unanimement pour leur prieur ou prévôt vers l’an 1101. L’evcché de Bal-
baftro, ville que Pierre roi d’Aragon enleva b aux Sarafins la même année, bv.Mare*
étant venu à vaquer , les chanoines de l’églife de Rota , unie avec celle de
Bilbaftro , jetterent les yeux fur lui, ôcl’élûrent à fon infçû pour leur evêque,
à la fin de l’an 1104. daus le tems que des affaires particulières l’avoient en¬
gagé à faire un voyage au royaume d’Aragon. Il fit beaucoup de difficulté
deconfentiràfonélediort j mais le clergé, le peuple, 8c Alfonfe I. roi d’Ar-
ragon , qui venoit de fuccedcr depuis peu à Pierre fon frere , le prellérent fi
fort , qu’enfin il fe rendit à leurs inftances , 8c fut facré par Bernard arche¬
vêque de Tolede 8c fèscomprovinciaux. Il gouverna depuis fon diocèfe avec
une fageffe 8c une pieté peu communes, 8: livra fon corps à une auftere péni¬
tence. Il établit fa principale refidence à Balbaftro ; mais Etienne évêque
d’Urgel prétendant que cette ville dependoit de fon diocèfe, la lui difputaj
8c foutenu du crédit du prince , qu’il trouva moyen de mettre dans les inté¬
rêts, il ufade voyes de fait, 8c l’en chafTa à main armée. Raymond obligé
de coder à la force , fortit de Balbaftro nuds pieds. Etant arrivé à une cer¬
taine diftance de la ville, il s’arrêta, 8c excommunia publiquement l’ufurpa-
teur de fon fiege, en prefence d’une partie de fon peuple qui l’avoit fuivi,8c
qui le regardoit comme fon pcrc. Il appella en même tems au pape Paf-
cal II. qui avoit uni les deux evêchez de Rota 8c de Balbaftro, 8c transfera
fa refidence dans la première de ces deux villes/ Pafcai II. prit la defenfe de
Raymond, 8c écrivit très-fortement à l’évêque d’Urgel au füjct de fon ufur-
pation : mais il ne pût rien gagner fur ce prélat , qui étoit appuyé du crédit
du roi d’Aragon , irrité de ce que Raymond refufoic de le fuivre , comme les
autres évêques de fes états, dans lés guerres contre les chrétiens. On pré¬
tend que ce prélat depuis fa fortie de Balbaftro , prit le titre d’évêque de
Ribagorqa, pais qui comprcnoit cette ville 8c celle de Rota : mais nous avons NorE
divers monumens L- pofterieurs qui prouvent qu’il continua de fe qualifier
évêque de Balbaftro jufqu’à fa mort. Il fit plulicurs voyages en deqa des
Pyrénées , 8c affifta i divers conciles de France ,entr’autres à celui de Tou-
loule de l’an 1119. Il étoit fans doute réconcilié en iii6. avec le roi d’Ara¬
gon , puifqu’il fervoit f alors dans une expédition que ce prince entreprit contre f
les Maures. La mortalité s’étant mile dans l’armée , il eut occafion d’exercer
fa charité envers les malades. Il fut attaqué lui-même du mal contagieux
dans la ville de Malaga , après une fignalée vidoire que ce roi remporta fur XX1X
les infidelles auprès de cette ville , ce qui engagea ce fàint prélat à retourner Suue des ex-
dans fon diocèfe. 11 mourut en chemin à Huefca le 11. de Juin de la même c^cm
année, au milieu des chanoines de fa cathédrale de Rota , qui étoient venus tcdcTouioufâ
au devant de lui , 8c qui transférèrent fon corps dans leuréglife. Lesfréquens
miracles qui s’opérèrent à fon tombeau lui attirèrent bientôt après un culte ij“f«
public. On prétend que le pape Honoré II. le mit au catalogue des faints. 'jg»® »vcc
Bertrand comte de Touloufè 8c de Tripoli , après avoir conquis cette der- \ri"x«'contr«
mere ville fur les infidelies , 8c y avoir fixé fa demeure , fe brouilla de nouveau Tanaedc.
c BtU.ibid*
d B olliilid.
N OTE ibtJ>
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j6o HISTOIRE GENERALE
An.ii i i.
A D* Cdnge
not.w AkxisJ.
Ho 6.
¥*li dd ann.
xm.iï.8.
b TtdcW. Cdrn.
i. i. c. 45.
Alb. Aq /. 1 1.
*• 40.
Gi4tll.Tyr.lii .
I*.
C Alexiad. /.14.
f^ii.&]tq.
III Z.
<1 Alù.Aq.l. 12.
4-dr 7*
c Altxiad.tbid.
avec Tancrede, qui avoir acquis alors une nouvelle autorité dans Antioche
par la mort de Boemond fon oncle , prince de cette ville. Ce dernier, qui dans
Ton voyage de France avoit époulé Confiance fille du roi Philippe I. étoitprêc
à s’embarquer dans la Pouille pour aller reprendre le gouvernement de fa
principauté, lorfque la mort l’enleva au mois de Février* de l’an mi. nelaif.
fant qu’un fils unique en bas âge de même nom que lui. Tancrede fe perpé¬
tua par là dans l’adminiftration de la principauté d’Antioche , au nom de ce
jeune prince : il médita aulfi-tôt de nouvelles conquêtes , & au lieu de tourner
fes armes contre les infidelles , il alfiegea b Tortolè fur le comte Bertrand,
prit cette ville, 8c en donna le gouvernement à Guillaume fils naturel du duc
de Normandie. Cette conduite devoir naturellement rendre Bertrand fon
ennemi irréconciliable. Celui-ci en ufa cependant bien chrétiennement envers
lui. Une armée de cent mille Turcs s’étant avancée jufqu’à Cefarée de Phi.
lippe, à une journée d’Antioche , menaçoit de faire le fiege de cette derniere
ville. Tancrede fe voyant hors d’état de réfifter , implora le fecours des prin¬
ces chrétiens. Baudouin roi de Jerufalem , le comte Bertrand , l’évêque d’Al-
bara , 8c plufieurs autres le mirent aulfi-tôt en marche , le joignirent, & atta¬
quèrent avec 16000. hommes , qui compofoient toute leur armée , celle des
infidelles qu’ils mirent en fuite , le 19. de Septembre de l’an 1111. ce qui délivra
Tancrede d’un grand péril.
Bertrand ne peut refufer quelque tems après de fe liguer contre ce prince,
avec l’empereur Alexis, qui avoit toujours en vue de remettre Antioche fous
fon obéiflance. Ce dernier6 voyant que la mort de Boemond, 8c les fujets que le
comte Bertrand fon allié avoit de fe plaindre de Tancrede , lui en fourni f-
foienc une occafion favorable , envoya fommer celui-ci de lui rendre cette
ville, en vertu du ferment qu’il lui avoit fait. Tancrede ne jugea pas à pro¬
pos de répondre à cette fommation -, ce qui fit réfoudre Alexis de mar.
cher en perfonne contre ce prince avec toutes fes forces. L’empereur, avanc
que de s’engager dans cette expédition , chercha à mettre dans fes intérêts
Baudouin roi de Jerufalem , 8c les autres princes François qui occupoient di-
verfes places aux environs d’Antioche. Il leur envoya des ambafladeurs , donc
Emanucl Butimite étoit le principal , avec ordre de débarquer d’abord à Tri¬
poli pour conférer avec le comte Bertrand. Ces envoyez à leur arrivée dans
cette ville, ne manquèrent pas de rappeller au comte le fouvenir de la con¬
fiante fidelité que Raymond de S. Gilles fon pere avoit confervée jufqu’à fa
mort, pour l’empereur leur maître , 8c lui remirent une lettre de ce prince.
Celui-ci marquoit à Bertrand « qu’il s’attendoit qu’il marcheroit fur les traces
» de fon pere , 8c qu’aulfi fidolle envers lui , il tâcheroit d’égaler fa réputation -,
» qu’ayant réfolu de tirer vengeance des injures qu’il avoit reçues de Tancrede,
» il le fupplioit non feulement de ne pas fecourir ce parjure 8c ce rebelle 5
«mais d’engager, autant qu’il pourroit, les autres princes à ne pas prendre
» fa défenle , Se à demeurer dans L’alliance 8c la fidelité qu’ils dévoient à
55 l’empire.
Les amballadeurs d’Alexis trouvèrent le comte de Tripoli très-difpofé à
faire tout ce que leur maître fouhaitoit de lui. Ce comte les aflura en effet
qu'il étoit prêt à expofer fa vie pour l’empereur quand il feroit neccffaire ;
8c que dès qu’il apprendroit que ce prince fe feroit mis en marche vers An¬
tioche, il iroit au devant pour lui prefenter fes refpccls, 8c lui donner des
preuves de fa fidelité. Les envoyez perfuadez delà fincerité despromeffes du
comte, en qui ils avoient une entière confiance, lui laiflerent en dépôt à
leur départ , fuivant l’ordre qu’ils en avoient reçu ,une fomme confiderable,
qu’ils avoient prife en paffant à Tille de Chypre, dans le deffein de ladiftribuer
aux divers princes qu’ils pourroient engager à fe liguer avec leur maîcrc. Ils
fe rendirent enfuite au commencement du Carême auprès du roi de Jerufa-
1cm, occupé alors au fi-. ge de Tyr , qu’il avoit commencé dès la fin de No¬
vembre d de l’année précédente. Ce prince leur fit un très-bon accueil , &
les retint dans fon camp jufqu’au Dimanche de la Palfion , qu’il fut obligé
de lever le fiege II les amena alors à Jerufalem ^ mais n’ayant pu rien conclure
avec eux , il c les congédia, 8c les ambafladeurs reprirent la route de Tripoli
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de LANGUEDOC. Liv. XVI. 361 _ _
après la fête de Pâques. Ils apprirent à leur retour dans cette ville la mort An.ii i i >
du comte Bertrand, laquelle arriva a par conféqucnt vers la même fête , ar.Duc*»i*
qui tomboit cette année ma. le zi. d’Avril. w/.i» .*/«.?.
Ce font là toutes les circonftances que nous avons pii recueillir de la mort xxx.
de Bertrand, qui à l’exemple de Raymond de S. Gillesfon pere, tacrifia fon
repos & lès états pour aller finir fes jours au fèrvice de la religion contre les fecccdc daas k
infidèles. Ce prince mourut âgé d’environ 46. ans, & ne tailla b qu’un fils uni- Cli¬
que nommé Pons, de fa féconde femme Hclenc de Bourgogne , qu’il avoir n“iÛC cdo.
épouféeen 1095. & qui lui furvêcut. Cette princeflé fe remaria quelque teins rient. & ai.
après avec Guillaume, dicTalavas , comte d’Alençon êcdePonthicu, dont a^fon "frère
elle eut des enfans. Un ancien auteur c donne cependant à entendre que Pons dans le comté
naquit du mariage de Bertrand avec ta niecc de 1a princeflé Mathilde qu’il jjf
avoic epoufee en premières noces 5 mais il parole qu’il fe trompe. Quoiqu’il en d’Occidcnt.
foie , le jeune Pons ne fucceda à Bertrand Ion pere que dans lés états d’Orient, b 0r*r- Vu!’
où il l’avoit fuivi, c’eft-à dire dans le comté deTripoli qui étoit l’une des '''JiVjq'i.n.
quatre principautez établies en ce pais par les princes chrétiens : fil y fixa fon c- '»■
léjour , & le tranfmit à fes defeendans. Ce comté s’étendoit depuis un ruif- Malm'
feau d fitué entre les villes de Maraclée & de Valenia ,jufqu’à un autre ruifleau v.DuCangt
qui coule encre les villes de Giblet &: de Beryche. Pons abandonna' ainlï
tous fes droits fur les domaines que fon pere avoic poflédez en Occidenc,& i.i6.c.l9. r'%
qui comprenoient entr’autres le duché de Narbonne, le comté de Touloufe
&le marquifat de Provence , en faveur d’Alfonfe-Jourdain fon oncle pater¬
nel , qui étoit moins âgé que lui , & qui étoit demeuré en France.
Quelques auteurs attribuent à Raymond IV. comte de Touloufe , 1a xxxr.
fondation du grand prieuré de S. Gilles de l’ordre de S. jean de jerutalem ou de 0t‘?ine d«
Malcej mais il paroit qu on doit la rapporter plutôt au comte Bertrand fon icz de s.Gdics
fils. Il eft du moins certain que l’hôpital ou commanderie de S. Gilles fublu Touloufe
ftoic déjà dès l’an im. dans le teins de 1a mort de ce dernier } ce qui nous Maire.1*1' dc
donne occafion de développer ici l’origine de cette maifon , ta plus ancienne c
de l’ordre de Malte en deçà de 1a mer. au***/"**
Les fréquens pèlerinages que les chrétiens faifoient depuis long-tems à
Jerufalem , engagèrent au milieu du XI. fiecle, quelques marchands d’Amalfi
dans le royaume de Naples , à fonder par un cfprit de charité , un hôpital
auprès du faint Sépulcre, pour y loger les pauvres & les pèlerins. Ccc hôpital
fut conftruit auprès d’une églife nommée fainte Marie 1a Latine deflérvie par
des religieux Bénédictins. Il fut d’abord adminiftré par des féculiers , qui lé
confacrerent à cet exercice de charité , fous l’obéiflànce de l’abbé de fainte
Marie. Les chrétiens ayant pris Jerufalem en 1099. le roi Baudouin I. ôcles
autres princes croifez couchez du foin qu’on prenoit des pèlerins & des
malades dans cet hôpital, l’enrichirent par leurs Iiberalitcz , & quelques-
uns d’entr’eux lui donnèrent des domaines' confiderables en Europe. Gérard
ou Geraud qui en écoit principal hofpitalier, fit bâtir alors , fous l’invocation
de laine Jean-Baptifte , une nouvelle églife à laquelle il joignit un grand hô¬
pital, & tous les autres bâtimens qu’il crut neceflàires. Il engagea en même
rems fes freres à s’obliger par des vœux folemnels , au lérvice des pauvres &
des pclerins, & leur donna l’habit religieux. Le pape Pafcal IL approuva cet
inftitut f le 1 5. de Février de l’an 1 1 1 3. par une bulle fuivanc laquelle il con¬
firme Gérard inftituteur & prieur * de F hôpital de Jerufalem. , dans l’autorité qu’il
exerçoit déjà fur fept autres hôpitaux , dont le premier efl: celui du bourg de p-*7-
S. Gilles. Ce dernier hôpital fubliftoit par conféquent dès le commencement * Pt*P°fitus-
de l’an mj.&en effet Raymond-Berenger III. comte de Barcelone & de Pro¬
vence lui accorda un privilège s dès l’an un, La commoditédu port dc faint gArch Au
Gilles fur le Rhône, alors extrêmement frequente par les pèlerins qui al- f"Ms.Gt!uF.'
loient à Jerutalem , ou qui en revenoient , engagea tans doute Raymond de
S. Gilles, ou Bertrand fon fils , dont on connoîtle zele & les exploits pour la
délivrance de 1a Terre-fainte des mains des infidelles , à fonder en ce lieu, qui
dépendoit de leur domaine, un hôpital pour les mêmes pèlerins, & à en confier h y ^lheriu
l’adminiftration aux fieres hofpitaliers de S. Jean de Jerufalem. Telle a été h , iM. p.i».
l’origine de cette première maifon de l’ordre en deçà de la mer , que les fuc-
T orne //. Z z
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An.I I I 2.
zUftd.j>.i9.(y
»•
btrf.D 9.
cGtU.chr.nov,
•d..o. i.injlr.
M7*
d V. ci- de [fus
IxiV.thlOl*
c Archivai
l*bb. de /tint
Gilles.
i Cartul. du
grand lJr. de
S. Gilles.
gPr.;.577-6*-
J) Bouche Prov •
to.l.p.U7 •
i Ca/el mem .
f.170.
kG.%11.chr.ncv.
ed.to.i p. 188.
1 V.Pr.to, j.
Y Prxccptor.
m G* Il Md.
inflr.p.47.
nArch. dugr,
Pr.de S. Gilles»
361 HISTOIRE GENERALE
ceflcurs de ces princes1 comblèrent de bienfaits dans la fuite.
Plufieurs gentilshommes d’entre les maifons les plus qualifiées de la province
embrafîèrent le nouvel inffitut des hofpitaliers de Jerufalem dès fon com¬
mencement. Aton archevêque d’Arles b fait mention entr’autres de Pierre
d’Andulè & de Pons de Monlaur , dans la donation qu’il fit vers l’an 1 1 1 7. de
l’églile de S. Thomas , à S. fean-Baptifle , à l'h'opitaldu faint Sépulcre , aux pau¬
vres de cet hôpital , a Beraud{o\xGtx3.uA) ho/pïtalier , & aux autres frères. Cette
donation a donné l’origine à la commanderie de Trinquetaille fituéedansun
fauxbourg d’Arles. Bernard fuccelTeur d’Aton confirma c en 1 1 29. la fondation
de l’hôpital de S. Thomas , en faveur de S. fcan-Baptifle , de l’ hôpital du faint
Sépulcre , des pauvres , d' Etienne-Raymond hofpitalier , & de fes confrères.
Cet Etienne Raymond eft peut-être le même que Raymond duPuy maître
de l’hôpital de S. Jean de Jerufalem , qui après avoir luccedé vers l’an mi.i
Gérard ou Geraud, drefla des Ratuts particuliers pour les hofpitaliers , & les
engagea dans la profeflion des armes , pour la défenfc des pèlerins & des lieux
faints contre les infidelles. Cette profeflion donna un nouvel éclat à l’inftL
tut, qui fit depuis dé grands progrès dans toutes les provinces de la chré¬
tienté, mais fur tout dans celle de Languedoc, qui outre les deux grands pricu-
rez de S. Gilles &de Touloufè , les fculs de la Langue de Provence , la pre¬
mière de l’ordre, renferme diverfes commanderies très-anciennes , & a donné
un grand nombre de chevaliers de diffinction , &; plufieurs grands-maîtres 2
l’ordre. Au reffe la Langue de Provence fut ainfi nommée dans cet ordre , non
de ce que les hofpitaliers s’établirent d’abord dans la Provence proprement
dite, mais parce que le lieu de S. Gilles où ils fondèrent leur première mai-
fon en Occident, étoit compris J alors , ainfi que tous les autres domaines des
comtes de Toulouie fituez des deux cotez du Rhône , dans ce qu’on appel¬
ait dans ce tems-là la Provence en general. Ainfi c’cft proprement à ces
comtes, & aux principaux feigneurs de Languedoc que l’ordre de Malte
doit fon premier luflre.
Il paroît qu’il n’y avoir encore en 11 57. à S. Gilles qu’un fimple hôpital
pour la réception des pèlerins qui s’y embarquoient pour la Terre-fainte.
Bertrand abbé de faint Gilles donna c du moins alors à Raymond maî¬
tre de l’hôpital de Jerufalem , la permilfion d’y bâtir un oratoire , avec
un clocher. Il paroit auifi que les templiers avoient dans ce tems-là une mai-
fon dans le même lieu. Pierre abbé de S. Gilles f accorda eneffeten 1 139.^
Robert maître du temple , un droit appelle le Scrtalage ; êc Bernard fucceflèur
de cet abbé donna le 2 3 .dejanvier de l’an 1 1 5 y .un jardin aux frères de la milice
du temple de S. Gilles. Ce dernier confentit le 2 8. de Janvier de l’année fuivante, à
l’acquifition que les mêmes chevaliers du temple firent d’une maifon à S. Gilles :
enfin il eft fait mention £ dans divers autres monumens des freres du temple de
S. Gillcs-
Quant aux hofpitaliers de cette ville, ils étoient gouvernez en h 11 50. par
un prieur nommé Arnaud. Guifcard exerçoit la même fonction en * 1160.
ScGausfredk en 1 1 6 5. Le fucceflèur de ce dernier prenoit le titre de comman¬
deur , comme on voit par les privilèges que Raymond V. comte de Tou¬
loufe accorda en 1177. 1 d l' hôpital de jerufalem , aux pauvres qui y demeuraient ,
& à frère Pierre Galtcru commandeur * du mime hôpital de S. Gilles , & aux au¬
tres freres de cet hôpital. Il y avoit donc alors une communauté d’hofpitaliers de
S. Jean de Jerufalem à S. Gilles. Ils étoient gouvernez en 1 1 81. par ra Odin,
qui prend le titre de prieur de 1‘ hôpital de S. Gilles. Suivant une fentcnce arbi¬
trale n qui fut rendue en 1 2 2 2. entre l’abbé de S. Gilles , & les hofpitaliers du
même lieu, ceux-ci étoient alors au nombre de 22. fous la conduite d’un
prieur qui étoit leur chef & leur fuperieur, de même que de toutes les au¬
tres maifons des provinces voifincs,qui compofoient ce qu’on appelloit le prieuré
de S. Gilles. Le commandeur étoit la fécondé perfonne de la maifon, & avoit
tout le gouvernement en l’abfence du prieur .- mais fon emploi ne s’érendoic
pas au dehors , & ne duroit ordinairement qu’un an. Il y avoir outre cela
un prieur de l’églife qui étoit le chef des prêtres qui la deflervoient ; Celui-ci
fe qualifioit indifféremment prieur de l’églife, ou prieur des clercs. Enfin la qua-
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DE LANGUEDOC. Lrv. XVl. j 63 _ _
triérae dignité de la maifon de S. Gilles droit celle de tréforier : cctofficier An.iiii*
faifoit la recette de tous les revenus , &enrendoit compte au prieur. Il y avoir
d’autres emplois fubalternes , mais qui n’étoient pas dignitez , comme celui
de fénèchal , lequel n’eft nommé que dans fon rang de profeflion. 11 failoit les
fondions de maître-d’hôtel , & avoitloin défaire lcsprovilîons de la maifon.
Celle-ci avoit un fccau particulier diffèrent de celui du prieur. On voit ce fceau
pendant à la tranfadion , & on y lit ces mots autour : S. conventus hofpitalis
S. Egidii. Tels ont été les commencemens du grand prieuré de S. Gilles d’où,
dépendent aujourd’hui jo.commanderies tant dans la province de Languedoc,
que dans celles de Dauphiné & de Provence. Les autres commanderies delà
Langue de Provence, au nombre de u. font en Languedoc, Gafcogne ôc
Guyenne, fous la dépendance du grand prieuré de Touloufe.
Ce grand prieuré doit fon origine à Amelius évêque de Touloufe , qui
accorda1 en 1 1 :o. aux hofpitaliers de S. Jean de Jerufalem l’eglife de S. Remi a Arch.iugr,
©ùils s’établirent. Ce prélat permit b l’ahnée fuivante â Gérard, prieur de ïho- vrMs.cdhù
puai de Jerufalem, d’acquérir des biens fonds tant ecclefiaftiques que laïques bcutimtm-
dans fon diocèfe: preuve que ce premier grand-maître de l’ordre ne mourut F's™ÿ
pas en u 18. c comme on le prétend communément. Comme Amelius d évêque Mnn.itto.n ii
de Touloufe , étoit frere de Pierre-Raymond du Puy , feigneur de confidera- ^ K eUejjHt
tion dans la partie méridionale du diocèfe de Touloufe , il eft fort vraifem- n.xtv.
blable c que Raymond du Puy fécond grand-maître de l’hôpital de S. Jean e y. sors
de Jerufalem étoit proche parent de ce prélat & de fa maifon. J-v.n. t.
Raymond évêque de Touloufe f permit en 1 1 60. à Bernard d’Afillan , prieur f cutimm.
de l’hôpital de S. Remi de Touloufe, (ÿ- à fes freres , à la prière du pape paor-cri'i-
Adrien IV. & de Guifcard prieur de 1‘ hôpital de S. Gilles , d’avoir un cimetière
auprès de l’églife de S. Remi , » à condition qu’on n’y enterreroit que«
ceux qui feroient véritablement freres de cet hôpital , êc qui porteroient «
fans feinte des croix fur leurs habits 5 ceux qui portoient leurs armes , &«
que le vulgaire appelloit écuyers ; leurs bergers , ôêc. Nous trouvons enfin que
Bernard d’Afillan prieur de i’ho|>ital de S. Remi de Touloufe , prenoitauilî en
1 1 5 8.1a qualité de recteur h de cette maifon : elle fut érigée en grand prieuré l’an g ibidf.it 0.
ijij.fansdouteàl’occafion de l’union qui fut faite vers ce tems-làdes biens de
l’ordre des Templiers , à celui de S. Jean de Jerufalem, qui par là s’agrandit
extrêmement. Les premiers h avoient une maifon à Touloufe, qui fut unie à h Anh. du
g lbidf.l 10.
extrêmement. Les premiers n avoient une manon a îouiouie, qui rut unie â h Anh. du
celle de S. Remi des hofpitaliers, laquelle porte depuis long-tcms le nom de irPr-dtsje»n
S. Jean. Parmi les commanderies de la province, une des plus anciennes eft *
celle de Capeftan au diocèfe de Narbonne qui fubfiftoit en 1 u y . & à laquelle
Ermengaud Romieu fit alors une donation. Revenons à Bertrand comte de
Touloufe & de Tripoli.
Aprèsfamort, les ambafîàdeurs » d’Alexis étant arrivez dans cette derniere xxxii.
ville, demandèrent à Pons la reftitution du tréfor dont ils avoient confié la Exploits de
* PonsdcToa-
garde à Bertrand Ton pere, &c qui avoit été mis en dépôt dans le palais épif. jouît comte"
copal 5 mais l’évêque de Tripoli, qui étoit , % ce qu’il paroît, le principal de Tripoli. Sr
tuteur de ce jeune prince , fit difficulté de le rendre. Les envoyez allaîmcz 4l8>
de ce refus, parlèrent alors en ces termes à ceux qui compofoient leconfcildu &j‘i-
comte Pons : » Si vous perfiftez , leur dirent-ils , à ne vouloir pas nous rendre «c
ce tréfor, vousn’êtes pas de vrais ferviteurs de l’empereur , & vous degé-ct
nerez de la fidelité du comte Bertrand & du comte de S. Gilles fon pere. «
Au refte vous n’avez plus aucun fecours à attendre de l’ifle de Chypre, &«
vous pouvez compter de mourir bientôt de faim. » Ils joignirent les careflèsaux
menaces j mais voyant que les unes &: les autres étoient egalement inutiles , ils
confentirent enfin de laiilër à Pons la portion du tréfor qui avoit écé deftinée
pour le comte fon pere , à condition que ce prince prêteroit ferment de
fidelité à l’empereur. Pons ayant accepté cette condition , les ambaiïadcurs
lui donnèrent une certaine fommeen or & en argent, outre divers meubles
& habits précieux, &: s’embarquèrent avec tout le refte. k Aib.Aj.Ux,
Lejeune comte de Tripoli cultiva l’amitiéde Tancrede prince d’Antioche. QÙui.iyr.t.u.
CclÜ-ci de fon côté k lui témoigna beaucoup d’affèdion * & étant tombé %'Jc'hC4rnef
malade à l’extrémité , il l’appella à fa cour, & lui confeilla d’époufer après /.*.<. +;.
Tome JI. Z z ij
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/
An. ii il,
a G mil. Malm
M6.
b Alb.Àq.ibid.
c.\i.& >*•
fulchr,Garnot .
iWf.47.^p.
7 yr.ibid.
G a h/ en bell .
Ansioch . f.
444*
c GuilL T/r.
ht C.v.&,eqq,
€*l7.Ll>.C.7.
6i'W
f.’ilcb.Cdrnot .
Ll-c.i.&jetj.
e. 10.3 1 %34*Ô'
4l«
C74«/ff, ibU,
Hi'l.Jcroj.p.
«524.
il G«i//. tyr.
/. 13. c. iy. d
l5.
Tulch. Carnot ,
c G«i//- 7)t.
iM c x7- ^l4-
C.+-&JW
3^4 HISTOIRE GENERALE
fa more Cecile fa femme , fille naturelle du roi Philippe I. & de Bertrade
d’Anjou. Ce mariage s’accomplit en effet après le deces de Tancrede arrive
le 16. de Décembre de l’an ma. Un ancien hiftorien » qui fait un fort grand
éloge de Pons, & qui l’appelle l'émule de la gloire de fes ancêtres , affure que
Tancrede ordonna à ce prince d’époufer fa veuve, parce qu’il avoit conçu de
grandes efperances de fa valeur. Le portrait que tous les anciens font de
Pons eft des plus avantageux : il fe rendit fur tout recommandable par fes
exploits. Il marcha vers Tiberiade au mois dejuilletbde l’an 1 1 1 3.aufecours
de Baudouin roi de Jerufalem, qui par Ion imprudence avoit été battu par
les infidelles. Le comte de Tripoli quoique beaucoup plus jeune que ce prince
prit la liberté de lui reprefenter la faute qu’il avoit faite , & l’aida à la répa
rer. Roger fils de Richard , qui avoit fuccedé à Tancrede fon coufin germain
dans le gouvernement de la principauté d’Antiochc étant menacé en mj
d’une armée de Turcs, appella Pons à fon fecours : celui-ci fc mita la tête de
200. chevaliers, &de 2000. fantaffins,&: fejoignit à Baudouin roi de Jerufalem :
ces princes ayant rencontré les ennemis , ils les diifiperent bientôt. Ce fut au
retour de cette expédition que le roi Baudouin ayant pris avec lui à Antioche
Cecile veuve de Tancrede , il l’amena à T ripoli, &. la maria avec le comte , con¬
formément aux dernières volontez du même Tancrede. Les noces furent
célébrées avec beaucoup de pompe êc de magnificence.
Pons marcha de nouveau c en 1119. au fecours de Roger prince d’Antioche,
qu’une armée formidable de T urcs avoit affailli , & qui eut le malheur de périr
avant l’arrivée de ce prince. Celui-ci, &: Baudouin IL roi de Jerulàlem, ven¬
gèrent bientôt après la mort de Roger, & défirent entièrement les infidelles
dans une bataille qu’ils leur livrèrent. Pons qui commandoit l’aile droite k
la tête des Provençaux ,fit dans cette occafion des prodiges de valeur. Scs trou¬
pes ayant été miles en fuite, il foûtint prefque feul tous les efforts des enne¬
mis, jufqu’à ce que fes foldats s’étant ralliez, il chargea de nouveau les infi.
délies, éc contribua par là au gain de la bataille, qui fut neanmoins très-fan-
glante pour les chrétiens.
Ce prince fe brouilla en 1 1 2 1. avec Baudouin II. roi de Jerufalem, qu’il refufoit
de reconnoître pour feigneur fuzerain du comté de Tripoli.Cc dernier fe mit en
armes pour l’obliger à faire à fon égard le devoir de vallâl, & le comte s’etant
mis de fon côté en état de defcnlc , les deux armées étoient prêtes d’en venir
aux mains , lorfque les principaux officiers les engagèrent à faire un accord,
fuivant lequel Pons reconnut enfin le roi pour fon lèigneur. Ce comte fe trouva
en 1ii4.au fiegedeTyr, durant lequel il fe diffingua aurantparfa modeftie
que par fa bravoure. Il y donna l’ordre de chevalerie à un jeune feigneur que
le prince d’Edeffe envoyoit au camp , avec la tête d’un general T urc qu’il avoit
défait , pour encourager les chrétiens à continuer cette entreprife. Elle réuflit
fuivant leurs fouhaits j &. après la prife de T yr , le comte de Tripoli qui avoit
eu beaucoup de part à cette conquête, fit arborer fon étendart fur l’une des
tours. Ce prince rendit des fciVices fignalez au mois de Juin de l’an 112 j. au
roi de Jerufalem, & gagna alors avec lui fur les infidelles une bataille, dans
laquelle il combattit à l’aîlc gauche. Au mois d de Mars de l’an 1127. il affie-
gea Raphania, ville fituée dans la province d’Apamée au voifinage du mont
Liban, fur les confins de Ion comté de Tripoli, &c la fournit à là domina¬
tion en 1 8. jours de fiege , avec le fecours du roi de Jerufalem. Au mois de
Décembre de l’an 1130. il fe mit en marche pour le fiege de Damas , que
les chrétiens ne purent cependant entreprendre. Tels furent les premiers
exploits de Pons comte de Tripoli, fils unique de Bertrand comte de Tou-
loufe. On voit par là que ce prince ne céda en rien à la gloire que fes
ancêtres s’étoient acquife par leur valeur, êc qu’il fit un honneur fingulier à
la province de Languedoc qui lui avoit donné lanailîânce.
Pons fit quelques tems après la guerre à Foulques comte d’Anjou, & roi
de Jerufalem, Ion beau-frere, dont il avoit époulè la fœur uterine. Voici ce
qui donna occafion à cette guerre. Baudouin II. roi de Jerufalem c qui mourut
au mois d’Août de l’an 1131. ne lailla que deux filles. L’aînée avoit épflufé
le même Foulques , qui à caufè de cette alliance fucceda alors à ce prince
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DE L A N G U E D OC. Lfv.XVÏ. ______
dans le royaume de Jerufalcm. La fécondé nommée Alix avoir été marioe An-, ini-,
au jeune Boemond prince d’Antioche , qui fut tué la même année dans une
rencontre , ne lailïant de fon mariage qu’une fille unique nommee Confiance
qui étoit alors en bas âge , 6c qui lui fucceda. Alix princelle fort ambitieulè,
ne pouvant le réfoudre à ceder le gouvernement d’Antioche aux tuteurs de
fa fille , employa toutes fortes d’intrigues pour s’approprier cette princi-
fiauté, 6c fe ligua dans cette vue auffi toc après la mort de fon mari, avec
e comte de Tripoli , qu’elle trouva moyen de mettre dans fcs intérêts. D’un
autre côté le roi Foulques prit le parti de la jeune Confiance fa niece, 6c
ayant pénétré les deilèins d’Alix , êc de Pons comte de Tripoli , il fè mit en
marche, 6c prit la route d’Antioche pour y aller donner ordre aux affaires
de la jeune pupille. Foulques étant arrivé fur les confins du comté de Trü
poli , Pons lui refufa le paflage f ur fcs terres , & leva des troupes pour foûce-
nir le parti d’Alix. Ce comte fit fortifier entr’autres les deux châteaux d’Anican
6c de Rugia, que Tancrede premier mari de fa femme lui avoit donnez en mou¬
rant, & qu’il pofledoit au nom de cette princelle. Il fie de là la guerre à Foul¬
ques, qui de fon côté lui livra bataille avec toutes fes forces du côté de
Rugia. La victoire fut long-reins dilputée, mais enfin le roi obligea le comte
de plier 6c de prendre la fuite , après avoir lailîé un grand nombre de
morts fur le champ de bataille , 6c un plus grand nombre de prifonniers. Les
deux princes fe réconcilièrent cependant bientôt après par l’entremife de
leurs amis communs.
Le comte Pons 1 tourna quelque tems après fes armes contre les infidelles , a o«itf. Tjr<
qui de leur côté lui firent une cruelle guerre. Le prince d’Alep , à la tête d’une ,M‘-
armée formidable , le cenoic afliegé dans le château de Montferrand, fitué fur
une élévation auprès de Raphania , lorfque le roi Foulques s’étant mis en
marche pour aller au feetmrs d’Antioche menacée par les Turcs, 6c paflànt
à Tripoli , la comtefle fa fœur le pria avec tant d’inftançe d’aller fecourir
fon mari , que ce prince ne put fui refufer ce fervice. Foulques raflèmbla
toutes les milices du comté de Tripoli, les joignit aux fîennes ,6c s’avança
vers Montferrand : les ennemis informez de fes approches,abandonncrent auffi-
tôt le fiege de cette place. Pons ne pût cependant éviter de tomber dans la fuite
entre les mains des infi délies , 6c de devenir la victime de leur fureur. Bezauge
prince de la milice de Damas b s'étant mis en campagne en n 37. pour faire /. ^
une irruption dans les états de Tripoli, le comte initiait de fa marche, ap- ord.vù.l. i*.
pellaà fonfecours un corps de Syriens auxiliaires du Mont-Liban, qui furent
caufede fâ perte. Ces peuples qui étoient d’intelligence avec les ennemis, lui
perfuaderent d’aller à la rencontre de Bezauge audellôus du château du Mont-
Pelerin, 6c de lui livrer bataille. Pons attaqua avec beaucoup de valeur l’ar¬
mée ennemie j mais durant l’action les Syriens le trahirent, & le livrèrent
aux infidelles qui lui firent fouffrir une mort des plus cruelles. Prefque tous
les chevaliers qui étoient à fon fervice périrent avec lui dans cette occafion :
ils étoient venus la plupart de la province dans la Terrc-fainte avec le comte
Bertrand fon pere , ou avoient marché dans la fuite à fon fecours. Geraud
évêque de Tripoli fut du nombre des prifonniers 5 mais ayant eu la précaution
de ne pas fè faire connoître , il fut échangé quelque tems après contre un
fimple captif.
Pons laifla deux fils de Cecile fa femme c ; fç avoir Raymond qui lui fuc- cPrp.^i.
céda dans le comté de Tripoli, 6c Philippe qui vivoit en 1142. Raymond
quoiqu’encore jeune dans le tems de la mort de fon pere , en tira bien-tôt
raifou , 6c fe vengea d de latrahifon des Syriens. Il raffembla le refte des che- <* Guill. Tjr ,
valiersqui étoient àTripoli, 6c les joignit à un corps d’infanterie. Il fe rendit ih,i‘
enfuite au Mont- Liban , 6c en emmena prifonniers tous ceux qui avoient été
complices 6c dé la défaite 6c de la mort de fon pere , avec leurs femmes 6c
leurs enfans ; 6c les ayant tous conduits à Tripoli , il leur fit expier leur cri¬
me par divers fupplices. Ce font là, dit un auteur contemporain e, les pre- e qm\, Tyr,
micres marques de valeur qu’a données ce jeune comte; ce qui lui a attiré, ajoû- »*'<*•
te-t-il , l’amitié âcl’eftime de tout le monde. Nous aurons occafion de parler
ailleurs de la foite de fes adions.
\
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An.i
III.
a tr.ibid.
}66 HISTOIRE GENERALE
Au rcfte il paroîc que Pons comte de Tripoli pofleda en Occident
quelques domaines de la fuccellion de Bertrand comte de Touloufe Ton perc.
Nous avons en effet une donation a par laquelle ce prince , qui fe qualifie
Pons des comtes de S. Cilles , donna en 1131. avec Cccile fa femme & Ray¬
mond fon fils, du confcil de [es barons , à l’églife du Puy, tous les domaines
qu’il avoit dans le comté de Velay. Robert III. comte d’Auvergne qui reçût
cette donation au nom de l’églife du Puy , étoit allé fans doute alors fervir
XXXIII.
\Jmon du
comté de Fe-
DOjiUcdes au
domaine des
comtes de Bar-
Icdcs,
b Marc.Hiffi
? 1 ns>.
fous ce prince.
On ignoroit encore dans la province au mois de Juin de l’an nti.la mort
de Bertrand comte de Touloufe , comme il paroît par l’hiftoire des diffé¬
rends qui fe renouvellerent vers ce tems-là entre le vicomte Bernard- Aton , &
Raymond-Berenger III. comte de Barcelone, au fujer de la ville de Car-
ccwvicom" cadcmne dont le premier s’étoit emparé fur l’autre. La guerre que Raymond-
tes Hc Fenouil- Berenger avoit eu à foûtenir contre les infidelles , ne lui avoit pas permis
jufqu’alors de tirer vengeance du vicomte : il avoit été occupé d’ailleurs de
deux affaires dé confequence qui lui donnèrent occafion d’étendre fa domi¬
nation en deçà des Pyrénées , ce qui le rendit plus formidable à (es ennemis ,6c
le mit plus en état de fe venger de Bernard- Aton. La première fut la fucceffion
des comtez de Befalu 6c de Fenouilledes qu’il recueillit j 6c l’autre fon maria¬
ge avec l’heritiere de Provence.
Raymond-Berenger avoit époufé b en premières noces l’an 1104. Marie
Rodriguez , dont il avoit eu une fille , qu’il promit - en mariage au mois d’O-
c Pr.p.m o.& ctobre de l’an 1 107m Bernard Ill.comte de Befalu.Celui-ci en confiderationde
/‘tt- ce mariage déclara le comte de Barcelone fon heritier pour les comtez^de Bezalu^
de Riupoll , de Valefpir , de Fenouilledes , (£• de Pierre- P ertufe,&L pour tous les autres
domaines, s’il venoit à déceder fans polleritéj ce qui arriva en effet vers le com-
*P-43'-6sh- mencement * de l’an nu. Bernard Ill.comte de Befalu fut inhumé avec fês
ancêtres dans le monaftere de Riupoll. On prétend qu’il jouit de ce comté,
6c de celui de Fenouilledes pendant 60. ans de fuite -, mais quoi qu’il foit dé¬
cédé dans un âge allez avancé , il ne polleda pas cependant fi long-tems ces
d note comtez -, 6c il paroît J certain qu’on l’a confondu avec le comte Bernard IL
xxnu-9. fon oncle paternel.
Après fa mort Raymond Ill.comte de Barcelone prétendit lui fucceder
dans tous fes domaines, en vertu de la donation dont on vient de parler :
mais Bernard comte de Cerdagne, qui étoit plus proche parent du comte de
*M*re.wff. Bclalu, lui dilputa cette fuccellion ,6c fe faifit de diverfes places qui en dépen-
M-i.ü-iijs- ^0jent U s’accommoda cependant bientôt après avec le comte de Barcelone,
6c lui céda tous fes droits par un acte du 8. de Juin de l’an 1 1 1 1 . Par là Ray¬
mond-Berenger réunit à fon domaine le comté de Fenouilledes , 6c le pais de
Pierre-Pertuiè en deçà des Pyrénées, que fes ancêtres avoient donné en
partage aux comtes de Befalu leurs cadets , 6c étendit fa domination fur divers
pais lituez au-delà de ces montagnes.
Le pais de Fenouilledes eut cependant encore long-tems après des vicomtes
particuliers. Cette vicomté appartenoit alors à Arnaud -Guillaume, dont il efl
hum'*1**' ^a'c mcm'ûri f dans un ade de l’an 1 10 1. 6c qui fe die P fils de Pierre- Udulgeni
hv.hv.xiv. vicomte de ce païs , dans une fondation qu’il fit dans l’abbaye de S. Martin
";9>. de Lez. Ce Pierre qui vivoit en 1078. h delcendoit de Guillaume-Arnaud vi-
l'onJt N»rl. comte de Fenouilledes, lequel fit 1 une donation à la même abbaye la VIII.
k r.p.i58.6 année du regne du roi Robert , ou au commencement du XI. fiecle. Il eft allez
^xxiiv. vraifcmblable que ces vicomtes avoient une origine commune avec les vicom¬
te comte 5e tes de Caftclnau 6c de Tazo dans le Rouflillon 6c le Valefpir, ou du moins que
BavciWc t- ^es uns ^cs auCres étoient proches parens. Nous trouvons k en effet le nom
Wiûae <h dcGuulaume-TJ^/^nz parmi ces derniers. .
comté. le ho- Raymond-Berenger 111. comte de Barcelone, augmenta encore confidera-
comttz de' blement fon domaine par fon mariage avec Douce , qu’il époufa 1 en fécondés
Mliuud . de néccs au mois de Février de l’an un. la IV. année du reçne de Louis le Gros.
*u£ThÏ. f^üuce étoit fille 6c heririere de Gilbert vicomte de Milhaud , de Gevaudan,
1-4* ■& "i- 6c en partie de Carlad ,6c de Gerberge comtefTe d’Arles ou de Provence.
6*-. 11)7 6- ceBe.c\ qui étoit alors veuve de Gilbert, donna d’abord à Douce fa fille
j*jî- 1 ’
f r^.,^9.
g Arch. ai
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DE LANGUEDOC. Liv. XVI.
1
le premier du même mois » tous les domaines qu’elle avoir ou qu’elle de-« An liil»
voit avoir , fçavoir le comté de Provence, de Gevaudan 8c de Carlad , 8c «
tous les biens du comté de Rouergue dont elle avoir- hérité , foit de lès pa- «
rens, foit par la donation que lui en avoit faite Gilbert fon mari 8c pere «
de Douce, n L’a&e elfc foufcric par quelques feigneurs , entr’autres par Olla-
bert de Canillac. Deux jours après Gerberge donna fa fille en mariage au
comte Raymond-Bercnger avec tous fes biens , 8c ceux de Gilbert fon mari,
pour les poflcder eux 8c leur poftericé , nommément la Provence , c’efl-'a-dire ce
qu'elle y avoit ; le comté de Gevaudan , la vicomté de Carlad , tous les biens
dont elle joulffoit dans le Rouergue , & qui av oient appartenu au comte Gilbert c
domaines qui lui étoient échus , foit par la fuccejjion de fes parens , foit par la
donation du même Gilbert fon mari. Enfin Douce environ un an après Ion mariage
avec le comte de Barcelone, donna à ce prince le 13. de Janvier de l’an mzv
ou de l’an 1113. fuivant notre maniéré de compter, tous les droits qu’elle
avoit , tant par fon pere que par fa mere fur la Provence , le comté de Rouergue
8c ailleurs , ce qu’elle fît en prefence de Raymond de Baux , Decan de Pofquie-
res , 8c divers autres feigneurs. Ces monumens demandent quelques réfîéxions
pour l'intelligence de divers points de cette hiftoire.
i®. On voit par ce que nous venons de dire que Gilbert vicomte de Mil-
haud , de Gevaudan , 8c en partie de Carlad de fon chef , 8c comte de Pro¬
vence par Gerberge fà femme, ètoic mort au mois de Février de l’an nu,
II vivoit a encore vers l’an 1 107. 8c confêntit b au mois de Mars de l’an 1103. b lï^dan*.
avec fon frere le comte Richard , à l’union de l’abbaye de S. Sauveur deSeverac
en Rouergue, fondée auparavant pour des fille» par Gui de Severac , à l’abbaye
de S. ChafFré en Vêlai : union qui fut faite par Deodat feigneur de ce châ¬
teau, defeendant de Gui, par Ermengarde fa femme 8c parleurs fils. On ne doit
donc faire aucun fonds fur un auteur c du XIII. fiecle, qui fait mourir Gil. cubMljo-v
bert en 1090. non plus que fur une circonflance qu’il rapporte touchant le ? iSi‘
mariage de Douce, 8c qui eft entièrement fabuleufè ■> fçavoir que Raymond-
Berenger comte de Barcelone s’étant battu en duel par deu,x fois pour foûte-
nir l’honneur de l’imperatrice foupçonnée d’adultcrc, 8c qu’ayant toujours été
victorieux , l’empereur pour le recompcnfer de fes fcrvices, lui fie époufer
Douce, du confèntement de Tiburge , mere de cette princcflè, qui pour fa doc
lui donna le comté de Provence. Il paroît feulement fort vrai-femblable que
Richard archevêque de Narbonne , oncle paternel de Gilbert , ayant par fa
dignité de grandes relations avec le comte de Barcelone, moyenna le ma¬
riage de Douce fa petite nicceavecce prince. Quant à Richard, il furvêcut ^ v KQTn
long-tems à fon frere Gilbert. On a déjà remarqué i ailleurs que le premier xui.n.\.&
acquit d’abord en engagement le comté de Rodez de Raymond de Sf Gilles, H-
ou de Bertrand fon fils. A Ifonfe- Jourdain , frere 8c fuccefieur de ce dernier
dans le comté dcTouloufe, aliéna entièrement dans la fuite ce comté en fâ
faveur, à la charge de l’hommage j mais nous ignorons l’époque précife de
cette alienation. Ce qu’il y a de certain , c’eft que Richard prenoic déjà en
I I I z. la qualité de comte de Rodez, comme il paroît c par une charte , fuivant
laquelle il confirma alors , avec fon fils Hugues , & fes chevaliers , la donation
que fon pere B erenger , Bernard abbé de S. V ici or de Marfcillc , dr les vicomtes
Hugues & Raymond, tous trois frere s du meme B erenger, avoient faite autrefois à
cette abbaye d’un monaflere fitué dans le Rouergue.
i*. Il y a lieu de croire que Gerberge, que certains auteurs appellent maL
à propos f Tiburge, éroit decedée dès le commencement de l’an 1 1 1 3. lorf- f y-Roffidifi
que Douce fa fille fit donation de tous fes biens au comte de Barcelone fon
epoux : ainfi ce dernier aura joui dès lors de tous les domaines que fa femme pq.
lui apporta en mariage. Depuis ce tems-ià Raymond-Berenger III. 8c fes def-
cendans, étendirent leur domination, 1®. Sur le comté d’Arles, c’eft-à-dire
fur la moitié de l’ancien comté de Provence , fitué entre l’Ifere 8c la mer ,
qu’il poffeda par indivis^avec le comte de Touloufè, qui avoit droit fur
l’autre moitié , jufqu’en 1 12 y. que ces princes convinrent enfin d’un partage
de cette province. i°. Sur les vicomtcz de Milhauden Rouergue 8c de Gevau¬
dan, 8c fur une partie de celle de Carlad en Auvergne. Aurefte c’elt mal-à-
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$68
HISTOIRE GENERALE
c V.
Xlil.
/'??•
Ah. un. propos que quelques auteurs a donnent le titre de comté à la derniere de
a Ruffiau. ces vicovntez -, 6c c’eft improprement b que Gerberge de Provence donne le
f „jMnn. même titre à la fécondé , dans la donation qu’elle en lit à Douce fa fille.
1 1 ii.» o. 3°. Quelques modernes donnent à Gilbert la qualité de comte de Rodez j
d’autres - le font defcendrc des comtes de cette ville , ou le qualifient ü comte
c RHffi,bU. -de Milhaud ,6c lui donnent pour grand pere paternel Richard vicomte de
Mure Carlad en Auvergne : les uns 8c les autres fe trompent , ou du moins ne
st. ‘ parlent pas exactement. i°. Richard frere de Gilbert fut c le premier de fa
v. note fliaifon qui prit la qualité de comte de Rodez , 8c qui pofieda le domaine
■*M‘ de cette ville. i°. Gilbert ne fut jamais que vicomte de Milhaud , ainfi que
fes ancêtres : ceux qui lui donnent le titre de comte de Rodez ont été
f matc. Mfp. trompez fans doute fur ce que Gerberge ayant donné à Douce f fa fille les
biens qu'elle avoit dans le comté de Rouergue ou de Rodez , 6 C qui provenoient
de l’heredité de Gilbert fon mari , ils ont crû que ce dernier avoit été comte
g v.Kuffi di/f. de cette ville , ce qui eft trés-fauy. Quelques uns g fuppofent enfin queGil-
iirev.^iy& Bert ^t0*c Pierre vicomte de Carlad , 8c d’une prétendue comtcffede Mil.
feqq haud j mais ils font excufables , en ce que dans le tems qu’ils ont écrit l’ori-
^ngebift.gen. gine de Douce comtefïè de Provence, n’étoit pas encore bien connue , ou
kote xxv. du moins aflez développée } mais il n’y a plus lieu de douter que cette prin.
&xxvj. celle nc f^c fille de Gilbert de Milhaud , 8c de Gerberge de Provence i que
Gilbert ne fût frere de Richard , premier comte de Rodez , 8c qu’ils ne fu fi¬
lent fils l’un 8c l’autre de Berenger II. vicomte de Milhaud 8c de Gevaudan , 8c
v deNobilie heritiere de la vicomté de Carlad. Douce avoit une fœur nom.
M.ît. mée Etiennette , qui avoit époufé h auparavant Raymond de Baux, laquelle
avoit eu pour fa dot quelques terres en Provence. Pluficurs hiftoriens ont
prétendu que Faydide, femme d’Alfonfe-Jourdain comte de Touloule, étoic
aulli fccur de Douce -, mais nos meilleurs critiques ont fait voir que c’eft une
fable : nous connoilTons d’ailleurs « la véritable origine de Faydide : cette com-
teiïê écoit de l’ancienne maifon d’Ufez.
Raymond-Berenger III. fe qualifia k depuis fon mariage avec Douce, par
1 NOTE L.
».iç.
xxxv.
Baïcci'onc'de-6 ^ &race de Dicte marquis de Barcelone & des Espagne s , comte de B ( faite & de
türdj guerre Provence : titres lous lelquels il déligna tous fes domaines anciens 8c nou-
RcJâri Aron veaux i tant en deçà quen delà des Pyrénées. Ils comprenoientpar rap-
au fu et des port à la province , la vicomté de Gevaudan , dont le château de Grczes
Orono dc * éc°it le chef-lieu , le comté de Fenouillcdes , 8c le païs de Pierre-Pertufe vers
de Raicz. ii Ce ^cs Pyrénées. Ce prince avoit outre cela des prétentions fur les comtez de Car-
ligue avec le cafionne 8c de Râlez , 8c fur le païs de Lauraguais, pofledez alors par le vicomte
Narbonne ibn Bernard-Aton , auquel il déclara la guerre aulli- tôt après fon mariage avec
Douce, pour l’obliger à lui rendre ces domaines.
Dans cette vue il aflembla 1 une armée confidcrable au printems de l’an
1 1 1 a . après s’être alluré du fecours de divers princes voifins. Aymeri II.
vicomte de Narbonne™ fon frere utérin , entr’autres ,embralïà lès intérêts, 8c
frere utérin.
K Mjrc.Hifp.
?.IZ47-
1 Pr.p. 13.
K NOIE
XLVI,
m Mtrc.H'.fp. abandonna ceux de Bernard-Aton avec lequel il s’étoit ligué auparavant.
p.ms. Aymeri promit folemnellemcnt au comte , r’.wDe le maintenir dans tous
» iès domaines, 6c de l’aider contre tous , tant pour le château dc Fenouillet
» 8c le païs dc Fenouillcdes , que pour le château 8c le païs de Pierre-Pertufe.
» 2°. De lui remettre ce dernier château toutes les fois qu’il en feroit requis, 8c
»> de faire le même ferment dc fidelité à fes fils 8c à fes fuccefleurs. 3". De le
» fecourir 8c dc lui être fidellc , 8c à fes fils , pour la ville de Carcalïonne , 8c les
« païs de Carcafièz 8c de Rafcz , 8c de faire la guerre avec lui , 8c fans lui , au
» vicomte de Beziers , à fa femme , 8c à les fils , 6c à tous ceux quientrepren-
droient de l’en dépolleder. » Nous inférons de cet a<fte que Raymond-Beren¬
ger pour engager à fon fervice le vicomte de Narbonne fon frere , lui donna
en fief le château 8c le païs de Pierre-Pertufe. Nous voyons cependant dans la
fuite des lèigneurs particuliers de ce château , qui devinrent par là les arriere-
vafiaux des comtes de Barcelone. Bernard-Berenger de Pierre-Pertufe , don-
aArch.Uu pr. nâ°en 1110.8c en 1113. avecBeatrix fa femme, aux religieux de l’Amourguier
d> c Amour- Narbonne , ladixme de laparoiffe dc S. Chriftau.
La maniéré dont le vicomte de Narbonne s’exprime dans cet a&e en parlant
de
/
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DE LANGUEDOC. Liv. XVI.
369
c Mâb. âd
Mftrk 1103.9.6s*
de la comtefle Mahaud fa mere * , fait alTez entendre qu’elle étoit alors déjà An.iiii.
décedée* ainfi ce traité qui’cftfans date , doit être poflerieur au mois d’ Avril üus M^hak'is'"
de l’an un. que Mahaud a vivoit encore, & anterieur au mois de Juin de fœ.njàr.
l’an ni 2. que le comte de Barcelone fit fa paix avec le vicomte Bernard- *cauimtm.
Aton , comme nous le verrons bientôt. Ceci peut fervir à fixer à peu près '’85'
l’epoque delà mort de Mahaud. On prétend b qu’elle fe retira en Catalogne bDi4?Wie
quelques années avant fon décès, 6c qu’elle fonda dans cette province deux mo.
nafteres de filles, fçavoir celui de S.Daniel aux environs de Gironne,fous la réglé
de S.Benoît, où elle mourut , dit-on , faintement^ôc celui de Val-Marit de l’ordre
de S. Bernard dans la vicomté de Cabrera : mais il eft certain que l’ordre de
S. Bernard ou de Cîteaux ne pafTa en Efpagne que long-tems après la mort
de Mahaud. Un auteur1 célébré prétend que cette princeffe vivoit encore
en im. 6c qu’elle donna alors à l’abbaye de S. Pons l’églife de laCaune en
Albigeois: ce fut d le vicomte Bernard- Aton qui donna cette églife à l’ab-
baye de S. Pons le premier de Mai de l’an 1118. Il eft vrai que le 17. de M.&daiv.
Novembre un. une dame nommée Maralde, & fesdeux fils Etienne-Dadon
&Auger , donnèrent à la même abbaye toutes leurs prétentions fur l’églife
de la Caune 5 mais cette Maralde n’étoit pas vicomtefle de Narbonne.
Le vicomte Bernard-Aton informé des préparatifs que le comte de Barce¬
lone faifoit contre lui, fe mit de fon côté en état de défenfe. Ne pouvant L***^'te
avoir recours à Bertrand comte deTouloufe, feigneur fuzerain de fes do- BtrLrd-Aion
maines, encr’autres du comte de Carcaifonne qu’on lui difputoit, àcaufe fc ligue avec
de l’abfence de ce prince, occupé alors aux guerres d’outre-mer, il implora g0nWdAt1'
la protedion d’Alfonfe I.roi d’Aragon, à qui il donna <= en alleu la ville 6c le <= i‘r.f.
païs de Rafez , qu’il prit enfuite de lui en fief. Alfonfe promit de fa part au f'î*
vicomte, i°.De l’aider contre tous ceux qui entreprendroient de le troubler
dans la poflêflion de ce païs. z°. De lui donner douze mille fols en monnoye
courante lorfqu’il feroit attaqué. Le vicomte prêta enfuite ferment de fidelité
à ce prince , 6c en particulier pour le païs de Rafez , envers tous ôi contre
tous , excepté contre le comte de T ouloufe & de Rouerque.
Raymond- B erenger comte f de Barcelone, apres s'être difpofé pour la guerre xxxvii;
contre Bernard-Aton , pafla les Pyrénées vers le mois de Mai de l’an 1 1 1 1. 6c Plixcmte
s’avança vers CarcafTonne où ce vicomte l’attendoit de pied ferme. Les deux ccioac&u
armées étoient en prefence , 6c prêtes à combattre , lorfque Richard archevê- «omteBwmri-
que de Narbonne , allié de ces deux princes, 2c plufieurs feigneurs des deux
camps s’entremirent pour les accommoder, 6c les firent convenir d’un accord. uepiifibiepoC.
Les articles furent fignez le 8. de Juin de l’an Le vicomte pour fatisfaire comwzdeC«-
à la demande que le comte lui faifoit des comtez de Carcaflonne 6c de Râlez , cartonne & de
lui donna f» alleu douze châteaux de fon domaine qu’il reprit en fief, 6c pour
lefquels il lui prêta ferment de fidelité. Ces châteaux étoient ceux de Boiilefon, U J **
d’Ambialet , 6c de Curvale en Albigeois i de Roquefiriere 6c de Caftelnau dans
leTouloufain ; du Caylar 6c de Cauviiïon dans le diocèfe de Nifmes -, de Peze.
nas, de Meze 6c de S. Pons de Mauchiens dans le diocèfe d’Agde -, 6c enfin du
Pouget 6c de Mercoirol dans celui de Beziers. i°. On convint que lorfque l’un
ou l’autre pourroit engager le comte de T ouloufe à donner d celui de Barcelone , la
ville de CarcaJJone avec fes dépendances ,ce dernier les donneroit alors au vicom¬
te, qui en vertu de cette donation reprendroit en alleu la moitié de chacun des
douze châteaux ci-deffus marquez. 30. Le vicomte donna à Raymond-Beren-
ger quinze mille fols Melgoriens , pour le dédommager, fans doute, des
frais de fon armement, 6c fit ratifier le traité par la vicomteffe Cecile la fem¬
me. En conféquence le comte de Barcelone , par un acte du lendemain 9 . de
Juin , abandonna entièrement au vicomte lcCarcafJezj& le Rafez, ^ 2c lui pro¬
mit par ferment de le lailler paifible poffefleur de tous fes domaines. On voit
par là que le comte renonça à toutes fes prétentions fur ces deux comtez , 6>c
qu’il fe contenta en échange de la fimple fuzeraincté fur douze châteaux du
vicomte fituez en divers autres païs. On ne doit faire donc aucun fonds fur
une circonftance rapportée dans un monument g pofterieur, 8c adoptée parles
hiftorienshde Catalogne -y fçavoir ,que par cet accord » Bernard-Aton, tant «
pour lui , que pour fa pofter ité, fe rendit vaffal du comte de Barcelone , 6c de «
Tome II. Aaa
5 VI*
g Pr/f. t|.
\\ DiMg cond.de
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An.i 1 1 i.
XXXVIII.
Réconciliation
entre l'arche
Yêque & le vi¬
comte de Nar¬
bonne,
a &
H
b Pr. f. 384.^
fa
c Pr.f. 388.6*
fa
XXXIX.
Evêques du
Puy. Vicomtes
dcPolignac.
d Huf.TUv.
cf/ronf.i69*
370 HISTOIRE GENERALE
*> Tes fucceflèurs pour la ville ôc le comcé de Carcaflonne , avec promeflè de le
» fervir , fuivi de Tes chevaliers , en vertu de cet hommage , dans les guerres
» qu’il auroit. » Mais le contraire eft marqué expreflement dans l’acte 5 ôcquoi
que le vicomte s’y déclaré vafTal du comte pour les douze châteaux dont on
vient de parler , il convint neanmoins qu’il ne le deviendroit pour Carcaflonne,
que lorique le comte deTouloufe , qui en étoit feigneur fuzerain, auroit donné ce
comté au comte de Barcelone. Bernard-Aton conferva par cette claufe le droit dit
comte de Touloufe furie Carcaflëz , ce qui lui fervit de prétexte pour fe main¬
tenir dans l’indépendance du comte de Barcelone, par rapport à ce pais. Il
ne continua cependant de le pofleder qu’en titre de vicomté , de même que
le Rafez , dont il n’eft rien dit dans cet acte , ôc que ce vicomte avoit donné en
alleu au roi d’Aragon 5 mais il ne paroît pas que le dernier ait confervé long-
tems la fuzeraineté fur ce comté.
Raymond-Berenger III. comte de Barcelone s’entremit , fans doute, à foa
tour, pour mettre d’accord Richard archevêque de Narbonne, grand oncle
de Douce fa femme, ôcAymerill. vicomte de cette ville fon frere utérin. Nous
voyons du moins que l’archevêque ôcle vicomte de Narbonne avoient fufpendu
leurs différends touchant le domaine 2c la juflice de cette ville au mois * d’Octo-
bre de l’an un. lorfqu’ils abolirent de concert entr’eux & les autres barons
dupais , la coutume qui s’étoit introduite fur les côtes de la mer , tant dans
leurs dépendances, que dans le refte de la province, de s’emparer du débris
des vaifleaux qui faifoient naufrage. L’archevêque , le vicomte , ôc les barons
du diocèfe de Narbonne touchez du préjudice que cette coutume faifoic
aux négocians , ordonnèrent qu’à l’avenir tout ce qu’on pourroit fauver du
naufrage appartiendroit au maître du vailïèau, de quelque nation qu’il fût,
ou à fes heritiers. L’archevêque déclara en même teins excommuniez tous
ceux qui contreviendroient à ce reglement. Quant aux vaifleaux des Sarafins
qui feroient naufrage , il fut marqué dans Pacte que la moitié du débris appar¬
tiendroit à l’archevêque , 6c l’autre moitié au vicomte.
L’un ôc l’autre terminèrent enfin leurs différends 6c fe réconcilièrent parfaite¬
ment le i6.de Novembre fui vant b, par l’entremife de plufieurs perfonnesde
confideration , entr’autres d’Hugues abbé de S. Paul. Il eft marqué dans
l’accord qu’ils paflèrent alors i°. Que l’archevêque auroit la juflice de tous les
clercs de Narbonne 6c du diocèfe , de tous les laïques qui avoient leur demeure
dans le domaine de l’églife cathédrale , 6c de celle de S. Paul, ôc desvaflaux
de ces deux églifes. z*. Que le vicomte auroit de fon côté la juflice de tous les
crimes d’adultere 6c d’homicide qui fe commettroient dans la ville 6c le bourg
de Narbonne , ôc que les coupables feroient jugez À la cour du vicomte , en pre-
fence de l’archevêque ou de. fon huile. 30. Ce prélat fe réferva tout le refte de
la juflice dans fon domaine, au dedans 6c au dehors de Narbonne. 40. Ilscon-1
vinrent de remettre à des arbitres pris de l'une & de l'autre cour , les autres diffe.
rends qu’ils avoient touchant les tours ôc les maifons de la ville -, avec promeffe
de la parc de Richard de ne pas faire la pierre au vicomte , de ne pas l'excom¬
munier pour ces différends. Nous verrons dans la fuite que ce prélat ne tint pas
fâ parole, ôc que s’étant brouillé de nouveau avec Aymeri, il eut recours i
l’anathême contre lui, ce qui excita de grands troubles dans le dioccfe. Au refte
ce dernier étoit alors déjà marié , ou fe maria bientôt après ; car il engagea
en 11 14. Cavec Ermengarde fa femme , à l’abbaye de la Grade, le village du Lac
dans le diocèfe de Narbonne, pour foixante-huic livres d’argent fin du poids de
Narbonne , ôc vingt-cinq onces d’or.
Quelque foin que les papes ôc les conciles fe fuflent donnez depuis le ponti¬
ficat de Grégoire VII. pour rétablir les églifes dans leur ancienne liberté , ÔC
les mettre à couvert des entreprifes de la noblefle , il y avoit cependant encore
au commencement du XII. fiecle divers diocèfes qui gémiffoient fous la tyran¬
nie des feigneurs féculiers , entr’autres celui du Puy.
Après la mort d’Aymar de Monteil évêque de cette ville, décédé à Antioche
le premier d’Aoûtdel’an 1098. fon fiege demeura d vacant jufqu’en 1 ioi. que
le clergé ôc le peuple du Velay voulant lui donner un fucceuèur , élurent,
d’un contentement unanime , Pons abbé delaChaife-Dieu, qui fut le premier
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DE. LANG U E D OC. Liv. XVI.
37*
cvêquc du Puy de Ton nom. Ce prélat qu’on fait delà maifon deTournonen An.mi.
Vivarais, fans aucune preuve, étoic alors déjà âgé. Il avoir d'abord embraf.
fé la profeffion monaftique » à la Chai/è-Dieu , dont il avoir été élu. abbé a M»b. *4™»;
en 1094. Il avoir parfaitement bien foiitenu la réputation de régularité que
ce monaftere s’étoit acquile. Il avoir affilié en 1095. aux conciles dePIai- «.47.
fance & de Clermont, Savoir contracté en 1096. à Lion une amitié parti-
culiere avec S. Anlèlme archevêque de Cancorbery qui le trouvoit alors dans ‘fjoj.&jiq.
cette ville , & qu’il avoir enfuite amené dans fon abbaye.
Pons après Ion élection b à l’évêché du Puy, entreprit de réduire divers bJV/.sj. ,•
chevaliers de la ville qui avoient élevé des tours dans leurs maifons, & s'en
fervoient comme d’autant de forterefles pour tyrannilèr les peuples. Il fut
obligé pour cela d’avoir recours à la force, & de faire la guerre à ces gentils¬
hommes qui le fournirent enfin , & fe rendirent vaflàux de l’églilë au Puy
moyennant la fomme de dix mille fols du Puy qu’il leur dillribua. Ce prélat
mourut vers l’an c im, le 14. dejanvier, & fut inhumé dans le prieuré ou Cyfs0TE
monaltere de Rochepaule en Vivarais vers les frontières du Velay, qu’il avoir xxvm.».\o.
fondé avec fes parens , fous la dépendance de l’abbaye de la Chailè-Dieu. On
yvoyoitd fon tombeau avant la ddtruction de l’églife de ce prieuré par les <i Aa ss-ni.
Calviniftes. Elle appartient aujourd’hui aux Minimes, & eft dédiée fous l’invo-
cation de S. Pons , qu’on croit être le même que notre évêque du Puy , qui par
conféquent aura été honoré d’un culte public.
Ce prélat étoit , à ce qu’il paroît , frere d’Auxiliende mere de Pons vicomte
de Polignac. On a en effet une donation c de ce dernier en faveur de l’abbayé e c.h tire» h, fl,
dePebrac en Auvergne, faite du confentement de Pons évêque du Puy fon H-***
oncle , de fa femme, & de fon fils Armand. Le vicomte Pons ne marque pas le
nom de fa femme dans cet acte : mais nous l’apprenons d’une autre donation f
qu’il fit en 1105. à l’abbaye de Conques en Rouergue, «avec Elifabeth fa
femme, & leur fils Armand, de l’avis de l’évêque Pons , & de Pons-Maurice «
abbé, de l’eglife de Bains dans le Velay 5 à condition que fi lui ou fes fils avoient «
deflèin d’embrafier l’ctat monaftique , l’abbé & les religieux de Conques fe-«
roient obligez de les recevoir. « Il y eut depuis un prieuré conventuel à
Bains, qui fut uni en i6zz. au college des Jefuices duPuy.
Le clergé & le peuple g du Velay élurent , pour fucceder à Pons I. évêque du f
Puy , Pons-Maurice de la maifon de M ontboiffier en Auvergne , le même , à ce xxntutu. 8
qu’il paroît, que l’abbé Pons-Maurice dont on vient de parler. Ce prélat qui croit
oncle ou grand oncle paternel de S. Pierre le Vencrable abbé de Cluni, fut ex-
pofe à la contradiction de quelque envieux qui contefterent la canonicité de
fon élection j enforte qu’il fut obligé d’aller à Rome pour la juftifier auprès
dupapePafcal II. Pons vicomte de Polignac, qui étoit peut-être du nom¬
bre de fes ennemis , le fuivit dans cette ville &c y mourut. Il eft marqué
dans une ancienne chronique* qu’il y fut inhumé avec beaucoup d’honneur. Les me- * pr, ^îj.
moires h de la maifon de Polignac ajoûtent qu’il décéda le 1 3. de Septembre, ha
& que le pape Pafcal II. le fit inhumer dans l’églife de S. Jean deLatran. On
vient de voir que ce vicomte laiflà plufîcurs fils ; nous ne connoilfonsqu’ Ar¬
mand IV. fon aîné qui lui fucceda , & Eracle qui fut prévôt de Brioude ,
dignité qu’il poffedoit 'en 1138. Quant à Pons II. évêque du Puy , il revint \c»u.a,r.mv.
triomphant dans fon diocèfe , où il fut reçu avec de grandes démonftrations
de joie 5 mais fès ennemis lui fufeiterent bientôt après de nouvelles affaires &; xl.
lui firent une cruelle guerre, ce qui mit la défolation dans tout le païs. foo'ctéubifc1'
Les grands vaffaux du royaume ne ménagèrent pas davantage la liberté i« abbez iku-
des églifes au commencement du XII. fiecle, que les fimples feigneurs. Le l>ers de M°‘f-
• a ir r r y \ r 1 f ~ °i ✓ • Uc.Le vicomte
jeune Alronle * peu de tems apres ion avenement au comte deTouloule , re- Bc»mJ-Atoa
tablit entr’autres , dans l’abbaye de Moifiac , les abbez chevaliers ou féculicrs re,nonc,:
que fes prédecefl'eurs , touchez du préjudice qu’ils caufoient à la régularité, éviqucs'dt”
avoient abolis. Les courtifans de ce prince abufant de fon extrême jeuneflé, Caicailoune.
l’engagèrent dans cette démarche , comme il l’avoue lui.même dans une fCo^TdiDBc.
charte qu’il donna dans la fuite pour tâcher de réparer le mal qu’il avoir fait ziers.
en cela à ce monaftere. k
D’un autre côté , quoique le vicomte Bernard-Aton, ne prît que la qualité n.j.
T ome II. ’ A a a ij
♦ 41-
V. NOTE L,
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An. ii 13.
* Car/uL du
thât. dé Fcix.
I I 14.
/r3.
37t HISTOIRE GENERALE
de ^vicomte de Carcaflfonne, il s’actribuoit cependant les dépouilles de l’évê¬
que de cecte ville, lorfque celui-ci venoic à deceder. C’eft ce que nous appre¬
nons par la renonciation qu’il fit « le Samedi 3. * de May de l’an 1113. avec
« fa femme Cecile, Scieurs fils Roger Sc Raymond, à ce droit, Scà tous les
»» biens qu’il avoir ufurpez jufqu’alors fur l’églife dé Carcaflonne , en faveur
«d’Arnaud furnommé de Gironne évêque de cette ville. » Le vicomte Ber¬
nard- Aton déclare enfuite qu’il mec les biens des évêques de CarcafTonne,
apres leur décès, fous fa fauve-garde, Sc promet de les, remettre entre les mains
de l’archidiacre qui les garderoit pour l’évêque futur.
Ce vicomte donna a au mois de Juin de l’année fuivante , avec la femme &
fes deux fils, aux deux freres Loup Sc Bernard de Berjers , le tiersde lajuftice
de cette ville Sc des environs : il fe rélèrva les deux autres tiers avec celle des
homicides Sc des adultérés toute entière. Loup Sc Bernard fon frere, qui exer-
qoient déjà la juftice fur les Juifs de Beziers , obtinrent ce tiers comme vicai¬
res ou '.viguiers du vicomte , Sc lui en firent fans doute hommage. Le vi¬
comte avoir encore fon baile à Beziers pour rendre la juftice en fon nom^enforte
que les viguiers jouifloient alors d’une partie du domaine de la ville par l’in-
feodation que les comtes ou les vicomtes leur en avoient faite. Cela donna
occafion à la plûpart de ceux qui pofledoient ces vigueries inféodées , lorlque
les noms propres furent mis en ufage , de prendre le leur de ceux des villes &
des lieux dont ilsétoient viguiers.
xli. Les feigneurs de Montpellier avoient aufli inféodé h alors la viguerie de
Jàuxd«'1fei- cette ville. Bernard-Guillaume qui la poflèdoit héréditairement, ayant deflèin
gocuis de de faire le voyage de Jerufalem , partagea en 1 1 1 8 .fes domaines à fes trois fils,
w catcvdi ^ ^P°^a entr’autres de cette viguerie en faveur de Guillaume-Aymon qui
b fr.f. étoit l’aîné. Les deux autres s'appelaient Gaucelîn de Claret Sc Raymond-
ô1/*?- . Aymon. On a remarqué ailleurs qu’il paroît que les viguiers héréditaires
L siontj'UUr, Montpellier étoient d’une branche cadette des feigneurs de cette ville. Ils
p.is7-i'r.f>.,8sl s’ allioient cependant avec de fimplesbourgeoifes , comme on voit par un acte*
de l’an 1113. fuivant lequel Guillaume Y. feigneur de Montpellier étant en
droit d’empêcher qu’aucun bourgeois de cette ville ne vendît ou n’alienât fes
biens en faveur d’un chevalier ou de l’églife , ou qu’il mariât fes filles à des
chevaliers, s’oppola au mariage de la fille d’un de ces bourgeois avec le mê¬
me Guillaume-Aymon , 8c ne voulut y confentir qu’après avoir été dédom¬
magé du préjudice que ce mariage caufoit à fon domaine , en ce qu’il faifoit
palier les biens poffedez par les bourgeois , 8c fur lcfquels il avoir certains
droits , dans les mains de la nobleflë qui en ctoit exempte,
xui. Le même feigneur de Montpellier non content de s’être diftingué par fes
MomdUc'^ie exploits darts la Terre-fainte durant la première croifade, fe fignala encore
Vicomte de’ dans la guerre contre les Maures 8c les Sarafins d’Efpagne , maîtres des ifles
^\iTTcbc& bal.cares ou ée Majorque 8c de Minorque , d’où ils infeftoient toutes les côtes
viikKdeW de la Mediterranée. Les Pifans1 8c les Génois entr’autres fouffroient beaucoup
çiovwcc vont ^es freCpientes courfes de ces pirates. Raymond-Berenger comte de Barcelone
dcvXTc^u- qui en étoit également incommodé, fit un voyage exprès à Genes 8c à Pife,
ÿHquc (ut engagea les peuples de ces deux républiques à joindre leurs armes avec
ics ficnnes , pour aller attaquer les infidelles dans ces ifles. Les Génois & les
«■>. 10. i««i. Pifans alors très-recommandables par leur puiflance fur mer , animez par ce
çr-ince ^ ^ par \eur propre intérêt , équipèrent une flotte de 300. voiles , 8c par-
M.bhl'é tirent du port dePife le jour de S.Sixte 6 .d’ Août de l’an 1114. Ils joignirent fur
10.6. jmpior. \a côte de Catalogne le comte de Barcelone, qui avoit fait armer un grand nom-
Md. bre de vaiffeaux 8c y avoit embarqué un corps de troupes qu’il avoit raflem-
blées de toutes parts. Il avoit prié entr’autres Guillaume de Montpellier ,
dont il connoiffoit la valeur 8c l’cxperience dans l’art militaire, de venir pren¬
dre part à cette expédition. Ce feigneur ravi de trouver une nouvelle occa¬
fion de combattre contre les infidelles , fe difpofa à fon départ , 8c fitun tefta-
«Tr.p.^o.é* ment, « en prefence de Gautier évêque de Maguelonne 8c de fes principaux
vaffaux, par lequel il pourvût à la bailüe ou gouvernement de Montpellier,
8c à la tutelle de fes enfans,s’il venoit à déceder durant cette guerre. Il difpofa
de cette ville , 8c des autres biens qu’il tenoit de l’églife de Maguelonne , en
o-c.
c Pr. ifcii.
rcr.lt aL
Ma rttn
I
V
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DE LANGUEDQC.Liv.XVL
m
faveur de la même églifè , en cas que tous fes enfans vinffent à tftôurir avant An.ï i Hi
l’âge de quatorze ans. Quant aux divers domaines qu’il avoir acquis , il donna
encr’autres , en allen , dans le même cas , les châteaux de Frontignan , de
Montbazen , de Montferrier , &c. à ceux qui les tenoient en fief de lui. Il légua
à Bernard d’Andulè fon frere , & aux enfans de ce feigneur, le château d’Ome-
las , avec les autres châteaux qu’il tenoit en fief des vicomtes de Beziers & do
Narbonne, & donna à Decan de Pofquieres le château de Melgueil, & les autres
biens qu’il tenoit en fief du comte de Melgueil. Il fit encore quelques autres
legs à divers feigneurs : le tout , à ce qu’il parole, en cas que fes enfans vinflènt i
déceder avant l’âge de 1 4. ans * ce qui prouve qu’ils éroient alors mineurs.
Nous apprenons par cet ade qu’outre le domaine de Montpellier que les fei¬
gneurs de cette ville tenoient en fief de l’églife de Maguelonne , iis polfedoient
encore divers châteaux en alleu dans le diocèlè, ce qui compofa, ce qu’on
appella dans la fuite la baronie dè Montpellier , donc la ville de Frontignan,
fituée fur la côte, étoit le chef-lieu.
Guillaume après avoir donné ‘ordre à lès affaires, s’embarqua avec cent r^'
chevaliers & un corps d’infanterie fur vingt vaiffeaux qu’il avoir fait equiper, «<•«. wfp.
&fit voile vers la côte de Catalogne. Aymeri IL vicomte de Narbonne fit çhronM*nJî.
armer de fon côté un pareil nombre de vaiffeaux , & alla enperlbnne joindre
le comte de Barcelone fon frere utérin , & prendre part à cette expédition.
Raymond de Baux beau-frere du même comte, marcha aulfi à fon fecours
avec fept vaiffeaux. L’évêque de Barcelone, les comtes d’Urgel & de Cer-
dagne, & divers feigneurs du Roulïïllon , des diocèfes de Beziers, de Nifmes,
de Maguelonne, & de toute la province, s’empreilcrent à l’envi de réunir leurs
forces pour le même defiein.
Apres la jon&ion de toutes ces troupes , la flotte mit à la voile vers Major-
quemiais elle fut à peine en pleine mer, qu’elle ellùya une violente tempête qui
la dilfipa. La plupart des vailïeaux gagnèrent le port de Pilé j & comme ils
avoient befoin de le radouber , & que la fàifon étoit déjà avancée , ils y paf-
ferent l’hiver ; les autres fe* rendirent dans le port de Barcelone. Quant aux
troupes de débarquement, elles fc partagèrent pour fubfiftcr plus commodé¬
ment 5 une partie alla hivernera Montpellier, à Nilmes & Arles } & le gros
de l’armee demeura à Barcelone avec Guillaume de Montpellier .Toute la flotte
& les troupes s’etant raflembléesà la S. Jean de l’année fuivante , on commença
par alfieger Pille d’Y viça qui fe fournit le jour deS. Laurent 1 o. d’Août. On alla
enfuite mouiller devant Majorque le i4-du même mois. Se on entreprit aulfi. tôt
lefiegede cetce ville, qui Ce rendit enfinje 6. de Février de l’an 1 1 1 6. Durant ce
fiege b , Guillaume de Montpellier fe diftingua beaucoup par fes exploits , de bciren.Pif.
même que Dalmacede Caltries, brave chevalier du diocèlè de Maguelonne, qui t-w&Mï*
fervoit fous fes enleignes. Celui-ci dans une lortieque firent les ennemis, les
repouffa avec force , & il les avoir déjà obligez pour la plupart à rentrer dans
la place , lorfque deux Maures des plus robulles vinrent l’attaquer. 11 abbatit
d’abord l’un d’eux à fes pieds } mais l’autre lui ayant porté en même tems un
coup de lance qui perça fon bouclier, il fut mis hors de combat, & accablé
bientôt après par une troupe d’infidelles , dont l’un lui coupa la tête d’un coup
de labre.Guillaume de Montpellier informé de ce trille accident, ne put d’abord
refuler fes larmes fur la perte d’un chevalier qui avoit acquis fon amitié & fon
eftime. Réfolu enfuire de venger fa mort fur le champ , il fe met à la tête
de cent chevaliers, donne fur lesinfidclles, les défait entièrement, 6c leur enleve
la tête de Dalmace qu’il rapporte dans le camp.
Aymeri vicomte de Narbonne fe fignala auffi au fiege de Majorque. Il
anima également les foldats Sc par les difeours St par fes exemples. Plufieurs
chevaliers de la province y donnèrent des preuves de leur valeur , entr’-
autres Bercnger de la Verune. L’auteur contemporain c qura confervé la cchron.fif.
mémoire de leurs exploits & des autres troupes de • la province , donne le ,b"t'
nom de Goths aux peuples qui l’habitoient , St les dillingue des Catalans. Il
donne aulfi le nom de Catalogne à la Marche d’Efpagne. C’ell le plus ancien
monument que nous connoiffions où on feferve de cette derniere dénomina- _ ~
l‘°n. Un moderne prétend*1 que le vicomte Bernard-Aconfe trouvai l’expe- j?.
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T74
HISTOIRE GENERALE
An.iii* dition de Majorque , lur l'autorité del’hiftorien des comtes de Barcelone qui
n’en dit rien.
Après la prife de l’ancienne ville de Majorque , l’armée chrétienne fit le flege
de la nouvelle , qui le fournit enfin avec le refte de l’ifle le 3. d’ Avril de
iMxrtm.ctU. I’an 1 1 1 Le pape Pafcal II. comblé de joie de l’heureux fuccès de cette
• mpijf.to.i.f . conquête , écrivit 3 au commencement de May de la même année au
bGMiU.M*im. comce de Barcelone pour l’en féliciter. Guillaume de Montpellier à qui laprin.
1-i.c.i p.9 1 . cipale b gloire en étoit due , fit enfuite quelque féjour à la cour de çe prince , &
pCl^e'aij'f' il )’ étoit encore au mois de Janvier de l’an 1 1 z 7.
1 xlÎii. Tandis qu’une partie de la nobleffe de la province combattoit contre les infi.
«mtedcPoi déliés , l’autre étoit partagée entre le jeune Alfonfe-Jourdain, & Guillaume
ti'eT & duc'* IX. comte de Poitiers compétiteur de ce princeau comté de Touloufe. Nous
d'Hquirainc,* avons parlé ailleurs des prétentions qu’avoit ce dernier au nom de Philippe fa
lippe', "s'empi-' femme , fur les domaines qui avoient appartenu à Guillaume IV. comte de Tou.
«enr du comté loufê pere de cette princeiTe , &ona vu qu’il s’en étoit défifté : comme il étoit
fur A°fbo(c- neanmoins ambitieux & entreprenant, il chercha querelle quelque tems après
Jourdain. la mort du comte Bertrand, à Alfonfe fou frere , & dépouilla enfin du comte de
Touloufe ce prince, qui àcaufe de fajeuneffe étoit peu en état de fe défendre.
Nous ignorons la plupart des circonftances de cette révolution } nous fçavons
d .yozï £.«.4. feulement qu’elle arriva den 1 1 14. & que le comte de Poitiers ne s’empara pas
de Touloufe fans effùfïon de fàng. Il eft marqué en effet dans un ancien mo.
tG»n.c<mpcn. «umente, qu’il le donna alors un combat dans certe ville , & que Pierre évê-
hvfmTE bH 9ue de Pampelune qui s’y crouvoir , ayant voulu pacifier les efprics, fut atteint
d’un coup de pierre dont il fut bleilc dangereufemenr, ôc dont il mourut peu de
jours apres le Jeudi //. d’Oflobre.
[ c trtui. «v Ce prélat f, fujet par fa naiflànce des comtes de Touloufe , étoit fils unique
r^'J‘C n' d’un feigneur de Rouergue nommé Didon d’Andoque, qui l’avoit offert dans
v.am.mjUc 7. fa jeunellè à l’abbaye de Conques , où il avoir embraflé l’état monaftique. Son
t»uiLri<* mérite le fit élire évêque de Pampelune en Efpagne en 1081. & voulanttémoi-
gner fi reconnoiffànce envers l’abbaye où il avoir reçu fon éducation, il lui
donna en r 090. & 1092. quatre prieurez de fon diocèfe. Il donna auffi une
églife e du même diocèfe , fous le régné de Sanche roi de Navarre , à l’abbaye
de S. Semin de Touloufe. Après fa mort fon corps fut apporté à Pampelune
& inhumé dans la cathédrale où fa mémoire eft en vénération.
On peut inferer de ce que nous venons de rapporter , qu’une partie des
Touloufains s’oppofa à l’inva/îon du comte de Poitiers : il y a lieu de croire
qu’ils fupporterent impatiemment fa domination ; car depuis la mort de Ber¬
trand comte de Touloufe , jufqu’à la jouillance paifîble de ce comte par Al¬
fonfe fon frere, à peine trouve-t-on quelque aéte qui nous apprenne le nom du
comte qui dominoit alors dans le comté de Touloufe, contre l’ufage ordi¬
naire de ce fîecle, de marquer le nom des comtes dans la date des chartes.
Nous ne fommes pas mieux in/fruits de ce que devint le jeune Alfonfe pen¬
dant tout le tems que le duc d’Aquitaine, &: Philippe fa femme demeurèrent
h kkots l. maîtres de la ville Sc du comté de Touloufe. Quelques hiftoriens h ont voulu
"S- dire qu’il fe retira en Efpagne à la cour des rois de Cafb'lle ou d’Aragon , &
qu’il implora leur protection pour fon rérablilfèment dans le patrimoine defes
pères } mais on ne donne aucune preuve certaine de ce fait , qu’on accom¬
pagne de plulieurs circonftances fabulcufes. Ce qui parole de plus vraifembla-
ble , c’efl que les tuteurs de ce prince l’emmenerenc ou en Provence ou dans
quelqu’un des autres domaines qui avoient appartenu à Raymond de S. Gilles
ion pere.
Nous avons un acte 1 fuivant lequel le vicomte Bernard-Aton prête fer¬
ment de fidelité à la comtcjfe Philippe , pour tous les domaines que Guillaume
&Cqu^lqâcsau- comte de Touloufe fon pere avoit poffedez. -, & cela a raifort des fiefs du Rouergue
très teirneuts qu’il tenait d’elle. La comteilè promet enfuite à fon tour au vicomte de lui
conferver la vie, &cc. Il réfulte de ce
M.II1
g P'-MsS-
XLIV.
Le vicomte
Bcraard-Aeon ,
très
noiiïlü/^T' c°ufcrver vie, &c- U ré fuite de ce monument 1 ®. Que Philippe prétendoic
comte se h que le Rouergue lui appartenoit y quoique fon pere ne l’eût jamais pofTedé ,
çomreffe de “ * * »... ‘ ‘ — -
Poitiers. ,
iPr.fi.39x. *€
£c que ce pais eût toûjours été du domaine de Raymond de S. Gilles. 20. Que
le vicomte Bernard-Aton , l’un des plus puiflâns feigneurs de la province
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DE LANGUEDOC. Liv, ÜVL
abandonna en 1 1 14. les intérêts du jeune Alfonlè, pour le déclarer ert faveur An -a 114c
de la duchelîè d’Aquitaine , comme ü avoit abandonné en 1098. ceux de Ray¬
mond de S. Gilles pour la même princellè. Bernard- Aton fit ce ferment à Tou¬
loulè , en prefence de Leger archevêque de Bourges , de Geraud évêque d’An-
goulcme, de Bertrand évêque de Bazas , du chantre del’é glilè d’Angoulême ,
de l’archidiacre de celle de Bourges, de Robert d’Arbriflcl, 6c de divers fèi-
gneurs ou princes leculiers, entr’autres de Cenculle comte de Bigorre , de
Pons vicomte deCaullàde en Querci , d’Arnoul de Montgommeri, de Pons
de Montpezat, bec. Ce qui fait voir que le duc d’Aquitaine étoit bien accom¬
pagné lorlqu’il s’empara de Touloulè , êc que le 13. Robert d’Arbrillèl attaché
depuis long-tems à ce prince & à là femme , les fuivic alors dans cette ville,
comme il avoit déjà fait en 1098.
La réputation de fainreté où étoit ce perfonnage , & le talent qu’il avoit it.RÔberr
pour la parole, contribuèrent fans doute beaucoup à gagner les Touloufâins , d’Arbridd faie
& les autres peuples de la province au parti du du c& de la duchdle d’Aqui- ““ /“Ttou-
taine. U profita lui-même de cette occafion pour étendre l’ordre de Fonte- louu^scfooJe'
vraud qu’il avoir inftitué fous la réglé de S. Benoit. En effet, la comtdïèP hi-
lippe a lui donna en 1114. la forêt d’Elpelès, aujourd’hui l’Elpina/lè, fituée n»tlacs defoa
entre la Garonne ôcle petit Lers, à deux lieues de Touloulè vers le Nord- ordrc‘
Ouelt, où il fonda un monaftere de fon ordre. Ce monaftere a donné l’ori-
gine à quelques autres du même initiait , qui furent fondez dans le diocèfe v ciyp. nafa
de Touloufe } fçavoir à ceux de S. Agnan , Longages , la Grâce-Dieu, fainte
Croix de Volveltre, & Notre-Dame deBragairac : celui-ci avoit été d’abord notelu.4.
fondé pour des filles , & dépendoit b au milieu du XI. fiecle de l’abbaye de b Aymtr.d»
Moiilàc. Il fut détruit dans la fuite, & rétabli pour des hommes. Aymeri teJrMch,,*‘
qui en etoit prieur, le donna en 1112. à Pctronille abbeflè de Fontevraud ,
& lui promit obéiflànce , avec l’agrément d’Amelius évéque de Touloulè, en
prefence de Guillaume évêque de Laitoure , 6c de Beatrix vicomteflè de Loma-
gne. Ce prieuré étoit fitué dans cette partie du Touloufâin dont on forma au
XIV. fiecle le diocele de Lombes , 6c fubfiftoit encore au milieu du XIII.
Ceux de S. Agnan , de Longages , de la Grâce-Dieu de de fainte Croix de Vol*
veltre fubfiftent encore de nos jours , Ravoir les trois derniers dans Je diocèfe
de Rieux ,& l’autre dans le diocèlede Montauban, à la gauche de la Garonne.
Celui de fainte Croix c qui etoit déjà fondé en 114 j.doic fon origineaux évêques c ci^Md.te.u
de Touloufe, 6c fans doute à l’évêque Amelius dont on a déjà parlé. Les comtes /•*«<•
de Touloufe fuccelleurs de Philippe 6c d’Alfonfe-Jourdain , furent lesprote-
cteurs de tous ces monalleres, de même que de celui de Fonrevraud qui en
étoit le chef.
Ilyavoiten 1114. un autre monaftere dans le diocèfe de Touloulè qui dévoie pou^rî'onJM
fon origine au B. Robert d’Arbrifièl , ou plutôt àu B. Gérard de Sales fon di/1 abbajes de
ciple , qui à fonda au commencement du XII. fiecle divers monalleres en Gr?"d(i hc,’Ja
Aquitaine fous la réglé de S.Benoît 6c fon initirut particulier. C’etoitcelui de dot ci/ “
Grandfelve où Gérard mit Etienne pour premier abbé, 6c dont les religieux àchro».\ui‘
vécurent d’abord en hermites. Prelque tous ces monalleres furent unis dans
la fuite à l’ordre de Cîteaux, entr 'autres celui de Grandfelve, quiell fitué
dans une folitude environnée de bois, à une lieue de la Garonne vers la gau-
che, dans cette partie du diocèlede Touloufe qui dépend aujourd'hui de la pro- Vu.Gtr.dtS, ni*
vincedeGuienne. Les abbez de Fontdouce 6c de Tenaille , dans les dioccfes p ceU
de Saintes 6c de Poitiers , difciplcs du B. Gérard de Sales , fondèrent un autre mptijj. u. s. '
monaftere de leur inflitut, dans un lieu nommé Vajal, furl’Ariege, dans le
diocèfe de Touloufe 6c le comté deFoix. Bertrand de Belpech ou de Beaupuy
en fut le principal c bienfaiteur en 1120. 6c 1125. Ce monaftere fut gouverné eArchjttdi,
par des abbez particuliers jufqu’en 1196. que les religieux réduits à uneextrê- ^^tfont.
me pauvreté , le fournirent , avec leur abbé , à celui de Bolbonne de l’ordre de
Cîteaux , fituc dans le voifinage ; enforte qu’il n’y eut plus de religieux àVajal
depuis l’an 1224. Enfin Elieabbé de Cadouinen Périgord, autre difciple du B.
Gérard de Sales, conftruifit f dans la province un rroifieme monaftere de cet in-
ftùut ; fçavoir celui d’Ardorel fitué en Albigeois vers les frontieresdu Toulou - td.tt.iy.7j.&
fain , à une demie lieue de la petite riviere de T ore. Cecile , femme du vicomte
37 *
HISTOIRE GENERALE
Touloufe étoit encore dans le trouble à la fin d’Oétobre de l’an 1114. lorfque
le duc d’Aquitaine cherchant à pacifier cette ville , par quelque fpe&acle de
5
An.i.114. Bernard-Aton en eft regardée comme la fondatrice. Levicomtefon mari &
Roger leur filsautoriferent en r 1 14. avec Bertrand évêque d’Albi, une dona¬
tion confiderable d’une partie de la forêt d’Ardorel que firent alors à ce mo¬
naftere quelques feigneurs du pais. On prétend que Foulques moine de Ca-
t Annd.cifi. douin , éc premier abbé d’Ardorel , unit ce même monaftere* vers l’an 1153.
à l’ordre de Cîteaux ^ mais cette union eft pofterieure de plus de dix ans. L’ab¬
baye d’Ardorel qui étoit dans le diocèfc de Caftres ayant été entièrement ruinée
durant les guerres de la religion , les religieux fe font transferez à la Rode,
qui eft une de leurs dépendances dans le diocèfe de Lavaur , où ils ont bâti
un nouveau monaftere.
XLVII.
Tondaiion de
récuré * s! pieté qui frappât les habitans , pria Ameliusb , évêque de cette ville, d’indi-
»ou\oufede cluer une Proce^ï°n folemnelle. Le prélat entrant dans les vues du duc , manda
* b Pr.^jÿj.é1 touC le clergé de fon diocèfe ,avec les reliques de leurs églifes 5 & la procelfion,
/*?• à laquelle il invita les évêques fes comprovinciaux , avec les abbez & les
principauxdu pais, fe fit le premier deNovembre. Odon abbé de Lezats’y
rendit entr’ autres , avec les reliques de S. Antoine que fon monaftere préten-
c v.Mtb.ad doitc pollèder , du moins en partie , & qu’on afïuroit y avoir été transférées
«mmw Çonftantinople. Les religieux de Lezat s’étant mis en marche , fe joï_
fnirent en chemin avec ceux qui portoient la châfTedeS. Ferreol martyr. L’af-
uence du peuple, qui dans cette occafion accourut à Touloufe , fur fi gran¬
de, qu’on fe vit obligé de drefler des tentes hors la ville pour en loger une
partie. On ajoute que Dieu opéra alors divers miracles par les reliques de
faint Antoine j que le bruit en étant venu aux oreilles de Guillaume duc d’A-
• quitaine, l’abbé de Lezat craignant que ce prince ne les fît enlever , en confia
la garde aux plus notables du pais qui fe firent un honneur de s’en charger }
Scqu’enfin lorfqu’il fallut s’en retourner, on ne put jamais venir à bout de tirer
la châtie de fa place , jufqu’à ce que l’évêque de Touloufe eût promis de donner
à l’abbaye de Lezat le lieu où elle avoit été dépofée , pour y conftruire une
églife fous l’invocation du faint.
Quoiqu’il en foitde cette merveille , il eft certain d que Guillaume comte de
T ouloufe , prince de la province de Poitiers donna en l'honneur de faint An¬
toine , avec fa femme & fon fils Guillaume , aux religieux de Lezat , & à Odon
leur abbé , au mois d’Aout de l’an 1 11 5. un terrain fitué dans les fauxbourgs
de Touloufe, devant la porte du château Narbonnois , avec exemption de
toute domination , ôt avec l’autorité & la juftice fur tous ceux qui habi-
teroient cet endroit. L’acte eft fouferit par Amclius évêque de Touloufe,
&. par divers feigneurs du pais , entr’autres Guillaume de Laurac , Gérard de
Vrefeil , Guillaume U naud de Lantar, èc Etienne de Calmont. Après cette
donation les religieux de Lezat firent bâtir en ce lieu une eglifè fous le nom de
XLVU1 S. Antoine , avec un prieuré conventuel dépendant de leur abbaye. L’un &
u duc d'A- l’autre furent détruits en c 1355. durant la guerre des Anglois Les religieux
ex- pe transférèrent bientôt apres dans la ville à la place de Salin où ils conftrtiifi-
ïhdiypc de rent une nouvelle églife , que le prieur céda en 1 5 80. aux Cordeliers de Lille-
TouiouCe fe Jourdain, qui avoient été chalTcz par les rcli<nonnaires , ôcqui la dellèrvent
femme meurt J 1 ° 1
leVigieufc à encore aujourd hui.
lonrcvuud. Guillaume IX. duc d’Aquitaine , fa femme 8e leur fils Guillaume ,étoient
l^X1- donc encore à T ouloufe au mois d’ Août m 5. ce qui prouve manifeftement que
g /uijOr.rtr, lorfque ce prince fut excommunié 1 en 1 1 1 4x0 ne fut point pour avoir répudié
/|«ir.i.io.c. fa femme légitimé , comme divers auteurs g l’ont avancé , & encore moins
ciÿp.nnjt* Fon. pour avoir enlevé la femme de fon frere , ainfi que le prétendent quelques
ttbr.wd.ioa. autres11 fans aucune autorité. Guillaume fut fans doute alors frappé d’ana-
Liliti 10. thème pour avoir perfec.uté l’évêque de Poitiers qui lui reprochoit fa vie
Tow.p.u}. fcandaleufe. Nous feavons en effet qu’il fut1 excommunié fous le pontificat de
de s^er u. " PafcalU.poar avo'-r fcrfccutc i calife . Les mêmes auteurs prétendent encore que
f.w. ce fut Geraud évêque d’Angoulême, qui en qualité de lcgat du faint fiege, cx-
L'j.îy. ** communia Guillaume en 1 1 14. mais cela n’eft pas vraifemblable, puisqu'on a
déjà
1115.
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de LANGUEDOC. Liv. XVI. $77 _
• déjà vû que ce prélar croie à Touloufe la même année à la fuite de ce prince, An.i îij.
& par confequenc en liaifun d’amitié avec lui. ,
On allure ^ d’un autre côté que Guillaume répudia Philippe de Touloufe pour
époufer Hildegarde ,.qui eut le même fort en 1 1 19. Mais comme le pape 8c le
concile de Reims tenu la meme année, reconnoilfoient b cette derniere pour
légitimé, c’eft une preuve que le duc d’Aquitaine ne répudia pas la première, ' s7'
& que celle-ci étoit déjà dccedée avant le mariage de ce prince avec Hiide-
<rarde. Un moderne ‘ prétend que Philippe touchée des predicationsdu B. Ro-
bert d’Arbrilfel qu’elle entendit à Touloufe , le' fui vit à Fontevraud , & ,9.
qu’elle y prit l’habit religieux : nous ne voyons pas que cet inftituteuf foit de¬
meuré à Touloufe jufqu’au mois d’Août de l’an i.iij. que cette princeflè y
étoit encore *ainfi il n’y a aucune apparence qu’elle l’ait fuivi. Ce qu’il y a
de vrai, c’eft que quelque tems avant fa mort elle prit l’habit de l’ordre de
Fontevraud, loit fuivant les* uns <* dans cette même abbaye, foit félon les iibu.
autres - dans’ le monaftere de l’Efpinaftè au diocèfe de Touloufe qu’elle avoit e v. Ange nu,
fondé; & qu’elle décéda le 1 8. de Novembre , ainfi qu’il eft marqué dans le
necrologe du monaftere de Fontaines du même ordre. Nous ne gavons pas
l’année précife quelle embrafla l’état monaftique 5 car ce ne peut avoir été
en 11 16. ou 1117. après le décès du duc fon mari, comme on l’a avancé*-, 1
pour les raifons que nous avons déjà dites. On doit ajouter à cela que nous
n’avons aucun monument qui prouve que Guillaume fut maître de Touloufe,
ou du moins qu’il y fût reconnu pour comte, & que Philippe là femme ait
vécu après l’an 1 1 1 5. Nous cro'yons donc que cette princelTe embralTa l’infti-
tut de Fontevraud vers l’an 1 x 1 <$. qu’elle mourut peu de tems après, &avanc
le mariage du duc fon mari avec Hildegarde, que ce prince avoir déjà époufée
folemnellement en troifiémes noces l’an 1119. & que la retraite 8c la mort de
Philippe, joint aux déreglcmens de Guillaume, contribuèrent beaucoup à
détacher les Touloufains du parti de ce prince , qu’ils chafterent enfin de
XL1X.
Aflcin :>léc re-
leur ville.
Il fe tint g une aftemblée célébré dans la province au mois d’Oétobre de
l’an 1115. pour la confécration de l’églilè du monaftére de Ca/fan au dio,
cèfe de Beziers. Les archevêques Richard de Nhrbonne 8c Aton d’Arles y *nsJcdiocéic
ailîfterent, avec les évêques Arnaud de Beziers, Gautier de Maguelo nne,
Bernard d’Agde, Jean de Nifmes, Arnaud de Carcaffonne , 8c Raymond de ton irchcrâ-
Balbaftro , 8c il s’y trouva un grand concours de perfonnes de confidera tion de
l’un & de l’autre lex c.
On prétend qu’Aton h archevêque d’Arles étoit de la maifon des vicomtes hG*iuhr.to.,,
de Beziers } mais on n’en donne point de preuve, & nous n’en avons trouvé r;os]fn™;,d'
aucune dans un grand nombre de titres de cette maifon que nous avons vus. ' ,
Ce ne peut être donc qu’une conjecture fondée fur le nom de ce prélat, fort
ufité dans la maifon de ces vicomtes. On pourroit appuyer cette conje-
âure fur ce qu’Aton fit de fréquens voyages dans la province , où on le
trouve fouferit dansplufieurs actes. Mais nous Pommes perfuadez ’ qu’il n’étoit x^uf °7E
qu’allié des vicomtes de Beziers , qu’il étoit de la maifon des vicomtes de ”'7'
Bruniquel , & neveu par fa mere de Richard de Milhaud archevêque de Nar¬
bonne. Ce dernier, qui fe dit parent * 8c ami de Bernard-Aton vicomte de ’Conftagui.
Beziers, k avoit en effeten im.un neveu * appelle Aton : enfin Aton arche-
vêque d’Arles, vécut dans une très- grande union avec Richard archevêque 1 ’
de Narbomîe , 8c paiïa une partie de Ci vie auprès de lui. Le crédit qu’avoir - -
celui-ci en Provence, où il avoir été abbé de S. Victor de Mar/èille, 8c où
Douce fa petite niecc étoit comteflè d’Arles , aura beaucoup contribue fans
doute à faire élire Aton fon neveu archevêque de cette ville.
Leger évêque de Viviers a/fifta m de fon côté en 1 n y à un concile affemblé Les évêques Je
dans l’abbaye de Tournusen Bourgogne. Ce prélat eft qualifie légat du faine
fiege dans un ancien n monument de fon égli/e, où il eft marqué qu’il la fit ™
réparer , & qu’il l’enrichit de diverfes reliques que fes prédece/Ièurs avoient
recueillies. Il donna 0 en un. les églifes du mandement . de faint A 11 ban , au ‘
prieuré de Ruons de l’ordre de CJuni, fituédans fon diocèfe , par un acte n Ctlumt.vh,
daté du tegne de L’empereur Henri. Il feinble par là que Leger reconnoifToit alors
Tome IJ. Bbb
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An. in j.
a V ci-dejjus
lXVf.%9 O.
bLcUwà.tkid.
II.
Concile de S.
Cilles. Anciens
comtes de Ra-
fez.
c Pr.p.w,
1116.
d ToA.XOTE
XCl.n.i.
tXOTZXXll.
9 • 14.
I K NOTE
Xi a
g K M;ȣ, 4d
4nn.1t 19.9.
119.
LIL
Bereuger de
Narbonne ab¬
bé deUGrafle.
h MMrç.HiJp,
Af¬
in 7.
i Mau. Hifp.
p.Ufl .érjtq.
378 HISTOIRE GENERALE
ce prince pour fon fouverain : mais du moins on n’en peut tirer aucune con.
féquence pour le pais -} car nous voyons que Philippe 1. roi de France domi_
noit furie Vivrais en 1096. 1 & nous avons une b une tranfaétion paflée cette
année entre Guillaume abbé de S. Chaffré Scies feigneurs de Mezene dans le
diocèfe de Viviers, en prefence du même Leger , ôc datée du reyie du roi
Philippe. Comme ce prélat exerça fa légation dans la province de Vienne , qui
pour la plus grande partie dépendoit du royaume de Provence , uni alors avec
l’empire , ce fut fans doute la raifon pour laquelle il reconnut la fouveraineté de
l’empereur Henri. Il paroît en effet que Léger eft le premier évêque de Vi¬
viers qui ait regardé les empereurs d’Allemagne pour fes fouverains : démarché
dont les fuccelleurs profitèrent pour leur aggrandilîèment , ainlî que nous le
verrons dans la fuite.
Un autre légat du faint fiege dont nous ignorons le nom , tint en in 5. i
faint Gilles fur le Rhône, un concile dans lequel on agita un différend qui
étoit alors entre les abbez de la Grade 6c d’Alet touchant l’abbaye de S Po-
1 y carpe , que chacun prétendoit devoir être de la dépendance. C’eft tout
ce que nous trouvons de ce concile , dont il eft fait mention dans une bulle c
que le pape Pafcal 4L donnai la fin du mois de Novembre de l’an 1116. 6c par
laquelle il adjuge le monaftere de faint Polycarpe à l’abbaye d’Alet , » con.
«formément à la donation que le comte Guillemond lui en avoir faite du
» tems de l’empereur Charles , à la reftitution qu’elle en avoir reçue du comte
«Raymond, fous le régné du roi Philippe, 6c à la confirmation de la com-
» telle Ermengafde. Palcal ajoute que ce rrtonaftere n’avoit jamais été tiré
» de cette dépendance par aucun jugement ecclefiallique , mais feulement
«par la violence , 6c par l’autorité des puiflances fëculieres. » Cette bulle con¬
firme les conjectures que nous avons données à ailleurs couchant l’origine du
comte Bera fondateur de l’abbaye d’Alet, 6c fait voir qu’il n’elt pas diffe¬
rent c du comte de Barcelone de ce nom , qui vivoit au commencement du
IX. fiecle , puifqu’il eft certain que celui-ci eut un fils appelle Willemond.
Le comte Willemond qui fous le régné de Charlemagne unit l’abbaye de
S. Polycarpe à celle d’Alet, aura d'onc fucccdé avant l’an 8 14. dans le comté
de Rafez où ces deux abbayes font fituées , à Bera comte de Barcelone fon
pere, qui s’en fera démis en la faveur. Nous avons parlé ailleurs ( de Ray¬
mond IL comte de Râlez dont il eft fait mention dans cette bulle. Quanta
Ermengarde, c'ell improprement qu’elle y elt qualifiée cort.tcjfe ; car quoi
qu’elle fût de race comtale, ôc hericiere du comté de Râlez, elle ne lepof-
leda cependant qu’en titre de vicomté , ainfi qu’on l’a déjà vû. Au relte il
paroît g que l’abbaye de S. Polycarpe dépendoit de celle d’Alet à la fin du XII.
fiecle -, mais elle devint indépendante dans la fuite , ôcl’cft encore aujourd’hui.
Celle de la Grade le dédommagea de cette perte par les bienfaits qu’elle
reçût de Raymond-Berenger III. comte de Barcelone, qui dans le dclleinde
réformer le monaftere de S. Pierre de Gallicant fitue lous les murs de Giron-
ne, en accorda ** l’adminiftration le 3. Janvier de l’an 11 17. à Bercngerabbé delà
GralTe fon frere, 6c à fes fuccelleurs , avec pouvoir d’y envoyer un abbé 6c des
religieux fournis à leur autorité 6c à leur jurifdiction. L’acte eft daté de Gi-
ronne, 6c fouferit après le comte, par Raymond-Berenger, Raymond 6c Ber¬
nard fes fils , la comceflè Douce la femme , Berenger-Bernard fon fénéchal,
êcc. On voit par là que ce prince avoit en m 7. trois fils de Douce comtellè
de Provence fa femme.
Berenger de Narbonne , étant alors fort jeune , avoit été élû depuis peu
abbé de la Gralle. On a vû en effet qu’il étoit encore enfant en 1103. lorf-
que le vicomte Aymeri I. fon pere l’offrit à l’abbaye de S. Ponsde Tomieres
où il avoit pris l’habit monaftique 5 6c nous verrons dans la luite qu’il parvint
en n j 6. à l’archevêché de Narbonne. Nous inférons de laque le crédit du
comte de Barcelone , 6c d’Aimeri II. vicomte de Narbonne les freres contri¬
buèrent beaucoup à fon élection. On l’accufe ‘ d’avoir ité l’année fuivancepar
un efprit d’ambition dans le diocèfe de Gironne , où fourenu de toute l’autorité
du prince, il s’empara à main armée du monaftere de S. Félix de Guixols, fans
Le confentemenc de l’abbé 6c des religieux , ôc maigre l’évêque 6c f5n chapi-
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DE LANGUEDOC. Liv.XVL 379
tre j ce qui engagea ce prélat à jeccer l’interdit fur tous les domaines qui, llxî'
dans Ton diocèiè, dépendoienr de l’abbaye de la Graflè, & à porter cette
affaire à Rome. Il paroît cependant que l’evêque de Gironne la perdit , puif-
que l’abbaye de S. Félix de Guixols dépendoit 1 de celle de la Graflè Tous le
pontificat du pape Grégoire IX.
Berenger de Narbonne, abbé de la Graflè, fournit auflï à Ion autorité , &
à celle de lès fucceflèurs , l’abbaye de S. André de Sureda dans le diocèiè d 'Fi¬
ne , que Gausfred comte de Roulfillon , la femme Trencavelle, & leur fils
Guinard , lui donnèrent 0 le 13. de Mai de l’an 1139. Enfin cet abbé augmenta 4S,‘
confiderablement le domaine de fon monaflere par le retrait c qu’il fit de divers cArct.it CM.
biens aliénez. Il tranfigea entr’autres là-deflus en rix8. avec Raymond & aeUOrtf».
Guillaume de Termes fils d’Olivier.
Bernard-Guillaume comte de Cerdagne fut un des bienfaiteurs de l’abbaye Finj£11-
de la Graflè , à laquelle il unit d celle de S. Martin de Canigon fondée par Je d^Ceuh^tt
comte Guifred fon trifaycul. Raymond comte de Barcelone , la comteflè domine
Douce là femme, Raymond & Berenger leurs fils , qui étoient encore alors à des »mr« !ï«
la mammelle, lè trouvent fouferits à l’a&e avec Bernard-Berenger de Pierre- Barcelone.
Pertulè. Le comte de Cerdagne mourut làns pofterité trois ans après. Ray-
mond.Berenger III. comte de Barcelone lui lucceda comme fon plus proche &f^-
parent, étant tous les deux de la même maifon. Par là les comtez de Cerdagne cMMrc-afb
èc de Berga au-delà des Pyrénées , celui de Confiant , le Capcir ,& une parue
du Rafez en deçà de ces montagnes, furent réunis au domaine des comtes de
Barcelone.
Il paroît que Richard archevêque de Narbonne tint dans cette ville un con- tiv.
cile de fa province l’an 1117. & que ce fut durant cette aflèm blée qu’Aton ar- xil. Concile
chevêque d’Arles, & les évêques Arnaud de Beziers& Arnaud de Carcaflonne, K0Uveatx dé¬
terminèrent par un accord, en qualité d’arbitres, le différend qu’il a voit avec fer«n<fc cotre
Hugues abbé de S. Paul. Ilefldu moins certain que cet abbé s’obligea par cet
accord f à ne vendre ni engager les biens de fon églifè, & à ne pourvoir le vicomte,
aux bénéfices fans le confentement Sc la volonté de l’archevêque . .fFr*' i »s- &
Richard avoicalorsun différend bien plus confiderable avec Aymeri II. vi- **
comte de Narbonne. Celui-ci lui avoit véritablement rendu hommage , pour
ce qu’il tenoit de l’églife de Narbonne j mais il formoit plufleurs di/ficultez
fur la nature & le detail des divers fiefs qu’il avoit reconnus. L’archevêqué
qui de fon côté lè croyoit lezé , fitpropofèr 8 au vicomte de s’en rapporter g
à la décifion de leurs amis communs, & des principaux du pais. Mais A y.
meri loin d’accepter cette propofîtion, s’empara des biens de l’églife de Nar¬
bonne. L’archevêque employa auprès de lui lès amis particuliers , les barons du
fais , les évêques , les abbez^, les vicomtes & les chevaliers , pour l’engager ou à
fe défifter de fes prétentions, ou à en venir à un jugement définitif Le vi.
comte ne voulant écouter aucune propofîtion , Richard prit enfin le parti de
l’excommunier , &: fe mitauflî-tôt en lieu de fureté pour éviter fa vengeance:
mais il eut le malheur de tomber entre les mains des gens du vicomte qui fe
faifirentde faperfonne, le maltraicerent extrêmement ,& l’enfermerent dans
une étroite prifon ; enforte que pour recouvrer fa liberté,- il fut obligé d’ac-
quiefeer à toutes les demandes d’Aymeri , & de lè réconcilier avec lui. Leur
réconciliation ne fut pas cependant de durée. Le vicomte s’empara bientôt après
de la leude du vermillon , & de la juftice des vaflaux de l’églife de Narbonne'.
L’archevêque ne pouvant tirer raifon de ces entreprifès-, drefla alors une
efpecede manifefte pour le laifler à la pofterité. Richard expofe dans cet écrit,
qui a pallé jufqu’à nous , tous les griefs que lui & fon églife a voient contre les
vicomtes de Narbonne, & appuyé la vérité desfaitsqu’il avance fur le témoi¬
gnage d’Aron archevêque d’Arles, de Jean évêque de Nifmes, &c.
Aymeri II. vicomte de Narbonne avoir vers le même tems un autre diflè- tV*
rend h avec le vicomte Bernard-Aton , au fujet du fel dont le premier empê- îtncoLcBci*
choit le tranfport & la vente dans le domaine de l’autre. Les deux vicomtes urd.Aroa &
s’accordèrent enfin le Lundi n.de Février de l’an tnj. Aymeri& Ermengarde cotudeNi!'
fa femme, promirent folemnellement à Bernard-Aton , à Cecile là femme, bonne.
& à leurs fils Roger & Raymond de ne plus défendre ce commerce. La hPrw6-&
Tome II. Bbbij
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_ 380 HISTOIRE GENERALE
An. h 17. date de cet acte fait voir que l’ufage de compter le commencement de l’an¬
née à Pâques, n’étoit pas encore alors generalement 'obfervé dans toute la
province.
On voit par divers monumens que le vicomte Bernard- Aton augmenta cort-
a Pr*.j>5.£ fiderablement fon domaine. Il acquit en 1 1 1 5. 1 une partie de la ville de Li-
mous qui lui fut vendue en alleu. Guillaume de Margon lui donna auffi en
alleu, êcà fa pofterité, la moitié du château de Loupian dans le diocèfe d’Agde,
La dame d’Ornefons, dans celui de Narbonne, lui fit donation en 1116.de
tous les biens qu’elle avoir dans les comtcz de Narbonne , Carcaflbnne , Râ¬
lez , Rouïïillon , Beziers 6c Agde , 6c lui rendit hommage pour le château
d’Ornefons. Deodat de Boulfagues lui donna en alleu en 1117. le château de
ce nom dans le diocèfe de Beziers. Enfin ce vicomte toucha une fomme con.
fiderable en 1118? de Raynon duCaylar, dans le diocèfe de Nilmes, 6c de
“"'j j j g Guillaume fon Frere, pour quelques droits qu’il leur accorda.
LVI, ’ Tous ces actes font autant de preuves de la capacité de Bernard-Aton pour
ïx.Conciiêdc le gouvernement. Ce vicomte ne fe rendit pas moins recommandable parfes
M«j-AcoDB|ai't expl°'ts militaires : non content d’avoir été fervir dans la Terre-fainte contre
fon tcihmcnr, les infidelles , il réfolut en 1118.de marcher au fecours d’AlfonfcL roid’Ara.
ecT .f" o' Son ‘l111 ^A^°it la guerre aux; Maures d’Efpagne. Ce dernier dans le deflein
hsSiruiins. ' d’aflieger la ville de Saragoflb fur ces infidelles , envoya folliciter du fecours
fontoma-'ue ^ans *es Prov'nces de France ù voifincs de fes états, 6c employa pourl’obte-
bi'Ferrlr.jw. nir , à ce qu’il paroît , l’autorité du pape Gelafe II. lequel avoit fuccedé. à
mî. ».f.& Pafcal II. le 14. de Janvier de la meme année. Nous voyons du moins qu’on
^ Tcbrm.Mil «ne c un concile à Touloufe en 1118. dans lequel on confirma /’ expédition a'Efpa-
Uacp.nv. qne. Nous ne trouvons rien autre chofc de ce concile qui fut le IX. deTou-
■di’r.p+oi.ér Joufe XI y a lieu de croire que Raymond évêque • de Balbaftro , qui étoit dans
le pais au mois de Février de l’an ni 8. aifiita à ce concile, qui lè tint au
commencement de l’année : Bernard-Aton, qui ne fe détermina fans doute à
partir pour l’Elpagne qu’après fa tenue, fit en effet fon teftament le 7. de Mai
*■ de l’an m S.
Ce vicomte étant fur fon départ pour l'Efpayie , difpolc de fes domaines par
«M®J •&'*??. cet acte c, de l’avis de placeurs thbles & g ens de loi qu’il avoit convoqués. Il
fait quelques legs pieux en faveur de l’abbaye de la Chaile-Dieu , 6c laillela
jouillânee de tous les biens à Cécile la femme, pendant tout le tems qu’elle le
’ " jngeroit à propos. Il donne à Roger fon fils aîné , après la mort de cette
dame, i°.Lcs vicomtez de Carcailbnnc 6c de Ralèz, 6c les domaines duTou-
loufain qui en dépendoient. i°. Le pais deTermenois, 6c tout ce qu’il poire-
doit dans la vicomté de Narbonne en qualité de feigneur de Carcalfonne 6c
de Termes. 30. La vicomté de Beziers, excepté quelques châteaux qu’il ré¬
serve pour Raymond Trencavel fon fils puîné. 4.0. Le fief du leigneur de Muret
dans le diocèfe de Touloule , celui du leigneur de Bruniquel dans leQuerci,
•6c ce qu’il avoit dans le Mincrvois. y°. Les châteaux de Capeftang 6c de CeC
fenon dans le diocèfe de Narbonne. 6°. Les abbayes de Cauncsêcde Valfe-
•guicr ou de Montolieu , le village d’Alfau , 6c enfin toutes les acquifitions qu’il
avoit faites dans ces domaines, avec défenfe au même Roger d’y en faire de
nouvelles fans le confcil de Raymond fon frere. Il laille à ce dernier, i°. la
■vicomté d’Albi , 6c ce qui dépendoit du château d’Ambialet , qui en étoit
le chefiieu , tant dans le Rouergue , que dans le Qucrci , le Touloufain,
6c le Narbonnois i°. la vicomté d’Aude avec le château de Pezenas, 6c tous
les -domaines qu’il avoit depuis l’Eraut jufqu’au Rhône : 3«.ce qui devoir lui
revenir dans le comté deMelgueil: 40. la vicomté de Nilmes avec fes dépen¬
dances : 5®. le château de Lunas 6c l’abbaye de Joncels dans le diocèle de
Beziers: 6°. les fiefs de Bernard d’Andufe, de Bernard Pelet , 6c de Guil¬
laume de Montpellier, 6c enfin toutes les acquifitions qu’il avoit faites dans
ces pais, où il défend au même Raymond d’en faire de nouvelles fans l’avis
6c le confentement de Roger fon frere aîné. Il legue à l’un 6c à l’autre en
commun les châteaux de boulfagues , de Caftelnau-d’Arri , 6c de S. Félix ; 6c en
cas que la vicomtefle fa femme voulut vivre féparée de fes deux fils, il lui
donne les trois vicomtez de Beziers, d’Agde, êcdeNifmes, leTermenois,
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D E L A N G U E D O C. L i v. X VI. m . _
le château de Cefienon, Sc quelques autres domaines ; tout le pais/îtucen. ÂN.uiêi
tre les rivières d’Agoucêc de Tore, ôc le village de Hurlas. Tel eft le tefta-
ment que fit alors le vicomte Bernard-Aton : il en changea les di/poft-
tions dans la fuite en faveur de Bernard-Aton fon troificme fils, dont il ne
dit rien danscec acte. Nous apprenons par là quelle étoit l’étendue de fon
domaine , & qu’outre fix grandes vicomtez,ilpollcdoitencoreen differenspaïs
des terres très-confiderables } enlorte qu’il dominoit directement ou indi¬
rectement fur le tiers de la province, fans parler des provinces voifines. C’eft
là le plus ancien monument que nous ayons vu où il foie fait mention de la
ville de Caftelnau-d’Arri , aujourd’hui capitale du Lauraguais : pais qu’Ermen-
garde, merede Bernard-Aton avoic vendu autrefois avec les comtez de Car-
caffonne Sc de Râlez au comte de Barcelone , & dont ce vicomte s’étoit remis en
polïelfion. •
On voit encore que Bernard-Aton dominoit alors fur le Lauraguais , par tvfF.
le, foin qu’il prit au mois de Mai de l’année luivante, de réformer - l’abbaye j.a[,b °'c'nje
deSorezc fituéedans ce pais. Ce vicomte fe reprochant fa négligence envers Sortie. Maria¬
les églifès de fon domaine , réfolut de rétablir la régularité dans cette ab- fj*
baye, qui étoic devenue toute féculicre, & la fournit à Roger abbé de Moif co.nrcHcrn.ird*
fac, Sc à lès religieux , qui ordonnèrent que les comtes de Touloufe riauroient Aton ,Expc'!.''
aucun domaine fur eue mais leulemenc Je vicomte Bernard &c ia poftenre. comte tn Elpir
Ce vicomte dans fon teftament ne fait mention d’aucune de lès filles , quoi- £nc;
que nous fçaehions b qu’il en avoir plufieurs. On a parlé ailleurs des deux b/’.+is.ÿyvjf.
aînées, dont l’une avoic déjà époufé Guillaume Alfàric de Bczicrs, 6c l’au¬
tre le comte de Roulîillon. Bernard-Aton en avoir une troisième nommée
Ermcilinde, qu’il maria en 1121. avec Roltaing , fils de Dccan lèigneur de Pof.
quieresdans le diocèlc de Nifines. Il fit ce mariage conjointement avec Cecile
la femme, & du confeil de leurs fils Roger, Trencavcl Sc Bernard. Il donnai
ErmelTinde pour fa doc les châteaux de Marguerites, de Cauvi/Ibn Sc de Beau.
voilin dans le même diocèfe, Sc quelques autres domaines, à condition que
Roftaing les tiendroit en fief & à tous honneurs , de lui , Sc de celui de fes fils en
faveur duquel il en difpofcroit. Il donna déplus à Ermc/îînde un Juif ç? urt
bourgeoisie B ezjers avec leurs poffcijions. Bernard-Aton qui dans l’aéte prend le
titre de vicomte de Nifmes , Agde Sc Beziers, fe réferva la jadice far ces do¬
maines, fuppofé que fon gendre, là fille, Sc leur polterité , ne voulufiène, ou
ne pûlTent pas la rendre s preuve que les lèigncurs particuliers l’exerçoient
alors dans leurs terres.
Bernard-Aton ne différa pas fans doute après fon teftament de partir pour
l’Elpagne,où Alfonfe roi d’Aragon s’étant mis en campagne, prit au mois dejuin
de la même année le château d’Almudabar fitué aux environs de Saragolle,
forma enfuite le fiege de cetce ville , & remporta une victoire completrc le 6.
de Décembre fur les Sarafins qui lui avoient livré bataille. Ce prince fe ren¬
dit cinq jours après maître de Saragofle, Sc fit diverfes autres conquêtes fur
les infidelles. Bernard-Aton prit parc fans doute à ces expéditions ; caril eft
certain qu’il partit pour l’Efpagne , Sc qu’il étoic ablent de la province en mS.
comme il paroît par la donation * que Guillaume de Termes Sc fes freres
firent alors en faveur de la vicomtelfe Cécile fa femme, de ce vicomte, &
de fes fils , de ce qui leur appartenoit au château de Termes. tvjij
Le pape Gelafe II. écrivit * d’Alais en Languedoc le 10. de Décembre de la avivée <ifé-
même année aux Chrétiens quiétoientoccupezau fiege de Saragoftè, tant pour )0llf ;fu pjpe
approuver le choix qu’ils avoient fait d’un évêque de cette ville, qu’il leur np.ovj^0*
renvoyoit après l’avoir confacré , que pour les exhorter à continuer leur en- Origine de U
treprife. Ce pape avoic été obligé d’abandonner l’Italie Sc de fe réfugier en ''cljotcUu'to
France pour éviter la perfécurion de l’empereur Henri V. dont les différends p.S'.o.
avec le faint fiege au fujec des invefticurcs continuoient toujours. Gelafe
partit <i de Pife au commencement de Novembre de l’an 1118. Sc débar. îr/.H^au-
<)oa à faific Gilles fur le Rhône-, où il éroit déjà arrivé le 7. du même mois,
fuivant une bulle qu’il accorda alors en faveur de la primatie de Tolede. Pons f clilr. «r. m
de Mclgueil abbé deCluni qui l’accompagnoît, après l’avoir quitté à Pilé,
1 avoit devancé pour venir en France annoncer fon arrivée , & porter les
Ion arrivée
lQr J I04.U0. &Cê
ôc porter les chr9?u
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HISTOIRE GENERALE
An.i i / 8, peuple à lui faire la réception qui convenoit à fa dignité : il vint en-
liiite le rejoindre à S. Gilles avec un nombreux cortège. Comme le pape &
les cardinaux qui étoient avec lui manquoient de tout , il leur fit divers pre-
fens , fie leur fournit pour la part trente chevaux pour leurs équipages. Hugues
abbé de S. Gilles , &. fa communauté , n’omirent rien de leur côte pour bien
recevoir ce pontife : ils le défrayèrent avec toute la cour pendant un allez
long féjour qu’il fit dans leur monaffere , lui firent des prefens, & lui four-
a uUoilid. nirent dix chevaux. Plufieurs évêques » , abbez ôc feigneurs féculiers s’em-
preflèrent d’aller à S. Gilles pour offrir leiy:s fervices & leur bourlê à Gelalê ,
qui dédia alors aux environs de cette abbaye les églifes de fainte Cecile de
Stagel ou Tavels , de S. Sylveftre deTillan , & de S. Etienne de Tornac , dont
il preferivit les limites par des pierres qu'il fit planter. Pendant fon féjour à
\>vit.s.*h>,b. S. Gilles , S. Norbert b fondateur de l’ordre de Prémontré , vint lui demander
scu.b.^»nt. pabfolution de la faute qu’il avoir commife d’avoir reçu le diaconat & la prê-
1J° crilê dans une feule ordination, contre la difpofition des canons. Le pape
conçût une très-grande effime de cet homme apoftolique, ôc lui permit He
prêcher par tout l’evangile.
Gelafe après avoir demeuré quelque tems à faint Gilles, s’embarqua fie fe
rendit par mer dans Pille de Maguelonne , où il dônna le dernier de No-
e vembre «= une bulle en faveur de l’abbaye de la Graffe. On doit remarquer
que cette bulle , quoique datée de l’an 1119. & de l’indiclion XII. appartient
cependant certainement à l’an 1118. parce que ce pape , de même que quel-
inP^Hipb01' <lues-uns de f£s prédeccffeurs ôede les fucceflêurs, fuivoit ordinairement le
au p.ioo' calcul Pifan 5 ce qu’un auteur c qui a écrit depuis peu n’a pas compris. Suger £
n &n alors moine, &enfuitc abbé de S. Denys envoyé par le roi Louis le Gros, vint
JW. 1 1- à Maguelonne offrir au pape les lervices fie le fecours de ce prince.»Maguelonne,
e Gcrvaift vie „ dit Suger à cette occalion , eft une petite ille où Gelalê étoit arrivé par
p,.,S9U.:"1 3’ » mer , fie où l’on voit une ville qui à peine fuffit pour loger l’évêque ôc lôn
f s»? ’vit.tud. „ chapitre 5eUe efl cependant trés-forte Ôc très importante à caufe des frequen-
G’ofp-ioÿ. M tes courfes des piraces Sarafins. » Le pape reçut très-gracieufement cet am-
balladeur, & accepta volontiers les offres du roi , qui lui donna rendez-vous
pour une entrevue à Vczelai en Bourgogne.
Les fatigues que Gelafe avoit effuyées durant fon voyage altererent fa
ClHn' ^ tomba malade à Maguelonne. Pons, abbé de Cluni qui ne le
quittoit pas, lui confcilla de fe faire tranfporter à Mauguio ou Melgueil,
lur la côte , à deux lieues de Maguelonne vers le nord-eft, dans le domaine
de la famille, où il prit un fi grand foin de lui , que ce pontife recouvra bien¬
tôt fes forces , ôc fut; dans peu en état de continuer la route. On a déjà vû
qu’il étoit arrivé àAlais fur le Gardon , àhuit lieues de Mauguio, le 10. de
Décembre, ÔC qu’il y avoir confacré Pierre nouvel éque de Saragoflê. Nous
Bt#n. apprenons d’ailleurs h qu’il étoit encore dans cette ville deux jours après, fie
v.pJsiad4m. (îue Ricard archevêque de Narbonne, les évêques Gui deLefcar, Geraud
ms.n.iÿ- ’ d’Angoulême , Pierre de Saragoflê , fie Pons abbe de Cluni l’y avoient fuivi.
Ce font-là les plus anciens monumens que nous connoiflions d’Alais , au¬
trefois du diocèfe de Nifmes , fie aujourd’hui ville épilcopale. Il paroît
iP-Mi». qu’elle» appartenoit alors à Raymond Pelet , ou à Agnès là femme,
k Panduipb. Gelale alla d’Alais au Puy k en Velay 5 6 c étant revenu du côté du Rhône,
il fe rendit dans l’abbaye de S. André vis-à-vis d’Avignon, & en dédia 1 l’é-
4/JH.10S7.W.34. glife dont on venoit d’achever le bâtiment. Il fit cette ceremonie le 13. de
mvid1»^' Décembre m , pafla enfuite ce fleuve , fie donna une bulle à Avignon le “ 16. de
p°%7\' '' ce mois. Il étoit quatre jours après à Orange, où il confirma 0 , à la demande
dcmoUio. jes archevêques de Narbonne fie d’Arles qui étoient à la fuite, en faveur
tôclpiIHi.io.i. d’Arnaud abbé de Caunes , les privilèges de ce monaftere fondé par tempe-
/■•■i 57- reur Charles , & le minifiere du comte Milon. Il donna le même jour P une autre
pPr.p.406.& kuHe en faveur de Pierre abbé de S. André du Mont-Andaon fur le Rh'one ,
‘ dont il avoit confacré l’églife de fes propres mains dans le tems au il étoit dans les
Gaules ; preuve bien autentique que tous les pais fituez à la droite du Rhône
appartenoient alors entièrement à la France * fie que les empereurs d’Alle¬
magne ne portoient leurs prétentions au fujet du royaume de Provence , que
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DE LANGUEDOC . L t v. XVI. &
jusqu’au bord orientai de ce fleuve. Nous en trouvons une nouvelle preuve an jt i
dans la donation Jque Raymond évêque d’CJ/èz fit un Jeudi du mois de Juin iArcb.de toi.
de l’ail zi i\. réglant Le roi Louis , à l'abbaye de S. Gilles, de l'églifc de Chambo- ^r*det. Gti-
nas dans ion diocèlè, en prelênce de Bertrand prévôt de la cathédrale, de **
Raymond abbé de S. Privât ,8c de plufieurs autres. Le pape continua la route
vers Lyon , mais il ne tint b pas de concile à Vienne , comme quelques auteurs b rr»g, u
l’ont prétendu. A lonarrivéeà Mâcon il fut attaqué d’une pleurefie, & s’étant ***,|,s-*i‘
fait tranlporter aufll-tôt dans l’abbaye de Cluni,il y décéda le *9. de Janvier _ _
del’an 1119. 1119.
Gui archevêque de Vienne, qui prit le nom de Callixte II. fut élu à la l,x.
place , par les cardinaux qui fe trouvèrent à Cluni. Pierre chanoine de l’égli/ê Lepjpc cd*
du Puy fucceda à Gui dans l’archevêché de Vienne. Le nouveau pape fut ’j^shpJovIa-
couronné dans cette derniere ville le 9. de Février fiiivant, & demeura en ce& cienrieX.
France cle relie de l’année. Il fit d quelque tems apres un voyage au Puy, [“,cc‘IcdeToa*
d’où il écrivit le 16. d’Avril à l’archevêque de Cologne , pour l’inviter à un cnott.xux.
concile qu’il avoit indiqué à Reims. Il le rendit de là au monallere de Sou-
cillanges dans le Forés , & y donna le 10. de Mai une bulle cen faveur de
l’abbaye de Tournus. il s’approcha enfuite du Rhône , & étant arrivé à làint fCondl.ti.ioi
Gilles, il y confirma ( vers la fin du mois de Juin en faveur de Raymond f#oTE ibii.
abbé d’Alet , les privilèges de ce monallere, fondé par le comte Bcra , 8c duquel /v-/4 0$. &
dépendoient alors les abbayes de S. Paul de Valolas ou de Fenouilledes fur le
rivage de l’Agli * , de S. Polycarpc & de S. Papoul. Callixte II. vint peu de *Aquilinuni*
tems après à Maguelonne, où il défendit par une bulle g datée du 28. de g trMi.
Juin, à Hugues abbé, & aux religieux de S. Gilles, d’aliener les biens de
leur monallere, fur tout le tréfor de l’églilè, excepté dans les crois cas per¬
mis par les canons.
Ce pape dans le dellèin de tenir un concile à Touloule, continuait route
vers cecce ville, palla à Montpellier & arriva à Beziers le premier de Juillet b. Le
concile deTouloufe , qui fut le X. de cette ville , commença^1 le 8. du même
mois de Juillec. Callixte y préfida en perfonne. Huit cardinaux k dont deux k concii.te.to.
étoient evêques , trois prêtres 8c trois diacres s’y trouvèrent.' Il ellremar- ^
quable que Richard archevêque de Narbonne qui y afiilla, & qui avoit été
promu au cardinalat fous le pontificatdupapeGregoireVII.n’ellpas compris
ni dans les a<ftes , ni dans les foulcriptions, dans le nombre des cardinaux }
ce qui prouve que l’ufage de ce fiecle étoit, que lorfqu’un cardinal prêtre ou
diacre parvènoit à l’épilcopat, il ceflbit dès-lors d’être cardinal , à moins
qu’il n’eut un évêché dans l’étendue de la province de Rome. Au/fi voyons-
nous que Richard ne prit plus le titre de cardinal depuis qu’il fut parvenu d
l’archevêché de Narbonne. On voit aulfi dans les actes du même concile les
iîmples évêques foufcrireavantles cardinaux-prêtres. Il y eut fans doute un
grand nombre de prélats qui y affifterent 3 car il eft marqué1 que les arche - 1 v.Paÿti
v'eques , Us évêques & Us abbez^de la Provence , de la Gothie , de la Gafcogne y ann-lUi,0‘7>
de l'Efpayte , & de la Bretagne citerieure , s'y trouvèrent : mais nous ignorons
le nom de la plupart , 8c les anciens monumens qui nous relient ne font
mention entre ceux de la province de Gothie ou de Narbonne , que de Ri¬
chard qui en étoit le métropolitain , d’Arnaud de Carcaflonne, 8c de Gautier
de Maguelonne j 8c parmi les abbez , de Berenger de la Gralle , Pons d’Aniane
ScRaymond d’Alet. Quant à ceux des autres provinces, les archevêques d’Ar¬
les, d’Aix , de Tarragone 8cd’Auch j les évêques Raymond de Balbaftro,
Berenger de Gironne , Gui de Lelcar, Haton de Leon, & Grégoire de Bi-
gorre y affifterent aulfi. On prétend m que Raymond de Lodeve s’y trouva : m tUnuv.
mais on n’en donne aucune preuve, 8cileftmême incertain s’il y avoit alors à
Lodeve un évêque de ce nom. ^.«7».
On drelîa divers canons dans ce concile. L’un des plus remarquables eft
le troiûéme , qui ordonne » aux fidelles de chaftèr de l’églife , Ôc aux puillan- «
ces féculieres de réprimer ceux qui fous une apparence de religion condam-
noient le facrement du corps 8c du fang de J. C. le baptême des enfans , ««
le facerdoce, 8c les autres ordres ecclehaftiques, 8c les mariages légitimés. «
Ce canon regarde un relie de ces Manichéens , qui s’etant introduits en France
1 V. Pagi sd
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384
HISTOIRE GENERALE
LX,
Différends
cotre les at>-
Bticnne & de
S. Setniû de
Touloufe.
b Vr.p.+Oï.fr
H-
c Spicil. to.6,
t*S-
Coneiiilid \
An.i 1 1 9. cenc ans auparavant , s’étoient confervez principalement » dans les provinces
feptentrionales s mais toutes les précautions de ce concile ne purent empê¬
cher ces heretiques de fe perpétuer dans le royaume , & d’y donner la naiflan,
ce, avant la tin du fiecle, à l’herefie des Albigeois qui fut fi funefte à la province.
Le J4. de Juillet, feptieme b jour du concile, le pape y termina les différends
qui s’étoient renouveliez entre les abbayes de la Grade êc d’Alet , touchant
la dépendance de celle de S. Polycarpe , laquelle demeura foumife à la der.
biycs de h niere. La bulle que Callixtc fit expedier en conféquence , eft fouferite par
SmtVcÎI divers cardinaux & évêques , &en dernier lieu par Bernard-Aton vicomte de
les'd'Anîane sc Beziers , 8c Centulle comte de Bigorre ; ce qui prouve que le premier étoit
de u chaire, dès-lors de retour de l’expedition d’Efpagne, & qu’il lé trouva , avec divers
icsc«iîfcs de s. autres princes leeuhers a ce concile. Le i j. de Juillet on y décida c un autre
différend qui s’étoit élevé entre les abbayes d’Aniane 6 c de la Chaifè-Dieu.
Lorfque le pape Gelafe avoir paffé quelque tems auparavant à Cler,
mont en Auvergne en allant au même concile de Touloufe, les religieux
de la Chaife-Dieu furent le trouver dans cette ville pour fè plaindre de
ce quePafcal IL fon prédeceffeur avoit adjugé le monaftere deGoudargues
zlans le diocèfe d’Ufèz à l’abbaye d’Aniane , prétendant qu’il étoit de leur
dépendance. Aton archevêque d’Arles qui etoit prefent appuya leurs pré¬
tentions , 8c foutint que ce monaftere appartenoit à fon églife , qui l’avtoic
donné à l’abbaye de la Chaife-Dieu fous un cens annuel. Callixte ajourna
ce prélat à Montpellier pour y défendre fon droit ; 8c après y avoir écouté fes
. railons , il lui donna la provifîon , fauf le droit de l’abbaye d’Aniane dont la
difeuffion fut renvoyée au concile de Touloufe. Les députez de cette abbaye
ayant comparu au concile y produifirent leurs titres , 8c l’archevêque d’Ar¬
les le fien , qui étoit une donation faite à fes prédecelfeurs par Louis l’Aveu¬
gle roi de Provence. Callixte nomma alors huit cardinaux, deux archevê¬
ques, quatre évêques êedeux abbez, pour examiner cette affaire 8c en faire
leur rapportait concile , qui jugea unanimement que la donation du monaftere
de Goudargues faite à l’églife d’Arlés par Louis l’Aveugle étoit nulle, &
donna gain decaufe à l’abbaye d’Aniane. Le pape rcnouvellaen même tems
les privilèges de cctce abbaye par une bulle datée du même jour. Après ce
jugement l’archevêque Aton renonça à fes prétentions fur le monaftere de
Goudargues, par le bâton pafioral quil tenoit en fa main , 8c Callixte en donna
l’inveftiture à Pons abbé d’Aniane par de même bâton. Lelendemaini6.de
i Catei comt. Juillet J le pape alfifté de l’archevêque de Tarragone 8c de l’évêque de Bal.
baftro confacra l’autel de S. Auguftin dans l’égliie de S. Sernin deTouloufe.
Sur la fin c du concile, Aicard prévôt de Ta cathédrale de cette ville, de¬
manda au nom de fon chapitre, i°. La reftitution de l’églife ou prieuré de
S. Jean d ' Amantianis dans le diocèlc de Touloufe, laquelle lui fut accordée.
i°.Que l’églife de S. Sernin fituèe dans le fauxbour^ deTouloule, fût déclarée
dépendante de la cathédrale. Pour prouver cette dépendance, il s’appuyoit fur
une charte impériale ( c’eft-à-dire , fans doute , fur un diplôme de l’empereur
Charles le Chauve , ) & fur une bulle du pape Jean qu’on lût en plein concile.
Les clercs de S. Sernin foûtinrent de leur coté qu’ils n’etoient pas obligez
de difeuter cette affaire avec l’évêque de Touloufe 8e fon chapitre ; attendu
que leur églife appartenait k faint Pierre. Le pape leur demanda alors qui
eft-ce qui avoit donné cette églife à ce faint ? Ils répondirent que c’ftoient
eux-mêmes. Le pape répliqua : Mais des clercs raflemblez de divers en¬
droits à qui le fonds n’appartenoit pas , pouvoient-ilsen difpofer ? D’autres
affaires étant furvenues le pape fut obligé de renvoyer à fon départ la déci-
fion de celle-là, mais il partit de Touloufe fans l’avoir jugée. Les chanoines
de la cathédrale qui l’avoient fort à cœur, le fuivirent jufqu’à Fronton, lieu
litué à trois lieues deTouloufe verd le nord, dont il dédia l’églife. Le lende¬
main Callixte étoit réfolu de confirmer les privilèges de l’églifè de S. Sernin,
lorfqu’Amelius évêque de T ouloufe, 6c le prévôt de la cathédrale en étant infor¬
mez, y formèrent oppofition, ce qui l’engagea à différer cette confirmation.
Le troifiéme jour après fon départ de Touloufe 0 il arriva à l’abbaye de faint
T heodard dans le Querci , aujourd’hui Montauban. Le lendemain les chanoines
de
e Cm il mon.
t*1I.
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DE LANGUEDOC. Liv. XVI.
de S. Etienne & de S. Sernin le rendirent à Ion audience pour avoir la deci- An.iiij.
lion de leur différend. On lut les titres lur lefquels chacune des deux églifes
le fondoit, entr’autres la Bulle que le pape Urbain 11. avoit donnée dans le
concile de N Urnes en faveur des chanoines de S. Sernin qui en faifoient leur
principal appuy. Le pape qui avoit affûté à ce concile dans le tems qu’il étoit
archevêque de Vienne, déclara alors, qu’Urbain ne s’étoit rendu qu’aux in-
fiances du comte Raymond j que l’intention de ce pontife avoit été, que l’évê¬
que deTouloule jouît d’une partie du revenu de l’églife de faine Sernin,
& que celui qui polïedoit alors cet évêché , en avoit joui en effet jufqu’à fa
mort. Callixte ordonna enluite à Raymond abbé de S. Sernin, &à lés clercs ,
de répondre $ mais ceux-ci ayant demandé du tems , il renvoya les parties ,
& les ajourna à Vienne pour la fête de la Vierge appellée Hypapante. Amelius
évêque de Touloufe ayant négligé de fe rendre à la citation , les cha¬
noines de faint Sernin lé maintinrent dans leur exemption. On trouve ici
pour la première fois un abbé de S. Sernin , depuis que cet ancien monaltere
avoit pallë aux Chanoines Réguliers, lefquels julqu’alors n’avoient été gouver¬
nez que par un prévôt ou prieur. Raymond , que les uns a appellent Ray- m,m-
mond-Guillaume , & les autres b Guillaume-Raymond, avoit poffêdé lui-mê- bGtU.chr.to.^.
me cette dernicre dignité , & avoit été élevé depuis peu à celle d’abbé. 1 1*
Nous avons deux brefs' de Callixte II. datez de l’abbaye de S. Theodard le oépiu aû pipe
20. dejuillec j l’un en faveur de Bcrenger de Narbonne abbé de la GralTe, de Touloufe.
pour confirmer ce monafterc dans la poilêffion de l’églife de Notre-Dame de cîicàRci
Valieres : & l’autre pour exhorter Jullbline, dame de condition * , &. fes fils Pierre Aton évêque
Sicard & Raymond de Perignan, patrons de cette églife, à la protéger. Corn- ^‘gu^Sue.
me ce pape donna une bulle à Touloufe le 17. de ce mois en faveur de la celles de ce
même abbaye 1 de la Gralle , c’eft une preuve qu’il partit ce jour-là de cette mj,a
yille, qu’il confacra le lendemain l’églile de Fronton , & qu’il arriva le 19. à
l’abbaye de S. Theodard. II fe rendit de là à Cahors , où. il dçdia -• le maître- icf .
autel de la cathédrale le 17. du même mois de Juillet. miôau tis œ'
Callixte II. pafla enfuite en France, &. arriva à Paris au commencement d.ireb.JttaU.
d’Octobre f. II vint de là à Reims où il avoic convoqué un nouveau con- ^ccateuômt.
cilequi s’ouvrit le 19. de ce mois, & dans lequel on renouvella les decrets p.n
touchant la paix & la trêve de Dieu. Aton ou Hatton évêque de Viviers , qui f fcJûeii.to.10.
s’y trouva, fe diftingua beaucoup par fon éloquence g & fa capacité ,& fut l’un
des
&1
ce que fon mari l’avoit répudiée pour époufer Mauberg — - ....... — ,
Chatelleraud. Le pape ayant demandé file comte de Poitiers étoit là pre- ' '
fent pour fe defendre , l’évêque de Saintes, & quelques autres prélats d’A¬
quitaine tâchèrent d’exeufer Ion abfence , en dilànt qu’une maladie l’avoit
obligé de s’arrêter en chemin. Callixte accorda alors un délai à ce prince
pour venir fe prelcnter devant lui , défendre fa caulè , & reprendre fa femme
légitimé , ou fubir l'excommunication pour l'avoir répudiée. Ces termes , tirez d’un
auteur contemporain , prouvent évidemment que Philippe de Touloufe, fé¬
conde femme légitime de Guillaume IX. comte de Poitiers, & ducd’Aquitaine,
étoit alors decedée, ainfî que nous l’avons déjà remarqué, fans quoi Hilde-
garde n’auroit pu paffer pour femme légitimé de ce prince.
Nous n’avons plus aucun monument d’Aton évêque de Viviers. Jaucerand
ou Gaucerand lui avoit fuccedé * en 1 1 14. Etienne de Gluiras fit une refli- Jj^chr’
tution à l’abbaye de faint Chaffre , avec le confentement de ce prélat, &
celui de Gui de Montaigu fon neveu , &c. On trouve k un Jaucerand ou Gau- k ^ '.Uh,.n.
cerandévêque de Viviers depuis l’an 1 r 3 3-jufqu’en 1 146. mais ce dernier doit Y^vM /,.<•
être different de l’autre, puifque Pierre évêque de Viviers 1 fut éhl archevê- ,.,n,é/»j.
que de Lyon en r 1 3 1 . Celui-ci étoit Bourguignon denaiffance, & proche pa¬
rent de l’évêque de Nifmes. Il avoit été moine de Cluni, & Pierre le Vé¬
nérable abbé de ce monaftere m en faifoit beaucoup de cas. Il mourut m vm.ven.it,
en 1139. à la Terre.fainte , où il avoit été envoyé légat par le pape Inno-
cent 1 1.
T omt II. Ccc
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An.i r îo.
LXIJ.
Retour du pape
daosh proviu-
ce. Prétendue
primatie des
archevêques
de Vienne lur
toute l'ancien¬
ne Narbonnoi-
fe.
a Or dé r. Vit al.
/.up.864.
bBalui'Mtfceb
196.
c Conctl.ro. io.
o.& 847.
d Marca depri -
tnat.n. 1 1 1.
fa' *
Fagi ad ann.
mo.».4,ÿ
/“}■
Fleuri
C Marc*
FU un , tbid.
f KG«tt
tç.U
injlr.fi. 131.
£ Pxilulph.
ao:t J Baron, a.l
ann. 1 1 10»
h Pr.p.4 14.&
fa'
LXIII.
Cormes de
SabltantioQ &
de Melgueil.
i NOTE
XXXVln.-j.
k Pr.p.nî.fr
fa'
V. NOIE
ilid.
1 P.Prf^.ÿ
468*
LXIV.
Mort de Guil¬
laume V- fei -
gncunlc Mon-
pellicr. Guil¬
laume VI. ion
fils aîné lui'
luccciic.
jn Fr. p 414.^
fa'
386 HISTOIRE GENERALE
Callixte II. après avoir tenu le concile de Reims, alla trouver à Gifors »
le roi d’Angleterre, pour le porter à conclure la paixavec le roi de France.
De là il retourna du côte du Rhône, 8c il étoit déjà arrivé à Vienne au com¬
mencement b de Février de l’an 1 1 20. De cette ville il fe rendit à Valence , où
il etoitc le 2 2. 8c le 15. du même mois. Il y confirma les privilèges de l’églife
devienne, donc il avoit été auparavant archevêque, 8c lui accorda la pri-
matic fur les lept provinces des Gaules qui faifoient un corps feparé lous le
regne de l’empereur Honoré, 8c qui comprenoienc l’ancienne Narbonnoife
avec l’ancienne Aquitaine. L e pape pour éviter les difficultcz que l’archevê¬
que de Vienne auroit pu rencontrer de la part des archevêques de Narbonne
& de Bourges, qui fe difoient primats, l’établit légat du faint fiege dans ces
provinces $ ce qui donna occafion dans la fuite aux archevêques de Vienne
de fe qualifier primats des primats : mais ils ne purent d jamais jouir d’un privi¬
lège fi noqveau 8c fi extraordinaire , 8c qui n’ecoit fondé d’ailleurs que fnr des
actes fuppofez i enforte qu’ils furent obligez defe contenter du vain titre de
primat.
Par la même bulle Callixre confirma à l’églife devienne lesfix fuffragans,
du nombre defquels étoit l’cvêque de Viviers. Quelques auteurs c préten¬
dent que ce dernier évêché , 8c celui de Die, furent alors tirez de la métrol
pôle d’Arles pour être unis à celle de Vienne * mais il paroît qu’ils étoient
fournis depuis long-tems à cette derniere, 8c le pape le fait allez entendre lui-
même dans fa bulle. Nous voyons en effet que lous le pontificat de Pafcal II.
l’églife de Viviers n’étoit f pas de la province d’Arles. Callixte fournit auffi
à l’églife de Vienne plufieurs églifes 8c monaftercs du diocèfe , entr’autres
celle defainte Marie d’Annonai : monument le plus ancien que nousconnoif-
fions où il foit fait mention de cette ville , fituée à l’extrémité de la pro¬
vince vers les frontières du Forés. Elle cil la capitale du haut Vivarais, 8c la
principale delà partie du diocèfe de Vienne qui eft en deçà du Rhône.
Nous apprenons d’un procez verbal qui fut dreile en 1407. 8c qui fe trouve
dans les archives de l’eglife de Viviers, que Callixte II. dédia folemnelle-
rnent la cathédrale de làint Vincent de cette ville le 27. de Février de fa»
xi rj. mais il y a erreur pour la date de l’année , car ce pape n’étoit pas en¬
core alors élu. Il fit donc cette confécration ou le 27. de Février de l’an
11 19. ou le même jour de l’année fuivante qu’il fe trouvoit aux environs du
Rhône. Le pape ayant réfolu de partir bientôt après pour l’Italie , retourna
à Montpellier g , d’où il alla à S. Gilles, 8c de là en Provence. Il parta enfin
les Alpes, 8c arriva à Rome le 3. de Juin de l’an 1120. Il confirma au mois
d’ Avril b de l’an 11 2 3. les privilèges du monaftere de S. Sauveur de Chirac en
Gevaudan , 8c au mois de Septembre fùivant ceux de l’abbaye de S. Sauveur
de Lodeve en faveur d’Augicr qui en étoit abbé.
Il paroît que Raymond I. comte de Melgueil ou de Subftantidn étoit déjà
décédé lorfque Callixte II. retourna dans ce comté vers le mois de Mars
de l’an 1120. Nous fçavons ‘ du moins que Bernard fon fils lui avoit déjà
fuccedé vers la fin de la même année ,8c qu’il époufa alors Guillcmette k , fille
de Guillaume V. feigneur de Montpellier. Suivant le contrat de mariage, ce
dernier donna en dot à fa fille fept mille fols Melgoriens , 8c Bernard fon mari
lui afiîgna, par un acte particulier, pour fon douaire , les châteaux de Balarucêc
de Mûries , les lieux de Grabels , Caftelnau 8c Subllantion , la moitié de fes
meubles, 8c c. Ce dernier acte eft daté du mois de Janvier de l'an uzo. indiclion
14. 8c appartient par conféquent à l’an 11 21. fuivant notre maniéré décompter.
Bernard fut le LV. comte de Subftantion ou de Melgueil de fon nom. Il avoit
perdu alors vrailèmblablemcnt la comtefle Marie là mere : il étoit encore
jeune -, car iL fut d’abord T à ce qu’il paroît 1 , fous la tutelle ou adminiftra-
tion d’Almodis deTouloufe Ion ayeule, mere du comte Raymond fon pere,
laqu’elle vivoit encore en 11 3 y.
Guillaume V. feigneur de Montpellier ne furvêcut pas Iong-tems au ma¬
riage de fa fille avec le comte de Melgueil:: le teftament qu’il fit m en 1 1 2r.
eft le dernier aéte que nous ayons de fui. Il avoit alors fix enfans vivans d’Er-
melfinde fon époule , trois fils 8c trois filles , dont aucun n’avoit encore atteint
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DE LANGUEDOC. Liv. XVI.
1*7.
a Guill.MMm .
hige de i j. ans. Guillaume leur pere donne par ceteftament à Guillaume /on An. r i**-
fils aîné la ville de Montpellier avec /es dépendances, l’erang de Lares, &
les fiefs qu’il tenoic lui-même , ou que d’autres cenoient en ion nom , du
comrede Melgueil, & qui croient ficuez au Levant de l’Amauflôn 4 ruifieau qui
traver/e le diocèfe de Montpellier du Nord au Midi, fie Ce jette dans l’étang
de Maguelonne. Il difpoCe en faveur de Ion fécond fils qui portoit aulfi le nom.
de Guillaume, des châteaux d’Omelas, dePopian fit duPouget dans le dio-
c è/ê de Beziers , de celui de Mont-Arnaud dans lediocè/ê de Maguelonne ,
des fiefs qu’il tenoit des vicomtes de Beziers & de Narbonne, fie enfin de tout
le domaine qu’il avoit au couchant de l’Amauflbn , excepté le château de Vil¬
leneuve qu’il ré/crve pour Bernard Ion troifieme fils. 11 légué outre cela à
ce dernier ce qu’il avoit aux châteaux de Frondgnan , de Montbazen , de
Cournon-fec fie de Pignan dans le diocclè de Maguelonne. Il fubftitue Ces crois
fils l’uh à l’autre , fie à cous les trois Guillemerte là Hile aînée, & enfin à celle-
ci Ermengarde Se Adélaïde Ces deux autres filles. Il donne à chacune des deux
dernieres cinq mille fols Melgoriens, Se leur défend de Ce marier /ans le con-
fencemenc de leur frere aîné, & des nobles de Montpellier.il veut que l’enfant po-
fthume qui naîtra de fa. femme Ermelfinde, foie religieux on rcligieufe d’A-
niaae, fie lui légué trois mille fols Melgoriens fi c’clt un mâle, fie fix mille
fi c’eft une fille. Il défend à fon fils aîné de prendre aucun Juif ou Sarafin
pour baile de Montpellier. Il lai/Ieà fa femme la jouillànce de tous les domai¬
nes fituez au couchant de l’Amaulîbn, à condition qu’elle vivra en viduité } il
lui donne aulfi à cette condition la jouillànce du château d’Omelas , fie de
fes dépendances, jufqu’à ce que Guillaume leur fils puîné eut atteint l’âge
de 17. ans j fie en cas qu’elle vînt à le remarier, il lui légué dix mille fols Mel-
goriens 6 c quelques meubles.
Ce lont là les principales di/pofitions de Guillaume V. /cigneur de Montpel¬
lier dans fon dernier teftament. Sa mort fuivitde près, mais nous en igno¬
rons l’époque précilè. Ce feigneur fut un des a plus célébrés capitaines de
fon tems : il fe rendit fur tout recommandable par fes exploits contre les
infidelles, tant en Orient qu’en Eipagne.il eut des liai/ans étroitcsavec Henri I.
roi d’Angleterre , fi c fçaehant que ce prince aimoic à avoir des animaux rares
dans fon parc, il lui en envoya plufieurs.
On prétend b que Guillaume V. fonda dans Montpellier une maifonpour
les chevaliers du Temple inftituez à Jcrufalcm en 1118. fie que Gautier évê-
que de Maguelonne confiera leur églile fous le nom de Notre-Dame de Lezcs.
Si le fait eft vrai , c’eft fans contredit la première maifon de cet ordre militaire
fondée dans la province, fie même en deçà de la mer 5 mais comme leur réglé
ne fut dreiïéc, fie qu’ils ne pafferent en Occident qu’en nzS. on a peine à
croire que la maifon du Temple de Montpellier foit fi ancienne -, ce qu’il
y a de certain , c’eft qu’elle fubfiftoit vers le milieu du XII. fiecle c , fie qu’elle a xxxrT.
été toujours l’une des plus confiderables de l’ordre. Elle étoit fituée à la porte
de la Sonerie , fie elle a paffé au commencement du XIV. fiecle à l’ordre de
faint Jean de Jerufalem ou de Malte, ce qui fait qu’on lui a donné depuis le
nom de faint Jean le Grand, pour la diftinguer d’une autre commanderie qui
étoit originairement du même ordre, fie qui eft dans la ville.
Guillaume V. feigneur de Montpellier etoit déjà décédé en 1122. Guillau¬
me fon fils puîné jouifloit en effet alors de fon partage , fie mit fous fa pro¬
tection , en qualité de baron d’Omelas d, les biens de l’abbaye d’Aniane ficuez d Pr.p.i u.
aux environs de cette baronie , moyennant une albergue que l’abbé fie les reli¬
gieux lui promirent $ ce qu’il fit du confentement de la mere , fie de Guil- «■ /w.
laume de Montpellier fon frere. Bernard6 comte de Melgueil promit vers le ^0Tn
même tems à ce dernier de le lai/Ier paifible pollefieur de fes domaines, fie de lxv.
le défendre contre tous. Guillaume de Montpellier feigneur d’Omelas époufa Bieat‘,in *
quelques années après Tiburge fille f fie heritiere de Raymbaud comte d’O- IcTfoix^u-
range, dont il eut plufieurs enfans, comme nous l’expliquerons dans la fuite. vcrs *'abba)^
Roger II. comte deFoix mourut à peu près vers le même tems que Guil- g^cddaSe*
laume V. feigneur de Montpellier , fie les derniers mémoires que nous ayons àefrverdun.
de fa vie font de l’an iïh. 11 remit alors par un mouvement g de pieté ,
Tome II. Qtc ij J
b V. Car.
c V. HOTE
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An.ii 2 r.
« Ibid.
* Domiui.
b Pr /.41J.
c Mtb.addnn.
11S1.A.U'
Lxvr.
Monde Ro^cr
II* contre dp
Foix. Roger
III. (un )il s
aine lui l’uccc-
dc, Se f-iic h
p.iix avec le
vicomte Ber¬
nard A:on.
d tr.p. 411.
cp.413.
tf-iÿo.
C
Ml-
h K. K OTE
XXUn.11.
388 HISTOIRE GENERALE
avec Tes trois fils Roger , Bernard & Pierre, à l’abbaye de Lezat , l’albergué
qu’il éxigeoit dans le village de S. Ybar qui en dependoic. Il enjoignit en
même tems à divers feigneurs du voillnage qui avoient la garde de ce nw.
naffcere , entr’autres au comte Fortanicr , & à Raymond-Guillaume neveu de ce
comte , d’en être les protecteurs 5 ce que cous ces feigneurs promirent. L’acte
eft date du château de Savcrdun la féconde année qu’il fut confirait, un Mardi du
mois de Mars de l’an tnt. indicé ion JC IV. dominant Alfonfe comte de T ouloufe.
Le même jour Roger IL s’engagea en particulier, tant pour lui que pour les
comtes de Foix les l'uccelîeurs , du conlentemcnt a de fes trois fils , de ne ja¬
mais exiger aucun cens ou ufage de l’abbaye de Lezat, fans la participation de
l’abbé. Il le rélerva feulement d’y être nourri lorfqu’il y paileroit,& qu’il n’auroic
pas avec lui un corps de troupes. Il décharge aulîi ce monaftere de l’obligation
où il avoit ccé julqu’alors de l’y nourrir & défrayer , lui êc ceux delà famille,
la veille £c le jour de S. Pierre. Il voulut de plus que l’abbé êc les religieux ne
fu fient pas reçus malgré eux, de donner alors d manger aux chevaliers , ni
autres laïques. Il ajoute que les fiqticurs * de Villcmur , d’Hauterive, &de
Marquefave n’auroientà l’avenir d’autre droit fur les domaines de l’abbaye,
que celui d’y être logez & défrayez une fois l’an , à leur pallage, avec dix
perfonnesde leur fuite feulement. Il déclaré enfin que l’abbe ne dévoie ni repas
ni argent à la comtcflc de Foix, ni à fon fils, non plus qu’aux comtoreffes de
Villemur , d’Hauterive Si de Marquefave.
Parmi les différons témoins qui foulcrivircnt à cet acte , on trouve utt Ray¬
mond de Piiliniac chevalier. Nous remarquerons ici à cette occafion que c'eft
un des plus anciens monumens où nous trouvions que les nobles de la pro¬
vince fe fuient qualifiez eux-mêmes chevaliers. Roftuing &. Richard de Cor-
non prennent aulîi la même qualité dans une b reftitution qu’ils firent cette
année à l’abbaye de Gellone -, 6c Bernard de Male fe dit trois ans après c
fils de Guillaume de M c(e chevalier , dans un acte fuivant lequel étant fur le
point de mourir , il offrit (on fils Bernard pour être religieux dans cette ab¬
baye où il avoit choili la lépulture.
On vient de voir que le château de Savcrdun dans le pais de Foix, fut
conltruiten 1 1 20. Le comte Roger II. qui en eft le fondateur, en donna le do¬
maine aux mêmes feigneurs de Villemur, d’Hauterive & de Marquefave qui
avoient leurs terres dans le voillnage, 6c qui lui en firent d hommage. Le
fécond de ces feigneurs nommé Raymond-Aton étoic fans doute parent de
Raymond-Matfred d’Hauterive, qui approuva c en xi z 2. l’oblation que le
feigneur de Moreçag fit alors de Raymond fon fils à l’abbaye de Lezat. Le
château de Savcrdun fut bâti auprès d’un village de même nom qui f fubfî-
ftoit vers le milieu du XI. fiecle. C’ell aujourd’hui une des pricipales villes du
coiîité de Foix , lïtuee fur l’Aricge , d deux lieues au dcflùs de Pamiers.
Roger II. comte de Foix, outre les trois fils dont il fait mention dans les
deux chartes qu’il donna en 1121. enfaveurde l’abbaye de Lezat, en eut en¬
core un quatrième. Nous avons en effet un traité de paix conclu le 31. de
Mars de l’an 1125. entre Roger comie de Foix , & fes frères Pierre & Raymond-
Roger, d’un côté gjôc le vicomte Bernard-Aton ,Cecile fa femme, Scieurs fils
Roger, Raymond -Trcncavel Sc Bernard de l’autre. Ces divers monumens
nous font comprendre i°. Que Roger II. comte de Foix décéda*1 après le mois
de Mars de l’an 1111. Se avant l’an 1125. 20. Que Roger III. du nom fon fils
aîné lui fucceda dans le comté de Foix , mais qu’il partagea cependant fon
autorité Se fes domaines avec fes frères , qui en jouirent îans doute avec lui
par indivis , fans prendre neanmoins la qualité de comtes. 30. Que Bernard
lècond fils de Roger II. ou ne furvêcut pas d ce dernier, ou mourut du moins
peu de tems après lui , puifqu’il n’en eft pas fait mention dans les actes de
l’an 112 j. 40. Enfin que Roger III. Sc fes freres, peu de tems apres la mort de
Roger IL leur pere eurent avec le vicomte Bernard-Aton quelques différends
qu’ils terminèrent en 1 1 2 j. par un traité de paix.
Ces différends rouloient principalement fur les domaines de la branche
aînée de la maifon de Carcaffonnc, qu’Ermcn^arde mere de Bernard-Aton
avoit aliénez en faveur des comtes de Barcelone, dont ce vicomte s’étoit remis
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DE LANGlJEDOC.Liv.XVi. jS<)
en pofleÆon , & fur lefquels les comtes de Foix avoient des prétentions legiti- An. 1 1 2 f .
mes. Par le traité a dont on vient de parler, 1*. Le comte Roger III. Sc les fi re- » vr.itu.
res, de l’avis de pluiïeurs nobles, fe deliflerenc de toutes les demandes qu’ils
failoient au vicomte Bernard. Aton , à ia femme, & à leurs enfans. 2U. Ils leur
cédèrent la ville Sc le comté de Carcallonne, excepté les lieux d’Arfèns,
Alayrac,Preixan , Sc Foncian , dont iis leur engagèrent les deux premiers
pour la lomme de 3 joo. folsTouIoufàins. 3°. Ils leur codèrent aulfi le château
Si le comté de llalcz , avec les châteaux Sc les pais de Chercorb Sc de Cueille.
40. Ils s’obligeront le même jour par un autre acte b, tant pour eux que pour bit' J.
leur pofterite, envers le même vicomte, là femme & les fils, de ne pas don- _ -
ner, vendre ou engager à d’autres qu’à eux, tous les domaines «qu’ils polle-
doient dans les comtezde Touloulè, de Comminges, Scdc Carcallonne , donc
les principaux lieux marquez dans Pacte font, Foix, Fredclas ou Pamiers , Lor-
dad Sc les châteaux deDun &c de Mircpoix. 50. Enfin ils les appelleront à la
fucceifion de tous ces domaines s’ils venoient à deceder lans polteritc, Si les
fubftituerent egalement à leurs enfans , fuppofe qu'ils en eujjeue , Sc que ceux-ci
meurudent auin là ns polfcerité,
Roger Ill.comte de Foix lé diten divers actes fils de Stéphanie c , que Roger IL cfr.f.44 9 é
fon pere avoir époulée d en fécondés noces , mais dont nous ignorons la famille. A?*
Il avoir déjà cpuule Im-meme vers lan 1117. du vivant du comte ion pere, a,d.
Ximene ou Chimene fille de Raymond-Berenger III. comte de Barcelone ,Sc
de Marie Rodriguez là première femme , comme nous le verrons dans la
fuite. Au relie quoi qu’il femble que ce comte ait partage ion autorité avec
fes freres, ce fut pourtant à lui feul que les vallàux du pais de Foix rendirent
hommage, entr’auerçs- les leigneurs des châteaux de Montaut , dePerela, ePr.p,^9t
Scde Mirepoix. Les premiers exceptèrent dans leur ferment les leigneurs d’Au-
riac 5c de Carcallonne, Si les autres firent le leur , lauf la fidelité qu’ils dévoient
au comte deTouloule. Il n’efl pas fait mention non plus des freres de Roger III.
dans un acte • par lequel ce comte le rcconnoilîànt coupable pour avoir établi t&M-
divers u/âges injulles tant au village de Fredclas , qu’au château de Pamiers,
les abolit au mois de Décembre de Pan 1129. entre les mains d’Amelius
évêque de Touloulè, du prieur Si des chanoines de S. Antonin de Fredclas.
On a pu remarquer dans les chartes que Roger II. comte de Foixaccor- AMb^X^iour-
da au mois de Mars de l’an 1 1 2 1. en faveur de l’abbaye de Lezat , qu’Al- dam i«ouvre -
fonfe comte de Tonloufe ctoit alors reconnu pour feigneur dominant dans le îl c®m,é de
pais 5 preuve que ce prince avoit recouvre des ce tems-la le comte de Tou- irduca'Aqui-
loufe dont Guillaume IX. duc d’Aquitaine s’etoit emparé (ur lui. Voici les w-“c-
circonltances que nous avons pu recueillir de cet événement mémorable.
Il paroît que Guillaume après avoir envahi Touloufc en 1 1 14. demeura
depuis paifible pollèllêur de cette ville jufqu’en 1119. 5c qu’il y fit fonfejour g jv/y jvv.j.
ordinaire durant cet intervalle. Ce prince g fit un voyage en Poitou cette der-
niere année avec fon fils Guillaume } Sc après avoir raiiemblc une armée , il uJ.p.l
palfa les Pyrénées , alla joindre Altonlc roi d’Aragon qui l’avoit prié de mar¬
cher à fon fecours contre les Sarafins ; Si fe fignala par divers exploits contre
les infidclles. Le duc d’Aquitaine en partant de Touloulè y avoir lailfé un de
fes capitaines h nommé Guillaume de Montmaurel pour y commander en fon hr. notez.
nom : mais 1 les Touloufàins le chafferent bientôt après de leur ville, l’obli - ov«
gèrent à fe retirer dans le château qu’on appclloit Narbonnois , où étoit le p.-rf.r c
palais des comtes, S c reconnurent publiquement Alfonfe.pour leur feigneur. .^N 0 Ta
Nous ignorons fi ce dernier prince vint alors à T ouloule , & s’il rentra par
lui-mcme en polTeffion de cette ville. Il paroît cependant qu’il ne s’y rendit
pas fi.tôt ; qu’il continua de faire fon fejour aux environs du Rhône où il
s’etoit retiré pendant l’invafion du comté de Touloulè par le duc d’Aquitai¬
ne ; qu’étant en différend dans ce tems-làavcc Raymond-Berenger III. comte
de Barcelone au fuiec du partage de la Provence que leurs prédecelfeurs
avoient polfedée jufqu’alors par indivis, il ne voulut ou ne put s’abfcntcr du
pais dans ces circonltances 5 Si qu’enfin il confia le gouvernement de Tou-
ioufe à Arnaud de Lcvezon évêque de Béziers. Nous voyons en effet que ce Kt, N0T2
prélat commandoit k à Touloufe en 1 1 20.au nom d’Alfonfc.
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zïrf.m.
b Pr.p ni.
c /• 417*
LXfX.
_ 39o HISTOIRE GENERALE
An. ii zi. Le duc d’Aquitaine informé de cette révolution , réfolut de faire tous fes
Leduc d'A ui e^ürts Pour rcntrer dans la poffelfion de Toulouiè. Dans cette vue il fè ligua
tLTi ligue avec Raymond-Berenger III. comte de Barcelone, qui defon côté étoiten
avede comte différend avec Alfonle , ainfi qu’on l’a déjà remarqué. Nous trouvons des
le comte°«i& preuves de cette ligue dans celle que ce dernier prince, & le vicomte Bernard-
Touioufc avec A ton formèrent » enfemble quelque tems apres contre les comtes de Poitiers &
L“n de Barcelone . „ j
qui perd n vil- On a vu ailleurs que ce vicomte avoit embralle en 1x14. les interets du
foane0”64** ^uc d’Aquitaine contre Alfonfe comte de Touloufe. Nous ne fçavons pas s’il
demeura lon£.tems attaché au parti du premier. Tout ce qu’on peut conje.
durer de, plus vraifemblable, c’efi: qu’il fe réconcilia avec Alfonfe, du moins
peu de tems après que celui-ci eut recouvré la ville de Touloufè } & qu’il eût
recours à fâ protedion pour reprendre la ville de CarcafTonne dont les habi-
tans l’avoient chaflë ble Mardi 2 4. d’Août de Tanin 20. Peut-être que le
comte de Barcelone qui avoir des prétentions fur cette ville, porta fes habi-
tans à fècouer le joug de Bernard- Aton -, ce qui aura engagé ce vicomte, pour fe
venger, à fe liguer avec le comte Alfonfe ennemi de ce prince. Quoi qu’il en
foie, ilparoît que les principaux feigneurs de la province fe partagèrent alors
entre le duc d’Aquitaine & le comte de Barcelone d’un côte , &le comte Al-
fonfè & le vicomte Bernard-Aton de l’autre -, & nous voyons entr’autres
qu’Aymeri II. vicomte de Narbonne , frere utérin du comte de Barcelone,
s'étoit ligué avec lui c en 1124. contre le comte Alfonfe , qui de fon côté
s’étoit uni avec Arnaud de Levezon alors archevêque de Narbonne.
Richard de Milhaud prédeceflêur de ce prélat , après avoir affilié au con-
d A^'/éq"es c^c de Touloufe de l’an 1119. s’en retourna dans fon diocèfe , fuivi d’Aton
Scigncufs ’je archevêque d’Arles , 8c reçût la même année une donation d faite en faveur
Termes, &c. de fon eglife par Engelbcrt d’OJargues, & fon fils Adalbert, en prefence de
^UtMhc*1.' Berenger de Puifèrguicr. II accompagna enfuite l’archevêque Aton en Pro-
dt sarb. vence , où il foulcrivit « avec lui à une charte en faveur de l’abbaye de
cü*u.ckr.to.i. fajn[ viclor de Marfeillc. Us revinrent en deçà du Rhône, fe trouvèrent f à
{ G*u'chr. nov. Narbonne au mois d'Avril de l’an x 1 20.8c s’aflèmblerent g quelque tems après
td.to. 1 .t'a. 5 Tiber i, aveeles évoques Arnaud de Bcziers , Bernard d’Agde , Si Arnaud
g '■pi'-s- de Carca/Tônne , lejurifconfiilte Adalbert, 8c plufieurs autres , pour juger en
qualité d’arbitres, un différend qui étoit entre Elcazar deCaftries 8c Engelra-
de fa femme d’un côté, & Arnaud abbé de S. Tiberi , & fon monaftere de
l’autre. Ce junïconfiilte Adalbert, n’elfc pas différend , fans doute, d’Adalberc
qui fucceda peu de tems après à Bernard évêque d’Agde. Richard archevê-
h c.Auimem. que de Narbonne reçût h en 1 x 21. l’hommage du vicomte Bernard-Aton pour
P*it. _ le château d’Auriac , 8c mourut» le ij. de Février de la même année, après
trois mois & dix jours d’épi feopat.
Arnaud de Levczon quifutélüà fa place le 16. d’Avril fuivant, occupoitk
kGa!ichr.to.x. alors le licge cpifcopal de Beziers depuis plus de vingt ans , 8c avoit reçû en
/•♦'j- engagement en 1 1 r 8. au nom de cette églife , certains biens de Pierre Pelleti
ou Peler, Sc de Pierre de Thefân. Il y a lieu de croire qu’Alfonfe comte de
Touloufe , qui en qualité de duc& decomteparticulier de Narbonne , avoit
1 v. i'r.p-199- beaucoup de parc 1 àl’eledion des archevêques de cette ville , contribuai celle
d’Arnaud , qui comme on l’a déjà vu, avoit embraffé fes intérêts avec cha¬
leur. Ce prélat peu de tems après fa tranflation à l’archevêché de Nar-
Catei ibij.f. bonne reçût m les hommages que lui dévoient le vicomte Bernard-Aton 8c
* a»/,». J^a y m ond de Termes, pour les fiefs qu'ils renoient de fon églife 5 &au mois
d’Aoüc de l’année fui van te celui d’Aymeri II. vicomte de Narbonne » qui
«lui promit n fidelité envers tous 8c contre tous, comme un vaflàl i fon fei-
wgneur, excepté contre Raymond-Berenger comte de Barcelone, Udalgier
„ abbé de S. Paul ,8c les feigneurs de Ca/ouls & de Pierre-Pertufê, en prefence de
» Bernard vicomte de Minerve.
Ce demie r vivoit 0 encore en ii2j. Quant à Raymond de Termes, il le
rïbf'dt'u d‘ qualifie, de même que fon ftere Guillaume, /f/r d’ Olivier de Termes, dans un acte
ürajjt. p du mois de Décembre de l’an 1x28. par lequel ils reftituent à l’abbaye de
* °e l’hc* la Grafie , moyennant vingt livres pefant d’argent fin * , du poids de Narbonne,
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DE LA N G U E D O C. Lit. XVI. _
différons biens fituez dans le Termenois qu’ils àvoient ufurpez ; ce qu’ils An.11 an
firent en prelence d’Ademar deTays, Bcrenger de Palayrac, Guillaume de
Durfort , &c Bercnger de Quintilane.
Arnaud de Levezon eut pour fuccefleur a dans le fiege épîfcopal de Be- ï-xx.
ziers S. Guiraud ou .Geraud , natif de PuifTelicon dans le diocèle de cette “B>
ville , & prieur des chanoines réguliers de Caflàn dans le même diocèle. Gui-
raud foùcinc pendant fon épilcopat, qui ne fut que de deux ans, la réputa- rM'u
tion qu’il s’etoit déjà acquilè dans le cloître par fa pieté, fa fimplicité , fa ïropr. nutm
mode (lie, fon humilité, & la pureté de fes mœurs. Il mourut le y. de No- t-lSMda-l7tu
vembre de l’an 1123. jour auquel on célébré publiquement fa fête dans le
diocèfe de Beziers. Il fut inhumé dans l’abbaye de fainte Aphrodife de
Beziers. '
Saint Bertrand évêque de Comminges , mourut à peu près vers le même 1X*[^4
rems que S. Guiraud évêque de Beziers , & parvint comme lui dune éminente ^V(?cj.,ccr'"cn
iainteté. Suivant l’auteur b de fa vie écrite quarante ans après fa mort fous Co.u:nin2«.
le pontificat d’Alexandre III. il étoit fils d’Aton Raymond feigneur d’un
château appelle alors Sclio , & depuis l’Ule-Jourdain dans le diocèle de Tou-
loufe , & d’une fille de Guillaume Taillefer comte de cette ville. Bertrand 1 on.&J'W
naquit vers le milieu du XI. fiecle, avec toutes les qualitcz capables de le
faire aimer $ on remarque entr’autres qu’il étoit parfaitement bien fait. Il
fuivit d’abord l’exercice des armes , mais il s’v comporta plutôt en ecclefia-
ftique qu’en féculier : aulli en abandonna-t-il bientôt le metier pour fe com
facrcr entièrement à Dieu parmi les chanoines réguliers de la cathédrale dé
Touloufe., dont il fut archidiacre. Il s’acquit une fi grande réputation de
vertu , que le fiege épifcopal de Comminges étant venu à vaquer , il futélû
unanimement pour le remplir. Il garda cependant fon archidiaconé * caron
voitparun aétecde l’an 1086. qu’étant évêque, il fe difoit en mêmetemscha- Cctuimemc
noine & archidiacre dcTouloufe. On doità cefiint prélat d le rétablifiement f>°«;
de l’ancienne ville de Lyon de Comminges, qui depuis le VI. fiecle étoit de- d i“' *
nieuré enfevelie fous fes ruines , & où il n’etoit relié que la cathédrale. Il
engagea d’abord fes chanoines à embraflèr I^i vie commune avec la réglé de
S. Auguftin , & à fixer leur réfidence auprès de la cathédrale ; ce qui fit qu’on
bâtit des maifons tout autour: il fe forma ainfi peu à peu une nouvelle ville,
qui s’cfl aggrandie dans la fuite , mais qui cependant eîl peuconfiderable. Elle
porta depuis^ le nom de S. Bertrand fon rellaurateur , qui mourut le r é.d’O-
élobre durant le cours de fes vifites. Son corps fut apporté à la cathédrale,
& inhumé dans la chapelle de la Vierge. La faintete de fa vie^ & l’éclat des
miracles qui s’opérèrent à fon tombeau , lui méritèrent bientôt après un culte
public , & fa cathédrale le prit pour fon patron. On prétend c que le pape Cle- n***f‘l t;*
ment V. le canonifa : mais nous apprenons d’ailleurs i que ce fut Guillaume III. f caïuhmov.
archevêque d’Auch , fon neveu, qui procura fa canonifation au XII. fiecle. Il td.n.if.9»?.
efl vrai queClcment V.& qui avoir été fuccefièur de S. Bertrand dans l’évê- g b aiiitiM.
ché de Comminges fit lever fon corps de terre pour l’expofer d la vénération •
du peuple.
Quelques modernes *» afîurenc que S. Bertrand étoit déjà évêque de Com- h Gaii.cbr.nov.
mingesen 1073. qu’il poflèda cet évêché pendant jo.ans, & qu’il mourut vers
fan u z 3 . ou 1 1 1 6. mais nous avons fait voir ailleurs * qu’il ne parvint d l’epif- v. Luutibij.
copat qu’après l’an 1078. Quant d l'époque de fa mort , l’auteur de fa vie n’ch ‘ y-bv.x<v.
dit rien non plus que de celle de la naiflance & de fon épifeopat. Il témoi-"'9*'
gne k feulement qu’il écrivit cette vie d la priere du même Guillaume, que k vuMd.n.10.
ce faint prélat , qui étoit fon oncle, avoit élevé autrefois auprès de lui parmi
les chanoines de la cathédrale de Touloufe , & qui pofleda l’archevêché
d’Auch depuis l’an r 145. jufqu’en 1170. C’efl fans doute fur ce témoignage
que divers auteurs 1 fuppofent que Raymond de Lille, frerede S. Bertrand 1
eut un autre frere dont ils ne marquent pas le nom , àc qu’ils font feipneur d’An- Ânyh,fi.pi
douffiele dans le Totfloufain, & pere du même Guillaume III. archevê-
que d’Auch j mais il faut avouer que ce témoignage n’eft pas bien clair j
car outre que l’auteur de la vie de faint Bertrand paroît fe contredire, les an¬
ciens monumens nous apprennent que Guillaume III. archevêque d'Audii ctôic
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59i . HISTOIRE GENERALE
de la maifon de Montauc a : ce prélat aura donc été 61s d’une fœur de feint
Bertrand.
On tint b l’an i i i z. au Caylar dans le diocèfe de Lodeve , fur les frontières
cPUntâv.Lod.
Atl.l 122.
« (UU.cbtMd.
t-9S7'
LXXIL . A
AffcmbJccte- du Rouergue , une allèmblee à laquelle Pierre évêque de Lodeve , Gautier
Evéqucfde*31' ^v‘-‘(lue de Maguelonne , l’évêque d’Orange , & Arnaud abbé de S.Tiberife
LoJcve. C trouvèrent. On y décida un différend qui étoit entre les religieux de Jon-
b cels dans le diocèfe de Beziers , & ceux de Conques en Rouergue , touchant
l’églife de Cafouls dans ce dernier pais, laquelle avoit été donnée autrefoisaux
premiers par Raymond, marquis-comte . L’époque certaine de l’épifcopat de Pierre
■■ rend incertain tout ce qu’on nous dit c de celui de Raymond I. fumommé Pa.
cs^chrjô.x. ftor bonus , qu’on prétend avoir été évêque de Lodeve depuis l’an noz. juf-
f-67i. qu’en ii 3 8. & avoir fuccedé à Deodat de Chaflus , qui , ajoûte-t-on , fut eld
• d’une maniéré fimoniaque en i ioo. ôc dépofé deux ans après par fes com.
dr*-p-*49.& provinciaux, malgré fon appel au roi Philippe I. Nous voyons d’ailleurs * que
&47<- Pierre étoit évêque de Lodeve en 1119.&: 1134.Ce prélatavoit ètéélevé durant
fa jeuneffe parmi le clergé de l’églife d’Agde -, & il n’eft pas fans doute different
GrtUkrJbiit Pier re-Raymond qu’on metc furie fiege épifcopal de Lodeve depuis l’ann 38.
jufqu’en 1154. & à qui on donne pour pere un prétendu Galburge comte de
Comminges. On raconte plufieurs autres chofes de lui qui ne font pas plus cer¬
taines j entr’autres que le pape Adrien IV. lui accorda diverfes grâces aux mois
d’ Avril & de Mai de l’an 1 1 54. mais ce pape ne fut élu qu’à la fin de la même
année.
Lxxiir Quoiqu’Alfonfë-Tourdain eût été reconnu pour comte de Touloufe, & qu’il
A ironie Jour» »•« a < *i 1 •»» ...
diia a/Hcgc fut maître de cette ville des tl ~ iv
rfaosOrjage
& délivré pur
les Tojfou-
ùinsqui l’a-
!cu[ri°iic.diaS & aujourd’hui de celui de Lombes, ôc daté du pontificat du pape Callixte ,
füaluhr.to.1, régnant Louis roi de France , Guillaume étant duc d' Aquitaine , & A If on fi comte
6Si.&jtq. de Touloufe. Aymeri prieur de Bragairac , fè fournit par cet a&e , avectousfes
religieux, duconfentementd’Amelius évêque de Touloufe, au gouvernement
ôc à l’autorité de Pétronille abbefle deFontevraud qui étoit alors fur les lieux.
On peut croire toutefois que c’eft à caufe de la fituation de cette abbaye
dans le domaine du duc d’Aquitaine, qu’il efl fait mention de ce prince dans
la date decera&e. En effet, outre qu’il y efl marqué expreffément qu’Alfonfe
étoit alors comte de Touloufe, nous apprenons par divers autres monumens
l ^ e cecce annc^e> *îue ce prince étoit alors generalement reconnu g par les Tou-
_ loufains.
an ino. il paroîc cependant que Guillaume IX.
duc d’Aquitaine fon compétiteur, confervoit encore en nzz. quelques refies
d’ autorité dans le pais. C’eft ce qu’on peut inferer d’un aéte ( pafië cette année
dans l’églife de fâinte Marie ,de Bragairac , alors du diocèfe de Touloufe,
HZ}.
Ces peuples fècouerent entièrement l’année fuivante le joug du duc d’Aqui¬
taine, qui, comme on l’a déjà remarqué, étoit demeuré maître du château
il NOTE ibiJ.
3 *•
y. NOTE
Narbonnois. Ils afîîegerent dans ce château Guillaume de Montmaurel qui
en avoit le gouvernement au nom du duc , ôc l’obligèrent enfin à fe rendre.
Iis fe mirent h en marche bientôt après pour aller au fecours du comte Al-
fonfe qui étoit afïïegé dans Orange par le comte de Barcelone allié de
celui de Poiciers , & qu’ils amenèrent en triomphe dans leur ville après avoir
ia»v.cbr.nov. £*1C lcvcr Ie üege. Les circonflanccs de ce fiege , ôc celles de la guerre qui
1. mfir.f. y donna occafion , & qui s’éleva en Provence entre les comtes de Touloufe &
de Barcelone nous font inconnues. Il paroît feulement par une charte1
du même Alfonfe de l’an nz 6. que cette guerre dura long-tems, qu’elle fut
trés-funefle au pais , ôc que l’églife cathédrale d’Orange fut entièrement dé.
cruice durant le fiege de cette ville.
Hugues abbé de S. Gilles , ôc fes religieux , fe déclarèrent peut-être du.
lxxiv. .rant cette guerre, en faveur du comte de Barcelone. Nous fçavons k du
ihTotiiouiT' moins que le comte Alfonfe s’empara de force vers ce tems-là de l’abbaye de
excommunié S. Gilles., ôc qu’il en chafïà l’abbé ôc les religieux qui en portèrent leurs
Comte1' de U pinces au pane Callixce II. Ce pape écrivit en leur faveur une lettre du pa-
Commingcs. lais de Lacran le 22. d’ Avril à Aton archevêque d’Arles , à Raymond comte de
Barcelone ,8c à Gaufred Porcelec /efgneur Provençal qu’il exhorte à les proté¬
ger. Il déclare en même ccms qu’il avoir excommunié le comte Alfonfc& (es
complices ,
k P/.p,+xi.
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DE LANGUEDOC. Lïv. XVI. 39J _
complices, mis leurs terres en interdit, St délivré lesfujetsde ce prince du An, lïi)»
ferment de fidelité , jufqu’à ce qu’il eût rendu le monaffere de S. Gilles i
l’abbé St aux religieux , qu’il eut fait démolir le château qu’il avoitfait con*
ftruire depuis peu dans cet endroit, St qu’enfin il eut réparé les dommages qu’il
avoir cauiez. Les complices du comte Alfonfe nommez dans cette lettre , lont
Raymond de Baux , Guillaume de Sabran , Elzear de Caftries , Guillaume-
Raymond de Medenes , St Raynon duCaylar, quiavoient embraffé par con*
féquent le parti de ce prince contre le comte de Barcelone.
Il y a- lieu de croire que les comtes de Foix St de Comminges favoriferent
le rétabliffement d’Alfonfe-Jourdain dans fon comté deTouloufe, & qu’ils le
déclarèrent contre les comtes de Barcelone êc de Poitiers fes ennemis. On a vû
en effet que Roger II. comte de Foix reconnoillbit Alfonfe pour fon fuze-
rain au mois de Mars de l’an uu.St nous avons un plaid 4 auquel Forta- »Pr/>. 4*4*
nier comte de Comminges préllda, St qui fut tenu aux environs del’abbayé
de Lezat , L'an 1123. dans Le tems que le comte Alfonfe occupoit la ville de T ou-
loufe. Ce comte Fortanier , que Roger II. comte de Foixavoit misen un. au
nombre des protecteurs de cette abbaye , avoit eu b plufieurs freres , avec lef. b knote
quels il avoit poffedé par indivis le comté de Comminges : mais il paroît <\uc
ceux-ci étoient alors tous decedcz , St qu’il avoit l’adminiftration de tout
ce comté , tant en fon nom , qu’en celui de Raymond-Guillaume fon neveu,
fils de Bernard Ion frere aîné. Nous ignorons fi ce Raymond-Guillaume fur-
vêcut au comte Fortanier fon oncle: nous fçavons feulement que Bernard IV.
du nom fon frere, polledoiten ii3o.to«tle comté de Comminges, St qu’il le
tranfmic à lèsdefeendans.
Alfonfe-Jourdain après fon entier rétablillèment dans le comté de Tou- lxxv.
loufe, témoigna aux habltans de cette ville par divers privilèges e qu’il leur
accorda , la reconnoiftance qu’il avoir de leurs fervices. Il jouit depuis du vico.m' Ber-
comté de cette ville, St de tous les autres domaines qui avoient appartenu à "«dAroo. Ce
fes ancêtres , St fe qualifia con fui ou comte deTouloufe , duc de Narbonne 5- mur- CMc'aoIau*
qui s de Provence , comme on voit entr’autres par d un acte daté du corn- Origine ries
mencement de l’an 1124. Il s’unit étroitement vers le même tems avec le
vicomte Burnard-Aton qu’il aida fans doute d foumettre Carcaffonnc. Ce 1 1 —
vicomte repric e en effet alors cette ville fur les habitans qui s’etoienc, cy cJei
révoltez contre lui , St qui l’avoient chaffé quelques années auparavant. Al- «9».
fonfe promit à Bernard-Aton par la ligue * qu’il fit avec lui , de ne pas lui
ôter la ville de Carcaffonne , St toutes les autres de fon domaine , St de lefe- c p- * 17. &ftw
courir contre tous ceux qui voudroient l’en dépofièder , St en particulier contre 1 e' v'4‘
le comte de Poitiers (f fes enfans , le comte- de Barcelone & fes en fans. Cet acte qui
n’eft pas daté eft fouferit par Amelius évêque deTouloufe St Bertrand évê¬
que d’Albi -, ce qui prouve qu’il eft anterieur à l’an 1125. puifqu’Humbert
avoit g déjà fuccedé alors à Bertrand dans l’évêché d’Albi. Plufieurs fei-
gneurs féculicrs s’y trouvèrent aufiî prefens, entr’autres Raymond de Baux ,
Guillaume de Callelnau , Elzear de Caftries , Guillaume-Pierre de Caraman,
Bertrand de Villemur , Stc.
Le vicomte Bernard-Aton, après avoir repris la ville de Carcafibnne , éxi-
gea un nouveau ferment de fidelité des nobles du pais St des environs , (es
vaiïàux , dont on peut voir les noms b dans l’acte inféré dans nos preuves. Ils
fe rendirent cautions les uns des autres. L’évêque de Carcaffonne fut garand
en particulier de la fidelité de Pierre- Kaymond d’Auriac , St la vicomteflè
cautionna pour Guillaume de Durfort. Bernar d-Aton confifqua ‘ d’un autre
côté tous les biens de ceux qui lui «voient été rebelles , St en difpofa avec
fa femme St fes fils , en faveur de ceux qui étoient demeuré fidelles. Entre les
derniers étoient Bernard de T refînais , Pierre de Laurac , Arnaud fon frere,
Arnaud de Pelapoul , Pierre fon frere, St divers autres gentilshommes au nom¬
bre de ieize , à qui ce vicomte donna en fief les tours St les maifons de Carcaf¬
fonne qu’il avoit confifquécs; à condition de faire guet St garde dans cette
ville , les uns quatre , St les autres huit mois de l’année , St d’y réfi-
der avec leur famille St leur vaffaux durant tout ce tems-là. Ces feigneurfi
T orne II. D d d
N
\
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An,
1114.
■ Stffi Ç*re*(f.
f.H4>0'/‘îî-
b Pr. Ml
:MJ.f.4}i.
LXXVÏ.
Bernard Âton
étend de nou¬
veau foo do¬
maine.
dp.né.
e Ibid.
*>• 4M-
8MJ1-
LXXVII.
Guerre du
comte de Bar-
celonc & du
vicomte de
Narbonne con¬
tre le comte de
Touloufc, le
vicomte Bcr-
card-Aton, &
l’archevëquc
de Narbonne.
h Pr.f. 415.6*
fa¬
it' 4*7-
K Ibid.
lxxviii.
Mort de Ri"
chard comte
de Rodez..
1 rr.p.^oy.dr
fa-
V.NOTE XLll-
n. 7.
mNOTE ibid 4
394 HISTOIRE GENERALE
qui fe qualifient dans l’a&e châtelains de Carcaflonne , promirent par ferment
au vicomte de garder fidellement la ville.
Bemard-Aton accorda divers privilèges à ces châtelains , qui s’engagèrent
à leur tour à lui faire ho/nmage & à lui prêter ferment de fidelité : c’eft
ce qui a donné l’origine , à ce qu'il paroît , aux mortes-payes de la cité de
Carcaflonne , iefquels font des bourgeois qui en ont encore la garde , &qui
jouiflent pour cela de diverfes prérogatives. Un auteur » rapporte les cir-
conftances fui vantes de la foumiflion de Carcaflonne à Bernard- Aton. Il
prétend » que les habitans lui ayant refufé en 1 1 20. l’entrée de leur vil.
*» le , ce vicomte l’afliegea d’abord , & changea enfuite le fiege en blocus •
» que ne pouvant la prendre , il fe rendit à Barcelone avec l’évêque 5 que
» les habitans ayant député de leur côté au comte de Barcelone , ce prince
>» leur fit conclure enlemble une paix perpétuelle } & qu’enfin les habitans re-
» çurent le vicomte à fon retour , &c lui firent yune entrée magnifique au mois
d’ Août de l’an 1123. après trois ans de fiege ou de blocus. Mais tout cela
n’eft fondé que fur des mémoires incertains qu’on fe contente de citer en
general. If paroît au contraire par les monumens qui nous reftent b , que le
comte de Barcelone ne fe mêla en aucune manière de la paix que Bemard-
Aton fit avec les habitans de Carcaflonne ; que ce vicomte fournit la ville par
la force , &c qu’il punit févérement ceux d’entre les habitans qui ne lui avoient
{•as été fidelles. Quant au tems de cette foumiflion , le plus ancien a&e 1 par
equel le vicomte difpofa des biens des rebelles , eft du Lundi douzième de
Janvier de l'an 112s. preuve qii’il foulât Carcaflonne au moins des la fin de
l’année précédente. •
Arnaud de Lauran , l’un de ceux qui demeurèrent fidelles au vicomte , lui
donna d en alleu le Lundi 24. de Janvier de l’an nr4. fon château de Lauran fitué
dans le Minervois. Cette date &la précédente prouvent manifeftement qu’on
comptoit alors, du moins Quelquefois, le commencement de l’année depuis
le premier de Janvier. Bemard-Aton reçut aufli en alleu c en 1124. le châ¬
teau de Senegas en Albigeois de ceux qui le poffedoient. 11 avoit donné f en
112 3. celui d’Ornefons dans le diocèfe de Narbonne, à Guillaume de Durban,
pour le tenir de lui en fief après la mort de Guillaume dePignan. U ne faut pas
confondre cette maifon de Durban dans le diocèfe de Narbonne, avec une
‘autre de même nom qui étoit établie dans le païs de Foix , & de laquelle étoit
Bernardde Durban qui donna g au mois de Mai del’an 1124 .Alfonfe étant comte
de T ouloufe , à l’abbaye du Mas d’Afil , la quatrième partie des dixmesdulieu
de Sales fitué fur la Garonne.
On a déjà remarqué qu’Aymeri II. vicomte de Narbonne fe ligua avec
Raymond-Berenger III. comte de Barcelone fon frere utérin, contre Alfonfe
comte de Touloufe, & le vicomte Bernard- Aton , & que l’archevêque de
Narbonne embraflà d’un autrecôté le parti de ces derniers. La guerre entre ces
princes duroit encore en ii24.fuivant un a&e par lequel ErmengauddeFabre-
làn dans le diocèfe de Narbonne, & Guillaume fon frere, promirent b au vi¬
comte Bemard-Aton , à fa femme & à fes fils , de les aider de leurs châteaux
& de leuft vaflaux contre Aymeri de Narbonne , fes en fans, & tous les fe teneurs de
Narbonne , excepté contre l’archevêque , durant la guerre qu'ils avoient alors entr’eux,
ou qu'ils auroient dans la fuite. Le vicomte Aymeri IL reçut de fon côté la
même année * , le ferment d’un de fes vaflàux qui promit de lui être fi-
delle, & de le fervir contre tous, excepté contre le comte Richard, &
de ne pas lui faire la guerre avec /’ archevêque de Narbonne & le comte Alfonfe.
Le vicomte de Narbonne reçut dans le «ne me tems quelques autres fermens k
de fidelité.
Le comte Richard , dont nous venons de parler , n’eft pas diffèrent du
comte de Rodez de ce nom , qui par conféquent vivoit encore en 1 1 24. Il
prenoit 1 le titre de comte de Rodez^en 1 1 19. qu’il confirma, avec fon fils Hu¬
gues , qualifié aufli comte dans l’acte, l’abbaye de faint Vi&or de Marfeille ,
dans la poflèflîon de i’églife de S.Amandde Rodez que fon pere Berengerlui
avoit donnée autrefois. On ne trouve plus rien depuis du comte Richard qui
mourut m avant l’an 1 1 3 j.êc tranfmit à Hugues I. fon fils unique & d’Adelaïde
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DE LANGUED OC. Liv. XVI. 39* _
fa femme, les domaines qu’il avoic eus par fon parcage avec Gilbert fon An.iiz4*
frere, & qui confiftoient dans la moitié de la vicomte de Carlad fie celle de
Lodeve. Il lui Iailla de plus le comté de Rodez qu’il avoic acquis des comtes
de Touloufe , à condition de leur en faire hommage. Hugues I. comte de Ro¬
dez , fa femme Ermengarde 8c leur fils Raymond, reçurent a en 1 1 3 j. l’hom- *
mage de Frotard vicomte d’Eylfene en Rouergue.
La guerre écoic auffi allumée en 1124. dans le diocèfe de Maguelonne, lxxix.
entre Bernard comte de Subftantion ou de Melgueil, fie Guillaume VI. fei- comte
gneur de Montpellier Ion beaufrere. Ce feigneur y donna occafîon b en détour- de SubiUntiou
nant l’eau d’un moulin qui appartenoit à un nommé Bernard Guandal- vi^jgDcur^c
mar, valTaldu comte, lequel prie les interets de ce valîal, fie s’oppofa à cette Montpellier,
entreprife. Guillaume voulant éviter toute conteftacion , le rendit d’abord llasr^cnnIt,Iacl^
fur les lieux , accompagné de Bernard d’Andufe fie de plufieurs de fes amis, a.bn'eT
& dit au comte :» J’offre de vivre avec vous , comme mes prédecefleurs ont« nommez par le
vécu avec les vôcres; 8c comme vous avez vécu vous-même avec mon pere, « PbPprp.45î.d.
fie de me foumettre à lajufticc de votre cour , lorfque j’aurai été fait che-« /«?•
valier. » Sur cetce offre Bernard promit de demeurer en paix 3 mais peu de 7.
tems après Bernard Guandalmar étant forci du château de Melgueil à la tête
des chevaliers de ce comte , alla infultcr la ville de Montpellier, fie fit le dé¬
gât aux environs. Guillaume femit aufli-tôt en campagne , repoulïà l’attaque^
fie ayant rencontré le comte, il le pria de difeontinuer fes hoftilitez, avec offre
de réparer le dommage qu’il pourroit avoir caulé. Guandalmar continua nean¬
moins lès courfes fie les ravages. Guillaume après avoir fait pour la paix de
nouvelles tentatives qui ne lui réuiTirent pas mieux que les premières , ufa de
reprefailles , alfiegea le château de Melgueil , l’emporta fie ravagea le domaine
du comte 3 ce qui caufa une extrême delolation dans le païs. Gautier évêque
de Maguelonne, prélat très-rcfpedabie par fa pieté 8e par les lumières, ne put
voir de li grands maux dans fon diocèlè fans chercher à y remedier : ntàis
comme il n’avoit pas allez de pouvoir par lui-même fur l’efprit du comte de
Subftantion fie du leigneur de Montpellier , il incerpofa l’autorité du pape Cal-
lixte II. qui le nomma avec Pierre archevêque de Vienne , Oldegarius arche¬
vêque de Tarragone, Hugues évêque de Grenoble , 8e Arnaud évêque de
Carpencras pour terminer ce différend en qualité d’arbitres. Le pape écrivit
en même tems au comte de Subftantion 8e au feigneur de Montpellier pour
les exhorter à s’en rapporter au jugement de ces prélats.
En conféquence l’evêque de Maguelonne 8e fes collègues s’étant aflemblcz
après la mort de Callixce II. dans l’églife de S. Martin de Crez , licuée à une
lieue de Montpellier , ils rendirent une lèntence arbitrale le Samedi 9. de Mai de - -
l’an 1 1 z y . Guillaume de Monpellier fut condamné à rétablir le lit de la IIZ5*
riviere, qu’il avoit détourné , 8c à réparer tous les dommages qu’il avoic cau-
fez à Bernard Guandalmar , fie à tous les autres valfaux du comte, qui de leur
côté furent condamnez à une femblable réparation envers Guillaume fie fes
valTaux. Les arbitres décidèrent enfuite quelques autres différends quietoient
entre le comte de Subftantion fie le feigneur de Montpellier couchant la juftice ,
U leude oupeage, 8cc. Quant aux domaines dont le comte avoit la proprié¬
té, 8c lacomtefte fonayeule l’ufufruit, il fut dit que tout ce que cette der¬
nière avoit engagé ou aliéné reviendroit à ion petit-fils 3 àmoins que ceux qui
étoient en poiTcilîon des biens ne fiflent voir qu’ils les avoienc acquis du
comte Pierre , ou de fon fils le comte Raymond , lorfque ce dernier eut atteint l’aie
de majorité. Les arbitres déclarèrent que Guillaume de Monpellier prêteroit
ferment de fidclicé au comte, lorfque celui-ci feroit en poflefflon de fes do¬
maines après la mort ou la ceiîîon de la comteffe ( Almodis de Touloufe ) fon
ayeule 5 à condition toutefois que le même comte prouveroit par témoins dignes
de foi, que Guillaume V. feigneur de Monpellier pere du même Guillaume, avoit
prêté un pareil ferment , & reconnu tenir ces domaines des comtes de Mel¬
gueil 8c de Subftantion. On régla enfin le poids ficl’alloy de la monnoye de
Melgueil que le comte feroit fabriquer à l’avenir 5 après quoi le comce Ber¬
nard , le feigneur de Montpellier , fie leurs principaux valfaux, jurèrent départ
fie d’autre d’obferver tous ces articles.
T orne II. D d d ij
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39*
HISTOIRE GENERALE
d Cartel fer •
praf Mag p.
14U 1 -ni.
An. i i i 5 . Gautier évêque de Maguelonne parle de ce traicé dans une J lettre qu’il écri-
GaiKiet évfi* v*c * R-obert , prévôt du chapitre de Lille en Flandres. « La paix, lui dit.il dans
que de Maguc- «cette lettre, a été rétablie par la grâce de Dieu entre nos princes , après
loo oe, légat «lu „ beaucoup de foins 6c de travaux de notre part , enforte que tout le païs
différends avec ” en a une tres-erande joie. » Un cclcbre critique b rapporte ces paroles a la paix
les feigneurs qU} fuC conclue la même année entre les comtes de Touloufc 6c de Barcelone ,
l_e Mompci- & dont nQus paricrons bientôt j mais comme il ne paroît pas que l’évêque de
a Mtb.annUB. Maguelonne ait eu la moindre part à cette derniere , 6c qu’il efl certain qu’il eut
b 'eàgiïùann. touce 1* gloire de celle qui fuc faite alors entre le comte de Subllantion 6c le
feigneur de Montpellier, c’ell certainement de celle-ci, 6c non pas de l’autre,
que ce prélat a voulu parler dans fa lettre au prévôt de Lille.
Gautier fe qualifie légat de la fa:ntc Eçlifc Romaine dans cette lettre 5 ce qui
nous donne lieu de croire que le pape en le nommant principal arbitre des diffé¬
rends qui s’étoient élevez entre le comte de Mclgucil 6c le feigneur de Montpel¬
lier, l’honorade ce titre , tant pour donner plus de poids 6c d’autorité au ju¬
gement qu’il porteroitfur cette affaire, qu’afin qu’il eut la préféance furies ar¬
chevêques de Vienne 6c de Tarragone,6c les autres évêques fes collègues. Nous
e Mai. Md voyons c cependant que ce prclat fit en d’autres occafions les fonctions de légat
«M.UH.S.S). ap0ft0UqUe , 6c ce fut en cette qualité qu’il excommunia les religieux de la
Chaife-Dieu qui avoient renouvelle leur ancienne querelle contre ceux d’A-
niane , au fujet de la dépendance du monafkere de Goudargucs dans le diocèfe
d’Ufez. L’évêque de Maguelonne eut lui. même ^ quelques différends dans la
fuite avec le feigneur de Montpellier , touchant l’étendue de leur domaine, 6c
l’hommage que ce feigneur lui devoir. Il paroît qu’ils curent d’abord recours
aux armes pour foûtenir leurs droits : mais ils s’accordèrent enfin êdapaix fut
rétablie parmi eux.
Au refte il y a lieu de préfumer que Callixte II. ne s’intereffà fi fort au rétabliflè-
ment de la paix entre le comte de Subllantion 6c le feigneur de Montpellier ,
que parce qu’il fe prétendoie fuzerain dans le dioccfe 6c le comté de Maguelon¬
ne. Il femble du moins que ce fuc en conféqucncc de cette prétendue liizerai-
noté qu’Honoré II. écrivit * l’an 1117. à Bernard comte de Subllantion, pour
lui mander que s’il vouloit mériter la protection du faine fiege, il eût à faire
fabriquer la monnoye de Mclgucil , du même alloy qu’elle ctoit fous le pon¬
tificat de Callixte Ion prédeceilèur , aveedéfenfe de l’alccrer.
Alfonfe-Jourdain comte de Touloule donnoit cependant tous fes foins au
Aifoüfc comte gouvernement de fes états. Il autorifa e en 1115. l’engagement que Gaulbert
de Touloule de Fumcl, abbé féculier de Moillàc , fit à ce monallere, du droit qu’il avoir d’y
d. ou' de nom- être logé 6c défrayé deux fois l’an , moyennant la fomme de 1115. folsmon-
nicrimjbbc noyé de Cahors , dont les 35. pcloicnt un marc d’argent. Après la fouf-
Moîllic 3 cription dececomce qui approuva & confirma l' engagement , on voit celle de
c Roger abbé régulier de Moillàc , d’Emenon de Sabran , d’Engelbcrc viguier de
A?- Touloufc , 6cc.
Gaulbert de Fumel efl fans doute le même que cet abbé chevalier f qu’Al-
f fonfê r-^pit établi à Moillàc durant fa minorité , malgré la renonciation que
les corfctes de Touloule les prédeceilcurs avoient faite auparavant à ce droit.
Ce prince en eut du repentir * 6c reconnoillànt qu’il avoir agi en cela contre le
droit & Lijufiice, il fe reconnut coupable devant Amelius évêque de Touloufc,
& Roger abbé de Moillàc , fe départit folemncllement de cette nomination,
6c déclara qu’à l’avenir aucun comte de Touloufc n’en pourroit faire de fem-
blable fans le confcntement de l'abbé moine ( ou régulier ) de Moillàc , ôc des
religieux delà rnailon. L’acle n’cll pas daté , mais il efl anterieur à l’an 1131.
çGill.cbr.nov. pnïfque Roger n’étoit § plus alors abbé de Moillàc. Il ell fouferit par Roger
mJm comte de Foix, Guillaume abbé deLezat,6cc.Nonobflantla nouvelle renoncia-
Xi’eb"io h‘ji' r*on cornte Alfonfe , l’abbaye de Moiffac 11 eut encore pendant long-tems
lxxxh. des abbez chevaliers ou féculiers , foit que- les abbez réguliers 6c la commu-
11 fait b paix nauté y ayent confenti conformément àcetade, foit qu’ Alfonfe 6c fes fuccch
avec le comte y rs ye foient mis peu en peine de tenir leurs promeffes.
<le Barcelone, .* 1 i ,
& partage b Çe prince termina enfin en ni 5. les différends qu il avoir avec Raymond-
Provence avec Bercnger lll.comte de Barcelone au fujet du partage de la Provence. Ils avoient
•itid.
LXXXt.
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DE LANGUEDOC.Liv.XVL • 397 _ _
egalement * droit à cette province, fie leurs prédeceilcurs l’avoient poflèdée An.iii J.
jufqu’alors en quelque maniéré par indivis : mais le dernier enavoit envahi la 3 v- *or£
plus grande partie fur l’autre durant la guerre qui s’étoit élevée entr’euxàcette X,K*
occalion , fie s’étoit emparé outre cela du château de Beaucairc, fit de la
terre d’Argence , c’eft-à-dire de cette portion du diocèfe d’Arles qui eft en deçà
du Rhône. Ces deux princes réfolus de vivre en paix à l’avenir, s’abouchèrent
en Provence le 16. de Septembre de la meme année, fie de concert avec les
comtelTes leurs époufes , convinrent du traité fuivant. i°. Raymond- Bé¬
renger b , la comtellè Douce fa femme, leurs fils fie leurs filles , cederent b ;-438.é'
au comte Alfonfe le château de Beaucaire , la terre d’Argence , toute la partie
de la Provence qui fe trouvoit entre l’Ifere fie la Durance, ôc enfin le château de
Valabregues fitué dans uneifleduRhôneaudefl'us de Beaucaire, avec tout ce
que leurs valfaux polTedoient dans ces pais, foit villes , châteaux, évcchcz , ficc»
à l’exception toutefois de la moitié de la ville d’Avignon , ôe des châteaux du
Pont de Sorgues, de Caumont fie de Tor qu’ils fe referverent. i°. Alfonfe &
fa femme F aydi de cederent de leur côté au comte de Barcelone, à fa femme fie
à leurs enfans la moitié d’Avignon fie des châteaux du Pont de Sorgues, de
Caumont , fie de Tor , fie toute la terre de Provence depuis la fource de la Du¬
rance, le long de cette riviere, jufqu’au Rhône fie à la mer, avec tout ce que
leurs vaflâux polTedoient dans ce pais 5 les villes , les châteaux , les évêchez
qui en dépendoient, fiec.enforte que la Durance devoit faire à l’avenir la fepa-
ration des domaines de ces deux princes en Provence. 3°.Ils s’obligèrent mu¬
tuellement de ne rien aliéner, excepté en faveur de leurs propres enfans, du
domaine de ce pais , qu’ils 1b fubftituerent les uns aux autres, au défaut de
pofterité. 40. Ils convinrent qu’Aymeri vicomte de Narbonne, qui tenoit au¬
paravant en fief Beaucaire fie la terre d’Argence du comte de Barcelone , les
tiendroit à l’avenir du comte deTouloule jfie que Bernard d’Andufclcs tien-
droit lui-méme en fief de ce vicomte , qui fut prefent à ce traité , ainfi que
le même Bernard d’Andufe, Elzcar d’Ufez, Roftaing de Pofquiercs, fie divers
feigneurs des deux cours. Tel fut le partage de l’ancien comté de Provence
entre les comtes de Touloufc fie de Barcelone ; partage qu’ils firent en qualité
de defeendans fie d’heritiers des anciens comtes du pais -, ce qu’il eft à propos
d’éclaircir par quelques réflexions.
i°. On voit d’abord par cet acte0 l’étendue qu’avoit le comté de Provence c v.Noïexv
dans le teins qu’il étoit pollèdé par indivis à la fin du X. fiecle par les comtes
Guillaume I. fi c Rotbold l'on frere , de qui les comtes de Touloufe fie de Bar¬
celone tiroient leur droit -, fie que ce comté étoit borné au levant par les Alpes, •
au nord par l’Ifere , au couchant par le Rhône , fie au midi par la mer Mediter¬
ranée.
1“. Le droit du comte de Touloufe fur tout ce comté devoir être égal à
celui du comte de Barcelone, puifque la portion qui échût à chacun d’eux
avoir à peu près la même étendue ; enlorte que depuis le premier domina foit
directement foir indirectement, àl’exciufion de l’autre, ;fur toute la haute
Provence, fituée entre l’Ifere au nord, les Alpes au levant, la Durance au
midi, fi: le Rhône au couchant j pais qui comprenoit une grande partie
du diocèlè d’Avignon , avec ceux de Vaifon , Cavaillon , Carpentras , Oran¬
ge, S. Paul-Trois-châtcaux , Valence fie Die. Tous ces diocèfes compofoient
ce qu’on appella depuis le marquifat de Provence, qui pafl'a aux fucceflèurs d’Al-
fonfe.Jourdain, fie que quelques modernes ont confondu avec le comté Ve-
nailiin qui n’en étoit qu’une portion.
3°. On devroit y ajouter, ce lènible , les diocèfes d’Apt 6c de Sifteron, avec la
plus grande partie de ceux de Gap fie d’Embrun , c’eft-à-dire tout le refte
du pais qui eft fitué à la droite de la Durance vers les Alpes. Mais comme les <* d p.xote
prédccclTeurs du comte de Barcelone en avoient déjà difpofédès le milieu du
XL fiecle en faveur de leurs puînez, à qui ils l’avoient donné en partage, fie qui’
prirent depuis le titre de comtes de Forcalquier , château qui étoit le chef-lieu
de leur domaine , il n’eft pas bien certain que les comtes de Touloufe ayent ac-
qms la fuzeraineté fur tout ce canton en vertu du même traité.
U paroît que les prédccelfcurs du comte de Barcelone , avoient donné
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An.iix;.
LXXXItl.
Mariage iVAl.
fonlc comte
de Touloulc
avec Fay Jididc
«TUfez. Mort
de Guill aume
IX. duc d’A¬
quitaine, com-
petiteut de ce
priuce.
a Ruffi dtjprt,
Jnr les comt. de
Prov. & de
Venxif.
b V. NOTE L.
».u.
c Chron. ALU -
A/V-/.UO.
d Chron. Mal-
leac.tbid.
(judi.Milm.
li-
Cjosfrid.Vindoc,
J» s y*
f Mfl.de la hibl,
dit Rot 0.7115.
3^8 HIST. GEN. DE LANGUEDOC. Liv. XVI.
aufïï en partage aux comtes de Forcalquier leurs cadets, la moitié du comté
d’Avignon -, que les comtes de Toulouîè s’étoient aflùrez entièrement de ce
comté durant leurs différends pour le partage de la Provence -, 5c qu’enfin le
comte de Barcelone ne fe réfêrva la moitié d’Avignon , ôc de quelques châ¬
teaux du dioccfe , par le traité dont on vient de parler , que pour rendre ce
domaine aux comtes de Forcalquier qui en avoient été dépollèdez , 5c envers
lefquels il en étoit garant. Ces derniers prirent en effet depuis la qualité de
comtes de Forcalquier & d' Avignon.
On a vû ailleurs que la terre d’Argence, qui comprenoit la ville de Beau-
caire avec la partie du dioccfe d’Arles qui cft en deçà du Rhône , appartenoic
aux comtes de Touloufe, du moins dès l’an 1037. & que les vicomtes de Nar¬
bonne la tenoient d’eux en fief: or comme ceux-ci la tenoient des comtes de Bar¬
celone avant le traité de l’an 11x5. il faut que durant la guerre & les diffé¬
rends qui s’élevèrent entre Alfonfe 5c Raymond-Berenger, Aymeri II. vicomte
de Narbonne, frere utérin du dernier, fie fon allié dans cette guerre, lui eut
livré ce pais 5c lui en eut fait hommage. Quant à Bernard d’Andufe qui le tc-
Boit. en fief des vicomtes de Narbonne , lui ou fes ancêtres l’avoient aéquis
làns doute par quelque alliance avec la maifon de ces vicomtes.
6°. La portion de l’ancien comté de Provence qui échut par ce partage au
comte de Barcelone, 5c qui comprenoit la bafTe Provence, fut nommée com¬
munément dans la fuite comté d’Arles ou de Provence 5 Sc ce prince, de même
que fes fuccefîèurs , prirent indifféremment tantôt la qualité de marquis ou de
comtes de Provence, 5c tantôt celle de comtes d’Arles } au lieu qu’Alfonfe 5c fes
fuccefîèurs ne fe qualifièrent jamais que marquis de Provence, ainfi qu’avoient
fait les comtes de Touloufe fes prédeceffeurs depuis Raymond de S. Gilles.
70. Cet a&e prouve qu’Alfonfe- Jourdain comte de Touloufe étoit
déjà marié dès-lors avec Faydide. Plufieurs auteurs ont prétendu que cette
comteÏÏe étoit feeur de Douce femme du comte de Barcelone, ôc que c’eft par
elle qu’Alfonfe avoit droit fur la moitié de la Provence ; mais de (çavans criti¬
ques * ont démontré la faufleté de cette genealogie. Il efl certain d’ailleurs b que
Faydide femme d’Alfoniè-Jourduin, ctoit fille de Raymond-Decan feigneur
d’Ufez & de Pofquieres. Ce prince l’avoit époufee fans doute quelque tei*s
auparavant durant fon féjour aux environs du Rhône.
Après ce fameux partage , Alfonfe-Jourdain , âgé alors de u. ans, domina
paifiblemcnt fur tous fès états, qui s’étendoient depuis les deux cotez de la Ga¬
ronne jufqu’aux Alpes ,5c depuis les montagnes d’Auvergne jufqu’à la mer Me¬
diterranée 5c aux Pyrénées. La mort de Guillaume IX. comte de Poitiers &
duc d’Aquitaine , fon compétiteur au comté de Touloufe, laquelle arriva c le
xo.de Février de l’an i 116. ou de l’an 1127. fuivant notre maniéré décom¬
pter , ne contribua pas peu à l’affermir dans la paifibie poilèflion de tous ces
domaines.
Ce duc laiflà à fa mort trois fils 5c cinq filles de Philippe de Touloufe fa fécon¬
dé femme,fçavoir Guillaume X.qui lui fucceda dans le comte de Poitou , 5c dans
les duchez d’Aquitaine 6c de GafcognCjRaymond qui devint dans la fuite prince
d’Antioche, 5c Henri qui fut religieux de Cluni. Les deux premiers etoient
nez à Touloufe, ainfi qu’on l’a déjà remarqué. Guillaume IX.fut^un prince qui
fe rendit également célébré 5c par fes vices 5c par fes vertus. Son amour excef-
fif pour les femmes le précipita entr’autres dans des défordres qui deshono¬
rent fa mémoire. Du refte il étoit brave, bien fait , fpirituel, poli, gracieux,
enjoué 5c d’une converfation fort agréable. N ous avons parlé ailleurs de fon ta¬
lent poûr la poefie Provençale dont il fut un des premiers inventeurs.Un auteur
f quiversle milieu du XIII. fiecle a recueilli les ouvrages des poëtes Proven¬
çaux qui l’avoient précédé, 5c auxquels il a joint un abrégé de leur vie, qua¬
lifie le comte de Poitiers bon troubadour , & bon chevalier d'armes , 5 C ajoute que
ce prince courut long-tcms le monde pour tromper les dames. Guillaume eft repre-
fenté dans la vignette du manuferit de cet auteur portant un aigle en fes armes.
Il fut inhumé dans l’abbaye de Moutier-neuf de Poitiers qu’il avoit fondée.
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HISTOIRE
GENERALE
DE
LANGUEDOC
LIVRE DIX-SEPTIÈME.
Lfonse-Jourdain comte de Touloufe , ayant
fait fa paix avec le comte de Barcelone, réfolut d’entre¬
prendre un pèlerinage qui dans ces fiecies étoit fort à la
mode, même parmi les plus grands princes.C’étoit celui
de S.Jacques en Galice ou il alla en i r i y accompagné
d’Anielius évêque de Touloufe ». Après fon retour il
refhtua •> le Samedi 24. d’Avril de l’an 1 1 16. à l’églife
de S. Sernin les biens que le comte Raymond fon pere
avoit donnez à cette églife dans le tems de fa con-
, fécration par le pape Urbain II. & que le comte Ber¬
trand Ion* frère avo.t ufurpez. L’acle eft foufcrit par le même Amelius, par
Raymond abbe de S. ^ernin , &c. F
Alfonfe fit un voyage dans fes états de Provence la même année rué &
je rendu a Orange - au mois de Septembre. Berenger évêque de cette ville lui
demanda alors, du confentement de Tiburge fille & heritiere de Raymbaud
comte de cette ville, la refticution de quelques domaines que fon églife avoir pof-
edez avant la guerre & la deflruHion de fa cathédrale , entr’autres du cloître de
AcV.V Je-
An.iii ji
1.
Alfonfe comcc
de Touloufe
va cp pèlerina¬
ge à $. Jacques
eu Galice. ïl
cienr un plaid
en Provence.
Comtes d’O*
rançre-
a Cnttl me m.
b temt* p. i S rf.
1126.
cG4li.chr.nov.
tl.ro.i injlr.p.
li'—
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A N.l 1 1 6.
• Prxccptum..
& annuli no*
Ori/îgillo mu-
nirijuiiimus.
•KPr.;.î 37.
bGMll.chr.ibiJ.
Wjlr.p. 1 10.
I I.
Libcralitez
d‘ Al tonie en¬
vers les eglifes
dcTouloulc.il
ell garaml de
la paixentre le
conuc de Bar¬
celone & les
Génois.
1 1 2 7-'
c Catel mtm.
d Pr.p. 43.^
H'
cDia?.cond.dt
Barcei. /. t,
c, 10?.
400 HISTOIRE GENERALE
S.FIorent d’Orange, d’un étang voifm que la comtciïc mere'de Kaymbaudavoit
donné à ce monalterc , Se enfin de la maifon épifcopalc , Se de l’ancien pa¬
lais fitué devant la même cathédrale. Alfonfe trouvant que cette demande
foufFroît quelque difficulté, différa de lalui accorder, & tint un plaid au Pont de
Sorgues, où il examina, avec fes barons, les titres Se la dépofition des témoins: on
vérifia qu’Udalric évêque d’Orangc avoir pofledé le cloître de S. Florcntavec
l’étang voifîn ; qu’après la mort de ce prélat la comteflè Adélaïde avoit refti-
tué par fon tellament la maifon épifcopale qu’elle avoit ufurpée -y Se qu’elle
avoit fait donation d’une condamine , du confentement de fon fils Raymbaud,
d l’abbaye de S. Florent. Après cet examen , Alfonfe qui dans l’adte fe quali¬
fie comte dcT oulov.fc Çj- marquis de Provence, adjugea tous ces biens d la cathédrale
de faintc Marie Se à l’abbaye de S. Florent d’Orange , leur céda tous les droits
qu’il pouvoir y prétendre, mit ces eglifes fous la protection fpeciale , Se fit
pour celaexpedier un diplôme * qu'il jit feederde fon fceau , afin de lui donner
plus d’autorité. La charte, dans laquelle ce comte le lert à peu près des mêmes
termes que norois dans les leurs, clt datée d’Orange le S. de Septembre de-
l’an in 6. la féconde année du roi Lothaire empereur d’ Allemagne , Se fouferite
par Raymond de Barjac , Ripert de Caderoulfe , Roftaing de Milon, Se Pierre-
Guillaume deMornas, qui lont, à ce qu’il paroît, les principaux barons qui
afiillcrent Alfonfe dans ce jugement.Gausfred abbé de S. Florent d’Orange,
Se plufieurs autres perfonnes de confideration y fouferivirent aulîi. C’eft un
des plus anciens monumens où les comtes de Touloufe faflcnt mention de
leur fceau , qui étoit fans doute chargé de la croix pomettée qu’ils pûrtoient
dans leurs armes, Alfonfe peut l’avoir prife après Raymond de S. Gilles
fon pere, qui à cç qu’il paroît , fe fervoit aulfi d’un fceau a en iocjy.pourfceller
fes actes.
Au relie cette charte prouve évidemment la fuzeraineté des coinces de Tou¬
loufe lur la partie de la Provence fituée entre l’ilerc 6c la Durance -, car la
ville d’Orange avoit des comtes particuliers , comme il paroît par le meme
acte. Tiburge alors hcriticre de ce comté, étoit fille de Raymbaud II. du
nom, qui luivit Raymond de S. Gilles à la Terre- fainte, &c mourut durant
cetce expédition. Raymbaud II. avoit fuccedé à Bertrand comte d’Orange fa
fon pere, qui vivoit fous le pontificat d’Alexandre II. Sc qui l’avoit eu d’Adc-
laïde fa femme. Enfin Bertrand étoit fils de Raymbaud I. comte d’Orange.
Tibprge fille & hcriticre de Raymbaud II. époula dans la fuite Guillaume
d’Omelas frere de Guillaume VI. feigneur de Montpellier, & porta par ce ma¬
riage le comté d’Orange dans la maifon de ce feigneur.
Alfonfe étant de retour à Touloufe y donna deux chartes l’année fuivante.
Par la première il fait une donation cà l’églife de S. Sernin , & confirme par
l’autre, qui efl datée d du mois de Juillet, la fondation du prieuré ou mona-
flere de S. Antoine de Touloufe que fes prcdecellèufs avoient fait bâtir hors
des murs près le chateau Narbonnois , fous la dépendance de l’abbaye de Lczat.
Alfonfe fit fcellcr de fon fceau cette derniere charte , qui cil loufcrite par
Pierre [on chapelain &■ fon chancelier , êc dans lequclle il fe qualifie par la grâce
de Dieu comte de T ouloufc , duc de Narbonne d" marquis de Provence.
Raymond-Berenger III. comte de Barcelone avoit alors un différend avec
les Génois au fujet du droit que dévoient payer leurs bàtimcns qui abor-
doient dans les ports de Provence & de Catalogne. Ce prince, Se la com.
telle Douce fa femme convinrent 1 enfin le 18.de Novembre de l’an 1117. d’un
traité de paix Scde commerce avec ces peuples, qui donnèrent pour leurs gu-
rands Alfonfe comte deTouloufe , Aymeri vicomte de Nai bonne, Sc les ha-
bitans de Montpellier. Le comte Scia comtdïè de Barcelone donnèrent pour
les leurs aux Génois les évêques de Fréjus Scd’Antibe. Il cil marqué dans un
article de ce traité que les vaillèaux Génois jouiroient du même privilège que
ceux de Montpellier, Sc qu’ils payeroient un pareil droit dans les ports du
comte de Barcelone. Les feigneurs de Montpellier avoient fansdoute mérité ce
privilège par les fèrvices importans qu’ils avoient rendus aux comtes de
Barcelone, durant leurs guerres contre les Maures. Il paroît d’ailleurs que
lia v ni on d-
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DE LANGUEDOC. Liv. XVII. 401
Raymond-Berengcr III. fut toujours très-uni avec Guillaume VI. feigneur de
Montpellier.
11 reftoit encore entre ce dernier & Bernard IV. comte de Melgucil ou de
Subftantion , quelques différends qu’ils terminèrent au mois de Juillet de l’an
iiz8. Lecomte par le nouveau traite •* qu’il fit avec Guillaume s’engage i°.De
ne point faire fabriquer de la monnoye à Melgueil, fans le confentement de
ce feigneur & de fes valfaux , que conformément à t’alloy &au poids marquez
dans l’acte. i°. Il déclaré que s’il laillè des enfans après fa mort, le même
Guillaume , & lès fuccdfeurs , auront leqr baillée ou tutelle j fqavoir des mâles
jufqu’à ce qu’ils foient parvenus à l’ordre de chevalerie , &: qu’ils foient en
état de gouverner leur domaine par eux-mêmes 5 & des filles , jufqu’à ce
qu’elles ayent atteint l’âge nubile. 30. Enfin Bernard le dcfilte de toutes les
demandes qu’il failbit à Guillaume , à la réferve des articles qui avoient été
reglez par l’archevêque deTarragone &c l’évêque de Maguelonne, & lui laillè
entr’autres le château de Montferrier. Le feigneur de Montpellier fè défifta de
fon côté des demandes qu’il faifoit au comte, & lui prêta en confideration de cet
accord, la fomme de 1 3 000. fols Melgoriens que ce dernier promit de lui payer
des premiers deniers qui proviendroient de la moitié du droit qu’il avoir fur
la monnoye ; enforte que de douze deniers qu’il prenoit par livre, Guillau¬
me en auroit fix jufqu’à l’entier payement de cette fomme. L’aéte fut pafTé
en prefence de Decan de Pofquieres, Bernard d’Andufe, Bertrand de Lunel-
vieil , Arnaud d’Omelas , Aymeri écuyer de Decan, &c. Bertrand de Lunel
étoit fans doute parent de Raymond. Pons de Lunel dont il eft fait mention
dans una&e b de l’an 1127. palfe en prefence d’Aymar de Montlaur.
Guillaume de Montpellier fit-' peu de tems après, avec Guillaume d’Orne,
las fon frere, un voyage à la Terre-iainte, d’où il rapporta diverfes reliques. Ces
deux feigneurs étoient de retour de ce pellerinage en 1 1 29. Le dernier futpre-
fent alors au contrat d de mariage d’Arnaud d’Omelas fon vaffal , avec Sibylle
fille de feu Pierre d’Obilion } il marque en fouferivantà cet aàe, qu'il ctoit
revenu la même année de Jcrufalem. Sibylle e'poufa Arnaud d’Omelas du
confeil de Pierre d’Obilion fon oncle paternel , de fes autres parens , en¬
tr’autres de Pierre évêque deLodcve, & de Guillaume Raynon de Caylar,
& de la plus grande partie des chevaliers de Melgueil, parmi lefquels dix eau
donnèrent pour clic, &c dix autres pour fon mari.
Le feigneur de Montpellier époula lui-même au mois d’Août del’an 1 129.
une dame appellée Sibylle, que quelques auteurs dilent fans fondement fille
du roi de Jcrufalem : d’autres prétendent c qu’elle étoit native d’Aragon ou de
Catalogne, êccoufinede Pons de Mataplane. Il eft vrai ( que Guillaume VI.
feigneur de Montpellier appelle ce dernier fon coufin dans fon teftament : mais
cela ne prouve nullement que Sibylle fa femme fut de cette famille , 6c cela
devroit plutôt s’entendre d’Ermeilinde fa mere. Quoi qu’il en foit, Guillau¬
me par fon contrat de mariage avec Sibylle lui g alligna pour fon douaire le
château de Montferrier, avec quelques autres villages, entr’autres celui de
Subftantion , &£ yoo. fols Melgoriens de rente, pour en jouir après fa mort,
outre la fomme de 1000c. fols dont il lui permit de difpofer. Il promit de
lui donner mille fols Melgoriens tous le ans pendant qu’il vivroit, & de ne
la répudier que par un jujie jugement. Quarante chevaliers jurèrent l’obferva-
tion de tous ces articles. Arnaud archevêque de Narbonne , Bernard arche¬
vêque d’Arles , les évêques Raymond de Maguelonne, Bernard (ou plutôt
Bermond ). de Béziers , £t Pierre de Lodeve entre les ecclefiaftiques } Ber¬
nard d’Andufe, Guillaume d’Omelas frere du feigneur de Montpellier, De-
can de Pofquieres, 8c plufieurs autres feigneurs fcculiers furent prefens au con¬
trat de mariage.
Raymond avoir fuccedé depuis peu à Gautier évêque de Maguelonne,
qui fiegeoit b encore au mois de Mai de la même année. On fait un grand
éloge de ce dernier , que quelques-uns ‘ ont confondu avec Gautier de Ca¬
rillon poëte célébré du XIII. fiecle. On loue fur tout fa pieté , là fageflè ,
fa fcience , fon éloquence , &: le foin qu’il eut de réparer fon églife & d’en
entretenir les bâtimens. Il cil marqué dans fon épitaphe qu’il fut inhumé
Tome IJ. Eee
An.i
ht.
Différends St
paix cotre Ber¬
nard IV. conue
dcMelguciLSc
Guillaume VL
feigneur de
Montpellier.
aPr.f.44J*6*
H-
b Trejcr dit
ch Art. Toulouft
Jac i.n.u
IV.
Voyage de
Guillaume Ici-
gncurdcMooe-
jurllier & de
fon fierc à la
Terre laintc.
Mariage du
premier.
I H9.
c (Jaritl Jer,
prdf. Magal.f.
lil.l.ed.
d Sptcil. to. 9.
P- U»- &im*
C V.(Uriel id.
de Mont p p 147.
f Spteil. to. 9. p*
g Vr.p,^%.&
J‘î-
Y.
Evoques de
Maguelonne.
h c % xr tel jer,
prtj.Mag.p.nx.
&j*W-
i V i a J
Ann.uoi.n.i j.
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An. 1119
a GAr.ibid.
G ail. chr>to. $
H 67
b Gtr.ibid.p
16 7-&fiw
GalLchr.ibid .
VI.
XIII. Concile
de Narbonne.
c ?r.p. 447. (y*
Jeï
À P r.MtS.
VII.
Le vicomrc
I3cruar«i- Aron
partage les do -
maincs à (es
fils par fonder,
nier tcltamcQC.
Sa mort,
c 44-é'
H-
f/-.4io. 6*Aî-
J'i'
. 401 HISTOIRE, GENERALE
• dans le même endroic que Godefroy fou prédecefleur ÔC fon maître. Oit
conclut 1 de là qu’il mourut à la Terre-fainte , & qu’il fut inhumé au château
du Mont-Pelerin : mais nous avons fait voir ailleurs qu’il eft faux que Gode¬
froy foit mort au-delà de lamer:ainfi Gautier fon fuccefleur aura etc inhu¬
mé avec lui à Maguelonne.
• On prétend b que Raymond fuccefleur de Gautier étoit de la maifon de$
feigneurs de Montpellier ôc doyen de Pofquieres. On ajoute que Bernard comte
de Melgueil, foûtenu de Guillaume feigneur de Montpellier, s’oppofa à l’é-
leâion de ce prélat, fous prétexte du droit qu’il tenoit de fes ancêtres de
nommer les évêques , ôc qu’ayant mis des troupes fur pied , il ravagea les
biens de l’évêché. On rapporte en preuve de tous ces faits une charte par
laquelle i°. Bernard comte de Melgueil , pour réparer le dommage qu'il avoit
tarifé injustement à îéglife de Maguelonne dans le tems de l'élection de Raymond ,
s’oblige tant pour lui-même , qu’au nom de ceux qui apres lui auroient-le
château de Melgueil, de donner tous les ans un repas à tous leshabitans de
Maguelonne. a0. Il reftitue aux chanoines de Maguelonne , en conféquence
d’un jugement porté par Pons de Montlaur ôc quelques autres arbitres, les
droits qu’il avoit ufurpez fur l’étang entre les rivières de Lez ôc de l’Amauf-
fon. 3®. II promet de protéger l’églife de Maguelonne , ce que la comteflè
Guillemctte fa femme approuva ôc confirma. Mais on ne peut inferer de cet
acte, finon que Bernard comte de Melgueil caufa quelque dommage à l’églife
de Maguelonne dans le tems que Raymond en fut élu evêque, fans qu’on en
fçache le véritable motif 5 ôc ce n’eft que par conjecture qu’on pourroie dire
que ce fut pour faire valoir le droic que fes prédecefleurs prétendoient
à la nomination à l’évêché. Quant à la circonftance qu’on ajoute , que
Guillaume de Montpellier l’aida à commettre tous ces défordres , il n’en eft
rien dit dans l’acte. Nous voyons au contraire par le contrat de mariage de
ce feigneur avec Sibylle qu’il vivoit en bonne intelligence avec Raymond
nouvel évêque de Maguelonne des le commencement de l’épifcopat de ce
prélat.
Arnaud archevêque de Narbonne , qui fut prefent à ce contrat de ma-
riage, avoit tenu dans fa ville métropolitaine au mois de Mars précédentcun
concile de fa province , auquel les evèques Bermond de Beziers , Aldebert
d’Agde , & Arnaud de Carcailonne avoient alîifté. Il confirma dans ce concile
la donation faite parDalmace fon prédecefleur aux chanoines réguliers de la
cathédrale, de l’églife de S. Jean d’Oveillan. Ce prélat, qui fc qualifie légat da
f.ùnt jiege dans l’aéte de cette confirmation d , étoit en grande vénération dans
tout le pais , fuivant la lettre que les religieux de S. Chignan lui écrivirent
vers ce tems-là , après la mort d’Ermengaud leur abbé, pour lui demander
la confirmation de celui qu’ils avoient clu en la place.
Arnaud évêque de Carcatlonne fe trouva prelent à un échange que le
vicomte Bernard- Aton, Cecile fa femme êc leurs fils firent vers le même rems
avec Bernard abbé ôc les religieux de Cadres. Par cet acte e les derniers
donnèrent au vicomte le village d’Afloal dans leTouloufain , à la réferve de
l’églife ôc des droits ecclefialfciques , 6c reçurent en échange l'alleu de Sais en
Albigeois , où on a bâti depuis une très-belle chartrcufe. C’efl un des derniers
actes de Bernard-Aton , qui étoit alors dans un âge avancé. Ce vicomte s’étant
rendu quelque tems après à Nifmes , y fut atteint en 1119. d’une maladie mor¬
telle, ce qui l’engagea à mettre ordre à fes affaires. Il fit un teftament f, ÔC
changea une partie des difpofitions d’un autre qu’il avoit fait g en mS.Par celui
de l’an 1119. il donne à Roger fon fils aîné les vicomtez de Carcaiïonne, deRa-
fezêcd’Albi, avec tout ce qui dépendoit du domaine de Carcaflonne dans le
Narbonnois , excepté le château de CefTenon. Il lui donne aulîî toutes les
terres qu’il poffedoit en qualité de feigneur d’Ambialet ou de vicomte d’Albi,
dans le Rouerge 6c le Narbonnois. Il légué à RaymondTrencavel fon fécond
fils les vicomtez de Beziers 6c d’Agde , le château de Ceflènon avec fes dé¬
pendances , 6c tous les fiefs que le feigneur d’Andufe tenoit du domaine de
Beziers. Il difpofe en faveur de Bernard-Aton fon troifiéme fils, de la vicomté
de Nifmes, & du fief du comte de Melgueil dans le pais de Subftantion. Il
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DE LANGUEDOC. Liv. XVIÎ.
charge Roger de marier fa fœur Pagane , de l’avis de fa mere, & de fes tarons, An.i i 2?.
de la doter fur les domaines dont il difpoloic en fà faveur , en confédération de
ce qu’il augmencoit fon partage, 6c de payer ce qu’il devoir à Mathelinef'on
• autre fœur } il fubftitue enfin les fils l’un à l’autre. L’acte fut paflc en prefenec
de la vicomteflë Cecile fà femme , de Raymond-Decan de Pofquieres , 6cc.
On vient de voir que Bernard-Aton laiflà trois fils aufquels il partagea fes
domaines. Le troifieme n’eft pas nommé dans le teftament que ce vicomte
fît en ni S. fans doute parce qu’il le deftinoit alors à l’état ecclefiaftique ou
à la religion. Quant à fes filles, outre les deux qu’il nomme, 6c dont l’une
avoir époufé en 110 y. Guillaume-Arnaud de Beziers, 6c l’autre n’etoit pas
encore mariée, il en eut au moins encore deux autres, dont il ne dit rien
dans fon teftament , fçavoir Ermengarde furnommée Trencavelle, qui avoit
époufé en 1110. Gausfred comte de Rouflillon , 6c Ermeffinde mariée en 1121.
à Roftaing de Pofquieres. Un hiftoricn moderne a en parlant des enfans de 1 Bai*x..*uv.
Bernard-Aton, ne dit rien de Roger, ôc mec à fa place un prétendu Pierre.
11 met aufïï au nombre des filles de ce vicomte, Beatrix femme de Ray¬
mond VI. comte de Touloufe, mais celle-ci étoit petite-fille de Bernard-Aton
par Raymond Trencavel fon fils , 6c non pas fa fille.
Bernard-Aton mourut a N ifines peu de tems après avoir fait ce teftament,
&à ce qu’il parole au commencement de l’an 1130. On voit par cet acte l> v.vr.p.xu
qu outre les vicomtez d’Albi 6c de Nifnies dont il fut le quatrième vicomte
de fon nom ,6c qu il tenoic de fes ancêtres paternels , il poflëdoit encore 1 }
alors celles de Carcaflonne, de Rafez , de Beziers 6c d’Agde dont il avoir
hérité d Ermengarde de Carcaflonne fa mere , 6c diverfes terres en differens
pais. Il avoit augmenté confîderablement ces domaines par fon économie 6c
Ia fagefle de fon gouvernement , & avoit fait de nouvelles acquifitions les der¬
nières années de fa vie. Il acquit entr’aiitres c en 1125. deux parties du fief de cf,f
CauvifTon dans le diocèfe de Nifines. II renonçai peu près vers a le même </«
tems , conjointement avec Cécile fà femme, 6c fes trois fils, en faveur des [ * v,llt
habitans de cette ville , aux qucjlcs & toltcs qu’il levoic fur eux , pour la fomme d‘ S‘j”“s'
de mille fols Melgoriens Enfin Roland de Bilan lui remit au mois d'Avril de 6 frM+4,
lan 1127. tous les fiefs qu’il tenoit de lui , 6c en particulier la tour de Beziers
avec fes dépendances. * •
On a remarqué ailleurs que les vicomtes de Minerve fè rcconnoifîoient vaf- vicomtes de
faux du vicomte Bernard-Aton. Guillaume de Minerve donna f eneffetley. Ml"crvc-
de Mars de l’an 1126. à ce vicomte 6c à lès enfans, les châteaux de Lauran
& d Olargues dans le Narbonnois, 6c les reprit enfuitede lui en fief, pour
tenir le premier après la mort du même Bernard-Aton, de celui de fes fils qui
auroit la ville de Carcaflonne, 6c l’autre de celui à qui il lailïëroit le châ¬
teau dAmbialet. Le lendemain Guillaume donna , en cas qu’il vînt à décéder
fans enfans , au même vicomte, à fa femme, 6c à fès trois fils , les biens
qu il pofledoit à Minerve & à AfïIIan, excepté cependant les châteaux que
fes chevaliers tenoient de lui en fief , 6c qu’ils tiendroient dans la fuite de
Bernard-Aton.
Ce Guillaume de Minerve fe dit ? fils d’Agnès: mais nous ignorons le nom de ZPr-Hofi
fon pere. Il nous paroît cependant qu’il étoit fils puîné de Bernard vicomte de
Minerve qui vivoit 11 en 1122. 6c en 112 5.6c qui fut probablement pere du vicomte
Berenger.Ce dernier fit fon teftament ‘ en 1 13 y. 6c choifit par cet acte fa fépul-
^ans l’églife de S. Etienne de Minerve, où il fit une fondation confide-
rablé. Il fit auili des legs aux églifes des châteaux de S. Martin de Beaufort 6c
de Peyriac dont il étoit feigneur. Pierre autre vicomte k de Minerve , qui vi-
voiten 1146. ôc qui étoit fans doute fon fils , partagea cette vicomté avec Guil¬
laume dont on a déjà parlé. Celui-ci renonça 1 en 114 j. avec fa femme Garfinde
Scieurs fils, Pons, Bernard, Guillaume, Pierre 6c Berengcr, à la dépouille
des chapelains de l’églife de S. Etienne de Minerve qui viendroient d décéder.
En conféquence du teftament de Bernard-Aton , Roger fon fils aîné fut
vicomte de Carcaflonne , de Rafez , 6c d’Ambialet ou d’Albi : mais il prie Uoioo <ks
p us communément le {impie titre de Roger de Beziers. Raymond fon fécond ^ois viW.trs
fils prit le fumom de Trencavel , 6c fut vicomte de Beziers 6c d’Agde. Enfin Ber- BeinarJ*
Tom il. Eec ij
h Catclmcvu
1 Ïr-P 479.&
H
kM'8-
U Jo?.
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An.ii3o.
a Pr.f.it.
€ Ibid*
X.
I/aînc (cligne
avccRogci 111.
comte île Foix.
Alfonl’e comte
de Toulouic
leur accor ic fa
protection.
dPr.p.451-6'
M'
tlbid.
XL
Cecile mere
des trois vi¬
comtes prend
radminitha-
tion de leurs
domaiucs.
gP/'.p.4j4-
XII.
Nouvel accord
entre Bernard
comte de Mel¬
gueil & Guil¬
laume de
Montpellier.
h
Ht
404 HISTOIRE GENERALE
nard-Aton le troifiéme fut le cinquième vicomte de Nifmes de Ton nom.
On pourroit croire qu’il rencontra d’abord quelque difficulté de la part des
habitans de Nifmes, lorfqu’il prit polTeffion de la vicomté de cette ville. Il eft
marqué en effet dans une ancienne chronique1 que le château de Nifmes fut
afliegé en 113c. mais nous ignorons les circonftances & le véritable motif de
ce fiege. Ce qu’il y a de vrai , c’eft que ces trois freres vécurent toujours très-
unis. Les deux premiers peu de tems après la mort de leur pere, paflèrentun
accord b par lequel ils confirmèrent fon teftament , fe fubftituerenc leur do¬
maine , & promirent de s’entr’aider envers tous & contre tous , excepté
contre Cecile leur mere. Chacun fit jurer en même tems par dix de fes
principaux vaflàux l’obfcrvation de ce traité , qui eft fouferit par la vicom-
teffe leur mere , Berenger de Ventajon abbé de S. Aphrodife de Bcziers , Ber¬
nard de Canet fon frere , &c.
Ces deux vicomtes fe promirent c encore par un nouveaufcrmentle23.de
Février de l’an 1130. de défendre le domaine l’un de l’autre pendant cinq
ans, à compter depuis la fête de Pâques prochaine, contre leurs ennemis
communs , & de ne pas faire la paix avec eux lans le confentement de l’un & de
l’autre, & celui de leur mere. Dix-fept chevaliers ou gentilshommes ,entr’au-
tres Roftaing de Pofquieres leur beau-frere , & Guillaume de Minerve, firent
ferment en même tems par leur ordre, d’abandonner celui des deux qui en-
fraindroit l’accord , & de tourner leurs armes contre lui. Guillaume de Mont-
pellier, Bernard d’Andufe , le comte cLcFoix , Gausfred comte de Rouffillon
beau-frere des deux vicomtes , Ôc plufieurs autres feigneurs furent prelèns i
cet acte.
On voit par là que Roger II f. comte de Foix vécut en bonne intelligence
avec les fils de Bernard-Aton. Il fit ferment d vers le même tems aux deux aî-
nez de les protéger , & s’unit plus particulièrement avec le vicomte Roger ,
par un ferment mutuel de s’entr’aider envers tous & contre tous , excepté
contre le comte de Touloufe. Le comte de Foix promit de plus au vicomte
Roger de lui faire prêter le même ferment par fes enfans , lorfquils feroient
parvenus à un âge competant. Roger de Bcziers promit de fon côté au comte de
Foix que lorsqu'il auroit des enfans , &. qu’ils feroient en âge , ils lui feroient un
pareil ferment. • *
La protection qu’Alfonfe-Jourdain comte de Touloufe accorda aux trois fils
de Bernard-Aton, peu de tems après la mort de ce dernier, contribua auflî
fans doute à les maintenir dans la paifible poffelîion de leurs domaines. Il leur
promit par ferment f de les laiffer jouir en paix de leurs villes , bourgs &
châteaux , 8c de ne leur caufer aucun dommage , à moins qu’ils ne fe fifTent
la guerre l’un contre l’autre. Aifonfe fit cette promefîe en prefence de Ray¬
mond de Baux , Roftaing de Pofquieres , Guillaume-Hugues de Monreil ,
Roftaing deSabran, Elzearde Caftries , Pierre-Bermond de^ Sauve, Aymeri
de Narbonne, &c.
II paroît que Cecile de Provence mere des trois vicomtes établit fa réfi-
dence après la mort de fon mari , au château de Ceffcnon dont elle dévoie
avoir la jouillance, & qu’elle prit l’adminiftration de tous leurs domaines,
conformément au teftament de Bernard-Aton leurpere de l’an ni 8. Nous
voyons en effet qu’elle reçut non-feulement le ferment de fidelité ë pour ce
château , mais encore conjointement avec Roger & Raymond fes fils pour ceux
de Rafcz, Scc. Hugues de Saiflac promit autîi à la meme vicomteffe & à fon
fils Roger de ne pas leur faire la guerre moyennant la fomme de mille fols
Mclgoriens neufs , & cent fols Hugonens qu’ils lui donnèrent.
Cette monnoye neuve de Melgueil fut fabriquée en 1130. en conféquencè
d’un nouvel accord 11 que Bernard comte de Melgueil , & Guillaume de Mont¬
pellier fon beaufrere, paiïerent enfembleau mois d’Avril de la même annce.Par
cet acte i°. Bernard donne en fief à Guillaume & à fês fuccefTeurs , feigneurs
ou dames de Montpellier , 3. deniers pour livre fur la monnoye de Melgueil , tant
à caufe qu’il l’avoit affoiblie, qu’en reconnoiflance de ia fomme de dix-huit
mille fols Melgoriens que ce fêigneur luiavoic donnez. iQ. Il réglé l’alloy &Ie
poids de la monnoye qu’il fera fabriquer à l’avenir. 30. Il déclare qu’en cas
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DE LANGUEDOC. Liv. XVII. 4o;
que les enfans qu’il pourroic laiflèr en mourant ne fulTent pas/dans un âge An.ii3<3’
à pouvoir fe gouverner par eux-mêmes , ils feroicnt fous la tutelle de Guil¬
laume 6c de les fuccelleurs , qui feraient chargez de l’adminiftration de la
monnoye&du château de Melgueil , du comte de Subftantion , 6c enfin de
tout fon domaine, jufqu’à ce que les mâles fullènt faits chevaliers, 6c que
les filles fulTent mariées de l’avis du même Guillaume 6c de les fuccelleurs.
4°. Il promet en cas que quelqu’un des cinquante otages ou cautions qu’il
donne à ce leigneur pour la fureté de cet accord vînt à mourir , d’en lùb-
flitucr un autre à fa place ; à condition que les fuccelleurs de Guillaume lui
prêteront le même ferment que ce dernier lui avoir prêté. Il ordonne en même
tems aux comtes & aux comteffes de Melgueil qui lui fuccederont , de faire de
leur côté aux feigneurs de Montpellier le même ferment qu’il avoir fait i
Guillaume. Ces deux fermens font- à la fuite de l’accord. Guillaume promet
par le fien à Bernard de ne pas contrefaire la monnove de Melgueil 5 &c ce
comte promet à Guillaume de le faire jouir des crois deniers pour livre qu’il
lui avoir donnez fur cette monnoye. La comtelle Guillelmete femme de Ber¬
nard 6c foeur de Guillaume ratifia tous ces actes , qui furent paflèz en pre-
fence de divers feigneurs , & d’Arnaud archevêque de Narbonne , qui les con¬
firma par ordre d'innocent II.
Ce pape fe trouvoic alors en France, où il avoir etc obligé de fe réfugier. xKL
Il avoic été élû le 1 5. de Février de l’an 1130. par la plus faine partie des Airivtcdu
cardinaux, après la mort d’Honoré II. fon prédeccflcur. D’un autre côté ‘^pro¬
ie cardinal Pierre de Leon qui prit le nom d’Anaclec II. ayant été du par le vince.Fîufùm*
refte du facré college, il fe forma deux partis dans Rome en faveur des deux
contendans à la papauté. Celui d’Anaclet prévalut, 6c Innocent fuc oblige de Rdédj-.e.^ ca
fortirde cette ville.Celui-ci s’embarqua ■ fur deux galeres qu’il trouva fur leTi- ‘trl ^c"f con*
bre j & après s’être arrêté quelques jours à fon paflage à Piîl* 6c à Genes, il abor- 2 A Minnoc.il
da enfin à S. Gilles furie Rhône. Il fe rendit de là à Arles 6c à Avignon , & *?»**”•».•*
envoya auffi-tôt divers légats au roi Louis le Gros, & aux grands valfaux du
royaume , pour les porter à le rcconnoître comme canoniquement élu. l- 1 r*
Si nous en croyons un moderne1, Innocent aborda d’abord à Maguelonne, b c ««>//«■.
d’où il fe rendit à S. Gilles : mais cet auteur ne donne aucune preuve de ce Uai-
fait. Il ajoute que Guillaume fèigneur de Montpellier n’eut pas plutôt appris '7°"
l’arrivée du pape , qu’il alla au devant de lui pour lui offrir les fervices , ce
qui eft allez vraifemblable. Nous avons en effet - un bref d’innocent II. adref- c
fe à Guillaume ôc daté d’Avignon le 24. de Mars , la première année de fon pon¬
tificat , par lequel après avoir loué ce feigneur de fon dévouement envers le
faint fiege , 6c envers lui-même , il le met avec la ville de Montpellier , 6c
tout fon domaine, fous fa prote&ion, 6c le qualifie chevalier fpecial de faint
Pierre*. On voit encore l’union qui étoit entre Innocent II. 6c Guillaume, * Ac fpeci.iicm
par quelques autres lettres de ce pape, entr 'autres par celle d qu’il lui adreffa & Pcunnih.
de S. Germain le
rem.
d
c P Agi sd
Atw.i ijo^.34.
te ir. de Septembre fuivant, pour le prier comme fon propre fils
fpirituel & de faint Pierre , d’agir pour les intérêts de l’églifê Romaine , avec
promeffe de conferver une éternelle reconnoiffance de fes fervices. Ces let¬
tres prouvent , i°. Que Guillaume de Montpellier fut un des premiers fei¬
gneurs du royaume qui reconnut Innocent II. 6c qu’il s’employa pour le faire
reconnoître dans le pais. i°. Que ce pape arriva en France bien plutôt qu’on
ne l’avoit crde jufqu’ici: on vient de voir en effet qu’il étoit à Avignon
dès le 14. de Mars de l’an 1130. trente-neuf jours après fon élection. & )6m
Les légats qu’innocent avoir envoyez au roi Louis le Gros , & dans les
diverfes provinces de France , lui attirèrent beaucoup de partifans. Le roi
ayant convoqué à ce fujec un concile à Etampes vers le mois d’Avril f de la mê- (
me année, ce prince fe déclara en fa faveur avec toute l’aflèmblée. Anaclet de
fon côté fe donna de grands mouvemens pour prévenir les François , 6c en¬
voya d’abord un légat au roi, 6c un auïre en Aquitaine. Il feflatoit d’autant
plus de trouver de la protection en France, qu’outre qu’il y avoir été élevé,
& avoit pris l’habit monaftique à Cluni , il s’étoit fait beaucoup d’amis du¬
rant la légation qu’il avoit exercée en diverfes provinces du royaume, &en v,Ar”»iph-s*-
particulierg danslaNarbonnoife 6c l’Aquitaine} mais tous fes foins eurent fort 1‘
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_ 406 HISTOIRE GENERALE
AN.1130. peu de fuccès. On prétend qu’il avoir mené une vie très-déreglée dans
ces provinces, & Tes adverlaircs lui reprocheront entr’autres le fcandale qu’il
avoit caulé alors par fes débauches à Montpellier & aux environs. Innocent
avoit au contraire des mœurs très-pures, ce qui ne contribua pas peu à lui
gagner les cœurs. AulTi tout le royaume fe déclara-t.il bientôt pour lui , à la
rélerve d’une partie de l’Aquitaine que Gérard évêque d’Angoulême, hom¬
me ambitieux &c débauché , attira au parti d’Anaciet, qui le créa Ion légat
fur cinq provinces de France. Tous les efforts de Gérard en faveur de l’an¬
tipape auroienc abouti cependant à peu de chofe., fi Guillaume X. duc d’A-
■quitaine n’avoit eu le malheur de fe laiflèr féduire par cet évêque. On a
déjà vu qu’Arnaud archevêque de Narbonne reconnoiffoit déjà Innocent
au mois d’Avrilde l'an 1130. & ce fut fans doute par reconnoiilance, que ce
pape le confirma dans la fonction de légat du faînt fiege dès le commen¬
cement de fon pontificat , comme il paroît par divers monumens.
Xiv- ^ S. Hugues évêque de Grenoble fut au/fi un des plus zelez partifans d’In-
I>uy & JcCic" n°cent. Quoiqu’iiffirme 2 & extrêmement âgé , il fe fit porter au Puy , où il
moût. afiifta à un concile qu’on y tint dans le même rems qu’on tenoit celui d’E>
saûttt'Jfrü'. tamPes > & dans lequel les évêques des provinces méridionales du royaume
r. 144. reconnurent unanimement ce pape , êc excommunièrent Anaclet. Un hiflo-
b Damci hiji.de rjen b moderne ajoute qu’innocent II. affilia en perfonneau concile du Puv-
c Baron. ib/ii. mais ce pape etoïc encore alors a c Avignon. Il le rendit de cette ville à
v-p*i‘ *dann. yi viers ôc de là au Puy où il n’arriva qu’après la tenue du concile. Il partit
1130.».*;. enfu;ce pGur la Bourgogne , & demeura onze jours dans l’abbaye de Cluni
d PagiiUa. dont ilconfacra d l’églifeà la mi-Oclobre. Il revint en Aquitaine &préfidaau
”'i7’ concile de Clermont en Auvergne qui fut tenu au mois de Novembre de la
même année.
e Baluz. mife. Huit archevêques c de France , entr’autres Guillaume de Bourges , Etienne
*" '*'*'■ 7*‘ de Vienne , Arnaud de Narbonne 8c Guillaume d’Auch , affifferent au concile
de Clermont, avec leurs fuffraçans y ce qui nous donne lieu d’inferer que tous
les'évêques de là province s’y rendirent -.nous fqavons du moins qu’Humbert
évêque du Puy s’y trouva. Tous les prélats du concile promirent obéifTance
f cnteimem. à Innocent, êcdreflèrent 13. canons. Aycard { prévôt de S. Etienne de Tou-
]oufe qUi y afllfta , avoit réfolu d’y porter fes plaintes contre l’union qui
avoit été faite long-tems auparavant , de l’eglife ou monaftere de la Dau¬
rade à l’ordre de Cluni , au préjudice du droit que les chanoines de la cathé¬
drale prétendoient fur cette eglifè ; mais l’archevêque d’Auch le détourna de
ce deflèin , & il fe contenta de s’adreffer à Pierre le Vénérable abbé de Cluni
qui etoit prefent , & qui en qualité de fuperieur médiat du monaflere de la
Daurade , écrivit à Roger abbe de Moiffac pour le charger du foin d’accommo¬
der cette affaire.
xv. Humbert évêque du Puy avoit fuccedé i depuis peu à Pons Maurice ou de
de Montboiffier. Ce dernier eut beaucoup à fouffrir h de la part du peuple &
g y. note des principaux de fon diocèfe qui lui difputerent les droits de fon eglifè, &
xxvm.n.ii. excitèrent une cruelle guerre dans le pais. Pons ayant eu enfin le bonheur de
fïqPr 9' ^ Ie pacifier, entreprit le voyage dejerufalem où il employa deux ans& demi.
A fon retour il fut attaqué d’une longue maladie qui le mina infenfiblementj
enforte qu’après avoir demeuré deux mois au Puy, s’étant fait tranfportcr
à Montboiffier en Auvergne dans le patrimoine de fa famille, il y mourut
le 20. d’Avril de l’an 1128. Son corps fut inhumé dans l’abbaye de la Cluile-
Dieu.
Innocent II. étoit encore le 29. de Novembre de l’an 1130. à Clermonr,
i Pr.j>.v9. d’où il écrivit » alors aux évêques Raymond de Maguelonne , B. de Béziers,
P. deLodeve, Jean deNifmes, ôc Raymond èlù d’Agde, en faveur de Pierre
abbé d’Aniane & de fes religieux , au fujet d’un domeitique de cette abbaye
que quelques chevaliers des diocèfes de ces prélats avoient tué. Cebrefnous
kca/i.ehr.te.i. donne l’époque de l’élection de Raymond évêque d’Agde, qui fucceda à
rto.9ip.%7o.& Aldebert. Raymond étoit k de la mailon de Montrond ou Montredon dans
fit- le diocèfe de Nifmes. Scs parens l’avoient offert 1 dans fa jeuneffe à la cathe-
\p,'r- cluH' drale de cette ville où il embraiîà l’inllitut des chanoines réguliers. U fut
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DE LANGUEDOC Liv. XVII,
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enfuice archidiacre » d’Agde,6c parvint enfin à l’évêché de cette ville. 11 fut An. ii 30»
élu archevêque d’Arles à la fin de l’an 1141.6c mourut en u 5 j. a/>M ?f.
. Raymond-Berenger III. comte de Barcelone fut atteint au mois de juillet Xvl-
de l’an 1130. d’une maladie mortelle. Ce prince qui avoic étendu confiée- Bc
rablement fes domaines , en fit le partage entre les deux fils le 8. de ce mois «*»ce de Bar.
par un teftament, fui van t lequel b il nomme pour fes exécuteurs teftamen- “^domailTs'
taires Aymeri II. vicomte de Narbonne fon frere utérin , l’archevêque de qu-iiavoicdans
Tarragone , les évêques de Gironnc 6c d’Aufonne , ôchuitde les principaux 1t^p1I°sv^scec“'
valfaux. Il donne à Raymond-Berenger fon fils aîné , qui fut le lv. de fon h AUre.Hfa
nom , les comtez de Barcelone 6c de Tarragone, avec tout ce qu’il polIèdoitful7l-d’/,î'
dans les marches d'Efpagne ■> fçavoir les comtcz 6c evêchez d’Aufonne 6c de
Gironne $ la domination ou fuzeraineté qu’il avoir fur Pierrelatte 5 les comtez
de Belâlu, de Valcfpir , de Fenouilledes, de Pierrc-pcrtufe , de Cerdagne 6c
& de Confiant 5 le comté 6c l’évêché de Carcalîonne, 6c enfin le comté de
.RafezSc toutes leurs dépendances. Il laillc à Bérenger- Raymond fon fils puîné
le comté de Provence , avec tout ce qu’il poffedoit dans ce pais , foit archevê-
chcz , foit évêchez , abbayes , ôcc. tout le domaine qu’il avoit dans leRouer-
gue, le Gevaudan, 6c le pais de Carlad avec fes dépendances ,les villes , arche-
vêchez, évêchez , êcc. à condition qu’il mariera honorablement fes fœurs ,
de l’avis des archevêques, des évêques, 6c des grands * de Provence, llfub- *Magost,im»
ftituc fes deux fils l’un à l’autre , 6c déclare invalide l’alienation qu’ils pour-
roient faire de leurs domaines avant que d’avoir atteint l’âge de 15. ans. Il
veut enfin que fi fes deux filles de Cafiille & de Foix reviennent dans fes états
apres la mort de leurs maris , fon fils aîné les marie 6c les dote de fon propre
bien , avec le confeil de fes principaux valfaux ; 6c qu’en attendant , celle de
Caftille fa fie fon léjour à Lagoftere , 6: celle de Foix à Rives. Il fubftitue enfin
la première à l’aîné de fes deux fils , fuppofé que le puîné vînt à déceder*
6c toutes les autres filles conjointement, à ce dernier.
Six jours après Raymond-Berenger III. par un acte c dans lequel il fe qua- cD ing.mt.ü
lifte comte & marquis de Barcelone & de Provence , s’offrit pour chevalier aux Ë*Zaaîn.coiL
frere s de fainte Marie du temple de Salomon , entre les mains d’Hugues Rigaldi •mphfto.
l’un d’entr’eux. Il promit de leur rendre obcïffance, de vivre fans propre
fous leur Ordre -, enlorte qu’il embrafia desdors Tinflitut des Templiers. Il leur
donna , du confcncemcnt de fon fils Raymond , un château fur la frontière des
Sarafins , prononça fes vœux , 6c pria les confrères de lui accorder après là
mort le même lècours qu’ils donnoicnt à leurs autres freres. Cet acte eft fouf*
crit comme le teftament précédent, par Aymeri II. vicomte de Narbonne. Le
comte de Barcelone ne Survécut pas long-tems à fa profelfion , 6c mourut à
la fin du même mois de Juillet âgé de 48. ans, après s’être -1 rendu célébré d Marc.tï'fr.
par la fageife de fon gouvernement , fa pieté, fa generofité 6c les exploits^491'^4*’
contre les Maures d’Efpagne. 11 fut inhumé, comme il l’avoit ordonné par
fon teftament, dans e l’abbaye de Riupoll. Le vicomte de Narbonne fon frere
demeura quelque teins fà Barcelone après fa mort , pour faire exécuter fa der- 1 D‘** ,b,d'
niere volonté.
Raymond-Bercnger lll.difpofa donc en faveur de fon fils aîné , d’une partie
des domaines qu’il poffedoit dans la province , 6c en deçà des P yrenées 5 fçavoir
des comtez de Carcaflbnne, de Râlez 6c de Fenouilledes , 6c du pais de Pierre-
pertufe.On doit y ajouter le Capcir 6c le Donazan qui dépendoient des comtez
de Befalu 6c de Cerdagne dont il dilpofa aufîi en fa faveur. On voit en effet par
le teftament de ce prince, qu’il dominoit fur Formiguera chef-lieu du Capcir t
mais il n’eft pas également certain qu’il eut alors quelque autorité dans les
-comtez de Carcalîonne 6c de Ralèz. Il paroît au contraire que le vicomte
Bernard-Aton , 6c fon fils Roger après lui, jouirent pendant très-long-tcms
de ces deux pais fans aucune dépendance des comtes de Barcelone, llcftdu
moins certain qu’ils en polTederent tout le domaine utile.
Quant à Berenger-Raymond fils puîné de Raymond-Berenger I II. fon
partage comprenoit outre le comté d’Arles ou de Provence , la vicomté
de Milhaud en Rouergue , celle de Grezcs ou de Gevaudan , 6c une partie de
celle de Carlad en Auvergne * c’eft-à.dire cous les pais que Douce de Milhaud
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An. ii 30.
t Pr.p.+u.fjp
M-
XVII.
Roger III.
•Comte de Foix
^pouûXimcQC
fille de Ray-
moud Bcicu-
gct II K. comte
de Barcelone.
Vicomtes de
Saulr.
b V.Psgisd
Ann.1119.rj.19.
c V.Mârc. Htfp.
d Angi h ijl.
je». tê.}-p-
343-
c Pr.f. 461.
( Pr.p.f 09.
XVIII.
'Lecomte Al-
fonfe-JourJaio
lient un plaid
à Touloufc.
g r. SOIE
L ■ ». 1 o.
h SOTEibid.
\ Prp. UÎ-&
f‘1-
408 HISTOIRE GENERALE
fécondé femme de ce dernier } lui avoir apportez en mariage. Nous compre¬
nons que cette princeffe étoit alors decedée , parle lîlence que le comte de Bar¬
celone fon mari garde fur elle dans fon teftament. Ils avoient donné 3 en fief au
mois d’Avril de l’an 1126. conjointement avec leurs fils Raymond 8c Be-
xenger , le château de Randon en Gevaudan , ôc le fief de Guillaume de
Peyre, à Garin 8c Odilon leurs vaffaux. Ces deux feigneurs, qui à ce qu’il
parole étoient freres , ont donné l’origine à la maifon de Châteauneuf de
Randon, l’une des.plus illuftres de la province , laquelle fe partagea dans la
fuite dans les différentes branches d’Apchier , de Tournel , de Joyeufe ,&c.
Raymond-Berenger III. comte de Barcelone ne marque pas dans fon
teftament, le nom d’aucune de fes filles. Il fe contente de parler d’elles en ge¬
neral 8c d’infinuer qu’il y en avoit alors deux de mariées , l’une au roi de Ca-
ftiüe , 6c l’autre au comte de Foix. Nous fçavons d’ailleurs le nom de ces
deux dernieres. La première s’appelloit Berengere , 8c avoit époufé en 1 1 24.
Alfonfe Vll.roi de b Caftille 8c de Leon.Divcrs auteurs ont avancé que l’autre le
nommoit Cecile, 6c qu’elle fut mariée à Roger-Bernard comte de Foix, mais ils
fe trompent également fur le nom de l’un 8c l'autre. Il eft certain en effet que
la feule comtelfe de Foix qui vivoit dans le tems du teftament de Raymond-
Berenger III. comte de Barcelone , s’appelloit c Ximene ou Chimen» , 8c qu’elle
étoit femme de Roger III. comte deFoix. Lecomte de Barcelone l’avoit eue
de Marie Rodriguez fa première femme, 8c non pas de Douce de Milhaud
ou de Provence, comme un gencalogifte d moderne le prétend: en voici la
preuve.
Roger III. comte de Foix dota Braidimede fa fille, femme de Guillaume
dlAlone par un aétecdumois de Mars de l'an 1 1 j 1 . -c’cft-à-dire au plus tard
du commencement de l’an 1132. fuivant notre maniéré de compter, 8c non
pas de l’an 1162. comme le même auteur l’a avancé. Braidimene de Foix ne
peut avoir été petite-fille de Douce comtefle de Barcelone , puilque celle-ci ne
fe maria qu’en 1112. Il faut donc que la comtelfe Ximene mere de Braidi¬
mene fut fille de Marie Rodriguez première femme de Raymond-Berenger III.
comte de Barcelone , 6c que le comte de Foix l’eût époufée vers l’an 11 iS.
Quelques auteurs Efpagnols ont prétendu faulfement qu’Ermengarde femme
d’Aymeri II. vicomte de Narbonne étoit fille du même comte de Barcelone.
Du refte Guillaume d' Alone mari de Braidimene de Foix, n’cft pas different
de Guillaume d' A lanïan vicomte de Sault , petit pais qui faifoitanciennement
partie du Rafez, 6c qui dépend aujourd’hui dudiocèfe d’Alet. Ce Guillaume
eut un neveu nommé Udalgcr fils de fa fœur Gile, lequel lui céda ( en 1145.
moyennant un cheval du prix de deux cent fols de Carcaffonne , toutes les
prétentions fur l’heredité de fa mere , tant dans le Territoire de Niort, que
dans le refte du pais de Sault.
Divers modernes ont avancé g que Guillaume X. duc d’Aquitaine fît la
guerre en 1130. à Alfonle-Jourdain comte deTouloufe au fujet du comté de cette
ville , qu’il prétendoit lui appartenir en qualité d’heritier de Philippe deTou¬
loufe fa mere. Ils rapportent à ce fujet que le premier ayant attaqué les
domaines de l’autre , celui-ci appella à fon fecours le roi de Caftille (d’autres
difent le roi d’Aragon) qui dans le deffein de faire diverfion en fa faveur,
alTiegca Bayonne fur Guillaume , 8c obligea par là ce prince à abandonner
fon entreprife pour marcher à la défenfe de lés propres états ; mais qu’enfin
le roi Alfonfe moyenna la paix entre les deux princes. D’autres ajoutent
que le comte de Touloufc alla fervir fous ce roi au fiege de Bayonne à la
tête de fes troupes, 6c qu’il y tua le comte Pierre de Lara feigneur Efpa-
gnol qui s’y rencontra , 8c qui l’avoir appellé en duel. Mais tous ces faits
font également fabuleux b , à la réferve du fiege de Bayonne que 1e roi d’Ara¬
gon entreprit en 1130. ou 1x31. fans que nous fçaehions ni le motif ni 1e
fuccez de cette entreprife. Ce qu’il y a de certain , c’eft que le comte Alfonfe-
Jourdain tint à Touloufe * au mois de Mai de l’an 1 1 30. un plaid dans lequel
il jugea un proccz qui étoit entre Roger abbé régulier de Moifiac 6c les
bourgeois de cette ville d’un côté , 6c Bertrand de Monte-incenCo abbé fécu-
lier du même monaftere de l’autre. Cervian vicomte (vraifemblalement de
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DH LANGUEDOC.Li v. XVII. 409
Cauflûde en Querci ) Rollaing de Pofquicres , Bertrand de Villemur, Arnaud
deDurforc, Sc plu fieurs autres chevaliers furent prefens à ce jugement.
Alfonfe comte de Touloufe tint un autre plaid » à Montpellier en 1151.au
fujet d’un différend qui s’étoit élevé entre Bermond évêque de Beziers, &: les
vicomtes Roger ôc Raymond Trencavel. Bermond fe plaignoit 1 de ce que les
bourgeois qui demeuraient dans fes fauxbourgs , avoient prêté ferment de
fidelité aux deux vicomtes &à leur mere , & de ce qu’ils retufoienc de le fui-
vr z dans fes expéditions. i°. De ce que les deux vicomtes exerçoient la juftice
dans les Fauxbourgs, Ôc y éxigeoient divers droits qu’il prétendoit ne pas leur
appartenir. Le comte de Touloufe après avoir oui les parties, condamna avec
fort confeil les deux freres à laiffer jouir paifiblement l’évêque de Beziers du
domaine épifcopal, comme en avoit joui Arnaud archevêque de Narbonne
fon prédecefféur } à abfoudre de leur ferment, ôc à faire abfoudre far les
(onfuls de Bergers , tous ceux qui demeuraient dans les fauxbourgs de l’égli-
le 5 & enfin à laiffer l’évêque paifible poflèffeur de tous les droits qu’il avoic
dans le fauxbourg de S. Jacques & dans le fauxbourg épifcopal } entr’autres de
la juftice, de la défenfe de vendre d’autre vin que le fien pendant tout le
mois d’Aout, du droit d’avoir les lits des morts, &c. avec ordre à tous les
bourgeois de la ville, tant ceux de l’évêque, que ceux du vicomte , de fuivre
le premier à l’armée quand ils en feraient requis. Roger & Raymond Tren¬
cavel fon frere acquielcercnt à ce jugement en prefence d’Arnaud archevêque
de Narbonne légat de l'èglife apojtolique , de Rollaing de Pofquicres , & de
plufieurs autres leigneurs. Les deux vicomtes promirent en même tems de ne
plus exercer la juftice civile &c criminelle dans le domaine de l’èglife de Bé¬
ziers. Le comte de touloufe fe rélèrva la décifion d’un autre article qui re-
gardoit l’albergue que l’évêque faifoit aux deux vicomtes , que ceux-ci pré-
tendoient devoir être de cent chevaliers, êcque ce prélat diloit n’être que de
cinquante. Cet acte, qui prouve la fuzeraineté des comtes de Touloufe fur
tout le diocèfe de Beziers, eft le plus ancien monument que nous ayons
t*ouvé où il loit fait mention des confuls des villes de la province , c’eft-à-dire
de leurs magiftrats municipaux , dont nous développerons ailleurs l’origine.
Peu de tems après, Cecile vicomtcjfe de Beziers b, & fes trois fils Roger,
Raymond Trencavel &c Bernard- Aton , engagèrent cette albergue à l’évêque
de Beziers ôc à fon clergé pour la fomme de cinq mille fols Melgoriens, avec
l’albergue qu’ils avoient fur Pib baye de fainte Aphrodife , & fur la dame de
Lignan, la juftice criminelle qu’ils prétendoient lur les ecclefiaftiques & leurs
familles dans tout le diocèlè de Beziers , & celle qu’ils exerçoientlur les villa¬
ges de Lignan &c d’Afpiran. Ils donnèrent dix de leurs principaux vaflaux pour
garants de cet engagement , qui eft daté du 1 8. de Mai de l’an 1131. Il eft
marqué à la fin de l’acte , que fi la monnoye de Melgueil venoit à être alté¬
rée, on payerait 6 j. lois Melgoriens pour chaque livre d’argent fin du poids
de Beziers.
Si nous en croyons un de nos hiftoriens, c Alfonfe-Jourdain comte de Tou¬
loufe fe fera trouvé à Reims le z 5. du mois d’Oélobre fuivant , à la ceremonie
du couronnement du jeune Louis, que le roi Louis le Gros fon pere aflocia
alors au trône , puifque cet auteur allure que c’eft le premier facre de nos
rois où on vit affilier les douze pairs de France. Mais ce fait , qui a été adopté
en dernier lieu par un écrivain d qui femblc le picquer d’exa&itude , n’eft ap¬
puyé fur aucune autorité.
Le pape Innocent II. qui fit la ceremonie de ce couronnement , s’approcha
^u Rhône quelque tems après, èc il fe trouvoit le zz. de Février de l’an
it j 2. à Valence , où il publia c la fentence qu’il avoic rendue depuis peu à
Beaujeuen Forez au fujet du différend qui étoic entre les abbayes de Cluni
& de S. Gilles. Pierre le Venerable abbé de la première pretendoic que
Pierre qui l’étoit de l’autre, & fes religieux , dévoient lui être fournis. Ceux-
ci fe défendoient fur l’ancienne indépendance de leur monaftere. Le pape par
fa décifion déclara que les abbez de Cluni n’auroient d’autorité fur l’abbaye
ffe S. Gilles que pour en réformer les abus, lailïa aux religieux la liberté
d’élire leurs abbez , & accorda à ceux-ci le gouvernement du monaftere.
Tome II. Fff
AN.H31.
XIX.
Il juge à Mont¬
pellier un dif¬
férend qui é-
roir entre Te-
véque & le vi¬
comte de Be¬
ziers. Couiuls
de Beziers-
a
te'
b f.\6o
XX.
Retour du pa¬
pe Innocent II.
daus la provin¬
ce.
c Mettrai, vit
de Loua le Gros.
d GetVMije]vh
de Sugerl.i.p,
44«
e Concd. to. t o.
P-9<
;
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4ro
HISTOIRE GENERALE
f V.ftgitd
*nn 1 1 ji n. j.
& itf.
An.x 1 32. L’abbaye de S.Gilles fut condamnée cependant à dédommager j celle de Clunî
iibu. des frais du procez.
Innocent II. fit un aflez long féjour à Valence , & il étoit encore dans cette
6 g»», ville le 1 6 . b de Mars. Il réfolut enfin de repaffef les monts , après avoir tiré
c vordtlic y,, ?rân<^s fecours c des églifes de France, qui s’épuiferent pour fournir à fa
fubfiflance & à celle de fa cour } car il ne retiroit rien de l’Italie qui obeif-
dAHainn.u. foie à l’antipape A^clet. Il fe rendit à S. Gilles d, traverfà enfuite les Alpes,
& célébra à Afl dans la Lombardie la fête de Pâques , qui tomboit cette an-
e o*r.fet.pn[. née le 10. d’Avril. Il écrivit trois jours e après de cette ville à Guillaume
/c/gneur de Montpellier pour le remercier des fcrvices qu’il en avoit reçus ,
& l’exhorter à Jes lui continuer. Avant fon départ de France il avoit f nom¬
mé Gausfred évêque de Chartres, fon légat dans les provinces de Bourges,
Bourdeaux, Tours, & Dol , & confirmé Arnaud archevêque de Narbonne dans
fa légation en d’autres provinces de France.
AflXri>r Ce dernier prend en effet la qualité de légat du ficge apo folique dans 8 les
ou conclic de actes d’une grande ailèmblce qui fut tenue le 5. de Décembre de l’an 1 1 3 1. à
Creixau. Creixan dans fon diocèfè, à l’occafîon de la dédicacé de l’cglife de ce lieu. Les
évêques BermondhdeBczicrs, Raymond de Carcaffonneéc Jean de Nifmtsy
hn,h.Jt régi, alTiâerent avec lui , & un grand nombre d’ecclefiaftiques, de nobles & de non
nobles. L’a/Ièmbléc établie une fauve- garde * à Creixan , dont les évêques
preferivirent les limites par des croix qu’ils firent planter. Ces prélats prononcè¬
rent en même tems anathème contre ceux qui donneroient atteinte à cette fauve.
garde , & quicommettroient quelques defordres dans les bornes prefcrircs.
Les deux vicomtes Roger & Raymond Trincavel, qui fe trouvèrent fans
doute à cette ceremonie, paflèrent enfemble un nouvel %ccord ‘ le î.deDe-
dcux'vîconncs cembre de la même année en prefence d’un grand nombre de gentilshommes
Roger & Kay- Ja province. Ils *’uppeHerentpar cet adeàla fucceilion l’un de l’autre s’ils
Le premier venoienti mourir fins en fans , 8c fe donnèrent réciproquement des otages
s'accorde avec pour la fiîreté de leur parole. Roger qui étoit vicomte de Carcaffonne, de
Touioufctou- ëcd’Albi reçût k au mois d’Avril de la même année l’hommage pour le
4e Sarb.
XXI F.
Nouveau trai¬
te eurre les
feq.
Ip.+ùi.&feq.
par i'entremile d'Llzear cte Uaitnesec de Bernard de Can et fes
barons , avec Alfonfe-Jourdain comte de Touloufe touchant L’ évêché à' Jlbi g»
l'éleclion de l’évêque que le comte lui donna en 'fief , excepté la juftice qui ap¬
partenait à l’éveque. L’acte e/t fouferitentr’autres par Humbertévêque d’Albi;
ce qui prouve que ce prélat qui occupoit cet évêché des l’an m j. en étoit
mGxiukr. i.& encore pofTèfleuren 113 2. contre le fentiment de ceux m qui admettent un Guil¬
laume évêque d’AIbi en 1 127. Sc ui8.
Aïond^e r Guillaume de Montpellier fut prefènt à l’accord des deux vicomtes : il
nard (V. comte avoir acquis alors une fort grande autorité dans le diocèfe de Maguelonne,
de M lfuicit. par la mort de Bernard IV. comte de Subftantion ou de Melgueil Ion beau-
un/queJui fuc- trcrc- Ce dernier fe voyant attaqué vers le commencement de l’an n 1132.
cale. d’une maladie mortelle , réfolut de fe confacrcr entièrement à Dieu par la pro-
xxx-'s»°?£ Ec/hon monafliq ue ; dévotion alors a fiez ulîtée, même parmi les plus grands
oPr.p v<*. princes. Il fit prier 0 Guillaume abbé de S. Chaffre en Vêlai de lui envoyer
Gatt.chr.non. qUC]qUC5-uns de fes religieux pour être admis à cette profe/Iion. Le prieur &
deux autres furent choifis, 8c fe rendirent auprès du comte , qui les fit en¬
trer dans fa chambre avec la comtelle Almodis fonayeule, êePonsdeMon-
iaur j 8c là il fe donna pour religieux à l’abbaye de S. Chaffre , ordonna qu’on
y transférât fon corps après fa mort, légua à ce monaftere la fômmede cinq^
mille fols Melgoriens, 8c une rente annuelle de cent fols, 8c décéda peu de
rems apres.
Ce comte donna diverlès marques de fa. pieté 8c de fon amour pour le bien
public. Il Ht des donations P à l’abbaye d’Anianc, 8c q à l’églife de S. Ro¬
main de Melgueil, 8c renonça r en faveur des habirans du diocèfè de Ma-
guei on ne au droit de naufrage tant fur terre que fur mer. Il laiffa de Guil-
lemetce de .Montpellier fa femme , qui lui furvêcuc, une fille unique nommée
v.uoTEibid. Beatrix , âgée * alors d’environ fept à huit ans. Il avoit déjà pourvu à &
4d.fo.ip-766,
pPr.p. J
</ f-447-
r p. fn.
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DE L A N G U E D O C.Liv. XVII.
4M-
tutelle par les divers accords 1 qu’il avoir faits avec Guillaume de Moritpel- An.i i 31»
Jier fon beau-frere qu’il en avoir chargé* ce qui fit que ce dernier prit l’ad * 1*
miniftration du comté de Melgueil auffi-tôt après la mort de Bernard. Al- 4Î<"
fonfe comtede Touloufe s’y oppofa i>, & prétendit de fon côté à la regie de bPNore;«<À
ce comté , foit par des motifs d’ambition , foit pour mettre obftacle à celle
de Guillaume, en qualité de proche parent de Beatrix, foit enfin pour les intérêts
d’Almodis fa tante, qui étoit exclue de la tutelle de cette jeune comteflè fon
arriere-petite-fiile.
Le comte de T oploufe voyant que Guillaume c n’étoit pas d’humeur i lui ce^ T**^'nK(t
der volontairement l’ad miniftration du comté de Melgueil? mit des troupes fur Alfonfe comte
pied & lui déclara la guerre. La crainte quediverfes perfonnes de confïdera- GnüUumef<dc
tion eurent des fuites runeftes de cette querelle, les porta à s’entremettre pour Montpellier
la faire cefTer dès fon commencement, Alfonfe & Guillaume convinrent enfin touchant k
par leur médiation, 1®. que le premier jôuiroit pendant fixons confécutifs du M^îgueii pen-
çhâteau de Melgueil , ôc de la partie du comté de ce nom fîtuée entre les dam u mmo-
rivieres de Vidourle & de Lez , é’eft-à-dire de la partie orientale du diocèfe r‘
de Maguelonne. i°. Que fi durant ce tems-là Alfonfe faifoit fabriquer de la/ijf.
monnoye à Melgueil, elle leroit du poids 8c de l’alloy marquez dans l’a&e ,
& que Guillaume retireroit trois deniers pour livre fur cette monnoye , con¬
formément aux traitez qu’il avoit faits là-deflus avec le comte Bernard. 3“.
Que Guillaume jouiroit de fon côté pendant le même terme de fix années
confécutives du château de Montferrier , 8c de l’autre partie du comté de
Melgueil. 4°.Qu’Alfonlê& Guillaume s’engageroient dene rien aliéner du do¬
maine de ce comté. 50. Qu’aprè^ les fix ans expirez la jeune Beatrix cônu
teffè de Melgueil fe marieroit par leur confeil , & qu’ils lui reftitueroient
alors tout fon domaine , à la rélerve de ce que fofledoit l’ancienne comtejj'e de
Melgueil, fuppbfé que celle-ci fut en vie 5 8c à la réferve zuiïidece qui avoit
été donné d GuiKemette comteffe de Melgueil fœur du meme Guillaume , fi elle vivoit
dans ce tems-là. 6°. Que fi Alfonfe 8c Guillaume ne pouv oient s’accorder en_
tr’eux fur le choix du mari qu’ils donneroient à cette jeune comtefie , ils s’en
rapporteroient à l’arbitrage d’Arnaud archevêque de Narbonne & d’Hugues
comte de Rodez. 7°. Enfin que fi Beatrix venoit à déceder avant fon maria¬
ge, le château & la monnoye de Melgueil appartiendx-oient alors entièrement
à Alfonfe, avec la partie du comté dont il devoit avoir la jouiflànce pendant
fix ans 5 8c le château de Montferrier avec l’autre partie du comté à Guil¬
laume, qui feroit tenu d’en faire hommage à ce prince. Tels furent lesartL
clés de ce traité qui fut pafle en prefence de Raymond de Baux , de Raymond
deBarjac, de Roftaing de Sabran , Hugues comte de Rodez, Gaufbert 8c
Artaud vicomtes, 8cc. En conféquence Alfonfe promit par ferment à Guillaume
de Montpellier de le protéger, de même que fes domaines « fituez depuis
l’évêché d’Ufez, jufques à la mer vers S. Gilles, & depuis le Rhône 8c les «
frontières du diocèfè d’Ufez & la mer, jufqu’à l’Eraut, envers tous Sc.con- «
tre tous , excepté contre Bernard d’Andufe 8c Bernard-Aton vicomte de « j v NOf£
Nifmes. » Ces actes ne font pas datez , mais ils doivent d être de l’an 1131. xxxviMd.
Comme Guillaume avoit été forcé en quelque maniéré à conclure ce traité, Gul**meiJ(i
il fe mit peu en peine de l’executer , 8c chercha peu de tems après e, fans Montpellier
la participation du comte de Touloufe , à marier Beatrix avec quelqu’un
qui fut en état de le protéger , 8c de tenir tête à ce prince. Les liaifons i£r ™g«-Ray-
étroites que lui 8c fon pere avoient toujours eues avec la maifon de Barcelone, ™Pnrd^"'e&
lui fitjetterles yeux fur Berenger-Raymond comte de Provence, jeune prince s-e,cCordeDaȎc
âgé de 17. à 18. ans, 8c frere de Raymond-Berenger IV. comte de Barce- lui touchant le
lone. Il lui promit Beatrix en mariage , lorfqu’elle feroit parvenue à un g°™i‘cdcMd‘
âge nubile : en attendant ils convinrent eniemble sdes articles fuivans. c ibid.
iu. Berenger-Raymond f, qui dans l’ade fe qualifie comtede Gevaudan & mar- {Pr.f.^c7.&
qui s de Provence , confirme Guillaume dans la pofîèflion de tous les domai-/e?2'
nés dont Guillaume fon pere 8c lui avoient joui durant la vie de Bernard IV.
comte de Melgueil, pere de Beatrix. i°. Il approuve tous les accords que
Guillaume avoit paffez avec ce comte -, entr’autres la donation que celui-ci
lui avoit faite de trois deniers pour livre fur la monnoye de Melgueil, 3®. Il
T orne II. F f f ij
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41*'
HISTOIRE GENERALE
•M.
b V. NOTE
XXVLn.iy&
lW'
An.ii 31. s’oblige de ne faire fabriquer cette monnoye que du poids & de l’alloy expri-'
mes dans l’ade. 4«.Ilaflîgne à Guillaume le château de Montferrand avec
une partie du comté de Subftancion & de Melgueil donc il jouiroicen engage¬
ment après la more de la comtejfc Almodis , pour la fomme de 1 yooo.fols Mel-
goriens qu’il avoit prêtez à cette comtelle , fie dont les cinquante pefoientua
marc d’argent fin. 50. 11 lui promet de faire ratifier tous ces articles par#**--
trix fille de Guillcmette fœur du meme Guillaume , lorfquelle aura atteint l\ pref-
crit par les loix. 6°. Suppofé qu’après être parvenue à l’âge de douze ans ac¬
complis, fie l’avoir époufee, elle vînt à décéder fans enfans , il promet de don¬
ner alors en fief à Guillaume le château de Montferrand avec une partie du
comté de Melgueil , de la même maniéré que la comtcfle Almodis les poflè-
doit. 70. 11 le réferva dans ce cas-là le château fie le relie .du comté de
Melgueil , à condition cependant que s’il venoit à mourir fans enfans, Guil.
laume en hériterait. 8°. il s’engagea d’époufer une des filles du même Guil¬
laume , fi Beatrix venoit à déceder avant qu’elle eût atteint l’âge de
douze ans. 9®. Enfin il promet de ratifier Cetade lorfqu’il fera parvenu à un
âge competant , c’eft-à-dire fans doute à l’âge de 1 5. ans. Berenger Ôc Guil¬
laume promirent enfuite folemnellement de s entr’aider concre tous pour
l’execution de ce traité , fie le dernier n’excepta que Raymond d’Andufe.
Plufieurs gentilshommes firent de parc 8c d'autre la même promefle au bas
du traité , fie s’en rendirent garands. En conféquence de cet accord Berenger-
Raymond prit dès-lors le titre de comte de Melgueil avec celui de comte
note de Provence , comme ilparoît par divers a&es , quoiqu’il n’ait époufé * Bea¬
trix que long-tems après. Quant à la qualité de cevtte de Gevaudan que ce
prince fe donne dans le même ade , ona déjà remarqué ailleurs b qu’il ne
polfedoit proprement que la vicomté de ce pais avec celle de Milhaud en
Rouergue -, vicomtez dont il réuniflbit le titre fous celui de comte de
Gevaudan.
On voit par cetade queBerenger-Raymond avoit établi fà réfidence en
deqa des Pyrénées dans les domaines que Raymond-Berenger 111. comtede
Barcelone Ion pere lui avoit laiflez en partage. Cela paroît encore par une
tB« rraichron. donation qu’il fit en 1131. en faveur de l’abbaye de Lerins c , fie dans la¬
quelle il fe qualifie comte de Melyteil & marquis de Provence. Il donna au mois
d’ Avril de l’an 1133. étant alors à Milhaud , capitale de fes domaines d du
Rouergue fie du Gevaudan, une maifon de cette ville à l’abbaye de S. Guii-
lem duDéfert, qu’il prit fous fa protedion.
xxvi. Il paroît qu’Alfonie comte de Touloufe irrité du traité que Berenger-Ray-
Ucordc mondôc Guillaume de Montpellier avoient conclu enfembleà Ion préjudice,
met en «mes leur déclara la guerre. Nous verrons du moins bientôt qu’il étoit en armes
du côiê du du côté de Provence quelque tems après , fie il ell certain qu’en 1 1 3 3. il fie
üimcks ptiv!- un voyage dans le pais. Il fe rendit alors à l’abbave de S. André furie Rhô-
îeçcsdeVab- ne , fit confirma les donations c que fes prêdecejfeurs avoient faites en faveur de
ce monaftere, entr’autres celles de la montagne ou puy d’Andaon , où l’abbaye
eft fituée , fie du village voifin qui porte aujourd’hui le nom deVilleneuve.
Alfonfe accorda divers autres privilèges à l’abbaye de S. André, & fixa les
limites de fes dépendances. La charte eft fouferite de fa part par Roftaingde
Sabran , Pierre Amicus f on fils , fie plufieurs autres feigneurs 5 & de celle des
religieux par Guiraud de Pujaut abbé de S. André , Bernard de Roquemaure
fous-prieur, Pierre de Sabran doyen, ôte. On voit enfin que le comte de
Touloufe étoit en armes du côté du Rhône l’année fuivante par le récit de
ce qui fe paffa au fujet d’un concile qui fut tenu alors à Montpellier , fit dont
voici l’occafion.
xxviï. Berenger { évèqua d’Agdé, après avoir donné vers la fin du XI. ficelé à
Ukfttnus Abbaye de S.Tiberi l’églife de Beifan fituée fur l’Eraut dans fon diocèfe, en
aiàvhpiovin- fit une nouvelle donation quelques années après en faveur de l’abbaye delà
cc. Concile <k chaife-Dieu en Auvergne. Ce prélat étant décédé , les religieux de ce dernier
^r/474!'^ monaftere s’adreilerent à Bernard fon fucceffeur qui les mit en poffellion de
/«M. ’ cette eglife. Ceux de S. Tiberi qui en avoient joui jufqu’alors s’y oppoferenr,
fit furent maintenus dans leur jouilTance par un jugement rendu dans un plaid
Lerin.p . 1 5 1 .
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DE LANGUEDOC. L iv. XVI. 4ij _ _ _
tenu à Cabrils , en prefcnce de Bertrand archevêque de Narbonne, & par An.H33*
conféquent avant l’an 1106. Nonobftanc cette décifion les religieux de la
Chaile-Dieu renouvellerent leurs prétentions fur l’églife de Beffan fous l’épi f-
copat d’Aldebert évêque d’Agde, qui fucceda à Bernard vers l’an un. Se
qui les condamna, avec Arnaud archevêque de Narbonne, ôe Jean évêque
de Nifmes, dans un autre plaid alTemblé à Corbian. Ils appelèrent de ce
jugement , ce qui engagea Arnaud archevêque de Narbonne à alfembler vers
la fin de l’an 1 Ï19. à Loupian dans le diocèfe d’Agde , les évêques Aldebert
d’Agde , Jean de Nifmes , Pierre de Lodeve, & Raymond de Maguelonne,
avec Augier abbé de S. Sauveur de Lodeve , Raymond archidiacre d’Agde ,
& plufieurs autres ecclefiaftiques, pour terminer ce différend. Etienne abbé de
la Chaife-Dieu , & Arnaud abbé de S. Tiberi qui étoient prefens, défendirent
leurs droits par le miniftere de leurs avocats , & Paffemblée donna encore gain
de caufe au dernier : les religieux de la Chaife-Dieu en appelèrent alors au
pape-
innocent II. étant venu dans la province l’année fuivante , Arnaud abbé de
S. Tiberi le pria de confirmer cette fentence : mais le pape jugea à propos
de foumectre cette affaire à un nouvel examen , qu’il renvoya à Bernard
archevêque d’Arles légat du faint fiege , Se à Pierre évêque de Viviers.
Ces deux prélats s’afîembèrent pour cela à Nifmes : l’abbé de faint Tiberi
comparut devant eux j mais l’abbé de la Chaife-Dieu ayant refufe de les re¬
connaître pour les juges , le pape confirma la fentence rendue à Loupian.
Raymond archidiacre d’Agde, qui fut élu évêque de cette ville peu de
tems après, foinina Arnaud archevêque de Narbonne, avant que de rece¬
voir la confécration de fes mains , de mettre à execution cette fentence con¬
firmée par le pape, Se fit alfigner devant lui les religieux de la Chaife-Dieu
pour les obliger à s’y conformer. Sur ces entrefaites Arnaud abbé de faine
Tiberi étant venu à mourir , Ademar fon fucceffeur inquiété par ces reli.
gieux, implora la prote&ion de Gui cardinal diacre , que le pape Innocent II.
avôit nommé Ion légat dans la province. Celui-ci écrivit fortement vers
l’an 1131. à Arnaud archevêque de Narbonne légat de l"églife Romaine , & à
Raymond évêque d’Agde , qu’il chargea de faire exécuter cette fentence , Se
de proceger l’abbaye de S. Tiberi. Comme neanmoins ceux de la Chaife-Dieu
preffoient de leur côté Innocent d’en venir à un nouveau jugement , ce pape
nomma Hugues archevêque de Rouen légat du faint fiege, pour ouirles par¬
ties , & porter une fentence définitive.
Ce prélat fit citer les abbez de la Chaife-Dieu Se de S. Tiberi, pour fe _
trouver le 3. de Novembre de l’an 1134. à Montpellier où il avoic indiqué une 1x34.
afTemblée d’évêques. L’abbé de la Chaife-Dieu fè défiant de la juftice de fa
caufe, envoya un exprès à Tarafcon, pour s’exeufer, fous divers prétextes, au¬
près de l’archevêque de Rouen de fe rendre à l’aflèmblée.Ccprélat lui répondit
qu’il n’admettoit pas de pareilles excu fcs,& qu’il s'expofoit beaucoup plus lui-même
four obéir au pape , devant pajfer au milieu des ennemis , & des embûches qu'Alfonfe
lui avait drejfées en divers endroits. Hugues arriva cependant à Montpellier au
jour marqué, ôcil y trouva Bernard archevêque d’Arles & Arnaud archevê¬
que de Narbonne légats du faint fiege qui s’y étoient rendus ,avec plufeurs évê¬
ques, & autres perfonnes ecclefiaftiques. Le nom delà plupart de ces prélacs
nouseft inconnu -, nous fçavons feulement que les évêques Raymond d’Agde,
Raymond de Maguelonne, Pierre de Lodeve & Guillaume d’Orange affifte-
xent à ce concile de Montpellier avec Pierre abbé de S. Gilles. Ademar abbé
fie S. Tiberi s’y prefenta , mais l’abbé de la Chaife-Dieu n’y comparut pas, ni
perfonne de fa part. L’archevêque de Rouen fit toutes les informations necef-
faires -, & après avoir interrogé fucceffivemenc l’évêque d’Agde Se fon clergé ,
l’archevêque de Narbonne, les évêques de Maguelonne Se de Lodeve, Set >us
ceux qui pouvoient être informez du fait , il rendit un jugement favorable à
l’abbaye de S. Tiberi, Se écrivit au pape Innocent IL pour lui rendre compte
de ce qu’il avoit fait. Cette affaire ne fut cependant entièrement terminée que
cinq ans après, dans un autre concile qui fut tenu à Ufez. Nous nous fom-
mes peut-être un peu trop étendus là-deffus : mais outre qu’on voie par ce
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An,
i i
34-
XXVI II.
More d’Ayme-
ri 1 1. vicomte
de Narbonne.
Lecomte de
Touloufe
s’empare de
<ettc vicomté
fur Ermengar-
dc fa fille &
foo heriticre.
a Ordtr. Vital.
/«?•
b Cxnl mm.
t-Ss7-
« lM.f. 58 J.
UK*.
* P'/MM- &
feq.
i Cittlibii ,
g IV.p.471.
k t- 47i-
i Diaç.cond d *
Bar et l. J. x. (.
Jtf7.
414 HISTOIRE GENERALE
récit quel étoit alors l’ordre judiciaire dans les matières ecclefiaftiques , nous
apprenons en même tems la fucceflion de plufieurs de nos évêques , 8c qu’il y
avoir alors en France un grand nombre de légats du faint fiege : il s’en trouva
trois en effet à l’aflemblêe ou concile de Montpellier. Au refte nous igno¬
rons les motifs qui engagèrent Alfonfe comte de Touloufe à dreflèr des em¬
bûches à l’archevêque de 'Rouen < il paroît feulement que le voyage que ce
prince fit au de là des Pyrénées vers le mois de Septembre de l’an 1134. mit
ce prélat dans une entière liberté d’aller à Montpellier 8c d’y tenir le concile.
Le comte de Touloufe entreprit ce voyage à l’occafion d’une révolution
qui venoit d’arriver en Efpagne ; ce qu’il faut reprendre de plus haut. Al¬
fonfe I.roi d’Aragon s réfol u de continuer la guerre contre les Maures, afGegea
fur eux en 1133. la ville de Fragalî tuée fur la riviere de Cincavers les-frontie-
res de fes états. Les approches de l’hyver ne lui ayant pas permis de pourfui-
vre cette expédition , il la reprit l’année fuivante , 8c appella à fon fecours
divers princes François, entr’autre* Centulle comte de Bigorre,Gafton vicomte
de Bearn 8c Aymeri vicomte de Narbonne. Les infidelles s’avancèrent de
leur côté pour faire lever le fiege,ce qui, obligea le roi d’Aragon à fortirde
fes lignes, 8c à marcher au devant d’eux pour leur prefenter la bataille. Les
deux armées en vinrent aux mains le mardi 1 7. de Juillet13 de l’an 1134. entre
l’Ebre 8c la Segre, 8c les Chrétiens eurent le malheur d’y être entièrement
défaits. Le comte de Bigorre , les vicomtes de Bearn 8c de Narbonne , 8c plu.
fieurs autres feigneurs de marque y demeurèrent fur la place , avec preique
toute l’armée du roi Alfonfe, lequel trouva avec bien de la peine fon falut
dans la fuite. On prétend c qu’Aymeri vicomte de Narbonne dont on vient
de parler, étoit le IV. de fon nom , 8c qu’il avoir fuccedé depuis peuà Aymeri
III. fon pere, que nous appelions Aymeri II. parce que nous ne mettons pas
au nombre des vicomtes de cette ville le prétendu Aymeri I. pere de S.GuiL
laume de Gellone : mais il n’eft pas certain que le vicomte de Narbonne qui
fut tué à la bataille de Fraga, ne foitpas le même qu’Aymeri II. La fuite des
dernieres a&ions de celui-ci que nous allons rapporter, pourra fournir là-d'ef.
fus quelque éclaircifTement.
Ce vicomte donna en engagement en 11 1 6. d avec Ermengarde fa femme , &
leur fils Aymeri, aux chanoines de S. Juft de Narbonne , tout ce qu’il pofle-
doit dans le terroir de Fourques auprès du Rhône pour la fomme de 500.
fols Melgoriens. Il époufa depuis une fécondé femme nommée ErmefTinde , &
il étoit déjà marié c avec elle au mois de Janvier de l’an 1130. comme il
paroît par le bail à fief des moulins d’Abunhan qu’il fit alors avec elle,
8c avec fon fils Aymeri 8c fes autres enfans. Aymeri II. après avoir pâlie
quelque tems à la cour de Raymond-Berenger III. comte de Barcelone fon
frere utérin, dont il fut exécuteur teftamentaire , étant de retour à Narbon¬
ne au mois de Novembre de l’an 1 r 3 3. fit un teftament 1 par lequel il fonda
un anniverfaire dans la cathédrale de cette ville , du confentement & en fre-
fence de Bercnçer abbé de la Grajfe fon frere. Nous avons enfin un hommage g
rendu le 9. de Juin de l’an 1134. à Aymeri de Narbonne fils de Mahaud 5 ce
qui prouve que c’eft du même Aymeri dont il eft parlé dans un a&e •> du 6.
d’Avril de la même année, par lequel la vicomteflè Cecile , &. fes fils Roger
8c Raymond Trencavel confirment la donation que le vicomte Bernard-Aron
leur pere avoit faite d’une partie du château de Montferé dans le Narbonnois,
à quelques feigneurs, qui leur promirent de les aider contre Aymeri de Narbonne,
& les vicomtes de cette ville. Nous n’avons plus aucun acte où il foie fait men¬
tion de ce vicomte, ni d’Aymeri fon fils, 8c nous ignorons fi ce dernier luifuc-
céda en effet comme on le prétend. On ne peut Içavoir par conféquenr fi ce
fut le pere ou le fils qui fut tué à la bataille de Fraga le 17. de Juillet de
l’an 1134. mais nous croyons pour deux raifons que ce fut le pere. La pre¬
mière, parce que celui-ci vivoitencorele 9. de Juin de la même année. La fé¬
cond e ', parce qu’Ermengarde fille d’Aymeri II. déclare avoir hérité de fon pere
delà vicomté de Narbonne ; elle lui aura donc fuccedé immédiatement, 8c
Aymeri fon frere fera mort avant lui.
Quoi qu’il en foit , celui qui fut tué à la bataille de Fraga fut le dernier
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DE LANGUEDOC. Liv. XVÜ.
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vicomte de Narbonne de fa race, dont il ne re/la plus que lamêmeErmen- ^N- 1134.-.
garde 6c Ermcilinde, qui écoienc certainement filles d’Ayrneri II. & alors dans
un âge peu avance , l’aînée qui fe maria en 1141. ne mourut en effet qu’en
1197. Celle-ci étoic fùrement fille d’Ermengarde première femme d’Aymerill.
mais il paroît qu’Ermeflinde fi fœur croit fille d’Ermefïïnde que ce vicomte
avoit époufée en fécondes noces vers l’an 11 30. ce qu’on peut appuyer , tant
fur fon nom , que fur ce qu’elle ne fe maria que vers l’an 1152. Du refie nous
n’avons aucune connpûïance de ce qui fépafla dans la vicomté de Narbonne
pendant leur minorité, jufques vers l’an 1143. qu’Alfonfc.Jourdain comte
de Touloufe a rendit cette ville à Ermengarde. Nous inférons de là que ce aj v./.*?*
comte fe faifit de Narbonne d’abord après la mort du dernier Aymeri , foie
par droit de fuzcrainctc & comme procecleur de la jeune Ermengarde de de
la fœur, foit dans le deflcin d’unir certe vicomté à fon domaine. En effet Alfonfe
en etoit maître en 1139. car il donna b alors en fief les moulins d’Abunhan , b /ms?.
qui, comme 011 l’a déjà vd , dépendoient en 1130. du domaine d’Aymeri
II. Venons maintenant aux fuites de la bataille de Fraga, qui engagèrent ce
comte, apres s’etre alluré de la vicomté de Narbonne , à palier au-delà des
Pyrénées.
Quelques Efpagnols modernes prétendent qu’Alfonfe I. roi d’Aragon après
la perte de cette bataille, rallia le débris de fôn armée , de qu’ayant rafiern-
blé d’autres troupes , il fe mit en état d’empêcher les Sarafins de profiter S.ijo
■fl»
XXIX.
Le prince Ra*
mire moine de
.'empêcher les Sarafins de profiter S-!J°ns „'e ro¬
de leur vicloire , de leur livra un nouveau combat dans lequel il fut défait de "é^rV'ciônc
tué le 7. de Septembre de la même année: mais un hifloricn contemporain ; J-ahs-od.
nous apprend au contraire que ce prince s’étant retiré dans fes états après
la perte de la bataille de Fraga, le chagrin qu’il en eut fit une fi forte im- jt\\lP\oo.
preffion fur lui , qu’il tomba malade de mourut huit jours après. Nous pa¬
yons d’ailleurs e qu’il décéda le 7. de Septembre. ev.p.%g,»d
Alfonfe mourut fans pofterité , de laiifa par fon tcflament les chevaliers du
Temple heritiers de tous fes états , qui comprenoient les royaumes de Na¬
varre & d’Aragon. Les peuples de ces deux royaumes, fans avoir égard à cette
difpofition, s’ullèmblerent apres fa mort pour élire un autre roi *à fa place $
mais ne pouvant s’accorder , ils fe féparerent fans rien conclure. S’étant en-
fuite raflemblcz en particulier, les Navarroisà Pampclune, de les Aragonois
àjacca , les premiers élurent Gardas IV. qui étoit de la race royale , &les
autres Ramire frere puîné d’Alfonfe , de religieux de l’abbaye de S. Pons de
Tomiercsau diocéfè de Narbonne depuis l’anf 1095. Ramire avoit été pro- ( p.catei eomt.
mù au faccrdoce , mais il ell faux g qu’il ait été fucccifivcment abbé de Saha-
gun de évêque de Burgos, de Pampelune de de Balbaflro, comme quelques ].& '}Cq.'
modernes h, l’ont avance. Il efl certain en effet, fuivantle témoignage de tous h Mirjan t lo
les anciens hifloriens* , dont quelques-uns font contemporains, qu’il fut tiré e.^.frr.
immédiatement de l’abbaye de S. Pons pour monter fur le trône d’Aragon,
Après la ceremonie de fon couronnement qui fe fit à Huefca, dit un de « CJuill. Kitili ifr
ces auteurs k, les grands du royaume l’obligerent à ie marier, Scil pritpour» ‘-'f-'*- .
femme la fœur du comte de Poitiers dont il eut une fille , à laquelle on don- «
na le nom de Pctronille , de dans la fuite celui d’Urraque. 11 la donna en « vuJ Marc-
mariage à Raymond-Berenger comte de Barcelone , de dès quelle fut nu- « k fiC/r.TolV.
bile il retourna à fon monaflere qu’il avoit enrichi pendant fon régné par « 1. 6.C.1.& t.
le don qu’il lui fit de plufieurs terres de églifes fituées dans l’ Aragon de la «
Navarre, que cette abbaye pofîcde de nos jours , enforte que par le ma- «
riage d’Urraque avec le comte de Barcelone , le royaume d’Aragon entra «
dans la maifon de ce comte, de fut depuis uni à fes états.» Telles font les
circonflanccs du régné de Ramire rapportées par Roderic archevêque de
Tolede qui acheva d’écrire fon hiltoire en 1243. la 33. année de fon epifeo-
pat , de qui par conféqivent efl prcfque contemporain. Ce prélat ajoute que
Ramire fut heureux dans la guerre , doux , modéré de liberal. Dans un
autre endroit ! , il fait mention en peu de mots des guerres que ce prince 1 h.c.j.
eut à foûtenir contre Alfonfe VII. roi de Caftillc qui lui difputa la couronne
d’Aragon, & contre Gardas roi de Navarre. Divers hifloriens ajoutent plu¬
fieurs autres circonltances. La iiaifon qu’elles ont avec notre hhloire , nous
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An. 1134.
a Rob.de Ment,
sd Mnn.i 1 f 9.
V.Pm&i ibtd.
b Tâgiibtd.
"•H*
c Rob. de Mont,
tbid .
àBcJly Toit .
M7-I-
c Zarif. anï*l.
Ux.sycrjtq.
XXX.
Les comtes de
Touloufc , tic
Foix 5c de
Coivmvngcs .
le feigoeur de
Montpellier,
Sec. vont à
Saragoilc &
moyeuucnc la
paix entre les
lois de Caftille
& d’Aragon,
f V. Sundovnl
çhron.delempe .
rador Alonf.
VlU.i7.ed.
1600.
gSândov.ibid.
416 HISTOIRE GENERALE
engage à les examiner, 6c à entrer dans quelque détail au fujet du régné de
ce prince.
Quelques auteurs afliirent que le mariage de Ramire avec la fccur du
comte de Poitiers fe fit par difpenfe du pape : le cas étoit trop hors des ré¬
glés pour ne pas la demander. Les uns dil'ent que cette dilpenfe fut accordée
Î>ar l’antipape Anaclct , parce que le comte de Poitiers, dont Ramireépoula
afocur, étoit fous fon obéiflance ; 6c les autres par le pape Innocent II.
Ceux-ci paroilTent beaucoup mieux fondez , ; car outre ^ue Kamire 6c les Ara-
gonois ne reconnurent que ce dernier , 6c qu’il n’eft pas vraifemblable qu’en
s’adrelfant à l’antipape , ils eulfcnt voulu s’expofer au rifque de voir cafler
un mariage qui leur étoit important, 6c déclarer illégitimes les enfans qui
en proviendroient ; un auteur du tems 1 fait entendre d’ailleurs que ce prince
fe maria avec la permilfion d’innocent II. *
Il n’y a pas lieu de douter que la femme de Ramire ne fût fille de Guil¬
laume* IX. comte de Poitiers 6c duc d’Aquitaine, 6c de Philippe de Touloufe ,
6c par conféquent niece à la mode de Bretagne d’Alfonfe-Jourdain comte de
cette derniere ville 5 mais les auteurs ne conviennent pas de fon nom. Tous
les Efpagnols l’appellent Agnès -, d’autres b la nomment Mathilde, fur l’auto¬
rité d’un hiftonen du tems c qui ajoute qu’elle étoit alors veuve d’Aymeri
vicomte deThouars. Il y a lieu de croire qu’elle prenoit l’un 6c l’autre nom,
conformément à l’ufage aiïcz ordinaire dans ces fiecles. Guillaume vicomte de
Thouars fils de cette princeilè du premier lit , l'appelle Agnès dans un titre
de l’an d 1x39.
Ramire étoit déjà reconnu pour roi d’Aragon des le mois d’O&obre de
l’an xi 34. comme il paroît par une charte c qu’il donna alors à Balbaftro,
6c dans laquelle il fe qualifie roi & prêtre , 6c non pas roi & évêque , comme
quelques-uns l’ont avancé.
Une ancienne chronique Latine f compoféepar un Efpagnol anonyme, con¬
temporain d’Alfonfe VII. roi de Caftille , rapporte ,àce qu’on prétend ,« que
» ce prince fe mit en armes bientôt après l’cleclion de Ramire , fous prétexte
» qu’elle n’étoit pas valable 6c qu’il n’étoit pas capable de regner -,6c que pour ces
» raifons le royaume d’Aragon lui appartenoit de droit. Alfonfe VII. ajoute
« cette chronique , après avoir fournis la partie de l’Aragon fituée à la droite de
« l’Ebre , pafla ce fleuve, le rendit à Saragofïè à la mi-Novembre, ( d’au-
« très difent à la mi-Decembre ) de l’an 1134. 6c fut reqû dans cette ville Sc
» reconnu pour fouverain fans aucune oppofition. Raymond-Berenger comte
c. de Barcelone, Roger comte de Foix , Alfonfe-Jourdain comte de Toulouse
«8c de S. Gilles, Ermengaud comte d’Urgel, Miron comte de Pailhas ,8c plu-
« fieurs autres princes 6c leigneurs de Caltille , d’Aragon 6c de France allèrent
îj alors trouver ce prince à SaragolTe. Le roi Ramire fe rendit aufîi dans cette
«ville, confentit à lui en lailferla pofîèfîion, 6c lui fit hommage pour le refte
« de fes états. Le roi de Caltille fit enfuite de grandes liberalitez à tous ces
« princes. Il donna la ville de Saragofle au comte de Barcelone } diverfes
« feigneuries avec un vafe d’or du poids de trente marcs , plufieurs chevaux de
« prix 6c de riches bijoux au comte deTouloufe des terres jufqu’au Rhône i
«tous les grands feigneurs de Gafcogne , 6c des bijoux d’or 6c d’argent avec
«des chevaux à Guillaume de Montpellier. Tous ces princes fe rendirent fes
« feudataires 6c lui jurèrent obéiflance. Il donna en même tems l’ordre de che-
« valerie à plufieurs fils de ducs 6c de comtes de France qui fe rendirent auflî
«fesvafliux, êcaufquels il fit des prefens magnifiques. « Tel elt l’extrait de
cette chronique, fuivant la traduction Efpagnole qu’on en adonnée; fur quoi
l’auteur g qui le rapporte remarque, qu’on peut comprendre par là quelle
étoit alors la grandeur 6c la magnificence du roi de Caftille , 6c que fes
états s’étendoient depuis les extremitez de l’Océan jufqu’au Rhône.
Pour juger plus fûrement de ces faits 6c de leurs circonftances , il fèroit à
fouhaiter que les hiftoriens d’Efpagne qui en font mention , 6c qui fur ce
fondement prétendent que les comtes de Touloufe 6c de Barcelone firent en
cette occafion hommage de leurs états à Alfonfe roi de Caftille , nous euf-
fent donné le texte même de la chronique , ce qu’ils n’ont pas encore fait ;
car
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DE LANGUEDOC. LiV. XVÏl
Vl
car il eft- à craindre qu’ils n’ayent aiceré la force des termes en les tradui- A nu 13 4S
fane. Mais quand même l’auteur de la chronique auroit avancé queces com¬
tes fe rendirent alors vaflàux du roi de Caftille, on devroit faire peu de fonds
fur fon témoignage, 8c nous avons lieu de croire qu’il aura pris pour un hom¬
mage le fermenc qu’ils peuvent avoir fait alors à ce prince de lui être fidelfos ,
de n’attenter ni à la vie ni à les domaines, 8c c. ferment que les grands fe
faifoient fréquemment enrr’eux dans ce fiecle, 8c qui n’emporte aucun vafie-
lage. Voici fur quoi nous nous fondons.
r°. Il eft certain d’abord que l’auteur de la chronique n’eft pas exaél,
fuivant le témoignage même de ceux qui s’appuyent» le plus fur Ion auto- i sanhv.il> f.
rité, 8c qui avouent que félon d’autres mémoires Ramire n’alla point à Sa-
ragoffe trouver le roi de Caftille, 8c que ne fe /entant pas allez fort pour*’-1
lui réfifter , il fe retira dans les montagnes de Sobrarbe. Cet auteur paroît
d’ailleurs fe contredire : il dit *> d’un autre côté que plulîeurs prélats 8c foi- b ilid.p.m.
gneurs, entr’autres Oldegarius archevêque deTarragone, les comtes de Bar- ‘ ' f‘
celone^ d’Urgel , de Touloufo, de Foix, de Pailhas 8c deComminges, avec le \
feigneur de Montpellier s’entremirent pour accommoder les deux rois, 8c qué
lesayant fait convenir d’un traité, Ramire s’engagea , tant pour lui que pour
fes fucceflèurs, à tenir en fief du roi de Caftille, les villes 8c les châteaux du
royaume d’Aragon dont ce dernier s’étoit faiii -y 8c qu’il lui remit } en quoi il
n’y a rien que de vraifemblable , 8c qui ne foit conforme à ce que rapporte
un hiftorien d’Aragon fur de bonnes preuves. >> Ramire c obligé de s’en-« c 2nrit.Ar.nal.
fuir de Saragofle aux approches d’Alfonfo roi de Caftille , dit cet hiftorien, « 1 ‘-M4-
fc retira dans les montagnes au château de Monclus, où il demeura jufqu’au«
mois de Février de l’année fuivante , 8c continua de fe qualifier roi d’Ara- «
gon , de Sobrarbe 8c de Saraçoffe. 11 ajoute, fur l’autorité de Rodcricd de « àRodt.TA.lw
Tolede, que le roi de Caftille ayant pris fur Ramire plufieurs places au- «
delà de l’Ebrc , ces deux princes s’accordèrent enfin après une longue guerre 5«
que le dernier s’engageaà tenir en fief de l’autre toutes ces places dont il lui «
fit hommage } que cette mouvance dura jufqu’au fie ge de Cuença , 8c qu’Al- «
foule IX. roi de Caftille la remit alors à Alfonfe II. roi d’Aragon.
Nous croyons donc lur ces différons témoignages, qu’AIfonlè Vil. roi de
Caftille, prétendant fucceder à la couronne d’Aragon , à l’exclufion de Ra¬
mire, lui fit la guerre, 8e lui enleva diverfes places , entr’autres Suragoffe ca¬
pitale du royaume d’Aragon ; qu’Alfonfe-Jourdain comte deTouloulecoufiil
germain du premier , les comtes de Barcelone 8c de Foix /es beaux-freres , les
comtes de Pailhas 8c de Comminges , Guillaume de Montpellier , & plufieurs
autres feigneurs de . France qui avoient pafte en Efpagne après la perte de la
bataille de Fraga pour s’oppofer aux progrez des infidelles, négocièrent la
paix entre les deux rois 5 que les foins qu’ils fe donnèrent pour la faire rculïïr
au gré du roi de Caftille , engagèrent ce prince , qui étoit naturellement géné¬
reux & magnifique ,à les combler de prefens 5 8c que pour une pjus grande
fiireté du traité qui venoit d’être conclu par leur médiation * ils firent for¬
ment à ce roi de lui eonforver fes domaines , de ne pas attenter à fa vie, 8cc.
fans cependant lui rendre aucun hommage.
2°. L’un des plus célébrés hiftoriens d’Efpagnec convient en effet que les e sm-Mv iW:
comtes de Barcelone ne reconnurent la fuzeraineté du roi de Caftille , que
pour la principauté ou le royaume d’Aragon , qui pafla dans leur mailoit f Man.wrp:
par le mariage de Pétronille fille unique de Ramire avec Raymond-Bcrenger
IV. comte de Barcelone. Auffi voyons-nous par la date d’une foule de monu-
mens que non feulement les comtes de Touloufe , de Foix & de Comminges, iu
&les feigneurs de Montpellier , continuèrent depuis de reconnoître lafouve- ^Dhg.rmU*
■ raineté de nos rois, mais encore les comtes de Barcelonef, de même que
les peuples de Catalogne, contre le fendaient d’un critique g moderne, qui
faute d’y faire attention a avancé le contraire. 11 paroît même que Ray- j>?y,r.corr.u
mond-Bcrenger IV. comte de Barcelone rcconnoilfoit en n 57.1e roi de France
pour fon fuzerain en Aragon , puifqu’il date une de fes chartes h du château de g P agi ad ann.
Morel en Aragon le ij. de Atari de L'année nsi ■ la JA JC I I.du reine de Louis lejeune. 1 l'Hr
3 On peut ajouter que fi les comtes de Touloufe , de Foix 8c de Commin- p.lfuï’ ‘'F'
T ome II. G g g
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An. 1134.
xxxt.
Paix entre
les comtes de
Touloufe & de
Barcelone.
t Zurit . ânnai
/.i.c.j 4.
Viago ccnd. de
B.irceLl. 1 9c,
113.
XXXII.
Ramire roi
d'Aragon don¬
ne la fille uni¬
que en maria¬
ge, avec lès
ctats,au comte
de Barcelone, &
retourne dans
le cloitïc.
_1 1 3 î~
bMarinn.l. 10.
C. 16.
Diaço ibid.
c G mil, Ne u
h/ig.l, i.C.iO.
4.8 HISTOIRE GENERALE
ges , 8c le feigneur de Montpellier euflent reconnu la fouveraineté dçs rois de
Caftille , il en refteroir quelques traces dans les chartes ou lesmonumens du
tems : mais bien loin d’en trouver Quelqu’un , nous voyons par les titres ma¬
gnifiques dont ces rois aimoient à fe parer , qu’ils prétendoient dominer à la
vérité fur l’Aragon 6c la Navarre , mais non pas en deçà des Pyrénées.
40. Enfin rien ne fait mieux connoître la qualité du ferment que les com¬
tes de Touloufe 8c de Barcelone, 8c les autres princes François peuvent avoir
prêté à Alfonfe VII. roi de Caftille, lorfqu’ils l’allerent trouver à Saragoûè
pour négocier la paix entre lui 8c le roi Ramire , que ce que rapportent à
cette occafion les hiftoriens d’Aragon 8c de Catalogne. « Le comte de Barce-
«lone, difcnt-ils • , alors fort occupé des affaires de Provence , fe tenoit
» étroitement uni avec Alfonfe roi de Caftille fon beaufrere , parce que fes
«différends avec le comte de Touloufe commençoient à fe renouvelles Ces
« deux comtes étoient prêts à fe faire la guerre } mais ils fe réconcilièrent en-
» fin 8c convinrent d’un traité. Le comte deTouloufè fit ferment & hommage le
» 1 8. de Septembre au. comte de Barcelone, promit de lui être fidclle 8c loyal
« allié , 8c de le fervir contre tous les princes du monde , excepté contre le roi
«de Caftille. Il eft certain que les comtes deTôuloufe ne furent jamais vaf-
faux des comtes de Barcelone , 8c que ceux-ci au contraire leur auroient
plutôt dû l’hommage pour lescomtez de Carcaffonnc 8c de Rafez 8c le pais de
Lauraguais qu’ils prétendoient leur appartenir. Nous voyons cependant ici
qu’on a pris pour un hommage , de la part d'Alfonfe-Jourdain comte de Tou¬
loufe, l'alliance qu’il contracta avec le comte de Barcelone au mois de Septem¬
bre de l’an 1 1 34.8c le ferment qu’il fit de ne pas lui ôter fes états , ni d’attenter
à fa vie , 8cc. fuivant la formule ufitée dans ces ficelés. L’auteur de la chroni¬
que d’Alfonfe VII. roi de Caftille, peut avoir donc pris pour un hommage, un
pareil ferment fait à ce prince la même année par le comte de Touloufe.
Du refte nous inférons de ce que nous venons de rapporter , i°. Que ce
comte palfa au-delà des Pyrénées dès le mois de Septembre de l’an 1134.
foit pour s’oppofer aux progrez des infidelles après la bataille de Fraga, loic
pour offrir fa médiation aux rois de Caftille 8c d’Aragon. z°. Qu’ayant occa¬
fion de s’aboucher alors avec le comte de Barcelone , quifutaulh un des mé¬
diateurs de la paix entre les deux rois, il conclut la fienne avec lui. 3°.Que
le comte de Barcelone avoit pris les interets du comte de Provence fon frere,
auquel le comte de Touloufe avoit déclaré la guerre pour les raifons que nous
avons déjà dites , 8c qu’il avoit peut-être marché à fon fecours du côté de
Provence. 40. Que cette province fut le principal theatre de la guerre.
50. Enfin que le comte de Touloufe fit en même tems fa paix avec le comte de
Provence 8c le feigneur de Montpellier , 8c confentit enfin au mariage du pre¬
mier avec la jeune Beatrix heritierc du comté de Melgueil. Revenons à Ramire
roi d’Aragon.
Divers auteurs b Efpagnols ont prétendu que ce prince ayant eu en 1x35.
une fille de la reine fonepoufe , il eut une entrevue le 14. d’Aoutdclamême
année à Alaon avec Alfonfe roi de Caftille , à qui il promit cette fille en
mariage pour fon fils aîné * qu’ Alfonfe l’amena alors avec lui en Caftille j
qu’il la fit clever dans fon palais , 8cc. toutes circonftances également
fabuleufes. Il eft certain en effet que Ramire quelque tems après la naif-
fance de fa fille, la promit en mariage à Raymond- Bcrenger IV. comte
de Barcelone, 8c qu’il céda en même tems à ce prince le royaume d’Aragon.
Voici comme un ancien auteur «rapporte cet événement. « Ramire ayant
«une fille unique de fon mariage , dit cet hiftorien , continua d’adminiftrer
«fes états jufqu’àce qu’elle fût parvenue à un âge nubile. Il aflëmbla alors
» les principaux du royaume, 8c leur dit : Dieu rue pardonne & k vous auji.
nj’ai fait une folie a laquelle vous m’avez^ contraint : mais celui qui eft tombé ne
« trouvera -t il pas moyen de fe relever ; ce qui a été fait par une necejité qui,
» félon vous n’ avoit point de loy , ne peut-il pas être réparé lorfque cette neceftité ne
« fubftfte plus ? Voilà que j'ai une fille heritiere du royaume , quon la marie honora¬
is blement, & C état fera en fureté i que le moine reprenne donc l’obfervance de fa
« réglé , & qu’il appaife inccjfamment les remords de fa confidence. L’aflemblée,
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DE LANGUED OC. Ltv. XVII. 419 _
ajoute cet auteur , s’oppofa d’abord au dellèin de Ramire } mais n’ayant pû « An.ii3J
le détourner de la réfolucion qu’il avoir prifè, on promit fa fille au jeune «
fils du comte de Barcelone avec le royaume d’Aragon. Alors ce roi foulant «
aux pieds les honneurs du monde, 6c ne pouvant plus réfîfter aux remords «
dont il étoit agité , fe dépouilla delà pourpre, reprit l’habit monaftique, ôc «
changea fon royaume pour le cloître. «
Il lèmble , fuivant cet hiftorien , que Ramire ne quitta le gouvernement
d’Aragon , que lorfquefa fille Pétronille étant nubile, elle époufa folemnel-
lement Raymond-Berenger IV. comte de Barcelone, (6c non pas, comme dit
cet auteur, le jeune fils de ce prince -, ) enforte que n’étant née au plutôt qu’en
1135. Ramire fon perc n’aura abdiqué la couronne , pour retourner dans le
cloître qu’en 1147. mais nous apprenons d’ailleurs la véritable époque 6c les
circonftances de cet événement. Nous avons un a&e par lequel» Ramire «
roi d’Aragon promet-1 le n. d’Août de l’an 1137. fa fille en mariage ;au « a Mare.mfp
comte de Barcelone, 6c lui donne en même tems ,aprèsfamort, fon royaume en « H'
entier , de la même maniéré que Sanche fon pere 6c Pierre ôc Alfonfe fes «
Freres l’avoient pofledé, pour en jouir, même en cas que fâ fille vînt à «
déceder fans enfans avant ce prince. » On voit par là que Ramire n’a-
voit pas encore alors dcflèin d'abdiquer la royauté 5 ce qui paroît aufli
par une autre claufe du même acte , fuivant laquelle ce prince fe réferve le
pouvoir d’augmenter dans la fuite le domaine du comte de Barcelone,, 6c dé¬
clare qu’il veut être reconnu lui-même pour roi , feiyieur & pere , tout le tems
qu’il le jugera à propos, tant dans le royaume d’Aragon , que dans les pais
loumis au même comte.
Le 27. du même moisb, Ramire qui prend toujours le titre de roi, con- b;, ugj:
firma dans le château de Gerb en Aragon , la donation qu’il avoit faite au
comte de Barcelone de tous fes états, étant à Balbaftro , en lui donnant fa
fille j ratifia toutes les aliénations de fon domaine qu’il avoit faites jufqu’a-
lors , 6c promit de n’en plus faire de nouvelles à l’avenir fans l’avis 6c la vo¬
lonté de ce prince. Enfin par un autre acte daté du 1 3. de Novembre fuivant ,
Ramire roi d' Aragon , qui etoic alors à Saragofle, déclare c » qu’étant mani- « c ibU.
fefle qu’il avoit lionné fa fille en mariage à Raymond comte de Barcelone , «
avec tous fês états, il ordonne à tous fes vallâux de lui obéir comme à «
leur roi * 6c qu’il lui remet tout le domaine qu’il s’étoit referve , en lui don- «
nant auparavant fon royaume 6c fa fille, à condition qu'il pojfedcra le tout à «
fin fervice cr fous fa fidélité. » Depuis ce tems-là nous n’avons aucun mo¬
nument qui fafle mention du roi Ramire j nous voyons feulement que Ray-
mond-Berenger IV. comte de Barcelone fon gendre, fe qualifie piince d’Aragon
en 1 r 3 9 . a 6c dans la fuite jufqu’à fa mort : d’où il refulte que Ramire n’abdi- àp.\xi6.&
qua pas, du moins entièrement, le gouvernement du royaume pour fe retirer
dans le cloître, aufîî-tôt après qu’il eut promis fa fille en mariage au comte
de Barcelone , comme quelques auteurs le prétendent. On pourroit croire qu’il
fit cette abdication par l’acte du 1 5. de Novembre de l’an 1x37. quoiqu’il
paroiflè qu’il fe réfèrva feulement par cet acte une autorité lupericureà celle du
comte. Comme on n’a cependant aucune preuve qu’il ait fait depuis ufâge de
cette autorité , il effc du moins très-probable qu’il retourna bientôt après
dans le cloître.
Le comte de Barcelone s’abflint pendant toute fa vie de prendre le titre de
O _ /“ _ . _ __ 1 t • I / ‘ /# J • . . ^ D. . ' _
,mentr a \Lenda en nyi. il régna cependant véritablement au nom de x:ette f zurit. annal.
princeflê, fur tout l’Aragon, qu’il tranfmità fes defeendans , lefquels s’en ‘V*
qualifièrent rois. Quant à Pétronille elle fe qualifia reine d'Aragon depuis l’abdi¬
cation du roi fon pere. Elle prend ce titre en 1141. 6c n jz. dans deux dona- .
rions que le comte de Barcelone fon mari fit g alors avec elle à l’abbaye de la g Pr-î^&p.
Graffè, 6c dans celle qu’elle fit cette derniere année1» du royaume d’Aragon, Hij}.
en faveur du comte de Barcelone fon mari , 6c d’Alfonfe leur fils aîné dont elle ^.um *
.venoit d’accoucher.
, Ramire fera donc retourné à l’àbbaye de faint Pons de Tomieres pour y
Tome J I, G g g ij
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an
_ 410 HISTOIRE GENERALE
Àn.ii 3 jT reprendre les exercices du cloître avant l’an 1 141. de au plutôt à la fin de 1
1137. ôc il aura régné par conféquent au-delà de trois ans. Il paroît qu’il
fut élû archevêque deTarragone Ôc évêque de Barcelone avant ion abdica-
• a Urc.Hijf. tion j car on voit la foufeription fuivante dans un ancien a&e a de l’abbaye de
t u7<*> Bagnols au diocèfe de Gironne : Moy Ramire roi par la grâce de Dieu , & élude
T arragone & de Barcelone , j'accorde & je confirme ce qui cji écrit ci-dcjjùs. Oldega-
rius qui pofledoit ces deux évêchez mourut le 6. de Mars de l’an 1 1 37. & Ar¬
ts Mtrc.Hiy. naud lui avoit déjà iuccedé dans celui de Barcelone le dernier de Juin b de
**“**• la même année : il faut par conféquent que le roi Ramire ait été élu dans
cet intervalle, & qu’il n’ait pas été facré : peut-être renonça-t-il de lui-même
à l’épifcopat dans le deflein de retourner dans le cloître, où il fe retira bientôt
après.
On a déjà vû , fur le témoignage d’un ancien hiftorien , que ce prince après
avoir abdiqué la couronne , reprit l’habit monaftique dans le même monav
« u P4| » Ai ftere d’où il avoit été tiré , c’eft-à-direc dans celui de S. Pons de Tomiercs.
HJ7-». „Ramire, dit encore Rodcric de Tolède, ôcaprès lui un auteur Catalandquia
M.
dGefi.comit. ” écrit à la fin du XIII. fiecle , ayant marié fa fille au comte de Barcelone, fe
m rendit à fon monaftere , y reprit l’habit monaftique , 6 c y finit fes jours.
P-U9-& ftq. Quelques Efpagnols modernes c prétendent cependant que ce prince après
t avoir quitté le gouvernement du royaume d’Aragon, fe retira dans l’églife
Èisgo leiij. de Pierrc d’Huefca , où il vécut,, ajoùtent-ils , en religieux fuivant la rcgle
£»rc.i.i.c.no. de S. Benoît, ôc mourut le é.d’Aout de l’an 1147. mais ils ne donnent aucune
f Ttmr.Ann. preuve de ce fait. Un autre Efpagnol f qui a écrit en dernier lieu paroît
I137-"-8, douter que Ramire ait repris l’habit monaftique après fon abdication 5 car fé¬
lon lui ce prince fe retira alors dans l’églife de S. Pierre d’Huefca , où il mena ,
ajoûte-t-il , une vie particulière avec les clercs qui la deffervoient 5 mais cet écri-
g v.Uv.w.n. vain ignoroit fans douce que l’églife de S. Pierre d’Huefca ctoit g alors un
69cbro>,o'. du Pleuré conventuel dépendant de l’abbaye de S. Pons, & qu’elle étoit defler-
abb.de s.Pfu vie par des religieux de ce monaftere. Ainfi quand même Ramire fe feroit
retiré dans ce prieuré apres fon abdication , ce qui n’cft pas certain , il y
aura repris l’habit monaftique. C’eft tout ce que nous avons pû recueillir de
plus autentiqueau fiijcc de ce prince, qui après avoir profcfTc la vie monafti¬
que dans la province, pendant plus de 40. ans, ôc avoir été promû à la di¬
gnité facerdotalc , monta lur le trône , ôc fe maria par un exemple des plus
iinguliers 5 êc qui par un autre exemple prcfque également rare, abdiqua
volontairement la couronne pour aller reprendre fes anciens exercices. Nous
palTons fous filence quelques autres actions que certains hiftoriens lui attri¬
buent ,6c qui n’ont aucun fondement , cncr’autres un trait de cruauté qui ne
feroit pas honneur à là mémoire s’il étoit aulfi vrai qu’il eft fabuleux. On pré¬
tend que Ramire fe voyant fort méprifé de fes peuples , tant à eau lé de Ion
âge avancé , que de fa profeiïion monaftique , reiolut de le venger de ce
mépris * qu’il confulta là-deflus l’abbé de S. Pons de Tomieres, lequel pour
hZurit.AnnaL toute réponle amena les envoyez de ce prince dans le jardin du monaftere,
ha-ff- prit un coutelas, ôc fans mot dire coupa en leur prefence , la tête de tous les
h j*.*.,. arbuftes qui s y trouvèrent. Sur cette reponle muette, ajoute t on, Ramire
i Min*»* i ■ aftembla les états d’Aragon , êc fit périr quinze des principaux feïgneurs de
1C>xxxiil. l’aflcmblée : mais il eft inutile de s’arrêter davantage à cette fable ,
recon-
Lcs comtes de nue pour telle h par d’habiles critiques du pais. Nous n’en aurions pas même
Joix'°dcCom- ^a'c mention , 11 elle n’avoit été adoptée par un des plus célébrés * hiftoriens
minces, &c.
afîi lient au
couronnement
d’Efpagne.
Un fameux critique k donne à entendre , fur l’autoritc de la chronique d’Al-
d’Aitonî'c vit fonfe VU. roi de Caftille, qu’Alfonfe-Jourdain comte deTouloufe, lescom-
k'ea?AdAoa CCs Barcelone , de Foix, 6c de Comminges, le feigneur de Montpellier,
6c divers autres princes François £c Efpagnols, après avoir moyenne la paix
/*??. entré ce roi 6c celui d’Aragon , fuivirent le premier dans fes états , & fe trou-
verent à Leon lorfqu’il s’y fit couronner empereur d' Efiagne, le jour de la Pen-
vn. p. 6*.& tecôte i6.de Mai de l’an i r 3 5. mais cela n’eft pas clairement exprimé dans les
extraits qu’on nous a donnez de cette chronique en langage Elpagnol. Il y eft
.Ui], marqué f feulement » qu’Alfonfe VII. roi de Caftille ayant allemblé les états
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XXXIV.
Bcrengcr Ray¬
mond conuc
de Provence
DE L AN GU E D OC. Liv. XV1Î, 4n _
generaux de Ton royaume à Leon, les prélats 8c les grands proposent de« An. 1135.
le couronner empereur, parce qu’il étoic feigneur uni verfel de toute l’Efpa- «
gne , 8c que le roi de Navarre , quelque roi Maure , les comtes de Barcelone ««
& de Touloufe , 8c divers autres ducs de Gafcogne 8c de France étoient fes«
tributaires 8c fe reconnoiiloient pour Tes vaffaux. ■>» Nous avons déjà dit ce
qu’on doit penfer de ce prétendu vadelage , ce qui n’empêche pas que le
comte de Touloufe, ceux de Barcelone, de Foix 8i de Comminges, &le
feigneur de Montpellier parens ou alliez d’Alfonfe VIL n’ayent pu aflifter à
cette ceremonie j cela eft d’autant plus vraifemblable , qu’outre que nous
n’avons aucune preuve que ces princes fulfent alors en deçà des Pyrénées, on
a déjà vu qu’ils étoient peu de tcms auparavant au-delà de ces montagnes
occupez à pacifier le pais.
Guillaume de Montpellier repafla en France en 113 f. pour aflifter au ma¬
riage qui fut célébré folemnellement cette même année entre la jeune
Beatrix comteflè de Melgueil là niecefic fa pupille, laquelle a voie 3 atteint
alors Page de douze ans , 8c Berenger-Raymond comte de Provence. Arnaud
archevêque de Narbonne négocia la conclufion de ce mariage par ordre du Mdgucii & fc
pape Innocent II. 8c fut prelcnt au nouvel accord b que ce comte palîa à liepiuswmitc-
cette occafion avec Guillaume de Montpellier. Suivant cet acte Bcrenger- Gm"Lm“ie
Raymond, & f* femme Beatrix , confirmèrent en faveur de Guillaume tous Montpellier,
les articles c donc ils étoient convenus auparavant avec lui , entr’autres le droit xxxvt™
qu’ils lui avoient accordé de percevoir trois deniers pour livre fur la nionnoye b tr.p. 477. &
de Melgueil. Ils jurèrent en même tcms d’oblèrver fidellement ces articles 8c ^ Ka.jgr„
d’aider ce feigneur envers cous & contre tous , excepté contre Bernard d’An- M.
dufe, le comte de Barcelone , Raymond Trencavei vicomte de Beziers &
d’Agde, & leurs propres vafTaux , aveepromeife de ratifier ce ferment lorf.
qu’ils feroient parvenus l’un 8c l’autre à un are competant. Guillaume de fon
coté leur promit par ferment d’êcre fidelle obfervateur des mêmes arcicles,
& de les fecourir contre tous ceux qui voudroient leur ocer le comté de
Melgueil, excepté contre fes frères , Bernard d’Andufe 8c fes enfans,& Raymond
Trencavei & fes vaffaux. Leger évêque d’Avignon, Raymond de Baux, Guil¬
laume-Raymond fénechal de Barcelone, Raymond d’Andufe, Pons de Bermond
de Sommieres , Raymond de Cajiries fils de Pons de Montlaur , Bernard de Sauve,
& plufieurs autres feigneurs du païs furent prefens à ces actes.
L’alliance que Guillaume de Montpellier contracta avec le comte de Barce¬
lone par le mariage de la comtcife de Melgueil fa niece , avec le frere de ce
prince, les unit encore plus étroitement. Le comte de Barcelone pour atta¬
cher de plus en plus ce feigneur aux intérêts de fa maifon, lui donna en fief
à la fin de l’an * ! 1 36. la ville 8c le diocèfe deTortofe, pour en jouir lui 8c la d Marc.mfp.
pofterité après qu’il enauroiefait la conquête fur les infidelles , à condition de ?■•**<■&**
le fervir dans toutes fes guerres.
L’union étroite que le feigneur de Montpellier conlerva avec Innocent II. Leducd.Aqu;.
lui fut également favorable. Ce pape donna* ordre à Arnaud archevêque tameabanJou-
de Narbonne fon légat, d’autorifer par là prefence l’accord de ce feigneur
avec le comte de Provence. Guillaume de fon côté prit avec chaleur les in- d«.
terêts d’innocent contre l’antipape Anaclet, que toute la France abandonna,
à la réferve de Guillaume - comte de Poitiers & duc d’Aquitaine, qui toujours
déduit par Gérard évêque d’Angoulême , perfiftoir à le reconnoîcre , quoi &J*n-
que la plus grande partie du clergé 8c de lanoblellede fes états fe fullent
déclarez pour Innocent. Joflèlin évêque de SoilTons, & S. Bernard abbé de
Clairvaux , firent à la vérité une tentative en 1 13 1. pour tâcher de ramener
le duc 8c le prélat à l’obéiflànce de ce pontife } mais tous leurs foins furent
inutiles : Guillaume obftiné plus que jamais n’en perfecuta que plus violem¬
ment fes fujets catholiques. Enfin S. Bernard fit de nouvelles tentatives en
n 3 j. avec Geoffroy évêque de Chartres légac en Aquitaine : ils allèrent
trouver le duc à Partenai en Poitou ,8c leurs foin» furent fi heureux , qu’enfin w.ifemco* de
fi * . «, • t l'ordre dcCi-
m le ramenèrent a lunicc. c,uuxdJOsU
Le faint abbé de Clairvaux s’étoit attiré par la (cience &par 1a pieté une pioviac c.Con.
-iï grande réputation , qu’il étoit regardé comme l'arbitre des affaires les plus
!
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1
A x.i i
« BsltiZ..
W. $. p. U
lw-
HISTOIRE GENER A.L E
3 J • epineufes de l’églife 6c de Pétât , ce qui ne contribua pas peu à étendre fon
ordre , qui étoit une réforme de celui de S. Benoit, laquelle avoit commencé
à la fin du XI. fiecle. Cet ordre étoit alors déjà établi dans la province, ainfï
qu’il eft marqué dans la vie de Pons de Laraze fondateur du monaftere de Sal-
vanés en Rouergue, écrite par un auteur contemporain.
tife. Pons * étoit un chevalier à qui le château de Laraze dans le diocèfe de
Lodeve, dont il étoit feigneur, avoit donné le fur'nom. Il fe rendit égale¬
ment recommandable par fon efprit , fa valeur & fes richellcs fous le règne du
roiLouis le Gros, ôel’épifcopat de Pierre évêque de Lodeve $mais il abufade
Tes talens, ôc le fervit de fon château, qui étoit très fort, pour exercer une
infinité de brigandages, 6c faire la guerre à fes voifins qu’il rançonnoit fans
mifericorde. Dieu lui fit la grâce de le toucher ôc de lui infpirer la réfolution
de quitter le monde 6c de faire penitence de tant de crimes. Dans ce dcflein il
obtint d’abord le confentemcnt de fà femme, qu’il mit avec une fille qu’il
avoit, dans le monaftere de Drinant , où elles prirent l’habit religieux, ôc
auquel il donna la plus grande partie de fes biens. Il avoit encore un fils uni¬
que qu’il confacra à Dieu par la profefiion monaftique dans l’abbaye de faine
Sauveur de Lodeve. Il vendit enfuite les biens qui lui reftoient, 6c ayant fait
afiembler un jour au village de PegairoIIcs, fes créanciers, 6c ceux à qui il
avoit caufé quelque dommage , il les fatisfit 6c diftribua le refte aux pauvres.
Ce feigneur après avoir mis ordre à les affaires, gagna fix de fes amis ou de
fes voifins, qui touchez de fes dilcours réfolurent de le retirer avec lui. De ce
nombre étoit un chevalier nommé Alzarran. Pons fuivi de fes fix compagnons
le mit en chemife 6c nuds pieds, 6c fe faifant fuftiger par un homme qui le
traînoit avec un lien de fagot qu’il avoit au col , il fe fit conduire ainfi à
Lodeve le Dimanche des Rameaux devant l’évêque, qui après la procelfion
du jour , l’attendoit avec tout fon clergé fur un échafïaut qu’on avoit drelTé
exprès au milieu de la place : il fe profterna aulfi-tôt devant ce prélat , 8c lui
prefenta un papier où il avoit écrit la confelfion qu’il fit lire publiquement,
tandis qu’on continuoit de le fuftiger. Un fpeclacle fi touchant tira les larmes
des yeux de tous les afïiftans, 6c fit de fi fortes imprelfions fur plufieurs pé.
cheurs qui étoient prefens , qu’ils réfolurent de fe convertir. Le Jeudi-Saint au
foir Pons 6c fesalfocicz abandonnèrent leur patrie. Ils ne prirent chacun pour
tout équipage qu’un méchant habit, un bâton 6c une befacc, 8c commencèrent
leur pèlerinage nuds pieds. Ils prirent le chemin de l’abbaye de S. Guillcm du
Défcrt, où ils arrivèrent le lendemain jour du Vendredi -Saint. Ils y trou¬
vèrent un grand nombre de chevaliers , ôc beaucoup de peuple des environs qui
étoient accourus , pour y adorer le morceau de la vraie croix dont Charlema¬
gne avoit fait prelentà cette abbaye dans le tems de fa fondation. Raymond-
Pierre de Ganges, feigneur du voifinage s’y rencontra , [6c engagea les pèle¬
rins à venir palier la fête de Pâques avec lui dans fon château , fitué dans
les Cevennes à l’extrémité du diocèfe de Maguclonne. Pons ôc fes compa¬
gnons en partirent le lendemain, prirent la route de S. Jacques en Galice,
ôefirent tout le voyage en demandant l’aumône. Ils conlulterent differentes
perfonnes de pieté en chemin, entr’autres l’archevêque de Compoftelle , qui
leur confcilla de fe retirer dans quelque lieu defert ôc d’y vivre du travail de
leurs mains. A* leur retour ils vifiterent le Mont S. Michel, S. Martin de
Tours , S. Martial de Limoges , 6c S. Leonard , 6c arrivèrent enfin à Rodez.
Ademar évêque de cette ville , prélat diftingué par fa pieté , qui connoiffoic
depuis long-tems, à caufe du voifinage , la naillànce 6c le mérite de ces peni-
tens , les obligea à loger chez lui. Le comte de Rodez qui avoit toujours été
lié d’une amitié très-etroite avec Pons de Laraze , alla le trouver au/fi-tôt â
l’évêché ,6c lui offrit un endroit de fon domaine pour s’y retirer avec fèseompa-
gnons: mais ce dernier le remercia de fes offres. Pons 6c fes afTociez fe rendirent
peu de tems après à Camarez, lieu fitué dans les montagnes du Rouergue,
6c environné de bois. Arnaud du Pont qui en étoit feigneur, leur donna aux
environs un terrain défert qu’on nommoit Silvanés , 6c qu’il appelleront Sal-
vancs. Après avoir défriché ce terrain, ils y conftruifirent de petites huttes
où ils firent leur demeure , 6c s’attirèrent par leur vie penitente, le relpecfc
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An.ix 3 j.
x 136.
DE LANGUEDOC. Liv. XVII.
& la vénération des peuples de tous les diocèfes voifins.
Plufieurs autres folitaires s’étant joints à eux, ils refolurent quelque tems
après de fonder en ce lieu un monaftere dans les formes, 8c d’embrallèr l’infti-
tut de Cîteaux , ou celui des Chartreux. Pons indéterminé fur le choix , prit
le parti d’aller lui. même à la grande Chartreufe, dans le delfein de s’en rap-
fiorter à la décifion du B. Guigues qui. en étoit prieur, 8c de les religieux. On
ui confeilla d’embraflcr la réforme de Cîteaux , 8c de s’adreflèr pour cela à
l’abbaye de cet ordre la plus voilîne de Salvanés. C’étoit alors celle de Ma¬
zan en Vivarais: Pons y paflà à fon retour, & s’étant rendu au chapitre, il
offrit la maifon de Salvanés à Pierre abbé de Mazan qui l’accepta volontiers,
reçût au noviciat Pons 8c fies compagnons } 8c après les avoir revêtus de l’ha¬
bit monaftique au bout d’un an , 8c leur avoir donné pour premier abbé l’un
d’entr’eux nommé Ademar , les renvoya à Salvanés. C’eft ainfi que fut fon¬
dée en 1 1 3 6. cette abbaye qui eft aujourd’hui du diocèfe de Vabres , Sc fituée
vers les frontières de l’Albigeois 8c du diocèfe de Beziers. La fainteté de ce.s
premiers religieux parut avec tant d’éclat , que plufieurs chevaliers de mérite
y changèrent leur ceinture militaire contre l’habit religieux. D’un autre côté
les princes 8c les feigneurs tant voifins qu’étrangers , y firent des dons confi-
derables 5 nous en avons entr’autres plufieurs qui furent* faits à ce mona- iT-p-vvè'
ftere au XII. fiecle , par les vicomtes de Beziers 8c de CarcalTonne , les fei- ■/'î‘îl'8'®’-,eî*
gneurs de Roquefeuil , de Peyre , de Vintron , d’Olargues , de Montlaur , 8cc.
Quant bà Pons de Laraze il choifit l’état de frere convers , afin d’avoir \>Bainz.ibU.
plus de liberté de pourvoir aux befoins 8c à la fubfiftance de fes freres , 8c
mourut en odeur de fainteté. Guiraud troifiéme abbé de Salvanés mort en
1161. fonda pour des filles le monaftere de Nonnenque qui fubfifte encore
dans le diocèfe de Vabres vers les frontières de celui de Lodeve.
On voit par ce que nous venons de dire que l’abbaye de Mazan en Viva¬
rais eft une des plus anciennes de l’ordre de Cîteaux. Elle fut fondée c par fàint
Jean abbé de Bonnevalau dioccfe de Vienne, 8c enfuite évêque de Valence,
lequel y envoya quelques-uns de fes religieux , avec Pierre qui fut leur pre.
mier abbé, 8c parvint à une fainteté eminente. Quelques auteurs d rap-
portent la fondation de cette abbaye à l’an ni 9. mais c il paroît qu’elle eft iVyÀs.-.nriq.
poflerieure de deux ou trois ans. Quoi qu’il en foit , il eft certain que c’eft Annai- cfi-
la plus ancienne abbaye de l’ordre de Cîteaux dans la province. Ce lieu s’ap-
Jielloit anciennement le Mas d' Adam*. Les feigneurs du voifinage donnèrent
e fonds pour la conftruction du monaftere qu’ils dotèrent richement. Il eft
fitué dans une folitude au milieu* du diocèfe de Viviers à 4. lieues d’Aubenas
vers le nord-oueft. Les abbayes de Toronet 8c de Sinanque en Provence font
fes filles. La derniere qui eft du diocèfe de Cavaillon , 8cqui fut fondée en
1148. fonda elle-même en 1x52. f celle de Chambon au diocèfe de Viviers,
fituée dans les Cevennes vers les frontières du Gevaudan.
Les quatre abbayes de filles de Mercoire en Gevaudan , de Bellccombe,
de Sauvebenite& de Clavas en Velay, doivent auffi leur origine à l’abbaye de
Mazan, 8c font de fa filiation. La fécondé fituée à quatre lieues du Puy , 8c A
deux lieues d’Ilfingeaux , étoit déjà fondée en 1148. On n’a aucun monument
de la troifiéme avant l’an 1218. Elle eft fituée fur les frontières du Velay , du
Forés , 8c de l’Auvergne, à huit lieues du Puy. Les comtes de Forés en font
les principaux fondateurs. On voit dans l’églife le tombeau de la B. Mar¬
guerite religieufe de ce monaftere, laquelle y eft en grande vénération. Enfin
la quatrième fituée dans une vallée étroite furies frontières des diocèfes du
Puy 8c de Vienne, à trois lieues cfAnnonay, dans la paroiflède Rioutor, fub-
fiftoit auffi au XIII. fiecle.
Plufieurs anciens monafteres furent unis à l’ordre de Cîteaux au XII. fiecle; xxxvii.
tels furent entr’autres ceux d’Ardorel au diocèfe de Caftres , 8c de Valmagne i
dans celui d’Agde. Ce dernier qui eft fitué fur la grande route de Langue- vai.nignc.
doc fut fondé en 1 138. e fous la dépendance de l’autre , 8c l’inftituc du B. çjv^40 gJ>
Geraud de Sales. Foulques abbé d’Ardorel y envoya alors de fes religieux
pour y établir la régularité. Raymond Trencavel vicomte de Beziers , 8c fa
femme Adélaïde , en furent les principaux bienfai&eurs , avec Guillaume
c Vit.S.'Johan
Va ent. Mar-
ten. anecd.to.fr
MauCus
Adam.
f V.M.tnriq
tbuiann. 1151,
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4*4
HISTOIRE GENERALE
AN.1136. d'Omelas frere de Guillaume VII. feigneur de Montpellier , & divers cheva-
t hf. j xi. ijers du voifinage. Elle reçue encore une donation confiderable en 1 147. j de
Trencavelle comtelTe de Roufiillon , du vicomte Raymond Trencavel fon
frere, de Geraud fon fils, & de la vicomtefle Cécile fa mere.
bfr.t>]u.& Les abbayes d’Ardorel & de Valmagne embraflerent l’inftitut *» de Cîceaux
Kflf. I'am . . , A .. An P'ikkp P IpilT flinprilïnr
q ucs- uns vouloient quitter cct inftitut. Ce prélat leur marque que c’ctoit àleur
priere ,& à cellede Guillaume qui écoit alors leur abbé , qu’il avoit écrit à Cî.
teaux pour établir cct ordre parmi eux : ce qui avoit cte exécuté du confente.
ment de l’abbé de Cadouin , & de l’avis de fon chapitre , 8c des princes du pais,
fçavoir de Roger, de Trencavel , d’Ermengaud de Vintron, 8c de plufieurs
autres nobles. Rigaud avoit fuccedé dans l’évêché d’Albi à Hugues, qui au
AAa.is.tri. mois de Février de l’an 1138. fit la ceremonie d de lever de terre le corps de
5. s.'jtc. iv. £ Guillaume fondateur de l’abbaye de Gellone.
^xxxv/ii. Guillaume X. comte e de Poitiers 8c duc d’Aquitaine après fa réconciliation
Mon dr Gu.!- avec péglifc, fe ligua avec Geoffroy V. comte d’Anjou , 6c marcha à fon fecours
^Aquitaine'.11" pour foumettre la Normandie. Il fit tant de ravages dans cette province, &
EKonor fa y commit tant d’excès, que pour les expier il relolut de faire un pelerina-
îïïicKipoJk' Sc a fainc Jacques en Galice. Avant fon départ il difpofa de fes domai-
je roi touis )c nés en faveur d’Eleonor fa fille aînée , car il n’avoit point d’enfans mâles, &
de ceCdud.éiue dedina de donner en mariage au roi Louis le Jeune , que le roi Louis le Gros
— - - fon pere avoit afîôcié au trône. Guillaume fit cette dilpofition , non pas par
eOrJrliui tt‘îfamcnt: fuppofé que quelques-uns f ont donné fous fon nom, mais par
;.,3. quelqu’autre ade g. Il fc mit enfuite en chemin * 8c apres fon arrivée à Com-
sug-r.vit. '.ud. po/lelle, ou du moins aux environs, il fut attaqué d’une violente maladie
jtqq FiX°& dont il mourut * le Vendredy-Saint 9. d’Avril de l’an 1x37. Il fit faire fer-
cbron.Mxmi- nient avant fa mort à ceux/jui l’accompagnoicnt d’cxccuter là volonté tou.
Ucrtlli vit cl)anC 1£ mariage de fâ fille avec le roi Louis le Jeune. Son corps fut inhumé
* devant le grand autel de J’églife de S. Jacques. Telle fut la fin de ce prince,
Touloufâin de naiflànce , qui fe rendit aufii fameux par fon attachement au
fiiac.i
{Ut
de Suger L 6»
p.i9-& faq.
y y. Bcflv Hoitt # # * «
tb*p.% puni de l’antipape Anaclet, 8c par les maux qu’il fit à l’eglife à cette occa.
a "r "oa j <3U Jl l’eft devenu depuis par les fables que divers auteurs , qui l’ont con-
c ;7" ’ 'I0' fondu avec Gillaunie IX. Ion per e,8c avec deux faints de même nom, ontinven-
Pagi ann . rjcs fiir fon fiujcr. Ce duc qui dcfccndoiccn droite ligne *de Bernard Il.mar,
"iorderMtai. quis dcGothie 8c comte de Poitiers dans le IX. fieele , mourut âgé d’environ
suger. çrc.tbid. 3 s. ans , après avoir été marié deux fois. Il né lui refloit plus que deux filles
k vTo.i. dLl premier lit. EJeonor l’aînée hérita de tous les domaines, ainlî qu’on l’a
ixxxra déjà dit ; 8c Alix ou Perronclle la cadette, époufa dans la fuite le comte de
Vermandois. Raymond prince d’Antioche frere de Guillaume , continua la
p ode rite.
Leroi Louis le Gros n’eut pas été plutôt informé delà mort 8c des der¬
nières difpofitions de ce prince, qu’il fit partir le roi Louis le Jeune fon fils,
accompagné d’une cour fûperbe, pour aller époufer la duchefle d’Aquitai¬
ne , 8c prendre poûcIUon de cette portion de la monarchie. Louis le Jeune
i OAufriJ.vof. arriva le 3 o. de Juin à Limoges. Alfonfe comte1 de Touloufê qui ignoroic
que ce prince dut aller dans cette ville, s’y rencontra par Lazard, à l’occa-
fion de la fête de S. Martial qu’il y étoit venu celebrer, 8c qui tombe ce même
jour. Louis fe rendit de là à Bourdcaux, où il époufa folcmnellement Eleo-
nor, laquelle fut couronnée reine de Franc# Il fut en fuite couronné lui-même
duc d’Aquitaine à Poitiers le 8. du mois d’Août fuivant. Ce duché qu’il réunit
pour un tems à la couronne , par fon mariage avec EIconor , comprenoitalors
les comtez particuliers de Poitou 8c de Limoufm , avec l’autorité fuzeraine
mr.r.rnaiJ. fur le rede de la province m ecclefiadique de Bourdcaux ou Aquitaine II. II
vif.s.Btrn.1.1. comprenoit auiïi la Novempopulanie ou province d’Auch, c’cff-à-dire le duché
de Gafcogne, 8c les comte z particuliers de Bourdcaux & d’Agen „qui avoient
été unis au domaine des comtes de Poitiers vers le milieu du XI. fieele par
Je mariage de Brifque qui en étoit hericiere avec Guillaume V. duc d’Aqui¬
taine,
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DE LANGUE D-O C. IiV. XVII. p-y
tainé', bifàyeul du pere-d’£leonor.. Cè dernier pdflêdoit aufli la partie de la An. 1137*
Touraine fituée à la gauche delà Loire. •'
• Ort voitpar Ce détail , pris d’un auteur1 du tenis , que les comtes de Poitiers *
n’a voient aucun poùvolr fur la plupart des pais qui compofent l’Aquitaine I. où u};.n.u. 'f
province ecclefiaftique de Bourges. Eii effet les comtes de Touloiife quijouif-,
fuient eux -«mêmes de l’autorité ducale , dominaient alors fur la plus grande
partie de cette province? ,• fçavoir fur l’Albigeois , le Rouergue, le Querci, le- )
Vêlai, ScleGevaudan. De là vient que quelques auteurs pour distinguer ces
deux portions de l’ancienhe Aquitaine, donnent le nom de Guyenne à celle dont
les comtes de Poitiers fe quâlifîoient ducs * mais ce nom n’a pas été en ufage
avant le XIII. fiecle. Nous nous en fervirons cependant dans la fuite pour dé-'
ligner les domaines dont Eleonor hérita , & qui furent unis à la couronné d’An- s
gîeterre. ' : : .
*. Le roi: Louis le Jeune fut obligé de quitter le Poitou , & de revenir in.- Morf!u‘Â>i
eelîamrnent en France , fur la nouvelle qu’il reçut du decez du roi Louis le Louis le Gios.
Gros fon perè,qui mourut le premier d’Août de l’an j 1 37. & qui lui avoir déjà {j>°nuJfJcfj'u“*
cédé le gouvernement du royaume durant une maladie qu’il a voit eue quelque voyageau Eu y.
tems auparavant. Louis le Gros eft le premier de nos rois de la troifiéme race Foudj,1°a de
que nous trouvons avoir exerce quelque acte d autorité dans la province. Un Conmsac vc->
auteur b qui a écrit au milieu du XI V. fiecle prétend qu’il fit tenir un parlement u>.Evc<ju« du-
en n ii. dans l’abbaye de S. Benoît de Cadres, & qu’Alfonfe comte de Tou-
loufe y fut ajourné pour rendre hommage de ce comté ; mais tout cela paroît b n»rdm. s
avancé fans preuve ; il eft certain feulement que ce roi donna des chartes en '4'M'f,'"')'
faveur des églifes de MaguelonneSc du Puy. La date n’eft pas marquée dans
la première c de ces deux chartes , par laquelle Louis confirma l’églife de Ma- <G»U.chrM.i.
guelonne dans la poflêfiion de les domaines. Celle qu’il donna J en faveur
d’Humbert évêque du Puy,quirétoitallétrouveremi34.eft datée d’Orléans, /«j-
St fouferite par les principaux officiers de la couronne. Par ce dernier diplôme
Louis accorde d Humbert la cite à'Anis ou du Puy , avec le château de Cor¬
neille, les droits de péage , de monnoye, de juftice, &c. Nous remarquerons à
cette occafion , i°. Que cette charte eft la première que nous ayons de nos rois
de la troifiéme race pour la province , comme celle de Lothaire donnée en
9 y y. pour la même églilè , eft la derniere de ceux de la fécondé 5 & que nous-
n’avons aucune preuve que ces princes ayent exercé quelque autorité fur ce pais
durant tout cet intervalle, i8. Que le Puy n’eft qualifié que bourg dans la
charte de Lothaire, &que Louis lui donne dans la fienne le titre de cité. La
ville du Puy a donc été «onftruite entre la fin du X. fiecle &c le commence¬
ment du XII. 3**. Enfin que quoique ces chartes accordent toute l’autorité èc
la jurifdiction à l’évêque , fur le bourg ou la ville du Puy , il n’y eft cependant
rien dit du comté de Velay. Ce pais eut en effet encore long-tems e après des
Comtes particuliers , êc ne fut pas fitôt uni au domaine de l’églife du Puy. IL /ij. ’
appartenoit alors, à ce qu’il paroît, aux comtes de Tripoli en Syrie-, defeendus
de Raymond de S. Gilles comte |de Touloufe , qui firent donation { en iPr-t-as.
1131. & 1141. des domaines qu’ils polfedoient dans le pais, au même Humbert
évêque du Puy. s •
Sous l’épifeopat de ce prélat qui mourut en 1144. fon églife g reçut
de grandes liberalitez de divers feigneurs , entr’autres d’Ifarn vicomte de Lau-
trec , de Begon de Caraman , Pierre de Panat , Bernard-Ifarn de Mirandol , &
Hugues Ermengaud de Vintron , &c. Cedcrnier donna en 113 y. à l’églife du
Puy la paroifle & le village de Cuzolas,du confcntement d’Hugues évêque d’Al-
bi, ÔcdeSicard vicomte de Lautrec. Nous conjedurons que celui-ci, qui fut
le quatrième vicomte de Lautrec de fon nom , St qui vivoit b encore en r 1 y 7. bvr.^ysa:
étoit fils d’Ifarn dont on vient de parler, lequel fut le troifiéme vicomte de Lau¬
trec de ce nom. _ ^ i Velr.Vm.l.t',
Le roi Louis le Jeune fit en 1138.1m voyage au Puy , où il célébra la fête de ,r.x9.
l’Annonciation de la Vieme. Pierre le Vénérable abbé de Cluni fait mention k vfdl-ehy-
de ce voyage dans une lettre 1 qu’il écrivit a S. Bernard au mois de May de cette ,7t ,&j^.
année k, & dans laquelle il marque qu’il avoir été trouver le roy au Puy vus.BcrnUi
où ce prince tenoit fa cour , la derniere fete de la Vierge , pour lui demander la ï.\'f '
Tome JJ. • Hhh
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4*4
HISTOIRE GENERALE
AK.1138. confirmation de l’élcdion d’un de fes religieux, que le chapitre de Langrts
avoir choifi pour fon évêque. .
xl. Il uc paroît pas qu’Alfonfè comte deTouloufe ait affilié à U ceremonie
Nouvdicligue du mariage de l’heritiere d’Aquitaine avec le roi Louis le Jeune, quoique cette
entre Àl ootc _ rr.^r 1 * r\ _ û _ _ _ _ _ ‘11 * • .
comte de Tou- PXinceffc fut fa proche parente. Peut-être que les prétentions qu’elle avoit lur
loute&ics trois le comté deTouloufe, firent que ce comte s’emprefla beaucoup moins depren-
sricomtes fils ^ parC ^ une aHiance qui pouvoit un jour lui caufer du trouble * ce qui
arriva en effet quelques années après. Alfonfe s’unit de nouveau vers le
même tems avec les crois vicomtes fils de Bernard- Aton, 8c promit par fer-
ment* au mois de Janvier de l’an 1138. de leur confervçr leurs domaines en*
vers tous 8c contre tous , excepté contre fes propres vaffaux. Il s’engagea par
cet a&e à leur faire prêter un pareil ferment par Raymond fon fils, lorft
qu’il feroit parvenu à un âge plus avancé : ce prince né en 1134. * n’a voie
encore alors que quatre ans. Alfonfe acquit b la mçn>e année pour la fomme de
u$o. fols monnoye de S. Gilles , le château de Bernis , qu’une dame nommée Gai-
burge lui vendit en alleu , 8c reprit enfuite en fief , à condition que les fuc*
ceflcurs mâles de ce prince le poffederoienc préférablement aux filles.
Roger, l’aîné des trois fils du vicomte Bernard- Aton, fe qualifioit en c 1136.
<k Bernacd-
Atoa.
a Pr.f, 481,
*,.IU
comtes
c Mar/**.
**cc4, g*, l.f»
c un
XLl.
tes trois vj- comte de Carcaffonne 8c de R a fez , 8c vicomte d’Ambialet, comme il paroît
par la fauve garde qu’il accorda le Lundi 24. de Février de cette année à l’ab¬
baye de Caunes. Il s’engagea par cet acle à ne pas faire la guerre à fesenne.
mis dans le diftrid dumonaflere , ce qu’il promit en prefence de Pierre abbé
de Caunes , de tout le peuple de ce lieu, 8c de fix de fes barons quifervirent
de caution, fçavoir Bernard de Canct , Ifarn 8c Jourdain de Sailfac, Pierre
de Lauran , Bernard de Trefmals viguier dû CarcaÜonnc , 8c Guillaume Roger
d’Aragon. Le titre de comte de Carcafionne 8c de Rafez que Roger fe donnoic
alors, nous donne lieu de croire que Kaymond-Berenger IV. comte de Barce,
lone , qui avoit des prétentions fur ces deux comtez , en étoit entièrement
dépouillé, 8c qu’il n’y poffedoit aucun domaine. On peut confirmer cette
d ^484.6- conjecture par la donation d que le même Roger fit au mois de Mai de l’an
J'1 • xi 3 8. à Arnaud de Corneillan du château de CaTamont , qu’il faifoic conftruire
dans fon comté de Rafez, ^ pour le tenir en fief de lui 8c de fes enfans , 8c à leur
défaut du vicomte Raymond Trencavel fon frere. Dans cetaéle, 8c dans
plusieurs autres, Roger fè qualifie fimplemenc Roçerde Béliers. Il reçut' en
i^é.conjointement’aveclavicomteffeCecile fa mere, l’hommage dcsfèigneurs
du château de Hautpoul dans le T ouloufain } 8t en n 3 7 . 8c les années Vivan¬
tes en fon nom , celui des feigneurs des châteaux de Cabarez , Lavaur,
S. Félix, duCaylar de Lauraguais , de Roquefort, Termes , Auriac, Pen¬
ne, &c. Armand vicomte de Bruniquel fut prefent à ce dernier hommage
^ ^>an n39- R°ger échangea cette année, en prefence f de la vicom-
.o\.w ,.f. (^eCJle fa mere , la terre de Villeneuve qu’il donna en alleu à l’abbaye
d’Ardourel, pour celle de Cambon, que Gaufbcrt de la Valette avoit
donnée à cette abbaye : il accorda en même tems aux Religieux de cemona-
ftere la liberté de poffeder en alleu tout ce qu’ils avoient acquis , ou qu’ils
acquerroient dans la fuite , des chevaliers fes vaflaux.
Le vicomte Raymoqd Trencavel frere puîné de Roger, acquit g de fon
côté en 1138. differens biens qui lui furent vendus en franc-alleu à Marfeil-
1»M n.&fa. lan dans le diocèfe d’Agdc. Nous avons encore h un acte fans date par lequel
Roflaing de Pofquieres , de la maifon d’Ufez , promet de donner ce qu’il
avoit à Mefe , 5c quelques autres biens du diocèfe d’Agde , à celui de fes fils,
Pierre ou Roflaing, qui épouferoit une des filles du même vicomte : mais
nous ne fçavons pas fi ce mariage s’accomplit. Peut-être que la parenté qu’il
y avoit entr’eux y mit obflacle ; car Roflaing de Pofquieres avoit époufé en
1 1 2 1 . ’ Ermeflinde fœur du même Raymond Trencavel , donr il avoit eu ces
deux fils. Cet a&e prouve que Raymond Trencavel avoit alors des enfans.
• krr.^sj. Nous fçavons d’ailleurs que fa femme s’appelloit Adçlaïde k , 8f qu’il étoit
déjà marié avec elle en 1137. Ce vicomte fait encore mention de fa femme s
dont il ne marque pas le nom , dans un a&e 1 de l’an 1142. par lequel il
remet en faveur de l’abbé 8c des religieux de S. Tiberi, 8c des habitans de ce
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DE LANGUEDOC: Liv. XVlï.
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lieu , les chevauchées qu’il demandoit à ces habitans , avec la jufiiee & les finan- An»i i 3 8v
‘ffx , ôc Te réferve feulement la connoillànce des crimes d’homicide & d’a-
d ulcéré.
Quant à Bernard-Aton croi fiente frere de Roger, il donna3 en fief en 1138.
diiterens biens dependans de la vicomté de Nifmes, qui lui étoit échue en
partage. Il vendit trois ans b après , à Rainon feigneur c d’Ufcz en partie , à
Guillaume Rainon, qui étoit vraisemblablement fils de ce dernier, & à leurs
chevaliers 6c valïaux , pour la lomme de y oc. fols de S. Gilles ôc 3 00. fols Mel-
goriens , les pâtis qui étoient dans le territoire du Caylar Ôc de S. Sylveflre
deTcillan au diocèlè de Nifmes. L’acte eft: fouferit entr’autres par Bermond
du Caylar,
Alfonfe comte de Touloulê non content de s’être uni plus étroitemcntavec
les vicomtes de Carcaflbnne de Beziers de de Nifmes, chercha à fe concilier
de plus en plus l’amitié de l’evêquc ôc du peuple de Touloufe. Il renonça fcen °î' u
folemnellement d la même année 1138. en faveur de ce prélat, au droit dq-otiiii^dcs
dont les comtes de Touloulê les prcdeceffèurs avoient joui auparavant, de £Vacv”ie.e
fe faifir de la dépouille des évêques après leur mort. Alfonfe fit cette renon- dzv-4Sli
ciation en prelcnce de tout le peuple de Touloufe , allèmblé un Dimanche
dans la cathédrale de S. Etienne, pendant la célébration de la Mejfc matutU
nale ou de paroilîe , ôc en prefence de Bernard comte de Commingcs, Roger
comte dcFoix, Gautier vicomte de Terride, Ôc plufieurs autres lèigneurs.
Le comte de Touloulê fait mention de fis vi^uiers dans cet acte, ôc de fis bai- * Bajuf orumi
les * dans un autre de l’année Suivante c. Les premiers avoient l’adniiniftra» cPr.p.^9.
tion de la juftice , ôc les autres le foin de fes domaines.
Gautier elt le plus ancien vicomte de Terride dont nous ayons connoiflân- di
ce. Nous trouvons enfuite un Arnaud-Gaufbert fils du vicomte de Terride , qui Gimoez ou de
en néé. lit une donation ( en faveur de l’abbaye de Bellepcrche. Cette vi- Tfn^eje [tibi
comté s’étendoit dans le païs de Gimoez , ainfi appellé de la riviere de Gb ifsfiupenbt.
mone qui l’arrofe, ôc comprenoit la portion la plus occidentale du diocèfe
de Touloufe à la gauche de la Garonne, vers le confluent de ce fleuve avec le
Tarn. Ce païs dépend aujourd’hui du diocèlè de Montauban : fes vicomtes
fe qualifioient indifféremment vicomtes de Gimoez ou de Terride , château
qui étoit le chef-lieu de leur domaine.
Roger III. comte de Foix fignala là pieté en 1136. par la fondation g d’une xliv.
maifon de l’ordre des chevaliers duTemplc, aufquels il donna en franc-alleu , ^
de concert avec la comtellè Ximenc fa femme , le lieu de la Nogerede, fitué fo^dc la com¬
aux environs de l’Aricge, & qu’il voulut qu’on nommât à l’avenir Ville- nunderic de
Dieu. Arnaud deBedos ôc Raymond de Gaure , frères de la milice du Tem- IcsTcm.
pie, reçurent au nom de leur ordre cette donation, qui fut faite entre les pikrs.&rcnon-
mains d’Amelius évêque de Touloufe. C’cR la plus ancienne commandcrie « 3 ics Jro,:!
de i ordre des Templiers que nous trouvons avoir etc fondée dans la pro- iez «.
vince. Cet ordre militaire qui avoit été établi à Jerufilem en 1 1 zo. h & {iftfTai
dont la règle fut approuvée huit ans après au concile de Troyes, en poflèda a„\
depuis pluiieurs autres très-conlîdcrables dans ce païs.
Quelque tem s après le comte de Foix accorda la protection à l’abbaye de
Lezac, fituée « dans l’étendue de fon domaine, S c alors expoféc aux pilla- ;.Pr.f.4s<.&
ges & aux vexations , foit des grands du païs, foie des étrangers. Guillaume Jtj.
qui en croit abbé, convoqua, du contentement de fa communauté ,au mois
d’Avril de l’an 1139. du tems d' Alfonfe comte de Touloufe , & de l'cvcque Ame-
lius , les princes & les nobles du pais * fçavoir le même Roger comte de Foix,
Bernard comte de Commingcs, ôc les lèigneurs de Benque , d’Hauterive,
de Beaumont, de Marquefave ôc dcMontaut, défenlèurs du monaffere $ ôc
leur remontra l’état pitoyable où il croit réduit par les cour fes des brigands.
Pour y remédier, tous ces feigneurs furent d’avis , de ceindre de murailles le
lieu de Lezat, ôc d’y faire bâtir un château. Le comcedeFoix voulut bien re¬
noncer en cette occafion à tous les droits qu’il avoit fur l’abbaye 5 ce que le
.comte du Commingcs Ôc les autres feigneurs firent aulfi , à fon exemple, avec
promette de ne pas le faire la guerre dans les limites de l’abbaye ôc de fes dépen¬
dances^ Entre ces dernières croit le Prieuré de S. Beat au diocèfe de Commin-
Tome II. H h h ij
1 1 3
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.An.i 139.
a J’r./>.47_.
bCjill.chr.noi).
*7 t.col.u
XLV.
Mariage de
Roger vicomte
de CucaÜ'oa-
nc. avec Bec.
nardc fille de
Bernard comte
de Commid-
gcs.
c V. NO TE
XXll.ri.L6. rV
H*-
iPr.fr g?.^.
/**•
C Cartkl. de
£ tbb.de Lez.it.
XLVI.
Vico mes de
5. Aiiconm.
f Cafe/ mem.
p.Mo.
fjrifdes chur.
de Toul.J*c.\.
».î*.
h (Jill.ehr .nov.
td.tO.l.LOS.
i
l GAll.cnr.nov,
ed.to. i .i/»ylr,
XLvir.'
Concile d'U*
fez.
ai Pr.p.+sS.fr
0G4//. chr.no v.
id.to. i.f.334.
XLVIIL
S.'igueursd'U*
icz.dcPofq.iic-
rcs , de Luucl,
&”c.
oG*ll.chr ibsd .
f >U<.
P rNor- n/.
418 HISTOIRE GENERALE
ges , où on pofledoic 3 encore alors les reliques de ce fainr, Se celles de S.Privar,
comme il paroît par l’ade de leur tranflation faite en 1131. par Roger évêque
deCommingcs. Ce prélat prenoit le furnom6 de Nur5 il etoit frere de Ber¬
nard de Montaut , qui en 1 1 43 . offrit fon fils Eudes dans la cathédrale de Tou.
loufe pour y être chanoine régulier.
Le domaine du comté de Comminges , partagé auparavant en differentes
branches c , étoit alors réuni fur la tête de Bernard dont on vient de parler.
Ce comte avoir époufé Dias fille & heritiere de Godefroi feigneur du château
de Muret au diocèfe de Touloufe, fie vafial pour ce château , du feu vicomte
Bernard- Aton. Il avoir de fa femme au mois de Mai de l’an 1139. trois fils,
nommez Bernard de Comminges, Roger & Odon de Samatan , fie une fille
appeliée Bernarde. Il donna alors celle-ci d en mariage à Roger vicomte de
Carcaflonne de Râlez Sed’Albi , avec les châteaux de Lille fie de Cafclas dans
le Comminges. Godefroi aycul de Bernarde lui donna de fon côté le château
de Muret dont il avoir déjà difpofé en faveur de fa fille Dias, fie qu’il avoua
devoir tenir en fief de Roger. Il fit cette donation à condition que fi ce der¬
nier mouroit fans "enfans de Bernarde , le château de Muret reviendroit au
comte de Comminges. Celui-ci appella en même tems Roger fon gendre, tant
à la fuccelfion de fon comté , qu’à celle des châteaux de Muret & de Samatan
que fa femme lui avoit apportez en mariage , en cas qu’il vînt à décederfans
enfans mâles 5 mais Roger étant mort lui-même fans pofterité , ces deux châ¬
teaux fituez dans leTouloufain , demeurèrent dans la maifon de Comminges,
fie furent unis au comté de ce nom. Us ont donné le leur à deux petites vil¬
les qui font l’une fie l’autre capitales de deux châtellenies très-confiderables
du comté de Comminges. La derniere appartient aujourd’hui au diocèfe de
Lombcz. Bernard comte de Comminges, fie fon fils Odon, donnèrent c en
1140. quelques domaines fituez à Muret , à l’abbaye de Lezac , fie à Aton qui en
étoit abbé.
On vient de voir qu’Amclius étoit encore évêque de Touloufe au moisd’A-
vril de l’an 1139. Raymond lui avoit déjà fuccedé f en 1140. ce qui peut lervir
à fixer à peu près l’époque des coutumes de la ville de S. Antonin, fituéefur
les frontières du Rouergue , du Querci fie de l’Albigeois y car fuivant l’origi¬
nal g qui cft au tréfor des chartes du Roi , ces coutumes furent données par
Ifarn , Guillaume-Jourdain , fie Pierre vicomtes de cette ville , de l’avis d’Ay.
mar évêque de Rodez , mort avant l’an 1 144. fie de Raymond évêque de
Touloufe, dont le furnom étoit de Lautre '. Les trois frères, Ifàrn, Guil¬
laume-Jourdain fie Pierre jouirent par indivis de la vicomté de S. Antonin juf-
qu’en ii y y. qu’ils en firent le partage k. Il paroît qu’ils avoient un quatrième
frere : car on trouve dans une donation 1 faite en 1134. par les chanoines de
faint Antonin , la foufeription d’If’arnfiede Sicard vicomtes.
Gui cardinal diacre ra, fie Guillaume archevêque d’Arles légats du faint fiege
préfiderent en 1 139. à un concile qui fut tenu dans la cathédrale d’Ufez par
ordre du pape Innocent II. Cinq évêques , dont les noms de la plupart ne font
marquez dans les actes que par leurs lettres initiales , s’y trouvèrent ; fça-
voirP. de Nice, R. d’Agde, G. de Nifmcs, Jean de Viviers, fie G. d’Ufez:
d’autres n lifent Jaucerand de Viviers ô c Everard d’Ufez. Les abbez Pierre
de S. Gilles, fie Jean de S. Allire de Clermont aflifterent aufii à ce concile,
quifutaflcmblé pour terminer la conteflation qui duroit depuis long-tems entre
les abbayes de S. Tiberi fi c de la Chaife.Dieu , touchant l’églife de Beflàn,
laquelle fut adjugée au premier de ces deux monaftercs ,à condition qu’il paye-
roic tous les ans à l’autre 13. fols Melgoriens de rente.
L’évêque d’Ufez dont on vient de parler, avoit fuccedé depuis peu à Ray¬
mond qui occupoitce fiege en 1130. fie qu’on dit 0 fils de Raymond-Decan
feigneur d’Ufez fie de Pofquicres : mais il eft certain qu’on fe trompe P , fie que
Raymond évêque d’Ufez , fils de ce feigneur, ne fut élû qu’en 1 1 50. Ray¬
mond Decan mourut au mois d’Aoùt de l’an 1138. fie fut inhumé dans l’églile
de S. Pierre de Pfalmodi, où on voyoit autrefois fon épitaphe. Il laifia plu-
fieurs autres enfans ; Ravoir Roftaing qui fut le fécond feigneur de Pofquie-
res de fon nom , fie qui époufa en n 1 1. Ermeffinde fille de Bernard Atoa vicomte
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b V.NOTF. L.
DE LANGUEDOC. Liv. XVII. 4z9 _
de Carcafïbnne , Bermond qui prit le furnom d’Ufez, Aldebert ou Albert qui An.ii 39.
fucceda en 1141. à Guillaume evêque de Nifmes , Sc fut facté 1 à Rome le a Pr.pn.
jour de lâint Thomas par le pape Innocent II. Pierre évêque de Lodeve de¬
puis l’an 1154. jufqu’en 1160. Raymond évêque de Viviers en 1158. ou 1160.
Sc. enfin Faydide femme d’Alfonfe-Jourdain b comte de Touloufe. b yNOT-~-
Roftaing 1 1. de Polquieres fils de Raymond-Decan , eut deux fils d’Ermef-
finde de Beziers fa femme, Pierre & Roftaing III. dont on a parlé ailleurs.
Bernard-Aton vicomte de Nifmes engagea c en 1146. au dernier, qu’il appelle c Vr.p. pf.
fon neveu , pour la fournie de 8 8. marcs d’argent du poids de S. Gilles, la juftice
des domaines que le même Roltaing poiledoit dans le diocèfe de Nifmes, avec
le droit d’éxiger les fennens de fidelité dans les châteaux de Marguerites ,
de Beauvoifin, Sc de Cauvillon , qu’Ermeflînde mere de ce fèigneur avoit d eus dp.w.
en dot. Aldebert evêque de Nifmes , Bermond d’Ufèz, Roufcellin de Lunel ,
& Pierre de Pofquieres, qui eft fans doute le même que le frerede Roftaing
III. furent prefens à cet engagement. Il paroît que Roftaing II. pere des
deux derniers étoit alors décédé ; que ceux-ci moururent l’un Sc l’autre fans
pofterité , Sc que Bermond d’Ufêz leur oncle recueillit Jeurfuccefiïon. Ce
dernier qui vécut au moins jufqu’en 1169. c /e qualifioit en effet alors fei- cv.koteiu.
gieurd'Vfez^& de Pofquieres j mais il ne pofièdoit que la moitié de la fèigneu- ibu-
gneurie d’Ufez. L’autre appartenoit à Rainonou Ramier fon oncle , ou aux
defeendans de celui-ci. Tous ces feigneurs d’Ufez firent hommage en 1146. à
Bernard-Aton { vicomte de Nifmes , pour differens fiefs qu’ils pofied oient dans fpr.p.^4.
le diocèfe de cette ville, entr’autres pour la châtellenie des Arènes Sc la tour
qu’on nommoit épifcopale. Leur nom n’eft marqué qu’en general dans l’acle.
Raynon feigneur d’Ufez en partie, eut fc de Beatrix fa femme un fils appellé g NOTEibU.
Guillaume qui mourut fans pofterité j Sc une fille nommée Roze ou Rofcie
qui époufa Roftaing deSabran, Sc apporta dans cette maifon la moitié de la
feigneurie d’Ufez. Au fefte Roufcellin ou Rqfcelin de Lunel dont nous venons
de parler étoit feigneur de cette ville , fîtuée dans le dioccfe de Montpellier
vers les frontières de celui de Nifmes. Nous ne fçavonspas fi Pons , Bertrand
&Berenger de Lunel freres , Sc Bernard-Raymond de Lunel qui en h 1138.
poflèdoient des biens dans la Vaunage au diocèfe de Nifines, étoient de fa J*c 1.0.1.
maifon.
Les évêques de la province s’aflemblerent de nouveau en 1 140. pour un con- xf^coDcile
cile ' qui fut tenu dans la cathédrale de Narbonne. Arnaud archevêque de c *e N irbonnc*
cette ville y préfida, Sc les évêques Bernard * de Beziers , Raymond de Ma- 1140!'
guelonne, Raymond de Carcaflonne, Raymond de Touloufè, & Udalgarius iconai.to.ioi
d’Elne y alfifterent. Ce dernier fè leva en pleine afîcmblce, Sc fit Je récit des
calamitez aufquelles fon dioccfe étoit expofe par les courfes frequentes des pira- p-* 94.
tes Sarafins,qui maflàcroient impitoyablemencleshabitans, ou les emmenoient
en efclavage , Sc demandoient actuellement cent jeunes filles pour larançon des Bctmood.
prifonniers qu’ils avoient faits. Il ajouta qu’il avoir promis aux infidelles de
racheter ces captifs: mais que n’étant pas aflèz riche, il ferecommandoità la
charité du concile. Les évêques touchez de ce récit , ordonnèrent qu’on fe-
roit une quête dans la province ; Sc pour engager les fîdelles à donner plus
libéralement, ils accordèrent à ceux qui participeroient à cette bonneœuvre, &
quiauroient fait une véritable confeffion, laremifiïonpleniere de leurs pechez,
excepté des pechez publics.
Raymond évêque de Maguelonne s’accorda k au mois de Septembre de la l.
même année avec Guillaume VI. feigneur de Montpellier fur plufieurs arti. *nrr*
fies. 1 ®. Au fujet d’un château que ce feigneur avoit fait conftruire au bord mJ^iodoc
de l’étang de Lates , qu’on nommoit pour cela le P alu * , Sc qu’il s’obligea de & i« feigneur
tenir en fief de l’églife de Maguelonne. i°. Touchant les navires qui abor-
doient au porc de Lates Sc qui dévoient payer un certain droit i cette égl ife. H*
3°. Sur les vaflaux de la même églife qui alloient s’établir à Montpellier. ’DcPj,1*Jc-
4°. Sur la juftice des clercs, que Guillaume abandonna à l’évêque, y0. Enfin
fur le lieu de Montpeilleret , au fujet duquel ils s’en tinrent aux accords
précedens. Le feigneur de Montpellier acquit 1 en fief la même année de 1 Pr-p.^i.^
Berenger-Raymond comte de Mekueil & marquis de Provence , le château de Jli-
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43°
HISTOIRE GENERALE
A.N.1140. Paulhan fitué dans le diacèfe de Beziers, ôc dépendant du comté de Melgueil,
pour la Comme de dix mille Cols Melgoriens. Berenger s’engagea à Caire ratifier
cette vente par Raymond. Berenger Con frere comte de Barcelone , 6c par
Beatrix fa femme , lorCqu’elle fèroit en âge.
Tl- Le comte de Barcelone avoit Cait alors Ca paix avec Alfonfe VII. roi
dcTouiouîe" de Caftille, qui lui diCputoit le royaume d’Aragon. Ces deux princes con.
fait un nou- vinrent de cette paix dans une entrevue qu’ils eurent à Carion a au mois de
geVsjlcqucI Janv>cr de i’an 114°.' Leroi rendit au comte les villes de Saragofle 6c de
en Galice, il Tarragone, 6c pluficurs autres places du voifinage donc il s’étoit emparé,
* condition que ce dernier reconnoîtroic la Cuzeraineté Cur tous ces païs. Après
toîsde Caftiiic cet accord Alfonfe Ce mit en armes contre G arfias IV. roi de Navarre , qu’il
aclrM^A^nf V0U^°*C obliger aufii à devenir Con vallàl , 6c alla alliegcr Pampelune. Garfias
viUfuUSM. après avoir pourvu à la défenCe de Ca capitale, fè mit de Ion côté en campa.
dov- . gne pour s’oppoCcr au Caftillan , l’attaqua le 14. d’Avril Cuivant, 6c remporta
v.PatiM 4 nn. pur juj Qne vjLq0jrc COmplettc. Alfonfe honteux de là défaite leva de nouvel¬
les troupes dans le dcflèin de Caire une nouvelle irruption dans la Navarre, ce
qui engagea Garfïas à appcller Je roi Louis le Jeune à Con fbcours. AlfonCe fè
préparoit à cette expédition , 6C avoit établi Con quartier à Najara fur les fron¬
tières des deux états, lorfqu’Alfonfe-Jourdain comte de Touloufe Con coufin
germain , qui avoic entrepris un nouveau pèlerinage à faine Jacques en Galû
ce , palfa dans ce lieu à lami-Mai de la môme année. Ce comte également uni
avec les deux rois , s’entremit aufii-tôt pour les pacifier , 6c les obligea enfin i
convenir d’une CuCpcnfion d’armes jufqu après fon retour de S. Jacques. 11 tra¬
vailla alors de concert avec divers prélats 6c feigneurs à établir entre l’un 6c
l’autre une paix Colide, qui fut enfin conclue le 15. d’Octobre fuivant, ôc
cimentée par le mariage de Blanche fille du roi de Navarre , avec Sanche fils
aîné du roi de Caftille.
Alfonfe-Jourdain après avoir repafle les Pyrénées , fit un voyage du côté du
Rhône, ôc le rendit la môme année à l’abbaye de S. André d’Avignon, en
faveur de laquelle il accorda alors b une charte en prefence de Raymond ôc
d'Hugues de Baux
■.Pag
H40JI.&1.Ô*
h*
LU
Expédition Hu
roi Louis le
Jeune contre
le comte «le
de Roftaing de Sabran , 6c de divers autres feigneurs de
Touloulc. ~ ^ • r
b rr.f. 4y1.fr Provence &c du bas Languedoc. II fut obligé bientôt apres de revenir dans fa
/'?• capitale, fur le bruit des préparatifs que le roi Louis le Jeune faifoic contre
" lui. Ce roi mit en effet une armée fur pied au printems de l’an 1 141. 6c s’é¬
tant avancé jufqu’à Touloufe il entreprit le fiege de cette ville. C’eft tout ce
1-141.
cordtr.vii.il. que nous apprend de cette guerre un hillorien c qui ccrivoit alors, 6c qui
i.up.911. nous en laillè ignorer 6c les motifs 6c les circonftanccs. Il fait feulement en -
d p.9 14- tendre dans un autre endroit a que l’expédition ne fut pas heureufe pour
e Gmti.Ueubr. Louis. Un auteur Angloisc qui a écrit un peu plus tard , prétend que ce prince
i.i.t.io. demandoit à Alfonfe , au nom d’Eleonor la femme, hcritiere d’Aquitaine, la
reftitution du comté de Touloufe que Guillaume IX. comte de Poitiers, ayeui
de cette reine, pour fournir à fesdepenfes , avoit engagé, dit-il, à Raymond
de S. Gilles pered’Alfonfe, 6c que Guillaume X. pere d’Eleonor avoit négligé
de retirer. Mais cec liiftorieii ajoute quelques autres faits dont la faullèté
peut faire douter de la vérité de ce prétexte. Il dit que le comte Alfonfe, qui
n’avoit aucune bonne raifon à oppofer à Louis , s’appliqua uniquement à
défendre fes états contre ce prince, 6c qu’il trouva enfin moyen de l’appai-
fer , en faifant époufer à fon fils , Confiance focur de ce roi , 6c veuve
t v. A^e hifl. d’Euflache comte de Blois. Or il ell certain d’un côté f que le roi Louis le
Se». t. i.p.71- Jeune répudia Elconor le 18. de Mars de l’an 1 1 51. 6c que de l’autre Con.
fiance fa focur n’étant devenue veuve qu’au mois d’Aout de l’an 1153. elle ne
peut avoir époufé Raymond fils d’ Alfonfe qu’après cette répudiation , 6c plu-
fleurs années par conféquenc après la mort d’Alfonfe. Louis n’avoit donc
plus aucune prétention lur le comté de Touloufe dans le rems de ce mariage.
Quelques modernes ont ajouté diverfes autres circonftanccs qui ne font pas
g r.nvaife vit mieux fondées. Un ?, cncr’autres,a fait un vrai roman de J’expedidon du roi
utSujri. s. Louis le Jeune contre Alfonfe comte de Touloufe. » La jeune reine Eleonor
fille de quinze ans ne
fortement fon époux.
n 6.
h Lid.
«qui avoit l’cfprit extrêmement h avancé, 6c plus qu’une
» l’a ordinairement , dit ccc écrivain , avoit deja follicité
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DE LANGUEDOC. Liv. XVII.
4H
de retirer le comté deToploufè des mains d’Alfonfe , qui le lui retenoit,difbit- « AN.1141
elle,injuftcment , & qui failoit partie de la fucceffion de lés peres. Cette ou- «
verture plût extrêmement à Louis.-il vit que ce comté étoit à labienféance,&c.«
Il fit examiner le droit de là femme dans fbn confeil,& on trouva efïèétivemenr«
qu’il n’étoit point chimérique, &c. AlfonfèfMt donc fommé delà part du roi «
de rendre ce comté, comme appartenant à là femme. Et comme il répon- «
dit qu’il lui avoit été vendu par fort frere amé , & non pas engagé , on lui «
déclara la guerre. Suger n’étoit point de cet avis 5 non feulement «
il voyoit que le droit croit douteux, parce que le Touloufain faifoit pa.«
roître un contrat de vente en bonne forme , êcc. Mais les prenantes follici- «
tâtions d’une jeune époufè , qui l'çair employer adroitement & les larmes & «
les carefll-s pour obtenir ce qu’elle fouhaite , font un puidant charme. Louis «
ne pût y réfifter. Suger pour cette fois ne fut point écouté, &c. » Il eft inutile
de s’arrêter davantage fur toutes ces circonftances dont l’auteur n’a d’autre
garant que fon imagination. Il auroit dû au moins éviter de fè contredire }
car il prétend d’un côté que le comté de Touloufè fut engagé à Raymond de
S. Gilles par le comte Guillaume IV. fon frere, & il fait dire peu de lignes après
à Alfonfe , qu’il lui avoit été vendu par fon frere , & non pas engagé.
Enfin fi nous en croyons un nouvel hiftorien 1 d’Angleterre, le roi Louis le a Rf/nUoir.
jeune entreprit de faire revivre les droits de la maifon de Poitiers fur le h,Ji-‘t‘Antu-7-
comté de Touloufè, au nom d’Eleonor fon époufe , après la mort du duc Guil¬
laume fon beau-pere , contre Raymond V. comte de Touloufè , en faveur du¬
quel il fe défifta enfin de fès prétentions après une longue négociation } epete
affaire ayant été terminée , ajoute cet hiftorien , par le mariage du comte avec
Confiance fœur de Louis. Mais cela ne peut regarder la guerreque ce roi en¬
treprit en 1 1 41. contre Alfonfe pere de Raymond, comme le même auteur
le donne à entendre , êc Louis ne peut s’être défiflé de fes prétentions fur le
comté de Touloufè dans le tems du mariage de fa feeur avec Raymond , puis¬
qu'on vient de voir que ce mariage ne fe fit qu’en 1154. & que Louis étoit alors
léparé d’Eleonor : fi ce roi fè défifta donc de fès prétentions fur Je comté de
Touloufè , ce dût être en j 141. en faveur d'AIfonfe , & non en 1 1 54. en faveur
de Raymond.
Alfonfe heureufement délivré desarmesalu roi Louis le Jeune , témoigna, tc^*cc Je
après le départ de ce prince , fa reconnoiflance b envers les habitans de la ville Touioufclc-
& du fauxbourg de Touloufè qui l’a voient aidé à fe défendre. Il leur accorda C0lde dirers
un privilège, tant en fon nom que de toute fa pofterité , de pouvoir vendre JaWtafs 5 je*
librement leur vin fans payer aucun ufâgé, & à ceux de la campagne de ne cette yiife.
payer qu’un denier par fàumée. Il permit auffi aux Touloufâins de prendre le
lel où ils voudroient fans rien payer , excepté ceux qui en faifoient commerce ,
qu’il chargea de donner un certain droit. L’aéte eft daté du mois de Novem¬
bre de l’an 1141 .fous le régné de Louis roi de France j ce qui fait voir que l’ex-
pedition que ce roi avoir entreprife contre Alfonfe , né diminuarien de 1 a
foumilîion que ce dernier lui dévoie.
Le comte de Touloufè étoit alors brouillé de nouveau avec le comte de
Barcelone , & il favorifa ouvertement la révolte des habicans de Moncpellier
contre Guillaume VI. leur feigneur, allié de ce prince j ce qu’il faut reprendre
de plus haut.
Après la maifon des feigneurs de Moncpellier , la plus confiderablc de cette da
ville étoit celle des Aimons ou Aimoins, qu’on fait defeendre c de la même babiunsde
fouche. Ces derniers pofîèdoient divers droits à Montpellier, entr 'autres la. M°mpellier
. . , ...... .r - r . 1,1 • * contre Girir-
viguene dont ils faifoient hommage aux feigneurs , ieJqueis prenoienc tou- Urne vi. jCUr
jours un de cette famille pour' leur lieutenant. Guillaume VI. interrompit £'èDfur-
cet ufage, & nomma pour fon viguier ou lieutenant une perfonne d’une aurre joulouic’^s
maifon. Les Aimons irritez de cette préférence réfolurenr de s’en venger y & (outrent & 1 ft
Guillaume ayant vauju exiger en 1141. des habitans de Moncpellier un nou-
vel hommage & ferment de fidelité , ils profitèrent de cette occafion poq r
foulever le peuple. La révolte alla fi loin que Guillaume fut chafîc honteu- Jt* l'*’
fement de la ville, & obligé de fè réfugier au château de Lares. Ce feigneur
qui étoit fort lié d’amitié avec le pape Innocent II. qu’il regardoic d’ailleurs
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43*
HISTOIRE GENERALE
AN.n4.1- commc fonfuzerain, lui dépêcha *auffi_tôt pour lui apprendre la rébellion
de ( es fujets , & le prier d’interpofer Ton autorité pour les faire rentrer dans
leur devoir. Le pape répondit à Guillaume le 3. d’Oclobre de la même ait.
•îM.f. née*. Il lui témoigne dans là lettre une grande affè&ion , le regarde www? u%
^ ' -prince catholique , & un fls fëeciai de S. Pierre , 8c l’exhorte enfin à avoir patien¬
ce. Il excommunia cependant les rebelles , entr’autres ceux quon appelloit con-
fuls de Montpellier , 8c mit la ville en interdit , donc il n’excepta que l’ad-
- - miniftration du baptême pour les enfans , 8c celle du facrement de peni-
1142. tence pour les moribonds. Il écrivit le premier de Janvier fuivanc à l’arche¬
vêque de Narbonne, à fes fuffragans, à Guillaume évêque de Mende , 8c à
•Humbert évêque du Puy,pour leur ordonner de défendre à leurs diocèfains
-d’avoir aucune communication avec ceux de Montpellier. Ces lettres nous
apprennent qu’il y avoit alors des confuls dans cette ville, 8c c’eft le plus
ancien monument -que nous ayons de ces magiftrats municipaux dans Mont-
■pellier.
Innocent II. écrivit peu de tems après aux mêmes prélats, pour les enga¬
ger à détourner Alfonle comte de Touloufe de foûtenirles habitans rebelles
de Montpellier, avec ordre, en cas de refus de la part de ce prince, de le
déclarer publiquement excommunié , 8c d’empêcher qu’on ne célébrât le
fervice divin dans fes états. Le pape fait mention de cet ordre dans une autre
b îliif.iiu lettre b qu’il écrivit le ii.de Mars de l’an 1142. à Guillaume de Montpellier, 8c
dans laquelle il lui marque , que l’exprès qu’il lui renvoyoit lui apprendroit ce
qui avoit été réfolu au lujet de l’évêque de Maguelonne. Nous inférons de cet
c v.Gtil- chr. endroit de la lettre c , que ce prélat avoit embralTé le parti des rebelles ; 8c
en effet le pape ne s’adrelTa pas à lui, comme il l’auroit dû faire naturelle¬
ment pour les excommunier. Les évêques de la province en Conféquence
des ordres qu’ils avoient reçus du pape , firent tout leur poffible auprès du
comte de Touloufe pour l’engager à celTer defavorifer cette rébellion 5 mais
toutes leurs remoncrances étant inutiles , ils prononcèrent enfin une fentence
d’excommunication contre lui.
Lv. Ces divifions partagèrent prefque toute la province , dont les principaux
«îiler«daDsJa fa’gncurs étoient d’ailleurs armez les uns contre les autres. Roger vicomte de
provmce. a c- CarcafTonne , 8c Sicard vicomte deLautrec entr’autres , fe faifoient d la guerre
fontc'comcfdc en I,+I*aa *ujec de quelques domaines mouvans de l’abbaye de S. Benoît de
Touloufe, & Cadres, que le dernier prétendoit lui appartenir par droit d’héritage , 8c qui
Roger vicomte iuj demeurèrent par le traité de paix que ces deux vicomtes firent enfemble
au mo's Septembre de la même année.
ftj. D’un autre côté le même Roger étoit en différend en 1142. avec Roger III.
cPr.p.4rt.& comte' deFoix, Ifarn de Dourgne, le vicomte Ifarn , 8c Guillaume-Aton
/*?• de Villemur , qui lui avoient enlevé divers châteaux. 11 paroît qu’Alfonfe
comte de Touloufe protégeoit ces feigneurs , 8c qu’il s’étoit même ligué avec
eux pour faire la guerre à Roger. C’eft ce qu’on peut inferer d’un a<fte 1 du
26.de Juin de l’an 1 141. fuivant lequel Alfonfe promet i°. d’obliger le comte
de Foix , 8c les trois feigneurs , dont on vient de parler , à rendre à ce vicomte
les châteaux de Balaguier 8c de Dourgne, à faire démolir le château neuf de
Villemur, 8c à lui permettre de recevoir le ferment de fidelité des habitans du
château de Graulhet.2°.De forcer le vicomte Ifarn à lui rendre l’acte du ferment
qu’il avoit éxigé des feigneurs & des chevaliers de Penne -, finon de leur faire la
guerre à tous, jufqu’à ce qu’ils fe fuflènt accordez là-deffus avec lui. 30. De
renoncer aux fermens de fidelité qu’il avoit reçus dans les lieux d’Avignonet 8c
de Brugnacen Lauraguais. 40. De faire jurer cette pai x par fes barons, y®. De
l’aider envers tous 8c concre tous , excepté contre fes vaffaux de Touloufe &
de S. Gilles. Ce traité eft fouferit par Bernard de Canet qui en avoit été le
principal entremetteur, par Hugues comte de Rodez , Bernard comte de Corn-
minges , Sicard vicomte de Lautrec , Pierre de Minerve , le vicomte Trencavel
frere de Roger , Roftaing de Pofquieres, 8cc. les châteaux de Dourgne, de
Balaguier 8c de Villemur étoient alors du diocèfe de Touloufe. Le premier
appartient aujourd’hui à celui de Lavaur , le fécond à celui de Mirepoix , 8c
le troifiéme à celui de Montauban. Quant à ceux de Graulhet ôc de Penne,
^ ils
f ibid.
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D £ LANGUEDOC Liv. XVll
ils font fi tuez en Albigeois j la.fituation du dernier fur les frontières du An. 1142*
Rouergue nous donne lieu de conjecturer que le vicomte Ifarn qui l’avoit en¬
vahi iur Roger, étoit vicomte de S. Antonin.
Ce traité ne fut pas exécuté, ou.s’il le fut, la paix ne fut que de peu de durée. Il LvI-
eft certain en effet que la guerre fe renouvel la bientôt apres entre ces divers pnn- mcnc ,ic u
ces & feigneurs , comme il paroîten particulier par la ligue que formèrent en-
fenible au mois de Novembre iuivant - le vicomte Roger, & Hugues comte de cal)ouuc fe i*.
Rodez. Celui-ci promit alors à l’autre par ferment « de le fecourir fîdelle-t« gixavcc le
mentcontre Alfonfe comte de Touloufe , de ne faire jamais ni paix ni trêve « dcz contrcîe
avec ce comte fans fa participation , 6c de l’aider contre tous, excepté contre « connerie Tou-
Sicard deLautrec &, fés propres vaflaux. » Roger fit de fon côté le même fer- l°uf,er'M9S ^
ment au comte de Rodez, avec promcllê de le fecourir contre tous , excepté feq.
contre Raymond-Bercnger comte de Barcelone.
On voit par ces divers monumens qu’en 1142. la plupart des princes & des
principaux fèigneurs de la province étoient armez les uns contre les autres j
que les comtes de Barcelone & de Rodez , le vicomte de Carcaflonne ,6c, à ce
qu’il paroîtaulli ,lcs vicomtes deBeziers & de Nifmejfès freres , le vicomte de
LautrecSc le feigneur de Montpellier s’écoient liguez contre le comte de Tou*
loufè, & que ce dernier de fon côté s’étoit ligué avec le comte de Foix 6c le
vicomte de S. Antonin. Nous verrons bientôt qu’Ermengarde vicomte/Te de
Narbonne entra dans la ligue du vicomte de Carcaflonne pour fe faire rellituer
fa vicomté que le comte de Touloufe lui détenoit. . •
Ce dernier pour fe foûtenir concre tant de puiflances, continua de favorifer la Lericrniî/f*.
rébellion des habitans de Montpellier contre leur feigneur , malgré l’excom- voiifch guerre
mimication donc les évêques delà province l’avoient frappé pour cela par ordre ‘jj1’ x
du pape. Il aida auffi de toutes fes forces les feigneurs de la maifon de Baux qui
étoient en guerre avec Berenger-Raymond comte de Provence , frere du comte comtc lfe 1>r°-
de Barcelone. vcocc'
Pour mieux entendre lefujctde cette guerre, donc Alfonfecomte de Tou¬
loufe fut peut-être le promoteur , afin de donner de l’occupation aux comtes dé
Barcelone 6c de Provence fes ennemis, il faut fereflôuvcnir que Gilbert b vicomte bv.Mirc.Hifp.
de Milhaud ôcdeGevaudan n’eut de fon mariage avec Gerberge comte/Té de
Provence, que deux filits, Douce ScEtiennetre* que celle-ci époufa Raymond
de Baux, & n’eut pour là dot que quelques terres fituées en Provence, lef-
quelles furent appellécs dans la fuite terres Baucenqnes ; 2c qu’enfin Douce hé¬
rita du comté de Provence , & de tous leurs ancres domaines , lorfqu’elleépoufk
en nu. Raymond-Bcrenger III. comte de Barcelone. U ne parole pas que Ray¬
mond de Baux fe foie plaint de l’inégalité de ce parcage durant la vie de Douce
6cdu comte de Barcelone fon mari -, mais quelques années après leur mort, lui
& fon fils Hugues prétendirent à la moitié du comté de Provence , déclarèrent
la guerre à Berenger-Raymond fils puîné & heritier de Douce , & furent fôu-
tenus par Alfonfe comtc de Touloufe.
L’union qui étoit entre ce dernier 2c les fèigneurs de la maifon de Baux, pa-
roît par divers monumens , entr’autres par une charte de ce prince , qui s’étant
renduc avec fon fils Raymond dans l’abbaye de S. André' fur le Rhône au mois cPnp^jii
de Septembre de l’an 1142. y reftitua en plein chapitre, en pre/ênee de Bertrand
de Sabran , d'Hugues de Baux, & de plufieurs autres feigneurs de Provence 2c
de Languedoc , les biens qu’il avoir ufurpez fur ce monaftere , 6c confirma les
donations que lui & fes prédecefleurs y avoient déjà faites , moyennant deux Noi^vni .
mules du prix de 500. fols , dont Guiraud , qui en étoit abbé, lui fit prefent,
Le comte Alfonfe fit la paix quelque tems après avec Roger vicomte de Alfonfe coma
Carcaflonne , Ermengarde vicomtefTe de Narbonne , 2c quelques-uns des fèi- r
gneurs de la province liguez contre lui. Roger fut le feul qui ilipula avec ce dcCuatton.
comtedans le nouveau traité, a qui fut moyenne par le même Bernard de Canet
quiavoitnégociécleprécedent.i°.Alfonfeprometderendre la ville de Narbon- téJe nÏTcZ'
ne à Ermengarde , 6c de renoncer au ferment de fidelité qu’il a voit exigé des
habitans de cette ville & du N drbonnois ; il efl dit que cette vicomte/Te feroir dc ccm rf-1’"
jurer de fon côté l’obfervation de la paix qu’elle avoir conclue avec ce comte, comtd,f-
par quarante chevaliers de Narbonne, fon mari par vingt autres chevaliers ,f^'M>s'^
Tome II. iii
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An.i 141.
a r. ci-dejjus
n . i U
b C*tel mem.
N**
C V.UUzat
hift. de U c*Ja
de L*ra l. 3.
ch.l*
4Î4 histoire generale
Roger de Béziers par un pareil nombre, de CarcalTbnne 8c de Rafez,Trincavel &
Raymond- Etienne par vingt chevaliers des diocèfes de Beziers & d’Agdc , 8c
enfin Pierre de Minerve, Guillaume 8c le vicomte Sicard par vingt autres* le
tout par l'autorité de Bernard de Canet. i°. Le comte de Touloufe promet au
vicomte Roger de lui rendre le château d’Arifat 5 de lui remettre le ferment de
fidelité qui lui avoit été prêté pour le château de Brugnac > de faire démolir
les fortifications qu’il avoit faites à Candcil * de lui faire reftituer, s’il étoit
poflible , les châteaux de Balaguier 8c de Dourgne, (inonde déclarer la guerre
à ceux qui s’en étoient emparez -, d’obliger le vicomte Ifarn à reconnoître qu’il
tenoit de Roger le château de Graulhec, 8c à lui remettre le ferment de fide.
lité qu’il avoit éxigé des feigneurs 8c des chevaliers de celui de Penne, ou de
faire la guerre à ce vicomte en cas de refus * d’engager Guillaume. Aton à dé-
molir le nouveau château qu'il avoit conftruit à Villemur * de donner la liberté
fans rançon à Gaillard dcFanjaux , 8c à quelques autres prifonniers* de faire
rendre ce que le babitans de Lavaur avoient reçu de Jourdain de Lille * 8c
enfin d’obliger le vicomte Sicard à s’accorder avec lui par l’arbitrage de Ber¬
nard comte de Comminges , au fujet de la deftru&ion de Molandier. 30. Ilpro-
met au même vicomte Roger de lui donner foixante mille fols Melgoriens, 8c
d’obliger Sicard à lui faire hommage pour les châteaux d’Avignonet 8c de Caf-
telnau (d’Arri) , comme ce feigneur avoit fait auparavant au vicomte Ber¬
nard- Aton (on pere. 40. De faire obferver la paix dans les châteaux que Roger
pofïèdoit dans le Touloufain 8c l’Albigeois , lorfqu’il la feroit obferver dans
les tiens propres * 8c en cas d’in fraction de la part des gens de Roger , ou de
refus delà fienne de faire rétablir la paix dans l’efpacede 40. jours, il (èré-
ferveie pouvoir de les y obliger, comme dans (on domaine. y°.Alfon(è(ê défifte
en faveur de Roger de la demande qu’il lui faifoit du Château-neuf d’Albi.
6°. Il promet de rendre à Trencavel vicomte de Béziers le château de Lunas,
ou ce que ce dernier avoit donné pour ce château , ou enfin la dot qu’Auftor-
ge avoir donnée à fa feeur, 70. De rendre à Bernard- Aton vicomte de Nifmes,
le ferment de fidelité qu’il avoit reçu i Bernis, 6c de ne plus en recevoir à
l’avenir. rf°. Enfin le comte de Touloufe promet de demeurer au pouvoir de Ber¬
nard de Canet, jufqu’à ce qu’il eut rendu la ville de Narbonne, 8c defefou-
mettre, quant à l’execution des autres articles , à la médiation 8c au jugement
de Bernard comte de Comminges, de Trencavel, du vicomte Sicard, & de
Guillaume de Brulhan $ 8c au défaut de quelqu’un des quatre , de s'en rap¬
porter au jugement de Bernard de Canet, ou de Pierre de Pepieux ; avec
promefîe que fi Roger venoit à mourir, le traité auroit la même force envers
les vicomtes Trencavel 8c Bernard- A ton fes frères Nous avons déjà parlé ail¬
leurs de la fituation de la plupart des châteaux a dont il eft fait mention dans ce
traité. Quant à ceux de Lavaur , Caftelnau-d’Arri , Molandier, Lunas& Ber¬
nis , les deux premiers font allez connus. Le troifiéme eft fitué dans le Laura-
guais 8c le diocèfe de Mirepoix: le quatrième dans le diocèfe deBeziers j £c
enfin le dernier dans celui de Nifmes.
Ce traité n’cft pas daté , mais la ligue formée au mois de Novembre de l’an
1142. entre le vicomte de Carcaflonne &le comte de Rodez contre le comte de
Touloufe, fait voir qu’il eft pofterieur à cette époque , & nous verrons bientôt
qu’il eft anterieur au mois de Février de l’année fuivante. Il y eft fait mention
d’ailleurs du mari d’Ermengarde de Narbonne. Or cette vicomrelTe ne fe
maria que le ai. d’Octobre de l’an 1142. Elle epoufa alors un comte Efpagnol
nommé Alfonfè dont on ignore la maifon ,6c auquel b, par le contrat de ma-
riage,elle fit donation de la vicomté deNarbonne,dont ils jouiroient en commun
pendant leur vie , 8c qui paflèroit en fuite à leurs enfans. Au défaut de ceux-ci
Ermengarde appelle à fa fucceffion fes proches. Pierre de Minerve eft le plus
qualifié des témoins qui fouferivirent à cet acte.
Ermengarde avoit une (ceur nommée Ermeffinde, qui fe maria environ
dix ans après avec un autre feigneur Efpagnol nommé Manrique de Lara,
comte deMolina1' , lequel fe rendit aufli recommandable par fa valeur 6c fes
exploits, qu’il l’étoit par fa naiflance. Ce feigneur fut fucceffivement gouver¬
neur de Tolede,6cde plufieurs autres villes confîdcrables d’Efpagne , ÔC Alferh
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DE LANGUEDOC. Liv. XVII.
4 U
major d’Alfon/è VII. roi de CaftilJe * dignité qui répond à celle de connétable. An.iH2,
L’hiftorien de la mai/on de Lara prétend qu’Ermeflinde partagea avec là lœur
la vicomté de Narbonne, mais il n’en donne aucune preuve : nous voyons au
contraire qu’Ermengarde fe qualifia toujours feule vicomtefle de Narbonne
jufqu’àla fin de les jours, 8c que le voyant fans enfans elle déclara pour Les heri¬
tiers fes neveux fils d’Ermefiinde , laquelle demeura toujours au-delà des Pyré¬
nées avec le comte Manrique Ton mari.
11 y a lieu de croire qu’Ermengarde rentra dans la poflelfion de la vicomté de
Narbonne aufli-tôt après Jaconclufion du traité de paix fait entre le comte de
Touloufe 8c le vicomte de Carcaflbnne, & que Je premier exécuta fidellemenc
fes engagemens. Nous voyons en effet que s’étant élevé peu de tems après quel¬
que difficulté 1 entr’eux au fujet de la reftitution du Château-neuf d’Albi, du sou
nouveau bâtiment deBruniquel, fie du lieudeBelIededansleLauraguais, Ber¬
nard comte de Comminges , le vicomte Trencavel, &Sicard de Lauran arbi¬
tres nommez dans Je même traité, décidèrent ce nouveau différend au mois _ ,
de Février de l’an 1143. Le comte de Foix & quelques autres feigneurs furent 1143.
prefens à ce jugement.
Le lieu de Bruniquel dont on vient de parler , étoit différent du château
de ce nom fitué en Querci fur les frontières de l’Albigeois. Le vicomte Ro.
gerl’avoit fait bâtir b depuis peu dans un lieu appelle anciennement Verdun, fie ^.4*4;
l'avoit donné en fief à quelques feigneurs qui lui en firent hommage en 1141. Il
dépendoit du château d’Ambialet ou de la vicomté d’Albi, fie le vicomte en
partageoit la feigneuric avec l’abbé de Soreze.
Le comte de Touloufe après avoir fait fa paix avec le vicomte de Carcaffonne 0uil{^eVr
fit la vicomtefle de Narbonne, fongea à fe réconcilier avec l’églife, 8t à fe faire feignait de
relever de l’excommunication donc il avoic été frappé, à l’occaiion de la que- Montpellier
relie des habitans de Montpellier contre leur feigneur , qu’il avoir favorifée. vX'fuHcs*
Ces habitans également las de vivre dans l’anathême, eurent recours à Guil- h.tUitaas te-
laume archevêque d'Arles c fit légat du faintfiege, le prièrent inftamment de b' o"r./,r.^r/y;
lever l’excommunication , firent ferment de fe foûmetcre à fon jugement tou- *1^.183. a*
chant leurs différends avec leur feigneur, &lui donnèrent divers otages pour ^î‘
la fùreré de leur promeflè. Ce prélat touché de leur demande, leur donna
enfin l’abfolution , à condition cependant qu’ils fe prefenteroient devant lui
un certain jour qu’il leur marqua pour entendre leurs raifons , fie porter enfuite
un jugement définitif ; mais ils manquèrent à leur parole , fie ne comparurent
pas au jour indiqué. Guillaume VI. feigneur de Montpellier dépêcha au (fi tôt
au pape Innocent II. pour fe plaindre de ce procédé : le pape écrivit en con-
fequence à l'archevêque d’Arles le premier de Janvier de l’an 1143. il lui or¬
donna d’excommunier de nouveau les confuls fie les habitans rebelles de
Montpellier, de remettre inceflament cette ville en interdit, fie de défendre
à fes diocéfains de communiquer avec eux , 8c de leur donner aucun fecours :
il lui permit cependant, d’abfoudre ceux qui fe foumettroient. Guillaume
chercha en même tems à joindre les armes temporelles aux fpirituelles pour
foumettre fes fujets rebelles. Il implora d pour cela la prote&ion du comte de d A”»*i-Gn.
Barcelone fon allié , des Génois , Sc de divers feigneurs de la province. Le pre-
mier donna ordre à un corps qu’il envoyoit en Provence pour foutenir le comte
fon frere dans la guerre qu’il avoic contre les feigneurs de la maifon de Baux, ‘^’alriei ibu
de marcher en paflànt au fecours de Guillaume h les Génois lui envoyèrent Pr.p. j+j.
quatre galeres armées, avec des troupes de débarquement ; 8c entre les fei¬
gneurs delà province , Rouffelin de Lunel le fecourutàlatête de fesvaffaux.
Après la jonction de ces diverfes troupes Guillaume afliegea la ville de Mont¬
pellier, qui fe défendit avec beaucoup de vigueur pendant long-tems: mais en¬
fin les habitans manquant de vivres fie fouffrant une cruelle famine, ils furent
obligez de fe rendre. Guillaume rentra ainfi dans la pofleflion de cette ville
dont il écoit chafle depuis deux ans. Pour témoigner fa reconnoiffance envers
les Génois qui l’avoient aidé à lafoumette, i°. U leur reftitua la fomme de
mille marcs d’argent qu'il leur avoit enlevée auparavant fur leurs galeres.
a". Il leur accorda le droit de bourgeoifie à Montpellier avec divers privilèges,
& un emplacement pour les marchands de leur nation , appelle le Fundique de
Tome II. lii ij
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_ _ HISTOIRE GENERALE
An. 1143. Bruni de Touloufe.^ .11 les exempta de tous impôts & péages dans fon domaine.
Nous comprenons par diverlès lettres du pape Celeftin II. qui fucccda le
M- de Septembre de l’an 1143. à Innocent II. que la ville de Montpellier ne fe
fournit que vers ce rems-là à Guillaume fon feigneur. Ce pape dans une lettre
a Gtr.iia. écrivit 3 le 8. de Décembre fuivant à Arnaud archevêque de Narbonne ,
P-iz+.&fttf. & à fes fuffragans, leur parle en ces termes: » Guillaume de Montpellier ayant
» recouvré cette ville dont la plupart des habitans lui avoient fait ferment de
»> fidelité, ainfique vous devez en être informez, j’ai appris que quelques-uns
» des rebelles , entr’autres les Aimons , fe font retirez dans vos diocèfes ,
» qu’ils y caufent du trouble & le préparent aune nouvelle guerre contre ce fei-
«gneur : ayez donc foin d’avertir vos dioceiàins de ne leur donner aucun fe-
» cours, excommuniez ceux qui feront defobéillàns à ces ordres & qui rece-
»> vront les rebelles , & mettez en interdit tous les lieux où ces derniers fe reti.
IX.
Al fonfc comte
de rouloufeclt
ablous de Ion
excommunica¬
tion.
b Gnihert.oper ,
ed. Dtcher.
IX I.
Accor 1 entre
ce prince & les
archevêques
d’Ailcs tou-
ch.int \x terre
d’Arc-nce.
C Gall cbr.nov.
ed. 'o.ipAGQ.
injl'.p. 97.
fr.p.)oi.
m reront.
Celeftin II. écrivit deux jours après à Guillaume pour le féliciter de ce qu’il
avoit réduit la ville de Montpellier, l’affurer qu’il trouveroit en lui la même
protection que lès prédecefl'eurs lui avoient accordée , & l’exhortera gouver¬
ner fon peuple dans la juftice êe dans l'équité. Il écrivit auffi en même temsà
Pierre abbé de S. Gilles, & lui marqua que Guillaume de Montpellier luiayant
fait fçavoir par fes envoyez qu’il fe difpofoit à faire bâtir une chapelle neuve
dans (on château de Montpellier, il eût à fe tranfporter dans cette ville pour
y recevoir au nom de l’églife Romaine , la donation du lieu où l’on devoit
conftruire cette chapelle , y établir un cens annuel payable à fa perfonne, fie
aux papes fes fuccelleurs, y pofer la première pierre, & avoir attention que
Guillaume pourvût honorablement les clercs qui dévoient la deflervir. Cette
chapelle fut nommée Notre-Dame du Château , à caufe du lieu où elle fut con-
ftruite : elle fubfifte encore dans le palais des anciens feigneurs de Mont¬
pellier, & fe rt à la Chambre des Comptes, & aux autres cours de juftice de
cette ville.
Cependant Alfonfe comte de Touloufe fit quelques démarches auprès de
l’archevêque de Rouen légat de faint fiege, fie de l’évêque de S. Paul Trois-
Châteaux pour obtenir l’abfolution de fon excommunication. C’eft ce qui parole
par la lettre b que le premier de ces deux prélats lui écrivit en ces termes :
» Hugues archevêque de Rouen, légat du faint fiege apoftolique, à Alfonfe
« très-noble comte de Touloufe, duc de Narbonne, marquis de Provence*
«tout ce que nous pouvons & devons vous mander de bon.
« Dieu ayant placé votre illuftre perfonne dans une dignité éminente, fit
« vous ayant donné la probité en partage , vous devez tâcher de lui plaire,
«puifque vous tenez de lui l’une & l’autre, & qu’il les a en fa main. Votre Lie-
» ralitc nous a écrit de venir à votre rencontre à Lyon , à Vienne , ou à Va-
» lence : nous choifilfons cette derniere ville , (1 vous le trouvez bon , & nous
« nous y trouverons, Dieu aidant , fuivant votre demande , le 7. de Mars. Nous
»> efperons que vous agirez de bonne foi, ainfi que vous l’avez promis à notre ve-
« nerable frere l’évêque de Trois-Châteaux , &. à nous-mêmes par votre lettre.
» Hâtez-vous, illuftre prince & feigneur, de vous réconcilier avec l’Eglife votre
» mere, afin de croître toujours en honneur , adieu.
Il y a lieu de croire que le comte de Touloufe tint fa parole, & qu’il reçut
l’abfolution à Valence au jour marqué.
Ce prince c avoit depuis long-tems un différend avec les archevêques d’Ar¬
les au fujec de la terre d’Argence, qui comprend la partie du diocèfe d’Arles
qui eft en deçà du Rhône. Ces prélats fe plaignoient de ce que les comtes de
Touloufe qui poffèdoient depuis long-tems le domaine de cette terre, y avoient
ufurpé divers droits fur eux. Enfin Alfonfe s’accorda là-deffus le 1. de Septem¬
bre de l’an 1143. avec l’archevêque Raymond de Montredon. i°. Il lui rendit,
de l’avis de quelques-uns de [es barons avoir de Raymond de Baux, d’Hugues fon
fils, de Roftaing de Sabran, Raymond de Melac , Bermond d’U(ez,Gaucelin de
Claret, Pierre de Lambefc £t Arnaud de Raymond, les dîmes des nouvelles
terres du territoire d’Argence , & Pille du bois comtal. i°. Il reconnut qu’il
devoit tenir en fief de 1 eglife d’Arles tout ce que lui & fes vaffaux pollèdoient
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DE LANGUEDOC. Liv.XVII.
457
dans ce territoire , ôc en faire hommage à ce prélat, qui de fon côté le lui An. 1143.
donna en fief. Alfonfe fit ferment en même rems à l’archevêque d’Arles de
lui conferver le temporeL de fon églife. Ces a&es furent pafl'ez à Fourques fur
le Rhône.
L’union qui regnoit alors entre Alfonfe comte de Touloufe ôc les feigneurs ixn.
de la maifonde Baux , nous donne lieu de croire que le premier favorifoit toti- ^.R^nond"
jours les autres dans la guerre qu’ils avoicnt cntreprife contre Berenger-Ray- comte «*e Md-
mond comte de Provence. Celui-ci étoit de fon côté en guerre avec les Ge- f^n^son
noisque ces feigneurs avoient peut-être appeliez à leur fecours. Berenger-Ray- fils lui fu«e.ic
mond avant médité une expédition contre ces peuples , s’étoit » embarqué jOUS 1,autoruc
en 1144. loriqu une galere de Genes alla 1 atcaquer dans le port de Melgueu. Barcelone.
Durant le combat un arbalétrier Génois tira II adroitement fur ce prince,
qu’il le fit tomber roide mort. r'*.iuî't‘[Vù
Berenger-Raymond ne laiflà qu’un fils nommé Raymond-Berenger qui étoit Mmt.H >]}.
alors en bas âge, ôc qu’il avoit eu de Beatrix comtefle de Melgueil la femme. r',97‘
Ce jeune prince lui fucceda dans le comté de Provence, dans les vicomtczde 1144.
Milhaud , 6c de Gevaudan , 6c dans une partie de celle de Carlad. Il naquit lans
doute dans le comté de Melgueil, ou le diocèfe de Maguelonne * car Berenger-
Raymond fon pere faifoit fa refidence ordinaire dans ce pais , 6c nous ne
voyons pas que Beatrix fa mere en foir jamais fortic. Cette comtefle fe remaria
bientôt après avec Bernard Pelet feigneur d’ A lais -, ce qui fit que le comte
de Barcelone oncle paternel du jeune comte de Provence, le prit fous l'a tu¬
telle , l’amena à fa cour où il le fit élever , ôc continua la guerre contre les
feigneurs de la maifon de Baux. II prit d’abord *' fur eux la ville d’Arles qui
b V. Bouche
s’étoit déclarée en leur faveur, 6c dont il fit démolir une partie des tours 6c
des fortifications , leur enleva la plupart de leurs châteaux , ôc obligea enfin ‘ciaf. llUdt
les principaux vaflaux du comté de Provence à lui faire hommage, 6c à lui samu. i.e.
prêter ferment de fidelité, dans une grande aflcmbléc qu’il tint à Tarafcon ‘4S-
au mois de Février de l’an 1146. On prétend qu’il envoya alors des ambafîà-
deurs à Alfonfe comte de Touloufe,pour l’engager d prendre, conjointement
avec lui, la tutelle du jeune comte de Provence, 6c à faire la guerre aux fei¬
gneurs de Baux -, mais cela n’cffc fondé que fur un ticre manifeflcment c fup- c v.BmheiHJ,
pofé. Ce qu’il y a de vrai, c’cft que cette guerre qu’il termina enfin heureu-
lement, l’obligea de faire un allez long féjour en Provence, dont il fe qualifia
comte durant la minorité de fon neveu, 6c même pendant toute fa vie. Il
fut aufii reconnu par les vaflaux de la vicomté de Gevaudan , 6c on a lesfer-
mens d prêtez en 1 1 50. par Guiraud de Peyre ôc quelques autres feigneurs du dTyé/.desehar-
païs» à Raymond-Berenger comte de Barcelone, fils de la comtefle Douce,
6c à fon neveu Raymond-Berenger fils de la comtefle Beatrix , avec promefle « a. n.9c.
de les défendre, 6c de leur conferver les châteaux de Grezes, üaldallè , Mon- u
trodat ,Moreireôc Maurcaftcl.
Berenger-Raymond comte de Provence 6c de Melgueil mourut peu de tems
après «que Guillaume VI. feigneur de Montpellier eut fournis cette ville , 6c ez««v.u.r.j;
par coniéquent vers le commencement de l’an 1144. Il paroît d’un autre
côté que le pape Luce II. croyoit encore ce comte en vie le 19. de Mars de
l’an 1144. f lorfqu’il écrivit à Raymond évêque de Maguelonne pour lui
ordonner d’engager ie comte de Melgueil , 6c les autres feigneurs qui détenoient
lesbiens que Bernard comte de Melgueil avoit léguez par fon teftament à I’ab- gtoHcheibid.
baye de S.Chaffreen Vêlai, à les reltituer , ou de les excommunier en cas de
refus. On peut fixer par là à peu près l’époque de la mort de ce prince, que A;i0»te comte
les auteurs g Provençaux font déceder en 1 145. Son corps fut inhumé dans de Touloufe
l’églife de la commanderie de Trinquetaiile auprès d’Arles , de l’ordre de faint en Etyag°c?ac
Jean de Jerufâlem. - . moyenne la
Alfonfe comte de Touloufe fit en 1 144. un voyage en Efpagne', où h il
négocia la paix entre Alfonfe roi de Caftille fon coufïn germain, 6c Garcias & Je Navarre,
roi de Navarre, qui s’étoient brouillez à l’occafion de la guerre que le der-
nier avoit faite l’année précédente au comte de Barcelone 6c prince d’Aragon V//.".,. o.
beau-frere de l’autre. Le comte de Touloufe les fit convenir d’un traité qui fut v '■
cimenté par le mariage du roi de Navarre , alors veuf d’une première femme, ^
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An.i 144.
LXIV.
Il tonde U
Ville de Mon
:uul>aa.
aMj.i UColb.
U.10'»7*
V.CÂtel mtm .
t-iiy&M-
\>V.D*C*ng$
M-
c LtBret.hijl.
de Mont**b*n
l.t.c.S-t. 47*
d j4. é1
/•l*
c Cuelmem-
f. 881.
Lf Bret.ibiJ .
t-U-&96*
458 HISTOIRE GENERALE
avec Urraque fille du roi de Caftille. Les noces furent célébrées à Leon le 14:
de Juin de la même année avec beaucoup de pompe ôc de magnificence.
Le comte deTouloufe quiaflifta fans doute à cette ceremonie , étoit de re¬
tour dans fes états au mois d'Odobre fuivant qu’il fonda la ville de Montau.
ban. On a dit ailleurs que S.Theodard ou Audard archevêque de Narbonne
fut inhumé à la fin du IX. fîecle dans une abbaye fondée par fes ancêtres fous
l’invocation de S. Martin à l’extrémité du Quercifur les frontières du Toulou-
fain, ôc fituée au confluent delà petite riviere deTefconavec le Tarn. Cette
abbaye qui fut réformée dans le XI. 6c foumife à celle de la Chaife-Dieu %
prit depuis le nom de Montauriol , d’un village voifin qui en dépendoit. La
beauté de fa fituation infpira à Alfonfe comte deTouloufe 6c de Querci , le
deflein de fonder une ville, tout auprès & à la droite du Tarn. Il en fit
tracer l’enceinte, 6c donna avec Raymond de S. Gilles fon fils , un lundi du
mois d’Octobre de l’an x 144. une charte3 pour regler les droits que les habi-
tans de la nouvelle ville leur payeroient, 6c à leurs fuccelîeurs. Alfonfe mar¬
que dans cet acte qu’il a impofe à cette ville le nom de Montauban ) nom qui
dérive de fa fituation fur une élévation , 6c du grand nombre de faules qui
croifTent aux environs , 6c qu’on appelle Alba en langage du pais.) Ce prince
établit entr’autres droits lur les nouveaux habitans de Montauban douze
deniers d’acapte pour chaque maifon qui auroit fix aflades b ( forte de me-
fure ) de large , 6c douze de long ; ÔC non pas pour chaque efpace de terre qui
auroit fix ftades de contenance , ainfi que l’a traduit un moderne c. Le comte
régla auffi les droits qu’il auroit pour la juftice dans la nouvelle ville. Telle
eft l’origine de Montauban : origine fur laquelle les proteftans d ont débité
bien des fables. Cette ville s’eft depuis fort aggrandie , 6c elle renferme au¬
jourd’hui dans fon enceinte l’ancienne abbaye de S. Martin 6c de S. Theo-
dard qui lui a donné la nailTance, 6c qui fut érigée en cathédrale au XIV.
fiecle. Elle eft prefentement l’une des plus belles ôc des plus confiderables de
toute la Guyenne-, 6c la réfidence du commandant de cette province. Com¬
me le Tarn fait en cet endroit la féparation de la Guyenne 6c du Langue¬
doc , la partie de Montauban qui eft à la gauche de la riviere, 6c qui eft jointe
à l’autre par un pont , eft dans les limites de cette derniere province. Auffi
l’évêque , dont le dioccfe, à la réfervede la partie de la ville qui eft à la droite
du Tarn, eft un démembrement de celui deTouloufe, alfifte-t-il aux états de
Languedoc.
Le comte Alfonfe en fondant Montauban porta préjudice à l’abbaye de
S. Theodard ou Audard. Pour peupler la nouvelle ville c il obligea les
vafliux de cemonaftere, entr’autres ceux du village de Montauriol, à quitter
leurs habitations pour s’y aller établir : il chagrinaVabbé ôc les religieux qui s’y
oppofoient, les chalïa de leur maifon , ôc menaça de les traiter avec la derniere
rigueur. Il fit conftruire deux châteaux dans le fonds de l’abbaye, 6c un troi-
fieme dans un terrain qu’il avoit vendu depuis peu à ce monaftere. Albert qui
en étoit abbé pour fe mettre à couvert de ces menaces , prit le parti d’aller s’eu
plaindre au pape } 6c s’étant ménagé des lettres de recommandation de plu-
fieurs évêques dupais , il les remit àEugene III. qu’il rencontra àViterbe.
Ce pontife touché de fes plaintes écrivit le 1 3. de Juin de l’an 1145. à Arnaud
archevêque de Narbonne, 6c à Raymond évêque deTouloufe, 8c les chargea
d’ordonner de fa parc au comte de lailfer en paix l’abbé ôc les religieux de laine
Audard, de démolir les châteaux qu’il avoit fait bâtir dans leur fonds, de
réparer les dommages qu’il leur avoit caufez , 6c d’abolir les mauvaifes cou¬
tumes qu’il avoit établies dans leur monaftere 6c dans fes dépendances : en cas
de refus de la part de ce prince de fatisfaire en 40. jours à tous ces articles, il leur
enjoint de mettre la ville 6c le diocèfe deTouloufe en interdit, avec ordre à
eux de le faire obferver exactement, 6c défenfe expreflè d’y exercer au¬
cune fonébion ecclefiaftique, excepté l’adminiftration du baptême, ôcdufacre-
ment de penirence aux moribonds. Le pape déclare enfin qu’il ne pourra s’em¬
pêcher d’excommunier le comte, s’il perfïftc à défobéir à fes ordres. Nous
ignorons la fuite de cette affaire * apparemment qu’elle fut fufpendue par la
nouvelle croifade dans laquelle Alfonfe s’engagea quelque tems après. Elle ne
fut terminée en eftèt qu’après fa mort,
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DE LANGUEDOC.Liv.XVii; 439
Le vicomte Roger plus religieux envers l’églife d’Albi , renonça 1 en 1444.
entre les mains de Rigaud évêque de cette ville , à l’ufage dans lequel les vi¬
comtes les prédecellèurs avoicnc été jufqu’alors , de s’emparer de la dépouille
des évêques qui venoient à déceder. On voit par divers hommages b qui
furent rendus à ce vicomte , la même année ou les fuivantes , qu’il domi-
iioit fur les châteaux de Lauran dans le Narbonnois , de Cabarez & de Sur-
defpine dans le diccèfe de Carcalîonne 5 de Montaut , de la Roche d’Olmes ,
deLavaur , & de S. Félix dans le Touloufain ; de Senegas, de Gaillac , de
Berens , de Montaigu & de Cahufac en Albigeois. L’autorité qu’il exerçoit
fur ce dernier pais paroît encore par un plaid qu’il y tint vers le même
tems, &. auquel affilièrent avec lui Bernard comte de Comminges, Rigaud
évêque d’Albi, Bernard de Canet , Guillaume Mancip , Guillaume Hunaud
de Lantar, Pons de Dourgne &. Elie de Lautrec. Cette affëmblée prit con-
noilTance d’un différend qui s’étoit élevé entre les divers feigneurs des châteaux
de la Salvetat & de la Baftidc en Albigeois, de Lavaur &de Verfeil dans le
Touloufain , qui après s’être fait la guerre , avoient choifi pour arbitre
Sicard vicomte de Lautrec. Roger confirma, avec toute fa cour , le jugement
que ce dernier avoir porté là-deffus.
Bcrnard-Aton vicomte de Nifmes, frere de Roger, avoir déjaépoufé dès
le mois de Mars de l’an 1 145. Guillemette fille aînée de Guillaume VI. fei-
gneur de Montpellier , comme il paroît par un acte c fuivant lequel il donna
en fief à quelques feigneurs les ulages ècles leudes du marché de Nifmes, Scia
moitié des droits des foires qu’il avoir réfolu d’établir dans cette ville pendant
huit jours à la S. Martin. Ce titre, & quelques autres de l’an 1 i44.d font mention
des droits fêigneuriaux dont ce vicomte jouiffoit à Nifmes Sc dans le diocèle.
Il vendit cette derniere année au peuple de la même ville pour la fomme
de mille fols monnoyc de S. Gilles, les pâtis qui étoient aux environs. Il eft
parlé dans cet acle des confuls de Nifmes.
Alfonfe comte de Touloufe tint en 1145. un plaid à Ufcz à J’occafion de
quelques différends qui s’étoient élevez entre Rainon, fa femme Beatrix, &
Bermond d’Ufez fon neveu, qui pofledoient c une partie du domaine de cette
ville, & Ebrard évêque d’Ufez , le prévôt Sc les chanoines de la cathédrale,
aufujetde lamonnoye &.de quelques fiefs que ces derniers avoient vendus aux
autres. Bermond par un compromis de l’an 1 144. s’etoit d’abord fournis au
jugement de Pierre abbé de S. Gilles , de Roftaing de Pofquieres , Pons de
Montlaur , Raymond de Caftries , & Bertrand de Marguerites. Alfonfe comte
de Touloufe termina tous ces différends dans le plaid dont on vient de par¬
ler, 6c rendit là-deflus une fcntence définitive. Ebrard évêque d’Ufez mourut
en x 1 jo. on fait dans fon épitaphe f un grand éloge de fa droiture , de fa
prudence , & de fa charité envers les pauvres. t
Beatrix comteffe de Melgucil avoit déjà époufé Bernard Pclct en fécondés
nôces dès le mois de Mars de l’an 1146. fuivant notre maniéré de compter $
comme il paroît par l’accord S que l’un & l’autre firent alors à Molina avec
Guillaume VI. feigneur de Montpellier. Suivant cet acte Beatrix & Bernard
Pelet fon mari confirmèrent en faveur de Guillaume , i°. La fentence arbi¬
trale que l'archevêque de Tarragone», & les autres arbitres nommez par le
pape Callixte II. avoient rendue en 1 1 1 5. au fujet des différends qui étoient
alors entre le même feigneur &. Bernard IV. comte de Melgueil pere de Bea¬
trix. z°. L’acte par lequel ce dernier avoir donné en engagement à Guillaume
divers domaines ; avec claufe expreffe que ce feigneur en jouiroit pendant la
vie de Guillemette fa feeur, mere de Beatrix. 3W. Enfin le bail à fief de trois
deniers pour livre fur la monnoyc de Melgueil, dont Bernard IV. avoit difpofé
en faveur de Guillaume. Plufieurs chevaliers des plus diftinguezdu pais fu¬
rent preféns à cet accord. Au relie on fait Bernard Pelet mari de la comtellè
Beatrix , fils de Raymond Pelet. Nous trouvons un Bermond Pelet feigneur
d’Alais , qui en 1143. fit une donation h à l’hôpital de S. Jean de Jerufalem.
Roger vicomte de CarcafTonne , & le vicomte de Beziers fon frere fondè¬
rent en 1146. la ville de Montolieu auprès de l’abbaye de S.Jean de Valfeguier.
C’efl ce que nous apprenons i*. par un acte ‘ fuivant lequel l’abbé de cemo-
AN.1144.
lxv.
Le vicomte
Roger renonce
à la dépouille
des evéques
d’ôîl'i. Maria¬
ge du vicomte
de Nilmcs lofl
f; etc.
a Pr p.ioi.
bf soi &fWi
1145,
c />.i(>6.
LXVI.
Al foule comte
de Touloufe
lient un plaid
à Ull z.
c Mjf.tt Aubfiji
n.bï-
f G ail chr.tOi\.
p-i Mo.
LXyit
Bcairix com-
tcllcdc Mcl-
gucil époufe
Bernard PclcC
en fécondes
noces.
I 146.
% Pr.p.j 11.&
fa-
h J reh .du
Pr.de S. Gilles .
L XVIII.
Fondation de
la ville de
Montolieu.
i Pr.p.ji^
fa'
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An. 1146.
a AU.
b Pr.p. 507.
LXIX.
A' foule comrc
de Touloulcle
ci 01 le a ïaf.
icni.'Jcc vie
VczeUy.
c Concil.to.io .
f.lOi.
d Gel.Lud VU.
€.s to. 4. Dar/;.
Bilt.LuJ.VU,
LXX
Voyage du roi
Loin* le Jeune
au Puy.
c Gificyh'ft.du
Puyp.^y).
Gall.chr mit ,
id.to.t, tnjir.
p.tli.
£ G'JJy tbii.
'440 HISTOIRE GENERALE
naflere & fes religieux promettent avec ferment le 3. de Juin de cette an¬
née, de rendre aux deux vicomtes le château & le bourg de Montolicu toutes les
fois qu’ils en feroient requis. i°. Par un accord apaflé entr’eux le 16. du me¬
me mois, dans lequel le vicomte Roger déclare» qu’il fait bâtir un château
«dans le comté de Carcafionne & l’alleu defaint Jcan-Baptifte de Valfeguier,
» appelle autrefois le château de Mallaft , & aujourd’hui Montolicu, dans la vue
» de pourvoir à la fureté de ce monaflere 8c de fes dépendances, du contente-
» ment 8c de la volonté de l’abbé Bernard 8c de i'c s religieux , de Pons évê-
« que de Carcafionne, de Bernard de Canet , de Bertrand de Beaupuy }
» de Guillaume d’Amanfas frere du même abbé, d’Hugues de Saillac 8c de fes
«freres, 8c de pluficurs autres nobles 8c gens de probité.» Ce vicomte établit
enfuite le droit que lui 8c Raymond Trencavel fbn frere,. en cas qu’il vint
à mourir fans enfans , auroient fur le château 8cle bourg de Montolicu. Telle
eft l’origine de cette petite ville , qui a depuis donné fon nom à l’ancienne ab¬
baye du château de Mallaft ou de Valfeguier. Trois jours après b le même
Roger 8c Bernarde fa femme cederent à Pons évêque de .Carcallbnne, & à
fon églife, la leude qu’ils exigeaient des vallaux de cette églife.
Alfonfe comte de Touloufc voulant marcher fur les traces du comte Ray¬
mond de S. Gilles fon pere 8c du comte Bertrand fon frere, fecroiia pour la
Terre- ftince : voici à quelle occafion. Les infidelles ayant repris fur les chré¬
tiens la ville d’Edeffe, place forte fituée fur l’Euphrate, une perte fi confiée-
rable allarma le roi de Jerufalem 8c le prince d’Antioche , 8c les porta à de¬
mander du fecours. Le pape Eugène III. touché de ce fâcheux événement,
écrivit fur cela c le premier de Décembre de l’an 1 145. au roi Louis le Jeune
qui étoit deja réfolu d’aller dans la Ter re-lainte , 8c adrella des lettres a tous
les princes 8c les fidclles de la Gaule , pour leur enjoindre defè mettre en
armes , 8c de marcher à la défenfe de l’eglile d’Oricnt. Il accorda à tous ceux
qui s'engageaient dans cette entreprife les mêmes indulgences 8c les mêmes
privilèges qu’Urbain II. fon prédecellèur avoit accordez à ceux qui s’étoienc
engagez dans la première croifade. En confequcnce le roi Louis le Jeune
convoqua d une allemblée generale de la nation , appcllée parlement , à Vtzelay
en Bourgogne, à la fête de Pâques de l’an 1146. qui tomboit le 31. de Mars. Les
évêques 8c les feigneurs s’y rendirent en foule , 8c il y eut un fi grand concours
de peuple qu’on fut oblige de tenir l’aflèmblée en rafe campagne. S. Bernard
qui s’y trouva y prêcha fur un efpece de théâtre qu’on avoit dreilè, 8c parla
avec tant de force , que tout le monde s’emprefla à l’envi à demander la
croix. Leroi 8c la reine Eleonor fa femme la reçurent les premiers, 8c enfuite
Jllfonfe comte de S. Gilles , Thierri comte de Flandres, Henri fils du comte
de Blois, Gui comte deNevers, Raynald (on frere comte de Tonnerre, Ro¬
bert comte de Dreux frere du roi, Ÿ von comte de Soillons , 8c plufieurs au¬
tres princes 8c grands feigneurs. Alfonfe eft nommé le premier de tous par
les hiftoriens du tems , après le roi Sc la reine , 8c avant le comte de Flandres,
8c le frere même du roi. Audi ne cedoit-.il à aucun des grands vaflâux du
royaume, fuit pour la dignité 8c la naiflance , foit pour l’étendue du domaine.
Le roi tint une autre adcmblee à Chartres trois femaines après, pour regler
le départ, 8c on jugea à propos de le différer à l’année fuivante.
Loui s - après avoir pris la croix pour la gloire de J. C. fé rendit au Puy , où
on prétend* qu’il arrivale y. de May. Il y confirma du moins durant fon fé-
jour par un diplôme, en faveur de Pierre évêque de cette ville, les chartes
que les rois fes prédecellèurs avoient accordées à fon églife -, fçavoir la dona¬
tion de la ville d’ Anis appcllce le Puy, du château de Corneille, 8c des autres
droits énoncez dans ces chartes, fauf la domination royale , la juflice &les cou¬
tumes du royaume. Le roi déclare que Pierre évêque du Puy lui avoit prêté le
même ferment de fidelité que les autres évêques fes prédecellèurs lui avoient
fait , 8c que ce prélat avoit promis de lui remettre toutes les forterefles de la
ville du Puy lorfqu’il fe rendroit dans cette ville. Il défend enfuite , dans la
vue de favorifer le pèlerinage de Notre-Dame du Puy qui étoit alors très-
ufité , de bâtir aucune nouvelle forterefle , d’exiger aucun peage , 8c d’exercer
aucune violence fans fon confentement 8c celui de l’évêque du Puy , foit dans
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An.i 146*
DE LANGUE DO C.L 1 v. XVII. 44l
Ja ville, foie dans les dépendances dé l’églife depuis le Rhône jufqu’à l’Ailier,
depuis Alais jufqu’à Monbrifon , & depuis S. Alban jufqu'auPuy. Il déclare
enfin qu’ayant été obligé de demander une fomme à ce prélat pour fournir
aux frais de fonprochain voyage de Jerufàlem , cette demande ne pourroit tirer
a conféquence. C’eft: là le premier fubfîde que nous trouvons avoir été
levé dans la province par nos rois de la troifiéme race. Le diplôme eft fouferit
par les grands officiers de la couronne , & daté du Puy Cannée M. cxlvi. la JC \
année du régné de Louis .
La guerre qu’Alfonfe VIL roi de Caftille avoit entreprife alors contre les P^XI-
infidelles d Efpagne , partagea la noblefTe de la province entre cette expédition ^“‘^utmdeeV *
& celle de la Terre-fainte. Ce prince qui méditoit quelque a&ion d’éclat, Montptiiîer
dans la viie de fe procurer du fècours1, moyenna au mois de Novembre de l’an f™J°y
1146. un,e fufpenfion d’armes entre le roi de Navarre & le comte de Barce- fervlrcn Efp*-
lone qui fe faifoient la guerre, & qui promirent de marcher à fon férvice. 11 çoe rconttc lcs
envoya d’un autre côté l’évêque d’Aftorga à Guillaume VI. feigneur de Mont- a'wôv chr.
pellier, aux Génois &c aux Pifânspour les engager à équipper une flotte , & à a io»ç. vu.
venir affieger par mer la ville d’Almeria en Andaloufîe, tandis qu’il l’attaque- ,
roit par terre. ,H 7,a.4.&
Le feigneur de Montpellier répondit favorablement à la demande du roi de frîî‘
Caftille, &fe prépara à l’aller joindre inceflamment. Avant fon départ il fit un
teftament b le Mercredi onzième de Décembre de l’an 1146. Il laiflepar cetaûe b
un morceau de la vraie croix , avec plufîeurs autres reliques qu’il avoit appor- *4 o-&J‘W
téesde la Terre-fainte à fon retour de Jerufàlem , à l’églife de faintc Croix
qu il avoit fait bâtir dans la ville de Montpellier auprès de fon palais : il don¬
ne un logement avec l’entretien dans le même palais au chapelain qu’il
avoit établi pour defîèrvir cette églife. Il fait quelques autres legs pieux, &
ordonne à Guillaume fon fils aîné de s’accorder fur les différends qu’il avoit,
tant avec Raymond évêque de Maguelonne &fes chanoines quiavoient été
chaflèz de Montpellier , qu’avec quelques autres perfonnes de la ville. IL
lame la jouiflance de tous fes domaines à Ermefîindefa mere ,& fait mention
de cinq de fes fils. Il donne à l’aîné qui s’appelloit Guillaume, & qui fut le
yil- *on nom , la ville de Montpellier avec fes dépendances , & le château
de Montferrier qu’il tenoit en fief du comte de Melgueil. Il légué à Guillaume
fon fécond fils la ville de Tortofe en Efpagne avec fon territoire, qu’il avoit
achetée & reçue en fief du comte de Barcelone $ le lieu de Caftelnau , le village
de Sauzec, la châtellenie de Melgueil, la part qu’il avoit à la monnoye de
Melgueil , & enfin tous les fiefs qu’il avoit dans le diocèfe de Subjlantton ou de
Maguelonne , excepté ce qu’il avoit donné à fon fils aîné. Il ne laiflè rien à
Raymond fon troifiéme fils , qu’il déclare avoir offert à l’abbaye de Cluni
POUr V etre rf IktIPMY • rplm r i l-i /111PA /ikkp Ay A rtînt-ia Tl A -iA.! .. ^ à
- - — - jufqu'â l'âge ae 18. ans , ae lui taire ap¬
prendre les lettres , de pourvoir à fa fubfiftance & en cas qu’il ne voulût pas
etre d’églife , ce qu’il lailfe à fa liberté, de l’entretenir honorablement, & de
lui fournir des armes, des chevaux & des écuyers, fans pouvoir prétendre au¬
tre chofè ; ajoute-t-il , une hérédité peu confiderable ne convient pas à un hom¬
me noble. Enfin il donne à Gui fon cinquième fils le château de Pauilhan avec
fes dépendances dans le diocèfe de Beziers , à condition que lorfqu’il aura
atteint l’âge de 20. ans, le feigneur de Montpellier rachètera ce château pour
la fomme à laquelle il avoit été engagé , & payera cinq mille fols qui étoient
dus pour cet engagement au comte de Barcelone.il légué de plus à Gui le châ¬
teau de Pouget dans le même diocèfe.
Guillaume VI. avoir trois filles , dont l’aînée appellée Guillemette e'toit
alors mariée avec Bernard-Aton vicomte deNifmes. Il ordonna à fon fils aîné
de payer le refte de la doc de celle-ci , & le chargea de marier les deux autres
nommées Adélaïde & Ermeflînde , lorfqu’elles feroient parvenues à un
âge nubile, & de leur donner à chacune cent marcs d’argent, de beaux ha- ec^üw.
a jS,i ^raP> deux ta^es d’argent du poids de fix marcs & un palefroy. r-^u>os.
Adélaïde époufa « dans la fuite vers l’an 1x56. Ebles III, vicomte de Ven-
Tome II. KkE
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44*
HISTOIRE GENERALE
AN.1146. c^doitr, lorfque ce vicomte eut répudié Marguerite de Tu renne la première
femme pour caufe de parenté. Il en eut entr’autres un fils appelle Gui qui fut
chanoine & prévôt de Maguclonne. Guillaume VI. lubftitua les fils l’un à l’au¬
tre , Se à leur défaut il appella les filles à fa fucceilion. Il lailla tous les enfans
fous la tutelle d’Ermcllinde là mere , Se fous l’autorité de Pons de Mataplane
Ion coulîn, jufqu’à ce que Guillaume Ion fils aine eut atteint l’àge de vingt ans.
Ce dernier fut chargé alors du bail^L de la tutelle de les freres Scde les iaurs*
jufqu’à ce que les premiers fuflent parvenus au meme âge, Se que les autres
fuflent mariées. Enfin Guillaume VI. afligna toi.î les revenus de Ion domaine
pour le payement defes dettes, Se ordonna de réparer le dommage qu’il avoit
caulé dans le teras qu’étant à la tête de fes vafiaux , & à la luite du comte de
Barcelone, il avoir fait la guerre dans les pais de Narbonne & de CarcalTonne;
& de payer le bois qu’il avoit tiré de la charpente de diverfes églifes, lorlqu’il
avoir ailiegê Montpellier. 11 défendit de mettre dans cette ville aucun Juif
pour huile ,Se y exempta les religieux de Cite aux de toute forte <1* leude. 11 fie
ce tcftamentdans la même ville, &dans lamaifon où demeuroitErmeilinde fa
mere ,en prclcncc de Bcrcnger abbé de Lodeve , de Pons de Mataplane, Ber¬
trand d’Aymargucs , Bermond de Sommieres , Robert de Caftrics , Guillaume
deFabrcgucs, Pierre de Montferrier, Arnaud d’Omclas, Se plulieurs autres
_ chevaliers.
• 1147. Le leigncur de Montpellier fit enfuite équipper pluficursvailTeaux s’étanf
a v son joint l’année fuivante - à la fiotte des Génois & des Pifans , il fit voile veri
b li Knlv',bîd ct)te de Catalogne b, où il rencontra le comte de Barcelone , qui de fon côté
pus- avoit fait armer un grand nombre de navires. Toute cette fiotte , compolée, à
v.firrtr.ibid. ceqU’on aflUrc , de mille bâtimens tant grands que petits, le rendit cnfulte
fur la côte d’Andaloufie, Se arriva le premier d’Aout de l’an 1147. devant
Alméria, dont elle entreprit le fiege par mer. Altbnfe roi de Caftillc,qui s’etoit
mis en campagne des le printems , Se avoit déjà fait divers progrez fur les Sa-
fafins , l’allicgca par terre avec toutes les forces d’Efpigne qui étaient venues à
cApudSindiv. lôn lécours. Un poète du tems- qui nousalaiil'e la relation de ce lîcge, donne
le titre de duc à Guillaume de Montpellier , avec l’épithetc de grand ; mais ce
titre ne lui convenoit qu’autant qu’il etoit à la tête d’une nombreufe noblelfe
f rançoife qui lérvità ce fiege lous les enléignes. Comme les Sarafinsn’avoienc
rien négligé pour la deVenie de la place , qui etoit d’ailleurs très-forte d’clle-
même, l’attaque fut longue 5 mais enfin Alméria fut prife d’allàut le 17. d’O-
dobre luivant. Le roi de Caltille témoigna là reconnoiifince envers tous les
feigneurs qui l’avoient lecouru dans cette expédition , Se n’oublia pas fur tout
Guillaume de Montpellier.
11 paroîr par deux chartes de Ravmond-Berenger I V. comte de Barcelone*
ai ici 1 au 111 I ( * - - . , . J ... V . . 7
dcTono c.dc données durant le fiege deTortole quu entreprit en 1148. fur les Saralins ,
même que la que Guillaume VI. d leigneür de Montpellier , les fils, Ermengarde vicomrefîe
Narbonne. 6 d- N a’r banne v à la tête des troupes de là vicomte, Se Bcrcnger abbé de là
dis note Gralle oncle de cette vicomtcfie, le fecoururcnt dans cette expédition. Parla
*K.uh!dt*Ù- première « de ces deux chartes le comte de Barcelone , » en rcconnoillànce de cé
tel de viiir dt »que les habitans de Narbonne avoient expofe leurs biens & leur vie pour là
n*rb. caijjon j. „ defenfc de la foi contre les infidelles, leur donne dans Torrofe le 14. dë
» Septembre, une place appellce le Fondits, pour y établir leur commerce, avec
» exemption de tous droits & péages tant par mer que parterre 5 du confcnre-
« ment de Bernard archevêque de Tarragone, Se en prefence des confuls de
>» Narbonne, de Berenger abbé de la Grafie, Se d’Ermengardc dame de Nar*
f nai.facr.nov. » bonne. Par l’autre charte 1 Raymond-Berenger donne au mois de Novem*
s 6 1. brede la même année à l’églife de Gènes une illc de l’Ebre, voifine de Tortofe,
du consentement de Guillaume de Montpellier & de fes fils , de Guillaume-Ray¬
mond fon fenéchal, Sec. qui y foufcrivirciic.
Après la prile de Tortofe , g que le comte de Barcelone fournit à la fin de
l’an 1 148. ce prince donna un tiers de cette ville aux Génois pour rcconnoîtré
les ferviccs qu’il en avoit reçus. Il donna en même tems un autre tiers dé
Tortofe à Guillaume de Moncade lonfénéchal, Se fe réferva l’autre. On pré¬
tend que ce comte avoit déjà difpofé de cette ville l’annee précédente ,en faveur
thiUk
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de ce dernier, 8c on a déjà vu qu’il l’avoir donnée en fief en 1 1 3 6. à Guillaume de An. 1147*
Montpellier, &c que ce feigneur la légua par fon teftament de l’an 1147-
i Guillaume fon fils puîné. Ces divers a&esparoiflènt fè contredire î maison ^ ^
peut les concilier a , en fuppofànt que le comte de Barcelone ne difpofaque
d’un tiers dcTortofe en faveur de Guillaume de Montpellier $ & qu’ayant don¬
né les deux autres à Guillaume de Moncade ôc aux Génois , il la leur partagea
également. On vient de voir en effet qu’il donna à l’églife de Genes une ifle voi¬
sine au mois de Novembre de l’an 1148. du confentement de ces deux feigneurs »
preuve qu’il ne révoqua pas la donation qu’il avoit faite à Guillaume de Mont¬
pellier. On voit d’ailleurs que Guillaume fils puîné de ce feigneur , prit dans la
fuite le furnomrf* Tortofc, ôc qu’il jouit du domaine de cette ville. t LXXitî.
Peu de teins après '•> cette expédition , le feigneur de Montpellier qui avoit I( enibrJ’ir*
perdu alors Sibylle fa femme, embrafla la profeffion monaftique dans l’ab-
baye de Grandlèlve au diocèfe de Touloufe j ôcil avoit déjà quitté cle mon* Guiiiajme *
de au mois de Juillet de l’an 1 1 49. Ce feigneur , qui étoit alors dans la force de vu.lui fucce-
l’âge , avoit acquis une grande réputation , foie par fes exploits militaires , foit ^0xeüW.
parles fervices importuns qu’il avoit rendus au pape Innocent II. ôc au faint cfr.f.uf.
fiege. Il donna avant fa retraite diverfes marques de fa pieté. Il fonda d en-
tr’autres hors de Montpellier, conjointement avec Ermelfinde fa mere & Si- ,
bylle fa femme , un hôpital pour les lépreux auprès du pont de Lez , ôc un *^*V*^\
prieuré c ou monaftere de l’ordre de Cluni dans un lieu appellé Sauzet,
îtué auprès de la même riviere. Il fonda ce monaftere à condition qu’on sui. cim.
neconftruiroit en ce lieu ni ville, ni village, ni forterellè , ôc qu’il feroit uni- f’1***'
quement habité par les religieux. Ce fut peut-être dans cette occafion que
Pierre le Venerable abbé de Cluni entreprit le voyage de Montpellier dont il
parle dans une de fes lettres f. Innocent II. qui avoir prie Guillaume de fonder f Petr. vn.i.t,
ce monaftere, en confirma la fondation par une bulle datée du z8. d’Avril de
l’an 11 j 8. Le prieuré de Sauzet qui ccoit fous l’invocation de S. Maurice, a été
détruit durant les guerres des Cal viniftes , ôc uni depuis à la collegiale de fainte
Anne de Montpellier. Enfin Guillaume VI. exerça fa libéralité en 1139. en¬
vers g l’hôpital de S. Guillaume de cette ville , de concert avec Sibylle fa fem¬
me, & fit rebâtir l’eglife de Notre-Dame. On remarque que tous les fouve-
rains de l’Europe" b qui vivoient en 1630. defeendoient de lui par femmes. h
Quelques auteurs l’ont qualifié comte de Montpellier , mais c’eft mal-â-propos , "* *
sar ni lui, ni fes prédecclleurs ôc fes defeendans, ne prirent jamais que le fimple
titre de feigneurs de cette ville } ce qui n’empêche pas que leur maifon ne
fut en très-grande confideration , ôc aulfi diftinguée que celle de divers com¬
tes qui vivoient alors.
L’abbaye de Granfelve étoit unie depuis fort peu detems à l’ordre de Cî- ^ifionüeS;
tesux, quand Guillaume de Montpellier y embrafla l’état monaftique. Cette BcrnarTdans*
union fut faite à l’occafion du voyage que S. Bernard entreprit dans le Tou- i» province
loufain, pour tirer de l’erreur ceux de ce pais qui avoient eu le malheur de “t*qUees'SHen-
fe laiffer féduire par un hérétique nommé Henri , qui couroit depuis long- rident,
temsles provinces de France.Cet impofteur avoit apoftafié de la profeffion reli-
gieufe, ôc croit, à ce qu’on croit', originaire d’Italie j d’où vinrent tous ces i utt.frtf.in
teftes de Manichéens qui infecteront comme lui les Gaules durant le XI. ôc
le XII. ficelés. Il k portoit une longue barbe, ôcmarchoitnuds pieds : il impofoit
aux fimples par un extérieur extrêmement négligé, une pieté apparente, une
modeftie affectée , ôc des difeours étudiez 5 ôc ne manquoit ni d’efpric ni d’é¬
loquence. Il dogmatifa d’abord à Laufanne en Suille, ôc vintenin6.au Mans,
d’où il fut challé honteufement. Il pafla enfuite à Poitiers 6c à 1 Bourdeaux , 1 s-ann.?.* 4«
d’où il fut également obligé de fe retirer. Il fe réfugia alors en Dauphiné ÔC
en Provence , 6c s’y affocia avec un autre heretique nommé Pierre de Bruys
qu’il regardoit comme fon maître. Leurs principales erreurs Œ confiftoient i m
ïejetter une grande partie de l’écriture fainte ôc le baptême des enfans. Ils "l'Jfff'
nevouloient ni autels ni églifes materielles, refufoient d’honorer la croix, fou- m s-à-Jw-
tenoient qu’il n’y avoit point de facrifice de la meffe, que les évêques ôc les
prêtres ne confacroient pas le corps ôc le fang de J. C.ôc qu’enfin il ne falloir
Pas Praer pour les morts : leur cœur étoit aulfi corrompu que leur efprit , 6;
T omt IJ, K k k ij
g G4r. ibid.
f.iS 6.
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444
HISTOIRE GENERALE
b Vit. S. Btr n.
ihti .
Ah. 1147. üs menoient en particulier une vie très-debordee. Ils parcoururent enfemble
ces deux provinces, 8c y femerent leurs erreurs jee qui excita le zele de Pierre
le Venerableabbc de Cluni.Ce faîne abbé écrivit aux évêques du pais pour les
exhorter à les chalïèr de leurs diocèfès.
Ces prélats animez par Tes exhortations , s’élevèrent fortement contre
les deux impofleurs, fie les obligèrent enfin par l’autorité des princes, à quitter
le pais 8c à palier le Rhône. Pierre de Bruys fie Henri fe retirèrent alors à faint
Gilles : les habitans fe faifirent du premier , 8c le firent brûler tout vif, en
punition de ce qu’après avoir ramaflé un grand nombre de croix , il y avoic
mis le feu , fie de ce qu’il avoir fait cuire fie mangé de la viande le Vendredi,
faint , fie invité le peuple à en manger avec lui. Henri fon difciplc auroit fans
. doute fubi le même fort , s’il n’eût pris la fuite. Il fe retira la Septimanie ,
où avec les erreurs de fon maître il enfeigna les fiennes propres. Il s’arrêta
fur-tout à Touloufe, d’où il répandit les dogmes pernicieux dans la Gafco-
gne Se dans les pais circonvoifins , foit par lui-même, foit par fe s difciples.
Pierre le Vencrable marque ces circonftances dans le traité qu’il adreffaaux
évêques de Provence Se de Dauphiné, pour réfuter les erreurs de cet apoflat.
* tttr.chm. Il témoigne dans cet ouvrage une vive douleur a de ce qu’une ville aulli con-
fiderable , auffi policée, fie aulli éclairée que Touloufe, s’étoit laillëc féduire
par un tel impofleur.
Le pape Eugène III.1, qui arriva en France pour prêcher lacroifade vers la
fin du carême de l’an 1147. inflruit du progrez que faifoitdans leTouloufàin
Se aux environs, la fccte d’Henri , en fut allarmé. Il nomma auffirôt le car¬
dinal Alberic évêque d’Ollic légat du faint fiege , avec ordre de fe rendre fur
les lieux pour y combattre les hérétiques. Ce cardinal pria Geoffroy évêque de
Chartres, quelques autres prélats , fi c S. Bernard abbé de Clairvaux, dont il
connoiffoit le zcle Scies lumières, de l’accompagner dans cette légation.
Le faint abbé étoit alors de retour d’Allemagne, d’où il venoit de prêcher
la croifade. Il affilia le 1 6. de Février de la même année à l’aflèmblcc que le
roi Louis le Jeune tint à Etampes au fujet de fon prochain départ pour la
Terrc-fainte , Sc dans laquelle Suger abbé de S. Denys fut nommé regent du
royaume. Il fe trouva enfuite à la fête de Pâques au concile que le pape tint
à Paris contre les erreurs de Gilbert de la Poirée , Sc fe rendit enfin dans fon
monallere. Il comptoir de s’y delafTer de fes travaux , lorfqu’il reçut la lettre
d’Alberic, qui le preffoit de fe joindre à lui dans fa milfion. Les infirmitez
dont il étoit aduellcment accablé , auroient pu lui fervir d’exeufe légitimé,
mais les befoins de la religion , fie l’cmprcflèment que l’églifede Touloufe té¬
moignait depuis long-tems de le voir , le déterminèrent enfin à répondre au
defir du légat. Il le mit en chemin pour aller à fa rencontre, Sc crut devoir
cs.Bem.ep. 141. annoncer fon arrivée par une lettre qu’il écrivit e à silfonfe comte de Touloufe &
de S. Gilles. Il expofe d’abord à ce prince fon extrême étonnement des rava¬
ges que l’herctique Henri faifoit dans fes états, » où on voïoit, dit-il, les
» églifcs fans peuple , le peuple fans prêtres , Scies prêtres fans miniflere. On
«ne célébré pas les fêtes , continue-t-il, les hommes meurent fans facremcns,
« fie on refulé le baptême aux enfans. Un homme quienfeigne des chofcs fi
« contraires à Dieu , peut-il venir de Dieu ? On dit cependant qu’il a un grand
«nombre de fedateurs 5 quel aveuglement; C’ellce qui m’engage, quoique
« très. infirme , à venir dans vos cantons fecourir les peuples , puifque per-
« fonne n’ofe s’oppofer à l’erreur , Sc que l’heretique après avoir été chaffé
«du relie de la France , ravage le troupeau de J. C. fous votre autorité. Je
«vous lai lié , prince illuftre , à juger fi cela vous fait honneur. U n’cfl pas
« toutefois furprenant que ce rufé ferpent vous ait trompé , car il affecte un
«extérieur de pieté -, mais apprenez qui il efl. C’eft un apoflat qui apres
«avoir quitté l’habit religieux a repris les mœurs du fiecle 5 il efl retourné
» comme un chien à fon vomiffement , fie n’ofant demeurer parmi ceux qui le
« connoiffent , il s’efl mis à courir le monde. Il a commencé par mendier , &;
«s’eft mis enfuite à faire trafic de la parole de Dieu, car il efl homme de let-
«tres -, fie quand après fon entretien il peut extorquer de l’argent des fimplcs,
«il l’employé au jeu ou avec des femmes de mauvaife vie. Informez-vous, fi
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DE LANGUEDOC Liv. XVII. 44;
tous lefouhaitez , de quelle manière il eft forti de Laulànne, du Mans, de «
Poitiers, & de Bourdeaux ; il n’oferoit y retourner, car il y a commis des«
a&ions infâmes. Quel fruit peut-on efperer d’un pareil arbre ? Tel eft le«
fujet de mon voyage. Je ne l’ai pas entrepris de moi-même , mais par une «
vocation légitimé 6c par un mouvement de compaffion pour l’Eglife. Si on et
peut arracher cette épine & ce mauvais germe du champ du Seigneur , tandis «
que l’un 6c l’autre font encore foibles 6c naiflàns , on en fera redevable aux «
foins des faints évêques qui font avec moi , & au puiflànt fecours que vous «
voudrez bien nous accorder. Parmi ces prélats eft l’évêque d’Oftie légat du «
faint fiege , homme recommandable par fes travaux apoftoliques. Il eft de «
votre intérêt, prince illuftre, de le recevoir avec honneur, de même que«
ceux qui l’accompagnent, Sc de faire enforte, fuivant le pouvoir qui vous a été «
donné d’enhaut, que le travail que ces grands hommes viennent entrepren- «
dre, principalement pour vous 6c pour vos fujets, ne demeure pas fans fruit. «
S. Bernard fut reçu » dans tous les lieux où il pafta comme un ange envoyé
du ciel ; auffi Dieu fit- il connoître fa million par une infinité de merveilles.
L’empreflèment du peuple à lui demander jour 6c nuit fa benediétion fut fi
grand qu’il en étoit accablé. Geofroy alors moine , 6c depuis abbé de Clair-
vaux , qui l’accompagnoit , le témoigne expreflcment dans la vie de cet
abbé , 6c dans la relation de leur voyage qu’il envoya à fes confrères : il leur
marque que le faint après être parti de Clairvaux , étoit tombé malade au
voifinage de Poitiers , ce qui ne l’avoit pas empêché de continuer fon che¬
min par Bourdeaux, Bergerac , Perigueux, Sarlat & Cahors.
Les Touloufains reçurent S. Bernard dans leur ville avec beaucoup deref-
ped& de vénération , 6c il y fut toujours traité avec honneur pendant tout
Ion féjour, qui ne fut pas long. Il prêcha tous les jours publiquement. Iln* y
trouva que quelques tiflerans qui fifîènt profeflion des erreurs d’Henri , & qu’on
nommoic Ariens ; mais cetheretique y avoit un grand nombre de fauteurs
fecrets , même parmi les principaux habitans. Le légat l’ayant fait citer avec
les fe&ateurs devant fon tribunal , ils prirent auffi-tôt la fuite , 6c fe cachèrent
en divers endroits. Leurs prote&eurs voyant qu’ils n’ofoient fe montrer, pro¬
mirent alors de les abandonner. Enfin S. Bernard fit fi bien, tant par fes difeours,
que par les merveilles que Dieu opéra par fon miniftere , qu’il délivra entiè¬
rement la ville deTouloufe de l’herefie. Les chevaliers promirent de chaflèr
à l’avenir les heretiques , que le légat excommunia publiquement , de même
que tous leurs fauteurs , avec défenfe de recevoir ni les uns ni les autres , foit en
témoignage , foit en jugement. S. Bernard logea à Touloufe avec fa fuite dans
le monaftere de S. Sernin occupé alors par des chanoines réguliers. Il guérit
miraculeufèment un d’entr’eux, appellé Bernard, qui exerçoit la medecine,
&qui étoit attaqué d’une paralyfie depuis fept mois. Ce chanoine par recon-
noifïance fuivic le faint à Clairvaux, où il fe fit religieux : il devint enfuite abbé
de Valdeau dans leTouloufain.
Le légat 6c S.Bernard continuèrent leur miffion dans le Touloufain 6c les pais
voifins , 6c parcoururent diverfes villes ou châteaux , fur-tout ceux qu’Henri
avoit le plus infe&és de fes erreurs.Le faint abbé fai foit ufage par tout du talent
de la parole que Dieu lui avoit donné : il inftruifoit les fimples , fortifioit les
foibles , rappelloit les errans ôcconfondoit les obftinez ; enforte que rien ne lui
réfiftoit : par tout il étoit écouté avec avidité 6c avec fruit, & par tout il avoit
la confolation de voir abjurer l’erreur. Il prêcha entr’autres à Verfeil *, où,
fuivant l’auteur de fa vie , étoit le fiege de fatan. C’eft une petite ville qualifiée
alors château , fituée à quatre lieues de Toiiloufe vers le Levant. 11 y avoit
centmaifons b de chevaliers qui favorifoient tous l’herefie.S.Bernard comptant
que s’il pouvoir gagner ces gentilshommes, il lui feroitaifé de ‘convertir tous
les autres , prêcha dansl’églife ■> mais les principaux en fortirent dès qu’il eut
commencé fa prédication, & à leur exemple le refte des auditeurs en fit autant.
Le faint fe rendit alors dans la place publique où il continua de prêcher ;
les chevaliers fe cachèrent aufïï-tôt d’un côté & d’autre, & il ne refla que le petit
peuple. Les premiers revinrent enfuite au fermon , 6c firent tant de bruit par
leurs clameurs, qu’on ne pouvait rien entendre j ce qui engagea enfin faine
A N.1147.
c. 6.
Caufrid Cltrt-
VJÜ. iftifi.vit .
CA7.&fa.
S.Btrn .ep.nx.
V.Pnf.Mjb.iiê
Ber» § 6.
• Viridefoliun;
b Guili.tUPf'-
dio-lAHr .chre».
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_ 44 6 HISTOIRE GENERALE
An. 1147, Bernard à fe retirer , après avoir fecoucla poulfiere de fes fouliers , 8c donné
tuu & maledi&ion au château : « anathème , dit un auteur a du milieu du XIII. fie-
» cle , qui eut Ton effet $ car tous ces chevaliers qui ctoient auparavant très.
>» riches moururent par divers accidens dans une extrême pauvreté ; & j’en ai
« vd, ajodte-t.il , unàTouloufe dans ma jeunefîe âgé de cent ans , qui étoitle
bv.L*.F4M ” principal feigneur de Verfeil, réduit à la derniere mifere.»On prétend tque le
abt>t.cb. t,.p. /âint en forçant de ce lieu fe retira dans un endroit du voifinage appellé aujour-
S7' d’hui le Bourg S. Bernard à caufe de cet événement. Le faint abbé trouva dans
cvas.Btrn.fr fa miffion c quelques autres chevaliers également prévenus en faveur d’Henri,
t^Gnnfriu. moins par attachement pour fes erreurs, que par la haine qu’ils avoient con¬
çue contre le clergé 5 ce qui les porcoit à écouter avec plaiilr les railleries que
cet heretique faifoit des ecclefiaftiques. Us promirent tous de ne plus le proté¬
ger, attendu qu’il avoit refufé de comparoître 8c d’entrer en conférence, ÔC
que pour l’éviter il fuioit devant le légat 8c alloit de château en château.
Ce prélat prononça alors une fentence contre lui & contre fes fe&ateurs, éc
eut foin de faire connoître au peuple , pour le défabufèr , le débordement de
fa vie.
S Bernard après avoir parcouru le Touloufain , pafla à S. Paul fur l’ A goût,
encra dans l’Albigeois , 8c arriva à Albi la veille de S. Pierre. Le légat l’avoit
précédé de deux jours dans cette ville , dont prefque tous les habicans avoienc
embrafle l’herefie d’Henri ou la favorifoient ouvertement , enforte quec’étoit
la ville du pais la plus infectée. Aufli le légat y fut-il très-mal reçû. Lorfqu’il
fut au voifinage le peuple alla par dérifion au devant de lui, monté fur des
ânes , 8c au bruit des tambours 5 ce prélat ayant voulu celebrer la niefîe
après fon arrivée , à peine fe trouva-t-il trente pcrlbnnes dans l’églife pour l’en¬
tendre. Le faint abbé étant arrivé trois jours après , les habicans le reçurent
au contraire avec de grandes démonftrations de joie : mais il étoic fi prévenu
contr’eux , qu’il fut fur le point de refufer l’accueil qu’ils lui firent. Le len¬
demain jour de S. Pierre il prêcha dans la cathédrale, 8c il s’y trouva tant de
monde que cette églile ne pouvoit le contenir. Le faint parla ainfi à ce peuple:
« J’étois venu pour femer, mais j’ai trouvé le champ rempli d’une mauvaife
»fèmence5 cependant comme vous êces raifonnables , je vais vous montrer
» l’une 8c l’autre femence , afin que vous fçachiez à quoi vous en tenir. >» Il
commença par le fucremenc de l’autel , 8c parcourut ainfi tous les points con-
teftez. Il expofa fur chacun ce que les heretiques enfeignoient , 8c ce que la foi’
exige des fidelles. Il demanda enfuiteàfes auditeurs quelle des deux dodrines
ils vouloient choifir : ils répondirent tous unanimement qu’ils déteftoient l’er¬
reur , 8c reconnoiiroient avec joie la parole de Dieu 8c la vérité catholique.
>s Faites donc penitence , reprit S. Bernard , vous tous qui avez été infe&ez de
33 l’herefie , 8c foumettez-vous â l’églife : levez au ciel la main droite pour mar-
33 que de votre retour » : tous généralement la levèrent, 8c le faint finit fon
fèrmon.
Ce détail, rapporté par un témoin oculaire , nous donne lieu de croire que les
habitans d’Albi fe convertirent fincerement -, ainfi nous ne fçaurions adopter la
d Tlturihip. remarque d’un hiftorien célébré de nos jours d qui fait dériver le nom d’Albi—
4ttU, 6J.1.1J. geois ) qu’on donna dans la fuite à ces heretiques, du grand nombre d’entr’eux
qui fe trouvoient alors dans la ville d’Albi. Il nous paroît au contraire qu’on
doit rapporter l’origine de ce nom à la condamnation qui fut faite plufieurs
années après dans le concile tenu à Lombers en Albigeois, des fèdaires qui
avoient renouvellé les erreurs d’Henri , non feulement dans ce pais , mais
encore dans une grande partie du Languedoc 8c de la Guienne.
e va.s Btm. S. Bernard c parcourut les principales villes 8c plufieurs châteaux du
frtàbid. domaine du comte de T ouloufe , 8c il demeura dans le pais tout le tems qu’il
crut necefiâire pour ramener les heretiques. Geoffroy fondifciple quil’accom-
pagnoit, avoue neanmoins qu’il y avoit un fi grand nombre'd’erreurs, qu’il au-
roit fallu une million plus longue pour les extirper entièrement } mais, ajou¬
te-t-il , le faint abbé ne peut plus foutenir un fi pénible travail : il appréhende
d’ailleurs d’être trop long-tems abfent de fon monaftere. Geoffroy écrit enfuite
aux religieux deClairvaux que S. Bernard, fur les lettres qu’il avoit reçues de
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ce monaftere , s’y rendroit inceflàmment , 6c qu’il éomptolt d’y arriver peu AN. 1 14^»
de teins après i’oebave de i’AfTomption. Le faine abbé à fon retour reprit la
même route qu’il avoir tenue en venant dans le pais , ôcrepaflàpar a Sarlat. a vit.ibid.l i-
Tel fut le voyage de cet homme apoftolique dans la province , où il eut le f,5,*-7i
bonheur de ramener alors à la foi ceux qui s’en croient écartez : mais mal¬
gré tous fes foins l’herefîe des Henriciens y demeura cachée comme le feu
fous la cendre , 6c elle s’y renouvella II fortement quelques années après , qu’ellé
y caufa enfin une extrême défolation.
Au refte dans toute cette relation iln’eftrien dit d’Alfonfe-Jourdain comte de
Touloufe.Un moderne prétend cependant.que ce prince regardoit Henri corn- h'iï-
me un laint, qu il lui avoit donne la confiance, ôc qu il 1 abandonna enfin Ion- u, .mg.i.i.p.
que S. Bernard eut guéri le chanoine paralytique de S; Sernin. Il ajoute que le
faint abbé après avoir defabufé le comte, lui perfuada de prendre la croix .
icc. Mais on a déjà vu qu’Alfonfe s’étoit croife long-tems auparavant; & il
y a tout lieu de croire, fuppofé qu’il fut alors à Touloufe , qu’il y reçut le
cardinal Albcric & faintBernard avec toute forte d’honneur. Il pouvoit être
alors dans cette ville, car nous verrons plus bas qu’il ne partit au plutôt pour
lacroifàde que vers la find’Août de l’an 1147.
Quant à Henri , le religieux de « Clairvaux qui a fait la relation du c piV.s.Jkrm
voyage de faint Bernard , allure que cet heretique fut pris &c conduit en-
chaîné devant l’évêque; qu’il demanda d’aller à Clairvaux pour y expier fa
vie paflee par la pcnitence ; que S. Bernard lui donna des lettres de recom¬
mandation pour être reçii dans le monaftere , mais qu’il manqua de parole
&perfifla dans fes erreurs. Un auteur poftericur J dit d’un autre côté qu’Henri &Albnic.thv.
après avoir été pris, fut conduit par l’évêque, à qui il avoit été remis , & qui
étoit fans doute celui de Touloufe, au concile de Reims tenu au commen¬
cement de l’an 1148. qu’ayant été convaincu d’herefie en pleine alïèmblée, lè
pape Eugcne III. qui y prélîdoit, lui fit grâce à la demande du même évêque, '
& fe contenta de le condamner à une prifunoù il mourut peu de tems après.
Quoi qu’il en foit , ce concile fit un canon e contre les heretiques de Gafcoyie eC0neii.tt.14.
& de Provence ^ 6c leurs fauteurs. Arnaud archevêque de Narbonne y affilia f. f'fp'e)'r.ytm
Peu de tems après le retour de S. Bernard à Clairvaux , Bertrand abbé de L4.ep.11,
Grandfelve au diocèfe de Touloufe l’alla voir dans ce monaftere , & lui
rendit un témoignage avantageux de la pureté de la foi des Touloufains ,de
leur âverfion pour les heretiques , & de leur atcachement pour fa perfonne.
Le faint abbé en témoigna fa joie à ces peuples par une lettre qu’il leur
adrefla g , 6c dans laquelle il leur parle ainfi.» Le féjour que j’ai fait chez vous « g s.t:r».efi
a été court, mais il n’a pas été inutile ; car apres vous avoir fait connoître «
la vérité tant par mes paroles que par des prodiges , on a découvert les «
loups qui fous la peau de brebis ravageoient votre troupeau. C’eft pour- «
quoi je vous exhorte d perlèverer, 6c à ne pas vous lafter, jufqu’à ce que«
vous les ayez entièrement challez de vos cantons. Il dit en fuite : Qui me«
procurera le moyen de vous aller voir encore une fois , j’en ai une très- «
grande envie, Ôc quoi qu’infirme je compterai pour rien la peine du voyage. «
Cependant fovez fermes dans le feigneur , continuez comme vous avez com- «
Jnencé ; obéiiiez à votre évêque 6c à vos autres fuperieurs ecclefiaftiques,«
exercez l’hofpitalité 6c la charité envers les pauvres. Je vous exhorte fur tout, «
ainfi que je vous le difois lorfque j’étois prefent , à ne recevoir chez vous au- «
.cun prédicateur qui n’ait une midion légitimé. Je vous recommande l’abbé «
de Grandfelve porteur de cette lettre , 6c fa maifon qui a été afociée «
depuis peu * à notre ordre, 8c en particulier à l’églifê de Clairvaux. « * Muper.
Faites voir dans la perfonne de cet abbé ôc des faints qui demeurent avec «
lui , le progrez que vous avez fait par nos exhortations, dans les œuvres «
de mifericorde ; faites-leur éprouver la même affection que vous avez pour«
nous, ôc regardez, comme fait à moi-même, tout le bien que vous voudrez « lxxV.
bien leur faire. « Union * M-
. L’abbaye de Grandfelve fut donc aftociée h à l’ordre de Cîteaux durant le wïci'wV
Voyage de l’abbé Bertrand à Clairvaux , ou au plutôt durant le féjour que
S. Bernard avoit fait à Touloufe. Elle avoit été fondée en 1 i 14. fous la réglé xxxs'im.n
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> _ 44* HISTOIRE GENERALE
An. i 147. de S. Benoît , ôc l’infticut du B. Gérard de Sales, ainfi qu’on l’a vft ailleurs.
La régularité s’y étoit depuis toûjours maintenue , tant fous le gouvernement
d’Etienne qui en avoir été premier abbé, que fous celui de Bertrand Ton fuc-
a Auhiv's cellèur, qui pofledoir déjà cette dignité en 1118. 4 lorfqu’un fèigneur nommé
Uraniti*» Guillaume Sicharii fit une donation à ce monaftere , « afin que Dieu eût pitié de
jt ' » l’ame de fbn frere mort excommunié , qu’Amelius évêque de Touloufe avoit
» ab/ous après fa mort , ôc dont il avoit permis l’inhumation à la priere des
» freres de Grandfelve. » Cette abbaye étoit encor» foumife à celle de
b Catii num. Cadouin !> en Périgord fous le pontificat du pape Innocent II. Après «= fon
t- f'a b d union à Clairvaux elle devint une des plus célébrés 6c des plus confiderables
r.ZZl'.ZrZ de tout l’ordre de Cîteaux , ôc produifit un grand nombre de perfonnages
ii.i-i. -jen- illuftres , foit par leur fcience, foit par leur pieté. L’abbé Bertrand donc
c^nn-Tu-i. on vienc de Paider fut un des Plus recommandables , 6c il éclaira tous les en-
t virons par l’éclat de fes vertus ôc par la force de fes prédications. Sa mémoire
hecoki- c.ji. y honorée par un cuJce public. On y honore aulli celle de quarante-cinq
Ar.Bxorj.ofl. religieux qui moururent»1 en deux mois de la contagion vers l’an 1167. Parmi
év‘î- ceux qui parvinrent à l’cpifcopat, Pons après avoir été abbé de Grandfelve, Sc
enfui te de Clairvaux, fut élu évêque de Clermont en 1 170. Ôc mourut en
t r,.f.n6. 1187. Les feigneurs de Lille-Jouçdain e qui avoient leurs terres au voifinage ,
firent beaucoup de bien à ce monaftere.
lxxvi. Plufieurs abbayes célébrés doivent ou leur origine ou leur accroilTement â
loudjiioo^cs ceue Grandfelve: entre les dernieres eft celle de Fontfroide au diocèle de
îon:fioiae,dc Narbonne, dont on attribue ( la fondation aux vicomtes de cette ville qui
oicis&dc y avoient leur fepulture : elle fubfîftoit g déjà dès la fin du XI. fiecle, avoir
f ^Irlq.ihJ. en 1118. un abbé nommé Bernard , ôc dépendoit en 1145. de celle de Grand-
r.i ».«•“• felve, comme il paroîtpar une charte h de Roger de Beziers vicomte de Car*
fZZdZZZb. caflbnne, de Râlez ôc d’Albi ,qui exempta alors ces deux monafteres de tout
LPrf jOj. cens ôc péage dans fês terres. Cette dépendance , qui eft encore aujourd’hui la
même, nous donne lieu de croire que ces deux abbayes furent unies en même
teins à l’ordre de Cîteaux. Celle de Fontfroide eft fituée à deux lieues ôc demie
ip.in. de Narbonne vers le fud-oueft. Vital qui en étoit abbé en 1 1 57. reçut ‘ alors
d’Ermengarde vicomtefle de cette ville la donation du lieu de Fontfroide &
k A ch.it uu. de fes dépendances. II avoit fuccedé à Sanche, qui donna k de fes religieux
"[MP» c. ^ Raymond-Bercngcr IV. comte de Barcelone, pour les établir dans la célé¬
bré abbaye de Poblct au diocèfe deTarragone , que ce prince fonda le 18.de
Janvier de l’an 1149. la JCIII. année du régné de Louis le Jeune , ÔC dans la.
quelle lui ôc la plupart des rois d’Aragon fes fuccefleurs choifirent leur fc*
p u 1 cure.
Les abbayes de Calers ôc de Candeil doivent leur origine à celle de Grand¬
felve. La première , qui étoit autrefois du diocèfe de Touloufe, Ôc qui eft au»
\TrpMo. jourd’hui de celui de Rieux, fut fondée 1 en 1147, ôc l’autre trois ans après,
m/' fi», par quelques “feigneurs voifins. On prétend n que Guillaume VI. feigneurde
7Z Montpellier , alors religieux de Grandfelve , fut le premier abbé du mona-
o pnbid. ftere de Candeil, qui eft fitué dans la partie méridionale du diocèfe d’Albi :
P utnnq.^d majs c’eft fens aucun fondement. Il eft vrai que Guillaume fut0 député avec
^ ,.1 1>l quelques autres religieux de Grandfelve pour faire cet établi/Ièment : mais ce
Potion’ de fut Gaufbert fon confrère qui fut le premier abbé de Candeil , ôc qui l’étoit
celles de Bd ii- déjà P en 1152.
peichc.diFian- La réputation de fainteté que S. Bernard ôc les religieux de Clairvaux s’é-
boiboune.sc!- toient acquife , contribua beaucoup à la fondation d’un grand nombre de
pneurs <k Lu- monafteres de fon ordre fous la filiation de cette abbaye. De ce nombre
nd.&duCiy- cejuj peiieperche j fitué fur la rive gauche de la Garonne dans
q Mtnriq.iHd. le diocèfe de Montauban , Ôc auparavant dans celui de Touloufe : il fut
“s»"” fondé q en 1 143. Les feigneurs de Caftelmairan, de la maifon d’Argombaud
* i jirêhiv. dt dans le voifinage, furent les principaux bienfaiteurs * au XII. fiecle.
tM.di BoU. L’abbaye de Franquevaux *,au diocèfe de Nifmes, fut fondéeauffien 1 143*
’t Manrij ihd. fous l’autorité des abbez de Morimond , par un gentilhomme du pais 1 ap-
pelle Pons-Guillaume, lequel fit donation de ce lieu à Gautier qui en fut le
tPr.l.5°u& premier abbé, ôc à fes religieux qui gardaient la rca le dumonatlere de Cite aux.
RofTolia
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DE LANGUEDOC. Liv. XVII.
449
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Roflolin feigneur de Lunel , & Tes freres Raynon 6c Guillaume Raynon fei- An. 114.7
gneurs du Caylar, contribuèrent à cette fondation en x 147. par la 1 donation a Pr ibid. ’
du lieu de Levedon lltué fur la rive de l’étang de Scamandre au voilinage t> ?>■"!■ dtS
de l’abbaye. Ces trois fèigneurs avoient un quatrième frere nommé b Ro- C^2\T‘>‘1
ftaing qui étoit prieur de S. Gilles en 1145. 6c qui termina alors par une fen-
tence arbitrale , avec fon frere Roflolin, le différend qui étoit entre les
deux autres au fujet de la terre du Caylar. Raynon feigneur c de ce lieu,
6c Raynon fon fils, firent auflî une donation confiderable en n 6 8. à l’abbaye
de Franquevaux, dont Raymond-Gaucelin feigneur de Lunel exempta de
peage les religieux en 1173. dans fes terres. Ce dernier avoir fuccedé en n 5 1 .
i Roflolin d fon pere dans la baronie de Lunel } il vendit alors , étant mi¬
neur, à Guillaume VIL feigneur de Montpellier, la terre de Lauzargues, en^*'
reconnoiflànce de ce qu’il l’avoit délivré de captivité * ce que Pons-Gaucelin
fon frere confirma. Leur pere avoir reçu cette terre de Guillaume VI. durant la
guerre que ce feigneur avoir eu à foûtenir.
L’abbaye de Bolbonne, autrefois du diocèfe de Touloufe, 6c aujourd’hui
de celui de Mirepoix , efl auflî de la filiation de Morimond.' Elle fubflftoit * déjà
dès l’an 1130. fous la réglé de S. Benoît, 6c étoit gouvernée alors par un bonn't_
abbé. Elle s’aggrégea en 1 1 50. e à l’ordre deCîteaux 6c à l’abbaye de Bon- c
nefont dans le diocèfe de Comminges fondée en 1136. par les comtes de ce
pais qui y avoient leur fépulture. Roger- Bernard comte de Foix augmenta
confiderablement en 1160. les domaines de l’abbaye de Bolbonne , en y don¬
nant ( tout ce qu’il poflèdoit dans le bois de ce nom. Le feigneur deSaifîàc, fArehhi. i*
Ifarn de Verfeil, ôc Jourdain de Lille lui firent en 1 168. 6c 1169. une pareille FM.dis»u
donation. Roger comte de Foix en fit bâtir l’églife vers l’an 1170. fous l’invo-
cation des apôtres S. Philippe ôc S. Jacques, ÔC y fut inhumé en 1x73. Cette
abbaye a donné un pape à l’églife en la perfonne de Benoît XII. lequel en
étoit religieux profez , de même que le cardinal Guillaume Curti , furnommé
le Blanc , fon neveu : elle fut entièrement détruite au XVI. fiecle par la fureur
des Calviniftes. Les religieux furent obligez de fe réfugier dans le college
qu’ils avoient à Touloufe, 6c qui a donné fon nom à la rue Bolbonne. Ils
y demeurèrent jufqu’en 1651. qu’ils rebâtirent leur monaftere à quelque
diftance de l’ancien, dans le lieu appelléTremes-aigues * , fitué vers le confluent ‘inter ambas
du Lers 6c de l’Ariege, fur les frontières du comté de Foix & du Languedoc. a^uas>
Roger vicomte de Carcaflonne fut un des principaux bienfai&eurs de l’ordre ^aeêaesde
deCîteaux : de concert avec Cecile fa mere, il exempta en 1146. g l’abbaye Roger virom-
de Salvanez en Rouerge de toute force de leude dans le lieu de la Caune tc de Circaf-
en Albigeois , ôc lui fit du bien l’année fuivante. u' vi^meefe °
Ce vicomte fignala auflî fa libéralité en 1147. envers l’églifè de Notre- Cecile fa mere.
Dame de Beaumont h en Rouergue fondée par fes ancêtres. Diafronifle veuve
d’Aton vicomte d’Albi , fon fils Bernard vicomte d’Albi 6c de Nifmes , Gau- v.note xxi.
ciane femme de ce dernier, 6c leurs fils Frocaire évêque d’Albi & le ‘vicomte
Aton IL y avoient établi vers le milieu du X. fiecle une communauté de
clercs fous l’autorité d’un prévôt. Ces clercs demandèrent « àembraflèr l’état i Pr.p.sts.&
régulier au pape Eugene III. par l’entremife de Pierre évêque de Rodez , & A*
deTrencavel vicomte de Beziers frere du vicomte de Carcaflonne. Le pape
leur accorda leur demande par un bref daté d’Albe en Lombardie le 19.
d’O&obre de l’an 1x46. ôc ordonna qu’ils embrafleroient l’inftitut des cha¬
noines réguliers de S. Ruf, ce qui fut exécuté. En conféquence * lavicom-
teffe Cecile, 6c les vicomtes I^oger, Raymond-Trcncavel 6c Bernard- Aton
fes fils, s’étant aflemblez au mois d’Aoutdel’an 1147. à Muraflon en Rouer¬
gue fur les frontières de l’Albigeois , confirmèrent les donations que leurs an¬
cêtres avoient faites en faveur de cette églife , 6c lui donnèrent les domaines
de diverfes paroiflès tant dans le Rouergue que dans l’Albigeois , en prefence
de Rigaud évêque d’Albi , 6c de plufieurs feigneurs féculiers. La régularité
s’eft confervée jufqu’à nos jours dans la prévôté de Beaumont , fituée à pre-
fent dans le diocèfe de Vabres, fur la petite riviere d’Alrance vers les frontières
de l’Albigeois. Le chapitre confifte en un prévôt 6c 18. chanoines, dont
trois deflèrvent des prieurez -cures. Il y a outre cela fix prebendés féculiers
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c V.Pr.p.494.
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_ 450 HISTOIRE GENERALE
An. 1147- amovibles. Le pape Adrien IV. confirma en 1156. ces chanoines dans leurs
potlèfiions fous la réglé de S. Augultin 6c la congrégation de S. Ruf.
Cecile de Provence veuve du vicomte Bernard-Aton vivoit donc encore
au mois d’Août de l’an 1147. Nous apprenons d’ailleurs qu’elle ,6c les trois
vicomtes les fils, permirent 4 alors aux chanoines de la cathédrale de Bcziersde
percer une porte dans la muraille de leur cloître , à condition que s’il s’elevoit
quelque guerre, ils nommeroient un chanoine pour la garder. 11 n’eft plus fait
depuis aucune mention de cette vicomtefïe , qui mourut lans doute bientôt
après: il paroît du moins’cerrain qu'elle décéda avant l’an 1 1 50. puifque le
b p.s*}&fa- vicomte Roger , mort cette année, fit une donation b aux Templiers ajin que
Dieu eut pitié de lame de fon pere Bernard- A ton , (jr de Cecile fa mere. 11 y a
lieu de croire qu’elle conferva jufqu’à là mort la principale adminiftrationdes
domaines des vicomtes fes fils. Les actes dont on vient de parler femblent le
f couver Elle fut inhumée dans l’abbaye d’Ardorel en Albigeois, dont on
ui attribue d la fondation , 6c où l’on voit fon épitaphe, 6c non pas dans un pré.
tendu monaftere de l’ordre de Citeaux fonde à Montpellier en ii6j. par cette
vicomtelîè , comme l’a avancé un auteur c.
Cependant les princes qui avoient pris la croix pour l’expédition de la
Terrc-lainte , ayant difpoié toutes choies pour leur départ , le mirent ( en
chemin. L’empereur Conrad prit les devants vers les fêtes de Pâques de l’an
1 14.7. à la tête d’une armée de cent mille hommes $ 6c ayant traverle laHon.
grie, il arriva à Conllantinople le 8. de Septembre. Il patla enfuite ledétroitj
mais s’etant engagé mal-à-propos dans la Bithypie, il eut le malheur de per-
dre prefque toute fon armée au mois de Novembre, foit par la perfidie des
Grecs, luit par les armes des Turcs * enforte qu’il eut beaucoup de peine à
fe fauver avec quelque débris de les troupes. Il gagna les environs de Nicée
où il rencontra le roi Louis le Jeune qui y étoit campé.
Ce dernier prince, fuivi d’une armée aulli confiderablc , étoit parti de fon
cô;é avec la reine Eleonor la femme le Samedi 14.de Juin, 6c avoitpris lamê-
me route que Conrad. Il éprouva comme lui la mauvaife volonté de Manuel
Comnene empereur de Conllantinople, qui fous des apparences d’amitie fit
tour fon pollible pour faire périr les troupes. Il fe fepara de Conrad à Ephefe,
continua la route, 6c alla camper lur les bords du Meandre vers Laodicée
apres les fetes de Noël. 11 paiîà ce fleuve malgré l’oppofition des Turcs qu’il
battit, & s’achemina vers Antioche : mais il perdit la moitié de Ibn armée
avec prefque tous les bagages, dans un combat que lesinfidclles lui livrèrent
quelque tems apres. Il arriva cependant à Attalie, ville maritime ôc capitale
de la Pamphilie. Il fut obligé d’y laiiler le relie de fes troupes qui y péri¬
rent pour la plupart, 6c de s’embarquer pour Antioche où il fe rendit enfin
avec la reine Eleonor là femme le 19. de Mars de l’an 1148. après une pcril-
leufe navigation. Raymond prince de cette ville les y reçut , 6c leur fit tout
l’accueil -pollible.
Raymond étoit fils puînég deGuillaume IX. comte de Poitiers & duc d’A¬
quitaine, & de Philippe de Touloufe, ôc par conféquent oncle de la reine
Eleonor. Il étoit né à Touloufe en 1099. dans le tems que le duc fon pere
étoit maître de cette ville. Après la mort de ce prince h,il alla chercher for¬
tune à la cour d’Henri I. roi d’Angleterre où il reçut l’ordre de chevalerie.
Il étoit parfaitement bienfait 6c d’une taille avantageufe , pieux , liberal, nu-
" ‘ ----- ‘les eût
hiitoricnGrec
grandes
qualités étoient mêlées de quelques defauts , 6c l’auteur k qui fait l’cloge de
fes vertus l’accufe de peu de prévoyance, d’un amour excellif pour le jeu, de
colere , de précipitation 6c de fougue dans fes actions, 6c de peu de fidelité
dans fes promellès. Raymond étoit à la cour d’Angleterre lorfque Boémond
II. prince d’Antioche, qui n’avoit qu’une fille unique en bas âge nommée Con¬
fiance, ayant été tué en 1130.il s’éleva de grands différends pour le gouverne¬
ment de cette principauté , entre Alix mere de cette princdlè, 6c Foulques
d’Anjou roi de Jerufalem. Celui-ci pour mettre des bornes à l’ambition d’Alix,
1 1 48
£ Cbron.
ALiueac p.u6.
Il Or tler. VttâU
Hb
Gutll . Tyr.l.Uf.
Cinnurn, l.i.fr
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i CinnAmJ.i.
p. 7Z.&1.1*
p.i* f-
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DE LANGUEDOC. Liv. XVII.
4U
2
envoya lècrerement offrir à Raymond , du confeil du patriarche d’Antioche ôc An. 1 148.
des principaux du pais , la jeune Confiance en mariage. Le prince d’Aquitaine
accepta volontiers une propofîtion fi avantageufe: il partit auffi. tôt, ôc prit fi
bien fes mefures pour fe mettre à couvert des embûches que fes ennemis lui
avoient dreflees dans fa route , qu’il arriva fain & lâuf à Antioche. 11 fut
reçu dans cette ville avec de grandes démonflrations de joie,. & époufa Con.
fiance en 1137. quoiqu’elle n’eût pas encore entièrement atteint l’âge de pu¬
berté. Il eut enfuice de grands démêlez avec le patriarche , ôc fut obligé de •
foûtenir la guerre contre Manuel Comnene qui lui enleva diver/ès places ,
alîîegea fa capitale, & l’obligea enfin à fe déclarer fon vaiTal. ' •
L’efperance que Raymond avoit conçûe que le roi Louis le Jeune l’aideroit à
reprendre ces places, 6c même à étendre les conquêtes, l’engagea à faire à
ce prince l’accueil le plus favorable. Il ne négligea rien en eflfctpour exiger
ce fervice du roi, ôc il employa pour l’obtenir le crédit qu’il avoit fur l’efprit
de la reine Eleonor fa niece qui le féconda de l'on mieux 5 mais ils ne purent
rien gagner ni l’un ni l’autre. Louis avoit réfolu d’aller faire fes dévotions à
Jerulalem, avant que d’entreprendre aucune expédition militaire 5 ôc voyant
que Raymond tramoit contre lui de mauvais delleins pour le forcer à lui accor¬
der fa demande, il partit fecretement d’Antioche ôc fe rendit à Tripoli.
L’empereur Conrad après avoir palîé l’hyver à Conflantinople , où il étoit
retourné , s’embarqua de Ion côté au commencement du printems , & aborda
dans la femainede Pâques * au port d’Acre ou de Ptolemaïde, où Alfonfè-
Jourdain comte de Touloufe arriva peu de tems après.
Ce comte s’étoit mis en marche b plus tard que les autres princes , parce
u’ayant réfolu de faire le trajet par mer, la route n’étoit pas fi longue. Avant fo0fe<omte<fe
on départ de Touloufe il témoigna fon affeélion envers les peuples de cette Touloufe dm*
ville, ôc déclara par une charte de l’anc 1147. qu’il n’avoit aucun droit de mor3tlc&Df0fa
quefie ou de tolte , ni dans Touloufe, ni dans fes fauxbourgs , non plus que le éloge,
droit de chevauchée commune , à moins qu’il n’eût guerre dans le Touloufain.
Il confirma en même tems tous les habitans de Touloufe dans la polleffion
des bonnes coutumes & des franchijes dont ils jouifj oient, qu’il leur avoit données ,
& qu’il avoit fait rédiger, Alfonle s’embarqua vers la fin du mois d’Août de la
même année fur une flotte qu’il avoit fait équipper à la tour du Bouc * fur la
côte , vers les embouchures du Rhône, à l’endroit où on conllruifit depuis
le port d’Aigues-mortes. Nous ignorons le nom des feigneurs qui l'accom¬
pagnèrent dans ce voyage. Nous fçavons feulement qu’il amena avec lui un fils
naturel nommé Bertrand , Ôc une fille naturelle 5 que Raymond Trencavel
vicomte de Beziers c ôc d’Agde le fuivit , & qu’il avoit mis lur pied une armée
confiderable. Un moderne 1 prétend que Faydide fa femme fut auffi du voyage :
mais il n’y en a aucune preuve. Il paraît même que cette princelTe étoit alors ’,,H‘
déjadécedée. Le comte de Touloufe pafla l’hyver dans quelqucport d’Italie, ôc
peut-être même à Conllantinople , ôc s’étant remis en mer au commencement
du printems, il aborda au port d’Acre ou de Ptolemaïde , ôc mourut bientôt
après. •
Un auteur g contemporain rapporte les circonflances fuivlntes de l’arrivée
& de la mort de ce prince. » Altonfe comte de Touloufe, fils du comte Ray- «
mond l’ancien qui fe dillingua fi fort à la première croifade , arriva au port «
d’Acre peu de tems après l’empereur Conrad. Ce prince étoit très-recom- «
mandablepar fon propre mérite , mais il l’étoit encore bien plus par la me- «
moire de fon pere. Il prit enfuite la route de Jerufàlem pour y rendre « -
grâces à Dieu de fon heureufe arrivée , ôc mourut du poifon qu’on lui don-té
na, dit-on, àCefarée, peu de jours après fon débarquement. Tout le peu.«
pleattendoit avec impatience l’arrivée de ce comte de précieufe mémoire, ù
ôcon avoit conçû de lui de très-grandes efpcrances pour le royaume de Jeru- «
falem. Un autre hiflorien h du tems parle de cet événement à peu près dans les b Cep.tud.
mêmes termes : Il dit que la bonne opinion que les Chrétiens de la Terre-fainte V11-e-is-
avoient d’Alfonfe , ctoit fondée tant fur fes qualitez naturelles , que fur lès
aélions , qui rendoient en fa faveur un glorieux témoignage. Il ajoûte qu’après
avoir débarqué à Acre , il fut empoifonné dans le louper qu’on lui fervitla
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b NOTE L.
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V. NOTE ibid.
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f NOTE ibid .
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45 *
HISTOIRE GENERALE
ÀN.1148. première nuit de fon arrivée à Cefarée-, que tous les habitans de la Syrie tant
pauvres -que riches témoignèrent un extrême regret de fa mort , dont on
a Appmi. ai ignoroit l’auteur, Enfin un troifiéme hiftorien a du fiecle allure que ce fut la
thna. sigiber, reine qui fjc donner à Alfonfe le poifon dont il mourut. On prétend quel’au-
8 lJ JM?»- teur qui rapporte ce fait, elHe même que Robertabbé du Mont S. Michel*
b Rtb.it Mmt. mais on ne trouve rien de ce fait dans fa véritable chronique1». Quelques mo.
*D*cher*' bernes ont avancé fur cette autorité , que ce fut la reine Êleonor , femme de
Louis le Jeune , qui fit empoifonner Alfonfe, par reffentiment de ce qu’il lui
détenoit le comté de Touloufe qu’elle prétendoit lui appartenir : mais Guil-
tîJa nghehr»». laume deNangis c difculpe cette princeflë , en difant que ce fut la reine de
114s. Jerufalem qui fit périr le comte par le poifon. Cette reine appellée Meli-
fende , partagcoit le gouvernement du royaume de Jerufalem avec le roi
Baudouin III. fon fils. Nous ignorons le motif qui la porta à commettre un li
noir attentat. On voit par ce que nous venons de rapporter qu’ Alfonfe.
Jourdain mourut vers la mi- Avril de l’an 1 148. il étoit âgé alors de 45. ans.
Ce comte fut un des plus grands princes de fon fiecle. Il étoit encore en.
fant lorfque Bertrand fon frère aîné étant parti pour la Terre- fainte , d’où il
ne revint plus , lui lailTatous fes domaines d’Occident. Il en perdit une partie
pendant la minorité, par la querelle que Guillaume IX. duc d’Aquitaine lui
fufeita ; mais il les recouvra entièrement avant l’âge de 18. ans, ôc lescon-
lêrva dans la fuite malgré les puiflâns ennemis qu’il eut fur les bras 5 en-
tr’autres le comte de Barcelone avec lequel il fit une paix avantageufe, 2c
le roi Louis le Jeune , qui ayant des prétextes très-plaufibles pour le dé.
pouillerde lès ctats, le laifla en paix après lui avoir fait la guerre. On voit
par là qu’ Alfonfe avoit de la valeur : mais nous ignorons le détail de les
exploits. Il elt aifé de juger de fa capacité pour lçs affaires 6c les négocia¬
tions par ce qu’il fit en Elpagne où il fut plus d’une fois l’arbitre des différends
qui s’élevèrent entre les rois de Caftille , d’Aragon , 6c de Navarre. L’amour
que lui portoient fês fujets eft une preuve de la douceur de fon gouvernement.
Les Touloufains entr’autres lui furent toujours très-attachez , ôcc’eft à leur
fidelité qu’il fut redevable de la confcrvation de fa capitale , 6c d’une partie
de fès états. Audi leur en témoigna-t-il une vive reconnoiffance , 6c c’eft à
iv. Catri lui qu’ils doivent d la plupart de leurs privilèges * en particulier la première
t°'»tp.ni.& compilation de leurs coutumes , 6c l’inftitution de leurs magiftrats munici.
paux qu’on appelle capirouls. Outre les prérogatives qu’il leur acdorda, 2c
c \bti.p.i9i.& dont on a déjà parlé, il les affranchit d’un droit6 fort onéreux appcllé porta»
je]1' ticum , qu’on levoit à Touloufe furies denrées 6c les marchandiles * enfin il
régla les droits qu’il avoit pour lajuftice criminelle de cette ville. Il accorda
f ibii.p.uf.fr au nionaftere de la Daurade f, 6c aux habitans du bourg 6c de la cité, la
I,!” liberté de faire conftruire un pont fur la Garonne, avec exemption de tout
droit de palfage * à condition que les religieux de ce monaftere celebre-
roient tous les ans un anniverfaire pour fon pere 6c fes parens , 6c prieroient
Dieu pour lui pendant fa vie. Ce pont ne fubfifte plus : on en a bâti depuis un
autre qu’on appelle le Pont-neuf, qui eft un des plus beaux du royaume.
Ce prince donna diverfes marques de fà pieté : outre les donations qu’il fit
en faveur depluficurs églifes , il renonça à la coutume où étoient fes préde-
çefleurs de s’emparer de la dépouille des évêques de Touloufe après leur
mort. Il entreprit par dévotion deux pèlerinages à S. Jacques en Galice, 6 cce
fut par un motif de religion qu’il s’engagea dans la croifade où il perdit la vie.
KPr.f.i4i-& Il confirma les donations g que Raymond de S. Gilles fon pere avoit faites aux
• abbayes de la. Châifê.Dieu 6c de S. Gilles , & fit de grands biens à celle de
hc'iron. Ltrin. ïjerins b en Provence. Il eut à la vérité des démêlez avec celles de S. Gilles
fart.x.p.isi. de S. Audard de Montauban * il leur caufa du préjudice , 6c s’engagea
«Jans; quelques démarches qui lui attirèrent diverfes fois l’anatheme , foie de
v. là parc du. pape, foit de la part des évêques de la province : mais outre le
foin qu’il eut; de fe faire relever de l’excommunication , il paroît qu’il agic
çn cela pour d'qs rai fans d’état , qui l’emportent quelquefois auprès des prin-
iIuHrÏ* » m^me *cs plu$ P'eux, fur celles de la religion.
' ’ " ' : .On cultiva U poëfie provençale à la cour d’ Alfonfe. Geraud ‘ le Roux natif
7119.
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DE LANGÜÊDOC. Liv, XVII. 4 fl .
de Touloufè, &fils d’un pauvre chevalier , s’y rendit célébré entr’autres par AN.it4$,
feschanfons, dont il nous refte 1 quelques-unes, 6c que lui infpira l’amour a ihd.
qu’il conçût pour la comtejfe fille de ce prince. On cultiva aufîi à Touloufè fous
Alfonfe la poche Latine 5 Pierre le Venerable abbé de Cluni b fait une / b Petr-Vnm
réponfe en vers à un religieux de fon ordre , moine de cette ville , nommé ■4’vai*
Raymond , qui , dit-il, avait fait revivre la réputation des anciens poètes T ottlou-
fains , 6c qui lui avoit envoyé diverfes pièces de fâ façon.
Alfonfe eut plusieurs enfans de Faydide d’Ufèz fa femme. Raymond l’aîné,
né en 11*4. lui fucceda dans le comté de Touloufè , & dans le relie de fes fooi” jouais
états, mais il paroît qu’il les partagea , ou du moins qu’il polTeda le mar- corme dcTou-
quifac de Provence c par indivis avec Alfonfe fon frere puîné. Ce dernier qui
a été inconnu jufqu’ici, & qu’on a confondu avec Alberic furnommé Taille- Ai.oufe i« fin
fer, fils de Raymond V. fon frere , vécut du moins jufqu’en 1167. comme ,uc‘ lfxof£c'L
nous le verrons dans la fuite. Il ne paroît pas qu’il ait laifle poflerité. Alfonfe- «ii*.
Jourdain eut un troifiéme fils dont on ignore le nom, 6c qui mourut jeune.
Il fut inhumé dans le cimetière de la Daurade à Touloufè où on voyoit fon
épitaphe d fur une pierre de marbre qui a été transférée dans Je cloître près le à v, c»ui
chapitre , où elle cfl appliquée fur la muraille de l’églife. Nous avons encore
une épitaphe6 d'un autre fils' d’Alfonfe-Jourdain , nommé Mucc, qui mourut «
le 15. d’Avril de l’an 1*03. 6c fut inhumé dans l’églife cathédrale de
Nifmes ; mais il paroît que celui-ci n’étoit pas légitimé.
On allure f qu’Alfonfc.Jourdain eut une fille nommée Faydide comme fà hijtafsJ’v”!*
mere, & qu’elle époufa Humbert III. comte deSavoye. Il efl vrai qu’on voit
par un aéle g de l’an 1 x 31. que la femme de ce dernier prince , lequel fucceda g ituao.yp.
en 1149. i Amé III. fon pere , s’appelloit Faydide , mais il n’efl marqué nulle 4,,{*7*f‘ -
part qu’elle fut fille du comte de Touloufè ; ainfi ce n’efl qu’une conjeélure
qui cependant paroît tout-à-fait vraifcmblable. Faydide première femme
d’Humbert III. étoit déjà morte en 1157. puifque ce prince pafTa alors à de
fécondés noces. On donne h encore une autre fille à Alfonfe, 6c on la dit b taBoMigeik
femme de Roger vicomte de Bez.iers , fils de Raymond Trcncavel , & pere de Ray- ^’4S8'
mond-Roger : maison fe trompe -, Adélaïde femme du vicomte Roger , étoit
petite-fille, 6i non pas fille d’AIfonfe-Jourdain. Enfin un genealogifte * met au i u n°q*e
nombre des enfans d’Alfonfe-Jourdain, un prétendu Béraud qu’il fait vicomte
de Lautrec ; mais outre qu’il n’en donne aucune preuve, il cfl cercaînque Si-
card vicomte de Lautrec, contemporain d’Alfonfe-Jourdain, laifïa des fils qui
lui fùccederent & qui laiflèrent poflerité.
Ce comte eut un fils naturel 6c une fille naturelle qui lefuivircntàla Terre*
feinte, ainfi qu’on l’a déjà remarqué. Un ancien auteur k en parle en ces ter- r Aftmi.il
mes fous l’an 1148. »> Après la mort d’Alfonfe , fon fils <jui étoit encore en u chnn.S;gtb ^
adolefcence, fejetta dans un château du comte deTripoliyo# cov fin germain*
(ou plutôt fon neveu à la mode de Bretagne ) & fut fait prifonnier avec fa «
fceur par la trahifon de ce comte. » Nous apprenons d’ailleurs que ce fils
d’AIfonfè s’appelloit Bertrand, qu’il n’étoit pas légitimé , qu’il fut pris paé
lesTurcsavec fa fueur, & qu’il fut enfin délivré de leurs mains. »L’empe-«
reur'Manuel Comnene s’étant mis en marche en n^.avecle roi deJerufa-« lGmii.tjr.i.n;
lem, dit Guillaume de Tyr, pour aller afiîeger Alep fur Noradin , envoya «
des ambaflàdeurs à ce prince infidelle, 6c obtint par leur moyen ladélivran- «
ce de Bertrand fils naturel du comte de S. Gilles, 6c de quelques autres captifs.«
La même chofé cfl rapportée par un hiflorien m Grec, contemporain , qui mû*»* mJ*4<
appelle homme Italien , le fils du comte de S. Gilles , auquel Noradin accorda la Z*-10!"
liberté en cette occafion , ainfi qu’au maître des Templiers, &à plufieurs au¬
tres perfonnes- de diflinclion. Il les avoit fait prifonniers , ajoûte-t-il , quand
les Allemans & les Génois avoient fait leur expédition en Afie , c’efl-à-dire
en 1148. ainfi Bertrand demeura onze ans en efclavage parmi les Turcs.
C’cfl tout ce que nous fçavons de lui. Quant àla fille naturelle d’Alfonfè ", n ^4 jt MmU
Noradin prince d’Alep, de fa captive en fit fon époufe: il en eut un fils qui chron. »nn .
après fa mort arrivée en 1174. lui fucceda fous la tutelle de cette princefle. Elle ,,74‘
& fon fils conclurent alors une trêve de fept ans avec le roi de Jerufalem de qui
ils reçurent une fomrne confiderable.
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An.i 148.
txxxir.
Retour d-'S
«roi lez. Mort
•de Raymond
prince d’An¬
tioche, 5c de
Raymond I.
comte de Tri¬
poli.
a Gmll. Tyr.
i.
b lbtâ.lrt.c.
19-& *T l'17'
Ctnn*.l.\.€.n.
Gcfi.Lud.yil.
4.1J.
c VDuch.to^.
/•I* 7.
â Guill . Tyr ,
Lxi.c.ifLu.
*5*
4*4 HISTOIRE GENERALE
Alfonfe-Jourdainfut le quatrième comte deToulouIe qui mourutà laTerre-
fainte, 6c de ces quatre il fut le troifiéme qui , à l’exemple de Raymond fou perç
6c de Bertrand Ion firere, fecroifa contre les infidelles : la croilade n’étoit pas
encore commencée lorfque Guillaume fon oncle paternel décéda à Jerufalem.
vers l’an 1093. La mailbn de Touloufe eut aufii la gloire de donner en la
perfonne des comtes de Tripoli defeendans du même Bertrand , plufieurs
autres héros qui le rendirent également célébrés en Orient parleurs exploits,
6c dont l’hiftoire abrégée que nous allons reprendre terminera ce livre.
Nous ignorons le motif pour lequel Raymond I. comte de Tripoli livra en¬
tre les mains des Turcs le fils & la fille d’Alfonfe comte de Touloufe, fon
grand oncle paternel , mais c’eft une marque que ces deux princes étoient
brouiller enfemble. Raymond avoir fuccedé en 1137. à Pons comte de Tri¬
poli fonpere, dont il vengea aulfitot la mort, ainfi qu’on l’a rapporté ail¬
leurs. Sanguin prince «Turc lui déclara la guerre peu de teins après , &af-
fiegea fur lui la ville de Raphaniaou de Montferrand fituèe dans fon comté
de Tripoli. Raymond dépêcha aufli-tôt à Foulques d’Anjou roi de Jerufalem
fon oncle maternel & fon beau.frere , qui le joignit à lui pour taire lever
le fiege. Le prince infidelle étant forti alors de fes lignes , vint au devant
d’eux, leur livra bataille 6c les défit entièrement. Foulques trouva moyen de
fe réfugier dans la place, mais le comte de Tripoli demeura prifonnier avec
plufieurs chevaliers. Ils furent délivrez peu de tems après par la valeur du
prince d’Antioche & du prince d’Edeile, qui ayant marché vers Montferrand,
obligèrent Sanguin à décamper , 6c firent un traité avec lui, par lequel il
rendit la liberté au comte de Tripoli 6c aux autres prifonniers qu’il avoit faits.
Ce comte fe trouva enfuite avec le prince d’Antioche au fiege 5c à la prife de la
ville dePaneade j 6c lorlque le roi Louis le Jeune fon cou/in pafla à Tripoli en
1 14.8 . b il le reçut dans cette ville , lui fit tout l’accueil polfible , 6c n’omit rien
pour l’engager à l’aider à étendre les limites de fes états ; mais il ne put obte¬
nir fa demande, parce que Louis vouloir aller auparavant à Jerufalem. Ce re¬
fus fut peut-être la railon pour laquelle Raymond n’aflîftapas à l’aflemblee
generale qui fut tenue le zo.de Mai de la même année à Acre ouPtolemaïde,
6c dans laquelle on réfolut le fiege de Damas. Il ne paroît pas non plus que le
comte de Tripoli fe foit trouvé à ce fiege que les princes croifez furent obli¬
gez de lever lionteufement : mais il y a lieu de croire que les troupes qu’Al-
lonfe-Jourdain comte de Touloufe avoient amenées dans la Palcftine prirent
Îiart à cette expédition , 6c qu’elles repaflèrent la mer l’année fuivante avec
e roi Louis le Jeune , qui après avoir célébré la fête de Pâques à Jerufalem ,
s’embarqua pour retourner dans fes états ,& débarqua , à ce qu’il paroît c , à
S. Gilles.
Noradin fuccelTeur de Sanguin ayant raflèmblé une armée formidable, quel¬
que tems après le départ de Louis, vint afiîegcr un château qui appartenoit à
Raymond prince d’Antioche. Celui-ci fe hâta de marcher au fecours, &jetta
quelques troupes dans la place , mais il eut l’imprudence de camper au voifi-
nage, où Noradin infiniment fuperieur en troupes vint l’attaquer. Le prince
d’Antioche combattit en héros, 6c fit des prodiges de valeur , jufqu’à ce qu’enfin
accablé parle nombre , il fut tué malheureufement dansl’acâion le ij. de Juin
de l’an 1149. Telle fut la fin de cet illuftre Touloufain , qui eut pour fuccef-
feur dans la principauté d’Antioche Boemond III. fon fils aîné : illaiflàdeux
filles parfaitement belles , dont l’aînée époufa l’empereur de Conftantinople.
Raymond I. comte de Tripoli fon coufin,du fécond au troifiéme degré, lui
furvécut peu d’années. Il conçût delà jaloufie d’Hodierne d là femme, fille
de Baudouin du Bourg , roi de Jerufalem , 6c fe brouilla avec elle. Baudouin III.
roi de Jerufalem tâcha de les raccommoder, 6c fe rendit pour cela à Tripoli
en 1151. avec la reine Melifende fa mere ,fœur d’Hodierne 3 mais n’ayant pû
réulîir, la reine amena avec elle la comtelle là fœur à Jerufalem. Lecomte
Raymond les accompagna jufqu’au dehors de la ville, 6c à fon retour il fut
maflàcré â la porte par lesAlîàfins, peuples du voifinage. Il paroît que ce
prince confervoit , de même que Pons fon pere , ou prétendoit conferver
quelque droit fur les domaines que Bertrand comte de Touloufe fon ayeul
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DE LANGUEDOC. Liv. XVII.
âVoit poflèdez en Languedoc. II donna3 en effet en i 141. à Humbert évêque ^ T
du Puy , ôc à l’églife de cette ville, du conlèil de Cecile là mere , d’Hodierne a
fa. femme , de Raymond fon fils, 6: de Philippe Ion frere, en prefence de /<?•
Ton connétable, de fon maréchal, de fiés barons & de plufieurs prélats , tou¬
tes les poflèlfions que fes prédecellèurs avoientdans le comte de Vêlai. Nous
avons encore une donation b du même comte de Tripoli , d’Hodierne fà fem-
me, & de leur fils Raymond, datée du mois de Janvier de l’an 1146. en
faveur du monaltere du Mont Thabor. L’acte eft fcellé du lceau de ce comte»
dont nous parierons ailleurs.
Raymond I. laiilà deux enfans d’Hodierne la femme, Ravoir Raymond IL txxxliî.
qui lui fucceda dans le comté de Tripolifous la tutelle de cette princellç, 8c ^XT°«>mte
qui n’avoir pas encore douze ans accomplis, ScMeiilenJe. Dans la fuite celle-ci dcTiipoiidc-
fut promifeen mariage à Manuel Comnene empereur de Conftancinople qui de
refufa c de l’époufer ; ce qui engagea Raymond II. qui s’etoit jette à cette c «;.•«//. 7>n
occafion dans de très grandes depenfes, à lui déclarer la guerre pour avoir a&
raifon de cette injure. Le comte arma plufieurs galères , 8c s’etant mis en “l!‘
mer, il ravagea les ificsôc les cotes de l’empire Grec. Il entreprit cette ex¬
pédition la même année que Baudouin 111. roi dejerufalcm fon çoulin ger¬
main mourut, c’eft-à-dire en 1162. Noradiiv- quelque tems après fit une irru- din,u.,9.c.s,
ption dans le comté de Tripoli, qui ne lui 'fut pas avantageufe 1 mais ayant dv'î?-
ramafie de [plus grandes forces, il vintalîicger le château de Harenc fur le
comte, qui marcha aufli-tôt au fecours de la place avec le jeune Boëmond
f>rince d’Antioche, 8c plufieurs autres princes , 8c obligea les infidelles à lever
e fiege. Raymond les ayant attaquez enfuite imprudemment , il eut le malheur
d’être défait dans une bataille qu’il perdit le jo.d’Aoùt-del’an n 63.6c dans ev.M*rtm.
laquelle il fut fait prifbnnier.
Le comte de Tripoli IbufFrit f toute forte de mauvais traitemens durant fa f g.<,u. tjt.
prifon, d’où il ne fortit que la huitième année , c’eft-à-dire en 1171. apres i
s’être engagé à payer une rançon de quatre-vingt mille ducats d’or. Il reprit
alors le gouvernement de fes états, qu’Amauri roi de Jerufalem frere 6c iuc-
celîèur de Baudouin III. avoir adminiftrez pendant là captivité. Amauri
étant mort au mois de Juillet ? de la même année, le comte de Tripoli en , g /•*»*•!.
qualité de plus proche parent , fut clii regent du royaume durant la minorité
ou jeune Baudouin IV. fils 6cfuccdleur de ce prince; Un hiftoricn*» du tems
fait à cette occafion le portrait du comte de Tripoli. » Ce prince eft, dit-il, «
maigre & fluet , mais d’une taille avantagculé. Il a le nez aquilin , lesche-«
veux plats 8c bruns , les yeux vifs. Il eft actif 6c prévoyant, 8c d’un extérieur «t
compofé 5 il eft liberal Sc affable envers les étrangers , févereà l’égard de fes «
donicltiques , médiocrement inftruit dans les lettres qu’il a appriies durant «
fa prifon. Il s’applique à l’intelligence des faintes écritures, 6c fe plaît à«
propofer les difficultcz qu’il y rencontre , lorfqu’il trouve quelqu’un capable
de les lui réfoudre. Il a épouié en 1173. Efquive veuve de Gautier prince de«
Galilée , laquelle a plufieurs enfans de fon premier mariage , que le comte <t
aimecoinme les liens propres. « Tel étoit Raymond II. comte de Tripoli lorf-
que Guillaume de Tyr écrivoit en 1 1 8 x . le 21. livre de fon hiftoire* • •
, Ce prince au commencement ' de fa régence marcha contre Saladin foudati ie.t.&fetf.
d’Egypte, qui apres avoir fait une irruption dans la Çœlofyric s’empara du
royaume de Damas fur le fils de Noradin. Raymond fit enluite la paix avec
ce prince infidelle , 6c entreprit en 1 1 77. k avec Philippe comte de Flandres qui kc.is.é'ü
étoit arrivé à laTerre-làinte , le fiege de Harenc fitué à douze milles d’ Antio¬
che : mais ils le pouflerent (i négligemment, qu’en fin ils furent obligez de le 1
lever. Le comte de Tripoli fe trouva l’année fuivante à la malheureufe ba¬
taille de Sydon, d’où il s’échappa 6c fe fauva à Tyr. Il fut de nouveau en
guerre quelque tems après1, avec ce foudan qui avoit fait une irruption dans Un*.*
fon comté , 6c fut oblige de faire la paix avec lui. Il fe brouilla eniiSi. m avec m c-?-
Baudouin IV\ roi de Jerufalem , à l’occafion fuivante. Il s’étoit avancé
jufqu’à Giblcc dans le deflein d’aller à Tiberiade , capitale de la princi¬
pauté de Galilée qui appartenoit à fa femme. La mere , le frere , & les
autres miniftres de ce prince , qui étoit attaqué de la lèpre ôc peu en état de
ic.tï&fefl.
15»
1 Lxucty
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An*ii48.
ar.14.iMt»
*7*
b c. 30.
</. tj.r.i.
<* Cuill.Tyr.
tontinuAt.apud
coll.
êmidifj. ro.f .
Ms4-
45« HISTOIRE GENERALE
gouverner, craignant que lorfque le comte feroit au voifinage de Jerufalem,il
ne s’apperçût de leur mauvaifeadtniniftration, réfolurent de l’écarter.Dans ce
deflein ils perfuaderent à Baudouin qu’il venoit pour le dépouiller de fes états, &
ft faire élire roi à fa place. Ce prince trop credule ajouta foi à ces injuftes foup.
qons, ÔC fit défendre à Raymond de palier outre ôc d’entrer dans fes états •
enforce qu’il eut la confufion de fe voir obligé de s’en retourner à Tripoli. Les
plus fages du royaume ne doutèrent pas que le comte ne cherchât à fe ven.
ter d’une telle infulte ; ôc prévoyant les conféquences de cette brouillerie, ils
rent tant pour l’appaifer , qu’enfin il fe rendit à Jerufalem fur leurs inftances,
après qu’ils y eurent fait confentir le roi comme malgré lui. Ces deux princes
quelque tems après leur réconciliation, marchèrent » enfemble en 1183. contre
Saladin , qui avoit rompu la trêve qu’il avoit conclue avec le roi. Ce dernier l’y
avoit en quelque maniéré obligé par fes démarches j ce qu’il n’auroit pas fait,
dit un hiftorien du tems , s’il avoit fuivi les confeils de Raymond , qui ajoute-
t-il, étoit un prince prudent, habile, & expérimenté dans l’art militaire, fit
qui en donna des preuves durant cette guerre pendant laquelle il fe diftingua.
Baudouin IV. b défigna pourfon fucceflèur au mois de Novembre de l’an
1 1 83. Baudouin fon neveu, fils de fa fccur, âgé feulement de cinq ans, &
choifitc, du confeil de fes barons, le comte de Tripoli pour adminiftrer le
royaume pendant fa maladie 6c la minorité du jeune roi. Ce choix fut éga¬
lement applaudi des grands ôc du peuple qui regardoient le comte comme
fêul capable de gouverner 6c de rétablir les affaires du royaume qui étoient
fort délabrées. C’eftainfique s'exprime Guillaume de Tyr témoin oculaire,
dont la fincerité eft generalement reconnue , 6c qui finit ici fon hiftoire. Tout
ce que nous venons de rapporter de Raymond II. eft appuyé fur l’autorité de
ce célébré écrivain. Les auteurs qui ont .écrit après lui parlent fort diverfe-
ment de la fuite des actions fie de la fin de ce comte. Nous nous arrêterons
à ceux qui méritent plus de croyance.
Le comte de Tripoli d n’accepta la regence du royaume de Jerufalem , dit
un de ces auteurs, qu’aux conditions fuivantes Ravoir, i°.Qu’iIne feroit pas
chargé de garder la perfonnedu jeune roi Baudouin ,afin d’éviter tout foup-
çon ,en casque ce prince vînt à dcceder pendant fon adminiftration. i°.Que
les chevaliers de l’Hôpital ôc du Temple auroient par la même raifon durant
ce tems-Ià, la garde de tous les châteaux 6c de toutes les fortereflès du royau¬
me. 30. Que pour la fureté du rembourfement des dépenfes qu’il feroit obligé
défaire pour le bien de l’état pendant fa régence, on lui donneroit une place
du royaume en engagement. 40. Que n’y ayant aucune trêve de conclue avec
les infidelles, 6c étant obligé par là de fe tenir fur la défenfive, là regence
dureroit dix ans , afin d’avôir le tems de prendre de juftes mefures , 6c à peu
de frais, pour leur réfifter en cas d’attaque. y°. Enfin quefi lejeune roi venoit
à mourir durant cet intervalle, il continueroit de gouverner le royaume, juf
qu’à ce que le pape, l’empereur d’Allemagne , 6c les rois de France ôc d’An¬
gleterre euflent décidé à laquelle des deux fœurs de Baudouin IV. Sibylle ou
Ifâbelle, appartenoit le royaume de Jerufalem * le droit de la première, quoi
que l’aînée, étant litigieux , parce qu’elle n’étoitpas née comme l’autre dans
le tems que le roi Amauri leur pere étoit fur le trône. Baudouin IV. fie tous
les grands du royaume ayant accepté volontiers tous ces articles , que le
comte de Tripoli ne demanda que pour conferver la paix dans le royaume
en cas que le jeune Baudouin vînt à mourir , on convint que Joflèlin comte
de Joppé , grand oncle de ce dernier , l’ameneroit avec lui à Acre , qu’il fe
chargeroit de fa garde 6c de fon éducation , ôc qu’on donneroit au comte de
Tripoli la ville de Beryte en engagement pour la îureté qu’il avoit demandée.
Tout étant ainfi réglé , Raymond prit l’adminiftration du royaume.
Il arriva au commencement de fa regence une extrême fécherefle , ce qui
engagea ce prince à conclure une trêve de quatre ans avec les Sarafîns, du
confeil de tous les barons , pour empêcher par là ces infidelles de profiter de
cette conjoncture , ôc de porter la guerre dans le royaume. Baudouin IV.
étant décédé vers la fin de l’an n8y. le jeune Baudouin V. fut couronné
folemnellement, fie tous les vallauxdu royaume lui firent hommage. Lecomte
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DE LANGUEDOC. Liv. XVII.
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de Tripoli lui rendit le fien en qualité de regenr , Sc demanda en même tems An. 1148.
à tous les barons 6c chevaliers du royaume le renouvellement de la promeflè
qu’ils lui avoient déjà faite pour la fuccelfion à la couronne , en cas que ce
prince vînt à mourir durant les dix ans de la regence , ce qui lui fut una¬
nimement accordé j après quoi le comte Joflèlin ramena avec lui le nouveau
roi à Acre ou Ptolcmaïde, où ce jeune prince mourut au mois de Septembre
de l’an 1186.
Après fa mort il s’éleva un grand différend dans le royaume au fujet de
fa fuccellion. 1 Sibylle comtefle de Joppé fille aînée du feu roi Arnaud , St Gui a K»duf.cog.
de Lufignan fon fécond mari , fodrenus du patriarche, du maître des Tem-
pliers 6c de quelques autres , s’emparèrent de Jerufalem , en firent fermer tws.&Jifi'.
les portes, 6c fl* firent couronner reine 6c roi de cette ville en l’abfence du
comte de Tripoli , des princes 8c des barons du païs qui refu/erent de les re-
connoître , conformément aux conventions dont on a déjà parlé. Saladin
ayant appris ces funeftes divifions réfolut d’en profiter. Il mit fur pied une
armée formidable au printems de l’anqée fuivante , 6c s’étant approché de
la Galilée, il détacha fèpt mille hommes pour aller faire le dégât dans cette
province. Ce détachement y pénétra le premier de Mai de l’an 1187. 6c
étendit fes courfes jufques à Nazareth , où les maîtres du Temple 6c de
l’Hôpital fè trouvoient alors. Le roi Gui les envoyoit au comte de Tripoli
qui étoit à Tiberiade , pour conclure la paix avec lui , afin de fe joindre enfuite
contre Saladin. Ces deux grands-maîtres marchèrent auffi tôt avec quelques-
uns de leurs chevaliers , 6c ce qu’ils purent raflembler de troupes, contre le dé.
tachement de l’armée Turque qu’ils combattirent d’abord avec affez de vaT
leur , mais ils furent obligez de ceder au nombre après une perte très-con.
fiderable. Le maître des Hofpitaliers demeura fur la place 5 celui des Tem¬
pliers eut le bonheur de fe fauver.
Le comte de Tripoli fa eut un chagrin mortel de cette défaite , 6c dit dans fa b iM.
douleur : » Afin qu’on ne croye pas que ce malheur eft arrivé par ma faute, «
ou à ma foilicitation , j’irai me foumettre au roi, à la reine, 6c aux feigneurs «
de Jerufalem , 6c j’obéirai entièrement à leurs ordres. » Les archevêques de
Tyr & de Nazareth, & le maître duTemplequi avoient été envoyez pour né.
gocier avec lui , dépêchèrent aufîi-tôt dans cette capitale pour y faire fçavoir
les bonnes difpofitions du comte , fon départ pour aller le loumettre, Scia
douleur qu’il avoir de la mort du maître de l’Hôpital St des autres. Ils priè¬
rent en même tems le roi de venir à leur rencontre, afin de faire connoître
de fon côté combien il cherchoitla paix. Gui partit aufîi-tôt, 6c ayant ren-?
contré Raymond dans la campagne de Bethanie , ils defeendirent tous les
deux de cheval du plus loin qu’ils fe virent, 6c s’embraflèrent tendrement en
prefence des évêques , des chevaliers du Temple 6c de l’Hôpital , des barons
du païs, Se d’un nombre infini de peuple qui étoit accouru. Ils entrèrent en-
fiiite dans Jerufalem } 6c le comte deTripoli ayant fait fon hommage au roi Sc à.
la reine , iis fe réconcilièrent parfaitement , Sc fe pardonnèrent tous leurs griefs
de part Sc d’autre. Lecomte retourna enfuite à Tiberiade, où il manda tou¬
tes les milices du comté deTripoli, Sc de la principauté de Galilée, Sc le roi
demeura à Jerufalem pour y aflembler les fiennes , 8c marcher enfuice contre
les infidelles.
Ces deux princes s’étant rejoints avec toutes leurs forces dans la. vallée de
Saffarie, leur armée fe trouva forte de 1 zoo. chevaliers, 8c d’environ 1 8000;
fantaffins. Saladin de fon côté après avoir pafie le Jourdain , mis Je feu aux
moilTons Sc défolé toute la campagne, s’approcha de Tiberiade Sc entreprit le
fiege de cette place , le Jeudi 2. de Juillet de l’an 1187. La. comtefle de Tri,
poli à qui elle appartenoit , Sc qui y étoit reliée avec peu de monde, dépê¬
cha auffi-tôr au roi Sc au comte fon mari pour leur demander du fecours.
Durant ce meflage elle ne put empêcher la prife de la ville , où Saladin mit
le feu , ce qui obligea cette princeflè de fe retirer dans le château. Ce prince
infidelle en différa l’attaque , comptant de le prendre quand il voudroit , Sc
fe difpofa à marcher contre l’armée chrétienne qu’il réfolut de combattre.
Cependant le roi Gui ayant appris le fiege de Tiberiade, affembla le con.
Tome II. Mmm
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45»
HISTOIRE'GENER ALE
continuât. tbid.
f>.3oi
b Radulf. Co£
t(ih- Uid.
An. 1148. feil de guerre pour délibérer fur ce qu’il y avoir à faire. Tous les avis alloienî
à marcher dès le lendemain marin au iecours de la place , lorfque le comte
irfhlü'ï. C°! de Tripoli prenant la parole, dit :» La ville de Tiberiade m’appartient »,6c
1 v.Gudi. T/r, ”ma femme y cft dedans } ainlï perlonne n’a plus d’intérêt que moi de la
»fecourir$ cependant je ne luis pas de ce fentiment, 6c je ne crois pas qu’il
m faille quitter un camp où nous avons de l’eau 6c tous les vivres neceffaires,
«pour aller traverfer un délert aride, 6c nous cxpofer à périr de foif dans
*> une faifon brûlante. Les infidelles ne içauroient venir nous attaquer fans
«s’expofcr au même inconvénient : attendons. les donc de pied ferme , puifque
>3 nous fçavons que leur refolution ert de venir à nous. 11 nous fera ailé , lorf-
»> qu’ils arriveront fatiguez, 6c manquant de tout , de les vaincre avec des
« troupes toutes fraîches , 6c polices dans un lieu où nous avons toutes chofes
»j en abondance, 6c un azile alluré en cas d’accident dans les places des envi¬
rons. Par malheur l’avis du comte de Tripoli ne fut pas fuivi,6cfes ennemis
furent alTez injulfes pour l’acculer de l’avoir donné à mauvailè intention. Le
maître du Temple qui étoit le principal, fut trouver le roi le foirmême, 6c
ayant pris en particulier ce prince, lur l’elprit duquel il avoir un rrès. grand
afcendant, il lui perl'uada qu’il etoitplus à propos d’aller à la rencontre des
ennemis, ce qui précipita l’armée dans le dernier des malheurs*.
On décampa b donc le lendemain Vendredi 3. de Juillet. Lecomte deTri-
poli eut l’avant-garde , conformément à la dignité de [on rang ; le roi fe mit dans
le centre, ôc les Templiers formèrent l’arriere-garde. L’armée arriva ainfi i
trois milles de Tiberiade où on fut oblige de faire alte , tant parce que les
troupes accablées de foif 6c de laflitude , n’en pouvoient plus , que parce que
les infidelles les harceloient de toutes parts. Le comte fit bientôt après prier
le roi de faire avancer l’armée jufqu’à la mer de Galilée, qui n’étoit plusqu’i
un mille, afin d’avoir la commodité de l’eau. Comme on le difpofoit à mar¬
cher , les Turcs attaquèrent l’avant-garde 6c la mirent en défordre, ce qui
détermina le roi à camper dans cet endroit , 6c il ordonna aufii -tôt qu’on drefBc
les tentes. L’armée chrétienne fouffrit extrêmement pendant toute la nuit
d’une foif ardente que les foldats ne trouvoient aucun moyen d’appaifer, 6: que
les ennemis augmentèrent beaucoup , par un grand nombre de feux qu’ils
allumèrent exprès autour du camp.
- * Le lendemain Samedi 4. de Juillet, le fultan Saladin ayant rangé fon armée
dès la pointe du jour, fc difpofoit à attaquer les chrétiens, lorfque ceux-ci
s’étant mis de leur côté en ordre de bataille , firent un mouvement pour ta.
cher de s’approcher de la mer de Galilée , afin d’y étancher la foif qu’ils
fouffroient , ôc qui les avoit mis aux abois. Lecomte de Tripoli dans le def-
fein de fc faifir le premier d’un porte que les ennemis vouloient occuper , s'a¬
vança auiïi-tôt avec fa cavalerie foutenue par l’infanterie , qui avoit ordre
d’écarter les infidelles à coups de flèches. Dans ce tems-là Saladin ayant don*
né le fïgnal du combat, marcha à la tête de fon armée, ôc attaqua le comte,
dont l’infanterie fe débanda pour gagner le haut d’une colline. Le roi & les
évêques allarmez de ce défordre , font tous leurs efforts pour tâcher de rallier
ces troupes, & les ramener au combat -, mais c’eft en vain : les foldats ha-
raffez Ôc brûlant de foif déclarent qu’ils ne font pas en état de combattre
êcrefufent d’obéir. Les Hofpitaliers 6c les Templiers qui étoient à l’arriere-
gàrde avec le refte de la cavalerie , fe défendent cependant avec beaucoup de
valeur , mais ils font enfin obligez de plier , accablez par le nombre, fans que le
roi dont ils imploroient le fecours fût en état de les foutenir. Le comte de
Tripoli quife battoit toûjours à l’avant-garde avec une partie des chevaliers,
êc que les ennemis avoient enveloppé, voyant qu’il ne lui étoit pas poifible
de rejoindre le gros de l’armée, cherche alors fbn falut dans la fuite, & eft
allez heureux pour fe fauver avec plufieurs feigneurs de marque, à travers
les rochers 6c les défilez-. Le refte de l’armée fut bientôt après entièrement
défait: le roi y demeura prifonnier avec le maître des Templiers , le mar¬
quis de Montferrat, l’évêque de Lidde, êcc. 6c les infidelles fc faifirentde
la vraye Croix qu’on portoit dans le camp. Le lendemain Saladin fomma la
comtcflè de Tripoli de lui rendre le château de Tiberiade 5 ce qu’elle fut
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DE LANGUEDOC. Liv.XVII. ^
obligée défaire. Tout ce qu’elle put obtenir, fut la liberté de te retirer où elle Atf. 1148»
voudroit. , , -
Tel eft le récit fidelle que nous a Iaiffé ün auteur Contemporain * , témoin * KU»tf. c»j-
oculaire ôc nullement fufped, de cette mémorable journée , quifuc fuivie de ,buU
la perce de Jerulalem , ôc de prefque toute la Paleftine. Son témoignage eft
appuyé de celui d’un hiftorien Arabe , auteur grave ôc exact, qui a écrit la vie.
de Salàdin dont il avoit toute la confiance, 6c qu’il accompagna dans la plu¬
part de fes expéditions. Voici ce que rapporte ce dçrnier hiftorien bi » Saladin « b jsoWù» vit.
ayant raflcmblé toutes, fes forces, rangea fon armée , Ôc s’avança vers les en-
nemis, qui fur le bruit de fa marche, s’étoient rendus dans la campagne de«
Sapphora ôc le territoire dePtolemaïde. Il pouffa ce jour là, qui étoit un Ven- « Lu&d- B*-
dredi , jufqu’au lac deTiberiade , auprès d’un village nommé Alfobaira , ôc.. *v-l7ix'
alla camper le Mercredi fuivant en ordre de bataille au couchant de la ville de «
Tiberiade où il attendit les François. Comme il vit qu’ils ne faifoient aucun «
mouvement* il attaqua cette ville avec fa cavalerie , après avoir laiflé lerefte..
de fes troupes dans le camp pour faire tête à l’ennemi. Il emporta Tiberiade «
d’emblée , la pilla, 6c y mit le feu : mais la citadelle fe défendit. Les Chrétiens «
fenfibles à cette perte fe mettent aufli-tôt en marche, dans la réfôlution d’en «
tirer vengeance. Le fultan averti de leur deffein s’avance de fon côté. Les deux.,
armées le rencontrent fur le foir du Jeudi vers le côté occidental delamonta-..
gne deTiberiade , mais la nuit les empêcha de rien entreprendre. Le lende- «
main à l’aurore le combat s’engage» auprès du village d ' Allulia, 6c futextrê- «
mementfanglant pour les Chrétiens, dont lesMululmans firent un horrible ..
■carnage. La nuit fepara les combattans, êcles deux armées demeurèrent fous .<
les armes jufqu’à la pointe du jour du Samedi fuivant que l’aftion recommença...
Les Mufulmans qui avoient le Jourdain derrière eux 6c les ennemis en face fe
voyant dans la necellité de vaincre, font alors un dernier effort. Leurs deux «
ailes donnent de concert avec le centre fur les Chrétiens , 6c jettent la terreur «
parmi eux. Le comte de Tripoli l’un des plus braves 'ôc des plus forts d’entre t>
fes fiens, prévoyant l’enticre défaite de l’armée chrétienne, n’eut aucun égard ..
à la grande réputation de valeur qu’il s’étoit acquife jufqu’alors ; Ôc fans fe don-t.
ner fa peine de fe mettre en bataille ôc de fe prclèncer au combat, il prend la «
fuite dès le commencement de l’action ôc tire vçrs Tripoli. Un corps de Muful-c*
mansfe met à fa pourfuite , mais’il fe fauve feul : enlorte que par fa retraitée.
l'armée Mufulmane ri a plus rien À craindre ni de lajufe , ni de la malice de ce capi-u
Alors le fultan ayant renfermé les Chrétiens, comme dans les toiles d’un »
chaffeur,les taille en pièces. Une partie d’entr’eux veut chercher fon fàlut dans «
la fuite: mais ils font pourfuivis fi vivement, qu'il n’en échappe pas un feul. Les «
autres fe réfugient fur une colline auprès du village d’Hittin. Les Mufulmans..
les environnent , ôc ayant mis le feu aux forêts voifines ,les forcent enfin à fe .<
rendre volontairement. Les principaux furent mis aux fers, Ôc le refte fut maffa~«
cré ou fait efclave. Le soi , Geoffroy fon frere, êcc. demeurèrent prifonniers. «
Quant »ux autres chefs , voici quel fut leur fort. Le comte de T ripoli « après « 7*
fon arrivée dans cette ville , mourut de pleurefie par une punition divinp. Le ..
fultan condamna à mordes maîtres des Hofpitaliers ÔC des Templiers, ôcc. ..
On voit par le témoignage de ces deux auteurs contemporains , 6c par celui
de quelques autres hiftoriens<* Arabes, le peu de fonds qu’on doit faire fur db ers «irorairç,
auteurs pofterieors , qui accufent le comte de Tripoli d’avoir livré en cette
occafion l’armée chrétienne à Saladin par une trahifon des plus noires : crime
horrible , auquel ils ajoutent des circonftances qui font .également deshono¬
rantes pour fa mémoire , 6c que la plupart de nos modernes ont adoptées fans
beaucoup d’examen -, mais il eft aifé * de le juftifier fur tous les chefs d’accufa- e mj
tion qu’on a formez contre lui.
Ce prince après la funefte f bataille de Tiberiade, fe retira d’abord à Tyr çomtin.ouiU,
avec le fils du prince d’Antioche, 6c quelques autres feigneurs qui avoient
échappé de la défaite. Saladin parut bientôt devant cette place * mais n’ofant ^‘S09.
l’attaquer , il afliegea 6c prit Sidon , Ôc alla enfuite mettre le fiege devant Gi-
blet 6c le château de Boterin qui appartenoientau comte. Celui-ci voyant que
les infidelles dcfoloient fes états 6c menaçoient Tripoli, fe rendit par mer dans
Tome II, Mmmij
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_ 4*> HIST. GEN. DE LANGUEDOC. Liv.XVlI.
Àn.i 148. cette ville dans-le defleinde la défendre , mais il mourut quelque tems âprèl
Jf* cn duel, ou d’une pleurcfic,fuivant l'autre hiftorien a qu’on a déjà cité.
Ce comte décéda fans pofterité , 8c en lui finit fa branche , à laquelle 'Ber¬
trand comte de Touloufe fon bifayeul, avoir donné l’origine. 11 fit ion heritier
Raymond fon filleul, fécond fils du prince d’Antioche, qui jouît depuis de tous
lès domaines. Ce jeune prince étoit de la maifon des- comtes de Poitiers ducs
d’Aquitaine, &arriere-petit-fils, par Raymond prince d’Antioche fon ayeul,de
Guillaume IX. duc d’Aquitanie , &c de Philippe de Touloufe. Il laifla à fa mort
le comté de Tripoli à Boëmond IV. fon frere, qui unit ce comté à la princi¬
pauté d’Antioche , & tranfmit l’un &c l’autre à les defeendans , qui les pollède-
rent jufqu’à Boëmond VII. décédé fansenfansen 1187.
Si nous en croyons Huguesde S. Cire, qui a écrit b vers l’an 1115. la viedes
• *71*5". p°ctes Provençaux , la comteflè de Tripoli veuve de Raymond II. embraflà la
‘ profeflion religieufe après la mort du comte fon époux. Voici ce qu’il rapporte
là-deffus dans la vie du poëte Geoffroy; Rudels. « Geoffroy Rudels , dit-il,
»» natif de Blaye, fut grand gentilhomme & prince de Blaye. Il devint amoureux
» de la comteflè deTripo)i,lur le feul rapport que lui firent de fa perfonnelespe-
«lerins qui venoient d’Antioche. Il compofa pour elle diverfes chanfons,& eût
«un fi grand defir de la voir , que pour le fatisfaire il fè croifa & paflàlamer.
» JLa maladie s’étant mife dans le vaiiïèau durant le voyage, Geoffroy en fut
«attaqué, & arriva fort malade à Tripoli , où il fe mit dans une auberge. La
« comtefle informée du fujet de fon voyagod’alla voir, ce qui rétablit un peu lès
« forces ; mais bientôt après il expira entre fes bras, content de l’avoir vue. Cettë
«princeflèle fit inhumer dans la maifon duTemple, & pénétrée de douleur de'
* n ojiraJam. „ fa mort, elle prit l’habit religieux.» Jean * de Noftradamus rapporte à peu prés
*es m^mes circonflanccs , & en ajoute plufieurs autres qui font très-douteu.
y«î- fes. Il prétend entr’autres que Geoffroy Rudels étoit feigneur de Blieux en
Provence, au lieu de Blaje auprès de Bourdeaux j il ajoute que Geoffroy duc
de Bretagne fils de Henri II. roi d’Angleterre le retint quelque tems à fa cour.
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Levee, dici’icijt de Toulouse par Henri IJ . I\oij dAn^Ulorre' .
HISTOIRE
GENERALE
D E
LANGUEDOC
L 1 V R E D J X-HV 1 T I E ME.
: s A Y m o N d V. n’avoit que quatorze ans lorfqu’il An. 1x48.
i N fucceda à Alfonfe-Jourdain fon pere. Il herica de cous Ete*due du
rr &.J. fes domaines, & fe qualifia comme lui , comte de T ou- domaine de
< Pi iuc de Na;*°™e \ &rxis dï.p/°.vence- Ei? ^ua- ssii.
; I iTYg lite de comte de Toulouie, il pofiedoit outre le do- loufç.
R mai ne , foie direct , foit fuzerain de tous les païs com-
; fhÎM pris dans la province ecclefiaftique de cette ville, les
\ artr^M‘-* comtez particuliers d’Albigeois , de Querci & de
* '“r' . Rouergue. Le duché de Narbonne lui donnoit une au-
' torité fuperiedre fur toute l’ancienne Sepcimanie ,
compoféedes diocèfes de Narbonne, Beziers, Agde , Carcaflbnne, Lodeve,
Ma^uelonne, Nifmes & Ufèz. Il pollèdoit de plus la plupart des comtez
particuliers de cette province , entr’autres ceux de Narbonne & de S. Gilles.
Enfin fous le nom de marquis de Provence , il dominoit fur tous les païs ficuez
entre le Rhône , l’Iiere , les Alpes 8c la Durance. Il cft aife de juger par ce
détail de lapuillance de ce prince , 8c qu’il pouvoit ledifputer aux plus grands
vaffaux de la couronne Sc au roi même , dont le domaine particulier étoit bien
moins étendu.
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An. j 148,
11.
ËvéqucsdtVi*
vicrs.Ilsfcfou-
metrcnt à l’a u-
torict* Hcs em¬
pereurs dont ils
obtiennent di¬
vers privilèges,
a V.NOTE /.
bKKOteXK
*•3*
ePr.^.3J?.
11 49
.X.
Aid.
f P. Vap Md
*nn üji.B.j.
g Petr.Vtner.
i.j. tf.*.
HISTOIRE GENERALE
On a vu ailleurs que les prcdeceflfeurs de Raymond étendoient auflî leur
domination fur l’Auvergne , le Périgord , le bas Limoufin, l’Aftarac, l’Age-»
nois, leVivarais ,1e Velay 6c le Gevaudan. Il ne.paroît pas qu’Alfonfe pere
de ce prince, nilui,ayent renôncé à leurs droits fur ces païs : leur autorité y
fut cependant fort affoiblie , tant par les . prétentions des comtes de Poitiers
ducs d’Aquitaine , que parle loin qu’eurent les évêques de Viviers, de Mende
& du Puy , de fe fervir de diverfes conjonctures favorables pour étendre leur
domaine temporel dans leurs diocèfes, donc ils acquirent enfin les comtez par.
ticuliers. L’évêque de Viviers profita entr’autres de la minorité du comte
Raymond V.
Ce prélat nommé Guillaume fe trouvoic proche parent de l’empereur
Conrad III. qui fe prétendant heritier du royaume de Provence ,pofïcdé par
l’ufurpateur Bofon , dominoit de l’autre côté du Rhône, par la condefcen.
dance ou la foiblefle de nos rois , dont le droit fur cette ancienne portion de
la monarchie étoit inconteftable a. Les prédeceffeurs de Conrad avoient borné
leur autorité jufqu’alors à la gauche du Rhône 5 car quoique l’ancien royau¬
me de Provence s’étendît en deçà de ce fleuve êc comprît les diocèfes de
Viviers 6c- cTUfez, ces deux, pais avoient été réunis à la couronne vers l’an
910. b par les princes delà maifon deTouloufe, qui en pofTederent les comtez
•particuliers jufques à la fin du XL fiecle , que Raymond de S. Gilles Ber¬
trand Ibn fils améj étoient encore maîttês de la ville & du comté de Vi¬
viers c. Durant l’abfence de c es deux princes, qui moururént à laTer/eLfainœ,
êe’les troubles arrive* dans la province à l’avenemeor d’Alfonfe-Joardain
ôucofnté deTouloufe , les év&qucs de Viviers qui avdient leurs Vues , rtcormi.
rtntrla fouverainetô des empereurs d’Alleihagne. Enfin Àlfonfe étant tïiort
auflîàlaTerre-fainte en 1 148. êc Raymond V. fon fils étant alors en bas âge,
G uiüaumeLévêque de Viviers acheva dans cette ciïconftanee cç que fespréde-
celfeurs avoient commencé, 6c tâcha non-feulement de fe-fcuftraireWt à-fait
de la dépendance des comtes deToulotrfe , mais encore de s’crfger en feul
feigneur de fa ville épifcopale. Il s’adrefla pour cela à l’empereur Conrad fon
parent, qui ravi de trouver une occafioh d’étendre fon pouvoir à la droite
de Rhône, lui accorda d’autant plus volontiers fa demande , qu’il ne lui en
coutoit rien de fon domaine. Ce prince donna donc à Guillaume, ôc aux
' évêquesdeVfviers fe* fucfeflèurs. par undipïome- daté del’anneë 1 149 U JC.
de fon régné , les droits régaliens fur cefte ville , la iponnoye & le peagefur
les grands chemins ôc fur le Rhône , 6c enfin le château de Donzere fîtué de
l’autre côté de ce fleuve. Les évêques de Viviers ne fe concernèrent pas de
poflèder en vertu de cette concdlion le domaine de leur ville épifcopale, ils
prétendirent encore dans la fuite étendre leur domination fur le refte de leur
diocèfe } ce qui occafionna de grands différends entr’eux ôc les comtes de
Touloufe. Enfin ces prélats fe regardèrent depuis comme vaflaux de l’empire,
jufqu’à ce que les rois S. Louis 6c. Philippe le Bel les obligèrent à reconnoître.
leur fouveraineté , comme nous le verrons ailleurs.
Guillaume L évêque de Viviers ne furvêcut 'pas long-temsaxfprivilegequ’il
avoit obtenu de l’empereur Conrad : Thomas lui avoit déj^faccedft tfpisanî
après, comme il paroît par le cartuluire dans lequel il fit tranfcrircüesaptiçnnes
chartes de fon églife , ôc qui eft daté de l’année u j 2. U A^JV'.dÜTegne diConradf
Ce prince mourut f le 1 5. de Février de la même anriée.G’efkdèli’unou .del’aufté
de ces évêques de Viviers, 6c plus vraifemblablement. du premier-, qu’& wufe
parler Pierre le Venerable abbé de Cluni, dans une lettre 8 qu’il écrivit au {Wfé
qui s croît cieve entre les eveques-
de la Chaife-Dieu , touchant la dépendance du rrionaftere de S. Bauûic de
firmes, avec ordre de lui faire enfuite leur rapport. » L’archevêque d’Ar-
» les , dit l’abbé de Cluni dans cette lettre, eft natif du diocèfe de Niûnes : il
?>a cté offert dans fa jeuneffe à la cathédrale de cette ville, ôcenaetécha-
>j noine. Ayant pafle enfuite fucceffivement à l’évêché d’Agde ôc à l’archevcché
» d’Arles, il a toujours embraffé avec chaleur les intérêts^ l’évêque de N&.
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DE LANGUEDOC.Liv.XVIH.
465
jfles. Quant à l’évêque de Viviers, il eft véritablement religieux de Chtûi 3 «An. h+9‘
mais outre qu’il a été long-tems voifin de la ville de Nifmes, avant que «
d’être évêque 8c depuis qu’il l’eft , il eft lié par une étroite amitié 8c par le «
(àiig avec l’évêque de cette ville. « Celui-ci nommé Aldebert ou Albert ,
étoit fils de Raymond-Decan feigneur d’Ufez 8c de Pofquieres. Pierre le Vé¬
nérable dit enfuite au pape, qu’il efpere que la fainteté maintiendra l’abbaye
delà Chaife-Dieu dans l’autorité qu’elle avoir depuis fi long-tems fur le mo-
naftere de S. Baufile, dontl’églife 8c les bâtimens ne font devenus confide-
rables , ajoute-t-il , que par les dépenfes immenfes qu’elle y a faites, étant ré-*
duic auparavant à une extrême pauvreté. Cet ancien monafterc fubfifte en-*
core aujourd’hui fous la dépendance de l’abbaye de la Chaife-Dieu : mais de¬
puis les ravages des Calvimftes , 8c l 'introduction des commcndes , il eft dans
un état encore plus déplorable que lorfqu’il fut uni à cette abbaye.
Guillaume II. avoir déjà fuccedé *en n 54. à Thomas II. évêque de Viviers, oCciunb.ih *
& Raymond d’Ulcz , frere d’Aldebert évêque de Nifmes, à Guillaume II.cn r ü*iuhr.nov.
j 1 57. L’empereur Frédéric I. accorda un privilège aux habitans de Viviers «*<•«• l f »5'
fous l’épifcopat du même Raymond , qui reconnoifloit par conféquent la fou-
veraineté de ce prince lur fa ville épilcopale 3 ce qui n’empêchoit pas qu’il
n’eût des liaifons crès-étroites avec le roi Louis le Jeune : il traite en effet ce
roi defeïzneur & d'ami dans une lettre1» qu’il lui écrivit vers l’an 1160. en b Ducb.to.^
faveur de l’abbaye de Tournus fur Saône alors défolée cpar fon abbé , qui f"c ^Gill.chr.
s’étoit enfui après l’avoir ruinée. Raymond d’Ufez évêque de Viviers le qua-
lific dans cette lettre on: le du comte de Tonloufe : ce prélat étoit par conlé- dv.KOTEt.
quenc d frere de Faydide mere de Raymond V. comte de cette ville.
Un des premiers foins de ce prince, apres avoir luccedéà Alfonfe-Jourdain A<vc* JJjéc de
fonpere, fut de gagner la bienveillance de fes principaux vafiaux , pour les Béziers. Ray-
engager par là à ne rien entreprendre contre lui pendant fa jeunelTe. Ce fut
4ns doute par ce motif , qu’il jura c folemnellement à Roger vicomte de termine Tes
Carcaflonne, de n’attenter ni contre fa vie, ni fur fes domaines, 8c de l’aider 1d,i^c“ds(î‘eve‘.
contre cous, excepté contre fes propres vaffàux. Scies freres de ce vicomte. Monu'ban.
Raymond fit ce ferment dans une grande alTembléequi fe tint à Beziers dans
l’églife delaMagdelaine, le Lundi z. Mai de l’an 1149. fous le règne du roi
Louis qui étoit alors à Jerufalcm , ôc à laquelle fe trouvèrent Rigaud évêque
d’Albi, Aldebert évêque de Nifmes , Pierre évêque de Lodeve, Bernard Pclet
comte de Melgucil , Sic.ird vicomte de Lautrec , Sicard 'Sc Guillabert de
Lauran, Richard de Lille, Bermond d’Ufez, 8c pluneurs autres feigneurs de
marque.
Amelius abbé de S. Theodard ou Audard de Montauban affift.tauffï à cette
aflèmblée, 8c paffa alors une tranfaction { avec Raymond comte de Touloufe au (Caluhr-““^
fujet des différends que ce monafterc avoir eus avec Alfonfe-Jourdain fon pere Mon-
touchant laconftrudion de la ville de Montauban , 8c qui n’avoient pû encore ,aub*nFV,&
être terminés à caufe du voyage 8c de la mort de ce prince dans la Terrc-fainte.- >n%
Le comte Raymond céda par cet accord à Amelius 8c à fes religieux , la moitié
du domaine 8c de la juftice de Montauban, dont il fe réferva feulement le
château : il leur céda auffi les terres que l’abbaye poflèdoit avant la conftru-
dion de la ville , la moitié du lieu de Villemade , 8c de toutes les autres terres
& feigneuries ficuécs au voifinage de ce lieu , entre le Tarn 8c l’Aveiron , 8c la
moitié de ces deux rivières. Il leur donna de plus toutes les églifcs qu’on bâti-
rok dans la fuite dans -ce canton, 8c exempta l’abbaye de tous droits 8c de¬
voirs envers lui 8c fes fucceileurs , avec permidion à l’abbé d’obliger les habi¬
tans de Montauban quiavoient abandonné l’ancienne ville de Montauriol ,
d’y revenir & d’y demeurer pendant quinze ans fans être tenus de rien payer.
Roger de Beziers vicomte de Carcaifonne, Sicard vicomte de Lautrec, Sicard
de Lauran 8c deux autres; feigneurs furent garands de cette convention , qui
çft datée de Beziers un Vendredi du mois de Mai de l’an 1149. 8c qui fut paffée
çn prefence de .Bermond cvcque de ccttc ville , de Bermond d’Ufez, de Richard
de Lille, Scc. Le comte de Touloufe fit un voyage la même année à Ufez, 8c
v préfida à uh plaid tenu au fujètrdcs démêlez qui s’étoient renouveliez entre g
l’évêque & les feigneurs de cette ville, ' •- ‘ ». s», ,
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_ _ HISTOIRE GENERALE :
ÀN.<u-4p. Dans le cems de l’aflemblée de Beziers , Raymond Trencavel vicomte de
Retour du cette v*Ne n’étoit pas encore revenu de la Terre-fainte , où il avoir acconi-
vicomteTrcn- pagne a le comte Alfonfe- Jourdain. A fon retour il palla à Rome , ÔC obtint
ff!vcl de u au mois d’Odobreb de l’an 1 149. du pape Eugene III. la permillion de faire
h Titr.Vtncr.
il, J.
Archevêques conftruire une chapelle dans fon palais , qui ne feroit pas fujette à l’interdit,
<k Narbonne, -à moins qu’il n’y eût de la faute de la part ou des liens. Eugene écrivit là.
deffus de Grotta-Ferrata, lieu litué auprès de Frafcati, à Bermond évêque
de Beziers , ôc le pria de permettre la conftru&ion de cette chapelle, ôc de la
bénir , fauf les droits de fon evlife.
Ce prélat étoit de la maifon de Levezon ou Levenon , ôc avoir luccedé à
Arnaud de Levezon archevêque de Narbonne fon proche parent, qui étoit
•« v.Tetr.vemr. alors parvenu c à une extrême vieillelTe. Arnaud réforma d le chapitre deNar*
^ d 'cuîimtm b°nne , dont les chanoines qui avoient embralTé la réglé de S. Auguftin , corn¬
as*. mençoient à décheoir de la ferveur de leur inftitut : il régla * en 1149. un
*ùNmt! Ngl différend s’étoit élevé entr’eux Ôc le facriftain au fujec des lits de ceux
qui fe faifoient inhumer dans le cimetière de la cathédrale : il adjugea ceux
f *guir.'»ncii. des clercs aux chanoines, 2c ceux des laïques au facriftain. On prétend fque
wfb “>• i-f- je pape Innocent II. lui écrivit en 1140. ôc à l’évêque d’Elne , pour leur
enjoindre d’empêcher que les barons de la province de Narbonne, ôc leurs
officiers, ne vexaflent les ccclefiaftiques : mais cette lettre eft du pape Inno¬
cent IV. 2c non pas d’innocent II. Ce n’eft pas que les fèigneurs leculiersne
maltraiuflènt l’églife de Narbonne fous l’épifcopat d’Arnaud, comme il paroît
irr.f.fii. en particulieij>arle différend qu’eut ce prélat g en 1145. avec les châtellains de
Sigean fes vaffaux, qui prétendoient qu’après la mort des archevêques les meu¬
bles 2c les effets de ce château leur appartenoient.
1 n Ft/rMoer . Arnaud h étoit dans le deffein de fe démettre de l’archevêché de Narbonne
à la fin de fes jours, de fe retirer à Cluni, 2c d’y embraffêr l’état monaftique,1
pour vaquer plus à loifir aux exercices fpirituels : mais il n’executa pas ce def-
i oui AU. fèin. Il fit fon teftament » le Vendredi 28. de Septembre de l’an 1149. ôcchoific
fa fépulture dans l’églife de S Paul où il fonda un anniverfaire, 11 en fonda un
autre dans fa cathédrale, ôc fit de grands biens i ces deux églifes. 11 donna le
château de Monteil à Arnaud archidiacre fon neveu , 2c légua fes Sarafins , c’eft i-
dire les efclaves qu’il avoir de cette nation, à l’évêque de Beziers. Il laiflatouc
lereftede fes domaines à fon fucceffeur, ôc mourut deux jours après.
Pierre abbé de S. Gilles lui fucceda. Il pofïedoit depuis l’an 1131. cette ab¬
baye , dont il foûtint les intérêts après fon élévation à l’archevêché de NarJ
k rw,(.& bonne, parle témoignage k qu’il rendit âvec Raymond évêque d’Apt au mois
J>i' d’Octobre de l’an 1151. comme ayant été prefens lorfque le comte Raymond
fur fon départ pour Jerufalem , céda à ce monaftere tous les droits qu’il préten.
doit fur la ville de S. Gilles. Aldebert évêque de Nifmes, ôc les principaux ha-
bitans de S. Gilles, parmi lefquels il y en a deux qui fè qualifient confuls, furent
prefens à ce témoignage, fuivant lequel il paroît que l’archevêque de Narbonne
Ôc l’évêque d’Apt qui le rendirent, étoient déjà religieux de cette abbaye dès
l’an 1095.
Pierre , peu detems après fon éledion à l’archevêché de Narbonne, eut un
1 Cmcii.to.io. différend 1 avec les abbezde la Grafîeôc de S.Pons qui mettoient des Curez dans
jesparojfles de leurs dépendances fans fa participation , ôc communiquoient avec
ceux qu’il avoit excommuniez. Le pape Eugene III. à qui il en porta fes plain¬
tes , écrivit diverfes lettres à ces deux abbez , ôc leur ordonna de fe conformer
touchant le premier article aux canons du concile de Clermont tenu fous le
pontificat d’Urbain II. Quant au fécond, il leur défendit de recevoir ceux qui
^voient été excommuniez par l’archevêque. Eugene étendit cette défenfeà
v. tous les religieux du diocèfe de Narbonne , ôc confirma en 1 153. m les privilèges
•^mtcUcde* de cette églife en faveur du même archevêque, qui obligea en 1155- le fei-
Narbonne é- gneur de Fonjoncoufe , fon vafïal , à fe départir du droit quïl avoit ufurpé , de
couics'nôccs s’emParer des meubles ôc du revenu de ce .château pendant la vacance du fie ge
d»fc. Comme Pierre archevêque de Narbonne fe.dityf/r de Sibylle fans quelques
Str ’ adtes, un auteur «conjecture de là que ce prélat étoit frere de Pierre .(il dévoie
dire
; d Befit MrO.
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DE LANGUEDOC. Liv.XVIlI.
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cr.se
à*
dire de Bernard) d’Andufe, qui le die auffi fils de Si. 'y lie , & qu’Ermengarde An. 1149,
viccmteffe de Narbonne epouia en fécondes noces. Cette conje&ure, qui paroît
fondée, prouveroic que la vicomtelle Ermengarde, après avoir perdu le comte
Alfonfe fon premier mari, qu’elle avoir épouie en n+z. 6c donc elle n’eue point
d’enfans , s’éroic déjà remariée avec Bernard d’Andufe dès l’an 114 J. 11 n’y a
pas lieu de douter en effec que ceccedame, qui'demême que lès prédeceffeurs,
avoir beaucoup de parc à l eledion des archevêques de Narbonne , n’aie favo-
rife celle de Pierre abbe de S. Gilles } ce qu’elle aura fait à caufe de leur allian¬
ce , laquelle aura été par confequent anterieure. Quoi qu’il enfoit, il eft certain a CMtl mtm
du moins que cette vicomteflé époula le feigneur d’Andufe , comme il parole
par un hommage1 lans date, rendu » à Bernard d’Andufe fils de Sibylle, 6c « *| z*
i Ermengarde vicomtclTe de Narbonne fa femme.» O11 prétend b que Bernard mii/md'â».
écoicfils de Raymond II. d’Andufe, & petit fils de Bernard dont ileftfaicmen*
tion dans le te(tamentc de Guillaume V. feigneur de Montpellier de l’an 1114. £Pr-P-S9°&
Bermond de Levezon évêque de Beziers ne furvêcut pas long-tems à Ar- vr.
naud archevêque de Narbonne fon parent : nous n’avons d rien de lui après cl°n^!‘adJi «
l’an 1149. 6c Guillaume lui avoir déjà fuccedé en 1151. Bermond donna en dcBcz:«s&de
114J. l’églife de faince Theodofie,& en ii4!?,conjointemcntcavecfes chanoines,
celle de S. Sernin hors la ville de Beziers , à l’hôpital de Jerufalem , pour fèrvir
de demeure aux freres de cet hôpital , avec pouvoir d’y celebrer l’office divin5 c«ii.ihno. ».
à condition toutefois qu’on n’y recevToit que ceux qui après avoir renoncé à ^Vazv//*’
leurs biens , s’y confacreroient à Dieu i qu’on n’y adminiftreroit les facremens ^-4
qu’aux mêmes freres Hofpicaliers ou à leur famille, & qu’on n'y enter- 40<:‘
reroit perfonne qu’eux , fans la permiffion de l’évêque 6c de Ion chapitre. C’eft
là l’origine de la commanderie de Beziers de l’ordre de Malte. Raymond
abbé de S. Guillem du Défert , & fin chapitre , firent quelques années après,
une donation * confidcrable à l’hôpital de S. Jean de Jerufalem -, & Pierre g évê¬
que de Lodeve lui donna en 1157. l’églile de S. Julien 6c de S. Vincent de P-h-
Nebian dans fon diocèfe , où on établit une commanderie.
L’évêché d’Agde vaqua auffi vers l’an 1149. par la mort de l’évêque Ermen-
gaud , qui par Ion teftamene h daté du mois de Septembre de cette année , h archives <u
laiffa entr’autres à Bernard écuyer de fon frere Raymond, de quoi être fait r«w asue.
chevalier , & fit des legs à cous les prêtres , à cous les diacres, 6c aux pauvres
d’Agde. II fait mention de Berenger abbé de S. Sever d’Agde , fon neveu ,
fils de fa fccur Rixindc, 6c de plufieurs autres de fes parens.
On a déjà remarqué ailleurs que Guillaume Vl.feigneur de Montpellisr avoir
déjà embraffela profelfion monaftique dès l’an 1149. Nous trouvons la preuve
de ce fait dans un acte ‘ du mois de Juillet de cette année, par lequel Guillau- de Montpd-
me VII. fon fils 6c fon fucceffèur obtint de la comteffe Beatrix , fille & heritiere lier;
de Bernard comte de Mclguc il, moyennant la fomme de crois mille fols Melgo- ^
riens , la confirmation de la renonciation au droit de naufrage , que ce der¬
nier avoit faite autrefois en faveur des habitans du comté de Maguelonne &
de Subftantion. Il eft marqué à la fin de l’acte, qu’il fut paflé en prefence d’ Er-
meffinde merc de Guillaume feigneur de Montpellier qui avoit déjà renoncé au fiecle ,
& de Guillcmctte fille de la même Ermcfiinde & merc de la meme comteffe Beatrix.
Bernard Pelet, comte de Melqueil , 6c mari de cette derniere, confirma cette
renonciation avec elle. Guillaume VII. fe brouilla k vers le même rems avec k a*r.f,r.pnf.
Raymond évêque de Maguelonne , au fujet des églifes de Montpellier dont
il prétendoit nommer les curez 6c les prêtres : mais le pape Eugene III. lui
ayant écrit là-dellùs le 9. d’Avril de l’an 1150 il fe defifta de les prétentions
moyennant une fomme que les prieurs de ces églifes lui donnèrent.
Guillaume d’Omelas, oncle paternel de ce feigneur, maria au commen¬
cement 1 de l’an iijo. Tiburge fa fille, qu’il avoit eue de Tiburge comteffe
d’Orange fa femme m, avec Aymar de Murviel feigneur de confideration dans J'^'v KQ7E
le diocèfe de Beziers , qui donna quinze gentilshommes de fes parens 6c xxxviin. 10.
de fes amis, pour garands du douaire qu’il alfigna à fa nouvelle époufe. Ray¬
mond Trencavel vicomte de Beziers 6c d’Agde ^ feigneur fuzerain d’Aymar , fut
prefent à ce contrat de mariage , 6c l’autorifa : il écoit par conféquent alors
de retour de laTerre-fainte.
Tome II. Non
KG al. chr.
nov.id.to.é.
VIL
Guillaume
VII. ûei teneur
ï I JO.
1 tr.p flg.fr
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4 55
HISTOIRE GENERALE
IX.
Fondation des
abbayes de
Villelongue &
de Riunede au
diocèfe de
Carcailonoe.
Im-
An. x i yo. Ce vicomte avoit a en ce tems.là un fils nomme Roger, de Saure fa femme j
Secood maria ce clu* ^a*c v0*r ^ av°ft perdu , depuis quelque tems , Adélaïde qu’il avoir
ge du vicom- époufée en premières noces ; il eut de celle-ci une fille appellée Cecile dont nous
Tiencav°iDd' Parlerons bientôt. On ignore également de quelle maifon étoient ces deux fem-
a p r.p.'jj. mes de Trencavel j car c’etl fans aucun fondement que les uns b font la fécondé
b BtjfcCarctjf. de la maifon de Touloufe, que les autres c prétendent qu’elle étoit fœur
<BaUx..Auvtr. & A Ifonfe leChafie roi d' A rayon. Tout ce qu’on peut affûrer, c’eft que Saure
**.7.168. étoit fille ou veuve d’un comte , puifqu’ellc prend le titre de comteffe dans
tous les actes , du vivant de Trencavel fon mari , qui ne fc qualifia jamais que
vicomte, mais dont la maifon étoit cependant aufiï diftinguée 6c auifi puiflante
que celle d’aucun comte du royaume. Ce vicomte Ôc Roger fon frere com-
iPr.p. ptoientden effet au nombre de leurs vaflaux , les vicomtes de Minerve, 6c plu,
fieurs autres feigneurs de marque , tels que ceux de Saiffac 8c de Vintron.
Le vicomte Roger , frere de Trencavel , donna au mois de juillet de l’an
1150. e à l’abbaye de Bonnefont de l’ordre de Cîteaux au diocèfe de Commin-
ges , tout ce qu’il poffedoir dans le territoire de Compagne , avec le bois neceH
faire pour y conftruire un monaftere , 8c plufieurs pâturages. Cette donation, &
celle f que divers gentilshommes du pais avoient déjà faite dès les mois de
Mai 8c de Juin de l’an 1149. à Bernard de Compagne religieux de Bonnefont,
donnèrent occafion à cette fondation , qui fut faite dans le diocèfe de
tuwu»»***' Carcaffonne, entre les deux ruiiléaux cfc Sor 8c de Lampi,au pied delà mon.
1 1 >1^. cagnc N0ire , au voifignage de Saillie , il vers les frontières du Touloufain.
Ifarn. Jourdain feigneur de Saiffac , fut un des principaux bienfaiteurs de ce
nouveau monaftere. Il ctoit déjà décédé en 1151. il laiffa de fa femme Guille.
mette trois fils , Ifarn-Jourdain , Jourdain , 8c Guillaume- Bernard , dont le
dernier fefit religieux à Compagne en 1158. Bernard abbé de Valfeguieroude
g Pr.itiJ. Montolieu contribua aulfià la fondation de cette abbaye g, dont les bâtimens
étoient achevez d la fin de l’an 1150. elle étoit alors gouvernée par un prieur
kG4i1.ebr.ntv. nommé Arnaud, lequel prenoit la qualité d’abbé au mois d’Août de b l’an
td.it.uf.uis' irj,.Un gentilhomme nommé Bernard de Callillon, donna l’année fuivante au
monaftere de Compagne , en prefence de Guillaume de Montpellier moine , le vil-
lage de Villelongue, qui en étoit diftant de deux lieues vers le midy. La
fituation de ce village étant beaucoup plus commode , elle donna lieu aux
religieux de s’y transférer bientôt après j ce qui étoit déjà exécuté en ji6j.
comme il paroîtpar les donations que firent cette année Ifarn-Jourdain, 8c Ber-
trand de Saiffac , 8c quelques autres feigneurs, à Pierre abbe de Bonnefont,
8c à Guillaume Raymond abbé de S. Jean de ViUelonyte. Telle eft l’origine de
cette abbaye , qui eft de la filiation de Morimond , êc de la dépendance im¬
médiate de Bonnefont. Celle de Riunede qui lui étoit foumife , fut fondée pour
^Arch,.JeJ^i des filles de Tordra de Cîteaux vers Tan n6i.k dans le même diocèfe de Careat
fonne, vers les confins de celui de Narbonne, à deux lieues de l’abbaye de
S. Hilaire, 8c à fix de celle de S. Polycarpe. Le monaftere de Ruinede ayant
été ruiné au XVI. fiecle par les Calviniftes, fut réuni à celui de Villelongue;
il en fut féparé au milieu du dernier, 8c transféré dans la ville de Carcaffonne, où
il fubfifte encore aujourd’hui.
La donation que le vicomte Roger fit à l’abbaye de Compagne , fut une des
fcitfon demieres actions de fa vie. Il tomba malade 1 peu de tems après à Fanjaux,
‘ 8c y fit fon teftament le Vendredi onzième d’Août de Tan nyo. en prefence
de Pons évêque de Carcaffonne , 8c de plufieurs de fes vaflaux. Il avoit été
marié deux fois ; la première m avec Adélaïde fœur de Baudouin feigneur de
Pons en Xaintonge * 8c la féconde avec Bernarde fille de Bernard IV. comte
de Comminges qu’il avoit époufée en 1159. 8c qui lui furvccur. Comme il
n’avoit point d’enfans d’aucune de ces deux femmes , il laiffa tous fes domai¬
nes», qui confiftoient principalement dans les vicomtez de Carcaffonne , de
Rafez 8c d’Albi , à Raymond Trencavel fon frere vicomte de Beziers Sc
d’Agde. Il choifit fa fépulture parmi les chevaliers du Temple , fans défigner
l’endroit où il vouloit être inhumé. Il reftitua quelques domaines dont il s ctoit
emparé , i Téglifede Carcaffonne, 6c le village de Cafillac à l’abbaye de la
Graffe $ il abolit le droit qu’il levoit fur le fel, & d' autres mauvais ufaçes què
bayt di Riunc
di.
X.
icfùmenc &
meuitfans cn-
fans.
1 Pr./M 3<>.£
Jtq.
m V, NOTE
XXII.**
n Pr.iHd.
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DE LANGUEDOC. Liv. XVIII. 4S7 _ _
lui ou Ton pere avoient établis } St ordonna à Raymond Trencavel fon frere u<o.
de rendre au comte de Foix quelques villages , à la charge que ce dernier lui
payeroit la fonime de fept mille fols Melgoriens, pour laquelle il les avoit
engagez,& lui feroit juflice au fujet delà ville de Mirepoix qu‘il lui dctenoit inju-
flement. Enfin il charge le même Trencavel de donner à la vicomtellê Bernarde
la femme , la fomme de dix mille fols Melgoriens , avec la moitié de fcs
meubles , excepté l’or St l’argent , St de lui rendre fa dot , à condition qu’elle
renonceroit à les droits fur les châteaux qui lui avoient été a/fignez pour fon
douaire. Le vicomte Roger mourut J le lendemain 12. d’Aouc à Fanjaux. tvr.ibu.
Raymond-Trencavel fon frere exécuta fïdellement fa volonté , St rellituâ à
l’abbaye de la Grade le village de Cafillac , par un acte b daté du Mardy 17. b p. j*r. ©•
de Janvier de l'an irjo. St par conféquent de l’an 1151. fuivant notre manière
de compter.
La difpofition tedamencaire de Roger caufa de la divifîon^ntre les deux xr.
freres, Raymond Trencavel vicomte de Beziers, St Bernard- Aton vicomte
de Nifmes. Le dernier qui avoit été exclus de la fucceffion, prétendit y avoir Bem.irJ.Aton
part. Enfin les deux freres s’accordèrent c le 13. de Novembre de l’an iijo. par ^'“rdcnr'uir
l’entremile de Riga,ud évêque d’Albi , St de quelques feigneurs. Raymond- fa 'rucceMou"*
Trencavel céda à Raymond la ville d'Agde , St toute la partie du diocèfe de Do,l,J,nc de
cette ville fïtuée à la gauche de l’Eraut , St fe réferva le relie du diocèfe. Il
lui donna de plus la fomme de trente mille fols Melgoriens , à raifon de qua-ftii-
rante-fèpt fols &: demi par marc d’argent. Moyennant cette ceifion Bernard-
Aton renonça en faveur de Trencavel , à toutes les prétentions qu’il avoit fur
la fucceffion de leur pere Roger St de leur frere. Ils convinrent en mêmetems,
1°. Qu’on ne fabriqueroit aucune monnoye dans le dioccfe d’Agde, & que
celle de Beziers y auroit cours. 2e. Qu’ils fè fuccederoient l’un à l’autre en cas
que l’un des deux vînt à décederfans enfans légitimés. Enfin après s’être pro¬
mis par ferment de s’entr’aider envers tous St contre tous , St d’executer fidel-
J.ement cet accord , .ils fe donnèrent de part St d’autre des otages, St vécurent
depuis en bonne intelligence. Le domaine de Trencavel fut réduit par là aux
vicomtez de Carcaffonne, Rafcz , Beziers St Albi 5 St Bernard.Atoneutpour
fa part celles de Nifmes St d’Agde.
Bernarde fe retira fans doute après la mort du vicomte Roger fon mari, auprès
de Bernard comte de Comminges fon pere. On allure d que ce dernier fut tué Commues!
la même année 1150. auprès de S. Gaudens , St inhumé dans l'abbaye de AA"iebiflv>t.
Bonnefont qu’il avoit fondée. Bernard fut le IV. f comte de Comminges de ‘o,h'n.n°.utr.
fon nom. On lui attribue auffi la fondation de l’abbaye de Feuillans dans
l’ancien diocèfe deTouloufe , St aujourd’hui dans celui de Rieux. Il Jaifia x'xu.n ?g°™
de Dias de Muret fa femme piufieurs enfans dont on a déjà parlé ailleurs. On H-
prétend f que Bernard fon fils aîné mourut jeune St avant lui , St qu’Odon fon f *»£•&<*.
fécond fils luifucceda immédiatement. Noiîs voyons cependant en 1/5-3. un
Bernard g comte de Comminges, auquel fon fils Dodon avoir déjà fuccedé /<*/..
au commencement de l’an n 66. Il faut donc que le pere du comte Dodon
fût fils de Bernard IV. St le V. comte de Comminges de ce nom. On veut hAnr ,
aulfi que Roger, de qui on fait defeendre les vicomtes de Confêrans de la p. g J!"
roaifon de Comminges, ait été fils de Bernard IV. mais d’autres ' croyent que ioaurnUU.
ce Roger premier vicomte de Confêrans, n’étoit que petit-fils de Bernard IV. 7 *JJle'ane
Dans le même tems que Raymond-Trencavel s’accorda avec Bernard- A ton Tteaavei &
fon frere fur la fucceffion du vicomte Roger leur frere, il fit un traité avec Je ü’c
comte de Barcelone. Pour mieux comprendre ce qui y donna occafion , il Le premier re.
faut reprendre les chofes de plus haut. Depuis que le vicomte Bernard-Aton eut cuuu"lt ,J
fournis k vers l’an 1122. la ville deCarcailonne, que Raymond- Berenger III. rautrc'iürli'ae
comte de Barcelone lui avoit enlevée par furprifè, deux ans auparavant , ce de ic*
vicomte St Roger fon fils jouirent paifiblement de cette ville, de fon comté , p^"ulJ1D”’j„u
de celui de Ralèz St du'païs de Lauraguais , fur lefquels le comte a voit came Je Tou-
des prétentions, dont on a parlé ailleurs, Bernard-Aton & fon fils après avoir Jetfu
fecoué le joug de ce prince , fe maintinrent dans la pofTeffion de tous ces 1.
pais, fous la protection d’Alfonfe-Jourdain comte de Touloufe , avec lequel ^
ils s’unirent très. étroitement, St qu’ils rcconnoilfoient 1 pour leur fuzerain. Lesp.^j.^ "'J.'
T me IJ, N n n ij
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C
463
HISTOIRE GENERALE
An. 1150. diverfes guerres que Raymond-Berenger III. & Raymond. B crenger IV. foù
fils St Ton fucceffeur eurent à foutenir, tant en Efpagne contre les Sarafins,
qu’en Provence contre les feigneurs de la maifon de Baux, ne leur permirent
pas de faire valoir leurs droits fur ces difFerens païs. La mort d’Alfonfe-Jour.
dain comte de Touloufe , protecteur de la maifon de Baux , & les nouvelles
victoires que Raymond-Berenger IV. remporta en 1148. fur lesinfidelles , parla
• Mm. üifP. prife de Tortofe, ayant rendu ce dernier plus formidable, Raymond * de
*Beucb^,n' ®aux> mar* fi’fitiennecte de Provence , tante maternelle de ce prince, l’alla
14.fr crouver à Barcelone St lui demanda la paix. Le comte de Barcelone & le jeune
/*??• comte de Provence fon neveu reçurent fa fourmilion , & ce feigneur étant
mort peu de tems apres , ils fe rendirent en Provence au mois d’Aoutde l’an
1150. ôc convinrent d’un traité au mois de Septembre fuivant avec Eriennettefa
veuve St fes fils , qui leur cederent toutes les prétentions qu’ils avoient fur cette
partie de la Provence qui étoit échue à Raymond Berenger 111. par le par¬
tage qu’il avoit fait de cette province avec Àltonfe.Jourdain comte de Tou*
loufe. En conféquence la même Etiennerte , Hugues de Baux fon fils aîné, St
fes autres fils, prêtèrent ferment de fidelité pour le château de Trinquetaille
auprès d’Arles, à Raymond-Berenger IV. qui fe qualifie. dans l’acte comte de
Barcelone , prince d' Aruyin^ & m.irquis de Provence , St au jeune comte de Pro¬
vence fon neveu.
Raymond-Berenger ayant terminé heureufement cette guerre , qui jufqu’a-
lors lui avoit donne beaucoup d’embarras , tourna fes vîtes du coté de lîav-
mond-Trencavel , frere St heritier du vicomte Roger, St en cette qualité pof-
felîeur du Carcaflez , duRafez, St du Lautaguais, St réfolut de l’alîujettir. Il
ne paroît pas que Trencavcl fe foit mis en état de défenfe 5 St foit qu’il ne fe
fentît pas allez fort pour réfiiter , foit qu’il eut alors quelque démêlé avec le
jeune comte de Touloufe fon feigneur, il abandonna les intérêts de ce prince,
Si fe fournit entièrement au comte de BarceIone.Celui-ci.par un traité qu’ils firent
l>Pr./>.j34.£ enfemble à Narbonne b au mois de Novembre de l’an 1150. lui donna en fief les
villes Scies païs de Carcallonne St de Rafez, le château de LauragSc leLau-
raguais , St toutes leurs forterelTes St dépendances > c*ed-à-dire tout l’ancien
domaine delà maifon de Carcallonne , que la vicomtelle Ermengarde ayeule
maternelle de Trencavel avoit vendu en 1067. St iojo.z Raymond-Berenger h
comte de Barcelone , bifaycul de Raymond-Berenger IV. Trencavel fit enfuite
hommage à ce dernier pour tous ces païs, St pour celui de Termenois. C’ell
ainfi que les comtes de Barcelone après avoir perdu depuis près de trente ans
la fuzeraineté qu’ils s’étoient acquilë fur cette portion delà province, la recou¬
vrèrent enfin ; car pour le domaine utile ou direct , il paroît par divers mo-
numens, que Trencavel le conferva entièrement. Nous voyons en effet en-
«M4 a-&fiî- tr’autres, qu’il tint un plaid c affidé de Pons évêque de Carcaflonne &de plu-
fieurs de fes valfaux , pour terminer les différends qu’avoient enfemble les fei¬
gneurs du château d’Auriacen Lauraguais qui fe faifoient la guerre. Ce vi¬
comte s’allia quelque tems après, &, à ce qu’il paroît, par l’entremife du comte
de Barcelone, avec Roger-Bernard comte de Foix , qui avoit fuccedc alors au
comte Roger III. fon pere.
xiv. Quelques auteurs*1 prétendent que ce dernier mourut en 1144. Il ed cer*
fiiTuUïiccde emPare* 11 elt vrai due lacte de cette reititution elt date de l’an 1144.
y époufcCecî- ed évident qu’on doit le rapporter à l’an 1145. tant Par l’épade St le concur-
ic liiie JcTieu- rent, que par le pontificat d’Eugene lll. qui y ed marqué. On n’a d’ailleurs
a ]vlrc.Béarn. aucune preuve que Roger III. foit mort avant l’an 1149. On raconte 1 à Ion
p. 710. fujet diverfes fables aufquellcs nous ne nous arrêterons pas.
Roger-Bernard reçût S peu de tems après la mort du comte Roger IIL fon
cVr./Mio-d' pere, l’hommage des feigneurs deMircpoix. Il redkua h en 1149.2 1 eglife de
{'o’h* hifl *S. Antonin, à Raymond évêque de Touloufe qui en etoit abbe , St auxcha*
foix*1 ‘ noines qui la delTervoient , le village de Fredelas où elle etoit firuée, le château
£M»Tc»ihü. avec je village ancien St nouveau de Pamiers qui étoit tout auprès, Si toutes
fa les autres dépendances de l’abbaye, de la même mamere que le comte Roçcr
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DE LANGUED'OC, Liv. XVÎIL 469 _______
fin pere en avoir fait reftitution en Ton temps. Roger-Bernard fe fournit en- A N.i i jo»
fuite , en cas d’infraction de fa part , à l’anathemc dont les papes Urbain &Pa£
chai II. &le cardinal Gautier avoient frappé le comte Koger fon ayeul. D’unau*
tre coté Raymond évêque de Touloule, en qualité d’abbé de S. Antonin j
pour empêcher ce comte Sc fes fuccefleurs de s’emparer de nouveau du domaine
de l’abbaye, leur donna avec fes chanoines, la garde Sc la défenfe du château
dePamiers, du village de Frcdelas , Sc de tous leurs autres biens , avec la
moitié des droits féodaux Sc de la juftice, à quelques réferves près Enfin Ro¬
ger-Bernard lui prêta ferment de fidelité à cette occafion. C’eft là l’origine du
pareage de la ville de Pamiers entre les abbez ou les évêques leurs fuccelTeurs ,
Sc les comtes de Foix, qui l’obfervercnt régulièrement, & le confirmèrent
dans la fuite. Cet a&e nous donne à peu près l’époque dd»la fondation de
cette ville, laquelle a été formée dans là naillance du village de Fredelas ,
du château de Pamiers, Sc de deux villages voifins, qui s’étant aggrandis dans
la fuite , n’ont compofé qu’un feul corps fous le nom de Pamiers.
L’alliance que Raymond-Trencavel contracta avec Roger-Bernard comte .
de Foix , fut cimentée par le mariage de ce dernier , avec Cecile fille de l’autre , 1 1 y 1 .
Sc d’Adelaïde fa première femme. Roger-Bernard , par un aéte a daté du 1 1. *
de Juillet de l’année 11 ji. la JCIV. du régné de Louis , donna d’abord à Cecile,
del’avis du comte de Barcelone, fon feigneur & fon oncle , la jouilïance du do- mu Je Fax.
maine qu’il polTedoit dans le diocefe de Carcaiîonne , Sc qui comprenoit les
lieux d'Arfens , Alairag, Preixan Sc Foncian. Cet acte eft foufcric après le
comte de Barcelone, par Berenger Sc Guillaume- Arnaud deBeziers, Pierre-
Raymond de la Liviniere, Artaud de Caftelnau , Guillaume de S. Félix, Ray-
mond-Aton d’Hauterive, Raymond de Dun, Sc Guillaume de S. Sernin. Deux
jours après on palîa le contrat de mariage , par lequel Raymond-Trencavel
donna en dot à Cecile fa fille , la femme de dix mille fols Melgoriens, fça-
voir cinq mille en deniers , & cinq mille en fols ; les deux châteaux de fainteGa-
velle Sc de Montaut, la part qu’il avoit au bois de Bolbonne, Sc tout le do¬
maine qu’il polïcdoit depuis la colline d’Alfapans jufqu’à l’Ariege. Il déclare
en même tems , entre les mains & fous la foi du comte de Barcelone fon feigneur ,
que s’il vient à décéder fans enfans mâles légitimés, Cecile la fille, le comte
de Foix , Sc leurs enfans lui fucccderont dans la ville de Carcaiîonne Sc le
Carcaflèz, dans le Rafez , dans tour le domaine du Touloufain qui dépen-
doit de Carca(Ionne% Sc qui comprenoit le Lauraguais , Sc dans la ville de
Beziers Sc le Bcdcrez. Enfin par un acte léparé Roger-Bernard afiigne le
même jour pour douaire à Cecile fa femme les châteaux de Pamiers Sc de
Beaupuy avec leurs dépendances , de la moitié de fes antres domaines * il
donne par le même acte le comté de Foix au premier enfant mâle qui naîtra
de ce mariage, Sc déclare que s’il n’en a point , ni de quelqu’autre femme,
les filles qu’il aura de Cecile hériteront entieremcnc de lui. L’acte eft foufcric
par Raymond de Durban & Raymond de Vergnole.
Ces actes font voir , iu. Que c’eft lans aucun fondement qu’un genealogifte XV.
moderne b donne pour femme à Roger-Bernard comte de Foix, une prétendue ro^mounolt
Cecile de Barcelone , ne faifant#ainfi qu'une feule perfonne deXimene de Bar- icj comte de
cclone, Sc de Cecile de Beziers, l’une mere de Roger-Bernard, Sc l’autre fa ^'t*cl°eunccP°ut
femme. i°. Que ce comte reconnoifl'oit alors celui de Barcelone pour fon fei- bs.np.fft.
gneur. Un hiftorien c Catalan prétend que ces deux princes s’étoient brouillez
auparavant au fujet de quelques châteaux -, que Je comte de Foix le défendit Barcei.i. *.«,
d’abord par la force contre le comte de Barcelone & le comte de Provence ,6U
fon neveu quil’avoient attaqué 5 qu’il fit enfin la paix avec eux au mois de Mai
de l’an nyi. qu’il leur remit par le traité qu’ils firent enfemble, les châteaux
d 'Eyras êede Foix j qu’il les prit enfuite en fief du comte de Barcelone, Sc qu'il
donna à-ee prince la fomme de dix mille fols pour le dédommager des frais
de la guerre. Cet auteur cite en general , pour preuve de ce fait , un titre qui
fe trouve dans les archives royales de Barcelone, mais il auroit du le rap¬
porter -, car nous avons lieu de douter de fon exactitude . Il donne en effet le
nom de Gui au comte de Foix , tandis qu’il eft certain qu’il fe nommoit Roger-
Bernard. D’ailleurs il dit que cette guerre fe palîa en Provence , où il paroît
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470
HISTOIRE GENERALE
* K NOTE
*n.i 3.
XVI.
C Arsh.de l’abb.
de Eonl\roiÀt .
An. 1151 . mettre le château de Foix j mais nous ne voyons pas que les comtes de Foix
ayent jamais poûedé aucun domaine dans cette province. Tout ce qu’on peut
donc conjeélurer de plus vraifemblable fur ce témoignage , c’eft t“. Que Ro¬
ger-Bernard aura marché en Provence au fecours des leigneurs de la maifon de
Baux contre le comte de Barcelone, fie le comte de Provence fon neveu ;
conjecture qu’on peut appuyer fur ce qu’il étoit valTal du comte de Touloufe,
qui foutenoit ces feigneurs. z°. Que le comte de Barcelone ayant alîujetti
Trencavel à la fin de* l’an 1150. il fe fera attaché enlüite à foumettre à fa do-
mination le comte de Foix lôn neveu , fie l'aura obligé, 'de gré ou de force, au
mois de Mai de l’an 1 1 51. à fe déclarer l'on vallal , tant pour la partie du comté
de Foix 1 , fituée depuis le Pas de la Barre , jufqu'aux frontières d’Efpagne , que
pour les domainft qu'il pollédoit dans le comté de Carcalfonne.
Quoique le comte de Foix fie Raymond Trencavel euflent reconnu le
Ligue emre comte Barcelone pour leur lèisincur fuzerain dans une partie de leurs do-
himcng.it.lc . Si .... », 1 , .
vico.meiie Je marnes au préjudice du comte deTouloule, ils ménagèrent cependant ce der-
Ra'molîT* n‘er> comme il parole par le ferment » mutuel que le comte Trencavel &. hr-
Trcncjv.L mcngarde vicômtelîe de Narbonne le firent au mois de Juillet njr. & par le.
bPr.p.Hs-é quel ils promirent de s’entr’aider envers tous fit contre tous , excepté contre le
comte de Barcelone , le comte de Touloufe & de S. Gilles > le comte de Rodez,
& l’archevêque de Narbonne.
Ce ferment nous fait comprendre que la vicomtefle Ermcrgarde adminillra
Toujours par elle-même lés domaines du vivant des deux maris qu’elle epoufa
fucceffivcment. Nous voyons d’ailleurs qu’elle rendoit alors Iajultice, comme
il paroît en particulier par les aililés c qu’elle tint au mois de Décembre de
l’an 1151. en prefence de Guiraud de la Redorte, de Guiraud de Narbonne,
fie de plulîcurs autres de les valîaux , au fujet d’un différend qui étoit alors en¬
tre Raymond de Caune, & Ermengaud de Leucate : or elle étoit mariée en ce
APr.p.f 47. ÿ- tcms là , puifque Guillaume de Durban fie fes fils lui promirent d l’année fui-
vante de tenir le château de Moncferc d’elle ôc de les enfans , fi clic en avoit quel¬
que s -uns.
Il paroît que Bernard- A ton vicomte de Nifmes & d’Agde ne prit aucune part
aux liaifons de Trencavel fon frere avec le comte de Barcelone, fie qu’il fit fa
principale occupation du foin d’adminiltrer c la juftice fie de conferver fon do¬
maine. Il donna en fief 1 en 1149. de concert avec Aldebert évêque deNifmcs,
les tables qui croient d.vant la porte rouge de Notre-Da*me de Nifmes. Il fit
divcrlès autres inféodations g les années luivantes, &: donna en fief en 115t.
le péage du marché de Nifmes , du confentemcnt de Guillemette fa femme.
Il fit un échange h la même année avec Hugues de Brodes, qui lui donna de
Ion côté la moitié de la viguerie de Nifmes. Pagane fie Matheline fes feeurs
lui cedcrent'en iiji. toutes leurs prétentions fur la fuccelïîon de leur pere.
Guillaume de Randon , Pierre de Mercueur, fie quelques autres feigneurs du
Gevaudan , furent prelens à la ccfiion de Pagane, ce qui nous donne lieu de
croire qu’elle étoit mariée dans ce païs ,'fie qu’elle n’avoit point d’enfans:
l’autre fit la flenne en prefence d’Aldebert fie de Guillaume de Crullol, deGe-
raud de Ballet, tige de la maifon des ducs d’Ülez , fie de divers autres feigneurs
du Vivarais. Matheline s’étoit remariée peut-être dans ce païs après la mort
de Guillaume- Arnaud de Beziers, qu’elle k avoit époulë en 1105. On1 prétend
qu’elle époufa au fins tard vers l'an rt 29. Bertrand V. de la Tour, fie qu’elle
fut mere de Bernard V. lèigneur de la Tour , né quelques années avant l'an 1169.
ce qui n’cft pas pollible , puifqu'il eft certain que Matheline étoit déjà nubile en
1105. Elle mourut donc vrailcmblablemcnt fans enfans , de même que fafeeur
Pagane.
Le vicomte Raymond-Trencavel recouvra de fon côté , au mois de Septem¬
bre de l’an 1151 une partie du domaine de fa maifon, par la vente m que lui fit
Gérard ou Guinardde Roudillon lôn neveu , fils de la fccur Trencavelle,pour
la fournie de cinq mille fols Melgoriens, du château de Mefe dans la vicomté
d’Agde, qui avoit été donné en dot à la même Trcncavelle , lorfqu’elle "fe
maria en 1110. avccGausfred comte de Roulîîllon pere de Gérard. Cette com-
tellè avoit donné «cinq ans auparavant , avec le même Gérard fon fils, quife
x vu.
Bernard-Aton
vico me de
Nil.ncs ae-
<j.iiett l'hérita-
gc de les deux
ilcurs M uheli-
i\2 Si IMjiu-*.
c Pr p. f U.
fTréf. les ch *rt.
Toulouse j*c 13.
n. 9.
g Ibii.ftc c4.
erp Si7.&
ferj.
h Tréf des ch.
ibid.jdc u.n.i.
i Pr.ibid •
i Bj'UL. sitlV.
tom.if.i6?.*?
fat'
xviri.
Réunion du
château deMe-
te au Juin line
de ITeocuvcl.
Comtes de
Roulîîiî »n. Vi¬
comtes Je Fc-
OOüilledes.
m Pr. .s fl/*
fa' . ,
o Sïicil.to.y,
p-l 37-
O tr.p. JH.
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DE LANGUEDOC. Liv. XVIÎL
4?»
2
qualifioit alors vicomte de Rouffillon , à l’abbaye de Valmagne dans le diocèfe An.iijï*
d’Agde, le droit d’avoir un bateau pour la pefche fur l’étang de Mefe. Cet
a&e pourrait faire croire qu’elle s’etoit alors retirée dans le thâteau de ce
nom avec fon fils , Sc qu’elle étoit féparée du comte de Rouffillon fon mari,
qui la répudia • fous le pontificat du pape Eugene III. pour époufer une autre » Mire. m/pi.
femme. Mais il paraît que cette répudiation n’arriva que vers la fin de l’an- M0(-
néeirji. ou le commencement de la fuivânte. Nous avons lieu d’inferer en
effet, que Gausfred vivoit encore en bonne intelligence avec Trencavelle,
au mois de Juin de l’an u ji. lorfqu’il fit donation b entre vifs en faveur de ty.13 n.&fip
fon fils Gérard de la ville de Perpignan, & du fief qu’il tenoit du vicomte de
Narbonne, & après fa mort du comté de Rouffillon} puifqu’il fit cette do¬
nation en prefence de Raymond-Trencavel fon beau-frere. D’un autre côté*
la vente que fit Gérard, au mois de Septembre de l’an 1151. du château de
Mefê, prouve, ce femblé, que Trencavelle fa mere étoit alors féparée du
comte fon pere- Quoiqu’il en foit , le pape Eugene III. excommunia c Gaus- c p.wy.
fred à caufe de cette répudiation ; Sc le pape Adrien IV. fuccefleur d’Eugene,
frappa vers l’an x 1 56. ce comte d’un nouvel anatheme « pour avoir quitté «
fa femme légitimé , Sc en avoir époufé une autre. Adrien déclare en même «
tems, que quand même la femme légitimé de Gausfred viendroità déceder,«
il ne lui feroit pas libre d’époufer l’autre , Sc.que les enfans qu’il avoit déjà «
eus de cette derniere, étoient déchus pour toujours de l’hérédité de leur pere.c»
On voit par là que Trencavelle vivoit encore en 1156. nous ignorons l’épo¬
que de fa mort. Quant à celle du comte Gausfred fon mari, elle arriva le 14.
de Février de l’an 1 163.** Il confirma quelque tems auparavant la donation
u’il avoit déjà faite de fes domaines en faveur de Guinard ou Gérard fon
ls , qui après fa mort lui fucceda dans le comté de Rouffillon , nonobftant
les prétentions des enfans que fon pere avoit eus de fa fécondé femme. Au
refte Guinard prit /ans doute le titre de vicomte du vivant de Gausfred fon
pere, à cau/e du château de Mefe au diocèfe d’Agde qui appartenoit à fa
mere j car quoiqu’il le qualifiât vicomte de Rouffillon y nous voyons que la vi¬
comté de ce païs appartenoit alors à une autre mai fon , Sc nous trouvons un
a&e e du milieu du XII. fiecle, dans lequel on fait le dénombrement des
droits qui appartenoient au vicomte de Mefe. Or Guinard poffedoit alors ce
château, qui fut réuni en iijï. comme on vient de le voir, à la vicomté d’Agde
dont il avoit été démembré.
Udalgarius vicomte de Fenouilledes f, futprefent à la donation que Gaus. f Msrt.Hîfpi
fred comte de Rouffillon fit en ri jr. à fon fils Guinar'd. Il eut g deux fils , em¬
pierra Sc Arnaud, d'Ave fa femme, Sc fonda avec eux en 1161. dequoi entre- tf7fr'W74*
tenir une lampe dans- l’abbaye de Fontfroide : il vivoit encore en 1163. Il étoit
fils fans doute d’un autre vicomte de Fenouilledes appel le auffî Udalgarius, qui
fe dit fils de la vicomtefTe Matheline , Sc qui offrit h en 1143. avec la comteffe horch.de rM;
Noricie fa femme, leur fils Girberc, à l’abbaye de S. Pons de Tomieres pour d,s-l>on‘-
y être religieux.
Raymond Trcncavcl, & Sicard vicomte de Lautrec .confirmèrent en ' itfi. T^Jc^clge
la paix que ce dernier avoit faite onze ans auparavant avec le vicomte Roger sicard vicom-
frere du même Trencavel. Celui-ci écoit alors en différend avec plufieurs fei- Ksdc La““ec
gneursdefes vaflaux , en particulier avec Guillaume de Limous fon miniffre , p°ix.prioci-
touchant la jufticekSc les droics domaniaux de ce lieu , qui furenc adjugez aù pauxvaiTaax
vicomte par une fentence arbitrale. Raymond évêque de Touloufe 1 rendit, ^>^493. &
avec quelques gentilshommes fes affeffeurs , un pareil jugement vers le /*?.
commencement de l’année fuivânte , au fujet des démêlez qui étoient entre le \
même vicomte , & un fèigneur nommé Hugues d’Efcafré Sc fesfreres. 1®. Ces
feig neurs furent maintenus dans la juftice civile du lieu d'A lionne : la crimi’.
■nelle fut adjugée au vicomte. 1®. Il fut dit que la ville ou village de Sorezè
qu’ils voulôient transférer ailleurs , fubfifteroit au même endroit fous la pro¬
tection du vicomte. 3®. Ils furent condamnez à reconnoître tenir de lui le châ¬
teau de Roquefort. Enfin Raymond-Trencavel s’accorda “ vers le même tems
avec les feigneurs de Cabarés au fujet du château de ce nom , Sc celui de Sur-
m P-H4*
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_ _ 473. HISTOIRE GENERALE -
An. 1151. delpine , par l’entremife de Pons évêque de Carcaflonne , de Bernard de Canec,
éc ae quelques autres de fes fujets .
Ce vicomte reçut* en nji. ôc 1153. divers hommages, entr’autres celui des
feigneurs des châteaux d’Aniorc ôc de Caftelpor dans le pais de Sault. Il domi-
noit auûi fur le pais de Chercorb , portion du dioccfe de Mirepoix, comme
b ?• Hi il paroît par l’hommage b de Bernard de Congoft , à qui il avoir donné un
emplacement dans fon château de Ville fort pour y bâtir , à condition qu’il
adminiftrcroit ce pais. Le même vicomte ôc Roger fon fils reçurent encore l’hom.
mage de Sicard de Laurac c pour le château de Montlandier en Albigeois }
à Aid. des feigneurs de Saiffac^1 pour celui de Verdun en Lauraguais , ôcc. Raymond-
«p H4-6y>î- Trcncavel donna alors en fief le château de d’Exalabre ou Chalabre àe Roger
de S. Benoit, ôc celui de Verdale à Ifarn de Puylaurens ôcà Pierre fon frere. Ce
fp-U7. dernier époufa en 1x51. f Dias de Faberfan. Il étoit fils , à ce qu’il paroît, de
zTri[.d4,(h. Gaulbert de Puylaurens, qui renouvella g en i 149’. à Pons de Dourgne, ÔC
7$ui.j»c u.u.1. à Alfonfe fon fils, le ferment qu’il leur devoir pour le château de Puylaurens.
b ibuUJu un. Ifarn de Dourgne avoit en iiçi. h deux freres nommez Begon ôc Pierre. Ce
détail fert à nous faire connoître les principaux vaflaux de Trencavel, dont
la plupart l’aiderent dans la guerre qu’il eut à foutenir contre Raymond V.
comte deTouloufc.
~ Ce comte après avoir diffmulé pendant quelque tems la félonie du vicomte,
Capiiouis'de réfolut de la punir. Il écrivit d’abord * à Guillaume évêque de Beziers pour
TouWe. l’exhorter à ne pas permettre que Trencavel ufurpât les droits de fon égfife,
co.nwTdc ccttc avec promette de lui accorder la même protection 'que fes prédeceffeurs avoient
vivie dédite u accordée aux autres évêques, ôc une plus grande même s’il étoit polfible. Il le
cavo&u'filt Pr*e en^n l’avertir quand il auroit beloin de fon fccours. Raymond mit par
pmonn et. là le clergé de Beziers dans lès interets } ôc pour gagner de plus en plus l’atfè-
iGMUhr.to.i. «fiion desTouloufains , il confirma k en 115t. divers reglcmens drelîez par le
^ic, ui comt. commun confeil de la ville (fi du fauxbour g de T ouloufe , avec ordre de les obferver
fA\ à perpétuité, fauf la fidelité du comte. Ces reglemens ont donné l’origine aux
coutumes de Touloufe qui furent rédigées dans la fuite. Us regardent princi¬
palement la police , la nature des amendes qui dévoient être payées par ceux
, qui cauferoient du dommage daais les biens d’autrui , ôc enfin la juftice crimi¬
nelle : la civile eft réfervee au jugement du comte (fi- de fa cour , de même
que la punition du vol ôc des complots feditieux. On voit à la fin de ces re-
* CipuuUtii. glemens les noms de fix habitans de Touloufe qui fe qualifient * Capitulaires ,
de quatre autres qui font appeliez Juges , ôc enfin de deux autres qu’on nomme
Avocats. C’eft-là le plus ancien monument que nous ayons où il foit fait men¬
tion des Capitulaires de Touloufe, ou magiftrats municipaux , qu’on appelle
aujourd’hui Capitouls j terme qui dérive , non pas du Capitole qu'on voyoit
dans cette ville du tems des Romains, comme quelques-uns l’ont voulu faire
croire , mais du mot latin Capitulum , qu’on exprimoit par celui de Capitol
\c»i,Uomt. dans l’ancien langage du pais. On appelloit en effet capitulum 1 l’aflembléedes
fDuc^il\.p. principaux bourgeois de Touloufe ^ ôc comme il y en avoit fix d’entr’eux qui
714.718 .6’/#}. préfidoient à i’atlémblce du commun confeil ou du chapitre de la ville ôc des faux-
bourgs, on nomma ceux-ci Capitulant , Capitulant , ou dominé de capitula ÔC
en langage du pais les Capitols. Leur fonction étoit la même que celles des au¬
tres magiftrats municipaux des differentes villes de la province , qu’on nom-
moit confuls. Nous parlerons ailleurs de l’origine des uns ôc des autres. Le
nombre de ceux de Touloufe augmenta dans la fuite jufqu’a vingt-quatre. Il
eft aujourd’hui réduit à huit.
m v*!tf.notît. Ceux qui prétendent m que le nom des Capitouls de Touloufe , dérive de
viiip.sio. l’ancien capitole de cette ville , citent , pour le prouver , un paflage du traité
^ ftue Pierre le Vencrable abbé de Cluni écrivit vers l’ân n 3 y. contre les héré¬
tiques Petrobrufiens qui avoient infecté cette ville de leurs erreurs, ôc dans
a pnr.vtn.in lequel le faint abbé n femble parler du capitole de Touloufe , ôc des fenateurs
nnbruj. p. ^ s>y afiembloient : mais outre qu’on n’a aucune preuve que l’ancien capi-
U6t- tôle de Touloufe fubfiftât alors , ôc que Pierre le Vénérable parle ironique-
vïc'h.îkid. ment ôc en orateur , il eft conftant par tous les anciens jnonumens 0 du tems,
que
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DE LANGUEDOCLiv.XVIII.
47!
que l’aflèmblée des principaux habitans de Touloufe au XII. fiecle s’appelloic An.ii 53.
capitulum : ainli ce palLage prouve feulement que du tems de Pierre le Vénéra¬
ble, c’eft à-dire vers le milieu du même fiecle , cette ville étoit gouvernée par
des magiftruts municipaux. .
Raymond V.réfolu de fe venger du vicomte Trencavel , lui déclara la
guerre 3 , Te mit en campagne , l’attaqua , le fit prifonnier le 1 o. d’Ociobre de » c,ui amt.
l'an 1 1 53. & le fit renfermer à Touloufedans une étroite prifon où il le tint
long-tems. Il fit aufli prifonniers Guillaume VII. fcigneur de Montpellier, & jeq.
plusieurs autres chevaliers dont nous parlerons dans la fuite : c’eft tout ce que
nous fçavons de cette guerre. Un auteur b prétend que «Trencavel ayante hjtnJoq.t»».
entrepris une courfe furies frontières du comte , il s’avança un jour fi avant «
qu’il fut jufqu’aux portes de Touloufe avec quelque cavalerie. Les chevaux , «
ajoute-t-il , furent fi las d’une fi longue traite , qu’ils fe rendirent au retour, «
& furent caufe de la perte de Trencavel & des liens } « mais il n’apporte aucune
preuve de cette circonftance. On pourroit croire que le comte de Barcelone
marcha pour la defenfe de ce vicomte fon vaflàl , & qu’il fit la guerre au comte
Raymond dont il étoit certainement alors ennemi , fur ce qu’avec les titres
de comte de Barcelone & de marquis de Provence , il prend celui de duc de
Touloufe c , dans une donation qu’il fit en 1133. à l’églife de ‘Nice : mais cGtii.chr.nov.
il paroît que c’eft une faute de copifte , & qu’on a lu Touloufe au lieu de ' P-*19-
Tortofc. Nous fçavons en effet que Raymond-Berenger IV. fe qualifia d mar • dA
fuis de Tortofe , depuis qu’il eut conquis cette ville en 1148. fur les Sarafins. £ "■
Quoi qu’il en foit, il elt du moins certain « qu’Hugues comte de Rodez pro-
mit à ce prince au mois de Février de l’an 1153. en prefcnce de Raymond de
Canillac, & de quelques autres feigneurs , de l’aider envers tous & contre
tous , & nommément contre le comte de S. Gilles & de Touloufe , qui par confé-
quent étoit alors fon ennemi.
Nous ignorons quelle fut la fuite de cette promefle : il paroît feulement
d Msrc. Hifpm
J O J. 0-
xx r.
Mort <1 Hu*
Creixel en Rouergue. Hugues fut le premier comte de Rodez de fon nom. fils-
Il étoit vafïàl du comte de Touloufe pour le comté de Rodez & la vicomté
de Lodeve , & du comte de Barcelone, dont il étoit proche parent, pour une f M»rul*n,e.
partie du Carladois. Il tailla g trois fils d’Ermengarde fa femme ;fçavoirHu-
eues II. qui lui avoit déjà fuccedé en 1159. dans le comté de Rodez : Hugues R A"ie
b r , * 1 J mi 1 • • i> s • /* 1» & g*n.to
quifuc eveque de cette ville depuis environ I an 1164. julques vers 1 an mo. y.o un.chr.
& Richard qui eut pour fon partage une partie delà vicomte de Carlad , avec eJ-,0-u
celle de Lodeve. Ermengarde veuve d’Hugues vécut encore long-tems après h l-aLiidr.
lui : elle fe donna , avec tous fes biens , en 1170. b à l’abbaye de Nonenque en ’^-pass.
Rouergue , où elle prit fans doute l’habit religieux. XX[r
Trencavel étoit encore en prifon à Touloufe au mois d’Avril de l’an 1 1 5 4. Ce Tcft*nicur de
vicomte craignant ou d’y mourir, ou du moins de n’en pasfortir fi-tôt fit alors
fon teftament'. U choifit fa fépulturc dans le monaftere de Caftan au diocèfe Touloufe' h
de Bcziers où il fonda un anniverfaire. Il fait des legs aux Hofpitaliers & obticnt
aux Templiers de Jerufalem , & ordonne de réparer les dommages qu’il V"i
avoit caufez à leurs maifons , & aux églifes , durant fa chevauchée en Rouf /'?•
fillon. Il défend d’exiger dans fes domaines d’autres leuJcs & ufages que ceux
qui étoiçnt déjà établis du tems de Bernard-Aton fon pere. Il légué à Cecile
fa fille aînée , femme du comte de Foix , les châteaux de Balaguier & de
Chercorb, le pais de Chercorb, cinq mille fols Melgoriens, &c. Il donne à
fa fécondé fille, dont il ne marque pas le nom, vingt mille fols Melgoriens , fes
habits, & quelques domaines, à condition qu’elle époufera Guillaume de
Montpellier ; finon il ne lui donne que dix mille fols & fes habits, .& prie
le comte de Barcelone de la marier avec Hugues fils d’Hugues comte de Ro¬
dez, ou avec quelqu’autre, du confcil de Bernard d’Andufe, de Guillaume
de Montpellier ; & de fes vaflaux. Il difpofe en faveur de Roger fon fils, de
tous fes domaines , dont il veut que fa femme foit dame fciyqeurcflc , tant
qu’elle vivra, ajoute-t-il, en viduité , avec fes enfans&les miens: preuve que
T ome JT. O 00
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47+
HISTOIRE GENERALE
An.i i 54. les deux filles de Trencavel étoient de fon premier mariage avec Adélaïde. îi
'Sponaiitium. ordonne que fi fa femme veut fe retirer, on luirende ou fon douaire * , ou deux
cens marcs d’argent avec fes habits, & une partie des meubles , à fon choix.
11 laifle l’adminiftration de fes domaines pendant la minorité de fon fils , à
divers feigneurs -, fçavoir la ville de Beziers St le Bederez à Guillaume- Arnaud
de Beziers,ôc Aymar deMurviel,pour les gouverneravec le confeil de.Berenger
de Beziers -y la ville de Carcaflonne St le Carcafiez à Bernard de Canet le fils,
Guillaume de S. Félix St Bernard Pelapoul , avec ordre à eux d’agir du confeil
de Bernard de Canet le pere -, l’Albigeois St les domaines du Touloufain St du
Comminges , à Ifarn de Dourgne , Hugues de Ceflenon, St Guillaume-Aton de
Curvale. Il fubftitue fes deux filles à Ion fils Roger, à qui il ordonne d’être
fidelle ami de Guillaume de Montpellier , qui a été fait prifonnier , ajoûte-t-il ,
à caufe de moi , St de l’aider envers tous St contre tous , excepte contre le comte
de Barcelone. 11 ordonne aufli à fon fils de vivre en amitié avec Bernard d’An-
dufe: il le met fous la protection d’Ermengarde vicomtefle de Narbonne fa
toufne , St fous celle du comte de Barcelone, avec fa femme, fes enfans St les
vafl'aux : enfin il charge le même comte de Barcelone de l’éducation de fon
fils , 8t du foin de le taire chevalier. Trencavel fit ce teftament en prefence
de Bernard d’Andufe , de Guillaume deTortofe frere du feigneur de Mont,
pellier, d’Hugues St Bernard de Ceflenon , d’Aymar de Murviel, Gaucelia
de Claret, Pierre de Puylaurens , Raymond de Termes, St plufieurs autres
feigneurs dont la plupart étoient fes vaflaux* ce qui prouve qu’ils avoientété
faits prifonniers avec lui.
Le comte de Touloufe délivra enfin Trencavel * mais il en coûta cher à
ce dernier, qui pour fa rançon fut obligé de lui payer la fommede trois mille
a Pr.p., 9j. marcs d’argent , de lui ceder a diverles places , St de le reconnoître pour
Ctti/i. neubng. fuzerain dans tout le refie de Ion domaine. Trencavel étoit déjaforti de fa
prifonb au mois de Mai de l’année fuivante , lorfqu’il engageai Berenger de
Beziers, une partie du domaine de cette ville , lans doute pour payer une
partie de fa rançon. Guillaume de Tortofe obtint aufli fa liberté vers le mê.
me tems s car nous avons un ade de lui de l’ane 1 1 54. par lequel nous appre.
nons qu’il étoit alors hors de prilon.
xx ni. L’alliance que Raymond V. comte de Touloufe contracta en 1 1 54. avec le
x^monil'v' ro* Louis le Jeune, dont il époufa la foeur nommée Confiance, ne contribua
co lue de t où- pas peu à le faire refpecler davantage par les grands vaflaux de la province,
louCe avecCon- ^ui ^ comme on vient de le voir , s’etoient liguez prcfque tous contre lui avec
du^ioi le comte de Barcelone. Elle lui fut auili très-utile pour le maintenir dans la pai-
Loui&k jeune, fible polfclfion de les états, contre les entreprifes d’Henri II. roi d’Angleter¬
re , qui ayant époufé alors depuis deux ans Eleonor duchcflê de Guyenne,
après que le roi Louis le Jeune , qui en avoit eu deux filles , l’eut répudiée,
réveilla quelques années après les prétentions des ancêtres de cette princelfe
fur le comté de Touloufe, & porta la guerre dans le pais. Confiance dans
» v.ci-itftui le tems qu’elle époufa Raymond V. comte de Touloufe, étoit * veuve d’Eu-
ftache de Blois, qui avoit été afldcié en 115 a. à la couronne d’Angleterre,
U.147J. par le roi Etienne fon pere , ôc qui étoit mort fans enfans le 10. d’Aoilt de
l’an 1153. Elle avoit époufé Éuftache des le mois de Février de l’an 1 140. ou
de l’an 1141. fuivant notre maniéré de compter * ainfi elle étoit beaucoup plus
âgée que le comte de Touloufe fon fécond mari , qui en 1154. n’avoit que
iCntlmtm vinSt ans- con^erva toujours le titre de reine après ce fécond mariage,
fuivant l’ufage de ce tems-là, parce que fon premier mari avoic été couronné
xxiv. roi , & non pas feuleynent parce qu’elle étoit fccur de roi , ainfi que quelques
auteurs l’ont avancé. Ce mariage combla les Touloufains de joie : ils d firent
daas pio- une entrée magnifique à leur nouvelle comtclTe , &. les chevaliers du faux-
tôui* d'Efpa-'" bourg celebrerent fes noces par des jouxtes Sc des tournois , avec ceux des
gae. il accorde Ardennes , qui eft une grande campagne fituéeaux environs de Touloufe.
VdeUfcdcMi* Louis lejeune fe rendit dans cette ville vers la fin de la même année. Il
gudonae. revenoit alors d’Efpagne où il avoit été faire un pèlerinage à S. Jacques en
v note’ GaliceC- Si n.ous en croYons quelques hifioriens Efpagnols , ce voyage de
1.111, dévotion fervit de prétexte à ce prince , pour couvrir le déficit! qu’il avoit de
i. i-c.io.
cf. 549-
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DE LANGUEDOC. Liv. XVIII.
47 ;
i’inftruirc par lui-même en paflant , s’il éroic vrai que la reine Confiance AN>I ‘H-
qu’il avoic époufée après avoir répudié Eleonor , n’étoit que fille nacu-
relle d’Alfonfè Vil. roi de Caftille , ainfi qu’on le lui avoic rapporté } mais
nos meilleurs critiques « font voir l’abfûrdité d’un pareil motif Louis s'arrêta â » p*ti ad »m.
Touloufe ü à fon retour , 8c s’étant rendu dans le chapitre de S. Sernin il y ufeffb'j
donna une charte , du confeil & de la volonté de Raymond comte de T ouloufe , en
frefence des' citoyens & des bourgeois , par laquelle il confirma les privilèges ac¬
cordez à la cathédrale de cette ville, à l’églife de S. Sernin, & à celle de la
Daurade par Charlemagne* fon prédeceflèur. Ces dernieres paroles ont donné «carolus Mi¬
lieu , fans doute, d'attribuer à Charlemagne la fondation de l’églife & du mo- g“us-
naftere de S. Sernin : mais il s’agit ici du roi Charles le Chauve , qui donna en
effet un diplôme0 en 843. en faveur de ces trois eglifes. f
- Louis le Jeune al a de Touloufe à Cadres d , pour honorer les reliques de fàint à spidUoj.
Vincent martyr. Durant fon fejour dans cette ville il arriva un funefte acci- rw'
dent. Le feigneur de Campendu , chevalier de mérite du diocèfe de Carcuf
fonne , que le roi honoroit de fa bienveillance , fut pourfuivi 8c afïàffiné cruel¬
lement par trois de fes ennemis , devant la mai fon où ce prince étoit logé.
On s’employa aufîî tôt auprès de lui pour obtenir la grâce des meurtriers.
Louis l’accorda enfin, à condition qu’ils expieroient leur crime parlapenitence,
& qu’ils pren.droient l’habit monaftique dans l’abbaye de Cadres. Ce prince prit
enfuite la route du bas Languedoc , 8c ayant c pâlie à Maguelonnc, il fè rendit c vrp.<s'..&
dans le chapitre de lacathedr le, & y confirma le> privilèges de cette églife it<1'
en faveur de Jean évêque de Maguelonne. Louis fie expedier quelques jours
après la charte, qui ed datée du lieu d’Arfac, le Mercredi des Cendres ç>. de _ - - — .
Février de l’an ii)f. On voit par là que le notaire qui a expedie ce diplo- 11 55*
me commençoit l’année à la Nativité de Jesus-Chkist. Nous ne
connoifTons pas bien la fituation du lieu d’Arfac où cette charte fut donnee :
il ne devoir pas être éloigné de Maguelonne , car nous trouvons 1 alors une fv. kl»tMe
ancienne famille de ce nom aux environs. Louis confirma g cette charte en 1161 ^usAllfMn°m
& donna alors déplus aux évêques de Maguelonne le droit d’exercer la judice gfr.ibu.
civile & criminelle dans leur domaine, de même qu’aux barons & châtellains,
vaffaux de cette églife, dont les principaux étoient Guillaume de Montpellier,
Raymond- Pierre de Ganges , Pierre de laVerune, 8c lesfeigneurs de Vie.
Il y a lieu de croire que Raymond comte de Touloufe accompagna le roi de AXXdv’je
France fon beau-frere dans Ion voyage de Languedoc. Nous voyons en effet R,iyn.,0n(|
que ce comte étoit du côté de Maguelonne en njy. & qu’il pafla alorsunac- comtc.cTou-
cord au pont du Vidourle , fur les frontières de ce diocèfe 8c de celui deNifmes fonfc fi«e
avec Raymond évêque de Carpentras. Par cet acte Raymond reconnut h. du avo. révéque
confeil de fes barons , tant en fon nom, qu’en celui d’Alionfc fon frere , que la MaroodeSa*’
moitié de Carpentras appartenoit de tout tems à l’évêque , auquel il promit bran,
de faire rendre/** leude ou peage que les habitans de Montelimar avoient ufur- ^,!rhr- ”fJ-,
péefur fon églife, fuivant le (èrment que les témoins avoient prêté â la cour " r'
du comte Alfonfe fon pere. Il déclara enfin qu’il ne permettroit pas qu’on cle-
vàt aucune tour à Carpentras fans le confentement de l’éveque. Le comte
donna pour cautions de fa promefle , Guillaume de Sabran , Geraud Amici fon
frere , Richard de Lille, Hugues de Baux , 8c Bermond de Pofquieres , qui
étoient fans doute les barons de ce prince, dont il parle au commencement
de l’ade, 8c qui firent ferment de l’obferver. Le comte de Touloufe s’etant
rendu peu de tems après à Carpentras y confirma cet accord.
Geraud Amici fit une branche de la maifon de Sabran, établie dans le bas
Languedoc 8c en Provence. Il époufa * en iiji. Galburge fille de Guillaume ipr.p.u?.
RainonduCaylar,8c lui conflitua pour douaire autant qu’elle apportoit en dot,
fuivant l’autorité de la loi Romaine. Il paroît qu’elle étoit veuve en 1165. l°rf‘ ».i|.
qu’elle engagea à Rainon du Caylar fon oncle, pour la fommede dix mille fols
Melgoriens, les droits qu elle avoit fur le lieu ou village deGaldanenque , 8c fur
les châteaux de Châteauneuf 8c de la Tour. C’eft peut-être la même que Gal¬
burge, qui en 11 5p. fit hommage k à Ufèz avec Hugues d’Uflel fon fils , à k TréfJrschare.
Raymond comte de Touloufe pour les châteaux d’Ulfel, de S. Laurent , 8c de >bui.f*c 7-n-6i
Roche-colombe. Geraud ou Guiraud Amici fut pere ,à ce qu’il paroît ,d’un
Tome II. O 00 ij
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Xn.I I
476
HISTOIRE GENERALE
*•/.
concord. Al*rc.
L8.f. 18. MOV.
Vti.
a Ruffl jqf.Jùr autre Guiraud Amici, de la maifon de Sabran, lequel époufa Alix a fille dô
des comt.de For - Bertrand I. comte de Forcalquicr, dont il eut Guillaume de Sabran. Ce der¬
nier fe qualifioit en 1109. comte de Forcalquier , comme heritier de fa mere, au
préjudice de Garfinde heriticre de ce comté. Celle-ci eut de Raiiion de Sabran,
Ton mari , Garfinde de Sabran , qui époufa en 1193. Alfonfe II. comte de
Provence , 6c unit par ce mariage le comté de Forcalquier à celui de Provence.
Guillaume de Sabran fils de Geraud Amici avoir en 1109. un frere qui s’appel-
luit Geraud Amici.
ïnneu^àtde Ermengarde vicomtcflc de Narbonne fe trouva à Montpellier lorfque le roi
Vtcomteiic de Louis le Jeune y pafl'a au commencement de l’an 1155. comme ilparoît par la
nonceà'Wdé- renoncia-tion bfolemnelle qu’elle fit alors , à l’ufage oùétoicnt les vicomtes de
pouiiie des Narbonne lés prédecelTeurs , de s’emparer des biens des archevêques de cette
ccu^vlTie'a v^c aPres leur nxort. Ermengarde fit cette renonciation en faveur de Pierre
près leur mort, archevêque de Narbonne, qui en rcconnoifïance lui donna la fomme de deux
b cutimtm. mille fols Mclgoriens, de l’avis d’Aldcbcrt évêque de Nifmcs , de Pierre évê-
fu.üH^notVin Sue de Lodeve, Artaud évêque d'Elne, Bertrand abbé de S. Gilles, & de
Pons Se Roger archidiacres de Narbonne. L’acte qui fut pallé en prefence de
Pons d’Arfac, de Pons de Montlaur , de Bermond de Callries , ôc de plufieurs
autres gentilshommes du pais, elt daté de Montpellier le Samedy is . de Janvier de
J an nss.reyiant le roi de France , qui revenoit alors de S. Jacques : preuve qu’il
appartient à l’an 1155. fuivant notre maniéré de compter, 6c non à l’an 11 $6.
iccUioiav'. l’ancien Hile , comme le prétend un de nos hilloriens c. Ermengarde
d ctuijbit. prêta ferment de fidelité d le même jour à l’archevêque de Narbonne, lui fie
h°mmage s & donna une déclaration de toutes les ufurpations des vicomtes
fes prédecelTeurs fur l'églife de cette ville.
Lc^uiln du Cette vicomteflé céda en 1 1 54. à Ricuin c abbé de Quarante 6c à fes chanoi-
«tdiiuiHyi. nés , les droits qu’avoit Raymond-Gaucclin fur le château d’Arzillers. Cet
province ** U nous connu d’ailleurs par un échange f qu’il fit avec les chanoines de
Comtes ou la cathédrale de Narbonne, 6c dont il obtint la confirmation d’Hyacinthe
noaT le °iï car^'na^ Fiacre, légat du pape g Anaftafe IV. dans la province de Narbonne
nuiion de* Sc en Efpagne. Les lettres de ce légat l'on datées de cette ville le dernier de
Montpellier. Mars de l’an 115 4. la première année du pontificat d’ Ana fia fe.
comté s” de va- Adrien IV. fucccffcur de ce pane h , confirma au mois d’Avril de l’an îijy.
learinois. les privilèges de l’églife de Maguelonne -, ce qu’il fit fans doute d’autant plus
r*w.rfd*tf '»*. v°ionciers, qu’il avoit été auparavant fiinplc clerc dans l’cglife de S. Jacques
*«•■«! de Melgucil dans ce dioccfe. Il avoit cmbraflc enfuite l’inftitut des chanoines
txbTsvb* rcguliers dans l’abbaye de S. Ruf auprès d’Avignon , dont il avoit été abbé,
g v.Pagt an». 11 écrivit au commencement de fon pontificat à l’archevêque de Narbonne,
'hGur 'r a * ^ s Idffragans > à Raymond évêque de Maguelonne , une lettre par la-
quelle il met fous la protcclion du faint fiege Guillaume de Montpellier avec
tout fon domaine , 6c charge ces prélats de le défendre , de même que fes vaf.
faux;, le château de Callries , 6c les autres terres de Guillaume de Tortofe fon
frere , » qui pour la rémifiîon de fes pcchez avoit entrepris le voyage de Jeru-
» falem où il avoit réfolu de demeurer un an entier.»
Le château de Callries appartenoit à Guillaume de Tortofe par Ermeflinde
fa femme, fille 8c heriticre' de Dalmacefeigneur de ce château. Ermeflînde étant
enceinte en 1157. fit fon tcflamcnt peu de jours avant fa mort , 6c inflitua fon
icii.to.f. mari heritier. Ce dernier fitlefienk au mois d’Oclobre de la même année. Il
choifit fa fépulture au monallere de Sauzet de Tordre de Cluni , firué auprès de
Montpellier -, 6c comme il n’avoit pas d’enfans , il fit heritier Guillaume
feigneur de Montpellier fon frere, tant pour le château de Callries que pour
fes autres domaines. Il mourut fans doute bientôt apres : il étoit certaine¬
ment décédé 1 en 1161. lorfque Gui fon frere diiputa fa fuccelfion à leur aîné.
' Guillaume de Tortofe mourut dans la maifon des Templiers de Montpellier
où il avoit pris l’habit de leur ordre.
Guillaume d’Omelas, oncle paternel de ce feigneur mourut avant lui, 5c fie
fon tellament ra aumois de Mars de Tan 1 1 56.Il avoit deux filles qui s'appelaient
Tihurge-, Tune étoit mariée avec Aymar feigneur de Murviel dans le dioccfe de
Beziers , 8c l’autre étoit veuve de Gausfrcd de Mornas feigneur provençal. Il
î G.tr. ibiil.
k SpitH.
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1 Pr.^Sl.
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DE L AN G U E D OC. Liv. XVIIL 477
légua â la première le château de Montbazen dans le diocèfe de Mague-
lonne j outre ce qu’il lui avoit déjà donné en dot , 8c lui fubftitua Sicard ÔC
Raymond-Aton de Murvicl Tes petits-fils. Il donnai l’autre le village de Mer-
yiel dans le diocèfe de Maguelonne, 8c lafomme de mille fols Melgoriens qu’il
chargea fon fils 'Raymbaud de lui payer , lorfquil ferait fait chevalier . Il fit ce
dernier fon heritier , lui donna les châteaux d’Omelas , de Popian, du Pou-
get, de Frontignan , 8cc. & tous fes autres domaines, le mit fous la prote>
dion de Guillaume feigneur de Montpellier fon neveu , 8c chargea ce dernier de
le faire chevalier. Il donna l’ufufruic d’un village à Ermelfinde fa mere,
8c laifla la jouillance de tous fes biens pendant treize ans à Pierre-Raymond
de Montpeyroux pour payer fes dettes. 11 choifit fa fëpulture dans l’abbaye
d’Aniane , à laquelle il légua le domaine de Flcx, que Bernard fon frere
avoit donné à ce monaflere. Guillaume d’Omelas mourut peu de tems après,
8c il e'toit déjà décédé au mois de Mai fuivant a.
Ce feigneur ne marque pas dans fon ccftament le nom de fa femme t mais
on fç ait d’ailleurs b qu’elle s’appelloit Tiburge, 8c qu’elle ctoit fille 8c heritiere
de Raymbaud comte d’Orange. Il eut encore dé cette comteile un autre fils
nommé Guillaume. Ce dernier partagea avec Raymbaud fon frere la feigneurie
ou comté d’Orange après la mort de Tiburge leur mere, qui fit fon reftament
en 1150. 8c qui étant morte peu de tems après, fut inhumée dans l’églife abba¬
tiale de S. Florent d’Orange, où on voyoitcfôn tombeau avant que les rcii.
gionnaires l’euflenc détruit. Guillaume d fils aîné de Guillaume d’Omelas 8c
de Tiburge d’Orange fê maria, 8c eut un fils 8c une fille, aufqucls il parta¬
gea la moitié de la fèigneurie d’Orange qui lui ètoit échue. La derniere nom¬
mée Tiburge donna fà portion aux Hofpitaliers de Jerufalcm : l’autre appellé
Guillaume eut un fils nommé Raymbaud qui mourut fans enfans 3 8c donna
aulfi fa quatrième partie d’Orange aux mêmes Hofpitaliers. Quant à Raym¬
baud fils puîné de Guillaume d’Omelas 8c de la comteffe Tiburge , il quitta le
nomd’Omelas, 8cprice le furnom d’Orange. Il engageaen j 168. à Guillaume
de Montpellier fon coufin , tout fon domaine d’Omelas fîtuèdans les diocèfes
de Béziers 8c de Maguelonne pour lafomme de quatre mille fols Melgoriens *
mais il le retira fans doute bientôt , puifqu’il l’engagea f en 1171. à Aymar de
Murviel fon beau-frere , pour la fbmme de dix mille deux cens fols MeK
goriens. Il mourut fans enfans vers l’an 1173. à Courtcfon dans la principauté
d’Orange 5 , 8c partagea par fon teftament tous fes domaines entre fes deux
fours. Il donna fa portion d’Orange , 8c des terres qui en dépendoient , à Ti¬
burge veuve auparavant de Guillaume de Mornas , 8c alors femme en fécondés
noces de Bertrand de Baux , fils puîné de Raymond 8c d’Etiennctte de Provence,
8c à leurs enfans fes neveux, qui fuccedercnt ainfi à leur mere dans la moitié
d« la feigneurie d’Orange. Guillaume de Baux qui étoit l’aîné recueillit cette
moitié, 8c fut le premier qui fe qualifia prince d' Orange , par la conceflîon des
empereurs d’Allemagne rois de Provence. Ses fucceifeurs trouvèrent moyen
de réunir à leur domaine toute cette principauté. Raymbaud laidàla feigneu¬
rie d’Omelas , 8c tout le domaine qu’il avoit en Languedoc, à Tiburge ou Ti-
burgette fon autre fœur , femme d’Aymar de Murviel , 8c à leurs fils fes ne¬
veux. Raymond-Aton de Murviel l’un d’entr’eux jouifloit en effet en 1187. de
cette feigneurie, 8c en fit donation alors en faveur de Guillaume VIII. fei-
gneur de Montpellier, de qui il la reprit en fief, comme nous le dirons ail¬
leurs.
Au refte Raymbaud fils de Guillaume d’Omelas, 8c comte ou feigneur d’O¬
range, n’eft pas different de Raymbaud d’Orange dont il cft parlé en divers en¬
droits d’un recueil manuferit h des vies 8c des ouvrages des anciens poètes pro¬
vençaux , écrit vers le milieu du XIII. fiecle, 8c dans lequel il eft placé au rang
des mêmes poètes. On y voit quelques pièces de fa façon , mais fa vie n'y elt
pas décrite comme celle de pluiîeurs autres. Jean de Noftradamus en parle fort
au long ‘ dans fes vies des poéres provençaux , 8c il le dit » feigneur de Courte- «
fon ,bon chevalier , vaillant aux armes , 8c bien eftimé en la poèfic provençales
nîais on ne peut pas faire beaucoup de fonds fur ce qu’il rapporte 5 car outre
que l’ouvrage de cet auteur eft un tilfu de fables 8c d’anachronifmcs,il fait mourir
An.ii
a Pr. ibid.
b Md.
" V. NOTÉ
XX XV lin. lOi
cLaPifeOranç,
p.6t .
d V. NOTE tin
t Pr. ibicii
Spicit% te.
>.110,
f Pr. ibid .
g La Pife ibidi
KNQTLibtd*
h MJf. dé U
bibl . tluroi n.
7lli*
i N^raâArht
pott. Prov. ft
94.
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An. 1156.
1 No/lradam.
poet.Prov*I»tf*
à 'j*q.
"De Pidlavo.
b Pr.p. $ t u
51 WJ*- ***•
5*6.W.fvU
*97'
Mure. Hip,
P* lof.&ifiÿ.
c V. \nge hifl .
gen. ro.\.p.lÜS*
&iin-
d Pr. ibid .
t Duchef. Val.
Pr.p.y&jeq.
XXVIII.
Mariage de
Guillaume
Vil. feigneur
de Montpellier
avec Mathilde
de Bourgogne,
f Pr.f.jj6.&
fit-
47 S HISTOIRE GENERALE
Raymbaud en 1x29. & difant enfuire qu’il fut exilé aux ifles d’Yeres par Ray¬
mond comte de Provence , il le fait rappeller defon exil par Marguerite de
Provence, fille de ce comte, lor [quelle fut reine de France. Or Marguerite de
Provence n’époufa S. Louis qu’en 1x34. Le même auteur attribue à Raym¬
baud un traité intitulé la Macflriad' Amour.
Suivant le recueil manulcrit dont on vient de parler, la comteffe de Die,
femme de Guillaume de Poitiers , fe rendit amoureuîè de Raymbaud d’Orange,
de fit des vers à fa louange : c’eft tout ce qu’on rapporte d’elle à la tête de fes
poefies. Jean deNoftradamus * parle plus au long de cette comtellè, mais l
fon ordinaire d’une maniéré fabuleufe. Il allure » que vivement touchée delà
«mort de Guillem Ademar, gentilhomme de Provence , qu’elle avoit aimé,
«elle ne fe voulut jamais marier , 6c qu’elle fe rendit rcligieufe à laint Honoré
«deTarafcon, où elle mourut de douleur la même année 1193. On vient de
voir cependant par un témoignage bien plus certain , qu’elle époufa Guillau¬
me de Poitiers , qui acquit par ce mariage le comté de Diois , ôc le tranf-
mit à fa pofterité avec celui de Valentinois.
Au relie nous fommes pérfuadez que ce feigneur n’eft pas different de Guil¬
laume de Pcitcus ou de Poitiers * , l’un des principaux barons de la province,
dont il eft Elit mention dans plufieurs titres b du pais, mais fur tout du dio-
cèfc de Narbonne, depuis l’an 1146. jufqu’cn 1163. Nous croyons encore
qu’il étoit fils naturel de Guillaume IX. comte de Poitiers 6c duc d’Aquitaine,
qui l’aura eu durant le fejour qu’il faifoit à Touloufe vers l’an ni y. Voici fur
quoi nous fondons nos conjectures. i°. On ne connoît c pas l’origine de Guil¬
laume de Poitiers I. du nom comte de Valentinois , qui mourut avant l’an
11S9. 2°. Nous ne connoilîons pas non plus les ancêtres de Guillaume de
Poitiers établi dans la province au XII. fiée le , 6c nous ne trouvons avant lui
aucun feigneur de ce nom dans le pais. 3 Il eft certain d que ce dernier étoic
d’une noblelle très-diftinguée. 40. On fçait allez le penchant qu’avoit pour
les femmes Guillaume IX. comte de Poitiers. y°. Enfin les teins s’y rappor¬
tent parfaitement. Guillaume de Poitiers , tige des comtes de Valentinois &
de Diois fera donc né en Languedoc * 6c après un allez long féjour dans cette
province, il fe fera établi le long du Rhône par fon mariage avec l’heritiere
de ces deux comtez : alliance que Raymond V. comte de Touloufe, feigneur
fuzerain du Valentinois 6c du Diois, en qualité de marquis de Provence, aura
fans doute favorifée. Il eft en effet très-probable que le comte Raymond donna
en cette qualité vers l’an n6y. l’inveftiture de ces deux comtez à Guillaume:
nous fçavons du moins c qu’il en inveftit en 1189. après la mort de ce fei¬
gneur, Aymar fon fils 6c fon heritier. Revenons à la maifon de Montpellier.
Guillaume VII. feigneur de cette ville fe maria l’année de la mort de Guil¬
laume d’Omclas fon oncle paternel. On a déjà vû que le vicomte Raymond
Trencavel lui deftinoit pour femme en 1154. une de lès filles , mais ce maria¬
ge n’eut pas fon execution , 6c Guillaume époufa f deux ans après Mathilde
fille d’Hugues II. duc de Bourgogne, 6c de Mathilde de Turcnne , 6c feeur
d'Eudes II. duc de Bourgogne. Guillaume affigna d’abord par un a&e daté
de Montpellier le xy. de Février de l’an 1156. pour le douaire defonépoufe,
les châteaux de Montferrier 6c dePignan, les bains de Montpellier , êedivers
autres droits de fon domaine , fous la garantie de Guillaume de Tortofe fon
frere , de dix-huit autres leigneurs ou gentilshommes du pais , du vicomte
Raymond Trencavel 6c de Bernard d’Andufe. Peu de tems après le feigneur
de Montpellier alla au Puy au devant de Mathilde, qu’il époufa dans cette
ville , en prefence d’Henri évêque d’Autun frere de cette princelle , de Geo-
froi évêque de Langres , 6c des évêques de Châlons fur Saône 6c de Mague-
lonne. Bernard d’Andufe, Hugues comte de Rodez, Bernard-Aron vicomte
de Nifmes, 6c fon frere Raymond Trencavel affifterent à cette ceremonie, &
promirent par ferment 'de garantir le douaire de cette princeffe. Guillaume
de Montpellier jura en même tems, avec quelques-uns de fes vafiaux, de ne
la répudier , pour quelque fujet que ce pùt être , qu’après une fentence défini¬
tive rendue par l’archevêque de Lion : il ajouta quelques domaines à fon douai¬
re, entr’autres le droit qu’il avoit fur les Juifs de Montpellier. Mathilde après
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DE t A N G U £ D O C. Liv. XVÎIL
479
b toi .
XXIX.
Trcncavel cri-
cPr.f>. ff<T.
d Pr.p.^S-
c Pr.p.tAo»
y. NOTE
XXXlU.n.7 .
fort mariage avec Guillaume de Montpellier , fe qualifia toujours ducoeffe , à As. iijS,
eau fe de là naiffànce, fuivant l’ufage du fiecle.
Il y a lieu de croire que les comtes de Barcelone & de Provence fe trou¬
vèrent à Montpellier dans le tems de ce mariage. Le premier 4 accorda en a*Vrj4‘
effet par une charte datée de cette ville au mois de Mars de l’an r i y y. à
l’abbaye de Valmagne, une exemption de peage, tant dans fes terres,- que
dans celles du comte de Provence fon neveu : or cette charte doit apparte¬
nir à l’an 1 1 y 6. fuivant notre maniéré de compter; car nous en avons une au¬
tre b datée de Montpellier, au mois d’Avril de l’an 1 1 y 6. par laquelle Ray-
mond-Berenger comte de Provence, 6c fon neveu Raymond-Berenger comte
de Melguejl , de Provence & de Milhaud , exemptent de peage dans la ville de
Milhaud en Rouergue , les religieux de l’abbaye de Salvanez. L’acte fut paffe
en prefence de Pierre de la Roviere maître de la milice du Temple, & de
Guillaume autrefois feigneur de Montpellier , maintenant pauvre moine , & pauvre
de J. C.
Le vicomte Trencavel accorda la même année une pareille exemption c dans .
la ville de Beziers aux mêmes religieux deSalvaaiez, en prefence de Bernard üuc |*3t-
d’Andufe l 'ancien, 6c de Bernard d’Andulè fon fils. Il engagea vers le même
tems à Guillaume de Montpellier d , la leude qu’il levoic lur le chemin delàint rcCoum- une
Tiberi pour la fommede 13000. fols Melgoriens, 6c à Bernard-Raymond de autre partit des
Campendu, pour celle de 3000. lois, une partie du domaine qu’il a voit ^ru° iquci kCs
dans le château de ce nom. Il acquit e alors pour la fournie de 6 y 00. coufins.
fols Melgoriens , des deux freres Armand 6c Ademar vicomtes de Bruniquel
fes coufins, tous les domaines qui avoient été donnez en dot à Guillemette
leur ayeule , mere d’Aton vicomte de Bruniquel leur pere , 6c tante de Tren¬
cavel : le château de Brufque fitué fur les frontières de Rouergue 6c d’Albi-
geois,&dontlefeigneur de Lunasau dioccfe de Beziers tenoit la moitié en fief
des deux vicomtes de Bruniquel , faifoit partie de cette dot. U paroît qu’Ar-
mand U Ademar defeendoient des anciens vicomtes deTouloule, 6c qu’ils
moururent fans pofterité.
Le pape Adrien IV. confirma f la renonciation de la vicomtelïè Ermengarde
à la dépouille des archevêques de Narbonne après leur mort, par une bulle N^bomfcar-*
datée du 9. de Décembre. Il donna cette bulle en faveur de Bcrenger de chcréq.e'de
Narbonne, qui fut élu g archevêque de cette ville , 6c(uccedaà Pierre fon pré- «'te Ÿlllf-
decelleur, vers le mois d Août de 1 an 1156. Berenger avoir ete d abord giitcdcNif-
religieux de S. Pons1*, 6c enfuitc abbé de la Grade pendant près de 53. ans. j.n“- ,Jt
La vicomtedè Ermengarde fa nièce, contribua fans doute beaucoup à fon -l°*
éle&ion. Ce prélat , ainfi que plufieurs autres archevêques de Narbonne fes g cutimm.
predeceffeurs, fut légat du faintfiege , comme il paroît j *\ Par les adesde la hKtxwnj
dédicace* de l’églife d’Arles en Roudillon, qu’il fit au mois d’Odobre de é-p.
l’an 1 1 J7. adîfté de quatre évêques de la Marche d’Efpagne , & en prefence f
d'une nombreufe adèmblée, à laquelle la vicomtedè Ermengarde fa niece , 1 ''3Î'
Pons abbé ôc archidiacre de Narbonne, Bernard abbé de S. Tiberi , &c. fe
trouvèrent. z°. Par une lettre k que le pape Adrien IV. luiadredà, de même
qu’à Artaud évêque d’Elne,6cà tous les barons du Roudillon, pour confirmer
lafentence qu’Eugene II I.fon prédecedèur avoit portée contre Gausfrcd comte »**7»*m*
de ce pais, qui avoit répudié fa femme légitimé pour en époufer une autre; ( ArrU ^c4rt,
Adrien IV. confirma les privilèges de l’cgiife de Nifmesen faveur d’Aldebert dttigi.de n,p
évêque de cette ville, par une bulle 1 datée dura. T)eccmbre de l'an irsô. indi* melxxxl
Il ion V. la IJ J. année de fon pontificat ; ce qui fait voir qu’il datoit quelque- Divas vif*
fois fes bulles fuivant le calcul Pifan. U elt marqué dans cette bulle que faux a» conue
le monaftere de S. Sauveur de la Font, les églîfes de S. Martin des Arènes , 6c fe,,TnttnPw.
de S. Etienne du Capitole dans la ville de Nilmes, l’abbaye de Cendras 6c le vo>ce en fa.
monaftere de Totirnacétoient fournis à l’évêque Aldebcrt qui polfedoit le châ- g^uit d^Bau*
teau de la porte d’Arles , & le tiers du domaine de la ville. contre iccom-
Cependant la guerre fe renouvelia en Provence entre Raymond-Berenger
comte de ce pais , foutenu par le comte de Barcelone fon oncle , 6c les ièi - l.l.C.166.
gneurs delà maifon de Baux. Hugues chef de cette maifonpeu content du
traité que loi > Etiennette fa mere , 6c fes freres, avoient conclu en 1 1
XXX.
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_ 48o histoire generale
An. 1156. avec le comte de Barcelone , prit en 11 jj. l’inveftiture de la Provence de
l’empereur Frédéric I. qui prétendoit en être fouverain } & s’étant mis en ar¬
mes, il fît tous les efforts pour la foumettre à fa domination. Le comte de
Barcelone fe mit de Ton coté , non feulement en état de défenfe , mais il
attaqua & attîegea fur lui le château de Trinquetaille fitué dans l’ifle de Ca¬
margue aux portes de la ville d’Arles. Comme ce château étoit très-fort,
le fiege en fut long, êt mis au rang des évenemens mémorables , ainfi qu'il
%D*vîeCar- paroit par la fondation que fit Pons évêque de Carcaffonne * dans fa cathe.
/ej. f"7i‘ drale le 22. £ Avril de l'an irjâ. régnant Louis roi de France , lorfque Raymond -
Berenger , trcs-vaillant comte de Barcelone , aljiegeoit le château de Trinquetaille.
Le comte de Barcelone fut obligé cependant de lever le fiege } mais ayant
continué la guerre contre les feigneurs de Baux , 6c leur ayant pris divers châ¬
teaux , ils lui demandèrent la paix qui fut conclue la même année. Leprinci-
\> b ibi.iebHf. pal b article fut qu’Etiennette 6c fes fils , s’engageroient de remettre au comte
Barceione ^ & au comte de Provence fon neveu , le château de Trinque¬
taille toutes les fois qu’ils en feroient requis. Guillaume 6c Roftaing de Sabran,
Raymond 6c Guillaume de Roquemaure , Etienne de S. Gilles, Bertrand de
Laudun , Bertrand-Adcmar de Melgueil , 6c quelques autres chevaliers du
bas Languedoc 6c de la Provence, le rendirent cautions pour les feigneurs
de Baux de l’execution du traité ^ avec promette de fe rendre prifonniers dans
l’iQe de Valabregucs , en cas d’infraction de la part de ces feigneurs. Geraud
deSimiane , Raymond de Caftellane , Bernard Pclet comte de Melgueil, 6c
Bertrand d’Aymargues garantirent aufli l’execution du traité jufqu’à la fom.
me de dix mille fols Melgoriens , qu’ils s’engagèrent de payer en cas de
, contravention.
Comme la plupart de ces chevaliers étoient vaflaux de Raymond V. comte
deTouloufe , il y a lieu de croire que ce prince favorifa dans cette guerre les
feigneurs de Baux, dont il étoit d’ailleurs le protecteur -, ce qu’on peut con¬
firmer fur ce qu’il réfidoit alors avec Confiance fa femme , dans fon palais de
cPr-M 54-6* ^.Gilles fur le Rhône, où il accorda vers la fin du mois de Mars de l’an « 1 156.
/«î- à l’abbaye de F ranquevaux , l’exemption du droit de peage dans tous fes do¬
maines.
xxxu Confiance d femme de Raymond accoucha le 17. d’Octobre de la même
Niivw-c de année, de Raymond leur fils aîné. La naiffance de ce prince lia de plus en plus
co?m°JïTou ce comte avcc ro' Louis le Jeune fon beau-frere, qui continua d’exercer
\oa(c. Dip'.o. fon autorité dans la province par de nouveaux diplômes, lien accorda un
n-.cs au toi entr’autres , par lequel il confirma c Berenger abbé de Villemagne au diocèfe
cn'f'ivçunkT Bexiers , 6c les religieux , dans la polTcllion de leurs domaines, leur accorda
édiles de Ma. la juftice civile 6c criminelle , 6c leur permit de fortifier le bourg de Ville-
^uUonnc & magne. 11 en donna un autre à Paris f l'année ns 6. la XX.de fon régné, en fa-
d Pr f.i?. veur de l’églife de Maguelonne , dans lequel il déclare qu’il ne permectroic
iwr'fkf'**’ lamais <\ue cecte églife fût foumife à d’autre qu’à lui-même , 6c que lui 6c fes
c Canui.dt u fucceffeurs la conlerveroient toujours inviolablement fous le doniaine de la
dt couronne : article qui fut peut-être inféré exprès contre les prétentions du
{Àrchiv. m pape , qui fe prétendoit feigneur fuzerain dans le diocèfe de Maguelonne,
iim.d, Mont, pour les raifons que nous avons expliquées ailleurs.
Louis accorda g la même année un diplôme en faveur de l’églife d’Ufez 6c
p«riici.iierj>v de Raymond qui en étoit évêque. Ce prélat étoit fils h de Raymond-Decan
‘°îivîJii.6> d’Ufez 6c dePofquieres , 6cavoit déjà fuccedéen 1154. à Ebrardfon
h- prcdeccffcur,fuivant une bulle 'que le pape Adrien IV.accorda alorsenfaveur
de Guillaume abbé d’Aniane. Louis déclaré k dans ce diplôme qu’en l’accor-
1 dant à l’églife d’ U fez, il fuit l’exempl e des rois Raoul & Louis fes prèdeceffeurs.
11 fait enfuite l’énumeration des abbayes qui étoient alors foumifes à cette
églife, 6c dont aucune nefubfifte plus aujourd’hui. Elles étoient au nombre
de fix, fcavoir,dcS.ïirmin fituéedans un village voifin d’Ufez, de S. Etien¬
ne, de S. Julien, de S. Sulpice , deS.Ferreol,6c de S. Privât de Gers. Ilmar-
que que les châteaux de Bcrmond&de Rainon dans la ville d’Vfeg. dépendoient
du domaine de la même églife , ainfi que la monnoye qu’on fabriquoit à
. U fez. Enfin Louis accorda à cette églife , dont les freres ou chanoines, ajoûrc-
* t-il,
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DE LANGUEDOC. LIV. XVIII. 4S, _ _
t-il, vivoient en commun, dans l’étendue du diocèfè , tous les revenus de la An.iijô.
faix , qu’on nommoir alors compenfum , Se qu’on a appelle depuis le commun
de paix , ou la pelade. On voit par là que ce droit étoit alors devenu doma¬
nial , fans que la trêve de Dieu , pour laquelle il avoit été établi * , en fût gue* bv.xiv.
xes mieux obfervée.
Aldebert évêque de Nifmes, Se frereb de Raymond évêque d’U/cz , obtint xxxw.
l’année fuivante , la JCJsTI. du règne de Louis le Jeune , un diplôme de ce n*sdcccpri£
{>rince qui confirma les privilèges de fon égli/e , Se lui donna la juftice fur ce en faveur
es clercs du diocèfe, Se fur les vallaux de l’cgli/è , avec l’autorité fur les Nu'mcs^d^
monafteres de Pfàlmodi , dcTournac Se de Cendras. Ce même roi accorda Narbonnr&dc
vers le même tems une autre charte c en faveur de Berenger archevêque de Lo‘,:je',.0n'
Narbonne : il confirma ce prélat dans la pollelfion de la moitié des droits nré tcmporcl-
domaniaux du diocèfe, Se dans l’autorité qu’il exerçoit fur les abbayes dLcs/vv^““
S. Paul , de S. Laurent , de S. Etienne de Bagnols, de Quarante, Sec. Se lui iceHr diwdé.U
donna une entière jurifdiélion fur le bourg de S. Paul, Se lur divers châteaux.
Enfin on prétend a que Louis le Jeune donna en n 57. à Pierre évêque de ^Jfq'
Lodeve les droits régaliens fur tout fon diocèfè, avec les mines d’argent qui 1157.
s’y trouvoient. Ce prélat etoit frere des évêques de Nifines Se d’Ufez , Se fils de
Raymond-Decan fèigneur d’Ulêz Se de Pofquieres. Un de fes fuccefleurs
ajoute c qu’il délivra les évêques de Lodeve du jou g gl* de la fervitude des corn- ^v.kotsxxv.
tes de Rodez^ , ce qu’on doit entendre fans doute, par le diplôme dont on ePU>aav.,M.
vient de parler. Il paroît cependant f que ces comtes , qui en qualité de vi- f soTEibü.
comtes de Lodeve, étendoient leur autorité dans le pais, l’y exercèrent encore
long-tems après l’épifcopatde Pierre, fous celle des comtes deToulouie qui en
poiledoient le haut domaine ,jufqu’à ce qu’enfin les uns & les autres ayant cédé
ou vendu leurs droits aux évêques , ceux-ci furent reconnus pour les feuls
feigneurs fuzerains de tout le dioccfe 5 fuzeraincté dont ils jouilfent encore
de nos jours. Pierre d’Ulez évêque de Lodeve mourut le 6. de Juillet de l’an
1160. Gaucelin e , qu’on dit de la mailon de Monrpeyroux , Se qui avoit été g
auparavant abbé d’Aniane , lui fucceda. Ce dernier étoit fort appliqué
l’étude des faintes lettres, comme on voit parla lettre h qu’Hugues religieux
de Sal valiez lui écrivit pour lui demander l’explication de quelques endroits f
difficiles de l’écriture lainte. Hugues fait un grand éloge des vertus de Gau¬
celin. Ce prélat « orna fa ville epifcopale de divers édifices publics & parti- 1 pi**uvjhd.
culiers. Il obtint en 1161. du roi Louis le Jeune un diplôme^ daté d’Etam- **>•■/>. jsz-
pes, par lequel ce prince le confirma dans lapolîellion des domaines de fon égli-
fe, entr’autres du château de Montbrun, Se lui accorda 1 les droits régaliens W.somibiL,
dans tout l’évêché, les mines qu’on y avoit découvertes ou qu’on y décou-
vriroit dans la fuite, la juftice civile Se criminelle , Sec.
Raymond comte de Touloufe Se le vicomte Raymond-Trencavel étoient A X^XIV-!
parfaitement réconciliez au mois d’Août de l’an 1157. Le premier promit alors COmTc .'"tou-
par ferment m à l’autre de lui conferver fes domaines , fes fiefs Se fes alleus en-
vers tous & contre tous, excepté contre fes propres vallaux , Se contre Ber- Lautx«*
nard-Aton vicomte de Nifmes frere deTrencavel. Sicard vicomte de Lau- mPr.p j«î<
trec , Guillaume évêque d’Albi , Sicard de Lauran , Ifàrn de Dourgne , Ber-
mond d’Ufez , Se plufieurs autres lèigncurs d’entre les principaux de la pro¬
vince furent prefens à cet acte.
Guillaume évêque d’Albi dont nous venons de parler , étoit fuivant un aéte
de l’an 1 1 7 1 . frere de Begon feigneur de Dourgne , château fitué dans le dio¬
cèfe deLavaur au voiiînage de l’abbaye de Sorcze. Quant à Sicard vicomte
de Lautrec“ . il fut le IV. de fon nom , Se offrit 0 à la fin de l’année fuivante n v. note
de Lautrecn , il fut le IV. de fon nom. Se offrit
de l’année fuivante n v. note
fon fils Raymond à l’abbaye de S. Pons de Tomieres pour y être religieux, xxin. 7.
L’acte eft fouferit par Sicard fon autre fils qui lui avoit déjà fuccedé en oPr 'fi7U
11 60. Se qui confirma alors avec Pierre fon frere , la donation que le vicomte
leur pere avoit faite par fon teftament en faveur de l’abbaye de Candeil. Si-
card V. vicomte de Lautrcc délivra l’année fuivante, en prefence de Guil¬
laume de Montpellier , le legs qui avoit été fait à cette abbaye par le même
teftament,6cépoufa dans la fuite Adélaïde fille de Raymond-Trencavel vicomte
de Beziers&de Carcaffonne.
T ome IJ. P p p
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_ 4«i HISTOIRE GENERALE
Àn.iï 57. Ce dernier après fa réconciliation avec le comte de Touloufe , s'appliqua
xxxv. au gouvernement de Ton domaine. Il donna» au mois de Juin dé l’an nj-t,
t" cncifvc l & k a Pierre de Vilar le village deCouftaufa dans le comte de Rafi\, pour y con.
_ 1_ r> . . A. A > _ _ _ J AÏ _ ’.*1 1 et r\ CetC Qr À « A _ n
comte de
cclone. H
mengardc
comtefle
c Tr. ibid.
fTr.p. 567.
&/tq.
comcefle de fonne , l'hommage pour les châteaux de Berens , Gaillac , Cahufac 8c Montaigu
foumetTc* en Albigeois 8c celui de Sicard de Laurac pour les châteaux de Laurac 8c
dernier. Foires de la Pommarede en Lauraguais. Le feigneur de Laurac promit de lui être
de CarcatVon fidelle envers cous & contre tous , excepté contre le comte de Touloufe :
“aiv./Mj*. Preuve que Trencavel reconnoiffoit alors ce prince pour fuzerain du Lau.
b f- f 70. raguais.
115b. Trencavel ménageoit toujours cependant Raymond-Berenger comte de
cPr.ps6(. Barcelone. Il eut une entrevue c avec lui à la fin du mois de Janvier del’aa
* ? 5 8. à Narbonne, où ce comte s’étoit rendu 5 ôc ce fut en fa prefence qu’il
«7. ’ promit alors par ferment à Berenger archevêque de Narbonne de l’aider
envers tous 8c contre tous , excepté contre Raymond comte de Barcelone , RUy.
mond comte de Touloufe , & fcs propres vaffaux. L’archevêque de Narbonne fit
de fon côté à Trencavel un pareil ferment , dans lequel il excepte le comte de
Barcelone ôc fes propres vaflàux. Ce prélat qui étoit oncle de Raymond-Be.
renger, ÔcErmengarde vicomtelîe de Narbonne qui étoit couline germaine de
ce comte , après l’avoir reçu dans cette ville, l'accompagnèrent à fon retour
A DiAg-ibii jufqu’à Perpignan , où on allure d que la même vicomtelîe fe fournit à lui au mois
de Février fuivant , avec tous les domaines dont elle avoit hérité du vicomte Aymeri
fonpcre,en reconnoiflance des lèrvices qu’elle en avoit reçus, 8c en dedom¬
magement des dépenlès qu’il avoit faites pour la fbutenir. On ajoute qu’elle
lui donna pour otages de fa promefle, deux des principaux barons de fon domaine,
fes vaffaux , fçavoir Guillaume de Peïteus , & Ermengaud de Leucate. Ces deux
«p r.ibii. feigneurs *, 6c plufieurs autres de la province fe trouvent en effet parmi les
témoins de la promefle réciproque que l’archevêque de Narbonne & Trencavel
s’étoient faite peu de tems auparavant , en prelence du comte de Barcelone,
f pr.p.S67. Trencavel après fon retour dans fon palais de Carcaflonne, y f dilpoli
& j'tq. le 4. de Mars de l’an ris8. en faveur de Roger fon fils, par préciput fur tous fes
autres enfans , des villes de Carcaflonne 8c de Rafez, 8c de leurs dependan.
ces. En conféqucnce de cette donation, Roger, du confentcmentdu vicomte
fon pere, confirma les privilèges des habitans de CarcalTonne, ôc en particulier
les deux foires qu’on y tenoit tous les ans , 8c que le vicomte Roger fon onde
avoit déjà établies.
La bonne intelligence ne dura pas long-tems entre le vicomte Trencavel &
te Je Barcelone le comte deTouloufe. Ils étoient déjà brouillez de nouveau le 20. du mois
avec Trenca- d’Aoùt de la même année , comme il paroît par l’accord g que le comte de
deMompeUièt' Barcelone fit alors à Montpellier avec ce vicomte, qu’il appelle fon vaffd,
Ennengide 8c qu’il promet d’aider de toutes fes forces , dans la guerre qu'il alloit avoir
Hcnt!^ I^roi ’ Maintenant avec Raymond comte de T ouloufe & de S. Gilles , ou dans celle qu’il au-
d'Angleterre, roit dans la fuite avec fa poflerité. Il lui promet en même tems de ne faire ni
& te de Ton Pa*x n* tr^ve avec ce Pnnce fans fon aveu 8c fon confentement , 8c lui donne
loufe. ’ pour otages huit de fes principaux vaffaux. Ermengarde vicomceffe de Nar-
g Pr.p.^69. bonne, 8c Guillaume feigneur de Montpellier furent prefens à cet accord. Il
y a lieu de croire qu’ils fe liguèrent aufli alors avec le comte de Barcelone
contre le comte deTouloufe.
Cette ligue déjà formidable par elle-même, le devint bien davantage par
h KobJt Mont- celle h que fit à la fin de cette année, ou au commencement de la fuivanre1, le
tbren. id.DA. comcc de Barcelone avec Henri II. roi d’Angleterre , dans une entrevue qu’ils
Gwiltoubrig. eurent à Blaye. Le dernier , après avoir epoufé Eleonor hcritiere du duché de
t-i.c.io. Guyenne, forma de grands projets fur le comté de Touloufe, qu’il preten-
thnn.H™!' doit appartenir à cette princefle, pour les raifons que nous avons devclop.
fpicU. pces ailleurs. Il demanda d’abord la reftitution de ce comté à Raymond V.
fjff' NÜT‘' qui n’eut garde d’acquiefcer à fa demande , ôc regarda les prétentions comme
kLtbUi.io.i- des chimères } ce qui fit naître enrr’eux un grand différend , lequel corn-
f i 91. mença dès l’an 11 57. fpivant une ancienne chronique k. Henri ne pouvant ,
xxxvi.
Ligue du com-
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DE LANGUEDOC. Li v. XVIII,
4 *1
xxxv»;
Leroi Louis te
Jeune marche
au fccours du
comte ce Tou*
tirer raifbn de Raymond que par les armes, réfolut enfin de lui déclarer la An. nj8*
guerre. Comme il n’ignoroit pas les divers fujets de querelle qui étoienc de*-
puis long-cems encre ce comte 6c celui de Barcelone , lequel écoic en état
d’ailleurs, cane par les propres forces , que par celles des alliez ou desvaf*
faux qu’il avoir dans la province , de favorifer Ion entreprifê, il rechercha
l’amitié de ce dernier , 8c ménagea avec lui l’entrevue dont nous venons de
parler. Ils y conclurent un traité par lequel ils réfolurent d’unir leurs armes
contre le comte Raymond 5 8c pour cimenter davantage leur union, ils con¬
vinrent que Richard fils puîné d’Henri & d’Eleonorauroic le duché de Guyenne
pour fon partage, & qu’il épouferoit Berengere fille du comte de Barcelone*
Trencavel 8c Guillaume de Montpellier entrèrent aifément dans cette ligue j
le premier par le defir de fe venger fur le comte de Touloufe, de la longue
prifon qu’il lui avoir fait fouffrir , 8c de la groflè rançon qu’il avoir exigée
de lui j 6c l’autre à caufe des liaifons étroites que fa maifon confervoit depuis
très long-tems avec celle de Barcelone.
Le comte Raymond fongea de fon côté à fe défendre contre tant d’enne¬
mis. Il fe ligua entr’autres avec Bernard Pelet 6c Beatrix comteflède Mel-
gueil fa femme , 8c avec divers chevaliers du diocèfe de Maguelonne , qui
entreprirent la guerre contre le feigneur de Montpellier , 8c les autres alliez buVèVoàbcIÛ-
du comte de Barcelone, 8c firent diverfion dans le bas Languedoc, comme nous fecre*
le verrons dans la fuite. Raymond implora encore le fecours du roi Louis le
Jeune fon beau-frere , qui avoit d’ailleurs un interet particulier de s’oppofer à
l'aggrandillèmentdu roi d’Angleterre.ll fit en 1 1 5 8. un voyage du côté du Rhô¬
ne , où il confirma ■» l’abbaye de Pfalmodi dans fes poireifions , en prefence itrf.jff.
de Bermond d’Ulèz, de Raymond-Gaucelin de Lunel, de Guillaume de Sa-
bran , 8c de plufîeurs autres chevaliers qui lui demeurèrent fidelles. Il tint un
plaid b au mois d’Avril de la même année , en prefence des Capitulaires ou *>m«8 .&/•$
Capitouls de cette ville , dans lequel il confirma l’ufage où étoient les tan¬
neurs ou corroyeurs de la ville de lever un certain droit fur les cuirs qu’on
apportoit du dehors. Les tanneurs de Touloufe vendirent ' ce droit au roi
en 1280.
Il y a lieu de croire d que le roi Louis le Jeune étoit en marche pour aller au
fecours du comte de Touloufe, lorfqu’il accorda à Bourges une charte en
faveur de Pons évêque du Puy , qu’il appelle fon ami & fon féal , 8c parla- B£_ . . .
quelle il confirma les privilèges de cette églife , conformément à une autre
qu’il avoit déjà donnée en 1x45. On peut rapporter en effet cette charte,
qui eft datée fimplement de l’an iiy8. aux premiers mois de l’année fui- _ _
vante, félon notre maniéré de compter.
Quoi qu’il en foit , Henri II. roi d’Angleterre après avoir conclu fa ligue
avec le comte de Barcelone , fe difpofa 1 à la guerre contre le comte deTou-
loufè, 8c fit aflèmbler à la mi-Carême de l’an 1159. pour cette expédition ,
c Trefdts chârU
TouloUjC J*c 1$.
»-47-
d V SOTS
LIV.
c Gall chr.
nov.ta.t0 1.
1159.
XXXVllf.
Expédition du
roi d’An^lctc-r*
rc comte le
une nombreufe armée, compofée de Normans, d’Anglois, d’ Aquitains , 8c
de divers autres peuples fes fujets. Il fit une levée fur tous fes vaflaux , qui prend le luge
par leurs fiefs étoient tenus au fervice militaire 6c fur les églifes de fes états, f "V1,11?
8c employa cet argent a loudoyer les troupes. Avant Ion départ g d Angleterre ]c iCv«.
pour aller fe mettre à la tête de l’armée , il fe fit couronner pour la troi- ( Rob- *
fîéme fois à Winchefter avec la reine Eleonor fa femme, le jour de Pâques
11. d’Avril. Il partit enfuite accompagné de Malcolmc roid’Ecoflè, de Guil- p--*' ^’/o.
Iaume de Blois fils d’Etienne roi d’Angleterre, de Thomas Beckct fonchan-
celier, qui fe mit ll à la tête de 700.de fes vafïàux, 8c qui fut enfuite arche- t Um.a»*s
vêque de Cantorberi , 8 c enfin de plufîeurs feigneurs 8c prélats de fes états.
Ce prince arriva àPerigueux à la fin du mois de Juin de l’an xi 5 9-k 8c fè voyant q. «», .
fur le point d’entrer dans les terres du comte de Touloufe , il donna la ceinture >GWr'J
militaire au roi d’EcolIe, qui la ceignit lui.même à une trentaine de jeunes fei- ‘Tk'koib
gneurs. Henri avoic pratiqué dans Cahors une intelligence qui réuffit. Cette
ville fe révolta contre le comte de Touloufe fon feigneur, 6c fe déclara en
faveur de l’Anglois. Henri écrivit1 en même tems au comte de Barcelone , à 1 GuULMuk,
Trencavel 8c à Guillaume de Montpellier , pour les prellèr de venir le joindre G.'.io.
avec leurs troupes: en attendant il attaqua m divers châteaux qui fe rendirent
T orne II. P p p ij
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.4*4
HISTOIRE GENERALE
An.x i y 9. les uns de gré, & les autres de force. 11 emporta * entr’autres celui de Ver.
dun ^tud *ur k Garonne à cinq lieues de Touloufe celui de Caftelnau
xhron.p. i^. * d’Eftretefonds à quatre lieues de la même ville vers le nord-oueft, où >> U
k note campa pendant quelque tems.
c Kcmii comt. Le comte Barcelone ne joignit le roi d’Angleterre que vers le commence.
f’d°M menc du mois d’Août c; il étoit encore d au-delà des Pyrénées, prit à feren.
p-iii™11'1"' dre à P armée U ir. de Juillet de )l‘an rijp. comme il paroît par la promeffe
folemnelle qu’il fit alors à l’évêque de Gironne , de confirmer à fon retour
dans une cour generale , la reftitution qu’il lui fit de divers biens ufurpez fur
lôn cglife. Enfin Henri ayant reçu les troupes auxiliaires de Languedoc &
de Catalogne qu’il attendoit, 8c s’étant avancé vers Touloufe , il entreprit
le fiege de cette ville. r
If'dfflw* rcd C ^ou‘s Jeune qui étoit déjà arrivé dans la province , prévoyant
&Gii,u.Eulbr. Ie deflein de ce prince , l’avoit prévenu : il s’étoit jetté dans Touloufe , qu’il
k note b J aT01C e.u *oin de ^ort^er & de mun'r de toute forte de provifions , dans la
Aim.™. ji! ' rcfolution delà défendre jufqu’à la derniere extrémité , avec le comte Ray-
mondfon beau-frere qu’il étoit venu fecourir. Henri de fon côté après avoir
commencé le fiege de cette ville , ne négligea rien pour en avancer les tra¬
vaux : mais après y avoir dépenfé des lommes immenfes , s’être donné des
mouvcmens infinis , 8c avoir perdu une partie de fes troupes , & plufieursfei-
gneurs de marque , entr’autres Guillaume comte de Bologne, fils d’Etienne
roi d’Angleterre , éc Ayrnon fils du comte de Gloceftre , il fe vit obligé de dé-
camper, tant à caufe delà faifon déjà avancée , que de la vigoureule défenfe
des afliegez. Pour couvrir la honte de fa retraite , il prit prétexte de ne vou.
loir pas donner l’afiaut à une ville défendue par fon fouverain 5 & fous les
apparences fpecieufes du refpecb qu’il avoir pour le roi Louis le Jeune, il re¬
prit la route de fes états. Il attaqua cependant en chemin quelques châteaux
du domaine du comte de Touloufe, 8c arriva ainfi à Cahors , que le roi de
f Vu je s. France avoir remis f fous l’obéillince de Raymond , après en avoir fait chalTer
u/ll7l!jBel' cc.ux clui soient le parti Anglois. Henri afliegea cette ville , la prit , & y
g ib,j <$. lai^ unegarnifon fous les ordres g de Thomas Ion chancelier , à qui il confia
r22£.9' Ie gouverne™ent de toutes les places qu’il avoir enlevées au comte de Tou.
hG'iUt.NeJr. l°ulc, 8c qu’il chargea de continuer la guerre contre ce prince , conjointe-
fc uf -Lv r nlsnc avec Je comce de Barcclüne » !e vicomte Trencavel ,1e feigneur de Mont-
ibu. * ' pelHer , 8c fes autres alliez. Il remit h au même Trencavel quelques châteaux
* v. .note que ce vicomte , pour fortir de prifon , avoit été obligé de ceder au comte
Raymond , 8c arriva à Uferche ■ en Limoufin d la faint Michel de Septembre,
ibui. après avoir employé trois mois k à fon expédition. Il prit la route de Nor¬
mandie au mois d'Oclobre » , fuivi de Malcohne roi d’Ecofîe 8c de Guillaume
comte de Mortagne qui mourut en chemin. Il fut obligé de fe rendre
dans cette province , pour s’oppofer aux progrès d’Henri évêque de Beauvais,
Ôc de Robert comte de Dreux , que le roi Louis le Jeune leur frere , dans le
defiein de faire diverfion , avoit envoyez fur les frontières avec un corps
m i üd.&f. d’armée. Les deux rois convinrent ™ cependant d’une trêve au mois de De-
cembre , lignèrent enfin un traité de paix au mois de Mai de l’an n6o. &le
confirmèrent au mois d’Oétobre fuivant.
- Durant ces négociations Raymond comte de Touloufe fit un voyage du côté
Touioufc'dé-* du Rhône' Ce Prince aIk à Carpentras, où il rendit «» le x r. de Janvier de
pouüic l’êvô- 1 ii6o. tant en Ton nom qu’en celui d'^4lfonfe fon frere y moyennant la /bm-
ïfae£*.ïd me de deux mÜIe fols Mc,Soriens » à Raymond évêque de cette ville, le
«*.** " château de Venafque , avec ceux de Baux 8c de Malamort, & quelques vil-
" lages qui en dépendoient , 8c ne retint fur ces domaines, tant pour lui que pour
&J“i‘ fon frere , que les chevauchées & l'alberque. Guillaume de Sabran fon connétable,
Bertrand de Baux, & cinq autres feigneurs ou barons dupais , jurèrent l’ob-
fcrvation de cette reftitution que le comte confirma le lendemain.
Ce prince ne traita pas fi favorablement Berenger de Mornas évêque °de
JcSr 1 Vaifon, qu’il afliegea vers le même tems dans fa ville épifcopale dont ce pré-
!*■;.& lat fe precendoit leigneur. Comme les habitans manquoient d’eau, iis furent
/*»• bientôt contraints de fe rendre. Le comte livra alors la ville & le palais
n6o.
xxx ix.
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DE LANG UED OC. Liv. XVIII. 4% _ _
cpifcopal au pillage, 6c fit enfuite mettre le feu aux quatre coins , enforte An.iiôo.
qu’elle fut bientôt confumée. Il le faille des domaines de l’cvêché , entr’au-
tres des châteaux de Creltet 6c de Rateau , qu’il garda julqu’à la mort de Be-
renger, laquelle arriva en 1 178. On ignore le véritable motif de cette exe¬
cution militaire , 6c les conjectures qu’un moderne 1 a données là-dellus n’ont
aucun fondement. Peut-être que l’évêque de Vaifon s’etoit ligué avec le
comte de Barcelone , êc les autres ennemis de Raymond.
Nous avons une nouvelle preuve que ce dernier prince étoic du côté du
Rhône en 11 60. dans une donation qu’il fit b alors, avec la reine Confiance fu fem-
me, à l’abbaye de S. Gilles, êc à Bertrand qui en étoitàbbé. Cet abbé qui etoit
delà maifon c de S. Cofme, obtint du pape Adrien IV. d une bulle qui l’exem-
ptoit de la Jurifdiction de l’archevêque de Narbonne légat du faim fiege , 6c
de tous les autres légats , à moins qu’ils ne le fuflènt â latere. Adrien lui
accorda en même tems l’ufage de la mitre , à caufe de la dignité de fon
églife.
Le comte deTouloufe après avoir mis ordre aux affaires de fon marqui-
fat de Provence, repailà le Rhône, 6c vint à Nifmes , où il vendit au mois
d’Octobre cde l’an 1160. au chapitre de la cathédrale, la moitié des marais tPrï'i 7î«
du lieu de Fontcouverte dans ce diocèlê. La reine Confiance fa femme qui
l’accompagnoit dans tous fes voyages confirma cette vente 6c la fouferivit.
Raymond écoit de retour àTouloule à la fin de l’année: il accorda alors une
exemption f de peage dans tous fes domaines aux religieux de l’abbaye d’Ay- 1
guebelle de l’ordre de Cîteaux fituee dans le Touloulain.
Trencavel de fon côté s’étant rendu à Carcallônne après l’expedition de xl.
Touloufe, donnapar un acte du 8. d’Octobre s de l’an 1159. la monnoye Monnoye d«
de cette ville à fabriquer, 6c en régla le poids 6c l’alloi. Il confirma b l’année priviié^dc
fuivante l’affranc biffe ment 6c les privilèges que les vicomtes Bernard Aton fon !> ville de
pere , 6c Roger fon frere avoient accordez autrefois aux chevaliers dr *#* ^ Bczlers!* *
bourgeois de Cafires. Ces privilèges confilloient principalement dans l’exemption gP r.p ^74.
de quefie d' de tolte Le vicomce retint, avec la jultice que fon pere s’étoitré- h^S7<î‘
fervée, le droic de chevauchée fur les habitans de cette ville qui étaient tenus
démarcher à fon/ervice dans l’Albigeois 6c le Touloufain, quand il le jugeoic
à propos, 6c dans lesautres'païs, feulement lorlqu’il combattait en perlonne.
Ce vicomte reçût la même année une fomme confiderable des Juifs de
Beziers , pour l’abolition d’une ancienne coutume qui leur étoic fort oncreufe.
Lejour des Rameaux » l’évêque montoic en chaire, ôefaifoit un difeours au i GaufrU.vof.
peuple pour l’exhorter à tirer vengeance des Juifs qui avoient crucifié J. C. f
Il donnoit enfuite la bénédiction à fes auditeurs, avec la permilfion d’atta- p-w-év'j.
quer ces peuples,êc d’abattre leurs maifons à coups de pierre 5 ce que les habi¬
tans, animez par les difeours du prélat, executoient toujours avec tant d’animo-
fitéôc de fureur , qu’il ne manquoit jamais d’y avoir du fàng répandu. L’atta¬
que, dans laquelle il n’étoit permis d’employer que les pierres, commençoit à la
première heure du famedi avant les Rameaux , êc continuoit jufqu’à la der¬
nière heure du fâmedi d’après Pâques. Guillaume évêque de Beziers , hon¬
teux fans doute de ce que fes prédecefieurs avoient autorifé une coutume,
qui pour être ancienne n’en étoit pas moins blâmable , confpntic à fon abo¬
lition avec fon chapitre, 6c en donna un acte autentique entre les mains du
vicomte Raymond Trencavel le 1. May de l’an 1160. avec menace d’excom¬
munier tous les clercs qui inquieteroient dorefnavant les Juifs , ôc promefle
de ne plus foûtenir les laïques. Il reçut pour cela la fomme de 100. fols
Melgoriens des Juifs de Beziers , qui s’engagèrent de plus à payer .tous les
ans le jour des Rameaux quatre livres monnoye de Melgueil, pour être em¬
ployées aux ornemens de la cathédrale. Suivant cet aéte les Juifs occupoient k Ando^f,,
alors à Beziers un quartier féparé 6c entouré de murailles. Un auteur* rap- ^'6Î'XLI.
porte cet événement à l’an n6a. mais il fe trompe. Evc4.es de
Guillaume évêque de Beziers qui abolit cette coûtume , avoir fuccedé de- hanma^"*
puis peu à Raymond. II eft fait mention de ce dernier dans une exemption de rca fus»uco.n-
peage, qu’Hugues abbé de Villemagne 1 accorda en 1 1 59. aux religieux de
Salvanez en Rouergue , en prefence de Berenger archevêque de Narbonne iPr.f.jVj,
*
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An. i 1 59. les uns de gré, & les autres de force. Il emporta 1 entr’autres celui de Ver.
dun fitué fur la Garonne à cinq lieues de Touloufe , & celui de Caftelnau
.4^4
HISTOIRE GENERALE
xjcLk cviwiu, UC iw w vjuv tvij àw ^vuimcnce-
mois d’Aoùtc; il étoit encore d au-delà des Pyrénées, prêt àferen.
armée le rr. de Juillet de [l’an nsç. comme il paroît par la promeflè
C&el comt '"**** *1W“V 1Ui vjtuiuinc « cinq
thron.p. iM. ’ d’Eftretefonds à quatre lieues de la même ville vers le nord-oueft , où b ü
ib’u V‘ mTE camPa pendant quelque tems.
ckc uticonu. Ee comte Barcelone ne joignit le roi d’Angleterre que vers le commence.
Mo,. menc du
fî“C'H'F' dre * ^
folemnelle qu’il fit alors à l’évêque de Gironne , de confirmer à fon retour
dans une cour generale , la reftitution qu’il lui fit de divers biens ufurpez fur
fon églife. Enfin Henri ayant reçu les troupes auxiliaires de Languedoc &
de Catalogne qu’il attendoit , 8c s’étant avancé vers Touloufe , il entreprit
le fiege de cette ville.
t R'k.s, Monte Le roi « Louis le Jeune qui étoit déjà arrivé dans la province, prévoyant
&Qmiu^lbr. k deflèin de ce prince, l’avoic prévenu -.il s’étoit jetté dans Touloufe , qu’il
un. avoit eu foin de fortifier & de munir de toute forte de provifions , dans la
réfûlution delà défendre jufqu’à la derniere extrémité , avec le comte Ray-
mond fon beau-frere qu’il étoit venu fecourir. Henri de fon côté après avoir
commencé le fiege de cette ville , ne négligea rien pour en avancer les tra¬
vaux : mais après y avoir dépenfé des lommes immenfes , s’être donné des
mouvemens infinis , 8c avoir perdu une partie de fes troupes , 8c plufieurs fei-
gneurs de marque , entr’autres Guillaume comte de Bologne, fils d’Etienne
roi d’Angleterre, Sc Aymon fils du comte deGloceftre, il fe vit obligé de dé-
camper , tant à caufe delà failon déjà avancée , que de la vigoureule défenfe
des affiegez. Pour couvrir la honte de fa retraite, il prit prétexte de ne vou¬
loir pas donner l’afiauc à une ville défendue par fon fouverain $ & fous les
apparences fpecieufes du refped qu’il avoit pour le roi Louis le Jeune, il re¬
prit la route de fes états. Il attaqua cependant en chemin quelques châteaux
du domaine du comte de Touloufe, 8c arriva ainfi à Cahors, que le roi de
f vie de s. France avoit remis f fous l’obcifiance de Raymond , après en avoir fait chaflèr
VforiiîH'd B‘1' ceux clu* tenoient le parti Anglois. Henri affiegea cette ville , la prit , & y
g ibid & laiffa unegarnifon fous les ordres g de Thomas Ion chancelier , à qui il confia
Cbrtii.Lnpp.9- le gouvernement de toutes les places qu’il avoit enlevées au comte de Tou.
fantiiNenbr. louiè, 8c qu’il chargea de continuer la guerre contre ce prince , conjointe-
•bid. menc avec le comte de Barcelone , le vicomte Trencavel ,1e feigneur de Monr.
pcliier , 8c fes autres alliez. Il remit h au même Trencavel quelques châteaux
t v. xoze que ce vicomte , pour fortir de prifon , avoit été obligé de ceder au comte
^Rob de Mente Raymonti > & arriva à Uferche • en Limoufin i la faint Michel de Septembre ,
ibid. après avoir employé trois mois k à fon expédition. Il prit la route de Nor¬
mandie au mois d’Oclobre 1 , fuivi de Malcolme roi d’Ecofle 6c de Guillaume
comte de Mortagne qui mourut en chemin. Il fut obligé de fe rendre
dans cette province, pour s’oppofer aux progrès d’Henri évêque de Beauvais,
8c de Robert comte de Dreux , que le roi Louis le Jeune leur frere , dans le
dellein de faire diverfion , avoit envoyez fur les frontières avec un corps
1 ibid. & p. d’armée. Les deux rois convinrent m cependant d’une trêve au mois de De-
m
780.
cembre , lignèrent enfin un traité de paix au mois de Mai de l’an 1160. ôc le
1160. confirmèrent au mois d’Oétobre fuivant.
xxxix. Durant ces négociations Raymond comte de Touloufe fit un voyage du côté
Le comte de du Rhône. Ce prince alla à Carpentras, où il rendit » le 1 1. de Janvier de
Touloufe de- -- - A ^ 1 . - J ^
rcs.
D Pr.p. 574
&/*!'
pouîiic1 rêvô- l'an 1160. cane en Ton nom qu’en celui d’^llfonfe fon frere , moyennant la fom-
«juede vaiibn me de deux mille fols Melgoriens , à Raymond évêque de cecte ville , le
éc les donm- ckâceau Venafque , avec ceux de Baux & de Malamorc , & quelques vil¬
lages qui en dépendoient , & ne retint fur ces domaines , tant four lui que pour
fon frere , que les chevauchées & l'albcrvuc. Guillaume de Sabran fon connétable ,
Bertrand de Baux, & cinq autres feigneurs ou barons dupaïs, jurerentTob-
fervation de cette reftitution que le comte confirma le lendemain.
Ce prince ne traita pas fi favorablement Berenger de Mornas évêque °de
Tn fd. Vaifon, qu’il affiegea vers le même tems dans fa ville épifcopale donc ce pré-
lat fe prétendoic ieigneur. Comme les habitans manquoienc d’eau, ils furent
I"n* bientôt contraints de fe rendre. Le comte livra alors la ville & le palai*
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DE LANGÜEDOC Liv. XVIII. 48; _
epï/copal au pillage, & fie enfuice mettre le feu aux quatre coins , enforte An. xiôo.
qu’elle fut bientôt confumée. Il le faille des domaines de l'évêché , entr’au-
très des châteaux de Creflet & de Rateau , qu’il garda jufqu’à la mort de Be-
renger, laquelle arriva en 1 178. On ignore le véritable motif de cette exe¬
cution militaire , Se les conjectures qu’un moderne 1 a données là-deflùs n’ont » c*i„mMU.
aucun fondement. Peut-être que l’évêque de Vaifon s’etoit ligué avec le
comte de Barcelone , & les autres ennemis de Raymond.
Nous avons une nouvelle preuve que ce dernier prince étoit du côté du
Rhône en 1160. dans une donation qu’il fit b alors, avec la reine Confiance fafem-
j«*,àl’abbaye de S. Gilles, & à Bertrand qui en étoit àbbé. Cet abbé qui ctoit
de la mailon c de S. Cofme , obtint du pape Adrien IV. d une bulle qui l’exem-
ptoit de la Jurifdidion de l’archevêque de Narbonne légat du faim fiege , 6c
de tous les autres légats , à moins qu’ils ne le fulïènt à latere. Adrien lui
accorda en même tems l’ufage de la mitre , à caufe de la dignité de fon
égüfe.
Le comte deTouloufe après avoir mis ordre aux affaires de fon marqui-
fat de Provence, repafla le Rhône, ôc vint à Nifmes , où il vendit au mois
d’Octobre ede l’an 1160. au chapitre de la cathédrale, la moitié des marais e2VM 7f*
du lieu de Fontcouverte dans ce diocèfe. La reine Confiance fa femme qui
l’accompagnoit dans tous fes voyages confirma cette vente & la fouferivit.
Raymond étoit de retour àTouloule à la fin de l’année: il accorda alors une
exemption fde peage dans tous fes domaines aux religieux de l’abbaye d’Ay- 1 iiii-
guebelle de l’ordre de Cîteaux fituee dans le Touloulain.
Trencavel de fon côté s’étant rendu à Carcailbnne après l’expedition de xl.
Touloufê, donna'par un ade du 8. d’Oclobre s de l’an 1 x 59. la monnoye Moonoyede
de cette ville à fabriquer, &en régla le poids & l’alloi. Il confirma ü l’annee p^egc^dc
fuivante l’affranchiffement &c les privilèges que les vicomtes Bernard Aton fon n ville de
pere , & Roger fon frere avoient accordez, autrefois aux chevaliers & aux ^ BcVîers!'6
bourgeois de Cafires. Ces privilèges confilloient principalement dans l’exemption gP r.p ^74.
de que fie & de tolte Le vicomte retint, avec la jullice que fon pere s’étoitré- h^S7S’
fervée, le droic de chevauchée far les habitans de cette ville qui étoient tenus
démarcher à fonfervice dans l’Albigeois & le Touloufain, quand il le jugeoic
à propos, & dans les autres/païs, feulement lorfqu’il combattoit en perfonne.
Ce vicomte reçût la même année unelbmme confidcrable des Juifs de
Beziers, pour l’abolition d’une ancienne coutume qui leur étoit fort onereule.
Lejour des Rameaux 1 l’évêque montoic en chaire, &. failoit un difeours au i G*uf,id.vo[.
peuple pour l’exhorter à tirer vengeance des Juifs qui avoient crucifié J. C.
Ildonnoit enfuite la benediclion à fes auditeurs, avec la permillion d’atta - p.s-}-ôv«î.
quer ces peuples, & d’abattre leurs maifons à coups de pierre 5ce que les habi¬
tans, animez par les difeours du prélat, executoienc toujours avec tant d’animo-
fitéôc de fureur , qu’il ne manquoit jamais d’y avoir du fang répandu. L’atta¬
que, dans laquelle il n’étoit permis d’employer que les pierres, commençoit à la
première heure du famedi avant les Rameaux , ôc continuoit jufqu’à la der¬
nière heure du famedi d’après Pâques. Guillaume évêque de Beziers , hon¬
teux fans doute de ce que fes prcdecefieurs avoient aurorife une coutume,
qui pour être ancienne n’en étoit pas moins blâmable , conlçntit à fon abo¬
lition avec fon chapitre, èc en donna un acte autentique entre les mains du
vicomte Raymond Trencavel le 2. May de l’an 1160. avec menace d’excom-
niunier tous les clercs qui inquieteroient dorefnavant les Juifs , & promefle
de ne plus fbutenir les laïques. Il reçut pour cela la fomme de 100. fols
Melgoriens des Juifs de Beziers , qui s’engagèrent de plus à payer .tous les
ans le jour des Rameaux quatre livres monnoye de Melgueil, pour être em¬
ployées aux ornemens de la cathédrale. Suivant cet a&e les Juifs occupoient k Andoj.sfi,
alors à Beziers un quartier féparé &: entouré de murailles. Un auteur k rap- *'6î‘XLr
porte cet événement à l’an 1162. mais il fe trompe. Evc^ics Je
Guillaume évêque de Beziers qui abolit cette coûtume , avoir fuccedé de- ®cz,ers*0,ver8
• 1 » ti n r • 1 • 1 »*i • no;ninagc$
puis peu a Raymond. Il elt fait mention de ce dernier dans une exemption de ren îusaucom-
peage, qu’Hugues abbé de Villemagne 1 accorda en 1 1 59. aux religieux de ^ren-avei**
Salvanez en Rouergue , en prefence de Berenger archevêque de Narbonne
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r4&
HISTOIRE GENERALE
XLIT.
Nouveau
'Voyage du
’An.-i i 60. légat du faine fiege , de Raymond èvèque de Betiers , de Pierre évêque de Lo.
deve 8c d’Ermengarde vicomteffede Narbonne.
11 paroît que Trencavel demeura en paix durant toute l’année 1160. 8c la fui.
vante, 8c nous n’avons de lui pendant ce tems-là que divers hommages qui lui
furent rendus. Il reçût le 8. de Mars de l’an 1160. celui du château de Mont.
ï7*. pezatJ, en prefence de Roger-Bernard comte de Foix, qui reçût lui-mêmeen
bf-i ?«■&/* j. 1 160. 8c 1161. avec fon fils Roger, les hommages b de fes vaflaux , entr’au.
très des feigneurs de Mirepoix. Trencavel fit une donation c à l’églife d’Albi
ii6x. au mois de Février de l’an 1161. Il étoit dans l’eglife de fainte Marie de
CarcafTonn e,Jttuée auprès de fon palais^ lorfque Guillaume , fils de Guillaume
vicomte de Minerve 8c de Garfinde , lui prêta ferment de fidelité, 8c à Roger fon
fils , au mois de Décembre de la même année , pour le château de Laurandans
le Narbonnois que fon pere lui donna en même tems 3 ce qu’il fit enprefence
de Gaucelin prieur de 1‘ hôpital de Jerufalem.
Raymond comte de Touloufe entreprit un voyage avec Confiance fa fem¬
me, aux environs du Rhône au commencement de l’an 1 1 61. 8c il vendit 'alors
comtcdeTou- pour la fomme de 1 jo. marcs d’argent aux freres de la milice du Temple de la
lortfedu c&té mai fon de S. Gilles à Hugues de Barcelone procureur de cette même milice
4W77*&fa- en Efpagne 8c en Provence , éo.muids de terre dans le pais d’Argence fituéle
long du Rhône : l’ade efl fouferit par Bermond d’Ufèz 8c Eleazar fon fils.
Le comte revint fans doute bientôt après dans fa capitale 3 car la guerre s’é-
«r ob.4tMoM, tant renouvelléec dès la fin de l’année précédente , entre les rois de France 8c
d’Angleterre , il avoit tout fujet d’apprehender que ce dernier ne commît quel,
ques hoflilitez contre lui. Les deux rois étant cependant convenus d’une trêve
à la feint Jean de l’an 1161. celui d’Angleterre vint aflieger le château deCa.
’ flillon, fitué au defïiis d’Agen, 8c le prit le jour de faint Laurent après fept jours
J Ijd.'in’foùt de dege. Unhiflorien* moderne prétend que ce prince fit alors une incurfion
dans le comté de Touloufe, 8c que le château deCaflillon ou Châtillon donc
il s’empara appartenoit au comte Raymond 3 mais les anciens ne rapportent
point cette circonftance , 8c il efl certain quç les comtes de Touloufe n’avoient
alors aucun domaine dans l’Agenois. Il efl donc plus vraifemblable qu’Henri
affiegea ce château fur les Gafcons qui s’étoient révoltez contre lui , ainff
qu’un ancien hiflorien g le donne afTez à entendre. Il ne paroît pas d’ailleurs
que ce prince ait fait la guerre en 1161. au comte Raymond : nous voyons
au contraire qu’il entra en paix cette année dans Touloufe , 8c qu’il affifta
avec le roi Louis le Jeune à un célébré concile qui fut tenu alors dans cette
ville , 8c dont voici l’occafion.
Le pape Adrien IV. étant décédé le premier de Septembre de l’an 11 59. le
plus grand nombre des cardinaux élûrent Alexandre III. pour remplir la pla¬
ce,* tandis que les autres nommèrent de leur côté le cardinal Odavien qui
prit le nom de Victor III. ce qui mit le fchifme dans l’églife. Victor trouva
moyen d’attirer à fon parti l’empereur Frédéric I. qui allembla un concile i
Pavie fous prétexte d’y examiner quel des deux papes étoit le légitimé , &fe
déclara entièrement en fa faveur. Cet antipape fier d’avoir gagné un tel fuf-
frage , mit tout en œuvre pour fe faire de nouveaux protedeurs ; 8c fçaehant
les fervices confiderables que les feigneurs de Montpellier avoient rendus au¬
trefois en France aux papes perfecutcz , il tâcha de gagner Guillaume VII. i
h Gtr.fir.prsf. qui il écrivit de Pavie h le 1 3 . de Septembre de l’an 1 1 60. au nom de l’empereur.
101 La lettre de Vidor efl pleine de termes de douceur, d’amitié 8c d’eflime envers
le feigneur de Montpellier dont il implore la protedion. » C’efl pour cela,
»ajoûte-t-il , que nous envoyons vers votre grandeur Bardin notre foudiacre
«en qualité de légat À latere du fiege apoflolique : nous vous prions de le
XLIII.
Xî. concile Je
Touloufe.
Evêques Je
Magucloonc.
«recevoir favorablement
« les affaires qu’il a à traiter
, & de l’aider en tout ce qui dépendra de vous dans
aiter dans l’étendue de votre domination. « Guil¬
laume ne fit aucun cas de cette lettre , 8c fè déclara ouvertement en faveur
d’Alexandre , ainfi qu’un grand nombre d’évêques de France que le roi
Louis lejeuneaffembla à Beauvais aumoisdejuillet de l’an néi.Jean deMont-
. i Gstni ibià. laur évêque de Maguelonne futentr’autresun des premiers 8c des pluszelez
3 JSmWÏ Parti^ans du m^me PaPe- Ce prélat étoit d’une ancienne maifon * du dio-
Digitized by ^.ooQie
DE LANGUEDOC. Liv.XVHt. 4Sf
ccfc: après avoir été chanoine de Maguelonne il avoir fuccedé à Raymond AN.n6t,
qu’on fait de lamailon de Pofquieres , 6e qui avoir été élû en Ü19. Ce der¬
nier poilëdoit encore l'évêché de Maguelonne au mois d’O&obre de l‘an
1 1 j S. comme il paroît par la lettre que le pape Adrien IV. lui écrivit alors , » c»r, ibifi
pour lui défendre de s’approprier, comme il falloir, les revenus de foncha. b£%uhr.ihA
pitre. On prétend b que Raymond fe démit de fôn évêché la même année en p.f7U
faveur de Jean de Monrlaur, 6e qu’il vécut encore long-rems après : mais il n’y
a aucune preuve que le premier ait furvêcu à l’autre. On ajoute que Jean de
Montlaur fe rendit encore plus recommandable par fon Iç avoir & Ion élo^
quence, que par la nobleUe de fon extradion. C_e prélat reconnoiiloit Ale¬
xandre III. dès le commencement de l’an 1161. comme il paroît par diver-
lès lettres c que ce pape lui écrivit alors : il ailiffa lans doute au concile ' 'MfW
qui fut tenu la même année à Touloulc. i'1'
Ce coacile fut ademblé après celui de Beauvais é , & par conféquent vers la dCmii.t » m.
fin de l’année. Les deux rois de France 6e d’Angleterre qqil’avoient fait con.
voquer s’y trouvèrent en pcrfonne , avec cent evêques ou abbezde leurs états,
Les légats d’Alexandre êc de Viclor , fçavoir trois cardinaux du parti du pre¬
mier , 6e deux de celui du fécond, s’y rendirent avec les ambafïadeurs de
l’empereur &c du roi de Caftille. On allure e que Raymond de Dourgne echrtA.às>
abbé de faint Pons de Tomieres y affilia aulîî. L’allcmblée f après avoir mure-
ment examiné les raifons des deux contendans , que leurs légats firent voloir
autant qu’il leur fut pollible , fe déclara enfin pour Alexandre ôc excommunia
Victor.
Quelque tcms avant ou après ce concile, le roi Louis le Jeune étant à Paris, xtlv.
donna un diplôme en faveur d’Aldebert III. évêque de Gevaudan. Ceprélat Otigme
qu’on dit g de la maifon de Tourncl , 6e qui avoit été auparavant prévôt de la por'°e''«m
cathédrale de Mende, en avoit été élu evêqueen 11 51. après la mort de Guil- tvcq«« de
laume III. Un de fes principaux foins fut de conferver ou d’augmenter le do-
maine temporel de fon églife -, 6c dans un voyage qu’il fit à la cour en 1161. il ç.G*iuhr‘ncv>
obtint du roi Louis le Jeune un diplôme qu’on conferve dans les archives «*•**•» -Mo,
de l’cvêché , 8c qu’on appelle lu bulle d'or , parce qu’il fut fcellé en or. Louis
marque h dans cette charte » qu’on n’avoit pas vu de mémoire d'homme , au-u h
cun évêque de Gevaudan venir à la cour des rois de France fes prédecef-«
feurs pour leur jurer fidelité, à caufe que ce païs, de difficile accez , avoit«
toujours été au pouvoir des évêques, qui y exerçoient non-leulement l’au-«
toritéfpirituelle, mais encore la temporelle -, que ce prélat Crachant que la «
juftice appartenoit à l’autorité royale , étoit venu reconnoître enprdèncea
des principaux barons du royaume, que Ion évêché dépendoit de la cou- te
xonne de France, & que fe foumettant à fa perfonne^ ü lui avoit prêté fcr-«
ment de fidelité. Le roi déclare enfin que cet acte ne prejudicieroit en«
rien aux droits dont le même prélat avoit joui jufqu’alors, lui accorde , &,«
à fes fuccefleurs , tout l’évêché de Gevaudan avec les droits régaliens , 8c«
veut que fon églife foit libre & exempte de toute exaction. «
Cette charte eft le premier 6c le principal fondement de l’autorité tempo¬
relle dont les evêques de Mende , qui fe qualifient comtes de Gevaudan ,
jouilfenc aujourd’hui dans leur dioccfe ^ car on ne fçauroit prouver par des
monumens plus anciens qu’ils eulfent exercé auparavant une pareille auto¬
rité fur tout le païs. On a vu au contraire par le témoignage , tant des hifto-
riens du tems que des chartes , que le Gevaudan avoit toujours dépendu de
la couronne, 6c qu’il avoir été gouverné jufques bien avant dans latroifiéme
race de nos rois , par des comtes 6c des vicomtes • particuliers qui étoient de- i v. koïz
venus héréditaires , comme ceux des autres diocèfesdu royaume. Le dernier XJCW‘ .
comte de ce païs que nous trouvons efl le fameux Raymond de faint Gilles
qui fe qualifiait * comte de C,ev.tudan\zrs la fin du XI. ficelé , 6c qui aliéna peut- kp
être ce comté en faveur des evêques , pour fournir aux depenfes immenfes
qu’il fit pour la guerre d’Outremer. 11 y avoit encore des vicomtes de Gevau¬
dan dans le tems de \la charte de Lotus le jeune ^ cette vicomté appartenoit
alors à Raymond-Berenger comte de Provence qui la tranfmit à fes fucceflèurs,
fie qui en avoit hérité 1 de Gilbert vicomte de Milhaud fon bilayeul mater- if.noteîü^
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An.iiôi-
ïDueh.to.i.
«•
V.Gall.ehr.nov •
tdjO.lf.fO.
1> ÜucJf. ibid.
p. 69*.
cCMtelmem
f,y:o.
XLV.
Pacification
des différends
<juc Guillaume
VII. feigneur
•de Montpellier
avoir avec Gui
foafrcre.&.ivec
le comre &la
couitclîc de
Me!*ucil,&c.
d Pr.p . <xr.
CpjïO.frjtJ.
g C'ftul . dff
V Aub.it Salvd-
mez.
h Gariel fer.
pr.f Mtg. />.
*u£.
i Pr.J.JSl.Ô1
A?-
k p. jSj
fin¬
ir
4SS HISTOIRE GENERALE
ncl. On ne voie pas que ce prince Te foie fournis à la fuzeraindté d’Aldebert
pour la même vicomté , & il paroît d’ailleurs que ce prélat trouva de la
contradiction dans quelques feigneurs du pais qui refufêrent de reconnoître fa
fuperiorité. C’eft ce que nous inférons d’une lettre qu’il écrivit» au roi Louis le
Jeune, Sc dans laquelle il lui porta fes plaintes des perfécutions qu’il avoit i
fouffrir depuis qu’il lui avoit prêté ferment de fidelité , & qu'il lui avoit fou.
mis [on évêché avec [es biens paternels. Il fe plaint fur-tout de fon propre
frere , qu’il accufe de n’être pas né légitimé , Sc à qui il avoit donné une
portion de fon domaine en fief, après l’avoir fait chevalier : il l’accufe de
s’être aflocic avec d’autres , & de s’être emparé de deux châteaux del’évê.
ché. Il implora là-defliis la protection du roi , par un exprès qu’il dépêcha
•à ce prince, lequel , comme il paroît par une autre lettre b de ce prélat,
tâcha de le confoler, Sc prit fes intérêts à cœur. On aflure c qu’Aldebert fit
fermer de murailles la ville de Mende , qui n’étoit auparavant qu’un bourg.
Louis le Jeune étant à Chaumont donna un diplôme l’année n 61. U
JC XXV. de [on régné , en faveur de Jean de Montlaur évêque de Mague-
lonne , qui reçut au mois de Juin de l’an 1161. d le ferment de fidelité de
Guillaume VII. feigneur de Montpellier.
II y avoit alors de la divifion entre ce dernier Sc Gui feigneur de Paulian
au diocèfe de Beziers , qui fe prétendoit heritier de Guillaume de Tortofe
leur frere. Cette querelle engagea' Guillaume VI. religieux de Grandfelve,
leur pere, à faire un voyage à Montpellier pour les mettre d’accord, & il les
fit convenir d’une tranludion, fuivant laquelle Gui renonça à l’herediré de
Guillaume de Tortofe en faveur de Guillaume VIL qui lui céda de fon côté
quelques biens pour le dédommager. L’acte fut pâlie dans la maifon des Tem¬
pliers de Montpellier au mois d’Octobre de l’an 1161. Gui de Montpellier fei¬
gneur de Paulian fut furnommé Guerrejat , & vécut encore long-tems après.
Il fut arbitre en 1165. f d’un différend qu’avoit l’évêque de Maguelonne,&
il donna en 1174.0 l’abbaye de Valmagne tous les droics qu’il avoit fur les
moulins de Paulian. Jean, qui étoit alors abbé de Valmagne, avoit fuccedc
à Ermengaud , en faveur duquel Guillaume VI1.? feigneur de Montpellier con¬
firma en 1161. la donarion qu’on lui avoit faite d’un terrain dans la même
ville , pour y fonder une maifon de l’ordre de Cîteaux , fous la dépendance
de cette abbaye.
Guillaume VIL avoit alors un différend bien plus confiderable avec Ber¬
nard Pelct comte de Melgucil , Sc la comtefle Beatrix fa femme. On rapporte
de la manière fuivante h l’origine de leur querelle. On prétend que le comte
Sc la comtefle foutenus des leigneurs delà Verune Sc ae Pignan, enlevèrent
des marchandifes aux habitansde Montpellier } que ceux-ci eurent recoursâla
protection de Guillaume leur feigneur 5 que ce dernier ayant propofè des
moyens de pacification , Bernard rcfufa de les accepter * que fur ce refus la
guerre s’alluma entr’eux } que Guillaume ayant fait le dégât dans tout le
comté de Mclgueil , Bernard devenu plus traitable , écouta enfin les propo-
fitions de ce feigneur, & qu’ils convinrent enfcmble d^ns une entrevue , d'une
trêve de cinq ans, Sc enfuite de la paix, par l’entremife de Jean de Montlaur
évêque de Maguelonne.
Il eft vrai que nous avons i un traité de trêve conclu pour cinq ans au
mois d’Octobre de l’an 1 1 61. entre Bernard Pelct Sc Beatrix fa femme d’un cô-
té , Sc Guillaume de Montpellier de l’autre -, mais il n’eft rien dit dans cet ac¬
cord des diverfes circonftances dont nous venons de parler: il paroît au con¬
traire , par ce que nous rapporterons bientôt , que la guerre qu’ils avoient
eue enfemble étoit une fuite de la ligue que Guillaume avoit formée avec le
comte de Barcelone Sc le vicomte RaymondTrencavel, contre le comte de Tou-
loufe, dont le comte 8c la comtefle de Melgueil avoient embrafle les intérêts.
Nous voyons d’ailleurs que ce fut Raymond de Montferrier qui négocia ce
traité de trêve, dans lequel le comte Scia comtefle de Melgueil promirent
d’abandonner Bernard de Pignan kSc fes frères, & tous leurs autres alliez.
Les feigneurs de Pignan firent leur paix l’année fuivante avec Guillaume de
Montpellier. Ils étoient trois freres nommez Bernard , Guillaume , Sc Ray¬
mond
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DE LANGUEDOC Lîv. XVllî. 487
cêfë: après avoir été chanoine de Maguelonne il avoit fuccedé à Raymond An.ii6ï,
qu’on fait de la maifon de Pofquieres , ôcqffi avoir été élû en 1119» Ce der¬
nier poilèdoic encore l’évêché de Maguelonne au mois d’O&obre de l’an
1 x j 8. comme il parole par la lettre que le pape Adrien IV. lui écrivit alors , *
pour lui défendre de s’approprier, comme il falloir , les revenus de foncha. ^£%lchr Alii
pitre. On prétend b que Raymond fe démit de fon évêché la même annee en p.f7Xt
faveur de jean de Montlaur, 6c qu’il vécut encore iong-tenis après : mais il n’y
a aucune preuve que le premier ait furvêcu à l’autre. Ou ajoute que Jean de
Montlaur fe rendit encore plus recommandable par ion lqavoir 6c Ion élo^
quence, que par la noblelfe de fon extraction. Ce prélat reconnoilîoit Ale¬
xandre III. dès le commencement de l’an 1 161. comme il paroît par divers
lès lettres c que ce pape lui écrivit alors : il afîifla làns doute au concile ^'Hdp.x oj*
qui fut tenu la même année «à Toulouic. J,q'
Ce concile fut allemblé après celui de Beauvais d , & par conféquent vers la àCmcU.t» 10.
fin de l’année. Les deux rois de France ôe d’Angleterre qqi l’avoient fait con.
voquer s’y trouvèrent en perfonne , avec cent evêques ou abbezde leurs états.
Les légats d’Alexandre 6c de Viclor , fçavoir trois cardinaux du parti du pre¬
mier , ôc deux de celui du fécond, s’y rendirent avec les ambafladeurs de
l’empereur 6c du roi de Caflille. On ahure c que Raymond de Dourgne echrt*.ùs>
abbé de faint Pons de Tomieres y affilia auffi. L’ailemblée f après avoir mûre- mJuÎm.
ment examiné les raifons des deux contendans ,que leurs légats firent voloir
autant qu’il leur fut polîîble , fe déclara enfin pour Alexandre ôc excommunia
Viélor.
Quelque tems avant ou après ce concile, le roi Louis le Jeune étant à Paris, xiiv.
donna un diplôme en faveur d’Aldebert III. évêque de Gevaudan. Ceprélat ( .origine
qu’on dit g de la maifon de Tournel , 6c qui avoit été auparavant prévôt de la porcredw™'
cathédrale de Mende, en avoit été élû. évêqueen 1151. après lamort de Guil- *
laume III. Un de fes principaux foins fut de conferver ou d’augmenter le do- c.'vàîdï.1'
maine temporel de fon églife ; ôedans un voyage qu’il fit à la cour en 1161. il zGut chmcv.
obtint du roi Louis le Jeune un diplôme qu’on cpnferve dans les archives ,dj0-1
de l’évêché , 6c qu’on appelle L bulle d’or , parce qu’il fut fcellé en or. Louis
marque h dans cette charte » qu’on n’avoit pas vii de mémoire d'homme , au- u h Vr h J7»<
cun évêque de Gevaudan venir à la cour des rois de France fes prédecef-«
feurs pour leur jurer fidelité, à caufe que ce pais, de difficile accez , avoit «
toujours été au pouvoir des évêques, qui y exerçoient non-féulement l’au-«
torité fpiricuelle , mais encore la temporelle ; que ceprélat f^achant que la <«
juftice appartenoit à l’autorité royale , étoit venu reconnoître en prefènce«
des principaux barons du royaume, que fon évêché dépendoit de la cou-«
ronne de France, 6c que fè foumettant à fa perfonne * il lui avoit prêré fcr-«
ment de fidelité. Le roi déclare enfin que cet acte ne préjudicieroic en«
rien aux droits dont le même prélat avoit joui jufqu’alors, lui accorde, 6c «
à fes fucceffeurs , tout l’évêché de Gevaudan avec les droits régaliens , 6c «
veut que fon églife foit libre & exempte de toute exaction. «
Cette charte efl le premier 6c le principal fondement de l’autorité tempo¬
relle dont les évêques de Mende , qui fe qualifient comtes de Gevaudan ,
jouiffient aujourd’hui dans leur diocèfe -, car on ne fçauroit prouver par des
monumens plus anciens qu’ils effilent exercé auparavant une pareille auto¬
rité fur touc le païs. On a vu au contraire par le témoignage, tant des hiflo-
riens du tems que des chartes , que le Gevaudan avoit toujours dépendu de
la couronne, 6c qu’il avoit été gouverne jufques bien avant dans latroifîéme
race de nos rois , par des comtes 6c des vicomtes ‘ particuliers qui étoient de- i v.KoiE
venus héréditaires , comme ceux des autres diocèfesdu royaume. Le dernier xxyI‘ .
comte de ce païs que nous trouvons efl le fameux Raymond de faint Gilles
qui fequalifioit k comte de Gevaudan vers la fin du XI. ficelé , ôcqui aliéna peut- xFr.ptixu
être ce comté en faveur des évêques , pour fournir aux depenfes immenfès
qu’il fit pour la guerre d’Outremer. Il y avoit encore des vicomtes de Gevau¬
dan dans le teins de \}a charte de Louis le Jeune 5 cette vicomté appartenoit
alors à Raymond-Bjrenger comte de Provence qui la tranfmit à fes fucceflèurs,
êc qui en avoit hérité 1 de Gilbert vicomte de Milhaud fon bilayeul mater- iv.mTEibid,
l
\
»
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kü.u6i.
aD uch.to.4.
V.GalLchr.nov .
cdjo.i.p.yo.
1» &uch. ibid.
p. 68*.
c Ctttlmm*
XLV.
Pacification
•des différends
<juo Guillaume
VU. feigneur
•de Monrpellicr
avoir avec Gui
fonfrcre.&.ivcc
le comre & la
comtefle de
Me^ucil.Stc.
d Pr-p. <Kt.
Cp*SiO,frJtq*
ÇC?r/«/. de
lAbb.de SaIva -
h Gariel fer .
r*/. />•
iu6.
fa-
k />. j8j. é1
fai-
4«$ HISTOIRE GENERALE
ncl. On ne voie pas que ce prince fe foie fournis à la fuzeraineté d’Aldebert
pour la même vicomcé , 8c il paroîc d’ailleurs que ce prélac crouva de la
contradiction dans quelques feigneurs du pais qui refuferenc de reconnoître fa
fuperioricé. C’eft ce que nous inférons d’une leccre qu’il écrivic a au roi Louis le
Jeune, 8c dans laquelle il lui porca fes plainces des perfécucions qu’il avoit à
fouffrir depuis qu’il lui avoir prêcé fermenc de fidelicé , & qu’il lui avoit fou.
mis f on évêché avec fes biens paternels. Il fe plaine fur-cour de fon propre
frere , qu’il accufe de n’êcre pas né legicime , 8c à qui il avoir donné une
portion de fon domaine en fief, après l’avoir faic chevalier : il l’accufe de
s’être afTocié avec d’aucres , 8c de s’êcre emparé de deux châteaux de l’évê¬
ché. Il implora là-deflus la prote&ion du roi , par un exprès qu’il dépêcha
■à ce prince, lequel , comme il paroîc par une autre lettre b de ce prélat,
tâcha de le confoler , ÔC prie fes intérêts à cœur. On afTurec qu’Aldebert fit
fermer de murailles la ville de Mende , qui n’étoit auparavant qu’un bourg.
Louis le Jeune étant à Chaumont donna un diplôme l’année 1161. U
XXXV. de fon règne , en faveur de Jean de Montlaur évêque de Mague-
lonne , qui reçut au mois de Juin de l’an 1161. d le ferment de fidelité de
Guillaume VII. feigneur de Montpellier.
Il y avoit alors de la divifion entre ce dernier 8c Gui feigneur de Paulian
au diocèfe de Beziers , qui fe prétendoit heritier de Guillaume de Tortofe
leur frere. Cette querelle engagea' Guillaume VI. religieux de Grandfelve,
leur pere, à faire un voyage à Montpellier pour les mettre d’accord, & il les
fit convenir d’une tranfaction , fuivant laquelle Gui renonça à l’hérédité de
Guillaume de Tortofe en faveur de Guillaume VIL qui lui céda de fon côté
quelques biens pour le dédommager. L’acte fut paffé dans la maifondesTem.
pliers de Montpellier au mois d’Oclobre de l’an 1161. Gui de Montpellier fei¬
gneur de Paulian fut furnommé Guerrejat , 8c vécut encore long-tems après.
Il fut arbitre en 1165. k d’un différend qu’avoir l’évêque de Maguelonne , &
il donna en 1174. à l’abbaye de Valmagne tous les droits qu’il avoit fur les
moulins de Paulian. Jean, qui étoit alors abbé de Valmagne, avoit fuccedc
à Ermengaud , en faveur duquel Guillaume VII.,, feigneur de Montpellier con¬
firma en 11 61. la donation qu’on lui avoit faite d’un terrain dans la même
ville , pour y fonder une maifon de l’ordre de Cîteaux , fous la dépendance
de cette abbaye.
Guillaume VIL avoit alors un différend bien plus confîderable avec Ber¬
nard Pelet comte de Melgueil , 8c la comtefTe Beatrix fa femme. On rapporte
de la maniéré fui vante h l’origine de leur querelle. On prétend que le comte
8c la comtefTe foutenus des leigneurs de la Verune 8c de Pignan, enlevèrent
des marchandifes aux habitansde Montpellier > que ceux-ci eurent recoursàla
protection de Guillaume leur feigneur 5 que ce dernier ayant propofe des
moyens de pacification , Bernard refufa de les accepter -y que fur ce refus la
guerre s’alluma entr’eux -, que Guillaume ayant fait le dégât dans tout le
comté de Melgueil , Bernard devenu plus traitable , écouta enfin les propo¬
rtions de ce feigneur, 8c qu’ils convinrent enfcmble d^ns une entrevue, d'une
trêve de cinq ans, 8c enfuite de la paix, parl’entremife de Jean de Montlaur
évêque de Maguelonne.
Il cfb vrai que nous avons i un traité de trêve conclu pour cinq ans au
mois d’Octobre de l’an 1 1 6 1 . entre Bernard Pelet 8c Beatrix fa femme d’un cô-
té , SC Guillaume de Montpellier de l’autre 5 mais il n’eft rien dit dans cet ac¬
cord des diverfès circonftances dont nous venons de parler: il paroîtau con¬
traire , par ce que nous rapporterons bientôt , que la guerre qu’ils avoient
eue enfemble étoit une fuite de la ligue que Guillaume avoit formée avec le
comte de Barcelone 8c le vicomte Ray mondTrencavel, contre le comte de Tou-
loufe, dont le comte 8c la comtefTe de Melgueil avoient embraffè les intérêts.
Nous voyons d’ailleurs que ce fut Raymond de Montferrier qui négocia ce
traité de trêve , dans lequel le comte 8c la comtefTe de Melgueil promirent
d’abandonner Bernard de Pignan k8c fes frères, 8c tous leurs autres alliez.
Les feigneurs de Pignan firent leur paix l’année fuivante avec Guillaume de
Montpellier. Ils étoient trois freres nommez Bernard , Guillaume , 8c Ray¬
mond
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DE LANGUEDOC. Liv. XVIII. 489 _
mond, Lefeigneurde Moncpellier pour lesindemnifer des dommages qu’il leur An.ii 61.
avoir caufez &c à leurs affociez, dans L'armée de T rencavel , pour en réparation
d’avoir fait prifonnier le premier , & détruit le château de Pignan , leur
pardonna tout le mal qu’ils lui avoient caufé à lui-même durant cette guerre ,
èc leur donna la fomme de deux mille fols Melgoriens. Ces trois chevaliers
promirent de leur coté de ne plus faire la guerre à Guillaume, Sc de ne plus
îèrvir avec lui en faveur de perfonne , excepté lorfque le comte & la com-
tefle de Melgueil, Raymond-Gaucelin ( deLunel ), Pons deBefàn, Berenger
de Sauve, Bernard d’Aymargues, & Bertrand de Torolle, auroient quelque
guerre perfonnede contre lui. Bernard Pelet, Beatrix fa femme, les chevaliers
qu’on vient dénommer , &c quelques autres ratifièrent cet accord, & fe ren¬
dirent cautions des fêigneurs de Pignan envers Guillaume de Montpellier,
avec promeflè, en cas d 'infraction de leur part, de s’en rapporter au jugement
de l’archevêque de Narbonne & de fes fuccefièurs. Nous inférons de ce traité
que le comte , la comteflè de Melgueil , & tous les chevaliers qui y font
nommez , avoient déclaré la guerre à Guillaume de Moncpellier, durant
celle que Raymond Trencavcl ôc le comte de Barcelone fes alliez , faifoient
au comte de Touloufe , qui parla fit une diverfion favorable du coté du bas
Languedoc. Il paroît d’ailleurs que Bernard Pelet St la comtcde Beatrix fa
femme , étoient en différend au fujet du comté de Melgueil avec la mai-
fon de Barcelone } car le comte de Provence fils de cette comcefïè , & neveu
du comte de Barcelone, s’en qualifîoitcomte» dans le même rems que Bernard aviag.eoniM
Pelet, fécond mari de Beatrix hcritiere de ce comté. Bernard prend en effet cette B""L L
qualité dans divers actes, entr’uutres dans une vente b que lui & Beatrix fa bèr.p.s?t.
femme firent en 1158. à Pierre abbé d’Aniane, & dans une donation que
cette comtcire fit l’année fuivante aux pauvres de l’hôpital du pont de Ca-
ftelnau , en préfence de Guillemette de Montpellier fa mere.
On a déjà vu que Guillaume VI. ancien feigneur de cette ville , & depuis xlvj.
religieux de Grandfelve, vivoic encore au mois d’Octobre del’an 1161. con- i^mevrfct
tre le fentiment de ceux c qui le font mourir beaucoup plutôt. Il paroît gneurdcMonc-
même qu’il vécut d encore plus d’un an après. Dès que ce feigneur eut cm- ^‘^de^cî-
brafle l’infticut de Cîteaux à Grandfelve, il devint un modèle de religion ôc taux.
de pieté. Son abbé l’employa bientôt après à l’écablillèment de diverles mai- ^nü'c'iUr
fons de fon ordre , &. il contribua beaucoup par fes foins en 1 r yo. à la fon- a s.-
dation de celle r de Candcil en Albigeois. Il fit enfin’ te un voyage en Caca- s
logne , & fut prefent f au mois de Décembre de la même année lorfque Guil-
laume-Raymond de Moncade fonda g la célébré abbaye de Vallaure aujour- (Mare. Hifp*
d’hui Santas-Creuz. , fous la dépendance de celle de Grandfelve. On allure g
qu’il fut nommé alors abbé de la première, qu’il la gouvernoic encore en
11 54. &: qu’il mourut avant l’an 1159. fous prétexte que Pierre étoit abbé
de Vallaure cette derniere année : mais cela prouve feulement que Guillaume
av oit fait alors démillion de cette abbaye. Il entreprit b un voyage vers l’an hM.wriq.itiJ.
11 j 2. à Clairvaux pour y voir S. Bernard fon ami, qui faifoit beaucoup de
cas de fa pieté &c de fon mérite, & qui lui apparut à Grandfelve en 1153. ».i.u/}.c.&
le jour de fa mort. Guillaume qui ecoit alors dans ce monaftere , retourna g Rern
enluite en Catalogne pour affermir la fondation de l’abbaye de Vallaure, qu’il
transfera en 1157. à Santas-Crcuz^ Il revint peu de tems après en France, &
fit un voyage à Candcil ‘ la même année 1157. Enfin il fe rendit à Grand- i P'p s 46*
felve , où il fit depuis fon féjour ordinaire. Il y étoit en effet * en 1 1 61. & il k f- ,
y décéda en odeur de faintecé l’année fuivante, ou au plus tard en 1163.
Les religieux de la maifon affurent qu’il fut enterré dans l’églife auprès du
marche-pied du grand autel , du côté de l’évangile, avec Guillaume VII.
fon fils , & Raymond fon petit-fils. On l’a mis au nombre des faints de
l’ordre de Cîteaux j mais nous ne voyons pas qu’on l’ait honoré encore d’un
culte public. Divers auteurs 1 l’ont confondu avec un fimple frere -convers w.Mxmi^
delà maifon, appellé Guillaume , qui, quoiqu’il n’eût jamais pû apprendre que ,M‘
ces deux mots, Ave Maria ^ parvint neanmoins à une éminente fainteté.
Guillaume VII. feigneur de Montpellier confirma m au mois d’Août de
l’an 116 1. l’exemption que Guillaume VI. fonpereavoit accordée par fon mÿt. '
Tome JJ, Qqq
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An.i x 6z»
XL VI I.
Atiivcc & fé'
jour du pape
Alexandre 1JÎ.
À Montpellier,
a -a.Altx.Uh
Apua Baron,
tnn.iibi.
490
HISTOIRE GENERALE
b R odulf. de
Vicetop.SU.
C AâAibid.
d Cône il M mo.
tlbtd.p.
&i‘j.
î f. 1356.
gMUJ.TjK?.
ém-
fl B.iron,ihid.
teftament de l’an 1 146. aux religieux de Cîteaux , de payer aucun droit ou
peage à Montpellier. Il confirma ce privilège en particulier pour la maifon de
Valmagne : l'acte eft daté de la maifon de la milice du Temple fituèe devant
la place de Notre-Dame de Montpellier.
Guillaume VII. fut un des feigneurs de tout le royaume qui le diftingua
le plus par fon zele êc fon attachement à la perfonne du pape Alexan¬
dre III. Aulfi ce pontife fe voyant obligé de quitter l'Italie, ôcdele réfugier en
France, vint-il d’abord à Montpellier , où il fit un allez long féjour. Alexan¬
dre a s’embarqua à Terracine au commencement de Janvier de l’an u6i. &
aborda à Genes le n. de ce mois. Il fe rembarqua au port de cetteville le
i j. de Mars , 8c aborda en Pille de Maguclonne le mercredi 1 1. d’Avril fui.
vant. Après fon arrivée dans cette ille , il dédia le grand autel de la cathé¬
drale : mais comme le lieu étoit trop peu fpacieux pour le loger avec toute
fa cour , 6c qu'un grand nombre de prélats de France qui étoient venus au
devant de lui, l’attendoient fur la cote, il jugea à propos de fe rendre incef.
famment à Montpellier , ville fort peuplée , luivant l’hiftorien contemporain
qui nous a JaiiTe le récit du voyage de ce pape. Alexandre fit le trajet de
Maguelonne à Montpellier, qui eft de près de deux lieues, avec pompe &
ceremonie, monté fur une haquenée blanche 6c revêtu de fe s habits pon¬
tificaux. L’affluence du peuple qui étoit accouru pour recevoir fa benedi-
étion , étoit fi grande, qu’il eut toutes les peines du monde à percer la foule.
Guillaume feigneur de Montpellier, accompagné de fes barons , 6c deplufieurs
chevaliers alla au devant de lui , 6c lui fervit d’écuyer pendant un mille. Un
auteur b dutems ajoute que ce feigneur fereconnoilloit pour vajf alliée du pape.
Alexandre entra ainfi à Montpellier en proceJJionc , au milieu des grands du païs
qui s’y étoient raflcmblez pour le recevoir , 6c qui s’emprcftercnc de l’aller
laluer après fon arrivée : il y eut entr’autres un prince Sara fin qui lui baila les
pieds avec fa fuite, 6c qui le harangua en fa langue au nom du roi fon maître.
Raymond V. comte deTouloufè fe rendit à Montpellier pour y recevoir le
pape , comme ce pontife le témoigne lui-mcme dans une lettre qu’il écrivit
de cetteville le zo.d'Avril d au roi Louis le Jeune, pour lui donner part de
fon arrivée. Alexandre fe loue beaucoup de l’accueil que ce comte, le vicomte
Trencavel, Ermengarde vicomteflc de Narbonne , plufeurs autres barons du
pais , 6c tout le peuple, lui avoient fait, 6c aux cardinaux qui étoient avec
lui. Dans une autre lettre6 qu’il écrivit le lendemain à l’évêque de SoilTbns,
il parle encore avec éloge de la magnifique réception que lui avoient faite le
clergé 6c le peuple de Montpellier -, 6c dans une troifiéme 1 qu’il écrivit
quelque tems après au roi de France , il avoue que dans cette occafion la
vicomteflc Ermengarde lui avoit rendu des fervices importans.
Alexandre d’abord après fon arrivée à Montpellier , nomma des légats pour
aller foutenir fes interets à la cour de France auprès du roi Louis le Jeune. Il
choifit pour cette fonction l’archevêque de Reims frere de ce prince, les évê¬
ques de Langres 6c de Senlis , 6c l’abbé de Grandfelve. g II écrivit au roi 6c à la
reine le u. d’Avril, pour les leur recommander. Dans la lettre qu’il adrefla
au roi , il le remercie de ce que Raymond comte de S. Gilles étoit venu au devant
de lui, lui avoit fait offre de fa propre perfonne 6c de tous fes domaines, 6c
lui avoit rendu toute forte d’honneurs. 11 ajoute qu’il en témoignera fa re-
connoillance au comte dans l’occafion. Cet article de la lettre du pape nous
donne lieu de conjecturer, que Raymond avoit fait d’abord difficulté de le
xeconnoître, 6c qu’il ne fe fournit à fon obéifîance qu’à la folliciration du roi
Louis le Jeune fon beau-frere. On verra dans la fuite que le comte de Tou-
loufene fut pas toujours dans le parti d’Alexandre ,6c qu’il l’abandonna pour
embraffer celui de l’antipape.
Le dimanche d’après fon entrée à Montpellier h , Alexandre célébra pontifi-
calement la méfié dans la principale églife , 6c y prêcha en prefcnce d’une
infinité de peuple. Dans fon difeours il rendit compte des circonftances de
fon élection, 6c parla avec beaucoup de chaleur contre l’antipape 6c fes adhe-
rans , qu’il déclara de nouveau excommuniez. Nous apprenons le nom de la
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DE LANGUEDOC: Liv. XVIII.
49i
XLVIII.
Concile de
gue. Cette derniere eft fouferite par onze cardinaux.
Alexandre tint un concile à Montpellier le jour de l’AIcenfion 17. de May,
comme il paroît par une lettre qu'il écrivit ce jour-là à l’évêque de Verone,
ôc dans laquelle il marque à ce prélat qu’il jouilîoit d’une ianté parfaite , de
même que tous les cardinaux -, que les archevêques, les évêques, les rois &
les princes s’emprefloient de lui témoignera l’envi leur attachement &leur
vénération, foit par eux-mêmes, foi t par leurs envoyez. Parmi les archevê¬
ques il nomme ceux de Sens, de Tours & d’Aix, & celui de Narbonne qu’il'
avait facré k Montpellier ; & entre les évêques celui de Maguelonne. Il ajoute
enfin qu’il avoit excommunié publiquement le même jour, de concert avec
tous ces prélats , l’antipape Octavien ëc Ces complices , & qu’il attendoit le
retour des légats qu’il avoit envoyez aux rois de France & d’Angleterre. Ce
concile déclara J excommuniez les princes qui ne réprimoient pas les hereti-
ques , les pirates, ëc ceux qui fourniilbient des armes aux Sarafins,& défendit ** I**
aux moines, aux chanoines réguliers, ëc à tous les religieux de profeïïer le
droit êc la medecine. Raymond de Dourgne abbé de S. Pons de Tomieres,
fe trouva , à ce qu’on prétend , au même concile. . XLIX
On vient de voir que le pape facra au mois de May de l’an 1 1 61. un nouvel Archevêques
archevêque à Narbonne -, c’étoit Pons d’Arfacqui avoit été élu après la mort * Narbonne,
de Berenger de Narbonne Ion prédeceffeur immédiat, arrivée' le 7. à' Avril de pcTicxanJre**
ht meme annce , après s. ans, 8. mois & rS. jours d’épi [copat-, ainfi c’eft mal-à-propos ^Montpellier,
qu’on met Pons f fur ce fiege dès l’an r 160. l' Mende
Il eft certain par divers monumens qu’Alexandre féjourna à Montpellier i’uy.
jufqu’à la mi-juillet de l’an 1 1 62. ce qui prouve que ceux g qui le font partir
de cette ville à la fin du mois de Juin fe trompent. Il y confirma 11 en effet par f cûiichrjo.
une bulle le 8. de Juillet un accord fait entre le prévôt & les chanoines de in[ftn4WI
la cathédrale de Touloufe d’un côté , ëc ceux de S. Sernin, ëc Hugues leur
abbé de l’autre, touchant la fépulture des chevaliers de Touloufe. Le pape Fleuri hip.tcel.-
écrivit » aulïï de Montpellier le 10. & le 14. du même mois au roi Louis le h
Jeune, pour le remercier dé la protection qu’il accordoit au faint fiege, &: fa¬
des lettres que ce prince lui avoic écrites par l’abbé de faint Germain des Prez
fon envoyé. m>8-
Nous trouvons enfin deux brefs * d’Alexandre datez dp Montpellier, le ir. & k c»r.fer.fn/.
le ij. du mois dejuillet en faveur de Guillaume VII. ièigneurde cette ville j ëc M*g.p. m-o*
ces brefs appartiennent certainement à l’an 1162. quoi que dans les copies que^î t,e ’
nous en avons ils foient datez de la IV. année de l’on pontificat au lieu de la
III. Par l’un ce pontife prend Guillaume lous la protection du faint fiege en
confideration des fervices qu’il avoit rendus à l’églife Romaine , ëc fait dé-
fenfe à tout autre qu’au pape, ou à un cardinal légat à laterc , d’excommunier
ce feigneur, ëc de mettre en interdit les chapelles de fes deux châteaux de
Montpellier ëc de laPalu , qui dévoient payer chacun tous les ans un écu d’or
de redevance au palais de Latran. Par l’autre il déclare à l’archevêque de
Narbonne, au chapitre de la cathédrale d’Arles , à leurs fuffragans, 6c aux
évêques de Viviers , de Mende , du Puy ëc de Rodez , qu’il a mis Guillaume
& les habitans de Montpellier fous fa protection , avec ordre à ces prélats de
les défendre ëc de les protéger.
Alexandre 1 auroit fait encore un plus long féjour dans cette ville , fi la \Mt**pui
famine qui défoloit tout le païs ne lui eut fait prendre la réfolutiÆn de fe ren-
dre incefiamment en France. Il partit donc de Montpellier , ëc pafla par Alais
ëc par Mende. Il écrivit01 de cette derniere ville le 24. du même mois de mCw/w.io.
Juillet à Hugues évêque de Soilfons , pour le prier d’employer fes bons Ijl0‘
ces auprès du roi Louis le Jeune , qui s’etoit un peu refroidi à fon égard , &
de l’empêcher de fe rendre à la conférence qu’il avoit projetté d’avoir fur
fon élection avec l’empereur Frédéric I. Le pape demeura quelques jours à n Auhiv.d*
Mende, ëc il y donna le 29. de Juillet de l’an 1162. une bulle0 fouferite par honnt'.
fèpt cardinaux en faveur de l’abbaye de Bonneval en Rouergue. Il 0 fe rendit 9
T ome II. Qjl S Ü
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b Aft.SS.ord.S.
B en.fic. + .pârt.
l/./O.
L.
Le roi Louis le
Jeune prend
eouooiliancc
des ditterends
qui ctoient cn-
uc les vicom
les de Polignac
& les eveques
du Puy.
c bsluz.Auv.
_ 491 HISTOIRE GENERALE
An. 1161. enluite au Puy en Velay, & arriva à Clermont en Auvergne le 14. du mois
d’Aout, dans le deffein d’aller joindre le roi Louis le Jeune , qui de Ton côté
s>ét:oic avancé jufqu’à Souvigni 1 dans le Bourbonnois , pour aller à la confé¬
rence qu’il devoir avoir à S. Jean de Lône en Bourgogne , avec l’empereur. Le
pape alla trouver le roi & ils relièrent quelque ceips enfemble à Souvigni, com-
b Aa.ss.trJ.s. me il paroît par une charte datée qui eft de ce monaftere b, 8c que Louis lejeune
accorda à l’abbaye de S.Guillemdu Défert en prefence du pape Alexandre.
L Pendant le le jour de Louis à Souvigni , ce prince y jugea un différend
Le toi Louis le qui duroit depuis long-tcms entre les évêques du Puy, 8c les vicomtes de
«ouQoiiUnce P°l>gnac , ce qu’il faut reprendre déplus haut. Armand IV. après avoir fuccedé
des ditterends' dans cette vicomté à Pons fon pere mort vers l’an 1 1 1 2. entr’autres vexa-
uë' fcT'vïc om" c,ons <1U’^ c°mmit dans le pais, établit c de fa propre autorité un peage fur
tés deVoiignïe les grands chemins qui conduifent au Puy, 8c le fervit de ce prétexte pour
& les évêques rançonner tous les pèlerins qui alloient par dévotion vifiter la cathédrale de
^cImÙi.ahv. cette ville. Il avoir deux fils , Pons 8c Eracle qu’il affocia à fes brigandages,
t+x-t'tt- &.qui commirent avec lui tant de ravages dans le Velay , que l’évêque le vit
enfin obligé de fe mettre en armes , foit pour défendre Ion propre domaine,
foit pour loûtenir les intérêts du peuple. Il y eut entr’eux plufieurs négo-.
ciations 8c plufieurs accords : mais la paix étoit à peine conclue , que les vi¬
comtes recommençoient leurs hoftilitez 8c leurs brigandages.
Pons , qui fe qualifioit déjà vicomte de Polignac en 1x51. du vivant d’Ar-
4 ircb.de régi, mand IV. fon pere, fit un accord d cette année avec Pierre évêque du Puy à
d* qui il donna trente chevaliers en otage pour la lureté de fes promelîès , &
l’oblervation des tranfadions précédentes. La guerre fe renouvella bientôt
après entre le vicomte Armand 8c ce prélat, 8c dura jufqu’à ce que Bernard
cB.tiHi.iHd. évêque de Valence , ayant reçu ordre du pape * Eugene III. de pacifier le
Velay , il fit convenir l’évêque ôc le vicomte d’un nouveau traité en n53.cn pre-
f 1 ience de Guillaume archevêque d’Embrun , 8c de Guillaume évêque deVi-
£ B*iuz.ibid. viers. Le vicomte Armand 8c fes deux fils f firent 'ierment avec plufieurs de
leurs valTaux d’obferver cette paix, qui fut fcellée du fceau de ces trois évê¬
ques : mais ils la violèrent peu de tems après, firent la guerre à l’évêque,
établirent de nouveaux péages, & commirent une infinité de ravages 8c de ve¬
xations dans tout le pais. Ce prélat tâcha de s’oppofer à leurs entrcprifes,&con-
vint enfin avec eux d’un autre accord par l’entremile d’Aldebert évêque de
Mende. Les vicomtes jurèrent de l’obferver avec leurs chevaliers & vajfaux ,
giMf , 8c l’enfraignirent prelque aulfi-tôt. Guillaume B comte d’Auvergne fe mêla
Ufiduru/.'" al°rs les accor<Jcr > mais ne pouvant fe promettre d’établir parmi eux une
GM.chr.nov. paix durable, il fe contenta de les faire convenir en 1 1 54. d’une trêve de
td.ii.i-f. 70;. fCpC ans> qUC / e vicomte Pons , 8c plufieurs de fes chevaliers, firent ierment
de garder, avec promeffe de ne plus exiger pendant ce tcms.là aucun peage
fur les grands chemins, 8c de rétablir le château de S. Paulhan qu’il avoic
détruit. Ce feigneur peu fidclle à ce nouveau traité, le viola prelque auffi-
hB.iinx.itiJ. tôt , ce qui engagea les abbez b de la Chaife-Dieu ScdeMauzacà faire une
nouvelle tentative pour pacifier le pais. Ils moyennerent entre l’évêque Scies
vicomtes un nouvel accord dont nous ignorons les conditions , mais nous ne
doutons pas que ce ne foit le même dont parle Aldcbert évêque de Mende
iDwh.to. 4. dans une lettre* qu’il écrivit au roi Louis le Jeune, 8c dans laquelle il mar-
-que à ce prince que l’évêque du Puy ayant excommunié le vicomte de Poli¬
gnac pour avoir continué de lever le péage fur les grands chemins, 8c de
vexer les paffans, ils étoient neanmoins convenus d’un traité, fuivant lequel
ils dévoient partager les émolumens du peage, 8c lui députer pour obtenir
la confirmation de ce traité. Aldcbert fit tous fes efforts pour détourner le
roi de l’accorder , 8c fe récria beaucoup dans fa lettre fur l’injuftice d’une con¬
vention , fuivant laquelle l’eglife du Puy devoit participer aux violences &
<tux vexations du vicomte.
Soit que le roi eût déféré aux plaintes de l’évêque de Mende , 8c refufe
cette confirmation, foit que les vicomtes de Polignac accoutumez à ces exa¬
ctions, euflent refufé de faire part à l’évêque du Puy des revenus du peage,
,f.ndut.ibid. il eft certain que leur divifion k recommença bientôt après ,8c qu’elle durcit
41rch.dc [cil.
Jh Phj.
c B.tluz. 1/ id.
GMLchr.to .5.
£ Bm luXt.ibid.
g llid.
Archiv de F e-
glife du Yuy.
Gall.chr^nov.
td.to. i.f.70/.
h B.ÜHZrr ibiJ.
i Du'h.to* 4.
f.b76.
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DE LANGUEDOC. Liv. XVI II:
495
encore lorfque le roi Louis le Jeune étant venu à Souvigni en 1162.* il les An.ii6i.'
manda pour prendre connoillànce de leur différend, 8c faire ceflèr par fon a v.to.uu
autorité la défolation dupais. Ce prince les fit convenir d’un accord fuivant
jequel i°. Le vicomte Armand & fes fils jurèrent de vivre en paix avec l’évê¬
que, 8c de ne plus éxiger à l’avenir des voyageurs aucun droic depaffage. 2 “.Ils
engagèrent pour la liireté de leur promelîé tout ce qu’ils tenoient en fief de
l’évêque julqu’à yop. marcs d’argent, 6c ayant accompagné enfuite le roi i
Vezelai , ils y ajoutèrent celle de 200. autres marcs. 30. ils /è fournirent à
perdre tous les domaines qu’ils pofledoient en fief de ce prince 8c de l’évêque
duPuy s’ils venoient à enfraindre cette paix, pour i’obfervation de laquelle
ils donnèrent des otages , 8c remirent, quelques châteaux tant au roi qu’à ce
prélat. Nonobftant une convention fi lolemnelle, les vicomtes y donnèrent
bientôt atteinte, 8c il fallut quelques années après que le roi vînt en per-
ionne dans le pais pour punir leurs nouvelles infractions , comme nous le
verrons dans la fuite.
Armand IV. vicomte de Polignac vivoit donc encore en 1162. Bernard prieur
de fainte Gemme fait mention de lui dans une relation b des miracles ope-
rez à la Chailê-Dieu au tombeau de S. Robert , qu’il écrivit en 1160. 8c dans
laquelle il attelle qu Armand alors vicomte de Polignac, ayant mis en prifon un
de [es chevaliers furnommé le Renard , ce dernier fut délivré miraculeulement
par l’intercelfion du faine. Ce vicomte mourut avant l’an nôy.dans un âge
avancé. Pons fon fils aîné, qui, comme on l’a déjà dit, prenoit le titre de
vicomte dès l’an 1 r ji. 8c exerçoit dès lors une pleine autorité, luifucceda.
Le pape Alexandre après fon entrevue à Souvigni avec le roi Louis le jeu- Lr.
ne, prit la route duBerri où il fit un affez long léjour. Il tint à Tours au t^"e|°fcs
mois de May de l’année fuivante un concile auquel Pons d’Arlâc archevêque M^udcmnc'
de Narbonne c, 8c la plupart des évêques de la province 6c des royaumes & l’abbaye de
de France ôc d’Angleterre fe trouvèrent. On décida dans ce concile d un diffè- c c»»«/.«.io.
rend qui étoit entre Jean evêque de Maguelonne 6c fon chapitre d’un côté,
6c l’abbaye deClunide l’autre , touchant le monaftere de faint Pierre de Sau- £.7*^7!*'^'
zet fitué auprès de Montpellier , 6c dépendant de cette abbaye. Le concile
défendit qu’il y eût plus de douze religieux dans ce monaftere 6c de l’ériger
en abbaye. Durant le féjour qu’Alcxandre III. fit à Tours, il écrivit* le 17.
de Juin à l’archevêque de Narbonne 6c aux évêques de CarcalTonne 6c d’EIne
pour les reprendre de la conduite qu’ils tenoient envers les religieux de la
Grade à qui ils faifoient acheter le faint Chrême.
Tandis que toute la France s’empreffoit à l’envi de donner à Alexandre LIr-
des marques de fa foumilfion , l’empereur Frédéric faifoit tous fes efforts Barceioae'Kr!
pour (outenir Viélor 6c pour lui chercher des protecteurs. Ce prince dans mmcia^ucrre
la vue d’engager Ray mond-Berenger IV. comte de Barcelone 6c prince d’ Ara- avede fccour*
gon , 6c le comte de Provence fon neveu à embraffer le parti de cet antipape , <!e Trcncmi ,
abandonna les intérêts des feicneurs de la maifon de Baux , à qui il avoit j' JV."
donne en 1155. la Provence en fief, 6c fit avec ces deux comtes a la fin f de &dufeigncur
l’an 1 1 6 1 . ou au commencement de l’année fuivante , un traicé par lequel d^°^tPfl|icr*
on convint g, i°. Que l’empereur en qualité de roi d’Arles , donneroit en
fief à Raymond-Berenger ÔC à fon neveu , le comté de Provence fitué entre la g M»rc.Mfr,
Durance , les Alpes , la Mer 6c le Rhône ,' comme il avoit été partagé avec
Alfonfe comte de T ouloufe -, ce qui en dépendoit à Avignon 6c ailleurs ■) la ville
d’Arles 8c les droits régaliens fur cette ville , excepté ce que l’archevêque
polTedoit depuis cent ans -, 6c enfin le comté de Forcalquier, dont les com¬
tes qui feroient déformais vaffaux de ces deux princes , ne tiendroient plus
leur domaine qu’en arriere.fief de l’empire z°. Que le comte de Provence
s'engageait à faire hommage 6c à prêter ferment de fidelité à l’empereur
pour tous ces domainesjôcàiui payer tous les ans à Arles le 2. de Février, quinze
marcs d’or de redevance , outre la fomme de douze mille morabatins d’or qu’il
lui donneroit avant la fête de Noël fuivante , celle de deux mille à l’impera-
trice , 8c celle de mille à la cour impériale. 30. Que le comte de Provence
rcconnoîtroit Victor pour pape légitimé , recevroit fes légats , 6c regar-
deroit comme ennemis, (c’écoit le pape Alexandre III.) 6c les adherans.
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,An,I I-éi.
a D ig*. tond¬
re Bircel.l.x.
cf. tfy.
d /*-5 8 8-
tin.
ïjn de Riy-
moni Béren¬
ger IV. comte
de Barcelone.
Il partageâtes
fils le domaine
qu'il avoir ou
prétende» a-
voir dans la
province,
e Di*i»ibid.
t-x iy
Geft. co mit.
Tfcrctn. apud
M*rc. Hijp.
H .*■&]“!■
f V.Diag.ibid.
g B oucht ?rCV'
494 HISTOIRE GENERALE
4°. Qu’il feroit permis à ce comte ainfi qu’à celui de Barcelone, après qu’ils
auroient reçu de l’empereur l’inveftiture des fiefs dont on vient de parler,
& qu’ils lui en auroient fait hommage &: prêté ferment de fidelité , d’intenter
contre Hugues de Baux Paélion de parjure & de faux hommage -, & que
foit qu’Hugues fe défendît ou qu’il fe fournît, l’empereur & fa cour lui feroient
jufticc. y0. Que fi le comte accufoit Hugues de trahifbn & de félonie , èc que,
ce feigneur refufât le duel contre un de fes pairs j ou fi l’ayant accepté il étoic
vaincu , l’empereur confifqueroit alors fon domaine, ôc ne le protegeroitplus,
non plus que fa mere & fes freres. 6°. Que les comtes de Barcelone & de Pro¬
vence fe rendroient le premier d’Août fuivant à la cour de l’empereur pour
exécuter entièrement ces articles, y0. Enfin que la dot de Richilde niece du
même empereur , & maintenant , dit-on , comtejfe de Provence , feroit en fureté.
Cette princefîè avoit donc époufé dcs-Iors Raymond-Berenger comte de
Provence, neveu du comte de Barcelone. Elle étoic veuve d’Alfonfe VII.
roi de CafHlIc , qu’elle avoit époufé en ii 53. &: qui étoit mort en 1157.
Comme ce prince fe qualifioic empereur, elle conferva le titre à.' impératrice
apres fon fécond mariage, fuivant l’ulage du fiecle.
Cette alliance, qui fut fuivie du traité dont nous venons de parler , lia
trcs-étroiccmcnc les comtes de Barcelone & de Provence avec l’empereur Fré¬
déric, & fut très-prejudiciable aux feigneurs de Baux. Les deux comtes les
attaquèrent bientôt après & affiegerent le château de ce nom. Le comte de
Barcelone 1 étoit occupé à cette expédition au mois de Février de l’an iiôi.ou
de l’an 1161. fuivant notre maniéré de compter , comme il paroît par une
obligation qu’il pafl'a alors durant le ficge de Baux , en prefcnce du vicomte Ray-
ynond-Trencavcl , d’Ermengarde vicomtelTe de Narbonne, de Guillaume de
Montpellier ,& de plufieurs prélats &. feigneurs Catalans. Les trois premiers
avoienc donc renouvcllé leur ligue avec ce prince dès le commencement de
l’an 1 1 62. & l’avoient été joindre en Provence à la tête de leurs troupes ; ce
qu’on peut inferer encore d’un accord b pâlie le dernier du mois de Janvier
de la même année, par l’ cnircmifc du comte de Barcelone & de fa cour , entre le
vicomte Raymond-Trencavel , & la vicomtefTe Ermengarde , au fujet de quel,
ques ufages que cette derniere éxigeoit fur les vaffaux de l’autre. Trencavel
étoit de retour à Carcafîbnne au mois d’Août delà même année , comme on
voit par le ferment c de fidelité que les chevaliers du château de Montreal,
fitué dans le voifinage de cette ville, lui -prêtèrent alors , & à Roger fon fils. Il
reçût auili vers le même tems le ferment d de fidelité des feigneurs de Saiflàc.
Le comte de Barcelone, foutenu de l’autorité de l’empereur, & du fecours
de fes alliez, fe rendit maître aifément du château de Baux, & attaqua en-
fuite celui de Trinquetaille auprès d’Arles, qui fe défendit plus long-tems,
mais qu’il prit enfin & qu’il rafà. Il s’embarqua quelque tems après avec le
comte de Provence fon neveu pour fe rendre à Genes , & enfuite à Turin,
où l’empereur étoit alors, pour conclure avec ce prince le traicé dont ils étoient
convenus. Il fut à peine arrivé au bourg de S.Dalmacc auprès de Genes,
qu’il fut attaqué d’une violente maladie dont il mourut le 6. d’Août de l’an
1162. Il difpofae verbalement deux jours avant fa mort de fes états en faveur
de fes fils , qu’il laifla avec fa fille , fous la tutelle de la reine Pétronille fa
femme, & fous la protection d’Henri II. roi d’Angleterre. Il donna à fon fils
aîné , qu’on avoit d’abord appelle * Raymond , & qui prit enfuite le nom
d’Alfonfè par le confeil delà reine là mere , le royaume d’Aragon qu’il avoit
uni à fon domaine par fon mariage avec cette princellè, & le comté de Barce¬
lone. Il légua à Pierre fon fécond fils, i°.Le comté de Cerdagne , êctoutle
domaine des anciens comtes de ce nom , ce qui comprenoit le Capcir & le
Donazan. 20. Le comté de Carcatfonne avec fes dépendances, & tout ce que
le vicomte Raymond-Trencavel tenoit de lui. 3°. Le droit qu’il avoit fur la
ville de Narbonne, avec le fief qu’Ermengarde vicomtelTe de cette ville tenoit
de lui , à condition que Pierre tiendroit lui-même en fief ces domaines de fon
aîné, & qu’il n’en jouiroit qu’après qu’il feroie chevalier. Nous verrons dans la
fuite que ce fécond fils du comte de Barcelone changea de nom à l’exemple de
fon frere aîné, & qu’il prit celui de Raymond-Berenger. Quelques g auteurs
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t Kfàrr. Nifc
p.49T**27- &
que mourut ce comte, j$fm
d Uarr»riifp»
ibld.
c V.Gullt. NM-
iriglxxAO*
DE LANGUEDOC. Liv. XVI II» 4^
Prétendent que le comte deBarcelone donna le Roullillon à Sanche fon troifiéme
fils j mais outre que ce comté ne fut uni au domaine des comtes de Barce¬
lone que long-tems après , nous ne voyons pas que Sanche ait eu d’abord
aucune part * à la fuccclfion de fon pere , qui le contenta de le fubftituer à
fes deux aînez. Ce prince donna enfin à la reine b Pctronille fa femme , le
comté de Bezalu , d’où dépendoit celui de Fenouilledes en deçà des Pyré¬
nées. Cette princelîè jouit de ces deux comtez jufqu’à là mort arrivée en
11-73. ils furent alors réunis au domaine des comtes de Barcelone 6e rois
d’Aragon. Raymond-Berenger IV. demanda d’être inhumé dans l'abbaye de
Riupoll en Catalogne , où ilavoit choili fa fépulture c : il y fut porté après
fa mort, 6e mis dans un cercueil d’argent. C’elt ainli c
l’un des plus grands princes de fon tems.
Suivant l’éloge d que font de lui les anciens hiltoriens , il fe rendit recorii-
mandablc par les qualitez du corps 6e de l’elprit , par là pieté , les vertus
militaires , la douceur 6e la fagellè de fon gouvernement , fa probité , fa
capacité dans les affaires , la magnificence de facour 6e fur tout par là modeftie.
Quoi qu’il pofiedàt le royaume d’Aragon c, dit un de ces hiltoriens ,6e qu’il piit
par conlcquent prendre le titre de roi, il s’en a b (tint cependant , 6e fe con¬
tenta de celui de prince 6e de ?nurquis d' Aragon -, 6e quand fes courtilans le
prelfoient de fe revêtir de la pourpre , 6e de le faire couronner folemnelle-
ment , puifqu’il polî'edoit un royaume, il leur répondoit » qu’il ne le feroit«
pas , que tous les ancêtres n’avoient pollèdé que la dignité de comte, qu’il «
etoit fils de comte, 6e que comme il n’étoit pas meilleur que fes peres , il«
ne vouloir pas être plus honoré qu’ils ne l’avoient été. Il ajoûtoit qu’il re~«
fufoit d’un coté le nom de roi 6c la dignité royale , afin que fa naillànce«
ne parût pas inferieure à fa fortune -, mais que de l’autre il ne rejettoit pas«
la grandeur ôc la puilïànce royale fous le fimple titre de comte , afin que«
la fortune fécondât la naillànce. Enfin, difoit-il, fi jeprenois le titre de roi, «
je ferois obligé de ceder aux autres rois, foit pour la gloire, foit pour les«
richcfies 5 mais polfedant un royaume avec l’autorité royale , aucun comte «
du monde ne peut s’égaler à moi. C’elt pourquoi j’aime mieux êtrelepre-»
mier des comtes , que de n’être pas même le lepriéme des rois. C’eft ainfi, «
dit un ancien 1 qui rapporte ces paroles, que cet homme admirable fe met- «
tant en quelque forte au-deilus de la royauté par l’élévation de fes fenti-«
mens, railloit avec fes amis lorfqu’ils vouloient l’engager à en prendre les «
marques. Il ne voulut pas même qu’on lui donnât la qualité de duc , mais«
feulement celle de comte de Barcelone , quoiqu’il polfedat avec le royaume «
d’Aragon , le duché de Provence , c’efl-à-dire le pais ainfi nommé, qui«
s’étend depuis le Rhône jufqu’aux confins de l’Italie. «
Raymond-Berenger palîà prefque toute fa vie dans l’exercice des armes ,
ce qui lui acquit une très-grande réputation de valeur. Il fit entr’autres
une guerre implacable aux Sarafins fes voifins , recula leurs frontières, 6c
leur enleva diverfes places qu’il unit à fon comté de Barcelone , connu
dans la fuite fous le nom de principauté de Catalogne. Dans ledefTeingoù
il étoit de faire toujours la guerre à ces infidelles , il établit en 1143. dans
une allèmblée folemnelle , à laquelle fe trouvèrent Bernard comte de Com.
minges , 6 c Pierre comte de Bigorre , un ordre militaire fous la dépendance des
Templiers. Il fut le protecteur de toutes les églifes de fes états, 6c renonça Ma
même année 1143. à la dépouille des évêques de Barcelone dont fes préde-
cefieurs étoient dans l’ufage de s’emparer après leur mort. Il étendit cette
conceffion en n jo. à toutes les églifes de la Marche d’Efpagne.
On voit par la difpofition que ce prince fit de fes états , qu’il dominoit ,
ou qu’il prétendoit dominer fur une grande partie de la province , êc qu’il met.
toit entr 'autres le vicomte Raymond-Trencavel ,6c Ermengarde vicomtelle de
Narbonne , au nombre de fës vaflàux. On a parlé ailleurs des motifs qui
engagèrent cette vicomtelle à fe foumettre à la fuzeraineté du comte deBar¬
celone ; mais il ne paroît pas qu’elle ou fes fucceflèurs ayent reconnu dans la
fuite les de cendans de ce prince pour leurs fuzerains. Quant à Trencavel , il
s’étoit déclaré vaflàl de Raymond-Berenger pour les comtez de Carcaflonne
An. 11 6 à*
a Diâg.c. 17 J 1
ibid.
b Drag.il/id-.
iliil
g Marc. üifp*
p.Aît. M91-&
J'ï- . ,
aianri.
1143.12*1) •
h Marc tiifp.
p.
Diag.cofid. di
Earcel . L i.C.
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Àn.i i6z.
a B» lux..M»rc.
H-jP-p. fo*.
*34
b Mit. ti4.
nu.
c Ihid.p.ç 14.
ci Ib'd.
Tr. t0. J. 4#/7.
«171.
c Diaç.cond.dt
Bxrcel . /. 1. f.
174.
f Geft. comit .
B xrcm. ApiU
*Urc. Hijp.f*
JJO.
495 HISTOIRE GENERALE
fie de Râlez, fie le païs de Lauraguais donc il conlerva le domaine utile j ce
qui fut un nouveau fujet de querelle entre ce dernier fie le comte de Toulou.
le, qui avoit droit de fuzerainccé fur tous ces pais , fie qui le recouvra bientôt
après , ainiî que nous le verrons dans la fuite. Raymond-Bcrcnger avoit en¬
gagé aufli le comte de Foix à fc reconnoître pour fon vaflàl , mais nous ne
voyons pas qu'il dominât fur le pais de Foix dans le tems de fa mort : il n’en dit
rien du moins dans fon teftament. Enfin ce prince , outre le comte de Fe-
nouilledes, fie quelques pais voifins dont il étoit le maître, eut l’adminiftra-
.tion de la vicomté de Gevaudan, au nom du comte de Provence fon neveu
fie fon pupille , qui d’ailleurs avoit des prétentions lur le comté de Melgueil.
Tout cela joint à la liaifon intime que le comte de Barcelone eut foin d’enrre-
tenir avec les lèigneurs de Montpellier , lui donna un très-grand crédit dans
la province-
Raymond-Bcrenger IV. auroit vécu long-tems après l’an ï 161. fi on de.'
voit s’arrêter à la taufle époque qu’un moderne * a donnée à deux accords
faits entre ce prince fie le leigneur de Moncade , fie que cet auteur rapporte
mal-à-propos à l’an 1165. fous prétexte que ces ades font datez de U
année du rc<zne de Louis Le Jeune. Mais il n’a pas fait attention que
Raymond-Bcrenger étant mort certainement au mois d’Aoüt de l’an 1161. il
ne peut avoir tranfigé en 1 1 6 5. Il faut donc compter les années du régné de
Louis dans la date de ces chartes , depuis qu’il fut affocié au trône par le
roi Louis le Gros fon pereen n 31. fie les rapporter à l’an 11 5 8. Elles prouvent
que les comtes de Barcelone reconnoilloienc encore alors la fouverainecé de
nos rois , dont ils ctoient feudataires, comme les autres grands valTaux de
la couronne. Il cfi: vrai que depuis qu’ils eurent uni le royaume d’Aragon à
leur domaine, ils négligèrent fouvent de faire mention du regne de nos rois
dans la date de leurs chartes , fi c qu’enfin ils difcontinucrent entièrement cet
ancien ufage. Nous voyons cependant par divers monumens b que les peuples
de Catalogne le confervcrent julqu’en 1180. qu’on l’abolit dans un concile
de Tarragonne , ce qu’on ne pouvoit faire au préjudice des droits légitimés
de nos rois. Aulîi malgré le decret qui fut fait alors à ce fujet, nous avons
des aclcs pofterieurs c où on fait mention du regne des rois de France , qui par
conféqucnt étoient reconnus pour fouverains du païs. On en trouve même
quelques-uns A d’Alfonfe roi d’Aragon fi c comte de Barcelone, fils de Ray.
mond-Berenger IV. mais les fuccefleurs de ce roi ceflerent abfolument de don-
ner cette legere marque de dépendance, julques à Jacques II. roi d’Aragon,
qui fit en 1158. un traité avec le roi faint Louis, touchant la fouverainecé
que ce dernier prince avoit fur la Catalogne.
Après la mort du comte de Barcelone au bourg de S.Dalmace, Raymond-
Bcrenger comte de Provence fon neveu, continua fa route vers Turin, où il
rencontra l'empereur Frédéric qui l’y ateendoit , fi c qui , fuivant leur traité
precedent , lui donna en fief, par un acle ' folemnel daté du 18. d’Août de
l’an 1161. le comté de Provence comme il avoit été limité par le partage réglé
entre le comte de Barcelone fon ayeul, fie Alfonfe-Jourdain comte de Tou-
loufe, le comté de Forcalquier, & les autres domaines énoncez dans le même
traité. Hugues de Baux qui s’étoit rendu de fon côté à la cour impériale pour
foûrenir fes prétentions lur la Provence en fut débouté , 6c les deux diplô¬
mes favorables qu’il avoit obtenus là-deflus , l’un de l’empereur Conrad on¬
cle de Frédéric, fie l’autre de Frédéric lui-même , furent caliez par cedernier}
enforte que le comte Raymond-Berenger demeura feul maître de la partie de
la Provence fituce entre le Rhône, la Durance, les Alpes fie la Mer, fans
qu’il pareille que les feigneurs de Baux ayent infifté davantage dans la fuite
pour leurs droits. Ilparok au contraire qu’ils vécurent depuis en bonne intel¬
ligence avec les comtes de Provence de la maifon de Barcelone, fie qu’ils les
reconnurent pour leurs fuzerains dans les terres qu’ils pollèdoient dans cette
portion du païs. Ils furent aulîi vallaux des comtes de Touloufe pour les autres
terres qu’ils avoient à la droite de la Durance.
Le comte de Provence fe rendit enfuite en Catalogne où il fit un féjour f de
deux ans pour veiller à l’éducation fie aux interets des princes fes coufins ,
conjointement
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DE LANGUEDOC. Liv. XVIII.
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conjointement avec la reine Pétronille leur mere , avec laquelle il partagea le An.i i 6u
gouvernement des états du jeune Alfonfe roi d’Aragon pendant la minorité VH„- u
de ce prince, qui n’avôit alors que dix ans3 , ôc qui lut le II. de Ton nom. >f'
Cette reine conclut b d’abord une trêve de treize ans avec le roi de Navarre, bD'*2f**rf-*
ôcfit un traité d’alliance le 27. de Septembre de l’an 1161. avec Sanche roi de
Caftille. Elle convoqua le n. du mois d’Odobre fuivant les états generaux
d’Aragon & de Catalogne à Huefca -f ôc fit autorifer par cette aflemblee, à la¬
quelle Guillaume VII. lèigneur de Montpellier fe trouva, le partage que le
comte de Barcelone Ton mari avoir lait de fes états entre Tes fils : elle prit
enfuite l’adminiftration jle l’Aragon où elle établit là réfidence , ôc laillà le
gouvernement de la Catal ogne 6c des autres domaines de la maifon de Barce¬
lone .au comte de Provence.
On a vu que lorfque Raymond-Berenger IV. comte de Barcelone mourut Hc^‘froj
au mois d’Août de l’an 1161. il regardoic Henri II. roi d’Angleterre comme ^Angleterre
Ion allié , puifqu’il mit les enfans fous la prote&ion de ce prince. Cela nous “H“'v™e,e
donne lieu de croire que leur ligue contre le comte de Touloufe duroit toû. comte deTo«-
jours. Il paroît en effet que Henri menaça Touloufe la même année d’un nou- i°uic. Rupture
veau fiege : c’eft ce qu’on peut inférer i°. du témoignage d’un hiftorien du
temsc, qui nous apprend que ce roi après l’entrevue qu’il eut à Couci fur
Loire avec le pape Alexandre III. ÔC le roi Louis le Jeune, vers le commen- f-7iu
cernent de Septembre de l’an n6i. demeura en Aquitaine ôc en Gafcognepour
relier les affaires de ces provinces , jufquesà l’Avent, qu’il retourna en Nor¬
mandie. 2°. d’une lettre J que les habitans de Touloufe écrivirent au roi Louis dDuch.to. 4.
le Jeune en ces termes:
» Le commun confeil de la ville ôc du fauxbourg de Touloufe , à Louis a
par la grâce de Dieu leur magnifique 6c très-cher feigneur , l’efprit de confeil «
& de force. «
Que votre Altelle ne foit pas furprife , très-cher feigneur, fi nous vous «
écrivons fouvent. Après Dieu nous avons recours à vous, comme à notre «
bon feigneur , notre défenfeür ôc notre libérateur , lorfque nous fommes «
menacez de quelque chofe de finiftre -, ayant une entière confiance en votre «
bienveillance. Vous nous avez mandé par vos lettres, de vous informer «
de tout ce qui fe pafîeroit ici d’intereflànt : nous avons appris par nos amis que «
le roi d’Angleterre fe prépare cette année à nous faire la guerre. Vous pou- «
vez en être inftruit plutôt que nous , à caufe que vous êtes voifin de ce prin-«
ce1, & nous le faire fçavoir pour n’être pas opprimés par fes hoftilités. Toute «
notre efperanceeft dans votre protection. Le fbuvenir des promefîès que vous «
nous avez faites nous rafTure,ôcnous caufe une joie extrême.Nous rendons gra- «
ces à Dieu ôc à vous, de ce que nous pofledons votre feeur notre dame. Adieu. «
LeSeigneur tout-puifiànt conferve long-rems & votre perfonne ôc votre royau-«
me. «Ileft évident que cette lettre eft pofterieure à l’expedition qu’Henri IL
roi d’Angleterre entreprit en 1159. contre Touloufe, puifque les habitans de
cette ville appellent le roi Louis le Jeune leur défenfeür & leur libérateur , ôc que
ce roi les délivra en effet alors par fà prefence des entreprifes d’Henri. Or
ce dernier demeura en Angleterre en 1163. e ôc 1 164. & ne fit alors la guerre e u*m
que par fes lieurenans au comte de Touloufe , ainfi que nous le1 verrons bien- C0TI,n',hU-
tôt : il aura donc menacé de marcher lui-même contre les Touloufains
en n6z.
Louis le Jeune répondit à cette lettre, comme on voit par une autre f que les touthMi .
habitans deTouIoufe lui écrivirent, ôc dans laquelle ils le remercient de les avoir
confolez au milieu des travaux & des périls éminens dont ils étoient menace jç.
» Nous prions votre Alteflè, ajoutent-ils, de vous fouvenir toujours de nous, «
de protéger notre feigneur le comte , la fercniljime reine notre dame votre fœur,«
& nous qui vous appartenons, ôc de nous confeiller fuivant nos befoins. «
Enfin il paroît g par une lettre que le comte de Touloufe écrivit au roi vers g Dml.au.
la fin de l'année 1 i6z. ou au commencement delà fùivante, qu’il étoit con-
venu depuis peu d’une trêve avec le roi d’Angleterre, ôc de reconnoître par
provifion ce prince pour fon fuzerain. Cette lettre eft conçue en ces termes:
A Louis par la grâce de Dieu magnifique roi des François , fon feigneur «
T ome II. Rrr
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A-h.i i6i.
1163.
q GalLckr.nov.
ed. to. i . injlr .
p.^.col.t.
*Litigance.
LV.
Paix entre
Raymond
comte de Toti-
loufc & Trea-
«îvcl.
b Prf-i9}-&
J'n-
498 HISTOIRE GENERALE
» très-cher 8c très-excellent pardeffus tous les autres , Raymond , par la tnèmt
•"grâce, duc de Narbonne, comte de Touloufe, marquis de Provence : le
» falut par celui qui le donne aux rois.
« Seigneur , nous avons vu vos lettres & entendu leur teneur. Nous nous
« fommes rendus à Caftel-Sarafin au jour marqué , 8c nous y avons eu une
«conférence avec un grand nombre des plus fiages Anglois , au fujet delà
« trêve dont on étoit déjà convenu : mais ils n’en ont fait aucun cas , ü
>» moins qu'on n’y comprit nommément Trcncavcl , & le roi i' Aragon fils du comte
» de Barcelone. Le premier eft notre vaflal , 8c le roi d’Angleterre n’a aucun
«droit fur lui, pour nous obliger à le comprendre dans la trêve, ou pour
«la rompre à caufe de lui. Nous lui avons toujours fait la guerre, fans que
«perlonne nous en ait empêché , 8c il n’a pas été compris dans les trêves
«precedentes , non plus que le comte de Barcelone. Cependant voulant fatisfaire
«en quelque forte au defir des Anglois, nous leur avons dit* de vous dépêcher
« un envoyé qui iroit à la cour avec le nôtre , ce qu’ils ont négligé de faire.
« Pour nous , craignant de tranfgrelTer vos ordres , nous ne romprons pas la
«trêve prefente , jufqu’à ce que vous nous ayez déclaré votre volonté, ne
«dépendant entièrement que de vous. C’eft en vous , après Dieu, que nous
«mettons toute notre confiance, 8c nous agirons toujours conformément à
«vosdefirs. Du refte nous ne croyons pas, magnifique feigneur, que votre
« royale majefté ignore que fi nous venons à perdre notre domaine qui eft
« en vos mains ,ce ne fera pas le nôtre que nous perdrons , mais le vôtre 5 car
«je fuis proprement à vous, 8c tout ce que j’ai vous appartient. Nous fup-
« plions donc inftamment votre clcmence , de ne pas nous lailfer , s’il lui plaît,
« long-tems déshéritez. Adieu.
Il eit aifé de voir que cette lettre , qui eft fans date , appartient à l’époque
que nous avons déjà fixée , 8c de déterminer les circonftanccs qui y donnèrent
occafion. D’un côté elle eft pofterieure à la mort du comte de Barcelone dé¬
cédé au mois d’Août de l’an 1 161. de l’autre elle eft anterieure à la paix
que le comte Raymond conclut avec Trencâvel au mois de Juin de l’an
1163. 8c dont nous parlerons bientôt. Il s’enfuit qu’elle fut écrite vers la fin
de l’an 1162. ou au commencement de l’année fui vante. Nous apprenons
par là , i°. Que depuis l’an 1x59. que Henri II. roi d’Angleterre aflîcgea
Touloufe, il y eut divers traitez de trêve conclus entre ce prince 8c le comte
de Touloufe jufqu’à la mort du comte de Barcelone, lequel n’y fut pas com¬
pris. z°.Que le roi d’Angleterre 8c le comte de Touloule convinrent d’une
nouvelle trêve en 1 1 6 2. 8c que le dernier s’aftembla quelque teins après avec
les miniftresde l’autre pour la confirmer , mais que ce fut fansfuccès : aulfi
voyons-nous que la guerre ou la divifion entre ces deux princes continuoit en¬
core en 1163. 8c même au commencement de l’année fuivantc, félon la date
d’une charte a de l’abbaye de S. Marcel enQuerci , pais du domaine du comte
deTouloufe. Fait l’an 116j.de l’incarnation, eft.il dit dans cette date, lefeptième
jour de la lune , au mois de Janvier , Raymond de S. Gilles étant en différend* avec
Henri roi d‘ Angleterre.
Le vicomte Raymond Trencâvel étoit donc encore en guerre avec Ray¬
mond V. comte deTouloufe au commencement de l’an 1163. mais il fe ré¬
concilia enfin entièrement avec ce prince, après une longue inimitié ,au mois
de Juin de la même année ; 8c à ce qu’il paroît par ordre 8c en confideration
du roi Louis le Jeune , comme nous le verrons plus bas. La paix fut con¬
clue b dans l’éghfe d’Olmes , lieu fitué fur les frontières du diocèfe de Mi-
repoix 8c du comté de Foix. Lecomte Raymond promit d’abord par ferment à
ce vicomte le famedi 8. du même mois, de n’actcnter ni à fa perlonne, ni aux
domaines qu’il pofledoit actuellement , ni à ceux qu’il acquerront dans la
fuite avec Ion confeil , 8c enfin de l’aider envers tous, excepté contre Bernard -
Aton neveu du meme Trencâvel , 8c fes propres vaflaux dont il promit de lui
faire juftice. Le lendemain le comte, du confeil de fes vaffaux , & de ceux de
Trencâvel , s’obligea à rendre à ce dernier la fournie de trois mille marcs
d'argent qu’il lui avoit fait payer pour fa rançon , lorfqu’il le tenoit prifonnier
àTouloufe,8c lui donna pour cela en engagement le château de Lunas au diocèfe
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DE LANGUEDOC. L iv. XVI II.
499
de Beziers, & fes dépendances pour mille marcs } ôc pour les deux Autres An. 1163.
mille marcs d'argent fin. i“. Le château vieux d’Albi, avec les lieux de Tar-
fa c, Abirac & Mar lac , &: les autres dépendances, à la referve des châteaux
de S. Marcel ôc de Ccltiirols. a°.Les droits ôc le domaine qu’il avoit dans la
ville ôc les fauxbourgs d’Albi, excepté la paix , c’clt-d-dire le droit de commun
de paix, ou la pezade, qu’il fe re/èrva.Le comte (lipula exprcll'cment que Trcn-
cavel jouiroit de cous ces d ornâmes en engagement , Ôc que la jouillance ne fe -
roir pas imputée fur le capital. 11 s’obligea en même rems en faveur du vi¬
comte ôc de Ton fils Roger d’accorder 40. jours à leurs vallhuxdu Touloufain
& de l’Albigeois qui enfraindroient cette paix , pour leur donner le tems de
réparer le dommage. Nous n’avons pas le ferment que Trencavel a prêta * v.Durf»to.\.
alors à Ton tour au comte de Touloufie 5 mais nous ne doutons pas qu’une des f
principales conditions de la paix ne hit qu’il reconnoîtroit tenir tous fes do.
maincs de ce prince , ainfi que fes prcdccelîèurs l’a voient fait, ôc qu’il n’ait
renoncé à l’hommage & au ièrmcnt de fidélité qu’il avoit fait au comte de bpr;n4.
Barcelone , comme la fuite nous le fera voir. Bernard b évoque de Touloufe,
Guillaume évêque d’Albi, Roger-Bernard comte de Foix, Hugues comte de
Rodez, Guillaume feigneur de Montpellier , Frmengardc vicomtcfle de Nar¬
bonne , Bermond d’Ulez , Hugues de Baux , Guillaume de Sabran, Raymond
deTermes, Pierre de Minerve, ôcc. furent prefens à ce traité -, d’où nous pren¬
drons occafion d’ajouter ici quelques réflexions au fujet de plulicurs d’en .
tr’eux.
Bernard évêque de Touloufe avoit fuccedé depuis peu à Raymond, qui fon. lvi.
da ;cn 1 1 59. à Merenx dans le comté de Foix , un monaftere de flics de
l’ordre de Citeaux , fous la dépendance de l’abbaye deBolbonne, à laquelle gccBaturd
ce monaftere fut uni dans le XV, fiecle. Raymond mourut le 1 y. de Mars de ™‘jVc
l’an né 3. Bernard fon fuccelfeur d prenoit le furnom de Bonhomme r. Il avoit fa filfa
été auparavant prévôt de la cathédrale, dignité qu’iJ conferva avec l’évêché, c nrrh.jti'abi.
Gcraud de la Bartlie archidiacre de iVglife d’Auch lui avoit déjà hiccede dès j uAchrijh
l’an 1x64. 1 Celui-ci pailà à l’archevêché d’Auch en 1170. après avoir fignalé /■■«»•
fa libéralité envers le chapitre de Touloufe, dont il fit revenir les biens aliénez,
& auquel il donnd entr’autresle cens annuel que les Juifs de la ville dévoient Gr.i.chr.
lui Payer- “tir+tn.
Il paroît que Roger-Bernard comte de Foix , fut plus occupé du gouverne¬
ment de fon domaine, que des exercices militaires. Les feigneursi de Dun lui gf-jn.
donneront en 1161. tout ce qu’ils avoient dans le Touloufain , ÔC il le leur
rendit en fief. Il maria b au mois de Décembre de la même annee, du con- h
lentement de Cecile de Beziers fa femme , une de fes filles, dont il 11e marque
pas le nom, avec Guillaume-Arnaud de Marquefave , auquel il en promit une
autre, fi celle-là venoità déceder. L’a&e futpalTé en prefence de Deodat de
Girbert frere maître de la milite du Temple de la mai fon de Touloufe , ÔC de
plufieurs gentilshommes du pais. Roger- Bernard donna des marques de la
pieté par la cclfion qu’il fit * au mois de Mars fuivant de la forterelîe de faint ?'s 9 u ^
Félix , en faveur du monaftere de faint Antonin de Pamiers ,&par une dona- 1 r au.
tion k qu’il fit au mois de Décembre fuivant à l’abbaye de Bolbonne. Il Eri^JJ‘[c {e
donna en fief en 1165. avec fon fils Roger la tour de Sa verdun. vico'imciicde
11 y a lieu de croire qu’Ermenzarde vicomtclîe de Narbonne, qui julqu’alors Narbonne ie
avoit ete étroitement lice avec le comte de Barcelone fon coufin germain , le comte <jc
qu’elle avoir reconnu pour fon feigneur au préjudice des droits du comte de rouiouiê.
Touloufe , fe réconcilia avec ce dernier en même tems que TrencaveJ. ^‘Ju"^uGdc^'
Elle fit du bien à diverfes églilès de fon domaine, & donna 1 au mois de berc Mijiit
Juillet de l’an 1 1 yi. à l’abbaye de Grandfelve , douze charges de fel tous les
ans à prendre dans fes falines de Narbonne. Elle confirma le 4. d’Octobre de $.|e«tfc feru^
l’an 116 3. l’abbaye de Quarante dans la pofteffion de la moitié du château de [j|cmn,"isde
Coemeraco , en prefence d’Arnaud de Montclcot maître delà milice, de G ru- vicomreTde
celm i Afidan maître de /’ Hôpital de fem filent , de Pierre vicomte de Minerve, Mmcrïc-
Pierre-Raymond de Narbonne viguier, Guillaume deDurban , Guillaume de *
Peiteus , &c. Enfin elle fit une donation ® le 13. de Décembre de la meme tM.
Tome II. Rrr ij
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y 00
HISTOIRE GENERALE
AK.1163. année au monaftere de faince Eugénie dans le diocèfe de Narbonne, qui a été
uni dans la l'uite à celui de Fontfroide.
Gaucelin d’Afillan dont nous venons de parler , ainli nommé d’un châ¬
teau de meme nom fitué dans le diocèfe de Narbonne , eft le même que
Gaucelin qui fe qualifie dans un autre a&e pallé au mois de Décembre de
•*+179. pan n6i. prieur » de l Hôpital de JerufalemiùnCi nous ne doutons pas qu’on ne
b hôte iv. doive le mettre b au rang des grands maîtres des Hofpitaliers , malgré le
filence des hiftoriens de l’ordre de Malte. Il étoit venu fans doute alors ea
Occident, foit pour les affaires de fon ordre , foit pour celles de laTerre-fainte.
On vient de voir qu’Arnaud de Montefcot maître de la milice , c’eft-à-dire
de l’ordre des Templiers, s’étoit joint à lui. Gaucelin eut pour fucccffeur dans
la maîtrife des Holpitaliers , Gilbert Affalit , né aufli d’une famille noble de
Md. Languedoc6 , lequel fut élu vers l’an 1 1 67. & fit démiflion de (a dignité deux
«NO Tiiiid.
irr.p.éoj.
f par l’acte
hï
Lvrrr.
Seigneurs
Termes. Di¬
vers plaids te¬
nus par Tien
ans après.
Pierre vicomte de Minerve, poffedoic une portion de cette vicomté depuis
l’an 1146. Il vivoit encore d en 1 166. qu’il fonda avec fon fils Berengerun
anniverfaire dans l’abbaye de Salvanez en Rouergue , à laquelle ii donna
divers biens fituez dans ce pais. L’autre portion de la même vicomté étoit
dans une autre branche, dont le chef , qui s’appelloit Guillaume, fe qualifioic
auff vicomte de Minerve. Ce dernier fit une r^fticution au mois de Janvier
de l’an 1 1 y y. à l’abbaye deQuarame,en prefence de Guillaume d’01onfac&
de Guillaume d’Afillan , de concert avec Ermengarde la femme , dont il eut
quatre fils ; Ravoir, Guillaume, Pierre, Pons 8c Bernard , comme il paroîc
: qu’il donna 1 de concert avec eux 8c leur mere , le Jeudi 4. de Fé¬
vrier de l’an 1164. c’eft-à-dire de l’an 1 16 y. en faveur de l’égliie de S. Etienne
de Minerve, entre les mains de Pons archevêque de Narbonne.
Enfin Raymond de Termes 8c Guillaume fon frere , firent hommage ? de ce
château , de même que de celui de Durfort , au vicomte Raymond Tren-
cavel 8c à Roger fon fils, en prefence d’Ermengarde vicomtefle de Narbonne,
kvcl'Év^ucs Pierre de Minerve , ôcc. par un acte daté de Carcaffonne au mois d’O&o-
de Citciiion- bre de l’an 1 1 6 3 . Ces deux freres, qui fe difent fils de Guillaume dans cet
“ R pr'M9(' acte , étoient alors en différend pour le partage du même château de Termesj
hp-)9à.&jej. le vicomte Raymond Trencavel h leur îèigneur fuzerain vuidaleur querelle,
par une fentence qu’il rendit à Carcaffonne au mois de Décembre de la même
année, affilé de Pons évêque de cette ville, de fes deux viguiers, Guillaume
de S. Félix 8c Pierre de Vilar , l’un du comté de Carcaflônne, 8c l’autre de celui
de Rafez , de trois gentilshommes fes vaffaux , 8c de deux jurifconfultes. Il
adjugea les deux tiers du château de Termes à Raymond 8cà Rixovendefem*
me de Bernard de Montefquieu , laquelle étoit , à ce qu’il paroîc, fœur du
même Raymond; 8c l’autre tiers à Guillaume. Quant à leurs autres domai¬
nes qui confilloicnt dans les châteaux de Durfort 8c de Carcaflônne, 8c le vil¬
lage d’ Arques , aujourd’hui baronie dont le feigneur a droit d’entrée aux états
delà province, il en adjugea la moitié à chacun. Ce jugement fut rendu en pre¬
fence d’Ermengarde vicomtefle de Narbonne , d’Udalger vicomte de Fe-
nouilledes, &de plufieurs feigneurs 8c gentilshommes dupais.
Raymond Trencavel tint un autre plaid ‘à Carcaffonne au mois de No¬
vembre delà même année , affidé de Pons évêque de cette ville, & à peu près
des mêmes affefleurs. 11 y terminales démêlez qui étoient entre Hugues d’Ef.
cafré 8c fes freres d’un coté, 8c Ilarn-Jourdain de Saiflac 6c fes parens de l’au¬
tre , au fujet des châteaux de Saiflac 8c de Montreal , dont les chevaliers pro¬
mirent par ferment de faire obferver ponctuellement l’accord qui fut arrêté
5S7-
1 Gtl.chr U.
» -P- 'Si-
m De vie. Car*
t*lr-7s-
Septembre de" l’an 1163. 8c paflee par
médiation de Raymond Trencavel, en prefence de Roger-Bernard comte
deFoix, d’Ermengarde vicomtefle de Narbonne , 8cc. Ce prélat avoir fuccedé
dès le mois d’Odobre de l’an 1 1 59. à Pons de Trefmals , (8c nonpasdeTre-
bés, comme on le prétend1) fon prédecefleur , mort œ le 10. de Février de la
même année.
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DE L A N G UE D O C. Liv. XVIII.
5oi
La promefîè que Raymond V. comte de Tou louis fit à Trencavel au mois de An i i 6j.
Juin de l’an i i 6 3 . & dans laquelle il excepte Bernard- si ton neveu de ce vicomte , Moïïdï Ber¬
nons fait comprendre que Bernard-Aton vicomte de Nifmes Sc d’Agde, frere a„d-Aion v.
deTrcncavel , ctoit alors decede } car il cil faux qu’il ne foie mort que le 24. de
Septembre de l’ail 1 1 66.ain.fi qu’un moderne a l’a avancé. Il donna en fief en gdc frire de
jij4. 6 le château de lierais à Elzear de Sauve, en prelênee d’Aldcbert èvê. ZndA-'oa^îï’
que deNifmes, &: de Raymond évêque d’CJfez , frere de ce prclat. U ht un tji/yotthf
échange la même annee avec Raymond de Vezenobre , & vivoic encoreuen mduiiucceJe.
il j<J. mais nous n’avons plus rien de lui après cette année. Il fut le V. vicomte
de Niâmes de Ton nom Sc de fa maifon , & ne iaifïà de Guillcmerte, fcc ur de bTréj.dtscharu
Guillaume Vif. feigneur de Montpellier, là femme, qu’un fils appelle Bernard-
Aton c comme lui, qui lui lùcccda dans les vicomtez deNifmes Se d’Agde, c /m./m »r.
& dont elle accoucha après là mort. C'cft ce que nous apprenons parle ferment
de fidelité * qa’Elzear de Sauve, étant aux Arènes deNifmes, prêta pour le ^ c. cilïfr/d.
château de Bernis , à la vicemtcffc G U: démette , femme de feu Bernard- Aton , tant
quelle poffederoit la fe.gncurie du château des Arènes , & à l' heritier quelle auroit 1 ‘
du même Bernard- A ton , dont elle ètoit grofse. Cet acte , qui fait voir que le châ¬
teau des Arènes éroit le chef-lieu delà vicomté de Nilines , n’ell pas daté :
mais il ne Içauroit être pofterieur à l’an 1159. puifqueGuiHemetteèroitalors
veuve de Bernard-Aton, comme il paroît par une donation g faite cette an- gb\7\.
née à Aybiline abbellc du monaftere de S. Sauveur de la Font de Nifmes, en
prefcnce d’Aldebert évêque de cette ville, & de Lt vicomtcffeGuillemette. Nous
voyons d’ailleurs parun grand nombre de titres h, que le jeune Bernard-Aton hT,éj.deichan.
vicomte de Nifmes ne fut majeur que vers l’an 1172. Sc que Guillemette là
mere eut jufqu’alors la tutelle de là perlônne Sc l’adminiflration de les domai- „ n.ft.&jtj.
nés, qu’elle parragea' , ce fêmbles avec Bermond de Vezenobre baile de «■♦30e.
Montpellier. * b *
Bernard-Aton qui fut le Vf. vicomre.de Nifmes de fon nom , naquit donc ip-tor-
pofthume vers l’an 1159. Il s’éleva quelques troubles dans cette vicomté du¬
rant fa minorité k c Pons de Vezenobre le révolta contre lui avec plulîeurs k r £of-
autres chevaliers , & contre la vicomceflè Guillemette là mere ; mais ils ren¬
trèrent bientôr après dans leur devoir. Il y eut vers le même teins unegran- J
de difpute 1 entre les chevaliers & les bourgeois de Ni hues, qui fut terminée par f'n‘
un accord en 1166. Elzear de Sauve, Sc Roftaing fon frere, m renouvelèrent m Tréfndu
leur ferment de fidélité à ce vicomte vers l’an 1168. pour le château de
Bernis.
Le comte Raymond avoit déjà pris le jeune Bernard-Aton fon vafJ al fous fa lc cômre
protection, Jorlqu’il conclut la paix avec Trencavel onde paternel de cevi. deToaiouii
comte. Nous avons en effet uil aâe de ferment 0 prêté à Raymond le ir. dejuin v^ôrotejr"*
de l’an 1163. par les chevaliers des Arènes , » qui lui promettent de vivre en « Nim.cs ,ous fa
paix avec lui, & de ne pas lui faire la guerre avec leur vicomte, depuis ce « P,0,iâ:0B- 11
♦ • r »> 1 • . • i. a , 7 „ .4 - wointt ni ma-
JOUr , jufqua ce que ce vicomte eut atteint J âge de quatorze ans ; Sc luppole» ru.cAibcric
qu’il s’élevât quelque guerre dans le pais, de l’aider à la défènlê de fon do-t« lon fi,sPu“’é.
maine depuis la riviere de Vidourle jufqu’au Rhône. 0 Le comte leur promit tienduDwl
de fon coté de les protéger , Sc leur donna fix de lès vafîàux , du nombre Sué Jom il
defquels étoient Guillaume de Sabran , Gcraud Amici , Sc Elzear d’UYèz, pulIct'
pour cautions de la promellè. Le comte de Totiloule reçut ce ferment à Nil- oiv./.f
mes . & a/Ggna 0 alors à Pierre Gérard chevalier des Arènes , le rembourlè- ,
ment de la fomme de j foo. fols Mclgoriens qu’il lui devoir, furie domaine de
S, Gilles , Sc lur Bermond d’CJlèz.
Ce prince apres avoir conclu la paix avec Trencavel , retourna du côté du
Rhône, & s’étant rendu àS.Gilles accorda le 1 .d’Aoùtde l’an x 1 63. P une exem-
ption de peage dans toutes fes terres à l’abbaye de Fontfroide. Il écrivit vers />«*.
le même tems au roi Louis le Jeune fon beau-frerc, pour lui rendre compte
de la paix qu’il avoir conclue avec le vicomte Raymond Trencavel. » Dès a
qu’un accord amiable nous a uni avec Trencavel , marque-t-jl au roi dans.«
cette lettre 1 , Sc qu’un ferment réciproque a rétabli parmi jious nnè paix » ‘J
cternelle , notre dehèin a été de prier votre Excellence en faveur des Ôta-c/7**’
|es de Montaigu * c’eft pourquoi je vous fupplie de les faire mettre en liberté, «
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Àn.12<?3*
I V NOTE l.
». t*
b Du'h. Bourg.
& yien.jf.n .
c NOIE ibid.
LXI.
Suites de la
paix entre le
cômte ic Tou¬
louse & Tren.
cavcl.
d Duc h. te. 4,
p.7ir.
zïbiJf.71%.
•1-
yot HISTOIRE GENERALE
« 6c d’exhorter Trencavel par vos lettres à une fidelité inviolable. Je ferai part
» en meme tenis à votre Alteffe de la promefTe de mariage que je viens de con-
« dure, après avoir prisitoutes les furetez neceffaircs , entre mon fils votre ne.
« veu, 5c la fille du comte Daufin } enforte que j’ai déjà cette princclîcen mon
» pouvoir , avec la plus grande partie de fon domaine. Comme mon aggrandif.
«fement rejaillit fur la gloire de votre régné, je prie votre Excellence d’ap.
« prouver ce mariage, de le protéger dans le befoin , foit par vos paroles,
«l'oit par vos actions, 6c d’écrire là-deffusà lacomteffe mere du Daufin, &aux
«principaux du pais. Quoique le comté du feu comte Daufin appartienne à la
«jurifdiélion de l’empereur, cela ne lailfepas d’accroître votre autorité , &de
«lui ouvrir une porte pour l’étendre. Dieu vous conferve pendant long-tems,
« mon feigneur 6c mon roi , afin que vous puifliez continuer de me protéger ,
« comme vous avez déjà commencé dans l’affaire du roi d’Angleterre.
On voit par cette lettre que Raymond V. comte de Touloufe promit en
mariage avers la fin de l’an 1163, Alberic Taillefer fon fils puîné, à Beatrix
fille 5cheritiere deGuigues IV. ouV. comte d’Albon,de Viennois & de Graifi.
vaudan , alors déjà décédé b, 6c qu’il s’alfura de la plus grande partie de fes
domaines, ce qui augmenta confiderablement fon pouvoir. Ce mariage s’ac.
complit en effet dans la fuite , mais non pas fi-tôt * car le fils du oomte de
Touloufe n’avoit alors que cinq à fix ans , 6c Beatrix n’étoitgueres plus* âgée.
Pendant leur minorité Raymond confia le gouvernement de DaufinéàAlfonfe
ïonfrere, qui eut àfoûtenir, contre Humbert comte de Savoye, une Ion.
gue guerre dont nous parlerons ailleurs.
Confiance femme de Raymond écrivit auffi au roi Louis lejeunefon frerepeu
detems après la paix de Trencavel. Voici les termes de fa lettre:
«A Louis * par la grâce de Dieu roi de France , fon refpecbable feigneur &
«très-cher frere , Confiance fa focur unique, comtcfle de Touloufe , duchef.
« fe de Narbonne , marquife de Provçnce , falut avec la félicité de l’une 2c de
« l’autre vie.
«Votre Alteflè fçaura que Trencavel fe comporte fidellement à l’égard de
«monfeigneur le comte & de vos neveux , 6c qu’il m’a prié très-inflamment
« de vous écrire pour obtenir la délivrance de fes otages j c’eft pourquoi je
« prie votre clemence , comme celui en qui je mets tout mon efpoir , d’ac-
« corder leur liberté à mes prières , & à la pieté de vos neveux. Je prends
« Dieu à témoin , que fi je connoiffois qu’il vous fût utile de garder encore
« ces prifonniers , je ne vous aurois jamais parlé de leur liberté. Si vous ju-
« gez à propos d’exaucer mapricre, écrivez à Trencavel d’être plus fidelle
«à l’avenir qu’il ne l’a été parlepalfé, à mon feigneur le comte 6c à vos ne-
« veux , ôc qu’il n’entreprenne plus aucune guerre contre eux. Enfin je vous
« prie de m’envoyer Frédéric chanoine de S. Viclor avec la permilîîon de ion
«abbé. Adieu. « Trencavel lui-ihême écrivit au roi vers le mêmetems,
en ces termes :
« A Louis c par la grâce de Dieu fuprême roi des François, fon ami & fon
« feigneur très-cher, Raymond Trencavel vicomte de Beziers , falut & obéif-
« fance dans un légitimé fcrvice. L’attachement 6c l’affe&ion que je crois que
«vous avez pour ma perfonne , me donnent la confiance de vous demander
« confeil 6c fecours dans mes befoins , 6c de vous faire part de mes plus im-
« portantes affaires. Ayant confideré ce que les membres doivent à leur chef,
« j’ai fait incclTamment la paix , pour l’amour de vous , avec le feigneur Ray-
« inond comte de Touloufe , 6c je lui ai rendu enfuite tous les fcrvices polli-
« blés , de même qud la dame reine. Comme je fuis enfin parvenu à cette
«union , je ne crains pas de vous prier d’ajouter foi ï ce que vous dira de
«ma part Pierre-Raymond, chevalier, que je vous envoyé , 6c que j’ai charge
« dé cette lettre. Je vous prie de lui donner des marques de votre amitié pour
» l’amour de moi.
‘ Toutes ces lettres nous font voir que Trencavel ne fit fa paix avec le comte de
Touloufe , qu’à .la priere 6c par l’autorité de Louis le Jeune } que ce roi durant
la négociation, obligea ce vicomte à donner des otages pour la fureté de fes pro-
meffes 5 que ce$ otages fe rendirent prifonniers au château de Montaigu en
J>tL -1 .-•••■
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DE L A N G U E'D O C. Liv.XVÎU jôj
'Albigeois, & que Louis différai leur rendre la liberté, jufqu’à céquela paix AN.Iiét;
écanc bien affermie, le comte & la comteflè de Toulouse s’employèrent pour
leur délivrance , & c’eft fans doute cette délivrance que Pierre-Raymond
alla négocier à la cour de la part du vicomte,
Ces mêmes lettres prouvent que le roi Louis le Jeune avoir acquis alors une tx».
trcs-erande autorité dans la province, 6c qu’il y encretenoitcorrefpondance. .A,uv«e^
Celt cequon voit encore par diverfes autres lettres * dont nous parlerons dans dcrsm-
dans peu, & parmi lesquelles il y en a quelques-unes de Bertrand de Saint P=rci,t dc Coà-
Cofine, abbédefaint Gilles, que ce prince honoroit des lïennes, 6c à qui il s.oiiio.Leu*
accorda b en 1163. un diplôme en faveur de fon monaftere.Cct abbé c écrivit »cgociation
entr’autres à Louis dans 'une occafion', en lui envoyant pour marque de fon ami- Louisk w
tiè *, diverfes fortes d’epicerîes du Levant. . & le comte dé
Ces marchandifes abordoient directement au port de S. Gilles fur le Rhône, J"ulou(c’
Vers l’embouchure de ce fleuve dans la Mediterranée, Les ambalîadcurs queMa- 1
nuel Comnene empereur de Conftantinople envoya en France en néz.dcbar- -"*•
_ 1 1 1 r _ _ _ » 1 .t / C DuchMdi
* k 1 Y d Duch.tb d.
rêcer , ôc Taurre continua ion chemin. Ils venoienc tant pour rendre ohéillance 6i^$u
de la part de leur maître au pape Alexandre III. que pour propofer quelques
affaires fecretes au roi ôc à Raymond comte de Touloufc , qui les fit
accompagner à la cour par les propres ambaffadeurs. Il paroît que les affaires
fecretes e qu’ils écoient chargez de négocier avec ces princes , regardoienfc • c v.BamM
une nouvelle expédition dans la Terre-Iainte , que Louis 6c Raymond réfolu-
renc en effet d’entreprendre. Le premier f fit reconduire ces ambalîadcurs juf £ D* h f ■
ques à S. Gilles par ceux qu’il avoit deftiné d’envoyer à l’empereur Grecs f •"
mais il les rappclla bientôt après. Raymond de Ion côté envoya les fiens &
Conftantinople avec ceux du pape, 6c écrivic s au roi pour lui apprendre g 6ÿU
qu’il avoit pris des enzapemens , conformément à fes dcllcins, avec les ambalîa-
deurs de Manuel , 6c le prier d’en envoyer inceffamment d’autres à ce prince
qui fuflènt capables de terminer heureufement la négociation qu’ils avoienc
commencée.
Depuis la réconciliation de Trencavel 6c d’Ermcngarde vicomteflè deNar- Lxiif. .
bonne avec le comte de Touloufe, le roi Louis le Jeune donna diverfes mar- j^T, nT P^r mc/l
ques de fa bienveillance à la dernière. C’eft ce qu’on apprend entr’autres par trmen?.udc
une lettre h que ce prince lui écrivit1, en ces termes : » Louis par la grâce « ^°l'0"^ddee
de Dieu roi des François, à fa très-chere illuftre dame , Ermengarde deNar- « rendre oie-
bonne , falut, Vous nous apprenez par l’abbé de S. Paul 6c Pierre-Raymond « ^Loix Ro^
Vos envoyez, qn’on décide chez vous les procez conformément aux loixc» mènes ohicu
des empereurs , qui défendent aux femmes de rendre la juftice. La coutume et vécs dansl»
de notre royaume eft beaucoup plus indulgente; elle permet aux femmes de ce
fucceder au défaut des males , 6c d’adminiftrer elles-mêmes leurs biens, et
Souvenez-vous donc que vous êtes de notre royaume , 6c que nous voulonsec
que vous en fuiviez les maximes; carquoique vousfoyez voilîne de l’empire, ce
vous ne devez pas fuivre fes loix 6c fes ufages fur cet article. Rendez donc «
vous-même la juftice, ôc examinez les affaires avec attention. Employez le<«
zele de celui qui pouvant vous créer homme, ne vous a créé que femme , «
& qui par fa bonté a mis dans vos mains le gouvernement de la province «
de Narbonne. Quoique vous ne foyez donc qu’une femme , nous ordon- ce
nons par notre autorité , qu’il ne foit permis à perfonne de décliner votre c«
jurifdidion.ee
Cette lettre prouve évidemment que les loix Romaines étoient alors exa¬
ctement obfervées dans la province , puifque fous ce prétexte on y faifoic
difficulté de fouffrir que la vicomteflè Ermengarde rendît elle-même la juftice :
mais fans avoir recours à l’autorité du roi qui le lui permit , elle pouvoir fe
fervir de l’exemple de plufieurs comteflcs ou vicom telles du pais, qui avoienc
auparavant préhdé à divers plaids , 6c fe fonder ainfi fur un ufàge déjà établi,
6c pour lequel on avoit dérogé en cela au droit Romain.
Cette vicomteflè écrivic » de fon côté au roi Louis le Jeune, qu’elle qua-
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An. 1163,
tXÏV.
Démêlez de
■cette vicom-
tclfc avec Bé¬
renger de l’ui*
ferguier.
a Duth . to. 4.
t‘* 7.
b llid.p.719.
c p.q 0.
df.7X».
^•7*5*
*>7H-
504 HISTOIRE GENERALE
lifie dans la fufeription de fa lettre , » très-honorable ôc très-heureux roi
«des François , & fin unique fiigneur. Elle s'y qualifie elle-même vaffale'fte.
»> ciale de ce prince , aux ordres duquel elle marque qu’elle eft toujours
« prête d’obéïr : elle déclare que tout ce qu’elle a au monde eft fournis à fon
» empire, ôcleprie de lui donner des marques frequentes de fon fouvenir , parce
« qu’après Dieu elle met toute fa confiance en lui. C’eft pourquoi , ajoute-
«t-elle, je vous.envoyerois tous les jours quelque nouveau mellager , fi j’en
«a vois la commodité, pour vous prier de vous fouvenir de moi. ■» Elle s’ex-
eufe enfuite de ce qu’elle ne lui avoir pas envoyé le cheval qu’il luiavoitde-
mandé , parce qu’elle n’en avoit pas encore trouvé de bon : elle promet de lui
envoyer inceflamment le meilleur qui fe trouvera dans fon domaine.
Ermengarde eut une nouvelle occafion d’avoir recours à l’autoritc du roi,
dans une affaire qui lui teneât fort à cœur 5 voici le fait. Berenger 3 fei-
gneur de Puiferguier dans le diocèle de Narbonne, à l’exemple de plufieurs
autres feigneurs qui ne faifoient aucun fcrupule de tyranniler les peuples ,
avoit établi de fon autorité un nouveau peage fur le grand chemin qui va de
Narbonne àBeziers , 8c vexoic par là impitoyablement tous les paflans. La
vicomtefle qui aimoit la juftice , 8c dont Berenger étoit vaflal , voulut faire
celfer ces violences -y mais comme ce chevalier étoit fous la protection du
comte deTouloufe, elle écrivit au roi Louis le Jeune pour le prévenir, &
•le prier de l’appuyer de fon autorité. Elle en obtint des lettres favorables contre
Je leigneur de Puiferguier qu’elle fit citer enfuite à fa cour, ôc qu’elle condamna
en prefence de Jean évêque de Maguelonne , de l’évêque de Beziers, de
l’abbé de S. Gilles, de Guillaume fèigneur de Montpellier, & de plufieurs au.
très prélats 6c barons qui s’y trouvèrent, à difeontinuer de lever le nouveau
peage , conformément aux lettres du roi qui lui furent prefentées. Berenger
refufa de les recevoir, 6c comme on voulut l’obliger à les prendre, 8c qu’on
les lui eût mifes dans le fein , il les jetta par terre , avec le fceau royal qui y
étoit attaché. L’evêque de Maguelonne 6c Guillaume de Montpçllier mar.
quent toutes ces circonftances dans les lettres qu’ils écrivirent quelque tems
après au roi pour lui recommander le droit d’Ermengarde dans cette affaire,
6c le prier de punir la témérité de Berenger.
Guillaume appelle ce prince fin fiiyneur dans fa lettre b , 6c fe qualifie fon
chevalier très-dévoué & très-fideüe , &c. ainfi quoique le même Guillaume
fe regardât en quelque maniéré comme vaffal du pape , il reconnoifloit ce¬
pendant l’autorité fuperieure de nos rois. Il en eft de même de l’évêque de
Maguelonne 8c de fon chapitre , qui dans une lettre c qu’ils écrivirent en
1163. au roi Louis le Jeune l’appellent leur fiiyneur , ôc le remercient de ce qu’il
avoit écouté favorablement leurs envoyez , ce qui augmente , ajoûtent-ils ,
notre fidelité .Ils le prient de recevoir avec la même bonté leurs nouveaux dé.
putez ,6c de leur obtenir une audience d’Alexandre III. fi ce pape étoit encore
fur les lieux-, ou de lui écrire en leur faveur pour l’affaire donc ces mêmes dé-
putez étoienc chargez, 6c qui regarde , ajoûtent-ils, votre églife de Maguelonne.
Berenger de Puiferguier après avoir plaidé lui-même fa caufe à la cour de la
vicomtefle Ermengarde , fe voyant condamné ,appclla de ce jugement au con-
feil du roi , fous prétexte qu’il étoit vaflal immédiat de ce prince, & réfolut
d’aller foutemr fon affaire à la cour. Avant fon départ il eut recours à la
prote&ion du comte 6c de la comtelfe de Touloufe , qui lui donnèrent des let¬
tres '* de recommandation auprès deLouis. Le comte pour engager ce prince fon
beau-frere, à protéger Berenger , qui ejl , lui dit-il , votre homme lige , lui mar¬
que que ce feigneurétoitfonami particulier , qu’il lui avoit rendu des fervices
confiderables , 6c qu’il s’étoit fait des ennemis pour l’amour de lui. La comrefTe
marque e au roi fon frere que ce chevalier écoit très.attaché à fa maifon , Sc
que lüivant le témoignage des voifins de Puiferguier , fon château relevoic
immédiatement de la couronne.
Ermengarde envoya de fon côté des dépurez à la cour, pour y défendre fes
droits, 6c elle obtint en faveur de ces envoyez, une nouvelle lettre f de re¬
commandation de Guillaume de Montpellier, lequel fe fertde la fufeription
fuivante ; » A mon très-noble Ieigneur 6c très-refpeétable coufin , Louis par
la
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DE LANGUEDOC Liv. XVIII.
J°S
lagracede Dieu roi des François, Guillaume fcigneur de Montpellier, &c.« An.ii6j.
Il marque à ce prince , qu’il ne doit pas fouffrir que les comtes & les barons «
de Ton royaume qui tiennent leur domaine de lui , foient à la merci de leurs «
propres valïaux , qu’il ne doit pas écouter par conféquent ce que lui dira «
Berenger de Puiferguier contre la vicomteflè Ermengarde j &: que s’il accorde «
fa prote&ion à ce leigneur , il pourra en arriver un très-grand malheur dans «
leroyaume.« •'
Cette vicomteflè , pour mieux réuflirdans Ton deflèin, engagea le pape Ale¬
xandre III. à écrire au roi en fa faveur. La lettre d’Alexandre eft datée de
Sens le 3. d’Avril de l’an 1 1 64. 1 ce qui nous donne l’époque de ce différend :
le pape prie fortement Louis le Jeune dans fa lettre , d’accorder fa prote&ion à
Ermengarde , 6c de vouloir bien écouter fes prières. » Les fervices qu’elle «
nous a rendus, dit-il, lorfque nous étions dans le pais, nous engagent ,«
àc nos freres les cardinaux , à l’aimer comme une fille fpeciale de i’églifè , «
& à lui accorder fes demandes en tout ce qui eft conforme à la juftice , &c. «
Enfin Ermengarde écrivit b elle-même au roi pour l’avertir que Berenger, che¬
valier, fon vafîaly devoir aller bientôt à la cour. » Toute la province efl«/>
témoin , dit cette vicomteflè , que ce chevalier, cpai doit être fournis «
à ma jurifdiétion , tâche fous votre protedion de s’en fouftraire par des men-«
fonges. Je fupplie donc votre Majefté de ne pas felaiflèr furprendre par fes «
artifices , mais de me le renvoyer comme éta.nt mon fujet , ainfi qu’il eft «
convenable. Cependant fi vous ne jugez pas à propos de vous en rapporter «
ordonnez que nous nous reprefentions tous les deux devant vos èvè- «
a Coneil.to.io .
1 164.
b Dnch.te-+,
7*4.
a moi .
ques , fçavoir devant celui de Maguelonne & les autres. «Elle ajoute à la«
fin: «Vous m’avez commandé de conferver une paix ferme avec le comte «
de Touloufe & de le fervir, c’eft ce que j’ai déjà fait , & je dois l’aller «
joindre avec mes troupes quinze jours après l’Alîomption , pour le luivre «
contre fes ennemis.«
Il paroît que malgré tous les foins d’Ermengarde, Berenger de Puiferguier
gagna fon procez à la cour du roi Louis le Jeune. Ce feigneur marque en
effet dans une lettre qu’il écrivit à ce prince, & dans laquelle il prend la qualité ciW./.j7t.
de fon chevalier & de fon homme lire , qu’à fon retour de la cour il y avoir eu un
jugement entre lui & Ermengarcfe qui y avoir été déboutée de fes demandes. Il
ditenluite:» J’ai oui dire qu’elle a envoyé de nouveaux ambafladeurs à«
la cour pour obtenir de votre libéralité un ordre pour mepoufTer plus vive-«
ment dans un autre plaid 5 c’eft pourquoi je fupplie très-humblement votre te
Alteflè fereniffime de ne lui accorder rien qui puifle lui donner un nouveau «
droit fur moi , qui fuis votre vaflal & votre chevalier , ni fur la province «
de Narbonne * mais qu’elle foie feulement à mon égard comme elle étoit«
lorfque je me fuis rendu à votre cour. « Berenger marque au bas de fa lettre ,
que n’ayant pas fon ffea ", il l’a fcellce avec fon anneau.
L’article de la lettre d’Ermengarde où elle parle au roi Louis le Jeune de LX J‘An.
fon union avec le comte de Touloufe, fait voir aufli qu’elle l’écrivit en 1164. çic'mercnou-
car la guerre s’étoit alors renouvellée entre ce comte & le roi d’Angleterre , vciie hguerre
ainfi qu’on l’a déjà vu , 6c qu’il paroît par la date d’une charte de l’ab- ^"cTouioufc
baye de S. Marcel en Querci, donnée “ l’an de l'incarnation M.C. LX IV. le d c.aUchr.nov.
Jeudi 14.de Mai , Henri roi £ Angleterre étant en différend avec Raymond comte
de T ouloufe.
On peut rapporter à cette même guerre une lettre e de Pierre évêque de «.+.
Rodez au roi Louis le jeune, dans laquelle ce prélat s’exeufe , de ce qu’étant f' 6v9‘
prêt de partir pour la cour, il n’a pu fe mettre en chemin àcaufedes courfes
des Anglois qui défoloient le Rouergue , païs fournis à la domination des
comtes de Touloufe. Il ajoute , qu’il avoit été obligé de demeurer pour la
défenfe du pais, & que le comte de Rodez qui alloit à la cour, fuppléeroit
à fon défaut. Il fê loue beaucoup de ce comte nommé Hugues, & l’appelle le
pere de la patrie. On prétend f que Pierre n’étoit plus évêque de Rodez en ç G»u.chr.n.\.
1 1 64. & qu’Hugues lui avoit déjà fuccedé en 1160. ou 1161. ce qui prouve- p.v
roit que cette lettre eft anterieure à l’an 1164. Mais comme il eft certain que ,d ^^v°S
Pierre fe qualifioit 8 encore évêque de Rodez en 1163. 6c qu’on ne fonde
7* orne 11. S s s
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A N.j I 64.
HISTOIRE GENERALE
a D«cfr. 1^.4.
IXVI.
Vo) .ge du
comic vie To a*
Joule le
ImLing-ic -oc.
Il s'jcvoi.Ic
avec Guillau¬
me V.l ici*
gneur deMont-
pdli r.
b Pr.p. foo.
Af.iooérfeq
LXV1I.
Bernard Pclet
comte de Mcl-
gueil Se Ui-
gneur d’Alais
le loumct au
comte de Tou.
loufc. ilell ex¬
communie.
Mailon d’An*
dufe.
c Duch to. 4.
f Ibid ^.<74.
707. 709.^
73g.
jO 6
le commencement de l’epifeopat d’Hugues l'on luccefleur, que fur une bulle
d’Alexandre III. datée de Veroli en Italie le 14- de Mai de la //.année de Ion
pontificat , au lieu qu’elle eft certainement de U XI. rien n’empêche que Pierre
n’ait été encore évêque de Rodczen 1164.
11 paroît qu’on doit rapporter aulïi à la guerre que le roi d’Angleterre fit
cette derniere année au comte de Touloufe , une lettre a que les habitans de
cette ville écrivirent au roi Louis le Jeune , pour le remercier de la protection
qu’il leur avoir accordée contre ce prince, & le prier de la leur continuer.
«Nous voulons , très-cher lèigneur , difent-ils , vous faire parc de ce qui
» vient de nous arriver depuis peu. L’archevêque de Bourdeaux fervantplù-
«tot dans la milice du roi d’Angleterre que dans celle de J. C. vient de faire
« une courfe jufqu’aux portes de Touloufe , dont il s’eft approché d’un jet de
«pierre. Il a raie plufieurs châteaux , brûlé ou détruit diverfes églifes , fait
« prilonnicrs quelques-uns de nos citoyens, & fait mourir quelques autres. //
»y a long-tems que notre feigneur le comte n'e/l pas avec nous , c’eft pourquoi
«nous fupplions votre Al telle de ne pas fouffrir davantage qu’on defole ainfi
« la ville de Touloufe & Ion territoire, qui vous appartiennent, &nous.mê.
» mes, qui fournies au (fi à vous : car II vous ne nous fccourez promptement,
» tout le pais va devenir un defert.
Il eft d’autant plus vrailèmblable que cette lettre appartient à l’an 1164.
que nous fçavonsque le comte Raymond demeura du coté du Rhône pen¬
dant cette année, de même que la précédente, tant pour conclure le ma¬
riage de fon fils avec l’heritiere de Daufiné , que pour d’autres affaires. Il
étoit en effet b à Montpellier au mois de Juin de l’an 1 1 64. & il convint alors de
la paix avec Guillaume VIL feigneur de cetce ville: ils promirent par un
ferment mutuel de s’entr’aider & de le confervcr leurs domaines. Raymond
fit encore un accord e en 1164. à S. Saturnin du Port, aujourd’hui le Pont,
faint-Efprit fur le Rhône, avec les religieux de ce monaftere , touchant le
domaine Sc la juftice du lieu, dont ils reglcrent le partage, en prefence de Ber-
mond d’Ufez, de Guillaume de Sabran connétable du comte, 8cc. Raymond re¬
vint cependant à Touloufe avant la fin de l’année } car outre qu’on a vil
qu’Ermengarde vicom telle de Narbonne devoit l’y aller joindre à la tête de
fes troupes vers le commencement de. Septembre , il fit une donation d en
1164.cn faveur de l’abbaye de Grandfelve , &. accorda une exemption de
péage dans toutes fes terres à celle de Bellcperche , d’où il réfulte qu’il devoit
être alors aux environs de Touloufe où ces deux abbayes font fituées.
Durant le fejour que le comte Raymond fit en 1164. dans le bas Langue¬
doc, Bernard Pclet qui étoit leigneur d’Alais de fon chef, & comte de Mel.
gueil par Beatrix fa femme, fe loumit à la domination de ce prince. C’eft ce
que nous apprenons d’une lettre c que Guillaume feigneur de Montpellier
écrivit alors au roi Louis le Jeune, avec cette fufcription: «A fon très-excel-
« lent feigneur Louis roi des François, Guillaume de Montpellier fon coufin
«ôc fon chevalier très-dévoué : joïe &plaifirfans fin. « Suivant cette lettre,
& quatre autres { à peu près femblables qu’écrivirent au roi en même tems,
Aidebcrt évêque de Nilmes , Bertrand abbé de S. Gilles, Guillaume de Sa¬
bran connétable, Bermond d’Ufez , (ces deux derniers fe qualifient aulïi che¬
valiers du roi , ) Bernard d’Andufe &. le comte de Melgueil , ayant établi un
nouveau peage du côté d’Alais , le roi qui vie que cet établiflemenc etoit très-
oncreux au public, leur défendit de le lever. Sur cette defenfe Bernard d’An.
dufe, chevalier également fage & diferet, voulant donner des marques de là
fourmilion , fitccller de fon côté la levée de ce nouveau droit, mais le comte
de Melgueil continua à l’exiger } ce qui engagea le leigneur d’Andulê à le
rétablir, conformément à la permiflion que le roi lui en avoir donnée par fon
envoyé. Ce feigneur reconnoiilant cependant l’injufticc d’une telle exaction , y
renonça pour toujours , pritenfuite l’habit monaftique,& mourut peu de tems
après, laiflant Pierre- Bernard fon fils & fon heritier, fous la tutelle de
Guillaume de Montpellier/u» proche parent , & fon ancien ami. Celui ci danj
fa lettre au roi répond de la fidelité de ce pupille , & le prie de lui accorder
fa prote&ion. Guillaume , les deux prélats & les deux fèigneurs dont on a
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DE LANGUEDOC. Liv. XVIII. jo?
déjà parlé, le prient aulfi de défendre au comte de Melgueil , qui continuoit An» 1164;
de lever le nouveau peage contre fes ordres, de l’exiger davantage à peine
d’encourir fon indignation. » Il elt de votre devoir, ajoûtent-ils dans leurs «
lettres , d’empêcher de pareilles vexations dans votre royaume. Ecrives, au «
comte Raymond votre bcau.frcre pour lui ordonner, en confideration de«
la fidelité &c de l’amitic qu’il vous doit , de faire céder cette injuftice en «
la perfonne du comte de Melgueil , qui s’eft fournis depuis peu à Ion autorité «
& à (à domination , & pour lui défendre de donner aucun fecours à ce comte, «
avec ordre de le traiter comme fon ennemi , s’il n’obéit pas. Perfuadez aulfi «
au pape d’étendre dans tout le domaine du même comte de Melgueil , tant et
fur celui qu’il poffède en propre , que fur celui dont il jouit en commun , l’ex-«
communication qu’il a déjà lancee contre fa perfonne j enforte qu’on ne ce- «
lebre plus l’office divin par tout où il fera , & que le pape ordonne aux évër- «
ques de Nifmes , de Mende, de Maguelonne &c d’Ufez de faire obferver«
cette fentence dans leurs diocèfes. « Enfin Guillaume finit fa lettre au roi,
en priant ce prince d’ajouter foi à l’exprès qu’il lui députoit fur cette affaire.
Louis répondit favorablement à la demande des prélats & des feigneurs qui
s’étoient adreffés à lui , & agit félon leurs fouhaits auprès d’Alexandre III*
Ce pape écrivit en conféquence de Sens le 17. de Janvier » de l’an 1165. à
Pons archevêque de Narbonne aux évêques de Nifmes, d’Ufez, de Men. 113.
dc& de Maguelonne. Il approuve par cette lettre le zele de ceux d’entr’eux *
qui l’avoient follicité d’empêcher l’établiffcment des nouveaux péages , &c
ajoute que c’ell dans ce dellein qu’il a écrit à Bernard comte de Melgueil , fans
lui donner cependant le falut , à caufc du refus qu’il faifoit d’executer leurs or¬
dres , pour lui commander de s’y foumettre, &: de fupprimer les nouveaux
péages qu’il éxigeoit. » Sinon , ajoute-t-il, nous ratifions la fentence que vous,«
notre frere archevêque , avez prononcée contre lui, Se nous vous enjoignons «
de la faire obferver jufqu’à ce qu’il y ait entièrement fatisfait, vousordon- a
nant de faire garder l’interdit àAlais, S: dans tout le relie de fon domaine, «
avec défenfe d’y célébrer l’office divin quandil y fera prefent.«
On peut inférer de cette lettre que Bernard Pelec poffedoit des domaines
tant de fon chef, qu’au nom de Beatrix comte lie de Melgueil fa femme , dans
les diocèfes de Nifmes, de Maguelonne , de Mende & d’Ufez. Quanta Ber¬
nard d’Andulè qui jouilîoit en commun avec Bernard Pelet de la feigneurie
d’Alais, on a déjà vù qu’il mourut vers ce tems.là , après avoir pris l’habit
religieux. On prétend b qu’il lailla plufieurs enfans d’Adelaïde de Roque-
feuil fa femme , hcritiere de cette mailon , entr’autres Fredol d’Andufe abbé /«
de faint Victor de Marfeille, élu évêque de Fréjus en iiô^-.c, & Bermond «ty*.
chanoine de Maguelonne S: évêque de Sifteron en ii74.mais ces prélats étoient f *
plutôt fes freres, puifque fon fils aîné & heritier etoit encore pupille vers l’an p.* 13. &f%s.
1 164. 6c qu’il paroît d’ailleurs qu’il n’eut que ce fils. Du relie le même Ber¬
nard n’ell pas different, fans doute, de Bernard d’Andufe, dit V ancien , qui
vivoit encore Jen 116 1. êi qui poffedoit la baronnie de Luc, & la feigneurie de dïr.pai9.&
Portes , fous la mouvance du monaftere de Sauve. On fait s ce dernier, oncle
paternel £c heritier d’un autre Bernard d’Andufe , fécond marid’Ermengarde ibu.
vicomteffe de Narbonne, ce qui prouverait que celui-ci mourut avant l’an 1164
mais on ignore l’époque précife de la mort de ce fécond mari d’Ermengardejce
qui vient làns doute de ce qu’elle ne partagea pas fon autorité avec lui , comme
fit Beatrix com celle de Melgueil avec Bernard Pelet fon fécond mari. On
J
trouve cependant ( quelques fermens de fidelité prêtez d Bernard d'Andufe (C/aelmim,
man d' Ermengarde , dans lefquels on excepte le droit d’Ermeffinde, feeur de .
cette vicomtêfle.Ces acles, qui font fans date, prouvent que comme la première
n’avoit point d’enfans, ni elperance d’en avoir , on regardoit fa fœur comme
fon heritiere prefomptive. Ermengarde le remaria peut-être en troifiémes no¬
ces après la mort de Bernard d’Andulè * car nous avons deux titres g de l’an gPr.f.57).
1159. paffez en prcfcncc d’ Ermengarde vicomte Je de Narbonne , & de Bermond fon
maître ; à moins que ce dernier ne foit le même que Bernard d’Andulè, dans
la maifon duquel le nom de Bermond fut fort ulîte , & lui fervit enfuite de
furnom.
T orne II. S s s ij
»
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leur domaine,
Differens a6tc8
«le ce dernier.
a?r.f.fou
c Ibid.
* Monacha.
d ibi(L
n6y.
€lbid.
O-
5o* HISTOIRE GENERALE
j j g . Cette vicomtefle eut un différend en 1 164. avec Trencavel, au fujet des
L xvi 11. mines d’argent qui avoient été découvertes dans les montagnes fituées fur les
Accord entre frontières ae leur domaine vers l’abbaye de Villemagne, qu’on nomme à caufe
2£n#3L*dc de cela ï Argent iere. Comme Trencavel & Ermengarde avoient toûjours été
Narbonne au très-unis > ils terminèrent aifémenc leur différend , par une tranfaétion qu’ils
SiSSiT* pafTerent au mois de Juillet » de la même année , 8c dans laquelle il fut dit
' '' que lesfeigneurs particuliers des lieux où étoient les mines, auroientla moi.
dé de leur revenu , & que l’autre moitié , avec les lots , vente 8c confifcation ,
apparciendroit au vicomte 6c à la vicomtefTe , excepté dans le domaine de
l’abbaye de Villemagne , laquelle percevroit le tiers de ces mêmes droits dans
les mines de fes dépendances.
Cette tranfadion fut pafTée , félon toutes les apparences , dans cette abbaye,
bf.ioi&fa. ^ ie vicomte b 'Trencavel y reçut à la fête de la Magdelaine de la même
année le ferment de fidelité des feigneurs de Vinfan ou Vinaffan au diocèfe
de Narbonne. Ce vicomte autorifa c vers le même tems , par fon propre fceauy
une donation faite à l’abbaye de Salvanez, 8c l’oblation qu’une femme nom.
mée Bertrande , fit de fa perfonne à l’abbaye de Caftres pour être rtli.
veufe* fous l’obéïflànce de Rigaud abbé de ce monaflere. Trencavel étoit d à
CarcafTonne le Jeudi rS. de Mars de l'an 1164. ou de l’an 1 1 6 y. fuivant notre
maniéré de compter. Il donna en fief au mois d’Avril fuivant à divers c che¬
valiers le château de faint Jori en Albigeois, qu'il avait fait conjlruire. 11 fit
publier f à CarcafTonne , étant dejfous l'ormeau devant Ton' palais , avec fon
fils Roger, le 11. de Juillet delà même année , une ordonnance en faveur
des habitansde cette ville, touchant la maniéré dont fa cour devoir fe compor.
ter , tant envers les débiteurs , qu’envers leurs créanciers , 8c fit faire ferment
g à Guillaume de S. Félix fon viguier de l’obferver. Il accorda g la mêmeannée
d l’abbaye de Salvanez en Rouergue l’exemption de peage dans toutes fes
terres en prefence de Guillaume évêque d’Agde, Vicalabbé de Fontfroide ,
. Ermengaud abbé de Valmagne, Raymond abbé de S. Tiberi , & Jean prieur
de Cafîan. Enfin ce vicomte affifta vers le mois de Mai de Tan 1 1 6 5 . au concile
de Lombers en Albigeois *>. Ce concile fut tenu contre les heretiques qu’on
nomma depuis Albigeois , qui avoient fait alors de grands progrès dans la
province 8c les pais voifins , 8c qui y excitèrent dans la fuite une guerre de
religion également fanglante 8c opiniâtre. Cette guerre caufa une révolution
generale dans tout le Languedoc, occafionna la réunion de cette province au
domaine de la couronne, ce que nous développerons dansle volume fuivant,
après avoir raflèmblé ici fous un feul point de vue , pour une plus grande
intelligence de cet événement célébré , quelques obfervations fur le gouver¬
nement & les moeurs des peuples du pais durant le XII. fiecle.
. . Le domaine de la province continua d’être poflèdé pendant ce fiecle par les
& mœurs des grands vaffaux ou par leurs feudataires , lefquelsne donnèrent gueres durant
peuples de la tout ce cems.li d’autres marques de dépendance envers nos rois , que de dater
xü. fiecle. les chartes des années de leur régné. Les comtes de Touloule domine-
PrD‘^‘Pa“* rent , foit directement , foit indirectement fur prefque toute la province ,
pi^Etendae fur une grande partie de l’Aquitaine , 8c fur la moitié de l’ancien comté de
de leur domai- Provence* de forte qu’ils alloient de pair avec nos rois, s’ils ne les furpaf-
foient , en étendue de domaine : il étoit borné au levant par les Alpes * au
midi par la Durance, la Mediterranée, 8c les Pyrénées jau couchant par le duché
de Gafcogne * 8c enfin au nord par l’Ifere, les montagnes d’Auvergne 8c la Dor.
dogne. Audi eurent-ils une cour proportionnée à leur puiflance, 8c on voit qu’ils
avoient dès-lors un connétable , un chancelier , 8c autres grands officiers. La
fonction de leur chancelier neregardoit pas cependant l’adminiftration delà
juftice t elle confiftoit principalement à dicter 8c à faire expedier leurs char¬
tes, 6c à les fceller de leur keau. Quant à la juftice , ces princes ou l’admi-
niflrerent par eux-mêmes avec leur «»r,c’eft-â-dire affiliez de leurs principaux
barons 6c officiers, 6c de quelques jurifconfùltes , ou la firent rendre par des
vicaires ou viguiers qui étoient leurs lieutenans en cette fon&ion , 8c qui étoient
toûjours des perfonnes de condition. On trouve des viguiers de Touloufeôc
ictttl mm. ^es fous.viguiers qui leur étoient fiibordonnez dès la fin du X I. fiecle 6c pen-
b SOTR 1.
LXIX.
Gouvernement
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DE LANGUEDOCLiv. XVIII. jo9 _
dant tout le fuivant.Les comtes de Touloufe, ou leurs viguiers en leur abfênce, An.i i 6 j .
préfidoient ordinairement au commun confeil ou chapitre de la ville de Toulou¬
fe , compofé des Capiculaires ou Capitouls, de deux juges , de deux avocats,
ou affèfleurs, &; des principaux bourgeois de cette ville * ce commun con.
fêil forma proprement depuis fon établiffèment Latour des comtes dans cette
ville. Quant à leur domaine, ces princes le faifoient adminiftrer dans le même
fiecle par des édiles * , ou baillifs. * Baiuli-
Les comtes de Barcelone étendirent leur autorité dans ce fiecle fur une
partie conliderable de la province. Outre le comté de Fenouilledes & la
vicomté de Gevaudan , dont ils avoient le domaine direâ , ils prétendirent
la fuzeraineté fur les comtez de Carcaffonne & de Rafez, furie Lauraguais,
& leTermcnois , 6cc. pour les raifons que nous avons dites ailleurs. Cette
fuzeraineté leur fut concertée par les comtes deTouloufe, ce quicaufa diver-
fes guerres entr’eux. Ils en jouirent tour à tour fuivant que les vicomtes , 6c
les autres feigneurs qui poflèdoient le domaine utile de ces pais , voulurent
bien fe fouinettre aux uns ou aux autres. Les comtes de Barcelone s'efforcè¬
rent encore d’étendre leur domination dans le Languedoc , en s’aflujettiflant
les vicomtes de Narbonne , 6c les comtes de Foix , qui les reconnurent en effet
pour leurs fuzerains pendant une partie duXlI. fiecle, au préjudice des droits
anciens & légitimés des comtes de Touloufe.
Après ces princes, la plus puiffante maifon de la province , finon en dignité,
du moins en domaines, fut celle des Trencavels , qui pofleda les vicomtez
de Béziers, Agde, Carcaffonne, Rafez, Albi&Nifmes, avec plufieurs châ-
teaux*ôcfèigneuries dans le Touloufain, le Narbonnois, &c. Ces vicomtesquoî-
que vaflaux des comtes de Touloufe, tranchoicnt du fouverain, Scexerçoient
les droits régaliens. Ils faifoient battre monnoye , établifloient des foires 6c
des marchez , faifoient des ordonnances pour la juftice 6c la rendoient à leurs
vaflaux, foit par eux-mêmes, foie par leurs officiers, dont les principaux étoienc
les viguiers de Carcaffonne, de Rafez , de Beziers, &c.
Les comtes de Foix defeendus d’une branche puînée de la maifon des an¬
ciens comtes de Carcaffonne , étoient fuperieurs aux Trencavels en dignité,
mais ils leur étoient beaucoup inferieurs en étendue de domaine. Comme
Je comté de Foix , qui le compofoit prefque en entier, croit fitué dans le Tou¬
loufain , ils reconnurent pendant long-tems les comtes de Touloufe pour leurs
feulsfuzerains, jufqu’à ce que les comtes de Barcelone les engagèrent vers le
milieu du XII. fiecle à fe déclarer leurs vaffaux : c'ert ce qui a donné l’origine ,
à ce que nous croyons1 , à la divifion qu’on voit dans la fuite du comté de »v. note
Foix, au païs fitué en deçà, & au-delà du Pas de la Barre , ou en partie fe- xxu.».t}.
ptentrionale 6c méridionale. Les comtes de Foix dans les hommages porte-
rieurs, avouèrent toujours tenir la première des comtes de Touloufe 5 6c il
paroît que c’eft pour l’autre qu’ils reconnurent pendant quelque tems les com¬
tes de Barcelone pour leurs feigneurs. Cette mouvance n’empêcha pas cepen¬
dant les comtes de Foix de jouir des droits régaliens.
Les comtes de Melgueil ou deSubrtantion exerçoient auffi les mêmes droits.
Leur domaine renfermé dans le diocèfe de Maguelonne, aujourd’hui de Mont¬
pellier, n’étoit pas fort étendu : mais il étoit très.confiderable par le profit
qu’ils tiroient de la monnoye qu’ils faifoient fabriquer dans leur château de
Melgueil , 8c qui avoir cours non feulement dans toute la province , mais
dans les voifines, 6c jufques au-delà des Pyrénées. Quant à la mouvance de
leur comté , il n’y a pas lieu de douter qu’étant fitué dans l’étendue du duché
de Narbonne, ou de l’ancien marquifat deGothie , ils ne dûffent le tenir des
comtes de Touloufe , qui poffëdoient ce duché ou marquifat : mais Pierre
comte de Melgueil s’étant rendu vaffal de l’églife Romaine fous le pontificat
deGregoire VII. les comtes de Touloufe n’oferent contefteraux papes fes fuc-
ceffeurs, la fuzeraineté fur ce comté , jufques à Raymond V. comte de Tou¬
loufe , qui affùjettit enfin Bernard Pclet comte de Melgueil à fon autorité , ÔC
unitenfuite le comté de Melgueil à fon domaine.
Après ces maifons comtales, l’une des plus diftinguées étoit celle des vicom¬
tes de Narbonne , qui jouirent auffi des droits régaliens. Les autres maifons
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TIO
HISTOIRE GENERALE
An. né j. vicomtales de la province au XII. fiecle, furent celles des vicomtes de Tou.
loufe ou de Bruniquel , dePolignac, de Lautrec, de*Fenouilledcs, de Saut,
de Gimoez ou de Terride , & de Minerve. La vicomté de Lodeve appartenir
alors aux comtes de Rodez hommagers des comtes de Touloufe pour l’une &;
l’autre de ces deux dignitez.
Parmi les maifons des fimples feigneurs , celle qui figura le plus en Lan¬
guedoc durant ce fiecle, fut celle des feigneurs de Montpellier, quitenoient
en fief cette ville des évêques de Maguelonne , ôc le refte de leur domaine, qui
étoit allez étendu , ou de ces prélats , ou du comte de Melgueil , ou enfin des
vicoiqtes de Beziers & de Narbonne. Les feigneurs d’Ufez , d’Alais , d’An-
dufe , de Sauve , de Lunel, deSabran, de Lille-Jourdain , &c. laplûpart vaf-
faux immédiats des comtes de Touloufe , étoient enfuite les plus confiderables
du pais : au refte c’eftfèulement dans ce fiecle que quelques-uns de ces feigneurs
particuliers commencèrent à fe qualifier feigneurs , & en latin cLomini , des
villes ou châteaux dont ils avoient le domaine j cependant ils ne prirent plus
communément durant ce tems-là, comme auparavant, que le fimple titre de
Guillaume de Montpellier, de Bernard d’ Andufe, deBermond d'Vfcx^ &c. les valfaux
employèrent même très-rarement alors le nom d edominusi l’égard de leurs
feigneurs, qu’ils appelloient communément fenior oufeniores , terme qui figni.
fie la mêmechofe.
lxx. Plufieurs évêques & abbez de la province après s’être tirez vers la fin du
<)duJtiq'ucs!C' XI. fiecle de la fujettion &c de la dépendance où les feigneurs féculiers vou-
loient les réduire , exercèrent depuis une pleine autorité dans les terres de
leurs églifes, & trouvèrent moyen d’augmenter leur pouvoir temporef dans
le fiecle fuivant , à la faveur de la protection que leur accordèrent les rois
Louis le Gros & Louis le Jeune, qui les premiers de la troifiéme race firent
quelque acte de jurifdiction dans le Languedoc. Ces princes, mais fur tout le
dernier , confirmèrent par diverfes chartes , à la demande de la plupart des évê.
ques&des abbez de cette province, les privilèges de leurs églifes , ou leur en
accordèrent de nouveaux , entr’autres la juftice fur leurs vaflaux , &c.
Le temporel des archevêques de Narbonne , & de leurs fuffragans, étoit
fondé principalement fur la donation que les rois Pépin le Bref & Charlemagne
avoient faite aux églifes de la Scptimanie , après l’union de cette province à
la couronne , de la moitié des droits domaniaux de la ville & du comté
de Narbonne à l’archevêque , & du tiers des mêmes droits des autres com-
tez ou diocèfes aux évêques dupais. Cette donation n’emporta d’abord qu’u.
ne fimple jouiflânee de certains revenus -, mais enfin les comtes s’étant empa.
rez des droits régaliens dans leurs comtez, quelques évêques de la province
crurent pouvoir aulli, de leur côté, exercer les mêmes droits dans leur domaine.
Ces prélats réuflîrent enfin , malgré les obftacles qu’ils eurent à furmonter
de la part des comtes & des vicomtes, &c dominèrent, les uns fur leur ville
épifcopale , ou feulement fur une partie , & les autres fur tout leur diocèfe ,
foie par acquifition , foit en vertu des privilèges qu’ils obtinrent des fouve-
rainsj lefquels les favoriferent d’autant plus volontiers, qu’outre que ces grâ¬
ces ne leur coutoient rien , ils trouvoient par là une occafion d’exercer & d’é¬
tendre leur autorité dans la province.
Quelque liberté que les églifes de Languedoc euflènt acquile au XII. fiecle,
elles ne devinrent pas cependant encore abfolument indépendantes des grands
vallaux, qui pendant la vacance s’emparoient de toute la dépouille des évê-
4 P'-p-iSt. ques défunts. Alfonfc-Jourdain comte de Touloufe renonça à ce droit »en
ii 38. mais fes fuccefieurs tâchèrent d’y rentrer } & on voit qu’Alfonfe II.
b MArc.ee ». comte de cette ville & frere de S. Louis , avoir une femblable b prétention
^■704. après le milieu du XIII. fiecle. Les vicomtes de Narbonne, Carcaflonne , Bc-
r-ilS0- 2jers ^ ^ g£C prétendoient un pareil droit fur les évêchez de leur domaine
au XII. fiecle, mais ils y renoncèrent enfin en 'divers tems. Ermengarde vi-
comtefle de Narbonne s’endéfifta entr’autres entièrement en 1 1 y 6.
L’autorité que les papes s’arrogèrent furies princes Chrétiens depuis Gré¬
goire VII. ne contribua pas peu à mettre les églifes à couvert des enrreprifes
des feigneurs féculiers , à les maintenir dans l’indépendance. Ils la firent
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DE LANGUEDOC. Liv. XVIII. jii _
valoir fut tout par le fréquent envoi de divers légats dans les provinces , & par An.i 165.
l’ufage de l’excommunication 2c des cenfures , contre tous ceux qui refufoienc
d’obeïr aveuglement à leurs ordres. Cette conduite fut fujetteà divers incon-
veniens } mais on ne fçauroit dilconvenir qu’elle n’ait eu Ion utilité , foit pour
réprimer la tyrannie de divers feigneurs , foit pour rétablir la liberté des
élections &l la difcipline ecclefiaftique. Aufli les princes ne difpoferent-ils plus
fi defpotiquement comme dans le fiecle precedent , des évêchez 2c des ab¬
bayes y 2c quoi qu’ils euflènt toujours beaucoup de part aux élections, elles fe
firent cependant d’une maniéré plus canonique : le clergé & le peuple y concou-
roient encore également au commencement du Xll.fiecle, comme 011 voit
dans celle» de Richard archevêque de Narbonne. itr.paoo.
Tout le domaine de la province étoit donc partagé au XII. fiecle entre les lxx/.
feigneurs féculiers, 2c les ecclefiafliques. Ils rendirent fouvent les uns & les Pla!*»
autres la juftice par eux-mêmes, ou la firent adminiftrer par leurs officiers. Les g.iiers.&autrc*-
dames même n’en négligèrent pas l’exercice , & on avù qu’Ermengarde vi- ol[^‘"s(^cs
comteflè de Narbonne s’y maintint fous la prote&ion du roi Louis le Jeune. ga"uts. w'
Lorfque les grands vaflaux tenoient les plaids 2c rendoient eux-mêmes lajuftice,
ilsétoient affiftez de leurs principaux barons y terme b dont on fe fervoit déjà bfrp.m,
dans la province dès le commencement du XII. fiecle pour défîgner leurs +0|,°**
principaux vaflaux immédiats , qu’on appelloit auffi bons hommes y & qui leur
lervoient de confeillers dans leurs autres affaires plus importantes , comme
dans les traitez de paix, d’alliance , 2cc. Les grands vaffaux étoient aulli affi¬
liez dans leurs plaids e par leurs viguiers 2c autres officiers, 2c quelques jurif- c
confultes 5 2c c’eft ce qui compofoit leur cour.
11 y avoit deux fortes de viguiers dans la province au Xll.fiecle. Les uns
pofTedoicnt héréditairement leur viguerie , en vertu de l’inféodation qui en
avoit été faite à leurs ancêtres. Ceux-ci étoient mis au rang des barons, ôc
pofledoient ordinairement , par cette même inféodation , une partie du do¬
maine & de la juftice de la ville dont ils avoient la viguerie , 2c en fai-
foient hommage aux principaux feigneurs. Tels étoientau commencement de
ce fiecle les A y mon s à Montpellier , Loupée Bernard fon frere àBeziers, qui
prenoient leurfurnom de cette ville, 2e qui tenoient en fief du vicomte Bernard-
Aton, à caufe de la viguerie inféodée de la même ville, le tiers de lajuftice,
excepcé celle des crimes d’homicide & d’adultere.
Outre ces viguiers héréditaires, qui étoient proprement des feigneurs, les
comtes 2c les vicomtes en avoient d’autres au Xll.fiecle pour l’adminiftra-
tion de la juftice. Ces derniers ne pofledoient leurs charges qu’à vie 5 6 c ils
étoient pris parmi les familles les plus nobles, 2c les plus anciens chevaliers
du païs. C’eft ainfi que le vicomte Trencavel avoit des viguiers à Carcaffou-
ne, à Béziers, dans le Rafez , 2cc. Les principaux vaflaux avoient des bailes
pour l’adminiftration de leurs domaines , 2c ces bailes rendoient aulfi quelque¬
fois la juftice au nom des feigneurs qui n’avoient pas de viguiers.
Il ne paroît pas que les Amples feigneurs de château ou de paroifle , exer¬
çaient alors comme aujourd’hui la juftice civile 2c criminelle , mais feulement
la féodale, fur leurs vaflaux. L’appel d d’un vaflal inferieur à fon fuzerain, n’a- a f.4l9.
voit lieu que lorfque le premier refu foit , ou n’etoit pas en état de rendre la
juftice : lorfqu’il s’elevoit quelque différend entre des feigneurs d’une égale
condition, ils choififfoient ordinairement des arbitres pour la terminer.
Nous n’entrerons pas ici dans le détail des divers droits féodaux qui étoient ï-xxir.
en ufage dans le XII. fiecle -, on peut en voir l’énumeration dans plufieurs
titres de ce fiecle. Nous nous contenterons de remarquer, en general que les niaux. Grcf-
nobles ou gentilshommes n’étoient ordinairement tenus qu’à la fidelité 2c au fi«i&a0UiICSi
fervice militaire envers leurs feigneurs. Parmi les droits domaniaux des grands
fsi»neurs,oncomprenoitles amendesSe les confifcations,le droit de vendre & de
débiter le fel, les émolumens des greffes 2c du tabellionage,&c. Anciennement
les parties choififfoient ceux qu’ils vouloient,ôc ordinairement des ecclefiafti.
ques ou des religieux , comme prefquc les feuls qui fuflènt inftruits dans les
lettres, pour rédiger ou écrire leurs a&es : mais au XII. fiecle les grands vaf-
iàux de la couronne érigerenc en titre d’office le droit de dreffer 2c d’écrire les
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An.iï6j.
aArehru de l'é¬
pi jr (LBcxjtrs,
pr to.*.
* Sigiliatum
tncum.
Lxxm.
Mouooycs de
h province*
Péages.
bV.éU tablé
fur U mot
mooüoyc.
cVJr.p. éoi.
&*•
LXXIV.
DroirRomain.
Succcffioos ,
Partages ,
Fraoc-allcu.
PooauofiS.
d D ueh. to. 4.
p.7\i-& ftP
eVPrp j 47.
&c-
{ Pr.p. 41c.
&Je1‘
yn HISTOIRE GENERALE
a&es de leurs cours , Sc ceux des particuliers, & donnèrent l’exercice de cet office
à ferme , ou le vendirent à vie à de certaines perfonnes. C’eft ainli que Roger
vicomce de Beziers vendit en 1180. à un nommé Bernard Cotte, le tabellio.
' »> nage de fa cour , avec le droit de fceller de fort fceau * j droit, ajoûte-t il , que
» le vicomte Trencavei mon pere , avoir donné autrefois au même Bernard
» Cotte , qu’il lui avoir confirmé quelque tems après , & qu’il lui avoir ôté
» injuftemenc dans la fuite.« Roger le lui vendit conjointement avec l’évêque
de Beziers, moyennant la fomme de mille fols Melgoriens } « enforte qu’il
» n’y auroit que lui feul , ou fes fubftituts pendant fa vie , qui pourroient
«écrire les chartes de Beziers & de Ion territoire.»» On voit par là qu’il n’y
a voit alors dans cette ville qu’un feul notaire ou tabellion , qui étoit en même
tems greffier de la cour du vicomte , & de celle de l’évêque.
L’un des principaux droits domaniaux des grands vaflaux qui jouifloient des
droits régaliens , étoient les profits fur la monnoye qu’ils faifoient fabriquer.
On a déjà parlé de celle de Melgueil qui appartenoit aux comtes de ce nom.
Les comtes de Touloufe avoienc dans la province celles deTouloufe & de faint
Gilles b 5 les Trencavels en faifoient battre à CarcafTonne & à Beziers, & les
vicomtes de Narbonne dans cette ville, la monnoye du Pu y appartenoit aux évê.
ques. Enfin il eft fait mention dans divers titres du XII. fiecle de celle d’Ufez.
Cefont-là toutes lesmonnoyes de la province que nous trouvons dans ce fiecle.
Les grands vaflaux retiroient auffi alors le profit des mines d’argent qu’on dé-
couvroir dans leur domaine.
Un autre droit domanial des feigneurs étoit les péages qu’ils levoient fur les
grands chemins , fous prétexte du foin qu’ils prenoient de veiller à leur fd-
reté , mais véritablement dans la vue d’augmenter leurs revenus , & de s’en¬
richir aux dépens des etrangers 8e des marchands qu’ils ranqonnoient. Cet
établiflèment arbitraire de nouveaux péages de la part des feigneurs , engagea
fouvent nos rois, depuis Louis le Jeune, à prendre la défenfe du public, & i
modérer la cupidité des feigneurs , en les obligeant de gré ou de force à difeonti-
nuer les brigandages qu’ils exerqoient à cette occafion.
Laloi Romaine fut la feule en vigueur dans la province durant le XII. fiecle,
comme elle l’avoit été dans le précèdent. Nous en avons des preuves en divers
monumens, entr’autres dans une lettre que le roi Louis le Jeune écrivit à Er-
mengarde vicomtefTe de Narbonne '. C’eft conformément à ces loix qu’on
regloit les contrats de mariage e & les fucceffions , 8e que les plus grands fei¬
gneurs difpofoient de leurs domaines en faveur de leur fils aîné , ou les fubfti.
tuoient aux cadets, 8e ne donnoient à ceux-ci qu’une légitimé. Tantôt les
comtes , les vicomtes , ôc les autres grands feigneurs partageoient leurs do¬
maines entre leurs fils , & tantôt lorfque leur famille étoit nombreufe , ilsfe
contentoient d’avantager les aînez. C’eft ainfi que dans les maifons des comtes
de Touloufe 8e de Foix , dans celles des Trencavels & des feigneurs de Mont¬
pellier , nous voyons quelquefois les aînez partager avec leurs puînez l’here-
dité de leurs peres , 8e quelquefois les pofTeder prefque entièrement à l’exclu-
fion de leurs freres qui n’avoient qu’un fimple apanage ou légitime. Onavû
que les filles fuccedoient dans la province aux plus grands fiefs au défaut de
mâles. Au refte la profefîion monaftique n’empêchoit pas encore de f fucceder
au comment, --nt du XII. fiecle, ou du moins les religieux étoient alors
capables des en.-s civils.
Quoique les grands feigneurs eufîcnt fait tous leurs efforts pour multiplier les
fiefs & fe faire un grand nombre de vaflaux , une grande partie des biens de cette
province étoient cependant pofledez en alleu au XI I . fiecle , c’cft-à-dire fans au¬
cun fervice féodal 5 ce qu’on voie entr’autres par diverfes donations faites aux
églifes, & par la foumiffion volontaire de plufieurs gentilshommes qui pofle-
dant leurs terres en alleu, les donnèrent à divers grands vaflaux dont ils recher-
choient l’amitié ôc la prote&ion , & dont ils les reprirent enfuite en fief.
Il eft remarquable que dans la plupart des a&es du XII. fiecle, & des précé-
dens, lemari,la femme &lesenfans, fouvent même ceux qui étoient encore
au berceau , y intervenoient , comme fi tout le bien d’une famille eût été pofïe-
défolidairement par tous ceux qui la compofoient. Nous remarquons encore
que
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DE LANGUEDOC. Liv.XVIlL' ;i3 _
que dans les donations faites en faveur des églifes, les donateurs recevoient An.! 165.
ordinairement une petite fomme des donataires, fans quoi on n’auroit pas
crû ' l’aéte fi valable. Enfin on a diverfes donations0 de ce fiecle & des pré- *KPr-M4+.
cédens, en faveur des cathédrales 8c des abbayes , dans lefquelles les donateurs bfv.;.,
ftipulent qu’ils y feront reçus pour chanoines ou pour moines eux êc leurs c*‘tl
enfans , quand ils jugeront à propos d’embraflèr l’état religieux. On voit^88*’
au/fi plufieurs femmes qui étoient reçues moinetfes ou chanoinejjes en divers
monafteres d’hommes -, enforte que quoiqu’elles demeuraient dans le.fiecle',
elles palToient le refte de leur vie foumifes à la réglé 8c aux fuperieurs de la
maifon. Cette dévotion , ôc celle d’embraffer la profeffion religieufe à l’arti¬
cle de la mort , fut afTez ordinaire dans la province 8c ailleurs pendant les
XI. & XII. ficelés.
L’un des droits dont les grands feigneurs furent le plus jaloux dans ces fie- Gu^sVp'Jtt[.
clés, & qu’ils mirent le plus en ufage , fut celui de venger à main armée leurs cultes aû-
propres querelles , de fe faire la guerre , 8c d’ufer de marques c ou de reprefail-
les. Ces défordres cauferent beaucoup de troubles dans la province , 8c oblige-
rent les évêques à renouveller de tems en tems les articles de la trêve de Dieu,
établie dans le païs vers le milieu du XI. fiecle. Mais comme ces précautions
ne produifirent prefque aucun effet , on établit des afyles 8c des lieux de lüreté
aux environs des églifes ou des monafteres , ou même dans quelques ch.i.
teaux 8c villages qu’on fonda, 8c à qui on donna le nom de Salvitas , en la¬
tin, 8c de Sauvetat ou Salvetat en langage du pais : nom qui eft demeuré de¬
puis à plufieurs lieux de la province. Les églifes d 8c les cloîcres des monafteres d
îervoient auifi d’afyle aux malfaideurs , excepté certains crimes énormes ,
comme l’homicide volontaire, dont il étoit permis de prendre les coupables
dans les lieux privilégiez.
Les guerres particulières qui furent prefque continuolles dans la province
durant le XII. fiecle, obligèrent d’un autre côté les feigneurs ôc leurs vaf-
faux à fe fortifier, pour fe mettre à l’abri des entreprifes de leurs ennemis j
ce qui donna lieu à la conftruclion d’un grand nombre de châteaux ^enforte
qu’on donnoit alors prefque généralement le nom de châteaux, aux petites vil¬
les 8c aux bourgs du pats.
Lanoblcffè telle qu’elle eft aujourd’hui reconnue en France, étoit parfai- ^obiVe*
tement établie dans le Languedoc au XII. fiecle. Sa principale fonction con- chev°ii«s?
fiftoit dans l’exercice des armes , qu’elle allioic , comme les anciens Romains, «-
avec les fonctions judiciaires. Les plus grands feigneurs préfidoient en effet fcTgncms fécu.
aux plaids , 8c rendoient eux-mêmes la juitice affiliez de leurs principaux vaf- tiets&cccic-
faux , qui de leur côté exerçoienc les charges de viguier , 6c étoient fouvent pris
pour arbitres dans les différends des particuliers. On qualifioit cous les nobles
en general chevaliers * : quelques-uns d’encr’eux fe donnoienceux-mêmcs cette * Milites,
qualité dès le commencement du XII. c fiecle , mais c’étoic affèz rare. O11 crr^.+is.
ignoroicdansce fiecle le terme de Bomicellus , Damoifeau, qu’on employa dans bel¬
les fuivans, pour lignifier un fils de chevalier. Le titre d’écuyer f étoit ce- f Scmifer.
pendant alors en ufage pour diftinguer les’ nobles qui n’avoienc pas encore
reçu la ceinture militaire.
Quoique les familles nobles fuflênt diftinguées des autres dans la province
au XII. fiecle, on a delà peine cependant à luivre leur genealogie ,à caulêque
les noms propres n’étoienr pas encore fixez parmi elles : en effet , on voie
alors allez fouvent le fils 6c le frere porter un furnom different de celui de
fon pere ou de fini frere , 8c les puînez prendre leur dénomination du .princi¬
pal château qui leur écoic échil en parcage. C’eft ainfi que dans la maifon
de Montpellier, les cadets, pour fe diftinguer de leurs aînez quiavoienc le
même nom de baptême, s’appelloient l’un Guillaume de Tortofe , 6c l’autre
Guillaume d'O mêlas , 8c que le fils de ce dernier prit le furnom d 'Orange. D’au¬
tres de cette maifon fe donnèrent des fobriquets , comme ceux de Guerrejat
fie de Burtundion. Dans celle de Sabran , le puîné prit le furnom d’Amici.
Raymond f de Caftries fe dit en 1135. fils de Pons de Montlaur 5 6c en 71.
11 36. Arnaud de Vergnole, fils de Guillaume d’Afnave. Une autre difficulté
pour diftinguer en ce fiecle les familles nobles du païs d’avec celles qui ne
T orne II. T c t
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no*
_ 5»4 HISTOIRE GENERALE
An> liéj. l’étoient pas , c’eft que quand les furnoms furent mis en ufage, les
blés prirent ordinairement le leur du principal château de leur domaine,
ou des villes dans lefquelles ils polTedoicnt quelque fief 5 de là vient que
nous voyons un fi grand nombre de gentilshommes de la province qui pre.
noient alors le furnom de Touloufe, de Carcaffonne , de Beziers, de Nar.
bonne , ôcc. or les roturiers prirent alors très-fouvent leur furnom de la ville
ou du château où ils demeuroient , 6c ni les uns ni les autres n’ajoûtoient
communément aucune qualité à leur nom.
On a remarqué que Roger vicomte de Carcaflonne fe fervoit d’un fceau
* v.dm «n u 8 o. & on ne fqauroic douter que les autres grands feigneurs de la province
f 7*'- n’en euflent * aufli alors : mais comme il n’en relie aucun de ce tems-là, on ne
fqauroit dire précifément quelles étoient leurs armoiries. On peut fuppofer
cependant fort vraifemblablement qu’elles étoient les mêmes que celles dont
ils fe fervirent dans les fiecles fuivans. Les comtes de Touloufe fcelloient
h v.otii.thr. leurs chartes de leur fceau ou anneau dès l’an b 1 1 ré. 8c on voit qu’ils avoient
une croix pour armes en 1171. ainfi qu’il eft marqué dans un vidimus c d’une
p - *97. de leurs chartes de cette année. On trouve la même croix vuidée , pomme.
JW»!**'* c^e & clechéc fur une piece de monnoye d d’argent qu’on attribue à Ray.
lon.&je'i. mond de S. Gilles comte de Touloufe , mais qui paroît c être plus probable,
ment du comte Raymond V. fon petit-fils.
Ün auceur f du dernier fiecle attelle avoir vu un Iceau en plomb de l’an
c r.ci JejfMv. 1 13 j. pendant à un acte de Guillaume VI. feigneur de Montpellier , fur le.
fâ"r.tu, de quelétoit reprelenté d’un côté un homme alfis lur une chaife jouant de la har.
Mtntptllftrt.i* pe,avec ces mots autour : Sigiiï. Guiü. domini de Montepeffulano j & de l'autre im
chevalier armé de toutes pièces fur un cheval de bataille , tenant un bouclier
dans fa main, fur lequel paroifloit un befant avec la même infeription autour.
Cec auceur a recours-cnluire aux fables pour expliquer l’origine des armoiries
des feigneurs de Montpellier î il prétend, fans en apporter aucune preuve,
que les derniers de ces feigneurs porcoient un tourteau de gueules en champ
d’argent : il confond les armes que la ville de Montpellier prit long-tems
après , avec celles de ces anciens feigneurs , 6c ajoute que ceux-ci firent quel¬
ques autres changemens dans les leurs. Tout ce qui rcfulte de fonraifonne-
ment, c’eft ce que ces feigneurs avoient pour armoiries un bêlant ou un tour,
teau, qu’on ne iqauroitdiilinguer, parce que le blafon n’eftpas marqué dans
les anciens fceaux.
Enfin nous avons un fceau de Bernard d’Andufe de l’an 1174. que nous don.
nerons ailleurs «avec les autres de l’ancienne noblefle de la province. Il ne
paroît aucunes armes dans ce fceau. Le feigneur d’Andufe y eft reprefenté à
cheval des deux cotez } fqavoir dans le fceau, le cafque en tête 6c l’épée à la
main, 6c dans lecontrefcel fonnant du corde chafle. Il y a dans l’une & l’au¬
tre figure un chien de chafle qui le fuit.
. Les évêques 8c les abbez avoient aufii leurs fceaux particuliers au XII. fie-
cle , mais ils n’y mettoient pas leurs armes j ce qu’on peut voir dans le fceau
g sw. Juiui. en plomb qui nous relie 1 de Pierre archevêque de Narbonne de l’an iiji.
i»tu*..L.wg ue- La grandeur de ce fceau eft de deux pouces deux lignes de diamètre. L’arche-
v.r*ssi7» v^ue y eft reprefenté un peu plus qu’à demi corps, avec la chappe 6de pal¬
lium , mais fans mître , donnant la bénédiction de la main droite , & tenant
le livre des évangiles de la gauche. Il en eft de même du fceau d’Aldebert
d’Ufez évêque de Nifmes, de l’an 1 1 74. Il n’y a d’un côté que l’image de la
Vierge patrone de la cathédrale de cette ville, 6c de l’autre le Ample nom d’AL
deberc.
On a vil ailleurs h que les citoyens des principales villes de la province for-
LXXVII.
Tiers eut.
Oiiginc des
communes &
des m.igilhacs
municifuux ^ _
des piiucipaics moient, avant la fin du XI. fiecle, une efpcce de corps diltingué des eccle-
v'lf ,^e r- fiaftiques 6c des nobles. On trouve la même diftinclion dans divers monumens
pu.vma.Cou- T _ . » ;i _ • » / ■ . . A.,
luitic. p.vtticu- du fiecle fuivant, ou il eft fait mention des bourgeois des differentes villes du
xiy païs, lefquels tenoient le milieu» entre les chevaliers , ou la noble/Te, 6c les
’ fèrfs. Ces bourgeois compoferent une nouvelle condition , qu’on nomma dans
i/'r.;.i7,.jss. fu{ce tieri pOUr je diftinguer du clergé 8c de la noblefle.
Ou rapporte communément l’origine des bourgeoifles f à l’établiffement des
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DE LANGUEDOC. Liv. XVIII.
S'S
coimmunes ou afïôciation des principaux habicans des villes, faite en France An.hôj.
au commencement du XII. lîecle. Nous n’avons rien en effet de plusancicn
pour celles de la province ; 6c on ne voit qu’en 1 107. 1 des bourgeoisie Car. aJi,v-
caffonne * en 1113. des bourgeois de Montpellier } en nu. b des bourgeois de h M'9*
Beziers , 6c en 1 13 1. c des cou fuis de cette ville 5 en 1 141 . des confuls d de Mont- ur
pellier 5 en 1 144/ des confuls de Nifmes i en 1148. des confuls de Narbonne, '
êcen 1160. des bourgeois de Cadres. Enfin nous ne trouvons que vers le milieu
du même fiecle ce qu’on nommoit à Touloufe le commun confeil ou le chapitre , 5'6'°c'
compofé des principaux habicans 6c des capitulaires ou magiftrats muni¬
cipaux, qu’on appelloir confuls dans les autres villes de la province. Ces
magiftrats étoient clus tous les ans par les communes & les corps des villes,
6c ils avoient la principale adminiftration de la police ■> ce qui fubfifte en¬
core de nos jours. Il y a cependant quelque différence entre l’origine des com¬
munes de Languedoc , êc celles de France : car la plupart de ces dernieres
furent»' établies par l’autorité de nos rois, indépendamment des feigneurs fvMai.*d
qui avoient le domaine des -villes 5 au lieu que les bourgeoifies & les com-
munes des villes de la province furent inftituées par leurs feigneurs im- g Vjc»ni comt.
médiats, qui leur accordèrent divers privilèges g , firent rédiger leurs cou- p »l- ,«4-
tûmes particulières, & leur donnèrent des loix de police & de gouvernement,
C’eftcequi paroît entr’autres par les coutumes b que les vicomtes de S. Antonio r-p.fio.
en «ouergue donnèrent vers l’an 1136. aux habitans de cette ville, 6ci fes con-
fuis qui etoient au nombre de douze : dans lefquclles ils permettent le duel ÔC ».jt. \
l’épreuve du fer chaud du confentcment des parties, abolillent/rr queftes 6c tou.
tes les autres impofitions qui ne feroient pas volontaires, & donnent une en¬
tière franchife 6c fureté à tous ceux qui viendroient à la fête de S. Antonindu
mois de Septembre, huit jours avant, 6c autant après cette fête.
Les villes de Languedoc qui obtinrent de leurs feigneurs immédiats l’éca-
bliflement de leurs communes, ne firent que rentrer dans l’ufâgc où laplii-
parc avoient été fous la domination des Romains , peut-être même fous celle
des Vilîgots 6c des rois de la première race , de fe gouverner par leurs pro¬
pres loix 6c leurs propres magiftrats : autre différence entr’elles 6c les villes du
nord de la France qui n’avoient jamais joui d’une pareille liberté avant le XII.
ficelé.
Les confuls 6c les bourgeois depuis leur établiflement, prirent parc au gou¬
vernement des villes de la province fous l’autorité des comtes , des vicom¬
tes , 6c des autres feigneurs qui en avoient le domaine. Ils affifterent ‘ fouvent
aux plaids , 6c y prirent féance après les chevaliers. A Touloufe , ils for-
moicnc la cour k des comtes ; 6c ces princes ou leurs viguiers en leur ab-
fence préfidoient à l’aflemblée qu’on appelloit du commun 1 confeil des bour¬
geois. Cette affemblée , dont les capitouls ou confuls étoient les chefs ,
adminiftroit une partie de la juftice, fur. tout dans les matières de police.
Enfin rien ne faic tant voir la liberté dont jouifloient les principales villes de
la province au XII. ficelé, que leurs allocutions pour le commerce avec plu.
fieurs villes d’Italie qui fe gouvernoienc en républiques 5 afTociations dont nous
aurons fouvent occafion de parler dans la fuite , 6c dont l’une des plus ancien¬
nes eft celle que l’archevêque, la vicomccffe & le peuple de Narbonne firent
en 1 1 66. m avec la république de Genes. Au refte les bourgeois des villes for- mPr-w- *•
merenc depuis leur établilfemenc une milice particulière , qui étoit obligée
à diverfes 0 chevauchées envers les feigneurs , c’cft-à-dire à les fuivre à la guerre nPr./>.j7<.
en certains cas.
Il réfulte de ce que nous venons de rapporter que les habitans de Languedoc £mu,nc!cc
étoient difti liguez au XII. fiecle en libres 6c en ferfs, 6c ceux-là en noblesôc jmfsdc n Pto-
cn bourgeois. Ces derniers s’appliquoient ordinairement au commerce , qui ™(£r*'lbb‘as
étoit florifTant dans la province, 6c qui y attiroit quantité d’étrangers, entr’au- cct rcs'
très les Pifans, les Génois, 6c les Lombards. Ces peuples y avoient des établiflè-
mens fixes, & y jouifloient de plufieurs privilegcs.il y avoitauffi beaucoup dejuifs op^ ^
dans les principales villes du païs , où ils occupoient 0 des quartiers féparez. r°q. ' 1 9
Nous fommes inftruits à peu près de l’état où étoit alors cette nation dans , P
le Languedoc, par la relation du voyage F que Benjamin Juif deTudelle en
T orne II. T 1 1 ij
i Pr.p.4iî.
X.CAtel il:d.
I Duch.ed. 4.
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HISTOIRE GENERALE
t Confltnt.
TE mptr.not.in
Êenjum.ibtd.
*•*44.
ÀN^uéj. Navarre , y entreprit vers l’an 1 170. fie avant l’an 1 17}. pour palTer delà en
Orient. Cet auteur ayant traverlê les Pyrénées, arriva à Narbonne ,» ville,
Mnnftts. n dit_il ^ maitreffe * pour la loi , d’où elle fe répand dans toutes les provinces.
«On y voit des docteurs fameux , parmi lefquels eft le rabbin Kalonime , fils
«du grand prince 6c rabbin Théodore de bienheureufe mémoire, de la race
« de David. Il poflede de grands domaines fous la protection des princes du
«pais.» Les Juifs de Narbonne poiTedoient donc alors des fonds de terre,
comme anciennement fous le régné de l’empereur Louis le Débonnaire. Ben¬
jamin parle encore de trois autres rabbins de Narbonne des plus eftimez,
qui de même que plufieurs autres , s’appliquoient , dit-il, à l'étude de la fa~
g e([e< II compte 300. Juifs dans la fynagogue de cette ville. De Narbonne notre
voyageur fe rendit à Beziers où il trouva une fynagogue fort Itudieufe, &
deux rabbins qui excelloient par deflùs les autres. Sa routeleconduifitàMont.
pellier, » ville, dit-il , très-heureufemenî lîtuéc pour le commerce à deux
» lieues de la mer , 6c fort fréquentée par toutes les nations , tant chrétiennes,
« que mahometanes. On y trouve des négocians , ajoute t-il, du pais des Al-
« garbes, (ce qu’on interprété a de l’Afrique,) de la Lombardie, du royaume
«de la grande Rome, de toute l’Egypte , de la terre d’Ifraël, delà Grece.de
«la Gaule, de l’Efpagne 6c de l’Angleterre : enforte qu’on y voit des gens de
« toutes les langues, avec les Génois 6c les Piians. Il y a des difciples très.
«célébrés de la fagelLe , c’eft-à-dire des rabbins.» Il parle de cinq des princi¬
paux d’entr’eux , 6c dit que parmi les Juifs de Montpellier il y en avoir de
très-riches , qui fe diftinguoient également par leurs libéralités envers les paît,
vrcs , 6c par la protection qu’ils accordoient aux affligez.
Benjamin fe rendit enfuite à Lunel où il y avoir une fameufe fynagogue qui
s’occupoit nuit 6c jour à l’étude de la loi. » C’eft-là , dit-il , où notre grand
«docteur 6c maître , Mefchulam , d’heureufe mémoire, aenfeigné autrefois,
»6coù il a laide cinq fils tous rabbins très-lhges ôc très-riches , 6c dont le der*
«nier nommé Afcher, s’eft entièrement retiré du monde par dévotion, pour
«s’appliquer uniquement jour 6c nuit à la méditation de la loi. Il meneunevie
« très-mortifiée, s’abftientde manger de la viande , êefait de grands progrei
«dans la fcience duTalmud. » Benjamin parle encore de quatre autres fa¬
meux rabbins de Lunel , fçavoirdu grand rabbin Moïfc GilTo , de R. Samuel
profelleur *, de R. Salomon prêtre, êc de R. Juda médecin , fils deTibbou
Efpagnol. II marque qu’il y avoir un grand concours de Juifs étrangers qui al-
loient étudier la loi dans l’académie de cette ville, 6c que les jeunes élevés
étoient nourris 6c vêtus aux dépens du public , chez les rabbins qui avoienc
foin de leur éducation, llcompte 300. Juifs dans cette fynagogue.
On prétend b que Salomon rabbin de Lunel , donc parle ici Benjamin , eftle
même que R. Salomon Iarchi célébré rabbin de cette ville, qui s’acquit une
très-grande réputation parmi les Juifs, par fes explications de l’écriture & du
Talmud,6cqui mourut , dit-on , l’an 1 1 o de J. C. âgé de 75. ans. On remar-
que à ce fujet que tous les rabbins dont Benjamin fait mention, à l’occalion des
villes qu’il rencontra fur là route , ne vi voient pas de fon tems , 6c que quel¬
ques-uns étoient déjà morts ; mais c d’autres prérendent que Rabbi Sa-
Prxie&or.
b Confltnt.
ÏEmp not.ibid.
c Euxtorf. (J 11 CS-
libi.Kat-p.i9i- Jomon Iarchi ne mourut qu’en 1180. On ajoute'1 que Juda rabbin de Lunelfc
iiu-r médecin , eut un fils nommé Samuel qui traduifit d’Arabe en Hébreu, le livre
intitulé le docteur ,com]>o[c par le rabbin Moïfe Maimonide, ou fils deMaimon,
Juif efpagnol mort eanoi. à l’âge de 70. ans $ que Samuel fiteetee tradu-
ction du vivant du même Moïlè , 6c qu’il compofa un livre intitule interpré¬
tation des mots pbilofopbiques , ouvrage dont on fait beaucoup de cas. Cette tra¬
duction dulivre du doïleur excita de grandes difputes c entre les Juifs vers la
finduXII.fiecIe : Salomon fils de Moïle, Juif de Montpellier, s’éleva contre ce
livre avec un grand nombre de fes difciples qui le firent brûler. Lesparri/àns
de Samuel de Lunel prirent d’un autre coté fa défenfe, 6c il y eut plufieurs écrits
très-vifs de part 8c d’autre , ce qui caufa un grand fchifme parmi les fynagogues
de la province ôc du royaume qui s’excommunioicnt réciproquement. Lesjuifs
de Narbonne le déclarèrent entr’autres pour Samuel Ôc pour les Juifs de Lunel,
contre Salomon 6c ceux de Montpellier. Enfin le fameux David Kimchi s’etant
t Kot. ibid.
/* 143*
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DE LA NGUEDOC. Liv. XVtlî. Jt? _ =.
entremis pour appaifer ces troubles, 6c ayant écrit pour cela à un Juif de Lunel, Ân.i k é'j;
la divifion cefia enfin au bout de quarante ans, 6c le livret» docteur fut géné¬
ralement approuve. Reprenons la fuite du voyage de Benjamin dans la pro¬
vince.
Ce rabbin fe rendiç » de Lunel à Beaucaire , qu’il appelle une très grande ville, a uinerS/#.
On y trouvoit environ quarante Juifs qui y avoient une academie , ouenleignoit ,b,d '
un fameux rabbin nommé Abraham , aufli recommandable , dit-il , par fa lagefi-
fe 6c par fon habileté dans l’Ecriture ôc le T almud , que par fes richdles 6c par la
charité qu’il exerçoit envers les Juifs étrangers qui venoient fe ranger (bus fa
difeipline pour apprendre la loi, ôc qu’il entretenoit gratuitement. Benjamin
parle de cinq autres rabbins de Beaucaire. 11 alla de cecte ville à N ogre s * qu'ori
appelle , ajoute-t-il, le bourg de S. Gilles , où il y avoit une fynagogue de cent
Juifs, gouvernes par fix principaux rabbins qu’il nomme , entr'autres Jacob
hls du grand doéteur Lcvi de pieufe mémoire. Enfuite parlant de la ville de faine
Gilles, il dit qu’elle étoit fréquentée par divers peuples etrangers’ 6c infulaires
depuis les extrêmitez de la terre, à cauie de l’heureufe fituation de fon port fur
le Rhône , à trois lieues de la mer : les chofcs font bien changées aujourd’hui:
Benjamin paffade là en Provence pour ferendre en Orient.
Cet auteur ne parle que des fynagogues qui fe rencontrèrent fur fon pallage
depuis le Roulîillonjulqu’à Arles ; mais nous apprenons d’ailleurs qu’il y avoit
des Juifs au XII. fieele dans plufieurs autres villes de la province, entr’autres à
Touloufeôc àCarcalIonncj ôc on a déjà vu que Roger vicomte de cette derniere
ville avoit un Juif pour baile , ou pour adminiftrateur de fon domaine.
Les Juifs exerçoient aulfi la médecine dans le Languedoc au XII. fieele $ 6c on EludcSX ob¬
vient de faire mention du rabbin Juda médecin de Lunel : ainfi nous ne dou- ne de l umvct-
tonspas qu’ils n’ayent été les premiers qui profederent publiquement cette d* Mout"
fcience à Montpellier , où ils avoient alors une academie célébré. Nous voyons
du moins qu’on y enléignoit la phi f que ou medecine en 1 1 8o. par le privilège
queb Guillaume VIII. leigneur de cette ville, accorda alors à toute forte de
perfonnes, de quelque pais qu’elles fufiènt, d’y profefier publiquement cette f<j.
lcience, avec promeire de ne plus les reftraindre à l’avenir, comme aupara¬
vant, à un fcul profelleur , quelque priere qu’on lui fît , ou quelque fomme
qu’on lui prefentât. Ce monument eft le plus ancien que nous connoillions en
faveur de la faculté de medecine de Montpellier , l’une des plus anciennes 6c des
plus célébrés de l’Europe. On fait remonter c fon origine jufqu’au XI. fieele, *v10Urn; Jt
&Cpeut-etre meme , ajoiite-t-on , jufqu au AT. On convient cependant quelle ne
fut érigée en faculté publique qu’en 1220.
Ledroit Romain fut auifi enfeigné 1 publiquement à Montpellier au XII. fie- d
clc, 6clc fameux Jurifconlulte Placcntin mourut dans cette ville en 1 1 92. après ‘
l’y avoir profefle pendant long-tcms,6c l’avoir éclairci par fescommentaires.il
fut inhumé dans le cimetière de S. Barthelemi. Axon autre célébré J urifconful-
te , natif de Boulogne en Italie , profefia aulfi le droit à Montpellier dans la
fuite : ils eurent des fuccclTèurs qui fe diftinguerent par leur mérité 6cleur ca¬
pacité. Ces jurifconfultcs enlèignoicnt les pandectes Florentines , ou ledigefte
ôc lccodede Juftinien , quidepuis la fin du XII. fieele prirent enfin en Langue¬
doc la place du code Theodoficn ou de l'abrégé d’Anian , lequel jufqu’alors
avoit été le feulen ulage dans cette province. Quant à la grammaire , à la phi-
lofophie 6c à la théologie , on ne les enicignoit alors que dans les cloîtres c des e v De vic
cathédrales 6c des abbayes. Cjnag./,.7i. v
On cultiva aulfi la poüfic latine 6c la provençale en Languedoc dans ce même lx-xc.
fieele. On a déjà dit ailleurs que Pierre le Vénérable 1 abbé de Cluni fait men- Le Languedoc
tion d’un religieux deTouloufe de fon ordre qui avoit rétabli de fon temsla poë- iCa°r!ovenccg"Sa
fie latine dans cette ville, où elle avoit été anciennement en honneur. N ous ncraicmcUt
avons divers monumensqui prouvent que la provençale y étoit alors fort en P^*-fnP^e
vogue. On comprenoit au XII. fieele, comme dans le précèdent s , fous le nom Poi:t«ijiovCn-
general de Provençaux , les peuples de la Provence proprement dite, 6c ceux des jî“u^mfs de
provinces voifines , mais fur tout du Languedoc * enforte qu’on divifoit alors le Ypwjw.
royaume en France ôc en Provence , fuivant les deux différons idiomes dont fe
fervoient les peuples de ces deux parties delà monarchie : c’eft ainfi que Pierre n.foi?V'XIF'
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An. u6]
a P r. Vtncr.
I .-/.x.
b Vit* \Pc tr.
Tarent, loll to.
% Mai p . j 17
c FoO.de M j/j le
t 'rJron.p , 81,
d». 7115. &
t Mjf.7U.J-
iiU.
f V. fnçehifl.
ftn de Umaif
dtfrf.77.
518 HISTOIRE GENERALE
le Venerable* 8c Geoffroi abbé de Hautecombe b, auteurs coutemporains,
mettent Ni fines en Provence , 8c que Robert abbé c du Mont S. Michel, autre
hiftorien du tems, parlant du voyage qu’Alexandre III. fit en France en 116 a.
dit que ce pape arriva d Montpellier en Provence. On voit aulli que les auteurs
du même fiecle mettent S. Gilles en Provence , quoique cette ville foit en
deçà du Rhône 5 8c que les Templiers 8c les Hofpitaliers donnoient le nom de
Provence, ou de langue de Provence à toutes les provinces méridionales des
Gaules où ils avoientdes commanderies , dont le chef-lieu étoit S. Gilles en
Languedoc.
Enfin les anciens auteurs qui ont recueilli les ouvrages des poctes proven¬
çaux ,8c compofé leur vie en langue provençale, nous fournillent une preuve
que fous le nom de Provençaux on entendoit au XII. fiecle ,8c dans le fuivant ,
non-feulement ceux qui fe mêloient de la poëfie vulgaire dans la Provence pro.
pre,mais encore dans le Languedoc, 8c les pais voifins.il cil marqué en effet dans
ce recueil qui fe trouve dans deux manuferits de la bibliothèque du Roi H , 1 ».
dans la vie de Gaucelin Faidits poëte Provençal » natif d’Uzerche en Limoulîn,
» que fa femme étoitnée dans un bourg fort riche appelle Aleft , ( c’eft-à dire
ji Alais ) dans la Marche de Provence , de la jeiyieurie de Bernard d' Andufe.
i°. Dans la vie dePons Capdueill autre poëte Provençal , que le même Ber.
nard d’Andufe étoit un honnête baron de la marche de Provence. On voit d’ail¬
leurs par cet ouvrage que la poëfie Provençale étoit beaucoup plus cultivée au
XII. fiecle par les Languedociens , Scies peuples des provinces voifincs, que par
les Provençaux proprement dits } que tous les grands feigneurs de la province fe
faifoient une gloire de protéger ceux qui s’y adonnoient , Sc qu’ils s’y appli-
quoient fouvent eux-mêmes.
Entre lespoëtes Provençaux dont les auteurs de ce recueil font mention, efl:
un nommé Pierre Cardinal, natif du Vêlai, qui fut c fort honoré par Jacques I.
roi d’Aragon , « Scmoi Michel de la Tor écrivain * eft-il marqué dans le ma¬
is nuferit ,fais à fçavoirque Pierre Cardinal, lorfqu’il mourut, avoit bien environ
ss cent ans -, 8c moi fufdit Michel j’ai écrit ces fyrventés ( forte de poëmes que
» Pierre Cardinal avoir compofez ) en la ville de Nifmes , 8cc. On parle dans
le même ouvrage de Bernard de Vencadour, autre poëte Provençal ,dela ma¬
niéré fuivante. » Bernard de Ventadour étoit fils d’un fournierde ce château.
>5 La vicomtellè de Ventadour le prit en affection , 8c ils s’aimèrent long-tems
ss tous les deux. Il en fit le fujet de fes vers 8c de fes chanfons : mais le vicomte
55 s’étant apperçû de leur liaifon , il congédia le poëte 8c fit enfermer fa femme.
»s Bernard le retira auprès de la duchefle de Normandie , jeune princcffe qui le
ss reçut fort bien. Il demeura long-temsà la cour, 8c ils s’aimèrent. Ilétoitau-
ss près d’elle lorfque Henri roi d’Angleterre alla pour l’époufcrSc la mena en
ss Angleterre. Bernard le retira alors ti iffce 8c dolentauprcs du bon comte Ray-
ss mond de Touloule avec lequel il demeura jufqu’à fa mort, après laquelle Ber-
ss nard , qui en avoit un extrême regret, fe rendit dans l’ordre de Dalon,
» (c’efl-à-dire fe fit religieux dans l’abbaye de Dalon en Limoufin.) Etmoi,(ajoü-
>5 te l’auteur de cette vie , qui cilla quatrième du manuferit) Hugues de S.Circ,
ss qui écris ceci , ai fçù ces particularitez du vicomte Ebles de Ventadour, fils de
ss la vicomtclTe que Bernard aima.
On peut fixer par là l’époque des principales circonllances delà vie de Ber¬
nard de Ventadour, rapportées bien différemment dans Nollradamus, 8c le
tems où Hugues de S. Cire écrivit la vie de ce poëte , avec une grande partie
de celles des autres poëtcs Provençaux qui fe trouvent dans les deux manuferits
de la bibliothèque du Roy. Le bon Raymond comte de Touloufe , auprès duquel
Bernard de Ventadour fe retira après avoir quitté la cour de la ducbejfc de Nor¬
mandie , n’eflpas cn effet different de Raymond V. mort en 1194. Quant à U
ducheffe de Normandie auprès de laquelle Bernard s’etoit retiré auparavant,
c’ell la même par conféquent qu’AIix de * France, qui étoit encore dam fa jeu-
neffe , lorfque le roi Louis le Jeune fon pere la promit en mariage en 1 1 74. à
Richard duc de Normandie. Henri II. roi d’Angleterre, pere de ce prince,
l’époufa alors en quelque maniéré au nom de fon fils, 8c la mena dans fes états
de Normandie, 8c enfuite en Angleterre , où il la fit élever à fa cour 5 mais le
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DE LANGUEDOC. Liv.XVIlL 5i*
duc Richard, ne voulue plus l’époufer lorfqu’il eut fuccedé au roi Ton pere An.iiôj.
à la couronne d’Angleterre en 1187. Bernard de Ventadour quitta alors, ou
peut-être même quelque tems auparavant, la cour de cette princefle pour fe reti¬
rer dans celle de Raymond V. comte de Touloufe. Enfin nous avons dans le mê¬
me recueil 1 la vie d’Hugues de S. Cire, poëte lui-même, ÔC on voit qu’il étoit j/J^'711**
contemporain du Daufin d’Auvergne, de Savaricde Mauleon, d’Alfonfe IL
roi d’Aragon mort en 1 1 96. 8c de Pierre fils 6c fucceffeurde ceprince.
Hugues de S. Cire , Michel de la Tour , 8c les autres qui ont écrit les vies des
poctes Provençaux, dont la plupart étoient leurs contemporains, font fans con¬
tredit les plus anciens auteurs que nous ayons de ces vies. Le premier eft le
même dont jean de Noftradamus 15 ignoroit le nom, 8c dont il parle en ces b?/4» i»
termes dans la vie de Bernard de Ventadour. >» Ebles de Ventadour .fils de«
, rpr, , . port, ertv . h
la vicomtelie que Bernard aimoit tant , racompta tout ceci ( içavoir les cir- « 7».
confiances de la vie de ce dernier) à un fçavant perfonnage de lors, duquel le «
nom eft inconnu , qui étoit poète Provençal , qui le rédigea par écript, duquel «
S. Cezari dit avoir extrait , 8c lemeift au catalogue des poë
Le Monge des ifles d’or 8c S. Cezari écrivent avoir lu les <
oëtes Provençaux: «
œuvres, 6cc.« On
e M£7% tj,
•bld.
apprend par là que les auteurs citez par Noftradamus dans les vies qu’il nous a
données des anciens poctes Provençaux , 8c dont il s’eft fervipour la compofi-
tiondefon ouvrage, font fort pofterieurs au XII. fiecle. En effet, on voit en
comparant ces vies avec celles qui fe crouvent dans les deux manuferits de la
bibliothèque du Roi, que Noftradamus, ou les auteurs où il apuifé,ontajoùté
à ces vies un grand nombre de fables , fait divers anachronifmes , Sttranfplanté
dans la Provence proprement dite, pour faire honneur à leurpacrie, plufieurs
poctes qui étoient natifs des autres provinces. On doit donc faire peu de fonds
fur l’autorité de cet écrivain. Nous en citerons ici un exemple qui fait à notre
fujet j c’eft la vie de Pierre Rogier qui eft rapportée de la maniéré fuivante dans
un des deux manuferits de la bibliothèque du Roi. » Pierre Rogier c natif «
d’Auvergne, chanoine de Clermont , 6c gentilhomme, quitta fa prébende «
pour fe faire jongleur : il étoit bien fait 8c fçavant,6cavoit un bonfens naturel.**
Devenu jongleur , il parcourut les cours 6e vint à Narbonne à celle d’Er- «
mengarde dame de grande valeur 8c de grand prix. Elle lui fit un accueil fa- «
vorable 6c le combla de biens. Il en devint amoureux ,6c elle fit le fujet de fes«
vers 6c de fes chanfons. Elle prit de fon côté de l’affeclion pour lui pendant le *«
long féjour qu’il fit à fa cour j ce qui donna occafion à divers bruits défavan- «
tageux à la réputation de cette dame , qui pour les faire ceffer congédia Pierre «.
Rogier. Ce poëte fe retira alors à la cour de Raymbaud d’Orange5 8c après**
quelque féjour d auprès de ce prince, il alla en Efpagne à la cour du bon« au, 9
roi Alfonfe de Caftille. Il fréquenta aufli celles du bon roi d’Aragon, dun
bon comte Raymond de Touloufe , 8c mourut enfuite dans l’ordre de Grand- «
mont. » Telle eft la vie de ce poëte , qui floriffoit par conféquent avant
la fin du XII. fiecle 5 bien différente de celle qu’on voit dans Noftrada-** « n»(tredam.
mus % qui le fait retirer à la cour *« de dame Ermengarde de Narbonne, fem- *< Koi.frjîq*.'
me de Roger. Bernard comte de Foix, où il devint amoureux d’une de fes de-«
moifelles nommée Huguete de Baux , furnommée Bauffete , fille d’Hugues de «
Baux,8cc«. Il ajoute, fur le témoignage de S. Cezari ,»que Pierre Roger fleu-«
rifToit du tems de Robert roi de Sicile comte de Provence , 6c qu’il fut pre. *«
fent en la cité de GrafTe en Provence , lorfque Pierre de Corberia antipape, «
furnommé Nicolas V. en un prêche qu’il feift dans l’églife, fe dédit publique- «*
ment environ l’an 13 30. des erreurs qu’ilavoit tenus. » Récit qui n’eft qu’un
tifTu de fables 6c d’anachronifmes.
La protection que Raymond V. comte de Touloufe, Ermengarde vicom-
tefïè de Narbonne, 6c les autres principaux feigneurs de la province accordèrent
au XII. fiecle aux poëtes Provençaux , fit quelapoëfie vulgaire y fut alors fort
cultivée.Le recueil manuferit de la bibliothèque du Roi fait mention d’ungrand
nombre de ces poëtes natifs de la province, qui vivoient vers la fin de ce fiecle,
& dont nous aurons occafion de parler ailleurs. On compte plufieurs Toulou-
fains parmi eux, entr’autres un nommé « PierreGuillemsf, homme courtois 6c -, uj.*
affable, qui fit de bons couplets , mais trop emphatiques. On affine qu’il fit»
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An. né;
* nu.
k> MfirU.iHJ.
MS& M-
c MJf.7ilS.
au
d Mjjibid*
t
LXXXI.
tangue Pro¬
vençale.
'Sio HlST. GEN. DE LANGUEDOC. Liv.XVIU.
‘«aufll des fyrventés jongleurs , qu’il médit des barons, & qu’il fe mitde Tordre
de l’Epée. Il eft représenté avec l’habit de cet ordre dans la vignette du manuf¬
erit qui eft à la tête de fa vie & de fes ouvrages. Il porte une longue barbe, un
ionnet vert, une robbe couleur d’incarnat, & une chappe blanche, fur laquelle
eft coufue du côté droit une longue épée dont le fourreau eft de couleur rouge }
la poignée au delfous du coude &la pointe en bâs. Lemanufcrit rapporte trois dé
fes chanfons ou pièces de vers.
Les dames de la province s’appliquoient auffi à la poëfie vulgaire au XII. fie-
cle , & on fait » un grand éloge d’ Adélaïde de Porcarages » gentilfemme de la
»> contrée deMontpellier qui étoit parfaitement inftruite,ôcquiaimaGuiGuer.
»rejat,frere de Guillaume de Montpellier , fur lequel elle fit plufieurs chan-
«fons. »Onen voitunede là façon dans lemanufcrit. Gui Guerrejat mourut
vers l’an nyy.cequipeutfervirà nous faire connoîtrele tems où vivoit Adé¬
laïde de Porcarages.
Noftradamusb attribue à un poëte Provençal nommé Guillaume Ademars,
.qu’il faitmourirà GrefignanouGrignan en Provence en 1190. un cataloguent
rime Provençale des femmes illujlres ; mais il fe trompe certainement furlanaif-
fance de ce poëte , qu’il dit fils de Gérard de Grignan , & gentilhomme Provers,
çal, à prendre ce terme dans fa fignification étroite } car fuivant le recueil c dont
on a déjà parlé» Guillaume Ademars étoit natif d’un château nommé Merueys-
»> en Gevaudan, & fils d’un pauvre chevalier. 11 étoit vaillant, beau parleur, &
»>fçavoit£/>a trouver. Le feigneurde Merueys le fit chevalier } mais ne pouvant
» foutenir fon rang, il fe fit jongleur , & fut extrêmement goûté par le peuple. Il
» fe fit enfin religieux de l’ordre de Grammont. *
Le Gevaudan eut auflï vers le meme tems un autre poëte Provençal qui fe di-
üingua beaucoup : ce fut » Guarin d’Apchicr d, gentil châtelain de Gevaudan
» dans l’évêché de Mende, vaillant &bon guerrier, liberal &bon trouveur, beau
>» chevalier St fçavanten galanterie. Il fut le premier qui compofa une efpece
>» de poëfie appellée defeort. » Le manuferit rapporte deux de fes-poëmes ou fyr¬
ventés. Il eft reprefentéà cheval dans la vignette, le cafque en tête, l’epee
d’une main, & tenant de l’autre un bouclier chargé d’unécu d’azur, à la bor.
dure, & a trois barres d’or , celle du milieu ondoyée.
Enfin Je Vêlai , eut fes poëtes Provençaux , de même que le Gevaudan. On
parle- entr’autres» de Guérin le Bruji gentil-châtelain du Vêlai, dans l’évêché
» du Puy fainte Marie , qui fut bon trouveur , non de vers ni de chanfons , mais
» de tenfons ; » efpece de poëfie par fiances , en forme de dialogue, fur
divers fujets , entre deux poctes Provençaux qui parlent alternativement à cha¬
que ftrophe.
On voit par ce que nous venons de dire que la langue Provençale étoit dans
fà perfeftion au XII. fiecle. On la parloit generalement dans toutes les provin¬
ces méridionales du royaume, &c même dans le RouifillonSc la Catalogne; &
c’eft à peu près la même dont on fe fert aujourd’hui dans le Languedoc , com¬
me il eft aifé de le juftifier par le recueil manuferit dont nous venons de parler.
NOTES
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1
SUR LHISTOIRE
D E
LANGUEDOC
NOTE T-
Sur t ufurpation du royaume de Provence far Bofon , & la fouverainttè de nos rois
fur le Rhbner
depuis les frontières du Lyonnois jufqu’à l’embou-
chûre de ce fleuve dans la mer.
E royaume de
Provence donc
Bofon s'empara
l’an 879* s'éten-
doit des deux cô¬
tes du Rhône, &
comprenoit en-
deça de ce fleuve
les diocèfcs de
Viviers & d’U-
zez , avec la par¬
tie de ceux d’Ar-
les , d’Avignon , de Valence & de Vienne qui dé¬
pend du Languedoc : il cft important de faire voir
ici la maniéré dont fcfir cette uforpacion, pour l'in¬
telligence de ce que nous aurons à dire dans la fuite
touchant la fouverainetc de nos rois for le Rhône ,
lequel appartient auLangucdoc d’un bord àl’autre,
Time IJ.
D. Apres la mort de l’empereur Louis le Débon¬
naire , Tes trois fils Lothairc , Louis & Charles,
convinrent • à Verdun au mois d’Août de l’an •w Annal. Birt •
84}. de partager entr’eux toute la monarchie Fran-
çoife que ce prince avoit poflêdéc en entier. La ?■
Germanie & quelques villes fituéesendeça du Rhin
échurent à Louis ; Lothaire , qui étoit l’aîné , eut
le royaume d’Italie & toute la partie Orientale
du royaume de France. Cette partie étoit bor¬
née au levant par le Rhin & les Alpes , & au
couchant par l’Efcaut , la Meufe & la Saône juf-
qu’à Lyon-, & renfermoit , depuis cette ville, les
pays limez des deux cotez du Rhône jufqu’à fon
embouchure dans la Méditerranée ; enlorte que le
Vivarais , l’Uzcgc & la partie des diocèli-s d’Avi¬
gnon & d Arles, qui cft en-deça de ce fleuve, y
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■jii NOTES SUR L’HISTOIRE
étoient compris. Charles le Chauve, le troiliéme vicrs & d’Uzez , & par confisquent prcfque toute
des freres eue pour fa part tout le refte du royau- la partie orientale du Languedoc. L’empereur Louis
me , ou la France occidentale. regna^ertainement fur la Provence propre en vertu i v
ül.Lapor^ondu royaume de France , qui échut de ce partage:& il paroît qu’il eue aufli dans fon lot f •
à Lothaire par ce célébré partage , comprcnoit un la partie du duché de Lyon la plus voifinc des Al-
grand pays borné aux deux extrêmitez par les deux pes *, fçavoir le Dauphiné & la Savoye , comme
mers , au nord & au midy *, elle dépendoit aupa- nous le verrons plus bas.
ravant partie du royaume d’Auftrahe 6c partie de VI. Le roi Lothaire mourut (ans enfans léeiti-
1 nnal. Beri ,
*3».
ravant partie du royaume
mourut (ans enfans lésiti-
çelui de Bourgogne quelle renfermoit prcfque en- mes l’an 8 69. Sa fucceflion appartenoit àlempe-
tierement , excepté les pays fituez à la droite de la reur Louis (on frere , qui jouidoit déjà d’une gran-
Saône , qu’on appclloit Bourgogne inférieure , 6c de partie du royaume de Provence : mais le roi
qui échurent à Charles le Chauve. Elle compre- Charles le Chauve & Louis roi de Germanie (on
, noit auifi toute la Provence avec le diocèfe a’U- frere , difputerent la fucceflion à ce prince , qu’ils
zés , ancien membre de la Septimanie. C’eft ce qui comptoient * devoir mourir bientôt , & qui d’ail- K ^*.2 3 $.
UnnàL.Btrt, eft clairement exprimé dans l’auteur* contemporain leurs n’avoit point d’enfans males. Comme Char-
21 S> des annales de faint Bertin , qui nous a bille un les le Chauve étoit le plus fort , il fe (âilit du royau-
détail circonftancié de tous les pays qui compo¬
saient la fuccclfion du roi Lothaire , fils & fuccct
(eur de l’empereur de ce nom. On appella d’abord
touçe cette portion de la France , le royaume de
me de Lothaire1 ou de la Lorraine, & s’en fit Ubid.p.i\u
couronner roi à Metz. Il vouloit même s’emparer M,t*
de la Provence & delà partie de la haute Bourgo-
gne m qui appartenoit cléja à l’empereur Louis , £***•
>[1-,
r-kpsnK
touçe cette portion de la France , le royaume de gne m qui appartenoit déjà a 1 empereur Louis ,
«b Mit. ijjtijùrc , b parce qU’on ne trouva point de nom mais il trouva de la réfiftance ; & le roi de Ger- p. znï
V ' plus propre pour défîgner les états de ce prince , manie (b n frere qui prétendoit a cette fucceflion ,
compofez de parties de differents royaumes *, mais lui ayant déclaré la guerre , il fut obligé d’en venir
après la mort de cet empereur , on reftraignit la fi- à un accord avec ce dernier , fuivant lequel ils par-
' gnificarion de ce nom aux (culs pays (ituez entre tagerent , au préjudice de l’empereur Louis , tous
FEfcaut & la Meule d’un côté , & le Rhin de i au- les pays qui avoient appartenu au feu roi Lothaire. .
trc> qui échurent à (on fils de même nom./ • iCharles le Chauve & Louis de Germanie firent
IVv L’empereur Lothaire étant mort en 85 ce partage au mois d’Aout de l’an 870. Le pre-
fes trois fils lui fuceederent , chacun dans une par- mier eut pour lui toute la partie occidentale du
tie de fts états. Louis qui étoit l’aîné , eut pour . royaume de Lothaire , fituée aux environs de la
fa part le royaume d’Italie avec le titre d’empereur. Meufe & de la Saône , avec la portion du duché
Les deux autres partagèrent ce que leur pere avoir de Lyon dont celui-ci avoit hérité du roi Charles
pofledé en France. Lothaire régna fur la partie fu- fon frere , 6c qui comprcnoit , comme on l’a déjà
périeure ou (èptentrionale, qu’on nommoit France dit, les villes ac Lyon, de Vienne, de Viviers &
& qu’on appella depuis , de Ion nom , le royaume d’Uzez. La partie du royaume de Lothaire , voiline
de Lothaire, ou la Lorraine. Ce royaume compre- du Rhin, échut au roi de Germanie. Il paroît que
tMd.p.ioi* noit entr’autres les deux duchez de la Bourgogne c ces deux princes laiflerent l’empereur Louis leur
lupérieure *, fçavoir la Bourgogne Cisjurane a neveu dans la paifible pofleflion des pays qu’il pof-
Bourgogne Transjurane. Charles d le puîné étcndic fedoit endeça des Alpes , 6c que cet empereur jouît
j. 201 domination (ur la partie méridionale \ -c’eft-à- tranquillement de la Provence, de la Bourgogne
dire fur la Provence , fiuiée entre les Alpes ,• la Du- Transjurane , du Dauphiné 6c de la Savoye. Il n’cft
rance , le Rhône & la Méditerranée , & fur le du- pas fait mention en effet de tous ces pays dans le
ché de Lyon qui dépendoit auparavant du coyau- parcage dont nous venons de parler , & dans le-
me de Bourgogne, & qui comprcnoit les pays quel® les comtez & les villes qui échurent à n /M.
fituez des deux cotez du Rhône aepuis cette ville Charles le Chauve , & à Louis de Germanie, font
jufqu a l'embouchure de ce fleuve dans la mer *, en marquées dans un très-grand détail,
forte que toute la partie orientale de Languedoc VU. La partie du duché de Lyon qui échut I
qui avoit appartenu à l’empereur Lothaire , fut de- Charles le Chauve par ce partage , 6c qui comprc-
puis (bumilè au roi Charles fon fils , qui prit le titre noit la partie orientale du Languedoc , reconnut
de roi de Provence , & établit fa rélidencc ordi- cependant l’empereur Louis pour fon fouverain ;
naire à Lyon , dont il fit la capitale de (es états. enlorte que Charles fut obligé de foùmcttre par
e^nrut. sert. v. Ce prince étant mort c fans poftérité en 8 6 } . les armes cette nouvelle portion de fes états. Il allie-
^nnîl. Mit. deux fireres difputerent d’abord entr’eux fa fuc- gea en effet & prit Lyon , 6c forma le fiege de ,
tkid. ccifion. Lothaire prétendoit qu’elle lui apparte- Vienne qui fe rendit à ce prince l’an 871. 0 Charles «M*1*
noit entièrement en vertu d’une donation que donna enluite le gouvernement de ce pays au duc
fsJnnd.Btrt. Charles lui avoit faite f de tous fes états : l’empe- Bofon fon bcaufrere : mais nous ne fçavons pas
f ' 1L°' reur Louis vint en Provence pour fe faire railon s’il pouffa (es conquêtes plus loin *, & il etc incertain
par lui-même : enfin le roi Charles le Chauve leur s’il fournit le Vivarais , le diocèfe d’Uzez , & le
l Uid . p.it ). oncle 8 prétendit à ce même royaume, dont les peu- refte du duché de Lyon qui lui étoit échu par le
pics Tavoient appcllé à leur fecours, & Tavoient partage dont nous venons de parler, ou s’il n’y étoit
clù pour leur roi à la place de Charles , fous pré- pas déjà reconnu.
texte de b négligence & du mauvais gouverne- VIII. Quoi qu'il en foit, l’empereur Louis étant
ment de ce prince. U ne paroît pas cependant que mort Tan 875. fans enfans males,Charlcs le Chauve
Charles le Chauve ait eu recours à la voie des ar- & Louis roi de Germanie fes deux oncles & fes
mes pour faire valoir fes droits *, 6c il eft certain plus proches héritiers , acquirent par là un droit
que les deux freres étant convenus d’un accord , légitime à fa fucceflion -, & le traité qui avoit été
h ibid. pus* partagèrent h entr’eux , (ans aucune oppofition de conclu entr’eux en 870. fiiivant lequel le premier
Mit. £ t ^ ie royaume de Provence. Lothaire eut devoit régner fur les deux cotez du Rhône depuis
pour lui 1a plus grande partie du duché de Lyon, Lyon , reçut une nouvelle force,
cacr’autres cette ville 6c celles de Vienne , de Vi- IX. Après 1a mort de Louis roi de Germanie 5c
m U
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DE LANGUEDOC.
de Charles le Chauve fon frère , donr Tune ar- main ; & toute la pa
riva en 876. &ï 'autre l’année fuivante,CarIoman, nale , demeura aux d
s jnnéi.Btrt. Louis & Charles fils & héritiers du premier, firent a XI. Les choies étoi
main ; & toute la partie inférieure ou méridio¬
nale , demeura aux deux princes François.
XI. Les choies étoient aans cette fituation lor£
■M.Btrt. Louis & Charles fils & héritiers du premier, firent a XI. Les choies étoient dans cette fituation lor£
6;&/e;ï le premier de Novembre de l’an 878. avec Louis que le duc Bolbn , l’un des tuteurs de ces deux
U. tuld» , r n r rr 1 i i i • i /» ^ t cr n i r
Ie Begue fils & lùccelleur de Charles le Chauve un princes , abulint de leur jeuncllè & de Ibn auto¬
traité, fuivant lequel ils convinrent , que le partage rité , rélolut , à l’inftigation d d’Ermengarde fa fe-
arrêté au mois d’Aout de l’an 870* entre leurs pe- conde femme , fille au feu empereur Louis H. de U **n% *79'
res fobfifteroit , & qu’en conféquence chacun joui- s’emparer de cette partie méridionale. Il fit tant
roit paifiblement de la partie du royaume de Lo- par les menées, qu’enfin il obligea les évêques du
thaire qui lui étoit échùc.Lafouveraineté que Char- pays , loit par menaces , loit par careflès, à s’af-
les le Chauve avoit déjà acquifè furies pays fi- lèmbler à Mantaille en Dauphiné, au mois d’Oéto-
tuez des deux cotez du Rhône depuis Lyon, fut bre de l’an 879.
confirmée par là. L’on voit par les fouferiptionsdes évêques qui
X. La mort de Louis le Begue arrivée au mois aflifterent à cette aflèmblée , que Bolbn ufùrpa
d’ Avril de l’an 879* caufa quelques troubles dans Pautoritc royale, non-lculement fur toute la Pro¬
ie royaume de Lothaire : mais ce fut fèulement vence proprement dite, renfermée entre laDuran-
dans les provinces lupérieures. Louis de Germanie, ce, les Alpes , la Méditerranée & le Rhône , 8c fur-
Bert . appellé b par quelques fàétieux de France , lins au- tout le duché de Lyon , pays qui avoient compofé
cun égara pour le traité qu’il venoit de conclure le royaume de Charles fils de l’empereur Lothaire >
avec Louis le Begue Ion coufln , s’empara de toute mais encore fiir la haute Bourgogne & fur une par¬
la partie de ce royaume fituée entre la Meule & tie de la baflè , à la droite de la Saône , laquelle
le Rhin : il menaçoit d’envahir le relie de la mo- avoit toujours appartenu à Char es le Chauve. Par-
narchie , lorlque Bolbn duc de Provence & les mi ces fouferiptions , on voit celles des archevê-
autres tuteurs des deux jeunes princes Louis & ques d’Aix & d’Arles , & des évêques de Mar-
Carloman fils de Louis le Begue , pour arrêter les feille , Toulon , Riez & Apt. Il eft certain en effet
progrès de les armes & l’engager à retirer lès trou- qu’il faut lire c , Rtchardus epifeopns j4ptcn(is> 8c c G* B.thr.
pes , le virent obligez de lui céder la partie de la non pas j4gatkcn(is : erreur qui a fait croire à U
Lorraine ou du royaume de Lothaire le jeune, que quelques modernes f que Bofon avoit régné liir fn. i.td.n .
le roi Charles le Chauve avoit eue par le partage le diocèlc d’Agde dans la Scptimanie, ce qui eft d9
de l’an 870. Les paroles de l’annaliftc de feint Ber- faux : en effet Alaric étoit alors évêque d’Agd e. Fr.to l,p.iz6m
tin font remarquables : Ut et cjf errent , dit cct au- Quoique les noms des autres évêques de la Pro-
teur , partent de regno Lotharii Junioris, vence propre ne fc trouvent pas parmi ces fouf- mtujbn de Fr.
quant Carolus contra fratrem faum Ludovuum , ip- criptions , il paroîr cependant qu’ils confcntirent
‘ Jim Ludovtct patrem , acceperat. Ainfx dans cette cct tous alors à l’clcétion de Bolon , ou du moins qu’ils
fion , qui étoit même forcée & contraire aux pré- <è fournirent dans la fuite à fa domination. Aufli
cédens trairez , il ne s’agiflbit nullement des pro- voyons nous qu’ Arnaud archevêque d’Embrun ,
vinces inferieures qui avoient appanenu à l’em- dont le nom neparoît pas dans les aélcs du concile
pereur Lothaire , ou des états que Charles roi de de Mantaille, fut du nombre de ceux qui «élurent gcw.*.*;
Provence , troilïétnc fils de cet Empereur, avoit l’an 890. Louis fils de Bofon : fès fufrragans, de
poflcdcz -, 8c par confcquent du cours du Rhône même que ceux d’Aix & d’Arles, fè fournirent fans
depuis Lyon jufqu a la mer, dont les deux princes doute d’abord à ce dernier prince.
François demeurèrent les maîtres. Moyennant cette Quant au duché de Lyon , fitué des deux cotez
cclfion , qui fut executée fur le champ , mais fans du Rhône, on voit qu’il fut fournis enderemcnc
la participation de ces princes , le roi de Germa- à Bofon dans le tems de fon éleélion , par les fou-
nie leur coufin promit de les laiflèr paifibles pofe feriptions des archevêques de Lyon & de Vienne ,
fèfleurs de tout le refte : Ut accepta ilia portione 8c des évêques de Valence , Grenoble , Vaifon ,
regm* m régnant faum rediret , & quod rehquum Die, Gap, Orange, Avignon, Viviers & Uzez.
de regno pains Jut Car oh Ludovicus habuit > fil iis Enfin celles des archevêques de Befençon & de
fais confcntiret . Ludovic us vtro G? fat acceptant ha - Tarentaifè , & des évêques de Bellay , de Lauzanne
bcntei talent ohUtionemiSc . . . Le acctp’a regni parte & de Maurienne prouvent que ce duc étendit alors
fabi cblata , Ludovtcus ad paUtium faum Francono - fon autorité for la Bourgogne Cisjurane & fur la
* fcd.f.iSf. fu>d redut. En effet les deuxc princes François Transjurane: il fournit aufli une partie dclabafle
ayant parragé enrr’eux l’année fuivante les états de Bourgogne à la droite de la Saône -, car les évêques
Louis le Begue leur pere , l’un eut pour fii part de Chatons & de Maçon aflifterent à cette aflem-
une partie de l’Auftrafïe qu’on appelloit alors le blée. On peut comprendre par là quelle fut Lé-
royaume de France : Qaod Franc ta refiduum erat tendue de fon royaume.
ex paterno regno , & tout le royaume de Neuftrie Louis, & Carloman fon frere, étoient alors légi-
aveefos marenes *, & l’autre les royaumes de Bour- times fouverains de toute cette étendue de pays :
gogne & d’Aquitaine. Or la fuite nous fera voir en voici de nouvelles preuves. i°. Il eft marqué
que le royaume de Bourgogne qui échut à Carlo- dans les aétes de l’aflèmblée de Mantaille , que
man, s’étendoit à la droite & à la gauche de la les évêques ne fè déterminèrent à élire Bofon, que
Saône , & comprenoit par confcquent la partie de parce que tour ce pays étoit comme abandonné
ce royaume , qui étoit échue à l’empereur Lo- depuis la mort de Louis le Begue leur commun
thaire. Les pays cédez par les tuteurs des deux prin- seigneur. Prafertim h cum rege comntuni morte k c»ne. n. p.
ces François à Louis de Germanie, ne compre- recepto , nullus tn eos faavtfcera per carttatis lar-
noient donc que la partie de l’ancien royaume gitatcm extendertt. On voit encore ici que les pays
d’Auftrafie fituée entre la Meufe & l’Efcaut d’un uforpez par Bofon , n’avoient pas été cédez au roi
côté , & le Rhin de l’autre. Par cette ceifion toute de Germanie , puifque ce dernier avoit pris poflèf-
la partie fopérieure du royaume de l’empereur fion de tout ce qui lui avoit été cédé. i°. Régi-
Tome I J.
prince
auteur contemporain ,
y v v i j
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\Jbïd.
yi* NOTES SUR. L’HISTOIRE
xjue Bofon ufurpa fon royaume fur les cnfans de dans le royaume , & le peu de durée du régné
Louis le Begue : Bofo\ ...in regem fuper prafatum de Louis & de Carloman , ne permirent pas à ces
Burgundiaregnum mungitur,pro nikilo ducens ado - princes de dépouiller Bofon de tous les pays qu’il
lefeentes plios Ludovic i Ve lut dégénérés defpi - avoit uforpez : mais il eft certain qu’ils lui firent € la c Omn. r»>,
xiens. j °. Cela paroît encore par la guerre que les guerre pendant toute leur vie, ainli quel’atteftc une ^lïZTf.sn*
Tois Louis & Carloman entreprirent* bientôt après ancienne chronique : Ludovtcus fcihcet (3 Carlo-
tli'lt'Jj}*' cn ^eur 00111 > concrc Bofon , pour reprendre fur mannus . . . régnant anms K Bofonem femper per -
C lui le royaume de Provence : guerre dans laquelle fecutt.
ils 'furent ftcourus parle roi de Germanie meme. Si l’on en croit Chorier * , Charles le Gras,
ôc par Charles le Gras roi d’Italie fon frere. lucceffeur de ces princes au royaume de France ,
XII. Il eft donc certain que Bofon ufurpa fon jouit véritablement de la fouverainetc fur tous les
royaume fur Louis & Carloman rois de France , & pays ufurpez par Bofon : mais il s’accommoda avec
3ue par confequent la fouverainetc fur le Rhône lui , le reçut pour fon vaflàl , & le laifla pailîble
’untbord à l’autre, depuis Lyon jufqu’à la Mcdi- poftèHèur du royaume de Provence. * Bofon, dit
terranéc , appartenoit alors a ces deux princes ; cet hiftorien , rentra (ans réliftancc dans la pof- «
aulli firent-ils tous leurs efforts pour chaflcr ce re- feflion de tous fes états après la mort de Car- «
belle de ce pays. Les princes Germains leurs cou- loman , & les recouvra pendant les defordres qui *
fins , fe liguèrent avec eux pour cette entreprife au fifivirent la mort de ce prince. L’empereur Charles "
^J'nalmBert' mois de Juin de l’an b 88o. & convinrent enfem- le Gras, que les François avoient appellé , s’ac-*
^*4 anal. F ‘nid. ble d’un nouveau traité de paix. Nous en ignorons commoda avec lui , ôc lui envoya même un fàuf- «•
t- '-T*. les articles : mais il y a tout lieu de croire que les conduit pour le venir trouver à Metz comme il «*
xleux princes Germains confirmèrent les deux prin- le fouhaitoit : il conclut enfuite avec lui un traité -
ces François dans la poflèflîon de toute la partie de paix, fuivant lequel Bofon ayant fait homma-«
méridionale du royaume de l’empereur Lothairc , ge a Charles le premier de Novembre , fà femme *
dont Louis le Begue & Charles le Chauve avoient & fa fille , que Carloman avoit fait prifonniercs «
éré les maîtres, & que Bofon venoit d’ufiirper. Cela à la prife de Vienne , lui furent rendues : ainli c
eft d’autant plus probable, que Louis & Carloman Bofon ne s’oppofa pas à l’ade de fouverainetc-
laiflerent Charles le Gras pailible poffrffrur de tou- que fit l’empereur Charles le Gras fur le royau- «
te l’Italie , for laquelle iis avoient des droits *, il y me de Provence, lorfque la première année de «
eut fans doute une efpccc dcchange entr’eux. Il fon régne , ôc à la pricre du marquis Bernard , il «
paroît encore qu’il fut ftipulé dans ce traité , que confirma à l’églife de Lyon tout ce qu’elle pofïc- »
Louis de Germanie ne pollèdcroit qu’en engage- doit dans l’étendue du meme royaume ; ce qui »
ment, Ôc feulement pendant fa vie, la portion de témoigne, continue Chorier, que Bofon relc-*
la Lorraine fupérieure qui avoit été au pouvoir de voit de ce prince , ôc qu’il fe reconnoiflôit fon *
Charles le Chauve ôc de Louis le Begue , ôc que vaflàl. n Mais s’il eft certain que Charles le Gras
les tuteurs des deux princes François lui avoient exerça la fouverainetc comme roi de France fur le
"cédée l'année précédente -, Ôc qu’il fut dit qu’a- royaume de Provence , on ncfçauroit prouver que
près fa mort toute cette partie reviendroit aces ce prince ait jamais reconnu Bofon pour fon vaflàl,
deux princes. En effet Louis roi de Germanie étant qu’il ait fait un traité de paix avec lui , & reçu fon
mort l’an S 8 z. & le roi Charles le Gras fon frere , hommage : Chorier n’en donne aucune preuve > &
lui ayant fuccedé , Carloman roi de France envoya quelques auteurs poftéricurs S qui ont avancé que g Défit au
des ambaflàdcurs à ce dernier pour le fommer de Charles le Gras reçut en grâce le roi Bofon , quil
luireftitucr cette portion de la Lorraine fopérieurc, lui donna fous l'hommage une partie du royaume & sAni^fatn.
• CONFORMEMENT a SA promesse . . j4d*cjuod place - le r et Mit dans fes états , l’ont fait trop legere- o!
tum Hugo abbas Carolum adiit pro petit tone partis
c ^innal.Bert.
p. 261,
regni quam frater fuus Ludovicus m locanum ac-
ceperat ; ut peut ipfe Carolus ohm promiferat , Ca-
rolcmanr.o refitueret . Cette reftitution devoir être
a iïîd.p. 260.
ment , ôc (ans doute for la foi de cet hiftorien.
Nous voyons , en effet au contraire , par l’au¬
torité de Reginon h, auteur grave & contempo¬
rain , que non-feulement les rois Louis & Carlo-
faite à Carloman , en conféquencc du partage man firent toujours la guerre à Bofon, mais encore
dont il étoit convenu avec le roi Louis fon frerc.Ce les rois fücccflcurs de ces princes , ôc qu’ils ne con-
prince continua en effet lui feul le liège de Vien- durent jamais aucune paix avec lui. Aon folum tlli,
ne , ville qui lui étoit aulli échûe en partage avec verum etiam alu reges Francorum per fuccedentta
le royaume de Bourgogne ; Rémanent e Carloman - tempora adeo graviter nomen ejus ( Bofoms ) tulc-
no , contra Bofonis ftdiuonem t ôc c’eft à lui quelle runt , atqtte exofum habuerunt , ut trrecuperabili
fe rendit l’an 88*. On voit d’un autre côté que ejns dejethone & mortiscxitio, non modo principes ac
les lèigncurs de la partie de la Lorraine fupérieure duces, fed etiam eorum fatellites facramentis G? exe-
qui avoit appartenu à Charles le Chauve & a Louis cratiombus obhgarentur. Cet auteur dit enfuite que
le Begue , d voulurent fe foûmettre à Louis roi de ces memes princes pourfoivirent toujours Bofon ,
France , d’abord après la mort de Louis de Germa- & proferivirent meme ceux qui fàvorifbient fon
nie •, parce que cette portion devoit être reftituée parti.
aux princes François ; mais Louis aima mieux, at- XIV. Charles le Gras traita donc toûjours Bofon
tendre que Charles le Gras lui fit lui-même cette d’uforpateur -, & fi le premier exerça divers aâcs de
reftitution ; Vemcntes autem pnmores partis illius fouveraincté fur le royaume de Provence, ce ne fut
regni , qua ipp Ludovtco m locanum data fuerat , pas en vertu de quelque traité qu’il eût fait avec
qiiatenus qui pater & avus tllorum habuerunt ets l’autre , mais comme roi de France & foccefTèur
coulent ir et , velue runt fe dit commendare : fed con -
filio pnmorum , propter facramenra qua inter eum ,
CS Ca'olum faEl a fuerant , non eos m commenda -
tionem fufcrpit , ê$c.
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J».
de Louis ôc Carloman , à qui les états de Bofon ap-
partenoient de droit. On a des preuves de cette
fouverainetc, i°. dans une charte du premier de
Mai de l’an 885. que Chorier a citée , ôc qui a été
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XIII. Les ravages que les Normans caufoicnc donnée depuis par Baluze. 1 z°. dans lcsa&esdu
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DE LANGUEDOC. jiÿ
concile tenu a Châlon fur Saône au mois de Mai nales de Fulde ne nous permettent pas de douter:
de l’an ‘8 87.6c par confequent poftérieurement a la Tartdcm k afumpto Bofone comité , qui propria uxore
mort de Bolôn , comme nous verrons bientôt j ce veneno ex/i india , fiham Ludwict imper aeons de *' 5/u
H
qui fait voir que Charles le Gras Ce regarda com- kalia per vim rapueraty 0c. Soir donc que cette
me fouverain du royaume de Provence pendant premierefemme du roi Bofon s’appcllât Ingeltrude
la vie de ce dernier , 6c après (a mort : en effet les ou non , peu importe , dès qu’il eft confiant que ce
archevêques de Lyon & de Vienne , avec les evê- prince empoifônna fà première époufe pour fe ma-
ques de Valence > de Bellay, de Mâcon & de Châ- rier avec une autre. Il eft certain d’ailleurs que Bo-
lon fur Saône , qui aflîftercnt à ce concile , & dont fôn 1 n’enleva la princeflc Ermengarde pour! epou- 1 ^ ^ Bcrh
n Hi/I.geneall
3 > .CTJ91
o Cont.t9.9-p9
4^+.
les diocèfcs étoient dans l’étendue du royaume de fer que l’an 8 7 6. Or nous apprenons dun auteur m #?i , 5
Provence , y reconnurent la fouveraincté de Charles contemporain , que l’an 8 7 8- le prince Cai lomari
le Gras en France & dans les Gaules. fils du roi Louis le Bcgue époulâ une fille du mê-
XV. fl eft vrai que ce concile eft daté de l’an 886* me Bofbn -, elle devoir être née par conlequent
dans les differentes éditions qu’on en a données : d’un premier mariage du meme Bofbn , puif-
mais il doit être rapporté à l’an 837. comme il qu’à peine il y avoit alors deux ans depuis celui qu’il
paroît par d’autres monumens,&en particulier avoit contraûé avec Ermengarde. On ne doit donc
i Uirttn. tt. par les privilèges b qu’il accorda à l’églife de Lan- faire aucune difficulté d’adinettre une fille de Bofon
Sntn. ai e • grcs fc ^ l'abbaye de Charlieu au diocèic de Maçon, au nombre des reines de France , S c de donner une
& qui font datezde l’an 887«D^lfcursl’indidion époufè au roi Carloman* ce que lemêmengénea-
<c»n<d.M*rt. v. eft marquée dans tous les actes c donnez par logifte a obmis fiir la fauflè prétention que Bolbn
fStun. a» Je même concile > & cette indiâion né convient ne fut marié qu’avec Ermengarde.
nullement au mois de May de l’an 886. mais bien XIX. On aflîire que l’empereur Charles le Gras
à l’année fuivanre : ce qui prouve manifeftement reconnut Louis fils de Bofbn pour roi ; ce qui n’cft
que les évêques du royaume de Provence recon- pas marqué dans les annales de Fulde que nous
noiflôient la ibuveraineté du roi de France après la avons déjà citées : elles rapportent feulement , que
mort de Bofbn. Charles le Gras reçut Louis pour fon vaflàl après
XVI. S’il faut s’en rapportera quelques moder- la mort de Bofbn fonpere : mais elles ne donnent
iHifigtnJt nes entrautres au dernier éditeur de Thiitoire gé- le titre de roi ni à ce dernier ni à Ion fils. Que fi
u oui) Je Fr. néalogiquc de la mai Ion de France , Bolon décéda Charles le Gras accueillit favorablement Louis, ce
h,L/'4o# le onze de Janvier de l’an 888. mais il eft certain fut en confidération de la parenté qu’il y avoit cn-
que ce prince étoit déjà mort au mois de Juin de tr’eux , à eau fe d’Ermcngardc mcrc de ce prince ,
utrji. fmU. l’année précédente. L’auteur des annales de Fulde c qui étoit nièce de Charles , à la mode de Bretagne.
Hcll7.' ctr.tr. & Herman Contra# rapportent en effet que Char- Celui-ci aura donc donné alors, à Louis, par amitié,
tt.\.car.,f.td. les le Gras Ce rendit alors à W îllingen en Allema- quelques fiefs dans l’étendue du royaume de Pro-
w-jtL.f. is* gnc ^ (jUC ce prjncc alla cnfiiite a Kircheim fur le vcnce , Sc il aura reçu fbn hommage pour ces fiefs,
Rhin , ou Louis fils de Bofon le joignit après la ma:s il ne lui aura pas donné ce royaume,
mort de fbn pere : A'iortuo trapue Euofone parvulus XX. En effet Louis fils de Bofbn, ne flic élu roi de
trot eifhus . . . ouem impcrat or ad Rhcnum vc niais Provence qu’au concile de Valence de l’an 890. 0
Iv.Nttefîv, oùvtamy0c. Il eft certain 1 d’ailleurs que l’empereur long-tcms après la mort de Charles le Gras. Il eft
Charles le Gras étoit à Kircheim au mois de Juin vrai que les pores de ce concile infïnuent que
de l’an 887. ainfi la mort de Bofbn devoir avoir Charles avoit reconnu Louis pour roi > mais c’eft un
précédé. Ce roi étoit deja dcccdé fans doute de- prétexte dont ces prélats Ce fervent pour couvrir
puis le onze de Janvier precedent, comme lamar- leur entreprife ; car fi Louis eût été déjà reconnu
quéChorier , qui le fait mourir dans la huitième pour roi dès le régne de Charles le Gras, quelle
année de (on régne j ce qui s’accorde parfaitement : néceflîtc y avoit-il de l’élire ? Il paroit d’ailleurs par
?Àf<rte*.nr. Câr nous fçavons par une de Ces chartes $ qu'il par- un monument de la fin de l’an 889. p que Louis P Contil ll:
vint à cette vi 1 1. année : il vivoit par confequent n’étoit pas alors reconnu pour roi. Enfin les pcrcs
encore au mois d'Oétobre de l’an 886. du concile de Valence le font voir eux-mêmes , en
XVII. Comme il paroît par cette charte que Bofbn difant dans le préambule de l’aéte dclc&ion , Que
croit alors maître de Vienne , & qu’Ermcngardc fà depuis la mon de Charles le Gras ils étoient demeu-
femme étoit avec lui, cela aura donné lieu Accroire rez. fans roi 0/ans prince : ce qui prouve en même
fins doute que ccrtc princeflc lui avoit etc rendue, tems qu’ils avoient reconnu cer empereur pour leur
& qu’il étoit rentre dans la poflclhon de cette ville fotiverain & leur fêigneur immédiat,
en vertu d’un traité de paix fait avec Charles le Ces prélats ajoutent, qu’Arnoul, qui régnoit alors
Gras : mais nous neconnoiflbns aucun monument dans la Germanie, & qui avoit fuccedé à Charles
où il fbit parlé de ce traité. Il eft certain d'ailleurs, le Gras dans ce royaume, favorifoit beaucoup Louis
comme on l’a déjà vu , que Charles étoit recon- fils de Bofon : mais quand Arnoulauroit reconnu
nu pour iouverain de Vienne au mois de Mai de Louis pour roi de Provence, & lui auroit donne
l’an 887. & nous (çivons que la ville de Lyon, même ce royaume , il n’avoit aucun droit de le faire
capitale du royaume de Provence , croit au pou- au préjudice de Charles le Simple fils de Louis le
b u voir du roi Eudes h l’an 89 5* Bcgue, & du roi Eudes qui régnoit alors en France :
f‘ XVin. Pour finir ce qui regarde la perfonne de il n’avoit rien à prétendre fur le royaume de Pro-
1 H,/* grn. a. Bofbn , nous remarquerons 1 qu'un de nos généa- vcnce , qui , comme on l’a déjà vu , avoit appartenu
Ml’ logiftes Ce trompe en niant que ce roi eut été déjà légitimement à Louis le Bcgue & à fes fucccfleurs -,
marié lorfqu’il époufa la princeflc Ermengarde fille il ne pouvoir donc en di(jx)(cT.
de l’empereur Louis II. fous prétexte que le comte XXI. On pourroir objecter , que fîiivant un hi-
Bofon , mari d'Ingeltrudc , eft different de notre ftoricn 1 moderne , Eudes après avoir été élu , fit qD*niei.h;//i
Bofbn : mais il eft certain que ce dernier époufa affurcrle roi de Germanie quilrenoncoit atout e pré- ^e/r' * *'
idt
4**.
<1.
Ermengarde en fécondes noces , après avoir em-
poifonné fi première femme ] c’eft de quoi les an-
tention fur toutes les parties de fes états , 0 en par¬
ticulier fur Ce qu il pojjedoit du roj. mme de Lorraine ,
i
1
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XV.
1 Wittchind.
•mantl. t$. u
Mtihm.
<*7-
'IV. Dmh. h.
-ip.Sîj.S90.
NOTES SUR. L’HISTOIRE
8c conclure dc-là ou’Eudes renonça à fes droits, en qu’ils eurent acquis des comtes de Touloufe le do-
faveur d’Arnoul , fur le royaume de Provence , qui maine utile d’une partie des pays qui font fituez à
faifoit panie du royaume de l’empereur Lothaire. la droite de ce fleuve. A cela on doit ajouter que
Mais ce fait eft avancé (ans preuve , & les annales leVivarais& l’Ufege ne firent ( plus partie du royau- fVi NQTS
de Fulde que 1’hiftorien cite en marge , n’en difent me de Provence après la mort de Louis l’Aveugle , J
rien. Il eft vrai que fiiivant les mêmes annales ,Eu- fils de Bofon , 8c que les rois de France réunirent
des fit prierAmoul de confentir à fon éleélion; con- alors à la couronne ces deux pays , où ils furent rc-
fentement dont il avoir befoin pour fe foûtenir con- connus, foit parles comtes de Touloufe qui en
tre Charles le Simple, fuccefleur légitime de la cou- demeurèrent les maîtres , foit par les prélats & les
tonne \ &qu’Amoul lui accorda (a demande : mais feieneurs. Or comme ces deux pays s’étendoient
il n’eft parlé d’aucune ceflion du royaume de Larron jusqu’au Rhône , c’eft une preuve que nos rois ont
ne. Au contraire , fuivant un ancien hiftorien Aile- exercé leur fouveraineté fur ce fleuve , malgré l’u-
mand*JEudes offrit véritablement auioiAmoul fon forpation d’Hugues, qui après la mort de Louis
feeptre & fa couronne -, mais il régna du confente- P Aveugle , s’empara de la Provence & la céda cn-
ment de ce prince for toute l’étendue du royaume fuite aux rois de Bourgogne , d’où elle paffe aux
de France. Hutc ( Ænulfo ) Odo diadema ii fie - empereurs d’Allemagne.
ptrum Çÿ cetera reçoit* ornamenta obtulit , impe- _ _ _
riMmcjue Dominé fui gratta imper atoris obeinuit , un-
de ufifue hodie certamen eft de regno Carolorum ftirpi
& pofteru Odonis , concertatio quoejuc regibus Ca~
rolorum £$ Orientalium Francorum super regno
Lotharit.
XXH. Mais quand même le roi Amoul auroit été
en droit de difpofer du royaume de Provence en
faveur de Louis, & de l’en inveftir , il fe feroit tou¬
jours confervé la fozerainetc for ce royaume : ainfi
Charles le Simple ayant fuccedé à tous fes droits
& recueilli , memeduconfentement bdes rois ou
empereurs d’Allemagne , tpute fa focceflion com-
N O T E II.
Sur les conciles de Port & d?Vrgel9
ajfemblez^ fous faint Tbeodard
archevêque de Narbonne .
t U
IM. S9i*
L Ous n’avons rien à ajoûter au jugement que
XN les Bollandiftes §, &M. Baluze h après eux, *£*/■**
ont porté de la vie de feint Theodard archevêque h
de Narbonne. Nous convenons avec ces critiques
que cette vie a été écrite dans un tems fort porté-
me plus proche héritier de Louis fils de ce prince, il rieur à celui où ce prélat a vécu , & quelle eft rem-
senfok que les rois de France fuccefleurs de Charles plie de fables & d’anachronifines : nous croyons ce-
doiventètre regardez comme légitimes fouverains pendant , avec le dernier , que le fonds en a été
de la Provence -, & que les empereurs d’Allemagne, tiré d’une vie de feint Theodard compofée par un
foccelfeurs de Louis fils de Bolon , n’ont pu tout au auteur contemporain *, ce qui a fait que nous avons
plus pofleder ce royaume , de même que toute adopté tout ce que nous avons cru pouvoir s’accor-
la Lorraine , que comme leurs vaffeux. D’ailleurs der avec les monumens du tems.
nous avons déjà vu que même du vivant d’Arnoul, Sur ce principe nous avons entièrement rejetté
& poftérieurement a la prétendue ceilion qu’on l’hiftoire ae la difpute de faint Theodard avec les
foûtient que le roi Eudes lui fit d’une partie du Juifs de Touloufe, quoiqu’il puiffe peut-être y avoir
royaume de Lorraine , ce dernier étoit maître de quelque chofe de vrai : mais nous avons adopté ,
la ville de Lyon capitale du royaume c de Provence, après M. Baluze, l’hiftoire de l’intrufion de Selva
Les rois de France ne confontirent donc jamais à évêque d’Urgel, & d’Hermenmire évêque de Gi-
l’ufurpation de Bofon & de fes fucce(Ieurs,& confer- ronne j parce que l’auteur rapporte des circonftan-
verent toujours leurs prétentions légitimes (ur cette ces Ci particulières de cette affaire , & qu’elles font
portion delà monarchie qu’il avoir envahie. Auffi fi liées avec les faits hiftoriques du tems, & avec des
voyons-nous , î 9. que Charles le Simple fut recon- monumens 1 non fofpe&s , qu’il eft difficile que le
d nu d en 9 1 1 . pour roi de Lorraine par Henri l’Oi- fonds n’en ait été pris dans quelque bonne fourcc.
s%7'& feleur roi de Germanie , en vertu du traité qu’ils Nous avons donc cru , nonobftant ce qu’en difent
contractèrent alors enfemble for les bords du Rhin, les Bollandiftcs, qu’il fe tint en effet un concile
qui fervoitde limites à leurs états. iv. Que le roi à Pore for cette affaire , 8c que faint Theodard
tFUJ.djMkn. Raoul fe fit c reconnoître à Vienne l’an 93 1. par y aflîfta avec les autres evêques qui font nommez
. . Louis Conftantin petit fils de Bofon , lequel reçut dans la vie de ce prélat , & dont un fauflâire n’au-
aufli enfuite dans cette ville ,& reconnut pour fou- roit fçû deviner les noms : nous foivons en cela
verain le roi Louis d’Outremer. 3 0 . Que le roi Lo- l’exemple du P. Sirmond, des éditeurs des conciles,
thairc donna en dot la ville de Lyon à fe feeur en & de M. Baluze. Nous nous écartons cependant en
la mariant avec Conrad le Salique roi de la Bout- quelque chofe des circonftances que ce dernier nous
gogne Transjurane. 4*. Enfin que le même Lo- a données de cette affaire, & de la chronologie qu’il
thaire reprit la ville d’ Aix fur l’empereur Othon , & a fuivie ; fur quoi nous allons donner nos raifons.
qu’il donna la Lorraine en bénéfice à ce prince. Que 1 Il paroit qu’il n’y a aucun lieu de douter que
li lesdéfordres arrivez dans l’état à la tin de la fé¬
condé race , & au commencement de la troifiéme,
ne permirent pas à nos rois de rentrer entière¬
ment dans tous les droits qui leur étoient acquis ,
fur tout l’ancien royaume de Lothaire •, 8c s’ils fù-
i r.Mm.Hif-
p. I7«* à
*J«. &
Selva , faux évêque d’Urgel , n’ait voulu uforper
for l’archevêque de Narbonne l’autorité métropo¬
litaine dans la Marche d’Efpagne* ce queM. Baluze
aobmis. En effet Selva ordonna de fon autorité un
évêque à Gironne , & il fut aflifté dans cette con-
rent obligez de fouffrir les entreprifes des empe- fécration des évêques légitimes de Barcelone &
rcurs d’Allemagne qui fe prétendoient fouverains d’Aufonne: ceux-ci reconnoiflbient par confequent
du Dauphiné & delà Provence , ils n’abandonne- l’autorité de cet intrus au préjudice de celle de l’ar-
rent jamais leurs droits. Saint Louis , Philippe le chevêque de Narbonne , à qui il appartenoit de
Hardi & Philippe le Bel les renouvellerent fur ces droit de fecrer les evêques de la Marche d’Efpagne.
provinces , 8c en particulier for le Rhône , depuis On voit d’ailleurs dans divers aftes qui nous reftenr
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DE LANGUEDOC. JI7
fiir cette affaire > entr’autres dans Ja lertrc du pape chronique B que les Normans abandonnèrent le § />*./>.*. t;
Étienne , qu’il s’agiflôit entre fâint Thcodard & fiege de Paris le jo. Nov.de l’an 886. & qu’ils le
Selva , outre Pufiirpation que ce dernier avoir faire retirèrent alorsàSens:orceficgen’ayantdurcqu’un
de l’évcchc d’Urgel , de l’autorité métropolitaine an fuivant Abbon , il doit avoir commencé par con-
de la Marche d’Efpagne ; car quoique ces monu- fequent au mois de Novembre de l’an 8 8 5 .& Char-
mens fbient fuppofez , il paroi t cependant, comme les le Gras ne peut ^voir marché à fon fecours en
on l’a déjà dit , qu’ils ont été fabriquez liir de véri- 887- . . . «
tables , qu’on a interpolez , en y inférant tout ce Enfin ce prince fut depofé à la fâint Martin de
qu’un faux zcle pour les droits de l’églifê métro- cette même année, & il la pafla prcfque toute en-
poütainede Narbonne a pu infpircr â leurs auteurs, tierc aux environs du Rhin. Il eft prouvé h en effet h Vet. *nnat.
i°. Nous avons fixe Pcpoque du concile de Port par les chartes & par les hiftoriens, qu’il étoit à *P"d
à l’an 887* quoique M. Baluze la mette un peu Willingcn en Allemagne au mois de Mai de Pan Marten dit*
plus tard. Cet auteur fê fonde fur la date dune 887-qu’au mois de Juin fuivant il rélidoit au palais
1 jfftrU.c** charte a que l’empereur Charles le Gras donna en deKircheim en Alfâce, qu’il palla enfuite le Rhin, h'„ecd. r.
ÏÏ " w ^avclir Thcotarius évêque de Gironne, a Paru le & qu’il demeura tout le refte de l’année jufqu a là
premier Novembre , la jccondc année de jon régne dcpolition, au-deLr de ce fleuve. Il ne vint donc pas J77.
*u\s dan la Gaule , rrulitlon 6. M. Baluze rapporte la â Paris en 887.
charte au mois de Novcmb. de Pan 887. 1 uppofànt III. Après avoir fixé la durée du fameux fiege de
3 ne cette indication avoit commencé depuis le x r. Paris par les Normans , lequel commença au mois
c Septembre précédent. Or comme Selva n’or- de Novembre de Pan 885. & dura jufqu’au meme
donna Herinenmire , faux évêque de Gironne , mois de l’année fiiivante, ileft aile de relever quel-
qu apres la mort de Thcotarius, il s’enfuit que le ques meprifés de nos hiftoriens. i°. La mort de '
toncile de Port où ces deux intrus furent condam- Gozlin, évêque de Paris, qui décéda au mois de
nez, eft poftéricur au mois de Novembre de Pan Mai pendant ce fiege, arriva en 8 86. & non en
S87.c’eft-làle raifonnement qucfaitM.Baluzc.Mais 887. comme Pa avancé le P. du Bois. 1 2*. L’abbé
l’indiétion de la charte de Charles le Gras eft fau- Hugues, qui finit aulli fés jours pendant ce fiege ,
rive , & on doit lire 4. ou 5. au lieu de 6. Ce prin- mourut en 886. & non en 887- Charles le
ce n’étoir pas en effet à Paris au mois de Novcm- Gras qui alla au fécoursde Paris durant ce fiege >
bredel’an 887-mais au-delà du Rhin: la charte ap- arriva au plûrardaux environs de cette ville au mois
lru*!>.*d partientdoncà l’an 8 S 6.& il étoit b véritablement d’Odobre de l’an 886. & non pas feulement au
mois de Novembre comme l’avance le P. Daniel k;
puifqu’il y donna une charte le 1 8. du même mois
d’Ocîobrc.
IV. Charles le Gras n’étant donc pas a Paris , ou
aux environs au mois de Novembre de Pan 887. il
n’y peut avoir donne une charte en faveur dcTheo-
Pariscn 886. ou en 887* que pour faire lever le tarius évêque de Gironne •,& ce diplôme appartient
fiege de cette ville que les Normans avoient en- à Pan 886. Le fiege épifcopal de cette ville pouvoir
trepris. Or ce fiege fut lève au mois de Novcm- être vacant par confequent en 887. & même à
brede l’an 886. ce qu’il eft ai fe de prouver en la fin de Pannce précédente; enferre que Selva
fixant la véritable époque de ce fiege , fur laquelle peut avoir ordonné un évêque à Gironne peu de
la plupart de nos modernes ontfort varié. Les uns* temps après , & avoir été depofe avec lui au con-
{ 'retendent qu’il dura deux ans de fuite, &queChar- cile de Port le 17. de Novembre de Pan 8 87. Ce
es le Gras marcha deux diverfes fois pour le faire le- même diplôme fait voir qu’on ne peut anticiper la
vcr,fçavoir en 88 6.& au mois de Novembre de Pan tenue de ce concile, & le rapporter à Pan 886.
887. Les autres d, quoique pcrfiiadez fur l’autorité comme Pont crû les PP. Sirmond 1 & Labbc. On 11c 1 cw/. 4*
d’Abbon , que ce fiege ne dura qu’un an , c’cft-à- peut non plus la différer jufqu’au régne du roi Eu- }9i'
dire d’un mois de Novembre à l’autre , font inccr- des , comme Pa prétendu m M. Baluze, trompé par
les faux aétes du même concile, qui font mention de
ce prince , mais qui ne font d’aucune autorité. En
effet , M. Baluze D convient qucServus-Dci évêque
légitime de Gironne étoit pailiblcpoflcfièur de cet ^ g27.
évêché des la fin de Pan 8 8 8. ce qui eft prouvé par
des chartes. Il faut donc que le concile d’Urgel, qui
condamna Ermenmire compctitenr de Servus-Dei ,
fon antérieur. Or ce concile d’Urgel eft poftéricur d
celui de Port.
V. Ceci prouve que l’épitaphe du même Servus-
Dei rapportée v par M. Baluze, eft fautive : il y eft 0 'M-P-* re¬
marqué que ce prélat mourut le 1 8. du mois d’Aoùt
de Pan 906. étant alors dans la xv. année de fon
epifeopat. Or nous venons de voir qu’il étoit -déjà
évêque de Gironne des la fin de Pan 8 S S- & il eft
certain qu’il avoit érc élu canoniquement P immé- r M*rujin*c.
diatement après la mort de Thcotarius. l'*' 52’
VI. M. Baluze 9 admet un concile tenu à Fon- q Bai.M.p.
taines dans le Roulîilion , avant ceux de Port & 56d*
quées dans la date, conviennent avec Pan 8 8 6. il y a d’Urgel , touchant l’affaire de Selva & d’Hermcn-
faute nar con fequent dans l’année de l’Incarnation, mire : mais comme il avoue r en meme tems que les r lbid- }
En fécond lieu , il eft marqué dans une ancienne a&es de ce concile font entièrement fuppofez, nous
m’u$ntU a Paris au mois de Novembre de cette année.
D’ailleurs la charte eft datée de la feconde année du
régne de Charles dans les Gaules ; c’cft-à-dire de¬
puis la mort de Carloman: ce qui ne peut conve¬
nir qu’a l’année 8 S 6. & non à fa fiiivante.
H. On peut ajouter que Charles le Gras n’alla a
t Ph Boit hifi,
Ltl. I ârij'.tt»
s® j • &
h
ai ann.
116. 9. 6. c-
•*7 •«•«*. &
bï
*oa*«i.ihjr.
Fr. to. I. f.
***• & ta.
er. J Xfab.ad
Mtrteii.ioll.
ta. I.
!• 2ic.
ü 4/1. 8 87.
••n.&t. '
418. 1
tains de fon époque : ils en mettent le commen¬
cement en 885. ou en 886. & ne parlent ce¬
pendant que d’un fcul voyage de Charles le Gras
dans cette ville à cette occafion. Il eft certain en effet
que ce prince ne marcha qu’une fois au fecours de
Paris , fur la fin du fiege , qu’il fit lever.
Nous apprenons d’abord de diverfes chartes
que Charles le Gras fut aux environs de Paris de¬
puis le 2 5. d’O&obrc c jufqu’au 1 8. de Décembre
de T an 886. au lieu que nous n’avons aucun mo¬
nument qui prouve quij y ait etc en 887* Il eft vrai
que le P.Mabillonf fait mention d’une charte de ce
prince, datée de Paris le 1 8-de Décembre Pan 887*
& donnée en faveur de Pcglifè de Ncvcrs : mais
cette charte eft certainement de Pan 886. car outre
que le 1 g.Décemb. de Pan 887. Charles ne regnoit
plus , & qu’il étoit alors au-delà du Rhin , l’indi-
<ft*on , les années de l’empire de ce prince, & de fon
régne en Italie , en France 8c dans les Gaules , mar-
11 Ibtd.p.iyi.
& t 19. &
?*8 NOTES SUR.
n avons pas cru devoir en faire aucune mention -,
d’autant plus qu’il paroît que les deux autres conci¬
ses fuffircnt pour terminer entièrement cette grande
-affaire.
L'H IS T OIHE '
vantlesaâes du concile de Port, c’étoit Eloi quî
étoit évêque d’Albi en Novembre 8 87. & non pas
Flotard *, & Adolene lui avoit fuccedé en 8 9 1 .Tou¬
tes ces raifbns ne nous permettent pas de douter
de rentière fuppofition des aétes de cette tranfla¬
tion.
NOTE IV.
Epoque de la paix entre les rois Eudes
& Charles le Simple .
1 Strtréndi
fol. XXI I. &
l'ïl-
•b Cdtel ment,
f • ***• &
«H.
E pape Etienne VLdans une réponfè qu’ilf fit à ^ *•/.
P- 59*.&fen,
une lettre que Foulques archevêque de Rheims /,4'e’4*
U. . * . * *
avoit écrite , invite ce prélat à fê trouver au con¬
cile Romain qui devoir (è tenir au mois de Septem¬
bre de l’indiébion 1 5 . Nous fixons par là l’époque
de la paix qui fut faite entre les rois Eudes & Char-
N O T E III.
Sur la tranjlation des reliques de faint
Antonin de P ami ers.
N icolas fiertrandi , après avoir donné dans fbn
livre des gejies des Touloujatns , les aâes apo¬
cryphes de faint Antonin martyr dePamiers, rap¬
porte 4 une aflez longue hiftoire de la tranflation
des reliques de ce faint, de l’ancienne églife de Fre-
delas dans la nouvelle. C’eft fans doute cette mê¬
me hiftoire que Catel bdit avoir vue dans la biblio¬
thèque des Dominicains de Touloufe , & dans le 4 _ _
fanltoral de Bernard Guidonis , dont il rapporte les le Simple. Foulques avoit écrit en effet peu de
l'abrégé. Bertrandi & Catel conviennent en effet tems auparavant à Etienne , que ces deux princes ve-
pour la date de cette tranflation , qui fut faite , di- noient de conclure la paix par le partage de tout le
lènr-ils, en 8 87.*. par le commandement de Roger royaume.Or la lettre de Foulques a Etienne ne feau-
•* comte de Carcaflonne le 1 3. avant les kalendes roit être antérieure à Pâques de l’an 896. puifque
* de Juin , félon Catel , ou de Juillet félon Ber- Formofè , prédcceflèur immédiat de ce pape, mou-
• trandi , fous le régne du jeune roi Charles , ( Ka - rut « alors feulement , & quErienne ne fut elû que S v m*
» rolo minore Francorum rege régnante , ) & e n pré- quelque tems après.
* fence deTheodard archevêque de Narbonne *, & D’un autrecoté la réponfe de ce dernier doit être
» des évêques, Amoul de Carcaflonne , Raymond environ du mois de Juillet de l’an 896. afin que
w de Touloufe , Roger de Conferans , Fulcrand de Foulques eût le tems de faire le voyage de Rome ,
» Rodez félon Catel, ou Frotard fui vant Bertrandi, pour fc trouver au concile qui devoit s’y tenir au
*» Fulcrand de Lodcvc, & Geraud de Cahors : » Ca-
rel ajoute Flotard d’Albi.
Une date fi circonftancice a fait croire fans doute
aux anciens & aux nouveaux éditeurs du G al lia
Chnjhana , qu’elle étoit autentique , & qu’on pou-
. • /* • _ c 1 _ ' j. 1 »/«:/•_ i-
mois de Septembre. La paix entre les deux rois fe
fit donc vers le mois de Mai ou de Juin de l’an
8 5)6-
U cft certain en effet que Tindiétion 1 ç. com¬
mencée le premier jour de Septembre de l’an 896.
voit s’en fervir pour fixer les années de lcpifcopat de eft la feule de ce nombre qui ait couru pendant le
tous ces évêques. C’eft auflî fans doute par la même pontificat d’Etienne VI. lequel ne fiegea pas une an-
les Bollandiftes , qui avouen
faifon que
avouent que les née entière , & qui décéda le premier jour d’ Avril,
a k IMadé»
900. a. U,
4M.
apres
appartiennent certamement
rapportées
cette &fi&
Ma.uu.
tCàttl p-
t Si*
aâes de cette tranflation font fautifs, en rcconnoif- comme le P. Mabillon h l’a prouvé. Le P. Pagi
lent cependant le fonds pour véritable : mais il eft démontré d’un autre côté , qu’il n’étoit plus en vie j
évident que cette date a été fabriquée de même au mois d’O&obrede l’an 897* enfaifàntvoirquc
<jue Ihiftoire de la tranflation. les deux épîtres du pape Romain fon fucccfleitr,
1 «.Charles, dont le régne y eft marqué, ne peut pour les églifes dElne & de Gironne , que M. Ba-
ctre que l’empereur Charles le Gras ouïe roi cW- luze k & le P. Mabillon après lui , ont rap
les le iimple.Or cette date ne convient ni à l’un ni à à l’an 900
l’autre de ccs deux princes : elle ne convient point époque,
au premier , comme l’avoue Catel c -, puifqu’il
cft (ans exemple qu’on lui ait donné le nom de " ' ~
Car 0 lu s minor . D’ailleurs on auroit exprimé fa qua¬
lité d’empereur qu’il avoit alors. Pour ce qui eft de
Charles le Simple , il cft certain qu’il ne régna en
France que depuis l’an 893- & dans les provinces
fituées à la gauche de la Loire , qu’apres la mort
d’Eudes, & depuis l’an 898.
x 0 . Nous ne connoiffons aucun Roger comte de
Carcaflonne avant le X. ficelé.
NOTE V.
Sur Louis /'Aveugle, roi de Provence
& empereur .
L E concile de Valence qui fut tenu en 8 90. &
dans lequel Louis fils de Bofon fut élu roi de
Provence , nous donne l’cpoque certaine du com-
3 °. Si on excepte Theodard archevêque de Nar- mcncement du régne de ce prince , dont les états
bonne , qui vivoit véritablement l’an 887. nous comprenoient une partie au Languedoc. Nous
n’avons aucune preuve que les autres prélats qu’on fçavons d’ailleurs qu’il fur couronné au commen-
prétend avoir aflifté a cette tranflation , occupaflènt cernent de l’an 8 90* 1 ce qui fixe à peu près le tems
alors les fieges qu’on leur donne : nous avons me- précis où ce concile fut aflèmblé.
me des preuves du contraire à l’ceard de quelques- Louis fut enfuite appelle en Italie , où il fo fit re-
! v.ua.a
én. *9o**7<
uns. Nousfçavons en effet que Willcr and étoit
a v. kùte alors d évêque de Carcaflonne , & qu’il aflifta en
xni> «. *• g 37. au concile de Port avec fon métropolitain , &
non pas le prétendu Arnoul. Bernard ou Bemon
c G iU. chnf. ctoit alors c évêque de Touloufe , de même qu’en
p.i.f. 676. 8 90. & non pas Raymond. Fulcrand évêque de Lo-
devene fut élu qu’au milieu du X. liecle. Enfin fui-
connoîrre roi de Lombardie , & fiit couronné em¬
pereur *, ce qui lui donna occafion de changer la
date des années de fon régne : mais les hiftoriens ne
font pas d’accord fur ces deux dernieres époques, &
moins encore fur la durée de fon empire , & fur le
nombre des années de fà vie.
Reginon m auteur contemporaine fait entrer en
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DE LANGUEDOC ji9
Italie en 8 9 6. appellé par les Lombards contre Be- années confocutives de régne en Italiê , doù il ne Ie
renger, après la mort de Tempercur Lambert. Il fait forcir, après quon lui eut crevé les yeux, quc
rapporte fous l’an 898. /on couronnement à Rome l’an 904* ou l’année fuivante. Le fÿftême de cecri-
commc empereur -, & il dit fous l’an 904. qu'il fut tique a été foivi par le P. Pappebrock S. g ctMt.pt tu
pris par Berenger fon compétiteur qui lui fit arra- Le P.Pecau h ne parle point de l’époque de l’entrée H
cher les yeux. de Louis en Italie, & ne diftingue point la première “ff lm #* ‘ê
Luitprand 1 diacre de Pavie, dans fon hiftoire des de la foconde : il le fait feulement couronner em-
Lombards , rapporte les mêmes faits , mais (ans en pereur en Italie l’an 90 1 . & forcir d’Italie l’an 904*
fixer l’époque : il donne foulement à entendre que après avoir été dépouillé de l’empire.
Louis entra deux fois en Italie ; la première y Le P. Pagi 1 ayant rapporté la mon de Tempe* iPagiadan».
étant appellé, après la mort de l’empereur Lambert, reur Lambert à Tan 898. & après le mois d’Aoùt /,*“',** **.£
par Adalbert marquis d’Yvrée ; & la foconde par le de cette année , fait entier Louis en Italie pour la 9oo.„ .
marquis de Tofcane , de même nom. Il ne rap- première fois Tannée fuivante, 8c pour la leconde £ *
porte point qu’il ait été couronné empereur *, il fe Tan 900. Il prétend qu’il fut couronné empereur à 13. &/iqq.
contente de dire , qu’ayant été pris à Verone par Rome après le premier de Juillet de cette aemicre
Berenger , celui-ci lui fit crever les yeux. année. Il dit enluice qu’il s’empara de Verone , qu’il
* ù Enfin un troifiéme auteur contemporain bfomble fut aveuglé Tan 90 z. & qu’il ccfià defiors de régner
w. w/. l’époque des années de Tempire de Louis dans en Italie -, mais qu’on continuoic cependant de com-
ces vers du commencement de fon quatrième livre : pter à Rome pendant les deux années fiiivantes par
%‘"7U“r U“° Vin ,Jl“ ’ “Swwifc Sfa 'chronologie de Reginon,
Bcllua, Tirrhtnis fundens ferajîbilaaborit & entrer L^ius en Itahe pour laprem.crc fox en
Sollicitât Rhodani gentem , 8cc. *96‘ la morr de empereur Lambert , & en
* 900. pour la leconde. Il Je fait couronner empereur
Mais comme cetre époque n’eft pas exprimée bien Tan 90 1. & rapporte la date d’un diplôme de ce
clairement dans ces vers,les critiques modernes Tcx- prince donné a Vienne au mois de Novembre de
pliquent chacun folon fos idées-, ce que nous exa- l’an 901. ce oui fait voir qu’il avoicalors repafïeles
minerons dans la fuite. Alpes ; mais il le fait encore retourner en Italie pour
U n’y a donc que l’autorirc de Reginon quipuifle la troificme fois. Il aioûrc que ce fur durant ccdcr-
fixer les époques dons nous parlons *, Ca qualité nier voyage & peu ae rems après qu’il l’eut entre-
d’auteur contemporain a engagé quelques moder- pris , qu’on lui arracha les yeux a Verone.
nés c à le fuivre entièrement : mais comme il Ce M. de Leibnitz , dans les notes 1 fur l’édition
trouve contredit par divers monumens du tems , qu’il a donnée du panégyrique de Tempercur Be¬
ll?*©^ t! & que d’ailleurs fa chronologie eft forr confiife d, il renger , fait voir que Lambert ne mourut qu’en
a été abandonne d’un autre coté par les plus habiles 8 9 S. mais avant le mois de Novembre de cette an-
critiques , qui Ce font partagez cependant fur Té- née. Il ajoure que Louis fit Ca première expédition
poque de la première & de la fécondé entrée de en Italie en 899- qu’il fût couronné empereur en
Louis en Italie, fur celle où il reçut la couronne 901.& qu’on lui fit crever les yeux Tan 901. avant
impériale à Rome ; 8c enfin fur celle où Berenger le 7. du mois d’Aoùt.
lui fit crever les yeux , qui eft la fin de fon régne Le P. Daniel dans fon hiftoire m ne fixe aucune m
en Italie. époque en particulier , il parle en général d’une
Sigonius c prérend , 1 °.Que l’empereur Lambert feule expédition de Louis en Italie : il ajoute ccpen-
étant encore en vie au commencement du mois dant quil rient Us yeux crevez, que quatre ans après
d’Oâobre de Tan 898. Id première entrée de Louis qu'il eut été couronne empereur à Rome ; ainli lui-
en Italie , ne peut être fixée qu’à Tannée fuivante. vant fon fyftcme cet événement ne fora arrivé au
Louis ne fut en effet appelle au-delà des Alpes, plutôt que Tan 905. Ccthiftoricn dit enfuite, que
fuivant Reginon & la fuite de Thiftoire, qu’aptes la Louis mourut apparemment dans le fupplice , £? qriau
mort de cet empereur. z°. Que Berenger obligea moins il rie fi plus fait mention de lui dans l'hijloirc ,
Louis, avant la fin de Tan 899. à quitter Tltaüc après oit l'on voit quelque tems après Charles Ccnflantin
lui avoir fait promettre , comme le rapporte Luit- fon fils , feulement avec la qualité de feigneur de
prand , de n’y plus rentrer. 3 Qu après la mort tienne , & Hugues fils de Tbibaud comte d'Arles
de l’empereur Arnotil, arrivée à la fin de Novembre avec le titre de roi . Il ajoure quelques lignes après >
de Tan 899. Louis fut rappellé en Italie Tannée fui- par une erreur qui lui eft particulière , que Berenger
vante par Adalbert marquis de Luqucs 8c de Tof s'étant enfuite rendu maître de l'empire , ayant
cane, qui s’étoit brouillé avec Berenger. 40. Que oblige le pape Jean IX. à le couronner empereur , eut
Louis s’empara du royaume de Lombardie durant un concurrent* qui fut Lambert fils de Gui , autrefois
la même année 900. 8c avant le mois d‘OCh>bre , duc de Spolete* 8cc. Mais il eft certain n que Lam-
& qu’il fût couronné empereur à Rome Tannéefui- bert étoit déjà mort Tan 8 98. & que Berenger ne
vante 901. 5 °. Qu’il fur pris 8c aveuglé parBcrcn- fut couronné empereur que le jour de Pâques de
ger en 902. & que cette derniere année eft l’épo- Tan 916. ainfi ils ne peuvent pas s’être di/putez
que de la fin de fon régne en Italie. Telle eft la l’empire.
chronologie que Sigonius a fuivie , laquelle paroît Enfin l’auteur de la deftriprion 0 de la France
jufte 8c exaéte , quoiqu’il ait été abandonne par paroît admettre un fyftcme different de tous ceux
tous les hiftoriens 8c les critiques poftcricurs. dont nous venons de parler. Il ne fait entreprendre
t Mge hi fi.
i.f.
éo.&fetj.
1 Ltibn feript.
rtr. Brunfam
U. X.
M-U-p.Ut,
n V . Pagi ad
»»»• 915 • «.*.
V aUf.&Ltib,
a>,d.
O Dtfcr.de U
Fr. fart. 1. f.
W.
qu il a donné le premier. II ne tait entrer Louis en renger I ayant _ _ _
Italie pour la première fois que Tan 90 1 . ou Tannée promettre de n’y plus revenir , il y rentra deux ans
fiiivante , quatre ans après la mort de Lambert qu’il après , & qu’il fut pris à Verone 8c aveuglé,
fait décéder en 897. Il donne enfuite àLouis crois Dans lavarieté& la contradiction qui fo trouve
Tome II. X x x
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JJO NOTÉS SUK L’ H I S T O 1 R. E
parmi tousccs fameux critiques au fujet des époques Louis fe rendit alors maître de Paviez ce qu!
dont nous venons de parler, il nous paroit , après cft appuie fur l’aûtoritc de Conftancin Porphyro-
les avoir examinées fur l’autorité des anciens hifto*- genete qui allure que ce prince s’empara de cette
riens & des monumens du tems , que la chronolo- place avant fbn couronnement : Ludovicnm non
gie de Sigouius eft appuiée fur des preuves incon- coronatum tenmffe Ticinum . M. de Valois nie ablo-
teftables. C eft ce que nous allons développer d’une lument ce fait, fur la fiiulïè fuppofition que Louis fc
Cnanierc que nous croyons fans réplique. fit couronner empereur d’abord après fa féconde
H. Il eft confiant que Louis fils deBofbn fut ap- entrée en Italie : mais nous allons voir qu’il ne fut
£ellé deux fois en Italie , & qu’il paflà deux fois couronné empereur que longtcms après,
au-delà des Alpes. L’autorité de Luitprand auteur IV. Luitprand ne dit rien de ce couronnement :
Contemporain eft là-deflùs fiprécife, qu’on ne (çau- mais nous en apprenons d’ailleurs l’époque , qui
toit s’empêcher d’y déferer.Il cft certain encore que doit être fixée au mois de Février de l’an 90 x . En .
Ce prince ne paffa les Alpes pour la première fois effet Louis n’étoit pas encore empereur le 1 8. de
qu’après la mort de Lambert , ainfi que le dit Régi- Janvier de la meme année , & il ne portoit alors
non autre hiftoricn du tems. On ne l’appella en que le (impie titre de roi , comme l’on voit par une
effet que pour i’oppofèr à Berenger qui vouloit date d’un de fès diplômes donné à Plaifance: Data l
s’emparer du trône de Lombardie après la mort xv. kal. Februarii anno dcccl indiüione iv.anno
du meme Lambert. Or ce dernier vivoit encore le autem Ludovici largiffimi regis tn h ali a primo. Ce
1 1 . de Mai & le $ o. de Septembre de l’an 8 9 8- ce qui fait voir encore que Louis n’entra en Italie pour
* 7tdi. Sdt. qu’on voit par deux diplômes 4 de ce prince > l’un la fécondé fois que fan 900. Nous trouvons d’un
v£tt de R-avcnne , & l’autre d’un lieu appellé Ma- autre côté que le pape Benoît IV. avoit déjà cou-
rinco. On voit d’un autre côté que Berenger étoic ronné Louis empereur au mois de Février de la mê-
maître de Pavie , capitale du royaume de Lombar- me année 9 o 1 .dans un jugement hdcs commiflaires h /W» te.u
die, au mois de Novembre de la même année , ce ou envoyez de ce prince , daté du mois de Février
3ue Lambert de Fan 901. la première année de fon empire . u
t ce dernier V. Louis a- rtb- u Hé*
h qui fait conjecturer àM. de Leibnitz b qu
mourut peu de tems auparavant > ainli
fis régna en Italie pendant toute l’année Xi d. «Juif*
nme l’on voit par plulieurs • de fes diplo- fy'font.
fera décédé vers le mois d’O&obrc deTan 898. En 901. comme
effet après ce tcms-là il n’cft plus fait mention de mes, où il prend le titre d’empereur -, l’un eft claté
lui dans l'hiftoirc , & on n’a plus aucun de fes di- de Vcrccil le 1 z. de Mai , & trois autres de Pavie & ". s- p.
plomes. Louis n’entra donc en Italie pour la pre- capitale du royaume de Lombardie le 1 8- de juin, ^
miere fois qu’après cette époque -, & comme il lui le premier de Juillet & le 7. de Décembre de l’an *.
Fallut fans doute quelque tems pour (è préparer à 901. mdittion iv. Toutes ces chartes font de la pre- £ “nJht'
cette expédition , & conduire dans une fai (on con- miere année de fbn empire *, ce qui prouve 1 w. qu’il
venable fon armée au-delà des Alpes, il n’y fera ne fut couronné empereur qu’en 901. z°. Qu’après
arrivé que vers le printemps de l’an 8 9 9. Par là on ce couronnement il difeonrinua de dater fes chartes
re&ifie la chronologie de Reginon, qui fait mourir de (on régne en Italie, ou depuis l’an 900. comme il
l’empereur Lambert l’an 8 9 6. Il eft certain en effet faifoit auparavant. $ * . Que les empereurs & autres
trtsi.Sdc- ib. par un autre diplôme c que ce dernier ctoit encore
en vie au mois de Mars ae l’an 897.
Luitprand d afftire que Berenger vint au-devant
de Louis aufli-tôt que celui-ci eut pafle les Alpes ,
& qu’il l’obligea à repaflèr ces montagnes après lui
ALnitprU.l
4» 10»
. C. 10.
princes employoient alors quelquefois l’indiétion
Romaine , de quoi on a pluüeurs autres exemples.
VI. Berenger compétiteur de Louis , étoit encore
à Verone le z 5 . du mois d’Aoùt de l’an 901. com¬
me k il paroît par un de fès diplômes. Louis ne le
avoir fait promettre par ferment de ne plus mettre chaflà donc de cette ville & de la Lombardie qu’a¬
ie pied en Italie. Cette expédition de Louis fut donc près cette date. Quant à Louis il croit encore à
très-courte , & il revint fans doute dans les Gaules Pavie le 4. du mois de Mai de l’année 1 fuivante : il 1 /f* *• ♦’P*
pendant l’été de l’an 899. auflï n’avons nous aucun fortit peu de tems après de cette ville pour aller à J
de fes diplômes donné en Italie pendant toute cette Luques m, où s’étant brouillé avec Adalbcrt mar- «
année. quis de Tofcane , qui lavo-t appellé en Italie , il **
m. Louis fut rappellé l’année fuivance au-delà marcha vers Verone. Berenger qui s’étoic d’abord
des Monts par Adalbcrt marquis de Tofcane , qui réfugié en Bavière, & qui enfùite ctoit rentré fècre-
s ctoit brouillé avec Berenger. Cette brouillcrie ar- tement en Italie le fùrprit dans cette derniere ville
riva peu de tems après que Louis eut quitté la de lui fit arracher les yeux, ce qui fè paflà avant le
Lombardie, comme le dit Luitprand : Modica tem - 1 7. de Juillet de la même année 901. car Beren-
porü tranfeurfa intcrcapedmc . Louis rentra donc en ger étoit alors maître du palais royal de Pavie *, ce
Italie au plùtard au printems de l’an 900. Nous qu'on voit * par un de fes diplômes, & par un autre n /r
avons du moins deux e de fes diplômes datez d’O- daté du meme lieu le 7. du mois d’Août fuivant. 7s tf
lonne & de Plaifance au mois d’Oélobre de la me- VII. Nous fçavons d’ailleurs que Louis avoit déjà
me année. Il eft remarquable que Louis date ces di- repafté les Alpes dès la fin de l’an 901. car nous
f-ijj .trfeq. piomes de la première année de fon régne en Italie ; avons une de fes chartes datée de tienne fnr le
ce qui prouve 1 •. Qu’il fur reconnu pour roi de Rhône le onzjéme du mois dt Novembre de Vannée 0
Lombardie *, mais que ce ne fut qu’après le mois 902. la fécondé de fon empire , ce qui s'accorde par-
d’Oétobre de l’an 899. z°. Qu’il ne compta les an- faitement.
nées de fon régne au-delà des Alpes que depuis fa VIII. Nous n’avons aucune preuve que Louis
11 féconde entrée en Italie. }°.Que dans ce tems-làil (bit retourné depuis en Italie, & nous en avons
n’étoit pas encore empereur. Tout ceci eft confir- au contraire plulieurs qui font voir qu’il demeura
mé par Luitprand , qui dit que d’abord après cette toujours dans la fuite en-deça des Alpes. Cela pa-
feconde entrée de Louis en Italie , Berenger fbn roît entr’autres par deux diplômes de ce prin-
compétiteur fè renferma dans Verone ^nous fea- ce , l’un daté de P Lyon le 17. de Septembre de P Pr M,#
f ib,d. VOns d’ailleurs que ce dernier étoit f dans cette ville l’an 905. indidlion vi. & la troifiéme année de fon * ^
an mois d’CXtobrede la même année 900. empire , & l’autre * donné à Vienne l’an 90*
t Sigon.l. 6.
de rcg.lt al- p.
*4*.
Ital.fac.to.i
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DE LANGUEDOC. 531
indiétion vi. /*< troifitmi Année de [en empire. Le lie après trois années de régne. Louis avoir été
mois n’eft pas marqué dans cette demiere charte ; alors en effet roi de Lombardie pendant un an >
mais fi elle eft de Tan 5704. ce doit être celui de Jan- & empereur deux ans commencez ; en forte que
vier, puifque Louis commença la quatrième année fbn régne au-delà des Monts s’étendit depuis le
de fbn empire au mois de Février fuivant ; ou plu- printemps de l’an 900. jufqu’au mois de Juillet ou
rôt cette charte appartient à Tan 90t. car Pindi- d’Aoùt de l’an 902.
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étion 6. qui y eft marquée ne peut convenir avec Le P. Pagi ene compte ces trois années du régne « M *n*.
l’an 904. & elle s’accorde avec l’an 903. Quoi- de Louis que depuis qu’il fut couronné empereur; 9*2,n'l+'
qu’il en foit nous apprenons encore que Louis mais comme cette cérémonie ne le fit qu’en 90 1.
ctoit cn-deça des Alpes le 1 1 . d’Avril de Pan 904. on ne fçauroit trouver ces trois années fi l’on n’y
« Uéîun ti- par un de fès diplômes * donné ce jour-là , indi- comprend le tems où ce prince ne fut que roi de
uii.ompiiff. #jon vu. & la iv. année de fbn empire ; ce qui Lombardie. Il eft vrai que fuivant la chronique de
l6z* convient parfaitement avec ce que nous avons déjà Cafaure il fur couronné empereur en 900. mais ou
dit touchant le commencement de l’empire de ce cette chronique fè trompe , ou plürôt elle compte
\>v.r*ÿ*d prince, & le confirme. Nous fçavons b enfin que les années depuis l’Incarnation , comme plufieurs
4M. 502. «• L0lljs ne régnoit plus fur la Tofcane , qui fâifoit autres.
partie du royaume d’Italie, en 903. & 904. ce qui XI. Louis, quoique chaflc d’Italie depuis lemois
fait voir qu’il avoir alors abandonné ce royaume : d’Août de l’an 902. fur cependant reconnu pour
il faut donc que Reginon fè foit trompé en met- empereur à Rome 8c dans l’exarchat de Ravenne
rant la (ortie de Louis d’Italie à l’an 904. à moins pendant les années fuivantes , 903. 904. 905. &
qu’il n’y air quelque tranfpofition dans fbn texte , jufqu’à l’an 908. c’eft de quoi il y a des preuves * fr. p*# ad
ou dans les chiffres des années fous lefquelles il rap- certaines. Il y a même lieu de croire qu’il continua **24
porte les faits dans fâ chronique. d’être reconnu à Rome jufqu a Pan 9 1 6 . que Be-
IX. O11 pourroit objeéter que le poete anonyme renger y fut couronné empereur. Il eft du moins
qui a compofc le panégyrique de l’empereur Be- certain que depuis fa (ortie d’Italie il data fès char-
renger, dans les vers que nous avons déjà citez , fait tes , de fbn empire. Nous en avons déjà rapporte
entrer Louis en Italie pour la féconde fois, fuivant quelques-unes ; il y en a encore d’autres.
M. de Valois, pendant le quatrième été qui fiiivit la Louis en date une de Vienne de la manière fui-
mort de l’empereur Lambert ; or ce dernier étant vante : Datum g xiv. kal. Kovcmbris anno vu. regm
mort en 897- fuivant le calcul du même critique , Hlndovicipnffimi Âugufti indiüionew. Ce diplôme
Louis aura paflc les Alpes pendant l’été de Pan 901. eft par confèquent de Pan 907. quiétoit en effet la
Mais nous avons déjà prouvé que ce prince reçut à vu. de l’empire de ce prince , 8c Pindiction y eft
Rome la couronne impériale au moi* de Février de comptée depuis le premier de Septembre précé-
la même année 901. Son fécond voyage en Italie dent; ce qui prouve encore que Louis ne comptoir
aura donc précédé : d’ailleurs, comme il eft certain les années de (on empire que depuis l’an 901. Le
que Lambert ne mourut que pendant l’automne de P. de Sainte-Marthe qui a donné ce diplôme le rap-
Pan 898. cela prouveroit que Louis n’entra pour portehàPan90 5.fiirlafàiifIefiippofitionqueLouis hii.p.tos.
la féconde fbisen Italie que Pan 902. 8c nous avons fut couronné empereur en 898. & il corrige Pindi-
déjà fait voir le contraire. étion à la marge en mettant la 1 3. au lieu de la 1 1.
Le P. Pagi c donne une autre interprétation aux mais il n’cft pas néceflàire de faire cette corrcétion,
vers du poete anonyme: il prétend que fuivant cct puifque la dernière indiétion convient au mois
auteur Lambert mourut le troiiicme été, ou Pan d’Offobrc de Pan 907. & que Louis n’étoit alors
898. 8c que ce fut pendant l’ctc de l’année fuivante, que dans la fèptiéme année de fon empire,
qui étoit le quatrième , ou P.ui 899* que Louis en- Ceci peur fervir à corriger la date d’un au-
tra pour la première fois en Italie : mais le poete tre diplôme de ce prince , qui a etc donné par
avoit déjà parlé de cette première entrée de Louis Bouche 8c enfuite par le P. de Sainte-Marthe , & i Eouch.frov.
en Italie dans ces vers qui précédent: qu’ils rapportent à Pan 9 1 o. ou à Pan 9 1 k (bus tê lP-9n.
Hu dudum Jlufonium cMpidus regHaJJt fer arvum Pr«c«e que l’indiflion 1 4. qui y eft marquée con-
... r J 1 » r vient a cette dernière année; mais ce diplôme étant
oc a vctMt ton HUA. j / j j j, . , , 1 , . .,
J date au 4. du mois d Sivril U xi /. année de l cm -
Il eft évident que cet auteur parle dans ces vers du pire de Louis , ne fçauroit convenir avec aucune de
premier voyage que Louis fit en Italie , d’où Bcrcn- ces deux années , puifque Louis fut couronné cm-
ger l’obligea de fortir prcfquc auffi-tôt , comme pereur au mois de Février de Pan 901. ainfï il faut
nous Pavons dit : ce vers qu’il y ait quelque fuite dans cette date, à moins
^ r 1 jr r... .a*. que Louis n’ait varié en comptant les années de fon
Quart a iqitur Latio vix dum ddertiut djtas J . , .r r ,1 y
\ ^ J empire, de quoi on pourrait rapporter ce fcmble* chr,n \bT'
doit donc fè rapporter à une autre époque. quelques autres exemples. Nous aimons mieux ce- soj. ‘ '**
Cette époque , que M. de Valois 8c le P. Pagi pendant croire avec le P. Pagi que ccs chartes font
n’ont pas bien connue, regarde la prife de Louis fautives dans leur date, comme il l’a fait voir1 à
à Vcrone par Bérenger qui lui fit arracher les yeux Poccafion d’un autre diplôme du même prince daté
l’an 902. 8c c’eft en effet le quatrième été après la du /6. Mai , indiétion / 4. la rx. de fon empire , où
mort de Lambert, décédé comme on Pa déjà dit en lifânt la x/. au lieu de la îx . tout s’accorde
en 898.ainfi le poète anonyme aura rapporté fous parfaitement :or fuivant cette correction , la pre-
ectre époque principale, celle de la fcc oncle entrée miere de ccs deux chartes ne fçauroit être de la
de Louis en Italie , qui arriva en 900. comme nous xii. année de l’empire de Louis, puifquellc fiitac-
Pavons prouvé. cordée à la demande de Remi évêque d’Avignon,
X. Ce que nous venons de dire convient parfai- 8c que la féconde fut expédiée en faveur de Fulche-
c ftrtn.ctjpn, tement avec ce qui eft rapporté dans la chronique * rius évêque de la même ville, qui fucccda m imrne- m v •
DmhpMs. du Mont-Caffin , fçavoir que lorfque Bcrengcr eut diatement à ce prélat.
fait crever les yeux à Louis , ce dernier fortit d’Ita- Il y a encore une difficulté touchant le diplôme fib
Tome J I. Xxxij
tfâiiad »n.
IJ9.4. 4. &
Guü.
Je V. GjU.
1 P agi ad an.
911. n. 6 .
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a jbid.^m
«5 rf«b
534 NOTES SUR. L'HISTOIRE
Pour ce qui eft de la donation* du comte Bencion laume le Pieux <ftoir encore marquis de Gothie
faite à l’églife d’Elne le 4. de Mars de la 1 9. année vers Tan 915.
de Charles le Simple , le commencement du régne IV. On pourroit fixer la date de cette lettre d’u-
de ce prince doit être compte ici depuis la mort ne maniéré plus prccife , fi on pouvoit s’arrêter à la
du roi Eudes. Cette charte fera donc de l’an 9 1 6. conjecture de Catcl t , qui prétend que le diplôme
&: aura précédé la dédicace de Péglife d’Elne, duc Charles le Simple donna h en faveur de l’églife
oui fut faite le premier de Septembre fuivant , & de Narbonne le 7. du mois de Juin la xxx. année
dans laquelle il eft fait mention du même comte de fin régne, Ç3 la xxv. depuis la mort cf Eudes >
Bencion comme étant déjà mort. Ce comte fera c’eft-à-dire Pan 912. fut expédié en confcquence
vdécédé par confëquent entre le mois de Mars & de cette lettre : mais Charles donna ce diplôme
celui de Septembre de Pan 916. à la fiolhcitatton de Gui évêque de Gironne ; au
On peut foire ufage de ce que nous venons de lieu que l’archevêque Agio chargea les évêques
\ Pr.p.s* dire pour fixer l’époque d’une charte b du mona- Agambert & Aifonfè , de folliciter celui dont il
ftere d’Alaon au diocefe d’Urgel , où il eft fait men- parle dans fa lettre. Quoi qu’il en (oit , fi la lettre
don de la mort d’Arnufte archevêque deNarbon- d’Agio eft de Pan 921. elle prouve du moins que
ne, & de Péleâion d’Agio fon foccefleur. Cette le marquifât de Gothie étoit déjà alors dans la
charte eft datée du mois de Juin la 1 3. année de maifon des comtes de Toulouie.
Charles le Simple ( car il faut lire tertio dreimo au V. 3 0 .On peut tirer une autre preuve que ce mar-
lieu de tricefimo ). Or cette treiziéme année de ce quifat étoit dans la même maifon , avant Pan 921.
s prince ne peut être fupputéc dans la charte , depuis d’une lettre (ans date que le pape Jean X. addrefia
la mort d’Eudes, puifqu’elle appartiendrait fuivant à Agio archevêque de Narbonne ,à Auftenus ar -
ce calcul à Pan 9 10. & qu’il eft certain qu’Arnufte cheiêque de Lyon , C3 à leurs fiujfiragans qui font
vivoit encore Pan 91 1. mais en calculant depuis Pan en la S primante, en Efpagne (3 Bourgogne, &
900. fil date convient à Pan 9 1 2. & Agio pouvoit dans laquelle il leur marque qu’il a écrit à Ray -
avoir luccedé alors à Amufte. Nous (çavons en effet mond pour l’obliger a reftituer les biens qu’il avoir
que le premier étoit archevêque de Narbonne , ufurpez fur leurs églifès. Catel » qui cite cette lettre
avant la mort du pape Anaftalc III. arrivée au plu- ne doute point qu’il n’y s’agiflc de Raymond II.
tard au commencement de Pan 91 3. Quant a Pin- comte de Toulouie , fils d’Eudes. Ce prince avoit
diétion qui eft encore marquée dans cette charte , donc uftirpé les biens ecclcliaftiqucs de la Scpti-
il paroit quelle eft fautive , 8c elle ne peut lcrvir manie , &: dominoit par conféqucnt fur cette pro-
g C*td c*mt%
p. «S.
h Pr.p.
i Cdtet etmt ,
?• tl.&fth
à en fixer Pépoque.
NOTE VII.
vince. Cette lettre eft antérieure au mois d’Âvril
de Pan 911. puifqu’Aufterius n’étoit plus k alors k Gaa.trtf,
archevêque de Lyon. Enfin il eft certain d’un autre
, , » 11 n. fl / • X 1. 1 7°- &
cote qu elle ctt poiterieure a 1 an 9 1 5. car Je pape
Jean X. y défend à Agio archevêque de Narbonne ,
a Aufterius archevêque de Lyon , &à leurs foffra-
gans, de converjer 1 avec Gérard qui fi difiit ar - ! cauhki.
cbivîque de Narbonne , £3 qtéil avoit excommunie .
Or fuivant la fuite des faits qui fe padèrent m dans
Efoque & circonjlanccs de l'union du
marquifat de Gothie au domaine des
comtes de Touloufe.
L Ous avons déjà fait voir ailleurs , que Guil- l'affaire de cet intrus , Jean X. qui ne fut élû n que
.LN laume le Pieux duc d’Aquitaine Sc comte vers la fin du mois d' Avril de Pan 914. ne peut
d’Auvergne poflèda jufqu’à (a mort le marquifât l’avoir excommunié au plutôt que vers la fin de
de Gothie, qu’il cenoit ac Bernard fon pcrc. Il eft Pan 915.
certain d’un autre côté que Guillaume IL Ion ne- VI. 40. Nous avons une donation 0 faite en fa-
veu , qui lui fucceda dans le duché d’Aquitaine 8c veur de l’abbaye de Montolieu , par Odon vicomte
le comté d’Auvergne, fie lui fucceda pas dans ce de Narbonne & Richildc fon epoufe , le 20. du
marquifat, &que cettedignité entra après la mort mois de Décembre de la xxvu. annee de Charles le
m V. Liv .
X! »• *J.
n V.
criitt .
tPr. f.6U
de Guillaume le Pieux dans la maifon des comtes de
Toulouie : c’eft ce que nous allons prouver par di¬
vers monumens du tems.
C Frod.thron.
f • 600.
le Simple ( ou Pan 914. ) d'un a! Lu finie dans le
comté de Narbonne , avec le confient ement d'Agio
archevêque, C3 du comte Pons, pour fe fiifut du même
II. i°. Il eft fait mention dans la chronique de comte Pons son seigneur, lequel foulcrit P à la P
Frodoard c (bus Pan 932 .de Raymond (3 Ermen- charte de la maniéré qui luit : .V. P omit comitis { '5
gaud princes de Gothie , qui reconnurent alors Raoul marchions qui confinfit (3 firmavit . Cet atftc prou-
pour roi ; or il eft certain qu’ils ctoient l’un 8c Pau- ve m an ifeft ement, que ce comte Pons , qui eft le
tre de la mailon de Touloufe. même que Raymond Pons comte de Toulouie,
III. 20. Il eft parlé de ces deux princes dans une polfedoit déjà le marquifat de Gothie en 924. &
apr.f. 61. lettre d d’Agio archevêque de Narbonne, qui les que (on pere Raymond IL étoit alors déjà décédé.
rcconnoît pour fies comtes ou feigneurs. Cette lettre En effet ce fut lui qui chafii vers ce tems - là de
eft fans date : mais on peut la fixer à peu près lur cette province les Hongrois, qui y avoient fait une
ce que les évêques de la province écrivirent c au irruption , comme il paroit par la lettre que les
pape Jean X. pour lui demander le pallium en fa- évêques du pays écrivirent au pape Jean X. 8c dans
veur d’Aymcri (ucccficur d’Agio. Cette lettre eft laquelle Pons eft qualifié prince & marquis. Il eft
donc antérieure à l’année 928. qui eft celle de la vrai que le P. Pagi rapporte cette lettre au ponri- q p. pagiU
depofition de ce pape.M.de Marca ^prétend quelle ficat de Jean XL fur la fuppofition que Pons ne ***•"•*•
Bum.f.6%7. 1’^ 9 1 ^ . ce qui prouveroit que le marquifat fucceda à Raymond 8c à Ermcngaud dans le mor¬
de Gothie étoit dans la maifon des comtes de Tou- quilàt de Gothie qu’après l’an 93 2. Mais fi cct
loufe avant la mort de Guillaume le Pieux : mais auteur avoit fait attention que Pons s’appelloit aufti
comme il n’apporte aucune preuve de cetrc date , Raymond *, & s’il eût fçû que ce prince étoit déjà
on ne doit faire aucun fonds force qu’il dit là- marquis de Gothie en 924. comme la charte du
delfus. Nous verrons d’ailleurs plus bas , que Guil- vicomte Odon le prouve fans répliqué , & que
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p- 591.
• 777*
DE LANGUEDOC. 53 f
tfeft par Confôqùent le même Raymond qui Te voir dam la note fuiv.-üite , qu’il s’agit ici d’un au-
fournit au roi Raoul en 93 2. avec Ermcngaud, il tre Guillaume. Il eft toutefois très - vraifemblable
nauroit pas différé Ci tard la date de cette lettre* que les comtes de Touloufe ne foccederent a Guil-
Il eft certain d’ailleurs qu’on ne trouve aucun mo- laume le Pieux dans le marquifat de Gothie que par
nument qui prouve qu’Agio prédéccfleor d’Ay- droit de fàng : ce qu’on peut appuyer i°. fur ce
meri ait été archevêque de Narbonne après l’an que , foivant Tu(âge obfervd depuis le régne de
92 6. Ce dernier peut donc avoir été élu vers Charles le Chauve , les dignitez étoient alors hcré-
l’an 927. & la lettre qu’il écrivit , avec quelques ditaires & paflôient ordinairement aux plus pro*
évêques delà province au pape jean, pour lui de- ches. i°. Sur la iiaifon qui étoit en 92}. k entre
mander le pullium , doit avoir été addrrtlc a Jean Raymond II. comte de Touloufe , & Guillaume IL
1 v.up ** X. du nom , qui ne fut dc'pofe que vers le * 20. de duc d’Aquitaine qui s’unirent contre les Normans :
*"• 9lt‘ §* Juin de l’an 928. mais on ne fçauroit fixer leur dégré de parenté faute
7J* 50. Enfin le même Raymond Pons fonda en b de monumens.
9 $6. l’abbaye de faim Pons de Tomieres dans le X. Nous avons une charte * donnée par le roi * Câte! *****
diocèfe de Narbonne , & lui donna diverfes terres Charles le fimple au mois de Juin de la x x x 1 1 . an-
fioiécs,tam: dans le comté de cette ville , que dans née de fon régné , ou l’an 924. à la prière de
le refte de la Septimanie ou Gothie c. Ce prince , Guillaume fin grand marqua , en faveur d’Erifons
ain/î que M. de Marca l’obferve, poflêdoit donc évêque, réfidanr alors à Narbonne. Onpourroit
alors le duché ou marquifat de Gothie. inférer de-la , que c’eft de Guillaume D. duc d’A-
H réfoire de ce que nous venons d’établir , que ce quitainc dont il s’agit dans cette charte , que ce duc
marquifat étoit dans la maifbn des comtes de Tou- fucccda par confèqüent dans le marquifat de Go-
loufe du moins dès l’an 92 1. Or comme Guillau- thie à Guillaume le Pieux fbn oncle , & qu’ainfi ce
me H. qui hérita du duché d’Aquitaine & du comté marquifat ne paflà pas immédiatement de ce der-
d’Auvergne , de Guillaume le Pieux fbn oncle * nier dans la maifbn des comtes de Touloufe. Mais
vivoit alors, il faut qu’il ne lui ait pas foccedé dans il eft confiant que la date de cette charte n’eft pas
le raarquifâc de Gothie,& que cette dignité ait pâlie jufte. 1 °. Charles le Simple ne peut l’avoir donnée
iramematemem après la mort du même Guillaume au mois de juin de l’an 924. puifoue Raoul fbn
le Pieux dans la maifbn des comtes de Touloufe. compétiteur le tenoit alors en prifon. 2Q. Nous
Ainfî en fixant l’époque de cette mort , nous ap- avons déjà montré qu’en 924. c ’étoit Raymond
prenons celle de l’union du marquifat de Gothie Pons qui étoit marquis de Gothie , & non pas
au domaine des comtes de Touloufe. Guillaume. 3 Cette charte eft datée de l’indiétion
iad. u VU. Le P. Mabillon d cite divers nécrologes, foi- v 1 1 1. qui ne peut convenir a l’an 924. 4V. Elle
vant lefnuels Guillaume le Pieux mourut le 6. de eft lignée par Hervé archevêque de Reims , en
Juillet: U prouve d’ailleurs par la foufeiiption de qualitéd’ai*chi-chancelier.Orccprclatm n’occupoit
ce prince a la charte de la fondation de l’abbaye plus cette dignité au mois d’ Avril de l’an 920. Ce
du Bourg-Dieu en Berri , datée du 2. du mots de diplôme eft donc antérieur à cette dernière année.
Septembre , la xx. année du régné de Charles le Sim - & fâ date aura été altérée par les copiftcs qui auront
pie en Aquitaine, ou de l’an 9 1 7- qu’il vivoit encore mis anno xxx/i. pour xx//. Il paroit en effet que
alors. Guillaume ne mourut par confèqüent au cette charte eft d’environ l’an 914. qui étoit la
plutôt que le 6. de Juillet de l’année fui vante , & vingt-deuxieme du régne de Charles le Simple ; car
noncommeIeP.AngeraavancéSaumoisdc Juil- nous fçavons d’ail leurs que l’évêque Erifbns, en fa-
u.i.f.tu!' 9*7- U eft vrai que M. Baluze { a fixe la vêtir duquel elle fut expédiée, demeuroit “alors
1 bu. j». mort de ce prince au 4. du mois de Juillet de l’an dans la Gothie. Il eft vrai que l’indiétion v 1 1 1 . ne F
*'11' 917. ou de l’an 919. & que quelques anciennes fçauroit convenir non plus à l’an 914. mais elle
chroniques g la mettent fous cette derniere année : peut auffi avoir etc altérée par les copiftcs. Ce qu’il
mais il eft beaucoup plus certain que Guillaume le y a de vrai, c’cft que ce diplôme eft poftérieurà
Pi^nKXirut le ô. de Juillet de l’an 918. l’an 905. puisqu’il y eft fait mention de Roger
Vin. On peut fçavoir par-la quel fut le comte ârchevêqvc de Trêves, qui ne parvint 0 à cette di-
* a. ss Touloufe qui lui fucceda dans le marquifat de gnité qu’après cette année.
*<*■[«. r.f. Gothie. Eudes comte de cette ville, vivoit encore XL Un moderne P croit que les comtes de Tou-
s6 le 20. h du mois de Juin delà même année: ce- loufe s’emparèrent du marquifat de Gothie fur un ; H
pendant comme il étoit extrêmement âgé , qu’il certain Guadaillo , prince des Gorhs, qui fur obligé,
l/w* s’étoit demis du comté * de Touloufe en faveur de dit-il , de Ce réfugier dans la Marche d’Efpagne ,
Raymond fon fils , & qu’il n’eft pas certain qu’il ait & qu’il fait de la race des comtes de Barcelone &
furvécu â Guillaume le Pieux : ü eft plus vraifem- des anciens marquis de Gothie. Cet auteur infi-
blableque le même Raymond fucccda immédiate- nue que le prétendu Guadaillo donna fi fille en
ment a ce dernier dans le marquifir de Gothie, mariage a Borrel comte de Barcelone, & que les
conjointemenr avec Ermengaud fon frere puîné. droits que les comtes de cette ville prétendirent
II eft aflèz difficile de décider , fi Eudes ou fes dans la foite fur le Languedoc , venoient de ce
fils fuccederenr à Guillaume le Pieux dans Je mar- mariage. Mais fins nous arrêter a réfuter toutes
quifit de Gothie , en qualité de fts proches parents ccs fables & les vaines conjectures for lefquelles il
& par droit de fang, ou s’ils obtinrent cette dignité les appuie, il foftitde remarquer que ce Guadaillo
du roi Charles le Simple , auquel ils furent toujours eft un prince des Goths imaginaire; & que Diagoi
très-attachez. Le P. Mabillon prétend prouver lapa- qui lui a donné cette qualité , n’eft fondé que for <. ji.
renté qu’il y avoir entr’eux par le teftamenr du la foufeription d’une charte où on lit ces mots r : r
comte Raymond de l’an 9^0. qu’il a donné dans S. Guallus princeps Cocorum , c’eft-a-dire, prince *
& diplomatique , & dans lequel ce prince fait men- des cuifinicrs > grand-queux ou maître d’hotcl de
tion du comte Guillaume fioncoufm ; ce que cet au- Borrel comte de Barcelone , & non pas princeps
teur entend de Guillaume H. duc d’Aquitaine , & Gothorum , comme il le foppofe.-
Acycu de Guillaume le Pieux : mais nous ferons
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Mn.9ü‘H. 41.
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c Mjf.71 if.
d MJJibjéi.
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Langue Pro«
tcofalc.
Vo H-IST. GEN. DE LANGUEDOC. Liv.XVllI.
” aufli des fyrventès jongleurs , qu’il médit des barons, St qu’il fe mitde Tordre
de l’Epée. Il eft reprefenté avec l’habit de cet ordre dans la vignette du manul-
crit qui eft à la tête de fa vie ëc de Tes ouvrages. Il porte une longue barbe, un
bonnet vert, une robbe couleur d’incarnat, & une chappe blanche, fur laquelle
eft coufuedu côté droit une longue épée dont le fourreau eft de couleur rouge -,
la poignée au deftous du coude ôda pointe en bas. Lemanuicrit rapporte trois de
fes chanfons ou pièces de vers.
Les dames de la province s’appliquoient aufli à la poche vulgaire au XII. fie-
cle , . 6t on fait * un grand éloge d’Adelaïde de Porcarages » gentilfemme de la
« contrée de Montpellier qui étoit parfaitement inftruite,6c qui aima GuiGuer,
«rejat,frere de Guillaume de Montpellier , fur lequel elle fît plufieurs chan¬
gions. »Onen voit une de fa façon dans lemanuferit. Gui Guerrejac mourut
vers l’an 1 17 y. ce qui peut fervir à nous faire connoître le tems où vivoit Adé¬
laïde de Porcarages.
.. Noftradamusb attribue à un poëce Provençal nommé Guillaume Ademars,
qu’il faitmourirà Grefignanou Grignanen Provence en 1 1 90. un catalogue en
rime Provençale des femmes illuftres 5 mais il fe trompe certainement fur la naif-
lànce de ce poète , qu’il dit fils de Gérard de Grignan , 8c gentilhomme Provert,
çal ', à prendre ce terme dans fa fignification étroite^ car fuivant le recueil c donc
on a déjà parlé» Guillaume Ademars étoit natif d’un château nommé Merueys-
» en Gevaudan , 8c fils d’un pauvre chevalier. Il étoit vaillant , beau parleur, St
»fçavoit^>» trouver. Le feigneurde Merueys le fit chevalier j mais ne pouvant
jjfoutenir fon rang, ilfe fit jongleur, & fut extrêmement goûté par le peuple. Il
» fe fit enfin religieux de l’ordre de Grammont. *
Le Gevaudan eut aufli vers le meme tems un autre poëte Provençal qui fe di-
ftingua beaucoup : ce fut » Guarin d’Apchicr d, gentil châtelain de Gevaudan
» dans l’évêche de Mende, vaillant &bon guerrier, liberal &bvn trouveur,beau
» chevalier & fçavanten galanterie. Il fut le premier qui compofa une elpece
y» de poëfie appellée defeort. » Le manuferit rapporte deux de fes poëmes ou lyr-
ventés. Il eft reprefenté à cheval dans la vignette, le cafque en tête, l’épée
d’une main, & tenant de l’autre un bouclier chargé d’unécu d’azur, à la bor¬
dure, & a trois barres d’or , celle du milieu ondoyée.
Enfin le Vêlai, eut fes poëtes Provençaux , de même que le Gevaudan. On
parle ?entr’autres » de Guérin le Bruji gentil-châtelain du Vêlai, dans l’évêché
» du Puy fainte Marie , qui fut bon trouveur , non de vers ni de chanfons , mais
» de tenfons * » efpece de poëfie par ftances , en forme de dialogue , fur
divers fujets , entre deux poctes Provençaux qui parlent alternativement à cha¬
que ftrophe.
On voit par ce que nous venons de dire que la langue Provençale étoit dans
là perfe&ion au XII. fiecle. On la parloit generalement dans toutes les provin¬
ces méridionales du royaume, 6c même dans le Rouflillon & la Catalogne } 6c
c’eft à peu près la même dont on fe fert aujourd’hui dans le Languedoc , com¬
me il eft aifé de le juftifier par le recueil manuferit dont nous venons de parler.
NOTES
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SUR L’HISTOIRE
D E
LANGUEDOC
NOTE I-
Sur lufurfation du royaume de Provence far Bofon , & la fouverainttè de nos rois
fur le Rh'one. *
E royaume <
Provence do
Bofon s’empa
l’an 879- s etc:
doit des deux o
tés du Rhône,,
comprenoit e
deçà de ce fleu
les diocèfes i
Viviers & d’I
i ez , avec la pa
• , tic de ceux d’A
les > d Avignon , de Valence & de Vienne quid
pend du Languedoc : il eft important de faire vc
•ci la maniéré dont le fit cette ufiirpation, pour l’ii
tcuigence de ce que nous aurons à dire dans la fui
jonchant la fouverainetc de nos rois furie Rhône
«quel appartient au Languedoc d’un bord àl’autr
Tome JJ.
depuis les frontières du Lyonnois jufqu’i l’embou-
chûre de ce fleuve dans la mer.
U. Après la mort de l’empereur Louis le Débon¬
naire, fês trois fils Lothairc , Louis & Charles,
convinrent • à Verdun au mois d’Août de l’an *~**”J- Btn;
845- de partager entr’eux toute la monarchie Fran-
çoife que ce prince avoit poflèdéc en entier. La /•**«•"
Germanie & quelques villes fi tuées endeça du Rhin
échurent à Louis ; Lothaire, qui croit l’aîné, eut
le royaume d’Italie & toute la partie Orientale
du royaume de France. Cette partie étoit bor¬
née au levant par le Rhin & les Alpes , & au
couchant par l’Efcaut , la Meufe & la Saône juf-
qu’à Lyon-, & renfermoit, depuis cette ville, les
pays fituez des deux cotez du Rhône jufqu’à fou
embouchure dans la Méditerranée ; enfbrte que le
Vivarais , l’Uzegc & la partie desdioccfcs d’Avi¬
gnon & d Arles, qui cft en-deça de ce fleuve, y
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♦•«J*
NOTES SUR L'HISTOIRE
étoient compris. Charles le Chauve, le troifiéme viers & d’Uzez , & par conlequent prefque toute
des freres eut pour fa part tout le refte du royau- la partie orientale du Languedoc. L’empereur Louis
me , ou la France occidentale. régnaJccrtainemcnt fur la Provence propre en vertu i u nnai.Bt
HL La portion du royaume de France , qui échut de ce partage:& il paroît qu’il eu c aufli dans fon lot f • li *•
à Lothaire par ce célébré partage , comprcnoit un la partie du duché de Lyon la plus voiline des Al-
grand pays borné aux deux extrêmitez par les deux pes *, fçavoir le Dauphiné & laSavoye, comme
mers , au nord & au midy > elle dépendoit aupa- nous le verrons plus bas.
ravant partie du royaume d’Auftrane 8c partie de VI. Le roi Lothaire mourut (ans enfans légiti-
relui de Bourgogne quelle renfermoit prefque en- mes l’an 869. Sa fucceflion appartenoit àl’empe-
tierement , excepté les pays fituez à la droite de la rcur Louis fon frère , qui jouifloit déjà d’une gran-
Saone , qu’on appclloit Bourgogne inférieure , & de partie du royaume de Provence : mais le roi
qui échurent à Charles le Chauve. Elle compre- Charles le Chauve & Louis roi de Germanie fon
noit âülli toute la Provence avec le diocèfe d’ U- frere , difpurerent la fucceflion à ce prince , qu’ils
zés , ancien membre de la Septimanie. C’eft ce qui comptoient k devoir mourir bientôt , & qui d’ail- * 2 j
’• eft clairement exprimé dans l’auteur a contemporain leurs n’avoit point d’enfans males. Comme Char-
des annales de faint Bertin , qui nous a laiffé un les le Chauve croit le plus fort , il fe (àiiit du royau-
détail circonftancié de tous les pays qui compo- me de Lothaire1 ou de la Lorraine, & s’en fit
foient la fucceflion du roi Lothaire , fils & fuccet couronner roi à Metz. Il vouloit même s’emparer Mtt*
feur de l’empereur de ce nom. On appclla d’abord de la Provence & de la partie de la haute Bourgo-
touçe cette portion de la France > le royaume de gne m qui appartenoit déjà à l’empereur Louis , pm ^ ^
[jjthsure , *> parce qu’on ne trouva point de nom mais il trouva de la réfiftance *, & le roi de Ger- p. 231. 9 '
V S*4* plus propre pour déligner les états de ce prince , manie fon frere qui prétendoit a cette fucceflion ,
compofez de parties de differents royaumes *, mais lui ayant déclaré la guerre , il fut obligé d’en venir
apres la mort ae cet empereur , on reftraignic la fi- à un accord avec ce dernier , fuivant lequel ils par-
gnihearion de ce nom aux {culs pays fituez entre tagerent , au préjudice de l’empereur Louis , tous
FEfcaut & la Meule d’un côté , & le Rhin de Tau- les pays qui avoient appartenu au feu roi Lothaire. .
tr*, qui échurent à fon fils de même nom./ * tCharles le Chauve & Louis de Germanie firent
IVv L’empereur Lothaire étant mort en 85 ce partage au mois d’Aout de l’an 870. Le pre-
fes trois Çls lui fuccedcrent , chacun dans une par- mier eut pour lui route la partie occidentale du
tic de fts états. Louis qui étoit l’aînc , eut pour . royaume de Lothaire , lituée aux environs de la
fa part le royaume d’Italie avec le titre d’empereur. Meufe& de la Saône , avec la portion du duché
Les deux autres partagèrent ce que leur pereavoit de Lyon dont celui-ci avoit hérité du roi Charles
pofledé en France. Lothaire régna fur la partie fu- fon frere , & qui comprcnoit , comme on l’a déjà
périeure ou (cptentrionale , qu’on nommoit France dit , les villes de Lyon , de Vienne , de Viviers 8c
& qu’on appclla depuis , de Ion nom , le royaume d’Uzez. La partie du royaume de Lothaire , voiline
de Lothaire , ou la Lorraine. Ce royaume compre- du Rhin , échut au roi de Germanie. U parole que
« noit entr’autres les dcuxduchcz de la Bourgogne c ces deux princes laiflèrent l’empereur Louis leur
p^2u.LBert' fupérieure *, fçavoir la Bourgogne Cisjurane &4a neveu dans la paiiîblc pofleflion des pays qu’il pot
Bourgogne Transjurane. Charles d le puîné étendit (cdoit endeça des Alpes , 8c que cet empereur jouît
p. 20S.C r/iqq, domination fur la partie méridionale *, <’cft-à- tranquillement de la Provence > de la Bourgogne
dire (îir la Provence , fituce entre les Alpes , la Du- Transjurane > du Dauphiné & de la Savoye. 11 n’cft
rance , le Rhône & la Méditerranée , & fur le du- pas fait mention en effet de tous ces pays dans le
ché de Lyon qui dépendoit auparavant du royau- partage dont nous venons de parler , & dans le-
me de Bourgogne , & qui comprcnoit les pays quel “ les comtez & les villes qui échurent à n M-i*
fituez des deux cotez du Rhône depuis cette ville Charles le Chauve , & à Louis de Germanie, font
j il (qu’à l'embouchure de ce fleuve dans la mer *, en marquées dans un très-grand détail,
forte que toute la partie orientale de Laugucdoc VII. La partie du duché de Lyon qui échut à
qui avoit appartenu à l’empereur Lothaire , fut de- Charles le Chauve par ce partage , & qui comprc-
puis foumifç au roi Charles (on fils , qui prit le titre noit la partie orientale du Languedoc , reconnut
de roi de Provence , & établit fa rélidence ordi- cependant l’empereur Louis pour fon fouverain •,
naire à Lyon , dont il fit la capitale de fes états. enlorte que Charles fut obligé de foîimcttre par
ïJhtuI. Bert. v. Ce prince étant mort e fans poftéricé en 8 6 J . les armes cette nouvelle portion de fes états. Il allie-
(es deux freres difputerent d'abord entr’eux (a (uc- gea en effet & prie Lyon , & forma le fiege de ,
cdlion. Lothaire prétendoit qu’elle lui apparte- Vienne qui (c rendit à ce prince l’an 871. 0 Charles
noit entièrement en vertu d’une donation que donna enfuite le gouvernement de ce pays au duc
Charles lui avoit faite f de tous fes états : Tempe- Bofon fon beaufrere : mais nous ne fçavons pas
reur Louis vint en Provence pour fe faire raifon s’il pouflàfes conquêtes plus loin *, & il cil incertain
par lui-même : enfin le roi Charles le Chauve leur s’il fournit le Vivarais , le diocèfe d’Uzez , & le
oncle 8 prétendit à ce même royaume, dont les peu- refte du duché de Lyon qui lui étoit échu par le
pics Tavoient appellé à leur fecours , & l’avoicnt partage dont nous venons de parler, ou s’il n’y écoic
elû pour leur roi à la place de Charles , fous pré- pas déjà reconnu.
texte de la négligence & du mauvais gouverne- VIII. Quoi qu’il en (bit , l’empereur Louis étant
ment de ce prince. Il ne paroît pas cependant que mort Tan 875. fans enfans mules, Charles le Chauve
Charles le Chauve ait eu recours à la voie des ar- & Louis roi de Germanie fes deux oncles & fes
mes pour faire valoir (es droits •, & il eft certain plus proches héritiers , acquirent par là un droit
que les deux freres étant convenus d’un accord, légitime à (a fucceflion *, & le traité qui avoit été
h ibid. pus. partagèrent * entr’eux , (ans aucune oppofition de conclu entr’eux en 870. (îiivant lequel le premier
M"' de fa part , le royaume de Provence. Lothaire eut devoit régner fur les deux cotez du Rhône depuis
pour lui la plus grande partie du duché de Lyon, Lyon , reçut une nouvelle force,
encr’autres cette ville & celles de Vienne , de Vi- IX. Après la mort de Louis roi de Germanie 5c
p.2lî.
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de Charles le Chauve fon frcre , dont l’une ar¬
riva en 876. & l’autre l’année fuivantc,Carloman,
tjinntiBtru Louis & Charles fils & héritiers du premier, firent4
G ü E D O C. 5*3
main ; & toute la partie inférieure ou méridio¬
nale , demeura aux deux princes François.
XI. Les choies étoient dans cette lïtuationlor£
^Innal. Fuld-
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ls6trr\d. prcI™er Novembre de l’an 878- avec Louis que le duc Bofon , l’un des tuteurs de ces deux
le Begue fils & (ûcccflèur de Charles le Chauve un princes , abulant de leur jeunclïè 8c de (on auto-
traité, liiivant lequel ils convinrent , que le partage rité , réfolut , à l’inftigation d d’Ermengarde fà fê- d 1 ^
arrête au mois d’Août de l’an 87°* entre leurs pe- conde femme , fille du feu empereur Louis IL de ^ ***' *7*#
rcs fobflfteroit , Sc qu’en confequencc chacun joui- s’emparer de cette partie méridionale. Il fit tant
roit paifiblcmcnt de la partie du royaume de Lo- par fes menées, quenfin il obligea les évêques du
thatre qui lui étoit échue.La fouveraineté que Char- pays , (oit par menaces , (oit par careflès , à s’af
les le Chauve avoir déjà acquife fur les pays fi- lèmbler à Mantaille en Dauphiné, au mois d’Oâo-
tuez des deux cotez du Rhône depuis Lyon, fut bre de l’an 879.
confirmée par là. L’on voit par les fouferiptionsdes évêques qui
X. La mon de Louis le Begue arrivée au mois afîifterent à cette aflèmblée , que Bofbn uforpa
d’ Avril de l’an 879- caulâ quelques troubles dans l’autorité royale, non-feulement fur toute la Pro¬
ie royaume de Lothaire : mais ce fut feulement vence proprement dite, renfermée entre laDuran-
dans les provinces fupérieures. Louis de Germanie, ce, les Alpes , la Méditerranée & le Rhône , & for-
o^rn*, Bert. appellé b par quelques fà&ieux de France , fens au- tour le duché de Lyon , pays qui avoient compolë
f.i cun égara pour le traité qu’il venoit de conclure le royaume de Charles fils de lcmpereur Lothaire >
avec Louis le Begue (on coufin , s’empara de toute mais encore fur la haute Bourgogne & fur une par¬
la partie de ce royaume fituée entre la Meufe & rie de la balle , à la droite de Ja Saône , laquelle .
le Rhin : il menaçoir d’envahir le refte de la mo- avoit toujours appartenu à Charles le Chauve. Par-
narchie, lorfque Bofon duc de Provence &: les mi ccs fouferiptions , on voit celles des archevê-
autres tuteurs des deux jeunes princes Louis & eues d’Aix 8c d’Arles , & des évêques de Mar-
Carloman fils de Louis le Begue , pour arrêter les (cille , Toulon , Riez & Apt. Il eft certain en effet
>rogrês de fes armes & l’engager à retirer lès trou- qu’il faut lire c , Rtchardus epifeopns s4pte»fisy & tV* GâU.ehr.
>es,fe virent obligez de lui céder la partie de la non pas sîgathenfis : erreur qui a fait croire à /.TjV **
.orraine ou du royaume de Lothaire le jeune , que quelques modernes f que Bolon avoit régné fur f /*. 1. u.u.
e roi Charles le Chauve avoit eue par le partage le diocèfe d’Agde dans la Seprimanie , ce qui eft ^ j9* dt
de l’an 870. Les paroles de l’annalifte defàint Ber- faux : en effet Alaric étoit alors évêque d’Agde. Fr.u.if.M.
tin font remarquables : Ut et rff errent , dit cet au- Quoique les noms des autres évêques de la Pro- df'u
ceur , part cm de regno Lotharii Junioris, vcncc propre ne fe trouvent pas parmi ces foufe nut/in de Fr .
(jnam Carolw contra fratrem fuum Ludovuumy ip- criprions, il paroît cependant qu’ils confentirent t0* l'p‘ 5,1
» Jîus Ludovici patrem , acceperat.Aiih dans cette ccf tous alors à l’élc&ion de Bofon , ou du moins qu’ils
lion , qui étoit même forcée & contraire aux pré- fe fournirent dans la fuite à (à domination. Aulli
cédcns traitez , il ne s agiflbit nullement des pro- voyons nous qu’Arnaud archevêque d’Embrun ,
vinces inférieures qui avoient appartenu à l’em- dont le nom ne paroît pas dans les aéles du concile
pereur Lothaire , ou des ctacs que Charles roi de de Mantaille , fut du nombre de ceux qui i élurent g Concu.n.^
Provence , troiiïcme fils de cet Empereur, avoit Tan 890. Louis fils de Bofon : fes fofïragans, de
pollèdez -, & pat conféquent du cours du Rhône même que ceux d’Aix & d’Arles, fe fournirent fans
depuis Lyon jufqu a la mer, dont les deux princes doute d’abord à ce dernier prince.
François demeurèrent les maîtres. Moyennant cette Quant au duché de Lyon , fitué des deux cotez
ccllîon , qui fut executée for le champ , mais fans du Rhône , on voit qu’il fut fournis entièrement
la participation de ces princes , le roi de Germa- à Bofon dans le tems de fon élection , par les fou-
nie leur coufin promit de les laiflèr paiiiblcs pof- feriptions des archevêques de Lyon & de Vienne ,
fellèurs de tout le refte : Ut accepta tlla porttone & des évêques de Valence , Grenoble , Vaifon ,
tegni , m regnum fuum redirct , Ûf c/uod relicjuum Die , Gap , Orange , Avignon , Viviers & Uzez.
de regno pains fut Car oh Ludovicus habutt > fil ns Enfin celles des archevêques de Bclançon & de
fuis confentiret. Ludovicus vero G? fui acceptant ha- Tarentaife , & des évêques de Bellay , de Lauzanne
tentes talem obUtionemiic . . . Ft accipfa regni parte 8c de Maurienne prouvent que ce duc étendit alors
fibi oblata , Ludovicus ad palatium fuum trancono - fon autorité for la Bourgogne Cisjurane 8c for la
fHld redtit. En effet les dcuxc princes François Transjurane: il fournit auui une partie de la ba/Ie
ayant partage entr’eux l’année fui vante les états de Boureognc à la droite de la Saône -, car les évêques
Louis le Begue leur pere , l’un eut pour fà part de Cnâlons & de Mâcon afîifterent à cette aflem-
une partie de l’Auftrahe qu’on appelloit alors le blée. On peut comprendre par là quelle fut l’c-
royaume de France : Quod Francia reftduum erat tendue de fon royaume.
ex pater no regno , & tout le royaume de Ncuftric Louis, & Carloman fon firere, étoient alors lcgi-
aveefes marcncs •, & l’autre les royaumes de Bour- times fouverains de toute cette étendue de pays :
gogne & d’Aquitaine. Or la foire nous fera voir en voici de nouvelles preuves. i°. Il eft marqué
que le royaume de Bourgogne qui échut à Carlo- dans les a&es de l’alïemblée de Mantaille , que
man , s’étendoit à la droite & à la gauche de la les évêques ne fe déterminèrent à élire Bofon, que
Saône , & comprenoit par confequent la partie de parce que tout ce pays ctoit comme abandonné
ce royaume , qui étoit échue à l’empereur Lo- depuis la mort de Louis le Begue leur commun
thaire. Les pays cédez par les tuteurs des deux prin- seigneur. Prafertim h cum rege communi morte **>,,*. **./•
ces François à Louis de Germanie , ne compre- recepio ynuilus tn cos fuavifeera per carttatis lar -
noient donc que la partie de l’ancien royaume gitatem extendent. On voit encore ici que les pays
d’Auftrafie fituée entre la Meufe & l’Efeaut d’un ufoq-»ezpar Bofon , n’avoient pas été cédez au roi
côté , & le Rhin de l’autre. Par cette cellîon toute de Germanie, puifque ce dernier avoit pris poffef
la partie fopéricure du royaume de l’empereur fion de tout ce qui lui avoit été cédé. i°. Régi- *4**
Loduireen France, fiitfoumile au prince Ger- non1 auteurcontemporain, dit en termes formek,
Tome II. Y v v ij
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Ti4 NOTES SUR. L’ HISTOIRE
xjue Bofon ufurpa fon royaume fur les enfans de dans le royaume , & le peu de durée du rcgiie
Louis le Begue : Bofo. ... in regem fuper prafatum de Louis & de Carloman , ne permirent pas à ces
BnrgHTuLu regnum inungiturypro nihilo duc en s ado - princes de dépouiller Bofon de tous les pays qu’il
lefeentes filio s Ludovic i £$ velut d'gcncrcs defpi- avoit ufurpez : mais il eft certain quils lui tirent e la e CW r*>;
ciens. 3 °. Cela paroît encore par la guerre que les guerre pendant toute leur vie, ainii qucl’atteftc une *£^f**~
tois Louis & Carloman entreprirent1 bientôt après ancienne chronique : Ludovic us fetheet £$ Carlo-
sAnnsl, Sert, 1#»nr hnm R/%(nn nnur ••pnr/*nflrp fiir «NtfNHCir régnant HH MS P. BoJonCm JcftlpCT pCr-
*•*$ 9.&JU. cn *cur nom 5 contrc Bofon, pour reprendre fur
lui le royaume de Provence : euerre dans laquelle
ils 'furent focourus parle roi de Germanie meme ,
& par Charles le Gras roi d’Italie fon frere.
XII. U eft donc certain que Bofon ufurpa fon
ma n nus . ,
fccuti.
Si l’on en croit Chorier*, Charles le Gras, f *»/•
fucceftcur de ces princes au royaume de France , df[
jouit véritablement de la fouveraineté for tous les
7 co»
royaume for Louis & Carloman rois de France , & pays uforpez par Bofon : mais il s’accommoda avec
3 ne par confoquent la fouveraineté for le Rhône lui, le reçut pour fon vaflil, & le laifta paifible
’un .bord à l’autre > depuis Lyon jufqu’à la Mcdi- poildlèur du royaume de Provence. « Boion > dit
,nA> appartenoit alors à ces deux princes *, cet hiftorien , rentra fins réi illance dans la pofr “
terrance
y>~Anncl.Btrt.
tl/id.
Nattai, fuld.
t- -71.
aulli firent-ils tous leurs efforts pour chaflcr ce rc- feflion de tous fos états après la mort de Car- «
belle de ce pays. Les princes Germains leurs cou- loman , &: les recouvra pendant les défordres qui *
fins , fe liguèrent avec eux pour cette entreprile au fifivirent la mort de ce prince. L’empereur Charles
mois de Juin de l’an b 88o. & convinrent enfom- le Gras , que les François avoient appellé , s’ac- «
bled’un nouveau traité de paix. Nous cn ignorons commoda avec lui , & lui envoya meme un Ciuf- «•
les articles : mais il y a tout lieu de croire que les conduit pour le venir trouver à Metz comme il *
xJcux princes Germains confirmèrent les deux prin- le fouhaitoit : il conclut enfuite avec lui un traité «
res François dans la poftdlion de toute la partie de paix, fuivant lequel Bofon ayant fait homma-*
méridionale du royaume de l’empereur Lothaire , ge a Charles le premier de Novembre , là femme «•
dont Louis le Begue & Charles le Chauve avoient & fa fille , que Carloman avoit fait prifonnicrcs -
cré les maîtres, & que Bofon venoit d’uforper. Cela ilaprife de Vienne, lui furent rendues: ainli«
eft d’autant plus probable, que Louis & Carloman Bofon ne s’oppofa pas à l’aéle de fouveraineté*
laifferent Charles le Gras pailible pofleffeur de tou- que fit l’empereur Charles le Gras fur le royau- *
te l’Italie , for laquelle ils avoient des droits -, il y me de Provence, lorfque la première année de *
eut fins doute une efpcce d’cchange entr’eux. Il fon régne , & à la pricre du marquis Bernard , il *
paroît encore qu’il fut ftipulé dans ce traité , que confirma à l’cglife de Lyon tout ce qu’elle polie- *
Louis de Germanie ne pollèdcroit qu’en engage- doit dans l’étendue du meme royaume *, ce qui «
ment, & feulement pendant fa vie, la portion de témoigne, continue Chorier, que Bofon rele-«
la Lorraine fuperieure qui avoit été au pouvoir de voit de ce prince , & qu’il fe reconnoiflôit fon c«
Charles le Chauve & de Louis le Begue , & que vallàl. Mais s’il eft certain que Charles le Gras
les tuteurs des deux princes François lui avoient exerça la fouveraineté comme roi de France fur le
cédée l'année précédente *, & qu’il fut dit qu’a- royaume de Provence, on ne (çauroit prouver que
près fa mort toute cette partie reviendroit aces ce prince ait jamais reconnu Boion pour fon vallal,
deux princes. En effet Louis roi de Germanie étant qu’il ait fait un traité de paix avec lui , & reçu fon
mort l’an 8 8 1. & le roi Charles le Gras fon ficre , hommage : Chorier n’en donne aucune preuve -, &
lui ayant luccedé , Carloman roi de France envoya quelques auteurs poftéricurs g qui ont avancé que P Défit au
des ambaflàdcurs à ce dernier pour le fommer de Charles le Gras reput en grâce le roi Bofon , qu'il
cr
c ^nn.il.Berr,
p. 161,
h fyjiii. **
4 nn. I7>. «•
S*-
luireftituer cette portion de la Lorraine fopérieure, lui donna fous l'hommage une partie du royaume
• conformement a sa promesse . . sîd'quod placi- le rétablit tLws fes états , l’ont fait trop lcgere- jr,.
turn Hugo abbas Carolum adiit pro petitione partis ment , & fans doute for la foi de cet hiftorien.
regni quam frater fuus Ludovicus in locanum ac - Nous voyons , en effet au contraire , par l’au-
ccperat ; ut ficut ipfe Car oins ohm promiferat , Ca - torité de Reginon h, auteur grave & contempo-
rolcmanr.o refiitueret. Cette reftitution devoit Être rain , que non-fculemcnt les rois Louis & Carlo-
faitc à Carloman , en confcquencc du partage man firent toujours la guerre à Bofon , mais encore
1 ’T r ^ les rois fucccilcurs de ces princes , 6c qu’ils ne con¬
clurent jamais aucune paix avec lui. Aon folum illiy
verum etiam alu reges Francorum per fuccedentia
tempora adeo graviter nomen ejus ( Bofonis ) tule-
runt , atqtie exofum habuerunt , ut trrecupcrabili
ejus dejethone mortis cxitio,non modo principes ac
duces, fed etiam eorum fatellttes facramentts exe -
dont il étoit convenu avec le roi Louis fon frerc.Ce
prince continua cn effet lui foui le liège de Vien¬
ne , ville qui lui étoit aulli cchûc cn partage avec
le royaume de Bourgogne ; Rémanente Carloman -
no , contra Bofonis fcdiiionems ôc c’cft à lui quelle
fe rendit l’an 8 Si. On voit d’un autre côté que
les leigncurs de la partie de la Lorraine fiipéricurc
qui avoit appartenu à Charles le Chauve & à Louis cratiombus obhgarentur . Cet auteur dit enfuite que
iiHd.p,i6o. le Begue, d voulurent fe foûmcttre à Louis roi de ces mêmes princes pourfoivirent toujours Bofon ,
France , d’abord après la mort de Louis de Germa- & profcrivircnt même ceux qui favorifoient fon
nie ; parce que ccrte portion devoit être reftituée parti.
aux princes François : mais Louis aima mieux, at- XIV. Charles le Gras traita donc toujours Bofon
tendre que Charles le Gras lui fit lui-même cette d’uforpateur -, & li le premier exerça divers ades de
reftitution : Vementes autem pnmores partis ilhus fouveraineté fiir le royaume de Provence, ce ne fût
regni , qut ipfi Ludovico in locanum data fuerat , pas en vertu de quelque traité qu’il eût fait avec
quatenns qua pater GS avus illorum habuerunt eis l’autre , mais comme roi de France & focceflèur
conjentiret , voluerunt fe ilh comme ndare : fed con -
fiho pnmorum , propter facramenta qua inter eum >
Carolum fallu fuerant , non eos m commcnda -
. tionem fufeepit , &c.
de Louis ôc Carloman , à qui les états de Bofon ap-
partenoient de droit. On a des preuves de cette
fouveraineté, i°. dans une charte du premier de
Mai de l’an 885. que Chorier a citée , & qui a été
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XIII. Les ravages que les Normans caufoicnc donnée depuis par Baluze. ‘ z°. dans lesa&esdu
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DE LANGUEDOC. jij
concile tenu à Châlon for Saône au mois de Mai nales de Fulde Hertous permettent pas de douter:
ifat.u.9p- del’an*887.& parconfequentpoftérieurement â la Tandem fc afiumpto Bofone comité , qui propria uxort k
mort de Bofon , comme nous verrons bientôt; ce veneno exflmbta , fiham Ludovict imper atons de î/u
qui fait voir que Charles le Gras Ce regarda com- kalia per vim rapuerat , (3c. Soit donc que cette
H- me fouverain du royaume de Provence pendant première femme du roi Bofbn s'appelât Ingeltrude
la vie de ce dernier , & après fi mort : en effet les ou non , peu importe , dès qu’il cil confiant que ce
archevêques de Lyon & de Vienne , avec les évê- prince empoifbnna fa première époufè pour fe ma-
ques de Valence , de Bellay, de Maçon Sc de Cha- rier avec une
Ion fur Saône , qui alliflercnt a ce concile , & dont fon 1 n enleva
ec une autre. Il eft certain d’ailleurs que Bo-
cnleva la princcflc Ennengarde pour lepou- 1 ^.nai B.-fn.
l’an 8 7 6. Or nous apprenons d’un auteur m ^ 2 s tf;
iporain , que l’an 878. le prince Carloman
les diocèfès étoient dans l’étendue du royaume de
Provence , y reconnurent la fouveraineté de Charles
fer que l’an 8 7 6. Or nous apprenons d’un auteur m 1 5
Provence , y reconnurent la fouveraineté de Clurles contemporain , que l’an 8 7 8- le prince Carloman
le Gras en France & dans les Gaules. fils du roi Louis le Bcgue époufâ une fille du me-
XV. Il eft vrai que ce concile eft daté de l’an 886* me Bofbn; die devait être née par confcquent
dans les differentes éditions qu’on en a données : d’un premier mariage du même Bofbn , pnif
niais il doit être rapporté à l'an 837- comme il qu a peine il y avoir alors deux ans depuis celui qu’il
paroît par d’autres monumens , Sc en particulier avoit conrraâé avec Emicngarde. On ne doit donc
t, yurten. th. par les privilèges b qu’il accorda à l’églife de Lan- faire aucune difficulté d’admettre une fille de Bofbn
5ntrtdr.e\ grès & à l’abbaye de Charlieu au diocèiè de Maçon, aunombredes reines de France, &dcdonncrune
^ & qui f°nt ^arcz lan £87. D’ailleurs l’indiclion époufè au roi Carloman ; ce que le même n génea- "
c cnai-M*n. v. eft marquée dans tous les aélcs c donnez par logifte a obmis fur la fauflc prétention que Bofbn ^'p' )%
fs™*, té . Jc même concile , Sc cette indkftion ne convient ne fut marié qu’avec Ermengardc.
nullement au mois de May de l’an 8 86. mais bien XIX. On afîiire que l’empereur Charles le Gras
à l’année fuivante : ce qui prouve manifeftement reconnut Louis fils de Bofbn pour roi ; ce qui n’eft
que les évêques du royaume de Provence recon- pas marqué dans les annales de Fulde que nous
noiflbicnc la fbuveraincté du roi de France après la avons déjà citées : elles rapportent feulement , que
mort de Bofbn. Charles le Gras reçut Louis pour fon vaflàl après
XVI. S’il faut s’en rapportera quelques moder- la mort de Bofbn fonpere : mais elles ne donnent
iMfigtnÀt nés d, entr autres au dernier éditeur de l’hiftoiregc- le titre de roi ni a ce dernier ni à fon fils. Que fi
u usijM Fr. néalogique de la mailon de France , Bofbn décéda Chai les le Gras accueillit favorablement Louis, ce
tn.f.60. |e Qnzc je janvjcr fa l’an 888. mais il eft certain fut en confidération de la parenté qu’il y avoit cn-
que ce prince étoit déjà mort au mois de Juin de tr’eux , à caufe d’Ermcngnrdc mere de ce prince ,
unr.Ai.Fuid. l’année précédente. L’auteur des annales de Fulde c qui étoit nièce de Charles , à la mode de Bretagne.
H<Z?.'orrr. & Herman Contraél rapportent en effet que Char- Celui-ci aura donc donné alors,à Louis, par amitié,
n.i.cAi.ifed. les le Gras fè rendit alors a Willingcn en Allcma- quelques fiefs dans l’étendue du royaume de Pro-
^ aî4* gne , & <jue ce prince alla enfiiite a Kircheiin fur le vcnce , & il aura reçu fbn hommage pour ces fiefs,
Rhin , ou Louis fils de Bofbn le joignit après la ma;s il ne lui aura pas donné ce royaume,
mort de fbn pere : Alortuo ttatsue Euofonc parvuius XX. En effet Louis fils de Bofbn, ne fut élu roi de
trot et films . . . ancra imper at or ad Rhenum vcnicns Provence qu’au concile de Valence de l’an 890. 0
i v.Stte fuiv. obvions , (3c. Il eft certain * d’ailleurs que l’empereur long-tems après la mort de Charles le Gras. Il eft 4*+
Charles le Gras étoit à Kirchcim au mois de Juin vrai que les pères de ce concile infînuent que
de l’an 887. ainfî la mort de Bofbn devoir avoir Charles avoit reconnu Louis pour roi ; mais c’eft un
. précédé. Ce roi croit déjà décédé fans doute de- prétexte dont ces prélats fc fervent pour couvrir -
puis le onze de Janvier précédent, comme l’amar- leur entreprise ; car fi Louis eût été déjà reconnu
quéChoricr , qui le fait mourir dans la huitième pour roi dès le réçne de Charles le Gras, quelle
P Condl • Ibid S
de l’an 887. ainfi la mort de Bofbn devoir avoir Charles avoit reconnu Louis pour roi ; mais c’eft un
. précédé. Ce roi croit déjà décédé fans doute de- prétexte dont ces prélats fc fervent pour couvrir -
puis le onze de Janvier precedent, comme l’amar- leur entreprise ; car fî Louis eût été déjà reconnu
que Choricr , qui le fait mourir dans la huitième pour roi dès le régne de Charles le Gras , quelle
année de fbn régne ; ce qui s’accorde parfaitement : nécdlitc y avoit-il de l’élire ? Il paroît d’ailleurs par
W*rttn. ttL car nous frayons par une de fes chartes I qu’il par- un monument de la fin de l’an 889. p que Louis P Con(il lbi
"d.ATKM,ftu s ^ r ..... r , , • , • r r 1 P.4ZJ.
17. 119. vint a cette v 1 1 r . année : il vivoit par confcquent n ctoit pas alors reconnu pour roi. Enfin les peres
encore au mois d’Oétobre de l’an du concile de Valence le fbnt voir eux-mêmes , en
XVII. Comme il paroît par cette charte que Bofbn difânt dans le préambule de 1 ’aâc d’ élection , Que
croit alors maître de Vienne , Sc qu Ermengardc fa depuis la mort de Charles le Gros ils étoient demett -
femme étoit avec lui, cela aura donné lieu dccroire rez. fans roi (3 fans prince : ce qui prouve en meme
fans doute que cette princcflc lui avoit été rendue, tems qu’ils avoient reconnu cet empereur pour leur
& qu’il étoit rentre dans la poflcilion de cette ville fouverain & leur fèigneur immédiat,
en vertu d’un traité de paix fait avec Charles le CesprcIatsajoûtenr,qu’Arnoul,quirégnoitaIors
Gras : mais nous ne connoiflbns aucun monument dans la Germanie , & qui avoit fuccedé à Charles
où il (bit parlé de ce traité. Il eft certain d’ailleurs, le Gras dans ce royaume, fa vorifbit beaucoup Louis
comme on l'a déjà vu , que Charles étoit recon- fils de Bofbn : mais quand Arnoui auroit reconnu
nu pour fouverain de Vienne au mois de Mai de Louis pour roi de Provence, Sc lui auroit donné
l’an 887. Sc nous fçavons que la ville de Lyon, même ce royaume, il n’avoit aucun droit de le faire
capitale du royaume de Provence , étoit au poil- au préjudice de Charles le Simple fils de Louis le
h V&. u voir du roi Eudes h l’an 893* Bcgue, Sc du roi Eudes qui régnoit alors en France :
îîü’ %9i' *' XVm. Pour finir ce qui regarde la personne de il n’avoit rien a prétendre fur le royaume de Pro-
* H#.#*. Bofbn , nous remarquerons 1 qu’un de nos génea- vcnce , qui , comme on l’a déjà vu , avoit appartenu
5 logiftes fè trompe en niant que ce roi eût été déjà légitimement à Louis le Bcgue Sc à fes fiiccefleurs ;
marié lorfqu’il époufâ la princcflc* Ermengardc fille il ne pouvoir donc en di(j>o(èr.
de l’empereur Louis II. fous prétexte que le comte XXI. On pourrait objcclcr , que foivant un hi-
Bofon , mari d’Ingcltrudc , eft different de notre ftorien 1 moderne , Eudes après avoir etc élu , fit <\D*niei,h\jU
Bofbn : mais il eft certain que ce dernier époufâ ajfurcr le roi de Germante cjHilrenonçoit à toute pré - l' 1 1
Ermengardc en fécondes noces , après avoir em- tention fur toutes les parties de fes états , (3 en par -
poifonné fâ première femme ; c’eft de quoi les an- t leu lier fur ce qu il pofjedoit du royaume de Lorraine ,
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*Witichitul,
+nnAl. /#. u
f9
**7-
516 NOTES SUR L’HISTOIRE
& conclure de-là quEudes renonça à fes droits, en qu’ils eurent acquis des comtes de Touloufe le do-
faveur d’ Arnoul , lur le royaume de Provence , qui maine utile d’une partie des pays qui font fituez à
faifoit partie du royaume de l’empereur Lothaire. la droite de ce fleuve. A cela on doit ajouter que
Mais ce fait eft avancé (ans preuve > & les annales leVivarais& l’Ufege ne firent t plus partie du royau- f Vt Kor,
de Fulde que l’hiftorien cite en marge , n’en difent me de Provence après la mort de Louis l’Aveugle , xv%
rien. Il eft vrai-que fuivant les memes annales ,Eu- fils de Bofon > & que les rois de France réunirent
des fit prierAmoul de confentir à fon éle&ion: con- alors à la couronne ces deux pays , où ils furent re-
fèntcment dont il avoitbefoin pour fefoûtenircon- connus, foit parles comtes de Touloufe qui en
tre Charles le Simple, (ùccefleur légitime de la cou- demeurèrent les maîtres , foit par les prélats & les
tonne *, &qu’Amoul lui accorda (a demande : mais feigneurs. Or comme ces deux pays s’étendoient
il n’eft parlé d’aucune ceffion du royaume de Lorrai- julqu’au Rhône , c’cft une preuve que nos rois ont
ne . Au contraire , fuivant un ancien hiftorien Aile- exercé leur fouveraineté fur ce fleuve , malgré l’u-
mand*>Eudes offrit véritablement au toi Amoulfon fiirpation d’Hugues , qui après la mort de Louis
feeptre & (à couronne *, mais il régna du confente- l’Aveugle , s’empara de la Provence & la céda en-
ment de ce prince fur toute l’étendue du royaume fuite aux rois de Bourgogne , d’où elle pafla aux
de France. Huk ( jfrnulfo ) O do tùadem a (j fie- empereurs d’Allemagne.
ftrum cetera regalta ornamenta obtnht , tmpe- ___________________
rtunujue Domini fui gratta imper atoris obtinuu , un-
de ufifue hodie certamen eft de regno Carolorum ftirpi
& fofteris Odonis , concertant) ejuotjue regibus Ca¬
rolorum $ Orientalium Francorum super regno
Lothariï.
XXD. Mais quand meme le roi Arnoul auroit etc
en droit de difpofèr du royaume de Provence en
faveur de Louis, & de l’en inveftir , il fe feroit tou¬
jours confcrvé la fûzeraineté lur ce royaume : ainfi
NOTE IL
Sur Us conciles de Port & d'Vrgcl,
affemblez^ fous faint Theodard
archevêque de Narbonne .
Ous n’avons rien à ajoûter au jugement que
les Bollandiftes I
1> V. Dut h. h»
2 p.î%7.S90.
« a
lu. I9l»
iftes S , & M. Baluze h après eux , g
Charles le Simple ayant fuccedé à tous fes droits ont porté de la vie de fiiint Theodard archevêque
& recueilli , memeduconfentement bdes rois ou de Narbonne. Nous convenons avec ces critiques
empereurs d’Allemagne , toute fa (uccellion com- que cette vie a été écrite dans un tems fort pofté-
mc plus proche héritier de Louis fils de ce prince, il rieur à celui où ce prélat a vécu , & quelle eft rem-
s’enfuk que les rois de France fucccfleurs de Charles plie de fables 8c d’anachronifmes : nous croyons ce-
doivent être regardez comme légitimes fouverains pendant , avec le dernier , que le fonds en a été
de la Provence > 8c que les empereurs d’Allemagne, tiré d’une vie de faint Theodard compofée par un
focceflcurs de Louis fils de Bolon , n’ont pu tout au auteur contemporain •, ce qui a fait que nous avons
plus pofleder ce royaume , de meme que toute adopté tout ce que nous avons cru pouvoir s’accor-
la Lorraine , que comme leurs vaffàux. D’ailleurs der avec les monumens du tems.
nous avons déjà vu que même du vivant d’ Arnoul, Sur ce principe nous avons entièrement rejetté
& poftcricurcment a la prétendue cellion qu’on Phiftoire ae la difpute de faint Theodard avec les
foùtient que le roi Eudes lui fit d’une partie du Juifs de Touloufe, quoiqu’il puifle peut-être y avoir
royaume de Lorraine , ce dernier étoit maître de quelque chofe de vrai : mais nous avons adopté ,
la ville de Lyon capitale du royaume c de Provence, après M. Baluze, Phiftoire de Fintrufion de Selva
Les rois de France ne confcntirent donc jamais à évêque d’Urgel, 8c d’Hermenmire évêque de Gi-
Pufurpation de Bofon 8c de fes fucce(Ièurs,& conter- ronne -, parce que l’auteur rapporte des circonftan-
verent toujours leurs prétentions légitimes fur cette ces fi particulières de cette affaire , & quelles font
portion de la monarchie qu’il avoir envahie. Auffi fi liées avec les faits hiftoriques du tems, 8c avec des
voyons-nous , 1 ç. que Charles le Simple fut recon- monumens 1 non fufpcéts , qu’il eft difficile que le ir.MmM
d v.Dmh.t*. nu d en 9 1 1 . pour roi de Lorraine par Henri l’Oi- fonds n’en ait étc pris dans quelque bonne fourcc. ,7°' *
fêleur roi de Germanie , en vertu du traité qu’ils Nous avons donc cru , nonobftant ce qu’en difent
contra&crcnt alors enfêmble fur les bords du Rhin, les Bollandiftes, qu’il Ce tint en effet un concile
quifervoitde limites à leurs états. iv. Que le roi à Port fur cette affaire ^ 8c que faint Theodard
Raoul fe fit c reconnoître à Vienne Pan 9 3 1 . par y afïifta avec les autres evêques qui font nommez
Louis Conftantin petit fils de Bolon , lequel reçut dans la vie de ce prélat , & dont un fàuflàire n’au-
aufli enfuite dans cette ville , & reconnut pour fou- roit fçû deviner les noms : nous fuivons en cela
verain le roi Louis d’Outremer. 3 °. Que le roi Lo- l’exemple du P. Sirmond, des éditeurs des conciles,
thairc donna en dot la ville de Lyon à fà feeur en & de M. Baluze. Nous nous écartons cependant en
la mariant avec Conrad le Salique roi de la Bour- quelque chofe des circonftances que ce dernier nous
gogne Transjurane. 4*. Enfin que le même Lo- a données decette affaire, & de la chronologie qu’il
thaire reprit la ville d’Aix fur l’empereur Othon , 8c a fùivie *, fur quoi nous allons donner nos raifons.
qu’il donna la Lorraine en bénéfice à ce prince. Que * 0 Tl ’:1 J _ J ~
il les dclbrdres arrivez dans l’état à la fin de la fé¬
condé race , & au commencement de la troifiéme,
ne permirent pas à nos rois de rentrer entière¬
ment dans tous les droits qui leur étoient acquis ,
fur tout l’ancien royaume de Lothaire > 8c s’ils fù-
fin
517- &
e FUd.td 4a n.
9i l. & >4»*
x Il paroit qu’il n’y a aucun lieu de douter que
Selva, faux évêque d’Urgel, n’ait voulu ufurper
fur l’archevêque de Narbonne l’autorité métropo¬
litaine dans la Marche d’Efpagne > ce que M. Baluze
aobmis. En effet Selva ordonna de fon autorité un
évêque a Gironne , & il fut afïifté dans cette con-
rent obligez de fouffrir les entreprifes des empe- fécration des évêques légitimes de Barcelone &
rcurs d’Allemagne qui fe prétenaoient fouverains d’Aufonne: ceux-ci reconnoiffoient par confcquent
du Dauphiné 8c delà Provence , ils n’abandonne- l’autorité de cet intrus au préjudice de celle de Par-
rent jamais leurs droits. Saint Louis, Philippe le chevêque de Narbonne, à qui il appartenoit de
Hardi & Philippe le Bel les renouvellerent fur ces droit de (icrer les évêques de la Marche d’Efpagne.
provinces , 8c en particulier fur le Rhône , depuis On voit d’ailleurs dans divers a&es qui nous reftent
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P- UC.
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*• *!• & P .
DE LAN
for cette affaire , entr autres dans la lettre du pape
Ëtienne , qu’il s'agiflôic entre faint Theodard &
Sclva, outre luforpacion que ce dernier avoir faite
de l’évêchc d’Urgel, de l’autorité métropolitaine
de la Marche d Eipagne \ car quoique ces monu-
mens (oient foippofcz , il paroit cependant, comme
on la déjà dit, qu’ils ont été fabriquez (ur de véri¬
tables , quon a interpolez , en y inférant tout ce
qu’un faux zele pour les droits de lcglifo métro¬
politaine de Narbonne a pu infpircr a leurs auteurs.
2°. Nous avons fixé l'époque du concile de Port
à l’an 887. quoique M. Baluze la mette un peu
plus tard. Cet auteur Ce fonde fur la date dîme
charte * que l’empereur Charles le Gras donna en
faveur de Theorarms évêque de Giron ne, a Pans le
premier Novembre , la je coude aune e de jon régné
dans U Gaule , in’iclon 6. M. Baluze rapporte la
charte au mois de Novcmb. de l’an 887. fuppofânt
3 uc cette indiétion avoit commencé depuis le x r.
e Septembre précédent. Or comme Sclva n'or¬
donna Hermenmire , faux évêque de Gironne *
qu’apres la mort de Thcorarius , il s’enfuit que le
Concile de Port où ccs deux intrus furent condam¬
nez , eft poftcricur au mois de Novembre de l’an
8 8?.c cft-la le raifonnemenr que faitM.Baluzc.Mais
Tindiélion de la charte de Charles le Gras eft fau¬
tive , & on doit lire 4. ou 5 . au lieu de 6. Ce prin¬
ce n’étoit pas en effet à Paris au mois de Novem¬
bre de l’an 8 87. mais au-delà du Rhin: la charte ap¬
partient donc à l’an 8 8 6. & il étoit b véritablement
a Paris au mois de Novembre de cette année.
D’ailleurs la charte eft datée de la fécondé année du
régne de Charles dans les Gaules j c’eft-à-dirc de¬
puis la mort de Carloman: ce qui ne peut conve¬
nir qu’à l’année 8 S 6. 8c non à la foivantc.
H. On peut ajouter que Charles le Gras n’alla à
Paris en 886. ou en 887. que pour faire lever le
fiege de ccttc ville que les Normans avoient en¬
trepris. Or ce fiege fut levé au mois de Novem¬
bre de l’an 886. ce qu’il eft aifo de prouver en
fixant la véritable époque de ce fiege , for laquelle
la plupart de nos modernes ont fort varié. Les unsc
I détendent qu’il dura deux ans de fuite, & qucChar-
es le Gras marcha deux diverfos fois pour le faire le¬
ver, fçavoir en 8 8 6.8c au mois de Novembre de l’an
887. Les autres d, quoique perfuadez for l'autorité
d’Abbon , que ce licge ne dura qu’un an , c’cft-i-
dire d’un mois de Novembre à l’autre , font incer¬
tains de (on époque : ils en mettent le commen¬
cement en 885. ou en 886. 8c ne parlent ce¬
pendant que d’un foui voyage de Charles le Gras
dans ccttc ville à cette occalion. Il eft certain en effet
que ce prince ne marcha qu’une fois au lecours de
Paris , for la fin du fiege , qu’il fit lever.
Nous apprenons d’abord de diverfos chartes
que Charles le Gras fur aux environs de Paris de¬
puis le 1 5 . d’Oélobrc c jufoju au 1 8. de Décembre
de l’an 8 8 6. au lieu que nous n’avons aucun mo¬
nument qui prouve qu’il y ait été en 887. U eft vrai
que le P.MabilIonf fait mention d’une charte de ce
prince, datée de Paris le 1 8. de Décembre l’an 887-
& donnée en faveur de lcçlifê de Nevcrs : mais
cette charte eft certainement de l’an 886. car outre
que le 1 S.Dcccmb. de l’an 887- Charles ne regnoit
plus , & qu’il étoit alors au-delà du Rhin , l’indi-
xftion , les années de l’empire de ce prince, 8c de (on
régne en Italie , en France & dans les Gaules , mar¬
quées dans la date, conviennent avec l’an 8 86. il y a
faute nar confëqucnt dans l’anncc de l’Incarnation.
En (econd lieu > il eft marqué dans une ancienne
G U E D O C. jiÿ
chronique 8 que les Normans abandonnèrent Je g b. h.u. ».
fiege de Paris le } o. Nov.de l’an 886. & qu’ils le
rctucient alorsà Sens : or ce licge n’ayant duré qu’un v. ■»</
an fuivant Abbon , il doit avoir commencé par con- "*• ' 8 6
lcquent au mois de Novembre de 1 an 8 8 5 .oc Char- n. 10.
les le Gras ne peut ^voir marché à fon lecours en
887. . ... v
Enfin ce prince foc depofo à la fâint Martin de
cette même année, 8c il la palla prcfque toute en¬
tière aux environs du Rhin. Il eft prouvé * en effet h Ver. annal.
par les chartes & par les hiftoriens, qu’il étoit à *P*d
Willingcn en Allemagne au mois de Mai de l’an / larten co’J.
887*qu’au mois de Juin fuivant il rciidoit au palais
de Kircheim en Allàce , qu'il palla enfuire le Rhin, t». r.
& qu’il demeura tout lereftede l’année jutqu a (â
depolition, au-delà- de cefieuve.il ne vint donc pas n$77.
à Pai is en 887.
UI. Après avoir fixé la durée du fameux fiege de
Paris par les Normans , lequel commença au mois
de Novembre de l’an 885. & dura jufqu’au même
mois de l’année foivante , il eft aile de relever quel¬
ques meprifos de nos hiftoriens. 1 °. La mort de
Gozlin, évêque de Paris, qui décéda au mois de
Mai pendant ce fiege, arriva en 886. & non en
887* comme l’a avancé le P. du Bois. 1 iv. L’abbc ‘^ifi-raiPa:
Hugues , qui finit aulli Ccs jours pendant ce fiege , r > °6*
mourut en 886. 8c non en 887. 3°. Charles le
Gras qui alla au fecoursde Paris durant ce fiege >
arriva au plûtard aux enviions de cette ville au mois
d’Oélobre de l’an 886. & non pas feulement au
mois de Novembre comme l’avance le P. Daniel k; k Dan-
puilqu’il y donna une charte le 1 8. du même mois h%ss'
d'Oâobre.
IV. Charles le Gras n étant donc pas à Paris , ou
aux environs au mois de Novembre de l’an 887. il
n’y peur avoir donné une charte en faveur dcTheo-
rarius évêque de Gironne*, & ce diplôme appartient
à l’an 8 8 6. Le fiege cpifoopal de cette ville pouvoir
être vacant par conftquent en 887. & même à
la fin de l’annce précédente *, enforte que Sclva
peut avoir ordonné un évêque à Gironne peu de
temps après , & avoir été depofe avec lui au con¬
cile de Port le 17. de Novembre de l’an 8 87. Ce
même diplôme fait voir qu’on ne peut anticiper la
tenue de ce concile, & le rapporter à l’an 886.
comme l’ont crû les PP. Sirmond 1 8c Labbc. On ne * cw. /*. $ ;
peut non plus la différer jufqu’au régne du roi Eu- 39
des , comme l’a prétendu m M. Baluze , trompé par
les faux aétes du même concile, qui font mention de P
ce prince , nuis qui ne (ont d’aucune autorité. En
effet , M. Baluze D convient queServus-Dei évêque n
légitime de Gironne étoit pailiblcpoftèflcur de cet ^
cvcché dès la fin de l’an 8 8 8. ce qui eft prouvé par
des chartes. Il faut donc que le concile d’Urgel, qui
condamna Ermenmire compétiteur de Servus-Dei ,
fout antérieur. Or ce concile d’Urgel cftpoftcrieur à
celui de Port.
V. Ceci prouve que l’épitaphe du même Scrvus-
Dci rapportée Q par M. Baluze, eft fautive : il y eft 0 ^.p.i-iu
marqué que ce prélat mourut le 1 8. du mois d’Août
de l’an 9 06. étant alors dans la xv. année de fon
epifeopat. Or nous venons de voir qu’il étoit -déjà
évêque de Gironne des la fin de l’an 8 8 8. & il eft
certain qu’il avoit été élu canoniquement P immé- TM atteinte.
diaremenr après la mort de Thcorarius. ,0‘ l'*'
VI. M. Baluze 4 admet un concile tenu à Fon- 9 Bal • h
taincs dans le Rouïïillon , avant ceux de Port & 3 6 ’
d’Urgel, touchant l’affaire de Sclva & d’Hermcn-
mirc : mais comme il avoue r en même tems que les 1 lbii * 3 6
aélesdc ce concile font entièrement foppofez, nous
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5l8 NOTES SUR. L’HISTOUE
n’avons pas cru devoir en faire aucune mention *, vantles aûes du concile de Port, c’étoit Eloi qui
d’autant plus qu’il paroît que les deux autres conci- étoit évêque d’Albi en Novembre 8 87. & non pas
des fuffuent pour terminer entièrement cette grande Flotard j & Adolene lui avoit fuccedé en 89 1 .Tou-
tes ces raifons ne nous permettent pas de douter
_ _ de lentiete fuppofition des aûes de cette tranlla-
NOTE III.
Sur la tranflation des reliques de faint
Antonin de Pamiers.
Nicolas Berrrandi , après avoir donné dans (on
livre desgejies desTouloujams , les aéles apo-
NOTE IV.
Epoque de la paix entre les rois Eudes
& Charles le Simple ,
t'tertréndi cty?^ïcs de faint Antonin martyr de Pamiers , rap- T E pape Etienne VI.dans une réponfe qu'iP fit à f FM-
foi. xxu. & porte * une allez longue hiftoire de la tranflation JL/ une lettre que Foulques archevêque de Rheims
J‘ïl- des reliques de ce faint, de l’ancienne églifc de Fre- lui avoit écrite , invite ce prélat à fc trouver au con-
h c^ans ^ nouvelle. C’eft lins doute cette me- cile Romain qui devôit fe tenir au mois de Septcm-
f . 6zi?&' hiftoire que Catel bdir avoir vue dans la biblio- bre de l’indiûion 1 5 . Nous fixons par la l’époque
« j 3 . -theque des Dominicains de Touloufc , & dans le de la paix oui fut faite entre les rois Eudes & Char-
fanUoral de Bernard Guidonis , dont il rapporte les le Simple. Foulques avoit écrit en effet peu de
l'abrégé. Bertrandi& Catel conviennent en effet tems auparavant à Etienne > que ces deux princes ve-
pour la date de cette tranflation , qui fut faite , di- noient ae conclure la paix Par le partage de tout le
lent-ils, en 8 87. «* par le commandement de Rouer royaume.Or la lettre de Foulques a Etienne ne fcau-
•* comte de Carcaflônne le 1 5. avant les kalendcs roit être antérieure à Pâques de l’an 896. puilque
"de Juin , félon Catel , ou de Juillet félon Ber- Formofe , prédéceflèur immédiat de ce pape, mou-
• rrandi , (bus le régne du jeune roi Charles , (Ka- rut* alors feulement, & quErienne nefiitélûquc •**&**.
9 rolo minore Franc or um rege régnante , ) & en pré- quelque tems après.
" fcnee deTheodard archevêque de Narbonne -, & D’un autrecotc la réponfe de ce dernier doit être
*> des évêques , Arnoul de Carcaflônne , Raymond environ du mois de Juillet de l’an 8 96. afin que
•*de Touloufc , Roger de Conferans > Fulcrand de Foulques eût le tems de faire le voyage de Rome ,
"Rodez félon Catel, ou FrotardfuivantBcrtrandi, pour fe trouver au concile qui devoit s’y tenir au
M Fulcrand de Lodeve,&Geraud de Cahots : » Ca- mois de Septembre. La paix encre les deux rois fc
tel ajoute Flotard d’Albi. fit donc vers le mois de Mai ou de Juin de l’an
U ne date fi circonft ancice a fait croire fans doute 896.
aux anciens & aux nouveaux éditeurs du Gœllia Ileft certain en effet quel’indiftion i^.com-
Chnjhana , qu’elle étoit autentique , & qu’on pou- mencée le premier jour de Septembre de l’an 896.
voit s’en finir pour fixer les années de lcpifcopat de eft la feule de ce nombre qui ait couru pendant le
tous ces évêques. C’eft aufli (ans doute par la même pontificat d’Etienne VL lequel ne fiegea pas une an-
taifon que les Bollandiftes , qui avouent que les née entière , 6c qui décéda le premier jour d’ Avril,
aéles de cette tranflation font fautifs, en reconnoifi comme le P. Mabillon h l’a prouve. Le P. Pagi 1 a k aaao,
fent cependant le fonds pour véritable : mais il eft démontré d’un autre coté , qu’il n’etoit plus envie i
évident que cette date a été fabriquée de même au mois d’O&obrede l’an 897* en fai (ant voir que
que i’hiftoire de la tranflation. les deux épîtres du pape Romain fon fucceflcur,
x °. Charles, dont le régne y eft marqué, ne peut pour les églifes dTlne & de Gironne , que M. Ba-
être mie l’empereur Charles le Gras ouïe roi Cliar- luze k & le P. Mabillon après lui , ont rapportées
cCdteliUS'f'
«si*
que i’hiftôire de la tranflation.
x 0 .Charles, dont le régne y eft marqué, ne peut
être que l'empereur Charles le Gras ouïe roi Cliar-
Ics le iïmple.Or ccrte date ne convient ni alun ni à
l’autre de ccs deux princes : elle ne convient point
au premier , comme l’avoue Catel c ; pui (qu’il
eft (ans exemple qu’on lui ait donné le nom de
Carolus mtnor . D’ailleurs on atiroit exprimé fa qua¬
lité d’empereur qu’il avoit alors. Pour ce qui eft de
Charles le Simple , il eft certain qu’il ne régna en
France que depuis l’an 8 95 - & dans les provinces
fi tuées â la gauche de la Loire , qu’apres la mort
d’Eudes , & depuis l’an 898.
x 0 . Nous ne connoiflons aucun Roger comte de
Carcaflônne avant le X.fieclc.
NOTE V.
Sur Louis i Aveugle, roi de Provence
& empereur .
LT E concile de Valence qui fut tenu en 8 90* &
JL/ dans lequel Louis fils de Bofon fut élu roi de
Provence , nous donne l’époque certaine ducom-
luze k & le P. Mabillon après lui , ont rapportées
à l’an 900. appartiennent certainement à cette &fw .
époque.
3 °. Si on excepte Thcodard archevêque de Nar- mencement du régne de ce prince , dont les états
bonne , qui vivoit véritablement l’an 887. nous comprenoient une partie du Languedoc. Nous
n’avons aucune preuve que les autres prélats qu’on fijavons d’ailleurs qu’il fut couronné au commen-
pretend avoir aflîftc à cette tranflation , occupaient cernent de l’an 8 90* 1 ce qui fixe â peu près le tems ^
alors les fiches qu’on leur donne : nous avons mê- précis où ce concile fut aflèmblé.
me des preuves du contraire à l’égard de quelques- Louis fut enfuite appelle en Italie , où il fe fit re-
uns. Nous (çavons en effet que Willerand étoit connoître roi de Lombardie , & fut couronné em-
<3 v.kote alors d évêque de Carcaflônne , & qu’il ailîfta en pereur -, ce qui lui donna occafion de changer la
xni *. i- 887. au concile de Port avec fon métropolitain , & date des années de (on régne : mais les hiftoriens ne
non pas le prétendu Arnoul. Bernard ou Bernon font pas d’accord fur ces deux dernieres époques, &
c c iü chriji . croit alors c évêque de Touloule , de même qu’en moins encore fur la durée de fon empire , & fur le
890. & non pas Raymond. Fulcrand évêque de Lo- nombre des années de (a vie.
deve ne fut clù qu’au milieu du X. iiecle. Enfin fui- Reginon m auteur contemporain^ fait entrer en
Italie jt\%
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t Sig. 44 nk.
f-
****** ».
DE LANGUEDOC.
Italie en 8 9 6. appelle par les Lombards contre Be-
renger , apres la mort de l'empereur Lambert. Il
rapporte tous l’an 898. fon couronnement 2 Rome
comme empereur*, & il dit fous l’an 904* qu'il fut
pris par Berenger fon compétiteur qui lui nt arra¬
cher les yeux.
. Luitprand 1 diacre de Pavie, dans fon hiftoire des
Lombards, rapporte les mêmes (kits , mais (ans en
fixer l'époque : il donne feulement à entendre que
Louis entra deux fois en Italie ; la première y
étant appellé , après la mort de l'empereur Lambert,
par Adalbert marquis d’Yvrée > ôc la féconde par le
marquis de Tofcane , de même nom. Il ne rap¬
porte point qu'il ait été couronné empereur *, il fc
contente de dire , qu ayant été pris à Verone par
Berenger , celui-ci lui fit crever les yeux.
Enfin un troifiéme auteur contemporain bfemble
fixer l’époque des années de l’empire de Louis dans
ces vers du commencement de fon quatrième livre :
Quart a igitur latio vtx dum deferbuit a fi as ,
Hoc r Ationc tterum folito fublata veneno
Bell h a , Tirrhenis fundens fera JibiU ab oris
Sollicitai Rhodani gentem , &c.
Mais comme cette époque n’eft pas exprimée bien
clairement dans ces vers, les critiques modernes l’ex¬
pliquent chacun félon fes idées \ ce que nous exa¬
minerons dans la fuite.
Il n'y a donc que l'autorité de Reginon qui puifle
fixer les époques dons nous parlons \ fi qualité
d’auteur contemporain a engagé quelques moder¬
nes c à le fuivre entièrement : mais comme il fe
trouve contredit par divers monumens du rems,
& que d’ailleurs fa chronologie eft fort confùfe d, il
a été abandonne d’un autre côté parles plus habiles
critiques , qui fe font partagez cependant fur l’c-
poque de la première & de la fécondé entrée de
Louis en Italie , fur celle où il reçut la couronne
impériale à Rome \ & enfin fur celle où Berenger
lui fit crever les yeux , qui eft la fin de fon régne
en Italie.
Sigonius c prétend, i°.Que l’empereur Lambert
étant encore en vie au commencement du mois
d’Oâobre de l’an 898* la première entrée de Louis
en Italie , ne peut être fixée qu'a l’année fuivante.
Louis ne fut en effet appellé au-delà des Alpes,
fiiivant Reginon & la fuite de l’hiftoire, qu’apres la
mort de cet empereur. x°. Que Berenger obligea
Louis, avant la fin de l’an 899. à quitter l’Italie après
lui avoir fait promettre , comme le rapporte Luit¬
prand , de n’y plus rentrer. $°. Qii'apiès la mort
de l’empereur Amolli, arrivée à la fin de Novembre
de l’an 899. Louis fur rappellé en Italie l’année fui-
vante par Adalbert marquis de Luqucs & de Tof¬
cane, qui s’étoit brouillé avec Berenger. 40. Que
Louis s'empara du royaume de Lombardie durant
la même année 900. ôc avant le mois d'Odobre ,
& qu’il fut couronné empereur à Rome l'année fui¬
vante 90 1 . 5 °. Qu'il fut pris 8c aveuglé par Beren¬
ger en 902. & que cette dernière année eft l’épo¬
que de la fin de fon régne en Italie. Telle eft la
chronologie que Sigonius a fuivie, laquelle paroît
jufte & cxaCte , quoiqu’il ait été abandonné par
tous les hiftoriens Ôc les critiques poftérieurs.
Adrien de Valois a fui vi un aun e fyftème dans fes
notes f fiu* le panégyrique de l’empereur Berenger
qu'il a donné le premier. Il ne fait entrer Louis en
Italie pour la première fois que l’an 90 1 . ou l’année
filivante , quatre ans après la mort de Lambert qu’il
fait décéder en 8 97. Il donne enfuite à Louis crois
T omc JJ.
années confêcutives de régne en Italie , d’où il ne 1e
fait fortir, après qu’on lui eut crevé les yeux, quc
l’an 904. ou l’année fuivante. Le fyftème de ce cri¬
tique a été fùivi par le P. Pappebrock S.
Le P.Petau b ne prie point ae l'époque de l’entrcc
de Louis en Italie, & ne diftingue point la première
de la féconde : il le fait feulement couronner em¬
pereur en Italie l'an 90 1 . & fortir d’Italie l’an 904*
après avoir été dépouillé de l’empire.
Le P. Pagi * ayant rapporté la mort de l’empe¬
reur Lambert à l’an 898. & après le mois d’Aoùt
de cette année, fait entrer Louis en Italie pour la
fremiere fois l’annce fuivante , Ôc pour la féconde
an 900. Il prétend qu’il fut couronné erapereur.à
Rome après le premier de Juillet de cette dernicre
année. Il dir enuiite qu’il s’empara de Verone , qu’il
fut aveuglé l'an 90 2. & qu’il ce/la defiors de régner
en Italie*, mais qu’on continuoit cependant de com-
i>ter à Rome pendant les deux années fùivantes par
es années de fon empire.
Le P.Mabillon k fuit la chronologiede Reginon,
& fait entrer Louis en Italie pour la première fois en
896- après la mort de l’empereur Lambcrr , & en
900. pour la féconde. Il le fait couronner empereur
l’an 901. & rapporte la date d’un diplôme de ce
f>rince donné a Vienne au mois de Novembre de
an 902. ce qui fait voir qu’il avoir alors repaffélcs
Alpes i mais il le fait encore retourner en Italie pour
la croificme fois. Il ajoute que ce fut durant ce der¬
nier voyage & peu de tems après qu’il l’eut entre¬
pris , qu’on lui arracha les yeux à Verone.
M. de Leibnitz , dans fes notes 1 fur l’édition
qu'il a donnée du panégyrique de l’empereur Be¬
renger , fait voir que Lambert ne mourut qu’en
898. mais avant le mois de Novembre de cette an¬
née. Il ajoute que Louis fie Ca première expédition
en Italie en 899- qu’il couronné empereur en
90 1 . & qu’on lui fit crever les yeux l’an 902. avant
le 7. du mois d’Aout.
Le P. Daniel dans fon hiftoire m ne fixe aucune
époque en particulier , il parle en général d’une
feule expédition de Louis en Italie: ilajoûte cepen¬
dant qu'il rient les jeux crevez, que quatre ans après
qutl eut etc couronne' empereur à Rome : ainfi fui-
vant fon fyftème cet événement ne fera arrivé au
plutôt que l’an 905. Cethiftorien dit enfuite, que
Louis mourut apparemment dans le fupplice , C” qu'au
moins tl ri eft plus fait mention de lui dans l' hiftoire >
ou l'on voit quelque tems après Charles Conftantin
fon fils , feulement Avec la qualité de feigneur de
Vienne , Hugues fils de Tlnbaud comte J Arles
avec le titre de roi . Ilajoûte quelques lignes après ,
par une erreur qui lui eft particulière , que Berenger
s’ étant enfuite rendu maître de T empire, (3 ayant
oblige le pape 'jean IX. à le couronner empereur , eut
un concurrent, qui fut Lambert fils de Gui, autrefois
duc de Spolete , &c. Mais il eft certain n que Lam¬
bert étoit déjà mort Tan 8 98. & que Berenger ne
fut couronné empereur que le jour de Pâques de
l’an 9 1 6 . ainfi ils ne peuvent pas s’être difputez
l’empire.
Enfin l’auteur de la defeription 0 de la France
paroît admettre un fyftème different de cous ceux
dont nous venons de parler. Il ne fait entreprendre
le premier voyage d’Italie à Louis que pour y aller
recevoir la couronne impériale *, il ajoute que Be¬
renger l’ayant obligé d’en fortir enfuite ôc de lui
promettre de n’y plus revenir > il y rentra deux ans
après , & qu’il fut pris à Verone & aveuglé.
Dans la variété & la contradiction qui fe trouve
Xxx
temp. U I.
U*
iPagi ai ann.
198. >1.9.
f<q, *99-».
&feq. 900. n.
U* & feejq.tr
24. 902. n.
XMab.ai an.
f 96.j1.ii.90».
n.
U*
l Ltilnfcript.
r*r. Brmnfvm
f. U
ffl Daniel hijt •
u. i. p.spi.ér
f<i •
fl V. Pagi ai
*nn. 9 1 $ • >j • | .
Y alef & Lt,b.
ünd.
o Defcr.de la
Fr. part. \. p,
il S»
t ^
Î3« NOTÉS sur
parmi tousces fameux critiques au fujet des époques
dont nous venons de parler , il nous paroit , après
les avoir examinées fur l’autorité des anciens hifto*
riens & des monumens du tems , que la chronolo¬
gie de Sigooius eft appuiée fur des preuves incon-
teftablcs. C'eft ce que nous allons développer d’une
fnanietc que nous croyons (ans réplique.
fl. U eft confiant que Louis fils deBofon fut ap-
pellé deux fois en Italie , & qu’il paflà deux fois
au-delà des Alpes. L’autorité de Luitprand auteur
Contemporain eft là-def!ùs fiprécife, qu’on ne (çau-
roit s’empêcher d’y déferer.ll eft certain encore que
ce prince ne paflà les Alpes pour la première fois
qu’après la mort de Lambert , ainfi que le dit Rcgi-
non autre hiftoricn du tems. On ne l’appclla en
effet que pour l’oppofer à Bercnger qui vouloit
s’emparer du trône de Lombardie après la mort
du même Lambert. Or ce dernier vivoit encore le
ïi.dcMai&le 30. de Septembre de l’an 898. ce
1 M. S** qu’on voit par deux diplômes * de ce prince , l’un
^avcnne > & Tautre d’un lieu appellé Ma-
rinco. On voit d’un autre côté que Berenger étoic
maître de Pavie > capirale du royaume de Lombar¬
die , au mois de Novembre de la même année , cc
b Liitm.fad. qui fait conjeéhirer àM.de Leibnitz b que Lambert
mourut peu de tems auparavant -, ainii ce dernier
fera dccédc vers le mois d’Oâobre de l’an 8 9 8* En
effet après ce tems-là il n’eft plus fait mention de
lui dans Thiftoire , & on n’a plus aucun de fes di¬
plômes. Louis n entra donc en Italie pour la pre¬
mière fois qu’après cette époque *, & comme il lui
fallut (ans doute quelque tems pour (è préparer à
cette expédition , & conduire dans une faifon con¬
venable fbn armée au-delà des Alpes , il n’y fera
arrivé que vers le printemps de l’an 8 9 9* Par là on
re&ifie la chronologie de Reginon, qui fait mourir
l’empereur Lambert l’an 896. Il eft certain en effet
trt.:is*c • ib. par un autre diplôme c que ce dernier ctoit encore
*••1*047* cn vie au mois de Mars de l’an 897*
d LnnprU.i* Luitprand d aflùrc que Berenger vint au-devanc
* io* de Louis auflï-tôt que celui-ci eut pafle les Alpes,
& qu’il l’obligea à repafler ces montagnes après lui
avoir fait promettre par ferment de ne plus mettre
le pied en Italie. Cette expédition de Louis fut donc
trè>-courte , & il revint (ans doute dans les Gaules
pendant l’été de l’an 899. auffi n’avons nous aucun
de fes diplômes donné en Italie pendant toute cette
année.
HI. Louis fut rappellé Tannée fuivante au-delà
des Monts par Adalbert marquis de Tofeane , qui
s ctoit brouillé avec Berenger. Cette brouillcric ar¬
riva peu de tems après que Louis eut quitte la
Lombardie, comme le dit Luitprand : Modica tem-
ports tranfeurfa intcrcapedine . Louis rentra donc en
Italie aü plutard au printems de Tan 900. Nous
c Sti'n.l. 6. avons du moins deux * de (es diplômes datez d’O-
jonnç & plaifance ail mois d’Oékobre de la mê-
iitifac.to.z. me année. Il eft remarquable que Louis date ces di-
&/'<!■ ploies de U première année de fon régne en Italie ;
ce qui prouve i#. Qu’il for reconnu pour roi de
Lombardie * mais que ce ne for qu’après le mois
d’O&obre de Tan 899- * Qu’il ne compta les an¬
nées de fon régne au-delà des Alpes que depuis fa
11 féconde entrée en Italie. 3 0 . Que dans ce tems-là il
n’éroir pas encore empereur. Tout ceci eft confir¬
mé par Luitprand , qui dit que d’abord après cette
féconde entrée de Louis en Italie , Berenger fon
compétiteur fé renferma dans Vcrone •, nous foa-
f tbid. yons d’ailleurs que ce dernier étoit fdans certe ville
au mois d’Oftobre de la même année 900.
1/ HISTOIRE
Louis fe rendit alors maître de Pavie -, ce qui
eft appuié fur Taittorité de Conftantin Porphyro-
genete qui allure que ce prince s’empara de cette
place avant fon couronnement : Ludovicum non
cüTonatum tenmjfe Ticinnm . M. de Valois nie abfb-
lument ce fait, lur la fàufle (ùppofirion que Louis fe
fit couronner empereur d’abord après (à féconde
entrée en Italie : nuis nous allons voir qu’il ne fut
couronné empereur que longtems après.
IV. Luitprand ne dit rien de ce couronnement :
mais nous en apprenons d’ailleurs l’époque, qui
doit être fixée au mois de Février de l’an 90 1. En
effet Louis n’étoit pas encore empereur le 18. de
Janvier de la même année , & il ne portoit alors
que le fimple titre de roi , comme Ton voit par une
date d’un de fes diplômes donné à Plaifànce: Data l g tu’.
XV. bal. Februarn anno dcccu indifttone 1 v. anno
autem Ludovici largiffimi regis in It ah a primo. Ce X?i*
qui fait voir encore que Louis n’entra en Italie pour
la fécondé fois que Tan 900. Nous trouvons dun
autre côté que le pape Benoît IV. avoit déjà cou¬
ronné Louis empereur au mois de Février de la mê¬
me année 9 o 1 .dans uri jugement hdes comraiflàires
ou envoyez de ce prince , daté du mois de Février
de Can 901 . la première année de fon empire . nmmu. ù
V. Louis régna en Italie pendant toute Tannée maUJUS
901. comme l’on voit par plufieurs • de fes diplo-
mes, où il prend le titre d’empereur ; Tun eft daté
de Verceil le îx. de Mai , & trois autres de Pavie & 4. j. f .
capitale du royaume de Lombardie le 1 8. de Juin, *7£ m ^
le premier de Juillet 8c le 7. de Décembre de Tan cm* *L
90 1. tndittion iv. Toutes ces chartes font delaprc-
miere année de fon empire -, ce qui prouve 1 w. qu’il *
ne fot couronné empereur qu’en 90 1 . 1 Qu’après
ce couronnement ifdifeonrinua de dater fes chartes
de fon régne en Italie,ou depuis Tan 900. comme il
fai foie auparavant. 3 0 . Que les empereurs & autres
princes employoient alors quelquefois Pindifèon
Romaine , de quoi on a pluiieurs autres exemples.
VI. Berenger compétiteur de Louis , étoit encore
à Verone le 13. du mois d’Aoùt de Tan 901. com¬
me k il paroît par un de fes diplômes. Louis ne le k It4,‘ *+
chaflà donc de cette ville & de la Lombardie qu’a- P'S*M31*
près cette date. Quant à Louis il croit encore à
Pavie le 4. du mois de Mai de l’année 1 fuivante : il 1 7*- **• W»
fortit peu de tems après de cette ville pour aller à
Luqucs m, où s’étant brouillé avec Adalbert raar- M W**»
quis de Tofoane , qui Tavok appellé en Italie, il
marcha vers Vcrone. Berenger qui s’étoit d’abord
réfugié en Bavière, & qui eniùite étoit rencré fccre-
tement en Italie le (urprit dans cette demiere ville
& lui fit arracher les yeux, ce qui fe paflà avant le
17. de Juillet de la même année 901. car Beren¬
ger étoit alors maître du palais royal de Pavie -, ce
3u’on voit “ par un de fes diplomes,& par un autre
até du même lieu le 7. du mois d’Aoùt fuivant. Vf
VII. Nous (çavons d’ailleurs que Louis avoit déjà
repafle les Alpes dès la fin de Tan 902. car nous
avons une de fes chartes datée de tienne fur U
Rhône le onzjéme du mois de Novembre de l'année 0 0 Mék' **
902. la fécondé de fin empire > ce qui s’accorde par-
faitement.
Vin. Nous n’avons aucune preuve que Louis
foit retourné depuis en Italie , & nous en avons
au contraire pluîieurs qui font voir qu’il demeura
toujours dans la fuite en-deça des Alpes. Cela pa¬
role entr ‘autres par deux diplômes de ce prin¬
ce , Tun daté de P Lyon le 17. de Septembre de P rr,*4,#
Tan 903. indiétion vr. & la rroi/îéme année de fon
empire , & Tautre * donné à Vienne Tan 904. JL/r./.si*
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14.
DE LANGÜEDOC. 3-31
indiétion vi. /*< troifîcme année de [en empire. Le lie après rrois années de régne. Louis avoir cté
mois n’eft pas marqué dans ccrre dernière charte ; alors en effet roi de Lombardie pendant un an >
mais fi elle eft de l’an 5704. ce doit être celui de Jan- & empereur deux ans commencez ; en forte que
vier, puifque Louis commença la quatrième année fon régne au-delà des Monts s’étendit depuis le
de fon empire au mois de Février foivant ; ou plu- printemps de l’an 900. jufqu’au mois de Juillet ou
rôt cette charte appartient à l’an 570 j. carl’indi- d’Aoùt de l’an 5702.
étion 6. qui y cft marquée ne peut convenir avec Le P. Pagi *ne compte ces trois années du régne
l’an 904. & elle s’accorde avec l’an 90$. Quoi- de Louis que depuis qu’il fut couronné empereur;
qu’il en foit nous apprenons encore que Louis mais comme cette cérémonie ne fe fit qu’en 901.
croit cn-dcçadcs Alpes le 2 1. d’Avril de Pan 904. on ne fçauroit trouver ces trois années fi l’on n’y
t Mâften.fl- par un de fes diplômes a donné ce jour-là , indi- comprend le tems où ce prince ne fur que roi de
Ii3.dmph/-r»- &jon vu. & la iv. année de fon empire ; ce qui Lombardie. Il cft vrai quefùivant la chronique de
convient parfaitement avec ce que nous avons déjà Cafâure il fut couronné empereur en 900. mais ou
dit touchant le commencement de l’empire de ce cette chronique fo trompe , ou plutôt elle compte
lv. prince , & le confirme. Nousfçavons b enfin que les années depuis l’Incarnation, comme plufieurs
«*• 901 • *’ Louis ne régnoit plus fur la Tofoane , qui fàiloit autres.
partie du royaume d’Italie , en 90 3 . & 904. ce qui XI. Louis , quoique chaflc d’Italie depuis le mois
fait voir qu’il avoir alors abandonné ce royaume : d’Aoùt de Pan 902. fut cependant reconnu pour
il faut donc que Reginon fe foit trompé en met- empereur à Rome & dans l’exarchat de Ravenne
tant la fortie de Louis d’Italie à Pan 904. à moins pendant les années fiiivantes , 90}. 904. 905. &
qu’il n’y ait quelque tranfpofïtion dans fon texte , jufqu’à l’an 908. c’eft de quoi il y a des preuves f
ou dans les chiffres des années fous lefquelles il rap- certaines. Il y a meme lieu de croire qu’il continua
porte les faits dans fi chronique. d’être reconnu à Rome jufqu’à Pan 91 6. que Be-
IX. Onpourroit objeder que le poète anonyme renger y fut couronné empereur. Il eft du moins ÎI7*
qui a compofo le panégyrique de l’empereur Be- certain que depuis fa fortie d’Italie il data fes dm-
renger, dans les vers que nous avons déjà citez , fait tes , de fon empire. Nous en avons déjà rapporté
entrer Louis en Italie pour la féconde fois, foivant quelques-unes ; il y en a encore d’autres.
M. de Valois, pendant le quatrième été qui (uivit la Louis en date une de Vienne de la manière foï-
mort de l’empereur Lambert ; or ce dernier étant vante : Datnm 6 xiv. kaL Novrmbris anno vu. regni £ Oan.chrifi.
mort en 897* fuivant le calcul du même critique , Hludovtct pnfflmt dugujli tndittione xi.Ce diplôme
Louis aurapaflé les Alpes pendant lcté de Pan 901. cft par conlcqucnt de l’an 907. qui étoit en effet la
Mais nous avons déjà prouvé que ce prince reçut à vu. de l’empire de ce prince , & Pindiction y cft
Rome la couronne impériale au moi* de Février de comptée depuis le premier de Septembre précé-
la même année 901. Son fécond voyage en Italie dent; cc qui prouve encore que Louis ne comptoir
aura donc précédé : d’ailleurs, comme il eft certain les années de fon empire que depuis l’an 901. Le
que Lambert ne mourut que pendant l’automne de P. de Sainte-Marthe qui a donné ce diplôme le rap-
l’an 898. cela prouverait que Louis n’entra pour porte h à l’an 905.(111 la faufiefoppofition que Louis
la fécondé fois en Italie que Pan 902. & nous avons fut couronné empereur en 898- & il corrige Pindi-
déja fait voir le contraire. étion à la marge en mettant la 1 j. au lieu de la 1 1.
Le P. Pagi c donne une autre interprétation aux mais il n’eft pas néceflàire de faire cette correétion.
fV. Pagi U
ann. 9 03 • n.i.
& f 'tqq.
Co/n.tQ.ÿ.p*
h It. f. 805.
& injlr.p.l 3 8.
qui étoit le quatrième , ou Pan 899. que Louis en¬
tra pour la première fois en Italie : mais le poète
avoit déjà parlé de cette première entrée de Louis
en Italie dans ces vers qui précédent:
Hic dudum /lufonium cupidusregnajje per arvum
S:d v et ntt fort hua.
\Beu(h.Prov.
tt.i.p.fi j.
GalL ihrift.
a.
tfagiad an.
f”* 4 & vers du poète anonyme: il prétend que foivant cct puifque la dernière indiétion convient au mois
auteur Lambert mourut le troifiéme été, ou Pan a’Oétobre de Pan 907. & que Louis n’étoit alors
898. & que ce fiit pendant! cté de l’année fuivante, que dans la feptiéme année de fon empire.
Ceci peut férvir à corriger la date d’un au¬
tre diplôme de ce prince , qui a etc donne par
Bouche & enfoite par le P. de Sainte-Marthe , &
qu’ils rapportent à l’an 910. ou à l’an 91 k fous
prétexte que Pindiction 1 4. qui y eft marquée, con-
vient à cette dcrnicre année ; mais ce diplôme étant
daté du +. du mots d'sivril U xi /. année dcl'em -
Il eft évident que cct auteur parle dans ces vers du pire de Loh/s, ne fçauroit convenir avec aucune de
premier voyage que Louis fit en Italie , d’où Bercn- ces deux années , puifque Louis fut couronné em-
ger l’obligea ae fbrtir prefquc auffi-tôt , comme pereur au mois de Février de Pan 901. ainfi il faut
nous l’avons dit : ce vers qu’il y ait quelque faute dans ccrre date, à moins
n r , j r t . a que Louis n’ait varié en comptant les années de fon
Ua.irta ivitur Latio vix dam de fer huit alfas 1 . , . . r /• », ir k v.
^ J J empire, de quoi onpourroit rapporter ce lcmble*
doit donc fè rapporter à une autre époque. quelques autres exemples. Nous aimons mieux cc- to 's.
Cette époque , que M. de Valois 8c le P. Pagi pendant croire avec le P. Pagi que ces chartes font
n’ont pas bien connue, regarde la prife de Louis fautives dans leur date, comme il l’a fait voir * à
à Vérone par Berenger qui lui fit arracher les yeux Poccafion d’un autre diplôme du même prince daté
l’an 902. 8c c’eft en effet le quatrième été après la du / 6. Mat , tndittion 1 +. la rx. de fon empire , où
mort de Lambert, décédé comme on l’a déjà dit en lifant la x/. au lieu de la /x . tour s’accorde
en 898. ainfi le poète anonyme aura rapporté fous parfaitement : or foi van r cette corrcétion , la pre-
cette époque principale, celle de la féconde entrée mierc de ces deux chartes ne fçauroit erre de la
de Louis en Italie , qui arriva en 900. comme nous xii. année de l’empire de Louis, puifqu’cllefûtac-
Pavons prouvé. cordée à la demande de Remi évêque d’Avignon,
X. Cc que nous venons de dire convient parfài- & que la féconde fut expédiée en faveur de FuJchc-
binent avec ce qui cft rapporté dans la chronique * rius évêque de la même ville, qui fùcccda ® immé- v^4euf
diatement à ce prélat. f.i.p. t0+.&
U y a encore une difficulté touchant le diplôme fr^
Xxxij
i Pagi ad an,
SH. n. 6.
<iChrt\
Dihh.f. 649. du Mont-Caffin , fçavoir que lorfque Berenger eut
fait crever les yeux à Louis , cc dernier fortit d’Ita-
Tome II.
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$3l
NOTES SUR L’H EST O 1 R E
donné en faveur de Remi évêque d’Avignon , c’cft
au’ il y cil fait mention de Manaflcs archevêque
d’Arles , qui, félon le P. de Sainte-Marthe*
ne
avoir abandonné l’Italie & le royaume de Lombar¬
die , & avoir eu les yeux crevez , contre le fentiment
du P. Daniel & de quelques autres qui le font
h îb.injl.
*31.
C Ib.&p. 7».
parvint à cet archevêché qu’après lan 914. Cedi- mourir auflitôt que Berenger l’eut fait aveugler,
plome cft donc pollérieur à la xii. année de \ cm- Ces chartes prouvent auffi que Louis continua après
pire de Louis. Mais Manaflcs pouvoit être arche- cet accident de prendre le titre d’empereur , 8c
vêque d’Arles dès l’an 9 1 1. & avoir même fuccedc qu’il ne céda à l'on compétiteur que le royaume
plutôt à Roftaing fon prédéccflcur , dont on ne d'Italie & non pas l’empire. Nous avons encore
trouve rien après l’an 904. Ce qui a trompé cet d’autres preuves* qu’il vécut longtems après cette
auteur , c'eft qu’il s’eft fié trop ailement à la faillie cataftropnc , & en particulier le tcllamcnt 1 de Fui-
date b de l’aéle de l'élection de Pons évêque d’O- cherius evêque d’Avignon daté du 2. de Mai jour tbli' ^
range. Il eft marqué quil ri y avoit p as alors d'arche- de /’ A 'fcc nfion de ï an 916. indithon +. la / 3* année l,,%
*JeficMntt me* veque d'Arles * , dans cet aéle , qui eft daté de Pan de P empire de Louis . On doit remarquer ccpcn-
ViUtrnfi! ^ dccccxiv. indittion iv. Mais outre que l’année & dant qu’au mois de Mai de l’an 9 1 6. ce prince étoit
l’indiûion ne Içauroient convenir , il eft dit ex- dans la 16e année de fon empire, &non dans la
preflement d’ailleurs dans le corps de l'aûc que l’é- 1 3 c : ainfi fi cette date n’eft pas fautive , elle prou-
leétion fut faite du consentement du roi Conrad. c ve que Louis varia dans le calcul des années de
or ce prince ne commença de régner en Provence Ion empire.
qu’en 957. L’elcélion de Pons évêque d’Orange On pourrait appuier cette variation fur unau-
eftdoncpoftéricureàl’an9}7. & les électeurs pou- tre diplôme m de ce prince daté de Vienne le 18 .
voient fort bien dire tjriil ri y avoit pai alors d'ur- Août de l'an 9 20.1*1 dichon 8. (S la 17. année de fon
chcvêji/e a Arles : ce qui ne prouve pas que ce fiege empire. Le P. de Sainte-Marthe , qui ne donne que
fut vacant , comme on le prétend , mais (cillement douze années d’empire à Louis , 8c qui le fait ccflcr
que Manaflcs, qui garda cet archevêché julques de régner l’an 9 1 2. embarrafléde cette date, tache
après l’an 948. d étoit abfent. Il eft certain en effet de la rediher fuivant (on fyftême : mais il (ê trompe
que ce prélatpafla en 9 3 G. en Italie , où il s’empara en fuppolant que ce prince cefla de régner en 9 1 2.
(ucceflivement des évêchcz de Verone , de Trente , puifquc nous avons des preuves certaines qu’il vé-
& de Mantoue, & de l’archevêché de Milan. Il eut encore longtems après, & qu’il continua depuis
s’enfuit de-la qu'il faut placer l’élcclion de Pons cette année de prendre le titre d’empereur. Peut-
évêque d’Orange après l'an 9 $ 7. & comme l’aéle être que depuis que Berenger fut couronné empe-
eiu. p.tos. eft Joulcrit par Fulcherius évêque d’Avignon qui c reur à Rome le jour de Pâques de l'an 9 1 6. Louis
ne iîcgeoit plus en 944.il doit être anterieur à cette fuivir un autre calcul pour les années de fon régne ,
derniere année. 8c qu’il ne compta que depuis (à dernière (ortie d I-
11 eft aile de conclure de ce que nous venons de talic arrivée vers le mois d’Aoùt de l’an 902.
dire i°. que c’eft mal-à-propos qu’on met deux XIV. Quoi qu’il en foie, on peur encore prouver
Pons f au IX. ficelé au nombre des évêques d'O-
range *, fuppofant que le premier avoit été ciù en
914. car il cft évident que ce n’eft qu’un même
évêque qui fut clù vers l’an 940. & qui vivoic en¬
core en 98 2. en quoi il 11’y a rien d'extraordinaire.
a u,d.
f Ibid.p.'C ' ,
cjuc ce prince changea fur la fin de (a vie la maniéré
n V . Smiht
dater fes charccs, en ce qu’il paroit certain d’un
côté qu’il ne vécut n pas au-delà de l’an 914. 8c
que de l’autre il date 0 pluficurs chartes de la 3 1.8c h
de la 3 }c ancrée de fon régne. Il aura donc repris oew/w.
K-fi an .900.
». îtf.
64:.
r Ihfl.çtn-tt.
confiant que Fulcherius occupa ce liege depuis l’an mais comme on a des chartes de lui de la x x x 1 1 1 . M-ft.p.
9 1 G. jufqu'en 9 3 7. Revenons aux années de lcm- 8c même de la x x x x v.4 année de (on régne, i! Joie 27?°^r itlé
pire de Louis l'Aveugle. avoir vécu du moins julques à Tan 923. Le P. An- Fr.prit.i.f.
XII. Le P. Pagi h fait mention d’une charte da - gc r le fait vivre d’un autre côté jitfqu’cn 931. ou chrj
tee de Pan 9 12. induhon 1 s. la xi . de P empire de 932. fur la fuppofition qu’il y a des chartes datées nov.td.n. i.j.
Lotus -, ce qui prouve encore que ce prince ne fut de la trente-deux 8c la trcnte-troiliéme année de
couronné empereur qu’en 90 1 . car cette date ne fon empire : mais dans ce cas-là ayant été couronné
fçauroit convenir avec le fyftême de ce critique, empereur en 901. comme nous l’avons fait voir,
qui fait commencer l’empire de Louis l’an 900. Il il auroit vécu encore en 934. Ces dernières cliartcs
cil vrai qu'il prétend qu’il y a faute dans le chiftre doivent donc être datées du régne de Louis com-
du régne , & qu’il faut lire la xix. au lieu de la xi. mencé en 890* & non depuis qu’il fut couronné
année de l’empire: mais ces notes chronologiques empereur. En effet le P. Pagi * fait mention d’une sp^iadm.
n’ont pas belôin de cette corrcélion , 8c elles (c femblable charte , datée du mois de Juin laxxxni.
(ôùtienncnt très-bien (ans cela : cette charte appar- année du régne de Louis. Régnante Ludovico reqe
tient donc véritablement au mois de Janvier de Ü' impcratorc filio Bofonis régis. Il doit en être de
l’an 9 1 2. que Louis étoit encore dans fa onzième même des autres. Enfin on peut ajouter aux rai-
anncc de fon empire, laquelle ne finit qu’au mois fons que Bouche * a déjà données pour prouver c b»^,s.
i P.i'i ad. xn.
9 in. 14. &
Bii'
de Février de la même année. Le P. Pagi ajoute
qu’il fera voir fous l’an 902. par des chartes de
Louis, que ce prince fut couronne empereur l’an
900. Nous avons cherché 1 ces chartes dans l’en¬
droit indiqué : mais nous n’en avons trouvé aucune
qui le prouve abfolument , & qui ne puiflè s’adap¬
ter avec le commencement de l’empire de ce prince
calculé depuis le mois de Février 901.
XIII- Tous ces monumens font autant de preu-
que Louis l’Aveugle étoit mort avant i an 9 3 o. que
cette dernière année , Hugues u roi d’Italie céda le u Frcd.
royaume de Provence à 'Rodolphe II. roi delà
Bourgogne Transjuranc. Or il ne paroit pas par
aucun monument que Louis ait été dépouillé de ce
royaume avant fa mort.
XV . Nous nous fommes étendus fur lcpoqne du
régne & de 1 empire de Lou is F Aveugle, hls de Bo-
fon, parce quelle a été iufqu’ici allez ol
: julqu’ici allez obfcure , &
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ves , que Louis vécut encore pluficurs années après que d’ailleurs elle nous intereile , puiique ce prince
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4*. 43
autres monumens 1 qui calculent nccefîairement
fuivant la féconde y entr autres une m charte de l’c-
glifè d’Urgcl , ainfi datée : Anno Incarna ion: s
Dominiez dcccvii. 'nd choue x. anno vin. régnante
DE LANGUEDOC. yyy
régna far une partie du Languedoc *, fçavoir fur ne fut pas d’abord généralement reconnu dans la
tout le Vivarais & le diocèfè d’Ufèz, & fiir la par- Gochie en 898- k après la mort du roi Eudes,
tie des diocefès d’Arles & d Avignon , qui eft en- i°. Que toute cette province lui étoit ibumifc en
deçà du Rhône. Diverfes chartes prouvent qu’il 900. Par ces deux differentes époques que les no-
tr.f% !•. exerça fon autorité fur ces pays, entr autres celles1 taires auront fuivics diverfèment , on explique la
qu’il accorda en 89 6. & 9° 3- en faveur d’Anic- contradittiondeccs datcs.La plupart des chartes du
* lius évêque d’Ufèz. On doit encore rapporter au pays font datées véritablement fuivant la première
régne de ce prince , & a l’an 91 1. une donation de ces deux époques : mais nous avons pluiieurs
faite à l’églife d’Ufèz & à Amclius fbn évêque ah ' ' 1 1
mou cC Avril de la x. année régnant Lûtes empereur.
fcïw.jv*. Nous avons donné b cette charte dans le premier
**• &f‘l- volume, parce que nous avions crû d’abord qu’elle
appartenoit au régne de l’empereur Louis le Dé* Ka 0/0 rege fhbdie xm. kaiendarum Lebruanum.
bonnaire. Cette charte cft du comte Miron , fils de \Vi-
On voit encore que Louis l’Aveugle dominoit fred le Velu comte de Barcelone, ce qui nous
vers l’an 9 2 o. fur le Vivarais & fur l’Ufège par un donne lieu de croire que ce prince ne recon-
tBtvku* diplôme c daté de Vienne le premier de Février la nut pas Charles le Simple d’abord après la mort
r 7*3- xx. année de fou empire , fuivant lequel il confirme d’Eudes. Nous voyons en effet que la plupart des
Manaflcs archevêque d’Arles dans fa poilèflion de autres chartes de la maifon de Barcelone fuivent
l’abbaye d’Aniane au diocèfè de Maguclonne , de le même calcul. Telle eft l’execution du tefta-
cellede Cruas au diocèfè de Viviers , & de la celle ment D de Wifred II. comte de cette ville , neveu
ou prieuré de Goudargues au diocèfè d’Ufèz, de Miron > car cet aéic cft du premier de Déccm-
dont Roftaine *prcdcceflciTr de ce prélat avoit bre Ja xrv. année du régné de Ourles le Simple :
été pourvu. Il cft vrai qu’il fèmbleroit par là que or ce comte ne mourut au plutôt que l’an 913.
Louis étendit aufli fa domination fur le diocèfe de II n’y a pas lieu de douter en effet que ce ne fôit
Maguclonne : mais comme il eft certain que les fuc- de lui dont il eft parlé dans un ancien manuferir 0
Iv ma *d cefleurs Manaflès ne jouirent J pas de l’abbayc de l’abbaye de Cuxa , où il eft dit que Wifred le
m>9i9-»A7< d’Aniane, comme des deux autres monaftercs, Fc lu premier comte de Barcclonne mourut l‘.in $13,
c’eft une preuve que cette abbaye ne fe trouvoit car paroiflànt certain que P Wifred le Felu étoit
K v . tiv. X 1 v
n.6 2.
u-n.911.
n.9.
1 V. Msb. nd
an. 910. u. 6c.
fr.Pr./. 41.
n Jb.p. Sjt;
&feq.
o Jrfarc-Hi/p.
p-is*-
pas dans les états de ce prince.
p Tor».i.N*t,
Lxxxvil. n.
+9.
NOTE VI.
Epoque du règne de Charles le
dans la Scptimanie.
Simple
d mier fit (on tefiament 1 le neuvième du mon de De-
t'ni.j^m.p. cembrede l'.nnéc ÿ i f. U xv ru. du renne de Ch.ir-
6:<5, les le Simple. Cet auteur avoit cru d’abord qui! y
~ >it lire "
déjà mort l’an 907. on l’aura confondu ici avec
fôn fils. On voit d’ailleurs une épitaphe à Barce¬
lone dans laquelle il cft marqué quête comte c\M*rc.Hify
I l ’ifrcd fi!s du feu comte Wifred mourut l'an 914.. md'
Les années du régne de Charles le Simple doi¬
vent être calculées par confèqucntdans l'exécution
duteftament de Wifred II. depuis l’an 900. Il cft
vrai que l'épitaphe dont nous venons de parler fîip-
r" enterre à Barcelone, au lieu
des comtes de cette ville,
qu il rut jnnume à Riupoll : mais ce dernier
auteur n’a écrit qu’à la fin du XIII. lieele, 8c peut
s’être trompé.
Suivant les principes que nous venons d’établir ,
il cft ailé de fixer l’époque de lepifcopat d’Alme-
rade évêque d’Einc, en fuppoîànt que Riculfe fou
prédécefleur aura compté les années du régne dé '
Charles le Simple depuis la mort d’Eudes , comme
il cft marqué dans le teftament de ce prélat y mais
qu’Almcrade fbn fucccfîèur, lequel étoit frere des
deux comtes du Rou/iillon , 8c parent des comtes
de Barcelonnc , aura fuivi le calcul le plus uilti
dans fà maifon , où on ne comptoir les années du
avoit faute dans cette date , 8c qu’il falloir lire la
23 e, & non la dix-huitiéme année du régne de
tM*r(.Nijp. ce prince : mais ayant réfléchi s enfuite que Char-
M74, les ne fut reconnu dans la Gothie que depuis la
mort du roi Eudes, il sert rétratté. Ainfi il cft cer¬
tain que Riculfe étoit encore évêque d'Elnc au
mois de Décembre de l’an 915. & la 18. année
de Charles le Simple.
kM-MU. D’un autre côté, on trouve pluficurs h titres de
lcglifè d’Elne qui font datez avant le mois de Dé- régne de Charles le Simple que depuis l’an 930.
ccmbre de la 1 8- année du même prince , 8c dans qu’il fut fans doute reconnu par cespr’nces. Ainfi
lefqucls il eft fiit mention de lcvêquc Almcrade , en fupputant latte de confècration de lcglifè
qui fucccda immédiatement à Riculfe , ce qui pa- d’Elne depuis cerrc dernicre époque , cet atte qui
roitfè contredire. Pour concilier ces contradictions, cft du premier de Septembre 8c de la 18. année
il fiippofè que les dates de ces titres font fautives, de Charles, appartiendra à l’an 9 1 7* Almeradedit
& en particulier celle de latte de la dédicacé de dans cet atte que ce même jour étoit l’annivcr-
leglifc d’Elnc qui cft du premier de Septembre de faire de fa confècration : ce p clac aura donc été
la 1 8. année du roi Charles , parce que Almcrade fâcré le premier de Septembre de l’an 9 1 6. quel-
dit dans cet atte que ce jour-la ctoit l’annivcrfaire ques mois après la mort de Riculfe. Cette fblurion
de fon (âcre , 8c qu’il y fait mention d’une dona- fert à fixer l’époque de deux autres chartes citées
tion faite à fbn églifè par le f tt comte Bcncion par M. Baluze r où il cft parlé du même Almcrade ttnif.iu
fbn frere : donation ' qui cil datée du mois de évêque d’Elne , 8c qui font datées des mo:s de
Mars la 19. année du même prince. M. Baluze
corrige ccs differentes dates à fa fantaifie : mais il
eft aile de les concilier fans y faire aucun change¬
ment.
Juillet 8c d Août la 1 8. année de Charles le Simple.
Elles appartiennent à l’an 918. 8c confirment ce
que nous venons d’avancer touch inc la double
man’erc de calculer les années du reçue de ce
Il eft certain en effet, 1 °. que Charles le Simple prince dans la Scptimanie, 8c la Marche d'Eip.igne;
534 NOTES SUR.
Pour ce qui eft de la donation a du comte Bencion
faite à régi i(e d’Elnc le 4. de Mais de la 19. année
L’HISTOIRE
laume le Pieux étoit encore marquis de Gothie
vers l'an 915.
IV. On pourroit fixer la date de cette lettre d’u-
g Catel etmf,
t y
hPr.f. St,
de Charles le Simple , le commencement du régne
de ce prince doit être compté ici depuis la mort ne maniéré plus précife , fi on pouvoit s'arrêter à la
du roi Eudes. Cette charte fera donc de Pan 9 1 6. conje&ure de Catel l , qui prétend que le diplôme
& aura précédé la dédicace de Péglife d'Elne, que Charles le Simple donna h en faveur de l’églife
qui fut faite le premier de Septembre fuivant , & de Narbonne le 7 .du mon de Juin la xxx. année
dans laquelle il eft fait mention du même comte de [on régne , (3 la xxv . depuis la mort et Eudes ,
Bencion comme étant déjà mort. Ce comte fera c’eft-à-dirc Pan 912. hit expédié en confequcnce
.décédé par confëquent entre le mois de Mars & de cette lettre : mais Charles donna ce diplôme
celui de Septembre de Pan 916. à la folltcitation de Gui évêque de Gironne ; au
On peut faire ufage de ce que nous venons de lieu que l'archevêque Agio chargea les évêques
* Pr-p. 54. dire pour fixer l’époque d’une charte b du mona- Agambert & Alfonfè , de folliciter celui dont il
ftere d'Alaon au diocefe d’Urgel , où il eft fait men- parle dans fa lettre. Quoi qu’il en (bit , fi la lettre
non de la mort d'Arnuftc archevêque deNarbon- d’Agio eft de Pan 922. elle prouve du moins que
ne > & de l’éledion d’Agio fon fuccefïèur. Cette le marquifat de Gothie étoit déjà alors dans la
charte eft datée du mois de Juin la 1 5. année de maifon des comtes de Touloufe.
Charles le Simple ( car il faut lire tertio dreimo au V. 3 °.On peut tirer une autre preuve que ce mar-
lieu de trteefimo ). Or cette treiziéme année de ce quifat ctoit dans la même maifon , avant Pan 921.
Î>rincc ne peut être fupputée dans la charte , depuis d’une lettre fans date que le pape Jean X. addrefla
a mort d’Eudes , puifqu’clle appartiendrait fuivant à Agio archevêque de Narbonne , à Aujlenus ar -
ce calcul à Pan 9 1 o. & qu’il eft certain qu’Arnufte chez eque de Lyon , (3 à leurs fiffragans qui font
vi voit encore Pan 91 1. mais en calculant depuis Pan en la S primante , en Efpagne i3 Bourgogne , &
900. fâ date convient à Pan 9 1 2. & Agio pouvoit dans laquelle il leur marque qu’il a écrit à Ray -
avoir fuccedé alors à Amuftc. Nous fçavons en effet mond pour l’obliger à rcftitucr les biens qu’il avoit
que le premier étoit archevêque de Narbonne , ufiirpez fur leurs églifès. Catel ‘ qui cite cette lettre i Cat ,
avant la mort du pape Anaftafc HL arrivée au plu- ne doute point qu’il n’y s’agifle de Raymond H. p' ,3‘
tard au commencement de Pan 91 3. Quant à lin- comte de Touloufe , fils d’Eudes. Ce prince avoit
diékion qui eft encore marquée dans cette charte , donc ufiirpé les biens ecclefiaftiques de la Septi-
il paroit qu’elle eft fautive , & elle ne peut lervir manie, & dominoit par conféquent fur cette pro-
Catel amt t
&f<î%
à en fixer l’époque.
NOTE VIL
Epoque & circonftances de i union du
marquisat de Gothie au domaine des
comtes de Touloufe .
vince. Cette lettre eft antérieure au mois d’Âvril
de Pan 921. puifqu’Aufterius n’étoit plus k alors
archevêque de Lyon. Enfin il eft certain d’un autre
coté qu’elle eft poftérieurc à Pan 915. car le pape
Jean X. y défend a Agio archevêque de Narbonne ,
a Auftcrius archevêque de Lyon, &à leurs fuffra-
gans, de converjer 1 avec Gcrard qui fe difiit ar - 1 CétehM.
lN
chcvique de Narbonne , & qu tl avoit excommunié.
Or fuivant la fuite des faits qui fe paflèrcnt ro dans
Ous avons déjà fait voir ailleurs , que Guil- l'affaire de cet intrus , Jean X. qui ne fut élû “ que
laume le Pieux duc d’Aquitaine & comte vers la fin du mois d’ Avril de 1 an 9 1 4. ne peut
d’Auvergne pofleda jufqu’à fa mort le marquifat l’avoir excommunié au plutôt que vers la fin de
de Gothie, qu’il tenoit de Bernard (on pere. Il eft Pan 915.
certain d’un autre côté que Guillaume II. (on ne- VI. 40. Nous avons une donation 0 faite en fa-
veu , qui lui fucccda dans le duché d’Aquitaine & veur de l'abbaye de Montolicu , par Odon vicomte
le comté d’Auvergne , he lui fucceda pas dans ce de Narbonne & Richildc fon epoufe, le. 20. du
marquifat, &que cettedignité entra après la mort mois de Décembre de la xxv/t. annee de Charles le
m V. Liv •
XI *• SI.
nV.J^s
crinc.
o Pr.p.6U
&/'1‘
de Guillaume le Pieux dans la maifon des comtes de
Touloufe : c’eft ce que nous allons prouver par di¬
vers monumens du tems.
II. 1 °. Il eft fait mention dans la chronique de
c Frod.thron. Frodoard c fous Pan 932 .de Raymond & Ermen-
p. 600. ... • -
le Simple ( ou Pan 924. ) d'un a! Lu [tué dans le
comté de Narbonne , avec le confentement d’Agio
archevêque , { 3 du comte Pons, pour le fa! ut dt mime
comte Pons son seigneur, lequel foulent P à la P tr.p.t*
charte de la maniéré qui fuit : S. Ponrii comins (3
àpr.p. 6 1.
e fs. tel mem.
f . S 60. & fej.
77*- à-pt]-
iomt. p. 1$.
f Mrtrcd
Béarn. p.i% 7
gaud princes de Gothie , qui reconnurent alors Raoul marchions qui conjenft (3 [rmavit. Cet aétc prou-
pour roi: or il eft certain qu’ils ctoicnt l’un & Pau- ve manifeftement , que ce comte Pons , qui eft le
tre de b mailon de Touloufe. même que Raymond Pons comte de Touloufe,
III. 2°. Il eft parlé de ces deux princes dans une poflèdoit déjà le marquifat de Gothie en 924. &
lettre d d’Agio archevêque de Narbonne , qui les que fon pcrc Raymond II. étoit alors déjà décédé,
reconnoît pour [es comtes ou feigneurs. Cette lettre En effet ce fut lui qui chafli vers ce tems - là de
eft fans date : mais on peut la fixer à peu près lur cette province les Hongrois , qui y avoient fait une
ce que les évêques de la province écrivirent e au irruption , comme il paroît par la lettre que les
pape Jean X. pour lui demander le pallium en fa- évêques du pays écrivirent au pape JeanX. & dans
veur a’Aymeri fucccfièur d’Agio. Cette lettre eft laquelle Pons eft qualifié prince o marquis. Il eft
donc antérieure à l’année 928. qui eft celle de la vrai que le P. Pagi *1 rapporte cette lettre ail ponti-
dépofition de ce pape.M.dc Marca ^prétend quelle ficat de Jean XI. fur la fuppofïtion eue Pons ne
• eft de l’an 9 1 5. ce qui prouveroit que le marquifat fucceda à Raymond & à Ermcngaud dans le mar-
dc Gothie étoit dans la maifon des comtes de Tou- quifat de Gothie qu’après l’an 932. Mais fi cet
loufe avant la mort de Guillaume le Pieux : mais auteur avoir fait attention que Pons s’appclloit aiifll
comme il n’apporte aucune preuve de cette date , Raymond -, & s’il eut fçû que ce prince étoit déjà
on ne doit faire aucun fonds fur ce qu’il dit là- marquis de Gothie en 924. comme la charte du
delliis. Nous verrons d’ailleurs plus bas , que Guil- vicomte Odon le prouve fans répliqué , & que
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DE LANGUEDOC.
53*
c’eft par confoqüent le même Raymond qui fe voir dans la nore fui varice , qu’il s’agir ici d’un au-
foûmit au roi Raoul en 93 2. avec Ermengaud , il tre Guillaume. Il eft toutefois très - vraifèmblable
h’aûroit pas différé fi tard la date de cette lettre* que les comtes de Touloulè ne foccederent à Gui!-
Il eft certain d’ailleurs qu’on ne trouve aucun mo- îaume lePieux dans le marquifât de Gothie que par
hument qui prouve qu’Agio prédéccffeor d’Ay- droit de fang: ce qu’onpeut appuyer i°. fur ce
meri ait été archevêque de Narbonne après l’an que , fiiivant fufage ob/ervd depuis le régne de
926. Ce dernier peut donc avoir été élu vers Charles le Chauve , les dignitez croient alors héré-
fan 917. & la lettre qu’il écrivit , avec quelques ditaires ôc palïôient ordinairement aux plus pro*
évêques delà province au pape jean, jpourlui de- ches. z°. Sur la liailbn qui étoit en 5)13. k entre
mander le pallium , doit avoir été addreflè â Jean Raymond II. comte de Touloulè , & Guillaume IL
X. du nom, quine fiitdépofe qucverslc* 20. de duc d’Aquitaine qui s’unirent contre les Normans:
" ,2,‘ "* Juin de l’an 928. maisonne fçauroit fixer leur dégré deparenté faute
b>f.r-7î* j°. Enfin le même Raymond Pons fonda en b de monumens.
$$ 6. l’abbaye de faim Pons de Tomiercs dans le X. Nous avons unechâne ! donnée par le roi *CdreI mté'
diocèlè de Narbonne , ôc lui donna diverfès terres Charles le fimple au mois de Juin delaxxxn.an-
licuées,tant dans 1e comté de cette ville, que dans née de Ion régné , ou l’an 5724. à la pnere dû
rc^c delaSeptimanie ou Gothie c. Ce prince, Guillaume fin grand marquis , en faveur d’Erifons
K F roJ. ebr,
S9Z*
• 777»
t M*r<é
frinr._
ainfi oue M. de Marca lobfave, poflèdoit donc évêque, refidant alors à Narbonne. Onpourroit
alors k duché ou marquât de Gothie. inférer de-là , que c’eft de Guillaume H. duc d’A-
D réûilte de ce que nous venons d’établir , que ce qui taine dont il s’agit dans cette charte , que ce duc
marquifât étoit dans la maifon des comtes de Tou- fucceda par confôqüent dans le marquait de G o-
loufè du moins dès Tan 9 2 1 . Or comme Guillau- thie à Guillaume le Pieiix fon oncle , & qu’ainfi ce
me U. qui hérita du duché d’Aquitaine & du comté marquifât ne paffà pas immédiatement de ce der¬
nier dans la mailôn des comtes de Touloulè. Mais
il eft confiant que la date de cette charte n’eft pas
jufte. 1 °. Charles le Simple ne peut l’avoir donnée
au mois de juin de l’an 924. puifoue Raoul fon
compétiteur le tenoit alors en prifon. 20. Nous
d’Auvergne , de Guillaume le Pieux fon oncle ,
vivoit alors, il faut qu’il ne lui ait pas foccedé dans
le marquifât de Gochieyôc que cette dignité ait pâlie
immédiatement après la mort du même Guillaume
le Pieux dans la maifon des comtes de Touloulè.
Ainfi en fixant l’époque de cette mort , nous ap- avons déjà montré qu’en 924. c étoit Raymond
prenons celle de l’union du marquifât de Gothie Pons qui étoit marquis de Gothie , & non pas
au domaine des comtes de Touloulè. Guillaume. 3 Cette charte eft datée de l’indiélion
MJ. u VU. Le P. Mabillon d cite divers nécrologcs, foi- vin. qui ne peut convenir à l’an 924. 4*. Elle
vant Icfnuels Guillaume le Pieux mourut le 6 . de eft lignée par Hervé archevêque de Reims , en
Juillet: il prouve d’ailleurs par la foufeription de qualité d’aichi-chancelier.Or ce prélat 111 n’occupoit
ce prince a la charte de la fondation de l’abbaye plus cette dignité au mois d’Avril de l’an 920. Ce
du Bourg-Dieu en Bcrri , datée du 2 . du mots de diplôme eft donc antérieur à cette derniere année.
Septembre , U xx. année du régné de Charles le Sim - ôc fâ date aura été altérée par les copiftcs qui auront
pie en Aquitaine, ou de l’an 9 1 7. qu’il vivoit encore mis anno xxxn. pour xx//. Il paroir en effet que
alors. Guillaume ne mourut par confèquent au
plutôt que le 6. de Juillet de l’année foivante , ôc
m MÀ’f. *i
an.9Zi*n. 4J.
efl*. je*, non comme le P. Ange la avancé e, au mois de Juil-
u.uf.tn!r de l’an 917. Il eft vrai que M. Baluze f a fixé la
cette charte eft d’environ l’an 914. qui étoit la
vingt-deuxième du régne de Charles le Simple ; car
nous foavons d’ailleurs que l’évêque Erifons , en fa¬
veur duquel elle fut expédiée, demetiroit “alors
tBâi- mort de ce prince au 4. du mois de Juillet de l’an dans la Gothie. Il eft vrai que l’indiélion vi 1 1. ne
*',2‘ 917- ou de l’an 919* & que quelques anciennes fçauroit convenir non plus â l’an 914. mais elle
ioniques g la mettent fous cette derniere année : peut auffi avoir été altérée par les copiftes. Ce qu’il
r- ?j j. hmj. mais il eft beaucoup plus certain que Guillaume le
723; mourut le 6. de Juillet de l’an 9 1 8.
nMarclHijf:
f’ *4o.
j a de vrai, c’eft que ce diplôme eft poftéricurà
VIU. On peut fçavoir par-li quel fut le comte
* r'jit.ss. Touloufo qui lui focceda dans le marquifât de
*«•/*. i.f. Gothie. Eudes comte de cette ville, vivoit encore
h‘ fr • ,, k 20* h du mois de juin de la même année : cc-
i/W.
o G-tl/.fhrîj fi
to. i.p. 7 xi.
p BeJJc Narb.
p.i09-&f«n;
an 90 j. puifqu’il y eft fait mention de Roger
ftrchevêqve de Trêves , qui ne parvint 9 à cetre di¬
gnité qu après cette année.
XI. Un moderne p croit que les comtes de Tou-
loufe s’emparèrent du marquifât de Gothie for un
pendant comme il étoit extrêmement âgé, qu’il certain Guadaillo, prince des Goths, qui for obligé,
s croit démis du comté > de TouloUfc en faveur de dit-il , de fe réfugier dans la Marche d’Efpagne ,
Raymond fon fils , ôc qu’il n’eft pas certain qu’il ait Ôc qu’il fait de la race des comtes de Barcelone ôc
forvécu à Guillaume le Pieux : fl eft plus vraifem- des anciens marquis de Gothie. Cet auteur infi-
blableque le même Raymond focceda immédiate- nue que le prétendu Guadaillo donna fa fille en
ment à ce dernier dans le marquifâr de Gothie, mariage à Borrel comte de Barcelone, ôc que les
conjointement avec Ermengaud fon frere puîné. droits que les comtes de cette ville prétendirent
Il eft aflèz difficile de décider , fi Eudes ou fes dans la foire fur le Languedoc , venoienr de ce
fils foccederenr a Guillaume le Pieux dans le mar- mariage. Mais fans nous arrêter â réfoter toutes
quifât de Gothie , en qualité defès proches parents ces fables & les vaines conjeûures for lefquelles il
& par droit de fâng, ou s’ils obtinrent cette dignité les appuie, il foffirde remarquer que ce Guadaillo
du roi Charles le Simple , auquel ils furent toujours eft un prince des Gothsimaginaire-, ôc que Diago^
frès-attachez. Le P. Mabillon prétend prouver lapa- qui lui a donné cette qualité , n’eft fondé que for c. ji. "
renté qu’il y avoit entr’eux par le teftament du la foufeription d’une charte où on lit ces mots r i r
comte Raymond de l’an 9 60. qu’il adonné dans S. Guallus pr inceps Cocorum , c’eft-â-dire, prince f *°3‘
fâ diplomatique , ôc dans lequel ce prince fait men- des cuifiniers y grand-queux ou maître d’hôtel de
tion du comte Guillaume fin coufin ; ce que cet au- Borrel comte de Barcelone , & non pas prtneeps
teur entend de Guillaume IL duc d’Aquitaine , ôc Gothorum , comme fl le foppofe.-
£*Yeu de Guillaume le Pieux : mais nous ferons
13*
NOTES SUR. L’HISTOIRE
NOTE VIII.
laumc qu'il fait comte d’Arles & de Touloufe , &
Pons > à qui il prétend que ce dernier céda le comté
de Touloufe, & oui fut perc de Guillaume Tail-
lefcr. Ainfi il n’admet qu’une génération entre cc-
*Md.j
«»*• 9iQ.
12.
O comtes de Touloufe pendant les lui-ci & Raymond Pons. Il a été fuivi par Guichc-
IJC% & JC. fiècles. non h , & en dernier lieu par le P. Ange » qui s’é¬
carte cependant de (on fentiment , en ce qu’au
ï* ^"Tp Ous les auteurs qui ont écrit fur là géhéa* lieu de Guillaume comte d’Arles auc le Pere Labbc
X logic & la fucceffion des comtes héreditai- admet pour fils aîné de Raymond Pons , il met un
tes de Touloufe , font d'accord fur les differens dé- Raymond auquel il donne le nom de Raymond IV.
grez de génération qui fe trouvent depuis Frcde- qu’il fait comte de Touloufe depuis l’an 961. jut
Ion,invcfti de ce comté en 849. par le roi Charles ques vers l’an 985. & qu’il foûtient être mon 4ns
le Chauve , jufqu’à Raymond Pons qui vivoit vers cnfàns. Enfin le P. Mabillon , fans entrer dans ces
le milieu du X. fiéde. On voit en effet par les di- difculfions, a avancé k que Raymond Pons comte
vers monumens qui nous reftent , que Raymond I. de Touloufe , fondateur de S. Pons de Tomieres
(ùcceda à (on frere Fredclon*, que Bernard I. fils ne mourut qu’après l’an 960. qu’il eut un fils ap-
de celui-là étant mort (ans enfans , Eudes fon pellé Raymond &c.
frere lui (ucceda -, & qu’enfin Raymond II. fils d’Eu- IV. Une fi grande diverfité de fentimens fiir la
des , fut pete de Raymond Pons qui fonda l’abbaye généalogie des comtes de Touloufe vient en pre-
dc fàint Pons de Tomieres en 9 5 6. mier lieu de la difette de monumens qui s’expli-
Lcs mêmes auteurs conviennent également que quent clairement là-defliis *, & en fécond lieu de la
Guillaume Tailleferayeul de Raymond de S. Gilles reflèmblance des noms ; enfbrtc quele P.Labbe1,
comte de Touloufe , defeendoit du meme Ray- après tous les foins qu’il s’eft donnez pour fixer cette 4l0‘ & 4,2t
-mond Pons en ligne dircûe , ce qui cft appuie lur généalogie , cft obligé d’avouer qu’il refie encore
des preuves inconteftables : mais ils font fort par- beaucoup de vîntes à éclaircir, (3 meme à découvrir,
ragez fur les dégrez de génération qui fe trouvent (3 qutl ne compte ce épi il a donne' que comme un le-
entr’eux. ger crayon > (3 un ouvrage qui n a encore que let
IL Nous ne parlerons pas ici de ceux qui , avant premiers traits du pinceau , en attendant que quel-
Catel , ont écrit fur cette matière , parce qu’ils ne que perfonnep’us intelligente j mette la dernieremain.
nous ont donné que des fables. Catel eft le pre- Nous allons tacher de développer , s’il eft poffible^
mier qui a commencé à débrouiller cette généalo- une matière fi obfeurc , fur l’autorité des chartes &
gie > & à la tirer du profond chaos où elle étoit des anciens monumens qui nous reftent.
tcttehomr. demeurée enfevelie jufqu’à lui. Il admet * entre V. Raymond IL comte de Touloufe mourut vers
f.9 *.*/#*. Raymond Pons & Guillaume Taillcfer deux com- la fin de l’an 9 i 3 .ou au plûtard au commencement
tes de Touloufe qu’il appelle Raymond III. & Pons de l’année fuivante ; puifque Raymond Pons fon
n.Il héfite fur la filiation du premier qu’il fait comte fils m, fondateur de l’abbaye de S. Pons de Tomie- n frf rs*
de Touloufe depuis l’an 947. jufqu’en 97 2. mais il res lui avoit fuccedé en 914. ainfi qu’on l'â vu
donne l’autre , qu’il fait vivre en 987* pour pere dans la note précédente,
de Guillaume Taillefer*, enfortc qu’il paroit mettre VI. Quant à lapoftérité de ce dernier , & au
deux générations entre Raymond Pons & ce der- nom de fon fuccefleur immédiat dans le comté de
Pnv. nier *, en quoi il a été fiiivl par Boucheb & par Mar- Touloufe , nous avons là-deflîis le témoignage de
ft.i.f.s $7. cej^ ^ ajmcctent ces deux générations faasau- Guillaume IV. comtede Touloufe&de Raymond
c u Va, u* cune difficulté. La Faille c prétend au contraire qùe de S. Gilles fon frere , qui connoiflbient fans doute
To J'lf.'f cUs cclui que Catel appelle Raymond III. ctoit certaine- le degré de leur dcfecndancc. Or ces deux princes
*nn*i.p.69-& ment tils de Raymond Pons fondateur de S. Pons appellent nettement Raymond Pons,/*#r bifajeul .
fT»*+n. de Tomieresd: mais il n’accordc pas que Pons n.fut Le premier * s’exprime en ces termes dans une 0 j. 10 j.
ix faq- fils de Raymond III. & ne prenant là-dcfTîis aucune charte de l’an 1080. que nous avons copiée fur
détermination bien certaine , il fuppofe feulement l’original qui eft au tréfor des chartes du Roy : Ego
que le même Pons TL fut pere de Guillaume Tail- Willelmus To/ofanorum c 3c. cornes (3 dnx , ex rebus
tMarcdBear. leftr.M. de Marca c qui a écrit après Catel fur la fuite à Deo omnipotent i mtht traditis . . . monafterium To-
des comtes de Touloufe, admet comme lui deux merienfe à progemtonbus mets , A proavo vtdeli-
comtes de cette ville,cntre Raymond Pons & Guil- cet meo Poncio Aquitanorum duce , vel principe ma -
laume Taillefer *, fçavoir Raymond III. qu’il fait vi- gno , noftitur a pnmis ad' fiais f un datum (3c . & en-
vre depuis l’an 944. jufqu’en 97 2. & Pons II. Enfin fuite oh amorem jam diEh proavi mei Poncii ducit
f BefiîNart. Beflè t ne s’explique pas fur le nom du pere de (3c. Raymond de S. Gilles, comte de Rouergue,
f.103 Qumaume Taillefer: mais comme ildonncà Ray- dans une autre charte0 de l’an 1085. s’énonce de
mond Pons fondateur de Saint Pons de Tomieres, la maniéré fuivante : Ego Raymundut Ruthenenfis
un fils qu’il appelle Raymond , qu’il fait celui-ci cornes , de rebut À Deo mihi traduit. . . monafle -
comte deTouloufe& marquis de Gothie depuis l’an rtum Tomerienfe quod à progemtoribut mets , À
944. jufqu’en 96 3-& qu’il lui donne PonsILcomre proavo videlicet meo Pontio Aquitanorum magno
deTouloufc pour fils v il s'enfuit , félon cet auteur, duce vel principe eft à pnnut adifictit fundatum 1 3c .
que Pons II. étoit pere de Guillaume Taillcfer. ob amorem proavi met jam dith Pontii ducis. Et
RL II paroît donc que tous les auteurs que nous plus bas : (3 liber alitatem qiu A proavo meo jam
avons citez mettent deux dégrez de génération en- nominato (3c .
tre Raymond Pons & Guillaume Taillefer. Le P. Il réfiiltc de ces autoritez , que Guillaume IV*
g us. t ail. Labbe 8 fuit une autre route : il prétend que Ray- comte de Touloufe , & Raymond de S. Gilles fon
t n.p. 442- & mond Pons fondateur de S. Pons de Tomieres fut frere étoient arriérés petits-fils de Raymond Pons
comte de Touloufe depuis l’an 912. jufqu’en 962. fondateur de l’abbaye de faint Pons de Tomieres :
qu’il eut deux fils de Berthe (a féconde femme, or comme il eft certain que ces deux freres étoient
veuve de Bofon comte de Provence *, fçavoir Guil- fils de Pons comte de Touloufe & d’Almodis de la
Marche ,
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DE LANGUEDOC.
Marche , & que ce dernier croit fils de Guillaume
Taillefer& d’Emmc de Provence4, il s'enfuit i °.
que Raymond Pons , fut pere du meme Taillcfer:
1®. que les prétendus Raymond III. & Pons II. que
nos géndalogiftes fuppofènt avoir pofledc le comté
'de Touloufe entre ces deux princes , & qu’ils met¬
tent au nombre des defeendans de l’un , «5c des at
cendans de l’autre, ne font appuiez que for de vai¬
nes conjectures , & qu’il faut les retrancher du nom¬
bre des comtes de Touloufe. Il eft furprenaut que
• cssA *mt. Catel * qui a eu connoiflànce de la charte de Ray-
i u tnond de S. Gilles , dont nous venons de rapporter
les termes , n’ait pas fait attention au mo tproaviu
IW. t*H. qui y eft employé , «5c que le P. Labbeb, qui cite
*• cclJc du comte Guillaume IV. fon frere ,confo*rvce
dans le trefor des chattes , n'ait pas vu quelle crân¬
es h, fl. che toutes les difficultez. Il eft vrai que le P. Ange c
fcmble croire que ce Pons bifayeul de Raymond
de S. Gilles , dont il eft fait mention dans ces char¬
tes , eft differenr du fondateqr de S. Pons de To-
mieres : mais le contraire y eft marqué expreflé-
ment. Au refte on ne fçauroit fuppofer que le mot
froavus lignifie ici un prcdécdlèur pris en général *,
tar outre que ce terme eft répété plufîeurs fois dans
les deux chartes , cc qui en détermine le Cens a la
lignification rigoureufe du mot bifayeul \ cette fop-
polition ne peut avoir lieu , à moins qu’il n’y ait des
jnonumens certains qui dérruifont la filiation que
nous venons d’établir : or bien loin qu’il y en ait
de fèmblablcs , nous ne trouvons rien non feule¬
ment qui la contredife, mais même qui ne la con¬
firme : c’cft ce qu’il faut tacher de faire voir, en
parcourant tous les titres qui nous reftent des com¬
tes de Touloufe , depuis Raymond Pons jufqu a
Guillaume Taillcfer.
VII. Il eft fait mention de Raymond Pons com-
t Pr./.«4. me vivant , dans une charte d de l’ân 9 42. Depuis
cette année nous ne trouvons aucun a&c qui parle
certainement de lui , comme s’il eût été encore en
vie *, fur quoi il faut remarquer , que comme il
avoic deux noms , «5c que les auteurs de les chartes
du teins, lui donnent tantôt celui de Raymond «5c
7î- tantôt celui de Pons qu’il avoit ajouté c à l’autre , il
a été aifo de le confondre avec un autre Raymond
comte de Roucrguc & marquis de Gothic fon cou-
fin , dont nous parlerons bientôt, «5c qui vivoit clans
le même fiéclc. Mais il faut oblcrvcr que dans tou-
fn&f. u. tes les f chartes que nous avons de lui , il prend a
la vérité quelquefois le (lui nom de Pons : mais
qu’il ne fè donne jamais celui de Raymond fans y
ajouter l’autre : Ej(o Raymundus qui zd Pontius. Et
8/- 75. ailleurs 8: Signum Raymundi ducts Acyuitanorum *
cui ahud efl , nutu Des , nomen Pontit. Cette re¬
marque dont nous ferons ufàgc dans peu, fait voir,
que quoiejue nous ayons diverfos chaires depuis
l’an 941. jufqucs a la fin du X. ficelé , où il cil fait
mention d’un comte Raymond , qui parole avoir
dominé for laGothie ou fiir les autres pays du do¬
maine de la maifon de Touloufe ; on ne fçauroit en
Conclure pourtant que cc foit plutôt de notre Ray¬
mond Pons dont il y foit parlé, que d’un autre comte
Raymond fon coufin , qui vivoit certainement
alors.
Vm. Il eft certain que le même Raymond Pons
^olt dcla morc en 969. comme il paroît par lacté h
de ceffion que fit la meme année âleglifc de Nar¬
bonne , Gausfrcd abbé de S. Pons de Tomiercs ,
du confiai delà comttjfe Garfinde , d’une vigne & de
quelques (àlincs que Pons autrefois comte avoit
données à cette abbaye : J Otta quondam Pondus
Tome //.
cornes pYizdeJhnavit ad ipfum locum. Il eft parlé aufli
du même comte Pons fondateur de l’abbaye de
S. Pons de Tomieres, comme étant déjà décédé ,
dans l’aétc 1 d’exécution du teftament d'Aymeri ar- « Pr . p.
ehevêque de Narbonne daté de l’an 977 • & non de
l’an 937. comme Belle k l’a avancé *, ce qui lui a fait k BefT.Varb'.
dire que Raymond Ponsétoit déjà mort cette der- P'1**-10**
niere année *, il eft parlé cn effet de cc comte en ces
termes : Et propter remedium anima Ponctoni co¬
mu is difitnEh .
IX. Raymond Pons avoit déjà époufo Garfinde
en 9 5 6 . comme il paroi t par l’aéte * de dotation de 1 7 *•
l’abbaye de S. Pons : la même comteflè foufcxivit
en 940. a un autre aâc “avec le comte Pons fon mP’
mari. On vient de voir qu’elle lui lurvécut , & c’eft
ce qui paroît encore par deux atftcs. Dans le pre¬
mier , qui eft une donation qu’elle fit à l’abbaye de
S. Pons de Tomiercs, elle s’exprime cn ces termes :
E^o" domina Garccndù comiujf 1 qua fuiuxor domini n p.u s%
foutu comttü Tolofani. Cet aéte eft daté du régne
de Lothaire , «5c peut fèrvir a fixer la date du teflâ-
ment de la même comteflè, dans lequel 0 elle fait ££ IlC* ^
divers legs pieux pour l’amc de Pons fon mari in¬
humé à S. Pons de Tomieres : Placuit mih Gar-
finda comitijfa , dit-elle, pro rem<dium vin met
Pontii (de. Et plus bas : Et meam Ecclefïam S . Sal-
vatorü de Sal.u .. . dono Dîo(d S. Pontio Tomerienfi
ubt vir meus rcqwefctt&c . U eft vrai qu’on lit dans
l’édition P que le P. Martenc a donnée de cet aéte , 4 JJ!* /TT*
S. Pontio Callrenfi : mais il eft évident que c’eft une ï
foute, & qu’il faut lire Tomerienfi * pu ikjuc l’abbaye
de Cadres eft nommée deux lignes auparavant fous
le nom de S. Benoit & de S. Vincent, «5c qu’il n’y
a point d'autre abbaye du nom de S. Pons dans la
Guicnne & le Languedoc que celle de Tomieres.
Il eft certain qucces deux ades font de la même
perfonne «5c a peu-près du même tems , c’eft-à-dirc
environ de l’an 974. comme nous le verrons plus
bas 4, pûilquedans le premier elle donne le château
de Ccffoion â l’abbaye de S. Pons de Tomieres , à
condition qu’ A de laide C5> fis fils Lrmenyaud ($
Ray mon i en jouiront pendant leur vie , & que dans
l’autre elle légué le même châreau à Adélaïde ,
t ncomtejfcy id à fies fils Ermenoaui (d Raymond*
& après leur mort â l’abbaye de S. Pons de To-
mieres. Il eft fait encore mention cn 97 1. de la
même H comteflè Garfinde dans l’adc de dotation q frP- li
de l'abbaye de Gaillac, «5c dans quelques autres ti¬
tres donc nous parlerons ailleurs.
X. Il s’enfuit de ce que nous venons d’établir,
I qu’on n’a aucune predve que Raymond Pons
comte de Touloufe ait vécu apres l’an 9 5 o. 2 °.que
Garfinde fà femme lui forvécût certainement. Nous
apprenons d'ailleurs que Guillaume Taillcfer fort
fils lui avoir déjà fuccedc dès l’an 96 1. Nous trou¬
vons la preuve de ce dcïriicr foit dtns le teftament
du comte Raymond que le P. Mabillon a fait r im-
primer dans (i dij»lomatique , qu’il date environ de pr.p.\o?. &
l’an 960. de qu’il attribue au même Raymond fifb
Pons fondateur de S. Pons de Tomieres *, mais qui
appartient â un autre Raymond * c’eft ce que nous
croyons pouvoir démontrer.
XI. Avant que de nous engager dans cette dit
cuftïon , il eft important de fixer > autant qu’il nous
fora poflible , 1 époque de cc teftament qui eft fans
date.
II eft certain d’abord que cet acte eft antérieur i
l’an 969. puisqu’il y eft fait mention de Raynald
v:comtc de Bcz.icrsi> comme vivant , de que ce * Pr.p. 10»;
vicomte étoit déjà mort au mois d’Oétobrc c de t p. u9.
Y y y la
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55* NOTES SUR. L’HISTOIRE
GENEALOGIE DE LA MAISON DE TOVLOVSE.
| Üdalgarde fcm-
ï. I me de Bernard ,
Fredei#nJ feigneurenRouer-
d’aboid comte • guc,vivoit en 878.
<lc Rouergue ,
V.
Raymond 11.
comte d’Albi 8c de
Nifmcs, du vivant
de (on pere , 8c
enfuite comte de
Touloufc. Il pof-
feda le marquifat
8ccniuitc com¬
te deToulou- -
fc depuis l'an \
845- époufa
Ode : il prit le
titre de duc, 8c
mourut vers
an 85t.
ïulguald
ou Fulcoald
tromte de
Rouergue ,
8c commif-
fairc dans la«
Scptimanic
en 836. é-
pou fa Se ne-
go ndc.
II.
Raymond I.
comte de
Querci » avoit
déjà fucccdc
en 851. à Ton
lu.
Bl R N A R D III.
comte de Toulou¬
fc , de Querci 8c
de Rouergue , de¬
puis l’an 86 J .mort
fanscnfanscn87î .
fc qualifia duc ,
marquis 8c comte.
IV.
Eudes comte
de Touloufc , de
Rouergue 8c de J
“an )
8c d’Albigcois par
indivis avec ion
frère depuis l’an
9}9- époufa L u-
dinildc , 8c mourut
vers le commen¬
cement de l'an
VI.
Raymond III.
furnomme Pons,
VIL
Guillaume III.
furnomme Taille-
fer , né vers l’an<
945. Comte de1
Touloufc .d'Albi-
. îouiouie.d Albi-
comte de Tou-^ geois, de Querci ,
loufc , grand duc
d'Aquitaine .mar¬
quis de Gothie ,
comte de Querci ,
de Gothie ‘ lesJ d’Albigcois 8c de
comtcz de Querci» * Nifmcs 8cc. depuis
an 91 4. époufa
Garfinde qui lui
furvccuc : il mou¬
rut vers l'an 950.
8c en partie de
Nifmcs , épou(a
i*. Arlindc d'An¬
jou. Emme de
Provence comtef-
(c d'une partie
de cette province:
il moarut vers Tan
1037.
Pons comte d'Al-
bi cif >84. & 987.
époufa N. 8c mou¬
rut fans enfans.
Raymonde fem¬
me d' Aton vicom-
Jc de Soûle.
jf RaymondI.com-
tc de Rouergue. Il r
fut aullî par indivis I Raymond II.
duc ou prince d' A- J comte de Rouer¬
gue , marquis de
■l GoAie/a. depui. u «
lan 961. lufçiucs de Ro^
vers 1 an 1008. c-<
poufaRichardc qui
vivoic encore en
1061.
Ermcngâud com¬
te de Rouergue ,
Querci depuis l'an J & vraifcniblablc-
875- marquis de 1 ment de Gevau-
Gothic depuis Van 1 dan i marquis de
918- époufa Gar- l Gothie, comte de
finde» vraifcmbla- \ Querci , d'Albi- J
Huitaine , marquis
c Gothie 8c com¬
te de Querci 8c
d’Albigcois depuis
environ l'an 940.
cpoulkcn947-Bcr-
the , nièce d'Hu¬
gues , roi d'Italie:
il tefia 8c mourut
Vers le commen¬
cement de l'an
96 u
l.Lit.
Raymond 8cHen-
ri morts jeunes 8c
fans enfans.-
Confiance fécon¬
de femme de Ro¬
bert roi de France*
Ermengarde fem¬
me de Robeu com¬
te d’Auvergne.
x.Lit.
VIII.
Pons comte
de Touloufc , de
Querci 8c d’Albi¬
gcois , 8c en par¬
tie de Nifmes ou
de S. Gilles , épou¬
fa i°. Majore de
Foix : i*. Almodis
de la Marche : 8c
mourut en 1060.
Bertrand comte
ou marquis de
Provence, Cpoufa
N.
Emme époufa
Othon- Raymond
feigneur de Lille-
Jourdain.
comte
,mar-
3uis dcGothicScc.
epuis environ
l'an 1008. époufa
Foy : mon veti
l'an 1054*
Hugues comte
en 974. 8c 1004.
Pons.
Ermengaud.
Plufieurs
naturels.
enfant
K
blcmcnt Hile 8c hé-
_ w _ _ riticrc d’Ermen-
frere dansïeX £aud £omtc d'Al'
comte* de S bi: il mourut fort
Touloufc &dc âgé vers Tan»! ?.*
Rouergue : il prit le titre de duc,
époufa Berthe, | mar<luls & comte
c qualifia duc,
8c mourut en
1?
geois 8cc. par in
divis avec l'on frè¬
re depuis l'an 919.
époufa Adélaïde :
mort après l'an
9} 6- 8c ayant l’an
940.
Us.
Fulguald.
Arbert, furnom-
mé Benoit, moine
8c enfuite abbé de
Vabres.
N. promife en
mariage en 860.
à Eftienne comte
d'Auvergne.
Hugues comte
en partie de Quer¬
ci depuis environ^
l’an 940. jufqucs j
vers l'an 950. c- I
poufa Gudinildc. I
Autres mâles. »
Raymond comte
vivoic en 961. 8c
974.
Hugues vrai fent-
blablemcnt tige
des vicomtes de
Comborn dans le
bas Limoufin8c le
Querci.
V
Ç Bertrand comte
Efiienne I. comte ï Gevaudan en
de Gevaudan » é- \ 97 î • 8c 9 95 • avec
poufa Adélaïde
d'Anjou
fon frere Pons.
Pons comte de f Efiiennetl.com-
Gevaudanen 975. te de Gevaudan en
8c 10 10. époufa J 103 f.
Tetherge conucf- J
fc de Forez. I
Guillaume. V P°nS*
Philippe femme
de Guillaume V.
Leonued’ Auvergne.
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DE LANGUEDOC.
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f IX.
Guillaume IV.
duc & comte de
Touloufc , d’Al
bigeois , deQuer-
ci, de Lodève, de
Périgord, d'Age-J
nois , de Carcaf- j
Tonne & d’Afta-
rac,qualitez qu’il
prenoic en iogo.
cpou(âi‘. Mathil¬
de, i®. Agnes de
Moriaing: il mou¬
rut vers l’an io?j.
X.
Raymond IV.
rurnoinmc de S.
Gilles, fut d'abord
comte ou marquis
de Provence, com¬
te de Rouergue
Gevaudan , Nif-
mes , Agdc , Bé¬
ziers , Narbonne
Sec. fucccda à Ton
frere,& fur le pre¬
mier qui fc quali¬
fia duc deNarbon-
oc.mârquisdcPro <
A J vcnce& comte de
J Touloufc, époula
Ie. N. de Proven¬
ce:!0. Mahaut de
Sicile : j°. El vire
deCaftiile: more
en uoj.
Hugues.
Almodis époufa
Raymond comte
de Mclgucil.
” ! .Li*.
Pons 8c un aurrt
mâle, morts jeu*
ncs.
i. Lit.
Philippe epoufa
i°. Sanche-Rami*
re roi d’Aragon :
i°.en îo^.Guil-
laumc IX.ducd'À.
Aquitaine.
î. Lit.
XI.
Bertrand comte
de Touloufc ,duc
de Narbonne 8c
marquis de Pro¬
vence, & enfuitc
comte de Tripoli ,
epoufa i°. une
nicce de Mathilde
marquife de Tof-
canc :zQ.en 109 S*
Eleâe de Bour¬
gogne : mort en
il xx.
539
f
Raymond II. comte
de Tripoli , régeut du
royaume de Jerufa-
lem , épou(a E’chivc
Pons comte de i voifiemc fille de
Tripoli mort en J Baudouin ILroi de
1 1 j 7- époufa Ce-
Rày/nond ï.com-
re de Tripoli , é- \ dame de Tibériade c
pou fa Hodierne A mort fans enfans en
cilc fille naturelle
de Philippe l. roi
- dcFiancc.Sc veuve
X de Tancrcdc prin¬
ce d’Antioche.
Jerufalem, 8c mou¬
rut en n^i.
Philippe.
H87-
Meli (Tende accordée
à Manuel Comnene
empereur de G. P.
y Lit.
N. mort en la
Terre-fainte.
XII.
Alfonse - Jour-
dAIn duc de Nar-^ roj de
mourut
XIII.
XIV.
f x. Lit.
J Clémence ou Con-
Raymond VI. j fiance époufa i°. San-
dit le vieux , dueNche VIH. roi de Naval -
deNar bonne, mar- /re : 1®. Pierre - Ber-
quis de Provence,
comte de Toulou-
fe, époufa iw. Er-
meffinde de Pclct :
z Beatrix de Bé¬
ziers : j°. Bour-
guignede Chypre.
Raymond V.duc-j J^nne d’An-
dcNarbonne.mar- J ?'!“['[
quis de Provence
bonne , marquis
de Provence &
comte de Toulou-
fe , né en 1105.
éponfa Faydidc
d’U fez : mort en
1148.
f N. héritière du
| marquifat de Pro-
P J vence,épou(aRay-
> mond de S. Gil-
| les Ton couhn ger-
^main.
f Berthe
|dc
comtcffc
Rouergue »
marquife de Go-
thie&c. femme en
ioji. de Robert
II. comte d’Au-
vergne.mortc fans
enfans vers l’an
ioéj.
& conue de Tou-
loufe , époufa en
1154. Confiance
fille de Louis VI.
France :
en 2194.
Alfonfe mort
faus poilcricc.
Faydidc epoufa
HumbcrtIIl.com-
te de Maurienne
& de Savoye.
N. mort jeune.
Enfans naturels.
Muet
uoj.
mort en
Bertrand.
N. époufa Nora-
\jiin prince d Alep.
nor
d’Aragon
mort en uu.
AlbericTaillcfcr
époula Beatrix hc-
riricrc de Daufi-
né , more fans en¬
fans en xi8j.
Baudouin mort
en 1111.
Alix femme de
Roger vicomte de
Beziers, morte en
1153.
Laurence époufa
Odon - Bernard ,
comte de Com-
minges.
T serre -Raymond
fis naturel .
nard de Sauve feigneur
d’Andufe.
Indic epoufa i°.Guil-
laberc de Lautrcc : 1®.
Bernard -Jourdain fei¬
gneur de Lille,
4. Lit.
XV.
Raymond VII. dit U
l .Lit.
XVI,
J'une, duc de Nar- Jeanne comtelTede
bonne, marquis del’ro-< Touloulb, & marquife
vcnce & comte deT ou-
loufe, céda en 11*8.
au roi S Louis le duché
de Nat bonne , 8c une
partie de fes autres
ctats , & ne prit plus
depuis que le titre de
comte de Touloufc 8c
de marquis de Proven¬
ce i époula 1 °. Sanche
d’Aragon : 1*. Margue¬
rite de Lufignan :niort
en 11+9-
Guillcmcrtc époufa
Barrai de Baux prince
d’Orange.
r
Enfans naturels.
Bertrand vicomte de
Br unique f de Monclar
& de Salvagnoc en
guerciy époufa Com -
tore fie de Rabafiens :
mourut vers l'an 1147.
Reginald fon arricre-pe -
lit-fils , époufa Br aide
de Gouth , dont il eut
une fille appellée Ber¬
trande femme de Pierre
Trofelle. Celui-ci eut de
Bertrande une fille nom¬
mée Ifabelle , qui époufa
en x j 5 o. Raymond-
Roger de Comminges •
vicomte de Conférant ,
apporta la vicomté
de Bruniquel dans fa
truifon.
N. femme d'Hugues
d‘ Alfier , Jénéchal de
\Touloufe.
rquife
de Provence , née en
1110. époufa Alfonfe
frété de laint Louis, 8c
mourut (ans enfans en
1171.
1
la meme année. En fécond lieu il n’y a pas fujet de
douter que Berthe, dont il y eft parlé fi /ouvrit , ne
fut lepoufe du teftaceur, ainfi que le P. Mabillon
& nos meilleurs critiques en conviennent, quoique
cela ne /oit pas marque en fermes exprès. En effet le
comte Raymond y parle fou vent de fon fils Ray-
, & il légué divers domaines très-con/îdc-
1 râbles à la même Berthe a d d fon fis Raymond.
Tome JI.
On peut appuicr cetre preuve fur une l> donation b
que la comtcflè Berthe fit le 16. de Février de l’an
9 60. à l’abbaye de Montmajour , où elle s’exprime
de la maniéré fui vante: £go Re ta comittfft coptto
de anima mea fentoris met Raymundi de. car le
terme femor lignifie en cet endroit la mêmechofe
que mari : ce qu’on pourroit confirmer par un
grand nombre d exemples.
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.540 NOTES SUR
Cette dernière charte prouve donc que le comte
Raymond mari de Berthc vivoit encore au mois
d’ Avril de l’an 960. niais il parole qu’il ctoit mort
au mois de Septembre de l’année fuivantc , par une
donation 4 que firent alors à la cathédrale de Nifi-
mes cette comteHè & Ion fils Raymond , de deux
allcus lituez dans le comté de cette ville*, ainli le
comte Raymond mari de Berthc aura fait fon tefta*
ment dans cet intervalle.
XI 1. Il eft frit mention dans le meme teftament
de trois évêques , Dcufdcdit , Frotaire & Bernard*,
mais leur liege neftpas marque : ce qui aurait pu
fervir à confirmer l’époque de. cet adte. Le pere
b Mabillon b conjecture que le premier étoit évêque
de Rodez , le fécond d’Albi ,& le rroilicme de Ca-
hors *, & fon fcntiinent a été luivi par le pere de
c<;.t u-chrift. Sainte Marthe c. 11 n’y a aucune difficulté pour le
fiev.td.it. i.p. * , ,
9-p i.j. eJ. preiyucr *, c^r outre que les allcus que le comte
* ir.t.xo-j.fr Raymond lui donna,4 étoient lituez dans le Roucr-
gue, & qu’il les fubflitua à la cathédrale de Ro¬
dez, & aux autres églilcs du pais, nous trouvons
* euu.chrfl. d’ailleurs e que Dcul’dedit ctoit évêque de cette
’ ville après le milieu du X. ficcie, & rien n’empe-
chc qu’il n’occupât ce (iege en 96 1. Pour ce qui eft
des deux autres, nous croyons que Frotaire ctoit
évêque de Cahors, & Bernard d’Albi : voici nos
rai Ions.
Il paroît d’abord par le teftament que l’un de
ces deux prélats étoit évêque de Cahors & l’autre
d’Albi > mais il n’y a rien dans cct aéte qui prouve
que Bernard occupoit le premier de ccsdeux fieges
plutôt que le fécond , ainli il faut recourir à d’au¬
tres preuves. Nous en avons qui ne permettent
pas de douter qu’en <)(> 1 .Frotaire ne fût évêque de
Cahors , & Bernard évêque d’Albi. U cft fait men¬
tion dans un adte des archives de la cathédrale de
cettc dcrnicre ville f, d’un Bernard évêque & abbé
de faint Eugène dcVioux dans le diocèfc > qui vi-
voit au mois dcjanvicr ou de la AT7’, année du roi
Z,0////d’Outrcmcr ou de l’an 9 5 1 .Ce Bernard étoit
évêque d’Albi, puilqu’au X. liecle, & long-tcms
après, les évêques de cette ville avoient l’admini-
ftration sde lcglife de Vioux , & que nous trou¬
vons un Bernard évêque d Allsi en 963. 964* &
967. Ce prélat aura donc liegé depuis l’an 951.
j u (qu’en 967. & dans le tems du teftament du
comte Raymond -, car quoiqu’on fçache qu’il y a-
voit un eveque d’Albi appelle Frotaire au X. fieclc,
on n’a aucune preuve que ce dernier ait ficgc avant
l’an 972.
h biJ.f.i s. Quant à l’évêque de Cahors , on convient h
qu’un Frotaire occupoit le liege épilcopal de cette
ville en 968 - & on en a apporté des preuves : mais
il n’y en a aucune que ce prélat ait eu pour préde-
celîèurs immédiats Etienne en 964. & Bernard en
960. comme on le prétend *,car i°.on ne donne
d’autre preuve de celui-ci que le teftament du com¬
te Raymond que nous examinons*, & c’eft ce qui
cft en queftion. i*. Quant à Etienne, il cft vrai
qu’il eft dit dans une ancienne chronique de Fi-
t Snir.\' mifa geac, que Calfton 4 abbé de ce monaftere fonda
it.i f^mo. cç|uj cjc pon$ cn Q^iercif CJU rcms j" pape Benoit >
Ç? d'Etienne évêque de Cahors , & qu'il fut beni par
ce pape *, mais il ne s’enfuit pas de là , comme on
le (iippofc, qu’il s’agi (le ici du pape Benoît V.
mort en 965. Il cft évident au contraire que Fau¬
teur de la chronique a voulu parler de Benoît
VI. élu en 971. car outre que Calfton ne mourut
ic.M ( hnjt . qU’cnk 9 74. on n’a d’ailleurs aucune preuve qu’il
* l'u.Zî'.X' ait été abbé levant l’an 972. Il eft dit 1 feulement
L’HISTOIRE
dans ce qu’on rapporte de lui, qu'il engagea Ray¬
mond abbé d’Aurillac cn Auvergne > d’écrire un
livre de chant conformément au rit Romain. Or
Gerald m prédecellèur immédiat de Raymond,
étoit encore abbé d’Aurillac en 972. Etienne évê¬
que de Cahors n’a donc occupé cct évêché qu’a-
près l’an 968* & il aura fuccedé immédiatement
à Frotaire qui aura liegé cn 9 G 1 . dans le tems du
teftament du comte Raymond.
XIII. On pourroit objecter le témoignage de
Dominici qui prétend qu’un feigneur nommé
Rainulfe & Calfton abbé de Figeac fondèrent en
959. le monaftere de Fons ou de A rtellts en v. 'h.
Qucrci , duconfeil d Etienne évêque de Cahors. Cct 10 J
auteur le fonde i°. fur une bulle par laquelle le
pape Benoît confirme une fondation qui cft ainli
datée : Datum apud monaftenum SS. Cofma cÿ Da-
muni , die notait cor Mm de m , an ho ab incarnation
De min ica DCCCC. L l'UIL tndiélione IL i°. Sur
une charte du même Rainulfe 'datée du règne du
roi Lothaire. Mais Dominici n’a pas pris garde
qu’en 9 5 9. c’étoic Iç pape Jean XII. qui liegeoit à
Rome, fie non pas Benoit: ainli fuppofé que ce
foit un pape de ce dernier nom qui ait confirmé
cette fondation, ce fera Benoît VI. qui liegeoit cn
974. en effet l’indiétion II. convient à cette année.
Quant à la charte de Rainulfe , elle ne prouve
rien, puifque Lothaire regnoit egalement cn 974.
comme en 959. La fondation du prieuré de Fons
en Qucrci eft donc de l’an 972* Nous n’y avions •
pas fait allez d’attention lorlque nous l’avons pla¬
cée versl’an 960. dans nos preuves &quedans ©L*-x/r;
le corps de l’ouvrage nous avons fuppofé que le -*64*,u
comte Raymond dont il y eft fait mention , eft
Raymond I. du nom comte de Roucrguc, au lieu
cpicce doit être Raymond IL fon fuccellcur.
XIV. Après avoir fixé la date du teftament du
comte Raymond , il nous refte à examiner fi ce
comte eft le même que Raymond-Pons comte de
Touloufc, comme le pere Mabillon , & tous les
modernes qui ont écrit après lui , entraînez par fon
autorité, l’ont cru jufqu’ici.
i °. Le tcftatcur ne prend dans cct adtc ? que la f
fimplc qualité de comte : Breve codtcilio quoi
feett Rajmundus cernes pro remcdium anima fua.
Il cft vrai qu’il cft ailé de comprendre par les
differentes diipolîtions qu’il lait de (es terres , qu’il
dominoir liir la Septimanic, fur le Rouerguc, le
Qucrci, l’Albigeois, & les autres païs pofledez
par la mailon de Touloufo; ruais cela prouve feule¬
ment qu’il étoit de cette mailon, & non pas préci-
fément comte de cette ville, & le même que Ray¬
mond* Pons.
2°.Nousavonsdéjavû queGarfinde femme de cc
dernier lui furvecut , & quclleeut l’adminiftration
de fes domaincs,tandis que d’un autre côté la femme
du comte Raymond, qui fit le teftament dont nous
parlons, s’appelloit Bcrthe, qu’elle lui for vécut au (II,
& qu’apres la mort de ce prince elle gouverna fes
états cn qualité de tutrice de fon fils. Raymond-
Pons mari de Garfinde, & Raymond mari de Ber¬
thc (ont donc difterens.
3°. Nous avons obfcrvé que parmi ptufieurs
chartes#& foulcriptions qui nous relient de Ray¬
mond-Pons , on n’en trouve aucune où il ait pris
le feul nom de Raymond. Seroit - il vraifembla-
bic que dans Pacte le plus important de fa vie, il
eut dérogé à cet uügc ?
On a fair voir que Guillaume Taillefec
comte de Touloufc, ctoit fils de Raymond-Pons.
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î)£ LANGUEDOC, |4*
Si le eertafeiir eût été le même que ce dernier, Raymond-Pons corme de Toulouse. Ce rriarqui-
fUiroit-ii oublié uniquement de dire un mot de fat commun Sc indivis entre ces deux princes eft
fcn.aîné, tandis qu’il parle piulicurs fois de fes d’abord une marque certaine de leur parenté. Ceft
(Sis Raymond & Hugues, de (es bâtards , &d’uû auflï ce que Catcl e, & nos meilleurs critiques fcrWr#**-.
grand nombre de les vallaux qui dévoient lui être après lui ont reconnu, & dont nous avons divers *'*£%£*
<ans doute beaucoup plus indifférais ï les preuves que nous déduirons dans h fu ite. M. .
5 p. Le teftateur comble de biens les cglilcs de de Marca f prétend que Raymond & Ermengaud
Rouergue, deQuerci &d*Albigeois : il les nom- éroientl’un le pere,& l’autre le fils-, il ajoute que
inc en piulicurs endroits , & ne parle qu’une foi s Raymond-Pons leur fucceda par droit de (àng
de /abbaye de S. Pons de Tomieres, à laquelle il ne mais fi cet il luftre auteur avoir eu connoiflance fM*rc*tbii.
donne que la moitié d'un alleu.Si c’eût etc Raymond- de Pacte de fan 924. « par lequel il eft prouvé çPr.p.ci*&
Pons fondateur de ce monafterc , n’en auroit-il manifeftement que Ray mond-Pons étoit déjà alors ^
dit qu’un fèul mot en palïànr, & ne lui auroit-il marquis de Gothie, il (croit convcnulans doute
pas donné de plus grandes marques de là libéra- que ce dernier eft le même que Raymond marquis
lire, puilqtie , comme nous l’avons vu , il y fijt in- de Gochic dont il eft parlé en 914. dans la lettre
humé ? De plus Raymond ne parle que fur la fin de d’Agio archevêque de Narbonne ; & en 9) z. dans
fon reftamenr des églilès du Touloulain, auxquel- Frodoard. Or il convient, Sc il eft certain quô
Jcs il fait beaucoup moins de bien qu a celles du Raymond-Pons étoir fils de Raymond II. comté
Rouerguc Sc du Querci , dont il parle dans le de Touloule, Sc non pas d’Errnengaud. Le pere
commencement de Jaéte. Si ce prince eût été Ange b infinue d’un autre côté que celui-ci étoir h
le meme que Raymond-Pons comte deTouIoufe , frère de Raymond-Pons : mais il fe contredit; car
n’auroir-il pas agi tout autrement? Toutes ces réfié- il fait Raymond I. comte de Rouerguc , tantôt fils
*ions , & quelques autres que nous ajouterons du même Ermengaud , Sc tantôt îtilsdc Pons IL ubà.f.6tu
dans la fuite, ne nous permettent pas de douter comte de Touloulc, &: petit-fils de Raymond-Pons*
Sue le comte Raymond qui fit ce teftament ne (oit Pour nous, il nousparoît confiant qu’Ermengaud
iffercnç de Raymond-Pons comte de Touloule, marquis de Gorhie étoit oncle paternel de Ray-
& qu’il ne (bit le même que Raymond I. du nom mond-Pons. Voici ce qui nous le perlùadc/
comte de Rouergue , coufin germain de ce prince II eft certain que ce dernier ctoir encore k jeune k cauI mem>.
par Eudes comte de Touloule leur ayeul paternel; vers la fin de J’an 927. comme il eft marqué ex- p'y*°Nore
eequenous allons tacher de développer. prclfëmcnt dans la lettre que les évêques de la Sepri- vu-**
XV. Nous remarquerons d’abord que le tefta- manie écrivirent alors au pape Jean X.pour lui de-
ment de Raymond a été tiré des archives canna- mander le Pallium en faveur d’Aymeri élu depuis
1 v.Dipi- Jcs de Rodez*. Ce prince étoir donc comte de peu archevêque de Narbonne. D’ailleurs nous ne
tr.pio)* Rouergue. Aulfi Bonal b juge des montagnes de trouvons pas qu’il aitc'té marié avant l’an 93 6. Or
b B»n*i ^ fi. Rouergue , montre-t-il par difïcrens titresdu pais, nous voyons d’un autre côté qu’Ermengaud 1 avoir 1 Pr.p.yu
Tiïü""'. qu’il y avoir une comtc/fè de Rouergue appellée €11954. un hls appelle Raymond , déjà en âge de
Bcrthe vers la fin du X. liecle, Sc qu’elle eut un con trader, Sc nous verrons plus bas que celui-ci le
fils appelle Raymond. L’un de ces titres, qui con- maria en 946. IJ ne nousrefte enfin aucun monu-
tient un dénombrement des ccnlivcs & autres rc- ment d’Ermengaud aprèsl’an 93 6. Ce dernier au-
devanccs qu’on devoir payer annuellement aux radonc été fils puîné d’Eudes comte de Touloule*
comtes de Rouergue dans divers villages,coinmcn- qui mourut vers l’an 9 1 9. dans un âge rrcs-avancé *
cc par ces mors : Brève de il! a terra Jsonore de Ray- Sc donr la femme nommée Garlindc croit vrailèm -
mundo cornue Ruthcncnfi , è5 de Beneldts m.tter blablemcnt flic Sc hcriciere d’Ermengaud comte
fia, de U°one comité filio [ho , iS de Ricardis d’Aibi qui vivoit en 86 1. Il paroîr en effet que ce
mater fua. Un autre eft ainfi intitulé : Brève de ilia comté étoit déjà entré dans la mailbn de Touloule
terra que deus déguerpira Rajmundo comité, au moins des le commencement m du X.lîecle.C’eft m v- c.u*l
à • R t car dis comte (]a. Enfin on lit ceci dans une troi- (ans doute à coule de cette alliance que le nom
(\cmc: Breve depignoras de Bemardo archidiacono d’Ermengaud aura pâlie dans la mailbn de Tou-
in villa de Bencas folum de Raimundcfcas tn ilia Joule ;en(brre que Je fils puîné du comté Eudes aura
terra que deus déguerpira Rajmundo comité, au moins des le commencement m du X.lîecle.C’eft m r- cmi
à Ricardis comtejjà. Enfin on lit ceci dans une troi- (ans doute à coulé de cette alliance que le nom
fiéme: Breve de pionor as de Bemardo archidiacono d’Ermengaud aura pâlie dans la mailbn de Tou¬
la villa de Bencas folum de Raimundcfcas m ilU Joule ;en(brre que Je fils puîné du comté Eudes aura
medietate de tllo nvo de Ricardis comitiffa mater pris le nom d’Ermengaud comte d’Aibi, Ion ayeul
fua . . de Ugone comité , & de Ricardis comi- maternel ; Sc Raymond II. Ion frété Sc fon aîné
uffa mater fua. Ces aétes font i la vérité làns date : celui de Raymond I. comte de Touloule leur ayeul
mais on verra par ce que nous dirons bientôt , qu’ils paternel , fuivant l’ufage du liecle.
. Ibnt du commencement du XI. liecle f & qu’ils XVII. Le même Ermengaud Q marquis de Go-
quadrent parfaitement avec la fuite des comtes de thic, étoit comte de Rouergue ; ce qui eft une
Rouergue. Enfin il eft certain, fur l’autorité de Ber- nouvelle preuve qu’il appartenoit à la mailbn de
nafc^ ecolitre d’Angers S qui a recueilli vers l’an Touloule, laquelle poli edoit cc comté du moins
loi o. les miracles de fâintcFoy, qu'il y avoit eu depuis 0 le milieu du IX. ficelé. Le P. Ange P pré- ov.f.x.
auparavant une comtelîc de Rouergue appellée tend à la vérité qu’il y avoir un comte de Rouer- xax-*isi
Bcrthe; que (on mari s’appelloit Raymond ; quel- gucnppeilé Bernard dutems d’Hincmar archcvê- &f«q.
le en eut un fils de même nom ; que ce der- que de Reims , mais cc Bernard étoit comte de
nier étoit décédé avant la même année 1010. Sc Rouen & 9 non pas de Rouergue, ainfi que nous .j v. u
qu’il avoit epou lé Richarde. Venons maintenant l’avons vu ailleurs; Scil y a Rodomenfi 1 dans la Frod.
à la preuve de la parenté qui étoit entre Ray- lettre d’Hincmar, & non pas Rodencnfi, comme le chron.p.609 *
mond-Pons comte de Touloule, & Raymond 1. veut le meme auteur. Or comme les dignitez
^ comte de Rouergue. étoient certainement héréditaires au X. ficelé, Sc
ufN0Tl XVI. On a déjà fait mention d de Raymond & qu’il y avoit alors des males dans la niailon deTou-
d’Ermcngaud qui étoienc conjointement marquis loulc, il finit qu’Ermengaud air été de cette mat¬
ou princes de Gothie vers l’an 924. & en 932. & Ion. Nous concluons de ce que nous venons de
on a prouvé que le premier eft le même que notre rapporter, qu après la mort d'Eudes comte dcTou*
U Pr.p.yu
•UIMM.
* NOTE
VIL
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1
54» NO'TES SÜR. L’HISTOIRE
l°ufc , Raymond & Ermengaud fes fils partagèrent jugemens , qui font de l’an 878.1°. Catcl confond
fa liicceflion > que le premier <jui fut comte de ici le comte Raymond juge du différend qui s’étoit
Touloufc étoit par conféquent l’aîné , & que l’autre élevé entre un certain Ermengaud & fon fils Raj¬
out le comté de Rouergue en partage. Quant aux mond d’un côté, & l’abbé de Vabres de l’autre, avec
autres domainesde leur maifon , divers monumens ce Raymond fils d’Ermengaud , c’eft-à-dirc le juge
ne nous permettent pas de douter que ces princes avec la partie *, ce qui fuffit pour les faire diftinguer
& leurs defeendans n’ayent poflcdé par indivis le quand ils ne le (croient pasd’ailleurs parleurs qua-
marqnifatde Gothie avec les comtes d’Albigeois& litez: en effet, le premier Raymond eft qualifié
deQucrci jufquesvers la fin du X. fiecle, qu’il y comte dans l’aéfe , & non pas le fécond, non plus
eut, à ce qu’il paroît , un partage réglé entre les que fon pere Ermengaud. Ceux-ci étoient fans
deux branches. Enfin on peut inférer que Raymond doute deux feigneurs particuliers du Rouerguequi
Pons comte de Touloufc & marquis de Gothie, étant en procez avec l’abbé de Vabres au (ujet de
étoit de la branche aînée, du titre de Primarchio quelques biens fituez en Albigeois plaidèrent dc-
» Pr.p..7 j. qu’il fc donne * dans quelques-unes de fes chartes. vant le comte du pais.
XVIII. Belleforêc & Belle b prétendent qu’Er- XIX. Tout ce qu’on peut donc inférer de ces
f.i7 i.&fitf. mengaud fut comte de Carcaflonnc, & la tige des dcuxaâes, c’eft qu’en 878. il y avoit un com-
< tTmtm*' comtcs héréditaires de cette ville. Catel c après te d’Albi appellé Raymond : or ce comte ne nous
p.6i "‘m% avoir réfuté cette opinion , qui n’eft appuyée fur paroît pas different de Raymond II. fils d’Eudes
aucun fondement, conjeûure que ce prince défi- comte de Touloufc. Voici fur quoi nous fondons
cendoit d’Ermengaud comte d'Albi qui vivoit vers nos conjectures là-deflus. Il eft fait mention dans
1 an 861. & qu’il lui fucceda dans ce dernier comtés la vie de S. Geraud abbé d’ Aurillac * , du comte
mais il ne dit pas fi cette dcfcendancc étoit par Raymond fils d'Odon , ou Eudes , comte de Tou-
males ou par femmes. Il fait allez entendre ccpcn- loufc , qui mit en prifon vers l’an 900. Benoît
a Cdtti eiTHtt dant qu’elle étoit par femmes , puilqu’il avoue ° que vicomte de cette ville, & qui étendoit fa domina-
M le fécond Ermengaud étoit prince de la maifon de tion jufqu a la rivière d’Avciron , laquelle fépare
Touloufc , & qu’il ne comprend pas le premier le Rouergue de l’Albigeois, lleftaifé de conclure
dans la généalogie de cette maifon. Il cite deux aétes delà, i°. que Raymond fils d’Eudes comte de
pour prouver que le fécond Ermengaud poflèda le Touloufc pofledoit le comté d’Albi vers l’an 900.
comtéd’Albi. Le premier eft un jugement rendu i‘\ Que c’eft le même que Raymond comte d’Ah
dans cette ville en prefence du comte Raymond , la bi qui vivoit en 878. & dont on a déjà parlé. Les
première année du regne du roi Louis , après la tems s’y rapportent très-bien , car Eudes pouvoit
mort de Charles empereur. Il fuppofc que cette date être né vers l’an 8 5 o. & Raymond fon fils vers l’an
doit fc rapporter à l’an 919. qui , ajoûte-t-il , eft la 8 5 o. & on a déjà remarqué que le comté d’Albi-
première année du regne de Louis d' Outremer fils de geois étoit déjà dans la maifon de Touloufc à la fin
Charles le Simple fuivant la fupputation de du Til- du IX. fiecle , ou du moins au commencement du
fuivant.
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i BiU.Ct*.
GcrM .
il.
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79*
X X. La maifon de Touloufc fc partagea donc
en deux branches après la mort du conue Eudes -,
let. Il parle enfiiited’un aûe de l’abbaye de Vabres
daté de la V. année du roi Raoul, dans lequel il eft
parlé du comte Ermengaud ôc de Raymond
fon fils. Il conclud de là que c’eft de ce dernier (çavoir en celles de Touloufc & de Rouergue *, ce
dont il s’agit dans le jugement rendu à Albi-, qu’il qui nous engagea entrer ici dans ladifcufliondela
étoit par conlcquent comte de cette ville , qu’il dernière , dont Ermengaud prince de Gothie &
avoit lucccdc dans cette digniré a Ermengaud fon comte de Rouergue fut la tige,
perc , que le tems fe rapporte entièrement \ Ce prince fit une donation k au monaftere de
mais 1°/ cet auteur fc contredit, puilqu’il avoue Vabres , avec fc femme Adélaïde » an mois de
tcsteimcm. ailleurs c que le même Ermengaud vivoit encore Juillet delà Pli. année du regne de Raoul. Ileftcer-
en 9 $ l.ainfi fon fils Raymond ne pouvoit lui avoir tain 1 qu’on ne doit compter les années du règne de
déjà fuccedécn 919. i°. Il fc trompe en voulant ce prince dans les domaines de la maifon de r
fixer la date de ce jugement , car elle appartient Touloufc, que depuis la mort de Charles leSim-
cettainemcnt à la première année de Louis leBe- pie, ou le 7. d’Oâobrc de l’an 9 rp. ainfi cette
gue , ou à l’an 878. comme M. de Marca f l’a re- donation eft du mois de Juillet de l’an 9 3 6 . ce qui
marqué, & comme il eft aifé de s’en convaincre prouve que quoique Raoul fut mort depuis le 1 5.
gv.to.upr.p, parl’aâemêmcS', ce qui prouve à la vérité que cette Janvier précèdent , on continua cependant dans
fAfdre.Btdrn.
p.6l7.
*1 J •v’/ifl.
h Cdtcl mtm.
derniere année il y avoit à Albi un comte appelle les chartes du pays de compter par les années de
Raymond, mais non pas que ce Raymond fût fils fon regne \ ôc que Louis d’Outrcmer, qui monta
d’Eimcngaud. fur le trône au mois de Juin delà même année,
Le fécond titre cité h par Catcl , ceft , dit-il , un ne fut pas fitôt reconnu dans la province. Comme
ancien jugement tiré des archives de V abres , donné
entre Ermengaud (S Raymond fon fils d'une part , &
l'abbé de Fabre s cC autre ; Jur la fin duquel jugement
ejl dit , qu il fut donné dans la ville t£ Aibi , en pre¬
fence de Raymond comte , l'an premier du règne de
d
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nous Içavons m cependant que Raymond Pons
comte de Touloufc reconnoilfoit ce dernier pour
roi aux mois d’ Août ôc de Novembre de l’an 93 6.
nous avions cru n d’abord qu’il y avoit faute dans n^7j*
cette date>& qu’il falloir lire anno AV.pour anno Fil.
Louis-, après le décès de Charles empereur ; ccfi l'an mais ayant fait réflexion depuis qu’il paroît par
premier de Louis d' Outremer , qui e!l l'an ç2+.d'où d’autres monumens que le Languedoc ne fc fou*
nous pouvons conjetturer , ajoûte-t-il, puifc/ue ce mit pas d’abord à Louis d’Outremer , on doit
procez. fe jugeoit (Lins Albi en prefence de Raymond ajouter cette preuve à quelques autres que nous
le comte Jon fils y qu Ermengaud devoit être comte avons déjà données 0 de ce fait ,& inférer de là oV.ltv.xn>
d'Albi. Mais tout ce raifonnement porte à faux, que les princes de la maifon de Touloufc ne rccon-
i<\La date de cet acte n’eft pas differente de celle mirent ce roi qu'au mois d’ Août de l’an 936.
du précèdent : ainfi c’eft du meme Raymond Catel P fait encore mention d’une fondation faite
conue d’Albi dont il eft fait mention dans ces deux la VIL année du regne de Raoul , par Dcda reli- !‘li%
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gioiTc, tant pour elle que pour le comte Ermengaud
(3 Adelays fa femme (3 fs enfant , que pour le
jointe Pons» Nouvelle preuve de la parente qui ccoic
entre Ermengaud comte de Rouergue , & Ray¬
mond-Pons comte de Touloufe.
XXI. On voit par cette dernière charte qu*Er-
mengaud avoit alors plufieurs enfans . En effet , ou¬
tre Raymond dont nous avons déjà parlé, il fait
mention lui-même en 9} 4. 4 d’Hugues (on fils.
\.CmcIM> Celui-ci eftfims doute le meme que le comte Hu¬
gues qui fe trouve (ou/crit dans deux chartes avec
Raymond-Pons comte de Touloufe de Tan 940. b
d’où nous concluons que le comte Ermengaud (on
pcrectoit alors deja décédé. Nous n’avons plus en
effet aucun monument de ce dernier après l’an 936.
Se il cft certain que Raymond I. fon fils lui avoir
fuccedc dès l’an 9 4 3 • c
XXII. Frodoard d fait mention (bus l’an 944*
‘ d’une conférence qu’eut cette année en Aquitaine
le roi Louis d’Outrcmcr avec Raymond prince des
Gotbs , (3 les autres jeigneurs d' Aquitaine. On
■peut entendre ce que dit cet auteur, ou de Ray¬
mond-Pons comte de Touloufe, ou de notre Ray¬
mond I. comte de Rouergue , car ils fe qualifioicnt
l’un & l’autre princes d’Aquitaine, Se iis pofle-
doient par indivis le marquilàe de Gothie. Il cft du
U.uitpr.t.S' moins certain que Lnirprandc a voulu parler du
dernier , Sc non de Raymond-Pons > comme la
plupart de nos modernes l’ont cru , lorfqu il rap¬
porte le mariage qui fut contradé vers l’an 946.
entre Raymond prince des Aquitains , (3 Birthc
hitee d’Hugues roi d’Italie, Se veuve de Bo(on
comte de Provence. C cft en effet le meme Ray¬
mond mande Bcrthe qui en 961. fit le te dament
dont nous avons deja parlé : aufüLuitprand ne lui
donne jamais la qualité de comte de Touloulc ;
mais toujours celle de prince d Aquitaine , qualité
qu’il pouvoit porter a jufte rirre , puiiqu outre le
Rouergue , il poffedoir de très-grands domaines
dans cette province, comme on voit par ce même
teftament.
XXIII. C’cft le meme Raymond I. comte de
ffr./.ioj. Rouergue qui tint un plaid { dans le Qperc i le Ven¬
dredi / 3. de juillet de la VH l.annee du roi Lothaire.
Il (emble. d’abord que ce monument (bit du mois
de Juillet del’an 96 1. en comptant les années du
règne de Lothaire depuis la mort du roi Louis
d’Outrcmcr (on pere : mais la lettre dominicale ne
(çauroit convenir, & c’eft celle de l’an 900. Or
comme nous avons d’ailleurs des preuves P qu’on
ne comptoir pas uniformément en France les an-
953. on peut fort bien fixer la dare de ce plaid
à l’année 960. qui étoit en effet la vi 1 x. de Lo-
thaire, en (îiivant ce dernier calcul. Par-là on n’eft
idus juin , au lieu de ttrtio tdus juin*
Raymond I. comte de Rouergue peut donc avoir
tenu ces ailifes, & non pas Raymond-Pons comte
de Touloufe , ainfi que fa plupart de nos modernes
Pont cru. Ce dernier croit déjà décédé en y Go. l’au¬
tre croit certainement alors en vie. Il cft vrai qu’il y
auroir de la difficulté fi ce plaid eut été tenu dans
I eglife de S. Saturnin de Touloufe comme Cnrel »
k prétend; mais M. Baluze k a fait voir que ccfiit
dans une eglife de S. Saturnin en Querci, ficuce ail
voi finage de l’abbaye de Beaulieu.
XXIV. Raymond I. comte de Rouergue fait
n Pr.p.tl '•
o K.f. UÛ
p Pr.p.J 04.
V. c udejjmt
n. IJ.
fr.Mù. éd
«""•5 79. »•
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* Catrl comt.
li ° :
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mention dans fon teftament 1 de Raymond & 1 Prfu°7* *
d’Hugues fes fils, Sc de Raymond & Hugues (es
neveux, nepotibus. On pourroit croire que les deux
derniers étoient (es petits-fils, fuivant la lignifica¬
tion équivoque du terme nepos , fi nous ne fça-
vions que ce prince nepoufa m Bcrthe que l’an wiV.in.jtiu
946. & quainfiil n’eft nullement vraifemblable
que Raymond 11. (on fils aîné eue des enfans en
961. Nous verrons d’ailleurs plus basque ce der¬
nier ne fc maria que iong-tems après. Raymond &
Hugues neveux de Raymond 1. étoient par confis¬
quent fils de fon frère Hugues donc on a déjà parlé:
aulli fait-il mention de fes frères à la fin de fon tefta-
ment n. Il paroît qu’il avoit aufli un troiliéme fils
appelle Ermengaud
XX Y. Hugues frere de Raymond I. comte de
Rouergue , n’eft pas (ans douce different du comte
de ce nom dont il cft parlé dans une charte d’un
feigneur de Querci nommé Rainulfe, de l’an 974-
en ces termes: JllofevoV de Ll MAN ICO qua fuit
Ranulpho avo meo , que tenait de comité Hugoni >
dimitto (3 Gérai do (3 Ranulpbo filas fuis . En effet,
1 °. Raymond l.comtc de Rouergue parle du meme
alleu dans (on teftament. JUoaloiio 4 de LIMA - qPr.p.i cfr
N ICO, dit- il , qttod Grima! dis habet à feo , (3
Frodimtsbabet àfio de Raymundo . Ugoni fil 10
Geraldi rémanent dnmmo io vnvit : pfi fiium difi
cefium S. Pétri Bel h loccr.fi s remaoeat , (3c. i°. Le
comte Hugues , de qui l ayeul de Rainulfe tenoit
le fief de Limamco , vivoic à peu près vers l’an
940. Or nous avons remarqué que le comte Hu¬
gues frere de Raymond I. comrc de Rouergue vi^
voit dans le même tems. 5®. On voit dans ces
deux a Etes , les mêmes perfonnes tenir les mêmes
fiefsdes memes feigneurs. Dans le reftament c’cft
Hugues fils de Geraud ; Se dans Pacte de Rainulfe*
c’cft Geraud fon oncle paternel , pere d’Hugues.
Hugoni confiingutneo meo dimitto. 40. Rainulfe
fait mention du comte Raymond à la fin du dernier
aéte, & les termes dont il lèfèrt font compren¬
dre que ce comrc dominoit alors fur une partie du
Querci. Ce Raymond eft le même que Raymond
II. du nom comrc de Rouergue, fils de Raymond I.
& comme i! paraît d’un aurre coté que les comtes
de Touloufe dominoient dans le même temsfur le
Querci , c’eft une preuve que tous ces princes le
poflèdoient encore alors par indivis , & que le
comte Hugues jouît des allais qu’il avoit dans, ce
païs conjointement avec (on frere Raymond I;
eorntc de Rouergue.
XXVI. ll paroît pat divers monumens que Ray¬
mond II. comte de Rouergue, fils de fuccefleur
de ce dernier , de Guillaume TaÜlcfèr comte de
Touloufe , ou la comttftè Garfinde fa mere,
étendirent également leur domination jufquesvcrs
l’an 975. fur la Gothie & fur les comrcz d’Albi-
geois Se de Querci i Se que depuis la fin du X;
fiecle Raymond II & les comtes de Rouergue fes
fucce (leurs furent feuls marquis de Gothie , &
Guillaume Taillefer, & ceux de fâ branche, feuls
comtes d’A!bigcois& de Querci. Nous inférons de
là que ces deux princes parragerent vers l’an 975.
les domaines que leurs brancncs avoient pofledez
jufques alors par indivis , Sc que par ce partage lé
marquifàt de Gothie demeura en entier aux comtes
de Rouergue , «Se les comtez d’Albigeois Se de
Querci aux comtes de Touloufe. Nous exceptons
Cependant le comté particulier de Nifints , dont il
paroît que les deux branches fc réfervecent la moi¬
tié chacune, comme nous l’expliquerons ailleurs;
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544
NOTES SUR.
L’HI ST O IRE
l’an 1010. pui(que Bernard écolâtre de TéglHc
Xp.U€.
•Adolcfceat
cula.
df.
‘«T'Vf.wi. °n v°rt en effet èntr’autres par un a&c. du com¬
mencement du XL fieele > que Guillaume Taillefer d’Angers , (fans, f’ouvrage qu’il écrivit alors fur les
ne prenoit alors que le titre de corne de Touloufe , miracles de fainte Foy , parle d’un voyage que Ri-
d' Albigeois d de Querci , tandis que vers le même tdiarde veuve k de ce corate avoit fait à Conques KPr.p.a
tems le comte de Rouergue étendoit feul (on auto- quelque tems auparavant. On peut fixer par là à
4». ai z. rité dans la Gothie, comme U paraît par Ta&e de b peu près l’époque de leur mariage & delà naiflance
Tcleétion de Guifred archevêque de Narbonne. d'Hugues leur fils. U eft certain en effet que Ri-
XXVII. Raymond ll.comte de Rouergue avoit charde vivoit encore 1 en 1 061. en fuppofant donc i BaImx.Um*
déjà pris fans doute Tadminiftration de fes domai- quelle avoir alors 90. ans, qui eft l’âge le plus
nés, lorlqu’il confirma c en 965. une donation avancé qu’on puifle lui donner taifonnablement ,
Xie la comtefiè Bcrthe (amere fit alors à la ca- elle fera née vers l’an 972. Or comme fuivant le
edrale de Nifmes. On voit du moins qu’il gou- même auteur elle croit extrêmement jeune ¥ lorf- m Pr.&u.
vernoit déjà en 97*. car il n’eft pas différent de quelle fc maria, elle auraépoufé Raymond II. comte
Raymond comte d marquis , qui ayant alors un de Rouergue Vers l’an 987. & par confisquent
procez davec l’évêque Amelius au fujet de diffe- Hugues leur fils fera né vers l’an 990.
rens domaines (ituez dans le comté d’Agde, fe 11 cft vrai qu’on pourrait croire que Bernard
fournit à la décifion d’une affèmblée quife tint dans écrivit lun peu plus tard fon traité des miracles de
Téglife de S. Baufile de Niftnes. Du refte ces mo- fainte Foy , puifque tout ce que nous fçavons de
numens prouvent que Raymond IL comte de certain touchant l’époque de cet ouvrage , c’eft
Rouergue étendoit (à domination fur le marquifac qu’il le compofa fous 1 epifeopat n de Fulbert évê- n pr.p.c;
de Gothie. que de Chartres, lequel s’étend depuis l’an 1007. *£££*
XX VIII. Il Tétendoitauffi fur l’Albigeois en 971. jufqu'en 1019. & qu’il paraît d’ailleurs que l’au-
car 1 c’eft le même que \c comte Raymond qui con- tcur parle dans un endroit 0 du combat livré aux e
firma cette année la dotation c de l’abbaye de Gail- Saraiins de Cordoue en 1 o 1 o. par Sanche comte de f,5¥L%
lac en Albigeois faite par Frotaire évêque d’Al- Caftille. Mais d’un autre côté on ne fçauroit auflî
bi. Il eft évident en effet que ce ne fçauroit être guère différer le mariage de Raymond avec Ri-
Raymond-Pons , comme quelques-uns de noshi- charde après l’an 9S7*puifqüe ce comte né vers
itoriens l’ont avancé, puilqu’il eft certain que ce Tan 9S°- n’auroit pas attendu fi long-tems à fe
dernier étoit déjà mort avant Tan 969. & qu’on marier , à moins qu’il n’ait époul'é Richarde en
n’a aucune preuve qu’il ait eu un fils du nom de fécondes noces. Quoi qu’il en (oit , Bernard écrivit
Raymond.Or comme cette dotation eft confirmée du moins fon ouvrage quelques années avant Tan
& fouferite en même tems par la comtefiè Garfin- 1016. puifqu’il y parle de Richard IL dué de Nor-
de que l’évêque Frotaire appelle fa dame , & par mandie comme vivant *: or ce prince mourut cette *Hu.p.$^
le comte Raymond fon fetgneur > fans qu’il loit même année.
marqué dans Taélc que l’un fut l’époux de l’autre , XXX. Hugues fils de Raymond IL comte de
ce que le P. Mabillon ( a fuppofe fans fondement •> Rouergue & marquis de Gothie lui fucceda dans
c’eft une preuve que Raymond II. comte de Rouer- ces dignitez \ ce qui paraît par ce que nous avons
.gue dominoit alors fur l’Albigeois, conjointement déjaP rapporté ailleurs , & par une charte de Tan p r.qattft
avec Garfinde veuve de Raymond-Pons , laquelle 1051.* dans laquelle Hugues comte de Rouergue , *-l+-
avoit l’adminiftration des domaines de Guillaume d la comtcjfe Richarde fa mere font une dona-
tion à l’abbaye de Conques pour leurs âmes, & yai.
pour celle du comte Raymond . La charte cft font
crite par Robert comie d’Auvergne , la comtcjfe
( XUb. dd
hnn97- »•
*7-
Taillefer ion fils , qui alors n’avoit pas encore
atteint fans doute l’àge de 2 5 . ans. Nous avons
déjà remarqué que le même Raymond IL comte de
Rouergue dominoit fur le Querci en 974. & nous
ferons voir plus bas , que Guillaume Taillefer
comte de Touloufe domina conjointement avec
Foy , d la comteffc Bcrthe \ d’où M. Baluze , f qui r •
g Pr.p.l6o*
ér/c<j.
lui fur ce pais. Ils pofièderenc donc l’Albigeois & gués. Il apporte diverfes preuves 1 que l’autre étoit
le Querci par indivis jufques vers Tan 97$.
XXIX Nous avons une donation faite par le
comte Raymond g fils de Bertelde ou Berthc , fous
le régné du roi Robert , à Tabbayedc Conques en
Rouergue , de l’alleu de Palais dans le diocèle
fc C*tel rntrn .
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a donné le premier cette charte , conclut avec
raifon que la première étoit femme du comte Hu-
_ »orte diverfes preuves 1 que l’autre étoit • M*-*- *•
fa fille , quelle avoit époufé dès lors Robert f'
comte d’Auvergne , 6c que Richarde vivoit encore
en 1061. Le P. Ange r, on ne fixait fur quel fon- £tlh
dément , fait celle-ci de la maifon de Narbonne.
XXXI. Nous avons divers monumens qui prou-
d’Àgdc. Nouvelle preuve que Raymond IL comte vent * qu’Hugucs comte de Rouergue domina fur x pr.f.iu.
de Rouergue dominoit fur la Gothie *, ce qui paraît la Gothie depuis le commencement du XL fieele , 100•i,2•
encore en ce que le même Raymond comte de Rouer - jufqu’en 1055. S11 ^ vivoit y encore. Bcrthe fâ fille y p. «4
gue eft nommé le premier entre divers feigneurs unique , femme de Robert comte d’Auvergne, lui
qui fè trouvèrent au concile provincial*1 qu’Er- fucceda dans le comté de Rouergue & dans le
mcogaud archevêque de Narbonne convoqua vers marquifac de Gothie ; mais étant 1 morte fans en-
le commencement du XL fieele, ou à la fin du fans vers Tan to6 5.ccs dignitez rentrèrent après
précèdent. Le P. Ange 1 qui cite ces monumens, fon dcccz dans la branche aînée des comtes de T011-
s’eft trompé, i°. en ce qu’il fait Berthc, femme du loufe , en laperfonne de Guillaume IV. comte de
comte Raymond qui fit la donation à l’abbaye de Touloufe, 6c de (on frere Raymond de faint Gilles ,
Conques, au lieu qu’elle étoit fa mere •, ce qui petit-fils de Guillaume Taillefer. Revenons müin-
lui a donné occafion défaire deux degrez ge- tenant à la branche de ce dernier,
nealogiques où il n’y en a qu’un. i°. Par rapport XXX11. Il eft fait mention de lui dans le tefta-
à la date de cctaéle qu’il fixe à Tan 990. }°.Ence ment de Raymond I. comte de Rouergue (on cou-
qu’il diftinguele comte Raymond qui fit cette do- fin de Tan 96 t. en ces termes: a lllos alodos quoi
nation , d’avec celui qui aflifta au concile de Nar-* acqufivi de Guillelmo comité confangutneo meo , de .
bonne fous l’archevêque Ermengaud. Le P. Mabillon b dans la fuppofition que le comte bD^f-57x*
Raymond IL comte de Rouergue décéda avant Raymond qui fit ce teftament, cft le même que
Raymond-
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L -~1 Raymond-Pons comte deTouIoufè, prétend que ce
^VIH E Guillaume eft le même que Guillaume duc d’A-
‘ quirainc ôc comte d’Auvergne II. du nom, mort en
916. mais comme nous avons démontré que cet
atfte eft de Raymond I. comte de Rouergue fils
d’Ermcngattd marquis de Gothie , il s’enfuie que le
comte Guillaume coufin du reftateur, eft le même
que Guillaume Taillcfèr fils de Raymond-Pons,&
qu’il étoitdéja comte deTouIoufè en 96 1.
XXXIII. Ce prince étoit alors fort jeune; car
outre qu’il ne mourut que vers l’an 1057. on a déjà
vu que la comteftè Garlînde la mere avoit encore
en 971. l’adminiftiation de les domaines. On voit
de plus que cette princeftè eut toute l’autorité après
la mort du comte Raymond-Pons fon mari & du¬
rant la jeuneftè de fon filsGuillaume , par la ceftîon
I 1. que Gausfted a abbé de S. Pons de Tomieres fit en
969. en faveur de i’églifè de Narbonne; car cet
abbé déclare qu’il fait cette ccftion du confenre-
ment de la comteftè Garfinde , d’Adclaïde vicom-
teflè , & de tous les (èigneurs de la ville de Nar-
bonne : cam confihoGarfindt cominffa, (j A delais
vicecominjfa & cunths fatelbtibus civitatis Nar -
bona. U faut remarquer qu’Adciaïde dont nous ve¬
nons de parler, étoit alors veuve de Matfred vicom¬
te de Narbonne, & quelle avoit l’adminiftration
des biens d’Ermengaud Ôcde Raymond fes fils.
XXXIV. On a déjà parlé du teftament que fit la
comteftè Garlînde , ôc dont nous fixons l’époque
vers l’an 97 il eft en effet anterieur à l’an 977*
puifqu’elle y fait une donation k> à la même Adelaï-
^ devicomteflc de Narbonne, & à (es fils Ermcn-
gaud & Raymond. Or comme celui-là focada en
977. à Aymcri archevêque de Narbonne, Garfinde
n’auroit pas manqué de lui donner le titre d'arche¬
vêque, n fon teftament eût été porter icur: d’un au¬
tre côté il eft foulcrit par Fr or aire eveejue , auquel
clic donne un alleu qui devoir pafter après fa mort
à l’abbaye de Cadres en Albigeois ; ainfi ce Frotaire
eft le même que l'évêque d’Albi de ce nom ,dont
on ne trouve rien avant l’an 971.
XXXV. La comteftè Garfinde fait mention dans
fon teftament de trois de fis nev:ux\ fçavoir du
comte Hugues, d’Amelius , <Sc de Raymond. Elle
dit ce dernier fils de Gundim.'de. L’équivoque du
mot ntpos fait que nous ne fçaurions allûrer fi ces
trois fèigncurs étoient petits-fils , ou feulement
neveux de la comteftè , c’eft-à-dire fils de fa (œur,
de fon frere, ou enfin d’un frere ou dune (œur
de fon mari. Nous conjecturons volontiers que cet
Amclius eft le même que l’évêque d’Albi c de ce
10. nom, qui fiegeoit en 987. ou un autre Amclius
évêque de la même ville en 1 o 3 o. Quant au comte
Hugues neveu de Garfinde, on peut croire qu’il eft
le meme que le comte de ce nom , fils de Ray¬
mond I. comte de Rouergue. Cette princdle pou-
voit l’appel lez fin neveu , parce quill’étoit en effet
à la mode de Bretagne , de Raymond - Pons fon
mari, ainfi qu’on peut le voir dans la genealogie
des comtes de Touloufo que nous joignons à
cette note.
XXXVI. Garfinde ne dit rien dans ce teftament
de Guillaume Taillcfer comte de Touloufc fon
fils ; ce qui fuppofè > ce femble , quelle en avoit
fek un autre. Il parole en effet que cet aéte n’eft
proprement qu’un codicille , ce qu’on peut inférée
Kf'216, | o. <jçs tcrmes fuivans ; Plaçait d mihi Garfinde co-
rmtijfa facerc CODICILLUM breve , promto ammo
bona volant as e , pro re medium anima viri met P on -
tu 9 (3c. î 0 . De ce que tous les legs qu’elle fait font
Tome 1 1.
GDEDOC.
des legs pieux, ôc que tous lesbiens dont elle N 0 T
di/pofc font fubftirncz en faveur de diver/c s égli** y IIE
fcs. Eft-il c roïable que cette comteftè , qui avoit un
fi grand nombre de parens, ne leur ait rien donné
en propre , Ôc quelle air difpoféde tous fcs domai¬
nes en faveur des églilès ?
XXXVIL On a déjà vu que Guillaume Taillefcr
éroit comte de TouIou(èdè*l’an 961. Nous fça-
vons d’ailleurs qu’il l’étoit avant l’an 971. puifqu’il
eft marqué dans les chartes 9 que Bernard qui étoit c o*u.dmj!.
évêque d’Albi en 9G-j.dc qui ne l’étoit plus en ;
972. pofïeda cet évêché fous Guillaume comte de
Jiuloufi.
XXXVIII. Ce prince avoit déjà époufé dès l’an
99*. Ernme fille de Rotbold comte de Provence ,
laquelle vivoic encore en 1014. Un auteur* qui a ftAMMau
écrie vers l’an 1010. parle d’un pèlerinage qu’avoit &
entrepris vers la fin du X.fiécle, Arfinde femme d
de Guillaume comte de Toulon fie. Guillaume Taillcfer 4™^ ?r./T.V.
époiifà donc cette dame en premières noces. Le
même auteur nous apprend qu’il en eut des enfans.
Nous faildns voir ailleurs s que la même Arlindc £ notb
écoir (œur de Foulques Ncra comte d’Anjou , &
que Guillaume l’epoufa vers l'an 975. Un auteur
poftciieur rapporte Ihiftoire de ce pclerinage en
versGalcons, qu on peur voir dans Catcl. ^ Le h Cétdcmt .
texte eft corrompu en quelques endroits par la faute
des copiftes, cnrr’aiurts dans ce vers, a Artous
delfonfi contejfe , où il fuit lire à Arfins de Tou -
loujc comcejfe. La Faille 4 foupçonne que ccs vers l'Amélie
font fiippo/èz : il auroit changé de (enciment s’il 7°h
avoit fçù qu’ils (ont appuyez (uc l’autorité d’gn hi-
ftoi ien du tems. s
XXXIX. Cet hiftorien* atteftequelemêmcGuil-
laume comte de Touloufo éroit frere de ce Pons * *
que fon beau-fils Artaud avoit tué par furprife :
Arfindis uxor Willelmi Tolofixnt comitis , fratris
tlhas P ont il , qui ab Artaldo p/fi bac pri >gno fao ,
dolo interféras efi. C’cft ce Pons que Catcl , «5c cous
nos gcnealogiftes après lui , ont flic comte de Tou*
loule fous le nom de Pons IL & dont on trouve
ici la filiation. Catcl ne rapporte de lui qu’un (èul
acte 1 , dans lequel il prend le (impie titre de 1 nul mi.
comte , (ans marquer de quel endroit. Ce font des p lr°^liuà.
lettres de franchife ou de (auve-gardc qu’il accorda fa.
au mois de Septembre de l’an 987.3 Amclius évê¬
que d’Albi , & à fon églifo pour le lieu de Vioux
en Albigeois qu’ils tenoient de lui. On voit par
cet acle que Pons poftèdoit le comté i’AIbi , Sc
non pas celui de Touloufc. Le P. de Sainte- Marthe
fait encore mention d’une charte m par laquelle/**»/ m Ga0-chr*
comte d Albi après avoir rétabli l’cglifcde Vioux , la *9™d't9ûlm
foumet pour toujours a la cathédrale de cette ville.
Cette charte eft datée de lu fécondé année de Louis
fils de Lothatre , ainfi elle eft poftcricure au *. de
Mars, «Sc anterieure au 21.de Mai de lan 987»
Nous la donnons dans nos preuves0 for une copie n rr./.t4o. £■
qui fie trouve dans les porte- feuilles de M. Baluze à /«*•
la bibliothèque du Roi , ôc dans laquelle on a
omis la date : mais c’eft le même aéle que celui donc
le P. de Sainte Marthe fait mention , & qui eft an¬
terieur aux lettres de (àuve-garde donc nous avons
déjà parle ; car il contient l’union ou donation de
l’églifodc Vioux à la cathédrale d’Albi , <Sc les lettres
fuppofont cette donation.Tout ce qui pourrait faire
quelque difficulté , c’eft que dans le tems de
l’aéte, Benoît étoit abbé de Vieux, ôc que c’eft:
Adalard qui eft nomme dans les lettres. Or nous
trouvons un Adalard abbé de Vioux fous le règne
de Louis d’Outremer. On pourrait fuppofer par.
Zzz
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j 46 NOTES SUR V HISTOIRE
N OTE ^9uccc^lcf^^DC Adalard qui poflcda cette ab- année. 1 «.Ces auteurs fuppofent que Bernard àc- N Q T £
VHU bare juïquaprès la mon de Louis V. fils de Lo- cepta alors l’évêché de Cahors ; mais il paroît au yiU#
thaire, & que par conféquent i’aftcoùil cft fait contraire par la narration d’Aimoin qu’il le refufe,
mention de Benoît abbé de Vioux eft poftérieur aux puifqu Abbon ne lui donne que le fimple titre d'ab -
lettres de feuvegarde : mais on peut admettre deux dedans une fécondé lettre k qu’il lui écrivit fort * ^*»SS.h9
Adalard abbez de Vioux > l’un (ous le règne de Louis long-tems après. *‘4î*
d’Outremer , & l'autre qui aura fuccedé à Benoît XL1. U cft maraud dans l'a&e de l’éleéHon de
avant le mois de Septembre de l’an 987- Gaulbert , qu'elle fut faite 1 du confentement (3 de
On peut appuyer la preuve que nous venons de la volonté de Guillaume comte de Cabors (3 de fa
donner que Pons ne fut que comte d’Albi , fur une mere Actlicine. On pourroit inferer de là qucGuil-
donation • faite feus le reçue de Lotbaire à l’abbaye laume Taillefer comte de Touloufe & deQuerci
de Vabres en Rouerguc , dedans laquelle celui qui n’étoit pas fils deGarfinde femme de Raymond-
l’a fait fe fert de ccs termes : Ut nullus ubba . Pons comte de Touloufe •, mais nous fommes per-
mn peffu commutare ,(fc. qmdfi ficerit ventât co- fuadez qu’il s’eft glillë quelque faute dans cet afte,
mes decomitatu Albienfe Üf accipiat ipfum monafie - dont nous n’avons qu’une copie m tirée d’un cartu- m c*ü. cW;
rium & donet Ulud S. Pontio . L’Albigeois étoit donc lairc -, & qu’il faut lire dans l’endroit cité Garfindo, , *,v‘ «• u
Svemé alors par un comte particulier , qui ne au lieu d 'Aciltcina \ ou bien, ce qui nous paroît plus
: pas être different de notre Pons , lequel aura vraifemblable , les copiftcs auront mis comitis pour
été par conféquent comte d’Albi fous le régné de vicecomitù -, ainli il faudra lire fans autre change-
Lotnaire > c’eft-à-dire au plus tard en 984. & 98 5 . ment , per confenfum (3 volant at cm Guillermt vice -
fe estel nmt. U eft vrai queCatel b rapponc une charte fuivant comité Caturcenjis , ce qui ôte toute la difficulté.
*loU laquelle Raymond V. comte de Touloufe confirma Deux raifons nous portent à croire qu’il faut lire de
la donation du lieu de Vioux faite à lcglife d’Albi , cette derniere manière : la première , c’eft que s'il
par le comte Pons [on ayeul* & qu'il conclut de là s’agi doit dans cet endroit de Guillaume Taillefer,
que ce dernier doit appartenir à la ligne dirc&e des on aurait mis Guillelmi comitts Tolofani , comme
comtes de Touloufe, & avoir été par conféquent l’a fait Aimoin auteur contemporain, & non pas
comte de cette ville. Mais cet auteur cft obligé de Gmllemi comitis Caturcenjis . La fécondé c’cft qu'il
convenir que le terme A'ajeul ne fçauroit être pris y avoit alors certainement des vicomtes de Cahors:
ici à la rigueur, puifquc Raymond V. étoit petit- or lorfque dans les villes il y avoit des comtes &
fils de Raymond de S. Gilles , fk non de Pons ^ & des vicomtes , les uns & les autres concourraient
qu’ainfi ce terme doit fignifier dans cet endroit pré- alors également à l’élcâion des évêques *, c’eft de
decejfeur (3 devancier. Or dans ce fens Raymond quoi nous avons diverfes preuves pour ce fiecle&
V. pouvoit l'appliquer à Pons comte d’Albi , quoi le fuivant. Guillaume fils d’Acilicine aura donc été
qu’il ne fut que fon arricre-petit-neveu, parce qu’il vicomte de Cahors en 990.
lui avoit fuccedé dans le comté d’Albi. Guillaume Au refte on doit admettre deux évêques de cette
Taillefer réunit en effet le comté d’Albigeois à ville du nomdeFrotaire au X. fiecle. Nous avons
celui de Touloufe apres la mort de fon fferc Pons , déjà vû qu’il y en avoit un de ce nom en 96 1 . &
& lctranfmit aies defeendans , ce qui nous don- 968.de qu’Etienne lui avoit déjà fuccedé en 974.
ne lieu de croire que ce dernier mourut fans po- Or comme Gaufbert élu en 9 90. fucccda immedia-
fterité. renient à un Frotaire, fuivant l’adte de fon éleéfion n,
«Pr /».x6j. XL. Suivant un titre c du commencement du il faut que ce dernier foit different de celui qui vi-
Xl.liecle Guillaume fe qualifioit alors comte deTou - voit en 96 1 . à quoi les nouveaux éditeursdu Gai -
loufey cCAlbiÿ de Querct. Il polledoit ce dernier Ha cbri/ltana n’ont pas fait attention.
XL1I. H eft rapporté dans le concile de Limo¬
ges tenu en 1 oj i.9 M que les moines de faint Pier¬
re de Beaulieu , dans le bas Limoufin , fur les
frontières du Qnerci , s’y plaignirent de ce que
détourner d’accepter l’évêché de Cahors , que GuU - leur monaftere etoit livre à un abbé feculicr qui le»
tourne comte de Touloufe & l’archevêque dcBourges défoloît que lonç-tems après la mort de Raoul*
lui offraient pour une grofle fomme. Aimoin ajoute archevêque de Bourges , qui l'avoit fondé , lem
que Bernard refiila cet évêché à laperfuafiond’Ab- comte de Touloufe ayant trouvé une occafion fa-«
bon, qu'il entreprit enfuite divers pèlerinages, & vorable , l'avoit fournis à fon autorité, & l'avoit*
qu’il étoit évêque de Cahors dans le tems qu’il écri- donné en fief au comte de Périgord , qui l’avoit *
voit. Nous concluons de là que Guillaume comte enfuite donné lui même au vicomte de Comborn •,*
de Touloufe offrit l’évcché de Cahors à Bernard & qu’enfin ce dernier y avoit mis un laïque pour*
en 990. & que ce prince dominoit par conféquent abbé , parce que Bernard moine de Solignac > & «
alors furie Querci. Il paroît certain en effet que enfu.tc évêque de Cahors , en avoit été abbé.*
Bernard n’accepta cet évêché que long-tems après D’un autre côté Aimoin rapporte les paroles fin¬
ie refus qu'il en avoit fait , puifqu’il entreprit aupa- vantes dans la vie de S. Abbon. * Hugues , dit*
ravant de longs pèlerinages : on élût par confé- ect auteur P , l’un des principaux feigneurs d>A-“ iirfss*'
quent un autre éveque a fa place. Or il fucceda quitaine, envoya Bernard (bn fils, déjà moine,*
immédiatement à Gaulbert qui fut promu à cet dans l’abbaye de Fleuri, pour y apprendre les bel-*
évêché en 990. c. Ce fut donc cette derniere an- les lettres qu Abbon lui enfeigna du tems de*
anrh née que Guillaume comte de Touloufe le lui offrit, l’abbé Richard. Bernard ayant été rappellé quel- *
s>9*.n.*7- \[ çft vrai que fuivant le P. Mabillon f ce fut en ques années après par fon pere, il tnt abbé de-
n Sficil. Cr
è sAim. comtédès l'an 99o.comme il paraît par Aimoin
'ïiJ.SS.Bn. qui marcluc ^ans la V*e 4U ** en 1005. de
faint Abbon abbé de Fleuri , que ce feint écrivit à
Bernard abbé de Beaulieu en Limoufin , pour le
féc.IV.fdrt.l.
eLM.iM.
r#. 2^.78*.
Ben. fu* «•
pârtl-fOU
g Béln\. hifi .
Tutel.p.9 o.
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/fî*
I *d
éuin.9%7»n.
loo. & 4 d
99 8.& fuivant M. Baluze g en 1 004. mais ces deux
auteurs fe trompent, i°. La lettre d’ Abbon à Ber¬
nard pour le détourner d’accepter l’évêché de Ca¬
hors, eft anterieure à l’an 996. puifqu’il l’écrivit h
avant fon premier voyage de Rome qu’il fit 1 cette
Solignac, & peu de tems après il obtint l’abbaye*
de Beaulieu, que fon pere avoit acquife par le*
droit de la guerre. Guillaume comte de Touloufe*
voulut enfuite donner l’évcché de Cahots à Ber- *
nard , &c. » Nous levons enfin que le
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DE LANGUE DO C. 547
Bernard fût promu à l’abbayc de Solignac du tems poftericurà l’an 1030. & fîiivâftt la lettré dominé ^ q^t i
de Richard abbé dcFIcurimonen 979 I&on con*- cale il doit être de l’an io 3 7-car on ne trouve aucune * ix.
vient b qu’il polïèdoic dès 1 an 983. celle de Beau- autre année â laquelle elle convienne depuis l’an
lieu î or comme il paroît d’ailleurs qu’Hugnes lOjo.jufquen i04j.que Pons avoir certainement
fon pere écoit vicomte de Comborn c , nous con- foccedé a Guillaume Taillcfer fon pere dans lé
cluons de tous ces divers témoignages que Guil* comté de Touloufe : d’ailleurs ce dernier devoit
laume Taillcfer comte de Touloufe s’empara de être extrêmement âgé en 1037. puifqu’il éroit né
l’abbaye de Beaulieu avant l’an 98 3 . & qu’il domi- au plus tard vers l'an 945. il avoir donc environ
noit par confequent alors for le Qpcrci & le bas 91. ans dans le tems de fâ morr.
Limoulin. XLVI. Ce même a&e prouve > ce femble * que
M. Baluze d convient que le comte de Touloufe dans le partage des domaines de la maifon de Tou*
%v& s’empara de l’abbaye de Beaulieu fous le règne de loufc fait vers l’an 975. entre Guillaume Taillefer
Lôthaire : mais il prétend que ce fut Raymond- & Raymond II. du nom comte de Rouerguc fon
Pons, fondé fur ce que le Comte Raymond tint coufin , iis eurent chacun la moitié du comté de
un plaid dans te Querci la VIILannée du règne de Nifmes. Nous voyons en effet que Pons fils de
cc roi ; mais outre que cet aâe ne prouve pas que Guillaume , affigna pour le douaire de Majore fort
le comte qui tint ce plaid fût alors maître de l’ab- époufe U moitié de cet évêché. Du refte il paroît
baye de Beaulieu, nous avons fait voir c ailleurs que que Majore étoit de la maifon de Carcafïonne ou
1 ’ ce comte eft le même que Raymond I. du nom de Foix ; car fon contrat de mariage avec Ponsfe
comte de Rouergue. trouve en original dans les archives de cette mai-
XLIII. Le même auteur 1 croit que ccux-lâ fè fon, & dans ie cartulaire du château de Foix.
trompent, qui font Bernard abbé de Beaulieu & XLVII. On voit par ce que nous venons de dire
évêque de Cahors, de la maifon de Comborn. Il eft qu’il n’y a eu d’autre comre de Touloufo depuis
perfuadé que ce prélat étoit fils d Hugues neveu de environ le milieu du X. lieele julqu’cn 103 7, que
Raymond-Pons comte de Touloufe . Il eft vrai que Guillaume Taillcfer , qui fora né quelques années
■ îtébiM.
Raymond I. comte de Rouergue , & non pas Ray¬
mond-Pons comte de Touloufe , comme l’a cru
IJV./.1©*. M.BaIuzc,fâit mention dans fon teftament X de fon
neveu Hugues , & qu’il eft fort vraifemblable que
h MuÂ
IU mu.
ilejl.ft.99.
f.G*k<kr.
ikd.u.uf,
404.
i £J. 1 ibùt.f.
fii*
avant la mort de Raymond-Pons fondateur de
l’abbaye de S. Pons de Tomieres fon pere , & lui
aura mcccdé immédiatement fousIatutelledeGar-
finde fâ merc. On doit rayer par confequent du
celui-ci eut quelque autorité dans le Querci : mais nombre des comtes de cette ville les prétendus Ray-
cela ne foffitpas, pour établir que Bernard abbé de mond III. & Pons II. que nosgenealogiftes mettent
Beaulieu & évêque de Cahors éroit fon fils ; d’ail- entre deux, & qu’ils ont confondus avec? d’autres
leurs le P. Mabillon h afliire pofitivcmenr que Ber- princes de la maifon de Touloufe qui apparticn-
nard étoit fils d’H ugues vicomte de Comborn , & nent â la ligne collaterale. On pourroit obje&cr
oncle paternel d'Hugues de Comborn fon foccefleur cependant l’autorité du P. Ange, qui n pour prouver Q ^ hifK
dans l’abbaye de Beaulieu; ce qui eft fondé, tant que Guillaume Taillcfer fucceda bien jeune à (Pons
II.) fon pere vers 99 / . cite une charte de S. Pons de
Tomieres de la meme année ou il eft nommé avec
fonfrere , mais nous n’avons aucune connoiflance
de cette charte. Cet auteur le conrredit d’ailleurs,
puifqu’il avoue que Guillaume Taillcfer étoit déjà
marié en 99 1. avec Emme de Provence.
SS-
l*r- *«j.
fir
f’IOQ.fr
fur l’autorité d’Aimoin , que for celle du concile de
Limoges de l’an 1031.au lieu que M. Baluze 1 n’a
pour fondement qn’une donation faite â l’égifede
de Cahors en 9 8 7- par un feigneur nommé Hugues
& fa femme Hermentrudc , ce qui ne prouve rien.
XL1V. On pourroit cependant concilier ces deux
auteurs, en fuppofânc qu’H ugues neveu de Ray¬
mond I. comte de Rouergue, fut vicomte de Com¬
born , & pere 4de Bernard abbé de Beaulieu , 8c
d’Archambaud , fornommé Jambe - pourrie , vi¬
comte de Comborn , lequel vivoit k en 984 • &
987- Outre qu’on ne connoîr pas l’origine de ce
dernier , les tems fe rapporrenr très- bien. Quoi
qu’il en foit , il réfulte de cc que nous venons de
aire, que Guillaume Taillefer comte de Touloufe
gouvernoit déjà fes états par lui-même vers l’an
975. Il vivoit encore en 1019. 1
XLV.Nous avons un contrat m de mariage par le¬
quel Pons affigne pour douaire â Majore fâ future
•époufe r évêché & la ville d’Albi, la moitié
••de celui de Nifmes, fon droit for Milhaud, la
NOTE IX.
Epoque de P épi fçopat de quelques evèques
d'Albi.
L TL eft fait mention de Godolric évêque d'Albi
A dans une charte0 datée du Jeudi / 2. dOtlobre oPr.p.jf.
la XX1T. année du régné de Charles . Le P. de
Sainte Marthe P qui en a donné un extrait, la rap- ?G*u.'hr.nn.
porte au règne de Charles le Simple, 8c environ â
l’an 9 1 7. mais cette année ne fçauroit convenir ni
avec la lettre dominicale , ni avec la XXIV. année
du règne de ce prince en Aquitaine , qu’on ne doit
moitié de l’abbaye de S.Gilles, le château de Tarât compter que depuis la morr du roi Eudes. Ainfi fi
con & la terre d’Argencc dans le diocêfe d’Arles. »
Après le feing du même Pons on voir celui de
Guillaume fon pere conçu en ces termes: Signum
Willelmo patri fuo , celui de Bertrand , &c. Tou¬
tes ces circonftances ne nous permettent pas de
douter qu’il ne s’agiffe ici de Guillaume Taillefer
la charte eft en effet du régné de Charles le Simple,
elle doit être de l’an 920. foivant la lettre domini¬
cale , ou de l’année fuivante , felon les années
du régné de ce prince en Aquitaine ; car ces notes
chronologiques ne fçauroient s’accorder enfemble.
On pourroit rapporter cette charte a l’an $64.
comte Je Touloufe, de Pons fon fils qui époufâ ouâ la XXIV. année du régné de Charles le Chau-
Majore , & de Bertrand fon autre fils, quoi qu’ils ve. Godolric pouvoir remplir alors le fiegeépifco-
nc prennent aucune qualité. Guillaume Taillcfer pal d’Albi ; car nous avons 9 une lacune dans le cara- q v. GéB.ebr.
vivoit donc encore dans le tems de ce contrat de logue des évêques de cette églife depuis l’an 854*
mariage , qui eft daté du Mercreds / 4. Septembre jufqu’â l’an 869. d’ailleurs et fiege fe trouve
fous le reçue de Henri . Cet a&e eft par conféquent rempli r en 911. par Paterne. Cependant comme r sp,c£*'7*
Tome XI. Zzzij *
Î4« NOTES SUR.
Charlcslc ChauVe étoit aa mois d’Oélobrc de l\m
L’HISTOIRE
On aura donc confondu cette lettre ave* celle qoe
& qui n’eft pas different dè Guillaume qui parvint &
cct évêché en 1157- Celui-ci aroit fuccedé à Ri-
gaud , & ce dernier à Hugues qui fiegeoit* en n jo.ss*i
tll9 S'totfyur.
121 * S64. danslaXXV. & non dans laXXIV. année de Rigaod ® évêcpie d’Albi écrivit vers Tan 1 1 54. à N *
fon rtgne , & que le ftile de la chatte reffenr moins Jean abbé d’Ardorei & à fes religieux , donc quel- m 0^.4,
le ficcW de ce prince , que celui de Charles le S in> qucs-ims vodoient quitter rinftitut de Gteaux
de f nous croyons plutôt qu’il faut la rapporter à qu’ris avoient embrarté. H s’enfuit de B qu’on dore
l’an 9 10. & lire U XXI IL au lieu de la XXIV. an- rayer du catalogue des évêques d'Albi le prétendu
t>ée du règne de Charles. Guillaume IV. qu’on fait fieger en 1117.* 1118.
êC9*cil.f.f H. Addolenus évêque d’Albi fou fc ri vit1 en8?i- Ôcqui n’eft pas different dè Guillaume qui parvint à
*'4U* au privilège que Wautier archevêque de Sens ac- cct évêché en 1157* Celui-ci avoit fuccedé à Rt-
corda alors au monaftere de S. Pierre le Vif. Nous gaud , & ce dernier à Hugues qui fiegeoit* en n ^assMi
trouvons d’un autre côté un Odolenus évêque 1138» ^
d’Albi qui fut prefènt , avec les évêques Egfrid de . _
Poitiers, & Guillaume de Cahors, à la donation
que Frotaife archevêque de Bourges fit du lieu NOTE X.
d’Orbaciac au monaftere de Beaulieu dans le bas
Vr. uJ. Limoufin, & dont nous avons fixé* l'époque à l’an Sur les f rentiers vicomtes de Poligfiac.
Sote C. ]| pâroîc par Uqu’Addolenus ou Odolenus
fut évêque d’Albi depuis cette dernière année juf- I. Afpard Chabron -, qui a compofé une
c GaUchr.ü. quen 8 9 1 .en fuppofantavcc lesnouvcaux c éditeurs \J hiltoire généalogique mamifcrice des vi-
f'7' du Galha chnjhana , que c’cft le même évêque \ comtes & de la maifon de Poügruc , ne la com-
maisil patok qu’il les faut diftinguer, puifquenous mcnce qu’au milieu du X!. ficclc. Nous trouvons
trouvons un Eloy évêque d’Albi qui i’ouferivit au dans divers memumens de quoi remonter beaucoup
àv. note Concile de Port tenud au mois de Novembre de plus haut.
l’an 8 8 6.011 au plûtard de l’an 887. 11 cft d’ abord fait mention d un vicomte de Polignac
III. On peut obje&er l'autorité du chronographe qui vivoit vers l’an 885. dans tm aéle 0 très-ancien, oThnlty-U
deCaftres, qui n’admet d’autre évêque d’Albi que rapporté en fubftance dans le procez verbal que
Loup, depuis l’an 869. jufqu'en 911. Voici les Guillaume de Chalançon évêque du Puy fit en Md.sl.
b r. uJ.
KOTE C.
NOTE X.
Sur les f rentiers vicomtes de Polignac.
I. Afpard Chabron -, qui a compofé une
VJ hilîoire généalogique mamifcrice des vi¬
comtes & de la maifon de Poligruc , ne la com-
paroles:
Anno ( 869 . Lupiu epifeopabat
Solomon abb.iti.ibat.
Anno 8?o. Lupin epifeopabat
Bernon abbatiabat.
Anno 879 . Lupus epifcopiib.it
Rtgaudus abban.tb.it.
Anno 921 . P Oter nus epifeopabat , Ç$c.
Mais il cft certain que cct auteur , qui n’a écrit qu’à
la fin du XII. ficelé , a obmis dans fon ouvrage
pluficurs évêques d’Albi, comme nous l’avons fait
C G*U- rhr. ib .
H-
XII. ficelé , l’un vers Van / / 0^. & l’antre en x 1 09.
mais il n’y a aucune preuve qui oblige à les diftin¬
guer. Tout ce qu'on (çaitdu premier, c’cft qu’il
vivoit fous le régné de Philippe I. or on n’a lien
d’Arnaud de Ccccnon évêque d'Albi après le mois
dcjuilletde l’an 1 103. qu’il fiegeoit certainement \
Aldcgarius peut donc lui avoir fuccedé la même
année , ou du moins avant la mort du roi Phi-
glin/./.Xj.
*01* f
X ,
paroles : 1 4 1 8 . de l'ouverture de la châflè où éroient tes re-
, . ... A . r /- r liques de S. George premier évêque de Vêlai. Le g^ «*•»*.
* S,.al ,M. Am» S6ç. Lup,u tpfcopaèat nJm dc cc vicomteneft pas à h vérité exprimé * * *'•
0 omon a mu at. dans l’acte , où il cft Bit mention de Viral fon frere ,
Anno S70. L«ptu 'ptfcoptbac partic du clergé de Vêlai avoir élû pou:
Bernon abbatiavat. 1 r ^ 0 •• . ,.fr,
A . ri évequcîmaisnousavonslicudccroirequilsap-
AnnO879.LHplUepl COp.lb.lt I.1- A , ../• - ^
n / / 1 rJ t pclloit Armand ; voici lur quoi nous nous ton-
Rigaudus abban.ib.it. dons *
Anno 92t. PaternHs epifcopaûAt , ($c. Falco P religieux de Tournus rapporte dans la
Mais il cft certain que cct auteur , qui n’a écrit qu’à chronique de ce monaftere écrite au milieu du XL Trtn,, l9t
la fin du XII. ficelé , a obmis dans fon ouvrage ficelé , qu’Hcrvé qui en étoit abbé , acquit i Ar*
plulîeurs évêques d’Albi , comme nous l’avons fait m.md> fils d’ Armani vicomte , des biens très-con-
voir ailleurs. On peut donc fuppolcr qu’il y a eu fiderables dans le Vêlai, entr'autres Ve^ifedefaint
deux évêques d’Albi du nom de Loup au IX. liecle, Georges d.ins U cite vieille ♦. Or labbé Hervé fit v^Juc‘Ti:,te
l’un qui liegeoit en S 69. & S70. & l’autre en 879- cette acquiiirion vers l’an 900. le vicomte Ar-
& au Odolenus occupa ce fiege en 876. entre l’un mand dont le fils lui donna ccs domaines, n’eft
& l’autre. Le chronographe ne rapporte rien de donc pas different du vicomte de Polignac qui vi*
contraire à ce (yflême. voit en 88f.ilparoît du moins qu’il defeendoit
GArhr.ib. IV. Le P. de Sainte Marthe f met deux Aldcgarius dc lui, puifquc les dignitez étoient alors hcredi-
. i.p.n.& £]r |c (<pjfCOp3| d’Albi au commencement du taires.
XII. ficcie, l’un vers Pan 1 1 03. & l’autre en x 1 09. Il cft ai!e dc prouver qu’Hervé I. du nom ,• abbé
mais il n’y a aucune preuve qui oblige à les diftin- de Tournus, qui vivoit vers l’an 900. fit cette ac-
guer. Tout ce qu’on (çaitdu premier, c’cft qu’il quilition, ôc non pas HexvélI. comme le P. Ma-
vivoit fous le régné dc Philippe I. or on n’a lien billonl , & après lui les nouveaux éditeurs du Gai- q M* *
d’Arnaud dc Ccccnon évêque d'Albi après le mois Isa ebrijhana le (iippofent. Falco c allure en effet a^tCBrm$.
dcjuilletde l’an ï 103. qu’il fiegeoit certainement i que cc fut l’abbé Hervé prcdcccjfcur de G niche an >
Aldcgarius peut donc lui avoir fuccedé la même qui acquit ccs biens. Or il cft certain que Guichc-
année , ou du moins avant la mort du roi Phi* ran avoit déjà • (uccedc en 9 1 5. à Hervé 1. élu eu v,fa' ***
lippe I. & n’être pas different de celui qui fiegeoit 898- De plus , il eft rapporté dans l’acle dont nous
en x 1 09. venons de parler , que le vicomte de Polignac ac-
iJbni.p.i j. Le même auteur S prétend que Guillaume évêque quit vers l'an 88 s* l* esté vieille de Norbert évê- °A ""
d’Albi écrivit l’an 1 117.011 1 118. à Foulques abbé que de Vêlai , quilalui céda *. Or Armand , fils ^"<l#
d’Ardôrel , pour lui reprocher d’avoir mal parlé de d Armand vicomte donna vers l’an 900. l’églifede NLXxx.
l’ordre de Citcaux , & de refufer , courre fa pro- S. George de cette même cité veille à l’abbaye de
méfie, d’unir à cet ordre fon monaftere , & celui Tournus ; par confcquent ce vicomte Armand
dc Valmagne qui étoit fous fa dépendance. Mais n’eft pas different du vicomte dc Polignac qui ac-
hPr.p.n.ér i°. cette derniere abbaye ne fut fondée*1 qu’en quit cette cité en 88 5. On peut a jouter enfin qu’on
Al- 1138 . & ne fut * unie à l'ordre de Gccaux que ne connoit pas d autres anciens vicomtes dans le
ip.siu&iq- pous]e pontificat du pape Eugène III. ou après l’an Vêlai que ceux dc Polignac, ttrcju’on trouve ici le
V QaII, chr.tb. 1 1 44. & non en 1138- comme il l’a avancé k. nom d’Armand , qui fut fort ufité dans la maifon
t‘79' x°. Il eft certain que l’évêché d’Albi étoit rempli de ccs vicomtes durant les (iodes fuivans.
en u 27- & IIl8- par Humbert, & non par II. Ce qui a trompé fans doute le P. Mabillon, üFâIetlh4.
lUv^siun. 9 ainû que nous lavons montré ailleurs K c’eft qu’il cft rapporte dans la chronique u de Tour- t*s.
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nus au Etienne vicomte , {ÿ fa femme Blitfinde con- Pu y qu’après m l’an 107 J .& que de l’autre Durand —
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firmerent en faveur d’Hervé fri. drr nom abbé de. abbé de JaChaite-üieuqur y lôuicrivit ne po/îcdoie
ce monafterc, la donarion de divers biens lituez plus cette abbaye n en 1078.
dans le Vêlai, qui avoir été faire à l'abhe Hervé fim. V. Pons , neveu du meme Etienne 0 éroic alors
prédeceffeur ; ain/ï il aura cru que ce prédcceilèuf vicomte de Polignac , mais nous ne teavons pas
d’Hervc III. eft le même qu’Hcrvé IJ. mois le ter- s’il droit fils de Guillaume , ou de Pons reeres dece
me de prédece/Ieur peur être appliqué également £ prélat; tour ce qu’ilyade certain, c’cft qu’il étoit
Hervé I. fils d’Auxilende, Suivant une charte Pqui eft environ
Cet endroit de la chronique nous donne un de l’an 1080. & dans laquelle il eft fait mention
nouveau vicorarc de Polignac qui vivoit vers le de fon frere Hcraclc. Celui-ci le qualifia vicomte,
milieu du X. ficelé ; car Hervé III. du nom, abbé ce qui prouve que ces deux freres poflèderent par
•60 1.1*4*. de Tournas poflèda* cette abbaye depuis l’an 948.. indivis, h vicomté de Polignac Kçracfe mourut |
^<7' jufqa'em j. Or comme le vicomte Etienne con- Antioche en 1098. durant la première croitede,
firnia, en fcveur de ce monafterc, h donation Nous ignorons s’il laifli pofteriré. Pros (on frère
qu’Armand lui avoit faite vers l’an 900. & que ce qui vivoit encore en 1 1 o^ . eut de fa femme Elite-
dcvnûrs était fils d’un autre vicomte de Polignac beth un fils nommé Armand qui furie IV. de fon
rpanok auflî le nom d Armand ; il y a tout lieu nom , & duquel defeendent les aurrés vicomtesde
:rofre qo’Erienne étoir périr- fils de celui-ci, & Polignac dont nous parlerons dans la fuite.
fils de faunr. Nous trouvons d’aiflenrs Je nom _
d’Etienne au milieu du Xl./iecle dam fe maifbn
des vicomtes de Polignac.
III. D. Claude Efticnnor b fair mention d’une do-
X.L
m/.i 29»
n jind . tnfir .
p. 229»
oPr.p. jol.
P/.
NOTE XI.
Sur les anciens vicomtes de Narbonne.
I- V T Olis avons parle dans le premier s vol. de
■N!
nation faite U XXIX. année du reont de Lc.doasrt>
jo. ou 1 an 9 8 { . par Hcracle vicomte , & philicurs an¬
tres feigneurs du Vêlai, au monafterc de Chamalie-
r es fïtnc dans Je même pais. Il n’cft point douteux
que cet Heracle ne fut vicomte de Polignac :
par conléquenril éroit vraifcmblablemem filsd’E- vivoienten 8fi.& nous avons conjecturé qu’ils
tienne, ôc pere du vicomte Agnus ou Annon, exerçoient la charge de vicomte dans ce pais , parce
tA3.SS.Btn. qui en 993. (buterivir c a la fondation du mona- que Ie terme de vidame fignifioit quelquefois la
fnc.v p. u 6. jç ^jnf pjcrre ju pLJy , & une donation J à même choie quet ncomte. 1 cil fait mention enfuke
cette hiftoire , d'AUric (3 de Francon vida*
me: dans le diocèlè ou comté de Narbonne, qui
«? v. liv.X.
»S7*
itbid.p.iit. cclcri de S. Chaftre fous fe régné du roi Robert
e tftien. hi. vers l’an 1000. Cet Agnus c vicomte de Polignac
Ir. Tbetd. r > , , ô
vers l’an 8 7 S. de Lindoin vicomte de Narbonne ,
dans une lettre du pape Jean VIII.
II. Arnuftc archevêque de Narbonne dans une
donation r qu’il fit en 9 1 1 . à l’églilè de S. Paul, dé- r *'•& U
clare qu’il avoir acquis les biens qu’il donnoit, de
W.ilchx'-ins de fonfrere le vicomte Al b cric , fils
de M Aïeul vicomte (3 de ftf.mme Raymonde. Nous
kjhu Pq p. fit probablement pere d’Armand III.
>*4. IV. Ce dernier vivoit au milieu du XI. fiecle,
f GdM. chr.ib. comme on le voit par pluficurs aétes f de ce tems-
^ ’ dans lelquclsil cft fait mention et Arm nid vi -
f.itu 119. comte de Polignac, de fa femme A de! ai de , (3 de
leurs fils Etsenne , Guillaume î3 Fous. On peut fixer inférons de là 1 que Maïeul vicomte de Narbon-
àpeu près l’époque de la naiflance d’Armand III. ne étoir alors décédé. 2P. Que les deux fils lui
par un a&e de l’an 105^. luivant lequel Ion fils avoient fucccdé par indivis. 3 °. Enfin que cette
Etienne, alors Evcque de Clermont , & aupara- vicomté étoir alors héréditaire. C’cft ce même Al-
tchfnTtMr- vont prévôt de la cathédrale du Puy, confirma g en bcrric qui après avoir époulè Atralane fille unique
“É’“" faveur de l’abbayc de Tournus une donarion fiiite de Raculfc comte deMicon,s établit en bourgogne,
à ce monafterc par Falcon de Jalaignac. Etienne & hérita de ce comté qu’il rranfinir à fesddeen-
éroit né par conféqucnt au plus tard vers l’an dans : il paroît qu’il abandonna (a portion de la
102 j. & Armand vicomte de Polignac fon pere vicomté de Narbonne a fon frère Walcharius.
vers l’an 1000. Cet aère eft foula ir par A rnaud
morne , fils du vicomte de Polignac ; ce qui nous
donne lieu de croire qu’Armand III. eut un qua¬
trième fils.
Ce vicomte vivoit encore en 1062. comme il
eftaifode le prouver, par la donarion que fit le
_ J .. /“M _ - 1 I» LJ _ J.
III. Nous trouvons un Odon vicomte qui dans
un aile de l’an 924. * où il parie de lès freres, sp.62.er/if.
donne conjointement avec fa femme Richilde à
l’abbaye de Montolieu , un alleu fituc dans le com¬
té deNarbonne, dont il avoit hérité de ton pere
Francon (3 defamere Erfindc. Il n'y a pas lieu Je
même Etienne évêque de Clermont a l’abbayc de douter que ce nefoit deces derniers dont il eft parlé
Hifrp.% 4f«
dans une donation 1 que WadaiJus évêque d ’Elne tPt67.&r»f.
fit en 93 1. à fon églilè , pour l'ame de Francon
vicomte , de fonepoufe Erfindc , (3 et Odon vicomte.
Ainlicetaéte prouve que Francon pere d’Odon fut
véritablement vicomte. Or comme le même Odon
pofteda la vicomté “deNarbonne, & qu’dJeétoic
Pebracen Auvergne, de l’églilè de S. Andcoi de
Polignac , du confentcment d'Armand vicomte de
Po’ignac fon pere. Cctaéle eft fouler it par Guillau-
me & Pons, fils de ce vicomte. Le P. de Sainte
t'l*l+su* ^arl^cfc4u* en a donné un fragment, n’en rap¬
porte pas la date : mais il eft du 6. d'Oïlvbre la lll.
année du régné de Philippe I ou de Pan 1061. lui- alors héréditaire, ceft une preuve que Francon Ion
3t vanr Chabron 1 qui en fur mention. Il ne Içauroic pere la poftèdaaufli, & qu’il defeendoit de Francon
£ etre en effet anterieur , puifque l’abbaye de Pcbrac vidame de Narbonne en 8 ç 1 .
ne fut pas fondée avant ccrre année.
Armand III étoit décédé dans le cems d'une autre
donarion k qu’Eticnnc fon fils , alors evcque du
Puy , fit à I eglilc de teint Andeol de Polignac. Cet
U Pr.p, 62.
& no.
sb.i.
* GtB.chr.
Sfr- M**
«fl*
F 107 9.
IV. Nous avons dit qu’Odon vicomte de Nar¬
bonne fait mention de fes freres dans l’aéle de l’an
914.. ce qui nous donne lieu de croire que \e vi¬
comte Wlveretdus , qui en 92 J. * donna un alleu
afte qui eft Amplement daté du régné de Philip- lime aux environs de Narbonne, à l’églife de teint
pe L eft à peu près de l’an 1076. puifque d’un côté Paul de la même ville , & qui l’année fuivanre
Etienne ne pafla de l'évêché de Clermont à celui du fbufcrivit x à un.aâe pallc en faveur d’Agioarche- 7 p.c*.
x p.6+,
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5î«
N O T I
XI
NOTES SÜK L’HISTOIRE
Généalogie des premiers vicomtes de Narbonne.
Àlberic vicomte
Je Narbone en
jxi.époufaÀttt-
lanc nlle unique
de Raculfc comte
de Mâcon qui lui
apporta cc comté.
Jrincon I. vi- f Lindoin vicomte I Maïcul vicomte .
dame ou vi- • Narbonne en* de Narbonne vers^ ^alcharius vi¬
comte de Nar¬
bonne catjr.
87S.
l’an 900. époufa
Raymonde.
1 comte de Nar¬
bonne en fi *•
avec Ton frere.
Francon
comte de Narbon¬
ne époufa Erfindc
de Roulîillon.
t Matfrcd vicomte J
J de Narbonne en
— , •. J f+t.Scf 66. àpouGk
. Odon YKomte J AdeUlde
de Narbonne en 1
5»4-&y33.époufa
Ri.hildc de Bar¬
celone.
V
Ermengaad élA
archevêque de
Narbonne en
977-
Raymond I.vi-
comtc de Nar¬
bonne donc la
pofterité cft con¬
nue.
Franco».
Wlveradus ou
Wadaldus vi¬
comte de Nar¬
bonne en 9 15. 8c
fi 6. enfuitc évê¬
que d'Elne depuis
l’an pji. jufqu’en
047-
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têque de Narbonne, étoit frere d’Odon , & quil
poffedoit par indivis avec lui la vicomté de cette
ville. La foufeription de la vicomccflè Richilde
femme d’Odon à ce dernier atte , après celle de
Wlveradus , confirme nos conjcttures.
Deux vicomtes nommez Odon & Teudo furent
ifr.p.yo. en 933. * exécuteurs teftamentaires de Reginald
évêque de Beziers. Nous fçavons d’ailleurs que le
dernier de ces deux vicomtes l’étoit de Beziers, mais
il paroît que l’autre cft le meme qu’Odon vicomte
de Narbonne dont nous venons de parler, & qui
par conféquent vivoit encore alors. Nous verrons
plus basque Richilde fa femme vendit en 93 6. un
domaine quelle avoit dans le Roulîillon (ans faire
mention de lui*, d’où nous inférons qu’il étoit alors
' décédé.
b Cani mm. V. Catel w prétend que le vicomte^ Wlveradus ,
9- * dont on a déjà fait mention , eft le même queWal-
charius fils de Maïeul , 8c frere d’Alberic, vicomtes
de Narbonne. Dans cette fuppofition Wlveradus
ne fçauroit être frere d’Odon , puifquc celui-ci
étoit fils de Francon : mais comme cet auteur
n’apporte aucune preuve de ce fait , nous croyons
plutôt que Wlveradus étoit frere d’Odon, & qu’il
n’eft pas different de Wadaldus qui fut évêque
tUm-Hifi. d’Elne « depuis l’an 9} 1. jufqu’en 947 •& qu’après
fon élettion il abandonna fes droits fur la vicomté
de Narbonne à fon frere Odon. On peut appuyer
cette con jetture 1 °. fur ce que ce dernier avoit cer¬
tainement des freres, comme nous l’avons déjà re¬
marqué. i°. Sur ce qu’il n’eft plus fait mention
du vicomte Wlveradus après l’an 91 6. 3 °. Enfin fiir
latte de Wadalde évêque d’Elne de l’an 931- Par
àPr.p.6 7. lCqUCl d il fait une donation à fonéglife, four l'a-
**** me de Francon vicomte , de fa femme Bftnde , (3
(FOdon vicomte .
c ibid. Il eft vrai que cc prélat fait auflî cette donation*,
conjointement avec Gaufbert comte de Roulîillon ,
four le comte SoniariusÇj fa femme Ermengarde ,
. U comte Bencion 83 F evêque Aimer ode , ce qui
donne lieu à M. Baluze de croire que l’évêque
Waldaldus étoit f de la maifbn de ces comtes*,
mais comme Gaufbert ne marque pas dans cét Alim
atte que Bencion & Almcradc Aillent fes frères ,
quoiqu’ils le Aillent très-certainement s , & qu’il
ne dit pas non plus qu’il fût lui-même fils du com-
te Sumarius & d’Ermengarde , comme M. Baluze
le croit avec beaucoup de fondement ; Wadalde
pouvoit être également fils de Francon & frere
d’Odon vicomtes de Narbonne , quoiqu’il ne l’ait
pas exprimé. Il paroît en effet hors de doute que
l’évêque & le comte ont voulu parler chacun de
leurs parens dans cet atte , & qu’ils n’étoient point
freres, comme M. Baluze Amble le conjetturer*. ***"•*♦►
Ils pouvoient cependant être alliez , & il eft allez
vrailcmblable qu’Arfinde femme de Francon vi¬
comte de Narbonne étoit tante ou fccur de Gauf¬
bert comte de Roulîillon.
Walcharius fils de Maïeul vicomte de Narbonne
mourut (ans pofterité , puifque nous voyons que
cette vicomté appartenoit en 924. aux dclcendans
de Francon. Comme cependant les dignitez étoient
alors héréditaires , il y a lieu de croire que celui-
ci étoit frere du même Maïeul , & qu’ils poflede-
rentpar indivis la vicomté de Narbonne.
VI. On voit enfuite un Matfrcd vicomte de cette
ville en9$i. & 966.* Nous n’avons aucun atte 1*4*10
qui marque fa filiation *, mais nous ne doutons lW*
pas qu’il ne fût fils d’Odon Ion prédeceffetir , & de
Richilde -, car 1e*. cette derniere avoit encore en
9 5 5 .l’adminiftration k de la vicomté de Narbonne k fr+tv b
du vivant de Matfted. 20. Adelaide veuve de ce ^ *
dernier, en faifant mention de lui dans un atte 1 de 1 J,u#*
l’an 977. le joint au vicomte Odon , 83 à la vicom-
tejfe Richilde .
Celle-ci dans une charte de l’an 9 3<>.fe dit fille
du comte Borrel m 83 de la comtejfe Garfnde.On voit m
par le même atte qu’elle avoit du bien dans le 4 ’
Roulîillon y ainfi elle étoit vraifemblablement
fille de Borrel » , fils de Wifted le Velu comte
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DE LANGUEDOC.
55l
de Barcelone ; car mous ne trouvons pas d’autre noître pour roi, & avoir parlé delà foumiftion NOTE
* comte Borrel dans la Marche d’Efpagnequi ait pu de ce duc après la conférence qu’ils eurent enfem- XII.
avoir été fonpere. Du refte, comme la meredeRi- blc , ajoure que Sculfe archevêque de Reims ob-
childc s appclloir Garfindc, & que nous voyons tint alors d'Hugues , qui (è trouvoit à la
que Garfindc veuve de Raymond-Pons comte de même conférence, la reftitution des biens de (on
• Trf.it** Touloufé fit des legs * confiderablcs i Adélaïde églife Ikuez dans la province de Lyon. Seulfiuqu^
4 Mi- veuve de Matfred vicomte de Narbonne , & i fés rpifcopw terram S. Remign conjurent em m Lug-
enfàns , nous ncdouronspasque cette comreftê de duntnfi provtncia , de qud Herivciis epifeopus mhil
Toulon fe ne fut fille d’Odon vicomte de Narbon- habiterai , ab Hugone de ftenna , quieidem colloqmo
ne, 9c de Richildclâ femme. La focceffion des vl- intererat, recuperavit . Il eft aifé de conclure de li
comtcsdccettcviliedepuis Marftednc fotifïrcau- que Raoul ne s’étam approché de fa Loire que
cunc difficulté.
l'SCsJlf,
a 4e Se¬
at îoci
esse»
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• v>
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il
pour faire reconnoitre (on autorité dans les pro¬
vinces méridionales du royaume qui réfugient de
s y foumetrre, Hugues de Vienne ou de Provence
qui Ce trouva d la conférence durant laquelle le
duc d’Aquitaine fé fournit ,s’étoit déjà fournis lui*
même , & qu’il recoimoiflbic Raoul pour fon iou-
verain.
Ou peut appuyer ce raifonnement , i°. Sur ce
que Frodoard ne donne ni en cet endroit, ni ail¬
leurs le titre de roi à Hugues, jufou’à ce que ce
prince fut parvenu a la couronne a Italie; & qu’il
fè contente de le nommer (implemcnt H Ligue*
df tienne , ce qui eft conforme à toutes les char-
WJIOTEI.
î CS3-
!.. . '
ii r. ..
.'L iÀ
X---
NOTE XII.
Sur H uyie s roi £ Italie , Cr A* qu'il
fit de la Provence aux rois de
. Bourgogne .
L Z""'1 Omme le Vi varais & IVzege fiifoient par-
V— *tie du royaume de Provence ufiirpé par
Bofon , & poftèdé enfoite par Louis l’Aveugle ton
fils , qu’Hugues roi d’Italie le céda à Rodolphe tes, où il ne prend julqu’afors que la qualité de
IL roi delà Bourgogne Transjurane, 5c que les cm- duc , de marquis , ou de comte. 2*. Sur ce que
pcrcurs d'Allemagne focceflcurs de ce prince fe nos rois fe rcgardoicnc comme fouverains de la
prétendirent fouverains de ce royaume , il nous Provence au X. fieele avant & après la ceffion
importe d’examiner ici les circonftances de cette d’Hugues en faveur de Rodolphe. Nous voyons
cdtion. » en effet dans Frodoard c que Châties Conftantin
On a déjaféir voir bquc le royaume de Provence fi|s de Louis l'Aveugle qui poflèdoit en 9 $ i. le
appartenoit de droit au roi Charles le Simple 5c à comté de Vienne, membre du royaume de Pro¬
ies luccclféurs. On ne pur élire par conféqucnt en vei .ee , reconnut alors Raoul pour fon (ouverain »
890. Louis l’Aveugle pour roi de Provence (ans & qu’il Ce fournit également à Louis d’Outremer
atrenter à l’autorité de nos rois , & aux droits de la en 9 > 1 . d'où il s’enfuit qu’Hugues ne céda d Ro-
couronne de France ; mais quand même ce dernier dolphe, 5c ne lui put céder que le domaine uti-
prince auroit eu un droit apparent fur ce pais , U le fui la Provence qu’il avoir ulurpé, 5c non pas
cft certain que ce droit demeura éteint par (a la fouveraineté qu’il 11’avoir pas, 5c qui appartc-
morc; car Charles Conftantin Ion fils ne lui focce- noit a nos rois.
da pas dans Ces états. Le comte Hugues qui s’em- IU. Hugues fit cette ceffion f en 9 30. 5c non en r v • Psi: 44
para de la Provence vers l’an 5)14. après la mort de 91 6. comme le dit le P. Daniel t. Les hiftoriens de * î%
Louis l'Aveugle, fût donc un nouvel uforpateur , Provence rapportent diyerfes circonftances de cet g dm. hp.it
qui (ans aucun titre legirime di/pofa de ce pais en événement. Bouche h entr’autres après 1 Delbenc, w eluchi’hfc
faveur de Rodolphe, 5c par conféquenrlesfuccef- prétend i°. « qu’Hugues le rélcrva (a vie durant
feurs de celui-ci n’a voient aucun fondemcnrfolide la fouveraineté du comté d’Arles de de toute la «
pour s’en dire fouverains. D’ailleurs Hugues ne Provence ; qu’il donna ce comté en propriété , •
prit jamais le titre de roi de Provence, 5c il ne la après la mort de Rodolphe , a un Bolon fils de« 'l*'* '
poffeda jufqua la ceftion qu’il en fit au roi Rodol- Rotbold, à qui il fit épou/cr la nicce Berthe,»
phe, que fous le nom de duché, c’eft-à-dire comme i°. Que Rodolphe donna en conîcquence de *
un fief mouvant de la couronne de France : il ne ce traite fa fille Adélaïde en mariage à Lorhaire*
put donc ceder ce païs que comme il lepofledoit; fils d’Hugues, &c. *• Le P. Pagi k 5c Ruffi 1 le a,l*4r6'nâd
enforte que fi les rois de Bourgogne Ôc les empe- fils font mention du premier arricle ; Fantoni m i
reurs lucceftcurs de Rodolphe IL féfont dits rois va encore plus loin, car il dit que par cet accord
de Provence, 5c y ont féirdesaélcs d’une fouve- Hugues fe reforva durant là vie la foweuunetc m t*nu>ni
rainerc abfolue; ç’a été une véritable ufiirpation fur tout le royaume de Pt ovcnce. Nous ne (ça von s
de leur part: entrons dans un plus grand detail. pas d'où ces auteurs ont pris ce fait qu’ils avan-
II. Il cft certain qu’Hugues depuis l’an 914. cent (ans preuve , & qui paroîr entièrement fàbu-
qu’il étoit déjà maître de la Provence , jufqu en leux. En effet, 1 9. Luitprand qui cft le (cul au-
5>$o. qu’il la céda i Rodolphe roi de Bourgogne , teur contemporain n qui parle decctre ceftion , n
ne prit jamais le titre de roi, & qu’il fe contenta non feulement n en dit rien, mais il féir entendre V.
de celui de duc, de marquis , ou de comte , com- tout le contraire : Omnemtirram , dit cet hiftorien,
a me le P. Pagi c le démontre : Hugues reconnoiftoit (Hugo) tn G allia a» te regnt [ufceptioue^i te -
donc alors un fouverain au deftus de lui: or ce nuit, Roduifo dedu. Qn voie par ces paroles qu’Hu-
ne pouvoir être que le roi de France. En effet outre gués ne fe rélèrva rien en deçà des Alpes , qu’il
Îu*il étoit dans ce rems-la ennemi de Rodolphe roi n’eft pas dit un mot de (a prétendue fouveraineté
tlteurgogne, Ion compétiteur au royaume d’Ira- fijr la Provence. U doit donc en être de Cette pre-
lie, il paroitdansFrodoard qu’il reconnut Raoul roi roicrc condition comme de la féconde dont le P. 0 /v.w***.
f.^4. France. Cet auteur d après avoir rapporte 1 expe- Pagi °a fait voir la£iulféré.i°.l!paroîrpatdivcr(es
ditionde ce dernicraux environsde la Loire, pour chartes P que Rodolphe & Conrad ion fucceUcut V. tforir.
obliger Guillaume IL duc dAquicainc a lcrccon- dans le royaume de Bourgogne, dominoienr en n.tu
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NOTE
XIII.
Catel mt»i
ICO j.
551 NOTES SUR. L’HISTOIRE
9 5 1. & 940. durant la vie d’Hugues , fur les dio- ment du X. fieclc , en a fait quatre -, fçavoir Gui- _
cèles de Die & d’Orange qui faifoient partie du mera I. qu’il qualifie faint, & qu’il fait mourir en N O T |-
duché ou comté particulier de Provence > que ce } oo. Guimera IL qu’il fait vivre en 86 5 . Guimera XIIL
dernier s’étoit réfervé, à ce qu’on prétend. 3®. On 111. en 894. & 897- & enfin Guimera IV. qui fic-
ne trouve aucun monument qui prouve qu’Hugues geoit en 9 1 7.
ait exercé la moindre autorité fur ce pays depuis Nous ne répéterons pas ici ce que nous avons
l’an 930. qu’il le céda, jufqu1 a (a mort. 40. Lorf- dit ailleurs11 fur faint Guimera prétendu premier h r#. 1.
que ce prince fê réfugia en-deça des Alpesen 946. évêque de Carcaflonne > qu’on a confondu avec XXTIU
1 Luitfr. ib. Berthe fa nicce a étoit veuve de Bofon comte d'4r- lcvêque de même nom qui fiégeoit au commcn-
les : il ne s’étoit donc pas réfervé ce comté. Il cft cernent du X. fîécle. Quant à Guimera II. il eft
hochet* vrai > que fi nous en croyons les hiftoriensb Pro- vrai que Catel * fuppofe , qu’il y a daus les archi- i
p. vençaux , Hugues avoir donné ce comté en bénéfice ves de Péglife de Carcaflonne , une donation faite /•
à Bofon : mais ils ne rapportent aucune preuve de à un évêque de ce nom , & à Péglife de cette ville
ce don*, & Bofon mari de Berthe pouvoit avoir reçu la xxvi. année du régne de Charles le Chauve *, &
le comté d’Arles ou de Provence à titre bénéficiaire, c eft fans doute fur cette autorité que de Vie a ad-
de Rodolphe ou de Conrad rois de Bourgogne, ou mis un Guimera IL Mais i°. cette charte eft datée
même de Raoul roi de France ; fur-tout s’il eft le Amplement de la xxvi. année du roi Charles , &
même , comme il eft vraifemblable , que Bofon n’appartient pas par confisquent au régne de Char-
frerc de ce dernier prince. les le Chauve , plutôt qu’à celui de Charles le Sim-
IV. On pourroit concilier le témoignage de Luit- pic. i°. Il certain qu’il y avoit un évêque de Car-
prand , avec l’opinion des hiftoriensde Provence , calîonne appellé Guimera la x x v 1 . année du régne
cDifcrM la en fuppofant avec un moderne * qu’Hugues céda de ce dernier prince, au lieu qu’on n’a aucune.
Fr. «*-/«/. p. en 92.6. la province de Vienne à Rodolphe, en preuve qu’il y en ait eu un de ce nom fous celui de
* échange du royaume d’Italie que celui-ci lui afcan- Charles le Chauve. La charte dont parle Catel ap-
donna alors -, & qu’en 930. il lui céda le comté partient donc au régne de Charles le Simple. Audi
d’Arles, ou tout ce qui luireftoit entre les Alpes M1* de Sainte -Marthe ne reconnoiflcnt - ils pour
& le Rhône. Mais outre qu’il n’eft rien dit dans évêque de Carcaflonne , que le Guimera quivivoit
aucun hiftoricn de la prétendue ceffion de l’an fousce prince, & dont Catel ne dit rien.
916. elle cft d’ailleurs contraire à l’autorité de Fro- IL De Vie k a fait deux évêques de celui-ci , fça-
ifrod.p.$9t. doard d , fuivant lequel Hugues donna en 918. la voir Guimera III. & Guimera IV. Il fait afiifter
province de Vienne à Eudes fils d’Herbert comte
de Vermandois -, preuve que le premier en étoit
encore alors le maître, & qu’il ne l’avoit pas cédée à
• iï.p. 599- Rodolphe en 9i6.Enfinileftcertaincquc Charles- ainfi cela prouve feulement que Guimera étoit évê- *
«i«. conftanljn fils Je Louis l’Aveugle, polleda ce pays que de Carcaflonne en 909. Cet auteur * prétend *
comme un fief dépendant de la couronne de France encore que Guimera III. aflifta au concile de Port
depuis Tan 93 1. jufqu’en 95 t. en 897«maisilfe trompe, c’étoit Willeran ou Guil-
* Le Lievre ar ®n cnc une c*iartc * datée de Pavie le 2 /. leran évêque de Carcallbnne qui fe trouva à ce' con-
nq.de vtennei de Janvier de Fan dccccxlv. indillion ni. U viii. cilc, & non pas Guimera, comme il cft marqué
/.u4- &/<q. année du régne et Hugues , la xiv. de celui de dans les aélcs m. On (çait d’ailleurs n que le même
Lothairefon fils , par laquelle ces deux princes don- Willeran occupoit le liège de Carcaflonne en 883. f
nent un alleu qu’ils poffedoient dans le comté de d’où il s’enfuit qu’on doit rayer du catalogne des
Vienne à Péglife cathédrale de cette ville. Mais ces évêques de cette églife le prétendu Arnoul qu’on
notes chronologiques ne fçauroient s’accorder , & fait aflîfter en 887. à la tranflation des reliques de
ce diplôme ne prouve nullement qu’Hugues & Lo- faint Antonin de Pamiers -, ce qui confirme la faut
thairc fon fils dominoient alors fur la Provence -, fêté v des ailes de cette tranflation, & la conje-
puifqu’il s’enfuivroit qu’ils regnoient auflî fur la dure de Catel qui croit P que cet Arnoul cft un ™'CéUi ,w#
province de Vienne , ce qui eft faux , de l’aveu de évêque fuppofe Enfin de Vie <1 attribue à Guimera q Dt
prefque tous les hiftoriens de Provence. Tout ce III. l’aile dcchange qu’un évêque de CarcalTonne
qu’on peut donc infererde cet aile', c’cft que le roi de ce nom fit avec Erifons abbé de Montolieu la
Hugues s’étoit réfervé divers alleus dans cette pro- xxix. année de Charles le Simple-, fuppofant que
f Pr.p.u}.& vincc. Nous fçavons en effet fque Berthe fa nièce cette x x ix. année doit être rapportée a l’an 897-
B*’ hérita de lui de pluficurs terres fituées dans la Pro- mais cette erreur eft trop groilicre pour mériter
vcnce & la Scptimanie. d'être relevée.
Au rcftcce prince, par le traité qu’il fit avecRo- III. Il n’y a donc aucunepreuve qu’il y aie eu d’au-
dolphc, ne lui céda que la partie de l’ancien royau- tre évêque de Carcaflonne appellé Guimera que
me de Provence fituée entre le Rhône de les Alpes*, celui qui vivoir au commencement du X. fxcclc. Il
car pour les pays fituez en -deçà de ce fleuve qui dé- cft marqué dans un aile rapporté par de V ic r, que r nid.
pendoient du même royaume , ils furent fournis ce prélat étoit le 6. du mois de Février de l'an 91 7.
aux rois de France depuis la mort de Louis l’Aveu- dans la xv. année de fvn épifeopat . U aura été facrc
glc, comme nous le dirons ailleurs.
le
premier en 8 9 4. au concile de Jonquieres tenu dans
le diocèfe de Maguçlonne : mais il eft certain1
que ce concile fut tenu en 909. & non en 894. $. fi r not. 1,
4. &f*J.
* Di VU M,
m B*U\. H.
&u
o V. 1107 .
III.
NOTE XIII.
Sur quelques évêques de Carcaflonne.
g Dt Vie.
fhron. tpijc •
fonne, dun feul évêque de cette églife appellé
Guimera ou Gimera , lequel vivoit au commcncç-
de fon épifeopat.
par confisquent en 901.
IV. Suivant de Vie* l’aile original de cette con- 1
fecration fut trouvé en 1 3 04. dans l’cglife de faint
Eftienne de Palaja, par Pierre d’Auxilion évêque
de Carcaflonne , qui faifoit alors la vilite de cette
églife , Sc qui enfitdrcflèr un procès verbal. Cet
auteur remarque que le notaire qui l’a rédigé y
ibid.
l.(f^ Erard de Vie 1 qui a écrit après Mri de t t J
V J Sainte-Marthe, fur les évêques de Carcaf- donne au même Guimera le nom de premier évê-
on trouve ici l’origine de
ne de Carciiffonne
faufl'e tradition c
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de Péglife de cette ville qui
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DE LANGUEDOC. 553
^ 0 T E met un Guimcra à la tête de tous Ces évêques, il y avoit un autre Bofon comte de Provence qui
Xi j J. Quant à la fin de l*ej>ifcopat de Guimera , on tranfmir ce comte à fès defeendans. Or ce Bofon
doit la rapporter au plutôt à 1 *an p J i . car ce prélat ne peut avoir été fils de la même Berrhc & de Ray*
gouvernoit encore leglile de Carcaflonnc cette me- mond , puifqueceux ci ne furent mariez au plu-
àPr.f. 66. me année, comme il paroit par un aétc 4 d’échange tôt que vers la fin de l’an y+6. ou au commcncc-
qu’il fit avec 1 abbaye de Montolicu tan gj / . de ment de Tannée fui vante.
NOTE
XIV.
b CAtti a . parfaitei
chrift • Marthe
tê.i.f»+76m qui proi
l' Incar mai ton, l'ert gôg.indithon jv. ce qui convient III. Selon une fécondé opinion embraftèe par
parfaitement. Catel b 8c après Jui Mrs de Sainte- un grand nombre d'auteurs* , le comté ou mar- 1 c*reUomr.
Mairhe c 8c dr Vir. fnnr mrnrinn dnne rhnrre niiifâr dt* Provence entra dans la maifnn descom- "
Marthe c & de Vie, font mention d’une charte quifât de Provence entra dans la mai/bn descom-
qui prouve qu’Abbon étoit évêque deCarcafibnne tes de Touloufe , par le mariage d’Alfbnfc- Jour- ^
U fécondé année du rot Raoul . Le premier conclut dain comte de Touloufe avec Faydidc, qu’ils pré-
de ld que ce prélat occupoit le liège de Carca/Jbnne tendent avoir été fille de Gilbert comte de Proven- ^ B”‘ht t9m
en 9 1 4.0U en 916. Mr‘ de Sainte-Marthe en 5? 1 3 . ce , & fbn héritière pour une potrion de ce comté : * ^
oc de Vie en 91 { . mais ils n’ont pas fait attention mais outre que tous les plus habiles critiques con¬
que Raoul ne fur reconnu en Languedoc, & en viennent aujourd’hui, & qu’il cft certain01 d’ailleurs, mv.NotX.
particulier dans le diocèfë de Carcailbnne d , qu’a- que Faydide n’éroit pas fille de Gilbert ; on voit que *• 1
,d v. tr. m.i. particulier dans le diocèfë de Carcailbnne d , qu’a- que Faydidc n’éroit pas fille de Gilbert ; on voit que
l'cVct-dtftt Pr^s ^ mort^c Charles le Simple , & feulement® Raymond de S. Gilles pere d’Alfonfè- Jourdain ,
u ni. *. 19 • depuis l’an 5 >31. ainfi Guimcra pouvoir être en* prenoit le titre de marquis de Provence n avant la
n rr.p.s*+*
core évêque de Carcaflonnc en 93 1. naillance de ce dernier: ainfi nous ne nous arrête-
VL Abbon ne fut pasJong-tcmsfurle fîcge epif rons pas davantage fur cc fëntiment, que Bouche
copal de cette ville ; car Gifande lui avoit déjà fuc- & pluiietirs autres ont fûffi/âmmcnt réfuté.
fPr.f. 72. cédé fle 24. de Mai de la v . annee du roi Raouly ou IV. Cet hiftoricn 0 après avoir rapporté les dif- o Boucbt r#.
l’an ^our' trouvons ^ d’ailleurs que Gi- ferentes opinions de ceux qui J’avoienr précédé, ®57* ^
lande étoit évêque de Carcaflonnc le 4 . A/rfr/ de fur J’cpoque&Ics circonftanccs de l’union dumar-
/** première annee après U mort du roi Raoul , ou de quifât de Provence à la maifon de Touloufe , & eu
* si! f ^an ^ î De Vie b a fait deux évêques de ce pré- avoir fait fentir Je foible , établit fbn fëntiment. Il
^ # Jat , l’un fous Je nom de Gifândc , 8c l’autre fous prétend que Bofon IL du nom comte de Provence,
celui de Wifande , qui cft le même nom. qui vivoit au milieu du X. liéele , partagea les états
entre Guillaume & Rotbold , Ces deux fils ; que ce
" dernier eut pour fi part, les comrez de Forçai-
NOTE XIV. quicr 8c Vcnaiflin , ou la haute Provence firtice
entre iTfcrc 8c la Durance ; 8c que le refle de ce
Epoque de l'union du mar qui fit de Pro - pays ou la bafîc ProvenccdituécentrclaDurance 8c
vencc au domaine des comtes de Tou- fa :™-T> & aPPcl,cf 211 ^ comré d'''rlc’s > dchut a
loufe. Etendue de ce marquifat. Suite Guillaume , lequel eue la «.«crametd fur les Jars
. J f , , . . J de Ion frère , & qu ainfi le comte de Vcnaiflin ,
des comtes héréditaires de Provence po/Ldc enfuite par les comtes de Touloufè , étoit F
jufques au commencement du JCII. un fief mouvant du comte d’Arles ; que Rotbold
fiée le. lailJa un fils appelle Guillaume qui lui fûcceda fôc
une fille nommée Emme qui époufi Guillaume
LT L efl certain que le marquifat de Provence Taillcfcr comte de Touloufe, i qui elle apporta les
X croit dans la maifon des comtes de Touloufè comrez de Forcalquier & de Vcnaiflin par le décès
à la fin du Xl.fiéclc , & que Raymond de S. Gilles de fbn frere fans enfans ; que Guillaume Taillcfer
Ce qualifioit alors marquis de Provence : mais à eut deux filsd’Emmedc Provence; que Pons qui
quel titre poflcdoit-il ce marquifat ? l’avoir-il ufîir- étoit l’aîné 8c qui iui fucccda dans le comté de Tou-
pé , ou le tenoit-il de les ancêtres ?quand cfl-ce que loufe , hérita du comté de Venaiflïn , & Bertrand
ceux-ci onr commencé de le po/Iedcr ? c’cft cc qui le puîné du comté de Forcalquier , à la charge d’en
fouffre des grandes difncultcz , que nous allons faire hommage à fbn aîné 8c aux CucccfTcurs de cc
tâcher d’éclaircir. prince ; que Bertrand ayant lai/le poftéritc , Alix
II. Du Chefhc' a d’abord infînué que le marqui- (on arriéré- petite fille époufâ Ermeneaud comte
4 •*«*. jiuV ûr de Provence étoit entré dans la maifon de Tou- d’Urgel ; & qu enfin par cc mariage Te comté de
loufë par le mariage de Bcrthe veuve de Bofon Forcalquier paflà de la maifon de Touloufe dans
comte de Provence, & nièce d’Hugues roi d’Ita- celle des comtes d’Urgel.
lie, avec Raymond prince d’Aquitaine 8c comte de V. Tel eft le fyftême de Bouche qui cft appuie
^ ou^ou^« Befly k , le P. Labbe & B. flë , ont fïiivi fur diverfes chartes 8c qui a été fuivi â peu près
IV. Cet hiftoricn ° après avoir rapporté les dit
loufë par le mariage de Bcrthe veuve de Bofon
comte de Provence, & nièce d’Hugues roi d’Ita¬
lie, avec Raymond prince d’Aquitaine 8c comte de
k*eJbpÿ' Touloufè. Befly k , le P. Labbe 8c B. flè , ont fuivi
. . v. ' -/t: _ c —r,.:.. _ _ ...
ui.pl'. cet auteur , & ont afîuré pofirivement ce qu’il n’a- par Gaufridi S. Ce dernier s’en eft écarté cepen-
*Bt**Ntf€* vo*c avanc^ qu’avec quelque doute; mais Ictrropi- dant en ce qu’il prétend, i ç. que Rotbold par- p. ifpr°V*
20 j. 44 *' nion ne fçauroit fë foûtenir : car i °. Raymond , tagea fès domaines entre Guillaume fbn fils, â qui
mari de Bcrthe dont nous venons de parler , étoit il donna le comte de forcalquier, cc tmme fa fille,
à la vérité de la maifon des comtes de Touloufe: en faveur de laquelle il difpofâ du comté Ve-
mais ni lui ni fès defeendans ne podederent jamais naiffin en la mariant avec Guillaume Taillcfer
le comté de cette ville, ainfi que nous l’avons déjà comte de Touloufè. Guillaume fils de Rot-
fait voir. i°. Si le marquifat de Provence fût tom- bold eut un filsappellé Bertrand ; 8c qti’Alix , qui
bé par cc mariage dans la maifon des comtes de porta le comté de Forcalquier dans la maifon d’Ur-
% Touloufè , il paroîtroit par quelque monument gel , defeendoit de lui.
du X. fiéele qu’ils polJcdoient alors ce marquifat : VI. Enfin Ruffi le fils , qui nous a donné en
mais on voit au contraire par un très-grand nom- 171a. une fçavanrc difJèrrntion fur l’origine des
il donna le comte de Forcalquier, 8c Emme (â fille,
en faveur de laquelle il difpofâ du comté Ve-
nniftîn en la mariant avec Guillaume Taillcfer
comte de Touloufè. 2 *.Qiie Guillaume fils de Rot-
bre de chartes , que la Provence appartint pendant
tout ce fîécle à une autre maifon. 3 u. Enfin il eft
conftanc qu’en 94S. & après le mariage de Berthe,
Tome II.
comtes de Provence , de Vcnaiflin 8c de Forcal¬
quier , 8c qui a pouflë plus loin qu’aucun autre
les recherches fur cette matière , a cmbraflè â peu
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mouvance e de
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44- &
bold le puîné comte de Venaillin *, que Guillaume
fils de celui-ci étant mort fans enfans, Emme (a
fœur , femme de Guillaume Taillefer comte de
Touloufe , recueillit (a fuccdlion , laquelle paflâ à
XIV.
léj-p. JX,
f'M-
55+ NOTES SUR L’HISTOIRE
près le * fenrîment de Bouche & de Gaufridi , après Forcalquier. i°. La prétendue - _ ^
lavoir cependant rettifié. Il allure que Guillaume 1. dernier comté , de celui de Vcruifiin , & celle du ” $.7 E
fils aîné de Bofon fut comte de Provence , & Rot- comté Venaillin , de celui d'Arles ou de Provence.
Mais pour prouver ce que nous venons d’avancer, & jt‘n-
il eft nécellàire de parcourir la fucceffion de9 di-
vers comtes de Provence, depuis Bofon jufqu’au
commencement du XII. fiécle. Nous n’établirons
Pons leur fils & à la ligne directe des comtes de cette fucceffion que fur les chartes& les anciens mo-
Touloufc; &qu’cnfin les comtes de Forcalquier ne iraniens qui font reconnus généralement pour
defeendent point de Bertrand fils puîné de Guil- vrais , & qui portent avec eux des caraéteres de vé-
laume Taillefer, comme Bouche l’a crû, ni de Guil- rite ; fans aucun égard pour quelques pièces qui
iaume fils de Rotbold, mais de Guillaume II. cotnte avoienc embrouille jufim’ici cette matière , & donc
d’Arles ou de Provence, & fils de Guillaume I. M. de Rufti le fils, a fait voir la fuppofition.
Ruffi ^ s’explique fur le titre de comte de Ve- VIII. Nous trouvons d’abord deux Bofon com-
naillîn qu’il donne à la portion de Rotbold , la- tes d’Arles ou de Provence vers le milieu du X.fié-
quelle paffa aux comtes de Touloufe. Il avoue que cle. Luitpcand f fait mention du premier qui étoit fL**?rJ>u
ce titre ne commença d être en ulàge que vers l’an déjà mort en 946. & dont on ne connoît pas bien ,4'
1 1 1 3 . & déclare qu’il entend par-iâ , la portion de l’origine : mais oue nous conjecturons * avoir été
l’ancien comté de Provence [nuée entre la Durance le même que Bolon frere de Raoul roi de France. * IU
au midi , le Rhône au couchant , l'jfcre au fepten - Bofon I. é pou fa Berthe , nièce d’Hugues roi d’I-
triony (S certaines limites an levant , ejui aujourd'hui talie -, & il ne paroît pas qu’il ait lailié aucune pot
le dijltngnent de ce cote-là fous le nom de la comte de terite, ni même qu’il ait été parent de Bofon II.
Vtnivlfin. Il convient en même tems que les états fon fuccefidir -, car c’cit fans aucune preuve que
de Guillaume I. & de Rotbold fon frere netoient Bouche h prétend que le premier étoit oncle pa- h
pas régulièrement fe parez. 9 di que chacun avait des ternel de l’autre. f‘l9t
terres enclavées dans l'héritage de l'autre. Quant IX. U clt fait mention du dernier Bofon 01! de
cihj.p. u. aux titres c de comtés de comte de Forcalquier , il Bofon 11. dans un a£te d’échange * fait à Arles au î/W-mk
prouve qu’ils n’ont pas été en ulàge avant le com- mois d’Oétobrc de la x 1 x . année du régne du roi
menccment du Xll. lieele, & que ceux qui aupara- Conrad le Pacifique , ce qui revient à l’an 948. Il t • *<>♦. &
vaut pollidoicnt ce comté , prenoient indifferem- en eft parlé dans un autre titre k de l’cglife d’Arles
ment la qualité de comtes de Provence, conjointe- du mois d’Août de l’an 9 5 1. Enfin ce comte confir- 9 .
ment avec les comtes d’Arles *, ce qui , ajoûte-t-il , ma avec fa femme Confiance , au mois de Mai 1 de
a caulc une grande confulion dans la généalogie la xxiv. année du même Conrad, ou de l’an 961. 1 </■/,
de tous ces comtes •, à quoi on peut ajouter , que une donation faite en faveur de l’abbaye de Mont- f' 9’
comme ces comtes portoient la plupart les mêmes nia jour. Cette confirmation eft fouferite par Guil-
110ms, il eft très-ditficile de les dilîingticr. Iaume & Rotbold fcsfils, qui prennent l’un &
Vil. On ne fçauroit diîconvenir que Rufti n’ait l’autre le titre decomte: ce qui fait voir qu’ils étoient
répandu beaucoup de lumière par fes recherches & alors déjà âgez. En effet on ne trouve aucun acte
par (à critique fur cette matière, fort embrouillée juf- certain qui prouve que Bofon 11. leur pere ait vécu
qu’à lui,& que le public ne lui ait de grandes obliga- au-delà de cette année \ car Rufti m le fils a prouvé n>
tions pour (csnouvelles découvertes. On peut dire que Bolon mari de Fulcoare , dont il eft pané dans &fi*'
cependant qu’il refte encore plulîcurs difhcultez , deux aétes de l’an 967. & l’an 971. cli different
c’cft ce qui nous engage à ajouter ici quelques ré- de notre Bofon , quoique quelques modernes les
flexions pour tâcher de les refoudre ; en attendant ayent confondus , & en dernier lieu l’auteur de la
que quelque Provençal zélé pour l’hiftoire de fa defeription u hiftorique de France. u
patrie , veuille fe donner la peine d'approfondir X. Nous avons une charte 0 qui prouverait que 4:.
par de plus grandes recherches , ce qu’il y a encore Bofon II. vivoit encore apres l’an 96 1 . (i on pou- Jt°
d’oblcur dans la fuccdlion des anciens comtes de voit s’appuier fur fa date qui eft conçue en ces ter- g*u. 0*$.
Provence. Cette entreprife nous écarte d’autant mes : Anno Incarnations Domine* 962. mdittione
moins de notre fujet , que les comtes de Touloufe vu. menfe Mann régnante Rodolphorege Alaman -
ont eu des droits fur cette province , 6c en ont pof- norumfcu Provtnciarum : mais les notes chronolo-
fedé une partie depuis le commencement du XI. giques de cette charte, par laquelle le comte Bofon
fiécle, jufques vers la fin du XIII. reftituc en faveur de faint Honorât évêque de Mar-
Nous admettons d’abord comme un fait confiant (cille, plulieurs biens qu’il avoit ulurpez fur fon
& appuie lur les anciens monumens, que les com- Cglilc & fur l abbaye de S. Viélor , ne fçauroient
tes de Touloufe tiroient leur droit fur le marqui- s’accorder. L’indiélion vi i. ne convient pas à l’an
fat de Provence , ou fur une partie de l’ancien 961. & il tft certain d’ailleurs que Conrad le Paci-
comté de ce nom , du mariage de Guillaume Tail- fiqtte régnoit cette année en Bourgogne & non pas
lefer avec Emme fille du comte de Rotbold : mais Rodolphe. Ce défaut n’a pas empêché Bouche ni
nous croyons que ce dernier , Ion frere Guillau- le P. de Sainte-Marthe , après lui , de regarder
me 1. & les delcendans de l'un & de l’autre polie- cette charte qui (è trouve dans le grand cartulaire
derent toute cette province par indivis, julqu’ati de l’abbaye de S. Viétor, comme véritable dans le
partage folcmnel qu’Alfbnfe- Jourdain comte de fonds. File paroît en effet conforme au ftilc&aux
Touloufe & Raymond -Berengcr 111. comte de ufages du X. ficelé. Ainli il femble qu’on ne doit uas
Barcelone en firent en 1115. ce que Ruffi ne pa- lau-jctter comme Rufti P le fils paroît le faire, fous
roîe pas avoir allez compris. Nous mettons donc prétexte que fa date eft fauflè. Il y a un très-grand
avec cet auteur au rang des fables > 1 °. La préten- nombre d’autres chartes qui font très-vraies : mais
due divifion de la Provence , faite dit-on , é au X. dont la date a été altcrce par la faute ou l’inatren-
ftéclc par Guillaume I. & fon frere Rotbold , en tion des copiftes en les tranferivant dans les cartu-
hauce & baffe > ou en comté d’Arles & comté de laircs : Bouche en cite divers cxemplcs.Cettc charte
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DE LANGUEDOC.
Généalogie des- comtes héréditaires de Provence de la première race .
J5Î
NOTE
XIV.
F#//* naturelle .
f Bertrand comte ) Cecile fpouf* en iogf«
rÇ f d’Arles ou de Pro- 'N Bernard - Aton vicomté
Guillaume II. , Geoffroi I. comte vcnce, époufa Ma- j , Nifmes, Beiiers,
comte ou marquis • de Provence, époufa* thüde, & mourut I Carc*jfonn4,&ct
deProvcncc,épou-^ Efliennete , & mou- Tans enfans après ^
i.
Guillaume I. duc
comre ou marquis
de Provence avec
fon frère . époufa
i*. Arfinde : a**. s
Adélaïde ou Alix
d'Anjou furnom-
méc Blanche, 6c
mourut eu
deProvcncc,épo
fa Gerbcrgc , 8c
mourut en 1018.
Confiance.
* Roc-
WU.
■i
Bofon II. duc ou
comte de Proven¬
ce en 548. 6c f6i- J
époufa Confiance I
6* mourut avant
l’auras.
rut vers l’an 10*3.
Foulques r morts
Guillaume c jeunes.
l’an 1050. &avanc
l’an 1054.
Gerbcrgc com-
tefTe d’Arles ou de
Provence futheri-
Douce héritière du
comte d’Arles ou de Pro¬
vence , époula en ma.
Raymond- Bcrengcr IV.
comte de Barcelone , qui
en 1 ii y. partagea la Pro-
. — — . - , r — 5 - -
rieredefon frcre,&< venceavcc Alfonfc-Tour-
t C ^*11 . * J •_ « _ J _ -T* I
époufa Gilbert vi¬
comte deMilhaud
6c de Gevaudan.
Bertrand ou Guij- Lumc . Bertrand f pcrîtdeGei'o'iltfon
laume - Bertrand I.J H. comte de Pro- |,nc|c du comté de For.
dain comte de Touloufe.
Efliennete époufa Ray-
Lmond de Baux.
L
époufa Àldcatdc ou
Adélaïde, & mourut
vers l’an 1054.
Adélaïde, & deccda
avant l'an icyo.
. * , miuuxci , cpouia trmea-
mier comte dehor-J gauddeGerbcomted’Ur-
cafquicr , époufa . gC| ? morc cn JQ9t ^
Je cn eut un fils appellé
Guillaume , qui fut com¬
te de ForcaJquier . 6c qui
mourut en 1 128. Elle yi-
Woic encore en 1 115.
Geofiroi II. com¬
te d'une partie de
la haute Provence,
époula Douce :
mort fans enfans Ç
^apres l'an 1094.
1 -Lit.
Rotbold comte
ou marquisdcPro- avant
Guillanme III.
comte ou marquis
deProvencc,épou-
fa Lucie, & mou¬
rut fans enfans
vers l'an 1057.
Emme époufa
l’an 571.
• r e J 1 y y*-
venee a vecfon rrc-^ Guil|aume Xaf|Je
.. .nAn(. Erm.n. J a .
ter comtcdeTou-
loufe, héritierede^
la moitié de laPro- '
rc, époufa Ermcn-
gardc : mort après
l’an 1008.
Guillaume IV.
comte de Toulou-
fe , mort vers l’an
1054.
f Pons comte de Tou- !
loufe, époula Almo* Raymond de S.
dis de la Marche, & Gilles marquis de
mourut cn i960. | Provence , epoufa
cn première nô (
ces N. fille de Ber
trand fon oncle,
marquis de Pro-
vcuce : il mourut
cn iioj.
Bertrand comte de
Touloufe , 6c mar¬
quis de Provence,
mort en uu.
vcncc , mourut
après l'an 1014. 1
f Raymond -Ber-
Bertrand comte ou | trand morc ians
marquis dcProvcncc, J pofterité.
mort vers l’an tojo. I
3 . Lit.
Alfonfc-Jourdaincomtc
de Touloufe ne marquis
de Provence , partagea
cette province cn iny.
avec Raymond Bérenger
I V. comte de Barcclo-
nei époufa Faydidc d’U-
fez » mourut cn 1148. 6c
tranfmît à fes defeen-
dans le marquifat de Pro¬
vence.
I
N. héritière du
marquifat dcPro-
vence.époufa vers
l’an 1061. Ray¬
mond de S. Gilles
fon coufin ger-
raaiu.
L
cft peut-être de l’an 949. car outre que lïndiâion
vu. convient à cette année , S. Honorar qui croit
.114^. éveque de Marseille • dès l’an 94 S- rétablit en
*' ce tems-lâ l’abbaye de S. Victor. Le P. de Sainte-
Marthe b a cm rectifier cette date en fuppofant
qu elle eft $c l’an 9 94- & qu'ainfi le régne de Ro¬
dolphe III. roi de Bourgogne y eft bien marqué ;
ma fs outre que Bofon II. comte Provence ne vivoit
£Ius alors , faine Honorât n’étoit plus évêque de
larfcille dès l’an 977. Cet auteur convient lui-
même que Pons lui avoir déjà füccedé dès l’an
Tome JJ.
991. & le prouve par’une charte c de la xuv. an¬
née de Conrad Je Pacifique , ou de l’an 991.
Ruffi d le pere fait mention de la même chartequ'il
date de J an 944. mais il eft certain que l’an 962.
eft marqué dans le carrulaire de cette abbaye.
Dans cet aéie , le comte Bofon fe dit fils de Rot -
bold : Bouche e prétend que celui-ci fut comte de
Provence ; mais il n’en donne aucune preuve. Il
eft marqué que Bofon fit cette reftirution , confcn*
tiente ejus filio Rotboldo , (f fratre tjns Wtll lmo
comité . Bouche ** & quelques auteurs après lui con-
A Aaa ij
C Ibid. f.
«12.
v. Mab.aà
*nn. 9 6z. n.
97S.
d \»ffi C. d§
Prov.p.+i.
fin-
e Bouche ro.
i-p-lc.&jii*
f lb. tê. I. f,
*J9 & ftijtj.
Cdutnb. de
if JC. S -Jlar.pt
Xli.
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NO T E
XIV.
* Grt.ckrijt.
ik.te.l.inftr.f.
*04.
O if.fi
16.
&f*W
*\*&**3‘+
*J.
«J Gltb.L I.c.
C Grt.tUrifl.
nov.iiae.i.p.
*07. & S$tf.
556 NOTES SUR L’HISTOIRE
clucnt dc-là , que le dernier étoit ftere de Bofon , abbé. Cet atte qui tft fans date , mais qui eft an- w
& ils le font (ans aucune preuve comte de Forçai- terieut à Fan 977. puil^ie Mauringc ^toit déjà *
quier: mais il paroît que ces mots, fratre ejufy mort m cette année, prouve que ces deux freres no
doivent fe rapporter à Rotbold. On voit en effet avoientune égale autorité fur toute la Provence: n^^dt9Afm
pat d’autres thonumens, & en particulier par une on en trouve une nouvelle preuve dans un titre de
charte de .l’an 961. que Guillaume & Rotbold l’an® ni 5 . où celui-là eft rappellé, & où il eft dit n
éioient fils de Bofon. qoe cette donation fut faite -, cum confiüo comitis p'
XI. Nous avons une châtre • de Manafféf ar- tViilelms (3 fronts fui Rotboldi qui tune temporis
chevêque d’Arles en faveur de l’Abbaye de Mont- regere vtdebantur regnum Provincialium .
majour , où il eft fait mention du comte Bofon qui XIII. Suivant une charte 0 datée de l’an 98 5.
la foufcrivit & la confirma : elle eft datée du pre - indittion xiv. Guillaume cototê 63 marquis donne de
min Octobre de l'an 976. la xxxvn . année dure'- concert avec (à femme Adélaïde à S. André d’A-
gne de Conrad \ ce qui prouverait que Bofon II. vignon différens biens fituczdanslc comté de cette
vivoit encore alors. Mais outre que la }7.annéedu ville. Rufti le fils prétend Pque cette Adélaïde eft p #4.17. *
régne de Conrad fie (çauroit convenir avec l’an la meme qu’Arfinde femme du comte Guillaume ,
97 6. il eft certain d’ailleurs que Manaftcs n’étoit b dont nous avons déjà parlé , & cire trois chartes en
plus archevêque d’Arles en 966. la-date de cette preuve. Par les deux premières, Guillaume comte
charte ne fçauroit donc fc foûrenir. Aulli Rufti c le (3 fa femme Arfinde , donnent en fief en 969. &
fils prouve-t-il très-bien que Bofon II. ne vivoit 979.4 Hugues Blavie , une condaraine fituce dans
plus en en 968. comme il paroît par une charte lecomtéd’Avignon.Suivantlatroifiéme H Gausfred
de cette armée, fuivant laquelle Guillaume I. fon ou Geoftroy comte de Provence , dans la reftitution
fils 8c fon fucceftcur dans une partie du comté de qu’il fit en 1057. au monaftere de S. Viétorde
Provence, tint alors un plaid a Arles. C’eft le me- Marfeille de cette meme condamine, déclare que
me Guillaume que Glabcc d qualifie duc d'Arles, Guillaume jon ayeul marquis ou comte Provence , c i
8c qui fuivant cet auteur défit les Sarafins à Fraiftî- Adeldide fin ajeule , F avoient donnée à un homme
net vers l’an 971. nouvelle preuve que Bofon fon appelle Hugues Blavie , qui enfuire en avoir difpofo
pere éroit alors déjà décédé. en faveur de ce monaftere. Rufti conclut de-li
Nous ne nous arrêterons pas à quelques chartes e qu’Arfinde 6c Adélaïde font la même perfonne y •
des années 944. 949* & 95 1. fuivant lefquellcs mais il fo trompe, puifqu’il eft démontré par une
Bofon II. aurait pris le titre de roi , & régné en autre charrede l’an 979. & dont cet auteur1 n’a rap-
Provencc depuis l’an 91 5 . car outre qu’elles vien- porté qu’une partie , que ces deux comteflès font
nent d'une fource très-fufpctte , il paroît par tous differentes. Cette charte qui fe trouve dans les ar- *
les monumens & les auteurs du tems , que Bofon chives de l’abbaye de Montmajour,& dont le P.Ma-
\
m
iv. art.
4hnjt. tbi d. p.
150.
II. ne prit jamais que le (impie titre de comte , 6c
que Conrad le Pacifique fut foui reconnu pour roi
en Provence depuis Pan 937. jufqu’à (a mort arri¬
vée vers la fin du X. liecle. On ajoute que ce pré¬
tendu Bofon roi de Provence , étoit fils de Louis
l’Aveugle 6c petit-fils de Bofon I. cette prétention
n eft f pas moins contraire à l’hiftoire 6c aux mo¬
numens du tems.
XII. Rotbold fécond fils de Bofon II. (accéda à
une partie du comté de Provence , ou plutôt il le
KUÏ-éi
billon • fait mention , finir de la manière fùivantc :
Fatla car tu U tfla 1 in menfi funio régnante Conrado *7 f
reoe annoxu 1. S . W'tUcl mus inchtus cornes (3 uxor Wr-l1**
Jua Arfindis. Pondus major firmavit . . . S . Adc-
lais comttijfa (3 filin* fiw WilUlmus firmavit 63c.
Il eft évident par-là qu’Arlinde qui fouferivit \
cette charte avec le comte Guillaume I. fon mari,
eft différente d’ Adélaïde, mere d’un autre Guillau¬
me qui y (ouforivit aulli. Quelle étoit donc cette
Adélaïde ? c’eft la même qu’ Alix ou Adélaïde d’An-
poflcda par indivis avec Guillaume 1. fon frere. jou , furnommée Blanche, que Guillaume I. comte
xt .j j.'. * _ _ _ 1 __ 1 n... ...... r. l * o.
6^
f.il.
b Aid.
Nous avons déjà vu qu’ils prenoient tous les deux
le titrede comtes dès l’an 961. Il eft fait mention
de l’un & de l’autre en divers attes poftérieurs.
Guillaume S comte de Provence 63 fa femme Ar¬
finde y donnèrent en fief/4 xxxn . année du régne
de Conrad y 63c. ou l’an 969. divers allais fituez
dans lescomtez de Fréjus , de Siftcron &c.Le mê¬
me Guillaume k marquis de la province et Arles ,
de concert avec la même Arfinde fa femme , donna-
i Ibid. pas. à"
ftq.
Klb.p.Si.
ï Bsutbe te.
de Provence aura éponlèc en lecondes noces , 6c
qui après la mort de fon mari aura fouferit à cet
atte pour le confirmer avec le comte Guillaume II.
fon hls , dont elle avôit ln tutelle. En effet les noms
de lacomtefle Adélaïde 6c de fon fils Guillaume »
ne paroiilènt dans les fou (captions qu’après ceux de
plulicurs témoins , avant ldqucls ils auraient fans
doute fouferit, lî elle & fon fils avoient été prélens
à Patte. Adélaïde & fon fils Guillaume auront donc
en fief quelques allais (ituez dans le comte d’Avi- confirmé d’abord après la mort de Guillaume 1.1e
gnon , laxLii. année du régne de ce prince ou Pan bail à fief d’une condamine fait en 979. par ce
979. & il tint ‘la meme année lin plaid à Ma- comte, 6c (à première femme Arfinde , en faveur
nofque dans la haute Provence. Enfin fuivant un d’Hugues Blavie. Dans ce fons Geoffroy comte de
atte k daté du mois de May de l'an ç?9* tndiüion Provence, loi* (qu’il reftitua en 1057. cette con-
vi 1. Walcaud évêque de Cavaillon , ht une dona- damine à l’abbaye de Saint-Vittor , aura pu dire
tion à Pabbayc de faint Vittor de Marfeille du con - qu'elle avoit été donnée en fief à Hugues Blavie pat
fentement de Guillaume marquis. . Guillaume fon ayeul , Sc Adélaïde fon aycule. A
Tous Ces attes font autant de preuves que Guil- cela on peut ajouter que la comtcflè Adélaïde ,
laume I. fils de Bofon II. étendoit également fon aycule du comte Geoffroy ,ne mourut qu’en u l
autorité dans la haute & dans la bafïe Provence , & 6c que Guillaume I. étoit déjà marié avec Arfinde
qu’il pofledoit par confcquent par indivis ce comté dès Pan 968. Si c étoit la même , elle ailroir été
avec Rotbold fon frere : on a encore un atte fui- comteflc de Provence pendant plus de 5 3. âns d6
Vant lequel , le comte Guillaume I, le comte Rotbold fuite, ce qui n’eft pas allez ordinaire pour être ad-
fonm frere , 63 la comtejje Arfinde autoriforent par mis fans de bonnes preuves. On doit rctoarquet
leur confontement une donation en faveur de l’ab- encore que dans pluiîeurs attes que nous avons
baye de Montm^our , &*de Mauringe qui en étoit depuis Pan 968 . jufqu’à Tan ,979. la femme 'de
V.’*
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DE LANGUEDOC.
M 7
« Guillaume I. comte de Provence ne prend que le en 99 a. de divers domainesqui avoienr appartenu
nom d’Arfindc, 6c jamais celui cfAdelaidc ; 3c qu’au à cette abbaye , Rotbold fôn frere Ce fert de ces ter-
contraire depuis environ l’an y 86. jufqu en 1 0x6. mes dans la fôufcription f : Domnta Rvboldus ce-
on ne trouve plus aucune Aifïnde comreffcdePro- mes voluit atque firmavit. D’où on peur conclure
vence, & que la mere du comte Guillaume H. prend qu’il avoit également droit aux biens reflituez.
toujours le nom d’Adebïde. Eft-il vraifêmbiable » Guillaume I. comrc ou marquis de Prover
marquis de Provence > M7
fi cette corn telle avoit deux noms, quelle ne & furnonimé le pert de la patrie, mourut* la même
r • r J:tc _ _ J .. ;» _ _ J _ l» _ ...... _ i _ o. r •_ i. .. c * r _ i . 1 _ _ z
foit pas fervie indifféremment de i’un ou de l'autre,
& qu elle ait conftamment pris le premier dans
un certain cems , pour n’ufèr abfôlumenr de l’au*
1 tuf dif tre que dans la fuite? Enfin Rufli * prouve très-
bien , qu’Adelaïdc comtdlc de Provence & mere
f.ljU
Pr.p> Ijo»
g P*S* ^
ênn. 9»»> <T
9ÿ4- **•©<>• .
V.
année 9 9 a. & fut inhumé à Sarriân dans le comté
Venaiflîn. Il avoit donne ce lieu à l'abbaye de Clu-
ni, & dominoic par confcquent fur la haute Pro- *£•**•.*.
vcnce, comme Rotbold Ion frere fur la bafle.
XV. Nous avens déjà vu que ce dernier pofleda
b w*
hpM
#.îi-cr Ai¬
de Guillaume II. prenoit auili le nom de Blanche: par indivis cette province avec Guillaume II. fôn
peut-on croire fans quelque autorité quelle ait eu neveu ; ce qui paroît encore par differens aéics qui
- use. - -, prouvent qu’il exerçoic également fon autorité dan*
h haute & la balle Provence. Il donna *> de con¬
trais noms differens ?
XIV. Suivant un a&e rapporté b par Bouche, le
comtç Rotbold , avec Ca femme Ermengarde, don¬
nent en 1 00 1. le lieu de Permis à Hervé abbé de
Moncmajour,& aux religieux deccmonafterc; l’aâc
cft fôulcrit en ccs termes: Siguum Rotboldi comités
tr uxorù [ne H ermengarde qui banc cartam fien
_ _ _ _ h \uffi C.dê
cert avec Ejmilde fôn epoufè , à S. Odilon abbé de rav‘ F'u
Cluni , le lieu de Piolcne dans le comté d’Ocange ,
1>ar un arfte qui fut confirmé par la comtdlc Ade-
aide, «Se fôn fils Guillaume. Rotbold prend le
titre de marquis dans cet aéte, dans lequel le nom
cMA.sd
4M400 4«».
19-
trait
1004.
c’cft une donation faite
juJJ re(3 tcfhbus firmarirogavcruntMillclmus nepos de fôn époufè Ermcngarde cil altéré ; comme il
Juiis firmavit , A delais comuiffa firmavit , Rcjla- l’eft dansl a&e de confirmation , qu il donna ' en
gnns firmaztt (3c. Nous tirons de la une preuve 1004. conjointement avec fa femme Ingarde, de
que le comte Rotbold 3c Guillaume II. fon neveu, l'élection de Jean abbé de S. Pons de Nice dans
poflèdcrenten commun le comté de Provence; ce Ja balle Provence. Rufli k le fils hefîte au fiijctdecc
qu’on peut encore confirmer par une autre charte nom d’Eyniilde : Ou ne fait pas , dir-il, // ce nom
de l’an 1 004. dent le P. Mabillon c rapporte lin ex- avec celui d Ermcngarde ont été portez, p^r une mê-
’abbaye de Pial- me perfonne , félon J'ufuge de ce Jiécle , ou fi Rotbold
a éié marié deux fois. Mais il paroît que ce comte
neue jamais d’autre femme qu’Ermengarde *, car il
dl certain qu’il croit déjà marié avec elle en 991. 1
«Se qu’il cil avoit même alors des enfuis qui étoient
déjà mariez. Or nous trouvons qu’en 1005. peu de
teins avant fâ mort , Ermengarde étoic encore fâ
femme.
Cette comtefle fouferiviren effet alors à fade m,
par lequel Pons évêque de Marfèilie confirma du
confnument * du comte Rotbold , de la comteffe
Adélaïde (3 de fon fils Guillaume , tous les dons
qu’il avoit faits a l’abbaye de S. Victor. Enfin le
comte Rorbold , qui dans quelques titres prend
la qualité de comte a par la grâce de Dieu , autorifa
en 1008. par fia fôufcription 9 une donation faite
à l’abbaye de Montma/cxir , de divers alleus fîtticz
i F J ntini kA*
Vi^nparl»l-p*
31.
V d,Jt.
/.Ü.CT44.
modi au diocèfe de Ni/mcs. Ad bac , dit cet au.
tcur, eidem Warnario ( abbati Pfalmodtenfi ) Gu i-
le l mus cornes £5* uxor ejus A de ldi s , ïj cognât us ejus
Rotbaldm contes GuiUtlmw f rater ejus , dimife -
runt ecclcfiam de Bergen cum appcndicibus fus fitam
tn comitatu Aquenji ; fur quoi il faut remarquer ,
que s’il n’y a point de faute danscct extrait , Hz qu’il
ne faille pas lire , comme nous le croyons , (3 mater
ejus AdiUts au lieu de uxor ejus , c’cft une preuve
que Guillaume II. comte de Provence , n’époufâ
Gcrberge qu’en fécondés noces.
Nous avons une nouvelle preuve que Guillaume I.
& Rotbold fon frere polledoient la Provence par
indivis dans l’adc de fondation du chapitre de Car-
pentras, faite par Ayrard évêque de cette ville, le
20. de bevrier de l'an çta.foHs le régne de Conrad
le Pacifique , 6c dans laquelle ce prélat s’exprime dans les comtez d’Aix , d’Arles , de Fréjus 6c d’A¬
vignon ; c’eft-à-dire , tant dans la haute que dans
la bafle Provence.
I Pr. p. T f 0.
V.l dt
de Prov.p. s 6.
01 Gali.chrijl *
ntv. td. te. I.
injlr-p.\o9-&
&Jlq.
•Cura voliia«
tacc.
tGtBMft. en ces termes : Qu. pr opter* ego m Cbnfti nomine
■"* tÆr ardus jam diclus epifeopus , divina favente Cle -
ment ta cum confite (3 •vduntate, . . . hujus provtn-
cia principes nec-ne fratru ejus Rotboldi comités
(3c. Il cft vrai que le nom de Guillaume I. eft en
C’cft-là le dernier monument que nous trouvions
de ce comte , qui mourut fins doutebien tôt après :
il laifia deux enfuis d’Ermengardc fà femme, fça-
blanc dans l’édition que le P. de Sainte-Marthe voir Guillaume que nous appellerons Guillaume III.
nous a donnée de cer a&c : mais ce ne peut être qui lui (ucceda, 6c qui pofleda la Provence par indi-
aucrc que lui , pnifqu’il y eft fut mention de Rot • vis avec Guillaume II. 6c enfiiite avec les hlsdcce-
bo/d fon frere : on voit par cet aâe , que ces deux lui-ci fcscoufins; 3c Emmeque GuillaumeTailIcfcr
comtes étendoient également leur autorité dans b comte de Touloule , époufa en lecondcs noces,
haute Provcnce,où la ville de Carpenrias efl fituée ; U paroît que Rotbold , outre Guillaume I. fon
par confequent on ne connoiflôit pas alors la pré- fcc re , en avoir un atitre de même nom ; ce qu'on
n Bouche 1 0.
i p. 8+:. cr
«» idrch. de
l abO.de M »nt“
mjjmr. V.
Huit, ihnfl.
nov. ed. tt. r.
injir.p.\\Q.
d-f, p.
4f- V
g GiÜ.chvifl.
P-ii .
à-Jeq.
tendue dillinélion dcscpmres d’Arles ou de Pro-
vciKe , 6c de Vcnaiflïn ou de Forcalquier.
Guillaume 1. donna c de concert avec A JchïJe
fâ femme , à Ricultc évêque de Fréjus 3c à fon
peut fonder t°. fur ce que dans la donation faite
en 1004. a l’abbaye de Pfâlmodi P, dont on a
déjà pailé , on lit cette foufeription : Rotboldus
cornet ac G utile Imus f rater qui. 1°. Sur la fouferi-
p V. ci defmt
n. 14.
églilc, la moitié de cette ville , 6c de fes dépendan- ption fuivante à l’aétc de l’an 1 00 8 m S/g. Rotboldi
ces. L’aéte qui eft environ de l’an 9 90. cft fouferit comtis. S. Domni Poncttepifopi Majfihenfis.S.Wil -
par le comte Rotbold qui confirma cette dona- lelmi comtits fratns ejus. On pourroit expliquer
tion : RatbalUts cornes conceffit (3 manu frmavit. cependant cette dernière foufeription deGuiüau-
Autre preuve que ces deux frerespofledoienc cette me vkomtec de Marfêille > 3c frere de Pons évê-
villepar indivis ou en commun , avec le reftedu que de cette ville, Sc (up|>ofer qu’on dort lire en
comté de Provence. Enfin dansia&e de reftitution cet endroit vice-com>rü au lieu de comités ; mais il
tjue Guillaume 1. fie a l’abbaye de S. Cefairc d’Arles cft plps difficile 4’iwcrpréter Fautrc, à moins que
9 Atrchiv. dt
Montina}**r
ib:d.
xV.trff.diJt.
p.ti.çr jetf.
55*
NOTES SUR. L’HISTOIRE
Mabillon n’ait mis par erreur /rafer ejtuy au à cette note. Ces deux derniers poflederent leur _
XI V. lieu de filou e/us \ ou qu’enfin Guillaume 11. comte moitié par indivivis. Quant à Guillaume III. il mou- N y R
de Provence n’ait eu un frerede meme nom que rut fans poftérité vers la fin de l'an 1036. Par fbn
lui , ce qui ne paroit pas.
XVI. Quoi qu'il en (oit , Guillaume III. comte
de Provence > fils de Rorbold étoit deja marié, &
prenoit la qualité de comte l'an 991. comme on
ntdfic.it voit par le tdVamcnt * de Guillaume I. où on lit
T nv.p.s*. - - -
b Emch
bBtmchttt.U
kfr.
Ml r
éi/ftrt-f-61.
«*•
47- & 6z.
décès Emmc fâ fœur, femme de Guillaume Tail-
lefer comte de Touloufe , ou leurs enfirns, héri¬
tèrent de la moitié du comté de Provence. Telle
cft l'origine du droit des comtes de Touloufe fur le
marquilât de Provence , comme Bouche h Sc Ruffi
T%\Pr.fi 15». la foufcription fuivantc : S . Willelmus cornes filins le fils , qui ont examiné cette matière avec beau- F\»$ W*
'bEmchêu. Hotboldi* (3 uxor fua Aduleia. Bouche b lit Dulcia coup d'attention , en conviennent. Ils (è trompent ***
au lieu d 'Aduleia \ Sc il paroît en effet que ce der- cependant l'un & l’autre*, le premier en fuppofânt
•nier nom eft corrompu dans l’édition que Ruffi le que la partie de la Provence qui échut par cette fuc-
pere nous a donnée de cet aâe : mais il paroît auflî ceffion à Guillaume Taillefer ou à ks fils , com¬
mue Bouche a fait cette corrcûion de lui-même , Sc prenoit lcscomtez de Forcalquier & de Vcnaiflin -,
qu’on doit lire Lucia. On a yû que le comte Rot- & l’autre • qu’elle renfermoit feulement ce dernier
bold donna le lieu de Piolene à l’abbaye deCIuni: comté, auquel il donne toute l'étendue qui eft au
or nous trouvons un comte appellé Guillaume , couchant de la Provence entre l’Ifere &le Rhône,
qui de concert avec fa femme Lucie , rendit à II cft v rai que par le partage k de l’an 1 1z5.ee pays
cette abbaye en 1 o 5 6. diverfes terres fituées dans échut à Alronfe- Jourdain comte de Touloufe *, mais
t j*ffi c. it le diocèfe de Riez , pat un aéte c daté de Piolene ? ce n'eft pas une conféquence quil eût appartenu
pr»v. p. 60. ce qUj nous Jonnc |jcu de croire que ce comte Guil- auparavant à fes prcdécefïèurs , Sc en particulier à
laume eft le meme que le fils du comte Rotbold , Rotbold & à Guillaume III. fbn fils , comme le pré-
& que le vrai nom de fa femme eft Lucia , & non tend le même auteur -, car nous avons déjà vû , &
Dulcia. on verra dans la fuite > que tous ceux qui ont pris le
a Mâi.éd On peut confirmer ceci i°. par une donation^ faite titre de comte ou de marquis de Provence depuis
*n;i.io29.». en 1030. par le marquis Guillaume (3 la comteffe Bo(on II. jufqu’au commencement du XlUiecle ont
- Luc* fi* fintme , d'une métairie * fituée auprès de la poflèdé le domaine de toute cette province par in-
Dtf.M.f. ville de Gap , à l'abbaye de Cluni. i°. par un aâee divis , & qu'ils ont également étendu leur autorité
de la même année 1030. indiiïion 13. fuivant le- tant fur la haute Provence , à la droite de la Du¬
quel Guillaume comte de Provence (3 fa femme rance, que fur la baffe , à la gauche de cette rivicre.
Lucie donnent à l’abbaye de S. Viétor de Marfeillc , XVIII. Outre les droits qu’Emme comtellè de
une maifon fituée à Aufone dans le comté de Siftc- Touloufe pouvoit avoir fur une portion de la Pro¬
ton. Comme ce dernier aéle cft fouferit par le
comte Pons Sc Bertrand fon frère , fils de Guillaume
Taillefer comte de Touloufe, & neveux de Guil¬
laume III. c’eft une preuve que ce fut celui-ci qui fit
cette donation , & non pas un prétendu Guillau- de vraifêmblancc, quoique cet auteur fc trompe ,
me-Bertrand comte de Forcalquier, ainfi que le en ce qu’il prétend que Guillaume 111. eut d^sen-
fit-p-s o.& prétend i Ruffi le fils. Cet auteur fè fonde fur ce fans. Nous voyons en effet, qu’Emme poflî-doit
que Bertrand comte de Provence donna cette 4*- difterens domaines dans le pays du vivant de Guil-
nee 1030. mdiclion 13. à la même abbaye , une autre laume 111. fbn ftere, comme il paroît entr’autres ,
maifon fituce dans ce lieu > Sc que par conféquent 1 par la donation 1 qu’elle fit en 1 o 1 5 . au prieuré 1 c ù
ce doit être le meme. Nous tirons de-là une con- de N. D. de Corrcns , dépendant de l’abbayc de %r£ùV.’
(équence toute contraire *, car x°. pourquoi dans Montmajour, de l’églile de S. Pons fituée dans le
deux aétes faits en 1030. ce comte auroit-il pris comté de Fréjus , Sc d’une maifon à Brignole ; les
dans l’un le nom de Guillaume, & dans l’autre termes du commencement de cetadke fontremar-
cclui de Bertrand? z°. Si c'cft le même comte* quables: Ego Emma comitiffa filsa Rotboldi comités
qu’avoit-il affaire de deux aétes feparez , pour don- (3 Htrmengard a uxorü ejtu , ex hétrcditate qui nuhi
ner vers le même tems à une même abbaye , deux légitimé obvemt *, hoc eft m comttatu Forojuhenfiÿc ,
inaifons fituées dans le même endroit ? Tout ce z°. Par une autre donation qu’elle fit en iox4.con-
qu’on peut donc inférer de ces deux aûes , c’eft que jointement avec fes fils Pons & Bertrand , d’une
Guillaume Sc Bertrand comtes de Provence pofle- maifon m dans Avignon, à l’abbayc de S. André fur m
doient chacun une partie du lieu d’Aufbne dans le le Rhône. $*. Enfin par un aâc “de la même an- .m.
comté de Sifteron , de même que nous avons déjà née , fuivant lequel clic donna de concert avec Gui- Pr.p-ijs- &
vû que les différais comtes de Provence pofle- laume comte deToulou/e fin mari , une maifon * c it
doient en commun la ville de Permis , Sc plufieurs dans Manofque à l’abbaye de S. Viélor : or comme Prtv- r- îé*
autres alleus oit terres dans ce pays. Enfin cette pof- elle donna la plupart de ces biens (ans être autori-
fcllion commune eft prouvée évidemment par la fée par fbn mari , c’cft une preuve qu’ils étoient pa- *r- *•
donation s que le comte Guillaume fils de Rotboldy raphernaux, c*cft-à-dire qu’elle lesavoit recueillis foi"0”
4Î- fit en 1014. delà quatrième parue de la vallée delà fucceflion de fbn perc , indépendamment de
Cagnanc à l’abbaye de S. Viélor de Marfcille , &
qui fut amorifee par la comteffe Adélaïde veuve de
Guillaume I. Sc tutrice de Ces petits-fils.
XVII. Guillaume III. comme repréfentant la per-
fonne de Rotbold fon pere, avoit droit fur la moi¬
tié de toute la Provence *. l’autre moitié appartenoic
â Geoffroy I. Sc à Guillaume-Bertrand I. ks coufins,
fils de Guillaume II. * & petit-fils d’Adelaïde d’An-
vcnce , en qualité d’hériticrc de fbn frere Guillaur
me III. il paroît que le comte Rotbold fon pere
en la mariant , lui donna une partie de ce comté.
C’eft le fentiment de Gaufridi , qui n’eft pas hors
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fa dor.
XIX. Emmc porta donc dans la maifon de Guil¬
laume Taillefer comte de Touloufe fon mari, (es
droits fiir la moitié de l'ancien comté de Provence,
fitué entre l’Uêre , les Alpes, la mer & le Rhône »
dont le comte Rotbold Ion pere avoit joui par in-
divis avec le comte Guillaume I. fon ftese. En effet
le comte Pons, fils aîné de Guillaume Taillefer Sc
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jou , comme on peut voir dans la généalogie des d’Emme , pofTedoit certainement une partie de la
comtes héréditaires de Provence que nous joignons Provence en 1037. lorfqij’il époufà Majore la
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première femme * puifqu’il Jm aiCgna * enct aunes Touloufè par (on mariage avec tUyittÔùcl de Saint
pour là dot le châreau de Tarafcon au-delà du Rhô- Gilles, liparoir cependant que Bertrand de Tou-
nc, & larerre d’Argence, en-deça de ce fleuve, loufe comte ou marquis en Provence, eut un fils
firuée dans le diocèfc ou comté d’Arles : aulli voit- nommé Raymond qui mourut avant l’an 1060. &
on quç les comtes de Touloufè & de Barcelone , que ccftlc même que Raymond-Bertrand. g inhumé & Uv*w*ê
dont le^remier reprélcntoit Emme fa bifâyeule, dans lacljapelle extérieure de l’cglifè de S. Sernin x’3*
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XIY.
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Uf'+fiî-
de Touloufc , où on voit les tombeaux de Guillau^
me Taillefer , & de Pons fbn fils comtes de cette
ville.
On peut appuier ce fyftême fur le partage h de
l’an 1 115. car Alfbnfc-Jourdain comte de Tou-
loufè, fè réftrve nommément Beancaire (3 U
partagèrent également en 1 1 a 5. le comte de toute
U Provence b.
XX. Bouche c prétend que les comtcz de Ve-
naifîin ôc de Forcalquier échurent â Emme par la
mort de Guillaume III. fbn frère ; que Pons &
Bertrand, fils de cette comteflè, partagèrent cnrrc
eux cette portion de la Provence ; que le premier terre d' sirgencc , qu’il diftingue de fes autres droits
eut le comté de Venaiflin , ôc l’autre celui de For- furie comte de toute U Provence ; d’où il cft aife
calquicr , a la charge de le tenir en fief de fon ni né, d’inferer qu’il avoir droit à la terre d’Argence com-
ôc des fucceflcurs de celui-ci *, que Bertrand laiflâ me fucceileur de Pons comte de Touloufc fonayeul;
une riombreufe poftérité \ & que de lui defeendoie & au comté de Provence en qualité d’héritier de
par mâles , Adélaïde ou Alix comtcfle de Forçai- Raymond de S. Gilles fon pcrc , ôc de Bertrand fon
quier , qui porta ce comté dans la maifon d'Urgel frere qui en avoient hérité de Bertrand fils puîné de
vers la fin du XI. fiecle. Rufli d le fils , fbûticnr au Guillaume Taillefer.
contraire, 1 °. que la portion de la Provence qui Comme nous avons très-peu de monumensde
uxjjin t de échut â Emmcpaflatouteenticreà Pons fon fils,& Bertrand comte ou marquis de Provence, fils de
1 T&fin /• * ^ %nc dircdle des comtes de Touloufc fes def Guillaume Taillefèr comte de Touloufc , ccft une
cendans. i^.Quc fi Bertrand puîné de Pons poflèda preuve qu’il ne jouît pas long tems de ce comté,
quelque chofc dans ce pays, ce fur tout au plus auquel il avoit fiicccdé vers Fan ioj7.Ilparoîtque
.♦MM7- le comté particulier c de Venafque ou de Carpcn- c cft le même que le comte Bertrand » qui, en 1 040.
tras. 30. Qu’il n’y a aucune preuve que Bertrand donna divers domaines tant dans la haute que dans
ait laiffèdcs enfans qui lui ayenr fucccdc, ôc qu’ainfi la baflè Provence , à l'abbaye de Montmajour, cn-
le comté de Venafque fut réuni après fâ mort au tr’autres a Tarafcon -, car cette ville ctoit alors dans
relie du marquifàr de Provence, pofTcdé par les la maifon de k Touloufc. Rufli 1 a avancé que la
comtes de Touloufc. 40. Qu’Alix héritière de For- charte où il cft fait mention de lui (bus le titre de
calquicr defccndoitde Guillaume I. frère de Rot- comte de Venafque , cil d’environ l’an 1050. ainfï
bold , Ôc non pas de ce dernier. 5 °. Enfin que
Paûe que Bouche rapporte ôc fur lequel il fè fonde
pour prouver que Bertrand , fils puîné de Guillau-
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félon toutes les apparences , il ne paflà pas cette
année.
Bouche m , pour prouver que les comtes de For- m BuuthPmn
me Taillefer comte de Touloufc , cpoufi Alcvris calquicr, qui vivoient au XII. fiecle, defeendoient *££*'***'*
ou Alix comtcfle de Die, ôc qu’il laiflà d'elle plu- du même Bertrand, dit qu’ils avoient les mêmes ar-
fleurs enfans, eft un aéte (ïippofe. mes que les comtes de Touloufè. Il eft vrai qu’il
On ne fçauroit difeon venir que Rufli n air raifbn paroîr que les comtes de Forcalquier , dé la maifon
fur les deux derniers articles -, mais il paroît qu’il y d’Urgel, portoient n à la fin du XII. fiecle dans n di£\
a quelque chofc à dire fur les autres. 1 °. On a déjà aimes , la croix clcchée ôc pommerrée de Toulou- *itu
remarqué que les titres de comtcz de Forcalquier fe : mais ils ne pou voient les tenir de Bertrand fils
ôc de Venaiflin n’ont été en ufage, le premier qu’au puîné de Guillaume Taillefer , puilque de l’aveu de
commencement du XII. fiecle , & l’autre au coin- cet auteur , la poftérité des comtes de Forcalquier
mencement du fiiivant. Que fi on prérend feule- defeendans du même Bertrand, étoit déjà finie dès
mentqu’Emrnc hérita des pays qu’ils renfcrmoicnr, la fin du XI. fiecle ; tems auquel , comme tous nos
on (è trompe encore , puifqu’il cft confiant que ce plus habiles critiques en conviennent, les armoiries
ne fur qu’en 1 1 1 5. qu’il y eut un partage déterminé n’étoient pas encore établies. C’étoit donc pour
de l'ancien comté de Provence, entre les defeen- d’autres raifons que nous ignorons , que ces deux
dans de Guillaume I. ôc de Rotbold fon frere, & maifons avoient des armes fcmblablcs; ôc nous
qu’ils avoient poflède jufqu'alorstout ce comté par verrons ailleurs que les feigneurs de Lille-Jourdain
indivis, z®. Nous convenons avec Bouche & Rufli, & quelques autres de la province ou des environs,
que Bertrand frere puîné de Pons comte de Tou- portoient la croix de Touloufè dans leurs armes,
loufè , domina fur une partie de la Provence au- quoi qu’ils ne dcfccndiflènt pasdcscomtcsdccetre 9
delà du Rhône: or comme il paroît d’un autre f côté ville.
que Bertrand eut une fille que Raymond de Saint Venons préfentement aux defeendans de Guil-
Gilles fils puîné de Pons , epoufà en premières laume II. comte de Provence, ôcf.ûfons voir qu'ils
noces *, qu’il n’y a aucune preuve que ce dernier ait pofledercnt ce comté en commun ou par indivis y
jamais domine au-delà du Rhône , fi l’on excepte foie entr’eux , foie avec les comtes de Touloufè déf¬
ia ville de Tarafcon y ôc qu’il c fl confiant que Ray- ccndans de Rotbold, jufqu’au partage de l’an
mond de S. Gilles poflèda le marquifât. de Pro- 1125.
vcnce , Ôc le tranfmic a Bertrand fbn fils aîné, nous XXL Guillaume II. fucccda en 992.3 Guillait-
concluons de tout cela, i°. que Pons fils aîné de me I. fbn pere, ai n fi que nous l’avons déjà vu. Il
Guillaume Taillefèr, n’eut de l’hérédité d’Emme de donna °en 101?. avec Gerberge (a femme & Guil-
Provcncc fa mere , que la ville de Tarafcon ôc la “Jaunie leur fils, à l’abbaye de S. Viclor de Marfèille, .
terre d'Argcnce. 20. Que Bertrand le puîné, eut l’cghfè de S. Martin auprès de Manofque dans le 1
pour fbn nartage tout le refte des droits qui appar- comté de Sifteron. U dominoit donc fur la haute
- tCnoient n ^ Mipw nr+vp nmvmr/1 !°. Fnnn . Prnv/*nr/» • cp nn’nn npnr nmm>pr .n^Aro M.. I _
o en
Prov.p. s? .
Mab.an *nn*
oij.«.p4.
a (a mere fiir cette province. 3 °. Enfin , Provence : ce qu'on peut prouver encore par la
que la fille de ce dernier recueillit toute fà fûcccfi- donation P qu’il fit en 101 S.àlabbayede S. André P 'Ksffi
«on, & la porta dans la ligncdircâedcscojntcsdc d’Avignon , du lieu de S. Donat, fitué dans Je f'10*
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NOTES SUR L’HISTOIRE
26.
f'iU&Si*
C lbid.p.1 0
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cciui-ci prie ic nom ac vjumaume-Derrrana, ce
de ces quatre freres > qu'il fit (ans doute pour fe diftinguer de Bertrand ,
rtrand , a donné Fort- fils de Guillaume Taillcfcr comte de Touloufe ,
^ OTE comté de Sifteron : il mourut cette dernierc année , comte ou marquis de Provence , & qui gouver- ~ 0
Xvl v. & fiat * inhumé dans labbaye deMontmajonr au noit le pays conjointement avec Geoffroy I. fon xiv.
diocèfe d’Arles, lllaiflà quatre fils de Gcrbergc fa frere. Guillaume fils aîné de Guillaume II. que Ruffi
femme ; Guillaume , Foulques, Bertrand & Geof- fait comte de Forcalquier fera donc mort fins po-
froy, comme il paroît entr’autres par une dona- fterité, peu de tems apres fon pere , ôccetauteut
.tion b que leur merc fit en ioi 5, en favqprdel'ab- l'aura confondu avec Bertrand (on fiere , parce que
baye de S. André d'Avignon. celui-ci prit le nom de Guillaume-Bertrand, ce
Ruffi prétend c que l'un
qu’il appelle Guillaume Bertrand ,
gine aux comtes de Forcalquier ; & que les deux qui avoir droit fur une partie de la Provence,
autres, Geoffroy & Bertrand poffederent par indivis XXII. On pourroit dire pour diftinguer deux
le comté d'Arles ou de la balle Provence -, ce qui Guillaume-Bertrand , qu’il ne paroît pas que Gcof-
prouveroir que l’ancien comté de Provence croit froy I. (bit intervenu dans aucun des aékes que
alors parragé entre ccs princes & les comtes de Ruffi cite pour prouver qu’un Guillaume-Bertrand
Toulou(e defeendans de Rorbold : mais cette pré- dominoir fur le comté de Sifteron depuis l’an 1030.
tendon n’eft appuiée fur aucun fondement (blide. jufqu’en 1050. tandis qu’il cft certain que dans tous
Il paroît certain en effet , qu’entre tous les fils de les autres aéles qu’il cite pour la balle Provence , ce
Guillaume II. en quelque nombre qu’on les fup- font toujours deux comtes appeliez Geoffroy &
pôle', il n’y en eut que deux qui lui füccedcrent Bertrand qui agiffent de concert : mais 1 il eft
dans Ci portion indivife de la Provence ; fç avoir confiant que les deux frères Geoffroy & Bertrand
Geoffroy I. & Bertrand appellé aufti Guillaume- ont agi quelquefois fcpatément dans la baffe Pro-
Bcrrrand , lc(quels poffederent enrr’eux leurs étars vcnce : Ruffi m en fournit des preuves, & il y en a mlh-r u.
* cn commun , comme Ruffi d l’a prouvé par une plufieurs n autres. 20. Cet auteur nousa donné l’tx- 4'^*%
foule de chartes. trait 0 d’un titre , par lequel Geoffroy I. rendit à la n *-f*«*\
*ib.p.39-& Cet auteur c établit pour principe, après Bon- prière de Bertrand ion frere la moitié de Pcrtuis
c^c 9UC l’un des fils de Guillaume II. prit tantôt à l’abbaye de Montmajour : or Pertuis étoit (itué
f.iz. & 61. le (cul nom de Bertrand , tantôt feulement celui de dans ce qu’on appclla dans la fuite comté de For-
Guillaume, & tantôt tous les deux enfcmblc -, en calquier. 30. Il paroît P d’un autre côté que Ber- ppr.;.:*.
forte qu’il fe nomma quelquefois Guillaume- Ber- rrand deTouloufè comte de Provence, poflèdoit en *•”*/*■•
rrand. Cette duplicité de nom g , ajoûte-t-il , a pro- même tems#une partie de Pertuis. 4 °. On voit en-
dmt tant de confufioK^ue pluficurs ont cru que c étoit core que ces deux freres poffederent conjointement
deux comtes difftrtns. U eft furprenant , après une la haute Provence, par la donation 9 qu’ils firent
remarque fi judicieufe , que Ruffi foie tombé dans en 1 04 5 de U moitié de Vaifbn aux évêques de cerre
l'inconvénient qu’il reproche aux autres , en admet- ville , & par la qualité qu’ils fè donnèrent ordinai- M». t,/.
h R*# a. fanc h un pr&cndti Guiliaumc-Bcrrrand fils aîné de rement r de comtes , de marquis ou de princes de f
Guillaume IL different de Bertrand fon frere , & en Provence oh de toute U Provence . Ces deux freres r
le failant la fouche des comtes de la haute Provence , dominèrent donc également tant fur la haute que
qm dans la fuite porta le titre de comté de Forçai- fur la balle Provence , avec Guillaume III. leur
quicr. Cet auteur rapporte d’abord un grand nom- coufin , & enfuitc avec Bertrand , fils de Guillaume
bre de chartes > depuis l’an io$oJ jufqu’en 1050. Taillcfor comte de Touloufe ; & le prétendu Guil-
c,ui prouvent que Geoffroy L & Bertrand fon frere, laume-Bertrand comte particulier de Forcalquier ,
fils de Guillaume IL gouvernèrent par indivis une n cft pas different de Bertrand frere & collègue de
partie de Ja Provence : mais il n eft fait mention Geoffroy I.
nullc-parrd’un Guillaume comte de la haute Pro- XXIII. Bertrand ou Guillaume-Bertrand 1 avoit
vcnce ou de Forcalquier leur frere. Il eft évident déjà éponlécn 1 040.& meme en 10 3 5. une dame
4c.
\JbiJ.
C'/eja.
V . LomJx f.
2-p.66,
k d ailleurs par ces ^chartes, que les deux freres Geof- appellée Eldejarde Ebefè. U en eut deux fils , dont « 0 .
fe.tf' 24 ^ % E & Bertrand étendoient également leur au- l’un fût appellé Guillaume-Bertrand comme lui ,&
v» f Anton» toriré fur la haute & la baflè Provence. Ruffi fait l’autre Geoffroy comme fon oncle ; c’cft ce quipa-
: 0 qu’un 1 Bertrand comte ou marquis roit par la donation qu’il fit en 1 044* de l'eglifède
S . Promafè c à l’abbaye de S. Viâor de Marlèillc.
I G*Q. thifl.
ntv. id. n. (.
voir enkiite, , _
fin- de Provence dominoit for le comté de Sifteron en
io5°* ï°44- & iojo. ôc un comte nommé Guil- Cette donation dans laquelle il fè qualifie comte 0» tnjh.f. «♦.
laumc-Berrrand en ioj j. i°. Qu’en 1030. & en marquis de Provence , eft fou fer ite par Guillaume
io$6, un Guillaume comte de Provence mari de & Geoffroy comte s ou marqua de Provence , fils du
Lucie>exctçoit fon autorité fur les corn tez de Riez & même Bertrand -, ma is cette fou feription eft fort po-
dcSideron . Il conclut de-ia, 1 ü. que ce n’eft qu’un ftéricure à l’an 1044. ainfi quon peur le voir dans
même comte qui a poflcdelccomrédeSifteron de- nos preuves u, & que Ruffi le fils * l’a remarqué;
puis Lan 1030. ju/qu’en 1 050. 2 °. Que ce comte à quoi le P. Mabillon y n’a pas fa iraffez d’artention;
eft Guillaume-Bertrand 9 Pis aîné doGuillaume IL enfbrre qu’il confond Geoffroy IL avec Geoffroy I. Pli'
3 Enfin que ce Guillaume-Bertrand a donné l’o¬
rigine aux comtes de Forcalquier , qui étendoient
leur domination fur tout le diocèfe de Sifteron.
Mais nous avons déjà prouvé que le comte Guil¬
laume mari de Lucie , étoit fils de Rorbold :
ainfi il ne (çauroit être le même que Bertrand ou
y Ma. U
flflfl.ioM*
fon oncle paternel.
XXIV. Ce dernier fît en 1060 . de concert avec
fa femme Eftiennere , une donation z à l’abbaye de x tr.p. 211.
Montmajour, d’un lieu fitué dans le territoire d O-
range dans la haute Provence : il croit déjà décédé
en 1 06 3. a & Bertrand fbn fils qui lui fucceda , fe *
Guillaume-Bertrand . Quant a celui-ci nous conve- • qualifie comte de toute U Prcrvence dans une don a-
nons qu’un comte de ce nom a dominé fur le comté tion b qu’il fit vers l’an 1 o 6 5 . à Labbaye de S. V iétor
Je Sifteron depuis Lan 1030. Sc même depuis de Mar (cille le jour de la fête de ce (ainr.
la mort de Guillaume IL (on pereen 1018 . jufqu’en XXV. Quant a Bertrand ou Guillaume-Bertrand I.
j o f o. mais Ruffi ne prouve pas qu'il foit different il y a lieu de croire qu’il étoit déjà décédé en 1054.
de Bertrand , qui dans le même tems fo quaJifioit car Bouche fait mention c d une donation faite certe f,
année
a Bnubtn.i.
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^ année en faveur de l’églifc 'dÉmbrutf par U'cohte cafiair ,[ tandis qiïc'd’un autre côté , Berrritf <3 $ls
Geoffroy , M«r en fin htm qtt en celui dîEfhennète fa de Geoffroy I . fon coufïn , prçnoit la ûmïrté ’ de
■r .. . J _ V WW A'... /r ^ y.. _ eJ n !.. iu«% r ’u # i. . •>.
femme , cÿ Guillaume £f->ùeoffroy freres (j JiU du
comte Bertrand t Cette tharw prouve que le comte
Geoffroy I. ctendoir alors fon autorité >conjointc-
ment avec les neveux fils de Guillaume-Bertrand I;
fon frere’, for les pays qifort nomma dans la foiré
comte de Forcalquicr, doiii le diocèfo d'Embrun
Êifoit partie; & que la diftinétion de- ce comte
d’avec un autre Guillaume- Bertrand (bh frere >kul
jointe de Forcalqnier^ n’a aucun fondement : il
N’ffE
xrv.
f.Si.értfi*
comte dè' Provence ou de tonte h/a Provence ) CèJéiii
fait voir que ce prince aVoit la principale autorité
parmi lesdefeendans de Guillaume L ; v ;; *
XXIX. ^Bertrand fils de Geoffroy I. mourut fans
enfans après l'an 1090. &avarirTan ioJ>4. Eftien-
nete fa mere qui lui fucceda, & qui prenoif îé far-
nom dé Douce » , gouvemoit en effet fc$ crfirs éttté
dernière année: elle accorda kalors, conjomteràèrit
avec Raymond de S. Gilles , une exemptiori àf al>
i tb. fi
H* cr je 'j.
Mtiricn coU.
|»roît d’ailleurs que le même Geoffroy Latftorifa baye* de 5. Viétbr de Marfeille'de payer certains
a 6êi.*nfi- f vers Fan 10 5 $ . avec fon frere Bertrand > l’éltébon droits for la Durance & for le Rhône : preuve qtftls
ïù^ftr pl de Winiman archevêque d’Embrun. I * ‘‘y poffedoient la Provence par indivis ; ce qufohVôit
r. ■ XXVI. Après la mort- de Guillaunic-Bertrartd I.
Geoff roy I. fon frere partagea avec Goîllaume-Ber-
trand II. & Geoffroy II. fc$ neveux, fils de ce
prince» les droits qu’ils avoient tous enfemble for
uné moirié indivife de tonte la Provence ; & c’cft ce
partage. qui a donné l’origine aux comtes dcFor-
calquier. Geoffroy I. céda alors à (es deux neveux
les droits que ceux de fa branche avoient for la
haute Provence, entr’aimes fur les comtez de Sifte-
ip- 11 c.
7 7. H 9#
3 S 5. &f<qq%
aufli par le teftament du meme Raymond ‘dé Fan
uoj. foivant 1 lequel' îl paroît qu’il ètendolt* fa
domination for la ville & le cçmté d’Arles. EftiÇn-
nere vivoit m encore i à la fin de lan 1 09 5 ; Çet- m M*mn.ib9
berge Ta fille recueilli* foute fa focccflîonV&.fut f
comteflè d’Arles ou de Provence : elle laiffa deux , ,u
filles de Gilbert fon mari-, fécond fils de Bérenger
vicomte de Milhaud, de Gcvaudan «5c de Ça’rlat r
Douce & Eftiennere.’La première epoufâ en 1 1 il;
ron & d’Avignon, fur lefqucls il le referva, à ce qu’il Raymond- flerènget IH. du nom , comtede Barce-
paroît,ia principale auroi ité , avec la baffe Provence ione , & lui porta n par ce rtiirriage : fes droits fur 'Ja
ou conlté d’Arles. Nous fondons l’époque «5c les cir- Provence , que ce prince partagea enfin eti l j'ç ^ \
nv.7^5^/7:
p- ll-irfcq.
avec Alfonfe comte de Touloiifo.
Le P.Pagi * prétend que Bertrand, dernier comte
oP.tçi adànn,
de Provence àc la race de Guillaume I. ‘é^oit déjà }eq.i'n'%‘ &
qEr. f-lij»
confiances de ce partage, i°. fur ce qu’on ne trouve
plus depuis l’an 1054. que les defeendans de Guil¬
laume-Bertrand I. ayent dominé for la baffe Pro¬
vence. 1 °. Sur quelques ades , dans iefquels Gcof- décédé en 1 080. mais Ruffi P le fils a fait voit* Jquè ? d/b
froy Lôc fes fucccfleurs fe qualifient contes d‘Ar- ce airique s’eft trompé , & que Benrarid vivoit 3i*
h6 depuis l’an 1059. j°.Sur unadeqili cftàpcu encore en 1090. Il eft certain d’ailleurs que cc
près de cette dernière année, & dans lequel les comte vivoit en 108 1. puisqu’il fournit *1 alors fon
deux fieres Guillaume-Bertrand 11. & Geoffroy II. comté à Icglife Romaine de au pape Gre^oitc'VlI,
• prennent le titre de comtes d'sîvignon c : titre que 11 eft vrai que le P. Pagi prétend que ccluf qui àçol-
les focceffèurs de Guillaume-Bertrand II. fe donne- ligé les épicres de ce pape , a rapporté rtral-à pro-
rent avec celui de comtes de Forcalquicr. 40. Enfin pos cette foîimiflion fous cette année, ce quota
for ce que les defeendans de Geoffroy I. fc quali- pour toit confirmer fur ce que Baronius * 8c Bouche
fièrent plus communément comtes de Provence , de ont donné cet ade fans en marquer la date.. Mais
firent en leur nom en 1 1 1 5. le partage tant de la
haute que de la baffe Provence avccJes comtes de
Touloufe, qui avoient droit à la moitié de toute
à Bttcbt U-
dit.ti.i. f.it.
n.i.je*.
nous en avons une copie • autenrique tirée des ar¬
chives de l’abbaye de S. Vidor de Marfèille ; où il
eft daté de l’an 1081.
XXX. Le P. Pagi prend de U occafion , de traiter
de l’origine dediverfes principautcz de Provence. U
froy II. poflèderent par indivis leur domaine parti- dit que Henry IV. empereur & roi de la Bourgogne
culier :c’eftcequi paroît par différents mon u mens, Transjurane ayant été excommunié par Grégoire
r Baron, ad
ann.
3).
Bonth* h<lt
Ml-
S Pr.p, US.
cette province.
XXVII. AurcficGuillaume-Bertrand II.&Gcof-
entr’autres dpar un ade de l’an 1065 par lequel ils
donnent à 1 abbaye de Montmajour la moitié de la
teffiditf. p. dtxme d'une moitié de Mono fine.
*4- & ftq
« T(*Ji ikid.
&/eq.
XX V III. Guillaume- Bertrand II. croit déjà mort c
en 1090. il eut de fa femme Adélaïde une fille
de ce même nom , qui recueillit fà fucccrtion > 6c
VII. Bertrand comte de Provence crut être delivre
du ferment de fidélité qu’il avoit foie à cc prince \
que les comtes de Forcalquicr , de Venailhti, d’O-
range , de Savoye , & pluficurs autres grands vaf-
faux du royaume d’Arles ou de Bourgogne fccoue-
rent alors le joug de fon obéi fiance , «5c s’érigèrent
dans la fuite celle de Geoffroy II. mort fans enfans en fouverains ; 6c qu’enfin c’eft-là l’origine de ces
vers la fin du XI. fiécle. Cette fille & héritière de principautez : mais tout cela eft avancé fins preuves.
Guillaume-Bertrand ILépoufoErmengaudde Gerb La feule qu’en donne cet auteur , c’cft que Ber-
comte d’LJrgcl , dans la maifon duquel elle apporta trand dans le ferment qu’il fit à Grégoire VU. prend
fes droits fiir une partie, du comté de Provence, le titre de comte par la grâce de Dieu : ce que, njoùtc-
Ermcngaud par *(on rcflument qu’il fit en 1090. t-il >fes prédtccffeurs n avoient pas encore fût. Cc
difoofa en faveur de Guillaume fon filspuîné&d’ A- gavant critique n’a pas fans doute fait attention que
defaïde fa féconde km me « des comtcz > évêchez , dans un titre qui a été donne par Bouche «, & qui
«villes «Sc châteaux qu’il avoit depuis le Rhône, ne pouvoir lui être inconnu , Geoffroy I. & Guil-
«jufqua leurs confins , pour les poffeder de la laume-Bcrtrand I. fon fïcre comtes de Provence, fe
«meilleure maniéré au aucun comte de Nice les qualifient en 10 35. comtes par la grâce de Din< ,
” avoit pofTedez « , & lui donna pour tuteurs Ber- & que Bertrand lui-meme prend u la même qualité u dliï t*
trand comte d’Arles, les évêques de Nice & de en 1069. long-tems avant l’éleâion de Grégoire
Vaifon «5c quelques feigneurs de Provence. Adélaïde VU. L’autorité fuprême des comtes de Provence
veuve d’Ermengaud de Gerb comte dürgcl, pre- étoit donc déjà établie avant le pontificat de ce
Itftifiii. uoit ic comtc(Te de Provence Ken 1101. pape , & l’excommunication de l’empereur Henri ;
mais en 1 1 10. elle fc qualifioit comttffe de Forçai - 6c ce ne fut nullement cette excommunication qui
%Mtcr > & en 1 1 29. comtejje cC Avignon & de For - y donna occafion. D’ailleurs le titre de duc ou de
Tome J I. " B B b b
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“ colite paxja grâce de pien >n^ft pas jinepteuve Q%t *t«ciir ffttfcfoit à cette bbjeûiûûcn fiippr*.
4'ii/iefouy eraineté abfoluc fie ux^pcmùnfq ym®ç* font -, i *\ que le comté de Provence étoit ak*s cm xiy+ *
pienç il foudroie dire que tqqs fe grands vfflâux dp Jiçige entre Raymond fie Gilbert , 6c que eelui^t
la equionne qui fe q^jiffoienf de ;nçxpet .ftpipnt eo pafladoic une. parüe.aKQuecommc lesraoi*
indépendans de nos rpis> ce qui pft fa^v, m nés de Lenos » qui étaient également ennemis fit
• "» -Lç P.Pagj * recbçrchf en ipêipc temsil’cyigiite de 4e l*bbé Richard & du comte Raymond , ne don*
Jl’AtifiOfitc. qu^rçaRaymqndde^GillésiiujaRçap oçient point au premiet le tttee de cardinal» di-
yçpç* ,.5f il prétend ^ypk foie là-deflijs des dé- gnké qtf’il pélTeaoic depuis long-ton s; ils n’om
çpuyprces qui ont échapé au* hiftoriens de çpttp pas donne â l’autre , par .la même raifan , h quai»
province & de celle de Languedoc. U du.donp lité de comte de Provence* mais feulement celle de
«que Gilbert comte de Ahlhaud $ de Rfmexgue cotnt-r.de S. Gilles , quoique* ajoute-t-il, S. Gilles
' T. ém Languedoc, ayant fucccdéen iq8o. à Bertrand n’ait jamais été comté > comme Catcl la fait voir*
* comte de Provence mort fans enfons,&: dont & que Raymond ne fc fok qualifié de S. Gilles ou
« il ayqtr époufé la feeur , difpgta le cpqné de Pn> comte de S. Gilles que par dévotion envers ce laine.
« vepee à Raymond de S. Qilles qui en pofledoit la Tel eft le fyftême du P. Pagi couchant le droit de
«.meilleure partie, &s’en étoit emparé ou par le Raymond de S. Gilles & de fes fucceflcurs , au
^ « droif de la guerre ou par fucceflion apres la mort comté de Provence -, en forte que fuivanc ce criti*
*• dq même Bertrand. » Pour prouvée cette inyafjorç que * Raymond cft le premier des comtes de Tou-
dq U part de Raymond , il rapporte un partage de loufe , qui en i o 8 o. ôc après U mon du comte Ber-
Guiflaqœe b de Malmclbury, qui dit, que Raymond trand prétendit avoir droit for cette province, danç
4 £ l' après avoir en le Qucrct en partage Ae f hérédité de U s’empara par la force. Quoique nous ayons dé-
jon perç , augmenta confiderabUmut fin domaine , montré par avance la faufleté de ce lyftcrae , l’au-
en J ajoutant Us prqvinçes, d Arles , de Narbonne CS torité que le P. Pagi s’eft acquifc avec raifon dam
de Provence* En effet, continue le P. Pagi,. « quoi- la république des lettres, nous oblige à examiner
p que Raymond ne fût pas encore comte de Tou- fes raifoos * 6c à foire voir qu’il fe trompe. Nous
«loufe çn io8o. il pofiedoit cependant les comtes remarquerons auparavant que l’illuftrc M. du
•• de Narbonne , Braiers, Agde , Nifmes , Rouer- Gange fc dans fes notes fur l’Alcxiadc , avoir déjà g Dac*#
•fgue. Viviers &c. * U infare que ce prince dp- cmbraflc en partie, long-tems avant le P.PagiJe me- ^
tninoitaurtji cette année fur l’une & l’autre Pro- me fyftême,qu’il avoit tâché de concilier avec celui trfo
vencc y l’orientale & l’ occidentale , de ce que Geof- de Rufn le perc : il convient que Raymond de Saint-
GaufrU. froy c Maletcrre auteur contemporain, l’appelle Gillcsavoit droit fur une partie delà Provencecom-
, " fajWnd très-fameux comte des Provences : titre me dcfcendanc d’Erarac, fille dp Rotbold comte
que s’atteibuoient , a joute, il, les feuls maîtres des de ce pays, & femme de GuillaumeTaillefcrcomrc
deux Provences. 11 foûtiem enfuite qu’en 1087- de Touloufo; mais il foutient que Raymond acquit
la Provence étoit agitée de divers troubles à caufe le refte du pays par la force , & par la guerre qu’il
de fo guerre que le meme Raymond & le comte fit aux comtes de Forcalquicr & de Provence: il
G(ilbcrt.avoiem enfemble» H s’appuie pour prouver s’appuie for ra&edel*anio87-dQncon a dcjaparl&
ce fait ^ for un acte de l’églife d’Arles , lequel fut fut le témoignage de Guillaume de Malmefbnry ,
donné par U confeil des comtes des comttffes qui ôc fur la date de la charte de Raymond en foveut
paroijfoient alors gouverner le royaume de Provence , de l’cglife du Puy. Examinons pré fente me or les
& ou il cft dit , qu'il n'y fiyoït alors ni duc ni. mar - raifons du, P. Pagi , qui employé celles de M. dts
qui s qui exerçât une droite jujlice . Enfin cct auteur Çangc.
dPr. p.j44. cite pour prouver cettç guerre, la chartp^que i°. Les comtes Gilbert & Raymond ne pon^
Raymond de S. Gilles douna après Ip concile de voient fè difptTtcr la Provence en 1080. & la guerre
Clermont en foveur de l’églife du Puy , ôc qui cft qu’on prétend que ces deux comtes fe foifoienc
datée du fécond jour après que ce comte fi fut emparé alors à ce fujet , cft purement imaginaire , puilque
de lafortercjfede S. Mapimin s * par où l’on voit, le premier, qui de ion chef n’étoic que vicomte de
» conclut-il , que la guerre entre Raymond & Gil- Milhaud en Rouergue, & non pas comte de Mtl~
« bert duroit encore en 1096. puilque le lieu de haud de Rouergue en Languedoc , ne prétendit
•• S.. Maximin n’eft qu a fix lieues d’Aix yen forte aucun droit for cette province qu’après la mort du
s» que Gilbert n’aura été pailible poflcfle.gr d’une comte Bertrand fon beau- foerc , comme le P. Pag»
•• partie de la Provence , qu’après cette année , ôc en convient. Or il cft certain que Bertrand ne raou»-
« peu de tems avant la pipmiere croiiade. •» fl, dit en- rut qu après l’an 1 o 90. ainfi qu’on l’a déjavu.
fin ailleurs c que Raymond de S. Gilles s’étant cm- i°. Guillaume de MaJme(bnry.h> auteur étran- IGuiü.Hto
paré en 1096.de S.Maximin en Provence, il fie alors ger, étoit tics -mal informé de la fucceflion & mAm' M
- L
/• |.r»
U
+f>n-
tfa^i Ad An.
1096. n.19.
flb. Ad Ann
loti.
la paix avec Gilbert après une guerre de ieize ans. des droits des comtes de Touloufe : il foit Ray-
• Cq critique f fait mpntion d’une chatte de l’ab- mond de S. Gilles fils de- Guillaume, tandis qiüll
baye de Lprins de l’an 1089.^ dans laquelle il eft cft certain qu’il étoit. fils de Pons il lui donne
marqué que l’abbé &c les moines de cette abbaye le Querci en partage de la fucceflion de fon perc r
ayant eu up différend » & parte un accord avec Ri-, quoique ce fut certainement Guillaume fon frère*
chardabbéxlcS^iélqr de Mar(èille,ce dernier eut qui polfcda ce pays jufqu’a fiunort. Enfin, cet au-
recours à l’autorité du c^omte Raymond pour revenir, tpur ne die pas que Raymond, ait envahi la Pro¬
contre ce traité-, que les parties étoient convenues vence,.& les. termes dont il fe fert peuvent erre
enfuite des’en rapporter à. deux arbitres laïques du entendus d’une fucceflion légitime : Raymundus ~ .
confentement du meme Raymond comte de S. Gilles uf erat, vir acr ions fintus.^. immune quantum^auxit\
Cte- Raymond , s’obje&e enfuite le P. Pagi , n’eft: Arelatenfi Narbonenfi , & Provincial* adjeEhn
jamais qualifié comte de Provence, dans cet. aâe , 3,0. lleftvrai que Geoffroy Malctcnr donne ai’
Oji il eft cependant nommé quatre fois fous le.pom xo^o. à Rayoïond de S..Gilics Xcmxcde conue des.
de comte de S. Gilles/, il ne; poflçdpiç dftnc paj U Provences : mais cela ne prouve nullement que:
Çroyencc en, 1089* ce prince ait commencé cette, année. à> dominée
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NOTE
Xiv.
DE LANGUEDOC. :
fur ccpays. Toute rindoâion qu'on en peut tirer, Raymond-Berenger cede à Alphon/ê , outre le “
c’eft qu'il dtendoir alors fon autorité fur l’une & château de Beaucaire , la terre d’Argence & lecbâ- N
l’autre Provence , & qu'il podèdoit toute cette pro- teau de Valabragucs. tout « que lui ou Ces vaflâux
vincepar indivis avec les dclcendans deGuillaume I. pofledoient enrre la Durance & l'ifere , excepté la
4°- La charte de l’églifcd’Arlesdel'an 1087.fi moitié d'Avignon, du Ponc de Sorgues , de Cau-
on en pefe bien tous les termes , ne prouve pas qu’il mont & du Tor , qu’il Ce réferve. Alfonfc cede
Ù t
XV.
* *BdTmîmu*
ev.icuamus.
I fr.f.U 4.
y eut alors guerre enrre les divers comtes & comteffes de fon côté à Raymond-Berenger , à fon époufe uxznîul
de Provence -, mais feulement qu’ils n’étoientpas Douce, & à leurs focceflèurs, la moitié d’Avi-
êxaâs à rendre la juftice : Cum conftlio comitum gnon , du Pont de Sorgues , de Caumont «3c du
five comitijfarum , qui tune t emporté regere vide b an- Tor,& toute la terre de Provence* depuis la fource de
tur regnum Provincutlium homsnum . . . quia tune la Durance , jufqu’an Rhône & à la mer , avec rou*
temporis non erat dax nec marchto qui rcttamju - tes les villes 6c châteaux qu'il y poffcdoit ou devait J
Jhtiam faceret. . - pojfeder. On voit par-là qu’avant ce traité, Raymond-
j°. La fbrtereflc de S. Maximin, «tant Ray- Berenger ou les comtes de Provence fes auteurs, &
mond de S. Gilles s’empara en 109 6. peudetems AlfonTè-Jourdain & les comtes de Touloufe fes
après le concile de Clermont, ne peut être que prédéceflcurs , étendoient egalement leur domina-*
Je château de S. Maximin dans le diocèfo d’U Cet , tion for la haute & la balle Provence , à la droite
& non pas la ville de S. Maximin en Provence ; car & à la gauche de la Durance , & que jufqu’alors il
le comte date £1 charte d'Ufez. , U lendemain qu'il n’y eut aucun partage de ce pays entre les divers
fe fut empare de ce chateau . Or de S. Maximin en comtes qui l’avoienr po/fedé.
Provence à Ufez , il y a plus de 1 5 . lieues : on n’a II. Il n’eft rien dit dans ce traite du Vivarais &
donc aucune preuve que Raymond de S. Gilles de l’Ufege , qui anciennement avoient fuit partie
fît la guerre en Provence en 1096* du royaume & du duché de Provence : preuve que
6°.Quantau titrede Lerinsde Pan io89-<kns ces deux pays ne dcpendoienc pas du comte de ce
lequel Raymond n’eft qualifié que comte de Saint- nom du rems de Bofon II. & des comtes (es dis ,
Gilles , le P. Pagi a raifon d’en conclure qu’il ne & qu’ils avoient été réunis à la couronne avant le
prouve pas que ce prince ne fut pas alors comte de milieu du X. ficelé , quoique le P. Daniel S ait g D.»-ufiM
Provence : il prenoit en effet le titre de marqua * avance , que l’Ufege fut cedc avec le royaume de Fr ro'1 pt9S *
htr.f,: J4«
h ss.
$rd. 6'. Ben .
J'ac. S.f.3«*0,
que Püfeg.
de Provence en 108 8- Provence par Hugues roi d’Italie, à Rodolphe IL
70. La prétendue paix conclue entre Raymond roi de la Bourgogne Transjurane , & qu’il faifoic
de S. Gilles 6c Gilbert , que le P. Pagi fixe à Pan partie du même royaume fous Hugues Capet : mais
10 96. n’eft fondée foivanr ce fameux critique, que c’eft fans aucun fondement. Le contraire paroît en
force que le dernier jouit paifiblement depuis du- effet , 1 °. par une charte '* du diocclcd'Ulèz datee
ne partie de la Provence ou du comté d’Arles , <3 c de la xvi. -année du régne de Louis d’Outrcmer. ^
qu’il s’en qualifioit comte : maJs nous voyons b z<>. Par un diplôme « du roi Louis le Jeune de JTpl'-f 5*1.
qu’encore en 1 r 00. Gilbert ne prenoit que le fïm- Pan 115 6. foivanc lequel ce prince confirma les
pie titre de vicomte*, & on n’a aucune preuve qu’il chartes que les rois Raoul (I Louis fes prédtjfeurs
ait été qualifié de fon vivant, comte de Provence. avoient accordées en faveur de Pcglifc d’Ufez.
Au relie il n’eft pas certain , comme l’avance le Raoul & Louis d’Outremer furent donc reconnus
P. Pagi for l’autoritc de Catel , que S. Gilles ne fut pour fouverainsdans l’Ulcge ; & ce pays qui s’étend
pas un titre de Cbmtc *, & quoiqu’on ne puiflè dil- ju (qu’au Rhône , fut indépendant du royaume 6c
convenir que Raymond n’eût beaucoup de devo- du comté de Provence depuis la mort de Louis
tion envers ce feint : il paroît par divers monumens PAveugle fils de Bofon. AufJi 11e tiouvc-t-on pas
qU*on nc vojf pas dans Jes archives du Roi que que nousk avons une charte de S. Mayculabbé de
S. Gilles ait été un comté, & qu’on n’y a jamais Cluni, datée du lieu de S. Saturnin , qui eft au-
tcouvé aucun hommage rendu pour le comté de jourd’hui le Pont-feint-Efpritfur le Rhône, dans ce
S. Gilles, cette raifon nc prouve rien ; car combien diocèfe , la xxt 11. année de Conrad le Pacifique 2
y a-t-il d’autres anciens comrez du royaume dont on mais il faut obforver, que ce feint abbé qui droit
ne trouve pas les hommages : ainfi S. Gilles aura Provençal, fait un accord par certe charte avec
été comté de la même manière que Melgucil, Sub- Arnoul évêque d'Apr , pour quelques biens fituez
ftanrion , Foix &c. qui n’ayant pas eu le titre de cité en Provence. Ainfi il n’eft pas extraordinaire qu’il
dans leur origine , ont eu cependant dans la foire ait date cette charte foivant lufege alors établi
celui de comté, foit à caufè de larcfidence descom- au-delà du Rhône ; ce qui ne prouve rien pour la
JÏ91 U1, tcs dans ces lieux, foit à raifon de quelque fouveraineté de Conrad fur les pays fituez en-deça
partage. Il paroît en effet c que le comté de S. Gilles de ce fleuve.
étoit un démembrement de celui de Nifmes. On n’a pas non plus aucune preuve que ce prince
- --- - - - . - ou fes focccflcursayent dominé fur le Vivarais *, car
NOTE XV quoique les évêques de Viviers, pour des motifs &
* des intérêts particuliers1, femblent avoir reconnu
Sur le partage de la Provence fait en 112 s . pour leurs fouverains les rois de Bourgogne &les
entre u4lfonfe-fourdain comte de T ou- empereurs d’Allemagne leurs fucceffeurs depuis le
loufe^& Raymond-Berenger III. comte XII. fieele, il paroît cependant par divers titres m
x M- *d
ann.ï+i.n»$.
1 V.L. xviii,
». 2.
♦Sr"
de Barcelone.
1* O Uivant ce fameux traité de partage , les deux
• wJ comtes voulant terminer les différends f qu’ils
avoient au fojet de tout le comté de toute la Provence ,
Tome II.
antérieurs, que les rois de France régnoient for
le Vivarais. Or comme il eft certain que ce pays <3 c
celui d’Ufez appartenoient àla maifon de Touloufe
dans le X. 6c XI. fïecle ; c’eft une preuve que
cette maifon s’en afîùra après la mort de Louis
B B b b ij
m Pr.p.loS.
& 205.
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XV.
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XV,
»
* Pr.p. lo?,fr
PK'
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à V . DnChefn .
V Jenc.Pr.p •
I. C^Af.
564 NOTE S SUR L'HI STOIRE
l'Aveugle , ou du moîn9 qu’il les fournie à fa fuze- Rotbold fils puîné de Bofofc II. comte de Provence,
raineté. eut toute la ville > ouprcfque toute la ville d’Avi-
Nous tirons la preuve que la maifonde Tou- gnon dans fon partage -, que fon fils Guillaume, qu’il
kmfedominoit fur le Vi val ais & l’Ufrge dans les X. fait la tige des comtes de Forcalquier , en poilèda
& Xl.fiécles, t 0 . du teftattient * de Ray ntfond comte une partie qu’il tran finir à fes defcendans*, que
de Rouergue & marquis de Gothic de l’an 96 1. l'autre échut a Erame feeur de ce dernier , qui ayant
par lequel il fait des legs à toutes les églifes de fes époufé , dit-il > un feigneur qu’il ne nomme pa4s -,
états >& nommément a celles de Viviers &rd’U lez. mais qu’il aflure avoir été different de Guillau-
i°. Sur ce qu’en b 1.065. Raymond de S. Gilles me TailUfcr comte de Touloufe , donna l’origine
unit de fon autorité le monaftere de Goudargucs, à des comtes particuliers d’Avignon , en laperfon-
dans le diocèfe d'Ufez, a l’abbaye deCluni.j ne de Pons fon fils > quainfi la ville d’Avignon ap-
tfr.p.ut. gn contrat* de mariage de Bertrand fils du me- partenoit à deux ou trois feigneucs differents dans
me Raymond de l’an 1095. par lequel H aflïgne le tems de Raymond de S. Gilles , lequel conquit,
pour douaire à fà future époufc la ville de Viviers, ajoûtc-t-il , par les armes une partie de la Provence,
On pourrait objeéler , que par le traité de partage & ufurpa entr’auttes la ville d’Avignon fur tous ces
de la Provence , de l’an x x 2 5 . le lieu de Valabra- feigneucs ; que c’eft de cette conquête & de cette
eues , fitité dans une ifle du Rhône 6c le diocèfe ufurpation qu’Alfbnfe- Jourdain comte de Tou-
d’Ufez, y cft compris : mais c’eft au contraire une loufc tirait fon droit fur Avignon & la Provence,
preuve quelereftede cediocèle ne dépendoit pas lorfquil fit le partage de l’an 1115. &qu’enfin
de la Provence. Guillaume III. comte de Forcalquier , voyant qu’il
I II. Il eft marqué dans ce traité, qu’ Al fonfe comte étoit dépouillé de la partie d’Av ignon qui échut à
de Touloufe , & fes fucceflèurs étendraient à l’ave* Alfonfe-Jourdain par ce traité, & qu’il n’en pouvoit
nir leur autorité fur tous les pays fituez entre FI- jouir , en fit donation en 1118. à l’évêque & à U
fere & la Durance. On voitd en effet que les com- communauté de cette ville. Ainfi fuivanc cet au-
tes de Valence & de Die reconnoifloitnt ces princes leur , les comtes de Touloufe & de Barcelone n’eu-
pour leurs fuzerains > en qualité de marquis de Pro- rent aucun égard aux droits des comtes de For-
vencc. calquier fur Avignon , dans le partage qu’ils firent
II y a plus de difficulté pour le comté de For* de la Provence : mais ce fyftême n’cft appuié fur v
calquier qui fe trouve dans les mêmes limites. Si aucun fondement folide.
e Bouche t$, nous cn croyons Bouche c, ce comté étoit un fief 1 °. Le partage de cette province entre Guillau-
mouvant de celui de Venaiffin ou du marquifat de me I. & Rotbold fon frere , eft une fable : il eft ccr-
Provence. Ruffi * le fils , prétend le contraire ^ 6c tain que ces deux princes poflederent la Provence
il faut convenir qu’il paraît que les comtes de For- par indivis , ainfi que nous l’avons déjà prouvé , 6c *
calquier ont toujours été indépendans jufqua l’an par confisquent la ville 6c le comcc a Avignon,
xi 9*. que l’empereur Frédéric I. g irrité de ce que D’ailleurs Fantoni n’apporte aucune preuve que
Guillaume comte de Forcalquier & Bertrand fon Rotbold ait dominé fur toute cette ville, ou la plus
frere , avoient négligé de lui rendre hommage , grande partie.
fournit leur comté à la fuzeraineté des comtes d’ Ar- i°. 11 eft faux que Guillaume III. filsdccedcr-
les ou de Provence. C’eft à peu près par une rai fon nier ait donné l’origine aux comtes de Forcalquier :
femblable que l’empereur Frédéric II. donna en il ne peut donc leur avoir tranfmis fes droits fur
1239. à Raymond le Jeune comte de Touloufe le une partie d’Avignon. Fantoni 1 pour prouver cette
comté de Forcalquier, uni alors avec celui de Pro- origine ne s’appuie que fur l’autorité d’une charte, i4>
vcnce. Quant au traité conclu en x 1 9 5 . entre le dont Ruffi rale fils a démontré la faufleté. m
comte de Touloufe 6c celui de Forcalquier , dans 3 °. Le prétendu mariage d’Emme fœur de Rot-
lequel Bouche h croit trouver un hommage, 6c bold , avec un inconnu , d’où Fantoni fait defeen-
une preuve de dépendance de ce dernier comte à dre une fuite de comtes particuliers d’Avignon ,
1 egard de l’autre, cela n’y eft pas marqué bien dont Pons fils d’Emme fut le premier , eft une pure »
clairement : on y voit feulement que leurs états fiélion-, 8c il eft certain que ccttc princeffe époufa
étoient féparez par le mont Albcron , fitué dans le Guillaume Taillcfcr comte de Touloufe. Il eft fiir-
voifinage de Cavaillon , & que ces limites avoient prenant que cet auteur n’ait pas hit attention à deux
etc ainfi reWes anciennement entre leurs prcdecef- chartes rapportées par Ruffi n le pere,ou le mariage n typ c. d$
fettrs \ en forte que tout ce qui eft au couchant de d’Emme avec Guillaume Taillcfcr cft prouvé évi- s‘*
cette montagne appateenoit aux comtes de Tou- demment. Si donc Pons fils d’Emme, fut comte K.fr/a 7*.
loufe , 6c ce qui eft au levant vers les Alpes , aux d’Avignon > il n’eft pas different de Pons fils aîné
comtes de Forcalquier. Il paraît donc que les do- de Gillaume Taillefer , & Fantoni fournit par là
maines que ces derniers poflèdoicnt entre l’Kerc & des armes contre lui-même. Cet auteur 0 ajoute ,
la Durance furent exceptez dans le traité départagé qu’un certain Ricuin fut comte particulier d’ Avi¬
de l’an 1 1 25. quoique cela n’y toit pas marqué ex- gnon vers l’an 1060. & une Ode comtelfe , la
prdlcment *, 6c que les comtes de Forcalquier ne même année : il fe fonde fur l’infeription d’une
dévoient pas être ccnfcz feudataircs de ceux de fontaine, & fur un prétendu titre qu’il fe contente
Touloufe en vertu de ce traité. de citer en general : mais fuppofé la vérité de ces
IV. Il y a cependant une difficulté , c’eft qu’a- monumens , il aura pris des vicomtes de cette ville
vant le traité de l’an 1115. les comtes de Forçai- pour des comtes, comme il a fait certainement de
quier 1 fo difoient auffi comtes d’Avignon: or les
comtes de Bircelone 6c de Touloufe partagèrent
également ccttc ville , fans faire aucune mention
du droit des comtes de Forcalquier. Ils n’excepte-
k Fent.^vig. rent c'onc Pas ^ans ce ParTaSe lcs domaines qui
te.i.p.ix. j». avoient etc cedez à ces derniers.
f- Si-
g V. ,bid. p.
7 J* &/*•]•
h Bouche ih-
i v.tof.xiv.
9. i6.
J'iV
Bcrcngcr qui vivoit cn 1063. il s’appuie fur l’au¬
torité d’Hauteferrc dans fon livre de Ducibus & co-
mittbus , pour prouver que le titre de proconful ré-
pondoit anciennement à celui de comte : mais
d’Hauteferrc dit tout le contraire P , & met pour
principe, que le terme de confnl repondoit à celui
r (i M
Di à
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)c-
v;jo.
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Fantoni k hiftorien d'Avignon prétend , que de comte, & celui de viceconfitl à celui de vicomte.
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duc. & comtt .
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DE LANGUEDOC, $Sj
- I-C droit de Raymond de S. Gilles far la moi- les différends que ceux-ci aVoîenf élis auparavant r'
NOTE tié de Ja Provence , & par confisquent fur la moitié avec les defeendans de Geoffroy I. au fu jet du pan- N ? T B
# ^Avignon, n’eft nullement douteux* : Fanroni tage de toute la Provence.
/iô. * na donc aucune raifon de traiter ce prince d’ufur- On peur appuierce fÿftcme , i 6. fur ce que \ei
*
t.ib
Patcur* . deux fils de Guillaume-Bertrand I. fêqualifioicntf
5 °.Enfin la prétendue donation d une partie d’A- comtes d Avignon vers l'an i o 59. 6c qu’en 1 06 3 »
vignon faire en 1118. en .faveur de 1 évêque 5c de ils po/Iedoienr S unepanie du comté de cette ville > gfy
la communauté de cccrc ville par Guillaume comte comme il paroît par une donation qu’ils fircntalors 67*
deForcalquier, efl une chimère , Sc Fantoni bavoue d’une églife du Pont de Sorgues a l'abbaye de
qu’on n’en trouve pas l’ade. il cft vrai Que cet au- Cluni. 1 Sur ce que Raymond de S. Gilles, qui
1 UaU. ilrr fl»
nov • ré. u
torité & la jurifdidh'on qu’ils exerçoient dans cette riage de Bertrand Ton fils avec Efcéte de Bourgo- ^
ville depuis fbixantc-dix ans i mais cela ne regarde gnc. $ Sur ce qu'en 1 i io. Adélaïde hcriticrede
que le privilège d'avoir des magiftrats municipaux, Forcalquier ne fe difoit pas k comtcilc d’Avignon k ,4. p,
comme ce prince s’en explique lui-mcme : Et omm- comme (es prédeceffeurs, mais feulement de For- 7°-
<W- «wd*» ‘ dommanch hbcrcatcm quant tjmltbet mugi- calquier i & qu’en 1 1 29. quatre ans après le traité
Jiratw huberefcH exercere debent: 8c non pas le conclu entre les comtes de Touloufe 3c de Farce-
haut domaine ou la feigneurie. Guillaume le jeune lone , elle (è qualifioit 1 comr.ffc <£ Avignon. 4°. En- 1 u.,u.
ajoute , qu il croit que Guillaume comte de For- fin fur ce qu’on n’a aucun monument qui prouve ""‘j* 'd- "• 1
calquier leur avoir accorde cette liberté : mais ce que les comtes d’Arles ou de Provence, defeendans "’p‘r'
qui fait voir évidemment que ce dernier ne céda de Raymond- Bcrcnger III. comte de Barcelone,
Ele domaine & la (êïgncurie d’Avignon aux lia- ayent exercé quelque autorité dans Avignon depuis
ins de cette ville en 1 1 1 8- c cft que Guillaume le traité de l’an x 12 j. jufqucs à l’union des comtcz
le Jeune dit dans cet aéle, que ces memes liabi- de Forcalquicr 8c de Provence, par le mariage de
tans lui avoient toujours QtéfitUIles & à fis prede- Garfinde héritière de Forcalquicr , avec Ildefonfe
cejfurs -, qu'il fe rJcrve les chevauchées aulquel- H. comte de Provence ; 8c que depuis l'an 1119.
les les confuls d’Avignon croient obligez., fumant julqu’cn 1 106. ce furent toujours les comtes de
ta cou-urne ; qu'il promet de ne pas aliéner ces Forcalquicr qui dominèrent (iir une partie d'Avi-
la coin urne ; qu'il promet de ne pas aliéner ces
droits en faveur de quelqu'un des autres fetgneurs
d’Avignon , de protéger les habirnns 8cc. En¬
fin Guillaume 111. ne peut avoir donné en 1128.
aux mêmes habitans la partie du domaine ou de
la feigneurie de cetre ville qui lui appartenoit ,
nm'ni i’A/AI'iiA/'» A mr»rf» . danc rin ntO-r dnnfî.» /Ane
gnon.
NOTE XVI.
S-nf: P;i'^’Adelaïdcfamcre,dans un actc'ipailè dans Si Raymond Pons {accéda à Acfrcdneve*
1? *’ poftii«urcmcmàemorf&il,Prà=„duedon;- * <?«'"•»« le Pieux dans U du, ht
poltérieurcment a la mort & à la prétendue dona¬
tion de ce prince. La difficulté de feavoir la rai. 'on
Eur laquelle les comtes de Toulonfe & de Barcc-
1e partagèrent emr eux la ville d’Avignon , fans
faire mention des conircs de Forcalquier , qui au¬
paravant s en difoient comtes, fubhffe donc en fon
£ A qui ta inc , 5* le comté £ Auvergne ,
& fur l'époque de fa mort*
ID A y mon d- Pons comte de Touloufe étoit
JLV qualifié ™,& fcqualifioit lui-même duc J si -
qmtaine ou prince des A Mutins en divers monu-
Pour refoudre cettedifficulré, il faut fêrappcPer mens de l’an 936. & de l’an 940. Le roi Louis
fK.jw.xnr. cc que nous avons dit ailleurs e touchant le partage d’Ourremer lui donne le titre de prince des Aqtti -
qui fut fait après l’an 1054. entre Geoffroy I. & tains dans une a charte de l’an 941. Enfin Gnillau-
fês deux neveux Guillaume-Bertrand II. 6c Geo A rne comte de Touloud* , 6c Raymond de S. Gilles
froy IL fils de fbn frere Guillaume-Bertrand I. des fis arriérés- petits-fils le qualifient 0 gravi duc ou
m fr.p.iu
f<\ / •
droits qu’ils avoient en commun fur la moitié de
toute la Provence. On a vu que le premier céda
alors aux autres les droits de ceux de leur branche IL On voit d’un autre côté que Raymond-Pons
fur la haute Provence , entrantes fur le comté de érendoit fon autorité fur l’Auvergne en 9 3 6. par
Sifferonou de Forcalquier , 6c fur celui d’Avignon s l’aéte P de fondation du monaftere de Chant», uge P /• 47*
mais qu’il s’y referva cependant la principale auto- qu’il atitorifâ, 6c auquel il fou/crivit le premier -, 6c
rite en qualité daine. Or comme dans le partage Chunibcrr prévôt, 6c les autres chanoines de
de l’an 1 1 1 5 . le comte de Barcelone repréfênroit Bi ioude , le mettent dans cet acte à la te te de leurs
Geoffroy I. & en fâ perfonne tous les defeendans feigneur s ou princes. Raymond-Pons prend la qtia-
de Guillaume 1. comte de Provence, ce n’étoit lice de prince des Aquitains, & elle luieff donnée
proprement qu’avec lui que le comte de Touloufe, dans cet a&e : mais M. Baluze <3 prétend que cela q baU
devoit régler ce partage i fiiuf aux fucccflcurs de ne veut pas dire qu'il étoit comte duc d'Auvergne : v:r* *"• r* t4
Guillaume-Bertrand I. d avoir recours ail même mais feulement qu'il avoit des biens confier ables
comte de Barctdone» pour être maintenus dans la dans l' Aquitaine , ou il étoit comte de Oncrci. Nous
poflèffion des pays qui leur avoient été cédez par tirons une concJufion toute contraire , 6c il cft ccr-
Geoffroy I. Cela pofë , il paroît que le comte de tain que Ja fondation dé Chanteugc prouve du
Barcelone ne fê réferva la moitié d’Avignon 6c de moins que Raymond-Pons exerçoit alors fui P A u-
fon comté, par le partage de l’an 1 1 2 5. que pour en vergue une autorité médiate en qualité de duc d’A-
fàire jouir les fuccefïèurs de Guillaume-Bertrand I. quiraine: il paroît certain dailleurs qu’il poffeda
envers lefijuels il en étoit garant, 6c qui en avoient le comté particulier d’Auvergne -, car outre qu’on
cté dépouillez par les comtes de Touloufe durant ne trouve aucun autre comte de cc pays depuis l’an
prince des Aquit ans , de même qu’Aiincri I. ,6+*
vicomte de Narbonne.
or.ios.jiit
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't Hifi. gin.
IM NOTES SUR. L’HISTOIRE
NOTE 9i1' iuÎT cn 9 S°- Nous voyons qu’Arnaud évê- taine en 944. lorfque parlant hdu voyage que Lonic - _ _
XVI. que de Clermont rétablit * vers lan 937. l’abbaye d’Outremer fit alors dans cctcc province, il Ait N O T »
de S' ,Alllre dans L v,llc épifcopalc , x la fnere (f qu’il y confira avec Raymond prince de, Goths , fi , Xvi-
1 v- M*h. u *vic le ficours du comte Raymond. Or comme Guil- les autres princes d'Aquitaine. * Raymond-Pons «or"*7'
«»• »J7- »• laume U. neveu de Guillaume le Pieux , mort cn dominoitdonc dans ce tcms-là fur cette province • ' c"tnr't*
g*u. <h,,n. 916. avoir poffedé le comté particulier d’Auver- & quoi qu’on puilTe entendre cet endroit dc Rav’
gne avec le duché d’Aquitaine , il faut que Ray- mond I. comte de Rouerguc , coufin de Ravmond-
mond- Pons lui ait fuccedé dans ces deux dignitez, Pons , que Luitprand 1 qualifie prmet des Aquitain, •
-ou plutôt a Acfred fou frère , qui mourut bientôt cn 946. il prouve toujours qu’en 944. le duché
après lui , & c’eft le fentiment de plulieurs habiles d’Aquitaîhe croit dans la maifon de Touloufc. Tout
». ut. CtmqiUC n T LL b 1 1 n a „ " ^a'on ,cn P°urroit conclurc • en l’entendant de
v*+++u ' J Lr parlant dc Raymond-Pons comte Raymond 1. comte de Roucrgne , c’eft qu’en o * 2
de Touloufc . relève Catel , qu, doute , dit -il ,fians Raoul donna le duché ou la principauté d’Aqui-
fondement raifonnable que notre Raymond ait etc duc taine à Ermengaud comte dc Rouerguc , & à rL
■de Guyenne , puifiju'on peut dire qu’ après le décès de mond Pons comte de Touloufc fon neveu , pour
Guillaume le Puux , fondateur de Clun, advenu en - le poiïcder par indivis, & que Raymond I. comte
WD» / ançt g. if celui de Guillaume fon neveu if de Rouergue fucceda dans cette dignité à Ermen-
fucceffeur Fan 927 Acfred frere du dernier défunt gaud fon pere , ce qu’on pourrait appuier d’ail-
frit cette qualité, (3 qu'aptes fa mort Raoul la donna leurs. r
l'xngn a notre Raymond. Raymond-Pons comte VI. Ceque nous venons de dire kit voir cotn-
de Touloufe fucceda donc a Acfred dans le duché bien fe trompe le P. Ange x lorfqu’il prétend que le
„ u-m d Afru"a,"c ’ fuivant, lc.P’n Lab^c’ . ro*. Louis d’Outremer difpofa en 94a. du duché
éfi^Str. c LJP‘ AmSj C a?rCS du ?0Uchct >aiou,tc » V’*1 lul d’Aquitaine en faveut de Guillaume Tefte-d’eftou-
Accéda aufii dans le comté particulier d’Auvergne, pes , comte de Poitiers, & qu’il en dépouilla alors
Raymond Pont, dn ce gcncilogiftc, fi fournit au roi Raymond-Pons comte de Touloufc. « Guillaume
Raoul en ç 3 2. if embr«ffa fon parti , par U faveur dit cet auteur , ayant été trouver en 941. le roi’I
duquel il fucceda au duché d'Aquitaine , if au comte Louis d’Outremer à Rouen , fes bons fervices lui
d: Auvergne apres la mort du comte Acfred. méritèrent dc la libéralité de ce prince le duchél
elt en effet tics-probahlc , que Raymond- de Guyenne & les comtez d’Auvergne, du Li-«
Pons & Ermengaud fon oncle . tous les deux mar- moulin & du Velay. Quelques auteurs , continue- -
quis de Gothie , qui avo.ent toiMours refulé dc te- t-il , ont dit que cette donation ne for frite qu’a- .
connonte Raoul jufqucn 9 j i. s’étant fournis1* alors près la mort dc Raymond III. furnommé Pons!
volontairement a fon autorité-, ce prince pour les comte de Touloufc , à qui le roi Raoul avoit frit,
attirer a fon parti . leur ait donné quelque rccom- don dc ce duché & de ces comtcz : mais le «
penfe,8c ait dilpofecn fâveurdu premier, du duché comte Raymond furvêquit aurai Louisd’Outre- -
d Aqutame & du comte d Auvergne qui vaquoienr mer , & une chronique manuferite qui finir en-
depuis le décès , fans enfans , du duc Acfred. On 1 01 5 . & qui fut communiquée à Befly par Pierre-
peur s appuier d ailleurs fur ce qui nous n’avons Pctau , marque la donation des comrez en 04* .
aucun monument avant! an 9 51. dans lequel Ray- Il eft plus vrailcmblable que le comte dc Tou'-
mond-Pons (e fo.t qual.he duc ou prince d’Aqui- loufc , ennemi du roi Louis , ayant été dépouillé -
rame, ou qui prouve qu avant ce rems il ait eu quel- de ces feigneurics , qui n’etoient pas de fon parri-
que autorité lur 1 Auvergne 1 & que dans tous ceux moine , le comte dc Poitiers en fut eratifié En -
qu, nous relient avant l’an 95 *. >1 ne prend que la effet , ajoûte-t-il , le comte Raymond ne mourut,
lnnple qualité de comte ou de marquis que vers l’an 96 1. ou au plutôt en 9 5 5 . Suivant .
. \ 1 . ^.ya,Sl'e le ro> Cbjfrs !e Simple pa- du Bouchet, & dansun titredcl’an 950. le com-.
Zr, tTit* r U ™ClUItaine TLn la tC Guillaumc s’y Cîualifie duc de Guyenne. » Exa-
- .16- mort d Z Zy J Cn rl jCU5~u ^b,cs.col"te de P01- minons en détail toutes ces circonftances.
tiers , & qu Adcmar f dc Chabano.s affure que ce 1 ». Il n’y a aucune preuve que leroi Louisd’Ou-
...... ™>do„„alCr,éd'Au,„g™iEblcs. apiè, la ,it "dilpofii
dcccsdc Guillaume II. frère d Acfred : mais ce en faveur de Guillaume Tcfte-d’eftoupcs4 II eft
üS-tï: CZ ïCnPC"' " aVO'r f,'C CeUe dl(i,0fitiT fk 13 Vfai ce dcrnicr > ai> «PP^de Frodoard ' , alla iinm
“• * fii. dc 1 an 9*7.°uau commencement de 1 année alors trouver le roi à Rouen -, mais cet hiftorien ne f • “>■
fui van te qu .1 croit fort, de pnfon-, Sc comme mal- dit pas que Louis lui ait donné le duché d’Aqui-
gré fa de ivtancc Raoul fon compétiteur co.ilerva taine , & encore moins qu’il en ait dépouillé le
toupursla principale autontédaus le royaume, & comte de Touloufe. Nous avons vu au contraire '
qu ,1 fut remis bientôt apres en pnfon , ou il de- qu’il rcconnoifibit celui-ci pour duc d’Aquitaine
mcurajiifqua fa mort, Raoul n aura eu aucun àla fin de l'an 94 «• Frodoard -rapporte que Louis «»■>■<*
égard a la dffpohnon ou d peut avoir frire, foie du ayant fai. un voyage dans cette province àla fin de
duché d Aquitaine , fuit du comte particulier d’Au- la même année , les Aquitains l’affurerent de leur
vergne , en faveur du comte de Poitiers. Raoul fidélité : Ludovicus rex d Karlo Confiant, no m
aura donc regardé ccsdignitcz comme vacantes , &: Kenna recpitur: if Aquitani ad eum vemunt, ,U
d en aura dhpofe en 9 5*. en faveur de Raymond- lumque fuficipiunt. Parlant enfuite du retour d ce
Pons comte de Touloufc , pour gagner lam, tie de prince cn France au commencement de l’année
ce prince , qu. refufo.t de le reconnourc, & qui fe fu.vanre , il dit que tous les Aquitains lui étoient
foiunu alors a fon obe illance. filles : Anno dcccxlu. Ludovic ua rex filmais fibi
V. 11 eft du moins certain .que Raymond-Pons Aqwtam, Laudanum revert, tur.Q t, clic apparence ,
étoit reconnu en 94, pour duc ou prince d’A- fi Raymond-Pons duc d’Aquitaine avoi/éré alors
quitame par Louis d Outremer fuccdlcurdc Raoul, ennemi d,i mi .un • ^ ri
comme on l’a déjà vù. Frodoard fait aiïèz entendre m nr pafté ce frit S fc "Ænl
que le même Raymond éroit encore duc d’Aqui- “
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x°. LVpoqucdcfan 54^. fl’eft pfcs pliis certaine i de Vêlai que ce prince lui doririà âbf}i » Hotis Ê-
^ ^ car outre que le P; Ange /Abandonne, on ne trouve rrtns voir dans la noce fôiVahrc qtle ce p .lys fîiivit
aucune date dans la ohrohîqwt manuferire qui finit le fort de l'Auvergne depuis Guillaume le PicbX »
en * i oa 5 . ôc qu’il cka < * - • ' - Oc qu’il eft très-vrailèmblablé , que le toi Rabu! tA
3 °. Il n’y a aucune preuve que Raymond PonJ dilpola aufli en 93 2. en faveur de Râymdnd-Poni
comtedeTouloufêi ait fiirvccu au roi Louis d’Ou- comte de Touloulè;
retrmer , & qu’il lait mort ou en 96 t . ou en 9 5 5» IX. On dira peut - être qUe te dernlcf hé prit
Ceux qui l’ont avance l’ont confondu avec Ray- le titre de duc ou de prince d’Aqtiitainej qil’àl’e*
tpond J. du nom comté de Roucrguefon coufin » xemple des comtesde Toulôulc les prédcccflèuts*
lr.KH.ym. ainli que nous l’avons fait voir Ailleurs. Rien n’em- & parce que lui ou ceux de la maifon polledoicnt
pêche donc que Raymond Pons ne foir mort vers divers comtez en Aquitaine , comme ceux de
l’an 9 5 o. & que le roi Louis d’Ourrcmer naît dit Qiierci » de Rouergue& d’Aibigeois. Suivant et
pôle alors du duché d’Aquitaine & du comtéd’Au- lÿftêrtic , qui eft celui de M. de Baluze , Guillau-
vergne en faveur de Guillaume Tefte-d’eftoupes » me Tefte-d’cftoupes comte de Poitiers , petit âvoix1
cjui de l’aveu dit P. Ange , ne le qualifia pas duc fücccdé immédiatement a Ebles fon perc dans le
• d’Aquitaine avant cetle année. 11 eft vrai qu’on duché d’Aquitaine , & avoir pris ce titre de fort
lui donne cette qualité dans un titre daté du mois côté dans le cems que Rayrtiond-Ponslé prehoitdti
de Juillet de la 15. année de Louis i mais il fien. Il eft vrai que celui-ci en qualité de comte de
tftfly r*t- fâiir obfoivcr que ce titre dont Bcfly* ne rapporte Touloulè 8c de maître d’une partie de l’Àquitai-
f‘daïu chrifi. 9** quelques mors , Oc que le P. de Sainte-Marthe 4 ne , avoir droit de prendre la qualité de duc, Ainli
nv. a. t$.i. adonné en entier, n’cft qu’une limple notice de qu’avoient fait lès prédéceflèurs : maiscommeilcft
fVr /* l‘2Ôic y. écrite fort long-rems après : ainlî celui qui certain qü’il domina fur l’Auvergne Sc for la pat*
l’a dreflcc peur avoir donné le titre de duc d’A- tie de l’Aquitaine qui avoir appartenu à Guillaume
quitaine à Guillaume, parce qu’il le prit en effet} le Pieux & i lès deux neveux , il faut qu’il leur ait
mais poftérieurcmcnr à l’an 9 5 o. foccedé immédiatement & qu’il ait réuni en là per-
V 1 1. Soit donc que- le roi Louis d’Outremer, ait fonne toute l’autorité ducale for cette province ; au*
difpofo cette année du duché d’Aquirainc & du toritéqui avoir été partagée fous le régne de Cliar-
comtc d’Auvergne en faveur de Guillaume , ou les le Chauve, ainli que nous l’avons montré ail*
feulement l’année fuivantc lorlqti’il alla dans cette leurs I. Aulli nous ne voyons pas que depuis l’an
province, ainlî que Je croir le P. Labbcc, & qu’il 9 ji. julqu’à 950. aucun autre leignenrqueluiou
eft beaucoup plus vrailèmblable ; ce prince n’aura le comte de Rouergue fon cotilîn, le foir qualifié
difpolè de ces dignirez qu après la mort de Ray- duc ou p parce d’Aquiraine.Quelî Ebles comte de
mond-Pons comte de Touloulè. U eft vrai qu’on Poitiers prie cette qualité avant la mort de ce prin-
devrait différer cette mort après l’an 9 5 4. s’il fai- ce, de quoi nous n’avons cependant aucune preuve ,
f loirs’en rapportera on titredonnépar Juilel f , foi- ce for ou par uforparion, comme l’inlinuc leP.Lab-
vant lequel Arnaud évêque de Clermont rétablit le be m; ou plutôt parce que le roi Charles le Simple»
monaftere de lâint Allire, de l’autorité & du con- après avoir été délivré de prifon en 928. ayant
lentement du rot Lothaire , du comte Raymond , ÔC dilpofo du duché d’Aquitaine en la faveur , il aura
du vicomte Robert } mais il y a faute dans ce titre , cru pouvoir continuer de prendre ce tirre , quoi
& on doit lire Louk au lieu de Lor barre. En effet que le roi Raoul n’eût pas ratifié cette donation ,
fCdk. chrf, Arnaud n’étoirplus 1 évêque de Clermont, ôc lâint & qu’au contraire il eût dilpofo du duché d’Aqui*
“.''lu ** * Ofion réforma l’abbaye de lâint Allire , ne vi- tainc en faveur de Raymond- Pons comte de Tou*
voit plus lous le régne de ce dernier prince : aufli loufè.
h Ma. les PP. MabiIJon h ’ ôc de Sainte- Marthe placent-ils X. Üne nouvelle preuve que celui-ci fut pourvu
le rétabliflèmenr de cette abbaye au commencement du duché d’Aquifainc pofledé auparavant par Guil-
du régne de Louis d’Ourremer. laume le Pieux ôc les deux neveux , & que le roi
VIII. Il s’enfuit de ce que nous venons de dire» Louis d’Outremer en dilpolâ après la mort en fa^
3 uc fi Ebles comte de Poitiers pofîèda le duché veur des comtes de Poitiers , c’cft que nous ne
'Aquitaine ôc le comté d’Auvergne après la mort voyons aucun des dclcendans de Raymond-Pohsfo
de Guillaume If. ou d’Acficd, Guillaume Telle- qualifier duc d’Aquitaine» & que Guillaume Tail-
d’eftoupes fon fils ne lui focceda pas immédiate- le fer fon fils, Ôc Pons fon perir-fils comtes de Tou¬
rnent dans cesdignitez , ôc qu’il ne les occupa qu’a- loufe , le conrenterent de prendre le ritrede com-
Erès le décès de Raymond-Pons comte de Tou- tes ou de comtes Pa'attns. Il eft vrai que Guillau-
>11 (è. C’cft ainlî au’if faut expliquer la chronique me IV. comre de Touloulè & Raymond de S. Gil-
fySAmca. d’Ademar * de Cnabannois, fiiivant laquelle le les fon frere, arriere-petit-fils de Raymond-Pons,
fi1"9 roi Louis d’Outremer donna après la mort d’Ebles lè qualifièrent11 ducs : mais Raymond de S. Gilles *•
à Guillaume fon fils , lescomtez d’Auvergne, de ne prit que le titre de duc deNarbonne, qu’il tranf-
Vêlai, de Limoufin & de Poitou avec le duché mit aux comtes de Touloulè les delcendans ; ôc
d’Aquiraine ; car nous venons de voir que Guillau- Guillaume IV. fon frere lè qualifia feulement comte
me ne parvint au plûrôt à ce duché que l’an 950. 0 duc de Touloufe , J Æbt , de Cohors , de Loti ve ,
il ne fuccéda donc immédiatement a Ebles fon 0c. en forte que par là il fit feulement revivre
pere que dans les comrcz de Poitou & de Limou- Tancienneautorité ducale °, dont lès Drédéceflèurs
W* fin , qu’il poflcdoic^dès l’an 930. en forte que le aVoient joui en qualité de comtes de Toüloulè »
roi Louis d’Outremer en lui donnant en 950. ou liir une grande partie de l’ancien royaume d’A-
en 95 1. le duché d’Aquitaine avec le comté d’Au- quitaine, (ânsprendrecependantletitrc de duc de
vergne, l’aura lèulemenr confirmé dans la poffèf cette province.
fron des deux autres comtez. En effet il ne peut les XI. On pourrait infirmer là preuve que flous
lui avoir conférez en 93 J. d’abord apres la mort tirons de la fondation de l’abbaye deChanteuge,
d’Ebles , puilqu’il ne commença de régner qu après pour faire voir que Raymond-Pons dominoit im-
Ic mois dejuin de l’an 9 3 6.Pour ce qui eft du comté médiacement en 9 3 6. fur l’Auvergne, ôc qu’il avoir
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568
NOTES ÇUR VMMT O IRE
NOTE taacdé au. duché d'Aquitaine pofledé par GuiJ- XI. fiécle iâ faits je régné du toi Henry , à la tiiêîtfc y q T E
'* XVÎ. laumele Pieux & fes neveux, en fuppofânt avec le abbaye de Sr Chaffre, Pcglifè de S. Barthélemy XYL
P. Mabillon a que l'évêque Arnaud qui confcntit fiçuéc aql6 en^deça du Rhocic, & dans la partie
a cette fondarion , & dont il eft parlé dans l’aclc, du diocèfe de Valence , qui .dépend du haut.
* Mob. U
+*n. 93 4. ».
7*.
W Pr-7- 74*
comme de l’évcquc diocèfàin, ctoit évêque du Puy
A Jec non Arnaldus epifeopus Auiaerfas tn cujus di-
tione CantogUum tune fatum erat. Mais ce cçfebrc
auteur n’a pas fait attention que Gotefcalc ctoit
alors évêque du Puy, & qu’il fouferivit à la charte b.
Vivarais, -.y;'
•XIII; Il réfidtedcce que tioûs venons dédire,*
que ccd (ans aucun fondement que M. Baluze F i
a avancé , que le rot Louis £ Outremer donne au
commencement de fan régné les comtez. £ Auvergne ,
• Ibid.
d Gall-chrift.
*»#l j.ed.tt.i.p,
•*54. & *9*.
O Ibid. 41 4.
D'ailleurs il eût fallu que Brioude eût été aufli alors du Pelai C5f de Limoges à Guillaume Tefte-£ efloupes
du diocèfe du Puy , puifque les chanoines de cette comte de Poitiers , (ils £Ebles t. Cf quilj a preuve ,
abbaye parlent d’Arnaud comme de leur évêque : quil jouit des l'an ç 38. du comte du Pelai *, puilqu'il
Seu certe * nofaer eptfaopus Arnaldus. Enfin il eft ne s'appuie pour le prouver, que fur là charte où
certain qu’il y avoit J alors un Arnaud évêque de le P. Mabillon a mis Guillelmi > au lieu de Geilinu
Clermont: ainfi le P. de Sainte-Marthe a eu tort de
s’arrêter c à l'autorité du P. Mabillon , tandis qu'il
ne donne aucune place à Arnaud parmi les évêques .
du Puy.
& qu’il cite à la marge. M. Baluze \ fe trompe aufG
en rapportant à l'an 951. la .charte où il eft fait
mention de la (bûmiflion des fêieneurs d’Auver¬
gne au même Guillaume Tefte-a'eftoupes ; 'car
XII. On pourroit objeéfer encore qu'il paroît quoique cette année foit marquée dans le corps de
fit* b. difl,
T' s 6s.
que Guillaume Tefte-d’eftoupes comte de Poitiers
étoit comte de Vêlai en 9 3 7- & qu’ainfi le roi Louis
d’Outremcr lui aura donné ce comté en 93 6. avec
celui d’Auvergne & le duché d’Aquitaine. Il eft
vrai qu’on lit ces mots : AJfenfu Guillermt mar¬
chions dans l'édition que le P. Mabillon ‘‘adon¬
née de la charte par laquelle Gotefcalc évêque du
Puy rétablit l’abbaye de S. Chaffre , la fécondé an¬
née du régne de Louis d’Outremer : mais il y a
certainement faute dans cet endroit, & il faut lire
Geilint rnarchionis , au lieu de Gutllermi marchio¬
ns. C’cft ce qu’on voit dans la copie que le P.
Eftiennot 8 a faite lui-même de cette charte , &
qu’il a pritc du cartulaire de S. Chaffre , d’où le
P. Mabillon l’a tirée. On lit aufli Geilmi dans l'é¬
dition que le P. de Sainte-Marthe h a donnée de la
même enarte -, & il eft évident d’ailleurs qu’il s’agit
ici d’un comte de Valence de ce nom* , bienfaiteur
jg pabbaye de S. Chaffre, & dont le comté s’é-
G 1 U- cbrtjl.
ibid. p . 764.
& J «IV
l’aéle , comme il eft daté de la première année du
régne du rot Lothaire , elle eft par conféquentde
l’an 955. aufli le P. Mabillon r larapportc-t-ü à ccttc
derniere année.
NOTE XVII.
g Pflien. dit-
tiq. Beutd.
diai.Pudietu.
Mf- !•
h GaU.chnjl.
flt J. td ■ to . 2.
injtr.p. 160 •&
/“)•
i Eftien • tbid .
de cette dignité par Charlemagne. Frère Théo¬
dore qui a donné aufli au public une autre hi-
ftoire de Notre-Dame du Puy , prétend au con¬
traire, que Bullus fucceda à Rorice dans le comté
tendoiten deçà du Rhône jufqu'aux frontières du de Velay, «5c que ce dernier vivoit fous le règne
Vêlai , dans toute la partie du diocèfe de Valence de Pcpin le Bref. Mais tout ce que ces deux au-
L • U Thfêd. bijfm
Iâl" du P*J f.\U.
\.M*b. dd.
dnr.. 9*6* «•
101.
1 G*B. chrijl.
inftr. M.
m Efiitn. ib.
p. 12 2.
qui dépend du Languedoc. , teurs rapportent d’un prétendu Rorice comte de
C’eft ce qui paroît par differentes chartes citées Velay, n’eft appuie fur aucun fondement folide >
par le P. Mabillon k même, entr’autres par undi- ainii Bullus eft le plus ancien comte de ce pays
plomc du roi Conrad le Pacifique , qui confirma dont nous avons quelque connoifiance certaine,
vers l’an 9 5 o. avec le confentemcnt du comte Gci- Berengcr lui fucceda x fous le régné de Louis le Dé- * F* *• M*
lin : Cum confanju Geiltni connus l’abbaye de faitit bonnaue \ôc depuis ce comte julqu a Guillaume II* 5Ï*
Chaffre, dans la pofTellion des biens quelle avoit duc d’Aquitaine «5c neveu de Guillaume le Pieux ,
dans les comtez de Die «5c de Valence, Scdansceux nous n’avons rien de certain fur les comtes de
qu’elle tenoit de la libéralité de ce comte : Et adju - Velay. Il eft vrai que Gifley admet parmi les comtes
torto atque eleemofyna Geilint connus in pago Dienfa particuliers de ce pays Humfrid marquis de Go-
atque Palentinenfi pojjidet. Nous avons aufli diflfo- tic \ mais il n’y a aucune preuve qu'il ait pofledé
rentes donations de ce comte en faveur de l’ab- ce comté.
baye de S. Chaffre, lefquclles prouvent qu’il éten- II. Il eft certain que Guillaume II. duc d’Aqui-
doit fon autorité en-deça du Rhône. Le P. Eftien- taine ctoit comte particulier de Velay , puifque ce
not m rapporte l’extrait fuivant d’une charte de l’an fut de fan confantement que le rot Raoul y donna ytr.p.tu&
940. Pir tnclittu nomme Geyhnus cornes , cum con- en 914. la ville ou le bourg du Puy à lcvêque^’
juge fua Gotehna , dédit monafteno S. Pétri fantli- Adalard , avec tous les droits que le comte y avoit.
que Theofredi tinpago PaUntwenfayinvicana Sub- Il paroît par la charte que Guillaume le Pieux
j. - c. Atnttév rnr*A»A oncle de Guillaume II. avoit été aufli comte par¬
ticulier de Velav.
dionenfa , in aice de villa qua duintr Cornatis , colo¬
nie Am unarn iéc. Allum / / . kjl- Juin Fer ta //. ré¬
gnante Conrado rege. La ville de Soyon & le lieu 1 1 1. Nous ne fçavons pas en quelles mains
de Cornas, dont il eft parlé dans cct adle, font paflà ce comté après la mort de Guillaume IL
fituez en-deça du Rhône & appartiennent au arrivée en 916. nous avons feulement lieu de
Languedoc. Ce comte > de concert avec fa fem- conjcélurcr qu’Acfred fon frere le poflèda enfuitc
me Raimote , qu’il avait époufée (ans doute en avec le duché d’Aquitaine, & qu’après leur mort,
fécondes noces, donna en 961. à la même ab-
n p r.p. loi. baye n , le lieu de Macheville fitué dans la partie du
diocèfe de Valence qui eft en-deça du Rhône. Enfin
un autre comte de Valence , appellé Geilin , def-
cendant Guis doute de l’autre , donna 9 dans le
O Mdb. ad
abh.9$6. n.
loi.
le roi Raoul en gratifia en 932. Raymond-Pons
comte de Touloufc. Ce ne fut en effet qu’en
950. ou 951. que le roi Louis d’Outremer
en difpofant des dignitez que ce comte avoit eues
de la fuccçilion de Guillaume le Pieux, & de
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DE LANGUEDOC. _
{es deux neveux, donna le duché d’Aquitaine, avec avons une antre 1 en faveur de la collégiale de ^ qTÏ
les comrez d’Auvergne ôc de Velay à Guillaume Thiern , laquelle eft datée de la maniéré (il i van te ; XVII.
Tête-d eftoupes comte de Poitiers, ainfï que nous Anno ob Jm ornatione Dommï Al. f. C. M. XVI. m-
lavons fait voir dans la note precedente > mais dillione XI H. vftavo teins fanuarit^lunalV.m Iran*
comme ce dernier ne fut reconnu en Auvergne cia régnante piijjimo Rover to , Aquitantam vero gu-
qu’en 95 5. il ne le fut pas fans doute plutôt dans bernante Gutllelmo PiÜ.^vicnfi comité , (3 m Arien •
le Velay. Il y a même lieu de douter s’il poffèda ja- #/4 Roberto honorabili principe : mais on ne fçau-
mais ce dernier comté. Il paroît du moins certain roit faire aucun uûge de cette charte, pour prou-
qu’il ne le rranfmitpas à Guillaume Fierrabras Ion ver la fozeraincté des comtes de Poitiers furl’Au-
fils& (on fiiccdfeur, quoique Bcfiy a> & le P. An- vergne ; car ce n’eft qu’une notice d’une plus
ge b donnent à ce dernier le titre de comte et Ah- ancienne charte qui a été vi/ïblcmcnt interpolée
vergne (3 de Velay , fans apporter aucune preuve fort long tems après fa date, ôc fans doute dans le
qu’il ait jamais po/Ièdé ces deux comtez : entrons XII.. iiécle, torique les comtes de Poitiers pré¬
dans le detail >& commençons par l’Auvergne. tendoienr dominer for l’Auvergne. En effet outre
IV. Nous voions c for la fin du règne de Lo- que les notes chronologiques font faillies, & que le
thaire, Gui, auparavant vicomte de Clermont, fc ' 1 . J- " - ' - :'f - ; -
qualifier comte d’Auvergne , ôc Guillaume fon
frère lui focceder dans ce même comté. Quelques
modernes d ont cru a la vérité que Gui l’avoit
obtenu en fief des comtes de Poitiers ducs d’A-
6. Janvier de l’amoi 6. on comptoir le 21. jour de
la Iune,& non le 4. & la i4,nc. indiélion Ôc non
la i3mc. on voit parmi les l’oulcriptions celles des
rois Henri ôc Philippe I. mais ce qui fait voir
qu’il s’agir de Guillaume Taillcfor dans la charte de
quiraine: mais nous avons plutôt lieu de croire que l’an 1010. c’eft que Pons fon fils le qualifioit
GuillaumeTaillefcrcomtedeTouloufeleluidonna, comte d’Auvergne quelque tems après.
& que ce prince fe trouvant hors d’état de foire va- VI. Il eft marqué dans lesaéKsdu concile4
loir fes droits fur ce pays , aima mieux le cederen de Limoges tenu l’an 103 r. « qu’Engdric cha-
titre de comté , ôc avec réforve de la fuzeraineté noine du Puy , s y plaignit de ce qu’Eftienne éve- ««
aux vicomtes de Clermont, que de le laiffer envahir que de Clermont ayant excommunié , il y avoit m
par les comtes de Poitiers. Deux raifons entr’aurres quelques années * Pons comte d’ Auvergne , pour «
nous le perfoadent. La première , c’eft qu’Efticnnc avoir abandonné fa femme légitime , ôc en avoir «
évêque de Clermont de la maifon des vicomtes pris une autre, ce comte apres avoir été à Rome *
de cette ville, & les principaux d’Auvergne refit- s’y croit fait abfoudrc par le pape qui ignoroic»
forent de reconnoitre Guillaume Tefte-d’cftoupes pourquoi il étoit excommunié, que l’evêque de «
comte de Poiriers pour leur foigneur julqu’en 955. Clermont s’en plaignit au pontife qui répon- «
quoique Louis d’Outremer lui eût donne ce comté dit pour s’exetifer, Ôcc. « On peut d’abord fixer
en 9 5 o. ou du moins en 95 1. Or comme ils éroient à peu près, par ce que nous venons de rap-
foûmis auparavant a Raymond-Pons comte de porter, l’époque de l’excommunication de Pons.
Touloufc, il fout qu après û mort arrivée vers l’an 1 Efticnne n croit1 plus évêque de Clermont
950. ils ayent reconnu Guillaume Taillcfcr fon en 1028. 20. Le comte après fon cxcommuni-
fils & fon fucceflcur jufqu’en 955. à quoi on doit cation avoir foit le voiage de Rome, ôc ce ne
ajouter qu’on trouve une plus grande liaifon , & fut qu après fon retour en Aquitaine qu’Etienne
des alliances plus fréquentes entre les comtes d’Au- fo plaignit au pape de ce qu’il l’avoir abfous.
vergne defoendans de Guillaume fiere & lucccfi 30. Elîicnnc reçut latéponfodu pape: toutes ces
four de Gui, ôc les comtes de Touloufo, qu’entre circonftanccs qui font voir que Pons fut excom-
eux ôc les comtes de Poitiers. La focondc, c’eft munié au piurard en 1025. il lauroir été même
qu’il paroît par divers monumens que Guillaume avant l’an 1024 li on pouvoir s en tenir d M. de
Taillcfcr comte de Touloufc ôc fes fuccc/Tcurs exer- Marca m qui prétend que ce fut le pape Benoît qui
cercnt leur autorité fur l’Auvergne ôc le Velay; au releva ce comte de fon excommunication ; car cc ne
Julien qu’il n’y «en a aucune qui prouve que les peut être Benoît IX. comme il le prétend , puisque
comtes de Poitiers ayenr étendu la leur for ces deux ce pape ne fut élu qu’en 1053. deux apres le Con-
pays avant les prétenrions de Guillaume IX. der- cilc de Limoges , ainfi ç’aura été Benoît VIII.
nier comte de Poiriers, ôc des rois d’Angleterre (es
fuccdfours , fur le comté de Touloufo.
V. Une chaire de l’an ioio.prouve ce fomble,
que Guillaume Taillcfcr comte de Touloufo domi-
noit alors for l’Auvergne. Il eft marqué dans cette
fu*. u chaite , dont le P. Mabillon f rapporte un extrait 4
roio. * . . . ».*
J J*
K Ctnc. /#.$•
/. 90%.
* Ante
annot.
hoi
J G.iü. chrijh
ntv. ed. to- î.
ro Marc* d»
Çenctrd /.+.c.
8. $. *.
Limoges
mort en 1014.
Cette époque une fois fixée , fait voir qu’on
ne fçauroit appliquer, comme foi t M. Baluze n,
a Pons fils puîné de Guillaume V. comte d’Au¬
vergne , ce que nous venons de rapporter du
concile de Limoges , pui/qu’alors ce Pons étoit
n B-tt-
t • r.f. 4$.
O-PW
qu’un foigneur appelle Gui unifie monaftere de a peine nés la preuve en eft ai fée. i°. Il n’y a
Thiern en Auvergne à l’abbaye deCluni, par la aucun monument qui prouve que Guillaume V.
donation du comte Guillaume [on Jeigncur ,C[ui fouf- pere de Pons, ait été comte d’Auvergne avant
crivir â la charte. Ce Guillaume n’appartient pas
certainement a la maifon des comtes héréditaires
d’Auvergne , p ni (que dans ce tems la Robert I.
pofledoir S ce comté, ôc que Guillaume fon pcrc
droit déjà décédé en h 990. Le comte Guillaume
l’an 1043. & M* Baluze 0 convient que Je pre¬
mier ne mourut qu’apres l’an 1059. Il rapporte
même un acte P qui itippofo que ce comte vivoit
encore en 1070. Pons auroit donc été pourvu
du comté d’Auvergne 18. ou 20. ans avant que
fon pcrc parvînt à cette dignité ? i°. Robert h!s
p Ibid, to, 2,
f+7.
qUj fouforivit en 10 10. à la charte de Thiern ,
& qui confirma l’union de ce monaftere à l’abbaye aîné de Guillaume V. comte d’Auvergne ne lui lue-
de Cluni , 11e paroît donc pas différent de Guil- céda qu’après 9 l*an 1060. ôc ne mourut qu apres qtb/d./o. t,
laume Taillcfcr alors comte de Touloufc*. l’an 1095. N°lls n’avons aucune r preuve qu'il
On pourroit foûtenir cependant qu’il s’agit ait été marié avant l’an 1051. Quelle apparence
dans cette charte de Guillaume VI. comte de que Pons fon frere puîné de plulïeurs années ,
Poitiers Ôc duc d’Aquitaine, for ce que nouseri eût été marié plus de 25. avant lui? ?°.M. Ba-
Tome II. C C c c
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XV
a tbut.
f*9
%lHd .
noté
xvii.
» V-sAngc htft.
dti J». U
Fr.t$. 2.7.514,
J70 NOTES SUR L’HISTOIRE
N O ï E ^llze ^ que Pons h\s de' Guillaume V. prit le car outre quon voit par les preuves qu*il rapporte,
I j titre de comte: mais il n’en apporte aucune preuve -, que Gui fe qualifioit comte d’Auvergne avant l’an
. to. on ne lui donne au contraire a que le fimple nom 986. il confond d’ailleurs ici Guillaume III. comte
de Pons dans tous les ailes où il eft parlé de lui , de Poitiers *, mort religieux de S. Maixent en 96$.
& dont l’un eft de l’an 1069. Il eft vrai que cet avec Guillaume IV. furnommé Fierrabras* Ion fils,
auteur prétend juftifier le prétendu comté de Pons mort en 9 9 3 . Or M. Baluze convient que le der-
par un aéke b où Guillaume fon frere fè qualifie nier ne fucceda pas à fon pere dans le comté et Au-
comte , & qu’il date de l’an 1034. Mais d’abord vergne ; il faut donc qu’il y ait eu un comte de ce
cette date n’eft point dans l’aéle , & tout ce qu’on pays différent du comte de Poitiers , depuis l’an
fçait de fon époque c’eft qu’il eft de l’épifcopat 963. jufques vers l’an 980. Ge ne peut être Gui
de Rançon qui étoit encore évêque de Clermont c qui en 979. ne prenoit encore que la qualité de
en 105 a. mais quand même Pons fils de Guil- vicomte : ce fera donc Guillaume Taillefer comte
laume V. comte d’Auvergne , fc feroit qualifié de Touloufc , qui aura prétendu fucceder à fon
comte du vivant de fon pere , ou plutôt de fon pere dans le comté d’Auvergne , & qui l’aura cc-
ayeul , il n’auroit pas pour cela été comte d’Au- dé en fief vers l’an 980. à Gui vicomte de Clcr-
vergne , ainfi qu’il eft qualifié dans les aéles du mont. Faifons voir maintenant que les comtes de
concile de Limoges , puilqu’il eft fans exemple que Touloufe dominèrent fur le Velay.
les fils des comtes fe foient qualifiez du vivant VUI. Gn peut le prouver d’abord par la fbuferip-
de leurs peres, comtes du même pays dont ces non 1 du comte Pons à une donation faite par Fre- iPr.f.7,#
derniers prenoient le titre. dol évêque du Puy à fon églife» fous le régne du
M. Baluze d pour appuyer fon fitlcme rapporte roi Robert. Nous voions d’ailleurs que le comte
/4! unt*tre l’an Ï0I0« dans lequel Pons comte de Touloufe prétendoit m en 105 3. nommer à l’é-
de Gevaudan fait une donation pour l’ame de fon vêché du Puy. Pons aura donc étendu fon auto- m/.**®#
• GéÜiChrift.
ibid.
A Bal . bift.
d'<si*v. to- 2.
Z»- W-cr
pere, de fa femme, de fes fils Eftienne & Pons,
de fes frères Bertrand & Guillaume , & enfin de
*Ntpctibw. fis neveux * Eftienne , Robert & Guillaume, il
conclut de là que les trois derniers font les mêmes
que les fils de Guillaume V. comte d’Auvergne ,
%P.N«f.Vl!I.
rite (ur le Velay avant & après la mort de Guil¬
laume Taillefer comte de Touloufe fon pere.
IX. Raymond de S. Gilles fils &<fuccefleur de
Pons, fit une donation0 vers la fin du xi. fiécle nf.
.1 l’églife du Puy , à la charge d’y célébrer tous
lclqucls portoient les mêmes noms. Mais i°. quand les ans la fête de S. Gilles. Ce prince étendoit
cela feroit, il n’eft rien dit de Pons dans cet adte 3 donc fon autorité dans le Velay 3 ce qu’on peut
preuve qu’il n'étoit pas encore né , & qu ainfi il encore confirmer par Raymond de Agiles cha-
ne peut avoir été marie & avoir répudié (à femme noine du Puy & chapelain de ce prince , qui rap-
cn 1015. i°. 11 n’y a d’autre raifon pour foute- porte qu’apres la mort d’Aymar évêque du Puy,
nir qiÿ ces trois feigneurs étoient fils d’une fœur ce prélat apparut en longe au même comte, &
de Pons comte de Gevaudan, & de Guillaume V. lui ordonna (délire fon fuccejfeur avec ceux quil
comte d’Auvergne, que la reflcmblancc des noms : voudroit .
mais qui a dit à M. Baluze qu’ils n’étoient point X. On vient de voir que Pons comte de Tou-
fils de quelqu’un des frères de Pons comte dcGe- loud* domina fiir le Velay : Raymond de S. Gil-
vaudan , ou plutôt fes petits fils : nepotibus m is ? les fon fils n’ufurpa donc pas ce pays, comme un
Or comme il eft certain que Robert fils ainé de moderne 0 l’aavancé.LeP.deGiflèy P prétend d’un ^
Guillaume V. comte d’Auvergne, 11c mourut qu’a- autre côté que Raymond acquit le Velay parla i.p.
Îrcs l’an 1095. il n'y a aucune apparence que ce fbit vente que lui en fit un prétendu Hugucs-Aymon
c même dont il eft parlé dans la charte de 1 cio. comte de Poitiers qui n’a jamais exifté : il ajoute
que le même Raymond difpofâdu Velay en fa¬
veur de Bertrand (on fils lorfqu’il le maria en 1095.
mais il n’en eft rien dit dans le contrat de mariage.
Il paroît cependant que Bertrand comte de Tou¬
loufe domina fur le Velay, & qu’il tranfmit ce
comté à fes defeendans 3 car Pons comte * de Tri-
poli, fon fils, donna en 1131. à lcglifc du Puy
les châteaux , villages hommages cjuil pojfedoit
dans le comté de l^el.iji ce qui fut confirmé en 1141.
par Raymond comte de Tripoli, fils de ce dernier.
XI. Le P. de Gifièy r fait mention d’une^chartc
par laquelle « Guillaume comte de Poitiers &c •«
duc d’Aquitaine , avec fa mere Agnès & fon *
frere Gcofroy, donnèrent & confirmèrent l'an*
1000. à l’églife du Puy , la moitié de l’ifle de *
Rais , & differcns autres biens que Guillaume «
parle
V IL Si ce que le concile de Limoges de i’an 1031*
rapporte de Pons comte d' Auvergne , excommunié
vers l’an 1015. pour avoir pris une fécondé femme
pendant la vie de la première , ne feauroit con¬
venir à Pons quatrième fils dé Guillaume V. comte
de ce pays 3 il convient parfaitement à Pons fils
aîné de Guillaume Taillefer comte de Touloufc >
né vers l’an 991. & mort en 1060. Ce prince
aura donc pris c le titre de comte d’Auvergne du
vivant de Guillaume Taillefer comte de Touloufc ,
fon pere , qui ne mourut que vers l’an 1037* &
qui le lui aura donné à caufc de la fuzeraincté qu’il
s’etoit réfervée fur ce pays , en le cedant en titre de
comté aux vicomtes de Clermont. Quant à l’épo¬
que de cette ceilion , on doit la fixer entre l’an 980.
& l’an 986. Nous voions en effet que Gui ne pre¬
noit encore que le titre f de vicomte de Clermont fon pere , Agnc$ fa mere & fes frères Guillaume m
la xxvi. année du régne du roi Lothaire, ou l’an & Odon lui avoient donné pendant fon bas âge. «
97 9. & il eft certain s qu’il fc qualifia comte d’Au- Il prétend que le donateur eft le meme que Guil-
4u. vergne avant la mort de ce prince. C’eft donc fans laume Tète d’eftoupes comte de Poitiers, à qui ,
p\ aucun fondement que M. Baluze ha avancé que fuivant Adcmar de Chabanois , leroiLouisd’Ou-
» ce comté après avoir palfé vers l’an 950. en la tremer avoit donné l’Auvergne, & le Velay 3 d’où
'l ' ' “ maifon des comtes de Poitiers, entra dans la mai- il conclut que ce comte poflèdoit encore l’an
(on des vicomtes d’Auvergne ou de Clermont >
i sAZ. JS.
Mm% foc. J.
770. Bal.
*Auv. to. 2. p.
» après le décès de Guillaume III. comte de Poi-
•• tiers , mort en l’année dccccxciii. en P abbaye
* de S. Maixent , ou il s'étott rendu religieux ;
000. ce dernier pays. Frere Théodore 1 & le P. de * Thnd.hif.
Sainte-Marthe ont fuivi aveuglement GifTcy pour
la date de cette charte: ils n’ont pas pris garde que nn.ej.toa f*
cet auteur (g trompe grollierçmenc,& que cet acle *91'
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DE LANGUEDOC 57*
* - - nc fçauroitêtre n! de Tan iooo. ni regarder Guil- ou d’Auvergne avec les defeendans de Guillaume n o T H
*VviI ^ lai,mc Tcftc-d’eftoupcs comme Bcfly* la démon- VIII. 8c qu’enfin la porrion des premiers prit le XVII.
tBejJj p'tît. tré, & qu enfin il doit être de Guillaume b VII. nom de Daufiné d’Auvergne. Peut-être que les
VkV comte de Poitiers & duc d’Aquitaine fils de Guil- grandes plaintes que fit l’évêque du Puy contre
*uP' di*Fr- laume V. & d’Agnès fit troifiéme époufo. Cette les véxations de Guillaume VIL engagèrent le roi
charte eft donc environ de l’an i o 5 o. or on a déjà Louis lejeune à confifquer fur ce dernier le comté
vu que les comtes de Touloufe dominoient alors de Velay. Nous ne trouvons plus du moins, depuis
fur le Velay , & non pas les comtes de Poitiers. Ce ce tems-Ià > des comtes de ce pays,
n’eft donc qu’une fimplc donation que la pieté de XV. Gifley 1 conjeâure que le roi Louis te Gros 1 Glf- biM
Guillaume VIL lui infpira en faveur de l’églife de confifqua le comté de Velay fur Guillaume comte fi^f***
Notre-Dame du Puy ; & cet a<2e ne prouve nulle- du Puy , & qu’il le donna enfuite aux évêques de
ment que ce prince fur maître du Velay : d’ailleurs certc ville. Il a voulu .fans doute parler de Louis le
les biens qu’il donna font fituez dans le Poitou. Jeune , & non de Louis le Gros. Frere Théodore
tDer<r.dt u XII. Suivant l’auteur de la nouvelle c description eft plus décifif, il prétend m que lesévêques du Puy m Th*$d.hift>
uiï&iêf. de la France , les comtes de Poitiers ne dominèrent forent comtes de Velay depuis la rébellion du mê- d* PujW9k
que fur la partie du f^elay , qui eft aujourethui du me Guillaume , qu’il met en 1164. quoique ces
gouvernement de l'Auvergne , & non pas du Lan- prélats, ajoute-t-il , fe foient abftenus par modeftic
guedoc . Il prétend que Guillaume Tefte-d’eftou- d’en prendre le titre.
pes ou Ces defeendans > donnèrent en fief cette por- On ne voit pas en effet que les évêques du Puy
tion de l’Auvergne au vicomte Gui I. &que depuis Ce foient qualifiez comtes de Velay, ni dans le XII.
ce tems-là les comtes d’Auvergne defeendans de ce fié de, ni dans le fuivant , ni qu’ils ayenr dominé
dernier , furent fournis aux comtes de Poitiers ducs alors for tout le Velay. Tout ce que nous connoif-
d’Aquiraine pendant z 50. ans ; mais tout cela eft fons de plus ancien en leur faveur, c’eft la réferve
avancé (ans preuve , & nous ferons voir ailleurs du comte de Velay , que l’évêque fit pour lui de
que la partie du Velay , qui dépend aujourd’hui du pour fbn églife par le pariage dont il convint avec
gouvernement d’Auvergne n’y fot unie que vers la le roi Philippe le Bel en I $07.' On pourroir préfù*
fin du XIV. fiécle. Ce qu’il y a de certain , eft que mer dc-Jà que les prédécefîeurs de ce prélat jouit
le comté du Puy ou de Velay, étoit vers la fin du foient auparavant du même comté; que le roi Louis
XII. dans la maifon des comtes d’Auvergne : ce qui le Jeune le confifqua fur le comte Guillaume , &
nous donne lieu de croire qu’ils l’avoient reçu en que ce prince , ou plutôt quelqu’un de fesfuccet
fief, ou des comtes de Touloufe , ou de ceux de fours en gratifièrent les évêques du Puy. Quoiqu’il
Tripoli. en (bit , ce n’eft que long-tcms après ce pariage,
iwji.Ud. XIII. Un auteur4 contemporain de Louis le que ces prélats fo font qualifiez comtes de Velay, 3c
Jellnc rapporte en effet , que vers l’an 116}. * le en 1 309. «deux ans après, Bernard de Caftancr n <s*u.chrif .
» comte de Clermont fon neveu Guillaume comte ne prenoit encore que le fimple titre d 'évêque du
fief, ou des comtes de Touloufe , ou de ceux de
Tripoli.
êHifUd. XIII. Un auteur4 contemporain de Louis le
atfafw Jellnc raPP°rte cn c^ct > que vcrs l’an 1 1 6 3 . * le
* « comte de Clermont fin neveu Guillaume comte
» du Puyy commettoient des ravages affreux dans le Puy* Le plus ancien monument qui foit venu à no-
•» pays; que lesévêques de Clermont 8c du Puy, & tre connoi fiance , où Jes évêques du Puy ayent
»• les abbez. de cette province , ne pouvant plus fup- pris le titre de comtes de Velay , eft 0 de l’an
» porter de tels défordres, s’adrefforent au roi qui fit 1 405 •
» la guerre à ces comtes , fo fâifit de leurs perfon- _
o/*./. i+4*
» la guerre à ces comtes , fo fâifït de leurs perfon-
nes &c.° On voit par la que le comté du Puy ou de
Velay étoit dans îa maifon des comtes d’Auver¬
gne vers la fin du XII. fiécle, 8c que ce pays ne fai-
foit alors qu’une mime province avec l’Auvergne.
4 Bdi. ji*v. M. Baluze c fuppofe, après Juftcl, que Guil-
kumc comte du Puy , dont nous venons de par-
>•12. v* 1er , étoit fils dun autre comte du Puy ou de Velay
de même nom , & qu’il étoit neveu du comte de
Clermont ou d’Auvergne, par une fecur de celui-
f Blond. iaII. ci , que Blondel appelle Judith C mais ils n’en don-
*,n‘ nent aucune preuve , 8c il n’y en a point de l’cxi-
ftence de ce prétendu Guillaume I. comte du Puy.
Guillaume comte du Puy , neveu de Guillaume comte
N O
XVIII.
Sur quelques évoques de Nifines. Epoque
du commencement du règne de quelques-
uns de nos rois de la fécondé race dans
la province , de la mort d9 Hugues Capety
& du commencement du règne de Robert
fon fils , &c.
I. /^\ N conferve dans les archives de la caché-
V>/ drale de Nifines , un ancien cartulaire écrit
vers le milieu du XII. fiécle, qui contient entrau-
dc Clermont , n’eft donc pas different de Guillau- très un grand nombre d’aétes du X. Jefquels for-
mc VIL comte d’Auvergne, que Guillaume g VIII.
fin oncle paternel dépouilla de ce comté , avec le-
quel il s’accommoda h dans la fuite , & à qui il
laiflà fans doute par cet accommodement une par¬
tie du domaine de fa maifon fous le titre de comté
vent beaucoup à éclaircir divers faits de notre
hiftoire.
Le plus ancien évêque de Nifmesdont il y foit
fait mention, eft Gilbert qui fiegeoit P déjà en p cw.*».».
875. 8c 878* Sous fon épifeopar, le chapitre de (à £ 17 5; &l*l»
du Puy ou de Velay; car il fo réforva Je comté de cathédrale acquit d’un nommé Ingelvin 8c d'Ar- 7e a. /.V fff
Clermont ou d’Auvergne, dont fos defeendans chimbergefà femme, differentes terres fîtuées dans **9-
jouirent. la Vaunage , tn valle Anagta ,& non pas tn voile
I"- f. «4. XIV. Guillaume VII. ne mourut 1 qu apres l’an Natatoriay comme on lit dans l’ancienne édition du
1168. Nous ignorons fi fa poftérité jouît du comté Gallia chrfliana % L’aéle r eft daté du Lundi onzjé- q c^-ebijt.
de Velay mous fçavons feulement que Daufin fcfon me de Novembre , la fécondé année après U mort
fils poffodoic des biens dans ce pays, & qu’il fit de Charles empereur. Il eft par conféquent porté- Vigi.de stfm%
valoir fis droits fur la ville de Clermont ,c’cft-i-dire rieur ou à la mort de Charles le Chauve, ou à
fur le comté d’Auvergne, qui avoir parte dans la celle de Charles le Gras, 8c prouve qu’après le dé¬
branche cadette ; que lui 8c fos defeendans prirent cès de l’un ou de l’autre de ces deux princes, on
*ndifïercmmenr le titre de comtes de Clermont fot plus d’un an dans le diocèfe de Nifines, ou en
Tome II. CCccij
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o *r e
XVIII.
» G4*. f hrift.
7λ
C Céirt,
57t NOTES SUR L’ HISTO IRE'
Languedoc , fansieconnoîtxe aucun roi. Comme mention dans un adtc m du mênle carttjlâire Ailé du ~
cependant la lettre dominicale, qui convient éga- Jeudi i y. à! Août , U quatrième année du régné de xvhl*
lement àl’an 877. 8c à l’an 888. ne (çauroit sac- Raoul. Cet a&eeft donc de l’an 93 j .8c prouve qu’on. o/w.**.»,
corder avec b fécondé année depuis la mort de ne compta en Languedoc les années du régne de
ces deux princes , nous conjecturons qu’il y a faute ce prince que depuis la mort de Charles le Sim-
dans le canuIaire5&qu’llfeutlire////.i^A'^w- pie. Il paroîc même qu’on n’y compta quelquefois
kris au lieu de / / / . idus. Dans ce cas là cette dace les années de fon régne , que depuis l’an 9 3 1. nous
conviendroit à l’an 878. ce qui fc rapporte très* en avons une preuve dansunaûedu même car-
bien autems des troubles qui agitoient alors la pro- tulaire 0 daté du Mercredi 6. de Mai > la troifiéme ofa. 2.*
tî nce.que Bernard 11. marquis deGothie avoitfait année du régné de Raoul , ce qui revient à l’an 935.
révolter contre le roi Louis le Bcgue. mais dès que ce prince eut été reconnu dans le pays,
II. Suivant un autre aéte , date de la premiers on continua de lui obéir jufqu a là mort, comme
année que le roi Charles fut empereur , ou de l’an il paroît entr’autres par un aétc P du Samedi 10 . P^* M* «
876. le même Gilbert évêque de Nifmes, recou- dOtlobre , la troifiéme année que Loues commença
vra le village de Bifaco dans La-Vaunage. Mrs de de régner après la mort de Raoul , c’eft-dire de l’an
. c hrift. Sainte-Marthe a font mention de cet aéte en ces 9 3 8 . On ne reconnut pas même le roi Louis d’Ou-
termes : Cilhertus epifcopus coram Bertranno vice - tremer en Languedoc aufli-tôt après fon couronne-
comite à novem menfibus , Gtfalfredo Guntano ment , dont la cérémonie (b fit le 10. de Juin de
Vicanis CS ceteris judicibus , ante caftrum Arena l’an 936. car fuivant cet aéte 8c un autre daté *
in mallo publico , querttur CS pcjlulat pro récupéra - du Jeudi 2f. de Juin > la quatrième année que Louis
ttone villa de Bifaco anno primo quo Corolles rex af commença à régner après la more du roi Raoul 3
fumpfie imperium . c*eft-à-dire L’an 940. Louis ne fut reconnu dans le
III. Il cft enfin parle du même évêque de Nif- dioccfe de Nifines qu'entre le 2 5 .de Juin 8c le 10»
mes dans le plaid b que le comte Raymond tint dO&obre de lan 9 9 6 . quoique Raoul fon prédé¬
dans cette ville, & qui étant daté du mois S Avril ccllcur fût mort depuis le 15. de Janvier précé-
la troifiéme année du roi Eudes , doit appartenir à dent. Il cft fait mention dans tous ces titres de l’é-
l’an 8 9o.Onpourroit cependant le rapporter alan pifeopat de Raynard , de même que dans un autre1 r f*1**
891.cn luppofàntque ce prince ne fut reconnu daté du mois d'Otlobre > la cinquième année du roi
dans le dioccfc de Nifmes qu’en 890. ce qu’on Louis , ou de l’an 940.
ikiJ. pourroit confirmer par une donation c faite au VI. Ce prélat eut pour fucceficur Bernard , qut
N 0 TE
xriif-
b Pr.p.l§<
dans un aéle • du /;. de Février , la vn. année du 1 fa. 41.
régne de Louis , après la mort de Raoul , c’cft-a-dire
l’an 943. Il cft parlé du même Bernard 1 évêque t,G4f:
de Nifmes dans un autre aéte daté du Samedi 2$ .
Février , la vu . année de Louis. Mrl de Sainte-
Marthe qui ont confondu ce Bernard avec un au¬
tre évêque de Nifmes de même nom , fucCelleur
fil. te. chapitre de cette vil le (bus l’épi Icopat d’Agelard, «5c Mrs de Sainte-Marthe ont omis , & dont il cft parlé
datée du Dimanche 3 . Avril >Iav/u. année du ré¬
gne du roi Eudes \ car fuivant la lettre dominicale,
ce dernier a&c doit être de l’an 897-
Quoi qu’il en foit , on voit par ce que nous ve-
i y.Pr.f.io. nons de aire /qu’Agelard ou Angelard d avoir fuc-
cedé au plûrard en 897. à Gilbert ; d’où il s’enfuit
3 ne celui-ci aura été évêque de Nil mes du moins
epuis l’an 875. jufqu’après l’an 890. & vers l’an deBegon, prétendent qu’il fut éiû du vivant de
895. Il fcmble cependant qu’il y ait eu dcuxcvê- ce dernier , parce qu’ils trouvent que Begon étoit
ques de Nifmes du nom de Gilbert à la fin du IX. évêque de Nilmes le 8 . de Mai de la vi /. année
fieele *, car fuivant l’auteur de la vie de S. Thcodard de Louis après la mort de Raoul : mais rien n’oblige
e y. b>u. u. archevêque de Narbonne , le fiége c épifcopal de de confondre ces deux prélats du nom de Bernard*,
1. /f4n/.i4!» Nifmes ctoit vacant lorlqtie ce faint prélat fut facré car depuis le 1 5. de Février jufqu au 8. de Mai de
/'H* \c Dimanche 1 5 . du mois d’Aout de l’an 885. mais lan 943. l’intervalle cft allez long pour que Ber-
commc cet auteur a écrit fort long-tcms après , il nard I. foit mort, & qu’on ait elû Begon à fk
s’eft trompé fans doute , 8c nous n’avons aucun place. D’ailleurs le dernier u afte dont nons ve- ■
monument qui nous oblige à diftineucr ainlideux nons de parler , eft daté dans le cartulaire de la;
Gilbert évêques de Nilmes a la fin du IX. fiéclc. Il cathédrale de Nilmes , du Jeudi 8. de Aiai , lava.
eft encore fait mention d’Agclard évêque de Nif- année de Louis apres la mort de Raoul *, & fi on doit
mes dans un acte f daté de la iv. année du régne de s’en tenir à la lettre dominicale , il faut qu’il foit de
Charles après la mort d Eudes , c’eft-à-dirc de l’an l’an 945. ce qui forme un plus long intervalle , &
joi.&nous fijavons d’ailleurs qu’il alliftaôcn 907. peut donner lieu de croire qu’on ne comptoir qucl-
au concile de S. Tiberi. quefois les années du régne de Louis d’Oucremcr
IV. Mrs de Sainte-Marthe h font précéder Age- dans le diocèlc de Nifmes , que depuis l’an 9 37. &
77 h
f GaII- thrifl .
ibid. f.776.
gPr.p. 4Î.
h G *11, thrifl.
ÜM.
i riftin;. .
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lard par un nommé Wicbertus,quiallifta,difent- même depuis l’an 9 3 8. Il paroît qu’on s’eft fèrvide
ils, cil 894^ au concile de Jônquieres: niais ils fe ce calcul, 1 °. dans une charte* où il eft bit mention
trompent , car ce concile fut tenu en 90 9. & non du même Begon évêque de Nilînes,& qui eft datée
en 894.ainfircvcquc de Nifmes qui y allifta n’eft du Jeudi 2 4. Décembre la /x . année de Louis de*
1 pas different d’Ugl>ert qui s’y trouva 1 en effet, C S puis la mort de Raoul \ car fuivant la lettre domi*
h x'cfrrli . ib. A.nt il eft parlé dans plufieurs autres k a&es du car- nicale , cette date appartient à l’an 946. 2°. Dans
fit. 31. 35.V. tulaire de la cathédrale de Nifines, depuis l’an un autre du Lundi 12 . de Mars , la xr. année dé
47‘ 909. jufqu’en 916. Prefque tous ces actes font da- Louis , ce qui revient , fuivant la lettre dominicale,
tez du régne de Charles depuis ta mort d Eudes. Il y à l’an 949.
if a. 2 s. v. y en a un Maté du 24-. Mars > taxa, année durer VIL Bernard étoit évêque de Nifmes dans le tems
gnede Charles fils de Louis , çeft-à-dire de l’an de ce dernier atte, 8c il en eft fait mention dans
»/•/. j». v. 909. & un antre m du 28. Stpttmbre ld xxvtnti plufieurs autres du cartulaire depuis la xi. année
du régne de Charles après la niort d Eudes , ou de de Louis d’Outremer jufqu’à laxxxiv. du roi Lo-
ïan 926. thaire fon fucceilèur -, c’eft-à-dire depuis Tari 949-
V. A Ugbert fucceda Raynard , dont il eft fàie jufqu’en 9 8 6. Le dernier titre où il en eft parlé eft
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dard 4 du Mardi 16. Mars U xxxiv. année que
Lothaire commença de régner , ce qui convient à l’an
986. Il eft vrai que Lotliairc étoit alors déjà dé¬
cédé depuis le 1. du même mois : mais on pouvoir
fort bien ignorer Ta mort ci\ Languedoc, quatorze
jours après. Au refte on compte dans cetre charte
les années du régne de Lothaire depuis le com¬
mencement de Tan 95 $. Nous avons donné ail¬
leurs *> des preuves de ce calcul , diffèrent de celui
dont on (e îervoit communément, & qui comment
çoir à la mort du roi Louis d’Outremer (on pere ,
arrivée le 1 f . Septembre de l’an 974.
VIII. Nous trouvons un Frotaire évêque de Nit
Jnes dans un a été c du Aîardt 20. janvier , la /v.
année qu Hugues commença de régner , c’eft-a-dire
de Lan 991. On comptoit donc en Languedoc les
années du régne de ce prince depuis (bh cleétion
en 987. quoiqu'on ne i’eûr pas d’abord reconnu
dans cette province , & qu'on y eût daté les char¬
tes, régnant Notre- Seigneur J. C. durant les pre¬
mières années de Ton régne : nous en avons di-
Verfès preuves , & c’cft ce qui nous doit faire rap¬
porter à l'année 9S8.ouâla fuivante* une charte *
du même carrulairc, où il cft parlé de Frotaire
évêque de Nil mes , & qui cft datée du mois de Jan¬
vier régnant Notre- Seigneur Jefus-Chrijt. Nous
avons auftî des aélesoù il cft parlé du même Fn>
taire > en date e du Samedi 9. Décembre , la vt.
année que Hugues commença de régner , ou de
lan 991. du 24 •• f Avril , la vi / . année du régne
de ce prince ou de l’an 994- & enfin du jeudi l / 8.
Mat , la première année que le roi Hugues mourut .
Suivant la lettre dominicale , ce dernier aéte eftde
l’an 999. mais nous verrons bien-tbr, qu’il doit y
avoir faute dans le jour du mois.
IX. Il cft parle en effet de Frotaire évêque de
Niimcs dans une charte h datée du 4.d’Avril , la v 1 .
année du régne de Robert , laquelle doit être de
l’an 1002. puiiqu’on en trouve une autre* du
Jeudi 20. Maijavt /. année que Robert commença de
régner. Or cette dernière appartient certainement
à l’an 1005. (ùivant la lettre dominicale : il finit
donc qu’on comptât les années du régne de ce
prince dans le dioccfe de Niimcs, d’une époque
anterieure au 20. de Mai de l’an 99/. c’cft-à-dire,
ou des premiers mois de cette année , ou plutôt
de la fin de l’an 996. ce qui joint à d’autres montt-
mcnskqui fc trouvent dans nos pièces juftifientives,
confirme les preifvé* qnc le P. Mabiilon 4 a déjà
données > pour faire voir que HuguesCapcr mou¬
rut au mois d 'Octobre de l’an 996. & qu’on doit
compter depuis cette- époque les années du régné
de Robert îbn fils. En effet outre les anciens m hi-
ftoriens qui ne donnent i I fugues que neuf an¬
nées de régne finies , ou dix de commencées ,
on peut appuier ce calcul , i°. fur la date iûi-
Vantfc prifedu même carculaire : Data n die falbatt
xnt. bal. Januani anno .v/. qtiod Robeïtus cœpit
régnâtes ce qu? fait voir que le 20. Décembre de
l’an 1 007. on comptoir la onzième année de Ro*
bert. 20. Sur les deux dates qui (bivent : Data Qdii
Mcrcttrn id. Apnlis^ an ko xt s s* quod Robertm cœ¬
pit r ignare. Data P dtc Ventru vt . tça/.Martii ann<j
x.W quod Rotbertm rex cœpit regnare : car ces deux
dates appartiennent , fuivant la lettre dominicale;
la première à l’ail 1 009. & l’autre à l’an 1 o 1 6.
M. Baluze ^ rapporte encore la date de tiois chartes
de la Marche d’Efpagne , dont Furie convient par¬
faitement avec- le commencement du régne de
Robert , pris depuis le 2 3 . du mois d’Oclobre de
r V. Marci
Hijp.p. lojSk
10 19.
sfÿ.f.
Fr. te.l.p.
20.
tA7.trc.Htfy.
p. 9 s S •« irftv
GÜEDO C; -tf)
l’an 996. & les deux autres peuvent (e prendre - ^
d^une époque antérieure au mois de Janvier de
l’an 997. Cet auteut conclut de-là cependant que
Hugues Capet môurut i la fin de cette derniere
annee : mais rien n’oblige à admettre cette con-
féqucnce ; & fi on rrouve quelques chartes donc
la date ne peur convenir avec le commencement
du régne de Robert , pris depuis la fin d’Oélobrt
de l’an 996. on en trouve r un grand nombre
d’autres qui prouvent manifeftement que Hugues
Capet mourut en 996. Le Marc a Htfpanica nous
en fournir pluficurs aufquclles M. Baluze n’a pas
fait attention.
1 Dans deux chtohiques kdes XI. & XII. fié-
cles , oh ne donne que dix années de régne i et
prince , & on en donne trente-cinq n Robert depuis
U mort de fin pere. Or il cft certain que ce derniet
mourut en ioji. Il commença donc de régner*
& Hugues Capet mourur en 99 6. i<*. On a une
donation r faire par Bernard comte de Befàlu ; à
I eglife de S. Gêniez de Befilu, (bus le pontificat
de Grégoire V. mort en Février 999. & datée du
28. de Mars , la m. année du régne de Robert.
Cet aétc n’cft donc pas de l’an 1000. comme l’a
cru M. Baluze , mais de l’an 999. & quoique Gré¬
goire V. fût alors décédé depuis quarante jours ,
le comte de Bcfalu pouvoir ignorer fa mort ; oü
bien il y parle de ce pape , parce que Sylveftré II.
fon fijcccftcur n’étoit pas encore élù; Si donc 011
comptoit au mois de Mars de l’an 999. la 1 1 r.
année du régne du roi Robert , Hugues Capet fon
pere décéda avant le moisd’Avril de l’an 997. &
comme il mourut certainement en Ôétobre , ce
fut en 99(5. 5 °. Raymond u comte de Barcelone
tint un plaid le 25. de Juillet la xxi. année du
régne de Robert. Ce comte mourut x en 1017.
ccr acte ell donc au plùtard de cette année , & non
pas de l’an 1018. comme le fiippofè M. Baluze*
& on y comprc par conlcq tient les années du régne
de Robert, depuis la fin de l’an 99(5. 40. Le comre
Guitrcd fit une donation Y au monaftere de Cani-
gon en Rouflillon , le / 2. de Juillet de Van /007
la xi. année du régne de Robert y dont le commen- • . : r 4
•cernent ne peur être pris que de la fin de l’an pp6.
50. Il eft certain1, & M. Baluze en convient aa,
qu’Ermcngaud comte d’Urgcl, & Arnoul évêque
d’Aulbîine furent tuez le premier de Septembre de :
l’an i o 1 o. à la bataille de Cordouc ; & qué Ikirrel
flvoit déjà fuccedc bb à ce prélat le 18. dé No- 977. &
vembre de la même année ; or en premier lieu
U Ib.p. I4J|i
yp> 964. ë
iious avons une charte c c d'Ermcntzaud comre
d’Urgcl, fils du précédent, lorfqiitl étoit dans U fi*
x/x. année de fin âge , &: datée du mois de Mars ,
la xxx / / /. du roi Robert : la charte eft donc
de l’an 1019. puifque Je jeune Ermcngaud étoit
ccp.
déjà d d né dans le tems de la mort de fon pere. aa p . *42.
En lècond lieu, Borrcl évêque d’Aufbnne ce fit ce p.99u&
élu le premic* d’Oclcbre la xv. année du roi Ro-
bert . Son élcélion fut donc faite le premier d’O-
élobfe de l’an ioto. Sc on comptoit par con(e-
cjuent dans la Marche d’Efpagne les ahnées du ré- • >" *•*"■ -
'gne de ce prince depuis l’an 996. 70. Enfin rien , ’ ‘
ne protrve mieux l’époque de la mort du toi Hu- •.(
gués Capet que la date fiiivante : Fallu d'natto tfp- 10 iu
anno xxv. Rodbcrtire^is ni. idus NoVembrts Erd
M. Lvin. car ccraéle eft certainement du onze de • • m/s
Novembre de l’an foi o/& la xxv. année du roi
Robert ne peut y être calculée que depuis la fin
d’Oélobrc de l’an 99(5.
' A toutes ces differentes dates nous ajouterons U • • . • * - •-
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_ J74 NOTES SUR. 1/HISTOlR.E
jj OTï (ûivante tirée d’un a&c d’échange qui fe trouve appartenir à celui de Frotaire II. paifqu’il s’agit ici ïTô~77
XV II I. dans le cartulaire de l’abbaye de S. Guillcm du d'ErmengardedcCarcallbnne.femmedeRaymODd- XVIII.
4)W. v . Mars 1
bOsBAri/.
•M.fW
d Msrcs
Hfpp 9 77-
e Gsll.ciiri/l.
defert : Fafta carra commutations hujwfeuavn. Bernard vicomte de Nifmes, dont elle étoit veuve
///. id . Aov. anno v / / # /. régnante Roberto régi, en 1078- ° & dont on ne trouve plus rien après •r*„.au
Suivant ialettre dominicale cette charte eft du u. l'an 107$. ainû elle fit cette donation vers Tan *
Novembre de l'an 1004. Or fioncomptoit alors 1075. Nous n'avons en effet rien de certain fur
la neuvième année du régne du roi Roocrt , Hu- l’épifeopat de Pierre-Ermengaud fucccffcur deFro-
■gu es Capet (on pere fera décédé par conféquent au taire 11. avant 1 an 1080.
•mois d'Oûobre de l’an 996. Nous nous (brumes XlV. Frotaire H. parvint à un âge extréme-
un peu étendus fur cette matière , parce quelle ment avancé ,& on vient de voir qu'il pofleda du
n'avoit pas encore été allez éclaircie ; revenons aux moins l'évêché de Nifmes depuis l'an 1017. juf-
évêques de Nifmes. qu’en 1074. Comme il fe qualifioit 4 neienevi-
X. Frotaire poflèdoit encore cet évêché le i8.de que à la fin de fon épifeopat , c’cft une marque
4 JW. 1 0. v . Mars t |»an , 006# ou i4 x% anne'e de Robert , qu'il avoit pris alors un coadjuteur > ce qu’on peut
oc qui détruit l'épifcopat du prétendu Adalmus , confirmer par une donation P fans date, faite à la ca- p m ^
qu’on fait évêque de cette ville depuis l'an 1 004. thédrale par Pons de Mar (ânes, * Frotaire (j Ele - ^* *£/*».
bOsBuhri/. jufquen 1 00 8 Tur l’autorité b de certains titres dont fant étant évêques de Atjmes; a infi Frotaire 11. aura tioào.
•M.f.777* on ne rapporte rien: mais il eft: évident que c’eft un pris Elefant pour coadjuteur, ou bien il fe fera dé-
éveque fuppofé.Le même Frotaire pofleda donc l’é- mis en fa faveur. Il eft vrai qu’il n’cft rien dit de ce cjfr.p.u>
vêchéde Nilines depuis l'an 988. julqu’en 1006. dernier dans le catalogue* des évêques de Nifines,
& il n’eft pas different de l'évêque de ce nom dont dïeflc vers le milieu du XII. fiéclc -, mais c’cft (ans
* CsnuL j| cft par|é dans tin a&e c du cartulaire de la ca- doute parce qu'il ne furvecut pas à Frotaire II. &
thédrale , daté du Mercredi / 3. Avril de h / 3. an- que Pierre Ermengaud fucceda immédiatement
d Msrcs sue de Robert , ou de l'an : 009. Il fiegeoit encore d a celui-ci.
en 1 o 1 o. & on afliirc c qu'il en eft fait mention fous XV. Il eft fait mention de ce dernier dans l’u-
***• le titre d'ancien éiiej\e de A'tjmes , dans un afte nion * qui fut foire de Fcglifc de S. Baufile de tf.pt.
de la xviu. année de ce prince, c’eft-à-dire > de Nifmes à l’abbaye de la Chaife-Dieu par Raymond
l’an 1014, de S. Gilles & la vicomteifc Ermengarde , le Sa-
XI. Gcraud fils de Bernard, feigneur d’ Anaufe , medi 28. Décembre , le 27 m*. jour de U lune , fous
fucceda à Frotaire , dont on prétend fins aucun U régné de Philippe rot de France ; ce qui ne peut
fondement, qu’il étoit frere : il eft fait mention convenir qu a l’an io34»
fCsriHUM. Gcraud dans un aâe * du cartulaire ,daté du On doit donc ranger delà manière (uivante la
/•/. 79- w mo\s d’Avril , la xxiv. année du régne de Robert , fuite des évêques de Nifmes, depuis la fin du IX.
cequi revient â l’an 1010. Le même prélat, avec fiécle jufqu à la fin du XI.
f/«/’7)*«' Bernard fon pcrc , fit une donation 8 confidérable «00
. r ' a fa cathédrale, le jeudi 20. <t Octobre la xxvr. . , , ' ’ _ ~ x J
/ » • j d l é a • *'I> Agclard S 97 - 907. Gcraud 1019-1015.
annee durconede Robert: cet acte appartient a i an * .° , c _ • îf
r-* 11 j . . . Fr Hucberrus 909-9Z8. Frotaire II. 1017- 1077.
1 010. luivant la lettre dominica e ,ou al an ion. „ j ^ r _ ,
ri . r Raynard 919-940. Elefantus coadjuteur du
félon l année du régne : mais nous (oupçonnons Be/nard j &edcnt
qu ,1 y a foute. 6c que le copifte au lieu ctanno xxiv R ^ PierreErmengaudioSo-
aura mis a>mo xxvt. par un rcnvcrlemcncdcchit- 1,. 0
r c j • /- >1 Bernard U. 949 -986. to84*
ne ainh en niant anno xxrv. tout s accorde
%ff.p.i7^ parfoiremenn Nous (îjavons d'ailleurs h que Gcraud , - - - --
d’Andufc poflèdoit l’évêché de Nifmes en 1019.
XII. Frotaire II. que Mrs de Sainte-Marthe ap- NOTE XIX.
pellent Frotaire III. lui (ucccJa. Il eft fait mention -, . , , • j t r j
, Sc « dernier dans nn adte i du ortul.ir, , dard S“f d,IS ,de. dlP’u U
**• v# du 1 1 Novembre , la xlvi. année du régne de Ro- fi* du I JT. fiecle jufqu au commen -
bert : mais il y a certainement une faute, car de cernent du JC II.
quelque maniéré qu'on compte les années du ré¬
gne de ce prince, il n’a jamais pû régner 46. ans. L Atel • d’un (èul Raymond évêque de Tou- tc*i™
Il eft certain cependant que Frotaire II. fucceda à V^iloufc, en fait deux, de même que d’un
Gcraud durant les dernières années du régne du autre évêque appellé lflo, 011 Klolus*. il admet un
â celui-ci.
XV. Il eft fait mention de ce dernier dans l'u¬
nion 1 qui fut foire de l’églife de S. Baufile de
Nifmes à l'abbaye de la Chai(e-Dieu par Raymond
de S. Gilles & la vicomteifc Ermengardc , le Sa -
medi 28. Décembre , le 27 ***. jour de U lune y fous
/•/. 79- v.
ffd-Jl.v.
*r-P- *71-
% Tr fW'
Gilbert 875-890.
Agelard S 97- 9^7-
Hucberrus 909-9x8.
Raynard 919 -94°-
Bernard I. 941.
Bcgon944 -945.
Bernard II. 949 -98 6.
N O T
Frotaire I. 988-1014.
Gcraud 1019-1016.
Frotaire IL 102.7-1077.
Elefantus coadjuteur du
précèdent en 1077.
PierreErmengaud 1080-
1084.
XIX.
Suite des évêques de Touloufe depuis U
fin du IJT. fiécle jufqu au commen¬
cement du JC II.
• fr.f. no. roi Robert, car il foufaivit*en 1017. a la fonda-
tion du monaftere de Gai largues dans (on diocèlè ,
& en 1019. a celle du prieuré de Sauve. Il y a
I. Atel 1 d’un féal Raymond évêque de Tou- 1
loufc, en fait deux, de même que d’un
autre évêque appellé lflo, ou Klolus*. il admet un
Raymond I. du nom en 887. fous le pontificat du
pape Jean VIII. & un (econd au commencement
du XI. fiécle. Pour ce qui eft d’Iflo il le fait vi-
pluficurs titres dans le .cartulaire de Nifmes , da- vrc en 919. Ai première année du reine de ünus
tcz en général du régne du roi Henri , où il eft d'Outremer; &c il place en 975. un Klolus fur le
fait mention du même Frotaire : mais l’année pré- fiége épifcopai de Touloufe. Il a été foivi par
cife du rémie n'eft nas fuécifiéc dans aucun. Ce Mr* de Sainte-Marthe r oui ne fe font écartez de fon *
r 6a.ckrîli
n. 1. f. iJU
* Epifcopi
Yttcrii.
eife du régne n'eft pas fpécifiée dans aucun. Ce Mr* de Sainte-Marthe1 qui ne fe (ont écartez de fon
k cm. t9.9.f. prélat affifta k en 1056. au concile de Touloufe , fentirnent qu’en ce qu’ils font vivre Raymond L en
Yilult 10 ^ commc ^aPe Grégoire VU. lui écrivit 1 au 931. mais ccs célébrés auteurs fe font également
£ mots fa Mai de ïiniiilion xn . qui répond â l'an trompez, & de deux évêques de Touloufe, l’un
1074. c’eft une preuve quil étoit encore évêque appellé Raymond, & l’autre Klolus, ils en ont
de Nifmes cette dernière année. foit quatre, en voici la preuve.
mPr.p.itt, XIII. Nous avons m une donation foire àlaca- II. Catel pour prouver qu’en 887* Sc (bus le
thédrale de cette ville , par la vicomccflè Ermcn- pontificat de Jean VIII. il y avoit a Touloufe un
garde, en préfenccde Frotaire ancien évêque. * Cet évêque appellé Raymond, fc fonde en premier lieu
a&e eft fans date, 6c Mrl 0 de Sainte-Marthe le fur le prétendu aâc de la tranflation des reliques de
tkbiv. — — — • — ~ ------ >v .Mb iv |/ivk\.uuuavit. uv ia v» aimu» i _ .
W-f-777* rapportent à L’épifcopat de Frotaire I. mais il doit S.AntonindcPamiers, mais “nous enavonsdéjafoic ■#** 1
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î> ë Languedoc. . J7 j
j. voir la fàufleté. Quant au pontificat de Jean VIII. en 88 J. eft le meme que Bernard qui étoit évê-
cet auteur fc contredit, puifque ce pape mourut que dccetre ville en 8 87- & 890. en effet leurs
en 882. & qu’il rapporte un titre autenrique fui- noms (ë reilèmblcnt, & il peut y avoir faute de la
vant lequel Bernon étoit évêque de TouJoufë en part du copilte dans la charte de Bertheis. Catel h
1 Câ*l S 8 J* Catel cite en fécond lieu a une lettre d’un les diftingue cependant, 5c met Bernard avant
pape nommé Jean , à un évêque de Touioufë ap- Bernon > mais Mrs. de Sainte-Marthe nont rien dit
pcllé Raymond : mais il ne donne aucune preuve de ce dernier, ce qui nous fait croire qu’ils ont jugé
que cette lettre foit plutôt de Jean VIII. que de que c’eft le même que Bernard,
tout autre pape de ce nom. Ainfi comme nous V. Quant à Hugues I. il étoit évêque de Tou-
fommes certains qu’il y a voit un évêque de Tou- loufë dès l’an 91 7. puifqu’il écrivit au pape Jean X*
b Udrcé Jol,fc appellé Raymond en 10 10. b rien n’em- pour lui demander/* pallium en faveur d’Ayme-
ïiff*f. 977' p£c}jc<jc rapporter cette lettre au pape Jean XVIII. ri archevêque de Narbonne. II pofledoit encore
élu en 1003. & mort en 1009. Elle doit être de l’évêché de Touioufë l'an 972. * de la trabeation
Tan 1007. parce quelle eft datée de Finditftion v. ou incarnation de J. C. Un Vendredi 22 . de Janvier
Quant à ce que difent Mr*. de Sainte-Marthe , la xv il t. année de Lothaire . Il y a une difficulté
•• que Raymond I. occupoic le fiége de Touioufë touchant cette date, c’eft que la lettre dominicale,
•• en 931. fuivant des aéles très - anciens , quoi- qui eft celle de l’an 969. ne peut s’accorderavec
• que , ajoutent-ils, Catel allure qu’il vivoit fous l’an 971. Le P. Mabillon k tâche de corriger cette
•• (empire de Charles le Gras. » Comme ils ne erreur , en lifan tfer/a /v. au lieu de firia v /. ce
citent aucun de cesaétes, & qu’il eft certain d’ail- qui fèroit que cette date devroie être rapportée
leurs qu’Hugucs a été évêque deTouloufë depuis i l’an 973. mais outre que c’cft contre la foy de
la fin de l’an 917. jufqu’en 971. il s’enfuit que l’atfteoù onli tferiavi. ôcanno 972. l’année 97 3*
Raymond n’a pu occuper le fiége épilcopal de cette ne fçauroit d’ailleurs s’accorder avec la xviti. du
ville en 932. Venons préfèntemenr à Iflolus ou régne de Lothaire ; car c’étoit alors la xix. En un
Iflus. mot ce titre prouve feulement qu’Hugucs étoit
ïCâttl III. Catel c cire deux chartes pour prouver que encore évêque de Touloulë au commencement
%sh ce dernier liegeoit en 919. ou comme il s’exprime, de l’an 971. Atton dont il eft fait mention dans
durant la première année du régne de Louis d’Ou- une charrc Matée du 8. de Février de i’érc m. xr.
tremer: lune eft datées mois de Juin> la pre- ou de l'an 973. lui fticccda.
mure année que Louis commença à régner ; l’autre VI. Hugues évêque de Touioufë fit Un refta-
n’a point de date, & par confequcnt ne prouve ment m dans lequel il nomme le comte Raymond
rien. Il prétend qu’on doit rapporter la première pour fon principal exécuteur teftamentaire , 6c lui
au régne de Louis d’Outremer yparce d, dit-il, 7//* fait differens legs. Il paroît certain que cc comte eft
N O T
XIX.
h Catel mm «
p. ni.
i Mob, dipf.
p. 51 6.
r Maù. dlC,
SS. Or. S. Ben»
fai. V l. part»
ï- p . 312. 44
973, n •
99.
I Pr.p.iz**
mPrp.làf:
frfeq.
que <
Van premier d'i régne de Louis le Gros, Amcliusctott le même que Raymond I. du nom comte de
évêque de Tottloujc, Van premier du régne de Louis Roucrguc 5c marquis de Gothie , lequel décéda en
le jtune , c étoit Raymond. Maison peur rappor¬
ter cette charte â la première année du régne de
Louis V. fils de Lothaire, c’cft-â-dirc, au mois de
Juin de l’an 986. 6c c’cft fa véritable époque.
i°. On n’a aucune preuve qu’il y eût a Toloufe
un évêque appelle Iflus ou Ufolus fous le régne
961. cc qui peut fervir â fixera peu près f époque
de ce teftament qui n’eft pas daté, 6c qui doit
être environ de l’an 960. ce qu’on peut confir¬
mer par les réflexions fuivanres. t°. L’évêque de
Touioufë fait auffi fon exécuteur teftamentaire
Hugues pis d'i comte Raymond : or nous fçavons
de Louis d’Ôutremer, au lieu que nous fommes que Raymond I. comte de Roucrgîie eut un fils
de même nom. i°. Cc prélat donné le château
«r. Mm 4 certains qu’en 974. c il y avoit un évêque de ce
Ifiÿ.f. fit. comme Catel en convient. i°. Louis d’Ou¬
tremer ne commença de régner en Languedoc
qu’en 93 6. Or Hugues étoit alors certainement
évêque de Touloufè : par confequcnt Iflus ou Iflo-
lus dont Catel 6c M". de Sainte-Matthe ont fait
deux évêques eft le même prélat qui a occupé le
fiége épifcopal de Touloufè depuis l’an 974* juf-
qu’en 986. car Atton que Catel met fur ce liège
en 982. fur l’autorité dune charte fans date, où
^ il eft fait mention de Garfias archevêque d’Auch ,
pouvoit ne le remplir qu’apres l’an 986. puifque
*c mcme f Garfias vivoit encore en 999.
>71. ’ IV. Nous croions donc qu’il faut ranger de la ma¬
niéré fuivantc la fuite des évêques de Touloulc
depuis la fin du IX. liécle jufqu’au commencement
du XII.
SPr.fM.»,
«I*.
Bernard ou Bernon S 8 3 -
890.
Armand I. 907-925*
HugcsL 927-972.
Atronl. 973.
Iflolus oullîus 97-Î-9S6.
Atton II. vers 990.
Raymond 1. 1007-1010.
Nous fuppofons que Bernon qui, fuivant une
charte 6 de Bertheis comtcfle de Touloulc , vivoit
Pierre loiS.
Bernard 1035.
Hugues II. 1043-1045.
Armand II. 1056.
Durand 1059-1071*
ifarn 1071-1 105.
Amclius 1109.
de Saiflàc dans lc< dioeele de CarcafTbnne , à Roger
(3 à Arpndc . Cc Roger qu’il qualifie comte dans
un autre endroit , n eft pas différent û de Roger I. nF’.tfor.xnirJ
dti nom, comte de Carcaflonne, qui avoir foc-
cedé à Arnaud fon pcrc , depuis environ l’an 9^5.
fous la tutelle d’Arfinde fa mcrc. Or il pjroic
par cc teftament, que ccttc derniere avoir encore
alors Fadminiftration du comté de Carcaflonne , 5c
nous n’avons aucune preuve qu’Jle Fait eue apres
l’an 0 960. oihd-
Mais d’où vient, dirat-on, qu’Hugues évêque
de Touloufè fait le comte de Roucrgue fon exécu¬
teur teftamentaire plutôt que le comte de Toulou-
fê ? 6c n’eft-il pas plus vraifembiable que ce Ray¬
mond étoit comte, de cettederniere ville? D’ailleurs
Hugues fils de Raymond I. comte de Roucrgue,
ne pouvoit avoir qu’environ io.â n ans en 960.
Eft-ii croyable qu’à cet âge il ait été nommé exé¬
cuteur d’un teftament ?
Pour fàtisfiire â cette objeflion , il faut fîip-
pofer , comme une chofe que nous avons P déjà P y^.vut
démontrée , fçavoir , que Raymond-Pons comte de
Toufoufë, étant mort vers Fan 950. fon fils Guil¬
laume Taillefer qui lui fticccda , n’avoit alors que
4. à 5. ans ; ainfi l’evêque Hugues ayant fait fon
teftament vers Fan 960. il fc fera plutôt adrefïc
à Raymond comte de Roucrgue de la maifon de
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NOTE
XIX.
\Mab. U
«*. f6j. N<
-loi.
57é NOTEES SUR L’HISTOIRE
Touloufe , qu’au jeune Guillaume , pour être fon tion quil entreprit contre les Sarafins fur les cotes ^ '
exécuteur teftamentaire, parce que le premier croit de Catalogne, en faveur d’Ermeflindc veuve de xiX.*
alors le feul de cette mailbn en état d’en remplir Raymond comte de Barcelone. Or comme ce
les fondions. Que fi ce prélat nomme aulli pour comte mourut “en ioi 7* l’expédition de Roger n
exécuteur teftamentaire Hugues fils du comte de doit être poftéricure à cette année, & Pierre étoit Niih m-
Rouergue, qui étoit aulli alors fort jeune, ce n’aura par conféquent évêque de Touloufe à la fin de
été que pour (uppléer après la mort de (on perc > l’an i o 1 8. ou au commencement de l’année fui-
ce qui ne tire pas à conlcqucncc. vante.
Vil. Si nous en croions le P. Mabillon a il y aura Catel 0 met Arnaud ou Arnoul fur le fiége épif- o c a.
eu deux évêques de Touloufe du nom d’Hugues copal de Touloufe en 1035. fondé fur lesaàes*#M,‘
au X. fiéclc,car il fait mention d’une donation faite du concile de Cuxa , auquel il aflîfta alors. Il a
•à l’abbaye de Lezat par Roger comte de Commin - été fuivi par Mrl. de Sainte-Marthe f : mais on
je/, duconfeil de Bernard évêque de 7 otiloufe la voit par les ades mêmes de ce concile donnez ’I*’*7,‘
xi. année de Lot haïr e ; mais ce célébré hiftorien a par le P. Mabillon % que ce fut Bernard évêque q Dipt. ^
été trompé par les fauftès conjedures de ceux qui de Touloufe, 8c non pas Arnaud qui y aflîfta.
lui ont fourni l’extrait de cette donation , qui fe II réfiiltc de là qu’Arnaud qui étoit évêque de 7i*’
trouve dans le cartulairc de Lezat, & dans laquelle Touloufe en 1 o 5 6. ne fiégoit pas depuis l’an 1 03 5 .
Roger n’a que la fimple qualité de comte, & Ber- comme on le fuppofe r. En effet nous trouvons r
nard celle d’évêque 3 ainfi ce prélat n’cft pas un Hugues évêque de Touloufe, qui en 1043. ^
fbuferivit • au v 1 1 1 . concile de Narbonne. 1 ***»•
X. Durand abbé régulier de Moiflàc avoir ^
déjà 1 fucccdé à Arnaud au mois de Juin de l’an t g*. 4*$.
1039. Nous trouvons la date précife de l’éleâion
d’Ifâm fucccflcur immédiat de Durand , & par 1.
conféquent de la mort de ce dernier, dans un a&e a u Pr.Mio.
différent de Bernard évêque de Conferans , qui
T» V. GaU. vivoitb alors, 8c dont les fuccelfeurs avoient l’a-
voucrie de l’abbaye de Lezat.
c M*k. *d VIII. Ce même auteurs trompé encore parles
mémoires manuferits du P. Efticnnot d , donne
Eudes pour fucceflèur immédiat à Guarin dans
t Mat ca
f A/**. Ad
«•/I. loot.i,.
M.
Ann. 96 5. n.
loi.
d fhen. /#.
V «/T Lezat , &le fait vivre fous le régne de dont le P. Mabillon x fait mention , & qui eft daté d
p- 1«. &/eq. Louis fils de Lotairc : d’où il conclut qu’il faut di- du 6 . de Décembre de l'an 1 061 . f année qu lfarnfut 10a*.
ftinguer ce Guarin abbé de Lezat , du cclébrc Gua- élu évêque de Touloufe ; mais ce fçavant auteur
rin abbé de Cuxa en Roufïillon , qui vécut jufqu’à trompé par la copie de cet ade qu’il a trouvée parmi
la fin du X. fiéclc. Mais outre qu’il eft certain e les collections de D. Efticnnot ,n’a pas pris garde
que ce dernier adminiftra l’abbaye de Lezat juf- qu’il y aune faute dans l’an de l’incarnation, &
qu’à fa mort arrivée au commencement du XL lié- qu’il faut lire 1071. au lieu de 1061. En effet
de, comme le P. Mabillon* en convient lui-même, il cft certain par difïèrcns y monumens raportez yr.crf;
on n’a d’ailleurs aucune preuve qtt’Eudcs ait été par le P. Mabillon même , que Durand fut évêque
abbé de Lezat fous le régne de Louis V. Il cft vrai . de Touloufe depuis l’an 10 5 9. jufqu’au mois d’ Août
que fuivant une charte de cette abbaye , Eudes de l’an 1071. U eft vrai que le P. de Sainte-Mar-
en étoit abbé la v. année du régne de Louis : anno the* fcmble croire que Durand étoit encore evêque 1071. ti.
quinto régnante Ludovtco Francigcna-, ce qui a don- de Touloufe en 1071. mais la charte de ccttc
né lieu au P. Eftiennot , qui rapporte un extrait de année qu’il cite , ne le dit pas. Elle porte feulement
cette charte, de placer cet abbé fous le régne de que quelques feigneurs confirmèrent alors une
Louis V. mais ce roi n’a pas régné 5. ans depuis donation qu'ils avoient faite auparavant , entre
la mort de fan pcie : ainfi cette charte regarde le les mains de Durand.
régne de Louis d’Outremcr, de même qu’une On pourroir objeéler encore que, fuivant le
autre de la x 1 1 1. année du régne de Louis , où nccrologc aa de l’abbaye de Moiflac, ce prélat mou-
il eft parlé d’Azius ou Atazius, abbé de Lezat: rut le 8- de May , 8c qu’étant certainement en vie
ff Ad\ charte que le P. Mabillon S rapporte au régne de au mois d’Août de Lan 1071. il ne peut être
énn.9+0.* Louis d’Outremer , & que le P. Efticnnot h avoir
h Eftien. i*. mife fous celui de Louis V.fils dckLothairc. Repre¬
nons la fuite des évêques de Touloufe.
IX. Le P. Mabillon admet 1 en 95 1. un évêque
de cette ville appcllé Ifarn : mais il a corrigé cette pourroit faire ; fçavoir , que , fuivant la chronique
k!«4*.4W. faute dans X errata duk 4rac volume de fes an- de Lambert bb de Schaffnabourg , l’évêque de Tou»
i Malté ad
*nn. 9 $ 1 • J*.
décédé qu’en 1071. Mais ou il y a faute dans le
necrologe , ou bien Durand (c fera démis de l’é¬
vêché de Touloufe avant fa mort.
Nous ne difbns rien d’une 3mc. objcâion qu’on
aol. x.
1 Eftitn. Ht.
f- 319.
nalcs. loufe mourut en 1069. car iï eft vifible que cet ^.'179.
D. Eftiennot 1 fait mention d’un plaid tenu la auteur n’a pas voulu parler de Touloufe en Lan-
xxili. année du régné de Louis , far les envoyez,
du comte Raymond , ff avoir , par Raymond- Alton
évêque de Touloufe , &c. il rapporte cet a£te au
cégne de Louis d’Outremer, 8c à l’an 95 1. mais
comme ce prince ne fut reconnu qu’en 936.
& qu’il mourut en 954. il ne fçauroit avoir ré¬
gné i}. ans. Ainfi s’il n’y a point de faute dans
la date de ce titre ciré du cartulaire de Lezat ,
il faut qu’il s’agiflè d’un autre de nos rois du nom
de Louis , 8c cela ne peut convenir qu’à Louis le
>1 OT E
u
ïfr
guedoc , mais de quclqu’autrc ville dont le nom
cft corrompu.
XI. Catel « rapporte la mort d’Ifam évêque
de Touloufe environ l'an 1098. prétendant avoir
remarqué plufieurs actes où il eft parlé d’Amelius
fon fucceflcur en 1 1 00. & Mrs. de Sainte-Marthe dd oa^*
l’ont fuivi. Ils ne citent cependant aucun monu-
ment qui prouve qu’Amelius fut évêque de Tou¬
loufe cette dernière année , & avant l’an un.
& nous en avons te qui font voir qu’Ifârn étoit eepr.f.nu
— r..A . * c 4 1 X .1 r _ îSt.ith
kr.fc*
!*>*»*•
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b ir.
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Jeune. Il y avoit en effet à Touloufe un évêque non feulement encore évêque de Touloufe en
appelle Raymond la xxm.annécdu régne de ce 1100.& 1102. mais encore en 1105. on doit
prince. conclure de là que la date fuivante tirée d’un aéte
m jum-tak. X. Ademar de Chabanois m, auteur contcmpo- du cartulaire de S. Scrnin, cité par Catel , eft fàulfe.
t».iM.LAk. rain, rapporte que Pierre évêque de Touloufe ac- Cet a&e eft daté ff de Van / / 0 0 . Louis rot de France ffcatitmh
f ‘ compagna Roger prince Normand dans l’expedi- régnant, Bertrand étant comte , Amelm cvê }tte. /,ul*
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Cet aAt eft de fa fin de Tannée 1108. ou du
commencement de la fui vante, & on ne fçauroit
s'en fèrvir comme fait le P. Pagi • , pour prou¬
ver l’époque de Taffbdation de Louis le Gros aü
thrône*
NOTE XX.
porte cet aâe au régne de Charles le Chauve, pré- n O T fc
tendant que Charles le Gras & Charles le Simple XX.
n’bnt pas régné 19. ans : mais il n’a pas fait atten¬
tion que ce derftier fut toujours reéonnu en Ldri-
^>uedoc jufqu’â fâ mort,& qu’ainfi il régna plus
de 3 o.ans dansccrre province. Aufli (e rétradc-t-il° oibp.sit
dans la fuite , ôc il convient que Tcudo vivoit (bus &J“*'
le régne de ce prince. En effet il fut T en 9$$. PJV./.70»
un des exécuteurs teftatoentaires de Regrnald ou
* J 7? • J. Raynald évêque de Béziers, qui étoit vraifcmblable-
“ ^ Setters & ment fon onde paternel, &frere de Bofon. Teudo
époque de l union de ces étoit donc vicomte de Beziers Ôc d'Agde-cn 916*
Sur les anciens
i* j4ylc , & P époque
deux vicomtexjians U meme mai fon.
br. r f. hj £$ plus anciens vicomtesbdc Bcziersquenoux
iu.j4 i ss** JLconnoiflions, font Antoine qui vivoit Tan
cm a. a
«A>. •>•.»«
SI.
d’Agde-cn 916 .
IV. Nous trouvons enfuite 4 en 9f n Jonus 7/*
oitjonas, vicomte , qui foufcrivic à une. donation
de Raymond-Pons comte de Touloufè , en faveur
deTéglifc.de Beziers, ÔC il cft vrai (croblable qu’il
étoit vicomte de cette ville , & fils ou frere de
Teudo. -
V. Raynald II. fucceda â jonas dans les vicomtez
845. & Gerin en 858. Le P. Mabillon* fait un
Aton & un Afoarius vicomtes de Beziers vers Tan
840. mais ce n’eft qu’une conje&ure qui n’a au¬
cun fondement. Il fe contredit d’ailleurs, puit-
a M *»»• n06 ^ans l,n autrc d endroit il fait vivre ces deux de Beziers& d’Agde. Il les pofledoi t r en 96 1 . ôc il
,4o. n-** vicomtes vers Tan 9 5 o. étoit déjà mort au mois d’Ctàobrc de Tan 969. que
9*9'*' IL On CToit • qu’ Aton étoit vicomte Beziers en fes 1 exécuteurs teftamentaites , dont la vieomcellc
y. A’tff.i**1*. 895. mais il eft plus vtaifèrtblable qu’il étoit Garfînde croit du nombre, délivrèrent un legs qü’il
vicomte dans la partie méridionale du diocèfè de âvoit fait a la cathédrale de Beziers. Le vicomte
Touloufè. Raynald prend le titre de vicomte du Guillaume confenrir à cet aélerainfi il eft fort viai*
f pr.f. si. comte de BeVtrs dans un a&c (d\\ \6. de Juillet femblable que celui-ci étoit fon fiis,& que Garfînde
% y-ct-Se/m jc j»an 397. & j| paraît $ qu’il poffèdoit cette vi- étoit fa femme. Raynald II. avoit époufo cette d&*
2i comté dès l’an 88 r. L’aélc de lan 897. eft fouf medepui
r p. loi.
f
fil-
c V. T*> 1/
571
puis peu en fécondes noces, ôc avoit eu Guit
cric après le meme Raynald par Didcfâ femme, Ar* laume d’un autre mariage, foppofé quelle foie la
findc &Bozon. Ce dernier dans un titre h du 14. même que Gariinde, qui c en 104 6. abandonna
i Cdttl mem.
f . éii-tr.
k <An4q.
*'-f- 47-
I # di
que liarlinde , qui
de Décembre de la même année , fè qualifie vi- au comte Pierre les oUensii l:s fiefs qui uvoicnt <ip -
comte de Bezjcrs (i d'slqde. Catel ‘ a imprimé ce fartenu au vicomte GuMaume (S à fa fille Garfînde ;
titre fans la date , & Bofon y eft appellé Nolo par ce qui nous paroi t très-probable : car le même Guil-
unc erreur de copiftc : mais il cft certain qu’on laume qui lucceda immédiatement à Raynald II. *. • -
doit lire Bofo au lieu de Nolo , Ôc que Taéte eft du dans les vicomtez u de Beziers ôc d’Agde, avoit déjà 0 ****
14. de Décembre de Tan 897* Comme Andoquek époulc Drude ou Ermentrudeen 977. ôc s’il eût
3ui avoit vu l’original > le tcmoigne.Nous (çavons 1 été fils de Garfînde , celle-ci auroic été âgée de plus
'ailleurs que Bofon fût vicomte de Beziers la x. de cent ans en 1046. ce qui ne doit erre admis
& la xxi 1. année de Charles le Simple depuis la que for de bonnes preuves. Il eft Vrai qu’on pour*
mort iEudcsy c’eft-à-dirc, en 909. ôc 911. roit croire, que celle qui fit l’abandon de l’an 104(1.
Le vicomte Reginald ou Raynald fon prédécef- cft la même que Garfînde de Bclalu, alors vicom-
feur, mourut donc entre le 16. de Juillet ôc le 14. tefîè de Narbonne , comme nous l’avons d’a-
de Décembre de l’an 897. ôc comme il ne fe quali- bord foppofè * , fur le fondement qu’une partie v
fioir que vicomte de Bexjers , au lieu que Bofon fon des lieux mentionnez dans le délaiffementapparte-
foccellèur prenoitlc titre de vicomte de Bezjcrs (3 noient i la maifon de Narbonne â la fin du X. fié-
iAgde , c’eft une preuve que celui-ci fut le pre* cle & dans le XI. mais nous ne voyons pas pour
micr qui unit ces deux vicomtez en fâ perfbnne. Or quelle raifon la vicomteflè de Narbonne , qui d’ail-
il ne paroît pas qu*il ait été fils de Raynald , ce qu’il leurs étoit alors en puiflànce de mari , auroit pû
n’auroic pas oublié de marquer dans les deux aéèes faire ce délaiflcmenr.
donc nous venons défaire mention \ ainfi il dévoie Quoi qu’il en foit il eft fait mention de Guillau*
être vicomte d’Agde de fon chef, ôc avoir héricé me vicomte de Beziers & d’Agde , dans un aéfe
de la vicomté de Beziers. On pe ur conjeéiurcr que daté 1 de la xxv/u. année du réonede Lothaire, ou
ce fut par fâ femme , que nous croyons être la me- de Tan 9 8 1 . Ce vicomte époufa enfuite une autre
me qu’Adelaïdc , qui prend le titre de vicontejfe dame appelléc Arfinde , dont il eft parlé ** dans un upr.p.in.
Zf/ffj ’ff' Bezjers , dans une vente raqu’e!le fit en 924. du aûe du//. Août > lavtr. année du règne du roi
village de Salacian , en préfènee d’Aigon archcvc- Hugues* ou l’an 995. de même que dans une do*
que de Narbonne. Elle aura donc été fille & héri- nation bb qu’il fit â l’abbaye deS.Tiberi,yir/e^/wr bb ^.i+î.
Xïr.p. iji.
yp.117. y*,
% Ont.
/. <sj*.
tiere du vicomte Raynald , ôc veuve en 91 4. de Bo¬
fon vicomte d’Agde.
III. Ce dernier eft le plus ancien vicomte d’Agde
que nous connoiffions, ôc nousn’avonsaucun mo¬
nument fur fes. prédécefieurs. Il étoit fils , félon
toutes les apparences, d’Arfinde qui fouferivit
+ fit*
ce p. I
&fit*
d’en' reprendre le voyage de Rome.
Ce dernier aéle cft daté fimpiement du dénier
de Février , tnd/Ehon HL mais il eft antérieur à
Tan foi), puifque Guillaume étoit alors Cc déjà dé¬
cédé : il doit être donc ou de l’an 990. ou de l’an
1 ooj. qu’on comproit Tindiélon ). Nous croyons
avant lui â i’aâe de Tan 897- Il pofïèda certe plus volontiers qu’il cft de l’an 990. parce que
vicomté avec celle de Beziers, ôc les tranfmitafès nous n’avons aucune preuve que Guillaume ait
focccflcurs; ce qui paroît par differents titres. Le vécu après Tan 99$. On voit par le teftament 44 fff t4*‘&
premier vicomrc que nous trouvions après lui, eft que ce vicomte fit vers le même tems, qu’il ne
Teudo , dont il eft fait mention dans une charte . laifla que deux filles, Garfînde & Senegonde. L4
&/rq. datée de U xxtx. année de Charles . Catel0 *ap- première fût héritière des vicomtez de Beziers ôc
Tome II. DDdd
V Caret mem.
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tr? NOTES str*
NOTf d'Agde,&ep^fea*nperaieres noces Ray mood
% A> * fils aîné Je Roger L comte de Carcailbnnc , & en
• K.Ao.'.xxix. fécondes noce* Bernard feigneur d’Andufe, avec
»• Pr.fi 167. lequel elle ctou déjà mariée l’an & 101 }. L'autre
époulâ Richard vicomte de Milbaud en Rouet-
gue. Garfmde eut des enfans de fon premier ma¬
riage , lefquels heriterent des vicocnrez de Bczicrs
& d’Agdc , qui plièrent aiuli dans la maifon de*
«r. n»p. ih. formes de Carcaflonne c. Au refte ces deux foucs
dévoient être filles d’Ermcntrudc , première fem¬
me de Guillaume -, car il n’eft point aie qu’elles fut
lent filles d’Arfinde , ni dans le teftament de leur
pereoù cette derniere eft nommée , ni dans folk
jdcl’anipij.
NOTE XXL
Sur t origine des Trencavels vicêmtn
£ Alhi , dé Niâmes * tfre.
J, T} Aymond - Bernard hirnommé Trenctvel*
\i X\* poflèdoit vers la fin du XI. liée le les vicom¬
te* d’Albi, de Ni fines, Carcaflonne, Ratez, Btzien
& Agde. Bernard- Aton fon fils à qui il les tranfinit,
les partagea entre fes cnfàns. 11 clt certain que les
quatre dernières vicomte* échurent à Raymond-
Bernard, par ton mariage avec Ermcngardt de Car-
caflonne , 3c qu’il poflèdoit les deux autres de fon
chef. Examinons en quel tenu celles-ci entrèrent
. dans (a maifon , 3c voyons quelle ctoit fon origine.
Cécile veuve de Bernard- Aron , fils de Raymond-
Bernard , nous fournit là-dcflùsde grandes lumiè¬
res dans un aéle , par lequel elle confirma avec fes
I Pr. fi J17. trois fils l'an 1 1 47 Aies donations que leurs ancêtres ;
• ; . feavoir la VK omtejfe V afr on s ffe , Bernard vicomte
fon (ils , Caucianc J a f mme , leurs fils Fr ot aire
roec)Hc £ A\bt , (j Aten vicomte, avoient fastes k
i'ê&l'ft de Beaumont en Rouergue. Les mêmes fer¬
mes font énoncez dans une autre charte de l’an
«î/nu. 1 1 8 5. e par laquelle Roger vicomte de Béziers &
petit-fils de Bernard-Aron, confirme ces donations.
11. 11 eft fait mention de Bernard vicomte de
L* MIS TOI UE
de Niimes, qui comme fti «krja’vi , fOÜciak *
des biens confidcrabks dans le Rouergue,où il * ® ^ &
fonda le monaftere de Beaumont. Frotaire frere de * *
ce vicomte éroir donc déjà évêque dès l'an 9 $ 7.
3c c’cft le meme , à ce qu’il nous paroît que Fro- n*.**.vra#
taire évêque de Cahors , dont il eft fait mention
en 9 6 1 . dans k tdbunenr de Raymond L comte
deRoucrgite.
V. Comme il tft certain * qut le meme Bernard n *'*fii 17.
vicomte de Nifmes fut peredu vicomte Aton & de
Frotaire évêque d’Albi , cela nous donne lieu de
croire qu’il étok fils du vicomte Aten , qui «aveefr •fiU*&f+
femme, fit en 941. une donation il abbaye de (aine
Pons de Tomicres, & dont le pcrc s'appçlloit Ber -
nard ; car fuivanr l’ufage confiant des IX. X. & XL
frécles , les petits-fils portoient ordinairement le
nom de leurs ayeuls paternels. Il eft fait mention
d'ailleurs dans un acte de l'an* 1070. d’un Aton *7.1*1.
vicomte d’Albi ou d’Ambialet, qualifié f ancien. * 'Vend*
Or cet Aton appartient certainement à U généalo¬
gie des Trencavels, & par continuent il n’eft pas
different du vicomte Aton ,qui en 941. fit la do¬
nation dont nous venons de parler â l'abbaye de
S. Pons, & qu’on qualifia [ancien, pour le dw
flinguer d'Aton frere de Frotaire évêque d’Albi %
qui eft le feul de cette maifon qui ait porte le
nom d’Aton tout feul depuis l’an 9 5 6 . jufqu'en
1070.
VI. Il rcfulte de ce que nous venons de dire »
qu’Aton I. vicomte d’Albi, qui vivoit en 941. avoir
époufe Diaftoniflè,puifque celle-ci écoic merci de
Bernard qui poflèdoit la vicomtédc Nifmes en 9 5 6.
Or comme nous n’avons aucun monument qui
prouve qu’Aton Lait été vicomte de Nifmes, noua
ne doutons pas que Gaucianc, époufe de Bernard
fon fils , n’ait apporté cette vicomté dans fa maifon -,
ce que lade de l’an 9 5 Cu paroît d’ailleurs 1 infinuet. r>*
Gauze ou Gauzianeaura donc été fille & hcriticrc
d’un vicomte de Nifines , & par fon mariage avec
Bernard fils d Aton 1. vicomte d’Albi ou d’Ambi*.
1er , ccs deux vicomtez auront été réunies dam
la maifon de ce feigneur , qui eft la même que celle
des Trencavels.
Nifmes , & de Gauze ou Ganciane vicomtellesdans La donation 1 que le vicomte Aron fit en faveur */•
"tPr.fi9i.fr unadtfdel’an9 56.&: comme il eft certain qu’A- de l’abbaye de S. Pons en 941. eft fouferite im-
^g'v.fi n. lon fftïC d* Frotaire S évêque d’Albi , fut vicomte médiatement après lui par Frotaire evéjne .Bernard,
de Nifmes , ilsétoient par conféqucnt fils du mêm« le comte Hugues , 6V. La fouferiprion des deux pra-
Bernard & de Gaucianc, 3c la vicomté de Nifmes inicrs, avant celle de ce comte , marque ce (êmblc
<toitdans leur maifon dès le milieu duX. fiécle. qu’ils étoient les mêmes que Frotaire évêque, &
1i/. X2|. 11L Nous trouvons k en 971. un vicomte ap- Bernard vicomte de Nifmes fils d’Aton I. dont nous
pellé SigutnytfUê, avec (on frere Bernard , af- avons déjà parlé. Nous croirions cependant volon-
fifta à un plaid tenu à Nifmes. U eft fort vraifem- tiers que ce Frotaire croit frere d’Aton I.& évequt
<• blable que ce Siguin poflèdoit une portion de la d’Albi -, car Frotaire fils de ce vicomte , qui fur évê-
vicomté de Celte ville * & comme cette vicomté que de Cahors, ne peut avoir en 941. rempli le
étoitlong-temsauparavamdanslamaifondesTren- frége d’Albi , occupé alors par Amblard r. Nous
çavek , il doit entrer fans doute clans leur généalo- n’avons « rien d’ailleurs fur les évêques de cette *
gic-,ce qu’on peut confirmer par le nom de Bernard églifè depuis la vi. année du régne de Lothaire jut u/4-*<**
fonfrere: mais nous ne connoiflbns pas fon degré qu’à la xv.c’eft-à-dire depuis l’an 94 i.jufqu’en 9$ *• 4l'
de defcendancc. On pourroit conjcfturer que le VII. U eft remarquable, que fuivanr l'aâe de l’an
dernier eft le même que Bernard feigneur d’ An- 941. k vicomte Aton I. poflèdoit le lieu de Brouflf
i Pr, fi 17 j. dufe & de Sauve , qui en soi o. avoir 1 un fils éve- dans la viguerte de Lmtrec en Albigeois. Cela
que de Nifmes , & qui, à ce qu’il proie étok fils pourroit donnes lieu de conjeéhirerque les anciens
k v. pr. fi d'un feigneur nommé Alraerack- k# vicomtes de Lautrccavoient une origine communs
i6x. joo. & iv# Suivant un a&c 1 daté du régné de Lothatre avec ceux d’Albi on d’Ambialet ; que le vicomw
\ fe.fi n. là Lundi /i. £ Avnl le huitième jour de lalune f et Skard dont il eft fait mention dans un adtc de l’ail
qui ne peut convenir qu’à l’an 957. ) une dame ap 940. qui paroît avoir éré vicomte de Lautrec , ij.
police Senegonde 3c les fils, donnent k Frotatre étoit frere d’Aron L que leur pete leur partagea U
avenue * & k fen frere Bernard la moitié du du- vicomté d’ Albigeois *, qu’Aron qui ércndoit fon
Seau de la Tour en Rouerguc. Noirs ne doutons autorité dans la partie feptcntionalc du pays , prit le
pi qrfil ne s’ agiliè ici de noua Bernard, vkomui nom de vicomio d’Aibi oa «t’Ambiakt j & Sicaed# .
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* comte d’ Al
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Bernard-
Bern.rd I Aton ” Ÿ!' I Aton III. vi-
Il vicomte ! c°mtcd Al* J comte d’Al-
d'Aibildc^ bi&dcNiH bi&dcNif- j ”'ÀrAvr~~-
d Alb, & de*) meS)(poufa mcs> tçdAlb.&dc
* , f Bcrnard-
Raymond- , AtonIv.vi-
Bernard fur- comtcd-Al-
nomméTren-J bi, Nifmes,
cavel, vicom- - -
Nifmes en
9$6.9ï7-&
w 774. époufa
^ Gauciane.
Ber- ^
nardL j
vi ôte |
ta^iS.
Froraire é-
vôjuc d’Al-
bi en 942,.
Gcrberge
& mourut
vers l’an
103a.
Frotaire é-
vecjtte de
. Cahors en
I 957^961.
I
Frotaire é-
véque d’Al-
bi en 972.
& 97f. &
enfuite évê¬
que de Nil-
nics depuis
ran$8g.juf-
ques vers
Vian 1014.
fa Rangar-
de , & mou¬
rut vers l'an
ioéo.
Sigarius.
Nifmcs, épou
fa Ermengar-
de fille dcPicr-
re - Raymond
comte de Car-
caironne,&hé-
riticre de Ro¬
ger III. fon fre
re comte de
Carcalfonnc&
de Rafcz , vi¬
comte de Bé¬
ziers & d’Ag-
dc : il mou¬
rut vers l'an
1074.
Frotairell.
évêque de
Nifmes de¬
puis l’an
10x7. juf-
qu'en 1077.
Roger I. vicomte
d’Albi, de Carcaf-
fonne & de Rafcz,
époufa i°. Adé¬
laïde de Tons ix».
CarcalTon- jcnn j^.Bemardc
ne , Rafcz , ^ de Comminges i
Béziers &j & mourut fans cn-
Agde, épou¬
fa en 1083.
Cécile de
Provence, &
mourut
iiip*
en
». Lit.
Roger II. vi¬
comte d’Albi,
Béziers , Car- J
caflonae&Ra-
fez : époufa en
1171. Adclaï-
». . . de fille dcRay-
cavel vicomte dej mondv.comy.
fans en njo.
Raymond-Trcn-
î . Lit.
Cécile époufa
cn «Ml. Ro¬
ger - Bernard
comte dcFoix.
f
n ' • r J v '«üna v.com.
liez, «s fucced.1tedeToulo(l.
Frotaire.
Guillemet-
époufa ,
te
i°.cn 1067.
Pierrc-Aton
vicomte de
Bruniquel ;
20. vers l’an
1070. Hu¬
gues de la
Roque.
à fon frere Roger
I. dans les vicom-
tez d’Albi , Car-
caflonne&Rafezi
époufa i°. Adé¬
laïde i i°. Saure ,
& mourut en 11^7.
Mantiline épou¬
fa cn iioj. Ar¬
naud de Béziers.
Ermengarde
Trcncavellc épou¬
fa en 11 10. Gauf-
fred , comte de
Rouffillon.
fc.
Adélaïde é-
poufaen 1175.
Sicard vicom¬
te de Laurrcc.
Bjatrix épou¬
fa Raymond
VI. comte de
Touloufe.
Raymond-
Trencavcl, 8c
autres enfant.
R*t.
tttfjÛL
Rojft»
vicom¬
te d AL
bi , Bé¬
liers ,
CarcaC.
fonnefic
Rafcz,
céda cci
vicora-
tez en
H47.au
roi fiunc
Louis,
Pagan
Bcrnard-Àton V.
vicomte de N if- J .
t/Uf.
fif 141.
/•J*
&
& ,
dont le domaine droit compris dans la partie méri¬
dionale, fe qualifia vicomte de Lautrec, principal
charcau de cette vicomte.
On peur apptiier cette conjeâure fur deux * aûes
qui regardent certainement les vicomtes de Lautrec,
& qui fe trouvent dans un ancien cartuJaire du châ¬
teau de Foix, lequel contient les titres de la mai fon
des Trcncavels. Le premier de ces deux aéles eft un
ferment fait par Frotaire évêque , fils d’Ermcnrrude,
i IJétrn fils de Rangarde , pour le chateau de Lau¬
trec dont chacun pofiedoit une partie. On voit par
la que le nom de Froraire étoit commun dans les
maifbns des vicomtes d’Albi tk de Lautrec ; ce qui
prouve ce femble leur defcendance commune. Ce
Frotaire évêque , fils tt F.rmentru de , ne paroît pas
different de Frotaire II. évêque de Cahors mort cn
b cnr ** nc ^Çai?ro,r être le même que Frotaire
VIII.*, évêque d’Albi en 972. & enfuite c évêque deNi£
h^* s > puifque celui-ci croit fils de Gauciane ni
*v«u.i. °7'& le meme que Froraire qui droit évêque de Nifmes
\Pr au XL fîeclc lequel étok fils de Gcrberge e. D’ail-
**• 179 .&(. tous trouvons un Ifârn vicomte en Albigeois
en f 974. de 987* ce qui convient parfaitement
avec fepifeopat de Frotairell. évêque de Cahors.
T emc JJ.
Erme/findeépou- f Bernard-Aton
facn Ï’VV • VI. vicomte de
raing de Pofquie- Nifnics &
rcs' d’Agdc, nép«-
flhumc vers
l’an n;?. cé¬
da fes domai¬
nes en 1114.
à Simon dç
mes & à Agde , J Moftfott.
époufa Guilleme- I
te de Montpellier, I
& mourut vers I
l’an ny«?. ^
Le fécond aéle eft un ferment fait par le vicomte
Sicard fils £ Av ierne , au même Frotaire évêque ,
fils dErmcntradc , pour le château de Lautrec donc
chacun avoit une portion.Cet aéle eft conçu dans les
mêmes termes que le précédent; ainfi ce vicomte
Sicard étoit vraifemblabJcmentfilsd’Ifarn, & petit-
fils du vicomte Sicard qui vivoiten 940. Nous trou¬
vons en effet un Ifarn 1 vicomte de Lautrec vers l’an g *>./.»©».£
1.0 j 8. & nous voyons ici les noms de Sicard & ^
d’Ifârn portez alternativement par les vicomtesdc
Lautrec , ce qui prouve leur filiation ; car fiiivant
l'ufâgc des X. & XL fîécles, le nom de l aycul pa£
fort ordinairement au petit-fils > comme on l’a déjà
remarqué.
Pour revenir aux vicomtesd’Albi, nous trouvons
un Aton vicomte , qui en 9 3 7.h fbuferivit à la do- h F 77«
nation que Raymond-Pons comte de Touloufe , fit
alors â la' cathédrale de Bcziers , & nous ne dou¬
tons pas que ce ne fôit le même que notre Aton I.
vicomte d’Albi ou d’Ambialet.
VIII. On a déjà prouvé que le perc de ce
dernier s’appelloic Bernard. Nous trouvons en
953. & 934. » un vicomte de ce dernier nom dansif. 7U
le Rouergue 'r ce qui. pourroit faire conjecturer que
DDddij
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NOTE
XXI.
«/• 192.6
* PrepetTfr.
mendamcn-
lum de moire
580 NOTES SUR L’HISTOIRE
^r\Q T c’eft le meme que le pere d’Acon I. d’autant plus monaftcrc de Sauve n , dans le diocèfe de Ntfmê*
XXL E Sl,ccc dernier & fon fils Bernard vicomte de Nif- XII. Aton II. vécut julqu’après l’an 10 30. comme XXI *
mes'pollcdûicnc des terres dans ce pays : ccpen- il paroît par un aékc °tiré du meme cartulairc , & » ,.,u/
danc comme le même Bernard vicomte dans le date d'un Mardi du mois de juillet* fous le régné fi f l9U*
1 f’ l0* Rouergueme fait mention dans un ade d'échange a du roi Ht art ; fuivant cet ade, deux feigneurs don- *
de l’an 937. que de fes deux fils , Berenger & Ber- nent à F rot aire évêque (3 à ft s freres Bernard (3
nard > il paroît bien qu’il étoit de la rnaifon d’Aton Sigarius , leur part des châteaux de Cahu&c Sc de
I. vicomte d’Albi , mais non pas fon pere. Nous Rcrcnscn Albigeois * en réparation de lamort de leur * p"»p«Te-
-b nm.wk parlerons ailleurs bde la pofteritéde Berenger & de pere Aton. Il n’y a pas lieu de douter que ce dernier
Bernard , fils de Bernard vicomte dans le Roucrgue, ne (oit le meme qu’Aton II. vicomte d’Aibi &de p«weom*
dont le premier fut vicomte de Mithauddans ce Nifmes , puilque nous avons d’ailleurs d’autres ton1,
pays , & l’autre vicomte de Gevaudan. preuves P que fes dcfcctidans poflèderent les châ- PMfi.M*
IX. Pour ce qui eft de Bernard pere du vicomte teaux de Cahukc & de Berens.
Aton l.nous croyons que c’eft le même que Bernard Le même vicomte polïcda auflî le château de
qui en qualité de vicaire* $ envoyé* Sc A' avocat de Dourgnc dons lcTouloii(àin*,caril y a dans le même
Raymond comte de Touloufo, Sc d’Eudes fon cartulairc un ade d’hommage S rendu pour ce châ- IM W
$«s. pere c, tint un plaid en 918. à Alfonnc dans le teau , à Aton fils de G aucune * £3 à Fr ot aire fils de
diocèfe de Carcafiônne. Ce Bernard étoit vraifem- Gurbeyge : ce qui prouve que cet ade eft anterieur à
blablemcnt -fils ou frere d’Aron vicaire du même l’an 1017. car le meme Frotairc étoit alors évêque
*'Ms- Eudes comte deTouIonfc, qui en 898. tint * de Ni fines, Sc on auroit marqué fit qualité d’évêque
•“Miflûl.
preuves P que fes dcfcctidans poflèderent les châ-
teaux de Cahukc Sc de Berens.
Le même vicomte polïcda auflî le château de
Dourgnc dans lcTouloufain*,car il y a dans le même
cartulairc un ade d’hommage *3 rendu pour ce châ- *7 *«
teau , à Aton fils de G aucune * (3 à Frotairc fils de
Gtrberge : ce qui prouve que cet ade eft anterieur â
l’an 10 17. car le meme Frotairc ctoit alors évêque
de Nifmes, Sc on auroit marqué là qualité d’évêque
*V. Ntt.
txxuj.
un autre plaid au nom de ce comte , dans le même dans Fade, s’il l’avoit été dans le tems qu’il fut palfé.
lieu d* Abonne. Comme nous trouvons un Aton XIII. On voit par cct ade que les feigneurs fe
vicomte dcTouloufc vers l’an 940. e Sc quccelui- diftinguoient alors par le nom de leurs mer es, à
• j» . : _ _ j 1. . * . :ii 11/ _ r. _ 1 _ _ . _ • _ _ ...
lxxu j. ci étoit fils d’un vicomte de la même ville appellé caufe que les furnoms n’étoient pas encore en
Benoît, d«#n il eft parlé dans la vie de S.Geraud ulàge. Ils fe diftinguoient aitlli fouventen ajoutant
d Aurill.ic fon onde maternel « Sc qui vivoit vers à leur nom celui de leur pere. C’eft ainfi queBer-
l’an 968. on peut conjecturer que ce vicomte Sc nard fils d’Aton IL vicomte d’Albi & dé Nifmes,
Aton I. vicomte d’Albi , étoient de la même mai- s’appella Bernard Aton , Bernardus A/oni* comme
(on. Enfin Aton vicaire d’Eudes comte de Tou- qui diroit Bernard fils d’Aton. Le même Bernard »
leuic en 898. paroît fils ou petit-fils d’Aton qui en que nous appellerons Bernard III. fe quaüfie^r*.
iv.Ttm.u 8^7* f avoir ufurpé l’abbaye de S. Volufien dans conful , c’cft-a-dire , vicomte de Nifmes* (3 prince r^HJ
•-573. le Touloufain, Sc divers autres biens dans la Septi- dAlbi, dans un acte r par lequel il donnaient
manie lur l’abbaye de S. Tiberi. confentemcnt avec fon frere Frotaire évêque de
X. Après avoir donné nos preuves & nos conje- Nifmes , pour la conftrudion du pont d’Albi.
dures (ur les afccnd.ins de Bernard vicomte d* Al- Cct acte eft (an s date : mais on peut la fixer â
bi Sc de Nilmes, qui vivoit en 9 5 6. nous allons peu près par l’époque de l’épifcopat de Geraud
entrer dans le detail de fes defeendans. Il paroît évêque de Rodez, & de B. évêque de Cahors
|P r.p.nt. d’abord que ce vicomtcScft le même que le vicomte qui s’intercflêrcnt â cette conftrudion: or elle
Bernard * à qui Garfindc comtclle douairière de eft poftérieure â l’an 1031. puifque le fiége épif-
Touloufe, fit vers l’an 974. un legs par fon tefta- copal de Rodez étoit vacant à la fin de cette an-
ment ou codicile.il eut deGaucianc Ion épotife Fro- née -, & comme nous trouvons en 10 5 1. un Ber-
taire évêque d’Albi, Sc le vicomte Aton 11. du nom. nard * évêque de Cahors , qui peut l’avoir été dès f Gd.àmfi
Il eft parlé de ce dernier dans divers titres qui font l’an 103X. le pont d’Albi aura été conftruit vers *
^^•279.1*1. fans date h, Sc ou il eft appelle fils de G aucune. Son l’an 1035. Geraud qui a été omis dans le catalogue
’&jfq. frere Frotairc palla vers l’an 988. de l’évêchc d’Albi des évêques de Rodez , pouvoit alors remplir ce
iv.Nct.xvnu à celui de Nifmes, qu’il pollcdoit encore 1 vers l’an fiége, puilque nous n’avons 1 rien fur ccs prélats
**rTiïiu 101 4- depuis l’an 1018. jufqu’cn 1051.
XI. Le vicomte Aton II. eft le même qu Aton XIV. Il eft encore fait mention u de Frotaire
qui avec fa f tnr/te Gtrberge £ 3 fis fils Bernard ï3 évêque , £3 de Bernard proconsul , ou vicomte , fou *4*4,
Frotaire , donna à l’abbaye de S. Guillcm du Dé- frere* dans une donation qu’ils firent vers l’an
Uf. ij2. (crt , quelques biens k licucz dans le comté d' A Ibi. 1050. avec Guillaume évêque d’Albi , â l’eglife
La charte eft datée d’un Lundi 1 8. de Mars , Dieu de S. Salvi de la même ville. Le vicomte Bernard
1 V-Not.xvuu
M t-V feq.
tr. f . iu
régnant (3 dans le fier ance d'un roi , ce qui doit Ce
rapporter aux premières années du régne de Hu¬
gues Capct, qui ne fut pas d’abord reconnu dans
le pays : ainfi fuivant la lettre dominicale , cette
charte doit être de l’an 99 3- H eft vrai qu’Aton ne
s’y qualifie pas vicomte : mais nous (cavons d’ail¬
leurs qu’il fut vicomte d’Albi , que (a femme s’ap-
\p. i93.6 pelloit Gcrbergc 1 Sc qu’entr’autres il en eut deux
S*v fils , Frotaire Sc Bernard.
«a t- rti. Suivant un autre aétc ra de l’an 1018. deux fei¬
gneurs qui étoient freres, ccdercnt à Aton fils de
Gauciane , la troifiéme partie de la moitié du châ¬
teau d’Auriocdans leLauragnais.Or cct Aton eft le
même que notre vicomte d’Albi & de Nifmes,
puifque cct afte fe trouve dans le cartulairc de
la mai (on , Sc que fes delcendans furent (ci-
•gneurs du château d’Auriac. Enfin ce même
vicoime fut prclènten 1019. â la fondation du
(3 Frotaire évêque , Jon frere , avoient difpofé1 *
quelques années auparavant de cct évêché en fa¬
veur du même Guillaume *pour en jouir apres la
mort dAmehus qui en étoit alors pourvu. On voit
par ces aélcs, que Frotaire évêque de Nifmes devoir
être Faîne de Bernard vicomte de cette ville Sc de
celle d’Albi , fon frere > car il eft toujours nommé
avant lui : â moins que ce ne (bit par refpeél pour
fa dignité. Il eft certain du moins qu’ils poflèderent
conjointement le domaine de leur famille.
XV. Bernard Aton III. du nom , vicomte de
Nilmcs Sc d’Albi, mourut long-rems avant Fro¬
tairc évêque de Nifmes, fon frere. Il vivoit encore
au mois d 'Ottobre de la xxvi. année du roi Henri ,
&: de l’an 1 o 3 6. car nous ne doutons pas qu’il ne
(oit le même que le vicomte Bernard Aton qui foul-
crivit y a la donation que Raymond comte de y
Pailhas fit alors à Valence Cà femme. Il eut de là *9 119 '
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' ' DE LANGUEDOC. 581
" ^ ^ femme Rangarde un fils qu’on nomma Raymond- chartes , i les noms de leurs pères ou de leurs
XXL Bernard, 8c qui jouît conjointement avec (on oncle merts qu’ils ajoûcoient alors fore communément Nx°
du domaine de <à mailon. On en a la preuve en au leur , pour le diftinguer entr’eux. Ainli les uns
a ?r. f.i63. diffifrens hommages * làns date , rendus conjoin- fe difoient, par exemple , Petr us- Roger n > Rogertus-
A ... . _ ... 1 c*. G. ' £1. _ eei 1 d . J o. _ » a i j:__ * n : lz i _ j i, . • v.
IOTI
XXII.
rementi F*otatre évêque , fils de G er berge , i Bernards , &c. c’eft-à-dire 8, Pierre fils de Roger,
Raymond fils de Bernard vicomte fin neveu, fils de Roger fils de Bernard i 8>C les autres Roger fils de
ce--*'
*f.2+i.& Regarde; de en particulier par l’union & que le
H- même Fr ot aire évé que de Ai fine s , ££ «et/e»
—v.€i.u-\< k w°mte Raymond ^ firent en 4 062. de l’abbaye
tufir.f. n. de Sorezc, & en 1075. de celle de Cadres a
t Cdttui. du la congrégation de laint Viétor de Marfeillc.
4b. d* tu*. Le meme Raymond eut un frere appelle Frotaire c
comme (on oncle. Ilcpoula après l’an 1054. Er-
mengarde fille de Pierre Raymond comte de Car-
cafionne & de Rafez, & vicomte de Beziers &
d’Agdc , hcritiere de ces dignitez, ce qui rendit
fa niai (on extrêmement puiflànte.Nousne trouvons
%V. M*rcé
iiÂTM. i» !• *•
$ n. 2»
Marc. Hiff»
MAI -&f'W
G arfinde y Pierre fi/s d Adelaide,8cc.Amcs cette ob- Msrc.Httf,
r • J , », r j 1 r • P*
iervation , nous entrerons dans I examen de la luire
des comtes héréditaires de Carcallbne & de Rafez ,
de la féconde race , que nous n’établirons que fur
l’autorité des chartes ; c’clt pourquoi on ne doit
pas être lurpris fi nous nous écartons fouvent dans
cette di leu (lion , du fentiment des divers auteurs
3ui ont traité le même fujet , lelquels ne nous ont
onné la plupart , que de vaincs conjectures, ou
des fables ridicules.
II. Nous trouvons d’abord hun lêigneur appelié J1
plus rien de lui après Tan 1074. & il paroit qu’il Arnaud qui, conjointement avec fa femme Ar-
ctoit déjà décédé en 1078* nous avons en elfet finde & les fils Roger (A Odony donna en 949. à
irr.f. j«o. un aétcd de cette detniere année, luivant lequel £r- l’abbaye de Montolieu dans le diocèle de Carcaf-
mengarde là femme avoit alors toute l’autorité dans fbnne , un alleu fitué dans le meme diocc Ce, 8c que
fis domaines. Il eft vrai qu’il eft fait mention de fion frere Roger lui avoit cédé. Or comme nous
tc*M.cbriji. lui comme vivant, dans l’acte e de la réformation prouverons bien-rôt qu’il y avoit vers la fin du
û/r pf.f. de l’eglile d’Albi , daté de la x / /. année du ponts- X. fiée le un comte de Carcaflonne appel lé Roger ,
«• ficat d’Alexandre IL laxiti. du roi Philippe , que (on frere üdon étoit comte de Ralèz, 8c qu’ils
la xv s 1. du cycle decennoval Fan M. LXXl'llll. le* difenc l'un 8c l’autre fils cF Arnaud d d1 Ar fin le ;
de F Incarnation, concurrent vu. 8cc. mais il cil évi- nous concluons de là que ce dernier étoit comte
dent qu’il y a fuite dans l’année de l’Incarnation, de Carcallonne &: de Rafez , quoiqu’il ne prenne
8c qu’il faut lire fan AI. LXXU. car toutes les autres pas la qualité de comte dans cet aétc \ les digni-
notes chronologiques conviennent à cette année, tez étant certainement alors héréditaires,
comme le P. de Sainte-Marthe l’a remarqué \ d’ail- Arnaud & fa femme Arfinde donnèrent • en 944. i /•
leurs Guiraud cvcqtïcd'Oftie, dont il yclt fait men- à l’abbaye de Lczat l’alleu de S. Ybar fitué dans
** tion dans l’adle, comme vivant , mourut fin 1 077. le pays de Foix, qui , à la fin du X. fiécle , appar-
La poftérité de Raymond-Bernard cil connue, & il tenoit aux comtes de Carcaflonne & de Ralèz j
n’ya aucune difficulté là- defliis. Telle ell l’origine ainli Arnaud pollèdoic dcllors ces deux comcez.
de la mailon des Trencavels *, ce qu’on corn- Enfin nous trouvons un aétc de déguerpiflèment* kp.90:
prendra encore mieux par la généalogie que nous fait en faveur de Daniel abbé de Lezat , en pré-
N O T
1 M*b. sd
ann. 9+9* n •
11.
XXII.
Suite & origine des comtes héréditaires de
Carcajfonne &de Rafez^ de la fécondé
race j des comtes héréditaires de
Comminges , de Conferans & de Foix.
joignons à cette note. feuce du comte Arn.vtd. Ce Daniel* étoit abbé de i Ma. .
_ _ ce monaftere la ix. année du régne de Louis d’Ou- 9*9‘ ‘
trcincr,ou vers l’an 945.
NOTE XXII. ]If. Il paroît qu’Arnaud étoit déjà décédé, &
. , , . , . . qu’Ar/inde Là femme croit veuve à la fin de l'an
S Ulte & origine des comtes héréditaires de 957. Nous avons cn
un aéle m de vente fait mp. 99, <
Carcajfonne & de Raft'Z^ de la fécondé le iy. de Advemire , la iv. année du régne de Lo - Pi*
race J & des comtes héréditaires de thaire , par la comuffe Arfinde d le comte Roger
Comminzes , de Conferans & de Foix. fonfils • cc quon Peut confirmer par un autre titre *, 10 *•
fuivant lequel la comteflc Arfinde 8c le comte Ro-
I. T^T Ous avons parlé dans le premier volume ger autorilènt au mois de Juin de la v. année de ce
X 11 de cette hilloire, des comtes héréditaires prince , une donation en faveur de l’abbaye de
de Carcaflonne & de Rafez de la première race, Montolieu dans le diocèlè,ou comté de Carcafi
dont Acfred II. qui vivoit en 934. a été le der- fonne. Arnaud auroit vécu encore cependant jufi
nier. Nous ignorons s’il lailfa de pollériré : il pa- qu’en 974. fi on pouvoit s’en rapporter aux hiflo-
roît cependant qu’il eut une fille appcllée Arfinde , riens cde la maifon de Foix , qui prétendent que 0 r- Msm
1 l 1 ! rr •/ ï A a r 1 r r *, r , F1 Bcarn.p.bfS*
qui porta ces deux comrez dans la mailon des com- ce comte 8c Arlinde la femme donnèrent la meme fr/iq.
tes de Commingcs 8c de Confirans, lelquels lui année à leur fils Roger le château de Callelpencnc
fucccderent en effet, 8c dont nous entreprenons de dans le pays de Foix. 8c l’égjife d’Amplan à l’abbaye
développer ici l’origine 8c la fucccflîon. de S. Volulien. Mais outre qu’il n’y a aucun fonds
Nous remarquerons auparavant que cette ma- à faire fiir ces auteurs qui n’ont ni exaélitude , ni
tiere eft d’autant plus obfiure, que pendant les critique, nous verrons plus bas que Roger fils d’Ar-
X. & XI. fiécles, la plupart des comtes ne pre- naud , étoit certainement corme de Carcaflonne
noient ordinairement que leur nom de baptême , cn 970. Ainfi ces donations doivent être anté.-
avec le fimplc titre de comte , fans ajouter le nom rieures à cette année. D’ailleurs Catcl Pallure qu'il P Catti mtmi
du pays fur lequel ils dominoient; 8c comme la n’eft rien dit de ces donations dans un manulcrit 61
plupart des chartes de ces deux fiécles font lâns qu'il avoit du plus ancien de ces hilloritns ; & il
date, quelles font d’ailleurs aflèz rares, 8c que les croit avec raifon , que du moins les dates de cesti-
noms fe perperuoient dans les familles ; cela jette très font fauffes. Il cil vrai qu’il prétend qu’Arnaud
une étrange confufiondansi’hiftoire. Le fcul moyen ne mourut qu’en 994. mais il a cté fufliiàmmenf
de débrouiller leur généalogie, 8c de connoîrre leurs réfuté là-delliis par M. de Mat ca. 4 q Morts ibidi
comtez, c’ell d’oblerver , 1 la fituarion des lieux IV. Outre Roger & Odon qu’Arnaud eut de (on
de leur domaine dont iis font mention dans leurs mariage avec Arfinde, il eut encore un croificmc
o r. M*m
Eearn.p.69 J.
p Cattl mtmi
p. 616.
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ïU NOTES SUR L’HISTOIRE
>1 O T E fils nomm<$Raymond : c’eft ce qui paroît , i °. par Rome qu’il avoit déjà fait vingt ans auparavant. ^
XX1J. une reftiturion * que le comte Raymond, fils du Nous ne doutons pas qu’il n’ait fait alors fon tefta- xxil *
a ^ir ib. de comte Arnaud, fit à l'abbaye de S. Hilaire dans lc ment que Cattl m a donné le premier , & qui cft
f'mdÈf- diocèlê de Carcalïonne , d’un alleu litué danslc daté dans (on édition du22. Mars de fan 1062. fins f'*lh
•ttn. *nu<). comté de . Rouffillon , la ///. année du régne du le régne de Hettri roi de France. Mais il cft certain
'** roi Hugues. i°. Par une notice k fans date qui fe que cette date eft fauffe, & quelle a été ajoutée
*> Pr.f. xoi. trouve dans le cartulaire de la cathédrale de Nar- par quelque copiftc ignorant. G’eft de quoi il eft
bonne, & qui porte, c que U comteffc Arfindc éi aifé de fe convaincre par trois differentes copies
* fis fils les comtes Eudes Raymond ayant donné qu’on voit de la meme pièce dans le recueil des ti-
•» en engagement à quelques Juifs 1 alleu de Ma- très concernant les mailbns de Carcalïonne , Foix ,
“ grignan& dcCuxacdans le comté de Narbonne, &c. qui eft à la bibliothèque Colbert. L’une a été
m6t l’ayant racheté enfuite > lc même comte Ray- prife fur l’original qui étoit alors dans la caille 17.
* mond donna à (à mort la pan qu'il avoit à cet des archives du château de Foix : elle n’a aucune
m alleu , à la cathédrale de Narbonne *, que l’arche- date , ce qui lève toute la difficulté. Les deux au-
* vêque Ermengaud en jouît pendant fa vie, & la très font extraites du cartulaire de la maifon de
* laiflà à fa mort à fon églife *, * ce qui peut fervir à Foix , qui étoit dans la caille 1 5 . des mêmes archi-
fixer à peu près le tems du décès du comte Ray- ves. La première de ces deux dernieres copies n’a
N mond , fils d’Arnaud comte de Carcalïonne : puif- pas non plus aucune date, & l’autre â celle qu’on lit
que nous venons de voir qu’il vivoit encore la rroi- dans Catcl. Mais ce qui fait voir évidemment fâ
fiéme année du régne du roi Hugues , ou l’an 990. fàuflèté,& quelle a été ajoutée longtems après, c’eft
& qu’il mourut avant Ermengaud archevêque de i°. que le roi Henri I. ne vivoit plus en 1061.
Narbonne , décédé vers l’an 1015. 1 °. C’eft que fi le teftament eft de cette dernière
V. Les comtes Roger , Eudes & Raymond , par- année , Roger I. lauroit fait â l’âge de près de
tarèrent donc la fucccflion d’Arnaud leur pere. 1 *0. ans, puilque nous avons déjà vu qu’il étoit
Roger qui étoit l’aîné eut lc comté de Carcalïonne né du moins quelques années avant l’an 949.
cc*téi mtm. en partage. Quelques auteurs c l’appellent Roger M. de Marca “qui adonné auifi ce teftament “ Um»
rJlrrA Bt*r. H* ou Roger 111. pour le diftingucr d’un oü de pris fur une copie qui fe trouve aux archives de
f 6* { • deux autres prétendus comtes de Carcalïonne de ce Pau , fait voir plus au long la fàuffeté de cette date i
nom , qui n’ont jamais exifté *, car pour ce qui à quoi on doit ajouter , que fiiivant (â copie ,
é v. Not.iii. tjtl prétendu Roger 1. il n’cft fondé a que fur les Fade cft du premier d’Avril , au lieu que félon Ca-
adesdcla tranllation des reliques de S. Antonin tel, il eft du xx. Mars. M. de Marca fuppofe 0 ce- *1*1-»*
qu’on met en 887« & dont nous avons fait voir pendant qu’il étoit daté, & que/* coptfle a failli
la faufiète. Il eft certain d’ailleurs que le comté de non-feulement aux caracleres du chiffre , mais en*
•v. r#. 1. Carcafionnc ctoit poflèdé alors c par des comtes core en F exprefiion du roi , le nom duquel, ajoûte-
#. îôo .c-frqf. d’un autre nom. Quant à Roger 11. admis par Ca- t-il , étant defigné à F ordinaire far U première lettre
tel , M. de Marca a fait voir qu’il l’a confondu H , il a interprété du roi Henri ce qui doit être en*
avec notre Roger fils d’Arnaud. tendu du roi Hugues . 11 eft inutile de recourir i
VI. Ce Roger fut donc lc premier comte de Car- cette explication , puilque nous avons déjà vu
. cartonne de fon nom : il lc fut aulîi de Conferans qu’il n’y a aucune date dans l’original. Quant à la
& d’une partie du Comminges , & polïcda outre raifon qu’apporte cet illuflre auteur pour prouver
cela un grand nombre de terres dans la partie mé- que ce teftament eft antériéur à l’an 1 000. fçavoir
ridionale du diocèfc de Touloufe , ou plutôt tout que le teftateur met fous la baillie , régence ou ad-
le domaine de ce canton , & plnfieurs châteaux ininiftration de la comtçfTe Adélaïde fa femme, fes
dans les comtez ou diocèfes voifins, comme l’on enfans, qui par confoquent dévoient être alors en
voit par fon teftament. bas âge -, elle ne nous paroît pas tout à fait con-
II eft parlé de lui dans divers ades depuis l’an cluante , parce que fuivant l’ufàgc de nos provin-
9$ 7. jufqu’en 101 1. il étoit déjà marié avec Ade- ces , où on a toujours fuivi le droit écrit , un perc
laide dès l’an 970. comme il paroît par un échan- peut donner à fa femme l’adminiftration & la
ge { qu’il fit au au mois £ Avril de la xv / . année jouirtance de fes biens, quoique fesenfens foient
f /. 120. du régne de Lothaire, & par Fade de la rranflation * majeurs & avancez en âge. Nous en avons divers
h Mai. 4 a. des reliques de S. Hilaire.LeP. Mabillon* adonné exemples dans ce fiéclc.
ccl a&e > k apporte après Catel & Marca à VllI. Roger I. fit vraifemblablementce teftament
jui n- 74. l’an 978. mais ces auteurs n’ont pas fait afïcz d’at- vers l’an 1002. avant que d’entreprendre fôn fc-
aiuM*"* tention à la date marquée en ces termes : Anno cond voyage de Rome , quoiqu’il ne foit mort
dccccl*x. vin. k*L Martii *, & au lieu de feparer que vers l’an 1 o 1 2. Il paroît en effet que cet aâe
oüavo kalendas Martii de cet autre chiffre , anno fut exécuté de fon vivant ; car Bernard & Pierre
nongentefimo fiptuagefimo , ils ont lu comme fi fes fils prennent lc titre de comtes dans leur fouf-
ces chiffres étoient joints , & qu’il y eût anno criptionsà une donation P qu’il fit l’an 10 1 1. avec p
DccccLxxvm. %/. Mar t Ü. En effet outre que ces fà femme Adélaïde , en faveur de l’abbaye de faint '
chiffres font feparez dans la copie qui eft à la biblio- Hilaire \ & dans ce même ade Roger qualifie
theque de Colbert , & qui a été prife fur l’original , comte , Raymond fon autre fils ; qualité qu’il ne
il cft certain d’ailleurs que cetre rranflation fut faite donne à aucun d’eux dans fon teftament. Au refte
M*rfêlkHi k 11* F^vricr > comme le témoignent Catcl 1 & comme Raymond ne fouferivit pas avec fes deux
artÂl ' Marca eux-mêmes, fur l’autorité de l’ancien bre- frères à Fade de l’an 1011.& que fon pere y dé-
viaire de l’abbaye de S. Hilaire : or le 12. Février clare qu’il fait cette donation pour Famé de fin frère
. on comptoit vin- kfiltnd. Martii. L’ade de cette le comte Eudes , du comte Raymond fin fils , nous
tv. r#. 1.
Xtt. Lxxxvii.
••100 •t-Jfqq.
f fv.^.121.
lt “o-
h Mdl. éS.
SS. Ben.n.s .
& +nn.
fiyl n. 74.
Catel 1 b. f.
*25. Marca
Ütd.f.Oÿi.
i Cattl (r
Marc 4 au.
B Mai. U
éutn. 9tt. ».
7*
IPr.f.lSX
theque de Colncrt , & qui a été prife fur l’original , comte , Raymond fon autre fils ; qualité qu’il ne
il cft certain d’ailleurs que cetre tranflation fut faite donne â aucun d’eux dans fon teftament. Au refte
le 12. de Février , comme le témoignent Catcl 1 & comme Raymond ne fouferivit pas avec fes deux
Marca eux-mêmes, fur l’autorité Je l’ancien bre- frères à l’ade de l’an 101 1. & que fon pere y dé-
viaire de l’abbaye de S. Hilaire : or le 12. Février clare qu’il fait cette donation pour Famé de fon frère
on comptoit vin. ^*/*w*f. Martii. L’ade de cette le comte Eudes , du comte Raymond [on fils , nous
tranflation eft donc de l’an 970. 6c non de l’an inférons de là que ce dernier croit alors déjà décédé.
978. & c cft par inadvertance que le P. Mabillon Nous verrons bien - tôt que Garfindc veuve de
le place ailleurs kfous l’an 988. Raymond ctoit déjà remariée en 101 3. avec Ber-
VII. Roger I. entreprit 1 en 1 002. lc voyage de nard d’Andulè.
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^ /i«r1 .4^ Conférant de Coïnminges.
f Ray/nohd Iî. eomfc
J r I tWi/frfutnte Wrw-V 01 Parcic * G*™*"
Raymondr.com- , ttfoapirti.dcCar- ' rtmüe&vcc fes fores.
*Xit;
H
Arnaud I.
éomee de
Comminges
en partie , le
tourte deOn-
ftrans,époufâ
Arfmdc . vrai-
femblable-
«îent héritiè¬
re des com rot
de Oarca (Ton¬
ne & dcRafez:
il vivok en
#***»*•
\ogtr 1. comte
te CarcalTôunt &<
8e Contenais , kc y
*n partie de Coro-
ftiinge* depuis l'an
*J7- époufa Adé¬
laïde , 8c mourut
rets l’a h loi*.
*e <L Carca/Tonne*
fyfrufa Gartfn'de,
tillt binée 8c héri¬
tière dtGuillaamc J
▼içomtc defiezibrs j
&d'Agdc, laquelle
& remaria avec
fcemard d’Àndufb
ü motcruc vers fan
rero.
et lionne vers l'an
i©4f. 1 *"«*•
^Bernard.
i .
X ‘Roger î fr. ‘com rh îé
PferrV-Rfyhrtmd j GirCa (forme & de Rl-
cofmc*n partie dc j lirz . vie. de Bcticrs 6t
Carcailonnc , vi- f u'Agdc, croula Sibyl-
conuc de BeziersJ le, ôc mourut en 1067.
&d‘Agdc, cpoula • 1 ans en fans.
Rang^de <fc h Gjr(inde Tomme*
Marche . & nroa- | Ra/moJld VIc0mfe *
Narbonne.
^rat vers l'an 1060.
àfnaiius
comte de
Commin- .
ges 6c de j
Conferans
vers l'an
Pernârà comte de
Conlerans 8c d
toi* , Ice n partit
de CaroriTonne
Ermcngardc héritiéte
I de fon frere , cpoufii
Raymond Bernard vi-
! comte d’Albi & de
I Nilmcs.
Adélaïde époufaGufl-
Odotton fendes ,(
côm te de Ra.ei ,
epouia Altrude,&
mourut vers l’anf
xôxj.
f Gilbeigt époufa
1 en lOjô.Kamiici.
roi d'Aragon.
Efticnnetc épou-
r* v-iwchwiioc , j r Cùnaç I Atfciaïdeepoufa'Gufl-
dcâ.gorrc.^ou- f fa™---.* « Raymond exiger-
CSrtU9.ce: X-. El- - le*mo“ vet‘ xo«®*
tientfete : mourut
vers fan 1065.
fcoger lï. com¬
te de Carcailonnc
en partie, À: l. de
Foix, epouia Ami-
cd.'lc moûnitians
enfans vers l'an
lois 4.
l’ierrfc cbmrc de .
Foix, après la mort^ \o. Sicarde:x«.Éirien ^ Pierre,
de Ibn ircrc.cpou- I nctc, & mourut vers » Raymond,
la Ledgardc , & | Tan 1124.
.courut vers lan ^ pierre comte en 10 84* i koget.
'"V1- . w a „ l Raymond
Am» wl comte !le fRiymortdI.com- co^e
Rllt2. ■<« de K«:èz o.r£Ral« .mort fans
I .034. epouia Bc- CeQf4ûs
^Jiarde.
fut vkrsî'ah 1034.
Pierre "étètme dt
Girônne , depuis
l’Un ioio.jufqu en
105b*
ferme Btnde épou-
fii vers Tân root.
Raymond comte
' de Barcelone , 8c
Vlnonrnt eh 10 j$.
i. Lst.
Bcatrfx héritière 4U
comté dfc Bigorne , i-
poufa en 107? Cen tul¬
le vicomte de Bcam.
f Roger lï. comte de
• Foix en 1071. époufa J
Roger- Ber¬
nard comté
-> . , 1 de Foix, C-
ROger m. u,a en
torrrte uc ^ MJI_ Ctf.
loix.cpou- ti|e fi„c du
fa Ximcne
de Barcelo¬
ne rmonrot
vers Tan
11 4^.
Berna. d.
vicomte
Raymond
Trcncavcli
érttidîmVnl
Raymbnd l.com*
te en paexie
Gomminges en
>8ô. mourut Vers
I tn
feerhtrd t. comté f ^epïn corfttè de f Bbrhâtd II. comté Ae
detomminges. ’ ' ^
IComrtiinges, fefit-^ Comminges
religieux à Aiàon. i l'an 1035.
^cmo3^. ■
Amclius Simpli- r
'in< rtimrf nn I
dcpliü
Galindè.
cius comte ou ; ^ ... . .
màrquis en pàrtic^ Sui1 f Bèmard comte 6d f Aaymond - fèemard Tn
d« Comminges tû| °u ™«l“» dê ! mà.quis. ! I^ymohd.
b I Comminges en ^ 1
I partie en 1015
Garfias chef de fa
branche des com-
. tes d'Aure dans 16
^Comminges. ^
Ràymond-Guil-
liQme comt ou
marquis de Com-
^minges.
feoterl.cônT-
te de Com-
minges'.n par¬
tie , épo .fa A-
tkfatde.
Eudes où Odon,
Arnaud II. com- I comte en partie de J
te de Comminges j Comminges
. partie ch 97 9. ' i0Jî*
en
«
Bernard - Odon
en partie ch >7^
■
Bernard évéque
de Touloufc en
103f* r Arnaud llî.coffite f
Pierre évêque de | Ro?er n. c0mt6 ^ ^mm.nges en^
6onierao-eny7ÿ. 1 - - ». partie en ioé*. &
comte en partie de
Comminges vers Tin
ie>75- par indivis avec
les frères.
Bernard III. comte j
de Comminges vers4!
, Tan 107J. &en noo. *
comte eu partiede*{ COmti dc
Comminges vers Cortln>'^s.
vm 10 su t , rr t,,0,t efi
1 Hit.lcnaj
-, Roger abbé dc Pcy«
'rilTas.
BctnardlV.
comte de
Commin- J
ges en 1 1 30. •
cpoufâD'as j
de Muret: il i
tnourut 6h |
Bernard y*
comte de
Commin-
^es énnjji
étoit môft
en ix^é.
Roger.
Foitanièli
eu partie de Com- j
minges en 1021.
1016. dt 1035. é-
poafa Aldlné.
■
Bernard âbbé de
Lezat,&évéquedc
Conlerans emoéo.
Roger lit. comté derR d.
comminges pânndmi < n , 2
,*ec fes fterés ta 1^.lGulllaum4'
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Bernard-Arnâud.
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IX Nousn’avons plus^ien de Roger 1. après l>n dans une portion du comté de Carcaflônne > & il. ~
t o 1 1. & ce comte décéda fans douce peu de tems^ hérita après la mort de la mere > arrivée vers Van N
aprcs.M.deMaica-* prétend qu’Adelaidefa femme 1057. des* vicomte* dé Beziers & d’Agde qu’il
ctoit (œur de Baudouin, lire de Pons en Xaintonec. tranfmit à fes defeendans. Comme il étoit de race
11 le fonde fur on fragment du teftament de ce (ci- comtale , & qu’H jxifleda une partie du comté de
gneur, tiré duxrartulaire de S. Eutrope de Xainres Carcaflônne, il prit le titre de comte, & quelque-
où on lit ces mots : Ego Ba'dutons miles , Dommus fois celui de comte de Bezjers n, quoiqu’il ne fut
de l o'ito. Item volo ut filins meus pnmogenitut 63 proprement que vicomte de cette ville : il fe quali-
'hcrcs folvat sïdalax* uxori Rogerii connus Carcafi fia atifli comte de Carcaffonne g .Quant à Guillaume
Jomufis forori mea, totum quod fibt à outre datum eft* • P fon frère il prit aulli le titre de comte , eut pour
■63 prêterai totum Uluci q*od metcnflabit debere , 4 ut Ion partage une portion du comté de Carcaffonne,
etnfum dart confiât um rattone cubiti . Mais cet aûc avec une partie du Lauraguais , & laifla des enfans.
ne relient nuHemeilt le ftilcduX.fiécleou du coin- XII. Nous avons en effet un aéie fans date \
mencement du fuivant -, & il eft fans exemple que fuivant lequel Raymond-Guillaume donne au comte
les feigneurspriflènt alors le titre de miles 6c. celui Pierre fon onde l'allcu de Magrignan* pour en jouir
de dominus.Qtt aûe regardera donc Roger vicomte pendant (à vie , &c. Comme ce domaine étoit dans
deCarcaflonne,qui fe qualifioit comte bde cette ville la mâifon 1 de Carcaffonne , c’eft une preuve que
en 1 1 & qui peut avoir époufé Adélaïde de le comte Pierre eft le meme que Pierre fils de Ray- ^
Pons en premières noces : car il ne fe maria qu’en mond 1. comte de, Carcaffonne , & que par con-
1139. avec Bernarde de Comminges, 61 il étoit foquent Raymond fin neveu étoit fils de Guillaume >
alors avancé en âge. fon frctc \ ce qu’on peut confirmer liir cë que le
X. Suivant le partage que Roger I. fit de fon do- même Raymond prend le furnom de Guillaume,
« rr.9.1 $f, maine par fon teftament* il donna a Raymond fon c’eft-â-dire > fils de Guillaume. Pierre 63 Bernard -
fils aîné le comté de Carcaffonne , une portion de Guillaume qui vendirent • en 1 06 8 . au comte de y. k*.
celui de Rafee , & -la 3e partie de celui de Com- Barcelone, leurs droits fur les comtez de Carcal-
minges *, à Bernard fon fécond fils , le comté de fonne ôc de Rafez , étoient aufli fils du meme Guil- •
Conferans avec la terre de Foix ; 6c à Pierre le troi- laume. Enfin Guillaume IV. comte de Touloufe ,
fiémc,la plupart des abbayes lituées dans cesdiff'e- déclare dans l’afte c de vente qu’il fit en 1071. à 'MT*
•rens pays : mais il paroit par ce que nous dirons Raymond comte de Barcelone , du château de Lau-
dans la (uitc que Roger fit quelque changement à rac & de les dépendances , qu’il en avoir acquis une
cette difpofition. La mort de Raymond fon fils, qui partie de Raymond-Guillaume , 63 de Bernard fon
précéda la ficnne , occaliona peut-être ce change- frere . Or ces deux freres ne font pas différens de
ment. Raymond &de Bernard fils de Guillaume comte
Le mcmcRavmond¥en 981» étoit né depuis quel- en partie de Carcaffonne -, car les filles du comte
ques années-, ainfi il avoit environ 40. anslorfqu’il Pierre-Raymond frere du même Guillaume, ven-
mourut vers l’an 1 01 o. Il laillà deux fils en bas âge, dirent * le Lauraguais en 1 070. au comte de Bar- .V*
Pierre 6c Guillaume , qu’il avoit eus de Garfindc (â
femme, tille aînée & hcritiere de Guillaume vicomte
dcBczicrs&d'Agde, laquelle ctoit déjà remariée en
1013. avec Bernard d’Andufe. Ces faits font fon¬
dez fur difFcrens aélcs fuivant lcfquels , i°. Gar-
findc fille aînée d& heriticrc de Guillaume vicomte
de Beziers étoit mariée en 1013. & 1014. avec
Bernard feigneur d’Andufe. i°. Elle eut de ce fei-
gneur un fils appelle Bermond c. 3 Elle fut aufli
mere * de Pierre Raymond comte de Beziers & de
Ktr.f.U h
C/. Ht.
ff.i9S.l9t.
& ftq. 213.
xjl. 272. &
/**•
l r
*»/• «71.
J/. itt. 209
201.
cclone -, d’où il rcfultc 1 Que dans le partage que ***
firent Pierre 6c Guillaume fils de Raymond I. comte
de Carcaffonne , ils curent chacun une portion
du Lauraguais. i°. Que les fils de Guillaume alié¬
nèrent leur part en faveur de Guillaume IV.comte
de Touloufe. j°.Quc Raymond l’aîné d’entr’eux ,
vivoit encore en 1060. puifquc Guillaume IV.
qui ne fut comte de Touloulê qu après cette année,
acquit de lui une portion du Lauraguais. 40. Enfin .
que le même Raymond étoit décédé en 1068.
Carcaffonne, & de Guillaume qui le qualifioit puifqu’iln’cft pas fait mention de lui dans la vente
comte.4°.Le même Bermond d’Andufe étoit frcrcl que fes deux freres firent alors au comte de Bar- '
de ces derniers. 5 •.Un ctoit que leur frere utérin, * cclone, de leurs droits fur les comtcz de Carcafr ;
puifquc Bernard fon pere failant mention de tous fonne & de Rafez.
les fils dans un adte h de l’an 1020. ne dit rien XIII. Les defeendans de Raymond I. comte de
de Pierre Raymond & de Guillaume : nous fça- Carcaffonne , ne jouirent donc que d une partie
• vons d’ailleurs que ceux-ci étoient fils1 de Gat- du comté de Carcaffonne , quoique ce comté lui j
fin de fn fécondé époufc , qu’il n’eut de cette der- eût été donné en entier par le teftament du comte
nicrc k que Raymond & Bermond -, & que Fredol Roger 1. fon pcrc. Il eft certain d’ailleurs que Ber-
Geraud & Almeradc étoient d’une irC frmme appel- nard frere de Raymond I. & les defeendans en
léc Ermengarde. Il eft donc certain que Raymond I. * poflederent la moine * , avec plufieurs autres biens £
comte de Carcaffonne epoufa Garfindc de Beziers*, ' qui avoienteté deftinezà ce demies ce qui prouve,
car quoique nous n ayons aucun acte qui parle ex- ou que Roger Echangea la difpofition de fon tefta-
preffément de ce mariage, c’eft une fuite néceff aire ment, ou que pendant le bas âge des enfans de
des faits que nous venons d’établir. On peut ajoû- Raymond ï. leurs oncles s’emparèrent d’une pat-
ter, que Pierre Raymond > comte de Carcaffonne , rie des domaines qui leur étoient échus en par-
étant certainement fils d’un premier mariage de tage
l/.20f.
191-
ft(\. 271.
yij.
Garfindc de Beziers , il devoit être aufli fils de Ray¬
mond I. comte de Carcaffonne, tant parce qu’il
poffèda ce comté qui étoit héréditaire , que parce
qu’il ajoûtoit le nom d çRaymundi 1 a celui de Pier¬
re , ce qui veut dire fils de Raymond.
XL Pierre ,n fils de Raymond I.comte deCarcafr
fonne & de Gariinde de Beziers iiicccda à fon perc
Pierre comte de Carcaffonne, fils de Raymond I.
avoit en y 1054. un fils nommé Roger, & trois *7- af¬
filies de Rangardc fa femme , fiaur x d’Almodis 1 17*‘
comteffc de Touloufe. Ce Roger focccda vers l’an
io(>o au comte Pierre-Raymond fon pere, fous
la tutelle de (â mere , dans une portion du comté
de Carcaffonne 9c dans les vicomte* de Beziers
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NOTE
XXII.
DE LA NGÜEDOC. ’ 585
& d’Agc Je. Nous TappcIIons Roger III. parce qu’il mence. Ainli Raymond aura été du premier lie, de
eft ccrrain que le comte Roger fôn oncle a la Beatrix du fécond. Au relie le mariage de cerre
NOTE
XXII.
tPr.p. 14s. mode de Bicragne , avec lequel il s’accorda * fur dernière avec Ccntulle, doit être *poltcrieur au
é-fiï le comté de Carcaflônne, poflèda la moitié du moisdeMarsdel’^n 1079- En effet ce vicomte étoit
même comté. Cet accord eft fans date : niais il encore marié alors avec Guifle fâ coufine, qu’il
eft pofléricur à l’an 1060. & antérieur à Tan 1067. répudia enfuite; & M. de Marca P s eft trompé p t9U
puifqu’il y eft fait mention d’un côté de Guillaume en mettant la date de la lettre * du pape Grc-
comte de TouJoufè, qui ne fiicceda au plutôt à goirc VII. où il eft parlé de ce mariage, à l’an *
Ponsfon pere, qu'en 1060. & que de l’autre Ro- 1078. car elle eft de l’indidion zmc.
ger III. mourut fans enfâns avant l’an 1067. En XVII. Quant a l’époque de la monde Bernard
effet Rangardc fâ mere , & fes ferurs qui lui avoienc fils de Roger I. comte de Carcaflônne , il eft cer-
bp.iS7»& fuccedé après fon décès, vendirent6 cette der- tain d’abord qu’il décéda avant l’an iojo. puit
fa niere année , le comté de Carcaflônne au comte que Pierre évêque, fon frère , fit r après fa mort llf* *
de Barcelone. Par-lâ fiait la poftéritémafcnJine de l’accord dont nous avons déjà parlé, avec Ro-
9 Raymond I. comte de Carcafïonnc : les biens de ger fôn neveu , fils du même Bernard. Or ce prélat
cette branche paflerent dans la maifôn des Trcnca- n'eft pas different de Pierre-Roger qui étoit déjà
vcls par le mariage d’Ermcngarde fœur & héritière pourvu de l’évêché de Gironne* dès l’an 1 o 1 o. & , Mart.Hijf*
de Roger IU. avec Raymond-Bernard vicomte qui ctoic mort en 1050. puifqu’il eft certain qu'Er- b ***• 44**
d’Albi ôc de Nifmes, ainli que nous l’avons déjà meftindecomtcflè de Barcelone , /a jatwr 1 , étoit îî )\?9 l#
remarqué. Venons préfèntemenr aux defeendans fille B de Roger 1. comte de Carcaflônne.
de Bernard , fécond fils de Roger I. comte de XVIlI. Il paroît d’un autre côté que Bernard- uîr.^.^o.
Carcaflônne. Roger comte de Carcaflônne , étoit déjà décédé
XIV. Bernard étoit déjà né c en 981. Outre le en 1036. par le contrat de mariage pafle cetre
comté de Confêrans & le pars de Foix que Roger année entre Stéphanie fâ fille *, & Garfias fur- *Vt Mére*
/•_ _ I..: l _ ...a _ »... a _ - ^ m _ — • j . _ a J: _ Swm./.jo*.
r Mért.HiJf*
de Bernard , fécond fils de Roger I. comte de XVIlI. Il paroît d’un autre côté que Bernard- u Ir.p ijo.
Carcaflônne. Roger comte de Carcaflônne , étoit déjà décédé
XIV. Bernard étoit déjà né cen 981. Outre le en 103 6. par le contrat de mariage pafle cetre
comté de Confêrans ôc le pays de Foix que Roger année entre Stéphanie fâ fille * , & Garfias fur- £*^
àp. i$9.& fôn pere lui laiflâ par fôn reftament d, il pofleda nommé de Nagera , roi de Navarre 5 il eft diren 0ârn'^709'
tj' une partie du comté de Carcaflônne , comme on effet dans cct ade y que Stéphanie fe maria du con- y o-
n*. & voit par tui accord c ou partage que firent entr’eux, fiil de la comtcjfe fa mere ; d’où Bris Martinez ******
après fi mort, l’évêque Pierre Ion frere, & Roger conclut avec raifon que le comte fôn pere étoit
fon fils. Ce dernier fè dir fils de Garfinde dans alors décédé. Il eft vrai que cet auteur fe trompe , /Su
ladc du ferment * qu’il prêta â cette occalion à ou plutôt fc contredit ;car dun côté il fuppofè ***• i*
l’évêque Pierre , fôn oncle paternel. après les anciens monumens de l’abbaye de Na-
XV. Nous inférons de iâ que Bernard fils de géra, que Stéphanie étoit de la maifbn de Foix,
Roger I. comte de Carcaflônne, eft le même que ôc il réfute fort-bien Guaribai qui prétend que
•Bfnurdtt» Bernard- Roger * comte de Bigorre , qui, de fâ cela ne peur être, parce qu alors il n’y avoit pas
femme Garfinde , eut K une fille appclléc Gilbcrgc ,
laquelle époufi en 1036. Ramire I. roi d’Aiagon ;
car il paroit ccrrain que ce Bernard comre de Bi¬
gorre, étoit fils d’un comte appelle Roger. Or
nous ne trouvons aucun comte de Bigorre de ce
des comtes de Foix : mais il conjedure de l’autre
que Stéphanie étoit fille de Raymond- Borrel comte
de Barcelone , & d’Ermcflin Je fâ femme , fur ce
que le roi Garfias alla dans cette ville pour l’épou-
fcr.Ii ignoroir fans doute qu’Ermeffinde comtefle
dernier nom depuis h l’an 945. jufques vers l’an de Barcelone étoit fille de Roger i. comre de Car-
ur^p. oi, lQ^z fcmme de Bernard-Roger comte caflônne, Ôc fœur de Bernard pere de Stéphanie,
de Carcaflônne ôc de Foix, auia donc été fille, comme nous l’avons déjà fait voir, ainfi ii n’eft pas
ou plutôt fœur & héritière de Garfias comte de extraordinaire que cette dernière, lorfqu’ellc epoufâ
Bigorre , qui mourut vers l’an 1032. ôc dont le roi Garfias, fût auprès de fâ tante, veuve depuis
on ne connoît aucune poftériré. Nous fçavons long- tems du comte Raymond- Boirel.
d’ailleurs que ce Bernard comte de Bigorre laiflâ 11 refaire de ce que nous venons de dire, que
d’ailleurs que ce Bernard comte de Bigorre laiflâ
JW. un fils de fôn nom 1 , qui lui facccda dans ce
comté, ôc il paroît d’un autre côté que Bernard-
Roger comte de Carcaflônne ôc de Foix , laiflâ
pluiieurs fils au (quels il partagea* Ces domaines.
Il aura donc dilpofé de fâ portion du comté
11 refaire de ce que nous venons de dire, que
Gilbcrgc femme de Ramire I. roi d’Aragon , étant
aufli fille du même Bernard , les deux fœurs épou-
ferent la même année les deux freres, car Ramire
étoir frere naturel de Garfias. Aufli n’eft-ii pas
dit dans le contrat* de mariage de la première s Miss,
de Carcaflônne en faveur dv. Roger II. fôn fils \ que fôn pere Bernard- Roger fur alors en vie ; ôc
ôc Bernard fôn autre fils aura hérité du comté de
Bigorre.
XVI. Ce dernier vivoic en 1064. ce qui s’ac¬
corde très- bien. Il eue une fille appclléc Beatrix 1 ,
qui porta en 1079. le comté de Bigorre dans
en effet nous voions par cct ade que ce fut l’é¬
vêque de Tarbe,Ôc les vicomtes de Lavedan qui
emmenerenr Gilberge en Aragon pour la marier
avec Ramire.
XIX. Pierre évêque de Gironnc , rroifîéme fils
lamaifôn des vicomtes de Béarn, par fon mariage de Roger I. comte de Carcaflônne , pofleda le
avec Ccntulle vicomte de ce pays : mais comme comté de Carcaflônne en tout ou en parti.* , fùi-
r*/é *77. nous trouvons m un Raymond comte de Bigorre vant l’accoid” qu’il fit la dertùs avec fôn neveu a 1
vers l’an j 070 fous le régne de Philippe I. il fâuc de Roger II. Celui-ci lui furvécut, Ôc en vertu de &fa
que celui-ci ait été fils de Bernard II. que Bea- cct accord, lui fùcceda dans ce comté dont il
trixait cté fa fœur, ôc qu’étant mort finsenfims jouit avec Roger III. fôn coufinkb, arriere-petit-fils bWp *4^
clic lui ait fuccedé. CentuIIc polîedoir ce comté de Roger I. Il poflèda aufli le comté de Foix , Ôc & fa*
^ZaTlr avec k &mmc Beatrix au mois d’Avril n de l’an fit fâ principale réfidence dans le château de ce
*k*£f{*l avec & femme Beatrix au mois d’Avril n de l’an
l p. joi. ioHo.qu’ils unirent de concert l’abbaye de S.Savin
a celle de S. Vidor de Marfêille. Eftiennere mere
de Beatrix intervint dans l’ade \ d’où il s’enfuit
• 2f4rc4 a, <îuc Bernard comte de Bigorre l’époufaen fécondes
*' ,i0- noces , puifqu’cn 0 1 061. il étoit marié avec Cle-
Temt JJ.
nom-, ce qui lui donna occafion de s’en qualifier
comte , pour fè diftinguer fâns doute de Roger IlI.
fon coufin \ ainfi il a donné proprement l’origine
au comté ôc aux comtes de Foix dont il fut
le I. de fon nom Ôc le II. de Carcaflônne ; il
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5**6.'
K OTES SÜR. L'HIST Ot*E
XXII.
° V-néb.é*
*nn. iq7 j-
6t. 1
-NOTE ^poufa ullc <krô« appclléc Arnica > comme il qui le font fils d' Amélie » fc trompent. 11 époufâ ^
XX U. paioît par la lettre qu'il écrivit * vers Pan io6o. Sicarde, comme on voit entrautres par la dona- xxii
* S- Hugues abbé de Cluni. Le P. Mabillon b qui tion qu'il fit avec elle à l'abbaye de Cluni °, le
m,ih ‘ €n rapporte un fragment confîdçfable , n’a pas fait Dimanche jo*r de la convtrfwn de S. Paul, le +. de la
4tf- attention que le nom de la femme de ce comte lune , Pan i 074 C'eftlc même comte P Roger qui p Pr.f.lît,&
*ft dans la fufeription -, c’eft donc fans aucun fon- autorifa l’union de l'abbaye de Lezat â celle de **+
dement qu’il prétend que cetrc dame s'appclloit Cluni au mois de Novembre de l'an 1075. Nous
Sicarde* en quoi il a été fuivi en dernier lieu par avons encore une donation qu'il ht vers l'an 1075,*
lç P.Angp c :-ma»s Sicarde étoit femme de Roget II. avec fa femme Sicarde , à l'abbaye de S. Pons do ,
• p- 3+3. & non de Roger I. comte de Foix. Tomicrcs. il n'eut point d’enfans de cette dame,car
Cclui -d étoit décédé en 1067. ce qu’ott Roger III. fon fils aîné Ce dit fils de Stéphanie1 \ rM*4P.
. . peut prouver par l’aéte de vente que firent cette il aura donc époufé cclle*ci en fécondés noces. En
a.v.f.is T- année * au Comte de Barcelone , Rangarde veuve effet il n'avoit pas encore d'cnfàns en 109 5. comme * *
de Pierre-Raymond comte de Beziers, & Ermen- il paroît par l’accord 1 qu’il pafla cetrc année avec •MK. &
garde leur fille , du comté de Carcajfonne , (3 de Ermengardc de Carcallbnnc fa coulînc , & non en “*•
tout l'honneur que Roger comte de Foix avait pojjedé. 1 o97.commeM. de Marca 1 l’a avancé.ll étoit alors f M*rcé
XX. Roger I. comte de Foix mourut fins enfans, fans doute veuf: mais il époufa Stéphanie bientôt tér*M'7*
en effet Roger II. comte du même pays, qui après, car Roger III. fon fils aîné étoit déjà grand en
« H»/?.
4:t P. dt Fr.
tv. j.
vivoit à la fin du XI. fiécie , 3c au commencement
du fuivant, n'étoit qu e fin neveu *>fils £un de
•- * fes frères. On a ignoré jufqu’ici le nom de ce frere
de Roger I; comte de Foix : mais il n’y a pas lieu
de douter qu’il ne s’appellât Pierre , ce que nous
*■ "• * :_f _ . .. 1 _ ii . . n .
1 1 o8.uRoger II. neveu de Roger /. vivoit encore en MM7*-#
1 1 1 1 .x&il eft certain qu'il ne mourut r qu'après l'an f‘q'
x^.371.
11 u .mais avant Pâques de l’an 1115 .On voit par- y /• 4x7.
là que la conjecture de M. de Marca * , qui le fait
[ 6. 3c qui a été fuivi en dernier lieu ‘"r* 71,4
i/r- «3.
mourir en 1 1 1
inferons d’un aâc, fuivant lequel le comte Pierre - par le P. Ange aa , eft trcs-mal fondée. La preuve 1
♦ Pemu-Bcr. Bernard % * du confentement de fon fils Roter , refti- que Roger IL mourut avant Pâques de l'an 1 1 1 5.
tue f vers l’an 7070. au monafterede Camon di- le tire de deux aCtcs bb pafièz entre fes trois fils, bbpr/.*ij,
vers droits qu’il exigeoit dans le village de Cal- Roger qui prend le titre de comte de Foix , Pierre
fan. On voit par là que ce comte Pierre exerçoit 3c Raymond d'un côté , & le vicomte Bernard-
fon autorité dans les pays fournis à la domination Aton de l’autre.
de la maifon de Carcaflonne & de Foix, puife On doit inferer de là que Roger II. ait au moins
que le monafterc de Camon & le village de Cal- quatre fils de Stéphanie ou Efticnnctc fa féconde
(an font fîtuez, le premier dans la partie méri- femme \ car dans les adtes de l'an 1111. * il cch^1f
dionalc du dioçèfè ae Mirepoix , 3c l'autre dans nomme lui- même Roger , Bernard & Pierre > &
le diocèfc de Pamicrs, & que les comtes de Car- dans ceux de l'an 1 il 5. c’eft le comte Roger ,
avec fes fieras Pierre (3 Raymond , qui s’accorde
avec le vicomte de CarcalTbnnc. Au refte comme
il eft certain que Roger III. étoic fils de Sté¬
phanie, fécondé femme de Roger II. il s’enfuir que
f'ï
• Avunculo
Dit,
iîlbA
cartonne avoient l'avoucrie «du même monaftere.
Il aura donc été frere de Roger I. comte de Foix ,
3c pere de Roger II. qui par fin pere étoit neveu
de Roier /.
CJ a w -
Il y a cependant une difficulté, c’cft que dans fes freres puînez croient du même lit. Ainfi c’eft
y p. 445. ér La 3e h du ferment prêté â Roger I.jcomte de Foix fans fondement que le P. Ange dd a dit qu’on ne 4<t Hif.ftti
par Roger III. comte de Carcaflonne, ce dernier fçait de quelle femme de Roger II. vinrent Pierre
après avoir excepté Guillaume comte de Touloufc, 3c Raymond-Roger les fils.
& Raymond fon frere , excepte encore Pierre- XXII. Il s'enfuit de ce que nous venons de dire,
Bernard fin oncle . * Or fuivant ce que nousve- i°.Qu’on n'a aucune connoiffancc de cette preten-
nons de dire , le même Pierre-Bernard ne pouvoir due Arfinde que le P. Ange ce donne pour féconde c « üiL
être oncle de Roger III. comte de Carcaflonne, à femme, après Oihenart & M. de Marca.à Roger II.
prendre ce terme dans fa (ignification propre: comte deFoix.z^.Que ce comte qui polleda le corn-
mais il fuffit que Pierre Bernard fût oncle de Ro- té de Foix depuis l’an 1073. jufqu’en r n 1. futàla
ger III. à la mode de Bretagne, comme il Fctoit première croifade , ôc non pas Roger I. fon onde
• effe&ivemcnt , pour qu’il ait pu 1 fc fervir de ce paternel, comme on le prétend tf. 3 Que Roger I.
terme. ne mourut pas à certe expédition , comme les mc-
Nous trouvons un autre comte nommé Pierre, mes auteurs l’ont avancé, puifqu'il étoit déjadé-
* *«*• qui avçc fes deux fils Roger & Raymond, donnak cédé en 1 067. comme nous l'avons déjà prouvé.
en Tannée 1084. à l’abbaye de Clufê, un alleu Quant à la maifon de Stéphanie fécondé femme de
fitué dans le comté de Touloufe. On pourroit Roger II. M. de Marca 3c le P. Ange la font dame
cçoire d’abord que c’eft le même que Pierre comte du pays des marches de la ktjfe Provence , fans autre
dç Foix , pet'c de Roger II. mais voici ce qui preuve que quelques vers d’un appellé Honorât
nous perfuade le contraire , quoique nous ne dou- Bonnet j mais ces vers font trop modernes pour
tions pas qu’ils ne fuflent les uns 3c les autres de être de quelque autorité , & on ne voit pas d ail¬
la même maifon. x°. On a déjà vu que dans leurs que les comtes de Foix defeendans de Stepha-
l'aéle de déguerpiffement de l’an 1070. Roger IL nie, ayent jamais rien pofTedc en Provence : nous
fe qualifioit comte. Or Rogçr ne prend pas cette ne nions pas cependant que cette dame n’ait pû
qualité dans la donation del’an 1 o 84. *Q .Roger H. être de la maifon des comtes de Provence , mais il
étoic certainement comte de Foix en 1 1 07 1 . 1 07 3 • n’y a rien de certain là-deftùs.
8c 1 o7 5 . 3c il ctoit déjà marié avec Sicarde avant Ccft-là la véritable origine & la fucccflîon des
Pan 1075- Ainfi le comte Pierre qui fit la dona- premiers comtes de Foix, appuyée fur les a&esorigi-
rion de l’an 1 08 4* aur* été félon toutes les appa- haux , allez differente de celle qu’on en trouve dans
m pr.p.n î. rcnces frere puîné de Roger IL comte de Foix. divers auteurs qui , fans aucune critique, onr écrie
XXI. Ce dernier fc dit fils de Ledgarde dans fur cette matière depuis la fin du XV. fiécie. Tels
anadte qui cftçnviron de Pan 1 o74-mAinfi ceux ® font Arnaud Squarrier , Bertrand Helic, Guillaume
lr.Ds*-C4»i.
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DE LANGUEDOC.
^ q T ^ de la Pcrriere , Honorât Bonnet > Mcdiavilla cor-
XXII. dclier , Pierre Olhagaray > ôc Guillaume Beflè , qui
fe font copiez les uns les autres, & dont le premier
paroît erre le même que l’auteur de U chronique des
comtes de Foix , qu’on voit à la Bibliorheque du
i» 4i$* Roi parmi les manufcrits ade M. Baluze. Il eft vrai
que cette chronique eft en François, & que Squar-
rier écrivit fon ouvrage en langage du pays : mais
c’eft peut être une traduûion de Ion ouvrage. Quoi
qu’il en (bit ces auteurs ont induit en erreur ceux
qui ont travaillé après eux fur les comtes de Foix ,
comme Carel , Oihenan , M. de Marca , ôc en der¬
nier lieu le P. Ange ; car quoique ces derniers ayent
relevé quelques-unes de leurs fautes , & que par
\Y.Mucé leurs recherches b ils ayent taché d’éclaircir cette
*4*17.7 «i* matière , ils en ont adopté cependant plufieurs au-
très , Ôc en particulier le prétendu mariage de Ber¬
nard fils puîné de Roger I. comte de Carcallonne
& tige de la maifon de Foix , avec Beatrix de Be¬
ziers -, car on a déjà vu que la femme du même
Bernard s’appelloir Garfinde, & qu’elle eft diffé¬
rente de Garfinde heritiere de Beziers, qui époufâ
Raymond I. comte de Carcaflbnnc, frere de Bcr-
« HP- X'»- nard. Les PP. Ange c&Simplicien ont évité cette
M u. b p- ^ufe . majs j|$ fonc tombez dans une autre , en
fuppofânt que Roger I. comte de Foix étoit fils de
Raymond 6c de Garfinde de Beziers ; au lieu qu’il
eft certain qu’il étoit fils de Bernard & d’une autre
Garfinde : il eft vrai que les anciens hiftoriens de
* r> Mércé Foix citent du ne donation (ans date, faite à l’abbaye
71 j. fQjx }e COmte Bernard (fi Beatrix de Beziers
fa femme : mais outre que ce font des garants peu
aflùrez, & que cela eft contraire aux titres auten-
tiques que nous avons citez , ils auroient dû rap¬
porter cet aéte qui , fûivant leur témoignage , n’a
d’autre date que celle-ci : régnant notre Seigneur
- C. ce qui ne décide rien : d’ailleurs il eft lins
exemple que dans le XL fîecle les femmes des com¬
tes prillcnt le furnorn de leur maifon.
XXIII. Nous nedifonsrien delà prétendue ére-
ûion du comté de Foix parle comte de Touloufe
en faveur du meme Bernard , avancée par la plû-
tu*ru if> ■ part de ces auteurs -, parce que M. de Marca ea fut
bno.&jitf. gfamment rcfUré leurs imaginations fur ce fujeu
Cet hiftorieti fe trompe cependant lorfqu’il pré-
ff. 711, tend1 «qu’une partie des terres du comté de Foix
* étoit aflifê dans le pays Touioufiin ou l’évêché Ôc
••comté de Touloufe , & que l’autre qui compre-
• noit le château de Foix & les dépendances, ctoit
*> dans l’ancien comté de Confctans ; ôc que c’eft
•• la raifon pour laquelle la première partie étoit te*
" nue à foy Ôc hommage descomresde Touloufe,
"&que l’autre n’en relevoir pas. 0 II s’appuie fui les
hommages rendus par les comtes de Foix à ceux de
"Touloufe, - fuivantlefqucls,ajoûte-r-iI, ceux-ci
" limitent l’hommage aux terres du comté de Foix
" qui font affifês dans l’évêché de Touloufe , depuis
•le lieu nommé communément le Pas de la Barre
* qui eft à une lieue au dcflous de la ville de Foix; *
en forte que , fiiivant M. de Marca , toute la partie
du pays de Foix qui s’étend depuis le Pas de la
Barre jufqu’aux Pyrénées avoir été anciennement
comprife dans le diocefe & le comté de Conforans :
mais cet illuftre prélat n’apporte aucunepreuve que
cette portion du pays de Foix air anciennement dé¬
pendu du dioccfe ôc comté de Confcrans ; & nous
en avons au contraire qui font voir que tout ce
canton étoit anciennement du Touloufain ,& fou¬
rnis pour le fpirituel aux évêques de Touloufe.
1 Le Lordadois 3c la vallée de Savartésütuez au-
Tome II \
ySy
delà du Pas de la Barre vers les frontières dtfpagne ^ o T 6
étoienr du comté & du diocefe de Touloufe S en x X 1 1.
5>7o. & 1074. En 1047. le lieu de Mercnx ; Pr.p mu
lïcué i l’extrémitédu comté de Foix, fur les fror* Mau • **
tieres de la Cerdagne & du diocéfê d’Urgel depen- aff‘l674'"‘
doit h auffi du comté de Touloufe . \ °. Le comté de h Af-rc.H*#*
Foix fait aujourd’hui partie du dioccfe de Pamiers» p- 1
Or il eft confiant 9 ôc M. de Marca en convient 1 * i
que lorfqu’on érigea ce dernier évêché a la fin du F
XIII. fiécle, fon diocéfê fut entièrement démem*
bré de celui de Touloufe. La partie du pays de Foix
ni s’étend vers les Pyrénées dependoir donc alors
e ce diocefe , ôc on doit fuppofêr quelle en avoir
toujours dépendu auparavant , à moins qu’on n’ap¬
porte des preuves du contraire , ce qu’on ne fait
pas. Enfin il n’cft point dit dans les hommages ci¬
tez , qu’il n’y eut que la partie du pays fîtuée cil
deçà du Pas de la Barre qui fut du dioccfe de Tom-
Joufê , comme M. de Marca l’a entendu : mais feu¬
lement quelle étoit fîtuée dans ce diocéfe k, ce qui k y.p,.am
n’exclut pas l’autre. 1111.12491
C’eft donc à quelqu’autre raifon qu’il faut re-
courir pour expliquer d’où vient qu’il n’y avoir
qu’une partie du comté de Foix qui relevât des
comtes de Touloufe au XIII. fîecle , quoique tout
ce comté fut compris dans l’ancien diocéfê ôc com¬
té de cette ville: voici, à ce qu’il nous paroît, ce
qui occafiona cette diftinâion. Ermcngarde heri*
tiere de la branche aînée de Carcaffonne vendit en
1067. au comte de Barcelone tous les fiefs 1 que Je ifr.f.tsjk
comte de Carcaffonne avait tenus de qu Ique manière
que ce fut , du comte de Touloufe , dans le com: é de
Carcaffonne ; tout les fiefs que le comte Pierre- Raj+
mond fon pere avoit tenus du mime comte de Tou -
loufe dans le Carcaffez. (fi le Touloufain , (fi tous les
allen s (fi les fiefs qtte Roger comte de Foix avoit tenus
du vivant du même P terre- Raymond (fi de Roger fon
fils. Dans tinaélc du même jour Je comte de Bar¬
celone mdonna <n fief à la même Ermcngarde mp.tsn
à fon mari le vicomte Raymond- Bernard tous «
les fiefs ôc rout l'honneur que le comte Pierre- m
Raymond ôc Roger fon fils avoient tenus du «
comte de Touloufe , tant dans le comté de Carcnf- «
fonne que dans celui de Touloufe. •• Il s’enfuit de là
que rout le domaine de la maifon de Carcaftonnc
ôc de Foix avoic ccé tenu jufqu’alors en fief des
comtes de Touloufe yôc que par confêqucntrout le
comté de Foix étoit encore en 1067. de la mou-
vence de ce prince: mais comme nous trouvons n n r.i.xviut
que Roger-Bernard comte de Foix reconnut en n‘ l$% •
r 1 5 o. Raymond-Berenger IV. comte de Barce¬
lone pourfonfietgneuTy il le fera fans doute déclaré
fon vallâl pour la partie de fon comté fîtuée au-delà
du Pas de la Barre , & fera demeuré pour l’autre
dans le vaflèlage du comte de Touloufe , ce qui
aura donné l’origine à cette diflinélion, dont en
effet on ne trouve rien avant le XIII. fiée le.
La fùccdlîon des comtes de Foix ne fouffre aucu¬
ne difficulté depuis Roger IL Examinons préfênre-
ment celle du comte Eudes frere de Roger L comte
de Carcallbnne.
XXIV. II éft certain pqu’Eudes ou Odon fut 0
comte de Rafèz ; qu’il vivoit encore en 1 o 1 7. & x7°' *7I#
u’il eut un fils appellé Arnaud qui lui fîicceda
ans ce comté. Nous ignorons fi celui-ci JaifJàdes
enfans: mais comme il ne paroît pas que la bran¬
che des comtes de Carcaffonne ait réuni à fon
domaine avant l’an 1067. le comté de Rafêz
qui leur étoit fubftitué P par défaut de mâles , fui- P/- ***%
vant le ceftamcnc du même Roger I. Ôc que nous
EEeeij
• Prf. Jt«.
î J Sire*
Bism.
■588 NOTES SUR L’ HISTOIRE
>î O T ï trouvons depuis l’an 1 o j o. jufqucs vcts l'an 1064. fon que les comtes de Coraminges qui vivoierit de — - — -
XXII, deux comtes de Rafez du nom de Raymond, nom Ton tems, & le comte Arnaud fon pcrc n’cft pas ^ °Tt
ulité parmi les mêmes comtes de Carcaffonnc* different du comte de Coraminges de ce nom pcrc X<XIL
nous ne doutons pas que Raymond qui en 1 0$ 4. de Raymond comte du même pays. Nous conje-
• jv.j. ta. * fit une donation , avec fa femme Beliarde, à Pab- jurons de là que le même Arnaud avoir poffede de
baye de S. Hilaire , pour avoir remporte U vdlotre ton chef les comtez de Comminges ôc de Confe-
fur un fe teneur quilmdtjpueoit le château de Rafez.* rans > & qu’il unit à fon domaine ceux de Carcat
ne fut fils 6c uicceffcur d'Arnaud comte de ce lbnne& de Rafoc par fon mariage avec Arfinde,
.pays. Il eft vrai que Raymond ne prend pas le titre que nous fuppofons avec beaucoup de vraifcm-
de comte dans cet ade; mais outre qu’il étoit mai- blance avoir été fille & hcriticrc d’Acfred II. qui
SS tfcdc la capitale du Rafez, 6c que le P.Mabillon étoit comte de ces deux pays en 934. On peut
jj cr J ne fait pas difficulté de lui donner ce titre , quoi- fortifier cette conjc&urc en ce qu’il ne paroît pas
,5M* *• qu'il fc trompe en le qualifiant comte de Carcajfonne 5 que Roger frere du meme Arnaud comte de Car-
c prf.t u.& nous voyons d’ailleurs hji comte appcllé Raymond6 callonnc ôede Rafez ait rien pofledé dans ces deux
Bji- qui vers l'an 1059. (è dit fils de Belurde , 6c pro- comtez , 6c que nous avons fait voir ailleurs qu’Ac-
met par ferment à Rangarde comtcflc de Carcaf- fred II. apparcenoit à une autre maiîon. Il cft vrai
fonne de la laifler en la pofleflion de ccttc ville , 6c qu’Oihcnart 1 donne le nom d Ena^d au pere de 1 o*n. 4,
de celles de Béziers 6c d’Agdc, fans parler du com- Raymond comte de Comminges*, mais on voit
lé de Rafez ; ainli ce Raymond étoit vraifcmbla- aficz que c eft le même nom que celui d’Arnaud,
blement fils de Raymond 1. Ôc petit - fils d’Arnaud comme nos plus habiles genealogiftcsmcn convien- m hj. fn.
a idcrcA comtes de ce pays. M. de Marca prétend4 cepen- nent. ulu*
ém.f.709. jam a qu* Arnaud fils d’Eudes comte de Rafez XXVI. Raymond I. comte de Comminges eut
» mourut fans pofteriré; que ce comté fut réuni par im n filsappellé Bernard. On prétend que celui-ci 0 n r,.f. iJ4.
•» là à celuidc Carcaffonnc , foivant la elaufe du te- mourut avant fon pcrc 6c fans enfans , 6c qu'il eut 0 ila i
/ » ftament de Roger 1. comte de Carcaffonnc, qu’il un frere appcllé Roger, qui fucccda à Raymond
•• appelle Roger IL 6c qu’enfin Roger III. eut un leur pere. Quoi qu’il en foit, la conformité de leurs
• frète appelle Eudes qui fut le fécond comte de noms avec ceux des defeendans d’Arnaud comte
•• Rafez de ce nom , 6c qui étant mort avant lui * de Carcaflonne, confirme leur defeendance cora-
•• Er nu ngarde leur merc recueillit leur fucccflion : mune. Nous trouvons enfuite un Pépin comte de
mais cet auteur ne donne aucune preuve qu’il y ait Comminges* qui en 1059. embraflà l'ctat religieux p frfio*
*u un Eudes 11. du nom comte de Rafez , 6c que dans labbayc d’Alaon au diocéfc d'Urgel. Il étoit
Roger III. comte de Carcaffonnc ait eu un frere ; vraifeinblablement petit-fils de Raymond I. foit par
car la tranlàdion de l'an 106$. fur laquelle il fe Bernard , foit par Roger fils de ce comte : il avoit
forKfe n’eo dit rien ; 6c il n’eft parlé dans les cadés lui-même un hls appcllé Bernard qui lui fucccda
^ de l’an 1 070. qui ont rapport à cette tranfà&ion , dans le comté de Comminges. Raymond I. eutplu-
que d'Odon comte de Rafez.* frere de Roger le ficurs frères * qui dominèrent conjointement avec il0**'*
vieux, comte de Carcajfonne , c’eft-à-dire de Roger 1. lui fur le Comminges , ôc qui poffederent diverfes
On voit d’ailleurs qu’il y avoit un comte de Rafez terres dans le Touloufain aux environs du pays de
appcllé Raymond, vers l’an 1060. dans une bul- Foix.
Je* de Paie al II. par laquelle ce pape confirma l’an XXVII. Entre les frcresdcRaymondr il y en eut
1 1 1 6. l’union qui avoitctc faite de l’abbaye de faint un appelle Amelius , dont nous croyons trouver les
Polycarpe a celle d’Alct, fituées l’une 6c l’autre dans defeendans. U eft fait mention dans divers titres1
k Rafez, par le comte Guillemond au temsde l’em- du cartulairc de Lczat, abbaye fituée dans le pays 1 5,171
pereur Charles, />*r le comte Raymond fous le régné de Foix , vers les frontières du Confcrans & du
du roi Philippe , 6c depuis peu par la comtcffe Er- Comminges , d’un Ameltus Simplicités * fei^neur
mengarde : preuve que celle-ci avoit fuccedc im- tris-puiffant ,qui vivoit vers la fin du X. fîcclc , qui
médiarement à Raymond II. dans le comté de fut pere de Guillaume 6c ayeul de Bernard 6c de
Rafez-, que ce dernier vivoit vers l’an 1 060.6c qu’il Raymond-Guillaume Or tous ces fcigneurs pofle-
mourut fins enfans avant 1067. puifqu’Ermen- derent différentes terres dans les pays dont nous ve-
Xj. garde 8 difpofa alors du même comté : venons nons de parler; & Guillaume , de même que fon
f0*' maintenant aux defeendans de Raymond, troifiéme fils Raymond-Guillaume , fc qualifient marquis*
frere de Roger I, comte de Carcaflonne. ce qui ne nous permet pas de douter qu’ils ne dc£
XXV. Raymond eut pour fon partage une partie cendifïcnc d’Arnaud comte de Comminges , de
du comté de Coraminges : en voici la preuve. Confcrans 6c de Carcaffonnc , 6c feigneurda pays
hPr.j. Nous trouvons h fous le régné du roi Lothaire ôc de Foix.
l’épifcopar d’Oriolus évêque de Corarainges,c’eft- XXVIII On a déjà vu que ce dernier avoit un
à-dire vers l’an 980. un comte de ce pays appelle frere appcllé Roger, dont il eft fait mention dans
Raymond. Or celui-ci n’eft pas different de Ray- divers 1 ades ; c’eft de lui que nous croyons que def %f **• uu
mond fils d’Arnaud comte de Carcaffonnc : car x •. ccndoient les comtes héréditaires de Comminges
I Oftta. »•». nous gavons d’ailleurs • que Raymond comte de quivivoient au XII. fîcclc; fur quoi nous allons
z. çommjngCSj<jUjvjvoitvcrsl*an9 g0. étoit fils d’un développer nosconjeéturcs. On trouve u un comte uj.ij*
comte du pays appellé Arnaud , ôc petit-fils par ce appcllé Arnaud qui fc dit fils d AdeUide , 6c qui
dernier id’un autre comte appellé Anerius ou Af- conjointement avec Pierre évêque (j comte , con-
t tr.p.ito. <narjus# 10. On voit par le tellamcnt *dc Roger I. firmaune donation que Roger 1. comte de Carcat
i7l‘ ^mte de Carcaffonnc, ôc par divers aâes de fcs fonne fit en 979. avec fà femme Adélaïde» àl’ab-
defeendans, qu’ils avoienc droit fur le Confcrans baye de S. Hilaire. Arnaud 6c Pierre dévoient être
& fur une partie du Comminges : ce devoit être parens du même Roger , puilqu’ils confirment
en vertu de quelque partage , puifque lesdignirez cette donation ; mais ils ne pouvoient être tes fils,
éc les fiefs étoienr alors héréditaires ; Roger 1. - puifque Raymond fon fils aine étoit alors fort
comte de Carcaflonne étoit doue de la même mai- jeune. Ce comte Arnaud ne peut être non plus le
X Jr.J.iSo
271.
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DÉ LANGUEDOC,
an
K OTE
XXII.
p fr.[.Zi<3\
Pr p.liti
b Uék. éi
00». 10*0.».
*br7iU
è Hift. itn.
comte de Rata de ce nom , puifque ce dernier de cette charre cft interpolée, &c doit être de 1)
étoit filsM’Akrudc, & quïl n’étoir pas encore né en c 060. Quoi qu’il en Toit > nous fçavons Pd ailleurs
979.Il éeokdonc vraifembJablemenc filsdeRogcc qu’Arnaud HL comte deCommingesavoitunftcre
frere d’Arnaud I. comte de Comminges & de Car- evêque , appelle Bernard 6c qu’il y avoit un 1 comcc
caÛbrmc. Pour ce qui cft de Pierre évêque (3 comté de ce pays vers le milieu du XI. licde, nommé &im'
qui foufcrivic au même aéle, nous conje&urons Bernard-Odon , c’eft-à-dirc, fils d’Odon: ainfi nous
qu’il écoit évêque de Conforans , & frere du même ne doutons pas que ce Bernard ne fiic fils d’Odon
Arnaud II. comre de Comminges. comre de Comminges , frere de Roger II;
XXIX. Un foigneur b reftitua au mois de Novcm- XXXIII. Le P Mabiilon r femble foppofer cepen- T A
brede l’an ion. à l’abbaye de Pcffàn l’églifc de dant que le comte Bernard-Odon dont nous venons y*'9**'*9
S. Maixenrdans/e comte de Comminges *fous l evé - de parler , etoit fils d'un comte d’Aftarac : mais à
que Pierre (3 le comte Roger. Ce dernier écoit donc bien éxaminer la charte * liir laquelle il s'appuye , il * **•
alorscomte deComminges, âcc’eft fonsdoutele paroitqu'ils’efttrompc.lleft dit dans l’aéle,* que«
même Roger comte de ce pays qui prclida c en le comte de Comminges prorecteur du monaftere.*
10 16. à une affcmblce tenue à Touloufe , où on de Peyriflàs iicué dans le même pays , étant mort,*
examina fi le monaftere de PeyrilTàs dans le Com- ce monafterc vint au pouvoir du comte d'Afta* «
mingesdépendoit de l’abbayc de Lexar.Lc P. Ange4 rac, que Bemard-Odon (on fils s’éleva contre».
a* ?> di fr. fait ce Roger comte de Comminges , qui fut le II. lui pour venger la more de Ion pere , &c. •» In
tt.i+619' jc fon nom f fî | s de Raymond : mais nous croyons potejlote pojleà comitis Afiaracenfis , mort .0 comité
plus vraifèmblablemcnt qu’il étoit filsd’Arnaud IL Convcnarum , furrexit Bernardus-Odo films ejus 9
dont nous venons de parler. Ce qui nous le per- infequens jura pa ris fut , mortemque ejus cupuns
dûade, c’eft que le même Roger qui vivoic en vmdscare. Tout confifte à fçavoir à qui on doit
102 6. eut un fils appellé Arnaud: ainfi le petit- rapporter ces termes filins ejus : mais il eft évi-
fils aura porté le nom de fbn ayeul, foivant Pu- dent qu’ils regardent le comte de Comminges dé-
foge aftèz ordinaire dans ce fiécle. cédé , & non pas celui d’Aftarac qui avoir uforprf
XXX. Nous avons en effet une donation e en fà- le monaftere de Pcyri/Iâs.
veur de l'abbaye de Lezat , faite par le comte Roger* Pour ce qui eft de la dare donc ce titre manque >
alors malade dans le chatcau de Cafelas dans le on peur la fixer for ce qu’on y trouve de la génea-
Comminges f •, 6c elle eft fouferite par le comte Ar- logie des comtes de Comminges. Il y eft fait men-
uaud fon fils. Bernard evêque de Touloufe foufcri- tion de Roger Me de Peyrijfas, monaftere fournis
vit aufti à cet a&e , &c U confirma avec ce dernier, à l’abbaye de Lezat, (3 de fis frerts les comtet
te qui nous donne lieu de croire qu’il étoit frere Raymond - Bernard , Bernard pere de Raymond*
de Roger II. comte de Comminges. L’aéic cft daré Guillaume (3 Fortamer. Or foivant un titre pofté-
tn général du régne du roiHenri , 6c il doit être en- rieur r, Fortanier étoit comte du tems de Vidian t X/*t. ilùti
viiondel’an 1035. car Bernard étoit alors évêque abbé de Lezat, qui occupoit u cette abbaye fous le u Efi,,».
de Touloufo, quoique Carel S, & apres lui Mra de régne de Philippe I. 6c avant l’an 1105. d’où il
Sainte-Marthe prétendent que c’eft Arnold qui oc- réfulte que Fade dont nous cherchons l’époque
th.pws.
(t+tf.
jij.
1./.671.
h MsUifl.
f. 6i y .frdn*
•cl.i,. +.p
7}o»cr/ei.
V- 'Md. 4 r.n-
lois. ». Si.
iMari.Hijf.
t 4i*.
itr-f 196»
1 sArch-y. de
cupoit ce fiégeen ioj qu’il fouforivit la même
année à I’a&e de fondation de deux chapelles dans
l’abbaye de CuXa en Rouflillon : mais foivant cet
aéie même de fondation donné par le P. Mabil-
lonb,cc fut Bernard évêque de Touloufo qui y foufi-
cft environ de l’an 107$. Or comme foivant
cctx aéle, l’abbc Roger 6c les comtes fos frétés
écoient fils de Bcrnard-Odon comre de Com¬
minges ; il s’enfuit aufti que ce dernier pofteda 1 •
ce comté avant l’an 1075* Au refte le comte For-
crivit * ce qui eft appuié de l’autorité de M. Ba- tamer oncle de Raymond-Guillaume , dont il eft fait
luze. * mention dans des titres y de l’abbaye de Lezat, 7 F 417-42*
XXXI. Roger II. comre de Comminges fit la des années im.ôc 1 1 1}. eft le même (ans doute
donation k dont nous venons de parler , pour fon que norrcFortanier comre en partie deComminges,
pere , (a mere, fm frere Eudes , &c. Ce dernier qui étant le puîné de fosfreres, leur aura fiirvécu ,
pofteda une partie du même comté , comme nous 6c aura eu l’adminiftration du comté de Comminges
l’inférons d’un aétc 1 fuivanr lequel un prêtre nom- 6c du domaine de (a famille au nom de (es neveux,
mé Garfias vendit un champ au monaftere de XXXIV. Quant à Bernard évêque de Conforans
Pcyriffas dans le Comminges , au mois de Mai , dont nous venons de parler, le P. de Sainte-Mar¬
the x lui donne le furnom de Pelet : mais en cela î à*B.chripm
if n’a fait qu’adopter une conjeéhire du i\ Efticn- ”^17'. *' li
not a,qui a cru que ce prélat droit de la rya ifon des aa tjhen.H.
comtes de Mclgueil, ou de Mauguio, ce qui n'eft
4e xv s 1 / .jour delà lune , régnant lt comte Eudes .
XXXII. Le comte Arnaud fils de Roger II.
que nous nommerons Arnaud III. autorifà munc
donation en faveur dcl’abbayedeLezat fous le régne comtes de Mclgueil, ou deMauguio, ce qui
du roi Henri, & la foufcrivic avec Roger fon fils* appuyé (ur aucune preuve. Il eft certain d’ail-
Bernard évêque de Confier ans fon frere , (3 le comte leurs , ainfi que nous l’avons déjà vu , que cet évê-
Bernard-Odon. On lit ces foufcriptions dans l’ex- que étoit frere d’Arnaud comte deComminges,
trait de cette pièce, que D. Claude Efticn not inféra maifon différente de celle de Melgueil , 6c de
. . en 1680. dans fon recueil manufcrit n de fiagmens Peler. Ces auteurs donnent d ce prélat le nom de
5Ç5î^ hiftoriques \ mais elles manquent dans la copie qui Bernardus- Raymundi , ce qui pourroit faire croire
eft dans les m(Lde Colbert, & qui fut faite en \ 6 6 8.
Peut-être que D.Eftiennor& les agens de M.Colbcrt
ont copié ce titre fur différons exemplaires. Il y a
d’ailleurs beaucoup de difficulté fur la date de cette
charte , qui eft de l’an 1048. On y voir en effet les
t1q.Ben.v0fc
t». 1. f. 19 a
'me*.
que fon pere fè nommoit Raymond. Nous venons
de voir cependant qu’il ctoit fils du comte Roger *
fur quoi il fout remarquer que nous n’avons qu’une
charte bb fans date, où on trouve un Bernardus- Ray- I» b Pr.p.i<>4<
mundi évêque de Confêrans, qui étoit en même
foufcriptions de Durand évêque de Touloufc, 6c tems abbé de Lezat dont il fit rebâtir l’églife.Mais
de Raymond comte de S. Gilles. Or le premier ne comme cet évêché fut rempli cC par un Bernard j cc
• F.**, parvintpas à l’évêché de Touloufo avant0 l’an 1059. du moins depuis l’an 103 2. jufoües vers l’an 1078. g^.'
l’autre étoit en bas âge en 1048. aidû la date on peut admettre un Bernard-Raymond évêque fiu*7 •+/•&
X1111.
(
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î9'o
NOTES S TJ R. L’HISTOIRE
les comtes de Comminges qui ont vécu enfuite
dans le Xll. fiécle & les fuivans > defeendent /lu
O T E de Conferam, 8c abbé de Lezat, depuis Tan 1031.
jufqucs vers lan 1046. & un autre Bernard aufli
dvêque de Conferans depuis cette dernicre année même Bernard IV. ainfi que les vicomtes de Con-
iufqu’cn 1078. l’un & l'autre pouvoient être de ferans, & plulieurs autres branches,
la maifon de Comminges, ou de celle de Foix qui • _ _ _ _ _
£ï^4f“Xl“,,"kta0a> NOTE XXIII.
Surl-ifTél'l,irc.frsi'Uf, «-
1 07 s • & que l*un d’entr’eux s’ap- dation des abbbayes de Leift & de
Non
XX 11.
comtes vers l'an 1075 • & que
pclloit Bernard. Il cft fait mention de ce dernier
dans un aâe*dc deguerpiflement fait en faveur
du monaftere de Peyriflàs vers l’an 1100. Cet afte
eft fbuferit après le comte Bernard, par Galindc ,
qui , à ce que -nous croyons , étoit ou fâ mere
S. Pierre de U Court ou du MasGamier,
L J L eft marqué dans un a&e qu’on trouve dans
tCîcÜ. < hrifl .
'mov. rd . /#. I.
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• H.tt.i.f'
***•
•AttBea*
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| Tr.f» 177*
% *Angt hifi
jtn. f. 2. /.
4,o,
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\0-
le cartulake de l'abbaye de Lezat , & parmi
les titres 1 de la maifon de Foix « que du tems de
ou fà femme, & hcritierede l'autre partie du comté Dagobert coi d'Aquitaine, de la Gaule, & de « Uxft ,4*
de Comminges, poflèdée par les defeendans de toute la F rance, & fous Raymond comte de Tou-*
Raymondl.Deux raifonsnous le pcrfuadent.Lapre- loufe & Hugues évêque de cette ville , le comté *
miere , c'eft que Pépin comte de Comminges avoit de Touloufe étoit agité de divers troubles -, qu'un «
en 1039. une fille b appclléc Galinde. La fécondé , vicomte , appellé Benoît , homme courageux & *
ceft que nous ne connoillons pas les defeendans de puiflant , & illù d'une race très-illuftre , voulant «
Bernard comte de Comminges , fils de Pépin , oui foumettre fês parens & fes voifins à <bn autorité, «
vivoit au milieu du XL fiécle, & que la branche il leur fit une guerre cruelle; qu’ayant été tué*
<le Bernard- Odon paroît avoir poflèdé tout ce dans un (ânglant combat qu’il leur livra, ils con-«
■comté depuis cctcms-là. tinuerent de faire la guerre a Aton fbn fils, le- *
XXXVI. Quoi-qu’il en foit , on trouve un R*- quel fut fccouru par Te comte de Touloufe qui «
ger comte de Comminges fbuferit à l’aéte d'union • le délivra de tous fes ennemis; que parce moien »
de l'abbaye de Peflan à l’abbaye de Simorre dans Aton ayant obtenu la paix , il épou& une coin- «
Jediocèfed’Auch. D. Denys de Sainte-Marthe qui telle appellée Amélie, dont il n’eut point d’en- «
a /*./. 1014. a donné cet adlc , lequel eft fans date , la d’abord d fans , ce qui leur fit prendre la réfolution de fbn- *
rapporté à l’an 98}. ou à la fin du X. fiécle , der chacun un monafterc dans leur propre fonds»
mais il appartient certainement au milieu du XI. fous l’invocation de S.Pierre, à condition que» *
comme cet auteur a été oblige c d’en convenir dans celui de ces monaftercs ou la difeipline reguliere »
la fuite. Roger comte de Comminges qui fout feroit lamien3xobfervée,auroitlafuperioritéfur«
crivic à cet aéfe , n’eft donc pas différent de Ro- l'autre ; qu'Amelie fonda celui de S. Pierre de b »
ger 11. dont nous avons déjà parle , & qui vivoit Court fur la Garonne,& le vicomte Aton-Benoît* *
en 10x6. & 10-j fon mari celui de Lezat auquel il fit de grandes •
XXXVII. Nous avons prouvé que ce dernier libéralité*; que ce feigneur alla enfuite à Rome «
fit pcrc d’Arnaud III. Celui-ci eft fans doute le où il fournit le monaftere qu'il avoit fondé au»
même que le couvre de ce nom , qui fous le régne pape Callixte; qu'à fbn retour il en céda le pa-*
de Philippe I. & vers l’an 1070. donna f au mo- tronage au comte de Carcaflbnre fon oncle, à»
nafterc de Peyriilàs , le lieu de Martignan fitué condition de le partager avec l'évêque , le comte*
dans le Comminges , & qui avoit un frere appellé de Touloufe & les autres princes du pays ; que le * 1
Roger lequel fiit moine de Lezat. comte de Carcaflonne donrla pour défenfeur ou *
XXXV 111. Le P. Ange 1 donne à Arnaud III. un avoué à l’abbaye de Lezat , un feigneur nommé «
fils appellé Roger qui fut le III. de fon nom, Amelius Simplicius, l’un des plus, puiflans du»
& qui avoit füccedé à fon pere en 1 x 14. Il lui voilinage ; que le vicomte Aton ayant pris l’habit*
dop.nc aufli deux autres fils Bernard-Arnaud & raonaftique dans cette abbaye , y mourut dans k »
Raymond- Arnaud, qui prirent, ajoûce-t-il, le titre pratique exaéle de toutes les vertus religieufcs;&*
de comtes de Comminges , fuivant l’ufage de ce qu enfin on y célébré tous les ans fbn annivecfâire. *
tems, que les fils de comtes prenoient fouvent la L’aâe eft daté du palau de Latr an l'an 8+2. indu
même qualité que leurs peres. Il pouvoir ajoûter üion ix.fous le règne de Dagobert , { ) le pontifie u
fuivantl’ufagc plus particulier de la maifon de Corn- du pape Callixte .
minges.Nous avons vû en effet que tous les deC* 11. Quelque fabuleux que paroifïè ce titre par
■cenclart^d’Arnaud I. comte de ce pays fie de Car- les anachronifmes dont il cft rempli, il cft cepen-
calîonne , fè qualifièrent comtes ; fie comme ils dant appuie pour le fonds for divers monumens
portoient la plupart les noms d’Arnaud , de Ro-* auccntiques. 1 °. Il eft dit dans l'aâe d’union qui foc
ger, ou de Bernard, l’uniformité de leurs noms faite en 107 3. k de l’abbaye de Lezat à celle de t
jette une grande confiifion dans leur généalogie , Cluni , que la première avoir été fondée autrefois
que nousavons tâché d’éclaircir, & qu’on entendra par sîton-Benoit * , en l’honneur de l'apotre laine ÉAb Ato*
encore mieux par la table que nous joignons à Pierre : on fçait d’ailleurs par l’ancienne tradition Bcncdlâl‘
cette note. de ce monaftere , qu'il reconnoît pour fon fonda-
XXXIX. Au refte il n’y a aucun monument tcur un Thomas ou Antomus* qu’on fait 1 vicomte \v. ua.
qui prouve , que Bernard comte de Comminges de Beziers : on voit enfin par le même aéie d’union ^
qui vivoit en 1 1 3o.quc nous appelions Bernard IV. que Roger II comte de Foix, defeendant des coin- *’l,%
& qui avoit époufé Dias de Muret, fût fils d’un tes de Carcaflonne, avoit alors le principal patro-
Rogcr comte du même pays, comme cet auteur k nage de la même abbaye , & qu’il le partageoit
le fùppole. Nous croyons plutôt qu’il cto-.t fils avec divers fèigncurs du voifinage, qui avoienc
de Bernard 111. qui vivoit vers l’an 1 080. & qui avec lui leJroit £ dire i abbé , & de veiller à la ma-
étoic d’une autre branche. Quoi-qu’il en foit , tous nucention de la difeipline régulière. Il eft ccç-
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'■Jl _ ~ taîn ^n’ifv »oit au commencement du X.fiede > un
O, X i II v’comte deTcmloufc appelle Benoît, qui ayant été
tv. liv.xi. fait prifonnier par Raymond fils d’Eudes comte dû
». 19* Touloufe , paie avoir caufé divers troubles dans
le pays, & avoir iaiflè un fils appcllé Aton. Nous
trouvons en effet un vicomte de ce dernier nom
•j ï’/if/* dans ^*vcrs monumensb du milieu duX fiecle,
entr autres dans des chartes des comtes de Toulon
fe , 3c il paroit qu’il pollcdoit de grands biens dans
• le Touioufain. } •. U eft certain auffi qu’il y avoie
cv.N>t- fri- vers la fin du même fiecle cun feigneor appcllé
ii . ^mêlais Simplicius qui avoir fes domaines aux en¬
virons de l'abbaye de Lczat.
En fiippolant donc la vérité des faits énoncez
dans cette charte , les abbayes de Lezat 3c du Mas-
Garnier auront été fondées vers le milieu du X.
G U E D O’O.
NOTE XXIV.
Quel ètoit le fteçe èpifcopal de t archevê¬
que Geraud , qui donna le lieu de faint
• Saturnin , aujourd'hui le Pont S.Ejfrit,
a l’abbaye deÇlunh
N O T fe
XXIV-.
»?•
C M *»•
•40. B.ftj*
il-
a ail. c krt£*
M.
<M«. **$• I
loz. & Ni
XIX. H. I.
hPr p-96.
\V. Mub.t
tnt. >
H*
tv.st.fri - vers lahn du meme fiecle ‘ un feigneor appcllé /T'Eue donation P faite en 945. far Geraud v
****"•' i7‘ Amelius Simplicius qui avoir fes domaines aux en- archevêque > eft fouferire par ce prélac , qui ^
virons de labbaye de Lczat. dans la foulcription ne prend que le titre d’cW-
En fiippolant donc la vérité des faits énoncez que : elle eft aufii fouferire pat Roftaing évêque,
dans cette charte , les abbayes de Lezat 3c du Mas- Il s’agit de fçavoir quels écoient les fieges de ccs
Garnier auront été fondées vers le milieu du X. deux prélats? Le P.Mabillon* qui rapporte un fia- q mjP. **
fiecle ; la première par Alon vicomte de Touloufe, gment de ces aéles , avoue qu’il n’en fçaitricn -, les *"*' *4S* **
& l'autre par Amélie (on époufe. Audi le P. Mabil- Bolhndiftcs 1 conjecturent que Geraud écoit arche- * bm. *. 7.
Ion rapporte-t-il la fondation de ces deux mona- vêque de Narbonne, ôc Roftaing de Vienne , fur la
à H*P- ** fteres i Tau4 940. quoique trompe fans doute fuppofition que nous n’avons rien (ur les évêques
par la faillie date de l’aétc , il ait place ailleurs celle de ces deux églifes depuis Pan 9 14. jufqu’cn 955.
c M fe la première à Pan c 840. Il n’cft pas cependant mais comme il eft certain qu’Aymeri écoit »arche- tpr. f. tu
140. • ji|ors jc vraifemblance que l’abbaye de Lezat ait vêque de Narbonne long-tcms avant & après Pan
été fondée cette dernière année par un Antoine 9^5. toutes leurs conjedures furie fiege de Ge-
vicomtedc Béziers qui vivoir alors , comme nous raud font inutiles. Quant à Roftaing il eft vrai
fr.t9.uL. pavons expliqué dans un autre endroit f. Elle peut qu’on 1 trouve un archevêque de ce nom au X. t o-itf.
*B',U avoir été depuis ruinée ou entièrement envahie üeclc parmi ceux qui ont occupé le fiege de Vienne*,
.. par les feculiers, 6c avoir été rebâtie vers Pan 940. mais nous n’avons aucune preuve du tems précis
par Aton vicomte dcTouloufe, quon aura con- où il a vécu ton fçait » d’ailleurs que Sobbonétoit u v.MMBiU1
fondu avec Antoine vicomte de Bcziers fon fonda- archevêque de Vienne avant 3c après l’an 945. U "7 *4i* **
teur, â canfc de la rertèmblance de leurs noms. faut donc chercher ailleurs le fiege de ces deux
III. Il eft marqué qu’Aton vicomte de Touloufe prélats,
fournit l’abbaye de Lezat à celle de Cluni. Nous II eft d’abord certain que l’archevêque Geraud
voyons en effet un Eudes abbé de Lezat , la v. an- ayanr donné à Pabbayc de Cluni, le lien de S. Sa-
fcr. M.êd uct du régné de Louk S d'Outremer^Sc un Adaz.nu h cumin fur le Rhône , aujourd’hui le Pont-faint-Ef-
To*. & N*»- /<* vu t. année du même prtnee . Or il eft certain prit dans le diocèfe d’Ulcz , 3c qu’ayant daté (a
x»x. ». ». que S. Eudes abbé de Cluni prit » un abbé appcllé donation de ce lieu , fon fiege n’en devoit pas être
Adazius pour l’aider dans le gouvernement des fort éloigne , 3c qu’il faut le chercher dans les
«»». 94c. »• monaftercs de (à reforme fituez dans les provinces provinces voilines de ce fleuve, de même que cc*
** méridionales du royaume, 3c que ce dernier ad- lui de Roftaing» Or nous trouvons* un évêque xoA.chrijt.
miniftroit en cetre qualité vers Pan 940. ceux de d’Apt de ce dernier nom au milieu du X, fiéele , 3c "BV- a% »»• *•
Sarlat 3c de Tulles. Ad.izius qualifié abbé de Lezat nous n’en connoillons pas d’autre dans ces difte- *' ,s,>
* en 944. n’cft donc pas diffèrent du coadjuteur de rentes provinces durant ce iicclc.il en eft fait men-
*/*»■. i|. $ Eudes, comme le P. Mabillon le conjeclurc kî tion dans une charte de l’an 9^0. où il eft dit qu’il
ce qui prouve que ce monaftere fut fournis à celui étok neveu de Griffon comte d’Apt. Cependant
de Cluni dès (à fondation ou fon rétablillcment , comme fon fiégc n’cft pas marqué dans la charte
& qu’il (ùbfiftoit dc)a en 940. d’une maniéré bien claire, tien n’empêche de conje-
On peut appuier ce que nous venons de dire ékurerque Roftaing, dont il eft parlé dans la dona-
fur ce que le meme Adazius croit encore abbé de tion de l'archevêque Geraud , ne fut cvcquc d’U fez*
' Lezat la xm. année de Louis 1 , 3c fur ce que nous ce qui eft d’autant plus vraifemblable, que nous n’a-
m m sun. voyons un Daniel m abbé du même monaftere la vons rien (ur les évêques de cette ville pendant
P+o- m. ilt ann(jc jc cc prince , ce qui paroît fe contredire : prefque tout le X. fiéele.
maison Ce tire aifément de cette difficulté, en (iip* Pour ce qui eft de Geraud, comme il fe qua-*
pofant, comme il eft certain, que quoique S. Eu- lific archevêque , quoiqu’il ne prenne que le titre
des abbé de Cluni , 3c Adazius fon coadjuteur, d’évêque dans la foufeription , nous ne voyons cn-
pri fient le titre d’abbez de tous les monaftercs tre tous les fiéges métropolitains du Languedoc , de
fournis à leur réforme , ils les faifoient cependant la Provence 3c du Daufiné , que celui d’Aix qu’il ait
gouverner en particulier par un abbé qui leur écoit pu remplir en 945-11 eft vrai qu’on met unY Odol- y àti.ckrijL
fobordonné. C’eft ainfi qu’après que labbayc de rie fur le fiége èpifcopal de cette ville depuis l’an ,T3** *
Lezat fç fut fouftraire de la dcjxmdancc de celle de 9x8. jufqu’en 947. 3c meme julqu’à la xi 1 1. an-
Cluni â la fin du meme fiecle, pour fe fbumertre à née du régne du roiLothairc, c’eft-â-dire jufqu’cn
CcHedc Cuxadans le Rouffillon, 3c à Guai in fon 966. mais il eft vifiblc qu’on a confondu ici la ville
*o9C4- abbé, celui-ci ,qui fut comme l’abbé general* de de Dax en Gafcogne, dont Odolric étoit en effet
»»«. 96$.*?. plwfiturs monaftercs, fè difoit • abbé de Lczat, évêque en 918. avec celle d’Aix en Provence, •
— quoiqu’il y eut cependant un autre abbé de cc comme le P. Pagi 1 l’a fait voir. D’ailleurs cet Odol- *i*&*i***.
) v. monaftère qui le gouYernoit fous fon autorité* rie ne fçauroit être l’archevêque de ce nom dont le 9i9' **
É,|,é roi Lothairc fait mention dans une charte datée de
la xi 1 1 ; année de fon régne , ainfi qu'on le pré-
tend ** , pu i (que cc dernier Odolric ti’eft pas diffe- »>b v . 1/4$;
rent bb de l’archevêque de Reims dû ce nom j qui **1'
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■1
591 NOTES SUR.
étoit chancelier de France , & qu’on convient*
X X 1 v, Su’Mtfrël occupoit le fiege d’Aix la x 1 1 . année de
'* U.tùubrijt* Conrad roi de Bourgogne, ou l'an 948. ce qui
s’accorde très bien avec l’époque de la démiflion
que -fit Geraud de fon archevêché en 945. pourfè
retirer à Quai.
NOTE XXV.
S«r Us comtes & vicomtes de Zodeve .
\ rr.p.ise*
'«SS. ère.
PUn t AV. Lad.
r*1'
L'HI.ST OTRE
z°. On voit 1 qu’Hugues III. comte de Rodez ~~ ~
entretenoit une garnilon à Lodève en 1173. & XXV*
qu’il emprunta 18000. fols melgoriens, de l’é- ip/****».*
vêque, du chapitre & des habitans, à condition
qu’il ne feroit pas valoir fes droits for cette ville Se
iur le diocèfè , que quarante jours après qu’il auroit
rendu cette fomme *, condition de laquelle il ne
tint aucuncomptc, comme il paroît m par une Bulle m
d’Alexandre III. de l’an 1175*
3 °. Enfin Raymond® évêque de Lodève acquit n * m,
en 1 1 8 8. du même comte de Rodez tout ce qu’il
poflèdoit au château de Mor,tbyun(3 dans U die*
I. T)Luficun chartes du IX. ficelé 8c des deux cèfi de Lodeve , four le prix de foixante mille fols
JL fuivans, font mention du comie de Lodeve , melgcr/ens , ou de vtnguquatre mille livres tour -
& il n’y a pas lieu de douter que le diocèfc de cette mois > fomme alors très * confidcrable. Guillaume
ville n’ait été gouverné par des comtes particuliers comte de Rodez, fils d’HugesIlI. ratifia ° cette « ltJ#
fous la fécondé race de nos rois , & au commet!» vente en 1 2 04.ee qui n’empêcha pas les comtes de
cément de la troifiéme. D'un autre côté lesévê- Rodez de conferver encore quelque autorité fur le
ques de Lodeve , qui fc difent comtes de Mont- Lodcvois, puifqu’tn 0*1262. Richard comte de « p f, 2M>
brun , jouiflènt -en cette qualité de la fuzcraincté Rodez fc plaignit de ce qu’on avoit fait Péleâion «
fur tout leur diocèfe. Il faut donc que le comté de d’un évêque à Lodeve fans fa participation , Ç $ «
Lodeve , après avoir été poffedé fucceflivement par de ce opon ne lui avoit pas donné la garde du palais «
divers comtes > ait été uni à leur églifè : mais de iça- épijcopal , fuivant le droit qui de tout tems apporte - «
voir quels ont été les comtes héréditaires de cette nott à fes préctecejfeurs t enforte qu’on fût obligé»
ville \ quand ôc de quellemaniere cette union s’eft de lui donner 1 000. lois melgoriens pour Pap- N
faite, c’eft ce qui eft fort obfcur , 8c que nous paifèr. - Quoiqu’on fe foit trompé ici fur le nom
allons râchcr de développer. de celui qui ctoit comte de Rcdez en 1262. &
IL On prétend c que S. Guillaume fondateur de que ce fut Hugues IV. * & non pas Richard , on <\ p*
l’abbaye de Gellone étoit comte particulier de voit toujours par cet endroit que l’autorité que ces **/*7«*
Lodeve au commencement du IX. ficelé 11 eft vrai comtes prétendoient fur la ville & le diocèfè de
3ue ce prince pofledoit de grands biens dans le Lo- Lodeve, ctoit fort ancienne. Or ces comtes re-
evois, dont il difpofa enïaveur de cette abbaye : noient cen fief de ceux de Touloufe, ce qu’ils tpiauyj^
mais on n’a aucune preuve qu’il en ait été comte pofïèdoicnt a Lodeve & dans le diocèfè * d’où il f**1*
* TV u N»t. particulier, & nous avons fait voir ailleurs a que s’enfuit que les évêques n’ont exercé leur jurifdi-
■|lttŸI1'"’7* ç'eût été contre l’ufàge obfcrvé fous le régne de étion temporelle fur -tout le pays, que vers la fia
du XII. ficelé.
t PUatdv.
tPUntéV. it.
f' * *• */>*•
f. 1S9.
Charlemagne.
III. 11 dirait mention dans une * charte de Charles
le Chauve de l’an 844. des comtes Milon Sc Ar-
f Pr.f. loi.
lPUmUv.it.
k/Mf U.
</• pu
k Y. H ifl.gtn.
du P. de *r.
tu i. f. 697 •
V. Avant que de rapporter les titres fur lefquels
clic eft fondée, il eft bon d’examiner d’oû les comtes
valdus qui avoient ufurpé les biens de l’églife de de Rodez tiroient la leur. Nous remarquerons d’a-
Lodeve. Il eft fort probable que l’un , ou Pautrc , bord que ces comtes defeendoient des anciens
8c peut-être même tons les deux avoient pofledé vicomtes de Milhaud en Rouerguc, & qu’ils ne
fucceflivement le comté , ou gouvernement de ce pofledoient le comté de Rodez que depuis la fin
diocèfe. Depuis ce tems-la nous ne trouvons plus du XL. ficelé , ou le commencement du fuivar.t*. 1
aucun comte de Lodeve , jufqua Guillaume IV. Nous avons* d’un autre côté une fuite de vicomtes t
comte de Touloufè , qui prend fcc titre vers la de Lodeve depuis le milieu du X. fiécle , jufqucs *• *»•
fin du XL fiécle. Le comté de Lodeve étoit donc vers le commencement du XL & nous ne doutons
alors dans la maifon de ce prince , & il y étoit pas que leur maifon n'ait fondu dans celle des vi-
encore à la fin du fiécle fuivant, puifqu’on trouve comtes de Carlad. Nous avons en effet une dona-
dans les archives de l’églife de cette ville , « que tion u que firent en 1 048. Gilbert vicomte , No- « *****
• Raymond V. comte de Touloufe donnas vers bilic fà femme & leur fils Bernard en faveur de
• Pan 1191. peu de tems avant fà mort,àGauce- l’abbaye de S. Guillelm du Défèrt dans le dio-
» lin évêque de Lodeve , tout ce que ce prélat avoit ccfc de Lodeve. Il eft certain que ce Gilbert étoit
• acheté , foit dans la ville de Lodeve , foit dans le vicomte de Carlad fur les frontières de l’Auvergne
•diocèfe, d’Hugues comte dcRodcz, lequel le tenoit & duRouergue , & il paroît qu’il l’étoit auflidc
• en fief du même comte de Touloufe , qui donna Lodeve, tant par cette donation même , que parce
• aufli à Gaucelin tout ce qu’il pofledoit lui-même, que nous ne trouvons plus des vicomtes particu-
• ou devoit poflèder dans le Lodevois. liers de Lodeve depuis le commencement duXl.fié-
IV. Plantavit * marque que Pierre de Pofquicrcs cle. Or comme nous fçavons que la maifon de ce
évêque de Lodeve fon prédeccflèur , délivra cette vicomte fondit dans celle des vicomtes de Milhaud*
ville au milieu du XII. fiécle du joug & de la fervi- que ceux-ci exercèrent dans la fuite leur autorité
tude des comtes de Rodez : preuve que ces comtes fur le diocèfc de Lodeve -, & que nous n’avons
dominoient alors fur le Lodevois. Mais malgré ce aucun monument qui prouve qu’ils Payent exer-
que dit cet auteur, Pierre de Pofquieres ne délivra cée avant cette alliance *, nous inférons de là que
pas Lodeve du joug des comtes de Rodez. En effet, Nobilie femme de Gilbert II. vicomte de Carlad ,
Gaucelin1 fucceflèur de ce prélat, tranfigea aura été fille & héritière d’Odon* vicomte de Lo-
en 1167. avec Richard comte de Rodez, ( ou deve qui vivoit vers Pan 1000. & qu’ Adèle fille &
plutôt viœmtckde Carlad,& fils puîné d’Hugues IL héritière de Gilbert IL & de Nobilie, aura porté
comte de Rodez) , reconnut que la moitié de la la vicomté de Lodeve, avec celle de Carlad dans
tour & du château de Montbrun lui appartenait , la maifon de Milhaud , par fon mariage avec Be-
qu'il n*n uvoit lui-mimc que la moitié • renget IL vicomte de ccttc ville. Il paroît d’ail¬
leurs
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DE LANGUEDOC. J93
- — : leurs que ce dernier fût vicomte de Lodeve , par Jeune qu’il faut rapporter la première origine de
*Vx V ^ unc ^onat*on a en &veur de l’abbaye de Gellone, cette jurifdi&ion. Ce prince, fuivanr l’inventaire m
a?r./. ai;. ou de S.Guillelm, faite vers l’an 1 077 • en préfêncc de Briçonet , confirma en 1 r 57. les privilèges de
de Bernard cvêqtie de Lodeve, du vicomte Beren - de J’cglifc de Lodeve, & donna a fes évêques les
ger - Richard , ou fils de Richard, &c. Venons d/w/ régaliens fur tout le diocèfe , avec toutes les
préfentement a l’origine de la jurifcli&ion tempo- mines qu’on y avoir déjà découvertes , ou qu’on
relie que les cvêques de Lodeve exercent fur tout y découvrirait dans la fuite , ôc qui appartenoient
leur diocèfe. au domaine. Il confirma n cette charte l’an 1161.
VI. Si nous en croions Bernard Guidonis évêque en faveur de l’évêque Gaucelin. Nonobftant cette
h v.d-Jtf* Cette ville *>, quia écrit au XlV.fiécIc la vie de conceflion , les comtes de Touloufe en qualité de
S. Fulcrând fbn prédeceflêur , ces prélats c jouit- comtes de Lodeve conferverenc la fuzeraineré fur le
gr.B»i foient déjà au milieu du X. dans leur ville épif- Lodevois -, fuzeraineré dont ils jouifloient encore
# copale , dune plénitude de jurifdsttton qui leur avoit à la fin du XII. ficelé fans contradi&ion de la
etc accordée par nos rots y (fi par /' autorité apojlolijue. part des évêques , ainfi qu’on l’a déjà vu.
AiM.u. e. j| ç0nvjcnr cependant que S. Fulcrând d fur élu par XI. Le roi Philippe-Augufte confirma Fen 1188.
le crédit d’Eudes & d’Eldin princes du peuple , c’eft- en faveur de Raymond évêque de Lodeveje diplo-
t nu. a. s . à-dire, vicomtes de Lodeve. Il donne lui-même c la me de Louis le Jeune , & accorda en 1 1 1 o. par
& iQ‘ qualité de vicomte au dernier , & S. Fulcrând fait une autre charte 9 à Pierre fucceflèur de Raymond,
mention du même Eldin vicomte de Lodeve , dans les chemins publics , les forterejfes , le droit de bat -
fbn teftaméne L Ces vicomtes jouifToient donc au
X. fiécle d’une partie du domaine du Lodevois ,
fous les comtes de Touloufe qui en étoient les fu-
zerains , ainfi que nous l’avons déjà vu.
Vil. Quant aux chartes de nos rois , & aux bul-
fcbr.p.111
9
fv. a*u.
énift.un. td.
U . 6.
tre monnoye , la puijfance judiciaire > les mines déjà
decouvertes ou à découvrir , & enfin les droits réga¬
liens dans tout f évêché de Lodeve . Il confirma ce
privilège en iiKj.1 & ordonna à tous les fei-
gneurs & vaflàux du diocèfe, de prêter ferment de
les des papes , qui peuvent avoir donné aux évê- fidelité à l’évêque, Sc de lui obéir comme à lui-
qtics de Lodeve la juridiction temporelle fur leur même.
NOTE
XXV.
m Plunhiv.
n Fr. P'îtjl
à-fiq.
o TUntev.fi
9t.
f Jbid.p.96.
q Ibid.p. IizV
Pr. tt. |.
r P Uni. pi
m.
g PltHtêV.
ibU. f. II*.
XII. Dans la fuite le roi Louis VIII. pour • recon -
no 1 tre les ferviccs que T terre évêque de Lodeve lui
avoit rendus durant la guerre des Albigeois contre
Raymond comte de Touloufê , accorda en 1 2 1 j . à ce
prélat & à les fucccfleurs le comté de Mont brun avec
1 498. La plupart de ces cartulaires ont péri parla fes dépendances pour en jouir de la maniéré dont le
fureur des Calviniftcs ; mais l’inventaire s’eft con- même comte Raymond (fi fes prédecejfeurs en avoient
fervé : or il n’y eft fait mention d’aucune charte joui patfb'ement depuis ptufieurs ficelés . Ce prince
ville épifcopale ou fur le diocèfe , avant S. Fulcran
Bernard Guidonis n’en cite aucune en particulier.
Ce prélat compila g dans cinq gros cartulaires tou¬
tes les chartes de fon égli fe , dont Guillaume Bri-
çonner fon fuccefTcur dreflà un inventaire en
tibid.f.uêi
de nos rois , qui ait donné aux évêques de Lo¬
deve la temporalité fur leur ville ou lur leur dio-
ccfc avant le milieu du XII. ficelé.
VIII. II eft vrai qu’il parole , fuivant cet inven¬
taire, que Charlemagne , Louis le Débonnaire, &
o-
Charles le Chauve, accordèrent chacun h un dip!
* me en faveur de l’églilè de Lodeve, & qu'on pré¬
tend que celui de ce dernier prince eft daté du
monaftere de S- Saturnin , lorfque les Norman s af
«r.ifv.x.
■*
maintint en ipême tems les évêques de Lodeve
dans la poflcllîon des droits régaliens qui leur
avoient été donnez par les rois (es prédcceflc-urs.
XIII. Plantavic ajoute que Louis VIII. voulut
par fâ charte, qu’en mémoire des fer/ices que
Pierre évêque de Lodeve lui avoit rendus durant
la guerre des Albigeois, ccttc ville, qu'on nom-
moit auparavant Lutcva> s’appeliât à l’avenir Lodo-
va , comme qui dirait la ville de Louis : mais ce
jugeaient Touloufê , le premier de 'juin de l'an 879 . fait nous paraît douteux , pour ne pas dire faux,
mais Charles le Chauve ne vivoit plus en 879. & puifque la même ville eft appellée Lodova & dans
le diplôme étant daté du monaftere de S. Saturnin lacharte'de Louis VII. de l’an 1 16*. &dans celle tpr.f.stn
près de Touloufê au mois de Juin, il doit avoir été de Philippe-Augufte de l’an 1 1 1 o. & même dans
donné en 843. ou 844- lorfquc ce * prince ( & des titres du X.ïiécie. u u^* ,2** &
non pas les Normans ) aflïcgeoir ccttc ville. D’ail- XIV. Raymond le Jeune comte de Touloufê , ^
leurs toutes ces chartes ne contiennent que la dona- ayant cédé en 1228. à S. Louis le duché deNar-
tion ou reftitution de quelques terres on villages en bonne, & tout ce qu'il poflcdoit en Languedoc,
faveur de Pcglifc de Lodeve , & il n’y eft point parlé à la réfèrveduTotiloufain ôc d’une partie de l’AIbi-
de l’autoritc temporelle des évêques de cette ville geois,lcs évêques de Lodeve ont été depuis ce rems
fiir tout leur dioccfe. en poflèlfion des droits que nos rais leur avoient
IX. Le plus ancien monument qui fèmble prou- accordez , & ils ont reçu l’hommage de tous les
yjênt.ik.p. ver cette autorité , eft un aéle de l’an
lui
1122.
par fêigneurs du pays: quelques-uns, entr’autres ceux
lequel on prétend que Raymond , alors évêque de de Clermont , firent cependant difficulté pendant
Lodeve, inftitua un maître de la monnoye avec per- long-tems de Ce foumettre à la fuzeraineré de ces
million d’en fabriquer -, d’où on pourrait conclure prélats j mais enfin ils y forent contraints, après plu-
que ce prélat jouilîoit alors des droits régaliens : fleurs ordres rcicerez de la part de nos rois,
mais outre que nous n’avons plus cet a<fte , qu’on XV. Il rcfulte de ce que nous venons de dire ,
ne connoît que par une fimple notice, les évê- 1*. que le comté de Lodeve dépendoit ancienne-
quesde Lodeve pouvoienr alors en qualité de fei- ment du domaine des comtes de Touloufê qui en
gneurs temporels d'une partie de leur ville ou de jouirent du moins jufqu a la fin du XII. liccle.
leur diocèfe, s’être attribués le droit de faire battre
monnoye , à l’exemple de plufîeurs autres pré¬
lats & fêigneurs , foit du royaume , foie de la
province , fans avoir cependant la jurifdiélion
temporelle fiir tout leur diocèfe.
X. Ce n eft donc proprement qu’au roi Louis le
Time II.
Comme le comté de Rouergue, qui eft limitrophe,
ctoit déjà dans leur maifon au milieu du IX. &
que nous ne trouvons aucun comte particulier de
Lodeve depuis ce tems-là , il eft fort vraifcmblnble
qu’ils dominèrent fur le Lodevois au moins dès la
fin du même ficelé : mais il eft incertain fi ce pays
FFff
TH
NOTES SUR. L’HISTOIRE
^ OTE échut en partage à la branche dcTouloufe ou a & tâchons de remonter jufqu’à leurs prédeceflfeurs. ^ Q '
XXV. celle de Rouergue , après leur fcparation vers le III. Dans les geftes f de Gui d’Anjou évêque du xxvi
milieu du fiécle fuivant. Cependant comme Guil- Puy il eft fait mention de Pons & Bertrand confids t u*u*hnjt.
laume IV. comte de Touloule fe qualifioit comte de (c*eft-à-dire comtes) t Aquitaine fzs neveux, fils de ti% '•* *•
Lodcve en 1 080. & qu’il paroît que Raymond de fa feur Adélaïde & d’Eftienne. Nos meilleurscriti-
S. Gilles (on frere poflèdoit alors tous les domaines ques conviennent que ce dernier fut comte de Ge- *'w- *•
qui avoient appartenu â la branche de Rouergue , vamdan g; on verra bientôt en effet que fes deux fils /<//. 74*’ &
il y a lieu de croire que le comté de Lodevc ap- furent comtes de ce pays. Comme ceux-ci furent s*s
partint toujours aux comtes de Touloufe. préfens h en 97 5 . quand Gui d’Anjou leur oncle
i°. Qpe le domaine que les comtes de Rodez maternel prit poflemon de l’évêché duPuy,& quils
ptétendoient fur une partie de la ville & du diocéfe étoient alors qualifiez comtes , nous inférons de là t$.
de Lodeve , n’eft pas différent de la vicomté de qu’Eftiennc leur pcrc étoit alors déjà décédé : il
ccue ville. On peut ajouter que les vicomtes a de l’étoitdu moins en *99 3 . lorlqtie Gui fonda lemo- ïm/***'
%£***- Lodeve exercoient la principale autorité dansl’éle- nafterc de S. Pierre du Puy , de l’avis de U comteffe
dion des évêques au X. fiécle , & nous avons vu Adelaide fia faur , 63 des fils de cette derniere , Pons
que les comtes de Rodez prétendoient la même (3 Bertrand fes /rrw/*, qui (oufai virent à la fonda-
autorité au XIII. fiécle *. ceux-ci étoient donc les tion. Elle eft datée de l’an 9 9 G. dans l’édition que
fuccclTeurs des autres. ‘le P. de Sainte-Marchefca donnée des geftes du mê- rCâ*‘
}°.Que bien que les évêques de Lodeve euffent mcGui : mais outre quelle eftdel*an993. dans
obtenu dès le milieu du XII. fiécle, par divers di- les éditions du P. Labbe I & du P. Mabillon, 6c
{dômes de nos rois, les droits régaliens dans tout dans un manuferic de l’abbaye deS.Chaffre , l’in- *.s 'b?+1\
e Lodevois, ils ne les poffederent pas cependant dkftion & le jour de la lune ne fçauroient convc- ,,,#
abfolument qu’après que les comtes dcTouloufe , nir à l’an 996. au lieu qu’ils s’accordent avec l’an
feigneurs fuzerains du pays , & les comtes de Ro- 993. Du refte il ne faut pas confondre , comme
dez leurs vallàux en cjualité de vicomtes de Lode- quelques modernes l’ont fait , Adélaïde d’Anjou
ve, leur curent vendu ou cédé Us droits qui leur femme d’Eftienne comte de Gevaudan > avec
appartenaient fier le pays , (3 dont auparavant ils une autre Adélaïde d’Anjou , que Guillaume I.
avoient toujours joui pa fiblement . C’eft donc feu- comte de Provence époufa en fécondés noces après
lement depuis le commencement du XIII. fié- l’an 978.
clc, & principalement depuis la charte de Louis 11 eft parlé auffi du comte Pons & de Ion frere
VIII. que ces prélats ont exercé une jurifdi&ion Bertrand clans la fondation m qu’Efticnne vicomte m Pr.fl ijji
temporelle fur tout le Lodevois , à la réferve du de Gevaudan fit en 998. du prieuré de Langogne, ff*
domaine de l’abbaye de S. Guillem du Défcrr, dans ce pays. Enfin le même Pons prend la qua-
nommément bcxcepté dans les tranfa&ions paftées lité de comte de Gevaudan (3 de Forez, dans 11 une
entre les abbez de ce monaftere & les évêques de charte datée du mois de Février de l’an 1 010. ou
Lodeve. de l’an 10 1 1. fuivant notre maniéré de compter.
* 40. Enfin que le château dcMontbrun, fituc fur Ifcft fait mention dansle mêmeaâc d'EJlienne fin
une élévation , à cinq cens pas de la ville , étoit le pere , et Adélaïde fa more , de Theotbcrge fia femme,
chef-lieu du domaine des comtes Sc des vicomtes de fes fils Efhenne (3 Pons , (3 de fies fieres Bertrand
de Lodeve , 6c que la qualité de comtes de Mont- 63 Guillaume.
brun que prennent les évêques de cette ville n’eft IV. M. Baluze 0 conjeéhirc que Pons étoit comte
pas différente de celle de comtes de Lodeve. Au de Forez par Theotbcrgç (a femme : il ajoute que r,uN
refte quoique ces prélats ayenc été en droit de fe le comte Fftienne , qui fouferivit la fécondé année 4,‘
qualifier comtes depuis l’an 1115. nous ne voyons du roi Robert ou l’an 1 o 3 3 . à une donation en
pas cependant qu’ils ayent pris ce titre avant le faveur de l’églife de Clermont , eft le même qu’Ef-
XIV. fiécle : le plus ancien évêque de notre con- tienne fils du comte Pons, 6c qu’il lui avoitlucce-
noiffance qui fe foit qualifié comte de Montbrun, dé dans le comté de Gevaudan -, ce qui eft fort
b PUntdv.p
tjo.
«IM. mm. eft Jean II. dans un adle'de l’an 1 37X.
NOTE XXVI.
Sur les anciens comtes & vicomtes
de Gevaudan.
I. ’"J"1 Otis ceux qui ont écrit fur ces comtes & ces
vraifemblable.
V. Nous trouvons enfuite que Robert H. comte
d'Auvergne , prend le titre de comte de Gevaudan
dans un aefte Pqui eft fans d ite ; mais qui doit être P
poftérieur à l’an 1064. puisqu’il y fait mention de ”*
Judith fa fécondé femme , & que Bcrthe la pre¬
mière vivoitl encore cette année. Enfin Raymond <\V-L “»•
de S. Gilles (e qualifie comte de Gevaudan dans *
une charte de l’an 1085. 1 du vivant du meme »*•/•»«;
Robert comte d’Auvergne.
VI. M. Baluze • croit que ce dernier avoit hérité •
du comté de Gevaudan , de Guillaume V. fon pere, ,
ou plutôt de Philippe fa merc, qu’il prétend avoir
• tr.f.u.ér
As-
vicomtes les ont confondus : il eft certain
neanmoins qu’on doit les diftinguer.
Nous avons déjà parlé dans le premier volume i
de Palladc & d’innocent fuccellivemcnt comtes
de Gevaudan fous la première race de nos rois, été tance paternelle^: héritière d’Efticnne II. com-
Depuis ce tcms-là nous n’avons rien de bien po- te de Gevaudan, mort fans en fans : mais il nous pa-
litif (ur leurs fucceflcurs jufques vers le milieu du roît beaucoup plus vraifemblable que Robert ne le
X. fiécle , faute de monumens. qualifioit comte de Gevaudan , que par la même
II. Eftienne évêque de Mende rétablit « en 9 5 1 . raifon qu’il prenoit le titre de comte de Rouergue }
le monaftere de lainte Enimie , du confentement c’eft-à-dire comme ayant epoufé Bcrthe fille &
& de la volonté de Raymond marquis , de Bernard héritière d’Hugues comte de Rouergue de la mai-
vicomte , :Jc. 11 y avoir donc alors un marquis ou fon de Touloufe. Voici fur quoi nous nous fon-
comte , & un vicomte dans le Gevaudan. Voyons dons. t°. M. Baluze convient * que le comté de
quels furent les fucccllèurs de l’un & de l’autre, Gevaudan ne pajfa fat à la fofierité de Robert
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cc qui âuroit du arriver fi ce comrc eût potfcdc le
Gevaudan en qualité d’héritier de Philippe G mere.
i°. Il eft certain que Raymond de S. Gilles fc qua-
lifioit comte de Rouergue après la mort de Berthe
fa coufînc , première femme de Robert comte
d'Auvergne » ôc qu’il recueillit fa fucceffion ; ot
on a déjà vû qu’il prenoit le titre de comte de Ge¬
vaudan en 1 08 5 .du vivant de Robert : il aura donc
pofledé ce comté avec celui de Rouergue comme
héritier de Berthe fa cou/me. j°. Il paroît qu’Efa
tienne comte de Gevaudan père des comtes Pons
& Bertrand, étoit deia maifon de Touloufê, ôc
de la branche de Rouergue *, ce qu’on peut appuicr
tant far la conformité des noms de Pons & Ber¬
trand , avec ceux qui étoient alors en ufage dans
la maifon de Touloufê , que far cc que nous
voyons un Raymond marquis exercer fon.autorité
dans le Gevaudan en 951.
VII. Nous croyons donc r °. que le comté de Ge¬
vaudan appartint faccdlivcment * au commence¬
ment du X. fiécle,avec le comté d’Auvergne, à Guil¬
laume le Pieux , & à fès deux neveux Guillaume II.
& Acfred ducs d’Aquitaine. i° Qu’après leur mort
le roi Raoul pour attirer à fon parti Raymond-
Pons & Ermengaud princes de Gothie , difpofa du
Gevaudan en faveur du dernier, & de l’Auvergne
en faveur de l’autre par le traité qu’il conclut avec
eux en 931. 30. Qu’Eftienne I. comte de Gevau¬
dan croit fils puîné du même Ermengaud , qui eut
ïVNrt.mu certainement plufteurs bfils. 40. Que Raymond I.
+ comtc Rouergue fils aîné d’Ermengaud con-
ferva la principale autorité far le Gevaudan. 5
Qu’Eftienne II. petit-fils d’Eftiennc I. comte de cc
pays étant décédé fans enfins vers l’an 1035. Hu¬
gues comte de Rouergue lui fucccda comme fbn
plus proche héritier. 6°. Que ce dernier tranfmit
le Gevaudan à Berthejâ fille , & qu’enfin cette prin-
celîe étant morte fans porterité , Raymond de
S. Gilles fon coufin lui facceda dans le comté de
Gevaudan , comme il eft certain qu’il lui (iicccda
dans le comté de Rouergue , ain/i que nous l’avons
vu ailleurs.
VIII. Le Gevaudan demeura par là dans la mai¬
fon dcTouloufc depuis lan 932. jufqu’à Raymond
de S. Gilles qui s’en quaiifioit comte en 1 08 5 • &
ce prince le tranfmit fans doute à fès defaendans.
Il faut avouer cependant que leur autorité diminua
beaucoup dans la fuite en ce pays *, à quoi l’éloigne¬
ment ou l’abfcnce de ces princes, qui furent pref
^ue toujours occupez depuis à diverfes guerres, far
tout à celles d’Ourremer , contribua beaucoup ; ce
qui donna occafion aux évêques de Mende d’y faire
valoir leur autorité, Ôc de demander enfin en 1 1 6 1 .
au roi Louis le Jeune les droits régaliens far tout
leuc diocèfe , que ce prince leur accorda ; en forte
3 uc ces prélats devinrent enfin feigneurs fazerains
□ pays, & s’en qualifièrent comtes. Venons aux
vicomtes de Gevaudan.
IX. On a déjà vu que Bernard poflcdoit cette
vicomté en 951. Nous ne doutons pas que ce
ttr.f. u. vicomte ne foit le même que Bernard c fils d’un
autre Bernard qui étoit vicomte dans le Rouergue
en 937. fous l’autorité des comtes deTonloufe,
& frere puîné de Berenger, duquel defeendent les
vicomtes héréditaires de Miihaud. Nous apporte¬
rons bientôt les raifons qui nous le perfundent.
X.Aprcs Bernard on trouve un Eftienne à vicomte
de Gevaudan , qui avec G femme Almodis , fonda
vers l’an 998. le prieuré de Langognc dans le
pays. Ce vicomte fait mention dans cet a&e de
T omc JJ.
G U E D O C. j
Rigaud fon frère j il vivoit * encore en toi i. 8c
en 1019. & mourut fans enfans f.
XI. Richard II. vicomte de Miihaud fucceda à
Eftienne dans la vicomté de Gevaudan : en voici
m.&
r.,.
NOTE
XXVI.
e /*. 166.
Jireb. du pr •
la preuve. Richard fournit g vers l’an 1 05 o. le mo-
nafterede laQnourgiieàl’abbayedcS.Vidor de
Marfeillc : or le lieu de la Canourgue étoit cer- £ p^'/prl
tainement une des dépendances de la vicomté de r#- *•/>•
Grezes, & cette vicomté n’eft pas differente de
celle de Gevaudan : Richard II. vicomte de MÜ-
haud , étoit donc en meme tems vicomte de Ge¬
vaudan , & avoir facccdé à Eftienne dans cette der¬
nière vicomté. Nous concluons de-li que le même
Richard & Eftienne vicomtes de Gevaudan avoient
une defcendance commune , puifque cette vicomté
ne peur être entrée dans la maifon du premier que
par fucceffion agnatique & droit héréditaire , &
non pas par fammes \ car l’époufc de Richard I.
pere de Richard II. étoit h fille d’un vicomte de Bé- fc tu»
ziers, ôc celle de Richard II. étoit delà maifon des
vicomtes de Narbonne.
XII. Berenger fils aîné de Richard II. vicomte
de Miihaud lui facceda dans la vicomté de Ge¬
vaudan. Ccft ce qu’on voit par un aâe'del’an i G*u.<htifu
io$o. faivant lequel Aldebert évêque de Mende
unit legiifcde la Canourgue à l’abbaye de S. V i- ** ’ * 3 *
âor de Marfeille, conjointement avec Berenger
Rtcardt , ou fils de Richard vicomte . Le doyen &
les chanoines de la Canourgue confèntirent auffi
à cette union , du confetl & de U volonté du vicomte
Berenger*
il paroît que les frères de cc dernier eurent
quelque part avec lui dans la vicomte de Gevaucfan,
par un aâc k de l’an 1 0 5 8. faivant lequel Roger K fr.p. ait,
(3 Bernard fon frere , fils de Richard vicomte , don-
nerent à l’abbaye de S. Viélor de Marfeille quelques
biens fituez aux environs de la Canourgue.
XIII. Berenger vicomte de Miihaud ôc de Ge¬
vaudan , qu’on appelle Berenger I. & que nous
nommons Berenger II. épou/a Adele héritière des
vicomtcz de Carlad & de Lodeve K II en eut en- 1 K.Wif.n»,
tr’autres deux fils entre lcfquels il partagea fes *• J*«r
principaux domaines. Gilbert l’aîné, eut une por¬
tion de la vicomté de Carlad, avec les vicomteZ
de Miihaud ôc de Gevaudan. Richard le puîné ,
eut l’autre portion du Carladois, avec la vicomté
de Lodeve, & devint enfuite comte de Rodez.
XIV. Gilbert parvint auffi à la dignité de comte
par fon mariage avecGcrbergc hcriricre du comté
d’Arles , ou de Provence ; car il eft faux qu’il ait
cté par lui-même comte de Rode t , de Miihaud
(3 de Gevaudan , comme un moderne m l’a avancé. mDtfcrMu
Ce fut Richard fon frere, qui acquit le comté de *r'l*f*l**£“
Rodez des comtes a de Toqloufc.Quant au Gevau-
dan , & à Miihaud » il n’en fut jamais que vicomte. n A’*/4 liu*
Le même auteur ne fc trompe pas moins lorfqu’il
dit que Gilbert fut dépouillé du comté de Rodez
par Raymond de S. Gilles ; ôc il tombe li-dclfas
dans plufieurs autres fautes qu’il eft inutile de re¬
lever.
Gilbert eut deux filles de fon mariage avec Ger-
berge de Provence. L*aînéc appclléc Douce , fat
leur principale héritière ; elle époulâ en inz.
Raymond-Berenger comte de Barcelone. Gerberge
fa mere lui donna °alors U comte' de Provence , de oMére.HiJ^
Gevaudan (3 de Carlad , avec tout T honneur ejui eft *
dans le comte de Rouergue y dont elle avoit hérité de
fes parent , ou que le comte Gilbert fon mari lui
avoit donné \ ou bien, comme elle s’exprime dans
le contrat de mariage paflé quelques jours après,
FF ff ij
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19 5
NOTES SUR. L’HISTOIRE
NOTE
«XVI.
t; U 41
/‘*ï-
f JM.
le comte de Provence quelle pojfedott , le comte de gnées alors fous le titre de comté de Milhaud > (oit - -
Gevaudan , la vicomté de Cev lad ($ tous les biens qu’elles euflem cté érigées en titre de comté , ou T ^
quelle avoit dans le comté de Roucrgue, 83 qui pro- plûtôt qu’on le leur donnât , à caufe qu’elles A
Ucnoicnt du feu comte Gilbert fin mari. On donne avoient cté pofl'edées par le comte Gilbert & les
ici le titre de comté aux vicotntez de Gevaudan & comtes de Barcelonne fes fucceflèurs. Jacques cm-
de Milhaud, pofledées par Gilbert, & délignées par ploya pour cela le crédit de Guillaume évêque de
a AU. p. $46, un auteur • qui a écrit à la fin du XIII. fiécle, fous le Mende, & il y a lieu de croire qu’il réuflit, du moins
nom général de comte de Milhaud: maisc’eftim- pour la vicomté de Gevaudan , puifquc deux ans
proprement, & il cft certain, comme nous le verrons après il déclara tenir 1 de ce prélat & de l’églife de 1 g*u. chùjt.
dans la foire , que Raymond-Berenger > & les def- Mende le château de Grez^s avec toute la terre de td' '*
■cendans de Douce fon époufe, ne pofi'ederent que Gevaudan. ' r ‘ 5 '
la vicomté (& non pas le comté) de Gevaudan , de XIX. Les rois d’ Arragon ne demeurèrent pas pour
même que la vicomté de Milhaud. cela pailibles poflèlTeurs de la vicomte de Grezes ou
XV. Raymond-Berenger domina en conféquence de Gevaudan. Le roi S. Louis prétendit que cette
Irr.f. 4x2. for une partie du Gevaudan ,& donna b en fief vicomté faifoit partie des biens conhfquez fur le
en 1 116. à Guarin & à Odilon , freres , le château comte de Touloufc , & que le prix de l’engage-
de Randon fitué dans le même pays. Il fit fon tefta- ment de l’an 1 104. n’avoit pas été payé4, ainfi ce
t dus. and. ment c en 1 1 3 o. & laifla à Berenger-Raymond fon prince la donna en garde m au mois de Janvier de ® Fr. »• u
<! iï“U'2- ^*econcl fils > le comté de Provence , avec ce qu'il pofi l’an 1 1 27. à Ueraud de Mercceur , jufquâ ce que le
fedoit dans le Gevaudan 83 te Carladois. Ce dernier rot £ Arragon eut fuis fait au prix de C engagement.
a Thr.de » eh. jouit de la vicomté d de Grez.es , ou de Gevaudan. Louis étant entré l'année fuivante dans le droit du
• M mourut en 1 1 44. & laiflà un fils en bas âge ap- comte deTouloufe, par le traitédepaix qu’ils firent
*0. pelle Raymond- Bcrengcr qui lui fucceda , & qui enfcmble, luivant lequel ce comte céda au roi tout
êAUre.Hi# . n’cut qu’une fille unique c , qu’il promit en mariage ce qu’il avoit cn-deça du Rhône , â la referve du
à Raymond VI. fils de Raymond V. comte de Tou- Touloufain, du Querci, du Rouergue& d’une par-
loufe : mais cette princelfe étant morte avant fon tie de l’Albigeois, &c. Le Gevaudan fc trouva com-
mariage , & Raymond-Berenger fon pere étant pris dans les domaines cedez à la couronne : ainlî
décédé lui-même fans enfans en 1 166. Alfonfe 11. Louis continua de jouir de la vicomté de Grezes,
roi d’Arragon , fon coufin germain , lui fucceda dans laquelle il établit * l’évêque de Clermont Q au,
dans tous fes états. pour fon lieutenant , après la mort de Bcraud de
_ XVI. Raymond V. comte de Touloufc, avoit Mctcœur-, & en 1150. Raoul du Roure gou-
différens droits fut cette focceflion , qui comprc- vernoit cette vicomté en qualité de bailli de ce
noit f le comté de Provence , 83 la terre de Milhaud , prince.
de Gevaudan 83 de Car lad . Il fondoit entr’autres XX. Enfin S. Louis acquit entièrement les droits
ces droits fur le mariage projetté entre fon fils & du roi d’ Arragon fur le Gevaudan, par la tranfa-
la fille de Raymond-Berenger , & il les fit valoir élion 0 qu’ils palfcrcnt enfcmblc en 1 258* & dans •Màrt.Hifi.
contre le roi d’Arragon. Ces deux princes en vin- laquelle le dernier céda au premier les droits qu’il
rent enfin en 1 176. aune tranfnclion , pat laquelle avoit fur Milhaud 83 le com'é de Milhaud , fur »»*••
le roi d’Arragon promit de (atisfaire le comte de Grez.es , la vicomté de Grezes 83 le Gevaudan , que
Touloufc fur l'article du Gevaudan , & lui donna Pierre rot <S Aragon avoit engagez autrefois à Ray-
3 ioo. marcs d’argent. Moyennant cette fomme, ce mond comte de Touloufe. QuoiquWdonne ici le
dernier abandonna à l’autre toutes fes prétentions nom de comté à l’ancienne vicomté de Milhaud,
fur le comté d’Arles ou de Provence, lis confir- & qu’on qualifie aufli comté , la vicomté de Gre-
l merent S cct accord en 1 1 8 4* & firent réciproque- zes dans un compromis P fait trois ans auparavant P
J‘q* ment les mêmes réferves -, fçavoir de la part du roi entre les deux princes , il ne s’agit cependant que *' 4i°*
<T Aragon , for le comté de Melgucil pofTedé par des vicomtez de Milhaud & de Gevaudan polfc-
le comte de Touloufc -, & celui-ci fur ce que l’autre dccs anciennement par le vicomte Berenger & par
poflèdoit dans les évêchez de Rouergue 83 de Ge- Richard 1. fon fils , de qui les comtes de Barce-
vaudan , dont chacun demeura en pofleflion. lonc & rois d’ Arragon tiroient leur droit.C’cft ainfi
XVII. Il cft certain en effet que Pierre roi d’Arra- que la vicomté de Gevaudan fut entièrement réu-
gon fils 8c fucceffcur d’Alfonle , jouit des vicomtez nie à la couronne : elle comprenoit entr’autres le
,#4 de Milhaud & de Gevaudan , puifqu’en ** 1204. diâtcau de Grezesqui en étoit lcchef-lieu, les villes
il engagea à Raymond VI. comte de Touloufc, fils de Maruejouls , Chirac , la Canourgue , &c. corn¬
ée fuccelfcur de Raymond V. ce qu'il pojfedoit dans me il eft énoncé dans les attes de 1 2 6 5 . 3 & 1 266. q Pr.
tout le comté de Milhaud 83 de Gevaudan , pour la par lefquels Odilon évêque de Mende céda â Saint
fomme de cent cinquante mille fols Melgoricns, Louis la fuzeraineté qu’il prétendoit fur cette vi-
évalucz à 3000. marcs d’argent. comté en qualité de fcigneur de tout le Gcvau-
ll paroît par un aéle 1 de l’an 1 2 1 3 . que le comte dan , 8c ce prince lui donna divers biens en échan¬
ge Touloufe remit cette fomme au roi d' Arragon, & ge*> en forte que les fucceflèurs de ce prélat ne
qu’il lui relâcha le comté de Milhaud avec fes dépen- dominèrent plus que fur une partie du Gevaudan ,
dances : mais la guerre des Albigeois , â laquelle ccs jufqu’au régne de Philippe le Bel , qui fit un traité
deux princes eurent beaucoup de part, fit que le légat de pariage en 1 306. avec Guillaume évêque de
du pape s’empara delà vicomté de Milhaud, & que Mende, & lui permit de même qu’à fcs luccet
l’évêqne de Mende fefaifit de fon côté du château feurs, de fc qualifier comtes de Grjaudan. Ces
de Grezes , chef- lieu de la vicomté de Gevaudan , prélats prirent (ans doute ce titre dans la fuite :
pour le tenir en garde comme étant un fief de fa cependant le plus ancien d’entr’enx , que nous
mouvance. connoiflions s’être qualifié comte de Gevaudan »
XV11I. Jacques roi d’Arragon, fils «Sc fucceffeur c’eft Jean de Corbie, qui fe donne cctcc qualité
de Pierre , fit tous fcs efforts en 1 1 2 3 . k pour ren- dans un aétc r de l’an 1416.
trer dans la pofleflion de ces deux vicomtez défi-
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DE LANGUEDOC*
197
note
XXV II.
NOTE XXVII.
Sur Oliba Cabreta comte de Befalu y de
Cerdagne y de F e nouille de s , (fie.
& fes fucceffeurs.
II. II tft ccrrain d’abord qu'Oliba Cabrera ne N O f É
peur avoir entrepris le voyage d’Italie pour le re- XXVI L
tirer au Mont-Caflin qu’enrre le commencement
de J an 988- de la fin de l’an 990. il mourut1 en
effet cerre derniere année; & il croit encore dans
la Marche d’Efpagne où il prenoit le titre de comp¬
te, &vivoit en fèculier le 14. Février de l’an 98^1
fomme on voit par une donation k qu’il fit alors k
à l’abbaye d’Arles en Rouflillon , de dans laquelle
i Gefl. itmiii
Barcm. ihd.
jta iS-Ora.
m *Atf- SSi
Sentd.ihd.fi
«7*.
j. I.T) ^errc Damien rapporte * dans la vie de S. Ro- il donne de grandes marques de componction.
Tth.f. »oi. mna ld t. que lorfque ce faine demeitroit au Cela nous donne lieu de croire qu’il droit en ce
voifinage de l’abbaye de Cuxa , gouvernée par tcms-là fur fon départ pour le Mont-Caflin, ôc
l’abbe Guarin , un comte du voifinage nommé qu'il s'y rendit la même année : auffi eft-ce le der-
* Oliba, feignciir très-puiflant, qui exerçoit [on ante- nier ade que nous ayons de lui. Ce n'eft donc ni
* rite fur ce monafiere, mais dont la confidence écoit en 981. comme l’a cru D. Mabillon , ni en 996. 1 Baihet va
* chargée de crimes, l’alla trouver dans fa cellule fuivanr Cailler I qu’il fit ce voyage, & qu’il prit s.T^mn*U
* de lui découvrit toute fi vie comme en confet l’habit monaftique. 7 'V
•’fion; que S. Romualdlui dit fans le flatter, qu’il III . Il y a cependant une difficulté , qui eft
" n’y avoir de (alur pour lui que dans la fuite du que Pierre Damien marque au même endroit ,
•monde, de la profdlion monaftique f fur quoi que Pierre Urfeolc duc de Venifc croit déjà décédé
•ce comte prit la réfolution d’aller au Mont- dans l’abbaye de Cuxa, lorfque S. Romuald de le
* Caflin pour s’y conficrer à Dieu pour toujours, comte Oliba partirent , l’un pour la Romagnc , de
11 ajoute, c que S. Romuald étant enfuire re- l’autre pour le Mont-Caffin. Or on prétend “que
»» tourné en Italie , l’abbé Guarin qui entreprit le Pierre Urfeolc ne mourut que vers l’an 997. On
*» même voyage , emmena avec lui le comte Oliba , fè fonde fîir cet endroit de fa vie écrite environ
*• qui après avoir abandonné fes biens à fes fils , un ficelé après fâ mort : 0 In hora autem nona fra - n iM/atji
•» fe retira dans ce nionnftere , Ôcc. » Ce qu’on tribus omnibus arcumflantibus /// i.idus fanuarit^
vient de rapporter ne peur convenir qua Oliba jamreddito fruttu xvm /. ad alta fjderum cacu-
Cabreta comte de Bcfâh? de de Ce rdagne , qui fè mina oculos elevansreddid iJfiritnm.Le P.Mabillon
lôrjl.fimir. rendit b célébré à la fin du X. fîéclc. Nous ne qui a ajouté dans le texte le mo tannorum entre
connoiflons en effet alors que lui feu 1 de ce notn deux crochctsiredduo fruttu xvun . [annorurnjad
54*. dans la Marche d’Efpngne de dans la Scptimanie : a/ta , (fie. conclut de là que Pierre Urièole dans le
nous fçavons c d’ailleurs qu’il étendoit fa domina- tems de fa mort avoir parte dix-neuf ans a Cuxa
WZ9C\ tion fur le Confiant , où l’abbaye de Cuxa eft fi- dans l’exercice de la vie monaftique : mais ou ccttc
ruée \ qu’il txerçoit fbn autorité fiir cette abbaye ; interprétation eft faufle, ou s’il s’agit des années
qu’il l’avoir fait rebâtir avec Sunifrcd comte de que Pierre vécut dans le cloître, il doit y avoir
Barcelone fbn frere, qu’ils y avoient établi Gua- erreur dans le chiffre, & on aura ajouté x a viw.
rin pour abbé , de c. En effet fi la mort de Pierre Urfeolc précéda le
Le P. Mabillon d rapporte toutefois cet endroit départ du comte Oliba pour le Mont-Caflin , com-
dc la vie de S.Romuald a Oliba évêque d’Aufbnne, me l'attelle Pierre Damien , le premier doit être
troifiéme fils d’Oliba Cabreta. Il le fait partir e en décédé vers l’an 987. ainfi s’étant retiré en "978.
981. pour aller prendre l’habit religieux au Mont- dans l’abbaye de Cuxa, il y aura profèllé la vie
Caflin, & revenir enftiire dans l’abbaye de Cuxa monaftique pendant vi / / /. ans.
pour y vivre fîiivant fâ profdlion: mais pltifîcurs rai-
fons nous empêchent d'admettre le fênriment de ce
fçavant auteur. r°. Il eft certain qu’OIiba fiisd’O-
tiiâre.wfy. |iba Cabrera prit f l’habit monaftique dans l’abbaye
de Riupoll en Catalogne, de non pas au Mont-
Caflin. i°. Ce ne fut qu’après l’an ioco. car il
Imi*.9s4. étoit s encore fèculier certe derniere année > &
4 M SS.
Ètnti. ibtdf.
*7*.
f U
«a. J»«2. «.
IU
o iddi. A
Mnn. 97t. ».
79- & Jtq.
p Mérc.Hify*
/. 54**
IV. L’auteur des geftes P des comtes de Bar¬
celone ne donne que trois fils à Oliba Cabreta,
fçavoir, Bernard, Guificd & Oliba : il faut en
ajouter un quatrième, fçavoir, Berenger I. du
nom évêque d’Elnc , lequel avoir déjà fuccedé S
en 993. â Soniarius dans cet évêché. En effet Be¬
renger ctoit fils de la comreflè Ermeniard? , qui
tint un plaid r en 994. dans le comté de f^alefpir , rp. 94I,
9M4 7*
44 s.&
if u
prenoit le titre de comte : or l’abbé Guarin croit
alors déjà décédé comme nous le ferons voir plus dans lequel elle fait mention de Tote fa bru. Or
bas. $•. Nous n’apprenons par aucun monument comme nous apprenons • d’ailleurs que Bernard
qu’OIiba éyêque d’Aufbnne ait érc marié , & en- comte de Befalu , fils d Oliba Cabreta d Ermen
oorc moins qu’il ait eu des en fans : or nous venons garde^ domina fur le Valefpir, de qu’il époufà 1 une
de voir que lorfque le comte Oliba partir pour al- dame appellé Tore ; par confisquent Berenger I. du
1er au Mont - Caflin , il céda fit s biens à fes fils . nom éveque d’Elnc étoit fbn frere u.
4°. Oliba évêque d’Aufbnne, qui ne mourut4 II paroîr par-là que M. Baluze s’eft trompé lorf-
qu'en 1047. étoit encore trop jeune lorfque fâint que dans la table du Marca Iliffamca , il fait trois
Romuald demeuroit dans l'abbaye de Cuxa , pour perfonnes de la comreflc Tote que nous venons
avoir déjà commis de grands crimes. 5 °. Enfin il de nommer, fçavoir , line comtcrtc de Rouflillort ,
ne paroît point que ce prélat avant de après fa de deux comtcflès de Befâlu , au lieu que c’eft tou-,
retraite ait exerce quelque aurorité comme feigneur jours h femme de Bernard comte de Befâlu, fils
temporel fur cette abbaye. C’eft donc fans di/K- d’Oliba Cabreta ; car c'cft fans aucun fondement
cuire Oliba Cabrera qui fè retira de mourut au que parlant x de la donation que fit en 997. lemê-*
Mont-Caflin ; ce qui peut fèrvir i rectifier lachro- me Bernard avec Tote fa femme, a l’abbaye de
nologie de la vie de S. Romuald ôc de celle du Riupoll , il ajoute que ce comte étoit fils de Bor *
B.h'crre Urfeolc duc de Venifè, & moine de Cuxa4, ref comte de Barcelone , ce qui n'eft pas marqué dans
chronologie qui eft allez embrouillée > & fur la - l'acte X» de ce Bernard n'eft pas diffèrent du Bis
quelle les auteurs varient beaucoup. d'Oliba Cabreta.
if. J4* • fi
f. 911. dr/rf»
924-9+o.é^f*
fj 1.1009 i
1027. 1029*
U V.f.SiU
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598 NOTES SUR L’HISTOIRE
^ O T E Celui-ci étoit fils de Miron comte de Barce-
•XXVII. l°ne > mort en 918. Il eut pour Ton partage le
comte de Cerdagne , & à ce qu’il patoit celui de
tkrga, fituez l’un & l’autre dans le diocèfc d’Ur-
gel \ car il e(t certain qu’il tranfmit ces deux comtez
à fes delcendans , de même que ceux de Befclu &
de Fenouilledcs dont il hérita en 967, de Suni-
-fred ou Seniofred comte de Barcelone fon frere ,
mort alors (ans enfàns. Il dût aufli hériter du même
Sunifred des comtcz de Confiant & de Valefpir,
portion du diocèfc d’Elne *, car il cil marqué dans
le plaid qu’Ermengarde fa veuve , tint dans le Va-
lclpir, que les fcigneursqui àemeur oient dans le
* s«jo« procc- meme comté étoient fes vajfaux. *
ÎCi VI. Oliba troifiéme fils d’Oliba Cabrera, ayant
embrafle l’état monaftique , n’eut aucune part à (à
fucccflion. Il étoit déjà abbé de Cuxa & de Rin-
• Ma'c.Mj}. poil en 1 o 1 1 . * Il confcrva Vadminiftration de ces
+i3, deux abbayes après qu’il eut été promu à l’évêché
d’Aufonneen loi 9. Le P. Mabillon qui paroît l’a-
h^r,. ss. voir confondu b avec Oliba Cabreta fon perc, pré-
/L.'tfpJru tend c cependant qu’il ne fut abbé de Cuxaau’a-
pics l’an 1017. fondé fur ce qu’on voit la louf-
A^up.lju cription ÜAflcr abbé de S. Michel > dans l’aâe de
<i cupir. te. 2. lclcdion * qui fut faite cette année, de Borrel éve-
/. 6jo.c r/rj. qUC g ota . j[ n»eft pas certain que cette ab¬
baye de S. Michel foit la même que celle de S. Mi¬
chel de Cuxa, & quand cela fcroit , Oliba peut
lavoir fait gouverner par un abbé particulier , quoi-
* Mérc.Hijp. qu’il l’ait retenue certainement c jufqu’à fa mort ,
t- avcc cellc de Riupoll. C’eft ainfi que Guarin fon
(u.p. 966. prédéccffcut dans l’abbaye de Cuxa , la gouverna f
jufau a fa mort , avec pluûeurs autres en qualité de
fupcricur général, ce qui n’empêchoit pas qu’elles
n’cuflènt des abbez particuliers.
t ibit. VU. C’eft ce qui paroît par une bulle * donnée
k M*b. ad par M. Baluze, & que cet auteur, & le P. Mabillon *
après lui , rapportent à l’an 1008. & au pontificat
du pape Jean XIX. mais clic appartient certaine¬
ment à celui de Jean X V. & à l’an 993. la preuve
en eftailce. En effet Guarin abbé de Cuxa, en fa¬
veur de qui elle fut expediée , ne vivoit plus l’an
1000. puifqu’il eft fait mention de lui comme étant
i Msn-H, déjà dcccdé1, dans une charte du mois de Février
cette dernicre année, où il eft appelle de véné¬
rable mémoire , & qui fut donnée en faveur de Gui-
fred abbé de Cuxa fon [ ucccffcur . Cette bulle doit
prédéceflèur,dans le gouvernement général de l’ab- note
baye de S. Hilaire, te des autres dont ce dernier xxvil.
avoir eu l’adminidration , fur ce qu’il eft marqué
dans la vie du B. Pierre Urfcolc , que le même
Oliba fut pere de plufeurs monafteres ; mais fur-tout
de ceux de S** Marie & de S. Michel *, ce qu’on doit
entendre de ceux de S,c Marie de Riupoll , ( & non
deStc Marie d’Arles , comme l’interprète le P. Ma¬
billon °,) Ôc de S. Michel de Cuxa: mais nous n’a- • ^3. SS»
vons aucune preuve certaine qu’il ait luccedé à
Guarin dans le gouvernement des abbayes de Le-
zat, d’Alet , de S. Hilaire & du Mas-Garnier.
Ce que nous venons de rapporter peut fcrvir à
expliquer un endroit P de la chronique de l'abbaye p ibid.p. %?%.
de Riupoll écrite en 118 5. où on lit ces mots tou¬
chant le même Oliba : fedit <1 etiam in eptfcopatu an- m*u.h,ï}.
nis xxv tu. (3 rexit cœnobia xxxvttt. Le^,4,#
P. Mabillon r a pris ces derniers termes à la lettre, rua.M.
6c a crû qu’Oliba avoir gouverné 3 8. monafteres:
mais M. Baluze* a fait voir que cela doit s’enten- tMsn.Hifc
dre qu’il fut évêque pendant 18. ans , & abbé de &
Riupoll & de Cuxa durant 3 8 . Or comme il mou¬
rut en 1047. nous apprenons par là qu’il parvint à
l’évêchc d’Aufonne en 1 o 1 9. U eft certain en effet t M.p+iu
qu’il le pollcdoit c cette même année > il fut élu u mu
par conlcquent abbé de Riupoll & de Cuxa en
1009. ce qui convient parfaitement -, car on a déjà
vu qu’il polîèdoit u ces deux abbayes en 1 o m .
IX. Bernard & Guifred fils d’Oliba Cabreta ,
lui fuccedercnt , le premier dans les comtez de Be-
(alu Sc de Fcnouillcdes , 6c le fécond dans ceux de
Cerdagne 6c de Berga , & firent deux branches.
L’auteur xdes geftes des comtes de Barcelone nous * Msn-mp.
a donné la fuite des comtes de Bcfalu 6c de Fenouil-
ledes dcfcendans d’Oliba Cabreta : mais il paroît
que cet hiftoricn,qui n’a écrit qu’à la fin du Xlll.fic-
cle , a erré fur quelques articles: voici ce qu’il rap¬
porte. « Bernard furnommé Tas/lefer , fucceda à
Oliba Cabreta fon pere dans le comté de Bcfalu , *
& fe noya en paflant le Rhône l’an loxo.Guil-»
laume furnommé le Gras fon fils , lui fucceda , & *
mourut en 105 1. Il laifïà deux fils , Guillaume»
lurnommé Trunnus , & Bernard. Ce dernier qui»
étoit le puîné fucceda à fon perc, 6c confentità »
ce qu’on dit, à l’allàllinar de fon frere. Le même»
Bernard fut comte de Bcfalu pendant 60. ans,*
il mourut l’an 1 1 1 1. (ans enfans ,&Iai(là fcs do-»
* donc être rapportée à Jean XV. & comme clic eft
datée du mois de Juin tndiüion vu elle ne peut
erre que de l’an 993. quon comptait cette indi-
élion.
k JM* ss. VIII. Le P. Mabillon k s’eft encore trompé en
je n-fst.t.f. fUpp0fant qu’Oliba fût évêque d 'Alz.onne dans le
diocefe de Carcaffonne ; en quoi il a été (uivi par
1 Fleuri h, fl. M. l’abbé Fleury qui a confondu auflî Oliba Ca-
nUc/iiij. *• brctaavcc fon fils de même nom. Mais il eft con¬
fiant que c eft d’Aufonne , ou de Vie dans la Mar¬
che d Lfpagne, dont Oliba fut évêque ,& qu’il n’y
a jamais eud cvcchc à Alzonnedans le diocèfc de
Carcaffonne. Ce qui a peut-être fait donner le pre-
ss. mier dans cette erreur, c’eft qu’il a crû “qu’Oliba qui
5 53 Êr poffedoit l’abbaye de S. Hilaire au diocèfc de Car-
caflbnneen iox6.& 103 4. eft le même que notre
évêque d’Aufonne : mais comme celui-ci étoit déjà
évêque en 1 o 1 9. il auroit pris (ans doute ce titre
r\V.*b.snn*l. danslcsaélcs’de l’abbaye de S. Hilaire citez par le
u. 4 ‘t- 7 **• p. Mabillon n , dans lefqucls Oliba ne prend que
la fimple qualité d abbé.
On pounoit croire cept ridant qu’Oliba fils d’O¬
liba Cabreta , fucceda à Guariu abbé de Cuxa fon
maints a Raymond-Berenger 111. comte de Bar-»
celonc. ”
i°. Guillaume y comte de Bcfalu , fur le point y
d’entreprendre le voyage de Jerufalem , fit une
donation en 1055. à leglifc deGironne. Si cette
donation eft de Guillaume le GrAs9 H vécut en¬
core long-tems après l’an 1051. Que (ï au con¬
traire il s’agit de Guillaume Trunnus fon fils, comme
il eft plus vraifemblable , c’eft une preuve que ce¬
lui-ci fucceda immédiatement à fon pere dans le
comté de Bcfalu.
i°. Nous voyons en 1 070. un Bernard qui pre-
noit le titre 1 de comte de Befalu , & qui pollcdoit 1
auili le comté de Fcnouilledes : il unit alors l’ab-
baye de S. Martin de Lez dans ce dernier comté ,
à celle de S. Pons , pour fon ameé3 celle de fon frere
Gutllaume , dont il fait mention , de meme que de
fon pere Guillaume de bonne mémoire , dans une do¬
nation « qu’il fit en 1074. à Péglife de Bcfalu. uMsrc.nti*
Nous avons divers monumensdu même Bernard
comte de Bclàlu , depuis l’an 1070. jnfqu’en
1095. qu’il vivoit encore -, car dans un aéte bb de bb /M-/*
cette dernière année , ilfc dit fils de Guillaume , 6c u|1’
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NOTE
XXVII.
DE LANGÜEDOG
Généalogie des comtes de Befalu , de Cerdagne & de F enouilledesi
V99
N O.f.fi
XX Vit
Miron comte
de Barcelone _
& de Fenouil- i
ledcs , époufa i
Ave,&mourut
tojxg.
Seniofrcd comte
de Barcelone & de
FenouiJlcdeSjmort
fan* cnfkm en
967 .
f
r r t
Gtnllàume le Gras f Guillaume ïl.Cai- J Bcradrd itî;
I. du nom, comte J nommé Trunhus , I comte de Befalu
| de Befalu & de Fe-'s comte de Befalu * 8c de Fenouillc-
Bemard-r«i//ç/Vr i nouillcdes, époufa « &dcFcnouiJlcdcs,^ des , mort (ans
Berenger I. évê¬
que d’EJne.
Ôlibâ Csbreta .
comte de Cerda- 1
gne , hérita en I
967. des coincez J
de Bcialu 8c de<
FcnouilJcdes , é-
poufa Ermengar-
Idc , 8c mourut au
Mont-Callin en
990i
I- du nom, comte 1 Adélaïde, &mou-
de Befalu & de Fe- I rut en ioji.
nouil ledcs, 8cc . é- J
poufà Tote , & I
mourut en io*o. | Garfînde femme
Idc Berenger , vi¬
comte de Narbon-
t
ne.
époulâ Stéphanie, /enfans en un.
8c mourut avant j II avoir epoufé
l’an X070.
en 1107. une fille
de Raymond-Be-
renger Ill.comte
de Barcelone, Ici
quel lui fuccedâ
dans fes domai-
f Raymond comte
Cerdagne , mort-
en 1068.
Guifred archevê¬
que de Narbonne.
Bernard Il.comre
de Befalu &: de Fe-
nouillcdes avec
fon frere, époufa ^ncs.
Ermengarde , &
mourut fans en-
fans vers Paaxo^l*
, ^Guillaume-Jour-
Idain comte de
Cerdagne , mort
iiiuua tuiiuc uc \ (ans enfans à là
Cerdagne, époufa ^ Tcrrc-fainrc en
Adélaïde de Car- , uop.
Guiffred coni- 1
te de Cerdagne,
mourut en 101 y.
époufa Guide.
Oliba moine de
Riupoll.&enfuitc
évêque d’Aufon-
ne , mourut en
1047*
Guillaume
que d’Urgel.
évê-
Berenger évêque
dcGironnc.
cartonne furnom-
mec Sancia , 8c
mourut en lop;
Henri vicomte
de Cerdagne.
Bernard - duil-
laume comte de
Cerdagne, mort
fans enfans en
1 1 x 7. Raymond-
Berenger III.
comte de Barce¬
lone lui fuccc-
da.
feit mention de fon frere GuilUume . Il fc Ht mari qui vers Tan Î084. lui aura remis Padminiffratiori
•/.iUs. £ Ermengarde dans un titre * de Pan 107 8. Quant de la moitié des domaines de fa branche. 4°.Que
a fon frere Guillaume, on n’a rien de lui depuis Bernard II. qui vivoit encore en lopj. étant alors
l’an 1 o 5 5 . avancé en âge , mourut bientôt apres fans pofté-
k /. 12 j*. On trouve b en 1 1 07. un Bernard comte de rire > 8c que Bernard III. fon neveu recueillit toute
Belilu, qui fe dit fils de Stéphanie. Or celui-ci doit fa fucccflion. Ce dernier étant décédé au/Ti fans
être différent de Bernard comte de Befalu donc enfans en 1 1 1 1. tous fos domaines qui confifloicnt
nous venons de parler, puifque ce dernier croit dans les comtez.de Befalu de Rr.tpoll , de Va-
pb d Adélaïde. Bernard fils de Guillaume le Gras lejpir , de Fenomllcdes (S de Pierre- Pertufe , échu-
ne fut donc pas le dernier comte de Befalu, comme
la avancé l’auteur des geftes des comtes de Bar¬
celone, & il faut en admettre un troifiéme de ce
nom avant l’union qui fut faite de ce comté en
x 1 1 1. au domaine des comtes de Barcelone.
4*. Ce Bernard III. comte de Befalu époufa c
en 1 107. une fille du comte de Barcelone. C’cfl
*/• i*ji.
rent au comte de Barcelone fon héritier , confor¬
mement à la donation c qu’il lui en avoit faite eu*rc.u,jp.
au mois d’Oélobre de l’an 1107. f* I1,x#
X. Il nous refte quelques réflexions à faire for les
defeendansde Guifred comte de Cerdagne fils d’O-
liba Cabrcta. Guifred fut pere { de Raymond, le- etm,r‘
quel lui lucccda en 1025. & mourut en 1068.
le même que Bernard comte de Befalu , fils de f tue Guillaume-Raymond filsaînc 8c fuccctlc ur de Ray-
Stfpktoie, lequel vers Pan d io84.fit uneproineflè mond décéda en 1095. & I-iiffa deux fils Guil-
4 Aymeri vicomte de Narbonne , fils de Foy> au nom laumc-Jourdain 8c Bernard-Guillaume : tout cela
de Raymond comte de Rouer gue y fir s de la comtcffe ne fouffre aucune difficulté. Il y en a une au fu-
Almodis , c’eft-à-dire, de Raymond de S. Gilles. jet de la merc du même Guillaume-Jourdain j la
Nous inférons de ce que nous venons d’établir , voici. Guillaume-Raymond pere de cc comte avoit
1°. que Bernard Ill.comte de Befalu , n’etoie pas déjà époufes des Pan 1067. Adélaïde fille de Pier- çïr.p.160.
fils de Bernard II. puifque le premier étoit fils de re-Raymond comte de Carcaffbnnc , & de Ran- *74#
Stéphanie y 8c que l’autre avoit époufé Ermengarde: garde de la Marche. Or la meme Adélaïde vivoit
mais il devoir être fils de Guillaume II. fornomme encore en 1 102. b elle forvécutpnr confoq lient au H p . isp,
T>unnusy frere de Bernard II. 1°. Que ces deux comte de Cerdagne fon mari , mort en 1095.
freres fuccedercnt également à leur pere Guil- Nous trouvons cependant que la femme de celui-ci
laumel. après fa mort arrivée en 1052. & qu’ils s’appelloit Sancia en 1084 .8c t 086. «queGuil- iMtrc.Htf;
jouirent par indivis de fos domaines. Que Guil- laume -Jourdain fils du même Guillaume- Ray- *
laume Trunnus ayant été rué, tailla Bernard III. fon mond, fit fon teftament en 1 toi. dü confintement
fils en bas âge, lequel fat d’abord fous la tutelle ou de Sancia fa mere ;k8c qu’enfin Bernard frere 8c **• t2Zft
adminillraciou de Bernard U. fon oncle paternel , fuccelfcur de Guillaume-Jourdain , fe dit au(Rfib{ h *ziu
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Coo NOTES SUR L1 HISTOIRE
^ OTE ^ Sonda. Guillaume-Raymond comte de Ccrda- ordonné apres fa mort par deux évêques. Nous ^Tô~t"e
XX VIL Ç,1C’ auroit^ donc répudié Adélaïde de Carcaf- trouvons d’un autre côté un Gui évêque du Puy, x XVIII.
lonne pour époufer Sanaa? ou Adélaïde auroit-elle qui avec les évêques Deufdet de Rodez, Frede-
porté deux noms , &les auroit-elle pris indifférem- Ion d’Elne, Fulcrand de Lodeve & plufieurs autres,
ment > fit dans une aflèmblée , dont l’aéke <1 neft pas daté , q diftt
Nous voyons d’un autre côté que Guillaume- desftatuts pour l établiflèment de la paix. Cet a&e
\fr.f.u6. Jourdain étoit neveu * d’Ermcngardc de Carcaf- doit être pofterieur à l’an 1000. & antérieur à l’an üid.
b g»i&. Tjr. tonne fœur d’Adelaïde. Nousfijavons d’ailleurs w 1006. puifquc Berenger prédéceflèur de Fredelon 22
X*vi. *lue *c m^mc Guillaume-Jourdain comte de Cer- étoit encore évêque r d’Elne au mois de Mars de r MmHif.
■m- 19» &f€(jq. dagne, étoit neveu de Raymond de S. Gilles comte l’an 1000.& que S. Fulcrand évêque de Lodeve f' ,î5‘
de Touloufe. Or Almodis merede-cc dernier , étoit mourut • au mois de Février de l’an 1 006. D’ail- 1 pUmuv.
*tr.p. 17 t. fœur* dcRangarde comteflê de Carcaflonne ôc leurs comme nous ne trouvons rien de Fredelon M% f -6*
mere d' Adélaïde comtefle de Cer dagne*, par con- évêque d’Elne avant le mois cCOiïobre de lavn.1 tUérc.Hifc
iequent celle-ci & Raymond de S. Gilles étoienr année de Robert , tndtlhon / ; . c*eft-à-dire , de l an f-
coufins germains, & ce prince n’étoit oncle de Guii- 1 00 5 . on ne fçauroit rapporter guere plutôt qu’à
laume-Jourdain comte de Cerdagnc , qu’à la mode cette année > l’époque de ces ftatuts. Gui évêque
de Bretagne *, ce qui prouve que Sancia mere du du Puy qui les fit dreffèr > cft different par con-
même Guillaume- Jourdain , neft pas différente féquent de Gui d’Anjou évêque de cette ville ,
d’Adelaïde deCarca(Ionne,qui par confcquent aura & rien n’empêche qu’il n’ait pu fiéger en i oo4*car
pris indifféremment ce nom avec celui de Sancia , nous n’avons rien iur Theodard elû en 99 8. qui
conformément à l’u (âge affez ordinaire dans ce fié- aille au de- là de l’an 100 1 . u & il n’y a aucun mo¬
de, dont on pourroit citer plufieurs exemples d. nument qui prouve que Fredol d’Andufe ait été
Il réfulte de ce que nous venons de dire que tous évêque du Puy avant 1 an i q i 6.
les modernes qui ont voulu fixer la parenté qui fe IL Au refte l’époque de l’épifcopat de Fredelon
trouvoit entre Raymond de S. Gilles & Guillaume- évêque d’Elne dont nous venons de parler , peut
Jourdain comte de Cerdagne , & expliquer la qua- fervir à fixer celle du teftament x d’Ermengaud ar- * fr.p.Hu
ité de nepos que les anciens donnent à ce der- chevêque de Narbonne, qui eft (ans date , & dans
nier par rapport à l’autre , Ce font trompez ^ car ce lequel ce dernier lui fait un legs. Or Fredelon étoit
terme ne lignifie c pastoûjours dans les auteurs du déjà décédé y au mois de Mars de l’an 1 009. & y
moyen âge fils d’un ftere ou d’une fœur. Oliba lui avoit alors fuccedé : le teftament d’Er-
Le P. Pagi f prétend que Guillaume-Jour- mengaud eft donc antérieur à cette année, & pofté-
U Arc.
f Ml*
u v. Mtkui
***• 1001*,
15.
tV. Utn*.
Z **** tt.i.it.
•dit. p. n6.
f P*gî U
«nn. 1 10$. n.
!•
t ■
dain étoit fils de Bertrand comte de Touloufe , &
petit-fils de Raymond de S. Gilles : Et fuccejfit ,
dit-il , en parlant de ce dernier , in comnatuTripo -
htano à fecapto> nepos ejus Guillelmus-jord.inus ,
fh us Bertrand/ , cm comttatus Tolofanus obtigit .
kift. Jtr% Lu.
* I.
h sAltxui .
Z. 1. p. lit.
• Patrum.
I D*-C*ng.
•M«i» ^Alex.
M7S -à-fiq.
«fïfii.nt.
m. *. & N or,
ïxxvi. n. j.
1 M*rc,H<Jp»
f. 477-
m V. L.xv u
1 S.
MA. 4 i
•nn. 9 5 5.
ad anu
971'»' 14-
O GuU.ehrifi,
nov.ed.to.l.p.
69 5-
P
F‘ 771.
ni fi.
90.7'P.tl.
rieur à lan 100}.
III. Il cft (ait mention de Fredol d’Andufe évêque
du Puy dans une lettre 2 du pape Benoît VIII. dont * c$n(,h. >.
le P.Mabillon 1 fixe l’époque au mois de Scptem- u
bre de Tan 1 o 1 6. Mais le P. Pagi bb fait voir quelle «m.iok. •.
licite Catel pour garand de cette filiation : mais cft poftérieure au dernier de May de l’an 10 1 3. ^ ^ u
ce dernier ne dit pas que Guillaume- Jourdain fut & antérieure à l’an 1 01 1 . En effet parmi les évê- -m. ion.»,
fils de Bertrand comte de Touloufe \ & en effet ques à qui elle eft adrefiée, il cft parlé de Gaulle-
Albert d’Aix-la-Chapelle « , auteur contemporain , nus évêque de Mâcon , qui ne fut élu que l’an cc
ne qualifie Guillaume-Jourdain que coufin de Ber- 1 o 1 9. ainfi cette lettre eft de l’an 1020. Il paroît xo's»V , ^r‘
trand. cependant que Fredol d’Andute étoit déjà évêque
2°. Le P. Pofïïn b dans fa tradu&ion de l’Ale- du Puy l’an 1016. par une donation qu’il fit au * l%
xiade, fait Raymond de S. Gilles oncle paternel ¥ de monaftere de S. Pierre du Puy le dernier du mois de
Guillaume-Jourdain.il n’y a dans leGrec que le mot 'janvier le xv 11 1 .jour de la lune , fous le régné du
, qui ne veut dire proprement que coufin . roiRi bcrt>cc qui ne peut convenir qu’à cette année.
j°.EnfinDu.Cangc 1 après Befly, fait Guillaume- IV. Eftienne avoit déjà fuccedé à Fredol d’An-
Jourdain comte de Cerdagne, fils d’une fœur de dufe dès l’an «e 105 1. Suivant une ancienne chro-
Raymond de S.Gilles,& il eft furpris de ce que ceux nique ff de S. Pierre du Puy , ce prélat étoit de la
qui ont drellé la généalogie des comtes dcTou- mailondeMcrcœur en Auvergne.M.Baluze gspré- K «'K:
loufe , n’ont rien dit de cette fœur de Raymond : tend au contraire qu’il étoit fils de Gui II. vicomte £*V”M**
mais il n’y a aucun monument kqui prouve que ce deThicm: mais il n’en donne d’autre preuve qu’une
dernier ait eu d’autre fœur qu’Almodiscomtelle de charte hh fort poftérieure, où il cft fait mention à la iM***
Mclgueil. Au refte M. Baluze 1 a avancé que Guil- vérité d’un tftienne evèsjue , fils de ce vicomte \
laume-Jourdain comte de Cerdagne mourut en mais où il n’cft pas dit qu’il ait été évêque du Puy, * s.
\i o 3 . il eft certain cependant que ce ne fut m que ni en quel tems il a fiégé. Ainfi l’autorité de la chto-
fix ans après. nique de S. Pierre du Puy , demeure en (on entier.
V. Eftienne de Mcrcœur afiïfta le 4. janvier n de »> &*' f,;p*
Vannée 10^2. laxxi / .du reine du rot Henri , à
la confécration d’iélerius évêque de Limoges. Cc
prélat vivoit donc encore le 4. de Janvier de l’an
1 o 5 3 . car dans cette date on ne commence l’année
qu’à Pâques. Il étoit décédé au mois de Mars de la
‘ I. Ui fils deFoulquesleBon comte d’Anjou , même année, puilqu’on élut kfc alors un évêque du k tfr.p.iw
• Vl fiit élu évêque du Puy en 975. fuivant le Puy. Il ne mourut donc pas le 4. du mois d’Aoûr,
P. Mabdlon n,ou feulement on 976. félonie P. de comme on le prétend11. Pierre 11. (on neveu lui fuc- u
ccua , cc. dcccda en 1073. a Ion retour de Jerala- <9g.
lem mm mm/W.
Pr.p.i,
NOTE XXVIII.
Sur quelques ivèquei du Puy.
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Sainte-Marthe Il étoit certainement décodé en
9 9 8. car il eft marqué dans leconcile Romain Ftcnu
au mois de May de cette année, qu’Eftienne Ton VI. Eftienne de Polignac III. du nom , déjaevê-
neveu qui avoir été élu de fon vivant , avoit été que de Clermont , s’empara du liège du Puy après
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Si
Ut L A NTG-Ü EDCO C. «oi,
la mort de Pierre II. M. Baluze * fait cet Eftiennc la mort de Pafchal II. c’eft-â^dire aVant l’an 1 1 1 8*
Y Y viT L d'k ma'f°n deMcroctur: mais il & trompe encore; & l’autre qui étoit de la maifon dcMuntboiliicr , N ° T E
Y Y VIII. Ut 4** liwiicni u* • «umu •* xtL, viivuri.) wi t auuv *JH» wuiu lu. AU IU«UV/U MV *»aumwaJin f X X V 1 1 l’
1. ex il eü certain que ce prdar étoit ils d'Armand ék i fous le pqntificar de ce pape , & mort vers
ikid.f.i s. 4f- vicomte1? de Polignac , comme il paraît par un l’an 1 128.
Xoa.cbrifi. aéiedacé d* /<w Vendredi du mou etOllob. le premier Quant à la maifon du premier on croit com-
*#» u. tt. 2. jw Jf U lune 9 fins le régné du rat Philippe , ce qui munément qu'il croit de celle de Tournon en Vi*
convient parfaitement afin 1081. Cependant varais : mais nous ne voyons pas qu’on en donne
comme ce n’eft qu’une fimple notice, & que Du- aucune preuve , à moins qu’il ne foir certain qué
tand qui fut élevé for le fiege dpifoopal de Clcr- la terre de Rochepaulc étoit alors dans cette mai*
œonren 1078. s’y trouve fouforit en qualité dab^ fon. Au refte ce lieu n’eft pas fîcud dans le diocèfek ss-onts.*!
b é de U Chaifê-Dieu , il pourrait bien s’être gliflÜ de Die en Daufiné , comme l’a avancé le P. Ma- /*• «. r*rt.
quelque faute dans la date de cet aâe; qui du moini billon trompé par M" de Sainte-Marthe : mais
kra antérieur a l’an 1078. . dans la partie de celui1 de Valence limée en- *<+7'
. VII. Ademar ou Aymar fut évêque du Puy après deçà du Rhône, laquelle confine avec le Vêla y , Sc
EfticnnedePolignac.Nous ne (çavanspas l’époque dépend du Vivarais ; ce qu’il y a de vrai, c’eft
e csB. thifi. pfccjfo de fon élcâion , Sc nous n’avons c rien de que Pons I. évêque du Puy , etoi tonde * m de Pons
7»u jui avant l’an 1087. On prétend qu’il étoit fils d’un vicomte de Polignac >. & peut-être étoit-il dola
comte de Valence : ce qu’il y a de certain c’cft que mai ion de ces vicomtes,
fon frere, qui le foi vit a la guerre d’ourremer, sap- -
a m. iï pclloit ^ Raymond- Hugues de Montai.
VIH. Ce prélat étant décédé Je 1. d’Août de
l’an 1 opg.le liège du Puy demeura vacant jufqu’ert
u°1' <luc Ptjnst abbe de U Chdjfe-Dieu , fut élu*
T 69! " f Les uns * difènt que cecabbé étoit de la maifon de
Tournon en Vivarais , qu’il mourut vers l’an 1 1 j o.
Ben. f«l 6.' Sc qu’il foc inhumé dansle prieuré de Rochepaulc.
*?ty!}à,d ^ s deuxhiftoriensfde l’cglifedu Puy lui donnent
dnp»jr. jii’ pour fuccclîèur un autre Pons qu’ils font abbedu
&/‘n<$d m^mc nionaftere, de qu’ils prétendent avoir ccé
biji. in p nj 1. inhumé dans ce prieuré. L’un d’entr’eux nie , con-.
a. cb . 11. ér trc laqtorité de la chronique de Flavigny , que la
premier Pons ait été abbé de la Chaile-Dicu , Sc
il fait le fécond de la maifon de Tournon , au
lieu que l’autre le dit de celle de Monrboiflicr.
ch. 21.
*Avuncuhtf*
m GaU.cnri/l.
nov. ed. tt. 2.
f.704.
fin
NOTE X x I X.
Si Confiance fécondé femme de Robert rot
de France 3 étoit fille de Guillaume T ail-
lefer comte de Toulon fe , ou de Guil¬
laume I. comte d'Arles.
I. 'VT Os hiftoriens font fore partagez fur la mai*
i. fon de cette priocellc. ils conviennent tous
que fon pere sappclloie Guillaume : mais ils nu
font pas d’accord fur la dignité de ce dernier.
Les uns prétendent que ceft le même que Guil¬
laume 111. dit Taillcfer comte de Touloufo •, &
_ -j— _ _ _ _ les autres foûciennent que c’eft Guillaume I. du
•ntd.N.if] Enfin Ie P* de Sainte-Marthe h n’admet qu’un foui nom comre d’Arles ou de Provence. Quelques uns
foj. Pons for le fiége cpifoopal du Puy depuis l’an fuppofent que Guillaume pere de la reine Con-
1 101. jufqu’cn 1 1 a 8. fous prétexte que D. Claude ftance, étoit tout enfemble & comte de Touloufo
Eftiennot fondé fur 1* chronique de S. Pierre du & comre d’Arles. Enfin le P. Pag! “après avoir difo
Puy , n’en met qu’un dans tout cct intervalle , curé cette matière > décide que le pere de cette
qu’on ne dit rien de l’un qu’on ne puiflè afiurer reine étoit Guillaume 1. comte d’Arles > Sc non pas
de l’autre , & qu’on n’eft pas certain de quelle mai- Guillaume Taillcfer comte de Touloufc , Sc pré- *
fon ils étoient. Nous fouîmes forpris qu’on cire tend en avoir donné de fi bonnes preuves qu'il ni
la chronique de S. Pierre du Puy pour prouver refit plus , dit-il , aucune difficulté .
qu’il n’y a eu qu’un feul Pons évêque du Puy de- Quelque déférence que nous ayons pour les
puis l’an 1 101. jufqu’en m8- car elle dit tout lumières de cet habile critique , nous fouîmes per¬
le contraire > Sc comme elle a été écrite par un au- fuadez que fes raifons ne font pas fans répliqué , Si
«eut contemporain , fon témoignage eft décifif. il qu’il y a encore bien de la difficulté for ccrccque-
eft marqué dans ‘ cette chronique, qu’apres la ftion, que nous entreprenons de fbumettre à ust
mort d’Aymar evêque du Puy on élut « Ponsabht nouvel examen. Comme les difterens fontimens
9 de la Chaife-Dseu pour lui fucceder; * ce qui eft de nos modernes ne font fondez que for l’auto-*
•ppuyé fur la chronique d’Hugues de Flavigny au- cité des anciens, &que ce font ceux-ci propre*
tre auteur contemporain. Celle de S. Pierre du Puy ment qui doivent foire pancher la balance & for4
«joûte, » que le meme Pons fut inhumé le 14. mer la décifion, il eft à propos de rapporter leurs
» de Janvier fous le régne du roi Louis, au mo- témoignages pour voir à laquelle de ces opinions
w naftere de Rochepaule dépendant de la Chaife- ils font les plus favorables.
*Dieu, Sc fondé par fes parens dans leur propre II. Nous commencerons par Glaber auteur
• fonds ‘y que Pons (ucnommé Maurice lui focce- contemporain. Cer hiftorien 0 qui avoir été à la
• da \ que ce dernier fut facré à Rome parle pape cour du roi Robert , après avoir dit
* Pafchal IL qu’ayant entrepris dans la fuite le d’Hugues évêque d’Auxerre qui avoit pris la dé-
# pèlerinage de Jerufoleni où il demeura deux ans, fenfo de ce prince contre fes ennemis, ajoute:
• il mourut i fon retour dans le château de Mont- Accepte autem , fupradiclus rex , tlhus cognât am ,
«boUTier en Auvergne le 10. d’Avril, Sc qu’il fut nomme 13 ammo Conflantiamt wchtam reginjm %
9 inhumé dans l’abbaye de la Chai le- Dieu fous le filiéun vtdehcet Willelmi pnoru Aquitanu ducis ,
* régne du roi Louis. *x qu* etïam fufeepit fihos quatuor (3 fiùas duos*
Il eft évident par ce que tious venons de rap* Il dit quelques lignes après : Vcnerumque miffi À
porter , qu’on doit diftingucr deux Pons évêques Fulcone Andcgavorum comité , avunculo fethetê
du Puy au commencement du XII. ficelé. Le pre- ejuj'dem regina, fomffiimt milites , S3c. Nous ob*
tuicr qui étoit auparavant abbé de la Chaife-Dicu , ferverons que ce Foulques comte d’Anjou , oncle
élu en itoi. Sc décédé fous le régne de Louis de la reine Confiance , étoit Foulques Nera fils de
Gros, c’tft-â-dire , apr^s l’an 1 108. mais avant Gcofhoi Griftgonelle : nous ferons ufage de certe
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NOTES SUR.
1/ HISTOIRE
Glaber n'a donc confondu ni dans cet endroit
Tv’ O T E marque dans la fuite. On voit donc par le té- - - — - - mot»
XXIX- moignagede cet auteur, que Guillaume pere de la ni dans Vautre , 1 Aquitaine avec la Provence : il *
reine Confiance , étoit duc de U première Aqui* diftinguc au contraire nommément ces deux pro-
fd w.Orce titre ne peut convenir qu a Guillaume vinces. Après avoir parlé au chapitre 4. du 4<= li-
Taillefcr comte de Touloufe*, car outre qu'il do- vre, d'une ciuelle famine > qui vers l’an 1000.
minoit fur le Querci , T Albigeois , &c.qui faifoient délola toute l’Europe , il décrit dans le 5e les me-
partie de cette province, il étoit fils & héritier de furcs que prirent les évêques de France pour ap-
* v. Kot. Raymond-Pons, lequel fequalifioit âd#c oh prince paifer û colcre du Ciel , réformer les mœurscor-
m. c t xvi. d Il eft certain d’ailleurs que Glaber n’a rompues , & rétablir la paix troublée prefque par
pas voulu parler en cet endroit de Guillaume IV- tout par une infinité de guerres particulières \Tunc% g
comte de Poiriers qui vivoit alors , comme Befly * ergo primons , dit-il > cepere m Aquitame partibus *• *•
Va démontré. ab eptfcopts ti abbanbus .... coadunari concilurrum
III. Le P. Pagi «pour fc débarrafler de ce témoi- conventus . . . dehinc per Arelatemfem provmciam at-
tnage qui détruit (on fyftcmc , prétend i 9. qu’on que Lugdmenjemjicqueper untverfam Burgundiam ,
oit interpréter ces mors : Wittemi prions Aqui* u/que tn ulnmas F ancia partes per univerfos ep fi
tante, ducis , comme s'il y avoit H illclrm pnmi , copains , Sic. Il eft clair, que cet auteur diftinguc
Aquuania ducis. 1 9 . Qu'on doit entendre la Pro - ici /* Aquitaine d’avec la province £ Arles ou la Pro-
vence par Y Aquitaine. Sur cette foppofition il con- vence , qu’il comprend dans ta Bourgogne \ car alors
clut de-là que Glaber a voulu parler dans cet en- on partageoit h la monarchie en trois royaumes, la h r. rsuf.
droit de Guillaume /. du nom , comte d’Arles ou de France ou Neuftrie , la Bourgogne & l'Aquitaine :
Provence. Mais 1 0 . il eft (ans exemple , que par le ainti les états de Guillaume Taillefer comte de Tou- k* &fit .
mot frions les auteurs ayent voulu délîgner le loufe failoicnt, avec U Sepcimanie, partie de ceder*
chiffre dont on s’eft fervi dans la fuite pour diftin- nier royaume -, d’où l’on doit conclure que Con¬
fiance étant fille d’un duc d 'Aquitaine Sc étant
venue £ Aquitaine en France , elle ne fçaucoitêtrc
fille d un comte de Provence.
IV. Glaber fait mention1 un peu auparavant d’un iLi *
b itjij P 0 t.
h Sh&fiq.
C Pagi ib. •«
guer en !. II. III. &c. les comtes d’un même nom
qui ont gouverné un certain pays : on (e (èrvoit plu¬
tôt dans le XL fiéele de divers furnoms ou fbbri-
quets, pour marquer cette diftinélion. i°. On
ne la trouve pas marquée par différons chiffres , Guillaume qu’il appelle duc £ Arles : Nec non , dit-
ni dans Glaber qui parle de plufictirs comtes il , en parlant des ennemis du roi Robert, ettam
de même nom , d’un même pays , ni dans aucune WilLrmus , Hcnrici ducis prtvtgnus , ac Aikerti
des chartes des comtes de Provence , que Mr* de Longobardorum ducis filins , eidem refi ahquando
Rufli pere & fils ont rapportées en grand nombre, rebellis exnus , f avenu ei La>.drico Nevernu co*
hift d sAhv.
f*. I./.4®
mite , qui tjus fibam uxorem duxerat , ti Brunont
Ltngonenfi cpfcopo , eu jus habibat in matrimonio
fororem , ex qua fufcepit fil os ti filias , de quibut
pnus natam Landncm , reliquat uterque Witter*
mus , fciltcet Pitlaven/is ti Arelatensis duxere
uxo.es. Le P. Pagi k conclut de cet endroit, que ’tJtyjM
Glaber regardoit les titres de duc d’Arles & de duc *
M
î*. L’explication du P. Pagi eft contredite par tous
a y. nos plus habiles modernes d qui ont traduit com¬
me nous , ces mots : Vue de la première Aquitaine :
ûinfi l’autorité de Glaber demeure dans toute (a
force , & il eft évident qu’il a voulu parler de l’A¬
quitaine première ou proprement dite , & nulle¬
ment de la Prov ence.
C’eft ce qu’on peut confirmer par un autre en- d’Aquitaine , comme fynonymes, fur la fuppoiition
v GU. Md. droit du même auteur • , que le P. Pagi tache vai- que le dernier Guillaume dont parle cet auteur , eft
nement de détourner dans un fens favorable à fon le même qufc Guillaume III. duc d’Arles ou de Pro-
fentiment. C’eft dans le dernier chapitre du troi- vence, petit- fils de Guillaume I.deligné, dit-il, par
ûéme livre , où Glaber fàifant l’éloge de faint Guil- Glaber , fous le nom de duc £ Aquitaine. Nous en
laume abbé de Dijon , rapporte les foins que tirons une conclulion toute contraire -, car cet auteur
cet abbé fc donna auprès du roi Robert & de la parle ailleurs 1 du même Guillaume I. à l’occalion l(3iau.iM
reine Confiance , pour éloigner de leur cour di- de la défaite des Sarafins par ce prince en 971. *
vers bouffons & autres perfonnages dont la con- & il le qualifie duc d’Arles : /pfi dentque Saracem ...
duite étoit déréglée > & qui avoient parte £Au - circumatt s ab exerettn WtUermi'Arelatenfis ducis:
vergue £5 £ Aquitaine en France ï l’occafion du ma- preuve certaine qu’il diftinguoit ce dernier do
riage de cette princcfle: Olim igitur circa millefi - Guilllaume duc £ Aquitaine , petede la reine Coo-
mum incarnat i P'erbi a .num , cum rex Robe> nu fiance.
accepijfet fibi reginam à parnbus Aquitania tn con - V.Mais, ajoute le P.Pagî, « plufieurs anciens au- •
jugium > cœperunt confluere gratia ejufdem regina teursontdonnélenomd’AüuitaineàlaProvencc>«
in Fratctam arque Burgunaiam , ab Arverma £5 à caufc , comme Bclly nous l’apprend > de la v ile *
Aquitama , hommes or/ini vanitate vantffimi >mori- £ Aix métropo’e de ce:te derniere province. Ceft k
bus (3 ve/le dfiorti tic. Le P. Pagi croit recon- ainfique Leon m d’Oftic appelle duc £Aqmtai-m mLttOf
noître clairement les Provençaux dans ce partage -, ne , au X. liccle, Hugues, roi d’Italie avant qu’il
& comme il ne fçauroit comprendre dans la Pro- parvînt à cette couronne, tandis qu’il eft certain *
vence, l'Auvergne , défigné nommément dans cet qu’il ne fjt que comte de Provence : c’efl ainfi «
endroit , il avoue qu’il y eft parlé aufli des Auvcr- que Guillaume de Malmefbury n confond la Pro-*
gnats, parce , dit-il , qn’Ermengarde femme de vence avec l’ Aquitaine en parlant du mariage*
Robert IL comte d’Auvergne, étoit fœur de la d’Edgive fille d Edouard roi d’Angleterre, avec*
reine Confiance. Mais puifquc ce portrait convient Louis prince £ Aquitaine , lequel n’cft point diffe- *
aux Auvergnats, de l’aveu du P. Pagi, pourquoi rem de Louis l’Aveugle roi de Provence*, &*
ne conviendroit-il pas aufli au refte des Aquitains qu’enfin Bofon comte & enfuite roi de Provence *
fujets de Guillaume Taillefer comte de Touloufe? eft appcllé duc £ Aquitaine pic quelques hifto-.
On fçait d’ailleurs que ce prince étendoit fa domi- riens. - i°. Nous avons dé)a réfuté ailleurs 0 en
nation j 11 (qu’au Rhône, & qu’il polledoit une partie partie l’opinion de quelques modernes , lefquels
fv. N*. txr. jg jaf Provence. pour expliquer un palligc de Leon d’Oftic qui eft
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or ^ certainement fautif , ont foppofe que les auteurs
XXIX, des X. & XI. ficelés ont confondu la Provence
avec l’Aquitaine. i°. Pour ce qui eftdclaconje-
a Btfij ?•!>. âure de Btfly a adoptée par le P. Pagi , que la Pro-
t • vence a dre appcllée Aquitaine , à caufc de la ville
A'Atx fa métropole , il eft fiurprenant qu’un aufïï
habile critique , & un auteur auffi inftruitde l’hi-
ftoirc de fa patrie que le P. Pagi , Ce foit appuié
fur une étymologie fi vaine , & qu’il n’ait pas fait
attention que la ville d’Aix ri a été regardée comme
. la métropole ou la capitale de la Provence que de¬
puis les derniers fiéclcs; & qu’auparavant c’étoit la
ville d’Arles. Quant au témoignage de Guil¬
laume de Malmefbury , nous avons fcic voir ail-
bNtftikJ. leurs b après Bçfly , que Louis prince d'Aquitaine ,
dont il parle & qui époufc la fille d’Edouard roi
d’Angleterre, n’eft pas different d’Ebles comte
de Poitou & duc d’Aquitaine. 40. Il eft vrai que
« Bcfly prérend cque Bofon roi de Provence avoir été
. aUparavant duc d’Aquitaine : mais il entend par
ce terme l’Aquitaine propre, & non la Provence,
à caufe que Bofon avoit été en effet comte de
Bourges. Il ne refte donc que Leon d’Oftie -, mais
fi cet auteur a confondu la Provence avec l’Aqui¬
taine , c’eft ou une faute évidente ou une altéra¬
tion de fon texte. D’ailleurs de quel poids peut être
le (cul témoignage d’un étranger fort poftéricur nu
fiécle où vivoir Hugues roi d’Italie , pour loppofcr
a l'autorité de tous nos hiftoriens du moyen âge ,
&de toutes les chartes qui onr toujours difiingué
ces deux provinces. Si cela avoit lieu on feroit dire
aux auteurs tout ce qu’on voudroic , & notre hi-
ftoire , d’ailleurs allez embarraftee dans ces fiécles
obfcurs, deviendroit un cahos impénétrable,
a GU. /. 4 . Enfin , dit le P. Pagi , Glaber d donne quelque-
fois des noms particuliers ou extraordinaires aux
provinces. Il nomme Rbct.e première le royaume de
Lothairc , & fait dériver cc nom de celui du Rhin :
mais d’abord nous tirons une induéHon contraire
au fentiment du P. Pagi des paroles de Glaber -, car
puifqu’il nomme la Rbeue première > pourquoi n’au-
ra-t-il pas pu nommer auffi l'Aquitaine premure ?
En fécond lieu il n’y a aucune équivoque dans cet
endroit, & fi Glaber s’eft trompe en comprenant
la Rhétie première dans le royaume de Lorhaire ,
donc elle confinoit en effet, c’eft une preuve qu’il
croit peu inftruit de l’ancienne géographie *, mais
non pas qu’il a confondu deux provinces diffe¬
rentes qui fubhftoicnt , & dont le nom écoit en
ufcge de fon tems. Il paroît donc certain par tout
ce que nous venons de dire , que Glaber auteur
contemporain , en parlant du duc Guillaume pere
de la reine Confiance , n’a pu avoir en vue que
Guillaume Taillefer comte de Touloufc.
VI. A fon témoignage on peut joindre celui d’un
religieux de l’abbaye de Fleuri, qui demeuroitau
prieuré de la Reoie fur la Garonne , & qui écrivoit
l’an 1 1 08. comme il le marque lui-mème à la fin de
to . fa chronique : Anno c ah Incarnatione Domint
M . C. VI IL. . tempo>e Pafchah cum ejfem fuptr
fluvium Garonnet in loco qui dicitur Scys Cet
hiftorien afiïire pofitivement que la reine Confiance
fim.p. t;, fi||c cjc Guillaume comte de Touloufc : Hic i
( Robert hs ) multos fundavit Ecclefias . . . cujw erga
Deum devotioms affeÜum , (S mfigmum opéra Vtr-
tutum , fi quis plemus cognofcere voluent , légat
gtfia tp/îus ab Helgaldo comprfita monacho. Hic in
Juum afiivtt conjug/um filiam Gmlielmi Tolofant co¬
rn. tis nomme Confiant iam , cognomcnto Candi dam ,
flrenuam fane pucl'am fuo nomme dignam% C es
T ome II.
3ÜEDOC; *>°3
paroles font d’autant plus décifives, qu’outre que N p T È
l’auteur écrivoit dans le pays , & qu’il pou voit par x XI X.
confoquenr être mieux informé que tout autre, il
témoigne avoir pris ce qu’il rapporte d’Hclgaud fon
confrère , auteur contemporain , qui avoit écrit la
vie du roi Robert, dont il ne nous refte plus que l’a-
bregé. Comme donc fon témoignage renferme
celui d’Helgaud , nous avôns par-là , en comptant
Glaber, celui de deux hiftoriens contemporains, /
& d’un auteur prefque contemporain.
VII. Aimoin s troifiéme aureur du tems, pour- g
roit décider la queftion s’il fe fût expliqué plus clai- ned. c. t. Du¬
rement ; mais il ne parle qu’en partant du mariage iw
du roi Robert avec Confiance , à l’occafion d’un
miracle arrivé -alors à l’abbaye de S.Benoît fur Loire* *
Il rapporte que ce prince prit la route de cc fleuve
pour aller au-devant de la princeflè qui venoit du
côté de la province d’Arles : Hugomdes Rotbertus
uxoriam mire copulam jarndudum mente tracions ,
ab Arelatenfium parttbus ajfumere fibi conjugem
voient , exercitum congrcgat , Jponft jam jamque
occurfurtis . Dum ergo tter agent exercitus , ulteruh
rem Ligerit rtpam teneret , conttgity (Sc,
Il fcmble d’abord que ce partage anrorife le fenti¬
ment de ceux qui prétendent que la reine Confiance
étoic fille d’un comte d’Arles : mais comme il eft
certain que GuillaumcTaillcfer comte de Touloufc,
qui avoit époufé en fccondes noces Emme fille de
Rorbold comte de Provence , ftifoit alors fc lé-
fidcnce ordinaire avec fa famille dans certo pro¬
vince , on ne fçauroit conclure de-Ià rien de pré¬
cis. Nous voyons en effet que Guillaume comte de
Touloufe , Ü fa femme Emme croient h a Arles en
991. qu’en 1 004. lui * 8c fon fils Pons ctoient fur 4
les frontières de la Provence avec les autres comtes io#**».-
du pays j qu’en 1005. il foufcrivit k avec Rotbold 59.
fon beau-pere , lacomrertc Alix & fon fils Guillau-
me comtes de Provence, à Pacte que fit alors Pons *«//»•; /». 10,.
évêque de Marfcille en faveur de l’abbaye de fcinc (rjeq'
Viétor ; qu’en 1 o 1 5 . la comtcrtè Emme fa femme
refidoie en Provence h qu’en 1024. elle & fon mari 1 Pr' * l66*
étant dans cette province , donnent à l’abbaye de
S. Vidor de Mar/cille m un lieu fitué dans le
comté de Sifteron ; que la même année cette com- Pr. p . 176.
teflè navec Pons (3 Bertrand fes fils , fût une autre
donation d’une maifon fituée dans Avignon , à l’ab¬
baye de S. André *, & qu’enfin les deux derniers
furent préfcns en 1 030. à une donation que Guil¬
laume comte de Provence fit à l’abbaye de S.Vidor
de Marfcille.
Tous ces differents ades font voir, i°. que
Guillaume Taillcfcr depuis fon mariage avec Em¬
me de Provence , fit fon fcjour ordinaire dans ce
pays: en effet nous' n’avons prefque aucun monu¬
ment qui prouve qu’il ait réfidé à Touloufc, & il
n’eft fait mention dans aucun ritre du haut Langue¬
doc de la comtertè Emme fonépoufc. 20. Qu’il
pofledoit de grands biens en Provence au nom
d’Emme fon époufc, & quelle avoit hcriré 0 d’une 0 Pr • r*
partie de la fuccclfion du comte Rotbold fon pere , Nôux°iy.
même du vivant du comte Guillaume fon frere. I,#
Ainfi foie que Guillaume Taillefer réfidât depuis
l’an 992. dans la Provence proprement dite , ou
feulement fur les frontières, Aimoin a pu fort bien
dire que le roi Robert alla au-devanc de Confiance
fon époufc qui venoit du côté d’Arles, ex Arela -
tenfium part /bus , & cela ne prouve nullement
quelle fût fille de Guillaume I. duc de cette ville*
Aucun hiftorien contemporain ne favorifc donc le
fentiment de ceux qui prétendent que la reine
G G g g ij
«04 NOTES SUR L‘ HISTOIRE
^ Q T E Confiance étoit fille de ce dernier. Voyons fi les à l’exemple d’Alberic 8 dans fâ chronique * que N Q
Xxjx. auteurs poftériewrs leur font plus favorables. fur la faufle généalogie rapportée dans ia lettre XXIX.
VHl.Cclui dont ils peuvent fe prévaloir davanta- d’Yves de Chartres dont nous avons déjà parlé. g v»»Abtrù.
ge,c’efl Yves évêque de Chartres mort vers l’an m 6. X. C’eft fans doute de la mêmefource que Jean
Ce prélat dans une lettre qui! écrit àRaoul archevê- moine de Mairmoutier dans fes geftes Mes comtes h Geft* c
* rv c Ar mt. que de Reims , lui raconte a ” ce qu’il a oui dire à la d’Anjou , qu’il a écrits après le milieu du XII. r*' '
iU* •» cour du papeUrbainlI. touchant le dégré de pa- fiécle , aura pris que la reine Confiance étoit fille 466.
* renté qui étoit entre le fils du comte de Flandres de Blanche d’Anjou > & de ^Guillaume comte
■» & la fille du comte de Rennes ou de Bretagne par d’Arles. Il cft vrai que cet auteur s’écarte du fen-
» un moine d’Auvergne: il ajoute qu’il ne (çauroit timent d’Yves de Chartres > & du chroniqueur
» lui amener ceux qui étoient inftruits de cecce que nous venons de citer , en avançant que la merc
» généalogie , parce qu’ils n’étoient pas (es diocè- de la reine Confiance étoit fœur de Foulques Nera
» (âins, & qu’il ignoroit s’ils vivoient encore.” Il comte d’Anjou > & par confisquent fille de Gcof-
marque à latin de cette lettre ccs differents degrez froi Grifegonelle , 6c non pas fâ fœur -, en quoi
de parenté -, en forte qu’il fuppofe que la merc de la il a fuivi 1 autorité de Glaber qu'il copie d’ailleurs
reine Confiance , qu’il appelle Blanche comteffe prefque mot a mot fur tout cet article , comme le
d Arles , étoit fœur de Geoffioi Grifegonelle comte P. Dacheri a eu foin de le faire remarquer. Son
■d’Anjou. autorité n’a donc de poids, qu’autant quelle eft
lied aifé de voir qu’Yves parle ici de cette géhea- conforme à celle de Glaber: or nous avons fait
iogic d’une manière fort incertaine, & fur le rapport voir que ce dernier donne d’une maniéré allez
d’autrui. Il s’cfl trompé en effet fur divers chefs > claire à la reine Confiance > Guillaume Taillefcr
i°. Il contredit Glaber qui afliire pofitivetnent comte de Touloufe pour pere. L’auteur des geftes
que Foulques Nera comte d’Anjou droit oncle, aura vu, félon les apparences, dans la lettre d’Yves
nvunculns , delà reine Confiance , au lieu qu’il de Chartres que la mere delà reine Confiance, qui
n’auroit été que fon coufin fuivant le calcul d’Yves n’eft pas nommée dans Glaber, s’appelloic Blan-
\ BthiMjt. deChartres. zc.M. Baluze b a fait voir que ce pré- che , 6c quelle étoit femme d’un comte d’Arles i
^ar na Pas rapporté les chofcs comme elles étoient , ce qui aura fuffi pour lui faire confondre ce dernier
to.yF.+$. puifque Cafton ,qui eft ce moine d’Auvergne , fui- avec Guillaume duc de la première Aquitaine ,donc
ginettïnm*. vant raPPort qu’en fit le cardinal de Paleflrine parle Glaber -, & il n'aura pas crû s’écarter en cela
•rund.yintcd. au pape Pafchal II. compte différemment ces de- de l’autorité de cet hiftorien qu’il fuit d’ailleurs
^ }<q f’ i77' 8rcz ue Pafcnté , & fait venir celle qui étoit entre pas à pas fur cette article , comme nous venons de
Baudouin fils du comte de Flandres, & la fille d’ Al- le dire. C’eft ce qu’on peut confirmer par ce qu'il
lain comte de Bretagne , non pas des defeendans de dit à la tête de fbn ouvrage en l'adreiïint à Henri II.
Foulques Nctacomtc d’Anjou , mais de ceux d’Er- roi d’Angleterre : Hiftonam 'fevegefta Ande^avo- ibUqayu
mengarde comccflè d’Auvergne , ferur de la reine
Confiance > & qu’il ne dit rien de Blanche comteflc
d’Arles mere de cette princdlc. Enfin M. Ba-
* Bat. ib. r*. luze c attelle que les manuferits de cette épître
' d’Yves de Chartres /W très fautifs G? fort dffe-
k Y. U Ltn&
bibl. hifttr. n.
4- f. 90»
ram confHlumyantecefforHm tuorum , ex multis dotto-
rnm feriptis exccrpfi > m uno corpore volummis
compilaviy & c. Il ajoute qu’il a mis diverfes chofes
3u’il a oui dire à pluficurs pei fonnes qui vivoient
e fbn tems , 6c qu’il nomme. Son ouvrage en effet
rents , ce qui prouve qu’on ne fçauroic faire aucun eft plein de fables ,au jugement d’un habile critique*,
fonds fur fon autorité. Mais ce qui fait voir le peu de fonds qu’il y a à
Il ne relie donc d’autre témoignage parmi les faire fur cet auteur , même pour le commencement
anciens, à ceux qui prétendent que la reine Con- du XI. fiécle, finon autant que ce qu’il rapporte
fiance étoit fille d’un comte d’Arles, que celui d’une eft conforme aux hiftoriens 6c aux monumens du
chronique dont on ne connoît pas le tems , & de tems > c’eft qu’il donne I pour fils & pour fucccf- 1 M-t+sH
l’auteur des geftes des comtes d’Anjou. feur à Geoffioi Grifegonelle comte d'Anjou un
IX. La première eft imprimée au tome 4e de Du- prétendu Maurice qui n’a jamais exifté que dans
Chefne, tous ce titre : Chroniciveterisexcerptum^ ion idée, dont il décrit la vie allez au long, &
ce qui prouve quelle vient d’un compilateur, 6c qu’il fait pere de Foulques Nera, lequel étoit cer-
que c’cfl le fragment d’un ouvrage beaucoup plus tainement fils de Gcoffroi Grifegonelle , comme
ample: il eft vrai qu’elle finit à l’an 1 1 09. mais il il eft marqué expreflement dans le fragment m de rnib.f.iyti
eft évident que l’auteur a écrit fort long tems apres, l’hifloire d’Anjou écrire à la fin du XL fiéclepar
puifqu’il dit que le roi Philippes l. mourut cette me- Foulques Rechin comte d’Anjou , qui connoiflbic
me année m. c. ix. c tandis qu’il eft confiant que ce fans doute la généalogie de fes prédcceflcurs , &
prince décéda en 1 108. Cet auteur, quel qu’il foit, qui étoit petit-fils par fâ mere du même Gcoffroi
fttid. /. 9€. commence ainfi fa chronique : Rehgiofus i rex Ro - Grifegonelle.
ber tus pracepto patns vivente paire , Aareltanis in Ce font-là tous les anciens qui ont parlé de l’ori-
regem corenatus eft anno dominiez Incarnat ionis gine de la reine Confiance , fur quoi on peut ju-
dcccc lXxxvi. reqnavitque carn eo ix.anms. Duxit ger icfquels méritent la préférence, 6c fi fuivan*
antern nxorem Confiant iam fiham Wtllelmi comitis toutes les réglés de la critique , les auteurs contem*
Arelatenjis&atam de Blanca forore Gaufridt comitû porains , ou prefque contemporains , qui font Guil-
Andegavenfis &c. Nous ne relèverons pas ici la laume Taillcfer comte de Touloufe, pere de cette
faute que fait cet auteur dès la première ligne de fa princefTè , ne doivent pas l’emporter lur les pofté-
chronique , de faire couronner le roi Robert l’an rieurs qui difent le contraire i tandis que ceux-ci
98 6. étant certain que cette cérémonie fe fit le pre- loin de faire voir que ceux qui ont écrit avant eux
mier de Janvier de l’an 988. Nous nous contente- fe font trompez, ne parlent que fur des oui- dire,
rons de remarquer , qu’il fa-t Blanche mere de la 6c manquent d éxaélitude.
reine Confiance , feeur de Geoffioi Grifegonelle XL Quant aux chartes , on n’en trouve aucune
comte d’Anjou , tandis que fuivant Glaber elle étoit où il foit parlé de la généalogie de la reine Con- n p^. a
dk fille. Ainfi cet auteur ne fe fera fondé fâns doute* fiance j la feule dont le V. Pagi n fait mention , cft
* Ibid. f. 9%.
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D fe L ANGÜEDÔC,
un aéleriré des archives dei’nbbaye de Montma-
^XXiX jour 5 cointefle Adélaïde , fon fils le
S. Maur des Foflez, eft ain/î datée : Faftum *anno
/ucarnationis Chrijh m. indsElione xu. ( & non p.°s
N O T te
XXIX.
n D»-Ch. rt.
4-
O ?4£» ÎM*
comte Guillaume C? fa fille Confiance font une do- xnï. comme le fuppole mal à propos le P. Pagi °);
nation à cet te abbaye , ah mois <C Août fofi s It régne anno veto regni inclyti régis Robcrti XJ/. fe lictter.
de Raonl roi de Bourgogne, indtüion xnn. Ce Cette charte qui eft la même que celle que le
critique conclue de !i qu’étant certain d’ailleurs P. Labbe cite dans (es mélanges, quoique le P. Pâ¬
que la même Adélaïde étoit furnommée Blanche , gi P veuille qu elle (oit differente, prouve bien que p ?*» {bd*
la fille Confiance ne peut être differente de Con- Berthe (c qualifioit femme du roi Robert dans le
fiance reine de France , & qu’ainfï celle-ci étoit fille tems de fà date : mais il n’eft rien moins que cer¬
tain que cette date appartienne à l’aniooo. En
effet de trois caraderes chronologiques qu’elle
renferme, deux appartiennent nécefîàirement &
l’an 999. fçavoir FindiéHon & l’annce du régne;
car tous nos critiques conviennent, & le P. Pasi
comme les autres , que Robert fut couronné au
vivant de fon perc, le premier de Janvier de l’an
9S 8. il étoit par confisquent le premier de Jan¬
vier de l’an 1000 danslaxi 1 1. année de fon ré-
K
r nu.
1 nu.
, -.u »
r ■
de Guillaume I. comte d’Arles : mais 1 °. il foudroie
prouver auparavant que Confiance fille d’ Adélaïde
com telle d’Arles, étoit la (eulc princefle de ce nom
au XI. fiétle , & que Guillaume Taillcfcr n’a pû
avoir une fille qui portât ce nom. 1®. Il foudroie
outre cela que cette charte fut certainement de
***** * l’an 1001. comme le P. Mabillon , qui fuppofc*
que la reine Confiance étoit fille de Guillaume
74* comte de Touloufe <t Arles , & d’ Adélaïde , le pré-
h prâf. 4 £. tend , farce b, dit-il, que cefi la première miithon gne \ y ayant donc deux cataâercs chronologiques
\S'fîït.un. ^ ce mm^re H** firen c<>ntre depuis la mort du roi dans cette charte, qui la fixent à l’an 999. ils
jo. Conrad pere de Raoul. Mais cette indiction peut doivent l'emporter fur le troifiéme qui cft l’année
convenir également à l’an 1016. car Adélaïde qui de l’Incarnation , laquelle peut avoir été altérée,
ne mourut qu’en 1 01 6. vivoit alors de même que ou ajoutée par ceux qui ont tranlcrit la picce dans
fon fils le comte Guillaume ; & fi la charte eft de le carrulairc , ou qui l’ont inférée dans la vie du
l’an 1016. ce qui efi aufli vraifemblable , toutes comte Burchard \ où elle fe trouve avec la même q
les inductions qu’on en cire s’évonouiffent. faute.
XII. Cet acte ne fçauroit donc prouver nécef- L*aurre charte qui fut donnée en fiveur de lab-
foircmcnt , (bit par rapport à fa date , foit par rap- baye de Bourgueil , & qui eft datée du mois de
au nom de Confiance qu’on y lit, que Ro- Septembre de l’an 1000. eft citée par les PP. Ma-
n’avoit pas époufé la reine Confiance au billon r & Pagi • ; mais ils en tirent chacun une in-
moisd’Aout de l’an 1001. mais comme nous ap- duétion toute contraire ; le premier, que Berthe
prenons d’ailleurs qu’il étoit déjà marié avec elle étoit alors féparée du roi Robert ; & en effet elle
avant cette année, il s’enfuit manifeftement que prouve que cette princeffe étoit en ce tems-la cloi-
Conftance fille d'Adclaide comtcflè de Provence , gnée de la cour , & au milieu de (a famille *, l’autre,
ne fçauroit être la meme que la reine Confiance. quelle étoit encore femme de ce prince, parce
tGUJA.u Glaber* rapporte l’époque de ce fécond mariage quelle prend le titre de reine. Le P. Pagi ne peut
Uf *itm du roi Robert à Fan 1000. le P. Pagi en convient : pas ignorer que les reines veuves ou répudiées »
mats il prétend que cct auteur n’a pas parlé d'une même celles qui fo remarioient avec de fimples
maniéré déterminée. On pourroir donc également feigneurs, continuoicnt de prendre le titre derei*
* ?art' tapponer ce mariage avec Befiy d, à l’an 998. corn- nés au XI. & XII. fiécles ; ainfi cette charte ne dè¬
me à l’an îooi. Mais ce qui foie voir qucGlaber cidc rien.
le fixe au moins à Fan 1 000. c’cft qu’il donne 28. Mais nous avons d’ailleurs des preuves certaines
ans à Hugues fils aîné de Robert & de Confiance, que Robert avoit déjà éponfé Confiance au mois
dans le tems de fa mort: or ce prince décéda ail de Novembre de Fan 998. dans une épitre* du
plûrard avant le mois de May de Fan 1018. pape Grégoire V. adreflèe à Confiance reine des
** Nous n’ignorons pas que le P. Pagi c prétend Gaules , Sc datée du mois de Novembre indittion
après le P. Mabillon , qu’Hugucs n’avoit que 1 8.
ans je tcms fa mort, 5c qu’il fout lire bis
dents au lieu, de ter dénis minus excreverat duobue
dans l’épitaphe que Glaber compofa pour ce prince* ce qui tranche toute la difficulté, & foit voir que
fGl^ En effet quoiqu’on life ter dénis dans toutes les edi- Confiance fille de Guillaume comte de Provence,
isv6. f, rions*, & que le P. Mabillon g attefte qu’un ancien & d* Adélaïde , ne peut avoir époufe le roi Robert,
»*.4‘ manuferit de la bibliothèque Colbert porte la me- puifqu elle ctoit encore fille Fan 1 001 . Au refte il
i m*. éd fout avouer cependant qu’il cft beaucoup n’eft pas néceflaire de lire indiélion xi 1. au lieu
' ,ll«- «• Plus vraifemblable qu’Hugues mourut en i o 2 5 .■ de 1 1 . dans la date de cette éoitre , comme Fin-
h aS^ de i 8- ans, & que ce calcul eft plus conforme fihue le P. Coflart; caron peut nippofcr que lesco-
»oit- n. à ce que rapporte d’ailleurs le même Glaber de piftes ont écrit l’indiélion 1 1. déchiffré Arabe pour
uc ce prince , lorfqu’il fut couronne en ï o 1 7. la x 1 . de chiffre Romain ; & il n’eft pas certain que
ainfi il fora né en 1007. ce qui foit voir que le roî les papes ne (e ferviflènt pas quelquefois au X. lié-
Henril. fon frere puîné , lorlqu’il décéda en ioéo. cle de findiélion Romaine calculée depuis le mois
joi. n’avnit nnc r c nnc rnmm^ !(* vpnr le P. Anoe de lanvier; or Findiélion onze convienr narfoire-
e ii
“»• toit.n.
i .
t Ctnc.tè. f.U
75«-
» V . Not. Ctfi
f*T. \b>4%
11. ainfi cette lettre appartient à Fan 998. com¬
me le P. Coflirt l’a fait voir, car Grégoire V. étoit
déjà mort au mois de Février de l’année fuivantc;
,M*7.
fcl>4n.
Fr- tt.
n’avoit pas 5 5. ans comme le veut le P. Ange 4, de Janvier; or Findiélion onze convient parfaite*
. \lfI% & que le P. Daniel k s’eft trompé lorfqu’il prétend ment à Fan 998.
■p-
XIV. Nous ne difeon venons pas cependant qu’A*
delaïde furnommée Blanche , & femme de Guit*
laume comte de Provence , ait été de la maifon
a K*
*jn*’
qu*Hugnes avoit 17.3 1 8. ans quand le roi Robert
fon pcrc l’aflocia au thrône en 1 o 1 7*
XIII. Ce que nous venons de dire n’empêche
pas que le roi Robert n’ait pu épouftr Confiance d’Anjou , & mêmefeeur de Geofftoi Grifcgonelle,
en 998. car les deux chartes qu’on cite pour prou- & c’cft fans doute ce qui aura donné occafion à
vcr Contraire, ne le difent pas La premicre dont Yvesde Chartres, & àceux qui Font fuivi , de fup-
•^''.49.* rxf‘ le P, Labbe*, & enfuitc lesPP.Mabillon m & Pagi pofer que la reine Confiance ctoit fa fille. Ce pré*
^ ***' font ufage , & qui fc trouve dans le cartulairc de lac aura crû , fons faire diftinâion entre la niece St
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K'O T E
A-XIX.
* V. Ntt.irr.
“5*1.
«1 P’.ftto.vxu.
•*• 17.
«t>< NOTE? SÜRt* HISTOIRE
la tante , que la reine Confiance étant fille d’une ces auteurs Bcfly D, d’Hautcfièrre • ,1e P.Labbe f >
princcflè de la maifon d’Anjou , & qu’étant venue M” de Sainte- Marthe <1 dans la dernière édition dc * x i xT
de Provence en France pour époufer le roi Ro- leur hiftoirede la maifon de France, M. Baluze1 ntpj
bcrc,ellcétoit fille de Guillaume 1. comte d’Arles, & le P* Mabillon 1 qui fuppofent que Guillaume
& d’ Adélaïde d’Anjou , au lieu quelle étoit fille pcrc de la reine Confiance , étoit tout enfemblc
d’Arfinde d’Anjou nicce d’Adclaïde, & première & comte de Touloufc & comte d Arles-, car quoi- * ■ ‘JJj
femme de Guillaume Taillcfièr comte dc Touloufc que ces auteurs le foient trompe* 1 en confondant J*.,. ^
qui faifoit alors fa rcfidcnce ordinaire en Proven- Guillaume 1. comte de Provence , avec Guillaume jj « M/4
ce, depuis fon fécond mariage ; ou bien par le Tailleftr comte dc Touloufe,& qu’on doive cer-
comte a Arles , ilaura entendu Guillaume Taillefer tainement les diftinguer , on voit cependant que *•
comte de Touloufc , qui pofleda en effet diverfes la plupart ne fc font déterminez à ne faire qu’une *
terres en Provence , & dont les defeendans prirent meme perfonne de ces deux princes , que parce 1 u
le titre dc comtes a ou de marquis de Provence, qu’ils voyoient d’un côte par 1 autorité des anciens ». 9,c* *
Ceux-ci du rems d’Yves poflèdoicnt une portion que nous venons dc difeuter , que Co fiance étoit 1
du comté b d’ Ai les , ce qui lui aura donné lieu de fille d’un comte de Touloufè, &: que de l’autre d’au-
les confondre avec les fucce fleurs de Guillaume I. très anciens ayant die qu’elle éroit fille de Blanche *W
XV. JLe P. Pagi c prétend que Guillaume Tail- comte (Te d’Arles ou de Provence, ils ont crû pouvoit
kfer comte de Touloufc ne peut avoir époufe concilier <es differentes autoritez, en fuppofànt que
Blanche d’Anjou, parce qu’il fe maria avec Emmc Guillaume pere de cette princcflè, étoit tout en-
de Provence : mais nous avons fait voir d ailleurs femble & comte de Touloufè & comte d’Arles,
que celle-ci ne fur que fa féconde femme. Rien Du refie nous ne difons rien de l’opinion de Me-
n’empecbe donc qu’Arfinde , qu’il éponfa en pre- zerai Uqui prétend que Confiance étoit fille de a
mieres noces, nie éré fille de Geoffroi Grifegonelle, Guillaume comte d’ Arles, jî/r de Guillaume duc **•»•**
& fœur de Foulques Ncracomre d’Anjou, & qu’elle d'Aquitaine, parce que cet hifloricn parle à fon
ait pris le furnom de Blanche fuivant l’uface du ordinaire fans citer aucune autorité,
fiécle. . . _ _
XVI. Au reflc quand nous difons qu’Arfinde
pouvoir avoir pris le furnom de Blanche , c’eft dans
la fùppolîtion qu’Yvcs dc Chartres ne (è foie pas
trompé » & que la mere de la reine Confiance ait
pris en effet ce furnom ; car comme c’cft le plus
ancien auteur qui le lui ait donne, il pourroit bien
avoir confondu Adélaïde (innommée Blanche,
femme de Guillaume 1. comte dc Provence, avec
Arfinde comtefle de Touloufè, comme nous l’a¬
vons déjà remarqué , & avoir funpofe par la que
NOTE XXX.
Epoque du rètablijfement de la ville & du
fêqeèpifcopalde Maguelonne , & de la
dédicace de la nouvelle cathédrale de cette
ville.
iVnU.au
* Bal. sAmxï.
f. 4°- 41- &
/?/•
t Bal- ibii.
(rail, thnfl.
mov.td.tg.l. p.
<S9J. & fc<J.
in/fr. p. iij.
g Bouc'uProv.
ro. l.f. 49.
hr.NMiv.
î Bdt.&GsU.
« cbrtjl. tb.d .
* Ibid.’
} C*ttl c onrt*
p. I«'S.
» P t. \at.
U S. r.
19 •
I. Es deux époques dépendent de celle dc
Icpifcopat d’Arnaud évêque de Maguc-
la mere de la reine Confiance s nppclloit Blanche, lonne, qui vivoit vers le milieu du XL fiécle. An-
quoiqu'elle n'eût que le nom d’Arhn Je. Quoi qu’il naud de Vcrdalc dans l’hifioire 1 qu’il a écrire t\
en foit fi la même Adélaïde étoit fœur de Geof- des évêques de cccce eglifè fés prédéccflèurs , dit Lb.u.\.^
froi Grifegonelle comte d’Anjou, ainfi que nous qu’Arnaud ne parvint à l’évêché de Maguelonne 79Stf^
le fuppofons , il fondra dire avec M. Baluze e , que qu’en 1048* fondé fur une épitaphe qu’il rap-
ce comte avoit deux fœurs de même nom \ car il porte , «3c dans laquelle on ne lui donne que 30.
eft certain *quf Adélaïde femme d’Efliennc I. comte ans dépifeopat. Ur comme il le fait mourir en
de Gevaudan, croit (â fœur, & quMle eft diflfè- 1078. Arnaud fut élu par conféquent en 1048.
rente d’Adelaïde femme dc Guillaume I. comte II eft certain cependant que ce prélat f aflifla en jy+dipL
dc Provence. Il eft faux en effet qu’Adclaïde fœur 1035.au concile de Cuxa i «3c nous fçavons 1 d’ail-
de Geoffroi Grifegonelle, air époufe fiicccflïve- leurs qu’il fiégeoit en 1038. Il faudra donc, ou *
ment Efticnne comte de Gevaudan , ôc le meme que Verdale , Gariel & les anciens éditeurs du G J- <
Guillaume I. comme Bouche s l’a avancé. Ade- lia chnftiana fe foient trompez en rapportant la ** lf
laïde fxit comtefle de Provence h depuis l’an 982. mort d’Arnaud a l'an 1078 ou que fon épitaphe
jufqu’en 10 lé. quelle mourut , & Adélaïde d’An- qui ne lui donne que trente ans d’épi feopat , foit
jou étoit comtefle de Gevaudan * vers l’an 975. & fautive: mais comme ce monument paroit vérita-
l’an 993. ble , & qu’il n’y a aucune preuve qu’Arnaud ait
XVII. Comme Alix ou Adélaïde d'Anjou eut été évêque de Maguelonne après lan 105 8. il doit
plufieurs fils d’Eftienne I. k comte de Gevaudan , avoir etc clû vers l’an 10 jo. & être décédé vers
entr’autres Pons , Bertrand & Guillaume, la con- 10 60. après trente ans dépifeopat. Il paroît en
formité de leurs noms avec ceux dc Pons & de effet qu’il étoit mort dès l’an roé». par un dc-
Bcrtrand fils dc GuillaumeTaillcfcr comte dcTou- laifTèmcnc fait cette même année a la cathédrale
loufè, peut fèrvir à confirmer leur alliance com- de Béziers “, & dans lc-qucl il eft marqué qu’^r- ^
munc, & à faire voir qu’Arfinde première femme naud evêque de Mugue/o>.ne avoir reftitué avant fa
dc ce dernier, étoit de la maifon d’Anjou. mort deux condamines à cette cathédrale ; qu après
JXVI1I. Par tour ce que nous venons dc dire, il fon décès Bcrcnger évêque de Beziers, les avoir
jeft aile de juger s'il ne refte plus aucune difficulté données à Pons- Pierre neveu de ce prélat ; que
touchant l’origine de Confiance reine de France, Pons réfufa de les reftituer; qu’il mourut fubite-
s’il eftaufli clair & évident que le prérend le P. Pa- ment, & que fes fils firent cette reftirurion , ôcc.
gi , qu’elle étoit fille de Guillaume I. comte d’Ar- Il eft vrai qu’on prétend bb que Pierre évêque de tb tu vit
les ,<& (î enfin Catel le P. Petau m & quelques Maguelonne aflifta en 1043. au concile deNar-
autres de nos hiftoriens ou critiques, ont été fon- bonne : mais on voit par les a<ftes cc de ce con-
de z pour aflürer quelle étoit fille de Guillaume cilc, que ce fut Arnaud lui-même, & non pas
Taillefer^ comte de Touloufè. On peut joindre à Pierre, qui s y trouva. Cela potè, Arnaud peut
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avoir rétabli le fiége épifcopal de Maguelonncdès admettant un Pierre au pr intans de Pan * of 4- N 0 T g
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fcJ O T E j»an jo$7. car Verdaîe alîûre que ce rétabliflô- & Arnaud en 1056. il faudrait qu il y tût eu trois XXX.
* * ment fè fit trois cens ans après que Charles Martel Guifrcd évêques de la même ville dans un très-
eut détruit cette ville en 737. court intervalle ; fçavoir > depuis Tan 1031. juf-
" fl. Quant à l’époque de la dédicace de l'égide qu’en 1056. ce qui n’cft nullement vrai fcmblablc}
de Maguelonne , Verdaîe qui ne la marque pas , ce fora donc le même ôc unique Guifrcd, ou Wi-
« r<rd*l. /• fc contente de dire * qu’Arnaud convoqua pour fred, qui aura occupé i’cvêché de Carcaflônnc pen-
7*7» cette cérémonie 1 4. archevêques ou évêques dont dant tout ce cemsdi. Il eft vrai que Mr‘ deSainte-
il rapporte les noms;ainiî il eft aile de k fixer par Marthe * admettent un Pierre évêque de Carcaf j G*U.cbr ./•
celle de fépifcopat de ces prélats. 1®. Arnaud tonne en 1050. qu’ils prétendent être le même
évêque d'Elne , qui le trouva à ccttc dédicace, ne que Pierre fils de Roger 1. comte de cette ville :
bi remplit b fon fiége que depuis l’an 105 3. jufqu’en mais ils n en donnent aucune preuve, ce qui fait
f,44,# 1058. a°. Nous n avons rien avant l’an iojo. quede Vie le rejette'. En effètitf. Pierre 3e filsde ttuvic, A.
fur les évêques Gonrherius d’Agdc & Roftaing de Roger I. comte de Carcaflônnc, fut évêque de Gi- *' S9'
Lodcve, Ôc après la n 1058. fur Gillabert de Bar- ronne u depuis l’an 10 10. jufqucs vers l’an 1050. uM*rc*HiSf*
celonc, qui s’y trouvèrent auffï. 30. Bernard HL ainli qu’on l’a déjà prouvé «ailleurs. x°. Le fié ge ÎV./vJ.xxu.
évêque dcBcziers, qui y aflifta, fur élu c en 105 3. de Carcaffonne fc trouve rempli par d’autres pen- »• *7-
M** & on n’a rien de lui apres lan 1056. Nouscon- dant tout cet intervalle.
duons de là que l’églifè de Maguelonne fut dé- VI. U y a une autre difficulté par rapport à
diéc vers le printems de l’an 1054. En effet les Guillabert , ou Giflibert évêque de Barcelone y, yv*rédi*ih
évêques qui afiifterenr à ccttc cérémonie vi voient qui allifta à la dédicace de l’églifè de Maguelonne >
tous alors, & c’eft prefque Je /cul ceins 011 ilsaycnc car nous trouvons que Guifrcd evêque de Barce-
fiégé tous enfomble. lonne fè trouva xau mois d’Août de l’an 1054. iMsre.a-
III. On trouve entre ces prélats un Axfttnchtu au concile de Narbonne: mais il paraît qu’il faut
eptfcopMs Avictenfis^ôc Alfonie évêque d Art (Afien- lire Giflibcrtus au lieu de Gutfredus dans les a êtes
fis ). Si les noms de ccs deux lièges ne font pas de ce concile. La preuve en eft qu’il eft certain
corrompus, comme l'eft certainement celui d’Hu- que Giflibert fut évêque de Barcelone du moins
gués d’Ufoz appelle eptfcopus Eutjenfis , pour Cfoe- depuis Pan 1050.” julqu’en 1058* uMmrc.Hifi.
ctertjisy c’eft une preuve qu’Auftenchus croît éve- Vil. Une des railons qui nous engagent à fixer
que du Puy, & qu’Alfônfe Iccoit d’Aft en 1054. l’époque de la conlccration de l’églilè de Mague-
Nous voyons cependant ces deux lièges occupez lonne au printems de l’an 1054. c’eft qu’on pré-
&G*D.chnjt, alors , l’un par Pierre IL ^ «5c l’autre par un nommé tend qu’Huguesbbfucceda la même année dans l’ar- *>b gaB.Mj fj
uêv.tS.tt.i f, Girlemus®. Il eft vrai que le P. de Giflèy i admet chevêche d’Embrun, à Guineminarius qui liégeoit ** cï.&'/iqït
‘Vit*!. /«. fur ccrtc feule autorité un Auftenchus évêque du certainement encore en 1054. «5c qui lè trouva à
'&i'eq *°l,s Pont'ficat du pape Jean XIX. depuis certe cérémonie* cependant il n’cft pas biencer-
tfG'jf»)- b‘/t. l'a» 1014. julqu’en 1013. «5c qu’il a été liiivi rain cc qu’Hugues air été archevêque d’Embrun * ce IM*
^ThcZd'hâ' Par ^rcrc Théodore B : mais c’eft avec railbn que ôc s’il le fût , c’ctoit un fimoniaque qui ufurpa ce
du t^f.1'90. les anciens & les nouveaux éditeurs du G alita cbri - fiége fur Guineminarius qui par confoqucnt pou-
ftiana l’ont rejerté du catalogue des évêques de voit fc dire encore archevêque en 105 y. Quoi
ccrtc ville. En effet il eft évident qu’il faut lire qu’il en foie fi Guineminarius fiégeoit encore en
jtuftindus eptfcopus , ou archtepfioptu Aufctinfis 1 05 5. c’eft une preuve que d’un (èul archevêque
au lieu dï Av te ter fi s ; car i*. nous avons un ar- d’Embrun qui a fiegé depuis environ lan 1048.
\ Gélt.ikn/t. chevêque d’Auch appelle Auftindc h depuis l’an julqu’en 1066. on en a fait quatre dans la nou-
ù'd tt.i.f, j 042. jufqu’à 1068. 2°. Le nom d' Auftmchtu'1 vcllc édition du Galha chr fi tana , fous les noms
paroîtdans l’acledeconfècrationderéglifo de Ma- de Vivemnus de Winamanus, de Guinevinarius,
guelonnc, parmi ceux des archevêques, ôc avant Viminianus ôc Guinamandus \ car cen’eftque le
ceux des évêques. même nom.
IV. Quant à Alfonfè d’Aft , nous croyons avec
k Ctttlmtm, Catclk qu’il faut lire Elefanttu Aptcnfisy au lieu
g Thttd.
du tmff.
51«.
lUk. M,
qu’il en foie fi Guineminarius fiégeoit encore en
105 ç. c’eft une preuve que d’un feul archevêque
d’Embrun qui a fiegé depuis environ lan 1048.
julqu’en 1066. on en a fait quatre dans la nou¬
velle édition du Galha chnjhana , fous les noms
de Vivemnus de Winamanus, de Guinevinarius,
Viminianus ôc Guinamandus ; car cen’eftque le
même nom.
* d'Alphortftu Ajlenfis ; ôc il eft bien plus vraifèm-
\G*U.thnfi, blable qu’Elcfiint d’Apt , qui fiégeoit en 1 1054.
u«* ajf afljftéa cette cérémonie, qu’un évêque Italien
beaucoup plus éloigné de M.iguelonne.
V. Tout cela fait voir qu’il y a plufieurs noms
altérez dans l’édition que le P. Labbc nous a
donnée de l’ouvrage de Verdaîe; ôc nous ne dou-
N O
XXXI.
Epique du concile de T ulujes où on établit
la pâix dr la treve de Dieu
I. \ yf Onfieur Baluze nous a donhé dans fes ad-
m Vtrdél,
M.
altérez dans J édition que le P. Labbc nous a I. Tk yT Onfieur Baluze nous a donhé dans fes ad-
donnée de l’ouvrage de Verdaîe; ôc nous ne dou- iVl dirions4*'* au traité de la concorde du face r- d i itérer
tons pas qu’au lieu de Pierre évêque de Carcaf doce ÔC de l’empire deM. deMarca, les atftcs d’un
fonnc,qui cft nommé parmi m ceux qui afliftcrent concile tenu à Tulujes dans le Rouflil'on, pour
à la dédicace de l’églifc de Maguelonne, il ne établir la paix ôc la trêve de Dieu. Ces aébs font fans
faille lire Gtifrcds voici nos raifons. Il eft certain date, ôc ce n’cft que parle tems où vivoient ceux
3ue Guifrcd, ou Wifted, dont de Vie 11 a fait qui afliftcrent à ce concile, qu’on en peut fixer
eux évêques, l’un fous le nom de Guifrcd ou Si- l’époque. M. Baluze dans les deux premières édi-
fred , ôc l’autre fous celui de Vifoafred , occupa le tiens de la Concorde , ôc dans le Marca H/frant -
fiége 0 épifcopal de Carcaflônnc depuis l’an j 03 2. ça ce, l’a marquée à l’an 1 04 f . Le P.Coflàrr l’a mifè e e uéni
jufques vers l’an j o f o. Nous trouvons enfuire un enfuire dans l’édition des conciles ffi l’an 10 6$.ôc
Arnaud evêque , qui aflilla au concile P de Tou- enfin M. Baluze avoue dans la dernière édition 9*
* D'vu du Que uuirrca, ou wjfrcd, dont de Vicna fait qui afffftcrent a ce conale, quon en peut hxcr
/^ji ^cux ^v^ues’ * un f°aslc nom de Guifrcd ou Si- l’époque. M. Baluze dans les deux premières édi-
• v Mtrt 1 ^rCC* * ^ * aurrc ^l,s cc*u* de Vifoafred , occupa le tions de la Concorde , ôc dans le Marca H/fpanu
AHtû.t fiége 0 épifcopal de Carcaflônnc depuis l’an 1032. ca ec, l’a marquée à l’an 1 04 5 . Le P.Coflàrr l’a mifè -
Ma^H* jl,ft]ucs vers I an io?o. Nous trouvons enfuite un enfuite dans l’édition des conciles (ei l’an 1065. «Se ^
44;7ioif/* Arnaud évêque , qui aflilla au concile P de Tou- enfin M. Baluze avoue dans la dernière édition u
; Vo*T ^*an 1 0 f ^ q11’00 prétend ^ avoir été de la Concorde , qu’il y a fur cela de très-grandes
t\Géù.iir,fl évêque de Carcaflônnc : comme nous voyons ce- difticultcz, en cc que Berengcr évêque de Gitonne,
"rVéÏH.f Pendanc un évêque dans cetre ville appdlé Gui- Raymond évêque d’Elne , ôc Guillaume comte de
/• nf7, ' f au mois d’Août r de l’an 1 o j 4.& en 1 o j 8. en Bcfàlu fc trouvèrent à cc concile , tandis que le
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%0*
K O T ES "SUR. L* HISTOIRE
« A/4 rc-Hilf.
f- 444.
h r-
4n** io,4.,#
4.
i Ctnctrd.
Mdre. H il}.
jsj q Y l panier ne parvint i f évcché de Gironne qu’en bonne > & qu’il s’eft tenu à ce fiijet deux afletn- ^
XX XJ. 1050. & le fécond à celui d’Elne qu’après l’an blces à Tulujcs dans le Rouflîllon -, lune particu- xx\l *
1058. que Guillaume comte de Befàlu mourut en lictc du diooèfc d’Elne en 1 017. & l’autre générale
1051. 6c qu’enfin les ades du concile de Nar- de toute la province en 1041. Maiscomme fuivant
bonne de l'an 1054. paroiflent faire mention du Glaber ôc Hugues de Flavigni > la trêve de Dieu ne
concile de Tulujes. commença h à être établie que cette derniere année,
M. Baluze propofc * un expédient pour fe tirer & que M. Baluze 1 prétend qu’il eft fait mention de
de cene difficulté. U fuppofe que ce concile fut tenu la grande aflèroblce de Tulujcs , tenue félon lui
*« effet en 1045. que les évêques Berengcr de en 1045. dans les ades de celle de l’an 1017. il Zu.
Gironne & Raymond d’Elne n’y fouferivirent que doit y avoir faute dans frette derniere date, & i|
dans la fuite ,& que cela aura donné lieu aux copi- faudra Ikc 1 047. au lieu de 1017. En effet nous
ftes d’inferer leurs noms dans les ades : mais dan6 içavons que Bcrenger 11, fut évêque d’Elne jufqu’eq
cette fnppofition il n’y a rien qui oblige de rappor- 1053. Oiiba évêque d’ Aufonne peut avoir donp
ter la tenue de ce concile à l’an 1045. plutôt 4U ^ tcnu au nom ce Pr<^ b fyn°dc de Tulujes ai*
l’an 1041. ou à telle autre année. La raifon que mois de Juin de l’an 1047* car quoiqu’il foit ccr-
M. Baluze apporte , pour la fixer à l’an 1 04 ç. c’eft, tain qu’Oliba mourut la meme année , nous ne fça-
dit-il, parce que Guifred archevêque de Narbonne, vons pas cependant en quel mois , & il peut avoir
Oliba évêque d’ Aufonne , & Pons comte d’Ampu- vécu jufques au mois de Décembre,
ïias, qui y aflifterenr » fe trouvèrent la meme an¬
née à la dédicace d’une églife dans le comté d’Ara-
Eurias -, mais cela ne prouve rien , puisque ccs prê¬
ts ôc ccs feigneurs du pay$ peuvent également
s’être aflcmblcz dans le Rouflîllon en 1041.
Cette derniere année eft , à ce que nous croyons,
la véritable époque du concile de Tulujes : eu
\> u*'.?Uv. voici les rai(ons.Hueuesdc Flavienib nous apprend
ïo. i.f, 117. dans la chronique , que la treve de Dieu fut établie
four la première fou en 104.1 . ce qui eft confirmé
par Glaber c auteur contemporain , qui rapporte cet
ctabliflèment à la même année. Suivant le der¬
nier auteur , La trêve fut établie d’abord dans les
c
«• W- 5 5.
NOTE XXXII.
Sur Pons comte de ToulouÇc , fils de
Guillaume T aille fer , (&• fur Almodis
fa femme .
I.A\N trouve plufieurs chartes où il eft fait
mention de ce prince: mais la plupart n’é-
«r. N*
**“••• 4S«
fPr.p.ioS.
V. M*ri.
Jfiÿ.f.UJt»
+H-
tant pas datées , on ne fçauroit marquer précifc-
ment l’époque de fon avenement au comté de
Touloufe : il parole feulement que Guillaume Tail-
parties de ïslquitame , où on tint des conciles , Ôc lefer fon pere , mourut k vers la fin de l’an 1 o 3 7. &
en fuite dans les autres provinces des Gaules. Oc il eft certain que Pons polledoit le comté de cette
i°. on a déjà prouve4 que la province eccleliaftique ville dès l’an 1045.
de Narbonne, qui renfermoit alors la Scptimanic & II. Nous ignorons également l’époque précife de
b Marche d'Etj^agne , croit comprife au commcn- fon mariage avec Almodis. Comme nous (çavons
cernent du XI. ficelé dans l 'slquitame prife en gé- cependant que Guillaume 6c Raymond leurs fils
ticral. iD. Suivant b remarque d'un fçavant criti- étoient déjà en âge de gouverner par eux-mêmes
vers l’an 106 ï. & qu’il paroît que le dernier étoit
marie 1 vers l’an 1 066. il faut que Pons ait époufe
Almodis vers l’an 1 040.
Les modernes ont etc fort partagez fur l’extra-
dion de cette comtcllè : mais l’auteur de la chro-
tieres de l’Efpagne , ce qui convient au concile de nique ra de Maillefais, écrite avant le milieu du XII.
Tulujes, lequel par confequem aura été tenu en fiéele , allure politivemcnt quelle croit fîrurd’Al- ui'fuo.
104t. debert comte de la Marche. Cet auteur lui donne v •
Quant à 1a difficulté prife de l’épifcopatdes évê- trois maris \ fçavoir Hugues de Lezignem, qui b
ques de Gironne 6c d’Elne , on peut répondre que répudia fous prétexte de parenté, après en avoir
comme la trêve de Dieu fut confirmée dans la fuite eu un fils 3 Pons comte de Touloufe qui la répudia
en divers conciles de la province de Narbonne, ôc aufli , 6c Raymond-Bercngcr I. du nom comte de
que les évêques & les comtes du pays en ordonne- Barcelone. Quelques géncalogiftes û qui (c fondent
rent * l’execution en differentes années dans des fur Guillaume de Malmcfbury prétendent que
i V. Ni.
*X1X. H. s.
tv.Pdiiéd que c le mot Trêve vient de la langue Efpagnole
K>ü. ». ou Romaine * ôc comme on fe fervic de ce terme
dans cous les conciles où on établit/* trêve de Dteuy
c’eft une preuve que fon nom a été employé pour la
première fois dans ce concile tenu vers les fïon-
aflcmblccs diocélaines, où on inleroit tout-au-
long les décrets du concile de Tulujcs , qui l’avoit
établie poux b première fois, il a été aifo aux co-
piftes en tranfoivant ces décrets , d'y ajouter les
noms des évêques qui en avoient ordonne l’execu-
xion , & de les mettre à la tête , comme s’ils s’é-
loicnc trouvez à ce concile , parmi ceux qui y
avoient effcâiveraent aflifté.
j cnnrd.il,. M.BaUize g nous a donné les attes d’un fÿnodc
^ 4J J r*’ du diocèfe d’Elne , tenu au même lieu de Tulujcs ,
le premier de juin de l’an 1027. par Oliba évêque
d* Aufonne, au nom de Berengcr évêque d’Elne, qui
étoiiallé alors en pellerinage a 1a Terre-fâinte. On
établit dans ce fynode une trêve à peu près fembla-
, depuis le famedi à trois heures, julqu’au lundi
matin. Suppofé la vérité de cette date , c’cft une
nouvelle preuve que la trêve de Dieu fut établie
pour b premiers fois dans b province de Nar-
n Ld. uU.
ftn.iS*.
ht fl.
1. f.
— <JeI
•TIr-
ü!l
i ii
Guillaume 111. comte d’Arles, l’époufâ après Hu-
gués de Lezignem , ôc avant le comte de Tou- • GmH.ua.
loufo : mais ils fe trompent certainement \ car on
ne trouve aucune comtefle d’Arles ou de Provence
du nom d’ Almodis. On donne feulement P 2 Guil-
bume I. comte de Provence une fille nommée Al- de ?roV./.l>»
modis,à laquelle on fait époufer Bofon comte de la &Jt*'
Marche, & cnfùire Guillaume V. duc d’Aquitaine,
fur l’autorité de % l’hiftoirc de Maillefais , differente
de la chronique : mais d’autres r prétendent avec utn^AM
plus de fondement que cetre dame éroit veuve M^**’/'*
d’Aldebert I. comte de b Marche , ôc fille de Ge-
raud vicomte de Limoges. En eftèr nous apprenons
d’un auteur 1 contemporain , qu’Almodis femme ^
dcGuilbumcV. duc d’Aquitaine , avoir époufé en
Ëremieres noces Aldebcrt comte de Périgord & de ,74*
1 Marche , fils de Bozon le vieux , comte de la
Marche ; ôc qu’elle étoit fille de Gcraud vicomte
de
A’r.
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NOTE
XXXII.
lUâre.Nify»
f.llftj.
DE LANGUEDOC 6 o$
de Limoges : ain/7 elle aura eu de fon premier ma- quand mime l'abbaye de Adoijfdc vitndroit à fi
riage Bernard comte de la Marche > pere d’Almo- fi forer de celle de CIhm .
discomreflede Touioufo, qui aura pris Je nom de 40. Cela eft fi vrai, que le P. de Sainte-Marthe
fon ayeule. . convient 1 , que Durand moine de Cluni étoit déjà
III. Pons comte de Touioufo avoir déjà répudié abbé de Moi/lac dès l'an /os 2 . tndiclion /. & il eft
Almodis, & celle-ci avoir epoufe a Je comte de Bar- fait mention dune charte qui Je prouve. Nousap-
celone dès le 12.de Novembre de Fan /oj+. la xx/v. prenons de plus de Ja chronique m d’Aymeric de
année du régne du roi Henri. Nous avons encore
& 'uo™."0 deux b aéles ou il eft parle' de Raymond comte
de Barcelone, & d’Almodis là femme, datez l’un du
1 S.de Février, «5e l’autre du 1 7. d’Avril de la xx/v.
année du régne du roi Henri , c’cft-à-dire de l’an
1 o 5 j . & non pas l’un de l’an 1053. & l’aurre de
l’an 1054. comme le fuppofe M. Baluze. Nous
trouvons enfin , que Raymond comte de Barce¬
lone & Almodis croient c dans la troifiéme année
de leur mariage le 4. de Novembre de la xxvn.
année du même roi , ou de l’an 1 o 5 6. Il faut donc
Xlb.lllo .
Peyrat , que S. Odilon abbé de Cluni étant dans le
Querci eu 1 047» Gaufbert abbé fècuJier de Moit
fâc lui donna cette abbaye à réformer, du confon-
tement de Pons comte de TouJoufe , & de Tcvê-
que de Cahors , & qu’il y mit alors Durand pour
abbé. L’aéte donné par Pons pour l’union de cette
abbaye à celle de Cluni n’eft donc pas éloigné de
cette année j & comme la lettre dominicale C con¬
vient a l’an 1 o 5 j . il n’y a pas lieu de douter que la
charte de Pons& d’Almodis pour confirmer cette
union , ne foit de la même année. U s’enfuit de-Ià
NOTE
XXXII.
1 G a U. dm fl.
tbid. p. 162.
ni Chr.^rm.
le Peyrat. /a.
XS«. verf .
que ce mariage ait été célébré après le 4. de No- qu’on doit rayer du catalogue des évêques de Ca-
vembre de l’an 1 o 5 3 . & avant pareil jour de l’an- hors , Bernard IV. qu’on a met fur le fiége épifeopai
èMéb.éd
Ml. 10 *2. fl.
no.
née fuivante.
IV.Nous voyons d’un autre côté que Pons comte
de Touioufo étoit encore marié avec Almodis dans
le rems qu’il unit l’abbaye de Moiflac à l’ordre de
Cluni ; union fur l’époque de laquelle nos mo¬
dernes ne font pas d’accord * ce qui vient de la
fàufic date qui a été ajoutée à l’aéle qui en fut
drefle. Le P. Mabillon* le rapporte à l’an 1061.
. • _ j _ 1 _ • _ »:i _ _ j _ 1 _ i:r_
de cette ville en 1067. fans autre autorité que celle
de k fau/Tê date de Ja même charte ; car Bernard
qui fut préfont à cet acte , n’eft pas diffèrent de l’é¬
vêque de Cahors de ce nom qui fiégeoit en loj z.
ôc à qui Foulques fucceda depuis Pan 10J5.JUT
qu’en 106}.
V. Suivant la même charte, Gau/bertabbé fo-
culier de Moiflac , rendit au comte de Touioufo le
n GdU.chrifl.
tb.p. 117.
quoique dans la copie qu’il en a donnée on ne lilc droit qu’il a voit for cette abbaye, à condition qu’il
que la date fuivante: Datumfub die tertio l>a/. f umi. n’y auroit plus dans la foire que des abbez régu
liers. M. Baluze 0 demande à ce fojet d’où vient
que le meme Gaufbert déclare dans un afte de l’an
106$ Pqu’iiavoit acheté ccrre abbaye pour trente
mille fols, de Guillaume Taillcfer comte de Tou-
nf.
ou.
h Pr.p.ll I
Après ces mots on lit encore ceux-ci dans l’édition
'J* * m^*mc a&e ^onn(^e Par M. Baluze e IJ/.firiâ
4**. régnante Phihppo rege Fr an cor um. Le P. de Sainte-
Marthe * qui a donné la même charte parmi lespié-
ces juftificatives du premier volume du Galliacbri- fou fo , & qu’on voit cependant dans la chronique
,7* Jliana , la rapporte dans un endroit avec la même xTAymeric de Peyrat, que Pierre abbé régulier de
date de M. Baluze, & dans l’autre avec celle-ci: Moiflic, avoit inftirué un abbé chevalier en 1042.
Datum fub die 111. kal. ^ umi 111. fena anno ab In - On peut répondre, que les religieux de Moiflic
carnatione Dçm/ni M. LXVll. Enfin on lit cette ne pouvant s’empêcher d’avoir Gaufbert pour leur
dernicredate dans la copie de la meme picce rap- avoué , s’accommodèrent avec lui , 6c qu’ils le
portée par Aymericdc Peyrat , abbé de Moiflic, clioilirent pour leur défenfour particulier, moyen-
Jj qui vivoit au XIV. ficelé , dans (a chronique «ma- nant certains biens qu’ils lui abandonnèrent , avec
nuforite de cette abbaye , for laquelle nous avons le droit qu’on appelloi tcaptenmum. <1
- collationné notre édition. h VI. Pons comte de Touioufo mourut a la fin de
Nous remarquerons d’abord au fojet de cct aéle l’année 10 Go. ou au commencement de la fui-
qu’on n’en a pas l’original, & que toutes les co- vante. Nous (çavonsen effet qu’il vivoit encore r
pics qui en ont paru /ont tirées, ou du cartulaire fous le régne du roi Philippe I. qui focccda au roi
de l’abbaye de Moiflac , ou de celui de Cluni. Or
les copiftcs auront infailliblement ajouté d’eux-
mêmes Tannée de Tlncarnationou celle du roi Phi¬
lippe» ce qu’il eft aife de démontrer.
i°. Il eft dit dans le corps de l’aéle 1 qu’il fût
paflef le jour de la folemntté des apôtres S. Pierre
fÿ S. Paul. Il faut donc lire : 111. kyl. 'juin* &
non pas Ju/jü. Il eft marqué auflï que c’ctoit un
mardi; & par confequent la lettre dominicale croit
C : or elle ne fçauroit convenir ni à l’an 1 061. nia
l’an 1067. D’ailleurs Pons comte de Touloufc étoit
alors déjà décédé.
z°. Almodis ayantquitté ce comte pour époufor
le comte de Barcelone , avant le mois de Novem-
o Bal. hifl.
T "tel. p. 45*
pPr. #.244*
q V. rta/Mh
1 bid. & I)*-
c**Se&loJT-
r Pr.p 23 S .
ifr. 1 bid.
tp. 240.
t hifii
Henri fon pere, au mois d’Aout de Tan 1060.
«5c que Guillaume fon fils fo qualifioit 1 comte de
Touioufo en 1061.
VIL Un généalogifte moderne c prétend qu’Al-
modis femme de Pons, ne fo remaria quàprès la '*• 2*
mort de ce prince, avec le comte de Barcelone :
mais on déjà vu que ce dernier l’avoit déjà époufée
en 1054. Cet auteur ne fo trompe pas moins fort
qu’il avance qu’Almodis étoit veuve d’Hugues
feigneur de Lezignem . lorfqu’ellecpoufa le comte
de Touioufo, puifqu’il eft certain qu’Hugucs de
Lezignem premier mari (t Almodis , vivoit u encore
en 1060. Cette comteflè eut donc trois maris
qui vivoient en même rems , & c’eft mal à propos
u Chr. Mil*
ItÂC. p. 210.
tPr-b 127.
bredel’an i054.ainfi que nous venons de le prou- queCatel,xquia foppofo auflï qu’Almodis nepoufo * Cdtelcomu
ver, il s’enfuit que la charte dont nous examinons le comte de Barcelone qu’après la mort de celui de
la date , eft antérieure à cette année. Touioufo , a relevé Thiftorien des comtes de Barcc-
j°. Il eft certain que l’abbaye de Moiflac étoit lone, pour avoir avancé que le premier fo maria
déjà unicà Tordre de Cluni dès Tan 105 5 . & fous avec elle en 105 }.
le régne du roi Henri , comme il paroît par une do- VIII. Si nous en croyons Befly » Pons comte
nation k faite alors a ces deux abbayes en la per- de Touioufo' laiflà d’Âlmodis là femme deux «
fonne de leurs abbez, Hugues «5 c Durand dans filles, dont Tune fut femme du ...* comte de*
laquelle le donateur veut que la donation fobfiftç Cerdagnc, dont vintGuiilaume furnommé jour- *
Tome //. " HH hh
J Befly P»ité
P IX*.
6 io
NOTES SUR V HISTOIRE
gli(e , doit U s entait qu
porte à peu près les mêmes termes , fans pourtant vicomte de Touloufc au moins vers lan 1050.
citer Bclly d où il les avoit tirez -, il qualifie feule- IV. Nous avons une reftirution 1 datée de Tou-
ment, Gui III. de Lezignemjc prétendu gendre de loufe,& faite à l’abbaye de Moiflàc vers l’an 1060. /
Pons comte de Touîoufè : mais il n’y a aucune du confeil du vicomte Adcmar , (3 en prefence de
preuve que ce prince ait eu ces deux filles d’Al- Pons comte de Toulon fe . Ce vicomte vécut encore
modis. i9. Il eft vraf que les divers hiftoriens de long-tcms après. Il fit une donation à l’abbaye de
de la guerre fainte donnent a Guillaume- Jourdain Moiflàc en 1 074* m de concert avec le vicomte Ar- ® /• ***.
contre de Cerdagne , le titre de neveu ( & non pas mand , Pons & Raymond , fes frères , & Guillaume
d c frire) de Raymond de S. Gilles , qu’il fuivit fon fils. Comme Raymond l’un des freres du vi-
dans cette expédition: mais il n’étoit que fon neveu comte Adcmar, prend dans cctadtc le nom de
à la mode de Bretagne, comme nous l'avons fait RayrnHndus-Adem.trti> c’eft une preuve, fuivant
• voir b ailleurs. i°. Il eft furprenant que Bcfly c leftilc de ce fiécle, que leur pere s'appelait A dc-
1%. q»i rapporte un extrait delà chronique de Mail- mar : ainfi Adcmar vicomte de Touloufc quivi-
«+V «M+j. lefais , où il eft marqué expreflèment qu’Almodis voit en 96 1 .aura etc vraisemblablement leurayeu!,
'Tjeq' femme de Pons comte de Touloufc , avoit été & leur aura tranfmis fon nom & fes domaines.
mariée en premières noces avec Hugues de Lczi- On ne voit parmi ces quatre freres qu’Armand
gnem , furnomme le Pieux , dont elle eut un fils & Adcmar qui ayenr pris le titre de vicomte. Ils
appelle Hugues, ait fuppofé que ce dernier étoic polTederent la vicomté de Touloufc par indivis,
neveu de Raymond de S. Gilles, & fils d’une pré- avec leurs autres biens fîtuez la plupart dans le
tendue fille de Pons comte de Touloufc *, tandis Qticrci, comme il paroît entr’autres par la fonda-
qu’il eft confiant qu’il étoit fon frere utérin : mais tion n qu’ils firent conjointement en 1083. d’un
on doit ccflcr d’erre furpris de cette bevûc dès prieuré fous la dépendance de Moiflàc, auprès du
d Btflj ib.f. qu'on voit que le même auteur J donne pour pere château de Bruniquel. Il eft encore fait mention
,J6# à Raymond de S. Gilles tin prérendu Guillaume - A" ,,irAm^ A^mirdinc un a*^ • ^rUnr ^
Raymond comte i Arles (3 de Touloufe qui n’a
jamais exifté.
b V. K or.
XXVII. W.io
•
3
&/*ï
t Vit. S- Ct-
rtld.l. l.i.îS.
c rfeq.
t Catel comt.
r.n.
çV.No f.XH.
n- 9.
K Tr.f.l 10.
5 Fr.p. } JO.
NOTE XXXIII.
Sur les vicomtes de T ouloufe & de
Bruniquel.
1. T 1 Enoît dont il eft * parlé dans la vie de S. Ge-
raud , eft le plus ancien vicomte de Touloufc
que nous connoifiions. Catel f fait mention d un
Raymond vicomte (3 viyuter de Touloufe fous le
régne du roi Raoul , c’eft-a-dirc , vers l’an 951.
Nous trouvons enfuite un Aton vicomte de Tou¬
loufe vers l’an 940. qui * à ce qu’il paroît ctoic nicjuel , dans un atte fins date fait en prcfencc
fils , ou petit-fils de Benoît*, & enfin un Adcmar de Raymond Ebon évêque de Laittourc & pre-
...tT. mr-nrinnnr* b vrre l.in
du vicomte Adcmar dans un aétc • poftcricur a 0 ?r. au,
l’an 1085. Nous trouvons enfin un Adcmar vi¬
comte de Touloufe en P 1098. J4|,
V. 11 refaite de ce que nous venons de dire
i°. qu’Adeimr III. a été vicomte de cette ville
depuis environ l’an 1050. jufqu’cn 1098. &
qu’ainfi c’eft à cette dernière année qu’il faut rap¬
porter l'acte qu’il fit étant au lit de la mort , &
dont nous avons déjà parlé. i°. Que ce même
Adeinarn’cft pas different d’Adernar qualifié avec
fon fils princes de U province de Cabors , lesquels
fondèrent en 1090. * tndtchon / 4. du confeil de q Gdèrifi,
Geraud évêque de Caliors, & de Guillaume comte
de Touloufe, le prieuré de S. Gilles de Negrc-
pcliflè. Il eft frit mention dans le cartulaire de
S. Scrnin de Touloufc d Adcmar vicomte de Bru -
auflî vicomte de Touloufc, mentionné h vers lan
961. dans le tcflamcnt de Raymond I. comte de
Rouergue.
II. Un autre Adcmar vicomte de Touloufi , étant
vôt de la cathédrale de Touloufc , lequel pofleda
cet évcché 1 depuis l’an 1061. jufqu’cn 1097.ee r
qui prouve évidemment qu’Adcmar III. vicomte
de Touloufe prenoit auflî le titre de vicomte de /««.
à l’article de la mort 1 , déclare par un aéle qui Bruniquel \ car on a déjà vu qu’il poflcdoit le do-
eft fans date , qu’il avoit ufurpé autrefois l'alleu
de Mafiufe fituc en Querci , fur l’abbaye dcMoif-
fac . qu’il avoit d’abord reçu en fief cet alleu, qui
lui poitoit cent fols de rente, de Guillaume eve-
aue fin fiigneur , & enftitc de Gaufbert abbé
îcculicr de Moiflàc*, & enfin qu’il avoit remis la
moitié de cette rente entre les mains de Durand
alors abbé de Moiflàc. Il s’enfuit de là qu’Adc¬
mar étoit vicomte de Touloufe 1 °. fous 1 épifeo-
pat de Guillaume évêque de Cahors, dont nous
examinerons bientôt l’époque. i°. Du tems de
Gaufbert qui fut abbé fcculier de Moiflàc depuis
environ l’an 1030. jufqu’cn 1063. $*. Sous Du¬
rand qui fut élu abbé régulier de ce monafterc, de Touloufe vicomte , fils de Guillaume de Touloufe
vers l’an t o J 2. & qui ayant été promu à l’évêché de Mont clar . On voit par là que ce Guillaume def-
de Touloufe en 1059. le confcrva avec l’abbaye ccndoit d’Adcmar III. vicomte de Touloufe, s’il
jufqu’à fa mort arrivée en 1071* 4°. Enfin après nctoit pas le même que fon fils de ce nom, &
la mort de ce prélat , puifque parlant de lui , il dit que ce dernier eut le château de Montclar en par-
qu’il étoit alors abbé de Moiflàc. ^ tage. Ce Guillaume pere de Pons, n’tft pas dif-
111. Quant à l'épifcopat de Guillaume evêque ferent fans doute du vicomte de Moutclar , dont
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maine de ce château avec fon frère Armand. Cefl
à ce dernier titre que leurs fucccflcurs fc fixèrent,
& a celui de vicomtes de Montclar , château fitué
fur les frontières de Qucrci dans le voifinage de
celui de Bruniquel , parce que ces deux chârcaux
étaient les principaux lieux de leur domaine*,
en forte que depuis Adcmar III. il ne paroît pas
qu’ils ayent pris le titre de vicomtes de Touloufe.
VI. Guillaume de Touloufe (3 fin fi's Pons ac¬
cordèrent en 1 1 6 3 .* à l’abbaye de Grand-Selve une tend n«u
exemption de péage fur leurs terres. Nous trou- P i *'
vons encore dans un aéle du cartulaire' de S. Scr- 1
date du mois d’Aoùt de l’an 1 1 7 5- l,n P°nî
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DE LANGUEDOC
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dans la maifon de*
NOTE on nc man|ufc P35 k nom > & qu* w1 * 1 5 * échan- château de Brufques étoit alors dans ia mauon ac* n O T B
XXXIII. g^a * le chateau de Jancs-Mcjancs en Albigeois vicomtes de Bruniquel , c’eft une preuve que Fro- X XXl IL
4 Trif» de$ contre la rroifiéme partie du château de Montclar, tard appartient à leur généalogie -, ce qu’ôn peut
«4. it c*r c*/. qllc |a vicomrcffè de Moncredon lui céda. Le même confirmer (ùr ce qu’un nomme Geraud , fa femme
Guillaume eut une fille, ik nous trouvons en 1 1 5 9. Guillelmetc > Ci fes enufins le vicomte Pierre (4 Fro-
un Armand de Montpez.at ( en Querci ) , gendre de tard, donnent vers* l’an x 1 06. l’églifc de Cam- «l/*
b rr. p. 599 • Guillaume de Touloufe. Nous apprenons b enfin que bon en Albigeois , â l’abbaye de Vabres en Rouer-
Raymond V. comte de cette ville , donna en fief gue. Or on a déjà vu que le fils de Guillelmetc vi¬
le premier d’ Avril de l’an 1177. au même Ar- comtcfle de Bruniqucl , prenoit indifféremment le
mand de Montpezat , à Bertrand (on frère & â nom de Pierre ou de Picrrc-Aton ; ainfi ce (êra le
Bertrand de Villeinur leur bcau-fterc , les châteaux même qui Vers ce tcms-là r fit avec Foy fe femme > * i î
de Montclar & de Montpezat , â condition qu’ils un échange contre l’abbaye de Vabres,
n’auroient aucun commerce avec Pons de Ton - 70. Si Aron qui étoit archevêque d’Arles en
loufi: preuve que ce comte confifqua alors la vi- 1 1 1 j. appartient â la maifon des vicomtes de Bru-
comté de Montclar fur ce dernier donc nous ne niquel, comme nous le conjecturons , il devoir
connoiffons pas la poftériré. être frère de Picrre-Aton vicomte de Bruniquel ,
VIL Nous trouvons au XII. fiécle une fuite de qui époufe Guillelmetc en 1069. ainfi Aton leur
vicomtes de Bruniquel qui paroifient être une bran- pere aura époufé une finir de Richard archevêque
chc des vicomtes de Touloufe.. Nous fçavons en de Narbonne *, car ce dernier étoit ■ oncle d’Aton 'V.cMifflki
effet qu’Adcmar III. vicomte de Toulopfe & de archevêque d’Arles, & parent ou allié du vicomte
t fr.p. i Bruniquel eut p luficur s fils *. Bcrnard-Aton , frerede Guillelmetc^
r°. Armand & Adcmar fi> nfrcrc, vicomtes VIII. Nous ne trouvons plus rien fiir les vicom-
ier.p. ICO. de Br unit} Hel , vendirent H en 1 1 56. â Raymond- tes de Touloufe, de Bruniqüel& de Montclar dc-
Trencavel vicomte de Beziers, tous les domaines puis l’an 1 177. jufquen 1x14. que ccs deux der-
tjne leur ayeule Guillelmet e mere de leur pere Aton , nieres vicomtez appartenoient â Raymônd le Jeune
avoic eus en dot. Celle-ci étoit fille de Raymond- comte de Touloufe , qui les donna â fon frere Bcr-
Bcrnard vicomte d’Albi & de Nifmes , & ayeul trand enlemariantavecComroreifede Rabaftens.
de Raymond - Trencavel : elle époufa en 1 069. • Les defeendans de Bertrand prirent le titre de vi-
Pierrc Aton. comtes de Bruniquel 6c de Montclar , vicomtez
2°. Ce Pierre Aton fut vicomte de Bruniquel 3 qui payèrent dans la fuite â une brahehe cadetcde
car outre que fon fils & fes petits-fils pqllcderent la maifon de Comminges. Or ce qui prouve ma-
cette vicomté , Guillelmetc fà femme fe qualifie nifoftement que cette vicomté de Bruniquel eft la
vicomtejfe dans une donation * quelle fit â leglife même que celle que pofiedoit Ademar III. vicomte
de Bioulc en Querci , aux environs de laquelle le de Touloufe au XI. fiécle , c’eft que ce dernief
château de Bruniquel eft fitué. reftitua 5 â l’abbaye de Moiflàc l’alleu de Majufi . ‘ 1
i Nous trouvons & un Pierre appelle Aton fils qu’il avoir ufurpé, 6c qu'en 1380. Roger vicomte
de Bruniquel ht hommage du même alleu â Ay-
nicric de Peyrat abbé de Moiflac.
IX. C’eft tout ce que nous avonspû recueillirfur
Armand vendirent h cn 1156. à Raymond-Trcn- JCs anciens vicomtes de Touloufe &de Bruniquel*
cavcl ce château qui venoit de la dot de Guilkrl- dont on peut rapporter fort vraifemblablement l’o-
r f. Ut
fi*
IM»J*
h/. j*o.
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de Gutllelmete , qiii en 1126. reçut l’hommage
pour le château de Vinaffàn au diocèfe de Nar¬
bonne. Or comme les deux vicomtes Ademar 6c
*/• 49t.
à /. 402.
inecc leur ayeule, c’eft une preuve qu’ils étoient
fils du même Pierre, lequel le dit fils de Gutllel -
mete , & fc qualifie vicomte en 1 1 3 9. » Ce Pierre
Aton ne paroit pas different du vicomte k Aton qui
avec Pme veuve cC Armand vicomte , fit vers l’an
1 1 20. une fondation dans l’abbaye de Moifiàc
pour lame du même Armand & de fes parens.
4°. Armand &ft>n frere Ademar fe qualifient
encore vicomtes de Bruniquel dans un bail à fief
' 1 jrth. du qu’ils firent 1 en 1156. de la ballide de Blango.
Utot>. de j^c m£mc Ademar vicomte de Bruniquel , fonda m
m u cmx vers l’an 1165. l’abbaye de S. Marcel en Querci
dMn.ed!UtT. ^tut^e au voifinage de fes terres.
b 74. 5 Nous avons n un ade par lequel la vicomtefie
**•?•**$• petron,nc ÿ J'on fils Arnaud - Bernard Ci fa fille
Braide , donnent vers l’an 1 1 6 5 . à l’abbaye de Moif*
fec , ce qu’ils avoient dans la paroillè de Bioule.
Une autre 0 donation faite en 1 1 6 5 . par Arnaud-
Bernard de MontUvxrd , Ci Br aide fa fœur , â lab-
ngine a Aton vicomte dans le Touloufain , qui
86 7. ou du moins â Benoît qui étoit
vivoit en
vicomte de Touloufe au commencement du X. fié-
clc, ainfi que nous l’avons u marqué danslagénca-
logie des Trencavels, qui , à ce qu’il paroîc , étoient
de la même maifon.
NOTE XXXI y.
Èfoque du cencile de S . Gilles tenu au
milieu du XI. fiécle , & de quelque t
autres conciles tenus à 2farbonnt vers U
meme tems .
“A. p. 44.
2.
I. Ç Uiv.int ce qui housrefte de ce concile de feint
O Gilles dans les x additions de M. Baluze au li- x Marc.ctn-
vre de la concorde de M. de Marca , il fût tenu le û.vio+l
baye de S. Marcel en Querci , cft foulcrice par Ar - 4. du mots de Septembre , & compofé de vingt-deux
mand vicomte de Bruniquel . Nous conjc&urons évêques, du nombre defqucls étoient Raimbaud
que cette vicomtcflc Pétronille étoit foeur 6c héri- i Arles , Guillaume et Albt , Bernard de Lodeve *
ticre d’Armand 6c d’Adcmar vicomtes de Bruni- Pierred’Aix,Cic.M.Ba\tizepiétendyquil£iit afiem- y un*
quel , 6c que ceux-ci décederent fans pofterité. On blé en 1 05 (3. en quoi il a été fuivi par les éditeurs
a vu en effet qu’ils vendirent une grande partie de des x conciles: mais ils fe trompent; car nous avons
leurs domaines. les aâes d’un autre concile tenu aa certainement à ’&4
6Q. Un vicomte nommé Frotard de Brufques , fit Touloufe le 13. de Septembre de l’an 1056.au- B99;
t *r hommage P en 1134. pour le château d’Eifiène en quel fe trouvèrent Raimbaud et Arles , Pons d'Aix*
Rouergue , â Hugues comte de Rodez. Comme le
T ome II.
kofiain v de Lodeve * Cic. Le P. de Samtc-Marthe * *♦.
HHhliij
«n NOTES SUR L’HISTOIRE
NOTE Su' a c«tte difficulté, convient que le concile de cccte ville le premier d’Août de l'an 1045. 0 _
XXXIV. S. Gilles fut allèmblé quelques années avant l’an ce que Raymbaud archevêque d'Arles > & quelques x X x I Y
1056. mais il n’en fixe pas l'époque : tâchons de autres prélats aflîfterent à l'un & à l’autre : mais dc-
fuppléer à (on défaut. puis qu’on a imprime m les aâesdu ptcmicr,on voit a M*rm.
i°. Il eft certain que ce concile eft antérieur i que les évêques Eftitnne de Béziers, & Eftienne ^
l’an 1054. puilque Rodai ng fut évêque de Lo- d’Agde y aflîfterent , au lieu que Bernard de Béziers
Ud fU!!uy% ^evc depuis ccttc3 année julqu’cn 1061. Sc au pon- & Guillaume d’Agde fc trouvèrent à celui dcl l’an
’ tificat d’Alexandre H. 1 04 3. preuve que ce font deux conciles differens ;
i°. Le concile de S. Gilles eft également anté- mais rien noblige de fixer l’époque du premier â
rieur â l’an 1050. car 011 n’a aucune preuve que l’an 1 o $1. puilqu’on ne la fonde “ que fur la mort «***,.*
Pierre archevêque d'Aix , qui y aflifta , ait fiegé d’Odombellus évêque de Lodeve qui y aiïifta , ôc
b chri/t. après l’an b 104 S. & Pons (011 fuccefleur ctoit qui mourut, dit-on, cette année *, ce qui eft très-
9k,d.p jo i. déjà archevêque d’Aix en 1050. incertain °. Ce qu’il y a de vrai, c’eftquece concile e fu,Uu
***** 3*. il doit avoir précédé l'an 1044. En effet de Narbonne fut tenu entre l’an îojl. & l’an
Gaucelin évêque de Fréjus qui s’y trouva, ne pof- 1 040.
t/Mf.417. (cdoit plus alors cet évêché, occupé cette c année _ _ _
par Bertrand Ion fucceflcur.
4°.Udoitêtrepoftcricuràl’an 1040. en ce que N OTE XXXV.
Ameliusétoir encore alors evêque d’Albi, & que _ 1 1 j r%
* n. ... Guillaume fon fuccefleur a s'y trouva. époque iet U tlainte de berenger vicomte
c Ibid.f .417.
à lit. f, t o.
tlbid.f.njj%
" Mérita. A.
incertain 0 . Ce qu’il y a de vrai, c’eft quece concile t fh,uu
de Narbonne fut tenu entre l’an 1031. & l’an
1040.
NOTE XXXV.
Epoque de U plainte de Berenger vicomte
5 Enan il fut tenu après l'an 1041. puifque « de Narbonne, contre Guifred archevêque
Andrd évêque de Nice y fouferivit , & que Nitard de cette ville.
t Métten.
^neci.tt.X.f'
ti.&fep
fon prcdécellcur écrivit â tous les évêques d’Italie
pour leur faire recevoir/.* trevede Dieu . Or nous I./^Atcl Pa donné la traduction Françoifc de cette
avons déjà prouvé que cette trêve ne fut établie plainte, dont M. Baluze a imprimé une copie 7 5
pour la première fois , qu’en 1 041. Lt concile de Latine dans fes conciles * de la Gaule Narbonnoifc.
S. Gilles fut donc tenu ou l’an 1041. ou l'an 1043. Ce dernier en fixe l’époque dans une note' à l’an i.V/rJ! ^
& rien n’empêche que les vingt-deux évêques qui 1056. en quoi il a été luivi par le P. Labbequia r *•»•■*•**
y aflîfterent, ne fiegeallcnt tousalorsi ce qui peut inféré la même plainte dans les 1 additions au îx.
(ervir i rectifier l’époque de leur épifeopat, qu'on a volume de (on édition des conciles. Les raifons qui f* «h**
fort brouillée â l’occalion de la faillie date de ce ont déterminé M. Baluze à embrafler cette époque
t Méttt*. concile. Comme nous voyons cependant * que font, i°. que fuivant cet aétc, Berenger préfenta fa
Aneci.i». 1.;. Raimbaud archevêque d’Arles, & les évêques Ber- plainte aux légats du pape , en prclcncc de Raim*
1 nal-d de Lodeve , Hugues d üfcz, & Frotairc de baud archevêque d’Arles, 6c à ce qu’il croit, du
Nifmcs alliftcicnt au concile tenu à Narbonne le vivant du pape Viétor II. Or le même Raimbaud
premier d’Août de l’an 1 04 3 . & qu’ils (ê trouvèrent & Pons archevêque d’Aix , prefiderent à un concile
aufli au concile de S. Gilles , nous ne doutons pas tenu en 1 o 5 6. Lcscvêques de Lodeve & d’Elne
que ce dernier n’ait etc tenu le 4. de Septembre de croient prélens au concile où Berenger porta cette
l’année precedente, & que ce ne foit-là (à véritable plainte *, Ôc ces deux prélats fe trouvèrent au concile
époque. de Touloulc de l’an 1 o 5 6. 3 °. Enfin fi cette plainte
II. Il refte une difficulté, c’cft que Clement ctoit poftérieure au pontificat du pape Viétor II. le
évêque de Cavaillon (oulcrivit au concile de faine vicomte n’auroit eu garde de ne faire mention que
r Ssü.chrl/t. Gilles. Or on prétend s que Pierre auili évêque de d’une feule excommunication lancée contre Par-
§b* i f.9U- Cavaillon qui (oulcrivit à celui de Narbonne tenu chcvcquc; puilqu’il cfl certain , par le témoignage
le premier d’Août de l’an 1043. aflîfta * un aurrc du pape Grégoire Vil. que ce prélat fut excommu-
concile de Narbonne tenu vers l an 1032. Pierre nié par pluhcurs papes (es prédéccflcurs. M. Ba-
aura donc rempli le (iege de Cavaillon depuis l’an luze croit donc que Guifred fut excommunié par
1031. julqu’en 1043. & par conféquent Clément le pape Viélor II. au concile tenu à Florence en
fon Iticccllctir ne peut avoir lbufcrit le 4. de St*- 1055. 6c que c’eft ccrtc excommunication dont
Etembrc de l’an 1041. au concile de S.Gilles.Mais Berenger fait menrion.
1 fbulcription de Piefre évêque de Cavaillon au II. Avant que d’entrer dans l’examen de toutes
concile qu’on prétend avoir été tenu à Naibonnc ces raifons . nous en apporterons une qui détruit
b Méften. en 1031. ne décide rien. 1 •.On y voit celle hde entièrement l’époque de M. Baluze. Il eft certain
4 nci:cnacr évêque de Giron ne, qui ne parvint â cet en effet que la plainte de Berenger eft poftérieurei
€lU. 4 />, /. /*•
7 ?' >6' *
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1 Ma rten.
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cvcchc qo’cn 1050. ainü ces prélats, 6c quelques l’an 10s 8- pui(qu’il y eft fait 1 mention du foin t fr+uï
autres , ne (bufcrivirenc â ce concile que long-tems qu’eut Guifred de transférer dans fa cathédrale les
apres fli tenue , & pour en adopter les canons, corps des SS. Juft 6c Paftcur. Or fuivant u une of n*
1°. Oh rie-donne d’autre preuve ‘que Pierre eve- chronique du XII. fiécle ôc l’ancien nccrologe de
que de Caviillon fiegeoit en i o 3 1. que (â (oulcri- l’églifc de Narbonne , cité par Catcl , * cette tran- ic*nl*0H
ption au concile qu’on prétend avoir été tenu cette faction ne fut faite qu’en 105 8. par conféquent la t% 7,#‘
année à Narbonne : mais comme il eft certain d’un plainte de Berenger eft poftéricurc â cette année.
coté , que le même Pierre ctoit k évêque de Ca- 111. Il eft ailé d’ailleurs de réfuter les raifons de ,
vaiilon le premier d’ Août de l’an 1043. 6c que de M. Baluze, 1 Berenger peut avoir porté fa plainte
l’autre Clément occupoit ce fiége en 1 040.^ c’eft devant Ici légats du pape, en préfence de Raimbaud
une preuve que le piemier fueceda à celui-ci , qui archevêque d’Arles , (ans qu’il (bit néceflairc que
par conlcquent peut avoir (ouferir au concile de cela ait été fait au concile de Touloufe de lan
S. Gilles le4.de Septembre de l’an 1041. 1056. & il n’eft nullement marqué dans Paâe»
III. Au relie nous avons cru d’abord que le con* comme cet auteur i’infinue , que Viélor II. vivoit
cile qu’on dir avoir été tenu a Narbonne en 1032* dans le tems de cette plainte. On peut tirer une in-
n’eft ps different de celui qui fut aflcmblédan* duétion toute contraire des y paroles fuivantes qui y
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DE LANG
/ont Rapportées : Quem ncvtmtu ...à papa Vtttore
(JEDOC, ' ï\)
Nous ne par forts pas ici des combes de Xlaguc- 7
n Pr. 142. ér
i XX V* OW5* rArjr* cptfcopts anathensatifattem. i°. Il n’eft pas lonne qui ont vécu avant le X. lîécle , & donc N ?
marqué non plus que les évêques de Lodcve Ôc les fticcertèurs prirent le titré de comtes dcSub- X
d’Elne fuffent pre/ens nu concile. fi non cre - ftantiün on de Melgucil ; on peut avoir recours i
ditiSy eft-il dit > Ltncvcnficm requin te epifcoptm , (3 ce que nous en avons déjà dit dans le premier vo-
Helenenfim i (3 hi hoc vobts teftificentur , qui ab iume. U s agit uniquement de ces derniers qtii
t o font ordmati . Mais quand même ces prélats de/cendoient des autres, du moins par femmes »
auroient étépré/èns , ce pouvoir être à quelque pui/quckPons abbé de Cluni ôc fils de Pierre comte kKA
autre concile de la province qifi celui de Touloule de Melgiteil , dans les lettres d’afibeiarion de prières *nH% u%9'
de Tan 1056. 30. Quoique Guifred air été excom- qu’il établit au commencement du XII. lîécle
munie par plu/icurs papes , rien n’empêche cepen- cnrre fon abbaye ôc celle d'Aniane > attefte qutl
dant que la plainte de Berenger ne (bit poftéricure appartenait par le fàng aux fondateurs de ce dernier
ù l’an 105 S. püifque Nicolas IL & en/uite Alcxân- monaftere, &par contéqucntau pere de S. Benoît
dre 11. prédeceflèurs de Grégoire VIL peuvent l’a- d’Aniane comte de Maguelonnc, qui vivoir foui
voir excommunié. Le concile où le pape Viétor II. U régne de Pépin le Bref.
excommunia Guifred ,peut donc être different de Nous avons en premier lieu Un teftament* d’une !>*/. tu
celui de Florénce de l'an 105 j. 6c il eft bien plus dame appcIIéeGuiÜelmete, qui fait le comteBernard
vraifcmblable que ce fut au concile que ce pontife fon fils , Ion exécuteur teffamenrairc. Il n’y a pas
tinta Rome au moisd’Avril de l’an 1057. car nous lieu de douter que ce comte ne le fut de Subftan-
ar«<.r».f< fcavonsque ce dernier concile fur general *;ôc que tion ou de Melgucil, tant parce que cet actefo
*'loi7' luivant la plainte, 120. évêques y aflîftercnt * aU trouve dans l’ancien cartulaire des comtes de ce
lieu que le concile de Florence de l’an 1 o 5 5. ne fut nom , que parce que (à teneur fait allez voir que
qu’un concile particulier , & que nous n’avons au- la teftatrice ôc fon fils exerçoient leur autorité dans
cune preuve qu’il ait été fort nombreux. le dioccfo de Maguelonne; Ce teftament eft daté
IV. Nous croyons donc queBerenger vicomte efi général du régne du roi Charles , ôc il paroîc
de Narbonne, porta fa plainte contre fon arche- qu’on doit le rapporter aux dernieres années drt
vêque dans un concile teuu dans la province ou régne de Charles le Simple. Bernard comte de
aux environs, vers l’an 105 5?. car fuivantla fuite Melgucil qui vivoit alors, a donc été le Ldecc
des faits qui V /ont marquez , il s’écoula un allez nom.
long intervalle entre la tranllation des reliques des IL On trouve enfoite un autre Bernard comté
$S. Juft ôc Parte ur dans la cathédrale de Narbon- de Melgucil marié avec Senegondc en 9 8 5.“ Il eft
ne, arrivée en 1058. & la plainte du vicomte , fait mention de la même comreffè dans un a&c
qui ayant été enfin excommunié par l’archevê- qui eft (ans date n, mais qu’on doit fixer auxpre-
bfr/.ijs. que, en porta JapUinteau concile affembU à Arles b. micres années du régne de Hugues Capcr, Sc vers 1*9*
Mais filon veut que ce vicomte le (oit plaint a un l’an 989. pour les raifons °que nous avons dé- 0 r • adtfmt
concile rcnti a Toulou/c , nous /çavons c que Hu- duires ailleurs. Par cet acte U comtcffe Senegonde , L VMl‘nA9i
gucs , légat du pape Nicolas IL en artcmb'a un dans fon fil s Pierre évêque y Jes deux petits-fils* Ber - * Nepotei*
cette ville vers l’an 1 060. &fuivant ce que nous ve- nard comte , (3 Pierre , (3 fis petites filies font
nons de rapporter , ce fera plutôt à ce dernier qu a une donation à l'abbaye de Saint-Gutllem du De*
celui de l’an 1056. que Bcrcngcr fe fora addrertc. fin , d un ail' h fi tué auprès du château de Subfian -
V. Nous remarquerons en partant que Catel ôc tion , ôcc . Il eft ai/c de conclure de la que Scne-
M. l’ahbé Fleuri entendent différemment la parenté gonde droit femme , ôc non pas fille ôc héritière *
ou l’alliance, qui , fiiivant cct aéle , fe trouvoit en- comme quel -ques uns le prétendent , d’un com-1
tre Guifred archevêque de. Narbonne &Ic vicomte te de Melgucil ; or comme nous trouvons urt
Berenger. Voici les termes de la plainte: Cujuscon - Bérenger P comte de Melgucil, qui, /ous l’épif-
fitngumeam d , dit ce dernier en parlant de l’arche- copat de Ricuin évêque de Maguelonnc, & vers
vcque lorfqu’il fur élu , ego jampofidebam uxorem. le milieu du X. ficelé , avoir un fils anpellé
p, f-,1 mtm’ Catel traduit c ainfi : duquel farjot s époufé la confine ; Bernard de fa femme Gui/le , on peut uippo-
JJ'f» ** & M. l’abbé Fleuri f : dont favois e'poufc la fœur. fer fort vrai/cmblablement que ce comte Bcren-
ai.*’ 0#A’ Le dernier fe trompe ; Garfinde femme de Bercn* ger droit fils de Bernard I. qu’il fut pere de
*jvh' 8er vicomte de Naroonnc, étoitcoulînc g germaine Bernard IL mari de Senegonde, & qu’ennn celle-
ce l’archevêque Guifred, ôc non pas fa firur. En ef- ci après la mort de fon mari arrivée vers l’an 98 C*
fet ce prélat croit fils de Guifred comte deCerdagne eut la tutelle de /es petits-fils alors en bas âge. Nous
ôc de Gttifie fa femme , au lieu que Garfinde droit ignorons le nom du pere de Bernard II I. comte de
f >sT h ®crnarc^ comt- de Bafâltt , frere de Gui- Mclgueil petit-fils de Senegonde : mais il cftccr-
i©27. io Y/f fted comte de Cerdagne, ôc deTorcfon époufo. tain par cc que nous venons de rapporter , que
_ Pierre évêque de Maguelonne, qui vivoit â la firt
du X. ficelé & au commencement du fuivant 1
NOTE XXXVI. ^co*r onc*e Parernel du même Bernard III.
III. Celui-ci étoit donc déjà comte deSubftart*
Sut Us Comtes héréditaires de Subfiantioti tion ou de Mclgueil vers l’an 9 S 9. fou." la tutelle
ou de Mclyteil. de la comtcrtc Senegonde fon ayeulc , & il eft
j fans doute Je même que Bernard comte de Sub-
Onfieur Baluze 1 nous adonné lagénéa- fhntion n qui vivoir en 102 $. mais qui étoit décédé
XVI logic de ces comtes , à l’occafion de J u- en 1 o 5 5 . lorfque Adele comtejfc de Mclgueil , Ray-
dith féconde femme de Robert IL comte d’Auver- mond fon filsy (3 Beatrix femme de ce dernier ,
t ne , qu’il prétend avoir été fille de Pierre I. comte firent une donation r â lcglifo de Maguelonne. rP-227»
e Melgueil où Mauguio : malscommecette ma- Adele étoit donc alors veuve de Bernard III. qui
tiere n’cft pas encore bien éclaircie, nous allons ta- lui aura lairté l’adminirtration de fon comté. Auffi
cher delà de vcloper. ' voyons-nous qu’elle prenoit encore * en 1066» »f.»J4t
p Vird.il.
I . bt ll.Ltb.fi
7 Si.
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NOTES SUR 1/ HISTOIRE
NOTE ^ tltrc €omt(fe de Subftantion , quoique fon Tan 1 1 1 5 . par l’cntrcmifè de divers prélats , en-
XX XVI. fils Raymond fût marie dès lan 1055. ire Raymond comte de Melgueil, 6c Guillaume ° T E
IV. Raymond I. & Beatrix eurent un fils nom- feigneur de Montpellier : mais il cft évident X XVE
me Pierre, comme il paroîc par diverfes dona- que tous ces aétesfont fautifs ,& quil faut lire
lions a que ce dernier , qui prend le titre de comte Bernardus , au lieu de Rajmundus cornes Melgo-
de Subftantion , fit en 1079. avec là femme Al- rienfts. Nous remarquerons d! "abord que nous avons
a fr. |0U &
AS?-
b V • hifl.gen%
tes P. dt fr.
9$, é»f.
Or.;. 149.
modis, à l’églifc de Maguelonnc. Quelques généa-
logiftes b ont avancé fans en rapporter la preuve,
que cette demiere croit fille de Pons comte de
Touloufê ,& d’Almodis de la Marche fa femme,
& qu elle étoit par confisquent four de Raymond
de S. Gilles -, nous allons fupplcer à leur défaut.
Jl eft certain d’un côté que Raymond de S. Gilles
avoit une four dont il ne dit pas le nom , mais
dont il fait mention c dans un acte de lan 1065.
Nous voyons d’un autre côté que Pons abbé de
Cluni , & fils de Pierre comte de Subftantion
A'GaB. un».
4d tt. 4.;.
1 • 14
tiré ces a&es d’une 0 copie prifê du cartulairc o BM.t a*
des anciens comtes de Mclgueil. Or il paroît que
les copiftes auront pris la lettre initiale B. marquée
dans le carrulaire , pour un R. & auront mis le
mot entier Raymundus au lieu de Bernardus ;
voici nos raifons.
1 0 . Il eft prouvé P par divers aâcs , que Bernard p /v. ;,477,
comte de Subftantion ou de Melgucil , fils du *• *•
comte Raymond & de Marie fa femme , époufâ v . u«t /*.
Guillclmete fille de Guillaume V. feigneur de wtt%
Montpellier, & d’Ermeflinde, & four de Guil¬
laume VI. Si le contrat de mariage de l’an 1 1 20.
& non
vtrg. te. l.f.
îo.
• Amita.
g G*B.(hnJl.
Æalux.. tkid.
se. î.f. Si.
b Pr.;.^n
ér/cj.
>MH- *
X Spicil.to ■ 9'
p. US.
'■H
& d’Almodis fà femme , étoit parent d d’Hugues
de Lezignem. Or ce dernier étoit fils d’un c autre regardoit Raymond comte de Melgueil
caren.Mai - Hugues de Lezignem ,& de la même Almodis de pas Bernard fon fils, il s’enfiiivroit que le pere
^ Marche, laquelle époufa en fécondés noces Pons & le fils auroient époufè deux fours de même
comte deTouloufc. Ainfiiln’y a pas lieu de dou- nom > ce qui ne feroit pas impoflible, quoique
ter que leur parenté ne vînt de ce côté-là , & afïêz fingulier : mais comme Guillaume V. Ici-
qu’ Almodis mere de Pons abbé de Cluni , ne gneur de Montpellier n’eut *1 certainement qu’une qPr./.4i4.
fut fille de Pons comte deTouloufe, & d’Almo- fille appellée Guillelmcte , il s’enfuit que le con-
dis de la Marche -, à quoi on doit ajouter que cet trat de mariage de l’an 1120. regarde Bernard
abbé ne prit, félon les apparences , le nom de Pons comte de Melgueil , & non pas le comte Raymond
étranger a fa famille , que parce que Pons comte fon pere.
de Touloufê étoit fon ayeul : par conféquent cet iQ. U cft également certain qu’il s’agit de Ber-
abbé étoit neveu d’Hugues II. de Lezignem frère nard dans l’aâe de 1115. car nous avons un au-
urerin d’Almodis comtcflè de Mauguio. tre accord r de l’an 1128. paflc entre Bernard r;. 441.*
V. M. Baluze prétend f que Judith féconde comte de Melgueil & Guillaume I. feigneur de
femme de Robert II. comte d’Auvergne , étoit fille Montpellier , par lequel ils rappellent celui de l’an
du meme Pierre comte de Subftantion , & d’Al- 1 x 2 5 .qu’ils déclarent avoir été pafféentr eux. D’ail-
raodis fa femmes la raifon qu’il en donne, c’cft leurs il eft parlé du comte Raymond dans l’adc
que Judith étoit tante* de Pons abbé de Cluni, & de 1 125.cn tierce perfonne. • Si quis.„ probar e
cela eft vrai l : mais il s’enfuit de-là en même tems poterit hoc aceyuifivijfe à Petro comité vel filio ejus
que Judith étoit feeur , 6c non pas fille de Pierre Raymundo , &c.
comte de Subftantion ou de Melgueil, puifqu’il Nous trouvons clairement dans un aûe * */.4**t
eft certain que Pons abbé de Cluni étoit fils du que nous avons tiré nous-mêmes du cartulairc
même Pierre. Ce qui a trompé M. Baluze, c’eft d’Aniane, que Bernard étoit comte de Melgueil
qu’il a fait deux dégrez de génération où il n’y en 1 1 15. Cet a<fte eft daté du Jeudi premier de
en a qu’un , & qu’il fuppofe que Pons abbé de Novembre de l an 1123- le vt. jour de la lune>
Cluni étoit fils d’un prétendu Pierre II. lequel ce qui s’accorde parfaitement,
n’eft pas different de Pierre I. le fcul comte de 4#. Il eft fait mention dans l’aéle de l’an 1125.de
Subftantion de ce nom que nous connoillions. la comtejfe ayeule u du comte de Subftantion, la- a;.4ifv
VI. Pierre avoit en 1 08 5 . h un fils nommé Ray- quelle vivoit encore alors. Or cette comtefl t ayeule
mond qui prenoit le titre de comte , & qui ligna n’eft pas differente d’Almodis de Touloufê qui
avec lui la donation qu’il fit alors de fon comté vécut jufques vers l’an 1 1 j x. x & qui en effet x/.
a l’cglife Romaine. Il eut aufli deux filles de fon étoit ayeule de Bernard , & mere de Raymond,
mariage avec Almodis *, il donna 1 l’une , dont nous 11 s’enfuir de ce que nous venons d’établir 1 °. que
ignorons le nom, en mariage à Guillaume de Mont- Raymond II. du nom comte de Melgueil , fils de
pcllier *, l’autre qui s’appelait Adele époufa un fei- Pierre , & pere de Bernard IV. décéda avant l’an
gneur nommé Pierre du Puy. 1121. 1°. Que fon fils Bernard, qui lui avoit
VII. Raymond fon fils lui (ucccda dans le com- déjà fucccdé en 1 x 20. époufa alors Guillelmetc
té de Subftantion. Il entreprit le voyage de Jeru- fille de Guillaume V. feigneur de Montpellier,
falcm vers l’an 1 109. & ntk alors fon teftament VIII. Bernard IV. n’eut qu’une fille nommée
dans lequel il fait mention de fon fils qui n’étoit Beatrix qui fe dit dans divers a&es fille de Guil-
pas encore majeur, & dont il ne dit pas le nom : lelmetc , & nous apprenons d’ailleurs y que celle-ci
mais nous apprenons d’ailleurs que ce dernier s’ap- étoit jœur de Guillaume feigneur de Montpellier , fils fi*
pelloit Bernard. d’£r«^/7?«de.BernardIV.fit fon teftament lcn 11} 2.
On pourroit croire que Raymond II. du nom étant au lit malade , en préfence de fon ayeule; il y a
comte Mclgueil, vécut au moins jufqu a l’an 1125. lieu de croire qu’il.mourut la même année comme
fur ce que nous avons i°. un contrat1 de mariage nous le verrons bicn-tôt. Almodis M fon ayeule «m «A*1
palTé l’an 1x20. entre Raymond comte de Melgueil fe qualifioit alors comtefte de Montferrand , pour
6c Guillelmcte fille de Guillaume feigneur de fe ditlinguer (ans doute de Beatrix fon arriéré-
Montpellier. i°. Une conftitution de douaire® petite-fille comtefTè de Melgueil, que Guillaume
du mois de Janvier de l’an 1 1 2 1 . faite par Ray- ' VI. feigneur de Montpellier, fon oncle & fon tu*
mond comte de Melgueil à Guillclmete fa femme . tcur , promit bb en mariage à Berenger-Raymond b b A*
j°. Enfin un n accord pallé au mois de May de comte de Provence > ce qui donna lieu à celui-
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ci de fe qualifier dans la fîiite comte 'de MelgueiJ.
X XX V I. Nous avons un aéle a daté de i an 1130. dans
1 Fr- f* 477* icquel Berenger-Raymond prend le titre de comte
de Mclgueil & marquis de Provence : mais cet a été
eft poftéricur à cette année, puifqu’on y fuppofe
que Bernard IV. comte de Mclgueil & pere de
Bearrix , droit alors dcccdé 5 & on a déjà vu que
ce dernier vivoit encore en 1131.
b cbr#n«/./>- Comme Berenger-Raymond fe qualifie b comte
rms.f. i«i* de Aiclgucil Ci marquis de Provence dans une do¬
nation qu’il fit en 1152. à l’abbaye de Lerins,
Sc qu’il eft certain que Guillaume VI. feigneur de
Montpellier ne promit la comteflc Bearrix (a niccc
en mariage i ce prince qu après la mort du même
Bernard IV. c’eft une preuve que celui-ci mourut
la même année , ôc que cette promefiè de ma-
cPf.f.4^4* riage fîiivit de près. L’accord c qu’Alfenfe Jourdain
comte de Touloufe, 6c Guillaume de Montpel¬
lier firent au fùjct du comté de Melgucil , 6c de
DE LANGUEDOC 61$
la tutelle de Beatrix, doit être placé entre deux
6c appartenir par conléqucnt à l’an 1132. Il eft XXKXU
vrai que Gariel d prétend que cet accord eft de l’an <j a.ir;e . «À
116^. ou il 66. 6c qu’il regarde le mariage d’Er- de^onrP.u.
meffinde fille de Beatrix, avec le fils de Raymond V. P&]ir&f!Hr.
comte de Touloufe. Mais outre qu’Alfonfe comte M*S' *• edi
de Touloufe mourut en 1 148. il eft marqué dans
l’aéle que fi ce prince ôc Guillaume n’étoient pas
d’accord touchant le choix du mari qu’ils donne-
roient à Beatrix , ils s’en rapporteroient à la dcci»
fion d' Arnaud archevêque de Narbonne ôc d’Hu¬
gues comte de Rodez. Or Arnaud archevêque de
Narbonne mourut en 1149.
La même Beatrix avoit époufôdès le commet
cernent de J’an 114 6. en fécondes noces Bernard
PeJet. Elle en eut une fille nommée Ermcllindê
qui époufa en 1 172. le fils de Raymond V. comte
deTouloufe, lequel par ce mariage unit le comté,
de Mclgueil à fon domaine.
..kr; y .
Généalogie des comtes de Subfiantion ou de MelgueiL
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I. i;v;;
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dcl Bc
' A de
époufa Guific.
N. comte de J Bernard I. C.
Subfiantion , | de Subfian-
époulaGuille- J tion vers Tan j vers Lan 9J0. é-
mete qui Jui 1
furvccut , Sc
Î|ui décéda
ous le régne
«le Charles le
Simple.
^ Bcrenger comte f Bernard ÎI. com- N.
de Subfiaution X te de SubAancion's fiancion , mort^ en 989. & 103*
en 98*. époufa 1 vers l’an 98*.
Scncgonde , qui I
lui lucvécut : il I Pierre éveque de
mourut vers J’an I Maguclonnc en
9Z6. I 989. & jufqucs
I vers J’an 1030.
BerhardlîI.G t
comte de Sub- j dcSubftantion,^ ^
1 époufa Adèle, |
qui vivoit cnco- I
rc en 1066.
Pierre.
Adélaïde, Confian¬
ce , GuiJlcJmctc.
Raymond I.
comte de Sub- I
fiantion en <
105 ç. époufa 1
Beatrix.
Pierre comte j Raymond II. C
de Subfian- 1 de Subfiantion .
tion en 1079. j époulâ Marie, &
& 1084. epou- I mourut vers l’an
fa vers J’an | 1120.
io£f .Almodis
fille de Pons
comtedcTou-
Joufe.
Judith epou¬
fa vers J an
10^7. Robert
II. C. d’Au-
^vergne.
Pons elû abbé de
Cl uni en 1109.
mort en m;.
N. époufa GuiJ-
IaumcIV.fcigncur
de Montpellier.
Adcle femme de
^Pierre du Puy.
1 BernardIV.comtc
] de Subfiantion ou
de Mclgueil, épou--^
fa ver. J’an 112.0.
Guillclmcte de
Montpellier , &
^mourut en 1132. ^
f
t. Lit.
Beatrix fille uni- f Raymond Bcren-
que & hentictcdu I gcr comtc de Pro¬
comté de Mclgueil< VCnce & de MeU
époufa :®. Bcrcn- . gueiJ,morrcn n 66.
;cr-Ravmond C. I
i°*| i.Lit.
Bernard Pclct*
Ermcfiindc de Te-
Jet , héritière du
comte de Mclgueil,
| époufa en 1172;
Raymond V I. qui
fut dans la fuitd
comte de Toulou-
fc.
NOTE XXXVII.
Suite des feigneurs de MontpcILcr.
I.T ’Originc des feigneurs de Montpellier eft très-
JLj obfcurc, 6c leur fuite rres-embaraflee , à caufe
du nom de Guillaume qu’ils ont porté pre/que
tous; enferre que ce n’cfl guère que par celui de
leur merc, qu’il ont ajouté quelquefois au leur,
qu’on peut les difiingucr.
Le premier qui nous fait connu , c’eft Gui ou
* VerJdi. to. plutôt Guillaume, qui en 975. prit « la ville de
°'p 79*' Montpellier en inféodation de Ricuin évêque de
A lr' LiVt Magudonne,<S: qui vivoit encore en *98 5. On voit
5‘ enfûitc un Guillaume ôc un Guillaume* Bernard
tPr.p. quion ioi9.sfeuferivircnt à laéle de fondation
de l’abbaye de S. Geniés dans le diocèfe de Ma-
guelonnc ; Sc quoiqu’ils ne prennent pas le fur-
nom de Monrpcliicr , il y a cependant lieu de
croire qu’ils ccoicnt freres & feigneurs de cette
ville pour les raifons fuivantes. 1 °. Les principaux
feigneurs du diocèfe fe trouvèrent a cette cérémo¬
nie. i°. 11 eft certain qu’il y avoit alors un feignent'
de Montpellier, & nous avons des preuves qu’il fe
nommoic Guillaume.
II. Ce feigneur qui figna Cous le feul nom de
Guillaume, un aélcdre/Iè dans une autre affein-
blcc des pricipaux feigneurs du diocèfe de Ma-
guelonne, tenue en 1025. k époufa Bcliarde. On h pr.f. 17 74
a en effet un ferment 1 prêté en 1059. à Guil- ip.ii0.&/*
laume fils de Beliarde , & nous fçavons que ce
dernier ctoic feigneur de Montpellier : ainfi il fut
le III. de fen nom. C’eft le même que Guillaume
de Montfptjlellano k dont il eft hic mention vers k/>. ii9.
l’an 1060. dans un titre du cartulaire de l’abbjye
de S. Guillem du Défert, & dans deux 1 aéles ]tl isc.&
de l’an 1067. & 1068. ^
III. Guillaume III. époufa Ermengarde comme il
paroîtpar un accord m fait en 1090. entre Godefroi mP •
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NOT'ES SUR L’HISTOIRE
3«2.
>*
A?.
îii. &
fin*
n ns*
o (Ur.fe,.
ÿj O T E eue de MagUclohnc & Guillaume de Montpellier gneur d’Omelas dans le diocèfc de Beziers, & N Q
XXXV II. fils d'Ermengurdc. Ce dernier tut le IV. ou plu- tic une branche dont nous parlerons dans la fuite, xxxvif
eut le V. de fon nom , comme nous le prouverons VIII. Guillaume VI. cpoufam Sibylle en 1119. m Sfuii.fi
bientôt. Il fait mention de Guillaume fin aient & tefta en 1 1 46. du vivant d’Ermefïinde fa mere. *; /• *+*• &
dans une autre tranfa&ion * qu’il palla en 1103. Il fit fon héritier Guillaume (on fils aîné , qui fut
avec l’évêque de Nilmes, & dans laquelle il cft le VII. de fon nom. U prit peu de tems après
dit cjitil s' e toit trouve k fer ufalem lorfque cette ville l’habit monaftique dans l’abbayc de Grandfelve ,
fut pnfe par les croifiz. . ordre de Cïteaux , & il en étoit déjà religieux au
IV. Suivant un accord b paffê entre Pierre comte mois de Juillet de l’an n 1 1 49.
de Melgueil & Guillaume de Montpellier, le pce- Gariel 0 reprend avec raifon Catel P d’avoir cru
mier donne à l’autre (â fille en mariage, & ra- que Guillaume VI. feigneur de Montpellier , quife m 9.u*S,dh
lifie l’achat que Bernard-Guillaume pere du mime ht religieux à Grandlclve, étoit le fils & non le p c*ui mtm.
Guillaume avoit fait du château de Melgueil. U pa- mari de Sibylle : mais il fe trompe lui-même en ‘Wn*
roît que cet aéle eft poftérieur à l’an 1080. & fuppofant que le même Guillaume VI. fc fitreli-
ancérieurà l’ani 08 8. puifque Pierre comte de Mcl- gieux à Grandfelve aufïi-tôt après fon teftament ,
gueil étoit déjà déccdé c cette derniere année , & daté du mois de Décembre de l’an 1 1 46. & que ce
qu’il ne pouvoir avoir une fille nubile avant l’an
j 080. Ce Guillaume doit être different de Gui-
laume feigneur de Montpellier , fils d’Ermen-
garde*, car i°. le pere de ce dernier s’appelloic
t V. Liv.XV .
». 27.
* y Sjndtv.
‘kr. d\AUnf.
•b
a V. Nef.
fcxxvx.
q BrrnArJ,
vi r. u
« fr.p. J 61.
fuc Guillaume VII. fon fils qui fc trouva en 1 147.
au fiégc d’ Alméria en Efpagne. Voici lesraifons qui
prouvent que Guillaume VI. fut à cette expédition
i°. L’hiftorien contemporain ¥ qui nous en a laiflé
Guillaume, & nous venons de voir que le pere le récit, donne l’épithete de grand à Guillaume*, vu
de celui qui époufa la fille de- Pierre comte de ce qui ne peut convenir à Guillaume VU. qui a la
Melgueil, fe nommoit Bernard-Guillaume. H fin de l’an 1 146- ne pou voit avoir gucre plus de
cft certain que Bernard fils de Raymond comte quinze ans: ainli comme on n’a aucune preuve que
de Melgueil, époufa une fœur de Guillaume Guillaume VI. ait été religieux de Grandfelve avant
de Montpellier fils d’Ermeffinde d. Or fi Guil- le mois de juillet de l’an 1 149.il peut s’être trouvé
laume de Montpellier fils d'Ermcngarde, fe fût au fiégc d’ Alméria. i°. Il eft certain 4 que Guillau-
marié avec une lœur de Raymond comte de Mel- me V I. embrallàrinftitut de Citeaux à Grandlclve :
gueil , Bernard fon fils auroit époufe fa coulinc or cette abbaye ne fut unie à cet ordre que vers le
germaine, ce qui n’a aucune vraifcmblance dans milieu de l’an il 47. comme il paroît par la lettre
un tems où les papes défaprouvoient extrême- que S. Bernard r écrivit après le mois d’Août de
ment ces fortes de mariages. Il faut avouer cepen- cette année aux Touloufains , & dans laquelle il
dant qu’il y a de la difficulté , en ce que nous leur recommande Bertrand abbé de Giandlèlve > &
voyons que Guillaume fiis d' Er me n tarde, étoit fei- famaifon, qui, dit-il , a été unie en dernier lieu à
gneur c du château de Melgueil : mais il le polfcdoit notre ordre : Nuper nobis (S nojlro ordmt tradita.
apparcmcnt conjointement avec l’autre Guillau- Enfin il eft certain que Guillaume VI. feigneur de
me qui époufa la hile de Pierre comte de Melgueil. Montpellier , fe trouva au fiégc de Tortofe qui fut
V. Ce dernier Guillaume fut donc le IV. fei- fait à la fin de l'an 1148- Nous en avons la preuve
dans la donation • que Raymond-Bcrenger IV. * fin,
comte de Barcelone fit alors à 1 ’églife de Gcnnes,
d’une ille de l’Ebrc , en prefence du confinte -
ment de Guillaume de Montpellier (S défis fils . Or
g Gdr. id. de
Menip.p, Ijj.
&/•<!•
t fr. N* S«
h Pr. p.}6i.
gneur de Montpellier de fon nom *, & Bernard-
Guillaume fon pere croit vraifemblablemcnt frcrc
puîné de Guillaume II. & le même que Bernard-
Guillaume qui vivoit en 1019. & 1015 & dont
nous avons déjà parlé. M. Baluze f prétend que nous avons démontre que Guillaume VII. ne pou-
f«. 1./. 5«- |a £He CJU comte de Melgueil, qui époufa Guil- voit avoir des fils en âge de ferviren 1 148. Guil¬
laume IV. s’appclloit Mahaut ou Mathilde, de laume VI. fon pere ne fe retira donc à Grandfelve
quoi il ne donne aucune preuve. Gariel s veut que vers la fin de cette année, ou le commence-
au contraire quelle fe nommât Ermcffindc, fup- ment delà fuivantc.
pofant que c’eft la même cjue la mere de Guil- IX. Guillaume VII. époufa Mathilde de Bourgo-
jaume VI. mais on a déjà vu que Guillaume IV. gne. Il tefta le dernier Septembre de l’an 1 1 71. &
étoit d’une ligne collaterale. Au refte ce dernier étoit déjà décédé en 1174. 1 lorfque Guillaume
époufa fans doute en fécondés noces la fille du VIII. fon fils époufa en premières noces Eudoxc
Comte de Melgueil *, car il y a lieu de croire que Comnenc > dont il eut Marie qui fut Ion héritière,
Raymond - Guillaume quih étoit évêque de Nif- & qui par fon mariage avec Pierre roi d’Aragon,
mes en 1103. & qui poftedoit conjointement quelle époula en 1104. porta la feigneurie de
avec Bernard-Guillaume fon frcrc , une partie du Montpellier dans la iruifon de ce prince,
domaine de Montpellier, étoient fes fils. A11 refte c’eft entre la fille de Guillaume VII. &
VI. Guillaume V. étoit encore jeune & fous Raymond fils de Bertrand d’Andufe, qucfutpaflë
la tutelle de fon ayeule , lorfque Raymond comte le contrat de mariage, qui eft faullèmcnt daté de
de S. Gilles, promit‘vers l’an 1076. de lui con- l’an 1 109. dans le Spicilcgc11. II eft confiant en effet
ferver fes domaines. Il paroît qu’Ermcngarde fa que cet atte doit être fort poftérieur à cette année *, *' 1
mere , fè remaria avec Raymond d’Andufe, puif- car 1 il fut pafle en prefence de J. évêque dcMa-
que ce même Guillaume donne la qualité de fin guelonne : or en 1 109. c’ctoit Gautier qui occupoit
frere à Bernard d’Andufe fils de Raymond , dans ce fiége. 1 Il eft dit qu'il fut dreflé à Montpellier
fon teftament k de l’an 1114. dans la maifbn des chevaliers du Temple: mais ces
Vil. Les enfans de Guillaume V. n’avoient pas chevaliers ne furent inftituez qu’en 1 1 1 8. Cet ade
encore atteint l’âge de 14. ans, lorfqu’il fit ce te- cft donc de l’an 1 169. car il y eft marqué que la
dament. Il en fit un autre 1 en 1111.& il laillà fille du feigneur de Montpellier avoit alors n.ans-,
entr'autres d’Ermeflinde (a femme, deux fils ap- & Guillaume VII. cpoulà en 1156. Mathilde de
peliez Guillaume*, l’aîné qui fut le VI. de fon nom , Bourgogne. Jean III. ctoit alors évêque de Ma-
lui (ucccda peu de tems après. Le fécond fut fei- guelonne , & tout convient parfaitement.
GENE A*
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NOTE
XXXVII.
DE LANGUEDOC.
GENEALOGIE DES SEIGNEURS DE MONTPELLIER.
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■je. -,
1 *- ;
Gui ou
Guillaume
I. vivoit en
9 7 5- &
*85.
f Guillaume ITI
/“ Guillaume ÏI.< vivoit «11054.
a vivoit en 101*. ? & io67- il é-
& 1 o 1 5. il J poufa Etmen-
époufa Bdiar- ^gardc.
Guillaume VI.
mineur d’âge en
f J Guillaume VIII.
* Guillaume VII. | époufa r en 1174.
époufa en njtf. J EudoxeComnene;
Mathilde de Bour- J f. Agnes en 1187.
gogne ; teila &
f Guillaume V.
| fut à la ïft*.
I Croifadc en^
X 1096. époufa
iErradlindc, &
mourut vers
^l’au mi.
, O 1 O o •
1114. epouia Sr-< mourut en 1171.
byllcen rnp.tcfta
en 1 14^. fe ficre- Guillaume fei-
ligicux à Grand- gneur de Torcofc,
felve eu 114?. 8c époufa Ermc/findc
mourut en 11*2. de Cailrica i tefla
en 11*7. 8c mou¬
rut fans enfans.
Bernard-Guil¬
laume , fei-
gneur en par-^
tic de Mont¬
pellier, vivoit
en 101^, 8c
io*j.
Guillaume
I V. feigneur
en partie de
Montpellier ,
époufa vers
l’an 10 80. en
fécondés nô-
ces une fille de
Pierre comte
de MelguciJ.
1. Lit.
Raymond-
Guillaume é-
' véque de Ni f-
‘ mes en 1103.
Bernard-Guil¬
laume , fei¬
gneur en par¬
tie de Monc-
pcllicrcûiioj.
Guillelmete fem¬
me de Bernard IV.
comte de Mcl-
gucii.
Ermengardc.
i. ■ f
5.
U
V
1-
c
Adélaïde.
Bernard.
Raymond moine
de Ci uni, enfui -
te abbé d’Aniane ,
3c évéque de Lo¬
dève.
Bernard.
Gui furnommé
Guerrejat.
Guillelmete fem¬
me de Bcrnard-
Aton vicomte de
Nifmes.
Adélaïde femme
d’Eblcs vicomte
dcVcntadour.
« Ermeffinde épou-
I fa N. de
mourut en 1201.
Guillaume.
Gui, dit Burgun-
dion.
Sibylle femme dfc
Gaucclin de Lu¬
nch
Guillelmete pro-
mife en 1169. à
Raymond d’An-
dufe de Roquc-
fcuil.
Adélaïde.
Marie.
N. religieufc.
Raymond reli¬
gieux de Grand-
fclve , 3c éveque
d’Agdc.
NOTE
r XXXVII.
f t. Lit.
j Marie hcri-
I tiere de Mont-
J peliier, époufa
* en 1204. Pier¬
re roi d’Ar*a-
g°n.
t. Lit.
Guillaume ,
Thomas 8cc.dé-
clarcz bâtards»
l
Scrvian.
Guillaume comte f
T Raymbaud
fei-Jmort (an*
fà Orange en par- J Guillaume
I tic. 1 gneur d’Orangc ^enfans.
Guillaume fei¬
gneur d’Omclas,
époufa apres l’an
1126. Tiburge com
telle d’Orangc >
tefla en ii$6.
gneur
pour un quart.
Tiburge dame
d’Orangc pour un
quart.
X
X. Guillaume de Montpellier feigneur d’Orne-
^as » Pu*n<^ de Guillaume V. époufa Tiburge a
h- fille & héritière de Raymbaud comte d’Orange ,
dont il eut un fils de ce nom , qui fut fon heri¬
tier y & oui prit le furnom d’Orange , comme il
avoic pris lui-même celui d’Omelas.llcut aufii deux
filles qui portèrent l’une & l’autre le nom de Ti¬
burge , qui étoit celui de leur mere , ainfi qu’il pa-
roît par fon teftament date de l’an 1156. La pre¬
mière étoit alors veuve de Gausfired de Mornas,
feigneur Provençal; & la fécondé avoir époufé en
1150. Aymar de Murviel > qui vivoit encore en
t . 1191. b Celle-là fe remaria avec le feigneur de
Baux, dans la maifon duquel elle apporta le comté
ou la feigneurie d’Orange $ ce qui prouve que
T ome //.
11c
Raymbaud fei¬
gneur d’Omclas, 8c
comte d’Orangc
en partie : mort
fans enfans vers
l'an 1180.
Tiburge époufa
en ri 4*;. Aymar
de Murviel.
Tiburge époufa
1 Q. Gausfred de
Mornas : i*. Ber¬
trand de Baux.
Elle hérita de fon
frere Raymbaud
de la moitié d’O¬
range , quelle
tran fruit à Ber¬
trand 3c Guillau¬
me de Baux , fes
^fils du 1. lit.
Raymbaud fon frere décéda fans enfans. On voit t Fr- Md,
d’ailleurs que celui-ci aliéna c ou engagea fes do¬
maines de Languedoc en 1 1 6 8 & 1 1 7 1 . Il paroîc
qu’il étoit déjà mort, & que Tiburge fa (œur ,
femme du feigneur de Baux, lui avoit déjà fuccedé
dans la principauté d’Orange , vers l’an 1180. car
nous avons deux donations d , faites l’üneen 1181.
à la grande Chartreufe, par Bertrand de Baux , du
conjetl Si de la volonté de Tiburge d'Orançe fa mere ;
& l’autre en 1184* ^ la cathédrale d’Orangc par
Guillaume de Baux , en prefcnce de Tiburge (a mere.
Telle eft la fuite des feignenrs ou comtes d’O¬
range de la maifon de Montpellier ; fuite fondée
fur des titres autentiques , qui jufqu ici n’avoient
pas été connus. EUc fert à confirmer & à reélifier
un
H Gtti.rhri/f*
nov. td. to. I.
«A* p • us*
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€iS NOTES SUR L’HISTOIRE
K O T E CC^C <luc * auteurs nous ont donnée des (ci- entre Raymond 6c Bernard » fils de Berenget vi- “
XXXVII. gneurs d’Orange qui vivoient au XII. lîéclc. Suivant comte de Narbonne > fuivant lequel ce lieu dépen- XXXVIIL
0', u t,/e ces auteurs, Tiburge fille & héritière de Raymbaud doit alors de leur domaine. On peut confirmer
4rf*’iï 6* N- comlc d’Orange > mort à la Terre-fainte à la fin pat la le (intiment de M.dc Valois*, qui fondé fur e v*up.
u du XI. ficelé, époufa Guillaume d’Orange dont ils la diftance marquée depuis Nifmes julques auchâ- M*M*«-
avouent que l’origine cft oblcure*, mais comme on reau À'Ugtrnum> dansStrabon & dans les anciens
+Jei' vient de le voir , ce feigneur n’eft pas different de itinéraires, croit que Beaucaire eft cet ancien châ-
notre Guillaume d'Omclas ou de Montpellier. Ils tenu * car il eft certain que Bercnger vicomte de
ajoutent quç Tiburge eut deux fils de ce mariage, Narbonne étoit feigneur du château dUgernum ,
Guillaume & Raymbaud , 6c deux filles appellées & quil en reçut* l’hommage avant le milieu du XI. (Pr.
Tiburge , dont l’une époufa Bertrand de Baux fils fiécle : or il n’eft rien dit d'Ugerukm dans le par-
puinc de Raymond & d’Efticnnete de Provence , tage de fes deux fils \ c’eft donc le meme lieu
6c l’autre Adeniar de Murvicl *, que Tiburge leur que Beaucaire dont ils font mention dans cct
mere , par (on teftament daté de l’an 1150. par- atte.
cagca la principauté d’Orange & (es autres do- II. On doit ajouter a cela qu’on a découverts çr.ifm»*
maines aies deux fils , Guillaume & Raymbaud depuis peu un ancien chemin Romain qui va en
que le premier çut un fils appelle Guillaume , ôc droite ligne de Nilmcsjufqua Beaucaire, & qui
une fille nommée Tiburge, qui partagèrent égale- cft marqué d’efpace en cfpace par des colomnes
ment leur moitié d’Orange i que la dernière n’eut milliaires dont la plupart fubnftent encore. Le
point d’tnfans de Raymbaud Guiran Ion mari , & fentiment du P. Pagi h> qui croit que l’ancien cha- h pKi 4
qu’elle donna là portion d’Orange aux Hofpitalicrs teau d’C Jgernum cft different de Beaucaire, fous f** *
de Jcrnfalem \ que Guillaume ion ftere eut un fils prétexte que dans l’itinéraire de Theodofc , on la 4*
appelle Raymbaud qui lui fucceda • qui donna aulH table de Pcutinger , ce château eft placé à quelques
(a part d’Orange aux mêmes Hofpitalicrs , mou- milles du Rhône, ne (çauroit d’ailleurs le iôûtcnir.
lut (ans enfans à Courthclon , & appella à fa fuc- En effet outre que cette table eft peu exatte pour
cellion Bertrand de Baux fon beau- frère , & Guil- la pofition précité des lieux , nous avons le témoi-
laume- Bertrand & Hugues de Baux (es neveux , fils gnage de Jean de Biclar, auteur du VII. fiécle , qui
de ce dernier , qui pofiederentainfi la moitié d’O- dans fa chronique met le château d 'Vgcrnum furie
range avec les terres aflifes à la gauche du Rhône , rivage du Rhône . Enfin ces autoritez détruifent
6c qu’il donna fes autres domaines fituezà la droite entièrement l’opinion de M. Du-Cange * qui pré- *
de ce fleuve , à Aymar de Murvicl fon autre beau- tend que ce château eft le même que S. Gilles.
frere. Telle eft la delcendance de Guillaume d’O- 111. 11 s’enfuit de ce que nous venons de dire que
mêlas ou de Montpellier mari de Tiburge corn- le château d’t/g<r«#;w(ubliftoit encore fous ce nom
telle d’Orange , rapportée par ces auteurs qui ont au commencement du XI. fiécle *, & qu’il a donné
négligé d’en donner les preuves. On peut dourer l’origine à une ville qu’on bâtit auprès vers lerai-
cepcndant fi Guillaume d’Omclas eut un fils aîné lieu du même fiécle, 6c qui fut appellée Bellttm-Ca-
nommé Guillaume , de Tiburge comtellè d’Orange drum ou Belli-Cadrum, Beaucaire, peut-être â caufe
fa femme ; car il n’en dit rien dans Ion teftament *, de fa fituation dans une plaine quarréc : le château
6c cette dernière peut l’avoir eu d’un premier lit, 6c prit enfuite le nom de la ville. Nous ferons voir
n’avoir é poule Guillaume d’Omclas qu’en fecon- bientôt qu’on Pappelloit de Beaucaire vers l’an
des noces. Nous fçavons en effet que celui-ci étoit 1 070. 11 a enfin etc détruit en 1631. fous le régne
1 Pr. p.4i4« encore fort jeune en 1 1 1 1. * dans le tems du tefta- de Louis XIII.
&i‘* ment de Guillaume V. feigneur de Montpellier Ion IV. Le château d Vgcrnum ne pouvoir être bâti,
pere , 6c que Tiburge, qui en 1 116. lit une re- comme l’infinue M. de Valois, dans Tille qu’on
bGdü.rhnjt. fticution b à l’eglife d’Orange, devoir être alors nommoit anciennement Germca y fituée autrefois
[3 J’ avancée en âge , puilque le comte Raymbaud II. entre Beaucaire 6c Tarafcon , 6c jointe aujourd’hui
fon pere mourut â la Tcrre-làintc l’an 1097- par attcriilcmcnt à ccttc dcrnicre ville , puilque
Comme nous ne trouvons cependant aucune ce château croit fitué fur les bords du Rhône k
preuve que Tiburge ait etc mariée en premières fuivant Jean de Biclar : mais il eft très-probable
noces, avant que d’epoufer Guillaume û’Omelas*, que le château donna fon nom à Tille , 6c quelle
que ceux qui citent (on teftament, afïiircnt au hit d’abord appellce Vgemica , & enfuite Germca
b Gdll.(hri/{.
ntv. ed. /*. I.
tmjir.fs 132.
Comme nous ne trouvons cependant aucune ce château croit fitué fur les bords du Rhône k , |J/J^
preuve que Tiburge ait etc mariée en premières fuivant Jean de Biclar : mais il eft très-probable
noces, avant que d’epoufer Guillaume d’Omelas*, que le château donna fon nom à Tille , 6c quelle
que ceux qui citent (on teftament, afïiircnt au hit d’abord appellce Vgemica , & enfuite Germca
contraire que fes deux fils Guillaume & Raymbaud du nom dVgernum. M. de Valois1 prétend fur 1 v*itp. iW.
ctoicnt d’un même lit ; qu’il n’eft pas fans exem- l’autorité de Cateim , qu’on appclloit communé- mc*teiu*k
pic dans ccs ficelés qu’on omette à parler de quel- ment cette ifie, laVergnc*, on n’en a d’autre preuve **u
qucs-ims de lès enfans dans fon teftament , lur- qu’un paffàgc de la chronique de Guillaume de
tout lortqu’ils croient établis *, que Guillaume d’O- Puilaurens n, où elle eft appellée Ferma: mais il eft n GidB.ü
« Pr. f. 5 s*, mêlas ne nomme pascmêmc (à femme dans le lien* vilïble que le texte de cet auteur eft corrompu en
6c qu enfin le nom de Guillaume a été porté par cct endroit, & qu’il faut lire Ugerma ou Germca
tous les lèigneurs dcMompeliicr&par la plupart de au lieu de Permet *, car dans tous les autres monu*
leurs enfans -, nous croirons que Guillaume fils aîné mens où il cft fait mention de cette illc , elle eft
de Tiburge , dame d’Orange , étoit de la mailbn toujours nommée Germca .
de ccs feigneurs, jufqua ce qu’on ait produit des V. Ceft ainli que le nom de Beaucaire a été
preuves du contraire. vifiblcment altéré dans une charte °du cartulairc of.nî*
NOTE XXXVIII.
Sur l'origine de la-iyiüe de Beaucaire .
1.T E plus ancien monument que nous con-
JL/noilfions,où il foit fait mention de Beau-
àCéteimtm* caire, c’eft latte de partage d fait vers Tan 1 067.
mens où il cft fait mention de cette illc , elle eft
toujours nommée Germca .
V. Ceft ainli que le nom de Beaucaire a été
vifiblcment altéré dans une charte °du cartulairc of.nî*
de Péglife d’Arles. Ceft un accord paffé vers Tan
1070. entre Aicard archevêque de cçtte ville 6c
Raymond de S. Gilles i voici les termes de l’attes
jïicardo jirclatenfi archtepifcopo , Rajmundus co¬
rnes reddit c$ donat eçclefiam S. Pafcha , cum om¬
nibus ad ear.dcm perttncmibus, excepta ejuoddcdit
ad faciendum clauflrum de cajiro Bcllauro. Simili
modo reddu totum honorem qui ejl m ArgcmiXi6cc-
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NOTE
X v XVIII.
aP»/.34l,
4 Açer tr-
jcntew.
bBr.i.l.f.
<J.
eFr.f.t 09,
DE LAN
Il eft évident qu’il faut lire en cet endroit Bclcadro
ou BclUcadro au lieu de Bcllauro ; car Téglilè de
lâinrc Palque4 croit limée dans le château de Beau-
caire , & on ne fçait ce que c’eft que ce château
de Bu'auro. Il réfoltedonc de cet a&e que le châ¬
teau d 'l/gernum avoir déjà pris le nom de Beau*
caire vers l’an 1070.
VI. Quant à la terre ctArgence* dont il cft fait
mention dans cet aétc,elle croit déjà connue en
88 s. comme il paroît par une charte de l’empe¬
reur Louis le Débonnaire ; elle appartenoitb alors
à Lcibulfe comte d'Arles , qui l avoir reçue de nos
rois en btntf.ee , &qui la donna en échangé» du
moins pour ia plus grande partie, à Péglife Recette
ville. Elle comprenoitla portion du diocèfe d’Ar¬
les qui cil à la droite du Rhône, dans le Langue¬
doc , & qui conlifte en onze paroi/lès dont la ville
de Heaucaire cft le chef- lieu. Pons fils aîné de Guil¬
laume Taillcfer comte de Touloufcen croit le maî¬
tre vers l’an 1 o j 7. c & comme elle dépendoit du
comté d’Arles, il l’avoir eue fans doute d’Emmc de
Provence fa merc, ou de Guillaume III. comte de
Provence (on oncle maternel. Pons ou Ce s prede-
celleurs la donnèrent en fief aux vicomtes de Nar¬
bonne ; car on a déjà vu que ceux-ci podèdoicnt le
château A'Ujernum & la terre d’Argenccau milieu
du XL fiécle : Raymond de S. Gilles la tenoit
lui-même , du moins en partie, de l’églifc d’Arles.
VIL On a oblcrvé que Tille de Gtrnica ou Uger-
nica limée entre Bcaucaire 6c Tarafcon , ne fubfiftc
plus depuis long-tcms , quoique quelques géogra¬
phes modernes la marquent dans leurs cartes. Elle
fubhfloir encore en 1 198. comme il paroît par les
lettres de Charles II. roi de Jerulâlem & comte
de Provence , mentionnées dans l’arrêt du confeil
du 8- de May de Tan 1 69 ». rendu au (îijet des ides
du Rhône qui furent déclarées faire entièrement
partie de la province de Languedoc. Le même roi
donna par ces lettres un cens de trois deniers, à
prendre dans Tille de Germe a près de Tarafcon , oh
ttoient les couverts des Cordeliers des jacobins.
Or comme on ne voit plus aujourd’hui aucune
ide entre Bcaucaire & Tarafcon , & que ces deux
couvcns (ont fituez vers les bords du Rhône dans
cette dernière ville, c’eft une preuve certaine que
l*iflc de Germe a y a été jointe par atterilïèmenr;
ce qui le confirme, c’eft ce qu’on appelle jarneguc>
la porte de Tarafcon qui cft de ce côté-lo.
VIII. Au refte il eft fait mention dans l’itinéraire
de Bourdeaux à Jerufàlem , d’un pont appelle Pons
tÆranus •>( ittié fur la grande route entre Nifmcs
& Arles. Il devoit être par conlcqucnt fur le Rhône.
On prétend qu’il étoit au-deflbus du château d’£/-
fernum , en ce que l’un 6c l’autre font marquez
a une égale diftance de Nilincs; car Strabon com¬
pte cent ftades de chemin depuis cette ville julqu'à
Ugernum , & dans Titineraire dont nous venons de
parler on compte 1 1. milles depuis Nifmcs julqu a
ce pont, ce qui revient à peu près au même. Cela
fouffre cependant quelque difficulté *, car le même
itinéraire compte 8. milles depuis le Pont tÆrarius
julqu’à Arles, ôe Titineraire de Thcodofc, ou la ta¬
ble de Pcutingcr, en marque fix feulement depuis
Ugernum julqu a Arlcs.Ainli, fi ces calculs font bien
juftes, le Pont tÆranns devoit être fitué fur le
Rhône à deux milles ou environ au-deflus du
château d 'Ugernum.
G ü E D O C.
N O T B
xxxix.
Tome II.
NOTE XXXIX.
Si Frotard évêque d* Albi au JT I. fiécle
fut excommunié & déposé four caufe
de fimonie.
I. T T N auteur J qui a écrit après le milieu du a b*
V_y XII. fiécle, nous adonné une notice tou- 4 'lu&flqql
chant Téglilè de Vioux *au diocélè d’Aibi,dans * Viaucuu».
laquelle il marque que Frotard évêque de cette
ville , après avoir été promu par fimonie, fut dé-
pofe «Se excommunié par le pape Grégoire VII. Pour
juger de la foy qu’il mérite, il cftnécefiaire de
rapporter toutes les circonftances dont il accom¬
pagne Ion récit.
L’églilc de faine Eugene de Vioux , dit-il, eft
un alleu de celle d’Albi , félon les anciens monu- "
mens , 6c elle a toujours été fous Tauroritc des
évêques & du chapitre de la cathédrale de cette *
ville, depuis le roi Charles 6c Tévêque Agamberr , *
julqu a icpilcopat de Frotard, qui fut elû par fi- **
monic , & qui fut accule de ce crime devant Grc- “
goire VIL Ce pape l’ayant mandé à Rome, il *
s’y rendit fuivi d’un moine de Conques , 6c y fut “
depofe comme fimoniaque. Frotard fc voyant "
condamné , alla trouver à Ravennc Guibert ar- ••
chevêque de cette ville , que quelques prélats lé- "
ditieux avoientélû pape a la place de Grégoire. m
U eut recours à la protcâion de cet antipape , *
6c en obtint des lettres qu’il eut loin de tenir *
cachées. A Ion retour à Albi , il en produific «•
d’autres de Grégoire VII. qu’il avoit fabriquées ; “
& les chanoines ne firent aucune difficulté là- «•
delliis de le recevoir pour leur évêque.
Peu de tems après le moine de Conques qui «
avoit accompagné Frotard à Rome , mécontent de **
ce que ce prélat ne l’avoir pas récompcnlé, comme *
il le lui avoit promis , produific les véritables 1er- ••
très de l’antipape & découvrit tout le myfterc.
Hugues, archevêque de Lyon, en ayant été informé, *•
cita Frotard au concile qu’il tenoit alors à Tou- "
loufè : niais ce dernier ayant refulé de comparoî- *
tre , fiait par lui-même , foit par procureur , l’arche- “
vêque de Lyon qui étoit certain de la fimonie , le *
dépolà & Tcxcommunia en plein concile. ■*
Deux ans après, Artman moine transfuge de Tab-
baye de Gaillac, lequel après avoir ctéchallc de *
Conques s’etoit réfugié dans celle d’Aurillac , for- «
ma le dcfTcin de lou mettre Téglilè de Vioux i cette "
dernière abbaye , & de l’ôter de la foumiilion de ••
Téglilè d’Albi. Dans cette vue il alla trouver Ber- «
nard & Guillaume d’Aymeric , feigneurs * du châ- ««Principe
teau de Cadalcn lelquels tenoient en fief de Téglilè •
d’Albi Tavouerie de celle de Vioux , pour les enga* *
ger à unir celle-ci à l’abbaye d’Aurillac. Ces deux ••
leigneurs refilèrent d’abord d’acquicfcer à cette *
proportion * mais enfin ils fe rendirent moyennant «
la fomme de 400 fols. Bernard d’Arifàt , Ermen- «
gaud Ion frere , & Pierre Bordones qui conlenti- «
rent aufli à cette union, furent également récom- ••
penfez, en préfcnce de Frotard de Cahufac & d’A- *
demar -Raymundi de Vioux. Cela fait, Artman alla •
trouver les principaux confeillcrs de Frotard, qui «•
malgré fon excommunication lè maintenoit for le «•
fiege cpilcopal. Ces confeillers étoient Roger de
Cacdonag, Bernard Amalfrcdi, «5c Echard,qui n’é- «
tant que laïque,poiIèdoit cependant Tarchidiaconé *
Il ii ij
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éio NOTES SUR L’HISTOIRE
o T V* d'Albi.Artman promit à chacun une mule -, & ibû- gieux d’ Aurillac n’avoient rien donné pour l’union «T*. 0-T
* XXXIX * tenu de leur fecours, il perfuada à l’évêque Frotard, de l’églilè de Vioux à leur monafterc, faute de * XXXIX
* (bus la promerie d’une (bmme confiderabie de de quoi elle feroit rendue à 1 églife d’Albi. Les reli- *
M divers préfens, de consentira cette union : ceci ar- gieux d’Aurillac ne voulurent pas Ce (oumettre à w
* riva dans le tems que ce prélat ayant fait le faint cette lentence , & conferverent l'églife de Vioux *
* chrême, Amé légat du S. Siege en Aquitaine & jufqu’au tems de Bertrand évêque d’Albi & d’AI- -
» en Efpagnc, lequel fut enfuue évêque d'OUron , fonfc comte de Touloufe , qui connoillànt la «
» paffa aux Avalats dans le dioccfe d Albi ,& qu’on jufte demande des chanoines d’Albi , leur rendi- -
» fui prefenta un enfant a baptifer : mais ayant appris rent cette cglde. - Telles font les circonftances de «
* que ce chrême avoir été confacré par Frotard , il cette hifloirc > qui paroiflent d’abord avoir un air
•• jetta par terre la phiole qui le comcnoit,di(ànt qu’il de vérité : mais à les examiner de près il cft aifé
•• n'etoit pas conücrc , (3 quil étoit fins propre pour de démontrer que la plupart font altérées , fi elles
- les ânes que pour les chrétiens. ne font pas entièrement controuvécs : mais avant
* Frotard se tant rendu enfuite à Vioux , aflcmbU que d’entrer dans cette difeuriion , il cft à propos
* les chanoines qui deflèrvoient cette cglilc,& leur d’ctablir la date de quelques faits.
* dit qu’il vouloit qu’ils l’abandon nafiènt . ou qu’ils 1 °. Le pape Grégoire VIL par une lettre datée *
M embrariafTcnt la vie rcl gieufe. Ceux-ci connoillànt du 1 1. d’Avril de U ///. lndulion\ ou de l'an 1080. '
" le piège , déclarèrent qu’ils ctoient prêts à profef- confirma les religieux d’Aurillac dans la pollcflîon
» fer la vie des chanoines réguliers-, à quoi Frotard du monuflcre de Ptoux qutls avoient acquis des
•• ayint confenti, ils députèrent quelques-uns d'en- princes du pays > du confentement de C évêque (j de
*• tr’eux à Touloufe pour y apprendre la réglé tk les fin clergé.
ufi^es de cet inftitut. Les dépntez revinrent quel- i°. Guibert archevêque de Ravenne , ne fut élu
*• que tems apvèsfhacun avec un furp!û 63 /’ Me de fil pape que le 15. de Juin de l’an 1080.
" prof Ifion <iuthenttqHC,comme ce/l l'u]**e dt cette re- 30. Hugues évêque de Die , ne parvint1» au
»• hgion: mais ils trouvèrent que pendant leur ablence plutôt à l’archcvcché de Lyon qu’en io8x. ou
** Frotard avoir chaflè leurs confrères, pour mettre 108}. ^ 9
- les moines d’Aurillac à leur place-, ce qui les en- 40. Amé ctoit déjà évêque d’Oleron c Cn 1073. c
» gagea â en appellcr au fiege de Rome (3 à celui Cela pofe, il eft aifé de faire voir que l’hiftoire
* ^d'Albt: ils entrèrent dans le cloître, & dirent qu’ils dont il s’agit cft pleine de contradictions & d'ani-
* vouloicnt y vivre en rehoseux comme ils l’avoicnt chronifmcs.
* promis, & qu’ils n’en fortiroient pas, à moins qu’on i°. Suivant cet écrivain, Grégoire VIL put
* ne les chalsât. L’évêque Frotard tranlporté de fu- dépofer Frotard évêque d’Albi pour crime de
» reur , leur déchira les (urplis 6c les challà. Des dé- fimonic , au plutard , au concile Romain tenu le 7.
* putez du chapitre d’Albi vinrent en même tems de Mars de l’an 1080. puifque ce prélat alla rrou-
* pour s’oppofer à l’union; mais Frotard ne voulut ver auflî- tôt apres fa condamnation à Rome, F ami*
* tenir aucun compte de leur oppolition : l’un d’en- pape Guibert ,& que celui-ci ne fut élu qu’après ce
* tr’eux, pour en donner un ligne certain, coupa concile, le 15. de Juin delà même année. Le concile
* alors la corde des cloches , & en emporta les mor- de Touloufe où Hueues archevêque de Lyon con-
* cçalix à Albi. L’union étant conlbmméc , l’éveque firma la dépolition de Frotard , devroit donc être
* alla à l’abbaye d’Aurillac y recevoir (on payement, poftéricur. En effet il ne peut avoir été tenu au
* accompagné de l’archidiacre Echard : mais à leur plûrôc, drivant cet auteur , qu’en 1080. puifque
retour avant été fûts prilonnicrs 6c conduits au Frotard dit que Hugues étoit alors archevêque de
" château de Pcyrolle , le dernier fut obligé de don- Lyon. Or il allure poiitivement , qu’il y eut deux
» ncr mille fols, & l’autre deux cens pour leur rançon, ans d’intervalle entre le concile de Touloufe & l’u-
* Dans ce tems-là Pons Stepham cvcqiic de Ro- nion que fit Frotard de l’églife de Vioux à l’abbaye
» dez après avoir été facré dans le concile où Fro- d’Anrillac -, d'où il s’enfuit que cette union fut faite
•• lard avoit été excommunié, pariant dans le dio- vers l’an 108 >. mais nous venons devoir quelle
» céfe d’Albi , apprit que Bernard Amalfrcd ,1’un des ctoit déjà conlommcc dès le il, d’Avril de l’an
» confeillcrs de ce prélat , étoit fort mal , 6c qu'il avoit 1080.
«• demandé les derniers (acremcns : il défendit qu’on 20. L’auteur avance que les chanoines d’Albi
» lcs lui adminiftrâc, à moins qu’il ne fift ferment s'oppoferent fortement à cette union , 6c nousve-
•• de ne plus communiquer avec Frotard, qui étant nonsde voir que Grégoire VII. attefte quelle s’etoit
* tombé malade lui- même à Albi peu de tems après, faite du confentement de Céveque 63 de fin clergé.
■» demanda le (aint viatique : mais fon clergé réfuta 5 °. Il cft marqué dans cette narration , qu’Amé
m rillac continuèrent de jouir du monafterc de Vioux, munie : or Amé ctoit évêque d'OIcron dès l’an
* nonobftant les plaintes des chano ncs d’Aibi. Ceux- 1 07 3 .11 faut donc que Frotard ait été dépofé avant
•• cj lCs ayant portées devant Guillaume Poitevin , cette année -, ce qui fuppofe pluiieurs autres con-
m fnecefleur de Frorard , ce prélat fit avertir l’abbé traditions qu’il cft inutile de relever.
- d’Aurillac de Ce rendre à Albi où il vouloit juger 40. Suivant le même auteur , Pons évêque de
» ce différend : Guillaume prit pour aflericurs Artal- Rodez , fût (acré dans le même concile de Tou-
• lus évêque de Carcaflbnne , l’abbé de Soreze 6c le lonfc , où la dépolition de Frotard fut confirmée.
» prieur de S. Scrnin de Touloufe. Les parties ayant Or Pons étoit certainement évêque de Rodez dès
•• comparu & défendu leur caille , les arbitres rendi- la'1 fin de fan 1 079. Il faut donc que ce concile de d Pr t
m rent un jugement le premier de Janvier par lequel Touloufe ait été tenu la même année -, ce qui ren-
» ils ordonnèrent au moine Artman de le reprefenter verfe tonte la fuite des faits hiftoriques avancez par
•* dans Foctave de la Pentecôte prochaine , &: défaire l’auteur de la narration : d’ailleurs il fc contredit
» ferment, lui fcpticmc , comme l’abbé & les reli- manih-llcment en lailant palier le même Pons par
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. . -3
s-.a
NOTÉ
xxxix.
9. 1 6. 44-47-
ôc avoir donné la démillion volontaire de fort
évêché. Il n y a rien dans tout cela qui ne foit con¬
firmé par Je pareils exemples du même tems ; &
(ans fouir de la province , nous avons celui d’E£
DE LANGUEDOC 60
— ~~ le diocc/e d’AIbi immédiatement apres fo confié- élion, il fera revenu dans fon diocèfo ,& aura cré ^ q
crjd°n su concile de Touloufe, loi (que l’union cnfiuitc dépofo & excommunié au concile qui fut XXXIX.
de legli/cde Vioux à l’abbaye d’Aurillacétoîc déjà tenu à Touloufe vers la fin de l’an 1075). & au-
faitc: puilqu’il mec dun autre cote deux années quel Hugues alors évêque de Die, &nonarchc-
d intervalle entre l’union ôc le concile. vêque de Lyon, légat du (aine Siège, aura pré-
5 «.Enfin il marque que Bertrand évêque d’AIbi fidc. Guillaume aura été nommé par le même
ôc Alfonlc comte de Touloulè, rendirent l’églilc concile pour lui focceder : mais Frotard lui aura
de Vioux à celle d’AIbi : mais il eft certain * difputél’cvêché, fie fora maintenu malgré fon ex-
.47- Sue rabbnyc d’Aurillac jouiifoit paifiblemcnt en communication, fioit par le crédit ôc l’autorité
1 204. de lcglifo de Vioux , ôc quelle l’échangea que la maifon avoir dans le pays , foit en Ce décla-
alorsavcc les chanoines d’Albi. rant en faveur de l’antipape Clément 111. & fora
Il rclultc de toutes ces remarques , qu’il n’y a enfin décède vers l’an 1084. après s’erre reconnu
aucun fonds à (aire fur cet auteur, dont la préven- ôc avoir donné la démillion volontaire de fort
tion contre les religieux d’Aurillac fie manifclte évêché. Il n’y a rien dans tout cela qui ne (bit con-
k v. /*•/•"• allez d’ailleurs b. Il croit, folon toutes les appa- firme par de pareils exemples du même tems ; &
rcnces, chanoine de lcglifo d’AIbi*, car M. Baluze fans forcir de la province , nous avons celui d’Efi*
a tire Ion écrit d’un vieux parchemin des archives de tienne de Eolignuc, qui quitta l’évechc de Cler-
cetccéglifie.Or comme* il y eut quelques différends mont pour s’emparer de celui du Puy, qu’il
ail XII. fiecle entre les chanoines d’AIbi ôc les conforva malgré Ion excommunication, & celui de
religieux d’Aurillac , au fiujet de l’églifo de Vioux , Pierre de Narbonne évêque de Rodez , qui s étant
quiavoit été donnée aux premiers par Pons comte fait élire archevêque de Narbonne, pollcda cet
t d’Albi en 987- c cet auteur pour rendre la polfofi archevêché pendant quelques années nonobftant
lion des religieux d’Aurillac odiculc, aura écrit fur la dé polition Ôc fon excommunication,
de faux mémoires , ou aura tiré de fon propre Au reffe ileft fort vrailemblablc que Pons, foc-
fonds la maniéré dont l’union de cette églifo avoir ccfleur de Pierre de Narbonne dans l’évêché de
été faite à cctrc abbaye fous Icpifoopar de Frotard ; Rodez, fut ficré au concile de Touloufe de l’an
Ôc ce prélar ayant etc depofo pour caufe de fimonie, 1079. comme il elt marquédansla même rela-
tour cela lui aura donné lieu de fabriquer une lu- tion ; car outre que nous n’avons aucune preuve
ffoire à la fantailic, ôc de fiuppofor que cette union qu’il ait occupé cet évêché avant la même année:
ne peut avoir été que fimoniaque. il eft certain d’ailleurs que Pierre le quitta fou-
II. Au reffe li Frotard fut déj>o(c pour caufic de Icment alors pour palier à celui de Narbonne. Les
fimonie, ce qui cft très-vraifomblable ; puilque de nouveaux éditeurs du Gallta Chriftiana fo font donc
fion tems , la plupart des évêques de la province & rrompez en avançant que Pons ctoit déjà évêque * GdU.<knjh
de 1 ’églifo , étoient inficâcz de ce vice i ce fut au de Rodez en 1 076. ôc il n’eft 1 pas nécclïàire de ** d- *• f*
plûtard en 1079. car Guillaume lui avoir fiiccedé Iire1c67.au lieu de 1 077. comme ils le (uppolent,
dès cette année. Nous en avons la preuve dans dans la charte, par laquelle Pierre eveque de RccLz.
ê ca.drijf. l'acle d d’union qui fut faite la même année des
19 1 abbayes de S. Theodard ôc de Gaillac a la congré¬
gation de la Chaile-Dieu , duc on fente ment de Gutl -
Lame evcqtie d' Albi , £5* d'Efticnnc eveque de Ci -
titid. hors: union qui tut confirmée l’année foivante •
par une bulle de Grégoire VII. darée du 27.de
Mars, la vu. année de Ion pontificat, indidion 1 1 1.
III. On peut rectifier par-là le catalogue des
fi fd. tt. 1. évêques de Cahors qui eff fort confus f depuis l’an
l19' 1068. jufiquen 1 1 12. ainfi Geraud de Gourdon
aura occupé ce fiege depuis l’an 10 6t. jufqu’en
1074- Efticnnc en 1079. & 1080. ôc enfin Gc-
tViim.vit. raud de Cardaillac depuis l’an 1083. s jufqu’en
£"*■• m».
h GsU.chr,/. IV. Il eft foie mention de Frotard fccvêque d’AIbi
/4n ne nn/» r Ii-irr/- (\r l'a n TAS» 2 dY>n l’nn ni-nf înfi»iv»r
confirma l’union de l’églifo de Scrmurdftns fion
diocèfie à l’abbaye de Moi (foc.
NOTE XL
Sur l'époque de la mort de Guillaume IV.
comte de T ouloufe , drle droit que Ray *
mond de 5. Gilles fon frere avoit à fa
fuccejjlon,
I. Eraud évêque de Cahors, établit la viccom-
VJ nuine parmi (es chanoines du confentcment
. raud de Cardaillac depuis l’an 1083. K jufqu’en Vj nuine parmi (es chanoines du confentcment
1 1 1 1. de G tu Ultime comte de Touloufe. Quoique cct ade
IV. Il eft foie mention de Frotard fccvêque d’AIbi ne foit pas daté, nous en concluons que Guil-
dans une charte de Fan 108 3. d’où l’on peut inférer, laume vivoit encore à la fin de l’an 1089. car ce
que quoique dépofo depuis l’an 1079. ce prélat fo prélat fit cct érabliffèment ® de l’avis & de l’auto- m G*tt.ckrift.
maintint ccpcndanr dans ion fiege ; fur quoi l’au- rite d’Hugues abbé de Cluni, d’Hugues archevê- n9v- td- u
teur de la relation peut avoir été fondé , de même que de Lyon , ôc et Ame archevêque de Bourdeaux ***
que fur quelques autres faits qui ne regardent pas légat du foint fiege. Or ce dernier ne fut clu n ar- n chr. U4U
l’union de l’cglifo de Vioux à l’abbaye d’Aurillac. chevêque de Bourdeaux que le 4. de Novembre de leAC f' ix,%
Voici ce qui nous paroît de plus vrailemblablc tou- l’an 1089. Ileft vrai que les anciens &lesnou-
chant ccttc hiftoirc. Frotard qui paroît avoir etc de veaux éditeurs du Gallta chrtjhana rapportent le
la maifon des vicomtes de Lautrec en Albigeois, concile de Xaintes durant lequel Amé fut promu
ayant été élû évêque d’Albi au plutard ‘en 1 066. à l’archevêché de Bourdeaux , au 4. de Novembre
aura obtenu cet évêchc à prix d’argent, comme de l’an 1088. Mais D. Ruinarc Q a fait voir qu’il vià
avoient déjà fait plufieurs de fos prédécellèurs, ôc appartient certainement à l’an 1089. l
comme c ctoit alors un ufiigc très-commun, il aura II. Guillaume IV.comte dcTouIoufie fouforivit f p fyu/. L
uni avant l’an 1078- du confentcment de fon clergé le 14. de Mars de lan i090.au reftament du me-
ôc par rainorité des feigneurs du pays, l’églifo me Geraud évêque de Cahors. Nous aurions une
de Vioux à l’abbaye d’Aurillac. II aura été enluitc nouvelle preuve que ce prince vivoitcncore alors ,
accufé de fimonie auprès du pape Grégoire VII. ôc fi on pouvoir s’appuicr fur la date d’une charte ,
O Tnin. vil
va. U.n.6ii
70. tr ftqh
p SjlHtl. Iti
*0-/. Us.#
fiait le voyage de Rome en 1078. pour fo jiiffifier: luivant laquelle Guillaume comte de Touloufo
mais n’ayant pu prouver la canonicicc de fon éle- s’accorda au mois de Septembre de cette année
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gu NOTES SUR. L’HISTOIRE
'Ko avec Rœpmndcomte de Barcelone & de Carcajfonne , permet à Guillaume de fc faire inhumer à la Dau-
XL. (5 Raymond on fils > touchant le château de t aurac rade lui & toute la pofterité. D’ailleurs il eft fait N ^ *
le pays de Lanraguah -, mais il eft certain que mention 1 de ce prince comme vivant dans un aâe irr.,.JJJ#
cette date eft faufle , & qu’il faut lire l’an L07 1 . au de l’an 1095. Comme nous n’avons cependant
lieu de l’an 1090. pour les railbns drivantes. aucune preuve qu’il ait vécu au-delà , nous fixons
? r. fr. p. ^ °. On trouve deux copies de cette charte adans l’époque de fa mort à la fin de cette année , ou au
ja coi|c^j0n jcs tjtres la maifon de Foix qui commencement de la (uivante. Il eft certain du
eft parmi les manuferits de Colbert-, l'une prilè lur moins que lorfquc Philippe fa fille fc maria en
l'original, ou du moins furune très- ancienne copie 109 4. avec Guillaume comte de Poitiers, ilétoit
tircc de la caille 10. des archives dit château de dé)a décédé.
Foix, & l’autre du cartulaire qui etoit dans la caiflè Philippe avoit cté mariée en premières noces
1 des mêmes archives. Or dans l’une ôc dans avec Sanche roi d’Arragon, comme l’attefteGeo-
Pautrccopic on li tanno mdltfimo feptuag'fimo primo, froy m prieur de Vigcois^uteur du XII. fiede. San- *
i°. Cette charte ne fçauroit appartenir en au- che peut l’avoir époufee en 1 08 5. car la reine Fc- Vl /• »°4*
r. a <*rC. Cline manicreàl’an 1090. car cette année bc*étoit licie® fa première femme mourut le 14. d* Avril
t Mare
f • 466.
d Cône. ed%
Hnrd.lt. if.
f l67i- &
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Foix, & l'autre du cartulaire qui etoit dans la caiflè Philippe avoit cté mariée en premières noces
1 ^ . des mêmes archives. Or dans l’une & dans avec Sanche roi d’Arragon , comme l’attefte Geo-
Pau t recopie on lit anno mdltfimo feptuag'fimo primo, froy m prieur de Vigeois>auteur du XII. (iccle. San- «
i°. Cette charte ne fçauroit appartenir en au- che peut l’avoir époufee en 1085. car la reine Fc- /• s°4*
cune manicreàl’an 1090. car cette année bc*étoit licie® fa première femme mourut le 14. d* Avril n ftrr-u
cm Bérenger , & non pas Raymond , qui podedoit le de cette année. Felicic auroit vécu cependant en
coiwcde Barcelone, tant ai (on nom qu’en ce- 1096. s’il fallait s’en rapporter à une charte *da- © Mat*.
71 c J*q- lui de Raymond fon neveu âgé alors feulement tée de IV** M c xxxiv. Inivant laquelle Sanche roi
de huit à neuf ans. D’ailleurs Bcrcngcr comte de d’Arragon, (à femme Felicic , & leur fils Pierre, *
Barcelone n’eut point d’enfans , ôc (bn neveu font une donation à l’abbaye de la Sauve : mais il
Raymond étoit trop jeune en 1090. pour en avoir, eft confiant que cettcdateeft fautive, puifque San-
De plus Humbert élit de Barcelone fut prefent à chc fut tué P au liège d’Hucfca au commencement P *• fc*.
c Marc.Htft. cct a&c . or Bertrand pofleda l’évêché de cette c de Juin de l’an 1094. Il s'enfuit de là que Phi- £*'I#M**
v,u£.\ù,d. €. ville depuis l’an 1086. jufqu’en 1096. au lieu lippe fille de Guillaume IV. comte de Touloufe,
f 7* qu’Humbcrt étoit encore évêque de Barcelone en n’époufa le duc d’Aquitaine en fécondes noces que
d c*nc. td. 1078. d& rien ncmpeche qu’ilm’ait été élu en vers la fin de cette année.
*7 1/7" * ’ * °7 I# IV. Il eft allez difficile de fixer le droit qu’avoit
Ccqq. 3 °. Raymond - Bercnger I. du nom comte de Raymond de S. Gilles à la fucccflion de Guillaume
c Pr.p. 171. Barcelone acquit enfin entièrement e au mois d’A- comte de Touloufe (bn frere > qu’il recueillit à l’ex-
&j«i- vril de l’an 107t. les droits que la comtede Ran- clufion de ccttc princeflè i & les auteurs font fort
garde & fes filles avoient fur le comté de Carcaf* partagez là-dvfliis.Catel* après avoiréxaminé leurs qtw**.
tonne ,& le château de Lautac que leurs prcdeccfi- lcntimcns, adopte celui de Guillaume de Mal-
f f- *57. & feurs avoient tenu * des comtes de Touloufe. Il eft mcfbury r , auteur étranger à la vérité, mais qui
bien plus naturel que le comte de Barcelone qui étoit prefquc contemporain , puifqu'il écrivoit en m “***'
devoir l’hommage à celui de Touloufe à caufc de 1 1 10. • & dont l’autorité eft d’autant moins fuf- «iM* 7*
cette acquifition > fc foit accordé avec lui là-dclliis pcéte , que ce qu’il rapporte eft entièrement oppo-
quatre à cinq mois après, que d’avoir attendu 1 9. fc aux prétentions des rois d’Angleterre fes fouve-
ans. Il eft donc évident qu’il y a faute pour l’année rains, fur le comté de Touloule, en qualité d’heri-
, de l’incarnation dans la copie de cet accord que tiers de la même Philippe. Or fuivant cet hifto-
M. d'Herouval communiqua à D. Luc Dachcri, rien Guillaume IV. vendit le comté de Touloufe
& qu'on doit s’en tenir à la date marquée dans à Raymond fon frere quelques années avant fa
les titres de la maifon de Foix. mort , ce qui paroît d’autant plus certain , quoique
Ces titres nous donnent lieu de remplir une la- d’Hautcfcrre * ait avancé le contraire , que nous r M*n
cune qui le trouve dans le Spicilcgc, au fujet de voyons le même Raymond prendre le titre de
la fomme que le comte de Barcelone donna alors à comte de Touloufe dès l’an u 1 08 8- plufieurs an- ufr./.m
celui de Touloufe. Propter hoc , cft-il dit dans cet nées avant la mort de Guillaume fon frere, ce qui
ade %jam dit lus Barcmoncnfis cornes atque Carcaf- fixe à peu près l'époque de cette vente.
fonenfis adprAdiftvmTolo ttcomttem...mtlliamancu- V. Le témoignage de Guillaume de Malmef
1 JM* 7b
$V. Mire.
H'jp. ‘pp'nd,
Qi-£o ib. C Te
h A f*b. ad
dhn. 1094
loî.
vit.
TJr'j. U. n.
164.
i Fr. p. n«.
K C- el mtm.
F- *74.
les titres de la maifon de Foix. mort , ce qui paroît d’autant plus certain > quoique
Ces titres nous donnent lieu de remplir une la- d’Hauteforrc * ait avancé le contraire , que nous r Mtm
cune qui le trouve dans le Spicilcgc, au fujet de voyons le même Raymond prendre le titre de
la fomme que le comte de Barcelone donna alors à comte de Touloufe dès l’an u 1 08 8- plufieurs an- utr-r-Vi*
celui de Touloufe. Propter hoc , cft-il dit dans cet nées avant la mort de Guillaume fon frere, ce qui
ade %jam dit /us Barcmoncnfis cornes atque Carcaf- fixe à peu près l'époque de cette vente.
fonenfis ad pradiflxmTolo £Comttem...mi/hamancu- V. Le témoignage de Guillaume de Malmef
fis ntoncta Barchmonet. &c. Il n’y a aucune lacune bury paroît contiedit par Robert 1 abbé du Mont 1
dans les titres de Foix où on Xw.AdpradiüumTolofi S. Michel , Ôc Guillaume de Neubrige hiftoriens ^ '
comitem decem milita marchas moneta Barchnona , fu jets des rois d’Angleterre. Le premier qui écrivoit
(£c. Nous ne doutons pas cependant que les copi- à la fin du Xl I. ficelé , ôc qui a été fuivi par l'au-
des employez par feu M. Colbert n’ayent failli, teur anonyme 7 de la chronique de Normandie, af-
ôc qu’ils n’ayent lu ma) chas au lieu de mancufos\ furc que Guillaume IX. comte de Poitiers & duc ft ^
terme ordinairement exprimédans les anciens ades d’Aquitaine mari de Philippe de Touloufe, vou-
Ïarccs caradcres abrogez Man. En effet outre que larit aller au feconrs de la Terrc-fainte en 1 101.
a fomme de dix mille marcs eût cté exorbitante, engagea n Raymond de S. Gilles le comté deTou-
& que le mot marca eft toujours fuivi de celui Joule qu’il poffedoit au nom de cette princefle.
d’ argents dans les titres, nous voyons dans tous Guillaume de Neubige z qui vivoit au coramen- *
ceux de Barcelone B, & dans la plupart de ceux de cernent du XI il. fiecle, prétend d’un autre côté
la marche d Efpagne, que dans le XI. fiecle on que Guillaume duc d’Aquitaine fit cet engage-
comptoit les (ommes par maneufes , monnoye ment pour avoir de quoi fournir à fes plailirs.
d’or qu’on frappoit dans cette ville. Catcl réfute ces deux auteurs, fur ce qu’il eft con-
1 III. Les PP. Mabillon h Ôc Ruinart fixent à l’an fiant que Raymond de S. Gilles étoit paifible pot
• 109 4. la lettre 1 que le pape Urbain II. écrivit à felfeur du comté de Touloufe long-rems avant l’an
Guillaume comte de Touloufe, &: qui eft fans n 01. A quoi on peut ajouter que Raymond étoit
date. La raifon que ce dernier en donne,eft que fui- cette annce-là à la Terrc-fainte.
vant lin afte de l’an 109 5. rapporté par Catcl la On peut cependant concilier ces deux hiftoriens
• fcpnlture des comtes de Touloufe croit encore alors avec Guillaume de Malmelbury , en fuopofant
à S. Scrnin , au lieu que fuivant cette lettre le pape 1 cme Ravmond de S. Gilles avoit un droit ac-
vant lin afte de l’an 1095. rapporté par Catcl la
fcpnlture des comtes de Touloufe croit encore alors
à S. Scrnin , au lieu que fuivant cette lettre le pape
\ que Raymond de S. Gilles avoit un
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DE LANGUEDOC. ^ _ _
-■> quis au Comté de Touloufo , tant parla vente que dans le tcfhmcntde Pons que tlôiis n’avons pas. .
NOTE (on frcrc'Guillaumc lui en avoir faite, que par une Le droit de Raymond de S. Gilles fur le comté ^ t J
XL* fobftitution dont nous parlerons bientôt. i°. Qu’il de Touloufe, le Querci , l'Albigeois, & les autres
en prit pofîcflïon après la mort de ce dernier, & domaines qu’avoit pofledés Guillaume IV. (on
en jouir paifiblcmentjulqu apres fon départ pour la frère > & qui venoient de la fucceflion du comte
Tcrrc-fàintc. j°. Que Guillaume comte de Poi- Pons leur pcrc étant inconrcftable , fo ivant le té-
tiers profitant de (bn abfence fit une tentative pour moigi.age meme des hiftoriens Anglois les plus
fo rendre maître de ce comté , (eus prétexte des anciens, il s'enfuit que ni Guillaume IX. comte de
droits de Philippe (à femmermais que rcconnoidànt Poiriers , ni les rois d’Angleterre defoendans de cé
enfin que fon droit étoit litigieux , il le céda au prince ëc de Philippe de Touloufo fit femme, n’a-
même Raymond de S. Gilles , ou plutôt a Ber- voient aucune prétention legirime (ur le comté de
trand fon fils qui étoit demeuré en Occident , & Touloufe , ni fur les autres domaines poffcdés par
qui pour cette cdlion lui aura donné une (b mine GuiIIaumcIV.au préjudice des defoendans de Ray-
dont il fe fera forvi pour les frais de (on voyage mond de S. Gilles.
d’Ourremer > à moins que le duc d’Aquitaine ayant jVII. Au refte le témoignage de Berrtard prieuf
perdu fis troupes & fes équipages dans fon expédi- de (âinte Gemme prouve évidemment que le mar-
tion de la Terre- faintc, n’ait cédé alors a Raymond quifât de Gothie ou duché de Narbonne , ëc le mar*
de S. Gilles lui-même, pour unefomme, (es droits quifàt de Provence, poffèdezparRaymond de S. Gil-
a Ctt’i comt. fur le comté de Touloule, comme Catel3 le conje- les long-temsavant la mort du comte GuilIaumelV.
f.in £turc. Il n’y a rien en cela qui ne (oit fonde fur fon frere, n’avoient pas appartenu à Pons comte de
les inonumens du teins , & (ur les anciens hifto- Touloule leur pere. Il eft certain en effet que Ray-
riens qu’on mer parfaitement d'acord. Il eft vrai mond hérita du marquiût de Gothie, ou duché
que Robert du Mont &c Guillaume de Neubrige de Narbonne vers la fin de Tan 1065. après la more
parlenr d'un engagement, & non d'une vente de Berthe comtcflc de Rouergue (â coufinc , ainfi
ou ccfTion du comté de Touloufo faite par Guil- qu’on l’a expliqué ailleurs. Quant au marquifât de
laume IX. due d’Aquitaine, en faveur de Raymond Provence, on avoitcruc jufou’ici quePons comte de
deS. Gilles: mais ces auteurs font jugement fufi Touloufe en avoit hérite d’Emme de Provence fa
bv.L* pcéls bd avoir voulu en cela chercher à juftilicr les mère; quiHavoittranfinisaGuillaume (on fils aîné,
dt Tcul' prétendus droits & les encrcprifos des rois d’Angle- & celui-ci a Raymond de S. Gilles (on frere : mais
'/fi.'*' *' terre , leurs (buverains fur ce* comté. nous ferons voir ailleurs f que Bertrand frère puîné f Ntt. nr. *.
VI. Outre la vente que Guillaume fit de (bn vi- de Pons eut ce marquifât pour (on partage , ëc l0‘ Ntt' *U*
vant à Raymond de S. Gilles du comte de Tou- que fa fille , qui fut (on hcritiere , époufâ Raymond
loi) le , il paioit qu’il y avoir une fùbftitution , (ui- de S.Gilles, d’où ce dernier tiroir fon droit for cette
vant laquelle le dernier droit appelle à la (ucccfhon province. II eft vrai qu’un hiftorien S contemporain g cfo*
f Ntt. nr. n.
10. Ntt. XlU
de l'autre à l’exclufion des filles. : voici fur quoi
on peut fe fonder. i°. G.uifberc c nbbe foc u. fier
de Moifiac, lorfqu’il confirma en 1063. l’abandon
qu’il avoir fait auparavant de les droits fur cette
abbaye en faveur de Pons comte de Touloufe ,
prov 1nce.11 en vrai qu un nutonen » contemporain
de Guillaume IV. & de Raymond de S.Gilles fon
fierc , afliire que le premier fut comte de Touloufo
A: l’autre de Provence: Foc Mi funt autem , dit cet
auteur, fihi Pontii , Rajmundu de S. vÆgidio Çj
GuiUelmus de Tolnfa , ex qmbus untu ex tint Tolo-
g Chr. U**
leae.t . J. btktk
Ltb.f* 110%
& de fon fils Guillaume , * déclare que celui-ci , & fiantis cornes alter Provincianus : mais il ne s’cnfiiic
»f>n fils apres lut , auront fur cette même abbaye pas de ces termes que Raymond de S. Gilles ait
•• l’autorité qu’il leur ce de ; que fi Guillaume fils fuccedc immédiatement à Pons fon pere dans le
* de Pons 11 avoir pas des fi! s légitimes, ce droit comté de Provencc.il (îiflit que fil première femme
•• appartiendroit alors 4 Raymond à Hugues fies le lui ait apporté en mariage pour qu’il l’aie pofiè-
~ frères , (3 à leurs fils légitimés ; & qu enfin fi de indépendamment des droits de fon pere ; & ce
••la race de tous ces comtes palatins venoit à témoignage loin de contredire celui de Bernard
*• manquer, ce même droit appartiendroit a celui de Sainte-Gemme , fort au contraire â l’expliquer.
h quipojfcdcrott le comte de Touloufe . •» Il eft aifo de _
conclure de la qu’en 106 j. deux ans après la mort
de Pons comte de Touloufe , c'étoic une chofe NOTE X LL
reconnue dans le pays, que les fils puînez du meme
Pons dévoient lui focceder l’un après l’autre dans Si Bertrand fils de Raymond de S . Gillet
ce comté, au défaut de fils légitimés . i°. Sui- étoit bktard ou légitimé , & fur les
ss- vant le témoignage de Bernard 4 prieur de fainte differentes femmes de ce dernier .
/kfio. flrl. C€nui,c ^ans laXaintongc, Se religieux de l’ab-
b.',yc de la Chaife-Dicu , qui a écrit en 1 160. la L Atelh croit que Bertrand, fils de Raymond H c*ulamti
&zls' vie de S. Robert premier abbé de cette abbaye , v^/ de S.Gilles croit bâtard : il fo fonde tant ftl$u
Raymond de S. Gilles après avoir été prier fur le fur ce qu’il n’écoit pas certainement filsd’Elvire
tombeau du fâint,//// reconnu fans difficulté' dans ou Gelvire de Caftiîlc femme légitime de Ray-
le comté de Tou-oufic (J les autres provinces qui lui mond , que for l’autorité de Guibert de Nogent &
étoient échues de la Jucceffion de fon pere. Or cet de Guillaume de Malmcfoury, dont le premier ap-
évenement n’arriva qu’aptes la mort de Guiilau- pelle Bertrand fils naturel de Raymond; & l’autre
me IV. frere de Raymond, puifqu’cn 1 06 1. dans dit qu’il naquit d’une de fos concubines. Il ajoute
Je tems de la mort de Pons leur pcrc , S. Robert pour confirmer fon fontiment, que Raymond par- {
n croit pas encore dcccdé, «Se qu’il ne mourut qu’en lant de Berrrand dans fon teftament ne l’appelle itn+ +6x- &
1 067. Nous avons donc le témoignage d’un ait- pas (bn fils: cet auteur a cté fuivi par la plupart des Fdlut
tcur voinn du pays, ô< prefquc contemporain, modernes, entr’autres par le P.Labbe1', la Faille k
foivant lequel Raymond avoir droit a l'hérédité de & le P. Ange J:ce dernier ne met pas même Ber-
fin percha laquelle il navoit pas eu de pare. Ce ne peut trand au rang des comtes de Touloufo, quoique Ca- dti p • df pri
donc être qu’en vertu d’une fubftituuon , énoncée tel ait donné des preuves certaines , & que nous en £ V/».
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C f> eU&
f • 77.
doute s’il n’eût été abfcnt & en deçà de la mer.
Mais ce qui fait voir évidemment que dans cet a&c
Raymond regardoit Bertrand comme fon fils légi¬
timé , c eft qu’il le charge de l’executer en c/nalué
de [on [ucceffeur , & qu’il ne dit rien d’Alfonfc-
Jourdain : Rrecor dcnique Bertramnum Çj mnes
JucccJJures , Ü hommes il amuos meos , &c. Audi
Bertrand fucccda-t-il immédiatement à Raymond
614 notes SÜR L'HISTOIRE
^TTe ay°«* pluiîcurs autres, qu’il poffeda ce comté V. Mais Raymond , dit-on , ne donne pas dans
X-Li. du vivant & apics la mortdc Raymond Ton pere. Ion teftament la qualité de fon fils a Bertrand? XJ *
, 11. D'un autre côté quelques auteurs Efpagnols Quand cela ferait , cette ratfon ne prouverait rien,
'■ & François , entr’autres Marltna * , ont avancé que puüquc nous avons un grand nombre d autres mo-
Bcrtrand droit légitime , prétendant qu'il étoit fils numens ou .1 le qualifie fon fils : d ailleurs ,1 fait
d’Elvire de Caftilîc , femme légitimé de Raymond } mention dans cet aûe , qui eft plutôt un codicille»
mais outre que Catel a fait voir le contraire , & qu'un teftament, de es fils en general :or il ne lui
qu'il eft certain que Bertrand prenoit le titre de teftoit plus alors d autre fils que le feul Alfonfe-
i M«‘ comte dès l’an 1 oSo. b long-tems avant le mariage Jourdain , qu .1 ne nomme pas en particulier non-
î,:Lo„, de fon pere avec Elvire , lhiftorien «contemporain P^sque Bertrand. Il eft vrai qu Elvir [on fil, Al-
t- 77? cité par Mai iana, ne donne pour 61s à Elvire qu Al- fo»fi , fouferivirent a cet ade-, mais c eft parce qu ils
Foule Jourdain. Si donc Bertrand croit légitime , Soient préfets : Bertrand 1 aurait aufli figpc fans
il devoit être né d’un autre mariage i & c’eft ce doute s’il n’eut été abfcnt & en deçà de la mer.
que nous allons examiner , après avoir remarqué Mais ce qui fait voir évidemment que dans cet aâc
a u «»«. quc La Faille <> qui convient de la bâtardife de Ber- Raymond regardoit Bertrand comme fon fais legi-
M* «and , prétend que Raymond de S. Gilles le legi- ««ne > c’eft qu’il le charge de 1 exécuter entjuduc
timAyi ans apporter aucune preuve de cette préten- d* fi* ficcejfeur , & quil ne dit rien d Alfonfc-
due légitimation. Jourdain : Encor dengue Bertramnum & ornues
III. 11 eft certain que Raymond de S. Gilles avoit JucceJJores, i3 hommes Ü omets meos , &c. Aulfi
une femme légitimé vers l’an loié.car ils'exprimc Bertrand fucccda-t-il immédiatement a Raymond
t f,.»., „. ainfi dans un accord «qu’il fit avec Guifred arche- fon pere dans le comté de Touloufc & fes autres
vcque de Narbonne : Et bec on, ma faciat dure Ü domaines , a 1 cxclulion de ton frère Altonlc : on
confirmai ver nxorcm fuam comu.fm. Cet aûe doit ajouter à cela le témoignage de Guillaume. •ç.Jjr,
r?. tu. & eft à la vérité fans date, mais il eft relatif au traité f de Tyr , qui parlant du voyage de Bertrand dans • “ »•
pa(Té la meme année entre ce prélat d’une part & k Teire-fainte , 3c de la dilpute qu eut ce prince
Bernard Berengcr & les autres vicomtes de Nar- avec Guillaume- Jourdain comte de Ccrdagnc, tou-
bonne de l’autre, par l’cntrcmife du même Ray- cham la polkflion des châteaux conquis par Ray¬
mond de S. Gilles : d’ailleurs Guifred étant dcccdé ™nd de S. Gilles fon pere, dit que le premier, cju il
en 1 07 $ . avant le mariage de ce prince avec Ma- appelle fimplementtf/r de Raymond , (ans ajouter
thilde de Sicile, qu'il n’éponfa qu’en 1 080. il s’en- naturil> fc fondoit fur ce qu il devoit fucceder a
fuit qu’il avoit été déjà marié auparavant. Nous fo° Perc comme fon heritier légitimé: Bertramno
prouverons en effet bientôt qu’il avoit époufé une ptttrtâ de [uccejfione all.gante . ..ille in bonapaternâ
tk fes parentes avant l’an 1076. tamejuam hares légitimât volet* f^edere, C 1t.
Mathilde , fille de Roger comte de Sicile , fot Si Bertrand eût été bâtard , auroit-il pu le fonder
t Qtafrii. donc la fécondé femme de Raymond. GeofFroi# là-deflùs du vivant d Alfonlè fon frère, qui droit
^u 'î'i 'fii Malatcrre auteur contemporain qui rapporte les certainement légitimé?
1. >■'<■ ». i. circonftances de ce mariage , dit qu’il fut célébré VI. D’où vient donc que Guibert abbé de No-
li™"'"' d J 080. époque que nos hiftoriens & nos genea- gent donne à Bertrand la qualité de fils naturel de
logiftes ont ignorée, quoiqu'elle foit expreflement Raymond f en voici la raifon. Il eft certain quecc
marquée dans cet auteur. Enfin Raymond avoit dernier cpoulà en premières noces fa confine ger- 1
déjà époufé Elvire de Caftille en troiliémes noces marne * , & que Grégoire VII. 1 excommunia P en fCm [l l0t
hfr.f.us. pan , 094> 1076. & en 1078. à caufe de ce mariage ince- M hmu
IV. Ces faits étant inconteftablcs, rien n’empêche ftueux : comme donc Bertrand étoit déjà né tort
que Bertrand ne fut fils de la première fcmme de q uc Raymond fon perc époufa folcmnellcmcnten
Raymond de S. Gilles : aiifli voyons-nous par tous 1080. Mathilde de Sicile > c eft une preuve qu il
les monumens qui nous reftent, que Raymond re- étoit fils de cette première femme, & cela aura
J©*, & gardoit ce fils comme légitime. En loSodBerttand fuff à l’abbé Guibert pour regarder fa naiflance
^ loufctit à deux aftes & prend la qualité de comte , ’ comme illégitime , quoiqu’il fut né (ous la foi du
de fils de Raymond , (S de neveu de Guillaume comte mariage , St d’une mere qui ctoir d’une condition
« f. 3 3 6. de Touloufe. En * 1 09 5 . le comte Raymond , (3 fon égaie à celle de fon pere. On doit en dire de mc-
fils Bertrand , font conjointement un déguerpiilè- me de Guillaume de Malmdbury , dont le témoi-
ment en faveur de l’abbaye dcPfalmodi. La même gnage eft d’ailleurs peu aflùrc fur ce qui regarde
ip.îil.ér année* le même Bertrand prend le titr edetrès- nos comtes de Touloufc*, il fait entr autres Ray- ^
fa* noble , (c dit fils de Raymond , époufé Helene ou mond de S. Gilles fils 8 de Gu llaume , tandis qu 1
4. C. S. tilt .
M*rat$r,
htr.f.HS» I’;
if. 30(, &
H-
* f . 3J«.
[?' lit» &
J'i'
comme illégitime , quoiqu’il fut né fous la foi du
mariage, & d’une merequi ctoir d’une condition
égale à celle de fon pere. On doit en dire de mê¬
me de Guillaume de Malmdbury , dont le témoi¬
gnage eft d’ailleurs peu allure fur ce qui regarde
nos comtes de Touloufc; il fait entr autres Ray- ^
mond de S. Gilles fils 8 de Gu llaume , tandis qu il
Eleéte fille du duc de Bourgogne, & lui affigne ctoit certainement fils de Pons. Si nous croyons cet
pour fon douaire les villes, comtcz & diocéles de hiftoricn le même Raymond ne contracta de ma-
Rodès, Viviers, Avignon & Digne. Si Bertrand fut riage légitime que dans un âge extrêmement avan¬
cé d’une (impie manrdïè , auroit-il époufé la fille ce avec Elvire de Caftille : Légitimons uxorem non
d’un duc deBourgogne, 3c lui auroit-il afligné pour defiderarjit , dit-il , maltimodo concubmatu volupté
(on douaire un domaine fi conlîdcrable , tandis que tem exercent . De«ique ex nnapelhcum no hum Ber -
fon pere étoit a&ucllcment marié avec une jeune tramnum cognmone hareJuatedignatus eft > C 5c .
princtffc qui lui donna d’autres fils? De plus Ray- Mais cet auteur eft fuflilamment réfuté par les hilto-
roond donne la qualité de [on fi!si Bertrand dans riens & lesmonumem du tems, qui prouvent que
plu fîcurs autres aétes dreffez au nom de l’un & de Raymond eut fucceflivemenr trois femmes Icgi-
*f» 153-
piultcuis autres actes arenez au nom ae 1 un oc ne
l’autre, fans y ajouter celle de nature f 3c il lui laiilà
le gouvernement de tous lès domaines à fon dé¬
part pour la Terre-fainte. Enfin Bertrand prit le
titre de comredeTouloufe^ivanr 3c après la mort
de fon pere, dans le rems que ce dernier avoit un
fils légitimé capable de lui lucccder.
riens 3c lesmonumen « du tems , qui prouvent que
Raymond eut fucceflivemenr trois femmes légi¬
timés, & qu’il cpoulà folcmnellement en 1080.
Mathilde de Sicile pluiîcurs années avant fon ma¬
riage avec Elvire de Caftille. Au relie le témoigna¬
ge de cet hiftoricn touchant l’incontinence 3c
vie déréglée de Raymond de S. Gilles > eft mamre-
ftement contredit par Anne Comncnc qui 1 ^v0,t
connu
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NOTE
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S .Aleximd.
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b Ibid. l. II.
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DE LANGUEDOC.
connu particulièrement durant le féjour de près de pas de duree , o# f*7/ diffous pour quelque pa-
deux ans qu'il fit à Conflanrinople à la cour de 1cm- renté fuivant la coutume du tenu : mais c’eft une
pereur Alexis fon pere : elle loue â exrrêmement conjeâurc qui n'eft appuyée fur aucun fondement.
Raymond fur la pureté de fes mœurs , ôc elle ak On voir au contraire que Raymond , qui avoir
N O T
XLL
fùre b qu après l'invention de la lance de Notre Sei¬
gneur a Antioche , tous les princes lui en confièrent
époufe Mathilde en i 080. étoit encore marié avec
elle en 1088. 1 ôc il pouvoir l'être en 109}- u<à*ï*U +
car nous n'avons aucune preuve qu’il ait époufo c. i.
Elvire de Caftille avant l’an 1 094.
X. M. Baluze * révoque en doute le mariage de * *?"•*'*•
j. c: -.i _ d _ — à J- c *• 4#4*
VIL II paroît certain que la première femme
de Raymond de S. Gilles étoit fille de Bertrand
oncle paternel de ce prince. On a déjà vu en effet Mathilde de Sicile avec Raymond de S. Gilles
que cette première femme étoit fa confine germaine, Ôc il reprend Zurira de lavoir cru. Il prétend qtie
Ôc on doit obftrver que fiiivant l’ufage confiant de Geoffroy Malaterre sert trompé en donnant le
ce ficelé, l’aîné des petits-fils portoit prefque tou- nom de Raymond au mari de cette princcflc, 6c
jours le nom de fon ayeul paternel ou maternel, que comme il le qualifie en même rems comte de
Entre un grand nombre d’exemples qu’on pour- Provence , c'eft de Bertrand comte d’Arles ou de
c?./. 104. roit citer , nous voyons que le ftlsc aîné de Guil- Provence dont il s’agit , parce que la femme de
Jaume comte de Touloufe frère de Raymond , fut ce dernier s appelloit Mathilde. Cet auteur n’a pas
appellé Pons du nom de fon ayeul paternel , & fait attention que Geoffroy 1 dans un autre endroit
qu’Alfbnfe-Jourdain frere puîné de Bertrand prit de fon hiftoire , dit qu e/e meme Raymond mari de
le nom d’Alfonfè roi de Caftillc , fortfcycul mater- Mathilde , étoit maître de S. Gilles , où il alla rcce-
nel. Il paroît aufli que c’eft de ce mariage que le voir Emme fille de Roger comte Sicile , fa belle -fœur .
4r.Na.%ir. même Raymond tiroit fon droit * furie marquifàt Geflroy qui écrivoir alors ne s’eft donc pas trom-
de Provence, & que fa première femme le lui ap- pé *, & fi la femme de Bertrand comte d’Arles oU
porta en dot ; de la vient fans doute qu’il aima de Provence > s’appelloic Mathilde , ce n Vft pas une
mieux fubir deux fois la peine de l’cxcommunica- raifon quelle fut la même que la fille de Roger
tion de la part du pape , que de s'en fcparer. Il eut comte de Sicile.
donc de cette première femme Bertrand fon' fils XI. Au refte on voit par ce que nous venons de
aîné qu’il regarda toujours comme légitime : mais dire que Bertrand ne pouvoir être fils de Mathilde
<jue divers auteurs ont traité de fils naturel à caufe féconde femme de Raymond de S. Gilles , comme
1 Géufrit*
MéUr.Uuù.
ie cette excommunication.
l'a cru Belle m , qui foùrienr que le même Bertrand m *'/•
- • - - - . dm dmcbi dm
c V. Marc.
Btarn p. 19 S ê
+ f'U-
VIII. Outre la foi du mariage , Raymond pou- croit légitime ; car Raymond n’époufâ Mathilde £^“.190.
voit Ce fonder pour regarder fon fils Bertrand com- qu'en 1 o%o. ôc Bertrand prenoit dèflors le titre * Ar¬
me légitime, fur l’exemple & fur la coutume. Il de comte, ainfi que Belle Iereconnoît lui-même,
avoir épouftf cette première femme long-rems & que nous l’avons déjà prouvé,
avant le pontificat ac Grégoire VII. lorfque ces XII. Le même auteur fè trompe auffî lorfqu’il
fortes d alliances étoient e cenfé permifes ôc au- prétend ■« que Bertrand avant fon mariage avec.*
torifoes par lutage. C'eft ainfi que Centulle vi- Hclcne de Bourgogne, a voir epoufe en premières»
comte de Bearn, dont ce pape loue extrême- noces Adélaïde fille du vicomte Raymond Ber-»
nard-Trencavel, & d’Ermengarde de Carcafi »
fonne. » Il fè fonde 1 °. fur ce que Bertrand fils
de Raymond de S. Gilles , (3 fa femme Adélaïde ,
font nommez comme témoins dans la donation
0 K ttv?
*75*
ment la pieté ôc les bonnes mœurs, avoir époufé
alors Guifle fâ proche parente. Grégoire VII. lui
f Grès, nu ordonnais la vérité de la répudier , ôc Centulle
v.Mmrc. a. obéit enfin : mais cela n’empêcha pas que Gafton
leur fils ne lui fucccdat, & qu’il ne fur regardé com- que le dernier fit a l’abbaye de S. Gilles en 1 09 6.
me légitime. De même ce pape ordonna à Guil- durant le concile de Nifmcs ; ce qui cft faux
laume VIII. comte de Poitiers & duc d’Aquitaine , D’ailleurs Bertrand étoit alors marié avec Helene
de fè féparer de fâ proche parente qu’il avoic de Bourgogne. i#. Sur l'autorité d’un aétePqui
L f vh. ^pouffe y comme il paroît par une lettre 8 de ce dit tout le contraire de ce qu'il lui fait dire , &
,f U pontife, datée du mots de Septembre indiÜ'on 1 3. qu’il n’avoit fans doute pas lu*
ou de l’an 1 074. cependant Guillaume IX. né en
1 071. de ce mariage , a toujours paflc pour légi- ■ \
time. Enfin pour obmettre plufîcurs autres exem- NOTE X L I I.
pies des X. Ôc XI. ficelés, qu’on pourroit rapporter ,
il fuffira de remarquer qu’il n’y eut jamais de ma- En quel tems les comtes de Touloufe ont
aliéné les comtez^ de Cahots tr de
Rodez^
N doit diftinguer ces deux comtezdc ceux
de Querci Ôc de Rouergue i iiir quoi la
o Pr.p. J4 u
&/ij.
p/. 1x8.
'O
h za. ubi.
v**p. 442.
riage plus illégitime que celui que contracta en
105 j. Raymond-Berengcr I. comte de Barcelone,
avec Almodis de la Marche , puifqu elle avoir alors
deux autres maris actuellement vi vans : or Ray¬
mond ôc Berenger qui naquirent de ce mariage _
n’ont jamais pafte pour bâtards, parce qu’ils étoient plupart de nos modernes S , entr autres ceux qui
nez fous la foi d’un mariage contrarié entre des onc écrit l’hirtoire de la province, n’onr pas fait
perfonnes d’une égale condition. Bertrand fils de affèz d’attention. Les comrez de Querci ôc de
Raymond de S. Gilles étoit donc en droit i plus Rouergue renfermèrent d’abord roure l’ctendue de
forte raifon de jouir du même privilège j & s’il doit pays dont ils portoient le nom : ils pafferenr dans
être cenfé bâtard fuivant les anciens canons , dont la maifon de Touloufe dès le milieu du I X. ficelé,
la corruption du fie cle avoir interrompu l’obfèr- comme on l’a prouvé ailleurs r , ôc furent réunis d
vation jufqu'au pontificat de GregoireVII. ildoit la couronne en 1171. après la mort de Jeanne
pafïèr pour légitime fuivant l’ufâge & la coutume comrefle de Touloufe & d’Alfonfè comte de Poi-
de ce tcms-là. tiers fon mari. Les deux autres comrez fubfiftcrenr
IX. Le P. Labbe h croit que le mariage de Ray - depuis cette réunion : ils furent formes par lalie-
mond de S. Gilles avec Mathilde de Siale ne fut hation que les comtes de Tou loufè firent des villes
T omt II. K K k k
<) Cdtef.
L* Faillê
mbbres. /•
trc.
r y. n. u
Sot . iciju
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6z6
NOTES SUR
NOTE
XLU.
de Cahors & de Rodez , & d’une portion du do¬
maine duQuerci,& i'u Rouergue : on convient de
cette alienation -, mais il y a de la difficulté , tant
L’HI S T O I R E
i °. la bulle d'Urbain eft du mois d’Aoùt de l’an
t ftrtliê t. dm
nu(i;rit cl"’il compofa
k Prx to . S •
C Gai', c Irrijt*
nrv. ed. tt. u
/. Ul.
1095. & par conféquent anterieure au temsque
Raymond de S. Gilles le croila.i®. La donation f .
fur ce qui l’occaliona, que fur (on époque: com- «que Geraud fit à fon chapitre de la moitié du re- lftl* à- fa
menions par le comté de Cahors. venu de la monnoye, eft de lan 1090. & Guil-
11. Marc* Antoine Dominicy dans un traité* ma- laume IV. comte de Touloufe, qui la confirma ,
(crit qu’il compofa en 1 642. fur les anciens dominoit alors fur le Qucrci -, doù il s’enfuivroit
comtes de Qucrci 8c de Cahots, réfute le (enti- que les évêques de Cahors jouilïoicnt du comté de
ment de ceux qui avoienc cru jufqu’alors que les cette ville avant la première croifadc , & avant que
évêques de cette ville avoient ufurpe ce comté fur Raymond de S. Gilles fucccdat à Guillaume IV.
les comtes de Touloule durant la guerre des Albi- (on frcrc dans le comté de Qucrci.
geois; il prétend que Raymond de S. Gilles pour On pourroir ûtisfaire à cette difficulté en ad-
tournir aux frais de fon voyage de la Tcrrc-fâinte , mettant une obje&ion que Dominicy fe fait -, Iça-
fepara la ville & le comté de Cahors du relie du voir , que les évêques de Cahors ne jouilïoicnt
Qucrci, & qu’il les vendit à l’évcquc, auquel il que par privilège de faire battre monnoye (ous le
les donna en fief fous la foi 8c l’hommage; en forte pontificat d’Urbain II. mais il y répond lui-même
que depuis cette vente on doit regarder les comtes en failànt voir 1 °. que le contraire rélulte des ccr-
de Touloufe , feulement comme comtes du pays de mes de la bulle , fuvant laquelle Geraud avoir dif-
Qiierci , mais non pas de la capitale. pôle de la moitié de ce droit comme étant du pa-
Cet auteur fe fonde 1 Q. (iir l’hommage b rendu trimoine de4b» eglife.10. En ccque par le parcage
au mois de Juin de l’an 1 1 1 1 . durant le iiege de fait en 1 $ 06. entre l’evêque de Cahors & le roi
Touloule, par Guillaume de Cardaillac , évêque de Philippe le Del , ce prélac qui (c rélerva à lui (cul
Cahors, à Simon de Montfort, dans lequel on lit le titre de baron 8c de comte de Cahors, déclare
ces termes : Cooutatum Caturccnfem recepit ab illo , qu’il n’entend pas communiquer le droit qu’il a de
fient ab R. quondam comité Tolofino ci pradeujjort- faire battre monnoye, comme étant étroitement at-
bits fuis mehus tenuerunt eumdem. Dominicy con- tache a la quitte de corne de Cahors qu'il fe referve .
dut de là que Raymond comte de Touloufe, de 40. Enfin Dominicy prétend que les evêquesde
qui lcvcque de Cahors & fes prédccellèurs avoient Cahors pollcdoient le comté de cette ville du
tenu le comté de cette ville, ne peut être Raymond moins au milieu du XII. lieele , (ur ce qu’on met-
le Vieux, puilque ce prince étoit encore reconnu toit alors leurs noms dans la date des adlcs avec
en 1114. pour comte de Touloufe, 8c qu'il s’agit ceux des rois de France, & des comtes de Touloufe:
de Raymond V. mort en 1194. mais cela ne décidé rien , puifqu’on mettoit égalc-
Le raifonnement de cet auteur ne nous parole ment alors dans la date des chartes, à Touloule &
pas concluant ; il eft certain en effet que Guillaume dans plulicurs autres villes dont les évêques ne pot
de Cardaillac ne reconnoilloit pas en 1 1 1 x. Ray- fedoient pas certainement le domaine , les noms
mond le Vieux pour comte de Touloufe, puilque de ces prélats, avec ceux des rois Sc des comtes qui
devant tenir de lui en cette qualité le comré de y dominoient.
Cahors, il en fit hommage à un autre, «Sc enfuitc III. On voit par ce que nous venons de rappor-
au roi Philippe- Augufte : d’ailleurs ce prélat 11e par- ter 1 °. que les évêques de Cahors ont tenu en fief
vint cquen noS.’à l'évêché de Cahors:or com- le comté ou domaine de cette ville dcscomtesdc
me il marque qu’il avoit tenu auparavant le comté Touloufe qu’ils reconnoillbient pour leurs fuze-
decettc ville de Raymond comte de Touloufe, cela rains *, «Sc que par confequcnt ces derniers ont
doit s’entendre de Raymond le Vieux , 8c non de aliéné en leur faveur le domaine de la ville ca-
Raymond V. mort en 1194. Ai nli ce prélat après pitalc, «Sc ce qui compofa le comté de Cahors.
avoir reconnu le premier en 1108. aura celle de i°. Que cette aliénation eft antérieure à la guerre
lui être tournis en 1 1 1 1 . comme il le fairaffez en- des Albigeois, fui vaut l’hommage rendu en 1 x 1 1.
tendre par le mot qnondim. Il eft vrai qu'affurant par Guillaume de Cardaillac , à Simon de Mont*
que fes prédccclfcurs avoient tenu le comté de fort , puifquc ce prélat fait mention d‘un fem-
Cahors des prédt ccfleurs de Raymond , cela prou- hlablc hommage rendu par fes prédccellèurs à ceux
veroit que les évêques de cette ville en pollcdoient de Raymond comte de Touloule. $ °. que la même
le comte long-tcms auparavant. aliénation doit être antérieure à l’an 1090. file
20. Pour faire voir que Raymond de S. Gilles droit qu avoient alors les évêques de Cahors de
aliéna ce comté, Dominicy s’appuye fur le témoi- faire battre monnoye , étoit étroitement attache à
il Gmll.Mtl*
ncib. /. 4. c 2.
gnage de Guillaume de Malmelbury a,qui rapporte
que l’évêque de Cahors engagea Raymond de
S. Gilles, dont il avoit toute la confiance , à faire
le voyage de la Terre- (ai me , & qu’ils appellerait
conjointement le pape Urbain II. en France pour
1 r 1. _ J . 1 f J
KOI
>;LII
IU-"1
W-U
f. lit-
la qualité de comte de cette ville , (uivantlc parcage
de l’an 1 50 6. comme le prétend Dominicy : mais
nous ne trouvons pas ces termes dansl’aéfc de pa-
réage. Il y eft dit (eulcmcnt que 8 nonobftant cette
allocation , /’ évêque fera ce^jé baron ïi comte de ft J4t
S'I. o. _ i . .. :C 1 J * J C.'... .
g G* l.chrijl'
„,v li t» «•
'y.
publier la croifadc. Mais ce dernier hiftoricn ne Cahors , & qu’il le réferve le droit de faire battre
P Ga U. thrijf9
iiid. wjlr . f .
3 U
dit rien de l’alienation du comté de Cahors , 8c
toute la preuve de Dominicy (c réduit à une (impie
conjeâure.
Cet auteur fait mention d'une bulle c du
pape Urbain 11. dans laquelle il eft marqué que
Geraud évêque de Cahors , avoit donné à Ion cha¬
pitre la moitié du revenu de U monnoye ; or , con¬
clut-il , ce prélat n’avoit droit de battre monoye
qu’àcaufc que Raymond de S. Gilles avoit aliéné
en fa faveur la feigneurie de cetre ville. On peut
rétorquer cette autorité contre Dominicy \ car
monnoye. Ôr les évêques de Cahors pouvoitnt
avoir ce droit , & en jouir dc*s l’an 1090. comme
feigneurs en partie de la ville, (ans qu’il fut atta¬
che à leur qualité de comte , 8c fans que les comtes
de Touloule eu (lent encore aliéné ce comté en
leur faveur. Il paroît en effet que les comtes de
Touloufe jouidbient du domaine de Cahors en
1 1 5 9. h puilque le roi d’Angleterre afliega alors b^-l,rrIlU
cette ville lûr eux. Dominicy prétend que ce fut à ”*
caulè quelle étoit de leur mouvance ; mais ccd
ce qu’il auroit fallu prouver , 8c qui eft contredit
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NOTE Par k Pnr<^Sc#5 Vivant lequel le roi comme comte
X L 1 1 Q},crci > & focceflcur des comtes de Touloufo,
» 6 . €t'r,/. prétendoit que les cours , les murailles & les foflèz
"U.f.ii. je Cahors lui apparrenoienc. Or comme nous
n'avons aucun monument dans l’antiquité qui
prouve que les évêques de Cahors le (oient quali¬
fiez co rues de cette ville avant l’an i zi i. voici »
à ce qu’il nous parole , comme ils font parvenus à
cette dignité.
On ne (çauroit difeonvenir que le droit de bat¬
tre monnoic, dont ccs prélats jouiffoicnc en io^ok
ne (oit une preuve qu’ils étoient feigneurs de
Cahors , du moins en partie , à moins qu iis ne
tinflent ce droit indépendamment du domaine
de cette ville 5c de la libéralité des comtes
de Touloufo, comme les évêques d’Aufonnc ou
de Vie dans la Marche dEfpagne le tenoient b par
la donation des comtes de Barcelone ,& comme
les évêques de Gironne c avoient le tiers de la
monnoye de cette ville ; ce qui n’empêchoit pas
qu’il n’y eût des comtes de Gironne 5c d’Aufonnc,
qui poftèdoient le domaine immédiat de ces villes.
Guillaume IV. comte de Touloufo & de Qjerci,
qui a laillé divers monumenS de (â pieté , aura
donc donné avant io$o. aux évêques de Ca¬
hors le domaine de cette ville, ou du moins le
droit de faire battre monnoye, & fo fera réforve la
fuzcraincré, avec les tours, les murailles & les
follèz. Guillaume de Cardaillac évêque de Cahors
aura profité des troubles & de la guerre des Albi¬
geois pour s’ériger en comte de cette ville ; &c ne
voulant plus reconnoîtie Ravmond le Vieux pour
l’on lcigncuc , il fe fera adreffê en x 1 1 1 . à Simon
de Moiuforc compétiteur de ce prince , qui reçut
Ion hommage pour le comté de Cahors; en quoi
il fur favorite par le roi Philippe-A'iguftc, à qui
ce prdat fit un lemblable homtmge au moisd’Oc-
d qjB. ch.i/f. tobre de la même année a , â caiife du droit inccr-
iu.f.iji. tajn Siaioa (îir les domaines de Raymond le
Vieux alors excommunié «3c chafié de les états.
Enfin le roi S. Louisayant exempte nommément
l’évêque de Cahors de l’hommage que ce prélat
devoit à Raymond le Jeune comte de Touloufo,
par le traité c de paix qu’il fit en ixz8. avec ce
prince, les évêques de Cahors auront joui depuis
du domaine de cette ville fous l'autorité de nos
rois dont ils (e reconnoilloient feudataircs , juf-
qu'en 130^. que Philippe le Bel prétendant , en
qualité de fuccellcur de Raymond le Jeune, que
les tours, les murailles 5c les foilêz de Cahots lui
apparcenoient , fit avec Raymond III. évêque de
Cahors , le parcage dont on a déjà parlé , & par le¬
quel ce prélat fe réferva le titre de comte , dont
les fucceffours ont joui depuis. Venons préfente-
ment au comté de Rodez.
^ . - - - IV. Geoffroy prieur de Vigcois*, rapporte dans
uC.f, j’0^‘ Ca chronique écrire vers la fin du XII. iiécle , que
Ravmond de S. Gilles établir comte de Rodez,
Richard fils d’un autre Richard vicomte deCarlad,
moyennant une (omme qu’il reçut de lui pour (on
expédition de la Terrc-ùince. Raymandns filins
Pontn Toi fiant , pro argent o cnm cjuo fi rofolymum
abiit , Ruthems prafecit comitem Richardnm filtum
Richurdt vuecomids de Car lad. Nous avons donc
ici l’époque & les ci rcon fiances de l’aliénation que
firent les comtes de Touloufo , de la ville de Ro¬
dez , & d’une partie du Rouergue en faveur des
vicomtes de Carlad ; car c’eft (ans aucun fonde¬
ment que quelques modernes donnent le titre de
comtes de Rodez aux vicomtes deCarlad avant
Tome TI.
t Pr. t$. j.
f Gêfrùl V+
G U E D O C 617
cette aliénation. Ceux • qui les font auparavant - -
vicomtes de Rodez, ne (ont pas mieux fondez 5 n &
car ces (Ligueurs ne poftèdoient que la vicomté de g ^agt ijj.
Milhaud en Rouereue avant l’acquilition du comté *• 1 • /•
de Rodez. .
V. Quelque précis que (bit le témoignage de
Geoffroy de Vigcois, il y a lieu cependant de le
révoquer en douce, & il eft certain que cet auteur
manque très-(buvent d exactitude. On voit dans le
même endroit , qu’il donne pour pere à Richard I.
vicomte de Carlad, Raymond Tejle - tf Eflouppes
comte de Barcelone , ce qui eft ablolument faux.
De plus, Richard II. qui , félon lui , acquit le com¬
té ae Rodez de Raymond de S. Gilles , n’etoit pas
fils , comme il l’avance , de Richard I. mais fon pe¬
tit-fils. Enfin le même Richard I. ne fut jamais
vicomte de Carlad : mais cette vicomté entra dans
(â mai fon par le mariage de Bcrcnger fon fils ,
’pere de Richard II. avec Adele qui en étoit hé¬
ritière.
Voici ce qui peut faire révoquer en doute le
témoignage de cet auteur. Bonalh dans fon hiftoirc ii Mmalt. ts
manulcrite des comtes de Rodez , rapporte Pcx-
trait d'un teftament fans date , en ccs termes : Bre- &/t <jq.
ve qnodfectt trahere Hhiq cornes films Ricard* , de
tllo breve quoi jtiffit facere Pondus abbas , qtM'ido
drjfit honorent [nam tn'er ccclefi.ts Del cÿ parentes
vel amicos fiuos pro anima fna> pro anima gentto-
ns fini çÿ genin icis fiua, fÿ pro anima Raymunit co¬
mité fiemorcfilto Adalài s. Ce Raymond comte de
Rouereue ‘ , fils d'Adelad: , eft le même que Ray- ir • Ntumu
1.1 - , • a * • ». is. CrjtqtK
moud I. du nom , qui etoit en même tems m îrquis
dcGothie , 5c qui tefta vers Pan 961. ainfi le te-
ftament de l’abbé Pons eft environ du X. ficelé ,
comme il paroît d'ailleurs par les paroles luivantes
qui le terminent , rapportées par Bonal : Precor
amie 0 j me os Dfiiderio epificpo , Ramo-Hsgo (S Aie-
fref Ü aids fan nui nas mets t fient fnpertns ferip-
tnm eft , fie olfiervanda fit nfjue in diem judicti .
Fada dtvifione tfila m menfiè Novembri finb die fab-
bato. En effet Dt.her ^evtqne de Rodez. , croit con- k Nnt il.
temporain de Raymond I. comte de Roucrgue. lx'
A la fin du teftament de Pabbé Pons on lit ces
mots : Fuels fait tranf.tBione iflu-t fient fnpertns fierté
ptitm eft , in menfe Oftobrt finb die kal. v. luna v/*
antore tpfo Hugone comité qui h tac brevem juffu
fiert. Willelmns fcrtpfit tn anno tllo tn cju> R 1 car dns
cornes , CS films ejtts acqnifiernnt Rnthenenfem comi -
tatnm d' Amph os comité Tolofitno. 11 s’enfuit de ccs
dernicres paroles , contre le témoignage de Geof.
froy de Vigcois, que ce fut Alfonfc-Jourdain fils
de Raymond de S. Gilles , & non pas Raymond
de S. Gilles lui-même , qui aliéna le comté de
Rodez en faveur du vicomte Richard , 5c de fort
fils Hugues. U faut avouer cependant qu’il y a
encore delà difficulté; car Richard prend le titre
de comte dans un aéte ! de Pan 1103. & celui de
comte m de Rodez, dans un autre de Pan 1 1 1 z. or
Alfonfe Jourdain n croit pas encore comte de Tou-
loufe en 1 1 o 3 . «Sc lor(qu'il parvint â ce comté , en
1 r 1 x. à peine avoit-il neuf ans accomplis. Il faut
donc que Richard eut acquis ce comté de Ray¬
mond de S. Gilles.
VI. On pourroit concilier ces differentes auto-
ritez , en foppofant avec un moderne n , que Ray- " JW hiflt
mond de S. Gilles engagea (cillement à Richard ^7/** ** *s
le comté de Rodez, & que dans la fuite Alfonfe
fon fils, l’aliéna entièrement en faveur du même
Richard ,& d’Hugues fon fils. Cet auteur (ê trom¬
pe cependant fut deux articles au fujet de cet
K K K K ij
\M*t.*d**
Ho ) • n. 66.
m Pr.f. ) Ut
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630
NOTES SUR
"NOTE mon^ qu*aprè$ qu’il eut piisTortofe en 1 101. fe
X L 1 1 1. trompe donc i & il n’y a aucun fonds à faire fur Al-
1 . bert d’ Aix-la-Chapelle * quand il dit que Raymond
a ^4 v.
9.c. 34.
L’ H I S T O IRE
faitemenc à l’an 1105. fuivant notre manière de
compter.
XII. Enfin Mariana r prétend que Raymond fut
mourut deux ans apres avoir fonde ce château, tué d’un coup de Héche au lîege de Tripoli: mais lo.f.ij,"
puifqu’etant décédé le dernier Février de l’an 1105. on ne peut ajouter foi à cette circonftancc , non
il n’auroit commencé a le bâtir qu’en 1103. à moins plus qu a plulieurs autres fairs fabuleux avancez , •
que cela ne s’entende qu’il l’acheva entièrement tant par cet hiftorien que par quelques autres au-
cette dernicrc année. teurs Efpagnols •, qui font venir le comte Bertrand *&»*»•*£
Fhnry h, fl. X. Ordcric Vital , fuivi par M. l’abbé Fleuri b , en Aragon l’an 1 1 1 6. quatre ans après fa mort , üc!f+Z
t. 6 j. n. pr^tcn(j c qllc Raymond de b. Gilles étoit a Con- fe ligutr avec le roi Alfonfe , & lui taire hommage
<QrdtrVtud. ftantinoplc lorfque Guillaume duc d’Aquitaine & du comté de Touloule & de fes autres domaines.
&jcq. k comte de Nevers y arrivèrent en 1 1 o 1 . & que _ _ _
ceux-ci fe mirent avec leurs troupes fous la con-
duite de ce prince. Albert d’Aix-la-ChapcIlcd, au- NOTE X L I V.
I t. C. ix.tr , • « I 1 11
fai. lA.ér teur plus ancien & beaucoup plus croyable , rap- ? 1 ». t r . rr
** porte le contraire-, & U cft certain que Raymond & le lieu de lf ^aiffance dt
étoit alors déjà parti à la tête des Lombards & des Guillaume JC comte de P oitiers
Allcmans: ce qui fait voir que ce prince n’eut au- & duc d9 Aquitaine.
cune part à la défaite du duc d’Aquitaine, comme
iTitmryibid. le meme Ordcric l’cn accufe. M. l’abbé Fleuri e rap- TREflyS fuivipar leP.Labbc & par le P. Anee , fr
itc des £ J met l’époque de la naiflànce de ce duc à l’an 'lI'
«« i
porte d’un autre cote à l’an 1 101. la dcfait«
Lombards , & la mort d’Hugues le Grand -, mais il
cil certain que cet événement arriva en 1 1 o 1 .Guil-
hume duc d’Aquitaine fut défait * au plûtard au
mois d’Août de l’an 1101. ainli Guillaume de
poque ae ia namaiice ae ce auc a lan La.ta.pu
1099. Ces auteurs fe fondent fans doute fur l’au-
teur de la chronique de Maillefeisu qui rapporte u'K+nl.
lotis cette année U naiflànce de Guillaume X. en u ^ **
ces termes : Eo anno ( r 099.) . . . Wslldmo comiti f li '
nains ejl filins AjHivoct GuilLrmus vocatus/x fupra -
l a nn. 109
•77f*
g G»iU.MsL Malmelbury g fe trompe, en ne faifant partir de
mnk. m. «.3. prancc ÿ ce prince qu’au mois de Septembre de la dicla conjure. Habuit qu que qui ?que pliai , quorum
h ordcrvnéi même année. Enfin fuivant Ordcric®, Alfonfe fils unam dejjnmfavit vicecoratti Toarcenfi . Novijfimi
99 • de Raymond de S. Gilles, naquit à Conftantinople genuit apud Tolofam utennum videhcet Rajmun-
durant le (è)our qu’y fit ce prince depuis l’an 1 1 00. dumy qui poflea regnavit in Ântiochia.
i g mil. Tjr. jufqu’cn 1 101. mais Guillaume de Tyr * allure H s’enfuit de là, 1 que Raymond prince d’An-
i.Vi U,/’ policivement qu'Elvirc , femme de Raymond, de- tioche étant né certainement à Touloufc, durant
meura dans la Syrie pendant fou abfencc , & qu’elle le féjour que Guillaume IX. Ion pere & Philippe (à
accoucha d’ Alfonfe cnnoj. au château du Mont- mere firent dans cette ville, qu’ils avoient envahie
pclerin près de Tripoli : il eft vrai que Guillaume fur Raymond de S. Gilles & le comte Bertrandfon
de Tyr eft moins ancien qu’Ordcric Vital -, mais fils, fa naiflànce doit être placée au plûtard avant
fon témoignage doit l’emporter pour deux raifons: le mois d’O&ohre de l’an 1100. puifque Guillau-
k F *icc*rn. la première , parce que Fouchcr k de Chartres, té- me IX. qui aflifta alors * au concile de Poitiers,
i- *.«. 10 . moinocuhire,afliirc qucRaymond en allant àCon- & qui fe croifey la meme année à Limoges, avoit y a,, nju
ftantinoplc laillafe femme à Laodicét où il larejoi- abandonné Touloufe, où il avoit fejourné fans |W-
gnit : la fécondé cft tirée du furnom de Jourdain interruption au moins depuis le mois de Juillet de
\\»d.T»i.l. donné 1 à Alfonfe pour avoir été baptife dans ce * l’an 1098. Que Guillaume X. fils aîné de ce
fleuve -, or s’il fut né à Conftantinople, il auroit duc naquit par confèquent dans cette ville. 3 •. En-
été fans doute baptife dans cette ville: d’ailleurs fin que li Raymond prince d’Antioche (on frère
m amU.Méi - Guillaume m deMalmcfbury allure qu’il naquit un naquit audi en 1 099. comme l’auteur de la chro-
mttif.i. g[s ^ Raymond de S. Gilles pendant qu’il fàifoit nique de Maillcfais femble le faire
r- 7 ».
entendre, on
le fiege de Tripoli. Cet auteur fe trompe ccpcn- doit placer fe naiilànce à la fin de la même année
dant en donnant le nom de Guillaume à ce fils
de Raymond -, car il eft certain que c’eft d’ Alfonfe
Jourdain dont il a voulu parler.
de celle de Guillaume X. fon ainé au commence¬
ment.
X I. Raymond de S. Gilles mourut le dernier de
vi fuie. c*rn% Février de l’an 1105. fuivant le témoignage® de
LGmU.9Tyr . Foucher de Chartres & de Guillaume de Tyr , ôc
1. n. c. 1/ non pas du mois de Janvier , comme l’a avancé un
« ^*Hgehfi. moderne0 : s’il fal bit cependant s’en tenir au cal-
ÎTs"' U *' cul d’Albert-d’Aix-la Chapelle P , Raymond ne fe-
P M. ^ iq, , roic mort qu’en 1 106. car il marque l’époque de
n. ^ cj(4t^s jeux an$ ayr'es [a prjjè jc ptoUmàide
NOTE X L V.
Si le Languedoc a jamais été appelle
la Province de S. Gilles.
ü 0 T £
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. : t*
r* -
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1^
.<•> pf
‘A «II.
CAtcl at prétend qu’au XII. fiécle le Langue-
doc étoit appellé U province du S. Gilles:
ppellé la province de
par Baudouin J. roi de fcruf.ilcm , & depuis que Ray- il cite en preuve la chronique deSigebcrt, Godcfroi
mond eut confirait le château du Mont-pekr m :or de Viterbe, Fouchcr de Chartres , Albcrt-d'Aix-la-
la ptife de Ptolcmaïdc tombe au mois de Mai de Chapelle , & le roman du Charroi de Nifmes ; cc
l’an 1 104. & on a déjà vu que la fbrtcrdlc du qui feroit remonter cette dénomination jufques
Mont-pelcrin étoit conftruitc dès l’an 1103. Cet dans le XI. Examinons en particulier le témoi-
auteur s’eft donc trompé*, nous n’avons en effet gnage de chacun de ces auteurs,
aucun monument qui prouve que Raymond de i°. La chronique deSigcbert ne dit rien de cc
S. Gilles ait vécu après le mois de Février de l’an que Catcl lui fait dire : un des continuateurs de ce
1 1 05. & on ne fçauroit adapter à l’année 1 1 o G. chronographc rapporte feulement les paroles fui-
\Pr.p. H6. en la commençant à Pâques , le teftament * de vantes fous l’an 1 1 1 8. GeUfius papa per GatluU
ce prince, daté du mardi dernier de janvier de ly an vemt , (3 per Burgundiam Uothum , fia provm-
iicy . mdiÜion xiu. notes qui conviennent par- ciaS.^Egidn dicsiur , agit fjnodales caujus. Cet
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DE LANGUEDOC 63 *
NOTE
b Drhtr.
U.O»*»
C Vâlef' M.
/. 4«*«
+ao.
endroit cft attribué par M. de Valois * à Anlclme
abbé de Gemblours au dioccfc de Namur , qui a
, **• continue la chronique de Sigebert jufqu a l’an
o~u r iX$9 1 1 $ 5. Quelques-uns paroiflent l’attribuer à Robert
abbé du Mont S. Michel, autre continuateur de
cette chronique : mais on ne le trouve pas dans
l’édition bque le P.Dacheri a donnée des ouvrages
de cer abbé. Quoi qu’il en foie , il paroîtdu moins
par- là que ce témoignage cft poftcricur à Sigebert
décédé en 1 1 H. & bien loin que ce dernier ait
donné à la Gothie le nom de province de Saint
Gilles , M. de Valois c en rapporte un endroit qui
fait voir qu’il comprend le territoire de S. Gilles
dans la Provence prit* en general.
2°. On ne fç.iuroir faire aucun nfage de l’auto¬
rité de Godefroi de Viterbe , pour prouver que de
Ion tems le L anguedoc étoit appelle lu province de
S.CitlLs. Cet hiftorien qui vivoir à la fin du XII.
fiée le , fait entendre au contraire dans l’endroit ciré
icutinmt. par Catel 4 que la ville de S. Gilles croie dans la
A drïonnoife.
3°. On lit à la vérité ces mots dans l’hiftoirede
e tufi. De* J^riifalem de Foucher de Chartres, de 1 édition e
*r F -/*4 * de Bongars: anno / top.* . . . venit Bertramnus
Ru y mtindi contins filr us , de prov.net a qn&.dicitnr
S.<ts£gidii) admit t is Jî'n JanuenfibtUy&c. mais il va
tout autrement dans l’édition plus correcte que Du
Cliefnc a donnée de cet hiftorien. Anno M C/X.
cil- il die dans cette édition, Rertrammt* Raymandi
r omit t6 vent Tnpoktn adhibitis Janticnfibis ,
i$c. 8c il n’y cft point parlé de la province de
S. Gilles.
4°.CateI fait dire à Albert d'Aix-la-Chapelle ,
dont il ne cite pas Tendroir, que Bertrand comte
de Touloufe , étoit parti de U province de S. Gilles
>our aller à la Tcrrc-faintc. On ne lit rien de (em-
>lablcdans cet ancien hiftorien: il marque î (èu-
ement qne Bertrand ayant raflcmblé un grand
corps de troupes , s’embarqua dans le lieu ou ville
de S. Gilles: jXavtoto a IccoiS orbe StÆudiicortf-
tik.i,(.ç.ss. fi, j # Cet auteur parlant dans un autre s endroit
du ne Hôte de Mamans & de Frifons qui abordè¬
rent à S. Gilles, s’exprime en ces termes : Provin-
Ci alu:-, s , ni terra S. tÆndn de p'itcjlute cotnitù
Ra\rnundi , ajfociutù , (Se. Cet endroit loin de
prouver que le Languedoc étoit alors appelle la
fuovince de S. Gilles , fait voir au contraire que
es habitant de S. Gilles croient compris fous le
nom general de Provençaux > parce qu’en effet on
donnoit alors ce nom aux peuples des provinces
méridionales de la France; c’eft ce qu’on peut con-
24. firmer par les paroles fui vantes du meme auteur h :
A onium vero RuymunJws prafatns cornes de terra
S.iÆ.oidu <jti£ dicitnr Provincia> vires (S opem
conmlcraty (Se. En eftet Albert donne le nom de
Provence à tous les domaines de Raymond de
S. Gilles, comme il parole parce texte : Erat 1 (S
aha tut ns m jt<a ayijl.ua ex Provint i a décorait ut tt
Raymundi .... rejifiebant , C yc.
5*. Cntel rapporte les vers fui va ns du roman
intitule le Charroi de Nifmes:
f M. Uj
U 11. i. J.
ltiVie.c.47,
V.ydle/..9,4,
Cette cite dont je vous chante As/mes ,
Ejl en la terre de ALonfeiancur S . Gilles.
Tout ce qu’on peut inférer de ce s paroles , c’eft que
la ville de Nifmes étoit ficuée dans le territoire de
S. Gilles, & non pas que le Languedoc ait été
appelle la province de S.Gilles : d’ailleurs ce roman¬
cier paroit fort poftcricur au XII. fiéele, & il ctoit
étranger , puifqu’il a écrit en François.
6°. Enfin Catcl Ce fert du témoignage d’Othon ^OTB
de kFrilIingue , qui donne le nom de métropole XL V.
à la ville de S. Gilles. Le P. le Coince1 qui rap-
porte le partage d’Ochon prétend que cet hiftorien i u c$mt.
donne à la ville de S. Gilles le nom de métropole,
non pas quelle aie jamais été la capitale de tout le
pays, mais parce qu’on donnoit alors à laSeptimanie
ou Gothie, le nom de province de S.Gilles -, ainfi ce
fameux critique adopte le (entimenc de Catel,
quoiqu’il convienne que Foucher de Chartres, &
Robert abbé du Mont S. Michel > ne difenc rien
qui puirtc le fâvorifèr.
Cet* auteur fondé fur l’autorité du roman du
Charroi de Nifmes, qu’on a déjà expliqué , dit que
le Languedoc a commencé d ecce appellé la pro¬
vince de S. Gilles , lorfque les comtes de Touloufe
S dirent le titre de comtes de S.Gilles ; il ajoute que
es hiftoriens de la guerre feinte ont defigné tous les
ctats de Raymond IV. par le nom de terre de Saint
Gilles y parce qu’ils ont qualifié ce prince comte
de S. Gilles*, d’où il conclut que la terre de Saint
Gilles eft la meme que la Narbonnoife ou Sepri*
manie : il convient cependant que ces auteurs ont
donné auftï le titre de comte Provincial ou Provençal
à Raymond; mais il prétend que par-là ils ont
voulu lignifier la meme choie que s’ils l’curtent
appelle comte de S. Gilles ou de la Narbonnoife,
quoique,ajoûtc-t-il,cc prince ait poflede une partie
de la Provence , 8c Ce foit qualifié comte (S mar¬
quis de Provence ; en forte que fui vaut ce fiftême
le titre de comte de S. Gilles aura été le même
que celui de comte de Touloufe & de duc de Nar«*
bonne : il tache de s’appuier fur quelques anciens
dont il rapporte les partages, Icfqucls prouvent bien
que du teins de ces auteurs le territoire de S. Gilles
ctoit compris dans la Provence prifeen general \
mais non pas qu’en donnant à Raymond le titre de
comte Provincial , ils nvent reftraint la lignification
de ce terme à la feule Narbonnoife 1. ou Septi-
manie, 8c que cette province air été appellée la
terre oh la province de S. Gilles. Il ne relie donc
d’autre autorité au P. Ic Coinrc que celle d’Orhon *
de Friflingue & le nom de co?nte de S. Gilles donné
i Raymond : mais i°. ce nom ne prouve nulle¬
ment que la Scptimanie fut comprife fous cette
dénomination , 5c c’eft une pure (uppofition. 2 Le
témoignage d’Othon de Friflingue 8c celui d’Anfci-
mede Gcmb!ours,ou de tout aune continuateur de
la chronique de Sigebert, ne fonrd’auciin poids;
8c ces deux auteurs étrangers doivent ccdcr fans
doute à tous les monumens du pays, dans lefqucls
on ne trouve rien qui ptiirte fàvorifcr l’opinion de
Catel, 8c à tous les hiftoriens contemporains de
Raymond de S. Gilles, entr’autres à fon propre m “ ft7?* f*
chapelain, qui comprennent la Gothie ou Scptima- njbl.f. i44«
nie dans la Provence prifê en general.
Au refte nous convenons que ceft le même
Raymond, qui le premier aura donné occafïon de
croire que la ville de S. Gilles étoit la capitale de
Ces ctats, 8c quelle donnoit fon nom à toute la
province. Il cft certain en effet que ce prince, qui
n’eut n d’abord pour fon partage de l’hercdité pa- °r- n^tvri
ternelle que le domaine ou comté de S. Gilles, *’ 4*’ &l'
qu’il pofleda • conjointement avec Almodis de la • *r-r sP
Marche Ci mere, ne prit très-fôuventP, lorfqu’il &?y^,
eut hérité dans la fuite du marquifat de Provence, &*•
de celui de Gothie ou duché de Narbonne , &
du comté de Touloufe , que le fîmple titre de
Raymond de S. Gilles ou de comte de S. Gilles ; ce
qu’il fit foit par dévotion envers ce fâint, foit par
630
NOTES SUR L’HISTOIRE
NOTE
x lui.
NOTE mond qu’après qu’il eut prisTortofe en 1 101. fe faitement à l’an 1 105. fuivant notre manière de
X L I II. trompe donc \ & il n’y a aucun fonds à faire fur Al- compter.
a sA o. Ag. 1. bert d’Aix-la-Chapelle * quand il dit que Raymond XII. Enfin Mariana r prétend que Raymond fut f i
v. c. 34. mourut deux ans après avoir fondé ce château , tué d’un coup de Héche au fiege de Tripoli: mais io.ï. u. *
puifqu’crant décédé le dernier Février de l’an 1105. on ne peut ajouter foi à cette circonftance , non
il nauroit commencé â le bâtir qu’en 1103. à moins plus qu’à plulieurs autres faits fabuleux avancez > •
que cela ne s’entende qu’il l’acheva entièrement tant par cet hiftorien que par quelques autres au-
cette derniere année. teurs Efpagnols f, qui font venir le comte Bertrand *
rien^hifi. X. Ordcric Vital , fuivi par M. l’abbé Fleuri b , en Aragon l’an 1 1 1 6 . quatre ans après fa mort ,
*di. .6S, «. pr(jten(j c qllc Raymond de S. Gilles étoit à Con- fe liguer avec le roi Alfonfe , & lui faire hommage
An# h fi itê.
5io.
Mék,
Ordtr vitd. {lantinoplc lorfquc Guillaume duc d’Aquitaine & du comté de Touloufe & de fes autres domaines.
î.790? &jVq. k comte de Ncvers y arrivèrent en t 1 o 1 . & que ___ _ _
ceux-ci (è mirent avec leurs troupes fous la con-
d ^4ib. ^ duite de ce prince .Albert d’Aix-la-Chaptlled,au- NOTE X L I V.
34.^ tcur pins ancien & beaucoup plus croyable , rap- _ . .. >/r .
** porte le contraire-, & il eft certain que Raymond Sur ? 'tf* & U lieu de lf de
étoit alors déjà parti à la tête des Lombards &dcs Guillaume JC • comte de Poitiers
Allcmans; ce qui fait voir que ce prince n’eut au- & duc d* Aquitaine.
cune part à la défaite du duc d’Aquitaine , comme
c Fleury nid, le même Ordcric l’en accufe. M. l’abbé Fleuri c rap- T) EflyS fuivi par leP.Labbe & par le P. An^e ,
porte d’un autre côté à l’an 1 101. la défaite des LJ met l’époque de la naiflànce de ce duc à l'an
Lombards , & la mort d’Hugues le Grand j mais il 105)9. tes auteurs fe fondent fans doute (ur Tau- 4U-
eft certain que cet événement arriva en 1 lot.Guil- tcur de la chronique de Maillcfais u qui rapporte /
laume duc d’Aquitaine fut défait ^ au plûtard au fous cette année la naillàncede Guillaume X. en
mois d’Aout de l’an 1 toi. ainfi Guillaume de ces termes: Eo anno ( 1099.) . . . Willdmo comtu J
%Gu,u.\ia* Malmcfbury s fe trompe, en ne faifant partir de natw ejl filins aquivocc GuilLrmns vocatw,cx [upra-
mnb.i. prancej ce prince qu’au mois de Septembredela dtcla conjuye.Habuit qu que qui ;que fihas ,quarum
hordcrvitéi même année. Enfin fuivant Ordcric*1, Alfonfe fils unam dejponfavit vteecomin Toarcenfi. Novijfimè
*d*nn. 10)9. de Raymond de S. Gilles , naquit à Conftancinople gémit apud Tolofam utennum videlicet Raymun-
? 9 durant le léjour qu’y fit ce prince depuis l’an 1 1 00. dnm> qui pojiea regnavtt in dntiochia.
« GmiU. Tjr. ju (qu’en 1 toi. mais Guillaume de Tyr * allure Il s’enfuit de là, i°. que Raymond prince d’An-
U,/ pofitivemenr qu’Elvire , femme de Raymond, de- tioche étant né certainement à Touloufe, durant
meura dans la Syrie pendant fon abfence , & qu’elle le féjour que Guillaume IX. fon pere & Philippe fa
accoucha d’Alfonfe en 1 103. au château du Mont- mere firent dans cette ville, qu’ils avoient envahie
pclerin piès de Tripoli : il eft vrai que Guillaume lur Raymond de S. Gilles &le comte Bertrand fon
de Tyr eft moins ancien qu’Orderic Vital-, mais fils, fa naiflànce doit être placée au plûtard avant
fon témoignage doit l’emporter pour deux raifons: le mois d’Oélohre de l’an 1 100. puifque Guillau-
k Tuic c*rn% la première , parce que Fouchcr k de Chartres, té- me IX. qui aflifta alors x au concile de Poitiers,
i.vs. 40. moin oculaire,afliirc qucRaymond en allant àCon- & qui fc croifa y la même année à Limoges , avoit 9 /<>.
(lantinoplc laillàfà femme à Laodicccoù il larejoi- abandonné Touloufe, où il avoit (éjourné fans
gnit : la féconde eft tirée du furnom de Jourdain interruption au moins depuis le mois de Juillet de
n&l.T&l. donné 1 à Alfonfe pour avoir été baptife dans ce * l’an 1098. i°. Que Guillaume X. fils aîné de ce
fleuve -, or s’il fût né à Conftantinople , il auroit duc naquit par conlèquenc dans cette ville. 3 •. En-
été fans doute baptife dans cette ville: d’ailleurs fin que li Raymond prince d’Antioche fon frere
amU.HéU Guillaume m deMalmclbury allure qu’il naquit un naquit aulli en 1 099. comme l’auteur de la chro-
*zv g|s ^ Raymond de S. Gilles pendant qu’il faifoit nique de Maillcfais femble le faire entendre, on
le fiege de Tripoli. Cet auteur fe trompe ccpcn- doit placer fi naillince à la fin de la même année,
dant en donnant le nom de Guillaume à ce fils
de Raymond -, car il eft certain que c’cft d’Alfonfe
Jourdain dont il a voulu parler.
X I. Raymond de S. Gilles mourut le dernier de
* TmU. Cém . Février de l’an 1 1 o 5 . fui vant le témoignage n de
LlGmU.9Tjr . Foucher de Chartres & de Guillaume de Tyr , &
/. ». c. 1. non pas du mois de Janvier , comme l’a avancé un
o lAngehifl. moderne 0 : s’il falloir cependant s’en tenir au cal-
** p' cul d’Albert-d’Aix-la Chapelle P > Raymond ne fe-
p rojt mort qu’en 1106. car il marque l’époque de
• p.<. 34. ^ décès deux ans après la prijè de Ptolemdide
u.iii
Md.
m
mttb
& celle de Guillaume X. fon aîné au commence¬
ment.
NOTE X L V.
Si le Languedoc a jamais été appelle
la Province de S. Gilles.
CAtcl « prétend qu’au XII. fiécle le Langue-
doc étoit appellé la province de S . Gilles :
par Baudouin /. rot de jeruf.dem , (S depuis que Ray- il cite en preuve la chronique dcSigebcrt, Godcfroi
tnond eut conjiruit le château du Mout-peUr in .-or de Vitcrbe, Foucher de Chartres , Albert-d'Aix-la-
la prife de Ptolcmaïde tombe au mois de Mai de Chapelle , & le roman du Charroi de Nifmes ; ce
Lan 1104. & on a déjà vu que la forterelle du qui ferait remonter cette dénomination jufqucs
Mont-pelerin étoit conftruitc dès l’an 1103. Cet dans le XI. Examinons en particulier le temoi-
auteur s’eft donc trompé > nous n’avons en effet gnage de chacun de ces auteurs,
aucun monument qui prouve que Raymond de i°. La chronique dcSigebert ne dit rien de ce
S. Gilles ait vécu après le mois de Février de l’an que Catcl lui fait dire : un des continuateurs de ce
1 1 05. & on ne lçauroit adapter à l’année 1 106. chronographe rapporte feulement les paroles fui-
SPr.p. en \a commençant à Pâques , le teftament * de vantes fous l’an 1 1 18. Ge/afius papa per Gallioi
ce prince, daté du mardi dernier de Janvier de T an vemt , per Burgundsam ( Jothiam , que provin -
tiof. indiiïionxm. notes qui conviennent par- çiaS.zÆgidii diasur , agit fj nodules caufas. Cet
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endroit cft attribué par M. de Valois a à Anfelme
abbé de Gemblours au diocéfedeNamur, qui a
continué la chronique de Sigebert jufqu’d l’an
6°. Enfin Catel Ce fert du témoignage d’Othon n O T B
de kFriflinguc , qui donne le nom de métropole XL V.
à la ville de S. Gilles. Le P. le Coince* qui rap- koiM.^Fnf.
x i j 5 . Quelques-uns paroiflènt l'attribuer à Robert porte le partage d’Othon prétend que cet hiftorien i £ o„, r. U
abbé du Mont S. Michel, autre continuateur de donne à la ville de S. Gilles le nom de métropole,
cette chronique : mais on ne le trouve pas dans non pas quelle ait jamais été la capitale de tout le
l’édition b que le P. Dachcri a donnée des ouvrages pays, mais parce qu’on donnoiralorsà laSeptimanie
de cer abbé. Quoi qu'il en (oit , il paroît du moins ou Gothic, le nom de province de S.Gi lies i ainfi ce
par-là que ce témoignage cft poftericur à Sigebert fameux critique adopte le fentiment de Catel ,
décédé en 1 1 H. éc bien loin que ce dernier ait quoiqu’il convienne que Fouchcrdc Chartrcs,&
donné à la Gothic le nom de province de Saint Robert abbé du Mont S. Michel , ne difent rien
Gilles , M. «le Valois c en rapporte un endroit qui qui puillè le favori 1er.
fait voir qu’il comprend le territoire de S. Gilles Cet* auteur fondé fur l’autorité du roman du
dans la Provence prit* en general. Charroi de Nilmes, qu’on a déjà expliqué, dit que
i °. On ne Içauroir faire aucun ufege de l’auto- le Languedoc a commencé dette appellé ta pro -
rite de Godefroi de Vircrbe , pour prouver que de vittee de S. Gilles , lorfque les comtes de Touloufe
fon tems le Languedoc croit appelle la province de prirent le titre de comtes de S. Gilles ; il ajoute que
S.Gi/lcf. Cet hiftorien qui vivoit à la fin du XII. leshiftoriens de la guerre feinte ont dcrtgné tous les
fiécle , fut entendre au contraire dans l’endroit ciré ctars de Raymond IV. par le nom de terre de Saisit
iCàitlnmt. par Catel d que la ville de S. Gilles étoi t dans la Gilles y parce qu'ils ont qualifié ce prince comte
M Marlonnotfe. c - 1 . J
(, pichtr-
U . Ci»»**
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de S. Gilles; d’oii il conclut que la terre de Saint
Gilles cft la meme que la Nnrbonnoifè ou Scpri-
nianic : il convient cependant que ces auteurs ont
donné auffi le titre de comte Provincial oh Provençal
à Raymond ; mais il prétend que par-là ils ont
r w m.
L ii. c. j.
$v. On lit à la vérité ces mots dans Fhiftoirede
t (’fjf- Dei Jerufelem de Foucher de Chartres, de l'édition c
rf * Je Bongars : anno trop . vend Ber transmis
Raymandi connus filins , de provincia dic/titr
S.tÆ&tdih adhtbttts fi:n fanuenfibus>&c. n\a\s i\ va voulu lignifier la meme choie que s’ils l’curtenÉ
tout autrement dans l’édition plus corrcélc que Du appelle comte de S. Gilles ou de la Narbonnoife ,
Chefhe a donnée de cet hiftorien. Anno M C/X. quoique, ajoûtc-t-il, ce prince ait portède une partie
eft-il dit dans cette édition, Bertrammts Rajmumü de la Provence , 8c Ce foit qualifié comte (S mar~
tomitis fi' uu vemt Tnpohm adbtbuis Januenfibas , ejuis de Provence ; en forte que ftlivant ce fiftême
($c. 8c il n’y cft point parlé de la province de le titre de comte de S. Gilles aura etc le meme
S. Gilles. que celui de comte de Touloufe 8c de duc de Nar*
4°. Catel fait dire à Albert d’Aix-la-Chapelle , bonne: il tache des’appuier fur quelques anciens
dont il ne cite pas l’endroit , que Bertrand comte dont il rapporte les partages, lcfquels prouvent bien
de Touloufe , droit parti de la province de S. Gilles que du tems de ces auteurs le territoire de S. Gilles
jour aller à la Tcrrc-laintc. On ne lit rien de fem- ctoit compris dans la Provence prife en general ;
)lublc dans cet ancien hiftorien : il marque * (eu- mais non pas qu’en donnant à Raymond le titre de
ement que Bertrand ayant rartcmblé un grand comte Provincial, ils nyene rcftrainr la lignification
corps de troupes , s’embarqua dans le lieu ou ville de ce terme à la feule Narbonnoilê I. ou Septi-
de S. Gilles: Aavtoio à loco (S nrbe S.tÆnetiic*rtfi manie, & que cette province ait été appellce U
f/LU*.;;. J}is y Cet auteur parlant dans un autre g endroit terre oh la province de S. Gilles. II ne relie donc
d’une fore de Mamans & de Frifons qui abordé- d’autre autorité au P. le Cointc que celle d’Othon
renr à S. Gilles , s’exprime en ces termes : Provin - de Frillingue 8c le nom de co?nte de S. Gilles donné
ci air-vu , tn terra S. tÆfidii de poteflute connus à Raymond : mais i °. ce nom ne prouve nulle-
Ravmundi , affoctans , (Sc. Cet endroit loin de ment que la Scptimanie fut comprife fous cette
prouver que le Languedoc étoit alors appelle la dénomination, 8c c’cft une pure fuppofition. i°. Le
frovince de S. Gilles, fait voir ail contraire que témoignage d’Ochon de Friflinguc 8c celui d’Anfel-
•s habitant de S. Gilles croient compris bus le me de Gemblours, ou de tout autre continuateur de
nom general de Provençaux, parce quen effet on la chronique de Sigebert, ne font d’aucun poids;
donnoic alors ce nom aux peuples des provinces 8c ces deux auteurs etrangers doivent ceder fans
méridionales de la France; c’cft ce qu’on peut con- doute à tous les monumens du pays, dans lefquels
Wu.».r. 24. firmer par les paroles luivances du même auteur h : on ne trouve rien qui ptii/Tc favorifer l’opinion de
Non dam vers Raymundas préfat us cornes de terra
S. tÆvidu cjtié dic/tur Provincia , vires 8$ opem
contnlcrat , i$c. En effet Albert donne le nom de
Provence à tous les domaines de Raymond de
S. Gilles , comme il paroît parce texte : Erat 1 (3
alia t ut rts tn fiia a v fi.- ta ex Provincia de coraïtatn
Rajmundi .... refi/lebant , &c.
5*. Catel rapporte les vers fuivans du roman
intitulé le Charroi de Nilmes:
îo.r.47.
Cette cite dont je vous chante Ai/mes ,
F fi en la terre de Monfeigncur S. Gilles .
S. Gilles, 8c non pas que le Languedoc ait été
appelle la province de S.GtHes : d’ailleurs ce roman¬
cier parole fort poftericur au XII. fieele, & il étoit
étranger , puilqu’il a écrit en François.
Catel , 8c à tous les hiltoricns contemporains de
Raymond de S. Gilles, entr’autres à Con propre m "* V'”- fé
chapelain, qui comprennent la Gorhie ou beptima- rojn.f . 144.
nie dans la Provence prife en general.
A11 relie nous convenons que c’cft le meme
Raymond, qui le premier aura donné occafion de
croire que la ville de S. Gillesétoit la capitale de
fes états, 8c quelle donnoic fon nom à toute la
province. Il cil certain en effet que ce piince, qui
n’eut n d’abord pour fon partage de l’heredicé pa-
eile que le domaine ou comté de S. Gilles,
o r. liv.xiri
terneife que le domaine ou comté de b. Gilles, ”* A*‘&('
qu’il poffeda # conjointement avec Almodis de la » ^ si*
Tout ce qu’on peut inférer de ccs paroles, c’cft que Marche là merc , ne prit très-fou vent F , lorlqu’il &Yv%. i<o^
la vilf de Nilmes ctoit lituce dans le territoire de eut hérité dans la fuite du marquilac de Provence, 3*j. &<■
de celui de Gothic ou duché de Narbonne , &
du comté de Touloufe , que le fimplc titre de
Raymond de S. Gilles ou de comte de S. Gilles ; ce
qu’il fit foit par dévotion envers ce feint, foit par
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NOTE
XL V.
NOTE
XLVI.
. "U.
*i Ival.lx
»■
«3» NOTES SUR L’HISTOIRE
affection pour (on premier patrimoine. On doit Diagoc& Ferreras b rapportent à l’an 1097. parce
ajouter que la plupart des anciens hiftoriens de la que cette année Raymond* Berenger atteignit l’âge A
première croilade * dans laquelle il acquit une fi de majorité. Mariana a diffère cette prife jufou’à
'grande réputation, ne l’ont défigné que fous ce l’an 1101. & il cft certain qu’on doit la différer itDt^u
titre , & que les comtes de Touloufc fes fucccflcurs encore de pluficurs années -, en voici les taifons. «.
fe font contentez quelquefois â fon exemple , de fe i°. Il n’eft point marqué dans l’enquête, que
qualifier comtes de S. Quelques auteurs porté- Raymond- Berenger III. ait pris Carcaflbnne^- 4
rieurs & étrangers auront crû lur ce fondement , fit apres qu’il eut reçu l’ordre de chevalerie, ou I0,‘‘7*
par une erreur qui leur ert nardonablc, que la ville qu’il fut majeur : rien ne nous oblige donc a rap-
ac S. Gilles étoit la capitale de tous les domaines porter cet événement à l’an 1097.
de ces comtes, ôc qu’on donnoit a ces domaines Il n’eft nullement vraifemblable que Ray-
lc titre de Province de S. Gilles . mond-Bcrcnger III. fe foie mis à l’âge de quatorze
Quant au titre de comte £ Arles* on n’a aucune à quinze ans à la tète d’une armée , & fc foit
preuve que Raymond de S. Gilles l’ait jamais pris , expofé aux fatigues d’un fiege. La prife de Car-
quoique le P. le Coince ait avancé le contraire , mais cartonne par ce prince ert donc polterieurc à l’an
feulement celui de comte , ou de marquis de Pro- 1097.
vencc, pays qui lui appartenoit par droit heredi- }°. Cet événement doit être anterieur à l’an *
taire , ôc non en partie par ufurpation, comme le 1 108. puifqu il ert marqué que la guerre sjue le
meme auteur le (uppofc. Lors donc que les hifto- comte de Barcelone eut à [oûtemr contre les Sar«Jins
riens de la guerre laintc ont qualifié Raymond , l’empêcha de reprendre Carcaflbnne : or cette
comte de Provence , ou comte Provençal , ils ont guerre n’eft pas differente de l’irruption que firent
voulu parler de la Provence propre dont il étoit ces infidellcs en Efpagne & en Catalogne en 1 1 07.
le maître , & non pas de la Septimanic , qui cepcn- ôc 1108. dont il eft parlé dans les auteurs c du
dant fut comprit en ce liécle fous le nom de Pro- tems , & qui engagea le comte de Barcelone à de- 27.
vence prife en general , ôc fes peuples fous celui mander du fccours au rôi Louis le Gros pour fc ^1-
de Provençaux, ainrt qu’on l’a montré ailleurs.
NOTE XLVI.
foûtenir. Nous concluons de tout ce que nous vc- f. 477
nons de dire que Raymond-Berenget III. prit Car- 'W'tfy
cartonne fur Bernard- Aton vers l’an 1107. que ce u/iTi?
vicomte la reprit la même année, on du moins la
fuivante , avec le fccours de Bertrand comte de
r»*. 1 j a . r f f* /r* iutvauic, avec ic ici oui* uc du crâna comte ac
Epoque de U prife de Carcajfonne par Touloufc, qui partit en 1 io9.pourlaTerre-fiintej
Raymond B erenqer III. comte de Bar- - * * - • * -
celone , fur le vicomte Bernard- A ton ;
de la
&
dernier.
reprife de cette ville par le
1
& qu’enfin le comte de Barcelone ne fc mit en
état de foûmettrc de nouveau cette ville qu’en
1 1 1 x. & qu’il s’accorda alors fur ce fùjet avec
le vicomte Bernard- Aron. Mariana f Ôc quelques
autres auteurs Efpagnols qui ignoroient la date de
ALfonfc roi d’Aragon Ôc comte de Barcelone, ect accord , fe font donc trompez en avançant que 14.
fit faire une enquête en Catalogne vers l'an le vicomte Bcrnard-Aton s’adreflà en 1115. au
t 170. touchant les droits qu’il avoir au comté de comte de Touloufc pour l’aider a reprendre Car-
Pr.f.iu Carcaflbnne.il eft marqué dans cet aélca« que Ray- cartonne furie comte de Barcelone.
I.
* mond-Bcrenger III. comte de Barcelone fon aycul
* ayant été promu a la chevalerie , demanda ail vi-
» comte Bernard- Aton la reftitution de Carcaflon-
ne, dont ce vicomte s’etoit emparé fur lui pendant
NOTE XLVII.
Aton , cft-il dit dans ce monument, eut alors re-
•* cours au comte de Touloufc*, & lui ayant fait
“ hommage de la villc& du comté de Carcaflbnne,
» il obtint fon fccours avec lequel il reprit cette
â ville * ce que le comte de Barcelone , occupe' à la
I.
y**.
V» . •VN/XIWV J Vllil/ail. IUI WVIIUUIK p J J r . f a
" là minorité; & que (ur fon refus il alla alfieger P0(fue de départ de Bertrand comte de
■ cette ville qui fe fournit volontaitement. Bernard 1" ouloufe pour la T erre jainte , de la
prife de Tripoli , & de Jes autre s expé¬
ditions jufqu'a fa mort.
IL cft certain qu’on doit rapporter i la même
année le départ de Bertrand pour la Tcrre-
- guerre contre les Sarajins, ne put empêcher. Ber- faintc, la mort de Guillaume- Jourdain comte de
- nard-Aton fit ferment aux habitans de ne leur Cerdagne , 8c la prife de Tripoli en Syrie par les
- faire aucun mal : mais Roger fon fils aîné fans Chrétiens : ainfi dès que l’on aura l’époque de l’un
- aucun égard pour cette promefle folemnelle , en de ces évenemens , on aura celle des autres ; car
- fit mutiler un grand nombre qu’il chafTa de Car- c’eft fans aucun fondement qu’un génealogifte I t-*P V'
- caffonne ; ce qui irrita tellement le comte de moderne les met fous differentes années, & qu’il tîu'l'h
-Barcclonne, que ce prince ayant rafTemblé tou- place le départ de Bertrand au mois de Mars de
- tes fes forces , déclara- la guerre au vicomte , l'an 1 1 08. & la prife de Tripoli au mois de Juin
- avec lequel cependant il pafla un accord par l’en- de l’année fuivante.
- Vemifc de leurs amis communs , &c. Du Cange *» affore que Guillaume- Jourdain
11. Tel cft le récit de cesdivcrs évenemens dont comte de Cerdagne mourut en no8. il cite le
on ne marque pas l’époque : nous apprenons d’ail- témoignage d’Albert d’Aix-la-Chapelle , de Fou-
17*. & leurs celle de l’accord b, qui eft daté du mois de cher de Chartres , de l’hiftoire de Jerufalem, & de
Juin de l’an un. ainfi la guerre que le comte Guillaume de Tyr. Bertrand comte de Touloufe,
de Barcelone déclara au vicomte Aton & qui pré- fera parti par conféquent la même année pour la
céda immédiatement, doit appartenir à la même Terre-fainte : mais il s’en faut bien que ces auteurs
année. Quant a l’époque de la prife de Carcaflbnne conviennent de cette époque.
par le même comte . après qu’il eut reçu l’ordre r •. Albert d’Aix- la-Chapelle « ne marque pas . ,(t .
de chevalerie ou qu ü fut parvenu a la majorité, l’année de la mort de Guillaume-Jourdain : il dit ». u ,. !..
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DE LANGUEDOC. 533
feulement qu’elle arriva peu de jours après la prife Chartres (uivi par l'anonyme 8 quia écrit l’hifloirc N 0 T g
de Tripoli: il dit ailleurs • que Bertrand corare de de Jerufalem , allure que la ville de Berythe fut ar- XL VII.
Touloulè , croit parti de France au commencement raquée au mois de Février de l’an 1 1 1 o. & qu clic n °f'; Dti
de Mars , pendant le carême. fc rendit le 17.de Mai fuivant, après 75. jours de éo Il "*
x9. Foucher bde Chartres, auteur con tempo- fiege. L’autorité de Toucher nous paroi t mériter la
rain , marque expreffement (bus l'an 1 1 09. le dé- prefcrence > tant a caufe qu’il croit contemporain
part de Bertrand pour la Tcrrc-(âintc, la mort de & fur les lieux , que parce que fon époque con-
Guillaume-Jourdain & la prife de Tripoli: mais vient beaucoup mieux avec lu fuite des expéditions
ce qui ne faille aucun doute touchant l’époque de de Bertrand dans fa Terre-fâinte.
ccs trois évenemens, c’dl qu’il monte qu’ils arri- IV. L époque précité de la mort de ce comte eft
clairement marquée dans la fuite du di/cours de
l’hiftoire 0 d’Anne Comnene, & il eft certain
qu'elle arriva vers la fête de Pâques de l’an 1 1 1 1.
Or comme Tancrcdc mourut durant lavent P
verent Af onzjcmc annet depuis la pri e de féru] a! cm.
Un ancien hiftorien « les rappoirc à la
vériré (bus I an 1108. mais il eft vifible que c’eft
une faute de copiftc , & qu’il Fuit lire m. c. v i i i i.
au lieu de m. c. v i ii. En effet l’auteur parle fous de la même année , c’eft une preuve que ce prince
l’année precedente de la mort de Philippe 1. roi dcceda environ huit mois après Bcrtiand, ce qui
O sJlexiadx
/. 14. p. 4IU
& ittj.
f> ^4lb. .dq.
& (jMiil. Tjr,
a Gh>U. Tyr.
Lu. 1. 10.
C Pa*i Md
Man, 1 1
IJ.
de France arrivée au mois de Juillet de l’an 1 1 08.
& il fait mention de divers évenemens arrivez en
1 1 10. immédiatement apres la prife deTripoli.
4°. Enfin Guillaume de Tyrd affùre pofitive-
ment que Tripoli fut pris le / 0 . de "juin de Van
i/oç. 8c il rapporte (ous la même année le dé¬
part de Bertrand & la mort de Guillaume Jour¬
dain. Il n’y a donc pas lieu de douter fur le témoi¬
gnage de ce ccltbrc hiftorien , 8c (iir celui de Fou-
chcr de Chartres que ccs trois évenemens ne (oient
arrivez la même année : anlli le P. Pagi rapporte-
t-il la prife de Tripoli fous’ Fan 1 109. On doit
peur (ervir à corriger le P. Labbe s. qui a avancé 9L4^1 b,J-F'
que la mort de Bertrand arriva afres Celle de Tan - 46 5 *
crede .
NOTE X L V I I I.
Sur S . Raymond évêque de Balbaflro.
f nous ont donne les actes de r BoU. te. 4.
i lenrordi-
f F nicher.
Carnet. 1 bid
b 19*
LEs Bollandiftes
ce (àint qu’ils ont accompagnez
naire , de (çavantes notes. Il y a (culement certains
par conlcquent ne faire aucun fonds liir la chroni- endroits qui demandent quelques éclaircillcmens.
tcnrên.M ai- que de Maillcffus * , qui marque que cette ville fc 1 °. Il eft dit dans la vie de S. Raymond qu’il
i**./. 217. rcnjjc al, lll0js Jc Mai de l’an 1 io8- étoit natif d’Uiban dans le dioccfc de Touloulc:
II. Il refte encore ccpenda.it quelque difficulté ln Tolofana d/ ce ce fi de Urbano oppi !o. Les Bollan-
fur le jour précis de la prife de Tripoli ; car I ou- diftes 1 conviennent que Tamayo a lu de Urbano
cher de Chartres 8c Guillaume de Tyr, 11e (ont dans ce* actes, & ils préfèrent ccttc leçon au mot
« pas d’accord là deffùs. On vient de voir que le Durbanum qu’ils liftnt dans leur copie. Ccttc der-
premicr dit que ccttc ville le rendit le 1 o de Juin : nicrc leçon eft cependant (ans difficulté celle qu’il
l’autre affùre s que le fol. il et oit a'o s dipuis vingt- falloir retenir. La ni fon pour laquelle le P. Pappe-
fpt jours dans le (igné de P ecrevtfîe , ce qui revient brock, auteur de la critique des actes, préféré la
au 1 9. de Juillet. L autorité de cet auteur contein- première , ceft , dit-il , parce que le l/e1* de Durban
porain devroit naturellement l’emporter fur celle ne fubjijlc raille -part , ($ qnon vit un Orfran dans
de Guillaume de Tyr, qui a écrit à la vériré dans le diocefe £ Aloi , k douve lieues de Tuduufc v rs
le même iiccle , mais long tems après. Nous pré- V Orient. Mais il eft marqué dans le s a&csdc
ferons cependant le témoignage du dernier , fondez (aine Raymond, écrits par un auteur contemporain»
*Fr./. 174. flir unc Jiarrc h du comte Bertrand , datée du 26 . comme ce critique en convient , qu il étoit natif
de fuin de Van noç. par laquelle il donne aux du diocefe de Touloufe non pas de celui d’Albi >
Génois qui l’avoicnt aide à la pri(c de Tripoli , la 8c s’il étoit permis de donner cenc interprétation
troifiéme partie de ccttc ville. Il s’en étoit donc
rendu maître avant le 1 9. de Juillet.
Au refte on peut concilier les divers fentimens
touchant l’époque du départ de ce comte pour la
Tcrrc-(àintc , par la differente manière de prendre
le commencement de l’année , & dire avec le
P. Labbe ‘ qu’il paffa la mer au mois de Mars de
l’an 1 1 08 - (Iiivant l’ancienne (iipputation Françoifc, 8c qui le donne encore à une des premières baro-
ou de l’an 1 1 09. félon notre manière prétente de nies du pays, quoique préfemement ce foit la
compter. terre la moins con/idérablc de celles qui compo-
III. Bertrand , après la prife de Tripoli, marcha fent la baronic, &que ce ne foi: plus qu’une an-
au fècours de Baudouin roi de Jcruffilem pour le nexe de la paroiffe d’Aillieres dans le C onferans.
fîcge de Baruth ou Berythe, dont il h’eft pas ailé Or comme leglilè de ce village eft ancienne 8c fort
^xcr i ^Pocllïe- Suivant Albert k d’Aix-Ia-Cha- bien bâtie, (uivant les mémoires que M. l’é-
/>f. ’ ‘ ^ relie, cetcc ville fut affiegée au mois de Décembre, veque de Confcrans nous a fournis là-deffùs, il
l’année d après le fiege de Tripoli. Cet auteur fait eft crès-vraifemblable que le château 8c le bourg de
durer ce (îege jufques au priiuems fuivant, & ajoute Durban ayant été détruits par les guerres , (on
que la place (c rendit le vendredi avant la Pentecôte; églile a été réduite à unc (impie annexe *, qu’ils
d’où il s’enfuir que le fiege de Berythe commença éroicn: anciennement dudiocèlc de Touloufe, 8c
au mois de Décembre de l’an 1 1 10. 8c que la qu’on a uni cette eglife à fa paroiffe d’Aillit res dans
place fc (oiimit le 1 9. de Mai (uivant. D’un autre le diocèlè de Con(èrans,a caille de la proximité;
iomiB.Tyr. côté Guillaume1 de Tyr fait commencer ce fiege au en (orte que le lieu de Durban (è trouve au/our-
frqq. *' l*'& mois de Février de l’an 1110. & prendre la place d’hui compris par hazard dans ce dernier diocefe f
uifnUh.ctirn. le 17. d’Avril de l’an 1 1 1 1. Enfin Foucher m de mais fans avoir change de diftrief par rapport au
'•w°- T, me II. LLI1
2.
I2S. f*h
i Lai. t ib.
t*n. y. 464,
forcée au texte de l’auteur, on devroit plutôt faire
le fâint, natif du bourg de Durban dans le diocèfe
de Narbonne. i°. Nous trouvons un lieu appelle
Durban dans le comté de Foix , fitué fur L-s fron¬
tières de l’ancien Touloufain fc du diocèfe de Con-
ferans : c croit un château qui a donne fon nom
à une des plus illuftres familles du comté de Foix ,
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6 54
NOTES SUR L’HISTOIRE
'Note
X LVII I.
• Pr.p. 402.
y> BoB. lij d%
i */. 1*
civil -, car la paroiffc d’Aillieres dépend du comté haiter que cet auteur en eût apporté la preuve, Sc
de Foix , comme le lieu de Durban fon annexe. quil ne fe fût pas contenté de citer les archives de ** p Te
Il n’y a pas lieu de doutet que S. Raymond évê- S. Sernin en general; car il paraît qu’il a confondu
que de Balbaftro ne fût natif de ce château ; ce S. Raymond évêque de Balbaftro, avec Raymond
qu’on peut confirmer ip.En ce que nous fçavons qui croit abbé de S. Sernin » en 1 1 19. hUf. t7f,
qu’il embrafl’a la vie canoniale dans l’abbaye de 4*. S’il étoit bien certain > comme le P. Pappe-
Fredelas ou de Pamicrsqui n'en cft pas éloignée, brock la avancé k, que S. Raymond ne prît plus k ^ niit
1°. Parce que fuivant les anciens monumens , il fie que le titre d’évêque de Rota ou Rote depuis qu’il *•
durant fon épifeopat divers voyages dans les pays eut été chafïc de Balbaftro, on pourroit afïurcr qu’il
de Foix 5c le Touloufain , où il confiera a entt’au- fiegeoit encore dans cette derniere ville en un.
très en 1 x x8- l'églifedu château de Rucilans fitué puifqu’il fc qualihoit alors1 évêque de Balb aftro. i?r.p.j7>.
aux environs de l’abbaye de Lczat , en préfencc de Mais comme il paroît que ce faint prélat continua
Pierre de Durban , [un des principaux chevaliers de de prendre ce dernier titre apres fon cxpulfion ,
ce château. dont les Bo!landillesm difent ignorer l’époque , & n
z°. L’auteur de la vie de ce faint > parlant de fâ qu’ils fixent cependant dans un autre 11 endroit à la
naiftanccjfe contente de dire en general, qu’il ctoit ix. année de (on épi (copat ou â l’an 1x13. nous
d’une famille ttcs-illuftre : Quantum ad feculare n’avons rien de certain ü-deflus : en effet S. Ray- *
ftemma, regaii & cofiulari parente/a cl.irutt . .. . ex mond cft qualifié évêque de Balbaftro dans des
parcnttbus tUuftnffimis éditas fuit. Comme Ray- aéles de l’an x 1 1 5. & de l’an 0 1 1 1 8- & il prend o pr.f. j§j#
mond prenoit le furnotn de Guillaume, le P.Pappe- cette qualité en fouferivant P en 1 1 19. au concile 4° uc,nctt l04
brock t conclut dc-lâ qu’il étoit de la maifon des de Touloufc. t *«o.
comtes de Touloufe, & fils de Guillaume IV. Ainfi, 50. Enfin les Boüandiftes <1 marquent dans un qp. 1 *!•*/.
ajoute ce critique S. Raymond aura été petit- endroit la mort de S. Raymond au zi. de Mai,
•• neveu de Guillaume III. comte de Touloufc, qui tandis que dans un autre , ils la placent au 11. de
••epoufa félon Catcl , Sancic fille de Ramire Juin , jour auquel ils ont donné fa vie : ils auroient
•• roi d’Aragon , & par-lâ l’on prouve fon extra- dû donner la railon de cette différence.
»» âion royale. * Mais 1 outre que le mariage de
Cuillaume III. comte de Touloufc avec Sancic “ 4
d’Aragon cft une chimère , fi on peut dire que
c* n _ J j . v. ./ . . .
2. & f • 04.
cqI. i. v. tt. u
JdHHtr.
NOTE X L I X.
S. Raymond ctoit de race royale , parce qu’il def-
cendoit des rois par femmes , on pourra dire aullï Sur l époque du concile tenu k Jouloufè
qu’il n’étoit de race de comtes que par les femmes.
i°. Il ne peut avoir été fils de Guillaume IV. comte
de Touloufc , puifquc ce prince ne laiflà qu’une
fille unique à fa mort arrivée vers l’an 1094. D’ail¬
leurs Guillaume IV. né vers l’an 1040. ne fe maria
que vers l’an 1067. Or fuivant le P. Pappebrock
S. Raymond avoir 5 o.anslorfqu’ilfutélu en 1 104.
évêque de Balbaftro. Enfin fi ce faint prélat avoit
été fils de Guillaume IV. il en (croit fait mention
dans quelque monument , ou du moins l’auteur
contemporain de fa vie nauroit pas manqué de
foblcrvcr. Si donc Raymond appai ccnoit aux rois
far le paje Callixte IJ *
I. T L eft marque rdans les aétes que nous avons
-L de ce concile, qu’il fut tenu le 6 . de Juin , [an ***•+['*
1120 . de [ incarnation , uidùhon xn. ire 1 ijï,
épacle 7. co ncurrent / /. la première année du pon¬
tificat de Callixte ; fur quoi les éditeurs des conciles
marquent avec raifon , qu’on doit lire [an 1 1 1$.
de l' incarnation , au lieu d* l'an 1120 . ce qui paroît ,
dilcnt-ils, tant par l’indiclion , que par l’annce du
pontificat de Callixte. Il cft certain en effet que ce
concile fut tenu en 1 1 1 9. comme on voit 1 par
• SfutU.éi
cr <#w.
/. H*.
4 nn. HI». ».
& aux comtes par lefatig , ce n eft que du cote des la bulle 1 que le même pape donna â Touloufc du-
femmes, & il n’y a pas lieu de douter par ce que rant (à tenue, en faveur de l’abbaye d’Aniane, 5c
nous venons de dire, qu’il ne fût de la maifon de qu’il date du 13. de Juillet, indittion x //. l'an / / / y.
Durban , l’une des plus anciennes 5c des plus illu- de [incarnation , la première année de fon pontificat.
ftres du pays de Foix. x°. Par un néie rapporté par Catcl Nous avons tCdttimm.
t/. 3*. Le P. Pappcbrock prétend c que S. Ray- cependant une “autre bulle de Callixte donnée à ^çonli.’ik-b
mond avoit été moine avant qne decrc évêque: Touloufe le 17» de Juillet, indifhon xn.lan 1 1 20. tu. .
mais â prendre ce terme à la rigueur , on n’en a de [incarnation : mais ccttecnillc appartient égale- uPr*MI0#
aucune preuve ; ce qu’il y a de certain , c’cft qu’il nient â Pan 1119. (ans qu’il y air faute 1 dans fa date,
fut religieux dans l'abbaye de Fredelas, deflervie non plus que dans celle des aélcs du concile: la
de fon teins par des chanoines réguliers , comme il raifon en cft que ce pape, «â l’exemple de fes prédé-
Ztr.f. 379» paroît par une charte de l’an 1 1 1 i.d dans laquelle ccilcurs , fuivit communément durant les premie-
il eft dit que notre prélat étoit fils de cette abbaye : années de fon pontificat , le calcul Pi (an , qui
elle cft encore dellcrvie par ces chanoines; car elle anticipe d’une année le calcul ordinaire. C’eft ainfi
n’eft pas differente de la cathédrale de Pamicrs ; ce que la bulle qu’il donna en faveur de leglife de Va¬
que les Bollandiftcs c ont ignoré. Nous voyons licres , étant à S . Theodard le 20. de Juillet , tndi-
d’ailleurs , que S. Raymond avant (on élection à l’é- ihon xn . la première année de fonponrficat,ch datée
pifeopat , avoit étc prieur ou prévôt f de S. Sernin de l'an r/20, dans l’original qu’on voir à l’abbayc de
de Touloufe, églife aufli dellèrvic par des chanoi- la Grade, d’oû cette cglilc dépendoit; tandis quelle
nés réguliers depuis le pontificat de Grégoire VII. appartient à l’an 1 1 1 9. comme M. Baluze l’a mar-
S. Raymond ne fut que trois ou quatre ans prieur que dans l’édition 1 qu’il en a donnée. Nous (ca-
ou prévôt de S. Sernin; car il pollcdoit cette pre- vons en effet d’ailleurs , que Callixte II. étoit â
vote lorfqu’il fut élu évêque en 1 104. O; 8 Pierre l’abbaye de S. Theodard z le 20. de Juillet de l’an x c*ul >tnd.
l’occupoit en 1098. 5c Munion en 1 100. Aurefte x 1 19. On peut confirmer ce calcul particulier, que
Catcl prétend que le premier abbé de S. Sernin les éditeurs des conciles ont ignoré, par une autre
fut un Raymundus Gmllelmi évêque de Balbaftro , bulle “ du même pape qui fc* trouve dans leur col- ta
qui vivoit , ajoûte-t-il , en 1 1 1 2. Il feroit â fou- lcélion , & qui eft datée de Soucillangcs !c io. de t' Ui*
e Jtà. SS.
,*><4. p . 12t.
l • 2.
f^T. 1 lit.
f. I| ».
pr.
»sj-
p I4*«
V ctrelmrm.
f. J22.
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DE LANGUEDOC 63 f
K O T K > indiuion Xtt. V an 1120. de F incarnation , £5
X L I A • t* première de fon pontificat ; car il n’y a pas lieu de
douter quelle n appartienne à l’an 1119. fuivanc
notre maniéré de compter.
1 1. Il eft donc certain que Callixte II. tint le concile
de Touloufè en 1 1 1 9. comme il eft marqué dans
l’auteur contemporain de la chronique * de Maille*
»ii* (ajs f & non en j j 1Qt ajnf j qUC qUelcjUC5 modernes
l’ont crû. Il faut corriger parla l’ère Efpagnole , &
lire dans les aéhs n 5 7* au lieu de 1 1 58. D’ailleurs
l’épaéte ôc le concurrentconvicnnentparfàitement,
de même que l’indiâion > â l’an n 1 9.
Il y a quelque difficulté pour le mois où ce con¬
cile fut tenu , & nousfbmmcs perfuadez qu’il faut
k c$m. »M. jjrc b dans les a&cs vt //. idus Juki au lieu de fumi :
en voici la preuve. Callixte II. donna une bulle cen
faveur de l’églifc de Befânçon, a Maguelonne le der¬
nier de Juin , indu lion xt t. l'année 1120. de l'incar -
nation , (3 la, première de fin pontificat . Cette bulle
eft de l’an 1 1 19. par les raifons que nous avons
déjà dites. Ce pape ne peut avoir commencé par
conféquentle 6. du même mois le concile de Tou-
loufe , & l’avoir continué jufqu’au 1 5. de Juillet
(îiivant ,&il doit y avoir faute par rapport au mois,
ou dans les ades du concile, ou dans la bulle don¬
née en faveur de Pcglifc de Befânçon : mais ce
ui prouve que le nom du mois eft mal marqué
ans les ades , c’eft que nous avons deux autres
ipr.p. 40t. bulles d du même pape, qui prouvent qu’il étoit
* dans le bas Languedoc à la fin du mois de Juin de
l’an 1 1 1 9. La première eft darce de Maldonne le
2S.de Juin de l'an / / 2 0 . de l' 'incat n.tti n , mdtchon
. xt t. la première année de fon pontificat ; 6c la fé¬
conde de S. Gilles le 29. de Juin , in xtcltoH x //. f an
ti 20 . de l'incarnation. Ces deux bulles appar¬
tiennent certainement à l’an 1119. quoique datées
de l’an 1 1 lo.ainfi qu’on la déjà prouvé. On voit
parla que Callixte étoit à Maguelonne Ici 8. dvjuin
de l’an 1119. qu’il alla le lendemain a S. Gilles, 3c
qu’il revint le jour fuivanc à Mnguelonne,cn quoi il
n’y a rien de fort extraordinaire, puifquc la diftance
n’eft que de fîx à fèpt lieues. Il n’y a donc pas lieu
de douter que ce pape ne fut dans le bas Languedoc
a la findejuin de l’an 1 r 1 9. Nous n’avons d’ailleurs
aucun monument, fi l’on excepte lesactts du concile
dcTouIou(e,qui prouve qu’il ait cré dans ccttc ville
durant tout le mois de Juin de la même année ; 3c
tv. mi cesadcs ont etc pris dans la collection* de bernard
4'atmt.pÀ j 7. Guidonis, auteur peu exad.
Callixte II. écrivit à l’abbé de S. Vidor de Mar-
Icttre'qui eft datée fimplemenr deBczjers
tu i.f. 6 6 j. le premier de Juillet. Nous inférons de là que cette
lettre eft de l’an 1 r 1 9. car nous fç.tvons bien
IjtêKdMipif qUC cc papç a|la à Montpellier 3c à S. Gilles S en
u «*». 11 2 o. 1 1 10. avant fon départ pour l’Italie : mais il ne pa-
roît pas qu’il fc loir avancé alors jufju’à Beziers,
contre le fèmiment de ceux qui ont fait imprimer
cette lettre ; au lieu qu’il étoit naturel qu’allant de
Maguelonnc à Touloufè en 1 1 1 9. il pafi.ît par Bé¬
ziers: c’eft donc une nouvelle preuve que le con¬
cile de Touloufè ne fut pas tenu au mois de Juin ,
qu’il commença feulement le 8. de Juillet de l’an
1 1 1 9. & qu’il ne dura que huit jours, puifqu’il fi¬
nit le 1 6 . élu même mois.
III. Ces ades 3c divers autres mont? mens font
voir que Callixte II. demeura en France depuis fon
iMtr.v ut. élection jufqu a la conférence de G i fors tenue h au
i mo]s de Novembre de l’an 1 1 1 9. & que c’eft fans
é* lr; "• >• aucun fondement qu’un de nos hiftoriens moder-
nés J a avance que ce pape ayant etc repu a Rome
Time II.
apres fon éleütonjrcvint quelque moii aprh ên France, -
(3 fi fit médiateur entre les rois de France (3 et An- N O t K
gle terre ; qd il alla trouver le dernier a Gtfirs , 3cc. * L 1 Xi
IV. L’auteur Aw f africains temporum met un autre
concile tenu à Touloufè en 1 114. par le même
pape, & Catelk ajoure que le cardinal Richard
évêque d’Aibano y préfida : mais ce concile n’eft F*77'
pas different de celui de l’an 1 1 1 9* comme les
éditeurs 1 des conciles l’ont obfèrvé : celui de
Touloufè où cc cardinal préfida, fut tenu en 1110. t^b
comme nous l’avons dit ailleurs.
NOTE L.
Sur Alfunfe-Jourd.tin comte de Touloufè.
I. Ç Uivant le Témoignage de Guillaume de Mal*
O mefbury m , Guillaume de Monrpcilies Ôc les m G*rûtf*t-
r t n 1 mea.t. 4.C-2.
autres fiigneurs de Provence ayant appris la mort
de Raymond de S. Gilles , emmenèrent en Occi¬
dent le fils que ce prince avoir eu à la Terre- f ai n te:
Cujas morte audita , dit cet hiftoricn , Wi Helmut
de Adontepeffulano (3 c&teri duces Provint*, Willel-
mum pereçrinum quem in obfidt ne ex H fpania fuf
ceperat , vix qHadrtmum m patriam deiehendum
curarunt ;nec invitas Ber tr an nu s f allant , q A/n vis
fe in'onfu'to>aud/vii, ut patcrnasadoreAs ufiaunaret,
Catel 0 remarque fort bien qu’il fuit lire dans cet « c*uitimn
endroit Htjpa^a au lieu d 'Hifcama, & que Gui!* lz*“
I au me de Malmefbury s’eft trompé f ir le nom du
fils de Raymond de S. Gilles, qui croit Alfonfè>
3c non pas Guillaume. Du refteli l’on peut comp¬
ter fin* les autres circonftances rapportées par cet
auteur , nous trouvons ici l’époque précifè de
l’anivée d’Alfonfe-Jourdain dans la province. En
effet il avoit alors à peine quatre ans : or comme
il étoit né en 1 io$. il s’enfuit qu’il fut amené en
France l’an 1 1 07. 3c par confèquent deux ans après
la mort de Raymond de S. Gilles ion pere. Alfonfc ,
feia donc demeuré au château du Monrpelerin en
Syrie durant cet intervalle, & Guillaume de Mont¬
pellier qui Pan 11 03. 0 étoit de retour de la pre- oPr.p. *$*,
micre croifade, aura flic un fécond voyagea la
Terre- fâinte en 1106.011 1107. pour aller cher¬
cher cc jeune prince.
II. Depuis l’arrivée d’Alfonfè de la Terrc-fâinte
jufqu’cn 11 il. nous n’avons aucun monument
qui fa lié mention de lui, à la réferve d’un accord fait
vers l’an 1 1 07. P entre l’archevêque ôc le vicomte p p. 170. ?
deNat bonne, dans lequel le dernier excepte du fer¬
ment de fidelité qu’il fait i l’autre, te comte de Tou -
leu f , 1 3 Alfonfe fi F dit de Raymond . Le même vi¬
comte de Narbonne V dans un a lire ferment qu’il q p. I7«-
fit vers le même tems au vicomte Bernard- Aron ,
excepte le comte de Tofofe , & le comte de Ro enr Ce¬
lui-ci ne peur être le même que le vicomte Richard
qui acquit au commencement du X/I. fieele le
comte de Rodez des comtes de Touioufè , puifqu’il
eft aufli excepte nommément dans ce ferment. Il
paroit donc certain que le comte de Rodez , ou de
Roucrgue , dont il s’agit ici, eft le même que notre
jeune Alfonfc , qui aura porré le titre de comte de
Roucrgue pendant la vie de Bertrand (on fie re
comte de Touloufè , à l’exemple des puinez de
la maifôn des comtes de Touloufè fis prédccct
leurs «S: qui aura eu comme eux ce pays en partage.
III. On peut inférer de ces actes & de quelques
autres, que le jeune Al foule croit à Touloufè ou
aux environs lorsque Bertrand fon frere mourut
en 1 1 1 1« à la Terre-fàinte , ôc ou il lui fucceda
LL 11 ij
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NOTES SU R»
^ . immédiatement dans tous fcs domaines d'ocel¬
le 1 dent *, ce qu’on peut confirmer par la charte a quil
• fr.j».44x. donna en faveur de l’abbaye de Moiflic, luivanc
laquelle il fe reconnoît coupable pour avoir mis
autrefois un abbé chevalier ou feculier dans ccttc
abbaye*, car fuivant les termes dont il fc fort il étoit
alors encore enfant : & nunc , dit- il > qui* tune
pnerths fenfus erat in me , recognofco me culpabilem.
Cette charte eft du rems de Roger qui fut abbé
nn+d.lïuf de Moiflàc depuis b l’an 1108. jufqu’cn 1115.
tf u * Alfonfe ne fut pas cependant long-tems paifible
poflèllèurdu comté de Touloufê , & il eft certain
que Guillaume IX. comte de Poitiers, & Philippe
(a femme s’en emparèrent peu de tems après la
mort de Bertrand*, la difficulté eft de fixer l’époque
précife de cette invafion.
* IV. On lit la date fuivante c dans un a<ftc du cnr-
tulairc de S. Scrninde Touloufê : Atlum tnmenfe
Dccembno in fejlum S. Yhom* , feria s i. fut eptfcopo
Tolofano Amelio-Rajmunio , dS Piüavienfi comité
WiUelmo . Cet a&e doit être de l’an 1114. car la
lettre dominicale D. ne (çauroit convenir â d’autre
année depuis l’an 1 108. jufqu’cn 1 115.& cette
derniere année Alfonfe étoit depuis long-tems
paifible pofleffeur de Touloufê *, c’eft donc une
preuve que le comte de Poitiers étoit maître de
Touloufê des l’an 1 1 1 4.
â rr.fMu Nous en avons une nouvelle dans la donation d
que la conitelïc Philippe femme de ce prince, fie
au B. Robert d’Arbrillcl, de la forêt de l'Elpinafle
à deux lieues de Touloufê , pour y fonder un mo-
naftere de l’ordre de Fontevraud , & dans la con¬
firmation qui en fut faite par Amclius évêque de
Touloufê *, car cet aétc eft daté du Samedi r 2. de
Ai tir s de C an t ti 4 de 6 .jour de la lune, la xiv.*nnee
du pontificat du pape Pajcbal / I.indiclion v/ /.Toutes
ces notes conviennent très-bien au 1 1. de Mars de
l’an 1114. pris fuivant notre manière de compter,
excepté la lettre dominicale, car ce jour-là étoit un
Jeudi , de non pas un Samedi. Cela nous pourroit
donner lieu de croire qu’il y a quelque interpolation
dans la charte : d’ailleurs l’évêque de Touloufê s’y
fert de ccs termes , alors inufitez , cum nojh 0 figillo
mumvtmus. Mais comme nous apprenons d’ail-
.« iW. leurs eque le B. Robert d’Arbriflel étoitàla fuite
w»nubr'Hc!d. du comte & de la comtcfTc de Poitiers, lor fquiis
»♦. i.f. »7- s’emparèrent de Touloufê fur le jeune Alfonfe , de
que cet événement arriva en 1114. il s’enfuit que
c’eft à la même année qu’on doit rapporter la fon¬
dation du monaftere dcl’Efpinaflè.
Nous inférons enfin que le comte de Poitiers
envahit en 1 1 1 4. le comté de Touloufê (lir le jeu¬
ne Alfonfe, & que Pierre évêque de Pampclunc
fut tué dans cette occafion , des vers fuivans tirez
de l’épitaphe de ce prélat , rapportée dans le cartu-
laire de l’abbaye de Conques , dont il avoit été re¬
ligieux.
Fcbxftirpe fatus Petrus ejl hic vir pietatis , ( ‘(je .
Laudibus immenfs qmpraful Pampilonenfs ,
Pugnam Tolofit dum repnmeret Jludiose
Pacis amore mit , mors preciofa fuit.
Tolcft montur , P ampilona fepehtur .
Quam vit us lavit fonte parente David ,
Tcmplum virtutis tibi paftor porta falunt
Dat lapis intentum ; Dextr . Dei mentum&c .
Garni commixtus fuerat quotempore Chnjlusféc.
Mille fub annorum fpacio nonaginta duorum
1(1 ms paüum dont cognofcitur atlum ,
Qui fiiblimatus ad honorem pontificatus ,
Petrus pollebat annos bis quinque gerebat > &c.
L'tmT Otft.fi
Ces vers nous donnent d’abord le commence- ^ ' ■—
ment del’épifeopat de Pierre, que les auteurs Efpa- N B
gnolsf ont marqué diverfement. On vient de voir f
en effet qu’il croit évêque depuis dixans en 10Ç2. il
avoit donc été élu en 1081. Quant à l’époque de *3“ J ^J9.
(à mort, les mêmes auteurs conviennent qu’il dé- "“njr.msf.
céda en 1 1 1 ç. & Garibay qui ignoroit l’cpitaphc
dont nous venons de rapporter un fragment , at¬
telle que ce fut à Touloufê un jeudi le if.d' Oftobre :
mais cela prouve en même tems que ce fut en 1 1 1 4.
& non en 1 1 x 5. puifquc la lettre dominicale ne
peut convenir à cette dernière année , & quelle
convient très-bien à l’autre. Ainfi cet auteur qui
aura trouvé le jour de la mort de Pierre dans le nc-
crologe de l’églife de Pampelunc ,y aura ajouté de
lui-même l’année, parce que ce prélat vécut en effet
jufques vers ce rems-là. Or ayant été tué à Touloufê
le 1 5 . d’Oâobre de l’an 1 1 1 4. durant un combat,
dans le tems qu’il voifioit mettre la paix entre
les citoyens, il s’enfuit que (a mort arriva pendant
les troubles qui s’élevèrent dans cette ville à l’occa»
fion de l’invalion du comte de Poitiers, qui étoit
certainement maître de cette ville à la fin de la
même année.
L’cpoque du commencement & de la fin de l’c-
pifeopat de Pierre de Pampelunc nous donne lieu
de remarquer ici que c’eft le même Pierre évêque
de Pampelunc , qui afiifta en 1095. au concile de
Clermont , de qui fiegeoit en 1 1 1 o. à quoi le
P. Mabillon trompé par Tamavo , n’a pas fait allez
d’attention *, car il dit 5 fur l’autorité de cet agiogra- g MA. U
plie , que Pierre évêque de Pampelunc qui vivoic
en 1094. 1095. de 1097. étoit profès de l’ab- »• 22*10974
baye de S. Pons de Tomicres*,& il prouve très-bien
ailleurs41 que l’évêque qui liegeoit à Pampelunc en h m
1 1 10. étoit profès de Conques. me. *.«4,
V. Suivant le P. Labbe i •« c’eft d’ Alfonfe- jour- * i la.
dain, & non pas de Ion frère Bertrand, qu’il faut a
entendre ce que difent Zurita , Garibay de les «
autres auteurs Espagnols , qu’en l’ail 1 1 1 5. il ««
alla trouver fon aycul Alfonfe roi de Caftille de de «
Leon , pour le prier de l’afliftcr au recouvrement «
de fon comté de Touloufê , de autres terres en- «
vahics par le Poitevin 6c autres. « Mais cet au¬
teur n’a pas pris garde qu’en 1115. Alfonfe roi
de Caftille de de Leon , aycul d’Alfonfe-Jourdain ,
étoit déjà décédé depuis lix ans, de qu’ainli le jeune
Alfonfe fon petit-fils , ne peut s’etre réfugié à (à
cour. Il eft vrai que Mariana k de quelques autres 1
prétendent que c’eft à la cour [d* Alfonfe roi d’A- l0,t' *'
ragon que Bertrand comte de Touloufê fe retira
en 1 1 1 6. dans le tems de cette invafion : mais
quand on devroit entendre d’ Alfonfe de non pas
de Bertrand mort en 11 11. ce que ccs auteurs
rapportent; comme ils ne donnent aucune preuve
de ce qu’ils avancent , on doit le mettre au rang des
fables. Quelle apparence en effet que le roi d’A¬
ragon eût donné retraite dans fes états en 1115.
ou 1 x 1 6. à Alfonfe- Jourdain , tandis qu’il fe ligua
vers le même tems1 avec le duc d’Aquitaine coin- 1 Cim.MA*
pétitcur de ce jeune prince ? Le P. Pagim prouve
d’ailleurs, après l’hiftoricn * de la maifon de Lara , »•
que ccs auteurs ont confondu Bertrand comte de 'h, /‘dit*
Touloufê, avec un autre comte de ce nom qui avoit «4/4 t* Uré
époufé Elvire petite-fille d’Alfonfe IV. roi de Ca- u‘
ftiille. Il eft vrai qu’il fc trompe en deux chofcs,
en ajoutant que « Catel a fort bien relevé leuru
erreur, de a fait voir que Bertand comte de Tou-»
loufc étoit bâtard , qu’il étoit alors décédé , & «
qu’Alfonfê-Jourdain étoit mort avant l’an 1 1 ift««
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» ou l’année foivance ; " car i Bertrand comte
* de Touloulè, pouvoir fort bien n erre pas fils d’El-
virc fans être batard. i°. Il eft faux qu’Alfbnle-
g ü ë £> ô & «3?
pour leur foigneur naturel , âpres éfi aVoîr chalïè ••
Guillaume de $. Marcel , ( ou plutôt de Mont- a
maurel, fuivant un excellent manuforitm de la «
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Jourdain comte de Touloulè, 8c frere de Bertrand > même chronique) qui commandoit à Touloulè « mai»*..
fut mort en 1 1 2 i.ou en 1 1 n. pour le comte de Poitiers-: d’où on devroit con-
t CMtUmu vi- CatcI * allure qu’il a avoir des titres depuis dure qu’Alfonfè ne recouvra la ville de Touloufe
F1*7* * l’an x itx. jufqu’à la mort d’Alfonfc, fiir la fin . qu’en 1133.
» defquels il eft dit qu’ils font faits Alfbnfe étant Catel u, pour fè tirer de cette difficulté, rejette le n cim^
••comte. 11 Cet auteur rapporte cependant tcmoignagcdeGuillaumedcPuilaurcns, «auteur, * *
aucun de l’an nu. en voici quelques - uns. dit-il, qui étoit peu certain de ce qu’il ccrivoit, qui m
lFr./.4i7. Nous avons 1 deux a&es de Roger II. comte n avoir appris ce faitque par tradition, & qui le *
&M-. de Foix en faveur de l’abbaye de Lezat, datez du trompe en plulïeurs autres chofcs:” pour nous, nous
mois de Murs de l'an 1121 . tndiihon xiv. domi- croionsqu’il n’eft pas néccfïàire de rejetter l’autorité
nant Afonfe comte de Touloufe. L’indiétion prouve de cet écrivain , 8c qu’il sert glillc feulement une
que ces deux aéles font de l’an 1 111. fuivant notre erreur de chronologie dans les manuferirs de fon
tjrdiiv. di manière de compter. z°. On lit dans un autre c ouvrage. En effet en lilànt 1 1 1 $. au lieu de J 1 $ $*
'ulnuuLn* titre • /* ntenfi Si ptembt is.fub die fcria / / / duna 7. ainfï que nous lavons corrige0 dans une chronique o pn /• 1 <4
régnante Lodoico francia rege , Ildefonfi cornue , Languedocicne que nous donnons dans les preu-
annoDomim 1/21 . Hugo abbus S.Tljeodardi Tolo * ves de ce volume, d’où Guillaume de Pu ilaurens
fam venir cum fuis monuchis , (S fecit quartmomam peut l’avoir pris, tout s’accorde très-bien; ainli pour
tnprafintta D. Ami lu eptfcopi contra G. Hofpttalfi a rétablir l’ordre des faits, le jeune Alfoiife fc fera
altos qui aggreffi erant alod.m B . TheodardiySrc. retiré en Provence en 1 r 1 4. lorlque le comte de
VII. il eft donc certain qu’Alfonlè exerçoit fon Poitiers envahit for lui la ville & le comré deTou-
autoriré dans Touloulè dès le mois de Mars de loufo : ce dernier ayant quitté Touloulè en 1 1 1 91
l’an 1 1 zi. & il y a lieu de croire qu’il avoit re- après la mort de Philippe là femme, les peuples
couvré cette ville dès l’an 1 110. par la date foi- auront Iccoué le joug de fa domination, 8c Ce
iCéteimm. yante rapportée par Catel dans fon hiftoirc* des feront déclarez en 1110. ou au plùrard au com-
7%6‘ archevêques de Narbonne: Hoc d-num fuit faclum mcncement de l’an 1 J 21. en faveur d’Alfonfè qui
cum confiho iS voluntate Ildefonfi comitts, Amelii aura donné le gouvernement de Toulon le pendant;
Tolofe epifeopiy r.cc non Arneddi Biterrenfis epfcopi fon abfence, 8c durant la guerre qu’il avoir à foû-
qui tune tenebat Tolofam pro lldefo'fo comité , qui tenir alors en Provence contre le comte de Bar-
pofîe.t fuit Narbonenfis archieptf copus (S Rcmanus le- cclone , allié du comte de Poitiers, à Arnaud de
gatus. On voir par-là qu’Alfonle croit maître de Levczon évêque de Béziers; les Touloulàins auront
Touloulè avant lcle&ion d’Arnaud de Lcvezon affligé en 1121. Guillaume de Montmaurel , qui
évêque de B:ziers à l’archevêché de Narbonne , commandoit dans le château Narbonnois de T011-
laquelle ne fut faite qu’au commencement de l’ail Ion fc pour le comte de Poitiers ; 8c après l’avoir
1121. Nous Içavons en effet que Richard fon pré- obligé à Ce retirer, ils auront été en corps d’armée
decellèur mourut c le //. de Février y apres avoir à Orange cniu|. pour délivrer le corme Alfonfe
tenu cet ézcche quatorze ans trois mois CS dix jours :
or comme Richard étoit archevêque de Narbonne
t dès le moisdejuillct de l’an f 1 107.il fout que fon
éle&ion tombe au 5 . de Novembre précède nt , 8c
qu’il (oit décédé le 15. de Février de l’an 1 121.
Ainli Arnaud n’a pu lui focceder avant ce tems-ü
& avant eu le gouvernement de Touloulè au nom
du comte Alfonlc lorlqifil ctoit encore évêque de
Béziers, ce prince aura été maître de Touloulè au
moins à la lin de l’an 1120.
On peur re&ifier par-là l’erreur de quelques au¬
teurs g qui mertent Arnaud de Lcvezon fur le fiege
cpilcopal de Narbonne dès l’an 1 1 1 9. II eft d’au¬
tant plus forprenant qu’on ait commis cette fuite,
qu’on pouvoit apprendre ailcmcnt l’époque pré-
ci le de fon élection dans le martyrologe de l’égli Ce n’avoit pas été alliegé, quelle néce/Iiré y avoit-il
'•717!* Narbonne rapporté par Catel où il eft dit , que les Touloulàins lui cnvoyaflènr un corpsdar-
qu 'Arnaud mourut le jo. de Novembre de l'un niée pour le ramener dans leur ville ? une limplc
7/4^. après avoir etc archevêque de Narbonne 22.
ans y /. mois CS /*. jours , ce qui fixe l’époque de
cette clcélion au 1 6. d’Avrilde l’an 1 1 2 1 . 8c con¬
firme celle de la mort de Richard fon prédcccftèur.
VIII. Nous avons des preuves 'qu’Alfonlè-Jour-
dain étoit à Touloufe ou aux environs en 1125.
Catel ken apporte plulïeurs pour les années 1126.
,t Sc 11 27. Guillaume 1 de PuiJaurcnsdic cependant
•. dans fa chronique écrite vers le milieu du XlII.lieclc
& quelques autres auteurs après lui, - qu’Alfonfe
•ayant lùcccdc à Bertrand Ion frere aîné, 8c étant
» retenu dans Orange , les Touloulàins mirent une
• armée fur pied , furent le chercher en 1 1 j 3 . &
• ramenèrent dans leur ville où ils le reconnurent
6 Hài. éd
ânt. xioi .n.
69.
C-itel ibid.p.
7M.
f Ctiir, /#.io
/.67 e
%C4t.rhr.Jl
ni. 1.
aftïegc dans cette ville par le comre de Barcelone $
8c après avoir fait lever le fiege, ils auronc amené
ce prince dans leur ville. U n’y a rien dans tout
cela qui ne (oit fondé, fur les monumens du tems
8c for divers actes dont on a déjà fait mention.
1 X. Les termes dont fc fort Guillaume de Pui-
latucns font allez comprendre qu’Alfonfè étoit
alliegé dans Orange lorlque les Touloulàins l’allè¬
rent chercher dans cette ville. . . . Afonfus P .... p GhIü. dé
qui cum ap:td Aurufi cam teneretur tmpedttus , cives
Tolofam illuc exercitum tn manu valid 1 tr.infmife -
runt an no Dnmmi M . C. XX XI IL (S a d duel h m
eum fibi tanqu.vn naturulem Jomtnum prafeccrunt ,
expulfo emm Guillclmo de A ionte- rnaurdlo milite ,
qui pro comité Pilluvienfi , (fc. En effet fi ce prince
ipr b 431.
k C4f/l (omt.
/•!»<*.
1 G*,U. J.
*«•1* *r.
I.
q GdU.chriJl .
. U
iU
députation n’auroit-cllc pas lùlH? On peut confir¬
mer la certitude de ce liège, i°. Sur un adleque
le même Aifonfè donna ‘i en 1 1 26. en faveur de
l’évêque d’Ornnge, pour le rétablir dans les droits Mv- ,d' r
dont il jouiffbit dans cctcc ville avant la guerre (S '"fu'id '
la defiruthon de fon eghfe . 20. Sur une ligue qu’Al¬
fonlè forma peu de tems après Ion rétablifïemenc
dans le comté de Touloulè, 8c avant l’an 1125.
avec le vicomte Bernard-Aton qu’il promit daider
contre les comtes de Poitiers (S de Barcelone ; ce qui
fait voir que ce dernier, qui étoit maître d’une partie
de la Provence , étoit ennemi d’Alfonfè,& qu’il
l’avoit alliegé dans Orange.
X. Befty 1 prétend que Guillaume X. comte de p.xiL
_ _ .«38 NOTES SUR L'HISTOIRE
N O T £ Poiriers & duc d* Aquitaine, fils de Guillaume IX. rapporter uniquement àleur propre autorité, qui — -
Lw &c de Philippe de Touloufe, fut en guerre avec eft fort fu jette à caution. En effet les uns « preeen- ** °.T *
Alfonfe- Jourdain au fujet du comté de Touloufe. dent que le roi d'Aragon n’afliegea Bayonne que
“Guillaume, dit cet auteur, poflèdoit le comté de parce que cette ville étoit de (on domaine : pré- *'"""•*•
" Touloufe, Artenoit dans le château de Narbonne, tention dont M. de Marca f a démontré la huf-
" qui étoit la fortcrelfc de Touloufe, un gentil- fêté. D autres difent que ce prince Rentrcprit ce
“ homme d’Angoûmois appelle Geoffroi de Mont- fiege pour tirer railbn des Anglois qui avoitnt fait *g
" moreau qui le gardoit en fon nom : d’autre part des courfcs jufqucs dans la balle Navarre-, autre
" Alfonle pafïoit le tems dans Ion pays de Pro- faullèté également manifefte , puilque Bayonne
* vence en la ville d’Aurange, en attendant fecours n appartint aux Anglois que fort iong-tems après
" ro* Alfonfe de Caftill e fon oncle maternel. . , . l’an 1130. Mais en luppolant même que ces au-
" (ll1an(l tout-a-coup les Touloulains . . . entrèrent tcurs ne fe trompent pas au fujet d’Alfonlê-Jour-
* entébcllion contre le duc : s’étant élevez en ar- dain , & que ce comte fe trouva en effet au fiege
" mes, ils fê (âilîrent premièrement du château de de Bayonne , quelle preuve a-t-on que le roi Al-
“ Narbonne , dont nous avons parlé , en chaflcrenc for.fe ait entrepris ce liege pour foire diverfion en
* J, gouverneur, & dc-là s'en allèrent à la ville fa faveur , & qu’il ait enfuite moyenné fon accom-
* d Aurange , d’où ils ramenèrent le comte Alfonfe modement avec le duc d’Aquitaine ?
* qu ils reconnurent pour leur feigneur. Le duc à Nous n’ignorons pas qu’on pourroit s’appuier
" ces nouvelles mena une armée en Languedoc, ou fur l’aUtoriré de M. de Marca n , qui conjecture » hj/***
“croyant venir facilement à bout des rebelles, le roi que le roi d’Aragon entreprit le fiege de Bayonne - M*1-
* Alfonfe de Caftille le jerta dans la Gafcogne , & en faveur d’ Alfoule-Jourdain comte de Touloufe, -
- afiiegca Bayonne , afin de divertir le duc , qui en hommager d'Aron , contre le comte de Poitiers -
** £?ct *c rctira pour fecourir la ville & (es lu jets, &c. duc de Gafcogne , qui polledoir encore , ajoute--
•• Comme on penfoit que la guerre dut s’échauffer, t-il , une partie du patrimoine des comtes de-
» Je roi Alfonfe rnoyena un accord entre les deux Touloufe. « Mais cette conjeétirc n’étant fondée
••cou ins, le duc & le comte Alfonlê, fans que les que (ur deux fuppolîtions évidemment faillies, clic
" 1 onens s expliquent davantagc.«Be(ly place cet tombe entièrement. La première cft qn’AIfonfe-
çvenement fous 1 an 1133. 1131. ce qui fait Jourdain ctoit hommaoer d' Aragon ; en quoi
voir que cet auteur a adopté la faillie chronologie de M. de Marca a adopté trop facilement la fable
1 * C v aj,rcnj>> ^ Slî raPporteautcmsdeGuil- avancée par quelques auteurs Efpagnols*, Içavoic
aume . duc d Aquitaine le retabliflement d’Al- que Bertrand comte de Touloulè, & frere d’Al-
on e ans le comté de Touloufe , tandis que cct fonfc, pour obtenir du fecours du roi d’Aragon, lui
événement arriva fous Guillaume I X. fit hommage en 1 r 1 6. La féconde eft qu’Âifonfe-
Cj’ant a la guerre qu il prétend que Guillaume Jourdain 11e rentra qu’en 1153- dans la pofUUion
A. ht a Alfonfe- Jourdain au fujet du comté de du comté de Touloufe, occupe julqu’alors par le
1 ouloule , & a la diverfion qu’Alfonfc roi de Ca- comte de Poitiers -, ce que nous avons fuihiammenc
ltlllc .ht en raveur du dernier par le liège de Bayon- réfuté.
ne 5 '! a Par Labbc & le P. Ange *, le XL M. de Marca adopte un autre fait avancé par
i*V /. 417. * Prcm,c^a contente de dire en general , que GuiU quelques hiftoriens Elpagnols * , lequel eft égale- i r. Ui«L
b <An.thg “Üu'r k comte de Touloufe avec ment chimérique, qui eft, qu’Alfonle comte de
x.f/ ...aiUre sctend un peu plus, & avance Touloufe tua durant le fiege de Bayonne, dans
»i«. “ que Gml aume duc d Aquitaine eut un différend un combat lingulier, le comte Pierre de Lara : mais
•apres an 1 131. pour le comté de Touloulè, l’auteur qui a écrit l’hiftoire k de la maifon de * L*>à
- contre fon coul.n Alfonfe , & que ces deux prin- Lara , a fait voir que ce n’eft qu'une fable > & on Sd,Z,iï
■ ecs s accommodèrent par 1 cnrremile d’Alfonlc doit la regarder comme telle , nonobftant ce qu’en L*r4.u.iiu
" • * t01. î ^aj f* ^cau-frere de Guillaume, dit le nouveau traducteur de Mariana :, qui s’obje-
Mais ces différends de Guillaume X. duc d’Aqui- étant le filtnce dts hütoriens des comtes de Tou- W-* £'>!“
tainc avec A fonfc » au (ujerdu comté deToulotifc, loufe , fur une circonlbncc fi mémorable , prétend
. lcur accommodement avancé par tous ces au- que cc »'(Jl-là jument cjhi do.t '
tcurs, ont tout-a-fait chimériques : entrons en pas l'emporter fur I, t:/na^n.iiç exprès des hflonens
preuve. Efp.vnols : ce témoignage n’eft nas fi exprès , &
i,; Crc fi,t , AJ/0An? L roi d’Aragon , & non Jean Bris Martinez qui s’étend le plus là-delfus ,
F5 ou e roi de Catulle qui afliegea Bayonne en doute fort de ce duel. D’ailleurs aucun des hifto-
1130. mais quand c eut été le dernier, on ne (çait riens Efpagnols qui adoptent ce fait, n’en apportent
i quel titre :Rclly le qualihc oncle maternel d’Al- aucune preuve.
fonfc- Jourdain , , & le 1>. Ange be ah frere de Ci mil- XI 1. Il y a quelque difficulté fur l’époque pre-
rZu ‘ • d Af1u,mne > car Alfon|c VU. roi de cife du départ d’ Alfonfe- Jourdain pour 1 ’expedi-
Caft.lle qm regnou en i , 30. étoit petit-fils d’Al- tien de la croifade. Le P. I>agi « prétend que,/*.- •
tonie VL & n etoit par confcquenr quecoulingcr- vant le continuateur d'Atntom d les autres , ce
main 011 e-Jomdain. Cette obfervation n’eft prince marcha avec le roi Louis le Jeune, qui prit
pas munie; car Alfonfe I. roi d’Aragon 11’ayant la route de B Allemagne* de la Hongrie , & par-
aucune lia.lon de fang avec Alfonle-Jourdain , on tit le 14. de Juin de l’an 1 1 47. d’où il conclut que
ne Içauroit dire qnil n afliegea Bayonne que pour la lettre de S. Bernard à Alfonfe cft antérieure à cette
aire civcr ion en a aveur , à moins qn on n’en époque, de même que le voyage de ce faine abbe
AU™ Brii aPlK/[c ! ‘s pienves , ce qu on ne fait pis. en Languedoc Mais il cft incertain, ajoute-t-il»»
""""'f''- n 1 ’ 11 cft vra! cluc S'ÿ"» d hfpagnols moder- fi ce vovngepréccda ou ft.ivic laffimblée d’Eftam- -
«.». ‘ ’ ' "f* ^ avancé , qu Alfonfe- Jourdain comte de pes, tenue le .6. de Février de la même année, -
jnr '• i°U!° !i c R C UOUr , 3 Ce (lt'Sc », de mên» le & à laquelle S. Bernard fe trouva. ••
mte de B'Sorrc & Ie v,5'?mtc Bcarn : mais ils 1». Nous ne trouvons aucun ancien qui marque
e, ne citent ucn pour autonfer ce fait , & il faut s’en qu’Alfonfc comte de Touloufe , fc loir mis en
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marche avec le roi Louis , & qu’il ait traverfc avec to.i.p./. mais c’eft une preuve bien claire, entre plu- N q T j
lui l’Allemagne & la Hongrie : on ne trouve rien fieitrs autres, qu’il n’a nullement conftilté les hifto- i.
de Semblable dans le continuateur a d’Airaoin. Eu- riens du tems, & que (on ouvrage tient bien plus
des de Deuil;, & l’auteur des geftes de Louis VII. du roman que de l’hiftoirc: il n’eftrienditcn effet
qui font entrez dans un grand détail , Sur le voyage dans le Gefta Dei per Franco* de la femme d’Al-
de ce prince & fur les circonftanccs , n’en difcnt fonfc comte de Touloufc : cct écrivain a avancé
rien non plus ; 3c (i AlfonSe eût etc a Sa faire, ils ne ailleurs k que la meme comtelîe de Touloufe le
l’auroient pas (ans doute oublie , puisqu’ils parlent trouva à l’affcmblcc de Ptolcmaïde tenue au mois
de plufieurs autres Seigneurs de moindre impor- de May de l’an 1148. & qu’elle droit derrière le
tante. Enfin le dernier historien b , Guillaume de roi avec les dames Françoifcs : autre fable dont il
Tyr, Sc k continuateur de la chronique de Sige- a embelli Son ouvrage.
bert, font entendre le contraire, puisqu’ils mar- XV. On a ignoré juîqu’ici de quelle mai (on droit
éd qUent qu’Alfonfc arriva au port d’Acrc ou dcPro- cette comtc(Ic,quis’appclIoic Faydide: nous l’ap-
]ïnuV9' lemaïde avec une flutte , tandis que le roi Louis le prenons d’une lettre 1 que Raymond évêque ac lD
Jeune étoit encore aux environs d’Antioche 5c de Viviers écrivit vers l’an 1 160. à Louis le Jeune
Tripoli , où il droit arrivé par terre. roi de France ; car ce prélat fe qualifie oncle ma-
1 °. Le P.Pagi n’a pas fuit allez d’attention a l’épo- terne/ * du comte de T >uf ou fe , qui étoit alors Ray- * Avuncuiu»»
que de la miflion de S. Bernard en Languedoc : elle mond V. fils d’AifonSe-Jourdain & de FaydiJc.
c emfrid. cft marquée clairement dans la lettre que Geoffroic Or ce prélat croit certainement m fils de Raymond m K ^V,LI1*
ta difciple du Saint abbé , qu’il accompagna dans ce Dccan ,lcigneur d Uicz & de PoSquiercs; parcon-
bQtJf* L*j.
ru
GutU. Tjr .
(.16. t.i%.
I D» Chiftti
• II*
fo. 6. s.
ter»,
voyage , écrivit alors aux religieux de Claitvaux.
Suivant cette lettre , S. Bernard étoit i Albi à la fin
du mois de Juin , 3c comptoit être de retour à
Clairvaux vers la fin du mois d’Août de l’an 1 1 47.
Il eSt donc certain que ce Saint abbé écrivit à AI-
fonSè comte de Touloufè, 5c qu’il alla dans les états
fcquent Faydide étoit de la maifon d’Ufcz, 3c fille
du même Raymond Decan mort en 1138*
XVI. Du Chcfoc" a avancé dans fon hiffoiredes
Daufins de Viennois, que Beatrix, fille aînée 8c
hericicre du Daufin, dit Guignes IV. comte d’Al-
bon, de Vienne ôc de Grailivaudan, mort eu 1 1 6 $ .
n Du Cttfhi
Vunn, f, 14*
&f‘1>
de ce prince long-rems après 1 affemblec d’Eftam- épouSâ en premières noces Taillcfcr comte dt Saine
pes. En effet il afliffa avant ce voyage au concile Gilles , fils puîné de Raymond V. comte de Tou-
renu à Paris , à la fête de Pâques de la même an- loufc 3c de Confiance de France. Il (c fonde d’un
née ; 3c il étoit à Clairvaux lorsqu’il cntrepiit le côte fur la chronique de Guillaume de Puilaurcns0,
voyage dcToulouSc : il s’enfuit de là, que Si AI- où il cft dit que Raymond V. eut un iîls appelle
fonfc reçut à Touloufc le légat Albcric 8c S. Ber- Taillcfcr '; 8c de 1 autre. Sur celle qu’on attribue à
nard, ce qui cft fort vraisemblable, il ne peut être Albcric P moine des Troi s-fontaincs, 8c dans la-
parti avec Louis le Jeune qui fe mit en marche à quelle il cft rapporté * qu'Albcric Taillcfcr comte
Klcts le 14. de Juin. de S. Gilles étant mort, le duc de Bourgogne «
A lfonfe- Jourdain comte de TouIquSc ne fuivit épouSa en 1 1 84. Sa veuve, qui croit fille de l’an- «
donc pas Louis le Jeune , 3c s’embarqua avec Scs cicn Daufin.»* Du ChcShe a conclu delà qu’Albc- «
O O -4 il/, dê
p At.ehn n.
«/j». 11*4. fê
16 6.
troupes pour la Terre- Sainte ; ce qu’on peut con-
ifnf.ii. firmer par l’autorité d d’une ancienne chronique
de Nifines, qui porte, c/lc le comte Alfonfc fe ren¬
dit an port de Boc au mots et Ai ut, p'tir aller avec Us
rois h V expédition de Jerufilem, Il cft vrai qu’il y a
q BtU. /«■*•
rlW./.Jl®*
rie Taillcfcr mari de Beatrix , fille du Daufin , n’cft
pas différent de Taillcfcr, fils de Raymond V comte
de Touloufc : il Sc contredit cependant; car il con¬
vient fur l’autorité de la vie de S. Pierre deTarcn-
tailc , écrite par Geoffioi *1 abbé de Haurc-combe ,
faute pour l’année , & que cette chronique met cct auteur contemporain , que le premier mari de Bca-
événement Sous l’an 1 149. au lieu de l’an 1 147. trix cft nommé Afonfe comte de Toutou fe: tâchons
mais ce qui fait voir quelle ne fc trompe pas pour le d’éclaircir ce fait de notre hiftoire. Inter1 pnmïpcm
mois , c’eft que Raymond Trencjvcl vicomte de Jmtm c omit cm Uumbertum , cft-il dit dans cette vie,
\t3i*friiy $f. Béziers, qui fut de cette expédition c, étoit en- Çf Hddcfonfum comitem Tolofinum ,in regione Gra-
‘Tir!?. j?7 core ^ans Plys au mo*s d Août I de Tan 1 147. tianopohtana eo tempore dominant cm , non fine mal*
g de Roger de Hovvdcn 8, qui fait partir Alfonfc comte tx tncendtü c i bomicidiis guerram duttius agit eu am
jc Touloufc à la Pentecôte de cette année , dans mttho labore fcdavit , cujus occafme négocié ad il hi¬
le même tems que l’empereur Conrad 3c le roi firent Anglornm regem Hmncum defideratus ac-
Lotiis le Jeune , s’eft donc trompé. cejfit , &c. Guichcnon 1 rapporte avant l’an 1 *6 7.
XIII. Nous ne connoifions pas le detail du voya- cette guerre entre Humbert III. comte de Savoyc
gc d’AIfonfc, depuis fon départ du port de Boc, & Alfonfc de Touloufc qu’il dit mari de Beatrix,
inné vers l’embouchure du Rhône, juSqu’a fon ar- & qu’il appelle cependant Taillcfcr : on ne fçau-
rivécà Acre dans la Palcftinc où il débarqua vers roit en effet la reculer guère davantage. i°. Saint
le 1 5 . d’Avril de l’an 1148. ce prince paSlà fins Pierre de TarcntaiSc vécut encore long- tems après,
doute rhyver dans quelque port d’Italie ou de comme il eft marqué dans Si vie , 3c il ne mourut * f \cb.dt\4omu
Grèce, ou peut-être même à Conftantinoplc, d’où qu’en 1174. i°. Il cft dit que ccrre guerre du-
il fe Sera rembarqué auprintems pour la Palcftinc, roit depuis long- tems : il y avoit donc , Suivant le 1174* »•
1- témoignage de l'abbé Geoffioi , témoin oculaire, /'*
t Cuith.bfi»
de S*v» l. t»
r «1.
k
Yu>*,d%
CéMfiiJ.
'C<rv*ifivie
4*S*i*r%l 6.
■•14.
à peu prés dans le même tems que l’empereur Con¬
rad. Un ancien auteur hlc fait entendre, en diSant vers l’an 1 1 6 7. un prince de la maifon de Tou¬
que le roi Louis , l'empereur Conrad 3c Alfonfc loufc appelle Alfonfc qui dominoit far le Daufiné;
duc d: Narbonne, allèrent à JcruSalem en 1 14S. &nous (çavons d’ailleurs que Raymond V. comte
pur les terres d'Fty.anuel empereur des Grecs . de Touloufc u reconnut en 1 1 > 5 . 8c 1 1 60. tant en
XIV. Un moderne prétend 1 que la comtcffc de f >n nom qu’en celui de fon f cre Alfonfc, que divers
ToulouSc femme d’AIfonfc, partit pour la Terre- droits de la ville de Carpcnrras apparunoient à
faintc au mois de Juin de l’an 1 1 47. avec la reine l’évêque.
Elconor quelle accompagna. Cct écrivain cite pour O11 pourroit croire que c’eft le même Alfonfc,
ion garant le livre intitulé , Gefia Dci per franco; , fcere de Raymond V. qui epoufc Beatrix hcriticre
U G-tlt‘ cUriftt
nev. ed • X*
tnjîr. f. 14*-
G-f'll*
?r. f. 574*
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N
g 40 NOTES SUR L'HISTOIRE
de Daufiné , fi-nous ne fçavions d’ailleurs que Ray- fut traite des ravages eau fez par les pirates Sarafîns
OTE 1 -- • 1 «r- 1.. r. _ •*/§- rlanc I^RniidillAn. rVfV rnnr ce nn*il nniK annr^H^
MércHiffi.
4*+.
dcDannnC, imous ne gavions a amcuis^utA-y- *v.i ia<d^vauu<. ^ .v, ru«v,i ^i4.u» N "D T E
« - * - m0„d y. » comte de Tonloufi promit fon fils en ma- dans le Rouflillon , c’eft tout ce qu’il nous apprend L j
»'c.„rn naoe d la fille d heriutre du comte Daufiné c’eft de ce concile : il ajoute feulement, que M. de
,*4 -p- =7‘- ce qui paraît par une lettre quececomtc écrivit au Marca avoir une copie des aûcs, tirce des archives
*■ p~ 6“‘ roi Louis le jeune, & dans laquelle il lui marque de l’églilc d’Elne. M. Baluze k s’étend un peu plus k
ou’il avoir déjà reçu , en vertu de cette promefle , fur ce concile , fins en donner cependant les a êtes : r‘
une partie du Daufiné. Cptte lettre neft pas datée, il le met auflî fous l’an 1 1 5 4. & dit qu’outre Ar¬
mais* il eft aife d’en fixer l’époque -, car elle fut naud archevêque de Narbonne , les évêques Bcr-
b HU. écrite h peu de tems apres que Raymond eut con- nard de Beziers , Raymond de Maguclonne, Ray-
du la paix avec Raymond Trencavcl vicomte de mond de Carcafionnc , Raymond de Touloufc, &
c Fr. t. j»j. Beziers : or cette paix fut arrêtée au mois c de Juin Udalgarius d’Elne , y alliftercnt -, d’où il eft aifé de
*■/«*• ‘ jcpan 1,6 5. Ce mariage ne fiit célébré cependant conclure que ce concile eft poftérieur à l’an 1 1 54.
que long- tems après -, car r". Taillefer fils puîné de car Amelius étoit* encore évêque de Touloufc en
Raymond comte de Touloufc ne pouvoir avoir 1 156. n 37. & 1 1 }9- 1 Si donc Raymond (on l£-Mu-
alors plus de fix ans, puifquc Raymond Vl.fonfrcre fucceflcur.afiifta au concile de Narbonne , comme *"•
j suit. d. aîné if étoit né qu’en J 1156. i°. Beatrix fe maria on doit le croire fur l’autorité dcM. Baluze, qui fans
n. rrn;(iémes noces.après c la mort du duc de Bour- doute en avmt vû les aétes , il faut qu’il ait été
lorfqu’elle fut promile au hls puîné du comte de dernière année, &: Raymond évêque dcCarcaflônne
t^nS. au. Touloufc. Au relie on ne fixait où le P. Ange f a mourut le 1 1 ™ de Juin de l’an 1 1 4 1 - Au refie on mj. V,
t». ». /. si7- is que ]c premier mari de Beatrix , comte lie de doit lire Bcrmtmd au lieu de Bernard de Beziers , *•
Vienne , s’appclloit Guillaume Taillcfcr. puifquc le premier occupa h le fiége épifcopal de n f. es.
Par ce que nous venons de dire , on explique la cette ville depuis l’an 1 1 } o. jufqu’en 1150.
raifon pour laquelle Alfonfe , frère de Raymond V. - - ; -
lauuui'uu* - . / , , .
comte de Touloufc , exerçoit Ion autorité dans le
Daufiné vers l’an 1 1 67. & faifoit la guerre au comte
de Savoyc : c’eft fans doute parce que Raymond
qui avoir déjà pris pollèflion de ce pays des l’an
{ir.jftfii». 1163.8 au nom de (on fils , ayant alors d autres
„u. Ampt. cs à foùtcnir , & étant occupé d’ailleurs du
*''• 7,,‘ gouvernement de fes propres états, lui avoir confié
& 1 • t n. ..c-/ s- AïKli rommt; fureur
<0T I
UL
NOTE L I I.
Sur les anciens [ciyicurs d’Vfcx^
I.T ’Orîgirtc Sc la fuite des anciens (cigneurs
gouvernement de tes propres eca,s,n„ -v- . . Le d’ülez eft allez obièure , tant à caufè des
celui du Daufiné , & l’avoit établi comme tuteur difterentes branches qui ont partagé la fcignenne
du jeune Albcric Taillcfcr fou fils. de cette ville , & tranlm.s leur droit & leur nom
XVII. Alfonfe frère de Raymond V. comte de a d autres mations , que par la rcflcmblancc des
Touloufc vivoit encore en 1185. car nous avons noms propres. ..... r .
vû une charte originale de l’eglife de Chartres , par Suivant une épitaphe ° qu on lifoit fur les murs
laquelle Henri ro) d' Anpebrre , duc de Normandie de l’églile de 1 aboaye de 1 l.ilmodi au diocclc de
dde Gnicnne,d comte d Anjou, étant à Tours, con- Nifmes , Raymond- Deçà nfity.ur de Pofijutcres d
firma les donations qui avoient été faites en faveur dVjez. , qui y fut inhumé, dyaimmutaH mois
de cette é"life par Richard mirants de Normandie-, &Ao*t de l'an ttjg.fut pere dcsciejues Raymond
ce ou il fifen prcfcncc d 'Alfonfe fnre du comte de de Fiviers , Raymond d Ujez., Pierre de Lodeve ,
S G, Res de Guillaume archevêque de Reims , de (S Albert de Nifmes -, fur quoi nous remarquerons
Bavthelcmi archevêque de Tours, &c. Cette chat te que cette épitaphe doit avoir etc drcllcc long-
n’cft pas datée : on y voit feulement le fccau pen- tems apres la mort de Ravmond-Dccan , pmique
dant du roi d’Angleterre -.mais elle doit être pofte- Raymond Ion fils ne fut clu éveque de Viviers
b 1». GaU. ricureàlan 117 5° puifquc cette année h eft la pre- qu’en 1158. . . , _
çhn/i. f. U • J l’épifcop.ic de CCS deux archevêques; & H eft fait mention du meme Ravmond-Dccan,
eue Henri archevêque de Reims , piédeceUèur de & de Raynicr ou 1 Raynon fin frère dans un aefte P piÿ-W
Guil'aume , ne mourut que le 1 3 . de Novembre de de la meme aobaye de Plalmodi de 1 an 1 097.
y". D’un autre côté cet aéle eft antérieur à mais ces deux frc.es ne prennent aucun titre
1. mor de Henri II. roi d’Angleterre , arrivée en dans cct aefte. Le premier fc qualifie Raymond- De-
i 1 9 9 ainli il eft vrai fcmbUb’èment de l’an ,185. «* , on feulement Dccan , dans divers «1 titres des
dans le tems ou’ Albcric fils de Raymond V. comte années luivantcs jufqu en . 1 30. & nous ne trou- /ff.„,.4iu
dè Touloufc étant mort, Beatrix fa veuve, hcriticrc vous aucun monument ou il (oit qualifie fcigneur ♦«.
du Daufiné, fe fût remariée avec le duc de Bonrgo- d'U fez que fon épitaphe. Nous con, cécurons de
gne • Alfonfe qui auparavant avoir eu le gouverne- là que la kigncur.e de cette ville lui échut pat
ment du Daufiné au nom de fon neveu , fe retira fans fucccflïon. En effet nous trouvons un Elea^rdU-
doute à la conrd’ Angleterre aufliiôr après cc mariage. '
NOTE L I.
Sur le concile tenu à Narbonne fous
. répifeopat d’ Arnaud de Leve^on.
dré d'Avignon i & comme le même Èlcazar d’U-
O
iCOHC. to. 10.
f. 181t.
fez vivoit encore en * 1 1 1 8. 6c 1125. c’eft une ,N,,‘4n
preuve que Raymond-Dccan ne podêda la feigneu-
rie de cette ville qu’apres la mort d'Eleazar, qui eft
le plus ancien fcigneur dTJfez que nous connoii-
fions , 6c qui vrai (êmblablement fur pere du même
TE P.Labbe 1 fait mention d’un concile tenu Raymond-Dccan, 6c de Raynon fon frere, fci-
_ 4 à Narbonne en 1 M 4- par Arnaud archevêque gneurs d’Ulcz après lui. * .
de cette ville, légat du faine fiége, dans lequel il Roftaingdc Pofquicrcs foufcnvit
LLC.
’^i.
Digitized by ^.ooQie
RO T*
LU.
B Ë LANGUEDOC.
Généalogie des anciens feigneur s d'Ufez^ & de Pofquiere 's.
Hï
NOTE
fcll.
f f Pierre de Tof-
f Roftaing ÎI. fei- f quiercs vivoit en
J gncur dc Pofquie- I 1138. àci\\6.
I rcs , époufa en<
* 11 11. Ermetfinde J Roftaing III.
de Bciziers.il mou- I de Pofquicre. en
tuc avant 1146. i, 1 1 3 8 8c 1 1 4*.
r
Roftaing IV. Ici- ï Douce héritière
gncur dc Pofquie- 1 de Polquicrcs , é-
res&dc Margue- [ poufa en 1210.
rites en 12©^. *. Eracle feigneurde
vMomlaur:
Bermond , dont
les cnfins mouru-
Bermond I. fei- f E,z<*r H; fci‘^ *enc kns pollc-
gneurd Ulcz pour J gncur dePofquic- j ri
la moitié en 1144.» rescn 1 1 81.1 1^3. s
8c xio8.
' rite.
moitié en 1 144
il croit auili lci-
gneur de Pofquic-
resen 1 1 69- 117 4.
& 117*.
Êlzearl.fci
gncur d’U-
•ifczCniogg.
4l iuj.
Raymond Decan
fcigncurd’Ufcz&
de Pofquiercs, é-
poula vraifcmbla- 1 Àldcbcrt évé¬
nement N. hile | que de Nilmes de-
&: héritière deRo-J puis 1 1 jo.julqucs
ftaing I. de Pofi- } 1177.
quiercs. qui vivoit
en 1 o 6 6. Ray¬
mond - L'ccau
mourut en x 138
Bermond II. fei
i.Ç *><
n : de la
becanftijrneur
en 1283;
Raymond évê¬
que d'Ufez depuis
1150. julqu’cn
117?.
Pierre évêque de
Lodeve en 115g.
8c 11 60.
Raymond évê¬
que de Viviers en
n JS- & 11 60i
Faydide Femme
d’Alfonfè - Jour-
' dain , comte de
^Touloulê.
f Guillaume-Rai-
non vivoit en 1141.
8c mourut lans en
Fans.
Pierre abbé de
Plalmodi cm 174. ^
„ . .. \ gncur d’Ulez en ' arc la n,olt,c
Raymond , dit < £ar;ic c„ J f«eo izJ4
Rafc.is , icigncur/ J1.,_ (
d’Ulez en partie^
en 1 18$. 8c notf. 1 Lit
‘ • .r r • f Garhnde corn-
Ramor, II. fei- . tclrc dc forca|.
gncur dUlez pour icr> é cn
un 4e , & leigneur I Udefonfe
du Caviar, epoufa^ „ comtedc Pr0.
vcncc 8c roi d’A¬
ragon.
| Bermond lit. fèîgnewP
1 d’Ulez pour ia moitié;
laquelle Fur crig*c en
vicomte en 1328 cn Fa¬
veur dc Robcit (on iils.
d UJ I^c cc dernier dclcendoit
'iclta ' Simone , h: ricierc dc la
vicomte d’UFez , qui cn
14 ?6. épouFa Jacques de
Ballet - Crulïol , duquel
dclccn.îcnt les ducs d U-
^Fez d’aujourd’hui.
i v. Garltndccom-
teirc de Forcdl-
quicr: i°. N. U é-
toiemort en 1214.
Rninon t. fei-
gneurd Ufczavcc
Ion Frère Ray-
mond-Dccan, fut^
a 11 lli leigneur du I
Cay Iar:il vivoit en
ioj>7. & 1 n6. 8c
.époufa Beatrix.
Beatrix dame du
Caviar epoufa cn
1202. le Daulin
André dc Bourgo¬
gne, diiGui^uCiX.
f Èlzeardc Sabran
leigneur d’Ufez
pour n , qu’il
Guillaume dit • vcndit à
ManorcI, leigneur^ dc ccttc villc cn
d’Ulez pour un 8 ,
épouiaErmCilinde
D
z . Lit.
Guillaume dit
qui etoit veuve cn
1 260.
Rainon III. Fei-
gneur dc la Tour-
d' Aigue &d'Uiez
pour un 8e qu’il
vendir cn 1241. à
l'cvcque dc cette
L ville.
1280. Il a Fait la
branche des com¬
tes d’Arian.
Rofeie dataed'U-
Fez pour la moitié,
8: du Caviar au
Elzcar IV. fei-
gneur d’Ulez cn
partie cn 1234- c-J
poula Guillclmc- f
te : tclîa cn 12J4.
8c vivoit cucorecn
1271.
Berenger feigneur, d’U-
ez en partie , epoufa
avant l’an 1521. Blan¬
che de Plalian. Branche
(a petite-fille , héritière
dc la branche , époufa
après l’art i$::o. Hugues
de Laudun Feigneur de
Moiufaucon , dont les
dclccndans vendirent en
i4S»5* leur paît d’Üicx
au toi Châties VIII.
Aiamandc.
Guife.
Elzear III.de Sa- f Rain0n Iv. fci.
- — ’ fc,Sncur^ gncurd'Ulcz pour f partie.
diocèlcdcNilmcsX ^ u-cz Pour un un 4ScpoufaGuü-
éofti.Fa Rnii.iint? 1 quart en 1200. 1 .
R iinon V. Fei¬
gneur d Ufez ch
époula Rol’taing
dc Sabran : ede
mourut avant J’an
^MOf.
I
Iclmccc , fille de
Raymond-Gaucc-
lin Feigneur deLu-
nel , & de Sibylle
dc Montpellier :
il mourut avant
l’an 12541
Raymond Gaucelin If;
feigneur d'Ufez en partie ,
dc Ledenon Ac. Roujlc-
d j ^ 1 ,in de Lunel Ion
Raymond Gau. | coulin, lui donna ccttc ba-
« m I. leignor . roilni „
dUicz en pirtie Gcraudd’A.ni :iUcha„-
cpoula Üeairix dc ; gca (a pjrf cn Iip; anc
Je roi Philippe-lc-Bel. Il
tc;:a en 1314. Bca:rôc Ç*
l î ÜUe Kcf’0fciatde
l^Elzcare. [ Monrauban.
Fredol, qui etoit
veuve cn 127^.
l’union dc I abbaye dc S. Gilles à celle dc Cltin? ,
& en 1 oh S. à la charte de Raymond de S. Gil¬
les , immédiatement après Elcazar d’Ulez ; ce qui
joint à ce que Ray mcfxl- Decan prcnoirle lîirnom
de Polquiercs des l’an 3 1 103. nous donne lieu dc
croire que ce dernier epoufa une fille du même
. Roftaing , qui fut héritière dc la fcigneuric de
Pofquieresd
Le vicomte Bernard- Aton vendit b en ti4i.aRai-
/• Ï19. Z f' ^on & Guillaume Rainon , les patis qif’il avoit
aux environs du Caviar & dc Teillan dans le dio-
cclc de Ni filics 9 fi r les frontières de leurs dorn.vncs,
« Pr. ikid. Or comme nous apprenons d ailleurs c que les fe i-
*y!**ju §neiïr5 ^ pollêdoicnt les terres de Pofijuieres
T ome II .
& du Caylar > Se qu’ils croient va/Iaux 11 du même d />r- /• na
vicomte pour les domaines qu’ils polfedoierït dans
ce diocèlc, ce Rainon ne doit pas être différent
de Rainon leigneur d'Ufez cn « partie , & frere e p.
dc Raymond-Dccan : il vivoit encore par con-
feq tient cn 114/. Guillaume Rainon dont il cil
parlé dans cet aéle, éroir vrai lèmblablement Ion
fils, & mourut làns doute finis poftérité ; car nous
voyons Fque Rôle ou Rofeie fille dc Rainons St t A*
femme de Roftainq de Sabran , porta une partie de **/'• iM.
la Fcigneuric d'Ufez dans la mailon de ce dernier;
II. Raymond-Dccan feigneur d’Ufez Se de Pol-
quieres eut plu (leurs fils dont quatre furent évêques
dans la province > comme on la déia vu jfçavon1
MM Inm
•Note
LH.
641 NOTES SU K. L’HISTOIRE
Albert ou Aldebert de Nifmes depuis l’an 1141. & qui moururent à ce qu’il paroît fans poftérité ~ o T
julqn’en 1 177. Pierre de Lodeve depuis l'an 1444- avant l’an 1 168. parce que Bcrmond qui ne fe *
jufqukn 1 160. Raymond de Viviers en 1158 . & qualifioit en 11+6. 6c les années fuiyantes que
1 1 60. & enfin Raymond d’Ufez. M1* de Sainte- Bcrmond dUfez. prenoit en 1 1 68. le titre de fii -
Maithe * prétendent que cckii-ci eft le même que gneur dUfiz. d de Fofqmercs , ce qui fait voir
Raymond qui étoit évêque d'Ulez en 1 1 40. & qui qu’il leur fucccda.
t* Géü.ihrift. Maithe * prétendent que cekii-ci eft le même que
• f- h+6. ^;lymon(J ^uj (ftoit évêque d'Ulez en 1 1 *0. 6c qui
bCmii.chri/i. fiegeoit dès b Un 1114. mais ce Raymond ne peut
z67e* u'l'c' avoir été fils de Raymond Decan , 6c c étoit plutôt
Raymond qui fut évêque d’Ufez depuis environ
l'an n 5 o. jufqucn 1 1 7 9. 6c que ccs Mrs appellent
de Bornpar . Nous en trouvons la preuve dans ITR _ ^ » / • r . tr
n ; • , . p . „ a j,_c Epoque du voyave du rot Louis le Jeune
acte original de lan 2 160. que nous avons vu dans * 7 y ô
0 . I . _ . J»
*****[»'*? letréforc des chartes du Roi, par lequel Gal-
t tnionfe fa burge 6c Hugues d’Uffel (on fils, rendent foy &
hnmm aoe a a R avmnnd rnmre Ar Tonloulr •
dans la province à fon retour de
S* Jacques en Galice .
hommage à Ufez à Raymond comte de Touloufe ,
pour les châteaux d'Uflèl, de S. Laurent 6c de T E P.Pagi P prouve très-bien la vérité du pele- f u
iàinte Colombe , en prcjcnce de Raymond ézique JL 4 rinage du roi Louis le Jeune à S. Jacques en *“
d'Ufez. , (3 de Bcrmond dUJez. [on frire. Raymond Galice après fon mariage avec Confiance de Ca-
évêque d’Ufez, qui vivoit en 1169. ctoit donc de ftille , malgré le fiknee de la plupart de nos an-
ta mailôn des fèigneurs Je cette ville , 6c non de tiens hiftoriens : mais il fc trompe en fixant le
tiens hiltoriens : mais H te trompe en hxaiu le
•celle de Bompar, 6c il ne peut être diffèrent de Ray- tems de cet événement à la fin de l'an 1 1 5 5 . & en
mond fils de Raymond-Decan -, i °.En ce qu'on reprenant Robert abbé du Mont S. Michel qui le
n’a aucune preuve que Raymond qui fut évêque rapporte à l’an 1154. Cette dernière année eft en
d'Ulez depuis l’an 1114. jufqu’en 1150. fût fils effet la véritable époque du voyage de ce prince
du même Raymond-Decan. 2 °. En ce que les ttois au-delà des Pyrénées , en voici la preuve,
autres fils de ce dernier ne dirent élevez à la di- i°. Nous avons une charte H de Louis datée
gnité cpifcopalc, qu’en 1141. 1154- & 1 1 6 3- de Touloufe l’an 1154 .lorfqu il paffoit dans ceHe
Enfin il eft marqué dans un autre titre du tré- ville à fon retour de S. Jacques.
I trif for J des chartes du Roi de l’an 1154» que Ray- i°. Ermengardc vicomtcllc de Narbonne tt-
fidfaJ iîÎT niond évêque d'Ufez, qui vivoit alors, étoi ifrere nonça à la dépouille des archevêques de cette ville,
w. d' Al icbirx évêque de Ni'mes. Or il eft confiant ,& par un acte r date de MontpJUtr A Samedi //. de r c*xti m.
Mn de Sainte-Marthe en conviennent , que ce der- Janvier de l'an / /sf. régnant Louis roi de France ,
nier ctoit fils de Raymond-Decan. lorfqutl nveno't de S . Jacques. Cette date ne «•Hcfar.&
On vient de voir que celui-ci eut un fils appcllé (çauioit convenir à l’an 1156. en commençant ,27,‘
Bcrmond qui lui fucccda dans une portion de la . l’année à Pâques , fuivant l'ancien ftile , malgré
51 6. fêigncurie d’Ufez. Nous trouvons c en effet un ce quYn dit M. l'abbé Fleuri • , puifque la lettre • ?/«*.*»/.
î«M66.s7t. Bcrm0nd feigneur d’Ufez qui vivoit en 1 146. dominicale ne peut s’accorder avec cette dernière l' 7°**
19 j. î9j. ^ les années fuivantes ; ce qui fait voir que M" de année , au lieu qu’elle convient très-bien à l'an-
fGtU.chrifl. Sainte -Marthe * (c trompent encore, lorsqu'ils née 1155. Pr’k fuivant notre manière de comp-
j. f- 77*- appellent Raymond, au lieu de Bcrmond , le ter depuis le prunier de Janvier. Ce n’eft pas là la
frcrc du même Aldcbert évêque de Nifmes. feule preuve que nous ayons qu’on datoit indiffe-
ç fr. p. 60U Bcrmond iè qualifioit 8 feigneur d'Ufez. d de remment dans la province au XII. fiécle, ou depuis
n naar&
Du et.
Ot. ocrmona icquaimoit s jeignrur aujez. w ae remment crans la province au au. uecie , ou depuis
fcfr. 1#. 1. Pofquieres en 1 1 68. & prenoit le titre u de fci~ l’Incarnation , ou depuis la Nativité de notre Sci-
gneur d'Ufez. d de Pof f tut res par l.i grâce de Dieu gneur J. C.
en 1 174. H avoit alors deux fils Elcazar 6c Ray- j°. Il eft certain d’ailleurs quele roi Louis Iejeune
mond dit Rafcas , qui firent deux branches. Le étoit aux environs de Montpellier au commence-
dernier eut en prtage une portion de la feigneu- ment de l’an 1 1 5 5 . il donna tn effet un 1 diplôme t Fr-F-su.
irr.f. fot. rie d’Ufez *. Cette portion fut érigée en vicomté en faveur de l’églifc de Maguclonne aux environs
en 1528. en faveur de Robert l’un de fes delcen- de cette ville, le Mercredi jt urdes Cendres ç.dc Fe-
dans males. Elle fut portée en 14S6. dans la mai- vritr de la même awxe ; calculée par conlcquent
fon de Baflet-Cruffbl , par le mariage de Simone depuis la Nativité , ce qui fixe encore l’cpoquc de
d’Ufez héritière de cette branche , avec Jacques la charte d’Ermengavde vicomtefle de Narbonne.
deCrullôl , & érigée en duché en 1 5 7 z. Elcazar 4®. Enfin Raoul u de Diccto auteur contem-
k Ff*f. 571. ou Elzear, l’aîné, qui étoit déjà grand en 1 16 i.k fit porain , parle du voyage du roi Louis le Jeune à hifa.f.iir
la branche de Bofquicres&deMarguerircs qui tom- S. Jacques, fous l’an 1154. ainli l’abbé Robert,
ba en quenouille au commencement du Xlil. fieele. autre hiftorien du tems,n’cft pas le fèul qui le
IV. Il y avoit eu auparavant une autre branche mette fous cette époque,
de la maifon d'Ulez qui avoit porté le nom de Mais,ditleP. Pagi x , il eft certain que la reine
Pofquieres’, car Roftamg fils de Dccan de Pofquieres , Confiance, femme de Louis le Jeune , étoit en
époufa en 1 12 1. 1 Ernu dinde fille de Bernard- Efpagne auprès d’Alfonfe roi de Caflille (ôn perc*
Aton vicomte de Bcziers. Or ce Decan perc de le premier de Janvier , &c le 6. d’Oélobre de lan
■» y -F- 537* Roftaing, n’dl pas diffèrent m de Raymond-Decan 1156. Scroit-il vraifcmblable , qu’ayant accompt-
feigneur d'Ulez 6c de Pofqtiietes dont on a déjà gné (ans doure le roi (on mari dans fon voyage,
parlé. Rollaing de Pofquieres fils de Decan 6c elle eût demeuré enfuite fi long - tems feparée
mari d’Ermdlinde, ctoit donc frère de B.rmond I. de lui r A cela on peut répondre , que quand même
. feigneur d'Ufez. Il hérita de la terre de Pofquieres, Louis le Jeune n’auroit entrepris ce voyage qu’en
6c des autres domaines du diocèle de Nifmes \ ôc 1 1 s 5- Confiance auroit toujours demeuré plus de
comme il étoit déjà marié en 1 1 2 1 . il devoit être neuf mois feparée de lur,& qu’a fon retour en 1 ran-
l’aîné. Il eut deux fils d’Ermt dinde n de Béziers fa ce, ce prince l auroit laidëeaupièsdu roi de Caflille
♦p. fçmme, Pierre & Rollaing qui vivoient cn°i 146. fon perc. Mais quel qu’ait cté le motif duféjourdc
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le premier de Janvier , ôc le 6. d’Oélobre de l'an
1156. Scroit-il vraifcmblable , qu’ayant accompa¬
gné fans doure le roi fon mari dans fon voyage ,
elle eût demeuré enfuite fi long - rems feparée
de lui : A cela on peut répondre , que quand même
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N O t
JLl V.
DE LANGUEDOC. 64 j
Confiance au-delà des Pyrénées fons le roi fon Robert rapporte cette entrevue fous 1 an tx59.ini-
maii, il eft certain que ce dernier ctoit déjà de mcdiatcmcnc après avoir dit, que le roi d’Anglc-
rctour en France à la fin de Pan 1154- com- terre célébra la fête de Noël de l’an 1 1 5 8- à Cher-
mencement de 1 année fuivante. Comme le roi de bourg avec la reine Elconor fa femme : ainfi cette
Caflille étoit alors à la fin de (es jours , Louis peut conférence fc tint au commencement de l’an 1 1 5 9,
lui avoir donné la confolarion de iaifler auprès de Or nous voyons que le comte de Barcelone, dans
lui pendant quelque tems , la reine fà femme , qui un aéle du 1 4. de Juillet de l’an *1159. promet , 1 * urc.uijf.
fera demeurée (ans doute a la cour d’Efpagnc ju(- s'tlrevenoit de la pre/ente armée oh il alloit , decon- f- l,27*
J., ™ _ _ _ : !_ - . r 1 n' 11 1 . A' •
qu'à la mort du roi (on pere
d’Aoûr de l’an 1 1 57.
qui arriva le a 1
NOTE L I V.
firmer dans uneaflèmbiée generale une reflitution
qu’il fit alors à l’églifè de Gironnc ; ce qui s accorde
parfaitement avec fà jonétion avec le roi d’Angle¬
terre pour l’expédition de Touloufe*, où ils furent
occupez pendant les mois d’Aoûc & de Septembre ,
comme nous le verrons bien- tôt.
m n# . dt
« ut. 1 r » t r » tuimijc uuus ic vcuuiis uicu-iuu
Sur tcf.,,.' du ftgc J' Touloufe far „ Ros„ Jc Koïeden . _ Hcnti 6
Henri //* roi d Angleterre , fur couronner pour la troificme fois à Wincheflc r ncved.ikidi
quelques circonflances de fon expédition. avec la reine Elconor fa femme , à la fête de Pâques
de l’an 1 1 5 9. la même année qu’il alliegca Tou*
t1à?inTh*i- I, T TN nouvel Iiifloricn 1 d’Angleterre parlant loufc, 8c avant que d’entreprendre cette expédi-
du fiege que le roi Henri II. mit devant rion ; ce qui prouve 1 qu’après l’entrevue de
1 ' Touloufe , 8c de quelques autres évenemens cèle- Blayc, Henri fe rendit en Angleterre , 8c que cette
bres , arrivez durant la guerre que ce prince entre- entrevue cfl par confcqucnr du commencement de
prit tant contre le roi Louis le Jeune, que contre Pan 1159. 20. Que quoique Henri eût aflèmblé
Raymond V. comte de Touloufe, place leur épo- fos troupes dès la mi-carême de la meme année,
que conforment & en general depuis l’an 1159- fuivant l’abbé Robert, pour l’expédition de Tou-
julqu’cn 1 1 6 5. & fufpcnd fon jugement fur la date Joule, il ne paflà cependant la met pour fc mettre
particulière d’un chacun , à caille , dit-il , de la di- à la tête de l’armce , qu’après la fetc de Pâques*
vcriïté qui fc trouve parmi les hiftoriens fur ce fu* qui ccrrc année tomba le 1 1. d’Avril , ce qui
jet : mais il n’cft pas difficile, avec un peu d’atren- cft conforme à ce que nous apprend Gcoffroi de
tion & de critique* de la fixer. Arrêtons-nous à Vigeois témoin oculaire ; car, félon cet auteur0, "G'-fr* yv*
- 1 — ... 1 0 •»,.»•’ r\ • (oraH.p.j 10.
Je roi Henri n arriva a mfgucux pour cette expé¬
dition que vers la fête de S. Martial, qui tombe le
3 o. de Juin.
Il s’enfuit de là qu’on doit rectifier la date fui-
"cnZfidt- abbé du Mont S.MicIul, Roger dt Hovcdcn, &Jcan vante, d’une charte rapportée par Guillaume de la
l’époque du fiege de Touloufe, comme à celle
qui nous intercfle davantage.
b %«J. dt i°.Prcfquc tous lesanciens hiftoriensb Anglois&
kwiîîî' franǰ's^a fixent à l’an 11 5 ?.&cn particulier Robert
jév. Lxb.yrA- Salifl^cri c , auteurs contemporains ou témoins
1..1./.27I. & . • , a r
19c. oculaires. Le premier a marque cxprcucmcnt lous
l’an 1 1 s 9. que Henri II. fit aflcmblcr fos troupes à la
i4) 9!* i'P mi-carême de la même année pour cette entrepri (c,
?r...r i.&c. ^Qn fcallroir dire que ce fût au carême de l’an
ên*. u,f. ». 1160. pris fuivant notre manière de compter,
17.
Str.
C ‘dur et
Croix: AElum° anno Domtni M . C LM II licnrico
rege cum exe» ci tu fuo fuper Raimunin colite in -
J} Ante , tÿ apud oppidum Caftri-novt de StnElis fn- 7+. . ' r
tibits manente. On ne fçauroit appliquer cette date
aux trois premiers mois de Tan 1 1 5 9. en com¬
mençant i’année à l’Incarnation , comme on foi-
/.m s-- a*nh <]l,c Dingo eparoit l’avoir entendu, puilque foit alors très-fouvenr , puifque le roi Henri n’ar-
ruker.cet.uz- Robert compte toujours le commencement de riva fur les frontières des états du comte de Tou-
e*ri».i.i.t*p, l’année depuis la Nativité, comme on peut le veri- loufê , qua la fin de Juin de l’an x 1 5 9 ainfi il y
d v- d, fier dans l’édition exaéle que le P. Dacheri a don- avoir fins doute m. c. lviiii. dans la charte, &
Mntted.D*. ncic jc chronique: cela doit fervir à rc élifier la La Croix n’aura pasfoir attention au dernier chiffré.
tfef 7 * chronologie de la chronique donnée par Du Chef- Le P. Pagi P a adopté cetre faute & conclu de- là p P4Sum<
u*' ncf, cIl” q1” rapporte l’expédition que la guerre que Henri II. roi d’Angh terre dé-
1 89. * de Touloufe à l’an 1 1 58.au lieu de l’an 1 1 59. ce clara à Raymond V. comte de Touloufe , corri-
htrmïn °ll" a tromP^ P* Daniel. mença dès l’an 1158. mais le contraire paroît par
991. Roger de Hovcdcn s n’eft pas moins précis : il tout ce que nous venons de rapporter. Ce critique
raPP°rfe 1 expédition de Henri IL roi d’Angleterre a commis une autre faute, pour avoir foivi trop
fert. i.p.iti, contre la ville de Touloufe, à l'an nsy* J* Ctn~ aveuglément Catel,qui citant dans deux endroits
r#*fc ejMiéme année du régne de ce prince , qui parvint au differens * de fon hiftoirc des comtes de Touloufe q Cdtel et mu
trône d’Angleterre ail mois d’Odtobre de l’an cette date rapportée par la Croix, a mis par erreur z-*01*^*®**
h CuJi.nch- M 5 4. Il n’y a donc que Guillaume de Ncubi igc h dans le premier , L*d,vico rege . . . fuper Rajmundo
L 2* hiftorien du tems, qui paroiflc contraire > cat il comité t>:jl.wtey au lieu d'Henrico rege. Si le P. Pagi,
place cette expédition johs la vu. année du régné qui a employé la première leçon, avoir confulté
du roi Henri , 8c la fixe par confcqucnt à l'an lui-même Guillaume de la Croix , il auroic évité
1161. mais on peut fort bien expliquer cet au- cette faute.
teurôe le concilier avec les autres hilloricns, en III. Gcoffroi de Vigeois r.n’e(l pas d’accord avec
fuppofant qu’il compte les années de Henri de- Roger de Hovcdcn touchant une circonfîance de
puis qu’il fut afiocié au trône d’Angleterre eu cetre expédition : c’tft au fu jet de Mnlcoline roi
1 1 s }• par le roi 1 Elliennc , après la mort d’Eu- d’Ecoflè. Le premier allure que le roi d’Angleterre
ftache , fils de ce dernier, arrivée le 1 o. d’Août de donna à ce prince , qui étoit à fà fuite , la ceinture
la même année. militaire dans un pi c voilin de Perigueux , avant
^ x°. Il efl certain que k Raymond-Bcrcngcr comte le fiege de Touloufe ; 8c l’autre 1 prétend que ce v.v -
tht9n' de Barcelone, fc ligua avec le roi d’Angleterre, qu’il fut à Tours ail retour de ccrte expédition. L’auto-
le joignit pour certc expédition, 8c qu’ils curent rité de Geoffroi, qui étoit fur les lieux , nous pa-
auparavanr là-dcfîus une entrevue à Blayc. L’abbc roît d’autant plus préferablc.quc quoi cju’ilfttalor»
Tome II. M M m m ij
t G AH fri i.
Vcj.f. jio.
«Ni ». 7
f Hjf. d€
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64+ NOTES SUR L’HISTOIRE
allé/ ordinaire de donner indifféremment la cein- tion de défendre la place en perfonne , il aban- •> jT ^
turc militaire avant , ou après quelque entreprife donnerait cette entreprife par refpcA pour lui « Lly E
conlidcrable; iln’cft pas cependant vraifemblable qui étoi* Ion feigneur > &c. »> Le P. Daniel cite
que Henri ayant été oblige de lever honteufement à la marge Henri, ( il falloir dire Roger ) de Ho-
le fiege de Toulon fc : il ait voulu faire une cérémo- veden : mais cet hiftoricn Anglois ne dit rien de
nie, qui , lorfqu’clle étoit poftérieure à Paékion, cette circonftance, ni même du roi Louis le Jeune-,
riétoit d’ufage qu’après la viûoire. autres hiftoriens 1 qui parlent de la defenfc ir.
IV. Ces deux hiftoriens conviennent que Henri de Touloufe par ce prince , font afTez entendre
afliegea Touloufe , & nous avons une lettre 4 de qu’il étoit dans la place dès le commencement du 1159.
K O T E
LIV.
le/ ordinaire de donner indifféremment la cein- tion de défendre la place en perfonne , il aban- » jT ^
jrc militaire avant , ou après quelque entreprife donnerait cette entreprife par refpcél pour lui « Liy. E
onlidcrable; iln’cft pas cependant vraifemblable qui étoi* Ion feigneur , &c. »* Le P. Daniel cite
ft JtéH. Sd-
titktr .
<0.
<0. ' * Jean de Salifbcri , écrite durant cefégey dont il licge.
** cn ^ autres endroits de fes ouvrages. Robert ^ _
M * 1 i \kiit abbé du Mont S. Michel b, & Guillaume de Neu-
brige femblent cependant nier la vérité de ce fiége: . NOTE L V.
ils prétendent que le roi Louis le Jeune s’étant jetté • f> rn * , „ r
dans la viUe , Henri n’ofa laffiéger par refpeû : Sur Gaucelin d Afillan maître des Hof.
maison peut fort bien les expliquer, en fuppofanr, f italien de Jerufalem , & quelques -
comme il eft cenain , que Henri afliégea en effet la autres grands-mai très de cet ordre.
ville de Touloufe , & que s étant confumé inuti¬
lement à ce fiége, ainfi que le témoigne Roger de L Uillaume vicomte k de Minerve, étant à S7t-
Hoveden , auteur non fuîpeél , il fc lervit du pré- Vj[ Carcaflonne au mois de Décembre de l’an
texte du refpcâ qu’il avoit pour le roi Louis le 1161. reconnut tenir en fief de Raymond Tren-
Jeune fon feigneur , qui défendoit la place , pour cavel vicomte de cette ville , & de Roger fou fils ,
ne pas continuer les attaques , & décamper avec le cliateau dcLauran dans lediocèfe de Narbonne,
v.
Thtirti h fi.
** I. 7.
c de
Mente * bid.
quelque honneur: c’cft ce que Geoffroi de Vigeois en préfence de Gaucelin prieur de Cbop:tal de féru -
fait entendre d’une maniéré allez claire. falem. Il eft marqué dans un 1 autre aéle du 4. d’O- 1 f. i97 4
V. Cette expédition dura près de trois mois , Ûobre de l’an 1 1 63. qu’Ermcngarde vicomteflc
fuivant l’abbc Robert c , qui allure que Henri après de Narbonne, confirma l’abbaye de Quarante fituce
avoir pourvû à la défenfe de Cahors , s’en retour- dans le diocèfc de cette ville , dans la poflèflion
na cn Normandie au mois d'OBobre . Cela s’ac- de la moitié du château de Coerncraco , en préfence
corde parfaitement avec Geoffroi de Vigeois, fui- £ Arnaud de Mcmefcot maître de la Milice , de
vant lequel ce prince , qui s’etoit rendu à Péri- Gaucelin £ Sîftllan maître de i hôpital de ‘jerufalem ,
gueux pour cette expédition à la fin de Juin , s’en &c. Nous concluons de là que Gaucelin d’Afillan
retourna par le Limoufin , & arriva à Uzcrchc à doit être mis au rang des grands-maîtres de l’ordre
la S . Michel , ou à la fin du mois de Septembre *, des hofpitaliers , ou de Malte , qui dans le XII. fie-
<to/rV4/.D#- d’où il réfulte, i°. qu’un auteur d Anglois qui a
écrit a > fc trompe lor (qu’il
avance que le roi Henri allîégea Touloufe depuis
laS.Jean-Baptifte jufqu’à laToufîàints. i°.Quc le
e Pngi dd p. Pagi « , qui fiir un endroit mal entendu de Gnil-
1161.4*
7*
cle m & les fuivans ne fe qualifioient pas autrement. m v • G"1*
Toute la difficulté confifte en ce qu’aucun hifto- 20! r. s*
rien de cet ordre , n’a fait mention de Gaucelin ,
& qu’ils mettent depuis l’an 1160. jufqu’en 1164. [u r‘
d’autres grands-maîtres de l’hôpital de Jerufalem.
laume de Neubrige fait durer cette ^expédition Voyons fur quoi ils fe fondant.
depuis 1 an x 1 \ g. iufqu en 1 1 60. n eft pas mieux Henri Pantalcon “ le plus ancien de ces lufto- "
r r , / i I T r . 1 1 - • • ' > nM eri.Udn.rekt
tonde. riens , dans (on ouvrage latin imprime a Balccn l9.
VI. L’abbé Robert qualifie comte de Nifmes 1 581. dit qu’ Arnaud de Comps quatrième grand- ér41,
Trencavel , qui fè joignit pour cette expédition maître & îucceflèur d’ Augure , mourut fort âgé
au roi d’Angleterre , avec lequel il s’étoit ligué vers Van 1 1 S7. & que Gilbert Jifcalus lui fuc-
contre le comte de Touloufe. Mais Trencavel n’6- céda. Il ajoute que ce dernier abdiqua la maitrife
toit que vicomte de Béziers, de Carcallbnnc, d’ Albi en 1167.
& de Rafcz. C’étoit (on fiere Bernard-Aton qui Jacques Bofio 0 dans fon hiftoire Italienne de ° *>r- ^
étoit alors vicomte, & non pas comte , de Nifmes. Malte imprimée en 1 61 1. dit au contraire que le
line paraît pas d’ailleurs que ce dernier ait pris grand-maître Raymond du Puy étant mort en 1160.
g**i. Neum aucune part à ce fiége. Guillaume de Neubrige f a Auger de Balbcn lui fucceda la même année. Il
‘ évite cette faute : mais il en a commis une autre en marque enfuite que le meme Auger allifta comme
donnant le nom de Guillaume à Trencavel > tan- grand-maître des Hofpitaliers , au concile de Na-
dis qu’il eft certain qu’il s’appclloit Raymond. Le zaret tenu en 1 1 60. qu’après la mort de Baudoin
P. Daniel S qui rapporte le fiége de Touloufe à 111. roi de Jerufalem, décédé le 10. de Février de
l’an 1158. a adopté ces deux fautes, en difant l’an 1163. il favorifa l’élçûion P du roi Arnaud pp*
que Guilluume-Trenc.lv cl comte de Nifmes , & vi- fon fuccclfeur-, qu’il mourut peu de jours après -, ^
comte de Béziers, fc ligua auffi avec le roi d’An- qu’ Arnaud de Comps lui fucceda immédiatement \
glctcrrc. & qu’enfin cc dernier accompagna le roi Amauri
iik.f. U17 . Vil. Si nous en croyons ce dernier hiftorien h, en Egypte dans l’expédition que ce prince encre-
lc roi Louis le Jeune n’entra dans Touloufe pour prit au mois de Septembre de l’an 1163. contre le
défendre cette ville, que long-tems après que Henri foudan Dargan , &c. Mais il cft certain que tous
en eut commencé le fiége. « Henri , dit cet au- ces faits (ont avancez fans aucun fondement, com-
► tcur, alïiégca Touloufe*, il perdit beaucoup de me nous le verrons bientôt. M. l’abbé de Ver-
•• gens de qualité à ce fiége: mais il commençoit tôt <1, moins occupé dans fa nouvelle hiftoire de
•» à ferrer de plus près lesTouloufains, lorfquc le Malte , à enrichir fon ouvrage par des recherches,
w roi après avoir forcé un quartier du camp , en- qu’à l’embellir parles grâces du difcoursjesaadop-
•• tra lui- même dans la place avec de très-bonnes tés: il s’écarte néanmoins en un endroit de Bo-
troupes. Ce fuccès déconcerta le roi d’Angle- fio , fans cn dire la rai fon , & il ne donne1 c/ui f J*.
• terre > il fit dire au roi que le voyant en réfolu- peine deux ans de gouvernement au grand-maître
f Gutl. NeUm
h,
de Fr. f*. i .
•»-/•/. f. 12x6.
%n.f. 1217.
pp. «4**
q Vert. Lifi>
de Mdlt.l • U
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Google i
*-1 Auger de Balben , qa’il fait mourir vers ia fin de
^ ® Février de l*an 1 1 6]. Auger n’aura donc fuccedé
â Raymond du Puy qu en né J. Encrons dans le
dérai].
I.ANGUED OC. ; ; <4*
rs ia fin de Gaucelin d'Afillan n’ait fucçcdé deûoti à ce der¬
me fiiccedé nier, & qu’il n’ait été grand maître jufqu’apiès Je
ons dans le mois d’Oûobre de Fan 1 1 6 $ . Quant à Arnaud de
Comps il peut avoir fuccedé à Gaucelin ou â la fin
iv étoir en- de I4 même année ou la fuivance , & être mort
NO T E
Ly.
voyons en 1 1 6 1 . & 1 1 3 . à la cour des vicomtes
de Carcjfïonne & de Narbonne , nous trouvons 1
dans la province une famille noble de fon nom >
à laquelle le château d’AfilJe ou d’Afillan dans le
diocéfo de Narbonne avoir donné le lie i. A cela
i°. Il eft certain que Raymond du Puy étoir en- de I4 même année ou la /uivance , & être mort
core maître des Hofpitaliers en 1155. fuivanr le avant Fan 1 1 67. que Gilbert Aflâlit pollédoit le
1 cmB-Tyr- témoignage de Guillaume de Tyr * : mais cet hifto- magif}crc de l’hôpital de Jerulâlem. Gaucelin d’A-
Lll'c‘ l' rien ne parle plus de lui, ni d’aucun autre maître fillan aura donc été certainement grand-maître de
kx.io.*. s- de l’Hôpital , jufquen 1 1 67. qu’il fait mention b cet hôpital.
de Gerbert furnommé Affaltt. Ainfi on ne fçait fur II n y a pas lieu de douter que ce grand-maître
quelle autorité les hiftoriens de Malte mettent Au- ne fut natif de Languedoc : outre que nous le
ger de Balben & Arnaud de Comps au rang des voyons en 1 1 61. ôc 116$. à la cour des vicomtes
grands-maîtres. de Carcjfïonne & de Narbonne , nous trouvons i
2 °.Suppofons cependant qu’ils ayent eu en main dans la province une famille noble de fon nom >
des preuves de Féxiftence de ces deux grands-maî- à laquelle le château d’AfilJe ou d’Afillan dans le
très, & qu’ils ayent jugé à propos de les fuppri* dioccfc de Narbonne avoir donné le lie 1. A cela
mer, dans un lîecle aufli obfcur pour leur hifloirc ; on doit ajouter que le Languedoc faifoit a!or$,
il eft certain du moins qu’ils n’en ont aucune pour comme il le fait encore aujourd’hui , la portion la
l’époque de jeur magiftere , ou gouvernement , & plus confidcrable de la Langue de Provence, la plus
< Ment, cela eft fi vrai c que Naberat dans ion hiftoire Fran- ancienne de l’ordre i que les Holpitalier s eurent
dfsd*je"Vï. çoifcdc Malte, pofterieure à celle de Bolîo, & leurs premiers érabli/Iêmens d’Occident dans cette
s. imprimée en 1 61 9. convient de bonne foy que le province, entr’autres à S.jGilhs fur le Rhône,
maître Auger de Balben , qu’il fait mourir peu de d’où i/s s’établirent dans le voifinage fous la pro¬
rems après fon clcétion , & avant la mort de Bau- teclion des comtes de Touloufe ôc des grands foi*
doin 111. roi de Jerulâlcm , ri a laiffe autre mémoire gneurs du pays, qui lesfavorilèrent toujours beau-
l tt. frivii. de fit que fin nom \ ôc dans le traité que cet d auteur coup ; ôc que les deux grands-prieurez de la langue
a fait des privilèges de l’ordre de S. Jean, il avoue de Provence , les deux premiers de l’ordre , font
fa. ’ encore au fujet du même Auger , qrion ne trouve iituez en Languedoc: ce qui fait qtfon ne doit pas
\r. i té tê¬
tu feus U nttiê
(i'Aiiilan.
l.tk.i.f. S.
tien de remarquable de lut que fin nom , non pas
même de quelle nation il et oit. Aufli ne ci tôt- il
aucun monument où il fbir parlé de lui , non plus
que d’Arnaud de Comps fon prétendu fucc*. fk ur.
}°. On n’a aucune preuve qu’ Auger de Balben
maître de l’hôpital , ait allifté au concile de Na-
être forpris fi les premiers grands* maîtres desHo£
pitaliers étoient de la Langue de Provence. Or
nous avons prouvé ailleurs k qu’on comprenoit * v
alors , fous le nom de Provence , non feulement la Iül#’<
Provence proprement dite , mais le Languedoc &
les provinces voifines : preuve certaine qu’on ne
K V.ci deffnt
Liv. xiv. n.
ici. à- xvui.
zareth de Fan 1 1 60. qu’ilait fàvorife l’élcdèion d’A- doit pas attribuer plutôt à la Provence propre, qu’i
mauri roi de Jcrufâlcm , qu’il foit mort peu de
jours après cetre élection , qu’Arnaud de Comps
lui ait fuccedé , & que celui-ci ait fuivi ce prince
dans l’expédition quil entreprit en Egypte en 1 1 6 $ .
En effet il n’eft rien dit d'Augcr, ou du maître
ri Y;GmUt de FHôpiral, ni dans les aéèes * du concile de Na-
ces autres provinces, les grands-maîtres qui ont
été tirez de la Langue de Provence, & dont on
ignore le lieu précis de la naiflance.
II. Ces obforvatiom, qui font inconteftables »
nous donneront lieu dans la fuite de revendiquer
au Languedoc quelques grands-maîtres qu’on fait
i*. * zareth, ni dans les monumens qui y ont du rap- natifs, fans autre preuve & â la faveur de cette
P°rr> n* enfi° dans cc ^uc nous a kiffë Guil- équivoque , de la Provence propre.
fa. ' laume de Tyr fur la mort de Baudouin III. roi de On peut les appliquer, en particulier^ Raymond
Jerufolem, for Félcéhon d’Amaurifbn fucceflèur, du Puy fécond grand-maître de l’ordre, Ôc pio-
& fur l’expédition que ce dernier entreprit enEgyp- prement fon inftituteur, dont on ignore la patrie,
te au mois de Septembre de Fan 1163. Tout ce II eft vrai que quelques modernes ont prétendu
ICêiU. Tyr. qu’il dit fur ce dernier { article , c’eft qu’ Arnaud qu’il croit natif du Daufiné ; mais , de leur aveu ,
,l9t€,s% ayant allemblc une nombreufè armée, s’avança tous les anciens gardent là- delliis un profond fi-
vers le foudan Dargan .* Con^egatis militanbus co- lence •, ôc tous les foins que s’eft donnez en dernier
pdf y & exercuu copiofi . Ces paroles fiiffifênt â lieu un fçavant magiftrat 1 par fês nouvelles recher- I M.U p.i/td.
yK?' *id' Verront, pour faire trouver le pré- ches, pour aflîircr ce grand - maître au Daufiné,
tendu grand-maître Arnaud de Comps â Fexpé- n’onr abouti qu’à prouver qu’il y avoir une maifbn rst.t.o.fam
dirion d’Egypte , & faire convoquer pour cela à du Puy établie dans cerre province aux environs de u
Amauri la noblefle (J les deux ordres militaires : Romans dans le XII. fiée le ôc les fuivnns; ce qui
mais fi les paroles de Guillaume de Tyr peuvenr ne décide pas la queftion, puifqu’il y avoir alors
foufïrir cette interprétation, il eft certain du moins d’autres familles de ce nom dans les provinces voi-
qu’il n’y eft rien dit d’Arnaud de Comps , ni du fines , & qu’il y a pour le moins autant de vrai-
maître des Hofpitalicrs.
On n’a donc rien de certain fur les maîtres de
l’hôpital de Jerufâlem depuis Fan 1155. jufqu’cn
j 167. Naberat*1 fait mention feulement d’un di-
ïii.‘ ”dr' plome accordé en 1 1 5 8. aux Hofpitalicrs de Jeru-
fèmblance que le grand-maître Raymond éroit de
la mnifon du Puy en Languedoc, que de celle du
Puy en Daufiné.
En effet i°.nous trouvons m en 1 1 1 o. un Pierre - * SpUiUê P.
Raymond du Pu y dont les domaines s etendoient f%
falem par le roi Louis le Jeune , du tems de Ray - dans lapartie méridionale du Touloufiin. On voit p • <7 •
moud du Puy y fécond grand maître. Ainfi fans doute ici le nom de Raymond dans cette maifon , Ôc on
Raymond vivoit encore alors ; mais il peut être n’a aucune preuve qu’il ait ère en ufâgc dans celle
décédé la même année , ou fi Fon veut en 1 j 60. de Daufiné : or perfonne n’ignore que les noms fe
rien n’empêche donc qu’Atigcr de Balben ne lui ait perpetuoient alors dans les familles,
fuccedé immédiatement , que celui-ci ne foit mort z°. Ce Pierre Raymond du Puy avoit époufe n fl
avant le mois de Décembre de l’an 1161. que alors Adèle lœur de Raymond comte deMclgueil
V . Liv. xyi,
.15.
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NOTES SUR UNI ST O IRE
«46
N o Tfe Subftântion, qui vers l’an 1109. entreprit le
LY * voyage de la Terre- fai nte* Adele fa femme étoit*
1 w^.xxxv 1. coufine germaine de Bertrand comte de Touloufe
qui la même année alla en Orient pour continuer
les expéditions de Raymond de S. Gilles fon perc,
iïtnrfïïïi ie ^ue e m^me âUtcllT appelle b mal-à-propos Ray-
117!! * 1 moni- Berenger. Adele de Melgiteil éroît encore
coufine germaine des comtes de Barcelone & d’Au¬
vergne épreuve bien certaine que Pierre-Raymond
du Puy fon mari étoit d’une nobleiïe des plus di-
ftingüées. Raymond du Puy , qui fut depuis grand*-
maître de l’ordre des Hofpitaliers , aura donc cté
de cette mai fort , & il aura fuivi le «mite de
Touloufe ou celui de Melgueil fes parens ou fe$
alliez > dans la Terre- fain te.
3*. Nous apprenons enfin qu’Amclius évêque
de Touloufe , frère du même Pierre-Raymond dù
Puy étoit très-affeélionné à l’ordre des Hofpitaliers:
e r. Liv. cc prélat fonda c en effet eti 1119. dans fa ville
épilcopale la commanderie de S. Rcmi , qui eft dé¬
corée aujourd’hui du titre de grand prieuré , & il
i Cdtti mon. leur accorda d trois ans après de grands privilèges.
*7*' 1 1 1. On doit ajouter aux grands- maîtres de cet
Ordre , natifs du Languedoc , Gilbert Afuhty qu’on
fait lucceilèur immédiat d’Arnaud de Comps :
i°. on trouve une famille noble de même nom
UtfimUnv* établie c au commencement du XII. fiécle dans le
ÀtUiit. dioccfe de Carcallonne. 1 Q . Il y a une parfaite ref-
femblancc entre le furnomdu grand-maître & celui
de cette maifon , qui eft allez particulier, & qu’on
ne trouve pas ailleurs; car c'cft fans aucun fonde-
r tjdier» prr ment que les écrivains f de l'ordre de Malte l’ap-
virrli.p.; so. pillent Gilbert d'Affaljy dAJfaltt, de Sailli , ou
Martyi. dl de Sully . Guillaume de Tyr fon contemporain , qui
Uénd!ur»f. Ie nomme Herbert Ajfalit , ne laide aucune équi-
&<. voque fur fon nom.
IV. Du telle on pourroit dire peut-être que Gau-
celin d’Alillan ne fut que maître particulier des
Hofpitaliers en Provence, ou même fi l’on veut en
Occidcnt,de la même manière qu’on voit en 1143.
5 Hyi m*'ltre ^es Templiers dans les G. iule s , & un au-
fatj. tre maure des Templiers en Provence (3 dans une par¬
tie de rEfpAgne > (ubordonnez à Robert maitre de la
milice de Jerufalem . On trouve encore en h 1149.
K it» /• *3° j, un maître de la milice du Temple dans les parties
d Aragon y de Catalogne (3 de Provence: mais outre
quon n'a aucune preuve que l’ordre des Hofpira-
licrs ait été gouverné dans ces provinces au XII.
fiécle par des maîtres particuliers , c’eft que ceux
de l’ordre des Templiers prenoient leur dénomi¬
nation des provinces de leur département , au lieu
que Gaucelin d’Alillan prend en 1 1 6 1 . & 1 1 6 3.
le fimplc titre de prieur ou de maître de l’hôpital
de Jerufalem : terme affeélé alors aux grands-maî¬
tres de tout l'ordre.
NOTE L V I.
apologie de Raymond IJ. dernier comte
de Tripoli de la maifon de T ouloufe.
PLufieurs hiftoriens modernes, fur l’autorité de
quelques anciens , qu’ils ont cru trop legcre-
ment , forment contre ce prince divers chefs d’ac-
rufation qui ternident fa réputation , & deshono-
4!”*' rcnc ^ mémoire : on l’accufe 4 x Q. d’avoir reçu de
dmI hift . l’argent des infidclles en 1 173. pour lever le liège
*~*avcnc avoit entrepris, x®. D avoir fait
r,rt. h, fi. d « mourir le jeune Baudouin V. roi de Jerufalem pour
x.**.
régner à fa place. 30. D’avoir traité avec le foltan
Saladin contre le roi Gui de Lezigncm ; de s erre fait N E
Mahomctan pour obtenir le fecours de cc prince
infidelle ; & d’avoir trahi en fa faveur l’armée chré¬
tienne à la bataille de Tiberiade. 40. D’avoir fom-
mé Saladin après cette bataille de lui donner le
royaume de Jerufalem , conformément à leur traité.
50. Enfin d’ctre mort Mahomctan , de rage & de
defcfnoir de n’avoir pu obtenir ce royaume: il eft
aifé de juftifier Raymond for tous ces articles.
1 0 . Il n’efl point vrai qu’il ait reçu de l’argent des
infidclles pour lever le hége de Harcnc en 1173.
& ceux qui k ont ajouté foi à cette circonftance k vert.aa.
l’ont rapportée très-infidellement : voici le fait,
Saladin foudan1 d’Egypte s’étant emparé de Da- Vü"lî.7>.
mas for le fils de Noradin, Mahometan comme lui, u
(es conquêtesalhrmerent les Chrétiens, & le comte
de Tripoli alors regent du royaume de Jerufalem ,
dans le delïcin d’arrêter fes progrez , entreprit le
fiege de Harenc château fitué à douze milles d'An¬
tioche. Sur ces entrefaites le foudan de Mofol frcrc
de Noradin ayant apprisque Saladin failôit la guerre
à fon neveu, marcha à (on fecours , & vint camper
du côté d’Alcp. Saladin étoit alors occupé au (iege
d’Emcfe ; & après avoîr pris cette ville fur le fils
de Noradin, il en attaquoit vivement le château ,
dont la garnifon fe defendoit de (on côré avec
beaucoup de valeur. Les alîiegez voianc cependant
qu’ils n’etoient pas en état de (aire une longue ré-
fiftance, cnvoicrcnt au comte de Tripoli, occupé
au liège de Harenc , pour le prier de les fecourir ;
avec promellè de lui remettre, en reconnoillàncc,
les otages qu’il avoit donnez à Noradin , pour foi-
xante mille écus d’or qui lui reftoient à payer de
fa rançon, & plufieurs autres prifonniers chrétiens
qui étoient gardez dans le château d’Emcfe. Ray¬
mond dans lcfperancc de recouvrer ccs otages &
ccs prifonniers , interrompit le liège de Harenc &
marcha avec toutes fes forces vers Emefe : mais ne
trouvant aucun moyen de faire lever le fiége , il
vint reprendre celui du château de Harenc. Saladin
s'approcha alors d’Alcp , livra bataille au foudan de
Mofol, le défit, &: revint enfuite devant le châ¬
teau d’Emcfcqni fut oblige 3e (c rendre. Uenvoia
aullitôt au comte de Tripoli pour le prier de ne
pas s'oppolcr au progrès de fes armes , contre le fils
de Noradin ; & pour l’y engager, il lui remit fes
otages & tous les autres prilonnicrs chrétiens qui
étoient gardez dans le château d’Emefe; ce qui
engagea ce comte à faire la paix avec lui , & à fe
retirer de devant Harenc. Elt-cela -une faute li
conlidcrablc*
x°.On cire m l’autorité de Sanut, auteur du XIV. mVertit '*•
fiécle , pour prouver qu’on (oupçonna le comte de l,7‘
Tripoli d’avoir fait empoilbnncr le jeune roi Bau¬
douin V. dans la vue de lui fucceder : cet hilloricn
ne dit rien cependant de ce fait, ni dans l’endroit® n
cité, ni ailleurs : il eft vrai que quelques auteurs4
plus anciens parlent de ce foupçon 5 & forment
divers autres chefs d’acculâtion contre le comte;
mais fis ne le font que fur des oui-dire & fur des ‘
bruits vagues & incertains, ainfi qu’ils le témoi¬
gnent *eux-memes: or comme il eft confiant que
Raymond eut des ennemis puiflans qui donnèrent crehw, &c.
eux-mêmes occalion à la perre de Jerufalem &de
laTerre-fainte,il n’eft pas extraordinaire que pour /s r. ah
fe difculper, ils ayentfait courir des bruits defavan- ,,î#
rageux fur fon compte, & qu’ils l’aycnt calomnié
tant fur la mort du jeune Baudouin que fur la perte t*
de la bataille de Tiberiade & de la Paleftine, le
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DE LANGUEDOC,
- — pouvant faire impunément, puilqucce prince mou- petites e/carmouches , que par notre patience:- - ~
V 0 Jf* * nit peu de tems après cette bataille. Mais ce qui il eft à propos de ne pas l’attaquer à force ouverre ; ,« N O f 8
L Y fiit voir évidemment qu on ne fçauroit le foupçon- mais d'écouter fes propofirions. Le roi répliqua « L V
ner , fans une injuilice criante , d'avoir empoifonné au comte en ces termes : il faut que la crainte *
Baudouin V. c’eft que ce jeune pr ncc demeura vous air làifi pour parler de cette maniéré*, j’atta- «
toujours julqtia là mort dans la ville d’Acre, fous querai moi-même le füitan , 3c leprelïcrai fi vi-«
la garde & la conduire du comte Jofltlin fon grand vement que je l’obligerai â fo retirer : j eleverai »
tC9r.t.c*u~ oncle qui ne le quitra jamais ,£2 le garda au miex * l'étendard de la Croix, & aucun des ennemis ne •
w. c]Htl poout,a\nCi que s’exprime un hiftorien du tems; pourra rélifter, 3cc. Le comte qui ne goûtoit pas «
s- & que le comte de Tripoli ne fe mêla de lui en ce difoours , l’écouta avec peine : mais il n’en té- •«
aucune manière, foivant le témoignage du mê- moigna rien au-dehors. Le roi de fon côté compta»
me hiftorien Cet auteur ne dit rien de ce pré- que ce prince approu voit là réfoJmion , & la paix*
tendu empoifonnemenr; il afïùre au contraire que ayant été rétablie parmi eux, ils s'occupèrent à «
le comte Jofltlin fit tout ce qu’il put apres la mort difpoier leurs troupes pour le combat. »Lefragment
de Baudouin V. pour faire tomber la couronne de finir ici , & ne no ?s apprend ni l’ifîîie de la ba-
Jerufalem fur la tête de Sibylle là nièce, contre les taille , ni le fort du comte de Tripoli : nuis il
conventions qu’il avoir jurées ; & qu’il agit en prouve que Je roi de Jcrulàlem la donna contre
traître ï l’cgard du comte de Tripoli , & furprit fur l’avis de ce prince.
lui la ville de Beryre. Abulfcda rroifiéme hiftorien Arabe, quia écrit h e*c npt.sA*
b n*rttn. 3 Outre la relation k que nous a Iaiflce, de la vers le commencement du XIV. fiécle > ne s’écarte J*' c*
bataille de Tibériade, Raoul Coggeshale auteur pas de ce que rapportentRaoulCoggeshale&Boha- 40.
/</ grave 3c contemporain , 3c dans laquelle on trouve din du comte deTripoli : il s énonce en ces termes:
c ja c juitification du comrc de Tripoli touchant la Saladinétanr venu camper à Tibériade, il fe ren-*
457- trahifon dont on l’accule dans cette occafion *, nous dit maître aufli-tot de cette ville, dont la citadelle*
avons le récit de la même bataille par divers hifto- le défendit. L’une 3c l’aurreappartcnoicnt au corn -
riens Arabes du tems , dans lequel on 11c découvre te, qui ayant conclu une trêve avec le fnltan, avoit *
non feulement aucun vertige de cetre prétendue promis d’en cxccuter fidellement les articles: mais*
trahifon : mais où la conduite de ce prince cftplei- les François lui ayant député leurs prêtres avec»
nement juftifiéc. Le témoignage de ces hiftoiicns le patriarche , pour lui en faire des reproches,»
eft d'autant plus dccilif, que s'il croit vrai, comme 3c le détourner de faire alliance avec le fultan,*
on le prétend , que le comte de Tripoli le fût ce prince le rendit à leurs remontrances . &*
déclaré en faveur de Saladin, & qu’il eut cmbralïè unit de nouveau lès armes avec les Icurs.Ils fe pré- »
le Mahomctiîme, ilsn’auroicntpas manquéde faire parèrent enliiircdc concert à combattre le fultan, „
trophée d’une aélion fi avantageufo à leur (tête, qu'ils allèrent chercher avec toutes leurs forces.,,
iv. l. wi. Nous avons déjà rapporré ailleurs d ce que nous Ce dernier décampa alors de Tibériade, & alla le*
<b»U. vt/4 apprend de cette bataille Bohadin e l’un de ces hi- Samedi à la rencontre des chrétiens. Les deux ar- „
^ w ftoriens , dans la vie qu’il a écrite du fultan Saladin mées en étant venues aux mains , l’aétion devint -
p.tt. dont il avoir toute la confiance , 3c qui fut témoin très -vive : le coaire de Tripoli voyant combien il «
L» Ÿlauv k P*“Pait c^cs expéditions de ce prince. importe» de vaincre , fe jetta alors à corps perdu *
i7u! * Amadoddin d’ilpahan ( antre auteur Arabe , dans la mêlée, 3c attaqua la première ligne des -
sfr üjîûm a cic™ ^iftoirc l’expédition de Jcrulàlem MufuImans.Tacoddin prince d’Amad qui ycom-*
Md*: xku. par le fultan Saladin dont il étoit Secrétaire* ra- mnndoic, fit ouvrir aufii-tôt fes bataillons pour*
/. »7.er/rî?. conrc j pCll pr^.s |a mêmc maniéré que Raoul le recevoir avec ceux de là fuite , qu’il envelop- «
Coggeshale, ce qui précéda la bataille de Tibériade, pa 3c qu’il tailla en pièces. Lecomte trouva -
& ne dir rien qui puilfe faire foupçonner le cornre moyen cependant de s’échapper; 3c étant arrivé à *
deTripoli d’avoir été d’intelligence avec ce prince Tripoli , il y mourut furieux peu de tems après. *
1 7*. f.2*. infidclle. 11 parle feulement , dans un fragment g On voit par tous ces témoignages que Raymond
qu’on nous a donné depuis peu de fon ouvrage , II. comrc de Tripoli chercha à la vérité fon làluc
de la divilion qui regnoir auparavant entre le comte dans la fuite à la bataille de Tibériade : mais quelle
Raymond 3c le roi de Jcrulâlcm,& entre les princi- fe donna contre fon fèntimcnt , 3c qu’il ne fc retire
paux de l’armcc chrétienne, c Comme ceux-ci vi- qu'après y avoir donné des marques de là valeur.
» renr, ajoute-t-il, qu’il falloir bienrôt combattre les II eft furprenant , dit un célèbre journalifte 1 de - ' Je*rn- Vltu
» Mulfiimans , ils cherchèrent à le réconcilier.Lc roi nos jours , à l’occalîon de la vie de Saladin écrite « 17ii.f4rr.il
" alla trouver le comte , lui témoigna une amitié par Bohadin , dont il a fait l’extraie , que cet au- « à-fii*
• fincere, prit une entière confiance en lui,& tacha leur ne dife pas un mot de la trahifon que nos «
» par (à familiarité d’adoucir la férocité de cc prin- hiftoriens attribuent au comte de Tripoli. Il eft *
»• ce. Ils fc réconcilicrcnr ainfi 3c s'unirent très- vrai que Bohadin convient qu’il s enfuit lâche- «
• étroitement , apres avoir été extrêmement alic- ment dès le commencement de la bataille de «
•• nez l’un de l’autre. Alors les François dans les vi- Tibériade : mais fàns rien aiouter qui puiflè frire *
• fîtes fréquentes qu’ils fe rendirent , délibérèrent foupçonner la moindre collufion entre ce prince *
• fur leur falut commun , 3c s exhortèrent mutuel- 3c Saladin. - Enfin pour achever de démontrer que
» lement à ne rien craindre ,Scc. Le comrc qui étoit Raymond II. ne fut pas coupable de la prétendue
• un capitaine aguerri, prudent 3c expérimenté, trahifon dont on l'accule, & qu’il ne fur nullc-
• lcur dit entr’autres choies: ce Saladin eft plus ment d’intelligence avec Saladin à cette mémorable
«formidable qu’aucun des fultans qui air jamais journée , nous n'avons pas befoin d’autre preuve
«été *, il eft extrêmement véhément, fon cou- que de la lettre que le grand-maître des Tem-
•rage ne lui frit rien trouver de difficile, 3c il pliers écrivit à tous les princes chrétiens après
•affronte aifcmcnc les périls; s’il nous entame une la prile de Jcrulalcm, & par conlcqucnt après la
• fois , nous ne pourrons plus nous relever ; ufons mort de cc comte , & qu’un ancien hiftorien *nous 1 d%
17 u.
i'St.nni. su-
i Journ. litt.
de U H J* un,
\7i\.f4rt. I.
/•4ii &fip
1 i*
• de rufe avec lui , & fuciguons-le , tant par de ' a confcrvée : ce grand-maître y fait la relation de
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£ 4$
NOTES SÜR. Ofl RË
• Tjr.
’tontin» apxd
Jéjnen* imd.
Ÿ-S9+*
$4 Ot E^a bataille ; mais il ne dit rien qui puiflè faire de la douleur f que ce prince conçut tant de la -
•LVK tort à la réputation du comte de Tripoli j il die perte de la bataille de Tibcriade , que des mal-*'* 0 T 1
àu contraire ejue ce prince eut beaucoup de peine à [e neureutés fuites qu’il prévit quelle alloit avoir
fiauver de la batas/le. Si Raymond eût été coupable pour les chrétiens d’Oricnt, & nullement des Nt^. £,*
d’un crime âuffî noir que celui dont on le charge , reproches d’une confcience agitée du remords s
le grand-maître fon ennemi l’autoit-il dillimulc* d’avoir cinbraffé le Mahomctilmc , & trahi fa Ufl.
4°. La prétendue fommation faite a Saladin par * patrie avec fa religion. Si Raymond fut mort Ma- rer* /ui*'*7*
“ce comte après la bataille, de lui remettre le royau- hometan , comme on le prétend, les hiftoriens f '
me de Jerufalem, conformément au traité qu’ils Arabes du tems riauroient pas oublié une pareille
avoient conclu enfemble, eft une fable inventée circonftance,ainfi qu’on l’a déjà remarque : maison
de nos jours. En effet , comment Raymond pou- voit au contraire qu'ils parlent toujours de luicom-
Voit-il demander qu’on lui remît le royaume de me d’un de leurs plus cruels ennemis. Enfin fice
Jerufalem , puifqu'ii mourut certainement avant la prince eût été coupable d’une telle apoftalie , Boc-
prife de cette ville par les infidellcs? mond VI. fon fucccfleur dans le comté de Tripoli,
5 On a déjà vu que les hiftoriens Arabes du n’auroit o«c le qualifier de bonne mémoire peu d’an-
tems rapportent les circonftances de la mort de nées aptes fa mort, comme il fait dans une charte g *
Raymond d’une maniéré bien differente des au- par laquelle il confirma au mois d’Aout de l’an
teurs poftericurs. Nous trouvons encore de quoi 1196. les privilèges que ce prince avoir accordés aux
faire l’apologie de la fin de ce comte dans le conti- Hofpitaliers de Tripoli, «3c les donations qu’il
nuateur de Guillaume de Tyr , auteur ancien a, <5c avoit faites en leur faveur,
d’autant moi ns fufpeét, qu’il accufc ce prince d’a- Si donc Raymond donna quelque occafion à la
voir appcllé d’abord Saladin à fon fccours contre perte du royaume de Jerufalem , ce fot par (es di*
Gui de Lczigncm qui lui avoit déclaré la guerre vidons avec Gui de Lczignem , qu’il vouloir cloi*
auftitôt après Ion couronnement*, ma;s il le julbfie gner du thrône , tant parce qu'il nétoit pas capable
pleinement nu fujet de la bataille de Tibériade, «3c de régner, de l’aveu de tous les hiftoriens, que
ne dit rien de fa prétendue trahifon , ni des autres parce qu’il s’en ctoit emparé contre la foy d’un
circonftances que nous venons de réfuter. Il té- traité folemncl , autorité par les états généraux du
moigne au contraire que le comte agit toùjoursde royaume, dans le tems qu’ils lui en avoient déféré
bonne foi depuis (a réconciliation avec le roi, «3c la régence. Ainfï l’ambition de Gui h fut propre- ^ v.)u.u
attribue6 uniquement la perte de la bataille, «3c tou- ment la première caufc de tous ces malheurs. En ^**.117.
tcslcsfuneftes fuites, à la haine implacable que Gc- effet, fuivant l’auteur de la continuation de Guil-
tard de Rochefort grand maître des Templiers hume de Tyr , le roi en déclarant le premier la
avoit conçue contre lui, parce que le comte lui avoit guerre au comte , pour s’allurer la poltéffion d’un
tcfulé autrefois en mariage la dame du chatcau de royaume où il ri était pas encore reconnu , força
Botcrin. Girard après ce refus , ajoùte-t-il »Je ren- en quelque manière ce prince à nppcllec les in*
dit au temple par m au t Ment , d>nt la haine corn- fidclles à fon fccours contre lui.
menca , par quoi la terre fit perdue. Il réfultc de tout ce que nous venons de dire ,
*•7* é- Suivant cct hiftorien c le comte de Tripoli fc que le roi Gui de Lczignem, le maître des Tcm-
rctira à Tyr apres la bataille de Tibériade avec le plicrs, «3c les autres ennemis du comte de Tri-
fils du prince d’Antioche , «3c quelques antres fei- poli, tant pour le di-uilpcr eux-meines des (Iti-
gneursqui avoient échapé comme lui de cette fu- tes funeftes de la bat.ûlic de Tibériade , dont ils
nefte journée.’» Saladimcontinue-t-il, parut bien tôt étaient la principale caufè* que par animofîté &
••après devant cette place, qu’il n’ofa attaquer, par vengeance, firent courir des bruits dclavan-
* parce que la garnifon étoittrop forte. Il paflâou- tageux a la mémoire de ce prince api es G mort,
" ttc , alla aiîiegcr Sidon à lix milles de là > prit dans le tems qu'il n’étoit pas en état de fe defert-
* cette ville, & enfuite celle de Giblet, & le cha- dre ; ce qui aura trompé quelques hiftoriens
*»tcau de Botcrin qui appartenoient au comte. Ce- étrangers , & peu infttuits, qui ont adopté trop
••lui ci voyant que les in fi délies s’emparoient de facilement ces bruits fins en examiner la vérité.
* tés états & menaçoient fa capitale, s’y rendit par Auih l’un de ces hiftoriens* de meilleure foy que les *0*. àh*
*• mer avec le fils du prince d’Antioche , «Sc tout ce autres , avouc-r-.l que Us p'us anciens auteurs ex-
••qu’il put ralkmbler de chevaliers, dans le dellein culoient la conduite du comte de Tripoli en beau-
«de la défendre contre Saladin*, mais il ne vécut coup de choies.
- pas long-tems après (bn arrivée , «3c mourut en Au refte il nous paroît que Vincent de Beauvais* fi J™
M rlivl ««mil 1 r. romv.rn. . il 1 , 1 ( 7\ ........ - -, - _i 7* _ I .. J.,... nAiir .j
\>p, i oÿ.
•o*,
I Vin (. wrf»
«o. (*
«duel, mnfi qu on le rapporte: il lai lia tés états auteur dont on connoîc allez le penchant pour
» au fils du prince d’ Antioche , cjui jouit depuis du la fable , &: le peu d’exaditude, eft le premier qui
* comté de Tripoli. >» On ne voit rien ici qui mar* a afflué policivemcnt que le comte de Tripoli avoit
4 v. vm. tyie le délefpoir auquel on prérend H que le comte cmbraflé le Mahomctilmc , «3c que c’wft de lui que
U. p. zi s. s’abandonna après la bataille de Tibcriade, «3c qui Nangis «3c tous les autres auteurs poftericurs 1 ont ^
le fit tomber , ajoute on , dans une efpccc de fi é- emprunté cette acculation,à laquelle ils en ontajou-
néfic , dont il mourut peu après, toujours agité de té d’autres auffi fabuleutés : c’eff: ce qu’il nous (croit
Çfr.rrf.
irai. tt. 7-f-
t Al. Ifid.
o ; C1U 1
coIck & de luïcur. aile de faire voir *, niais cela nonsmesieroit trop loin.
11 cft vrai qu’un des hiftoriens Arabes «que nous Nous avons cm devoir entrer dans ce détail,
avons citez, prétend que le comte de* Tripoli pour rétablir la mémoire d’un des plus grands
Yut finrieux : mais on doit interpréter ce terme princes de la maifonde Toulouté.
PREUVES
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Invention c/rs relujucj ck S^BausUt Martyr aNïniAS
PREUVES
DE L’HISTOIRE
D E
LANGUEDOC
CHRONIQUES-
î.
^•878. Invention & tranjlation des reliques de
Tire d’un
Jttnufmt de
M. le bcuT
chanoine
d'Auxerre,
S. £ au fie > martyr à Nifmes.
N N O Incama-
tionis Dominiez ,
DCCCLXXVIII.
Dum Dei mifcricor-
dia fûcura præfciens
& omnia utilia coo-
periens, animos do-
mni Trudgaudi ab-
batis , & fratrum
Saxiaccn/is canobii
accenderet utbafili-
cam S. Baudelii ,
aîiquando a fan&is pateibus abbatibus Romulo,
Odonc & Walas ftindaram, jam vero vetuftam ,
renovarent ac amplificarent , ea fclicitare id
ôpus complcvcrlinr ut omnes inde fhipentes ad-
miiartnrur , & aliquid magnum cidem loco even-
T ome J I.
(ci'im />•
turum profiterentur. Quippe cum sedificantibuj
nihilfïniftrumcontingeret, fed meritis beati Baudelii
profper (ucccflûs adcilèt, & odorintimus de fuper-
nis eisafpiraflèt: (ciuntur enim plures, & de altis
Îfius ædificii lapfï, & minime læfi. Interea acci-
t ut memoralis Gothorum princeps Bernard us
aim avunculo fuo Gaudcno * runc inclito abbace,
fûturo autem epifeopo, idem monafterium adven- îeao.
taret. Qui cum rogarerur à monachis ut partem
corporis S. Baudelii, cui famulabantur, cis tribus-
ret; miratus quod nihil terreni lucri ab eis quxre-
retur, gavifïifque quod id agere pofïet quod pete-
batur , ultro fpopondit. Tefta turque Ce Gothos adi-
turum de in comitaru fuo, qui ut rex ibaf, quxdam
ex iis monachos du&urum. Dominus itaque ab-
bas prædi&us Jod in hac fânéb legatione duos
monachos elegir, qui honefte æque ac religiofe ut
erant Sacerdotcs, ad Gothiam direxit.
De relujHtis SS. Pauli Amandi epifeoporum.
Cornes igitur ille devenir Narbonam i ubi
fotius Gothiæ provineix Domnus Scgebodus
arcliipontifex fedebac, virnominis chriflîani tam
1,
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*-*«• Theo-
flardurn.
5 % PREUVES DE
teligione fervidus quam vigore poteftatis inclitus,
qui rccompcrta ob quam monacm caufàm Gothiam
penetraverint , Deo fàventc , plufquam dici poflit
exhilararus, & impendio eft lætitacatus. Nam &
monachos effe bcaros profeflùs eft , & principi in
hac parte coneratulatus , qui ob hoc Nemaufum
ire decrevit , led corporis morbo impeditus elan-
guit. Tune {àlubri confilio uius , * Tebcrdum
Iuum archidiaconum , qui loco ipfius fcdis poft-
modum eft lùffe&us, cum monachis mifit & eis
(krofânChs reliquias dédit, S. Pauli fcilicet pri-
mi epifcopi ejufdem Narbopenfis urbis , qui , ut
fertut, Sergius eft in Adtibus apoftolorum didkus,
& S. Amandi epifcopi & conrefforis : quod dé¬
çus monachi à tanto paftore fumentes, benedi-
fiione æque & auûoritatc fufccpta , cum archi-
diacono epifcopi &- cum principe Urfo , quem
cornes viceiàa mifit > ccletiter urbem Nemaufum
adierunt , quo , poftquam venmm eft , dici ncquit ,
qua aufteritatf webs rotins 4jæcefis fç difpofuit ar-
mare, ne præmles aut ipfc cornes molirentur fibi
fuum martvrem auferre*, antiqui hoftis ut creditiir
aftu, ne ipfc plebs inveniret corpus tanü martyrisée-
ve diabofus ipfc pclleretur ab obfeHis, ficut veracitcr
d#Wnc eft dcpuifcrâ ttlulris raiHibua: quid pl kut*
Inventif corporis fanfli Baudelii .
, Affiilt igituf Girbertus antifteS ipfius urbis. Ex
præccpto etiam domni Scgcbodi , occurtir
Vicefredus Ucetiæ ecclefiæ dignifiimus epifeopus ,
cum aliis pluribtis pontificibus & abbatibus multis.
Apparente autem nrchidiacono primatis Segcboldi ,
L’ HISTOIRE 4
quæ maxime illi genti imminebant, omnia funt
remota , plebfque à paganis emta , fertilitate terræ
jocunda , ad religionem cœpit elle fervida -, princeps
Bernardus popuüs illis fà<ftus eft clementior & quo-
dammodo . apparuit temperatior. Invcntio
autem hujus glorioii fcpulchri extidt xvun . kaljvlaii.
Item cujus fupra.
Igitur præripua (âcri corporis parte ex voto acce¬
pta, atque qçlefti benedi&ione per epifcopos fufee-
pta, felices monachi optabant remearc ad propaa
portantes radltis incomparabilia gaudia. Quid plàra:
dedacentibus eos epifcopis& dericis, & curn divi-
nis obfequiis vcl exequiis cœgerunt relinquere Go-
thiara, & per Provindæ urbà tendere ad BurgunT
diam, &c. L'Auteur ajoute -qu il a appris tout ce
qu'il rapporte des prêtres , témoins oculaires .
II.
Extrait de la vie 3 de la tranflatian & des
miracles de 5. Majan , confejj'eur.
Vers l'An
893-
D'un manr£*
en Agcnoii.
MAjanus poft primas Apoftolorum ponüficali «.t de i ab-
infula decoratus, inter primo s perhibetur emi- ^
oui rte Chrîfti confeflores , ficc. Qtjaliter autem ejus
S.Majani cofpus ad Cognenfc monafterium,ttmc tem-
porislic vocatumftranflatumfuit,& quomodopropter
iuum adventum rhonafteritnomen mutatummitjplN
nius invenies in fcfto tranflationis ejufdem , quod ce-
lebratur vii. kal. O&obris.
Majani fanéli epifcopi & confcfforis trartfïario,Caroli
fuccrefcen?e<}ue vero ejufdem civitatis principe, fuper principis junioris ftcpotisra.lgni Ludovici Karoliim-
omnia præcell . ut opitulantc Dci voluntate,
licet inter arma, effoditur pretiofc fcpulchri theca
altius infra abdita parietis templi reporta, quod fc-
pulchrum gloriofum, etiam à Grcgorio Turoncnfi
epifcopo, miraculorum fcriptorc egregio , inter lar-
gillima fcriptacclebratum.Quod fcpulcrum port ccn-
tenos annos martyrii S. Baudclii , à Romulo (àntrto
abbate ipfius ecclefiæ intra vifceia terræ cum farco-
phago plumbeo eft retrufum. (>ii etiam abbas
poftquam inibi præfuit monachis LXXX. ut tem¬
pli ejus indicat matmor, â paganis inde ejedus , à
regibus Saxiacum prædiiun obdnuit , ipfumque cœ-
nooium in honorem jam di£li martyris ftindavit,
atque privilégia libcnatis fuis fcquacibus adquilïvit.
Igitur ut ad ordinadonem redeamus , epifcopi qui
convencrant , mox ut ex parte aperuerunt plum-
bcam (ànfti martyris thecam , tantam miri odoris
fenferunt fxagrantiam , ac fi iftic omnia cfterbuillent
aromata , & univerfacoquercntur thymiamata , om-
niumque olcfàdibus propinarenmr balfami fluenta.
Epifcopi autem pro inventione tand thefauri, ha-
ûenus ocaild, magnis vocibus hvmnum Te D cum
laudamus intonantibus, clamor facerdotum & clc-
ricorum cantantium , qui ufque ad quingentos cura
millenis pedibus ocairrerant, tanrus exortus eft, ut
crederetur cæium his laudibus penetrari & erada
Slior fùpemæ benedictionis evocari. Pullàtur
ibus cæli fccretum , porriguntur lachrymæ com-
punâionum , pronundantur fcndorum mérita , da-
tur per fandtum Baudelium pcccatorum venia , &
cum hoc donum quanto eft revelatum tardius ,
tanto fabile talentum eos latebat, major bonitatis
Dei magnificenria eis fubftradb erat. Dehinc autem,
3 uia ad tumbam fanfti martyris Chrifti cum afïi-
uitateconcurritur, innumera è cælo remedia po-
pulis traduntur. Dcnique ipfb anno quo repertum
eft tana (àcradflimum corpus martyris , pericula
peratoris filii, ac Theodardi cccrefiæ Narbonenfis ar-
chiepifcopiegregii,nec non &Gilberd ecclefiæ Bitte-
rcnlis epifcopi temporibus fa6b fuifle perhibetur. lllis
igitur temporibus duo monachi Cognenfis monafte-
rii, quod in Bittercnfi tellure fitum eft , quorum unus
Sulinus, alter vero Centullus vocabatur,*'com-
pcrtis,fama révélante, quas omninotens Deus per
fcmulum fuum Majanum operaoafiir virtudbus,
confilio inito ufque ad locum ire difponunt ubi
beati Majani facro-fondhim vencrabatur foma >
( foma autem græcè corpus ladnè dicitur ) qui ab*
bâtis fui pcrcepta benedidione, cum ad milfioncm
patris è monafterio eflent egrefli , interrogant de
loco, de via, de patria ubi corpus beati Majani
reliquias reperire poftint : quibus duftum eft ,
quia in Vafconia. Pervenicnres ergo prædidi cœno-
bitæ tandem ad loaimj gratias immenfas agunt
altilfimo Crcatori. PcrfpcClo itaque loco , quod ne-
gotium gratia cujus vénérant , propter populi fre-
quentiam, difficilem haberent acccflüm , cautere-
gionis illius dominos adeunt, fcque velle illic he-
remicule perpetuo manerc fingunt : quibus illius
loci domini & incolæ locum ad manendum &
eeelefiam parvam in qua fàndkus euftodiebatur
thefaurus ad cuftodicudum dederunt.
Cæperunt deinde laboribus infiftere , vincarum
ailtibus operam dare , rurales ccfpitcs radicitus
cvcllcre , agtorum fruges totius fudore laboris ad-
quirere: fcd aim labor corum fierctinanis, qua^
dam noôx ad fiindamenta beati viri ecclefiæ accé¬
dant, ipfcm fubfodiunt parietemque frangunts
deinde veftibus fuperpofitis fanftum evaaiare tei>-
tant maulæolum , cælcftibus margaritis omanim.
Cumque ncc fie portent fuum complere defiderium,
fuâo tandem ejufdem tumuli angulo , magno ca-
dem évacuant thccam thefcuro : quo fublato intra
rum finus portarum condudunt , indeque quan-
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j D 1 LANGUEDOC. t
todus rccedunt. Nam cum Ce perfoqui cemerenc , velperalcente die vedores reliquiaram , & irinei*
îta ut pene capcrenrur, timoré perterriti ad quan- fâtigati in ecclefia pagi , oominc Odovialiis depo*
dam fÿlvam quæ Buchone dicitur diverterunt > nere decemunt, ôcc.
denfïtate foliorum chefaurum abfrondunt, ficque Qyidam pœnitens, dum pro quadam rearus fui
port fugam vix evadunt : quos cum , Deo protegente, pœna præventus, medium ferri drculo drcumli-
noftes jam fâtigati inquirendo ôc minime invenien- gatus effet, ficque per diverlâ fândorum loca in-
do perfoqui definerent, dicitur fubito flamma ex cédens, Deum mirabiliter pro commiflî fceleris
codem loco proceffiffe , omniaque folia fiib qui- fui parriddii exoraret culpam , quadam die venir
bus erant abfoondira pretiofo munera confîimpfiffe; ante B. Majani thccam , ubi dum oraret, circulus
quod videntes timorem continuo deponunr, vires fèrrcus quo erat cindus, fubito fradus fuit, & ad
tefiimunt , chefâurum redpiunt fùgamque ceJeriter ejuspedes cecidit, & caro qua- ab ipfo drculo fuerar,
arripiunt. iilorfa permanfit, Ôcc.
Denique compotes Voti effodi dum finibus ap> Ad concilium Agathenfe quadam vice pnedidÜ ,
propinquant Cognenfis monafterii, mandant pet confoflbris adduda hieratglcra, ubi dum quædarü
nuntios âbbati ut fepræparare non différât adre* mulier rtianca ÔC manum habens aridam oraret,
cipiendurti corporis reliquias beati Majani \ quibus fânitatis remedium eft confocuta. Deinde cum defo
cum gaudiû receptis & u(que ad bafilicam mona- finira fynodo fratres cum prsdictis reliquiis ad
flerii pervenientibus, & in eam cumhymnis & monaftcrium/ revaterentur , &c;
laudiblis ingredientibus , illico Dei omniporentis .
bénéficia in commun! largiuntur : nam cæcis lumen T - ^
reftituitur, claudis greffes redditur, priftinam æger 111-
quilibet fofpitatem confoquirur, & omne genus Extrait du traité de Bernard ecolatre* de '***¥»
dsmoniorum ab obfdfis corporibus effogatur. # Anvers , fur les miracles de
carnis , quæ port mïlta dévida Lula in perdu. JMHte dc Coni***'
rando, adhuc apparebatincorrupta. Ad cujus prs- Du Livre premier > ch.ip. 12.
fidium innumerus fiebat concurfûs populorum ,
non folum cxvicinis confinibus urbium , fedetiam * TT Rbis Ruthenicæ cornes Ragcmitndus, fi-
ex ultimis pnrtibus>Gailiarum: in tantum ut fâcrum Ly lius illius Rngcmundi qui in via fandi
fâtis Ôc pulchrum bafiliœ conftrucrcrur ædifi- Jacobi trucidatus fuit , antequam Jerofolymiranum
dum, ubi reconditum ejus corpus fâcratifîï- iter aggrederetur, in quo obiir, dederat fonda: Fidi
mum ufquchodie ab omnibus venerarur in unum, va(â argentea benc cadata, fignifque afpera, arque,
licet Royani, â quodam caftro Biterrenfis diaN ut ratio artificii expofeir, per loca pluri ma dcaurata
cefis fie didi , fâlfo fo habere afièrant didum cor- numéro viginti, &unum. SelJam quoque cui equi-
pus, quorum infânia arque Cüi itas per hoc veraci- tans infiderc folebat, quamquidem vidor in prê¬
ter reprobari poteft, cum ante didi findi adven- lio a Saracenis tuierat, non minori pretio quam
tum Cogner, fe monafterium diceretur, nunc autem ccntum librarum æflimatam, cujus membra per
monafterium Vallismagnæ, poil viüæ Majani ab décrétas partes rcfbluta, crucem argentcam confi-
* T" T Rbis Ruthenicæ cornes Ragcmitndus, fr-
lius illius Rngcmundi qui in via fandi
Jacobi trucidatus fuit, antequam Jerofolymiranum
iter aggrederetur, in quo obiir, dederat fonda: Fidi
Vers l’Ail
960.
omnibus nominctur.
Poft muinun vero temporis quantum inter es¬
tera miraculorum opéra fit oftenfum ad feptilcrum
ejus , judicent fenfus audiendum. Honorabilis qui-
cicbant grandem , cela tu ræ Saracenicar, fâlvainte-
grirate qus adeo fubtilis artificiolàque eft, ut in
noftratibus artificibus non modo nullum inveniat
imitatorcm, fed ncc in cognofcendo di/cretorem.
dem pater Viverandus cum regeret monafterium & quod lise multo fuperat , autem quam nomi-
ip(b quidam præfente fidelium, fimmattulit filium nant Palatium cum fairnis valde bonis jure hære-
quem alvus marris ediderat mutum, &c. ditario conccllic. Hæc enim fàlinæ vcl curtis inpro-
Igitur quia auditaenarravimus, nuncinlpeda de- vincia Gochiæ funt fita in litrore maris, quod ab
fenbe re licet. Septimanæ fàbbatum crat , jamque Oceano Hiipanico deffluens in Meditcrraneas divi*
Omnis incola labori terminum impofùerat ob re- ditur infiilas , &c.
verentiam dotninicæ nodis , tune viri pilcario ni n / • L
cuJtu infiftentes, ncc dcfiftunt caufâ lucri, ôcc. U VYe c
Per idem fore tempus dum ad quamdam fuifïct Sed hoc inter joca findæ Fidis reforunt, quod
TClCIU.i<UU UUUUIUUV, I1UUI3 , IU1JL. VUI piU-UliUlU D / • U
cuJtu infiftentes, ncc dcfiftunt caufâ lucri, ôcc. U VYe c
Per idem fore tempus dum ad quamdam fuifïct Sed hoc inter joca fândæ Fidis reforunt, quod y^TiAn
delamm S. Tybcriiccliulam, pro quadam fynodo, fréquenter à Ricarda comitillà, jam poft moitem JQQm
ejus fândifiîmum corpus, quadam die quidam vice^ Raymundi viri fui vidua , fibulam auream artifi- ^
cornes Biterrenfis, nomine Guillelmus, quemdam ciofo compofitam , quæur latine fphinx, vel ruftice
attulic puerum cæcum, claudum, mutum, ante fpinulus dicitur, qua’ritare cadem landa per quie-
beamm Majanum: huncribi, ait, mirifîce Chrifli rem videbatur, tanquam proriùs in eo declararetur
confofiôr Mnjane offero puerum, ut fôlitum non pupillaris animus quod (oient id ætaris mulierculæ
ei recules impendere beneheium. Mirabile (peda- cupere arque affedare ; nam adoîefcenruti, ut in g
culum, vixfermonem compleverat & cæco vi(us , primo libro fcripfimus, Icgitur fiimpfifiè marimm- v.LabkbV.n
& loripedi grefliis, muroque redditur lcrmonisu fus. Quod cum fîipradida Kicardis crcbro coinpulfâ lo* p. s
Alioquoquc temporc, dum ad S. Tybcrium pro admonita Hauftrino * in (iiperioribus memoratis « liv. 1.
ferenicate pluviæ beati viri defferretur corpus, ad- ffauflrini hlio, credidifiet , eodem cohortante lïbi ch^ 7gon,j
comtes
tsn 10
« liv. i.
ch. 7.
b Boml
L 1. ch. 6.
c Libb.
bibl. tom. 24
p- iii. «ïc
ïciiq.
t sn 1010. par Bcrnardus IcoJalticus in cccleFa Andcgavix, dont il avait vu fans doute un manuferit ou à Rodés ou À îcijq.
Conques. Il rapport d'abord en entier le miracle qui fait le fujet du chapitre 8. de l'édition du pere Labbe , (c) (5* qui dans j M3b.
le manuferit de Bonal fait celui du 30. du premier livre. On voit parla & par les extraits que Bonal rapporte dans U anu.il. rom.
fuite, que l'ouvrage de Bernard efi beaucoup plus ample que dans l'édition du P. Labbe , & qu'il efl divifé en trois 4. p- 7°
livres. Bernard dont le nom a été inconnu a ce Pere , écrivoit au commencement du XI. fiecle. Le P. Mabillon (d) ,b,d' ad anr'*
* donné la préface de cet ouvrage , qu'il a trouvée dans un manuferit de Péglife de Chartres , où U eft aujft beaucoup 10 i0' n'
plus étendu que dans le P. Labbe . Bernard le dédia à Fulbert évêque de Chartres mort tn 1019.
A ij
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7 PREUVES DE L’HISTOIRE t
Confuluit, profe<ftaquc ad Conchas ejufclcm pon- migravit ad Chriftum. Hasdonationcsfccit D.Fre-
deris aurum pro pcrmutationc fpinuü obtulit. In dclo epifeopus Anicienfis , régnante Roberto rege
reverrendo autem non longe à Conchis quam duo- Francorum, laudantibus omnibus his quorum no-
bus ferc millibus, cum regius equus fupter illam mina inferius pofita (une & fubfcribentibus Sign.
grata & expedita inter alios quadrupedantes muta- Pontii comitis , S. Beraldi præpofiti , S. Guaren-
ret veftigG , fpinulus quem dixi , ramo hæfit arbo- ’ ’ ' 1
qui diu arceflitus ac diu quæfitus , quædam
ris
Chriftianiflîma fæmina illius loci indigena reperit
& ignara cujus fiierat , Gnftæ Fidi retulit*, digniun
judicans tali munere Gndhm Fidem donarc, quam
tonis abbatis, S. Robcrti abbatis, S. Guigoni de-
cani, S. Roberti canonici Ôcaliorum canonicorum.
Fa&acarta iftainmenfc Januario u. Kal. Fcbrua- An. 1016.
rii, lima xviii.
, _ . Poft hæc concordantibus civibus, extitit paftor -
fe rufticam pompare : bac arte non modo in noc, Anicicnfis ccclefiæ egregius vir indigena Arvemen- Vcrs
fed & in pluribus aliis (ànâa Fides duplex lucrata fis, nobili parentela omis, nomine Stcphanus , de lol8*
eft aurum. Poft paucos vero dies eadem Richardis caltro vtilgo nuncupato Mcrcurio. . . dédit mona-
ad Conchas remcavit, vicina cnim erat, ut pote fterio (S. Pétri ) ecclefiam Lagrathola vocacam in
Rothencnfium comitillà, quæ proftrata in oratione , territorio Vivaricnfi fitam > propc caftrum quod di-
forte videt foinulum capiti imaginis aftixum , & citur la Fara : de patrimonio fuo dédit oro remc-
mirata, caufamque pcrcontata, Deo grates egit, dio animæ Beraldi præpofiti nepotis fui ibidem
qui negligentiam illius eo modo caftigaflèt. Idem quiefeentis. . Poft hæc D. Stcphanus Anicienfis epif-
tamen aurum in neceffarios ufus poft hæc fpon- copus laudantibus fidclibus , fadis his donationi-
(iim eft*, nam révéra conftat id Gn6him Fidem non bus, apud cœnobium Voltamnuncupatum, quod
ob aliud expetifle omatum , quam in cælcfti eloria ipfc cum B. Odilone avunculo fuo in propria con-
venuftat inæftimabilium margaritarum monïlia. ftnixerat tellure, quarta Augufti régnante Henrico
rege Francorum . . . migravit ad Chriftum. S. Beraldi
- - — - fratiis lui &c. S. Armandi vicecomitis , &c. Faûa
| y carta ifta feria v. menfè Decembris, luna x i.
. ’ D. Hcldegarius præpofirus cumcorifilio &lau-
Vetsl’An Extrait de la chronique du monafiere de de D. fui Stcphani epifeopi, & omnium abbatura
1015. ^ Pierre du Puy. & canonicorum B. femper virginis Mariæ, in fèpul-
turam concdlit monafterio B. Pétri, domos illas
* m,“ rUk vir quidam ex nobili Francorum progcnic font fubtus chcG epifeopi, & omnes milites
1 ortus, G uido nomine, &c. K Mab.att. 06. ord. & feminas virofque nobiles de Chciflàc & d*Ef-
tcnei.d.H* St gn. foc. f.fag. ijô. & feejej. & Loi. btbl. tom. 2 . palcdc. S. Stephani epifeopi qui hanc donationera
p. 7+9. (S fitf. affirmât, &c. S. Hcldcgarii præpofiti , S. Pétri dé¬
port bcatæ memoriæ divi Guidonis epifeopi ca™ » S. Pétri abbatis , S. Heldebcrti abbatis,
tranfitum , cives Anicienfes derus & ropulus S. Arberd abbatis, S. Armandi vicecomitis, S. Pon-
invicem concordantes , elegerunt fibi idoneum bi æditui , S. Odilonis , S. Pontii d*E(palede ,
antiftitem virum nobili ftirpe progenitum, Frede- S. Odonis d’Efpalede , S. Guillclmi de Raphaël,
lonem nomine, de quodam caftro vocato Anduza , S. Armandi fiatris fui. _
quod eft fitum in pago Nemaufcnfis civitaris. Hic Poft bcatæ recordationis Stcphani epifeopi
vero pontificali inriila dccoratus , ftienue regendo fincm , Pctnis nepos ejus fuccedit ei in locum re-
ecclefiamB. Mariæ, Dcoautore, cum confilio fuo- giminis Anicicnfis ecclcfiæ B. Mariæ: vir probus
ruin fidelium, multis honoribus augmentavit cceno- & Gris ftrenuus fccundum fæculi dignitatem, qui
bium B. Pétri apoftoli , quod anteceflôr ejus ordinatu s epi (copus mu Ica prælia geffit cum civibus
confirmera^ dando ci mokndinum juxta fontem nec non vicinis omnibus, qpibus ad ultimum dc-
Bcrleric fitum , tune ad Pilulos vocatum , cum vi&is atque ftiperatis , Jerololymam adiit. Idem
ripis aquæ defluentis adlapidcm Aculeæ, ut ibi reverfus apud cœnobium Voltæ régnante Hen-
ædificarctur aliud mokndinum ad viâum & rico Franconun rege , cum avunculo fuo rcquiefat
veftitum monachorum. Aliud ctiam molcndinura
«I •‘/il.
,o5j.
quod dicicur SclU Todilu , conftruâum fnper flu-
vium Dolcdoncm donavit cidem monafterio. Præ-
m pacc.
Defcriptis (nperius quatuor nominibus epifeoporum - ^ j -
Anicicnfium. D. Ademarus filius confulisprovindæ Vers 1 An
tcrca onines mantioncs quæ vulgo dicuntur terra Valcntineniis , memoriæ non eft omittendus , qui
d’Efpaledc, ubicumque in urbe poficas, fivealte- • • . Podicnfium faûus epifeopus, mirabiliter rexit
rius parrochiæ ædibus confolidacas , five per Ce ecclefiam B. femper virginis Mariæ , auferendo jus
exif entes omni modo ejufdem monafterii parro- tyrannicum ab ecclefiis quæ tune opprimebantur à
chiales tfle confticuit , & pontificali au&oritate laicis in partibus illis. Namque ipfa ecdelia B. M.
confirmavit. Infupcr très leftoratas de epifcopali fubjngata tali infortunio à proconfulibus Podomniar
prato eidem monafterio contiguas donavit. Juvat ccnlibus urgebatur , fæpiu s fà&is magnis aflîild-
inrem quoddam infolitum , quod ad pofteros bus , tertiam partem dore omnibus quæ aliquo
tranfmifit antiquitas , de hoc egregio viro referre. modo accipicbat epifeopus à clericis honores civita-
Qtiidam cnim prædives agricola cum multitudine tishabcrc cupicntibus. Hoc videns vir egregius, G-
clericorum 8c milirum cum invitans ad prandium , ûis cum cis multis conflidlibus duobus germanis fra-
poftdiverG fercula aflâs cames diverfàrum avium tribusPontioatqueEraclio vocatis propriis nominibus,
tn vafis argenteis aim auto obrizo abundanter pro libertate fuæ ecclefiæ dédit XXV. M. fblidos
trito, omnibus attulit: cum eis vera novitare rei Podienfîs monetæ : Et inde cæteri milites primo
ftupentibus, ipfc elevata manu talem benedidlio- quidem propter infolentiam reliquerunt ecdeliarum
^ \ n' r V • 1 v • I : • • • r * r • r . J _•
1077.
nem dediflè fertur, divinum numen bencdici aim
lance leguminum. Hic fi diutius in rebus humanis
fùillèt, multa bona prædidlo cœnobio contuliflet ,
viam vero univerfæ camis , v 1. nonas Odlobris
ingreflùs , quod docuit , operibus exequendo ,
dominanone*s , in quibusipfc pofuit cenfum advi-
âum & veftitum fuomm canonicorum , &c. In illis
diebus papa Urbanus ab urbcRomana egreflus per
Icaliam celebrando concilia per arduasalpes & celG
promontoria venit ad Galfias, conquerenuo fidelibus
vu
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31 ^
2r 4l;-
V::.
9 DE LANGUEDOC. tô
vins de fepuldiro Domini , quod multo tempore volente. Ipfealiquomodo fadacumeîs paee.abiem
Hierofofymis tenebatur obfeiTum a Sarraccnis , qui Jerofolymam fuit ibi per duos annos Sc dimidium ,
EZÎ '^C r"^ magn|S a¥“ ITn,sJchr*- îcns & dcprecans Dcum. . . . Climquc in reverren-
a Pa'T,buV1IlS,auftrcn£iI°JelS d0Pcr Vkm IonSa ^«ationc detentus venifltf
terra.* , poflcflîoncs , & cetera bona qua- poii.de- Podium, exieruntei obviam 4. vel 5. milliards om-
banr, ut fub tnburo eos viverc iînebant. Unde pa- nés pariter fummo Evore plaudentes & diccntes:
Iror optirnus condolcns fuis ovibus , in Galdamm mirabilit r.em exvtUahamui in tuu pre -
partibus ftd.s fynodis fepms ven.cns, ad Claromon- cibmt €3 bneMltonthns , <U fmutrib», awt m Dto
teniem civitarem congregavit ibi multos patres (3 r, communs indulgenticm nobis mbucrct Den,.
Ce vero flens , feiens obitum fiium , fère propc
Ipfc
aco!c
culansomnes & benedicens, port finem duorum
menfium cum benedidionibus eomm egrefïùs ,
ivit ad caftrum fiium in pago Arvemcnfe firum , ubi
civitatem congregavit ibi multos
S. ecclefiæ epifeopos , archiepifcopos cum principi-
bus terræ , quibus voce lachrymabiJi oftendit de
fepulchro Domini , & miferiis pauperum captivorum
tran. marinas partes inhabitannum. Hoc omnpç
r i^uuuinmi. I lut UUUICi ith autamuill UIU1I1 U1 DaP
dCXtCra 5apUla ^êC*Q iflgravefccnte. . ^xu.Kal. Maii ddfiu».
^ r ® > àixcrum Ce dus ( apud Montem-Buxerium )apud Cafædei „
P p ^lr'>C Pu Chnft? m°n & vlvcrc* • nobium honorifice cft fepultus , menante D. Ludo-
Prædicius héros aiidias a.m cæteris coepiicopis , vico Francorum reee. S
paimis ad caJos cum fletu cltvatis, idoneum dudo-
rcm ftatuti itineris D. Ademarum Anicienfèm epif-
copum,faciIcm ad omne bonum , eracilem ad equi-
Vcrs l’An
uz8.
CŒ-
V.
tandum,dcdit eis*ut ipfépaftorutiuflimusper terras
& per marc, Dco gubemantc,fieret iUis confolator
j ^ TUS‘ onerc iter fiium fidurus
aa Scîavoniam, militlcgatos fiios per provincias uf-
quequaque, utomnes milites Chrifti congregarentur
atra Conftantinopolim,utinde effet traniitus adTur-
cos Sc Agarcnos. Vclociusigitiir omnes ibidem con-
giegati >armis Sc equis.. • . inftrudi , marcquod di-
dtur brachium lâncèi Georgii tran Cncan res, venenmt
Nicæam. . . . D. Adcmarus Podien/is epilcopus _
dudor tanti itineris , locis omnibus congi egatis, Ncmofum & Arelatcm depredaverunc.
nus exhortationibus Sc benedidionibus confortavic Carolus de Baveria rcg. ann. un.
ne ceprum iter agere dehfterent, quoulque fepul- ~ 1 1
dirum Domini Sc Jerufàlcm ab hoftibus libei-arent.
Ipfe vero pro Chrilto atrritus tanris mafis Sc perlêcu-
tionibus, valida ægritudinc opprdlùs cundis flenri-
Cbronique de Nifmes •
KArolus Magnusimperator regnavit annis xlvii.
obiit anno æraris Cuæ lxxii a nno incarnat. Do-
mini d c c c x v. quinto Cal. JFcbruarii.
Ludovicus fîlius ejus regnavit an- xxvrr.
C arol usmannus regn. an. vi. Hic venir Nar-
bonam.
Anno incarn. Domini dccclviii. Normand,
D’un ancien
breviaire ott
Mil. .le l’e-
^lue de Nif*
mes.
Oddo annis x.
Anno dccccxxv. Ungari vaftaverunt terram iftam*
Carolus hlius Lodoici annis xxxm. poft cujus obi¬
tum fîicnmr anni vu. i Inc legitimo rege, in quibus
A nnft i tr 1 J ° • x 1 1 • - - - - - Ul huiuuj»
ah. i bus Kalend. Aug. migrans ad Dominum (cpultus cft. regnavit Rodulphus , deinde Ludovicus filius Ca-
Cives Amcienles de traniim D. Ademari pontiticis roii
1101.
, ro.
audientes,communi concilio elegerunt ubi antifticem
virum religiolum jamfcnem, (îalà’dci abbatem no¬
mme Pontium :qui undus chrilmate locatus in pon-
tificali (ede, milites (uperbos monetarios vocatos ma-
gnis injuriis affligentes cives urbis , in tantum hu-
miliavit, titturrcs eomm Sc maximas ledes quas in
urbefecerant, fada cæde pugnanrium civium , terræ
coæ quarc t , Sc eos fûbditos ccclelîæ fteeret : daris eis
Ero pace X. M. Solid. Podienfis xnonctæ. Cum pro
oc fado admirabilis videmr in populo , afflidus
magnæ infirmitatis ftimulo apud monafterium Ro-
chapaula vocarum , Ca(ædci fùbjedum , quod ipfê
aim fui progenie in propria conftruxerat tellure ,
felix anima ejus egrediens de corpore ix. KaL
Februar. in ecclcfîa Icpulcus eft ibi, régnante D. Lo-
anms xvni.
Lotarius filius ejus annis xxxur.
Ludovicus filius ejus annis u. poft hune Hugo
annis x.
Robertus filius ejus annis xunr.
Hacnricus filius ejus annis xxix.
Phflippus filius ejus annis xlv.
du xn. fit-
cle.
Vers l’An doico Francorum rege. Septilro itaqucDei fàmulo,
1 1 1 1. ficut didum eft , monafterio fùrrexit altcr Ponrius
cognomenro Mauritius, in Ioco regiminis ipfius. . .
propter quo'dani æmuJos,calumniantcs autem lècum
queentes, icrunt Romam ad D. Pafchalem papam ut
HÆc funt nomina Nemaufenfium epifeoporum Bréviaire0*
qui ad prælêns in noftra (une memoria. vetsie mîiwiî
Girbertus cui Carolus magnus dédit abbatiam
Salmodicnfcm»
Chriftianus cui Lodoicus dédit abbatiam lândi
Ægidii & Tornacenlem.
Crocus , cujus tempore fuerunc bearus Ægidius
Sc rex Flavius.
Lnardus , cui Nicolaus pap conceflîc prædida
monafteria.
Anglaidus , cui fîmilîter conceflà func prædida
monafteria.
Rnvnardus , cui Johannes papa dédit prædida
ülic apud eum examinarentur adioncs Sc eledio il- monafteria , Sc villam de Vall^-francilca.
i • r~ 4i i «i * m •ii*i /- r t».i ... c ...... ....
lius,fidcbcrenteftè rata & illibata.Cognolcens autem
papa invidiam mal'gnorum , fada audientia ex urra-
que parte , confècrans cum in antiftircm Anicicnfis
cccle/iæ, rcmifiteum læmm aim fodalibus fuis ad
propria, Pontio vicccomite Podcmniacenfi , qui cum
co icrat, ibi (êpulto cum magno honore. Revcrfus
ad urbem fiida eft fibi proceflio ab omni populo
cum gaudio magno : fed tamen invidorum non
quiefcit perlccutio y nam turpe Sc ncfàs eft diccrc
quoi incendia & homicidia , injuriæ &contumcIiæ,
domus everfæ Sc deftrudæ fùerunt in civitate, id Deo
Utbcrtus, cui Scrgius pap eonccllit prædida mo-
nafteria.
S. RemefarkisquimukaspolleffionesNemaufenfî
ecclefiæ dédit.
S. Johannes qui requiefeit cum beato Remelario
in ecclefia ûndi Juliani.
Viterilcus epifeopus.
Pnlfadius epifeopus.
Cafâtus epifeopus.
Gregorius epifeopus. . neutre.
Bemardus epifeopus frater L.^Andunenns Domini p.
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PREUVES DEL* HISTOIRE i»
tjui dédit ccclcfiæ Nefnaufcnfi caftrum S. Martialis. aïs rex Francoriim villam Bemifliæ , & ea quai
Froterius cpifcopus ftater Atonis vicecomitis. habct in planteriis , quæ funt juxta baftidam domini
Gerakkis epifcopus , fUius Bemardi Andûfienfis epifcopi Nemaufcnm , aut propc.
Dômim. Anno Domini mcciïix. obJ).Petrus Gaucelini
Froterius cpifcopus, qui monafterium S. Salva- bonæ mémorisé quondam cpifcopus Nemaufenfis.
tons de Fonte conhruxit. Annô Domini Mcccmn. vi. Id. Januar. drea
PetrusErmengaudi cpifcopus > cujus tempore ec- mediam hoâem obiit reverendus in Chrifto parer
défia Nemaufeniîs cæpic habcrc canonicos regulares. D. Bertrandus de Linguiflèllo , quondam bonæ me-
Bertrandus cujus tempore confecrata eft ecclefia moriæ epifcopus Nemaufcnfis , qui præfedit in epit
Nemaufenfis ab Urbano papa 1 1. copatu circa xliiii. annos cum multis tribulationi-
Remundus G. epifcopus confecrarus cft 105)8. bus , quas paffus fuit propter epifcopum , & ab
obiit 1 1 1 1. omnibus laudabiliter cum Dei adjucorio evafit , uc
Johannes vir magnæ (anâitatis > confccratus eft poft ejus mortem Deus multa miracula dicitur fe-
n 1 5. obiit 1 1 34. & rcquiefcit in ecclefia S. Scr- ciffe, cujus corpus fiiit tumuiarus in ecclefia Ne-
vandi juxta muros Toletanæ civitatis. maufenfi , juxta altarc B. Mariæ pane liniftra.
Guillelmus epifcopus , confccratus eft 1134- - . . _ _
obiit 1 1 41 . & reauiefcit in ecclefia B. Mariæ juxta
fepulchrum S. Guillelmi epifcopi. V I.
Aldebertus epifcopus confecratm cft Rom* ab £ ^ iemps £ Alfonfe roi
innocenuo papa 11. 1 1 41 . in reluvitate b. 1 nomæ , ft _ J h 1 J ,
& dédit ei papa monafterium Sendracenfe, & d Aragon , vers tan II 70. touchant
t acquifition faite far les comtes de
Barcelonne fes frèdecejfeurs , du comte
de Carcaffonne , &c.
J>apa
e Fonte, quod pofteaEugenius papa
& Ludovicus rex, unacum caftris villis &poile(-
fionibus quæ funt infra civitatem & extra fimiliter
confirmaverunt.
iotd.
107 6.
D’une autre
9uin.
• T "T Æc eft memoria qualiter civitas CarcalTona AÏU067,
ANnomcxvi. confecrata , eft Nemaufenfis lTji cum omni comitam ci pertinente devenerit Ar.hira
ecclefia ab Urbano papa, & eodem anno venerabili comiti Barchinonæ , videlicet Raymun-
in Claromontenfi concilio fada eft fuper Jerufalcm do-Berengarii vêtus, ficut audivimus à magnatibus
expeditio. curiæ,in præfentia venerabilis comitis Barchinonæ
M. iviit. AdventusSS. Jufti & Paftoris apud ac principis Aragoncnfium patris veftri bonæ me-
Narbonam. moriæ *, quod ultimus cornes , ut credimus Guillel-
M c x v. Majorcas , m c x l v i 1. Almaria, mcxlviti. mus nuncupatus , venit ad præfacum comitem Ray-
Tortuolà, m c l 1 1 1. Scalona , hæ civitates captæ funt. mundum-Berengarii vêtus , & vendidit ei Cacafe
Mcxxx. Obfcilùmeft caftrum Arcnarum. fonam cum univerfb comitam eodem pertinente
M ex x x i v. Natus cft R. cornes filius lldefonfi per francum alodium. Et ipfe jam di&us Raimun-
comitis. dus-Bercngarii vêtus poftea tenuit prædi&am civi-
McxLvmi.Ildcphonfuscomes venit in portu de tatem & comitatum in proprium dominium,&
2? oc , menfc Augtifti, iturus Jerofolymam in expedi- francum alodium in pace & quiete omni tempore
tione cum regibus. vitæ fiuæ. Ad obitum autem fiium dimilit Cathalo- **
M c l 1 x. Henricus rex Anglorum venit in partes niam duobus filiis fuis per medium , majori vero,
Tolofe, ut expugnaict cam > fed Lodoicus rex def- videlicet Raymundo-Berengarii , qui dicebatur Cap
fendit eam. de St opes , dimilit Carcaftonam cum omni comi-
McLXii.Mcdiolanumeftdcftrudumabimpcra« tatu per meliorationem in fuo teftamento , ficut
tore Fredcrico. vos poteftis videre in eodem teftamento. Si quidem
Mclxv. Vcncrunt Genuenfes in porm S. Egidii ip(c Raymundus-Berengarii qui diccbamr Cap de
tontraPifonos. Stopes , obtinuit in pacc & in quiete jam di&arn
Mclx vi. Concordiamilitum&BurgcnfiumNc- civitatem 6c comitatum omni tempore vitæ fuæin "
maufenfium faâa eft. fiium dominium ac proprium alodium. lpfo quip-
Mclxv 1 i.Trencavcllus Dominicadie in ecclefia pc intcrfe&o , filius ejus , fcilicet avus vefter Ray-
S. Mariæ Magdalenæ à Bitcrrcnfibus cft interfeûus. mundus-Bercngarii , rcmanfit in cunabilis in tali
Mclxxxii. viiii. Kal. Aug. Fredericus impera- quidem ætate , quod in fcfto landli Martini natus
tor Romanorum rediit ad unitatem (andbe ccclcfiæ , fucrat , 6c in fefto fàndli Nicolai primo fiibfequen-
& fâdb eft concordia inter ipfum & papam Alcxan- ti pater ejus interfedfus fuit. Unde Cathalonia in
drum apud Venetiam. tantum turbata fuit quod longum ellêt narrare.
Eodem anno , menfe videlicet Junio , tanta in ter- Carcaflona vero à militibus circumftantibus impa¬
ris noftris fertilitas fada eft , quod fcxtarium tru- gnabatur. Homines enim capiebant & res eorum
menti ad menfuram Ncmaufi , quod in Martio , auferebant. Et cum nullum haberent defenforem ,
vm. fblidos venditum fuerat , u. folid. & vx. dena- vix fubfiftere poterant.Tunc acceflit ad eos Bernar-
riis vendebamr -, & hordeum quod v. folidis & vx. dus-Atto vicecomes > & promifit fe eorum elfe tu-
denariis , xv. denariis vendebatur. torem & defendere cos 6c res eorum de omnibus.
Anno Domini mccxlu. obiit dom. A. quondam Et cum Raymundus-Berengarii avus vefter fieret
Nemaufenfis epifcopus , qui fepultus fuit cum miles , juravit fe reddere iplï jam di£tam civitatem
magna xeverentia in ecclefia B. Mariæ Avellinæ 6c totum comitatum abfque omni contradiclione
civitatis . poftea aportatus fuit in ecclefia & pejoramento. Avo autem veftro milite fafto, jam
Nemaufenfi , obiit fiquidem in civitare prædiâa , diftus vicecomes maluit cflè perjurus quàm reddere
in qua captus detinebatur à Fredcrico , tun£. . . . comitatum ficut ei juraverat. Homines vero Carcaf*
cui dédit cornes Tololânus . fonæ videntes tantam injuriam &injuftitiam,nolue-
Anno Domini mcclxxii. obiit D. R. Amalricus runt diu fuftincre , & communicato confilio red-
quendam epifcopus Nemaufenfis, cui dédit Ludovi diderunt fe & civitatem domino fuo avo veftro t
ioSx.
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G U E D O C. 14
*wr» *<* Ermengart de Narbona , el coms de Rodez.
Ann. m. c. iv 11 11. Henric rat etEngUterrA
frés Vtrdu.
Ann. m. c. ixxxxvt. Prés S. coms de Tholofia
la régime jchanna.
Ann. m. c. ix xxxv il. En Joli fonats R. comt
*3 D E L A N
ficut fâcere debuerunt. Quod Bcrnardus-Atto vice-
comcs indigne ferens , perrexic ad comitem Tolo-
lànuni , & fècit ei hominium fiib tali condirione
quod fi tantum ci conferret auxiliitm ut fepe di-
«Sain civitatem poflèt recuperare , tcneret pro eo
civitatcm 6c comitatum. Interea, quia avus veftcr c. ta*** y... c» f*c
propter mutas guerras Sarracenorum non pornit de Tholojk fils de la regma fohamta.
plenarie fiifhcere ad dcfendcndam Carcallônam , Ann. m. c. t x xx xx. Mort Recarts rets £ En-
hommes ipfius ciyicaris compofiicrunt cum ûrpc- glaterra.
di£to vKecomitc ut redderenr d dvitarem. Ipfc Ann. m. ce. mi. Prés U rets dArago me Mm
vero iuravit eis taûis fàcrofanûis evangeliis, quod rsas de Mensptllere Mai.
pro hoc fado nullum malum inferret perfonis eo- Ann. m. c c. v 1 L Fo états Trencavels vefeoms de
riim neque rebus eorum. Rogerius autem major Bczjsrs.
fihus vicecomitis notait tenere juramenrum fui pa- Ann. m. Ce. vin. Fo mus facmes Peire rets
tris -, & reftinans ad Carcaflonam , multos eorum dArago.
violenter cepit ; quos cxoculavit & cmentulavit,ac Ann. M. cc. ix. Lo dta de faniïa Maria Mat-
nares eorum amputavit , & à rivitatc turpiter eje- dalenafiou defirusts Bezers.
cir. De quibus multi vénérant ad avum veftrum , Ann. m. c c. xii. Fou fréta CaUtmia fer lo
ut provideret eis necdïana in vita fua , quod urique rets dArago e fer los autres rets.
fecit. Porro avus vefter hujufmodi injuriam & in- Ann. m. c c. x 1. Fou frefit Lavaurs efo mes le
juftitiam indigne ferens, congregata immenfa mul- feets prtmters en juinha Tholoja fer los crofiats.
timdine eyernriK nrmirnmm tvrr^vir a„_ _ . * r - *
, _ _ titudine exercitus armatomm , perrexic expugnare
An. 11 il. & expcllere vicccomitem à præfàto comitatu. Vi-
cecoincs quoque præparavit fc cum ingenri exer-
cîtu ad dimicandum cum eo. Muld autem & ma-
gni viri religiofî hæc audientes accefTerunt ad eos ,
& talem compofitionem inter cos feccrunt , ut
fæpedictus vicccomcs hominium fàceret avo veftro
comiti Barchinonenfi, Sc tencret comitarum ac ci¬
vitatem pro eo , eumque in guerris fuis adjuvarct
Ann. M. cc viri. ' Fou pref a Carcafiona.
Ann. M. cc. xm. Mon lo rets dArago a
Muret .
Ann. M. c c. x v 1. Més foc lo coms de Montfort
a Tholofa e Setembre.
Ann. m. c c. x v. Fo Tholofa jurada.
Ann. m. c c. x v 1 1. C.obret lo coms de fanh Geli
Tolofa las veffras de fanlla Ctox de Setembre .
Ann. m. c c. x v 1 n. Mort lo coms de Montfort
I. - { - O - - • *•»*■*’ M. c c. av îxi. /nort tu 1
iribus, & fie femper faceret pofieritas vi- a Tholoja lendema de fiant fohan.
cecomitis pofteritati comitis Barchinoncnfis. Hxc Ann. m. ce.' xix. Mes Lodoicsreis de Franfia
autem in curia vencrabilis comitis patris veftri fie fiat a Tholoja en fuin
audivimus. Sed quia nondum nari eramus quando
hxc fàcla tant , utrum vera fint nefciinns. Conta-
limus autem vobis quatinus inflrumenu quæ ad
caufâm Carcallônx pertinent perlcgere fàciatis. Prx-
terea exquircre fi quos majoris xtatis invenirc po-
teriris qui hujus rei memores exiflant.
VII.
Chronique en Languedocien , tirée du car-
tulaire de Raymond le Jeune , comte
de T ouloufe , -pag. 57.
Archiv. du
Dom. de
Wunrpclier.
9- conrinua-
«ion «les turcs
general
N#. ij.
’ ''C M c V.
A
1
Ann. m. cc. x x 1 1. Mort R. coms de Tholofa ,
fils de la regma Coflanfa. - »
Ann. m. CC. xxiii. Mort lo rej de Franfa
Philips.
Ann. m. cc. xxv. Mort lo coms de Cumengt
V 1 1. die al tjfit de Février en Difipte .
Ann. m. cc. xxxi. Mort Folcjuicrs avcfjue de
Tholofa lo dta de Nadal en Dijous.
Ann. m. cc. xxxit. El me's.. . . intrec R. de
Miramon a Tholofa avcfjue s.
Ann. M. cc. xxxix. El ter s dia dcl ir.tr amen
delmes de Jult en , Divcndres fo eclipfts dcl fclhels ,
entre mieg dta e lb>ra nona.
Ann. M. cc. XLix. Lo ejuart dia en la fi de
Scten.bre en Dtmenge mori R. coms de Tholofa fils
de la regma "jchanna as Amih iu.
A N n. m. c c. Il 1. In menfè Januario Ray-
mundus cornes Thololânus filins regine Coftancic
duxir in uxorem lororcm regis Aragonum.
Anno M. c c. x x. Nata eft Johanna filia Sancic
N n. m. l X x XX 1 x. Près R. coms de fanh
„ G/lt jerufalem . per vertut de DiU.
Ann. M. c. 1. * Àlurt R . coms de fanh Gtli.
Ann. m. c. x x 1 1 1. Anec la ofl de Iholofa as
Aurenga per de.Jtvrar na Info s.
Ann. m. c. L 1 1 1. Fo près Trencavels coms de „
Bczjrs en Ocl attire X. Dias . regine, fororis regine Aragonum.
Ann. m. cl vi. Fonats , R. coms de fanh GM Ann. m. cc. xlvii. Ludovicus rex Francic
fils de la Regma Cor, fi an fa U vtgtlsa Symonis & transfretavir in parti bus ultramarinis.
juc^ Anno ab urbe Romanacondira m m x x v.
Anno M. c. lx x. Mori lo folels.
Ann. M. c. lx x I 1. Mon Trencavels vefeoms de
Bcz.' rs.
Ann. m. c. L xxxv 1 1. El més de juli perdero
Krijur.t jerufidrm.
LXXXV.Fo nats R. Rngicrs veficoms de
Ann. M- c.
Bezers.
Ann. M. c.
Bezers.
Ann. m. c. t xxx* m i-
Tholoja à Kern fie.
Ann. m. c. txxxxnii.
txxsxiin. Mort R. veficoms de
Mori R • coms de
Mori u Afiol rets
Ann. m. c. txxxxiiu.
£Arago a Perpmba el més £Abnl Ü « ^uelmes
UJiivitiT r — - - — -
Anno ab urbe Romanacondira u M xxv. Anno
Domini Philmpi regis Francie. . . . Anno Dotnim
B. Epi. Thofo/âni tertio, tune erat Incamario Do¬
mini m. cc ixx.
Ann. Domini M. cc. ixx. obiic Ludovicus rex
Francie apud Tunidum.
Ann. Domini m. cc. txx. obiit Sicardus Ala-
manni domicellus filius dom. Sicardi Alamanni
apud Tunicium.
Ann. Dom. M. cc lxxI. obiit Alfbnfîis cornes
Thololânus filius regis Francie apud Savonam feria vi.
Ann. Dom. m. ceint, obiic domina Johan¬
na comitifià Thololc uxor fiipradidü comitis in co¬
dan loco feiia x*.
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15 PREUVES DE
Ann. Dom. M. ce. lxxv. Ténia die introitus
menfis Junii obiit nobiiis vir dom. Sicardus Aia-
manni , cujus anima requiefeat in pace.
VIII.
Extrait de divers Necrologes.
"V” VIII. Kalcnd. Februarii anno mccxxiii. In-
ïc de Car- ,i\carnadonis > vicecomes Biterrenfis recuperavit
«xflônne.
Karcaflonam à Gallicis , videlicet 3 a feria x v. KaL
Februarii régnante Ludovico Regc.
I V. Non. Februarii anno mclxxxv. Incarna¬
tions dominicæ menfe Februario fuit perditus. . . .
Karcaflonæ, feria ia.
XV..Kal. Aprilis vu. feria obiit Rogerius vi-
cecomcs ni. Nonas Juin»
Anno mccxxxviiii. feria vi» fuit edipfis
Solis > Luna x x v 1 1 1. Rege Ludovico régnante.
Vil. Kal. Julii anno mccxvi ii. ia feria Sy-
inon cornes Montisfortis fait occifus in obfidione
Tolofe cum capitc margonelli.
X I. Kal Augufti anno m c c v x i x. dcftrudh cft
civitas Biterris.
XV 1 IL Kal. O&obrisanno m c c v i 11 1. fait red-
dita Carcalîbna crucefignaris.
X. Kal. O&ob. anno mcxx. die lànûi Bartho-
lomæi fuit fàéla tradido.
VIL Kal. Oâobris anno mclxxviii. fait
cclipfis Solis > 4a. feria.
1 1. Id. O&ob. anno m c i x v i ï. Marryrium Tren-
cavelli vicecomitis Biterrenfis & fociorum ejus in
Ecdcfia (àn&æ Mariæ Magdalcnæ Biterris.
IV. Idus Novemb. anno mccviiii. Roge¬
rius vicecomes Biterris obiit in congreflu ante Car-
callbnam.
DuKccto- XVIIII. Calend. Fcbr. obiit Petrus de Caftro
k dV cS’ novo D- PaPæ ^gatus prefby ter & monachus Fond*-
frigidi.
IL Kal. Fcbr. ob. D. B. vicecomes Biterrenfis.
II. Non. Fcbr. ob. D. B. vicecomes Bitcrrenlîs.
II. Cal. Mardi ob. domina Adalicia Biterrenfis
vicecomitiflà.
U HISTOIRE xi
XV. Kal. Apr. ob. Ermenjardis vicecomitiflà.
X 1 1 L Kal. Aprilis ob. D.Rotgerius vicecomes Bi¬
terrenfis frater nofter.
V I. Id. April. ob. Raymundus-Berengarii cornes
Provinciæ. ob. Guillelmus Rogerii miles.
XVII. Cal. Julii ob. reverendæ mémorisé dom¬
nus Guillelmus Ragnaldi domnus major Carthu-
fienfis, qui canonicus & cellerarius S.M. de Caflîano
attulit S. Spinam cum aliis diverfis reliquiis.
V 1 1 L Cal. Julii ob. Guillelmus Afcmariæ , domi-
cellus.
VIL Kal. Julii ob. domnus Simon cornes Monris-
forris & frater nofter.
XIII. Cal.Aug. ob. domnus Guido cornes Bi¬
gorne frater nofter.
1 1 1. Non.Au g. ob. D. Pondus deTefmo miles, ob.
Bernardus de Pezenx miles.
Id. O&ob. ob. D. Raymundus Trcncavelli vi-
cccomes Biterrenfis.
X. Kal. Nov. ob. D. Navara uxor Ramcrici D.
Clatomonds.
V. Id. Novemb. ob. D. Lodocus rex Francia?.
V I. Kal. O&ob. ob. D. Elizabeth comitiflà Ru-
thenenfis.
III. Id. Oâobr. ob, domna Blancha regina Fran-
ciæ focietaris noftræ.
II. Id. Decembris ob. Beraldus vicecomes Mafli*
liæ.
XIII. KaL Janv. ob. Adalailfia comitiflà Bitter-
renfis.
X. Kal. Januarii ob. D. Guillclma de Montefi
quino.
Kal. Mail obiit D. Hermengardis vicecomiüflà
Narboncnfis.
1 1. Kal. Fcbr. ob. Pondus abbas S. Egidii & Ray¬
mundus cornes.
V. Kal. Junii ob. Emericus^canccllarius.
V II. Id.Febr. obiit Raymundus cornes Egidienfis.
Kal. Novembris obiit Almodis comitiflà.
DuNefrok»
gc de Tibb.dc
(J uirinre.
Du Neer**
loge de l'abb.
deS.GiUaj
aujourd'hui
aux Jicobinl
de Chimberi.
Du Nc£f®*
loge de l’abb,
de Leon*.
éviSi.
v'C'C
*Wc*vX*W*^&t**W*»c*W&**s*** eftlt'tb**') t/*#'» e/*#0
CHARTES
1.
Charte de Bofon roy de Provence en
faveur de L'abbaye de Cruas.
Vers l'An
880.
Canulairc de
l’eglifc d’Ar¬
les & Vtdl-
mut de l’an
13 9 7* aux
archiv. du
domaine de
Monrpelier.
Cruas , a. i.
IN nomine S. & individuæ Trinitatis , Bofo ,
divina fàventc elementia rex. Si peritionibus
fervorum Dei quibus pro commiflb fibi ofticio fug-
gefferint, aurcmclementiæ noftræ libenter imperd-
mur>regum prcdcceflorum noftrorum morem imita-
ri cognofcimus , & ob id Dcum imitari nullatenus
diffidimus. Quodrca noverit omnium (àn£bc Dei cc-
clefiæfidelium tam prefentium quam faturorummo-
ftrorum quoque (blerda , quia adiit prefentiam no-
ftram Roftagnus venerabilis Arclatenfis archiepifco-
pusjdeffcrens obtutibus noftris au&oritates predeceC
lorum noftrorumHlotharii,videlicct condaraAugufti,
atquc piiflimi > filii ejulque eouivoci illuftriflîmi regis,
ubi continebatur qualiter iidemptedeceflbrçsnoftri
monafteriumin comitam Vivaricnfe fuper Rodanüm
fluvium fitum,quod Crudatusdicitur,cum mona-
chis ibidem Deo militantibus omnibus rebus & fà-
mulis inibi afpicientibus vel pertinentibus Rodanno
reverendo quondam predeceflbri fuo Arclatenli
fcilicct archicpilcopo , contulerunt -, humiliter pof-
cens ut cafilcm au&oritates noftro regali corrobo*
raremus prccepto. Cujus non {pemendam petirio-
nem , propter cternam remunerationem , libendf
fime (ufcipicntes , hoc (èrenitatis noftræ prcceptum
fieri ccnfuimus , per quod jubendo ftatuimus, ut
prefens redtor ejus monafterii , Amicus nomine,
omncfque fucceflores ejus , cun&i inluper mona-
chi à modo ibidem Deo militaturi cum omnibus
rebus ac famulis, fub tuitione confiftant Roftagni
præfulis Arelatenfis , univcrlbrumque fequacium
ejus in eadem fcde ob honorcm Domini Stephano
protomartyri , (àccrrimo pariterque primo ipfius
urbis anteftiriTrophimo,krvinirorum. Præcipimus
quoque ut nullus judex , nulla quelibçt perfona
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17 D E L A N
ex judiciaria poteftate, ad caufàs audiendas , vel freda
exigenda , aut homines eorum tam ingenuos quam
fer vos diftringendos, ullo unqiiam tempore ibidem
ingredi audeant > fed liceat præfàto ponrifici res fîi-
pradidi monafterii quieto ordine pofïïdere. Itaque
ut hæc noftræ audoritaris ftatuta nrmiores in Dei
nomine obrineant vigores, manu propria fûbterfir-
mavimus , 8c anuli noftri imprc/Kone afïîgnari jufi-
fimus. Signum Bo(bnis fereniflimi regis, Stephanus
Cancellarius.
G ü E D O G 18
mifcricordiam jugiter exorare deieder. Et ut hæc
noftræ largitionis audoritas noftris fîicceflorumque
noftrorum temporibus inviolabilem atque inconvul-
lâm obtineat firmitatem , manu propria fubterfïrma-
vimus, &annuJi noftri imprdlione adfignari juftî-
mus Carlomannus.
Adum apud Petræfidura x. Kalend. Junii, anno
tertio regniKarlomannigloriofilIimi regis.lndid. xiv.
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Charte du rai Carlomancn faveur de Fab~
baye de faint Polycarpe.
Ann. 881. T N nomine Domini Dei æterni fâlvatoris noftri
1 Jefu Chrifti, Karlomanntis gracia Dei rex. Si uti-
^ta^buslocorum divims cultibus manciparorum, fêr-
• (<q. vorumque Dei neceflîtatibus in eis degentium figa-
citcr providemus, regiæ ceftîtudinis operam frequen-
tamus \ ac per hoc æternæ beatitudinis gloriam fâci-
lins ailècuturos omnino confidimus. Itaque notum
fis omnibus fândæ Dei ecclefïæ fidclibus& noftris,
ræfêntibus atque fiiruris, quia venerabilis vir &no-
is diledus Attila abba ex monafterio fândi Poly-
carpi ad noftram accedens manfîietudinem, coram
frequentia proccrum primatumque noftrorum , de-
tulit audorabile præceprum fibi à divæ memoriæ
Karolo avonoftrogloriofiflimo imperatore collatum,
fcilicet ex præfâto monafterio fito in pago Redenfî
cum univeriis ad le pertinentibus , vel appendiciis
arque adjacentiis feu terminis fuis , ne c non & cum
Gajano villare cum antiquis terminis , five cum re¬
bus quas Auftrimirus eidem monafterio contulit in
pago Helenenfi, quorum funr nomina: Palatiolus,
& Salellas *, (eu & cum cclla in pago Carcafienfi con-
jacenti , quam idem Auftrimirus ad idem monafte¬
rium dclegavit, cujus vocabulum eft Cornicianus,
cum omnibus nihilominus quæad Dcum timentibus
hominibus ad idem collatum fuerit monafterium,
ideft (ànda Cruce, & Milfirico, fîib noftro fucceflb-
rumque noftrorum ttiitione in perpetuum maneat ,
videlicet ut nullusjudcx publicus ncque qui/libet
ex judiciaria poteftate , &c. Pcciir etiam venerabilis
abba Attila cclfitudinem noftram ut homines liberi
commancntes infra terminos ejufdcm monafterii,
quos pnefixenint audorirate domni Ludovici .
& Bernardus Comités, terras quas ex eremo quiece
polîideant, &congmum obfêquium , hait homines
ingenui, exindc eidem monafterio exhibeanr, ne
eorum ingenuicas vel nobilitas vilefear. Hi vero ho¬
mines qui extra terminum ejufdcm monafterii ma-
nent, & terras infra fines præfâri monafterii habent,
û eorum voluntas fiieritde ip/îs terris commutandi
aut vendendi per hoc noftræ audoricatis præceptum
inter (èinvicem, aut ad idem monafterium, habcant,
& ipfâ emptio vel commutatio plcniflîmam præfenti
noftræ audoritatisedido in omnibus obtineat firmi-
tarem, aliafâda venditio vel emptio non habeat firmi¬
tatem. Quandoquidem autem divina ordinatione fû-
pradidus abba, vel fucceflores ejus ab hac luce migra-
verint quandiu ipfi inter fe raies invenire potuerint
de . . .. prædidi abbatis qui ipfâm congregarionem
(ècundum rcgulam fândi Benedidi regere 8c gu-
bernarc valeant, per hanc noftram audoritatem li-
cenuam habeant ex femer ip/îs abbates eligere, qua-
tenus fervos Dei qui ibidem famulanmr, pro nobis
& ftabilitate cotius regni noftri Domini immenfâm
Tome IL
Charte du même prince , en faveur de
F églife de Narbonne .
IN nomine Domini Dei ætemi, & Salvatoris no- ^NNi jgr#
ftri Jefu Chrifti, Karlomannus graüa Dei rex.
Si (acrisac fândis loris divino cultui mancipatis ali- r^iîrc'^e*1*
uid de rebus regni noftri, feu facultatibus conferre Narbonne,
udemus, non folum in hoc regiam exercemuscon- cf
fuetudinem , lcd maximum regni noftri munimen , *ppcva. h . ».
auxiliante divina gracia , efîè nullarenus dubitamus.
Quapropter noverit omnium fidelium fândæ Dei
ecclcfiæ noftrorumque tam præfèndum quam fùtu-
romm follertia , quia accdlit ad clemendam fêrcni-
ratis noftræ Sigebodus fândæ matris Narbon enfïs ac
Redenfis eccleiLx archiepifcopus, & innoruit nobis
de pauperrate fui epifeopatus , 8c quemadmodum
fua fèdes, & pene omnes Eccieliæ ejufdcm civitaris
ruinæ jam proximæ exiftebant ; ita ut per ipfûm nul-
latenuspoftcntrcftaurari. Narrons eriam quaL'ter jam-
dudum , deprecante domno apoftolico Joanne
apud Trecas civitatem per genitorem noftrum piifÏÏ-
mum regem Hludovicum , quædam receperit ad
augmentum fuæ ecclelïæ beneficiola, à fe fuifque
fîiceeflbribus pcrpcttialiter obrinenda. Cujuspetitio-
nem neceflariam 8c radonabilem ctlc cognoice ircs,
placuic celfîcudini noftræ, proremedioanimægeni-
toris noftri & noftræ , atque pro tanta dcprecatione
domni apoftolici Joannis , feu 8c charifîimi noftri
& venerabilis abbatis Hugonis, quatenus ad eandem ,
ccclcfiam fîmdi Jufti & fândi Paftoris , neenon ôc
fândi Pauli confefloris, ubi ipfè venerabilis vir cor-
pore requiefeit, abbatiam fandi Laurentii cum om¬
nibus fuis ccllulis & villis atque terminis, cum fum-
ma integritate locorum, velud in præceptis mona-
chorum ab anteceftôribus noftris piilfimis regibus
fadis , perpetualiter concedcremus. Eo videlicet
renore ut ftipendia monachorum ibidem degendum
juxta vires præfulis non deficianc. Concedimus præ-
terea mcdictarem fàlinarum, telonei, portatici 8c
raficæ , atque pafeuarii ad eandem præfaram ccclc¬
fiam, tam in Narbonenfî quam in Redenfî comitatu,
undecumque cornes , vel ejus miflûs receperit vei
rccipere debuerit aliquid exadionis. Donamus ctiam
Fifcos juxta Ba/lianum villam qui vocantur C^fara-
nus -, & villa Arfêgii. Concedimus etiam ipfi eccle-
fiæ in Redenfî comitatu, villam quæ diritur Limo-
fus, cum fiiis ecclcfiis fândæ Eulaliæ, atque Fladia-
no, vel cum omni fua inccgritare, ac membris fibi
pertinenribus, atque farinariis. Donamus etiam ibi
Villam longam, cum fândi Fœlicis ccclefia, &cum
fiiis omnibus villaribus atque adjacentiis cundis. Si
vero infra iftas villas homines Hoftolcnfès vel Hi£
paniflicrint, quidquidjus fifei indeexigere débet,
torum ad opus fândæ matris eeelefiæ Narbonenfîs
jure perperuo concedimus obrinendum. Fifcos vero
qui lune in Biterrenfi comitatu , fando Paulo con-
R-ftori à longo tempore collatos, &àpoteftare co-
mitali injufte ufurpatos , pleniflîme reddidimus ;
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19 PREUVES DEL’ HISTOIRE
atque eidem ecclefiæ, ficut dignumcft» per hoc
rioftræ auâoritatis præceptum confirmavimus. Per
quod dccernimus atquc jubemus, ut nullus judicia-
riæ potcftaris , ncc ullus ex fidelibus noftris , in ec-
to
ingreffibus ®relTibus, quæfitis 6c inquirendis *
cult'is 6c incuit is, totum & ad integrum-, quod
dehinc & omne tempus habeat firmillimam & fi.
berrimam poteftatem tenendi & poffidendi , dandi
délias aut loca , quæ deinceps jure & poteftate ipfius & venundandi > at quæ mahierit largiendi , tara ipfe
ecclefiæ divinapietas voluerit augere-, ad caulàsau- quam ejus pofteritas fine alicujus prohibitione. Et
diendas, vel ftcda aut tributa exigenda, aut man- ut hæc audoritas inDei nomine firmior habeatur ,
fioncs vel paradas fàciendas, autfidcjuilbrcs tollen- & æternaliter perdurer , eam rubcerfirmavimus &
dos, aut homines ipfius ecclefiæ tam ingenuos quam annulo noftro ligiilari jufïimus. Signum Karlomagni
fervos diftringendos , aut ullas redibitioncs aut il- glorioliilimi regis. Norcbertus notarius ad vicera
licitas occafiones requirendas , noftris futurilque Wlfardi recognovit. Daram quarto KaL Septembr.
temporibus ingredi audcat, vel ea quæ lùpra me- anno tertio régnante Karloraagno gloriofiflimo
morata firnt, penitus exigere prefiimat. Sed liceat
memorato præfiili, fuifque luccefioribus fub noftra
defenfione auiete refidere, noftneque parère jullio-
ni. Et quidquid jus fifri exinde exigere poterat ,
totum nos, pro ætema remuneratione, cidem con-
cedimus ecclefiæ *, ut perpetuis temporibus clericis
ibidem Deo fervientibus profidat in augmentum -,
auatenus redores ipfius ecclefiæ , cum omnibus ad
{epertinentibus, cum clero & populo fibifubje&o,
pro nobis, ac totius regni noftri ftabilimento, Do-
mini mifericordiam alacritcr exorare delectet. Et
ut hoc pneccptum noftræ audoritatis inviolabile ,
æternum obtineat vigorcm, manu propria fiibter-
fiimavimus& annulo noftro infigniri jullimus. Sig¬
num Kirlomanni gloriofilfimi regis. Norbertus
notarius ad vicem Vulfardi recognovit. Datum pridie
nonas Junii, anno tertio regni Karlomanni glorio-
filTimi regis, indidione x 1 1 1 1. Adum apud Paulia-
cum vicum , in Dei nomine féliciter Amen.
Hugo venerabilis abbas hoc ambafeiavit.
I V.
rege indidione x i v.
ftam. 1. D. N. F. A.
Adum apud villara Co-
V.
Plaid ou aJfembUe tenue à Carcaffonne .
IN judicio Wilcranni fedis Carcallonna cpifeopc,
nec non Aquifredo comité , Sicfiredo vicecomite
Sunifredo abbate , Miro abbate , Gullino , Auftraldo,
Autano, 6c Willilco judicum, 6c in præfcntia Wi-
An.88).
Archive, de
t fabbayc de
tardo & aliorum, qui fupra dido epifeopo, co-
mite, vicecomite, abbates, archidiaconos , & ip-
fos judices vel auditores, in illorum judicio , in pu-
blico mallo , in civitate Carcaflonna relidebant. In
eorum præfentia recognofco me ego Ermenardus ,
qui fuit filius quondam genitore mco nomine
Amelio, quod negurc non pofiem, facio meara
profdlionem atque cvacuationem de (cripcuris quod
homo , nomine Recamundus abba & lui monachi ,
quifunt de monafterio làndti Hilari, qui eft fitusin
territorio Carcalïenfe fiiper fluvium Lcuco, ipfas
Donation du roi Carloman en faveur d'un feripturas quod ipfi .nihi rcquirebant lupradido ju-
de fes vaffaux appelle Raynard.
IN nomine Domini Dei æterni & Salvatoris noftri
Jefii Chrifti, Karlomagnus gratia Dei rex. Mos
Camtiaire & conlûetudo regnm prædecefibrum noftrorum
Beticrt 'fC dC ^mper exc^r 5 fidèles fuos maximis honoribus il-
luftrare atquc fnblimes efticere , quatenus in eos
Ann. 88 1
dicio, quod anteccflbr fiius, nomine Caftcllanusj
abba quondam qui fuit, 6c fui monachi de (ando
Hilario , mihi jam dido Ermenardo fccerunt 6c do-
naverunt pro camviationis de illorum alode pro-
prio quod habent in territorio Rollilioncnfe in lo-
aun ubi dicitur ad ipfàs Nitolarias ipfà illorum cel-
lula, cuivocabnlum eft fundi Stcpnani, cum fuis
& benignitatem fnam oftenderent &animos illorum appcndicis, quod debent elle de jamdido mona-
propius in fuam fidelitatem aftringercnt. Quocirca fterio (andi Hilari, five Recamundo abbate vel ad
noverit cundoram làndæ Dei ecclefiæ noftrorum- iplos monachos , per illorum feripturas & per illo¬
que fidelium præfentium feilicct & futurorum indu- rum apprilione, & alias feripturas autenticas, quod
ftria, quod accedens ad manfuetudinis noftræ cle- inde mihi donaverunt, quod ibi comparavit mona-
mentiam Wlfàrdus venerabilis abbas coram fre- chus illorum nomine Glodefindis per julüoncm Sc
quenria proccrum primatumque noftrorum > petiic per mandatum de iplo abbate làndi Hilari, 6c de
ut quemdam fidclem noftrum Rainardum pro allî- ipfos monachos , de omnes iplàs feripturas , de quan-
dua fidelitatc qua in noftro decertat fervitio , nec tum jam didus Caftellanus abba , qui fuit antecef
non & pro utilicate & ftabilimento regni noftri ho- fe>r de illo Recamundo lupradido abbate & fui
norare deberemus, videlicct Alpiranum & Albi- monachi inde. mihi Ermenardo donaverunt de ipfa
nianum villas in Biterrenfi pago litas, nec non & cellula làndi Stephanicum fuo appenditio , &pro-
ecclefiam in honore làndi Fclicis fundatam in villa camiationis autenticas de iplàs feripturas. Ego Er-
Calobrice fitam, cum iplo campo & omnibusTuis mernardus plus nec amplius inde invenirc poll'um ,
adjacentiis , atque Paulinianum villarem juxta Calo- nili quatuor quas inde inveni autenticas, quod ego
brices ab integro cum omni luo terminio & uni- reddidi ad ifto Recamundo abbate , vel ad fuos
verfis adjacentiis adfe pertinentibus, in propricta- monachos in ifto fupradido judicio, & iplàs proca-
tem illi concederemus. Cujus itaque làliibribus ac- miationes quas indchabui, 6c alias canas autenti-
quiefcere libuit præcatibus, & promptillima volun- cas, ego Ermenardus eas invenirc non poflum, fcd
tate præfàtas villas & ccclefiam prænominatam cum prædidas iplàs habeo , 6c ncfcio quid fe feccrunr.
yillare fiipradido, cum omnibus appendiciis tam Sed ubicumque iplàs feripturas procambiationis, vel
propinquis quam longinquis, cidem Rainardo in
proprieratem concclïimus. Has itaque villas & ec-
clefiam cum villare fiipra nominato in proprietatem
noftra liberalitate jam diéto fideli noftro Rainardo
concedimus, cum terris, vineis, pafeuis , praris,
iplàs alias autenticas, in mea poteftate, aut in pote¬
ftate de ullo homine , aut in placitum , aut in plarea
iplàs feripturas invenus apparabiles fuerunt, frigulas
& vagas & inanes remaneant omni tempore , &
non habeant ullam firmitatein. Et ego Ermenardus
Avis, molendinis, aquis aquarumve decurfibus, fie me evaguo in omnibus de iplà cellula fuperius
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ai D E L A K G U E D O C i»
fcripta fandi Stephani, & de fuis appendiciis, quod de ftipcndia fratrum ipfâs res abftrahere aut bene-»
non hodie ncc ullo tempore nequc in iftum placi- ficiare alicui voluerit , ad proprios parentes meos
tum , neqüe in alium , nuJlam fcripturam inde præ- iplâs res revertere faciant abfque ullo viro contra-
fèntare nec haberc nonpofium, necper certes, nec dicente. Et fi port hodiernura diem ullus hærcs
per ullum documentum judidqm vericaris ego pro- nofter auc aliquâ immifla perfona qui contra hanc
bare nonpofium, quod ip fa certifia fân&i Stepnani certionem ire, aut agere aut inquiccare præfumpfe-
nec fiium appendiduro ego tencre debeam inmeam rit, quod petit vendicare non valeat, fed compo-
poteftatem, fèd plus débet eflè de monafterio fàncd nat ad redores ipfius monafterii tantum & alium
Hilarii, fini ad Recamundo abbate vel ad ipfbs mo- tantum quantum ipfâs res eo tempore melioratas
nachos. Et ego Ermenardus ipfa certula cum iiium âp- valuerint : fèd præfcns ceffio ifta a nobis fada om-
pendidum redditum habeo ad ifto jam dido abbate , nique tempore & ftabilis valear perdurare, ftipula-
vel admonachos fiios, & ipfum meum alodem pro- tione quoque pro omni firmitare fûbnixa* Fada
prium , quod ego unde procambiacum habui , cum ceflione ifta in menfè Julio x 1 1. Kalendas Augu-
jam dido Caftellano abbate 8c ipfos monachos in ftas , anno fèptimo régnante Karolo rege Franco-
territorio Reddenfè, in alode de Teria, in locum rum & Longobardorum. Signum Bernardi grada Dci
ubi dicitur Domum fimdi Pétri, ipfum meum alo- comids, Signum Hermengardis uxore ejus qui hanc
dem ego receprum habeo ininea poteftate, &vera ceflîonem heri vel adfirmare rogaverunt. Signum
eft mea profèffio, 8c evacuario in omnibus. Deodato, S.Rigaldo, S. Aimarico, S. Teuarico,
Fada feriptura profè/Iionis fèxto Kal. Mardi anno S. Hugobaldo, S. Blandino, S. Evalio , S. Bernardo,
111. Imperante Karolo imperatore. Sig. Ermenar- S. Immonc, S. Airrado, S. Leotardo, S. Dadone,
dus. Sig. Jordanus. Sig. Alderamus. Sig. Pantaleon. Hugbertus rogitus fcripfït. •
Sig. Leufredus. Sig. Gulfimis. Sig. Galafredus, qui
fig. hanc fcripturam fcripfït die & anno quod '
fupra. ^ VII.
Diplôme du roi Carloman en faveur dé
V I. l'églife de Narbonne .
Donation de Bernard comte d* Auvergne T N nomine fàndæ & individu*: Trinitati s, Kar- "
â l'abbaye de Conques . ,omannus Dei rcx- Norum omnibus •
J 7 fidelibus fanâæ Dei ecclefiæ tam præfèndbus quam , Archivées
* _ . & fiituris , quia acceftit ad noftræ jnanfïietudinis cul- dcNarbono?.
Ann. 88). Ç Acrofân&æ ecclefiæ fan&i Salvatoris Conchas men quidam fidelis nofter Leocriais, innotefeens v-
Circulaire monafterii , ubi Bego abba præeilè videturcum quomodo piæ recordadonis Karolus avus fcili- rfifn*
de l’abbaye inonachis ibidem Dco famulantibus. Quamobrem cct nofter , cuidam fuo vafïo Hildrico nomine
onqua. Bernardus gratia Dei cornes , & uxor mea Her- quondam , infra Seprimaniam in comitatu Redenfi
mengardis , cedimus ad ipfa cala - Dei qui eft con- quafdam fuæ proprietaris res, locum icilicet qui
ftruda in honore Domini & Salvatoris noftri Jefu nuncupatur Capitanarias , qui eriam alio nomine vo-
Chrifti, fèu 8c fandi Pétri Apoftolonim principis, catur Drappas, per præceptum fùæ audoritaris dc-
. cæterorumque fandonim quorum ibi reliquiæ funt, legaveric, arque in proprium habendum contradi-
ubi Bcgo abba præefle videtur cum monachis ibi- derit, & quomodo poftea diutinotran fado tempore,
dem Deo fèrvientibus, cedimus ceflumque in per- ipfius culpa exigentc , iterum per veræ difeumonis
petuum clic volumus pro amorc Dci , vel æterna judicium ipfæ res , abfque uno viliare qui dicitur
retribudone , ut nobis ipfc pius 3c mifèricors Do- Savinianus , quem ante bannum vendiderat , & •
minus veniam in futurum præparare dignetur -, hoc propter alias ejufdem proprietatis pordunculas , quas
funt res noftras proprias qui ex alode parentonim fimiliter antea per carranim ftrumenta, fï idonca '/
meorum juftiflime mihi obvcncrunt , qui funt fitas comprobata foerint, hominibus intra ipfos noftræ
in pago Ruthenico, in vicaria Cevcriacenfè, hoc donadonis terminos commanentibus pcrconvenicn-
eft villa noftra, qui nominatur Bautonc, cumman- tiaitl conicriptam dederat, pleniter aafifeum noftri
fis, pratis, pafeuis, filvis, exhiis 8c regreftïs, ail- donationis, præfènte comité Acfredo, cumjudicio
tum 8c incifitum , aquis aquarumvc decurfibus , determinato redegerint. Quapropter dcprecams eft
omnia 8c ex omnibus quantumeunque ad ipfà villa noftræ largidonis benivolcnriam vice venerabiJ.'S
afpicit aut afjiiccre videnir , quod noftra jufte fer- Sigcboldi fandæ marris ecclc/ïæ primæ Narbonen-
vitur 8c pollidctur, in integrum cedimus, ad ipfà fis archicpifcopi , ut ad cmoluinentum fândorum
prædida cafâ-Dci , fiiifquc fervientibus jure pro- Jufti 8c Paftoris fèu& fândi Pauli prcdofiftîmi con-
prio : eo vidclicct modo , ut dum ego vivo ipfâs Feflôris , ubi ipfè corporalirer requiefeir, eafdem res
rcs ufiifrudfuario mihi liccat pofîidere , 8c annis fin- cum omnibus fiiis villaribus ex eadem donatione
gulis inveftituram ipiùm dccimum ad ipfà cafa- Dei faâis, ncc non & filvis, aliifque omnibus rebus fèu
pcrfolvam. Port obirum vero meum quandoque adjacenriisjureadfèperdnendbus, atque legidmis ac
Domino placuerit , ipfas r es cum omni integricate prifeis exrerminationis in proprium conccderemus.
ad ipfa cafa -Dci , fuifquc fèrvientibus abfque ulla Cujus pedrionem rationabilem fore cognofcentes ,
contradicdonc reverront. Et hoc placuit nobis infè- veluti in bannum legalitcr miflæ fuerunt , 8c ad
rcre, ut fi ullus redlor aut abba de ipfà cafa- Dci noftræ poteftads fifeum, ipfb Hilderico yivente,
* Le Pere Mabillon qui a donné cette charte dans fa Diplomatique , avait cru dabord qude appartenait à la Ilî. année
de C empire de Charlemagne , &il en fait mention dans fes annales fous Van 803. n. ry. mais monfieur Baluze ayant
f*lt ^ doit être rapportée au régné de l'empereur Charles le Gras , il s' eft corrigé dans les notes manuferites
Up'if"" qu'il a ajoutées à la marge de fon exemplaire de la Diplomatique. L'un & Vautre rapportent cette charte à Vannée 88*.
qui étoit la troipéme de l'empire de Charles le Gras : onpourroit U rapporter aujji à Van 88 6. qui i toit la troifiémê
année du régné de ce prince en France , depuis la mort du roi Carloman *
Tom< II. B ij
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*3
PREUVES DE U HISTOIRE
*4
ipÉt r<» redeg mm , ita cum fumma incegritate dcnas fidas, totum &abintegrnm vobis ccdo: &
pnedidae ccclefi» Narbonenfi in honore Dci æ in alio ioco ubi vocabuhim eft ad ilia Bruda , ccdo
làndorum martyrum jufti & Partons atque venc- vobis manfo uno ubi Bcrtalaicus vifus eft conver-
rabilk Pauli confcflbris,pro remedio animarum præ- (arc , &c. Fada ceffio ifta in menfe mcdio anno L
dcccflbrom noftrorum feu & animæ noftræ «ter- régnante Odone rege. S. Sigaldus, &c.
naliter concedimus proprio jure obtinendum. Præ-
cipienrts eriam jubemus per hoc noftræ donationis &
audoritarispr*ccptum,quatenus eafdem resfub noftræ
tuitionis munimine, fucceflbrumquc noftrorum re-
quifpiam fidelium noftrorum nifî ab epifcopo
2' us miniftro’vocatus > in ip(às res , ad caufas âudien-
1 s, velfreda auttribuca exigenda, aut manfiones
vel paratas fàciendas, vel fidejullores tollendos , aut
hommes qui in ipfis villaribus prime donationis re-
IX.
Charte du roi Eudes four î abbaye de
faint Pofycarfe.
N nomine Domini Dei «terni & Salvatoris no- An. 889.
An.
X ftri Jefu Chrifti , Odo mifcricordia Dei rex. Si
fervorum Dei loca divinis cultibus mancipata pro
merito noftae celfitudinis augemus, atque bénéficia
fident, exccpto Saviniano, tam ingenuos quam & oporrunc largimur, fine dubio ob id nobis propi-
fcrvos diftringendos , aut uHas redibitiones , five tium Dcum minime diffidimus. Quocirca noverir
Ulicicas occafiones requirendas, noftris fiiturifquc omnium fidelium tam præfentium quam & futur o-
temporibus ingredi audeat. Sed liceat memorato rum folertia , quia adierunt noftram demendam
præfuli fuifque fuccefioribus fub noftra defenfione vencrabilisEnermiruscpifcopus, & cornes Soniarus,
quiete refidere , fèrvaro immunicaris privilégie & & deprecati font ut monafterium conftrudum in
noftræ parère juftæ ditioni. Hoc denique adjedo honore beati Polycarpi pontificis & martyris, ubi
propter donationem liberrimam quam eedefix fe- Arnulfus abba prxelle dignofeitur non modiex tur-
cimus, ne caufa emptionis tantæ poteftatis vir intra bæ monachorum, ( quod monafterium fitum eft in
ipfàs fines fîcut capitanarios intermifeeatur , cujus pago Redenfi fiiper fluvium Rivograndi ) quatenus
violenta dominatione honor ecclefiafticus concu- ipfum locum in noftra defenfione cum omnibus ad
tiendo debilitetur : & quicquid jus fifei exinde exi- eum pertinentibus haberemus fimul & defenfione,
gère poterat totum nos pro æterna remuneratione fîcut præccdentes reges comprobantur hadenus pra>
cidem concedendo perdonamus eeelefiæ , ut perpe- ccptorum indagine fèciflè. Quod nos quoque au-
tuis temporibus, clericis ibidem fervientibus profi- dientes, libenter eorum acquievimus confiliis, &
dat in augmentum, quatenus redores ipfius eccle- præfatum cœnobium fub noftro munburdio actui-
fiæ cum omnibus ad le pertinentibus, cum clero & tione ftaruimus, ut nulhis deinceps fucceflbrum no-
Hülo fibi fubjedo pro nobis ac totius regni noftri ftrorum de his quæ in eorum præcepcis, privilegiis
ilimento Domini mifericordiam alacriter exorare atque chartulis continentur, aufu temerario præ-
deledet. Et ut hoc prxceptum noftræ audoritatis fumât invadere*, ideft, in comitatu Redenfe Gaiano
inviolabile ætemum obtincat vigorem , manu pro- cum fuis pertinentibus , fîcut in eorum feriptis con-
pria fubtcrfirmavimns & anniilo noftro infigniri tinetur*, &Mcüfirico&fàndamCrucem & ipfos. ...
juflimus. Signum Karlomanni glorioiilfimi regis. & in termino de villa qux dicitur Luco , & Petrolas
Norbertus notarius ad vicem Gofleni recognovit. acCallànias, &Bugaragio, terras culcas & incubas ,
Datum pridie nonas Februarias anno 1 v. regni ficut in eorum continetur chartulis. Et in villa quæ
Karlomanni gloriofiflîmi regis indid.11. Adum didtur Salus, & inLegello, & mComiliano \ quid-
apud Compendium paladum in Dei nomine feli- quid per chartulas videntur habere. Et in comitatu
dter Amen. Carcafïènfi Comiciano cum ecclefia fàndi Pauli ,
cum terminis & adjacentiis fuis : & ultra Clufà in
comitatu Impurincnftum in ipfà garrica, eedefiam
VIII. fàndi Felicis cum terminis & adjacentiis fais*, &in
Petralatenfi ecclefias fàndi Pétri & fàndi Fruduofi
Donation faite au monaflere de Conques . conftrudas, cum propriis terminis, propriifquc fi-
— nibus , nna cum villare eis peninente fitum in Ar-
.888. Y Ocum fàcrum fandx eeelefiæ qui eft conftm- morotas fupra taxarum Magregerum, & fàndum
irtni. de JL/ dus in honore Domini noftri Jefii Chrifti , feu Joannem Sufpineta , & fandum Cyprianum
Archive, de
l’abbaye de
kiot Polycar-
P®«
y • s fit j tn
S. b 1*4.
Cartol
l’abbaye de
C^aquea.
cum
fàndæ Mariæ genitricis ejufdem Domini noftri, feu
& fàndi Pétri prindpis Apoftolorum martyrum ,
feu & fàndi Vincentii, & (àndæ Fidis martyris, re-
liquiæ eorum ibi requiefeunt condita funt , ubi
domnus & venerabilis abbas Frotarius una congre-
nonem Deo fàmulanrium ibi præeflè videtur, qui
eft in orbe Rutenico in aice Ferrarias in villa ^ui
propriis adjacentiis , & in alio loco condaminam
modiorum v 1. & in comitatu Elenenfi res quas
Guiftrimirus cornes. eidem monafterio , id eft, Pa-
latiolum & Saletas , & in Petrapurtufênfe Petia-
num cum fuis appendiciis , & quidquid ibi fuit
vifus habere vel poffidere. Hatc omnia , & quid¬
quid ftudium bonorum hominum adquifivit, vel
vocabulum eft Teulamen. Quamobrem ego in Dci acquirere potuit aut condonare , fàndmus ut nullus
nomen Sigualdus &uxor fùa Aigua ad ilium locum fucceflbrum noftrorum, nullufque mortalium hujus
Éuidum vel ad ilia congregatione monachorum qui noftræ audoritads aufù temerario præfumat inva-
ibidem Deo ferviunt cedo vobis manfo cum curte , dere : fed liceat monachis fub regulari tramite Deo
&orto, & exeo, aim terras cultas & incultas & fervire, & [fer ftudium fàndæ Dei eeelefiæ votis
cum ipfà vinea dominicaria, pratis , pafeuis , filvis, conrinuis exorare. Statuimus ctiam & præcipimus,
garriciis, aquisaquarum via decurfibus, omnia & ut nullus judex publions ad caufàs audienaas vel
ex omnibus cedo vobis & in ipfà villa cedo vobis freda exigenda , aut raanfionaticos , aut paratas fi-
Captmanfb cum curte, & orto & exeo & in ipfà ciendas, vel homines intra poteftatem jaradidi mo-
ara, ccdo vobis fàrinaria qui eft conftrudus fuper nafterii diftringendos, neque fervos aut ingenuos,
Latacia, & in ipfà riparia prato dominicario præoo- aur ulla^ redhibiriones exigendas exigere præfumat.
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fty DE LANGUEDOC i«
Præcipimus eriam uc obeunte abbate, non aJiusibi autparacam, five manfionaeicura acdfcfc, flequ*
lubrogetur, nid quem omnis congregario commun! teloneum ab corura hominibus , neque etiam pon*
voco elegerir. Quilquis autem hujus Jod immuni- caricum aur rotaticum , velcdpicaticum, vel pulve*
totem imregerit, ac quæ lîiperius ftatuimus viola- raticum, vel palcuaricum aut ialaricum , autaliqilid
verit, lêxccntos folidos componere fâciat. Ut hæc fedibitionis ab illis ullo modo exigarur, lecundum
autem præcepri noftri au&oritas nobiliorem obti- quod in præcepco jam præÉato doinni & piüfimi
neat vigorem per fiitura tempora , manu propria imperatoru Karoii continetur infcrrum t quatinus
fubterfirmavimus, & annulo noftro lïgnare roga- pro nobis & regni noftri ftabilicatc , five pacc lânâæ
virous. Dei ecclefiæ attendus & liberius diviium clcrocn-
Signum Odonis gloriofilfimi regis. Troannus no tiam die 3c no&e invigilantes , omnimodis exorare
tarius ad vicem Ebuli recognovit. Datum menfe Ju- ftudeant. Et ut hoc per omnia tempora inviolabili-
mvim.V nio, a nno *. d. ccc. lxxxviii. indi&ione fcpti- ter confervetur veriulque credatur , manu propria
ma, anno fecundo Odonis regis , L D. N. F. A.
• X.
Extrait d’une charte du Diocefe de Befiers . anno
Nlcmundus 6c uxor lita Columba & Gilcla*
fubterfirmavimus arque annuli noftri impreflione
infigniri julfimus.
Signum Odonis gloriofiffimi regis. Throaiînus
notarius ad vicem Eblonis recognovit & julliis
lcriplït. Data m. KaL Februarii indiûione vi il
régnante domoo Odonc gloriofiflimo
rege. Acftuin in villa Lernegia. L D. N. F. A.
An. 8 8 p. XX fredus , vendune Agilberto epilcopo Biter*
dc renlî quintam partem villæ de Cuminiano in terri-
fégü(ct!e*Be*> torio Biterrenfi , tarn in ecclefia lândti Genelïi quam
Écrfc in aliis, quod advenit illis ex apriiione parencum Plaid tenu k 27 i fine S far le comte Raymond»
luorum , & illis advenit per præceptum Karoii regis.
Hoc vendunt ab inregro in opus lânâd Nazarii
martyris Chrifti , cujus ecclefia fondata eft infra Coylâ ad exerccndam venadonem confifterer
muros civitatis Biterris pro x x v. folidis&c. Aâum propc locum qui vocanir Audita , cuin epifeopis
X I I.
Um igitur more regio rex O do in foreftis
1 1. nonas Novembris anno fecundo régnante Odo-
ne rege. Bemardus pre/biter fcripfit.
X I.
Charte du roi Eudes en faveur de l’abbaye
de la Grajfe.
An. 890.
nu. o. ai.
I
An. 893*
Cartul.
la cathcdr.il*
coinitibus feu vallis dominicis, vouions Gibercus
epilcopus in conlpeâu ejus proclamavit, quod res
quas Bligardis fœmina in comitatu Nemau/cnfi per
Icripturam lôlemniter ejus ecclefia: donaverat, &
per x r r. annos fcrc leu & amplius jufto ordine
poflederat, homo quidam Genelius nomine ablque
ulla inquiiïtione, & mailoleu judicio, iplo abfcnte
epifropo, villam Bizagium invalît ac malo ordine
retinet. Raimundus itaque cornes iplius pagi , ibi¬
dem coram rege adftab.it: qui interrogavit ipferex
comitem, qualiter hoc in c;us poteftate acèum hiiilèt ;
N nomine Domini Dei a^erni & Salvatoris no¬
ftri Jefu Chrifti , Odo clementia Dei rex. Si
lui bibiiw^" necdîitatibus lêrvomm Dei opem ferendo libenter fcd prædidtu s Raimundus cornes dixic, quod ex
confiilimus, regiae dignitads morem imitamur, & yeftra parte præfitus Genelius lifteras mihidetulit,
ob id nobis Deum fore propidum non dubitamus. in quibus connncbatur ut de ipû villa eum invefti-
Quamobrem notum fit omnibus lândtr Dei ecclefiæ rem. Qyo audito omnes qui adftabant dixerunt ,
fidelibus & noftris, prælêndbus (cilicet ntque futuris, quod ncquaquam ex parte regis præceptum dbi fuit
quia Suniefredus aobas venerabilis fandbc Mariæ inpræfcntem epilcopum de rébus fuæ ecclefiæ, ut
adiit noftram clementiam, deprecans exccllentiam dicit tanto tempore ab eo pofldfis, iplo ablênte,
noftram renovarifibi præceptum, quod olim ipfrabbas ablquc inquiiïtione, & mallo leu judicio expoüares
nomine Suniefredus à divæ memoriæ imperatorc Ka- & alicui redderes. Itaque rex julfit prædidlo epi£
rolo impetravic, fcilicer ut omnes res quæ in præ- Copo luas Hueras dare, in quibus continebatur, uc
fàta abbatia conrinebantur , tam iplâs quæ tune ibi Raimundus cornes veniens in pago Nemaufrn-
Domino largiente collatæ eranr , quam etiam illas fr , inquifidonem per circum manentes homines
quæ poftea à rcligiofis hominibus , vel etiam com- mitteret, & fi iplê epi (copus jultam caulâm habe-
mutatæ vcl commuta verit alias quocumque modo tet , & per (lias Icripturas veras adprobarc potui/fec,
audlæ foerint, jure proprii abbads continercnttir , ablque ulladiladone in prædicèis rébus eum infor-
vel in ullius poteftate redigerenrur , aut epilcopi, maret. Veniens itaque Raimundus in pra^lido co
five comitis : lêd lêmper mundeburdo imperiali, micatu, præfarus epilcopus , regales licreras ci often-
fivc regali liberi ab omni extranea dirione omni- dit, & ut ipfc cornes ei juftitiam lecundum regis
modis hberi fûlcirentur , ncc non eriam au&oritas juffionem faccret poftulavit. Itaque prædidus co¬
in eleétione proprii abbads à regali poteftate illis mes luas lifteras adGcncfium milit, utanreeumad
concederetur. Qiapropter annuentes ejus juftæ pe- placitum veniens audiret , 3c vider et inquifidonem
tidoni concedimus, atque præcepto noftræ auâo- arque approbarionem Icripturarum quam rex de
ritatis confirmare jubemus , ut quidquid in prædiâo prædiâis rebus fàccre juücrar. Iple autem Genefius
præcepto domni videlicet & tenions noftri Karoii acceptis litteris ad placitum venirediftulit. Expeâato
condneri videtur, tam in elcclione proprii abbads itaque aliquo tempore, rurlum prædichis epilcopus
quam eriam in rebus iplius abbatiæ quæ tune ibi ante Raimundum comitem veniens poftulavit , uc
conlatæ eranr, vel poftea audfce fiint, five fiituris ei juftitiam de luis rebus lecundum regis jullioncm
temporibus adjicientur -, totum ablque ullius vio- fàceret. Igitur prædichis cornes Allidulfo fuo vicis-
lenda perenniter poftïdeant lolo mundeburdo regio comiti præcepit ut luper ipfrts res veniret , & om-
contend. Jubemus autem atque præcipimus ut omni nem juftitiam & legem, ficud in regalibus litteris
judiriaria potellate lublata nuÛus in rébus eorum .... continebatur , ipfi epilcopo adimpleret. Veniens
abeat fidejullores tollerc, aut aliquem diftringere, itaque Allidulphus fupes iplâs res invallc Anagia,
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*7
PREUVES DEL’ HISTOIRE
2g
In villa Bizago, convocans omncs circummanentes dio arùmæ noftræ, atque pro eius tanta depreca-
ipfius loci, atque alios nobiliores tara prelbyteros tione, quatinus ad eandem ecclefiam SS. Jufti &
quam laicos quorum hæc font nomina , &c. in eo- Paftoris necne & S. Pauli confefloris , ubi ipfe ve-
rum præfentia præfatus epifcopus obtulit litteras re* ncrabilis fondus corpore rcquiefcit , abbatiam fon&i
gales, fimul ctiam & (cripturam quam Bligardis Laureritii cum omnibus fois cellulis & villis, atque
femina pardbus fonâæ Mariæ fecere jullèrar, & in terminus cum fumma integritate locorum > veluti
ipfo feriptura condnebatur , quod villam *Toriadem in præceptis monachorum ab omnibus anteceflori-
cum «cdefiis ibidem fandatis, nec non & villam busnoftris piiflimis reeibus&c imperatoribus fà£U s,
Cadei^im^b integrum* &in mànfo commendato, perpetualiter abfque ulla contradidione dando con-
■feu & inBrugarias nec non & Felgarias quidquid cccjeremus: eo videlicet tenore, ut ftipendia mo-
ibi vifo fuit habere, limili modo villam Bizagum nachorum ibidem digne degendum, juxta vires præ-
ab integrum, cum eedefia ibidem fundata in ho- fulisnon dcficiant. Concedimus medietatem folina-
norem fondæ Mariæ, cum mandpiis utriufque lèxus rum, telonci, portatici, & raficæ atque pafehuarii*
ibidem præfixis, libenrianimo prædidæ (edi, epif* feu claflis naufragiorum , ad eandem præfotam ec-
topo, nmulque canonicis ibidem Deo famulandbus clefiam tam in Narbonenfi quam in Redenfi comi-
{blemniter condonaverar. Qua feriptura rcleda > tatu , undecumque cornes vel cjus mi (Tus receperit
omnibus in commune adunatis fere ducenris homi- vcl recipere debuerit aliquid exadionis. Donamus
tiibus , per audoritatem regiam pnedidus viceco- etiam fucos juxta Baffianum villam , qui vocantur
mes bannum impofuit, ut dicerent quidquid de Ceforanus & villa Arfcgii. Concedimus edam ipfi
hac caufo in veritare (cirent , fed nobiliores viri pri- ecclefiæ in Redenfi comitatu , villam quæ dicitur
mitus per ordinem finguli interrogati, cumrcliquis Capitanarius quæ alionomine mmeupatur Trapas ,
omnibus tam prefbyteris quam Iaïcis abfque ulla cumfua eccleua quæ eft conftruda in honore landti
varictare una voce teftificaverunt : quia nos feimus Martini, cum omnibus viilaribus fuis & adjacentiis
&in veritate nobis compertumeft, quia Bligardis fuis, cum omni integritate abfque divifione, fil vis
femina per hanc (cripturam prædidas res pardbus &vineis,pratis,pafcuis,molendinis, aquis aquarum-
fandæ Mariæ (olemniter condonavit , & prædidus ve decurfibus & omnia ibidem & fuis viilaribus per-
epifcopus prædidam villam Bidagium nobis viden- tinentia. Si vero infra iftam villam & villares ejus ,
rious tenuit ac podedic per x 1 1. fere annos & am- Hoftolenfes vel Hifpani fuerint , quicquid jus fifci
plius* at Gcneuus & alii malo ordine resquæinipfo inde exigere debet, tomm adopus landæ matris
lcripmra refonant invafcrunt. Itaque ex his omnibus ecclefiæ Narbonenfis jure perpetuo concedimus ob-
X 1 1 1 1. eledis hominibus , in ecclefiam fondæ Mariæ tinendum. Fifcos vero qui lunt in Bitcrrenfi comitatu
ingreflî , iterumque ab ipfo vicecomite per ordinem fondo Paulo confcfibte à longo tempore collatos,
interrogati & dilcuffi , abfque ulla varictatc teftifi- & à poteftate comitali injufte ufiirpatos plenilfimc
cantesjuraü dixerunt: quia ipfo feriptura veraeft& reddidimus, atque eidem ecclefiæ , ficut dignum
non folfo , & ipfas rcs quæ in ipfa feriptura refonant eft , per hoc noftræ au£toritatis præceptum confir-
plurisdebent eflè fondæ Mariæ quam Gcnefio, aut mavimus. Per quod dccernimus atque jubemus,ut
alicui qui eas injufte de poteftate ipfius ecclefiæ in- nullus judiciariæ poteftads nec ullus ex fidelibus no-
vafit , per Deum altifliraum & iftas virmtes fondo- ftris in ccclefias aut loca quæ deinccps jure
rum. His itaque peradis , Allidulfiis vicecomes per & poteftate ipfius ecclefiæ divina pictas voluerit
oftium ipfius ecclefiæ de ipfis rebus Gibertum epif- augere -, ad caufos audiendas , vel freda aut tributa
copum reveftivit, &in ipfis rebus informavit. Adam exigenda, aut manliones vel paradas facicndas, aut
puolice die Jovis menfc Aprili anno iii. régnante fidejuflorestollcndos, aut homines ipfius ecclefiæ tam
Odone rege. Propterea necellè fuit Giberto cpifco- ingenuos quam fervos diftringendos , aut ullas redi-
po ut notitiam & (cripturam reclamationis & infor- bitiones aut illicitas occafioncs requirendas , noftris
*9
An.8^8.
madonis feribere rogarct , quod ica & fecit.
XIII.
Diplôme du roi Eudes pour ttyifc
de Narbonne.
N nomine fândbe & individuæ Trinitatis, Odo
i
futurifque temporibus ineredi audeant, vel ea quæ
(upra memorata funt , vcl ficut in privilegüs præfu-
lum Romanorum confirmata funt, penitus exigere
E)tæfumat. Sed liceat memorato præfuli , fuilque
iiccefioribus fub noftra defenfione quiete refiderc,
& noftræ parère juflioni : & quicquia jus filciexindc
exigere poterat tomm nos proætema remuneradonc
eidem concedimus ecclefiæ , ut perpetuis tempori¬
bus clcricis ibidem Deo fervientibus proficiat in aug-
mentum , quatenus redores ipfius ecclefiæ cum
clementia Dei rex. Si (âcris ac fondis locis divino
Archives de cultui mancipatis aliquid de rebus regni noftri fcu omnibus ad fe pertinentibus, cumclero & populo
Kubonne. focultatibus conferre (tudemus, non folum in hoc (ibi fub)edo, pro nobis ac totius regni noftri ftabi-
regiam excrcemus confoemdinem , fcd maximum limcnto Domini mifericordiam alaaiter exor are
regni noftri munimen, auxiliante divina gratia , eilè dcledct. Et ut hoc præceptum noftræ audoritatis in-
nullatenus dubitamus. Quapropter noverit omnium violabile æternum obdneat vigorem , manu propria
fidelium (andæ Dei ecclefiæ noftrorumque tam præ- fubterfirmavimus, & annulo noftro infigniri ju(E-
fentium & fumrorum (blerria , quia acceflît aa cle-
mentiam ferenitatis noftræ Theodardus venerabilis
priraæ fondæ Narbonenfis ac Redenfis ecclefiæ ar-
chiepifcopus -, innotefeens nobis de paupertate fui
cpilcopatus & quemadmodum fua ledes & pene
omnes ecclefiæ ejufdem civitads ruinæ jam proxi-
mæ exiftebant , ita ut per ipfum nullatenus polfent fis epifcopus ambafciavit hoc.
reftaurari. Hæc audientes immo condolentcs, ejuf-
que necelforiam & rarionabilem petitionem elle
cognofcentes , placuit cclfitudini noftræ pro remc-
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notarius ad vicem Ebolonis recognovit. Datum v u
Kal. lulii. [ Anno lncarnationis Domini noftri fef*
Chriftv D.CCC. L. XXXVlll. *] Indid. vin. t|r| occCl
anno ni. régnante domno Odone gloriofilfimo xC.
rege. Adum Aurelianis civitads. A&ericus Parifien-
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DE LANGUEDOC.
3°
XIV.
_ _ Donation faite à Mglife de Viviers .
An. 892. çAero-fandæ ccclefîæ fandi Vincentii caftro Vi-
Archire» de O vorienli conftiruræ , ubi doinnus Roftagnus cum
r^WêdeVi- ({jjs canonicis adefie lolicitc dignofeitur. Ideo ego
dcTan Ermcmburga fïve Mezia quondam avia mea.pro
l+°7' Dei timoré ôc ætema Chrifti rétributions, propterea
concedimus ad iplüm fâarum locum aliquid de rebus
noftris qui à nobis de aJode parentum noftrorum
legibus obvenit, & finit ipfas resinpago Vivarienfè
ôc in Vallevinaria , in loco ubi vocabulum eft Lufigna-
ta \ hoc eft eeelefïa in honore fandi Philippi con-
ftruda , cum cala , curte & horto & eximio campo.
Quidquid ad ipfam calàm-Dei afpicit , vel parentes
noftri obtaverunt quod ci pertineat, integrara me-
dietatem adipfum fàndum locum concedimus jatn
fuperius didum : ut liabeat ipfc Dominus epifeopus ,
vel lui canonici quidquid jufte & racionabiliter facere
voluerint habeant poteftarem ad faciendum. Sane fi
quis nos ipfîaut ullus homoquicellïone ilia rumpere
voluerir, iram Dei incurrat, & aim lindo Vincen-
tk> fit rationaturus, ôc nihii vindicct quod reperit :
fed componat ad ipfbs redores auri Iibras V. & in
antea donatio ifta firma & flabilis permanear cum
ftipulatione fïibnixa. Fada donatione ilia x v. Kal.
Maii , anno v. régnante D. Odonc rege féliciter.
Sign. Ermemburgis & Melîæ quod donatione ilia
pie feribere ôc firmarc rogavenint , manibus comm
Armantes , Signum Ennone, Sign. Gilberti, Sign.
Raimondi.
nulli umquam parvo aut magnohomini liceat quam-
libet forciam vel aprilionem in omnibus çebus ejus
fàcere, aut poteftatem aliquam habere, velaliquem
dillringere, aut qualecumque teloneum ab eisexi-
gere , live ad placitum eos ubicumque pro quibuf-
cumque calibus provocare præfumat, nili in pra>
fentia archiepifcopi caufi illorum audiatur & regih-
lariter hrmecur. Iiiud quoque noflra apoftolica au-
clioricate juxta canonicam fandioncm addere placui^
ut fi quando diviiu vocatione vos , veftriqiie fuc-
ccllores ex hac lucc migraverint j quandiu in ipû
eccleiia Narbonenli repertus fuerit qui djgnus fit
oificio pontiricams iplius fiingi , nulli lice# ex alip
loco inibi ingredi, nec jam didam libi prxditus
quacumque dignité aut regia anthojitate uliirpar*
fed em : lèd convenu vicinorum cocpifcoporum oc*
currere valentium fado, alicujus pot;çll#is . .
benedidionis cleri, vel plebis præcipiac dignitaten*
Si vero aliquem de (ïjffiaganeis coepilcopis cornigo-
rit mori > perquirens metropolitanus çledionem pkr
bis ipfius, eam viticare ftudeat utpore viduacam ce-
clefiam. Quod fi forte ibi taiis non repertus fùerit
qui onus facerdotale ferre queat , per caoonicaop
audoritatem ôc nollram apoftoiicam permillionem >
liccnria fit iüi abfque ulla retradatione de lua ecclç-
fia talem intronizare , qui fulïraganeæ üi£ eçclefe>
dignius præellè valeat paftor, ôcc. Scriptum per
manum Nicolai Sainarii fàndæ Roman* cccleli*
in menfè Augullo , indidione décima quaru. 3eno-
valcte. Datum dccimo tertio Kalcndas Septembris »
per manum Stepliani epifeopi fandæ ecclefi* Ne-
phefinæ , in arcario fandæ fedis apollolicæ, impe-
ranredomno piiflimo Augufto Arnulpho à Deo co-
ronato magno imperatore anno primo.
X V.
Bulle du pape Etienne en faveur dl Arnufte
archevêque de Narbonne .
^ ^ Tephanus epifeopus, fêrvus fervorum Dei. Re-
tim.l.f. 1*4.
Céttl. mtm.
b 771.
CéU. Chr.fi .
* I.M7».
verendillimo ôc fândillimo confratri noftro
v. bal Lai. Amuflo epilcopo primæ fedis fândæ Narbonenfis
eccleii* , & per te in eadem vcncrabili eccleiia in
perperuum. Convcnit apoftolico moderamini pia
religione pollentibus , ôcc. Unde fâlubribus petitio-
nibus veltris inclinati , decrevimus ut â prarfènti die
décima quarta indidione , per hujus nollræ apofto-
licæ conhrmationis privilegium roboramus, flabi-
limus & in perpetuum noftra apoftolica authoritate
confirmamusi id eft omnes domos, cellas, cccle-
fîas, villas, airres, parrochias, terras, vineas, prara,
fÿlvas arque medietatem fylvarum & telonci, feu
raficæ arque naufragii, monafterio fândi Laurcntii ,
& cellas vel cum adjacentiis Ôc perrinentiis ea-
mm , una cum fàmulis utriufque fêxus , & alia
omnia quæ à piis imperatoribus & regibus , vel ab
aliis Deum rimentibus in eadem eccleiia collata funt
vel conferenda, tam in ipfo comitaru Narbonenli,
quam &Reddenfî, feu Nemaufênlî , arque Aulo-
nenli. Hæc vero omnia ira jure firmiflîmo à te pot
fideri acdominari volumus, feuolim pollellùm eft
à (and* memoriæ decellbrc tuo Daniclc epilcopo ,
feu ôc reverendo Sigebodo ejufdem prim* fedis
Narbonenfis præfule, fub tua ruorumque fuccello-
rura dirione , poreftate ac uriliratc omnimodis con¬
firmantes : ftatuentes apoftolica ccnfiira , fub divini
judicii obteftatione & anachcmatis interdido , ut
XVI.
Charte de Louis roi de Provence 3 fils de
JBofon yen faveur de ïêglife d'XJfe^
J N nominc fàndæ & individu* Trinitatis, Ludo-
vicus divina præordinanre clcmentia rcx. Poll-
quam à feculo regalium dignitatum dccus enituir 3
An. 8 5 )6s
Ôc principum gloria dccenter effloruit , femper eis rég îifcjVfcx.
jufturn ôc naruraliter venir ad pofteros transnifiim ,
ut tanto libentius , fidelium fuorum deprecationi-
bus feveant , quanco eos prolpexerint in fuis obfe-
quiis efficaces , arque ad utiliora quæque agenda
prompriores, quatenus illos vehemenrius in fuum fà-
mularum inflamment, ôc fubfèquentes ad eorum
normam fibimet devotius oblequi dignanrer infor¬
ment. Igiair univerlis fidelibus lând* ecclefi* nq-
ftrilque prarfèntibus ôc futuris nouun fieri volumus,
quoliter Amelius Ucetix civiratis vencrabilis epit
copus ad noftram accellirmanfuetudinem,clementer
fùggerens ôc humiliter petens , quatenus S. Thep-
dorico, cujus ecclefix Deo fàvente, præeftepilcp-
pus, resqualdam prilcis temporibus arrributas, f^d
quorumdam cupidirate fiiblatas, noltr* audoritatis
tirulo , làndo reftituere deberent Chiiftique maityri
Theodorito. Cujus petitioni libenrer alîènfumpr#-
bentes , Ôc peccaminum noflrorum relaxationem >
ejuldem urillimum in omnibus arque indefinenteip
confiderantes famulatum , utpore rationabiiem »
proprer fidelirarem maximam devoriffimumque ani-
mum ac ftrenuum in omnibus fervitium alacriter
annuentes, noftr* cellirudinis apices lieri (àncimus;
per quos juris noftri jure hæreditario fàndo Theo-
dorito Ucetix fêdi largimur, de in pofterum cun-
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3i PREUVES DE L’HISTOIRE 32
âis fuccedenribus Chrifto favcnte ad frucndum tri- uxoris cjus Didæ aliquid de rebus lànûi Nazarii
buimus , ecclefiam fcilicet fanfti Baudilii à pane quæfuntfitæ incomitatu Avinionenfi, videlicet vil-
Aquiloni non longe ab eadera civitate, âfcn&oFir- lam quam vocant Tavellis cum ecclefiis fonda Pétri
mino ejofdem civitaris paltore conftra&am , ubi & fcilicet & fonds Ferreoli , fub omni integritate , tam
corpus ejus (ànâiflimum humatum veneratur , aim in terris cultis & incultis, quam & in vineis, fàri-
omnibus appcndiciis ibidem pertinentibus *, neenon nariis atque mancipiis : excepto tantum quod quatuor
& ecclefiam in honore fandri Juliani martyris (ândti- ex hiis ad ecclefiam (ânéri Nazarii ferviendum præ-
que Andreæ apoftoli & fonds BafiUlTæ virginiscum fatus præful retinuit , quorum nomina hæc lunt;
omnibus (ubjacentiis in media civitate U cetiac , ab Andræas, Ricardus, Ultrannus,Tetutius cum omni
ipfo fenéHlfimo Chrifti confeflbre Firmino conftru- pofteritate eorum. Cætera vero mancipia fub omni
éta opéré miro , feu & ecclefiam fcn&orum apofto- inteeritate prædi&o Rainardo & uxori ejus Didæ
lorum Pétri 6c Pauli, à parte fcptentrionali propc funditus transfimdavit, proquibus etiam æque pro
civitarem Ucetiæ à beato Ferreolo fcn&iflimo pa- remedio animæ fiiæ iiaem Rainardus & uxor (ua
trono ejufdem civitatis conftrudkam, ubi & vene- eidem ecdcfiæ contulerunt folidos ducentos. Om-
rabile corpus ejus venerabiliter humatum veneramr nia hæc prælibata fiib integritate & omni polfèflione
cum omnibus appcndiciis ad le pertinentibus *, fi- prædiûus jam antiftes commutavit. E contra cedir
mulque & de duobus partibus de fifeo Milciano ad Rainardus & uxor fua partibus (àn&i Nazarii in
nos pertinentibus cum omnibus appenditiis -, feu pago Biterrenfi non longe ab ipfooppido, villam
etiam ecclefiam fonds Marcelli quam dicunt Drus- quæ vocant Afpiranum cumeccleiia fond\ Romani,
intHs* fan&i Martini ad Marianum veterem, fcn&i- terris cultis & incultis, vineis, molendinis ibidem
que Caprafii quem vocant cameficium quondam peninentibus, excepto quod Walcharonii(dem Rai-
organicum Campaniaco & Marbaco. Hæc igitur om- nardus antea dederat , cætera omnia ifdem Rainardus
niafuperius nominata cum ccclefiis, terris, vineis, cum uxorc fua eidem ecdefiæ fub omni integritate
tam cultis quam & incultis, tam retentis quam & & omni poilèlïione transfimdavit. Similiter & in
invafis, tam quæfitis quam incxquifitis, aquisaqua- terminis devillare Aviciaco quidquid ibidem habe-
rumve decurfibus, cum famulis utriufquefexus, cum bat commutavit. Hæc omnia fibi invicem commu-
appenditiis univerfis ubicumque fint, cum exitibus & taverunt , ut unulqnifque ab hinc & deinceps libéré
regrelîibus cunûifquc adjacentiis fuis libenti & utatur, videlicet tenendi, poifidendi , ccdendi,
promptiffimo animo im pendimus atque fonds Théo- commutandi , omnibufque liberi arbitrii quemeum-
doriti ditioni gratanter contradimus: ut abhac die que liberum fàciendi. Hanc igitur commutationis
& deinceps inconvulfe , firmiter atque inviolabilitcr authoritatem in omnibus cujufcumque perfbnæ vel
eadem ecclefia jure proprietatis teneat & ablque ullius oppofitionis contraire contradicimus atque vetamus.
contrarietatc poflidcat. Etuthæcnoftræ præceptio- Quod fi quis faccre prælumpfcrit, incunâis irrita
nis auâoritas noftris fiiturifque temporibus incon- & evacuata ejus fier repetitio *, infiiper autem auri
vulfàm atque inviolabilem obtineat finnitatem, ma- probatilfimi feptem librarum pondéré mulâetur.
nu propria fubterrobôrari 6c annuli noftri impreflio- Similiter, & in villare Albiniano omnia quidquid
ne inugniri juflimus. AcVum eft hoc præceptum ibidem habebat , cxceptus hoc quod Amaldus per
apud ecclefiam fanéri Florentii in Auraficenfi civita- (uam feripturam retinet. Ut enim ejus authoritatis
te , anno Incamationis Dominicæ d. c c c. l x x x x v i. pagina in omnibus cun&is temporibus firmam ob-
Indidh xv. anno vi.
f Signum Ludovici fereniflimi regis. Arnulphus
ad vicem Barnuini archiepifcopi atque archicancel-
larii recognovi.
XVII.
Echange entre Fruftarius iveque ,
Rainard vicomte de Befiers.
“ T\ Rifcorum patrum edoccnt inftituta , imo &
An. 8 9 7* fecularium legalium décréta permittunt, ut ec-
u Cca?h defiafticarum rcrum ac mundanarum terras propter
4e Bdîert. C congruas urilelque exhibitiones fecundum eorum-
libet {àluberrimum & congruentiæ compendium ,
neenon & libitum ac prompriflimam voluntatem
commutatio commodo fieri ccnfeatur, eotenus ut
utrarumque partium jufta & faluberrima fiat com¬
mutationis propenfio , quatenus in pofterum ratam
obrinere valeat valitudinem. Notum igitur fiat om-
tineat audloritatcm , manu propria firmavimus, ca-
nonicorumque noftrorum manibus roborandam
dccrevimus. Adhim hujucc autoritatis tefhrticnrum
oppido Biterris x v 1 1. Kal. Aug. fub die fabbaii
anno ix. regni Odonis, indidrione xv. Signum
Rainardi, qui hanc commutationem feci, &firmarc
rognvi.SDidanæconjugis ejus, quæ confentit & fecit,
S.Arfindis,S. Boloni, S. Fclis, Rainardus rogatus, Ri-
culfiis, SAValcharonis, S.Teuderici,S.Wivcfredi, Ar-
naldi, S. Euvoni, Leotarii, Eufulfi, Theodoini,
Udini, Amalrici , Bonilfimus, Sevalerdus, J&arius,
Anûcus , Ermenmirus.
XVIII.
Enquête faite far Bofon vicomte de
Befiers & d'j4yie.
Otum fit omnibus in perpetuum fidelibus,
'M'
z* &
JU'Jtt
N quod cum effet contentio de termino & fi- An. 897*
nium filiorum fândlæ ecclefiæ almitati præfentium xoriis de villa Afpirano videlicet ecclefiam fonds >
fcilicet ac fiiturorum , qualiter placuit atque conve- Nazarii fedis Bitcrrenfis , epifeopi quoqueejusFru- ^llfcdc
nit inter Fru&arium venerabilem Bitterrenfis eccle- éhiarii , atque canonicorum fiiorum contra Amal- v. c*l
fiæcpifcopum, canonicorumque fuorum afienfu , ricumfilium Adebraldi.... Lubraldanum quem fub
ac illuftrem virum Rainardum ejuldcm comitatus tutela tenebat pro una parva infiila de eodem terri-
vicecomitem & uxorem eius Didam , propter con- torio , Bofo vicecomes Bitcrrenfis & Agathenlis
gruam eidem ecclefiæ utiutatem & meliorationem , venit fuper limites & terminos ejuflem loci, unde
quatinus aliquid de terrb & mancipiis inter fe com- prædi&us epifcopus contra Amalricum contendebat,
mutare deberent , quod urique & fecerunt. Itaque & ibi juflit elfe omnes homines ejufdem territorii
commuât præ&rus epifeopus partibus Rainardi & commancntes, tam majores & nobiliores quam mé¬
diocres
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3j DË LANGUE. DOC. 14
diocres & minores , antiquiores \ pra*terqüam & larenus polïènt reftaurari : întimaris criarrt qualité?
minores ætate, ut quod verum &certum de eodem jamdudum piiflïmus genitor nofterLudovicus quæ-
ceimino cognoverant 3c vidcrant, coram cunclis dam beneficiola ad augmenrum fiiæ ecclefiæ perpe*
manifèftarent* aut fiveftitura Rainardi vicecomicis tualiter poffidenda côntülerat. Cujus peticionem ac
qui per chartam 3c præceptum regaJe ipfiim termi- inrimationcm neceflariam eflècognolcentes, placuif
num pollèderat fuerat infrada ulque in illam diem cellïtudini noftræ pro remedio animæ noftræ noftri-
Suanao ipûm villam Alpiranum cum prædiclo (è- que gcnitoris, atque prædulciflimæ genicricis noftræ
i s cpifcopo & canonicis. ... aut fi de iplâ infiila ter- Adeleidis deprecatiônem , qitatertus ad eandem ec-
An. 898.
Archive* de
l’abbaye de
Montolicu.
dis epilcopo & canonicis. . . . aut fi de iplâ infiila ter- Adeleidis deprecatiônem , qitateilus ad eandem ec-
ræ meritum exivit ad poteftatein Rainardi, aut per- clcfiam ^ Icilicet S. Jufti & S. Paftoris, neenon 3c
manfit poftea in voce Vaidrani. Adhanc inquintio- Pauli confefloris qui ibi corpore requielcit, ab»
nem vicecomitis & ad illud bannum quod de parte baciam lân&i Laurendi Cum omnibus luis villuli*
regis atque comitis hue de fua omnibus mifit ut ve^ & cellis atque terminis cum fiia integritare locorum,
ricatem fi fciebant omnibus manifeftarent, Scc. veluri in præceptis monachorum ab anteceflbribu*
noftris piiflimis regibus faclis , perpctualitef conce-
^ — — deremus : eo videlicet tenore ut ftipendia mona-
X I X. chorum ibidem degentium juxta vires præfulis non
deficiant4, & in iplocomitatu Narbonenfi Coloni-
Extrait de deux Chartes. Cas cum omni integritate. Addimüs quoque
præfatæ ecclefiæ SS. Jufti & Paftoris ex noftra re-
AGovardus & Galinno , abbari 3c congrega- gali Iiberalitate incomitatuRedenfi, abbaciam Cu-
tioni monafterii Caftri Mallafti vendunt ali- oarias cum ecclefiis , Cellulis, villis, villaribus &
quid de proprietate fiia in villare quod vocatur Al- omnihus adjacentiis fuis ac mancipiis titriulque fexus
lau, 3cc. Fada carta vindicionis iftevrn. Kalend. ad eumdem locum perrinenribus; Sein Comitatü
XIX.
Extrait de deux Chartes.
AGovardus & Galinno , abbari 3c congrega-
tioni monafterii Caftri Mallafti vendunt ali-
lau, ôcc. Fada carta vindicionis iftevrn. Kalend.
Maitii , anno primo quod obiit Odo rex , Clirifto
régnante , rege Ipedantc.
' I n nomme Domini. Ego Lcuva monachus, in Dco
An. 898. & jn anjmjs meis & placet, nullius quoque
r archevêché cogcnt*s imperio nec fiiadcntis ineenio , lcd pro-
dc NaxboLie pria mea hocelegi voluntate . . . . ad domum lândi
Martini, cujus baiilica lira eft in terri torio Feniolctcnlè
in locum ubi dicitur Bolicarnea .... abba Bafileus
prelbytercum omni congregarione qui ibidem lèr-
viunt .... propter remetüum anime mee monafte-
rio Fcniolctenk in Alaceitia de villa Kalliano in lo¬
cum ubi dicitur ad Arborario , dono vobis vineam
que abeo .... iplâ mediccatc . ... mihi ex com-
paracione *, & adfrontat iplâ vinea de parte circii ....
fie dono ad domum ûncli Martini , dum eeo vivo
ad eumdem locum perrinenribus; 3c in comitatü
Subftanrionenlè > fifcum Juviniacum cum ecclefia*
in comitatü Nemaulènfè uiburbio caftro Salavenlè ,
in valle OcciDanenfè , ecclefiam lândi Satumini
cum Villa-Torta 3c omnibus appendiriis luis. Si
vero infra iftas vel alias villas ejuldem ecclefiæ , ho-
mines Hoftolenlês velHifpanifuerint, quidquid jus
filci inde exigeredebet, totum adopus lândæ ma-
tris ecclefiæ Nârbonenfis , jure perpetuo concedi-
mus obtinendum , atque per hoc noftræ audoritatis
præceptum confirmamus : per quod decerrtimus at¬
que juoemus utnullus judiciariæ poteftatis , nec ullus
ex fidelibus noftris, in ecclefias aut loca quasmoder-
no tempore pofiïdet , vel que deinccps in jure 3c
poteftate ecclefiæ iplïus divina pietas voluerit auge-
AN.898.
Plc » B.bl. du
Ro« » Baluie
«narre* de*
12.
paracione*, 3c adfrontat iplâ vinea de parte circii ... . re; ad caulàs audiendas, vel freda aut teibuta exî-
lïc dono ad domum lândi Martini , dum ego vivo genda, aut manfiones vel para&s fàciendas , aut fide-
in mea fit poteftate, poft obitum meum . ad jullores tollendos, authomines iplïus ecclefiæ tam
domum lândi Martini . fi quis contra hanc ingenuos quam lêrvos diftringendos , aut ullas re-
cartam donationis venerit ad irrumpendum . dibitiones vel inlicitas occafioncs requirendas, no-
ifb donatio fïrmis 3c ftabilis permaneat . . . . Fa<ftâ ftris fiiturilque temporibus ingredi audeat ; vel ea
hec carta donationis lècundo idus Mardi anno pri- quæ lupra memoratâ firnt penitus exigere præfii-
mo régnante Karolo rege. S. Leuva monachus qui mat : led liccat memorato præluli fiiilque fuccellô-
hanc îftam Kartam donationis fieri , & telles firmare «‘ibus fub noftra defènfione quiete refiderc, & no-
rogavi. S. Benedidus. S. Ervedeus. S. Blanderico. ftræ parère julfioni. Et quidquid jus filci exindeexi-
In Chrifti nomine Jovefindus levita qui hanc kar- getc poterat , totum nos pro æterna remunerationc
tam donationis Icripli 3c fign. eidem concedimus ecclefiæ , lit perpetuis tempori¬
bus clcricis ibidem Dco famulantibus proficiar in
augmentum -, quatenus redores iplïus ecdefiæ aim
X X. omnibus ad le perrinentibus, cum clero &populô
fibi fiibjcdo , pro nobis & tocius regni noftri ftabi-
Charte du roy Charles le Jîmple en faveur limento Domini mifericordiam alacriter exorare
de l'èqjife de Narbonne. delcdet. Et ut hoc præceptum noftræ audoritatis
inviolabilem ac etemum obtineat vigorem , manu
IN nomine ûndæ & individuæ Trinitatis, Ka- propria lübterfirmavimus, 3c annulo noftro inlîgniri
rolus divina propiciantc clementia rex. Si erpa iullimus. Sienum Karoli eloriofiilïmi repis. Erveus
Charte du roy Charles le jîmple en faveur
de l'é^Jife de Narbonne.
anno lèxto régnante Karolo lereniflïmo rege, 3c
in fiiccellïone Odonis lecundo. * A&um apud
Viennam. In Dei nomine felidter. Amen.
TN nomine fândæ & individuæ Trinitatis, Ka- propria lübterfirmavimus, & annulo noftro inlîgniri
rt-uiêrie^ -A r°llls divina propiciantc clementia rex. Si erga jullimus. Signum Karoli gloriofillimi regis. Erveus
incifn"^ * ^oca lân<^onjm divino culmi mancipatorum aliquid notarius, ad vicem Folchonisarchiaîilcopi recogno-
p^c ,C B?b j. °du re^lls jurisnoftris conferre ftudemus , non lôlum Daca Kalendas Novembris, indi&ione prima ,
chTrt’ Ballae *n ^locrcg*am exercemus conlùemdinem , lêd ma- anno lèxto régnante Karolo lereniflïmo rege, 3c
xime,divinaauxiliantegraria,profiitura nobis nulla- in fiiccellïone Odonis lecundo. * A&um apud
tenus dubitamus.Idcirco omnium (ândæ Dei ecclefiæ Viennam. In Dd nomine felidter. Amen,
fidclium noftrorumque tam prælèntium quam&fù-
turorum lolers induftria noverit , quod dirigens
prælèntie lèrenitatis noftre Arnuftus lândæ Nar-
bonenfis ecclefiæ venerabilis archiepilcopus, inno-
tuit nobis per quoldam lui fideles quemadmodum
fua lèdes 3c pene omnes ecclefiæ ejuldem dvicatis
ruinæ jam proximæ exiftebant, ira ut per ipfiun nul-
Tomc IL r*
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35
PREUVES DE
XXI.
Plaid tenu d A Ifonne dans le diocefe de Car-
caffonne far Atton vicaire d‘ Eudes comte
de Touloufe.
An. 898.
Archive* de
fibbiye de
Moxuoliem
L’HISTOIRE 56
libus & noftris præfcnribus fcilicet arque futuris,
qüia Durandus vcnerâbilis abbas fa ndæ Maria: Ur-
bionenfis ad noftram accedens lcrenitatcm , rcs quafo
dam datas fonda* Mari* , ut illi cas præcepto noftnt
audoricatis confirmaremus dcprccatus eft , quai
etiam & genitor nofter 6c omîtes antcccflores noftri
confirmavcrunt: fed quia Deo annuente poftcaau-
dæ funt , alio eguerunt præcepto , neenon etiam ut
VEnieïis Rainulfiis abbas fandi joannis mona- lûb noftræ tuitionis mundebutdo tam fe quamque
fteriicaftrumMalafti, in præfentia Atone vica- præfcriptam abbaüam accipi poftulavit. Cujus pe-*
tio Odone comité Tolofæ civitatis & marchio in titioniluis aurem noftræ clcmentiæ ob Dei timorcm
Alfona , ubi fe prodamabat de terras qui funt de Scfanûx Virginisintcnneratægenitricis Dci diledbo-
terminio Magnanaco , undc ipfo abbas légitimas nem placide prebentes, hoc inprevaricabile præccp*
fcripturas habebât , quod ip(e Ato inquietare habe- tum fieri jutfimus , per quod præcipimus atque dé¬
bat. Tune aufit eum atque donavit fuum miftum cernentes jubemus, ut cellæ five aliæ res quæ jamfoto
Ato, Olibane nomine , fuum vegarium quod ve- monafterio à Deo timentibus collata funt , id eft
niflèt in terminio Magnanago , in præfentia Bellone , in pago CarcalTenfi Flexus cum ecclefia S. Cucufati
Aigobrando, Laudegario, yel villa Ranefindi cum cum terminis 6c adjacentiis fuis, & ecclefiam fondi
aliis viris vel circummanentes , & ad femetipfos Genelii in ipto pago cum terminis 8c adjacentiis fuis,
fcripturas .... Sed dridus erat Atoni pro terminio ficut terminatum fuit ab Unoldo & ab Adalberto*,
villa Rancfindis aut jam dido abbate pro terminio & aliud villarc quod vocatur Favarias cum ecclefia
Magnanago. Tune reniens Oliba die Mercôris in S. Capralii cum terminis & adjacentiis fuis , & funt
pago Tolofano in ip(b terminio Magnanago, inpræ- fita invalle Aquitania, in ipfo etiam pago villam
ienria Bellone, Aigolrando, Laudegario*, itemAigo- Qux dicitur Bucliniacus ciun ccclefiis S. Pauli &
prando, Sigovino , Amelio, Reario , Conftantino , fond* Ananiæ cum terminis & adjacentiis luis, 6c
Limundo, Tolofono, Amabile aut Oliba, Magno- Bagniles cum ecclefia S. Pétri quæ eft fita propc
ne , GUafredo , Baldrando , Conftabi , Atcmiro , civitatem Carcafibnam cum terminis 6c adjacentiis
Argilane, Aigoberto, Udalrico, Gifcafredo , & aliis fuis * & in pago Narbonenfi Caput-foina cumecdc-
viris qui fùperfcripfenint vel firmaverunr, in eorum fia S. Pétri fuper fluvium Clamofo nta , cum termj-
præfentia jam didus abbas , ibique oftendit fuas nis & adjacentiis fuis, ficut in ipfo judicio rdonat,
fcripturas, præcepcum de Pipino rege , 6c alium præ- quod Agi la abbas apprehendit ante Folconem miflùm
ceptum de Carolo rege & judicium qui fiierit pro avi noftri Karoli -, & Palmam fuper lirus maris cura
fe ante Fredelonb comité , & notifia juramentoqui ecclefia S. joannis cum terminis & adjacentiis fuis
fuerat fada ante Rodcgillo vicario unde ipfo Mag- in ipfo pago confidente* nec non & ecclefiam fandi
nanacus de ipfo cafo-Dei legibus aderat. Et confine
bat in ipfo fcripturas & ipfo tennino Magnanago
de parte orientis ad territoria Aufonenfo , de parte
mendiei ad Caltiata , contra circio per gatta quæ di-
ckur LivelloufqucinFifoano, contra Aquilone pro
ipfo rivoFifcano. Et cum audilfont ipfi milli Oliba
Pétri & Pauli in territorio Narbonenfi in inlulaLici,
quam concambiavit Wifredus cornes cum Fredoldo
epifeopo *, & cellam quqque quæ dicitur Prata cum
ubi pertinentibus eccleliis in pago Conflentano in
fuburbio Hilenenfi , cum terminis 6c adjacentiis fuis*
& in pago Redtnfi, ecclefiam quæ vocatur Patemo
An. 899-
Sur l'origi¬
nal à U biol.
du Roy, Ba¬
luze charte*
de* Roi*, n.
<**•
& alii viri jam didi talem indicium veritatis , recog- in fuburbio Petrapertufcnfc fita, cum ecclefia fandi
novemnt fo quæ plus debebat elfe de ipfo jam dido Pctri quam donavit Oliba cornes bond memona ad
abbate, vel de ipfa cafo-Dei, vel de terminio Mag- jam dido monafterio (and* Mari**, & villas qu*
nanago, quam de Atone pro terminio de villa Ra- funt pet diverfos provincias, fou loca, cum ccdcfii*
nefindis. Et ibique flierunt ipfi homincs de villa carum & decimis , fine diftridione cpifcopi , in
Ranefindis, & taliter dixerunt, vel recognoverunt poteftate abbatis & fratrum confiftant ablque ulla
quod ipfos terras undeintentio aderat, per triginta anxieratc. Et in territorio Narbonenfi, Sahnasquæ
annos , fed ex amplius per beneficium ae ipfos ab- funt in fubteriori loco , neenon etiam 8c reliqua
bâtes fandi joannis, vel pro precario rentier une, quæ ablata fuerunt , tam villæ quam terr* &vineæ,
Sc ipfos décimas vel terra meriti , ad ipfo cafo-Dei , & prata , & domos ad )am dictas cellas pertinentes,
vel ad ipfos abbates donatas habebant , &eo die plus feu fegregat'm datæ, prædido Durando abbati &
débet eflè de ipfo abbate , vel de ipfo jam dido fuis monachis ibidem Domino fcmulantibus ad
monafterio pro terminio Magnanago , quam de fuarum neceffitatum emendationem fint : & ne
Atone pro terminio villa Ranefmm. Is præfenti- aliquis auferendi ex cis habeatpoteftatem, fiib noftræ
bus adum fuit in menfe Dccembri , anno primo tuitionis mundeburdo & noftr* dominationis pro-
regnantc Carolo rege. S. Teutbertus prefbiter qui tcdu elfe jubemus prædidum abbatem & mona-
hanc notitiam foripfit fub die ôc anno quo fupra. chos eorumque res exclufo omni poteftate judicia-
ria. Volumus quoque ut nullus judex publicus in
^ — * - • ■ n rebus eorum poteftatem habeat fidejuflores tollere,
aut aliqtiid diftr ingéré , neque paratam aut manfio
naticum accipere. Nolumus prætcrea ut ab iftil
vel ab eorum mmiinibus aliquid telonei,id eft porta-
ficus aut rotaticus, cefpitatiais , pulvaaricus, pfo
aiatiais, an falaticus, aut aliquid rcdibkkmis ex>-
gatur , fccundum quod in præcepcis avi & genito-
ris noftri continctur infortum; quarinus hac adjuti
conccflïone pro nobis & regni noftri ftatu liberius
Dominum itnpforare condeledet. Et quandoqui-
dem divina vocarrone fupradidus ab bas , nomine
Durartdus, de hac lue* migraverit, quamdiu ipfi
XXII.
Charte du roi Charles le Simple , en faveur
de l'abbaye de la Grajfe .
1
N nomine fond* & individu* Trinitatis, Karo-
lus divina propiriante clementia rex. Si necefti-
tatibus forvorum Dei opem ferendis libenter confo-
limus , regiæ dignitatis morem imitamur , & ob id
nobis Deum fore propitium non dubitamus. Quam-
obrem nocum fit omnibus fond* Dei eeelefiæ fide-
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57 DE LANGUEDOC 38
monachi inter Ce talcs invenire potuerint qui ipfâm
congregationem regere valeant fècundum rcgulam
S. Benedidi *, per hanc noftram audoritatem & con-
fênfum licentiam habeant inter Ce eligendi abbaçes.
Et ut hoc noftræ Iargitionis audoritas à fidelibus
fândæ. Dci ecclefiæ & noftris firmius credatur,
diligenriufque confêrvetur, manu propria fùbtcr-
firmavimus atque annuh noftri impreflïone figillari
julfimus.
Signum Karoli gloriofiflïmi regis. Herveus
notarius ad vicem Folconis archiepifeopi recogno-
vit & fubterferip/ît.
Datum 1 1 r 1. Kal. Junii, indidionc 1 1. anno v i x.
régnante Karolo, ferenillîmo rege, &in fuccefïio-
ne Odonis 1 1. Adum apud Hrurnum in Dei nomi-
ne féliciter. Amen.
XXIII.
nem , & infuper bannum noftrum perfôlverc coga-
tur. *Liceat namque ipfis epifeopis fùifque fîicccflô-
ribus, cum fâcerdotibus & rcliquis ordinibus eccle-
fiarum fub noftra regali tuitionc & mundeburdo ,
abfque alicujus inquietudine vivere , & noftro fide-
liccr parère imperio , ut pro fâlute noftra ac totius
regni noftri ftatti , eos jugiter Domini clementiam
exorare delcdct. Et ut hæc noftræ præccptionis au-
doritas a fidelibus fândæ Dei ecclefiæ per omnia
tempora inviolabilitcr confêrvetur, veriufque creda-
tur , manu propria fubter eam firmavimus , Sc an-
nuli noftri impreflione figillari jufïimus.
Signum Karoli gloriomlimi regis. Heriveus no¬
tarius ad vicem Folconis archiepilcopi recognovir
& fiibfcripfit. Datum vin. id. Jtinii indid. 1 1.
anno vu. rege Karolo, & in fuccdlione Odonis n.
plenitcr régnante. Adum apud Hturnum villam ,
in Dei nomine féliciter. Amen.
Diplôme du meme prince en faveur des
églifes de la province de Narbonne.
Archive» de
l’éjife de
N ir bonne.
V GaU.ClrrijT.
um. I./.3 7I.
Cdtel. mtm
l 77*.
An. 399* T N nomine fimdæ Sc individuæ Trinitaris, Karo-
X lus propiciante clementia rcx. Omnibus marchio-
nibus , comitibus , ducibus , vicariis > judicibus ,
adionariis, feu cundæ reipublicæ adminiftrantibus,
hoc notum eflè volumus , quia venerabilis fândæ
Narbonenfis ecclefiæ archiepifcopus Arnuftus no-
ftram adiit ferenitatem , innotefeens auribus cle-
mentiæ noftræ quod in fua parrochia , feu in cundis
epifeopiis qui mfuff'ragto tpjius pojiu Junt , gravHli-
ma quædatn contra jura canonum arque inftitura
legum increveritconfiictudo, adeo ut comités arque
judices, feu miniftri illorum, fâcerdotes Domini,
fîvc reliquos ecclefiæ miniftros ad placitum ducere ,
& fidejulïbies tollere , arque eos more laicorum
diftringere præfumant. Deprccatus eft itaque ifdem
venerandus vir Arnuftus tam pro Ce quam & pro
reliquis coepifcopis & confratribus fuis, noftram
regiam cellitudinem , utnoftro regali imperio ab
illorum eccleliis hoc refccaretur vitium , & tam nc-
fânda præfiimptio atque inlicita amputarctur con-
fuetudo. Nos vero prifeorum regum fcilicct paren-
tum noftrorum morem féquentes, qui femper in
divinis cultibus exritcre devoti & errata quæque
in fânda ecclefia piiflima follicitudinc corrigcre fâ-
tagerunt , quia preces jam fati anteftitis dignas elle
perfpcximus, has præccptionis noftræ fieri litteras
decrcvimus, per quas decernimus atque noftra rc-
gali audoritate jubemus præcipientes , utnemoco-
mirum aut judicum vel quiflibet publicis negoriis
adminiftrantibus in cunda Narbonenfi diocefi , feu
& in omnium epifeoporum fibi fuflfaganeorum ec-
clefiis, aliquem faccrdotum aut levitarum , feu rcli-
Quorum ecclefiæ Dci miniftrorum violenter fibi
fubjiccrc, aut fidejuflores tollere, vel in placitum
laicorum diftringere, ullatenus præfumat; &ncque
deproprietatibus aut reliquis pollclfionibus illorum
aliquam exadionem aut inlicitam redibitionem
ullo unquam tempore exigere audeat. Si aliquæ vero
querimoniæ adverfus illos exortæ fuerint , in præ-
lentiam fuorum epifeoporum veniant, Sc ibi de his
canonicc atque legalitcr judicentur *, quia juxta fân-
diones legum , indigntun eft ut homincs judicent
Dcos. Si quis autem contra hanc noftram præccp-
donis audoritatem dudus , maligna cujaidicatc ali-
quid agere tentaverit, & hoc quod pic à nobispro
divino amore in ejus eccleliis indultum eft violare
conatus fiierit, fentiat Ce noftram incurrerc offenfïo-
Tome 1 1.
XXIV.
Charte du meme prince , en faveur d* j4r*
nufte archevêque de Narbonne .
IN nomine fândæ & individuæ Trinitaris, Ka- An. 899*
rolus divina propiciante clementia rex. Si fâcris Archives de
ac fàndis locis divino cultui mancipatis aliquid de |J^nndce ^
rebus regni noftri, feu fàcultatibus confire ftude- b.bi. da Roi
mus, nonfolum in hoc regiam exercemus confiic- ancienne co-
tudinem, fed maximum regni noftri munimen, au- cPhanCs V«C
xiliante divina gratia , elle nullatcnus dubitamus. Rou. n.
Quaproptcr noverit omnium fândæ Dei ecclefiæ fi-
dclium noftrorumque ram præfentium quam 3c fii-
turorum follercia, quia acccllit ad clementiam (cre-
nitatis noftræ Arnuftus fândæ matris Narbonenfis
ac Redenfis ecclefiæ archicpi (copus, & innotuit nobis
de pauperrate fui epifeopatus, & quemadmodum
fua fedes & pene omnes ecclefiæ ejufdem civitatis
ruine jam proxime exiftebant, ita ut per ipfum nulla-
tenus poflènt reftaurari. Dcffèrens etiam quafdam
audoritates piilfimorum regum Ludovici fciîicetge-
nitoris noftri , ncc non & Karlomanni fratris noftri
in quibus contincbatur quod Sigibodus quidam
ejufdem Narbonæ epifeopus reccperit ad augmen-
tum fuæ ecclefiæ beneficiola à Ce fùifque (iicccflb-
ribus perpetualitcr pollîdenda. Cujus petitionem
necellâriam & rationabilcm eflc cognofcentcs , pla-
cuit celfittidini noftræ pro remedio animarum geni-
roris & fratris noftri atque noftræ , per deprecatio-
nem videliect venerabilis genitricis noftræ Adhelei-
dis , quatinus ad eandem ccclcfiam SS. Jufti Sc
Paftoris ncc non Sc fândi Pauli confefloris , ubi ipfê
vencrabiliter corporc requiefeit, abbatiam fândi
Laurcnrii cum omnibus fuis cellulis Sc villis arque
terminis, cum fùmma integritate locorum, veluti
in præccptis monachomm ab antcce/Iôribus noftris
piiffimis regibus fâdis, perpetualitcr concedcreinus :
eo videlicet tenore, ut ftipendia monachorum, ibi
degentium juxta vires prælülis non deficiant. Con-
ccuimus præterea medictatcm fâlinarum , telonei ,
portatici , Sc raficæ five naufragii & pafcuarii ad
eandem præfàtam ecclefiam tam in Narbonenfi
quam in Redcnfi comitatu , undecumque cornes
vel ejus miiliis rcceperit vclrecipcre debuerit aliquid
exaéÉonis. Donamus etiam filcos juxta Balfianum
villam qui vocantur Cefâranus Sc villa Arfcgii. Con-
cedimus etiam ipfi ecclefiæ in Redenli comirani ,
villam quæ dicitur Limofus cum fuis eeelefiis; Sc
fândæ Eulaliæ atque Flacciano cum omni fua intc-
Csj
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4ai
te PREUVES DE L’HISl
gritate ac mcmbris fibi pertinentibus atquc fàrinariis. ____
Donamus ctiam ibi Villam-longam cum fândi Feli-
cis ecclefia &cum fuis omnibus pertinentibus atquc
adjacentiis cundis. Et in iam dido comitatu Reden* ,
fi > concedimus ad candcm ecclefiam SS. Jufti & Charte au
Paftoris abbatiam quæ vocatur Cubaria cum omni- de Je S 1
bus fuis cellulis & villis atquc terminiis, aim omni
integritate locorum. Fifcos vero qui (ûnt in Biter- T N nomine
tenu comitatu fândo Paulo confeflori à longo JL rolus divina
tempore colJatos , Sc à poteftate comitali injufte cclfitudinis eft
L’HIST O IRE
XXV.
Charte du meme prince en faveur d'un
de fes vajfaux , appelle Etienne .
T N nomine fândæ «Sc individu* Trinitaris, Ka-
la propitiante
> hdcics regni
jante clementia rex. Régi* Archiva,
regni fui donis multiplicibus ^
As. 899,
Archivent
tempore couatos , ôc à potcltatc comitali înjiute ceintuainis cit, nacics regni lui aoms muitipuabus Ka6r^ndc
üfnrpatos , plenillime reduidimus , atquc eidem ec- Sc honoribus ingentibushonorare, fublimefque effi-
clefiæ, ficuedignum cft, per hoc noftræ audorita- ccrc. Proinde ergo nos morcm parentum noftro*
ris præceptum confirmavimus. Addidimus quoque rum, & cætcrorum regum piædeccflorum noftro- *'
Er æfâtæ ccclefiæ SS. Jufti & Paftoris ex noftra regia rum imitabilcm excqucntcs adionem , placuit cel-
beralitate , in comitatu Bifulduncnfi , abbatiam fitudini noftræ , interveniente vcncrabüi génitrice
(àndi Stephani quæ nunaipatur Balniolas cum ec- noftra Adhcleidi , ad dcnrccationcmquc venerandi
clefiis, cellulis, villis, villaribus & omnibus adja- archicpifcopi fândæ Narboncnfis ccclefiæ Amufti,
centiis fuis acmancipiis utriufquc (exus, ad eum- cuidam fideli noftro nomine Stcphano quafdam res
dem locum pertinentibus, & in comitatu Nar- injure proprictatis fuæ larcirc, & noftra libcralitate
bonenfi Montilium fifeum cum terris Sc (âlinis & in alodem pcrpctualiter habendum concedere. Quæ
omnibus adjaccnciis fuis, nec non Colonicas fifeum fiquidem res funt lit* in pago Narbonenli ; hoc eft
in codcm comitatu fitum. Terras quoque omnes villare quod dicitur Donas , cum omnibus luis ap-
& domos ac vineas quas Juda*i in comitatu Narbo- pcndiciis, 6e ccclcfia fândi Pauli ibidem fita, &in
nenfi poftidere videnrur unde décima: in ccclefiis eodem pago de villa Liciniano cum finibus , & ad-
Dei exire confuevcrant , quocumque modo ipfâs jacentiis, ac villaribus ab omni integritate quartam
adquificrint pofltflioncs , pro elemofina noftra ei- partem , una cum ecclefiis ibidem litis in honore
dem conccdunus eeelefiæ*, fimiliter & fifeum Juvi- (andi Nazarii & lândi Fclicis*, Ôc in eodem pago
niacum cum ecclefia. In comitatu Nemofcnfe, atque villa Manazeto quamvocant Caput-monte, cum
in luburbio caftro Salavcnlc, in valle Ocilianenfe cc- finibus Sc adjaccntiis fuis, & ccclcfia fândi Juliani;
elefîam fândi Saturnini cum Villa-torta & omnibus & in codcm pago in villa Plumbiaco fâlinas quas
appcndiciis fuis. Si vero infra iftas vel alias villas parentes ipfius ibidem tenucrunt -, & in codcm pago
cidcm eeelefiæ homines Hoftolcnfcs vel Hifpani alium villare quod dicitur Monte- Auriolo cum om-
fiierint, quicquid jus filciinde cxigcrc débet, totum nibus adjaccntiis fuis*, Sc in eodem pago villa Mo-
ad opus fândæ matris eeelefiæ Narbonenfis jure rarius, quæ vocant Rcxaco, cum omnibus finibus
perpetuo concedimus obtinendum, atque per hoc & adjaccntiis fuis, & ecclefia fândi Bartholomæi *
noftræ audoritatis præccptum confirmamus : per in ipfo pago in villa quæ dicitur Edcras, velquan-
quod decernimns atque jubemus ut nullus judiciariæ tacumque infra fuum terminum vifus eft poftidere ;
poteftatis nec ullus ex fidelibus noftris , in ecclclias in eodem pago in villa quæ dicitur Berizam Sc in
aut loca quas moderno tempore poftidet vel quæ villare quod dicitur Prato, omne quidquid ibidem
deinceps in jure & poteftate eeelefiæ ipfîus divina rctinet * &in codcm pago in fuburbio Mincrbenfc ,
pietas volucrit augcrc , ad caulas audiendas , vel villa quæ dicitur Fellinas, quantum ibi rctinet ex
freda aut tributa exigenda , autmanfioncs vel para- comparationc*, Sc in comitatu Rullîoloncnli villa
tas facicndas, aut hdejuilbrcs tollcndos, aut ho- Tordarias cum fuis villaribus Sc finibus atque adja-
mincs ipfîus ccclefiæ tam ingenuos quam fervos ccntiis carum, Sc ccclcfia fandi Martini ibidem fîta,
diftringendos , autullas rcdibitioncs vel inlicitasoc- Sc in terra S. Pétri, & in villa Ulmis, Sc in villa
cafioncs requirendas noftris fiirurifque temporibus Laurdono quannim ibidem rctinet , & in codcm
ingredi audeat , vel ca quæ fupra memorata funt , pago villare quod dicitur Palatiolo cum finibus «Se
penitus exigere præfumat. Sed liccat memorato adjacentiis fuis , Sc infra terminum villæ Helnæ
præfuli fuilque fuccclîbribus fub noftra deffenlionc quantum ex comparationc rctinet *, Sc in eodem pago
quicte refidere Sc noftræ parère juflioni. Et quic- villa Peciliano cum luis villaribus finibus Sc adjacen-
quid jus fifei exinde exigere poterat , totum nos tiis, Sc ecclefia S. Saturnini, & S. Fclicis, vel quæ-
pro æterna remuneratione eidem concedimus eccle- cumquc ibidem rctinet ex comparationc , & villa
fiæ, ut perperuis temporibus clericis ibidem Dco quæ dicitur Vcrncto cum finibus «Sc ad jacentiis fuis,
famulantibus proficiat in augmentum *, quatinus Sc ecclefia S.Chriftophorh«Se in codcm pago villaquæ
redores ipfîus eeelefiæ cum omnibus adfe pertinen- dicitur Codincus cum omnibus adjaccntiis fuis, «Sc
tibus , cum clero & populo fibi fubjedo pro nobis ccclelia ibidem fîta ; & in eodem pago villa quæ
& totius regni noftri lhbilimento Domini miferi- diciaif Tezano, cum fuis villaribus, ideft Anglares
cordiam alacriter exorare dcledet. Et ut hoc præ- & Salcllas cum finibus & adjaccntiis carum , &cc-
ccptum noftræ audoritatis inviolabilc ac æternum cleliaS. Pétri*, & in eodem pago villare quod dici-
obtincat vigorcm , manu propria fubtcrfirinayimus , tur Lotas , cum omni integritate, & in eadem pago
ôc annulo noftro infigniri juftîmus. Frontotcdelb , villare quod dicitur Centcrnaco cum
Signum Karoli gloriofiffimi regis. Heriveus fio- omni integritate *, & in comitatu Empuritanenfè
tarius ad vieem Folchonis archicpifcopi recognovit villa Uliaftreto cum villaribus, Vcllol'o caftellare
& fubfcripfît. Damm vin. Idus Junii, indidio- aim omnibus finibus fuis, & eeelefîis S. Pctri &
ne fecunda, anno feptimo, rognante Karolo fere- S. Johannis, &in eodem pago villare quoi! dicimr
niflimorege , & in fucceflione Odonis 1 1. pleniter Cadinus, & vocatur Cabannas, cum nnibus fuis,
régnante. Adum apud Htumum in Dei nomine & ccclefiis ab omni integritate*, & in comitatu Bi-
feliciter. Amen. fuldunenfe villa quæ dicitur Romagnano cum fuis
finibus & adjacentiis fuis, & ecclefia ibidem lïta , in
honore S. Amateriij & in comitatu Narboncnfe villa
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4* DE LANGUEDOC. 4*
cpat dicitur Tecanello, cum omnibus finibus ôç FaiSb carta fub die Marris in mcnfc Februarii, reg-
adiaCentiis fuis. In his ergo pagis & terriroriis om- nancc Ludovico rcgc.
mous quæ fiipra lcripra lunr, vel quæ ad hæc perti-
ncnda quæ præfarus Scepharitis , vel uxor ejus Anna ,
XX VI IL
Concile tenu à Ajîllan dans le diocefe
de Narbonne .
pet ftrumenta emtionis adquifierunt , aut quæ dcin-
ceps obrinere pomerint, per noftræ donationis feu
confirmationis præceptum memoraco Stephano per¬
pétua firmitate polîidenda concedimas: per quod
præcipientes jubemus, ut ablque alicujus inquietu-
dine vel contradiâdone tencat , habeat , vel quidquid Z*"* Um in fempitemi Regis norainc pro diverfis
exinde agere voluerit liberam in omnibus habeat commoditatibus lândæ marris ecclelîæ vene-
poteftatem fiteiendi. Et ut hæc noftræ largirionis feu rabilis archiepilcopusRoftagnus, videlicet Arelaren-
An.joi.
Archive» etc
*c*’* . « • /*u /'Lj* 4* c» . l*abbiyc de
connrmatioms præceptio noftris nmirifque tempo- lis cathedra, &Amuftusprimæ Narbonæ>cum uni- Quarante
ribus meliorem in Dei notnine obrineat foliditate vcrlis Gothiæ , Spaniæque,atqueProvinciæ compro- 4*
yincialibus in rerritorio & fuburbio Narbonenlï in f. v>.
in eccle/ïa ûndèiprotomartyris Stephani lûper villam
guæ dicitur Amlianus confîdercmus, prodamavit
fc quidam frarcr & comprefbyter nominc Terbaldus
vigorcm, manu prqpria fubter eamfirmavimus, &
annuli noftri imprclîionc figillari jiiflîmus.
Signum Karoli eloriofi/hmi regis Heriveus no-
tarius ad vicem Folconis recognovit. Datum xvnr.
^ » i t lu : . l'/v °
Calendas Julii, indidtione 11. anno vrr. fege fere- de quodam levita vocabulo Theodrico dicens verbo
nilTimo Karolo. Adtum apud Turnum in Dei no- tenus & lcriptis firmilïimis dcmonftrans, quod ton*
mine féliciter. Amen. tra leges divinas &c fànélos canoncs per fàlfbs telles
_ _ _ ________ __ quos impunitos non delêrit, ac per impominam cu-
XXVI.
'Donation faite à P abbaye d* A ni ane*
An. 899.
Archive de
l’abbaye d’A-
aunc.
piditatem omniumque molorum perjurium inquie-
tare præliimplerar décimas, primitias,oblat:ones,&
univerlbs redirus lândtæ Mariæ de vico cognomento
Qtiadraginta , unde idem præfàtusTetbalausatcitu-
MAerius eft ticulus cclîionis iri quo nemo po- lari*s erac \ & hæc omnia volebat pradidhis Théo-
tcft adtum largiratis imimpcrc, lêd quid- dricus fubdola, ut prælatum cft, fraude ad ecclcfiam
ri degrato animo de propria volunrate donatur, Eulaliæ cujus eft vocabulum Crucius fubju-
nter débet ei cui conlata fucrit ccllio, irrevoca- gare : hoc allèrcns in Ci 1a fàlfitate , quod fan&a Ma-
bili modo perenniter ftabilitum. Ego in Dei nomen r*a de Quadraginta fubjcdta ellè debebat ccclefiæ
Sigoaldus dono vobis Ruftanno archicpilcopo Are- ûnâ* Eulaliæ de Crucio. Retulit præcerea 'æpedi*
larenlïs lèdis, five abbati de Aniano monafterio, vel &ÜS prefbytcr quod lecundum Icgum canonicarum
cundtæ congrcgarioni S. Salvaroris & ùn£tæ Dei
genitricis Mariæ prælcntibus & futuris > per hanc
caitulam dono aonatumque in perperuum ellè
volo pro animæ meæ remedio, vel pro a^erna rem¬
arque mundanarum décréta quibiis concedinir uc
contra veritatem nullum falfitas obrineat vigorem,
& per jufliim Domini qui aderat merropolirani Ar-
nufti, 8c per arb'trium canonicorum fuorumuntim
butione , de mco jure in jure vcftro , vel ipfius fan- hominem ad examen judicis miler.it. Quoniam Deus
dhiarii in honore finfbr Dei genitricis Mariæ 8c £m- qui fie diligit fàcerc judicium de rapina hominis pau-
Gi Salvatoris, qui conftmâus eft in terrirorio Mag- péris , quafi qui cerebrarct canem , inconlpeéhi I10-
i! r ri n 11 ... r 1. . r • r R — _ _ _ r . n ki •
daloncnfi fub caftro Monte-Calmenfi, infîa termi-
num de villa-Monte-Avinario *, dono vincam unam
quæ mihi obvenit de hominc nominc Arnulfb, 8c
habet ipû vinea de parte altano, dexteros in altum
1 1. 8c pede *, 8c infrontat in vinca de Arnulfo, & de
parte circi habet dexteros in latum très & pede &
infrontat in terra de fàntfto Salvatorc ; fimiliter de
minis demonftraret veritatem fiuivftæ Mariæ , compro-
bàret ac convinceret perjuriuin Thcodricum teftibus
fuis. Sicque ante eorum altaris in iplâ lede me-
trojTolitana SS. Jufti 8c Paftoris , cum qui ad judicium
Dei exierat Deus illæfum monftraverar , ut nullo
modo in eo fignum dubietatis remanferit. Cumque
fîiper hoc domnum archiepilcopum Amuftiim con-
fuluillcmus , urpote eum in quo pendebat Ipecialitcr
parte cercii in longitudine habet dexteros xxxi. 8c ... ...»
pede: & in pago Bitcrrenfi in villa Lunatis dono & ProPr'æ dioccfis difpofitio , 8c gencralis torius
campum unum habentem (emodiacam unam, 8cc. concihi noftri delcriptio, enucleavit nobis ira elle pcf
Fa<fta car tu la donationis mcæ fub die quinto Kalen- omnia proiitprænominatuspre/biterrefcrebat. Cujus
das Seprembris, anno feaindo, régnante domno ^gojuftilfimam petirionem agnofeentes cidem eccle-
Karolo rege. Signum Sigoaldi , &c.
XXVII.
Donationfaiteau monaftere de Goudargues.
dans le Diocefe d}Use^
Vers Tan Ç Acro-fan&æ Dei ccclefiæ lanflæ Mariæ virginis
vJ quæ eft conftru6b in monafterio Gordanico in
900.
Camilaire
à' léglife
r
pago Uzetico, invicaria Plauzes, ubi vir venera-
_ 6<iiv bilis Roftagnus gratia Dei epilcopus & abba cum
monachis ibidem Domino krvientibus præclledi-
gnofeitur. Ego in Dei nomine Aftcrius & uxor mea
Suffizia , ccdimus ad jam di&um locum aliquid de
herediraribus noftris quæ funt conftimræ in pgo
Vivarienfium, invicaria Lcgcrnatenfc, in villa quæ
didmr Buxeria quantum vifi fumus habere , &c.
fiæ iftam notitiæ firmitatem heri 8c firmari mandavi-
musilub tali tenore utab hac hora & in perperuum
ecclefiæ Cmâx Mariæ de Qiiadraginta , 8c prefbireris
ejus quibus ab archiepifcopo ex ea fucrit poteftas
largita fine ullo blandimenro tam de Crucio quam
aliarum vicinarum parrochiarum,dc hisomnibus unde
domnus Amuftus 8c lui canonici hominem ad Dei
probationcm exire judicaverunt , dominationem ob-
tineat cunâis valinuvtm in fæculi temp)ribus. Fadla
iftius cartæ notifia anno Vcrbi incamati dccccii. in-
diâ. v. lubdic idus Junii,anno regis Karoli IIII. pft
tranfitum Odonis féliciter, f Arnuftus archiepilcopus.
f Servus Dei epilcopus. f Riculfiis epilcgpus. f Nanti-
gilius epifeopus. f Agenbertus epilcopus.
✓
/
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SÊL
V PREUVES DEL1 HISTOIRE 4*
_ , _ _ _ &ut clcemofinarii de homine Aifrcdo comice, qi-j
fuit quondam , nos (îmul in unum donatores fumus
XXIX. vobisaddomumS.Joannis-BaptiftxcaftriimMalafti,
Charte de l’empereur Louis l’ Aveulie en ÿ fitul" in™ri° CarcaUlnfe fuperfluvium
- faveur de / eg ije a grcgationc fàncli Joannis', fie mandavit nobis ut ad
An. 903. T N nomine fàndbc & individus Trinitatis, Hlu- iplâiti domum S. Joannis , vcl ab iplo abbatc, vel à
^ ArchivciHc JL dovicus divina ordinante providentia imperaror cunâa congrcgarione ipfius donatores cflcmus alo-
c^hicd’ufex. auguftus. Omnium fidelium noftrorum prxlentium dem proprium quod habebat in comitatu Redenfe ,
fciîicct & fucurorum noverit induftria , quoniam juxta monte BafTera, inlocum ubidicitur S.Manini,
Teutbertus cornes &\Valovir ftcnuus noftri dilcclil-
fimi fidcles , noftram adeuntes cxccllcntiam enixius
poftulavcrunt , quatinus cuidam noftri fideli eximio
prxfuli Amclio conccdercmus jure proprietario cur¬
ie m qux nuncupatur Fretus , cum eccleiia in honore
S. Rctnigii dicata in comitatu Avcnionenle , cum
omnibus adjacentiis & pertinentiis cjus , cum fervis
& ancillis uriulque fexus, omnia omnino in inte-
grum, per præccptum noftræ authoritatis. Quorum
precibus aflcnfumprxbentcs, hoc ferenitatis noftrx
præccptum ficri decrcvimus , per quod jam diclus
hdelis nofter Amelius cpilcopus præfixam curtcm
Frctum futuris temporibus obtincre valent : habcarur
inibi terris arabilibus , cultis 8c incultis , vincis , cam-
pis , pratis, palcuis , fylvis, cafis ac iruncipiis utriulque
llxits , cum aquis , aquarumvc curfibus j omnia ei
cum ipla eccleiia qux ibidem cft fiindata in honore
S. Martini, & cum iplo villare & cum omnia quan¬
tum adipfum villare pertinent vcl quantum Aifredus
cornes & ego fupra fcripta Adalindes , ibidem
habuimus tam dcalode quam de ex comparatione -,
id cft domos coopenas , calâles , curtes , onos ,
ortales, veredegarios , arbores pomiferas, vincas,
tcrras# cultas & incultas , pratis , &c. Ifta om¬
nia quantum quod luperius lcriptum cft , & quantum
ibidem habemus vcl vili fiimus habcrc,licmandavit
nobis ut ad domum Cm6ti Joannis vcl à Rcnulfo
abbatc, velàcun&a congregatione fànch Joannis ab
omni integritate Honore faccrcmus propter reme¬
dium animx fux, ab omni integritate, tam aquifi-
tum quam ad acquircndum , & iplas vineas qux funt
in villare Richinale, 8c omnia fuperius fcripta de
conccdo cum omnibus ad cildem rebus jufte &lc- noftro jure in veftra potellate &dominio tradimus
caliter peninentibus, ut habeat , tencat & pollideat, ad proprium perhabendum , ut quidquid exinde
fociatque quidquid cjus dccreverir animus ac volun- agerc, faccrc , vel judicarc volucritis, de præfcnti
tas, remota totius poteftatis inquietudinc aut de- die& temporc inontca vobis fit firma poteftns,cum
monftradone. Et ut vérins habeatur, manu pvopria omni voce oppolitionis de jam diclo A frcdocomi-
firmavimus, & anuli noftri imprellionc aiîignare te . vel homo vel fubroeata perlbna fucrit
\ t il. . J . r .. .. il' • 1 1 • • 1 * 1
jufiimus. S. D. Hludovici fercnillimi imperatoris au-
gufti, Arnulfiis canccllarius jubente domno impe-
rotore rccognovi 8c SS. Data xv. cal. O&obris anno
Dominicx Incarnationis dcccciii. indicSt. vi. anno ni.
imperonte domno Hludovico imperatore. Aclum
Lugduno in Dei nomine féliciter. Amen.
XXX.
Donation faite a l abbaye de la Graffc par
Radulphe comte de Roujîllon.
in. $04. TXUm unufquilquc, 8cc. Nosigitur in Dei no-
hivcj Ac JL/ mine Radulpho comiti &: uxori fux Ralindes ,
r^hiyc delà ccrtum quidem manifeftum cft cnim, quia nlacuic
Graflc. aiiimis noftris...& nos donare debemus, alodein
noftrum, quodita 8c facimus , villa qux vocaturPc-
ciliano . ad caftro monafterii vel ad cœnobii qux
vocant Crafla ... ad vencrando abba Durando &c. . .
& poft obitum vero noftrum ipfum alodem fupra-
nominatum remancat ad filium meum Olibanc;
exceptas ipfiis décimas in pote fiatc S.Marix conciliât •,
8cc. Fadla carta donacionis lub die .... madii anno
An
qui contra hanc cartam donationis ad irrumpendum
vendit, aut nos vtntrimus, libra auri una coablus
cxlolvat, infuper iram Dei incurrat, & cum Judas
Kcariotes in infemum colloquium habcat, &inan-
tea hxc Honnrio firmis & ftabilis pcrmancat. Fadla
hxc (cripmra donationis undecimo Kalcndas Mardi
anno .... régnante Carolo rege fub æra nonagen-
tefima quod rage lima quarto, indiblionc nona. Sign.
Aifrcdo fiiio Aifrcdo qui confbnticns fuit in ifta carta
donationis. S. Hildcbrandus abbas. S. Peldemares.
S. Hodacer qui hoc feci. S. Amelius. S. Geronimus.
S. Rabancus. S. Prautaldus. S. Jodolenus. S. Anfe-
mundus.S. Anzemundus qui hanc feripturam fcripfi
die & anno quo fupra.
XXXII.
A des des conciles de la province de Nar¬
bonne , tenus k R arc clonne & à S. T iberi .
A
N no Dominicx Incarnationis Dccccvi.fubin-
didtionc v 1 1 1 i.convcntus fachis cftlindtorum
An. 906.
Arthivci de
vi. régnante Carulo rege. S. Radulfus cornes > fig. epilcoporum apud Barchinonam civitatcm, quorum i^yede
Radhndcs, occ.
VIII. calcnilas Julii anno xxm. rrcnante Carulo
rege Ridlindis rtlicla prædicli Rodulplii comitis
prxdiOam donarioncm confirmât in fàvorcm So-
niarii abbatis Craiîcnfis.
XXXI.
An. 906. jpxeeution dutcjlamcnt d’ Acfred comte de
i4btve“f Carcaffonne.
v udb.dn- T N nom: ne Domini noftri. Adalindes comitidu ,
”-'2' I Aldcbrandus abbas, UncfTus prefbyter, Chcvcl-
Hnus prdbytcr , Rodolitcs, qui fumus dccmolmaru ,
/#. 2. f» 14.
hxc funt nomina : Arnuftus archiepilcopus almæ ^
Narboncnfis ccclefix , Servus-Dei Gcrundcnfis ,
Nantigiliis Urgellenfis , Idilcharius Aulonenfis ,
Teudcricus Barchinonenfis, Rainardus Cavelicen-
fis. Dum igitur refiderent in ecclefiam S. Crucis ,
una cum prxccllcntiflimo principe & marchionc
Wifrcdo, feu plurimorum divcrfi ordinis clcrico-
rum 8c religioforum laicorum non minima catcrva
ut plurimorum audirent querimonias, & Dco fa-
vente qux prolata crant juftillîme determinarent i
in fupradidtorum prxlentiam atîlierc legati Deo dc-
vorx 8c religiofifliinæ abbatiilx Hemmc, præma-
nibus habentes feripturam confirmationis rcrum
monafterii fui , quod fitum cft in honore fandi
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4f D K L A N G Ü E Ü O C. 4*
Johanrtis-Baptifte, édita fcilicct & robôrata à pre* Verbi iftcamati dccccVi. convcntus porttifîcurti re^
nominato fiirîimo anriftire Amutto, csrterorumque verendorum fadhis eft apud nobilem civiratem Bar-
Vefictabilium epifcoporum quorum htfcfiint ftomi- chiononam * in quoadfuerunt revercndirtimus me*
nâ î Amelius Ucctienfis , Aglardus Nemaüfènfis , tropolita Arnuftus primæ Narbonenfis civitatis ânti-
Riculfus Helcnenfis, Àrmannus Tolcrfenfis, Ser* lies, pariterqüe Scrvus-Dei , 6c Renardus* ttecnort
Vus-Dei Gerundcniis, Nantigifiis Urgcllcrtfis, Rei* Aquinus , 6c Nantigifus, feu etiam Idalcarius* 6c
fiârdus Bitertetlfis , Gontarius Magdaloncnfis , Theudericus, finâiflimi pilules, toimiuîque priri*
Autgarius Lutovcnfïs, Gimera Carcaflenfis, Gerar- ceps 6c marchio Wifredus, cum iis etiain abbatibus,
dus Agateilfis. Qyi vefo in prâdêrtri côadunatione 6c divcrfi ordinis dericorum maximd cdnglobâtio ,
afiierunt , quidam vencrabilium epifcoporum qui & religiolbrum laicorum immodica catcrvâ. His
primo defiieranc conventui , petiit præfita Deo dt- igifur omnibus irt ccclefia ûndb? Cruels in unüm
cata abbatiflâ per fuam legationem eafdem res ma- cohgregatis, fiirrcxit quidam in medio, findberelk
nafterii fui, ut jtixra kanonicam 6c epifcopalem audio- gbiiis epifcopus Aufonenfis ecclefiæ , nomine Idâl-
i'tatem confirmaient. Nam ifbe funt ecclefiæ, paro- carius, proferens querimoniam fuæ ecdefiæ, di*
chia: , vel cellæ, âtqüe prædia quas fub jure canonico cenfque : attendat 6c confideret vfcftfà reVereîldâ
fibi petiit rôbotari. Pfimutn quidem ipfiim mona- paterniras, reverendc archipreful Arnufté, necnon
fterium in honore S. Johannis Baptiftæ & præcur- 6C omnes qui in hoc fâcro concilio adcllis. Cum
loris Domini, fîib tuitionc 6c cura epilcopafï, fient prifeis temporibus tota Hifpania atque Gotia fecris
fiai kanones docent, cum parrochia & finibus, infifteret eniditionibus > 6c vernaret clero, âtqite
vel adjacentiis fuis \ parrochiam quoque S. Mariæ , fiilgeret ecclefîis Chrifto dicatis , inter reliqtiâs ipfà
&finfti Kirici, & Saura cûm finibus fuis-, cellam quoque Aufonetifis ecclefia nobilis habebarut. Pec-
ctiam S. Martini cum fîiâ parrochiuncula , necnon catis vero exigentibus illonnn qui tune habitatores
& ecclefiam S. Columbæ cum parrochia fiia; cel- erantillarum terrârum, Ut omnes noftis, barbaried
lam quoque quæ dicitur Mucronio cum fiibjundla gladio divino judicio traditi funt, ita üf ftec aliquiS
fibi parrochia. Hæc omnia conjaccnt in epifeopio chriflianomm in prædkfto pago Aulbnæ remanerét.
Aulonenlê. In pago autem Vallenfi > parrochiam Poft multoriim autem annorum cilrricnla mifêftuÿ
S. Gcnefii * in villa quæ dicitur Amigdala*, 6t in pago Dominus terræ , fûfcitavit in eâ nobillllirttum pfifH-
‘ Cerdanienfe parrochiam S. Mariæ quæ dicitur Li- cipem Wiftedum 6c fratres e)us: qui et dlveffis
liætam & Bcrgogiam , & Auguftrinam \ St juxta locis & gentibus homines pio amore colligentes j
Cardonam cellam S. Johannis âim fiia parrochia , pr^libatam ecclefiam cum luis finibus in priftinum
& in Confluente pago, villa Foliano ecclefiam in inftaufaverunt ftatum. Cum âutem adhuc inpauci--
honore findlæ Ëulaliæ cum fua parrochia, &in tafe confideret nedum talis ellèf ut per (c ipûm i
codem territorio parrochiam de ip fi eeelefîa fiib- ficuc ahriquitus, epifcopüm habete poflêtj adhuc
dita quæ diciuir Campilias. In Biluldunenfc cellam prædidus marchio reverendiflîmum Sigebodum
quæ dicitur Collo-Üvitizane , ecclefiam fanûi Vin- epifeopum 6t Narbonenfem mefropolitanum , ut
cenrii cum ipfâ parrochia *, 6c in PorCarias ecclefia jam fatam eccleliam fub fuo teneret regimint , U
finclæ Mariæ. Hæc igitur omnia nos præfcripti at- ram per Ce quam pet fiios convicinos fufftagâneoî
que fignati præfules fccundum hoc quod fàncli illam ordinaret atque diljx>neret j donec 6crenté
patres Kanonicis legibus inflituerunt , cofifirmaitius Deo paulafim ad incrementum pervenirer j quâliref
eidem monafterio, vel ipfï abbatilli j obfeaantcs & in ca proprius epiCcopus juxta ântkpuim more.rt
imprecantes fub divina ccnfiira ut nulli chriftiano eonfiftere pcrflèt. Cum Veto pietas niperni riumi-*
Gceat . . . . norario . aut irtrationabiliter aliquid nis iplim eccleliam per jâtn diâufn prirteipem longe
ex ipfîs rebus abipfomonafterio auferre velminue- Lifcque dilatadèf, & cun6li cernerent ilkm pro¬
ie , nifi tantum quod ex ipfîs parrochiis eenfum prium debere epilcopum habere , jam venerabiR
annuale quod fblis epifeopis vel matricis ecclefîis Sigebodo divina vocatione et hae hicé fûbtraélOi
corum folvere folitum eft, per flngulos annos foi- expetivit tam idem màrehio quamomni^ cletu$&
vatur. Alia vero mx fûperfunt ad adjutorium ôc popülus Aufonenfis , tevetêndum Theodarduff»
fupplementum ipfius monafterii vel ipfi abbatiflæ prælibafct fêdis Narbonenfis pontificein, utlæpædf-*
& crediris fibi à Deo devotis feminis , ad regen- Qz ecclefî» Aufbnenfi ptopfiüm otdinfltet epifov
dum euftodiantur, & fub ejus poteftate ferventur. pum: qui dna cum caîferis ponrificrtfuS* dignis il-»
Si quis autem contra hoc pontificale decretum à lorum petitionibus âhntiens, in pontiBcium ejuf»
nobis ftarutum agere de ipfis rebus monafterii præ- dem ecclcliæ deceflotem noftrum divina* memoriJ
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firi aflumerc, autagerc tentaverit, feiat fê fèverif-
fimo mucronis vinculo anathematis feriendum 6c
d regno Dei extorrem. Ut autem hoc certius ab
omnibus credatur propriis manibus fubterfirmando
Gotmarum fiera benedidlione confêcraie non di-
ftulit. Illis quoque tmiverfe carnis viam catpentH
bus , eximio archipontifice Arnufto Narbonam
Thcodardo fûccedente , me quoque immerirum
roboravimus. [* Ànno primo régnante Charlotte Aufbnenfi, perclcii &pkbis eleélionem, præfècit
rege. ]
+ AfctfÜ StW* SCS NAABOKENS2S Ecde
HÜMILIS
ips.
Idelherus umihs ep9.
Nantigyfiis e p s humilis.
Serttis^Dei epi
ecclefiæ. Iniunûum eft autem deceflori meo a re-
verendo Tneodardo, &iïithià pt^finti metrôpo^
litano ut ecclefiæ Narbonenfi, quæ eft in honorem
finâofum martyrum Jufti de Paftoris fitâ, pef fin-
gulos àtiftos libram âr^enteam pet (blveremus. Nurtc
itaquê videàt fin&iflimus metropolita , 8c omne$
reveréndiflîmi qui adeftis epifeopi, 6t rtfvolvat ôrtl-
• _ * r ... . ^ h
An. 5>o 6.
fl. y
TeUdericus Barchinonenfis tedefiæ humilis eps. Egû n^a volumiM faftdte legis chrillranæ , fi equtïm efl
. —c x r i r • r r-t epifcopuin nfcâlemefle, vel fi cathedra epifcopalii
Sigumus prbr hoc feriptura? decretum foipfi&fub= aficni éccfefî* ‘Crilnmim debear perfolvere-, nift
fcripfi die, & anno quo fupra. tancum quod jura canonum refoftanc, hilmilem
fubjeÆonem atque debitum hofrorcm prôprio de-*
A^nuente atque infpirante divina dementia, anno ferre metropolitano. Diutiflime autem illk de hod
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47 PREUVES DEL’ HISTOIRE 48
tradantibus cpifcopis , quærimoniæ tandem idem territorio Carcallènfe fiipra fluvium Duranno , &
rcfpondit métropolite: de hoc quod ilrenuæ faga- Bofono Abbate, velipfiuscongregatione, dono vo-
cicas diiedi confratris noftri Idakarii epiieopi que- bis alodem noftrum in territorio KariteUcnfe in villa
rclatur, jufta quidem nobis ejus videtur quxrela-, quæ dicimr Villeficca confiniis , & terminis , fidi.ni-
fcd in hoc nos ada quidem prions décédons noftii tibus, & adjacentiis earum, & cum ipfa ccclefia
fequentes , impruvife atquc inconfidcratc cgimus. quæ fundataeftin honore fandæ Eugeniæ,&cum
ideoque quod quærimonia ejus reda nobis ac vobis omnia quantum ad ip(à villa afpicere videtur ; quod
videtur, difteramus illud nfijtu ad plenam fnodum mihi advenit per præceptum quod domnus Karolus
(3 ptrfcElum dnodenarium wtmerum eonfratrum filius Ludovici exmde mihi îecit ad proprium, &
noftrorum , & tune fccundum divinam infpitatio- per judicium quod acquifivi in fedem Kanoflona,
nem , ex hoc quod redius eft ftatuemus. Sequenti & per adtradum aliarum feripturarum , & abet ipfa
denique anno fânda fynodus congregata eft in loco villa fines vel adjacentias , de parte alrani affrontât
qui dicitur cænobio lândiTiberii in diocefi Aga- in terminio de villa Salcfinques, & de villa quæ
tnenfi , in quo iterum adfuerunt reliqui epifeopi qui dicitur Chaucas *, de mendie in terminio de villa quæ
An 907 Pr'or^e^uerunt conventui,in qua iterum fynodo dicitur Olmus*, ex parte circi in terminio de villa
'* eadem quæftio à cundis iterum ventilata eft. Uni- quæ dicitur fânda Eulalia; &de Aquilonis confron-
verfi igitur qui inibi refidebanr , fandi Spiritus il- tat ufque in medium fluvium Fifcnano, vel quan-
luftratione afflati , decernentes pariter dccreverunt tumeumque in iftas quatuor affrontationes fuper hü
non debere epifeopum tributarium eflè, neque ca- nominatas concluditur. De ipfâ villa jam dida cum
thedram epifcopalem, quæ domina & mater eit pro- confiniis , & terminiis, &c limitibus totum & ab in-
(»rii clcri & plebis, alicui (èrvitio mancipari, lèd tegrum, omnia quantum ad ipfâ villa afpicere viden-
iberam eflè ab omni jure fifcali. Placuit icaque tur, tam loca rumcaquam urbana, tam acquilitum
omnibus quorum nomina fubter tenentur inferta , quam acquirendum > totum & ab integrum ego vo-
ut hoc decretum feripturæ propriis roboretur ma- bis dono : in ea vero rationedum ego Ameuus vi-
nibus, & fiib divinum anathema atque æternaeen- xcro, habeam poteftatem tenendi , laboronJi, &
fura ftanierunt,nequisufquamfiicceflc)rum illorum enfrudandi ad ufum frudum : poft obitum vero
lândæ Aulonenfi ecclcfiæ imponeret , quod pia meum rcmaneat ad ipfâ jam dida cafâ-Dei fine ullo
confideratione illius , omnibus deccmentibus , ab ca contradicente , & ab hodiemo die & tempore domi- 4
funditus amputatum eft. Igitur ergo Arnuftus, an- nium proprium hoc habearis, teneatis, poflîdeatis,
nuente fupema clementia exiguus Narbonenfis veftrifque pofleris relinquatis, & quidquid exinde
epifeopus , omnium confratrum noftrorum redit âgere,fâcere vel judicare volueritis,htoam&firmit
(imam ex hoc refpicicns defenfionem , ccdo atque fimam in Dei Domine habeatis poteftatem cum omni
perdono tam eidem (iipradido Idalcario epifeopo voce oppofitionis meæ. Quod fi ego donator, vel
lândæ Aufonenfis ecclefiæ, quam omnibus fucccfi aliquis ae filiis vel hæredibus meis , vel quiilibet
iteftarem cum omni
perdono tam eidem (iipradido Idalcario epifeopo voce oppofitionis meæ. Quod fi ego donator, vel
lândæ Aufonenfis ecclefiæ, quam omnibus fucccfi aliquis ac filiis vel hæredibus meis , vel quiilibet
loribus luis prædidum argenti libræ cenfum quod homo fuppofita vel fubrogata perfbna fiierit, qui vos
à deceflore meo domno Theodardo, vel à meim- inquiecare voluerit aut vcneric ifta feriptura ad ir-
provife impofitum eft , ita quod à me neque à lue- rumpendum , aut ego iplè venero , inferam , vel in-
ceflbribus meis ullo modo requiratur. Sed liccat ferant vobis veftrifque partibus quantum apud vos
memprato epifiopo fuifque fucccflbribus immunes melioratum fuerit duplum vobis componere faciads,
eflè ab omni jure fifcali, ficut reliqui in noftra pro- & in antea ifta firma & ftabilis permaneat omn’quc
vincia vel ubicumque chriftiana religio pollct. Si tcmporc. Fada feriptura donationis 1 1. Kal. Odob.
rvero, quotjabfit, temetario aufu contra hoc anno xi. régnante Karolo rege filii Ludovici. Fada
etum à nobis pio amore ftatumm agerc volue- lcriptura eft fub æra d. ccccxlvi. indidione n.
rit, ficut fiipra feriptum eft divino judicio & ana- Sign. | Berallo, Sign. f Aribcrto, Sign. f Ame-
thematis vinculo rcriatur. lius qui hanc cartam faibi jullit, & telles firmare
Arnuftus fândlæ Narbonenfis eeelefiæ humilis rogavit, &c.
epifeopus hoc decretum roboravi. Audkarius epif¬
eopus, Gunterius epifeopus , Reginardus epifeopus,
Guimera epifeopus, Gerardus cpii feopus, Riculfus , XXXIV.
epifeopus confenfi. Guiguo fandæ Gerundenfis
eccleuæ epifeopus confenfi. Nantigius lândæ Ur- Charte du roi Charles le Simple en faveur
cellitanæ eeelefiæ epifeopus confenfi. Stephanus de l'abbave de Greffe.
gellitanæ eeelefiæ epifeopus confenfi. Stephanus
clericus , qui hune decretum fândlæ eccleuæ Au-
fonenfis lcripfi die & anno quo fupra.
de l’abbaye de la Grajfe.
IN nominefândæ & individux Trinitatis, Karo¬
lus divina propitiantc clementia rex. Si necelli-
AN.908.
a ius aivina propitiantc clementia rex. oi necem- bu. h
- tatibus fèrvorum Dci opem ferendo libenter confu- Rot* Bllulf
XXXIII. ' linius , regiæ dignitatis morem imitamus, & obid
nobis Deum fore propitium non dubiumus. Quam- Wximvb
Donation faite a l abbaye de Montolieu. obrem notum fît omnibus lândæ Dei eeelefiæ fide-
libus & noftris præfentibus (cilicet atque fùturis, u*,**u*
IN nomine Domini : Ego Amclius compunxit quia Witiza venerabilis abbas fandæ Mariæ Urbio- ^ayTac
mihi Deus in animo meopropter ætemam rctri- nenfis, ad noftram accedens lcrcnitatem, resquaf- Grai&-
butionem , vel cæleftis remedii , & unde in die judi- dam datas fândæ Mariæ ut illi cas præcepto noflræ
cii merces mihi accrelcat, & ante tribunal Dei no- audoritatis confirmaremus deprecatus eft , q^as
An 908 TN nominc Domini: Ego Amclius compunxit
^ ^ X mihi Deus in animo meo propter artemam rctri-
rabtoye'âc6 butionem , vel cæleftis remedii , & unde in die judi-
Momoiieu. cii merces mihi accrelcat, & ante tribunal Dei no¬
ftri veniam merear invenire. Propterea auxiliante ctiam & genitor nofter & omnes anteceflorcs no-
Domino noftro fie placuit animo meo, nullius co- ftri confirmavcrunt: lèd quia Deo annuente poftea
gentis imperio, nec fuadentis ingeoio , fed propria audæ fiint, alio eguerunt præcepto, neenonetiam
& fpontanea hoc elegit mihi bona voluntas, ut ad ut lub noftræ tuitionis mundeburdo tam fi quam-
honorabile atque magnifico loco lândi JoannisBap- que præfiriptam abbatiam accipi poflulavit. Cujus
liftæ loco nuncupato Caftri Mallafti , qui eft fitus in petitionibus aurem noftræ deraendæ , ob Dei amo-
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fem & fândæ virginis intemeraræ genitricis Dci per diverfàs provincias feu locà , durtl ecdefiis ea“
diledionem placide præbentes , hoc imprevaricabile rum Sc decimis , in poteftate abbaris 6c frafrum con-
præceprum neri, iliique dari juflimus» per quod fiftant abfoue u!la anxierate, necnonctiam &reli-
præcipimus arque decernenres jubemus , ur cellæ qua quæ oblata fuerunt tam villæ, quam terra:, Sc
five aliæ res qitæ jam fâto monafterio a Deo timen- vineæ & prata , & domus ad jam cüdas villas vcl
tibus collata fi inc ; id eft in pago Carcaflenfi Flexus cellas pertinentes , (eu (êgregatim datæ prædidis
cum ecclefia fândi Cucufâti cum terminis & adja-
ceiitiis fuis , & in villa Flexii quod ibidem habent ,
cunes cum terminis Sc adjacentiis fiiis, villare Satur-
no, vineas & terras quod ibidem habent -, Boliona
cum ecclefia fândi Pauli & fândæ Ananiæ cum
terminis & adjacentiis ftiis , villare qui vocatur Cle-
ricus füper fluvium Atax, cum terminis Sc adja-
Witifæ abbati & fuis monachis ibidem Domino
fèrvientibus , ad fuarum ncccffitaturti emendationcm
Cm. Et ne aliquis auferendi ex cis habeat potefta-
tem, fub noftræ tuitionis mundeburdo, Sc noftræ
dominacionis protedu eflè jubemus prædidum ab-
batem Sc monachos , eorumque res , excluià omni
poteftate judiciaria. Nolumus quoque ut nullus ju-
* Bag-
nile*.
Ccnriis mis, Bangiles *cum ecclefia fandi Pétri qui dex publiais in rebus corum poteflatem habeat fi-
eft fita prope civitatem Carcaflonæ, cum terminis dejuf fores tollcre , aut aliquem diflringcre, neque
1 " r ' ° 1 v r n • pararam aut manfionaticutn accipcre. Nolumus
præterea ur ab iftis vel illorum hominibus aliquid
telonei, id eft portaticus, rotaticus, cefpitaticus ,
pulveraticus , làlacicus , pafcuaticus , aliquod redi-
bitionis exigatur , fccundum quod in præcepto avi
Sc genitoris noftri continetur infêrtum , quatinus
hac adjuta conceiïïone , pro nobis Sc regni noftri
ftatu liberius Dominum implorare condelcdct. Et
auandoquidem divina vocatione fopradidus abbas
de hac luce migraverit, quandiu ip/i monachi inter
fê voluerint eligae qui ipfâm congregationein re-
gere valcat fccundum regulam fândi Benedidi,
per liane noftram audoricatcm & confonfom licen¬
ce adjacentiis ftiis, Sc molendinis fiiper fluvium
Atax, quoddonavit Banilo fœmina bonæ memo-
riæ, & villa Miliano, terras, vineas, hortos, calas
quod ibidem habent, & villa Fuliniago, qui vo¬
catur Mairaco, cafâs, cafâles, curtes, terras, vineas
ouodibidem habent>Ruftu-villa, vineas & res qux ibi¬
dem habent, Sc cellam fandi Gcncfii in ipfo pago
cum terminis Sc adjacentiis fiiis , ficut terminatum
fuit ab Unaldo, «Sc Adalbcrto quod in illorum ju-
diciis refonant, vcl terminant; Sc aliud villare quod
vocatur Favarias cum ecdcfiâ fan du Caprafii cum
terminis & adjacentiis fuis , & villare Tautirano cum
ecclefia fândæ Mariæ, cafâs , curtes , molendinis ,
*
hortis, cafaliciis, pratis, vineis, filvis,garricisquod tiam habcant inter fc eligendi abbares. Et ut hæc
in judiciis jjlorum vcl feripturis refonant vcl termi¬
nant; ecclefia fandi Stepnani quod donavit Bentio
cornes bonæ memoriæ, ficut Oliba cornes tenuit,
& font fitæ in valle Aquiraniæ, in villa Adurci ;
vincam quam planta vit Maxim us Sc donavit ad do-
noftræ largitionis audoritas fidelibus fândæ Dci ec-
clefiæ Sc nollris firmius crcdatur , diligcntiufquc
confèrvetur, manu propria fübtcrfirmavimus , &
anuli noftri imprdïîonc figillari jullimus. Signum
Karoli regis gloriofiffimi. Ernuftus norarius ad vi-
mumfân«fbE Mariæ, &in pago NarbonenfiCaput- cem Askerici epifeopi fobnotavir. Data tertio nonas
fpinam cum cccldia fandi Pétri fuper fluvium Cla-
mofb fita, cum terminis «Sc adjacentiis fois, liait in
illorum judicio terminant vel refonant, quod Agila
abbas apprehendit ante Folconc miflùm avi noftri
Karoli , Sc Pnlmam fuper littus marinum , cum ec¬
clefia fandi Joannis cum terminis «St adjacentiis fuis
in ipfo pago conliftente ; nec non «Sc cellam fandi
Pétri & Pauli in territorio Narboncnfi in infola Lici,
quam concambiavit Wifredus cornes cum Frcdaldo
epifeopo ; & villam Serciam quidquid ibidem ha¬
bent , Sc Villa-nova quidquid ibidem habent , «Sc
villa Edras quicquid ibidem habent , villare Perclla
Novcmbris indidione xii. annoxvi. régnante Ka-
rolo rege gloriofiflimo redintegrante.. • . Adum Lau-
dtino ciftio in Dci nomine féliciter. Amen.
XXXV.
Aïle de l'cleBion de Guiyies évêque
de Gironne.
D
Ommicæ Incarnations annoDccccviri. an- An.<)oS*
nuente atquc infpirante codem Domino no-
cum terminis Sc adjacentiis fuis ; «Sc in ipfo pago in ftro Jefu Chrifto, conventus clericorum arque plc^
infola , fâlinas quæ fiiit in fobteriori loco , Sc alias
falinas quas donavit Dadila prefbiter ad domum
fândæ Maiiæ ad luminaria concinnanda ; Sc cella
quoque quæ dicitur Prata cum fibi pertinentibus ec-
clefîis in pago Confluetano in fuburbio Ilcnenfi ,
cum terminis «Sc adjacentiis fiiis de borea quod
aqua vergit; in pago Redenfi, cella quæ vocatur
Paterno in foburoio Perra-Pcrtufenfe fita , cum ec¬
clefia fandi Pétri quam donavit Oliba cornes ; in
pago Roffilionenfi Tulaçias cum ecclefia fândæ Ma-
begium fâclus eft citra porcam Gcrundæ civitatis in
ccclefïamfândiffimiFelicisChrifti martyris, in quo
conventu extitit reverendus metropolita «Sc antiftes
urbis almæ Narboncnfis ecclefiæ Arnuftus , pari-
terque cum eo venerandi præfules Nantigius (Jr-
gelitanus , «Sc Theudericus Barcinonenfis. Extitit
quoque inibi princeps maximus marchio Wifredus,
corde, Sc oreatque opéré verilfimus chrifticola, Sc
maxime conglobatio religiofi clerici Gerundenfis,
atque nobilium Sc fidelium laicorum. Cum itaque
V . Marfen.
.yineid. et , X«
p. 6o.
riæ, quidquid ibidem habenc; in pago Gerundenfi omnis cœtus infra fipta prædida excarcc ecclefiæ.
Fonteclara cum ecclefia fândi Pauli quod donavit
Odo rex per præceptum ad Saborellum abbatem ;
ipfâs fifoos quod in præcepto Odono régi refonant,
Wifredus cornes ipfos fifcos confênfit; in pago Bi-
fiilduncnfè, ecclefia fândi Stcphani fuper fluvium
Fluviano cum terminis Sc adjacentiis fuis Sc molinis
carum *, in Aufonenfè , ecclefia fândi Martini cum
terminis & adjacentiis fuis Sc cum parrochiis earum ;
obtulir omnium obtutibus prælibatus archipræfol 3
virum fpedabilem «Sc tam Deo quam hominibus
afFabillimum , nomine Vigonem \ allcrens eum à
regia aula prolatum , «Sc ejus ju/Iionc atque fuorum
epifcoporuin Gotiæ eledum, Sc tam ab ipfo ar-
chicpifcopo, quam â cæteris ad cpilcopalem infu-
lam in Gerundana ecclefia conficratum , judicans
cum nobiliflima nativitate honeftatum «Sc fandis
in pago Redenfe villam Boxa Sc Oraria , quod do- moribus compertum, magnæ quoque fophiæ redi-
navit Acfredus cornes ad domum fândæ Mariæ cum mitum , regioque palatio enutritum , «Sc omni per-
terminis Sc adjacentiis fois. Et villæ aliæ quæ funt fpicatia decoratum. Cum aucem
Tome IL
chriftianüïîmus
D
Digitized by ^.ooQie
3* PREUVES DEL’ HISTOIRE
princcps , omnifque nobiliflima caterva illi ailiftens
tantam virtutum fainam de eo audiflènt, omnipo-
tenri Domino gratias retulerunt, & tam fa&is epif-
coprdibus , quamque moniris ecclefiafticis atque ré¬
gi* juflîoni , Te promptilïime obedituios profdli
lunt. Omnes itaque rubfequentcs ad præfàti prind-
pis voluntatem & prædichim virum , di&um Vi-
gonem dignum Domino, & hominibus perfpicicn-
tes , pari animo pronaque voluntate epifeopum eum
ûbi petentes , atque ample&cntes , benigniilime fut
cepçrunt, & in cathedram epifeopalcm fublimave-
runt \ atque ut hanc fcripturam fufeeptionis , atque
fublimationis , attentillime propriis corroborarec
manibus unanimiter decreverunt. Exaratus extitit
textus hujus feripturæ confirmationis atque introni-
zationis x 1 1. Kalendis Decembrium , anno x i. glo-
riofiffimi regis Caroli, indicrione xi. infpirante
atque auxiliante divina mifericordia , cui eft dccus
& virtus , honor , & poteftas , per immortalia fæcu-
lorum (æcula. Amen. Arnuftus fàn&æ Narboncnfis
ecclefiæ epifeopus. f Ildcbertus epifeopus. f Thcu-
dericus Barcinonæ epif'copus. f WuifFredus cornes, t
Servus-Dei archiprclbytcr. | Gifcafredus archipret
byter. f Cafîimirus prefbyter, qui hune textum nujus
(cripturæ confirmationis, atque incronizationisfcripfi
(ùb die &anno quod fupra.
XXXVI.
Concile dejonquieres.
An* 909. F\ ^P°^l,one divina ann .
, , L/ ccccvi ni. indidione xii. v.Non. Maiiin
Archives de r r
l'archevcchc regno oepurmmæ . nasvocato mccclelia
ëe Narbonne. (^ncU Vincentii nos pcrhumiles Septimaniæ , Hit
unài. NuX paniæ . Jefu Chrifti pon . Arnuftus
*• videlicct fan&æ ccclcliæ primæ Narbonæ métro-
polita , Amelius Uzcciccniis , Gimcra Carcallènfis ,
Rcginardus Biterrenfis, Nantigifus Urgcllitanenfis,
Audgerius Lutovenlîs, Geirardus Agatcnfis , Ug-
bertus Nemaufenfis, Gontarius Magaloncnlis, Be-
nedidus Forojuleniis , item Rcginardus Cavelien-
fis , una cum immenlam congreg.uionem nobis
commiilam ablolvimus & bcncdicimus Suniarium
caput & non in caudam , ut fitis femper fiipra & non
fiibtus. Domos ædificetis & habitetis in eis longævo
tempore.. Plantctis vineas & fruchim earum colli-
gere fàciatis. Sementem modicum jaciatis in terram
ôc multum ex ea congregeris in horrea veftra. Om¬
nes arbores & fruges terræ veftræ rubigo non con-
fumât. Percnniter féliciter que confcnelcaris & cum
Michaël archangelo ad portas Paradifi inlæli per-
venire mereamini, præftantc Domino,
f Arnuftus fândx Narbonenf. ecclefiæ epifeopus S.
t Amelius Uzeticcnfis ecclefiæ humilis epifeopus.
t Gerardus humilis epifeopus.
t Nantigifus lânctæ Urgellicanæ ecclefiæ epifeopus.
Gunterius epifeopus.
Gimcra fandbe Carcaflenfis eeelefîæ epifeopus.
Audgerius fandæ Lutovenfis ecclefiæ epifeopus S.
Bcnedi&us fendæ Forojuleniis ecclefiæ epifeopus S.
Item Rcginardus fendfce Cavelieniis ecclefiæ hu¬
milis epifeopus.
XXXVII.
Diplôme de Charles le Simple pour F ab¬
baye de Pfalmodi.
IN nomine fàndæ & individuæ Trinitâtis , Karo- An. 909.
lus divina ordinante clementia rcx. 4Si loca di- Archiva de
vinis cultibus mancipata propter amorem Dei iis
qui ineildcm locis fibi famulontur , bénéficia opor- y, *4,
tuna largimur , præmium nobis apud Dominura , *• »•
ætemxlargîtorem remunerationis , rependinondif- p' 69i,Cr^’
fidimus. Idcirco noverit fagacitas feu induftria om¬
nium fidelium noftrorum , tam præfentium quara
etiam futurorum , quia vir venerabilis Regembal-
dus abbas ex monafterio Pfàlmodienfî , quod eft fi-
tum in pago Nemaufenfî , ubi funt ecclcliæ, id eft
fândæ Mariæ &fendi Pétri vel aliorum fândorum,
& ex monafterio Juncellenfi, quod eft fitum in
pago Biterrenfi, in fuburbio caftro Lunetenfe....
quod per oppreftionem paganorum , monafterium
Plalmodienle mutatum eu in locum qui dici-
tur Corncliacenfis , ubi ecclcfiæ conftrudbe funt,
comitem, cum cætcris comitibus filiis fuis, limul- ideft lande Mariæ & S. Pétri apoftoli & S. Juliani
que cum uxoribus &cundis fuis fidelibus, fitamen martyris, cum ccllulis & eccleliis, id eft S. Cle-
ita peregerint ficuti per domnum metropolitanum mentis, &S. Vincentii, &fandæ virginis Agathæ,
fupra nominatum audivimus, ut honor & dccus, nuper à Sarraccnis dcftruëhe, ôc cum omni filva
qui fub tanto regiminc debet elle omni tempore , quæ vocatur Pineta, ficuti regius fifeus, five in
cum magna rcligionc obfervetur. Prævideat nam- terra, livc in aqua ibidem fuit, atque collatus eft
que ipfe archipræliil , ut in vifeeribus eorum nulla à progenitoribus noftris præfato monafterio Pfal-
machinamenta nec nulla fallacia diaboli rcmancat, modio, cum ipfa terra quæ eft inhabitabilis ad pit
& poftea apud noftrum pariconlilium taliter abfel- candum , à Conlba feilicet calva ad Confoam altam,
vat & benedicat. Vcniantque fuper vos univerlæ & ufque rubinam quæ vulgo appellatur Bofoena,
bcnediëliones novi & veteris teftamenti , & appre- & ufque in medium fluvium majoris Rhodani ,
hendant vos^ & omnes maledidiones , quas duaum ficut aefeendit in marc , & fub tali videlicct tenore ,
intulimus fuper vos diutillimc auferantur à vobis.
Benedidi vos in civitatc & benedifti in agro. Bc-
nedi£tusfru6his ventris tui, & fru&us terræ veftræ,
frudhilqtic vinearumveftrarum, greges armentorum
veftrorum & caulæ ovium vcftrarum. Benedidta
horrea veftra & bcncdiclæ reliquiæ veldræ. Bene-
didli eritis ingredientes & regredientes. Emirtat Do-
minus benediclionem fuper ccllaria veftra & fuper
omnia opéra manuum vcftrarum. Abundare faciat
vobis Dominus omnibus bonis. Aperiat Dominus
thefaumm (iium optimum, & tribuar pluviam ter¬
ræ veftræ congruo tempore. Benedicat Dominus
operibus manuum veftrarum, & conftiruat vos in
quodquidquid excrefcens Rhodanus àprænomina-
ta Bofoena defcendendo intrans in prorundum ma¬
re, vel ipfum mare à flumine Rhodani ufque in
Conlbam calvam & ufque ecclefias ejuldem filvæ,
& item ufque in Confoam altam five prælâtam
Bofoennam fuis inmmdationibus feu alluvionibus
femper reliqueriti terrenum, arenofum , nemoro-
fum, arbuftiferum, virgunculofum , iblofum, pa-
luftricum, lacus, ftagna dulcia vel (alfa, quidquid
etiam poterit efleaptum pafeuis, pifeationu>us, vc-
nationibus , aucuparionibus , agriculturis , praos ,
ædifidis infra ambitum di&arum conterminatioaum,
cum omnibus redditibus quos ipfe jam monafterio
Digitized by LrOOQlC.
Si
5 ) D E L A N G U E D O C.
concefïos in præfcnd haber, velin futurum habere _ _
fperat , irrefragabile jus rcmanens ad opus niona-
fterii. Adiens igirur fublimicarem culminis noftri
præfàcus Regcmbaldus abbas innotuic nobis , qua-
liter eadem & fifca libi perdnenda fùb manillone
6 mundeburdo arque immunitatis tuidone proge-
nitores noftri prifcis ternporibus conftituiflènt. Se d
6e præcepta eomm fiiper hoc noftris obrulic obtu-
tibus , perquæ ei immunitas .... nos . . . . vel eorum
monaiterio concéda villæ ac fibi appendices five
XXXVIII.
Donation faite à l'abbaye de S. Paul de
Narbonne par Arnufte > Archevêque.
i
An. 91 r.
N nomine Domini. Ego Amuftus S. Narbô-
nenfis ecclefiæ humilis archipræful , pro reme- carwiiire
dio animæ meæ 8c æterna rcrriburione dono ad sr,baba1)5e
omnia præfata loca pertineant, ab anteceilôribus, ecclefiam S. Pauli confeftoris Chrifti , cujus ccclelia Narionnc. *
progeniroribus fcilicet noftris , abbacibus & fratri- fitavelfundata eft in loco ubi vocabulum eft adAlbo-
bus ibidem E>eo fàmulantibus concefli exifterent , las rransponrem prope Narbonæ civitatem, nullo co-
quacenus nec decimum nec celoneum alicui exfol- genris imperio ncc fùadentis ingenio , fèd propria
vant, aut expifcationibus aliqucm cenfum tribuanc. cxponranea hoc elegit mea bona voluncas, ut ali-
Nos igirur, ut iifdem vir vcnerabilis innotuit, be- quid de propriecatis rebus meis ibidem donare
nignc a parendbus noftris, regibus fcilicet ac im- dcberem, quod ita6c fâcio. Dono arque concedo
peratoribus , conccflùm cfiè cognovimus. Compla- ad præfàtam ecclefiam fânûi PauJi, in pago Narbo-
cuit ergo celfîrudini noftræ per deprccarioncm il- ncnfe infra terminio de villa quevocatur Bidano,
. . omnem alodem quimihi advenir ex comparadonc
de infantes Majolo vice-comice 8c uxori fuæ Ray-
mundæ, nomine Walchario, 8c nec non & fratri
fuo Albericho vice-comitejid eft ecclefîis in honorem
S. Amanrii 8c S. Baudilii cum appendiciis cafîs 8c
luftris comitis ac dilecd fiaelis noftri Raymundi
friper his præceprum noftra: confirmadonis addcre.
Et ne quifpiam violenter ex eorum rebus vel Eccle-
fiis aliquia fubtrahcre vel inquict.ire audeat \ rur-
fïis omnia fuperius fcripta, prædiclam videlicet fil-
vatn cum ipfa plajxa maris 8c cum prædittis Eccle- cafàliciis, curtis, oglatis, orris, arboribus, 8cc. to-
fiis, ficut regius fucus fuere , 8c fuperius termina- tum 8c ab inccgrum aim omni voce 8c fûndo pofi
tum eft, rénovantes noftrorumprædeceflorum dona- fèffionis ad præfatam ecclefiam S. Pauli trado, 8cc .
utdcab odierno die & tempore Deo propirio hoc
habcat, teneat, pollideat, juroque fuo vindicet ac
dcffcndat ipfa præfata eccleha cum abbate ipfius
loci 8c clcricis ibidem Deo fervicntibus. Si quis
vero,quod ficri non credimus, hoc inquictare aut
tionem, prætato rlalmodio regia liberalitate percnm
jure conccdimus, atque præcepti noftri roboratio-
ne confirmamus : per quod volumus atque jubc-
mus , ut ficut anteceftôrum noftrorum , regum vide-
liccr ac imperatorum , autoritatc'firma præditftis lo-
cis fubftiterunt ; ira etiam noftris 8c fùturis tempo- violare præfiimpfèrit , 8cc . Fatfta carta donationis
ribus inviolabili firmitate maneant atque fiibfiftant, 8c tradidonis anno Verbi incarnati DCCCC. XI.
nullufque publiais judex, feu quælibct ulla pote- die xvi i. cal. Julii anno xi i. Karoli poft obicum
ftas in ecclefias aut loca vel agros feu reliquas pof Odonis régis. S.Guilcmunde archidiaconus,S.Agil-
fèfliones quæ jufte ad eadem monafteria pertinent
ad caufàs audiendas , vel freda aut tributa cxigcnda ,
aut manfioncs vel parafas facicndas , aut ficîejuflb-
res tollendos , aut nomincs ipfbrum monafteriorum
tam ingcnuos quam&r fèrvos fùpcr terras illorum
commanentes diftringendos, ncc ullas redividones
aut illicitas occafiones rcquircndas noftris &:futti ris
ternporibus ingrcdi audeat , vel ea quæ fùpcrius
entunerata fiint penitus exigere præfûmat. Et quid-
quid ipfis religiofis monafteriomm viris Dcoquefa-
mulantibus per. eorum præcepta confirmaverunt 6c
largiti fuerunt , nos quoque fimili modo confirma¬
mus 8c perpetualiter habendum delcgamus. Et
quando quidem divina vocatione prænominarus
bertus archidiaconus , S. Nilo facerdos, ôcc.
XXXIX.
Confirmation des privilèges de l'abbaye
d' A laon.
EGo Lupus Afinarius , Solcnfis ac Lupiniacenfis An. on,
vice-cornes , dominans in Barrabis , 8c in Be-
Auhiv\'« de
l’cglilc «i'L'i-
gfi-
V .
ctnal. Jijy.
f®.**/»* ‘U.
nafco , cum uxore mea Audifenda vice-comidflà ,
8c filiolo noftro Athone , hoc referiptum à pâtre
noftro Bo : mem : Afînario vice-comite 8c à me lau-
datum 8c firmatum , iterum laudo 8c affirmo. Et
abbas Regembaldus vel fiicceftores ejus ab hac luce tibi patri fpirituali domno Frugellio abbati , 8c mo-
migraverint, quandiu inter fc ipfi monachi talem nachis tecum in prædiâo monafterio Deo 8c B. Ma-
inveniri poruerint, qui ipfâm congregationem fê- riæ fervicntibus, in perpetuum confirmoj ac filiis
cundum regulam regere valeat, per liane noftram ac hæredibus meis iram Dei ac meam, 8c paren-
audloritatem liccnriam habeant ibidem eligendi tum meorum maledidionem inærernum relinquo,
abbatis : quatenus fèrvos Dei , qui ibidem Deo fi in toto vel in aliquo hoc fa&um infringere vo-
famulanrur, pro nobis ac ftabilitate totius regni luerint. Datum hoc laudarionis 8c conteftadonis
noftri immenfim Domini clcmcntiam jugiter exo- feriptum fèptimo idus Junii , anno tricefimo ^redin- * xm.
rare delcdct. Et ut hu jus noftræ au<ftoritatis præ- tegrante, atque régnante gloriofiifimo rege Carolo,
ceptum per omnia tempora inviolabiliter confer- indiélione décima teitia ¥ , venerabili Agine
vetur vcriufque credatur , manu noftra fùbtcr eum elcdo archicpifcopo primæ fèdis Narbonenfis ur-
firmavimus , 8c anuli noftri imprcftïone ficillari bis, per horribilcm monem fâncHftimi archipræ-
iiiuidYiiiiuo , ojiuu jicm&i jmuiuiiuiic
juflîmus. Signum Karoli gloriofiflimi regis : Ernu-
ftus notarius ad vieem Aficcrici epifeopi relegit.
Datum nonas Junii, indiiftione xn. anno xvn.
régnante Karolorege gloriofiflimo, redintegranre
fulis Âmufti , Rodolpho epifeopo ecclefiam Orgcl-
litanam regentc , 8c Agiulpho Palliarenfi epifeopo
fc nommante. Signum Lupi Afïnarii vice-comitis.
Signum Audifènaæ vice-comidflæ. Aâum in mo-
vero xii. Compcndio palatio , in Dei nomine felici- nafterio beatæ Mariæ, die ipfo quo Atho filiolus
ter. Amen. nofter baptizatus fuit à fratre meo domno Artaldo
monacho fàndld Remigii Remenfis. Féliciter. Amen.
Oriulphus monachus fcripfit nutu dominorum vice-
comitis 8c abbatis.
Tome II. J)ij
Digitized by
PREU
L'HISTOIRE
<**U. Cnriji.
»./>. ni.
One. t ». 9.
f. S7é.
Gerardo Agathenfi, Theuderico Lutovcn(i, Hu-
beno Nemaufenfi -, item Theuderico Barcenonenfi ,
- -t,- — — — r-r-ï - r — -a.- ricordiam honorare, eolque fub mundeburdo tui-
•y * tionis noftræ fufcipere dignaremur. Quorum hu-
^ L' millimis precibus tam ob Dei amorem, quam jam
r Am ***. -tr t* K j fupradi&orum noftrorum fidelium, videheet Ron
l'ttndu fatrlw X. a,x Eviqu,, de „£ü „,uc willAni üvent», ad placide <W
la province de arwnne. cationem pio allènfu fiifcipientes, eifdem Erifbnfo
epifcopo,Vultfàrdoque prelbytero, quiliintfcrvien-
f Oannes Epifcopus fervus fervorum Dei , Régi- tes Chrifti Domini noftri , neenon & beati Quintini
1 naldo Ritërrenfi, Armano Tolofenfi> Riculpno marryris, cujus ecclefia fimdata eft infra Narbonæ
Elneidi,GuimciæCarcaflcnfi,VuigoniGerundenfi, muros, per noftræ regiæ authoritatis præceptum
Gerardo Agathenfi, Theuderic» Lutovenfi, Hu- concedimus terrain & molendina quælunt fubtus
berto Nemaufenfi -, item Theuderico Barcenonenfi , pontem ipfius civitatis , quæ pertinere Judæis viden-
Georgio Aufoncnfi, Rudolpho Urgelitanenli ec- tur, & ip(à molendina quæ (unt in loco quemvo-
cleliarum Chrifti reverendillimis ac fan&iflimis epif- cant Maâapedilii fimiliter ipfis Judæis pertinentibus.
copis. Sanëtitatis veftræ litteras de metropolitano Ipfaque terra , quam eis concedimus , & omnibus
Agio (ùlcipientes, huic infidias & fraudes Gerardi fcrvientibus ecclefiæ beati Quintini fie habeat termi-
nequiffimi ei iüatas agnofeentes valdc doluimus, nos: ex porta Coriani ufaue ad locum quem vo-
& quafi noftro corpore fulcipientes dcfecimus. cant Celata, & inde ulque ad medium flumen
Unae veftræ fanûitad notum elfe volumus quia Atazc, quæ ipfamterram circumvallat undique do-
præfatus Geraldus faliidicus ad hanc fanâam Ro- nec perveniat ad lavatorium ipfius Coriani cum
manam arque apoftolicam ecclefiam, cuiauthore ipfo monte Judaico. Hæc omnia perpetualiter ad
Deo defervio , veniens , à nobis quafi innocens fiir- nabendum cfamus huic ecclefiæ (uperius memoratæ
ripere voluit epilcopatum , cui nos licet ejus iniqui- ejufque fervientibus per pragmaticam noftræ regiæ
tatis verfutiam plenius non agnofeentes, commo- poteftatis>atque concedimus uttam ipfi quam pofteri
darc (inc canonica cenlura noluimus. Ipfe vero ut cam firmius tenere valeant. Et ut hæc noftræ regiæ
multorum veridica rclatione comperimus , nefeio audtoritatis conftitutio inviolabilem in Dei nomme
quas faillis epiftolas per fubreptionem quafi ex obtineat vigorem , hoc praematicum regulæ fupra-
noftro nomine vobis perferens, epilcopatum Nar- didtis fidelibus noftris Erifonfo epifeoro Vulfardo-
bonenfem hac occafione armata manu depræda- que ejus prelbytero , pofterilque illorum fieri julïi-
tur, venerabilisAgius ejus infidiis captus venirc ad mus, &anuli noftri manu propria confirmantes im-
hanc fan&am apoftolicam fedem diftenur , 6c alia prefiione fubter finnarc præcepimus. Signum Karoli
quam plurima de illo antequam per veftras litteras gloriofitïimi regis. Gofiinus notarius ad vieem do-
cognovimus audientes. Quapropter vobis per Emi- mini Arvci arcniepilcopi fummique cancçllarii re-
nium archiepilcopum noftras apoftolicas litteras cognovit 6c fublcripfit. Datum nonas Julii, indi&io-
miiimus, ut ipfumfepe nominatum Geraldum per ne vu î.annoxxxi i Aedintegrante arque régnante *1*111 iu
omnia fallidicum tenentes , inter epilcopos non na- Karolo rege gloriofifiimo. Aftum in villa Tumis in
berctis. Nunc quia ejus malitiam , iniquitatem at- Dei nomine féliciter. Amen,
que fraudes à vcftra fraternitate plcniter agnolcen-
tes agnovimus , volumus atque authoritate apofto- ~ 1 J r~ . - -
lica mandamus, ut (îcut jam vobis (cripfimus, 6c X L I I.
Cicri canoncs teftantur, eum inter epilcopos non
habeatis, quippe nec à clcricis vel populo civitatis Plaid tenu à u4ufonne dans le diocefe de
fit expetitus, ncc à vobis fuis comprovincialibus Carcaffonne •
more folito ordinatus. Privilegium , pallium, 6c _ _ .
ufum pallii vcftro metropolitano Agio, ut vcftra Uin in Dei nomine refideret Aridemandus epifi An. 9 18.
petivit dilccbo , milimus, quia nulli Ecclefiæ hoc copus fedis Tolofe civitatis , cum viro vénéra- ArchivBae
quod illi jufte compctit , denegamus. bili Bernardo qui eft miffus advocams Raymundo r abbaye &
Dei nomine féliciter. Amen.
X LI I.
lavu iwuamui ) vum nuit
habeatis, quippe ncc à clcricis vel populo civitatis Plaid tenu à j4ufonne dans le diocefe de
fit expetitus, ncc à vobis fuis comprovincialibus Carcajfonne .
more folito ordinatus. Privilegium , pallium, 6c _ _ _
ufum pallii vcftro metropolitano Agio, ut vcftra Umin Dei nomine refideret Aridemandus epifi An. 9 18.
petivit dilccbo, milimus, quia nulli Ecclefiæ hoc Vj copus fedis Tolofe civitatis , cum viro vénéra-
quod illi jufte compctit , denegamus. bili Bernardo qui eft miffus advocams Raymundo fabbaye de
comité Tolofe civitatis 3c marchio, per confenfu Mooioiiw.
~ " " _l 1 ' 1 " " Odone comité genitorc (uo, una cum abbatibus
X L l prelby ttris , jucîices , (caphinos , 6c regimburgos ,
tam Gotos quam Romanos leu etiam 6c Salicos , qui
Diplôme de Charles le Simple en faveur jullîs caulim audirc,dirimcre, & legibus definire*,
delèdifcde S. Quentin deNarbonne. & Donadcusmonachus,Bcllœmonachas,Ame-
_ 0 J lins monachus , Adalbcrtus , Jodolenus , L)ona-
Vcrs l’an T N nomine fanëlædc individuæTrinitatis,Karo- tus, Rumaldus , item Donatus judiccs Romano
Jl lus divina propitiante mifericordia rex Franco- mm. Eudegarius, Aïcobrandus,Radulphus,Hugo,
Archive* de 111011 Si fidèles noftros ex noftræ largitatis gratia judid Gothorum. Oliba, Rotgurius, Àimcnradus ,
l’cgiifc de reddimus ditatos,erga noftram fidelitatem prom- Johannes, Aïmo, Arloinus, Arimarcs, Ailcnusjudi-
NaK.°c"fr/ pborescompericmus illorum animos. Idcirco volu- ces Salicoaun. Sive ôc in præfcntia Autario , Adalar-
m*m. p. 777. mus faniftæ Dei ecclefiæ fidelium , tam præfcntium do , Olibano , Amulfo , Ugberto , Hugone , Gairal-
* quam futurorum noftrorumquc fagacitati innotcf- do, Olfendo, Bellone, Balacfredo , Iichafredo , Ma¬
cère , quod quidam epiieopus Erifons nofter fidelis laignaco , Scgcbrando , Aribcrto , Sanprognano , Bo^
habitans Narbonam per quendam venerabilcm ar- nemiro, Oftaldo, Salvardo fagione, & aEorum plu-
chiepifcopum Rotgarium Treverenfis ecclefiæ, at- rimorum bonomm hominum qui cum cos refide-t
Xi deprecadonibus Vuillclmi noftri magni mar- bant in mallo publico , in caftro Aufona , in dielâb-
onis , nobis per omnia devotiflimos fidèles, no- bato. Ibique in eorum præfenda veniens fiomo no¬
ftram humiliter expetidet atque poftulaflèt cclfitu- mine Adalbcrtus qui eft mandatarius vel adeertor ad-
dinem , ut eum atque Vultfaraum prcfbytcrum vocatus Bernardo vicariofeniorifuo,dicebat:Donine
cjufque nutritum ex quibufd^m rebus ob Dei mife- epifeope & vos judices jubete me audirc & *acltc *
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BT- B" t B» B ^1.
Si ' D B LANGUEDOC 5*
tnihi jutoiara do ifte Arifonlo abbate S. Johannis niore fuo Bcrnardo per donativum ve] çqnfenfij
Baptiftæ Cal tri Malade, q uæ eft firus iu cerricorio Car- de jam dido comité Raymundo , quam alodes de
tarante fûper Suvium Duranno. Ifte jam didus ab- ipfe venerabile loco liiperius nominato. Tune ipfe
bas & ipfe çongregatio de jam dido loco vénéra- Adalbertus dixiç : quia non polïiim habere telles
bile, refînent vilare cujus vocabulura eft Villa-Fcdofi ncc feripturas nec ullum judicium veritaris, unde
tfuxaliura nomen vocatur Elfeii , cum terminis 6c dicere nec probare pollim quod beneficius debeat
limiribus de adjacenriis luis , qui eft fitus in territcv- elfe feniori meo qui me mandatarium injunxit, fed
rio Aufonenfe in fuburbio Carcailènfe. Fines vel plus débet elle alodes legicimus de ipfe venerabile
adjacenrias ' habet ipfe jam didus vilares, de parte loco jam dido, per iftas feripturas & per iftas litte-
oriends adjacità refminio de Ramiano; demeri- ras dominicas, 3c perilUs regias audoritares quæ
dieadjacit in fluvio Fifcanum, lîve à terminio de noshodie vidimus & audivimus in ilium placirum
fânda Eulalia ; de parte cercii , ajacit à terminio legentes & relegentes, quam beneficius feniori meo
de ûnda Eulalia > five à terminio de Villa- Valc- aut de quolibet homine. .. nos epifcopus & judices
riani , five à terminio de Canevellos; & de par- eum audivimus & vidimus taies regias audoritares
te aquilonis ajdacet à terminio de Canevellos i dç ad iftum roaneferario Arifonlb abbate, non faimus
quantum in illas totas aflrontationes ahet ipfe villare aulî nullam querelam litteris contra etftn impen-
conftrudo cum terminibus limidbus & ajacendis dere : fed oer lege & jultitia ordinaviraus fegionem
luis 3 lîcrednet ifte jam didus abba injufte & malum nollrura lupra nominamm , & aftringere fecilfet
ordine; unde fervicius debet exire circa 3c quarta» Adalberro mandatario Bernardo , ut confirmalfet
Sc cavalcara > ficur alii Spanii debent feccre de fuam conlaudarium adque exvacuarione de iplo lù-
illorum aprifionc. Tune interrogaverunt ipfijudi- pranominato villare vel de luum terminum. Recog-
ces liipranominad jam dido abbarc: qui relpondere nolco me ego Adalbertus mandatarius, quod ne-
yellis deac caulâ unde ifte mandatarius Bernardo gare non polliim, & lîc facio meam profelîîone
te interpellât. Tune ipfe abbas præfens fterit &di- adque exvaguarione > quæ de ipfe vilare liiperius
m : Ego mandatario abeo qui pro me relpondere nomirlatum, unde ego per vocem feniori meo in-
deber, & dédit ibi liuim mandatarium vel adfer- terpellavi Soniario mandatarium Arifonlb abbate,
tqrem > advocarum nomineSoniarium; & Soniarius injufte & malum ordine eum interpellavit adque
ibi præfens fterit ôc dixit: non retinet illc abbas mallavit, que plus debet elfe ipfe vilares cum finis
nee ilia çongregatio jam dida , cui ego vocem pro- Sc terminis fuis, lïcut fcriptum eft, alodes legiri-
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te interpellât. Tune ipfe abbas præfens fterit &di- adque exvaguarione , quæ de ipfe vilare liiperius
m: Ego mandatario abeo qui pro me relpondere nomirlatum, unde ego per vocem feniori meo in-
deber, & dédit ibi finun mandatarium vel adfer- terpellavi Soniario mandatarium Arifonlb abbate,
tqrem > advocarum nomineSoniarium; & Soniarius injufte & malum ordine eum interpellavit adque
ibi prefens fterit 6c dixit: non retinet illc abbas mallavit, que plus debet elfe ipfe vilares cum finis
Me ilia çongregatio jam dida , cui ego vocem pro- Sc terminis fuis, ficut fcriptum eft, alodes legiri-
fequor, ipliim villarem liipra nominatum injufte 6c mum de ilia jam dida caû-Dei adque venerabili
malum ordine*, fcdlegibus cum acquifierunt ante- loco, five Arifonlb abbate, vel ad ejus congrega-
çejlores fui per feripturas emtionis legalibus fedus, tione, per illorum audorirate 6c per regia dona-
&per judiciis legibus ordinaris, quifuerunt dccreti tione, quam beneficius fcniore meo qui me man-
i h çivitare Carcailbna ante Olibane comité, & ante datarium injunxit, aut de qliolibet hominem. Et ea
Fredario vicecomite, five ante aliis viris 6c bonis qUæ eg0 lîlc recognofeo arque exyaaro, fimulquc
hominibus, & pnreeptum habet ipfe çongregatio, conlaudo rede 6c veraciter, me recognofeo arque
ex regia audorirate, quod adquilïvic Ugbertus, qui eonlaudo, 6c mea rccognoxio vera eft in omnibus,
fuit quondam, ante Ôdonc rege de jam aido viilare , Et congaudcr fe Suniarius mandatarius Arifonlb ab-
& liteera feu audoritare habet ipfe çongregatio vel bâte in noftro judicio feam plenifiimam adquefivit
alium præceptum quod acquifivit Rainulfus abba , julliriam. Dato judicio ifto xvi. Kal. Julii anno xxr.
qui fuit condain, Carlo gloriolillimo rege, &pri- régnante Carolo rege. Sigmun Daniel. Adalberrus
yilegium ifte jam didus Arifonlus abba qui me man- mandatarius. Gavarnal. Sign. f Aïtarius. Sign. f Aïr
datarium injunxit, &littcras dominicas de Romain dulfo, Sign. f Jodoleno, Sig. f Aimone, Sign. f
& de beato Joanne papa fcdis apoftolicæ fendi Leudgario , Sign. fEcbrando, Sign. f Olibane ,
Pétri, qui eft mater omnium eeelefiarum , per quod Sign* t Rodgario , Sien, f Radramno , Sign. f
nulliun obfcquium nec nullum fervirium non de- Guilberto, Sign. f . . . chone , Sign. f Ratario, Sign.f
bent feccrc de jam dido villare nec de fuum ter- Donato,Sign.tHugone,Sign. f Leutgario, Sign. -p
minium; fcd omnia haecin alimonia pauperum & Rodulfo , Sign. f Agileno, Sign.f Scafrcd , Sign.f
in ftipendia monachorum. Cum autem iplè epifcopus Dcudado , Sign. f Stephano , Sign. f Johanne, Sign.f
(upranominatus, & ipfe judices audiftent Soniario Elizæo, Sign.f Berrranno, Sign. fGuntario, Sign.f
mandatarium Arifonlo abbate fie rdj^ondenrun, de- Eldefrcdo , Sign. item alio Deudado , Sign. Agila ,
ereverunt judicium; 6c ordinaverunt Soniario man- Sjgn. Emidario,Sign. Amicaignago, Sign. Undclane.
datarium ut aramiret foas feriptu ras 6c litteras do¬
minicas, quod illc ibidem poftulavit, ficut 6c fecit , 6c ~ • — rr— —
aramivit eas ad placirum conftitutum. Iterum ad ip- X L I I I,
fom placirum conftitutum venir Arifonlus abba 6c
advocarus Soniarius cum fiias audoritares in præfen- Extrait d'une charte de l* rglife de BefîerS* ~
tia de jam dido epifeono , 6c de lupranominaro vi- \ ^ x
çario, & in præfenria de jam didos judices vei audi- r Go Trudildis 6c filius meus Fijlcherius &
tores, & fie præfenravit iplos præccptos 6c iplîim C Leudoinus prelbyter donatores fumus adeede-
privilcgium,& iudicios 6c audoritares de liipranomi- fiam fcdis fendi Nazarii Biterrenfis , in rceno Sepri- Bcficn.
nato vilare, unde alodes legirimum debet efle de jam manier , in comitatu 6c rerritorio Bitcrrenfi , in villa
dida cafe-Dei 6c de ipfe congregarionefuperiusno- Àureliago, in ecciefia fendi Johannis-Baptillæ odo
minata. Rurliim vero nos epifcopus 6c judices fiipe- portiones nobis débitas rricennali lege a nobis &
nus nominari cum audifièmus 6c vidifiemus talem hæredibus noftris pollèlfes, quorum hæc (îmt no-
rei veritaris 6c taie legum audoritaris, inrerrogavi- mina: Agiricus, Scubiliarius , Paulus, Ardo, Do-
mus Adalberto mandatario de jam dido Bernardo minicus,Elpericus,Stabilis,Savinus,&:c.Adumxi v.
vicario millo Raymundo comité , fi potehat habere Kal. Novembris , anno x x i. régnante Carolo rege
feripturas aut telles aut ullum judicium veritaris , ut poft obicum Odonis.
poüït approbare quod beneficius debet elfe de fe-
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59
An. 5?xo.
Archive* de
U cathédrale
d'Aibi.
PREUVES DE L’ HISTOIRE 6o
6c inliiper ut prius damna temporalia experiatur ,
“ cogcnte fifeo, auii libras x. argent! pondéra xi i.
coadus exfolvat ; & fua repetitio nullis modis nul-
lilque ingeniis obdncat efïedum: fedpræfcns carta
ifta....omniquc temporc mançat inconvulfâ, &c.
Fada carta iftâ (ub die Jovis , quarto Idus Odo-
bris anno vigefimo quarto , régnante Karolo rege.
X LI V.
J 'Donation à la cathédrale d' A Ibi.
MUndi (enio fc (è impellcnte ad occafum ,
divinis jubemur præceptis cibum operamini
qui perire non noverit, frudumque ferre virtutis
qui permaneat in futuro -, dccet enim ur qui fuper
fundamentum Chtifti ftabiliti , fundatique ac radi-
cati fumus, ædificium exauro,argcnto, lapidibuf-
que pretiofis, bonorum (cilicet proventibus operum
conftruamus, quod examine divini judicii urgente
f»robabile inveniamur , 6c non fragilibus materiis
igno (cilicet, fæno, & ftipula mortaüum (cilicet de-
trimentum operum conftrudum in modicum com-
buratur > &c. Quaproptcr ieitur ego in Dci no-
mine Bcncvcntus prdbyter five archidiaconus , dé¬
vora mente pertradans ex rébus caducis ac tranfi-
toriis, juxta meam pollciïioncm præbcre ftudui > cujus
gradibus à (orde pcccati immunis aulam fupcmæ
civitatis mercar ingredi. Dcum igitur omnium per
hanccartam, (àndilquc ejusmihi hærcdemcxqui-
bu(üam proprieratis meæ rébus erigo, qui ftint in
pago Albienfi, in minifterio Montanienfr* , in villa
nuncupatis quæ dicitur Avanis , ubi ip(â eft cc-
clefia ædificata vel conftruda in honore iandæ Cæ-
cifce. Cedo ad ipfàm ecclcliam domibus ædificiis
qui ibidem funt conjundi, tam vincas quam terras,
tam 6c omnes fuperpofitas earum quantumeumque
infra ip(a villa jam dida Avancs, vel in ejus terri-
torio ibidem afpicientcm , quod a præfcnte die mca
videtur efle polleflio , totum 6c abintegrum ibiccdo.
Similiter 6c in Cilicio 6: in ejus aro , vincas vel ter¬
ras tam ex comparatione quam ex qualibet adtra-
dum à me nolcitur pcrvcnille, ibi ccdo. Similiter
in Paupcriago vel in ejus aro , terras 6c vincas to¬
tum & ab integrum cedo ad ip(am ecclefiam , vel
ipfos (ervientes qui ibidem Dco defervire no(cun-
tur, ut illis lit in alimonia 6c ftipendia patipcrum \
& nihil ab illis aliud exigarur exindc, Albiæ civitatis
domnæ (andx Cæciliæ marris eeelefiæ fcfto , (olidum
unum adluminaria confignanda annis (ingulis per-
folvantur : dum ego vivo ufumfruduarium fubja-
ceat poteftati meæ, port obitum vero meum, ipfâ
capclla qux eft fundata in honore Gndæ Cæciliæ
fuperius nominata, cum omnes res quas ego cicon-
ccïîi exbona voluntate , Chrifto propitio, confirmo ;
6c ccdo ad ecclefiam fimdæ Cæciliæ marris cccicfiæ
qui eft fundata infra muros Albiæ civitatis , ubi Go-
aalricus cpi(copus redor efle videtur, (iiifiiiic ca-
nonicis volo elle conceflum , ad ftipendia fratrum
& in alimonia pauperum : hoc funt domibus, ædi-
ficiis, terris, vincis cultis &incultis, quæfitum &
inquifitum & quod inquirendum eft , pratis , paf-
adjaccntiis, faltis atquc fubjundis per hanc
X L V.
Charte du roi Charles le Simple , en faveur
de l’cglife de Narbonne.
I
N nomine fândæ & individuæ Trinitatis,Karo-
lus , divina propitiantc clementia, rex Francorum.
An.
m.
cuis s
cartam ceflionis manibus meis trado ad habendum ,
vel poftîdendum ; in omnibus quidquid voluerint
redores ipfius eeelefiæ, fuorumque canonicorum,
fiait melius requiverint , cis tribu Jturliccntia abfque
ulla contrarietate. Si quis vero liane cartam quam
ego pro amore Dci ac venerationc bcatæ Cæciliæ
matris eeelefiæ fieri ftatuo , aut regix poteftutis dig-
nitas, aut epilcoporum cupiditas, aut quorumlibet
procerum (ublimitas , five propinquorum meorum
cupiditas venire aut infringere voluerit , ei Joli frau-
dclque irrita fiant , & infuper iram Dei omnipo-
tentis incurrat & ab eeelefiæ (àndæ extrancus 6c
ab omni communione chriftianorum alicnus , 6cc.
Si kxis Gcris 6c divino cultui mancipatis , cmolumen- ifcV£* ',c
tum noftræ regix poteftatis impendimus , augendo Narbonne.
Îuæ non habent, corroborando quæ polfidcnt, re-
imendo etiam quæ ablata funt > non iblum in hoc »• 4* ’
regiam excellentiam imitamur , verum etiam iplb do¬
mino propitio, & tandis ejus intervenientibus , ærer-
nam nobis poft tcmporalem coronam , adfiituram ,
liquido crcdimus. Quaproptcr noverit omnium (an-
dæ Dci eeelefiæ fidcliiun noftrorumque tam præfcn-
tium quam fiituronim induftria , quia acceftit ad de-
mentiam ferenitatis noftræ Uvigo , fândæ Gcrun-
denfis ccclcliæ epifeopus, dcprecans nobis, ut cui-
dam fideli noftro Aigoni, fândæ NarboncnfisacRc-
dcnlis ecclclix arclnpræfuli , (cripturas eeelefiæ fuæ
renovando confirmaremus : & innotuit nobis de pau-
pertate cjuldem epifcopatu , & quemadmodum ipfâ
iedes, 6c penc omnes eeelefiæ ejufdem civitatis, rui-
næ jam proximæ exiftebant -, ita ut per ipfiim nullate-
nus poilent reftaurari. Deferens etiam quafdam au-
doritates piirtimorum regum Hludovid , (cilicet ge-
nitoris noitri , neenon Karlomanni frarris noftri, qui-
bus contincbatur quod Sigebodus eju(Hcm Narbonæ
epi(copus , quædam recepcrit ad augmenrum fux ee¬
elefiæ bcnchciola , à fe fuifque fuccellbribus perpe-
tualitcr poifidenda. Cujus petitionem ncccllàriam
6c rationabilcm cfic cognolccnces , placuit cclfitudini
noftræ , pro remedio animarum genitoris & fratris
noftri atquc noftræ , quatenus ad eandem ecclefiam
Gndorum Jufti& Paftoris , neenon & (ândi Pauli
confeiloris , ubi ip(c vcncrabilis vir corpore rcquicfdt
abbatiam fandi Laurcntii cum omnibus fuis cdlulis,
&c. comme ci - dejfus , page trente-huit , £2 fuivante.
Addimus quoque præfâtæ cccicfiæ fandorum Jufti
6c Paftoris , ex noftra rcgali libcralitate , in comitaru
Rcdcnli , abbatiam Cubarias, cum ecclefiis, cellulis,
villaribus & omnibus adjacentiis fuis, ac mandpiis
utriufque fexus, ad eundem locum pertinentibus. Si
vero infra iftas vel alias villas ejufdem eeelefiæ , homi-
ncs Hoftolenfes vel Hifpani fiierint , quidquid jus
fifei inde exigerc debet totum ad opus fândæ matris
eeelefiæ Narboncnfis jure perpetuo concedimus ob-
tinendum. Et ut hoc præccpmm noftræ audoritads
inviolabile ac ætemum obtineat vigorcm , manu
propria fubter firmavimus & ânnuli noftri imprefi-
lione juftimus figillari.
Sig | num Karoli gloriofillimi regis.
Hagano notaritis ad vieem Rotgeri archiepifcopi
(iimmiaue cancellarii rccognovit & fublcripfit. Data
vu. idus Junii , indidione x. anno xx x. régnante
domno Karolo, redintegrante xxv. largiore vero
hereditate indempta xi. Adum in Serico contra
Torn , in Dei nomine féliciter. Amen.
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61
Vers Fan
511.
Ctrtulîire
4e l*»iche vê-
chê de Nar¬
bonne.
V. Cite/,
ttwes.p. 8 j.
6i DE LANGUEDOC. 61
■ — _ - veniens Addardus epifeopus ecclefiæ Anicienfis feu
Vallavenlis, experierir ccliitudinem noftrara, utec-
X L V I. clefiam , cui Dco ordinante præliil elle dignofeitur,
de rebus juris noftri accrefeere lub noftræ piæcepcio-
Lettrt £ Aïy> archevêque de Narbonne , nis autoritate dignaremur. Cujuspetkioni benignura
à deux évêques de fa province . prxbcnres aileatura , regum morem fervantes , hoc
præceprum immunitatis heri juffimus, concedentes
VenerabiJi Agamberco neenon & Elcfonfb epilco- ci, ommbulquefuccelloribus omne burgum ipfi ec-
pis. Agio Narboncnfis fedis epifeopus, muldmodas clefiæ adjacearem , 3c univerû quæ ibidem ad do-
onjtiones. minium 3 3c poteftatem comitis haâenus pertinuillè
viiâ feint i forum iciliccr , ceJoneum, monctam, &
AUdivimus quod vosairtim pergere his diebus omnem diftriâum cmn terra & manfionibus ipfius
debetis : Idcirco ad deprecandum comités no- burgi , & ita deinceps iixe noftri præœpti autoritas,
ne valete.
X L V I I.
impetrare nobis non dedignemini. Ita &nos preca- GuilleJmi avunculi fui arque omnium parentum fuo-
mur & fupplicamus, ut relatum quod feiperiusfcri- rum> ^ gcnitricis& perpetuæ virginis, ecclefiæ'
ptum eft > lie apud regem impetrare non pigeât. Be- prædido pontifia cominifli concedimus , firmirer
3c inviolabilitcr deinceps confervetur , ut nulius co¬
rnes , aut judex publiais, aur aliqua fecularis pote-
(las ibi audcar aliquam exathonem fàcere , atque
man/ionaticas , aut padiones , aut aliquas redhibi-
tiones exigere fine voluntate aut permiflione epifeopi
qui ipfem tenuerk ecclefiam j fed omnia in potefta-
cem epifeopi redigantur, 3c ipfe omnia, pro utfibi
redle placuerit, ordinet, teneat, arque pollideat. Ut
autem hæc auéforitas lîrmitcr habeatur , 3c à fideli-
bus (ânétæ Dei ecclefiæ fotur is cemporibus diligea-
tius confervetur, id annuJo noflro feibter juffimus
figillari.
Signum Rodulphi regis gloriofi. Datum vf.idus
T ejlament de Guillemette comtejfe de
Melçueil.
Vers 1 an ¥> Reve divifionale quod dimifit Guillerma fide-
13 lilfima Dei , dum jaccret in le&o egritudinis lue :
d-i<comrc^?e ^cnc meraorata recognovit fàdnora fiia , 3c jullît
Bemardo comiti filio foo ut donaret res Tuas mobiles
d’Aubayi. n. & immobiles in ccclefiis, in làcerdodbus&in pau-
nao.^.to. _ , • • _ j- • _ „ r. _ _ _
peribus. In primis ordinavit corpus fiium requiefee- April. indidione x. * anno primo régnante Rodul-
re in ecclelîa S. Pétri fedis Maealone , ubi iuflîr allô- pho reee eloriolifiimo , anno 91$. Adum Cabiloûc
re in ecclelîa S. Pétri fedis Magalone , ubi julfit allo-
dium quod habebatin villa <ïe Agulânicis, vel in
ejus terminio , &inalia villa quæ vocatur Novigens
Etum ibidem ibi habuit : in tali vero rationc ut
ium lupraferiptum de villa de Agulânicis teneat
epifeopus de fiipradida fede in opus ùium , & allo-
aium de villa Novigens teneant canonici in lupradi-
da fede in communia , 3c non habeat licentiam epife
copus nec ullus homo in ipfum allodium fiiprano-
minatum donarc per fidem ad ullum hominera ; &
fi hoc feccrit epifeopus , ad Bernardun\ comirem re-
pho rege glonoliüimo , anno 915. Acèum CabiloDc
civitate in Dei nomine féliciter. Amep.
X L I X.
Donation faite i l’abbaye de Montoliea
par Odon vicomte de Narbonne.
IN nomine Domini ætemi ac fummi Dei. Ego
Oddo nutu Dei vicccomes una cum uxore mca
* Itf. X 1 1.
An. 914-
Archiver de
vertatur. Et in vicaria Agonefi divilit Bemardo co- nomine Richeldc, cum animadverreremus quanta l’abbaye ac
miti filio fiio villam quam vocam Avcnza cum fiio & qualia omnipotens Dominus nobis præftiterit 3c Mom0iieu-
terminio 8c cum omnibus adjaccntiis fois; in tali iflius mundi prolpera atque deledabilia miromodo
pdo deliberationis dum eft vivus Bemardus cornes nobis intulerir , cum rébus mundanis multis modis
teneat 3c pollideat , 3c poft obitum fuum ad S. Pctrum urcremur dum periruri &culi opibus ftuimur , Chrr-
fedis Magalone revertarur, & teneat epifeopus vel fti inlpirante gratia, intelleximus cloquia divina,
canonici in fua communia ficut de alio aüodio feri- in quibus reperiunmr præmia magna clemolinarum
ptum eft. Alias res fuas dimifit in poteftate Bemordi r e£kc properantibus ad ætemæ vitæ gaudia, utloqui-
filii fiii. Fadlum eft hoc brève divilionalc vu. Kal. tur in lâcra fcriptura, defudet elcmojina tn manu
Febr. anno régnante Carolo rege : diâa coimdlla tua & dontt . tn marte libérât animant : elc-
firmavit. mofinâ grata umverfa mandant ur peccata , & penti
_ _ _ ignis cxtmqHitur aaua, ita elemofin a extingutt pec¬
cata: led quia in divinis feripturis verifimiia repe-
X L V I I I. riuntur cxcmpla, atque chriftianosdecerfiimma cum
devotione concurrcrc templa.... quatinus ad co-
Charte du Roy Raoul en faveur de téglife rum mdiorarionis _ Chrifto Domino de noftro
du jTuy. jure polfellionum prædia. Propcerea , aux iliantc Do¬
mino, proprerætcrnam retributionemceleftequere-
IN nomine Dei 3c Salvatoris noftri Jefii Chrifti , medium , plaaiit animis noftris nullius cogcnds
Rodulphus divina ordinante ’providentia rex. Si imperio nec fuadentis ingenio , fed propria 8c fjx>n-
X L V I I I. riuntur cxcmpla, atque chriftianosdecerfiimma cum
devotione concurrcrc templa.... quatinus ad co-
Charte du Roy Raoul en faveur de têglife rum meliorationis _ Chrifto Domino de noftro
du jTuy . jure polfellionum prædia. Propcerea , auxiliante Do-
— mino, proprerætcrnam retributionemceleftequere-
AN.914. T N nomine Dei 3c Salvatoris noftri Jefii Chrifti, medium , plaaiit animis noftris nullius cogcnds
*'G*u.chrtf. Rodulphus divina ordinante ’providentia rex. Si imperio nec fuadentis ingenio, fed propria &fpon-
££ a. u. 2. peririonibus fervorum Dei pro quiouflibet ccclefiafti- tança hoc elegit noftra bona volunras , ut ad Dei ho-
neceflitaribus aurcm fcrenitatisnoftrælibentcrac- norabile arque magnificum camobium S. Johannis
? i ; « 7 . commodamus , id nobis , 3c ad vitam mortalem tem- Baptiltæ, quod eft fitum in territorio Carcal laili , loco
Zi; poraliter deducendam , 3c ad ætemam féliciter obti- nimcupato Caftro Mallafti cujus eft vocabuhim Vallis-
4u p* nendam profliturum liquido credimus. Idcirco no- Sigarii , donarionem ftdamus de alode noftro , quod
tum fbrè volumus cunftis fidelibus lânélæDci eccle- ita & fecimus. Donamus cnim ad jam diehimmo-
fi «& noftris , præfentibusfeiiicetac fùturis, quaker nafterium S. Johannis & abbad nomine Arifonlb
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«i PREUVES DEL’ HISTOIRE
<54
i
■præfenti ipfius monaftcrii , & monachis omnibus fu-
turis & præfèntibus in eodcm loco Chrifto fcrvien-.
tibus , jura , cum confenfu domni Agonis àrchie-
nscopi ht PoNcii comitis, ipfiim alodem noftrum in
comitatu Narbonenfi*, id cft villare qui vocatur Aquæ-
dudlus cum omni fuo territorio , qui mihi advenir ex
parte mei genitoris nomine Francoms tncttgcnitn-
us nomine Erjîndis qui fuerunt quondam , qucm
videlicer alodem idem parer meus Franco fupra nomi-
natus adquifivit per præceptum quod illi fecit do-
mnus Karolus incliti régis Lodovici filius. Affrontât
aurem prædidhis villaris Aquædu&uscum omni fuo
terminio feu territorio, in terminio villæ quæ voca¬
tur Aquaviva *, ex meridie affronrat in terminio de vil-
lare quem vocant Salela \ 8c ex parte circii affrontât uf-
ue in rivum quem vocant Seillir five in terminio
e villa Troliares-, de aquilonc vero affrontât cum
terminio deOviliano, (îve in terminio quod dicitur
Canimaler : quantumeumque prædi&æ aftrontationes
quatuor concludunt cum finibus, & terminis , limi-
tibus, fixuris, & ajacentiis -, omnia 8c in omnibus quan¬
tum in (upradi&o loco vcl territorio habemus, vel
quilibet habet vel tenet per nos , five quantumlibet
ad præfatum villarem nomine Aquædudhisfpedare
vel pertinere videtur , tam loca ruff ica quam & urba-
na, tamadquifimm quam ad inquirendum , tam di-
vifum quam ad dividendum -, totum donamus &
cedimus ,dimittimus& evacuamus omnipotenti Deo,
fan&iffimo Johanni Baptiftæ , 8c præfcripto monafte-
rioficut fuperius dichim eft, ut ab hodierna die &
deinccps ex noftra poteftate in proprio jure 8c domi-
nio præfcripti monaftcrii permaneat per alodem in
perpetuum habiturum. Præmiftàm vero donationetn
fccimus propterfpem vitæætemæ, 8c rcmillioncm
pcccatorum noftrorum , ob rcmedium genitoris meæ
& genitricis mcæ & fratrum meorum , arque pro fa-
lute & rcmedio animæ senioris mei Poncii comitis,
ut inpræfenti feculo &futuro, intervenientibus me¬
ntis ipfius Baptiftæ Johannis , ab ipfo Domino merces
nobis aderefeat feu recompcnlètur , quatinus in die
judicii ante tribunal æterni judicis venientes veniam
mcrcamur percipcre omnium dcli<ftorum. Et hoc agi-
mus tali modo taliquetenorc, ut hæc noftra fupra-
fcripta donatio femper 8c in æternum fit præfixa 8c
immobilis , in communia prædi&i cctnobii ad ali-
moniam pauperum fub amodia monachorum cætc-
rorumauc fidelium egenorum -, nullufque abbas vcl
præpontus fæcularis vel monachus , neque aliquis
pinceps aut poteftas, pollitdare, commutarc, vel
alienare, feu aufferreà communia prædi&i monafte-
rii , quod abfit. Scd fi fecerit aut præfumpfcrit, ille
qui acccpcrit,poft primam autfecundam ammonitio-
nem vice-comui Narbonenfi qui illo tempore eidem
urbi præfuerit , xx. libras auri pcrfolvcre cogatur ;
infuper & ad præfcriptum monafterium redeat no
ftrum alodem nomine Aquæduckum duplum & me-
lioratum rcftituatatque componat, cogente prædidlo
Narboncnfium principe qui illo fuperftes fiierit tem-
porc. Sane , quod fieri poffit minime credo , quod fi
aliquis ex parentibus noftiis aut aliqua poteftas vel
princeps, feu aliqua utriufquc (exus fubrogata vcl
admifla perfona advencrit , & hanc noftram dona-
tionem infringere tcmptaverit,aut difrumpere vel in-
inquietare præfumpferit . . • . corrcxerit , (àtifqucfa-
ciendo coram Deo & præfato monafterio publiée
pœnituerit , iram æterni judicis irremidiabiliter in-
currat,& cum Pharaone impiiffimo, cum Datan &
Abiron , Annania& Saphora quos terra abfbrbuit in
imo , & cum Juda preditore qui D. J. C. tradidit
omni excommunicatione damnatus fine fine in per¬
petuum luat débitas pâmas. Amen. Taliter hæc noftra
præmiflà donatio firma 8c ftabilis permaneat omni
tempore. Fadta feriptura ifta hujus donationis fub
era dcccc . xvi. Kalend. Januarii , anno xxvn.
régnante Karolo rege. S. Oddonis vice-comitis.S.Ri-
cheldis qui hanc donationcmfirmantes firmare roga-
vimus, S.Poncii comitis ht MARCHiONisquicon-
fênfit & firmavit. S. Erifonfus epifcopus. S. Agonjs
epifeopi. S. Aimerici archicpifcopi. S. Reynardi epif-
copi. S. Raymundi. S.lfolilevitæ. S. BamardiChrifti
famuli hiunilifque abbatis. S. Mironis ficerdotis.
S. Wlveradi. S. Aimonis. S. Salomonis. S. Mironis.
S. Adrovarii. S. Kami. S. Ragaberti. S. Atonis. S. Ro-
gerii. S.Jorii. S. Geneiii. S. Gairaldi. S. Alarici. S. Ale-
nor ... S. Alfarici. S. Salvii prelbiteri. S. Witardi.
S. Barnardi. Ebonces qui hanc donationem fcripfit 8c
relegit fub die 8c anno quod fupra.
L.
Donation d tèglife de S. Paul de
Narbonne far Vulvcradus vicomte .
SAcrofandtæ Bafilicæ S. Pauli confefforis Domini , 9 1 Y *
neenon & SS. cætcrorum quorum hic reliquiæ
continenmr , & cft ipfe locus finis fuper fluvium
Atazc , trans ponte ubi dicunt ad Albolas, ubi fanftus
Paulus corpore requiefeit. Quamobrcm ego igiturin
Dci nomine Vulveradus vicecomes donator, dono
adloaim fimeti Pauli pro remedium animæ meæ&
paientorum meorum alodem in comitatu Narbo-
nenfi, in terminio de villa Rocalonga, qui mihi ad¬
venir de comparatione vel pcrcarta feriptionis, hoc
funt manfis conftmdis, terris cultis &incultis, vi-
neis, arboribuspomiferis& impomiferis, pratis,paf-
aiis, filvis, garricis, aquis aquarumve duclibusvel
reductibus > omnia in omnibus dequanmm in iftislo-
cis fupra nominatis vifus fum haberc vel poilidere,
fie dono ad jam præfàtam ecclc.fiam fan£b Pauli vel
ad clericis ibidem Deo fervientibus abomni integri-
tatc , ut ab hodierno die in antea ,Deo propitio , ip(â
ccclefia cum ipfis clericis habeant, teneant , &poffi-
deant, jureque illorum vindiccnt haedeffendant) 8c
quidquid exinde agere, facerevel judicare volueri-
tis , in Dci nomine liberum & firmilîimum in om-
y nibus habeatis poteftatem. Quod fi ego donator aut
aliquis de hærcdibus mcis aut quiflibet homo , fup-
polita vel fubrogata perfona , qui contra hanc iftam
meamdonationemvelccflionis proinrumpendum ve-
rit , aut inquictare præfumpft-rit, tantum, & alium
tantum partibusin luisccclcliæ cum ipfis clericis ibi¬
dem Deo famulantibus in duplo reftituat>& in an-
tca iftam mcam donationem vcl ceffionem in omni¬
bus habeatis poteftatem. Fadb donationem vel ceffio¬
nem ni. idus Decembrisanno xxvm. régnante
Karolo rege. S. Volveradusqui hanc donationem feci
& firmare rogavi. S. Leutarius. S. Alaricus. S.Rodlan-
dus.S.Tcudulhis. S.Frcdarius. Oduaccr levita quihanc
cartam donationis fcripfit fub die & anno quo fupra.
LI.
Donation faite à la cathédrale de Narbonne:
IN ficrôfin&æ Dei ecclefiæ fàniftorum martyrum An. 93 1.
Jufti & Paftoris, nec non & cæterorum fànâo- ctmJairc4c
rum quorum hic reliquiæ continentur , & eft ipfe cathédrale
locus iitus lu per fluvium Atace, inrra muroscivitatis
Narbonæ ubi Aigo archiepilcopus præeft'e videtur.
Quamobrem
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Quamobrem nos igitur in Dei nomen Teudericus & neas > vincales , &c. & in alio loco iit>i Vocalwlilrti
uxot mea nomine Spofia , plaçait animis noftris & eft ipfâ villa jamdida- Frimiaco fimiliter dono vel
Cet pro Dei amore & pro remediüm animæ no- cedo , fiiperius jamdido fândi Ilarii , cafâle cum cafis
vel pàrenhim ndftrorum* donamus vel cedi- canftrudis , hortis, hortalibus, curtes & torculario
mus ad præfatam ecclefiam , vel ad deriefc ibidem cum . . ; * arbores , vel cum omne fiipcrpoficum ejüs ;
Dco fâmulanribus in alimoniam , id eft in territorio & in alio Ioco ubi vocabulum eft Callânias, fèu Vil-*
Narboncnfè, in locum quæ dicunt Seiano, vel infra laJonga cedo vel dono fimiliter fândi Ilarii cafâli-
cjus tenninio, omnia qui nobis advenit per feripturas bus cum ipfâs cafâs conftrudas hortis hortalibus. . .
emptionis in villa Seiano :fiintcafis,cafâlrciis,cunis cum vcrdcearias, terras cuiras & incultas, vineas,
oglaris, ortis,&é. Et in alio loco infra rerminio de &c; & in alio loco in ipfb comitatu in loco ubi di-
jam didla villa Sciano,in villare quæ vocant Rainaldo, citur Villa-Valleurfo , fimiliter dono vel cedo fândi
fimiliter donamus vel Cedimus cafis, ea(âliciis,curtis Ilarii fimiliter cafâlibus, cum cafis conftrudis, or-
oglatis, &c. Sive medietate de ipfb ftagrtoquæ vo- ris, ortalibus , &c. quailtumcumque infra iftos
cant Salarié, five ipfâs coridaihinâs ab intégré qui totos loco s fùpranominatos fines vel ajacentias
fimt fiibtus fonda Rçparata ; ôc iri alio loco infra jam concluditur , ôc ego vifus fum habere vel poftidere ,
dida tenninio, in villarcs qui fiint in ipfb Congufto, totum & ab integrum ego cedo vel dono fândi
fimiliter donamus velccdimus cafis, cafâliciis, &c. Ilarii. In ea vero ratione dummodo ego vivo tc-
fivein ipfbftagno quæ vocant Bodario omnem por- neam & poflîdeam cundis diebus vitæ me*; poft
rionem noftram debitam , five in ipfis plagis, omnia vero quoque obitum meum remaneant fandi Ilarii,
&in omnibus culcum vel incultum, quæfitum vel ubi requiefeit corpus ejus, ut ipfè pius & mi-*
adinquirendum, ram rufticum qunm ôc urbanum, co- fèricors ante tribunal Clirifti pro me mmiuin pec*
tum & ab integrum quidquid in jam dida villa , vel catori de cundis peccatis meis, ut de abhodiemo
in jam prænominatis locishabemus,cum omnesdi- die Deum propicium hoc fândus Ilarius teneat &
verfâs affrontationcs quæ ad hæc feripta pertinent, poffideat, fiiifque fêrvicntibus carerva monachorum,
Hæc omnia quod fiiperius refbnat donamus vel qui ibidem (èrviunt, teneant ôc pollideant qui ibi-
cedimus ab intégré ad jam præfatam ecclefiam, feu dem fiint conftituti, & erunt unus poft unum ibi-
ad clcricos ibidem Deo fèrviences ad proprium per- que permanfèrint fèmper , fit illorum poteftas in
habendum , ut de ab hodierno die& temporc^Deo perpetuum fine ullo contradicente ; ôc non habeac
propitio, hoc habeant, teneant & pollideant, jure- nullus homo, neque epifeopus , neque abba, ncc
que illorum vindicent, ac défendant; & quidquid ullus monachus licemiavnnonhabeat, neevendere,
exinde agere , fâcerc vel jitdicare voluerinc, liberam nec commutare, nec alienare, nifi femper fandi Uarii ,
& fînnillimam in omnibus habeant poteftatem. Sane firma poteftas permaneat. Et fi aliquis de meis pa-
de reperitione , ôcc. Fada (criptura donationis, vel rentibus auc ulla extranea qui contra hanc carta,
ceflionis iftæ quarto Kalend. Odob. anno vigefimo celfio vel donatione ilia ire aut inquietarc præfump-
nono régnante Karolo rege. Sigfnum Teudericus fèrit, quicumque hocfecerit, in primis iram Dei
qui hoc ïccit. Sig f num Spofia qui hanc donationem omnipotenris & angelisejus incurrat, & infîiper par-
Vel ceflioncm limul fècimus, & firmare rogavi- ticipationem recipiat cum Judas Kcarioth, &c. Fada
mus. Sig.fnum Johannisprcfbiter.Sig.f num Vul-
veradus vice-cornes. S. Audefindus, S. Toringus,
S. Alaricus , S. Guifridus, S. Teudmares, S. Walca-
rius , S. Widinildis comitiflà , S. Richildis vice-comi-
tillà, S. Durandus, S. Mainardus, S. Ingiramnus,
cefiîo donario ifta odavo Kalcndas Augufti , anno
fccundo Carolo rege migrante à fæculô , filio Ludo-
vici. S. Regimundo à me fada. S. Ranulfùs le-
vira. S. Guihldo pro Aliricus. Sig. Auftoric levita.
S. Sergulfùs. S. Stephani levita. S. Brecofindus.
S.Walcarius, S. Audefèndus prefbiter qui hanc do- S. Rifcalcus prefbyter. S. Gifcafredus pro Irivifio.
narionem vel ceflionem fcripfi & fub die & anno Lcudoinus prefbyter fcriplit fub die & anno quod
quibus fiipra. fupra.
LII.
Donation faite k l'abbaye de- S. Hilaire.
^ /^\ Uidquid homo de res fuas proprias facere vo-
•9}1- V^luerit liberum habeat arbitrium , ôc dandi
falbaycCdeC ^onanc^ iU* placuerit. Quamobrem ego in no-
S. Hilaire. mine Domini Regimundus tradavi de Dei mifèri-
cordia, judicii merces mihi adcrelcat pro me nimium
peccatori, ut dimitten tibus débita &piusDomi-
nus dimirtat mihi mea delida. Propterea ego jam
didus Regimundus dono vel cedo ad domum
fândi Ilarii alodes qui mihi advenerunt excompara-
tione , qui fimt in comitatu Redenfê , in terminio
Gurgonigro. Fines vel adjacentias habet ipfè alodes,
de parte Altano ajacet in territorio landi Stephani
vel in terminio Frimiaco , de pane Circio ajacet in
terminio Donazago , fèu Morriolo , contra Aqui-
lone ajacet in territorio Laurago feu ôc in Laura-
ello, ôc in alio loco ubi vocabulum eft in ipfb
oiolo in terminio de Frimiaco. Similiter cedo vel
dono fândi Ilarii cafâle , ôc cafàs, ôc cuite conftru-
das, & torculario de terras cultas & incultas, vi-
Tome II.
LIII.
Echange entre Gimera évêque de Carcaf
fonne & A Ifonfe abbé de Montolieu.
ORthodoxa bonis moribus non côntradicens, -*-■ ^
publicifque utilitaribus non impediens, lega- A.v. 9 } 1 ,
lis ôc canonica xanxit anriquicas, ut quodefeumque "Archives dtf
inter ecclefiarum aut cœnobiorum præîidcs, quarum-
libetve perfonarum homines, commutationes cele* 0
brantur, oblariva ôc aptativa authoritas feripturarum
intercédât alterna commôditas, quatenus perperim
valitura permaneat firmicas, & commutationis fiait
ôc emptionis invacuara ôc parilis fiibfiftat coa^riras.
Quocirca omnium fæculonun coenofcat pofteriras,
quia ego Gimera , qui divina difjx>fitione fândi
Nazarii CarcalTenfis ritulo fiineor, per confùltum
ôc perconfilium cathedralium clericorum mcorum,
propter utilitatem ôc adjacentiam ccclefiæ noftræ,
commutationis obtentu non alienaridhis diftradu*
quia qui uriliter commutât nullatenus aliénât, côm-
mutamus ad cœnobiüm almi Joannis Bapriftæ^quod
vulgariter diritur Caftrum-Mallafti , &aaarchiraan-
E
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€7 PREUVES DE
dritam , id eft abbatcm cjudcm loci cognominc
Arifonfum, Gmdamque caccrvam inibi Dto fâmu-
latricem de rebus pofleflionis fedis noftræ, videlicet
fandi Nazarii martyris , in regno Septimaniæ , in co-
mitatu Karkallcnfe , villam nomine Criflagum cum
«cclefia fândæ Columbæ , cum omnibus appenditiis
& pertinentiis fuis, quæ ibi 8c noftra ecclefia lega-
iitct & canonice potlidemus in eodem regno &
comitatu, in Villancca. Commucamus ad præfitum
locum ecclefiam fimdæ Eugeniæ ab incegro cum
{iiocenfu,& in villa Signorii ecclefiam fandi Andrcæ
cum fiio cenfu , & in vicaria Auzonenfi in villa Eli-
xau cccleliam fândæ Mariæ cum fuo ccnfu : hæc
omnia fuperius fcripta , de noftris noftraque ecclefia
noftrorumque clericorum jure commutamus , tra-
dimus & transfundimus in poteftate &dominatione
proprietaria prælibati cœnooü fandi Joannis , abba-
tilque inftantis , cœnobitarumque modemorum &
fiiccefïorum , ut amodo & deinceps quidquid exinde
fâccre vel judicare voluerint, normaliter proficuum
libéré & firmiflime habeant inconvulfum. Rccepi-
mus è contra , ad utilitatem noftræ ecclefiæ procor-
roborata altemitatis authoritate , in commutationc
five in eodem refonante de manu abbatis prætaxati,
monachorumque loci, in fuprafcripto regno &co-
micatu , alodem proprium eorum nomine Villam-
albam cum ecclefia fandi Pétri , & cum omnibus
*djaccntiis & pertinentiis luis , & C. folidatas j in tali
dcliberatione, ut fi nosaut fucccilores noftri contra
eos & fucceflores eorum , parique modo fi ipfe
abbas aut fucceflbrcs ejus contra nos fucccllorefque
iroftros calumniam aliquam aut litem infcrre præ-
fumpferint , de qualicumque parte calumniator (ur-
rexerit > quod repetit non vinaicct,& infuper dupla
& meliorata quæ commutavit altrinfècus reftituat.
Ego tandem Gimera epifeopus precor piam fuccef-
fomm noftrorum reverentiam , ut ita noftra fada
faciant manere indemnia, quemadmodum fuavotâ
à Deo & à Cuis fucccflbribus malunt euftodire pe-
rennia. Ut ergo authoritas ifta firmiori valeat omni
tempore fublifterc vigore, eam manu propria ma-
nibufque canonicorum noftrorum roboratam , in
fândo epifeoporum concilio eorum manibus robo-
randam obtulimus. Ada commutationis hujus fériés,
anno Incarnationis Dominicæ dccccxxxi. fub
æra d cccclx i x. indidione i v.
L I V.
Extrait de quelques chartes du régné
du roi Raoul.
L' HISTOIRE
dæ Eulaliæ virginis 8c martyra Chrifti matrem
omnium ecclcliarum Rufliilionenfium (ivc Con-
fluentium» &c. propter amorem Dei & propter re¬
medium animas noftras, vel propter remedium ani-
mz de Suniario comité & uxori Ermengardis, &
Bcncone comité , & Almerado epifcopo condam ,
& propter icmedium animæ de Francnone viceco-
mitc & uxori fuæ Eirtlïnde , & Oddone vicecomitc ,
tu fimilitcr pro animas noftras vel illorum animas
orationes Domino fiindere dignemini, &c. Ci qui s ...
8c ficut lex Gothorum decernit ifta omnia fuperius in-
ferta , in duplo melioratum componant , &c. Fada
feriptura donationis fub die 1 1 1 1 . Idus Aprilis ,
anno x i . quod obiit Karolus filius Ludovici regis >
Chrifto régnante & regem expedante, &c.
De terrenis igicur & çaducis quamobrem in } 1.
Chrifti nomine ego Frotardus vicecomesCaturcorara Jr*^1*^*
civitatis, nec non &conjux mcaAdalbergaunacuni Beaui.» «
confilio Raimundo comiri fênioris noftri .... cedi-
mus ad monafterium qui vocatur Bellus-locus . .. .ubi
vir venerabilis Joanncs abba præeiTèdignofcitur,pro
animabus fcilicct noftris, feu & pro anima Odokid & »?’ F' #
patris mei, & profâlute Beledrudi genitricis mex;
noc eft manfos noftros très quæ funt in comitatu '
Caturcino , in vicaria Cafliacenfe , in villa cui voca-
bulum eft Mcrcurio cum omnia ad fc pertinentii ,
& i[5(â ecclefia quæ eft fundata in honore fândi
Juliani martyris cum ipfo jure ecclefiaftico qui ad
îpfum pcrtinct,&c.. . . Fadam hancccflîonemmcnfe
Marcio , anno v 1 1 . * Rodulfb rege régnante , anno » ^
quoque Dominicæ Incarnationis dcccc. xxxi i.
indidione namquev. S. Raimundi comitis, S. Fro-
tardi, S. Adalbergane qui hanc fieri velcorroborari
firmiter fanxemnt , S . Ademari , S. Golberti , S.Gc-
raldi , S. Garini , S. Nicoüni.
I N nomine Domini . &c. Incipit carta elemofytt». Vm
riaifta. Eeo in Dei nomine Umbertus, tanta eft
mihi nccellitas , ut ego cogitem de Dei mifcricordia, Archiyef ^
&c. Ideo ego Umbertus dono ad ecclefiam S.Mariæ, l’ibbayed-A*
quæ eft in epifeopatu Uzetico, in loco qui didtur
Ca(â-nova atque Gordanicæ & ibi eft monafterius,
& ad ipfum monafterium dono unum manfum...
in loco quCm dicitur Moutcm-calvi m epifeoparu
Dienfe , in vicaria de Calenis, &c. fada carta dona-
tione ifta in feria 1 1 1. Kal. Augufti, luna prima >
régnante Rodulfo rege, &c.
An. 5? 30. y N nomine, &c. Incipit convcnientia quæNi-
Cartui ire de X guarius monachus facit ad amicos fuos nomen
Conquci» Bcrnardo , & filio fiio nomen Boncfàcio , de ipfb
manfb quæ cft in vicaria Scrnbcenlc in loco qui vo¬
catur Fraxinas &c. in ea vero ratione quamdiuNi-
guarius monachus vivit, medietatem de ipfo manlo
rccipiat per fingulos annos, &: Bernardus & filio
fuo nomen Benefàcio uliam medietatem .... poft obi-
tum ipforum ad ip(a ecclefia (ândli Salvatoris Con-
chas monafterio rcmaneat , fine ullo contradicente ,
&c. Facla conventiaria ifta in menfc Aprilis , fub
feria v. x. Kal. Maii anno primo quod Carolusrex
abit à (æculo , & Rodulfus rex cæpit regnare. Sig.
• - Niguario monacho,&c.
An. 93 1. y
Cartuiaircde IN nomine Domini. Ego Wadaldus gratia Dei
r<vU b sfl'c' k>c^s ^*cncn^ls cpifcopus, 8c Gauxbcrtus cornes ,
Xfsr. Htjjîfp. nos fimul in unum donatores fumus addomum fàn-
»4J. & M.
L V.
Charte du roi Raoul en faveur de [abbaye
de Montolieu.
IN nomine fândæ & individuæ Trinitatis, Ra- An. 931.
dulfiis divina propitiante clementia Francorura Archives de
rex. Qui pro amore omnipotentis Domini (andam
Dei ecclefiam conftruere & reædificare glifcit, raag- v. c*f«d.
nam in honore fândorum mercedem impendit*, in
fumro vero cum fândis vitam acquirit lêrapiternam.
Idcirco notum fit omnibus fàndæ Dei ecclefiæ fidc-
libus præfêntibus fcilicet & fiituris, quoniam adüt
noftram fèrenitatem Dalmacius nofter per omnia
fidclilïîmus miles *, petiit noftram celfituciincm qua-
tenus noftræ auroritatis præceptum de terra quant
ad abbatiam fandi Joannis Baptiftæ nobililfimi ho-
mincs dederunt, in caftrum videlicet Malafti , fieri
præccpiflcmus. Illius fuit peritio & noftræ libuit
voluntari pro reftaurarione illius loci, 8c noftræ .auto-
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fitaris prtrceptum juffimus fieri, ut fânfti monachi
ibidem Domino lervient es illam terrain firmiter te-
fieant fine ullacontrarietate aut alicujus contradiélio-
ne , per juflîonem domini abbatis Arifonfi ejufdem
hxi : conjacct erenim in comitatu Carcaflènfê
cum mercaro fuper fluvium Duramno. Efl ibidem
Villa-ficca cum eeelefia , altéra villa Caucus cum
ccclefia , alia Venteniaco cum eeelefia , alia Eli-
iau cum eeelefia , alia Villa-valeriano cum eeelefia ,
eeelefia de Amacario , alia ûnéti Martini fiiper flu-
vium Lampa , alia Moneeconilio. In comitatu Re-
denfc , villa Garmacia cum eeelefia , alia villa ûn&i
Joannis & ûn£te Crucis Faris cum eeelefia ipû,
Anul-villa cum ccclefia , Laurâco cum eeelefia , item
fân&i Martini villa. In comitatu Narbonenfe, Tru-
liaco cum eeelefia 8c fifeo de Aquæ-duâu , villa
fânifti Fruétuoli. In comitatu Carcaflènfê villa Ca-
ftellani , Villa-nova cum eeelefia, Ulmiscum eeelefia
fânébe Ceciliæ. Hæc omnia & (îcut continentur in
aliis præceptis ex parte noftra fint ftabilia de fupra
di&is villis (eu de ecclefiis ibidem datis , & nullus per
vim intrarc præfumat in abbatiam , nilï quem eleddo
elegerit. Utautem hæc fiipra diéfa firma fint & fta¬
bilia permaneant in ævum , noftro nomine infigniri
8c annuli noftriimpreftione juffimus figillari.SignUm
Radulfi regis gloriofiflïmi.Rofniundus ad vieem An-
figifii epifeopi recognovit. Achim Anû-villa dccimo
tertio Kalendas Junii, anno nono régnante Radulfo
rege.
G U Ë D Ô C. 7d
talem regum authoritates , interrogaveriiht ipfo co¬
mité fupradiâo qualem Icgcm vivcbat. Atquidreû
ponderet , de cauû unde ifte mandatarius require-
bat, fiefuifle nonfeiebam quodipfè abbas vel ipû
congrcgatio cœnobitarum taies regales authoritates
habuiflent, unde perdonatum fuillè ^ & quantum
ego feci, igrtorantcr hocfeci. Tune ipfi judices &
ipfi auditores cumaudiflènt ipfo comité ficrefpon-
dente , decreverunt judicium , 8c ordinaverunt ip(b
jam diefto comité quod conlaudaftet ipûs feripturas
dominicas, & vuadjallet Iegaliter ficut inlege (alia
eontinetur, ita&fecit. Oportum fuit Donadeo ab^
bâte , vel ipfo jamdiâo mandatario ut notitiam con-
laudationis feribere vel firmare rogallènt, fie & fe-*
cerunt. His præfentibus atftum fuit -, & gaudeat fe
ipfe abbas & ipfc mandatarius quod in noftro judi-*
cio illorum clariftima percepillènt juftitia. Datoju-
diciov. idus Mardi anno 1 1 1 1. régnante Rodulpho
rege poft obitum Karoli regis. S. Pontione comiri
& marchione qui fe exvacuavit. S. Richildis vie©-
comiriflà. S. Jorius. S. Barnardo. S. Alarico. S. Ai-
merico. S. Adays. S. Amblardo. S. Alfarico. S. Wal-
tario. S. Forrone.
L V I î.
Éxecution du teftament de Reginald ,
évêque de B e zi ers.
An.?)).
Archives de
l'abbaye de
Memolieu.
L V I.
\
Plaid tenu à Narbonhe .
VEniensVibardus mandatarius Donadeo abbati
&congregatio ûndti Joannis monafteriiCaftro-
Mallafti , die Veneris in civitate Narbonæ , in prxfcn-
tia domno Aymerico archiepifcopo, 8c domino Pon¬
tione comité feu 8c marchione , vel judices qui julfi
fimt cauûs dirimere & legibus deftinire , tam Gotos
quam Romanos velut edam Salicos, id eftWama-
rius , Abo , Rodgarius , Blaftolco fâjone j five in præ-
fêntia Lorio , Bcmardo , Ranibetto , Alarico , Raini-
berto, Alarico, Aymerico, Roifrcdo, Adarz, Am¬
blardo , Alphanio*, item Abone , Bclgaranc , Euval-
tario & aliorum mulcorum bonorum hominum,
quicumque ipfos judices ibidem rcfidebant,in mallo
publico, inNailx>na civitate, in eorum prælcntia
lie ( e proclamabat fiipra nominatus mandatarius de
ip(o abbate , de fiipra nominato comité , quia ifte
cornes five fui homincs fe prendiderunt panem &
vinum& porcos, 8c aliis cæteris rebus maleordine
& injufte, quod fàccre non debuerant, de alode
quæ vocatur Fraciano, & dealios alodes qui funt in
comitatu Narbonenfe de fupradiâo S. Joanne. Et
ego mandatarius privilegium in manu teneo de Ro¬
main quæ efl mater ccclefia, & præccptum quod
domni imperatores & reges fccerunt ad jamdiâa
cafa-Dei, 8c ipfa præcepta iplo mallo ftierunt often-
fa 8c (blemniter fuerunt releda ; 8c relonabat in
ipfo privilegio ve in ipfos præceptos , quod nullus
cornes , feu vice-cornes * ncc vicarius , nec centena-
rius, necullus homo in eorum vocatione in illorum
^ immu- monitate * prendidiflèt nec boves , nec caballos ,
ncc afinos , nec parafas , nec portaricum , ncc
telone , nec fidei-juflbres tollendos , nec illorum
homines diftringendos , ncc ullum obfiquium fà-
cere non debebant : fed omnia fit in alimonia pau-
perum & ftipendia monachomm. Tune ipfi judices
& ipfi auditores cum audillènt talem rei veritatis &
Tome I L
mate.
IN nomine ûndiæ & individus Trinitatis. No-
tum fit omnibus fidelibus fmâx Dei ecclefiæ
tam prælentibus quam futuris, quia nos Teudo 8c
Odo vice-corrtites, Ildcgarius, Joannes faccrdotes,
& Walcharius qui fumus elemofinarii quondam
domni Reginardi epifeopi Bitcrrenfis eccleliæ fandii
Nazarii. Certum quidem & manifeftum eft, quia
nobis injunxit vel commendavit quondam Rcginar-
dus epifeopus per fuuin vadium, quando ad obi¬
tum mortis venir ad extrema voluntatc, unde 8c
poftca fua voluncate numquam muta vit > ut nos
Ixmul inunum fupranominati elemofinarii , ut nos
Icriptum legalcm faciamus ad canonicos iandli Na¬
zarii ficuti & fàcimus , ac légitimé manibus tradi-
mus,inregno Septimaniæ, in comitatu Bitcrrenfî
fanctum Petrum à Pullo cum fiio terminio , & cum
ipfo bofco &cum ipfo molino, cum ipû reclaula
&cum ipû pifeatoria 8c cum ipfâs infolas , & quan¬
tum ibidem ad pertinendum eft, id eft in ccclefia
ûneli Pétri, in ûcris, (ècretariis, cimeteriis, in do-
mibus, in cafis, caûlitiis, in curtis, in oglatis, in
hortis , in arboribus , in terris , in vineis , in pratis ,
in pafeuis, filvis, garricis, aquis aquarumve decurfi-
bus earum , omnia 8c in omnibus fie donamus 8c
tradimus ad canonicos ûnâi Nazarii > & in termi¬
nio de villa Pelignano, in loco quem vocant Suri-
carias , donamus ad canonicos ûn&i Nazarii ipfiim
claufiimqui fuit Gifianæ, qui fimt modiatas vi i r i«
Ifta omnia fiiperius lcripta 8c in omnibus, tam quæ-
fitum quam inquirendum , rufticum & urbanum ,
vel de qualicumque attraâu, fie donamus propter
remedium animæ Reginardi epifeopi qui fuit quon¬
dam: in tali tenore ut ipfi canonici fancSli Nazarii in
ftipendio habeantquæ ibidem hodiefiint, & fucccfi*
fores illorum omni tempore commune habeant, te-
neant, 8c poflidcant. Si quis vero ab hac hora &
deinccps fuerit, fi nos aut ullos de hæredibus no-
ftris, aut ullus epifeopus aut aliqua appofita perfbna
qui contra hanc donationem Deo & canonicis ûn<fti
Nazarii abftollere voluerit^ quod repetir non vindi-
Eij
Cartulaire
fa JVglifc di
Bclicrst
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— :
V»* Colbert .
cal. Augufti.
71 PREUVES DE L’HISTOIRE 71
cet', & qui hoc feccrit, omnk fuperius fcripta rc- omni tempore inviolabilitcr teneàmus fine ullo
vercerefàoài ad parentes Reginardi epifeopi qui fuit contradicentc , licet in hanc epiftoiam pœnam infe-
quondam , & iniüper cuiutem inculerit dupla & rerc nobis neccflè non cil : fed propter totius
meliorata reftituat ♦ tua repetitio nihil valeat. firmitate , vel impiorum hominum cupicutate , illud
Quod qui fecerit omnes malediûiones veteris & nobis inrimare placuit vel adfirmarc. Quodfifiicrit
novlceftamenri, & omnia vincula anathemaris, & ullus cornes, aut vice-comes, auc vicarius vel fub-
ornais gladius diaboli, & omnispæna inferni, & vicarius, aut uiia comillà vel fubrogaca perfona,
omnia connenta & poteftas tenehrarum maneat fuper qui conçambium frangere vel inquietare præfump-
ilium, & numquam lit folutus in die judicii, 8c fit (erit y imprimis iram ætemi regis incurrat &qm7
damnatus ante taciem Domini , & in forte Satanæ fit nium fan&orum , & ficut in libro Moï&ticum ma-,
t telegatus nili refipucrit. Fa&a carra donarionis , tra- lcdidkiones conünsntur, ita maledi&i fiant in fem-,
uü/i/qmefi dkionis XIV. Kal. Aprilis * anno un. régnante pitemum, & cum juda qui corpus Domini viola-
iUbtbimbe- Radulfo rege poft ooitum Caroli regis. S, Theu- yit poràonem accipiat , ut cætus illicereus & terra
îü.Augü'i. doni vice-comitis, S. Odonis vice-comitis qui hanc rius ferrea, & cum Dathan 8c Abiron in infemum
tradidone vel donatione fecimus, & telles firmare nmilis permaneat , &infupcr nulluni lordatur effe-
rogavimus. S. Le&erardi , S. Gaircendus, Ildegarius ûum: fed componat tantum, & alium tantum,
prelbyter , Waldegarius, Pondus prelbyter. Ego quanmm iptàs res eo tempore melioratas valerc
Dido. potuerint in duplum lit redaiturus , & quod repe-*
fit non valcat vindicare , fed vacuus & inanis per-
' • maneat , audtorem vero criminis judiciaria poteftarc
L V I 1 1. condemnctur -, prælcnsvero concambium ifte fir-
' mus 8c ftabilis valeat perdurare , aim ftipularionç
Echange de diverses terres entre Ermen - quoque per omnem nrmitarcm liibnixa. Fadhun
gaud comte de Rouergue , & L'abbaye concambium ilium fub die Mercurii, in menlè Ja-
de Vabres . nuario, régnante Rodulpho rege. * S. venerabile *
An. 9 j 4.
Camilaire
ée l'églifc de
Vafem.
L V I 1 1. condemnctur -, prælcnsvero concambium ille fir-.
mus 8c ftabilis valeat perdurare , cum ftipularionç
Echange de diverses terres entre Ertnen - quoque per omnem nrmitarcm liibnixa. Fadhim
gaud comte de Rouergue , & L'abbaye concambium ilium fub die Mercurii, in menlè Ja-
de Vabres . nuario, régnante Rodulpho rege. * S. venerabile
Ermengaudo principe qui concambium ilium ma- to
PLacuit atque convenit inter aliquos viros his nu mea infra roborata ftrenuifque viris qui poil
nominibus : egregio Ermengaudo principe, & me roborent rogavi. S. Rcgimundo filio ejus. *
Regimundo filio luo , & Rainone vice-comite 8c S. Rainone vice-comite & vicario , S. Ugone filio
vicario', & ex aliam partem venerabilem Fredelo- Ermengaudo, S.Bemardo vice-comite , S. lldoino,
nem abba &cundlam congregationem (àncliSalva- S. Adaione. S. In Dei nomen Bcnedichis prelbyter
toris Wabrenfem cænobii, ut rebus illorum inter rogams lcripfic
fe concambiare debuiflènt , quod & ita fecerunt. _
Dederunt itaque inlufter Ermengaudus cornes , &
films finis Regimundus , 8c Rainus vice-cornes 8c L I X.
vicarius , in pago Ruthcnico, in minifterio Curienfe,
in villa quæ nuncupatur Seviniaco, de filco, manlo Donation faite à l'abbaye de Montelie%
ubi Amalftcdus vilus eft excolcre, & in villa Olmc- far Acfred JJ. comte de Carcajfonm .
ubi Amalftcdus vilus eft excolcre, & in villa Olmc- far Acfred JJ. comte de CarcaJfoniU .
lias manlb uno Uracito quantum ibi vilï fumus _
habere, Mellaco yilla quantum ibi vifi fumus ha- T N nomine Domini noftri Jelu Chrilti. EgoAg- An. 9 $4*
bere in integrum. Ifta omnia fuperius nominata A fredus cornes fedens alacri animo in civitate Archive» &
aun domibus , ædificiis & fuis apertinentiis , aim Carcallona , dedi ad domum S. Joannis Baptilte camuauc de
vineis , cum pratis & bofeis , cum exio 8c rcgrelfio , Caftri-Mallafti , & ad Donadcum abbatem & cunûa
aquis aquarumve decurfibus, omnia 8c ex omnibus congregatio monachorum, aliquid de res meas*,
quæfitum & inquirendi , divifum 8c dividendi , hoc eftalodem Brucias incomitatu Carcallenfecura
totum & ab integrum in concambium dedimus ad terminis & limitibus & ajaccntiis fuis , cum filvis ,
partibus Fredelone & fiios monachos: ita ut poft garricis, pratis, palcuis, viæ du&ibus & redu&i-
nac die ipfi redores monafterii præfatas res te- dus , molendinis , tara quæfitum quam ad inqui-
neant & polfideant monachicha norma , qui ibidem rendum , tam divilum quam ad dividendum , tam
militant vel futuri erunt , 8c faciant exinde quid- rullica quam urbana * Laucertagum cum finibus,
quid voluerint fine ullo contradicente. Et in contra terminiis, limitibus & ajaccntiis luis quantumeum-
receperunt Ermengaudus magnifiais princeps, 8c que ibi alpicit vel afpicere videtur*, Rixanidscum
filius fiius Regimundus, & Rainus vice-comes 8c finibus , limitibus , &c. Ligni motam cura finibus &
vicarius de partibus Fredelone abba 8c fuos mona- terminiis fuis , filvis , garricis > &c. item alium ligni
chos, in pago Rutenico , in minifterio Ranavelienlè , motam .. • . quæ omnia pater meus Oliba poflèdit
curtem noftram quæ nuncupantur Juliaco , quantum per præceptum regalium. Dono etiam alodem meura
nobis ibi vifi fumus habere , vel quantum nepos proprium quem habeo in comitatu Carcalïènlè ,
meus Bemardus ibi vifus fuit habere in integrum , nomine Mofchelingus, cum eedefia ibi fundata ip
cum domibus, ædificiis & fuis apertinentiis : omnia honore firndæ Mariæ virginis, cum limitibus fuis,
& ex omnibus totum & ab integrum in concam- filvis, garricis, pratis, palcuis & aliis ad ipfiim alo-
bium dedimus Ermengaudo venerabili comité , 8c dem alpicientibus , &c. Fadla fuit hæc cana dona-
fiiio fuo Rcgimundo , 8c Rainone vice-comite 8c tionis vi 1 1 1 . Kal Junii anno v. régnante Radttlfp
vicario-, ita ut poft hac die ipficomiti,& vice-comes rege. S. Agfredus cornes, S. Gifandus epifeopus ,
Rainus & vicarius, &alii comités & vice-comites S. Amelius archidiaconus, S. Radulfiis, S. Ügo,
& vicarii qui poft eos futuri erunt, iplàs res quem S. Oliba , S. Segarius levita , S. Roftagnvtf 9ïçÜ-
de nos accipiunt, têneant & polfideant omni tem- levita, S. ldlor levita.
pore ad fifeo perpetualiter pro concambio quod
lupra feriptum eft. Has vero res quæ luperius no-
tninatas, quem nos Fredulus abba & monachica
norma quod ad partem Deo & noftram accipimus.
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I
DE LANGUEDOC.
L X.
L X I.
Donation d'Ermengaud comte de Qouerguc Donation faite k la cathédrale de
au monajlere de Vabres . Carcaffonne *
An. 9} J. A D loca ûcra» fond# Dei Utivenfis ecdefiæ, in T N nomme Pomini. Ego Dodolinus & uxor mea - ■ ■*»*
Cartuiairedc honore Dei omnipotenris videlicet & Do- Radlindadonacoresfuraus ad domum fondi Na- An. 9 5 6»
^cde Va- mini noftri Jefu Chrifti & fondi Salvatoris , feu ôc zarii, & ad domum ûndiSalvaroris &C. ôc ad Do- Archive* de
(andtæ Jvlariæ virginis , & incly tum confeflbrem Ma- minum Sfoandum harum ccclefiarum epifcopura > & £ Scaffc»-
riufn, & fonda: Alveræ virgiqis ubi corpore tumula- ad canonicos ibidem Deo ferviences. Placuir anirais ne.
d (jigf & ibi expedant aaventum Chrifti f & mei sSc placer, nullius quoquccogcntisimpcrioncc
terofum fondorum quorum reliquiæ ibidem con- fiiadentis ingeoio , fed propria & fooncanea ooftra
ditæ fimt , de eft ipfo locus fitus in vicaria Curienfo , clegir yoluntas , ur aliquid aonare aebercm ficur 54
qppofciium quæ nuncupantur Vabrenfo* Qiiamol>- fàcio, de alodem ooftrum vineaqui nobis adveni*
rem nos cnim inDei nomine benignillimus Ermen- de compararione, &eft in coraicatu Carcaflênfo in-
gaudus cornes & uxor mca Adalais comitillà confon- fra cerminio de Viifo-AIba &c. In cali coüYentu dura
tienre, cogiramus de Dei rimore vel ætem3 retri- ego Dodolinus y'ixçto teneam & poflîdcam ifta vi-
butione 9 ut pius Dominus ad diem judicii veniam nea ad ufizs fruduum per beneficium noftri Salva-
4c peccatis noftris conccdere dignetur. Propterea toris, & fondi Nazarii Cujus bæredicas eft, &c. &t
cedimus ad ipfo præfato loco vel ad ipfos monachos accipiant in fozina fondus Salvaror per lïngulos an-*
Deo militantibus qui ibidem ferviunt vel futur! nos folidos très ; ôc poft obitum Dodolini rema-
erunt aliquid de rebus quæ nobis per conquiftum n car ad jamdidas ccclebas, five ad illarum epifoopum,
odvenenmt , & eft lïtuni in pago Ruthcnico , in mi- & ad ipfos canonicos fine conrradidione : n qui s con-
oifterio Curienfo ; curtem noftram guænuncupatur n:a hoc vencrit auc ego venero &ç. Fada carta ifta
Segunciaco, cum ipfoecclefia quæ eft fita atquefun- donatione quarto nonas Mardi, anno primo quod
data in honore fondæ Maria: , cum fuum ccelefia- obiit Radulfusrex, Chrifto régnante , rege Iperante*
ftfoum ôc fuum privilegium , & cum fixa dota : Sig. f Dodolinus. Sig.f Radündcs >&c.
qu^ntumeumque in ipfom curtem vili fiirrius habere
îç poûidere, totum Ôc ab integrum ibi cedimus, *
cumdomibus, ædihciis, &ftiisapertinentiis, cum L X I I.
bofcis & vin eis, terris cultis. ôc inculds , omnia ôc
ex omnibus quæfitum & ad inquirendum , divifum Extrait de la fondation de l'abbaye
if. ad dividendum , quantumcumqueibideRainone chanteuse.
St de Oddonberto adquiiivimus, totum ôc ab intc- * - — •
grum ei cedimus perpetualiier ad poiïidcndum pro n Udor omnium bonorum, &c. Novcrint igi- An.? $6>
peccads noftris minuendis , fiipradidis fondis exo- a\ fur omnes tam præfontes quam etiam fimiri £?£af3'tTC,ié
ranubus: ea foilicec ratione utdumego Ermcngau- qui jn beadftimi maityris luliani Brivatenii congre- ^
D loca focraca fondæ Dei Udvenfis ecdefiæ, in
Extrait de la fondation de l'abbaye
de cbanteuge.
AUâor omnium bonorum, &c. Novcrint igi-
tur omnes tam prælcntes quam etiam fimiri
An.9$6,
peccatis noftris minuendis , iupradiCtis tandis exo- a \ tur omnes tam præfcntes quam etiam fimiri
rjntibus: ea foilicec ratione utdumego Ermcngau- qui in beadftimi maityris Juliani ftrivatenii congre-
dus cornes adhuc vivo incorpore, ufom &frudum garione liicceftùri tunr, quod ego Cunebercus præ- t,.
inmeum opus reforvo, una cum ccnlum per fingu- ^idæ congrcgarionis levira &præpofirus, exnor- usinât.
losannos. Ipfi redores monafterii de ipfam currem tanubus ôc confondencibus domino videlicet He- 707.
manfum unum inveftitura teneant , poft obitum âorenoftro decano ôc univerfis utriutque æracis jam
meum , iptâ caû-Dei vel ipfi monachi Tupradidas &&£ noftræ congregadonis canonicis , quandam
res fine uûo contradicente recipiant, &omnitem- polleftionem nomine Cantogiluin in honore Sab
pore in communia ipfos rcs teneant in alimenta yatoris noftri Dei ôc fondorum Martyrum , in pri-
fratrum. Iptàs rcs de communia frarrum nullo tem- mis foilicet Domini noftri jam didi Juliani , nec non
pore nullus poteftatem habeat exrraliendi ; il autem & altcrius Juliani cognomine Andoclieni , arque Sa-
nient ullus abba qui prarfatas rcs de communia fra- turnini, quorum duorum ibidem eccle.iæ conftrudæ
tnim abftulerit ôc ad beneficium cas dederit, po- funr- ad hoc tradouc dcinceps cgnvcrfodo mona-
teftatem habeant uxor mca ôc filii mei ipfos res re- diorum inibi exiftat. Hanc autem poftètîîonem avus
çipiendî, ôc pro anima mea dentur ad ipfos mona- meus Claudius converfus ipfo canqnicam volucrat
chos duobus milienis folidos , ôc faciam de ipiàs faccre congrcgationcm , ficut Ôf. uxor ejus de reli-
quidquid voluerint. Sane fi quis, nos ipfo immutata qlia faa pane cum fondimonialibus geftic , St quia
voluntate noftra , aut ullus de hæredibus vei propin- morre præventus eft, ita mihi pnrfocam poftêftîonem
quis noftris, aut ulla appofita vel immifta pcrlbna jlire teftamentario dereliquir, ur poft ejuteiem dit
uierit qui contra ccftione ifta ullam calumniam gc- ceftùm findo JuJiano ad Brivatenfo camobiiun rc-
perare præfumpferit *, hoc quod peut non vindicet, mancret. Sane cum ôc ego Ôc fupradidus nofter dc-
fod inluper componat tantum quantum ipfos rcs camis , Hedor videlicet, omnefoue cætcri fratres de
mdioraras valere poruerint in duplum lit redditu- iftius vitæ periculis , nec non St de tremendi tupemi
rus; præfens vero cellio ifta ad nos fada firma ôc examinis difcuftione ftequentercolloqueremur, tan-
ftabilisvaleatperdiu^re,cumftipularioneperomnem dem in huncconfonfom devenimus ut prædidum
Çrmitatem fiîbnixam. Fadam cellionem iftam fiib locum pro communi folute ad ftridiorem, id eft
diem fobbarum in menfo Julio, anno v r 1 . * regnan- monachorum converfotionem , rradexemus : & qufo
tem Rodulfo regem. S. piiiîimo Ermengaudo comité, nimimm frigefoente jam carirare,cum iniquitas multi-
S. Adalais comitillà conlènriente qui ceflione ifta pliciterinundet,6citarenimordotnrbatuscft,utjuxta
foriberevel firmarerogaverunr. S. Adalone, S. El- canonicaminftiturioncmconverfori ad integrumne-
duino,S.Genefio, S. Ugone filio Adalone, S. Er- queamus , foltemhoc nobis ante Dominum profi-
mengaudo fiatre fuo , S. Bemardo vice-comite. In aat fi illos qui reguforiter vivunr de noftro jure li 1-
Ghriftinomea Bcnedidus prefbyter rogatus foripfit. ftentemus ; præfcrtim vero hoc timentes quod ob ho-
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75 PREUVES DE
norcm domini noftri Juliani multa nobis in clccmo-
(îna tribuuntur , ne forte judex univerforum nobis
illud prophedeum imputaret, ( quod ) noftra haben-
tes, peccata populi comederimus. In hoc au tem dé¬
crète tam princeps Aquitanorum Raymundus quam
& abbas nofter & vice-cornes Dalmacius , feu ccrte
nofler epilcopus Amaldus , quin etiaiti hujus regio-
nis excellentes viri , Bertrannus videlicetac Rotber-
tus vice-comes, itemque Rotbertus juvenior , atque
Euftorgius , cum aliis quibufcumque provincialibus
ita con(ènferunt,ut non mediocriter gaudere videan-
tur : hoc equidem fuos fucceflorcs^in Dci nomme
&SS. prædid. martyr um , præcipue vero (ândilfimi
Ebredunenfis epifeopi domni Marccllini cujus glo¬
riole corpus cum alio multo SS. pignore illo in
loco præfend tempore Deo donante fufceptum cft ,
contcftantes,ut hanc noftram conftitutionem auifque
eorum in fuo tempore, fie pro poilibilitate foa def-
fêndat ut eam mulatenus inftingi patiatur. Sit au-
tem hæc oblatio primo quidem pro noftra congre-
gatione tam vivorum quam etiam mortuorum ,de-
hinc vero pro rege noftro ac fenioribus feu fupra-
didis principibus noftris , propinquis quoque ac fa-
miliaribus ; poftremo fiait in una caritatis compa¬
gnie cunda ecclefiæ membra tenemur , fie univer-
hs fidelibus profit , ut nos in fingulorum bono parti-
dpare mereamur. Tum vero lie eadem oblatio pro
anima Willelmi ducis atque nepotum èjus Willcl-
mi & Acfrcdi , 6c pro anima Claudü > Icilicet avi
mci, reliquorumque deffundorum -, cætcrum fit
fpecialitcr pro omnibus quicumquc illi loco vclha-
bitaroribus (olatium atque defenfionem præbuerint.
Si quis vero, quod abfit, huic ordinationi noftræ
contrarius fiierir, aut ad injuriant noftri & fandi
Marccllini fandorumque Martyrum prædidorum
hoc quod decemimus, immutare tentaverit.&c.Sign.
Cuneberti præpolîti & levitæ qui hanc conftitutio-
nem fieri vel adhrmare rogavit. Sign. Raymundi
ducis Aquitanorum , cui aliud niitu Dci nomen eft
Pontii.S. Quothdcalchi epifeopi. S. Dalmacii viceco-
mitis. S. Ingclbcrgæ. S. Dalmacii filii cjus. S.Bcrtram-
ni. S. Stephani. S. Rotbcrà vicc-comitis. S. Bcrte-
lai , &c. Data hæc audoritas teftamenti v. Kalend.
Scptcmb. anno primo régnante domino Ludovico
rege -, in Bafilica almi Martyris Chrifti Juliani ante
altare fandi Stephani.
L# HIST O IRE
nachis ejufdem monafterii tam præfentibus quam
futuris ; videlicet totum allodium & totum protefhr*
tivum de villa noftra dominicata quæ dicitur Tho-
mieres , cum ipfa ecclefia quæ eft fundata in ho¬
nore fandi Martini cui vocabolum cft de Jauro, &
rebus omnibus ad fe perrinentibus ; & in alio loco
villa quæ didtur Gaumus , & alia villa quæ prata
dicitur , & villam quæ Cauneta vocatur , & ilia quæ
Opinianusdicicur, & in villa quæ dicitur Tarborc-
rius quatuor manfos ; in Almiano manfosduos ; in
Carfumaio manfos duos ;& in loco qui didtur Sim-
bergas manfos duos*, in Telito manfos duos ; in alio
vero loco villa quæ didtur Opiniaco & alia quæ ’di-
dtur Carturanis ; in Condacfas manfom unum &
villa alia quæ Saliifias dicitur, & alia villa quæ Tau-
cina vocatur, & alia villa quæ Cornon didtur, &
alia villa quæ Marthomis vocatur * in Palillïndoman-
fos duos •, in Crolato manfos très -, in Bonatias man¬
fos quatuor -, in Cabanario manfos fox ; in Brailiano
manfos fox > ad Pclludos manfos duos ; in Turfo-
rias manfos quatuor; in Proliano manfos très ; &
in loco qui dicitur Riolet vincas duas dominicatas
& pr.uo uno dominicato. Damus fimiliter totum
allodium & totum pote ftativum de omni parrochia
S. Satumini.de Bilon , cum ipfa ecclefia & cum om¬
ni territorio ulque adpontcm d’Elbina: confronta-
tur ab oriente cum dominiode Sorieira s, à mendie
in fummitate montis Colim , ab occidenre in Ponto-
SilveftriaquædElbina,abaquilone rivo de Toaret:
omnis honor prædidus eft in epifeopatu Narbonen-
li. Et in alio loco in epifeopatu Albicnii in loco qui
vocatur Vetus-murcnfe damus fimiliter totum alla-
dium 6c totum poteftativum de omni parrochia
S. Qementis , cum ipfa ecclefia , cum manfo ecclefia-
ftico, & in ipfo loco manfos duos qui dicuntur
Atturrim, & alios duos manfos ad ilium qui didtur
Batpalmas. Hæc omnia prædida ego Pontius co¬
rnes jamdidus & uxor mea Garfincüs damus , lau-
damus & concedimus omnipotenti Deo , & fanétæ
Mariæ, 6c fando Pontio Tnomerienfi monafterio,
6c abbati & monachis ejufolem monafterii tam præ-
fencibus quam futuris in perpetuum , fcilicer omnes
ecclcfias& villas prædidas& totum honorem præ-
didum, 6c totum allodium & dominium, & totum
poteftativum de omnibus parrochiis jamdiébs, cum
dccimis 6c primitiis, cum oblationibus & cimeteriis ,
cum terris cultis 6c incultis, cum vineis & honis , cura
L X I 1 1.
Dotation de l'abbaye de S . Pons de Tom -
mitres , far Raymond Pons comte
de T ouloufe .
An. 9 $ 6. JT) Ege regum Domino noftro Jcfii Chrifto præ-
Archivcs de XV cipiente didicimuSi date eleemoJtnam9(^c.hÿ~
pc^,fc de tur cn*m *n nomine > ego Pontius gratia Dei
°v\ comesTolofonus,primarchio& dux Aquitanorum,
umes. f. jh. Sc uxor mea Garlmdis, propter rcmedium & (à-
lutcm animarum noftrarum , ut pium judicem di-
vinum fentiamus placatum in anguftiis noftris
cum venerit iudicarcvivos & mortuos , 6c pro gc-
nitore noftro Raimundo, & génitrice mea, &pro
confanguineis noftris 6c fidelibus noftris omnibus,
feu pro falute vivorum & requie omnium defondto-
rum fidelium , damus , laudamus & concedimus
omnipotenti Deo, & genitrici ejusS. Mariæ, & beato
Petro Apoftolorum prmdpi,& (àndlo Paulo dodtori
egregio, nec non & gloriolb martyri Pontio, Thome-
rienli monafterio, & domno abbati Otgario , & mo-
pratis 6c arboribus frudiferis & infrudiferis , & cum
nerbis , paicuis , & pafturalibus , & aquarum curfii &
recurfo , cum molendinis 6c cum omnibus paxeriis
tam depifcatoriis quam de molendinis, &fiimos
cum rivis & fontes, montes & colles & vaîles,&
mundas cumnemoribus , cum (ylvis & fbre(Hs,&
cum omnibus finalibus& mercariis&firnumjugiis,
6c cum hominibus & famulabus inde naturalibus, 6c
queftus, & albergas, & firmantias, &tallia$, &
omnes adiones, 6c fegnis, & juftitias,& omnes fa-
ty ros & leudas 6c periulira , & venationes , 6c omnes
adus , 6c quidquid in jamdido honore & in omni¬
bus fuis perrinentibus habemus , totum illud damus
Deo & monafterio prædido in perpetuum abfque
omni retentione , pro redemptione & (âlute anima¬
rum noftrarum , parenrum & fidelium noftrorum,
ut poilimus evadere gehennæ incendii flatnmas,&
pœnas &infernorum clauftra, atque conjungifon-
dorum agmini, 6c fine fine obtincre cum illis fempi-
terna gaudia , & cum Chrifto & fidelibus fuis foli¬
oter regnare fine fine per ætema fæcula. De repe-
ritione vero, quod fieri minime credimus, fi nos im-
mucata volunratc noftra, aut ullus de h«eredibu&
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77 DE LANGUEDOC. 78
noftris , aut ulla émiflà periona quæ contra hanc perfolvantur. De cætero fie locus ipfe à dominatu
noftram donationem ullam calumniam generare co- omnium hominum liber 8c abfolutus , ut neque rex ,
narus fiierit > iram Dei incurrat & contra lë teftem neque princeps , neque epilcopus, neque ullus ex
& judicem habeat, & lândos ejus exadores omnes & propinquis noftris > neque ulla quælibet unquam per-
rei defcnlbres, & fiia repetitio nullum effedum ob- ibna dominatum exercere fub aliqua occaiione ,.vel
tineat , (èd harc præfens donario firma & inconvullâ in loco , vel in rebus ad ipfum pertinentibus præfo-
permaneat omni temporc cum ftipuladone fobnixa. mat. Ad hoc aucem plcnius inculcandum & quo-
Fada donatio ifta in menfê Novembris anno dcccc. rumlibet audaciam reprimendam , omnes cpilcopi
xxxvi. divinæ lncamadonis , primo anno Ludovico qui ad dedicandain ccdefiam convenerunt , ilium
rege fodem regni ejus gubemante. Signum Pondi qui forte (quodabfit) vel monachis, vel rebus corura
Marchionis qui hanc donationem fîeri aut aflirmare contrarias exriterit fiib anathematis vinculo «noda-
rogavit. S. Garfindis uxoris ejus confendentis. S. Ra- runt. Suntaurem hi Aimericus metropolitanus eccle*
gauberd. S. Vidimi. S. Attoni. S. Matrfèdi. S. Rai- fiæ Narbonenfis, WiûndusCarcalIbnenfis , Rodoal-
LX I V.
Donation de Pons comte de Tonloufe à
l'èglife de Be fiers.
An. 93 7.
Ctmdaire de
mundLS. deAgbeno.S. Aimerici.S.Odonis.S.Atrio. dusBirerrenfis, Thcodericus Lodovenfis. Inrermi-
S. Guillelmus qui hanc cartam lcripfit rogatus. nadonem vero iftam quam prædidi epiieopi , ut di-
^ dum eft, præfixerunt, omnes epiieopi qui dehinc
ad Aulcdinenle coniîlium convenerunt, viaelicet ifti:
L X I V. Aimericus, Rainaldus, Wiûndus, Rodoaldus, Da-
goberrus, Pondus, Theodericus, Wadaldus commu-
Donation de Pons comte de Tonloufe à ni nihilominus decreto firmaverunt, & ut noftram
ïèvlife de B e fiers. conftiturionem pro amore Chrifti>& lânche genitriris
_ 6 J J ejus, atque beari Pondi fàdam nullus infringere aut
An 937 TT k andalangus donadonis vel tradirionis inquietareaudeat; comniinadonemDeiperMoyfêm
Ctnuiairc de* ^ fluem Pondo cornes & marchio de alo- illatam imprimis dicentem : MaleeUtus qui transfert
k CarbédnJe dera foum qui eft in territorio Biterrenfi, in villas terminas ; patrum forum, * id eft qui mutât hocquod
de Bcfien. quæ dicunt Boiano & Tampuniano, cum ipfaec- à quolibet proximo pic fimeirum eft , & ubicumque
clefia tota, cum celüs & (âcrariis, cimiteriis, cum per orbem terrarum lxxxii. plâlmus canitur, omnis
cafis & cafâlibus , cum terris & vineis , cum exeis 8c multitudo pûllentium illam imprecationem quæ me-
regreflîis , cum ortis & ortalibus arque oglads , cum dio plalmo continctur , contra ilium quilquis ille eft
puteis, rivis, & fonds , molinis & molinaribus , qui fimduarium * Dei poflidere prælumlèrir intor-
aquis aquarum-ve dccurfibus earum, filvis, garri- queat, ut fcilicct ponat ilium Deus peut rotam cjua
ci s; omnia & in omnibus totum & ad integrum , tam inflabiliter voluitur & pcutftipHlam ante faciem ven-
quifitum quam ad inquirendum donavit vel tradidit ti 8c cætera , quoulque impleat Deus faciem ejus ig-
Domino Deo & S. NazariofedisBiterrenfis, cano- nominia ut quærat nomen iplius, 8c licur Hcliodo-
nicifoue ejus ad ufum 8c frudum , iis ftipendiis & rusquiejuÛemDeilànduariumtemerarepræfompfic
ufibus 8c cibariis iplis canonici s præfentibus atque fi î- coerdtus refipilcat. Cæterum fi alius aliquis , cui forte
turis, pro peccatis atque offcnlionibus luis, & pro de rebus juris md partem tribuero, rem libi tradi-
anima genitori foi atque genitrids fuæ , & pro ani- tam poftidere quietus volucrir, 8c videre quam nefa-
mabus omnium parentum vel fidelium foorum. Fa- rium eft 1 i id quod Deo & fimdæ gcnitrici ejus Maris
dum andalancum iftum xvn. Kal. Februarii anno i . traditum 8c conlêcratumfuerit,immilIa quælibet per-
Sod obiit Rodulfus rex. S. Pondo cornes 8c mar- Ibna inquietarepræfomplèrit: fi ergo aliquis hoefe-
o. S. Garfindis qui hune andalancum fecimus 8c cerit, videat Deus& judicet ad cujus injuriam &dc-
firmare rogavimus. Sig. Jonus vicecomes. S. A n- (pedum res ei traditas temerate prælumplêrit , Ce
blardo. S. Amaldo.S. Rodaldo.S. Amalrico. S. Al- ergo lædcbit non me. Nam quantum ex me eft,
timirus prelbytcr. S. Ato vicecomes. ego donationem hanc ficut pro me , & conjuge mea ,
noftrilquc parendbus 8c meis fidelibusfâcio*, fie pro
illis qui loco , & monachis, vel rebus coruin adjuto-
L x V rcs extiterinr. Qui vero refiftere vol uerint, Deus illis
•refiftat etiam in præfinti, 8c in fiituro focienmr il-
Dédicacé de l'èzlifc deS.Pons deThomieres. lis ( nifi refipuerint ) qui dixerint Domino Deo , re-
ccdc à nobis , 8c quorum cervices in nihilum reda-
- T Nnominc DominiDei fommi. Notum fit on- élx font. Tu vero, ô epilcoporum epilcope univerla-
7* X nibustam regibus quam pontificibus 8c quibulli- lis papa Léo vel quicumque in fonda* Sedc ribi fiic- * 4
Bci^hie^îie bet primariorum ordinibus videltcetprælcncibus at- celliirus eft, apud te ciulâm iftam depono, ut ficut
s. Pont aux quefiituris, quod anno focundo régnante domno per apoftolicam authoritatem habespoteftatem ligai>«
Roy' 'à* Cir ^uc^ov*co rcSc ’ CS° R^'^^ndus qui 8c Pontius, pri- di atque lôlvendi , qu æfo per reverenuam apoftolo-
caffonne. " marchio 8c aux Aquitanorum , 8c uxor mca Gar/in- rum , ut prædiclo loco ac monachis nec non &ad-
v‘ estel, dis quoddam noftri juris prædium Chrifto Domino jutoribus eorum faveas 8c cos ablblvas : contradi-
90 ’ & lanctæ genitricis ejus Maria?, nec non 8c fiindlo doribus eorum ob/iftas 8c eos condemnes ubicum-
Pontiogloriofo martyri,ob cujus nomen fie 8cipfc vo- que hæc teftamentaria audoritas coram principibus
cor, ea devotione obtulimus, ut ibidem cœnobium prolata fiierit. Quifque benevolus hanc inconvullâm
fieret in quo monachi lecundum regulam (àndi Be- elle voluerit 8c monachis adjutorium impenderit ,
nedidi converûrentur. Qua de caurn etiam de Au- Dominus omnipotens,bonorum omnium diftributor,
reliaco beati Geraldi cœnobio quofilam ftatres fob det illi gratiam pro amore genitricis foæ , & hæc ipla
manu venerandi abbatis Amulphi venire foci, ex oblatio pro iplo lit ficut pro me. E contra vero
quibus & ibidem à pluribus epifiopis abbas Otga- quicumque (anduarium hoc , conrempto Chrifti no-
rius, equidem nolens, ordinatus eft. Fado autem mineaclândæ genitricis ejus, inquietare præfompfe-
lolemni teftamento prædidum locum Romanæ apo- rit , omnes malcdidioncs & comminationcs quæ in
ftolicæ fedi ira fobjedum eftè decrevimus, ut per divinalcge continentur in eumjaculentur , & quia
quinquennium deeem folidi pro recognitione ibidem noluit benedidionem elongetur ab eo , ficut Judas
*4/. proxi*
mi fui.
* 4/. res (et -
vorum.
* W. iû».
archives du
Roy à Car¬
tonne.
y- catd.
um.p. 90.
Digitizèd by LjOOQie
PREOVES DE
çroditot , Datan quoque & Abiron qui viventes
defcenderunt in infcmum , ita& ifti cumulum æter-
næ damnationis præcipites beurrant. Ut autem hæc
donatio firma &ftabilis permaneat omni tempore,
manu propria (ubtcrfkmavimus , & comprovinciali-
bus noftris epifcopis & primariorum ordinibus ad-
•firmare rogavimus. Signum Raimundi excellent! fli-
mi duds» S. Garfindis coniugis ejus. Aimcricus ar-
chipræful , Rodoaldus epifcopus > Docbcrtus cpifco-
V HISTOIRE
tifcalchi epifcopi. S. Bcmardi abbatis. S* Gcrôndi
Bituricenfîs archiepifcopi.
S. Begonis epifcopi. S. Widonis cpifcopi» S. Dal-
marii abbatis, & S. aliomm plurimorum teftium anno
1 u regni Ludovici , v. autem anno Dalmado abbatc.
L X V II.
uuulæuu ) ivüuüaiuua twucuuu» > iaa.üçuu3 . . J h I f
pus , Ugo epifcopus , Pondus epifcopus , Rainaldus change entre Bemardvicomte,& F abbaye
epifcopus , Theodoricus epifcopus , W adaldus epifco¬
pus , Wifàndus epifcopus , Dorberbus abba. S. Odo-
nus indignus abba. S. Arnulfi indigni abbatis , Sonia-
rius abba indignus , Robertus abba , Guido abba.
de Vabres.
L X V I.
déformation de i' abbaye de faint Chaffrè
far Gotefcalc 9 évêque du Puy.
Circulaire de
l’abbaye de
S. Chiffre.
V. Mobil.
4ipl'p- 5 69.
GoU. CHrifi.
mv.ed. u. i.
inftr. p
*J 9.
PLacuit atque convertit inter aliquos homines his
nominibus, Betnardo vicecomite & infantos fuos
Berengariô & Bemardo, & ex aliam partem Ramntil-
fiim abba &cunda congrégation fanddSalvatori Va-
brenfe cccnobii, ut rebus morum inter fc concam-
biare debuiflent , quod ita&fecerunt. Dedcrunt ica-
que Bcmardus vice-comcs & filii fui ad partibusRa-
mnulfam abbas > & ad fuos monachos, in pago Ruce-
nico , in minifterio Curienfc, curtem qui dicitur
Rufiniaco , in valle quæ dicitur Lendifca > quantum
An. 93 7. YN nomine Dei fummi , Amen. Notum fit om- b ipfa curtem vel in ipfbaiceBemardus& infantes fui
JL nibus orcünum gradibus tam præfentibus quam vifi funt habere & poilidere, cum ipfâecclcfia quæ eft
îuris % quod anno fecundo régnante Lodoico rege , fita atque fiindata b honore Domini noftri Jefu Chri-
eum ego Gotifçalchus , humilis præful Vallavenfis fti & fanétiStephani, cumipfo ecdefiaftico & fuum
ccclefiæ , pro meo poflè providerem derum & pie- privilegium , & cum Omni dota fua. As præfatas res,
bem, inadit defiderium b corde meo lit locum cum domibus, ædifidis,& fuis pertbentiis,& fuis ad-
fandii Theoftedi Calmilicnfis cccnobii, quod olim jacentiis, bofeis, vbeis , molendinis i omnia & ex om-
regale fait, &à prædecellcribus noftris regali be- nibus quæfitum &bquirenduni, divifum &ad di-
ncficio obtentum , & per incuriam & fæcularem eu- videndum , omnia & ex omnibus quantum adipfâm
piditatem res prafati loci male direptæ lint, & exi- cuncm ifpiciat vel afpicere videtur, totum&abb-
gente inopia teligionis ftatus inibi penitus annihila- tegrum in coilcambium dedimus , ita ut poft hac die
tetur , b priftinum , pro poflè , reftituerem fai ordi- iplï redores monafterii ipfas res teneant at poflideant,
nis gradum. Unde accitum Dominum Amulfam & faciant exbdc quidquid voluerint-, exceptisquod
de cænobio fàn&i Gcraldi abbatem deprccatus fum , Benedidus prefbiter iplam ecclefiam & fuo ecclenafti-
ut praxlidum locum in fui dominio lufcipcret, & co tencat & poflideat quamdiu vivit, ficut&Fredu-
fratres ibi regulariter fecundum normam patris Be- lus abbas prædixit. Poft obitum fuum ipfi monachi
nedidi viventes dclegaret. Caventcs itaque recidi- exinde faciant quidquid voluerint. Et b contra rece¬
vant cupiditatis rabiem fucceflorum noftrorum , af- perunt Bcmâraus vice-comes & infantes fui fupradidi
fcnfu Geilini marchionis & plurimorum epifeopo- b ipfo pago , b minifterio Reeonienfe , cune quidi-
rum, dedimus ci licentiam , ut fupra didum eft, citur Solmegiocum ipfo caftello, &cumipfâeccle-»
utmonita fandd patris Benedidi obfervent, &me- fia quæ eft hmdara in honore fandb Amantii -, & b
mores noftri Chriftum pro nobis quotidie precibus alio loco villa Spbofo , quantum ibi vifi fumus ha-
exorent , & cum noftro communi confilio , cum fac- bere , & b alio Spinofo manfo ubi Benedidus manet,
lit neceflàrium , cligant talem redorem qui illos & Pctra-levata manfo , & quantum b iftis lodis vifî
bene regere feiat. Si autem ( quod abfic ) bftigantc famus habere , b btegrum Bemardo & adfaos in-
An.^}7.
Cimilairr de
FéglifedeV»
btcu
Col©»-
ria m.
diabolo à propofito bono deviaver'int , non folum
ilia quæ perceperunt amittant , fed & illud etiam
quod nobis Dombus præftitit ut concedcrcmus ,
hoc eft Roferias cum fuis ad jacentiis , ScvillamCo-
lenticum * de communi fratrum, Camalerias etiam
fontes b concambium dedimus , ut quidquid exinde
facere voluerint faciant. De repetitione dicimus uc
fi facrit immutata voluntas noftra aut ullus de hæ-
redibus noftris faerit , aut ulla perfona qui contra
concambium iftumullam calumniam generdre præ-
&Ventreciacum cum illorum finibus, quæ benevolo fumpferit , non vindicet hoc quod petit , quantum ip-
animo tribuimus , ad noftram redeant utilitatem. Et fas rcs melioratas valere potuerint , & quod petit non
iftas res fupradidas eo tenorcconcedimuseisabhac vindicet : præfcns vero concambium ifte hrmus &
die & debceps , ut quotidie , exceptis diebus feftis, ftabilis pcrmaneat cum ftipulatione fubnixa. Fadhim
unaquaque hora pro nobis & faccefloribus noftris , concambium iftumfub die fàbbatoinmenfeDecem-
tam pontificibusquamclericis, & omnibus adjutori- brio, anno fecundo quo Rodulfas rex fait quon-
bus &benefadorit)usnoftræ fedis & ecclefiæ, duos dam , Dco imperante & rege expcâante. S. Bernar-
pfalmos flexis genibus decantent. Pro defanâis vero, do vice-comte , S. Berengariô , S. Bemardo qui con-
quando poflîbile eft , vigiliam & miflàm. Res autem cambio ifto fcribere vcl nrmare rogavit.
landli Theophredi quas noftra vel fæcularis poteftas
tenere videtur , aut beneficiario jure , ab abbate ejuf- “ 1
dem loci & monachis ibidem degentibus obtbeat L X V 1 1 1#
eo tetiore , ut quandiu vixerit, cenfualiter teneat : poft
mortem vero ipforum abfque ullacontracftdionc re- Charte du roi Louis d' Outremer en faveur
£tor & monachi ejufdem loci rccipiant. Si quis au- ^ l'abbaye de S. Pons.
rem hæc temerarie præfumpferit, tam noftra quam J
coepifcoporum prælentium excommunicatione & T N nombe fanâæ & bdividuæTrinitatis , Ludo-
æterna damnatione fe innodandum fciat, nifi refipue- X vicus divina propitiante dementia rex. Si erga loca
rit & faüsfaciendo emendare ftuduerit. Signum Go- fandlorum divbis cultibus mancipau bénéficia op-
pomma
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portuna largimur , premium nobis apiid Deum multum gaudemus & exultamus de ædificatione
ætcmæ remuncrationis non diftidimus rependi. Id- monafterii fàndi Ponrii Tomerienfîs, quod dom-
circo noturn eilèvolumus fàndæ Dei ecclefïæ fide- nus Pondus dux Aquicanorum & cornes Tolofânus
libus & noftris ram præfcndbus quam fiituris, qitod ædificavit & dotavit , abbatem & monachos ibi con-
quidam illuftris vir ac diledus cornes (eu marchio ftinicns , ut regularitcr vivant fècundum régulant
Raimundus præfênriæ fûblimitatis noftræ fuos diri- S. Benedidi : & quia in diebus noftris tam venefa-
gens legatos arque monachos , humillimis precibus bilis religiofufque locus ædificarus eft j volumus ÔC
per eos noftram deprecatus eft celfîtudinem , ur fuum aipimus cum magno ddîderio > monafterium præ-
monafterium quoa eft in pago Narbonenfe fîcum > didum docari ad fuftenrationem monachorum qui
nomine Tomerias, in honore fàndæ Dei genitricis ibi Deo ferviunt & in fùturum fêrvituri funt , ut
Marie , five fândorum apoftolorum Pétri & Pauli , tante elemofinæ participes elle rticreamur. Igituï
& beati Pontii martyris fundatum , ubi præeft dom- ego Aymericus archiepifcopus prædidus, & nos
nus Oddo abba , una cum norma monachorum canomci prædidæ fedis, bono animo & bona vo
ibidem Deo fàmulanrium, &resejuldem monafte- Juntate damus, laudamus &concedimus, ac præ-
rii quas iidem abbas & monachi tenent, & prædia fènti charta inperpetuum cradimus Domino Deo,
que præfâtus marchio jamdido loco delcgavit , & ôc fàndæ Marie, ôc monafterio fàndi Pontii marty-
prædia feu vineas ôc manfos cum omnibus fins per- ris Chrifti Tomerienfis, &domno abbad Otgerio,
dnendis tam in rebus quam in mancipiis,fub immu- ôc monachis ejufdem monafterii prefenribus &
nitads ruirione fiifdpere dignaremur; & ut preci- fiituris ibidem Deo fèrvientibus , videlicet ecclc-
bus fândæ Deigeniqâcis fuiciri mereamur, adaug- fiam S. Martini de Jaur cum capella S. Martini
mentum ipfîus loci infra fines regni noftri in comi- de Cuflâs de ipfâ parrochia> & ecclefïam fàndi
* w.Tcncr©. tatu Biterrenfi , ccdimus curtem noftram Jerra * Garcini de Bifbns, ôc ecclefiam fàndi Stephani de
cumomnibus fuisperrinendbus,cum fèrvis& ancillis. Cavall cum capella S. Mardni de Uicadellas de ipfà
Cujus peririones ratas efle cognofcentcs , animeque parrochia, & ecclefïam S. Joannis de Frayflà, ÔC
noftræ fàlutem nihilominus perpendentes libenter ecclefïam S. Pétri de Combour, & ecclefïam fàndi
eiaflènfiim præbuimus, & hanc noftram authorica- Pétri de Riols cum capella fànde Eulalie de ipfà
rem erga prædidum monafterium vel redores illius parrochia, ôc ccclc/îain S. Sebaftiani de Promiane
(ïib plcniüj ma immunitads noftræ defenfione fieri cum capella fàndæ Mariæ de Trefors, ôc ecclefïas
decrevinaus , per quam piæcipimils arque jubemus S. Stephani ôc S. Amanrii de Albania , ôc ecclefïam
• »/. fut oi- ut ipfc abbas ac monachi ibidem degenres fuit * fiib fàndæ Mariæ de Feireras , & ecclefïam S. Joannis
««• nullius judicisjpoteftate, nifi ipfîus Raimundi &ab- de Divolioia , ôc ecclefïam S. Pétri de Figueiras, ôc
b3tis ejufdem foci; fubnoftromundiburdo tud per*- ecclefïam S.Baudelii de Monte-Olerio cum capellis
maneant, ôc nullus judex publiais , vel quiflibet ex S. Pétri de Bifâno, & ecclefïam fàndæ Mariæ Ôc
judiciaria poteftate, in ecclefïas, autloca, vel agros S. Juliani de Malliaco , ôc ecclefïam S. Jacobi de
feu reliquas poflcftïones præfàd monafterii, quas in Corts. Has omnes prædidas ccclelîas ego prædidus
moderno tempore in quibuflibet pagis feu territoriis Aymericus archiepifcopus , ôc ego Petms archidia-
infra dirionem regni noftri jufte ôc legaliter poflidet , conus, & ceteri canonici Narboncnfîs fedis damus ,
atque deinceps in jure ipfîus fàndi loci divina pieras laudamus ôc concedimus Deo , monafterio S. Pon-
augere voluerit *, ad caufàs audiendas , vel freda tii fupradido , & abbad & monachis prædidis &
exigenda, aut manfïonaticos vel paratas fàciendas, eorum fucceftôribus in perpetuum, cum omnibus
aut fidejuflores tollendos, feu homines ipfîus mo- decimis & primitiis ôc oblarionibus , & cum omni
nafterii tam ingenuos quam aliosfùper terramcom- ecclefîaftico jure tam decimarum quam aliarum
manenres diftrigendos , nec ullas redhibitiones aut rcrum , lïcut unquam prædidæ ecclcfiæ habuerunc,
illicitas occafïones quæ fupra memorata funt penicus vel habere debuerunt , vel poflèderunt , vel haberc
exigere præfiimat : fêd liceac præfato abbad ejufque debent. Sic damus Doinino Deo & monafterio præ-
{ûcceflbribus & monachis res fûpradidi monafterii dido in perpetuum abfque omni retentu , libéré &
fiib noftra immunitads tuitione quieto ordine poffi- abfolutc , ôc abfque omni ufârico ; fàlvis tamen fy-
dere, quatenus iplïs ftrvis Dei Domino fàmuland- nodis deeedefiis prædidis, excepris capellis omni¬
bus , pro nobis ac regni noftri ftatu omnipotentis bus , & excepta ecclefîa S. Baudilii de Monte-Ole- . •
Dei mifericordiam fuis precibus exorarc valeant. Ut rio , & exceptis ecclefïis prædidis de Malliaco. Si
autem hujus immuniratis atque confirmadonis no- quis autan feiens contra hanc donationem noftram
ftræ authoritas majorem in Dei nomine obdneat venire tentaverit, ôcc. Fadum eft hoc donum anno
vigorem, manu propria fïibterfîrmavimus &annuli Domini ablncarnadonc dcccc.xi. menfe Augu-
noftri imprdfionc figillari juflïmus. Ginfîabertus * fto > anno 1 1 1 . régnante Ludovico rege Franco-
t cornes recognovit. Signum Ludovici gloriofiftîmi * rum. Signum Aymerici archiepifcopi Narboncnfîs,
^.rcnrniT- regis> Bonealus cpifcopus , Ruanus notarius. Da- qui hanc cartam fieri jufîït, &fidam laudavit, ÔC
t ^ a tum iv.* Nonas Augufti, anno quarto régnante Lu- telles firmare rogavit, & hoc fïgnum fàcit.f Sign.
Mou Aprli!* dovico fcreniftîmo rege. Adum apud Lugdunum in Pétri archidiaconi , & ccrcrorum canonicorum Nar-
Dei nomine felicirer. Amen. bonenfis fedis qui hanc cartam fieri jufïèrant, Ôc
fadam laudaverunt , & telles firmavcmnr. Sign.
Rodaldi cpifcopi Biterrenfïs, fSign. Guiûndi Car-
L X I X. caflonenfis epifeopi , f Sign. Thcoderici epifeopi
Lutovenfis , f Sign. Pontii epifeopi , f Sign. Rcynar-
Z)o7idtion d* \Aymeric archevêque deNar- di epifeopi, f Sien. Datbcrd epifeopi, f Sien. Hu-
_ / _ J- 2. /_• _ J. n . r. . _ :r„ _ : 2 .
An. 940.
Archive* tle
t- Pons de
I.-
ïomiere*.
Àv
r» Ma. to .
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bonne y & de Rodaldus évêque de B e fier s
à l'abbaye de S. Pons de T ornières.
IN nomine Domini noftri Jefù-Chrifti. Ego Ay¬
mericus Dei gracia Narboncnfîs archiepifcopus.
Tome IL
gonis epifeopi , f Sign. Gundaldi epifeopi , f Sign.
Wifàndi epifeopi, f Sign. Datberti abbatis, f Sign.
Odoni abbatis, f Sign. Arnulfi abbatis, f Sign.
Suniani abbatis, f Sign. Rotberci abbatis, f Sign.
Guidonis abbatis, t^ign. domni Pontii ducis Aqui-
tanorum & comitis Tolofàni , f Sign. Guarfindis
/
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An. 940.
4M.
Sj P R.EUVES DE L’H 15 T O I R.E t4
uxoriscjus, Sign. Hugonis corairis, Sign. Amaudi nus res quas Coniberms quondam prxpofîtus cæte-
vicecomitis, Sign. Sicardi vicccomicis , Sign. Ato- rique fratres fàndi Juliani pro commuai là lure,
nis, Sign. Pondi qui hanc cartam fcripfic juffii per conlênliim Ragemundi principis Aquiunonim,
przdidorum anno fie die quitus (upea. neenon & aliorura ipfius provinciæ procerura
Itam epifeoporum quain cætcrorum, prxdido mo-
N nomine Domini noftri Jcfii ChriftL Nofcant nafterio contulerant, noftræ regalicatis prxcepto 3c
pnefcnccs pariter fie futuri , quod nos Rodaldus , ex teftamento quod lâncttum eft confirmarc di-
Dei grada Biterrenfis epifeopus , & nos canomci Bi- grurcraur. Quorum pentionibus ob Chrifti fie làa-
terrenfisfèdis, bono animo& bona voluncate &in- di ejus jam prxlibari Marcellim diledioneni, fivc
tuicu pk&ris damus , laudamus & conccdimus Deo fidelium noftrorum deprecarionem , vidclicer Plei¬
ne lândæ Marix, & monafterio (andi Pontii Tome- rid Lingonenlis epifeopi, 8c Gorifchalchi Ani-
tiarum, fiedomno abbari Otgerio, & monachis ejuf- cicnfis prxfulis > Rotgerii quoque inluftris co-
dem monaftecü prxfêntibus & futuris, videlicetec- mitis noftrum præbences aflenfum, jullimus hoc
clefiam landx Eulalix de Tomeriis , & ecdefiam regale decretum fieri, in quo contirmando decerai-
fitndx Marix de Bcriano > & ecdefiam landx Marix mus & deccmendo firmamus, ut monachi prxfàti
de Geminiano, & ecdefiam fandi Pondi de Barau- loci Camoiloncnfis jam didas res cum omni inre-
(àm. Has omn^ prxdidas ecclefias nos Rodaldus gritatc tam mancipiis quam univerlis jure fibi 8c
epifeopus 8c canonici præfatx fedis damus 8c con- lcgalicer pertinentibus perpetuo pofiideant , & quid-
cedimus Deo & monafterio prxdido , cum omni- quid &c. Sign. domni Ludovici gloriolillimi regis.
bus dedrais & prxmitiis 8c obladonibus, & cum Odilo canccllarius ad vicem Hcrvei epifeopi fini**
omni ccclefiaftico jure tam dedmarum quam alia- mique cancellarii recognovic. Datum. Nonas De-
rum rerum, lient unquam prxdicbr ccdciix habue- ccmbris, indid. xv. anno autem vi. régnante Lu-
runt vel habere debuerunt , & ficut pollidcnt & dovico gloriolillimo rege in Dei nomine féliciter,
pollidere debent •, lie damus Deo 8c monafterio Aincn.
prxdido in perpetuum abfque omni retentu libéré _ _ .
8c ablôlutc, & abfque omni ufàtico vel fervido ,
ülvis tamen lynodis de eedefia fandx Eulalix de
Thomeriis, & de ecclefia làndx Marix de Bcciano.
Si quis vero contra hanc noftram donarioncm ve-
nire tentaverit non hoc valeat vindicare quod rc-
quirit,(cdinfuper admonims, nili refipuerit, & Deo
8c làn&is ejus & monafterio f rxdido làtisfecerit ,
iram Dci omniporentis nimis tremendam incurrat
LX X I.
Donation faite k l'abbaye de S. Pçns far
ait ton vicomte d'Alby.
An. 94i.
SAncirum cft longo maximoque tempore Coq-
ftannni imperaroris, ut fi quÜibet dcrc fuapro CzjV3llmk
fie cum diabolo & ejusminiftris depereat, & ana- pcccatis commutare vel donare volucrit quod in l'abbaye 4
tfaema maranata cfticiatur > 8c cum Datan & Abiron alieno jure conftitutum eft , ut fiia libeat poteftate.
qui viventes in infernum ddeenderunt fubjungatur, Igimr ego in Dci nomine Arto grada Dd viceco-
&cum Juda lfcariotqui Dcum & Dominum tradi- mes, conlilio & voluncate uxons mex, bonoani-
dit (ocictur fubitums pâmas perpétuas. Fachmi tft mo & bona voluncate, 8c pro redempdonc pccca-
hoc donum anno ablncarnationc Domini d.cccc.xu tomm meorum & parcntuiir- meorum , & pro re-
menfêAugufti anno quarro régnante Ludovico rege. dempuone animæ patris mci Bernardi & matris
S. Rodaldi epifeopi Biterrcniis 8c canon» corum Bi- mex, 8c pro omnibus confànguincislaudo, concedo,
terrenfïs ledis qui hanc chartim donationis fieri & cum nac prxftnti carta in perpetuum trado orn-
juflerunt, & adam laudavcmnt. S. dorrni Aymé- nipotend Deo, 8c fàndx Dei genitricis Marix , &
rid Narbonenfis archiepifcopi qui hoc donum de lando Ponrio Thomcrienfi monachis, & D. abbari
omnibus ecdcliis prxdidis, ficut lupradidum cft , ûtgerio, & monachis ejufdem monafterii prxfenti-
' 8c Dec & monafterio pvædido fàndi Pemdi in per- bus 8c futuris in perpemum , videlicct in epifeopatu
pttuum laudavit , & concellit , 8c hoc fignum fccit. f Albienf i in vicaria Laftrinco, totum alodium & totum
• ^.Giündi. Eufandi * Carcadènfis epifeopi. -j* S. Theode- poteftativum de villa 8c de omni parrochia fàndi
rici epifeopi Lutcvenfis. f S. Ponni epifeopi. f Sign. Salvacoris de Brucia. Dono fimiliter Deo &mona-
Eldoni abbaris. j* S. Amulfi abbatis. f S. Ro- fterio prxdido in perpetuum in alio loco epifeopatu
berti abbatis. f S. D. Pontii comitis Tolofini & du- Ruthcnenfi , in vicaria Camarenfe, in parrochia làn-
ds Aquitanouim. S. Hugonis cotniris. S. Arnauldi di Mauritii , tomm alodium & totara poteftatem
vicccomitis. S. Sicardi vieccomitis. S. Actonis. Sign. de omni territorio de Villa-nova. Eftquc feienduin
Pontii qui hanc chartam fcriplit juflù prxdido- quod eundem honorcm de Brucia dédit mihidora-
AN.941.
Camilairede
Cb intruse.
V.
Sppcr.d (dpsté
90. 2 .f> IJJ.
& fit].
mm. nus Pontius cornes Tholofcniis pro prxdido ho-
- — — - nore de (ando Mauritio quem ego dedi ci, &pnc-
fatum honorem de fando Mauritio prxdidus co-
LX X. mes jam dido monafterio in perpetuum defigna-
vit. Hxc omnia pnrdida ego Atto vicccomcs
Charte du roi Louis d' Outremer , en faveur dono , laudo, & concedo omnipotent! Deo , & fàn-
du monafiere de Chanteuse en Auvergne. £be Marix , & (àndo Pontio Thomericnfis monafte-
° rii, &abbati& monachis ejufdem monafterii tam
IN nomine (àndæ & individux Trinitatis, amen, prxlentibus quam futuris in perpemum , fcilicetto-
Ludovicus divina annuente gratia Francorum tum alodium & totam potefbtcm 8c dominium de
rex. Si locisdivino cultui mancipatis, ôcc. Quocirca pixdido honore de Brucia 8c de Villa-nova cum
omnium fandx Deiecclefix fidelium tam prxfcn- eorum percinentiis , &cum terris cultis &incultis,
tium quam fiiturorum noverit induftria , quoniam 8c cum arboribus frudiferis & infrudiferis , aun
noftræ dienitatis præfcntiam humiliter adeuntes nemoribus & filvis , herbis aimpratis, cum do-
monachi (andi Marcellini egregii confeflôris Can- mibus ficcurtibus, cum manfîs, honibus, aquarum
toilonaifis cœnobii , obnixe filx cxpedcrc, quatc- curfus ôc reairfus , cum molcndinis , paxeriis , fumos,
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«5 DE LANGUEDOC 86
& montes & valles, cum ripariis, cum frudibus Ludovici regis, ôc feniori meo Raymundo comiti ,
pafturalibus & cum omnibus feralibus Ôc vicariifi de germano meo Fredoloni , ôc filas nomen Rigal-
que arque fervienragiis, venarionibus, &cumhomi- do& Fredoloni, &: pro omnibus fidelibusmeis,&c.
nibus & fœminabus inde namralibus, &omnes ufâ- res qui finit ficas in pago Ruthenico , in minifterio
ticos, &iallias,&queftas,&albei5as,&firmancias, S.Aniani, hoc eft alode meo quæ eft in valleOliti...
& juftieias, & omnes adus j & quidquid in jam- villa mea quædicirur ilia Vemia, cumecclefia quæ
dido honore habeo totum illud dono Dco , & eft fundata in honore S. Ypoliti martyris & fândæ
monafterio fândi Pontii in perpetuum abfoueomni Mariæ & S. Johannis, vel quantum in ipfâ valle
retendone. Et de repeddone, verum quoa fieri mi- Oliti vifiim fiim habere vel poflidere, totum ôc ab
nime ac dolofe , ego ipfo aut uilus de hæredibus meis, integrum ibi cedo , excepris ilia medietate quæ geni-
aut ulla immillà perfona, quæ contra hanc cartam trix méat enet & ilia ccclefia quæ eft fundata in ho-
donarionis venerit ad irrumpendum , nifi pœniten- nore S. Privari , in tali vero rarione dum Rigaldus
dam fârisfadionis egerit , imprimis iram omnipo- filius meus vivit ufum ôc frudum recipiat, Ôcc.
ternis Dei incurrat , ôc maleaidionibus fubjaceat Cedo & condono imprimis Domino Deo omni-
quæinpfâlmis continentur, volvatur ut rota Ôc Ci- potend, ôcS. Salvaroris Vabrenfis monafterii, &
eut Idpula ante fâciem venti , impleamr faciès ejus vwâx Mariæ genitrids D. N. J. C. vel Ramnulfb
ignominia ut quærar nomen Domini, fiant filiiejus & fuifque monachis dono ad monafterium con-
orphani &-uxori ejus judicium , & cum Dathan ftruendum in ilia Vemia, ut ibi caterva congre-
&Abiron, &cum Juda traditore ininfernumfom- gent monachorum qui fccundum regulam fândi
per ardeat. Fada eft carta hujus donadonis in menfe Benedidi ibi forvianc, hofpites recipiant, pauperes
Aprilfc, annoab Incarnarione Domini dcccc xlii. recreent & pronobi^ orenc, pedes pauperum la-
anno'vl r. régnante Ludovico rege. S. Atronis vice- vent , & fi in hoc loco oblati vencrint Vabrenfis
comids qui hanc cartam donadonis manib&s Cuis monafterii, ofïerantur, & fi converfi venerint re-
firmavit, & teftes firmare rogavit. S. Frotarius epifi* guhm numquam promittanc nifi Vabrenfis mona-
copus, S. Bemardus, S. Hugonis comids, S. Dag- fterii, ôc per fïngulos annos Wabrenfi monafterio
btitgaV'S. Amalrici, Jozet, S. Andréas qui hanc periolvant fol. x. ôcc. Fada carta ceflîone ifta fob
cartam fcripfit rogatus.
L XXI I.
Extrait de quelques Chartes .
Vçts Tan
j}«.
i
N nomine Domini. Ego Rainelinus & uxor
mea ôcc. donamus fândi Salvacoris ôc ligno fân-
dæ Crucis, S. WiUelmo . . . aliquid de alode noftro
coa^tztu Nemaufonfi, in vicaria Arifenfi,
die Veneris, in menfe Sepcembrio , anno vm.
régnante Ludovico rege. S. Raimundo, S. Rigaldo
& fratri fiio Fredoloni qui carta ifta fcribere vel ad-
firmare rogaverunt , S. Jorio, S. Ugoni, S. War-
nerio, S. Bernardo, S. Sulpicio, S. Ragoni, S. Ali-
nardo. In Chrifti nomen Siginus levita j ubencc
Ramnulfo fcripfit & fobfcripfit.
L X X 1 1 I.
{ubcaftro.Excenaris in terminum de villa Rogas Ôcc. Donation d'Arnaud comte de Carcajfonne
campum unum , ôc habccipfo campus per latum de-
xtros xxvi in &pcr longum tenct:, ôcc. Fada eft
h æc donatio foria v r. x v 1 1 1 1. Luna , Kal. Januarii,
Pco régnante, Lodoycoregeu. ôcc.
& de Comminges à l'abbaye de Lestât.
MUndi terminum appropinquantc, ôcc. Quanta
obrem ego in Cnrifti nomine Arnaldus ôc Cjfnil3irede
uxore mea Arfondis, percimefcens illud ultiraum rabba>c de
An. 944.
Muxulc inca iiiicuui
Ultum déclarât audoricas Ôclcx Romana, & tremendi judicii diem, cedimus Deo&ûndo Petro L«ta:-
..o.y-r-. Çofa, fiveSalica, ut qUalifcumque homo res fiuas aliquid de fàculcadbus nodris^ hoc eft ecclefia qua:
&s sbîfAL popri^s in Dei nomen licentiam habcat donandi eft fundata in honore fândi Euparchii cum ipfo
fcî. ve) cedéndi. Quaprpptcr in Dei nomine Raimundus alode , totum Ôc ab integrum , quiftum & inquiren-
& Aimcricus cedimus vel donamus Domino Deo dum, cedimus Deo & lândo Petro vel Adazio ab-
& 6ndo Sulyio Albienfi epifcopo .... alode in pago bâte una cum norma monachorum qui fimt in Le-
Alhienfiin manu Mironiepifcopi, in tali vero ratione zarenlè monafterio, ut poft hodiemum diem ha¬
ut Mirus epifcopus Ôc Gaufbertus abbas cumclcri- béant, teneant, vel pofiideant j ôc ipfê abbas vel
cis fondi Salvii faciant ccclefiam in honore làndi alii qui poft eum ingiediendi fimt, vel monachi
Salvfi in ipfo alode, ôc fit ipû ecclefia infiia honore
omni t^mpofe in communia (ândi Salvii cum fiias
adjacentias , & cum ipfiis fines de vas meridie , adja-
centia ufque ad eutta adeurrentç de vas oriente , ad
gutta currente de aJia parte ulque ad honorem Ma-
loci illius non habeant licentiam , de Deo vel fândi
Pétri feu fândi Bcnedidi dare aut tradere in ma-
nus alienorum j Ce d femper permaneat ad ipfâ cafâ-
Dei , vel miniftris alcaris ejus , fine ullo conrradi-
cente. Sane fi quis nos , aut uilus ex hæredibus ,
iredo, de alia parte ad parrochia fanda Marriana. vel propinquis noftris contra hanc ceifionem ullam
calumniam generare præfumpferit , imprimis iram
P Rifcarum legum imperatorum ôc confulum dc-
5 * crevit audoritas, ut qualifcumque homo perfona ex
régUfc*^ de nobili omis généré res fuas in alieno jure transferre
Vibic*. volueric tam in eeelefiis quamque in aliis homini-
Jà": bus, per carras , codicillos ôc légitimas tradiriones
/. 74.
Dei incurrat, & infqper componat ad redores ejut
dem loci auri libras très , ôc ejus petitio nullum
obeineat efFedum , ôc ceflîo ifta firma & ftabilis
permaneat omni tempore cum ftipularione fubnixa.
Fada ceflione ifta in menfe Aprilio, anno odavo
licentiam habeat fâciendi. Quamobrem ego igitur régnante Lodovico rege. Sig. f num Amaldo & uxo-
in Dei nomen Raymundus perrradavi cafumhuma- re fua nomen Arfendis ôc filiis fois vel filias, qui
næfragilitatismeæ&c.cedo ceflumque in perpetuum carta ifta feribere rogaverunt, ôc manibus firmave-
c fie volo res proprietatis meæ pro remedium animæ runt. S. Bernardo, S. Sicfredo, S. Duragno,S. Bo¬
rne* , ôc prç) remedium animæ genitori meo Fre- nedido, S. Adilionc, Bcrnardus fcripfit.
doloûc, ôc génitrice mea Uddanc, ôc pro anima
Tome U. Tij
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*7
An. 94 5
Archive* d
l’abbaye de
Ounu
PREUVES DE V HISTOIRE
8ft
L X X I V.
Fondation du friture de faint Saturnin
du Port , aujourd'hui le Pont S.EJfrrit.
, y^Um in hujus fecuK laboriofà vivimr peregri-
curum dlè minime credo, egfr ip (c , quod abfic ,
auc aliquis qirilibct contânguinitatc mihi conjundus ,
vel nepos leu etiam ulla intromilïa perfona ipfius
donationis fpontancæ à me fadæ , contra jus diyp»
num invalor aiït eontradidor extiterit , & res Deo
dicacas Cn^üfquc cjus delegatas in fuosufüs tranf-
ferre conatus fùerit , primkus iram Dei omnipo¬
tentes incumf , cujus tes temerario prsefumplerit
1 naâone , intérim cum licet, dumque tempus aufu, vinculo etiam terribilis anarhemath imode-
acceptabile atquc dies falutis inftare videntur, &c... tur, omnes quoque complices ejus qui ci aflenfhm
Igitur ego Giratdus indignus archiepifcopus fcclerom præbuerint > rtiti ad emendationem pervenerint. Gc-
meorum enotmitatem confiderans , & quod eft (â- raldus epifcoptfs fiibfcripfit , Roftagnus epifcopus
lubrius illam Domini noftri Jcfu Chrifti dulcifli- firmavit. S. Bermundi > Gkardi , Hugonis, Ànrnfii ,
mam vocem dclcdans , qua ait : Omni s qui relique- Poneionis , Trutemundi , Godrarmi , Giflcftidi » RL-
rit donutmy ÇSc. & quod ipfe alibi jubet, ut red- chardi, Aremberti,Eudonis, Ermengardis,RodulfL
damus quæ Dei funt Deo > nofinctipfos profedo Adum apud làndum Satuminum publiée » meûfo
illi reddendus innuens > primo quidem juxta prædi- Augufto , anno Incantationis domimeæ a cccaxLV.
dam vocem meipfum omnipotenti Deo dilpoliii > inaicHone iuj* ont cm Ludovui regis Fr**
corum , anno XII.
* On Ht ces derniers mots dans la copie quinous a été
communiquée: mais'ils ne font pas dans l’original que le
ferc M^billon a vA dans les Archives de îabhave de
Cluni. V. Mab. ad ann. 94$. n. 77. ad. $S. Belïed.
faculp. 5-J-31*-
L X X V.
Fondation du monaflere de BürytU
dans la Marthe d'Fjpagne.
^ Ub Trimtati9 alm* honore, mmeupattas doro-
6c Filioejus unigenito, 6c Spiritui Paradito, landæ
videlicetTrinitati ofFero per abrenuntiationem fe-
culi & habitus commutationcm. Deinde fecundum
feripturæ atteftatkmem qua dicitur : divin* vtri
redemptio anime, cjus funt , omnes res meas quas in
præfentiarum habere vel poflidere videor, & quæ
mihi de paterna fiiccelïione in hæreditatem obve-
nerunt, totum &integrum ipfi omnipotenti Deo,
cui & memedpfum & landæ Dei genitrici & Tandis
apoftolis ejus Petro & Paulo fine dilatione ulla in
perpetuum trado , atque transfundo. Cluniacum
denique monafterium nujusfadi deligo atque con-
ftimo pncceptorem & vicarium , quatenus ab hac
die & deinceps domnus Aymardus abbas > qui præ-
di&i cœnobii gubernacula pro moderamine nunc, %D nus Kàmus cornes & marchio, dum refideret
Deo annuente, adminiftrat , cundique fuccellbrcs in Paliarenfis fegnis ad cadorum regem ilUdoüceil-
ejus eafdem rcs omnibus diebus regant, ordinenG fum, cumpundus (piratione divina, cæpit trttdaft
atquc ut fibi placuerit ih Tervitio Dei omnipotentis de ftam fandæ ecclefiæ. Dein cælorum patri pia
dilponant. E(t etenim ip(c locus in honore Dei & piomillione veterem peccatorum convernonem iu
venerarione B. Mariæ femper virginis & eorumdem ætemum habere beatitudinem : quia per Hieremiam
apoftolorum conlècratus, &. in pago Matifcenfi fi- divina vox nos admonet fuper vias ftàte & videre
tus, in quo fi Dcus annueric meipium, ficut jam &de femitis antiquis interroga té, &per viambona
dixi, fubordineregularimandpare cupio, quatinus ambulare , & invenietis requiem. Spiritus (ânéfi
pius Dcus innumerabilibus meis propitiari dignetut gratia compundus, per limitcm redum gradiànW *
oftenfis, picei quoque flammas evadere valeam ba- venerabilem petivit confulcum, ejulHem comitatum .
ratri , & régna cæleftia Deo propitio adipifci. Sunt ecclefiæ domnum Atonem carillimurri fratret et 0
itaque ip& res fitæ in comitatu Uzetico in vicaria mirificum pntfulcm , corde & animo illônim irt
Caxonienfi; hoc eft manfum meum indominicatum Domino compar. Salubctrimam permifit dôvôtk( .
cum omnibus appenditiis vel adjacentiis libi per- hujufcanodi allocutio iiloium , fuit fera fertüoCi^
rinentibus , id eft écclefia in honore fandi Satumini nario , quia per bonorum operum cæleftem invenit
confccrata , cum infulis quoque & villis ; Tcilicet homo thelâurum. Ego autem Ilamus pro ætctn ét
Leyracum , Melênias , Genefcanicum , excepco inibi patriæ amore ôc gehennæ horribifi timoré , eumcbft*
unomanfo quem jamdudum debebam (àndæ Ma- fenfu fratrum meorum, five filiis, atquc nobilioret
riæ ad Gorcunicas*, & quidquid in Pravidone, & fideles noftros qui in noftxa provincia confiftont>
ad Fontem, & in Colonicis, & Fabricis, & Sabainatis, dccrevi *difponere in corde mco, ut de rebils mcis
& in Patemico vifus film habere vel pofiiderC , ficut (ândatn ditaflèm ecclefiam. Idcirco offèro omnipo
per commutationem quam feci cum Almalrico fta- tenti Deo & prædido pontifici de rebus meis fto*
tre meo adeptus lum, cumomni integritate dono priis, alodem quem diednt Burgali, cum fincs^C
Deo ut fupradixi, do atque in perpetuum ofFerô terminos vel ajacenriis, cum omnia fibi pertinéntia
. proremedio animæ meæ , neenon pro anima patris adque ecclelias ibi fitas. Primitiva autem fobethe-
mei & marris ac frarnim meorum , infuper pro (a- reum clavigerum onorem làndi vocata Pétri. Jbi _ _
hire vivontm & requie omnium defundorum , oim namque funt akaria conftruda ad honorem ûndi
campis> pratis, vineis, fil vis, aquis, aquarum de- ardiangeli MkhaeUs principi , 6c fandi Johannu
cumbus,molendinis, domibus , ædificiis cum omni virgo eledus qui (upta Dominiaim recubuit pt^
integricate, &fuprapofito mobili & immobili, exi- dus. In ea videlicet ratiotiis amore , ut perpetua-
dbus 6c regreffibus , cultis Sc incultis , quæfi ta etiam liter fœrtîinco i êxu conftet monafterio. Infiipet ...
& inquifita & inquirenda ad ivùm hæreditatem afi autem ôffero conditoti pio venerabiH epifeopo
picicntia vel pertinentia , ficut d me præfenri temporc filia mea nofriine Ermengardc , ut in prædidas ec-
regitur & poflidetur : quatinus femper redores iam défias feeündom S. Benedidi régula vitam degeat,
didi monafterii & ibidem Deo famulantes abfque prôjemcores vel paruntela cum congrcgata régula
alicujus intcrpcllatione in perpemutn firmiter folide- lockKUt cimdorum 6c omnium nde*
que tcncant & pollideanc. Si quis vero, quod fu- Uum -in Çhrifto ««feftttem Vivis atque défont
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ed by CjOO^Ic
■6 M'A A-S -S <4 x.‘â S S' J» •» -3 -•»* U I A K A «•“•!! P « g ^ H 11 ■?. ï fi 6 'fl S S B h P Èu fe ~ ^ 40'» * fc-A U.%,* ~ -a -fe
PO
An. 945.
CanuJaire de
l’abbay. de
leuu
*9 DE LANGUEDOC.
veniam implorent ddiaorum. Et ego vero Aras* -wt
Del opkuJaûone epilaapus, pro amorem ledularum JN Otkia gtiaipitoria > vel quorum nomina lubtuS
dignam qrationcm , & üt à Dco inveniri merear tenemur inlerta ubique, qualiter venir Amelius-Ro-
raagoam remuncratiooem, conccdo & inconvulfi- drando, die Jovis, feria quima in atrio finéèi Pétri
biliter roaacre jubca in prædi&o loca vel ecclefias, Lezatenfïs, inprælcntia bonis hominibus qui ibidem
ad meramkum comitem, lumrao Dço & nobis aderant; id cft Araddus cornes, & Amelius-Simpli-
offectos fub £in<5li Bencdidèj régula pueEarum vel c*°>&:^dveus>&Orioliis,(S:Rodaldus-Eiripio>&
fotu fœminco perpeauliter fierct monafterio. Et Pcrculfiis, &Aro, &Benedi<ftus, Acueno, &Ber-
origo & titulum ejufdem ccclefiæ lànrii Pétri infu- randus, & Raduinus, &aliommplurimonimbono*
per nominatum Burgali abbariflam filiam prædidi n!m hominum qui ibidem aderanr , vel adfirma*.
çomiris nomine Y&rno. Concedo namque ad præ- yerunr in eorum præfentia ; fie feguarpivit Amelius
dkftam çcclefiam cum conlènfu clericorum noftro- in contra Deo & lanéto Perro Lezaceniis monaftçfiij
rum his npminibus. Ego Atto me lublcribo & pro vc* ^Paruc^e abbatc , ôc ad ipû congregatione Candi
fûmma Chrifti reverentia dono & groruito trado Putride iplàsvineas, quæconnapellebat, qui fut*
ad prædiâo monallerium conilruendum in hono- rum Oriolc > qui funt inpago Thololano io loco
rem iânâi Peiri apoftoli, omnes ecclefias quaefiint ^uæ dicunt Mome-Calvo^unde hos dies plures ha*
in valle vocitata Anani , de ipfo pontem qui cil ad buerunt rariones qupd de ïfto die in antea non f*
locum vocarum Gilardum, ad Ruilicanum autem coiuraparear, neç Ce incermircac, nec ille,necullus
vocatura Gelarennem icq foro nundignali quæ hqmo fiia voce daimntc; & qui hoc fecerit* impri*
Vulgares vocantur mercarum, ulque ad caltrum Léo- mis iram Dei incurrar , &c. Fadla guarpitoria ifta in
vulrum quem vulgares dicunt Leovorte , fivcà pon- rncn^ Aprili lûb die feria chuinta, régnante DomK
mm ipfiusquemvocantHurreXte. Omnes ecclefias in no noftro Jelîi Chri(to> Sigfnum Amelio, qui
valle nominata infra prædicla caftella fitas, ad jam- carra guarpitoria ifta lcribcre vel firmare rogavir,
di&un dornum vel abbariflam concedo, cum de- ^ manibus luis firmavit. Signum Dominico , Sig.
rimas 3c primitias vel oblationes adque cundbrum Scrvaro , S. Elilco, S. d’Atone, S. Benediâo, Ita-
illarum perrinentia \ ut tam ifta prælcns abbatifla ^us monachus lcripfir.
Ermengarde, quam aliæ fiicccflores ejus ,leeicime T3V.. w • 1 rj * • . .
vel perpetuaiieer tcncant, ^fccundum rcgulJimo- ■^Go1^fIuS 'J™™5 “ “
«mWdecrm chanono , ad proprios hufus vel ubi ^'S "**«?«* ncc mgcni0*
Vers l’arl
945*
Ütdi
voluerint digne expendendi vclpollidendi, fine ul-
lius contrarietate habeanc licentiam. Nulli liceat
cedere ntq fedare exinde vçl in aliquo criminari. Si
autem eveneric, quodabfir, nullulquehomo mente >
unproU .aur remerario ufu , concdlio vel donario jern meumpreprer remedium anr^ meœ & paens
mea cupiens inrumpere , uUp modo valear vmdi- mtl & matrl mcx & uxons meæ > & Pro
lêd propria ôc Iponranca voluntarc .... alodem quem
vocanc Urfian , ad domum Cmâx Maria* qui cft
firus fuper fluvio Urbione , inter paga Carcaflcnfc
ôc Narooncnlê, &ad Soniario abbati.... tibialo-
An.V4^
Archive» M
l’abbaye d* U
Grade.
care. Si pr^lumplcrit autem , componat auri libris
centum , Ôc maneat extorrens alliminibus laioûe cc-
clefiæ , & fubjaceat canonicim pœnam , nifi refi-
puerit per pœnitenriam dignam. Et decrevi cartam
alia uxore mea qui fuit-quondam nomine Eftuer,
ëc pro filiabus meis , ôc pro omnibus fidelibus mcis
Simpliciô & Wadamiro , ôc pro omnibus fidelibus
meis tam vivis quam defimriis. Dono igitur alodem
ad luminaria làndhc Dei ecclefiæ cancnnanda &
ff- 1 • 1 _ • r îuiiiiixuii* wuwia ci cvcxcucc cuiicauiaiiuA ex.
cpnceflion'* cum çhanorucos vel propnos cleros cfta|0des incomicaru Urgclenlê, Bcc. A&a eftKarta
«rWie nnlirj» ori mnnj rirain vtrsm -
ccclefiat noftræ ad monaftiqam degendam vitam
denuo in perpetuum maneat firma. Dono namque
ego Yfarnus in minifterium ôc ad utilitacem hujus
adfiftcrium > libros, jumentas , animalia adque peco-
ra. Hæc enim eft eorum nomina atquc numerum . .. .
Yûcnus SS. Ego Lupus SS. Regimundus fe fub*
fcriplk. Certullus prdbyter Ramiolæ SS. Fuftus
prfbytcr le fiibfcripfit. Donmolus prelbycer SS.
LXXVl
%
Extrait de diverfes Chartes des abbayes de
Le*xt & de la Crafle.
• • ’ .7
A PpropnxjtuDte mundi rernaino > &c. Quam-
obrem ego in Chrifti .nomine Gardn , perti-
melcens illud tremendum judicü dicm ccdo Deo
6c S. Petro aEqïu'd de ficûTcaribus meis, hoc eft ec-
defia quæ eft fundâtai in JiQnore S. Stephani cum
iplb alode>ttorum & abintegmm cedo Deo&lan-
Cto Perro apoftolo , vel Daniel* abbare , una cum
norma rnonachorum qui fimt in Lczadendi mona-
fterio , ôc eft iplc alodes in pago Thololâno , in ter-
minio Bocona , in villa quæ diritur Fuftiniago , &c.
Faébi ceflîo ifta in mcnic Februario an no 1*. rég¬
nant e Ludovic© rege,&c. S. Garlên, S. Aliiario,
S. Sancione , S. alio Sancione, S. Radulfo, S. Gar-
fcne , Italius monachus lcripfit.
donationis IX. Kal. Novembris anno Incamarionis
Domini d. cccc. x l v i . indictione quarra , anno x 1 *
régnante Lodovico rege. Sigfnum Majolo vice-*
comité, S. Quidbaldo, &c.
L X X V I I,
Fondation du Prieuré de S . Germier
de Muret.
APpropinquante ctenim mundi terminio & rui-
nis crebrelcexuibus jam certa figna manifeftan-
tur , &c. Quamobrem ego enim in Chrifti nomine
Radveno pértimefeens illud tremendi judicii diem, lexac.
cedo Deo & lânrio Petro aliquid de fàçülcatibus
meis, hoc eft eedefia quæ cft fundata in honore (ârufEi
Germerii cum iplb aJodo, tocum & ab integrum 9
quæftuni & ad inquirendum , hoc eft pro anima
mea , vel pro anima genitore vel génitrice mca , vçj
pro anima Attone de cujus mihi prbcelfit , vel prp
animabus fratribus ôc fororibus meis & con(ànguit
neis meis tam vivis quam Sc dcfundlis, ut rétribuât cis
lator omnium Dominus requiem lempitemam , ÔC,
ipû eeelefia jam lupiadi£ta cum iplb alodo, cedç
vel do lanefto Petro vel Aafio abhace una cura nor-
^ia monachorum qui fimt in Lezatenfi ccenobio »
quantum ego viûis lum habere vel polfidere, ut ab
hodiemum diem habeaqc^ teneant vel polfideaàr;
& non habeant ipfi abbates vel monachi fanifti Pétri
feu lùccellbres eorum qui ppft eos ipgrediwü fiuÿ
An. 5h8*
Caftuhirc d«
l'abbaye de
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:p* PREUVES DE L’ HISTOIRE 92
licentram , de Deo velânâa Maria feufenâi Perri nafterio {ân&i Joannis Bapriftae , & à Trefiniro
vcl tàn&i Bcnediâi feu norma {àn&orum, ipfum alo- abbatc , & à cun&a congrcgationc qui ibidem Deo
dem tradere aur dare b manus alienorum -, lcd fera- ferviune vel b antca (ervire dcliderant , propter re-
per -permanear ad ipfa cafâ-Dei , vcl miniftris alcaris medium animas noftras , & propter remedium pa-
e)us fmeullo contradicente. liane fi quis ego, aur ul- rentes noftros patrem & matrem , 8c Rodgario
lus ex hæredibus mois vel propbquis meis , aur ulla fratre noftro , & propter remedium animas omnium
emifTa perfona qui contra nanc ceffionem ullam ca- parentum noftrorura , & 'propter remedium omni-
lumniam genetare vel bquietare præfumpferit , im- dus fîdelibus noftris tam vivis quam defundis -, ut
primis iramDei incurrat, &c. Fada ceflio ifta b ab hodiemo die & tempore domininm perpe-
menfe Julb anno x 1 1 1. régnante Ludovico rege. tuum habcatis , teneatis, pollideatis, veftrilque pofte-
S. Radveno qui carta ifta fieri vel aflêrvare rogavit, ris dereünquatis. In ea vero ratione ut non habeatis
S. Afinario, S. Bencdido, S. Ccntullo. licentiam vendere , vcl donare, necalienare nifi b
_ _ _ _ _ ftipendia monachomm , & b alimonia pauperum.
Et advenit nobis ipfe alodes ex donarione à Rodga-
L X X V I 1 1. rio fratre meo de compararione Ugonis comids.
_ . ~ Qnod fieri minime credimus eflè venturam , quod
Donation i Arnaud comte de Carcajfonne ^ nos Jonatores , aut aliquis de filiis , vd de hae-
*y.ua,
u »*!•
■* U.
& de Commtnges , a P abbaye de
Montolieu.
An. 949-
Archives de
Vahbtye de
IrlomoUeu.
redibus , vcl fuccefloribus , aut ulla cmilïà vel (u-
brogata perfona fiierit contra hanc cartam donatio-
nis,vel contra ipfum alodem fupra nominatum ad
Fïrmiflimis feripturarum hominum cdocemur in- inejuietare aut imimpere venetit aut voluerit*, in
ftru&ionibus , ut quifquis de rebus propriis âge- primis iram Dei incurrat , & à liminibus (znOat Dci
re « facere* vel donare aut vendere voluerit, libe- ecclelia: extraneus apparent , & plaga qua Ægyptus
ram omnimodis obdneat poteftarem \ illud inviola- percull'us eft fuper iÛos veniar, ficut Datante Abi-
biliter permanente quod legis Romanæ primum ca- ron abforbuit terra , ita iUos folgure & ignis inex-
pitulum apud librum tertium fiduberrime intonat : tinguibilisabforbcat,& ficut Anania & Saphira pro-
•K./Mrr- Cum* inter tmentem atque vendentem five donan- pter cupiditatem peainiæ in corporcfunt peraifli,
definita b*c , tantummodo requirent ita illosin corpore (ènriant, fbris devaftet cos gla-
& vend! cil. dam fi mhilfr Midis , vel violent i* egit illeqmcom - dius , intus autem deterreat pavor , metulque pe-
rbfd.t, parajji M donajfe vel qui vcndicijfe probat ur ; fi nitus corruant cum hoftibus fois plaga inlanabili,
voluerit revocare qui vendtdit vel donavit , nullate - nullufque fit qui manu porrigens adjuvet illis , i
nus permittatur. Shniliter quod legis Salicæ infinuat planta pedis ulque ad vertieem capitis fint ulcéré
inftitutum : vendit 10 , e mptto , vel donatio qua per petîimo pereufli , plaga tumenti penbfli , nullufque
vim (3 me cum non fuit exorta , in omnibus habeat lit mcdicorum qui tribuat cis mcdicamen & curado-
firmi totem, Ob hoc igitur in Dei nomine Arnal- nem , pruriginc validi vaporis & diflenteria vafte
dus , & uxor mea Arundis , & Rodgarius& Odo valctuainis venter eorum rumpamr , & nemo mc-
fiiiis noftris, donatores fumus ad domum fanûi Joan- dicaminis tribuat (brbillum , fugiant femper nemine
. nis Baptiftæ Caftri-Malafti, qui eft fundatus fuper flu- fèquentc , devaftet eos famis inopia , morbus frigo-
vium Duranno *, placuit animis noftris , ica vero & ris malignitas univeriâque inopia , cum Judas Uca-
placet nullius cogentis imperio nec fuadentis inge- riotes participes efticiantur , & cum judex advenc-
nio, fed propria & Ipontanea hoc elegit nobis bona rit in uhimo die cum damnatis fiitt collocati &
voluntas , ut aliquid ex rebus noftris donare debe- cum eis ituri , & infuper auri libras ^uindedmcea-
remus ad fupradicto monafterio fandli Joannis Ba- dlus exfolvat , & in antca carta donanonis &c. fepri-
ptiftæ & ad Trefiniro abbate, & acun&a congre- mo idus Aprilis, anno decimo tertio régnante Lo-
gationc monafterii ipfius, ita vero & fàcimus. Do- dovico rege : in ea vero ratione cum Abbo filius
namus ergo alodem noftrum proprium à fupradicto Malignaigo clericus virit teneat ip(âm ecdefîara fu-
loco , cujus vocabulum eft villa fan&e Eulaliæ , cum praferiptam cum fuis decimis , & cum fuo eedefia-
ipfa ecdefia quæ eft fondata in honore (andbe Eu- ftico que hodie tenet , & per fingulos annos deco^
laliæ cum fuis decimis , & eft ipfe alodes in fubur- latione fim&i Joannis Baptiftæ legitimam refecüo-
bio Carcaflenlè in terminio Aufonenfè , & alodes nem faciat ad ipfos monachos qui ibi Deo ferviunt,
ipfe fines & adjacentias habet in fe , de parte orientis & in antca fervire defiderant. S. Arnaldo & uxor fua
adjacet in terminio de Villa-Sicca , & à terminio de Arcindes , & filiis eomra Rodgario & Odonc qui
Corncliano ; de pane occidentis adjacet in terminio carta donatione ifta feribere & firmare rogaverünr.
de Aufona , & ad terminium de villa Ermenuntis *, S. Guillelmo , S. Itario , S. Amilio, Aiftedo,
de parte meridiei adjacet ad terminum de Arfenchis, S. Elifeus, S. Amelio, S. Ugo cpilcopus dono Dei
vel terminium de Orfanelos -, de pane aquilonis ad- fedis T0I0&. Garifredusprclbitei rogatus fcripfiçfob
jacet ulque ad terminum de Alzau : quantumeumque die & anno quo fopra.
infra iftas toras affrontationes incluaitur , fie dona- ■
mus ad fopradiâo monafterio torum & ab ince-
grum , quantumaimque in ipfo alode vifi foimus
nabere & pôffidere , cum exirio & regreflio ea-
rum , & cum omne fuperpofitum earum tam quæ-
fitum quam ad acquirenàum , tam divifiim quam
ad dividendum , tam loca ruftica quam & urbana ,
cum pafeuis , filvis , garricis , vineis , pratis , aquis
aquarumve decurfibus earum ,cum arboribus poml-
feris & impomifèris, viædu&ibus vel redudibus-,
omnia & in omnibus quantumeumque in ipfum
alodem vifi fiiimus haberc vel pofïidere, totum
vel ab integium fie do namus a fupradido mo-
L X X I X.
Donation faite au monafiere delà GrafTe'%
far Ermengarde, abbeffe de Buryd
dans le comte de Pailbas .
IN nomine Domini. Ermengardis abbatüfc de
Ipem Domini mei Jefu Chrifti repofita eft fen-
tentia , ut ego qui in Chrifto credo fîmul & jara rabbiyedc»*
cum Chrifto vivo. Timeo ne humana fr^ilitas mihx
adveniat repentina mors : propter hoc cogitavi pcc-
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fi DE LANGUEDOC. s*
cala atque faeinora mea , ur fie mihi Dominus adju- quandiu diftulimus, hæfitantes de hoc quid agere-
K>r ad fuo judicio , ôc donare fado alodes meos mus : fêd inico cum univerfb clero noftro coniilio
quam habeo in comicaru Palierenfê infra terminosde & fideli populo , cum confiiio eciam & voluntace
valle Anabi , de quantum parer meus habuit& habiic D. Rayraundi marchionis & omnium clericorum at~
confènfiim & voluntatem ad Adtoroni epilcopi , mihi que fidehum noftrorum , dedimus aftcnfiim (ecun-
dedirdeipfbcaftroLeoneufqiieadiplbponreadipfo aum fuarn voluntatem in omnibus ; ea (cilicet ra-
meicadale; fie dono arque concedo aa domum (knéhe donc , ur quotidic > excepris fxrftivitatibus , pro no-
Mari* monafterii qui cft finis in comicaru CarcaC bis,& fùccertôribus noftris , & propinqui$,&om-
fenfe fuper fluvium Urbionera , id eft in locum qui nibus bencfiuftoribus ôc propinquis & adjutoribus
nuncuparur Burgali cum ecclefias fiinéh Perri & J noftræ fedis & lod, vu. plalmos flexis genibus
fanéH Michaclis & fanûi Joannis, & cum aliis ec- decanrenr pro defun&is , vel cum portîbile fiierit >
defiis, cum décimas & primidas, & oblarione fi- vigiliam & raifiàm. Et quia rempus inflabat in
delium qui ad ipfuin locum pertinent quem dicunc aua caula orarionis Romam profîcifd parabamus
dominus fcilicet Raymundus , ôc ego Srephanus epi£
copus > fimulque Petrus archidiaconus , Maganrre-
dus prarpofitus. Ingel vinus decanus cum aliquanris
aliis clerids ; Dalmarius abbas hoc animadvertens.
Burgali, vel ad corum ecclefias fiipemominatas, id
cft, in cafis , cafilicis , amis, curtalis , ortis , ortalis ,
regands vel fiipereganeis , &c . fie dono arque
concedo omnia prædiéh lândlæ Mariæ proDei amore
&remedium animæ meæ, & pro anima genitori meo fê quoque dixir nobilcum velle proficifci *, Ôc ante
& génitrice mea, &pro anima fratri meo nomine fâcram prælcntiam corporis beati Pétri apoftoli,&
Wugclmo comité ,âdftipendia monachorum &ele- coram prælentia domni papæ Agapiti, neenon Ôc
mofmapaupemm&adluminariafânâæDeiecclcfiæ epilcoporum multorum , ôc prefbyrerorum & reli-
præfatæ, &c. Facfo donatione vini. Kal. November quorum graduum, & Al berici fênaroris& aliorum
anno xv. régnante Ludovico rege. Sig.f num Ermen- nobilium mulritudine >• patefecimus defiderium no-
gardaabbanflâ qui ifta carta donatione feri & teftes ftrum de reædificatione fupradi(fti lod, & in cou-
rogavi firmare.Sig.fnum Daroni prcfbyteri.Sig.fnum fpeéhi eorum recitavimus jam diéèum privilegium.
Nambelmus.Sig.fnumOriolus.Sig.fnumAbo, &c. Quod ut audierunt tain domnus papa Agapitus
— , , ■ - - — ... -■ , ■■■■— — quam catteri fideles qui aderanr, laudaverunt &
T Y Y V dccrcverunt , ut loais ille reftauraretur in perpe-
L A A A. tuam habitationem monachorum. Sed & hoc quod
Ritabliffement du monaflere de fainte eft mine iterum inTeiac libet, fecun-
J . J Wnm rvririnnnm irensr'iki ir «fin iKK*iric HilmiflMr
Enimie en Gevaudan .
An T N nomine Dei omnipotentis qui trinus eft in per-
Archivé d * & unus e^cnua-^otum & omnibus nde-
rahbtycdes! libuschriftianistam præfènriousquam fururis, quod
Cbfo. y 1 1. * regni Ludovici regis, ego Stephanus
j «9. * p'
ivi.
dum peticionem venerabilis viri abbatis Dalmarii ac
monachorum ejus , decretum eft arque ftatutum ab
omnibus, ut locus ille jam diftus anriquirus Burla*-
tis, qui eft confecranis in honorem beatæ Deige-
nitricisMariæ , ubi requifeie corous beatæ virginis
anno vu.’ regm Ludovici regis, ego àteptianus Enimiæ, permaneat arque connftar ac providentia
ealeliæ Miraateniis epifeopus cum pro porte provi- vd fiibjcdione Calmilienfis cœnobii , quod eft fun-
derem derura ôc plcüem mihi fubjedam , confèn- datum ôc coniccratum in honore prindpis apofto-
Qenri Pecro archidîacono, ac Manfredo præpohco , lorum beanflimi Pétri, ubi beatus martyr Theofre-
Ingelvino decano , cæterilque clericis fupradiâæ iè- dus in corpore cum aliorum ianiftorum pignoribus
dis -, neenon fideiibus laids .Bcmardo ôc fratre fiio requielcic : & habeanr tam abbas quam congrega-
Hedore, Hugone& Petro fratnbus meis , Bemardo tio ipfius ccenobii prædivftum locum in poreftarem
viceconute,Caucelino,Fredelone3cjphano, Ubone, ad regendum & ailponendum fine impedimento
Bertrando, Rigaldoj incidic in cordc noftro deiide- alicujus perfonæ per omnes fiicuras hominum ge-
riura , ut locum fimdatum in honorem beatæ Dei nerationes jure perpetuo. Han c aurcm chartam vel
genitricis Mariæ , ubi requielcit corpus beatæ vir- privilegium in bartlica bcatiifimi Pétri ante fâcram
ginis Enimiæ, quod per incuriam ôc farcularem eu- ipfius tumbam , ôc coram fùpradiéta citerva, cum
piditatem male direptum erat, ôc inopia exigente fæpedi&o loco tradidimusin manu Dalmarii abba-
religionis ftatus inibi penitusannulatus vidcbatur,in tis ac monachorum ejus ad memoriam pofterorum
prilanum reftitucrcmus ftatiun. Qua de cau(i dom- fine tenus confèrvandam. Si quis vero hancteme-
num Dalmatium abbatem venerabilem virum de rarius infringere præ(ump/crit , ram noftra quam
cœnobio iandi Thcofredi dcprecati fumusenixe, ut cocpifcoporum præfêntium excommun icatione, at-
præfâtum locum in fuo dominio Iti.ciperet , Ôc fra- que perpétua damnatipne <e noverir condcmmcum
rr es ibi regulariter viventes lêcundam norrnam pa- ante confpedum jufti judicis Chrifti .... Signum
tris Benedidi lemper delegaret. Qui renuit, aile- domni Agapiti papæ, cujus au^oritate hæc charta
rens fc in rebus excraneis nolic lalrorare, vel in aire- confirmata eft. Signum e/ufdcm Stcphani epilcopL
rius poteftate. Nos autem animi c;us perferutantes Signum Gotefchalchi epifeopi Anicicnïis. Signum
voluntatem , hoc abeorelponfuni accepimus, quod aliorum teftiumdericomra & laïcorum. Fada eft hæc
nec ipfê, nec aliquis de monachis fuis in loco ilio chàrta 1 1 r . nonas Maii, fer. i i.luna vu r. régnante
pœne diruto laboracuri e/Iènr , nilï prius firmamen- Ludovico Francorum Ôc Aquitanarum r^c.
tum hæreditarium , fcüicet privilegium fatisfîrmum
ac manibus noftris roboratum , acciperer , qualiter
locellus ille per omnes fuccedentes gencrationes in
poteftate & dominio feu fübjedione permaneret
cœnobii ûnfli Thcoficdi martyris , Ôc omnes abba-
tes monafterii percuncla fuccedentia tempora habe-
rent in poteftatem iilam cellulam (ecundum (iiam
voluntatem dilponere , regerc, gubernare ôc ordi-
nare , five (êcundum Deum , five fècundum <æcu-
L X X X I.
Vente faite k Matfred , vicomte de
Narbonne.
N nomine Domini. Ego Aduvira vkidirrix fum
vobis Matftedo vicecomitc & uxori tuæ Adalaï-
cis vicecon?itifla emptores , conftat me vobis vin-
i
lum , fine uilius concraxJidione. Quod auAcntcs ali- dcrc ficuti & pa hanc feripturam vendidonis meæ ,
An. 9 5 z.
Cartulnjre He
1.» cgrhfHr«Ie
deNaxbonne.
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•VU*!
<95 HEÜVES DE UH1STOIRE
vindo vobis in comitatu Narbonenfc villam voca- pro ejus (ân&irooniis honore etiam 8c laudc arque
bulo Creixano cum fuis terminus , cum ecclefiis, &c. gloria, ejus divine majeftaris venerabilium ut noftro-
Et eeo vendirrix de prefente manibus meis recepi * rura erat cômuliflè locis , fitque acceptabile > nobif-
& eft manifeftura & nihilaue ip(o prerio apud vos que ad ejus locum locupletiflima mifericordia di-
emptoves non remanfit mdebite , led omnia mihi enum hujufinodi pii operis inliderein fydeceiscon-
bene adimpleviftis *, fâteorque vero ifta omnia fupc- feratur arcibusrcmuncrarione.Igicur quiapedftis à no-
rius nominaca de meo jure in veftro trado domi- bis quatenus eedefiam (ànâe Marie que eft in Coro-
nioac poteftate, utab hodiemo die & tempore ha- nulas cum tetris & vineis & cum orani redibicione
beacis , teneâtis , &c. . . . fi quis contra hanc venditio- fua , pari modo 8c ccclefiam failli Scephani qui eftin
nem à me fa&am pto inrumpendum venerit > &c. Bolorda , item cum terris & vineis 8c cum omnibus
Fadb venditione ifta quarto iaus Novemb. anno de- pertincnciis fuis *, fimili modo & ecclefiam fànâi >
amo fepamo régnante Ludovico rege. Sig.f Adu* hanmsque eft in Combreto cum omnibus fiiis per-
vira qui hanc venditionem fieri feci & firmavi & fir- tinendis -, pariterque & eedefiam (àndi Pétri qui eft
mare roeavi. S. Salomon, S. Audinus, S. Pondus, in Petralata, item cum terris & vineis-, verutn
in Chrifti nomine Poncius prefbyter fcripfit lûb
die &anno quo fupra.
LXXXIL
'Donation du comte Soniarius au monaftert
de la Grajfe .
ÀN.953.
Archives de
Tabbaye de
li Gradé.
etiam & villam Debuxo , & Pelrus cum terris & vi¬
neis, & filvis, & aquimolisfiiis-, fimiliter in villa
que dicitur Caflàngescafis& vineis & tcrris,&me-
diecatcm de villa que dicitur Baro(â , neenon in vigo
Adefâte terris 8c vineis ; pari modo 8c villa que dici-
tur Attofol cum omnia fua pertinenda ,pari infra co¬
mitatu Fcnioletenfè , & comitaru Redenfe , & Roflè-
lione, tue rcligiofititi ad te needum emiflàperce-
ptionis in pcf pemum concedere deberemus. Ica fane
I N nomine Domini. Ego Soniarius cornes rimeo ut à vobis vcftnlquc fuccefloribus fingulisquibufque
& paveo penas infèmi & cupio pervenirc ad indicionibus penfus nomine racionibus ecclefiafticis
premium vite eteme , &c. Proprer oc placuit ani- decem argenti (blidi .... denarios duodecim diffr-
rai mei & placet, nullo quoque fuaaencis inge- cultace poftpofita per(olvatur...de noftra meliora-
nio oc elegit mihi bona voluntas, ut de rebus meis cione (eu diftinicione indifferenter vos fine dubio
vel de eredirate qui mihi advenerit de pâtre meo & procurantes efSdarur , nullaque preterea ad dandum
rnatre , vel ex propinquicate , aut per qualicumque annue penfus i vobis mora proveniat , (èd ultto
vocedonare deoeo, quod & facio, propter amo- accionariis (àn&enoftre ecclefie apto temporc per-
rem Dei & remedium anime mee ad domum fan- folvant. Statuit apoftolica cênfura auâoritarc beati
âe Marie monafterium quod nuncupatur Crade, Pétri apoftolorum principis, fub divini judkâiob-
que eft fitum in comitatu Carcaflcnfe fuper fluvium teftationc anatematis intetdiûum , ut nulli umquam
Urbionem ; & funt ipfi alodes in comitatu Bifùldu- noftrorum fuccedomm pontificum vel alie ecclefie
nenfe vel Aufunenfe vocabulum villa Riodezari, cum magne parueque , penfus ipfe prenominari lociàpo-
ipfàs ecclefias fàn£h Maria , & fànéli Pétri, & fancli ceftare & dicione jam fati monafterii auferre prefu-
Joannis , & làn£li Andrte de villare Aliaris, cum ipfàs mat. Si quis autem temerario au(u magna parvaque
condaminas quod Giafredus mihi vendidit , & alia perlbna contra hune noftrum apoftolicum preco-
ecclefia fimûæ Margarita: cum décimas & primicias prum agere prefumpferit , feiat fe anathematis vin-
& oblaciones fidelium & cum ipfomanfo, &cum culo innodari , & à regno Dei alienum, &cum
ipfàs terras quod dedi ad prediâum locum fàndb omnibus impiis eterno inccndii fupplicio condem-
Maria ficut in dotera ilÜus ecclefiæ commémorât natum. At vero qui obfervator exftiterit precepd,
&c. & dono adpredi&am domum fan&æ Mariæ gratiam, atqucmifèricordiam, vitamque etemam â
Craflæ & domno Witiza abbati & monachis præ- mifericordiflimo Domino noftro confeqni mercarur.
fentibus& futuris ibidem Deo fervientibus, & exo- Scriptum per manum Leonis (criptorisfandeRo-
rare delcdent prome & pro uxore mea & profiliis
meis & filiabus, &c. Fa£b karta donacionis 1 1.
Kal. Julii anno ab lncamatione Domini dcccc. lui.
régnante Lodovico rege. Sigf num Soniarius cornes
qui anc kartam donacionis fed & teftes firmare
rogavi. S. Alaricus. S. Ratfrcdus. S. Borrebus , &c.
mane ecclefie in menfê Oâobris indiûione xiil
| Bene valete.
L X X X I V.
AN.954.
L X X X 1 1 1.
Bulle du pape Aytpet en faveur de Vab~
baye de S . Martin de Lez^
AGapitus epifeopus fervus fervorum Dei, 'Se*
gano religiofo abbati venerabilis monafterii
Charte du roi Lothaire en faveur de P iglife
du Puy.
1
Archive* de Martini que vocatur Lenis , qui eft in ripa
«kNaibonae. de fluminc Atace in valle Bolicarnea, & per eum
in eodem venerabili monafterio in perpetuum. Cum
1 /-ii* i:_ ■ /ta.* _ _ _ /*
N nomine (àndbe 8c individuæ Trinitatis, Lo- AK.95 5*
tharius (upemi regis præordinante clementia, Archi vo«ie
rex Francorum. Si fanâæDeiccclefiæfubvcnientes, JegUe àx
concedimus aliquod honoris & reftaurationis do- fi
num , nec non & ipfis qui in ea debent morari ca- »44
tholicis, pro ftatu régis Jefii Chrifti cum (ân-
âorum iphus clementiflima interceflîone illius dé¬
mentis devoti debent efflagitare, porrigimusnoftræ
celfitudinis manum ne opprimantur quorumdam
j
■j:
magna nobis follicitudine infiftit cura pro univeriis violentia inlcgaliter & injufte , nobis id tempora-
ecclefiiis ne aliquam necelfitatis jaûuram fuftineant, licer ad honoris augmentum 8c aeremalitcr tenemus
(èd magis proprie utilitatis (bpendia confèquantur. firnûflime profucurum. Quocirca notum fore volu-
Ideo convenit nos paftoralis tota mentis integritatc mus aindkis (ànftæ Dei ecclefiæ fideübus & noftris
procurare & fedule eorum utilitatum fiibfidia illis præfentibus (cilicet& futuris, qualicervenicns Godef*
conferre, ut Domino noftro omnipotenti id quod calcus Anicicnfis (èu Vallavenfis eedefise epifeopus
nobis
\
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97 DE LANGUEDOC. 98
nobis per omnia devotus , noftram expericrit cclfi- & pro beau Ponrii amore & cunda congrcgadonc
tudinem ac benignif (imam voluntarem , ut ecclefiæ , monachorum loci illius , exinde reliquit , lcd ôc con-
cui Deo ordinante dignofcitur præftHere , ex rebus finmvic iftam (cripturam guarpitoriæ & fecuriratis
regii juris à prædecelfore noftro rege Rodulpho concra ipfum fàmulum & contra ipfos femulos Deo
ecclefia; digne collacis, faventibus fibi inclytæ co- ibidem fervientes , qui de hoc die in antea non re-
mitiflæ de amicæ noftræ Hadvidis , Hugonis ducis quififlèr , nec interpellaffet amplius ipfam medieta-
Francorum uxoris, petitionibus accrebcrrimis poftu- rem de ipfom alodem, nec ip(b . . placito, nec in alio ,
Iadonibus,renovadonis noftræ præcepto fâceredign^- nec in •nitorio , nec hodie , nec ullo umquam tem-
remur. Cujus peririoni benignum præbentes aftèn- pore, neque per legem, nequeper juftitiam, ne-
fiim regium morem fervantes, hoc præceptum im- que per ingenium. Et Ci quis eft qui hoc feceric, auc
municaris fieri juflîmus >.concedentes ei omnibufijuc iftam (cripturam irrumpere voluerit , maledidionem
focceflôribus ejusomnem burgum ipfius ecclefiæ ad- Ananiæ & uxoris ejus Sapphiræ fobjaceat , Sc quod
jacencem, ôc univerla quæ ibidem ad dominadônem périt vcndicare non valeat , & infoper adimpleat ip-
& poteftatem comitis pridem pertinuillc vife (iint y Sus loci monachis auri libras .... & in antea ifta
forum fcilicet > teloneum , monetam ôc omnemdi- feriptura femper in omnibus firmis & ftabilisper-
ftridum cum terra & manfîonibus ipfius burgi. Ec maneat. Adum Narbonæ féliciter amen. S. Udal-
ita deinccps hæc noftri præcepri audoritas, quam guerii quihanc guarpitoriam firmavit &firmarero-
pro noftro remedio animæ noftræ, five partis no- gavit. S. Richildis vicecomiciflæ , S. AInulphi,S.Pon-
ftri Ludovid, ac parenrum noftrorum prædeceflô- rioni, S. Aymerici archiprariûlis. Alguerius nota-
rum , ûndæ Dei genitricis ac perpetuæ femper vir- rius fcripfit.
ginis Mariæ ecclefiæ prædido ponrinds commilIæ,fir- - - — —
L XXX VI.
Donation faite à l'abbaye de S. Chaffrè .
NOverint omnes quod anno ab Incamarione ^ ^
Domini d c c c c lv. præfidente Golfaldo * cpiC
copo «5c abbare monafterio B. Pétri apoftolorum priji- “ af*
cipis ,ubi corpus bcatjTheofr edi pariterque S. Eudo- s. Chatte.
I. ----('i - - 1 _ ! mm Wtl.ltf* * Ut» (jQ<lcC"
miter concedimus arque inviolabilirer dcinceps ica
confervetur , ut nullus cornes, auc judex publicus, aut
aliqua fæcularis poteftas ibi aliquam audeat exadio-
nem faccre, neque manfionaticos , neque padiones,
nec aliquas redhibiriones exigere fine voluntite aut
permilfione epifeopi qui ipfam tenuerit etdefiami
led omnia in poteftatem epifeopi redigantur , ut om¬
nia ipfe , prout rede fibi placuerit , ordinet, teneat,
arque poftidear. Si aurem aliquis hæc ftatuta indigne nis ejufecm primi abbaris requiefeunt cum mulris
violare præfumpferit, ac Dei omnipotenris demen- aliorum beatorum'pignoribus, quidam vir nobilis
riadc(perarus,audaderacpra:fomptuofeinfrcgerit,ju- nomine Stcphanus dédit manfos vu. in loco qui
ris privilegio apoftolico femper (ït damnatus , & cum dicitur Legcrnaco ; quantum ibidem vifiis eft habeie
Juda procutorc Domini portionem habcat perpetuali- & poftidere, totum celfit fideliter & obculic : in
terexurendus, &lit anathema maranhata , &àcon- alio quoque loco in villa quæ dicitur Porccllcrias
fortio fidelium exclufos, Ôc in pœnis infem: æterna- unum manfom ,& in alio qui dicitur Raditias unura
liter exiftat concrcmandus. Ut autem hæc audoritas manfom, ôc in villa quæ dicitur Lacus unum manfom»
firmior arque credibilior habeatur , ôc à fidelibus qui font fimul x. manfi cum omnibus adjacentiis fois,
(ândæ Dei ecdciiæ futuris temporibus diligenrius Rendent autem ipfæ res in pago Vivarienfi, in vica-
conferverur, annuii noftri impreflione fubter jufti- rialflktcllcnfi,infopradidisvillis; hæc omnia dédit
mus figillari cum anagrammate noftri nominis de- præfàtus vir Domino Deo fendoque Theofiedo pro
cerner adferibi.Signum Lothari; Francorum regis glo- redemptione ànimæ fuæ, ôc genitoris fui Iderii,«5<: ge-
riofi. Adum Lauduno Clavato, anno primo re- nitricis nomine Arfendis. Fadafunc hæc menfeDe-
gnante gloriofillimo regeLothario vi I i.ldus Mar- cembri feria iv. indiclione x 1 x i. concurr. vi.
tii indidionc x 1 1 1.
L XXXV.
Plaid tenu à Narbonne .
Lxxxvri.
Echange fait à N ifm es fous Bernard
vicomte , &c.
An.
- \T Otitia profeflionis feu fecuritatis five guarpi-
f* i\ toriæ quæ fuit feda Narbone civitate (ub die
Carrulaire de
l’abbaye «le S.
Pûiu,qm‘ «oit
«"trefou aux
a'chivct da
Jomune du
J01 a C.re*T-
foone.
î* X toriæ quæ
Kal. Maii , anno Incarnationis Dominicæ dcccclv.
& anno i. quo Lotharius rexcœpit rcgnarc. Qua-
liter ipfo tempore venit Udalgarius hic ôc interpel-
lavit medietarem de ipfo alode quiincomitatuNar-
bonenfe , in locum quem vocant Geneftar ... ad
monachos S. Ponrii. Illi vero rc(jx)ndentes dixerunc :
ipfùm alodem Alferius ad dicm morris (îiæ nobis do-
navit, & feripruram inde fecit , ôc habemus certes &
authores de ipfe medietate de ipfom alodem uxorem
fiiam, «&filios, & elemofinarios fiios. Ad conftitu-
tam vero diem convenerunt in Narbona civitate
ante Aymericum archipræfolem ôc Richildem vice-
comiriftam y ôc venerunt elemofinarii quondam Al-
pharii defondi, ipfe medietate de ipfom alodem
contra Udalgarium, ut quando mortuus fuerat Al-
fârius ipliun alodem retinebat per feripruram geni¬
tricis , led & legalcm poteftatem exinde habebapt. Et
ut vidit& audivic Udalgarius, proptcrhonoremDei,
Tome //.
v
Ox legum & juris decrevit lex «&: audoritas,
ut quaiis eft emptio talis Ôc commutario ; em- An. 9 5
ptio & commutario fimul obrineant firmicatem.
Quamobrem ego in Dei nomine Bligarius , ego To^’ufc (ù,
commuto tibi Auritio& uxori ruæ Inginilde aliquid 4- n. 4*.
de alodem fendi BatidiÜi qui eft in territorio ci-
vitatis Nemaufenfis , in terminium Age Ho ubi vo¬
cant Odennofoperiore; ibique commutto vobis pe-
ria de terra culta qui ab prolongo de uno latus
dexrros cc 1 1 r r . prolata , de uno fronte abec dex-
tros x x 1 1 . de alio latus habet dexrros c l x x x x v r .
&c.Etad hæc contraria recipimus pro ifta terra fopra-
fcripra fol. xxx. ôc alia terra in opus S. Baudilii, «5c una
petia de terra fobtus Odenno fobreriorc , in loco ubi
vocant fobtus Foflàlobaria , ôcc. ôc pro iftos excam-
bios fopraferiptos ôc proiihconvenicntia debetBlit-
gerius hicerciolvi ad vicecomitem Bernardo, & ad
vicecomiriffem Gauza, & ad Bemardum cujus erat
Si quis contra hanc commutatione ifta a à
G
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* Mit 8c-
«uadov
VV PREUVES DU^HISTOUE ioo
irrumpendura vénerie , aut nos aut fuccellbres noftri Unde ab hodierno die, & propter diâum pretium
mquietarevolucrit,componat vobis omnia ifta fopra- 'hoc, habcas, teneas, pollidcas, tuifque pofterk
fcnpta meliorata dupla, 8c in antea commutatio ifta derelinquas , #vel quidquid exinde focere volueris
firma & ftabilis permaneat omnique rempote. F aâa libéra 8c bene firmiftima in omnibus habeas pote-
commutarione ifta die Lunis v. Idus Junii, anno* ftate ad faciendum. Sane vero, quod fieri minime
credimus eventurum , quod fi nos tibi venditores
aut aliquis de filiis aut hæredibus mcis , aut quifli-
bet homo , apporta vel fubtogata perfona qui con-
quod Lotarius rex cepit regnare. Siemim Bligerius
qui commutarione ifta firmavit ôc firmare rogavit.
». Rcginaldus , Robaldus , Martinus p*<byter ,
Ermengarus prelbyter , Ylimbardus prcfbyter, Ra-
?:
cra hanc acta ifta venditionis venerit per inrumpen-
mirius prefbyter , Genefius prcfbyter fcripfit liib die dum , aut nos venerimus > in duplo dbi componerc
& anno quod fupra.
LXXXVIII.
Donation faite k Frotaire évêque, &
À Bernard vicomte d’ Alby fonfrere.
Cartulaire du
Chat, de Foix
caille is*
An. 9 5 7. * N nomine Domini noftri JefuChrifti. EgoSe-
± negundis & filiis fuis Iraclus , & Alchcrius, &
Odombclus, 8c Ugo donamus Froterio epifeopo &
Bernardo fratri fuo ipfo caftcllo quod clamant
Turre , de ilia pane quod nos ibi habemus & habere
debemus mcdiçtatem vobis donamus Froterio &
Bernardo ad proprium alodem *, & eft ipfe caftellus
in comitatu Ruthcnico in parochia fonûi Amandi
de Campo-bello. Ipfo cafteûo 3c ipfas turres , 8c ipfo
fbreia quæ hodic ibi eft & in antea foûa erit il
faciamus , 8c in antea ifta caru venditionis firmis &
ftabilis permancat omnique tempore. Faâa carta
vinditionis ni. Kal, Dccembris anno un, rég¬
nante Leutario rege. Sig. t Arfindes comitifta, Sig.f
Rodgarius cornes qui carta ifta vinditionis fedmus,
& à bonis hominibus firmare rogavimus. Sig. f Do-
done , Sig. f Aigulffo > Sig. t Odilone , Sig. fStef-
fano, Sig. f Ranfrcdo, Sig. -}■ Jordanc , Sig. ^ Aie-
cario. Ariprodus rogitus feripUt fub die Ôc anno
quod fupra.
xc.
Extrait de divetfes Chartes .
An. 9 5 S.
ANno DccccLvixi. trabcaôonis Domini,
indiâione i. anno ii. régnante Leuthcrio Camümde
donamus vobis ad proprium alodem. Et ilia dom- Francorum rege , xv i . Kal. Novcmb. Aymericus pci-
na quæ nominant Bliccardis , mulier Raimundo ma* Narbonæ archipcæfol dat in comitatu Nar-
Scodacano, & filiis fuis Pondus 3c Bemardus, do- bonenfo in loco Amlcduma alodem foumB. Paulo
namus vobis Froterio & Bernardo de alia medietate Chrifti confcflbris prsenominaræ civitaris patrono ,
quod nos ibi habemus 3c habere debemus > ipfom 3c canonicis B. Pauli. Sig. Leotardi abbaris, 8cc.
medietatem de ipfo caftcllo ad proprium alodem. Fada eft carta guarpitoria in menfe Aprilis , anno
An. 958.
Archiva de
Fada carta donatione ifta in die feria fccunda , idus iv. régnante Leutario rege, ab homine nominc l’abbaye de
Aprilis , luna o&ava , régnante Autarico rege. S. Se- Teuduardus qui veniens in pladto anteccdcfiam S. Momolku’
negundis, S. Iraclius, S. Alcherius, S. Odombclus, Martini, in præfentia bonorum hominunr, ideftGi-
S. Ugo, S. Bligardis, S. Pondus, S. Frotardo,
S. W’illelmo, S. Bernardo, S. Begono > S. Bernar¬
do, S. Raimundo Alcherio, S. Raino Rigaldo.
LXXXIX.
Vente faite par Arfinde comte(fe , & fon
fils Roger /. comte de Çarcaffonne.
An
Archive* du
Prieuré de
Camon.
. 957. T N nomine Domini. Ego Arfcndes comitifta, &
hive* du X filius meus Rodgarius cornes venditores fumas
nos tibi Gilaberto vicario .... alodem noftrum pro¬
prium quæ habemus in pago Tololino in vicaria
Colicnfe , in terminio vel in villa quæ dicitur Chei-
rano , terras cultas 3c inculras , vineas , manfioncs
coopertas, cafoles, hortos , hortalcs, verdagaras,
çurtes, pratos, cum pafeuis , rivis , garricis , tam
quxfitum quam ad inquirendum , tam divifum quam
ad dividendum , tam loca ruftica quam hurbana.
Afrontariones habet ipfo alodes, de pane altano aja-
cet in territorio Ardemando vel fonûi Saturnini *,
de mendie a|acet à fonéri Salvatoris vel Agalos, de
orra ajacet à rivo quæ dicitur Vidczols-, 3c de aqui-
k>nis ajacet à Pojomitano vel à Sonnago: quantum-
cumque infra iftas quatuor affrontationes includunt,
lie nos vinclitores fumus tibi omnia 3c in omnibus
quantum hibi vifi fumus habere vel pofïidere , pro¬
pter prerium quod inter nos 8c re complacuit atquc
convenit in aacrato 3c definito folidos C. quod tu
emptor nobisdedifti, & nos vindi tores de præfenres
manus noftras recepimus Si nihilque de ipfo prerio
apud te emptor non romande , & eft nanifeftura.
An. 9 5 9.
labeno vicario Sexaeo , vel in præfentia Mirone
filio Adcmario qui fuit quondam , Rodaldo abbate ,
Rodftagno clcrico , &c. qui ibi aderant , guir-
pivit Trefiniro abbati , 8c cunâæ congregationi fan-
£ki Joannis Baptiftæ Caftri-Mallafti cœnobii , alodem
in comitatu Rcdcnii, in vicaria Tclienlc, cujus eft
vocabulum Cailiania fivc Arbuxello fivc Vairono,
3cc.
I N nomine Domini. Ego Matftedus vicecomes &
uxor mca Adalaiz venditores fumus tibi Aymerico
archiepilcopo Narbonæ emptore. Conftat nos tibi £h
vendere ficut 8c per hanc foripturam venditionis no- draiedcNu-
ftræ vendimus tibi , in comitatu Narbonenfe villam boft#e'
vocabulo Crexano cum fuis terminiis, curaecdefiis
qui in ipfo villa font fundatas*, id eft fonfti Michaclis ,
8c fancti Martini, cum ccllis 8c focrariis, cum ded-
mis 3c primitiis, 3c cum cimeteriis, 3c cum terris,
& vineis, & imiverfo quæ ad ipfas ecclefus perd-
nenc, & ipfo turre cum cinfto 8c vallo. Vendimus
tibi alium noftrum alodem quæ in ipfo villa vel in
ejus terminio habemus, qui nobisadvenit ex côm-
paratione , vel ex traditione Adoiræ fœminæ *, id eft
caiis , cafolicis , 3cc. Faâa feriptura venditionis &
traditionis x. Kal. Mail anno Verbi incamad dcccc-
lviiii. anno un. régnante Hlotàrio rege. Sig.
Matfredi , S. Adalaiz qui hanc cartam fecerunt 8ç
firmare rogaverunt, S. Albioni, S. Barnardusepil-
copus , S. Soniefredus cornes, S. Poncioni, Sig. - -
Rodaldi, S. Amalrig, S. VolveradiP.
An. 9 5 9.
J N# nomine Dotai ni. Ego Ato Radveus 3c uxor
noftra nomiae.Gaslindes dcfilitf ooftec nomine... Mgowüm.
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Vers I an
9)9-
CartulairetJc
l'abbaye de $.
Chadre,
101 DE LANGUEDOC ici
donarorcs fumus ad domum fàn&i Joannis Bautiftæ prædiûum Gairo, ut darent ei fèvum ducentôrum
Caftri-Mallafti monafterii, qui eft litusfiiper ttuvio modiorum, &omnes alodes quos habebant in co-
Duronno , & à Trelmiro abbate , & à cun&a con- mitatu Narbonenfe tcncret inBajulia, & de ifta con-
gregatione ipfïus monafterii, donamus nos alodem venientia, exceprus ipTam cartam quod fa&am ÔC
noftrum proprium qui nobis advenit ex alode pa- traditam habebant ad præctdum Gairo , extraxe-
lenrorum noftrorum , & eft ipfe alodes in pago runt fe. Et quia prædiÆ comices cxrraxemnt fe de
Tholofàno, cujus vocabulum eft Orlando, cum ifta convenientia, tenuic cartam pignorationis quam
ipfii ecclefia quæ eft fùndata in honore fân&i Pétri , ille receperat de jamdidis Ebreis cum ipfum alodem
Ôc cum ipio bofeo quæ vocant Solano, &c. Fadb de Magrinnano & de Cugciaco cum iplode Amen*
carta iftainmenfe Junio, anno v. régnante Leuta- nolcla, &prædi<ftus Raymundus cornes, ad fuum
rio rege. S. Atone, S. Garfindcs confenticnre qui obitum dédit fàn&o Jufto & Paftori partem quam ha-
carram iftam fècimus ôc firmare rogavimus. S. Ar- bebat in prædidhim alodem de Magrinnano & de
findes comitiflà, S. Rogerio comité, S. Bertranno, Cugciaco, ôc propter hanc donationcm Ermengàu-
S. Itario, S. Barnardo, S. Amelio qui fiimus fide- dus archiepifeopus tenuit&poflcdit prædiéhim alo-
jullores de ipfiun alodem, S. Godafreaus (àcerdos qui dem quamdiu vixerit , & ipfam tertiam partem quam
hoc lcripfit.fub die & anno quod fupra. Raimundus habebat in Amennolela vel in vülulis
circum circa fibi fubjeétis , mifit in pignus ad prædi-
j Acro-Cmâx Dci ccclcfiæ Calmiliacenfis moTia- &um Gairo propter modios viginti de annona
ftcrii quæ eft conftru&a in pago Velavenfe in vico cum fuo lucro ; & propter hanc pignora incurrit in
Amnoricenfe , quæ eft confecrara in honorem fàn&i poreftatem Gairo , &c prædi&us Gairo dédit præ-
Pétri & Cmdi Martini , ubi fândhis Theosfredus didtum alodem ad Ermcngaudum archiepifeopum
martyr humarus, ôc (indus Eudo & fànctus Fortu- ab integrum : in tali conventuni , ut dum viveret
natus, & duo Innocences ibi in corpore requief- Ermengaudus teneret ôc poffideret eum, & poft
cunt , ubi domnus Wlfàldus abbas fiipcr ipfàm fuum obitum remanerct ad Raimundum hlium
congregarionem Deo famulantcs pr^efle videtur. Gairo , & fuit mortuus Raimundus anreqtiam Er-
Ob noc ego in Dei nomine Guilîeknus ôc frater mengaudus, ôc prædidus Raimundus dédit prædi-,
meus Armandus cogitamus de Dei mifericordia vel âum alodem ante fùum obitum ad jamdiâum Er-
de æterna Chrifti retributionc , pro remedio ani- mengaudum archiepifeopum , ôc Ermengaudus ar-
marum noftrarum & genitoris noftri atquc genitri- chiepiicopus dédit prædidum alodem fàn&o Jufto
cis, vel pro remedio animarum fratris noftri Gri- ôc Paftore.
maldi ;propterea cedimus vel donamus ad fupradidbe
jam ca(æ-Dci aliquid de rebus noftris , quæ nobis
ex hæreditate parentum noftrorum legibus obve-
nere. Rcfidcnt autem ipCx r es in pago Vivarienfî ,
in vicaria Pratellenfc , in villa quæ clicitur Efcolcnco ;
hoc eft in eccltfia quæ eft confecrata in honorem
fândi Andcoli martyris, ôc quantum ad iplam ec-
clefiam afpicic vel afpiccrc videtur, totum Ôc ad in-
cegrum ccdimus vel donamus ad jam fupradiélam
eeelefiam fine ulla conrradiaione. Sane fi quis
&c. Fa<fta carta ifta elecmofinaria feria v. menfe
XCII.
Donation de la comtejje Êerthe au
monaftere de Montmajour .
G o in Dei nomine Bcrtha comitiflà , cogito de
anima mea ôc Tenions mei Raimundi ôc filii mei An. 960*
Raimundi. Dono res proprictatis mcæ S. Maria* ôc S. Archive? c^e
Pctro monafterii infula Montis-majoris, &fi*atribus
januario, anno d. c c c c. . . . régnante Lothario rege. ibidem Deo famulantibus. Ex rebus quæ mihi legibus v . J
S. Guillcrmo ôc fratre ejus, S. Armando, S. Gui-
done, S. Ifiiardo, S. Landagario, S. Mccganfredo,
S. Avitê.
9*0. a»
X C I.
obvenerunt ex pane avuncnlimci Ubonis regis in 3J
regno Gociæ incomitatu Suftantioncnfi , dono vil-
lam indominicatam quam vocant Candianicas cum
mnnlb indominicato , & ecclefia (ànûorum Colmæ
& Damiani aim omnibus appcndîciis vel quidquiti
ad ipfàmvillam afpicit, videlicet cum fervis ôc an-
cillis utriufque (exus; villam quæ vocatur Bernatis
Vers l’an
5>55>-
Effarement fait par slrfinde comteffe de rcS f = & çeelefiam CmOT Johannis vel
Carcaffonne , & [es fils les comtes Odon adipûmvillam ^ pcrt.nct-, &inIocodicto
, nu/. iin • . Mamnuamcis res & mancipia, vdquidquidad îllam
£?• Raimond , des alleus quils av oient villam pertinere videtur, mancipia fèrvos &ancil-
dans le comte de N arbonne. las in villa Magalonenfc, ôc alias jes quæ dicunrur
Poflelliolu^, Ôc quidquidibi poffideo, villam Porcia- t
HÆc eft commemoratio de alode SS. Jufti & nus, manfiim, eeelefiam fànâi Pétri, Ôc mancipia
Paftoris de Magrinnano , ôc de Amennolela. cum fuis pertinentiis. In regno Provinciæ in comi-
'Cinuiairc de In primis ipfum alode de Magrinnano &deCugcia- tatu Friuüenfi airtem Valignatis & quidquid ad
ScNaiWncC co> (]lianrum ‘n P^didis villis habebat Arfindis illam alpicit cum fervis &ancillis; in comitatu Re-
comitiflà cum filiis fiiisOdo &Raimundo miferunt genfi villas Crocium ôc Vermiliumcum fervis an-
in pignus ad Ebreos Sabrono ôc Barala propter fôli- ciilis ôc appendices ; in comitatu Vapinchis vii|as
dos mille. Poftea Gairo haBuit convcntum cum præ- dominicatas Molion , Dianovam , Callulus , Lu-
didlis comitibus Odo ôc Raimundo , ut jamdidus nateis, & Caricampu s cum manfis, mancipiis, fer-
Gairo redimeret prædi(ftum alodem de Magrinna vis ôc appendiciis earum ; eeelefiam fànéb Pétri cum
& de Cugciago de jamditftis Ebreis propter (olidos villa Mamcnno, neenon rebus & mancipiis ad eam
mille, ficut ôc fecit ; & quia Gairo redemit prædi- pertinencibus , valiem Cortrinciam ôc quidquid in
âum alodem , dederunt ci quantum habebant in ea poflideo; in comitatu Vafîonenfi, currem Ca-
ipfum alodem de Amennolela, vel aliis villulis cir- vegondis res & mancipia, manfbs, terras & alia ad me
cum circa fibi fubjc&is propter precium (olidos tre- pertinentia ; in comitatu Acenfi , in pago Albionenfe,
centos ; ôc infuper prædi&i comités convenerunt ad in loco Sagatello . cum omnibus appendiciis
Tome U. Cij
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K PREUVES DEL’ HISTOIRE ,oo
irrumpcndura venerit , aut nos aut fuccellores noftri Undc ab hodicrno die, & propter di&wrn pretium
mquietarcvolucrit,componat vobis omnia ifta fopra- 'hoc, habcas, teneas, pqlhdeas, tuifquc pofteris
fcripca meliorata dupla, &in ancea commutatio ilia derelinquas , ,vel quidquid cxinde faccre volueris
firma &ftabilis permaneac omnique tempoce. Fada libéra fie bcne firmiflima in omnibus habcas pote-
* sAddt Se- commutationc ifta die Lunis v. Idus Junii, anno* ftate ad fàcicndum. Sane vcro, quod fieri minime
quod Lotarius rex ccpit rcgnarc. Signum Biigerius credimus eventurum , quod fi nos tibi venditoros
?ui commutarione ifta firmavit & hrmarc rogavit. aut aliquis de filiis aut næredibus mcis , auc quiûi-
. Reginaldus , Robaldus , Martinus pwfbyter , bet homo , appofita vel fubrogata perfona qui coq-
Ermengarus prefbyter , Yiimbardus prelbycer , Ra- tra hanc carta ifta venditionis venerit per inrumpen-
mirius prefbyter , Genefius prelbyter fcripfit fiib die dum , aut nos venerimus > in duplo tibi componerc
An. 957.
Cartulaire du
Chat, de Foix
caillé n.
& anno quod fupra.
LXXXVIlI.
Donation faite à T rot aire evèque , &
à Bernard vicomte d'Alby fonfrere.
IN nomine Domini noftri Je(u Chrifti. Ego Se-
negundis & filiis fuis Iraclus , & Alchcrius, &
Odombclus, &Ugo donamus Froterio epifeopo &
Bernardo fratri fuo ipfo caftcllo quod clamant
Turre , de ilia parte quod nos ibi habemus 6c habere
debemus medietatem vobis donamus Froterio &
Bernardo ad proprium alodem *, & eft ipfe caftellus
in comitatu Ruthenico in parochia fàndi Amandi
de Campo-bello. Ipfo cafteûo de ipfas turres, & ipfà
fbreia quæ hodie ibi eft & in antea fada erit ibi ,
faciamus , & in antea ifta caru vcndicionis firmis 4:
ftabilis permaneat omnique tempore. Fada cartg
vindirionis 1 1 x. Kal Decembris anno un. rég¬
nante Leutario rege. Sig. t Arfindes comitilTa, Sig.f
Rodgarius cornes qui cana ilb vindirionis fedmus,
fie à bonis hominibus firmare rogavimus. Sig. f Do-
done , Sig. f Aigulffo , Sig. t Odilone , Sig. f Ste£
fàno, Sig. f Ranfrcdo, Sig. f Jordanc , Sig. Aic-
cario. Ariprodus rogitus (tfipfit fub die 6c anno
quod fupra*
xc.
Extrait de diveifes Chartes .
de Campo-bello. Ipfo cafteûo 6c ipfas turres, ficipfà \ Nno dcccciviii. trabcarionis Domini, AN.^jg.
fbreia quæ hodie ibi eft & in antea fada erit ibi , indidionc 1. anno 1 1. régnante Leuthcrio Cartuiaiitfe
donamus vobis ad proprium alodem. Et illadom- Francorum rege, xvi. Kal Novcmb. Aymericuspri-
na quæ nominant Bliccavdis , mulier Raimundo mœ Narbonæ archipræful dat in comitatu Nar-
Scodacano, 6 c filiis (uis Poncius &Bernardus, do- bonenlè in loco Amlcduma alodem fuum B. Paulo
namus vobis Froterio & Bernardo de alia medietate Chrifti confcfloris prænominatæ dvitatis patrono , —
quod nos ibi habemus & habere debemus, ipfàm & canonicis B. Pauli. Sig. Lcoeardi âbbaris, &c. An. 958,
medietatem de ipfo caftello ad proprium alodem. Fada eft carta guarpitoria in menfc Aprilis , anno ±
Fada carta donarione ifta in die feria fecunda , idus iv. régnante Leutario rege, ab hominc nomine l'aMaycde
Aprilis , luna odava, régnante Autarico rege. S. Se- Tcuduardus qui veniens in pladto antcccdcfiam S. Momolku*
negundis, S. Iraclius, S. Alcherius, S. Odombclus, Martini, in præfenria bonorum hominunr, ideftGi-
S. Ugo, S. Bligardis, S. Poncius, S. Frotardo, laberto vicario Sexago , vel in præfentia Mironc
S. Wiüelmo, S. Bernardo, S. Begono , S. Bernar- filio Adcmarioqui fuirquondam, Rodaldoabbate,
do, S. Raimundo Alcherio, S. Raino Rigaldo.
LXXXIX.
Vente faite par Arfinde comteffe , & fon
fils Roçer J. comte de Carcajfonne.
Rodftagno clcrico , &c. qui ibi aderant , guir-
pivit Trcfiniro abbari , & cundæ congregationi (an-
di Joannis Baptiftæ Caftri-Mallafti ccenobii , alodem
in comitatu Redcnfi, in vicaria Tclicnfe, cujus eft
vocabulum Cailiania fivc Arbuxello fivc Vairono,
&c.
An. 9 57-
Archive* du
Prieure de
Camon.
pu js^o^er â. comte ae ^arcajjonne. »
lN nomine Domini. Ego Matfredus vicecomes & 1
IN nomine Domini. Ego Arfcndes comitiftà, & uxor mca Adalaiz vendicores furausribi Aymerico An. 9 59.
filius meus Rodgarius cornes vendicores fumas archiepilcopo Narbonæ empeore. Confiât nos tibi ^‘^0^
nos tibi Gilaberto vicario .... alodem noftrum pro- vendere ficut & per hanc fciipturam venditionis no- «Me deNa-
prium quæ habemus in pago Tololàno in vicaria ftrævendimus tibi, in comitatu Narboncnfe villam boaae'
Colicnfc , in terminio vel in villa quæ dicitur Chei- vocabulo Crcxano cum fuis cerminiis, cum eedefiis
rano, terras cultas & incultas, vineas, manfioncs qui in ipfa villa (untfundatas; ideft fandi Michaclis,
eoopertas , cafàles , hortos , hortales, verdagaras, & fandi Martini, cum çellis & fàcrariis, cum ded-
cunes, pratos, cum pafeuis , rivis , garricis , tam mis & primitiis, &cum cimeteriis, & cum terris,
quæfitum quam ad iixpiirendum, ram divifum quam & vincis, & univerfà quæ ad ipfas ecclefias perd-
ad dividendum , tam loca ruftica quam hurbana. nent, & ipfà turre cumcindo & vallo. Vendimus
ad dividendum , tam loca ruftica quam hurbana. nent, & ipfà turre cumcindo & vallo. Vendimus
Afrontationes habet ipfe alodes, de pane alrano aja- tibi alium noftrum alodem quæ in ipfà villa vel in
eet in territorio Araemando vel fandi Sarurnini* ejus terminio habemus, qui nobisadvenit excôm-
dc mendie ajacet à fandi Salvatoris vel Agalos, de paratione , vel ex traditione Adoiræ fccminæ*, id eft
ortu ajacet à rivo quæ dicitur Vidczols-, & de aqui- caiis, cafàlicis , &c. Fada feriptura venditionis &
lonis ajacet à Pojomitano vel à Sonnago: quantum- traditionis x. Kal. Maii anno Verbi incarnad dcccc-
cumque infra iftas quatuor affrontariones includunt, lviiu anno 1 1 1 1 . régnante Hloùrio rege. Sig.
fie nos vinditores fumus tibi omnia & in omnibus Matfiedi , S. Adalaiz qui hanc cartam fecerunt 6ç
quantum hibi vifi fiimus habere vel pdlidere , pro- firmare rogaverunt , S. Albioni , S. Barnardusepi£
pter pretium quod inter nos & te complacuit atquc copus , S. Soniefi edus cornes , S. Poncioni» Sig. - - -
convenit in adcrato& definito folidos C quod tu Rodaldi, S. Amakig, S. VolveradiP- An. 9 5 9.
emptor nobisdedifti , de nos vinditores de præfentcs ^ Archirw ic
manus noftras recepimus & nihilque de ipfo prerio J N, nomine Dofnini. Ego Ato Radveus & uxor i^bbjyc de
apud te emptor non romanfit, & eft manifeûum. aoûraiKwaiJtte.Garfuxles & filins nofta nomine... Mqiuoüw.
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Vers Tan
9Î9-
Camilaire 4e
l’abbaye de S.
toi DE LANGUEDOC. loi
donatorcs fuimis ad domum fendi Joannis Baptiftæ prædidum Gairo, ur darent ei fevum ducentôrum
Caftri-Mallafti monafterii, oui eft liras fùper Huvio modioium , & omnes alodes quos habebant in co-
Duranno , & à Trcfmiro abbate, & à cunda con- mitatu Narbonenfe teneret inBajulia, & deifta con-
gregatione ipfius monafterii, donamus nosalodem venienria, excepcus ipfem cartam quod fadam &C
noftrum proprium qui nobis advenie ex alode pa- traditam habebant aa prædidum Gairo , extraxe-
rentorum noftrorum , & eft ipfê alodes in pago runc fe. Et quia prædidi comités extraxerunt fê de
Tholofeno, cujus vocabulum eft Orlando, cum ifta conveniencia, tenuit cartam pignorationis quara
ipfe eeelefia quæ eft fimdata in honore fendi Pétri , ille rcceperat de jamdidis Ebreis cum ipfum aiodem
& cum ipfb bofco quæ vocant Solano, &c. Fada de Magrinnano 8c de Cugciaco cum ipfb de Amen-
carta ifta in menfe Junio, anno v. régnante Leuta- nolcla, & prædidus Raymundus cornes, ad liium
rio rege. S. Atone, S. Garlindes confêntiente qui obirum dédit ûndo Jufto & Paftori partem quam ha-
cartam iftam fccimus & fiimare rogavimus. S. Ar- bebat in prædidum aiodem de Magrinnano & de
findes comitiflà, S. Rogerio comité, S. Bertranno> Cugciaco, 8c propter hanc donationem Ermengàu-
S. Itario, S. Barnardo, S. Amelio qui furnus fide- dus archiepifcopus tenuit & ooflcdit prædidum alo-
juflores de ipfum alodein, S. Godafredus fecerdos qui dem quamdiu vixerit, 8c ipfam teniam panera quam
hoc fcripfit fub die 8c anno quod fupra. . Raimundus habebat in Amcnnolela vel in villulis
circum circa fibi fubjedis, mifit in pignus ad prædi-
j Acro-fendæ Dei ecclefiæ Calmiliaccnfis mona- âum Gairo propter modios viginti de annon3
fterii quæ eft conftruda in pago Velavenfê in vico cum fuo lucro •> & propter hanc pignora incurrit in
Amnoriccnfe , quæ eft coniêcrara in honorem fendi poteftatem Gairo , & prædidus Gairo dédit præ-
Pétri & fendi Manini , ubi fendus Theosfredus didum aiodem ad Ermengaudum archiepifcopum
martyr humarus, & fendus Eudo & fendus Fortu- ab integrum : in tali conventum , ut dum viveret
natus , 8c duo Innocentes ibi in corpore requief- Ermengaudus teneret 8c poflîderet eum , 8c poft
cunt , ubi domnus Wlfeldus abbas lîipcr ipfem fûum obitum remaneret ad Raimundum filium
coneregarionem Deo famulantcs præcfle viderur. Gairo , 8c fuit mortuus Raimundus antequam Er-
coneregationem Deo famulantcs præcfle viderur.
Ob hoc ego in Dei nominc Guilleknus & frater
meus Armandus cogitamus de Dei mifericordia vel
de æterna Chrifti retributione , pro remedio ani-
Gairo , 8c fuit mortuus Raimundus antequam Er¬
mengaudus, 8c prædidus Raimundus dédit prædi-
dum aiodem ante fîium obitum ad jamdidam Er-
mengaudum archiepifeopum, 8c Ermengaudus ar-
marum noftrorum & genitoris noftri arque genitri- chiepifcopus dédit prædidum aiodem fendo Jufto
cis, vel pro remedio animarum fratris noftri Gri- 8c Paftore.
maldi ; propterea cedimus vel donamus ad fupradidæ
jam cafæ-Dei aliquid de rébus noftris , quæ nobis ~ 7
ex hæreditate parentum noftrorum legibus obve- X C I I.
nere. Refident aucem ip & res in pago Vivarien/î ,
invicaria Pratellenfc, in villa quæ cücitur Efcolcnco i Donation de la comtejfe Êerthe au
hoc eft in eccfcfia quæ eft confccrata in honorem monafiere de Montmajour.
fendi Andeoli martyr», 8c quantum ad ipfem ec-
clefiam afpicit vel araiccrc viderur, totum 8c ad in- TJ Go in Dei nominc Bertha comitiflà , cogito de
tegrum cedimus vel donamus ad jam fupradidam anima mea 8c (enioris mei Raimundi 8c hlii mei
eeelefiam fine ulia contradidione. Sane fi quis Raimundi. Dono res proprietatis mcæ S. Maria: & S.
&c. Fada carra ifta eleemofînaria feria v. menfe Petro monafterii inflila Monris-majoris, & fratribus
tegrum cedimus vel donamus ad jam fupradidam C* anima mea & fenioris mei Raimundi 8c hlii mei An. 960.
eeelefiam fine ulia contradidione. Sane fi quis Raimundi. Dono res proprietatis mcæ S. Maria; & S. Archiver 4e
&c. Fada carra ifta eleemofînaria feria v. menfe Petro monafterii inflila Monris-majoris, & fratribus M.m^iour
Januario,annoD. cccc.... régnante Lothario rege. ibidem Deo fàmulantibus. Ex rebus quæ mihi legibus v . J
S. Guillcrmo 8c fratre ejus, S. Armando, S. Gui- obvenerunt ex pane avuncnli mei Ubonis regis in 9',°- *•
done, S. Ifnardo, S. Landagario, S. Mccganfredo, regno Gociæ incomitatu Suftantionenfi , dono vil- 7
S. A vit#. lam indominicatam quam vocant Candi anicas cum
manfô indominicato , & eeelefia fendorum Cofmæ
~ & Damiani aim omnibus appendiciis vel quidquid;
x q j ad ipfem villam afpicit, videlicet cum fèrvis & an-
^ ‘ cillis utiiufque fexus; villam quæ vocatur Bernatis
Enraiement fait par sir finie comte ffe de rcs * “**?!”*» & ,fcIcfiam. fan6ïf Joannis vel
Canajjome , & [es fils les comtes Odon ad irûm v.llnm pertmet; &mlocodiâo
, . y J .. , . Mammianicisres&manapia, velquidquidad ilJam
& Raimond > des alleus qu'ils avoient
dans le comté de Narbonne .
HÆc eft commemoratio de alode SS. Jufti &
Paftoris de Magrinnano , 8c de Amennolela.
\ K? Jtaimona y aes aueus qu us avoient yjllam pertincre viderur, mancipia fervos &ancil-
dans le comté de N arbonne . la s in villa Magalonenfè, & alias fes quæ dicuntur
1 — - Pofldfiolu^ , 8c quidquid ibi poflîdco, villam Porcia-
Versl’an T T Æc eft commemoratio de alode SS. Jufti & nus, manfùm, eeelefiam fendi Pétri, 8c mancipia
9 55?. JL .1 Paftoris de Magrinnano, 8c de Amennolela. cum fuis pertinentiis. In regno Provinciæ in comi-
'Cartuiairc de In primis ipfum alode de Magrinnano &deCugcia~ tatu Friulienfi airtem Valignatis 8c quidquid ad
fcNaSîalni* co> c]lTanrum *n Pra-’didis villis habebat Arfindis illam afpicit cumfervis &ancillis-, in comitatu Re-
c’ comitiflà cum filiis fuis Odo 8c Raimundo mifèrunt genfi villas Crocium 8c Vermilium cum fcrvis an-
in pignus ad Ebreos Sabrono 8c Barala propter foli- cillis & appendices > in comitatu Vapinchis vil|as
dos mille. Poftea Gairo haBuit conventum cum præ- dominicatas Molion , Dianovam , (Jallulus , Lu-
didis comitibus Odo 8c Raimundo, ut jamdidus nateis, & Caricampus cum manfis, mancipiis, fer-
Gairo redimeret prædidum aiodem de Maerinna vis 8c appendiciis earum *, eeelefiam fendi Pétri cum
& de Cugciago de jamdidis Ebreis propter folidos villa Marnenno, neenon rebus & mancipiis ad eam
mille, ficut 8c fecit -, & quia Gairo redemit prædi- pertinentibus , vallem Cortrinciam & quidquid in
dum aiodem , dederunt ci quantum habebant in ea poflîdeo*, in comitatu Vafionenfi, curtcm Ca-
dominicatas Molion , Dianovam , Callulus , Lu-
nateis, & Caricampus cum manfis, mancipiis, fer-
vis 8c appendiciis earum -, eeelefiam fendi Pétri cum
villa Marnenno, neenon rebus & mancipiis ad eam
pertinentibus , vallem Cortrinciam 8c quidquid in
ea poflîdeo*, in comitatu Vafionenfi, curtcm Ca-
ipfum aiodem de Amennolela, vel aliis villulis cir- vegondis res & mancipia, manfos, terras &alia ad me
cum circa fibi fubjedis propter precium folidos tre- pertinentia * in comitatu Atenfi, in pago Albionenfè,
centos j 8c infiiper præaidi comités convenerunt ad in loco Sagatello ...... cum omnibus appendiciis
Tome U. Cij
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ÏO J
PREUVES DE L* HISTOIRE
10+
vel adjacentiis earurtt, quidquid poflîdco in Monte- cenfi , quod eft fitum fuper alveum Silcris , & do-
aurco, rcs & mancipia, villa qui dicitur Leuca -, in mino Calftoiii abbati ejufdem loci, ecclefiam (àn-
comitatu Orifiontnte,m villa Afclannis , tes & man- Marix de Artellis cum omnibus asdificiis, &c.'
Tr,*r c'P‘a ’ ’n comitatu Tracenfe *, dimidiam ecclcliam Conlilio Stephani Cathurcenfis epifœpi in perpe-
ûnfti Johannis villx Trexiani , villas Pater- wum trado , ut domnus Calfto abbas , ejufque (uc-
nam 8c Calefonem & Macefoncm vallcm cum ceflorcs femper teneant & poflideant. Inprimisec-
omnibus ad eas fpc&antibus -, in comitatu Dienfe cleliam làniâi Medardi quam de domino Calftone
in valle Salavanis res 8c mancipia, & quidquid ad abbate habeo , ad illos quos ipfe domnus Calfto
ipfam peninet. Qux omnia tam veftita quam vefta miferit ad Deo ferviendum , in ipfo loco qui dicitur
dono præduftis lânétis ôc monachis infulæ Montis- (iindii Marix ex Artellis leu Fontis dono. Similiter
majons , &c. Fada donntio i v. calendas Martii ,
anno vi.regnanrc Lothario rege Francorum. S.Ber-
tha comidila, S. Emcns vicecomcs firmavit , S. Bcl-
lardus firmavit, S. Willclmus firmavit, S. Bcrnar-
dus judex firmavit.
X C I 1 1.
Plaid tenu en Quercifar Raymond I .
comte de Rcuergue.
illo îrianlo de ilia Bcccria cum bolco , &c. Hæc autem
omnia confirma vit lenior meus dominus Stephanus
Cathurcenfis epilcopus , & omnes alii probi homi-
nc*s & propinqui meL Ipfe vero dominus Calfto
perrexit ad Romam , ôc rogavit dominum papam
Bcncdichim ut fibi hæc omnia confirmaret, quod
& fccit. Ilia mea eeelefia dcMeledo , cum ipfa villa
Ramgardi uxori mcæ dimitto, &c. Ulos alodes
Delconis quæ Bdledrudis uxor mca marri dimifit,
Ramgardis uxori mcæ dimitto pro ilia compofitione
quæ lundi Stephani de Carhurcio dedit, utfâciat
quæcumque voluerit. Ilia meacurtede BolEacocum
NOritia guirpitionis vel confignationis , in eo~ ecclclia de lândo Joànne ad filias mcas dimitto ,
rom prefentia qui ob rem adfuerunt , vel ante &c. De vinca quæ infantes Bonaldi plantaverunt
An. 960.
Cartulaire de
Beaulieu en Raymundum comitem , feu Ôc ante nos nobiliflimos quæquc Rotbertus & Geraldus tenuerunt , Hugoni
LimouHn. viros qui hâne notiriam fubtcrfirmavcrunt. Qualitcr confanguineo mco dimitto : in tali vero rationc ut
frVde Turïpl venientes duo honorabiles viri , Bcrnardus videlicet adjutor ad eleemofynam meam quam feci in Fontes
.13. &Gcrbcrtus ad ecclcliam fandi Saturnini, die Fc- fartdo Salvatori de Figiaco permanenrem inordinc
wris ttftwIdMsfuiiiy ante jamdidum Ray mundum monaftico ad honorem Dei, & ilium capmanfiim
comitem , & ante alios nobilcs viros , interpcllabat quæ habui de Fraunonc lit Ranulpho nepod mco
quilque unus ecclefiam làndi Medardi cum ip(â hlio Hugoni &c. Illo fevo .de Limanico quæfiiic
curte quæ dicitur Prilca , quam RigMdus pro reme- Ranulpho avo meo , quæ tenuit de comité Hugoni»
dio animæ fuæ fuorumque parentum ûndo Petro dimitto & Geraldo &c Ranulpho filiis fuis , ôc illo
Bcllilocenfi , in ftipendiis & ufibus monachorum fevo quæ fuit Guinabeito , dimitto medietatem ad
ibidem fervientium diviferar port mortem filii fui fifas Âymerici &c. lftas eedefias quæ ibi fuperius
Geraldi: illis fiquidem inter le contcndentibus, ju- funt feriptæ , ipli clerici qui eastenent non reaimant
dicavit prædidus Raymundus, &alii vcncrabilcs ei quamdiu vixerint, ôc <i ullus fècerit redimere, ap-
afiiftentes, & ut ipfi duo prætaxati viri vicarios fibi prehendat Stephanus epifeopus fuas & Ramundus
duoscligerent ad ccrtamcn cxpcdicos , quo Dominus cornes fuas, Ôc faciant quæcumque facere voluerint.
manifeftare dignetur veritatem hujus rei, quodita Et illas vineas quarcalcs teneant illas, ipfi qui eas
fadum. Nam lecunda diei hora certantibus ulquc plantaverunt ad quartum. Et fi ullus homo fecerit
ad folisoccafum, neminem quippe cemcrctcorum illas redimere , appréhendât Hugo Blancus &
vinccrc, judicavcrunt memorati Raymundus cornes fild fui inopus fuum, <$c faciant quæcumque facerc
cæterique & in ciraiitu fiftentes, cuiquam eorum voluerint. S. Ranulphi ôc uxoris ûiæ Ramgardis,
Bemardi vel Gcrberti , nihil ad pofiidendum juri qui brevem iftum Icribere vel affirmare rogaverunt.
S. Aimoni, S. Ranulphi, S. Euftorgii, S. Garini,
debere in ufus rfirparc, lcd potins Domino om¬
nium crcatori, &fando Petro Bcllilocenfi apofto-
lorum principi, in ufibus monachorum inibi degen-
tium cxpencü , cui prædidus Rigaldus pro reme-
dio animæ fuæ devoverat ofterre. Judicavit iterum
memoratus cornes , contraque ei afliftens turba ,
S. Geraldi.
XC V.
quod exinde Deo&fando Petro guirpitioncm Ber- T cjlamcnt d’Hugues èvèque deTouloufe .
nardus ôc uxor fua Stevena , leu & Gerbcrtu s facere
deberent , quod ita & feccmnt. Fada guirpitio ifta \ Uthoritatc (àcræ legis præfinirumeflè viderur
in menlè Julio , anno odavo fub Lothario rege. _/"V quicquid homo de reditibus facere voluerit
S. Bemardi Ôc uxoris fuæ Stevenx, &Gerbcrri, qui ’ licenter audear roborare , ôc roborando perheere.
etiam pro amorc Domini & fandi Pétri hanc guir- Ob hoc igitur in Dei nominc , ego Hugo quamvis
pidonem fieri vel adfinnari rogaverunt: aliis vero indignus Tolofe Dei dono epilcopus, reminilcens v .
nobilibus viris præfentibus adum fuit. S. Raymundi magni judicii dicm , &c. Proptcrca recognofcens ^
comitis, S. Stephani , S. Hugonis , S. Matfrcdi , me graviter dcliquifie, pro rcmilfionc mcorumfa-
Vers l’An
9^0.
Archives de
U Cathédrale
rToul
K.
S. Raynulphi , S. Genefii.
An. 96 o.
K. Demi nie.
4pptnd.de
XCI V-
fondation du monajlere ^Artellis ou de
Ions en Querci.
B Revis mcmorialis quem fecit facere dominus
Ranulfiis. Ego Ranulfus dono Domino Deo
8c Salvatori noftro Jefu Chrifto, & cænobio Figia-
cinorum , idco brevem divifionalcm facio de omni¬
bus rebus mcis acquifitis tam de alodibus quam de
rebus mobilibus. Fidejufioribus mcis , imprimis Ra-
mundo conute &: filio fuo Hugoni , neenon Sc
Arnaldo, «ScUdalrigo, Bcrnardo & fratri luo Gauf
berto , & Geraldo primicerio & Mironi dccano ,
& Rodalgo canonico, Ôc Helicno canonico. Ifti
omnes fupralcripti licêntiam habeant in omnibus
diftribuendi atque confirmandi omnes fccultates
meas ecclefiis Dei , live clericis five pauperibus , atque
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îor DE LANGUEDOC. 106
omnibus cui ego injunxero chartuJas confirmandi. monte cum ipfos vineas remancat Atiriolo Sancio
Dono itaque unum mytium ab auro fondo Scc- dum vivit , port fuum difceflùm remancat fondi
[>hano, ôc unum miflàlem & alium miflàlem cum Pétri Vermcrcenfis. FadervÜla & ilia bofoaria reiru-
edionare. Dono itaque ad jamdido Ioco landiSte- neat Amardo. Ipfo alodes de ipfo Solario vcl Ifo ,
phaniTolofo: unum alode qui eft in Colienfo quem ôc ipfo alodes qticm acquifivi de Donato clerico,
vocant A mils, cum ecclefia quæ eft fundata in ho- quem dicunt Caîafis remaneat Rodgario comité dum
nore fondi Quintini ; in ea vero ratione dum ego vivit, poft lîium difocflum remancat fondi Saturnini.
ôc Rodaldus vivimus ufiii fruduario teneamus ipfi Ipfo cafolis cum ipfos vineas quem acquilivi de Ge-
alodes. Item in Colienle ideftin Villa-nova & raldo, Vibullono villa, remaneat Bcmardo filio Gri-
Somnagus cum ipfa ecclefia, & Flacidus cum ipfo maldi, exceptos illos quatuor aripendos quos tenec
ecclefia, & Vemcdus poft meum difoeftum rema-, Bernardus dilpenfotor ; poftdifoefliim fuum rcma-
neant fondo Satumino. Ipfom ecclefiam de fondo C neat fondi Saturnini. Ip (c alodes de fonda Gabclla
Amatore dum vivit Wilaoertus clericus ufui fru- & de Caftcllono , & de ipfo Brolio , & de Merentio
duario teneat, Ôc alodem alium in obedientiam ce- & dcGradaqua rcmaneant Vodalrici vel tilio fiio;
neat, & poft fiium difoeftum remaneat fondi Ste- poft difoeflùm vero eorum remaneat fondi Stephani.
phani. Dono itaque fondi Stephani ipfiun alodem Et illecalùales quem acquifivi de Theodberto cano-
3ucm vocant Pedilo , & teneat Gcraldus in obe- nico cum tetris fuis remineat Theodorico vel filio
ientiam excepcam ecclefiam, & ipfam ecclcfiarrç luo, fi eum habuerit de légitima muliere ; poft
teneat Eribcrtus focerdos dum vivit , poft fiium difo fiium difoeflùm remaneat cui alia hæreditas fuccefo
. cellùm remaneat fondi Stephani. Et ipfum alodem
de fandas Puellas cum iplo eccldia dono fondo
Stcphano. Ipfum alodem de Candiago remaneat
fondi Stephani excepta ecclefia , & ip£a ecclefia re¬
maneat Gcraldo dum vivit , & ipfum alodem teneat
fêrit ; ôc ipfo de fondo Manino de Aflo , rema¬
neat fondi Saturnini ad alodem. Ipfo alodes quem
acquifivi de Geraldo quem dicunt Poropalcuale ,
remaneat Theodgario ôc Guillelmo filio fil o, ufii-
fruduario : poft difoeflùm vero eorum remaneat
in obedientiam. Ipfo alodes de Canuas cum ipfo cc- fondi Saturnini. Ipfo alodes de fonda Camélia cum
1/' rt C 1 I 1 r C\‘ t *n • r II' * /> O I •»/'!!
clelia quæ eft fundata in honore Candi Joannis &
Becerones remaneat fondi Stephani , ôc teneat Gc¬
raldus in obedientia. Ipfo ecclefia quæ eft fundata
in honore fandi Martini in Afpirago remaneat
Aimardo focerdoti dum vivit , cærcrum vero alodes
ij)fo ecclelia remaneat fondi Stephani.
Ipfo alodes
!e fondo Marcello Ôc de Mafercs cum ipfa ecclefia ,
& iterum Monaftcrium cum iplo alode de Pauliago
remancar Ramundo comité ; poft fuum difocflum
remaneat fandi Stephani. Ipfo alodes de Lcus cum
de Afpirago five de ilia fogia , remaneat S. Stephani. ipfo ecclefia quæ eft fundata in honore fondæ Marias
Et iplc alodes de Noücllanes cum ipfa ecclefia quæ
eft fundata in honore fondi Anareæ , remaneat
fandi Stephani & Geraldo in obedientiam. Ipfo
ecclefia de Bonago , quæ eft fimdara in honore fon¬
da Pctri , dum vivit Bernardus ôc Raymundus fi-
lius teneat ulus fruduario ; poft difoeftum illorum ,
remaneat fondi Stephani. Ipfo caftcllus de Saxago difoeflùm remancat fondi Stephani.
remaneat Rodgario ôc Arfindæ : in ea vero ratione
fi Hugo epifoopus mortuus fucrit infra uno menfe
donenc fidcjulloribus luis Rodgarius & Arfindes
valences lôlidos mille inauro ôc argento. Durimano
caftro remaneat Frotario , in guarda Bernardi &
Gauzberdi. Ipfo ecclefia quæ eft fundata in honore
fondi Pétri, remaneat Guitario ôc poft fuum dit
ceflùm remancat Theodgarii, &ipfoRoca cum ipfo
cccleha ôc Noiielliancs remancat fohdi Saturnini.
Ipfo alodes quemacqtiifivi de Abonercmancat An- tinienfi, Gcilinusnobiliftimus vir & potens, dequo rafcL.;-c Hc
_ • r r • i • • n / !•/* rr C. _ Jin. . r • • • c r
rcmancat Amardo filioli meo filio Iforni , dum vivit
ufuifruduario teneat, poft fuum difoeflùm rema¬
ncat fondi Saturnini , per remedium aniinæ meæ
vel animæ Ifordi. Ipfo alodes quem acquilivi de Lu-
pone præpolito ubi dicunt Martiniano lïve Arcizo ,
remaneat Heriberto focerdoti dum vivit, poft fuum
X C VI.
Extrait de quelques Chartes.
NOverint oinnes quod in pago quondam Lug-
dunenfi, quod nunr eft in epilcopatu VaLn-
Ax.96 1.
C?mi!ïirc de
moni focerdoti dum vivit, poft fuum difocflum re¬
maneat fondi Saturnini. Ipfo alodes de Orzalis cum
ipfo ecclefia quæ eft frindata in honore fandi Salva-
toris remaneat fondi Saturnini in Butcllas , & te¬
neat Vintardus in obedientiam. Sandus Marcellus
remaneat Bcrnardo epifoopo dum vivit, vendere
neque alienarc nullo modo poftît , ncque ufum
neque fundus ; poft fimm difoeflùm remancat fondæ
MariæFabricatæ. Gudromuscum ipfo ecclefia rema-
fiupradidumeft, cum fiia conjuge nomine Raimoti, s- ch<1,fré*
dédit ecclefiam in loco qui dicitur Manlo-Caviliano*, * Machtvikt .
quæ eft confocrata in honorcm Salvatoris noftri cura
ipfo parrochia, ôc claufo de vinca, ôc viridario, ôc
omnibus adjacentiis fuis ; ut habcant ôc poflideanc
fèmpcr redores monafterii fondi Theosfrcdi fine
ulla conrradiccnte perlona ; ôc in alio Ioco villam
quæ dicitur Candis» quantum ibidem pertineÇe vi-
aebatur ôc ejus erat poflèflïonis : totum eidem mo-
neat Rodgario dum vivit, poft fuum difoeflùm re- nafterio contulit jure perpetuo. Hæc ôc alia bona
mancatfondæ Mariæ Fabricatæ. Pat... nucisrema- ildem princeps noftro contulit loco , & Wlfoldo
neat fondi Stephani. Ipfo Culteria cum ipfo ecclefia abbari ut lupradidum eft. Hoc autem donum fa-
quæeft fundata in honore fondi Stephani, & ipfum dum fuit menfo Mardo , feria 1 1. anno Domini
alodem quem vocant fondum Simplicium cum ipfo
ecclefia remaneat Vodalrigo , & uxori lùæ Adalailæ,
& Bcmardo filio eorum; poft difoeflùm vero eorum
remaneat fondi Stephani. Tcnulmontis ôc Monta-
d. cccclx i • indidione un. régnante Lotheriof
In nomine Domini , ego Gariberga Sc Hildinus
vicecomes, ôc Ado vicccomcs ob memoriam pcc-
An. p(ji#
C.imilaircdc
magus ôc Blidanis remaneat fondi Pctri Lczatenfis caminum noftrorum condelcndam , à Dco inlpirad s^Gu.ik-im
cœnobii. Ipfo alodes quem acquifivi de Amano, Gua- donamus ecclefiæ fondi Salvatoris Gelloncnlïs , fon- du Dcfen. p.
rino Hugoni à filioli mei filio Amclio Gcraldi, ôc dæque Crucis vexillo , fondoque Widclmo , abbad 7' y9'
ipfo alodes quem acquifivi de Scipione ôc ftatre luo Gauzfrcdo & monachis Gcllonicis.. . . alodem quæ
cum terris & vineis. Ipfo alodes de Manulfelüo eftin Subftandonenfe, in villa quæ vocatur Mairani-
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I
*07 PREUVES DE L’HISTOIRE
chos manfum unum &c. & in alia villa qu* vocatur
Vcnnnichos caput manfuram unam , &c. & in alia
villa qu* voi ant Alairanichos manfum unum, &c. . . .
pro rcmedio ammarum noftrarum , & animar Aut-
garii , ut ei Dominus tribuerc dignetur ætcrnam
I OS
(ânéfcr Mari* Rutencnfis rcmaneat :& ipfi manfidc
Vabro, Grimaldo remancant, poft fuum difceflum
fanâ* Mari* Rutcnenfis. Ilia abadia de Rubiaco
una medietas rcmaneat (âncb Maria de Anicio , al¬
téra mcdietas inter ilia fede de Uzecio , & ilia fcde
*/vnumw U1UUV.1L UI^IILIUI aivuiaiii uit» uivxulum i«hvi iuh ivviv UV U4LV1U , VX 1U3 ÎCQC
vicim. Salie fi quis , &c. Gariberga fir. Hildinonus de Viverio rcmaneat. Illos alodes quos habeo in Ne-
vicecomcs f. Ado vicecomes , f. \V idberms , f. Aud- mofènfe , Bertanæ remancant dummodo vivit : poft
benus, f. Ebrardus, f. Witardus, f. Ainilfiis, fir. fuum difcdlum ilia medietas rcmaneat fàndæMariæ
Fada eft hæc carta anno vu. régnante Lotherio Nemaufcnfi , alia medietas inter fando Baudilio, &
tCgC. Ar\ Tl 1 ^ «LJ» J — c _ „ • <• •
Aw. 9 6 1 . Sub eraxcix. anno v 1 1. régnante Lcutario rege,
Sicfredus dat fando Petro &c Guarino abbari & om-
ni congrégation! monafterii Lezr.tenfïs, alodem Do¬
mine Malarubia in comitatu 7 holofano in vicaria
Campacefb,
Cantin ire de
Vabbaye de
X C V 1 1.
' - - - ) w
fando Ægidio. Illo alode quæ deSegenno acquifivi,
quod Raynardus vicecomes Biterrenlis habet a feo,
Bertanæ remancat dummodo vivit : poft fuum dif-
ceffum fiuidi Salvatoris Anahncnfis remancat. Illo
alode de Plumberias Bertanæ & Raymundo filio meo
remancat dummodo vivit : poft iliomm difcdlum
fanda Maria ad Anicio remancat. Illo alode quæ
compara vi de Poncione ad caput de Au....Ray-
mundus habet à feo , ad ilia fede de Lodeva réma¬
nent tencat Berta dummodo vivit. Illo alode de
Lupiar.o aim ipfa ecclefia > & illo alode de Lueis *
. n . . l._ . _!_.*• n r ...
variante*.
•4/. Odmgo.
. *-upiai:u cum qna txciciw > ut îiiü aioae OC LUPIS *
. Tejtament de Raymond /. du nom comte tencat Berta dummodo vivit : poft fuum difceflum
de Rouergue, & marquis de Gothie. fiintti Juliani Pfàlmodio remancat. Jllo alode de Ba¬
il larug tencat Berta & Rnymundus dummodo vivunt:
• 9 1. T N nomine Domini. Brève codicillo quod fecir poft eorum dccciliim , una medietas remaneat (àndi
X Raymundus cornes pro remedium animæ fuæ, Pétri de Magalona, alia medietas remaneat ad ilia
& & Pro gcnirore & pro génitrice fua > & pro fcde de Agadc. Illo alode de Palagio remanear Ray-
fur^une ^0' omni^us ^delibus fuis. Inprimis dono ad illo cœno- mundo & Bertanæ dummodo vivunt : poft illorum
de uVbiK»* bio deConquas ilia medietate de illo alode de Aurinia- dilcclîtim ilia ténia pars fine ilia ecclefia, remaneat
theque Coi- co & de illas ecclcfias, & de omnibus villariis quæ fandi Tibcrii , alia terria pars ab ilia medietate de
l’onginif’qüi ^ ^P^iunt, & alia medietate ad illo cœnobio de ilia ecclefia rcmaneat ad ilia fède ad Bitc*ris, alia
eft d'XR^|chi FiSiaco* Ilia ecclefia de Acinnaco teneat Raynaldus tertiapars ab ilia medietate de ipfa ecclefia rema-
mnsrerees T dummodo vivit > & illo alode tencat Stcphanusdum- ncat ad ilia fede de Narbona. Illo alode de Caucos
Monrauban , modo vivit : poft illorum difceUùm fandi Salvato- rcmaneat Raymundo & Bertanæ dummodo vivunt:
Tc^Çàmenrs* ™ Fig’ac° remancat , & donet Stephanus & Ray- poft illorum difccflimi remancat unatertia pars (àn6ü
lcrtr. K K K. naldus ad ipfos monachos per fîngulos annos me- A., gni altéra tertia pars fandi Pétri de Joncellos,
mots ^amc qiiadrage(ima >unam refedionem. Illo alode alia ténia pars fonda Maria ad Quarante. Illo alode
thm ic texte, de Ljjnanico , quod Grimaldus habet à feo , & Fro- de Caucio quod à Raymundo acquifivi remaneat
marque le* dinus habet à feo de Raymundo , & ilia ecclefia de ilia medietas fànâa Maria & fànâi Poncii ad Tome-
Blanado, Ugoni filio Geraldi rcmaneat dummodo rias, alia medietas fincki Pétri ad Caunas. Illo alode
vivit: poft luum dilccfiùm fàn&i Pétri Belliloccnfis de Pcrpiniani, quod de Attonc acquifivi , remancat
remaneat , & donet ad ipfos monachos per fingu- ilia tertia pars fiinâi Fclicis ad Gironda > alia tertia
los annos unam rcfeâionem medio quadragefimæ. pars làndki Pétri ad Rodas , alia tertia pars ad ilia
Illo alode de Pomeriol , & illo alode de Tornago ,* (ede de Helna. Illos alodes qui fiicrunt Amelio vice-
& illo alode de Malîlvaüe quod de illos monachos comité de Carcallôna, ipfi qui funt in Narbonenfi,
de Aureliaco & de ipfo abbate acquifivi , fandli remancant inter fandlo Jufto & (ântfto Paulo, &
Pctti & fancki Geraldi ad ipfo cœnobio remaneat. alii qui funt in Carcaflcnfi , ténia pars remanear
Illo alodo de Vidaliaco, quantum ibi afpicit , cum fàndta Maria Crafià, alia ténia pars (an<2i Joannis
infa ecclefia, lan£ki Pétri Marciliaco remaneat. Illo Vallc-Scgario, alia tertia pars fmcki Nazarii ad Car-
alode de Alico & de Valanclone , Gncki Pétri Btlli- caflona. lilo alode de Caucio remaneat fondki Joan-
locenfis rcmaneat, & ilia medietate teneat Aimericus nis Valle-Segario. Illo alode de Villa-Nova , index
dummodo vivit , &: donet ad ipfos monachos fin- Maria de Soricino remancat. Illo alode de Broccllo,
gulos annos unam rcftdHqncm medio quadragefimæ. Bernardo filio Rotgerio rcmaneat dummodo vivit :
Illos alodes quos acquifivi df. Gujllelmo comité poft fuum difcclliim fancüPctri de Caunas rcmaneat.
consanguineo meo, ilia tertia pars remancat (anéka Illo alode de Gutralonguscum ip(â ecclefia, & cum
Maria Rutcnenfis , alia tertia pars (andki Aman- omnibus villariis quæ ibi alpiciuntur, (ântfki Bene-
tii, alia tertia pars fandti Sarurnini. Ujp ecclefia de didi remaneant & fandi Vincentii. Illo alode quem
fandi Africani , & illo alode de Pcdrcglago quod de habeo in Cavalio , fandi Bcncdidi & fandi Vincen-
Ranulfo acquifivi, fandi Privati Mimatcnfis rcma- tii remaneat , neminem contradiccntcm. Illo alode
neat. Illo alode de ilia Rochcta quod de Poncione de Bricio , Frotcrio epifeopo remaneat cum ipfâ
acquifivi, fandi Salvatoris Vabrenlis rcmaneat : & ecclclia dummodo vivit : poft difeeffum fandi Mi-
4alio alode quod de Poncione acquifivi , quod Ber- chaclis de Galliaco rcmaneat in communu. Illo alode
nardus de Nante habet à feo , fandi Salvatoris ad ipfo de Francitia , fandi Eugcnii remancat, & teneat ipfa
cænobio rcmaneat. Illo alode de Canavolas , & illo ecclefia Bcrcngarius dummodo vivit : poft fuum dif-
alode de Crucio , & illo alode de Pociolos , & illo cclliim remaneat cum fuo alode fandi Eucenii ad
allodio de Garriguas, & illo alode de Vidnago, & Viancio. Ilia ecclefia de fando Marcello, fenardo
illo alode de Longalalla, 6c illos manfosde Bonaldo epifeopo rcmaneat ad alodo : ipfo alode de fando
& de Scrinco , Poncioni abbati remancat : poft fuo Marcello fandi Salvii rcmaneat , & poft mortem Bcr-
quoque difeeflu , fandi Amantii Rutenenfis rema- nardi epifeopi , ipfa ecclefia , fandi Salvii remaneat.
ncat. Illo alode de Sulciacocum ipfa ecclefia teneat Illo alode de Lovcziaco fanda Cæcilia rcmaneat'
Dcus-Deditepifcopus dummodo vivir, poftdifociKim, & tencat ip& ecclefia Nodbertus dummodo vivit •
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poft fuum dilceflhm CmÙæ Cæciliæ remanear. IUo ûi Antonini remaneant. U la tertia pars de alios alo-
alode de Avo cio fan&a Marciana remanear. Illo alo- des meos quæ habco in Agennenfe, remaneat Gau f-
àc de lândo Vi&ore , lândi Vincenrii remaneat cum berto abbatot poü lùum difceflùm fin&i Pétri Muf-
ipfâ eedefia, & tencat ipûrn alodem cum ipfâ eccle- ciaco renuneat ; alia teitia pars inter Exdfo 3c (in*
lu Ermengaudus abbas dummodo vivit : poft fuum üo V incendo-fàbr icaro , alia tertia pars remaneat
dilcellùm landi Vinccndi remaneac. liio alode de fândi Caprafii, exceptis quæ Auftorgiiis te net: 3C
Vertucio , Bemardo Ôc uxori luæ Adelais remaneat : poil dilcellùm Auftorgii S- Caprafii remaneac. Illo
fi unus mortuus fuerit, ad alium remaneat; poft alodedeMdqpenulôcumiplas vineai, &illasvinca^
illorum difcellùm remaneat una tertia pars fimd i dePogio-cenfaldo, 3c illas vineasde Ortigcrias, Ugo-
Michaëlis ad Galliaco , alia pars landi Salvatoris de ni nepoti mco permaneat : poft fiiurn difcellùm Ray-
• w.AdCon- ^ fm&i Audardi rema- mundo fratrefùo remaneat. MofeoquodSancius ha-
ncat. Illo alode de ilia Rocha quæ de Aymerico bet, remaneat ad iplo Sancioni ad alode , cxccptisilla
acquifivi , (andi Leoncii remaneat. IUo alode de vinea de Pogioced ScanmoCo . Illo alode de illo Bo£
Mazirios quæ de Augerio acquiiivi , landi Benedidi cheto, S.Rufina remancat.UJo alode de Mar ca, S.Petri
Caftrenlis remaneat. Ülo alode de Frodino cum ipü ôc S.Gerardi de Cairago remaneat. Illo alode de Lan- i
ccclefia, &illo alode de Porteilo cum ip(a ecdeiia* giago , & illo alode de Fcllàgo, & illo alode de
SriUoaiodede Altidinger cum iplâeccldia, &iilo • Campoguidano cum iplâs ecclelias, ôc iüo alode
alode de Scrido-fonre cum iplà ecclelia , 3c illo de Valcacio, Ademario v'icecomitc Tololâno rema-
alode de Canaucellas cum ipfâ ecclelia, 3c illo alode neat; in tali vero rationc , ut deemolyna mea ad*
de Bonofollo cum ipfâ ecclelia, landi Saturnini rc- lïrmer , 3c fi filium habeat de mulicre qui hæredi-
raaneant. IUo alode de Rochas , 3c illo alode de tatem hæreditare debeat, ad iUum remaneat illo
Vencenago, &iüo alode de Remeddo, illo alode alode de Laugiago. Poft difcellùm Aderaaro, illo
de Bordas cum ipla>cclefia, 3c iUo alode de Alra- alode de Fellâgo landi Antonini remaneat; 3c illo
•j/.Coneni- rago cum ipfâ ecclelia , illo alode de Narveis * cum alode de Campoguidano, poft difcellùm Adcmaro#
“• ilia capella, illo alode de Tornolis, làndo Simpli- lândo Audardo remaneat ; 3c Ci Ademarus filiiiffl
cio , Moranorivo , Saxenis , Cabdmerio , Fredbo? , de mulierc non habet, qui hærcditarcm fuam hære-
ifti alodes cum iplâs ecclelias , landi Stephani Tolo- dirarct, iplo alode de Laugiaco Gm-di Pétri & ündi
fènfis,&lan6b Maria-Fabricata remaneant. Illo alode Gerardi de Cairago remaneat. IUo aloie de Brada*
de Sadrebane landi Volufiani remaneat; 3c iUo alo- co , Raymundo tilio mco 3c Hugoni lilio meo re*
de de Carliago Rogerio filio Arnaldo , remaneat : maneat ; in tali vero ratione quod cencat iplo caftello
poft fùum dilcellùm landi Antonini Fredelclio re- & iplo feo Arnaldus & Hormis quod Iiabent de
maneat. IUo de MureUo , 3c ülo alode de Salas, iplo alode, ü cale forsfadiim non fadunt in coa-
landi Pétri de Lelâdo remanear. IUo alode de Ca- tra unuin» de quod iplo feo haberc non debeant*
rantvalle , & illo alode de Donadfrancio Wüfelmo- IUo alode de iplo Pojcto , 3c illo allodc de Gc-
Garcianæ remaneat dummodo vivit: poil lùum nebrerias Raymundo 3c Amalvino frarre lùo rcma-
dilceflum (ândi Pétri de Condom, 3c fand< Uœn- néant: 3c poft düceftum Ademaro, ülo alode de
tü ad Aulcio remaneat. Illo alo^e de lâneli Martini Balentios adiplos remaneat: 3c poft illorum diiccA
de Bcllocallô , iüa ecclelia teneat Bolomeus dum- - film S. Neofarii remaneat. Illo cafteüo de Tolmonc
modo vivit: poftlùuin dilcellùin landi Pctri Mut cum iplo alode de Albafoiia. dCcum iplà ccclc/îa,
lîaco remanea*;. Illo alode de landi Salvaroris cum 3c ilîo alode de Guailaranis * cum ipla ecclelia, 3C *m.
ipfâ ecclelia, CmdiPctri Mu! fiaco rémanent, 3c te- ülo alode de Varliago cum ipla ccelc/ia, 3c cum nu*
neat iplà ecclelia Jeremias prelbyter dummodo aliis ibi pertinentibus , Raymundo 3c Hugoni re*
vivit. IUo alode de Circiolis, Ugoni nepoti meo maneant dummodo vivunt: 3c li illi mortui fucriii!»
remaneat: poft fuum difcellùm landi Pétri Mulfia- landi Audardi remaneant. Iplo caftello quod vo-
co remaneat ilia mcdictas , alia méditas Arnaldo cant "Wandüors, cum iplbaloue de lânda Maria ,
& filio fuo Siguino , quod hodie habet, remaneat: Raymundo filio mco 3c Hugoni füio mco rem»*
poft ülorum dilcellùm landi Pctri Mulliaco rema- neatx: poft illorum dilcedùm lindi Pétri Mulaaco
neat. Illo alode de Maimanicas, illo alode de Pa- rcmaniut/Illo caftello quod vocanc Cadù , Beicanat*
• ludis, ülo alode de valle Ardrico , illo alode deLo- remaneat cum iplo alode de Arduino, &cum ipla
cio , ülo alodio de Podiomejano , illo alode de Lau- cedefia, 3c cum iplo alode de Antiaco , 3c cum iplas bcrm
remaneat: poft fuum difcellùm lâneli Pétri Mulfia- fendi Audardi remaneant. Iplo caftello quod vo
co remaneat üla mcdictas , alia méditas Arnaldo cant Wandüors, cum iploaloue de lânda Maria
& filio fuo Siguino , quod hodie habet, remaneat: Raymundo filio mco 3c Hugoni filio mco rema
poft ülorum dilcellùm (ândi Pctri Mulliaco rema- neat : poft illorum dilcedùm landi Pétri Mulciact
neat. Illo alode de Maimanicas, illo alode de Pa- rcmanj^t.’Illo caftello quod vocanc Cadù, Beranac4
' ludis, ülo alode de valle Ardrico, illo alode de Lo- remaneat cum iplo alode de Arduino, &cum ipfi
gio , ülo alodio de Podiomejano , illo alode de Lau- cedefia, 3c cum iolo alode de Antiago , 3c cum iplas
berol , illi alodes landi Stephani Cadurccnfis rema- ecclelias ; 3c poli dilcellùm lùum Raymundo ftlio me on ht Jahs
néant neminem contradicentem. Illo alode de üla fijo remaneat : & fi Raymundus mortuus fuerit ,
Guarda cum ipfâecdelïa , 3c illo alode de LolùLirio Bemardo & uxori fuæ Adelais reinaneat; 3c fi in-
d. Meui. tcncstt Hugo filius noller ¥ dummodo vivit : poft fâns mafculus de illis parker apparuerit , ad ilium
fuum dilcellùm landi Stephani Caturcenfis rema- remanear ; 3c fi illi morcui fijcrint qui infinrem non
neat neminem concradicentem. Illo alode de Bello- habuerint, Hugoni remaneat; 3c fi Hugo mortuos
pogio tenc« Aymericus , dummodo vivit : poft fuerit , ülc alodes de Antiago rcjnancat lâftdi Str-
nium dilcellùm, landi Stephani Caturccnlis remar- pliani Cadurcenfis aim ilia mcdictate deiplocaftet
Vpaniiaie. neat. Dlo alode de Sabadcllo & de Prandiale *cum }o; 3c ülc alodes de Arduino eu m ilb mcaietate d«
ipfâ ccclefia, landi Stephani remaneat neminem illo caftello, (ândi Pctri Mulciaco remaneat. Illo alô*
contradicentem. Illo aloae de Francor ôc ad unum de de Auiafio cum ipfa eeddia, 3c cum omnibûi
cui Ülc laxaveric: poft mortem illorum (ândi Ste- viilariis qu* ibi alpiciunt, Bemardo ÔC uxori (ù«
phani Caturcenfis remaneat. Ilia quarta parte de üla Adelais remaneat: 6c poft dilcellùm illorum ad »•
ccclefia (ândi Ciricii, & illo alode quod ego acqui- fàntes illomm remaneat; 8c fi infins de ilios non
fivi in Deumpantala , lândi Audardi remanear. apparuerit, remaneat inter Vabro 3c Agftana* Qc
Illo alode de Mongio , fandi Audardi remaneat. Nanrc , & diridant æqualiter. Ilia parte quod ego
Ilia eedefia Ricario filio Ilâmo remaneat ad alode; Raymundus habco in caftello de Gordone 3C iniUo
poft lùum dilcellùm lândi Audardi remaneat cum alode de Gordonenlc , Aymerico remaneat & G*
* d. Cinto. aüo alode. Illo alode de Cauco * cum iplà ecclefia , raldo filio fiio , & ad filios Geraldo : Ôc illo alodo
* C'cfl di*Jt
qu'il J 4 d*ni
I ortjintl , jr
habuaint, Hugoni remaneat; 3c fi Hugo mortuos
fuerit , ülc alodes de Antiago rcjnancat lâftdi Ste-
pliani Cadurcenfis aim ilia medictate de iplo caftet
lo; 3c ülc alodes de Arduino aim ilia medietate d«
illo caftello, (ândi Pcrri Mulciaco remaneat. Illo alô*
de de Aiüafio cum ipfa eeddia, 3c cum omnibûi
viilariis qu* ibi alpiciunt, Bemardo ÔC uxori (ù«
Adelais remaneat: Ôc poft dilcellùm illorum ad in¬
fantes illomm remaneat ; ÔC fi infins de ilios non
apparuerit, remaneat inter Vabro «3c Agftana* de
Nanrc , ôc dividam æqualiter, llk parte quod ego
Raymundus habco in caftello de Gordone ôc in iUo
alode de Gordonenlc , Aymerico remaneat & Gt*
raldo filio fuo, «5c ad filios Geraldo: Ôc illo alodo
Ôc ülo alode de Probilanicas cum iplâ eedefia. Cm- de lândo Ameraftdo eum omnibus ap^tniiW fa*
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TTTi
m PREUVES DE
limüittr remaneat Aymerico & Geraldo filio fuo ,
& ad filios Geraldo*, & fi illi mortui fiierint, rema¬
neat inter fondto Stephano Cadurc^jÉ, & fondto
Pctro Mardliaco , & (an dta Maria Soliaco •, & fi
Raymundus mortuus fuerit , donet Aymericus aut
Geraldns, aut filii Geraldo qualis vivus fuerit , D. fo
iidos Hugoni nepod meo \ 8c fi Hugo mortuus eft »
fondti Pétri Marciliaco. Ipfo caftello de Caganione
cum ipfo alode, & cum ipfa eedefia de Laurguo ,
& cum ipfo alode de quod habeo in Campolam ,
& cum illo alode Nanroinis cum ipfà ecclefia ,
& cum ipfo alode de Marcilio aim ipfo ecclefia de
fondto Simplicio > excepds ilia ecclefia nova > & illo'
manfo ubi ecclefia eft , Hugoni & Ermcngaudo
fratre fiio remaneat , & teneat ipfa ecclefia de fon¬
dto Simplicio, Stephanus & filius finis à feodum-
modo vivunt : poft illorum difcefliim illo alode
de Laurgo , & illo alode de Nantoinis remaneat
inter fondto Stephano Carurcenfi, 8c fandia Maria
ad ipfo cimeterio. Illo caftello >lc Parifio cum ipfo
alode deTaxairolas cum ipfa ecclclia , 8c ipfa ccclc-
fia de Afinieyras cum ipfo alode de Falgairolas , &
cum ipfo alode de Novi-villa, & cum ipfa ecclefia ,
V.H#m>rio. & 011111 dode Torrerio, * 8c cum ipfo de
Felinas , & cum ipfa ecclefia, Hugoni 8c Ermen-
gaudo fratre fuo remaneat*, 8c illo caftello de Pari-
lio teneat Malbertus à fèo de Hugone 8c de Er-
mengaudo dummodo vivit: & poft difcefliim illo¬
rum ifti alodes remaneant inter Figiaco , 8c Marci¬
liaco , & Caturcio , 8c fondto Antonino , & Albio *,
& dividant æqualitcr , excepto caftello de Parifio ,
& illo alode de Taxairolas,& ecclefia de Afinierras,
& illo alode de Falgairolas : & fi Ermengaudus fine
filio mortuus fiierit,ad ipfos fondtos remaneat*, &
fi filium de muliere habeat , ad ilium remaneat :
& poft difcefliim de ipfo filio Ermengaudi, adip-
fos fondtos remaneat. Illo caftello de Albinio , &
illo alode deSinilio cum ipfa ecclefia, & illo alode
de Brandonedo, & de alio de Brandonedo cum
ipfas eeelefias, & illo alode de Perizedo cum ipfa
ecclefia , remaneat ad filios meos quos ego Ray¬
mundus habeo de filia Odoino : & illo alode de
Campolivado cum ipfa ecclefia , & illo manlb de
Caraufiaco , remaneat ad filia mea quam habeo ab
ipfa filia Odoini*, & fi ilia infantem mafoulum non
habet legitimum , remaneat ad germanos fuos : 8c
poft illorum difcefliim , remaneat fandta Maria Ru-
tenis*, etfi filium habet de jugale , ad ipfum rema¬
neat : & poft difcefliim de ipfo filio , fandta Maria
Rutenenus remaneat, & fi ipli filii mei de filia Odoini
mortui fiierint fine filios , remaneat ifte alodus de
Brandonedo cum ipfo ecclefia fandta Maria, fandta
Fide ad Conquas remaneat, & alio Brandonedo fondti
Satumini remaneat : 8c illo alode de Perizedo , &
alio alode deSinilio, & illo alode de Albaredo fondti
Amantii remaneat *, & donet ille abbas de S. Amantii
in efcambio fondti Salvatoris Vabrenfis, valcnte illo
alode de Sinilio , ut plus prope potuerit de Vabro :
& fi filium habeat de muliere, ad ilium remaneat \
8c poft difcefliim de ipfo filio adipfos fondtos rema¬
neant. Illo alode de illo Hermojngclberto remaneat,
& poft fiium difcefliim fondto PetroMufciaci rema¬
neat, & donet Ingelbertus per fingulos annos ad illos
monachos de Mufoiaco unam refedtionem medio
quadragefimæ. Illo alode de Elvas , Jaldeberto rema¬
neat cum ipfo ecclefia , & cum omnibus villariis quas
ibi àfpiciunt , in tali ratione , fi filium habeat de
muliere , ad ilium remaneat *, & fi filium de muliere
non habet, Grimaldo fratri fuo remaneat: & poft
difcefliim illorum fondti Pétri Mardliaco remaneat in
L*H I S T O I R. E iif
communia. Ulo alode de Laugiaco, quod vocant
fandta Affra , Stephano remaneat: poft fuum difeefo
fum ad unum filium fuum cui ille aonare voluerit*,
& poft difcefliim illorum , fondti Pétri & fondti Gi-
raldi Aurcliaco rcmaneat. Illo alode deLobegiaco,
exceptis ilia ecclefia, Gcnefio remaneat : & ilia Rocha
inter Aymerico & Genefio , 8c teneat ilia Gcnefius in
fidelitatc Aymerico *, & fi Gcnefius habet filium de
muliere , ad ilium remaneat -, & fi filium non habue-
rit , Geraldo fratre fiio rcmaneat : & poft illorum
difcefliim fandti Juliani Brivatcnfis remaneat. Et ilia
ecclefia deLobegiaco, Galbcrto remaneat: poft dit
cdliim foum fondti Stephani Caturcenfis remaneat.
Illo alode de Uvrone , Raymundo filio Umberto re-
mancat : poft fuum difcefliim ad ilia ecclefia nova do
Marcilio remaneat. Ulo alode de Gignalio , Bcrnardo
filio Umberto rcmaneat *,in ca ratione, quod adfir-
ment mea eleemofina Bemardus 8c Raymundus, &
mater illorum *, 8c poft difcefliim Bemardi remaneat
ille alodes de Gienalio fondti Amantii Rutenis. Ulo
caftello de .... illo caftello de Ccrveria , illo caftello
de fondto Laurcnrio , illo caftello novo de Pctrilcnfc,
illo Caftello de Granolheto , illo caftello de Mala-
Morre ripa Agotis, illo caftello de Dargon , illoca-
ftcllo de Ventagione, illo caftello de Monefterio re¬
maneat Raymundo filio meo*, & fi Raymundus in-
teftatus mortuus eft , ad propinquos noftros rema¬
neant. Ulo alode de Lupiaco, Dcus-Deditepifoopo re¬
maneat: poft fuum difcefliim, fondta Maria Rutenis
remaneat. Ilia convenientia quam ego habui in illo
alode de Sanis , quam Emicngaudus mihi fecit , fanâi
Michaclis ad Galliaco remaneat. Ifta eleCmofina fii-
prafopipta fiat Domino Deo , & ad iftos fondtos fu-
perfcriptos pro remedium animæ me* , & pro om¬
nibus peccatis meis , & pro genitore meo, & géni¬
trice mea , 8c pro fratres meos , & pro omnibus
confonguineis meis,& pro omnibus fidelibus meis-,
in ea ratione quod nullus dericus , ncc nulluslaïcus,
necnulla fœmina non tollat, nec vendat, necabftra-
hat ad iftos fondtos fupra foriptos, nec ifta conve¬
nientia per quod unus ac iftos fondtos fuum dri&um
perdat , omni tempore fuma & ftabilis permaneat.
Amen.Omncs res meas mobiles donent clecmofinarii
mei Domino Deo , & ad fondtos , 8c ad prefbyteros,
8c ad pauperes pro anima mea. Signum Raymundo
qui brève ifto feribere vel firmare rogavit. Signum
Jalberto. Signum Genefio.Signum Bemardo.Signum
VVillclmo. Signum Aymerico. Signum Giraldo.
X C V I I I.
Donation faite à l'églifede Nîmes far U
comtejfe Bcrthe , & le comte Raymond
[on fils .
AD locum focrum fandbe Dei genitricis Mari*, ^ ^
unde domnus Bernardus epifeopus præefle CirwUirtjJ
videtur. Quamobrcm ego inclidnominis Bcrtha hu- r^dTNî.
milis comitiflà , & filius meus Raymundus indirus **
cornes , quem fie placuit animus nofter valde 8c pla- v<r/i‘
cet , nullius quoque cogcntis imperio nec fiiadenris
ingenio , fcd per propria & fpontanea hoc eleeirno-
bis bona voluntas, ut ad præfatam cafom-Dei fondtæ
Maria: fedem principalem , & ad canonicos ibidem
Deo famulantibus tam præfentibus quam fiituris do
nare volumus aliquid 'de alodem noftrum , quod i ta
& fâcimus. Et eft ipfê alodes in comitatu Nemaufenfe
in litoraria , interminium de villas poftnominacas ,
Armacianicas & Tiliano-, quantum inna ipfos villas vel
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An. 96 3.
Carrulairede
1t uchtdralc
dc.Njroonne.
ti4 DE LANGUEDOC. itÿ
in corum terminio habemus , totum & ab incegrum Albares*, ex parte circii in temiinio de villa Cuftoia ;
donamus ad præfaram cafàm-Dei , vcl ad canonicos ex parte aquilonis in terminio de villa quæ vocant
tain præfentcs quam futuros, id eft in domis coo- Donnas: quantum infra iftas quatuor aiïruntaciones •
pertis, cafiliciis difruptis , curas, oglatis > ortis, indudunt de prænominatoalode, lie damus arque ce-
terris , vineis , vineatis , pratis , pafeuis , iilvis , gar- dimus præfàræ eccleliæ , excepto uno manlo qui fuie
ricis , arboribus pomiferis vcl inpomiferis , aquis quondam Radulfi , & ncc cft finéfcr Maria: -, in tali
aquarumve dedu&ibus earum , in omnia de ex om- vero delibcratione ut dum ego Johannes vixero
xiious, ficut fuperius feriptum eft, ipfâs res dona- hanc pollcflionem teneam & poflideam, poftobi-
mus ad ûnctam Mariam , vcl ad canonicos, fiait tum vero meuni ad præfaram ecclefiam perveniant
fuperius refbnat * in ea vero ratione lèrvata , dum cum omni voce propoiieionis meæ , & ex iplo alode
ego Berta vivo ufùm&frudum mihi refervo, cum inveftitura teneat ipfà eedefia dimidiam modiatam
cenfo quoque anno modio uno de vino: poftobi- de vinea, quæ vinea eft inipfb loco quem vocant
tum vero meum ad canonicos (ândæ Mariæ qui Portellum , & ortum unum quem tenet Blandricus*
ibidem fîint vel futuri erunt , iftas rcs in corum per- Infupcr & dono ipfi ccclcfîæ portioncm mcam de-
mancant poteftatem in illorum alimonia. Si qtiis bitam quam habcojn Scgiano; in tali delibcratione,
contra hanc donationcm vel alimoniain iftam ad ut dum vixero teneam & poflideam , & fi uxor mca
irrumpendum venerit , aut nos venerimus , vcl qui- Oda me fupervixerit, cuin cæteris rébus quæ iàndo-
cumquehomohocfccerit,quædepoteftatedeipfbs rum Jufti de Paftoris fratrum tcncat & polfidcat:
canonicos vcl de illorum alimonia iftas rcs evadere poft obitum vero cjus , ccclcfiæ fandorum Jufti
volucrit, ad propinquos mcos revenant ; &fipro- de Paftoris perveniat. Si nos .donatorcs, aut
pinqui mei iftas res inquietarc non valuerint, ad aliquis de hærcdibus noftris, aut ulla fubpofita
ipfam poteftatem de Ncniaulo publiée revertant perfona venerit pro inrumpendum , tantum de
iftas res. Et fi ullus homoerit, autulli erunt, qui alium tantum duplo componat , euftodita hac vo-
hanc injuriam feccrint, imprimis iramDci omni- luntate. Si archiepifcopus hujus loci, aut aliquis
potentis incurrant, & cum Datan de Abiron & Juda per cjus fortirudincm rumpere tenraverit iplâm car-
proditore in inferno inferiori pœnas habeanr ac tam vivolariam quam nobis fêcit Aymericus arclii-
fûftineant , &habcant lepratn ficut Naaman Sirius, præful , hæc hærediras fùprafcripta mihi johanni
&cxtraneusfàncbr Dei ecclelîæ particcps non fiant , reverratur. Fada carra hujus donarionis atquc ccC-
& non habeant paitem in libro vitæ, infuper com- fionis xv. Kalendas Madii anno ix. régnante Lo-
ponat auium optimum libras 1 1 1. de in antea hæc thario rege. Sig f num Johannis , Sig f numOdæ ,
donatio vel alimonia ilia Arma ftabilis permancat qui hanc donationcm & ccftionem fecimus & fîr-
omnique tempore. Fada carra donatio vel alimonia mare rogavimus. Sig. Matfrcdi vicecomitis , Sig.
ifta die Sabbari vii. idus Septcmbris anno vii. Udalguarii, S. Poncioni, S. Stcphani. Nantigifiis
qUod cepit regnare Lorarius rex filius Lodoici. Sig. prefbytcr fcripfit fub die & anno quo fupra.
Bcrtane comitillè , S. Raimundo comité , qui hanc _ _ _ ■
donationem vcl alimoniain iftam manus rioftras fir-
mavimus , & telles firmarc rogavimus. S. Ebrardus
prefbytcr, S. Rainaldus prefbytcr firmavit, S. Vol-
verado, S. Teudciico, S. Airabo,S. Bcrnardo, S. Di-
donc. Aigofrcdus prefbyter rogatus fcripfit fub die
&anno quod fupra;
c.
Donation de la comteffe Berthe à
l'eglife de Ni/mes.
AD locum facrum findæ Dei Gcnirricis undc
_ _ _ domnus Bernai dus epifeopus præe/Ic videtur ,
& canonici ibidem Domino fcivicrites tam præfcn-
X C IX. tes quam futuri. Ob hoc igitur ego incliti nominis
Donation du lieu de Fonwuncoufe faite à BIcrtha> humilis gracia Dcicomitillâ, quod mihi &
Aimenc archevcque de Narbonne. ^uc cogcntis impcrio ncc fuai|cntis y Ved
IN Dei nomine. Jure fàncitum eft atquc dccre- propria de fpontanca hoc elegit mea bona voluntas ,
tum in mundanis legibus à viris làgacibtis, ut ut ad præfaram cafam-Dci làndæ Mariæ virginis
fada donatio, nifi pervim &mcmm fueiit fada, Nemaufcnlïs ccclefîæ, & ad canonicos ibidem Do-
in omnibus plcnam arque firmiflimam obtineat fir- mino fervientes tam præfentcs quam fùturos , do-
narc volo aliquid de alodem meum quod ira &
ficio ^ & cft ipfe alodes in comiratu Nem.uifcnfc in
litoraria, in terminio de villas prænominatas, id eft
Arnucianicas , de Tiliano , de Malumcxpelle ; quan¬
tum infra ipfis villas jam prædidas vel in eorum
terminio haoeo , totum & ab integrum dono ad
miratem. Qiuproptcr ego Johannes in Dei nomine
&uxor mea Oda, conliderantes cumulum noftro-
ruin pcccaminum de rctributionis Dei donum ,
per interccllioncm fuidorum Jufti de Paftoris , nullo
cogence impcrio ncc fuadente ingenio , donanurs
atquc ccdimus cum bona voluntatc fândorum Jufti
de Paftoris , domno Aymerico archipiæfuli & ca- præfaram ca(âm-Dei , de ad canonicos ibidem Do-
non icis ibidem Deo famulantibus , pro remedio
animarum noftranun , patrifque mei , atquc paren-
tnm noftrorum , aloelcm quem habemus incomitatu
Narboncnfe quæ vocant Fontem-Joncofâm , cum
omnibus fuis adjaccntiis inibi de limitibus, cum
mino fervientes tam præfentcs quam fùturos , in il¬
lorum alimonia vcl illorum communia; id cft in
cafis coopcrris, cafaliciis difruptis , curcis, bonis,
oglatis, terris de vineis, vineatis, pratis, pafaiis*
fîlvis, garricis, arboribus pomiferis vcl im pomiferis ,
ecclefiis quæ ibidem funtfundatæ: unaquæeftma- aquis aquarumve dedudibus earum, omnia de in
ter ecclcfia iplius loci quam vocant S. Leucadiam , omnibus; quæ mihi obvenit pro cxcomparatione ,
aliain honore bcaci Chriftophori, tertia in honore vel pro donationc, vel de qualccumque niüii ob-
fândi Vidoris. Tcrmini &: limites de fines præfàtæ venir vcl obvenire débet, totum &abintegmm ad
poflcftionis terminantur fie: unus terminus ex parte vos fùmafcriptos dono de ad proprium trado. In ca
oriencis terminât in terminio de villam quæ vocant vero delibcratione dum ego Bertha vivo ufum 3c
Catexcino ; ex parte meridiei in terminio de villa ftudum mihi refervo *, una cum cenfo quoque anno
Tome IJ. H
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Aw.94°*
PREUVES DEL’ HISTOIRE *+
uxods ejus, Sign. Hugwiis corairis, Sign. Amaudl nas res quas Conibertus quondam præpofitus cæte-
vicccomiris, Sign. Sicardi vicccomids , Sign. Ato- rique francs fân&i Juliani pro commuai fidute,
nis , Sign. Pondi qui hanc cartam fcripüt juffii per con(cn(um Ragcmundi principis Aquiemomm ,
prædiâoram anno 8c die quibus fupea. neenon & aliocum ipfius provinciæ procemra
Itam epifeoporum quam cætcrorum , prædi&o mo-
N nomine Do mini noftri Jefu ChriftL Nofeant nafterio contulerant, noftræ regalitatis præceptoSc
præfentcs pariter & fiituri , quod nos Rodaldus , ex teftamento quod fâneitum eft confirmarc di-
Dei graria Biterrenfis epifeopus , & nos canonici Bi¬
terrenfis fèdis , bono animo& bona voluntate & in-
tuitu péctads damus , laudaraus & concedimus Deo
& fàn&æ Maria:, ôc monafterio lanûi Pondi Tome-
xiarum, &domno abbaiiOcgerio, & monachis ejuf-
dem monafterii præfenribus Ôc fiituris , videlicet ec-
clefiara (andæ Eulaliæ de Tomeriis , & ecdefiara
(ànûæ Maria: de Bcriano , & ecclefiam (àn&æ Mariæ
de Geminiano, & ecclefiam (àn&i Pondi de Barau-
gnareraur. Quorum peddonibus ob Chrifti ôc Gm-
ûi ejus jam prælibad Marcellini dik&ionem, five
fideiium noftrorum deprecarionem , videlicet Hei-
rid Lingonenfis epifeopi , ôc Godfchalchi Ani-
cicnfis præfuiis , Rotgerii quoque inluftris co¬
mids noftrum præbentes aflenfum , juflimus boc
rcgale decretum fieri, in quo confirmando decemi-
mus & decemendo firmamus, ut monachi prsefati
loci Canioilonenfis jam didtas res cum omni inte-
{àm. Has omnçs prædidas ecclefias nos Rodaldus gritatc tam mancipiis quam univerfis jure fibi &
epifeopus Ôc canonici præfatæ fedis damus & con- lcgaliter pertinentibus perpetuo pofïideant , ôc quid-
ccdimus Deo & monafterio prxdi&o , cum omni- quid &c. Sign. domni Ludovici gloriofillimi regis.
bus dedrais & præmitiis & obladonibus, & cum Odilo cancellarius ad vicem Hervei epifeopi Hlm-*
omni ecclefiaftico jure tam decimarum quam alia- mique cancellarii recognovit. Darum Nouas De-
rum rerum, fiait unquam prædidæ ccclciiæ habue- ccmbris, indid. xv. anno autem vi. régnante Lu-
cunt vel habere debuerunt , & ficut polîident ôc dovico gloriolillimo rege in Dci nomine féliciter.
polTidere debent -, fie damus Deo ôc monafterio Amen,
prædido in perpetuum abfque omni retentu libère
de ablolutc, & abfque omni ufatico vel (èrvirio ,
ülvis tamen fÿnodis de eedefia fandbe Eulaliæ de
Thomeriis, & de ecclefia fan&æ Mariæ de Beciano.
Si quis vero contra hanc noftram donationem ve-
nire tentaverit non hoc valeat vindicare quod re-
quirit,ledinfuper admonirus, nifi refipuerit, & Deo
& fàn&is ejus & monafterio p rædi&o fâtisfeceric ,
iram Dei omnipotentis nimis tremendam incurrat ,
LX X I.
«
Donation faite k L’abbaye de S. P</n$ far
Alton vicomte d’Alby.
^ Ancitura cft longo maximoque tempore Coo-
An. 94x.
Camiliircdc
l’abbaye k
ftanrini imperatoris, ut fi quÛibet derc fiiapro
& cum diabolo & ejus miniftris depcrcat, & ana- peccatis commutare vel donare volucrit quoa in
thema maranata efficiatur, &cum Datan & Abiron alieno jute confticutum eft, ut fua libeat poteftate*
qui viventes in infcrnum delccnderunt fubjungatur, lgitur ego in Dci nomine Ato gratia Dd viceco-
&cum Juda lfcariotqui Dcum ôc Dominum tradi- mes, conhlio & voluntate uxons meæ, bonoani-
dit (beietur fubiturus pâmas perpétuas. Factum cft mo& bona voluntate, & pro redemprione pccca-
hoc donum anno ablncarnationc Domini d.cccc.xl. torum meorum & parentutn* meorum , & pto re-
menfèAugufti anno quarto régnante Ludovico rege. demptione animæ patris mci Bernardi & matris
S. Rodaldi epilcopi Biterrenfis Ôc canonicorum Bi- mcæ,& pro omnibus conlanguineislaudo, concedo,
terrenfis fedis qui hanc chartim donationis fieri & cum nac præfcnti carta in perpetuum aado om-
jufltrunt , & aûam laudavemnt. S. domni Aymé- nipotenti Deo , & làndbe Dei genitricis Mari* , &
rici Narbonenfis archiepilcopi qui hoc donum de (ânâx) Pontio Thomerienfi monachis, & D. abbari
omnibus ecclelïis prædiîtis, ficut lupradidum cft > Otgerio, & monachis ejuldem monafterii præfenti-
' & Deo & monafterio prædiûo fândi Pe'ntii in per- bus ôc fiuuris in perpetuum, videlicet in epifeopara
petuum laudavit , & concellit , ôc hoc fignum fecit. f Albienli in vicaria Laftrinco, totum alodium & tocura
* ^.Ciûndi. Eufandi * Carcafitnlis epitcopi. f S. Thcode- poteftativum de villa & de omni parrochia fandi
rici epifeopi Lutcvcnfis. f S. Pontii epifeopi. | Sign. Salvatoris de Brucia. Dono fimiliter Deo &mona-
Eldoni abbatis. -J- S. Amulfi abbatis. \ S. Ro- fterio prædido in perpetuum in alio loco cpilcopani
berri abbatis. t S. D. Pontii comitis Tololâni ôc du- Ruthenenfi , in vicaria Camarenfe, in parrochia làn-
ds Aquitanoium. S. Hugonis comiris. S. Arnauldi ûi Mauritii , tomm alodium & totam poteftatera
vicccomitis. S. Sicardi vicccomitis. S. Attonis. Sign. de omni rerritorio de Villa-nova. Eftquc fciendum
Pontii qui hanc chartam fcriplit jullu prædido- quod eundem honorem de Brucia dédit mihidom-
rum. nus Pondus cornes Tholofcnfis pro prædicto ho*
- - - - — - — - nore de (an£to Mauririo quem ego dedi ei, &præ-
fatum honorem de fiindko Mau rit io pr*diûus co-
LX X. mes jam diblo monafterio in perpetuum defigna-
vit. Hæc omnia prædicla ego Atto vicccomcs
Charte du roi Louis d' Outremer , en faveur dono , laudo, ôc concedo omnipotent! Deo , & fan-
du monafiere de Chanteuse en Auvergne. Mariæ , & fandlo Pontio Thomerienfis monafte-
»--■ rii, &abbati& monachis ejufiicm monafterii tam
IN nomine fandæ ôc individuæ Trinitatis, amen, præfentibus quam futur is in perpetuum , fcilicetto-
Ludovicus divina annuente gratia Francorum tum alodium & totam poteftatem & dominium de
rex. Si locisdivino cultui mancipatis, ôcc. Quocirca pixdidlo honore de Brucia Ôc de Villa-nova cum
omnium fanéhc Dei eeelefiæ fideiium tam præfèn- eorum pertinendis, & cum terris culris & incultis,
AN.941.
Cartulaire de
Onmcuge.
V. E*IhZj.
a pp end capit*
U. l.b 153.
ery#f.
dum quam fliturorum noverit induftria , quoniam
noftræ dignitatis præfcndam humiliter adeuntes
monachi (anfti Marcellini egregii confeflbris Can-
toiloneufis cœnobii, obnixe fibi cxpederc, quatc-
& cum arboribus frudiferis Ôc infrudiferis , cum
nemoribus & filvis , herbis aunpratis, cum do-
mibus &curtibus , cum manfis , hortibus , aquarum
curfus ôc reairfus , cum molendinis , paxeriis , fumcw>
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s-j DE LANGUEDOC. U
6c montes & valles, cum ripariis, cum frudibus Ludovici regis, 6c foniori meo Raymundo comiri >
pafturalibus & cum omnibus fêralibus 6c vicariifo de germano meo Frcdoloni , 6c filiis nomen Rigal-
que atque fervientagiis , venationibus , & cum homi- do & Fredoloni , 6c pro omnibus fidelibus meis , &c.
rîibus & feeminabus inde naturalibus, &omnes ufâ- rcs qui funr fitas in pago Ruthenico , in minifterio
ticos, 6c tallias , 6c queftas, 6c albergas, 6c firmancias, S.Aniani, hoc eft alode meo quæ eft in valleOliri...
& jufticias, 6c omnes adu s*, & quidquid in jam- villa mea quædicirur ilia Vemia, cumecclefia quæ
dido honore habeo cotum illud dono Dco , & eft fùndata in honore S. Ypoliri martyris 6c fândæ
monafterio fândi Pondi in perpetuum ab/que omni Marias & S. Johannis , vel quantum in ipfâ valle
retentione. Et de reperitione, verum quod fieri mi- Oliti vifiim film habere vel pollidere, totum 6c ab
nime ac dolofe , ego ipfo aut ullus de hæredibus meis, integrum ibi cedo , exceptis ilia medietare quæ geni-
aut ulla immillà perfona, quæ contra hanc cartam trix mea tenet & ilia ecclefia quæ eû fùndata in ho-
donationis venerit ad irrumpendum , nilï posniten- nore S. Privati , in tali vero rarione dum Rigaldus
riam fàtisfadionis egerit , imprimis iram omnipo- filius meus vivit ufum 6c frudum recipiat, Ôcc.
ternis Dci incurrat , 6c maledidionibus fobjaceat Cedo 6c condono imprimis Domino Deo omni-
quæ in pfâlmis continentur, volvatur ut rota 6c fi- potenri, 6c S. Salvatoris Vabrenfis monafterii, 6c
eut ftipula ante fâciein verni , impfeatur faciès ejus fândæ Mariæ gcnitricis D. N. J. C. vel Ramnulfo
ignominia ut quærar nomen Domini, fiant filii ejus 6c foi/que monachis dono ad monafterium con-
orphani &uxori ejus judicium, & cum Dathan ftruendum in ilia Vemia, ut ibi caterva congrc-
&Abiron, &cum Jtida rraditore ininfemumlèm- gent monachorum qui fêcundum regulam fandi
per ardeat. Fada eft carta hujus donarionis in menfê Benedidi ibi fèrviant, hofpites recipiant, pauperes
Aprtlis, anno ab Incamatione Domini dcccc xlïi. recreent & pronobi? orenr, pedes pauperum la-
anno vi i. régnante Ludovico rege. S. Attonis vice- vent , & fi in hoc loco oblaci venerint Vabrenfis
confias qui hanc cartam donarionis manib&s fuis monafterii, ofïerantur, & fi converfi venerint re-
firmavit, & teftes firmare rogavit. S. Frotarius epiP gulam numquam promittant nifi Vabrenfis mona-
copus, S. Bernardus, S. Hugonis comiris,S.Dag- uerii, 6c per fingulos annos Wabrenfi monafterio
béïga',5. Amalrici , S. Tozet, S. Andréas qui hanc perfolvant fol. x. &c. Fada cara ceffione ifta fob
cartam fcripfit rogatus.
X. XXI I.
Extrait de quelques Chartes.
Vers l’an ^ N nomine Domini. Ego Rainelinus & uxor
9 5 8. X mea ôcc . donamus fândi Salvatoris 6c ligno fân-
CsmAirc-«Je &æCrucis,S. Willclmo . . . aliquid dealodc noftro L X X I I I.
GwikaL^5* qw^ftin comitatu Nemaufonfi, in vicaria Arifcnfi,
** (ub caftro Excenatis in terminum de villa Rogas 6cc. Donation d9 Arnaud comte de Carcajfonne
campum unum , & habctipfo campus per latum de- & de Comminges à l'abbaye de Zezgt.
xtros xxviii. 6c per longum tenet, ôcc. Fada eft _ _
bxc donatio foria v r. x v 1 1 1 1. Luna , Kal. Januarii, Tk Æ Undi terminum appropinquantc, ôcc. Quam-.
' Pco régnante, Lodoycoregen. &c. IVX obrem ego in Cnrifti nomine Arnaldus 6c Cmi
____ j ' uxore mea Arfondis, pertimefoens illud ultimum i*abba
J^Ultum déclarât audoritas & lex Romana, & tremendi;t»diciidiem,cedimusDeo&ûndoPetro
. * Gotha, fiveSalica, ut qualifoumque homo résilias aliquid de fâcultaribus noftrisj hoc eft ecclefia quæ
tsa ui'fM. pfoprias in Dei nomen licentiam habeat donandi eft fundara in honore fândi Euparchii cum ipfo
ki. vej cedéndi. Quapropter in Dei nomine Raimundus alode , rotum & ab integrum , quiftum & inquiren-
& Aimericus cccümus vel donamus Domino Deo dum , cedimus Deo & fàndo Petro vel Adazio ab-
ôç fândo Salyio Albienfi epilcopo .... alode in pago bâte una cum norma monachorum qui funt in Le-
AlbienijinmanuMironiepilcopi, in tali veroratione zatenfo monafterio, ut poft hodiernum diem ha¬
ut Mirus epifcopus & Gauftxmis abbas cumcleri- béant, teneant, vel pollideant j 6c ipfo abbas vel
cis fandi Salvii faciant ccclefiam in honore fondi alii qui poft eum ingrediendi fiint, vel monachi
Salvji in ipfo alode, & fit ipfâ ecclefia infùa honore loci illius non habeant licentiam , de Deo vel fândi
omni tempore in communia fondi Salvii cum foas Pétri fou fândi Benedidi dare aut tradere in ma-
adjac^ntias , & cum ipfâs fines de vas meridie, adja- nus alienorum j fod fomper permaneat ad ipfâ cafâ-
cenriaufqueadgutta adeurrentç de vas oriente , ad Dei, vel miniftris alcaris ejus , fine ullo contradi-
gutta currencc de alia pane ufque ad honorem Ma- cente. Sane fi quis nos , aut ullus ex hæredibus ,
die Veneris, in menfc Septembrio , anno vin.
régnante Ludovico rege. S. Raimundô, S. Rigaldo
& fratri foo Fredoloni qui carta ifta foribere vel ad-
firmare rogaverunt, S. Jorio, S. Ugoni , S. War-
nerio, S. Bernardo, S. Sulpicio, S. Ragoni, S. Ali -
nardo. In Chrifti nomen Siginus levita jubentc
Ramnulfo fcripfit & fubforipfit.
L X X 1 1 I.
An. 9 44.
Circulaire de
l’abbaye de
cis fândi Salvii fâciant ccclefiam in honore fândi alii qui poft eum ingrediendi font, vel monachi
Salvii in ipfo alode, & fit ipfâ ecclefia infùa honore loci illius non habeant licentiam , de Deo vel fândi
omni tempore in communia fândi Salvii cum foas Pétri fou fândi Benedidi dare aut tradere in ma-
adjaqmtias , & cum ipfâs fines de vas meridie, adja- nus alienorum j fod fomper permaneat ad ipfâ cafâ-
cenria ufque ad gutta adeurrentç de vos oriente , ad Dei, vel miniftris alcaris ejus , fine ullo contradi-
futta currencc de alia parte ufque ad honorem Ma- cente. Sane fi quis nos , aut ullus ex hæredibus ,
edo, cfe alia parte ad parrochia fânda Martiana. vel propinquis noftris conrra hanc ceiTionem ullam
calumniam generare præfumpforit, imprimis iram
*An ? P Rifoarum legum imperatorum 6c confùlum de- Dei incurrat , 6c infoper componat ad redores ejufo
crevit audoritas, ut qualifoumque homo perfona ex dem loci auri libras très, & ejus petirio nullum
nobili ortus genere res foas in alieno jure transforre obtineat efFedum, 6c ceffio ifta firma & ftabilis
Vibm. voluerit tam in eeelefiis quamque in aiiis homini- permaneat omni tempore cum ftipulatione fobnixa.
bus, per cartas , codicillos 6c légitimas craditiones Fada cellione ifta in menfo Aprilio, anno odavo
f. 74» licentiam habeat faciendi. Quamobrem ego igitur régnante Lodovico rege. Sig.fnum Amaldo&uxo-
in Dei nomen Raymundus pertradavi cafomhuma- re foa nomen Arfondis 6c filiis fois vel filias, qui
nx fragilitaris meæ 6cc. cedo ceffomque in perpetuum carta ifta foribere rogaverunt, 6c manibus firmave-
eflè volo res proprietaris meæ pro remedium animæ runt. S. Bernardo, 5. Sicfredo, S. Duragno,S. Bo*
meæ, 6c pvo remedium animæ genitori meo Fre- nedido, S. Adilione, Bernardus foriplîc.
doloûc, 6c génitrice mea Uddanc, & pro anima
7m$ U. Fij
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*7
PREUVES DE
An. 945.
Archives de
l’abbaye de
Guuu
L X X I V.
Fondation du prieuré de faint Saturnin
du Port , aujourd'hui le Pont S.Ejprit.
DUm in hujus fecuK laborioû vivitur peregri-
nationc , intérim cum licct, dumquc tcmpus
acceptabile atque dies falutis inftare vidcntur , &c. . .
L' H I ST DIRE 8»
tumm dlè minime credo, ego ipfe > quod abfic 9
aut aliquis qirilibct confcnguinitate mihi conjundus ,
vel nepos (eu etiawv uüa intromilla peribna ipfius
donationis fpontaneaé à rite fâdæ , contra jus divi-
num invafor atlt contradidor extiterit , & tes Deo
dicatas (andilqtie ejus delegatas in fuosufüs tranf-
ferre conarus fucrit , primkus iram Dei omnipo-
tentis incurraf , cujus res temerario prsefumplerit
aufu, vinculo etiam terribilis anathematfe imode-
nir, omnes quoque complices ejus qui d affenfùm
cor nm, anno XIL
* On Ht ces derniers mots dans la copie qulnous acté
communiquée: mais'ils ne font pas dans l’original que le
Pcre M$billoi\ a vA dans les Archives de TabUve de
Cluni. V. M*b. ad ann. *4 J- n. 7j. & mû. $3. Ba
Jkculo. 5. p. 31*.
BeiUd.
L X X V.
Fondation du monafiere de Burÿtts
dans la Marche d’ÈJpagne.
SUb Trinitafis alm* honore, nüAcupaftis dom- -
nus Ilâmos cornes «5c marchio , dum refiderct *
Venta
94}/
Archira de
Igitur ego Giraldus indignus archiepifcopus fcclerom præbuerint , nfitï ad emendûtioncm pervenerim. Ge-
meorum enormitatem confiderans , & quod eft fa- raldus epifcoptfs (ubfcripfit , Roftagnus coifcopus
lubrius illam Domini noftri Jcfu Chrifti dulciflï- firmavit. S. Bermundi , Gkardi , Hugonis, Armafii ,
mam vocem delcdans , qua ait : Omni s qui relique- Poncionis , Trutemundi > Godrarini , Gifleftidi , Ri-
rit domum , &c. & quod ipfe alibi jubet, ut red- chardi, Arerttberti,Eadonis, ErmengardisyRodulL
damus quæ Dei funt Deo > nofinetipfos profèdo Adum apud iàndum Saturninum publiée » snenlô
illi reddendus innuens , primo quidem juxta prardi- Augufto , anno Incarrtarionis dominiez ix ccccvxlv.
dam voeem meipfum omnipotenti Deo diipofui , ktdidione 111/ Regni aut cm Ludtmu regis Fr a»*
6c Filio ejus unigenito , & Spiritui Paradito, landæ
videlicetTrinitati offero per abrenuntiationem fe-
culi & habitus commutationem. Deinde fecundum
feripturx atteftationem qua dicitur : divin* virt
redemftio anima ejus funt , omnes res meas quas in
prarfèntiarum habere vel poflidere videor, & quæ
mihi de patema (uccdïione in hæreditatem obve-
nerunt , totum & integrum ipfi omnipotenti Deo ,
cui & memetipfum & fondæ Dei genitrici ôc Tandis
apoftolis ejus Petro & Paulo fine dilatione ulla in
perpetuum trado , atque transfundo. Cluniacum
denique monafterium nujusfadi deligo atque con-
ftituo præceptorem & vicarium , quatenus ab hac
die & deiriceps domnus Aymardus abbas , qui præ-
didicœnobii gubernacula pro moderamine nunc,
Deo annuente , adminiftrat , cundique fuccellbrcs in Paliarettfis regnis ail cadorüttt regerti illi dottceii*
ejus eafdem res omnibus diebus regant, ordinenG fum, cumpundus (pirationc divina, cæpitûüÉfcüte
atque ut fibi placuerit ih fervitio Dei omnipotends de ftatu landæ ecclcfiæ. Dein cælorum patri pia ^^cicia
dilponant. Eft etenim ipfe locus in honore Dei &: piomillione veterem peccatorutri convethonem id
venerarione B. Mariæ femper virginis & eorufndem ætemum habere beatitudinem : quia per Hieremiart
apoftolorum con(ècratu s, & in pago Matifcenfi (i- divina vox nos admonet fuper vias ftàTe & videre
tus, inquo fi Deus annuerit meiplum, ficut jam &de Temids antiquis interrogare, &per viambona
dixi, fubordineregularimancipare cupio, quatinus ambulare , & mvenietis requiem. Spiritus fendB
pius De us innumerabilibus meis propitiari dignetut gratia compundus , per limitent redum gradiantti
ofiènfis, picei quoque flammas evadere valeam ba- vencrabilem petivit confultum , cjuldem comitawo»
ratri » & régna oeleftia Deo propitio adipifci. Sunc ecclefiæ domnum Atonem carillimum fratreni ,
itaque ipfc res fine in comitam Uzedco in vicaria mirificum prctfulem , corde & animo illôninv id
Caxonienfiÿ hoc eft manfum meum indominicatum Domino compar. Salubctrimam pèrmifit devoti^ ..
cum omnibus appenditiis vel adjacentiis fibi per- hnjulccmodi allocudo illornm, (Suit fera ferrto&
dnentibus , ideft ècclefia in honore fandi Saturnini natio, quia per bonorum operum eælcftcm invenit
conlêcrata , cum infulis quoque & villis •, fcilicet homo theûurum. Ego auccm llamus pro ætetnd
Leyracum , Mclênias , Genefcanicum , excepto inibi patriæ amore de gehennæ horribili timoré , Cum cbh*
uno manfo auem jamdudum debebam (àncbe Ma- fcnfii ftatrum meomm, five filiis, atquô nobihorei
riæ ad Gordinicas-, & quidquid in Pravidone, & fide-les noftros qui in noftra provinria tonfiftant>
ad Fontem, & in Colonicis,& Fabricis, & Sabainads, dccrevi -dirponere in corde mco, ut de rebus meis
& in Patemico vifus fum habere vel pollidere , ficut (àndaiti dkafl'em ecclefiam. Idcirco offèro omnipo^
per commutadonem quam feci cum Almalrico fra- tend Deo & prtedido pôhtifici de rébus meis |io*
tre meo adeptus lum , cum omni integricate donO priis, alodem quem dicünt Burgali, cum fines #
Deo ut fupradixi, do atque in perpetuum oll'ero terminos vel ajacenriis, cumomnia fibi perdnéntia
pro remedio animæ meæ , neenon pro anima parris adquc ecclelias ibi liras. Primitiva autem fob ethe*
mei & matris ac fratrum meorum, infuper pro (à- reum clavigerum onorem (ândi vocaca Pétri, tiâ _
kitc vivonim & requie omnium defimdorum , cum mmque funt akaria conflru6h ad honorent (andi
campis, pratis, vineis, filvis, aquis, aquanim de- ardiangeli Mkhæiis principi , 6c (àndi Johann»
cumbus,molendinis,domibus,ædificiiscumomni virgo eledus qui fupta Dominiaun recubuit pe^
integriute, &fuprapofito mobili &immobili, exi- dus. Inea videlket rationis amore, ut perpétua*
tibus & regrelTibus , cultis & inculds , quaefica etiam liter feerttineo font conftet monafterio. Inûiper
& inquifita & inquirenda ad iptàm hæreditattm af* autem offero conditori pio & venerabiH epifeopo
picienria vel perdnentia , ficut a me præfenn tempore filia mea ttomine Ermeneardc , ut in prædidas cc-
regitur & poflidetur : quatinus femper redores jam défias fedttndam S. Benedidi régula vitam degeat,
didi monafterii & ibidem Deo famulantes abfque projenicores vel partftteia cum congrcgata régula
alicujus incerpcllarione in pcrpeTOüfn firmitec folidc- locietate cimdomm nofttOram & omnium nde*
que tcoeant & pofiideant. Si quis vero, quod fu- Uum 4n Çhrifto «edeAttam ydvis atque ckfttâdfc
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v€niam implorent deliâorum. Et ego vero Atus > *v t
Del opituJaûone cpilcopus, pro amorem lèdularum JN O^tia gtiaipitoria , vel quorum nomina fiibtu*
dignam qracionem > & üt à Deo inveniri merear ccnentur inlerta ubique , qualiter venir AmeKu^Ro-
magOairt rçmunçratiooem , conccdo & incanvulfi- drando, die Jovis, feria quinta in atrio ûn&i Pétri
bit ter raa&cre jubeo in prædido loco vel ecclefias, Lezatenfis* inprælèntia bonis hominibus qui ibidem
ad mcminkum çomitem , fummo Deo & nobis aderant; id eft Arnaidus cornes, & Amelius-Simpli-
offertos (ub lân&i Benedidtj régula puellarum vel do, &Radveus,&Orioliis,&Rodaldus-Ellipio,&
fexu fœxninco perpctiulicer fieret monafterio. Et Perculfiis, &Aro, & Benedidtus, Acuerto , & Ber-
or igo &tirulum ejuldem ecdefiæ làndi Pétri infii- trandus,&Raduinus,&aliorumplürimoi-umbono»
per nominatum Burgali abbadiîâm filiam prædidh nl.m hominum qui ibidem aderanr , vel adfirma-
comitis nominc Y&rqo. Concedo namque ad præ- yerunt in eorum præfentia ; fie (eguarpivit Amelius
didam çcclefiam cum confcnlu clcricorum noflro- *n conrra Dco & iando Petro Lezateniis monaftçfii*
rum his nprainibus. Ego Atto me fubfcribo & pro vc* Daniele abbatc, & ad ipû congregatiorte fandi
ûimroa Chrifti reverentia dono & graruito trado Pétri de iplâs vineas, quæcomrapellebat, qui fue*
ad prædi&o monafterium conftruendura in hono- runc 9r*°*e> ^unt inpago Tholofàno in loco
rem làndi Pétri apoftoli, omnes çcdelias quæ font 4liæ dicunt Monte-Calvoj^unde hos dies pluies ha*
in valle vocirata Anani , de iplb pontem qui cil ad buerunt rariones quod de ’lfto die in antea non 1$
locum vocarum Gilardum, adRufticanum autem eomrapareat, neç fe incermittat, nec ille, nec ulluS
vocatura Gelarennem leu foro nundignali quæ homo fua voce clamante; &quihoc fecerit, impri-
vulgares vocantur mercatum, ulque ad callmm Léo- ,ram Dei ipeurrat , ôcc. Fada guarpitoria ifta in
vultum quem vulgares dicunt Leovonc , livcà pon- menle Aprili lûb die feria quinta, régnante Domb
tiun ipfiusquemvocantHurreKce. Omnes ecclefias in no tioftro Jelîi . Chrilto , Sig f num Amelio, qui
valle nominata infra prædida caftella liras, ad jam- carra guarpitoria ifta feribere vel lirmare rogavit,
didam domum vel abbatillànl concedo , cum de- ^ manibus fuis firmavit. Signum Dominico , Sig.
cimas & primitias vel oblatianes adque cundarum Scrvaro , S. Elilco, S. détone, S. Bencdido, Ita-
iUarum pertinçnda > ut ram ifta prælcns abbarilla ^us m°nachtis Icriplir.
Et™* , ali* qus ,fcgiiiiK gGo ^ tfcœom„ cori!dcraïi to ^ '
veiperpetualitertcncanr, «Scfccundum regulaamo- • . c » . .
f o/i . i , L? il- mus nulnus cogentis împeno nec luaaentis ingemo,
rem cc décréta enanono , ad propoos hulus vel ubi c j . r . i j ô
u.- Grf-
hus constate habcanc kcnt.am. NuJii liccaç ^ f fluyio Ufbione> inrer paga Caralftnfc
CederC ^fcdâre «f1* _vçl m aiaqu° cnmman.Si & NarLcnfc, &ad Somario alE... tibialo-
autem evenent, quod ablit, nulluiquc homo mente i _ 0
» . . . • r ^/T- , , dem meumpropter remedium ammæ meæ & patns
unproba.aut temcrario ulu , conceiliovel donaao o, _ o „ -, . /
r - mei & matri meæ ôc uxons meæ Ramlom , & pro
alia uxore mea qui fuitquondam nomme Eftuer»
ëc pro filiabus meis , ôc pro omnibus fidelibus mcis
Simpliciô ôc Wadamiro , & pro omnibus fidelibus
meis ram vivis quam defundis. Dono igirur alodem
ti •- , i , ad luminaria làndæ Dei ecclelîæ concnnanda &
eonceflionis cum chanorucc* vel propnos ckros mcominru u lenfe> Aâa eftKaru
ccclcfur noür* ad monafticam degendam v.tam donadonis JX KaJ Novebmbns ^ lncarna:iûnis
denuo in perpetuum maneat nrma. Dono namque ^ • j a _
x,r r ■ • n • • i ... Domini d. cccc. xlv i. îndichone quarta > anno xi*
cpo xtamus in mmiiterium oc ad utihtatem huius . r j • c- x u
sr/1 • i l 1 reenante Lodovico rege. oi2tnum Maiolo vice-*
adliitenum !» libros^jumentas , ammalia adque peco-
ra. Hæc cnim-eft eorum nomina atque numerum ....
Vers l’art
5)4Î*
Ibxii
An. <14
Archive* d#
l’abbave d« U
mea cupiens inmmpere , uîlp modo valeat vindi-
care. Si præliimpkrit autem , componac auri libris
centum , & maneat extorrens alliminibus lande ec-
cleliæ , & fubjaccat canonicim pœnam , nili reli-
pucrit per pcenitenriam dignam. Et decrevi cartam
régnante Lodovico rege. Sigfr
comité, S. Quidbaldo, Ôcc.
Ylamus SS. Ego Lupus SS. Regimundus (c fub^
lcripfit. Certullus prelbyter Ramiolæ SS. Fuftus
prlbytcr le fiiblcriplic. Domnolus prelbyter SS.
LXXVIL
Fondation du Prieure de S . Germier
de Muret.
An. 945.
Canulurc de
l’abbay. de
Icuu
L X X V I.
\ ■ .
Extrait dp faverfes Chartes des abbayes de
Le«at & de la Grajle.
A Ppropjrxjunme mundi ternaino > &c. Quam-
obrem ego in Chrifti nomine Garlcn , perri-
melcens illud tremendum judicii dicm cedo Deo
6c S. Petro aliquid de fâculcatibus meis, hoc eft ec-
delia quæ eft fiuidata. in honore S. Stephani cum
iplb alode,,tonim &abintegnim cedo Deo &lan-
Èto Pcrro apdfolo , vel Daniele abbate , una cum
norma monochorum qui fgnt in Lezadendi mona¬
fterio , ôc sA iplè alodes jn pagp Tholoûno , in ter-
minio Bocona, in villa quæ dicitur Fuftiniago , ôcc.
Fa<5bl ceflîo ifta in mcnle Februario anno r jc. rég¬
nante Ludovic© rege, Ôcc. S. Garlên, S. Afiiario,
S. Sancione, S. alio Sancione, S. Radulfo, S. Gar-
fene , Jtalius monachus Icriplir.
APpropinquantectenim mundi terminio & mi- ^
niscrebrelccntibusiam certa ligna manifeftan- ^
« ^ I ; • • 9,1 -n- • Caftulairede
tur,occ. Quamobrem ego emm in Chrilti nomme rabbaye de
Radveno pértiinelcens illud rremendi judicii diem, *cxat.
cedo Deo & ianâo Petro aliquid de fàçaltatibus
meis, hoc eft ecclefia quæ eft fundata in honore lanâi
Gcrmerii cum iplb alodo, totum ôc ab integrum 9
quæftijm & ad inquirendum , hoc eft pro anima
mea , vel pro anima genitore vel génitrice mca > vçj
pro anima Attonc de cujus raihi prôceflît , vel prp
animabus fratribus & lororibus meis & conûngui#
neis mcis tam vivis quam & defundis, ut rétribuai cia
laror omnium Dominus requiem fempicemam , BC
ip 6 ecclefia jam lupradida cum iplb alodo, cedç
vel do (andto Petro vel Aalïo abbace una cum nor^
ma rponadiorum qui funt in Lezatenli ccenobio *,
quantum ego vilus lum habere vel poftidere, ut ab
hodiemura diem habeaqc,, teneant vel poflîdcaût)
& non habeant ipli abbates vel monachi fandi Pétri
feu fuccellbres eorum qui ppû eos ipgredi wt faf
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yi PREUVES DE
■iicentiam > de Deo veUànâa Maria (eu (àn&i Pétri
vcl(àn£ti Benediâi feu normaûnûorum, ipfum alo¬
dem trader e aut dare in manus àlicnorum > fed fem-
per permaneat ad ip(a ca(à-Dei, vcl miniftris alcaris
ejus fineullo contradicente. Sane fi quis ego, aut ul-
lus ex hxrcdibus meis vel propinquis meis , aut ulla
cmifla perfona qui contra ranc ceflionem uliam ca-
-iumniam gcnetarc vel inquietare praelumpferit, im-
primis iramDei incurrat, &c. Fadb celfio ifta in
L* HISTOIRE 92
nafterio fànéti Joannis Baprift* , & à Trefmiro
abbate , & à cun&a congrcgationc qui ibidem Deo
ferviunt vel in antea (ervire defiderant , propter rc-
mediam animas noftras , & propter remedium pa¬
rentes noftros patrem & matrem , & Rodgario
fratre noftro , & propter remedium animas omnium
parentum noftrorura , & 'propter remedium omni¬
bus fidelibus noftris tam vivis quant defundbs -, ut
ab hodiemo die & tempore dominium perpe-
& de Comminges , à t abbaye de
Montolieu .
Flrmiflimis feripturarum hominum cdoccmur in-
ftrudUonibus, ut quifouis de rebus propriis age-
pnnus iram Del incurrat , occ. ratta celiio îlta in ab nodicmo aie oc tempore aornmmm perpe-
menfc Julio anno nn. régnante Ludovico rege. tuum habcatis , teneatis, poifideatis, veftrilquc pofte-
S. Radveno qui carta ifta fieri vel aflèrvare rogavit, ris derelinquatis. In ea vero ratione ut non habeatis
S. Afirario, S. Bencdiûo, S. Centullo. licentiam venderc , vcl donare, necalienare nifi in *
_ ftipendia morachorum , & in alimonia pauperum, u
Et advenir nobis ipfc alodes ex donationc à Rodga- *•
L X X V I 1 1. rio fratre mco de comparariône Ugonis comitis.
_ .ha #•' . - /r Quod fieri minime credimus eflè ventunim, quod
Donation d Arnaud comte de Carcaffonne nos donatorcs > auC ^ dc y vcl £ ^
& de Comminges , a t abbaye de redibus > vel fuccefloribus , aut ulla emillà vel fu-
M ont o lieu. brogata perfora fuerit contra hane cartam donatb-
- — - nis, vel contra ipfum alodem (iipra nominatumad
An. 949. T^lrmiflîmis feripturarum hominum cdoccmur in- inquietare aut irrumperc venerit aut voluerit*, in
Archives de x ftrudUonibus, ut quifquis de rebus propriis âge- primis iramDei incurrat ,& à liminibus (ân&eDei
tCr&cert, vel donare aut vendere voluerit, libe- ecclefiæ extraneus apnarcat , & plaga qua Ægyptus
ram omnimodis obtineat poteftatem -, illud inviola- percuHuseft fuper illos veniar, ficut Datan & Abi-
biliter permanente quod legis Romanæ primum ca- ron abforbuit terra , ita illos fùlgure & ignis inex-
pitulum apud librum tertium (âluberrimc intorat : tinguibilis abforbcat , & ficut Arania & Saphira pro-
* v. Inter . Cum * inter wmentem étique vendentem five donan- pter cupiditatem pecuniæ in corpore font pereufli ,
tem fuit définit a ratio hoc , tantummodo requtren- ita illos in corpore (ènriant , fbris devaftet cos gla-
&\ Ind.'cü. dum fi uihilfraudis , vel violentia egit ille qui com- dius , intus autem deterreat pavor , metufque pe-
Thted.i. 3. parafé *** donajfe vel qui vendidiffe probat ur ; fi nitus corruant cum hoftibus fuis plaga in(anabili,
voluerit revocare qui vendidit vel donavit , nullate - nullu(quc fit qui manu porrigens adjuvet illis , ï
nus permittaiur. Shniliter quod legis Salicæ infinuat planta pedis ulque ad verticem capitis fint ulcéré
inftitutum : venditio , emptio , vel donano que. fer peflimo pereufli, plaga tumenti penbflï, nullufquc
vtm metum non fuit exor ta , in omnibus habeat fit medicorum qui tribuat eis meaicamen & curario-
firmitatem . Ob hoc igitur in Dei nomine Arnal- nem , prurigine validi vaporis & diflenteria vafte
dus , & uxor mea Arnndis , & Rodgariusôc Odo valctuciinis venter corum rumpatur , & nemo rac-
fiiiis noftris, donatorcs fumus ad domum fanûi Joan- dicaminis tribuat (brbillum , fugiant femper nemine
. ni s Bapriftac Caftri-Malafti, qui eft fundatus fuper flu- fequente , devaftet eos fàmis inopia , morbus frigo-
vium Duranno*, placuit animis noftris , ica vero & ris malignitas univeriaque inopia, cum Judas Uca-
placct nullius cogends imperio ncc fuadentis inge- riotes participes efficiantur , & cum judex advcnc-
nio , fed propria & (pontanea hoc elegit nobis bora rit in ultimo die cum damnatis fint collocati &
voluntas , ut aliauid ex rebus noftris donare debe- cum eis ituri , & infuper auri libras cjuindedmcea-
remus ad fupradiâo monafterio fandli Joannis Ba- dus cxfolvat , & in antea carta donanonis &c. fepri-
pt'iftæ & ad Trefiniro abbate, & àcunda congre- mo idus Aprilis, anno decimo tertio régnante Lu-
gatione monafterii ipfius, ita vero & facimus. Do- dovico rege: in ea vero ratione cum Abbo filius
ramus ergo alodem noftrum proprium à (upradido Malignaigo clericus vivit teneat ip(àm ecclefiara fii-
loco , cujus vocabulum eft villa (an Ctx Eulaliæ , cum praferiptam cum fois decimis , & cum foo ccdefia-
ipfa eedefia quæ eft fundata in honore (andæ Eu- ftico que hodie tenet , & per fineulos annos decob
laliæ cum fois decimis , & eft ipfe alodes in fobur- latione (àndi Joannis Baptiftæ legitimam refècho-
Md.
^ S4t»
bio Carcaflenlè in cerminio Aufonenfe , & alodes
ipfe fines &adjacentias habet in fe, départe orientis
adjacet in terminio de Villa-Sicca , & à terminio de
Corndiano ; de parte occidentis adjacet in terminio
de Aufona , & aa terminium de villa Ermenuntis -,
nem faciat ad ipfos monachos qui ibi Deo ferviunt,
& in antea fervire defiderant. S. Arnaldo & uxorfua
Arcindes , & filiis eorura Rodgario & Odone qui
carta donatione ifta feribere & firmare rogaverünt.
S. Guillelmo, S. Itario , S. Amilio, *S. Aiftedo,
de parte meridiei adjacet ad terminum de Arfenchis, S. Elifèus, S. Amelio, S. Ugo epflcopus dono Dei
vel terminium de Orfimelos -, de pane aquilonis ad- fedis Tololæ. Garifredusprelbiter rogatus fcripfitfob
jacct u(quc ad terminum de Alzau : quantumeumque
infra iftas totas affrontationes includitur , fie dona-
mus ad fopradiâo monafterio torum & ab inte-
gmm , quantumeumque in ip(o alode vifi friimus
habere & pôflidcre , cum exitio & regreflio ea-
rum , & cum omne foperpofitum earum tam quæ-
fitum quam ad acquirenàum, tam dlvifom quam
ad dividendum , tam loca ruftica quam & urbana ,
cum pafeuis , filvis, garricis, vineis, pratis, aquis
aquarumve decurfibus earum, cum arboribus pomi-
feris &impomifèris, viædudlibus vel reduâibus4,
omnia & in omnibus quantumeumque in ipfum
alodem vifi friimus habere vel pôflidcre, totum
vel ab integrum fie doramus a fopradiâo mo-
die & anno quo fopra.
L X X I X.
Donation faite au monaftere delà Graffcl
far Ermengarde , abbejfe de Burgal
dans te comte de Pailbas .
IN nomine Domini. Ermcngardis abbarifli de ^ ^0#
fpem Domini mei Jefo Chrifti repofita eft fen-
tenua , ut ego qui in Chrifto credo fimul & jara r»bbay«<le**
cum Chrifto vivo. Timeo ne humana fr^ilicas mihi
adveniat repentira mors : propter hoc cogiuvi pec-
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9i DE LANGUEDOC. **
cata atque fâeinora raeat , ut fit mihiDominus adju- quandiu diftulimus, hæfiuntes de hoc qufd agere-
. toc ad fuo judicio > & donare fado alodcs meos mus : fed inico cum univerfo clero noftro comûio
quam habeo in comitatu Paliercnfê infra terminosde & fidcli populo , cum confilio edam & voluntare
yalle Anabi > de quantum parer meus habuir & habiic D. Raynmndi marchionis & omnium clericorum at-
con(ènfiim 8c voluntatem ad Adtotoni epifcopi , mihi que fidehum noftrorum , dedimus aflenfûm (ecun-
dum fûam voluntatem in omnibus 5 ea (cilicet ra-
rionc, ut quotidie, exceptis feftivitatibus , prono-
| V o /* /T* ‘I n • n • • o
confènfiim 8c voluntatem ad Adtotoni epifcopi , mihi que fi defium noftrorum , dedimus aflenfùm (ecun-
decfirdeipfôcaftroLeorreulqueadipfbpomeadipfo dum fûam voluntatem in omnibus 5 ea (cilicet ra-
mcrcadalej fie dono atque concedo aa domum ùnâx donc , ut quotidie , exceptis feftivitatibus , pro no-
Mariæ monafterii qui cft finis in comitatu Carcaf bis,& fûcceflbribus noftris > & propinquis,&om-
fcnfê fiipcr fluvium Urbionera , id cft in locum qui nibus benefaâoribus 8c propinquis 8c adjutoribus
nuncuparur Burgali cum ecclefias fân&i Pétri & J noftræ fêdis âc ioci , vu. pfâlmos flexis genibus
fknâi Michaëlis & lânéfci Joannis, & cum aliis ec- decantent pro defunâis, ve cum potfïbile fueric,
defiis, cum décimas & primidas, & obladone fi- vigiliam & raiflàm. Et quia tempus inftabat in
defium qui ad ipfum locum pertinent quem dicunt aua cauû orarionis Romam proficifd parabamus
Burgali, vel ad corum ecciefias fiipernominatas, id dominus (cilicet Raymundus , 8c ego Stephanus epiC
cft, in cafis , cafilicis , curris, curtalis , oràs, ortalis , copus , fimulque Petrus archidiaconus , Maganfre-
regands vel (ûperegancis > 8cc . fie dono atque dus prarpofitus, Ingclvinus decanus cum aliquantij
concedo omnia prædiûa (ândlæ Mariæ proDei amore aliis clericis ; Dalmatius abbas hoc animadvertens ,
& remedium anirnæmcæ,& pro anima genitorimeo Ce quoque dixit nobifeum velle proficifci; & ante
& génitrice mea, &pro anima fratri meo nomine facram præfcntiam corporis bead Pétri apoftoli,&
Wdgclmo comité, àd ftipendia monachorum &ele- coram prælcntia domni papæ Agapici, neenon 8c
monna pauperum & ad luminaria (mStx Dei ccclcfiæ epiieoporum multorum , 8c pre/Dyterorum & reli-
præface, &c. Facla donadonc vnii. Kal. November quorum graduum, & Alberici fènacoris & aliorum
anno xv. régnante Ludovico rege. Sig.f num Ermen- nobilium jnultitudine > patefecimus de/ideuum no-
garda abbaofià qui ilia carra donatione fed 8c teftes ftrum de reædificatione (upraditfli lod, & in con-
rogavi firmare.Sig.f num Datoni pre(byreri.Sig.f num (pedhi eorum reciravimus jam didlum privilegium.
Nambelmus.Sig.tnumOrioIus.Sig.tnumA^o, &c. Quod ut audierunr tain domnus ppa Agapitus
— . , „ .— -■ ■ — — — . ■■■ . . . ■ — quam cætcri fideles qui aderanr , laudaverunt &
T Y Y Y decreverunt , ut loais ille reftauraretur in perpe-
i- A AA. tuam habitadonem monachorum. Sed 8c hoc quod
Ritabliffement du monafiere de fainte cft nuncicecun, inlêrcre liber, Æcuu.
Enimie en Gevaudan. dum Pf düonem vcn.erabilis vin abbatis Dalmati, ac
monachorum ejus, decretum eit atque (tatunim ab
An 1 . T N nomine Dei omnipotentis qui crinus cft in per- omnibus , ut locus ille jam di<ftus anriquirus Burla-
Arckiv« d ^ & unus incficnua.Notumfit omnibus nde- . ds, qui eft confecratus in honorem beatæ Dei ge-
rii'biyeist hbuschriftianistampræfcndbusquamfuturis, quod nitricisMariæ , ubi requifeit corpus beatæ virginis
c^. anno vu.* regni Ludovici regis, ego Stephanus Enimiæ, permaneat atque coniiftat ac providentia
j 69.D'r ' ft ccd dix Miraatentis epilcopus cum pro poflè provi- vel (ûbjcdione Calmilienfis cœnobii , quod eft firn-
Â/iI' xvx* derem derura & plebemmihi fubjedam, con(ên- datum 8c con(êcrarum in honore prindpis apofto-
denti Petro archidiacono , ac Manrredo præpofito , lorum beadflimi Pétri, ubi beatus martyr Theofre-
Ingelvino decano , cæreriique clericis (ûpradicîlæ Ce- dus in corpore cum aliorum (ândorum pignoribus
dis j neenon fidelibus laids ,Bemardo 8c fratre fuo requiefeie : 8c habeant tam abbas quam congrega-
Hedore, Hugonc& Petro fratnbus meis , Bcmardo do ipfius cœnobii prædiAum locum in poteftatem
vicecoinne,Cauceiino, Fredelone^rephano, Ubone, ad regendum & di/ponendum fine impedimenco
Bertrando, Rigaldo; incidit in cordc noftro dende- alicujus perfonæ per omnes fûturas hominum ge-
rium , uc locum fûndatum in honorem beatæ Dei nerariones jure perperuo. Hanc aurcm chartam vel
genitricis Mariæ , ubi requielcit corpus beatæ vir- privilegium in bafîlica bcatiflimi Pétri ante fàcram
ginis Enimiæ, quod per inairiam 8c fæcularem eu- ipfius tumbam , 8c coram (upradida caterva, cum
pidicatem male direptmn erac, & inopia exigence (æpcdi&o loco tradidimusin manu Dalmarii abba-
religionis ftatus inibi penitusannulatus vidcbatur,in ris ac monachorum ejus ad memoriam pofterorum
primnum reftitucremus ftattun. Qiia de cau(a dom- fine tenus conlêrvandam. Si quis vero hanc teme-
num Dalmatium abbatem venerabilem virum de rarius infringere prarfûmpfèrit , tam noftra quain
cœnobio (ândli Theofredi dcprecati fumusenixe, ut coepi(coporum præfirntium excommun icatione, ar-
præâtum locum in (uo dominiofii-ciperet, 8c fra- que perpétua damnatione (e noverir condcmnaaun
très ibi regulariter viventes (ecundam normam pa- ante confpedum jufti judicis Chrifti .... Signum
tris Benedidi lemper dclegaret. Qui renuit, allé- domni Agapiri papæ, cujus aiixftoritare hæc charta
rens Ce in rebus extraneis noliclaborare, vel in alte- confinnata cft. Signum ejulcfcm Stcphmi cpilcopL
rius poteftate. Nos autein animi ejus perlcrutances Signum Gote(chaIchi epifeopi Anicicnfis. Signum
voluntatem , hoc ab eo relponfiini acccpimus, quod aliorum teftiumdericonira & laïcarum.Faâa efthæc
nec ip(ê, nec aliquis de monachis fuis in loco illo
pœnc diruto laboraturi client, nili prius firmamen-
tum hæreditarium , (cilicet privilegium (àtis firmura
ac manibtis noftris roboratum , acciperer , qualiter
locellus ille per omnes (uccedentes gencrationesin
poteftate & dominio feu (ûbjcdione pcimaneret
cœnobii fandi Tlicoftcdi martyris , 8c omnes abba-
tes monafterii per cuncla fuccedentia tempora habe-
rent in poccrtacem illam cellulam (ecundum fuam
voluntatem dilponere, regerc, gubernare 8c ordi-
nare , five (ecundum Deum , five (ecundum fiecu-
chârta 1 1 r . nonas Maii, fer. 1 1 . luna vu 1. régnante
Ludovico Francorum 8c Aquitanorum r^e.
L XXX L
Vente faite k Matfred , vicomte de
Narbonne.
IN nomine Domini. Ego Aduvira vmditrix (iim
vobis Matfredo vicecomitc & uxori ruæ Adalaï-
cis viceconjitifla emptores , confiât me vobis vin-
An. 9 5 1.
Cartulnire de
la cgrheHr’Ie
lum , fine »lliu-< concradiâione. Quod audiences ali- dere ficuti & per hanc lcripturam vendiüonis mex > deNubonnc.
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5
<95 HEÜVES DE UH1STOIR.E
vindo vobis in comitatu Narbonenfc villam voca- pro ejus fàn&imoniis honore etiam & laude atquc
bulo Creixano cum fuis terminiis , cum eedefiis, ôcc. gloria, ejus divine majeftaris venerabilium ut noftro-
'Et ego venditrix de prefente manibus meis reccpi » rura erat côntuliflè locis , fitque acceptabile > nobif*
& eft manifeftum & nihilaue ipfo precio apud vos que ad ejus locum locupletiffima mifericordia di-
emptores non remanfit indebite , led omnia mihi enum hujufmodi pii operis inlidere in fydereiscon-
bene adimpleviftis -, fàteorque vero ifta omnia fupc- feratur arcibus rcmunerationc.Igitur quia periftis à no-
nus nominata de meo jure m veftro trado domi- bis quatenus eedefiam fonde Marie queeft in Coro-
nioac poteftate , utab hodiemo die & tempore ha- nulas cum terris 8c vineis ôc cum orani redibicione
beatis , teneatis , ôcc. ... fi quis contra hanc venditio- fua , pari modo 5c eedefiam fofldi Stcphani qui eft in
nem à me fadara pro inrumpendum venerit , 8cc. Bolorda , item cumtems 5c vineis ôc cum omnibus
Fada venditione ifta quarto idus Novemb. anno de- pertinendis fuis > fimili modo 5c eedefiam fondi Jo-
amo feptimo régnante Ludovico rege. Sig.f Adu- nanmsque eft m Combreto cum omnibus fois per-
vira qui hanc venditionem fierifoci 5c firmavi ôc fir- tinendis -, pariterque ôc eedefiam fondi Pétri qui eft
in Petralata, kem cum terris 5c vineis*, verum
etiam Ôc villamDebuxo , 6c Pelrus cum terris 6c vi¬
neis, 5c filvis, ôc aquimolisfiiis, fimiliter in villa
oue didtur Caflanges cafis ôc vinds ôc terris , ôc me-
dietatem de villa que dicitur Barofo , neenon in vigo
Adefote terris ôc vineis ; pari modo ôc villa que did¬
tur Attofol cum omnia fua percinenda , pari infra co-
mitatu Fcnioletenfc , ôc comitatu Redenfe , ôc RolTe-
lione, me rcligiofitati ad te needum emiflàperce-
ptionis in perperaum concederedeberemus.Itafane
mare rogavi. S. Salomon, S. Audinus, S. Pondus,
ïn Chrifti nomine Poncius prefbyter fcripfit fiib
die âcanno quo fupra.
LXXXIL
Donation du comte Sont arius au monafiert
de la Grajfe .
AN.955.
Archive* de
lUbbaye de
U Grade,
IN nomine Domini. Ego Soniarhis. cornes timeo ut à vobis veftrilque fùcceflbribus fingulisquibufquc
ôc paveo penas inferni ôc cupio pervenire ad indicionibus penfus nomine racionibus ccclefiaftids
premium vite eterne , ôcc. Propter oc placuit ani- decem argenti fblidi .... denarios duodecim difB-
mi mei ôc placet, nullo quoque fuaaentis inge- cultate poftpofita perfolvatur...de noftra mcliora-
niooc elegit mihi bona voluntas, ut de rebus meis done feu diftinicionc indifferenter vos fine dubio
vel de ereditate qui mihi advenerit de pâtre meo ôc procurantes effidatur, nullaque preterea ad dandum
matre , vel ex propinquitate , aut per qualicumque annue pendis â vobis mora proveniat , fed ultra
voce donare debeo , quod ôc fado , propter amo- accionariis fonde noftre ecclefie apto tempore per-
rem Dei ôc remedium anime mee ad doraum fan- folvant. Statuit apoftolica cenfura audoritatc beati
de Marie monafterium quod nuncupatur Crafle, Pétri apoftolorum principis* fub divini judidiob-
que eft fitum in comitatu Carcaflcnfe fuper fluvium teftationcanatematis intetdidum, utnulli umquam
Urbionem *vôc font ipfi alodesin comitatu Bifoldu- noftrorum fuccelïbrum pontificum vel alic ecclefie
nenfe vel Aufonenfe vocabulum villaRiodezari, cum magne parueque , penfus ipfe prenominari loci à po-
Ï‘ >fosecdefiasfanda Maria, Ôc fondi Pétri, ôc fondi teftare & dicione jam fan monafterii auferre prefu-
oannis , ôc fondi Andree de villare Aliaris, cum ipfàs mat. Si quis autem temerario aufu magna parvaque
condaminas quod Giafredus mihi vendidit , ôc alia perlona contra hune noftrum apoftolicum preco-
ecclefia fonda: Margarita: cum décimas ôc primicias ptum agere prefiimpferit , feiat fe anathematis vin-
6c oblaciones fidelium Ôc cum ipfbmanfo, ôccum culo innodari , ôc à regno Dei alienum, ôc cum
ipfàs terras quod dedi ad picdidum locum fonda omnibus impiis etemo incendii fiipplido condero-
Maria ficut in dotem illius ecdefiæ commémorât natum. At vero qui obfervator exftiterit prccepd,
Ôcc. ôc dono adprcdidam domum fond# Mariæ gratiam, atquemifèricordiam, vitamque etemam à
Craffie ôc domno Witiza abbati ôc monachis præ- mifcricordiflimo Domino noftro confequi merearur.
fentibusôc futuris ibidem Deofcrvientibus,ôc exo- Scriptum per manum Leonis feriptoris fonde Ro-
rare delcdent pro me ôc pro tixore mea ôc profiliis mane ecclefie in menfe Odobris indidione xiil
meis ôc filiabus, ôcc. Fada karta donacionis ii. t^enevaletc.
Kal. Julii anno ab lncatnatione Domini dcccc. l i i i . ______
régnante Lodovico rege. Si gf num Soniarius cornes
qui anc kartam donacionis fed ôc teftes firmare
rogavi. S. Alariais. S. Ratfredus. S. Borrebus , ôcc.
L X X X I V.
An. 9 5 4-
Archive* de
l'trchevêché
dcNarbonne.
L X X X 1 1 1.
Bulle du pape Ayipet en faveur de V ab¬
baye de S. Martin de Lez,.
AGapitus epi (copus fctvus fervorum Dei j'Se-
gario religiofo abbad venerabilis monafterii
iânfti Martini que vocatur Lenis .qui eft in ripa
Charte du roi Lothaire en faveur de l'ighft
du Puy.
I
N nomine fàn&æ 6c individu# Trinitatis, Lo- AN.955.
tharius fupemi regis præordinante elementia,
rexFrancorum. Si fandæ Dei eccleiï# fubvenientes,
concedimus aliquod honoris ôc reftaurationis do-
num , nec non ôc ipfis qui in ea debent morari ca-
tholicis, pro ftatu regis Jelii Chrifti cum fàn-
dorum ipfius clementillima interceffione illius cle-
Archivc* de
l‘cgUlc du
Puy.
V. GifO ^
V?ü‘
* •*)
'••6
■•a»:
de Rumine Atace in valle Bolicarnea, Ôc per cum menti# devoti debent efflagitare, porrigimusnoftrx
in eodem venerabili monafterioinperpetuum.Cum celfitudinis manum ne opprimantur quorumdam
magna nobis follicitudine infiftit cura pro univerfis violentia inlegaliter 6c injufte , nobis id tempora-
ccclefiiis ne aliquam neeelfitatis jadhiram fuftineant, liter ad honoris augmentum 6c ætemaliter renemus
fed magis proprie utilitatis ftipendia confèquantur. firndflime profùturum. Quocirca notum fore volu-
Ideo convenit nos paftoralis tota mentis integritate mus amdis fàndtæ Dei ecclefiae fidelibus 6c noftris
proairare 6c fedule eorum utilitatum fubfidia illis præfentibus fdlicet 8c futuris, qualicervenjens Godef-
conforre , ut Domino noftro omnipotenti id quod calcus Anicienfis fou Vallavenfis ccdefix epifcopus
nobis
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An-95Î-
Camjlaire de
l’abtiiye de S.
ïW,quiétoit
«"tretoia aux
*chiv« du
Jomune du
}<>'* C.rcaf-
•on ne.
57 DE LANGUEDOC. 98
nobis per omnia devotus , noftram expetierir celfi-
tudinem acbenigniflimam voluncatem, uc ecclefiæ,
cui Deo ordinance dignofeirur præflÜere , ex rebus
regii juris à prædecellôre noftro rege Rodulpho
ecclefiæ digne collacis , faventibus iibi inclytæ co-
mitifïæ & amicæ noftræ Hadvidis, Hugonis duds
Francorum uxoris, peritionibus accreberrimispoftu-
larionibus>renovarionis noftræ præcepto fàceredign%-
remur. Cujus petirioni benignum præbenres allên-
fiim regium morem fêrvantes,hoc præceptum im-
municatis fieri juflîmus >xoncedenres ei omnibufque
fiiccefloribus ejusomnem burgum ipfius ecclefiæ ad-
jacentem, <5c univerfa quæ ibidem ad dominatiônem
& poteftatem comitis pridem perrinuillè vifà funt >
forum fcilicet, teloneum , monetam ôc omncmdi-
ftridhim cum terra & manfionibus ipfius burgi. Er
ita deinccps hæc noftri pnccepri auâoritas, quam
Sro noftro remedio animæ noftræ, five parvis no-
ri Ludovid, ac parencum noftrorum prædeceflo-
rum , fân&æ Dei genicricis ac perpetuæ femper vir-
ginis Mariæ ecdefiæ prædiâo pontifias commilIæ,fir-
mirer concedimus arque inviolabiliter dcinceps ita
confcrverur , ut nullus cornes, aut judos publicus, aut
aliqua fæcularis poteftas ibi aliquam audeat exadfio-
nem facere, neque manfionaticos , ncque paâiones,
nec aliquas redhibiriones exigere iîne voluntate aut
permilfione epifeopi qui ipfam tenuerit eedefiam;
led omnia in poteftatem epifeopi redigantur , ut om¬
nia ipfc , prout recèe fibi placuerit , ordinet, teneat.
arque poftidear. Si aurem aliquis hæc ftatuta indigne
violarcpræfumpfèrit, acDei omnipotentis clemen-
tia dc/perarus,audader ac prxfumpcuofè infregerir, ju¬
ris privilegio apoftolico femper fit damnatus , & cum
Juda proditore Domini portionem habeat perpetuali-
ter exurendus, Ôc lit anathema maranhata , & à con-
fortio fidelium exclufus, &in pœnis infem: æterna-
Iiter exiftat concremandus. Ur autem hæc au&oritas
firmior arque credibilior habeatur , ôc à fidelibus
fâncflæ Dei eccleiiæ futuris temporibus diligentius
conferverur, annuii noftri imprellione fiibrer jufti-
mus figillari cum anagrammate noftri nominis de-
center adlcribi.Signum Lochari.' Francorum regis glo-
riofi. A&um Lauduno Clavato , anno primo ré¬
gnante gloriofiftimo rege Lothario vi 1 1 . Idus Mar-
tii indidionc xm.
& pro bcati Ponrii amore & cunéfa congregatione
monachorum lodillius, exinde reliquit,fed ôcconr
firmavit iftam feripturam guarpiroriæ & fecuritâris
contra ipfum fàmulum ôc contra ipfos famulos Dco
ibidem fervientes , qui de hoc die in antca non re-
quififlèt, nec interpeilaffet amplius iplàm medieca-
tem de ipfum alodem, nec ipfo . . placito, nec in alio ,
nec in Éhritorio , nec hodie > nec ullo umquam tem-
pore, neque per legem, neque per juftiriam, ne-
que per ingenium. Et fi quis eft qui hoc fecerit, auc
iftam feripturam irrumpere voluerit, malediétionem
Ananiæ«5c uxoris ejus Sapphiræ fiibjaceat , 3c quod
petit vcndicare non valear , & infuper adimpleatip-
Îîus loci monachis auri libras .. . . ôc in anteaifta
feriptura femper in omnibus firmis ÔC ftabilis per-
maneaf. Adlum Narbonæ féliciter amen. S. Udal-
guerii quihanc guarpicoriam firmavit «Scfirmarero-
gavit. S. Richildis vicecomitiftæ , S. Alnulphi, S. Pon-
tioni, S. Aymerid archipræliilis. Alguerius nota-
rius feripfit.
L X X X V I.
Donation faite à l'abbaye de S. Chajfrê.
NOverint omnes quod anno ab Incamatione a ~
Domini d c c c c iv. præfidente Golfaldo * epi£ ' ' *
copo «5c abbate monafterio B. Pétri apoftolorum prin- ^aabr^redçC*
cipis, ubi corpus beatiTheofr edi pariterque S. Eudo- s. Ch'aifi*.
nis ejufdem primi abbatis rcquiefeunt cum multis GodcCm
aliorum bcatorum'pignoribus, quidam vir nobilis
nomine Stcphanus dédit manfbs vu. in loco qui
dicitur Legcrnaco *, quantum ibidem vifuseft habeie
& pollidere, totum edfit fideliter ôc obtulir : in
alio quoque loco in villa quæ dicitur Porcellerias
unum manlum , ôc in alio qui dicitur Raditias unum
manfum, & in villa quæ dicitur Lacus unum manfum»
qui funt fimul x. manli cum omnibus adjacentiis luis.
Rendent autem ipfæ res in pago Vivaricnfi , in vica-
ria Iflânellenfi, in füpradidis villis ^ hæc omnia dédie
præfimis vir Domino Deo fandoque Theofredo pro
redemptione ânimæ fuæ, ôc genitoris fui Iderii,& ge-
nitricis nomine Arfendis. Fada funt hæc menfè De-
cembri feria iv. indidione x 1 1 x. concurr. vi.
L XXXV.
Plaid tenu à Narbonne .
NOcitia profeflionis feu fècuritatis five guarpi-
toriæ quæ fuir fada Narbone civitarc lub die
Kal. Maii , anno Incarnationis Dominicæ dcccclv.
& anno i . quo Lotharius rex cœpit rcgnarc. Qua-
liter ipfb tempore venir Udalgarius hic& interpel-
lavir medictatem deipfô alode quiincomiratuNar-
bonenfe , in locum quem vocant Geneftar ... ad
monachos S. Ponrii. Illi vero re(jx>ndentes dixerunt:
ipfiim alodem Alfàrius ad diem morris fiiæ nobis do-
navit, Ôc feripturam indcfècit, ôc habemus telles &
authores deipfà medierarede ipfum alodem uxorem
fiiam, &filios, ôc elemofinarios ftios. Ad conftitu-
tam vero diem convenecunt in Narbona civitate
ante Aymericum archipræfiilem ôc Richildem vice-
comitiflam i & venerunt clemofinarii quondam Al-
pharii defondi, ipfâ medieratc de ipfum alodem
contra Udalgarium, ut quando morruus foerat Al-
ferius ipfum alodem retinebat per feripturam geni-
trids , fed & legalem poteftatem exinde habebapt. Et
ut vidit ôc audivit Udalgarius , propter honorem Dei,
Tome IL
LXXXVII.
Echange fait à Nifmes fous Bernard
vicomte , &c.
VOx legum & juris decrevit lex ôc audoritas, -
ut qualis eft emptio talis & commutario ; em- An. 9 5 5.
ptio & commutario fimul obtineant firmitatem. CjJhr^
Quamobrem ego in Dei nomine Bligarius , ego ToiTufc ^
commuto tibi Auritio & uxori tuæ ïnginilde aliquid *• “• 4».
de alodem fândi Baudilii qui eft in territorio d-
vitaris Nemaufcnfis , in temiinium Agcllo ubi vo¬
cant Odennofuperiore -, ibique commutto vobis pe- /
tia de terra cuira qui ab prolongo de uno latus
dextros cc 1 c 1 1. prolata , de uno fronte abec dex-
trosxxi i. de alio latus habet dextros clxxxxvi.
&c.Etad hæc contraria recipimus pro ifta terra fupra-
feripta fol. xxx. «5c alia terra in opus S. Baudilii, <5c una
peria de terra fubtus Odenno fubteriorc , in loco ubi
vocant fubtus Foflàlobaria , &c. «5c pro iftos excam-
bios fiiprafcripros ôc pro ifta convenicntia débet Blit-
gerius mcerelblvi ad vicecomirem Bernardo, & ad
vicecomitiftàm Gauza , & ad Bemardum cujus erat
feu<. Si quis contra hanc commutarione ifta ad
G
An. 9 5 7.
Cartulaiu du
Chat, de Foix
«iiflc 15*
» PREUVES DE L'HISTOUE ioo
irrumpendum vcncrit , aut nos aut fuccelTores noftri Unde ab hodiemo die > & propter didum pretium
inquietare volucrit , componat vobis omnia ifta (upra- 'hoc, habeas, tcneas, pothdcas, tuilque pofteris
fcripca meliorata dupla, &in antea Commutario ifta derelinquas , *vel quidquid exindc facere volueris
firma &ftabilis permaneat omnique tempoce. Fada libéra & bene firmillima in omnibus habeas pote-
* Mit se- commutarione ifta die Lunis v. Idus Junii, anno * ftate ad faciendum. Sane vero, quod fieri minime
quod Lotarius rex cepit rcgnare. Sieraim Bligerius aedimus evenmrum , quod fi nos tibi venditorcs
qui commutarione ifta firmavit & firmare rogavit. aut aliquis de filiis aut hæredibus mcis , aut quifli-
S. Rcginaldus , Robaldus , Marrinus pafbyter , bct homo , appofitt vçl fubrogata perfona qui con-
Ermengarus prefbyter , Yiimbardus prefbyter , Ra~ tra hanc carta ifta vcnditiows vçnerit per inrumpen-
mirius prefbyter , Gencfius prefbyter fcripfit ûib die dura , aut nos venerimus , in duplo obi componerc
& anno quod fupra. fâciamus , 8c in antca ifta carta vendicionis firmis 8c
ftabilis permaneat omnique tempore. Fada carta
w " 1 ‘ ir vinditionis ni. KaL Decembris anno nu. reg-
LXXXVIII. nante Leutario rege. Sig. t Arfindes comirifla, Sig.|
Rodgarius cornes qui cana ifta vinditionis fedmus.
Donation faite ï Frotaire évêque j & & à bonis hominibus firmare rogavimus. Sig.-fDo-
à Bénard vicomte da Alby Confrère. done, Sig.f Aigulffo, Sig. t Odilone, Sig. fStefi-
• fàno , Sig. t Ranfredo , Sig. t Jordane , Sig. -f Aic-
• T N nomine Domini noftri Jefu Chrifti. Ego Se- cario. Ariprodus rogicus fcripüt fub die & anno
)u 1 negundis & filiis fuis lraclus , & Alchcrius, 6c quod fupra.
• Odombelus, &Ugo donamus Froterio epifeopo 6c
Bernardo fratri fuo ipfo caftcllo quod clamant " 1 ^
T urre , de ilia pane quod nos ibi habemus 6c habere Q *
debemus medietatem vobis donamus Froterio 8c
Bernardo ad proprium alodem -, & eft ipfe caftellus Extrait de diverfes Chartes .
in comitatu Ruthenico in parochia fandi Amandi
de Campo-bello. Ipfo caftello 6c ipfasturres, ôcipfa \ Nno dcccc iv i i i. trabcarionis Domini,
fbreia quæ hodie ibi eft ôc in antea fada erit ibi , £ \ indidione i. anno 1 1. régnante Leuthcrio
LXXXVIlI.
Donation faite i Frotaire évêque > &
à Bénard vicomte d* Alby fonfrere.
IN nomine Domini noftri Jefu Chrifti. Ego Se-
neeundis 8c filiis fuis lraclus , 8c Alchcrius, 8c
XC.
Extrait de diverfes Chartes .
de Campo-bello. Ipfo cafteûo 8c ipfasturres, 8c ipfa A Nno dcccc lv i i i. trabcarionis Domini, AN.^g.
fbreia quæ hodie ibi eft 8c in antea fada erit ibi > £ \ indidione i. anno 1 1. régnante Leuthcrio cumiiaiitfe
donamus vobis ad proprium alodem. Et illadom- Francorum rege , xvi . Kal. Novcmb. Ayraericuspri-
na quæ nommant Bliccardis , millier Raimundo mæ Narbonæ archipræfùl dat in comitatu Nar-
Scoaacano, 8c filiis fuis Pondus 8cBernardus, do- bonenlè in loco Amleduma alodem fiiumB. Paulo
namus vobis Froterio & Bernardo de alia medietate Chrifti confefloris prænominatæ dvitaris patrono , " 1
quod nos ibi habemus 8c habere debemus, ipfam 8c canonicis B. Pauli. Sig. Leotardi abbatis, 8cc. An. 9 5 S.
medietatem de ipfo caftello ad proprium alodem. Fada eft carta guarpitoria in menfe Aprilis , anno ^
Fada carta donarione ifta in die fcriafocunda, idus iv. régnante Leutario rege, ab hominc nomine l’abbiycdc
Aprilis , luna odava, régnante Autarico rege. S. Se- Teuduardus qui veniens in pladto anteccclcfiam S. MoiKoûetu
negundis , S. Iraclius , S. Alcherius , S. Odombelus , Martini , in præfentia bonorum hominura -, id eft Gi-
S. Ugo, S. Bligardis, S. Poncius, S. Frotardo, labcrto vicario Sexago , vel in præfentia Mirone
S. W illelmo , S. Bernardo , S. Begono , S. Bernar- filio Ademario qui fuit quondam , Rodaldo abbatc ,
do, S. Raimundo Alcherio, S. Raino Rigaldo. Rodftagno clcrico , 8cc. qui ibi aderant , guir-
_ pivit Trefmiro abbati , 8c cundæ congregationi fan-
' n" ’ di Joannis Baptiftæ Caftri-Mallafti ccenobii , alodem
L X X X I X. in comitatu Redenfi , in vicaria Tclienlê, cujus eft
vocabulum Calliania fivc Arbuxello fivc Vairono,
Vente faite par Arfînde comteffe , & Con &c.
LXXXIX.
Vente faite far Arfînde comteffe , & fon
fils Roger J. comte de Çarcaffonne. j * _
-- - 1 N nomine Domini. Ego Matfredus vicecomes 8c u
. 957. T N nomine Domini. Ego Arfendes comitilfa, & uxor mea Adalaiz vendicores fumustibi Aymerico An. 9 5 9.
Archive* du X filius meus Rodgarius cornes venditorcs fumas archicpilcopo Narbonæ emptore. Confiât nos tibi £ h
Camon dC nos ^ Gilaberto vicario .... alodem noftrum pro- vendere ficut 8c per hanc fci ipturam venditionis no- draie de Nu-
S^mon’ ' m quæ habemus in pago Tololâno in vicaria ftræ vendimus tibi , in comitatu Narboncnfe villam
enfc , in terminio vcl in villa quæ dicitur Chei- vocabulo Crexano cumfuis terminiis, cura eedefiis
rano , terras ailtas 8c inculras, vineas, manfioncs qui in ip(à villa lüntfundatas*, ideftfandi Michaclis,
eoopertas , cafàles , horros , hortales, verdagaras, & fandi Martini, cum ccllis 8c (icrariis, cum deci-
çurtes, pratos, cum pafeuis , rivis , garricis , tam mis 8c primitiis, 8c cum rimeteriis, 8c cum terris,
quæfitum quamadinquirendum, tamdivifumquam 8c vineis, & univerfà quæ ad ipfas ecclefus perd-
ad dividendum , tam loca ruftica quam hurbana. nent, 8c ipfa curre cum cindo & vallo. Vendimus
Afrontationes habet ipfe alodes, de pane altano aja- tibi alium noftrum alodem quæ in ipfà villa vel in
cet in territorio Ardcmando vel fandi Sarumini* ejus terminio habemus, qui nobisaavenit excôm-
dc mendie ajacet à fandi Salvatoris vcl Agalos, de paratione , vel ex tradirione Adoiræ fasminæ*, id eft
orra ajacet à rivo quæ dicitur Videzols*, & de aqui- caris, cafalicis , ôcc. Fada feriptura venditionis &
fonis ajacet à Pojomitano vel à Sonnago : quantum- tradnionis x. Kal. Mail anno Verbi incamari dcccc-
cumque infra iftas quatuor affrontationcs indudunt> iviiu. anno 1 1 1 1 . régnante Hlotàrio rege. Sig.
fie nos vinditores fumus tibi omnia 8c in omnibus Matfredi , S. Adalaiz qui hanc cartam fecerunt 8ç
quantum hibi vifi fumus habere vel poflidere , pro- firmare rogaverunt , S. Albioni , S. Barnardusepif-
pter pretium quod inter nos 8c te complacuit atquc CQpus , S. Soniefredus cornes , S. Poncioni, Sig. - - -
çonvenit in aderato 8c definito fblidos C. quod tu Rodaldi, S. Amalrig, S. VolveradiP. An. 9 5 9.
emptor nobisdedifti , 8c nos vinditores de præfentci ^ Archife k
manus noftras recepimus & nihilque de ipfo pretio J N# nomine Dotnini. Ego Ato Radvcus 8c uxor v^c de
apud te emptor non romanfit, & eft; manifeftusa. zioftra nomme. Gariiode* & filius ooftet nomine... MonroU”*
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Vers Tan
959-
Camilairc de
l'abbaye de S.
Chadic.
101 DE LANGUEDOC ica
donatores fumus ad domum fàndi Joannis Baptiftæ prædiâum Gairo , ut darent ei fevum ducentôrum
Caftri-Mallafti monafterii, qui eft iitus fuper huvio modiomm, &omnes alodes quos habebant in co-
Duranno , & à Trefmiro aboace , & a cunda con- mitatu Narbonenfe teneret inBajulia, & deifta con-
gregatione ipfius monafterii, donamus nosalodem venientia, exceptus ipfam cartam quod fàdam ôc
noftrum proprium qui nobis advenir ex alode pa~ tradicam habebanc ad præcfdum Gairo , extraxe-
rentorum noftrorum , & eft ipfè alodes in pago runt (è. Et quia prædidi comices extraxerunt fe de
Tholofàno , cujus vocabulum eft Orlancio , cum ifta conveniencia , tenuie cartam pignorationis quam
ipfi ecclefia quæ eft fùndata in honore fàndi Pétri , ille receperat de jamdidis Ebreis cum ipfum alodem
8c cum ip Co bofco quæ vocant Solano, &c. Fada de Magrinnano & de Cugciaco cum ipfode Amen*
carta ifta in menfè Junio, anno v. régnante Leuta- nolcla, & prædidus Raymundus cornes, ad fuum
rio rege. S. Atone, S. Garfindes confèntientc qui obirum dédie fando Jufto&Paftoripartem quam ha-
ca rram iftam fècimus & firmare rogavimus. S. Ar- bebat in prædidum alodem de Magrinnano & de
findes comitiflà, S. Rogerio comité, S. Bertranno, Cugciaco, 8c propter hanc donationem Ermengau-
S. Itario, S. Barnardo, S. Amciio oui fumus fide- dus archiepiftopus tenuk&jxjflèdit prædidum alo-
juilores de ipfum alodem, S. Godafredus fàcerdos qui dem quamdiu vixerit , & ipfam tertiam partem quam
hoc fcripfit .lub die & anno quod lüpra. Raimundus habebar in Amennolela vel in villulis
_ circum circa fibi fubjedis, mifit in pignus ad prædi-
1 J Acro-fandæ Dci ecclefiæ Calmiliacen/îs mona- dum Gairo propter modios viginti de annona
fterii quæ eft conftruda in pago Velavenfè in vico cum fuo lucro i & propter hanc pignora incurrit in
. Amnoriccnfè , quæ eft confècrara in honorem fàndi poteftatem Gairo , & prædidus Gairo dédit præ-
- Pétri & fôncli Martini , ubi fàndus Theosfredus didum alodem ad Ermengaudum archiepifcopum
martyr humatus, & fàndus Eudo & fàndus Fortu- ab integrum : in tali conventum , ut dum viverec
natus, 8c duo Innocentes ibiin corpore requief- Ermengaudus teneret & poffideret eum, 8c poft
cunt , ubi domnus Wlfàldus abbas fuper ipfam fùum obitum remaneret ad Raimundum filium
congrcgationcm Deo famulantes præefle videtur. Gairo , 8c fuir mortuus Raimundus antequam Er-
Ob noc ego in Dei nomine Guillehnus & frater mengaudus, 8c prædidus Raimundus dédit prædi-
meus Armandus cogitamus de Dci mifericordia vel âura alodem ante fiium obitum ad jamdidam Er-
de æterna Chrifti retributione , pro remedio ani- mengaudum archiepifcopum, & Ermengaudus ar-
marum noftrarum & genitoris noftri atque genitri- cliiepilcopus dédit prædidum alodem fàndo Jufto
cis, vel pro remedio animarum fratris noftri Gri- & Paftore.
maldi ; propterea cedimus vel donamus ad fupradidæ
jam cafæ-Dei aliquid de rebus noftris , quæ nobis " • " ’
ex hæreditate parentum noftrorum legibus obve- X C I I.
nere. Refident autem ipfæ res in pago Vivarienfî ,
invicaria Prarellenfc, in villa quæ cucitur Efcolenco > Donation de la comteffe Êerthe atl
hoc eft in ecclt-fia quæ eft confècrara in honorem monaftere de Montmajour .
fàndi Andcoli martyris, & quantum ad ipfam ec-
clcfîam afpicit vel afpiccre videtur, totum 8c ad in- T? Go in Dei nomine Bcitha comitiflà , cogito de —
tegrum cedimus vel donamus ad jam fupradidam C anima mca 8c fènioris mei Raimundi 8c hlii mei /
ccclcfiam fine ulla conrradidione. Sane fi quis Raimundi. Dono res proprietatis mcæ S. Mariæ 8c S. A(
&c. Fada cana ifta eleemofinaria feria v. menfè Pctro monafterii infula Montis-majoris, 8c fratribus 1M1hi
tegrum cedimus vel donamus ad jam fupradidam Là anima mca 8c fenioris mei Raimundi 8c filii mei An. 960*
ccclcfiam fine ulla conrradidione. Sane fi quis Raimundi. Dono rcs proprietatis mcæ S. Mariæ 8c S. Archive? te
8cc. Fada cana ifta eleemofinaria feria v. menfè Petro monafterii infula Mon tis-majoris, 8c fratribus
Januario, anno d. c c c c. . . . rcgnancc Lothario rege. ibidem Deo fàmulantibus. Ex rebus quæ mihi legibus k. 4J
S. Guillcrmo & fratre ejus, S. Armando, S. Gui- obvenerunt ex parte avuncnlimei Ubonis regis in 96°*
donc, S. lfnardo, S. Landagario, S. Mccganfredo, regno Gociæ incomitatu Suftantioncnfi , dono vil-
S. A vit#. lam indominicatam quam vocant Candianicas cum
manfo indominicato , & ecclefia fàndorum Cofinæ
8c Damiani aim omnibus appetidiciis vel quidquid^
x q j iid ipfàm villam afpicit, videlicet cum fèrvis 8c an-
cillis uaiufque fexus; villam quæ vocatur Bernatis
Encavement fait par slrfînde comte (Te de res ^ & ,fcIcfiam J°^nnis vel
& r,sfiUUsc'T oan
\ & Raimond y des alleus qu ils av oient villam pertinerc videtur, mancipia fèrvos 8c ancil-
dans le comte de Narbonne. las in villa Magalonenfc, & alias fes quæ dicuntur
— - PoflèflioluS’, 8c quidquid ibi poffideo, villam Porcia- t
Vers l’an TT Æc eft commemoratio de alode SS. Jufti 8c nus, manfum, ecclefiam fândi Pétri, 8c mancipia
9 59. il Paftoris de Magrinnano , & de Amennolela. cum fuis pertinentiis. In regno Provinciæ in comi-
'Onuiairede In primis ipfum alode de Magrinnano &deCugcia- catu Friuiienfi curtcm Valignatis 8c quidquid ad
deNaiî*dra,c co> (]lTantum ,n prædidis villis habebat Arfindis illam afpicit cum fèrvis &ancillisj incomitatu Re-
c‘ comitiflà cum filiis fuisOdo &Raimundo mifèrunt genfi villas Crocium & Vermiliumcum fèrvis an-
in pignus ad Ebreos Sabrono 8c Barala propter fo li- cillis 8c appendices 5 in comitatu Vapinchis vil|as
dos mille. Poftea Gairo habuit convcnmm cum præ- dominicatas Molion , Dianovam , C-allulus , Lu-
didis comitibus Odo 8c Raimundo, ut jamdidus nateis, & Caricampus cum manfis, mancipiis, fer-
Gairo redimeret prædidum alodem de Magrinna vis &appendiciis earum j ecclefiam fàndi Pétri cum
& de Cugciago de jamdidis Ebreis propter folidos villa Marnenno, neenon rebus & mancipiis ad eam
mille, ficut 8c fecir, & quia Gairo redemit prædi- pertinentibus , vallem Cortrinciam 8c quidquid in
dum alodem , dederunt ei quanmm habebant in ea poftidco-, in comitatu Vafionenfi, curtem Ca-
ipflim alodem de Amennolela, vel aliis villulis cir- vegondis res & mancipia, manfos, terras &alia ad me
cum circa fibi fubjcdis propter precium folidos tre- pertinentia -, in comitatu Atenfi , in pago Albionenfè,
centosj & infuper prædidi comités convenerunt ad in loco Sagatello . cum omnibus appendiciis
Tome 11. Cij
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ÏOÎ
PREUVES DE L* HISTOIRE
10+
aureo, res & mancipi^, villa quæ dicitur Leuca-, in
comitatu Orifionenle > in villa Afclannis , res & man-
frLd*n.e. c,P'a> in comitatu Trace nfe * , dimidiam ecclcfiam
fanûi Johannis villa: Trexiani , villas Pater-
nam ôc Calefonem & Macefonem vallem cum
four Tncafti-
***nCc>p*r/jrr
«/*•
An. 960.
Cartulaire de
l’tbbaye de
Beaulieu en
BimouHn.
V. Jujlel.
fr. de Tur.f .
vel adjacentiis earum, quidquid poflidco in Monto- cenfi , quod eft fitum fuper alveum Sileris , & do.
- — o - : • -ii »• * • mino Calftoni abbati ejufdem loci, ecclefiam (an-
&æ Mariæ de Artellis cum omnibus ædificiis, &c.*
Conlilio Stephani Cathurcenfis epilcopi in perpe-
tuum trado , ut domnus Calfto abbas, ejufque lue.
ceflores femper teneant & poflideant. In primisec-
omnibus ad eas (pe&andbus *, in comitatu Dienle clelîam (àncSti Medardi quam de domino Calftone
: - 11 0 1 ' * * • 1 » abbate habeo > ad illos quos ipfc domnus Calfto
milerit ad Deo (èrviendum , in ipfo loco qui dicitur
fan&æ Mariæ ex Artellis feu Fonds dono. Similicer
illo manlo de ilia Beceria cum bolco , &c. Hæc autem
omnia confirmavit lênior meusdominusStephanus
Cathurcenfis epilcopus , & omnes alii probi homi-
nes & propinqui mei. Ipfe vero dominus Calfto
perrexit ad Romam , & rogavit dominum papam
Bcncdichim ut fibi hæc omnia conhrmaret, quod
Ôc fccit. Ula mea ecclefia deMeledo , cum ipfà villa
Ramgardi uxori mcæ dimitto > &c. Ulos alodes
Dcfconis quæ Bellcdrudis uxor mea matri dimifit,
Ramgordis uxori meæ dimitto pro ilia compofîrione
quæ lànifti Stephani de Cathurcio dédit, utfadat
quæcumque voluerit. Ilia meacurtede Boiliaco cum
ecclelia de làn&o Joânne ad filias racas dimitto ,
&c. De vinea quæ infantes Bonaldi plantaverunt
quæque Rotbertus & Geraldus tenucrunt , Hugoni
confanguineo meo dimitto : in tali vero ratione ut
adjutor ad cleemolynam meam quam fcci in Fontes
fartclo Salvatori de Figiaco permanenrem inordinc
in valle Salavanis res & mancipia, & quidquid ad
ipfam perrinet. Quæ omnia tam veftita quam vefta
dono prædidtis fan&is Ôc monachis infulæ Montis-
majoris , &c. Facta donatio 1 v. calendas Mardi ,
anno vi. régnante Lorhario rege Francorum. S.Ber-
tha comidlla, S. Emens vicecomes firmavit , S. Bel-
iardus firmavit, S. Willelmus firmavit, S. Bcmar-
dus judex firmavit.
X C I 1 1.
Plaid tenu en Qu en i par Raymond I.
comte de Rcuerque.
Otitia guirpitionis vel confignationis , in co~
I)
rom prefcntia qui ob rem adfuerunt , vel ante
Raymundum comitem , feu ôc ante nos nobiliflîmos
viros qui hanc notiriam (ubtcrfirmavcrunt. Qualiter
venientes duo honorabilcs vin, Bemardus vidclicet
&Gerbcrtus ad ecclefiam fan&i Saturnini, die Ve- w . _
neris ter*10 fà11 > jamdiûum Raymundum monaftico ad honorem Dei, & ilium capmanfiim
comitem , & ante alios nobiles viros , interpellabat quæ habui de Fraunone lit Ranulpho nepoti meo
quifque unus ecclefiam (àndti Medardi cum ip(à hho Hugoni &c. Illo fevo.de Limanico quæfiiic
cune quæ dicitur Prifca , quam Rigaldus pro reme- Ranulpho avo meo , quæ tenuit de comité Hugoni,
dio animæ fuæ fuorumque parentum Cin6to Petro dimitto ôc Geraldo & Ranulpho filiis fuis , & illo
Belliloccnfi , in ftipendiis & ufibus monachorum fevo quæ fiait Guinabeito , dimitto medietatem ad
ibidem fervientium diviferat poft mortem filii fui filias Aymerici &c. Iftas eeelefias quæ ibi fuperius
Geraldi: illis fiquidem inter le contendentibus , ju- funt fcriptæ , ipfi clerici qui eastenent non recumam
dicavit prædidus Raymundus, & alii venerabiles ei quamdiu vixerint, & fi ullus fècerit redimere, ap-
afliftentes, & ut ipfi duo prætaxati viri vicarios fibi prehendat Stcphanus epifeopus fuas & Ramundus
duos cligerent ad ccrtamen expeditos , quo Dominus cornes fuas , Ôc faciant quæcumque facere voluerinu
manifeftare dignetur veritatem hujus rei , quod ita Et illas vineas quartales teneant illas , ipfi qui eas
factum. Nam fccunda dici hora certantibus ulquc plantaverunt ad quartum. Et fi ullus homo fccerit
ad folisoccafum, neminem quippe cemereteorum cis illas redimere , appréhendât Hugo Blancus ÔC
vincere, judicavcrunt memorati Raymundus cornes filii fui inopus fuum, & faciant quaccumque facerc
cæterique ôc in circuitu fidélités, cuiquam eorum voluerint. S. Ranulphi & uxoris dix Ramgardis,
Bernardi vel Gcrberti, nihil ad poflidendum juri qui brevem iftumlcribcre vel affirmare rogavemnt.
debere in ufus vfirparc, (èd potius Domino om- S. Aimoni, S. Ranulphi, S. Euftorgii, S. Garini,
mum creatori , & fan&o Petro Belliloccnfi apofto-
lorum principi, in ufibus monachorum inibi degen-
tium expenefi, cui prædiâus Rigaldus pro reme-
dio animæ fuæ devoverat offerre. Judicavit iterum
memoratus cornes , contraque ei aflîftens turba ,
S. Geraldi.
xcv.
Vers F Ah
960.
Archives de
U Cathédrale
quod exinde Deo&fandlo Petro guirpitionem Ber- T cjlamcnt d’HugUCS éveque deTouloufe,
nardus & uxor fua Stcvcna , (eu & Gerbcrtus facere
deberent , quod ita & feccrunt. Fa£h guirpitio ifta \ Uthoritatc (âcræ legis præfinitum elle viderur
in menfe Julio , anno odavo fub Lothario rege. quicquid homo de reditibus facerc voluerit
S. Bernardi & uxoris fuæ Stevenæ , &Gerbcrti, qui ’ liccnter audeat* roborarc , & roborando pcrficere.
edam pro amore Domini & fan6ki Pétri hanc guir- Ob hoc igitur in Dei nominc , ego Hugo quamvis
pitionem fieri vel adfirmari rogaverunt: aliis vero indignus Tolofæ Dei dono epilcopus, reminifeens r.
nobilibus viris præfentibus adtum fuit. S. Raymundi magni judicii dicm , &c. Propterea rccognofcens
me graviter deliquilfe, pro rcmilfione mcorumfa-
cinorum, idco brevem aivifionalcm facio de omni¬
bus rebus mcis acquilitis tam de alodibus quam de
rebus mobilibus. Fidejullbribus meis,imprimi$Ra-
mundo confite & filio fuo Hugoni , neenon &
Amaldo , & Udalrigo , Bernardo ôc fratri fuo Gaufi
berro , & Geraldo primicerio & Mironi decano
comitis , S. Stéphani , S. Hugonis , S. Matftedi ,
S. Raynulphi , S. Genefii.
An. 960.
K. Dominic
itpftnd.de fTi
r *!•
XCIV.
fondation du monafiere ^'Artellis ou de
Font en Querci.
& Rodalgo canonico, & Hclicno canonico. Ifti
’• "O Revis mcmorialis quem fecit fâccrc dominus omnes fuprafcripti licèntiam habeant in omnibus
D Ranulfiis. Ego Ranulfûs dono Domino Deo diftribuendi atque confirmandi omnes fàcultates
*" & Salvatori noftro Jefu Cbrifto , & cxnobio Figia- meas eedefiis Dei , five clericis five pauperibus , atque
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tof D Ë LANGUEDOC. lofi
omnibus cui ego injunxero chartulas confirmandi. monte cum ipfâs vineas remancat Auriolo Sanrio
Dono itaque unum mytrum ab auro fandlo Stc- dum vivit , poft fuum difceflùm remancat findli
fihano , 8c unum miflalem 8c alium miflalem cum Pétri Vermercenfis. FaderviUa & ilia bofcaria rema-
fdlionare. Dono itaque ad jamdidlo loco findli Ste- neat Amardo. Ipû alodes de ipfo Solario vel Iû ,
phaniTolofæ unum alode qui eft in Colienfe quem 8c ipfc alodes quem acquifivi de Donato clerico,
vocant Ainils, cum ecclefia quæ eft fùndata in ho- quem dicuntCafilis remaneat Rodgario comité dum
nore findli Quintini ; in ea vero ratione dum ego vivit, poft fîium difceflùm remaneat ûndli Saturnini.
& Rodaldus vivimus ufùi frudiuario teneamus ipfi Ipfc caûlis cum ipûs vineas quem acquilivi de Ge*
alodes. Item in Colienfe > id eft in Villa-nova & raldo, Vibullono villa, remaneat Bcrnardofilio Gri-
Somnagus cum ipfi ecclefia , & Flacidus cum ipfi maldi , exceptos illos quatuor aripendos quos tenec
ecclefia, & Vemedus poftmeum difceflùm rema-, Bernardus difpenûtor ; poft difceflùm fuum rcma-
neant findlo Satumino. Ipfim ecclefiam de findlo-f’ neat findli Saturnini. Ipfc alodes de findla Gabella
& de Caftcllono , & de ipfo Brolio , & de Merentio
& de Gradaqua rcmaneant Vodalrici vel filio fuo ;
Èoft difceflùm veroeorum remaneat findli Stephani.
t ille cafùales quem acquifivi de Theodbcrto cano-
nico cum terris fuis remaneat Theodorico vel filio
Amatore dum vivit Wilaberms clericus ufùi fru-
âuario teneat, & alodem aliiun in obedientiam re-
ncat, & poft fiium difceflùm remaneat findli Ste¬
phani. Dono itaque findli Stephani ipfiim alodem
quem vocant Pedlifo , & teneat Geraldus in obe¬
dientiam exceptam ecclefiam, 8c ipfam ecclefiam fùo, fi eum habuerit de légitima muliere •, poft
. teneat Eribertus ûcerdos dum vivit, poft fùumdif- fiium difceflùm remaneat cui alia hærcditas fuccefi
, cellum remaneat findli Stephani. Et ipfiim alodem lcrit y 8c ipfc de findlo Martino de Afto , rema-
de fanctas Puellas cum ipfo ecclefia dono findlo neat findli Saturnini ad alodem. Ipfc alodes quem
Stephano. Ipfiim alodem de Candiago remaneat acquifivi de Geraldo quem dicunc Poropafcualc ,
findli Stephani excepta ecclefia , &ipfa ecclefia re- remaneat Theodgario 8c Guillelmo filio fùo, ufu-
maneat Geraldo dum vivit , 8c ipfum alodem teneat frudiuario : poft difceflùm vero eorum remaneat
in obedientiam. Ipfc alodes de Canuas cum ipfi cc- findli Saturnini. Ipfc alodes de findla Camclla cum
clefia quæ eft fùndata in honore findli Joannis & ipfi ecclefia remaneat findli Stephani. Ipfc alodes
Becerones remaneat findli Stephani , 8c teneat Ge- de findlo Marcello & de Mafercs cum ipfi ecclefia ,
raldus in obedientia. Ipfi ecclefia quæ eft fùndata & iterum Monafterium cum ipfo alode de Pauliago
in honore fandli Martini in Afpirago remaneat remancat Ramundo comité ; poft fuum difceflùm
remaneat findti Stephani. Ipfè alodes de Leus cum
ipfi eccicfia quæ eft fùndata in honore finclæ Maria?
rem.incat Amardo filioli meo filio Ifarni , dum vivit
ufùifrudluario teneat, poft fiium difceffiim rema¬
ncat findli Saturnini , per remedium aniinæ meæ
vel aniinæ Ifirdi. Ipfè alodes quem acquifivi de Lu-
ponc præpofito ubi dicunt Marciniano fïve Artizo,
remaneat Heriberto ficerdori dum vivit, poft fuum
Aimardo ficerdoti dum vivit , cæterum vero alodes
de Afpirago five de ilia fagia , remaneat S. Stephani.
Et ipfc alodes de Noù'ellanes cum ipfi ecclefia quæ
eft fùndata in honore findli Andreæ , remaneat
fimtfti Stephani 8c Geraldo in obedientiam. Ipfi
ecclefia de Bonago , quæ eft fùndata in honore fin-
ôâ Pctri , dum vivit Bernardus & Raymundus fi-
lius teneat ufùs frudiuario > poft difceflùm illorum ,
remaneat findli Stephani. Ipfc caftcllus de Saxago difceffiim remancat findli Stephani.
remaneat Rodgario 8c Arfindæ : in ca vero ratione
fi Hugo epifcopus mortuus fùcrit infra uno inenfe
donent fidcjulloribus fùis Rodgarius 8c Arfindes
valentes folidos mille iriauro 8c argent©. Durimano
caftro remaneat Frotario , in guarda Bcrnardi &
Gauzberdi. Ipû ecclefia quæ eft fiindata in honore
fandli Pctri, remaneat Guitario 8c poft fuum dif-
ceflùm remancat Thcodgarii, ôcipfiRoca cum ipfi
eccicfia 8c Noiielliancs remancat ûhdli Saturnini.
X C VI.
Extrait de quelques Chartes .
Aïi.c)6i4
NOverint omnes quod in pago quondam Lug-
dunenfi, quod nunc eft in epifeopatu Vakn- t,imhire<Je
Ipfè alodes quem acquifivi de Abone remaneat An- tinienfi , Gcilinusnobiliflimus vir & potens , dequo rabLv. c de
moni facerdoti dum vivit, poft fuum difceflùm re- fupradidlumeft, ciun fiiaconjugenomine Raimori, s- chn,rîé-
mancat findli Saturnini. Ipfe alodes de Orzalis cum dédit ecclefiam in loco qui dicitur Manfo-Caviliano*, * MactxvUt*.
ipfi eccicfia quæ eft fùndata in honore fandli Salva- quæ eft confccrata in honorem Salvatoris noftricura
toris remancat findli Saturnini in Butcllas , 8c te- ipû parrochia, 8c claufode vinea, 8c viridario, 8c
neat Vintardus in obedientiam. Sanclus Marccllus omnibus adjacentiis fuis; ut habeant 8c poflideanc
fèmpcr rcclores monafterii findli Theosfredi fine
ulla contradiccnte perfona ; 8c in alio loco villam
quæ dicitur Ç^nilis, quantum ibidem per tineÇe vi-
debatur 8c ejus erat poiJèlfionis : totum eidem mo-
nafterio contulit jure perpetuo. Hæc & alia bona
ifHem princeps noftro contulit loco , & Wlfàldo
abbari ut fupradiclum eft. Hoc autem donum fa-
âum fuit menfc Martio , feria 1 1. anno Domini
remaneat Bemardo epifeopo dum vivit, vendere
neque alienarc nullo modo poflît , ncque ufiim
neque fundus ; poft fuum difceflùm remancat ûndlæ
MariæFabricatæ. Gudromuscum ipû eccicfia rema¬
neat Rodgario dum vivit, poft fuum difceflùm ré¬
manent findlæ Mariæ Fabricatæ. Pat... nucis rema¬
neat fanâi Stephani. Ipfi Culteria cum ipû ecclefia
“uæ eft fùndata in honore findli Stephani, & ipfiim
alodem quem vocant (indium Simplicium cum ipû d. cccclx i. indidlione mi. régnante Lotherio.*
ecclefia remancat Vodalrigo , 8c uxori fùæ Adalaifæ, r
8c Bemardo filio eomm ; poft difceflùm vero eorum I N nomine Domini , ego Gariberga &c Hildinus
remancat fandli Stephani. Tcnulmontis 8c Monta- vicccomes, 8c Ado vicccomcs ob memoriam pec- Cimjiairedc
magus & Blidanis remancat ûndli Pctri Lczatcnfis caminum noftrorum condclcndam , à Dco infpirati ^^G^ncim
cœnobii. Ipfè alodes quem acquifivi de Amano,Gua- donamus eeelefiæ findli Salvatoris Gclloncnfis, ûn- duDctcm p.
rino Hugoni à filioli mci filio Amclio Gcraldi, 8c dlæque Crucis vexillo , ûndloque Widclmo,abbati 7#
ipfc alodes quem acquifivi de Scipione 8c fratre fùo Gauzfredo & monachis Gellonicis.. . . alodem quæ
cum terris & vineis. Ipfe alodes de Manulfellio eftin Subftanrionenfe, in villa quæ vocatur Mairaui-
AN.961.
Vf.
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I
*07 PREUVES DE L’HISTOIRE 108
chos manfùm unum &c."& in alia villa quæ vocatur fàndæ Mariæ Rutenenfis remaneat : & ipfi manfi de
Vcnranichos caput manfuram unam > &c. & in alia Vabro , Grimaldo remaneant , port fuum difceflum
villa quæ vot ant Alairanichos manfum unum, &c. . . . fandæ Mariæ Rutenenfis. Ilia abadia de Rubiaco
pro rcmedio animarum noftrarum, & animæ Aut- una medietas rcmaneat (an 6b Maria de Anicio, a b
garii , üt ei Domtaus tribuere dignetur æternam tera medietas inter ilia fede de Uzecio , & ilia fede
vitam. Satie fi quis , &c. Gariberga fir. Hildinonus de Viverio remaneat. Illos alodes quos habeo inNe-
vicecomes f. Ado vicecomes , f. Widbertus , f. Aud- mofènfe , Bertanæ remaneant dummodo vivit : poft
bertus, f. Ebrardus, f. Witardus, f. Airulfùs, fir. fuum difcellùm ilia medietas rcmaneat fàndæ Mariæ
Fada eft hæc carta anno vu. régnante Lotherio Nemaufenfi , alia medietas inter fando Baudilio> &
rege. fando Ægidio. Illo alode quæ de Segenno acquifivi,
quod Raynardus vicecomes Biterrenlis habet à feo ,
J) Ub era xci t. anno v 1 1. régnante Leutario rege, Bertanæ remaneat dummodo vivit : poft (ùum dif-
Sicfredus dat fando Petro 8c Guarino abbati &om- ceflTum fandi Salvatori s Anahnenfis remaneat. Illo
An. 9 6 1 . j Ub era xc i x. anno v 1 1. régnante Leutario rege,
Onuhire de Sicfredus dat fàndo Petro & Guarino abbati & om-
l'&bhaye de ni congrcgationi monafterii L ezatenfis , alodem no- alode de Plumberias Bertanæ & Raymundo filio meo
mine Malarubia in comitam 1 holofàno in vicaria remaneat dummodo vivit : poft illorum difceflum
Campacefo , &G. fanda Maria ad Anicio remaneat. Illo alode quæ
comparavi de Poncione ad caput de Ati....Ray-
- mundus habet à feo , ad ilia fede de Lodevarema-
X C V I I. ncat<& teneat Berta dummodo vivit. Illo alode de
Lupiano aim ipfa eedefia , & illo alode de Lugis * * «
. Te filment de Raymond I. du nom comte teneat Berta dummodo vivit : poft fuum difcefïïim
de Roueryie , & marquis de Gothie . fandi Juliani Pfalmodio remaneat. JUo alode de Ba-
- - larug teneat Berta 8c Raymundus dummodo vivunt :
An. 5>6i. T N nomine Domini. Breve codicillô quod fecit poft eorum deccflùm , una medietas remaneat fandi
mm. d:pi. JL Raymundus cornes pro remedium animæ fuæ, Pétri de Magalona, alia medietas remaneat ad ilia
£ 57z* & & pro genitore fno, & pro génitrice fua , & pro fede de Agadc. Ulo alode de Palagio rcmaneat Ray-
Coiiarionné omnibus fidelibus fiiis. Inprimis dono ad illo cœno- mundo & Bertanæ dummodo vivunt: poft illorum
Jer eB^ô! biodeConquasilla medietatc de illo alode de Aurinia- difcellùm ilia certia pars fine ilia ecclefia , remaneat
theque Coi- co & de illas ecclefias, & de omnibus villariis quæ fandi Tiberii > alia tertia pars ab ilia medietatc de
iwSC,fui ^ afpiciunt, & alia medietatead illo cœnobio de ilia ecclefia rcmaneat ad ilia fede adBitc*ris, alia
eft aux Arc h! Figiaco. Ilia ecclefia de Acinnaco teneat Raynaldus tertia pars ab ilia medietatc de ipfà ecclefia rema-
transfe^s T dummodo vivit > & illo alode teneat Stephanusdum- ncat ad ilia fede de Narbona. Illo alode de Caucos
Monrauban , modo vivit : poft illorum difcellùm fandi Salvato- remaneat Raymundo & Bertanæ dummodo vivunt:
Telia ment** ^s ^ '§’aco remaneat 5 & donet Stephanus & Ray- poft illorum difceflum rcmaneat una tertia pars fàndi
lenr.mKK#K. naldus ad ipfos monachos per fingulos annos me- A., gni altéra tertia pars fàndi Pétri de Joncellos,
On a corrigé diante quadragefima , unam refedionem. Illo alode alia ténia pars fanda Maria ad Quarante. Illo alode
SansreTexce! de l^jjnanico , quod Grimaldus habet à feo , & Fro- de Caucio quod à Raymundo acquifivi remaneat
* ™r<iué lci dinus habet à feo de Raymundo , 8c ilia ecclefia de ilia medietas fanda Maria & (àndi Poncii ad Tome-
Blanado, Ugoni filio Geraldi remaneat dummodo rias, alia medietas fàndi Pétri ad Caunas. Illo alode
vivit : poft ltium difceflum fandi Pétri Bellilocenfis de Pcrpiniani , quod de Attone acquifivi > remaneat
Temaneat , & donet ad ipfos monachos per fingu- ilia tertia pars fandi Fclicis ad Gironda , alia tertia
los annos unam refedionem medio quadragefimæ. pars fandi Pétri ad Rodas , alia tertia pars ad ilia
*ai. Odnago. Illo alode de Pomeriol , & illo alode de Tornago ,* fede de Helnn. Illos alodes qui fiicrunt Amelio vice-
8c illo alode de Malftvalle quod de illos monachos comité de Carcallôna, ipfi qui funt in Narbonenfi,
de Aureliaco 8c de ipfo abbatc acquifivi, fandi remaneant inter fando Jufto 8c fando Paulo, &
Pétri & fandi Geraldi ad ipfo cœnobio remaneat. alii qui funt in Carcaflcnfi , ténia pars remaneat
Iiloalodo de Vidaliaco, quantum ibi afpicit, cum fànda Maria Crafià, alia ténia pars fandi Joannis
ipfa ecclefia, fandi Pétri Marciliaco rémanent. Illo Valle-Scgario, alia tertia pars fandi Nazariiad Car- *
alode de Alico & de Valanelone, fandi Pétri Btlli- calTona. Illo alode de Caucio remaneat fandi Joan-
locenfis remaneat, 8c ilia medietatc teneat Aimericus nis Valle-Scgario. Illo alode de Villa-Nova , fanda
dummodo vivit , 8c donet ad ipfos monachos fin- Maria de Soricino rcmaneat. Illo alode de Brocello,
gulos annos unam refedionem medio quadragefimæ. Bernardo filio Rorgerio rcmaneat dummodo vivit :
Illos alodes quos acquifivi df. Guillelwo comité poft fuum difcellùm fandi Pétri de Caunas remaneat.
consanguineo mro , ilia tertia pars remaneat fanda Illo alode de Guttalongus cum ipfa ecclefia, & cum
Maria Rutenenfis, alia tertia pars fandi Aman- omnibus villariis quæ ibi afpiciunrur, fandi Bene-
tii, alia tertia pars fandi Sacurnini. ecclefia de didi remaneant & fandi Vincentii. Illo alode quem
fandi Africain , & illo alode de Pedrcglago quod de habeo in Cavalio , fandi Bencdidi & fandi Vincen-
Ranulfo acquifivi , fandi Privati Mimatenfis rcma- tii remaneat , neminem contradicentem. Illo alode
neat. Illo alode de ilia Rocheta quod de Poncione de Bricio , Frotcrio epifeopo rcmaneat cum ipfa
acquifivi, fandi Salvatoris Vabrenfis remaneat : & ecclefia dummodo vivit : poft difceflum fandi Mi-
4alio alode quod de Poncione acquifivi, quod Ber- chaelis de Galliaco remaneat in communia. Illo alode
nardus de Nante habet à feo , fandi Salvatoris ad ipfo de Francitia , fandi Eugcnii remaneat, 8c teneat ipfa
cænobio remaneat. Illo alode de Canavolas , & illo ecclefia Bcrengarius dummodo vivit : poft fuum dif-
alode de Crucio , & illo alode de Pociolos , & illo ceflurn rcmaneat cum fuo alode fandi Eugenii ad
allodio de Garriguas, 8c illo alode de Vidnago, 8c Viancio. Ilia ecclefia de fando Marcello, Bernardo
' illo alode de Longalaflà, 8c illos manfosde Bonaldo epifeopo rcmaneat ad alodo : ipfo alode de fando
& de Serinco , Poncioni abbati rcmaneat : poft fuo Marcello fandi Salvii remaneat , 8c poft mortem Bcr-
quoque difeeflù , fandi Amantii Rutenenfis renia- nardi epifeopi , ipfa ecclefia , fandi Salvii remaneat.
neat. Illo alode de Sulciaco cum ipfa ecclefia teneat Illo alode de Lovcziaco fanda Cæcilia remaneat ,
Deus-Deditepiicopus dummodo vivir, poft difceflum, 8c teneat ipia ecclefia Nodbcrtus dummodo vivit :
XCVIL
Teftament de Raymond I. du nom comte
de Roueryie , ^ marquis de Gothie .
An. 96 1.
*
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lof
DE LANGUEDOC
tîê
âi Anconini remaneant. Ilia tcrtia pars de ali os alo-
des meos qu* habeo in Agennenlc» reinaueaf Gau (-
berto abbate* jx>û finira dilcellùm lànâi Pctri Mu£
ciaco remaneat ; alia tertia pars inter Exc Üo 8c làn-
(ko V incentio-febricato , alia tcrtia pars remaneat
lànâi Caprafii, exceptis quaî Auftorgius tcnct: 8C
port dilcellùm Auftorgii S. Caprafii remaneat. Illo
*4J.À4Co«-
I ccu.
poft luum dilcellùm Cmdx Carciliæ remaneat. Illo
alode de Avacio lànâa Marciana remaneat. Illo alo¬
de de lànâo Viâore , lànâi Vincentii remaneac cum
ipû oeelefia, & teneat iplàna alodem cuin iplà eccle-
lu Ermcngaudus abbas dummodo vivir : poft fuura
dilcellùm lànâi Vincentii remaneat. Illo al ode de
Vertucio , Bcmardo & uxori Cuæ Adeiais remaneat :
Ci unus mortuus fuerit, ad alium remaneat : poft alode de Mdcyerrulo cum iplasvineas, &illasvinca$
illorum dilcellùm remaneat una terria pars fenâi dePogio-cenlaldo, & illas vineasde Orrigcrias, Ugo*
Michaëlis ad Galliaco , alia pars fancti Salvatoris de ni nepoti mco permaneat: poft fiium dilcelïùm Ray-
*" Comberas, ¥ alia tèrtia pars lànâi Audardi rema- mundo £ratrefuo remaneat. Illo feoquodSancius ha-
ncat. Illo alode de ilia Rocha quæ de Aymerico bet, remaneat ad ipfoSancioni ad alodc, exccptisilla
acquifivi, lànâi Leoncii remaneat. Ulo alode de vinca de Pogioced Scanniofo. Illo alode de illo 8o£
Mazirios quæde Augerio acquifivi, lànâi Bencdiâi cheto,S.Rulina remaneat.Ulo alode de Marca,S.Pctri
Caftrenlis remaneat. Illo alodc de Frodino cum iplà & S.Gerardi de Cairago remaneat. Illo alodc de Lau-
ecclclia, 6c illo alode de Porteilo cum iplâ eeddia* giago , 8c illo alode de Fcfligo, 8c illo alodc do
& illo aiode de Altidinger aim iplàccddia, & illo • Campoguidano cum iplàs eedefias, 8c itlo alode
alode de Striâo-fonte cum ipla ecdclia , 8c illo de Valeocio, Adcmario vicecomite Tolo&ao rema-
alode de Canaucellas cum iplà ecclclia , 8c illo alode neat ; in taii vero rationc , ut dcemofyna mea ad-
de Bonofollo cum iplà eeclefia, lànâi Saturnini rc- firmet , 8c C filium habeat de mulicrc qui hæredi-
maneant. Illo alode de Rochas , 8c illo alode de tatem hæreditare debeat, ad ilium remaneat illo
Ventenago, $c illo alode de Rcmeddo, illo alode alode de Laugiago. Poft dilcdlùm Ademaro, illo
de Bordas cum ipla 'fccclefia, 8c illo alode de Alta- alode de Fellàgo lànâi Antonini remaneat; & illo
•w.Gmeni- rago cum iplà eccleiia , illo alode de Narveis * cum alode de Campoguidano, poft difcellimt Ademaro#
ilia capella , illo alode de Tomolis , làndo Simpli- lànâo Audardo remaneat ; 8c Ci Ademarus filiutn
cio, Moranorivo , Saxons , Cabdmerio , Fredbo$, de muliere non habet, qui harreditatem luam haere-
ifti alodes cum iplàs ecclelias, lànâi Stephani Tolo- ditaret, iplo alodc de Laugiaco lànâi Pctri & lànâi
lenlîs, ôc lànâa Maria-Fabricaca remaneant. Illo alode Gerardi de Cairago remaneat. Illo alode de Brada-
de Sadrebone lànâi Volufiani remaneat; 8c illo alo- co , Raymundo lilio mco 8c Hugoni filio mco rc-
de de Carliago Rogerio filio Arnaido , remaneac : maneat ; in taii vero ratione quod cencat iplo caftelio
poft fiium dilcellùm làncli Antonini Fredelcfio re- & iplo feo Arnaldus & Hormis quod habent de
maneat. Ulo de Murello , 8c illo alode de Salas, ipfo alode, fi taie forsfeâum non fàdunt in con-
lànâi Pétri de Lelàdo remanear. Ulo alode de Ca- tra unuin, de quod iplo fco haberc non debeant.
rantvalle, & illo alodc de Donadfrancio WiHelmo Illo alode de iplo Pojeto , &illoallodc deGe-
Garcianæ remaneat dummodo vivit: poft fiium nebrerias Raymundo 8c Amaivino 6 ircc fuo rcma-
di/ceftiira (àncb Pctri de Condom, 8c Candi Uren- néant: 8c poil dficdlùm Ademaro, illo alode de '
tii ad Aulcio remaneat. Ulo alo^le de làncli Martini Balentios ad iplos remaneat: 8c poft illorum di/ccfi-
de Bellocallo, ilia ecclclia teneat Bolomeus dum- / CimS. NeoÊuii remaneat. Ulo caftelio deTolmone
modo vivit: poft fuiun dilcelîinn làncli Pctri Mu£ cum iplo alode de Albafolia, <3Ccum iplà ccclc/ia*
fiaco remanea:. Illo alode de (ancli Salvatoris cum & illo alode de Guallaranis ¥ cum iplà ec défia, 8C
iplà ecclclia, làncli Pctri Mulfiaco remaneac, 8c te- illo alode de Varliago cum iplà ccddia, 8c cum
neat iplà eccleiia Jeremias prelbyter dummodo aliis ibi pertinentibus , Raymundo 8c Hugoni ro-
vivit. Illo alode de Circiolis , Ugoni nepoti meo maneant dummodo vivunt : 8c li iili mortui fucriü^
remaneat: poft luum difceftimi làntfti Pctri Mullia- làncli Audardi remaneant. Iplo caftelio quod vo-
co remaneat ilia medietas , alia medieras Arnaido cane Wandalors, cum iploaloue de làndla Maria,
8c filio fuo Siguino , quod hodie habet, remaneat: Raymundo filio meo 8c Hugoni filio mco rema-
poft illorum dilcdliim lânefti Pctri Mulliaco rema- neatv: poft illorum dilce'lbm lànéli Pétri Muldaco
ncat. Illo alodc de Maimanicas, illo alode de Pa- rcmaneat/lllo caftelio quod vocajic Cailô , Bertanar*
' ludis, illo alode de valle Ardrico, illo alode deLo- remaneat cum iplo alodc de Arduino, &cum iplà
gio , illo alodio de Podiomejano , illo alode de Lau- ccdelîa, & cum iplo alode de Antiago , 8c cum iplàs
ïrol, iftialodes làncli Stepliani Cadurccnfis rema- ecclelias; 8c poft dilccftîim luum Raymundo fiJio
néant neminem contradicentem. Illo alode de ilia fijo remaneat : & fi Raymundus mortuus fuerit ,
Guarda cum iplà ecdclia, 8c illo alode deLololario Bcmardo & uxori fiiæ Adeiais rctnancar; 8c Ci in-
teneat Hugo filius nofter ¥ dummodo vivir : poft fans malculus de illis pariter apparuerit , ad ilium
fiium dilcellùm làndi Stephani Caturccnlîs rema- remaneat; & fi illi mortui fùerint qui infàntem non
neat neminem contradicentem. Illo alode de Bello- habuermt, Hugoni remaneac; 8c li Hugo momies
pogio teneat Aymerkus , dummodo vivit : poft fuerit , illc alodcs de Antiago remaneat làfrfti Stt-
lùum dilcellùm, lànâi Stephani Caturccnlîs rema- pliani Cadurcenfis cum ilia medietate de iplbcaftet
Vtwiaic. ncat. Ulo alode de Sabadcllo &de Prandicile *cum Jo; 8c illcalodes de Arduino etm ilia medictate dt
iplà eccleiia, (and i Stephani remaneat neminem illo caftelio, Qn&i Pétri Mulciaco remaneat. Illo alo^
contradicentem. Illo alode de Francor 8c ad unum de de Auialio cum ipfa ecclclia, 8c c:un omnibai
cui illc laxaverit: poft mortem illorum làndli Ste- villariis cjnx ibi alpiciunt, Bernardo & uxori (ùar
phani Carurcenfis remaneat. Ilia quarta parte de ilia Adeiais remaneat: 6c poft dilcelTùtn illorum ad k>-
ccdelia lànâi Ciricii, & illo alode quod ego acqui- fentes illorum remaneat; 8c fi infens de illos non
fivi in Deumpancala , lànâi Audardi remaneat. apparuerit, remaneat inter Vabro 8c Âgnarm, de
Illo alode de Mongio , lànâi Audardi remaneat. Nante , & dividant æqualitcr. Ilia p3rte quod ego
Üla eccleiia Ricario filio Ilârno remaneat ad alodc ; Raymundus habeo in caftelio de Gordone & in iUo
poft fuum dilcellùm lànâi Audardi remaneat cum alode de Gordooenfê , Aymerico remaneac 8c O*
* 4/.Canro. aü0 alodc. Illo alode de Cauco ¥ cum iplà eccleiia, raldo filio fiio, & ad filios Geraldo: 8c illo alod#
8c illo alode de Probiianicas cum iplà ecdclia, fan- de lànâo Amcra&do cum omnibus apptnüw
Qaaxira,#
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non p* i Hfr-
tran lo » cm *
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*d. Mou.
I
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ni PREUVES DE
iimilircc remaneat Aymerico & Gcraldo filio fuo >
& ad filios Geraldo *, & fi illi mortui fùerint , rema¬
neat inter fondo Scephano Cadurctjft, & fondo
Pctro Mardliaco , & fonda Maria Soiiaco *, & fi
Raymundus mortuus fuerit , donet Aymericus aut
Getaldus, aut filii Geraldo qua lis vivus fuerit , D. fb-
lidos Hugoni nepoti meo *, & fi Hugo mortuus eft »
fondi Pétri Marciliaco. Iplb caftello de Caganione
cum iplb alode, & cum ipfa ecclefia de Laurguo ,
& cum ipfo alode de quod habeo in Campolam ,
& cum illo alode Nanroinis cum ipfà ecclefia ,
& cum ipfo alode de Marcilio cum ipfo ecclefia de
fondo Simplirio > exccpris ilia ecclefia nova > & illo'
manfb ubi ecclefia eft , Hugoni & Ermengaudo
fratre fûo remaneat , & teneat ipfa ecclefia de fon¬
do Simplido, Stephanus & filius fùus à feodum-
modo vivunt : poft illotum difceflùm illo alode
de Laurgo > & illo alode de Nantoinis remaneat
intet fondo Stephano Caturcenfi, & fonda Maria
ad ipfo dmererio. Ulo caftello ^e Parifio cum ipfo
alode deTaxairolas cum ipfo ecclefia , & ipfa ecclc-
fia de Afinieyras cum ipfo alode de Falgairolas , &
cum ipfo alode deNovi-villa, & cum ipfo ecclefia ,
•«•J.Haitorio. & cum ipfo alode de Torrerio, * & cum ipfo de
Felinas , & cum ipfo ecclefia, Hugoni & Ermen¬
gaudo fratre fuo remaneat *, & illo caftello de Pari-
fîo teneat Malbertus à feo de Hugone & de Er¬
mengaudo dummodo vivit: & poft difceflùm illo-
rum ifti alodes remaneant inter Figiaco , & Marci¬
liaco , & Caturdo , & fondo Antonino , & Albio *,
& dividant axjualiter , excepto caftello de Parifio ,
& illo alode de Taxairolas ,& ecclefia de Afinierras ,
& illo alode de Falgairolas : & fi Ermengaudus fine
filio mortuus fuerit , ad ipfos fondos remaneat > &
fi filium de muliere habeat , ad ilium remaneat :
& poft difceflùm de ipfo filio Ermengaudi , ad ip¬
fos fondos remaneat. Illo caftello de Albinio , &
illo alode deSinilio cum ipfo ecclefia, & illo alode
de Brandonedo, & de alio de Brandonedo cum
ipfas ecclefias, & illo alode de Perizedo cum ipfo
ecclefia , remaneat ad filios meos quos ego Ray¬
mundus habeo de filia Odoino : & illo alode de
Campolivado cum ipfo ecclefia , & illo manfo de
Caraufiaco , remaneat ad filia mea quam habeo ab
ipfo filia Odoini > & fi ilia infontem mafoulum non
nabet legitimum , remaneat ad germanos fuos : &
poft illorum difceflùm , remaneat fonda Maria Ru¬
tenis-, etfi filium habetde jugale, ad ipfum rema¬
neat : & poft difceflùm de iplb filio , fonda Maria
Rutenenns remaneat*, & fi ipli filii mei de filia Odoini
mortui fuerint fine filios , remaneat ifte alodus de
Brandonedo cum ipfa ecclefia fonda Maria, fonda
Fide ad Conquas remaneat, & alio Brandonedo fondi
Satumini remaneat : & illo alode de Perizedo , &
alio alode deSinilio , & illo alode de Albaredo fondi
Amantii remaneat *, & donet ille abbas de S. Amantii
in efcambio fondi Salvatoris Vabrenfis , valence illo
alode de Sinilio , ut plus prope potuerit de Vabro :
& fi filium habeat de muliere, ad ilium remaneat ;
& poft difceflùm de ipfo filio ad ipfos fondos rema¬
neant. Illo alode de illo Hermo,Ingelberto remaneat,
& poft fùum difceflùm fondo Petro Mufciaci rema¬
neat, & donet Ingelbertus per fingulos annos ad illos
monachos de Mufciaco unam refedioncm medio
quadragefimæ. Illo alode de Elvas , Jaldeberto rema¬
neat cum ipfo ecclefia , & cum omnibus villariis quas
ibi àfpidunt , in tali ratione , fi filium habeat de
muliere , ad ilium remaneat -, & fi filium de muliere
nonhabet,Grimaldo fratri fuo remaneat: & poft
difceflùm illorum fondi Pétri Marciliaco remaneat in
L* HISTOIRE nj
communia. Ulo alode de Laugiaco, quod vocanc
fonda Affra, Scephano remaneat : poft fuum difeefo
fùm ad unum filium fuum cui ille aonare voluerit >
&poft difceflùm illorum, fondi Pétri & fondi Gi-
raldi Aurcliaco remaneat. iUo alode de Lobegiaco ,
exceptis ilia ecclefia, Gcnefio remaneat : & ilia Rocha
inter Aymerico & Genefio , & teneat ilia Genefius in
fidelitate Aymerico -, & fi Genefius habet filium de
muliere , ad ilium remaneat -, & fi filium non habue-
rit , Geraldo fratre fùo remaneat : & poft illorum
difceflùm fondi Juliani Brivatcnfis remaneat. Et ilia
ecclefia de Lobegiaco, Galbcrto remaneat: poft dit-
ccflùm fùum fondi Stephani Caturcenfis remaneat.
Illo alode de Livrone ,Raymundo filio Umberto re¬
maneat : poft fùum difceflùm ad ilia ecclefia nova dô
Marcilio remaneat. Ulo alode de Gignalio , Bcrnardo
filio Umberto remaneat *,inea ratione, quod adfir-
ment mea eleemofina Bemardus & Raymundus,&
mater illorum*, & poft difceflùm Bemardi remaneat
ille alodes de Gignalio fondi Amantii Rutenis. Ulo
caftello de ... . illo caftello de Cerveria ,illo caftello
de fondo Laurcntio , illo caftello novo de Petrilenfe,
illo Caftello de Granolheto , illo caftello de Mala-
Morte ripa Agotis, illo caftello de Dargon, illo ca¬
ftello de Ventagione, illo caftello de Monefterio re¬
maneat Raymundo filio meo*, & fi Raymundus in-
teftatus mortuus eft , ad propinquos noftros rema¬
neant. Ulo alode de Lupiaco, Dcus-Deditepifcopo re¬
maneat: poft fuum difcefl'um, fonda Maria Rutenis
remaneat. l.Ila convenientia quam ego habui in illo
alode de Sanis, quam Ermengaudus mihi fecit , fondi
Michaclis ad Galliaco remaneat. lfta elcCmolina fù-
prafepipta fiat Domino Deo, & ad iftos fondos fu-
pcrfcriptos pro remedium animæ mes , & pro om¬
nibus peccatis meis , & pro genitore meo, & géni¬
trice mea, & pro fratres meos, & pro omnibus
confonguineis meis,& pro omnibus hdelibus meis-,
in ea ratione quod nullus clericus , nec nuUuslaïcus,
necnulla fœmina non tollat, nec vendat, necabftra-
hat ad iftos fondos fupra feriptos , nec ifta conve¬
nientia per quod unus ae iftos fondos fuum dridum
perdat , omni tempore firma & ftabilis permaneac.
Amen.Omncs res meas mobiles donent eleemofinarii
mei Domino Deo , & ad fondos , & ad prefbyteros,
& ad pauperes pro anima mea. Signum Raymundo
qui brève ifto lcribere vel firmare rogavit. Signiun
Jalberto. Signum Genefio.Signum Bernardo.Signum
Willclmo. Signum Aymerico. Signum Giraldo.
XCVI1L
Donation faite à Vèglifede Nîmes par U
comtejfe Berthe 5 & le comte Raymond
fon fils.
AD locum facrum fond* Dei genitricis Maris, ^
unde domnus Bemardus epifeopus præefle arwUiftlJ
videtur. Quamobrcm ego inclid nominis Bcrtha hu- deKl-
milis comitiflà , & filius meus Raymundus indirus
cornes , quem fie placuit animus nofter valde & pla- w ''
cet , nullius quoque cogentis imperio nec fuadenris
ingenio , fed per propria & fpontanea hoc eleeitno-
bisbona voluntas, ut ad præfatamcafam-Dei fonds
Mariæ fèdem principalem , & ad canonicos ibidem
Deo fomulantibus tam præfcntibus quam fùturis do-
nare volumus aliquid'de alodem noftrum , quod ita
& fecimus. Et eft iplè alodes in comitatu Nemaufenfe
in litoraria , interminium de villas poftnominatas ,
Armacianicas & Tiliano-, quantum infra ipfosvillas vel
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in corum terminio habemus , tocum & ab incegrum Albares ; ex pane circii in tcmiinio de villa Cuftoia ;
donamus ad præfaram calàm-Dei, vel ad canonicos ex parce aquilonis interminio de villa quæ vocant
tam prælèntes quam futuros; id eft in domis coo- Donnas: quantum infra iftas quatuor aiïrunrationes-
pénis, talàliciis difruptis , curtis, oglacis , onis, îndudunt de pramomimtoalodc, lie damus atquc ce-
terris, vineis, vineacis, pracis, pafeuis, lilvis,gar- dimus præfâtæ eccleiîæ , excepto uno manlb qui fuie
ricis , arboribus pomiferis vel inpomifèris , aquis quondam Radulfi , & ncc eft ûnehr Maria: ; in tali
aquarumve deduclibus eanim, in omnia & ex om- vero deliberatione ut dum ego Johannes vixero
nibus , ficut (uperius (criptum eft , iplâs rcs dona- liane poirdïîoncni tencam & poflideam , poft obi-
mus ad landtum Mariam , vel ad canonicos , ficut tum vero meuni ad præfaram eeelefiam perveniant
(uperius relonat ; in ea vero ratione lervata, dum aim omni voce propolicionis meæ, &cxiploalode
ego Bena vivo ufiim & ftuctum mihi relcrvo, cum inveftitura ceneac ipù ecdclia dimidiam modiatam
cenlb quoque anno modio uno de vino: poft obi- de vinea, quæ vinea eft inipfb loco quem vocant
tum vero meum ad canonicos fàndbe Mariæ qui Portellum , & ortum unum quem tenet Blandricus.
ibidem funt vel futuri erunt, iftas res in eomm per- Infupcr & dono ipli ecclcfiæ portioncm mcam de-
maneant poteftatem in illorum alimonia. Si quis bitam quam habcorn Scgiano; in tali deliberatione,
contra hanc donarioncm vel alimoniam iftam ad ut dum vixero teneatn & poflideam, & fi uxor mca
irrumpendum venerit , aut nos venerimus , vel qui- Oda me lupcrvixerit, cum cætcris rebus quæ iànclo-
cumquehomohocfecerit,quædepoteftntcdeiplbs rum Jufti 3c Paftoris fratrum teneat 3c pollideat:
canonicos vel de illorum alimonia iftas res evadere poft obitum vero cj us , ecclcfiæ fan&orum Jufti
voluerit, ad propinquos meos revenant; &lipro- 3c Paftoris perveniat. Si nos donatores, aut
pinqui mei iftas res inquietarc non valuerint , ad aliquis de hæredibus noftris , aut ulla fubpofita
ipfam poteftatem dcNcmaulo publiée revenant perlona venerit pro inrumpendum , tantum &
iftas res. Et fi ullus homoerit, autulli erunt, qui alium tantum duplo componat , euftodita bac vo-
hanc injuriam fccerint, imprimis iram Dci omni- luntate. Si archiepilcopus hujus loci, aut aliquis
potentisincurrant, & cum Datan & Abiron &Juda perejus fbrtitudinem rumpere tentaverit ipfamcar-
proditore in inferno interiori pcenas habcanc ac ram vivolariam quam nobis fccit Aymcricus arebi-
iùftineant ,& habeant leprain ficut Naaman Siri us, præful , hæc hæreditas fupralcripta mihi Johanni
&cxtrancuslàncfcæ Dei ecclciix particeps non fiant, revertatur. Fada carra hujus donationis arque çcP
ix. régnante Lo-
fionis xv. KaJcndas Madii anno
thario rege. Sig f num Johannis , Sig f num Odæ ,
qui hanc donarioncm & ceflîoncm fecimus & fir-
mare rogavimus. Sig. Matfredi vicecomitis , Sig;
Udalguarii , S. Poncioni , S. Stcphani. Nanrigifus
& non habeanr pat rem in libro vicæ, infuper com¬
ponat aurum optimum libras 1 1 1. & in anrea hæc
donario vel alimonia ilia firma ftabilis permancat
omnique tempore. Fada carra donatio vel alimonia
ifta die Sabbati vu. idus Septcmbris anno vu.
qiiod cepit regnare Lotarius rex filius Lodoici. Sig. pre/b) ter fcripfic fub die & anno quo fupra.
Bertane comiullè , S. Raimundo comice , qui hanc _ _ _ . . .. .
donarionem vel alimoniam iftam manus noftras fir-
mavimus , 3c teftes firmarc rogavimus. S. Ebrardus
pre/byter, S. Rainaldus prcfbytcr rirmavit, S. Vol-
veradd, S. Teudciico, S. Airabo ,S. Bernardo, S. Di-
donc. Aigofredus prelbyter rogarus feripiit fub die
&anno quod fiipra;
G
X C I X.
Donation du lieu de F onjounc ou fe faite k
Aimcric archevêque de Narbonne .
Donation de la comteffe Berthe à
l'cqlife de Ni fine s.
AD locum facrum fân&æ Dei Gcnirricis unde
domnus Bernai dus epifeopus præe/îe videtur.
An. 965.
Cartulaire de
& canonici ibidem Domino (crvicritcs tam præfcn- <lc
tes quam futuri. Ob hoc igitur ego incliti nominis NÙWin. l'oiid
Bcrtha, humilis gratia Dei comitiflà, quod mihi fie 6o‘ WÛOè
placuir animus meus valde 3c placer, nullius quo-
que cogcntis imperio ncc (uadencis ingenio , lcd
An. 96 3.
in omnibus plcnam arque firmifiïmam obtincat fir- mino fervienres tam prælcntcs quam fiirtiros , do-
dc.Narjcnne. mitatem. Quapropter ego Johannes in Dci noininc narc volo aliquid de alodem meum quod ira &
3c uxor mca Oda, conlidcrantcs cumulum noftro- fàcio *, & eft iplc alodes in comiratu Nemaufcnfc in
rum peccaminum & rctributionis Dei donum , litoraria, in terminio de villas prænominaras, id eft
per intercdlioncm (ânâorum Jufti 3c Paftoris , nullo Armatianicas , 3c Tiliano , & Malumcxpelle ; quan-
cogcntc imperio ncc fuadente ingenio , donamus tum infra ipûs villas jam prædieftas vel in corum
atquc cedimus cum bona voluntate (ânclorum Jufti terminio haoco , totum 3c ab integrum dono ad
3c Paftoris, domno Aymcrico archipræluli & ca- præfaram cafim-Dei, 3c ad canonicos ibidem Do-
nonicis ibidem Deo famuhntibus , pro remedio mino fervienres ram præ fentes quam futuros , inil-
animarum noftramm , patrifque mei , atquc païen- lorum alimonia vel illorum communia ; id eft in
tnmnoftrorum, alodem quem habemus in comiratu cafis coopcrris, calaliciis dilruptis , curris, horris,
Narbonenlc* quæ vocant Fonrcm-Joncv>(âm , cum oglatis, terris 8c vineis, vineatis, pracis , pafaiis,
omnibus luis adjaccntiis inibi limitibus, cum
ecclefiis quæ ibidem funt fundatæ : una quæ eft ma¬
ter ecclelia ipfius loci quam vocant S. Leucadiam ,
alia in honore bcati Chriftophori, tertia in honore
fiîvis, garricis, arboribus pomiferis vel impomiferis ,
aquis aquarumve dedudibus carum, omnia 3c in
omnibus; quæ mihi obvenit pro cxcompaiationc ,
Vel pro donatione, vel de qualccumque milii ob-
làncti Viâoris. Tcrmini & limites 3c fines præfâræ venir vel obvenirc débet, rorum 3c ab integrum ad
podeffionis cerminantur fie: umts terminus ex parte vos fiipralcripros dono 3c ad proprium trado. In ea
orientis terminât in terminio de villam quæ vocant vero deliberatione dum ego Bcrtha vivo ufiim 3c
Catcrcino ; ex parte meridiei in terminio de villa fructum mihi refervo; una cum cenlb quoque anno
Tome 11 . H
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ti8 PREUVES DE
modio uno inter pane & vino , ad javn fupradidos
canonicos in illorum alimonia. port obitum vero
meum ad fànctæ Mariæ fedem principalcm , & ad
ipfbs canonicos, lient fuperius (criptum ell , revertere
faciat ille alodes fuprafcriptus in illorum commu¬
nia , fine blandimentum ae ullumque hominem.
Ih eis ratione fervata , dum Ebrardus pfelbyter vi-
vit , ipliim alodem tcncat ad congerendum , ad
obedienda in illomm communia -, poil obitum
Ebrardo, ad magillro Gofrcdo prelbytcro rever-
tat ad obedientiain cjus ratione : pofl obitum Gofre-
do , ad Bermnndo prcfbytcro revenat ad obedien-
tiam in ejus ratione fimilitcr. Poil obitum vero
virorum ad alios lacerdotes ip(e alodes revenat cui-
cumque vos dimiferitis vel diftribueritis ad obe¬
dienda in illorum alimonia de iplos canonicos , de
uno facerdote in alio , dum longo tempore mun-
dus frètent, ipfum alodem teneat ab obedientia.
Et fi ullus homo aut ullus epifeopus eft qui ilium
alodem voluerit collcre vel abftrahere de illorum
communia vel elemonia, ipfe alodes ad hlium meum
Raiir.undum revertat, & (i prolem legitimam ha-
bucrit ad ipfiim revertat -, & fi prolem legidmam
non habuerit , ipfe vicccomes de Nemaufo habcat
ipfum alodem \ & inluper ille qui hanc alimoniam
exterminaverit veltollerit, imprimis iram Deiom-
nipotentis incurrat , & çum Dacan & Abiron &
Juda proditorc in in fer no inferiori pâmas habcat
ac fuftincat , ôc habcat lepram ficut Nuaman Si-
rius , & à liminibus finclx Dci eeelefiæ parriceps non
fiat , ôc non habeat partem in libro vitæ *, & infuper
componat vobis aurum optimum libras très coa-
dus cxlolvat , & quod repetit non liccat vindicare:
led prxfins hxc omnia hrma (labilis pcrmancat
omnique tempore, cnm (lipuladone per omne fir-
mitatc lubnixa. Fada carta donatione ilia die Vc-
neris xv. Kalendas Scptembris, anno xi. quodee-
pit regnarc Lotarius rex filius Lodoici. Signum
Bcrthanc comitifle, qui hanc donationcm ilia manu
mea firmavi & telles finnarcj rogavi. S. Raimundus
filius meus voluit & confinlit manu fiia firmavit.
S. Bcrnardus , S. Ubaldus Baronc vocatus , S. Thcu-
derico, S. Ugone. Aigofrcdus prxlbytcr rogatus
fcripfit fub die & anno quod fupra.
CI.
T eflament de Matfrcd vicomte de Nar¬
bonne > & d' Adélaïde fa femme.
Hic cil brevis divifionalis quem fccit Matfrcdus
vicccomes & uxor fua Adalaiz , ad dicm quo
l,AbbCa *'7 de cuP*unt PÇrgcre Romam, de omnibus rebus illo-
s* Paul de nim mobilibus & immobilibus , propter remedium
Narbonne, anjmx eorum, feu inter filiis comm. Cupiunt ut
aùtcdïtfu. ipfe alodes de Montaningos remancat inter landum
*• * s* Salvium & findam Cxciliam. Ad monallerium lan-
di Michaelis de Galiago remaneant ipfi manfi de
Tauro , exccptos ipfos qui fuerunt Ardmando. A
fandi Pauli Narbonx remancat ipfe alodes de Ba-
jas in canonica-, ôc iplàsvineas de Salas fimdlorum
Jufti & Palloris fimilitcr in canonica, in tali con-
ventu , ut fi ipfe archipræful aut abba de potellatc
ipforum canonicorum tollerc vult , Ermcngaudo
nlio nollro & fratri fuo Raymundo ab omni in-
tegritate revertere faciat , & dent folidos c c. ipfis
canonicis. Ad lândi Pontii monallerium remancat
ipfi* alodes de Volva & de Rovilianicis. Ad mona-
fterium fondi Manini de Villa-magna , remaneant
L’HISTOIRE 117
ipfi manfi de Folciniano. Errnengaudum dericum
nlium noftrum remaneant ipli alodes quem habe-
mus inter Biauro & Serone , Ôc ipfi alodes de Flo-
renciago , ôc ipfe de Ncbodionenle , cxcepto fando
Genilio qui fuit Stcphano , cum ipfi ecclefia fen&i
Gervalii-, in tali tenorc ut fi ad honorem epifeopa-
lem confcendic , Raymundus frater fuus det folidos
duo millia per ipfum alodem Ncbotionenfem , ôc
per ipfim eccleliam fandi Gervalii , ôc ipfi alodes
quæ vocant Dudoscum ipfa ecclefia fonda Maria
ad ipfum remancat. Alios omnes alodes nollros
quem habemus in Aquitania , five in Scptimania ,
id cil Pociolius Ôc Urbanius , ôc fondus Martinus
de Cavoras , cum ipfi Roca , & Ladinus cum ipfi
ccclclia, & Muraro cum ipfo callello Boxione, &
iplo de fondo Genefio , & ipfos alodes de Villa-Ma-
gncnlc, & Caveinogulo , cum ipfa ecclefia, & ip-
las Metas, * Cogiano cum ipfi ecclefia, ôc Fonte-
dicla, & Mananicas cum ipfa ecclefia, cum iplos
alodes qui commutavi cum Oldone , Ôc ipfe conven¬
ais de Lcntcfigo, ôc Luderno , ôc Vidiliano, & Ar-
limiciano , ôc Foliano , ôc ipfis comparationcs de
val de Hcdcras , Ôc ipfum alodem de Trolias > &
ipfi ecclefia de Foliano , ôc ipfum alodem de Au-
dena , remaneant Raymundo filio nollro cum
alio alode de Pontez ôc de Sampriniano , & ipfum
conventnm quem habemus cum Matfredo filio
Salomonc. Trudgardx rilix nollræ remaneat ipfe
alodus de ipfo Retio , ôc ipfi de Merlaco. Ad fonda
Maria Cralll* remancat ipfi alodes de Ederas qui
fuit Richildis vicecomicitlæ. Hæc omnia fuperius
firipca quandiu vivimus pariter tencamus & pofli-
deamus, ôc li uxor mea me fupervixetit, ipfiom*
nia teneat & pollidcat , fi virum non accepit. Poft
nollros quoque difccllos , ficut fuperius refonat ,
fie pcrmancat filiis nollris *, in tali ratione , ut fi
Raymundus fine legitimo mortuus fucric , Ermen-
gaudum frarrem fuum remanere faciat, & fi ille
mortuus frierit line honore epifeopali , fimiliter
Raymundo remancat. Quanrum vero in hac ferip-
tura lient fuperius refonat , fie diviferunt ac com-
mendaverunt ad illorum elecmolïnarios his nomi-
nibus : Aymcrico archiprxfule , & Bemardo epif-
copo , & Gilàlfrcdo , ôc Ermcngaudo quæ vocant
Valadcllo , ôc Matfredo Scniorcllo; ut fi in ipfo
itincrc mortui fuillènt, fie omnia adimplclïenr; Ôc
fi quis contra hanc firipturam vcncrir pro irrum-
pendum aut inquietare prxliimpferit , quicumque
hoc feccrit, inférant vel inférât partibus notais, quan¬
tum fuperius infirtum cil, duplum eisperpetim ha-
bitura -, ôc in antea hxc nollra divifionalis lirmis &
llabilis pcrmancat omni tempore. Fadam hanc di-
vifionalemfubdiexi 1 i.Kal.Scptcmbrisannoxi 1 1.
régnante Loterio rege. S. Marfredi vicccomids ôc
Adalaiz uxoris mcæ , qui fimul hanc noflram divi-
fionalem fecimus & firmare rogavimus. S. Gcraldi ,
S. Salomonc, S. Atone, S. Durando , S. Romanus.
Dcus-det prelbytcr rogitus firiplit hxc verba fub
die & anno quod fiipra.
C I I.
Extrait de diverfes Chartes.
APpropinqunnte erenim mundi termino, & ^
ruinis crcbrelccntibus jam cefta ligna mani- AN.965.
fellantur, & fi aliquid de rebus notais adlocafan-
dorum condonaverimus , retributorem Deurn in ^cuu
judieio non dilfidimus &c. Quaproptcr ego .
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xi s DE LANGUEDOC 119
AGiarius prdbycer , pertimelcens illud tremendi ju- nullum cenfum nec ullum fervicium nûn /olvamus,
dicii diem , ccdo Dco & lândo Petro .... in pago nec nos nec nullis fucCeflorcs noftri , nifi tantum con-
Toloûno , in minifterio Dalmatianenlc, in loco qui fecrariones ecclefiæ , & iplàs ordinationes , & curara
• dicitür Coranenlê , in villa quæ vocatur ipfà Valle , animarum quæ in honorem ipfius ecclefiæ oblcrva-
iplîim alodem &c. fie dono Dco & lando Petro Lelâ- mus de iplos làcerdotes quæ nos ibidem mileri-
denfis ccenobii & Garino abbati, &c. Fada carta mus, fine alium lèrvicium , nifi quod in noftraslcrip-
• ifta in menfe Madio feria vi i . anno xi . régnante turas fuperius relônat. Et fi quis contra hanenoftram
Leotario rege. feripturam venerit pro inrumpendum , malediétio-
- . nis Ananiæ 8c uxori ejus fubjaceat, 8c quod petit
N nomine Domini. Ego bigilgarius &uXor mea invenire non valeat nullumque tempore. Fada carta
Ortulairede * ’ ~
Pibbaye d'A-
aune.
Adalax .... donamus Domino Deo , & lândo Salva-
tori, & lande Marie lêmper virginis, vel aliorum
fandorum quorum ecclefias fiindatas in Aniano
monafterio ; donamus in comitatu Birerrenfi > in
vicaria Pupiancnfe, in villa que vocant Calêllas....
& advenir nobis ex comparatione de Ildinone viceco-
conventione ifta anno o. cccc. lxix. indidione
xi î. & anno x v. quod Lotharius rex cepitregnare.
Sig f num domni Gaufredi abbads qui lcribere
velfirmare rogavit. S. Rainonis Decani, S. Fulmo-
nis, S. Salomonis, S. Ragambacos, S. Sicfredi, S.
Witardi , S. Amalfredo, S. Gaufredo , S. Grimardo ,
An. 9 69.
Archives de
l’abbaye de
Bolbonne.
IN nomine Domini. Ego Barnardus cpilcopus An. 969.
lèdis Biterrcftfis , 8c Garfindis vicecomitilîa , ^ , . .
1 11 n n Carul.’ire de
mire 8c iplê lldinonus comparavit de homine no- S. Folcrado, S. Galeno, S. Ermengaudo , S. Teul-
mine Bcrano. Fada donatione ilia mi. nonas bardi, Pétri, Gaulberti, Ebrardi, Benjamin, Pon-
Auguftas anno xi 1 11. régnante Lothario. rege. cii , Vinccndi , Suniarii, Ermengaudi , Autberri,
IBertgaudi, Folcramni, Ingelramni, Aimonii,Dd*
N nomine, &c . EgoLupùsprimiccriusatque mandi , Godini. Majamfredus prelbyter qui hanc
archidiaconus lândi Stephani lèdisTolofe, lândo commutarionem lcripli 8c fûblcriplî die 8c anno
Michacli 8c lândo Gennano quorum balîlicæ funt quo lupra.
fundaræ in cœnobio Coxano , qui eft ficus in valle _ _
Conflucnti fuper fluvium Licreranum & ad radi-
cem monris Caniconi , don o alodes meos qui funt CIV.
in pago Tolofimo, 8c in minifterio Agarnagenlè,
five de Caneto > fivede Lacianenlè, vcldeiplâ Pi- Execution du teflament de Ray nard II.
na, id eft ipfe alodes qui eft infra ambas aquas, id vicomte de Bergers.
eft inter Arcgia & Irce , Alba cum ipfa ecclefia qui
eft in honore lândæ Maria: . 8c ipfum alodem
de Ampuliaco, 8cc . ccdo adprxdidum cœnobium
<ân<Sti Michaelis Coxani ubi domnus Warinus abba &■ Barnardus abba, neenon 8c Aicharius 8c Ro- ia Cathédral®
degere videtur cum monachis lub régula lândi Be- dulphus prelbyter qui lumus eicemolinarii Re- dcBcilcr**
nedidi.... inearatione utipfeabbas &alii quiibi ginardi vicccomitis qui fuit quondam , 8c injunxit
fiituri erunt, monachos ibidem in illo loco confti- vel commendavic nobis per luumvadium, ut carcam
niant qui ibidem Deo lcrviant juxta poftibilitatem donation isfècifièmus ad eccielîam lândi Nazarii fedis
loci iplius, 8c lemper fubjctSli permancant adfupra- Biterrenlïs, & ad eccleliam lândi Jacoti ubi corpus
didum lândi Michaelis cœnobium , 8cc . Adum Id. ejus requielcir , propter remedium aniniæ Cux. Et
Julii, anno xv. regnanre Leutario rege* &c. ideo nos fupranominari eleemojinarii don.uores
fiimus Domino Deo 8c ad jam prædidas ecclefias,
in regno Septimaniæ , in comicacu Birerrenfi, viJlam
vocabulo Luco , tocum & ab integrum cum iplo liio
terminio & cum iplâ ccclelia quæ ibidem eft hindata
in honore landi Martini , cum decimis 8c primi-
tiis, 8c cum orryii fuo ccclcliaftico; 8c villare quæ
vocant Munbriago cum omni fuo terminio. Ifta
IN nomine fummi Dei patris altiiïimi condiroris omnia fiipcrius Icripta, id eft in ecclcliis, domibus,
mundi. Ego Gaufiedus pater lândorum mona- curris, orris, orrahbus, vincis, terris culcis 8c in-
chorum cœnobii fanefti Salvatoris, Sc lànâæ Dei cultis, pratis, palcuis, filvis, garricis, arboribus
8c lancli Pontii martyris, neenon pomiferis , aquis aquarumve reduch'bûs earum.
cm.
Accord entre les religieux de S . Pons >
& 1 archevêque de Narbonne. •
An. 9 6p.
Carrulairr de
la cathédrale • • • » i
de Narbonne. gCnitriCIS MariX , a .
8c cæcerorum lânclorum quorum hic rcliquiæ con- omnia & in omnibus taiïi quæfirum quam &inqui-
tinentur : placuit animis noftris & placer, nulloco- rendum cum omni fundo poftèftionis, donamus
gente imperio nec lîiadente ingenio, lcd propria nos hclemofinarii Domino Deo, 8c lân-fto Nazario
arque Iponranca hoc elegit nollra bona volunras, ledis Biterretifis, 8c fanifto Jacobo ubi corpus ejus
ut convcniftcmus in (ÿnodo patris noftri pnememo- requiclcit propter animæ iplius remedium Reginar-
rata Aimcrici cum consilio Ge sindæ com.tissæ , di, utei Dominus propitiare dignetur, dccollocarc
8c Adalais vicecomitillæ, 8c cunâis lâtellitibus ci- animam ejus inter agmina lànâorum. Et ideo hanc
vitiitis Narbonæ: fie convenit inter nos, ur iplâm oblacionem vel donationem fuperius lcriptam dona-
vineam quæ quondam Poncius comes prædeftina- mus, vel tradimus arque transfiindimus inpotefta-
vit ad iplum locum noftrum , qui eft infta inliilam tem de iplis ecclefiis, ut ab hodierno die 8c tem-
Licii infra terminos de villa Trenciano, five iplàs porc habeant, teneant 8c poftideant , & redores
làlinas quæ funt ad iplo Pradcllo qui fiierunt quon- iplàrum ecclefiarum neenon 8c fucceftôres eorum
dam Eldricii , fie donamus arque concedimus ad ulque in (æcula læculorum. Si quis contra hanc
cccleliam fandorum Jufti 8c Partons, & ad iplum donationem pro irrumpendum venerit, inprimis
Aymcricum antiftitem 8c canonicis luis, propter iram omnipotentis incurrat, 8c cum Datan 8c Abi-
ipfum lynodum & titulura quæ nobis requirebant ron particeps fiat , 8c cum traditore in infernum
de ecclefias noftras, vidclicet de ecclefia lândi Mai- defeendat , 8c omnes maledidiones veteris ac novi
fini de valle Tomeiras, fivefandi Pétri de Riolos, teftamenti lûpercum veniant, &numquain fit ab-
juxta fluvium quæ vocant Jauro, ut amplius exinde lolutus, &infupercomponat cum præfecas ecclefias
Tome l /. Hij
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*
*10 PREUVES DE L’HISTOIRE lai
ifta omnia fuperius fcripta dupla & meliorata , & fuie celcbraca , & poft excubias totam per noâert)
in ancea donatio ifta nrma Se ftabilis permaneat expieras , dies alter illuxerac in qua plebs innumera-
omni tempore. Fadta donatio ifta anno Verbi -in- bilis ex urbibus circumadftantibus advenerat ; cum-
camati dcccc. lxi x. indidHone xn. fub die x. que à præfule, ut decebar , recineretur milia , ftarim
Kal. Novembris , anno xvii. régnante Leuterio ut bcnedi&ionem dédit (uper populum, puerulus
rege. Sig. Bernardus epifeopus, S. Garfindis vice- quidam à fuo pâtre addudhîs, qui à matris alvofùe-
comiriflà , S. Bernardus abba , S. Alcharius , S. Ro- rat ccecus , apertis oculis , luminis hujus cœpit af-
dulphus prefbyter helemofinarii Reginardi vice- picere decus. Quanta autem fint mne in plebibus
comitis, nos donatione ifta fccimus Se firmavimus gaudia fadta , nullo modo poteft effari humana
& firmare rogavhnus. S. Willelmus vicecomcs , qui Kngua. Sed quid dicam. Tanta mne temporis fadta
voluit Seconfenlit, tradidit atquc transfiindit. Sig. funt miracula per fandti Hilarii gloriola mérita,
Volveradus, S. Rogerius, S. Aldo, S. Ermcngau- quanta per hominùm ora nequeiuit loqui hæclabra.
dis , S. Teudifclus, S. Witardus. lldegarius preiby- Pofuerunt autem , ut decebant, beatilfimi viri mon¬
ter qui hanc cartam donationis fcripüt fub die Se bra poft altaris anilam , in (âxca area Se in utroque
i t * ii r
anno quod fupra.
C V.
larere duorum fuorum alumnorum Benedi&i Ceïfi-
S'ndiderunt corpora-, inquo loco Dominus pet
Hilarii fbeiorumque ejus mérita infignia ,
An. 970.
Sur Torigi-
A
quotidie non defiftit patrare micacula.Hoc autem fta-
tuimus non elle omittendum , quod prædi&us Roge-
JF îijloire de la tranjlation des reliques de rius cornes fpoponderat ante (an&iflimi Hilarii (è-
S. Hilaire , évêque de Carcaffonne. pulchrum , ut numquam permitteret populari in
publicum omnem reditum quod ab antiquis comi-
Nno Incamationis Dominicæ dcccclxx. tibus feu à fe fiierat in eodem ccenobio quolibet
vur. Kal. Mardi > apud provinciam Karkaf- modo impofitum , nullatenus ab aliquo velifedein-
nai dans rab- fenfem, imucrante Rogerio comice cjufdem provin- ceps elle exigendum , quod & fa&ura eft. Nam
Hihire! raint c*æ> præliilatus etiam decus régente præfule Fran- cum ollà fâneti viri ellent fuper altare repofita,
v.aei ss.ord. cône, in cœnobio almi Hilarii prælidente Benedi- præfatus princcps fua cum conjuge accepto hbello
V'h'sl/*' a^ate > e°mrn nutu vel providentia aclum regulæ , remiiit in manibus epifeopi & abbatum»
eft, conciiio inito cum provincialibus cpilcopis & ica dicens: "ab horahacnullumcenfumnullumquett
abbatibus, lânûillimi præfulis & in mirabilibus cia- fêrvitium hocreddat monafterium, fedfecundume*
ri domni Hilarii artus quihumo tegebantur, à tel- regulamS.Benedi<ftipofthujusabbatisobitumeligant«
lure fubreptos poft altare quod ipe olim cgiegius iibi nihilominus abbatem , & nullus cornes neque*
fan&ufque Hilarius, una cum vicinis circumquaque epifeopus de ordinatione ilia audeat accipere fervi-«
commanentibus epilcopis confecraverat , cum ho- titmv, fèdncqucdeallodibus,neque de rebus ejuf-«
nore tumularcnt. Quamobrem in præftito die Ka- dem monafterii audeat quiilibet aliquid tangere «
lendarum Mardi conglobati funt pariter prædicVi contra voluntatem abbatis vel monacnorum. • Spo-
proceres, id eft Rogerius cornes cum conjuee fua pondit autem & privilegium atque præceptum ei-
Adalaïs, & domnus epifeopus Franco, ôcakbates dem cœnobio acquifîturum , & duodecim mona-
Warinus &Bcncdi6lus, cæterorumque tamproce- chos omni an,no veftiturum, cujus rei certes ûint,
rum quam edam illuftriilimorum virorum clcri- tam epifeopus quam abbates & cæteri qui aderant
corum infîgnis turma,nccnon &pagenlium utriuf- utriulque lexus vel ordinis. Hanc autem feripturam
3ue fexus copiofa plebs in prædido cœnobio. Ad- cenfuimus qui adfuimus in fêpulchro beau Hilarii
uxcrunt autem præfatus abbas fccutn à radicibus cfïc ponendam , pofeentes cum , ut ip(ê pro nobis
Pyræi montis , exque arcifterio Coxiano in hono- Dominum exorct , quatenus cum illo vitam per-
re agii ftratiotis urani conftru<ftum , rtrudlorcm fruamur æternam per cuncta fæculorum fæcula.
miri laboris virum. Hic cum trepidare cemeret ad Amen,
tangendum fandti viri loccllum non folum clericos
fed edam abbates atque pontifieem , fidelicer acccilit,
& maulolæutn cum calibc diilolutum patefecit*
cumque ipfe artifex & plurimi qui circumftabant,
perlpicacibus oculis bcati viri vellcnt videre corpuf-
culum, quia aperçu m erat vas , perunius fere horæ
fpatium ita vacuum viderunt fepulchrum, ut nihil
in eo nifi folum faxum fufpiccrent, unde mæftificati
omnes qui aderant, cum magno gemitu fleâentcs Stolis albis duplicads,
genua , cœpertint Dominum enixius exorare. Ut Coronat in patria.
autem (æpius ipfe ardfex obtutus cœpit reducere
ad vas , illico &n<ftum confpcxit corpus , & Dco
Etias clamavit, addens & diccns: Ecce (à n&i Hi-
i corpus hic habecur totum , quod omnes au-
dientes alpexerunt , & ita ut ipfe clamabat viderilnt.
Exinde idem cum laudibus defertur fuper altare à
ponrificc & cæteris fidelibus. Odor (iiaviftimus ema-
navit de (an(fto corporc, & extemplo cæcus quidam Ecce fibi vir apparet,
qui aderat, illuminatus eft. Q110 vi (b, epifeopus Quidam (plendiaillimus.
una cum abbatibus cæterifque fidelibus magno cum Dicens ut confidcraret>
gaudio laudes cœpenmt in aldffimis reboare Domi- Regionem quam donaret ,
no. Apertis denique ejufdem bafilicæ januis, qui Poft finem altinimus.
præ foribus erant intrantes , & miracula afpicientes , Quo de murido fie fublato,
Dominum laudabant gaudentes. Dehinc milia à præ- Clamque fuo tumulato >
Ancienne frofe de S. Hilaire évêque
de C arc abonne.
v
Enerandæ vetuftatis.
Mater miræ claritatis ,
Laudetur ccclefia.
Qiiæ tôt viros (ànéVitacis ,
Sed in prima ftationc,
Fuit certans in agone,
Beatus Hilarius.
Pro te Chrifte Jefu bone ,
Præful exftans CarcalTonæ ,
Fide fulfit clarius.
Cumque finis propinquaret ,
'l'*k
Archirtldc
l’abbavc de
S. Hüiirf.
\
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III
Loco feu cœnobio.
Eo tandem révélai# ,
Multo clero congregato,
Cum duce Rogerio.
Dulcis odor emanavit.
Qui cunflos exhilaravir,
Mox tranflato corpore.
Verum Deus augmentavitj
Quia cæds reflauravit,
Vifiim illo terrçpore.
Et per feriptum innotefdt,
Plura quoque Deus fccit ,
Per iplum miracula.
Ulud vero quod adjeeit ,
Cum uxore feu conceflîr.
Cornes mente fedula.
Et fignanter port fîigarum ,
Cum fuis ac deoellatum ,
Tolofânum comitem.
In quo feivit fe juvatum,
Velut fibi demonftratum ,
Fuit per antiftitem.
Ob hoc dédit cenfiis, jura,
Cum capellis, caftra plura,
Rura , décimas , aflodia.
Sibi crcdens profiitura,
Sicque poni Dei cura,
Sub cæli euftodia.
Ergo hic fânftus confe/îor ,
Sit pro nobis interce/Ior,
Apud Dcum charius.
Et cælorum lie p^ffcfîbr»
Loci qui'quis eft fiicceflor,
Utpræful Hilarius. Amen.
DE LANGUEDOC.
An. 970.
Chat, de
Foix, Caille
II.
C V I.
Echange entre Roger comte de Carcajfone ,
& S anche 3 &c.
LEx præflat 8c mosantiquus fervatur, ut vefiri
quüque homo licentiam habeat fâcerc de fuis
propriis facultatibus quod fibi reâum juftumque
elle videtur. Ob hoc igitur in Dei nomen egoRod-
garius cornes &uxor mea nomen Aladaïces, bis-
cambiamus ad alios homines his nominibus, Sancio
& uxori nomen Goidlanæ , 8c filio illorum
Bemardo clerico, alodem noftrum in pago Tolo-
fano in minifterio Lordadenfe , in villa quæ dicit
Borbori cum ipû ecclefîa quæ eft fundata in honore
fan&i Pétri, qui mihi advenir de partibus genitori
meo, vclGuadaldo quondam , ipfum alodem quan¬
tum ibifumus habere vel po/Iîdcre, totum 8c ab
integrum quæfitum vel ad inquirendum , & ipfîim
alodem quæhabemus in villa quæ dicitur Alveiros,
cum ipfâ medictate de ipfa ecclefîa quæ eft fundata
in honore fanfti Projeéli, 8c ipfum cafâlem con-
ftrudum cum terris & vincis qui eft in Banato qui
hiit Gairardo quondam, quæ Sancius Dato tene-
bat, & ipfâ medictate de ipfa ecclefîa qu* eft fun-
data in honore fân£h Andrcæ, in villa quæ dicitur
Adalone ; iftos alodem jam fiipraferiptos donamus
nos vobis in procambium deipfîim alodem qui eft
in villa Saurato, cum ipfâ ecclefîa quæ eft fundata
in honore fânâi Saturnini , quæ nos recepimus de
vobisabendi, tenendi &quicquid libéré fâciendi,
omnique tempore. Si quis fterit poft ac die, qui
contra vos aut carta procambium iftum à vos fa-
ûum inrumpere voluerit, quicumque hocfecerit.
12}
componat tantum 8c alium tantum quantum ipfas
res mmelioratas valerc potuerint *, 8c infîiper auri
libram componat. Fafta carta ifta in meçfe Apcilis ,
anno xvi. régnante Lothario rege. Signum Rod-
gano comité, & uxori fùa Alaaaice comitiflâ qui
carta ifta feribere vel firmare rogaverunt, &mani-
bus illorum firmaverunt.
CVII.
Plaid tenu i Ni/mes par Raymond II.
comte de Rouergue , & marquis de Gothie .
NOtitia patcfa&ionis vel redditionis & guirpi-
tionis, qualitcr vel quibus in Nemaufo civira-
tis , ad ecclefiam fânâe Marie fedis principalis ve-
niens quidam homo nomine Raymundus comts
& marchio, qui dicebat ecclefiam fânch Martini
qui eft hedificata in comitatu Agarcnfc, cum villis
prænominaris Quchis, & Petrohano, &Petronia-
nello 8c CafeUas , ex parte aliqua femine nomiq#
Hermcgutis, peraquefta que de ipfâ aquiftavit ipfe
habere vel tenere débet , 8c proprium habere cu-
piebat. Unde ex hoc altercatio inter Raymundum
comitem , & Amelium epifeopum orta eft. Ad ul~
timum venerunt ad ecclefiam fâneli Baudilii in ipfo
fâcrario , unde intelligcns aut recognofcens tam ipfi*
quam omnes alii perionæ qui ibidem aderant, id
eft Bamardus gratia Dei epifeopus, 8c Fulcramnus
fîmul epifeopus, 8c Siguinus vicecomes , & Bemar-
dus frater ejus , 8c alias Bcrnardus , Geiroaldus ,
Thcutbaldus, Eldebertus, Wago# & Anno , &
multo plures alii co nmuni voto decreverunt judi-
canres, ut tali rationeque ibi proclamavit pergua-
dium fîium , id eft per feftucum de vite , ipfas res
fuperferiptas in manu Amelü epifeopi reddidifîet ,
& giurpirionem cflf cciflet, & quali voce proclama-
vit cam reddidiffet, quod ica 8c fecit; 8c promi-
fic pro fe prefentem notitiam firmaftet , quod ica
8c récit. Proptcr hoc expedivit Ainelio epifeopo ,
ut notitiam præfentem erexiftèt velnotari feciflet,
ut futuris temporibus nec in præfens lis aliqua fur-
gat. Hacta notifia feriei hujus nonas Julias , fub
die Vcneris in Nemaufo civitate publica, regni dom-
ni noftri Lotharii anno xv ni.
An. 9 71.
Ortuiaire de
1 abb'yr de S.
Guilicim.
C V 1 1 I.
Confecration d'un autel dans l'èglife de
faint Michel de Gaillac , & donation
faite à cette abbaye .
ANno ab Incarnationc Domini dcccclxxi r •
in nomine Patris, 8c Fiiii, 8c Spiricus fândli,
amen. Ego Frotcrius diclus epifeopus , hac fâcra
confecrationc qua adhonorem Dei oinnipotentis,
beatæ Mariæ femper virginis , & fâneli Joannis-
Bapriftæ, & omnium fânclorum Martyrum hoc al-
tare confecramus , pro amore Dei, & redemptione
animæ meæ, &animarum parencum meorum*, in
præfentia domni Folcranni epifeopi Lodovenfîs, 8c
domini mei Rcgimundi comitis, & doininæ meæ
Girfendis comitiflæ , &aIiorum plurimorum homi-
num , huic monafterio Galliacenfî dono 8c conce-
do Valeni Caumaut ^jillosPinoSji&Cambilegos, 8c
Salheriam,& ecclefiam dcBrenciacum omnibus ap*-
penditiis fuis , 8c Falgairolas , 8c Muntanum cum cc-
clefia , & Campanis, 8c Donazac & Feguerias,
X
An. 97x.
Archive*
J'abb.^ye de
Gail ic.
y • Catel.
p. 9 y,
& G*U
n*v- ed.ro i.
tnjir. p. i$
*4 Valleni
Canrnnm,
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PREUVES DE
& illos manfos de Tefeoat, & ecclefiam deBrancone,
& Berens Cum omnibus cjuæ ibi pertinent , & eccle-
iîam làndlfjatobi de Berens , quæ ad eam pertinent ,
& eccleham lànûi Pétri de Galliaco : omnes hono-
L‘ H I S T O ï R E
I2J
C X.
tes hos fupradidos huic monafterio Galliacenfi do- Donation faite a l abbaye de S. Pons far
no ôc concedo in perpetuuitr, & deprecor demi- G ar finie comte de T ouloufe.
num meum Regimundum comitem qui in prælcnti
eft, ut ipfe concédât & confirmer ha s donationes. Ç Acro-fandæ bafilicæ de Tomeriis quæ eftfiin-
Et ego Regimundus cornes ad honorem Dei & i3 data in honore fandæ gcnitricis virginis Mariæ,
pro peccatis meis hæc dona fupradida concedo & ôc fandi Pétri apoftoli, landique ac gloriofiflimi cimitoede
confirmo *, inluner & ipfum monafterium Gallia- Chriftimartyris Pontii, aliorumqueûhdorum quam- faim p0n* de
tenfe concedo ht confirmo elfe in perpetuum ad plurimorum. Ego domina Garccndis comitïllaquæ LmfoiTaar
Dei fervitium, utmonachi fub régula (andi Bcne- fui uxor domni Pontii comitis Tolofimi , pro amore archive* dn
didi in eo degentes deferviant femper. Et ipiam Dei , in remiflionem peccatorum mflorum , & pro îonne.CirClf"
villam Galliacenfem quæ magna nunc eftvelhitura remedio animæ di<Sti mariti mei Pontii comitis,
eft, & milites, & homincs univerfos qui in ea ha- omniumque fidtlium chriftianorum tam vivorum
bitant vel habitàturi fimt » ôc caftrum de Ulmo quam etiam defundorum , dono laudo & concedo ***•
dono& concedo & confirmo huic monafterio, ut omnipotenti Dco, & Tandis prædidis, &Tome-
habcat & poflideat fub proprio dominio fine ullo rienfi monafterio, ôc abbati & monachis tam præ-
tontradidore, Ôc fidantias Ôc juftitias vendentium fenribus quam futuris ibidem Deo (ervientibus in
perpetuum , videlicet totum alodium de caftro de
Cenceno cum omnibus fuis terminis. Dono fimili-
ter ecclefiam fandi Pétri de Fideriis cum omni
fuo eccleliaftico , cum dccimis , primitiis ôc obla-
6c ementium , & ingrelliis & cgrcllus , ôc fluvium
^fami à villa de Curces ulque ad Montanum , 6c
ripas utriufquepartis, ôctranlitus & reuanfitus, &
molinaria & molendinos , 6c ecclefiam fandi Aman-
tii, ôc ecclefiam deBrencio: hæc omnia fupradida tionibus, armigeriis 6c rebus aliis quas prædida
dono 6c concedo & confirmo huic monafterio Gai- ccdciia pofiidere videtur , cum capclla fandi Pétri
liacenfi. Signum domni Froterii epilcopi , S. domnF ejulUem caftri de Cenccno, & cum aliis ecdefiis
€olcranni epifcopi,S.Gcrfindiscomitiflæ, S.Evardi ad prædidam ecclefiam de Fideriis pertinentibus
eleemofinaiii Albiæ, S. comitis.
C I X.
Confirmation des donations faites à l’abbaye
d’Alaon dans le Diocèfe d'Urgel.
— - * TT Go Atho Ripa-Curt’æ cornes , una cum uxore
An. 97}. Jj, mca ^aria comitillà , ôc filiis noftris Athone
régufcV?ür- vicecomitc Solcnfi , & Garfia vicecomitc Lupinia-
gei. ccnfi , neenon ôc avunculo meo domno Athone
v. sjg utrr . Tolofano, quipræfens cft, hancchartam
à pâtre meo venerandæ inemoriæ Lupo-Alinaiio
vicecomite laudatam 6c firmatam , iterum laudo &
CTJ1C. Hijp. t».
!• p. 13$
in prædido terminio de Averano conftitutis , fcili-
cct ecclefiam findi Aniani , & ecclefiam (ândi Julia-
rit , 6c ecclefiam fandi Martini de Donza , cum de-
cimis 6c primitiis 6c rebus aliis quas prædi&e ec-
clefiîe pofiidere videntur. Dono fimiliter ecclefiam
fandi Pontii de Gcminiano cum omni fuo eedefia-
ftico, cum dccimis 6c primitiis 6c rebus aliis quas
prædida ecclcfia pofiîaere videtur, cum toto alo-
dio de ipfa parrochia fandi Pontii de Gcminiano.
Dono fimiliter ecclefiam fandi Joannis de Frays
cum omni fuo eccleliaftico , cum decimis pri¬
mitiis, ôcc.Dono fimiliter totum alodium de villa
mea quæ vocatur Efpars , 6c totum alodium de
manfo ubi Guadaldus vilus eft mancre , Ôc totum
alodium de villa quæ vocatur Trillàls, & totum alo-
confirmo, & in perpetuum valituram jubeo, tibi- dium de Campum-album 6c deBraixis, & totum
que patri fpirituali domno Oriulpho abbati , & alodium de omni territorio quod vocatur Vibre ,
monachis tecum in prædido monafterio Deo 6t
beatæ Mariæ fervientibus , in xternum confirmo ,
6c meam ôc omnium parentum ineorum maledi-
dionem in perpetuum cum ira Dei rclinquo , fi in
toto vel in aliquo eam ‘violarc tentaverint. Fada
charta in Atharcs , v i . ldus Februarii , Era mxi.
ôc alodium de vineis quas habeo in Aranno. Dono
fimiliter capellam de Gennerono fandi Pétri , to¬
tum alodium de vineis quas acquilivi de Stephano
in Joyano, 6c omnia quæ ibi acquifivi de Honore
ôc uxore cjus. Prædidus honor eft in epilcopatu
Narbonenfi, exccpro honore de Gora qui eft in
eo anno quomerccepit per vaflillum inclitus rex epilcopatu Bitcrrenli. Damus fimiliter in alio loco
Sandius Garfcanus, Ôc fiiit occifus à Mauris meus in epilcopatu AlbicnliDco Ôc SS.prædidis, Bruas,
cognatus Eximius Fortuni cornes in Atharcs* reg- ôc in parrochia fandæ Mariæ de Baro totum alo-
nante prædido Sandio Garleano rege cum uxore dium de omni territorio deCautricts, ôedeomni-
fua domina Uraca regina in Aragone, in Pampi- bus fuis pertinenriis cum iplâecclefia fandte Mariæ
lona, ôc in Superarbi, comité Vaifaredo congcr- de Bar, cum omni luo eccleliaftico , cum dccimis &'
mono meo in Ripa-Curtia , ôc in Pallaria ; Aymé- primitiis ôc rebus aliis quas prædida ecclcfia polli-
rico archiepifcopo in Narbona -, Plàlla epilcopo in dere videtur. Hæc omnia prædida ego D. Guar-
Orgello \ Decio epifeopo in Aragone , Audilindo findis comitillà jamdida dono , laudo ôc concedo
fe epiîcopo in Rota nommante*, domno Oriulpho omnipotenti Dco, ôc fandæ Mariæ, ôc&ndoPon-
abbate beatæ Mariæ. Sigfnum Athonis comitis, tio Tomericnfi monafterii, ôc abbati Ôc monachis
ejuldcm tam prælentibus quam futuris in prepe-
tuum , fcilicct caftrum prædidum de Cenceno cum
omnibus fuis terminis , Ôc eeelefias prædiélascum
omni prædido honore , videlicet totum alodium ôc
totam poteftatem ôc dominium de omnibus par-
rochiis jam didisde honore omni prædido, cum
domibus ôc cunibus , cum terris cultis ôc incultis ,
cum vineis ôc cum hortibus , cum arboribus frudi-
Sign. Mariæ comitifiæ , Sign. Athonis vicecomitis
cjus filii , Sign. Garfiæ vicecomitis ejus fratris ,
S;gn. Atlionis epilcopi Tololani. Alhclmus mo-
nachus exaravit.
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iz6 DE LANGUEDOC. «7
feris &infnidifèris, cum filvis & forcftis, cum vc- dæ Mariæ, & (ândo Ponrio in]monafterio Tome-
narionibus, &fûrnis> aquaram curfiis & recurfîis » rias. Illosvero manlos, videlicec alode de Porcilis,
cum molendinis 6c paxeriis, cum rivis & fbnribus, & alodem de Palazool , & ilium manfum de Savi-
montes, Colles & valles, cum pratis & herbis & niaco & de Tælâno , remaneat poft mortem Alazais
Eafturalibus 6c mineriis, Cum omnibus terminait- &filiisejus,DominoDeo,&fândoAniano. Quan¬
us & vicariis , & cum hominibus 6C fceminabus inde tum in iftis locis vi(â (uni habere , 6c ecciefiam (an-
naturalibus , & omnes ulâdcos, & taliias» & albcrgas, dæ Mark cum omnia quæ ibi vi(â film habere vel
&fervienrias, & omnes adus, & quidquid in præ- poflïdere , dono Deo 6c l ândæ Mariæ & (ândo
dido honore & in omnibus peninemiis habco , Ponrio Tomerias, quævocant Geminiano. Et alo-
ïorum illud dono Domino 6c monafterio prædido dcm quævocant Travanzanicas, cum ip(â ecclefia ,
in perperuum ablque omni retentu ; excepco quod teneat Frocerius cpifcopus dum vivit; poftmortcm
Adalydis &filius ejusErmengaudus &Raymundus cjus remaneat Domino Deo, & (ândo Benedido,
teneam prædidum caftrum de Cenccno cum om- & (ândo Vincendo Caftrenfis.- Et meam ec«Jefiam
nibus fuis terminis > & ecclefias fibi pertinentes, /ândi Salvatoris de Salai cum medictare de ipfîim
tantum dum vixerint : poft morrem illorum prædi- alodem dono Deo & (ândo Ponrio Caftrenfis y * ubi * f d.
dus honor libère & ablolute revertatur ad prædi- vir meus requielcit, 6c lândo Vincendo. Et aliam menai iù.
dum monafterium fândiPonrii deTomeras in per- eeelefîam /ândi Martini , quem vocant Carmar*
petuum. Si quis vero contra banc cartam donatio- cum aliam medietatem de ipfiim alodem de fupra-
nis venerit ad irrumpendum, nifi pœnitendam dig- dido alode , laxo Domino Deo 6c (ândæ Ceciliæ ,
næ /âtisfadionis egerir , iram Dei omnipotentis in- & (ândo Salvio Albiæ. EtiUam ccclcfiam quam vo-
currat, & â liminibus fândæ Dei eeelefiæ extraneus cant landum Mardalem deGreza, dono Aimerico ,
& excommunicarus cum Dafan 6c Abiron, & cum cum omni ecclcfiaftico , 6c cum décimas quandiu
Juda traditore in inferno fèmpcr ardeat. Fada eft vivit : poft mortem ejus remaneat Regimundo tilio
carra bujus donationis (ubdie feria iii. in menfê ejus, & poft ejus difcdlinn remaneat Domino Deo
Julii , régnante L#terio rege. S. Guarfindis comi- 6c (ândo Petro apoftolo , 6c (ândo Geraldo Aurc-
tifïæ quæ iftam cartam donationis manibus fuis liaco monafterio*, 6c quamdiu vivunt, donentpa-
firmavir, 6c teftes firmare rogavit. S. Frotarii epi£ ratam per (ingulos annos lôlidos v. & fifâcerc no-
copi, S. Ugonis abbaris, S. Arnaldi, S. Bonifilii, luerint, accipiant monachi (ândi Geraldi ftatim ip-
fâm ecciefiam. Dono etiam jamdido fideli meo
Aymerico villam meam quem vocant Les , quam-
diu vivit : poft mortem ejus remaneat (ândo Geral¬
do. Et ilios manlos de Plana-fylva dono Deo &(ân-
do Eugenio» & (ando Amcrando, 6c (ândæ Karifi
fimæ. Ilios vero nianfos quos vocant Rcdras-cairas ,
copi, ugonis aonaris, ^rnaiai, o. noninni,
S. Raymunai, S. Lotarii prcfbyteri, S. Bemardi,
qui hanc cartam fcripfit rogatus.
CXI.
TeftamentdeGarfindecomteffedeTouloufe . & illam villam quæ vocant Macherias, 6c aliam
quem vocant Pratum-Lasnbcrrum , dono Deo &
IN nomine Domini noftri Jcfu Chrifti. Placuit /ando Anronino. Villam quem vocant Gerbuxam,
mihi Gcrlîndæ comitillæ faccrc codiccllum bre- dono Mironi fiiio Amelii ; 6c poft moreem cjusfta-
ve, promtoanimo, bona voluntatc, pro remedium trisiplius, nomine Matfredi ; 6c poft mortem ain-
animæ viri meiPontii, 6: remedium animæ meæ , borum, remaneat (ando Michaeli Galliaco. Villam
remaneat Amelio ne-
V . Marre*.
oinecd.tt. I.
/. Utf.
Vers l’an
974-
Archive! »Ie
r^ufe d AI" . & parentum meorum , omnium fidelium chriftiano- meam , quam vocant Bruria ,
rum tam vivorum quam & defundorum. Impri- poti meo, & poft ejus dixc/Kim, remaneat tandis
mis dono Deo & /ândæ Dei eeelefiæ, in&quenter quiefeenribus Viaccnlî. Et villam meam quem vo-
ad amicos meos , vel ad homines qui in meo fer- cant Geneftos , 6c manfos de Podio-Mediano , &
vitio defudaverunt. Dono igrcur Ugoni comiti ne- bofeum quem vocant Rumos, dono Domino Deo
poti meo cccldîam quam vocant (andi Sympho-, 6c (ândo Petro, & (ando Geraldo, & (ândæ Mariæ
riani, cum alode quem vocant Cabannes, excepto yarimenjîs * cœnobii. Et illam villam quam vocant rci/^,ûs.
DaiiKcr^ in tali vero ratione, dum vivit, teneat: Ermos, dono Deo &(ândisFiacenlis cœnobii. Ilium
poftdilccilum vero ejus, remaneat Deo &ad (ân- alodem meum quem vocant Vilarem, dono Fro-
dam Mariam Ruthcnis, cum dccimis &primitiis, terio, &poft obitum ejus remaneat (ândæ Mariæ,
& cum ip(ùm ecddiafticum qui ad ipfâm eeelefiam &c (ândo Ponrio Tomerias. Alodem meum quem
pertinct, fineulla refervatione *, 6c dividant ipfum vocant Gorz, dono Domino Deo & (ândo Mar-
alodem inter fândam Mariam 6c (ândum Aman- tino de Villa-Magna. Alodem meum Linairolas
tium, (ândumque Saturninum Ruthcnis*, ftatim- dono Adraldo filiodum vivit: poft mortem ejus,
que poft mortem meam recipianc (ânda Maria 6c remaneat ad (ândum Anianum Vcmedubrio. Alo-
alii (upranominati (andi ilium alodem Dauker vc- dem meum quem vocant Canrullum , dono Ber-
ftitum , pro iplum alodem Cabannes. Et (i ip(ê Ugo nardo vicecomiti , &c poft ejusdifcefliim (ândæ Ma-
comcsaliqucm alodem meum, autaliquam fubftan- riæ & (ân di Ponrii Tomerias. Ecclc(iam quam vo-
tiam meam, quam ego divifêro ad qualcmcumque cant (ândi Aniani de Maules, dono (ando Vinccn-
/ândum aut 3<J aliquem fidclem meum , contra- tio Caftrenfis , & ilium caftellarcm quem vocant
rium fcccrit aut mlcrit hoc quod ego dimilêro ; Becus dono ip(o S. Vincentio cum a!odedeMau(es,
ftatim remaneat ip Ce jam didus Cabannes ad (ân- excepto convenicnria Grimaldi, & unum vilarem
dau\ Mariam, & ad (ândum Amantium &ad(ân- de Cro/cgas quem laxoBernardo filio ipfius Gri-
dum Saturninum. Et ilium alodem meum quem
vocant Ccncinnoncm, dono Adalais vicecomitiflæ,
& filiis ejus Ermcngaudo 6c Regimundp , excepto
ilium alodem de Fcnolcddo , quem ego dedi San-
dioni, ut.... tçncant cum caftcllo & ecclefias ibi-
maldi; in tali vero ratione, ut quamdiu vivit, te¬
neat, & poft ejus difceflùm ad fiipradidum locum
remaneat , excepto Monte-Pelato. Iplum vero Mon-
tem-Pelatum teneat Ermcngavus clericus fiiius
Adalbeni, dum vivit; poftmortcm vero ejus, (a n-
dem peninentes : poft illorum vero mortem rema- do Vincentio remaneat, & omni anno palcar cleri-
neat jam didus Ccncenonus, Domino Deo, &(ân- cos (ândi Vincentii, dum vivit, in anniverlârio
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ïi8 PREUVES DE
tnco: ôc fi non fecerit, ftatim remaneat fandô
Vinccntio. Ecclefiam mcam de V marcha donoBer-
liârdo 6c Dagberto filiis Dagberti: & poft mortem
illorum , remaneat S. Ceciliæ & S. Salfii *, in tali vero
U HISTOIRE
120
Albi. Sicardo filio Deufdc dono Spars villa mea,
dum vivit : poft mortcm ejus , remaneat fandis de
Tomerias.Manfum ubi Godalberms vifuseft manere,
donoJScifredo : poft mortem ejus filio fuo Rainardo ,
tationc > ut omni anno douent paratam ad ipfos fan- 6c poft ejus obitum ad ipfos fandos Tomerias. Illam
dos v. folid. 8c fi facere noluerint , ftatim rccipiant villam qticm vocant Trcballas , dono Ingilbeno cle-
clericiS. Ceciliæ ôc S.Salvii in communia. Ilium man- rico : poft mortem ejus , fandis Tomeriis remaneat.
fum meum de Benedida de Vearcha dono Witardo Campum-album & Bragos dono Barnardo filio Rc-
fcrchidiacono, dum vivit: poft mortem ejus, rema- gimundo *, & poft mortem ejus, fondis Tomerias.
’neat ad ipfos fandos. Ilium manfum quem tenuit Villam quam vocant Calmcm-Gruariam , dono
Robcrtus , dono Regimundo filio Bcrnardi •, 6c poft Dco 6c fondo Petro de Burlato. Ilium tnanfum d»
tnorrem ejus remaneat S. Ceciliæ ôc S. Salvio. ilium Gcneftofo, ubi Adalbertus ftetit, fit Adalrico filio
fevulh quem tenuit Roftagnus de Veharca , pratos , Pontii cum ipfo territorio j poft mortem vero ejus
ôebofeos, 6c condaminas, cxccptis manfisde Benc- remaneat fondo Vincentio. Ilium alodum quemde-
dida, vcl deRoberto, dono Aimardo ôc Bemardo dit mihi Regimundus, ecclefiam videlicct de Bccia
filiis Bernardi dum vivunt : & qualifeumque ex illis quem vocant fandi Pétri, dono Al anbenjanæ*, poft
mortuus fuerit , pars ejus remaneat ad S. Ceciliam , mortem cjus> fando Vinccntio, exccpto Càlme-Grua-
&ad S. Salvium. Alium fevum quem tenuit Pon- ria. Ilium vero alodem de Fraxino Ôcdcipfam eccle-
tius , dono Raymundo filio Bernardi , 6c alio Ray- fiam, medietatem dono Domino Dcoôc fandæ Ma-
mundo , 6c Attoni duTwvivunt : 6c qualifeumque ex riæ ô: fando Pontio -, aliam medietatem dono Ar-
illis mortuus fuerit, pars ejus remaneat ad S. Sal- naldo filio Bernardi : poft mortem ejus , fondis de
vium 6c ad S. Ceciliam. Ecclefiam meamdcBar Tomerias remaneat. Illam ecclefiam de Mufcle, quem
quem vocant S. Mariam , 6c ilium fevum quem te- vocant fandum Stcphanum , dono Sandioni filio
net Ilàrnus vicecomes , teneat ipfeftarnus dum vivit, Foramundi i 8c alium alodem quem ibi habeo , dono
exccpto manfum de Agrifolia*, poft vero mortenv medietatem Olibano ,& aliam fnedietatemipfiSan-
ipfius Ilàmi, remaneat fiindæ Mariæ 6c fando Pon- dioni : 6c poft obitum corum, fando Salvio rema-
tio Tomerias, in honore fonda: Mariæ de lmiio : in ncat. Ipfum manfum, qui fuit BcrtLndo , dono
tali ratione, ut monachi de Tomerias donent ad fando Salvio in fofina. Et ilium qüem adquifivi de
ipfam fandam Mariam de Imtïo , poftcaquam ipfam Cariilïma , ad ipfam remaneat : 6c poft obitum ejus,
ecclefiam 8c ipfum alodem acccperint , omni anno , ad fandum Salvium. Ilium manfum ubi manfir An- •
x. folidos : ôc ipfc Ifarnus quamdiu vivit, omni anno dreasdeMiliares,donoGauzeleno 6cfilio ejus Uni-
donet paratam v. folidos ad fandam Mariam de To- berti -, 6c poft mortem illorum, fandæ Ceciliæ rema-
merias, 6c ad Monachos -, 6c fi non fecerint, ftatim ncat. Ecclefiam fandi Maximi quem adquifivi de
rccipiant monachi de Tomerias ipfam ecclefiam 6c Bono-pare , laxo Aimerico filio ejus, cum ipfo alode,
ipfum alodem. Ipfum vero manfum de Agrifolia 6c poft obitum ejus, (àndæ Martianæ remaneat. ll-
dono Domino Dco 6c Candi Salvatori Ôc fonda: N la- lum manfum de V cir arias laxo V idiano archidiacono *,
riæ Vabrcnfis.lllos vero manfbsquos adquifivi Deus- ôc poft mortem ejus fandæ Cæciliæ remaneat,
de epifeopo, qui funt fiti in valle , dono unum fandæ 6c illas vineas , quæ ibi funt , fandæ Ceciliæ rema-
Maiiæ in capella Albiæ , 6c alium manfum quæ Gau- ncant. Vineas quas habeo in Aucago dono UnigC-
fredus tenet ad fevum in vita fua poft mortem ejus reo, exccpto unum aripendum quem laxo Ingclran-
rcmancat S. Petro de Albia , 6c alios manfos dono no -, 6c poft mortem ejus remancant ad caput-fcolæ
Aicfredo ôc fratri ejus Matfiedo , filiis Unigerii : fandæ Ceciliæ. Alodem meum quem adquifivi de
poft mortem illorum remaneat Cmdo Africano de Regimundo comité , nominc Aurclionaco , medic-
Albia. Et ilium manfum de ilia Calme de Vcirarias tatem laxo fandis Salvatoris Figiaco, 6c aliam me-
dono Bonihlio focriftano *, poft mortem ejus, rcma- dictatcm fandi Stephani Caturcis. Vineas quas ac-
neat fando Salvio. lilas vineas Vcirarias teneant clc- quifivi de Stcphano in Coiano, ôc omnia quæ ibi
rici fandæ Ceciliæ , 6c fandi Salvii , 6c fandæ Mar- adquifivi de Etnone ôc uxorc ejus, dono fonde* Pe-
cianæ. lilas meas ccclcfias fandi Fruduofi 6c fondi tro in captlla Cencenno ne. Illos très manfos quos
Pardulfi dono Deufdc epifeopo , dum vivit, cum ipfo adquifivi de Remigio , qui funt Malaucio , dono ex
alode: poft mortem ejus remancant S. Marcianæ in illis duos Amblardi , 8c alium fandi Bcnedidi Aval-
communia. Ilium alodem meum Buzingis , quem lato : 6c poft mortem Amblardi , alii duo ad ipfum
adquifivi de Adcmaro cum caput-manfo, 6c vineas, locum remancant. Vineas quas habeo in Aziniano
6c vcrdcarios , 6c terras , 8c omnia quæ ibi habeo , 6c dono fando Pontio Tomerias. Duas bordarias quas
omnia quæ acquifivi de Richario , totum dono ad adquifivi de epifeopo Deufdc, cum ipfo caput-manfo,
fandam Sigolenam. Ilium caput-manfum ad illam dono fando Africano. Manfos vero de Miliares dono
Garrigam quem adquifivi dcRainoni 6c de Tend- Amblardi abbati , exccpto ilium quem dedi Gaulle-
gario, omnia quæ ibi habeo totum dono ad S. Mi- no •, poft trortem eorum fandæ Ceciliæ remaneant.
cha’ëlem de Galliaco. Vineas quas adquifivi de Ade- Omnes lcrvi mei 8c ancillæ mcæ fint liberi pro-
maro quas vocant Sarival , dono ad S. Sigolenam.
Illas meas eedefias de Levai: cum omnem alodem
meum quem ibi habeo , excento Roderanicas , 6c
Vallclias 8c Comag, dono aa fandum Juitum 6c
fandum Paulum Narbonæ , ôc fandum Nazarium
pterammam vin mci, 6c propter animam meam,
omniumque fidelium Chriftianorum y tam vivo-
rum quam ôc defundorum. Ifta fuperius feripta quæ
ad fandos dimitto , teneant ea clerici vel monachi
in communia. Si quis vero malevolus tollerfr præ-
6c fandum Aphrodifum Bitcrris. Ipfam villam quem fumpferit , vcl monachis, vcl clericis, hoc quod ego
vocant Roderanicas , dono fando Genefio de Lo-
deva.Cotnag 6c Vallcüa s dono Raymundo filio Gun-
dinildis nepoti mco : poft mortem ejus remaneat fan¬
di Jufti , 8c fandi Partons, 6c fando Paulo Narbona,
6c fando Nazario Bitcrris. lilas vineas quas adquifivi
de alode , quæ funt in Zairan , dono fando Pctre de
laxo Domino Deo 6c fandis ejus, tollat ci Deus
omne bonum , 6c det ei omne malum , ô: habcat
partem cum Datan 6c Abiron in infemum , in præ-
fenti fæculô ôc futuro. Fiat , fiat. Amen.
CX1L
Wl*
Ordure
tliU'cc
«a4Sir-
Kt-
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ïj*
BÊ LAN
S Ü E î) Ô &
çœlum alcendit. Er quicumque fueric fiüiis nialc-
diétionis diflipator arque dcftru&or hanc donatio-
nem five mercedem à prædiûis principibus fààiam*
propter remedium anima: archiepifcopi Sc omnium
amicorum & parenrum vel familiarîum fuorum *
& omnium remedium vivorum & defiin$orum -,
ficut fuperius reftati fumus, venianr fuper eum om-
nes malediâiones quæ func exaràtæ in libro Moyn
hominis Dei, & in vetcri & in novo teftamento
C X II.
éxecution du tefi ornent d' À 'y meric ,
archevêque de Narbonne.
An. 977- T N Altitonantis nomine » convenir unicuique
Caituiaire A rnortah &c. Igitur in Dei homme nos pàriret *• — * - » ’* “^'."17 U, -W- s-
fle b c«itu!- clcemoiÿnarii venerabilis beatæ memorà quondam corroboratæ nomule Domim noftri Jeiu Ghri >
Aymerici fandèæ Narbonenfis ecclefiæ archipræfü- cpm omnes iniquos pamc.pacioneni habcar, & fit ei-
lis , cuius memoria erhereo defcribatur in albo , communicatus, & alimimbus omnium ecddiarum
videlicet Adalaidis vicecomirifîa Narbonæ, filiique fequeftratus hic & m ætemum & m f^ula tecu-
mei confencientes Ermengardus venerabilis arehi- lorumamen. De repetirione vero fi quis fuerit tilius
pnefiil fiius fiicceflor , & Raymundus vicecomes 5 cpifcopus hujus ccclefiæ, diabolo mftigan te, commo^
verumtamen & alii eleemofynarii Udalgerius prin, nis qui contra hanc donationem vener.t ad inrum-
ceps frater fiius, &Ermengaudus quivocatur Vaf- pendum, vel eam frangere tentiverif, hoc quod
fedeUus, & Bernardus grammaticus nepos archi- penerir vindrcare non valeat, fed hæc noftra dona-
præfiilis defimdi , verum eriam & Geiro honora- tio omni rempore lac oneuflam & mviolabdem ob-
- ‘ tineat firmicatem. Fada carra donationis îluus lub
die idus Jiiriii , anno Incarnarionis Dominiez dcccc.
lxxvii. indidione v. régnante Lothario annd
S. Adalicis vicecomitifiæ , S. UdaJgerii *
bilis princeps nepos præfati defundi * arque \Val-
terius abbas fa ndæ Mariæ, & David levira, five
Nantigifus indignus fâccrdos; ex exiguis fàcultati-
bus memorabilis Aymerici quondam archiepifcopi xxin. — — - — - - 7” ; t7“ ^ :
adquifitis, Dèo omnipotenti , & canonicis fando- S. Ermengaudi qui vocacur Vafladello, S. Geird
rom Jufti & Paftoris quoridie famulantibus præfcn- pan» eleemofynarii* qui hanc donationem fcc*
tibus atque fûturis, propter remed'um ipfiusaniniæ, mus & firmare rogavimus. S. Bernardus Filogia-
verum & propter remedium animæ PoKcionI mus , S. Aymenci teftamentani , S David Ievira
comitis de functI) five Matfredi vicecomi- elecmofynarius,^ Pontiom, S. Aialbera Romani
tis , five Odoni vicecomitis , vel Richildis viceco- qui Bonus films vexatur , S. Franco cpifcopus. S. Gé¬
mi ti/Ke , alodem- fuum quem vocant Grexanum raid. Romain , S Mdom fratr.s e, us. Nantigifus
«un eccle/üs quæ ibidem fiunt fiindatas, & cum eleemofynarius qui hanc donauonera
omnibus terminiis fuis, &cum dccimis & primitiis fcnput.
ipJârum ecclelïis pertinentibus , Ôc cum omni fcr-
« • 1 •a 1 j _ _ : _ • _i _ 1: _
vitio quod ex ipfum alodes exierir ab odierno die in
antea , pro iplonim animas , & omnium fidelium pa- 1
rentum & amiconim & familarium fuorum , fan-
âorum Jufti & Paftoris 6c canonicis ibidem Deo
fervientibus , preedielum alodem ex ejus partibus
donamus arque concedimus: exiguum donum, ut
ipfos venerabiles martyres in die tremendi judicii
c x n 1.
Ëofidtion faite à l’èglife de Èe tiers par
Guillaume vicomte de cette ville.
IN nomine Domini noftri Jcfu Chrifti. Egd An. 977:
Guillelmus vicecomes & uxor mea Ermctrudis
T ivvw.i.1,.1— j — - - - / - — -
unum doriatores fumus atque traditorcs Domino
Deo ôc ipfîus ecclefiæ vocabulo fa ndi Nazarii fcdis
BitCrreri/is, quieft fiuidatus infra muros ipfius civi-
tatis Diterris , donamus vel tradimus in comitatu
îpios veneraoiies martyres in aie tremenai juaiui ^ Guillelmus vicecomes ôc uxor mea fcrmctruCtis Gmuiairede
habere mereatur patronos, ôc pro peccatis fuis ad vicecomici(Ià , quæ Druda Vocatur, nôsfimul iri **
mus omnibus canonicis fânâorum Jufti Ôc Paftoris
ibidem Deo famulantibus & fcrviencibus ipfum alo¬
dem Crexanum, ficut fiiperius refonat, tocum ôc _ _
Biterrenfc viilam vocabulo Lignano cum fuis ter¬
miniis, cum ipfa turre, ôcc . quæ nobis de domno,
Bernardo epilcopo advénit: in taie paflum delibe-
rationis, ufcjue duiri ipfa ecclefia tota fit fada arque
eooperta ufurri ôc frudum ira habcant ipfi operarii
pro mercedc laboris , ôc duni fada vel coopéra
ruerit ipfa ecclefia Ûnélus Nazarius , de ilia hora in
antea habcant ipfa villa cum fuis terminiis ôc cuni
ab integro fnndacum •, tali deliberarione , ut ex
frudu Ôc omni fêrvitio quod exinde cxicrit, & ex
decimis Ôc primitiis ex ipfo procedentibus , ab ho-
diemo die in antea , vivant comirmni fraternitate
in canonka , ficut Aymericus S. memoriæ teftatus
cft, Sc corroborants eft in fui plenæ re&æque me-
moriæ in codicello teftamenti fui, tam in adventu
Domini quam in tempore quadragefimali, Sc dum aJ|lva 1IUU _ ^ .
frubtus ex ipfo alode abundaverit illis omni rempore, turte jpfj canonici corrimuniter in ufum fru-
ut ficur aderit illis coinmunis fùmptus * ita fit com- (allarilim fine blandirricnto. Fada donatione ifta
munis orario, propter animam Aymerici archipon- JX Scpterabris anno xxi 1 1. regriante Leuteria
tificis dcfun&i, ôc Matfredi vicecomitis, ôc om- fCge# Willelmi vicecomitis, S. Érmetruris vicc-
nium fidelium prenrorum , amicorum , & fiuni- comjcifü qui hanc donanottem fecimus , ôcc. iri
liariiun fuorum, ficur fuprius memoravimus, & çhrifti nomine Pondus prefbyrer fcripfit fub die
omnium fidelium chiiftianorum defiin&onun atque ^ ^ qllo fupra.'
vivorum *, quatenus propter illorum preces & inter- _ _ _ .
ceflioncs animæ prædiâorum omnium mereantur
ab omni vinculo dcliâdrum abfolvi, & fandorum CX I V-
confonds collocarl in fêcula fcculorum amen. Qui- . . • /rj a
cumque ergo fuerit filius benedidionis obfcrvaror Premier te fl ament d Adélaïde Vicomtejjè An. 077
& adfirmator hanc donationem , venianr fupr eum J “ - A
omnes benedidiones quas Moyfes famulus Dei te-
ftarus &adfirmatuseftin monte Garifim fuperfilios
Ifcaël, & benedidiones confêquatur quasDominus
Jefûs Chriftus dédit fupr apftolos fuos quando
Tçmç IL
de Natbenne< Arrive* te
réglifc He
N nomine fândæ & individuæ Trinifatis; Unul- Narbonne,
quifque homo , dum converfàtur in hac oiortalf
pregrinacione , fiirfùm oculos débet erigere ai f. 9j4
1
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Gc >gle
132 P R. Ê Ü V É S DE L’ HISTOIRE 135
contcmplationem divinæ majcftaris, ut cumin judi- fiimmi regis «terni > fit propter remedium animæ,
do venerit , inveniat juftihcatus. Quapropter ego ut pollim evadere cunctorum (ùplidum , & pcc-
in Dci nomme Adalais dum diem hune valdc per- cipere ætemam felicitatem , & milericordia fua con-
limefco, ficri præcipio inquocligo eleemofynarios ditor maledida cunda ignofeat quæ feci exdiena-
rfceos , ut quemadmodum cognovcrint meam vo- tivitatis meæ ulque modo , fimulque domnus Mat-
lûntatem ita perficiant : funt hæc nomina eorum, fredus virmeus aegenitoresmei, communem mer-
ErmcngauduS archiprxful , & Raymundus > 8c Vaflà- cedem inde fibi provideant , & omnes confiuiguineî
<fellus,Seniorellus, Bernardus , Adalbcrtus, Sigar- ac propinqui mei, omnefque fidcles defundi. Ip-
dus de Petrulio. Illud fandum opus , quod inchoa- fum aiodem quem habeo inter Biaurum & Syro-
tum habeo fubtus Narbonam in honore omnipo- ttem , Ermengaudo filio meo remaneat, & ip&ec-
tentis Dei fandique . Salvatoris conftruendi *, relin- clefia de Dudos quam vocant fanda Maria rcuto
quo fororibus meis & domnæ Arlindæ comitiflæ -, ipfa parochia , ad fofum remaneat- Villa Columba-
ih tali quoque tenore , ut Arfindi fbrori meæ rema- fia cum ipfa ecclefia fandi Pétri , Raymundo filio
ncat ipla mea hereditas dç Vidiliano, & Ermcfindi meo remaneat. Ipfas eu pas aurcas, Ermengaudo
remaneat ipfc alode* de Tolomiano , & Garfindi remaneant > det per eas ad canonicos fandorum Jufti
remaneat ip(à me^ hereditas de Arrimiciano , hæc & Partons fol. L. quos difpendant in communia ,
quoque teneant & polfidcant dum vixerint : & fi & ad canonicos fandi Pauli fimiliter fblidos L. &
ad perfedumperduxcrintlândum cœnobium, cundi ad fandum Nazarium fedem CarcalTone fol. L &
præfari alodes cum omni integricate illic remaneant-, fando Nazario fedem Biterris fol. L Raimundo
8c fi non perfecerint hune monafterium, port mor- remaneat catinum uftum argenteum & candela-
tefn Arfindi , ipfii hereditas de Vidiliano remaneat bra duo de argento , unum cum rôtis & fuccindam ,
ad canonicos (andorum Jufti & Paftoris in com- unum cum auro cublifinonario , & det pro eis foli-
munia *, & ipfa hereditas de Artimiliano , port mor- dos L. fando Pontio , & fando Aniano (olidos L. De
tem Garfindi , fimili modo remaneat ad canonicos cundo frudu vini & annonæ quod habeo in Flo
fandi Pauli , ipfc alodes de Tolomiano remaneat rcnciaco ipfa medietas remaneat Ermengaudo , de
inter cœnobium Gindæ Mariæ quod vocant Craf- alia medietatc iplàtcrtia pars fimdo Tiberio*, aliæ
fam , & fàndum Petrum quod vocant Caunas. Ipfc duæ fimdo Salvatori de Aniana. Similiter de frudu
âlodcsde Trolias cum ipfa parte quam habeo in quod habeo in Ncbozianenfe, ipfa medietas rema-
Cadem ecclefia, remaneat monafterio S. Aniani. Ipfe ncat Ermengaudo, alia medietas ipfii remaneat intetf
alodes de villa Boraxo remaneat cœnobio fandi monachos de Vabro > & monachos de Joncellos.
Pontii, excepris ipfiim turrim. Ipfam turrim cum De frudu Pociolo , &Urbanio, &Cavorras, très
ipfis marifionibus quæ ei funt jundæ teneat Auri- partes fàciant : una pars detur fandi Michaeli de
cius dum vixerit: port eavero adipfum cœnobium Galiaco, alia fandi Salvi , 8c alia fandæ Ceciliæ* Si*
fandi Pontii remaneat. Villa Bajas cum ipfo termi-
nio teneat Guadaldus dum vixerit, exceptis ipfos
maliolos quos alü ibidem plantant > 8c cum fadum
fucrit cœnobium fandi Salvatoris, port mortem
Guadaldi cum omni integritate illic remaneat : 8c
fi fadum non foerit illud monafterium , remaneant
confummatum fuerit cœnobium noftrum , illic re¬
maneant equas meas: fin autem , remaneant Ermen¬
gaudo inde nu. cum ipfos mulos u. & Ray-
mundo equas 1 1 1 1 . De alias equas très partes fa-
ciant-, unam partem remaneat in canonica firndo-
rum Jufti & Paftoris , alia ad canonicos fandi Pauli,
ipfas vineas quæ ad meam partem veniunt in ip(à alia fando Aniano. De frudu Villæ-magnæ ip(i
villa, ad euftodem atque clavigerum (àndi Pauli medietas remaneat inter Ermengaudum & Ray-
Sui illud altare euftodit j ipfa villa cum alia omnia mundum , de alia medietate ipfa terria pars rema-
ereditate ejus remaneat in communia ad canon i- ncat fandi Salvatoris , aliæ duæ fando Martino. De
cos fandi Pauli. Ipfum aiodem quem habeo in villa frudu Valle-magnenle 8c Caucenogilo, 8c Cogiano,
Geminiano quod fuit Perlonæ 8c Danielis, & ipfas ipfa medietas remaneat Raymundo -, aliam medie-
vineas quæ fuenint Godrandi , teneat Deufile pref- tatem diftribuant in ecclefiis atque pauperibus. De
byter dum vixerit ; poftea vero remaneat ad eccle- frudu Narbonæ remaneat ipfa ;meaietas ad cceno-
fiam fàndæ Mariæ quam vocant Quadraginta. bium conftruendi illic-, & h per mi trente Deo,con--
Ipfum aiodem quem empli de Arnulfo epifeopo in ftrudum fuerit, rogo lit filia mea lit inde abbatiffa,
terminio de Oveliano , aim ipfo de Taliavcntos, & ad ipfam remaneant ip(i nodellimei, cum ipfos
remaneat modo in canonica fandorum Jufti & Paf- maneufos 8c inaures : alia medietas de frudu rema-
toris. Ipfe manfus de Florenciaco quod fiiit fandi neat Raymundo. Archiberga , 8c Adalberga , &
Stephani , ad ipfam ccclefiam remaneat. Ipfum alo- Bellum-hominem > & Aldegarium libertatem fàciant
dem quem habeo in circuitu caftelli (àndi Marrini, & unicuique detur folidatos quoique. De calice 8£
monafterii (àndi Laurentii remaneat. Ipfum aiodem offertorio & patenas 1 1 . jubeat facere domnus Er-
de Cananicllo teneat Golfrcdus dum vixerit*, poil mengaudus caliccm unum, & det eum cum ipû
monem ejus remaneat cum ecclefia Cindi Pctri patena quam Bcllus-homo habet , Cmdo'Paulo. Vac-
quam vocant Quartum, cœnobio fandi Salvatoris. eas de Abuniano remaneant ad cœnobium nofttum
Ipfum burgum quem adquifivi de mulicre Ebonis , conftrucndum. Vaccas de Màtucino cum cundis
teneant Ugo 8c Alulfus dum vixerint : poftea rema- mcis porcis remaneant Ermengaudo & Raymundo,
neat (and» Paulo, & inter tantum teneat fandps & fàciant inde magnum convivium præfari eleemoly-
Pâultts (àfinos inde- ipfum manfum in quo Nedari nariimei.Defubftantiisquæinfiiominifteriohabent,
prelbyter manet. Iplas vineas de Cefaiinano quas habeant in opus fuum (olidatas xx. & poftea quid-
Bonus-vaflallus mihi pignoravit , remaneant Um- quid invenire potuerint de (ublUntiis meisj divi-
berto donec redimat easBonüs-vaflàllusdeeo. Ipfe aant fideliter in ecclefiis atque pauperibus , propter
manfus de Aqua-viva , quod eft in Lezatefo rema- remedium animæ meæ -, talem retributionem à
neat fitndo Nazario fedem Biterrenfem. Ipfum man- Deo mei recipianr , qualem pro me mcrcedem im-^
fum quem adquifivi inrns Nârbona defando Pontio, pleverint. Fado teftamento ifto 1 1 1 1 . nonasOdo-
ad ipfum remaneat. Ego quoque hanc mercedem bris, anno xxr 1 1 1. régnante Lotario rege. Signum
arque eleemofyiiani quam fedo propter. amorem Adalais, quæ hune teftamentum fieri juffit
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• DE LANGUEDOC.
mavit , & firmare rogavir. Sig. | Aldonis qui Ba*
loncellus vocatur > Sig. f Arlabaldi , Sig. f Guadaldi ,
Sig. f Ifimberti, Sig. f Ramnulfi. Deulde notarius
hæc verba (criplit.
An. 979*
Archives de
l’abbaye de
Momraajour.
CX V I.
Donation de Roger comte de Carcjffonne ,
à r abbaye de faint Hilaire k
C X V* 7 - r
PAtre* decrcvenint tempôribus prifeis ôc fiuixe- An. p 8 * »
runt legaliter , ut donationis rexruS firmum fub a rchive» d«
les comtes de Provence y de Carcaf* feripturarum tituioroborarctur cum teftibus. Chrifti
fonne y & de Comminges. veroannuenre clcmenda, ego Roggarius cornes, y.Uuim,^
limulque cum conjuge comitifli Adalaice , (ê»Re- ?• ***•+/'*
SAcro-ûn&r Dei ecclefiæ quæ conftruéb eflè gimundo (obole, atque Bemardo fobole qui nec-
videtur in honore (ântftæ Dei genicricis Màriæ, dum eftlaticc confecratus baprifinaris > pietace com-
(àn&ique Pétri apoftolorum principis , videlicet pundhis, reminifceniqüe qui dicit amonitionepro-
cœnobio Monte-majore. Igitur ego Willelmus co~ phetica , Date elemofinam , &c. Quamobrem volo
mes & conjux mea Arfindis cedimus r es qu£ font ut ficut mihi in animo venit, fit notum fidelibus
in pago Aquenfi , villam quæ dicitur Pemîlum , 8c chriftia nis. Cum ergo vcnillèc injufte Oliba cornes,
qiudquid ad ilium pertinere dignolcitur in campis contra me cum exercitu magno hoftiliter in magna
cultis & incultis , in vineis 8c arboribus pomiferis fêrocitate & impetu fiiæ virtutis , 8c devaftafifet in
8c impomifèris, in pratis & pafeuis, inlylvis, in igné &præda luper terra meaomne quodpotuit,
hortis, oglatis, exagiis & rcgreflïs , molendinis, ego cum eum Roggarius cornes perfèquerer, non
aquis aquarumve dccurfibus, quæ mihi ex donatio- confidens in mea virtutc , ncc in meum ailxilium ,
ne IngiJranni cpilcopi 8c fratris fui Novilongi obve-
nerunt. Fa&a cartula ifta inmenfe Junio, régnante
Conrado regé, anno xlii. S. WiUelmus inclitus
cornes 8c uxor fua Arfindis. Poncius major firma-
fed in mifèricordia Domini (peravi; & beatum
Chrifti confeflorem llarium deprecarus fui ut pro
mea viâoria Dominum dcprecâri non dedignarc-
tur. Cum ergo reverterer ego Roggarius &omnes
vit. Cavailcrius firmavit. S. Ingilrannus firmavit. meos fideies vidi/Ièm incolumes 8c abfque vulne-
S. Adalais comidflà 8c fiiius fiius VVillelmûs firma*- rum figno, cognovique inimicos môrtuos & vulne-
Ax.<)79-
Archives de
l'aboi ve de
S. Hilaire.
vit. Raynaldus fiiius Novilongi firmavit. Alchin-
ricus monachus indignus atque levita mandante
Willelmo comité fcripfit.
Go Rodgarius cornes una cum Adalifla comi-
tilla conjuge mea, 8c Regimundo (obole, dona-
mus iniimul Deo & S.confeflôri Hilario ,& Benediâo
abbati , & monachis ex monafterio ejufdem (ânâi
ratos, atque in fiigatn converfos , intellexi quod
Ilarius almi ficus deprecarus per me Dominum
fuit, & utfèrtur , nonnulli ante me eum præirc
vidèrent, (popondique ego Roggarius cornes ibi in
campo, ur alodes meos quorum hæc funt nomina,
Vcnanriannum cum ecclefia (andæ Mariæ , cuni
villaris , 8c appenditiis , & decimis , 8c primitiis
& omnibus aa fupradiLhim alodem pertinentibus y
confcflbris quod eft fitum in pago Carcaflènfc fuper vilare Afinario cum ecclefia fândli Cypriani, cum
flumen Leuco , alodem meum de Comiliano cum fuis decimis ; Nonnone villare cum ecclefia ùnéti
terris cultis & incultis 8c aliis pertinentiis fuis, ut Satumini cum fuis decimis; Barancianelio cumec-
habcant 8c pofiideant , &c. Fadta carta donationis clefia fan<fti Michaëlis cum luis terminiis atque de-
hujus anno xxv. régnante Leuthario rege. S. Rod- cimis y Qiicnciago cum ecclefia (ân&i Pétri cum
gerii comitis qui hoc donum fecir ôc firmare ro- fuis decimis , ficut prifeis tempôribus domini qui
eavit. S. Adalaiflæ comitiflæ , S. Arnaudi comitis fuerunr de jamdi&is alodibus tenuerunt , dona-
Si-- Ail :n\. r r» _ : _ _ : _ ... - _ ... ta . r. . r»
hlii Adalaifiæ, S. Petroni epifeopi atque comitis
S. Regimundi (ôbolis meæ, Ôcc.
Vers l’an
5>8o.
Cartulaire de
l’abjaye de
icot.
rem. Donaraus iraque ego Roggarius cornes &
conjux mea Aladaicis comiriftà fupradieftos alodes,
ficut jam rclbnat , adcœnobium quod eft confêcra-
tum in beati Satumini honore , ubi maufoleatus
V. Cal.Junii régnante comité Raymundo 8c tum in beati Satumini honore, ubi maufoleatus
filio fiio Bcrnardo, epiieopo Oriolo, Oriolus pref bearus Ilarius miro honore quiefcit. jubemus ergo»
byterde (anv5lo Manorio donat ad fimdto Beato mo- ut Bcnediâus abba , & grex qui Domino ferviunt
nafterio, qui eft fiindatus in comitatu Comenico, vel in antea funt (êrvituri , fuper eos alodes teneân*
in valle Bavartenlê, (uper fluvium Garona, dealo- ftipendia monachorum, & in elemofinis paoperum ,
de fiio unam ecclefiam 8c villam nomine fimâi &inomne opus bonum illorum, 8c non fitlicitum
Medardi, &c. poteftatibus ullis, nec rceibus, neque comitibus,
Ivel pontiheibus , feu abbatibus , aut monachis , neque
N nomine Domini. Ego Dater monachus , pia ulli (êxui hominum ufiirpare aliquid de fupçadidtis
devotione libenter clegi ut ad venerandam eccle- alodibus, nec minuere ex rebus monachorum -, &
fiam (ântfti Bead monafterii qui eft fiindatus in valle fiinr ifti alodes infra fines vcl terminos Carcaftènlês:
Bavancnlê fuper fluvium Garona aliquid de pro- ut mihi vero videtur , aflrontationes habent de parte
prium meum,... dono una ecclefia medietate qui altano in Molavento vel Orriolos, &c. Quantum
eft vocatus (àndus Georgius, qui eft fiindatus in ego Roggarius cornes teneo, vel habere debeo infra
yallc Bavartenfc, in villa quæ dia’tur Boca , &c. iftas quanior affrontationes, cumterminis &limi-
Faâa carta Kalend. Augufti, régnante Leutario tibus, 8c fiindis &po(Tcffionibus, ôcc. fiedonamus
rege, comité Raymundo, epifeopo Oriolo. Sig. ôcc . Faéla eft feriptura hæc donationis in menfc
Dacone monacho.... Sig. Leone archidiacono , &e. Augufto , anno xxvxi. régnante Leutario rege.
S. Roggarius cornes, quiartam iftamfcribere juffi,
& cum conjuge Adalaice & (obole Raymundo ÔC
manibus firmavi, &teftes adroborandum rradidi.
Sig. f Bemardi , Sig. f Inginardf, Sig. f Poncii. Ifir-
nus monachus & iaceidos juflùs (cripfic.
Tome 11. lij
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PREUVES DE L’HISTOIRE
C X V 1 1.
Echange entre Htldin vicomte de Zodeve ,
& l'abbaye de S. Guillem du Défert.
C X I X.
Extrait de diverfes Chartes.
S. Gui liera.
4b Défère»
futnil habeant firmitatem. Propterea ego in Dei ram ad lanctorum martyrnm Alexandri , Amahd , rabbaye 4
fiomine Hildinus vicecomes & uxor mea Archim- Luci, Audalli > qui font in domum fandorum apo aunc*
berta , & filii noftri Ermengaudus , Adilulfiis & ftolorum Pétri & Pauli Caunenli monafterii , &
Oddo, placuit animis noftris ut & commutaflèmus advenit mihi ipfa terra tam de parenturti meorum
vobis Qjjinaberto abbati & omni congrcgatione quam de comparationc : fie dotio iplà terra adipfo
fandi Salvatoris Gellonenfis cœnobii aliquid de fagrario, Ôc eft ipfà terra in territono Narbonenfe,
alode nôftro , qüod ita & fecimus, manfo uno & irt fuburbio Minerbenfe, in terminio de villa Linri-
eft ipfe manfus in territorio Magdalonenfi , in fub- biano quæ vocant Rambcrti, & abet aftontationes
urbio caftro Suftancioncnfc , infra terminium de ip& terra de parte Altano in ipfo poio, & c. ab
villa quæ vocaftt Temantis, &c. Fada carta com~ Omni integritate ad fandorum martyrum Alexan-
mutatione ifta in feria vi. x x. Kal. Aprilis, anno dri, Amancii, Lucii, Audalli ficdono ipfa terra..*,
xxvm. régnante Loterio rege. Sign. Hildinoni pro luminaria concinenda. Sane,quodheri minime
& uxori fuse Archimbcrta , &c. credo elle venturum , quod fi ego donator, &c»
. . Fada ifta donadonis vi. Calendas Aprilis, anno
~ - xxix. régnante Leurario rege. Sig j* num Savegillus
C X V I I I. qui ifta donationc fêribere fecit, & teftes firmare
, f rogavi. Sig. Bera , Sig. Egila , Sig. Managis. Riculfus
Bulle du fapè Benoit VII . pour 1 abbaye prefbyter qui hoc (criplic die & anno quod lupra.
Archiver de
l’abbaye de
S. Hilaire.
Vi Mai. an»
mal. th 4. f .
4«7.
de faint Hilaire.
Agnus eft titulus donadonis , in quo nemo An. 984*
Cartulurr &
ibbaycd'A*
Rodgarius cornes cum conjugc iua, nomme Ada- debet ei cuicollata ruent cellio îrrcvocabiu modo
laice, fimulque cumeisvenit Benedidus abbasad perhenniter ftabilitum. Ego enim in Dei nomen
limina apoftolorum beati Pétri & Pauli ante no- Archimbcrta yicecomitiflà, & filii mei Allidulfus, &
ftram præfentiam -, petieruntque , ut confirmaremus Oddo , 8c Trligardis qui fuit uxor Ermcftgaudi filii
eis per noftram apoitolicam audoritatem monafte- mei qui fuit olim , nos fimul in unum donatores
rium , quod eft confecratum in honore fandi Satur- donamus ad facro-fànde Balilicc qui eft conftruda
nini , ubi beatus Hilarius humatus quiefeit: ut non in Aniano monafterio in honore Domirti & Salva-
fîtlicitumabhachorainantea, neque comiti , neque toris noftri Jefu Chrifti, pro anima Ermengaudi,
vicecomiti , neque epifeopis , neque ullæ magnæ manfum unum qui eft in comitatu Biterrenli , in
vel alienarc præfumat, quicquid modo habet, & fum perrinet, & cum omnibus adjacentiis fuis, ut
in antea acquifiturum erit in perpetuum: fcdfcm- ab hodiemo die redores iplius làndi loci, ipfum
per fint in ftipendia monachorum , & in cleinofinis manfum tcncant & poilideant -, & fi ullus cornes, &
paupetum, ea quæ concerta funt vel donata in præ- epifeopus, aut abba, aut ullus homo fuerit qui
fâto monafterio à præfato Rodgario & fua conjugc *, ipfum manfum de communi abftrahere voluerit,
id eft villa , quæ dicitur Comcliana cum eccleiia nonhabeat licentiam neepoteftatem adfaciendum,
fandi Pétri, ecdefias quæ invico Limofo 8c Gardia & poftea in inferno inferiori demergatur & poftea
cum ccclcfia fandi Pétri , 8c Malchindus & Saline ad nos donatores revertat. Quod fi nos donatores
gus, & cætera loca , quæ à præfato monafterio &c. Fada donatione ifta im.KaL Junii, anno
pertinent, vel pertinere debent. Poil vero obitum xxvi 1 11. régnante Lothario rege. Sig. Archim-
Benedidi abbatis, nemo ibidem abbatem confti- bertæ & Allidulfi & Oddonis & Trugardis, qui
tuât > nifi quem confênfu & communion voluntate hanc donationcm ficri voluerunt , & manibus fuis
fratrum, qui ibidem Deo ferviunt, & in antea funt firmaverunt, 8c teftes firmare rogaverunt. Sig. Ri-
fervituri, elegerint. Hæc omnia quæ fupraferipta cardi, Sig. Aufrcdi . S. B. N. Sig. Armandi, Sig.
funt , conceaimus tibi Benedido abbati, tuifque Anfemundi.
fuccertoribus in perpetuum pro omnipotenris Dei j
amore 8c fandi Pétri, noftræque animæ redemp- 1 Ntra ecclefiæ gremio Chrifticolls convenir con- ” g^
tione*, item & pro amore Rodgarii comitis Car- globare fœdera, &c. Ob hoc igitur in Chrifti no- ^vcsi
caflonæ & conjugis ipfius, neenon Raymundi di- mine Rotgerius cornes & marchio, cum conjuee de
ledi filii mei, ut illorum fit merces iu perpetuum. comitiffà Adalaiflè, atque cum proie Regimundo s. Hiiiîrt.
Àt vero qui euftos &oblcrvator fuerit hujus noftri Barnardoque, pro omnipotenris Dei acquirendi gra-
apoftolici præcepti , & confirmatione chriftiana be- tia , alodem quem prifci Comilianum conftrui atque
nedidionem à Pâtre & Filio “& Spiritu-fàndo , in nominare jullit , quem Dco & (ando Hilario fan-
omnibus confequatur , & vitæ æternæ pauticeps doque Saturnino atque Benedido abbati , fervito-
effici mereatur in fecula fæculorum*, & qui obfer- relque cœnobii ad habendum tradidit &roboravit ,
vare noluerit, anathematis vinculo fit innodatus, &qui prius alodem dédit, in fandi Pétri nomine ,
&: à regno Dei alienus permaneat. Scriptum per & fandi Hîlarii honore ecclefiam conftrui juffit.
manum Stephani n^tarii &Scrinarii fandæ Roma*- Taliter nempe domno præfuli Eimerici deprecatus
næ ecclefiæ. Bene valete. eft, inquit: rogo domine ut pro omnipotentis Dei
An. 9^4-
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îîl » É t A N
honorem & noftrurri amorem , in (ùpraferiptain cc-
defiam veftram digneris dare benediéhonem, quem
illc annuit & honorifice dcdicavir, anno Dominicæ
lncarnadonis ï>. cccclxXxiv. Quicumque vero
ex propriis bonis, ccclefiis fiiprafcriptis largierit ali-
qiud, îllain mercatur acquirere gratiam quam om¬
nibus fuis promilit Dominus fidelibus , quod ocu-
lus non vidit , nec auris audivit, nec in cor homi-
his afcendit ea quæ Dominus parat hiis qui in veri-
tatc coram co degunt. Hugo Deus-dedir in dtulum
dons datpetiam umm devinea. Ellegods,
Hæc vero confecratio fada eft Kal. Novcmbris > an-
ho 1 1 . ordinationis domno pontifice Eimerico fedis
Karkaflbnæ,foeruntque cum eo archilevitæ, Aribcrtus.
& Rooftannus, Laugeriusabbas , Heinricius qui dici-
tur Leutarius. Hamus monachus & fâccrdos pro¬
priis karranavic arriculis, &c.
pRifearu m legum & imperatorum confiilumquc
decrcvit authoritas, ut qualifcumquc homo peribna
ex nobili genere omis, res fuas in alieno jure tranf-
ferre volucrit , tam in ecclefiis quamque & in aliis
hominibus carta* > codicillos Sc légitimas traditio-
hes licentiam habeat faciendi. Quamobrcm ego
igimr in Dei npmen Salufter pertra&avi cafumhu-
manæ fragilitaris meæ, metuens diem extremum,
&c. Cedo cdlumque in perperuum elle volo res
proprietatis meæ pro remedium animæ meæ & gc-
nitori meo Ricuino , & génitrice mea Armergarda ,
6c filiis meis Ricuino , & Pontione , & Rainonc , &c.
Hoc funt res qui (üntfitas in paeo Rurenico in mi-
nifterio Brufiehfe > hoc eft alode meo qui dicirur
Ferreto cum iplo monafterio qui eft fiindatus in
honore Dei omniporentis* & fan6H Pétri, &làndi
Ægidii; &in ipfe curce ecclefîa quæeft fundata in
honore fen&æ Mariæ quæ dicitur Combas , quan¬
tum ad ipfiim monafterium afpiciet vel afpicere vi-
detur , totum & ab integnim ego Salufter dono
fândi Salvatoris & iàndi Marii & (ândæ Alveræ
Deo dicacæ virginis , vcl cæterorum (andorum
quomm reliquiæ conrinenmr in loco qui nuncu-
pantur Vaber , & Aigfredo abbate, & a Deo (èr-
vientes qui ibidem (une vel foturi erunt , ad con-
ftruendum monafteriuln in ip(b Ferreto ut ibi cater-
vatn congrceet monachorum qui fecundum regulam
(ândi Bcncdidi ibidem (êrviant, hofpites recipianr,
pauperes recrccnc, & pro nobis fidelircr orent. Et
li in hoc loco oblari venerint, Vabrenfis monafterio
offerantur ; & fi converfi venerint regulam ibi num-
quam promittant nifi in loco Vabrenlî monafterio,
6c per fingulos annos Vabrenfî monafterio perfol-
vant paftum unum : in tali vero ratione, ut dura
ego vixero üfum Sc frudum mihi referyo , & poft
obitum meilm ipfom monafterium (ândi Salvatoris
Vabrenfis remaneat. In tali vero ratione, ut nullus
abba , nec uilus monachus , nec ullus homo iftas res
fuperius nominatas, nec illas quæ ipfe locus , vel
ipii (andi in antea cum Dei adjutorio adquirere po-
tueiint , nec poftit commutarc, nec alienare, ncque
à fevo donare , neque per vocem Vabrenfis ipuim
monafterium deftruere voluerit, non habeat ucen-
tiam ad fâcicndum ; quod fi fcc crit veniat cornes
de comitatu Albien (ê , Sc accipiat ipfiim monafte¬
rium, & donct illud (ando Pondo: Sc poft meum
dilceflum Odobellus hon hæresj fed tutor Sc def-
fenfor fiat ad bcnefaciendum. De tepedtione dico
Quod fi ego immutata voluntate mea , Scc . Fada
carta ceflîone ifta fub die Mercoris in men(è Junio,
régnante Lotcrio rege. Signum Saluftrone, qui carta
feribere velfirmare rogavi. S. Ugonc, S. Bernardo<
G U E D 0 C.
S. Ifimberto, S. Mirone, S. Lamberto. Rodihdüs
monachus jubente Aigfredo abbate laip/iti
dcMelguciii
charte 1 1 .
mit*. d’Au-
bats. û. ti.
cxx.
Donation de Bernard II . Comte de Süb*
ftantion ou de Melgueil, à Guillaume
premier feigneur de Montpellier.
IN nomine Domini. Ego Bemardus cornes & ^
uxor mea Seneeundis, nos fimul paricer dona-
tores lumus Guillelmo pro filo lêrvido velbenevô-
lcntia, aliquid de alodem noftrum proprium qui des comtes
eft in territorio civitatis Magalonenfis , in fuburbio
caftri Subftantionenlîs, in rerminio de villa Candia-
nicus, donamus tibimanfiim unum*, &interminio
de Monte-Peftellario, donamus tibi manfuui unum
ubi Amalbertus vifus eft manere, cum fua terminia
& cum omnes ajacentias fuas que ad ipfos inanlos
Eertinent *, Sc advenerunt nobis de donadone de
omine quodam Bertoj id eft in cîfis, calâliciis,
curds, hords, oglatis, exeis, campis, vinc^, pra-
ds, (ilvis, garriciis, arboribus pomifèris Sc impo^
miferis, aquis aquarumve decurfibus earuni, om¬
nium & in omnibus de vocem fondus poflèflionis
& reperitionis noftræ, tam quiftum quam ad inqui-
rendum, & ab integrum, fie donamus dbi, quaiv
tum ad ipfos manfos pertinet, sicüt lex meâ
Salica commémorât. Ita & ab hodierho did
Sc tempore habeas, teneas & polîîdeas &deffen-
das. Sane fi quis quid fierit minime crcdimus elle
venturum quor.... donatorcs aut ullus homo qui
contra hanc cartam donationis ifta interrumperc
voluerit aut eam inquietaverir, non valear vindicarc
quod repetit, fèdeomponat dbiipfom alodem du-
plum vcl mclioratum, Sc in antea carta ifta firrnd
ftabilis permaneat omhi tempore, cum ftipuladone
fubnixa. Fada carta donadonis ifta v \ . Kal. Decem-
bris, anno xxx 1 1. régnante Leurerio rege. Sign.
Bcrnardo comité Sc uxoris fue Sencgundis, nos fi¬
mul pariter qui hanc cartam donatione ifta fieri ju(-
limus, &manu noftra firmavimus, &teftibus cor¬
roborée præcepimus. Sig. Geraldum , Sig. Nadale*
Sig. Poncione, Sig. Grcgorium , Sig. Ariade.
CX X I.
Serment fait par F rot aire évêque , d Ifarti
vicomte de Lautrec.
DE ifta hora in antea non decebra Froterius epif-
copus filius Ermcndrudæ , Ifarno filio Ran-
gardæ de fua vira ni de fua membra quæ in fuum
corpus portât , per quæ o perda , m non enganer*
foa perfona, fuo damno fuo fciente, ne ipfe Frote¬
rius ad ip(o I(âmo illo caftello quod vocanr Lau-
trico, ne illo calllarc, ne iptâ forciaquæ ibi eft, na
alia qtiæ ibi erit no U tolra> no li drvttUra per quæ
illc o perdit , nec ipfe Froterius ni ne ullus nomo ni
ne una fœmina , per fuo confilio , ni per fiio inge-
nio, ni per fua confeientia fuo (dente; ne ipfe Fro¬
terius in illo caftello de Lautrico Caftcllano no i
métra perfo que Caftellanus en fia , fine confilio de
ipfo Ifàrno, ne illos Caftellanos qui convenuti font
inter I(âmo & Froterio epifeopo , qui Caftellani en
fian epifeope ipfe Froterius illos non engetra fine
confilio de iplo llàmo , nec ipfe Froterius in illo
caftello de Lautrico à ne ono domine Dei anttùo*
Vers Tari
Cartulaire dU
Châr.dc Foit
Caille i j.
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Ho PREUVES DE U HISTOIRE ï4î
mina partem non j donara , ni no ni vendra ni no ni hoc igitur in Dci nominc , ego Pondus cornes Albiæ,
bifcambiara fine confilio de ipfo Ifàrno in vira ip- rogatus à domno Amelio Albienfi fedis epifeopo .
ab ilia ramina > ni ab Ulo homine finem non prendra* infra muros vifus fum habere vel poflidere , ut tota
ni focietatem cum illis non aura , ne de adjutorio ilia villula , ucmelius eft vel ulterius cru, (ub manu
de ipfo llàmo ipfe Froterius nonfe getra finecon- &poteftarc ac cributo abbaris vel præpofiti rcma-
filio de ipfo Ifamo , in vita ipfius Ifami , ufque dum near *, ica ut nullus laiais > miles , nec alia aliqua per-
ipfe Ilàmus ipfàm fuam partem in ipfo caftello re- fona licentiam habeat tollere nec invadere fubftan-
-cuperatam haoeati ne ipfe Froterius epifeopus ilia dam hominum illorum qui in illo vico degerint.
convenicnria de Caunant quæ habet fàûam , ab ipfo Ecclefiam fànûi Eugenii cum fuo honore & perti-
Ifamo no la U tolra , ni no l'en decebra , ni ille, ni nentiis , quicquid ad laicale dominium pertinet ,
ullus homo , ni ulla fœmina per fuo ingenio, nec totum & integrum relinquo Deo & fànâæ Mariæ
per fuo confilio : ficut fuperius feriptum eft > / o ten - |>ro peccatis meis minuendis , canonicis lànâæ Ce-
ray& fi o atendra ipfe Froterius in contra ipfo Ifar- ciliæ tam præfentibus quam futuris, ut ulterius fub
no, & per forfàâum & fine forfàdlo, fi compro- obedientia, & voluntate illorum &epifcoporum qui
bare non pomerit ipfe Froterius ipfo Ifàmo quod *n Albienfi fede Domino Deo die nochique fervie-
habcat ingeniatum , quod ipfe Froterius perda o fua dnt , ecclefia fàndh Amerandi & fàn&i Eugenii,
vita o fiia membra quæ in corpus fiium portât > o aliorumque fànûorum quorum reliquiæ ibi vene-
habeat ingeniatum fua præflîone & fuo damno , o rantur > ht femper & maneat. Ita vero ccdo ut cle-
ipfè Ifàmus ^pbeat ingeniatum quod ipfo Froterius rici regulares & laici qui illam ecclefiam rexerint ,
ferdat , o illo caftello de Laurrico , aut uniun de fuos obediant ut mos eft , canonicis fànétæ Ceciliæ omni
caftellos indominicatos , o ilia convenientia de ilia
Brugeria , & ilia garda quæ Sicardus dédit ei, o il¬
ium alodem de Avalione, oipfelfamus nolo difug ,
quæ ad rarionem non valeat venire in contra ipfo
tempore nemine contradicente. Si querimonia aut
aliquis clamor evenerit, aut forte inteftina bella in¬
ter homines laicos vel clericos ona fuerint, ita fidei-
juifores fint , ut in manu abbaris , vel præpofiti , vel
Froterio : ficut foperius feriptum eft , fi o tenta fervorum (uorum redigatur , & illorum judicio di-
Ji o atendra ipfe Froterius in contra ipfo Ifàrno fe-- rimetur. Præterca placet mihi& vicariis meis , ut
cundum fuo faberc & fuo feiente , fort de eo de quo ex hæreditatibus meis propriis relinquam , & hære-
ipfo Ifarnus l'en abfolvera , ipfo Froterio fuo gra- ditem canonicos qui ecclefiam fandü Eugenii decan-
•oiente animo,fine forcia. Ipfas parabolas quæ ipfo taverint. Imprimis dono ad alodem illam meam
Ifàrnus dezjra ad ipfo Froterio , aut per (uum milium boriam laorativam quam hue ufque tenui in domi-
U mandara & las lt devedara per nomine de fàcra- ni° > juxta ftratam publicam quæ vadit ad
mémo, que no las digat ipfo Froterius , no las dif villam de Campannac , & ilia terra laorariva tenet
tobrira à dampno de ipfo Ifàrno fuo feiente. ufque in riviun de Marinetas , cum praris & mo-
lendinis ufque in pontem qui vocatur Pontpeitos ,
& ufque in ftratam de fubtus quæ vadit ad villam
C X X I I. Viancii. Super hoc donum relinquo & dono ego
Donation faite à l'abbaye d! Aniane Pondus cornes Albiæ Benedidto abbati Viancii, &
far Archimberte , veuve d'Hildin domno Roftanno præpofito, 6c canonicis ibidem
vicomte de Lodeve. Dc° f™jbus, cartam de blat quod débet nuhi
rcaderc de îius terris quas,tenet de me in parrochia
EGo eriun inDei nomen Archimberta recogi- fandi Pauli, quæ eft meus alos, Johannes vicarius
tans fragilitatis meæ cafus humanum. Idcirco meus, 6c uxor fua nomine Ermcngars adalo, &
An. 98 6. "C cnim hiDci nomen Archimberta recogi- lantti Pauli, quæ eft meus alos, Johannes vicarius
Cartuiairedc cans ^agilitatis meæ cafus humanum. Idcirco meus, 6c uxor fua nomine Ermcngars adalo, &
l'abbaye d’A- facinora mea inmuanda , vel de parentes mcos qui lunt illas terras a las Fabrigas ; 6c in arode Sezin , &c.
****' defundri funt, id eft genitore meo & génitrice mea & in aïo de Luifoellas de vneg ariptn dc vinea lo
& filios 6c filias meas & viro mco Udmone qui fuit cart ad opus facrificii , quam tenet Aganulfus de me.
quondam, per nos omnibus fuperius nominatos. In tali veto ratione ut quamdiu Johannes vixerit
dono ad facro-fandle bafilice que eft conftrudh in meus vicarius & uxor fiia Ermcngartz , habeant fru-
honore Domini Dei & Salvatoris noftri Jefu Chrifti &um de illis terris 6c vincæ dc manu abbatis &
ôcc, . • • In Aniano monafterio quod domnus Rai- præpofiti: poft difeeflum Johannis & uxoris, &c.
naldus abbas regere videtur. ... res meas quæ funt y
in pago Bitterrenfo, in villa quæ vocatur Caunas : 1 N nomine Domini noftri Jcfu Chrifti, & fànûi ^N<987#
.anantumeumque ibidem vifa lum habere vel polfi- Eugenii > 6c fàndli AmcrandL Ego Pontius cornes Archimde
dere in cafis & cafaliciis , hortis , oglatis , pratis , &c. rogatus à domino pontifïcc Albienfi Amelio & ca- h catbdnic
Faûa donatione meafocundo nonas Junii , anno pri- nonicis fuæ fedis Albiæ, & domino abbate Viancii
mo régnante Hlodowico rege, poft obitum Lotha- Adalardo, & Aymerico præpofito, & Amelio Ca- ftoo.
rii regis. Sign. Archimberta qui hanc cartam fierivo- pifoolæ, Magcfredo, Bcnedidlo, Benjamin, Gau¬
lait 6c fi rmavit,& teftesfirmare rogavit. S. Odonis, dentio canonicis, per confi ium Ifàmi vicecomitis
S. Atonis, S. Siwini , S. Gifredi, &c. & aliorum virorum meorum , ilium meum vicum
_ _ _ Viancio quem dominus Amelius epifeopus Sc
canonici Albiæ de mehabent, adhonorem fan<fti
C X X I I I. Eugenii & (anâi Amerandi martyris & cæterorura
An 987 Chartes de Pons comte d’Alby en faveur fànttoram , làlvum fore conftituo impofterum i ita
* * la Cathédrale d’Alby , & de tiqlife ut Acquis infra cruces & figna quæ ego defixi ali-
rt&Ai-Ai- de Vieux. £lulcl ma 1 ^“"5? ai" Per tüfum «nafcfiflum ali-
by. quem vel aliquid mvafent ; mil epifeopus, aut abbas ,
T ^ conferibendis donationibus hic ordo fervan- vel præpofitus pro juftitia aut rem fuam vel alienam
ftHiUt fêttt A dus eft j ut prius condncat nomen donatoris, alicui tulerit, fuamamittat, Sc alienam in quadru-
S. Atonis, S. Siwini , S. Gifredi, &c.
_ C X X 1 1 1.
A ol Chartes de Pons comte d’Alby en faveur
Archivai ^ Cathédrale d’Alby , & de l églife
>igur* d-Ai- de Vioux.
Archivci
l*égliTc d’Al-
by.
Balmxj: perte-
ftHlUt ctttt
N conferibendis donationibus hic ordo fcrvan-
, dus eft, ut prius conrincat nomen donatoris.
ér 1^- deinde cuidonat, poftmodum res quæ donatur. Ob plum reftituat j & hoc edi&um tranfgrellùs, odium
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r+2 DE LANGUEDOC 145
irteum & mefc'pofteritaris iiaincurrat > uc eum in
comicatu mco remanere non liceat, & fit maledi-
étal Sc divetatus à divino ofiicio. Hoc ediftum
ftàbile&firmum teneri inftirui impofterum adho--
notent fànëti marryris Amerandi , & confefloris
Ghrifti Étfgènii, & cærerorum (ânétorum qui ibi
ifc Domino requiefount. Data menfe Septembris ,
lunâ x r i-i 'U rege Lothario dcfun&o, anno i r . quo
filius ejitt Ludovicus cœpit regnare. Sic hrma Sc
ftabilis omni cemporc.
C X X I V.
Déflation de Ro&t contte de Carcajfonnt
k l'abbaye de Lezgt.
honorem à communia extraxerif, Sc à dominio &
poteftacc > (eu fubjeâione loci fupradi&i, & mona-
chis in monafterio Gellonenfi habitantibus evelle*
rit live abftulerit , quiçumque tempraveric iram Dei
incurrat, &c. Faâa carta donationis iftius x. Kal.
Mardi, luna certia, régnante Domino noftro Jefii
Chrifto. Si g. Senegundis comitiflà , Sig. Pétri epif
côpi fîlîi (iii, Sig. Bernardi comirrs nepomfui ,Sig.
Pétri nepotis fiii,-Sig. Adalaiz' nepotis fax, Sig.
Conftantiæ nepotis fax, Sig. \ViIldm;| nepotis fuæ.
Ego Senegundis comiriflâ Sc filius meus & nepo¬
tes- mei & nepotes mee qui hanc donationem foî-
bere julïimus, manu propria firmamus teftefquc
firmare rogamus. Willmus firm. alius Willmus fir.
Nicetus fir. Bego fir. Gaucciinus fir. Pondus fir.
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An. 987*
Carruliire de
l’abbaye de
I
n NChrifti nomine. Ego Rogerius & uxOr me*
Aladeiz donator es fumus. Donamus Domino
CXX VI.
leuu
Vers I’Am
98?:
Ctrralaire de
^ abbaye de
ûint GuiJlem
4* Defen.
Serment de Sicard vicomte de Zautrec
à Frotaire évêque , & vicomte de
Zautrec en -partie.
D- E ifta hora in anrea Sicardus vicccomes fiÜtis
Aviema , Frocerio epifeoopo lîlio Hermen-
druâæ non decebra de (ûa vita , neque de lua mem-
Vefsl’AN
989.
Circulaire du
Deo & (àndlo Pccro apoftofo Lezâdenfis cœnobii ,
alodetn noftrum qui rit in pagô Tololano, in ter-
ntinio Podagenes, in villa quarYocatur ad ip(â Valle>
hoc (îmr terras Sc virieas, de quatuor partes ajacet
a terra (ândli Pétri*, Sc in alio loco ubi vocatur à
Nogâreda ad ipfo cafale Elifio, quomodo Arnaldus
tfcncbat pro Roggario fiatre (ùo , fie donamus Do-
iftino Deo Sc ûnâo Pctro apoftob ; Sc in alio loco bra quæ in fiium corpus portât, per quæ tllo 0
a’d ipfo Bordilo ipfiim exitum : in taie vero raaone- dat , ni non cn« ancra fua perfona fuo dampno > fa o • caiflc 1
dono ifta omnia (ûpranom inata Domino Deo & feiente; ne ip/e Sicardus ad ipfo Froterio illo caficilo ‘
finâo Petro, uc neque abbas, neque monachi non quem vocant Lautrico, nec illo cailare, ne ilia for-'
pofîïntvendere, nec alienare, nec tranfinucare, nec ticia quæ ibi eft, ne aliaquæ ibi eric, noïentolra »i
adfevum dare neque ad hominem nec ad fœmi- m no Ven devedara per quæ ille Froterius lo perda >
riàm , fod (êmper in communia de ipfos monachos^ ni ipfo Sicardus, ni ne unus homo, ni ne una fœ-
Quod fi fàccrc voluerint, veniat unus ex propin- mina per fuo cünJilio, vel per fuo ingenio , per(ua
3iiis parentibus meis , Sc donet (ànâo Petro duo- confoienria , fuo fciente. Ne ipfo Sicardus de illo
ècim denarios Sc habeat ip(àm hæreditatem. Fadb caftello de Lautrico caftellano non 1 mura per qua*
cSrta ifta in menfo Dccembri, fub die feria 1 v. reg- caftellanus enfin fine confilio, de ipfo Froterio, ne
nanre Domino noftro Jdù Chrifto. Sign. Rogerio, illos caftellanos quod convenuruin eft inter Froterio
S. Aladeiz uxor fua qui carta ifta lcribere rogave- Sc Sicardo quod caftellani enfian, ipfo Sicardus illos-
itmt. S. Pétrone, S. Rodgario, S. Guiilelmo. Ar- non oetra line coniïlio de ipfo Froterio, ne ipfo
nâldûs fcripfic, Scc . % Sicardus in illo caftello de Lautrico a ne uno homi-
_ ^ ne, ne à ne una fœmina partem no T en dinar, % ,
" no Ven vendra , ni non efcambiara fine conhiio de*
C X X V. ipfo Froterio, Sc invita de ipfo Froterio. Et fi homo
. eft aut fœmina, qui de ipfo Frorerio illo caftello de
Donation de Seneymde comtejfe de Sub- Lautrico toliat, ipfo Sicardus ab illo homine, nec-
fiant ton 3 de Pierre fon fils éveque de ab ilia fœmina finem non prendra , nec focictatem
}V[a<guelonïie & de fies petits -fils à l'ab- non tenra à dampno de ipfo Froterio , ncc in fofo ca--
baye de faint Guillerfl. aura , ne de adjutorio de iplo*
J J Frorerio ipfo Sicardus non fi getra fine conmio-
EGo in Dei nomine Senegundis comitiila, & de ipfo Frorerio, ulque ipfo Froterius ipfom fuara
filius meus Petrus epifoopus , Sc nepos meus partem in illo caftello de Lautrico recuperatam ha^
Bemardns cornes, & alius nepos meus Petrus, & beat. Ne ipfo Sicardus ad ipfo Frorerio ilia conve-'
nepotes mee Adalais, &Conftancia, & Willelma nientia, ne ilh ballia, ne ilia garda de fila terra *
cogitantes dierum cafiis vitæ præfentis, Sc remune- quod eum ipfo Froterio convcnientiam habet , ipfo'
rationem boni malive, & pro(pe (aluns fuuirxSc Sicardus ad ipfo Froterio ni non la U tvlra , ni non''
irtcolumitate præfentis vitæ, donamus fimulin unum le decebra fiio foiente, per quæ ipfo Froterius la per -•
atiquid de alodem noftrum (an<fti Salvatoris Gello- * dat. Sicut (uperius fcriptum eft , (îo tenra , ôf o <ucn+ '
n^nfis, Sc venerabili ligno crùcis, neenoh Sc alum- dra ipfo Sicardus in contra ipfo Frocerio per fori--
no confellbri Chrifti Willelmo, &abbari Gaifrcdo, fi&o, Sc fine fbrifiufto, ficomprobare noti potue^-
& monachis in eodem Gelloncnfi monafterio Deo rit ipfo Sicardus ipfo Froterio quod habeat ingénia-*'
militantibus prælcnribus Sc furttris, eedefiam difiup- ram , quod ipfo Sicardus perdit o fïia* vita , o fiiai
tfm qùæ vocatur Sandhm Rtparatam, cum una * membre j o habeat ingeniamm fiiapollèffione àfuo>
nlbdiata de terra quæ eft in circuicu ecdefiæ iftius, dampno , o ipfo Froterius habeat ingeniatum quod*
cûirt una modiara magna de vineas, & cum una- ipfo Sicardus pefdar à fuo caftello dé Lautrico, aut-
rtafitd de folinas ; Sc eft ipfo alodes in page Mag-
dàlonenfè, in (îiburbio caftri Subftanrionetifi , in
términio de villa quæ vocatur Scllatis. Quod fi nos
dônâtores, aut ullus homo , aut ulla poteftas , aut
commilfi perfona, aut abbas feu congregatio hanc
uriutn'dé fuos caftellosindominiCatos; oipfe Fro¬
terius non o defugit qüod ad rariortem non' valeat
venire in contra ipfo Sicardo. Sicut foperîus forip- •
tum eft , fio tenra & 0 attndra ipfc Sicardus in con- '
ttà ipfo Froterio foctindum fuo jubere ^fiiofoientèi -
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*4* PREUVES DE
fors d*]Ho de que ipfe Froterius abfolverà ipfo Sicar-
tfo fuo graziente animo fine forcia. lilas parabolas
<juæ ipfe Froteriiis ad ipfo Sicardo defira ^per liium
rttïSTOUE X4f
cum quatuor manfos, & interris & vinçis, & in
Nibiano manfos, duos » & fifeum de Salellas , & fit
cura de Aqua-^viva , & ecclefiara fendi Martini que
nuncium ,lo mandara £? las U devedar a per nomine vocant ad Crofos cum ipfe villa tota, & cura déci¬
dé fectament > quod non las ducat ipfe Sicardus , ne mis & premiciis, & vilam que vocant Artimiglas,
las dsfeobrira , à dampne de ipfo Froterio fuo fcietite. & alio loco unum manfiim que vocant Caftagno ,
& in Calfeno manfos duos , & in Valcros duos
“ . u manfos & bordarias , & in Cologgas manfos duos »
CX XV I Iê & in Torves eedefiam fendi Satomini cum omni
t honore ecclefiaftico , 6c in eadem villa manfos qua-
Degéerpijfekienten faveur dt t abbaye deS* tuor, & in Sirignano ecclefiam fende Marie cum
T iberi par Guillaume vicomte de Bez^ers. falinis & cum honore ecdefiaftico, & in Fenoleto
manfos duos , & in Nataliano manfos duos , de bor-
Æc eft carta notirionis five guirpicionis de darias quatuor, 6c fifeum unum*, & in Forolacap-
_ rebus fendi Tiberii, vel de atode fuo quem mafuras très, & in Agate civitate cap-mafura una >
rabüyedcs» dimifit dominus Willelmus vicecomes Biterrenfis & adGrado monafterium fende Marie cum omni
ïiben, & dominus in totum de fendo Tibcrio quando per- honore inibi pertinente , cum dccimis & premiciis
rexitRomam,&uxor foa Arlindis, propter amorcm & cum pifeatoriis tam in.mare auam in predido
Domini noftri Jefo Chrifti , & propter redempcio- Araure , quantum afronrat in ipfa honore fende
nerti ahimaïum fuarum vel parentum fuorum, 6c Marie , & in Pomarol terris, vincis & cap-mafuras
propter ædificationem lod iliius fecundum regulam duas , 6c in Pineto manfo uno optimo , & in Mon-
làndi Bcnedidi. In Dei nomine ego Willelmus vi- tanaco manfo uno, & inTabaiga manfo uno, &
cecomes guirpifco, atque dimitto Domino Dcoip- in Florenciaco ecclefiam fendi Johannis & fende
fem eedefiam fendi Tiberii , cum ipfe villa ubi Marie, & fendi Pétri, & fende Sufonne cum omni
corpus ejus requiefcit, quam injufte & violenter vi honore ecdefiaftico, & cum decimis & premiciis \
ÀK.990.
Archives de
H
abftuli , & totum ejus dominium ex integro, &cum
ipfes eedefias quæ funt edificatas in ipfe villa, cum
primitiis, & decimis, &limitibus# & cum omni
nonore ecclefiaftico que ad ipfes pertinet, 6c cum
ipfo ponto, &aim ipfis infinis ulque in ripis vetu-
ü$> 6c aim molinis , & cum ipfos bofeos, & cum
& in Ruviniaco ecclefiam fendi Andree cum ded-
mis & premiciis , & cuit* omni honore que ad ip-
fem ecclefiam peninet -, 6c in villa Granolarias eccle¬
fiam fendi Martini cum decimis & premiciis, 6c
cum manfo ubi Dominicus habitat , & alium man*
fum ubi Alduinus habitat, & alium ubi Adroarius
ipfes elizarias, & cum ipfos paîcarios de porcos 6c habitat , & in Florenciaco manfum in quo Caftela-
de oves , & ipfo caftello , & ipfes condaminas cum nus habitat , & alium mafum in quo Chriftophorus
ipfo mercato , totum & ab integrum. Guirpifco etiam habitat , & alium mafum in quo Amelinus prelbiter
arque dimitto villare Berbeiano qui terminât in loco habitat , & alium ubi Marialdus habitat , & alium
qui vocatur Archas , & terminatur in podio Cal- ubiGodaldus habitat , & alium ubiSibaldus habitat,
vello , aliudque terminum inftontat in petra quæ Hæc autem omnia fuperius fcripta mihi WiUermo
eft in via fuper portellum de Coteanicis , & termi- vicccomiti oftcnfe funt 6c leda , manuque md fuper
natur in guardia judaica. Nccnon guirpifco villam
Nataliam cum terminibus fois , 6c villam Churchu-
daco cum terminibus fuis, & ecclefiam fandæ
Columbæ cum honore foo , 6c in Buta medietatem >
ecclefiam fendi lohannis cum medictatc honoris
que ad ipfam ecclefiam peninet , & in ipfe villa
honorem de Barnario que fuit condam, & duode-
dm modiatas vineæ in eadem villa , 6c in Fctenarias
medietatem ecclefie fendi Andree cum toto honore
ecclefiaftico , & medietatem de ipfe villa , 6c intra
montes ecclefiam fandæ Agathæ & ipfe villa tota ,
& ecclefiam fendi Albani que vocant Poiet 6c cum
ipfo fifeo 6c cum ipfis deveriis laudiis 6c dominiis
locorum prædidorum -, & in Capparienfe monafte¬
rium fendi Stéfani que vocant Trignano cum eccle-
fiis que ibi font, fcilicet & ecclefiam fende Marie
& fendi Eufebii , & in caftrum Nifiani medietatem
alcare martyris Tiberii gloriofiflimi patroni & ad-
vocati mei in itinere ifto oblata , prefontibus Beren-
gario abbate 6c convcntus fui , & atteftante & juflîi
predidi vicecomitis. Gondaldus fcripfit indidionc
tertia, pridie Kal. Martii.
CXXVIIL
Teftamcnt de Guillaume vicomte dt
Béliers & d'Agde.
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le eft brevis teftamenti quem deftinavi Yel
ordinavi feu manumiflores. Ego Guillelmus S0rJ friSlMjt
vicecomes ad manumillores foos his nominibus, y.
Matfredus cpifcopus, Stephanus cpifcopus, Arlîn-
dis viccconütiilà , Pontius, Sicftcdus, Ermengau-
ecclefie cum decimis & premiciis fuis, & cum me- dus, ut poft obitum meum donare faciant omnes
dietate honoris que ad ipfem ecclefiam pertinet , & res meas mobiles & immobiles , quem ego eis di-
medietatem deipfocaftro 6c de ipfo bario ulque in cebam, vël alias quæ dicere non pocebam, & ipl»
Marella , & in caftro Morecino tertiam partem > & invenire potuiflènt pro timoré Dei patris omnipo-
ecclefiam fende Marie cum omnibus rebus fibi per- tencis, & Filii , & Spirirus fendi, & pro peccatis&
tinentibus, & fifeum Liuranum cum ecclefia fendi fecinoribus atque delidis & remedium animæ ineæ.
Pétri, & ad montem Sedefon très manfos , & me- in ecclefiis , in fecerdotibus, vel in pauperibus Deû
Dono 6c offero ego Guillelmus foprafcriptus in ca-
nonica fendi Nazarii fedis Bitcrrcnlis quæ teneant
ipfi canonici, ipfom alodem quod habeo in villa
Surignano, terris, vineis , manfis, felinis-, & in
alio loco , in terminium de villa Buiano vineas quod
advenit mihi de Hcbreo. Et ordinâvit à S. Stenhano
fedis Agathenfe , in comitam Agathenfe , villa quæ
vocant fendi Andreæ cum ipfe ecclefia, cura terris.
dietatem de villa que vocant Guado-perofo , & in
ripa fluminis Araïui ecclefiam fendi Pecri que vo¬
cant ad Adimentarios & cum ipfo porto, 6c ecclefiam
fendi Martini cum ipfo fifco que vocant Campa-
niano*, &poftmortem Arfindis uxorismeæ caftrum
que vocant Paulianum totum & ab integrum re-
verrarur ad fendum Tiberium , & eeelena que eft
conftruda in honore fende Marie in eadem villa
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I46 DE LANGÜÈDÔ G ttf
&vihcis* cum cellis & cimeteriiî , & cumfuo ter*- una medietâtecum ipfa ecclefia S. Maria in Vita tua >
minio, quantum ad ipfâ villa perrinet. Et ordinavit 6c divifi alia medictate à filia mea Senegundis; poft
à fân&o Tiberio monafterio ipfas ecclefias quæ funt obicunl tuum revertût ipfâ villa fopraferipta tutn ipfâ
fiindaras in ipfos alodes fânâi Johannis irt ecclefia cum alium alodem à Senegundis. Et dono
Villa Florenriaco , 6c fân£H Andreæ in vflla Ru- tibi, Arfîndis, ecclefia quæ vocant S.Pontii, cum ipfo
viniaco, & fânâi Martini in villa Granularias. Et Poïo, «Sc ipfâ villa quæ vocant Malos-canos, cura
ordinavit à fâncfto Aphrodifio invicaria Laprarienfè ip(a ecclefia, & alium alodem , quantum ibidem
villa quod vocant Fonte-diâa*. Ordinavit à fândlo habeo. Et divifi tibi, Arfîndis, ipfâ honore defân-
Salvatore quod eft fiindatus in caftello BiCrrris ci- <fto Tiberio monafterio ad condergcndum , ad be-
vitate , in terminium de Madinas > ipfâ vinea quod nefâciendum > vel ad ædificandum. Et divifi tibï
acquifivit de Guiraldo, vel de Udalrigo, five de
Adulberto ; in tali vero ratione , dum Ainardus prêt
byter vivit pro timoré Dci & remedium animæ
meæ teneat ipfâ ecclefia cum fuum alodem, &alii
fuccef fores eorum in fæcula. Et ordinavit à fan&o
Severe, in villa Lupiano manfo uno quod vocant
villa Pavallano, cum iplà turre, & cum fuas adja->
centias, & alium alodem quantum ibidem habeô
in vita tua ; poft obitum revertat à filia mea Garfin-
dis. Et divin tibi villa Tonnefb cum fiia terminiâ
«Sc cum fiia ecclefia in vita tua ; poft obirum tuuni
reverrat ad filia mea Garfinde, vel ad infantes fuos.
ab ipfo Poïo , cum terris «Sc vineis , Sc cum fuas ad- Et ordinavi à filia mea Senegundis quantum habeo
jacentias, quantum ad ipfiim manfiun pertinent. Et in villa Pomairols vel in fua terminia. . . . TrincianO
ordinavit à fântfta Maria fâgriftia ipfiim alodem* cum fuo terminio, vel cum ipfa ecclefia in vita tua »
quantum habeo in villa Baciano, vel in fuo termi- poft obitum tuum revertat.... Salvatore monafterio
nio. Et ordinavit à fânâo Petto in villa Trenciano deGelone. Et ordinavi à Salomone... . in villa Ca-
manfos duos, cum illorum adjacentias. Et ordina- prelis quod funtnlanfbs duos, cum terris 8c vineis,
vit à fântfto Jacobo & fân&o Michaële in terminio 6c in alio loco ubi. . . . claufo uno quæ fuit de Arigo.
de villa Buiano ipfas vineas quod Pontius deTezano
tenet à fevo. Et ordinavit à fân&o Salvatore de
Et ordinavi a fandh.... in villa Bifînianocum fuas
adjacentias. Et ordinavi tibi , Arfîndis..,. alodem
Agnana villam Centones. Et ordinavit fân£ti Andreæ fupraferiptum ; in taie pa&um deliberacionis, quod..
de Agathe civitate, ipfum alodem quæ vocant Ri- .& in viauirate manferis, teneas ifta omnia quæ fil-
vo-torto. Et ordinavit à (antfto Petro de Agatlia ci- perius refonat in vita tua. . . . revertat a filia mea Gar-
vitate , ipfum manfum quæ eft in villa Maïano , cum findis , & ad infantes fuos. ; . . fine infante legitimo ,
terris 6c vineis 6c omni adjacentias quod ad ipfum quæ à profeâa ætate non venerint, ipfos aloacs. . . .4
manfiim pertinent. Et ordinavit Guillclmus viceco- , . . . .
mes à filia fiia Garfindis civitate quod Bitcrris. ....
cum ipfo epifeopatu, 6c cum ipfâ honore quod ad
ipfa civitate pcrtinec, 6c cum ipfos fifeos. Et ordi-
navi tibi, Garfindis, caftrum quod vocant Merca-
•riolo , cum ipfas fortifias, & cum ipfos alodes quod
ad ipfum caftrum pertinent, vel cum ipfa ecclefia
vocabulo fan£li Pétri. Et dono tibi, Garfindis » villa
Adillano, cum ipfas ecclefias, &cum ipfa turre, «Sc
CXXIX.
Sécond Tcflament ds Adélaïde vicomtejjc
de Narbonne i
QUantum inrelle&us hiimanæ meritis fênfiifqufl
capere poteft , hoc fagad fludio providere
K. AfjrttHi
*Ànctd. 1 4
f. 101.
Archives de
- — - 4 - . - i ■ ■ - * — 1 i - ' — — j,— - r- - S. Paul de
cum ipfos alodes, vel cum fuas adjacentias quod unufouifquc débet, ocurfiim vitæ hujus fæculi, «Sc
ad ipfa villa pertiner. Et dono tibi Garfindis, villa quæfélici confummare ftudeat, rteediurumitashuie
Portiano cum ipfa turre, «Sc cum ipfâ fortifia , vel (æculo imparatum inveniat. Igitur ego inDei no-
cum ipfâ ecclefia fân&i Pétri. Et ordinavi tibi, Gar- mine, Adalaïdis vicecomiriflâ, dum in fpe vitæ hu-
findis, villa Pcdinatis, cum ipfâ turre , 6c cum ipfâ jus confilto, pertimefeo cafùm humanæ fiàgilitatis ,
fortitia , vel cum ipfâ Qcclcfîa vocabulo (ânâi Pétri, ne mihi mors inopinata fubripiat. Ideo rraclavi in
Et dono tibi , Garfindis , villa de Mefôa , cum ipfa animo meo , propter amorcm Dei , Ut de rebus
fortitia, vel cum ipfâ ecclefia vocabulo (ân&i Hila- propriis meis vel facultatibus , difponere vel defi¬
ni , 6c alium alodem, quantum ibidem habeo. Et nire deberem: quod ita «Scfacio. Propterea per hune
ordinavi tibi, Garfindis, villa Vairago , cum ipfâ titulum fidcicommifliim injungo voois dilecliflimis
turre, & cum ipfo cinto, & cum ipfa ecclefia, 6c «Scamicis meis, id eft, Ermengaudc archiepifcopo
alium alodem, quantum ibidem habeo. Et ordina- filio meo, «Sc Raymundo vicecomiti frarri ejus , «Sc
vi tibi ipfum alodem quod mihi advenir de fèmina Aboni fideli meo quem vocant SenioreJlum , 6c
Domine Dida , villa Baraciaco , cum ipfâ ecclefia , Gero , 6c Raymundo : «Sc oftendi procès ad jam præ-
& cum fuos alodes quod ad ipfiim «Sc ilium perti- fatos eleemofynarios mcos, ut fîcut à meordinatum
net; & eft ipfâ alodes in vicaria Begofènfe: in tali viderint per hune fideicommiflLiin , ita difponant
vero ratione , quod fi ego Willelmus mortuus fuero , omnibus rebus meis, in ecclefîis , in fâcerdoribus ,
donctis folidos ccc. cie denarios Narboncnfcs, ad in pauperibus, vel cuicumque Deus cloemofynain
Ermengaudum epifeopum. Et ordinavit Willelmus dederif. Volo ut in canonica fânâonim Jufti &
vicccomes ad uxori fuæ Aifindis vicecomitifia, ci- Paftoris remaneat medietasde fâlinas, qui fuerunr
vitate quæ vocant Agatham , cum ipfo epifeopatu , Framaldi quondam in Scalas, cum illorum fâlarios,
6c cum honore quod ad ipfâ civitate pertinet, 6c codorios, agutias, «Sc omnibus fuis ofiicinis«Scareisî
cum ipfos filcos. Et dono tibi, Arfîndis, villa Flo- ea délibération e ut vendere, nec commutare, ncc
renfiaco, cum ipfâ turre, «Sc alium alodem, quan- alienare, ipfi canonici licentiam non habeant; fèd
tum ibidem habeo, in vita tua, exceprus ipfas ec- omni tempore femper eas teneant in opus fuum
elefias quæ funt fundatas in ipfo alode , quæ divifit communiter propter remedium animæ meæ. Volo
à fân&o Tiberio monafterio. De præfènte fi ego ut ad domum fândli Pauli confefîbris remaneat alo-
Guillelmus mortuus fucro, poft obitum tuum re- des quem vocant Baïas, cum onlnibus fiiistermi-
vertatur ipfa villa Florcnfiacus, cum ipfa turre, «Sc niis, ea deliberatione , ut omni tempore recipiant
cum ipfâs ecclefias fupraferiptas à fân&o Tiberio in opus fuum ipfiim quartam partem de fruftuurn
monafterio. Et ordinavi tibi, Arfîndis, de villa Palas quod exindc exicric, exceptus tafeham 6c dccimura
Tome II. K
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H* PREUVES DEL’ HISTOIRE
H*
& conplanrtionem > quæ conceflî Gualdi, teneatque
ipfe omnia Gualdus uxorque fua Richilüs, &hiiu$
tomm Pondus. Poft corum quoque difeefliim rc-
inaneat ipfe alodes integerrime à canonicis fen&i
Paiili , & omni tcmpore cxindc vivant commnniter ,
& non habcant cum poteûate vendere , nec donare
«dnullumhominem, teneantque inconcuflum fine
jufiione abbaris in opus fuorum : & fi tantum fùerit
abbas fandi Pauli cupidus, ut ipfum alodem ipfis
tanohids cupiat auferri > unus ex propinquis meis
confenguineus donet ipfis canonicis per ipfiim alo-
d. D. dem Sol. quinquaginta* & recipiat ad opus fuum.
Volo ad domum fandi Martini atnobii Villæ-ma-
gnæ remaneat ipfe alodes quem empli de Annonem
«rehiepifeopum in villa Selatiano? cum mcdietacc
de ipia ccclefia quæ ibidem cft Ifundaca in hono¬
rera fandi Baudilii , cum medietatem de ipfis deci-
tnis & primitiis atque oblationibus , & cum medie¬
tatem de ipfum honorem ecclcfiafticum. Et in bur-
go Choriano dono præfato cœnobio folarium unum
qui eft juxta murum quantum ibidem habeo. A Do
tnino Deo , & fandæ Mariæ > & fendi Pontii cœno-
bii dono omnem alodem quæ vocant Tolmianum,
cumipfîftnecclefiam parrocnialem de villa Munioni,
àxm aecimis & primitiis & omni fiio ecclefiaftico >
& cum ecclefiis quæ in ipfum alodem funtfundaeæ,
8c cum omnibus fuis terminiis , quantum ibidem
habeo , cum fdvis & garricis , pratis , pafcuifque.
Ad cœnobium fandi Aniani dono omnes falinos
quos habeo m Scalas quas enipfi > exceptas falinis
quæ fiicrunt Framaldi -, & in terminio de Caput-fta-
gni , dono ibi ipfis fâlinas quas comparavi de Ber-
nardo epifeopo Biterrenfi > & manlum qui eft in
villa Selmis, cum omnibus terris quod ibi empfi,
& omnem alodem quod adquifivi per juftiriam, vcl
comparavi in villam Cultem-oüvam de femina no-
mine Spofiam, & funt manfi 1 1 1 1. cum curtcs &
pendis i. ad ipfa ecclefia , cum torculari, cumhor-
ris, quantam ibidem habeo ï ea deliberatione, ut
monachi ibi Deo fervientes ifta omnia tencant com-
tmmiter. Et fi abbas ipfius loci ifta omnia voluerit
auferri, unus ex propinquis meis habeat poteftatem
ifta omnia redimendi , & ipfum pretium monachis
donandi. Dono ipfiim alodem , qui fuit fendi Feli-
cis Jerundcnfis, quem empfi de Arnulfo epifeopo
8c canonicis fendi Felicis , ad fenda Maria Quadra-
ginta, in villa Oviliano, cum vinculo fuprafcripto,
ut canonici eum habeant communiter in aiimoniam ,
& Aigulfus prefbyter lit inde minifter. Ad ecclefiam
fandæ Mariæ, & fendi Michaelis, & fandi Pétri,
mi Ram*- ^ono v‘^arem Kamanellum * quantum ibidem
nciiam. habeo. A Domino Deo & fandæ Mariæ quæ vocant
Craflæ , dono ipfam meam tertiam partem de om¬
nem alodem quem habeo in villa Articimiano,
quem comparavi de fbrore mea, nomine Garfindis:
& non habcant licentiam monachi vendere, ncc
tommutarc, nec donare fedfemper rctincre com¬
muniter propter rcmedium ànimæ meæ. Ad capcl-
lam fandi Satumini in caftro , propter remedium
animæ meæ , dono omnem alodem quem compara¬
vi in villa Septimo, & campum quem empfi in Auru-
aonead ipfâs Forças. A Domino Deo & fandi Vin-
centii ecclefiæ dono per julîionem matris meæ ,
campum quem comparavi in villa Vitiliano, & in
villa Geminiano manfum unum cum curte & exio
& regreflio fuo , & cum quatuor modiatas de vi-
neis, eadem deliberatione ut prefbyter qui cam de-
fervierit , teneat omni tempore ipfa omnia : & fi
ullus homo de ipfius tollere voluerit poteftate , do-
riet Raymundus filius meus propret ipfe omnia
fol L. canonicis fandorora Jufti & Paftoris, 8c ipfi
cam fâciant decantare , propter rcmedium animæ
meæ & marris meæ. Aa Stephanum & uxorera
fuam Purpuram dono in villa Geminiano quæ Cu-
guciacift vocatur , manfum unum cum curte , & om¬
nes terras 8c vineas quas ibi comparavi, & in vil¬
la Aquæ-vivæ dono illis omnem alodem quem
comparavi de Barone, & in burgo Villa-nova dono
eis manfum unum, cum ipfa curte, ôcorto, & 6*
xam unam de terra , & dimidium campum qui
advenit per donationcm Alfârid baptifeti, Scinfia
murum 8c muritium cafalcm unum , cum ipfe curte :
& in terminio de Cabakanes * felinas opéra i. Ad • */.
Gaudindum filii quondam Ariberti dono quantum kanc«*
habeo in villa Columbarios ScinUlmos, quimihi
advenit per comparationem vel donarionem. Ad
Bellifindam dono modiatarh unam de vinea qu*
tenait Ingilbertus Pitacis , qui eft in terminio de
villa Imbrices. Ad Bcllum-hominem & fratrem ejus
Eldegarium dono omnem alodem quem comparavi
de Frugone in villa Percla. Ad nurum meamRicar-
dem dono omnem alodem quem acquilm in villa
Borrexi , 8c in villa Fidorio fimilker , & in villa Tro-
lias ipfiim alodem quem comparavi de Pontioni ,
& in villa Ovilis campum unum qui eft ad ipfb
Geneftare. Dono adcanonicam fandoium jufti &
Paftoris ipfiim alodem , qui eft in villa Lapide» ,
vel in ejus terminis , quem vocant Taliaventos : ea
deliberatione , ut fi ville Girau donare concambios
valentes jufte per ipfum alodem in ipfem canom-
cam *, fi hoc fecerit , accipiat cura in opus finira.
Quod fi non fecerit , abeatis eum in ipla canonica
in aiimoniam. Volo ego ut ipfum alodem, quera
dedi fuperius ad nurum meam Ricardem , poft obi- *
tum (uiim remaneat ad Ermengaudum ncpoteni
meum filium fuum. Ad Raymundum vicecomkem
filium meum dono ipfum vicecomiratum de Nar-
bona, feu de Narbonenfe, cum ipfbs cenfbs 8â dit
tridos , & cum ipfum honorem qui vicecomes inde
habliit , vel haberc debet, & cura ipfos fifcos. Volo
ut ad domum fanâi Aniani ccenobii remancant ip-
fàs falinas & modiatas 1 1 . de vineas quas comrau-
tavi de Ugonem , & funt ipfâs felinas in Scalas, areas
xx xvi. & vineas funt infra termines de Aquara-
vivam infra infula Licii. Ad domum fanûi PauH
Narbonæ dono ipfiim cafelcm qui eft in Villare EL
dradum , cum curte 8c exio 8c regreflio fuo, cum
omnibus terris & vincis quas habeo infra ejus ter¬
mines. Hæc omnia fuperius feripta dono imprimis
Domino Deo, & beatæ Mariæ virginis, &oraniam
fandtorum locis fedem bcatorum Jufti & Paftoris,
& bcati Pauli confefloris, & omnibus fiipranomL
natis cœnobiis , propter remedium animarum ge-
nitoris atque gcnitricis meæ, & anima Marfredi viri
mei & mea , live filiis meis, five fbroribus & pareil- .
tibus meis, & omnium fidelium meorum: ut ipfi
loci hæc omnia inconcufla teneant & quiete , hno
ullo contradiccnte , omni tempore in præfenti &-
cula fæailorum, in aiimoniam atque communiam:
& omnia quod meis fidelibus dono , fimiliter habeat
eis firmitatem, quomodo fan6be ecclefiæ habent.
Subnixis precibus exoro mifericordiam infantibus
meis& confenguineis, & per eam caritatem quant
Dominus mifit mter matrem 8c filios & parentes
bonum fâciendi, ut omni tempore fint adjutores
8c defenfores , ad tenendum ifta omnia fuperius
feripta , ipfis locis vel hominibus , fi ipfi habeant
parriciparionem in regno Chrifti & Dei, cum fen¬
dis omnibus in gremio paradifi in fæcula læculo-
rum. Si quis vero ulia amifla perfona foerit, qui
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ijô DE LANGUEDOC. ijf
contia liunc fidcicoinmillimi venerit ad irrumpen- in villa PJcuvigios quantum ibidem habeo , ôcc
dum, hoc quod perieric vindicare non valea r;& Fada donarione ifta Idps Jtinii, arino primo , reg-
infùpcr componat in vinculo pacis locis «Se nomini- nante Ugone rege. Sign. Aldo , qui heri jutfît &
bus ifta omnia (uperius infèrta dupia. Et in anrea , finnare rogavit. S. Ato > qui Bonum-parcm vocant;
hæc (criotura teftamenti â me &da firmis «Se ftabilis S. Poncii, S . Adroarii , S. Ugoni. In Ghrifti nomen.
hrmare rogavit. S. Ato > qui Bonum-parcm vocant;
hæc feripeura teftamenti â me Enfla firmis 8c ftabilis S. Poncii, S. Adroarii , S. Ugoni. In Ghrifti nomen,
pcrmancat omnique tempore. Fado teftamento fub Yfimbertus prefb.yter lcripfit die feria certia;
die nu. Galendas Àpriiis , annoque tertio reg- T
nante Ugoni regis. S. Adala/dis vicccomitillà , qui 1N n0mine Domilli. Erô Aldo qüi Baruricello
hune reltaincntuin fier, julli, brmavi , & hrmare vocatur> donator nîditm ,;ve
rogav.. S. f Raymund. v.eecomitis , S. f Gero , S. f fum Domjno De0 > & faâi Salvatoris Aniani ce-
Aoon. quem vocant Semorellum , S | Raymundi- nobii , ali quid de aiodcm meum. ... jn comicatu
Adais.Benedichis prdbyter hæc verba plcmter exa- fiiterrenfi, in vicaria Chatunianenfe , in villa Ple-
ravit fub die & anno quod lupenus mlenurn eft. beglus> velih fuaterminia quantum ibidem habeo,
. - - _ _ _ &c. Fada carta donationis aut rransfuriditionis iftà
An. 9 88*
CX XX;
Rcftitution fuite à ly abbaye de faint
Ce faire À Arles.
Aw.ppx. - jq nomine Patris,&Filii,&SpiritusSandi. Anno
A ïncarnation*s Jefii Ghrifti Domini dcdxci j.
toirc d’Ar- dominus princeps 8c marchio iftius provinciæ bonar
*'S4xa v,n_ iudolis Willelmus cum conjugc fua nomine Adelaix
uf & filio fuo nomino Wiüelmo , veniensin monafterio
î* ^uginum infra muros..i. in honore làndi Joannis-
Baptiftæ cum reliquis ecclefiis fândli Pétri. ... in die
d- Fr‘* qua ordinavit dominait! abbatiftàm. . . . quoque facrx
virntn«>C (îmnl nUmvn> na.iari in. â 1 1l ^
Archive» <ie
l’abbaye >leS.
Cciairc d’Ar¬
les.
V.SAxit Pîn-
I'.Ji;. Prélat.
V. Id. Januar. régnante Domino noftro Jefii Chrifto*.
Sig. Aldo qui Baruricello vocatur. Sig. Stephanus qui
volucric&confônlcrit, Sig. alius Stephanus, S.alius
Arcarius, &c.
In Chrifti nomine. Ego Àmelius & uxor mea Afc.pgcj;
Eltefreda , venditores fiimus Benedido abbate, in Archiva dé
honore làndæ Mariæ W amiaccillê , 8c làndi Johan- bba Vc
nis cœnobii alodem noftrum quem habemus iri ° tu*
comitaru Rcddertfè; inloco ubi dicitur Popiüano,
8cc . Fada carta venditionis ifta in menlê Madii ,
,i Baptiftæ cum reliquis ecclefiis làndi Pétri. ... in die ^ Régnante Ugone rcge. S. Amelii & uxorl
qua ordinavit dominam abbatiftàm. . . . quoque facræ EIlefredæ ’ Sin lftam cartam fcnbc^ frcimus,
virgines fimul obnixæ peticrunt iili Domino . ; & hrmare rogavimus. S. Walterio , S. Scerano , S. Al-
quod juvamen præftaret , & ex villis quas doinnus ,cbrando* &™dos juflus fenpfir.
Cælàrius. . . .illas eis redderet : qui libenti animo pro-
niiiit le fadurum..*. çonlilio autem. . . . eeelefiam ^-'Um Dominus acSalvator omnium, adfbliurfi
ûindæ Mariæ quæ cft flmdata in Ioco maritimo, 8cc . alcehdens paternum , &c. Idcirco in Chrifti nomine.
An. 989;
* tt£. Lucia
Faâum hoc ceftamcntum in iplo monafterio perpræ- eg° Bprrellus cornes & marchio fàcio cartam do- CMr.dePo/x
ccprum domini Willelmi principis, confcnticnte tarionis vel Venditionis ribi emptori mco Guillelmo té% 1
conjuge ejus fimul cum filio*, in præftnti adftante vicccômire 8c uxori tuæSamia. Manifeftumeft enim
domno Annone archiepilcopo qui voluerunt 8c fir- P^ac^c aninlis meis &placet, uttibi (cripturam
maverunt fimul cum canonicis. Domnus Rotbaldus donationis vel venditionis fàcerem ficuti & fàcio i
cornes voluit atque rirmavit. Stephanus epifeopusf. deipfùm ineum alaudium quem habeo in comitatii
Fragico h Pontius f. Maiolus f. Vigo f. Pontius epifi Urgello, in voile Caftro-boni , id eft, terris, vineis,*
copus f. Aiius Pontius archicpifcopus f/ Udolricus cahs, cafàlibus, ortis, arborUxis, 8cc. qui mihi ad-
cpilcopus f. Willelmus vicecomes f. Cabarellus f. vcnirpcl' meos bcncficios, vel perqualicumqiie voce;
Umbertus f. Aycardus f. Theubaldus fi Laldradusfi & affrontât ipfï unus alaudes quem vocant Laguna
Roquelinus fi Willelmus cornes filius Rotbaldi & deum parte, id eft aquilonis , in ipfb torrente ad
ia^ uxor fua * Aduleia. Willelmus cornes Tolofànus, Gargalla, 8cc. 8c ipfe alius alaudes qui eft in
8c uxor fua Ema fi Bcrtrandus &Fulco fratres fir- Ccrcetulo, affronta fimul de parte aquilonis in rivo
maverunt i & Willelmus vicecomes fi Franco fi qui difeurit de Caftro-boni, de meridie in Cire, &
Theubaldus f , «Sec* ipfr alius alaudes qui cft in Anganortone , affrontât
CXXXI.
Extrait de quelques Chartes du régné
de Hugues Capet .
iule* alius alaudes qui cft in Anganortone , affrontât
départe aquilonis in ipfo acuto, «Sec. Quantum infra
• iftas affrontationes incliidunt, fie vindo tibi atque
dono ipfôi mcos alaudes, qui mihi advenerunt per
ineùm behcficium , vel qualicumquc voce, in precio
placibili folidorum x x. cum exiis «Se regreftis eorum ,
Vers Pan "TN Um perennis involviinur curis, «Sec. Ego in
988. JLy Dei nomen Ftrleramnus Lutevenfis cpilcopus
Cartuijirc de cogitavi dies cafii vite prefentis & reimuierationis,
^C: Idcocluc dono Domino mco Jefu Chrifto, «Se
Filio ejus, & Spiritui Sando, «Se à ligno Domihi
quod eft in ccclelïa ûnfti Salvatoris Gellonenfis mo¬
nafterio, dono ego in comitaru Lutevenfe in termi-
nium de villa que vocat Juncarias manfiun imum,
&c. Fada cft hec carta donationis vu. Kal. Dc-
'Ccmbris Deo régnante, regeque fperante.
AN.988. 1 N nomine Domini, &c. Ego Aldo qui Bamn-
Carruiairc de CCH° vocant, donator vel traditor (um Domino Deo
m^>ed A’ ^ ecc*e^c fàndi Salvatoris monafterio Aniancn-
fis.... incomicatu Bitercnfè, in vicaria Kadinialè ,
Tome IL
Huvucs Capet. * de mco jure intuo crado doirunio 8c poteftate ,
6 &c. Fada carta venditionis vel donationis odavo
s involviinur curis, «Sec. Ego in Idlis 0#obris> anno ^rtio régnante Hugo magna
Ftrleramnus Lutevenfis cpilcopus rc8e vel duc:e Francorum. Signum Borrelïus cornes
vite prefentis «Se reimuierationis, marchio qui hanc cartam venditionis vel donationis
Domino mco Jefu Chrifto, «Se & rcftcs firmarc rogavi. Salla gracia Dei epifeopus:
itui Sando, «Se à ligno Domi/ii ^,rone > Radulfo, S. Sando, S. Seniofrecèo,
G ndi Salvatoris GeÜonenfismo- Ballàrus judicc, Vilmyndus, Sefulclus, Oliba fac.
qui hanc cartam donationis vel venditionis rogacus
lcripfit die «Se anno quod fupra. Sig. A. Capellani
de civitâ te qui hoc tranftatum fideliter fcriplit.
Al Nnis 1 1 . 8c 111 . rcenante Ueone repe , Re^i-
Nnis 1 1. & ni. régnante Ugone rege, Régi- ^ 0
mundus cornes filius Amaldi comicis refticuit Bene-
dido abbati fàndi Hilarii in pago Carca lîcnfi alo- .
dem fandi Stephani de Nidolarias in Comitaru
Rollilioncnfr, &Ç.* S. Hüirre. •
W
IJ2
PREÜVES DE L’ HISTOIRE
*53
An. 991. Q Uædam nobilis matroffa Aldeardis nomme, cog-
nomcnto Aurucia, filium fuum Hilionem in mona-
s. chirrê.' ^eiio perpetualitcr Domino ferviturum obtulit , &
«um ea quatuor manfos. . . . Padum aucem iniere
fandæ Mariæ > fandoque Pctro dederunt ad ædifi-
candum ibi monaftcrium & ecclefiam conrvuen-
dam , quod monafterium femper in fubjedione
monafterii bcati Theofredi Calmiliacenfis , & in
providentia & ordinatione abbaris ipfius loci foret.
U:
Guigo abbas & præful , ac francs cœnobii Calmi- &c. Fada eft donatio hæc in menfc Januario, reg-
lieniis de rebus fupradidis , & fada eft inde carta nante Ugonc rege.
congadiaria anno ab Incamatione Domini dcccc.
x c 1 . régnante Domino noftro Jefu Chrifto , Francis
autem contra jus regnum ufurpante Ugone rege.
Item Afpafius cum uxore fûalngaliardis, dederunt
in iplâ villa monafterii Calmilius manfiones cum
curte &horto> & in villa Engcolis unam appenda-
riam & manfum. Fada funt bxc rege terreno dé¬
ficiente, & Chrifto régnante.
Item alius vir nomine Bertrandus aim conjuge
fua Petronilla , dederunt untun manfum in villa de
Mrntebraco , Guigoni abbati & monafterio Calmi-
lienfi. Adum eft hoc régnante Domino , & abfcnte
rege terreno.
Naldus vir nobilis cum fua conjuge nomine
Arnica, dédit in vicaria de Solemniaco in pago Vel-
laico fcx appendarias cum uno prato. Fadum eft
hoc anno ab Incamatione Domini dcccc. xcvi.
indidione vi 1 1 1. feria iv. régnante Ugone.
CXXXI I.
Donation faite à L* abbaye de Le\at.
NOtitia guarpitionis & donationis quorum fùb-
tus tenentur infèrta -, qualiter veniens homo
E|»| » IWJ I VIMVUJ 1IUUJV7
Go in Dei nomine Atho & uxor mea Girbcrga , nomine Amelius-Simplicius & Guillelmus filius ejus ,
V ^ ^ no(*ri ^ermrc*us & Frotcrius, nosfimul in potentidimi viri, feria tertia, in pago Tolo&no,
l’abbaye'de* unurn donatores fumus Domino Deo,& fando Wil- in caftcllo quæ vocatur Mirabcl , & lie fè guarpive- ***»• “fa.
in vicaria Gigidenfe, in villa quæ vocant Bota. Et
ego Atho adquifivi de Hedcrio Bralcheta , &c. Fada
Icriptuia ifta feria v 1 1 . x v. Kal. Aprilis , Deo rég¬
nante & rege fperante. Sig. Atho, &c.Sig. Widoni
de Farichone, Sig. Bemardi Bligcrii.
* guarpive-
s.Guiiiwndu lelmo duos manfos optimos incomitatu Albienfe, runt 6c donaverunt Domino Deo & fando Petro
' r n " ^ apoftolo Lezatenfi cœnobio ,& fando Antonio , &
fando Vincentio 6c lanclo Bencdido, & reliquiis
(andorum qui ibi habentur, & in præfêntia domno
Guarino abbati , illam ecclefiam quæ vocatur fandi
Pctri de Guarciaco cum omni ecdefiaftico & dmi-
Vterio , 6c cum omni alode qui ad locum pertinet ,
Ox legis & juris dccrevit authoritas, ut qualis & ip& alodis adjacentias habet in fe de una parte
CtrrùiaVedt cmPl*° ta^s *lt & commucatio : emptio 6c c om- ajacct ufque in gaita quæ vocatur Rodes, de alia
la Cathédral* mutatio fimilem habeant firmitatem. Egoigitur in parte ufque in gaita quæ vocatur Merdanco, de alia
de Eczich. Dej nomen Guillelmus vicecomes &uxor mea no- pane ufque ad ftrada publica, &c.... totum quan-
men Arfindis commutatores fumus vobis Matfrcdo tum infra iftas adjacentias habetur, totum 6c abin-
epifeopo fandæ fedis Biterrenfis 6c canonicis ejus. tegrum tam ermum quam condridum fie donamus
Certum quidem & manifcftum eftenim quia fie Domino Deo & fando Petro apoftolo ,& ad locum
placuit apud animis noftris 6c placet nullius cogcn- fupranominatum , & ad reliquias fandorum qui ibi
gentis imperio , lcd propria & fpontanea hoc eïegic
noftra bona voluntas , ut nos vobis aliquid de alo-
dem noftrum commutationc fcciilcmus , quod ita &
facimus , commutamus nos vobis in comitatu Bitcr-
renfe , in villa Aureliaco , vel in ejus terminia , manlo
ufto ubi Atuinus habitat, cum curte & horto &
habentur: in tali vero ratione & convenientia , ur
nec abbas , ncc monachus, nec ullus ex hæredibus
mcis non habeant licenriam vendere , nec bifcam-
biare , ncc ad feum dare , fed femper fit ad tabulam
fàndi Pctri in communia monachorum. Quod fi
quis homo aut fœmina , &c. Fada carta ifta in menfe
cxco & regrellio fuo, &in terminium de villa Ca- Maio fub die feria quarta régnante Roberto rege.
pralis vel de Aureliaco vineas duas , & proptcr alium
alodem de fando Nazario, vel de fando Michael
quæ eft in villa Circi , &c. Fada carta commutationc
ifta xvi. Kal. Septembris , anno vu. régnante*
Ugonc rege. S. Willclmus&uxor fua Arfindis, &c.
Sig. f Amelio-Simplicio & Guillclmo filio fuo qui
cartam iftam dederunt 6c firmaverunt, & firmare
feccrunt. Sig. t Guarino abbati 6c Adalgrimo mo-
nacho, 6c aliis monachis qui in piæfènri monafterio
erant. Bernardus rogatus fcriplit.
An. 994. V Ox legum legis dccrevit authoritas, ur qualis
Archives de eft emptio talis eft commutatio : emptio 6c com-
Caune^C dC mutat!° infeparabiliter dividebantur, fed fimul in
unam habent firmitatem. Ego igitur in Dei nomine
Udalgarius abbas commutator tibi film Rodgcrio
comité 6c uxori tuæ Adalaïs comitiflæ , comitco
vobis alaudem meum qui mihi advenit de parenti-
bus# meis in vicecomitatu Carcafïènfe, in villa quam
vocant Aqua-viva, pro alaudes vcftros quoshabetis
in villa Gloyano & in villa de Fonte-cuberta , &c.
Fada carta ifta comminationis in menfe Novem-
bris fub die feria vu. anno vu. régnante Hugone
■ - — i*ge-
VersVan r
995. lN page Vellaico, in vicaria Baflènfe in loco qui
Cartuiaircde c^c*tlir Confolcntis juxta fluvium Ligerius, quidam
nbbaye de vir nomine Giba cum uxore fua nomine Avena ,
5. çiufeéy totum quantum ibi poftidebant Domino Deo 6c
C X X X 1 1 1.
Fondation du monajlere de Zangogne
en Gevaudan.
S Auditas , caritas , atque juftorum hominum in-
tendat humilitas , me Stephanum facis nobilem Ctmllairtdg
virum diu fuilîe, & uxorem meam Angelmodam Prieuré de
humiliter vixilïe. Nos quidem peccato noftro &
juftitia Dei filium non habuimus , unde multum
doluimus, inquo dolore apparuit mihi in fomnis,
ut in honore findorum Gcrvafii & Prothafii con-
ftrucretn ecclefiam in territorio Milacenfi. Excitato
me 6c uxore mea à fbmno , retulit mihi uxor hâne
eandem vifionem fimili modo apparuiilè, quoau-
dito præparavimus ireRomam, &ivimus diefexta
Septembris 6c anmiente Domino noftro Jefo Chrifto,
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fî+ DELANGUED OC. i ;;
vcnjmus ante altafe beati Pétri, ante cujus altare oravi- fândorum Gcrvafii & Protafii martyrum > ipfa eccie-
mus & vigilavimus, &circa mediam nodem medii fia cum decimis quinque manfos valences, & in
Odobris, fbmno nos aggravante , eadefn vifio nobis ipû villa manfos quatuor, & unum molendinum»
apparuit, & fâdo mane venimus ad fommum pon- cum omnibus qu a* ad iplâs res pertinere videncur :
tifieem, ôc oftendimus ci quæ in utraque vilione & mafia villa quæ dicitur Manfus-Ricardi, quatuor
nobis apparuerat. Ipfe jundis manibus imuens in manfos cum omnibus adjacentiis fuis, &in Monri-
cœlum, benedixit Deo qui falvat fperantes in f c , & lio quatuor manfos cum omnibus adjacentiis fuis.
tifieem, ôc oftendimus ci quæ in utraque vilione
nobis apparuerat. Ipfe jundis manibus imuens in
cœlum , benedixit Deo qui falvat fperantes in fè , &
majoribus omnibus Romanæ ecclefiæ advocatis,
narravit eis pontifex mirabilia quæ Dçminus in fom-
nis nobis bis monftraverat. Uli tune æquivoce , ôc
magno clamore benedixerunt Deum, ôc cundis
illis præfentibus dixerunt nobis in nomine fândæ
pœnitentiæ injunxerunc , ut ecclefium quam Dominus
in foinnis nobis monftraverat in honore pnefàtorum
& inalia villa quæ dicitur Manlus-Ricardi, quatuor
manfos cum omnibus adjacentiis fuis, & in Monti-
lio quatuor manfos cum omnibus adjacentiis fuis,
& in Caudno duos manfos cum appcndiciis fuis.
Ec in vicaria Grcdenenfo donamus villam nomine
Clauficias cum vineis, campis , pratis, pro manfis
decem , in valle Alliradi , * rotam ulvara ad monafte- «*4/. Aiiefidi.
rium ipfum conftruendum fândi Gcrvafii & lindi
Protafii y ôc in comitatu Vivaricnfi , in vicaria Bau-
zonica, villam quæ didtur Feigcrias, *cum vineis, Fruget*
* 4/. Willcf-
Difl. f.
!7*.
martyrum hanc ecclefiam adificarerous, ôc dixit \ fi campis, lïlvis, & omnibus adjacentiis fuis, valentem n
poft ædificationem vita vobis cornes fuerit regre- viginti manfos vel amplius. Hoc autem fadum cft
dimini ad me, deinde benedixit nobis, & cum gau- cum confilio epifeoporum Matfredi ecclefiæ Mima-
dio reverfi fumus &peregimus ecclefiam ficutDcus tenfis, &clericorum cjus, Theodardi cpilcopi Ani-
mandavit ôc lândus pontifex nobis injunxit ; cui tan- cienfis , ôc Pétri epifeopi Vivarienfis , ôc Rigaldi fra- * Bf rcha-
tum de bonis noftris donavimus quod Xi 1 . capella- tris mei , & Urbani , * filiique eius Simonin, * Pcmtii ne.
ni cum clericis & aliis ad forviendum ecclefiæ & ouoque comitis ac Bettrandi framim, & omnium V-WâUe
corum nccellâriis honorifice fuftentari potenint, ndelium noftrorum , ut inprædido loco monafte- mu
& deinde ivimus Romamirerum: invenimus ipfiim rium ad honorem Dei & Domini Salvatoris noftri
D. noftrum pontiheem , & præcepit ut fopra facro- Jefù Chrifti , fândique Pétri apoftoli , ac fândi mar-
fândum corpus beati Pétri hanc ecclefiam donando tyris Theofredi , pro ut pollîbilitas noftra poruerit,
oftèremus, ôc fecimus, &juravimus utnos&noftri conftruatur fubregimine regulæ fândæ beati patris
femper eam deffènderemus fecundum polie noftrum, Benedidi. Hoc ergo negotium committimus in ma-
& tune pontifex fummus inordine foopromifit Deo nu ôc providentia domni Widonis Calmiliacenlïs
ôc nobis, ut hanc ecclefiam à Deo ædincaram ab cc- cœnobii abbatis & fuccellbrum ejus, quorum con-
defia Romana nullo modo alienaret , retinuit ta- filio in eodem loco monachi aggregentur & muten-
men cenfiim in ea Domino, & re/pedu dignitatis tur, & prædidæ res in ufo monafhorum illorum
omni tertio anno x v. folid. & dedit nobis de ligno omni tempore permaneant fine ulla contradidione
fândæ Crucis & de reliquiis lândorum prædido- perfonæ. Nequc ullus homo cenfum five commen-
rum, deditque nobis privilegium in junco marino dam aut euftodiam, ex iftis rébus exigat vel acci-
feriptum in pergameno fie. piat : fod abbas fândi Thcofredi x v. folidos tertio
Sylvefter epilcopus omnibus chriftianæ fideicul- anno pcrfolvar fândoPetro procenfu. Si quisautem
toribus. Notum elle volumus Stephanum vicecomi- homo hanc noftram conftitutionem aliquando dif
tem & Angelmodam conjugcs, ecclefiam fando- rumpere vel mutare præfompferit , maledidioni
rum Gcrvalii & Prothafii de fois propriis conftru- fubjaceat, nifi pœnitendo fâtisfèccrir: &omnisho-
dam in comitatu Gabalitano politam, noftræS. R. mo quicumque loco iplï quem cupimus ædificare,
E. per donationis paginam dona fie, ôcc . Undepla- vel habitatoribus ejusadjutoriumatquc defenfionem
cuit nobis eandem prædidam ecclefiam.... fubno- præbuerint, panem cumeledisDei habeant in vi-
ftra protedione, ôcc . jubemus ut nullus rex, mar- ram æternam. Hoc autem privilegium, qtio, liait
chio, dux, comcs, vicccomes aut alius majorum , ftabilitum eft, firmum &perperualirer habeacur in
parvaque perfona illam ecclefiam aliquo modo in- memoria cundorum, in conlpedu totius cleri ac
quietare vel molcftare audeat, &c. nobilium virorum manu propria confirmamus ,
Dato privilegio ecclefiæ Cofmæ ôc Damiani , be*- Gregorio papa hoc audoritate apoftolica confir-
ncdixit nobis ôc regrefii fumus. mante, ncc non Matfredo Mimatenlis ecclefiæ epifi
In nomine fummi Dci Crcatoris, qui trinuseft in copo, &canonicorum cjus, Thcodai’do Véllavenfis
perlbnis, & unus indfentia majeftatis. Notum fit ecclefiæ præfule, Petro etiam Vivarienfi pontifîce,
omnibus fidelibus prælêntibus &futuris, quod ego Rigaldo fratre meô, Urbano , * filioque cjus , Pon- *w.Bertfa«M,
Stephanus vicccomes Gabalitanenfium cum conjuge tio ôc Bertranno fratre cjus, ôc aliis amicis ôc fidc-
mea Aiamoldc, cogirans Domini mifrricordiam , ôcc. libus noftris. Amen.
Ut ipfiim Dominum Jefum Chriftum in die judicii Ego Petrus Dei gracia rex Aragonis, comcs Bar-
propitium habere poilimus , hæredem cum noftræ cinonæ, & D. Monris-Pe/Iùlani, recognofeens ôc
næreditatis fore decrevimus , ôc fècundum quod ipfe pro vero exiftimans , quod prædecelfores mei gra-
promilît in evangciio iis quæ fîia dederint vel reli- tanri animo prædidam fecerunr donarionem , ad
querinc propter nomen ejus, ccntuplum accipient honorem Dei ôcc. iplam laudo ôcc. teftibus Guillel-
& vitam æternam pollïdcbunt. Hujus rei caulâ do- mo Magalonenfi epilcopo , Guidone præpofito ejuf-
namus lândo Petro urbis Romæ principi apoftolo- dem fedis, ôcc. Daruin Montis-Pellùlaûi in menfe
rum, ôc almo martyri Theofredo Calmilienfis mo- Januarii, anno Domini m. cc. v. ôcc.
ôc vitam æternam pollïdcbunt. Hujus rei caulâ do- mo Magalonenfi epilcopo , Guidone præpofito ejuf-
namus lândo Petro urbis Romæ principi apoftolo- dem feuis, ôcc. Daruin Montis-Peflulani in menfe
rum, &almo martyri Theofredo Calmilienfis mo- Januarii, anno Domini m. cc. v. ôte.
naftcrii partem de rebus & polie llïoni bus noftris, _ • _
quæ nobis hæreditario jure foccellèrunt, ad mona-
fterium conftruendum , ôc fervitium Dei ibi régula- C X X X I V.
riter agendum, ea tamen ratione, ut fub honore J*. r> _ ■ - rr r. j
fanâi Pcrri fit fando Theofredo Calmiliacenf* Butte dufape Greytre V. en faveur de _
cœnobii fubjedum. Sunt autem iplæ res fitæ in co^ ^ abbaye de faint André d Avignon. ^
mitatu Gabalitano , in vicaria Miliacenfe , in villa Rcgorius epifeopus fervus fervorum Dei, cha- Archives a«
quæ dicinir Lingonia, (ecus ripam fluvii Elerii \ hoc V^,l rilfano filfo Martino reverentilEnto abbate l’abbaye de
♦ft ccdefia , quæ cft conftruda in honore & nomine veneraWis raonafterii lândi Andreæ apoftoli, ôc d’Avignon?
An-5>95>.
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1.5 <5 PREUVES DE
fontti Michaclis archangeli , 6c bcati Manini con-
fcfioris quod cft fundacum in cacumine montis
ijui nuncupatur Andaoni, fuper fluvium Rhodani ,
ejufque fuccefloribus abbatibus inperpetuum.' Cum
'nimmus apoftolicæ dignitatis apex in hoc divini
certamints nirore dignofeitur prærulgere, ut in exer-
cendis Dei laudibus fibi impenfius ftudeat laboris
exhibere Certamen -, ob hoc aebita nos ejufdem apo-
L* HISTOIRE !57
gredi.... feiat fe fab divini judieii obteftadone &
anachcmacis vinculo innodacum > & à regno Dci
alienandnm , & cum diabolo fine fine cruciandum.
Qui vero pius adjutor «5c obfcrvatot hujus noftræ
perceptions extiterit,benedicrionis gratiam à Chrifto
Domino confcquatur, & vitæ æternæ particcps effid
mereatur-
Scripium per manum BenediéH Scriniarii fàndbe
VcsTan
p3l»
ftolicæ paftoralis compulfi follicicudinis cura , quæ- Romanæ ccclefiæ in menfe Januarii , & induüonc
quæ ad ftabilitatem piorum pertincre dignofeuntur præfata duodecima*
iocorum ubertim promuleare., & apoftolicæ infti-
v.. r. i.* .. • • a • '
turionis cenfiiira confirmare. Igitur quia petiftis à
nobis quatenus concederemus iivc confirmaremus
tuæ religiofitati prædichim monafterium fanâi An-
dreæ apoftoli, fànûi Michaclis, & fan&i Martini , ut
his tribus ecclefiis unum femper perfiftat monafte¬
rium , cum ipfo monte in integro in quo adfunt ipfæ
ccclefiæ cum omnibus infra fe & circa fe haben . . . •
*cumdomibus,villis ibi & ubique cum omnibus re¬
bus & fubftantiis mobilibus &immobilibus aefefe-
que moventia, quantumeumque à die fundationis
ufque nunc ibi conccflà vel laigita funt. Verutn &
C X X X V.
j 'Donation d* Eudes vicomte de Lodeve d
l'abbaye de 5. Guillem du Dèfert .
IN Dei nomine. EgoOdo vicecomesdono,con-
fcnticnce uxore mea Chimberga, aliquid dealode
meo faniliSalvatoris Gclloncnfis monafterii, &fan-
üx Crucis ligno , 6c fântto Willelmo, & monachis du Dcf^'
præfentibus 6c futuris in monafterio Gelloncnfi mi-
Verslan
iooo.
Cinultirtde
S. Giiil}em»
jam & ufque in fiiturum per quemvS modum ibi htantibus atque Deo ibidem fervientibus , propter
advenerit, nos apoftolica authoritate firmiter & fta- remedium animæ meæ-, & eft ipfe alodes in comi-
bilicer meo monafterio fub protc&ione abbatis per- catl1 Lutévenfe , in terminium de villa quæ vocarur
•petuis temporibus præcipimus permanere ablque Baias, quem Hildinus pater meus , & ego Odo
cujuflibet contcftatione vel impedimento. Déni que acaptavimus de Ardemando, &c. Sig. Odoni vice-
ctiam confirmamus ut undccumque mortuorum comitis qui cartam vel feipruram iftius donationis
corpora mafeulini fexus vel fœminini ibi fe fepeiiri feribere fecit, & manu fua hrmavit, & teftes firmare
devotaverit,nuUusepifcopus> autcanonicus, autca- rogavir. S. Chimberga uxor mea confenriens, &
nonicorum, drticus, vel vice.. ..dominio nullacon- donatrix 6c firmatrix fuit iftius feripturæ & cartæ
trarietate maliciæ contra vobis vel contra fervos mo- cum bono animo & cum bona voluntate. S. Siguim.
nafterii exerceat. Loca enim quæ de aliorum loco- S. Gifredi, S. Audbcrti, S. Fredaldi, S. Matfredi »
mm piorum numéro non funt conftituta , annuacim S. Bcrnardi.
penfionem folvendo liceat vos poflidere , & ea om- , _ —
nia fub juris 6c dicione fânétiflimæ noftræ Roma¬
næ eccleliæ , cui Deo audore delêrvimus , vobis
ad tenendum concedimus-Scitote, fratres dilediftimi,
C X X X V I.
y.::i
’-a*. it
••Uît.
ante oculos mentis & corporis traditiones régula- Donation de Roger /. Comte de Carcajfonni
rum patemarum , ut unufquifque prælatus noverit > faite d l'abbaye de Le^at*
qualitcr debeat imperafle fubjcdis, ne dum afpera ^ ,
& non unicuiquc fratri aptillima videamur imponi, A Ppropinquante etenim mundi termino, &c. Vers Tan
neufque ad contemptum prorumpat de imperantis xTV. Sacro-tandæ balilicæ fandi Pétri Lezatenfis iooi.
indifcretione fubjedi. Sit namque moderata vivaci- monafterii, qui eft fundatus liipcr flumen Leza , ubi cim»iaiie«te
tas in follicitudinibus , fupereminens in ffatribus Ugoabbaunacum norma monachorum paftorvel i*W»iyc de
ftrenuitas , ut dum regulariter omnis quictudo inte- gubernator præclfc videtur : ad hoc igitur in Dei no- l'ut'
gemme confertur , per obedientiæ lineambene fer- men ego Rodgarius cornes & uxor mea Aladaiz,
vientes exhibent temporalia, ad gaudia cæleftis pa- cedimus Deo 6c (àndo Petro apoftolo aliquid de
triæ perveniant fempiterna. A præfcnti duodecima facultatibus noftris ^ hoc eft ecdeiia quæ cft fiindata
indicione 6c u(que in perpemum concedimus &con- in honore bcati Michaclis archangeli, in villa quæ
finnamus vobis fuperdidum monafterium &mon- dicitur Pcntegos cumiplo alodc, totum &ab inte-
tem , (icuti per commutationis chartam vobis evenit grum, quiiitum & inquirendum, quod nobis habere
de Aldeberro & cjus fiatre Adalelmo,fimul cum con- vel pofiidere videmur , ccdimus Deo & làndto Petro
jugibus fuis fcilicct Leucinde nomine & Beliilde, vel Ugone abbate una cum norma monachorum
feu Poncione & fiatre ejus Comberto, fimul cum qui funt Lezatcnfi monafterio, ut poft hodiemum
conjugibus Adalinde fcilicct 6c Unia , neenon Beran- diem habeant , teneant & pollideant , 6c non ha-
gario prelby tero fimul cum fratribus duobus Péroné beat abba, vel monachi , feu fuccclfores licentiam do
videlicet 6c Neûale , Dabbato etiam cum tribus fi- Deo , & fanâo Petro , vel fànûi Benedidli fivc fandti
liis fuis his nominibus : Gariberto , Silvcftro > & Pon- Antomi , ipfum alodem dare aut rradere , nec tranf
cione , ita præfentis confirmationis privilegio cunifta mutare in manus alieilorum*, (êd femper perma-
quæ . inconcufta valeat poflidere. Idcirco con- neat ad iplâ Dei communia velminiftris aluriscjus,
ftituimus nos au&oritate Dei «5c fânâi Pétri apoftoli pro animæ meæ & animæ uxoris meæ fine ullo
& noftræ, ut dum abbas inde obierit , nullus ibi liceat contradicente. Et in alio loco donamus ipfara eccle-
ingredi abbas, nifi talis qui Deo <5c cundlis fratribus fiam quæ cft fundata in honorem beaeæ Marix vir-*
placeat , & cum quem congregationi placuerit abf- ginis cum ipfum alodem qui vocatur Vallegcno >
que peccato confecrari liceat : fi quis autem , quod totum & ab integrum , quiftum & adquircndum ,
non credimus , qualifeumque epifeopus , marchio , cui nos viû fumus habere vel poflidere fine ullo con-
comes, aut vicecomes, vel auftaldus, vel quilibet tradicente. Saneliquis,&c. Fa«ftaccilîoneiftamcn(c
magnæ perfbnæ hæc quæ pro Dei omnipotentîs Augufto fub die feria v. régnante Robcrto. Sig. t
amore conftituimus reirqgari aut inquoquo tranf- Rodgario comité «Scuxori fuæ Aladaicia, quiccfttonc
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«fta manibus fionavetam vd firmare rogtvcrunt Adalaica comitiflâ, & filio fuo Regimundo ; fie ve-
Sigtt. f Ramundo , Sig. f Bernardo , Sig. f Pccron^ nerunt ailte præfentiam illoruin 8c lêniorüm qui
Sig. f Benedi&us rogatus lcripfit. çoram eis aderant mulris *, videlicet domno Albert®
Tccmimim mtmdi appropinquante > Sec. Ob hoc epilcopo , ôc archidiaconis AimO, Oliba , Petro, ÔC
îgitur in Dei nomen Rogerius cornes donarorfum ndelibus laïcis Li&ore, Ugone, Poncio-Einardi >
Domino Deo omnipotent! , & fân&o Petro Lcza- Poneio-Bemardi , Dacberri, Eicfrçdi , Sicfredi , Eblii ,
tends cœnobii alodem mciim proprium quem ha- Kami » Radulfi > cæterotumque bônorum hominum.
bco vel haberc debeo, qui cft in comitaru Toloû- Et ica judicaverunç ac benignilfime ordinaverüm
no, in minifterioPotamianenle, in villa quæ vocant domna Adalaids comicilla 6c filins ejus Reeimun-»
Vilarilg : ipfum alodem dono cum terminis & li* dus cum fois fidelibus, qtvicecomes Arnal<Jus, dt
mitibus & ajacenriis & affiontarionibus , vel ego appendidis villis Venapcianis cum fupradidis, id
quantum vinis haberc & poflidere , totum 6c ab eft Cucuciago, Nonnone, Afînario, Karanciani,
integrum, quælirum &ab inquirendum fie don o unde quærimorua cftfàda à monadiis lan&i Ilarii ,
Cuvtko Petro pro anima mca 6c animas parentum quæ domçus Rodgerius cornes, 6c uxor ejüs atquc
meorum; in taie veto ratione utneque abbas, neque corum filius donaverunt lando Ilario , ficut fupe-
tollus monachus licenciam habcat darenec alienare* dus inlcrtum eft, milia audacia, nulla violenria
tiecad fêvum dare,nec commutare; Icdlemper fit audaciter agerct de hoc contra fandum Ilarium;
in Itipcndiis fratrum & eleemolinis paüperum ficut ftd benevole & confidente guarpitoriam arque eva-
fuperius relbnat, fie ego adfirmo. Si quis ego aur cuatkmera fàcerear atque firmarenr> quialex judi-
ulla appofica perfona, &c. Fada cft fcciptura hæc cum dieu ; * Us juacumque res fanüis Dei ecclefns> V. al i,^
fiib die fèria ii. régnante Rocberto rege. Sig. f sues per principum aut quorumlibet fideltum douane- J^*'*^5*
Rogerio comité & uxoris fuæ Aladaiz > qui carta ifta nés collas a repertunsur , votive (i potentialiser pro
(cribere rogaverunt, & manibus firmaverunt, ôc certo cenfetur , ut m aternum jure trrruocabili, le~
f*m iiernitate firmetur* Sic & nos conlaudamus ÔC
ftabilimus Amaldi vicccomitis fidem guarpitoriam ,
arque firmamus. Ob hanç igitur cauwm recogna-
vit Amaldus vicecomes rei vericatem in juîtitiaî
doinnx comiti fiæ Adalaciac, ôc filio ejus Regimun-
do, atquc Carcallcnfium procerum, & fie le guar-
pivir erga ûnâum Ilarium , ejulque monachos , raa-
livob ejus animo everfo. Fa6b eft igitur firmirer
guarpitoiia firmado, quod fi ego Arnaldüs viceco¬
mes, aut aliquis de lucceflbribus meis, vel iftius
Carcaflbnæ fêdis, autquifiibet homo per fiibroga-
O "
firmaie rogavenmt. Sig. f Regimundo, Sig. f Ber-
hardo , Sig. f Petrone, Sig. f Jolcno. Ato rogatus
(cripfit.
An. looi*
Archives de
l’abbaye de
! HUaire.
CXXXVII.
Degutrpi/fement en faveur de l abbaye
de S- Hilaire , fai Arnaud vicomte
de Carcajfonne .
NOtitia warpitoria quâliter tenetur adlcripta. tam perlonam fuerit, qui contra banc lcripturam
In Chrifti nomine , poftquam Rodgarius co- adrumpendain fiirrexerit , iram Dei oranipotentis
mes , & uxor ejus comidfla , cum filio corum Régi- incurrat, & cum Juda tradkore paniceps eÆciamr,
mundo florefiente jam juvenili ætate, cartamdona- 6c nullius lân&omm interceflîo eum adjuvet, 6C
tionis fccillèt monafterio {àndli Hilarii , trophæo vd quod petit non adquirac, fed in duplo lancli Ilarii
redemtionis animarum eleemofinae de villa Venan-
tiano, 6c de ecclefia S. Mariæ &appendicioejus, 6c
de Cucuciaco cum ecclefia ûndH Pétri Nonnonis
cum ecclefia (àn&i Satumini , villare Afinario cum
ecclefia (anÆCypriani , & Caranciani cum ecclefia
(mOà Michaelis, cum decimis 6c primitiis earum ,
propter vidoriam qüam (ânihis Hilarius , arque nof-
cente illo cum fiiis fidelibus Dcum exorando luis
inimicis hoftiliter oftendit ; multis annis jam per*-
a6tis accepic regimen Carcafiènfi comitalis vice Arnal-
dus filius Radulphi in nomine vicccomitis. Ille vero
ut hoc obrinuit , ab infidiatoribus atque infidelibus
hominibus denuntiatum eft falndice non elle juftum
poflidendiS. Ilarii jure poteftatis, propter donatio-
nem jamlupradidli principisCarcaflonæ, lèd cenfiii
delêrvire vicecomiris. Ex quo vero auribusejus in-
componere fiu:iat, & in ante lcriptura hxc firma
ftabilifque permaneat omrti tempore. Facèa lcrip-
tura hæc in menlê Septembrio, anno vi. régnante
Robertorege. S. Arnaldi vicccomitis quiiftam guar-
pitoriam lcriberc juflît, 6c teftibus ad roborandum
tiadidit. Einardus julfiis lcripfit.
CXXXVIII.
T efiament de Roger premier. Comte dt
Carcajfone .
EGo Rogerius comcs fàcio brevera divkîonalem
inter filio s mcos Raimundo ôc Bernardo. Ad
Vers l’an
1002.
Archiver djé
Raimundo filio meo dono civirarem Carcaflonam . . .
timatum eft, non (egniter eft demoratus, inquifi- cumiplo comitatu Carcaflenlè, exceptas ipfasaba. Ch^.dc Foi*
tio ejus pervenit ad nocitiam hominum dicentium dias quæ ego dono ad filio meo Petrone# ficut confi- rcnx>7na& caï
injufte ôc inordinate adverfiis (ânéèum Hilariunt nitum eft inter marre fiia Adalaïs ÔC te Raimundo. tu,ai** » «»iï«
agere. Sed advtnit annuente Domino noftro Jcfii Et dono ad ipfum Raimundum filium mcumRe-
Chiifto dies ftaturus, in quo notkia guarpitoria das caftellura cum luo confitaru , ipfiun mcam par- •• 7*
quâliter nomina fubter tenentur inlêrta , eft deffi- tem ; excepta iplâ mea paae de iplas abadias quæ
nita. Quia in menfe Septembrio feria v. advenit ego dono ad Petrone hlio meo , & excepto iplo
Gauffredus abba cum quibufilam monachis lânâi alode quæ ego acaptavi in iplo comitatu Redenlc,
Hilarii incivitate CarcafTonæ, 6c olim jamperadis quæ ego dono à Domino Deo, & ad fiindis fuis
diebusquindecim , ante prælêndain Rodgerii comi- propter remedium animæ meæ. Et dono ad ipfum
tis qui iter fanbti Pétri {êqnkur, jam præcipicme Raimundum ipfa convenienria decomitatu Redcnfe,
co graria firæ mercedis , ut convenienter agerent quæ ego habeo cum fratre meo Odone comité , 6C
rcOiffime atque juftiflïme erga (anâum Hilarium cum nlio luo Amaldo. Et fi Odo moritor 6c filio
6c monachos ejus, potcntialiter (uftentando & re- fuo Amaldo, remaneat ad te Raimundo iplâ con-
gendo locum ilium eledum à le & uxore fua domna venienda de ipfi) comitatu. Et alla convcoicnt» quæ
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PREUVES DË UHlSTOtRË
ego habco curti fratre meo Odonc & filio (uo Ar- Fides rumulata confiftit. Quamobrem ego in Del
-...IJ- - 1 _ ^ . . /• nomine Raimundus cornes filius Berteldis cedo vel
dono faruSH Salvatoris & (anâx Fide illo alode mco
de Palais port mortem meain totum & ab integrum ,
cum campos, cum vineas, cum bofeos, cum pif.
catoria, cum folinas, cum terras cultas & incultas :
naldo de Cairo-curbo aim Cairo-curbenfe , rema-
fieat ad ipfum Raimimdum ; & alia convenicntia
cjux ego nâbeo cum fratre meo Odone de Colia
caftello & de Collien(è> remaneat fimiliter ad fi-
lium meum Raimundum. Et ipfo caftello quem
dicunt Sexago cum ipfâ caftlania, de cum ipfos viga- de habet ipfo alodus in fe fines de primo latus, ter-
tias quæ ad ipfum caftellum pertinent , & cum ipfos ' ra Guarnerii de Lopianis , de alio latcrc terra Mat-
alodes ficut Arnaldus pater meus ibi tenebat per fredo epifeopo, de tertio larus terra Bernardo filio
ipfum caftellum, remaneat ad Raimundum , excep- Almcrado > quantum infra iftas fines afpicit vel afpi-
tas ipfos abadias quæ ego dono ad filium meum Pe- cere videtur , totum de ab integrum dono fonâi
tronetn. Et ipfos alodes de comitatu Totofono qui Salvatoris de fon&æ Fide poft mortem meam. Et rc-
fuerunt de Bernardo Ruffo , quæ Raimundus vice- linquo femper fon&i Salvatoris & fonâæ Fide in ipfo
cornes, tenet per me Rogerio &per te Raimundo , Palaifo. Alio manfo vendidi vobis ubi Bonefàcius
temaneant ad te filio meo Raimundo. Et ipfo caftello vifus fuit manere, & accepi ego Raymundus de vos
cjuænominant fondtaGavella cum ipfos alodes qui pretium*, hocfuntfol. c. pro ifto manto. Iftoalo-
ad ipfum caftellum pertinent, rcmaneant ad filio de fupraferipto dono fan&i Salvatoris & fànâæ Fide
meo Raimundo. Et ipfam medietatem de Bulbaftre- totum de ab integrum pro anima mea poft mortem
fo , & ipfo tertia parte de comitatu Cominico > rc- meam in communia > & iftos duos manfos fupra-
tnaneat ad te filio meo Raimundo. Et ipfâ mea
parte de caftello Minerba > quæ Rainardus viccco-
mes mihi donavit ad mottem (iiam , cum ipfa terra
tjuæ ad ipfo caftello pertinet , & ipfos alodes quæ
habeo in Narbonenfe , remaneat ad Raimundo filio
feriptos ubi Bemardus & Bonefàcius vifi fuerunt
manere , relinquo femper in communia fonéti Sal¬
vatoris & fon&æ Fide. Si quis ego immutata vo-
luntate mea , &c. Fa&a carta donadonc & vendi-
tione ifta in menfe Februarii feria 1 1 1 . régnante
meo *, exccptos ipfos alodes quæ ego dono ad Deum Roberto rege. Sic. f Raimundo comité qui carta
omnipotentem & fondis , propter remedium animæ donatione ifta fcribere vel adfirmare rogavit. Sig.f
meæ. Et ipfo abadia de Caunas , & ipfa abadia de
Varnafbna remaneat ad filio meo Raimundo. Et
ipfo vigaria de Savartcnfe, poft obitum Adalais,
temaneant ad Bernardo filio meo > il ille non lo forfa ,
(S fi o forfa &efrtcndarc o voluerit, ipfo conve¬
nicntia deSavartenfe & de Caftello-pendentc, quæ
ceo habui ab Odone fratre meo & Arnaldo filio
poft obitum illorum remaneat ad Bernardo
uo j
Petro, Sig. f Stcphano , Sig. fGeraldo, Sig.| Ber¬
nardo. Oado monachus fcripfic.
T j Ocum facrum , &c. Quamobrem ego in Dei
nomine Ricardus vicccomes cedo vel dono ille alo¬
de meo 5 ilia mea medietate de ilia ecclcfia de Se-
veyrago, & ilia mca de Padicia villa, quædePetro-
no &c Stephano conquiftavi , totum & ab integrum
filio meo. Dono ipfum comitatu de Coforagno cum cedo & dono fonûi Salvatoris de fonétæ Fide , pro
ipfo epifeopato , & cum ipfo medietare de Bolbaftre- anima mea : & eft ipfe alode in pago Ruthenico , in
i<5 , & ipfo caftello de Fuxo cum ipfo terra Fuxenie , vicaria Laiciafcnfè •, quantum infra iftum alodem
dono ad Aladaïs uxor mea & Bernardo filio meo concluditur , &c. Fadfca carta donarione ifta in menfe
infimul. Et Dalmazanenfe, & Podanagenfe ,& Agar- Julio feria i v. régnante Roberto rege. S. f Ricardo
nagenfc, de medietatem de toto bofco Bolbonæ vicecomite, S. f He&ore, S. t Raimundo. Oddo
3uæ eft inter flumen de Ercio de flumen Aregiæ , fcripfit.
ono ad Bernardo filio meo cum ipfos alodes quæ
ego ibi habco*, exceptas ipfas abadias & ipfas ecclc- Refcente etenim religione chriftiana,,&c.Eeo
fias, quæ ego dono ad filio mco Petrone , & excep- Sulmusin mcmetipfo cognofcens graviter me de-
tos ipfos alodes quæ ego dono ad Domino Deo
& fonftis fuis, propter rcmedium animæ meæ*, &
mcmetipfo cognofcens graviter
liquide contra Deo & juflïbus cius , propofui in
corde mco utdarera aliquidquod poflidcri video,
Deo & fondtæ Dclecdcfiæ. Et cedo vel dono iplàra
ecclefiam fon&i Beati quæ eft fundata fupra ripam
Garumnæ , cum omni oblatione de fuis appendi-
in termino Bavartenfe, in comitatu commu¬
ais
exccptos ipfos alodes Efoocia & Avefago quæ ego
dono adeonjugem meam Adalaïs mater veftra , li¬
ent fuperius Icriptum eft. Sic habeat firmitatem ifta
feriptura fi ego Rogerius non hoc desfaciam , fi
ego non hoc camvio cum mco] gradiente animo. nicenfc *, de ecclefiam fandli Vincentii quæ eft fuper
Ifta omnia fupralcripta teneat Adalaïs uxor mea in aliam ripam Garumnæ cum oblatione & fuis ap-
badlia quantum ipla voluerit, ficut fuperius ferip- penditiis, totum ab integrum dono Domino Deo
tumeft, fie habeat firmitatem*, in tali vero ratione
ut dum illi vivunt teneant de poflîdeant*, liinfonres
habuerintde legitimo matrimonio , fimilircr teneant
in balia illi qui vivi crunt. Vendere necalicnare li-
ccntiam unus non habeat nifi unius ad alium. Et fi
infantes non habuerint de legitimo matrimonio , re-
Verslan
1001.
uu.
An.ioo}.*
Carîuliirtde
l’abbaye de
LcUt.
de fondto Petro de Lezat & fandto confellôri Chrifti
Antonio, & aliorum fon&orum quorum ibi reli-
quiæ venerantur , Hugoni abbati & cun&a con-
gregatione ipfius Ioci qui modo funt & ufque infi-
nem venturi funt : tali conventu ut femper mona-
chi ibi Deo fèrviant & regant locum fecundura
maneat ipfo hæreditate ad ipfos fratres qui vivi erunt. regulam fanfti Benedi&i , vel feamdum polfe ejuf-
Ifta feriptura Rogerius cornes manu fua firmavit.
Vers Tan
iooi.
Cartulairc de
l'abbaye de
C«nqiief.
CXXXIX.
Extrait de quelques Chartes en faveur des
abbayes de Conques , de Le^at, &c.
LOcum focrum fon£ke Dei ecclefiæ quæ eft con-
(ècratus in honore Domini noftri Jefu Chrifti,
& foniti Salvatoris Conchas monafterii , ubifonâa
dem loci^Quod fi ego vel ullus ex hæreoibus meis,
&c. Fa&um eft hoc in præfènria bonorum virorum
qui ibi aderant. S. Sulmo qui cartam faibere rô-
gavit de manu fua firmavit & firmare rogavit. S.Pe-
tro cpifcopo, S. Raduino monacho, &c. A6ta
funt hæc v i . Idus Augufti in feftivitare fonfti Cy-
riaci, feria vi. luna x. epadta xx vi. & biflextilis
annus. Indiitio ix. anno ab Incamatione Domini
M. III .
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V.
Mab idana.
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Vers l’an
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1005.
Archive? de
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l’e^li'C de
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Narbonne.
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&
JS
àütj manaittrio tram Deo 5c bearx Marx Ur-
vienr.bus, irerxm itiraimus 5c ccrmrïtuntis m ur-
oiLl E: fiais x iiarfibribus noftris > &x:ur:::ïî-
mi parenrls noîtri, 5c avor.m roirorum, noirim
fnaieütionem cur 1 in Dci rd-mo.invj>, luntoco
vcl in aiiquo hoc !uriiimenn:n fiargere rcr.nve-
r:nr. Fie ta china in coitro iic Yinircs, X. o.e Kul.
Octobris , crniï l. port tertLra , co anito guo
obiit G art u Goneonus rex , 5». arpit rcpurc paci¬
fiée fixer lûns SancEus Gurûinus rex in Aragone,
& in Porrpiloru , & in Superarbi, 5c in Gaiconia,
& in Nagera. Comire Gail-eLno in Ripa-cuma.
Comire Rommundo in Paiiurcs. Archicpiicopo pri-
nu ialis Narboncniis ecclciur exirtcncc Hcmten-
çaude ; & aho Hemtengaudo epilcopo in Orgcllo.
Epilcopus Aragonenlis NI incius. Abcus beat* Ma¬
ria: domnus Èximinus. Sig f num Athonis vice-
comiris. Sig 7 num Guillelmi vicccomiris , qus filii.
Sig tnuin Ridicule vicecomirilîx. Sig f num Lupi-
Athonis vicccomiris filii. Sig f num Irmengurd.r
ejus uxoris. Sig t ni,m Garlcani-Luponis cjus filii.
Vincendus monachus lcriplit. . . .
C X L.
Teftament d'Ermenytud de Narbonne ,
archevêque de Narbonne.
IN nomine (ànclr & individu* Trinicacisi Ego
Ermengaudus archiprxtul bene memoraws *
pertmiefccns calum mortis , jubeo fieri tertamen-
rum meum, & eligo meos elentol) nanos quorum
ifta funt nomina : Bcmardus cornes , Ricardis vice-
comidllà, Dcufdc abbas, Franco pr.rpolims, Ai-
mericus Camcrarius , Thcudinarusjbrinus» Parus «
Arnaldus, quibusrrado omnem (iibllanriam mcam
diltribuendi Iccundum volunrarem mcam fimihter
acciderit deefle hujus vit*. Dono ad opéra làn-
ftorum Jufti de Paftoris omne !àl qilod nabco in
omni loco. Dono in canonica Gndorum Jufti de
Paftoris iplum alodem de Paricto-longa cum ip(a
eeelefia; tantum tencat ipCim ccclcliam in vira fua
Framallus , de ibidem dono ipfum alodem de Cu-
cuciago quantum ibidem habco , & (olidos ccnruin
de denariis , 8c equas dccem. In canonica (àndi
Pauli ipfum alodem de Maiciano cum ipla ecclelia,
8c iplum alodem de Madiano quem comparavi de
Bonifilio , 8c (olidos centum de denariis 8c equas
quinque. In canonica fandæ Mari* Qi^iadraginta , ip-
fum alodem de Putcovalerio quem acquilïvi de
Stéphane, 8c ipfum alodem de montc-Cuculio &
Tome IL
oc: orcr. ;* \.cop.i.n q:u h.c o;C..:urc> e;»;* 5vi lu jvi
tcccv f c*.i:xt:s um.\.u\uxis :r;:> rcmaïua*::.
FrcdclvV.i cp.ûvjv^ anopham utrc.m ùiivciu.un *
Mxîrcdo c^.cv.w a::.ïphos J.kxs% Ce uva^vr vie nv s
oribus tan ram ont vainc ai:n ir\is iibra iuu de
auax Scer!u:x' epiù\w .uu;\So> dwkxp! .mos. Adal-
Ktîo anapho< d.kvc Ip.am dcr::am q’.KM
ddvt nùhi l’gv' . d.vicr hcùmvuuiüs mets toluS^
ccnritti > otnnia alu icmitro cï; a J Av
clcriaim Arut lolidos auc lv'l;da:as trxagttua va!ir.*
tes Ra\nu:ndv% per ipü n nuilam loiïd.tras vv*:.um,
& iptum akvkm de Taurano «S; de lonre-fitra.y-
noù in vira fua , & port obirum citis remanear tai>
chim Jurtum. Ad Inuirtïndam ip’.ùm al.vk n de
LX'nuvnova% ^cjx^ftobitum cjuMVimneat \\ ttar-
do «S; Gaucclii'o hlio qus. Pcrnardo cLiuV lolubvi
rrigtnra. Ad iplbs hkvs clemotuur.os unumjac
folidos Jccem , Ce v\juam imam » Ce \acc un imam;
Per m ni cleria> nuxlios quiixpic inter panent Ce vi-
num & îolùlos quinque. Benaîuh' pieîb'fero u-
militer lonumparenUoIisiasn iginta.Cv.- nuvlùvi quin¬
que inter panent & vinum. Kieardi% viawmirala
equas quinque Ce ipium aKxlem de villa IV>ttai\o%
5c pvvft obirum cjus remaneat taikl.v Mari.e qu.c
vocant Crailà. Ravmundo Ralvnno modios dvvcm
inter panent & vinum « & lôlidos deeem % & Cî.ui-
cclino fiarri cjus Itmilircr, Cs; unum puüumcaballi-
nunt. Baleianum Ce unicuique leivientibus nwis,
modios quinque inter panem & vinum, loluhis
quinque , remicto ci ipîàm unciam ilium de un-
ro in c.uioniea lundi Julli , iplum acuptutioneni
de monce-Cuculio. ...
CXLI.
Concile des provinces de Narbonne & .
d'Aucb y tenu à T euloufe.
MOs ab anriquis pacribits inolevit ut a l malum
defti uenilum viri boni convenant 8c ad bo¬
ni! m propagandum , drc. Quapropccr ego Rai-
numdus epilcopus Tolofanus 5c Guillclmus co¬
rnes Albicnlium ne Carurcenfium ScToIolànorum,
convcnimus Tololàm ubi Nurboncnfcm archicpif-
copum cum quibufdam fuftraganeis luis , arque
Auxienfcm cum quibufdam fuis, pluriinolquc ab-
bates coadunavimus. Gaula vero hujus convenais
ifta fiiit. Donnais de Caramanio 8c antcccllbres fui
à regibus habuerunc ut de Srap ulquc ad muros
Tololx poteftarem ccncrent faciendi mcrcarum ubi-
cumque vcllcnt , fimilitcr etiam mutandi de xmia>'
Vers I an
loo 6.
Cvtulaire •!.*
l'abbivf If s'.
Scrnin Jcl’ou-
lolfc.
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i5* PREUVES DE L’HISTOIRE iS5
Toloii u (que ad Stap , & état in unaquaquc fepri- habere rcditudinis , eo quod non eflent legitimi
mana die Jovis, Veneris, & Sabbad de omnibus hæredes, quod facerent cum conlbWmis luis pa-
rebus maxime vero de laie» &c. In Kac quidem ûum, quod ita&feccrunt, &c. Stephanus & loto*
ftraca & in metcato anteceflores Donad malos ulà- res ejus dederunt fois confobrinis folidos très de
ticos immiferant , qui , Deo infpirante , Donato non
placuerunt, fed in manu mea 4c Willelmi comitis
omnes maloS ulàticos reliquit & ablblvit , &c. Et
hoc fecit videndbus archiepifcopis > epifeopis, &
abbatibus, aliis vins audienribus. Et ne umquam ipfe
Donatus vel aliquis alius pofTer rediicerc aut recu-
perare iftos malo^ ulàticos >• vel imponece alios in.
ftrata de mutis Tolofe ulque ad Stap.. . fecerunt
tjxcommunicatinnem archicpifcopus Natboncnfis
cum epifeopo Carcaflonenfi , Biterrenli, Magalo-% Union du monafiere de Buryili dans la
denariis bonos Narbonenfes , &c. A£la firnt bæc
anno Chrifti u. vu. fub die xi 1 1. Kal. Aprilis
annoquexi. régnante Rodberto rege , &c. Amah
vinus levita fcripfir. . . ad vicem Benediûi notarii
{àn&orum Jufti & Paftoris.
CXLIII.
nenfi, hujuîinodi. Nos ex parte omnipotentis Dci
Sc bcati Pétri , & omnium fan&orum interdicimus
& excommunicamus ab ecclefia de confortio fide-
lium feparamus, & corpus & fanguincm Domini,
ac fepulturam prohibemus omni homini vel fœ mi¬
ra qui aliquod ulkicum malum in ftrata^ de Stap
ulque Tololam miferit vel mittere confenferit, præ-
ter hoc quod Donartis modo rcrinet. Eandem ex-
communicationem fecit Auxicnfis archiepifcopus
cum fuis epilcopis tribus: omnes abbaces laudarûnt.
C X L 1 1.
Extrait de quelques Chartes fur les
vicomtes de Narbonne .
Marche d'EQayieji l'abbaye de laGrajfe ,
SPlendore divinitatis fultus, «que nom ipfms ^N.iooy.
vallatus circumquefeptus , compunûione fuper- |.^chivc* ^
na vaticiniaque ptophccarum cordc tenus mihi ad- Guflc.CdeI*
hibita, etiam & timendo fiituro evenru , ut quod
abfit ficri minime credo , feilicet ut ne filiis aut ne*-
potis meis mittatur inpofterum calumnia-, fedh*
beam ego profutura Dci mifericordia & genitofum
& avotum meorum requiem fempirernam > unaque
& ego cum illis capiam lucem perpecuam > cogi*
tavi ut libero arbitrio libellum fàcercm de domo
fen&i Pétri Burgalenfis, cum fines & ajacentiis, atquc
alodibus , parrochiis , vifluKs , domibus , xdificiis ,
eccltfiis , arboribus , rupibus , prads hac pafcuis »
filvis, gairicis, molcndinis, molendinariis , quic*
que dici hac nominari poteft. Quenudmodum avua
Ortulaire de
l’abbaye de
faine Paul de
Narbonne.
nu.
An. ioo 6. \T Ox legumjurc vel decrevit autoritas,utqua- meus Raimundus cornes & patruus meusYferous,
V lis eft emptio talis eft commutatio , &c. Ego hac frater illius Atonis epifeopus , limiliter mihi pa-
igitur inDei nomine Auftendus &c. una cum con- truus, dederunt & firmaver une à prædiûomon**
fentia vel cum voluntate Ermengaudo archipræfule fterium fan&i Pétri , primicus Raimundus prxfatus
excamiamus. . . . à (ândto aut à DculHet abba ipfius dedit ad lanéb Maria cœnobio quæ nuncupatur
ccclefiæ, vel canonicis ibidem Dco fervientibus, GrafiaipfumarchifteriolumcumalodibusluisDeindc
alodem vel bencficium noftrum qui eft in comitatu fiüi ejus fiilcierunt iftum fuprafàtum arcifteriolum
Narbonæ, in villa quæ vocant Baias > vel in ejus ter* fimiliter, ex parrochiis illorum atquc alodibus Si
minio , qui nobis advenit de pâtre noftro Guadaldo, fevos. Poftdcmum frater meus Raimundus cornes
& ad pater nofter advenit per donationcm Aladais per fuum libellum tradidit domum fendfce Mariac
vicecomitillà & filiis fuis Ermengaudo archipræfule cœnobio jam fado. Ita igitur & ego in Dci nomi-
vel Raimundo vicecomite &c. Fada carta excam- ne Suniarius Dei gratia cornes hac marchifus , dono
« batione ifte fub anno Domini m. vi. 1 1 1 1. vero & trado prædidum monafterium quæ nuncupatur
idus Aprilis , anno x. régnante Roberto rege , &c. Burgali cum titulis intra feptis > ficut fiipradidum
# eft , cum parrochiis, domibus, ædificiis > terris hac
An. 1007. Otitia fecuritatis vel warpitoriæ quæ fuit fada vineis, pratis, pafeuis, filvis > gairicis, molendi-
in comitatu Narboncnfc , in villa fandi Georgii qux nis , rupibus, cultum atque incultum , apud hos ter-
aliàs dicitur Ravinianus, tcmporc Ermcngaudi ar- minos, id eft deiplo ponte qui eft ad locum Gila-
chipræfulis & Raymundi vicccomitis , nec ne Er- ren feu foro nundinali qui vufgus dicitur merchato ,
mengaudi præfcdi &c Bcllucionis Giioni. In illorum ufque ad caftrum qux vocatur Livorte , fivc pon-
temporibus venit quidam homo nomine Stephanus tum ipfius quæ vocarur Vrefta : fie dono vel trado
&fororesejusProva&ErmellHidis,necne&Bcllifin- ego Suniarius gratia Dei cornes & marchio addo-
dis, in præfcntia Deufdet abbati atque levitæ, & mum (ân6b: Mariæ cœnobio vocato Graili, oitv-
Raymundi Bellucioni levitæ, & Bemardi militis , nia fupradida infra terminos præfàtos, propter
neene Stephani levitæ, Atoni Waflàdelli vicarii, & Deum & remedium animæ mcæ & animæavorum
aliorum plurimorum bonorum hominum qui ibi- bac genitomm meorum , ut ab hodiemo die te-
dem adetant^ & lie interpellavcrunt hominem no- neat hac poftîdeat , fruatur & utatur libero arbi-
mine Poncionem , & forores ejus Adela, &Bona- trio ad fiium plcnilïimum proprium, ficut ccteris
filia, five Pontia, neene Tanliundis caticumina ad- alodibus & munificentiis fuis, & abbaces hac mo
hue , quod injufte & malo ordine eo quod non nachis ibidem Deo fàmulantibus poteftatem degant
cflent legitimi hæredes retinerent. . . . præfatæ villæ propriam, infra monafticam illorum auâoritatero.
fanfti Geoigii feamnum unum de falinis qui fuerat Sane fi quis, &c. Faâa ifta donatio v 1 1. idus No*
illorum avi'ticum, &quod melius cflèt illorum di- vembris anno xi. régnante Rotberto rege. Sigf
reftumquam fuorum, eo quod eflènt ipfi legiti- num Suniarius gratia Dei cornes, qui ifta donationc
mi hæredes & per (ucceffionem parentomm de- fecit &teftes firmare rogavit. S. Raimundus cornes,
bent ipfum alodem habere-, & affrontât , &c. At S. Guillelmus fuoftatre, S. Witardus, Scc . S.Ber-
præfati homines audientes hanc rationem, atque nardo, S. Petro. Miro levita rogitus fcripfit fub die
ver'tatem agnofeentes, fegregavemnt eos in parte, &c anno quo fupra. Salla gratia Dei epifeopus ff.
dederunt eis utile confilium , agnofeentes nihil qui hæc firmo atquc excomrmuûco. Üarnus abbas
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6c archidiacônus Ce fubfît Suniarius cornes. Ermen- i
Sudus ac fi indignus graria De i epifeopus qui hæc c
mo arque excommunico. j
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An. ion. J[ dus divina annuente gracia cornes eximius Ga- tocas affioncationes includunt, ficut fijperius eft
fcrioUîîî!* dC baliranenfis telluris, neene Forenfîs patriæ, vira & feriptura, fie donamus Domino Deo «Se fànâo Ila-
v.sputi.n. monbus præclarus, ingenio excellcnriflimus, con- riopropter remedium^animarum noftrarum, &pro
Î9V_ fiderans caufiim fraeilitaris humanæ, &c. feu eciam anima frarrismeiOddonicomiris, & profilio noftro
CXLIV.
'Donation de Pons eomte de Gevaudan k
l'abbaye de Brioudc
IN nomine fàndiæ & individus Trinitaris, Pon¬
dus divina annuente gracia cornes eximius Ga¬
in ajacencia de vico vel in villa quæ vocatur Limofb i
donamus nos preferipeus Rogerius cornes & con*
jux mca Adalaiz comiriflà in jamdi6h villa c afàles
duos cum ipfis orcalibus , & cum ipfàs areas , & cum
terris quæ ibi habemus vdhabere debemus, &hoc
quod frater meus Oddo cornes habuic ,